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04/01/2011

La Flûte du Sentier sanglant. Ma nouvelle pour tous les parents orphelins du Pérou et toutes les victimes du Sentier Lumineux.

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES... chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la neuvième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"_______________________________

 

 

u11992016.jpgLA 

FLÛTE

DU

SENTIER

SANGLANT

 

____________ Nouvelle n° 9 de Chloé LAROCHEk3567435.jpg


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS



Les feuilles tombaient
Comme des soldats au front
Front de Dieu plissé

(Haïku de Chloé L.)




“La musique est un cri qui vient de l’intérieur.”
Bernard Lavilliers





PER-358.jpgElle marchait, marchait pendant des heures ; la nuit, dans ses rêves, elle marchait... puis elle retrouvait la clé de son fils disparu ; elle trouvait sa clé dans la boue. Etrange clé...

Et ses larmes mouillaient la terre, devenant rivière puis mer et océan de larmes... Enfin les vagues rejettaient le corps de son fils et elle l’embrassait ; puis elle jouait de la flûte pour lui, devant sa chair assassinée par des hommes sans humanité.1791423.jpg

Juanita faisait ce rêve toutes les nuits ; elle vivait au Pérou... Dans ce pays, des milliers de personnes ont disparu depuis 1980 et disparaissent encore tous les jours, torturées et massacrées, brûlées.

Le fils de Juanita avait disparu un jour, à l’âge de vingt ans, sans qu’on puisse jamais retrouver son corps ; on avait parlé du Sentier Lumineux, de cette milice armée qui représente la terreur et l’horreur d’une sente menant à l’Enfer personnifié sur la Terre.

Parfois, quelqu’un parlait à Juanita de son fils, parce que cette personne croyait peut-être l’avoir aperçu.

k0355331.jpgElle espérait revoir un jour Juan ; tant qu’on ne lui rendrait pas son corps, elle ne pouvait  imaginer sa mort.

Le soir, elle prenait sa flûte pour aller jouer dans la montagne ; elle se disait que la musique pouvait peut-être déplacer les rochers de la haine et qu’un seul son pouvait remettre en place les idées de meurtre ; elle jouait pour son enfant, pour tous ceux qui avaient été tués, pour tous ceux dont on ne savait pas s’ils avaient été tués ; elle jouait les cris de son âme désespérée et anesthésiée par la douleur ; elle jouait pour ce silence innommable de la mort planante qui ne se pose pas, qui ne se pose jamais.u14852937.jpg

Un jour, pourtant, quelqu’un vint la voir. C’était quelqu’un du gouvernement.

"On nous a dit que dans la montagne se trouvait la cendre de corps brûlés, peut-être ceux de personnes disparues.
Votre fils y est peut-être. Venez, nous vous emmenons.”

gwt231046.jpgJuanita suivit cette piste énigmatique ; des dizaines de parents effondrés étaient déjà arrivés sur le lieu des fosses emplies de cendre.

Des soldats se mirent à creuser ; ils trouvèrent quelques objets...
Juanita reconnut tristement la clé de son fils, celle de son rêve ; elle sut ainsi qu’il n’était plus de ce monde...

Ses larmes coulèrent et l’aigle de la mort se posa sur sa vie.

Beaucoup de parents ne surent jamais si le corps de leur enfant se trouvait là ; des femmes ne purent savoir si leur mari avait été brûlé ; toutes ces personnes, les yeux arrachés par le sel des larmes, repartirent avec l’espoir dans le coeur et l’aigle de la mort planant au-dessus de leur vie.

Juanita emporta la clé de son fils ; elle prit sa flûte et partit dans la montagne. Elle joua longuement puis creusa une tombe où elle plaça la clé ainsi que des vêtements et des photos de son fils ; elle dit adieu à Juan et replaça la terre dans la sépulture.k0295437.jpg

Elle dessina un coeur et dans les sillons du coeur fit couler ses larmes et le sang de son âme de mère ; elle brisa sa flûte en deux et en fit une croix qu’elle planta sur la tombe de son fils.

Le vent soufflait et la flûte se mit à jouer le chant de la paix que chantent toutes les mères d’Amérique du Sud et celles du monde entier, de Tchéchénie ou d’ailleurs, dont la haine a arraché leur enfant.

JP2007_0004269.jpgJuanita se souvint alors des enfants décapités de son pays, de tous les crimes du Sentier Lumineux...

Elle se rappela soudain que son fils avait assisté tout petit au pillage de leur village.

“Il était encore enfant et dans ses mains, dans ses deux poings serrés, il ne restait que deux choses : la clé de sa maison brûlée et un crucifix,” cria-t-elle à la montagne, en explosant soudain de colère contre les hommes de la mort.

Elle comprit tout à coup que la clé de son rêve, c’était cette même clé sauvée du désastre par son fils encore enfant.k3060157.jpg

Les clés de la vie servent peut-être à ouvrir les portes de la mort ! Juan avait sauvé la clé de sa maison, maison de la vie et du bonheur, et c’est en fait cette même clé qui aida Juanita à accomplir son deuil, puisque c’était le seul signe qu’elle ait eu pour comprendre que son fils était parti dans l’ autre monde.

Juan avait toujours gardé la clé du bonheur sur lui... mais sa mère ne le savait pas. C’est son rêve qui le lui a révélé... réveillant ensuite la mémoire du passé enfouie dans son inconscient désespéré et anesthésié par la douleur.

 

PER-258.jpgChloé LAROCHE

Ps : j'ai écrit cette nouvelle en 1997 à partir de faits réels qui se sont passés au Pérou (assassinats, enlèvements nombreux, pillages de villages). "Qu'ils soient imputés au Sentier Lumineux, à leurs « ennemis » du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru ou au gouvernement péruvien, les massacres présentent un bilan très lourd : plus de 26 000 morts, 4 000 disparus et 50 000 orphelins (chiffres fin 2002)." (citation de Wikipédia.org)u14175154.jpg

 

Nota bene ____________________________ Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr avec des photos libres de droits.




Prendre ton regardgwt235039.jpg
Et le planter en Terre
De résurrection

(HAÏKU DE CHLOÉ L)

_____________________________________________________________________

 

 

________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur.

Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas."

(extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________

22/12/2010

Ma nouvelle : "Le Baiser du Pasteur". Rencontre de deux croyants, une mère endeuillée qui croit en Marie avec un pasteur protestant. Du désir de vivre, de l'envie d'aimer, de l'envie de vie.

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Cette nouvelle est la huitième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"_______________________________

 

 

u10060941.jpgLE

BAISER

DU

PASTEUR

 

 

 

____________ Nouvelle n° 8 de Chloé LAROCHEk0071838.jpgu17724221.jpg


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS




Accueille la Vie
Comme un bouquet de roses
Cueillies en Mère934835.jpg

(Haïku de Chloé L)

 

“Un ange nous a pris par la main, vous et moi.
Nous sommes ainsi fixés
ensemble, l’un tout contre l’autre.
Seul un ange entre nous.”

Tobias Palmer : “Un ange auprès de moi”






C’était une Maman triste ; elle allait souvent à la messe et ses larmes coulaient dans le sang du Seigneur.

Son martyr était là, cruel, insensé...

Quel était le sens de la mort de sa fille ? Elle venait d’avoir seize ans, sa fille, et aujourd’hui elle était morte... morte renversée par une voiture... une voiture qui avait bu. Un chauffeur qui avait cru pouvoir conduire en noyant le monde dans l’alcool !NVS3491.jpg

Cette femme s’appelait Princesse et aujourd’hui elle avait envie de mourir ; en fait, elle n’avait pas vraiment envie de mourir mais plutôt de retrouver sa fille dans le monde où elle était... Sa détresse était si intense, même au bout de deux ans ! Ses larmes faisaient des rivières rejoignant la mer de tous les parents orphelins.

b11705.jpgPrincesse savait pourtant que sa fille était près de Dieu et qu’un jour elle la retrouverait ; mais elle souffrait tant que parfois elle faisait des choses insensées.

Ce jour-là, elle ne put assister à la fin de la messe... Elle était trop perturbée intérieurement ; elle sortit de l’église et chercha son véhicule. Mais elle ne se rappelait plus où il était garée ; en fait, elle ne connaissait pas la ville où elle se trouvait !

En effet, le matin même, elle avait pris sa voiture et roulé près de deux cent kilomètres, sans s’arrêter ; souvent elle partait, loin des siens, loin de ses amis, loin de tout. Partir, c’était alors comme mourir un peu... Elle avait l’impression ainsi de vivre une petite mort et de retrouver un peu sa fille dans cet ailleurs, dans cet inconnu sans frontières, dans ce départ renouvelé.GS212076.jpg

Princesse cherchait donc sa voiture ; dans sa quête, elle aperçut une autre église, une église au toit étrange, et se sentit attirée vers l’intérieur. Elle entra dans cette maison de Dieu ; un jeune officiant était là et l’accueillit.

“Que puis-je faire pour vous, Madame ?
-Mon père, je souffre tant. On m’a arraché mon âme, ma fille chérie est morte !...
-Madame, Dieu nous envoie les épreuves qu’on peut supporter... Vous avez sûrement beaucoup de force et Dieu le sait !
-Qu’en savez-vous... si j’ai assez de force pour supporter ce que je supporte ? Personne ne sait... Bénissez-moi, mon père, cela m’aidera à poursuivre mon chemin.”

u18909557.jpgA ces mots, l’homme d’église la saisit à plein bras et posa un baiser sur ses lèvres ; Princesse se débatit, ne comprenant rien à ce geste ; il la lâcha enfin et, la regardant avec amour, ne dit rien. La jeune femme sentit l’amour de Dieu en elle et sortit de l’église en courant ; elle venait de recevoir le baiser du Christ, ce qui n’était, semble-t-il, jamais encore arrivé à personne !

Elle venait de communier à la puissance d’amour qui bouleverse tout, qui embrase tout, qui renverse le chagrin.

C'était comme dans un rêve où la magie intérieure opère, pouvoir de renaissance et de résilience, où le prince embrasse sa princesse qui se réveille soudain d'un infini d'années endormies.u14195506.jpg

Princesse poursuivit son chemin tout en cherchant son véhicule... Or il y avait au coin de la rue une femme tzigane qui disait la bonne aventure aux passants ; elle interpela la jeune femme mais celle-ci passa son chemin, pensant en son for intérieur :

-Aujourd’hui, que pourrait-on me prédire ? J’ai tout perdu et, en même temps, le Ciel entier est soudain dans mon coeur... Les morts sont tous vivants autour de moi ! Même le Christ est vivant... sur mon front couronné par les couleurs de l’Espoir. Que pourrait bien me dire cette femme si ce n’est que les oiseaux volent dans le ciel et que les marmottes vivent dans la montagne..! Aujourd’hui, je sais tellement plus... Je sais que ma force de vie est digne de la confiance que Dieu a placée en moi.”78556-19mv.jpg

u12289498.jpgPrincesse retrouva enfin sa voiture et, pour la première fois, prit la route sur laquelle sa fille avait été renversée ; elle s’arrêta à l’endroit de sa mort et cria vers le ciel :

-Parfois, c’est vrai, je doute de l’existence d’une vie après la mort, je me laisse envahir par des pensées de néant, de destruction et de vide absolu, je ne sais plus si ma fille est vivante près de Vous... Je me condamne à ne plus vivre, à ne plus aimer comme une femme, à ne plus ressentir de vie dans mon corps...! L’acte de ce prêtre a servi à me sortir de mon état de choc et à voir la réalité en face... La preuve est que je suis venue en ce lieu du décès de ma fille, chose que je n’avais jamais pu faire jusqu’à présent ! Ne punissez pas ce prêtre pour son geste... S’il Vous plaît, jugez-le seulement sur son amour et sa compassion !”

C’est alors qu’un nuage se détacha des autres et forma un coeur rose entre les étoiles rendues invisibles par la lumière du jour...

Le regard de Princesse se posa sur un morceau de parchemin... glissé sous les essuie-glaces de sa voiture ; les paroles suivantes y étaient gravées en lettres blanches :

Lorsque nous mourrons, nos actes seront jugés selon les critères de l’Amour et non selon nos critères de sentiments coupables.

Le mot était signé :
Un pasteur qui vous aime.k1319768.jpg

Princesse rougit en lisant les mots “qui vous aime” . Elle pensa :

-Il est donc pasteur..! Les pasteurs peuvent se marier et avoir des enfants. Personne ne les empêche d’aimer et d’épouser une femme... Dieu a créé l’homme et la femme ; il a créé l’Amour ; il a créé l’Acte d’amour et seul cet acte permet de faire venir une âme sur la Terre ! Il n’y a rien de plus beau que l’union d’un homme et d’une femme ; c’est comme si le Ciel et la Terre s’embrassaient ; c’est comme si l’Univers entier communiait à l’Amour de Dieu. Salir l’amour ou le condamner est un blasphème contre Dieu car Dieu est seul Créateur ; il a créé l’amour et l’union sacrée entre l’homme et la femme.”

k0441657.jpgToute à ses pensées, Princesse n’avait pas remarqué qu’un petit lapin s’était approché d’elle ; il était blanc et semblait perdu. Il commença à grignoter les lacets des chaussures féminines. “Un lapin, s’écria la jeune femme. Que fais-tu là ? Serais-tu un signe de ma fille Ambre, qui est morte à cet endroit ? Je l’appelais souvent Angora, car elle était tendre et douce ; elle avait la lumière fragile qui traverse le lapin. Viens avec moi, petit animal, je vais te porter à quelqu’un, quelque part où tu seras bien.”RBF00066.jpg

Princesse monta dans sa voiture et prit la route de l’église où se trouvait le pasteur qui l’avait embrassée. Celui-ci l’attendait sur le seuil de sa demeure sacrée.

-Je n’ai cessé de penser à vous... Je suis désolé pour le baiser que je vous ai donné... Pardonnez-moi ! Je n’aurais pas dû... Je vous ai bouleversée !”k1749146.jpg

La jeune femme sourit et lui tendit le lapin ; mais celui-ci s’échappa avec promptitude et détala vers un parc, un jardin public proche de l’église protestante ; Princesse courut pour le rattraper, suivie par Ambroise, le pasteur.

Ils retrouvèrent l’animal immaculé blotti sous une statue de la Vierge en larmes ; tous deux se sentirent soulagés. Ambroise prit alors doucement la main de la mère orpheline et lui dit :

-Epousez-moi ! Vous serez heureuse avec moi. Ne refusez pas le bonheur au sein de votre douleur. ”

La jeune femme le regarda un long moment et s’agenouilla devant le pasteur surpris en s’adressant à lui en ces termes :

-Marie a perdu son fils Jésus comme j’ai perdu ma fille Ambre ; Elle comprend ma souffrance car Elle l’a vécue. Comment pourrais-je fréquenter, aimer un homme qui n’accepte pas Marie dans sa religion, qui n’accepte pas les larmes d’une Mère qui a perdu son Fils sacrifié à l’Humanité. Comment le pourrais-je ?”

pe0001159.jpgAmbroise s’agenouilla près d’elle et lui répondit avec sérénité :

-Vous savez, l’Amour peut tout. C’est vrai, je vous aime... aussi j’apprendrai à aimer et à connaître Marie à travers vous. J’aimerai la Mère du Christ et Elle m’apprendra les larmes de la Compassion versées sur le monde ; elle m’apprendra l’abnégation et le renoncement ; elle m’enseignera le dépassement de la souffrance par le don de mes larmes à ceux qui souffrent comme moi sur la Terre ; aujourd’hui, je suis atteint par le virus du sida, que j’ai contracté au cours d’une transfusion de sang après un accident de voiture ; je me bats pour vivre, je me battrai pour vous, en partageant ma vie avec vous, Princesse, et Marie me soutiendra dans l’offrande de mon épreuve au monde souffrant. Acceptez-vous de m’épouser, Soleil de mon âme ?k0111843.jpg

-Oui ! répondit la jeune femme. Je vous donne ma main et mes lendemains pour que nos vies soient le don de l’Espoir à l’Amour de Dieu. Nous vivrons jusqu’au bout de nos larmes et Marie les transformera en roses pour qu’une pluie bénite tombe sur tous les malades du sida et sur tous les endeuillés de la Terre.”

Les yeux de la statue s’étaient tournés vers eux mais ils ne le remarquèrent pas car leurs propres iris étaient enlacés dans la Joie de Dieu ; le lapin sauta sur les genoux de Princesse et se blottit sur son coeur.pe0001200.jpg

Ambre souriait dans le Ciel et fit tomber quelques gouttes de rosée sur l’aurore de la nouvelle vie de sa mère aimante.k1738086.jpg

 

Chloé LAROCHE

 

___________________________________________________________________________


k0981796.jpgVotre vie d’humain
Est une rose blanche
Que Dieu protège

 

(HAÏKU DE CHLOÉ L)

 

________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur.

Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________

cri12005.jpgLes photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr avec des photos libres de droits (Banque de Photographies et de Séquences Vidéos Libres de Droits Images).

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07/12/2010

Quand un chien vient apporter l'espoir à une maman endeuillée. Nouvelle de l'ange-chien. Dédiée à ma chienne Haka, tuée quand j'avais treize ans.

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Cette nouvelle est la septième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"_______________________________

 

 

1785616.jpgLe

Trésor

de

l’Ange-Chien

____________ Nouvelle n° 7 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS





“Elle s’en est allée avant que d’être une femme
N’étant qu’un ange encore, le ciel a pris son âme.”

Victor Hugo





Sa vie n’avait plus aucun sens ; Benoît venait de perdre sa fille et errait dans les rues, tapant dans les murs, criant aux étoiles, s’arrêtant dans chaque bar.

On lui avait pris son bébé, son unique raison de vivre...

Elle était morte comme un cygne part au ciel ; elle avait chanté sa chanson préférée et avait dit à ses parents :

k0312646.jpg-Je vous aime ; je sais que je vais mourir car je suis très malade. Je vais partir dans un autre monde, un monde de lumière d’où je vous enverrai tout l’amour de l’univers... Je vois, comme je vous vois, le monde qui m’attend... Je vois un homme avec un chien... Il a une auréole autour de la tête et le chien me sourit avec ses yeux.”

Cette petite fille avait quatre ans et s’appelait Angélique ; elle était atteinte par une leucémie depuis de longs mois et savait que les médecins ne pourraient pas la sauver.

En entendant les paroles étranges prononcées par sa fille, Thérèse lui avait demandé :

-Comment est le chien que tu vois ?” ...

Angélique lui avait répondu :

-C’est un terrier noir russe, maman ; j’en ai vu un sur un livre comme lui !”1807450.jpg

A ces mots, la jeune mère pâlit, fondit en larmes et sortit de la chambre de sa fille ; elle alla frapper à la porte du bureau de la psychologue de l’hôpital ; celle-ci la fit asseoir et lui demanda ce qui se passait.

Thérèse répondit :

-Lorsque j’avais dix ans, mes grands-parents, qui m’ont élevée après le décès de ma mère, m’ont offert un jeune terrier noir russe ; je devais m’en occuper mais mon grand-père, qui était extrêmement sévère, l’a traumatisé par de mauvais traitements ; mon chien avait très peur de lui et faisait de plus en plus de bêtises ; il s’enfuyait à chaque fois qu’il le pouvait... J’aimais cet animal, madame, mais je ne pouvais rien faire pour changer le cours des choses !... Enfin, un été, alors que je rentrais de vacances, je n’ai plus retrouvé mon chien ; mon grand-père l’avait tué... d’un coup de couteau, m’a-t-il dit... comme ça, parce qu’il était devenu insupportable  ! Il m’a dit : “Il a poussé un cri horrible ; jamais je ne pourrais refaire cela...”. Madame, personne ne sait combien j’ai souffert et ce que le deuil d’un animal peut faire dans la tête d’un adolescent... Aujourd’hui ma fille va mourir et elle l’a vu, ce chien ! Elle l’a vu l’attendre de l’Autre côté... Mon chien vit... donc ma fille vivra et nous nous retrouverons tous. Oui, aujourd’hui j’ai un glaive planté dans le coeur, croisé avec un couteau... mais, comme si nous étions au jour de Pâques, je crie ma foi en la résurrection, cette vie qui existe après la mort.

k1024162-1.jpg-Madame, lui répondit la psychologue, si cela vous fait du bien de croire en tout ce que vous venez de me dire... alors je vous encourage à y croire !

-Mais madame, je ne vous demande pas de me dire si vous êtes d’accord pour que je continue à croire ce que je crois... Non, j’ai besoin que vous me compreniez vraiment, que vous me rejoigniez dans ce que j’éprouve, que vous éprouviez toutes ces émotions que je ressens...

-Madame, répliqua la psychologue, je suis là pour vous aider, non pour fusionner avec vous. Vous êtes seule là où vous êtes ; personne ne peut vous y rejoindre ! Tout ce que je peux vous dire, c’est : croyez en ce qui vous fait du bien... Le deuil que vous allez endurer et que vous commencez à percevoir est la chose la plus terrible qui puisse arriver à un être humain... et vous êtes trop bouleversée pour juger des choses clairement !

-En fait, madame, vous me dites que les fleurs se ferment au crépuscule... mais vous ne voulez pas savoir si elles s’ouvrent ou non à l’intérieur d’elles-mêmes, la nuit, lorsque tout est obscur ! Vous vous fichez que je crois à cela ou à autre chose... Merci de votre condescendance. Au revoir !”

IS1060.jpgThérèse sortit du bureau et alla respirer à l’entrée de l’hôpital. Son regard se perdit dans celui des passants affolés par la détresse qui se lisait sur son visage. Elle avait envie de les prendre un par un et de les secouer, comme elle aurait secoué Dieu, si elle l’avait eu en face d’elle... “Pourquoi me prendre ma fille ? “Dieu sait ce qu’il fait,”  m’a dit l’aumônier. Peut-être, mais est-ce Dieu qui fait cela ? Le veut-Il vraiment ? Voulait-Il la mort de tous ces petits rwandais, de tous ces petits algériens assassinés, de tous les enfants juifs déportés par les nazis, de tous les enfants cheyennes massacrés à Sand Creek ? Alors, pourquoi attribuer à Dieu un rôle qu’Il n’a peut-être pas... ?” Les questions se bousculaient dans la tête de Thérèse.

-Mon Dieu, j’aime tant ma fille... Je ne peux pas croire qu’elle va partir ! Là-haut, si Tu m’écoutes, envoie-moi un signe pour me prouver que Tu peux intervenir dans nos vies et que Tu peux protéger l’Amour.”

A ce moment-là, une petite fille apparut, au bout de la rue, tenant en laisse un chien... C’était un terrier noir russe !

Il s’échappa soudain, laissant sa jeune maîtresse stupéfaite.
-Trésor, viens ici tout de suite !”

Le chien s’était dirigé vers Thérèse et lui faisait une fête digne de tous les anges du ciel...IS065-087.jpg

La petite fille, étonnée, vint chercher Trésor et dit à la jeune femme :

-Jamais encore il n’avait fait une chose pareille ! Je ne comprends pas ! Excusez-moi pour lui !”.

Thérèse lui sourit et dit :

-Votre Trésor m’a donné le plus beau des signes du Ciel ! Il est venu vers moi pour que je sache vraiment qu’un de ses frères, que j’ai connu, est bien vivant dans l’Au-delà et qu’il faut que je fasse CONFIANCE, confiance en ce que je ne sais pas... pour ma fille qui va partir le rejoindre.”

Thérèse retourna alors au chevet de sa fille avec la paix de Dieu au fond du coeur et la conviction intérieure qu’Il se trouvait à leurs côtés, quoi qu’il se passe.

k0009923.jpgElle parla avec Benoît, son mari, mais celui-ci avait du mal à considérer Dieu comme un allié et un ami, dans cette lente agonie qu’ils vivaient tous. Il écoutait sa fille ; il entendait sa femme ; mais son coeur était déchiré par le chagrin.

Leur fille Angélique s’envola comme ils savaient qu’elle allait s’envoler.

Le coeur de Benoît éclata en mille morceaux... que Dieu ne put recoller malgré sa bonne volonté de Créateur.

Car Dieu ne peut pas recoller tous les morceaux...

Seul le Temps peut le faire, car le Temps est l’Amour que Dieu sème sans dire que c’est Lui qui sème.


Chloé LAROCHE

 

PS : lorsque j'étais adolescente, un proche a tué mon chien Fox-terrier dans le même descriptif que le chien tué dans ma nouvelle ;  beaucoup d'éléments autobiographiques se trouvent dans ce récit à travers le cheminement de l'acceptation dans la mort d'un enfant.k2533404.jpg

 

____________________________ Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr/photos-images/chiens.html avec des photos libres de droits.



Prends ma Confiance
Et que dans ta conscience
Elle soit ta Foi

(HAÏKU de Chloé L.)

 

________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur.

Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas."

(extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________


 

06/12/2010

Je crois en l’être qui vit dans l’éternité de sa peau noire. Voici la sixième nouvelle de mon premier ouvrage : "Le prêtre noir du Mont Saint-Michel".

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Cette nouvelle est la sixième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"_______________________________

 

 

15463-07dg.jpgLE

PRÊTRE

NOIR

DU MONT

SAINT-MICHEL

 

____________ Nouvelle n° 6 de Chloé LAROCHEu26467582.jpg


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS

 

Je crois en l’Être
Qui vit dans l’éternité
De sa peau noire

(Haïku de Chloé L)

 

“L’Amour que vous donnerez,
même du fond du malheur,
vous sera toujours retourné.”

Alain Guillo : “A l’adresse de ceux qui cherchent”
au chapitre “L’enfant qui meurt”




k1304623-1.jpgLe Mont-Saint-Michel était voilé de pourpre derrière les coquelicots rougis par le soleil couchant ; il émergeait des eaux comme un ange à genoux taillé dans l’albâtre de la pureté céleste.

Le Christ semblait égréner dans le cri des mouettes le chapelet des morts de la Terre, rappelés au souvenir de l’Archange par les pèlerins...

-Saint Michel, laissez passer l’âme de mon époux ; pardonnez-lui ses péchés, ses beuveries et ses coups portés à mon corps... -O Grand Archange, ouvrez le Paradis à ma mère arrachée à la Terre par un cancer... -O toi Grand Saint, je te confie l’âme de mon fils mort à la guerre ; donnez-moi la force de poursuivre mon chemin... -Ma fille s’est suicidée... Je ne sais si c’est de ma faute ou non. Je porte cela comme un boulet qui emprisonne mon âme comme un cachot sans lumière. Eclairez-moi ! Je vous en supplie... -Ma compagne  a été emportée par le sida... Notre bébé est malade... Je ne pourrai pas continuer tout seul à supporter cette épreuve. J’ai renié Dieu, j’ai renié les Anges, j’ai renié l’Espoir, mais tout seul je n’y arriverai pas... Alors oubliez mes insultes proférés contre le Ciel et accompagnez-moi tous les jours de ma vie...”.

Telles étaient les supplications des âmes orphelines ; l’océan les entourait avec compassion de ses bras puissants et emportait toutes les larmes vers le grand large où tout est partage... où chaque goutte salée est un voyage. Après cette expérience intérieure vécue sur le Mont, les âmes repartaient... le coeur allégé, l’espoir au ventre, une espérance née au bout de la vie.

Marie-Ange et Jean-Noël avaient marché longtemps avant d’apercevoir au loin le Mont sacré émergeant des eaux du Monde ; les coquelicots étaient embrasés par le feu du Ciel et le soleil semblait s’être accroché à la flèche de l’Abbaye.k3786678.jpg

Ils venaient en ce lieu chargé de Paradis pour méditer et offrir leur immense souffrance... Ils avaient perdu leur enfant, à la naissance... leur unique enfant, cinq mois auparavant.

Après leur séjour à l’hôpital, ils étaient rentrés chez eux et avaient retrouvé la chambre de leur bébé prête à l’accueillir, préparée avec amour depuis des mois... Un prêtre accepta de les recevoir pour les aider à surmonter leur douleur et le déchirement de voir mourir l’avenir ; il s’exprima à eux en ces termes :

-Les bébés ne meurent pas... Ils deviennent des anges. Le vôtre sera toujours là, près de vous, blotti au chaud dans votre coeur. Il vous conduira sur des chemins inespérés... des chemins d’amour dignes de celui du Créateur pour toutes ses créatures.”

En ce jour de leur arrivée au Mont, Marie-Ange regardait le soleil de l’océan se coucher dans les yeux de Jean-Noël ; elle savait que le prêtre avait raison ; mais comment évacuer cette colère qu’elle ressentait en elle... toute la révolte d’une mère face au vide de la mort, privée à jamais de la chaleur de ce petit être qui l’avait habitée durant neuf mois !?... Parfois, elle avait envie de frapper, de hurler, de détruire et ne plus reconstruire.

k1580034.jpgC’est pour cette raison qu’elle alla voir un prêtre dès le lendemain dans la vieille chapelle du Mont, l’église Saint Pierre ; l’officiant qui la reçut avait la peau noire et une immense foi en l’Archange ; il avait traversé l’Afrique pour offrir une grande partie de son temps à l’accueil des pélerins de Saint Michel ; ce matin-là, donc, il accueillit Marie-Ange, qui lui expliqua tout ; il fut immensément touché par l’épreuve de cette femme.

-Allez prier devant la statue de la Vierge aux Anges, Madame ; elle vous consolera et vous ouvrira le chemin qui relie votre âme à celle de votre enfant. Pensez toujours que vous êtes à jamais unie à lui et que la communion d’âme à âme est la chose la plus intense qui existe sur Terre.”

La jeune femme alla prier devant la Vierge aux Anges ; elle parla intérieurement à son enfant, lui envoyant plein d’amour et de tendresse maternelle.

La nuit suivante, elle fit un rêve étrange : elle tenait dans ses mains un bébé minuscule à la peau noire, comme le prêtre africain qui l’avait reçue. Elle se réveilla en disant : “Je veux adopter un petit africain. Un enfant de là-bas m’attend quelque part... Je serai sa maman ! Sa peau, dans mon rêve, était si fine, faite d’un ébène si noir et brillant... qu’elle paraissait réelle. Ce petit garçon m’attend, j’en suis sûre...!”

Jean-Noël ne fut pas d’accord du tout avec cette “idée” ; il avait toujours été opposé à l’adoption et il aurait préféré que sa compagne accepte de porter un deuxième enfant... engendré par leur couple. Ils se disputèrent fortement devant l’Abbaye qui surplombe le Mont-Saint-Michel... Un moine vint les voir et leur dit, en leur montrant l’infini de l’horizon :

-Est-ce que votre querelle va empêcher l’océan d’être vivant... et de venir mourir dans chaque vague qui vient s’écraser sur la côte ? Est-ce que votre querelle va arrêter votre chemin en route vers demain ?... Mais peut-être avez-vous deux chemins...?! Peut-être se croisent-ils aujourd’hui à un carrefour où l’inéluctable apparaît... Prenez le calme de ce lieu et emportez la paix avec vous.”u10066375.jpg

Marie-Ange et Jean-Noël s’excusèrent auprès du moine ; ils restèrent longtemps silencieux, accoudés au balcon de la Baie.

Au-dessus d’eux, rayonnait la statue de l’Archange ; tant de finesse mêlée à la force attirait le respect du regard sur le geste victorieux de Saint Michel brandissant l’épée.

Jean-Noël ne put s’empêcher de penser à l’Eglise Saint Michel de Chamonix, cette ville chérie où il avait grandi ; il était souvent entré dans ce sanctuaire pour donner à l’Archange ses prières les plus secrètes, destinées au Tout-Puissant ; il était toujours reparti de cet endroit l’âme humble, dépouillée d’orgueil... et emplie de compassion envers les siens et le monde entier.

Mais, en ce jour précis, il n’arrivait pas à s’accorder aux nouvelles vibrations de sa compagne ; il savait intérieurement que personne ne le ferait changer d’avis : il ne serait jamais, au grand jamais, le père adoptif d’un enfant noir...!!

Soudain, à l’instar de cette pensée, une femme désespérée accourut dans leur direction.

-Avez-vous vu ma fille ? C’est une petite africaine... Elle porte une robe blanche... Elle a cinq ans... Mon Dieu, je l’ai perdue dans tous ces dédales... Aidez-moi, je vous en supplie. Aidez-moi à la retrouver !”

Le couple se mit à aider cette femme.
“Comment s’appelle votre fille ?
-Violina, elle s’appelle Violina."

-Violina, Violina”, cria Jean-Noël de toutes ses forces... Personne ne répondait. Il cria plusieurs fois ainsi...

Tout à coup, il eut une idée ; il pénétra dans l’Abbaye et se laissa guider par la beauté des lieux ; il descendit vers le niveau qui se trouve sous l’église abbatiale et trouva la petite fille assise près de la grande roue ; des prisonniers la faisaient tourner autrefois, en un temps lointain où l’administration pénitenciaire installa un poulain afin de hisser un chariot le long du rocher.

“C’est quoi cette roue, monsieur ?
-Violina, ta maman te cherche partout. Viens !
-Mais, monsieur, c’est quoi cette roue ?
-Cette roue ? Autrefois, des méchantes personnes ont attaché des prisonniers à l’intérieur de cette machine pour que ceux-ci la fassent tourner en marchant... afin de faire monter un chariot sur une échelle de pierre... un poulain.
-Ces personnes cruelles croyaient sûrement que le monde entier devait tourner pour elles toutes seules !”

Jean-Noël, surpris, s’accroupit près de la petite fille ; elle était belle dans sa robe à dentelles ; ses yeux étaient profonds et emplis de gravité devant le cynisme humain... qui avait pu placer cette roue dans l’ancien ossuaire des moines, cimetière des âmes priantes de ce lieu saint et vénéré !

15419-76NS-1.jpgViolina mit sa main dans celle de Jean-Noël.
“Viens, dit-elle, il faut laisser la roue à Dieu. Il sait bien, Lui, comment faire tourner la Vie !...”.

Elle retrouva sa maman, qui fut aux anges.

Jean-Noël, de son côté, offrit une plume noire, trouvée sur la terrasse de l’ouest, à sa compagne, en lui disant :

-Nous partirons ensemble en Afrique ; j’ai des amis là-bas ; nous adopterons un enfant et nous deviendrons durant sa vie entière ses parents, son père et sa mère, pour toujours et à jamais.”

 

Chloé LAROCHE

PS : j'ai fait un pèlerinage au Mont Saint-Michel cinq mois après le décès de ma fille et beaucoup d'éléments autobiographiques se trouvent dans cette nouvelle, avec aussi ce même rêve et cette même rencontre avec un prêtre africain, et l'adoption cinq ans plus tard d'une petite fille africaine qui avait cinq ans au moment de mon rêve au Mont Saint-Michel.

_______________________________ Nota Bene : les photos de cette nouvelle sont libres de droits et choisies par l'auteur

dans le site : "fotosearch.com".

 


Le Mont-Saint-Michel
Grand point d’orgue de l’Esprit
Sur la Bible nue

(HAÏKU DE CHLOÉ L)

 

________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur.

Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas."

(extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________


06/11/2010

Dieu seul sait si la mort d’un ange peut en sauver d’autres... L'histoire d'une maman orpheline de sa fille, dont la mort a été offerte pour deux vies.

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES...chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la cinquième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"_______________________________

 

 

2e0c38b4dd3c1378.jpgLe

Don

de

Flore

 

____________ Nouvelle n° 5 de Chloé LAROCHE416500fd42b96950.jpg


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


La Vierge pleure
Des chapelets de roses
Qui tombent du Ciel

(haïku de Chloé L)

 

“On ne meurt pas chacun pour soi,
mais les uns pour les autres,
ou même les uns à la place des autres.”

(Soeur Constance dans le “Dialogue des Carmélites”
de Georges Bernanos)





92fa763a1950b944.jpgLes fleurs exhalent un parfum capable de traverser notre monde pour rejoindre celui de nos morts ; elles touchent ainsi leur âme ouverte à l’amour des aimés de la Terre.

Une maman avait compris cela et plaçait devant la photo de sa fille décédée des fleurs odorantes ; elle savait que leurs parfums traversaient mille espaces pour porter son amour à son enfant chérie.

Cette mère s’appelait Flore et sa fille portait le nom d’Eglantine ; sa tombe était toujours couverte de mille fleurs, fleurs de printemps et fleurs d’hiver.99393a71542ed8ba.jpg

Là où se trouvait Eglantine depuis l’âge de ses trois ans, elle percevait des odeurs de courage, de force, de beauté, de douceur et tout l’amour que lui transmettait sa maman à travers les fleurs.

Un jour, alors que le soleil était caché depuis longtemps derrière les nuages et qu’il faisait froid, Flore s’était rendue malgré tout sur la tombe de sa fille ; elle lui avait apporté un joli bouquet multicolore qu’elle avait placé délicatement dans un vase.

15158330c108d452.jpgSon coeur était lourd, ce jour-là, si lourd qu’elle n’arrivait pas à pleurer ; ses larmes restaient accrochées aux parois de son âme écorchée.

Soudain, un rayon de soleil illumina la tombe et un sourire brilla dans le visage d’Eglantine, dont la photographie irradiait la stèle ; les larmes coulèrent sur le visage de Flore, telle une rosée d’aurore aux doigts de roses.

Elle se mit à parler à haute voix : “Mon Dieu, si vous m’écoutez, prenez ma vie. Je Vous la donne en échange de la vie d’un enfant d’Algérie... pour qu’il ne soit pas tué. C’est horrible, ce qu’il se passe là-bas ! Si ma vie peut en sauver une, alors prenez-la et laissez-moi rejoindre ma fille... Je Vous laisse la décision de ma mort, brutale ou par longue maladie.”421576f1d30948fa.jpg

Flore souffrait en effet au plus profond de son être de savoir qu’en Algérie, des enfants, des femmes, des hommes innocents étaient massacrés par milliers sans que personne ne puisse empêcher ces crimes perpétrés par les terroristes...

Elle ne savait pas si Dieu l’écouterait mais si elle pouvait sauver un seul enfant de cette horreur, ce serait pour elle le paradis... et elle retrouverait sa fille peut-être plus vite que prévu.

1b3c0a4a72b2948a.jpgDix ans plus tôt, elle était allée en Algérie, à Blida ; elle avait fait la connaissance d’une grande famille... si hospitalière que la jeune femme aurait souhaité devenir l’une des leurs ! Une femme, notamment, l’avait prise en affection et lui avait offert un bracelet avec deux serpents d’argent qui se regardaient ; Flore avait toujours gardé ce présent comme un signe d’amitié entre leurs deux peuples, un signe de paix ; or, depuis la vague d’atrocités des crimes terroristes en Algérie, elle s’inquiétait terriblement pour cette famille de Blida et toutes les familles de ce pays... un pays meurtri et ensanglanté par les corps de ses bébés assassinés et égorgés devant les yeux de leurs propres mères !...

Ce jour-là, Dieu entendit sûrement l’offre de son don car la maman d’Eglantine se piqua à une rose ; Flore n’était pas vaccinée contre le tétanos ; elle tomba gravement malade et rejoignit sa fille au Ciel quelques jours plus tard.

On apprit peu de temps après qu’une enfant de sept ans avait été la seule rescapée d’un terrible massacre qui eut lieu en Algérie, au moment de la mort de Flore.b367296ff4aca39c.jpg

La maman de cette enfant remercia le Ciel de l’avoir sauvée...

On sut aussi qu’au même moment, un jeune enfant de trois ans avait survécu, seul et unique être vivant, après le crash d’un avion en Asie.

94ea97b8fa62c344.jpgPeut-être que Flore avait sauvé deux enfants, l’un en Orient, l’autre en Occident, comme Jésus avait lui aussi souffert sur la Croix par ses deux bras écartés en acte d’amour et de don à l’Humanité.

Peut-être que sa fille, par sa propre mort et à travers le don de sa mère, avait sauvé aussi un de ces deux enfants... Dieu seul sait si la mort d’un ange peut en sauver d’autres... En tout cas, les Anges, eux, doivent sûrement le savoir !

7ee27f4a9bb8ed22.jpgDepuis le décès de Flore, des personnes avisées disent que sur la tombe de la mère et de l’enfant viennent très souvent un homme très âgé, au faciès asiatique, accompagné d’un vieil homme de type arabe... Ils apportent à chaque fois des branches d’églantine, qu’ils déposent de chaque côté de la sépulture de Flore et de sa fille.00a34fe98499f7fc.jpg0c73501ed8b700a2.jpg

Ces personnes disent qu’ils représentent sur la Terre les larmes des Sages descendus de la maison des pleurs qui se trouve c66e0593449202d6.jpgdans l’Arc-en-Ciel.

Chloé LAROCHE

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Le soleil vivant
Respire sur la terre
Le parfum des fleurs

(HAÏKU DE CHLOÉ L)

 

________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur.

Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________

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NOTA :

-La photo de la tombe est celle de Jacques BREL :  sa tombe est dans le cimetière d’Atunoa sur l’île  d’Hiva Oa,

là où Gauguin repose aussi.

-LES DEUX DESSINS DE FEMMES PROVIENNENT DE LA GALERIE DE FARID BENYAA :

http://www.farid-benyaa.com/cartes_voeux_algerie/cartes_f...

Contact



Adresse Galerie d'art Alger - Peinture Algérie

03/11/2010

J'ai écrit ce texte pour tous les amoureux des arbres et ceux qui croient aux racines de l'amour, celles qui s'ancrent dans les larmes devenues source.

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES...chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la quatrième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"_______________________________Unknown.jpeg

 

Unknown-13.jpegLes

Racines

de

l’Amour

 

____________ Nouvelle n° 4 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


Le cierge s’éteint

Comme le feu de ta vie

Nourris-le d’amour

(haïku de Chloé)


“Dire des morts : “ils ne sont plus”,

c’est non seulement les renier,

mais se renier soi-même et peut-être

renier absolument l’être parlant.”

(de Gabriel Marcel)


Unknown-7.jpegCe jour-là de la Saint-Valentin, Clémentine emmena son fiancé voir son arbre saule. Cet arbre faisait partie de sa vie ; il représentait ses racines, isolé dans un pré.Unknown-15.jpeg

Ses parents avait décidé, lorsqu’elle était petite, que chacun des membres de la famille aurait un arbre, qu’il choisirait dans la nature. Clémentine était enfant lorsqu’elle choisit cet arbre et ce fut le même que celui que prit son frère ; elle et lui étaient presque jumeaux, avec seulement quelques mois de différence.Unknown-9.jpeg

Souvent, elle avait rendu visite à son arbre, l’embrassant et nettoyant ses branches ; chaque fois, elle entourait le tronc avec ses bras et lui racontait sa vie, ses chagrins et ses joies.

C’était un saule pleureur ; sa vitalité et ses bourgeons renvoyaient les pleurs humains à la joie et à l’extase de l’âme saisie par un coucher de soleil.

Ce jour de la Saint-Valentin, Clémentine eut un choc terrible en apercevant de loin le pré nu, désert. Son arbre n’était plus là...

Unknown-4.jpegElle comprit qu’il avait été coupé et elle s’effondra dans l’herbe en sanglotant.

“Clémentine, lui dit Olivier, son fiancé, que t’arrive-t-il ?

-On a coupé mon saule ! C’est terrible ! On a coupé mes racines ! Je l’aimais tant ! Ce n’est pas possible !”

Elle restait là, choquée, sans comprendre. Olivier, de son côté, n’arrivait pas à admettre sa peine immense ; il n’avait jamais pensé à la douleur de perdre un arbre ami ; il n’en avait pas. Si, il avait bien aimé autrefois un chêne près de la maison de ses parents, un chêne immense auquel il s’était attaché ; mais Clémentine ressentait une si grande souffrance pour ce saule, comme si elle avait perdu sa propre mère...! Cela prenait à ses yeux de fiancé des proportions inquiétantes ; il essaya néanmoins de la consoler...00376e8bc87d0b54.jpg

Elle courut vers l’endroit où avait vécu son arbre ;  Olivier la suivit ; ils ne trouvèrent que la souche du saule avec des copeaux éparpillés, traces immondes d’un crime sans nom.

Unknown-3.jpeg“Ils ont coupé mon arbre. Quand arrêteront-ils ? Ils ont déjà coupé celui de mon père, un bouleau, un magnifique bouleau, et celui de ma mère, un hêtre majestueux, à l’orée d’une forêt, à trente kilomètres d’ici. Ce hêtre vivait dans un bosquet, à l’abri du regard des hommes ; ma mère l’aimait car il ressemblait à son être intérieur ; nous l’aimions tous. Un jour, en rentrant de promenade, mes parents nous ont dit : “Quelqu’un a coupé l’arbre de votre mère.” Je n’ai jamais eu le courage de retourner sur les lieux, dans cet endroit où vivait le hêtre de ma mère ; et aujourd’hui c’est mon arbre qui est mort. Pourquoi ?  Je suis si peinée. Ils ont même coupé le petit frêne qui poussait près de mon saule... On disait en souriant, mon frère cadet et moi, que c’était le frêne de notre petit frère benjamin (l’arbre que tu vois là-haut, au sommet de la colline) qui avait voulu se rapprocher de notre arbre ; il représentait notre amour de frères et soeur.”

Olivier serra fort sa fiancée et lui dit :

1e0a099f6e90d1f6.jpg“Les racines de votre amour sont ancrées profondément en toi, en vous ; les racines de ton saule resteront à jamais dans ton coeur. Cet arbre continuera à faire des bourgeons  et à verdir au printemps ; il te donnera la force de traverser les pleurs de ta vie et d’affronter les deuils de ton existence... en pleurant toutes les larmes de ton corps sans perdre ton âme. Il t’apprendra que les larmes qu’on retient creusent une source qui ronge l’âme… Ton saule chantera toujours en toi la chanson éternelle de l’homme solitaire dans le grand pré de la vie ; il te donnera la dignité de rester droite face au mal, face aux rôdeurs de l’existence et face aux épreuves.”

Clémentine écoutait parler Olivier tout en se disant :Unknown-14.jpeg

“Comme il me parle ! Il doit être inspiré. Ce qu’il dit est si profond... Il ne m’avait jamais parlé ainsi.”

Elle l’embrassa et lui dit : “Ce que tu m’as dit est très beau. C’est ton cadeau pour ce jour de la Saint-Valentin ! Mon arbre nous donne le souffle de l’Amour et sera notre ange dans le Ciel de notre futur mariage.”

Jusqu’à ce jour, elle n’était pas sûre de vouloir épouser Olivier mais aujourd’hui elle avait la conviction qu’elle deviendrait sa femme ; elle sut que leur union prenait racine dans la compréhension et le partage du pire comme du meilleur.

Dans les jours et les semaines qui suivirent, elle pleura souvent la mort de son arbre chéri et elle repensait aux paroles d’Olivier...

99f1adffb5a6c2b0.jpgPetit à petit, elle sentit les racines du saule s’ancrer dans son coeur ainsi que son être faire corps avec le sien ; ses bras lui semblaient parfois être des branches et ses larmes des bourgeons.Unknown-5.jpeg

Elle sentait qu’elle devenait femme, ayant coupé les racines de son enfance tout en assimilant les souvenirs heureux et malheureux de cette période de sa vie.Unknown-14.jpeg

Le saule faisait revivre en elle tous les moments qu’elle avait partagés avec ses parents, tués dans un accident de voiture alors qu’elle était adolescente ; elle se dit que son arbre saurait les embrasser pour elle au Paradis et leur dire combien ils lui manquaient, combien ils lui avaient manqué, combien ils lui manqueraient toujours.

Ne plus voir ses parents, ne plus leur parler, ne plus les embrasser avait été et était toujours très difficile pour Clémentine, insurmontable parfois.

416500fd42b96950.jpgAujourd’hui, elle allait dire oui à son fiancé Olivier, oui pour la vie... une vie qui offre parfois le pire : perdre ceux que l’on aime.

 

Chloé LAROCHE

____________________________________Unknown-10.jpeg

 

Tuerie des forêts

Que Dieu a permis d’hêtre

Troncs du Paradis

(HAÏKU de Chloé L)

 

_____________ __________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur. Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________


31/10/2010

"Le Vélo du Ciel". Ma troisième nouvelle des Semences de l'Après-Vie. Accident de la vie, accident sur la route, accident de la mort, départ d'une vie.

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES...chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la troisième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"______________________________________

 

 

k0292384.jpgLe  Vélo

tombé

du

Ciel

____________ Nouvelle n° 3 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


 

L’aigle vole haut

Pour rejoindre son Père

Grand oiseau libre

(Haïku de Chloé)______________________

 

“Tu sais bien que lorsqu’un enfant meurt,

ses parents se sentent coupables de tout.”

Patrick Poivre d’Arvor s’adressant à sa fille défunte Solenn

dans son livre : “Elle n’était pas d’ici”

 

__________________________________________________________ks114206.jpg

Unknown-16.jpegFrancis avait eu un accident de vélo... un terrible accident qui avait pris la vie de son fils de cinq ans ; un automobiliste avait grillé le stop d’un carrefour et les avait heurtés de plein fouet.

Son fils Sébastien avait été transporté aux urgences mais il n’avait pas survécu à ses blessures ; Francis, après une longue période de coma, ne se déplaçait que sur un fauteuil roulant.

Unknown-15.jpegIl avait essayé plusieurs fois d’attenter à sa vie ; il se sentait coupable de la mort de son fils... coupable de l’avoir fait monter sur ce vélo. Tout le monde lui disait : “Tu n’y es pour rien ; il était attaché ; il avait une chaise spéciale pour enfants ; il portait un casque. Ce n’est pas de ta faute !” Rien ne lui enlevait cette idée de culpabilité. “J’ai tué mon fils", disait-il sans arrêt. "Je ne mérite pas de vivre.”

Le jour de l’accident, Francis emmenait Sébastien en promenade.

Son fils aimait monter sur le vélo ; être attaché ne lui plaisait guère mais il savait que c’était pour sa sécurité ; il regardait les arbres passer à toute vitesse et chantait à tue-tête avec son père.k1153859.jpg

L’accident fut brutal et Sébastien eut très peur ; il cria Papa ! et ressentit le choc comme un soleil qui explose. Après, il avait gémi, tenant la main de sa maman accourue à son chevet ; elle l’embrassait partout, suppliant le Ciel de le lui laisser vivant.

Mais Sébastien mourut... sans revoir son papa, qui était encore dans le coma.

Unknown-2.jpegFrancis resta deux longs mois dans ce sommeil profond.

Lorsqu’il se réveilla, il expliqua à tous ceux qui l’entouraient qu’il avait dit “au revoir” à Sébastien ; des êtres en blanc s’étaient adressés à lui en ces termes : “Ton fils doit quitter la Terre mais toi, tu dois y retourner ; ta place est près de la maman de Sébastien ; elle aura besoin de toi et d’autres personnes auront besoin de vous. Tu retrouveras ton fils plus tard... Dans l’immensité du temps, une seconde vous sépare ; durant cette seconde, tu vas poursuivre ta vie sur la Terre et après tu auras l’éternité pour partager l’amour de ton fils. Nous t’aiderons à assumer ton chagrin et à comprendre que ton fils n’est pas séparé de toi. La mort n’est pas une séparation... Tu comprendras plus tard que son départ n’est pas quelque chose qu’on lui a enlevé mais quelque chose qui lui a été donné. ”Unknown-18.jpeg

Francis s’était donc réveillé du coma mais il supportait mal de devoir vivre sur ce fauteuil roulant ; et puis il s’accusait de la mort de son fils ; il s’accablait de reproches et paraissait ignorer ce que les “êtres en blanc” lui avaient dit.BLD053967.jpg

Il restait avec sa femme mais il lui rendait la vie impossible... Elle avait une peine si lourde qu’elle avait du mal à gérer en plus la culpabilité de son compagnon.

BLD061000.jpgParfois même elle attrapait des idées noires, se disant : “C’est de ma faute ; je n’aurais jamais dû accepter que Sébastien monte sur ce vélo ; j’aurais dû m’y opposer. C’est si dangereux... Les automobilistes ne voient pas toujours les vélocyclistes et ceux-ci sont si vulnérables et fragiles !”

Elle se rongeait alors de remords et de regrets, se disant qu’elle aurait dû avoir une intuition afin d’empêcher cela... Elle n’avait jamais pensé au pire ; elle ne pensait qu’au bonheur de son fils.

Un jour, elle trouva Francis en dehors de son fauteuil, les bras en croix, sur le sol.

“Qu’as-tu, mon chéri ?Unknown-7.jpeg

-Ce que j’ai, tu le sais bien, ce que j’ai ! Je ne peux plus vivre sans lui, sans notre fils. C’est un martyr sans fin... On brûle à petit feu et ça ne s’arrête jamais. Le vide est là, inexorable, alors que la vie continue et que le monde tourne. Tout le monde nous dit : “Le temps a passé, vous allez beaucoup mieux !” Qu’ils ne disent rien car ils ne savent pas... Qu’ils nous écoutent simplement ! Qu’ils nous disent qu’ils pensent à Sébastien. Qu’ils ne nous disent pas : “La vie continue… Ton arrière-grand-mère a perdu deux enfants... Elle en a eu neuf ! Tu te remettras comme elle ! Tu n’en as perdu qu’un, c’est beaucoup moins dûr.” Mon Dieu, taisez-vous, personnes de bons conseils ! Vous ne savez rien du vertige des parents qui ont leur enfant dans la tombe ; ils sont dans le Ciel par l’âme de leur enfant et dans la terre glaise par son corps de chair emporté par la mort...

Unknown-8.jpegSerre-moi dans tes bras, Alice ; je te demande pardon pour le calvaire que je te fais endurer. Je ne te donne pas cette paix dont tu aurais besoin.

Quitte-moi si tu le désires... Pars, si tu le souhaites. Je te ferai toujours porter ce poids que je transporte en moi... cette culpabilité dont je ne puis me défaire. Je porte la mort de Sébastien comme une faute suprême et, se faisant, je la projette sur toi. Je ne te laisse même plus rire lorsque tu en as envie car je ne supporte pas la joie face à mes reproches intérieurs et mon chagrin dévastateur...”.Unknown-9.jpeg

Alice ne répondit pas ; elle aida Francis à se remettre dans son fauteuil et lui montra le ciel. Des ailes colorées de deltaplanes traversaient l’espace.Unknown-11.jpeg

Ils rêvèrent tous les deux devant ces hommes volants pendant un long moment de silence.

Soudain, Alice poussa un cri :

“Regarde, il y en a un qui tombe !... Son aile s’est cassée... Mon Dieu, il va s’écraser !!”

Unknown.jpegIls restèrent un instant bouche-bée, incapables de parler. La mort venait encore de frapper, cruelle et imprévisible.

Francis dit, très doucement, ces mots murmurés :

“ Un ange vient de tomber sur la Terre mais, vers le Ciel, il s’est envolé... Pour Sébastien, c’est la même chose. C’est une voiture qui a brisé ses ailes et je ne pouvais pas le prévoir... Personne ne peut arrêter l’envolée d’un ange.”

 

Chloé LAROCHE

 

Le papillon bleuUnknown-12.jpeg

Se pose dans le soleilUnknown-6.jpeg

Et meurt en riant

(HAÏKU de Chloé L)

 

_____________ __________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur. Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________


30/10/2010

Nouvelle que j'ai écrite pour la fin de vie et les accompagnants. "Le chant du cygne en l'homme".

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES...chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la deuxième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie".

_________________________________________________42-21058990.jpg

 

k0535130.jpgLe  Chant

du

Cygne

en

l’Homme.

 

____________ Nouvelle n° 2 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


“Notre parole, en archipel, nous offre,

après la douleur et le désastre,

des fraises qu’elle rapporte des landes de la mort,

ainsi que ses doigts chauds de les avoir cherchées.”

(René Char)

 

 

JWW1091.jpgLorsqu’elle apprit la mort de son grand-père, elle était en voyage très loin de chez elle ; elle ne put donc assister à son enterrement. Sa réaction à cette douloureuse nouvelle fut de se cacher sous les couvertures du lit et de pleurer ; elle avait dix-sept ans à peine et adorait ce grand-père qui était tombé gravement malade.Unknown-5.jpeg

Annabella fit le voeu secret d’accompagner plus tard des personnes en fin de vie afin de leur donner tout cet amour qu’elle gardait en elle pour son grand-père... cet amour qu’elle n’avait pas pu lui donner au moment de partir.

Elle poursuivit son voyage et rencontra une jeune fille de vingt ans, Bernadette, qui venait d’apprendre qu’elle avait un cancer ; son état empirait très vite car la maladie se généralisait dans toutes les cellules de son corps.

Annabella allait souvent la voir ; elle était désemparée devant les souffrances de son amie, qui dépérissait à vue d’oeil. Les médecins disaient qu’il n’y avait plus rien à faire... qu’elle était “condamnée”.

Annabella essayait de la réconforter par sa présence ; elle lui tenait la main et lui disait que la mort, c’est comme une naissance.

Unknown-7.jpegElle lui disait qu’un jour elles se retrouveraient au milieu des Anges ; elle lui parlait de ces Anges, de leurs ailes, de leurs sourires, de leur lumière, de cette grâce immanente irradiant de leur être tout entier.

Elle lui disait qu’il y avait de grands Anges, immenses, avec de grandes ailes, mais qu’il y avait aussi de petits anges. “Ces petits anges, ce sont tous les enfants de lumière qui sont partis très tôt de la Terre... Ce sont des âmes si pures que lorsque tu les regarderas de l’autre côté de la mort, ton coeur fondra dans l’amour divin ; ton âme sera emplie du nectar des Mamans de la Terre et tu seras bercée à l’infini par la douceur des Anges... jusqu’au moment où tu deviendras une mère du Ciel pour un de ces petits anges qui partent si vite de la Terre.”Unknown-11.jpegUnknown-12.jpeg

Bernadette se mit à pleurer ; elle sanglotait de joie dans son âme car elle voyait soudain s’ouvrir une magnifique fenêtre dans la mort... mais, dans son corps, elle pleurait de douleur.

Lorsqu’elle mourut, Annabella n’était plus là ; cette dernière était repartie chez elle, après des adieux déchirants... car elles savaient qu’elles ne se reverraient probablement plus sur cette Terre.

Plus tard, beaucoup plus tard, Annabella décida de se former pour pouvoir accompagner des personnes en fin de vie.

Elle a donc fait une formation sur l'écoute et l'accompagnement avec l'association JALMALV... qui signifie "jusqu'à la mort accompagner la vie".

Unknown-10.jpegOr, la veille du jour où elle devait commencer sa première expérience d’accompagnement, elle fit un rêve : elle se trouvait devant son lavabo et il était empli d’eau ; dedans, il y avait une petite sirène qui la regardait ; elles se regardèrent longtemps. Puis la jeune femme pointa son doigt vers elle ; la petite sirène sortit de l’eau et toucha son doigt avec le sien.

Autour d’elles, il y eut soudain une myriade de petits anges ; certains jouaient du violoncelle, d’autres du violon et d’autres encore de la mandoline.

Annabella se réveilla le coeur empli de joie et de lumière ; l’autre monde l’avait touchée, effleurée du bout du doigt ; elle savait qu’elle ferait désormais le lien entre notre monde et celui des Anges.Unknown-9.jpeg

Ce jour-là, elle entra dans la chambre de Vincent, en phase terminale de cancer ; Vincent avait quarante ans et un sourire empli de myosotis épanouis jusqu’au bord des yeux ; il avait des mains qui racontaient toute la sensibilité de son être et des doigts qui semblaient parcourir le clavier de la vie.

Unknown-13.jpegVincent s’adressa à Annabella : “Je suis heureux que vous soyez venue me voir ; je sais que je vais bientôt mourir et vous représentez pour moi le précieux nocher qui m’aidera à traverser la rivière de l’Après-vie.

Donnez-moi la main... vos deux mains ; car demain sera empli de l’aujourd’hui... Vos demains seront emplis de mes mains.

Lorsque je ne serai plus, vous me garderez au creux de vos mains comme un oiseau blotti dans la paume de Saint François d’Assise.”

Annabella avait les mains liées par la vie aux mains de Vincent ; elle était émue par cette force se dégageant de cet instant si fort, si intense, sublimé par le départ immanent dans la mort.Unknown-14.jpeg

Unknown-3.jpegLa jeune femme dit à Vincent : “Je vous garderai toujours dans le creux de mes mains. Vous savez, je joue du violoncelle et chaque fois que je jouerai, votre âme vibrera à travers mon âme jusqu’à faire vibrer l’âme de mon instrument. Là où vous serez, vous percevrez certains sons d’ici : ce seront les miens.”

Vincent murmura : “Dieu vous bénisse. Quel merveilleux cadeau vous me faites ! De ma vie, je n’avais entendu de mots plus doux, de promesses plus belles, de musiques plus émouvantes. Oui, la vie continue et quelle preuve plus belle que la musique pour prouver au monde que les sons unissent les vivants et les morts !

Ne vous arrêtez jamais de jouer de votre violoncelle car le son est créateur et la vibration unit les mondes, apportant  la Paix aux âmes.”

En disant ces mots, Vincent serra très fort les mains d’Annabella, qui fit de même.

 

bxp46943.jpgElle vint souvent le voir, régulièrement.

Et puis un jour, arriva le dernier jour. Le ciel était rouge et les arbres commençaient à perdre leurs feuilles.

 

Vincent rendit son dernier soupir ; sa tête se pencha sur le côté et ses doigts se détendirent...

Annabella chanta doucement la mélodie du Chant du Cygne qu’elle aimait jouer le soir sur son violoncelle.Unknown-8.jpeg

Elle se souvint de son rêve avec cette magnifique créature dans le lavabo ; il lui sembla soudain qu’une myriade d’anges emplissait la pièce... jouant avec elle le Chant du Cygne de Saint-Saëns.

Unknown.jpegElle se mit à pleurer des larmes de sirène, des larmes pures faites de rosée et de neige descendues des hauts sommets de l’Âme humaine.

Elle pensa très fort à Bernadette et à son grand-père ; lorsqu’elle rentra chez elle, elle joua pour eux et pour Vincent l’Hymne à la Joie ; ses doigts couraient sur le violoncelle et, dans le creux de ses mains, un feu sacré brûlait et irradiait chaque note de prières vives et immortelles.u11176076.jpg

 

 

Dieu a fait la mort

Pour que les vivants sachent

Qu’ils sont uniques

 

Chloé LAROCHEu19051541.jpgUnknown-6.jpegUnknown-2.jpeg

 

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"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________

 

23/10/2010

Mes 13 Nouvelles pour ceux qui s'aiment... qui sèment après la vie... Tirées de mon ouvrage : "Les Semences de l'Après-vie".

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)________________________________________________

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES.... chloe.email@laposte.net___________ Merci d'avance !

 

2cd705a2315020f8.jpgLe

Dauphin


de


l’Amour

 

____________ Nouvelle n° 1 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


Dédié à Michel PERLI.


“Le souvenir, c’est la présence dans l’absence,
C’est la parole dans le silence,3b7f273c01b76f5c.jpg
C’est le retour sans fin d’un bonheur passé,
Auquel le coeur donne l’Immortalité.”
(citation de Henri Lacordaire)





Elise traversait le cimetière lorsqu’elle aperçut une stèle assez étrange ; sur la pierre tombale étaient inscrits en lettres d’or les deux noms de Tristan et Iseult, ainsi qu’une ancre, dorée également.

9fdfcc014e817c14.jpgDans cette tombe reposait une seule personne, un homme.

Des lys d’une beauté étonnante se dressaient dans un vase en marbre ; Elise se recueillit en ce lieu béni, réfléchissant à l’impression d’amour éternel qui embaumait la sépulture.448521972367fafe.jpg

Il y avait aussi un immense bateau gravé sur la stèle.2c8fc0ff1c458660.jpg

Elise fixa l’ancre dorée un long moment et se dit que le véritable amour est celui qui s’ancre dans l’éternité, par-delà la mort et les souffrances.
“Quel drame ont vécu cet homme et celle qu’il a laissée ?” pensa la jeune femme ; elle restait là, bouleversée par tant de beauté et d’intensité figées dans la mort.

Elle-même demeurait seule depuis longtemps et rêvait de rencontrer l’Amour ; elle demanda à cette âme de lui porter bonheur dans sa quête d’un compagnon ; en partant, elle dessina un coeur du bout des doigts dans le gravier nu du cimetière.

Le lendemain, elle décida de partir en mer dans son kayak. Il faisait beau et l’onde était calme, propice à la méditation ; Elise avait besoin de cela, besoin de se retrouver seule dans les bras du Dieu des Eaux ; Poseïdôn -elle l’appelait ainsi- était son unique père depuis que son géniteur l’avait abandonnée ; elle aimait lui raconter ce qu’elle vivait et lui confier ses émotions ainsi que la vie de son être intérieur ; les vagues lui transmettaient les caresses de son père adoptif et lui rendaient confiance en son chemin.

166d5793526b4918.jpgOr, ce jour-là, le destin voulut qu’un dauphin vienne la voir. C’était un jeune animal à l’oeil vif ; il avait envie de jouer avec Elise et commença donc à pousser la frêle embarcation ; celle-ci se retourna et la jeune femme s’échappa du kayak ; elle se mit à paniquer, se sachant bien loin de la côte. “Peut-être est-ce ma dernière heure. Toi à qui j’ai parlé hier, au cimetière, protège- moi, je t’en prie... Je voulais trouver l’Amour, pas la mort !”

Le dauphin était toujours là ; il se glissa sous la jeune femme et l’enleva promptement ; Elise fut surprise mais se laissa faire ; le mammifère semblait savoir où il l’emmenait ; il nagea de longues heures jusqu’à atteindre une plage magnifique, la plage d’une petite île perdue au large.

Le cétacé renversa Elise dans l’eau chaude du bord de mer. Ils restèrent longtemps l’un près de l’autre, bénis par le soleil et les douces vagues ; il semblait à Elise que cet être allongé près d’elle était comme un frère, un fils de Poseïdôn, envoyé par lui comme un présent des Dieux pour que le présent se change en avenir.3973c122ec86759c.jpg

Elle avait eu une excellente intuition à propos du présent car, quelques minutes plus tard, un bateau apparut à l’horizon et jeta l’ancre devant l’île ; un homme en descendit et se dirigea en barque vers la plage... Il fut très surpris de trouver Elise près du dauphin.

“Je connais ce dauphin, dit-il. Je l’ai sauvé un jour des filets d’un pêcheur ; il était bébé et, aujourd’hui, vous voyez, il est heureux de vivre. Il sait que je viens souvent ici et il me rejoint dès que j’arrive... Mais vous, que faites-vous là ?”

Elise lui expliqua tout puis lui demanda comment il s’appelait.

8c73180850f13bc6.jpg“Je m’appelle Désiré et mon bateau a pour nom : "L’Encre de   l’Amour"  ; je l’ai appelé ainsi car j’écris beaucoup : j’ai eu une vie très difficile avec des centaines de tempêtes et de coups durs et l’écriture a été pour moi l’ancre qui m’a permis de poursuivre ma route. A travers l’encre d’un stylo, on peut parler de l’amour, de l’espoir, de la paix... On peut sauver des âmes en leur redonnant  l’espérance et la confiance en leurs propres émotions. Mais... allons nous promener dans l’île. Je vais vous montrer quelque chose.”

Elise était tombée sous le charme de cet homme ; un soleil nouvellement né brûlait en elle ; son âme semblait basculer de joie ; l’intensité de cette rencontre était telle qu’Elise avait l’impression de renaître, de naître à une nouvelle vie. “Est-ce cela l’Amour ?” se dit-elle.

Désiré marchait devant elle. Des milliers de fleurs embaumaient l’île ; les oiseaux chantaient l’infini de leur langage. Désiré ne se retournait pas ; Elise lui parlait mais il ne s’arrêtait pas ; il répondait en avançant.55e0eca1b090f770.jpg

Ils arrivèrent enfin dans un endroit paradisiaque et Désiré montra une tombe à Elise, une tombe couverte de fleurs ; il y avait là une pierre tombale... et deux noms étaient gravés : Tristan et Iseult, en lettres d’or.

2b366328596ea08c.jpgUne ancre, dorée également, accompagnait les deux noms avec un bateau en arrière-plan... Une femme était enterrée ici.

“C’est ma mère, dit Désiré. Je n’ai pas connu mon père ; il est mort en mer avant que je ne vienne au monde ; je ne sais même pas où se trouve sa tombe... Ma mère, après sa mort, est venue vivre dans cette île et j’ai grandi ici. Elle me parlait souvent de lui et son amour était grand ; elle ne l’a jamais oublié, jamais.”

Désiré se mit à pleurer. Elise lui prit la main et lui demanda de s’asseoir ; elle était très émue de comprendre qu’elle avait fait le lien entre deux personnes disparues qui s’étaient aimées passionnément ; elle expliqua à Désiré que, la veille, elle se trouvait devant la tombe de son père... Elle lui raconta tout.3b7cd100aa8ec1a2.jpg

Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre et les oiseaux s’arrêtèrent de chanter, tant l’Amour rayonnait.

Le silence est respect des êtres qui s’aiment... par-delà la mort.

Le silence est cette fleur de lys déposée sur la tombe du père de Désiré par une main inconnue... une main venue d’ailleurs.

C’est ainsi que... l’Amour est toujours plus fort que la mort.

 

Chloé LAROCHE



__________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur. Ouvrage déposé.


324f12c22882e1f4.jpgRien n’est plus précieux
Qu’un sourire suspendu
Au plus haut des cieux

(Haïkou de Chloé LAROCHE)

24/04/2008

Le violon juif d'Esther. Nouvelle de Chloé Laroche écrite à partir de l'histoire vraie d'une famille juive tuée par les Nazis en 1942.

448521972367fafe.jpgNOUVELLE ÉCRITE PAR CHLOÉ LAROCHE en 1994, alors qu'elle était enceinte de sa fille Océana... Nouvelle extraite de son ouvrage introuvable aujourd'hui : "Les Semences de l'Après-Vie".

(les peintures illustratives sont de Marc CHAGALL)

CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS____________________________________________


_________________ Nouvelle n°13 dédiée à ma fille.


Préface de Chloé Laroche :

J'ai écrit ce qui suit à partir d'une histoire vraie. Une famille juive s’est réellement cachée des Allemands jusqu’en septembre 1942 dans le Nord de la France ; personne n’a su ensuite ce qu’ils étaient devenus jusqu’à ce qu'un certain Monsieur Patrick Burgel habite une maison hantée du nord de la France ; il apprit alors qu’une famille -une fillette et ses parents- avait été massacrée dans sa demeure par les Nazis, pendant la seconde guerre mondiale ; il aida les trois fantômes à se libérer en retrouvant leur ménorah : candélabre juif à sept flammes. J’ai entendu avec émotion son témoignage en mai 94, dans l’émission “Mystères”, sur TF1, alors que j’étais enceinte de ma fille ; cet homme venait de publier un livre : “La maison qui n’oublie pas.” Je me suis mise à écrire la nouvelle suivante le soir même de l’émission ; je me sentais poussée intérieurement à le faire, comme si j’étais scribe du Ciel. J’ai écrit les cinq derniers chapitres deux ans plus tard, en avril 96, et... peu de temps après, je tenais enfin le livre de Patrick Burgel entre les mains, offert par un ami.

1e2e1c833b9e97138936d40a6b154da1.jpg


______________________LE VIOLON JUIF D'ESTHER _____________





Esther parle :

-C’est une histoire terrible, qui s’est passée en 1942 ; j’étais une fillette, et pourtant aujourd’hui je suis morte. Je souriais autrefois à la vie et aujourd’hui c’est dans la mort que je souris ; je vis dans un autre monde et c’est grâce à l’amour de Dieu et à celui des vivants que je suis libre... Car la mort ne libère pas forcément et beaucoup de défunts errent dans la souffrance en attendant que l’amour d’un humain les aide à partir libre. Mon âme a attendu quarante-cinq ans, jusqu’en 1987, pour gagner sa liberté... comme l’Humanité a attendu l’année 1945 pour conquérir sa Paix ! Cela a été long... comme un accouchement de la Sérénité arrachée à la douleur sans fin d’un monde en détresse.

J’ai dû attendre durant tant d’années une naissance à la mort pour pouvoir enfin mourir à la vie ! C’est ainsi qu’en 1945, trois ans après ma mort physique, j’ai vécu la Libération du monde sans pouvoir être libre moi-même ; en effet, j’étais retenue sur Terre par les terribles souffrances que les Nazis nous infligèrent, à moi et à mes parents, durant cette nuit horrible où nous mourûmes.

Voici l’histoire de ma libération, vécue en 1987.

Ecoutez !



I.


85c8c834d4211dec.jpgDans une grande maison en France, tout semblait tranquille. Pourtant un chat rôdait ; il avait peur. Il avait aperçu trois êtres vaporeux, comme enveloppés dans du coton ; ce n’était pas des humains mais ils avaient une apparence humaine.

Il tenta de se rapprocher mais soudain, l’un des êtres, plus petit de taille, se précipita vers lui pour l’attraper.
Le chat, très effrayé, fit un bond, toutes griffes dehors, et sauta au sommet du meuble le plus haut ; de là-haut, il pouvait contempler la scène, scutant les pensées de ce personnage mystérieux.

“C’est bien une petite fille, un enfant d’humain !”, se dit-il en son for intérieur.
“Mais que fait-elle ici, dans cette maison ?!”

L’armoire, sur laquelle il était tapi, se mit soudain à vibrer, marmonnant quelques mots d’un bois vieux de cent ans : “Si tu savais, cette pauvre petite, l’enfer qu’elle a vécu ici en une nuit !
Je suis condamnée à rester figée, mais si j’avais pu, j’aurais fracassé le crâne de ses bourreaux, et je l’aurais sauvée, elle et ses parents !!”

A ces mots, des larmes perlèrent sur les murs de la maison ; l’eau des pleurs semblait couler de tous côtés.

Le chat sentit tout à coup la souffrance et l’horreur l’assaillir de toutes parts comme s’il devenait prisonnier d’un monde construit par la haine et la déchéance humaine ; il prit alors ses pattes à son cou et fila si rapidement hors de la maison qu’il en oublia de refermer la porte !



II.


Ce jour-là, un vieil homme saltimbanque passa devant la grille de la maison ; il portait son violon sous le bras et paraissait chercher un endroit pour dormir. Il remarqua de loin que la porte principale de la maison était ouverte et se risqua à l’intérieur de la cour.

C’était une belle maison, avec un jardin autour ; rien ne semblait troubler la tranquillité des arbres, respirant au soleil du crépuscule.

Pourtant, le vieil homme sentit quelque chose de pesant, comme si la baguette du chef d’orchestre s’était alourdie du poids des fautes de tous les musiciens. “Peut-être que pour Dieu, c’est pareil, se dit-il. Il dirige le monde comme une immense symphonie et voilà que les hommes provoquent des guerres et font des monstruosités, l’empêchant de guider le monde avec sérénité et alourdissant Sa baguette du plomb des fusils !”

Cet homme s’appelait David et il connaissait bien les horreurs de la guerre, car toute sa famille était morte dans un camp de concentration nazi.

85289b2b2670de6c.jpgLui-même avait été torturé et les nazis l’avaient obligé à jouer de son violon pour accompagner ses amis jusqu’à leur mise à mort. Lorsqu’il y pensait, et il y repensait souvent, son âme devenait la corde sensible de tous les regards de ces êtres anéantis par l’horreur ; il ressentait en lui la détresse infinie de ces êtres humains massacrés par d’autres humains. Il se souvenait de ces immenses monticules de lunettes, de chaussures et de vêtements que ces monstres avaient amassés, preuves horribles des crimes atroces proférés contre l’Humanité.

En arrivant devant la porte de cette maison, David avait l’âme emplie de visions apocalyptiques de cette terrible guerre qu’il avait vécue sous le feu des balles.

Il frappa doucement à la porte entrouverte de cette silencieuse demeure, mais n’obtenant pas de réponse, il s’engagea sur le seuil et en dévisagea l’intérieur.

Les murs semblaient garder en eux un lourd secret, laissant transpirer un silence qui ne ressemblait en rien à celui qu’on peut goûter après avoir écouté une symphonie de Mozart... C’était comme si un trio d’instrumentistes à cordes était enfermé dans un placard sans pouvoir tirer l’archet pour jouer !

David fit quelques pas dans la pièce principale et posa l’étui du violon sur la table ; mais, comme si une voix lui demandait de jouer, il reprit l’étui pour l’ouvrir et en sortit son instrument, ainsi que l’archet magique.15d34f125f980318.jpg

Le vieil homme tendit les crins de la baguette et se mit à jouer une très ancienne mélodie juive, tout en fermant les yeux ; il imaginait un voile bleu envahir la demeure à travers les notes de sa musique venue d’ailleurs.

Il sentit soudain quelque chose frôler son épaule, comme un gant de velours, une main d’enfant qui se sent rassuré ; il ouvrit alors les yeux et aperçu le chat qui l’écoutait sur le seuil de la porte. David le regarda et lui dit : “Tu es donc le gardien du seuil, mais es-tu ce gant de velours qui m’a frôlé tel un rayon de soleil ?”00b399e188c48e18.jpg

Le chat ne répondit pas, mais il s’approcha de David et flaira le violon avec beaucoup d’attention, comme s’il y retrouvait les odeurs d’un monde connu.

David reprit alors son violon et joua quelques phrases de “La jeune fille et la mort” de Schubert... Pourquoi jouait-il ce morceau ? Il ne le savait pas... mais un musicien est quelqu’un qui communique avec d’autres mondes par le canal des sons qui le transportent sur d’autres dimensions.

2cd705a2315020f8.jpgSi David avait eu les yeux du chat, il aurait pu voir, assise près de la table, une fillette enveloppée d’un voile d’azur cotonneux, et, accrochées à ses yeux, il aurait découvert deux larmes de cristal irisées d’arc-en-ciel.

Le soleil s’était couché et le musicien, ne voyant aucun maître des lieux arriver... remit son violon dans sa boîte et chercha un lit afin d’y laisser reposer ses membres fourbus ; il ne tarda pas à s’endormir, l’étui de l’instrument lui servant d’oreiller et le chat ronronnant à ses côtés.



III.


Le lendemain, David s’éveilla, caressé par les rayons du soleil printanier. Après s’être étiré avec le chat, il descendit dans la pièce dans laquelle il avait joué la veille ; mais quelle ne fut sa surprise d’apercevoir par la fenêtre un jeune homme assis dans le jardin, avec une palette à la main. David sortit et vint le saluer. “Vous êtes bien matinal... et que peignez-vous donc ?”

L’homme, qui n’était pas en fait si jeune, le dévisagea et lui dit : “Que faites-vous là ?... Personne n’ose plus entrer dans cette maison depuis des années. Les gens ont peur des fantômes, mais en réalité les habitants du village ont surtout peur de leur conscience, car à l’époque, c’était pendant la guerre... peut-être auraient-ils pu éviter ce drame affreux, en intervenant au mépris du danger... et je dirais... au mépris de leur vie... car, Monsieur, mérite-t-on la vie lorsqu’on laisse des innocents mourir alors qu’ils ne méritent pas la mort... De toutes façons, personne ne mérite la mort... La mort est naissance et ne peut être châtiment ! La mort est départ mais non pas néant !...”.

David ne répliqua pas car il eut peur d’arrêter le flot de paroles de cet homme étrange, qui semblait bien connaître ce lieu... Il porta ses yeux sur la toile que l’homme peignait et eut un recul d’admiration... On y voyait des anges, des violonistes volant dans le ciel et des couples d’amoureux se tenant par la main dans des couleurs décrochées de la palette universelle.

e0e8c3738fbbcc56.jpg“Oui, Marc Chagall fut mon maître ; voici quelques années, il avait dit : “ J’essaye de peindre au maximum avec le coeur, dans la fraternité du coeur”. Il disait qu’il n’avait pas peur de la mort : “-Je voudrais seulement pouvoir faire ce que je veux faire”, avait-il dit en 1966. Mais voyez-vous, Monsieur, certains êtres sur Terre n’ont pas la chance de faire tout ce qu’ils voudraient faire, certains par manque de temps, d’autres par manque de courage, par paresse ou par peur... et puis certains parce que la mort les emporte jeunes... Ainsi, dans cette maison, une fillette est morte ; on lui a ôté la vie et son âme en souffre... Mon maî-tre Chagall avait dit : “Malgré toutes les misères du monde, il y aura toujours des enfants qui aimeront la pureté malgré l’enfer des hommes... Il y aura toujours des couleurs pures, de la mus-ique, de la poésie pures.” C’est pourquoi je suis là... Je peins pour l’âme de cette fillette, je peins pour la pureté qu’elle aime... et je peins pour qu’un jour son âme soit libre et rejoigne la Lumière de l’Au-Delà. Mon maître, lui, nous a quittés il y a deux ans, en 1985, et je sais qu’il est Là-haut, car il m’inspire ; je l’aime tant ; je voudrais tant que cette petite fille le rejoigne là-bas, lui qui disait avant sa mort : “Je suis un enfant d’un certain âge !””

David n’osait pas l’interrompre ; il pensait, en écoutant le peintre, à ces anges que peignait jadis Fra Angelico ; il se demanda soudain si tous les anges avaient des ailes.

“Toi aussi, tu peux être un ange pour une personne que tu aimes, même en faisant partie du monde des humains ; tu pourrais être son ange gardien et alors tu serais prêt à donner ta vie pour elle. Les humains ne connaissent que trop rarement la capacité infinie de l’Amour qui est en eux ; je parle de l’Amour qui donne, qui offre, qui pardonne, qui supporte, qui élève, qui sauve. L’Amour, on peut le donner à travers la peinture, les couleurs, la musique, un violon, un accordéon, un mot, une phrase, un sou-rire, un coup d’aviron dans l’eau d’une rivière, un but marqué dans une cage de football...”.

A ces mots, David se souvint d’un ami... foudroyé par un éclair, sur un terrain de jeu, en plein match de rugby. “Quelle chose étrange que la mort”, se dit-il. “Elle peut venir nous chercher à tout moment !”

“Oui, dit l’inconnu, mais la mort est belle, lorsqu’elle est vécue dans la sérénité ; c’est un passage vers un autre monde, une porte de sortie et d’entrée. Ce qui fait peur aux hommes, c’est l’inconnu, le vide, le néant... qu’ils imaginent après la vie ; mais pourquoi la vie aurait-elle une fin lorsqu’on sait que l’univers lui-même est infini... et qu’il n’a de limites que parceque la pensée a ses limites... je veux dire... la pensée des humains. Oui, Monsieur, pourquoi la vie aurait-elle une fin et pourquoi a-t-on fait de la mort... un mur, alors qu’elle est porte ? Ce qui est grave sur la Terre, c’est qu’en plus du mur, on a mis des fils de fer barbelé dessus, en croyant s’approprier la mort des autres... Pensez aux camps de concentration nazis, pensez à cette fillette et à ses parents qu’on a torturés ici, avant de les tuer, pensez à toutes ces horreurs de la guerre qu’on retrouve à toutes les époques !!”.9f703a4a0bedbc86.jpg

Soudain, l’être étrange se tut, s’arrêta de peindre et regarda fixement le vieux musicien : “Je vous en prie, j’ai encore de l’espoir, je crois encore à la pureté, pour elle, pour cette petite fille, pour ses parents... Allez chercher votre violon et, ensemble, nous allons semer des fleurs de paix dans le jardin de la mort”.

David silencieusement s’exécuta et alla chercher son violon.
Laissant couler les notes de l’archet, il s’harmonisa aux couleurs du peintre ; l’union de ces deux êtres enveloppa la maison d’une brassée d’amour qui monta tout droit vers les étoiles comme une prière.


IV.


Esther :

-Je ne saurais pas dire combien de temps ils sont restés ainsi dans le jardin à jouer et à peindre... Mais c’était si beau que mes parents et moi avions l’âme apaisée, comme si de cette pureté naissante pouvait naître notre liberté.

J’avais envie de crier comme le Roi de Ionesco :
“Vous tous qui êtes morts avant moi, aidez-moi !”

37b119148f4d99e5671f0722e8f6c947.jpgOui ! Aidez-moi à partir dans ce pays de l’Au-Delà. Montrez-moi le chemin, donnez-moi la clé qui ouvre le monde des morts, montrez-moi la barque qui fait traverser le Fleuve de l’Oubli.
Oui, c’est celà, je veux oublier, me détacher des souffrances de cette nuit horrible où nous sommes morts, mes parents et moi.
Dussé-je effrayer des humains encore en vie... il faut qu’ils sachent que nous sommes là et que nous avons besoin de leur aide !

“Petite fille, petite âme perdue, nous sommes là, nous allons t’aider.”

Mais oui, une voix venue de l’autre monde, j’entends bien une voix venue de l’autre monde ! Où êtes-vous, qui êtes-vous, vous allez nous aider, n’est-ce-pas ?...

Le miracle s’est réalisé : la pureté qui s’est élevée vers le ciel, à travers la musique et la peinture réunies, est arrivée à destination... Une femme voilée de blanc et auréolée de lumière se tient devant moi, pauvre petite âme perdue, et se met à me parler :

“Je m’appelle Hanna... Je suis morte pendant la guerre, en déportation. Mais, avant ma mort, j’ai été contactée par des Anges, durant dix-sept mois. Nous étions quatre, quatre artistes hongrois dont trois juifs. Seule Gitta a survécu et elle a transmis tous les messages des anges dans des livres(*) qui sont aujourd’hui connus du monde entier. Je suis venue pour te donner la clé qui te permettra de te libérer et de nous rejoindre... Vous serez sauvés lorsque les sept flammes auront été allumées, comme un arbre de vie dont on cueillerait les sept fruits pour en offrir un à chaque règne de la nature... L’Homme se trouve au milieu des règnes, liant les pierres, les plantes et les animaux avec les anges, les chérubins, archanges, séraphins, toutes populations lumineuses et Dieu. L’Etre Humain est la flamme de l’Amour et le coeur de la Lumière ; mais cela seulement s’il sait être un pont dans la Création ; s’il détruit le pont et construit des failles, alors il court droit à sa destruction... En effet, si des branches de l’Arbre de Vie venaient à mourir, l’Humanité n’aurait aucun sursis ! Polluer les océans, massacrer des espèces animales, se servir de l’énergie atomique... sont autant de failles qui coupent l’Homme de la Création. Le fait que tu sois morte dans la terreur et la souffrance a créé des failles entre toi et le monde créateur... des failles dans le pont du Créé et du Créateur : voilà pourquoi toi et tes parents avez besoin de reconstruire ce pont de la Lumière et de l’Amour pour rejoindre le monde des Anges et la demeure du Père Céleste...
Voilà donc la clé des Anges : vous serez sauvés lorsque les sept flammes de l’Arbre de Vie seront allumées, et, souviens-toi, petite fille, qu’une grande soeur nommée Anne Franck, qui t’attend là-haut depuis Mars 1945, écrivait avant sa mort : “Dieu ne m’a pas abandonnée et ne m’abandonnera jamais !” N’oublie jamais cela et trouve vite la Clé.
Pense toujours que l’Humanité est la Flamme du milieu, au coeur des Sept flammes qu’il vous faudra allumer. ADIEU !”

(*) “Dialogues avec l’Ange” et “Les Dialogues tels que je les ai vécus” de Gitta Mallasz (Ed. Aubier)

L’apparition s’évanouit au milieu d’une pluie de lumière ; Hanna n’est pas restée longtemps, mais pour moi, petit fantôme, cela m’a paru être une éternité... Elle aussi avait dû souffrir à sa mort.

Lorsqu’elle me l’a racontée, dans une confidence silencieuse des âmes, j’ai eu la vision de son cauchemar : des femmes dont on avait arraché les vêtements se serraient nues dans des wagons à bestiaux et elles mouraient ainsi, privées de nourriture et de so-leil ; chaque jour, des femmes S.S. venaient ouvrir la porte pour en sortir les cadavres. Hanna est morte ainsi et elle a rejoint les Anges sur le Pont qu’elle avait construit avec eux en communiquant avec leur règne durant dix-sept mois.

Hanna était juive, comme moi, mais elle était blonde, avec les yeux bleux ; grâce à son physique, elle aurait pu être sauvée mais elle a choisi la voie de la vérité : “Non, je ne suis pas aryenne, je suis juive !”, avait-elle répondu aux S.S.

Mon père aussi, la nuit de notre mort, avait pris le chemin de la vérité... choisissant de se taire sur les personnes qui nous avaient parlé de cette maison, cachette qui servaient de passage en zone libre pour les juifs.

Tous les faits rapportés ici sont réels... Les morts d’Hanna et de cette famille juive se sont produites ainsi, dans l’horreur.

La nuit où nous sommes arrivés, les allemands nazis avaient déjà investi les lieux et, toute la nuit, le village a entendu nos cris... jusqu’aux silences de l’agonie...

Mais je ne peux plus parler... comme si un étau me serrait la gorge, jusqu’à broyer mon âme...19fe7a309d4832d4.jpg

La souffrance est une faille qui coupe tous les ponts nous reliant à l’harmonie universelle et l’horreur est comme un couperet sectionnant le fil d’Ariane dans le labyrinthe de la vie cosmique.



V.


Son père la retrouva roulée en boule sur elle-même, tel un hérisson dont les seuls armes sont ses piquants... piquants de détresse et de terribles souffrances.

La petite fille lui expliqua ce que Hanna lui avait révélé :
“Allumez les Sept flammes de l’Arbre de Vie et vous serez sauvés”.

L’homme-fantôme réfléchit et se concentra sur le chiffre Sept : “Sept... sept jours de la semaine... les sept couleurs... les sept notes de la gamme... les sept couleurs... de l’arc-en-ciel... les sept planètes de notre système solaire... Dans l’Ancien Testament, le chiffre Sept est utilisé 77 fois... C’est un nombre magique... Salomon construisit le Temple en sept ans... Elisée éternua sept fois et l’enfant ressuscita...Voyons, pourquoi les Sept flammes de l’Arbre de Vie ?... Comment les allumer ?
Il nous faut l’aide d’un humain, mais comment arriver à attirer son attention sur notre problème ? Le Ciel le guidera sûrement vers nous, car, lorsqu’Il donne des clés, Il envoie aussi les verrous pour pouvoir ouvrir les portes !... Soyons confiants !”3874148f07a5a700.jpg


Il avait raison en effet, car, ce jour-là, un homme fut attiré par la maison.

Il cherchait depuis quelque temps un endroit à la campagne pour sa famille : sa femme, sa fille et lui ; il aperçut depuis la route une demeure qui semblait respirer la paix, entourée d’arbres et de verdure .
Il pensa en son coeur : “Cet endroit sera parfait pour nous ! Mais il est sûrement déjà habité...!?”... Il remarqua que les volets étaient fermés et que, malgré le froid naissant, aucune fumée ne sortait de la cheminée.

Soudain, il vit venir sur la route un homme qui tenait un chevalet sous le bras et qui, au vu des taches de couleurs sur ses vêtements et ses mains, paraissait être un peintre...

“Cette maison semble vous intriguer, lui lança l’artiste. Elle n’attend qu’une seule chose : qu’une personne la fasse revivre en vivant dans son giron. Peut-être que cette personne, c’est vous !?
Elle est inoccupée depuis des années et vous y seriez le bienvenu. J’y vais moi-même de temps en temps pour lui tenir compagnie afin d’entretenir les couleurs de l’espoir mais je suis prêt à vous céder le flambeau si vous vouliez rester auprès d’elle !”

Devant tant d’insistance et se voyant découvert dans ses secrets désirs, l’inconnu sourit doucement au peintre et lui dit :

“Oui, il me plairait de vivre ici ! Il y a quelque chose d’indicible en ce lieu qui m’attire étrangement et que je ne saurais expliquer...”. Et il ajouta en riant : “En tout cas, si je devais devenir maître des lieux, vous y seriez toujours le bienvenu pour peindre... J’aime les artistes car ils sont les étoiles des Cieux de la Joie... Ils nous font oublier nos soucis en semant des fleurs multicolores dans nos vies... avec leurs pinceaux, leurs instruments de musique, leurs stylos et leurs rêves.”

Le peintre sourit mystérieusement et, d’un Merci humble et discret, prit congé du futur maître des lieux... Il avait fait son devoir d’Ange et savait déjà que cet homme inconnu était prédestiné à aider la famille fantôme, prisonnière de cette demeure “inhabitée”.


VI.


326aaaeae8c2cd98.jpgCet homme inconnu s’appelait Gabriel et sa femme se nommait Marie. Ils emménagèrent dans la Maison sans savoir qu’elle était hantée... par des êtres torturés à cause d’un évènement terrible vécu dans ce lieu ; ils avaient une fille qui s’appelait Elodie ; ils étaient heureux de venir habiter en ce lieu, sans se douter qu’il y avait déjà ici des locataires invisibles.

Or, une nuit, la petite fille vint réveiller ses parents en leur disant qu’elle avait été sortie de son sommeil par des pleurs d’enfants. “Je croyais que mon ange-gardien pleurait mais... il dormait profondément”, leur dit-elle.

Cela se reproduisit de nombreuses nuits, jusqu’au jour où la petite fille vit une forme au pied de son lit ; elle eut peur car la forme sanglotait et ses larmes tachaient de sang le plancher ; elle appela ses parents mais, lorsqu’ils arrivèrent, tout avait disparu.

Gabriel et Marie s’inquiétaient beaucoup de voir leur fille faire des cauchemars... et avoir des hallucinations ! Ils ne savaient plus quoi faire pour la rassurer et la calmer... Enfin, un matin, Gabriel se mit à se poser des questions et se rappela sa rencontre étrange avec le peintre, avant leur venue dans cette maison... Ce dernier lui avait parlé de “flambeau à céder”, de “couleurs de l’espoir”... Espoir... pourquoi espoir ? Ce peintre savait quelque chose ... Gabriel devait donc le retrouver... mais où le chercher ?

Il partit pour cela vers le village et demanda aux habitants s’ils connaissaient un peintre.

“Oui, le fou qui vit sous le pont de la rivière !
-Le pont de la rivière ? Quelle rivière ?
-La rivière qui traverse le village. Le pont relie les deux moitiés ; continuez plus loin. Si vous avez de la chance, vous trouverez le fou sur le pont, en train de peindre !”

Gabriel poursuivit donc son chemin et aperçut au loin le peintre devant son chevalet. Une pluie fine se mit à tomber et un arc-en-ciel traversa le ciel de part et d’autre ; il semblait former les cordes d’un instrument de musique dont le peintre était l’archet accroché au chevalet d’un violon de lumière.

553865ca1aacc076.jpgL’homme aux couleurs sourit en voyant arriver Gabriel.
“Vous voyez cet arc-en-ciel. Il a sept couleurs. Si vous le décrochiez du ciel, la paix reviendrait dans l’esprit de votre fille !
-Pourquoi dites-vous cela, lui demanda Gabriel, et puis comment savez-vous pour ma fille ?
-Je le sais, Monsieur, parceque j’ai vu des larmes d’enfant briller dans vos yeux et que ces larmes sont celles d’un père qui s’inquiète pour son enfant.
-Et pourquoi un arc-en-ciel lui rendrait-il la paix !?
-Parce que l’arc-en-ciel est un pont magique que nous donne le ciel pour résoudre nos problèmes. Celui-ci est venu pour vous. Sachez le décrochez... et en extraire la quintessence... la septessence, dirais-je !
-Vous êtes fou pour me parler ainsi !? Que ferais-je d’un arc-en-ciel ?... en admettant encore que je puisse le décrocher ?!
-Je ne suis fou que pour une catégorie de personnes... qui hier ont laissé mourir une famille. Les fous ne sont pas toujours ceux que l’on croit !
-Quelle est cette histoire ? Que voulez-vous dire ? Que s’est-il passé dans cette maison ?
-Je vais vous le dire... Une famille juive s’est abritée dans cette maison pendant la seconde guerre mondiale. Des allemands les ont surpris. Ils ont torturé le père, qui n’a pas voulu cacher qu’ils étaient juifs, et ils l’ont tué, ainsi que sa femme et leur petite fille... qui portait le prénom d’Esther. Ils sont morts dans de terribles souffrances et leurs âmes restent enfermées dans le passé terrible qui les a condamnés. Votre fille sentira leur présence tant que les sept flammes de l’arc-en-ciel n’auront pas été allumées...497fae6cab3ad1da.jpg
Elodie signifie Chant de Dieu sur la Terre ; son chemin est celui des Anges musiciens qui font descendre du Ciel la musique des étoiles pour semer des fleurs sur les routes goudronneuses des humains ; aujourd’hui il y a une petite Elodie libre de chanter, votre fille, qui souffre de voir sa soeur des étoiles, Esther, condamnée au silence. Trouvez les sept flammes et faites que leur lumière soit le Chant qui reliera à nouveau le Ciel et la Terre, les morts et les vivants, les Anges du Paradis et les Humains vivant l’Enfer sur Terre.”

Gabriel réfléchit et dit au peintre : “Ces sept flammes, comment vais-je les allumer et où le ferai-je ?”
Le peintre, en contemplant l’arc-en-ciel de lumière, lui répondit :
“Il y a un violon dans cette maison. Trouvez-le et portez-le au musicien qui est venu ici, avant votre arrivée. C’est un violoniste et il connait le sens des sept notes de la gamme musicale. Peut-être vous éclairera-t-il ! Mes couleurs se joindront à ses sons pour faire jaillir les sept flammes !”

Gabriel se recula soudain car des yeux du peintre sortait du feu et deux ailes transparentes de pureté se joignirent dans son dos comme pour la prière d’un ange descendu tout droit de l’Amour.

“Tu t’appelles Gabriel. Moi, je suis l’ange venu t’annoncer l’Espoir et te donner le Courage de sauver des âmes. Elles ont besoin de toi ! Nous, les Anges, pouvont donner le souffle d’agir aux humains... mais nous ne pouvons agir à leur place.
Toi, Gabriel, tu vas agir ! En ces temps terribles du Nazisme, nous avons trop souffert de devoir nous résigner et attendre. Nous ne pouvions arrêter le gaz et éteindre les fours crématoires. La main humaine est parfois lourde, si lourde de plomb que nous ne pouvons agir sur votre monde... en balance avec le nôtre si léger.

Le Nazisme, c’est l’histoire d’un homme fou qui s’est érigé en gourou d’un peuple... Il s’est entouré de quelques disciples convaincus par ses théories ; ils devaient sauver l’Humanité, comme tant d’autres gourous sur la Terre ; seuls les “élus” resteraient vivants... N’est-ce-pas là une théorie encore à la mode dans beaucoup de groupes actuels et de sectes diverses ? De plus, sacrifier des races entières, juive, tzigane et autres, n’est-ce-pas là aussi une terrifiante action en résonnance diabolique avec l’hécatombe des Indiens d’Amérique ! Le peau-rouge n’était pas un individu... aux yeux de beaucoup de blancs ; il était seulement la cellule d’un corps à abattre, un corps “primaire” et “sauvage”, celui de la nation indienne.... Seulement, les blancs ont oublié que la mémoire du corps emplit entièrement la cellule ! Ainsi, la mémoire des Indiens, celle des Juifs et celle de chaque peuple bafoué sur la Terre dans ses Droits ne s’éteindra pas tant que le
dernier être humain vivra encore.

Parce que le Corps en question, c’est l’Humanité toute entière : nous sommes tous frères et toutes nos cellules sont soeurs !

af4c55c1d39efb6e.jpgDieu meurt chaque fois que meurt un Sitting Bull, un Martin Luther King, un Gandhi, un homme, une femme ou un enfant.

Va, Gabriel, et sauve les âmes de cette famille juive prisonnière de la haine.”



VII.


Gabriel partit donc à la recherche du violoniste, “un vieil homme nommé David”, lui avait dit le peintre.

Celui-ci lui avait d’ailleurs donné son propre nom : il s’appelait Michel-Ange...

Gabriel ne savait pas où chercher le musicien, aussi fit-il confiance à l’Ange, le sachant tout proche de lui, malgré qu’il fut devenu invisible.

Il avançait dans les rues du village lorsque soudain un homme désespéré se jeta sous ses yeux par la fenêtre ; l’homme tomba mais ne se tua pas. Gabriel courut vers lui et lui prit la tête entre les mains.
“Pourquoi avez-vous fait cela ?”
L’homme tourna la tête en direction de l’Ange invisible et dit : “Je ne crois plus en rien. Je suis perdu. J’ai trop de poids sur ma conscience. Personne ne peut comprendre... Il y a des années, j’ai laissé faire un crime horrible. Une petite fille est morte avec ses parents... dans la maison qui se trouve de l’autre côté de la rivière. C’est moi qui avait prévenu les Nazis que cette famille allait venir se réfugier dans cette demeure... Et j’ai tout entendu... mais j’ai laissé faire. Je ne voulais pas cela, je ne voulais pas... A l’époque, je collaborais avec les Allemands par intérêt personnel mais je n’avais pas imaginé ce que j’ai entendu cette nuit-là ! Aujourd’hui, je ne peux plus vivre avec ce poids. Le ciel ne veut même pas de moi là-haut... Comment vais-je soulager ma conscience ?”

L’Ange parla alors à l’âme du désespéré :
“Le lendemain du crime, tu t’es rendu sur les lieux du drame. Dis ce que tu as vu. Parle. Libère ta conscience. Dieu le Tout-Puissant est un dieu de pardon... mais le pardon se mérite. Ce n’est pas un plat tout cuit qui se réchauffe en un clin d’oeil.Tu as commis une faute infiniment grave. Parle donc. Rattrape ton coeur qui s’est flétri de honte et arrose-le de repentir et de transformation. Dis ce que tu sais.”

c90df419ba310756.jpgL’homme parla donc et Gabriel l’écouta, étonné, mais attentif au moindre mot du désespéré :
“Le lendemain, je suis allé dans cette maison. C’était terrible. Des larmes de sang coulaient sur les murs. Sur la table, il y avait un violon. Il semblait phosphorescent et rougeoyait comme une braise consumée par un feu de colère. De l’intérieur de l’instrument sortait une mélodie, telle une plainte si profonde qu’un couteau se planta dans mon coeur. Je chancelai et m’évanouis. Lorsque je revins à moi, j’étais dans la cave de la maison. Une femme vêtue de noir me regardait. Un candélabre allumé par sept flammes brûlait et une petite fille en blanc jouait sur le violon que j’avais remarqué en entrant dans la maison. Je voulus fuir car j’avais peur, très peur. Mais la femme en noir me saisit par le bras et me dit : “Nous sommes morts par votre faute et votre lâcheté, dans d’atroces souffrances. Nous ne pourrons être délivrés de ce cauchemar et reposer en paix que lorsque ce candélabre aura été allumé -chose que je suis pour l’instant seule à savoir- en présence des sept sons de ce violon, en présence des sept couleurs de l’arc-en-ciel, ainsi qu’en présence de...”... Je n’entendis pas la fin car tout s’évanouit et je me réveillai... croyant avoir rêvé. Pourtant, près de moi, il y avait le violon !... Je l’ai pris sous mon manteau et depuis je l’ai toujours gardé. Je me souviens de tout cela comme d’un rêve mais seulement comme d’un rêve, inaccessible et mystérieux.”



VIII.

Esther :

-Je me souviens de ce violon dont je jouais lorsque j’étais encore en vie. Ce violon était toute ma vie car il était le prolongement de mon coeur. Lorsque nous avons fui avec mes parents, c’est la seule chose que j’ai emmenée avec moi. Pour moi ce n’était même pas une chose, ni un objet ; c’était un pont vivant qui me reliait à l’univers et sur ce pont glissaient des notes magiques. Chaque note contenait toutes les couleurs de la vie et pourtant chaque note avait sa couleur.

345a03af01c819c6.jpgJe me souviens que lorsque mes parents m’ont proposé de faire du violon, j’ai tout de suite dit oui... parceque je voulais faire de la musique, peu m’importait l’instrument. Mais, pour tester ma détermination, ils m’ont demandé de choisir entre mon chien et... le violon ; leur raison était que “l’achat d’un violon était coûteux et qu’il fallait pour en acheter un... revendre mon chien de pure race”. A l’époque, j’avais un chien que j’adorais ; mais j’avais aussi le don de lire dans les pensées de mes parents, aussi je savais qu’ils ne me l’enlèveraient pas ! Je leur ai donc répondu que je préférais apprendre le violon et que pour cela j’acceptais de me séparer de mon animal. Finalement... ils m’ont offert un violon et j’ai gardé mon chien ! Malheureusement, mon chien est mort quelques temps plus tard... J’ai eu beaucoup de peine mais dans mon violon, en son âme, j’ai senti l’âme de mon chien. Une petite fille m’a dit un jour : “Ton violon, il est comme ton chien, il te suit partout !” J’ai souri... parce qu’elle avait tout compris sans le savoir.

J’ai appris à aimer la musique à travers mon violon. Je dévorais les notes et les partitions, telle une âme assoiffée d’amour et d’harmonie ; puis j’ai appris à aimer le violon au travers de la musique ; et cet instrument est devenu si proche de mon âme qu’elle l’a adopté comme une partie d’elle-même.

Un jour, mon violon s’est mis à me parler :
“Petite Esther, ne laisse jamais personne te violenter et poser des mains d’adulte pervers sur ton coeur pur ; j’ai connu une petite fille qui apprenait le violon sur mes cordes et qui a été obligée durant des années de subir le martyre que lui infligeait son professeur, c’est à dire des baisers sur la bouche ; il l’obligeait à se taire et un jour elle voulut se jeter sous une voiture ; puis son cauchemar s’arrêta enfin et elle essaya de tirer un trait... un coup d’archet, sur ce viol... Viol d’un violon brisé dans l’âme d’une fillette à l’enfance assassinée... Cri de l’absurde dans les cordes d’un violon sacrifié à l’innocence... Elle voulait m’abandonner car elle ne pouvait me toucher sans penser à ces moments de négation intérieure, d’oubli mortel, de conscience ensevelie ! Mais j’avais la mission de l’aider et, dans un sursaut de force vivante, elle m’a enfin regardé... comme le radeau seul capable de la sauver ! Elle a fait de moi le violon le plus heureux car elle m’a rendu mon âme à travers la sienne !”

Mon violon m’a donc parlé ainsi un jour et puis il s’est tu pour toujours ; il est aujourd’hui entre les mains de l’homme qui nous a donnés aux Nazis. Ma mère s’est entretenu avec cet individu après notre mort mais il croit que c’est un rêve... Seulement, de ce rêve dépendent la libération de nos âmes et le salut de la sienne.

Comme du rêve de Martin Luther King dépend la survie de l’Humanité !


IX.


Gabriel secoua l’homme désespéré qui venait de lui raconter son rêve.
“Qu’as-tu fait du violon ? Où l’as-tu mis ? Tu dois me le dire !”

L’homme sourit tristement et lui dit : “Il est dans ma maison... mais des fleurs ont poussé dedans. Personne ne pourrait en jouer à cause de la mousse et du lierre qui l’ont envahi !...
-Comment cela ?! Les fleurs n’ont jamais empêché un violon de vibrer !”

Le personnage qui venait de parler avait une voix forte et assurée. C’était David, le violoniste, qui arrivait sur les lieux, poussé par le “hasard”, ce phénomène mû par une chose plus forte que lui... la coïncidence.
-Allons le chercher, ce violon ! Il saura bien nous guider à travers les pétales et l’humus de ses cordes !”

Gabriel atteignit la maison de l’homme et monta les marches à la suite du violoniste ; celui-ci brandit le violon verdoyant enlacé de lierre et de capucines.

e0bfc490ea62ca4e.jpgLa tension était telle que l’instrument se mit à vibrer et à rougeoyer si fort que David dût le poser sur la table... Les fleurs s’épanouirent et se fanèrent en un clin d’oeil... Le lierre sécha... La mousse et l’humus disparurent... lorsque soudain une explosion interne bouleversa le violon. L’Univers semblait revivre le Big-Bang au centre de la caisse de résonnance et des sons fusaient de partout. Enfin un seul son demeura et le violon de bois se transforma en violon de cristal. Personne n’avait jamais vu cela !

C’était un pur joyau... où la transparence était ciselée dans l’équilibre des harmoniques ! La lumière traversait le son... qui avait pris naissance dans la matière ! L’accouchement venait d’avoir lieu et le bébé semblait déjà être un vieux sage venu du tréfonds de l’Univers pour apporter la paix, l’harmonie... et l’Amour entre les êtres.

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X.


Gabriel saisit le violon de cristal, émerveillé, et dit à David : “Ce violon, je le sais, sauvera cette famille juive, prisonnière dans ma maison. Mais il manque l’archet... Comment allons-nous faire pour le trouver ?”

David réfléchit et alla chercher son propre étui de violon ; il en sortit un archet à la hausse de nacre... Un poulain semblait galoper sur la fine baguette, à travers la mèche délicatement tendue au bois de pernambouc... Le musicien fit glisser le crin de son archet magique sur les cordes d’acier.

Un arc-en-ciel jaillit de l’ensemble et une musique divine s’éleva. David paraissait transformé intérieurement ! Son corps entier vibrait de mille ondes de joie et d’espérance ; toutes ses cellules souriaient de bonheur et cette allégresse se transmit à ceux qui l’écoutaient jouer.

Il se dirigea vers la maison hantée et Gabriel le suivit ainsi que Michel-Ange ; tous ceux qui les rencontrèrent suivirent le cortège et s’arrêtèrent à l’entrée de la demeure. Elle semblait attendre cet instant ; en effet les murs se mirent à vibrer harmonieusement, en unisson avec l’instrument de cristal, et les volets claquèrent soudain à un rythme stupéfiant !

Les oiseaux s’arrêtèrent de chanter puis reprirent de plus belle. Marie et Elodie, la petite fille de Gabriel, ouvrirent la porte à David, Gabriel et Michel-Ange.

Celui-ci avait un pinceau à la main, tel un archet magique : sa palette était comme un violon aux mille couleurs du soleil dans le ciel des humains. Il commenca à couvrir les murs de nuances mélodieuses et de roses d’aurore dignes des plus beaux flamands... On aurait dit qu’il semait des fleurs à travers sa peinture et que des centaines de colibris venaient emplir la maison grâce à ses gestes de créateur.b4c577137f139c00.jpg

David et Michel-Ange couvrirent ainsi tous les murs d’harmonies sonores et picturales... Enfin ils descendirent au sous-sol et là... une chose étrange se produisit ! Un candélabre semblait les attendre, éteint mais serein d’espérance... Un bible ouverte s’offrait à la lecture et une main invisible en tournait les pages, jusqu’au moment où elles demeurèrent immobiles.

8e4e482fe9cbd516.jpgGabriel se mit alors à lire puis entonna le chant de sa lecture sacrée. David l’accompagnait avec le violon de cristal et l’archet nacré. Michel-Ange, de son côté, traçait mille arc-en-ciels sur les murs et l’espace de la cave. Soudain, tous les arcs de lumière se rejoignirent, formant le sceau de Salomon sur le sol : une étoile à six branches... dont la septième était au centre !

A cet instant, les flammes du candélabre s’allumèrent... Elles étaient sept... Sept personnes se tenaient dans la pièce : il y avait Gabriel qui lisait et psalmodiait, David qui jouait, Michel-Ange qui peignait, Marie qui priait, Elodie qui souriait, l’homme désespéré qui pleurait... et le chat qui méditait.

Sept êtres réunis pour la libération de trois âmes... Sept êtres qui ne voyaient pas Esther, son père et sa mère, les remercier à genoux... sauf peut-être le chat... l’Ange... et la petite fille qui souriait !

Enfin... ils virent tous... trois colombes s’envoler du centre de l’Etoile de David inscrite au sol en lettres d’or et d’arc-en-ciel ; ils virent avec émotion sept roses s’épanouir sur les branches de l’Etoile ainsi qu’en son centre.99cf426f49cb231c.jpg

Ils virent des larmes de rosée tomber du violon de cristal qui explosa dans un concert de voix angéliques semées des cieux ; l’archet nacré demeura dans les mains de David qui le posa au centre du sceau de Salomon.

Les sept êtres présents dans la pièce se donnèrent la main autour de l’étoile. C’est ainsi que le nom de “ Constellation de la Pléiade” fut donné à la maison ressuscitée... Chacun sait que l’étoile la plus importante de cette constellation aux sept flammes se nomme Alcyone... ce qui signifie “la Paix”.

La Bible était ouverte sur la Vision de Zacharie : “Ces sept-là (les sept lampes) sont les yeux de Yahvé : ils voient par toute la terre.”

Les sept flammes s’éteignirent doucement mais dans le coeur de chacun elles ne moururent jamais.

Dieu voyait à travers leurs yeux et le mal ne pourrait plus jamais se répéter... Les crimes nazis ne pourraient plus jamais enfermer les consciences.

Car Dieu ne peut accepter le mal que Ses yeux voient !

L’Humanité non plus... ne peut accepter et, pour cela, la Paix doit toujours régner sur la Terre .9465f575054394f8.jpg


___________________________________________ Chloé LAROCHE

 

CE TEXTE EST PROTÉGÉ, AVEC TOUS DROITS RÉSERVÉS, NON AUTORISÉ À LA REPRODUCTION.

 

Marie est broyée
Dans les machines froides
Des âmes nazies

La Vierge pleure sans fin
Sur les horreurs humaines__________ haïkou de Chloéef57f2e9970194c2.jpg

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MERCI À MARC CHAGALL POUR SES 14 tableaux.

La photo avec le violon est celle de mon fils prise par moi-même en 2005.

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"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES.... chloe.email@laposte.net___________ Merci d'avance !

 
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