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18/03/2009

"Je m'en fous de ta vie"... Ce sont les gentils mots d'un collègue de travail à mon encontre. Récit d'une employée sur la relation solidaire au travail.

 

ENTRAIDE, SOLIDARITÉ, CRISE.

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images-17.jpegBonjour à tous et toutes,

À la veille d'une grève importante en France, je souhaite vous proposer ce témoignage vivant, en tant que salariée d'une entreprise et employée adepte de la solidarité entre collègues.images-11.jpeg

Voici mon récit :

Il y a quelques temps, un collègue m'appelle et me demande de faire un transport à sa place. J'en avais un à faire sur Grenoble et lui me proposait d'aller sur Lyon, pour emmener une personne handicapée dans un hôpital. J'ai été obligée de refuser car c'était pendant les vacances scolaires et j'aurais dû faire garder mes enfants beaucoup plus longtemps car ce transport m'aurait fait rentrer tard. En fait, ce collègue devait faire garder son propre enfant et me demandait de faire ce transport pour rester auprès de lui. 

Quinze jours plus tard, un soir, alors que nous nous croisions dans un établissement où nous faisons chacun une tournée d'enfants handicapés, je lui demande s'il peut ramener deux sièges autos rehausseurs pour jeunes enfants, dont j'avais eu besoin pour deux petits et qu'il fallait ramener au dépôt. Mon collègue a fait la tête mais il les a pris quand même.

Ce lundi, je lui redemande ce service mais il me montre qu'il n'est pas content, aussi je me débrouille seule pour les sièges.

images-12.jpegLe lendemain, on se croise et il me dit : "Tu as un boulot. Tu n'as qu'à le faire." Il commence à moraliser en me disant qu'en plus c'est très bien que j'aille au dépôt car je peux laver mon véhicule. Je lui ai dit que je lavais régulièrement mon véhicule et qu'il n'avait pas à me parler ainsi, que j'étais seule avec mes enfants et que le soir, je devais aller chercher mon fils, que si je lui demandais ce service de temps en temps, c'était pour m'aider dans mon organisation et pour que les autres collègues aient les sièges au dépôt pour d'autres enfants à transporter.

Il m'a répondu tout net : "Je m'en fous de ta vie !"images-8.jpeg

Sur ces mots qui m'ont fait mal, j'ai tourné les talons et je suis partie.

Pour moi, la solidarité dans la vie et entre les collègues est très importante.

Je suis choquée de voir que la crise renferme certaines personnes sur leurs propres intérêts et que l'égoïsme individuel prévaut sur la solidarité et l'entraide, sur la gentillesse et l'ouverture à l'autre.

images-10.jpegDans la même journée, j'ai aidé un autre collègue à sortir des véhicules du hangar. Quand je peux, j'aide. Du coup, pour les clients transportés, le bénéfice est là aussi. Car la solidarité rejaillit sur eux. Sortir de son véhicule et tenir une porte à un client transporté qui marche avec des béquilles, au lieu de le laisser sortir seul du véhicule et entrer dans son immeuble... me paraît important. Parler cinq minutes avec une personne agée qu'on raccompagne parce qu'elle est si seule tout le temps et que cela lui fait du bien d'avoir un peu de compagnie. Faire le plein de la voiture pour le collègue suivant, même si c'est déjà tard et qu'on a envie de rentrer. Si chaque fois qu’un collègue nous demande un service, on lui dit qu’il n’a qu’à faire son travail et se débrouiller seul parce qu’il est payé pour ça... dans quelle société avance-t-on ?

Quel est l’avenir de la vie professionnelle, sans parler du reste ?

Nous traversons une crise, sur le plan collectif et individuel, aussi je crois qu’il faut demeurer solidaire et dans l’entraide, car nous ne vivons pas chacun sur une île déserte et si l’égoïsme gagne du terrain, nous ne sommes pas sortis de l’auberge.images-16.jpeg

images-9.jpegL'entraide face à la crise, c'est se demander comment l'autre vit et quel besoin il a. L'entraide face à la crise, c'est un sourire, une écoute, une parole avenante et gentille. L'entraide face à la crise, c'est arrêter d'avoir peur pour soi mais se dire qu'il y a des solutions à tout problème et que rebondir, ce n'est pas rebondir seul mais avec les autres, car les autres, c'est l'humanité. Les autres, c'est soi puissance des millions.

Chloé Laroche

 

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06/06/2008

Un salarié sur 6 se plaint de comportements hostiles de ses collègues

  Mépris, critiques systématiques du travail effectué voire propos dégradants... Une part non négligeable des salariés se sentent maltraités au travail. Une vaste enquête de la Dares fait le point.
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"17 % des salariés français se disent l'objet de comportements hostiles de la part d'une ou plusieurs personnes dans leur travail. C'est l'un des principaux résultats qui ressort de la vaste enquête menée par les médecins du travail auprès de 50 000 salariés pour le compte de la Direction générale du travail et la Dares. Cette part passe à 25 % si l'on prend en compte les comportements hostiles auxquels les salariés ont pu être confrontés dans un poste antérieur. Trois grandes catégories de comportements hostiles sont distinguées :

 Le déni de reconnaissance du travail, où la personne voit ce qu'elle fait injustement critiqué ou saboté. 8,9 % des salariés sont concernés dans leur poste actuel.

 Les comportements dits méprisants, où la personne est volontairement ignorée ou est la cible de propos désobligeants. Ils concernent 6,5 % de la population salariée.

 Les atteintes dégradantes, où le salarié est la cible de propos avilissants, de sous-entendus sur sa santé mentale ou d'avances à caractère sexuel. 1,9 % des répondants se déclarent victimes de ce type de comportements.

 

 
Les différents comportements dits hostiles en entreprise
 
  Comportement Part de salariés victimes au moins une fois dans leur carrière (en %) Part de salariés victimes dans leur poste actuel (en %)  
  Le déni de reconnaissance du travail 14,0 8,9  
  Critique injustement votre travail 12,2 7,7  
  Vous charge de tâches inutiles ou dégradantes 4,3 2,7  
  Sabote votre travail, vous empêche de travailler correctement 3,7 2,3  
  Les comportements méprisants 10,6 6,5  
  Vous ignore, fait comme si vous n'étiez pas là 7,8 7,1  
  Tient sur vous des propos désobligeants 10,0 6,0  
  Vous empêche de vous exprimer 5,7 4,5  
  Vous ridiculise en public 3,9 2,0  
  Les atteintes dégradantes 3,1 1,9  
  Laisse entendre que vous êtes mentalement dérangé(e) 1,2 0,9  
  Vous dit des choses obscènes ou dégradantes 2,0 1,3  
  Vous fait des propositions à caractère sexuel de façon insistante 0,6 0,1  
  Au moins un comportement hostile 24,8 17,3  
 
Source : Dares, mai 2008
 

 

Les femmes et les jeunes plus concernés

Toutes les populations de l'entreprise ne sont bien évidemment pas touchées de la même manière par ces phénomènes. Les femmes se déclarent légèrement plus souvent concernées que les hommes (18 % contre 16,8 %). Elles sont plus spécifiquement la cible de comportements méprisants : elles sont ainsi significativement plus nombreuses à se déclarer ignorées, non écoutées voire ridiculisées. Les professions peu qualifiées sont également plus sujettes à ce type de comportements (18 % des employés administratifs, 18,2 % des employés de service et 18,6 % des ouvriers non qualifiés, contre 16,4 % des cadres).

Les jeunes de moins de 30 ans et dans une moindre mesure les quinquagénaires souffrent plus fréquemment de ces problèmes (plus de 19 % des jeunes et 17,3 % des seniors). La Dares note enfin que les comportements hostiles se font plus rares dans les petites structures : seuls 14 % s'en plaignent dans les établissements de moins de 10 salariés contre 20 % dans ceux de 50 à 200 salariés.

 

Des comportements liés à l'organisation du travail

Une certaine organisation du travail dans l'entreprise semble être corrélée à une forte récurrence de ces comportements hostiles. Ainsi, un rythme de travail surveillé de près par la hiérarchie, des interruptions fréquentes qui viennent perturber le travail du collaborateur, un déficit de moyens ou de formation pour accomplir les tâches sont souvent dénoncés par les personnes se déclarant sujettes à des comportements hostiles.

De même, la Dares souligne une corrélation entre l'occurrence de ces comportements et l'état de santé du collaborateur. Si en moyenne 12 % des salariés jugent leur santé mauvaise, ils sont 20 % parmi ceux qui dénoncent aussi des comportements méprisants, 22 % parmi ceux qui s'estiment victimes d'un déni de leur travail et 34 % parmi ceux qui se disent confrontés à des atteintes dégradantes. Enfin, se déclarer sujet à des comportements hostiles est plus courant lorsqu'on est confronté à des risques psycho-sociaux forts, à savoir une charge de travail ressentie comme pesante, un manque de latitude au niveau de la prise de décision et un déficit de soutien social (voir encadré ci-dessous)."

Extrait du site : http://www.journaldunet.com

 

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