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02/08/2008

Les Fleurs de l'Amour. Être une femme. Parole d'ange. Violon de vie. La Terre et la Colombe.

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Introduction spéciale de Chloé Laroche :

J’ai choisi dans ce blog d’offrir et de partager gratuitement mes écrits, nouvelles, poèmes, témoignages, réflexions... ainsi que mon dernier livre : “Solidarité Puissance Toi”, que vous pourrez découvrir dans la catégorie "Solidarité Puissance Toi" et aussi dans celle intitulée "Amour, tolérance et croyances" (voir à gauche de cette page en dessous de ma photo).

Les Nouvelles du Paradis et les Lettres à Océana (catégorie "Survivre à la mort d'un enfant") proviennent de mon ouvrage : "les Semences de l'Après-Vie", paru en 1998. Beaucoup d'articles de la catégorie "Ne tirez pas sur l'ambulance" proviennent de mon ouvrage écrit entre 2002 et 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes".

D'autres textes, contes et nouvelles arriveront encore sortis du livre "Un homme et une femme au coeur des Alpes", paru en 2001... sur la montagne, l'amour, les relations parentales et la résilience.


_________________________________ Important :

Les poèmes qui suivent sont protégés dans l’ouvrage aujourd’hui épuisé : “Soleil d’amour Soleil de colère” écrit par Chloé Laroche et paru en 2000 aux Éditions L’Âme du Ciel, sous l’ISBN : 2-9516004-0-2. Si vous souhaitez les utiliser ou les imprimer, merci d’envoyer un mail à l’auteur à : chloe.email@laposte.net

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LES FLEURS DE L'AMOUR___________




Si votre amour doit être le roman du siècle
Vous aurez toujours un long siècle pour le vivre
Et il demeurera pour les siècles des siècles
Par-delà les mots qu’on peut lire dans les livres
Laissez pousser les fleurs et jaillir les rivières
Laissez faire les yeux et tomber la poussière
Du coup de foudre qui emplit nos vies de sable
Laissez les coeurs s’étreindre avant d’unir vos mains
Pour que le temps présent puisse embraser vos demains
Sous le feuillage tendre et vert d’un grand érable


Si votre amour est la plus belle des histoires
Vous aurez un océan d’encre pour l’écrire
Ne jetez pas votre stylo d’or dans un miroir
Celui du passé qui vous revient en noirs soupirs
Mais choisissez le chemin de l’avenir sans peur
Sans crainte d’aimer et de partager votre coeur
Si pour vous l’amour n’est qu’un morceau de rivière
Vous ne connaîtrez jamais le bonheur du fleuve
Qui grandit au fil des méandres qui se meuvent
Dans la contrée d’une tendresse sans frontières


Si votre amour doit être le plus profond des films
Vous aurez toujours le doux scénario du hasard
Ne craignez pas d’ouvrir votre coeur dans la mine
Et de le tendre à votre âme-soeur, même en retard
Celui qui ose lancer sa flèche sans cible
L’atteint au-delà des limites du possible
Mais celui qui jette son arc en plein désespoir
Par déception ou par peur d’aimer et de chérir
Verra le gai soleil de son âme se flétrir
Dans l’enfer des regrets et des pâles histoires




CHAPELET D'AMOUR____________




Sur la plage
De mon éternité
Tu t’approches
Sur les ailes d’un ange
Et tu me dis que
Je compte pour toi



Alors je compte pour toi
Les pétales des roses
Que j’effeuille d’amour
Jusqu’au soleil de ton âme



Alors je compte pour toi
Les vagues des océans
Que je filtre à travers
Le soleil de ma vie



Alors je compte pour toi
Les coccinelles dans la neige
Que je réchauffe sur mon coeur
Dans le soleil de tes yeux



Et tu comptes pour moi
Les jours de mon infini
Et l’infini de tes nuits sacrées


________________________________ Dédié à mon ange gardien







FOI D'AMOUR______________________

(poème dédié à toutes les victimes des guerres touchées par des attentats sur les marchés,
comme celui de Sarajevo ou en Irak, en Palestine et en Israël)



Il n’y a pas d’ailleurs
Où l’amour ne fleurit pas
Il chante dans ton coeur
Et au coeur du gouffre intense


Il n’y a pas d’ailleurs
Où l’amour ne fleurit pas
Il pousse sur les berges
Du torrent dévastateur


Il n’y a pas d’ailleurs
Où l’amour ne fleurit pas
Il défit le temps qui passe
Sous le pont de la torture


Il n’y a pas d’ailleurs
Où l’amour ne fleurit pas
Il est la rose du sang qui coule
Sur le marché des fleurs martyrs


Il n’y a pas d’ailleurs
Où l’amour ne fleurit pas
Il est vainqueur de vie
Pour tous les coeurs vaillants


Il n’y a pas d’ailleurs
Où l’amour ne fleurit pas
Il est la source du désert
Et l’oasis de l’Espérance



1995________________________________________________






L’AMOUR
EN CIMES D'AILES______________






Dans les cimes écloses
De l’amour en quête
Je m’absente du monde
Pour plonger en moi

Lorsque je remonte
Le ciel s’est mis à l’endroit
Pour fondre sur moi
Comme un faucon affamé

Alors je me laisse faire
Et il me met les menottes
En jetant la clé au fond
De la rivière de mon âme





Dans les cimes écloses
De l’amour en quête
Je m’absente du monde
Pour en retrouver la clé

Lorsque je reviens
L’oiseau s’est transformé
En colombe immaculée
Qui m’enlève vers le ciel

Alors je la laisse faire
Et elle me montre son coeur
Ensanglanté d’insupportable
D’où je tombe inanimée





Dans les cimes écloses
De l’amour en quête
Je m’absente du monde
Pour soigner la colombe

Lorsque je reviens
L’oiseau ressuscité se plaint
Le sol est recouvert de plumes
De mille oiseaux défunts

Alors je les laisse faire
Et ils viennent sur mon corps
Pour tisser la lumière
Des chemins de l’Amour


1995_____________________________




AMOUR SUBLIME___________________


Aux veuves qui pleurent





Il n’y a rien qui puisse
Me faire oublier
Ton amour
Toi qui es parti
Dans l’autre monde
Arraché par un ange
À notre montagne


Il n’y a rien qui puisse
Me faire oublier
Ta voix
Toi qui me parles encore
De notre union
Dans les rêves de mon coeur
Adossé au cimetière


Il n’y a rien qui puisse
Me faire oublier
Ton regard
Toi qui me scrutes
Du haut du clocher
De l’éternité découverte
Par ton âme paysanne


Il n’y a rien qui puisse
Me faire oublier ma peine
Sauf peut-être nos enfants
Et les enfants de nos enfants
Toi que j’aimerai toujours
Dans le bleu de l’océan
De leurs yeux épanouis



______________________________
Dédié à ma grand-mère Madeleine
qui a rejoint son mari au Ciel au bout
de quinze longues années de solitude



LETTRE SAUVÉE DES EAUX____________________





Pour sauver un chat
Il s’est mis à l’eau
Puis le ramena
Sur son coeur tout chaud

Sauvant son puîné
Elle s’est mise à l’eau
Au bord de l’été
Pris sous un bateau

Pour sauver le bien
Ils ont tout donné
Jeunes musiciens
À l’humanité

Pour sauver l’amour
Ils se sont battus
En donnant toujours
Et à corps perdus

Pour sauver l’espoir
Nous nous sommes vus
Dans un contre-soir
Nos vies étaient nues

Pour sauver demain
Tire l’alarme
Donne-moi la main
Sèche mes larmes





__________________________1992



CONSÉCRATION_________________

(Dédié à Mireille Nègre,
danseuse et vierge consacrée,
aux alpinistes et aux artistes,
aux paysans et aux moines)





Se consacrer au plus haut
À l’essence du ciel
Au sublime éternel
De l’essentielle ardeur
C’est le don du grimpeur éreinté
Conquérant les sommets
De l’âme véridique


Se consacrer aux larmes
D’une vie de labeur
Labourage lumineux
Du semeur d’espérance
C’est le don du paysan fatigué
Jusqu’au bout des sillons
De la terre retrouvée


Se consacrer à la toile
Des couleurs de l’amour
En puisant l’arc-en-ciel
Dans les yeux des enfants
C’est le don du peintre irisé
Exprimant l’Univers
À la mesure de son être


Se consacrer aux pauvres
À ceux qui n’ont plus que leurs yeux
Et sécher leurs peines
En chantant la Paix
C’est le don de la colombe envolée
Qui prend leurs mains dans les siennes
Pour serrer le monde dans ses bras


Se consacrer à l’Amour
Qui descend du Soleil
Jusqu’aux racines de l’Esprit
C’est le don du poète inspiré
Regardant vers demain
En marche vers Celui
Qui marche devant lui


Se consacrer à Lui
Par-delà l’espoir ténu
D’un bonheur terrestre
C’est le don le plus grand
De l’âme verdoyante
Qui renaît à la source radieuse...
De l’Amour en Esprit


1995___________________________________





TU DONNES SANS RIEN ATTENDRE_______


(À Claire Bécaud
Aux peintres du monde entier)




Je suis le très vieux peintre Wang-Fô
J’aime traverser le monde à pied
Pour semer le riz de mes tableaux
Dans les yeux gris des enfants blessés


Wang-Fô revient de loin
C’est un être sage
Le pays d’où il vient
Est un ciel sans âge
Et celui où il va
Est un pays sans rois


Cet enfant qui erre
C’est ton élève Ling
Comme nous sur Terre
Si verts que des figues
Dans cet art du bonheur
Sortant de tes couleurs


Tu donnes sans prendre
Dans le creux de tes mains
Mais tu sais attendre
Le parfum des jardins
Car tel un long chemin
Aussitôt tu les peins


Tu nous emmèneras
Loin de tous nos soucis
Sur cet océan-là
Où jadis tu partis
Pour un ailleurs fleuri
Par tes mains amaigries


Wang-Fô tu es si bon
Esprit si généreux
C’est toi la vraie leçon
Que nous a donnée Dieu
Car ton coeur courageux
Reste pauvre mais bleu


Tu n’as jamais vendu
De tableaux alentour
Le corps à moitié nu
Au monde tu donnes
Les couleurs de l’amour
Et puis tu pardonnes



Je suis le très vieux peintre Wang-Fô
J’aime traverser le monde à pied
Pour semer le riz de mes tableaux
Dans les yeux gris des enfants blessés





1989_______________Poème inspiré par une nouvelle de Marguerite Yourcenar : “Comment Wang-Fô fut sauvé”, elle-même inspirée par un vieux conte chinois (collection Folio cadet n° 67).





RESTE
VIVANT_________




Tu vis la mort dans l’âme
Comme la naissance
D’une âme sans vie



Tu vis la mort dans l’âme
Comme la souffrance
D’un coeur sans voix



Tu vis la mort dans l’âme
Comme l’absence
D’un amour sans espoir



Mais pourquoi mourir
Lorsque l’âme vit
Lorsque le coeur chante
Lorsque l’amour crépite ?



1995_________________________




AMOUR
INCRUSTÉ____________


(À ceux et celles qui
pratiquent l’art de l’icône)


Tu peins
Avec les gouttes
De ton coeur
Larmes d’or
Sang d’esprit
Sainteté


Tu peins
Avec les rêves
Sculptés dans le réel
Oiseau rare
Alcyon qui pond
Mille oeufs de lumière


Tu peins
Avec les rênes
De ta vie
Maître du sillage
De l’amour semé
Au creux de l’icône


Tu peins
Avec l’essence
De ton âme
Imprégnée de Dieu
Embaumée d’univers
Éprise d’idéal serein




_______________________________________________________


ANCRE D'AMOUR
ENCRE DE VIE_________

Dédié à mes amis écrivains et poètes



Jaillissement d’une plume
Appelée par une étoile
Souviens-toi de la rive
Qui t’inspire à l’infini


Jaillissement d’un rire
Sorti d’un coeur d’enfant
Souviens-toi de ce ciel
Qui nous scrute à la racine


Jaillissement d’une fleur
Offerte à la lumière
Souviens-toi de l’amour
Qui sublime l’encre noire


1995________________________________________________






“Voyez, mes frères,
le printemps est venu.
La terre a reçu l’étreinte
du soleil, et nous verrons
bientôt les fruits
de cet amour.”

Sitting Bull,
chef sioux hunkpapa (1875)____________


s“L’enfant doit savoir qu’il ne doit pas toucher
la flamme éclatante qui l’attire tant.
De loin elle le réchauffe et
illumine son coeur ;
de trop près,
en cendres
elle le réduirait.
Un seul dans ce coeur
peut sans crainte résider ;
car il est le rayon qui l’a bien allumé.
Il est la salamandre qui dans le feu renaît.”


La Mère (Pondichéry)
27 Mars 1917 / “Prières et Méditations”



________________________________________________________________________





CHAQUE VIOLON EST UNE FORÊT_________________________




Chaque violon est une forêt
Dans laquelle grandit le bonheur
Dans chaque forêt bat un grand coeur
Un son qui vit dans l’arbre qui naît
Homme forestier fais attention
Ne renverse pas l’érable d’or
Recueille seulement le bois mort
En attendant que sève soit sons



Chaque violon est une prairie
Dans laquelle s’ébroue un cheval
Dans chaque prairie crie un archet
Un arc dans le poulain qui naît
En son âme la joie dévale
Par mille notes et sons fleuris
Au-delà des orages la vie
Prend pied dans l’amour d’un animal



Chaque violon... une colline
Dans laquelle s’ébat un enfant
Dans chaque colline... un mendiant
Et un vieil homme qui jardine
Ce sont les rêves du musicien
Qui cultive pour l’amour des siens
Mille arc-en-ciels de hautes ondes
Apaisant le coeur gris du monde




1992______________



L’ARME
DE PAIX________







À toi
Qui mit des épines
Dans mon coeur
Je t’offre
Cette rose sans ronces
Pour défaire
Les tempêtes sans fin
De la souffrance
Qui ronge ma Terre



À toi
Qui mit des sabres
Dans mon âme
Je t’offre
Cette épée sans épines
Pour annuler
Les guerres sans fin
De la haine
Qui tue ma Terre



À toi
Qui mit des bombes
Dans ma vie
Je t’offre
Cet archet sans flèches
Pour faire la Paix
Et enterrer la hache
De la rancune
Qui hante ma Terre




1995__________________________________________


VIOLON DE VIE________



À mon violon et aux
violons du monde entier




Arc d’amour
Violon au coeur pur
Tu sillonnes les âmes
Pour que la joie rayonne
En roses rouges de vie


Arc de vie
Flèche touchant la sève
Pour ramener aux racines
Le ciel des rêves
S’abreuvant au Soleil


Arc du Soleil
Archet de lumière
Tu viens des étoiles
Nous parler de la trêve
En rosée de paix


Arc de paix
Tu caresses les ouïes
Transperçant les êtres
Jusqu’au chant intime
Du violon intérieur


Arc de l’intérieur
Tu nous offres l’ultime
Pour dépasser les rêves
En leur rendant l’espoir
Réalité de l’amour




1996__________________________________________






CRI
DE PAIX______________________________





Jamais plus tu n’emprunteras
Les ponts ornés de bonsaï
Toi qui mourus à Nagasaki
Du vol d’un oiseau noir
Enfoui dans l’enfer éclaté


Jamais plus tu n’emprunteras
Les toits fleuris de violonistes
Toi qui mourus à Auschwitz
Dans le four de la haine
Attisée au creux de l’atome


Jamais plus tu n’emprunteras
Les rues étoilées d’enfants
Toi qui est mort à Sarajevo
Porté par ton coeur vers le coeur
De la souffrance irradiante


Mort d’un médecin
Ou mort d’une mère
Mort dans l’éclat d’une bombe
Ou dans un camp de concentration
Morts sur la route
De la vie
Au carrefour des haines
Je vous pleure
Dans l’amour de mon coeur
Je vous pleure
Sur les cimes de l’espoir


1995______________________________________








CONCERTO
POUR LA PAIX____________________________

Dédié à feu Yehudi MENUHIN
et à Miguel Angel ESTRELLA





C’est un voyage
Que nous risquerons
Dans les images
D’un globe tout rond

Nous nous en irons
Dans mille pays
Pour créer le pont
D’une mélodie

Entre les rires
Des petits enfants
Et le sourire
Des bleus océans

Car toutes les mers
Chantent ensemble
Dans les rivières
Qui les rassemblent

Et puis chaque enfant
Sans aucun doute
Est une goutte
Dans l’immense chant

Qu’il vienne d’ici
Qu’il vienne d’ailleurs
Il chante la vie
Semant le bonheur

Oui nous partirons
Sur les verts chemins
Échanger les sons
De nos gais refrains

Car nous le savons
Que la musique
Est un clair lagon
Vraiment magique

Elle est le vieux port
De toute amitié
Comme un long accord
Né d’éternité

Elle est la crique
Aux doux messages
Si fantastiques
Des plus grands sages

Elle nous donne
Les clés d’harmonie
Du monde infini
Qui nous étonne

Elle est l’arc-en-ciel
De toutes les vies
Et la merveille
De notre ouïe

Elle nous unit
Car elle est celle
Qui fleurit le lit
De notre âme en ciel

Oui nous partirons
Au seuil des maisons
Pour donner le son
De mon violon rond

Ton saxophone
Et la guitare
Seront les phares
Du téléphone

Où nous chanterons
Pour le monde entier
Frissons en chansons
Regards échangés

Nous sommes frères
Soeurs mères pères
Dans la conquête
De la planète

Pour qu’une vraie joie
Regagne les coeurs
Et qu’un grand émoi
Gomme le malheur

Pour qu’une vraie paix
Soit reine partout
Et que plus jamais
Ne passe les roues

D’un lourd char d’assaut
Sur un frêle enfant...
Prends donc ton saxo
Joue à tous les vents

Fleuris ton violon
Et sors de chez toi
Pour donner le ton
À toutes les voix

Cueille ton piano
Et sème l’amour
Peins toujours plus haut
La couleur des jours

D’un globe en larmes
Qui soudain sourit
Devant le calme
D’une mélodie





Avril 1991_______________ Poème écrit avant mon voyage autour du monde après avoir remporté le premier prix du concours “Exploit autour du monde” organisé par le Forum des Voyages de Grenoble en 1990. Mon projet gagnant était de rencontrer des enfants d’autres pays à travers la musique, langage universel, et de communiquer avec eux des chansons de paix et d’amitié, des musiques d’harmonie et de fraternité. Ils me
chantaient leurs chansons et je leur faisais écouter des enfants d’autres pays. Vous pouvez lire le poème “Troubadour chante avec amour” qui relate ce voyage.






TROUBADOUR CHANTE AVEC AMOUR__________________________

À tous mes petits amis, enfants du Dauphiné
et du monde, enfants de Nouméa ou de Papeete,
avec qui j’ai partagé la chanson de Renée Mayoud :
“Qu’importe d’où l’on vient pour devenir amis, pour inventer
demain et faire chanter la vie aujourd’hui” (“Enfants d’ici et d’ailleurs”)




Troubadour chante avec amour
Ton oreille avec le soleil
Mon violon voyage toujours
Ma voix est comme l’abeille
Elle a butiné mille fleurs
Semant le pollen du bonheur
Dans le coeur de tous les enfants
Rencontrés autour du monde
À nouveau la joie m’inonde
Je revois leurs yeux innocents


Troubadour chante avec amour
Te souviens-tu à Tahiti
Ces danseuses dans leurs atours
Après l’humble Californie
Nous surfions dans les écoles
Tels des colombes en envol
Je distribuais des chansons
D’amitié, de fraternité
En pétales éternisés
Par toi mon ange compagnon


Troubadour chante avec amour
Tous ces enfants nous ont aimés
Car la musique est sans détour
Leurs sourires nous ont épiés
De San Francisco à Sydney
Écoutant le son de la paix
D’un enthousiasme satisfait
Car ils ont soif de messages
Emplis d’ardeur, de partage
Pour un monde pur sans délai


Troubadour chante avec amour
Tout en égayant les âmes
Jeunes, vieilles, la nuit, le jour
De sons aux coeurs-oriflammes
S’envolant d’une flûte hardie
Capable en une mélodie
D’embraser la terre entière
Par un feu de joie éternel
Brûlant les scories du réel
Dans un canon sans frontières


Troubadour chante avec amour
Des mots pleins de fraternité
Sa décision est sans retour
Il suit sa route, critiqué
Mais sait que le soleil brille
Lorsqu’il cultive ses trilles
Il sait que les coeurs le suivent
Vers un avenir de refrains
Où vivront toujours les jardins
Pour que le meilleur arrive


Troubadour chante avec amour
Te souviens-tu à Djakarta
À Nouméa et Singapour
Les enfants dansaient sur nos pas
Les Tahitiens nous ont fleuri
Par colonnes nous ont chéri
Vois-tu dans l’île de Corfou
Ce grec ancien dans sa maison
Qui riait avec mon violon
Comme un enfant joyeux et fou


Troubadour chante avec amour
Dans le feu de l’espérance
Plus sage que le passé lourd
De guerres et de souffrances
Tous les coeurs battent ensemble
Rythmant la vie qui rassemble
Cinq milliards d’humains sur Terre...
Puissent les cordes de la Paix
Jouer sans fin et sans arrêt
Que l’avenir soit lumière !




____________________________ 1993__




LE VIOLON MAGIQUE_______________________

À tous les amoureux du violon



1. Ton violon a une âme______

À ma mère et à son père Lucien




Un jour un vieil homme m’a dit :
“Ton violon a une âme”
En regardant ses cheveux gris
J’ai entendu “une dame”


Je jouais souvent pour elle
Avec mes rêves et mes sons
Dans la demeure du soleil
Embellie de mille chansons


Puis le vieil homme est parti
Avec son âme dans le ciel
Durant la nuit je me suis dit
Il s’est envolé près d’elle !






2. L’âme de mon violon___________

À William Garcin,
Olivier d’Icarie,
Pierre Marinet,
violonistes sur
mon chemin




Elle est la dame du lac d’or
Et je suis son preux chevalier
La musique est mon doux trésor
Mon bel archet est une épée


Mon violon est un cheval
Avec lui j’enchante Terre
Afin d’effacer tout le mal
Gomme sonnant sans frontières


Le lac sans fond c’est l’univers
Où les sons construisent la vie
Vagues bleues d’une rivière
Descendue du Grand Paradis





3. L’archet magique_________

À
Jean Quiliquini
Anne-Charlotte Gérard
Violette Meunier-Carus
Ludivine Seigle-Vatte
Caroline Michel
Chloé Manceau
Marine Bodin
mes élèves
en violon



Bienveillante est le doux surnom
De ce sabre fier de la paix
Replongeant dans son clair lagon
Si nos pensées sentent mauvais



Car l’archet ne supporte pas
Le malheur et la souffrance
Il joue par-delà les tracas
Pour que tout le monde danse



C’est un bâton si magique
L’âme du lac nous le donne
Pour enrichir d’harmoniques
Toutes les vies qui résonnent



4. L’archetier_____________


À André Faynot, violoniste et peintre,
mon élève d’une septentaine d’années




L’archetier est comme Merlin
Il connaît les plus fins secrets
Et l’art de rassembler le crin
Pour faire le plus bel archet


Il sait découvrir le cheval
D’ou naîtra le fringuant objet
Ensemble ils galopent en aval
Traversant sept mille forêts


Le pernambouc est le doux bois
De ce petit arc épique
Qu’il doit rechercher avec foi
En plein coeur de l’Amérique


__________________________________1992___________




LE MUSICIEN ET
L'HOMME POLITIQUE___________

Poème adressé à l’ensemble des hommes et des femmes
politiques, de quelque parti qu’ils ou qu’elles soient




Dans la rue un musicien
Rencontra un jeune homme
Qui le prit pour un vieux chien
Lui lançant une pomme

Cet homme gagnait beaucoup
En gouvernant sa ville
Il avait un fier bagout
Sachant manier ses billes

Il était politique
Maire bientôt ministre
Souriant des critiques
Évitant les yeux tristes

Ce matin-là vraiment chaud
Il posa sa cravate
Sa veste et son chapeau
Et prit son jeu de cartes

Un roi de pique sortit
Et il pensa à son coeur
Puis à tous ses ennemis
Verdissant soudain de peur

Car il entendait un son
Qui l’entourait de partout
Bondissant comme un ballon
Il pensa devenir fou

Le violon était si clair
Qu’il nettoya ses erreurs
L’homme fit marche arrière
Pour faire notre bonheur

Il brûla ses factures
Faux papiers et mensonges
Et vendit ses peintures
Pour que les pauvres mangent

Il donna l’argent sale
Déblanchi par la drogue
Pour fleurir de pétales
La naissance d’un orgue

Il enleva sa veste
Pour jamais ne la tourner
Ayant sauvé le reste
De toutes ses qualités

Depuis ce matin il sut
Qu’une pomme toute nue
Peut bien faire à notre insu
Triompher l’homme des rues !

1992__________________________________




QUATUOR UNIQUE___________

À Heïdi Harrison, Nathalie Broll, Étienne Houssay
et à William Garcin, notre professeur de Musique de
Chambre au Conservatoire de Musique de Grenoble





Il est un quatuor semblable à tous les autres
Avec deux violons, un alto, un violoncelle
Quatre rires et quatre archets au crin d’apôtres
Jouent en choeur écoutés par huit fines oreilles
Il y a aussi huit grands yeux qui se regardent
Dans l’échange d’un monde où les mots se lézardent
Bref c’est un quatuor qui ressemble à ses frères
Formant le carré d’une musique ensoleillée
Par les quatre sourires d’âmes émerveillées
Ainsi cet ensemble est unique sur la Terre !

Unique parce que ses membres sont uniques
Dans l’immensité de l’éternelle symphonie
Unique parce que chaque note est unique
Dans la multiplicité des mondes infinis
Et qu’à la mort de ses quatre membres ou d’un seul
L’ esprit de notre quatuor sera au linceul
Cet ensemble charmant ne jouera plus comme avant
Il ne chantera plus alors la complicité
De ces quatre vies se démêlant dans l’amitié
À travers l’enthousiasme merveilleux du printemps

Ce fut une journée d’automne quatre-vingt-deux
Qu’une main invisible rassembla ces êtres
Ils apprirent à se connaître tous quatre heureux
De travailler ensemble avec les clés d’un maître
Il s’appelait William et leur enseigna la joie
De jouer “les Quintes” et l’Alouette” en rois
En souriant à Haydn et à Beethoven
Heïdi, Nathalie, Étienne et Anne-Chloé
Ont fait un long voyage durant toute une année
Où chaque réunion fut une étape reine

Ils ont mêlé leurs noms en un nom si unique
Que nul oeil ne le verra jamais, invisible
Il est imprononçable au coeur de la musique
Où quatre coeurs ont vécu le bonheur possible
De partager une oasis dans un grand désert
Traversant les tempêtes sans recevoir d’éclairs
Or ils ont dû se séparer un jour gris de juin
Car au détour de leurs vies une des quatre âmes
Lorsque j’y repense aujourd’hui mon coeur se pâme
Dût dire adieu aux trois autres pour partir très loin

C’était Heïdi qui venait des Amériques
Et qui devait retourner dans son pays lointain
Nous étions tristes après ces mois fantastiques
Nos instruments en deuil étaient emplis de chagrin
Lorsqu’elle partit, dans un nuage de regrets
Nous vîmes jaillir un arc-en-ciel beau et secret
Que depuis nous avons conservé en notre esprit
Par-delà le grand océan qui nous sépare
Si un jour se recroisaient ici-bas les regards
Notre fier quatuor s’entendrait à l’infini !


1993__________________À la mémoire de ce quatuor unique formé en 1982



“Aimer vraiment quelqu’un
C’est découvrir qu’il est unique.”







FEMMES DU VERSEAU______________________



À mes âmes-amies : Annie, Maïra, Héllè, Gisèle, Mireille, Monique, Gisela, Annie, Nathalie, Hélène, Anne-Marie, Chantal, Marhèse, Olga,Solange, Geneviève, Marianne, Marie, Manou, Aimée, Fabienne, Henriette, Denise, Emmanuelle, Marie-Dominique, Anne, Ghilaine, Agathe, Simone, Isabelle, Khristel, Agnès, Jacqueline, Noëlle, Marguerite, Chris, Madeleine, Pierrette, Élisabeth, Raymonde, Patricia, Maria, Françoise, Nicole, Ghislaine, Maëlle, Sylvie, Bernadette, Odile, Huguette, Édith, Danielle, Magali, Josette, Claude, Suzon, Laurette, Annick, Josiane,
Roselyne, Viviane, Christine, Sandrine, Rose, Claire, Marie-Françoise, Anne-Charlotte, Christiane, Maïté,Jacinthe,Cécile,Renée,Corinne,Catherine, Françoise, Éliane, Polka, Josiane, Élise, Suzanne, Fernande, Murielle, Éva, Renée, Charlotte, Martine_____________





Au fil de l’eau
Couturières d’éternité
Nous voguons vers les cieux
Tout en haut de la vague


Au creux de la vague
Tisseuses de sérénité
Nous nous accrochons
Aux falaises d’une chute


Tout en haut de la chute
Tricoteuses d’humanité
Nous sommes prêtes à sauter
Dans les bras de l’océan


Sur le bord de l’océan
Jardinières d’immensité
Nous voguons vers le large
Sur le fil de notre rivière intérieure




1994_____________________________________




MAÏRA______________À ma mère____________





Un jour vint l’hiver
Sous les grands arbres verts
Il faisait vraiment très froid
Partout dans la forêt

Une femme vivait là
Avec ses deux enfants
Sous le grand hêtre
Près du tronc chaleureux

Lorsque vinrent les glaces
Elle sut qu’ils devaient partir
Fuir au bout du silence
Au pays du Grand Soleil

Ils s’en furent avec courage
Quittant leur verte contrée
Sans repos et sans halte
Surmontant tous les dangers

Ils passèrent torrents et déserts
Montagnes et sombres forêts
Marchant durant huit semaines
Jusqu’au neuvième jour

Le Soleil apparut à leurs yeux
Et les inonda de lumière
Il les embrasa de son feu
Et leur donna sa magie

Il les fit monter tous trois
Dans sa demeure céleste
Dans la maison solaire
La grotte sacrée de Râ

Et c’est ainsi
Que la jeune femme
Devint Maïra
Mère de cinq étoiles




ÊTRE UNE FEMME_________




Être une femme
rose sur un ciel d’amour
envahie de feu
aux carrières de l’avenir


Être une femme
belle parmi les étoiles
épanouie aux rayons
du soleil levant


Être une femme
aux carrefours de l’Amour
envahie de sérénité
lumière d’éternité


Être une femme
sans voile ni amertume
voguant dans l’allégresse
d’un ailleurs adamantin


Être une femme
chevalier d’un futur proche
qui prend racine
au coeur de la pureté


Être une femme
l’âme de la Terre
la mousse des arbres
l’écume de l’infini


Être une femme
sur les sommets les plus hauts
noblesse de l’Univers
joie des galaxies


Être une femme
par mille pardons semés
sur le sentier des âmes croisées
jusqu’au don de son être


Être une femme
générosité d’un fruit
tendresse de l’extrême
par-delà le doute


Être une femme
ivresse des montagnes
sur les ailes d’un aigle
fidélité sans limites


Être une femme
cadeau du ciel
cordes qui vibrent
coeur d’enfant



Être une femme à l’infini



1993_____________




MOITIÉS JUMELLES____________________



Ô femme musulmane
Tu es la moitié jumelle
De l’homme qui prie
Ô femme musulmane
Tu es reine d’amour
Dans le palais de ton Dieu
Ô femme musulmane
Rencontre ta soeur en Christ



Ô femme chrétienne
Tu es la moitié jumelle
De l’homme qui prie
Ô femme chrétienne
Tu es reine d’amour
Dans le palais de ton Dieu
Ô femme chrétienne
Rencontre ta soeur en Mahomet



Ô mes soeurs
Rencontrons-nous en Dieu
Nous les moitiés jumelles
Des hommes qui prient
Nous les reines d’amour
Dans le palais sacré
Donnons-nous la main
Et tendons la paix
À nos moitiés de vie
Car l’Homme porte la vie
Et la Femme engendre l’espoir





1995____________________________________________________


TOUS ET TOUTES______________




Tu les as tous réunis
Tous debouts à Assise
Ils sont tous venus
Le monde n’y croyait plus

Ils sont tous venus
Tous les chefs religieux
Chefs indiens et Dalaï-Lama
Imams et Rabbins

Tous les chefs religieux
Étaient près de toi
Pour prier ensemble
La même prière

La même prière
De la paix qui naît
Au sein de l’humanité
Réunie en un seul bouquet

La même prière
Reprise en choeur
Par toutes les femmes
Qui prient dans l’ombre

Un jour viendra
Sur le sol d’Assise
Où les chefs religieux
Se salueront... hommes et femmes

Sur le sol d’Assise
Les épouses de Dieu
Relèveront le voile
De la colombe en larmes



Septembre 1996_____________________________en mémoire de la rencontre à Assise (1986) avec le Pape Jean-Paul II







ÉTOILE DE MÈRE_____________ pour les mamans



Tu es sa mère
Et lui est là
Au creux de tes mains
Déposé par l’Aurore

Il est ton enfant
Et tu es là
Tout au fond de ses yeux
Chavirée par l’Amour

Vous êtes reliés
Par le fil des étoiles
Dans le coeur du Soleil
Les oiseaux chantent

Un jour éloigné du nid
L’oiselet déplie ses ailes
En une salve de lumière
Il offre la Lune à sa mère

Elle ouvre alors les mains
S’envolent mille oiseaux
La liberté est belle
Lorsqu’elle est partagée

Lorsqu’il est enfant
Ne l’abandonne pas
Quand il sera grand
Ne le retiens pas

Toute mère est une mer
D’amour orchestré
Pour pousser l’enfant-vaisseau
Vers son chemin d’étoile... de mère


1996____________________________________________________







PRISME DE MÈRE_________ en hommage à La Mère de Pondichéry





Lorsque je regarde en moi
Je vois Jésus qui prie
Par une des fenêtres de mon coeur
Et à chacune des fenêtres
De mes larmes en prière
J’aperçois Marie en miroir
La Mère du Ciel en reflets


Lorsque je regarde en moi
Je vois Bouddha qui prie
Par une des fenêtres de mon âme
Et à chacune des fenêtres
De mes cellules en prières
J’aperçois la Mère en miroir
La Mère du Monde en reflets


Lorsque je regarde en moi
Je vois Moïse qui prie
Par une des fenêtres de mon corps
Et à chacune des fenêtres
De mes organes en prières
J’aperçois la Terre en miroir
La Terre-Mère en reflets


Lorsque je regarde en moi
Je vois Mahomet qui prie
Par une des fenêtres de mon être
Et à chacune des fenêtres
De ma mosquée intérieure
J’aperçois mille femmes en prière
La Mère du Monde en vérité





LA DAME À LA LICORNE________________

Poème inspiré par la célèbre tapisserie
de la Dame à la Licorne et dédié aux amoureux


Tu es mon seul désir
Mon seul amour mon Tout
Tu es mon sourire
Je te suivrai partout

Le temps n’existe plus
Le feu est dans mon coeur
Mon âme est mise à nue
En un cri de bonheur

Pourquoi es-tu si loin
J’entends ta voix si près
Dans les fleurs du jardin
Qui m’enivrent de paix



Tu es mon seul désir
Ma passion mon sommeil
Tes cheveux s’étirent
En eux je m’éveille

Le lion est force
De l’attente sacrée
En lui je m’efforce
De ne pas te pleurer

La licorne pure
Protège notre amour
Elle donne l’armure
La victoire pour toujours


Tu es mon seul désir
Le soleil de ma vie
Trésors de l’avenir
Fleurissez notre lit

Le chêne et l’oranger
Sont nos arbres de joie
Comme un fruit partagé
Au sommet de la foi

Sous le toit du futur
Je t’attends sans répit
Les fruits rouges sont mûrs
Viens à moi je t’en prie




__________________________________

GOD BLESS YOU_________Dieu vous bénisse


Dédié à feu Chantal et à tous ceux
que le désespoir inonde un jour





God bless you
Amie ne te blesse pas
Au chaos de la vie
Ne t’égare pas
Dans les lignes de tes mains

God bless you
Amie ne te blesse pas
Aux cactus du désert
Donne ton coeur au soleil
Il te rendra l’espoir d’aimer

God bless you
Amie ne te blesse pas
Sur les rêves perdus
Embrasse la terre vivante
Et remercie pour la lumière

God bless you
Amie ne te blesse pas
Par le désespoir qui t’inonde
Sois la rivière de joie
Parcourant tes cellules



God bless you
Amie tu t’es blessée
Que Dieu te pardonne
Qu’il pardonne à tous ceux
Qui se blessent un peu ou à jamais






Août 1996______________________________________


LE VIOL
DE LA COLOMBE_____________


Dédié à toutes les femmes d’ex-Yougoslavie
meurtries dans leur chair, dans leur âme, dans leur être







À l’aube d’un nouveau siècle dit spirituel
Nous savons que deux cent mille femmes sont violées
Toutes musulmanes, si jeunes, c’est irréel
Atrocement violentées par de lâches guerriers


Si toutes ces colombes criaient leur colère
Ensemble elles deviendraient telles des lionnes
Mais elles sont cloîtrées dans l’horreur d’une guerre
Traquées en des lieux où les armes déraisonnent


Ces armes appartiennent à de sombres corbeaux
Pensant vaincre l’ennemi en violant les dames
Mais c’est la honte qui les jettera au cachot
Quand à la mort la conscience juge notre âme


À l’aube d’un nouveau siècle dit spirituel
Trouons le silence pour sauver l’innocence
Ne levons pas seulement nos regards vers le ciel
Battons-nous sans répit contre l’indifférence



1993___________________________________________




CHAÎNE D'AMOUR________________

Dédié à feu mon grand-père Jean-Louis Laroche
à Éva, à sa maman Fabienne, à ma belle grand-mère Henriette






Éva est née
petite-fille de mon grand-père
elle est ma cousine
lui est mort juste avant


Jean-Louis était de roc
papy de Résistance
torturé dans les camps
concentration d’horreur


Il est revenu l’âme en peine
mais il a cru en la vie
il voulait aimer à pleine joie
échappé du sordide


Éva est née
fille de sa propre fille
elle continue le chemin
qu’il a laissé sur terre


Il gardait la souffrance
tout au fond de lui
les déceptions de sa destinée
les tortures infligées


Les mutilés de guerre
sont des plaies ouvertes
où chaque épreuve
vient renforcer la douleur


Éva est née
elle apporte le sourire
à trois femmes en deuil
à une lignée sans fin


Elle vient comme tous
nous venons au monde
à la suite d’une chaîne d’amour
où chaque maillon est rencontre


Rencontre de deux lignées
par lesquelles l’arbre grandit
s’épanouissant jusqu’à la cime
où nous rejoignons nos ancêtres


________________________________________________________Octobre 2000




LA NÉBULEUSE DE LA ROSE________________

à Sacha Dulic, le plus jeune astronome de France
à toutes les femmes poétesses de la Nébuleuse de la Rose
à la Nébuleuse de la Rose qui existe réellement dans le Ciel




Au coeur de la Nébuleuse de la Rose
Se trouve une âme si belle qu’elle embrase
Tout l’univers avec le ciel de sa prose
Lorsque l’étoile du matin lit ses phrases
Des années-lumière chantent sur la Terre
Et par-delà les galaxies millénaires
Vibre sa voix lactée tel un cri de femme
Qui sait ce qu’elle veut et que Dieu veut aussi
La Paix dans le monde jusqu’aux mille aphélies*
Du zénith au nadir dans toutes les âmes

L’Univers n’est pas né d’un hasard aussi grand
Que les millions de galaxies qui respirent
Au-dessus de nos têtes d’éternels enfants
Devant la beauté, l’harmonie du navire
Sur lequel nous sommes frères d’équipage
Pour élever les voiles d’un long voyage
Celui du Temps s’étirant comme l’Aurore
À travers l’ostensoir des météorites
Traversant le coeur d’une âme en orbite
Celle de notre Terre aux larmes emplis d’or

Devant les étoiles vit un astronome
Il s’appelle Sacha et aime l’Univers
Sans savoir que derrière se cache un Homme
Qui l’aime et régit les océans et les mers
Ce grand être est la force la plus immense
Certains l’appellent la Vie, d’autres l’encensent
Comme le Créateur des ciels et des terres
En fait Il est le souffle et nous donne l’Amour
L’amour de notre chemin, d’avancer toujours
Jusqu’aux frontières de l’Espoir loin des guerres



1993_______________________________________________________

*Une aphélie est le point de l’orbite d’une planète le plus éloigné du soleil.





TERRE D'ADUL-TAIRE____________


Elle avait dix années et elle aimait son père
Mais elle faillit mourir quand elle vit le désastre
Son papa était une étoile peu ordinaire
Ayant besoin de deux femmes autour de son astre


Or il n’éclipsa pas sa dame pour une autre
Mais amena une intruse au foyer devant tous
Bien sûr la petite ne fut pas son apôtre
Ses oeillades pour l’amante n’étaient pas douces


L’enfant voyait les yeux de sa mère si tristes
Qu’en son jeune coeur le feu d’un volcan l’incendiait
Heureusement le ciel mit fin à ce sinistre
Elle pria pour que cela ne revienne jamais


Ô parents, si vous souhaitez vivre un autre amour
Réalisez-le au plus haut de la montagne
Ne le faites pas devant vos enfants en plein jour
Pour eux vos deux mains enlacées seraient le bagne !



Janvier 1993____________________




CROIRE OU NE PAS CROIRE________________________




Mon ami, crois-tu en une survie après la mort ?
L’essentiel n’est pas de croire mais d’être soi-même
Dans le meilleur de son âme tout en restant d’accord
Avec la philosophie que l’on suit, que l’on aime
Au-delà des mots, des idées, de mille concepts
Dont beaucoup d’êtres humains se sont fait les adeptes.
Tu sais plus que tu n’en dis, d’autres disent sans savoir
N’écoute que ton coeur et la lumière de ta vie
Nous sommes sur une route qui mène au paradis
Rêver à lui n’est pas l’essentiel de ton histoire


Mon ami, crois-tu en l’existence de l’Architecte ?
L’essentiel n’est pas d’y croire mais d’être sous son toit
Comme un enfant curieux qui apprend et qui détecte
Les trésors enfouis dans le vieux grenier avec émoi
L’amour se trouvant dans son coeur pour la Terre entière
L’envie de tout savoir de l’intérieur d’une pierre.
Ceux qui ont eu la chance de revenir d’un coma
Après leur passage de l’autre côté de la vie
Parlent tous de l’importance d’offrir son coeur ici
Maintenant et toujours, en ouvrant nos yeux et nos bras


Mon ami, crois-tu au bel amour de ton étoile ?
Elle te parle tout bas et te suit fidèlement
Sans fin elle te protège par-delà le voile
Qui empêche les humains de lire le firmament.
Elle est la source de ta vie et te prend par la main
Pour t’emmener vers l’espoir, le plus fleuri des jardins
Te donnant sa lumière et le courage d’avancer
Sur ce long chemin qui te mène au palais de l’Amour
Celui pour lequel tous les êtres s’enchantent un jour
Cet arc-en-ciel qui entoure l’Univers de ses clés




1993____________________________________________________




CORDÉE D'ANGE_____________


Attrape la corde de mon âme
Mon ange
Et attache-la en croix
À l’étoile blanche
Qui trace ma vie
Comme une charrue
Dans les lourds sillons
De mon sang lacté
Déposé en pluie d’or
Sur mon front serein
Ridé de lumière


Attrape la corde de mon âme
Mon ange
Et passe-la moi autour du coeur
Je te suivrai sur les chemins
Du sentier court
Et escarpé
Comme un âne sacré
En route vers les sommets
De l’absolu
Suivant son guide
Pas à pas fidèlement


Attrape la corde de mon âme
Mon ange
Et accorde-la en joie
À l’orchestre divin
Afin que le violon de mon coeur
Gomme la tristesse
Qui l’envahit parfois
Comme un nuage nostalgique
De l’harmonie céleste
Qui règne parmi les anges
Et entre les hommes sages


1995________________________________________________



LE PAIN DES ANGES_________________________


Dédié à mes amis musiciens et compagnons de concert :
François Bourbon, accordéoniste,
Lucien Foucart et Jérôme Chartier, guitaristes,
Yves Crosat-Mestrallet : orgue et accordéon




Le pain des Anges
C’est la main bleue
Que tu tends
À celui qui a faim
C’est le sourire offert
Au coeur blessé
Décapité


Le pain des Anges
Ce sont les larmes
Qui coulent en dedans
Devant la souffrance éperdue
Des femmes violées
Par la folie de vils soldats
En rut de vengeance ethnique


Le pain des Anges
C’est le chant qui s’élève
Au coeur de la forêt
Pour que tous les troncs du monde
Se transforment en arbres à pain
Afin que chacun mange
À sa faim


Le pain des Anges
C’est cette musique céleste
Sortie tout droit de l’océan
Pour bercer tous les enfants
Ceux qui prient et ceux qui rêvent
Ceux qui rient et ceux qui souffrent
Ceux qui ne veulent plus manger


Le pain des Anges
C’est ton âme dans mes yeux
Lorsqu’elle brille de joie
D’amitié, de partage
Quand nos doigts de couleur
Pointent avec rage
Vers l’horizon de l’espoir


Le pain des Anges
C’est la flamme dans vos yeux
Vieillards et tous les ancêtres
Fiers d’être antiques et vrais
Cheveux blancs et gris d’argent
Cette crinière qui s’élève
En drapeau d’humanité


Le pain des Anges
C’est la harpe et le violon
La guitare, l’accordéon
Le chant du Paradis
Au jardin des exclus
Car ceux qui n’ont rien
Ont soif de nourriture céleste


1996_______________________




HOUX
D'AMOUR________________________




Marie ma joie
à tes pieds
je dépose mon houx
la haine incrustée
dans les gènes
d’un autrui collé
à mon âme



Marie ma vie
à tes pieds
je dépose mon gui
boules d’étoiles accrochées
à l’âme des saints
sève d’un chêne
jailli de l’amour



Marie ma paix
à tes pieds
je dépose mon lierre
en couronnes d’espoir
accouru du désert
pour clamer à la terre
le courage des anges




1995___________________________________






PAROLE
D'ANGE____________________




Lorsque tu vas sur le chemin
et que tout bascule

Lorsque tu croises le diable
derrière les barreaux d’une secte

Lorsque tu songes à mourir
pour t’échapper de prison

Lorsque tu pleures des larmes de sang
devant la haine éclatée

Lorsque tu cries devant les forêts mortes
et que le silence revient en écho

Lorsque tu vois la mer qui monte
à cause d’une pollution admise

Lorsque tu marches dans le cimetière
de tes amis emportés par le sida

Lorsque tu cours vers celle qui est partie
parce que le cancer a pris son âme

Lorsque tu penses à l’enfant violé
qui sommeille en ton passé intérieur

Lorsque ton être est déchiré
par la mort de ton enfant



Regarde le ciel et
suspends-y tes ailes____________________ (8 Mars 1996-Jour de la Femme)







ACCOUCHER
DE SOI-MÊME___________




Accoucher de soi-même
Comme on accouche d’une étoile
C’est l’histoire du monde
À l’échelle d’une fourmi
Car la fourmi est un monde
Qui accouche d’une échelle
Pour grimper jusqu’au firmament


Accoucher de soi-même
Comme on accouche d’une échelle
C’est l’histoire du monde
En balance avec lui-même
Car lui-même est un monde
Qui accouche d’une balance
Pour rester en équilibre


Accoucher de soi-même
Comme on accouche d’une balance
C’est l’histoire du monde
Qui a le compas dans l’oeil du soleil
Car le soleil est un monde
Qui accouche d’un compas
Pour tout arrondir


Accoucher de soi-même
Comme on accouche d’un compas
C’est l’histoire du monde
Qui cherche l’équerre de la croix
Car la croix est un monde
Qui accouche de la souffrance
Pour atteindre l’Amour



1995___________________________________






TRINITÉ SOUFIE__________________________





1. À la tombée du jour




Allah tombé du jour
je renais en Toi
comme un papillon
découvrant les couleurs
de l’Aurore en lui


Allah tombé du jour
je fusionne en Toi
au coeur de ma nuit
où tu es là me portant
le trésor de ta solitude


Allah tombé du jour
je ressuscite en Toi
par tes mains qui s’ouvrent
dans le lotus de mon âme
qui prie sur le tapis du Ciel






2. À la grâce de Dieu


Allah Grâce de Dieu
Éclaire les hommes
Et ne les laisse pas se battre
En ton nom d’infini

Allah Grâce de Dieu
Éclaire notre monde
Et ne permets pas que les fleurs
Meurent sous le feu des balles

Allah Grâce de Dieu
Éclaire les mosquées
Et n’empêche pas les femmes
De prier devant ta flamme

Allah Grâce de Dieu
Éclaire mes frères
Et ne punis pas leurs égarements
Dans l’indulgence de ta clémence

Allah Grâce de Dieu
Éclaire la Terre
Et ne détruis pas notre espérance
Lorsque ta lampe brûle de colère

Allah Grâce de Dieu
Éclaire nos coeurs
Et ne nous laisse pas dans l’insolence
D’avoir croqué l’indifférence

Allah Grâce de Dieu
Éclaire l’avenir
Et sème en nos âmes
L’amour de l’unique lumière


Celle qui brille dans les yeux
Des enfants venus au monde
À la grâce de Dieu




3. Allah pointe de mon épée



Jamais Allah pointe de mon épée
Tu n’iras me perçant le coeur
Mais toujours à la pointe de mon archet
Tu iras me blessant d’harmonie
Blessure d’amour
Départ du vieil homme
Qui meurt en moi
Revit la Joie


Jamais Allah cime des arbres
Tu n’iras me berçant d’espoir
Mais toujours à la cime de mon âme
Tu iras me chantant l’Amour
Chant de la Paix
Naissance d’un tronc
Qui vibre en moi
Revit la Foi


Jamais Allah croisée des chemins
Tu n’iras me promettant la lune
Mais toujours à la croisée de nos routes
Tu iras me guidant vers la Croix
Dans cette voie de l’unité
Où le Fils rejoint Dieu
Où tout vient du Père
Et retourne à Lui



Voie de l’Islam
Ouverte à ses soeurs
Où tout vient du Père
Mère infinie de toutes choses





____________________________________________1995



GUÉRISON
INTÉRIEURE___________






Pour guérir de la peine d’un amour sans sursis
En voilant mes deux iris j’ai expiré trois fois
J’ai ouvert ma poitrine et mon coeur en est sorti
Je l’ai lancé dans le cosmos de toute ma foi
L’Éternel a placé dedans mille tendresses
Il y a semé dix mille délicatesses
Lorsque mon nouveau coeur est revenu en son sein
Il était ciselé comme un pur diamant d’amour
Sa brisure s’était évanouie pour toujours
Et j’y ai fait entrer tous ceux que j’aime sans fin



Pour guérir de mille blessures non refermées
En chantant j’ai tout écrit sur une falaise
Puis j’ai pris un marteau blanc et j’ai tout fracassé
J’ai mis dans un voile ces morceaux de malaise
Et j’ai construit un bateau sauvé du naufrage
Pour rencontrer des peuples aux contes sages
Je leur ai parlé de paix et de fraternité
Puis au coeur du Pacifique j’ai jeté mon sac
Toutes mes blessures enfouies au fond du ressac
Et tous les pays m’ont parlé de joie, d’amitié



L’âme toute emplie de fleurs partagées et d’amour
Je suis rentrée sur la plage de la falaise
Et j’ai pleuré sur le sable tout au long du jour
Car des centaines de dessins d’enfants en glaise
Décoraient cet endroit où j’avais gravé mes plaies
Bien plus tard je suis remontée près de la forêt
Et me suis endormie dans l’immense clairière
Le soleil m’a prise dans ses bras pour m’emmener
Sur des terres d’avenir semées d’éternité
À travers le chant infini d’une rivière



Cette rivière sacrée coule en chacun de nous
Elle est celle de notre imagination fleurie
Elle peut réaliser nos rêves les plus fous
Ceux de retrouver la santé, la joie et la vie
En créant ses propres lois, en trouvant son maître
Celui qui se cache en nous et que l’on regrette
Lorsque l’on a l’impression qu’il nous abandonne
En fait il est toujours là, mais devant nos portes
Il attend patiemment que notre ardeur soit forte
Pour détruire le son d’un seul mur qui résonne






__________________Ce poème est inspiré de la pratique par l’auteur de deux exercices de visualisations appelés “l’autre coeur” et “l’Odyssée” proposés par l’ouvrage “Visualisations de guérison/Le pouvoir de votre imagination au service de votre santé” du Docteur Epstein (paru aux éditions Jouvence-Eau de Jouvence).

“Faites de vos problèmes le point de départ de votre transformation.
Utilisez la visualisation pour vous aider à devenir votre propre maître.
Laissez vos croyances créer vos expériences et dites oui à la vie.”
Docteur Gérard Epstein






FEU CHRISTIQUE__________________________



Un jour le Soleil est venu
Sa main a traversé mon coeur
Puis Il a mis mon âme à nu
Et il m’a laissé le bonheur


Il m’a donné un grain de feu
Me disant : “Cultive-le bien”
Avec un rire si radieux
Que je ne pensais plus à rien


Enfin Il m’a parlé tout bas
Pour me confier un grand secret
Comment replanter ce feu-là
Sans incendier mille forêts


J’ai jardiné cette flamme
Seuls la devinaient les enfants
Par les portes de leur âme
Lorsque nous semions des chansons


Je leur ai offert des germes
Leur ai confié la formule
De l’Amour contre la haine
Puis du Pardon qui annule


Dans l’amour d’une personne
D’un dieu ou d’une musique
C’est l’Esprit Saint qui nous donne
De sa lumière magique


À nous de garder son ardeur
Pour l’accueillir dans le monde
Afin de chasser le malheur
À des joules à la ronde


Que nos coeurs soient emplis d’amour
De Solidarité, de Paix
Que la rancune d’anciens jours
Soit effacée à tout jamais


Un jour vous verrez son Rire
Il aime sentir notre joie
Et lorsqu’Il reçoit nos soupirs
Il nous offre les clés de la Foi


Un jour vous viendrez vers son Feu
Car Il attend votre Flamme
Et vous danserez avec Dieu
Dans le soleil de votre Âme





____________________________écrit le jour du Vendredi Saint____________





ATHÉE BOUILLANT________________

Dédié à Christian, Stéphane,
Emmanuelle et tous les athées






Tu ne penses pas
Qu’il y ait un Dieu
Pourtant je le crois
Tu portes son feu

Tu es sincère
Lorsque tu aides
Et pour tes frères
Toujours tu plaides

Tu sembles si bon
Les traits généreux
Immense lagon
Ta belle âme est bleue

Lorsque tu grognes
C’est qu’elle est rouge
Tu es en rogne
Car nul ne bouge

Tu te renfermes
Lorsque tes yeux voient
Que des gens aiment
Qu’un vieux noir se noie

Non tu ne crois plus
Aux êtres humains
Car tu as trop vu
Arracher des mains

Pourtant tu repars
Tu es sûr qu’un rien
Qu’un seul beau regard
Peut faire du bien

Tu as conscience
De votre force
Dans la clémence
D’un coeur féroce

Toujours tu te bats
Tel un sage indien
Pour qu’une vraie joie
Règne sur les tiens

Puis tu ripostes
Face au sombre mal
Que certains postent
Comme des chacals

À jamais là-haut
Dieu te chérira
Car son fier cadeau
C’est ta vie en bas

Tu portes son feu
Au tréfonds de toi
Et tu es si preux
Comme un nouveau roi

Demeure bouillant
Ne sois pas tiède
Toi l’athée fringuant
Ne sois pas raide

Dieu grandit en toi
Fleur de silence
En toi Il a foi
De confidences



1993________________________________________________________









LOUP-ANGE D'HUMANITÉ____________________ À Onoée






Le loup n’est pas un loup
Pour son frère loup
Mais l’homme peut être loup
Pour son propre frère


Qui était donc ce loup
Mangeant la grand-mère
Rouge de sang dans le lit
Si ce n’est l’homme


Le vrai loup, lui
Était dans la forêt
Comme le vrai homme :
Celui qui n’est pas
Un loup pour autrui


Cet homme vit dans l’aura
D’un hêtre droit
Fier et intègre
Ange d’humanité


Cet ange vit de sagesse
Il attend au bord des villes
Ni impatient ni désolé
Loup-ange de liberté


Il attend simplement
Que les loups soient libres
Dans le coeur des hommes
Pour que l’Homme soit Ange


Ange d’humanité
Loin des guerres et loin des crimes
Ange de liberté
Celle de pouvoir choisir d’aimer


Il attendra des années
Mais un jour les loups captifs
Prendront leur envol
Car les hommes auront des ailes


Cependant “qui fait l’ange
Fait la bête”
Mais être ange sans faire semblant
C’est louer l’humanité


Loup-ange d’espérance
Au coeur de la bonté
Confiance aveugle en l’Homme
C’est le cadeau des cieux


Ne chutez pas, mes frères
Ange veut dire “messager”
Alors messagers de Paix
Relèverez-vous le pari être-ange ?




1996___________________________________________________





LES DIX DOIGTS DE L'ARCHER DIVIN_________________________





L’AUTHENTICITÉ dévoile l’âme du violon
La SIMPLICITÉ discrètement donne le La
La SOLIDARITÉ propose d’unir nos sons
La FRATERNITÉ nous demande d’ouvrir les bras
Pour que la BONTÉ puisse jaillir dans tous les coeurs
Et que l’UNITÉ éclose en une mer de fleurs
Dans l’AMITIÉ de milliards d’oiseaux en partance
Vers la TÉNACITÉ d’un bel orchestre d’enfants
Jouant avec HUMILITÉ l’air doux du Printemps
À travers la PURETÉ d’un chant d’espérance


L’AUTHENTICITÉ nous siffle le coup de l’envoi
La SIMPLICITÉ court en longues marches à pied
La SOLIDARITÉ ouvre de nouvelles voies
La FRATERNITÉ exulte dans toute mêlée
Et la BONTÉ se lit sur les visages sportifs
À travers l’UNITÉ qui fait rentrer les griffes
Grâce à l’AMITIÉ qui pagaie sur les eaux vives
Dans la TÉNACITÉ d’un cycliste montagnard
Pédalant avec HUMILITÉ sans nul écart
Vers la PURETÉ d’un nageur aimant la rive


L’AUTHENTICITÉ se voit dans l’âme de l’archer
La SIMPLICITÉ s’épanouit au coeur de l’art
De la SOLIDARITÉ des deux yeux concentrés
Vers la FRATERNITÉ d’une flèche et d’un regard
La BONTÉ frémit alors devant cette cible
En qui l’UNITÉ des âmes devient possible
Forgeant l’AMITIÉ loin des guerres incapables
Grâce à la TÉNACITÉ d’une paix solide
Brisant avec HUMILITÉ tous les bolides
PURETÉ d’une flèche fuyant les palabres





1993____________________________



“La terre ouvre
son corps
de mère
à l’enfant.”

Pierre Hugonnard
(“L’Amour tue”-Cairn éditions)

________________________



CELLULE
D'ESPOIR______________


Elle n’était pas grande
La joie de ce matin-là
Mais elle a accouché du soleil
Et je l’ai prise dans mes bras



Elle n’était pas grande
La vie de mon frère souffrant
Mais elle s’est épanouie d’espoir
Et je l’ai prise dans mon coeur



Elle n’était pas grande
La foi de ma soeur en larmes
Mais elle a chanté de joie
Et je l’ai prise en mon âme



Elle n’était pas grande
La paix de ma mère la Terre
Mais elle m’a embrassée
Et j’ai pleuré d’amour




1995____________________________________________________




PANDA
MENACÉ_____________



Notre bel ami le panda
Tu es tellement mystérieux
Végétarien au fond des yeux
Jadis était-ce vraiment toi
Le plus grand chasseur de ces bois ?
Tu nous transmets un mystère
Mangeur de bambous en terre

Tu as peut-être découvert
Le grand secret des étoiles
Quand elles prennent le voile
En déversant mille larmes
À chaque fois que les armes
Les fusils, les chars ou les crocs
Font couler au ciel le sang chaud

Nous devons te sauvegarder
Car ton espèce disparaît
Sur notre planète meurtrie
En détenteurs d’humanité
Vous avez choisi à jamais
De ne plus arracher l’esprit
Aux existences établies

Lorsque Losan la bergère
Se sacrifia pour le bébé
De ton arrière-grand-mère
En combattant même blessée
Contre un énorme léopard
Tous tes ancêtres pleurèrent
En un immense cercle noir

C’est depuis cette époque-là
Que les yeux rieurs des pandas
Sont toujours cerclés par un rond
Sur lequel la vie fait le pont
Avec ultime tendresse
Pour une femme tigresse
Qui adorait ton espèce________________________




LA TERRE
ET LA COLOMBE_____________



Ne me dites pas
Qu’un jour la Terre
Se retrouvera
Sans ciel bleu ni mers
Comme un grand ara
Dans sa volière
Ne me dites pas
Que sans colère
Elle survivra

Car je le sais
Dans ton grand tour
Si tu croisais
L’oiseau d’amour
Tu lui dirais :
“Renais toujours
Ne meurs jamais
Et suis ton cours
Fleuve de paix

Comme un éclair
Qui luit en mai
Écarte l’air
Et reste gai
Sans être amer
Devant les faits
De cent guerres
Cancers secrets
À extraire !”

Or cet oiseau
Tu l’as trouvé
Un jour sur l’eau
L’âme blessée
Sans dire un mot
Tu l’as chargé
Du fier rameau
D’un olivier
Sans oripeau

L’oiseau d’amour
Est dans nos coeurs
Et son parcours
Fuit les malheurs
Que les gens lourds
Dans leurs erreurs
Créent alentour
Dans le labeur
D’un monde sourd

L’oiseau en pleurs
Nous aime tous
Il sait l’heure
De la mousse
Et il a peur
Qu’elle pousse
Et que tout meurt
Privé de fleurs
Pollutions, peurs

Il sait très bien :
Tu crieras tard
Brisant tes liens
Même en retard
Et les terriens
Verront le fard
D’un air de rien
Brisant le dard
De vils vauriens

Nous revivrons
Toi ma Terre
Feras le pont
La charnière
Sur ton dos rond
En colère
Dans tes vallons
Au coeur des mers
Et des lagons



1990________________________________________






AU CIMETIÈRE
DES ARBRES________________________________



Qui massacra le si bel hêtre de ma mère
Couronnant de son vert tendre l’azur du grand lac
Et qui fit tomber le bouleau d’or de mon père ?


Tous les arbres coupés revivront-ils à Pâques ?
En Amazonie ils meurent seuls et sans un cri
Or les anges au paradis pleurent en ressac


Ils tombent sur le côté comme des corps sans vie
Souffrant en silence de perdre la lumière
Et priant pour que les hommes cessent leur folie


Dans l’avenir si la Terre se trouvait sans air
Alors que les forêts grandissent au paradis
Aurions-nous le temps de reboiser tous nos déserts ?


Janvier 1993___________________________________





JACINTHE_______________


(Écrit à l’âge de douze ans)



Il était une jacinthe
Sous le grand saule pleureur
Il était une fleur mauve
Se berçant dans le vent


C’était une belle fleur
Qui jouait avec Zéphyr
Elle disait : “Je suis le vent doux”
Elle riait : “Je suis l’herbe fraîche”


Et elle se secouait
Et elle resplendissait
Douce comme son ami Zéphyr
Fraîche comme l’herbe verte


Et quand elle mourut
Personne ne la pleura
Elle était restée dans le vent
Elle était restée dans l’herbe fraîche



________________





LA VRAIE COULEUR
DE LA MER_____________________


“C’est au fond des océans
que se joue notre avenir et celui de tous les êtres vivants.”
Le Commandant Cousteau




Joli dauphin blanc Bélouga
Nage en paix près de ta mère
Nous méditons pour le combat
Qui devra sauver la Terre

Crois-moi tu ne t’éteindras pas
À cause d’infâmes traîtres
Non ce n’est pas dans l’Au-delà
Que nous voulons te connaître

En mille-neuf-cent soixante-dix
Le Canada s’est arrêté
De pourchasser les corps lisses
De ton espèce sacrifiée

Ils trouvaient “trop de mercure”
Dans votre chair de bélougas
Devenus sales et impurs
Comme d’horribles renégats

Malgré la paix, la pollution
Poursuit le massacre affreux
Les dauphins meurent sous les ponts
Ils agonisent sous nos yeux

Peut-on voir la mort sans peine
De quatre-vingt-huit baleines
L’estuaire du Saint-Laurent
Les a enterrées en cinq ans

Durant neuf mois huit cent dauphins
Se sont tous échoués à l’est
Des États-Unis en reste
Pourquoi ? Personne n’en sait rien !

Tous ces drames se sont passés
Au coeur des années quatre-vingt
Les corps froids ont été testés
Pour découvrir leur assassin

On trouva quelques infections
On parla de “marée rouge”
Mais trop peu de la pollution
Elle n’attend pas qu’on bouge

Elle avance comme un soldat
Sur le front de la planète
Si personne ne l’arrête
Elle risque de prendre le pas

Bannissons les vils DDT
Et tous les déchets toxiques
Car sinon comment éviter
La course catastrophique ?

Sommes-nous condamnés à voir
Les doux marsouins disparaître
Dans l’enfer d’une mer noire
Comme on le laisse paraître

Des espèces sont menacées
Des coeurs humains s’en sont émus
Il nous reste bien peu d’années
Pour arrêter la mort en crue

Puissent les puissants du monde
Présidents, rois et PDG
Se pencher sur l’or des ondes
Bien loin des sombres pétroliers

Que les enfants puissent vivre
Des lendemains faits d’outre-mer
Sans regretter dans les livres
La vraie couleur de notre mer




1993___________________________________________________



Commentaires

votre message d'amour ce super

Écrit par : tony | 22/08/2008

J'admire la beauté de ces poésies...

Écrit par : MATHIEU | 26/10/2011

Merci, Chloé, pour cette belle énergie déployée à travers les mots de la poésie. et merci de la partager.
Jacques Mayoud, fils de Renée Mayoud ("Qu'importe d'où l'on vient...")

Écrit par : Jacques Mayoud | 04/06/2012

Merci Jacques MAYOUD, pour votre mot qui m'a touchée. La chanson de votre maman, je l'ai encore apprise dernièrement aux enfants de la Villeneuve pour la rencontre du 1er juin 2012, à l'occasion des 40 ans de la Villeneuve de Grenoble, où cette chanson a été reprise par toutes les classes présentes, ainsi que par les habitants.

QU'IMPORTE D'OÙ L'ON VIENT, D'OÙ L'ON VIENT
POUR DEVENIR AMIS, DES AMIS
POUR INVENTER DEMAIN, OUI DEMAIN
ET FAIRE CHANTER LA VIE, AUJOURD'HUI !

Écrit par : Chloé Laroche | 22/06/2012

Les commentaires sont fermés.

 
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