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18/12/2012

La fin du monde n'est pas pour ceux qui y croient... mais pour ceux qui la vivent sans la chercher. Mes pensées pour les victimes de la tuerie de Newtown et pour tous ceux qui pleurent et souffrent.

Conference-sur-la-fin-du-monde-vue-depuis-l-Antiquite_1_illustrationEtab.jpgBonsoir à tous et toutes,


On nous annonce la fin du monde depuis si longtemps, déjà en 1999. Pour certains groupes et sectes, je pourrais vous rappeler encore d'autres dates données avec beaucoup de précisions et de foi par des personnes illuminées, dans le passé.gx8b6xzf.jpg

Des milliers de personnes vont se retrouver cette année le 21 décembre 2012 à Bugarach, ce jour de la date fatidique donnée par le calendrier maya, dans l'espoir d'être sauvées, de faire partie des élus.

Mon sentiment et ma conviction profonde est qu'il n'y aura pas de fin du monde, juste la fin d'un cycle, la mort du vieil homme en nous, comme à chaque Noël, comme à chaque solstice d'hiver, afin de faire renaître le petit enfant qui nous porte durant toute l'année, ce foyer d'espoir et de renaissance qui fait que chacun de nous avance malgré les épreuves et les larmes.fin-du-monde-pour-2100.jpg

Mais je crois aussi que la fin du monde est vécue déjà dans leur chair par nombre de personnes :

Je pense notamment aux parents des vingt enfants de six et sept ans tués à Newtown aux États-Unis dans leur école, massacrés par un fou, un déséquilibré dont l'entourage n'a pu enrayer la violence.

Je pense aux enfants et aux famille des enseignants, de la psychologue et de la Directrice de l'école de Newtown, tués aussi par les balles de ce tueur. Je pense notamment à Victoria Soto, 27 ans, qui a sauvé les élèves de sa classe en les cachant dans des placards. Elle s'est mise devant, sacrifiant sa vie pour sauver les enfants, les plus petits de l'école. Une autre jeune institutrice a réussi à cacher ses quinze élèves dans les toilettes. Elle s'appelle Kaitlin Roig et par son courage et son sang-froid, elle a sauvé sa classe. Elle leur a dit, croyant qu'ils allaient tous mourir : "Sachez que je vous aime tous très fort."

images-7.jpegJe pense à cette famille massacrée par le père de famille aujourd'hui à Salon de Provence. Le père a pendu ses deux petites filles avant de se pendre aussi et après avoir poignardé sa femme. Mais quelle horreur, quelle souffrance pour en arriver là. Ils ne vivront pas Noël, ne grandiront plus. Ces petites filles qui avaient l'avenir devant elles, comment ont-elles vécu leurs derniers moments, pendues au bout de cette corde, voyant la folie de la destruction massive s'emparer de leur papa ?

La fin du monde n'est-elle pas pour toutes ces personnes qui n'ont plus que la corde pour fuir un monde trop dur, qui n'ont plus que les armes pour parler et communiquer leur colère et leurs peurs ?images.jpeg

Un homme obèse, pesant 140 kg et souffrant d'une maladie grave a essayé ce dimanche de se tuer. Il n'arrive plus à vivre, à croire encore au fait de se battre contre sa maladie. Il est seul. Il possède deux armes chez lui. Soudain, le téléphone a sonné. L'arme à la main et des larmes plein les yeux, il a répondu. C'était un ami au bout du fil. Quelques mots d'amitié ont été échangés et l'homme a posé son arme et a survécu. Il a décidé de laisser sa vie se poursuivre et de donner une chance à ce qui pourrait arriver mais qui n'est pas encore présent.

images-6.jpegCe soir, je pense à cet homme qui a échappé à sa propre fin du monde. Mais je n'oublie pas qu'une enseignante vient de se donner la mort dans sa salle de classe à Villeneuve-Saint-Germain en se pendant. Elle n'avait que cinquante ans.

Et je pense aussi à cette famille en deuil d'un frère qui s'est pendu aussi cette semaine dans l'Isère.

fin-du-monde1.jpgAujourd'hui, c'est l'anniversaire de ma mère partie il y a six mois d'un cancer. Cela fera le 21 décembre six mois qu'elle est décédée avec mon père. Cette date est difficile à passer pour moi et ma fin du monde est déjà là, en quelque sorte, puisque la fin des personnes qu'on aime nous emporte avec elles dans le vécu d'une absence où nous sommes entre deux mondes, ceux qui restent et ceux qui partent.Fin-du-monde-comment-le-Mexique-fait-du-mythe-Maya-une-attraction-touristique-jpg_164001.jpg

L'enjeu est bien sûr de rester afin d'accomplir son propre chemin et de rester dans la chaîne d'amour humain et de solidarité planétaire. L'enjeu est d'accepter sa croix, ses croix, et de nous mettre dans la main puissante du Monde, comme des enfants confiants dans les cadeaux de la vie découverts au pied du sapin de notre destin.Unknown-2.jpeg64d2bf1a.jpg

Chloé Laroche

 

21/11/2012

Pour Aliona, jeune femme russe qui s'est suicidée par amour... Le massacre des roses de l'amour.

ALIONA______________rose066.jpg



Aliona, je pense à toi

tu es partie l'âme brisée

à cause d'un homme au coeur muré

dans l'autre monde tu t'es enfuie


Aliona, tu étais belle29179551.png

spirituelle souriante joyeuse

l'amour a brûlé ton essence-ciel

tu t'es donnée sans retour


Aliona, tu t'es offerte

à un homme qui t'a détruite

il aimait ton amour sans t'aimer

cela le rassurait, l'honorait


images-9.jpegAliona, tu as cru

en la sincérité de mots hypocrites

et tu es morte de douleur

car l'amour cruel tue


Aliona, tu es de celles

qui donnent sincèrement

mais trop sensibles et pures

meurent comme les roses


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que l'éternité valait mieux

qu'un présent ôté de la présence

de l'être chéri, choyé


Aliona, tu es partie trop viteu15025134.jpg

à cause de l'égoïsme d'un homme

qui s'est servi de ton être

pour faire exister son néant


Aliona, tu es comme cette femme

violoniste jeune et belle

ayant sauté d'une falaise

pour un chagrin d'amour



aliona,russe,femme russe,russie,écrivain,histoire vraie,compagne de russie,rencontre,amour,illusion,trahison,suicide,déception,mensonge,femme,homme,séducteur,france,roses,destruction,manipulation,danger,internet,love,mort,sentiment,fragile,sensibilité,promesse,néant,chasseur femmes,protection,dépendance,vie,espoir,guérison,resilience,voyage,égoïsme,sexe,sensation,plaisir,objet,femme objet,plan cul,mariage,couple,colère,chagrin,séparationAliona, je pense à toi

je voudrais que plus personne

ne se détruise par amour

surtout pour un homme vain


Aliona, tu vivais en Russie

morte pour un homme d'ici

venu de mon pays

pour voler ta vie


BIC2062.jpgAliona, je prie pour toi

pour que les cieux te prennent,

te pardonnent ce geste insensé

de mourir pour un amour sans issue.


Aliona, la rose de ton coeur

s'est flétrie de chagrin

l'amour peut tuer

il faut que vous le sachiez...


Vous, hommes de peu d'amour, de peu de générosité, de peu d'humanité et de loyauté.


Chloé Laroche__________aliona,russe,femme russe,russie,écrivain,histoire vraie,compagne de russie,rencontre,amour,illusion,trahison,suicide,déception,mensonge,femme,homme,séducteur,france,roses,destruction,manipulation,danger,internet,love,mort,sentiment,fragile,sensibilité,promesse,néant,chasseur femmes,protection,dépendance,vie,espoir,guérison,resilience,voyage,égoïsme,sexe,sensation,plaisir,objet,femme objet,plan cul,mariage,couple,colère,chagrin,séparationimages-3.jpeg



 

___________________________

Le massacre des roses

de l'amour_________________

de Chloé Laroche 

Mn_16.jpg"Je veux rester 

Maître d'oeuvre 

De ma vie,"

 

a dit un jour un monsieur

à une dame qu'il aimait.......

 

"Aussi je te quitte

car je t'aime

et ainsi je demeure décideur".

 

Même si... êtreMn_10.jpg

maître d'oeuvre

cela veut dire

fouler aux pieds

les roses de l'amour

les mains enlacées

les mots tendres

les regards échangés.

 

Mn_22.jpgDes maîtres d'oeuvres

Il y en a plein le monde

Mais ils ne construisent pas

Ils détruisent sans relâche

Semant la discorde, le néant

Et les larmes amères

 

Des maîtres d'oeuvres

Il y en a plein l'époque

"Maîtres de leur vie"

En égoïsme solitaire

Au mépris des sentiments 

Et du respect de l'autre

 

Des maîtres d'oeuvreMn_25.jpg

Il y en a plein la Terre

Jouant avec les coeurs

Multipliant les conquêtes

Éphémères chimères

De sourires narcissiques

 

Maîtres d'oeuvre

En construction de mirages

Gardez votre triste monde

Où l'amour, le vrai, est absent

D'où l'amour, le vrai, s'est enfui 

Jusqu'au bout du désert nu

 

Des âmes meurtries.

 

Chloé Larochealiona,russe,femme russe,russie,écrivain,histoire vraie,compagne de russie,rencontre,amour,illusion,trahison,suicide,déception,mensonge,femme,homme,séducteur,france,roses,destruction,manipulation,danger,internet,love,mort,sentiment,fragile,sensibilité,promesse,néant,chasseur femmes,protection,dépendance,vie,espoir,guérison,resilience,voyage,égoïsme,sexe,sensation,plaisir,objet,femme objet,plan cul,mariage,couple,colère,chagrin,séparation

 

 

09/12/2010

Texte écrit à la mémoire d'Ousmane qui à l'âge de onze ans a préféré s'échapper par la porte de la mort. Mes propos sur le prévention du suicide des jeunes, deuxième cause de mortalité des jeunes en France.

bxp66750.jpgBonjour à tous et toutes,

 

Un jour quand j'étais toute jeune ado, encore enfant, j'ai voulu me jeter sous une voiture pour me faire écraser.

J'avais cette envie de tout quitter, parce que la vie n'était que tristesse et trop dûre à vivre.

 

À  cause surtout d'un adulte qui était allé trop loin avec moi.

 

Plus tard, quelques mois après, c'est dans l'Isère que j'ai eu envie de me jeter.vmo0011.jpg

Toujours à cause du même problème. J'avais réussi à en parler mais d'en parler m'avait fait remonter cette honte,

cette envie de me cacher là où personne ne saurait jamais, là où personne ne pourrait me regarder, la mort.

 

Mais je ne l'ai pas fait.

 

Et je ne le regrette pas car au fond, sacrifier sa vie pour un connard, NON, désolée.

bxp36020.jpgMa vie, je l'ai vécue, je continue à la vivre et même si parfois c'est difficile et que c'est parfois à hurler sur un pont comme me disait ma meilleure amie, la vie est belle par ses rebondissements, ses surprises, ses combats, ses printemps et ses hivers, ses joies et ses passions.

J'ai pris ma plume aussi très tôt afin de coucher sur une feuille de papier les malheurs d'un ange et les larmes de mon coeur qui faisaient barrage au fond de moi. Dire les choses, les exprimer, les tendre vers l'humanité curieuse de "toi", de moi, cela fait du bien, cela soulage car on n'est pas seul à porter, à tout supporter dans son coin.

Nous sommes un chaînon de la lignée terrestre et ce chaînon se doit d'avertir ses voisins de terre que les larmes bloquées au fond de lui peuvent le tuer et le miner tellement qu'il ne peut plus vivre.

Si j'écris ceci, c'est que ce mardi, le 7 décembre, un enfant de onze ans a choisi de se jeter dans l'Isère, à Romans. Il s'appelait Ousmane et était en sixième. Il a sciemment enjambé la barrière d'un quai et s'est jeté dans la rivière de mon département.k1279746.jpg

Son corps n'a pas été retrouvé. On a juste retrouvé son cartable et son blouson comme s'il rendait les armes du collège où il s'escrimait à travailler et à avoir de bonnes notes.

bxp43739.jpgRéprimandé et ouspillé par les enseignants le jour-même, la thèse du suicide est tabou à ce jour même si on sait que l'enfant a bien enjambé de lui-même la rambarde et s'est jeté dans l'eau. Le suicide des enfants est toujours un sujet tabou qui dérange mais le problème existe réellement et fait de nombreuses victimes chaque année en France et en Europe.

Pour les personnes qui se sentent responsables ou à la source du mal-être d'un enfant ou bien encore pour les proches de la victime, il est extrêmement difficile de porter le poids de cette culpabilité consciente ou inconsciente.

On oublie souvent qu'un enfant peut souffrir au point de n'avoir plus de goût, au point d'avoir si peur qu'il préfère fuir, au point de tant souffrir dans sa chair et son coeur que la souffrance lui ôte toute angoisse d'au-delà ou de peur de la mort. Un enfant peut ne pas vouloir mourir mais être si mal que son impulsion de souffrance et sa colère l'emmènent plus loin que lui-même.

u10101171.jpgJ'écris cet article pour éviter un autre drame, pour un enfant qui me lirait, un adolescent qui aurait des idées de suicide.

Avant de fuir la vie, demande-toi si la cause en vaut bien la peine et va parler à un ami. Demande de l'aide.

Ne laisse pas la mort te prendre et t'emmener sans avoir dit ton dernier mot, sans t'être battu avec tes petits poings.

Il y a des numéros d'urgence gratuits que tu peux appeler, comme le 0810 810 987 (http://www.phare.org).

Quand ça va mal, tu appelles et tu trouveras quelqu'un, une personne présente à l'autre bout, comme un ami invisible pour t'écouter et prendre ta peine. Ta peine sera alors moins lourde et tu pourras passer une étape grâce à ce coup de fil.u29497050.jpg

D'autres numéros existent que tu peux appeler aussi :

-Cap Écoute : le 0800 333 435 (9 h - 21 h) ou le 04 72 33 34 35

-Sos Suicide Phénix : 01 40 44 46 45 (12 h - 24 h)

-Sos Amitié : le 0800 066 066

-Croix-Rouge Écoute : le 0800 855 855k0402990.jpg

-Suicide Écoute : le 01 45 39 40 00

-Numéro national d’aide aux victimes : le 08 842 846 37

-Sos Suicide : le 01 40 50 34 34

 

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Je te souhaite à toi qui me lis de retrouver le courage de ton chemin et de trouver le soleil qui va illuminer et nourrir ta vie.

Ce soleil est en toi et va t'aider à te battre et à rester vivant et debout face aux intempéries du destin.

Ousmane, que les anges t'accueillent et apportent mille étoiles de réconfort, de courage et de force à tes parents et à tes dix frères et soeurs, dans la peine immense de ton départ.

Chloé LAROCHE

__________________________________________________________________EV012-011.jpg

 

 

____________________________ Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr avec des photos libres de droits. (Banque de Photographies et de Séquences Vidéos Libres de Droits Images). Merci à ce site !

 

 

Pour INFORMATION à tous_________ Phare ENFANTS-PARENTS :

 

PHARE ENFANTS-PARENTS AIDE LES PARENTS POUR PRÉVENIR LE MAL-ÊTRE DES JEUNES.

 

http://www.phare.org

Identifier, Prévenir, Agir.

"Que vous soyez parents, enseignants, professionnels, ce site peut vous aider. Personne n’est à l’abri d’un problème grave, quel que soit le milieu socio professionnel, quelle que soit la qualité de relation avec le jeune. Sa souffrance peut être non verbalisée, mais vous avez repéré des signes qui vous inquiètent.

Vous éprouvez vous-même des difficultés qui vous font craindre de basculer dans une profonde dépression,dans le désespoir.

Vous avez vécu le drame de perdre un proche par suicide.

Consultez ce site et n’hésitez pas à appeler la ligne d’écoute :
0 810 810 987

du lundi au vendredi de 9 h 30 à 18 h

Outre sa capacité à vous écouter, PHARE Enfants-Parents vous offre un véritable portail en lien avec des associations, des spécialistes et des institutions, tous tournés sur la prévention et le traitement du mal-être des jeunes."

______________________________________________________________

 

 

 

 

17/08/2010

Hommage à une femme enceinte qui a sauté du 6ème étage à cause d'un amour déçu.

www.fotosearch.jpgPour Patricia, qui s'est jetée du 6ème étage à Grenoble il y a déjà un certain temps, mais des personnes pensent toujours à elle. __________________________________________________________________________________________________________

 à toi,www.fotosearch.jpg

à tous ceux qui se tuent par souffrance de coeur.

____________________________________________

 

www.fotosearch.jpgPatricia était une jeune femme

d'une trentaine d'années

Elle attendait un enfant

d'un homme peu fidèle

 

Patricia lui a proposé qu'ils se marient

mais il lui a dit abruptement NON

et elle l'attendait pendant des heures

la nuit le jour et jusqu'au petit matin

 

Patricia était enceinte de trois mois

d'un petit être qu'elle attendait

elle rêvait d'amour et de tendresse

et n'a plus voulu de cette vie

 

Patricia a renoncé à tout et s'est tuée

elle a sauté du sixième étage

comme une étoile qui fuit la terre

elle n'a plus vu le soleil dans son coeur

 

Patricia est partie pour toujours

et son homme a pleuré

de n'avoir pas su l'aimer

mais c'était trop tard

 

Des personnes peuvent se tuer par amour

ne croyez pas que les sentiments soient anodins

certains coeurs ne peuvent supporter l'insupportable

et préfèrent quitter l'enfer des sentiments.

 

Chloé Laroche

30/09/2009

Démission contre harcèlement et enfer au travail. Partir ou mourir : c'est parfois un choix nécessaire. Mes propos sur les suicides d'employés de France Télécom, d'enseignants, de policiers, d'agriculteurs et de salariés au bout du rouleau.

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k0134461.jpgVous êtes le VINGT-QUATRIÈME SUICIDÉ de l’entreprise France Télécom. Il y a eu vingt-quatre suicides depuis février 2008. Certains se demandent pourquoi on parle autant de vous alors qu’on ne relate pas chaque suicide de policiers, d’enseignants ou d’agriculteurs et pourtant il y en a.

Certains se demandent pourquoi vous ne démissionnez pas au lieu de sacrifier votre vie jusqu’à la mort et comment vous pouvez en arriver là.

Ainsi le “Voyageur” a écrit ces mots que je vais citer, lus dans les échanges du Grain de Sel de Culture Forum : “Vraiment là il y a quelque chose que je ne comprends pas du tout : comment peut-on se flinguer à cause d'un boulot, alors qu'il y a une solution bien plus simple et moins radicale qui s'appelle démission ? En ce qui me concerne, chaque fois que je me suis retrouvé dans une situation professionnelle trop stressante et en proie à toutes sortes de pressions, je leur ai tout simplement claqué la porte en leur disant d'aller se faire mettre (pour rester poli), quitte à me retrouver au RMI pendant 6 mois ou plus, il y a suffisamment d'aides sociales qui ne cherchent qu'à vous aider à vous remettre sur les rails, et à moins d'être vraiment le roi des abrutis on finit de toute manière par retrouver un autre boulot, peut-être à moindre salaire mais c'est toujours mieux que la mort !”k0041590.jpg

k0274162.jpgCher Voyageur, il est vrai que la démission peut éviter le pire dans une situation professionnelle impossible à vivre... seulement dans la conjoncture actuelle, retrouver un emploi est un challenge, un défi impossible pour certains, selon l’âge et selon le métier. Et puis, avant de rebondir vers autre chose, on a la tête dans le sac... On est choqué, cassé par le harcèlement, les brimades, les changements brutaux, les ordres inhumains passés sans ménagement, les reproches injustifiés, les manipulations mentales faites par les chefs sur les employés afin de les faire plier et de leur montrer qu’ils sont les plus forts.

Mais, Voyageur, je vais aller dans votre sens...

Je peux révéler ici quelque chose d’important et de vérifié, après avoir personnellement conversé avec un juriste averti sur la question, que PLUS VOUS RESTEZ dans un emploi où vous subissez tout cela, PLUS VOUS AUREZ DU MAL à retrouver un autre emploi et à être assez solide et combatif, car l’énergie passée dans une lutte vous enlève l’énergie pour un autre combat.

WDWO14.jpgJe crois que c’est important pour les salariés qui me lisent de savoir cela. Ne pas se permettre de laisser des plumes, de tomber dans la dépression et de casser son intégrité ainsi que le respect de soi. Si vous pensez ne pas retrouver de travail dans votre domaine, qui vous empêche de changer de secteur ? Je suis bien passée de professeur à chauffeur ambulancier puis taxi pour personnes handicapées. J’ai bataillé, je me suis formée, j’ai poursuivi, j’ai rebondi. Aujourd’hui, je suis assez diplômée pour ne pas me laisser marcher sur les pieds et ne pas laisser un chef me manquer de respect. Je sais que je retrouverais du travail.k0775383.jpg

Sinon, au pire, je ferai autre chose. Assistante maternelle, famille d’accueil pour personnes âgées, etc. Il y a des secteurs qui recherchent. Il faut penser que pour s’en sortir, on doit sortir du cadre, penser autrement, se dire qu’on se met parfois des barreaux aux fenêtres ou qu’on laisse l’autre en mettre... l’autre s’appelant chef, supérieur hiérarchique, contremaître, patron, directeur.

Je pense que le suicide n’est PAS UNE MODE, comme je l’ai entendu dire en plus haut lieu... Affirmer que dans l’entreprise France Télécom, on se suiciderait pour faire comme les collègues précédents est une insulte grave envers les morts, envers ceux qui ont “choisi” cette issue fatale, envers ceux qui ont pointé de leur décès le disfonctionnement de leur travail.k0129994.jpg

roses-1.jpgL’enseignant qui se suicide indique par sa mort qu’il est insupportable que l’État puisse les séparer de leur famille durant une à trois années, avec des décisions D’AFFECTATION de postes allant à l’encontre des demandes de chacun. Des couples se séparent à cause de cette politique, cette politique de l’Éducation Nationale qui est d’utiliser les enseignants comme des pions sur la carte de France. “Je t’envoie là, à l’autre bout de la France... Je m’en fiche que tu aies des enfants ou que ta compagne tombe enceinte dans ta première année d’enseignement. Et puis que tu sois marié, je m’en contrefiche. Tu es là pour bosser, pas pour t’amuser.”

POL-015.jpgDes policiers se suicident car leur métier est éprouvant. Ils doivent obéir à des ordres au doigt et à l’oeil. Ils vivent la violence tous les jours et doivent rester stoïques et forts durant toute leur carrière. Ils sont confrontés à des drames, voient des cadavres et se trouvent en face de la souffrance humaine à chaque minute. Seraient-ils des demi-dieux pour pouvoir encaisser tout cela sans que cela les affecte au fil des ans ?!!

Des agriculteurs se suicident car leur métier les place dans un désert affectif insupportable, en plus des pressions sur leur travail, des difficultés de charges financières et un emploi du temps omniprésent dans leur vie.

Que penser de ce suicide collectif des producteurs de lait qui jettent leur lait ou le donnent ? Ils sont acculés au désespoir mais au lieu de passer à l’acte individuellement, ils le font collectivement et courageusement, car quand on est au courant des charges et dépenses professionnelles qu’ils ont à payer chaque mois, on peut se poser la question : comment vont-ils pouvoir y  arriver sans rentrer d’argent ? Que vont-ils devenir à la suite de cette grève où l’or blanc est noyé dans les sillons d’une société de profit ?images.jpeg

 

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Je rends hommage à tous les salariés, à tous les travailleurs, à tous les artisans et professions indépendantes qui luttent pour s’en sortir.

PAYSAGE-IMAGE.jpgJe rends hommage aux vingt-quatre personnes salariées de France Télécom qui se sont donné la mort.

Je rends hommage à tous les suicidés des différents corps de métier qui ont été détruits dans leur travail par des dirigeants sans humanité et uniquement intéressés par le profit et le rendement.

Je voudrais dire aux chefs qui me liront qu’il n’y a rien de tel qu’un salarié heureux. Le respect, le dialogue, la consultation préalable de chacun, l’écoute des demandes humaines (repas pris normalement, amplitudes et horaires normaux, respect des mères et pères de famille dans leurs obligations et leur vie de famille), la prise en compte du mérite de chacun sans reproches injustifiés, la balance entre l’effort du salarié et le respect de sa vie familiale, le fait de savoir gérer une équipe en formant une solidarité et une cohésion au lieu de générer des jalousies, des dénonciations, des coups bas entre collègues : tout cela peut former un cocktail intéressant pour que le mot “harcèlement au travail” n’apparaisse jamais dans l’enceinte d’une entreprise.00821AP08090.jpg

BCP004-09.jpgBien sincèrement à tous,

Chloé Laroche

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Voir l'article du Monde : http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/09/29/apres-un-nouveau-suicide-france-telecom-suspend-le-principe-de-mobilite_1246718_3234.html

13/09/2009

Lettre à une mère de famille qui risque de mettre fin à ses jours et de partir en laissant ses enfants. Les mamans et familles monoparentales face à la crise.

1803915.jpgLettre à une mère de famille qui risque de mettre fin à ses jours et de partir en laissant ses enfants.

 

Madame,

 

Vous avez des idées noires et désespérées dans un monde où il est de plus en plus difficile d’avancer, dans un monde où l’égoÏsme et la solitude des plus faibles s’amplifie.1823001.jpg

Je vous écris car vous me paraissez en danger moral et dans une grande détresse. Vous élevez seule vos enfants et devez faire face à la crise, aux factures, à votre travail, à l‘éducation de vos enfants. Une éducation rendue plus difficile d’années en années, étant donnée la demande accrue de repères, de rassurance et de limites à donner aux enfants, lesquels sont confrontés au monde actuel et à la violence visible jusque dans les images, à l’insécurité d’un monde qui offre déjà beaucoup d’angoisses aux adultes pour ne pas être en reste auprès des enfants.F76-283304.jpg

PAA195000029.jpgLes enfants sentent bien dans notre époque qu’ils vivent dans l’insécurité. Les couples divorcent, se séparent ; les familles éclatent et les enfants vont de gardes alternées en gardes partagées, offrant tant de bonne volonté d’adaptabilité à chacun de leur parent désireux de les avoir près d’eux. Ils sentent bien aussi que le travail manque, que notre terre est en survie pour cause de pollution.

Si vous les quittez en les abandonnant à leur vie alors que vous entrez dans la mort, que feront-ils ?

Et si vous les quittez en les abandonnant tout en poursuivant votre vie, comme ces deux mamans qui ont laissé leurs enfants pour un homme, comme elles auraient laissé des petits chats au beau milieu d’une rivière. La rivière de la vie n’est pas moindre. Elle est identique aux dangers d’un flot ravageur et aride de douceur.

Les enfants ont besoin de vous, de votre tendresse, de votre amour qui leur dit que vous serez toujours là pour eux. Ils en sont sûrs comme le soleil se lève le matin. Ils voient votre sourire et sont suspendus à votre coeur. Alors ils peuvent se construire et grandir sereinement.

Vos enfants ont besoin de vous et personne ne pourra vous remplacer. Ces enfants sont la Terre de demain et ce qui se passe entre eux et vous est très important pour l’avenir.

bxp51165.jpgVotre dépression n’est pas inéluctable. Le désespoir peut être consolé. Ne restez pas seule. Je vous conseille d’appeler dès que possible l’un des numéros suivants :

-Cap Écoute : le 0800 333 435 (9 h - 21 h) ou le 04 72 33 34 35

-Sos Suicide Phénix : 01 40 44 46 45 (12 h - 24 h)

-Sos Amitié : le 0800 066 066

-Croix-Rouge Écoute : le 0800 855 855k0402990.jpg

-Suicide Écoute : le 01 45 39 40 00

-Numéro national d’aide aux victimes : le 08 842 846 37

-Sos Suicide : le 01 40 50 34 34

 

Vous vous sentez mal car vous êtes au coeur de la bataille, comme le seul soldat survivant d’un bataillon. Vos amis vous ont lâchée ou bien la vie les a éloignés. Votre famille se compte sur les doigts d’une main mais préfère penser à sa propre survie plutôt que de vous soutenir et de vous épauler.

PAA150000070.jpgLa société actuelle, la conjoncture économique, l’évolution rapide du monde moderne ne contribuent pas à aider les personnes comme vous qui se retrouvent à batailler au quotidien. On parle par exemple d’aider les ménages afin qu’ils accèdent plus facilement à la propriété. Ainsi : vous avez un loyer, de plus en plus élevé ; vous décidez d’acheter un logement, le moins cher possible, afin d’arrêter de donner des loyers à un propriétaire. Les banques vous proposent un prêt sur 25-30 ans... dont le montant de remboursement mensuel est égal ou même inférieur à votre loyer. Mais, malheureusement, vous avez un refus de prêt de toutes les banques car vous avez trois enfants à charge et un petit revenu en CDI !

“Nous sommes vraiment désolés, Madame.” Vous entendez cette phrase et vous retournez payer votre loyer à vie. Vous venez de comprendre alors que le capitalisme donne à ceux qui possèdent et que vous n’êtes rien, juste bonne à payer le propriétaire qui s’en fiche que vos fenêtres laissent passer assez d’air et de froid pour faire grimper vos notes de gaz et d’électricité vers des sommes vertigineuses.BLD041812.jpg

C’est là qu’intervient la taxe Carbone. Taxe de ci, taxe de là, passage à l’euro qui a multiplié parfois de cinq à dix le prix de nos achats, perte du pouvoir d’achat, etc. Madame, je comprends votre raz-le-bol mais il va falloir vous accrocher et observer aussi les côtés positifs. Cette année, les ménages de la France d’en bas ont reçu deux fois 200 euros de la part du Gouvernement, plus une aide en chèques CESU emploi-service de 200 euros aussi. Souvenons-nous que nous bénéficions des allocations familiales et d’une aide pour la rentrée scolaire. On a des bons de vacances pour emmener les enfants une semaine en camping durant les congés. Imaginez que vous n’ayiez rien de tout cela, ni d’allocations logement non plus. Je pense que pour s’en sortir, il faut regarder vers le soleil même s’il y a une épaisse couche de nuages.

1821201.jpgÀ part tout ça, vous êtes seule et cette solitude vous pèse. Vous avez cherché un compagnon, démarrant cette quête au début avec espoir et conviction. Mais le monde actuel déteint aussi sur les relations humaines, après avoir repeint le paysage de la planète en tableau sombre pollué.

Vous avez rencontré des hommes dont le coeur est rongé par le doute, la dépression, le manque de confiance en l’amour, un passé douloureux, l’envie de vivre pour soi sans avoir d’embêtements (dans leur tête, embêtements = enfants, surtout les vôtres) et... finalement, vous êtes seule sur le bord de la route, débarquée de plusieurs liaisons et le coeur broyé par une montagne d’égocentrisme et de goujaterie. Le champ de roses que vous aviez dans le coeur a été moissonné par la batteuse des ruptures à répétition. Combien de fois avez-vous entendu : “Si tu étais seule sans enfant, je poursuivrais avec toi.” ? Et quand vous avez décidé de ne plus mêler votre vie sentimentale à votre vie familiale, vous vous êtes aperçue que l’homme qui acceptait cela ne vous apportait que la sensualité de quelques moments et rien d’autre. Cet homme-là  se met à culpabiliser au bout de quelques temps et vous quitte en disant que vous méritez de trouver un homme total avec qui vous pourriez refaire votre vie car finalement, vous êtes trop demandeuse de partager du temps qu’il n’a pas ou qu’il n’a pas la volonté de donner.1996086.jpg

Vous avez mille coups au coeur et c’est là qu’un ami vous appelle en vous demandant de laisser vos besoins d’être en couple de côté ainsi que vos désirs de femme. C’est là aussi qu’il vous propose de faire partie d’un groupe, de son groupe, de sa secte. L’amitié, il n’y a rien de telle ! Une main tendue pour sauter dans la dépendance d’un groupement : sortir de sa solitude pour s’oublier à jamais et plonger dans la fraternité illusoire de ceux qui pensent détenir seuls la vérité.

1789927.jpgMadame, tenez bon sur votre île déserte. Votre île finira par rencontrer le continent ou bien un bateau échouera-t-il dans une de vos criques. Vous devez rester forte car quand la montagne s’écroule, elle entraîne avec elle des millions de petits mondes, d’oasis de végétations et de paradis terrestres. Ces petits mondes sont vos enfants et ils ont besoin que vous restiez solide et forte. Pour cela, il faut rompre l’isolement et aller chercher de l’aide morale. Il vous faut prendre votre téléphone afin d’appeler les numéros que je vous ai précédemment donnés (en choisir un) et de déverser le trop plein de vos émotions de colère, de rancune et de tristesse.

images.jpegHier, lors du 11 septembre, nous avons commémoré l’événement terrible des attentats des deux Tours jumelles de New York. Des centaines de personnes sont restées coincées dans ces Tours jusqu’à la destruction finale des deux bâtiments. Mais une femme et treize pompiers se sont réveillés dans les décombres de la Tour Une, tous miraculés parmi les cadavres. Ces pompiers, avant que la tour ne s’effondre, étaient en train de descendre les étages pour se sauver quand ils ont rejoint une femme en détresse, Joséphine. Ils ont alors décidé de lui venir en aide en la soutenant pour descendre les marches de l’immense Tour Une. La Tour Deux s’était déjà effondrée et ils savaient que le temps était compté pour eux. Leur chef est allé chercher une chaise dans les bureaux pour faciliter le portage. La Tour s’est alors effondrée. Ils ont tous survécu, sauvés par cette femme qu’ils avaient aidée jusqu’au bout. Pourquoi ? Parce que là où ils se trouvaient au moment de l’effondrement, une bulle s’était faite autour d’eux par la configuration du bâtiment et des parois disloquées.images-2.jpeg
bn296063.jpg

Alors, Madame, écoutez-moi : trouvez votre bulle et soyez le pompier d’autres personnes qui ont besoin de vous. Vous verrez qu’une main qui se tend vers l’autre n’est jamais seule. S’il n’y a pas d’humain en face, il y aura un ange et cet ange vous enverra la force et le courage nécessaires. Il saura ouvrir les portes devant vous et donner du pain à vos enfants si vous n’avez plus rien. Cet ange peut être un bénévole du Resto du coeur ou de tout autre secours. Ne craignez jamais de manquer ou de vous retrouver à la rue. Faites les démarches nécessaires car dans toute descente aux enfers, une dé-marche peut éviter la Marche fatale. Répondez aux courriers, demandez de l’aide, laissez fierté et orgueil de côté. N’attendez pas que les huissiers arrivent. Avant, vous avez des recours et des possibilités d’arrangements.

BLD054288.jpgMadame, j’espère que cette lettre vous aura fait du bien et vous retiendra ici-bas, dans notre monde où la nature qui nous entoure est encore belle et souriante. Allez la voir et regardez la beauté qui se dégage des arbres, des paysages et des chemins si mutiples offerts aux carrefours de la vie.

Je vous embrasse.

Chloé Laroche

 

Ce 12 septembre 2009.

 

 

Commentaires

Bonjour Chloé, bonjour à toutes les personnes qui se sentent seules. Non, vous ne l'êtes pas, il existe des gens comme Chloé, des associations qu'elle vous donne dans cette note qui peuvent vous aider. Vous avez le droit de vivre en ayant de l'aide : eh alors, ce n'est pas honteux d'être aidé, au contraire c'est réconfortant et cela peut vous aider à aller de l'avant. Bon nombre de ces organismes sont là pour vous écouter, pour vous aider, et ils le font avec un sourire et avec joie. 
Vous qui êtes seul avec des enfants, ne "partez" pas, ce sont vos enfants qui ont le plus besoin de ce seul lien familial qui leur reste. Ils ont besoin du parent qui est à leur côté (Amour, soutien, tendresse, etc...). Cet enfant, c'est un peu vous (imagé bien sur) et la personne qui va vous aider, vous soutenir, et vous donner de son temps, de sa tendresse parfois. 
Ces organismes veulent vous aider, n'ayez pas honte d'être aidé, faites le pour vous et pour vos enfants. Courage et volonté, allez y prenez contact avec eux, ils vous accueilleront volontiers.
Personne ne veut que vous abandonniez. Vous n'êtes pas seul.
Merci à Chloé de son soutien.
Vous avez mon soutien également.
Lolotte73

Ecrit par : Lolotte73 | 17.09.2009

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Merci Lolotte. Votre message fait chaud au coeur et cela aidera cette femme et bien d'autres qui sont dans la solitude et le désarroi. Je prépare un article pour ce soir... ou demain. Plein de pensées. Chloé

Ecrit par : Chloé Laroche | 17.09.2009

 

 

 

15/05/2009

La peine vécue au quotidien dans le handicap et l’absence. Quand une maman se noie devant l'insupportable. Accident et handicap mental.

 

 

images-5.jpegUn soir, alors que j’étais triste et comme si cette rencontre devait me secouer pour que je continue d’être forte... j’ai rencontré un homme de soixante-dix ans. Je devais ramener chez lui sa fille handicapée mentale, une femme de quarante-cinq ans, du CAT (centre d’accueil thérapeutique à la journée) à son domicile.images-9.jpeg

images-10.jpeg

Lorsque j’ai accompagné cette personne jusqu’à la porte de sa maison, son papa est venu me saluer et m’a proposé de venir manger un morceau de brioche. Et puis, debout devant moi, il s’est mis à me parler de sa femme : “La pauvre, elle n’est plus là. Elle s’est suicidée en se jetant dans l’étang, juste derrière la maison, l’année passée. Elle était malade des nerfs. Elle s’est noyée.”

Le pauvre homme pleurait. J’étais bouleversée. Je lui ai témoigné toute ma compassion. C’était une mer de détresse qui emplissait cette maison, ces deux coeurs en deuil, ces vies naufragées.

images-3.jpegEn me raccompagnant à mon taxi-VSL, cet homme m’a dit : “Je ne voulais pas vous le dire devant ma fille. Mais elle a été renversée par une voiture, juste là, à l’âge de cinq ans. Ma femme ne s’en est jamais remise. Ma fille s’en est sortie, mais en gardant les séquelles que vous voyez.”images-8.jpeg

images-6.jpegIl y avait des larmes de sang dans tout le paysage. J’ai quitté ces deux coeurs si lourds, si lourds... mais peut-être un peu plus légers car le fait de m’avoir parlé ainsi, d’avoir pu épancher un peu la souffrance grâce à la parole donnée et écoutée, partagée, a soulagé imperceptiblement le deuil de cette famille, la peine vécue au quotidien dans le handicap et l’absence. J’ai senti en partant que l’oeil de la jeune femme s’était éclairci et qu’une lueur de sérénité s’était mise à briller dans son coeur.

images-7.jpegChloé Laroche

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Commentaires :

Alors là, j'ai les larmes qui montent. Troisième note que je lis aujourd'hui de vous et je suis très touchée. Cette histoire est malheureusement courante, mais on en parle pas. Merci à vous d'en parler. Je pense que ce vécu est très difficile à exprimer et à vivre (pour vous, cet homme et sa fille). Si vous travaillez dans l'environnement des personnes handicapées, je vous félicite. Vous avez du coeur, de l'amour et beaucoup de reconnaissance, ça se sent dans ce que vous dites dans cette note. Merci d'aider les gens, c'est très valorisant pour vous et pour eux. Je suis certaine qu'ils en sont reconnaissant.

Ecrit par : lolotte73 | 26.05.2009

___________________________________________________________________________________ Pour information :


Aide Handicap Ecole 0810 55 55 00
Aide Handicap École
0810 55 55 00
(communication facturée au tarif d'un appel local)

"Aide Handicap École" a été mis en place par le ministère en août 2007 et s'inscrit dans la lignée de la loi du 11 février 2005 qui considère que tout enfant est de droit un élève.

Une adresse électronique
aidehandicapecole@education.gouv.fr

10/05/2009

Lorsque Dalida s’est tuée, j’ai pleuré. Mon poème pour ceux qui ont envie de quitter ce monde. Mes mots pour les suicidaires et contre les idées noires.

images-10.jpeg________RÉALITÉ POSTHUME_________________

Je dédie ce poème à Dalida, à mes Grands-parents décédés, à Marhèse Grangé, à Chantal Favet, qui s’est jetée dans l’Isère durant l’été 1996, et à feu Philippe Réal, que j’étais allée voir à l’hôpital après sa première tentative de suicide.images-7.jpeg

 

 

 

Lorsque Dalida s’est tuéeimages-3.jpeg
J’ai pleuré
Car j’ai vu un cygne s’envoler
Le coeur plein de larmes
Vers un Au-delà bouleversé
Tremblement de terre
Des roses piquées dans leurs pétales


images-12.jpegLorsque Bérégovoy s’est tué
Elle a pleuré
Et sur ses joues ridées
J’ai vu les larmes
Se changer en mouettes
Ma Grand-mère portait le voileimages-9.jpeg
Des bateaux déshonorés


Lorsque Philippe s’est tué
Nous nous sommes tus
La réalité assassine
Lorsque les rêves sont trop forts
Oui jusqu’au bout de mes prièresimages-13.jpeg
Je serai près de toi, de vous
Jusqu’à la rive dernière


images-1.jpegMais je vous en supplie
Empêchez-les de vous rejoindre
Ceux qui veulent mourir
Dites-leur qu’il n’y a pas de place
Sur l’arbre mort des vies perdues
Dites-leur que les plus belles fleurs
Poussent sur le chemin de la vie présente


Dites-leur les souffrances
Du barrage construit
Sur une rivière en crue
Flux de larmes trop abondantes
Dites-leur que la solution
N’est pas de couper l’arbre
Mais de sauver les branches


images-11.jpegOh dites-leur le soleil exploséimages-5.jpeg
Des cellules de vos corps
Écartelés de regrets
Devant les sentiers possibles
De l’avenir caché
Dites-leur l’espoir des inconnues
Solutions d’une équation sacrée


images-4.jpegSurtout dites-leur
Que la fuite est terrible
Pour ceux qui restent
Impuissants d’amour
Devant l’acte définitif
Dites-leur qu’on revient toujours
Là où on s’est brisé le tronc


Oui dites-le leur... que
l’heure n’est pas encore venue
pour eux.


Chloé LAROCHE

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(Ce poème a été publié dans mon ouvrage :

“Soleil d’amour Soleil de colère”, livre épuisé aujourd’hui).

 

 


images-16.jpeg_____________________ Voici des numéros où vous pouvez appeler pour parler, dire les choses, exprimer vos angoisses, vos soucis, votre désespoir. Quelqu'un sera là pour vous entendre, vous écouter, de façon anonyme :

 

-Cap éCOUTE : n° vert 0800 33 34 35 (gratuit)

et aussi le 04 72 33 34 35

-SOS Suicide (écoute anonyme de toute souffrance) :
01 45 39 40 00

-Numéro gratuit d’écoute anonyme pour les Parents, Adolescents et Professionnels de l’éducation :
0 810 659 009 (numéro azur) ...

-Croix-Rouge Écoute Parents-Enfants :
0 800 858 858 (de 10 h à 22 h et week-end : de 10 h à 20 h)

-Femmes Battues : le 39 19 (anonyme et gratuit)images-15.jpeg

-SOS Viols : 0800 05 95 95 (numéro vert gratuit)

-SOS Femmes Violences conjugales :
(toutes violences -psychologiques, morales et physiques-) 01 40 33 80 60

SOLITUDE ET DEPRESSION

SOS Dépression    08 92 70 12 38
Des psychiatres et des psychologues essaient de soulager l'appelant et peuvent lui conseiller une adresse pour aller consulter. Le service peut également envoyer un psychiatre ou un psychologue à domicile en cas de crise grave. 
Ouvert 7 j/7, 24 h/24.

SOS Suicide    01 40 44 46 45
Bénévoles ayant suivi une formation psy. 
Pas d'antenne en province.

SOS Psychiatrie    01 47 07 24 24
Médecins psychiatres.

Urgences Psychiatrie    01 40 47 04 47
Médecins psychiatres.

Suicide écoute    01.45.39.40.00
Suicide Ecoute, s'est donné pour mission d'être à l'écoute téléphonique des suicidaires et des suicidant. Cinquante bénévoles formés à cette écoute particulière se succèdent pour recevoir 24heures sur 24 les appels des désespérés, dans l'anonymat et le respect des convictions de chacun.

Sos Espoir    01.43.70.69.26
SOS Espoir est une association de 1901. Des professeurs et des infirmières sont à l'écoute. Ils sont là pour aider les personnes qui sont en difficultés personnelles, en leur donnant un avis ou les orienter vers d'autres associations si le problème se trouve en dehors de leur cadre de compétence.

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13/02/2009

Lettre d'une grand-mère retrouvée noyée avec son petit-fils, maman en deuil de deux enfants décédés.

Lettre d'une grand-mère________________________________________ images-1.jpeg

 

 

 

fleursjaune_pe.jpg

Perdre un enfant est une chose horrible.

J’en ai perdu deux.

 

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Perdre un enfant est une chose horrible

et quand vient la date anniversaire du décès

le gouffre béant du désespoir s’ouvre

petale_pe.jpget nous plonge dans le canal de l’angoisse

et des larmes infinies.

 

 

 

iris_gr.jpgPerdre un enfant est une chose terrible

En perdre deux est mille fois cruel.

 

nenuphare_pe.jpgJ’en ai perdu  deux et mon coeur s’est brisé.violette_pe.jpg

J’ai quitté la vie en emmenant  le trésor de mon âme

Il s’est noyé avec moi et mon âme avec lui.

 

Je regrette pour les larmes de ma fille

Pour le coeur crucifié d’une maman

Pour le sourire à jamais figé

De mon petit-fils

 

Il dort dans mes bras à jamais

et les anges pleurent au bord du canal

de mes larmes d’un océan sans fond

 

petale_pe.jpgPerdre deux enfants est une chose horrible

un supplice que personne n'imagine

Même par-delà quinze années

de tristesse et d’absence

Passées sans eux

 

De ma vie sans leurs vies décédées

je ne vivais plus

Morte vivante

mais personne ne l’a vu

 

Les fantômes sont invisibles

je vivais ainsi au milieu des rires

de ma famille heureuse de vivre

 

iris_gr.jpgMais la mort dans mon coeur

me rongeait jusque dans ma chair

me rongeait jusque dans l’envie de partir

Jusqu’à cette semaine où le destin

m’a plongée dans la rivière

de mon dernier souffle

 

Je ne pensais pas mourir

ni que la rivière allait nous garder

Juste envie d’aller voir si mon fils était

De l’autre côtéfleursjaune_pe.jpg

 

images-3.jpegMais c’est mon petit-fils qui est mort maintenant

il était si petit et je l’ai emmené dans mon rêve

Pardon à sa maman

Pardon à ma fille

 

Je ne savais pas.

 

Roseimages-1.jpeg

 

 

19/10/2008

Je suis révoltée devant cette société qui pousse au désespoir des personnes humaines qui n'ont d'autre choix que se donner la mort. Suicides d'enseignants et de prisonniers.

Bonjour à tous et toutes,,

 

Mn_47b.jpgJe suis bouleversée par l'acte d'immolation par le feu qu'a fait une femme désespérée devant le centre de détention où se trouvait son compagnon d’origine arménienne. Josiane Nardi, 60 ans, est morte à l'unité des "grands brûlés" de l'hôpital de Tours où elle avait été transportée la veille dans un état "très grave" après s'être immolée devant la maison d'arrêt du Mans (Sarthe) en présence de journalistes, pour protester contre l'expulsion de son compagnon sans-papiers vers l'Arménie. "J'ai l'impression de vivre un mauvais rêve", a simplement dit, les yeux rougis par l'émotion, Henrik Orujyan, en apprenant le décès de sa compagne, selon un correspondant de l'AFP. Quand une femme en arrive à cette extrémité par amour et qu'elle convoque des journalistes pour que son acte ne reste pas inconnu du public... le minimum que l'on puisse faire est de penser à elle et de réfléchir à la situation qu'elle vivait avec son compagnon condamné, expulsé pour des faits de justice (selon les raisons officielles). Mn_52.jpg

 

Mn_24a.jpgJe suis bouleversée aussi par le décès de ce jeune de seize ans, Nabil, qui s'est pendu en prison. Il s'y trouvait pour trafic de stupéfiant. Cela valait-il de finir ainsi, emprisonné, désespéré de la vie à son âge, sans plus d'espoir qu'une cordelette où pendre ses membres tranchés par une société qui ne propose pas de fenêtres ouvertes aux jeunes ? ... qui ne propose que la prison à un mineur en quête d'attention et de repères.

90 suicides ont été comptés officiellement dans les prisons de France depuis le début de l'année !!! Il y a de quoi rugir et se demander dans quelles conditions les prisonniers purgent leur peine. Le 4 mars, j'ai été très choquée d'apprendre le décès de ce jeune homme d'origine gitane, Jérémy Martinez, assassiné par son co-détenu. Jérémy avait 19 ans et devait sortir dans la semaine qui a suivi sa mort. Ses parents avaient supplié l'administration de le changer de cellule car il a vécu un calvaire durant des mois, au sein de la prison de Valence, frappé par son co-locataire de cellule. Il avait des bleus au visage et dans le dos, entre autres humiliations et agressions. Le co-détenu qui agressait Jérémy avait de graves troubles psychiatriques et avait déjà tenté d'assassiner une personne. On a laissé le jeune homme avec cet individu dangereux, sans agir, sans réagir. On a crucifié Jérémy, le laissant vivre un calvaire d'horreur, martyrisé et finalement sacrifié sur l'autel d'une société en dérive... qui ne sait plus écouter les demandes d'une mère et d'un père. "Ma petite maman, je vous aime plus que tout au monde. Quand je sortirai, je vous serrerai très fort dans mes bras", écrivait Jérémy. Petite maman, je pense à vous et à votre fils, parti si tôt.

 

Mn_13.jpgJe suis bouleversée aussi par le suicide de Muriel, cette institutrice de 45 ans qui s'est pendue le 6 octobre dans une école de Massy, dans l'Essonne. Elle a choisi de poser cet acte terrible -son départ de la vie- dans l'école où elle enseignait... choix qui n'est certainement pas le fruit du hasard. Choix qui met le doigt et la conscience sur la difficulté d'agir des enseignants, privés de moyens, privés de postes, privés même de se servir de leur autorité auprès des élèves, autorité bafouée par les parents d'élèves et par les élèves eux-mêmes.

Ce qui me choque grandement est que les cours ont repris dans les classes de cette école dès le lendemain, comme si la vie reprenait son cours, comme si de rien n'était, chacun pensant : "La pauvre, elle était dépressive". Selon Bruno, son mari, elle n'était pas dépressive mais s'inquiétait fortement de l'annonce de suppressions de postes dans les RASED  (réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté). Un tiers des RASED doit être supprimé. C'est énorme et profondément injuste. Bruno, le mari de Muriel, s'est prononcé clairement : "La semaine avant le drame, Muriel s'était montrée inquiète et soucieuse quant à l'annonce des suppressions des postes à venir dans les Rased. Elle allait bien, mais était assez remuée. Elle avait le sentiment d'une négation du travail des Rased. Elle me disait : "Tu te rends compte, tout ça pour en arriver là?"..... La hiérarchie de Muriel a communiqué des informations confidentielles concernant le dossier médical de mon épouse, ce qu'elle n'est pas censée faire. En plus, l'Inspection d'Académie a dit que Muriel avait repris en septembre. C'est faux. Elle a repris fin décembre 2007 après avoir été arrêtée trois mois. Avant ça, elle avait été en arrêt trois semaines en mai, point. En plus, ces arrêts ne sont pas tous directement liés à des problèmes de dépression. Soit on communique des éléments avérées, soit on se tait."

Muriel avait deux enfants, de 20 et 12 ans. Elle est partie seule, choisissant de se pendre dans un lieu, l'école, où des enfants apprennent, rient, évoluent, se construisent, apprennent, étudient, jouent. Mn_24.jpgQuand on sait que le monde repose sur l'énergie des enfants qui se lèvent tous les matins pour aller à l'école, on devrait respecter et protéger les professeurs des écoles et instituteurs comme des tuteurs indispensables et précieux pour notre société. On devrait leur donner tous les moyens matériels nécessaires pour accomplir leur mission et ne jamais imaginer, penser une seule seconde à supprimer des postes et des enseignants. CAR SINON ILS SE SUPPRIMENT TOUS SEULS, RENDANT LA SOCIÉTÉ RESPONSABLE DE LEUR TERRIBLE MORT.

Muriel, je ne t'oublie pas. Comme je n'oublie pas tous ceux qui luttent et travaillent pour une société plus juste et humaine.

Chloé L.

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Mn_102b.jpgSuicides d'enseignants :

 

Voici un rappel de quelques suicides d'enseignants depuis 2000:

- 17 mars 2000: Un instituteur de 41 ans tue ses deux enfants puis se suicide dans le grenier de sa maison à Jublains (Mayenne).

- 7 septembre : Un enseignant en comptabilité, âgé de 34 ans, se suicide par défenestration depuis sa salle de classe d'un lycée professionnel de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis).

- 12 avril 2001: Un instituteur d'une classe unique dans un village du nord de l'Alsace, âgé de 42 ans, se suicide en se jetant par la fenêtre de l'école alors qu'il allait être interpellé par les gendarmes. Il avait fait l'objet d'une plainte de parents d'élèves "pour des problèmes relationnels entre lui et certains des enfants".

- 10 février 2002 : Suicide d'un instituteur de 57 ans d'une école élémentaire privée de Valenciennes (Nord), mis en examen deux jours plus tôt pour "atteintes sexuelles" sur mineurs de quinze ans. Il avait été placé sous contrôle judiciaire.

- Août ... : Un ancien instituteur de l'école communale de Bayel (Aube) se suicide en se jetant sous un TGV à Guingamp (Côtes-d'Armor), où il était en vacances, après avoir appris l'envoi de lettres anonymes l'accusant de pédophilie.

- 16 novembre 2004 : Un instituteur de Limay (Yvelines) met fin à ses jours après avoir été mis en examen pour "agressions sexuelles" sur mineur de moins de quinze ans.

- 26 septembre 2005 : Un professeur de mathématiques d'un collège de Berre-l'Etang (Bouches-du-Rhône) accusé de viols sur mineurs est trouvé mort à la prison marseillaise des Baumettes où il était en détention provisoire depuis un an.

- 8 janvier 2007 : Un professeur du lycée d'Albert (Somme) tente de se suicider dans sa classe, avant le début des cours.

- 4 mars 2008 : Une institutrice de 39 ans de l'école maternelle de Pauillac (Gironde), enceinte, se suicide au terme de plusieurs mois de tensions avec l'équipe pédagogique, les services municipaux et des parents d'élèves.

- 7 mars : Un instituteur de 25 ans tente de se suicider à l'école de Brousses-et-Villaret (Aude) avant les cours.

- 17 juillet : Un enseignant d'histoire-géographie est retrouvé pendu à un arbre dans un bois à Fessy (Haute-Savoie). Début juin, il avait organisé une sortie au cours de laquelle un car avait été percuté par un train sur un passage à niveau à Allinges, causant la mort de sept collégiens et faisant 25 blessés.

- 19 septembre : Un professeur d'un collège de Saint-Michel (Aisne) se suicide chez lui quelques heures après avoir été placé brièvement en garde à vue à la suite d'une plainte d'un élève qui l'accusait de lui avoir donné un coup de poing, ce que l'enseignant avait toujours nié.

 

 

 

 

 

 

 

 

06/10/2008

Redonner du courage à ceux qui n'en ont plus. Co-suicides. Mère courage handicapée. Aux personnes dépressives, à celles qui pensent au suicide, à mourir. Numéros verts d'écoute.

Bonjour,

 

Mn_25.jpgJ'ai vu dernièrement une dame handicapée dans une chaise roulante électrique pousser un bébé dans un landau.Mn_11.jpg

Cette vision, j'ai envie de la partager avec Adrien qui a lancé il y a quelques jours sur internet un appel pour trouver un co-suicidaire afin de partir de la vie avec un inconnu solidaire de son projet.

Deux femmes se sont ainsi donné la mort près de Toul en plaçant leur voiture sur un passage à niveau. La solidarité pour se donner la mort, c'est un concept qui vient de sortir. Sans se connaître, on se rencontre pour quitter ce monde et pour se donner le courage d'en finir. Pacte de suicide, pacte de destruction mutuelle, pacte sans retour.

Mn_23.jpgLa solidarité aurait tant besoin qu'on mette ses forces ailleurs !! Fuir la vie est sans issue ! Ces deux femmes errent maintenant près de cette voie ferrée, l'âme perdue et meurtrie par la violence du choc du train qui a emporté leur vie. Le bruit de leur fin tragique résonnera longtemps dans leurs regrets d'âmes suicidées. Anne et Hassina devront refaire le chemin qui les amenées à cette décision. Je pense à elles, à leur famille, je pense au chauffeur du train.

Adrien, je voudrais te dire : cette dame handicapée que j'ai remarqué... porte sa croix et pourtant... elle a choisi de donner la vie. Dans un fauteuil roulant, d'où elle ne peut se lever sans l'aide d'autrui, elle a choisi de porter un enfant et de l'élever, au mépris de toutes les recommandations et de toutes les limitations de la société. Adrien, choisir de se battre et de poursuivre sa route est le meilleur choix, l'ouverture de portes dont tu ne soupçonnes pas l'existence. La vie, si tu lui fais confiance, te fait des cadeaux inattendus et te donne aussi de nouvelles chances. Mais il faut lui montrer que tu tiens à elle et que tu as conscience de la valeur de cette vie si fragile et si merveilleuse... Quand tu vois tous les gestes quotidiens nécessaires à élever un bébé, tout l'amour donné pour élever un petit être, quand tu vois l'univers, les étoiles et l'évolution cosmique... alors tu sais que la vie est précieuse et importante.

Mn_2.jpgJe dédie cet article à tous ceux qui se battent avec courage dans des situations dramatiques et très dures, dures psychologiquement et physiquement, et à tous ceux qui errent sur internet dans l'espoir de trouver la porte de sortie illusoire de la grande faucheuse. Cette dernière, la mort, a le mérite de tout arrêter mais elle ne redonne pas la vie à ceux qui voudraient revenir. Car arrivés de l'autre côté, on n'est pas sur un quai de gare et on ne peut pas reprendre un train de retour. On est sur l'autre rive et on y reste, jusqu'à trouver le noeud qui nous a fait sombrer dans le désespoir d'un éternel oubli. Dénouer les noeuds, retrouver le gouvernail, reprendre le sens de sa vie, retrouver goût au soleil et à la lumière du jour et des étoiles.Mn_16.jpg

Mn_18.jpgJe vous redonne, comme déjà auparavant dans mon blog, ces numéros qui ont déjà aidé de nombreuses personnes à rester les pieds sur terre, même si le coeur est plein de larmes. C'est essentiel quand ça ne va plus... d'être écouté. Je l'ai fait moi-même à certains moments désespérés de ma vie et cela m'a sauvée, de pouvoir appeler de façon anonyme, durant la nuit ou à toute heure. N'hésitez jamais à appeler ces numéros verts et à livrer vos chagrins. Parler soulage. Parler délivre de fardeaux trop lourds à porter seul.

___SUICIDE ÉCOUTE (7 jours sur 7 / 24 h/24 H) : 01 45 39 40 00 (gratuit tarif local)

_______CAP ÉCOUTE : 0800 33 34 35 (numéro vert gratuit)

ou  04 72 33 34 35

_____________CROIX ROUGE Écoute : 0800 85 88 58 (10 h-22 h du lundi au vendredi) et 12 à 18 h (samedi et dimanche)

_____________SOS SUICIDE  Phénix : 0825 120 364 (16 h à 20 h)

ou 01 40 44 46 45 (12 h à 24 h)

___________________________SOS DÉPRESSION :  24 h / 24 h ...................... 01 40 47 95 95

Mn_14.jpg

 

Courage à tous et toutes sur la route de la vie.

Chapeau à vous qui vous battez, becs et ongles.

Bravo à ceux qui trouvent la force.

La force est en vous.

Chloé L.

13/09/2008

Une femme s’est tuée le jour de la rentrée scolaire au moment de la mesure d’expulsion de son logement. Elle avait 33 ans et trois enfants. Son cadet venait de rentrer en maternelle.

Bonsoir,

 

 

Mn_106b.jpgJe souhaite ce soir que vous sachiez que le jour de la rentrée, le 2 septembre, beaucoup de papas et de mamans ont eu la joie de voir rentrer leurs enfants à l’école.

Beaucoup d’enfants attendaient avec impatience de connaître leur nouvelle maîtresse, leurs nouveaux professeurs, leur nouvelle cour de récréation...

Mais trois enfants n’ont pas eu le bonheur de serrer dans leurs bras leur maman au retour de l’école.

Ils n’avaient plus de maison... et plus de maman.

Elle avait sauté. Morte. Détruite. Effacée. Ulcérée.

Elle s’appelait Morgane. Elle a sauté du quatrième étage et son agonie a duré après sa chute. L’huissier venait de sonner chez elle pour l’expulser de son logement HLM, à Istres.

Avant de sauter, elle a regardé la cour de l’école de son petit garçon de quatre ans qui venait de faire sa rentrée en maternelle.

Morgane était allongée sur le sol. Quelqu’un lui tenait la main.

C’est alors que tous ont entendu l’huissier qui se penchant une minute sur la balcon, a dit : “Allez, on continue, on commence par la cuisine.” Car une expulsion, c’est aussi un déménagement.

La personne n’est plus rien. La famille n’existe plus. Les affaires sont expulsées comme tout sens d’humanité.

Morgane avait une dette de dix mille euros de loyers impayés.

Cette femme de trente-trois ans s’est trouvée acculée dans un désespoir que même le regard de son petit dernier de dix-huit mois, galopant derrière elle, n’a pas pu retenir.Mn_115b.jpg

Ses deux jeunes enfants sont maintenant chez leurs grands-parents.

Combien d’enfants vont encore payer de leurs regards apeurés la triste condition de leurs parents expulsés ?

Combien d’enfants vont devoir rentrer à l’école avec la peur au ventre de ne pas retrouver leur mère, leur père, leur logement ?

Combien de mères, de pères... vont vivre l’humiliation et le désespoir de se voir retirer le minimum nécessaire pour élever leur famille : un toit, de quoi manger et dormir ?

Combien de mères, de pères... vont devoir penser à la mort, au suicide... pour s’évader de ce monde barbare qui les empêche de vivre... et parfois même retire la garde des enfants à des parents pauvres et sans revenus ? Car sans logement, la société a bonne conscience d’annoncer aux parents : “Vous n’avez plus rien, donc on vous retire tout.”

Cruelle vision de ces personnes (huissiers, juges, magistrats, etc...) qui, si ça se trouve, vont à la messe le dimanche, se regardent encore dans une glace sans broncher et embrassent leurs enfants le matin en leur disant : “Bonne journée, je vais travailler.”

Cruel travail que cet emploi qui consiste à ôter un toit à des humains. Cruel emploi qui consiste à enlever des murs les dessins d’enfants et à sortir les jouets et les petits lits.

À l’endroit où est tombée Morgane, une étoile saigne. Un ange pleure toutes les nuits à cet endroit. Trois enfants aussi sanglotent dans la nuit, doucement dans leur lit. Les enfants de Morgane.

Chaque année : plus de 100 000 décisions d’expulsions sont prises. Près de la moitié sont assorties d’un commandement de quitter les lieux. Plus de 20 000 autorisent le recours à la force publique aux fins de les exécuter. 10 000 expulsions réelles ont lieu au final chaque année.

En France, beaucoup d’associations et de personnes conscientes du problème et de la barbarie de ces pratiques luttent pour demander l’arrêt des expulsions.

Mn_33b.jpgJe le demande aussi, solennellement, pour Morgane et ses enfants : que les expulsions de logement soient interdites et que le droit d’avoir un toit soit une évidence pour chacun.

Chloé Laroche

 

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Commentaires

Que Dieu te bénisse Chloé, ce témoignage me bouleverse, me prend aux tripes. Combien tu as raison en dénonçant notre société merdique où le respect de l'être humain n'existe plus, tout cela me révolte et me fait détester, haïr le monde politique qui a laissé faire et donné le "pouvoir" entre les mains mafieuses des pseudos financiers qui placent l'argent volé aux peuples dans des "paradis fiscaux": le monde à l'envers. N'ayez crainte, viendra un jour où nous nous révolterons contre ces puissances maléfiques qui font de nos vies de l'esclavage. Paix à l'âme de cette Mère qui n'en pouvait plus et je souhaite de tout coeur que ses enfants vengeront un tant soit peu leur Maman, ce jour viendra.......

Ecrit par : bruno | 14.09.2008

 

Merci Bruno pour ce que tu m'as écrit ce matin.... Oui, ce jour viendra. Chloé

 

 

 

 

 

 

 

 

08/08/2008

Lettre solidaire pour les sinistrés, endeuillés, solitaires, meurtris par la vie... qui n'ont pas dormi cette nuit.

Cette nuit, des personnes n’ont pas dormi ou très peu.1947079007.jpg

Il y en a des centaines, des milliers... et je vais vous en parler.

D’abord les parents du petit Louis qui a disparu dans la Drôme.. Un petit garçon de deux ans et demi qu’on ne retrouve pas depuis hier. Qu’un ange le protège et qu’on le retrouve ! Avec toutes mes pensées à ses parents désespérés et inquiets.

Je pense aux sinistrés d’Hautmont et à la région du Nord qui vient de subir une terrible tempête, avec plus de mille logements et maisons gravement endommagés et détruits. Il est possible de les aider en envoyant un chèque à l’adresse suivante :

Association des Maires du Nord
Solidarité -Sambre
BP 1179
59013 Lille Cedex

Je pense aussi aux parents du bébé de huit mois tué à Bonifacio. Tous deux ont 28 et 29 ans, jeunes parents en deuil. Terrible drame où ils ont vu le crâne de leur enfant éclaté par une pierre lancée par deux adolescents. La mère a hurlé et toute la Corse l’a entendue. Se promener au bord de la mer dans un paysage idyllique et voir son enfant décédé de façon si horrible, frappé par le sort injuste d’une pierre qui aurait ricoché... destinée à la mer.

Je pense malgré tout aussi aux deux adolescents, cousins de 13 et 14 ans, incarcérés depuis. Ils ont jeté des pierres du haut des falaises pour “s’amuser” mais savaient-ils la portée de leurs actes. Combien d’adolescents font des bêtises pour provoquer, s’essayer à la vie, montrer leur autonomie jusqu’à défier l’irraisonnable ? Un des deux risque vingt ans de prison... mais savait-il que sa pierre destinée à la mer allait ricocher sur un bébé dont la tête a explosé ? Sa vie est détruite à jamais, comme une rose cueillie d’un coup de sécateur. La vie du bébé aussi.

Je pense aux parents et à la famille de ces deux adolescents corses... qui ne dorment plus. Aux parents du bébé qui porteront à jamais cette croix et cette déchirure, comme un glaive leur transperçant le coeur.

Je pense aux parents de cette fillette de douze ans décédée dans sa tente dans le Cher, durant une colonie de vacances.... à cause d’un arbre tombé avec un vent à 120 km/heure... à cause aussi de la négligence d’adultes qui ont rentré le matériel.... mais pas mis les enfants à l’abri dans des bâtiments en dur, pourtant accessibles juste à côté. Ces gens-là ne feront pas de prison, pourtant on met un gosse en prison pendant vingt ans pour une pierre qui a ricoché. Là, le ricochet, c’est l’inconscience et la non-assistance à autrui. C’était un centre diocésain, avec des soeurs. On ne peut pas dire que les centres diocésains soient très recommandables en ce moment...

Le meurtrier de Valentin dans l’Ain a été tué par un homme hébergé dans un centre diocésain, au sein du village où il demeurait. Les parents de ce petit garçon vivent un supplice comme vous ne pouvez l’imaginer, le coeur arraché de quarante coups de couteaux plantés dans la chair de leur chair. Je pense à eux et je leur offre le poème écrit pour leur fils dans mon chapitre : “Révolte pour l’Enfance”.

Cette nuit, d’autres personnes n’ont pas dormi. Je pense à cette dame âgée, Rose, qui a perdu tous ses frères et soeurs, seule survivante d’une grande famille. Elle est dans une maison de retraite, loin de son village de montagne d’où elle a été arrachée... sa maison plaisant bien à sa descendance, à l’une de ses descendantes.

Je pense à cette femme qui pleure dans la nuit, à cet homme aussi... Ils ont perdu leur aimé(e)... parti(e), séparé(e), divorcé(e). Ils n’ont plus de goût à vivre, pensent ne plus jamais pouvoir aimer. Il y en a plein comme ça. Ils écrivent dans des sites psy pour témoigner de leur douleur, de leur chagrin. Ils s’entraident et se soutiennent. Mais il y a ceux qui restent seuls chez eux, ceux qui en ont marre de leur vie. Ils ne veulent pas mourir, juste échapper à ce manque horrible de l’autre. J’ai envie de leur dire qu’une porte se ferme et qu’alors une autre s’ouvrira.

Achille a témoigné d’Amsterdam : “Le serpent change de peau mais pas de nature. C'est la haine et le désir de vengeance qui engloutit toute chance d'aimer ou de faire un autre pas. Il y a peu de gens honnêtes sur terre, alors je dis soyons tout simplement très rationnels la prochaine fois et ne faites jamais confiance à qui que ce soit même s'il (elle) partage votre lit ou votre vie pendant des années. Un cœur noble ne peut soupçonner en autrui la malice qu'il ne sent point en lui.”

Un coeur noble ne peut soupçonner en autrui la malice qu’il ne sent point en lui... Les mensonges, la dissimulation, les tromperies, la trahison, la perversité, le sadisme, l’égoïsme, la froideur, la manipulation, l’indélicatesse... font beaucoup de mal entre deux êtres, dans l’amour.

Benblash a 23 ans, il vit à Montélimar et a écrit ceci : “Je viens de me faire larguer... aujourd'hui même. Je m'étais pourtant juré qu'on ne m'y reprendrait plus, et pourtant... j'aime cette fille plus que tout au monde, et malgré ça, elle me quitte. Jamais une douleur ne sera aussi grande que celle laissée par un chagrin d'AMOUR, ce sentiment de solitude, de mal-être, la confiance en soi perdue et toutes ces questions qui se posent... pour digérer une rupture, pas d'autre moyen que d'attendre, attendre et attendre encore. Reprendre petit-à-petit goût à la vie, se relever et à nouveau regarder devant soi. On a beau se raisonner, se dire que ça va s'arranger, parfois ça marche, d'autres pas... mais comme dit le dicton : "Ce qui ne tue pas, endurcit". Il nous faut donc être plus fort que le chagrin pour ne pas nous laisser envahir par lui, se dire que finalement, si cette personne tant aimée est capable de nous faire autant de mal, c'est qu'elle n'en valait pas la peine et qu'elle ne nous aimait pas vraiment... sinon, pourquoi nous ferait-elle pleurer...?”.737595677.jpg

Je terminerai en vous offrant ces paroles de Amaruh, à Düsseldorf en Allemagne :  “Plaie d'amour n'est pas mortelle mais souvenez vous : “Plus haut le singe monte plus la chute sera dure", donc lorsque votre branche casse, c'était tout simplement pas la bonne branche, changez de branche ou au pire changez d'arbre lorsque vous vous en remettrez car on s'en remet toujours avec le temps.”

Je souhaite à tous et toutes beaucoup de courage car la vie n’est pas un long fleuve tranquille. La tempête s’abat sur vous en une seconde : une pierre lancée, un arbre qui tombe, un deuil, une séparation, une tornade, une disparition, un meurtre, un accident de la route ou dans la maison, une noyade, une agression, une maladie... et c’est la fin du bonheur. Mais il vous reste la vie et il faut reprendre son bâton et poursuivre le chemin car un jour ou l’autre, tout le monde meurt... et l’heure de chacun sonne au moment où c’est écrit. Il faut juste l’accepter.

“Sos dans une tempête de mère”... mon blog... est là pour cela, pour toutes les tempêtes de chacun. Je suis comme une petite maman qui vous envoie son aide par les mots apaisant les maux ainsi que par l’entraide des pensées solidaires... et des actes posés : pétitions, aides, solidarité... que chacun lisant ici peut faire... solidarité comme par exemple un chèque envoyé pour les sinistrés d’Hautmont (à envoyer à l'adresse ci-après) : Association des Maires du Nord / Solidarité -Sambre- BP 1179- 59013 Lille Cedex _______

Merci pour eux et merci de me lire... et de m'écrire.

Sincèrement,

Chloé

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Commentaires

Merci Chloé pour tous ces témoignages d'évènements difficiles et douloureux pour ceux qui les vivent et pour l'aide et le soutien apporté aux parents et aux familles meurtris.
Ta pensée est très lucide dans la vision des évènements, et il est important de ne pas passer sous silence ce qui se passe, même si certains évènements sont difficiles à entendre.
Je rends grâce à ton courage et à ta lucidité !
Je t'embrasse
Marc

Ecrit par : marcanciel | 08.08.2008

23/06/2008

Histoires ambulancières sur ceux que nous transportons. Leurs larmes et leurs mots. Leurs maux. Comment un homme en vient à vouloir se suicider.

(Extraits de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



“Pourquoi l’ai-je fait ?”____________
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-Maintenant, je comprends ceux qui le font.”
Le patient que je transporte vient de me confier qu’il avait tenté de se suicider il y a quelques mois, un jour où il était resté seul, avec une carabine pointée du sol vers sa carotide. Le coup est parti... Si fort qu’il a évité la mort. Il a éraflé la vie de cet homme et lui a laissé un bras handicapé.
-Pourquoi l’ai-je fait ? Je n’en sais rien aujourd’hui. Je ne comprends pas. Mais je comprends ceux à qui cela arrive. Je ne les comprenais pas avant. Maintenant oui.”

Il m’a remué, ce grand-père.
Comme cette dame dépressive que j’ai emmenée dans son foyer d’accueil. “Cela fait huit ans que je suis malade dépressive,” m’a-t-elle confié.
Cette dame, je m’en souvenais bien. J’étais allée la chercher deux semaines avant à l’Hôpital psychiatrique pour l’emmener dans un foyer, une famille d’accueil. Mais là, aujourd’hui, quel déchirement ! Elle était venue passer cinq jours à l’occasion de Noël avec sa mère âgée, dans la maison de retraite de cette dernière.

Je l’ai retrouvée dans le couloir, figée, avec son gros sac de voyage. “Tenez”, m’a-t-elle dit en me tendant son sac. “C’est vous ?! C’est drôle que ce soit encore vous ! Je suis bien contente.” Mais elle était si triste de dire au revoir à sa mère.
En arrivant à la voiture, elle me dit : “Je suis si angoissée, tellement angoissée.” Elle fuma une cigarette, les yeux en mille morceaux. Sa mère nous regardait, du haut de son balcon. Elles se dirent adieu de loin.

-Je n’ai pas envie de retourner là-bas,”’ me confia-t-elle.
-Prenez ce temps pour vous détendre, vous reposer à la campagne. Ces gens qui vous accueillent sont-ils gentils avec vous ?
-Oui, ils sont gentils, mais ils ne s’occupent pas de moi.”
Après cet échange, nous avons roulé pendant une heure... Une heure en chansons, chansons d’amour que nous avons partagées en écoutant une fréquence radio. Et puis, des confidences sont venues sur ses deux grands enfants. Confidences mêlées à une si grande tristesse. Sensibilité à fleur de vies.

Ce soir, en repensant à ces deux patients, j’ai pleuré... J’ai songé à ce qu’il nous reste de la vie lorsque nous n’avons plus rien, lorsque nous sommes au bout... à bout, lorsque seul le départ de la vie nous réjouit.
Je pense qu’il reste alors l’essentiel, c’est à dire l’amour qu’on a partagé, cette énergie universelle qui circule entre les âmes. Si nous gardons cet essentiel à l’esprit et que nous ne nous coupons pas de cette énergie ni de notre âme ni de notre chemin intérieur, nous devons pouvoir vivre jusqu’au moment ultime où la mort arrive... à son heure, sans avoir à la chercher.

Je repense à ce que mon collègue Cyril m’a dit : “Moi, le soir, j’essaye de ne plus penser à ma journée de travail. Je m’interdis de revenir dessus car sinon je ne le supporterais pas. Je ne sais pas comment tu fais pour arriver à écrire sur le métier et à repenser à tout cela. C’est trop dur.”

Je crois personnellement que faire l’autruche n’est pas une solution. Lorsque quelque chose me touche, je regarde en face cette chose... et je vis mes émotions.

Les ambulanciers rencontrent dans leur métier des situations et des réalités difficiles, à une cadence rapide, et personne ne les aide psychologiquement. C’est une lacune du métier et un oubli regrettable, à mon sens, car je pense que si la moitié des ambulanciers quittent leur poste au bout de deux ans, c’est qu’il y a usure et saturation psychique. Ensuite, “la moitié de ceux qui seront restés... partiront eux aussi dans les deux années suivantes”... comme le dit un cadre de mon entreprise.

Lorsque nous passons d’une urgence à l’autre sans souffler, lorsque nous devons prendre en charge un malade alors que nous sommes encore avec le précédent, lorsque nous transportons vers sa séance de dialyse un patient gravement atteint sur le plan mental et agressant physiquement durant tout le trajet le collègue ambulancier assis à côté de lui, lorsqu’un autre malade psychologiquement atteint essaye de détourner la voiture de sa trajectoire dans un moment de folie, lorsque nous découvrons un corps sans vie alors que nous pensons trouver un malade... Comment les ambulanciers peuvent-ils tenir nerveusement pendant des mois sans avoir la tentation de quitter ce métier... pourtant merveilleux ?

S’ils ne parlent jamais et n’évacuent pas tout cela, s’ils préfèrent enterrer ces expériences difficiles au plus profond d’eux sans jamais y repenser et surtout sans jamais exprimer ce qu’ils ont ressenti... comment pourront-ils poursuivre sans avoir un jour envie de changer de route ?

Si les entreprises ne prennent pas en compte cela en faisant rentrer par exemple un équipage qui vient de vivre quelque chose de très difficile, elles s’exposent à ne pas garder leurs employés fort longtemps.
Imaginez une jeune ambulancière d’une vingtaine d’années qui vient de débuter et qui voit un de ses premiers patients mourir... Imaginez qu’elle doive enchaîner ensuite son service...



Une grand-mère en deuil___________________




Aujourd’hui, j’ai emmené une patiente de quatre-vingts ans, très agréable et pleine de tonus. Elle m’a raconté tout le bonheur qu’elle avait eu d’être née dans le Sud de la France. Mais elle m’a confié aussi combien le soleil lui manquait, avec sa chaleur et sa lumière, en cette saison.

Et puis elle m’a parlé du soleil perdu qu’elle pleurait depuis neuf ans... son petit-fils décédé jour pour jour le 31 Décembre. Il avait alors un an et demi et souffrait depuis sa naissance de graves problèmes de santé.
Cette dame m’a tout raconté, du décès du petit garçon à l’Hôpital jusqu’aux mois de calvaire de sa fille en deuil.

Cela ressemblait tellement à ma propre histoire. Je ne lui ai rien dit car la résonance aurait été trop forte. Je pleurais en conduisant des larmes invisibles. Elle m’a montré la photo de son petit-fils et j’ai su qu’il était près d’elle, comme un petit ange.

Cette grand-mère, en ce jour anniversaire, n’a peut-être parlé de son chagrin et de son vide qu’avec moi... Il était important qu’une personne partage cela avec elle, en ce jour de plus grande souffrance. Il y a des jours précis qui reviennent en cycles et qui sont à jamais marqués d’une pierre noire... une pierre sombre qui alourdit le coeur et le remplit d’orage, de tristesse et de souvenirs jamais effacés.

Il était important aussi que cette dame partage cela avec une personne qui pouvait comprendre... comprendre et accepter que neuf ans après, la douleur est toujours vive... que neuf ans après, l’amour est toujours vivant.
Que neuf ans après, la photo d’Emmanuel nous tend toujours les bras.



Dialyse et espoir de greffe__________________


Je poursuis mes missions d’ambulance en V.S.L..
J’accompagne de nombreuses personnes en dialyse. Elles restent branchées durant une demi-journée trois fois par semaine à une énorme machine qui purifie intégralement leur sang, afin de pallier à des reins ne faisant plus leur travail. Certaines font des dizaines de kilomètres à chaque fois pour rejoindre leur centre de dialyse. Elles arrivent, se pèsent et se couchent pendant des heures sur un lit, pendant que leur sang passe dans les tuyaux. Ensuite, nous revenons les chercher pour les ramener chez elles.
Ce sont souvent des personnes âgées qui doivent gérer en plus beaucoup d’autres problèmes de santé. Mais aujourd’hui, j’ai transporté pour la dialyse un jeune d’une trentaine d’années. Il m’a dit qu’il venait de s’inscrire sur une liste d’attente pour avoir une greffe du rein mais qu’il ne voulait pas y penser chaque matin en se levant, car l’attente et la déception vont de pair.

Et puis j’ai ramené un vieux monsieur algérien chez lui.
Il y avait une pluie battante sur l’autoroute. La tempête faisait rage avec un grand vent.

Tout en conduisant, j’ai cherché la station “Radio Beur” pour lui faire une bonne surprise. Lorsque je l’ai enfin trouvée, il a été tout heureux.
Il m’a demandé si je comprenais l’arabe.

-Non”, lui ai-je répondu. “Mais j’aime écouter ces musiques. Je suis allée en Algérie à l’âge de dix-neuf ans, à Blida, Oran, Alger...”. Il m’a répondu très surpris que l’Algérie était son pays et puis il a traduit les paroles de la chanson que nous écoutions.
-C’est un homme qui est triste car sa femme lui manque.”

En me quittant, il m’a serré les mains chaleureusement.
Il était très ému.



L’angoisse de la chambre stérile________________

La journée a été très longue car j’ai commencé à 7 heures 45 et j’ai terminé à 19 heures avec une coupure d’une demi-heure.

Le dernier patient que j’ai emmené ce soir doit être bientôt greffé de la moelle. Je l’avais déjà transporté avec sa compagne et nous avions parlé ensemble.

Ce soir, cet homme m’a parlé de sa traversée du désert depuis sept ans, de sa leucémie et de son espoir de greffe réussie.
-Soit ça marche soit j’y passe,” me confie-t-il.

Bientôt, il allait devoir entrer en chambre stérile pour n’en plus sortir pendant six semaines. Il aurait droit à une seule visite par jour, une personne devant être protégée sous un scaphandre.

Il allait pouvoir aussi croiser des regards amis derrière une baie vitrée.

-Tout ce que je vais emmener avec moi doit être désinfecté avant : les livres, les compacts disques, etc.”

Il m’a confié ses angoisses, sa peur de mourir, ce magnifique challenge du combat pour la vie.

Je l’ai écouté tout en conduisant.
Puis je lui ai promis d’aller le voir pendant son séjour à l’Hôpital. Cela lui a fait plaisir.

Je crois en la force de l’amitié et en ce sourire qu’elle donne à la vie.




“Tu restes dans notre coeur”_______________


Aujourd’hui, j’ai parcouru trois cents quatre-vingt kilomètres avec une amplitude de onze heures moins l’heure de pause, c’est à dire dix heures effectives.
Je me suis occupée de six patients dont un agriculteur que j’ai ramené chez lui, près de Megève en Savoie.

En revenant sur ma ville de départ, le bureau m’a envoyée à l’Hôpital psychiatrique pour transporter un patient.
Je suis donc allée le chercher dans un des multiples pavillons de cet Hôpital. Le monsieur en question rentrait chez lui après une hospitalisation. Il était assez jeune, les cheveux en bataille, avec une barbichette et une moustache à la cosaque.

L’infirmière a fermé la porte à clé derrière moi en attendant qu’il réunisse ses affaires. Un patient s’est approché de moi en me disant :
-C’est bien que vous l’emmeniez. Comme ça, il n’aura pas à prendre le bus.”

Mon patient est revenu avec son sac. Il était ému de partir. Un jeune qui était là lui a dit : “Tu t’en vas mais tu restes dans notre coeur, dans notre tête.”

Dans ma voiture ambulance, pendant le trajet, je le sentais perdu. Il pleurait doucement. J’ai alors engagé la conversation.
-Je suis russe,” m’a-t-il dit. “Je ne parle pas bien le français.”

Malgré tout, il a eu envie de me parler de lui. J’ai appris qu’il était dans la région depuis un an, recueilli dans une communauté ressemblant à celle d’Emmaus. Il semblait désemparé, avec beaucoup de soucis dans sa vie personnelle et peu d’argent de surcroît pour équilibrer sa liberté et revendiquer son indépendance.

En le déposant à la communauté, je lui ai souhaité bonne chance sur la route de sa vie. Il m’a quittée avec un sourire triste, mais un sourire tout de même.



Hospitalisation d’office et révolte_________________



Cette semaine, nous avons été réquisitionnés par la Préfecture pour participer à trois H.O. Ce sigle signifie “hospitalisation d’office”, c’est-à-dire une mesure prise par les autorités -préfets et maires- pour interner une personne à l’Hôpital psychiatrique, souvent contre son gré, dans le but de la protéger d’elle-même et de protéger aussi l’ordre public ainsi que les proches de cet individu.

Lorsque nous sommes appelés pour une H.O., nous allons chercher deux infirmiers à l’Hôpital psychiatrique puis nous allons ensuite à l’Hôtel de Police chercher l’équipe de policiers qui nous accompagnera, pour la sécurité globale de ce groupe éphémère.
Parfois, l’intervention peut s’avérer musclée car l’intéressé peut être armé ou se montrer agressif envers les personnes présentes pour son hospitalisation. Les H.O. concernent des individus qui troublent l’ordre public par un comportement d’agressivité envers autrui, de bizarrerie dérangeante, comme par exemple un cas de nudité totale dans la rue, ou qui sont dangereux pour eux-mêmes ou bien encore très délirants.

Depuis que je suis ambulancière, j’ai assisté à cinq hospitalisations d’office. La première fois, je venais de commencer le métier. Personne ne m’avait prévenue que j’aurais à faire des H.O. Je pensais même que cela n’existait plus ainsi. Il est vrai que participer à l’internement d’un être humain par force et contrainte n’est pas chose agréable, pour ma part en tout cas.

Si l’individu à emmener n’ouvre pas sa porte, le serrurier est appelé pour ouvrir la serrure. Et puis si l’homme ou la femme ne se soumet toujours pas et ne vient pas librement, après la discussion que les infirmiers lui proposent gentiment, on doit s’emparer de sa personne et l’attacher avec des liens fermés à clé s’il devient agressif. C’est ce qui s’est produit aujourd’hui.

Nous sommes arrivés à huit au domicile d’une personne, dans une petite ville de province... “Un individu troublant l’ordre public”. L’homme était assis, prostré et la tête entièrement recouverte d’un vêtement. D’après l’équipe présente, ce n’était pas la première fois qu’il faisait l’objet d’une H.O. J’ai aperçu des images religieuses sur sa table et des écrits mystiques. Cet homme a refusé de découvrir sa tête et a crié qu’il était chez lui et que nous n’avions pas le droit de faire ainsi irruption dans son logis et de l’emmener contre son gré. Les infirmiers ont tenté de le raisonner en lui parlant, lui expliquant qu’il avait besoin d’être soigné, qu’il faisait l’objet d’une hospitalisation d’office et que c’était pour son bien.

Devant son refus de coopérer, les infirmiers lui ont découvert la tête de force. Il s’est alors rebiffé et a tenté de saisir un couteau. Là, il a été plaqué à terre et attaché par les infirmiers, par les gendarmes et par mon collègue. L’homme hurlait et se débattait. L’infirmière a fermé à clé les liens. Puis ils l’ont levé. Il a marché vers la sortie, les pieds entravés. Enfin, il a été installé à l’arrière de l’ambulance et attaché de nouveau aux deux bras du brancard. Il suppliait les personnes présentes de le laisser libre dans l’ambulance, demandant à être assis sans être entravé. Pour la sécurité, les infirmiers ont jugé nécessaires de l’allonger, lié sur le brancard. Puis les gendarmes sont partis et nous avons roulé jusqu’à l’Hôpital psychiatrique avec les infirmiers qui sont restés à l’arrière du véhicule avec le patient.

Christophe m’avait glissé ces mots pendant l’intervention : “Je suis désolé pour tout cela.”
Sur le trajet du retour, il remarqua soudain que cette intervention m’avait vraiment secouée. Il me poussa à en parler.
-J’ai honte de participer à cela, Christophe.
-C’est pour le bien de cet homme. Il va maintenant être soigné.
-Oui, mais c’est la façon de procéder que je déplore. Je n’ai jamais supporté qu’on attache les gens...
-Et les criminels alors ? Les vrais et ceux présumés coupables que la justice menotte systématiquement dès leur arrestation parce qu’ils sont probablement dangereux ?
-Ce n’est pas pareil... Moi, je parle des malades. J’ai vu ma grand-mère attachée de force et contre son gré sur son lit d’hôpital parce qu’elle arrachait sa sonde alimentaire. Elle est morte attachée, quelques jours plus tard. Où est la dignité qu’on doit à chaque être humain, dans le pays des Droits de l’Homme, qui prône Liberté, Égalité, Fraternité ? Un jour, dans un camp d’handicapés mentaux dans lequel je travaillais comme animatrice et aide soignante, mes collègues ont pris d’office les sangles de mon étui de violon pour attacher une jeune fille qui était très agitée....
-Il y a des gens qu’on est obligés d’attacher pour la sécurité des autres. Comme il y a des gens qu’on est obligés d’enfermer pour la sécurité de la population et de leur entourage.
-Mais chaque année, on reconnaît un certain nombre d’internements abusifs...
-Ces personnes ont des recours judiciaires et peuvent porter plainte pour cela, si c’est le cas. En attendant, nous devons faire notre travail... Nous sommes réquisitionnés pour accomplir cela par les autorités et nous ne pouvons pas discuter...
-Ne pourrait-on pas employer une autre méthode, plus douce et respectueuse pour la dignité du patient !? Par exemple, pendant l’H.O., un médecin pourrait être présent et faire une piqûre calmante au lieu d’en arriver à la violence de l’entrave... par déférence pour un malade qu’on veut aider mais qu’on agresse en définitive.”

Après ce que m’a dit Christophe, j’ai pensé à tous les gens qui devraient être soignés et qui gardent leur liberté malgré tout. Je parle des pédophiles, des faux gourous, des manipulateurs d’autrui en tous genres. Tous ceux aussi qui troublent l’ordre public sans se dévoiler mais qui ont suffisamment d’appuis pour ne pas être inquiétés.


Je pense aussi à cet homme qui voulait faire sauter son immeuble, avec sa famille et tous les voisins. Il nous a suivi tranquillement, dans le cadre de son hospitalisation d’office. Ma conscience est restée sereine ce jour-là. Car peut-être avons-nous pu éviter un drame...

Dans ce métier, nous devons rester humble. L’humilité est de rester à sa place en sachant que nous ne maîtrisons pas tous les paramètres des missions qui nous sont confiées...

Nous devons accomplir notre tâche, tel un ange gardien qui se tient là près de vous et qui vous voit souffrir sans pouvoir vraiment intervenir, parce que ce n’est pas le moment. Il vous soutient par la pensée, par la prière discrète, par un accompagnement invisible et discret. C’est la seule aide qu’il peut apporter sans que vous le sachiez vous-même.



Larmes partagées______________


Une dame âgée se tient couchée sur le brancard, près de moi. Elle me fixe du regard. Des larmes coulent sans paroles. Je lui souris doucement. Elle me sourit aussi.

Je regarde vers l’avant, vers la lumière sur la route, devant l’ambulance.

Je pense à mon grand-père d’adoption qui vient de mourir, Albert. Je suis allée voir son corps pendant ma pause, tout à l’heure, au funérarium. C’était l’ami de ma grand-mère paternelle.
Il a compté pour moi depuis ma naissance autant qu’un grand-père de sang.

La dame continue de pleurer.
Moi aussi dans mon coeur...

En allant chercher cette dame, Christophe et moi-même avons pu voir dans le couloir des Urgences une dizaine de brancards sur lesquels les malades attendaient patiemment.

Des infirmiers s’activaient auprès d’eux pour leur poser des perfusions ou pour les questionner sur leur état. Un homme criait dans une chambre.

Heureusement, la lumière est là, devant mes yeux. Et au fond de mon coeur, du courage et de la force.

La dame près de moi me fixe toujours. Elle est sereine maintenant.

 

Chloé LAROCHE

 
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