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01/08/2009

Le sacrifice d'un petit élu tibétain pour le bien de l'humanité. "Ne me laisse pas, Papa," a-t-il supplié sur le seuil du monastère, à l'âge de trois ans et demi. Traditions et religion bouddhiste. Ma réflexion sur l'offrande et l'impermanence.

344-243XR1.jpgBonjour à tous et toutes,

 

Je vais vous parler d’un sujet qui peut déranger.

Pourquoi ?

Parce que je vais vous parler d’un petit garçon tibétain de trois ans et demi qui un jour a vu partir ses parents pour rester dans un monastère. Quand il les a vu s’éloigner, il a crié : “Vous allez revenir ?!! Vous n’allez pas me laisser ?”

“Ne me laisse pas, Papa,” a t-il supplié devant les dos de ses parents muets et courbés de chagrin... qui s’éloignaient aussi rapidement que possible.BLD045916.jpg

Ses parents l’ont laissé, à son grand désarroi.

AA025132.jpgC’est Tenzin Zopa qui a trouvé ce petit garçon en 2006, après une quête de cinq ans, dans la vallée de Tsum au Népal, où résident de nombreux réfugiés tibétains. Ce jeune moine recherchait la réincarnation de son maître décédé, Geshe Konchog, et, n’arrivant pas à faire son deuil, a choisi de devenir le père adoptif de cet enfant, rebaptisé Tenzin Phuntsok, lequel a dû renoncer à son enfance avec ses parents, des parents ne pouvant refuser l’annonce du départ de leur petit pour une destination lointaine, un destin d’élu.

J’ai visionné le 11 juillet sur Arte le documentaire concernant cette quête, filmée par Nati Baratz : “L’enfant élu : voyage au coeur du Tibet”. Cet enfant si petit, trouvé et reconnu comme la réincarnation d’un sage ermite, puis enlevé à sa famille pour être emmené au monastère m’a beaucoup interpelée par son charisme et par son chagrin au départ de ses parents. La pression de la religion est telle que ceux-ci s’inclinent en cachant leurs larmes et en acceptant de voir partir leur enfant loin d’eux et définitivement.

42-17428766.jpgJe suis horrifiée par ce genre de “traditions”. Je me place ici en tant qu’humaine, en tant que maman, et je m’insurge contre ces pratiques qui visent à dire : “Cet enfant est élu alors on le retire de sa famille. Il va faire le bien autour de lui, il va être adulé, il va prier, etc.” Encore, si on le laissait en paix jusqu’à ce qu’il soit grand mais là, on l’a emmené très loin, dans un hélicoptère. Ses parents sont venus à sa fête d’intronisation. Quand ses parents sont partis, le petit a dit à son père : “Ne me laisse pas, Papa.” Il ne sait même pas qu’il ne reverra pas ses parents pendant longtemps ou même jamais.180px-Phutthamonthon_Buddha.JPG.jpeg

200450837-001.jpgCe petit avait à peine trois ans et demi. On dit que le Bouddhisme n’est pas une religion. Mais si, et elle possède son lot de casseroles... que le monde n’ose pas dénoncer ni regarder en face, car considérée comme une philosophie intouchable. Elle a ses traditions et ses obligations, ses rituels et ses absurdités, ses joyaux et ses croyances, ses merveilles et ses démons.

Certains courants bouddhiques refusent la notion de Dieu car Dieu est à leurs yeux un concept trop galvaudé par le Christianisme et d’autres religions... un terme désignant l'être suprême trop imprégné du pouvoir des hommes qui se sont servi de ce concept transcendant pour assouvir leur volonté de puissance et leur cruauté. Entre nous, je leur donne raison, même s'ils donnent l'impression de jeter le bébé avec l'eau du bain ! Pour finir, la notion d’Ultime et d’Essentiel, la notion de perfection et de transcendance, la notion de totalité est bien présente dans la croyance bouddhiste. La notion de sacrifice est présente aussi très fortement, comme ce sacrifice demandé à ce petit garçon et à ses parents pour le bien de tous et de l’humanité.1535024.jpg

180px-Buddha_with_gods.jpgAu-delà de toute considération sur les droits de l’enfant et par-delà toute compassion pour cette famille, je me suis penchée sur ce sacrifice, sur cette offrande faite pour le bien-être d’autrui.

Je pense que ce qu’a donné ce petit garçon ainsi que sa famille est remarquable et qu’ils nous donnent une leçon universelle sur l’impermanence, sur le fait qu’on est séparé un jour ou l’autre de ceux que l’on aime pour accomplir son destin ou sa mort. On peut aussi offrir sa souffrance de façon invisible, comme l’ont fait le Christ et Bouddha... comme un acte d’amour envers nos semblables et aussi envers nos contraires, envers ceux qui nous font du mal. Comme l’a dit Gyalwa Karmapa : “Vous absorbez tout. Vous laissez la douleur du monde vous toucher  au coeur et vous la transformez en compassion.”SB10062601O-001.jpg

112406H.jpgMerci Tenzin Phuntsok. Je t’envoie plein de tendresse et de pensées d’une maman qui connait ton coeur d’élu, orphelin de l’amour de ta mère et de celui de ton papa qui te manque.

Tu es la victime malgré de toi de traditions et l’acteur d’un destin qui t’a obligé à t’offrir en élu... mais si le Dalaï-Lama m’entend, qu’Il puisse changer ceci et respecter l’enfance des futurs élus, attendant qu’ils deviennent plus grands avant de les ôter à leurs milieux familiaux, à l’amour de leurs parents, au sourire de leur papa, aux bisous de leur maman.

Chloé LAROCHE

 

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P.-S. : J'ai aimé cet article :

http://www.abstrait-concret.com/2009/06/04/osel-reincarnation-lama-qui-a-renie-le-bouddhisme-pour-vivre-la-vie/#comment-3410

 

180px-Buddha_with_gods.jpgUn autre article_________Du site : http://www.tibet-info.net

 

“Pendant cinq ans, Nati Baratz a suivi un jeune moine tibétain parti à la recherche de la réincarnation de son maître spirituel. Un conte initiatique aussi passionnant que dérangeant.

Octobre 2001. Au monastère de Kopan, au Népal, on procède à l’incinération du lama Geshe Konchog, révéré comme un maître spirituel par les bouddhistes tibétains. Au cours de la cérémonie, plusieurs signes - arcs-en-ciel, perles réchappées des flammes, trace dans les cendres... - indiquent qu’il n’aurait pas définitivement quitté ce monde. Son fidèle disciple Tenzin Zopa est bouleversé. À son chagrin s’ajoute le poids d’une lourde responsabilité. C’est à lui qu’incombe la mission de trouver l’enfant en qui son maître spirituel s’est réincarné. Après une consultation astrologique, il va de village en village. Inlassable pèlerin, il interroge et examine tout garçon entre 9 mois et 2 ans, prenant dans ses bras des tout-petits aussi morveux que mignons, et leur présentant inlassablement les rosaires ayant appartenu à Geshe Konchog.

Little buddha

De 2001 à 2006, Nati Baratz a suivi cette quête solitaire dans les splendides paysages de la vallée de Tsum, au Népal, où vivent de nombreux réfugiés tibétains. À condition de ne rien dévoiler avant la reconnaissance officielle de l’enfant, il a pu en filmer chaque étape. Le résultat est une immersion étonnante dans la culture bouddhiste tibétaine, un monde de hameaux de pierres et de monastères, étayé par une foi profonde, où les jeunes ont pour alternative le travail aux champs ou la vie monastique.

C’est aussi un conte initiatique qui voit un jeune homme gagner en assurance jusqu’à endosser à son tour le rôle du père. Un jour, Tenzin Zopa trouve "l’enfant élu", un bonhomme joufflu, vif et volontaire, avec qui il tisse peu à peu des liens. C’est le moment le plus dérangeant et le plus fort du film. Dérangeant parce que ce petit bouddha va devoir s’arracher à une partie de son enfance. Fort parce que Tenzin Phuntsok - ainsi l’a rebaptisé le Dalaï Lama au cours de la cérémonie officielle - est un petit garçon attachant et déjà charismatique, du haut de ses 3 ans et demi.”   (http://www.tibet-info.net)

 

 

 

 

 

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