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20/04/2008

Je suis révoltée par les expulsions et je l'écris

Bonjour à tous et toutes,

 

"25000 étrangers doivent être reconduits à la frontière française chaque année". C’est le projet officiel du Gouvernement et cela ne date pas de 2008.


Hier soir, dans le cadre de l’émission de Laurent Ruquier : “On n’est pas couché”, Monsieur Brice Hortefeux, Ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire, s’est défendu avec virulence des comparaisons qui lui ont été faites par Éric Zemmour et Éric Naulleau... comparaisons avec le régime de Vichy et les raffles nazies. “Ah non, surtout pas ! Ce qui s’est passé durant la Seconde Guerre Mondiale est trop grave !” Monsieur le Ministre et principal lieutenant de Sarkozy a joué l’effarouché devant ces comparaisons. “Moi, le matin, quand je me lève, je vis mal ce que je suis obligé de faire. Vous croyez que c’est facile pour moi ?” On aurait presque pleuré.

Monsieur le Ministre, vous avez joué la langue de bois et noyé le poisson. “Vous savez, je défends une veuve menacée d’expulsion. Elle est malade. On ne va quand même pas l’expulser !” ... Et puis, vous avez dit aussi, avec un air d’ange couvrant le démon qui sait plaire : “Vous savez, on leur donne un pécule, quand ils quittent la France. Car les pauvres, ils n’ont plus rien. Il faut bien qu’ils y arrivent après, dans leur pays.”

Monsieur le Ministre, étiez-vous là le 28 février 2008 quand vos services ont emmené Monsieur Léguy Mbira dans un vol pour le Gabon, son pays d’origine, et qu’il pleurait de n’avoir pas pu dire au revoir à sa fille et à sa compagne ?

Étiez-vous dans la tête de sa fille de quatre ans lorsque son papa est passé à la télé et qu’elle s’est demandé pourquoi. Sa tante lui a dit : “Ton papa va voir tes grands-parents. Il reviendra.”
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Est-ce que vous étiez dans le coeur de la maman, alitée sur un lit d’hôpital au moment des faits, le 25 février 2008 ? Lorsque la police l’a appelée en lui disant : “Vous venez récupérer votre fille à l’école, sinon, elle sera placée, vu que son père est expulsé”, auriez-vous aimé être à sa place, à la place de cette mère, de cette épouse devenue maman isolée à cause de l'État français ?

Monsieur le Ministre, êtes-vous là quand des familles sont écartelées, déchirées, crucifiées par l’horreur de l’expulsion ou de la mise en camps de rétention ? Ce que vous faites est contraire aux Droits de l’Homme et viole aussi les Conventions entre les Pays, comme celles conclues avec le Gabon, lequel s’est d’ailleurs rebellé en menaçant la France de ne pas garder les français en situation irrégulière.

Déjà en 2006, le mouvement Éducation Sans Frontières nous demandait de ne pas nous “habituer à l’insupportable”. Le 16 novembre 2006, la famille Raba a été emmenée dans le camp de rétention de Lyon durant 21 jours, mari, femme et enfants. Trois enfants de 7, 5 et 3 ans. Les deux derniers sont nés en France et vivaient à Gray, en Haute-Saône. Cette famille était arrivée du Kosovo en 2001 et avait été déboutée de sa demande d’asile en France.

Lors de sa mise à l’avion, le commandant de bord a refusé de décoller, devant la brutalité des forces de police sur cette famille. La maman a été blessée.

Monsieur Sarkozy a parlé de les renvoyer dans un avion militaire. Il a réussi puisque ils ont été expulsés “discrètement” depuis.

Une pétition est active pour la demande de leur retour sur le site http://www.educationsansfrontieres.org

Je suis révoltée depuis le début par ces actions d’expulsions et indignée par le chiffre annoncé comme un objectif à atteindre par le Gouvernement, comme si ces 25000 étrangers expulsés par an n’étaient que des légumes à cueillir ou des kilos de marchandises à faire passer dans des charters. “Prenez une catapulte, ça ira plus vite", a émis ironiquement Sébastien Tellier, s'adressant à Brice Hortefeux, lors de l'émission de Laurent Ruquier du 19 avril 2008.

Des bébés, des enfants, des femmes, des hommes, des personnes malades... sont concernés par ces horreurs, sont enfermés, sont déshumanisés, sont déchirés dans leur être profond, sont insécurisés... et le peuple français s’est habitué à l’insupportable.

Moi, non. D’autres comme moi ne se sont pas habitués. Je ne suis pas en Chine et j’utilise mon droit de parole et d’écrit sur Internet pour dire au Gouvernement que ses méthodes me révoltent et qu’ils doivent fermer les Camps de détention d’étrangers en attente d'expulsion. Qu’ils doivent arrêter de considérer les étrangers comme du bétail ou de la viande à exporter.

Chloé LAROCHE

___________________________ Référencement instantané

PS : Voici ci-après des articles ainsi que des pétitions concernant mon article.


“¬ Expulsion des sans papiers : ne nous habituons pas à l’insupportable.

L’augmentation réitérée de la pression sur les services préfectoraux et policiers pour atteindre les quotas d’expulsions assignés par Mr Sarkozy provoque des dérives inéluctables. En particulier depuis cet été, nous assistons à une détérioration sans précédent des gardes fous démocratiques censés protéger toutes les personnes vivant dans ce pays : français, étrangers avec ou sans papier.

Les barrières morales fondamentales semblent avoir sauté, y compris la protection sacrée des enfants : mise en rétention de mineurs - parfois même de nourrissons -, traque policière d’adolescents, interpellations dans les établissements scolaires et les centres de vacances... Ces faits sont d’une extrême gravité. Ils s’ajoutent à plusieurs opérations de ratissage de sans papiers organisées à Paris au mois d’août - qui ressemblent à d’authentiques rafles -, aux mesures tendant à supprimer l’accès aux soins, aux arrestations de futurs conjoints de français quelques jours avant leur mariage, à la multiplication des renvois par charters, aux expulsions musclées de squats - « pour la sécurité de leurs habitants » - sans relogement...

Cette vague répressive ne s’arrête pas aux étrangers. Fin juillet 2005, Nicole Mussie, militante du MRAP et du RESF, était placée en garde à vue à Metz parce que soupçonnée de protéger deux adolescents dont la mère avait été interpellée. Le 24 août, perquisition chez Bleuette Dupin, journaliste de Radio France Bleu Auxerre, "coupable" d’avoir fait un reportage sur la famille Makombo en cours de reconduite à la frontière. La mère et ses 2 plus jeunes enfants ont été interpellées à Sens. Les 2 plus âgés, ont pris la fuite, par peur d’un retour au Congo, donnant lieu à la plus grande opération policière jamais réalisée pour une « fugue » : une vingtaine de perquisitions et d’interrogatoires ont eu lieu chez des proches et des amis de la famille Makombo ainsi que dans les locaux de l’Eglise évangélique de Joigny.

Cette machinerie impitoyable lancée contre les sans papiers, est le prolongement inévitable des annonces démagogiques faites par le ministre de l’intérieur ; la politique d’expulsion des étrangers en situation irrégulière n’étant elle-même qu’un écran de fumée contre la dégradation de la situation sociale en France. Les mesures prises contre les sans papiers nous concernent tous. Si nous ne réagissons pas maintenant il sera trop tard.

Source/auteur : http://www.sudeducation.org/, http://www.educationsansfrontieres.org
Mis en ligne le mercredi 14 septembre 2005, par Ludo

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25 février 2008 - « Midnight express » à Vincennes ?

Communiqué LDH :

Centre de rétention de Vincennes, nuit du 11 au 12 février 2008.
Brimades, insultes, « renforts » policiers. Tirs au « Taser ». Un «
retenu », touché à la poitrine, perd connaissance et se réveille à
l’Hôtel-Dieu avec le bras en écharpe et de fortes contusions à la tête,
nécessairement postérieures à sa perte de connaissance. Ceux qui ne se
sont pas évanouis peuvent témoigner … tant qu’ils sont encore en France.

Les autres « retenus », à qui on ne reproche rien, sont refoulés dans
leurs chambres. Aux coups de matraques répondent des brûlures de
cigarettes sur deux matelas.

Rappelés, les « renforts » dégradent des objets personnels, piétinent un
Coran. On fait descendre dans la cour y compris ceux qui dormaient.
Certains sont habillés, d’autres non. On ne laisse aucun d’eux prendre
un vêtement.

Dans la cour, fouille intégrale. Ce n’est qu’ensuite qu’un par un ils
peuvent rentrer au chaud. Cela dure jusqu’à 4 heures du matin.

Khaled, ressorti de l’hôpital le 14 février, a été reconduit au CRA de
Vincennes. Depuis 10 jours, il n’a reçu aucun soin, n’a vu ni médecin ni
infirmier. Le bandage de son bras est sale et ensanglanté.

Une enquête de l’IGS est en cours.

Ces faits se sont déroulés dans un lieu évidemment abrité des regards
indiscrets, sur le territoire de la République française, en février
2008. La LDH, le SM et le SAF, qui ont décidé de constituer sur ces très
graves événements une mission d’enquête de leur Commission Citoyens
Justice Police, appellent l’ensemble des médias à leur donner l’écho
qu’ils méritent. Il est temps que chaque Français sache ce que l’on fait
en son nom.

Paris, le 25 février 2008.

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Pétition pour la famille RABA :

Monsieur le Préfet,

Monsieur et Madame RABA, originaires du Kosovo, sont arrivés en France le 9 novembre 2001. Ils ont fait plusieurs demandes d’asile qui ont ete rejetees. Ils ont 3 enfants de 3, 4 et 7 ans dont deux sont nes en France. Ils sont tous scolarises. Les deux plus jeunes sont scolarises à l’ecole maternelle Les Capucins, le plus grand est en CE1 au groupe scolaire Moïse Levy à GRAY (70 100).

Cette famille fait l’objet d’un arrete de reconduite à la frontiere confirme par le tribunal administratif.

Ils avaient presentes une demande de regularisation sur la base de la circulaire Sarkozy qui n’a jamais reçu de reponse de vos services.

Les cinq freres et les deux soeurs de Monsieur RABA sont tous refugies politiques, 4 en France, 1 en Suisse, 1 en Autriche et 1 en Suede.

Monsieur et Madame RABA ont subi des violences tres graves du fait du refus de Monsieur RABA de participer avec l’UCK à des expeditions visant à bruler des villages serbes. Ces elements de l’UCK font aujourd’hui partie de la police du Kosovo. Aussi le retour de cette famille au Kosovo est vraiment extremement risque et dangereux.

Patrie des Droits de l’Homme, la France doit rester le pays d’asile dont a besoin cette famille en la prenant sous sa protection, elle qui a fui les violences d’un pays qui n’a su la proteger.

La France, signataire de la Convention internationale des Droits de l’Enfant, doit permettre à ces 3 enfants de vivre dignement dans un pays qui saura continuer à les accueillir.

Monsieur le prefet, après avoir fait appel à votre humanite pour annuler l’Arrete Prefectoral de Reconduite à la Frontiere et examiner à nouveau ce dossier afin que la situation de cette famille soit regularisee, je vous demande d’agir avec Monsieur le ministre de l’intérieur afin que la famille puisse revenir en France et être régularisée.


Voir le site http://www.educationsansfrontieres.org


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Pétition : Nous exigeons la régularisation des parents de Jennifer !


Jennifer est élève de l’école Lafayette à Vesoul depuis cette année, auparavant elle allait à l’école à Luxeuil où résidaient ses parents, rien ne distingue Jennifer des autres enfants, elle est vive, parle très bien français.

Mais, fin mars, ses parents ont reçu une OQTF leur demandant de quitter la France et de repartir en Georgie.

Car les parents de Jennifer, Manana et Vladimir Outeyan, ont fui la Georgie en 2004 où ils avaient été persécutés parce qu’ils appartiennent à la minorité Yéside.

Manana est malade, elle est suivie par plusieurs médecins. Max le petit frère est né en France.

Vladimir le papa, a fait une formation AFPA et a des promesses d’embauche dans le bâtiment. Comme la préfecture ne lui donne pas le droit de travailler, il s’investit dans de nombreuses associations. Chacun apprécie son courage, son sérieux et sa volonté. Toute la famille est très bien intégrée.

A Luxeuil, ils ont eu le soutien du député, du maire, des institutrices, des parents d’élèves et de nombreuses associations.

Nous devons tous nous mobiliser pour empêcher que cette famille reparte vers un pays où elle risque la maltraitance, où ils n’ont plus aucune attache.

Nous ne pouvons accepter que cette petite fille soit arrachée de sa classe, séparée de ses amis et de tous ses repères, c’est ici qu’elle a appris à parler, ici qu’elle a connu l’école, son pays c’est ici.

Ligue des Droits de l’Homme, collectif Raba, FCPE, RESF
mercredi 2 avril 2008.

===================== Voir le site http://www.educationsansfrontieres.org

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