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06/03/2009

Ma lettre à Dylan, ce petit garçon de sept ans séquestré par ses parents... Sept ans de calvaire dans la pire des prisons. Mon témoignage d'enfant non scolarisée et enfermée dans un système familial sectaire et fermé.

 

thumb_bb.jpgDylan,

 

Tu es enfin libre.

Tu as vécu sept ans de calvaire dans la pire des prisons.

Je suis désolée de tout ce que tu as vécu et tous les Français sont désolés. Nous sommes attérés et très tristes de l’enfer que tu as traversé, enfermé dans cette pièce sans soleil, sans lumière. 

Nous sommes très nombreux à avoir pleuré en entendant ton histoire sur les ondes.thumb_294924610_small.jpg

Nous ne comprenons pas pourquoi il a fallu autant de temps pour qu’on te délivre de tes supplices, pour que les services sociaux réagissent et t’enlèvent à cette pièce horrible, à cette maison sordide, pour que ton sort inquiète le monde et que le monde bouge. On dirait que le monde est comme un train qui ne bouge pas, malgré les évidences, et pour qu’il démarre, il faut une locomotive tirée par des bras humains qui arrivent à en faire bouger d’autres, mais cela paraît si long, si désespérant.

Je t’imagine dormant sur ton matelas et j’éclate en sanglots, quand je sais que tu dormais dans ton urine depuis des années, que tu n’allais pas à l’école, que tu n’avais pas d’amis, que ton père te battait, que tu restais seul des heures et des heures, sans livres, sans films pour enfants, sans calins, sans bisous, sans promenades, sans goûters d’anniversaire ni repas en famille, sans Noëls et sans rires d’autres enfants, sans la compagnie de ton petit frère, sans les bras protecteurs de ta mère.

Maintenant, tu vas te reconstruire car tu possèdes toutes les capacités pour récupérer le temps perdu. Tu mordras la vie à pleine dents, car tu en connaîtras la valeur.

IS693-042.jpgMoi aussi, j’ai vécu enfermée, enfermée dans un monde construit par mon père. Je ne suis jamais allée à l’école. Je n’avais pas d’amis, sauf mon frère cadet qui vivait la même chose que moi ; j'ai eu plus tard un autre frère puis une soeur. Nous vivions dans l'idée générée par notre père que nous étions "autres", que nous étions la résurgence d'un peuple originel devant garder les valeurs des divinités anciennes... que nous étions les descendants cachés d'une élite gardienne du passé lointain d'un monde infiniment plus avancé humainement parlant. Afin d'être fortifiés pour cette "mission" très lourde, nous avons eu à une certaine époque les douches froides au réveil... ainsi que d'autres procédés spartiates.

Il fallait lire toute l'oeuvre écrite par mon père sur ce monde qui lui revenait en mémoire, se taire sur notre vie et préparer des fêtes aux dieux, écrivant des poèmes aux représentants de la nature. Il fallait se taire encore, participer aux rituels de plus en plus perfectionnés, obéir au doigt et à l'oeil, apprendre en rentrant que mon chien avait été tué parce qu'il ne plaisait plus à mes parents, de par son comportement, et hurler en dedans devant l'acte monstrueux accompli. Il fallait se taire quand l'un de nous était frappé ou humilié. Il fallait taire la folie, celle dont on était les témoins. Se taire quand un jour mon père a parlé de suicide collectif parce qu'il ne voyait soudain plus d'issue à son projet immense. 

Mn_PERSO011.jpgCet homme avait une "mission" pour nous, sa "communauté", et pas question pour nous, ses enfants, de nous enfuir de cette responsabilité filiale. Nous devions, au mépris de notre chemin personnel, poursuivre son oeuvre et agrandir la communauté. Il prônait l'inceste entre frères et soeurs, prenant l'exemple des rois égyptiens qui pratiquaient cela il y a très longtemps pour ne pas se mêler à d'autres familles... Il espérait secrètement que nous nous marierions ensemble, mon frère et moi, et... il avait le même projet pour mes petits frère et soeur, qui avaient eux-même dix et quinze ans de moins que moi. Quand un homme très intelligent se met à défendre l'inceste, avec autant de véhémence que mon père le faisait, cela fait froid dans le dos et fige l'âme des enfants et des adolescents victimes de cette idée criminelle. Quand le monde extérieur fait si peur qu'un parent n'a plus que l'issue de marier ses enfants entre eux, la folie exprime son enfer le plus affolant. Heureusement, l'idée d'inceste n'est restée que dans le projet, que dans la terreur laissée dans nos âmes.k0210672.jpg

J’ai dû attendre d’être majeur pour sortir de cet enfer, enfermement moral et physique orchestré par un père insultant, coléreux et dictatorial. Mes seuls bonheurs était la musique, qui a été ma seule amie, et les livres de l’immense bibliothèque de mes parents, dans lesquels je découvrais le monde comme une fenêtre ouverte sur les autres, ces “autres” dénigrés par mon père. 

Ma grand-mère m’a avoué un jour qu’elle pleurait lorqu’elle venait nous voir, en ressortant de chez nous. Elle souffrait terriblement de voir notre père être si dur et méchant, si cruel. Elle pleurait mais elle était impuissante, car elle était réprimandé par mon père si elle avait le malheur de dire la moindre chose. Elle l’aimait et pour le garder, elle se taisait. Ma mère a fait pareil. Elle aimait tant mon père qu’elle n’a rien dit.

304969590.jpgDans notre cas, pour nous les quatre enfants de cette famille, personne n’a bougé, personne ne s’est inquiété, personne n’a demandé de compte à mes parents sur la façon d’éduquer leurs enfants. Quand mon père m’a jetée dans les orties pour me fortifier, c’était près de la maison... Il y avait des voisins. J'avais six ans. Quand mon frère cadet pleurait et hurlait, il y avait des voisins. Quand mon père nous insultait et nous terrorisait, il y avait des voisins. L’école n’est jamais venue non plus pour voir où nous en étions et la société ne s'est pas demandé pourquoi, à la campagne comme en ville, des enfants ne vont pas à l’école.

La famille savait mais s’est tue, car dans ces affaires, la dénonciation dans son propre clan est mal vécue. Les grands-parents ont des liens avec les parents. C’est encore leurs petits dans le coeur et ils préfèrent penser que cela va passer. Que le temps arrangera tout, que le Ciel se chargera du reste.Mn_9a.jpg

Comme pour toi, Dylan.

Comme pour mes frères et ma soeur.

Comme pour moi.

www.casafree.com.jpegSache que nous nous en sommes tous sortis, que nous nous sommes reconstruits, que nous avons travaillé sur nos cauchemars, que nous sommes solidaires les uns des autres... et que bien que des nuages hantent notre enfance, nous sommes devenus des adultes responsables, battants, solides, libres de penser par nous-mêmes, enthousiastes et heureux de vivre.

Je te souhaite d’y arriver aussi et de trouver la force en toi de “pardonner” à tes parents, c’est-à-dire de leur laisser ce qu’ils t’ont fait et de vivre libéré de ce poids si énorme. Je te souhaite de trouver d’autres personnes qui t’aimeront comme tu le mérites et d’ouvrir les pages du monde avec bonheur et mille surprises heureuses.

Je t’envoie plein de bisous et de pensées ensoleillées.

 

Chloé Laroche

 

P.-S. : Voici ce que j'ai écrit dans un autre article sur mon enfance et mon adolescence... 

J’ai passé mon enfance dans une liberté enfermée, une sorte d’enfermement ouvert sur l’intérieur. Mon père nous a élevé, mes frères, ma soeur et moi, dans un univers à part, au coeur du monde “normal” qui continuait de tourner.

Il y a six ans, je l’ai vu si triste, son dernier fils quittant le foyer parental. Il n’était pas triste... il était anéanti. C’était tout un monde qui s’effondrait. Son monde. Et moi, sa fille, je regardais impuissante le naufrage d’un navire qui s’abîme. Moi aussi, j’ai quitté le navire, il y a quelques années.... il y a plus de vingt ans. Cela n’a pas été sans fracas, sans chantage affectif paternel et sans culpabilité sous-jacente d’avoir abandonné un père exclusif et persuadé que ses enfants allaient reprendre le flambeau des “Amaranthes”, cette civilisation originelle que nous étions sensés faire renaître. J’étais une “traître” pour la communauté, terme qui remplaçait chez moi le mot “famille” et j’ai dû porter cela durant des années.

Se libérer de l’enfermement pour suivre son propre chemin et faire ses propres choix est une tâche périlleuse, quand on sort de dix-huit années de prison mentale, prison où on nous répétait que les autres étaient médiocres et couraient à leur perte spirituelle par ignorance, bêtise humaine, nivellement par le bas et médiocrité générale. Ce qui m’a sauvée, c’est que dans mon coeur vivait une étoile à laquelle j’ai suspendu ma vie et qui me disait d’aimer les autres, d’aimer l’humanité, de ne pas juger autrui avec désinvolture ni mépris, mais de tendre la main à cet autrui qui était pour moi un frère sur la terre, même inconnu.

Je me souviens alors que j’étais petite... un jour, je devais écrire un texte sur le Dieu sans Nom. Ce dieu-là était une divinité sans pitié, punissant tout parjure et manquement à ses promesses. Divinité inaccessible aussi. On m’avait appris que tous les dieux avaient leur importance. Aphroditè, Ariadnè, Dionysos, Poseïdôn, Gaïa... tous les dieux d’une civilisation originelle qui devait renaître grâce à notre famille, choisie entre toutes. Mais pourquoi c’est tombé sur nous, bon sang !!! Mon père était sensé recevoir l’enseignement par écrits inspirés, écrits qu’il nous faisait lire. Nous étions les “descendants” d’un peuple qui était “autre”. Ce mot “autre”, est ancré dans ma chair et ma mémoire, comme une marque de fer rouge.

Tous les dimanches, nous fêtions une divinité. Chacune représentait une face de l’univers, un mystère des mythes de l’humanité. Chez nous, il n’y avait ni radio, ni télévision. L’école était bannie. L’instruction se faisait par correspondance ou par mes parents, pendant l’école primaire. Car l’instruction est obligatoire, mais non la scolarisation. Nous étions bien isolés, comme un bijou dans son écrin. L’écrin cependant n’était pas tendre. Pour fortifier ses enfants, mon père tirait profit de méthodes spartiates : douches froides le matin, stations aux coins des murs comme punition, pas un mot ou un rire jaillissant de la norme communautaire, chapitres dignes des meilleures monastères, privations de repas, corrections, épreuves sportives poussées et situations d’indépendance limites pour des enfants, comme une descente de rivière seuls en kayak. J’ai même vécu à l’âge de six ans le fait d’être jetée dans un buisson d’ortie par mon père. Ce qui a donné au passage de l’adolescence de l’anorexie passée sous silence... dont je me suis sortie par la force du mental.

Mon père était très sévère. Nous avions peur de lui. Ma mère le laissait faire. Par amour. Par amour pour lui. À l’âge de dix-sept ans, il m’a frappée sévèrement pour me faire avouer que je fréquentais des gens au lieu d’aller à la bibliothèque. Le peu d’amis que j’avais, je les protégeais de la vindicte paternelle. Vivre sans amis, sans cinéma, sans un minimum de liberté, avec interdiction de manger un aliment cuit est plutôt difficile.

Mon père, ce jour-là, m’attendait donc dans le salon. Mon frère m’avait prévenu à mon arrivée qu’il était très fâché contre moi car notre mère ne m’avait pas trouvée à la bibliothèque où je devais être. Ce jour-là, je m’étais évadée vers un monde ami, une amitié secrète connue de moi seule. J’avais en rentrant le coeur plein de partage, de sourires, de bonheur d’oiseaux libres, de nuages légers dans un ciel bleu espoir. Mais mon père m’attendait. Il attendait cette fille “traîtresse”, cette fille pleine de mensonges, de cachotteries, cette fille qui aimait autrui, cette enfant attirée par le reste du monde, si abject aux yeux paternels.

J’entre donc dans l’appartement. Ma mère se pousse dans un coin. Mon père m’attrape et me fait mal. Il a des yeux terribles. Je voudrais oublier ces yeux, ne les avoir jamais vus ainsi. Il me demande de lui dire où j’étais. Il veut des noms. Même sous la torture, je n’aurais pu parler, ni ne voulais dénoncer. Il m’a frappée. J’avais peur. Il me menaça de me jeter par la fenêtre, de me casser le nez. Ses yeux étaient si sombres. Il ne savait plus ce qu’il faisait, c’est sûr. Mais moi, j’étais là, avec ma frayeur, mes ecchymoses, ma tension grimpée à vingt-et-un. Je pensais mourir. Ma mère n’a pas bougé ce jour-là. Seul mon frère cadet est intervenu, mais il a reçu une claque violente et s’est retrouvé dans sa chambre.

Moi, je me suis retrouvée, excommuniée par mon père, chez ma Grand-mère paternelle Christiane, ma seule confidente et amie depuis tant d’années. Elle a pansé les blessures de mon âme et soulagé mes ecchymoses.

J’ai pardonné à mon père depuis, parce que je l’aime. À ma mère aussi, pour son silence, parce que je l’aime aussi. Et puis, ils ont changé, ils ont évolué, ils ont pris conscience, pris du recul, avec le temps et les années.

Mais voilà, pour en revenir à quelques lignes plus haut, je suis enfant et j’écris sur ce fameux Dieu sans Nom. Il me fait peur. Je pense : “Peut-être me punira-t-il si je ne poursuis pas la mission de mon père ? Peut-être que jamais je ne pourrais vivre ma vie, puisque je dois donner ma vie et mon âme à l’oeuvre immense de cette résurgence d’un peuple. Mon père a bien dit que ce serait un crime envers lui de la part de ses enfants s’ils ne continuaient pas son oeuvre et ce projet d’envergure.”

“Peuple immense s’avance lentement”, comme dans une chanson du Père Duval. Ce peuple vivait de façon originelle sur cette Terre, d’après mon père. Cela se passait à l’origine des Temps. Il y avait la tribu des Véridiques, celle des Silencieux et celle des Accomplis. Ils mangeaient tous crus, ayant banni de leur alimentation toute cuisson par le feu et toute dénaturation quelconque. Ce peuple respectait la terre comme les Indiens d’Amérique le faisaient. Ils voyaient dans la nature mille divinités qu’ils honoraient et faisaient de chaque saison, de chaque solstice et équinoxe, des passages initiatiques à fêter en communauté.

Nous vivions ainsi et je dois dire que malgré la solitude, l’isolement, la sévérité paternelle et le fait de manger totalement cru, j’ai vécu des moments merveilleux dans la nature, en communion totale avec les éléments de l’eau, du feu... Lorsque nous allumions des feux de camp dans la nuit, sous les étoiles, lorsque nous chantions l’hymne au soleil à son coucher ou à son lever, quand nous fabriquions un igloo dans la neige immaculée, quand nous partions en montagne camper sous l’orage. Plus tard, nous nous évadions régulièrement en kayak et en canoë toute une journée sur un lac. Nous dressions un autel avec des pierres et nous disions des textes pour de nombreux dieux, honorant la nature et l’univers. Nous ne fêtions pas Noël, ni n’avions de cadeaux. Quand il le fallait, à certaines fêtes, nous faisions nous-mêmes nos dons, avec le travail de nos mains.

Mon père écrivait et couchait sur le papier des centaines de “souvenirs” de cette civilisation disparue, comme si une vague datant du déluge avait remué le plus profond de son âme. Il a ramené des milliers de pages d’Originel, de mythologies sans nombre datant de l’époque des Titans et même bien avant, selon sa croyance personnelle, bien avant aussi que Zeus n’occupe l’Olympe. D’ailleurs, ce dieu-là ne faisait pas partie de notre paysage spirituel. Il faisait partie des “dieux modernes” introduits plus tard, paraissant sans intérêt dans le monde antique retrouvé par mon père.

Nous étions six sur un bateau, sauvés des eaux d’un continent perdu, pour retrouver la vie d’un peuple d’antan, guidés par un père amoureux fou de la Terre, qu’il avait pris comme mère. Dans ce bateau, je manquais terriblement de liberté, comme si le monde paraissait inaccessible. Du coup, j’ai beaucoup lu, très tôt, dès l’âge de huit ans, dévorant les dizaines d’ouvrages de la bibliothèque familiale, de Rousseau à Maupassant, en passant par tout le reste imaginable.

Je comprends pourquoi en prison, on peut se sentir libre dans sa tête comme Diego, dans la chanson de Michel Berger. C’est parce que dans sa tête, on voyage, on explore le monde, la psychologie humaine, le labyrinthe de la vie. On ne se sent plus seul. C’est ainsi que l’écrivain, à travers ses écrits, tend une main solidaire au lecteur qui le lit. Quand on lit, on est deux au moins. Il y a celui qui a écrit et celui qui reçoit l’écrit. Et puis, ensuite, interviennent les témoignages, les personnages, toute la richesse du récit, qui nous emporte vers la multiplicité et le partage avec le reste du monde.

Tout travail de création est ainsi et c’est en cela que la création est fantastique, car à travers la chanson, la musique, la sculpture, le cinéma, la photo, la peinture, le dessin, la danse... la solidarité tend la main à celui qui est seul, triste, emprisonné, meurtri parfois, cabossé par la vie, déçu, désespéré, au bout du rouleau.

C’est pour cela que j’écris.

Chloé L.

 

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Voir le lien et l'article qui explique tout ce que Dylan a vécu :

http://tf1.lci.fr/infos/france/faits-divers/0,,4285122,00...

 

Maltraitance - 

Enfant séquestré : la barbarie mise à nu :

 

• Un couple a été mis en examen et écroué jeudi à Millau pour avoir séquestré et maltraité son fils de 7 ans vraisemblablement pendant plusieurs années.

• Le petit garçon n'avait jamais été scolarisé et vivait dans une pièce noire sur un matelas imbibé d'urine.

 

 - le 06/03/2009 - 08h12

   

“Il s'appelle Dylan. Il a 7 ans. Et il a vécu un véritable calvaire. Il "était enfermé depuis plusieurs années dans une pièce qui ne comportait qu'un matelas imbibé d'urine avec un sommier, sans jouets ni meubles", a déclaré jeudi le procureur de la République de Millau, Patrick Desjardins. "Cette chambre ne pouvait être éclairée et verrouillée que de l'extérieur. Les volets étaient constamment fermés. Ce petit garçon vivait dans des conditions pires que dans une cellule de prison et ce depuis plusieurs années", a-t-il ajouté. "Le dénuement total de ce petit garçon a atteint un point extrêmement rare et grave", a-t-il estimé.

 

Le père et sa compagne ont été mis en examen jeudi après-midi pour "privations de soins par ascendant", "abandon moral ou matériel d'un mineur" et "non respect d'obligation scolaire". Le père, âgé de 42 ans et maçon de profession, est également poursuivi pour "violences habituelles sur mineur de  moins de 15 ans". Il a été écroué. La mère est quant à elle également mise en examen pour non-empêchement de ce délit. Son placement en détention provisoire est en cours d'examen. 

   

Signalement lors de la naissance d'un deuxième enfant :Quant à Dylan, il a été placé avec son petit frère dans une famille d'accueil et Dylan fait l'objet d'examens médicaux complémentaires. Les services sociaux avaient commencé à s'intéresser à ce couple, un homme de 42 ans et une femme de 35 ans, lors de la naissance de leur deuxième petit garçon en août 2008. Un signalement avait été effectué auprès de la juge pour enfants de Rodez. Des investigations et le refus des parents de se rendre aux convocations ont conduit les policiers à intervenir au domicile du couple au centre de Millau. Ceux-ci ont découvert un "enfant très affaibli physiquement, manifestement intelligent mais sans aucune éducation", selon le procureur de la République.

   

Le petit garçon, déclaré à la naissance, n'avait jamais été scolarisé. L'enquête pour maltraitances évidentes liées à des négligences et déficiences éducatives se poursuit pour déterminer d'éventuelles violences physiques pour lesquelles "de fortes suspicions existent". 

 

Les voisins sous le choc :Rue Ladoux, les voisins ont appris l'arrestation avec stupeur et exprimaient  leur incompréhension. "C'est un enfant qu'on apercevait de temps en temps. Il ne tenait pas en  place, plutôt turbulent, mais rien ne laissait penser qu'il était maltraité. Pas  de traces évidentes de coups en tout cas", a déclaré leur voisin, Charles. "C'était un petit hyperactif. Parfois, je l'entendais crier surtout l'été  quand ses parents dînaient dehors, mais de là imaginer un tel drame...", a  raconté une autre voisine souhaitant garder l'anonymat.

 

Encore sous le choc, consterné, le voisin qui habite juste au-dessus du couple soupçonné d'avoir séquestré Dylan n'a jamais rien entendu de suspect ni soupçonné des maltraitances de la part de gens qu'il décrit comme "pas très sociables". Pas de cris, pas d'appel au secours de la part de l'enfant qu'il connaissait "de vue", assure cet homme de 30 ans. "On ne le voyait pas souvent. Le peu de fois que je l'ai vu, il avait l'air hyperactif", dit-il, précisant l'avoir aperçu "cet été une ou deux fois", dans le jardin derrière la maison, une demeure ancienne de deux étages, à cinq minutes du centre-ville. Ses parents "disaient qu'il était suivi par un centre social, qu'il suivait des cours par correspondance", ajoute-il.”

(Texte de LCI)

 

Commentaires

C'est là où l'évidence devient brutale : l'enfant est à la merci de ceux et celles qui l'ont en charge et qui en sont responsables.
RESPONSABLE.
Ce mot qui peut devenir une hache double dont le manche est également aiguisé... car l'enfant victime se sent à son tour responsable, voire coupable.
Comble de la vie, ironie de la justice, blague glauque.
Syndrome de Stockholm ?
Quoiqu'il en soit, la plus grande difficulté n'est-elle pas constituée par la tâche ardue de dé-responsabilisation de la part de la victime ?
De la souffrance naît l'expérience mais un cœur blessé et trahi d'enfant reste douloureux... et parfois, comme toi, Chloé, lorsque le cœur souffre, il a besoin de s'ouvrir aux autres dans la générosité et l'humanité.
Merci.

Écrit par : MATHIEU | 25/10/2010

Oui, tu as tout à fait raison.

Écrit par : Chloé Laroche | 30/10/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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