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12/12/2008

Je souhaite offrir cette histoire pour toutes les mamans et les papas en cet attente de Noël. Pour le bonheur de tous les enfants du monde. Parentalité et sérénité.

 

ange_berceau.jpgTrois Aigles

pour une mère

à  Chalais___________________________

 

Conte de Chloé Laroche pour tous les pères et les mères du monde. Pour les mères qui ont peur d'être mère, pour celles qui veulent être mère toute seule, pour celles qui attendent un enfant et celles qui n'arrivent pas à aimer le leur. Pour les papas qui se sentent mis à l'écart, pour ceux qui ont peur d'être père, pour ceux qui voudraient comprendre les réactions de désarroi de leur femme devenue mère.

 

 

Mn_30.jpgDans l’église de Chalais,  le silence fut rompu.  Une femme était entrée en pleurant. Elle s’assit sur les derniers bancs, loin derrière Sogyal et Maréva. C’était une femme enceinte. Sans se concerter, le couple en recueillement se mit à prier pour cette âme en souffrance. Le choeur vit un rayon de soleil se poser sur les murs en pierre dépouillée. La corde de la cloche vibrait doucement, comme si des ailes invisibles indiquait l’arrivée d’un ange voulant devenir être humain. La montagne proche ne disait mot. La Chartreuse était muette. Seules les moniales laissaient imaginer la neige immaculée des cimes de l’hiver tombant sur les arbres centenaires de leur parc.Mn_1.jpg

Au bout d’un moment, la femme en pleurs s’approcha d’eux et demanda à Maréva si elle avait un mouchoir ; Maréva avait un petit carré en soie rose hérité de sa grand-mère couturière ; elle le sortit de son sac et le donna à la jeune maman qui s’essuya les yeux avec vigueur.

Celle-ci la remercia et lui dit :

-Vous savez, je vis une situation très difficile... J’ai besoin de me confier et j’ai envie d’en parler avec vous. Vous me paraissez très gentille et capable aussi de m’apporter un début de réponse. Voulez-vous marcher dehors un moment avec moi ?”

Maréva aussitôt se leva et accepta d’accompagner la jeune femme à l’extérieur, laissant un baiser de rose sur les lèvres de Sogyal qui demeura en prière dans l’église.

Les montagnes étaient belles, imposantes de légèreté tranquille, comme si leur sort pesait moins lourd que la destinée des humains.

-Comment vous appelez-vous  ?” demanda Maréva à son interlocutrice.

-Mon nom est Galathée. Je suis en réalité très bouleversée car je vais subir un avortement. J’attends un bébé dont j’ai peur de devoir assumer la vie seule, son père m’ayant abandonnée. J’ai peur aussi de prendre une décision que je regretterai ensuite. J’ai une amie qui a subi deux avortements assez jeune et qui, quinze après, reconnaît que cela pèse très lourd dans sa vie, dans son ventre, au plus profond d’elle-même. Je ne sais que faire. Comment pourrais-je élever seule cet enfant... Vous en avez, vous, des enfants ?”

ange_ange_nuage2.jpgMaréva sourit tristement et dit : “J’ai un fils au ciel. Il s’appelle Coranit . Il a pris un virus. Son médecin a cru d’abord que c’était une forte grippe. Mais c’était un virus mortel que la médecine d’aujourd’hui n’arrive pas à arrêter, même détecté tout de suite...

-Mais c’est horrible ! Je suis désolée pour vous... Vraiment désolée. Et moi qui vient vous parler d’avortement ! Non, je préfère vous laisser tranquille...

-Galathée, je vous en prie, restez. Je souffre, mais la souffrance que vous ressentez, je la ressens aussi, car vous êtes maman déjà dans votre coeur. Asseyons-nous ici, près de cet arbre, sur le banc. Je vais vous raconter une histoire... Votre bébé aussi écoute. C’est un conte qui m’est venu un jour pour une amie. Écoutez.

 

Il était une fois une jeune fille qui avait soif d’amour. Elle ne mangeait presque rien ; elle avait seulement besoin d’amour ; elle avait besoin de l’eau fraîche et limpide de l’amour. Or ses parents s’inquiétaient beaucoup parce qu’elle ne mangeait presque plus.

Elle était triste aussi, car elle ne trouvait pas tout l’amour dont elle avait besoin pour survivre. Ses parents avaient cultivé pour elle un grand jardin, mais ce qu’elle attendait, c’était un océan d’amour, un immense parc verdoyant sans palissades et sans tondeuses à gazon.

Enfin un jour, elle rencontra un garçon qui versa dans son coeur des torrents de bonheur ; elle crut trouver en lui une source d’amour infini et elle souhaita lui donner ce qu’une femme peut donner de plus précieux à un homme : un enfant.ange_ange_fleur3.jpg

Mais lorsque le jeune homme apprit que la jeune femme était enceinte de lui, il s’échappa de sa vie, comme une rivière de son lit. Cela créa de terribles inondations dans le coeur de sa compagne, qui ne voulut plus garder son enfant ; dans le fond de son âme, elle le rejetait... comme s’il était la cause du tarissement de sa source d’amour... comme si elle n’était plus capable d’aimer.

C’est alors qu’elle alla voir le vieux sage de la tribu afin de lui parler de son désir de ne pas poursuivre sa grossesse. Elle lui parla d’avortement, d’interruption, de soulagement, de déception, de découragement...

ange_art_ange.jpgLe vieil homme hocha la tête et lui dit : “Cet enfant est le fruit de l’Arbre de Vie ; il est la fleur de deux branches, le lac de deux rivières. Même si une des deux rivières s’écarte de son lit, comme l’a fait le père de ton enfant, le lac continue d’exister ! Ton enfant est ce lac et il existe déjà, là, au creux de ton ventre. Il est tout petit mais il vit. Il est en toi la source de tout Amour. C’est la plus belle chose qui puisse t’arriver d’avoir cet enfant. C’est la plus belle des créations... C’est comme si, d’un coup de baguette magique, tu étais la fée qui fait jaillir de terre une source qui deviendra rivière, torrent ou océan. Cet enfant aura pour toi l’amour infini dont ton âme a besoin. Il ne te trahira jamais, sauf, bien sûr, si tu dévies le cours de sa vie... Un torrent qu’on essaye d’endiguer peut parfois créer des surprises ! Mais tu sauras donner à ton enfant tout l’amour de la Terre, pour que sa vie puisse s’écouler dans la paix et la sérénité ; tu auras le respect et l’écoute de son chemin.

Il a choisi de prendre sa source en toi... Sois digne de lui donner le lit de la meilleure des rivières. Mais ne tarit pas cette source, non ! Ne la détruit pas ! Tu ne le regretteras jamais... et cette source deviendra un jour cet océan d’amour dont tu as tant rêvé.”

La jeune femme embrassa les genoux du vieil homme sage ; des larmes brillaient dans ses yeux... Elle décida de garder son enfant et elle fut la maman la plus heureuse du monde... et la plus comblée aussi, car en réalité, elle attendait deux enfants : une fille et un garçon, deux petites rivières qui l’aimèrent si fort tout au long de sa vie que son coeur ne fut plus jamais asséché.

Après la venue au monde des deux enfants, une fontaine d’amour intarissable avait jailli de la source de leur mère, au carrefour des chemins de la Vie.

De son coeur s’écoulaient l’eau pure de l’Espoir, le lait immaculé de la Paix, le vin doré de la Joie et l’huile verdoyante de l’Amour.

Tous les habitants de la contrée où elle vivait venaient guérir leur âme en buvant à cette source miraculeuse.

ange_ange_temple3.jpgLes femmes qui ne pouvaient pas avoir d’enfants s’y rendaient et leur rivière stérile donnait naissance à de merveilleux bébés ; les hommes qui n’avaient pas de bonnes graines pouvaient de nouveau semer ; enfin les enfants tristes d’être nés repartaient chez eux avec des myosotis, des roses, des fleurs d’églantine et du muguet plein le coeur.

Mais un jour, la source se tarit et le mince filet d’eau qui en sortait encore avait malheureusement été empoisonné. Les deux enfants de la jeune femme-fontaine s’inquiétèrent beaucoup pour la santé de leur mère, aussi décidèrent-ils d’aller voir le vieux sage de la tribu.

 

Celui-ci leur dit : “Il vous faut trouver le pommier le plus vieux de l’histoire du monde et prendre les pépins de l’un de ses fruits afin de les semer dans la source miraculeuse du coeur de votre maman. Il y a dans ces pépins le secret de la Vie et la Mémoire du monde qui guérit... Allez et trouvez cet arbre !”

Les deux enfants partirent donc et traversèrent de nombreux pays. Ils rencontrèrent des personnages étranges, des gens énigmatiques, des magiciens venus d’ailleurs...

Ainsi, une fée voulut les marier parce qu’elle souhaitait les lier à tout jamais à son domaine... mais une sorcière les sauva en les emportant sur son balai ; puis un roi voulut les enchaîner car il souhaitait leur laisser le royaume de l’amour en héritage or un lutin les sauva en les enlevant sur un âne couvert de clochettes.

Enfin, un moine voulut les enfermer, car il n’était pas convenable pour lui qu’un garçon se promène avec une fille, seuls dans la nature... à la recherche d’une pomme venue d’un paradis lointain. Heureusement, un chevalier les sauva en les enlevant sur un cheval couvert de lumière d’or.

-D’où vient cette lumière, ô Chevalier ?” demanda le garçon.

-Elle vient du pays où l’Impossible est possible”, répondit l’étrange cavalier.

-Est-ce que c’est un pays où l’on pourrait trouver le plus vieux pommier de l’histoire du monde ?

- Oui, c’est un pays où les mères isolées et les pères sans femme élèvent seuls leurs enfants, malgré les difficultés... C’est un pays où les pauvres arrivent à vivre, malgré la faim et le dénuement...

ange_ange_fleur3.jpgC’est un pays où l’on peut sauter à l’eau pour sauver quelqu’un, même si on ne sait pas nager, et où l’on peut trouver en une seconde d’éternité la force d’apprendre à nager... pour sauver celui qui se noie. C’est un pays où il est possible à tous de lutter contre l’injustice, contre l’indifférence, contre la drogue, contre la pollution, contre la violence... car chacun devient responsable au sein de sa ville, de son village, de sa famille ; chacun devient adulte devant la Vie, face à la liberté d’agir qu’elle propose... C’est un pays, enfin, où celui qui verrait des brigands proposer de la drogue à un enfant... n’hésiterait pas à foncer vers eux, laissant la main de l’impossible courage opérer son oeuvre d’amour et de justice ! Voilà le pays d’où vient la lumière d’or de ma monture !

-Pouvez-vous nous y emmener ?” lui demanda la petite fille.

-Vous pouvez y aller sans moi ! Le roi Soleil disait : “Pour venir à bout des choses, le premier pas est de les croire possibles.” Votre mère, avant votre venue au monde, a cru en votre existence et elle vous a gardés pour la vie. Mais elle est malade aujourd’hui, car il lui manque la soif qu’elle avait avant de vous accueillir : il lui manque la soif de la connaissance, il lui manque la soif d’apprendre et de redonner au monde ce qu’elle sait. Trouvez les pépins sacrés et cette soif reviendra, pour son salut.”

Alors les deux enfants s’assirent au bord d’une rivière ; ils se donnèrent la main et pensèrent très fort au pommier si précieux.

-Me voici, je suis là ! Que me voulez-vous ?” C’était un petit pommier qui les interpellait ainsi ; il était couvert de fruits rouges et appétissants.

-Tu es un arbre bien trop jeune pour nous... Nous recherchons un très vieux pommier, un pommier millénaire, le premier de tous les pommiers !

-Je le représente sur la Terre car celui que vous cherchez se trouve dans une autre dimension, en un autre temps, dans un autre monde. Vous ne pourriez pas y arriver avant très longtemps,” leur dit l’arbre. “Aussi, prenez un de mes fruits et emportez ses pépins. Ils donneront la soif d’Amour  et de Connaissance  à tous ceux qui boiront à la source de votre maman. Ils donneront aussi aux hommes et aux femmes le désir de mettre au monde des enfants... Ces parents sauront AIMER  leurs descendants et leur APPRENDRE  que le monde est grand et beau !”

C’est ainsi que la fontaine miraculeuse se remit à couler car la soif était revenue dans toute la contrée et dans le coeur de la jeune femme ; cette maman comblée devint la reine du pays où l’Impossible est possible, où l’Amour est possible jusqu’à l’impossible des limites de l’Univers et où le don de sa source intérieure est toujours possible !”

Maréva s’arrêta de parler et prit la main de la jeune femme qui pleurait doucement. Mais cette fois, c’étaient des larmes de paix et de sérénité qui s’écoulaient et non plus des larmes de peur et d’angoisse. Elles restèrent là un long moment, bercées par le battement d’un coeur d’enfant qui était heureux... car il savait désormais qu’il allait vivre.

ange_miroir.jpgL’enfant qui jouait dans le ventre de Galathée allait venir au monde. Il verrait bientôt les montagnes, le ciel, les yeux bleus de sa maman, ses cheveux blonds, ses ongles roses comme l’aurore, sa bouche de coquelicot épanoui.

Maréva, en tenant la main de Galathée, avait pensé à une de ses amies, Milka. C’était une jeune maman qui n’avait rien dit de sa maternité au propre père de son enfant. Cet homme ne savait pas que cette femme avait attendu un fils de lui ni qu’elle avait accouché ni que son enfant grandissait. Ils s’étaient rencontrés, lui et elle quelquefois, mais n’avaient jamais vécu ensemble. Ils ne se voyaient plus depuis un an et le papa ignorant ne se doutait de rien.

Un jour, Maréva envoya à Milka un conte qu’elle avait écrit pour lui exprimer l’importance qu’a un père dans la vie de son enfant. Il mériterait d’être lu par toutes les mères, par toutes les femmes, pour les pères... Voici le conte du Papa des étoiles.

---------- Un matin d’automne, une femme sut qu’elle avait un petit bébé dans son ventre mais elle ne voulut pas en parler au papa. Et puis l’enfant est arrivé ; il est né et sa mère lui a dit :

-Je suis ta maman mais tu as aussi un papa ; il n’est pas là car il est à des années-lumière de savoir que tu existes ! Mais un jour, tu le retrouveras et tu sauras que c’est lui, ton papa.”

Bien sûr, le bébé a écouté ces paroles et il les a retenues. Aussi, un soir, alors qu’il avait grandi, il demanda à sa maman :

-Papa vit sur quelle étoile ? Des années-lumières, ça fait loin... Comment faire pour le retrouver ?”

Sa mère sourit et lui dit :

-Pourquoi serait-il sur une étoile ? Il est là, tout près de toi, dans ton coeur. Appelle-le, parle-lui, dis-lui que tu l’aimes dans le secret de ton jardin et envoie-lui un signe. Il te répondra !”

Alors l’enfant alla dans un champ, cueillit le plus petit des myosotis et dit à son papa, dans l’étoile de son coeur :

ange_ange_debout.jpg-Papa chéri, que je voudrais connaître, à qui je voudrais faire des bisous... Si tu m’aimes, envoie-moi un myosotis comme signe de reconnaissance. Montre-moi que tu n’es pas sur une étoile dans le Ciel, mais bien sur la Terre !”

Il attendit longtemps un signe et puis un jour le facteur apporta une carte postale... Il y avait de jolis myosotis sur cette carte.

-Maman, demanda l’enfant, qui t’a écrit cette carte ?

-C’est un ami qui me dit qu’il est moine dans un monastère. Sur la carte, il a écrit une belle phrase : “Les étoiles ne sont pas si loin lorsqu’on sait les aimer !”

Le visage de l’enfant s’éclaira :

-Maman, peut-on aller le voir ? Il est loin d’ici ? Et puis c’est quoi “moine” ?”

Sa mère répondit, une flamme dans les yeux :

-Il a choisi d’être moine... Cela veut dire qu’il vit à l’écart du monde pour se rapprocher de Dieu dans la paix de son coeur.”

L’enfant réfléchit et dit soudain :

-Alors, pour vivre près de son père, il a renoncé à tout... Je veux aller vivre avec lui, parce qu’on m’a dit que Dieu, c’est le Père de tous les hommes, et comme c’est le père de ton ami moine, il sera aussi mon papa !”ange_bart_ange.jpg

L’enfant, depuis ce jour-là, ne mangea plus ; il refusait de s’alimenter et sa maman était désespérée ; elle ne savait plus que faire... Lorsque soudain, un beau matin, il reprit goût à la vie, au soleil, à sa maman. Celle-ci ne comprenait pas, jusqu’au jour où il lui offrit un bouquet de myosotis en lui disant :

-Mon papa a trouvé la paix de son coeur près de son père, mais comme son Père, c’est aussi le mien... c’est comme si j’étais près de mon papa. Notre Père à tous les deux, c’est aussi ton papa, et Il t’aime, comme je t’aime aussi, Maman !”

Sa mère fondit en larmes et serra son enfant dans ses bras. Plus tard, elle l’emmena en Grèce, à la rencontre de l’étoile qui s’était fait moine.

Le jeune garçon fut heureux car il put réunir son Père du Ciel et son père de la Terre !

Les étoiles ne sont pas si loin, lorsqu’on sait les aimer ! On sait toujours où les trouver, même si cela met des années... lumière !

 

ange_ange_lune.jpgEn réalité, lorsque l’amie de Maréva, Milka, reçut ce conte et le lut, elle le déchira et le mit à la poubelle car elle s’était fermée définitivement à l’idée que son fils puisse voir son père.

Elle en voulait à cet homme pour diverses raisons et ne pouvait s’empêcher de se venger en le privant d’être papa. Elle n’avait pas compris que la relation d’un homme et d’une femme ne se mélange pas à la relation qu’ils ont avec leur enfant.

Cependant, un jour, son enfant ne voulut plus manger car, à l’école, ses camarades de classe lui parlaient de son père absent, invisible, inconnu ; ils lui montraient en fait du doigt le vide effroyable de cette place manquante du père ; la plupart des parents de ses petits copains étaient séparés mais ils continuaient à voir leur père, même si c’était pour la majorité un week-end toutes les deux semaines.

Milka s’inquiéta pour son petit Gali et l’emmena chez le pédiatre. Celui-ci parla quelques instants seul à seul avec le petit garçon.

-Que se passe-t-il, Gali ? Pourquoi ne manges-tu plus ?

-C’est que mon père me manque. Il n’est pas là et donc je n’ai pas faim. À  l’école, les autres me parlent de mon papa alors j’y pense beaucoup.

-Tu sais, Gali, ton père est quelque part. On va en parler à Maman tous les deux, tu veux bien ?

-Oui, je veux bien. Mais il voudra bien de moi ?

-Oui, Gali, ne t’inquiète pas. Je suis sûr qu’il te porte à l’intérieur de son coeur en secret.”

Gali poussa un soupir et sa maman revint dans la pièce. Elle écouta le médecin et ils parlèrent ensemble du père de Gali ; le petit garçon était suspendu aux lèvres de sa mère ; la vie semblait revenir en lui ; il exultait d’espoir.

ange_ange_eclairant.jpgQuelques temps après, Milka retrouva le père de son fils et lui annonça qu’il était papa. Mathis fut si heureux qu’il alla crier sa joie dans la rue. Il rencontra Gali et le reconnut comme son enfant. Il le prend désormais avec lui tous les mercredis et un week-end sur deux. Le petit garçon est en pleine santé. Il a retrouvé enfin l’autre moitié de sa vie.

Maréva, depuis sa rencontre à Chalais avec Galathée, était devenue très amie avec la jeune maman ; le jour de son accouchement, elle accourut à son chevet ; le père de l’enfant avait été prévenu mais il ne vint pas. Une petite fille est née ce jour-là ; sa maman la nomma Sarina, ce qui signifie petite princesse.

Galathée était si heureuse de recevoir cette enfant dans sa vie qu’elle proposa dès le lendemain à Maréva d’être la marraine de sa fille.

-C’est grâce à ton aide, au conte que tu m’as enseigné à Chalais, que j’ai choisi de garder Sarina. Ma vie a désormais changé. Je suis mère maintenant et heureuse d’avoir donné la vie. Je ressens que je ne suis plus pareille, que des forces nouvelles m’envahissent, que des sentiments différents emplissent mon coeur. Est-ce que cela va durer ? J’ai peur de trop pleurer dans quelques jours.”

Maréva lui répondit : “Être maman, c’est comme un tremblement de terre. Tout change et tout changera encore car l’enfant nous fait grandir, évoluer, nous métamorphoser au fur et à mesure de sa propre croissance. À l’âge de deux ans déjà, le bébé qu’il était s’est totalement transformé. À l’âge de dix ans, l’enfant change encore et cela chaque année puis vient l’adolescence et l’adulte se transforme toujours. La vie est faite de métamorphoses, alors que l’on voudrait parfois qu’elle demeure figée, qu’elle soit éternelle dans l’instant... Je vais te dire un autre conte. C’est l’histoire des trois Aigles protecteurs des mères. Il a déjà aidé beaucoup de mamans désespérées, qui avaient peur de leur nouveau rôle de mère ou qui avaient l’impression de ne pouvoir aimer leur propre enfant. Ce conte t’aidera à la transformation de toi-même en tant que fille de ta mère à devenir la mère de ta fille..

 

ange_ange_nuage2.jpg____________Un jour, une fillette remarqua un livre dont le titre était : “Le bébé est une personne”. Elle aimait lire et allait souvent à la bibliothèque ; elle trouva donc cet ouvrage dans un des rayons et le lut tout entier, en un seul jour.

 

Cependant, la nuit suivante, elle n’arriva pas à dormir ; en effet, un des chapitres lui revenait toujours en mémoire : celui de la “maman-assassine”. Cette femme avait tué sa fillette comme si elle s’était tué elle-même, comme si elle avait sacrifié le meilleur d’elle-même...Elle expliquait dans le livre que personne ne pouvait comprendre jusqu’où la folie pouvait mener... et que personne ne la comprenait.

 

La fillette, après avoir lu cela, essaya pourtant de comprendre...  mais elle n’y arriva pas. Cette lecture la bouleversait car elle avait toujours pensé que les parents ne pouvaient faire que du bien à leur enfant et que “être maman” est quelque chose de si beau que personne n’a le droit d’y toucher !  Dans un des chapitres elle avait lu aussi que c’est une dame, Françoise Dolto, qui avait découvert que tout enfant qui naissait devait être un jour adopté par ses propres parents... “Je crois, disait-elle, qu’on a trop dit que la naissance c’était quelque chose de facile... Il faut comprendre qu’on n’est pas une mauvaise maman si, à un moment donné, pendant les jours qui suivent la naissance, on se dit : Ce bébé-là, en ce moment, franchement, ce n’est pas mon problème. Moi, je suis très triste, et j’ai besoin de régler des comptes avec moi d’abord, pour continuer, un jour peut-être, à pouvoir rencontrer mieux cet enfant-là que, tout compte fait, je ne connais pas.” ange_baby_ange.jpg

 

ange_ange_jardin.jpgLa petite fille repensait sans arrêt à tout cela et ne trouvait pas le sommeil...

 

Aussi, le lendemain, elle alla trouver son Grand-Père, dans la forêt, et lui demanda pourquoi il existe des mamans qui font du mal à leur enfant et pourquoi il y en a qui refusent leur bébé à la naissance. Son pépé réfléchit longuement et lui dit ceci :

 

-Ma petite fille, être maman, c’est comme un ciel bleu sans nuages. Tout le monde croit que c’est toujours comme ça, mais il peut y avoir des nuages, des tempêtes aussi, du grand vent...et quelquefois même des ouragans. Pourtant, derrière, le ciel est toujours bleu. En général, tout le monde pense que, pour une femme qui vient d’avoir un enfant, tout est forcément toujours rose... mais une naissance, c’est un véritable tremblement de terre, qui permet à de merveilleuses montagnes de vivre, mais quelquefois, ce sont des volcans qui se réveillent avec l’enfant qui naît. ange_baby_ange.jpg

Ainsi, cela arrive parfois, certaines femmes ne veulent plus voir leur bébé après la naissance ; elles le refusent soudain comme une branche coupée de l’arbre. Et puis, il y a celles qui font du mal à leur enfant... ; en réalité, c’est à elles-mêmes qu’elles font ce mal... Il faut beaucoup les aimer, pour qu’elles puissent à leur tour aimer leur bébé. À toutes ces femmes meurtries, à celles qui veulent abandonner ou donner leur enfant, à toutes celles qui ont peur d’être mamans...  il faut leur dire avec les mots du coeur que leur enfant est comme un ange venu pour qu’elles apprennent à s’aimer, comme jamais leur propre mère ne les a aimées et acceptées. Ces femmes en veulent au monde entier pour différentes raisons et elles n’arrivent pas à devenir mères, car, devenir maman, c’est faire fi de son passé et offrir sa vie, son ventre et tout son amour... pour l’Avenir.”

 

La petite fille remarqua :

-C’est comme une rivière bloquée par un barrage... L’eau de l’amour ne peut pas rejoindre la mer, alors cela crée des raz-de-marées ou des inondations.”`

Son Grand-Père lui répondit :

ange_baby_ange.jpg-C’est vrai, tu as raison. En fait, toutes les mamans du monde aiment leurs enfants, même si certaines montrent le contraire. Pour détruire les barrages, il faut apprendre à toutes les femmes à pardonner à leur mère, à leur père aussi ! Ainsi, l’eau du pardon enlèvera tous les nuages. Il faut apprendre à toutes les femmes que leur bébé est le fruit de leurs entrailles... mais qu’elles ne sont que la porte par où passe un ange. Leur enfant n’est pas une partie d’elle-même : il est un tout aux yeux de tous ! Lorsque la porte se referme, après l’accouchement, une fenêtre s’ouvre dans le coeur des mamans pour que le papillon s’envole... et que le petit ange grandisse dans le ciel bleu.”

La fillette s’exclama soudain :

-Moi, quand je serai grande, j’aurai un bébé, et il y aura plein de fenêtres dans mon coeur. Je ne l’enfermerai pas car je lui offrirai la Terre entière pour qu’il puisse la découvrir ! Dans mon coeur, il y aura aussi une grande rivière et un beau ciel bleu... parce que j’aime ma maman et que j’apprendrai à toutes les petites filles à aimer et à comprendre leurs mères... car être une maman, ce n’est pas facile !

-Oui, ma petite fille, lui dit soudain sa vieille Grand-Mère, qui avait tout entendu. Être maman, c’est une grande aventure. Il faut du courage, de la volonté, de la patience, de la générosité et une mer d’amour... Et surtout, il faut savoir écouter son bébé, car il porte en lui toute la sagesse du monde et tout le bleu des océans ; il est comme une petite personne qui comprend tout... et de cela il ne faut pas avoir peur : il faut lui parler, avec les mots de la douceur, et même lui demander pardon, si cela est nécessaire. Il a besoin de vérité et de franchise, car il n’est pas un paquet jeté à la mer... qu’on recueillerait seulement avec précaution ! De précautions, il a besoin, mais surtout d’attentions, de respect, de douceur, de vérités saines dites par son papa et sa maman. Il a besoin d’être rassuré, d’être aimé, d’être respecté... comme chaque mère a aussi besoin de l’être.”

 

La petite fille  alla embrasser sa Grand-Mère et lui dit dans le creux de l’oreille :

-Je t’aime, Mamie, parce que tu es la mère de ma maman et que, dans l’arbre de mon coeur, tu représentes mes racines. C’est important qu’elles tiennent bien et qu’elles soient solides... pour les tremblements de terre !”

Sa Grand-Mère lui répondit : -

Écoute, ma petite fille, écoute le conte des trois Aigles... Ils te porteront vers l’Amour.”

 

La petite fille ferma alors les yeux et écouta, le dos contre un arbre, celui de son âme ouverte au monde.

La Grand-Mère parla en ces termes :

-Il était une fois une maman qui voulait mourir parce qu’elle était triste et désespérée. Un jour, elle décida d’aller à la rivière ; avant de se jeter dans le courant, elle regarda le soleil ; mais la lumière l’aveugla et ses yeux se mirent à pleurer.

Les larmes ne s’arrêtaient pas de couler et une rivière d’eau salée se forma, rejoignant la rivière d’eau douce ; celle-ci, étonnée de trouver dans son lit un goût d’eau salée, demanda à la maman :

-Pourquoi pleures-tu ainsi, petite mère ? Et pourquoi as-tu envie de te jeter dans mes bras ? N’as-tu personne qui pourrait te serrer dans ses bras ? N’as-tu point de mère, de mari, de compagnon, de frère ?”

La jeune femme répondit :

-Non, rivière, je n’ai personne qui me protège et me soutienne.  Comment pourrais-je élever un enfant dans la solitude du désert de mon coeur ? Je suis si asséchée, j’ai tant pleuré de souffrances, j’ai subi tant d’affronts... que mon âme est recroquevillée dans un coin de mon coeur, comme une biche blessée. Je suis dans la peine et je vis dans la peur, mais personne ne rassure mes pas... J’aime mon enfant mais j’ai aussi peur de lui, j’ai peur pour lui, j’ai très peur d’être une mère, j’ai peur d’en être une mauvaise... Pourtant je l’aime plus que moi-même !”

La rivière lui parla alors en ces termes :

ange_ange_glamour.jpg-Bien sûr que tu l’aimes plus que toi-même et c’est pour cela que tu ne feras jamais de mal à ton enfant. Te tuer aujourd’hui et le priver ainsi de son unique maman serait lui faire beaucoup de mal... Pense toujours à cela ! Il est vrai aussi que tu l’aimes trop comme toi-même, comme une partie de toi, alors que déjà, lorsqu’il était dans ton ventre, il était autonome ! En fait, tu l’as perdu en accouchant, lorsqu’il est sorti de ton ventre... et tu as peur de le perdre une seconde fois !... Voilà pourquoi tu as peur de lui, de sa liberté intrinsèque, et que tu as aussi peur pour lui, peur qu’il reparte ! Tu as peur aussi d’être une mauvaise mère mais, en fait, c’est à toi que tu veux tout ce mal... et la preuve en est que tu es là, en train de m’écouter, tout en haut d’un pont d’où tu voulais sauter. Ce n’est qu’une peur... et toutes les peurs ne sont que des fenêtres que les princesses, tenues prisonnières dans leur donjon, utilisent pour s’échapper, aidées par le prince gardien de leur vie profonde. Toi, petite mère, tu es une de ces princesses, alors trouve les clés de tes fenêtres et sors de ta prison par la grande porte, celle de la libération de ton âme.”

La jeune femme écouta les dernières paroles de la rivière et courut jusqu’à l’un de ses rivages ; elle se pencha vers la terre et ramassa trois cailloux blancs qu’elle serra très fort dans ses mains. Puis elle lança un des cailloux dans la rivière et dit :

-Voici la clé de ma première fenêtre. Cette clé s’appelle le Pardon et le verrou qu’elle ouvre se nomme la rancune.”

Le caillou, en touchant l’eau, se transforma en aigle, qui lui parla en ces termes :

-On peut en vouloir à son enfant d’avoir bouleversé le ciel de notre vie, par le tremblement de terre de sa venue, aussi est-il nécessaire de se pardonner à soi-même... et de pardonner à son enfant cette intrusion parfois non désirée mais acceptée... Il est nécessaire de lui demander pardon pour tous ces sentiments, qu’ils soient minuscules ou bien gigantesques.”

 

La jeune mère lança le deuxième caillou et dit :

-Voici la clé de ma deuxième fenêtre. Cette clé porte le nom de l’Amour et le verrou qu’elle ouvre s’appelle l’égoïsme.”

Le caillou se transforma en un aigle différent du premier, mais tout aussi lumineux, qui lui dit :

-Beaucoup de personnes ne veulent pas d’enfants parce qu’ils pensent à eux seuls, à leur petite vie tranquille, à leur liberté. Un enfant, c’est un raz-de-marée dans le pays sec des coeurs égoïstes. Mais c’est aussi un puits d’amour dans l’oasis des coeurs généreux. Devenir  parents, c’est apprendre à donner comme le soleil donne sa lumière. C’est apprendre à aimer par-delà ses limitations, ses barbelés intérieurs, ses paravents et ses para-soleils.”

 

Enfin la jeune femme lança le dernier caillou dans la rivière, en disant :

-Voici la clé de ma troisième fenêtre. Cette clé s’appelle la Joie et le verrou qu’elle ouvre porte le nom du désespoir.”

Au moment où le caillou toucha l’eau, un troisième aigle s’élança au-dessus de l’onde pure, en criant :

-Avoir un enfant est une joie immense ; pourtant, tant de mères pleurent de tristesse dans les jours et les mois qui suivent l’arrivée de leur enfant ! Cette tristesse provient du vide qu’elles ressentent en elles ; elles viennent de perdre le rêve de leurs entrailles : il est devenu réalité, comme un bateau se retrouvant dans l’embouchure d’une rivière. Toutes les rivières arrivent dans la mer ou dans l’océan, et c’est une joie immense d’accueillir dans l’estuaire la goutte d’eau qui a germé dans la source et qui est devenue vaisseau de lumière, porteur d’âme. La joie d’une mère est aussi grande que son désir d’accompagner la goutte de la source jusqu’à la haute mer. Chaque enfant est une goutte dans l’océan de l’Univers ; chaque enfant est une rivière riche d’espoirs pour l’Avenir ; chaque enfant est un Soleil qui donne ses rayons à la Terre qui l’a nourri.”

 

ange_ange_trio.jpgLorsque le troisième aigle eut fini de parler, ses deux frères le rejoignirent et enlevèrent la jeune maman dans le ciel de l’espérance ; elle avait ouvert la porte du donjon des mères aux larmes amères et elle put s’envoler au-dessus des nuages de son désespoir vers le Soleil d’Amour de son bébé bleu aux doigts roses.

Au moment du crépuscule, alors que le Soleil laissait la Terre se reposer, le premier des aigles déposa aux pieds de la mère comblée une fleur d’un rouge flamboyant nommée Clémence ; le second déposa sur le coeur de la jeune femme une fleur d’un vert éclatant appelée Patience et le troisième déposa sur la tête de la maman une fleur d’un bleu océan portant le nom de Confiance.

Enfin, avant de s’envoler vers l’infini azuré, ils donnèrent à la jeune mère le prénom de Florence, réunissant en son sein les trois fleurs de l’Amour... qui ouvrent et parfument l’âme des mères de toute la Terre.”

 

Maréva, en terminant ce conte, fit le geste de la rose qui s’ouvre et déposa sur le coeur de Galathée un parfum que seuls les Anges pouvaient sentir. La jeune mère fut très émue. Elle prit sa fille Sarina dans les bras et la serra tendrement.

-Tu m’as donné quelque chose avec cette histoire qui me donnera à jamais la force d’être maman jusqu’au bout de ma vie,” exprima Galathée avec émotion. “À moi de t’offrir quelque chose... Je ressens que Coranit est dans chacune de tes cellules et que tu le portes en toi. Nous portons l’univers en nous... Tu étais maman et tu l’es toujours. Mais aujourd’hui tu es la maman de tout le monde. Tes chansons et tes contes sont les rayons que ton coeur donne avec amour pour tous ceux qui t’écoutent. Il faudra toujours chanter et quand tu pleures, chanter aussi pour que tes larmes deviennent source.”

 

Le dimanche suivant, Sogyal et Maréva retournèrent dans l’église dénudée du monastère de Chalais. Ils restèrent là longtemps... à contempler la lumière du soleil qui psalmodiait sur l’autel en mille rayons d’arc-en-ciel. Cette fois, il n’y avait personne qui pleurait.

ange_ange_deploy_.jpgTrois aigles majestueux planaient au-dessus du Couvent des Dominicaines. Des moniales en promenade les remarquèrent avec surprise et s’exclamèrent :

-Un enfant est né ! Les rois mages s’envolent dans le ciel de l’Esprit... Les trois rois de Royauté intérieure où chaque enfant qui naît est un petit prince ou une princesse.”

 

Chloé LAROCHE        ______________

Cette nouvelle et ces contes sont protégés et édités dans le livre de Chloé (livre épuisé pour l'instant) intitulé "Un homme et une femme au coeur des Alpes"...... ISBN : 2-9516004-1-0 / Éditions L'ÂME DU CIEL.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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