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01/06/2009

Ma fille est en fugue depuis une semaine. Mon récit de maman face à cette situation. Rencontres avec la police et appel au 116 000, numéro créé pour les enfants disparus et les fugues. Ma réflexion aussi sur le divorce et les sans-papiers.

CAJ0015.jpgBonjour à tous et toutes,

Ce n’est pas facile pour moi aujourd’hui de venir écrire ce que j’ai à vous dire, mais je me dis qu’un écrivain, c’est comme un chanteur ou un acteur de théâtre. Il doit continuer d’écrire comme ces derniers continuent de chanter ou de jouer leur rôle sur scène, même quand ils vivent quelque chose de difficile. Donc j’écris aujourd’hui pour porter un témoignage pour d’autres parents et peut-être aider d’autres familles dans ce cas-là, vivant la fugue d’un enfant, d’un adolescent.

Ma fille est en fugue depuis une semaine. Elle a été déclarée immédiatement à l’Hôtel de police.

J’ai appelé aussi le 116 000, numéro concernant les disparitions d’enfants ainsi que les fugues. Une dame m’a écoutée et a pris tous les renseignements. Elle m’a dit qu’un juriste de leur équipe allait me rappeler.

Il l’a fait dès le lendemain. Il m’a donné quelques conseils, notamment celui de chercher à savoir si ma fille a bien été inscrite au Fichier des Personnes Disparues. Puis, de demander de la localiser au portable, pour savoir si elle est toujours dans la région ou si elle partie. “Nous ne pouvons l’exiger, car c’est le Procureur qui prend cette décision. Les policiers ne peuvent prendre la décision seuls. Et sachez que ce n’est pas comme dans les films : on ne localise pas quelqu’un au numéro et à la rue mais au quartier et à la ville.”

AA026170.jpgLe jour même, je me rends à l’Hôtel de Police où j’arrive à l’accueil. “Bonjour Monsieur. Je suis attendue au Service des fugues..” -”C’est quoi ça ?” me répond un jeune policier, qui soutient mon regard et écoute ma réponse de façon peu avenante et froide. “Allez vous asseoir, je vais appeler.”

Je monte ensuite à l’étage, attendue par un policier du Sercice des fugues.
-"Bonjour Madame, asseyez-vous, qu’est-ce qui vous amène ?
-C’est pour ma fille qui a fugué. Mais vous devez être au courant...
-Non, pas forcément, car c’est la Brigade des mineurs qui a dû prendre votre première déclaration.
-J’ai amené des photos et des informations pouvant vous aider. Et puis, je voudrais savoir si vous avez inscrit ma fille au Fichier des Personnes Disparues...
-Votre fille est-elle coutumière du fait ? A-t-elle déjà fugué ?
-Oui, Monsieur.
-Dans ce cas-là, on ne l’inscrira pas. Parce que nous n’avons pas envie de l’inscrire pour la désinscrire. Car ensuite il faudra encore la réinscrire pour la désinscrire. Non, Madame. Elle est coutumière du fait.
-Et pour le portable ? Ferez-vous une recherche pour la localiser ?
-C’est la même chose. Et puis votre fille, elle doit être par là. Elle n’aura pas quitté la ville...
-Qu’en savez-vous ? Elle est déjà partie à Marseille avec une copine. Nous sommes allés la chercher à Lyon, d’où la police nous a appelés, car elles ont été interceptées dans un train.
-De toute façon, à mon niveau, je ne prends pas cette décision et je ne pense pas qu’on le demande. Votre fille a fugué, elle n’a pas été enlevée... Elle n’est pas en danger comme d’autres qui disparaissent.
-..........
-Je suis désolé, Madame.”

imm024_23A - copie.jpgJe quitte l’Hôtel de Police.

Décontenancée, je rappelle le soir-même le 116 000. Un monsieur écoute mes doléances et me dit qu’il va essayer de joindre le juriste, lequel me rappelle dans l’heure.1891453218.jpg

-"Madame, vous êtes tombée sur un policier incompétent. Nous avons l’habitude. Cela arrive parfois. Mais ne baissez pas les bras. Ils n’ont pas le droit de vous refuser l’inscription au Fichier des Personnes Disparues. Vous allez y retourner demain matin et vous tomberez sur quelqu’un d’autre. Avec un peu de chance, cette nouvelle personne saura vous aider.
-Merci beaucoup, je vais faire ainsi.”

SO001457.jpgLe lendemain, je retourne à la Police. Une charmante policière est à l’accueil . Mais j’attends un moment car un jeune couple est en démêlé avec elle, en la présence d’un enfant de quatre-cinq ans.

C’est déchirant, car ils sont en désaccord sur le lieu où le père doit prendre son fils le jour même. Il insiste lourdement et tient tête à la policière qui fait de son mieux pour lui expliquer qu’il faut voir l’intérêt de l’enfant avant tout. Et l’intérêt de l’enfant est de ne pas voir ses parents se déchirer devant la police. Il était presque l’heure du repas et cet enfant ne savait même pas ce qui l’attendait.

Quand les parents sont partis, l’enfant s’est agrippé à sa mère, en criant : “Je ne veux pas aller avec lui, je veux rester avec toi.”

La mère est partie la tête basse, en retenant ses larmes. J’ai pleuré, très remuée de voir ça.

La policière a dit : “On ne peut imaginer ce que les enfants endurent dans ces situations. J’en sais quelque chose. Mon fils est en analyse à l’âge de trois ans, après une séparation difficile.”

Je tire mon chapeau à cette jeune policière qui a servi de médiateur et qui est restée impassible extérieurement.

À l’accueil, elle gère beaucoup de situations et il lui faut beaucoup de cran.

images.jpegQuant au sujet des séparations... et en pensant aux parents d’Élise, tiraillée entre la Russie et la France... je donnerais l’exemple de mon frère benjamin, qui a une fille au Québec. Quand il a divorcé avec sa mère, cette dernière est retournée au Québec avec leur fille, encore très petite. Mon frère a eu l’intelligence de laisser cette enfant vivre en paix avec sa mère. Il n’a pas fait d’enlèvement ni de pression. Il est allé la voir quand il pouvait et garde depuis un contact avec elle, en sachant qu’un jour sa fille passera du temps avec lui. Je pense qu’un enfant ne peut être balotté entre deux pays, entre deux personnes qui se déchirent. Un enfant a besoin de son père et de sa mère, mais dans certaines situations, peut-être vaut-il mieux que l’un pense à la paix de l’enfant, au fait qu’un enfant a besoin de stabilité, de repères... de voir que ses parents ne sont pas en guerre.images-1.jpeg

Pour en revenir à mon problème et à ma fille en fugue... je suis reçue donc par une policière très compétente ce jour-là, dans un autre étage.

Je lui explique ce qui se passe. La dame qui semble avoir de l’expérience me prend très au sérieux et me propose de rentrer les coordonnées de ma fille dans le Fichier des Personnes Disparues. Je suis soulagée. Elle accepte aussi ma demande de localisation de ma fille par son portable, en me disant que ça prendra un peu de temps, vu le week-end de la Pentecôte. Elle me dit que malgré tout, c’est moins inquiétant comme disparition que des jeunes qui disparaissent en laissant des menaces de suicide, comme dernièrement. Elle a essayé d’appeler ma fille sur le portable, mais sans succès.43133.jpg

Cela fait une semaine aujourd’hui que ma fille est partie et elle raccroche à chaque fois que quelqu’un essaye de la joindre. Pour la première fois, elle refuse toute communication et échange verbal. Je lui ai envoyé des sms et des messages très gentils, lui demandant de revenir et de penser à ses cours du collège, à son avenir qu’elle met en péril, à sa situation de papiers pour laquelle je me bats et pour laquelle je passe en appel au mois de juin.

Dernièrement, Rachel, venant du Cameroun et passant son bac, a reçu une OQTF (obligation de quitter le territoire français) le jour de ses dix-huit ans... comme Yvan, venu de Colombie. Ils étaient tous deux élèves au lycée Jules Ferry à Paris. Ils se sont alors battus comme des lions pour avoir leurs papiers, soutenus par le Réseau d’Éducation sans Frontières, par leurs professeurs, par leurs copains.

Rachel et Yvan témoignent dans le film de Marion Stalens : "Invitation à quitter la France". Voir le lien : http://www.educationsansfrontieres.org/?article8293).


Rachel exprime tout le bonheur qu’elle ressent d’avoir la chance d’être en France. Elle est heureuse de pouvoir être française et de se sentir accueillie par ce pays qu’elle aime. Elle veut faire des études pour être une grande avocate. Afin aussi de retourner en Afrique et d’aider les siens. Le fait d’avoir des papiers lui donne cette liberté de retourner dans son pays et lui enlève cette angoisse de devoir se cacher.

Se cacher comme Rachel Ségal, qui était petite fille juive, et qui a été cachée par une famille française, pendant la Seconde guerre mondiale. “Ce que je vois aujourd’hui dans les expulsions d’étrangers, dit-elle dans le film, ressemble étrangement à ce que j’ai vécu. La loi du chiffre, la froideur devant des cas différents de familles vivant parfois depuis de longues années en France, des enfants nés en France et mis dans des charters. Des parents menottés, des pères embarqués laissant leur famille derrière eux. Des jeunes couples séparés. Il faut réagir quand on atteint l’intolérable.”

Voilà, je pense à ma fille et j’attends qu’elle revienne, un poids dans le coeur... énorme.imm024_23A.jpg

 

Je t'aime, ma fille, et depuis l'Afrique où nous nous sommes vues pour la première fois il y a six ans, un arc-en-ciel d'amour nous unit. Je comprends que tu cherches ton autonomie mais tu as encore besoin de ta famille, de nous, de suivre tes cours... et nous aussi, nous avons besoin de savoir où tu es et de te voir.

imm005_4A - copie.jpgTon petit frère te demande et est inquiet comme nous tous.

 

Chloé LAROCHE

 

Commentaires :

Je suis heureuse car ma fille a été retrouvée ce matin. Elle a fugué durant onze jours. Je suis soulagée. Elle va bien. Merci pour votre soutien. Chloé L

Ecrit par : Chloé Laroche | 06.06.2009

 

___________________ À propos du numéro 116 000 :

Voici un extrait de l’article d’Aurélie BEAU -lu sur www.lyon-webzine.com-concernant le 116 000 : “Maintenant, toutes les victimes de disparition d'enfants en Europe ont un numéro commun : le 116 000. Il est gratuit, disponible 24h/24, 7 jours sur 7 et valable dans dix pays de l'union européenne : la Belgique, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, les Pays Bas, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie. Maintenant, tous ces pays sont reliés en réseaux et mettent leurs compétences en commun en cas de disparition. Le 116 000 propose plusieurs services. C'est tout d'abord une écoute et un soutien pour les familles. C'est aussi et surtout un accompagnement dans les démarches judiciaires et administratives. Parfois, les familles se retrouvent désemparées. Les bénévoles de SOS Enfants disparus sont formés pour les aider et les conseiller. C'est que la situation devient inquiétante. Le nombre de disparitions d'enfants en France a nettement augmenté en 2008. On note 48 277 inscriptions de mineurs au fichier des personnes recherchées, plus de 47 000 fugues, 855 disparitions inquiétantes, 360 enlèvements parentaux. Le nombre d'appel à SOS Enfants disparus a augmenté de 6,35% par rapport à 2007. L'association a traité 1741 appels en 2008, 7421 en quatre ans.” (extrait du site http://www.lyon-webzine.com/societe/event-4634-116-000-alerte-en...disparus.html)_________________________

 

Soyez fortes les mamans, je sais que c'est très difficile mais elles vont revenir !!!!! et pour les enfants, je vous dis : reste près de ta maman le plus longtemps possible car quand elle sera plus là, tu vas regretter !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! croyez-moi !

Ecrit par : elisa | 26.06.2009

___________________________________________

et même, ça ne se fait pas de laisser sa maman comme ça !!!!! c'est si bon UNE MAMAN que le bon dieu en a voulu UNE !!!!! garde toi ça dans la tète

Ecrit par : elisa | 26.06.2009

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ça, c'est pour les mamans. Peut-être que si les enfants partent c'est parce qu'ils en ont marre et peut-être que vous ne les laissez rien faire ou..... je ne sais pas, je ne connais pas la famille de tout le monde. Mais je crois qu ils partent et ils se disent : je vais la faire souffrir, comme elle ne me laisse rien faire, je vais partir faire ce que je veux, et elle va se rendre compte que j'en ai marre de son attitude avec moi...

Ecrit par : elisa | 26.06.2009

 

___________________________________________ Réponse de Chloé :

 

Élisa, merci beaucoup pour vos trois commentaires de ce matin. 

La différence entre la fugue d'un enfant et celle d'un adolescent est grande. Je l'ai compris par la réaction de la police et par les explications de certains sites psy. Une fugue à dix ans ou seize ans (comme ma fille) n'a pas le même poids, et puis il y a aussi des milliers de raisons à une fugue. Certains fuguent pour une rencontre sur internet (là, il y a des raisons de s'inquiéter !), ou parcequ'ils sont violés et maltraités (et là, on peut se poser la question de ce fait dans la fugue d'une jeune enfant), ou parce qu'ils se mettent volontairement en danger pour se prouver qu'ils sont grands (une sorte d'initiation au moment de l'adolescence), ou parce qu'ils étouffent comme vous dites et qu'ils veulent connaître la liberté de tout pouvoir faire (mais on est vite limité, en tant que fugueur... quand on s'aperçoit qu'on est obligé de se cacher et qu'on ne peut avancer sans argent, sans nourriture et sans toit)... ou ils fuguent parcequ'ils en ont marre du collège, des contraintes, des devoirs, des règles, de l'hygiène, du monde tel qu'il est. La fugue de ma fille l'a fait réfléchir. De mon côté, en tant que maman, douze jours sans savoir où elle était, c'est très dur. J'avais l'impression que ma vie était en arrêt, un poids dans le coeur. Beaucoup d'inquiétude et aussi le vide du silence total. On ne sait pas quand on va revoir notre enfant. C'est l'inconnu total. On imagine le pire, on ne sait avec qui il est, chez qui il dort, si on ne lui fait pas de mal. La fugue est une épreuve pour les parents. Quand ça dure douze jours, c'est difficile, mais je pense aux parents qui n'ont jamais revu leur enfant, ou bien au bout d'un an... C'est le cauchemar. Un trou béant dans le coeur. Le néant qui parasite la vie. Si vous êtes un jeune en fugue et que vous me lisez, donnez des nouvelles à vos parents (mail, sms, appel, message, lettre) ou appelez un ami proche de la famille pour dire que vous êtes en vie, que tout va bien pour vous, que vous rentrerez bientôt, que vous vivez cette expérience comme une nécessité mais que vous aimez vos proches. Et puis... si vous êtes partis parce qu'il se passe des choses inacceptables dans votre famille, alors ne restez pas seul avec ça. Parlez-en à la police, aux associations d'aide aux Victimes : elles font des permanences dans les commissariats. Appelez le 119, numéro où vous pouvez tout dire, tout raconter de ce que vous vivez et ils vous aideront. Mille pensées. Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 26.06.2009

________________________________

 

 

bonjour

j'ai été très touchée par vos messages, car je subis en ce moment cette situation. Ma fille (vient d'avoir 18 ans) elle est partie avec une copine à Paris (nous sommes de Bordeaux) on ne sait où elles sont exactement .....!
juste qu'elles avaient préparé leur départ : des copains à elles (sur internet) leur ont trouvé soit disant un appartement, ...elle m'envoie un texto le soir pour me dire que tout va bien.....mais nous sommes dans l'angoisse tous les jours.......J'espère qu'elle va se raisonner et revenir..

MERCI

Ecrit par : chenu | 12.09.2009

 

___________________________________

Bonjour et merci de votre commentaire laissé aujourd'hui sur mon blog. J'espère que votre fille va revenir vers vous. Dans votre cas, elle est majeure et peut, par cette décision de s'installer à Paris, vouloir montrer qu'elle souhaite devenir autonome et qu'elle peut se débrouiller seule. Après, il est certain qu'elle peut tomber sur de mauvaises fréquentations mais là, il faut en fait lui faire confiance. Si elle a de la réflexion, de la jugeotte comme on dit et que vous la connaissez débrouillarde et apte à se défendre psychologiquement, alors vous pouvez être sereine. Quand j'ai eu dix-huit ans, mes parents ont fait le contraire que la situation que vous me dépeignez. Ils sont partis vivre sur l'île de la Réunion, nous laissant seuls avec mon frère en France, un frère de 17 ans. J'ai dû travailler tout en finissant mes études et apprendre à gérer ma vie seule. Nous sommes restés sans les revoir durant deux années. Ils sont rentrés mais nous ne sommes jamais retournés avec eux. Nous étions devenus des adultes autonomes, aptes à choisir et à diriger notre vie. Nous avons rencontrés des difficultés, des privations, des embuches, de mauvaises gens voulant profiter de notre naïveté de jeunes, mais nous nous sommes sortis de tout.

Faites confiance à votre fille et pensez que vous avez au moins un sms tous les soirs. C'est déjà ça, bien que ce ne soit pas satisfaisant pour une maman inquiète, je sais bien.

Je profite de vous répondre pour rappeler les règles de sécurité qu'a donné Madame Brigitte SIFFERT, Directrice départementale de la sécurité publique à Châteauroux, ville où a été enlevée une jeune fille de 17 ans sauvée in extrémis. 

Voici son commentaire et ses recommandations :

"Cette jeune fille a eu beaucoup de chance. C'est le résultat d'un énorme sang froid de sa part et aussi d'une très belle collaboration entre services de police. Selon les premiers éléments de l'enquête, Amélie n'aurait pas subi de violences pour monter dans la voiture. Les deux individus ont utilisé une ruse, disant apparemment qu'ils travaillaient pour l'Unicef et qu'ils avaient besoin d'un coup de main. La jeune fille, peut-être un peu naïve, n'a rien vu venir. Elle n'était pas préparée à ce genre de chose et n'a pas su dire non. ATTENTION : Ne jamais monter dans une voiture avec un inconnu."

Alors que ce genre d'affaires, aux issues parfois bien plus dramatiques que celle-ci, se multiplie ces dernières semaines, la commissaire principale Brigitte SIFFERT rappelle quelques consignes de base : 

Que faire si l'on est accosté par quelqu'un en voiture ?
"Que l'on soit un garçon ou une fille, il ne faut JAMAIS monter dans une voiture avec un inconnu. Quelque soit le prétexte invoqué. Encore plus si la personne dit être en détresse ou mourante car ce type d'agresseur profite de la crédulité des jeunes pour faire d'eux une proie. A Châteauroux, qui est pourtant une ville très tranquille, la jeune fille ne doit son salut qu'à l'incroyable chance qu'elle a eu de pouvoir communiquer avec son téléphone". 
Que faire si la personne insiste ? 
"Il faut prévenir ses parents, faire du bruit, crier, courir... tout ce qui peut faire attirer l'attention sur vous". 
Les jeunes filles doivent-elles se méfier d'autres types de situation ?
"Il faut toujours se méfier des inconnus. Et je recommanderai aux femmes d'éviter de se trouver seules dans des endroits isolés, comme de faire un footing en forêt". 
Quand les parents doivent-ils parler de ce genre de risque à leurs enfants ? 
"Le plus tôt possible. Dès qu'ils sont en âge de comprendre en fait. Quitte à dramatiser un petit peu les faits Ce qu'il faut aussi, c'est leur parler de faits réels qui sont arrivés pas loin de chez vous. Et de bien expliquer que cela n'arrive pas qu'aux autres, malheureusement".  

Recevez mes meilleures et sincères salutations.

Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 12.09.2009

Commentaires

Je suis heureuse car ma fille a été retrouvée ce matin. Je suis soulagée. Elle va bien. Merci pour votre soutien. Chloé L

Écrit par : Chloé Laroche | 06/06/2009

Ma fille fugue régulièrement a son retours on en parle on la gronde pas
Vous comment avez vous réagi après son retours
La ce soir elle est partie à Paris avec des drôles de Loulou au lieu d'allez au code elle a était vu .je sais plus quoi faire elle va s'arrêter quand sa nous épuise avec mon mari
Merci de mon comprendre je sais pas trop a qui en parler a part mon mari

Écrit par : Nadège | 29/12/2014

soyer fortes les mamans,je c'est que c'est très difficile mais elles vont revenir!!!!! et pour les enfants, je vous dis: reste près de ta maman le plus longtemps possible car quand elle sera plus là, tu vas regretter!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! croyer-moi

Écrit par : elisa | 26/06/2009

et mème, sa ne ce fait pas de laisser sa maman comme sa!!!!! c'est si bon UNE MAMAN que le bon dieu en a voulu UNE!!!!! garde toi sa dans la tète

Écrit par : elisa | 26/06/2009

sa c'est pour les mamans. Peut ètre que si les enfants partent c'est parce qu'il en on marre et peut ètre que vous ne les laisser rien faire ou..... je ne c'est pas, je ne connais pas la famille de tous le monde. Mais je crois qu ils partent et ils se disent: je vais la faire souffrir, comme elle ne me laisse rien faire, je vais partir faire se que je veux, et elle vas se rendre compte que j'en ai marre de son hatitude avec moi...

Écrit par : elisa | 26/06/2009

Élisa, merci beaucoup pour vos trois commentaires de ce matin.

La différence entre la fugue d'un enfant et celle d'un adolescent est grande. Je l'ai compris par la réaction de la police et par les explications de certains sites psy. Une fugue à dix ans ou seize ans (comme ma fille) n'a pas le même poids, et puis il y a aussi des milliers de raisons à une fugue. Certains fuguent pour une rencontre sur internet (là, il y a des raisons de s'inquiéter !), ou parcequ'ils sont violés et maltraités (et là, on peut se poser la question de ce fait dans la fugue d'une jeune enfant), ou parce qu'ils se mettent volontairement en danger pour se prouver qu'ils sont grands (une sorte d'initiation au moment de l'adolescence), ou parce qu'ils étouffent comme vous dites et qu'ils veulent connaître la liberté de tout pouvoir faire (mais on est vite limité, en tant que fugueur... quand on s'aperçoit qu'on est obligé de se cacher et qu'on ne peut avancer sans argent, sans nourriture et sans toit)... ou ils fuguent parcequ'ils en ont marre du collège, des contraintes, des devoirs, des règles, de l'hygiène, du monde tel qu'il est. La fugue de ma fille l'a fait réfléchir. De mon côté, en tant que maman, douze jours sans savoir où elle était, c'est très dur. J'avais l'impression que ma vie était en arrêt, un poids dans le coeur. Beaucoup d'inquiétude et aussi le vide du silence total. On ne sait pas quand on va revoir notre enfant. C'est l'inconnu total. On imagine le pire, on ne sait avec qui il est, chez qui il dort, si on ne lui fait pas de mal. La fugue est une épreuve pour les parents. Quand ça dure douze jours, c'est difficile, mais je pense aux parents qui n'ont jamais revu leur enfant, ou bien au bout d'un an... C'est le cauchemar. Un trou béant dans le coeur. Le néant qui parasite la vie. Si vous êtes un jeune en fugue et que vous me lisez, donnez des nouvelles à vos parents (mail, sms, appel, message, lettre) ou appelez un ami proche de la famille pour dire que vous êtes en vie, que tout va bien pour vous, que vous rentrerez bientôt, que vous vivez cette expérience comme une nécessité mais que vous aimez vos proches. Et puis... si vous êtes partis parce qu'il se passe des choses inacceptables dans votre famille, alors ne restez pas seul avec ça. Parlez-en à la police, aux associations d'aide aux Victimes : elles font des permanences dans les commissariats. Appelez le 119, numéro où vous pouvez tout dire, tout raconter de ce que vous vivez et ils vous aideront. Mille pensées. Chloé Laroche

Écrit par : Chloé Laroche | 26/06/2009

bonjour

j'ai été tres touchée par vos messages, car je subis en ce moment cette situation. Ma fille (vient d'avoir 18 ans) elle est partie avec une copine à Paris (nous sommes de bordeaux) on ne sait ou elles sont exactement .....!
juste qu'elles avaient préparées leur départ : des copâins à elles (sur internet) leur on trouvé soit disant un apprt, ...elle m'envoi texto le soir pour me dire que tout vas bien.....mais nous sommes dans l'angoisse tous le jours.......J'espère qu'elle vas se raisonnée et revenir..

MERCI

Écrit par : chenu | 12/09/2009

Bonjour et merci de votre commentaire laissé aujourd'hui sur mon blog. J'espère que votre fille va revenir vers vous. Dans votre cas, elle est majeure et peut, par cette décision de s'installer à Paris, vouloir montrer qu'elle souhaite devenir autonome et qu'elle peut se débrouiller seule. Après, il est certain qu'elle peut tomber sur de mauvaises fréquentations mais là, il faut en fait lui faire confiance. Si elle a de la réflexion, de la jugeotte comme on dit et que vous la connaissez débrouillarde et apte à se défendre psychologiquement, alors vous pouvez être sereine. Quand j'ai eu dix-huit ans, mes parents ont fait le contraire que la situation que vous me dépeignez. Ils sont partis vivre sur l'île de la Réunion, nous laissant seuls avec mon frère en France, un frère de 17 ans. J'ai dû travailler tout en finissant mes études et apprendre à gérer ma vie seule. Nous sommes restés sans les revoir durant deux années. Ils sont rentrés mais nous ne sommes jamais retournés avec eux. Nous étions devenus des adultes autonomes, aptes à choisir et à diriger notre vie. Nous avons rencontrés des difficultés, des privations, des embuches, de mauvaises gens voulant profiter de notre naïveté de jeunes, mais nous nous sommes sortis de tout.
Faites confiance à votre fille et pensez que vous avez au moins un sms tous les soirs. C'est déjà ça, bien que ce ne soit pas satisfaisant pour une maman inquiète, je sais bien.

Je profite de vous répondre pour rappeler les règles de sécurité qu'a donné
Madame Brigitte Siffert, directrice départementale de la sécurité publique à Châteauroux, ville où a été enlevée une jeune fille de 17 ans sauvée in extrémis. 

Voici son commentaire et ses recommandations :
 
"Cette jeune fille a eu beaucoup de chance. C'est le résultat d'un énorme sang froid de sa part et aussi d'une très belle collaboration entre services de police. Selon les premiers éléments de l'enquête, Amélie n'aurait pas subi de violences pour monter dans la voiture. Les deux individus ont utilisé une ruse, disant apparemment qu'ils travaillaient pour l'Unicef et qu'ils avaient besoin d'un coup de main. La jeune fille, peut-être un peu naïve, n'a rien vu venir. Elle n'était pas préparée à ce genre de chose et n'a pas su dire non. ATTENTION : Ne jamais monter dans une voiture avec un inconnu."

Alors que ce genre d'affaires, aux issues parfois bien plus dramatiques que celle-ci, se multiplie ces dernières semaines, la commissaire principale Brigitte Siffert rappelle quelques consignes de base :

Que faire si l'on est accosté par quelqu'un en voiture ?
"Que l'on soit un garçon ou une fille, il ne faut JAMAIS monter dans une voiture avec un inconnu. Quelque soit le prétexte invoqué. Encore plus si la personne dit être en détresse ou mourante car ce type d'agresseur profite de la crédulité des jeunes pour faire d'eux une proie. A Châteauroux, qui est pourtant une ville très tranquille, la jeune fille ne doit son salut qu'à l'incroyable chance qu'elle a eu de pouvoir communiquer avec son téléphone".
Que faire si la personne insiste ?
"Il faut prévenir ses parents, faire du bruit, crier, courir... tout ce qui peut faire attirer l'attention sur vous".
Les jeunes filles doivent-elles se méfier d'autres types de situation ?
"Il faut toujours se méfier des inconnus. Et je recommanderai aux femmes d'éviter de se trouver seules dans des endroits isolés, comme de faire un footing en forêt".
Quand les parents doivent-ils parler de ce genre de risque à leurs enfants ?
"Le plus tôt possible. Dès qu'ils sont en âge de comprendre en fait. Quitte à dramatiser un petit peu les faits Ce qu'il faut aussi, c'est leur parler de faits réels qui sont arrivés pas loin de chez vous. Et de bien expliquer que cela n'arrive pas qu'aux autres, malheureusement". 

Recevez mes meilleures et sincères salutations.

Chloé Laroche

Écrit par : Chloé Laroche | 12/09/2009

Nadège, oui, je comprends que cela soit difficile pour vous. Le problème est que votre fille se met en danger, donc je vous conseille de vous faire aider par des éducateurs, de ne pas rester seuls dans cette situation.... car à force de ne rien dire et de laisser faire, votre fille peut tomber sur de mauvaises personnes qui ne la respecteront pas. Courage à vous ! Chloé L

Écrit par : Chloé LAROCHE | 04/01/2015

Votre histoire m a beaucoup touché. Je m inquiète toujours pour ma fille. C est pour cela que j ai fait installé un logiciel de localisation sur son portable. J ai pris des renseignements sur ce blog http://www.localisation-portable.com/ .
Je me suis entretenu avec ma fille longuement pour lui expliqué son utilité On est tombé d'accord pour que je l'utilise que si elle n est pas la dans les heures prévues. C'est pas facile mais il faut juste penser au jour ou ce sera utile et que j espère n arrivera jamais.

Écrit par : paula | 20/03/2015

Les commentaires sont fermés.

 
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