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22/12/2008

Je pense dans cette attente de Noël aux parents du petit Yannis, enfant décédé dans une voiture. "Non, il n'y avait rien à condamner".

 

Bonsoir à toutes et tous,

 

MEDFR05250.jpgJusqu'à présent, je n'ai pas parlé du procès du papa pharmacien du petit Yannis, décédé dans la voiture de son père à Pont-de-Chéruy. J'ai dans mon coeur beaucoup de peine pour cet homme qui porte une terrible croix et dont on a montré la culpabilité sur toutes les coutures. Ceux qui n'ont pas perdu d'enfant ne peuvent imaginer l'enfer que vit cet homme et sa femme. C'est incommensurable. Ils vivent le néant dans leurs cellules. Le néant à vif marqué au fer brûlant de la réalité. Alors, donner à cet homme quelques mois de prison avec sursis fait pour moi partie de l'absurde de l'humain. La justice est impuissante devant le destin, devant l'impensable de l'oubli d'un enfant dans une voiture, devant la vie actuelle qui transforme les gens en robots, en mécaniques robotisées du stress et de la rentabilité, humains hyper-actifs cloisonnant chaque domaine de leur vie.

J'ai lu ceci, écrit par un avocat, Gilles Devers, qui tient comme moi un blog sur le site de 20 minutes, blog dont l'adresse est : http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr

Il a écrit ce commentaire, suite à son article du 10 décembre 2008 :

"Enfant mort : sanctionner le père". Le voici :

 

"On ne commente pas les décisions de justice ?

Je vais me gêner ! Tout ce que demande le Code, c’est de ne pas les dénigrer. Ne pas confondre.

Alors notre vaillant tribunal de grande instance de Vienne a suivi les réquisitions. 8 mois avec sursis. Pas 7 ce serait trop faible, ni 9, ce serait excessif. Et pourquoi ? 

Dans une telle affaire, cette condamnation est une anomalie. 

Dire le père coupable, c’était déjà beaucoup. Le père qui adorait son enfant, qui ne vivait que pour lui. Le père qui ne pensait qu’à demain, le jour de la fermeture de la pharmacie, les vacances tant attendues, et enfin de belles journées à vivre, l’enfant sa maman et son papa. Avec cet enfant de deux ans, qui avait le plus bel avenir devant lui, avec lequel les parents se sentaient assez forts pour conquérir le monde s’il le fallait. Des années d’études, de travail, de constance. Enfin, depuis deux ans l’enfant était là. La vie recommençait. Et devant son sourire, devant ces liens qui se créent, devant ce sentiment de la confiance, tous les efforts trouvaient leur justification.PAA008000396.jpg

Alors, soudain, le piège d’un automatisme de la vie. Dans le petit village, où tout le monde se connait, un acte aussi incivilisé qu’un délit de fuite. Noter les coordonnées de ce sauvage qui se casse, prendre du temps, réconforter la victime, attendre les gendarmes. Reconstruire un peu, devant l’injure sociale du fuyard, cette vie de responsabilité à laquelle le papa croit tant.

Et après l’inexplicable. "Inexplicable", a dit le procureur. Comment requérir une peine, quand on ne sait expliquer ? Au nom de quoi embarquer la loi dans une telle galère ? C'est comme le PV : "On ne discute pas!"

Ce 15 juillet, le papa est déjà à demain. Tout ce qu’il y a de si beau à vivre, demain, tout ce qu’il reste à régler aujourd’hui, dans le monde des contingences, pour atteindre le monde de la vraie vie, le temps des vacances. Le souhait d'être hors contingences. Inexplicable? 

Par inattention ? Non, le père est le plus attentif de tous les pères. Je souhaite à tous les bébés du monde un père comme lui. Par occultation. Et il n’y a pas de faute par occultation. 

k0402959.jpgLe destin tragique de cet homme nous rappelle nos faiblesses. Nous nous croyons des héros, des costauds, des mecs. Nous voyons tous les jours célébré, dans un décor chancelant, l’idéal de l’homme parfait qui maitrise son destin, qui pense son amour, qui tous les soirs s’analyse à froid, comme s’il s’agissait de la résultante d’une démarche qualité.

J’ai en horreur ces conceptions, et elles sont aux antipodes de ce qu’est la réalité humaine. Un homme qui cherche à bien faire, qui veut se situer dans un monde si complexe, qui assume tout ce qu’il peut. 

Mais un homme fragile, vulnérable. Un vrai homme, un qui se trompe, reconnait ses erreurs et se redresse. Un homme qui connait le malheur et trouve les forces pour croire encore à la vie. 

Condamner cet homme ? Pourquoi ? Parce que la presse a parlé de cette affaire ? Misère de la pensée !

Condamner cette homme, c’est nous condamner tous. Car c’est dire qu’être faillible est une faute. Le tribunal applique le code, mais il doit lire le code à la lumière des réalités humaines. Dans cette affaire, il peut délivrer le plus beau message : une vie, c’est un parcours entre l’ombre et la lumière ; c’est la joie et les larmes ; ce sont des plaies, et des cicatrices. 

Non, il n’y avait rien à condamner, si ce n’est la nature humaine.
Le tribunal s’est égaré."   (Gilles Devers, avocat)

 

__________________________________________________________________________ Suite écrite par Chloé L :

 

AA032647.jpg

 

TROUVER LES FORCES pour croire encore en la vie....

Je le souhaite au papa de Yannis, à sa maman, aux parents de tous les enfants décédés qui pleurent des larmes de sang en cette veille de Noël.

Je pense AUSSI aux parents de ces enfants morts, brûlés dernièrement dans des incendies cruels et terribles, drames horribles de la mort brutale.

Je pense à tous les innocents emportés chaque année par des accidents domestiques, petits noyés, défenestrés, empoisonnés par des produits ménagers... Je pense à leurs parents, rongés à vie par la culpabilité de n'avoir pu empêcher le drame, la mort de leur enfant chéri.

Je pense à ma fille Océana, emportée par une maladie foudroyante, maladie qui a emporté cinq autres enfants depuis 1997 à Grenoble, sans que l'on ait d'autres explications que le mot "encéphalite foudroyante". J'ai ce poids que tous les parents d'enfants décédés ont, de se savoir survivant de leur enfant et aussi de n'avoir rien pu faire pour le sauver, de n'avoir pas secoué le médecin qui parlait de "grippe sévère", de n'avoir pas su protéger mon enfant de la mort... car pauvres humains... nous nous croyons parfois au-dessus du destin, maîtres vaniteux de nos destinées et de la destinée de ceux que nous aimons le plus.MEDFR05250.jpg

Chloé Laroche

 

 

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