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17/09/2008

Mon hommage à Emmanuel Multeddo, instituteur assassiné à Bastia en Corse en se rendant dans la classe où l'attendaient ses jeunes élèves.

 

Aujourd'hui, à Bastia, il y a une marche silencieuse. 

Aujourd'hui, en Corse, la colère ronge les coeurs et des enfants n'ont plus d'instituteur.

Ils pleurent Emmanuel Multeddo, leur professeur des écoles, assassiné d'une balle en plein coeur, en se rendant dans sa classe de CM2.

Mn_64a.jpgPersonne ne sait qui a commis cet acte odieux.

Personne ne sait pourquoi Emmanuel a été tué.

Cet homme a deux enfants qui pleurent un père.

Toute une classe le pleure, orpheline de leur maître aimé, bien-aimé.

Musicien et guitariste, il savait les emmener au pays des rêves, les faire danser et chanter, venu des étoiles avec un morceau de bois enchanté.

Musicien et homme de spectacle, tu savais enchanter les enfants qui adoraient faire du théâtre avec toi. Ton sourire savait encourager chacun à montrer ses talents cachés et à donner le meilleur de soi.

Mn_12b.jpgJe voudrais dire ici que le métier d'instituteur est un merveilleux métier mais difficile aussi. Emmanuel avait cette passion qui fait qu'un professeur a tant de coeur pour s'occuper d'une classe entière qu'il arrive à dépasser les difficultés d'éducation, les problèmes d'autorité, le travail de préparation énorme dans ce métier, la prise en charge de vingt-cinq à trente enfants alors que certains parents en ont déjà assez d'un.Mn_47.jpg

 

Emmanuel, rejoins le pays des rêves avec ta guitare et joue pour les étoiles et les petits anges.

Personne ne t'oubliera et ton meurtrier sera retrouvé.

Que tes deux filles soient réconfortées, que ta compagne soit entourée et que tous les tiens soient sûrs que la France et le monde entier sont émus de ton départ, toi qui remplissais ton rôle d'enseignant avec autant de coeur.

Sincèrement,

Chloé Laroche

 

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Commentaires

Le soldat, l'ouvrier et le maître.

Il était une fois un royaume sur lequel régnait sans partage un petit Roi. Juché sur ses talonnettes, le petit Roi demandait à ses sujets de travailler plus pour vivre mieux quitte à se tuer au travail. Et ce qui devait arriver arriva. Trois de ses sujets ont été tués dans leur travail. L'un était soldat, l'autre ouvrier et le troisième maître d'école. Le soldat et l'ouvrier étaient nés dans l'île Intense, l'ouvrier travaillait dans l'île des Francs et le maître travaillait dans l'île de Beauté. 

Comme tous les soldats, le soldat fut un jour envoyé à la guerre au pays des Barbus par le petit Roi aux ordres de l'Empereur du Monde. Son métier était de tuer les ennemis, mais en prenant le risque d'être tué à son tour. Et c'est ce qui arriva, hélas. Le petit Roi qui l'avait envoyé au combat sentit tout l'avantage qu'il pouvait retirer de ce drame. Aussi, chapelle ardente au pays des Barbus, obsèques nationales près du tombeau de feu l'Empereur des Francs et funérailles dans l'île Intense. furent organisées sous la houlette du petit Roi. Il paraît même que le porte-mitre de l'île Intense se déplaça pour l'occasion…Et les gazettes de France et de Navarre furent remplies de sanglots plus hypocrites les uns que les autres sur la mort du petit soldat. 

Quelques jours plus tard, un ouvrier, natif de l'île Intense, comme le soldat, périt lui aussi dans un accident du travail. Mais comme il ne tuait personne et oeuvrait dans les sous-sols obscurs de l'île des Francs, sa mort n'intéressa point le petit Roi. Il ne pipa mot. Pas de chapelle ardente, encore moins d'obsèques nationales mais une montagne de complications pour faire venir reposer son corps dans son île natale.

Pendant le même été boréal, un maître d'école se rendait au travail pour éduquer des enfants de l'île de Beauté. Mal lui en prit, car les Cagoulés veillaient et le firent vite passer de vie à trépas. Les Cagoulés ne sont pas inquiétés par les soldats du petit Roi car ils ont carte blanche pour animer l'île de Beauté… à condition de respecter les courtisans du petit Roi. Que croyez-vous qu'il se passât pour le défunt maître d'école ? Point de chapelle ardente, point d'obsèques nationales. On subodore que ce triste individu qui osait faire métier d'éduquer les enfants a été inhumé quelque part, mais les gazettes furent muettes sur un sujet aussi méprisable. Le petit Roi se tint tout aussi coi cette fois.
Moralité ? Mais non, il n'y a pas de moralité au royaume du petit Roi.


Charles Durand - Le Brûlé - Saint-Denis

N.B. : toute ressemblance avec des faits, des personnes ou des lieux existants ou ayant existé ne peut être que fortuite.

Ecrit par : durand | 01.10.2008

 

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Le soldat, l'ouvrier et le maître.

Il était une fois un royaume sur lequel régnait sans partage un petit Roi. Juché sur ses talonnettes, le petit Roi demandait à ses sujets de travailler plus pour vivre mieux quitte à se tuer au travail. Et ce qui devait arriver arriva. Trois de ses sujets ont été tués dans leur travail. L'un était soldat, l'autre ouvrier et le troisième maître d'école. Le soldat et l'ouvrier étaient nés dans l'île Intense, l'ouvrier travaillait dans l'île des Francs et le maître travaillait dans l'île de Beauté.
Comme tous les soldats, le soldat fut un jour envoyé à la guerre au pays des Barbus par le petit Roi aux ordres de l'Empereur du Monde. Son métier était de tuer les ennemis, mais en prenant le risque d'être tué à son tour. Et c'est ce qui arriva, hélas. Le petit Roi qui l'avait envoyé au combat sentit tout l'avantage qu'il pouvait retirer de ce drame. Aussi, chapelle ardente au pays des Barbus, obsèques nationales près du tombeau de feu l'Empereur des Francs et funérailles dans l'île Intense. furent organisées sous la houlette du petit Roi. Il paraît même que le porte-mitre de l'île Intense se déplaça pour l'occasion…Et les gazettes de France et de Navarre furent remplies de sanglots plus hypocrites les uns que les autres sur la mort du petit soldat.
Quelques jours plus tard, un ouvrier, natif de l'île Intense, comme le soldat, périt lui aussi dans un accident du travail. Mais comme il ne tuait personne et oeuvrait dans les sous-sols obscurs de l'île des Francs, sa mort n'intéressa point le petit Roi. Il ne pipa mot. Pas de chapelle ardente, encore moins d'obsèques nationales mais une montagne de complications pour faire venir reposer son corps dans son île natale.
Pendant le même été boréal, un maître d'école se rendait au travail pour éduquer des enfants de l'île de Beauté. Mal lui en prit, car les Cagoulés veillaient et le firent vite passer de vie à trépas. Les Cagoulés ne sont pas inquiétés par les soldats du petit Roi car ils ont carte blanche pour animer l'île de Beauté…à condition de respecter les courtisans du petit Roi. Que croyez-vous qu'il se passât pour le défunt maître d'école ? Point de chapelle ardente, point d'obsèques nationales. On subodore que ce triste individu qui osait faire métier d'éduquer les enfants a été inhumé quelque part, mais les gazettes furent muettes sur un sujet aussi méprisable. Le petit Roi se tint tout aussi coi cette fois.
Moralité ? Mais non, il n'y a pas de moralité au royaume du petit Roi


Charles Durand - Le Brûlé - Saint-Denis

N.B. : toute ressemblance avec des faits, des personnes ou des lieux existants ou ayant existé ne peut être que fortuite.

Écrit par : durand | 01/10/2008

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