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31/10/2010

"Le Vélo du Ciel". Ma troisième nouvelle des Semences de l'Après-Vie. Accident de la vie, accident sur la route, accident de la mort, départ d'une vie.

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES...chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la troisième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"______________________________________

 

 

k0292384.jpgLe  Vélo

tombé

du

Ciel

____________ Nouvelle n° 3 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


 

L’aigle vole haut

Pour rejoindre son Père

Grand oiseau libre

(Haïku de Chloé)______________________

 

“Tu sais bien que lorsqu’un enfant meurt,

ses parents se sentent coupables de tout.”

Patrick Poivre d’Arvor s’adressant à sa fille défunte Solenn

dans son livre : “Elle n’était pas d’ici”

 

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Unknown-16.jpegFrancis avait eu un accident de vélo... un terrible accident qui avait pris la vie de son fils de cinq ans ; un automobiliste avait grillé le stop d’un carrefour et les avait heurtés de plein fouet.

Son fils Sébastien avait été transporté aux urgences mais il n’avait pas survécu à ses blessures ; Francis, après une longue période de coma, ne se déplaçait que sur un fauteuil roulant.

Unknown-15.jpegIl avait essayé plusieurs fois d’attenter à sa vie ; il se sentait coupable de la mort de son fils... coupable de l’avoir fait monter sur ce vélo. Tout le monde lui disait : “Tu n’y es pour rien ; il était attaché ; il avait une chaise spéciale pour enfants ; il portait un casque. Ce n’est pas de ta faute !” Rien ne lui enlevait cette idée de culpabilité. “J’ai tué mon fils", disait-il sans arrêt. "Je ne mérite pas de vivre.”

Le jour de l’accident, Francis emmenait Sébastien en promenade.

Son fils aimait monter sur le vélo ; être attaché ne lui plaisait guère mais il savait que c’était pour sa sécurité ; il regardait les arbres passer à toute vitesse et chantait à tue-tête avec son père.k1153859.jpg

L’accident fut brutal et Sébastien eut très peur ; il cria Papa ! et ressentit le choc comme un soleil qui explose. Après, il avait gémi, tenant la main de sa maman accourue à son chevet ; elle l’embrassait partout, suppliant le Ciel de le lui laisser vivant.

Mais Sébastien mourut... sans revoir son papa, qui était encore dans le coma.

Unknown-2.jpegFrancis resta deux longs mois dans ce sommeil profond.

Lorsqu’il se réveilla, il expliqua à tous ceux qui l’entouraient qu’il avait dit “au revoir” à Sébastien ; des êtres en blanc s’étaient adressés à lui en ces termes : “Ton fils doit quitter la Terre mais toi, tu dois y retourner ; ta place est près de la maman de Sébastien ; elle aura besoin de toi et d’autres personnes auront besoin de vous. Tu retrouveras ton fils plus tard... Dans l’immensité du temps, une seconde vous sépare ; durant cette seconde, tu vas poursuivre ta vie sur la Terre et après tu auras l’éternité pour partager l’amour de ton fils. Nous t’aiderons à assumer ton chagrin et à comprendre que ton fils n’est pas séparé de toi. La mort n’est pas une séparation... Tu comprendras plus tard que son départ n’est pas quelque chose qu’on lui a enlevé mais quelque chose qui lui a été donné. ”Unknown-18.jpeg

Francis s’était donc réveillé du coma mais il supportait mal de devoir vivre sur ce fauteuil roulant ; et puis il s’accusait de la mort de son fils ; il s’accablait de reproches et paraissait ignorer ce que les “êtres en blanc” lui avaient dit.BLD053967.jpg

Il restait avec sa femme mais il lui rendait la vie impossible... Elle avait une peine si lourde qu’elle avait du mal à gérer en plus la culpabilité de son compagnon.

BLD061000.jpgParfois même elle attrapait des idées noires, se disant : “C’est de ma faute ; je n’aurais jamais dû accepter que Sébastien monte sur ce vélo ; j’aurais dû m’y opposer. C’est si dangereux... Les automobilistes ne voient pas toujours les vélocyclistes et ceux-ci sont si vulnérables et fragiles !”

Elle se rongeait alors de remords et de regrets, se disant qu’elle aurait dû avoir une intuition afin d’empêcher cela... Elle n’avait jamais pensé au pire ; elle ne pensait qu’au bonheur de son fils.

Un jour, elle trouva Francis en dehors de son fauteuil, les bras en croix, sur le sol.

“Qu’as-tu, mon chéri ?Unknown-7.jpeg

-Ce que j’ai, tu le sais bien, ce que j’ai ! Je ne peux plus vivre sans lui, sans notre fils. C’est un martyr sans fin... On brûle à petit feu et ça ne s’arrête jamais. Le vide est là, inexorable, alors que la vie continue et que le monde tourne. Tout le monde nous dit : “Le temps a passé, vous allez beaucoup mieux !” Qu’ils ne disent rien car ils ne savent pas... Qu’ils nous écoutent simplement ! Qu’ils nous disent qu’ils pensent à Sébastien. Qu’ils ne nous disent pas : “La vie continue… Ton arrière-grand-mère a perdu deux enfants... Elle en a eu neuf ! Tu te remettras comme elle ! Tu n’en as perdu qu’un, c’est beaucoup moins dûr.” Mon Dieu, taisez-vous, personnes de bons conseils ! Vous ne savez rien du vertige des parents qui ont leur enfant dans la tombe ; ils sont dans le Ciel par l’âme de leur enfant et dans la terre glaise par son corps de chair emporté par la mort...

Unknown-8.jpegSerre-moi dans tes bras, Alice ; je te demande pardon pour le calvaire que je te fais endurer. Je ne te donne pas cette paix dont tu aurais besoin.

Quitte-moi si tu le désires... Pars, si tu le souhaites. Je te ferai toujours porter ce poids que je transporte en moi... cette culpabilité dont je ne puis me défaire. Je porte la mort de Sébastien comme une faute suprême et, se faisant, je la projette sur toi. Je ne te laisse même plus rire lorsque tu en as envie car je ne supporte pas la joie face à mes reproches intérieurs et mon chagrin dévastateur...”.Unknown-9.jpeg

Alice ne répondit pas ; elle aida Francis à se remettre dans son fauteuil et lui montra le ciel. Des ailes colorées de deltaplanes traversaient l’espace.Unknown-11.jpeg

Ils rêvèrent tous les deux devant ces hommes volants pendant un long moment de silence.

Soudain, Alice poussa un cri :

“Regarde, il y en a un qui tombe !... Son aile s’est cassée... Mon Dieu, il va s’écraser !!”

Unknown.jpegIls restèrent un instant bouche-bée, incapables de parler. La mort venait encore de frapper, cruelle et imprévisible.

Francis dit, très doucement, ces mots murmurés :

“ Un ange vient de tomber sur la Terre mais, vers le Ciel, il s’est envolé... Pour Sébastien, c’est la même chose. C’est une voiture qui a brisé ses ailes et je ne pouvais pas le prévoir... Personne ne peut arrêter l’envolée d’un ange.”

 

Chloé LAROCHE

 

Le papillon bleuUnknown-12.jpeg

Se pose dans le soleilUnknown-6.jpeg

Et meurt en riant

(HAÏKU de Chloé L)

 

_____________ __________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur. Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________


30/10/2010

Nouvelle que j'ai écrite pour la fin de vie et les accompagnants. "Le chant du cygne en l'homme".

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES...chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la deuxième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie".

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k0535130.jpgLe  Chant

du

Cygne

en

l’Homme.

 

____________ Nouvelle n° 2 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


“Notre parole, en archipel, nous offre,

après la douleur et le désastre,

des fraises qu’elle rapporte des landes de la mort,

ainsi que ses doigts chauds de les avoir cherchées.”

(René Char)

 

 

JWW1091.jpgLorsqu’elle apprit la mort de son grand-père, elle était en voyage très loin de chez elle ; elle ne put donc assister à son enterrement. Sa réaction à cette douloureuse nouvelle fut de se cacher sous les couvertures du lit et de pleurer ; elle avait dix-sept ans à peine et adorait ce grand-père qui était tombé gravement malade.Unknown-5.jpeg

Annabella fit le voeu secret d’accompagner plus tard des personnes en fin de vie afin de leur donner tout cet amour qu’elle gardait en elle pour son grand-père... cet amour qu’elle n’avait pas pu lui donner au moment de partir.

Elle poursuivit son voyage et rencontra une jeune fille de vingt ans, Bernadette, qui venait d’apprendre qu’elle avait un cancer ; son état empirait très vite car la maladie se généralisait dans toutes les cellules de son corps.

Annabella allait souvent la voir ; elle était désemparée devant les souffrances de son amie, qui dépérissait à vue d’oeil. Les médecins disaient qu’il n’y avait plus rien à faire... qu’elle était “condamnée”.

Annabella essayait de la réconforter par sa présence ; elle lui tenait la main et lui disait que la mort, c’est comme une naissance.

Unknown-7.jpegElle lui disait qu’un jour elles se retrouveraient au milieu des Anges ; elle lui parlait de ces Anges, de leurs ailes, de leurs sourires, de leur lumière, de cette grâce immanente irradiant de leur être tout entier.

Elle lui disait qu’il y avait de grands Anges, immenses, avec de grandes ailes, mais qu’il y avait aussi de petits anges. “Ces petits anges, ce sont tous les enfants de lumière qui sont partis très tôt de la Terre... Ce sont des âmes si pures que lorsque tu les regarderas de l’autre côté de la mort, ton coeur fondra dans l’amour divin ; ton âme sera emplie du nectar des Mamans de la Terre et tu seras bercée à l’infini par la douceur des Anges... jusqu’au moment où tu deviendras une mère du Ciel pour un de ces petits anges qui partent si vite de la Terre.”Unknown-11.jpegUnknown-12.jpeg

Bernadette se mit à pleurer ; elle sanglotait de joie dans son âme car elle voyait soudain s’ouvrir une magnifique fenêtre dans la mort... mais, dans son corps, elle pleurait de douleur.

Lorsqu’elle mourut, Annabella n’était plus là ; cette dernière était repartie chez elle, après des adieux déchirants... car elles savaient qu’elles ne se reverraient probablement plus sur cette Terre.

Plus tard, beaucoup plus tard, Annabella décida de se former pour pouvoir accompagner des personnes en fin de vie.

Elle a donc fait une formation sur l'écoute et l'accompagnement avec l'association JALMALV... qui signifie "jusqu'à la mort accompagner la vie".

Unknown-10.jpegOr, la veille du jour où elle devait commencer sa première expérience d’accompagnement, elle fit un rêve : elle se trouvait devant son lavabo et il était empli d’eau ; dedans, il y avait une petite sirène qui la regardait ; elles se regardèrent longtemps. Puis la jeune femme pointa son doigt vers elle ; la petite sirène sortit de l’eau et toucha son doigt avec le sien.

Autour d’elles, il y eut soudain une myriade de petits anges ; certains jouaient du violoncelle, d’autres du violon et d’autres encore de la mandoline.

Annabella se réveilla le coeur empli de joie et de lumière ; l’autre monde l’avait touchée, effleurée du bout du doigt ; elle savait qu’elle ferait désormais le lien entre notre monde et celui des Anges.Unknown-9.jpeg

Ce jour-là, elle entra dans la chambre de Vincent, en phase terminale de cancer ; Vincent avait quarante ans et un sourire empli de myosotis épanouis jusqu’au bord des yeux ; il avait des mains qui racontaient toute la sensibilité de son être et des doigts qui semblaient parcourir le clavier de la vie.

Unknown-13.jpegVincent s’adressa à Annabella : “Je suis heureux que vous soyez venue me voir ; je sais que je vais bientôt mourir et vous représentez pour moi le précieux nocher qui m’aidera à traverser la rivière de l’Après-vie.

Donnez-moi la main... vos deux mains ; car demain sera empli de l’aujourd’hui... Vos demains seront emplis de mes mains.

Lorsque je ne serai plus, vous me garderez au creux de vos mains comme un oiseau blotti dans la paume de Saint François d’Assise.”

Annabella avait les mains liées par la vie aux mains de Vincent ; elle était émue par cette force se dégageant de cet instant si fort, si intense, sublimé par le départ immanent dans la mort.Unknown-14.jpeg

Unknown-3.jpegLa jeune femme dit à Vincent : “Je vous garderai toujours dans le creux de mes mains. Vous savez, je joue du violoncelle et chaque fois que je jouerai, votre âme vibrera à travers mon âme jusqu’à faire vibrer l’âme de mon instrument. Là où vous serez, vous percevrez certains sons d’ici : ce seront les miens.”

Vincent murmura : “Dieu vous bénisse. Quel merveilleux cadeau vous me faites ! De ma vie, je n’avais entendu de mots plus doux, de promesses plus belles, de musiques plus émouvantes. Oui, la vie continue et quelle preuve plus belle que la musique pour prouver au monde que les sons unissent les vivants et les morts !

Ne vous arrêtez jamais de jouer de votre violoncelle car le son est créateur et la vibration unit les mondes, apportant  la Paix aux âmes.”

En disant ces mots, Vincent serra très fort les mains d’Annabella, qui fit de même.

 

bxp46943.jpgElle vint souvent le voir, régulièrement.

Et puis un jour, arriva le dernier jour. Le ciel était rouge et les arbres commençaient à perdre leurs feuilles.

 

Vincent rendit son dernier soupir ; sa tête se pencha sur le côté et ses doigts se détendirent...

Annabella chanta doucement la mélodie du Chant du Cygne qu’elle aimait jouer le soir sur son violoncelle.Unknown-8.jpeg

Elle se souvint de son rêve avec cette magnifique créature dans le lavabo ; il lui sembla soudain qu’une myriade d’anges emplissait la pièce... jouant avec elle le Chant du Cygne de Saint-Saëns.

Unknown.jpegElle se mit à pleurer des larmes de sirène, des larmes pures faites de rosée et de neige descendues des hauts sommets de l’Âme humaine.

Elle pensa très fort à Bernadette et à son grand-père ; lorsqu’elle rentra chez elle, elle joua pour eux et pour Vincent l’Hymne à la Joie ; ses doigts couraient sur le violoncelle et, dans le creux de ses mains, un feu sacré brûlait et irradiait chaque note de prières vives et immortelles.u11176076.jpg

 

 

Dieu a fait la mort

Pour que les vivants sachent

Qu’ils sont uniques

 

Chloé LAROCHEu19051541.jpgUnknown-6.jpegUnknown-2.jpeg

 

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"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________

 

24/10/2010

Les petits mouchoirs, un film qui m'a parlé d'humanité, de l'importance d'être près de ceux qui ont besoin de nous, car il y a parfois l'urgence d'une vie qui part alors qu'on a tout le reste de la vie.

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Bonsoir à tous et toutes,

 

Le film des Petits Mouchoirs a rempli la salle ce soir.

Merci à Guillaume Canet qui a mis son âme et sa propre vie, ainsi que toutes ses émotions et son introspection, dans la création de ce film poignant et réellement humain.

Durant deux heures trente, les spectateurs ont ri et pleuré mais à la sortie, je l'ai senti, chacun pensait à un proche disparu.8db463791b6b98da.jpg

J’ai eu l’impression d’avoir assisté à une messe moderne sur la valeur des êtres, sur l’importance donnée au temps accordé à celui qui va partir, sur le parler vrai, sur ce qui est important et primordial face à ce qui ne l’est pas, sur ce que ressentent les enfants face au monde parfois abrupte des adultes.249c40c82859357c.jpg

Les petits mouchoirs, ce sont tous ces morceaux de coeur jetés à la poubelle et cachés sous le tapis du mensonge et de la bienséance.

6150ad317d1c82ce.jpgLes petits mouchoirs, c’est ce petit qui serre son doudou contre lui, face à un père qui l’arrache à ses vacances pour fuir une situation qui ne lui plaît pas. L’enfant subit, comme il continue à subir les contradictions des adultes depuis des millénaires.

Les petits mouchoirs, c’est la femme qui pleure de ne pas être aimée par son mari, son mari qui reste mais n’a pas le cran de lui révéler qu’il aime un homme.

Les petits mouchoirs, c’est cet homme qui fait cinq cent kilomètres pour aller chercher celle qu’il aime depuis onze ans, laquelle veut se marier avec un autre. Elle le choisit finalement... mais lui a oublié d’aller voir son ami qui se meurt dans un hôpital.

Cet ami meurt et ils sont tous partis en vacances... sans venir le voir (ou presque). Cela ressemble tellement à ces vieux délaissés, toutes ces personnes mourantes qui s’en vont dans le silence, les larmes et la solitude.280541ed5e20d06a.jpg

J’ai vu dans mon métier tellement de délaissement de la part des familles, tellement de méconnaissance de la douleur, de la mort imminente... de cette sorte d’évitement des souffrants. On se raccroche à la vie en occultant ceux qui vont mal... en se disant que de toute façon, tout est fichu pour eux et que nous, on est vivants et que on doit en profiter.

da4b7de840d7432e.jpgSeulement, cette lâcheté nous rejoint un jour... car seul on partira peut-être... sur un lit d’hôpital ou dans la rue... Et peut-être seul, on mourra. Alors laissons tomber les petits mouchoirs qui couvrent nos petits secrets et nos petites peurs, nos exigences irréelles devant la relativité de la vie et de la mort, devant l’impermanence des choses.6c6970567a937c16.jpg

Quand on a perdu des proches, quand on connaît la valeur d’un sourire éteint à jamais, quand on sait l’importance d’une amitié perdue à jamais dans la mort.... Il me semble qu’on peut vivre l’amour déchargé d’un poids.... celui des petits mouchoirs. Il me semble qu’on peut arriver à ne plus se perdre dans des petits détails et que là, le regard sur l’autre prend le sens d’une guitare offerte, comme un don à une personne qui ne sait pas forcément en jouer. Mais l’amour s’apprend au fil du temps, l’amour se donne, l’amour est précieux. Comme un mouchoir brodé de larmes de sang.98805c662ab4a27e.jpg

f42f925a7db7306a.jpgChloé Laroche

23/10/2010

Mes 13 Nouvelles pour ceux qui s'aiment... qui sèment après la vie... Tirées de mon ouvrage : "Les Semences de l'Après-vie".

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)________________________________________________

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES.... chloe.email@laposte.net___________ Merci d'avance !

 

2cd705a2315020f8.jpgLe

Dauphin


de


l’Amour

 

____________ Nouvelle n° 1 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


Dédié à Michel PERLI.


“Le souvenir, c’est la présence dans l’absence,
C’est la parole dans le silence,3b7f273c01b76f5c.jpg
C’est le retour sans fin d’un bonheur passé,
Auquel le coeur donne l’Immortalité.”
(citation de Henri Lacordaire)





Elise traversait le cimetière lorsqu’elle aperçut une stèle assez étrange ; sur la pierre tombale étaient inscrits en lettres d’or les deux noms de Tristan et Iseult, ainsi qu’une ancre, dorée également.

9fdfcc014e817c14.jpgDans cette tombe reposait une seule personne, un homme.

Des lys d’une beauté étonnante se dressaient dans un vase en marbre ; Elise se recueillit en ce lieu béni, réfléchissant à l’impression d’amour éternel qui embaumait la sépulture.448521972367fafe.jpg

Il y avait aussi un immense bateau gravé sur la stèle.2c8fc0ff1c458660.jpg

Elise fixa l’ancre dorée un long moment et se dit que le véritable amour est celui qui s’ancre dans l’éternité, par-delà la mort et les souffrances.
“Quel drame ont vécu cet homme et celle qu’il a laissée ?” pensa la jeune femme ; elle restait là, bouleversée par tant de beauté et d’intensité figées dans la mort.

Elle-même demeurait seule depuis longtemps et rêvait de rencontrer l’Amour ; elle demanda à cette âme de lui porter bonheur dans sa quête d’un compagnon ; en partant, elle dessina un coeur du bout des doigts dans le gravier nu du cimetière.

Le lendemain, elle décida de partir en mer dans son kayak. Il faisait beau et l’onde était calme, propice à la méditation ; Elise avait besoin de cela, besoin de se retrouver seule dans les bras du Dieu des Eaux ; Poseïdôn -elle l’appelait ainsi- était son unique père depuis que son géniteur l’avait abandonnée ; elle aimait lui raconter ce qu’elle vivait et lui confier ses émotions ainsi que la vie de son être intérieur ; les vagues lui transmettaient les caresses de son père adoptif et lui rendaient confiance en son chemin.

166d5793526b4918.jpgOr, ce jour-là, le destin voulut qu’un dauphin vienne la voir. C’était un jeune animal à l’oeil vif ; il avait envie de jouer avec Elise et commença donc à pousser la frêle embarcation ; celle-ci se retourna et la jeune femme s’échappa du kayak ; elle se mit à paniquer, se sachant bien loin de la côte. “Peut-être est-ce ma dernière heure. Toi à qui j’ai parlé hier, au cimetière, protège- moi, je t’en prie... Je voulais trouver l’Amour, pas la mort !”

Le dauphin était toujours là ; il se glissa sous la jeune femme et l’enleva promptement ; Elise fut surprise mais se laissa faire ; le mammifère semblait savoir où il l’emmenait ; il nagea de longues heures jusqu’à atteindre une plage magnifique, la plage d’une petite île perdue au large.

Le cétacé renversa Elise dans l’eau chaude du bord de mer. Ils restèrent longtemps l’un près de l’autre, bénis par le soleil et les douces vagues ; il semblait à Elise que cet être allongé près d’elle était comme un frère, un fils de Poseïdôn, envoyé par lui comme un présent des Dieux pour que le présent se change en avenir.3973c122ec86759c.jpg

Elle avait eu une excellente intuition à propos du présent car, quelques minutes plus tard, un bateau apparut à l’horizon et jeta l’ancre devant l’île ; un homme en descendit et se dirigea en barque vers la plage... Il fut très surpris de trouver Elise près du dauphin.

“Je connais ce dauphin, dit-il. Je l’ai sauvé un jour des filets d’un pêcheur ; il était bébé et, aujourd’hui, vous voyez, il est heureux de vivre. Il sait que je viens souvent ici et il me rejoint dès que j’arrive... Mais vous, que faites-vous là ?”

Elise lui expliqua tout puis lui demanda comment il s’appelait.

8c73180850f13bc6.jpg“Je m’appelle Désiré et mon bateau a pour nom : "L’Encre de   l’Amour"  ; je l’ai appelé ainsi car j’écris beaucoup : j’ai eu une vie très difficile avec des centaines de tempêtes et de coups durs et l’écriture a été pour moi l’ancre qui m’a permis de poursuivre ma route. A travers l’encre d’un stylo, on peut parler de l’amour, de l’espoir, de la paix... On peut sauver des âmes en leur redonnant  l’espérance et la confiance en leurs propres émotions. Mais... allons nous promener dans l’île. Je vais vous montrer quelque chose.”

Elise était tombée sous le charme de cet homme ; un soleil nouvellement né brûlait en elle ; son âme semblait basculer de joie ; l’intensité de cette rencontre était telle qu’Elise avait l’impression de renaître, de naître à une nouvelle vie. “Est-ce cela l’Amour ?” se dit-elle.

Désiré marchait devant elle. Des milliers de fleurs embaumaient l’île ; les oiseaux chantaient l’infini de leur langage. Désiré ne se retournait pas ; Elise lui parlait mais il ne s’arrêtait pas ; il répondait en avançant.55e0eca1b090f770.jpg

Ils arrivèrent enfin dans un endroit paradisiaque et Désiré montra une tombe à Elise, une tombe couverte de fleurs ; il y avait là une pierre tombale... et deux noms étaient gravés : Tristan et Iseult, en lettres d’or.

2b366328596ea08c.jpgUne ancre, dorée également, accompagnait les deux noms avec un bateau en arrière-plan... Une femme était enterrée ici.

“C’est ma mère, dit Désiré. Je n’ai pas connu mon père ; il est mort en mer avant que je ne vienne au monde ; je ne sais même pas où se trouve sa tombe... Ma mère, après sa mort, est venue vivre dans cette île et j’ai grandi ici. Elle me parlait souvent de lui et son amour était grand ; elle ne l’a jamais oublié, jamais.”

Désiré se mit à pleurer. Elise lui prit la main et lui demanda de s’asseoir ; elle était très émue de comprendre qu’elle avait fait le lien entre deux personnes disparues qui s’étaient aimées passionnément ; elle expliqua à Désiré que, la veille, elle se trouvait devant la tombe de son père... Elle lui raconta tout.3b7cd100aa8ec1a2.jpg

Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre et les oiseaux s’arrêtèrent de chanter, tant l’Amour rayonnait.

Le silence est respect des êtres qui s’aiment... par-delà la mort.

Le silence est cette fleur de lys déposée sur la tombe du père de Désiré par une main inconnue... une main venue d’ailleurs.

C’est ainsi que... l’Amour est toujours plus fort que la mort.

 

Chloé LAROCHE



__________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur. Ouvrage déposé.


324f12c22882e1f4.jpgRien n’est plus précieux
Qu’un sourire suspendu
Au plus haut des cieux

(Haïkou de Chloé LAROCHE)

17/10/2010

Le film «Elle s’appelait Sarah» raconte l’histoire d’une petite fille capturée avec ses parents dans le cadre de la rafle du Vel’ d’Hiv’ et a fait surgir les larmes de toute la salle.

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Bonsoir à tous et toutes,89889d54cbb435ae.jpg

 

Ce mercredi soir, le 13 octobre, j’ai invité des amis d’OVS (du site «onvasortir.com») pour aller voir le film : «Elle s’appelait Sarah», qui raconte l’histoire d’une petite fille capturée avec ses parents dans le cadre de la rafle du Vel’ d’Hiv’. Ce film a fait surgir les larmes de toute la salle et nous étions à la sortie tous très secoués par ce que nous venions de voir.  

J’ai été personnellement très émue et bouleversée par ce film. L’histoire de tous ces déportés a résonné avec l’histoire de mon grand-père résistant et déporté dans trois camps de concentration, mutilé de guerre. Il s'appelait Jean-Louis Laroche. 19512041.jpg

Je vous donne le lien d’un texte qui résume en peu de mots ce que je pense :
http://rannemarie.wordpress.com/2010/07/16/le-16-juillet-1942-la-france-raflait/

«Les 16 et 17 juillet 1942, 1129 hommes, 2916 femmes et 4115 enfants ont été arrêtés par la police française et enfermés dans l’enceinte sportive du Vélodrome d’hiver. Simultanément 1989 hommes et 3003 femmes, couples sans enfants et célibataires, étaient arrêtés et enfermés dans le camp de Drancy.

Dans les camps de Beaune-la-Rolande et Pithiviers, les enfants en bas-âge – environ 3000 – ont été brutalement séparés de leurs parents qui furent déportés les premiers. Les enfants furent transférés à Drancy et déportés entre le 17 et 31 août 1942. La quasi-totalité des 13 152 raflés furent déportés.»

Quand on se demande ce qu’aujourd’hui on peut faire, ce qu’à l’époque on aurait fait....  Je réponds : allez voir le site d’Éducation sans Frontières :
http://www.educationsansfrontieres.org.

19512045.jpgIl y a sur ce site des centaines de pétitions pour aider des familles entières à ne pas être expulsées et ...

Allez voir aussi les sites parlant des Cercles de Silence qui s'organisent maintenant chaque mois dans la plupart des villes de France. Ces cercles silencieux d'inconnus qui se rassemblent sans parler existent pour manifester le désaccord citoyen face aux expulsions massives d'étrangers.

Ils permettent d'exprimer notre mécontentement face à la politique d'expulsion des étrangers et face à la violence faite contre de nombreuses familles expulsées où parfois des parents sont arrachés à leurs enfants et vice versa. Des pères sont mis dans l'avion de force sans jamais revoir leur enfant gardé en France ou leur femme... enceinte ou sur le point d'accoucher. Alors, vous serez peut-être au prochain rendez-vous du 20 octobre à Grenoble place Félix Poulat, les futurs Cercles de silence étant au même endroit les 17 novembre et 15 décembre, toujours de 18 h à 19 h.resizer.jpg

"Un cercle du silence, pour faire quoi ?" Des personnes de tous bords politiques ou apolitiques se réunissent et témoignent de leur mécontentement sur le sort de nombreuses familles étrangères expulsées ou enfermées dans des camps de rétention où on trouve aussi des enfants, des bébés, etc. attendant une expulsion. Imaginez un grand cercle de plein de gens inconnus qui restent là en silence, en entraide à des personnes qui n'ont pour seul tort de ne pas être nés en France et dont personne ne veut.... Des familles dont les enfants pour beaucoup sont nés en France.

____ Et voici pour poursuivre mon article le témoignage d’une rescapée du Vel’ d’Hiv’, Anna Traube : http://www.akadem.org/sommaire/themes/histoire/1/2/module_908.php

162771.jpgAvec mes amis ovésiens, nous avons partagé ce film : "Elle s'appelait Sarah" et nous avons tous été très choqués devant le destin terrible de milliers d’êtres humains, enfants, hommes et femmes. L’horreur est présente encore dans nos mémoires et dans notre histoire, si proche, si terrible de souffrances.9f20f2fd696c5514.jpg

Jacques-Henri, un ami ovésien (ovésien signifiant "inscrit sur le site OVS") m'a envoyé ce texte que je me permets de partager avec vous, tant il est poignant et véridique :

"On sait que seuls les témoignages, les évènements, certains films sont un plaidoyer contre la barbarie... Et que le silence de ceux qui ont survécu est aussi un message... Très modestement voici le mien qui rejoint ta sortie sur le silence :

Avons-nous écouté le silence de ceux qui, une fois revenus des camps après la shoah, témoignent intimement l’indicible condition de leur survie. Cette culpabilité monstrueuse qui les ronge, celle d’avoir survécu, alors même que tous leurs proches ont disparu dans d’atroces souffrances. Ce silence drape de son voile, imperméable à tout mot, cette vérité d’avoir été un être humain aux prises avec une telle horreur. Chaque acte de folie d’hommes, de femmes, individuel ou collectif, est un patrimoine dont nous avons tous la charge. Ces actes qui nous dépassent, nous renvoient inlassablement à cette blessure originelle, presqu’animale. L’humanité, en chacun de nous, nous pousse à refuser cette folie, cette vérité brutale, contre laquelle notre volonté d’Amour se heurte. Ce silence là, nous révèle toute l’étendue de la barbarie dont l’homme est capable."99d4c3ac0d317786.jpg

e43f2b423ff34e96.jpgUne de mes amies ne trouvait pas le sommeil mercredi soir après ce film. Il est difficile de trouver le repos devant tant d'horreur et de cruauté. Tous ces enfants arrachés à leurs parents et la douleur de tous ces êtres humains, c'est terrible et cela interroge tellement sur ce dont est capable l'humanité, dans le bien comme dans le pire du mal ...

19512039.jpgChacun devant ce film, nous avons pensé à nos enfants.... à la déchirure que nous aurions vécu de voir des policiers arracher notre enfant à notre vie, comme ça, en une seconde, se voir mourir et savoir que notre enfant va mourir, pour une idéologie monstrueuse...      

Je prie pour que jamais on n'ait à revivre cela.

Sur la terre, des personnes vivent encore ça dans certains pays. Qu'ils soient protégés et sauvés de toutes les barbaries.

Je vous remercie pour votre lecture de mon article.

Et je pense à Mina dont le grand-Père a fait la Seconde guerre mondiale.

Ce grand-Père était arabe, d'origine nord-africaine, et il a été enrolé dans les armées françaises. Quel honneur lui a t-on fait ici.... ?

Aucun honneur, il est mort dans l'indifférence générale. Comme tant d'autres qui ont donné leur vie et sur qui on crache dessus parce qu'ils sont étrangers à la France.45714a22a5357cd8.jpg5248a5a201aa9fd2.jpg553865ca1aacc076.jpg

Chloé Laroche

 
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