Avertir le modérateur

02/11/2010

Ma lettre aux endeuillés et mon hommage aux familles tuées à Bagdad dans l'église pour la Toussaint. Mes pensées pour les enfants emportés par la maltraitance.

9c36f00b1031188a.jpg

416500fd42b96950.jpgBonjour à tous et toutes,

 

En ce jour des Défunts, beaucoup de personnes sont touchées par l’absence d’un proche et la douleur de la perte d’une personne aimée et chérie. Je leur adresse plein de pensées et aussi de savoir que notre vie peut être courte mais que plus elle est pleine et bien remplie, plus on est heureux de la vivre, même en portant nos croix. 9038b892e7925e82.jpg

Le bonheur est fait de plein de petits bonheurs et juste de contempler la nature, le soleil, un sourire, apporter une joie, donner de son temps, sortir de soi pour aller vers l'autre, penser à ceux qui sont partis mais qui nous ont apporté tant par ce bonheur que nous avons eu de les connaître, d'avoir pu les côtoyer, les aimer, les chérir.

Aujourd'hui, un couple est mort, tué par des balles, à Bagdad. Ils venaient de se marier et avaient un bébé de trois mois. La mort les a emportés par la violence d'une vague de haine, une vague de sang qui est entrée dans une église où priaient des personnes de coeur et par laquelle 46 personnes ont été assassinées. Beaucoup de femmes et d’enfants sont morts. 0344d987ab78ddd6.jpg

8b67d452fd85b9d8.jpgJe pense à eux comme je pense à tous ceux et celles qui partent chaque jour, comme je pense à ces enfants qui meurent sous la maltraitance de leurs parents, deux par jour en France. C'est ignoble mais c'est ainsi, un enfant de trois ans enfermé dans un placard et mort de suffocation avec sa soeur de cinq ans, un enfant qu’on laisse sur un balcon au froid et derrière des volets fermés, un enfant battu, privé de manger, un enfant qui pleure des larmes de sang sans que personne y puisse quelque chose, un enfant pendu par son père pour avoir déchiré un livre de classe.

Qu'un seul enfant survive ce soir, mille enfants... sauvés par un espoir que la fuite soit possible pour eux, la fuite de leur malheur, la fin de leurs souffrances.

Chloé Laroche1e0a099f6e90d1f6.jpg

____________________________ Pensez à appeler le 119 : enfants battus, martyrisés, jeunes enfermés dans des prisons de conscience et maltraités, témoins, famille proche, amis, voisins, frères et soeurs, cousins, mère et père, grands-parents, professeurs... Vous savez un enfant en danger, vous entendez des cris, vous voyez un enfant enfermé sur un balcon, vous savez qu'un enfant est battu, vous savez qu'on le prive de repas et qu'on le séquestre, vous savez qu'un enfant est violé ou qu'on lui demande de faire des choses sur un adulte... Appelez le 119. Ils sauront vous écouter et trouver une solution adaptée pour l'enfant.

______________________________________________________________________________________________

____________________________________________________________________________________________________________________

LE 119 : "Depuis mars 1997, le 119 est le numéro d'appel "Allô Enfance en Danger". L'accueil téléphonique permanent a pour mission de réceptionner les appels, de transmettre si nécessaire les informations recueillies aux services des Conseils Généraux compétents. Ces derniers interviennent alors en proposant diverses aides adaptées et peuvent saisir l'autorité judiciaire dans certains cas. En 2008, le "119, Allô Enfance en Danger" a reçu environ 2 200 appels par jour. Il est utile de rappeler que l'accueil téléphonique a lieu tous les jours et 24h/24h. Si vous rencontrez un enfant maltraité ou que vous avez même des soupçons, il est important de le signaler et de contacter le 119."

Chaque année dans le monde,b763ffae6c994a64.jpg
155 000 enfants de moins de 15 ans meurent de maltraitance.

Un enfant en danger ?
Appelez le 119.


_______________POUR ALLER PLUS LOIN :


http://www.francesoir.fr/faits-divers/maltraitance-un-enfant-sur-dix-victime-de-violence

http://www.inserm.fr/index.php/layout/set/print/espace-journalistes/enfants-maltraites.-les-chiffres-et-leur-base-juridique-en-france

http://www.personnedisparue.com/article.php?id=22

01/11/2010

Mon article pour la Toussaint 2010, pour tous les saints méconnus, inconnus et ceux qui se battent pour aider leur prochain, ceux qui portent leur croix invisible et si lourde pourtant.

4c41cd86873dbc0a.jpgMON ARTICLE POUR LA TOUSSAINT 2010_____________b86e09d58058b906.jpg

Bonjour à tous et toutes,

Aujourd’hui, c’est la Toussaint, la fête de tous les Saints. Pour moi, cette fête est celle de tous ceux qui font du bien autour d’eux et qui ont compris que chaque être humain a besoin d’un oui à sa propre existence, d’un accueil de sa dimension existentielle. Chaque être humain naît et meurt un jour mais entre les deux, il a besoin d’un accueil de sa propre existence.

Pour moi, un saint est celui qui a compris que chacun a besoin d’amour ici-bas et d’être accepté et reconnu... Pour moi, un saint n’a pas seulement compris cela mais agit aussi dans les actes.

1839962773.jpgAinsi le Saint Curé d’Ars, Jean-Marie Vianney, a donné un jour son lit pour une famille pauvre et dormait ensuite sur une planche. Un autre jour, il rencontra un homme allant sans chaussures. Il lui donna ses chaussures et rentra en chaussettes.dd5dda40f59bb174.jpg

Saint Augustin disait : «L’amour, c’est vouloir que l’autre soit.»

C’est tout le sens de ceux qui se battent pour que des familles d’origine étrangère ne soient pas renvoyées chez elles. Pourquoi vouloir en France faire du chiffre en expulsant un certain nombre de familles, en sachant que dans grand nombre d’entre elles, un bébé de ces familles est né en France ou un enfant d'entre elles est scolarisé dans nos écoles et a trouvé ses racines dans notre pays ??

L’Abbé Hennart, du diocèse d’Arras, a écrit un texte remarquable sur les Saints de tous les jours, que je souhaite partager avec vous :

«La récente béatification de sœur Jeanne Jugan, fondatrice des petites sœurs des pauvres, rappelle aussi que la mission passe par le souci des pauvres, des isolés et défavorisés, des "fin de vie". La guerre des communiqués à propos des étrangers en France et en Pas-de-Calais est là pour rappeler la complexité de la vie politique sans pour autant affadir la nécessaire reconnaissance de la dignité de tout être humain, en paroles et en actes. Ils sont nombreux les bénévoles et les professionnels des ONG et autres organisations à porter "la misère du monde". Le salut dont parle le Christ n'est pas uniquement spirituel, il est incarné : "ce que vous avez fait au plus petit des miens, c'est à moi que vous l'avez fait". Ce verset de Matthieu 25 devrait nous éviter de rester en marge de la société, laissant aux autres le soin du pauvre et de l'étranger. De nombreuses biographies de vies de saints évoquent le souci de  la charité vécue dans le don de sa propre vie pour que l'homme vive

b08c595e782f4798.jpgPour moi, le saint est effectivement celui de tous les jours, celui qui n’a pas fait de bruit mais beaucoup de bien... Celui qui a souffert en silence en portant la croix invisible que personne ne soupçonne. Un saint est cet homme que j’appréciais et qui vient de rejoindre le ciel. Il s’appelait Jean et avait perdu son fils de suicide. Jean a souffert le calvaire de la maladie à la fin de sa vie en mourant seul car éloigné de sa famille à cause de problèmes de places en hôpitaux. Il était généreux et aimant pour son entourage. Il était humble et restait doux avec ceux qui lui faisaient du mal. Il laissait la méchanceté passer en silence comme un soleil qui brille en regardant passer les nuages. Il a rejoint hier soir son fils qu’il a tant pleuré et regretté, ce fils déçu par la vie et l’amour. Jean, puisses-tu rejoindre les Saints là-haut dans la communion de tous ceux qui ont l’amour dans le coeur.350323fdbfbebf58.jpg

Et je resterai en communion avec toi, Jean, comme avec tous ceux et celles que j’ai aimés et qui sont partis, car Dieu est le Dieu des vivants et des morts et nous rassemble tous, au-delà de chaque croyance et religion. Je pense à mes amies, amis, à mes grand-parents et mes oncles et tantes, au père de mon fils, à ma fille chérie Océana. Qu’en ce jour, l’espérance de nous revoir un jour et l’espoir que nous restions unis à jamais restent dans notre coeur et apportent le réconfort d’un chemin qui ne s’arrête pas. Que le pardon apaise le coeur de ceux qui ont eu cent remords et regrets à leur mort.

c533772a0fd897c4.jpgMonseigneur Hippolyte Simon, archevêque de Clermont, a dit ceci sur la communion des Saints : «La communion des saints, c'est la communion de vie qui existe entre nous et ceux qui nous ont précédés. Il y a, dans le Christ, un lien mutuel et une solidarité entre les vivants et les morts. C'est cela que nous exprimons quand nous portons des fleurs sur les tombes le jour de la Toussaint.......... Sachons reconnaître que si nos disparus nous manquent, c'est qu'ils ont beaucoup compté pour nous. Mais nous ne pouvons pas les pleurer sans être invités à rendre grâces pour le bonheur de les avoir connus. Ainsi, notre méditation pourra nous faire entrer progressivement dans une meilleure compréhension de la Communion des Saints.»

Pour terminer mon article, je pense à tous ceux qui sont morts à cause de leurs conditions de travail, à cause d’un sacrifice à une vie professionnelle indigne du respect de l’Humain. Pour leur faire honneur, je souhaite partager avec vous cet excellent texte de Monseigneur Bernard Ginoux, évêque de Montauban, écrit pour la Toussaint 2009  :03ce2f7adcd5925c.jpg

«Depuis quelques jours les abords des cimetières voient l'arrivée des chrysanthèmes et d'autres plantes qui annoncent le retour des célébrations du souvenir. Parmi les défunts auxquels je pense particulièrement ces jours-ci et que je porte dans ma prière il y a les victimes d'une nouvelle « pandémie » : ceux que les conditions de travail conduisent à la mort, ceux qui, poussés par des conditions inhumaines, désespérés, se tuent : à France Télécom, à l'entreprise Thalès et dans d'autres entreprises... Qui plaidera pour eux ? Qui dira qu'ils sont morts sous la contrainte? Qui reconnaîtra qu'ils sont sacrifiés à des idoles mortifères : la rentabilité, la concurrence, la réduction des coûts, les techniques de gestion ? La barbarie du quotidien fait naître leur culpabilité au point qu'ils se donnent eux-mêmes la mort devant l'idole implacable qui demande toujours plus.

Ces réalités touchent des millions de personnes vouées au profit de grandes entreprises qui se font la guerre avec un armement humain et qui ne craignent pas les pertes « en matériel ». Ce matériel nous le connaissons bien : ce sont nos proches, nos voisins, ils travaillent depuis des décennies dans telle ou telle entreprise, ils ont acquis une maison qu'ils paient sur vingt ou vingt-cinq ans grâce à leur travail. Un jour tout s'arrête parce que l'entreprise est délocalisée, parce que l'acheteur étranger n'a rien à faire de cette usine.»


c5dd887368fc0140.jpgJe pense aussi particulièrement en ce week-end de Toussaint aux parents qui ont perdu un enfant, qui ont dans leurs tripes ce vertige de la mort, cette blessure invisible qui laisse un trou béant dans leur coeur et le sentiment immense d’être abandonnés par la vie.... cette vie qu’il faut pourtant poursuivre, car être saint, c’est aussi savoir avancer contre vents et marées, dans les épreuves et dans l’humilité de se dire que la mort, nous ne la choisissons pas et pour personne de notre entourage. La mort arrive et l’homme se plie. Elle arrive et c’est un ange qui s’envole. Elle arrive et nous nous courbons de douleur. Mais la vie est là et nous demande d’ouvrir nos mains pour aimer encore et toujours.87029a692b5bb078.jpg

Je pense aussi en ce jour à un homme qui s’appelle aussi Jean.... Jean Ferrante a donné sa vie en août dans ma ville de Grenoble en plongeant pour aller chercher une jeune femme suicidaire de 19 ans qui s’est jeté du pont Saint Laurent dans l’Isère. Cet homme de 53 ans, qui a passé sa vie à faire du bien autour de lui, a risqué son existence sans hésitation en se précipitant pour sauver cette femme qui allait se noyer. Il l’a sauvée. Je lui rends hommage en ce jour, en demandant à tous les Saints de l’accueillir parmi eux. Un inconnu a écrit de lui : «se sacrifier pour sauver son prochain est vraiment un acte hors du commun, que ton âme sublime reste dans nos mémoires.» Et je dis la même chose : que ton âme sublime reste dans nos mémoires»... ainsi que la mémoire de cette gentillesse et de ce grand coeur qui te caractérisaient.117ef0491f9df71a.jpg

DANS LA COMMUNION DE TOUS CEUX QUI SONT PARTIS ET DE CEUX QUI RESTENT,9eedbd64587d3ec8.jpg4fa3c5d3a779681a.jpg42-21058990.jpg

Chloé LAROCHE

31/10/2010

"Le Vélo du Ciel". Ma troisième nouvelle des Semences de l'Après-Vie. Accident de la vie, accident sur la route, accident de la mort, départ d'une vie.

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES...chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la troisième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"______________________________________

 

 

k0292384.jpgLe  Vélo

tombé

du

Ciel

____________ Nouvelle n° 3 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


 

L’aigle vole haut

Pour rejoindre son Père

Grand oiseau libre

(Haïku de Chloé)______________________

 

“Tu sais bien que lorsqu’un enfant meurt,

ses parents se sentent coupables de tout.”

Patrick Poivre d’Arvor s’adressant à sa fille défunte Solenn

dans son livre : “Elle n’était pas d’ici”

 

__________________________________________________________ks114206.jpg

Unknown-16.jpegFrancis avait eu un accident de vélo... un terrible accident qui avait pris la vie de son fils de cinq ans ; un automobiliste avait grillé le stop d’un carrefour et les avait heurtés de plein fouet.

Son fils Sébastien avait été transporté aux urgences mais il n’avait pas survécu à ses blessures ; Francis, après une longue période de coma, ne se déplaçait que sur un fauteuil roulant.

Unknown-15.jpegIl avait essayé plusieurs fois d’attenter à sa vie ; il se sentait coupable de la mort de son fils... coupable de l’avoir fait monter sur ce vélo. Tout le monde lui disait : “Tu n’y es pour rien ; il était attaché ; il avait une chaise spéciale pour enfants ; il portait un casque. Ce n’est pas de ta faute !” Rien ne lui enlevait cette idée de culpabilité. “J’ai tué mon fils", disait-il sans arrêt. "Je ne mérite pas de vivre.”

Le jour de l’accident, Francis emmenait Sébastien en promenade.

Son fils aimait monter sur le vélo ; être attaché ne lui plaisait guère mais il savait que c’était pour sa sécurité ; il regardait les arbres passer à toute vitesse et chantait à tue-tête avec son père.k1153859.jpg

L’accident fut brutal et Sébastien eut très peur ; il cria Papa ! et ressentit le choc comme un soleil qui explose. Après, il avait gémi, tenant la main de sa maman accourue à son chevet ; elle l’embrassait partout, suppliant le Ciel de le lui laisser vivant.

Mais Sébastien mourut... sans revoir son papa, qui était encore dans le coma.

Unknown-2.jpegFrancis resta deux longs mois dans ce sommeil profond.

Lorsqu’il se réveilla, il expliqua à tous ceux qui l’entouraient qu’il avait dit “au revoir” à Sébastien ; des êtres en blanc s’étaient adressés à lui en ces termes : “Ton fils doit quitter la Terre mais toi, tu dois y retourner ; ta place est près de la maman de Sébastien ; elle aura besoin de toi et d’autres personnes auront besoin de vous. Tu retrouveras ton fils plus tard... Dans l’immensité du temps, une seconde vous sépare ; durant cette seconde, tu vas poursuivre ta vie sur la Terre et après tu auras l’éternité pour partager l’amour de ton fils. Nous t’aiderons à assumer ton chagrin et à comprendre que ton fils n’est pas séparé de toi. La mort n’est pas une séparation... Tu comprendras plus tard que son départ n’est pas quelque chose qu’on lui a enlevé mais quelque chose qui lui a été donné. ”Unknown-18.jpeg

Francis s’était donc réveillé du coma mais il supportait mal de devoir vivre sur ce fauteuil roulant ; et puis il s’accusait de la mort de son fils ; il s’accablait de reproches et paraissait ignorer ce que les “êtres en blanc” lui avaient dit.BLD053967.jpg

Il restait avec sa femme mais il lui rendait la vie impossible... Elle avait une peine si lourde qu’elle avait du mal à gérer en plus la culpabilité de son compagnon.

BLD061000.jpgParfois même elle attrapait des idées noires, se disant : “C’est de ma faute ; je n’aurais jamais dû accepter que Sébastien monte sur ce vélo ; j’aurais dû m’y opposer. C’est si dangereux... Les automobilistes ne voient pas toujours les vélocyclistes et ceux-ci sont si vulnérables et fragiles !”

Elle se rongeait alors de remords et de regrets, se disant qu’elle aurait dû avoir une intuition afin d’empêcher cela... Elle n’avait jamais pensé au pire ; elle ne pensait qu’au bonheur de son fils.

Un jour, elle trouva Francis en dehors de son fauteuil, les bras en croix, sur le sol.

“Qu’as-tu, mon chéri ?Unknown-7.jpeg

-Ce que j’ai, tu le sais bien, ce que j’ai ! Je ne peux plus vivre sans lui, sans notre fils. C’est un martyr sans fin... On brûle à petit feu et ça ne s’arrête jamais. Le vide est là, inexorable, alors que la vie continue et que le monde tourne. Tout le monde nous dit : “Le temps a passé, vous allez beaucoup mieux !” Qu’ils ne disent rien car ils ne savent pas... Qu’ils nous écoutent simplement ! Qu’ils nous disent qu’ils pensent à Sébastien. Qu’ils ne nous disent pas : “La vie continue… Ton arrière-grand-mère a perdu deux enfants... Elle en a eu neuf ! Tu te remettras comme elle ! Tu n’en as perdu qu’un, c’est beaucoup moins dûr.” Mon Dieu, taisez-vous, personnes de bons conseils ! Vous ne savez rien du vertige des parents qui ont leur enfant dans la tombe ; ils sont dans le Ciel par l’âme de leur enfant et dans la terre glaise par son corps de chair emporté par la mort...

Unknown-8.jpegSerre-moi dans tes bras, Alice ; je te demande pardon pour le calvaire que je te fais endurer. Je ne te donne pas cette paix dont tu aurais besoin.

Quitte-moi si tu le désires... Pars, si tu le souhaites. Je te ferai toujours porter ce poids que je transporte en moi... cette culpabilité dont je ne puis me défaire. Je porte la mort de Sébastien comme une faute suprême et, se faisant, je la projette sur toi. Je ne te laisse même plus rire lorsque tu en as envie car je ne supporte pas la joie face à mes reproches intérieurs et mon chagrin dévastateur...”.Unknown-9.jpeg

Alice ne répondit pas ; elle aida Francis à se remettre dans son fauteuil et lui montra le ciel. Des ailes colorées de deltaplanes traversaient l’espace.Unknown-11.jpeg

Ils rêvèrent tous les deux devant ces hommes volants pendant un long moment de silence.

Soudain, Alice poussa un cri :

“Regarde, il y en a un qui tombe !... Son aile s’est cassée... Mon Dieu, il va s’écraser !!”

Unknown.jpegIls restèrent un instant bouche-bée, incapables de parler. La mort venait encore de frapper, cruelle et imprévisible.

Francis dit, très doucement, ces mots murmurés :

“ Un ange vient de tomber sur la Terre mais, vers le Ciel, il s’est envolé... Pour Sébastien, c’est la même chose. C’est une voiture qui a brisé ses ailes et je ne pouvais pas le prévoir... Personne ne peut arrêter l’envolée d’un ange.”

 

Chloé LAROCHE

 

Le papillon bleuUnknown-12.jpeg

Se pose dans le soleilUnknown-6.jpeg

Et meurt en riant

(HAÏKU de Chloé L)

 

_____________ __________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur. Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________


30/10/2010

Nouvelle que j'ai écrite pour la fin de vie et les accompagnants. "Le chant du cygne en l'homme".

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES...chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la deuxième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie".

_________________________________________________42-21058990.jpg

 

k0535130.jpgLe  Chant

du

Cygne

en

l’Homme.

 

____________ Nouvelle n° 2 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


“Notre parole, en archipel, nous offre,

après la douleur et le désastre,

des fraises qu’elle rapporte des landes de la mort,

ainsi que ses doigts chauds de les avoir cherchées.”

(René Char)

 

 

JWW1091.jpgLorsqu’elle apprit la mort de son grand-père, elle était en voyage très loin de chez elle ; elle ne put donc assister à son enterrement. Sa réaction à cette douloureuse nouvelle fut de se cacher sous les couvertures du lit et de pleurer ; elle avait dix-sept ans à peine et adorait ce grand-père qui était tombé gravement malade.Unknown-5.jpeg

Annabella fit le voeu secret d’accompagner plus tard des personnes en fin de vie afin de leur donner tout cet amour qu’elle gardait en elle pour son grand-père... cet amour qu’elle n’avait pas pu lui donner au moment de partir.

Elle poursuivit son voyage et rencontra une jeune fille de vingt ans, Bernadette, qui venait d’apprendre qu’elle avait un cancer ; son état empirait très vite car la maladie se généralisait dans toutes les cellules de son corps.

Annabella allait souvent la voir ; elle était désemparée devant les souffrances de son amie, qui dépérissait à vue d’oeil. Les médecins disaient qu’il n’y avait plus rien à faire... qu’elle était “condamnée”.

Annabella essayait de la réconforter par sa présence ; elle lui tenait la main et lui disait que la mort, c’est comme une naissance.

Unknown-7.jpegElle lui disait qu’un jour elles se retrouveraient au milieu des Anges ; elle lui parlait de ces Anges, de leurs ailes, de leurs sourires, de leur lumière, de cette grâce immanente irradiant de leur être tout entier.

Elle lui disait qu’il y avait de grands Anges, immenses, avec de grandes ailes, mais qu’il y avait aussi de petits anges. “Ces petits anges, ce sont tous les enfants de lumière qui sont partis très tôt de la Terre... Ce sont des âmes si pures que lorsque tu les regarderas de l’autre côté de la mort, ton coeur fondra dans l’amour divin ; ton âme sera emplie du nectar des Mamans de la Terre et tu seras bercée à l’infini par la douceur des Anges... jusqu’au moment où tu deviendras une mère du Ciel pour un de ces petits anges qui partent si vite de la Terre.”Unknown-11.jpegUnknown-12.jpeg

Bernadette se mit à pleurer ; elle sanglotait de joie dans son âme car elle voyait soudain s’ouvrir une magnifique fenêtre dans la mort... mais, dans son corps, elle pleurait de douleur.

Lorsqu’elle mourut, Annabella n’était plus là ; cette dernière était repartie chez elle, après des adieux déchirants... car elles savaient qu’elles ne se reverraient probablement plus sur cette Terre.

Plus tard, beaucoup plus tard, Annabella décida de se former pour pouvoir accompagner des personnes en fin de vie.

Elle a donc fait une formation sur l'écoute et l'accompagnement avec l'association JALMALV... qui signifie "jusqu'à la mort accompagner la vie".

Unknown-10.jpegOr, la veille du jour où elle devait commencer sa première expérience d’accompagnement, elle fit un rêve : elle se trouvait devant son lavabo et il était empli d’eau ; dedans, il y avait une petite sirène qui la regardait ; elles se regardèrent longtemps. Puis la jeune femme pointa son doigt vers elle ; la petite sirène sortit de l’eau et toucha son doigt avec le sien.

Autour d’elles, il y eut soudain une myriade de petits anges ; certains jouaient du violoncelle, d’autres du violon et d’autres encore de la mandoline.

Annabella se réveilla le coeur empli de joie et de lumière ; l’autre monde l’avait touchée, effleurée du bout du doigt ; elle savait qu’elle ferait désormais le lien entre notre monde et celui des Anges.Unknown-9.jpeg

Ce jour-là, elle entra dans la chambre de Vincent, en phase terminale de cancer ; Vincent avait quarante ans et un sourire empli de myosotis épanouis jusqu’au bord des yeux ; il avait des mains qui racontaient toute la sensibilité de son être et des doigts qui semblaient parcourir le clavier de la vie.

Unknown-13.jpegVincent s’adressa à Annabella : “Je suis heureux que vous soyez venue me voir ; je sais que je vais bientôt mourir et vous représentez pour moi le précieux nocher qui m’aidera à traverser la rivière de l’Après-vie.

Donnez-moi la main... vos deux mains ; car demain sera empli de l’aujourd’hui... Vos demains seront emplis de mes mains.

Lorsque je ne serai plus, vous me garderez au creux de vos mains comme un oiseau blotti dans la paume de Saint François d’Assise.”

Annabella avait les mains liées par la vie aux mains de Vincent ; elle était émue par cette force se dégageant de cet instant si fort, si intense, sublimé par le départ immanent dans la mort.Unknown-14.jpeg

Unknown-3.jpegLa jeune femme dit à Vincent : “Je vous garderai toujours dans le creux de mes mains. Vous savez, je joue du violoncelle et chaque fois que je jouerai, votre âme vibrera à travers mon âme jusqu’à faire vibrer l’âme de mon instrument. Là où vous serez, vous percevrez certains sons d’ici : ce seront les miens.”

Vincent murmura : “Dieu vous bénisse. Quel merveilleux cadeau vous me faites ! De ma vie, je n’avais entendu de mots plus doux, de promesses plus belles, de musiques plus émouvantes. Oui, la vie continue et quelle preuve plus belle que la musique pour prouver au monde que les sons unissent les vivants et les morts !

Ne vous arrêtez jamais de jouer de votre violoncelle car le son est créateur et la vibration unit les mondes, apportant  la Paix aux âmes.”

En disant ces mots, Vincent serra très fort les mains d’Annabella, qui fit de même.

 

bxp46943.jpgElle vint souvent le voir, régulièrement.

Et puis un jour, arriva le dernier jour. Le ciel était rouge et les arbres commençaient à perdre leurs feuilles.

 

Vincent rendit son dernier soupir ; sa tête se pencha sur le côté et ses doigts se détendirent...

Annabella chanta doucement la mélodie du Chant du Cygne qu’elle aimait jouer le soir sur son violoncelle.Unknown-8.jpeg

Elle se souvint de son rêve avec cette magnifique créature dans le lavabo ; il lui sembla soudain qu’une myriade d’anges emplissait la pièce... jouant avec elle le Chant du Cygne de Saint-Saëns.

Unknown.jpegElle se mit à pleurer des larmes de sirène, des larmes pures faites de rosée et de neige descendues des hauts sommets de l’Âme humaine.

Elle pensa très fort à Bernadette et à son grand-père ; lorsqu’elle rentra chez elle, elle joua pour eux et pour Vincent l’Hymne à la Joie ; ses doigts couraient sur le violoncelle et, dans le creux de ses mains, un feu sacré brûlait et irradiait chaque note de prières vives et immortelles.u11176076.jpg

 

 

Dieu a fait la mort

Pour que les vivants sachent

Qu’ils sont uniques

 

Chloé LAROCHEu19051541.jpgUnknown-6.jpegUnknown-2.jpeg

 

______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________

 

24/10/2010

Les petits mouchoirs, un film qui m'a parlé d'humanité, de l'importance d'être près de ceux qui ont besoin de nous, car il y a parfois l'urgence d'une vie qui part alors qu'on a tout le reste de la vie.

0afe69482a68f1e0.jpg

Bonsoir à tous et toutes,

 

Le film des Petits Mouchoirs a rempli la salle ce soir.

Merci à Guillaume Canet qui a mis son âme et sa propre vie, ainsi que toutes ses émotions et son introspection, dans la création de ce film poignant et réellement humain.

Durant deux heures trente, les spectateurs ont ri et pleuré mais à la sortie, je l'ai senti, chacun pensait à un proche disparu.8db463791b6b98da.jpg

J’ai eu l’impression d’avoir assisté à une messe moderne sur la valeur des êtres, sur l’importance donnée au temps accordé à celui qui va partir, sur le parler vrai, sur ce qui est important et primordial face à ce qui ne l’est pas, sur ce que ressentent les enfants face au monde parfois abrupte des adultes.249c40c82859357c.jpg

Les petits mouchoirs, ce sont tous ces morceaux de coeur jetés à la poubelle et cachés sous le tapis du mensonge et de la bienséance.

6150ad317d1c82ce.jpgLes petits mouchoirs, c’est ce petit qui serre son doudou contre lui, face à un père qui l’arrache à ses vacances pour fuir une situation qui ne lui plaît pas. L’enfant subit, comme il continue à subir les contradictions des adultes depuis des millénaires.

Les petits mouchoirs, c’est la femme qui pleure de ne pas être aimée par son mari, son mari qui reste mais n’a pas le cran de lui révéler qu’il aime un homme.

Les petits mouchoirs, c’est cet homme qui fait cinq cent kilomètres pour aller chercher celle qu’il aime depuis onze ans, laquelle veut se marier avec un autre. Elle le choisit finalement... mais lui a oublié d’aller voir son ami qui se meurt dans un hôpital.

Cet ami meurt et ils sont tous partis en vacances... sans venir le voir (ou presque). Cela ressemble tellement à ces vieux délaissés, toutes ces personnes mourantes qui s’en vont dans le silence, les larmes et la solitude.280541ed5e20d06a.jpg

J’ai vu dans mon métier tellement de délaissement de la part des familles, tellement de méconnaissance de la douleur, de la mort imminente... de cette sorte d’évitement des souffrants. On se raccroche à la vie en occultant ceux qui vont mal... en se disant que de toute façon, tout est fichu pour eux et que nous, on est vivants et que on doit en profiter.

da4b7de840d7432e.jpgSeulement, cette lâcheté nous rejoint un jour... car seul on partira peut-être... sur un lit d’hôpital ou dans la rue... Et peut-être seul, on mourra. Alors laissons tomber les petits mouchoirs qui couvrent nos petits secrets et nos petites peurs, nos exigences irréelles devant la relativité de la vie et de la mort, devant l’impermanence des choses.6c6970567a937c16.jpg

Quand on a perdu des proches, quand on connaît la valeur d’un sourire éteint à jamais, quand on sait l’importance d’une amitié perdue à jamais dans la mort.... Il me semble qu’on peut vivre l’amour déchargé d’un poids.... celui des petits mouchoirs. Il me semble qu’on peut arriver à ne plus se perdre dans des petits détails et que là, le regard sur l’autre prend le sens d’une guitare offerte, comme un don à une personne qui ne sait pas forcément en jouer. Mais l’amour s’apprend au fil du temps, l’amour se donne, l’amour est précieux. Comme un mouchoir brodé de larmes de sang.98805c662ab4a27e.jpg

f42f925a7db7306a.jpgChloé Laroche

23/10/2010

Mes 13 Nouvelles pour ceux qui s'aiment... qui sèment après la vie... Tirées de mon ouvrage : "Les Semences de l'Après-vie".

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)________________________________________________

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES.... chloe.email@laposte.net___________ Merci d'avance !

 

2cd705a2315020f8.jpgLe

Dauphin


de


l’Amour

 

____________ Nouvelle n° 1 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


Dédié à Michel PERLI.


“Le souvenir, c’est la présence dans l’absence,
C’est la parole dans le silence,3b7f273c01b76f5c.jpg
C’est le retour sans fin d’un bonheur passé,
Auquel le coeur donne l’Immortalité.”
(citation de Henri Lacordaire)





Elise traversait le cimetière lorsqu’elle aperçut une stèle assez étrange ; sur la pierre tombale étaient inscrits en lettres d’or les deux noms de Tristan et Iseult, ainsi qu’une ancre, dorée également.

9fdfcc014e817c14.jpgDans cette tombe reposait une seule personne, un homme.

Des lys d’une beauté étonnante se dressaient dans un vase en marbre ; Elise se recueillit en ce lieu béni, réfléchissant à l’impression d’amour éternel qui embaumait la sépulture.448521972367fafe.jpg

Il y avait aussi un immense bateau gravé sur la stèle.2c8fc0ff1c458660.jpg

Elise fixa l’ancre dorée un long moment et se dit que le véritable amour est celui qui s’ancre dans l’éternité, par-delà la mort et les souffrances.
“Quel drame ont vécu cet homme et celle qu’il a laissée ?” pensa la jeune femme ; elle restait là, bouleversée par tant de beauté et d’intensité figées dans la mort.

Elle-même demeurait seule depuis longtemps et rêvait de rencontrer l’Amour ; elle demanda à cette âme de lui porter bonheur dans sa quête d’un compagnon ; en partant, elle dessina un coeur du bout des doigts dans le gravier nu du cimetière.

Le lendemain, elle décida de partir en mer dans son kayak. Il faisait beau et l’onde était calme, propice à la méditation ; Elise avait besoin de cela, besoin de se retrouver seule dans les bras du Dieu des Eaux ; Poseïdôn -elle l’appelait ainsi- était son unique père depuis que son géniteur l’avait abandonnée ; elle aimait lui raconter ce qu’elle vivait et lui confier ses émotions ainsi que la vie de son être intérieur ; les vagues lui transmettaient les caresses de son père adoptif et lui rendaient confiance en son chemin.

166d5793526b4918.jpgOr, ce jour-là, le destin voulut qu’un dauphin vienne la voir. C’était un jeune animal à l’oeil vif ; il avait envie de jouer avec Elise et commença donc à pousser la frêle embarcation ; celle-ci se retourna et la jeune femme s’échappa du kayak ; elle se mit à paniquer, se sachant bien loin de la côte. “Peut-être est-ce ma dernière heure. Toi à qui j’ai parlé hier, au cimetière, protège- moi, je t’en prie... Je voulais trouver l’Amour, pas la mort !”

Le dauphin était toujours là ; il se glissa sous la jeune femme et l’enleva promptement ; Elise fut surprise mais se laissa faire ; le mammifère semblait savoir où il l’emmenait ; il nagea de longues heures jusqu’à atteindre une plage magnifique, la plage d’une petite île perdue au large.

Le cétacé renversa Elise dans l’eau chaude du bord de mer. Ils restèrent longtemps l’un près de l’autre, bénis par le soleil et les douces vagues ; il semblait à Elise que cet être allongé près d’elle était comme un frère, un fils de Poseïdôn, envoyé par lui comme un présent des Dieux pour que le présent se change en avenir.3973c122ec86759c.jpg

Elle avait eu une excellente intuition à propos du présent car, quelques minutes plus tard, un bateau apparut à l’horizon et jeta l’ancre devant l’île ; un homme en descendit et se dirigea en barque vers la plage... Il fut très surpris de trouver Elise près du dauphin.

“Je connais ce dauphin, dit-il. Je l’ai sauvé un jour des filets d’un pêcheur ; il était bébé et, aujourd’hui, vous voyez, il est heureux de vivre. Il sait que je viens souvent ici et il me rejoint dès que j’arrive... Mais vous, que faites-vous là ?”

Elise lui expliqua tout puis lui demanda comment il s’appelait.

8c73180850f13bc6.jpg“Je m’appelle Désiré et mon bateau a pour nom : "L’Encre de   l’Amour"  ; je l’ai appelé ainsi car j’écris beaucoup : j’ai eu une vie très difficile avec des centaines de tempêtes et de coups durs et l’écriture a été pour moi l’ancre qui m’a permis de poursuivre ma route. A travers l’encre d’un stylo, on peut parler de l’amour, de l’espoir, de la paix... On peut sauver des âmes en leur redonnant  l’espérance et la confiance en leurs propres émotions. Mais... allons nous promener dans l’île. Je vais vous montrer quelque chose.”

Elise était tombée sous le charme de cet homme ; un soleil nouvellement né brûlait en elle ; son âme semblait basculer de joie ; l’intensité de cette rencontre était telle qu’Elise avait l’impression de renaître, de naître à une nouvelle vie. “Est-ce cela l’Amour ?” se dit-elle.

Désiré marchait devant elle. Des milliers de fleurs embaumaient l’île ; les oiseaux chantaient l’infini de leur langage. Désiré ne se retournait pas ; Elise lui parlait mais il ne s’arrêtait pas ; il répondait en avançant.55e0eca1b090f770.jpg

Ils arrivèrent enfin dans un endroit paradisiaque et Désiré montra une tombe à Elise, une tombe couverte de fleurs ; il y avait là une pierre tombale... et deux noms étaient gravés : Tristan et Iseult, en lettres d’or.

2b366328596ea08c.jpgUne ancre, dorée également, accompagnait les deux noms avec un bateau en arrière-plan... Une femme était enterrée ici.

“C’est ma mère, dit Désiré. Je n’ai pas connu mon père ; il est mort en mer avant que je ne vienne au monde ; je ne sais même pas où se trouve sa tombe... Ma mère, après sa mort, est venue vivre dans cette île et j’ai grandi ici. Elle me parlait souvent de lui et son amour était grand ; elle ne l’a jamais oublié, jamais.”

Désiré se mit à pleurer. Elise lui prit la main et lui demanda de s’asseoir ; elle était très émue de comprendre qu’elle avait fait le lien entre deux personnes disparues qui s’étaient aimées passionnément ; elle expliqua à Désiré que, la veille, elle se trouvait devant la tombe de son père... Elle lui raconta tout.3b7cd100aa8ec1a2.jpg

Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre et les oiseaux s’arrêtèrent de chanter, tant l’Amour rayonnait.

Le silence est respect des êtres qui s’aiment... par-delà la mort.

Le silence est cette fleur de lys déposée sur la tombe du père de Désiré par une main inconnue... une main venue d’ailleurs.

C’est ainsi que... l’Amour est toujours plus fort que la mort.

 

Chloé LAROCHE



__________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur. Ouvrage déposé.


324f12c22882e1f4.jpgRien n’est plus précieux
Qu’un sourire suspendu
Au plus haut des cieux

(Haïkou de Chloé LAROCHE)

25/08/2010

J'ai été très émue par la découverte du film L'Arbre qui retrace le deuil d'une famille et d'une veuve avec une sensibilité remarquable.

_Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_19458330.jpgL’arbre, c’est un très beau film à l’affiche, avec l’histoire d’une mère qui est aussi une femme._Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_l-arbre-charlotte-gainsbourg-dans-un-drame_62053_w250.jpg

 

Cette mère a quatre enfants et aime un homme. Elle est incarnée par Charlotte Gainsbourg dans un rôle sensible et profond, où chaque nuance de tristesse ou de joie ressemble à un faisceau de lumière.

 

Ces six êtres vivent sous la protection d’un figuier en Australie, dans une maison où chacun vit avec bonheur une vie de famille harmonieuse.

 

Les racines de l’arbre les protègent de tout mais pas de la mort, puisque le père décède subitement.

 

L’une des quatre enfants, Simone, trouve dans cet arbre un immense réconfort et chacun vit son deuil à sa façon._Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_19458326.jpg

 

_Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_19447377.jpgLa maman, Dawn, sombre dans une profonde tristesse et avance sur le chemin de la résilience en regardant la nature, en s’occupant de ses enfants de mieux en mieux, en retrouvant un travail et puis un jour en retrouvant l’amour.

 

_Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_19447372.jpgMais cet amour est difficile à émerger lorsque le deuil est là. Ce nouvel amour est difficile à exister quand l’arbre enracine l’amour perdu dans son coeur encore vivant mais attaché si profondément à la personne disparue.

 

Les racines d’un amour précédent peuvent être si étouffantes qu’elles empêchent certaines personnes de vivre et d’aller de l’avant.

 

Dans le film, l’arbre prend tant de place qu’il en arrive à fissurer la maison et le puits, comme un symbole de cet amour passé qu’il faudrait fuir en emmenant sa maison très loin._Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_19458327.jpg

 

Une maison nomade avec des coeurs qui peuvent se mettre en voyage pour porsuivre l’odyssée de leur vie, en ouvrant grand les fenêtres de leur coeur à un nouvel amour, signe d’une vie qui continue, d’un espoir qui renaît au-delà de toutes les souffrances et de toutes les larmes.

 

À un moment, la petite Simone dit à sa copine : “Il y a deux choix : être triste ou être heureux. Moi, j’ai choisi d’être heureuse.”

 

La maman, dans un autre passage du film, dit à sa petite : “Ton papa est là et je ne l’oublierai jamais, jusqu’à la fin de ma vie. Je peux sourire à des moments, être heureuse, mais c’est là, cette tristesse au fond de moi, et il faut apprendre à vivre avec.”

 

Apprendre à vivre avec et un jour pouvoir dire “j’avance”, je tourne la page, je quitte l’arbre aimé et ses racines afin de m’enraciner ailleurs.

 

_Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_Photo 0610.jpgJ’ai été très émue par ce film car il m’a renvoyée à mes propres deuils, deuil de ma fille et deuil du père de mon fils. Chacun dans ce monde a ses croix. Chacun apprend à être crucifié dessus un moment et puis à les transformer en portails de lumière, en branches de vie, en destinées humaines responsables et dignes._Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_Photo 0614.jpg

 

L’arbre en nous prend racine dans nos émotions et nos rêves, nos espoirs et nos révoltes, nos colères exprimées et nos tristesses assumées. Et un jour, il poursuit notre route lorsque notre corps retourne à la poussière, tel une âme millénaire aux millions de feuilles manuscrites d’une vie ancrée dans la terre mais regardant vers le ciel._Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_Photo 0609.jpg

 

Chloé Laroche

 

 

 

12/03/2010

J'écris en hommage au policier dans le coma, attaqué avec des pierres au cours d'un contrôle routier à Épernay, dans la Marne.

"Après avoir été victime d'un jet de pierre lors d'un contrôle routier à Epernay (Marne), un policier est toujours plongé dans un coma artificiel. Agé de 50 ans, ce gradé a fait plusieurs malaises avant d'être hospitalisé. Atteint d'un traumatisme crânien, il a été plongé dans un coma artificiel, son état s'étant brusquement dégradé ces dernières heures."

Le 10 Mars 2010.policier,police,violence,silence,coma,vie,mort,brutalité,contrôle routier,poème,taire,ange,combat,actualité,peur,métier difficile,révolte,injustice,deuil,tristesse,hommage,attaque,justice,suicide,malaise,vocation,sacrifice,pensées,famille,force de l'ordre,autorité,droitimages5T7MzN.jpeg

______________________________________________________________________________________________________________________

 

imagesynCaaS.jpeg________________ J'ÉCRIS POUR CE POLICIER CAR IL NE PEUT PLUS S'EXPRIMER.

IL FAISAIT SON TRAVAIL ET IL A PAYÉ DE SA SANTÉ POUR DES P'TITS CONS QUI NE SAVENT PAS QUOI FAIRE DE LA LEUR.

J'AI ÉCRIT CE POÈME POUR QU'IL REVIENNE À LA VIE, AFIN QU'IL POURSUIVE SON CHEMIN.

CAR LES MOTS ONT LA MAGIE DES RÊVES ET LA FORCE DE LA VIE.

___________________________________________________________________________________________________

 

  policier,police,violence,silence,coma,vie,mort,brutalité,contrôle routier,poème,taire,ange,combat,actualité,peur,métier difficile,révolte,injustice,deuil,tristesse,hommage,attaque,justice,suicide,malaise,vocation,sacrifice,pensées,famille,force de l'ordre,autorité,droitPris pour cible _______________


Quand je me terre
Loin de mes congénères
Le silence arrive comme loup
Et j'écoute le bruit des houxdefault5ZtQXq.jpeg

Quand je me tais
Le coeur secret
Que je n'ai rien à dire
C'est qu'il n'y a plus à sourire


imagesVeovZN.jpeg

Alors je déchire les cordes
Des violons muets en hordes
Et ils jouent à nouveau
Des symphonies sur l'eau


Puis je prends ma pirogue
Et j'écoute le long bug
Celui du monde qui gémit
À force de retenir ses cris

policier,police,violence,silence,coma,vie,mort,brutalité,contrôle routier,poème,taire,ange,combat,actualité,peur,métier difficile,révolte,injustice,deuil,tristesse,hommage,attaque,justice,suicide,malaise,vocation,sacrifice,pensées,famille,force de l'ordre,autorité,droit


Finalement je reviens
À la vie qui jamais ne s'éteint
Avec des envies d'échanges
De mots d'anges....

imagesd4eZ45.jpeg


Dits par ceux qui ne se taisent pas
Car se taire, c'est replier ses ailes


Mais j'ai été pris pour cible

Policier innocent au cielpolicier,police,violence,silence,coma,vie,mort,brutalité,contrôle routier,poème,taire,ange,combat,actualité,peur,métier difficile,révolte,injustice,deuil,tristesse,hommage,attaque,justice,suicide,malaise,vocation,sacrifice,pensées,famille,force de l'ordre,autorité,droit


Reviendrai-je du coma vivant

Dans lequel mon destin m'a plongé impuissant

Par la faute d'une arme de haine et d'horreur

Utilisée par des êtres humains sans coeur.


Chloé Laroche___________policier,police,violence,silence,coma,vie,mort,brutalité,contrôle routier,poème,taire,ange,combat,actualité,peur,métier difficile,révolte,injustice,deuil,tristesse,hommage,attaque,justice,suicide,malaise,vocation,sacrifice,pensées,famille,force de l'ordre,autorité,droit
policier,police,violence,silence,coma,vie,mort,brutalité,contrôle routier,poème,taire,ange,combat,actualité,peur,métier difficile,révolte,injustice,deuil,tristesse,hommage,attaque,justice,suicide,malaise,vocation,sacrifice,pensées,famille,force de l'ordre,autorité,droit

 



Je vous annonce que ce policier est sorti du coma depuis et qu'il est vivant. ________________________________________________________________

images1Tqk5h.jpegCOMMENTAIRES de nombreux policiers :

 

Madame,
Au nom du "blog de police", un groupe de discussion sur la réalité du métier des forces de l'ordre sur Facebook, qui regroupe près de 5000 policiers :
Merci de ce très beau texte.
Tout simplement.

Ecrit par : Marc Louboutin | 12.03.2010

________________________________________________________________

Merci pour lui, très beau poème et qui réchauffe le coeur de voir que des gens nous apportent leur soutien...

Ecrit par : Sébastien GRELLET | 12.03.2010

________________________________________________________________imagesQsfzFb.jpeg

Merci infiniment pour ce très beau texte, puisse-t-il un jour le lire lui-même !
Merci pour tout.

Ecrit par : Laëtitia BOULEAU | 12.03.2010
________________________________________________________________


Merci à toi pour ce texte magnifique.

Claude

Ecrit par : sousbrigadier | 12.03.2010

________________________________

 

RÉPONSE DE CHLOÉ LAROCHE :

imagesRZbykc.jpeg

Merci à tous les policiers qui m'ont envoyé plein de messages de remerciements pour mon texte. Le métier de policier est loin d'être facile et il ne faut pas oublier que les policiers rendent service à chacun de nous car ils sont très souvent dans l'aide aux autres plutôt que dans la répression... dans laquelle la population les imagine. Ils sont près de ceux qui subissent des violences, ils protègent les victimes et défendent les lois. Alors, que ce policier dans le coma ne soit pas mort du silence de ceux qui se taisent ou ont la haine.

Amicalement à tous, Chloé Laroche


12.03.2010

________________________________________________________________

Un grand MERCI pour le soutien moral que vous nous apportez.
Olivier, Gardien de la Paix (ou plutot de ce qu'il en reste...)

Ecrit par : SAKESYN Olivier | 12.03.2010
________________________________________________________________images9y27Vx.jpeg

Au nom de tous mes collègues, je tiens à vous remercier Madame de ce joli poème qui réchauffe le coeur et qui nous touche particulièrement

Ecrit par : BERTHAULT | 12.03.2010

________________________________________________________________

Merci pour ce joli texte, et merci pour votre soutien, policier et papa comme ce collègue, nous avons besoin du soutien des citoyens pour lutter contre cette délinquance de plus en plus violente à notre égard... En espérant que l'état de santé de notre frère d'arme se stabilise... Et que la justice soit rendue sans état d'âme avec ce type de voyou !!!

Ecrit par : benoît | 12.03.2010
________________________________________________________________

Belle écriture, un souffle d'espoir, un sourire .. sur un sujet si grave !
Merci à vous

Ecrit par : cat | 12.03.2010
imagesVM8sY0.jpeg________________________________________________________________


Merci beaucoup Madame, pour notre collègue. Si seulement plus de citoyens exemplaires comme vous êtes nous soutiendraient nous serions plus fort dans notre combat qui est avant tout d'assurer la sécurite de nos citoyens, merci encore.

Ecrit par : Tony perus | 12.03.2010

________________________________________________________________


Merci à toi, de penser à notre collégue, il en a besoin de cette chaleur humaine et de penser à nous par la même occasion. Je pense aussi à son épouse, ses enfants, ses parents. Et aux miens, si nous étions dans la même posture. J'aime ce métier, mais de plus en plus, je sens l'amertume me gagner face à cette bande d'incapables, incapables de gérer la sécurité de leurs "policiers", policiers qui leur font des tapis rouges lors de leur déplacement, alors que ceux-ci ne veulent pas voir " du bleu ". Vivement le changement! c'est vous civils, citoyens qui feront le changement en réagissant ainsi, en soutenant notre métier ingrat.
Merci Chloésf_n7z8427.jpg.

Ecrit par : ludo | 12.03.2010

________________________________________________________________

28/02/2010

J'écris pour les cinq ans de mon fils, entre épreuves et sérénité, entre amour et pardon, entre deuil et résilience.

Copie de imm015_14A.jpgMon fils

 

Tu as eu cinq ans aujourd'hui

Cinq ans d'une vie de bonheur

Près d'une maman aimante

Mais des larmes pour ton papa

Disparu si loin disparu si tôt

Alors que tu l'avais retrouvé

Après des mois d'absence

De désertion de paternité

Et le voir s'amaigrir

Jusqu'à mourir sans retourCopie de imm013_12A.jpg

 

Tu as eu cinq ans aujourd'hui

Mais des tempêtes dans ton coeur

De voir le monde, de le sentir

Parfois si dur quand les ados

Montrent leur souffrance si fort

Que les petits subissent leur colère

Face à une révolte de jeunesse

Et regarder les aînés insulter

Malmener, voir les larmes

D'une mère impuissante

 

Copie de imm024_23A.jpgTa soeur handicapée

Un soir s'est jetée sur toi

Elle voulait te frapper

Et j'ai dû la plaquer au sol

Car le handicap mental

Est parfois dangereux

Tu as eu peur si fort

Et comment aimer après

Comme tu sais le faire si bien

Tu aimes ta soeur de Roumanie

 

imm009_9A.jpgTu as eu cinq ans aujourd'huiCopie de imm025_24A.jpg

Et face à tes deux soeurs d'adoption

Tu gardes ce regard d'amour

Même si parfois tu les mettrais dans un carton

Avec marqué dessus : retour au pays

Mais tu sais au fond de ton âme

Qu'elles viennent de l'enfer

D'un passé trop dur et révolu

Et que ta maman les aime

Donc toi aussi tu les aimes

 

 

imm007_10A.jpgTu as eu cinq ans aujourd'hui

Et pas un appel des grands-parents

Les paternels sont morts

Et les maternels sont en vie

Mais trop de mal à ta maman

Par un grand-père haineux

Qui vit dans un monde sans amour

Au coeur sec et froid

Dans lequel la tendresse est morte

Indifférence parentale

 

imm010_10A.jpgTu as eu cinq ans aujourd'huiCopie de imm026_25A.jpg

Et quand ils sont venus

De leur lointaine région

Tu n'as même pas su qu'ils étaient venus

Car ils n'ont pas pris la peine de passer

De venir te faire un gros bisou

Ta mère au coeur arraché

De leur absence et là il étaient si près

Mais ils n'ont pas donné signe de vie

Dans la misère pauvre des âmes

 

Photo014.jpgTu as eu cinq ans aujourd'hui

Plein de bonheur et une balade

Avec des amis et des enfants

On a pris la Bastille à Grenoble

Comme on prendrait le monde

Avec amour et enthousiasmeimm005_4A.jpg

Comme tu les fais vivre dans ton coeur

Tu me regardes et tu me fais

Un énorme bisou en riant

"C'est un baiser serré"

 

 

Copie de chloé+4-1.jpgBon anniversaire mon fils.

 

 

Ta maman

Chloé L

 

 

 

Nota : le lac sur les photos est le lac de Monteynard, situé au sud de Grenoble.

24/02/2010

Mes pensées de Saint-Valentin sur l'amour et les relations hommes-femmes, sur la vie, les rencontres, les deux sexes, les concessions, la violence dans le couple, sur l'absence de l'être aimé, des pensées à méditer.

 

images1ktda0.jpegVoici quelques textes écrits autour de la Saint Valentin du 14 février 2010.

Il y a 13 ans, ma fille Océana est décédée le jour de la Saint-Valentin. imagesQjYbhJ.jpeg
________________________________________________________________



Quand ma fille est décédée en 1997, je ne voulais plus manger ni sortir ni jouer du violon ni rien. Puis j'ai écrit un livre, puis deux, trois, quatre... J'ai rencontré d'autres parents en deuil par rapport à mon premier livre sorti (épuisé maintenant) et j'ai redonné de l'espoir à d'autres personnes dans le désespoir. Je suis allée en Ex-Yougoslavie jusqu'à Medjugorje, pays traversé où j'ai vu les maisons criblées de balles et les ponts détruits. C'était comme dans mon coeur, pareil, le même désastre, le même vide.. Et au retour, j'ai repris mon violon et mon premier morceau a été l'Ave Maria de Gounod. J'ai fait la formation de Jalmalv pour l'accompagnement aux mourants et je suis devenue ambulancière pour être au service des autres, avec beaucoup d'urgences effectuées dès le départ et un livre écrit sur ce métier. Et puis.. depuis que ma fille est décédée : j'ai recueilli deux filles déjà grandes qui étaient en orphelinat puis j'ai eu un garçon qui a maintenant 5 ans. Le père de mon fils est décédé et j'ai perdu beaucoup d'amis et amies de maladies diverses, de parents. Parfois, j'aimerais être là-haut près d'eux mais je dois rester là jusqu'au bout pour mes enfants et ceux qui m'aiment et qui comptent sur moi.

31 janvier 2010


imagesHW10hd.jpeg_____________________________ Une amie m’a envoyé ce magnifique texte de Jacques BREL que je partage ce soir avec vous :



“Je te souhaite des rêves à n'en plus finir,
Et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns.
Je te souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer,
Et d'oublier ce qu'il faut oublier.
Je te souhaite des passions,
Je te souhaite des chants d'oiseaux
Au réveil et des rires d'enfants.
Je te souhaite de résister à l'enlisement,
A l'indifférence, aux vertus négatives
De notre époque.
Je te souhaite surtout d'être toi-même.”

Jacques Brel

A bientôt ! 
Bises.

Brigitte

_____________________________________________________________________________________________________________________

imagesZdo30k.jpegMES RÉFLEXIONS SUR L’AMOUR :


Je ne suis pas d'accord avec l'idée suivante entendue quelque part : "On y trouve ce qu'on y apporte, dans une relation amoureuse"... C'est beaucoup plus compliqué que cela... L'amour, ce n'est pas de la nourriture ou un bon repas... bien que je sache que certains prennent l'acte d'amour pour un bon repas et puis on change de resto pour changer de menus (de conquêtes soit dit en passant) et parfois prennent juste le dessert en couchant avec leur maîtresse après leur femme légitime. Pourquoi c'est compliqué : pour toutes les raisons de cette société qui évolue très vite et dans un sens de sur-consommation. On aime, on jette, on regarde ailleurs, on se désaime, on aime à nouveau mais zut, on s'est trompé, alors on va voir ailleurs et puis si on trouve finalement, alors zut, celle-là, elle est peut-être mieux. 

Aussi retrouvons ces valeurs d'approfondir la relation, d'apprendre à connaître une personne avant de la jeter (parfois même de la jeter avant d'avoir commencé quoi que ce soit par peur des sentiments), d'arrêter d'avoir peur de la vie de l'autre, de pouvoir aimer sans avoir peur de la longueur ou de l'engagement, de pouvoir se désinscrire de Meetic quand on démarre une relation et d'arrêter d'être addicte, dépendant du site lui-même... Puisque c'est le cas de beaucoup de personnes de ne pouvoir décrocher des sites, du tchat, du sexe sans fin. 

Au final, je pense qu'on n'est pas égaux devant l'amour et c'est bien triste ! Il est plus facile à une jeune femme de rencontrer un homme quand elle n'a pas d'enfants, ni de passé ou presque pas. Quand vous êtes maman, beaucoup d'hommes ne vous veulent pas : il y a ceux dont les enfants ont grandi et qui vous disent tout net qu'ils ne veulent plus "s'emmerder"... Il y a ceux qui ont encore leurs enfants et ça leur suffit. Ils calculent le nombre d'enfants entre les nôtres et les siens... Il y a ceux qui veulent "jouir" de la vie et là franchement, on a l'impression de faire tâche avec nos responsabilités.

Et puis, on n'est pas égaux devant l'amour pour des raisons de destin, de chance... On peut aimer et perdre la personne qu'on aime de décès, accident. On peut aimer et ne pas être aimé en retour. On peut être aimé et ne pas aimer ou ne pas avoir de désir pour telle personne qui en a pour vous. On peut travailler sur soi, sur son enfance, ses parents, la vision de leur couple durant des années... ou ne pas travailler dessus. On peut être dépendant affectivement, nous amenant dans des relations de violences... ou bien refuser tout ce qui nous entrave et fuir très loin. Mais voilà, il faut toujours y croire car le célibat, c'est parfois un enfer, un désert, un horrible manège. Et l'amour, c'est beau.


imagesdB0N3E.jpeg_________________________


Nous sommes des êtres de pensée et l'amour peut aussi se réfléchir. Il y a un excellent livre qui s'appelle : "Choisir qui l'on aime" car à force de n'écouter que ses hormones, féromones et autres gentils arômes humains, on peut aussi se retrouver dans une histoire qui nous blesse, qui nous fait souffrir, voire qui nous rend dépendant. Car il faut savoir à l'évidence... que certaines femmes ayant eu une certaine enfance (et certains hommes aussi) ont un penchant à aller vers les bras cassés, les violents, les menteurs, les manipulateurs et autres séducteurs (oui, ça existe).... et que ces personnes doivent en avoir conscience et travailler sur elles et leur passé, leur enfance pour un jour avoir la chance de rencontrer une personne équilibrée, qui les respectera et qu'elles pourront aimer malgré leur gentillesse... car bien des femmes vont un homme destructeur au lieu de choisir un homme gentil. Parfois elles ont le choix et font le mauvais choix. Certaines par "amour" peuvent rester avec un homme violent et parfois même acceptent que celui-ci maltraite leurs enfants. Il y a malheureusement à l'évidence des drames tous les jours, relatifs aux choix amoureux et parfois c'est la mort au bout. L'amour ne doit jamais être évident. Restez les yeux ouverts et fuyez quand il est encore tant. Car parfois, l'évidence c'est de sauver sa peau. L'évidence aussi, c'est d'écouter ton coeur et de ne pas oublier que la seule évidence, c'est le soleil qui se lève tous les matins. C'est l'enfant qui naît et dont il faut s'occuper sinon il meurt. C'est la mère qui pleure ses enfants en Haïti parce qu'ils sont morts dans le tremblement de terre.

 

imagesOjK6vE.jpeg_____________________________________________



Il y a des courants spirituels qui invitent à faire croire que... "ta vie est faite de ce que tu en fais" ou "tu attires les malheurs que tu vis". C'est finalement assez enfermant. Jusqu'à dire que la victime est finalement son propre bourreau et qu'en fin de compte, les juifs gazés ont mérité leur sort car "karma". Tout cela, je l'ai entendu... et je pense personnellement qu'on est plus libre que tout ça et qu'il ne faut pas se laisser enfermer dans des schémas de pensées culpabilisantes et trop faciles. Je pense que les manipulateurs, les chasseurs de sexe, les hommes violents, les séducteurs sans frontières, les violeurs... ne ressemblent pas à leurs victimes, et que leurs victimes ne doivent pas rentrer dans le piège de l'auto-accusation qui est très culpabilisant et empêche la guérison. Une femme qui pleure ou un homme qui souffre d'avoir été manipulé pour se donner à quelqu'un d'autre, lequel n'a fait que prendre et rien donner et s'enfuit sans demander son reste... n'a pas demandé à vivre cela. Si tu lui dis : "Mon pauvre, hé bien, au fond de toi, tu as attiré ça et tu l'as mérité"... Non, je dis non !


imagesAAWgS2.jpeg_____________________________________________


Je pense ce soir à une personne amie qui vient de perdre son chien, un animal l'accompagnant depuis des années. Pourtant cette personne offre un grand sourire sur la scène, en tant qu’artiste donnant du bonheur à ceux qui viennent l’écouter... bien qu’elle souffre dans son coeur, portant encore bien d'autres épreuves.

Je pense à ma fille dont l'anniversaire de décès est dimanche. Elle me manque tellement. Elle avait deux ans et demi, foudroyée par un virus. Je suis très brassée à cette période et pourtant... il reste une chose importante à se dire et à vivre : on est là, encore vivant, pour on ne sait combien de temps alors donnons au maximum, aimons les autres car comme il est dit dans le film "Always" : "La seule chose qu'on regrette de l'autre côté, c'est de n'avoir pas assez dit : JE T’AIME à ceux que l'on aime"...

Et je pense ce soir à Alain sur son lit d'hôpital, en train de se battre à 55 ans contre une maladie qui l'a terrassé en quelques semaines. Il est devenu tout maigre, sans cheveux... alors qu'il gambadait dans les montagnes il y a quelques mois...

Je pense à ce vieux monsieur que j'ai ramené de l'hôpital cette semaine dans mon travail de taxi-vsl et qui m'a raconté qu'il ne voyait plus son fils ni ses 5 petits enfants, disparus et ne donnant plus aucune nouvelle. Deux vieux pleurent quelque part.... sans famille. Je pense à eux et à tous ceux aussi qui vont passer la Saint Valentin seuls, ici et ailleurs. Je pense à un homme veuf, Gilbert, qui a perdu sa femme, en ce jour des amoureux ; l'absence est cruelle et quand l'amour est fêté, on pense à l'éternité de ceux qui s'aiment.

Je pense au père de mon fils qui est parti au ciel d'un cancer aux poumons. J'ai une pensée pour tous les fumeurs pour qu'ils s'arrêtent de fumer. Car fumer, c'est mourir à petit feu et parfois dans d'atroces soufrances, la plus grande étant celle de laisser ceux qu'on aime tous seuls sur terre.

 

imageszgd1WA.jpeg__________________________________________________________________


Je réponds à un jeune homme de 30 ans qui me dit ne plus croire en l'amour : J'ai 43 ans et j'ai des blessures dans le coeur et même parfois j'ai l'impression que mon coeur est brisé en plusieurs morceaux mais je continue de croire en la vie, au chemin qu'on a chacun et même si la mort peut emporter un amour, que ce soit la mort physique ou le deuil d'une séparation... Hé bien, restons positif et visualisons notre bonheur : alors un jour notre bonheur arrivera même si c'est à 50 ans. Il restera alors environ 30 ans de bonheur à vivre ! Vivekananda disait : "Vous pouvez tomber 100 fois, relevez-vous pour la 101 ème fois."


imagesdPJjJ1.jpeg_______________________________________________

 

Je viens mettre un panneau DANGER quand il y a des enfants et qu'une relation se met en route entre deux personnes ! La difficulté pour les enfants dans ce monde d'aujourd'hui... aléatoire des sentiments.... c'est de pouvoir s'attacher à une tierce personne amoureuse du parent et de devoir vivre des deuils successifs de séparation puisque la plupart du temps, quand il y a séparation avec un conjoint "rapporté"... la personne n'est plus visible et les enfants doivent gérer cela.

De l'autre côté, quand cette personne s'en va, elle quitte l'homme ou la femme aimé mais souvent elle doit aussi faire le deuil de la relation avec les enfants qui ne sont pas les siens et que pourtant elle adorait. Je pense que deux amoureux doivent rester prudents et vivre les choses d'abord à deux, même si on ne peut pas se voir tout le temps.... afin de ménager les enfants et eux-mêmes aussi. Rester discrets même si on partage des sorties avec les enfants et ne pas étaler son amour et ses bisous devant eux. Je pense que les enfants n'ont pas à être mêlés à l'histoire d'amour. Ils ont la pudeur protectrice de leur âge et peuvent se sentir mal à l'aise en pensant dans le secret au parent divorcé, absent ou décédé qui n'est plus là, qui n'est pas là.

 

______________________________________________________________imagesS3SPca.jpeg


Une amie a écrit : "Les femmes sont-elles victimes ou coupables ? Face aux coups ou humiliations, sont-elles trop faibles pour partir ou courageuses de rester ?"

J’ai répondu : Tu dis avoir vécu cela et si tu poses cette question ainsi... c'est que : la femme se sent souvent, dans ces situations de violence, victime et aussi coupable par culpabilité.
Pourquoi victime : parce qu'elles sublissent des coups et humilations sans pouvoir se défendre.
Pourquoi coupables : car l'homme leur dit ce genre de choses : "si tu ne sais pas pourquoi tu bats ta femme, elle, elle le sait." ou il peut dire : "tu le mérites" ou il peut dire aussi : "tu n'auras pas le cran de partir car tu n'as rien et si tu pars, je tue tes enfants ou tu ne les reverras pas."

Même si la plupart des hommes sont équilibrés et bien dans leur tête, il y a des manipulateurs, des hommes violents, qui détestent la femme et ce qu'elle représente, des hommes aussi qui boivent et ne se rendent pas compte du mal fait, des hommes schizos, malade de la tête et tyrannique, faisant trembler la famille entière. Une femme est restée toute sa vie avec un homme comme ça et a eu aussi cette maladie mentale, cette faiblesse de rester et de ne pas protéger ses enfants, de l'assumer mais de souffrir comme pas possible.

Oui, pour moi, les femmes qui restent dans ces conditions ne sont pas courageuses et oui, elles sont faibles. Un homme me frappe, je le quitte dans l'heure, même si je l'aime. Pourtant à l'âge de 20 ans, un homme m'a giflée gravement après l'acte d'amour.... parce qu'il était dans un trip de chasteté et qu'il m'a reproché de l'avoir tentée. À l'époque, je n'ai pas eu le courage ni la force de le mettre hors de chez moi (il avait dix ans de plus et s'était incrusté) et c'est une amie plus âgée qui a pris la décision au bout de quelques temps, au vu de mon état de santé qui se dégradait. Je pense donc qu'il faut travailler sur soi et apprendre à s'affirmer, ce que j'ai fait en prenant de l'âge et des années, et aussi en allant travailler sur mon enfance et sur ma vision d'enfant ayant grandi avec l'exemple d'une mère soumise.

Il faut aussi pour certaines femmes arriver à être indépendantes pour pouvoir partir et vivre seules, mais là aussi, le bas blesse car prendre un autre logement est parfois un challenge insurmontable dans ce monde. Et pour celles qui subissent des menaces sur leurs enfants, se rappeler qu’elles peuvent fuir et se réfugier en foyer tout en demandant la protection de la justice, mais là aussi, il y a de quoi faire bouger les choses car tout n’est pas si simple.

imagesyy5nc3.jpeg___________________________________________________________________________


Libres mais seuls... !!!????? Il y en a marre, vous ne croyez pas, du célibat à rallonge. Il y a un moment, il faudrait peut-être se jeter à corps perdu du pont... pour trouver le bout de l'élastique tout en bas... quand on a fait un peu confiance... et puis remonter dans le lâcher-prise d'une belle relation durable et sincère. C'était une métaphore de l'amour en saut à l'élastique... vous m'avez comprise ! Le sport apprend beaucoup sur l'amour : endurance, volonté, courage, sang-froid, adrénaline, sprint, marathon, compétition, rival, confiance, observation, présence, abnégation, intégrité, droiture, engagement, précision, union des forces, équilibre, respiration, zen, communion, exaltation, enthousiasme, euphorie, combat, respect, amour.

____________________________________________________________________________________________________


imageszwgdJx.jpegÀ une amie qui vient de vivre une déception amoureuse, j’ai répondu : Je sais, c'est pas facile. Tu as écrit : "Mais franchement la vie est trop compliquée, je voudrais disparaître des fois mais heureusement que j'ai mon fils"... Tu as l'impression de n’être plus rien, que tu as donné ton corps à cet homme et qu'il t'a volé ton coeur car tu étais sincère et que tu restes le bec dans l'eau à vouloir te noyer... pour oublier tout simplement. Oui je l'ai pensé aussi après une grosse peine de coeur car là tu as envie de te balancer quelque part du haut d’un sommet, celui de ta douleur. Mais il y a des trucs à faire. Tu peux accepter de continuer de l'aimer dans ton coeur en te dissociant de lui, c'est à dire laisser vivre tes sentiments et les regarder s'amoindrir avec le temps. Aussi : Accepter ta colère et lui écrire par exemple tout ce que tu veux et même l'insulter mais sans lui envoyer la lettre, juste la brûler ou bien mettre la lettre dans l'eau et regarder l'encre se dissoudre comme s'est dissout votre relation.

Tu peux aussi visualiser ta relation et ce qui s'est passé ainsi que ton chagrin et imaginer que tu es dans un cercle et que tous ceux qui t'aiment, tous tes amis se trouvent autour de toi et t'envoient de l'amitié, de la consolation et te disent : "Mais tu es notre amie, tu vaux mieux que d'être prise pour un objet et une poupée gonflable et un jour tu trouveras quelqu'un qui ne se moquera pas de toi et ne te détruira pas." Et tu t'imagines revivre, passer à autre chose, prendre un autre chemin. La pensée est créatrice, alors essaye.

Enfin, tu imagines que tu marches avec cet homme au bord de la mer. À un moment vous vous quittez et tu le laisses. Tu reviens sur tes pas et tu rentres dans la mer. Tu nages vers le large et tu sens la liberté revenir dans ta vie. Puis tu reviens en nageant sur le dos. Tu t'installes sur le sable et tu prends le soleil et tu sens que tu vas mieux Tu sens la chaleur du soleil t'emplir de félicité et de bonheur, d'un amour univers qui te remplit et enlève tous les nuages. Je t'embrasse et te souhaite plein de courage.

 

____________________________________________________________________________________________________imagesXuup5Z.jpeg


Mon fils comme tu le sais a perdu son papa comme ton fils. J'ai pu l'aider par l’homéopathie au sujet de la colère et de l’immense tristesse provoquées par le décès de son père. Et puis j'ai pris contact avec le CMP (centre médico psychologique) pour une consultation gratuite avec une psychologue. Depuis on la voit tous les quinze jours et cela aide.

Mon fils peut exprimer ainsi ses ressentis, sa tristesse, la colère quand elle était là très présente et moi-même je peux parler de l'évolution et des difficultés que je rencontre parfois dans la relation parentale. Mon fils écoute mais parfois joue pendant ce temps et ne perd pas un mot de tout ce qu'on dit. Toujours garder en tête de mettre des limites et savoir rester maître du bateau familial car l'enfant en a besoin et a besoin de repères, même s'il n'a plus de père.

____________________________________________________________________________________________________

1794102.jpgJ'ai une énorme pensée ce soir pour les deux petits qui ont appris brutalement que leur père a tué leur mère avant de se tuer lui-même et aussi pour ce petit dont la jeune maman a été tuée par le papa, lequel va finir en prison. Le crime d'un homme sur une femme glace le sang et quand c'est la mère de ses propres enfants, cela glace des générations entières qui doivent vivre avec cet horrible poids et avancer sans un mot dans l'absence d'une grand-mère, d'une maman tant regrettée, d’une femme qui a mis au monde la génération future d’une lignée aux racines ensanglantées.imagesiVvbYD.jpeg

____________________________________________________________________________________________________________________


imagesFMAr0O.jpegIl y a des femmes vénales comme il y a des hommes soucieux du rang social de leur femme. Par exemple, certains hommes peuvent se montrer admiratifs d'apprendre que je suis musicienne mais au contraire sont distants, étonnés, parfois choqués... quand je leur dis que je suis conductrice professionnelle, taxi. Ils voient tout de suite la routarde, la routière, celle qui sait conduire... et ça peut faire peur, comme peut faire peur une femme qui réussit ou qui a du succès en quoi que ce soit. Parfois, une vie simple et sans éclat rassure plus qu'une vie sous le feu des rampes. Une femme qui a un emploi dit féminin peut sembler plus aimable qu'une femme qui fraye dans un milieu d'hommes. Le monde a évolué mais pas tant que ça.

Personnellement, je n'ai aucune honte à dire que je suis au smic et que je me débrouille très bien car je suis débrouillarde... et qu'au fond, la richesse, la vraie, c'est celle du coeur, de l'âme, du courage de l'autre, de sa capacité à oeuvrer, à chercher, à apprendre, étudier, avancer, comprendre. Je me souviendrai toujours des paroles de ma tante qui m'avait sermonnée il y a 15 ans car j'étais avec un homme qui ne lui plaisait pas professionnellement : "Tu vois, moi, j'ai choisi ton oncle pour sa place dans la société, pour son ambition et le fait qu'il gagnait bien sa vie."

Cela m'avait choquée et encore dernièrement, pour avoir eu devant mes yeux un homme intéressé par moi mais très riche... Il pouvait s'offrir une voiture très chère... mais il pensait aussi que les femmes n'étaient que l'esclave de son plaisir, sans avoir la moindre richesse du coeur ni la générosité d'un geste d'amour et de gentillesse envers sa compagne. Ce sont les femmes qui devaient venir le voir dans son immense maison mais se déplacer dans la modeste demeure de ses conquêtes devenait trop pénible. J'ai décliné sa proposition car l'argent a pourri sa vie et il ne voit plus qu'à travers la beauté de sa voiture. Organiser une fête pour sa nouvelle voiture mais surtout pas pour une femme !! Je pense qu'une promenade partagée, un coucher de soleil, un morceau de musique, une plage au soleil ou sous la lune.... des attentions, un repas aux chandelles, une sortie en amoureux compte des milliards de fois plus que la profession ou le salaire de son partenaire.imagesOqnzVd.jpeg

Cependant, dans ce monde souvent matérialiste, l'animal comme requin ou chacal sommeillant en certains individus... veille au grain, qu'il soit femme ou homme. On le voit souvent lors de la venue des divorces, quand l'un doit tout laisser à l'autre ou que les enfants sont même mis en balance avec la pension versée ou non versée. Combien d'hommes sont dépouillés, et parfois par des femmes qui travaillent et gagnent bien leur vie ! Alors regardons derrière les apparences et... croyons encore à l'amour vrai.

___________________________________________________________________________________________

imageswDsWPS.jpegLe problème est que quand l'homme rêve d'une femme fée qui le rendrait heureux, le chouchouterait, le ravirait aux anges... il ne fait que rêver et ne veut s’engager avec personne. Une femme pleure de l'autre côté car elle voudrait le rendre heureux mais lui ne veut pas d'histoire. Il aurait trop peur d'une fée à la maison, dans sa vie, lui prenant sa liberté. Et il passe à côté d'une belle histoire. Il y a les rêves et puis il y a la réalité d'aujourd'hui où les hommes et les femmes sont devenus individualistes et méfiants de l'amour avec un grand A.

Et puis, il y a des hommes qui sont vraiment prêts à s’engager et qui rêvent d'une bonne fée à la maison, qui s'occuperaient des enfants et les entoureraient d'un amour entier... Seulement voilà, ils tombent sur des femmes qui ne veulent que des amants de passage. Alors chacun pleure dans son coin. Pourvu que ça change ! Que les êtres humains aient moins peur des sentiments et de leurs désirs, de leurs besoins profonds. Qu'ils soient plus tournés vers l'autre et sa lente découverte ... qui est loin de pouvoir se faire en une nuit. C'est une évidence !

____________________________________________________________________________________________________


images4sTkyQ.jpegOn dit que les Anges nous regardent et que notre vue illumine leur regard car ils sont très souvent impressionnés de ce que les humains peuvent porter, encaisser, dépasser, transformer, sublimer. Pour ma part, 2009 a été une année difficile avec des coups, des batailles, des revers de médaille, des deuils, la cassure avec un père schizo qui n'a pas eu l'affection et l'amour -avec ma mère- de venir nous embrasser, moi et mes enfants, alors qu'ils sont montés de la région de Toulouse dans notre région. Il a écrit à tous ses enfants qu'il regrettait de nous avoir eu et a déversé sa haine sur sa progéniture dont il dit qu'on est de la "merde". C'est dur, surtout que ma mère a un cancer et que je ne l'ai pas revue depuis bientôt deux ans. Après, quand vous entendez votre fille adoptive vous dire un jour de colère adolescente qu'elle serait heureuse de visiter votre tombe... il faut être drôlement accroché pour maintenir le cap et poursuivre coûte que coûte. Parfois, les larmes coulent et elles font du bien, car le coeur déborde, et j'offre tous ces maux pour que d'autres soient heureux quelque part dans le monde, car le bonheur des autres me fait du bien, à défaut de l'être totalement moi-même. La musique et mon groupe du Trio Odyssée créé en 2009 est un exemple de l'amour qu'on peut partager à travers un violon et de cet art qui fait du bien, à soi et à ceux qui viennent nous écouter.5.jpg

http://letrioodyssee.site.voila.fr

____________________________________________________________________________________________________


cap001.jpg Vous vous demandez si cela vaut le coup de se battre en amour.... c'est à dire de ne pas lâcher même en cas de problèmes. Je pense effectivement que si le problème est facile à gérer, on peut se battre. Mais je vais vous citer des cas impossibles à gérer pour une femme même en patientant des mois : .... (ne riez pas) Imaginons un homme qui est impuissant ou avec un problème d'éjaculation précoce mais ne veut absolument rien faire, ni consulter ni prendre quelque chose (dans le cas de l'impuissance), alors on fait comment ? Pour l'éjaculation précoce, par amour, on peut y arriver en faisant des concessions et des femmes y sont arrivés. Dans le cas de l’impuissance, beaucoup de femmes font aussi des concessions dans certains couples et trouvent leur plaisir avec leur partenaire autrement.

D'autres exemples : vous rencontrez un homme maniaco-dépressif et vous tombez amoureuse de lui. C'est le grand amour pendant trois semaines et puis il disparait en disant les pires horreurs et que l'amour "est une dépendance", qu'il ne veut pas devenir dépendant alors il s'en va. Il se terre chez lui. Et puis il revient au bout de deux semaines, avec plein de flammes, et ses mots doux récupèrent la femme qui tombe dans ses bras. Cela m'est arrivé, c'est pour cela que je vous en parle. Je me suis battue presque un an pour cet homme que j'ai attendu et pour lequel j'ai pleuré car il m'a fait le coup bien sept fois, en mettant parfois deux mois de distance. Un jour, il est revenu en me disant des choses tellement merveilleuses et puis quinze jours après : "Ben, j'aurais pu les dire à n'importe quelle femme, ces mots-là." Là, ça casse... Vous êtes à terre. Démollie. Est-ce que ça vaut le coup, tout ça ? La question est : savoir se protéger aussi, malgré les sentiments qui nous tirent de l'avant, mais nous tirent à quel prix ? Alors depuis je me protège mais retrouver la confiance.... Oui, il le faut.imageseEIi6I.jpeg

Je pense que ce type d'hommes peut détruire profondément car parfois il a été très rejetant avec des mots blessants. À travers moi, je pense qu'il visait sa mère, son père, d'autres femmes, lui-même.... mais on n'est pas des robots. On encaisse et le problème est qu'on accuse les blessures. Après, il faut panser le coeur qui éclate en mille morceaux. Dans ce monde, où beaucoup d'êtres errent d'amours en amours, l'homme et la femme souffrent du monde moderne jusque dans le coeur : ultra consommation, mise à la poubelle rapide, mépris des sentiments, banalisation des séparations, etc.

____________________________________________________________________________________________________


images.jpegJe viens vous faire un petit cadeau... une citation de Jacques Salomé : "Vivre en couple dans la durée, c'est apprendre à créer et à vivre une intimité personnelle (reconnue par l'autre) et une intimité commune (respectée par chacun)". Il a écrit aussi : "Je veux que toi et moi osions l'impossible afin que chacun de nous rencontre l'incroyable."

En fait, pour vous livrer la suite de ma réflexion, je crois que tout cela n'est qu'un problème de rencontres de personnalités et de caractères, mais pas de rencontre homme-femme. Chaque homme, chaque femme est différent, différente. Parfois il y a incompatibilité entre deux personnes et elles peuvent s'acharner à poursuivre ensemble autant qu'elles le veulent, elles n'y arriveront pas forcément. Le mieux est de le reconnaître et de se séparer en bon terme, sans haine. Les orientaux savent bien cela. Certaines unions leur sont impossibles (comme le cheval avec le rat par exemple). Quelqu'un qui a beaucoup de feu se mettant avec une personne pleine d'eau en énergie se verra étouffer et mourir à petit feu. Alors il fera des concessions mais au détriment de quoi : de son propre équilibre. Il se réveillera un jour avec une dépression ou un cancer pour avoir étouffé son chemin de vie par "amour". J'ai plusieurs exemples de personnes ayant vécu cela dans mon entourage. L'amour doit donner de la vie, pas la mort ni le sacrifice.

____________________________________________________________________________________________________imagesLlg8Om.jpeg

imagesbavvxR.jpegJ'adore quand les hommes et les femmes découvrent que chacun souffre des deux côtés et qu'il y a des indélicats dans les deux bords. Arrêtons la guerre des sexes que certains vivent dans leur tête avec la haine, la rancune et le mépris pour l'autre sexe. Il y a des célibataires très bien des deux côtés qui sont sincères, gentils, généreux, attentionnés, respectueux de l'autre, fiables, sans enfants ou avec enfants, avec du tact et qui n'arrêteront jamais une relation par sms.

 

Chloé LAROCHE

 

Photos de mon groupe, le trio Odyssée :

http://www.casimages.com/photos/Akon38/123036/

8-picture3.jpgCopie de 100218102136990035471704.jpg

_________________________________________

Nous allons jouer le 10 avril à l'Heure Bleue pour la soirée annuelle

du Secours Populaire__________________________________________________________

01/01/2010

Mes voeux 2010 vont vers les familles dont on expulse les parents hors de France, vers le Réseau d'Éducation sans frontières, vers tous ceux qui sont seuls ou dans le deuil, vers les ambulanciers et les conducteurs, vers les enfants abandonnés...

imagesO9tXuD.jpegBonjour à tous et toutes,

HEUREUSE ANNÉE 2010...

 

Mes voeux pour 2010 vont vers les familles séparées volontairement par l’État français. Le nombre de ces familles, dont les enfants (ou l’enfant) sont parfois nés en France, est effarant. Comme vous le savez, j’écris pour faire connaître des situations de pères expulsés de France et de familles aussi, dont les enfants sont arrachés au banc de leur école française pour aller dans un pays qu'ils ne connaissent pas.arton4631.jpg

moton8.pngMes voeux vont vers les membres du Réseau d’Éducation sans Frontières, réseau invisible et immense dont je fais partie par mon blog et mes textes (voir les catégories à gauche de cet article : “Chloé défend les pères expulsés” et “Non aux expulsions et aux camps”). Mes voeux vont aussi vers la Cimade et le site des Amoureux au ban public, lequel défend des couples interdits d’amour... car l’homme ou la femme sont d’origine étrangère.

Mes voeux vont vers tous ceux qui visitent le site du Réseau d’Éducation sans frontières et signent les nombreuses pétitions pour toutes les familles menacées d’expulsion : http://www.educationsansfrontieres.org

default.jpeg Mes voeux pour cette nouvelle année vont vers tous les ambulanciers et les conducteurs de personnes à mobilité réduite qui font un métier difficile, méconnu mais plein de coeur, dans l’accompagnement et l’écoute quotidienne des personnes malades, handicapées, dialysées, accidentées et dépressives.

images5bpjIV.jpegMes voeux et mes pensées vont vers tous ceux qui souffrent, qui sont seuls, qui pleurent un être cher... vers tous les parents qui ont perdu leur enfant.

imagessQjkAV.jpegMes voeux vont vers tous les enfants abandonnés par leurs parents, par leur père, leur mère partie vers un nouvel amour en les oubliant... Je pense particulièrement à deux papas qui s’occupent de leurs enfants sans que leur maman ne s’intéresse à eux... Plus jamais de bisous maternels pour ces enfants-là, parfois petits, et qui souffrent terriblement de l’absence de leur mère, partie pour une passion dévorante.

Mes voeux pour 2010 vont vers tous les automobilistes... pour qu’il y ait plus de vivants à l’arrivée des trajets et des voyages et plus jamais d’enfants non attachés ou de feux rouges grillés, plus jamais de bandes blanches violées et de piétons renversés.imagesEdf6Nw.jpeg

imagesoaVd22.jpegMes voeux vont vers une prise de conscience accrue envers notre planète et vers les efforts que nous pouvons faire individuellement pour améliorer le capital avenir de la Terre.

imagesB78MI9.jpegMes voeux vont vers tous les hommes et femmes politiques, afin qu’ils soient tournés vers l’humain, vers la sincérité, vers l’honnêteté et qu’ils laissent tomber les chiffres à faire... à tout prix... Qu’ils laissent tomber la course à l’Élysée, qu’ils laissent derrière eux les mesquineries et les jalousies au sein d’un même parti, qu’ils avancent en se souvenant qu’un peuple attend d’eux qu’ils soient justes et qu’ils respectent les êtres humains, les Droits de l’Homme et de l’Enfant, le droit d’asile et le droit de pouvoir grandir auprès de ses parents, sans devoir les voir monter menottés dans un avion, alors qu’on a cinq ans, huit ans ou six mois.arton23840.png

Meilleurs voeux à tous ceux qui me lisent et sont fidèles. Mon blog a aujourd’hui entre 170 et 250 visiteurs par jour, voire 350 selon les mois, avec 548 visiteurs le 26 janvier 2009 ! Et jusqu'à 16 725 pages lues par jour ! Que ce blog puisse perdurer afin de partager encore longtemps avec vous mes idées sur l'authentique, sur la profondeur humaine et sur le franc-parler au coeur d'un monde qui a soif de limpidité et de coeur à coeur.imagesj9gyHz.jpegimagesAhW4aA.jpeg

images5ymx5K.jpegQue cette nouvelle année vous soit propice dans les domaines qui vous sont chers et vous tiennent à coeur.imagesX9Lt0C.jpeg

Je souhaite aussi une très belle année à tous les membres d'OVS, "On va sortir.com"... site qui propose à chacun de se faire des amis, d'aller à des sorties diverses ou d'en organiser. Dans un monde où la solitude prime et où les solitaires peuvent souffrir d'être mis à l'écart à cause d'un passage douloureux de leur vie, comme le divorce, un deuil, etc... ce site permet sur un plan national et régional de sortir de chez soi, de se prendre par la main et même de faire des sorties avec ses enfants, afin qu'eux aussi puissent bénéficier d'une ouverture vers les autres et sortir d'un environnement familial parfois replié sur lui-même.imagesgNEdT6.jpeg

Chloé Laroche

(http://letrioodyssee.site.voila.fr)

 

12/10/2009

La défenestration frappe 250 enfants par an. Je reviens sur la chute d'Alexandre et sur les faits, à la demande de sa maman. Mes pensées pour tous les parents en deuil torturés par la culpabilité du départ définitif de leur enfant.

Bonsoir à tous et toutes,

1767077.jpg

 

 

 

2568070053_small_1.jpgJ'écris cet article pour répondre à la maman d'Alexandre qui m'a demandé de révéler la vérité sur ce qui s'est réellement passé lors de la chute mortelle de son fils en août 2009.images.jpeg

Je voudrais alerter la population sur ce risque appelé "défenestration" qui compte chaque année en moyenne deux cent cinquante chutes d'enfants entre dix mois et sept ans. Certains ont beaucoup de chance et n'ont que quelques séquelles, comme cette petite fille de Grenoble retenue par les fils à linge de la voisine. Mais il y a des décès malheureusement, comme le petit Alexandre, et aussi des enfants qui restent handicapés à vie.

Il faut examiner à ce sujet l'enquête très sérieuse de 2006 faite dans trois régions de France. Il a été constaté cent six chutes sur sept mois, dont dix décès. Les enquêteurs ont constaté près de dix pour cent des décès et un chiffre important d'enfants demeurant handicapés. Le lien est le suivant : http://www.dsi.univparis5.fr/AcVC/Enquetes/Defenestrations/20%20BEH%202008%20V1_172-5.pdf

1795007.jpgCertains enfants profitent donc d'une fenêtre ouverte pour regarder à l'extérieur et puis basculent, inconscients du risque ou victimes de leur poids qui les fait passer par-dessus bord. Cela se fait en une seconde. D'autres sont assez malins pour déplacer et monter sur un meuble ou une chaise. D'autres escaladent le balcon. Certains peuvent ouvrir la fenêtre et je considère là que les constructeurs sont responsables de la sécurité de la fermeture des fenêtres. Il faut réfléchir plus avant et pouvoir sécuriser balcons et fenêtres. On sécurise les piscines et on est exigeant quant aux accidents possibles pour qu'un enfant, sur quelques secondes d'inattention des parents, ne puisse pas accéder à la piscine. Pourquoi les fenêtres ne font-elles jamais l'objet d'une attention particulière de la part des constructeurs ?x18753017.jpg

J'ai donc échangé des mails avec la maman d'Alexandre qui m'a expliqué ce qui s'était passé dans le départ de son fils. Je pensais que le petit garçon avait poussé un meuble et avait ouvert une fenêtre. La vérité est autre et Laeticia l'a expliqué dans son blog  http://tissouday.skyrock.com... Elle y a mis tout son amour de maman et de merveilleuses photos d'Alexandre. C'est un accident terrible où la maman a répondu à la demande de son fils qui était d'ouvrir la fenêtre car il voulait voir le train. Mais il a basculé. Laeticia vit avec un terrible sentiment de culpabilité depuis, car elle pense qu'elle n'a pas été vigilante et prévoyante. Je tiens à lui dire que notre destin a plusieurs fil(s), que parfois on doit tomber et c'est inéluctable, que parfois quand l'heure est venue, le petit Icare ne peut être retenu dans sa chute, même pas par son père ni sa mère, qu'un accident c'est une seconde et puis plus rien, que la défenestration est si vite arrivée qu'elle est parfois imprévisible.images-9.jpeg

images-8.jpegOui, j'ai rencontré une maman qui avait déposé son bébé dans son cosy à terre sur un parking en attendant de le mettre dans sa voiture. Elle l'a posé derrière une autre voiture, laquelle a reculé. Cette femme vit avec ça depuis des années. Sa grande soeur aussi, qui a vu le petit corps tout écrasé. Cette femme n'a pas imaginé une seconde ce qui allait arriver. Elle était loin de réaliser que cette voiture allait reculer. Une fraction de seconde et le conducteur est passé sur le cosy. Depuis, son mari est toujours resté près d'elle. Ils sont restés unis. Ils ont fait face à la colère, colère de l'un, colère de l'autre et culpabilité. Ils sont allés en parler avec des associations de parents en deuil. Ils ne se sont pas renfermés. Ils ont pleuré. La maman s'est faite aider. Ils ont continué à vivre pour leur fille. Avec courage et comme une nécessité de devoir vivre malgré tout, avec un boulet de mille kilos à tirer, une croix si lourde à porter. Et quel courage de parents...

Un accident, ça peut être une priorité non respectée en une seconde et notre enfant à l'arrière de la voiture handicapé à vie parce qu'un véhicule nous a percuté. Une maman dont on m'a parlé vit cela et accompagne son fils dans les multiples soins médicaux d'une vie brisée. Sa culpabilité est si grande. Je voudrais envoyer plein de courage et de force à cette maman, à Laeticia, à tous les parents qui n'ont pas pu sauver leur enfant de la mort, de l'accident, qui n'ont pas pu le protéger parce que aussi, ces enfants devaient partir. C'était leur heure et nous ne sommes pas tout-puissants. Je crois qu'en tant que parent, on doit tout mettre en oeuvre pour éviter que la mort s'approche de notre enfant et imaginer d'avance tout scénario pouvant arriver. Cependant, le film de la vie n'est pas écrit que par nous. Nous ne sommes qu'humains. Petites choses fragiles et si fortes à la fois.images-4.jpeg

x15190572.jpgTous les parents orphelins de leur enfant se sentent coupables, même si c'est une maladie, un cancer ou un truc foudroyant comme dans le cas de ma fille décédée d'une encéphalite foudroyante. On s'en veut premièrement de survivre à notre enfant car ce n'est pas dans la logique des choses d'enterrer son enfant. Il est sorti de notre ventre, on l'a élevé, on l'a protégé durant des jours, des mois, des années... lui donnant la main pour traverser la route, bouchant toutes les prises électriques, enlevant tous les produits ménagers et médicaments de sa portée, ne le laissant jamais seul, ayant à chaque seconde les yeux rivés sur lui.

Deuxièmement, on se sent impuissant de n'avoir rien pu faire ou qu'on n'ait pas eu une intuition fulgurante, un ange nous ayant secoué pour guérir, sauver, retenir, ressusciter notre enfant.

Troisièmement, on est en colère, une colère sourde, une colère qui monte comme un volcan... contre le monde, contre soi, contre son propre enfant aussi... même si ce n'est pas toujours conscient, contre le destin, contre son conjoint, contre les médecins...

Et c'est pour cela qu'il est nécessaire de sortir tout cela de soi... en parlant, en écrivant, en s'exprimant, en échangeant, en pleurant. Il y a des associations de soutien et d'écoute comme le groupe Aurore, né de l'association Locomotive, à Grenoble. Ce sont des parents qui ont perdu un enfant et qui se retrouvent régulièrement, une fois par trimestre ou une fois par mois quand cela est nécessaire. Leur numéro est le 0476541700.images-6.jpeg

images-7.jpeg

 

Il y a un lien qui regroupe beaucoup d'informations qui pourraient vous aider.

Le voici : http://www.ecoutedeuil.fr/pageliens.htm

 

Je vous embrasse fort, Laeticia, et je suis là pour vous, pour parler, pour vivre et pour aimer nos enfants, à travers la mémoire de leurs petites vies, si grandes dans nos coeurs. C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai découvert les photos d'Alexandre sur votre blog et celles de son petit frère.

Chloé Larochetv4702_115.jpg

 

___ Voir mon article écrit le 3 septembre 2009, le jour de la rentrée : J'écris aux parents d'Alexandre, tombé accidentellement du 7ème étage dans la banlieue de Grenoble, à Pont de Claix. Je pense en ce jour de la rentrée scolaire à Chama Dieumerci, à Antoine disparu à Issoire, aux enfants noyés cet été, aux autres.

 

 

images-7.jpeg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10/10/2009

Un homme m’a tué, tel un loup vorace sur une brebis isolée, mais son enfer durera par son âme terrifiée le temps de mon paradis. Message spécial au meurtrier de Pierre Leschiera, berger de Castellar assassiné à 33 ans le 17 août 1991.

images-7.jpegUN CHASSEUR M’A TUÉ_________________

 

Pour Pierre Leschiera, assassiné à Castellar le 17 août 1991, et pour sa famille : Laure, sa fille, Colette, sa femme, Paule et Francis, ses parents, Cécile, sa cousine et filleule, ses amis et tous ceux qui l'ont aimé et ne l'oublient pas.5abd16ce-b087-11dd-87c5-3cde4ab219d3.jpg5abd16ce-b087-11dd-87c5-3cde4ab219d3.jpg

 

 

 

Un chasseur m’a tué

Ce matin-là de ma mort

Il m’a tiré dans le dos

Puis s’est approché

Comme si j’étais un sanglier

Il m’a abattu froidement

 

images-2.jpegUn chasseur m’a tué

Ils sont tous coupables

De pensées criminelles

Tous ceux qui m’ont persécuté

Menacé, tenu en joug, me faisant

La haie d’honneur des condamnés

 

Un chasseur m’a tuéimages-1.jpeg

Cinquante-deux de mes bêtes mortes

Mon toit de bergerie criblée de balles

Des chiens lâchés sur mon troupeau

Un homme m’a dit : “Je te tuerai”

Mais une parole n’est pas un acte

 

images-8.jpegUn chasseur m’a tué

Qui vit en son âme et conscience

La mort de l’homme que j’étais

Mais un jour son sang se figera

Car son heure sera venue

Et je me tiendrai devant lui

 

Un chasseur m’a tuéimages-10.jpegimages-10.jpeg

Qui n’avait d’autre but

De faire taire mon troupeau

Et de garder la montagne

À un escadron de chasseurs

Détenant le monopole

 

images-11.jpegUn chasseur m’a tué

Il a pris mon existence

Alors que j’étais papa

D’une merveilleuse enfant

Que j’aime toujours

Moi le berger de Castellar

 

Un chasseur m’a tué

Ce matin terrible d’été

J’ai donné mon dernier sourire

Mon dernier soupir

images-13.jpegÀ la vie que j’avais choisie

À mes parents chérisimages-12.jpeg

 

 

 

Un chasseur m’a tué

Tel un loup vorace

Sur une brebis isolée

Mais son enfer durera

Par son âme terrifiée

Le temps de mon paradis.

 

______ pour Pierre Leschieraimages-4.jpeg

 

Chloé Laroche

images.jpeg

Voir l'article que j'avais écrit en hommage à Pierre Leschiera le 12 novembre 2008.images-3.jpegimages-9.jpeg

 

 

 

 

 

 

03/09/2009

J'écris aux parents d'Alexandre, tombé accidentellement du 7ème étage dans la banlieue de Grenoble, à Pont de Claix. Je pense en ce jour de la rentrée scolaire à Chama Dieumerci, à Antoine disparu à Issoire, aux enfants noyés cet été, aux autres.

images-4.jpegBonjour à tous et toutes,images-2.jpeg

 

Aujourd'hui, c'est la rentrée scolaire et je pense à ces enfants qui ne rentreront pas cette année à l'école car ils sont morts ou disparus.

Je pense bien sûr à Antoine qui a disparu à Issoire il y a bientôt un an, le 11 septembre, pour lequel j'ai écrit plusieurs articles (voir à gauche : "Révolte pour l'enfance").antoine-issoire-2650549_1378.jpg

images-6.jpegJe pense aux enfants décédés, renversés par une voiture, aux dix enfants de moins de six ans retrouvés noyés cet été dans leur piscine familiale, à ceux dont la vie a été arrachée par leurs parents, aux enfants morts dans l'accident d'avion Paris-Rio. Je pense aux enfants expulsés avec leur parents qui ne retrouveront pas leur banc d'école en cette rentrée.

chama_s.jpgJe pense à Chama Dieumerci, qui ne sait pas si son père va partir de France. Il rentre en CP et n'a pas revu son père depuis plusieurs jours ;  ce dernier est enfermé en Centre de Rétention pour étrangers. Sa mère a abandonné cet enfant tout petit et aujourd'hui, c'est son père qui l'élève depuis six ans. Comment peut-on arracher ainsi un fils à son papa, à celui qui l'élève !? Comment Monsieur Besson peut-il se montrer fier et satisfait, selon ses dernières déclarations, à propos du chiffre des expulsions qu'il a mené à bien cette année !? Vous pouvez aller lire mon article écrit pour Chama, daté du 30 août. Allez aussi voir le site suivant où des actions sont proposées pour aider Chama et son papa : http://www.dieumerci.com

1447_1_imagette.jpgAujourd'hui, en cette rentrée scolaire, je pense aussi à Alexandre qui est tombé du septième étage d'un immeuble de Pont de Claix, dans la banlieue de Grenoble. Il avait six ans et s'amusait dans sa chambre, pendant que sa mère changeait son petit frère et que son père se reposait du travail. Il a poussé un meuble et est monté puis s'est penché et a basculé dans le vide. Sa maman a été hospitalisée. Les parents sont en état de choc.images-2.jpeg

Je leur envoie plein de pensées et je souhaite leur dire ceci : je ne vous connais pas mais je suis près de vous ; c'est un terrible accident et rien ne vous consolera jamais. J'ai perdu un enfant il y a douze ans et c'est toujours le même vide dans le creux de l'âme. Les larmes aux anniversaires, à plein de dates, et tous les jours selon, et la colère au fond de soi contre le destin cruel. Apprendre à accepter, petit à petit, vivre avec, le souvenir à jamais ancré dans la mémoire, continuer d'aimer les autres enfants, les frères et soeurs. Se relever et continuer avec ce handicap immense d'être amputé d'une partie de soi, d'un tout qui nous écartèle. Se relever pour continuer à donner de soi, à donner toujours plus, à donner tout ce qu'on n'a plus à perdre puisqu'on a tout perdu. Je vous embrasse et vous envoie toutes mes condoléances.images-1.jpeg

Votre fils Alexandre a rejoint ma fille Océana. Aujourd'hui, elle aurait quinze ans et je pense très fort à elle. Elle a pris le chemin du ciel et a semé dans ma vie depuis douze ans un parfum d'espérance, par lequel j'ai pris par la main depuis deux enfants abandonnées en orphelinats. Elles ont maintenant grandi. L'une a 16 ans et l'autre bientôt 14. Et mon fils est arrivé en 2005. Il est rentré en moyenne section de maternelle ce matin, heureux et content de retrouver ses camarades. Océana, elle, depuis 1997, n'a fait aucune rentrée. Elle n'a jamais pu aller à l'école. Elle avait deux ans et demi. Elle est entrée dans mon coeur pour toujours mais mon âme est toujours choquée de ce départ brutal, de cette maladie foudroyante qui l'a emportée avant qu'elle ne s'asseye sur un banc d'école.

SWI-111.jpgChacun de nous doit partir un jour mais on ne peut apprivoiser l'idée que notre enfant parte avant nous. On pense pouvoir l'aimer, le chérir, le prendre dans nos bras... sans que cela ne s'arrête jamais. Mais chacun de nous part un jour et il nous faut durant notre chemin ici-bas remplir notre part de vie comme un soleil qui donne et qui tend les bras. Ainsi, notre enfant continue de vivre à travers l'amour partagé et cette énergie nous porte vers lui, puisque c'est inéluctable, notre vie est comptée comme elle l'a été pour lui, pour notre enfant décédé.

Chloé LAROCHE

______________________

 

Commentaires

Merci pour votre empathie. J'ai perdu mes deux enfants et cela est une plaie difficile à soigner mais Martin GRAY "au nom de tous les miens " m'a fait réfléchir. Merci de Valentine

Ecrit par : vouilloz | 04.09.2009

______________________

 

Valentine,

Je vous envoie plein de pensées et vous remercie de votre témoignage. Martin Gray m'a aussi beaucoup aidé par ses livres, comme le "Livre de la Vie"... quand en 1999, quelques mois après la mort de ma fille Océana, j'ai perdu mes deux grands-mères presque en même temps et des amis chers. Cet auteur qui a perdu ses quatre enfants et sa femme dans un incendie du Sud de la France est un homme donnant l'espoir et la force de poursuivre.

J'ai lu aussi "Ces enfants du Ciel" de Jean Toulat ainsi que "Apprivoiser l'absence" de Annick Ernoult-Delcourt (Éditions Fayard pour les deux).
Il y aussi : "Parents orphelins" de Louise Courteau (témoignages de parents à la suite du décès de leur enfant). Et de Jean Monbourquette : "Aimer, perdre, grandir". J'ai aussi écrit un livre "Les Semences de l'Après-vie" mais il est épuisé. J'en ai mis des extraits sur mon blog (notamment "Les lettres à ma fille", des contes et quelques haïkus).

Comme l'écrit une maman pour sa fille décédée : "Sur terre, nous sommes maintenant "une de moins" ; mais le Ciel s'est enrichi de toi."
Je crois fortement que la résilience passe par les larmes et l'expression de ses émotions, le respect de celles-ci, mais aussi par la bataille pour la vie, c'est-à-dire rester en mesure de donner et de partager après cette épreuve, rester dans la dignité de l'humain qui ne se laisse pas aller mais demeure debout... se remet debout après l'effondrement de sa vie par la mort d'un enfant ou d'un proche.

Je vous embrasse. Plein de pensées à vous et aux parents orphelins qui viennent sur ce blog prendre un peu de réconfort et de compréhension des émotions qui les animent : colère, culpabilité, tristesse, écartèlement intérieur, sensation de vertige et de vide, d'une amputation, maux physiques et angoisses, perte de désir et de motivation, incompréhension, injustice, révolte, repli dur soi.

On peut avancer et arriver à retrouver la connection à la vie, en lisant, en écrivant, en allant marcher dans la nature, en écrivant à son enfant, en écoutant ses besoins, en respectant son deuil et aussi qu'il faut du temps.

Pensées à tous.

Chloé LAROCHE

Ecrit par : Chloé Laroche | 04.09.2009

__________________________________________

Pour dire STOP ! 

Rassemblement le 09/09/09 devant la Préfecture de Grenoble à 17h30, À L'APPEL DU RÉSEAU D'EDUCATION SANS FRONTIÈRES :

"L’État a honteusement profité des vacances pour expulser, il faut que l’on soit nombreux pour dire STOP."

Appel du RESF 38 avec l'appui de la coordination iséroise de soutien aux sans papiers.

Pas une seule chaise vide à la rentrée !


"Trois jours avant la rentrée des classes, des enfants sont traqués et reconduits avec leur mère à la frontière de façon abusive. 
Dans les dernières semaines d'août, 2 familles sont pourchassées dans le dessein d'être expulsées juste avant le retour de leurs enfants en classe. 
Du jamais vu en Isère depuis la création du Réseau Education Sans Frontières en 2005. 

Le Réseau Education Sans Frontières 38 appelle à un rassemblement devant
La Préfecture de l'Isère, place de Verdun à Grenoble
Mercredi 9 septembre à 17h30 

Nous demandons à tous les citoyens et citoyennes d'êtres présents avec nous pour exiger que tous les enfants, sans discrimination, soient scolarisés dans des conditions sereines de vie et d'apprentissage."

Ecrit par : Chloé Laroche | 07.09.2009

________________Prévention des accidents domestiques : attention aux enfants.

5/02/2009
(Article du site : http://www.secourisme.net)

"Les accidents de la vie courante touchant les jeunes enfants sont à l’origine de 20 % des décès chez les 1-4 ans. Afin de développer l’information des parents, le ministère chargé de la santé et l’INPES ont lancé une campagne de prévention fin janvier qui se poursuivra jusqu’au 25 avril.

Une brochure « Protégez votre enfant des accidents domestique » est disponible sur le site de l’INPES. Elle délivre de nombreux conseils aux parents d’enfants de 0 à 6 ans et indique les réflexes à adopter pour éviter les risques d’étouffement, de noyade, de chute, d’intoxication, de brûlure et d’électrocution. Elle évoque également la mort subite du nourrisson, le syndrome du bébé secoué ou encore les morsures d’animaux. Numéros d’urgence et liens utiles figurent à la fin du document."

Partager :
Poster une contribution au forum

16/08/2009

Je vous salue Marie... Pour tous les enfants morts à cause de l'inconscience humaine, de la folie et de la haine ancrée dans les cellules survenant telle un cyclone.

images-6.jpegJe vous salue Marie

Par tous les enfants morts

Près de leur mère, de leur père

Par ces deux enfants

Tués par leur maman

À Nice, le onze août

... pour Teddy et Lisa

Trois ans et demi et deux ans

 

Ils sont morts noyésk1948260.jpg

Par des mains devenues folles...

De ces mains qui les ont choyés

Dans un sourire immense

Dans le ventre d'une mère

Ils avaient grandi

Mais l'océan les a repris

Dans les larmes d'un père

 

images-1.jpegUn père dont le chagrin

Ressemble au tsunami

Quand la femme devient furie

Tempête terrible

Force monstrueuse de vie

Et de mort fulgurante

Vague sans retour

Suicide de sa propre chair

 

Je vous salue Marieimages-2.jpeg

Par ce nouveau-né retrouvé mort

Cadavre jeté dans une poubelle

Près de Cornillon-Confoux

Par sa mère peut-être atteinte

Du déni de grossesse

Terrible découverte

D'une naissance non vécue

 

images-5.jpegJe vous salue Marie

Par cette fillette de sept mois

Tombé d'un quai de port d'Erquy

Dans son landau échappé

À la surveillance de ses parents

Un frein oublié, une négligence

Et la mort est là qui rôde

Au mépris de l'amour

 

Je vous salue Marieimages.jpeg

Par une douce maman

Qui entend des paroles de mort

De la bouche de sa fille ado

"Dans la tombe Maman

Quand tu seras

Je serais heureuse"

Temps méprisables !

 

u17124213.jpgJe vous salue Marie

Par ces deux jumeaux de dix ans

Tués par leur frère adolescent

D'un coup de fusil dans leur sommeil

La Corse s'est réveillée meurtrie

Leurs parents morts aussi

Le jeune ne sait pas pourquoi

La mort est passée par lui

 

Je vous salue Marieimages-4.jpeg

Par cet enfant de deux ans

Laissé seul par sa mère

Dans son lit, pour sa sieste

Pendant deux heures et demi

Retrouvé inconscient à Bezons

Et brûlé on ne sait pourquoi

Comment ? Pourquoi ?

 

u18977811.jpgJe vous salue Marie

Par ce petit garçon de cinq ans

Laissé de l'autre côté de la route

Par sa maman qui a traversé sans lui

Une voiture l'a renversé

"PRENDRE UN ENFANT PAR LA MAIN

... Pour l'emmener vers demain"

Un geste qui peut éviter l'Hôpital Necker et la tombe.

 

Chloé LAROCHE

 

 

__________________________________

 

images-8.jpegJE VOUS SALUE MARIE ________ de Georges Brassens

 

"Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
Tandis que des enfants s'amusent au parterre
Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment
Son aile tout à coup s'ensanglante et descend
Par la soif et la faim et le délire ardent Je vous salue, Marie.

Par les gosses battus, par l'ivrogne qui rentre
Par l'âne qui reçoit des coups de pied au ventre
Et par l'humiliation de l'innocent châtié
Par la vierge vendue qu'on a déshabillée
Par le fils dont la mère a été insultée Je vous salue, Marie.

Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids
S'écrie: " Mon Dieu ! " par le malheureux dont les bras
Ne purent s'appuyer sur une amour humaine
Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
Par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne Je vous salue, Marie.

Par les quatre horizons qui crucifient le monde
Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe
Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains
Par le malade que l'on opère et qui geint
Et par le juste mis au rang des assassins Je vous salue, Marie.

Par la mère apprenant que son fils est guériimages-9.jpeg
Par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid
Par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée
Par le baiser perdu par l'amour redonné
Et par le mendiant retrouvant sa monnaie Je vous salue, Marie."

 

__________________________________

Commentaires

 

Bonjour Chloé,

Je suis outrée de voir que des gens irresponsables, ayant tout perdu (dignité, conscience, esprit, lucidité, etc...) peuvent arriver à TUER. Comment peut-on en arriver là. Malgré que quelqu'un ait d'énormes soucis, on ne peut pas TUER sans réfléchir à son geste et à ses conséquences : ôter la vie de quelqu'un qui n'a pas demandé de mourir. Tellement de femmes demandent à choyer un enfant, aimer tout simplement.
Il y a tellement de solutions pour éviter de passer à l'acte (TUER). Demandez-vous : pourquoi je vais faire cela ? N'ai-je pas une autre solution ? A méditer.

Lolotte73

Ecrit par : Lolotte73 | 16.08.2009

 

______________________

 

Oui, c'est terrible d'en arriver à commettre l'irréparable, mais je pense que nombre de personnes qui tuent dans "un instant de folie" sont malades, c'est à dire ont besoin d'être aidées, mais comme la plupart du temps, elles gardent tout en elles et ne parlent à personne de ces orages intérieurs.. un jour, cela fait un tsunami et elles tuent. Elles tuent leur enfant mais, en réalité, en premier, c'est elles qu'elles tuent. Car comment vivre après cela ? La maman de Nice qui vient d'être internée ne pourra jamais revivre quand elle sera guérie. La personne qu'elle est aujourd'hui sera morte et une autre vivra le reste de sa vie en survivant de la mort de ses enfants.

La nature humaine est complexe, comme l'univers, mais si on ne fait pas face à nos ombres en les reconnaissant, en les apprivoisant, en les sublimant... elles prennent notre âme. Cette maman n'a pas tué. En réalité, ce sont des forces inconscientes qui se transforment en pulsions incontrôlables. C'est pour cela qu'il est primordial de parler, d'écrire, de travailler sur son enfance, sur tous les coups reçus, sur les névroses, sur les rêves, sur son chemin de vie... L'âme, si on la force à prendre un chemin qu'elle ne doit pas... se distord et crée aussi de l'ombre. Si une personne se sent mal et pense faire le pire un jour, sous l'effet de pulsions qu'elle sent monter... doit impérativement aller en parler à un thérapeute ou bien appeler un numéro anonyme d'écoute, comme Cap Écoute. Parfois, il suffit de parler, de tout déverser, de pleurer, de se mettre à nu, de se rendre humble... et on sauvera son enfant, on sauvera les êtres chers que l'on aime, car cette pulsion de mort n'existera plus.

Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 16.08.2009

01/07/2009

Pour Timéo, écrasé contre un mur par une personne âgée inapte à conduire. Ce petit garçon avait deux ans et demi mais il ne vit plus, son sang répandu sur la chaussée.

Bonjour à tous et toutes,

images-2.jpeg

 

 

 

820554617_small.jpgUn petit garçon nommé Timéo marchait sur un trottoir quand une voiture lancée à grande vitesse contre le mur, suite à une fausse manoeuvre du conducteur, l'a écrasé mortellement, devant les yeux de sa maman horrifiée et impuissante.

Cette femme, Laeticia Jacquemin, se bat depuis pour demander un contrôle du permis en faisant passer des tests d'aptitude, à mesure que l'on prend de l'âge. Car le chauffeur de cette voiture criminelle était âgé et n'était plus apte à conduire une voiture.

Elle a créé un blog dont je vous donne le lien : http://timeotiange.skyrock.com821558715_small-1.jpg

ainsi qu'une pétition (dont je donne le texte en fin d'article) ainsi que le lien.

Laeticia a écrit un texte très beau, émouvant, pour la cérémonie d'adieu de Timéo. Je me permets de le partager avec vous, pour tous les parents, pour tous les enfants encore vivants, pour l'amour à partager quand il est temps.

Vous le trouverez immédiatement après ce texte.

Je souhaite mille courages et un océan de force aux parents de ce petit garçon et à sa famille. J'envoie plein de bisous à Timéo qui a rejoint dans le monde d'amour et de lumière ma petite Océana.

Chloé Laroche

 

814510949_small.jpg---------------------------

 

Voici le texte de la maman de Timéo :

 

"Avec ce qui s'est passé, j'ai appris beaucoup de chose, la plus grande chose c'est que tout l'amour que l'on a, on se doit de le donner sans tabou, sans interdit.

Dire je t'aime à un enfant, c'est la plus belle chose que l'on puisse faire et le seul regret que je n'ai pas dans tout ça c'est d'avoir tant chéri mon fils et de lui avoir répété chaque jour à quel point je l'aimais.

Beaucoup de choses de notre quotidien sont des futilités, alors il faut savoir saisir sa chance chaque jour à chaque instant pour chérir nos enfants sans limite, sans retenue.

Les enfants sont faits par amour pour l'amour.

La vie peut être aussi belle qu'injuste alors savourez la à chaque instant.

Merci."

 

Laeticia Jacquemin

 

______________________________images.jpeg

 

Laeticia JACQUEMIN, qui fait le métier d'assistante maternelle, a écrit ce récit de l'accident :

 

"Tous les mardis, un atelier d'éveil se déroule au relais assistante maternelle. Les enfants aiment beaucoup y aller pour peindre, jouer, faire des collages... Le mardi 3, ils ont peint de jolies boîtes pour pâques, avec des petits oeufs dedans. On n'en a pas mangé tout de suite, car "c'est pas vraiment l'heure..." (10h30). Le départ est toujours un peu délicat et ronchon, c'est toujours mieux de jouer que de s'habiller !!! Alors pour encourager mes petits hommes on chante...

 

Je donne la main à Timéo à droite, à Simon à gauche, et Maelle la donne à Simon car c'est le plus grand, le temps de retourner à la voiture qui est à environ 200 mètres. Comme toujours, des voitures sont garées dans la rue sur laquelle débouche le relais, alors quand on traverse, les enfants disent bonjour à un monsieur qui attend dans sa voiture garée.

 

On compte à 3 pour monter sur le trottoir, on ne saute pas, mais il faut bien motiver les troupes... Mais Mael en bout de lignes n'est pas monté en même temps alors "encore nounou à 3"... "1,2,3, aller go mes doudous !", alors on se tourne pour avancer, et là cette voiture recule d'une violence incroyable, elle a sauté le trottoir de 25 cm pour aller percuter le mur. Dans cette fraction de seconde je sens la main de mon doudou s'arracher à la mienne.

 

Je hurle, je tape de toute mes forces sur cette voiture qui reste immobile, j'hurle toujours  "mon bébé est coincé je vous en prie !" les secondes s'écoulent et toujours rien... il avance et je rattrape mon fils qui s'écroule comme une poupée de chiffon. J'hurle de tout mon coeur, de douleur, d'appeler les pompiers, et je supplie Timéo de ne pas me laisser... Le temps parait interminable avant que les pompiers arrivent, et il y a tellement de sang... malheureusement pas le mien et Timéo ne me répondait pas..."

Laeticia Jacquemin

 

images-1.jpeg_________ TEXTE DE LA PÉTITION :

 

Mon fils écrasé par une personne âgée : instaurons des contrôles d'aptitude à conduire.
( Nombre de signatures : 67266 )


Date de création : 21/06/2007
Date de cloture : 21/06/2009

Auteur : Laetitia Jacquemin, maman de Timéo.
Maman qui a perdu son fils par un accident stupide...

A l'attention de : M. le Président de la République.

 

"Nous avons perdu notre fils TIMEO (2 ans et demi à peine), lors d'un accident stupide où un automobiliste (âgé) garé le long du trottoir, à la suite d'une maladresse, a enclenché sa marche arrière propulsant subitement son véhicule sur le trottoir où nous marchions mon fils et moi.

Timéo a été coincé entre la voiture et le mur de l'habitation !

Depuis ce jour, et ce durant plus de 9 mois, l'automobiliste en question a circulé librement, muni de son permis , comme si la société n'avait pas prit conscience de sa part de responsabilité.

Nous faisons cette pétition car il nous tient à coeur de mettre en place 
1- des CONTRÔLES SYSTEMATIQUES D'APTITUDE A CONDUIRE (vision, audition, réflexes, connaissance des nouveaux panneaux...) tous les 10 ans depuis l'obtention du permis, puis environ tous les 3 ans à partir de 60 ans, d'une part, 
2- et d'autre part, de ne pas laisser le permis à une personne responsable d'un homicide en attendant le verdict d'un procès qui peut durer des années... et faire d'autre victime !!! (si vous n'êtes d'accord qu'avec un seul de ces 2 points, vous pouvez le précisez dans la case "commentaire").

Merci du fond du coeur, nos enfants sont plus précieux que tout, il faut se battre pour eux !!!"


Lien vers le texte : http://www.timeotiange.skyblog.com

Pour faire un lien vers cette pétition, cliquez-ici

___________________________________________ Lien de la pétition : http://www.mesopinions.com/Mon-fils-ecrase-par-une-personne-agee---instaurons-des-controles-d-aptitude-a-conduire-et-ne-le-laissons-pas-conduire-en-petition-petitions f652c5d3384af843f448a4fda3b5cef2.html

 

 

07/06/2009

Je pense à toutes les mères en ce jour, notamment à celles qui pleurent, en deuil de leur enfant ou en baby blues, en éloignement de leur enfant ou en souffrance, en difficulté matérielle ou en désert affectif.

images-2.jpegBonjour à tous et toutes,

 

En ce jour, nous fêtons les mamans.k0441790.jpg

Les mamans du monde entier. La mienne, celle de la mienne, la tienne, la sienne, la nôtre.

Mais il y a des mamans aujourd'hui qui n'ont pas fêté cette fête parce que personne ne leur a souhaité.

Car certaines mères sont seules. Abandonnées de tous, même de leurs enfants...

... Des enfants grands, adultes, qui en veulent à leur mère, pour diverses raisons : problèmes d'héritage, problèmes de l'enfance, difficultés à respecter l'éducation des petits-enfants donnée par les parents, ressentiments envers une mère qui ne les a pas protégés étant enfants, rancune envers une mère qui est partie en laissant ses enfants, incompréhension basée parfois sur des malentendus ou des mensonges de l'entourage.

bxp64901.jpgCertaines n'ont plus leur enfant parce qu'il est mort. Elles ressentent un immense vide au creux de leur âme, jusqu'au plus profond de leurs cellules. Elles souffrent seules et, au bout de plusieurs années, personne ne se souvient qu'elles pleurent ce jour-là, comme tous les autres jours de l'année.images-4.jpeg

Certaines mères aussi vivent en accompagnant leur enfant handicapé, enfant ou adulte. Parfois, il n'y a aucune communication possible, dans le cas du handicap mental, et parfois aussi, l'enfant grandit sans bouger, sans marcher, sans parler. Le courage qu'il faut à ces mères est digne de la création des montagnes. Elles sont fortes pour deux, pour trois, pour mille actes de la vie quotidienne. Parfois il y en a qui se suicident, ou qui veulent arrêter l'enfer du handicap, en suicidant leur enfant. Mais beaucoup poursuivent. Elles poursuivent avec l'énergie du désespoir. Avec l'amour de leur enfant né de leur chair, de leur coeur crucifié.

images-5.jpegEt puis il y a les mères qui vivent la difficulté de devenir maman. Elles le sont mais elles n'y arrivent pas. Elles ont besoin d'aide. Parfois elles en ont conscience et elles demandent du soutien. Elles vont alors en unité "mère-enfant". Mais certaines se suicident pour ne pas sombrer avec leur enfant. Pour ne pas lui faire du mal, dans le malaise profond qu'elles vivent en face de lui. Je donne des informations plus loin pour aider ces mamans en détresse.
bull_index.gif

alloparentsbebe.gifJe pense aussi aux mères qui ont des difficultés financières, à celles qui travaillent mais sans arriver à joindre les deux bouts. Je pense à celles qui n'auront jamais le RSA car il faut qu'elles poursuivent le père de leur(s) enfant(s), lequel les a menacées si elles demandaient une pension. Elles ne font donc pas de démarches judiciaires pour garder une harmonie acceptable... afin de garder le père avec ce qu'il a à donner (du temps pour ses enfants, parfois) et n'ont de ce fait aucun jugement à présenter à la CAF, donc elles n'auront pas d'aides ni de RSA. De toute façon, le RSA n'est que le changement de nom du RMI et de l'Allocation de parent isolé, entre autres aides existant avant.

 

u13434912.jpgJ'embrasse toutes ces mères, celles qui gardent le courage de se battre chaque jour pour leur famille, pour rester debout et dignes, moralement fortes, physiquement aussi... pour assumer le travail, les enfants, le ménage, les courses, la cuisine, la lessive, les papiers, les dossiers, l'autorité parentale conjointe ou non, les factures, leurs handicaps personnels, le logement et les loyers, la solitude, les soucis, les maladies, les pannes, etc.

 

images-7.jpeg

J'embrasse aussi les mères qui sont en combat contre un homme qui les bat ou qui les a battues. Certaines ont quitté ce compagnon violent qui l'a été aussi parfois avec les enfants. Mais certaines aussi perdent le combat et se retrouvent privées de la garde de leurs enfants, par décision de justice. Certaines doivent faire de la prison à cause d'une décision incompréhensible, leur compagnon ayant été défendu au delà du possible. Je pense à cette maman qui s'est suicidée après un jugement en la faveur du mari, contre l'avis de toutes les associations sociales et les instances de défense des enfants. Elle a vu son compagnon avoir la garde de son enfant, au mépris de tous les avertissements. Aujourd'hui, elle est morte et cet enfant ne peut souhaiter bonne fête à sa maman.images-8.jpegimages-9.jpeg

BCP042-43.jpg

 

J'embrasse aussi toutes les mères qui n'y arrivent plus, qui ont des idées noires, désespérées, et je leur dis qu'il faut poursuivre car la vie est imprévisible. Elle donne des épines puis après arrivent les roses. Le soleil revient un beau jour. Alors gardons le parapluie du bon moral, du courage, de la ténacité, de la patience, du calme, de l'humour, de la confiance, de l'amour.

Chloé LAROCHE

 

 

images-1.jpeg________________________________ Pour information :

 

www.maman-blues.org est le site consacré à la Difficulté Maternelle.

"On ne naît pas mère, On le devient... C'est un long parcours qui retrouve un trésor laissé de côté depuis l'enfance, constitué pendant l'enfance : la mère est un secret d'enfance." Jean-Marie Delassus


"Événement éminemment physiologique, la Maternité s'accompagne également de remaniements psychiques qui changent radicalement l'être de la femme.
Devenir mère est un voyage intérieur, un retour en soi qui s'accompagne parfois de bouleversements sensibles et imprévus.
C'est une traversée d'une rive à une autre, d'une femme à une mère qui peut prendre du temps et nécessiter un accompagnement spécifique.

Nous avons donc souhaité que les aléas émotionnels et psychiques de la maternité ne restent pas sans avoir eux aussi un lieu d'expression et de partage, en complément de leur nécessaire accompagnement par les services de santé.

Une femme sur 10 serait touchée par ce tremblement de mère !

Avertissement : ce site ne saurait en aucun cas se substituer à un avis ou suivi médical.
www.maman-blues.org se place résolument du côté des mères et des parents, dans un esprit de soutien, de solidarité et de partage de leur histoire et leurs souffrances.
Les conseils ou adresses que nous pouvons être amenés à formuler dans le cadre des échanges sur notre forum de discussions ne peuvent remplacer ceux émis dans le cadre d'un suivi médical."

 

 

15/05/2009

La peine vécue au quotidien dans le handicap et l’absence. Quand une maman se noie devant l'insupportable. Accident et handicap mental.

 

 

images-5.jpegUn soir, alors que j’étais triste et comme si cette rencontre devait me secouer pour que je continue d’être forte... j’ai rencontré un homme de soixante-dix ans. Je devais ramener chez lui sa fille handicapée mentale, une femme de quarante-cinq ans, du CAT (centre d’accueil thérapeutique à la journée) à son domicile.images-9.jpeg

images-10.jpeg

Lorsque j’ai accompagné cette personne jusqu’à la porte de sa maison, son papa est venu me saluer et m’a proposé de venir manger un morceau de brioche. Et puis, debout devant moi, il s’est mis à me parler de sa femme : “La pauvre, elle n’est plus là. Elle s’est suicidée en se jetant dans l’étang, juste derrière la maison, l’année passée. Elle était malade des nerfs. Elle s’est noyée.”

Le pauvre homme pleurait. J’étais bouleversée. Je lui ai témoigné toute ma compassion. C’était une mer de détresse qui emplissait cette maison, ces deux coeurs en deuil, ces vies naufragées.

images-3.jpegEn me raccompagnant à mon taxi-VSL, cet homme m’a dit : “Je ne voulais pas vous le dire devant ma fille. Mais elle a été renversée par une voiture, juste là, à l’âge de cinq ans. Ma femme ne s’en est jamais remise. Ma fille s’en est sortie, mais en gardant les séquelles que vous voyez.”images-8.jpeg

images-6.jpegIl y avait des larmes de sang dans tout le paysage. J’ai quitté ces deux coeurs si lourds, si lourds... mais peut-être un peu plus légers car le fait de m’avoir parlé ainsi, d’avoir pu épancher un peu la souffrance grâce à la parole donnée et écoutée, partagée, a soulagé imperceptiblement le deuil de cette famille, la peine vécue au quotidien dans le handicap et l’absence. J’ai senti en partant que l’oeil de la jeune femme s’était éclairci et qu’une lueur de sérénité s’était mise à briller dans son coeur.

images-7.jpegChloé Laroche

__________________________

 

Commentaires :

Alors là, j'ai les larmes qui montent. Troisième note que je lis aujourd'hui de vous et je suis très touchée. Cette histoire est malheureusement courante, mais on en parle pas. Merci à vous d'en parler. Je pense que ce vécu est très difficile à exprimer et à vivre (pour vous, cet homme et sa fille). Si vous travaillez dans l'environnement des personnes handicapées, je vous félicite. Vous avez du coeur, de l'amour et beaucoup de reconnaissance, ça se sent dans ce que vous dites dans cette note. Merci d'aider les gens, c'est très valorisant pour vous et pour eux. Je suis certaine qu'ils en sont reconnaissant.

Ecrit par : lolotte73 | 26.05.2009

___________________________________________________________________________________ Pour information :


Aide Handicap Ecole 0810 55 55 00
Aide Handicap École
0810 55 55 00
(communication facturée au tarif d'un appel local)

"Aide Handicap École" a été mis en place par le ministère en août 2007 et s'inscrit dans la lignée de la loi du 11 février 2005 qui considère que tout enfant est de droit un élève.

Une adresse électronique
aidehandicapecole@education.gouv.fr

10/05/2009

Lorsque Dalida s’est tuée, j’ai pleuré. Mon poème pour ceux qui ont envie de quitter ce monde. Mes mots pour les suicidaires et contre les idées noires.

images-10.jpeg________RÉALITÉ POSTHUME_________________

Je dédie ce poème à Dalida, à mes Grands-parents décédés, à Marhèse Grangé, à Chantal Favet, qui s’est jetée dans l’Isère durant l’été 1996, et à feu Philippe Réal, que j’étais allée voir à l’hôpital après sa première tentative de suicide.images-7.jpeg

 

 

 

Lorsque Dalida s’est tuéeimages-3.jpeg
J’ai pleuré
Car j’ai vu un cygne s’envoler
Le coeur plein de larmes
Vers un Au-delà bouleversé
Tremblement de terre
Des roses piquées dans leurs pétales


images-12.jpegLorsque Bérégovoy s’est tué
Elle a pleuré
Et sur ses joues ridées
J’ai vu les larmes
Se changer en mouettes
Ma Grand-mère portait le voileimages-9.jpeg
Des bateaux déshonorés


Lorsque Philippe s’est tué
Nous nous sommes tus
La réalité assassine
Lorsque les rêves sont trop forts
Oui jusqu’au bout de mes prièresimages-13.jpeg
Je serai près de toi, de vous
Jusqu’à la rive dernière


images-1.jpegMais je vous en supplie
Empêchez-les de vous rejoindre
Ceux qui veulent mourir
Dites-leur qu’il n’y a pas de place
Sur l’arbre mort des vies perdues
Dites-leur que les plus belles fleurs
Poussent sur le chemin de la vie présente


Dites-leur les souffrances
Du barrage construit
Sur une rivière en crue
Flux de larmes trop abondantes
Dites-leur que la solution
N’est pas de couper l’arbre
Mais de sauver les branches


images-11.jpegOh dites-leur le soleil exploséimages-5.jpeg
Des cellules de vos corps
Écartelés de regrets
Devant les sentiers possibles
De l’avenir caché
Dites-leur l’espoir des inconnues
Solutions d’une équation sacrée


images-4.jpegSurtout dites-leur
Que la fuite est terrible
Pour ceux qui restent
Impuissants d’amour
Devant l’acte définitif
Dites-leur qu’on revient toujours
Là où on s’est brisé le tronc


Oui dites-le leur... que
l’heure n’est pas encore venue
pour eux.


Chloé LAROCHE

images-6.jpeg
(Ce poème a été publié dans mon ouvrage :

“Soleil d’amour Soleil de colère”, livre épuisé aujourd’hui).

 

 


images-16.jpeg_____________________ Voici des numéros où vous pouvez appeler pour parler, dire les choses, exprimer vos angoisses, vos soucis, votre désespoir. Quelqu'un sera là pour vous entendre, vous écouter, de façon anonyme :

 

-Cap éCOUTE : n° vert 0800 33 34 35 (gratuit)

et aussi le 04 72 33 34 35

-SOS Suicide (écoute anonyme de toute souffrance) :
01 45 39 40 00

-Numéro gratuit d’écoute anonyme pour les Parents, Adolescents et Professionnels de l’éducation :
0 810 659 009 (numéro azur) ...

-Croix-Rouge Écoute Parents-Enfants :
0 800 858 858 (de 10 h à 22 h et week-end : de 10 h à 20 h)

-Femmes Battues : le 39 19 (anonyme et gratuit)images-15.jpeg

-SOS Viols : 0800 05 95 95 (numéro vert gratuit)

-SOS Femmes Violences conjugales :
(toutes violences -psychologiques, morales et physiques-) 01 40 33 80 60

SOLITUDE ET DEPRESSION

SOS Dépression    08 92 70 12 38
Des psychiatres et des psychologues essaient de soulager l'appelant et peuvent lui conseiller une adresse pour aller consulter. Le service peut également envoyer un psychiatre ou un psychologue à domicile en cas de crise grave. 
Ouvert 7 j/7, 24 h/24.

SOS Suicide    01 40 44 46 45
Bénévoles ayant suivi une formation psy. 
Pas d'antenne en province.

SOS Psychiatrie    01 47 07 24 24
Médecins psychiatres.

Urgences Psychiatrie    01 40 47 04 47
Médecins psychiatres.

Suicide écoute    01.45.39.40.00
Suicide Ecoute, s'est donné pour mission d'être à l'écoute téléphonique des suicidaires et des suicidant. Cinquante bénévoles formés à cette écoute particulière se succèdent pour recevoir 24heures sur 24 les appels des désespérés, dans l'anonymat et le respect des convictions de chacun.

Sos Espoir    01.43.70.69.26
SOS Espoir est une association de 1901. Des professeurs et des infirmières sont à l'écoute. Ils sont là pour aider les personnes qui sont en difficultés personnelles, en leur donnant un avis ou les orienter vers d'autres associations si le problème se trouve en dehors de leur cadre de compétence.

images-14.jpegimages-2.jpeg

 

10/04/2009

Un an de blog ! J'écris pour la solidarité et la connaissance des souffrances d’autrui, morts ou vivants, afin que le coeur humain ne soit plus endormi et sache qu’il est sur une planète où d’autres humains vivent et souffrent, parfois horriblement.

Blog visité 45 764 fois depuis sa création le 10 avril 2008, avec 7804 visiteurs au cours du dernier mois, en mars 2009. Ce blog est tenu par Chloé Laroche, écrivaine iséroise et violoniste, conductrice-accompagnatrice de personnes handicapées et âgées. Elle a choisi de partager avec vous gratuitement sur le net ses livres, ceux qui sont épuisés dans le commerce et ceux qui ne sont pas encore édités. Elle offre ici ses textes, sa pensée, ses réactions face à l'actualité, son entraide pour les parents qui comme elle ont perdu un enfant ou qui comme elle ont adopté un enfant venu d'ailleurs ou handicapé.

_________________________________________________________________________________________

images-7.jpegBonjour à tous et toutes,

 

Aujourd’hui, mon blog a un an.

Il est beaucoup lu et consulté.

 

J’en suis heureuse car je le fais pour la solidarité et la connaissance des souffrances d’autrui, morts ou vivants, afin que le coeur humain ne soit plus endormi et sache qu’il est sur une planète où d’autres humains vivent et souffrent, parfois horriblement.images-5.jpeg

Un homme m’a dit ceci, lorsque je lui ai parlé des crimes et des viols commis par les quatre parachutistes de Toulouse en 1989 : “Tu sais, tous les soirs, il y a des femmes qui se font violées. Là, maintenant, pendant qu’on parle. Tu ne changeras rien. J’ai renoncé depuis longtemps à changer le monde et à combattre pour un monde meilleur. Je vis, c’est tout. Je pense à moi.”

Je sais que je ne changerai pas le monde. Le monde avance, il évolue.images-10.jpeg

Il est chargé de violences, d’atrocités, de guerres, de pauvreté, de faim, de crise.

images-8.jpegIl est beau aussi. La planète est belle. Les forêts. Les arbres sous la rosée. L’orage qui illumine la montagne. Les gentianes qui s'épanouissent tout en haut des sommets.

Et puis... l’ours blanc qui se bat contre un destin qui risque de l’emporter et des hommes impuissants devant la fonte des glaces, devant l’évolution d’un monde en essor industriel.

664998.jpgLe monde est beau devant l’enfant qui naît, le bébé qui grandit, l’enfant qui découvre le monde auprès de ses parents heureux et amoureux. Le monde est beau quand la mariée dit oui à son mari sans être forcée à le faire. Quand la femme fait l’amour avec un homme dans le respect mutuel et non dans la prise d’une forteresse féminine par un homme avide de pouvoir et de violation d’un territoire intime.

Le monde est beau quand les hommes peuvent communiquer et parler entre eux dans la résolution des conflits, au lieu de se tuer entre eux  et de violer des femmes et des enfants pour assouvir des instincts de domination d’un peuple sur un autre.

“Dénoncer est un acte citoyen”. Aussi, je dénonce dans mon blog et je parle. Je dénonce la cruauté et la violence. Je dénonce l’indifférence. Je défends la solidarité, l’entraide, la compassion, l’aide humaine.

i9.jpgJe défends les papas expulsés, arrachés à leurs enfants, leur femme. Je défends les familles expulsées, les enfants arrachés à leurs classes d’écoles françaises. Je me réjouis des combats gagnés, comme celui mené pour la famille de Jacques, 7 ans, qui a déjà vu deux fois en 18 mois ses deux parents enfermés en camp de rétention avant l’expulsion définitive. Celle-ci a été enrayée, Dieu merci. Voici l’appel du 29 mars faite pour eux par le Réseau d’Éducation Sans Frontières : “Mme Zengh et Monsieur Lin ont été tous deux arrêtés hier matin sur leur lieu de travail. Ils vivent en France depuis maintenant 10 ans. Comme nous tous, ils travaillent et déclarent leurs impôts. Et surtout, ils souhaitent élever leur fils Jacques en toute sérénité, parmi nous, et avec nous. Jacques a suivi une scolarité tout à fait normale : on le connaît depuis la petite section de maternelle à l’école 61 Vitruve et a intégré le 16 Riblette en ce début d’année scolaire avec ses copains en CP. C’est un bon élève, apprécié des enseignants et c’est un bon copain.” Jacques a retrouvé ses parents, après une bataille de mails, faxs, et de réactions de nombreux militants.images-1.jpeg

Mais combien d’enfants voient leur père expulsé ? Combien sont nés en France et  doivent partir dans un pays inconnu et dangereux pour leur famille ?!! Combien d’enfants vivent le traumatisme de l’écartèlement d’une famille, dont certains membres sont renvoyés de France... ou bien le déracinement brutal, assorti d’un arrachement aux sièges de leur école, à leurs camarades, à leur maison... ?

1604707744.jpgEn cette année, j’ai gagné une bataille personnelle et familiale. Je viens d’obtenir la nationalité française pour la petite roumaine handicapée dont je m'occupe depuis 2001, Julia. Elle a maintenant 16 ans et la France l’a acceptée comme une citoyenne, ce qui est une excellente nouvelle pour son avenir et le risque oublié maintenant d’une expulsion à l’âge de la majorité. Julia va bien et poursuit ses progrès grâce à l’IME qui l’accueille. Elle commence à travailler un peu, une demi-journée par semaine, pour des travaux d’artisanat, à sa demande. Elle ne parle toujours pas, sauf pour quelques mots ; la difficulté orale demeure. La question de son avenir s’est posé dernièrement, puisque son autonomie va être restreinte, étant donné son handicap mental. Elle n’est pas autonome, sauf dans un cadre précis. Elle ne peut sortir seule et n’a pas conscience seule des dangers. C’est une immense chance que Julia ait pu avoir sa place dans un IME, étant donné le nombre d’enfants handicapés qui ne peuvent bénéficier d’accompagnement et d’aide spécifique, adapté à leur handicap.

D’autre part, je poursuis pour ma fille du Bénin le combat pour l’adoption définitive dont j’ai parlé dans la catégorie “Adoption, parentalité, handicap”. J’ai fait appel de la décision de cet automne et je suis convoquée en juin avec mon avocate. Je vous tiendrai au courant de tout cela.1262767637-1.jpg

1474423421.jpgEt puis, mon fils a maintenant quatre ans. Après une varicelle sortie ces derniers temps, il va bien. Il grandit sereinement, même si la tristesse l’envahit parfois depuis la mort de son père il y a un an. Je parle avec lui de ce départ, mettant des mots sur les larmes, sur les colères parfois, sur cette colère d’enfant qui sort en agressivité. L’inéluctabilité de la mort est tellement effrayante pour un petit d’homme qu’il est parfois nécessaire de revenir sur les faits et de mettre des mots sur les maux. Maux de l’âme, mots d’un deuil difficile, silence d’une absence et souvenirs d’un corps sans vie. Pour moi, c’est difficile aussi, car au-delà des mois d’attente d’un homme absent de notre vie... c’est le père de mon fils qui s’est absenté pour toujours. Les souvenirs hantent parfois mon coeur et quand j’ai dit dernièrement à mon fils que je suis triste aussi, il m’a demandé pourquoi. “Parce que j’aimais ton père, que nous nous sommes aimés et que c’est grâce à cet amour que tu es arrivé.” 575383478.jpg

1328905394.jpgIl y a aussi ma fille Océana qui est partie si vite il y a douze ans. Elle me manque tant. images-4.jpeg

i15-1.jpgIl y a un an, j’ai commencé ce blog car j’étais dans un désert et un cataclysme d’évènements qui s’accumulaient. Cela a commencé par des agressions reçues d'un jeune homme autiste dans mon taxi, en mars 2008, qui me frappe violemment alors que je le conduis à son IME. Le 2 avril 2008, à la suite de ces violences et de deux arrêts de travail, mon contrat de travail est rompu. Le même jour, mon compagnon, un homme avec qui j’étais depuis trois mois me quitte. Brutalement. “Ta vie est trop difficile.” Puis plus tard, il s’explique : “Tu perds ton travail. Tu te fais frapper par cet handicapé mental. Et puis cette fille handicapée, dont tu t’occupes et pour laquelle tu t’es engagée, c’est trop difficile. Je ne supporte pas. Je sais, c’est lâche... Sans parler de ton autre fille adoptive dont l'adolescence la rend malmenante envers toi... Il n’y aurait pas tout ça, je serais resté. Je t'aimais vraiment.” Cet homme était en plein divorce, avec quatre enfants. Quelques semaines auparavant, il était très mal dans son coeur et sa tête. Je l’ai soutenu. J’ai vu ses larmes, écouté sa douleur, cru en notre rencontre. Et puis, il s’est réparé à mes côtés, a repris confiance en lui, et ce jour d’avril, il est parti.

images-2.jpegLe 7 avril, le frère du père de mon fils m’appelle. “Il est mort. Sur la table d’opération.” Le père de mon fils était mort. Ce fut un choc. Un choc aussi d’annoncer cette mort à mon fils âgé alors de trois ans. Un choc de l’amener près du corps étendu. Un choc de voir partir dans l’immensité la rose perdue d’un amour défunt. De rester sur terre le seul parent d’un enfant, seule moitié responsable d’une vie.images-2.jpeg

 

Aujourd’hui, cela fait un an.

images-6.jpegEt je choisis de parler de Abir Al Janabi, jeune fille irakienne de 16 ans. Pour dénoncer sa mort, son viol, ses viols, son calvaire. Pour que le monde sache. Pour que le monde ne se voile pas la face. Pour qu’il pleure. Pour qu’il se souvienne d’Abir et de sa famille assassinée par des soldats américains. Des soldats malades de la haine. Malades comme les quatre parachutistes qui ont violé et tué en 1989 deux femmes et une enfant (voir mon article d’hier).

Voici ci-après un article relatant la mort et le calvaire de cette jeune femme.

Je suis immensément peinée de ce qu'elle a dû endurer, immensément triste pour cette jeune femme et toute sa famille massacrée.

Avec mes meilleures pensées à tous et toutes.

Chloé Laroche

 

_______________________________ Archives Droit International ONU________________

Atrocités Américaines en IRAK : Le crime de Mahmoudiya.

 

Des soldats us-américains ont planifié durant une semaine le viol d'une jeune fille iraquienne de 16 ans, Abir Al Janabi, son assassinat et celui de sa famille :

“Trois mois après les faits, un nouveau crime perpétré par des soldats usaméricains en Iraq a été révélé au grand jour. Des soldats ont violé une jeune fille iraquienne avant de l'assassiner avec trois membres de sa famille, dont un enfant, dans une zone située à 9 Km au nord de Mahmoudiya (sud de Bagdad).

 

Les premières investigations de l'armée usaméricaine ont révélé la barbarie du crime, perpétré au mois de mars dernier, avec préméditation, puisque préparé durant une semaine, ce qui expose les auteurs à la peine de mort, selon un officier usaméricain.

 

L'agence Associated Press a indiqué le samedi 1er juillet 2006, sur la foi des déclarations d'un responsable usaméricain proche de l'enquête « que les soldats s'étaient introduits dans la maison d'une famille arabe sunnite, avaient séparé la femme de trois membres masculins de la famille, l'ont violée puis brûlée vive à l'aide d'un liquide inflammable en vue de camoufler le crime, puis tué les autres membres de la famille ».

 

Le responsable, qui a réclamé l'anonymat, a indiqué aussi que les soldats ont étudié les victimes durant une semaine et qu'ils avaient prémédité leur forfait ». Un autre haut responsable militaire usaméricain, qui lui aussi a réclamé l'anonymat, a révélé que l'une des victimes était un enfant et que l'affaire a été éventée au cours d'une séance de discussion de routine, indiquant qu'un soldat avait reconnu son rôle dans les faits et qu?il a été appréhendé.

 

Un crime d'opportunité

 

Le même responsable reconnaît que le crime semble être le fruit d'une «certaine opportunité», puisque les soldats impliqués n'ont pas subi l'attaque d'éléments armés, mais avaient tout simplement remarqué la femme, qu'ils ont ensuite violé et assassiné, au cours de leurs précédentes patrouilles. Un soldat non impliqué dans l'affaire a apporté son témoignage : il avait aperçu ses compagnons lors de la préparation de leur forfait, puis une fois celui-ci commis, remarqué leurs habits ensanglantés. Des responsables usaméricains ont reconnu qu'ils étaient au courant des assassinats des membres de la famille, mais croyaient que c'était le fait des violences interconfessionnelles.

 

Les premières soupçons se sont orientés vers deux soldats de la 502ème Division d'Infanterie, aperçus le 12 mars avec du sang sur leur tenue après le crime, attribué à l'époque à des hommes armés de la région. Mais un officier de police de Mahmoudiya, le capitaine Ihsane Abderrahmane, a indiqué qu'il avait reçu le lendemain du crime, le 13 mars, un rapport accusant les soldats usaméricains de l'assassinat de la famille iraquienne dans la zone de Khassir Abiad, proche de Mahmoudiya. Le porte-parole des forces usaméricaines a déclaré pour sa part dans un bref communiqué diffusé le vendredi 30 juin, que le général James Thorman, le plus haut gradé militaire usaméricain dans la région de Bagdad, a demandé à la direction des enquêtes criminelles de l'armée d'entreprendre une enquête systématique, un jour après les révélations faites par deux soldats.

 

La peine capitale

 

À propos de la peine encourue par les auteurs des faits, au cas où ils seraient confondus, l'agence AP dit que les soldats risquent la peine de mort selon le code pénal militaire usaméricain. Les responsables militaires usaméricains déclarent que les 4 soldats impliqués dans cette affaire ont été désarmés et mis aux arrêts dans une base militaire proche de Mahmoudiya. L'armée usaméricaine a déclaré que les soldats impliqués dans ce crime, appartiennent à la 502ème Division d'Infanterie à laquelle appartenaient les deux soldats faits prisonniers (par la Résistance, NDT) et dont les corps avaient été retrouvés le 19 juin, trois jours après leur capture. Les deux corps portaient les traces de supplices et l'un d'eux avait la tête coupée. Il semblerait, selon les militaires usaméricains, que cette situation avait fait naître un sentiment de culpabilité chez l'un des soldats de cette division, ce qui l'a poussé à révéler ce crime le 22 juin dernier.

 

Cette affaire est la plus grave que connaissent les soldats usaméricains après celle qui a conduit 14 d'entre eux, la semaine dernière, à être accusés de meurtres de civils iraquiens. De nombreuses autres affaires du même genre font l'objet d'enquêtes, tels que le meurtre de 24 civils à Haditha le 19 novembre 2005, en représailles à la mort d'un soldat dans l'explosion d'un engin, le meurtre avec préméditation de trois détenus dans la province de Salaheddine, l'assassinat d?un soldat iraquien au cours de son interrogatoire à Al Kaïm?.

 

Sur le plan politique, la députée iraquienne Safia Chebli, apparentée au groupe de Iyad Allaoui, a réclamé le 4 juin le questionnement du premier ministre Anouar Malki sur l'affaire du viol de la jeune Abir, ainsi qu'une enquête iraquienne indépendante. Le ministre de la justice quant à lui, a demandé l'intervention du Conseil de Sécurité pour lever l'immunité des troupes usaméricaines, estimant que c'est l'impunité dont profitent leurs soldats face à la justice iraquienne qui les encourage à commettre de tels crimes. En voyage au Koweit, le Premier ministre a déclaré pour sa part qu'il allait engager une enquête indépendante sur cette affaire.

 

Le témoignage accablant d'un voisin de la famille martyre

 

Le viol de nobles femmes iraquiennes par la soldatesque usaméricaine, est devenu monnaie courante dans la prison de Abou Ghraïb mais aussi dans la grande prison qu'est devenu aujourd'hui l'Iraq. Le crime que nous relatons ici a dépassé par son horreur, son ignominie et sa barbarie tout ce qu'on peut imaginer en la matière.

 

Le correspondant de Mafkarat Al Islam dans la région de Mahmoudiya, ville sunnite au sud de Bagdad, a rapporté qu'une force usaméricaine, composée de 10 à 15 soldats, a pénétré dans la maison de Kacem Hamza Rachid Al Janabi. Ce dernier est né en 1970, travaille comme gardien au dépôt de pommes de terre appartenant à l'État et y réside avec son épouse et ses quatre enfants : les deux filles, Abir (la brise), née en 1991, et Hédil, née en 1999 et les deux garçons : Mohamed (1998) et Ahmed (1996).

 

Les soldats usaméricains commencèrent par arrêter le mari Kacem, son épouse, Fakhria Taha Mohsen et leurs deux filles Abir et Hédil, les deux garçons étant encore à l'école. Il était 14 heures. Ils conduisirent les parents et la petite Hédil dans une même pièce et les exécutèrent à bout portant. Le père a reçu 4 balles dans la tête, la mère 5 balles dans le ventre et le bas-ventre et Hédil a été atteinte à la tête et à l'épaule. Puis ils conduisent Abir dans la pièce voisine, la déshabillent dans un coin et la violent à 10, à tour de rôle. Dès qu'ils accomplissent leur forfait, ils la frappent avec un objet tranchant sur la tête, selon le rapport d'autopsie, puis mettent un coussin sur son visage pour l'étouffer et y mettent le feu.

 

Le voisin de la famille martyre ajoute : « Une heure après les coups de feu, j'ai aperçu de la fumée qui s'échappait de la maison et j'ai vu les soldats partir précipitamment pour encercler la zone avec des éléments de la Garde nationale fantoche. Ils nous informent que des terroristes d'Al Qaïda se sont introduits dans la maison et ont tué toute la famille. Ils nous empêchent de pénétrer dans la maison. J'ai informé l'un des gardes que j'étais un voisin et qu'il me fallait voir les membres de la famille pour informer El Hadj Aboul Kacem le patriarche, du sort de son fils et de sa famille. C'est ainsi que l'on me laissa pénétrer à la maison.

 

En rentrant, j'ai trouvé le père, sa femme et leur fille Hédil, sans vie, baignant dans leur sang, sans aucune réaction quand j'ai touché les corps. Le sang continuait à couler et sortait de la pièce. Puis je suis rentré dans la deuxième pièce où se trouvait Abir. Le feu continuait à se dégager de ses cheveux, de sa bouche et de sa poitrine. Elle était dans un état indescriptible : ses habits étaient retroussés vers le haut et son soutien-gorge déchiré. Le sang continuait à couler d'entre ses jambes bien qu'elle fût morte depuis plus d'un quart d'heure et malgré le feu dans la pièce. J'ai compris qu'ils l'avaient violée : elle était couchée sur le visage, son arrière-train soulevé, les pieds et les mains liés. Je n'ai pu me retenir et j'ai pleuré. J'ai vite éteint le feu qui avait consumé une partie de sa tête, son visage, ses seins et ses cheveux et je l'ai couverte d'un bout de drap. J'ai réfléchi un peu à la situation et je me suis dit que si je parlais et protestais, ils allaient m'arrêter. J'ai donc gardé le silence et je suis sorti de la maison sans rien dire pour pouvoir témoigner en temps utile.

 

Au bout de trois heures les soldats d'occupation ont encerclé la maison et ont répandu la rumeur que la famille avait été assassinée par des terroristes parce qu'elle était chiite. Personne n'a évidemment cru à ce bobard parce que tout le monde se connaît et que la famille était bien connue de tous comme une famille des meilleurs sunnites. Face à cette situation, les forces d'occupation ont procédé juste après la prière du Maghreb au transfert des quatre corps des victimes à la base militaire usaméricaine, puis le lendemain à l'hôpital de Mahmoudiya, en donnant à son administration leur première version des faits. Le même jour, en compagnie des proches de la famille, nous avons pris les corps des suppliciés à l'hôpital et avions procédé à leur inhumation par la grâce d'Allah. »

 

Briser le silence

 

Le témoin ajoute : « Nous avons décidé de ne pas nous taire et avons demandé aux moujahidine de la région de réagir en urgence. C'est ainsi qu'ils ont monté une trentaine d'opérations contre les forces d'occupation en deux jours, faisant plus de quarante morts parmi les soldats usaméricains. Mais cela ne suffisait pas à nous calmer et nous nous sommes adressés aux médias, en commençant par la chaîne Al Arabiya, qui est puissante en Iraq. Personne ne nous a cru, estimant qu'ils tiraient leurs informations des communiqués officiels usaméricains et ne pouvaient s'engager dans une affaire qui les dépasse. C'est le correspondant officiel de Al Arabiya en Iraq, Ahmed Assalah en personne qui nous l'a dit. Nous nous sommes adressés à des journaux de Bagdad qui nous ont éconduits, parce que nous étions sunnites comme les victimes innocentes de ce drame. Les combattants nous ont conseillé la patience en nous promettant que le sang et l'honneur de Abir et de sa famille seraient vengés comme ils le méritaient. »

 

Craintes fondées

 

Le voisin continue son récit : « Le 9 mars 2006, la mère d'Abir est venue me demander si je pouvais héberger sa fille avec les miennes parce qu'elle craignait pour elle. Cela ne m'a pas étonné et j'ai évidemment accepté. Les soldats de l'occupation, disait-elle, lui jetaient des mauvais regards quand elle sortait pour conduire les vaches au pré et qu'elle passait par un contrôle usaméricain situé à 15 mètres de la maison paternelle. Mais dans mon for intérieur, j'ai pensé que les craintes de la mère étaient mal fondées, la fille étant chétive et avait à peine 16 ans. Je n'ai jamais pensé que les criminels exécuteraient leur crime en pleine journée. ».

 

Le témoin ajoute : « Les forces d'occupation sont venues vendredi dernier - un jour avant que le correspondant de Mafkarat Al Islam se rende sur les lieux du crime - et ont ordonné aux habitants d'exhumer le corps d'Abir pour des analyses. Ils m'ont demandé aussi de rester à leur disposition en tant que témoin, ce que je ferai et je suis prêt à aller n'importe où pour faire éclater la vérité.

 

Rappelons que Mafkarat Al Islam a été la première agence d'information à révéler ce nouveau crime des forces d'occupation.”

 

Sources : aljazeera.net, islamonline.net et Mafkarat Al Islam (Islam Mémo)

 

Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l'intégrité et d'en citer les sources et les auteurs.

 

 

________________________________ Séminaire sur la violence à l’encontre des femmes____________

Ce samedi 22 novembre, de 13 à 17h, un séminaire se déroulera à l'Université Libre de Bruxelles au sujet de la violence contre les femmes. La violence: partout dans le monde, les femmes y sont confrontées : dans les villages et dans les villes, au sein des familles et dans la rue. Ces actes sont commis par des individus, par des groupes et même par des Etats. La violence existe sous différentes formes, plus masquées dans les pays capitalistes développés qui reconnaissaient formellement l’égalité des droits, plus ouvertes et brutales dans les pays qui sont plus en retard sur le plan économique.

 

Historique :

"Le 25 novembre 1960, au nord de la République Dominicaine, trois corps sans vie de femmes ont été retrouvés au bord d’un gouffre. Ces cadavres étaient ceux des sœurs Patria, Minerva et Maria Teresa Mirabel, toutes trois militantes du mouvement clandestin de Résistance contre la dictature de Trujillo.

Ce dernier a déclaré qu’il s’agissait d’un accident de circulation. Mais, très vite, on a compris que les sœurs avaient été violées avant d’être tuées. Le massacre des sœurs Mirabel a fait un grand scandale en République Dominicaine et a développé le mouvement de résistance. Au bout d’un an, la dictature a été renversée par le mouvement anti-Trujillo.

Les sœurs Mirabel sont devenues le symbole de la lutte pour les libertés. En 1981, les femmes d’Amérique Latine et des Caraïbes se sont réunies à Bogota, en Colombie. Elles y ont déclaré le 25 novembre «Journée Internationale de la Lutte contre la Violence Sexuelle faite aux Femmes».

En 1999, la journée a été reconnue par l’Organisation des Nations Unies.

 

La violence contre les femmes se passe partout dans le monde

En Irak, Abir, une fille de 15 ans, a été violée puis brulée vive par des soldats américains. Amineh a été lapidée en Afghanistan par les seigneurs de guerre. En Iran, Kheirieh a supplié d’être pendue au lieu d’être lapidée.

Pendant que dans une banlieue à Paris Sohane, 18 ans, était brulée pour «l’honneur» familial par les membres masculins de sa famille, Marjan, 16 ans, s’immolait par le feu en Iran pour éviter de devoir se marier avec un homme qui avait l’âge d’être son grand-père. Somara, au en Pakistan, est décédée à cause de brûlures au troisième degré sur 80% de son corps - elle n’a jamais voulu affirmer que c’était son mari qui était responsable.

Au Kurdistan, une guerre se déroule et les femmes kurdes et turques en sont les premières victimes. A côté du mal et de la misère engendrée par la guerre, ces femmes ont aussi à subir les crimes d’honneur, les mariages forcés et la violence au sein de la famille.

En Somalie, une fillette de 7 ans, Kolsoom, a hurlé de douleur pendant son excision. Elle a hurlé aussi fort que Maryam, 9 ans, dans son lit nuptial. Dans différentes régions du Congo, toute une génération de femmes se fait horriblement mutilée par la violence sexuelle des troupes rebelles aussi bien que des troupes gouvernementales. Dans beaucoup de villages, plus aucun enfant ne naîtra.

En Suède, Fadimeh a été tuée par son père et son frère. En Belgique, on peut lire chaque jour dans les journaux des rapports dramatiques de femmes tuées par leur partenaire ou ex-partenaire, souvent avec leurs enfants. Elles partagent le sort de la poète afghane Nadia. Aux Etats-Unis, Lisa et Joyce ont été violées et tuées par des inconnus.

Pendant que Nathalie attend ces clients dans un bordel d’Amsterdam, un bateau plein d’esclaves sexuels arrive d’Europe de l’Est dans le port de Hambourg. Des femmes sans-papiers n’ont souvent d’autre choix dans les villes européennes que d’être exploitées sexuellement, de mendier ou de travailler comme domestique, souvent sept jours sur sept, du matin jusqu’au soir et cela pour un salaire de misère.

Au cours de la période de sanctions économiques des Etats-Unis contre l’Irak, plus d’un million de femmes sont décédées. Dans le même temps, plus de 4 millions de femmes ont perdu la vie à cause des guerres, surtout en Afrique. Dans la Bosnie en guerre, toujours au même moment, des milliers de femmes se sont faites violées par des soldats.

 

Séminaire sur la violence contre les Femmes et sur la manière d’y résister

La violence: partout dans le monde, les femmes y sont confrontées : dans les villages et dans les villes, au sein des familles et dans la rue. Ces actes sont commis par des individus, par des groupes et même par des Etats. La violence existe sous différentes formes, plus masquées dans les pays capitalistes développés qui reconnaissaient formellement l’égalité des droits, plus ouvertes et brutales dans les pays qui sont plus en retard sur le plan économique.

Avec la crise financière et le drame de la crise alimentaire qui existent déjà, avec la crise économique à l’échelle mondiale qui arrive à toute vitesse, la situation ne va pas s’améliorer. Avec des pénuries sans cesses plus pénibles, la lutte pour les moyens disponibles va encore augmenter et, comme toujours, ce sont les plus faibles économiquement - les femmes, les immigrés, les plus vieux et les jeunes,… - qui vont devoir trinquer. Avec le chômage et la pauvreté qui augmentent, encore moins de femmes qu’aujourd’hui vont être dans la capacité de se construire une vie indépendante.

Mais tout cela ne se passera pas sans lutte. Une lutte contre la violence à l’encontre des femmes - qui prend déjà place dans différents endroits du monde - mais aussi une lutte contre les conditions de vie inhumaines que nous offre le système de profit, le capitalisme. Une lutte de femmes et d’hommes issus de la classe ouvrière et des couches pauvres contre les mauvaises conditions de travail et contre les salaires de misère, contre la pauvreté, l’analphabétisme, le chômage et l’esclavagisme, qui touchent relativement plus de femmes que d’hommes.

Ce samedi 22 novembre après-midi, des femmes combattives de différents pays veulent partager les histoires de lutte des différents continents, s’en inspirer et se stimuler à renforcer l’unité dans la lutte contre toute forme de violence. Nous ne pouvons l’emporter que si nous nous réunissons pour lutter conséquemment pour une société sans exploitation, sans oppression, sans violence et sans discrimination.

La lutte contre la violence, l’exploitation et l’oppression est une lutte que les femmes ne savent pas gagner à elles seules. Car pour vraiment en finir avec cette situation, il faut renverser le système actuel qui est basé sur le pouvoir, la rapacité et la course aux profits pour le remplacer par une société basée sur l’égalité et la coopération. Tous ceux - femmes et hommes - qui s’impliquent dans cette lutte et qui veulent discuter avec nous sont plus que bienvenus à ce séminaire."

 

Il faut unir la résistance !

Solidarité pour un monde sans violence !

 

02/04/2009

Dans mon taxi, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent. Du handicap au pire vécu.

Du handicap au pire vécu. Offrande d'une sonate pour la vie de Jason, petit garçon retrouvé mort à Liège, tué par son père à coups de chaussure. 

_____________________________


Dans mon taxi, véhicule sanitaire que je conduis chaque jour, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent.

 

images-12.jpegJe reste seule avec des confidences, avec les paroles parfois très lourdes de mes passagers handicapés ou malades.

Des enfants aussi. Des personnes âgées.

 

“Qu’est-ce qu’ils ont les pères à nous faire ça,” me dit une enfant qui me révèle qu’une copine a subi la même chose qu’elle.images-8.jpeg

 

“J’ai eu raison de le dénoncer, n’est-ce pas ?”....

“C’est lui qui a tort, pas moi.”

 

“Ma mère me manque.”

 

Cette enfant a le regard clair et déjà un raisonnement très mûr. Elle regarde une autre enfant passagère et me dit : “Elle est belle.”

 

Comme on dit d’une rose qu’elle est belle.

Les roses, on ne doit pas les cueillir.

Ni violer les enfants.

 

images-2.jpegPendant des mois. Il l’a violée. Ce n’était pas son père mais un beau-père.

 

Pendant les absences de la mère.

 

Elle regarde le paysage. Je la conduis. Elle se sent apaisée dans mon véhicule.images-5.jpeg

 

Dans la journée, plus tard, je transporte un monsieur handicapé. Il était tétraplégique. Il a progressé à force de travail. Il est maintenant paraplégique.

 

images-11.jpegIl est triste. Cela fait trois ans qu’il a eu ce maudit accident.

 

Je l’écoute. Il me dit que la souffrance physique, il n’y a rien de pire. Et la souffrance de voir les montagnes sans pouvoir les parcourir, les goûter.

 

La souffrance de voir des femmes et de n’avoir que le souvenir de l’ancien temps et des rêves présents qu’on fait mais qui ont le goût amer du réveil en fauteuil.SB10063890E-001.jpg

 

Je l’écoute et il me dit que les personnes valides ont bien de la chance et qu’elles devraient éviter de se plaindre pour des broutilles.

 

Mais parfois, pensais-je, les personnes valides sont tristes à mourir et certaines sont handicapées dans le coeur, amputées de leur enfant disparu, membre perdu dans l’immensité de l’univers... amputées d’un être aimé mort. Parfois, des personnes valides ont tant de charges et de difficultés à gérer que tout cela n’est pas que des broutilles.

 

images-9.jpegCet homme souffre terriblement. Il est comme dans une prison. Son corps ne le laisse plus libre de vivre comme il voudrait. Il laisse les volets lui ôter la vue des montagnes. Il a envie de les prendre et de les replanter en plein désert, là où il ne serait pas. Il ne veut plus de son fauteuil. Il se bat pour en sortir. Il voudrait l’emmener  loin et revenir sans lui. Valide et libre d’aimer à nouveau, de courir les montagnes.

 

Je me retrouve seule dans mon taxi. Un taxi spécialisé.

Une musique s’élève dans le réceptacle du véhicule. “La Sonate au Clair de Lune” de Beethoven.

 

Le piano amène à moi l’image d’une tombe. Je vois une maman pleurer là où on a découvert le corps de son fils de trois ans enterré dans un sac.

 

images-4.jpegCet enfant s’appelait Jason. Il a été tué à coups de chaussures par son père. C’est la nouvelle compagne du père qui l’a aidé à enterrer le petit garçon. C’est elle aussi qui a avoué les faits et qui a révélé la fuite du père dans son pays.

 

Cela faisait des semaines depuis février que l’on recherchait le petit garçon. Il a été retrouvé le 19 mars près de Liège, en Belgique, là où il vivait avec son père.images-3.jpeg

 

Un père qui a fait de la prison pour vente de drogue et qui avait déjà été remarqué pour maltraitance sur son fils. Son fils qu’on lui a pourtant rendu à sa sortie de prison. Erreur fatale pour ce petit garçon.

 

Tué à coups de chaussures.

 

images-1.jpegLe piano grandit en intensité. Je pense à Jason. Je vois sa vie, ses sourires, ses jeux d’enfants, sa pureté, son innocence, son émerveillement devant la vie, ses larmes, la douleur d’une vie maltraitée, d’enfant qui regarde l’adulte et qui a peur. Juste peur. Effrayé. Sans secours. Sans recours.

 

La pureté de la Sonate prend en elle toutes les souffrances dont je viens de parler et j’offre ces vies à l’Esprit qui détient la vie, à l’amour qui regarde les roses grandir sans les arracher.

 

La dernière note s'allonge dans la voiture. Le piano s'éteint. Mais une étoile brille. Pour Jason. Pour les enfants que je transporte. Pour chaque personne handicapée.SB10065057H-001.jpg

 

Chloé Laroche________________

 

Commentaires

I recently came across your blog and have been reading along. I thought I would leave my first comment. I don't know what to say except that I have enjoyed reading. Nice blog. I will keep visiting this blog very often.

Ruth

http://pianonotes.info

Ecrit par : Ruth | 05.04.2009

________________________________________________________

Thank you very much, Ruth. Your letter is very beautiful, with a big sun for my hearth and my blog. Good sunday ! Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 05.04.2009

_________________________________________________

26/03/2009

Du décès d'un ami luthier à la violoniste que je suis, petite fille que j'étais alors, vouée au silence devant l'adulte, professeur mal-faisant.

 

J'ai écrit le récit du sujet dont je vais parler ci-dessous dans "Le Conte anti-pédophile" titré "Jason, petit ange du Mont-Blanc", que vous trouverez en archive sur ce blog, écrit le 2 Juin 2008.  Dédié à tous les enfants assassinés, abusés et violés.

 

images-3.jpegLe 5 Mai 2003____________________________________

(texte extrait de mon ouvrage "Transports d'âmes et d'hommes" et dédié à Francis Borredon, luthier)

 

 

GUIDANCE D'UN PARDON.

 

 

Aujourd’hui, j’ai assisté à la cérémonie d’adieu de Francis, un ami luthier qui s’occupait de mon violon depuis près de vingt ans. Il n’avait pas hésité à soutenir mes projets dès la création de mon association : “Un Archet pour la Paix”. images-2.jpeg

Francis n’avait que cinquante ans. Il s’est tué en montagne en faisant une chute de quatre-cents mètres, emporté certainement par une coulée de neige.

Un de ses amis dans l’assistance a déclaré :

-Tu continueras à vivre à travers les violons que tu as créés, à travers ceux aussi que tu as réparés, ceux à qui tu as redonné une âme alors qu’ils étaient abandonnés depuis de longues années dans un grenier ou un placard.”

Francis était généreux, entier et plein d’attentions envers ses proches et ses amis. Mon violon est en deuil des mains qui l’ont soigné, accordé, réparé, embelli... Ces mains d’un luthier qui savait faire germer l’harmonie au creux du bois.

images-8.jpeg“Tu es parti sur le chemin d’en haut, celui de la montagne, et nous, nous sommes restés sur le chemin du bas, celui de la plaine.”

Les notes jouées sur le violoncelle sont montées vers l’âme de Francis et ont tourné dans la salle pour entourer de tendresse son épouse et sa fille, sa famille et ses amis.images-6.jpeg

Lorsque je suis sortie de la salle de cérémonie, j’ai repris mon chemin, l’âme bouleversée par ce lieu où j’ai vu au fil des années les corps inertes de ma fille et de mes grands-parents, le cercueil d’une amie, Aimée, et de deux autres amis, Maxime et Louis.

 

Mes pas, ou quelqu’un, m’ont menée soudain vers le gardien du cimetière d’en face. Je ne l’avais pas prévu, vraiment.

-Je recherche la tombe d’un homme,” ai-je demandé.

C’était la tombe de mon professeur de violon, décédé depuis trois années en emportant l’immense dette morale me concernant et dont j’ai parlé dans l'article cité tout en haut de la page.

Une dame m’a donné l’emplacement exact de la sépulture, qui se trouvait être dans un cimetière voisin. Je m’y suis rendue immédiatement. Et j’ai écrit ce texte que j’ai déposé sur le mausolée de cet homme défunt.

 

images-10.jpeg“Monsieur G. Je viens en ce jour sur votre tombe vous pardonner pour ce que vous m’avez fait, alors que j’étais enfant et votre élève. Je vous libère, votre âme et vous, pour que vous puissiez aller en paix vers Dieu, dans la lumière. Je voudrais que vous m’aidiez d’en haut à mes oeuvres pour la Paix, pour les enfants  et pour le Bien... pour que d’autres enfants ne souffrent plus comme j’ai souffert jusqu’à vouloir en mourir. Merci pour ce que vous m’avez enseigné sur le violon. Dans la Paix du Christ.”

 

Un ange m’a conduite là, à travers l’âme des violons, pour me faire accoucher d’un pardon auquel je pensais depuis plusieurs mois.

Pardonner, oui, mais comment guérir de ses blessures ? Peut-être justement qu’en posant cet acte, j’ai guéri définitivement d’une brisure de mon âme.

Mon violon intérieur donnera de nouvelles harmoniques et fera résonner des cordes jusqu’ici étouffées.images-5.jpeg

Le pardon posé et déposé permettra la libération de deux âmes, une qui ira vers la lumière de tous les violons réunis, Roman G., et une qui poursuivra son chemin sur la Terre, la mienne.

Chloé Laroche

 

 

thumb_0861ea65c0pm3.jpgJe prie Dieu de protéger tous les enfants et de les garder

des choses de ce genre. Que personne ne viole jamais leur innocence.

 

Extrait de mon troisième livre, page 154 :

“Un homme et une femme au coeur des Alpes”.

 

 

 

 

22/03/2009

Deux anniversaires : la mort du père de mon fils et la date d'arrivée de ma fille d'Afrique. Réflexions sur le deuil d'un enfant, sur le cancer, sur l'adoption, sur l'adolescence, sur la responsabilité d'être parent.

augustine berger 200.jpg

 

Cela va faire un an, le 7 avril, que le père de mon fils est décédé.

Mon fils, ce matin, me raconte que “quand il était bébé, son père l’a emmené dans une forêt. Une grande forêt avec des monstres, des araignées, des serpents.”

Il ajoute : “Un monstre a attaqué mon papa. Il lui a envoyé une grosse boule."

Je l’écoute et je lui demande si c’est un rêve qu’il raconte... Je m’aperçois que c’est la réalité, sa réalité qu’il décrit.

La forêt, c’est la vie.

Le père aide son enfant à traverser la vie, avec ses monstres, ses embûches, sa jungle, ses requins, ses tigres, ses araignées, ses fleurs magnifiques.

Mon fils voudrait revoir son père mais ce n’est pas possible.marguerite 200.jpg

La mort dans sa dimension inéluctable est difficile à comprendre pour un enfant.

Pour l’adulte, la mort d’un être aimé est déjà si difficile, avec sa cohorte de tristesse, de colère, de culpabilité, de résilience plus ou moins bien réussie.

Je dis à mon fils que le monstre dont il me parle est le cancer. Je lui dis ce mot terrible, ce mot que mon fils à quatre ans comprend.

Le cancer, la maladie.

Mon fils met ensuite des mots sur la réalité que je viens de lui dire : “Mon papa, il fumait beaucoup. On lui a envoyé une boule.” Comme un boulet, une boule, la tumeur qui tue. “Mon papa a été à l’hôpital. Puis il est parti au ciel.”

heureuses paques 200.jpgIl a dit ces mots et puis il a eu une attitude d’offrande avec les mains tournées vers le ciel.

Personnellement, je suis en colère qu’on puisse rentrer dans une clinique pour se faire opérer et que le chirurgien percute l’artère en voulant enlever une tumeur, tumeur si grosse finalement que le papa de mon fils s’est vidé de son sang devant l’équipe médicale.

Mon fils est dans la jungle et il n’a plus que sa maman pour traverser l’enfance.

Pourvu qu’il n’y ait plus de boules.

Mais sa grand-mère, ma mère, en a une. Je le sais depuis deux mois.

Maudit cancer.

bouquet 06 12 200.jpg

 

 

therese 200.jpgCela va faire six ans le 5 avril que j’ai ramené ma fille adoptive de son pays d’Afrique.

Elle m’a adoptée et je l’ai adoptée dès le premier jour.

Elle savait qu’elle resterait avec nous et que ce serait une nouvelle vie.

Et puis, dernièrement, sa propre réalité a jeté cette réalité à la mer. Jetant sa nouvelle mère avec.

Dans sa réalité d’aujourd’hui, réalité d’adolescente... elle ne reconnaît pas m’avoir appelée Maman. Elle ne se souvient plus de cette rencontre d’amour, de cette confiance d’enfant qui est heureuse de prendre l’avion pour une nouvelle vie.1099R-6475.jpg

Elle ne se souvient pas de sa vie en orphelinat, comme cette vie était difficile.

Elle nous regarde avec des yeux sombres, comme des voleurs d’enfant, voleurs d’une histoire sacrée entre une enfant et sa famille biologique.

Mais nous ne sommes pas des voleurs.

Nous étions sincères et désireux d’aimer cette enfant dite orpheline.

Elle a grandi entourée et choyée dans notre famille.

Mais il est difficile d’accepter l’amour quand on a été abandonné.

Alors, on se cabre comme un poulain, on heurte ceux qui nous aiment, on malmène les limites, on pousse ses parents, on les insulte, on fugue, on va jusqu’à la violence et jusqu’à prendre des risques par une prise d’autonomie trop précoce.

Ma fille s’est cabrée, oui.

00020565.jpgCette semaine, quand je suis sortie d’une réunion avec elle et des éducateurs... j’étais lessivée et je me suis dit que nombre de parents qui souhaitent adopter seraient dégoûtés de l’adoption en voyant cela, en voyant par où des parents adoptifs peuvent passer, en voyant ma colère devant les mots d’une éducatrice m’interpellant : “Mais madame, de toute façon, c’est vrai, vous n’êtes pas sa mère.” Elle a expliqué qu’aux yeux de ma fille, je n’étais clairement pas sa mère... biologique. Ce jour-là, j’ai parlé comme une lionne, comme une louve... relatant la réalité d’une adoption devant ma fille, insistant pour donner ma version des faits, de la réalité de mon voyage en Afrique, de ma rencontre avec ma fille... niée effrontément par celle-ci devant tous.

“Madame, c’est votre réalité. Votre fille a sa réalité. Ce n’est pas forcément la bonne mais ce qu’elle dit exprime ce qu’elle refoule, ce qui est caché, ce qui n’est pas l’apparence des choses.” Oui, en tant que parent, il faut apprendre à regarder derrière les apparences, derrière une insulte, derrière un uppercut des règles établies, derrière la violence d’un enfant, d’un adolescent. Savoir rester au niveau de l’adulte, prendre du recul, garder son calme, croire en la relation, ne pas voir la haine quand il y a regard de haine mais voir encore l’amour derrière. Pour ne pas être rejetant mais toujours présent, avec un repère d’éducation pour l’enfant, le jeune, l’adolescent... qui a besoin qu’on ne BAISSE PAS LA GARDE.

sf_060524_0749.jpgNombre de parents adoptifs rencontrent des problèmes à l’adolescence de leur enfant. Ce dernier peut malmener la relation pour voir jusqu’où ses parents sont capables de l’aimer, sans jamais l’abandonner quoi qu’il fasse. Il peut aussi être très insultant, voire violent physiquement, car les racines de ses origines sont présentes au plus profond de ses tripes et que ces racines demandent à être entendues. Elles demandent au jeune devenant adulte, petit arbre devenant grand... de descendre au plus profond de soi, dans la mémoire la plus ancienne, afin de s’ancrer assez fortement pour affronter l’avenir, cet avenir où le jeune adulte doit s’autonomiser.images-2.jpeg

Tout parent vit le départ de son enfant... et même les adolescents non adoptés peuvent malmener leurs parents. La violence existe aussi dans le comportement des enfants biologiques. Je pense d’ailleurs qu’il est nécessaire d’apprendre très tôt à l’enfant qu’il est interdit de lever la main sur son parent. C’est un interdit essentiel. S’il n’est pas bien intégré, cet interdit ne le sera plus lorsque l’enfant deviendra adolescent et se pensera alors tout puissant.

 

1099R-5028.jpgMon propos est de dire aux familles qui souhaitent adopter de poursuivre sur leur lancée et de croire en leur projet. Chaque enfant est différent et l’aventure de l’adoption est passionnante autant que l’enfantement, l’accouchement et la parentalité biologique.Mn_PERS003.jpg

Nous ne faisons pas des enfants pour nous mais pour permettre à un être de grandir et de s’autonomiser un jour dans l’harmonie, dans le respect des autres et de soi , dans une confiance en lui et en ses capacités. Capacité de rebondir, d’intégrer les épreuves, d’affronter la vie et ses impondérables, d’aimer l’autre dans l’harmonie hors de la dépendance et de la souffrance infligée ou subie.

 

Chloé Laroche

 

 

 

 

 

05/03/2009

Mon propos ce soir sur la "violence" des enfants, sur le travail des instituteurs, sur l'impact du deuil, des adultes, de leurs comportements, de leur exemple... sur les enfants.

Bonsoir à tous et toutes,

 

thumb_bebe~1.jpgLundi matin, j’ai écouté avec bonheur le témoignage d’une institutrice en maternelle, Tina, sur RMC. Elle témoignait sur les enfants dits “difficiles” et répondait à la question : “Êtes-vous d’accord pour le dépistage précoce de la violence chez les jeunes enfants ?”... Elle a répondu : “Mais on le fait déjà dans les écoles. On dépiste les comportements débordants des enfants dont on s’occupe et, en travaillant avec les parents, on arrive à aider l’enfant. Il est vrai que si les parents baissent les bras et délaissent l’éducation et l’accompagnement de leur enfant, c’est perdu, on n’y arrive pas... Mais vous vous rendez compte, ce serait stigmatiser un enfant que de le mettre dans un fichier pour un acte violent, pour un comportement inquiétant à une époque de sa vie. Cela le suivrait partout, durant toute sa existence. Non, il faut aider l’enfant qui a des problèmes de comportement. Il a besoin qu’on l’aide, qu’on l’écoute. C’est essentiel.”thumb_bebe~9.jpg


Un enfant qui est violent peut l’être, à mon sens, à cause d’un deuil, à cause d’un traumatisme, à cause d’un manque (manque de sa mère ou de son père qui travaille trop ou est absent), pas assez de calins, d’attentions, trop de négligence, ou alors un manque total de limites... qui l’insécurise aussi. Un enfant peut être violent parcequ’il a vu un film, des images qu’il ne devait pas voir, même pornographiques, anodines pour certains mais graves pour de jeunes enfants, perturbés par la mise en scène de la sexualité d’adultes. Certains parents laissent leurs enfants visionner de tels films avec eux ; j’en ai eu le témoignage et la confirmation, sans savoir qui sont ces personnes, mais elles existent et je ne pense pas qu’elles se vantent de cela !!! Je suis horrifiée de savoir que de tels parents agissent ainsi et font plus graves encore.thumb_cee2c671.jpg

thumb_swimming-ba45bies-8.jpgBrigitte Lahaie disait très justement dans son émission d’aujourd’hui sur RMC, à propos du divorce et de la séparation des parents, que être adulte, c’est savoir protéger ses enfants et faire passer leur intégrité et leur équilibre avant de satisfaire nos envies et nos désirs. Je pense que dans le cadre d’un divorce, si l’un des parents se sert de l’enfant comme objet de chantage et de monnaie d’échange dans la relation à son ex-conjoint, le petit aura bien du mal à grandir en paix, sans violence : cette violence peut être rentrée, telle une colère de volcan souterraine qui explose un jour brutalement soit par une violence qui s’exprime par des mots, de l’agressivité, un mal-être général. Deux parents qui se séparent doivent le faire intelligemment pour leurs enfants et se comporter en adultes, c’est-à-dire dans la paix, la communication et une organisation à l’écoute des enfants et de leur rythme. Un père qui dit et avoue humblement qu’il ne peut assumer la garde de son fils mais qu’il sera toujours là pour lui et qu’il le prendra régulièrement à des moments bien définis et réguliers... ce père est un point d’équilibre pour un enfant, un point d’ancrage, de rassurance pour l’enfant. Un jeune homme a témoigné dans l’émission en disant que le divorce de ses parents s’était passé merveilleusement car il avait libéré son père et sa mère, et qu’ils ont réussi à aimer leur fils chacun, sans conflit entre eux et en total accord, pour le bien de leur enfant. C’est bien cela être adulte.thumb_bebe3.jpg

À propos du deuil d’un enfant et de ses conséquences, je peux témoigner pour mon fils. Mon fils avait trois ans quand son papa est décédé, l’année passée. Cela a provoqué beaucoup de tristesse et puis de la colère en lui, qui s’est transformée en agressivité, en coups sortant de lui et qui se portaient sur moi. Après il me disait : “Maman, c’est parce que Papa est parti.”.. ou bien : “Je suis en colère pour mon Papa.”

Ce n’est pas facile de voir son enfant lever la main sur vous, si petit, prendre ses petits poings et vous frapper au visage, comme si les vivants étaient coupables de rester, comme si la colère pouvait traverser les corps physiques pour parler aux morts, coupables d’être partis.

thumb_1187463400.jpgJ’ai toujours réagi par la douceur, l’écoute, la fermeté aussi de lui dire que frapper sa mère est interdit. Lui proposer un coussin pour frapper dessus, sortir cette colère.

Je l’ai beaucoup entouré, écouté, rassuré. Parfois j’ai mis des mots sur des émotions que je ressentais de lui, sur son deuil, sur cette colère qui ne se disait plus mais qui était là.

Il a eu aussi une période où il voulait quelque chose et puis son contraire tout de suite après, puis il revenait ensuite à son premier choix, avec une contradiction dans son comportement très inquiétante.

L’homéopathie l’a beaucoup aidé dans tous ces passages. Pour ce comportement dont je viens de parler, un remède s'est révélé miraculeux : "Staphysagria" en 9 ch trois fois par jour, trois granules, durant plusieurs jours. Ce remède convient aussi pour la colère rentrée. Pour la perte d’appétit, l'agressivité, les crises de colère, le remède "Lypocodium" en 15 ch (3 granules deux fois par jour durant plusieurs jours) a été très efficace. Vous pouvez aller voir un médecin homéopathe pour vous faire aider pour vos enfants et vous-même. Il y a aussi des livres très bien sur comment soigner ses enfants et les aider en homéopathie, sans forcément courir chez les médecins. Ceci est d'ailleurs recommandé aujourd'hui par la Sécurité Sociale, qui apprécie de nos jours que nous nous prenions en main. L'homéopathie n'est pas très chère et chacun pourrait s'autonomiser en s'intéressant de plus près à cette médecine douce et peu coûteuse.


thumb_swimming-ba45bies-8.jpgPour en revenir au deuil vécu par un enfant : quand j’ai perdu ma fille Océana il y a douze ans, mon neveu, qui avait à peu près le même âge qu’elle, a beaucoup souffert du départ de ma fille. Il avait trois ans et demi et ce deuil brutal l’a mis en face de cette réalité de la mort, absence inéluctable qui peut ébranler le psychisme d’un enfant. À l’époque, des adultes lui ont dit que ma fille était sous la terre dans une boîte et qu’elle n’existait plus.... Plus rien que le néant. Comment voulez-vous qu’un enfant vive avec ces mots ? De mon côté, je lui ai parlé du papillon, lui disant que la mort, c’est une nouvelle vie qui commence, que l’âme quitte son enveloppe et prend son envol pour d’autres chemins... et surtout que l’amour se poursuit, que notre amour est infini, éternel, ne meurt pas, lui. Que ma fille vivait dans notre coeur, qu’elle était partie mais que, nous, nous poursuivions notre route en la gardant dans nos pensées bien vivante.thumb_normal_bibi.jpg

Au début de la semaine, un petit garçon a été accusé d’avoir poignardé sa soeur... Chacun sur les ondes a parlé de la violence chez les enfants, de cette société, des jeux vidéo, de la télévision... En fait, ce n’était pas lui qui avait frappé, c’était sa mère. Une mère dépassée par sa propre vie, ses responsabilités... Le trou noir.

Combien d’enfants voient leurs parents dépassés, perdus, sans espoir, sans le goût de la vie, sans réactions.... Combien payent dans leur comportement celui des parents ? Combien prennent sur eux les croix de leurs ascendants...
Combien servent d’éponge aux larmes de leur mère, de leur père ?

thumb_329421558[1].jpgJe pense à ces fillettes qui ne voient plus leur père car leur mère a décidé de partir à mille kilomètres du domicile conjugal.

Je pense à cette petite fille emmenée par sa mère aux États-Unis. Je pense à son père qui a fait une dépression de ne plus la voir. Depuis, il a refait sa vie et a refondé une famille.

Je pense à cette mère qui a laissé ses quatre enfants pour vivre le grand amour. La plus âgée avait treize ans. Elle s’est occupée de ses frères et soeurs. Ils ont vu leur père se tordre de chagrin au plus profond du coeur.

Où sont les adultes ?thumb_Bebe_.jpg

Réveillez-vous, les enfants ont besoin de vous pour devenir d’autres adultes responsables et harmonieux.

Secouez-vous, les enfants de ce monde ont besoin de votre écoute, de votre parole, de votre regard, de votre force intérieure, de votre courage, de votre énergie pour avancer et se battre dans un monde qui demande des forces nouvelles et battantes.

Chloé LAROCHE

01/03/2009

Les petites listes de Chloé... Liste des choses les plus horribles de ma vie et liste de celles qui m'aident à tenir et à vivre.

Bonsoir à tous et toutes,ange-1149927682-t.jpg

images-1.jpegTous les matins, je conduis pour mon travail une adolescente autiste à son IME. Tous les matins, avant d'arriver à son domicile, j'écoute Bourdin and Co sur RMC dans mon taxi-vsl.  Et quand je la fais monter dans mon véhicule, cette jeune fille coupe immédiatement RMC pour mettre MFM et quelques dizaines de minutes plus tard, je me régale en écoutant "les petites listes de Karine".

Alors, j'ai choisi de vous faire aujourd'hui deux listes de ma vie.

images-9.jpegLa première liste est celle des choses les plus horribles de ma vie... juste pour dire qu'on peut aller de l'avant même en portant des croix :

1- Le jour horrible où j'ai appris, alors que j'étais enfant, de la bouche de mon père qu'il avait tué mon chien, un fox-terrier.images-10.jpeg

 

images-11.jpeg

 

 

images-12.jpeg

 

2- Le jour terrible où j'ai pris dans mes bras le corps de ma fille morte, que je l'ai habillée et peignée pour la dernière fois.

3- Le jour monstrueux où ils ont fermé son cercueil et que je l'ai vue pour la dernière fois, ma fille Océana, avant de voir son cercueil descendre dans la tombe.images-15.jpeg7-picture3.jpg

images.jpeg

7-logo.gif


anges1-t.jpg

 

images-13.jpeg4- Le jour où, étant encore enfant, mon professeur de violon m'a retenue contre lui et a enfoncé sa langue dans ma bouche, me retenant contre mon gré, et que j'ai eu le désespoir ensuite de me jeter sous une voiture... chose que je n'ai pas faite, heureusement.ange-1157045465-t.jpg

5- Le jour où j'ai failli me noyer, prise au piège sous mon kayak retourné, alors que mon père m'avait envoyée à douze ans descendre seule les flots de l'Allier.

images-14.jpeg6- Le jour où un homme que j'aimais a pris sans me demander et sans ménagement un lieu qui ne lui était pas ouvert, un lieu jamais visité, et qui a tiré de ma gorge un hurlement à cause de la souffrance physique causée.

7- Le jour où le père de ma fille a tout cassé dans le domicile, faisant des trous dans les murs avec ses poings, et qu'en pleine nuit, alors qu'Océana n'avait que deux mois, j'ai dû fuir avec elle, terrorisée.images-1.jpeg

images-8.jpeg8- Le jour où cet homme, deux ans plus tard... alors que nous étions séparés, est entré chez moi en furie, sous l'effet d'un mélange de médicaments et d'alcool, et a mis ses mains autour de mon cou pour m'étrangler, sans se rappeler qu'il allait tuer la mère de son enfant.

Un ange m'a sauvée ce jour-là, un homme qui est entré par la porte restée entrouverte, me sauvant  la vie. 

9- Le jour où une bande de voyous m'a agressée à Caluire en tant que taxi et où j'ai reçu un pétard explosant en pleine figure, après d'autres projectiles lancés sur le véhicule.ange-1150893347-t.jpg

10- Le jour où...

images-7.jpegOui, il y a eu d'autres jours mais je n'en parlerais pas. L'important est que je sois là pour vous écrire que l'important n'est pas les listes qu'on fait, mais ce qu'on fait de ce qu'on liste, comment on vit de l'accumulation d'épreuves, comment on se sort de tempêtes multiples, de cette avalanche d'épines et de croix... 

Je crois pour ma part que ce n'est qu'en faisant la liste de ce qui nous aide à tenir.

images-5.jpegPour ma part, ce qui m'aide, c'est :

1- Avoir assez d'amour au fond de soi pour que cet amour soit plus grand que la rancune, le ressentiment, la vengeance, la haine.

2- Avoir conscience que donner de soi, c'est donner une plus belle part au monde, lui donner de son coeur, de son temps, de son idéal.7-picture2.jpg

3- Avoir à l'idée que d'autres sur terre vivent la même chose que moi et que certains vivent dix fois, mille fois pire.

images-16.jpeg4- Penser que ceux qui sont morts et que je pleure attendent de moi que je poursuive ma route au maximum de mes possibilités car eux ne sont plus là pour le faire. Ils sont comme les anges qui aimeraient parfois avoir un corps pour ressentir la générosité et le don de l'âme dans la matière.

5- Regarder le soleil, la terre, le ciel, les fleurs... et me dire qu'eux sont toujours là, quoi qu'il se passe.images-3.jpeg

6- Fermer les yeux et réconcilier dans mon coeur mes larmes et mes joies. Sentir le pardon venir noyer mon coeur, de la part de celui qui m'a fait souffrir. Ressentir ce qui met un baume sur mes souffrances et le rendre tangible, par l'écoute et la parole.

7- Accorder mon violon aux sons de mon âme et donner de l'énergie par ma musique et mes mots écrits ici, sur ce blog.

8- Garder l'espoir que petit à petit tous mes projets et mes rêves se réalisent, et ils se réalisent vraiment : naissance de mon fils, les deux adoptions au Bénin et en Roumanie, mon travail, mes livres, mon violon, mon tour du monde...

images-6.jpeg9- Toujours garder l'énergie de pouvoir recommencer, sans jamais baisser les bras, et si on les baisse, c'est pour mieux remonter.

10- Écouter son chemin intérieur, ses émotions, et les regarder comme une palette de peintre, afin de créer la plus belle peinture, celle de sa propre vie.7-picture6.jpg

 

_Merci de m'avoir lue jusqu'au bout.

Si j'ai pu écrire cette page ce soir, c'est grâce au film "Le code a changé". Merci à la réalisatrice de ce film profond et sensible, très fin, Danièle Thompson. 

(2 heures 20 du matin)

À très bientôt !

images-2.jpegChloé LAROCHE

 

 

 

14/02/2009

Amorversaire de ma fille en ce jour. Quelques mots sur ma vie. Mes enfants et l'amour pour mon ange envolée. Paroles d'une maman face à la crise et à certaines décisions politiques sur la famille.

Bonsoir à tous et toutes,

 

images-1.jpegMa fille OCÉANA est partie il y a douze ans et son amorversaire est aujourd'hui. Elle me manque et mon coeur saigne comme chaque jour depuis son départ. Ma raison de poursuivre le chemin est l'amour qu'elle a laissé dans mon coeur et que je redonne autour de moi, à travers ces deux enfants que j'ai recueillies, à travers mon fils qui est né il y a quatre ans, son petit frère, à travers l'accueil que j'ai démarré d'un jeune en réinsertion et en reconstruction intérieure, qu'une association m'a confié.images.jpeg

Ma vie est un chemin de roses bordé d'arbres aux regards silencieux qui m'encouragent, un chemin de solitude sur un bateau parfois accosté par d'autres bateaux, certains en perdition qui viennent trouver la force de retrouver leur chemin, d'autres en perte de vitesse qui me regardent traverser l'océan sans m'accoster, se disant que ma trajectoire est bien trop téméraire dans ses engagements.

images-4.jpegJe regarde le monde, j'observe la crise, j'écoute, je réagis, je prends partie, je défends, je pétitionne, je me bats, j'écris, je travaille avec coeur, je fais les courses, j'approvisionne mon petit monde en choisissant les prix les moins chers, je lis, je m'informe, je pleure, je ris, je souris au soleil qui se lève chaque matin, je suis scandalisée par certaines décisions politiques, je suis déçue, je gère mon loyer et mes factures, je suis parfois fatiguée, je me lève toujours le matin, j'aime mes enfants, je conduis en évitant les grilleurs de feux rouges, ceux qui ne respectent rien.

La crise ne me fait pas peur vu qu'avant je vivais avec peu et qu'aujourd'hui, cela n'a pas changé.

Que le Président veuille diminuer la durée du congé parental me hérisse car j'ai choisi, après avoir donné naissance à mon fils, de prendre trois années de congé parental et je suis heureuse de l'avoir fait, même en vivant avec peu d'argent. Je l'ai vu grandir, j'ai été présente dans ses premières années, je lui ai donné le sein durant neuf mois, je l'ai emmené se promener, je l'ai vu se réveiller le matin et j'étais là pour ses repas. J'ai joué avec lui et l'ai accompagné à la garderie deux fois par semaine, pour qu'il s'adapte au monde et aux autres enfants. C'était mon choix et n'en déplaise à Monsieur Sarkozy... ma carrière ne s'en est pas trouvée affectée, puisque j'ai retrouvé un travail... puis un deuxième, suite à l'agression subie lors du premier. Je suis en CDI maintenant et le choix que j'ai pu faire, à la suite du congé maternité, de prendre un congé parental est pour moi très précieux.canada-1390113497-1130888.jpg

Voilà, c'était quelques mots en ce jour de la SAINT VALENTIN où ceux qui sont seuls le sont encore plus et je vous offre ci-dessous le poème d'une mère en deuil de son enfant.

Je remercie tous les lecteurs de mon blog et ceux, qui silencieux, suivent mon chemin et mes combats.

Chloé

 

images-3.jpeg

 

 

_________________Poème d'une maman en deuil de son enfant ____________

 

"JE VOUS EN PRIE, ne me demandez pas si j'ai réussi à surmonter, je ne le surmonterai jamais.

JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas qu'il est mieux là où il est maintenant, il n'est pas ici auprès de moi.

JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas qu'il ne souffre plus, je n'ai toujours pas accepté qu'il ait dû souffrir.

JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas que vous savez ce que je ressens, à moins que vous aussi vous ayez perdu un enfant.

JE VOUS EN PRIE, ne me demandez pas de guérir, le deuil n'est pas une maladie dont on peut se débarrasser.

JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas que Dieu n'inflige pas plus que ce que l'homme peut supporter.

JE VOUS EN PRIE, dites moi simplement que vous êtes désolés.

JE VOUS EN PRIE, dites moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant, si vous vous rappelez de lui.

JE VOUS EN PRIE, laissez moi simplement parler de mon enfant.

JE VOUS EN PRIE, mentionnez le nom de mon enfant.

JE VOUS EN PRIE, laissez-moi simplement pleurer."

 

-----------------------------------------------------------

 

Commentaires

Bonjour à toi !
Je viens de découvrir ton site.
Je voulais prendre quelques instants pour venir te souhaiter mes sympathies pour la perte de ton enfant.

Je sais exactement ce que tu vis.

J'ai perdu, le 14 février 2009, mon mini bébé. J'étais à 23 semaines et 1 jour, j'ai des contractions qui ont commencé et j'ai dû accoucher de mon bébé qui a été en vie durant 1 heure.

Je me demande si on est capable de vivre après une aussi grosse perte... au lieu de sur-vivre?

Je tiens à te faire un câlin virtuel même si nous ne nous connaissons pas du tout.

Une maman qui a très mal
Elizabeth

Ecrit par : Elizabeth | 02.03.2009

 

Merci pour le poème, tout est exact, j'ai vraiment envie de rajouter, ne me dites pas Soyez fort, je ne comprends pas pourquoi je devrais être fort !

Ecrit par : Lionel | 06.03.2009

 

J'ai été très touchée par vos messages, Élizabeth et Lionel. 
Élizabeth, je pense à vous et à votre bébé.
Vous êtes au milieu de la rivière en plein courant et c'est cela "sur-vivre" : arriver à retrouver les bords, plus calmes... d'où on regarde cet endroit où l'on était quand on essayait de surmonter les flots, les larmes sans fin et la peine immense qui nous submerge.
Je vous envoie plein de pensées et de roses.
Sincèrement vôtre,
Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 07.03.2009

 

 

13/02/2009

Lettre d'une grand-mère retrouvée noyée avec son petit-fils, maman en deuil de deux enfants décédés.

Lettre d'une grand-mère________________________________________ images-1.jpeg

 

 

 

fleursjaune_pe.jpg

Perdre un enfant est une chose horrible.

J’en ai perdu deux.

 

petale_pe.jpg

 

Perdre un enfant est une chose horrible

et quand vient la date anniversaire du décès

le gouffre béant du désespoir s’ouvre

petale_pe.jpget nous plonge dans le canal de l’angoisse

et des larmes infinies.

 

 

 

iris_gr.jpgPerdre un enfant est une chose terrible

En perdre deux est mille fois cruel.

 

nenuphare_pe.jpgJ’en ai perdu  deux et mon coeur s’est brisé.violette_pe.jpg

J’ai quitté la vie en emmenant  le trésor de mon âme

Il s’est noyé avec moi et mon âme avec lui.

 

Je regrette pour les larmes de ma fille

Pour le coeur crucifié d’une maman

Pour le sourire à jamais figé

De mon petit-fils

 

Il dort dans mes bras à jamais

et les anges pleurent au bord du canal

de mes larmes d’un océan sans fond

 

petale_pe.jpgPerdre deux enfants est une chose horrible

un supplice que personne n'imagine

Même par-delà quinze années

de tristesse et d’absence

Passées sans eux

 

De ma vie sans leurs vies décédées

je ne vivais plus

Morte vivante

mais personne ne l’a vu

 

Les fantômes sont invisibles

je vivais ainsi au milieu des rires

de ma famille heureuse de vivre

 

iris_gr.jpgMais la mort dans mon coeur

me rongeait jusque dans ma chair

me rongeait jusque dans l’envie de partir

Jusqu’à cette semaine où le destin

m’a plongée dans la rivière

de mon dernier souffle

 

Je ne pensais pas mourir

ni que la rivière allait nous garder

Juste envie d’aller voir si mon fils était

De l’autre côtéfleursjaune_pe.jpg

 

images-3.jpegMais c’est mon petit-fils qui est mort maintenant

il était si petit et je l’ai emmené dans mon rêve

Pardon à sa maman

Pardon à ma fille

 

Je ne savais pas.

 

Roseimages-1.jpeg

 

 

26/01/2009

Cette parenté avec la souffrance d’autrui, je la fais mienne, car dans mon coeur, elle est toute proche, même si l’éloignement physique fait que les autres êtres humains peuvent être très éloignés sur la Terre.

J’ai choisi il y a un peu plus de six ans de changer de métier. Je suis devenue ambulancière et aussi taxi, car ce sont des métiers de service et d’écoute aux autres. La plupart des taxis font des transports sanitaires dans leur véhicule et doivent obligatoirement passer leur Certificat de Premiers Secours.

images.jpegCe sont des métiers où on est directement au prise avec la réalité de la vie, la souffrance quotidienne des malades, leur calvaire, leur besoin de parler et d’être écouté. On transporte des personnes âgées souvent seules, des personnes en dépression ou dans le deuil. Les transporter d’un point à un autre sans qu’ils s’en aperçoivent et leur apporter réconfort et baume au coeur, est un idéal solidaire.

Les ambulanciers rencontrent aussi beaucoup d’âmes en préparation du dernier voyage, préparation consciente ou non. C’est extrêmement touchant d’être les accompagnants, les transporteurs ultimes parfois de ces personnes qui ont tout donné en sacrifices physiques.

Nous rencontrons dans ce métier des destins portant de terribles souffrances, comme cet homme atteint par la maladie que j’avais transporté avec sa femme. Ils avaient perdu leur fille de quarante ans dans un accident de voiture. Ils avaient fui l’Espagne pendant le régime de Franco. On peut fuir un pays, un régime... mais l’état de deuil, lui, se vit, au jour le jour, et ils étaient effondrés, courbés sous le poids de leur croix trop lourde... maladie, exil, deuil.

images-1.jpegUn soir, alors que j’étais triste et comme si cette rencontre devait me secouer pour que je continue d’être forte... j’ai rencontré un homme de soixante dix ans. Je devais ramener sa fille handicapée mentale, une femme de quarante-cinq ans, du CAT -centre d’accueil thérapeutique à la journée- à son domicile. Lorsque j’ai accompagné cette personne jusqu’à la porte de sa maison, le vieux père est venu me saluer et m’a proposé de venir manger un morceau de brioche. Et puis, debout devant moi, il s’est mis à me parler de sa femme : “La pauvre, elle n’est plus là. Elle s’est suicidée en se jetant dans l’étang, juste derrière la maison, l’année passée. Elle était malade des nerfs. Elle s’est noyée.” Le pauvre homme pleurait. J’étais bouleversée. Je lui ai témoigné toute ma compassion. C’était une mer de détresse qui emplissait cette maison, ces deux coeurs en deuil, ces vies naufragées.images-1.jpeg

En me raccompagnant au taxi, cet homme m’a dit : “Je ne voulais pas vous le dire devant ma fille. Mais elle a été renversée par une voiture, juste là, à l’âge de cinq ans. Ma femme ne s’en est jamais remise. Ma fille s’en est sortie, même avec les séquelles que vous voyez.”

Il y avait des larmes de sang dans tout le paysage. J’ai quitté ces deux coeurs si lourds, si lourds... mais peut-être un peu plus légers car le fait de m’avoir parlé ainsi, d’avoir pu épancher un peu la souffrance grâce à la parole donnée et écoutée, partagée, a soulagé imperceptiblement le deuil de cette famille, la peine vécue au quotidien dans le handicap et l’absence. J’ai senti en partant que l’oeil de la jeune femme s’était éclairci et qu’une lueur de sérénité s’était mise à briller dans son coeur.

J’ai témoigné dans mon avant-dernier livre de toutes ces rencontres avec les patients transportés, rencontres humaines riches de sens et de courage. J’y ai écrit cette page que je voudrais vous offrir ici (extrait de "Transports d'âmes et d'hommes").

Un après-midi, nous étions allés avec mon collègue ambulancier dans un centre d’accueil spécialisé, pour chercher une dame et l’emmener passer un scanner.

C’était une femme jeune, au visage d’ange. Elle était prostrée, paralysée ainsi depuis plus de dix ans, le regard tourné vers ailleurs, figée comme un iceberg dans lequel la vie aurait été enfermée à jamais.
-C’est une rupture d’anévrisme qui l’a frappée d’un seul coup. Elle était dynamique, pleine d’énergie, de projets et maman d’un petit garçon. Elle a eu un jour très mal à la tête et soudainement elle a disparu dans ce gouffre de la maladie.” C’était sa soeur qui se confiait ainsi à moi... “Notre vie dans la famille n’a plus jamais été celle d’avant.”

images-3.jpegElle sortit fébrilement des photos de son sac. “Tenez, ce sont des photos de ma soeur. Regardez comme elle était belle et épanouie.” J’ai regardé, très émue, ces photos d’une jeune femme de trente ans, heureuse de vivre. Je me suis dit, en voyant ce qu’elle était devenue, que la souffrance du Christ offerte sur la croix se poursuit inlassablement dans l’humanité martyre.

Cette crucifixion de la chair et de l’âme, cet écartèlement qui n’en finit plus au coeur de la vie, a commencé dans ma propre existence le jour où des hommes en noir ont cloué et fermé à jamais le cercueil de ma fille de trente mois. Pour continuer à vivre et pour exister pleinement, il faut apprendre à offrir sa souffrance pour qu’une transmutation s’accomplisse dans d’autres vies que la sienne. S’offrir comme un coeur ouvert et le donner aux Anges pour qu’ils le transplantent dans d’autres vies en détresse ou en perdition.images-2.jpeg

J’ai retrouvé dernièrement la même pratique dans un livre bouddhiste, dont le titre est : “Quand tout s’effondre - Conseils d’une amie pour des temps difficiles” de Pema Chödrön. J’avais cet ouvrage près de mon lit, et j’ai ouvert ce livre “au hasard”, à un moment où tout s’effondrait dans ma vie. Cela parlait de la “bodhichitta”. C’est une pratique qui consiste à transformer sa propre souffrance en la faisant ressortir de soi en lumière, en énergie et pensées de joie, en offrande d’amour, en don offert à tous les souffrants, à tous les blessés de la vie, à tous les affligés.

Dans le chapitre intitulé “l’amour qui ne mourra pas”, j’ai été saisie par cette description de la tendresse infinie en nous, générosité de sa propre douleur, qui nous relie à la souffrance de toutes les personnes sur terre, souffrance qu’on peut soulager par l’offrande de la sienne. Cette parenté avec la souffrance d’autrui, je la fais mienne, car dans mon coeur, elle est toute proche, même si l’éloignement physique fait que les autres êtres humains peuvent être très éloignés sur la Terre. Nous sommes vulnérables et fragiles, en tant qu’êtres humains, aussi “laissons la douleur du monde nous toucher le coeur et transformons-la en compassion”, ainsi que le recommande le seizième Gyalwa Karmapa.

Dans cette démarche, on ne peut pas se tenir à distance. On ne peut pas se protéger en restant caché ou muré dans sa propre vie, évitant d’écouter les bruits d’armes et de larmes du monde qui vit tout autour de nous et sur la même planète.

En refusant cette démarche, on peut ignorer les cris de détresse des enfants qui meurent de faim dans les pays les plus pauvres, les veuves du Rwanda qui ont adopté des enfants alors qu’on a massacré leur mari et leurs enfants, toute leur famille. On peut ignorer la souffrance des sidéens, les ignorer, omettre de leur parler, refuser de les embrasser. On peut ignorer son voisin, refuser de lui dire bonjour malgré ses efforts pour être conciliant et retrouver la paix. On peut oublier que les ours blancs sont en train de mourir au Pôle Nord, noyés parce que le sol de la banquise se dérobe sous leurs pattes. On peut éviter d’entendre la femme qui pleure dans sa montée d’escalier, frappée encore une fois par son conjoint. On peut se boucher les oreilles devant les cris de souffrance d’un enfant martyrisé et si c’est le sien que notre compagnon abuse, on peut aussi se dire que ça lui passera, qu’on ne peut “rien faire à part se taire”... parce que le silence est la tombe des pires atrocités.

images-2.jpegOn peut omettre de se rappeler que des enfants aborigènes ont été arrachés de force à leurs parents, entre 1880 et la fin des années soixante, pour les placer en Internats d’État afin de les christianiser. On peut clamer “que les camps de concentration n’ont jamais existé” et que les Juifs auraient monté de toutes pièces leur calvaire, qu’on aurait inventé les six millions d’humains exterminés par les Nazis, les trains de la mort, les montagnes de lunettes retrouvées à la Libération appartenant à toutes les personnes gazées. On peut oublier qu’à Grozny, en octobre 1999, les forces d’aviation russes ont délibérément bombardé une maternité, la seule encore ouverte. Une femme était en train d’accoucher. Elle a été défenestrée par le choc de l’explosion. Son bébé, tué dans une violence inouïe, a paralysé les âmes des Anges et les ailes des oiseaux.


Chloé LAROCHE

23/01/2009

Condoléances adressées à la Crèche "Le pays des Fables", aux parents des enfants tués et blessés et à la ville de Termonde en Belgique.

images.jpegCe soir, j’adresse toutes les condoléances du peuple français à la ville de Termonde en Belgique et aux familles touchées par ce drame horrible des meurtres commis dans la crèche “Le pays des Fables”. Les enfants tués, la puéricultrice assassinée et tous les blessés sont dans nos coeurs. Nous sommes profondément tristes de ce qui s’est passé aujourd’hui. 

Qu'un tel carnage, qu'un tel drame, NE SE REPRODUISE JAMAIS.

Que tous les enfants ayant vécu l'horreur dans cette crèche retrouvent la paix et la sérénité, que le personnel très éprouvé retrouve la confiance en la vie et dans leur métier.

Les puéricultrices, par leur courage, ont évité d'autres morts d'enfants, car elles se sont interposées vaillamment et elles ont reçu des coups de couteaux très profonds. La puéricultrice qui a été poignardée à mort avait 54 ans et s'appelait Marita Blindeman. Je rends hommage à son courage et et à celui de tout le personnel de cette crèche et je souhaite beaucoup de force aux parents qui ont perdu Léon et Korneel, les deux bébés tués par le forcené.

Avec mes pensées immenses d'affection pour les enfants blessés et leurs familles et pour les parents de Léon et Korneel.

Que des anges les entourent là où ils sont allés, leur donnant rassurance et amour, tendrement contre la folie humaine, celle qui a pris l'âme d'un humain devenu fou, cet humain ayant choisi le camp de ceux qui prennent la vie, qui éteignent l'étincelle au fond des yeux des enfants innocents. J'ai composé un hommage-poème pour ces deux bébés, que vous pourrez lire dans la catégorie "Révolte pour l'Enfance" avec comme titre :

Pour Léon et Korneel, les deux bébés tués dans le massacre de la crèche de Termonde en Belgique.

  

images-1.jpegIMPORTANT : de nombreuses personnes se sont ralliées à moi pour adresser des textes de CONDOLÉANCES  

aux familles des petites victimes et à la Crèche du Pays des Fables de Termonde.

Vous pourrez les lire ci-dessous, après l'article de Libération relatant ce drame horrible.

Merci pour cette solidarité, ce coeur d'humanité qui s'exprime.

Merci d'écrire pour dire aux parents en deuil, aux parents éprouvés que nous pensons tous à eux.

 

Chloé LAROCHE

____________________________________________________________________________________________

 

images-4.jpeg__________________ Article de LIBÉRATION (http://www.liberation.fr)

 

23 janv. 11h41 (mise à jour à 19h49) :

 

"Un forcené s’est attaqué au couteau à de très jeunes enfants ce vendredi dans une crèche de Belgique, ainsi qu’au personnel, tuant deux enfants et une adulte, et en blessant treize autres, selon les autorités belges.

 

L’agression s’est produite dans la matinée dans la ville de Termonde, située en Flandre (nord), à une trentaine de kilomètres de Bruxelles, dans une crèche baptisée «Le pays des fables» où se trouvaient 18 enfants âgés d’au plus 3 ans et six femmes, membres du personnel. Les six employées ont toutes été blessées, certaines ayant reçu des coups de couteau à la jambe ou dans l’épaule.

 

«Nous sommes horrifiés par ces événements», a déclaré le Ministre belge de l’Intérieur Guido De Padt, accouru sur les lieux du drame et soulignant que beaucoup de parents étaient «dans un état de choc».

 

L'agresseur voulait un renseignement____________

 

«Il y avait du sang partout, c’était incroyable, un véritable carnage», a témoigné pour sa part l’adjoint au maire de la commune de Termonde, chargé des Affaires sociales, Theo Janssens.

 

L’agresseur, le visage peint de blanc, avec du noir sur les yeux, «est entré dans la crèche vers 10 heures» en prétextant «avoir un renseignement à demander à quelqu’un», a souligné lors d’une conférence de presse le procureur local, Christian Du Four.

 

Il est alors monté à l’étage et est entré dans une pièce où dormaient des bébés, où il «a sorti un couteau et commencé à s’en servir contre les enfants», a expliqué le magistrat. Il a fait de même ensuite dans une salle voisine, alors que le personnel tentait de s’interposer.

 

Au total, «il y a eu trois morts suite à ces événements, deux enfants et un adulte», a souligné le procureur, corrigeant un précédent bilan de deux morts, après le décès à l’hôpital d’un des enfants blessés.

 

«Il s’est comporté comme un fou»______________

 

Selon le ministre de l’Intérieur, «dix enfants et trois adultes» sont également blessés «et ont été hospitalisés», parmi lesquels «deux ou trois enfants se trouvent dans un état grave». Le procureur a pour sa part fait état d’enfants blessés dans un état critique.

 

Selon l’adjoint au maire, «l’agresseur s’est comporté comme un fou». Après son agression, il s’est enfui à vélo et a été interpellé plus tard à quelques kilomètres de distance par une patrouille de police.

 

Les autorités n’ont pas immédiatement donné de détails sur l’agresseur, se refusant notamment à confirmer des informations de certains médias indiquant qu’il s’agirait d’un déséquilibré venu d’un hôpital psychiatrique tout proche.

 

Après le drame, la confusion et l’émotion ont été d’autant plus fortes que les bébés blessés, incapables de donner leur identité, avaient été envoyés dans différents hôpitaux, et les parents affolés ne savaient comment les retrouver. Ils ont été rassemblés dans un local municipal. Aidés par des psychologues, ils doivent procéder à l’identification des victimes, sur la base de photographies numériques."

 

(Article du site http://www.liberation.fr)

 

images-2.jpeg__________________________ Maria, jeune maman de Bruxelles, a laissé ce commentaire qui m'a beaucoup touchée sur le site de LIBERATION :

 

"Je viens seulement d'apprendre la nouvelle. J'étais trop occupée aujourd'hui avec ma petite fille de 6 mois et comme souvent, je n'ai pas eu le temps de regarder les informations. Elle rentre dans un mois à la crèche et je me sens bouleversée par cette nouvelle. 

- Il y a très peu de crèches publiques ici. De plus il n'y a que très peu de places. Les mamans qui doivent de retourner au travail n'ont donc pas le choix. ( La plupart ont déjà dû prolonger leur congé maternité en attendant qu'une place se libère - tout cela sans aide de l'état convenable )

 - Aucune des crèches que j'ai visité n'avait de caméra à l'entrée ou de digicodes. 

 - J'imagine parfaitement que quelqu'un de mal attentionné puisse s'introduire là où mon bébé a eu l' "immense chance" d'avoir une place. 

 Il est peut-être temps de débloquer de l'argent.

 Fabiola ne se déclarait-elle pas comme l'amie des enfants ?

 Supprimez donc quelques fêtes au Palais Royal et avec l'argent, offrez donc des crèches où nos bébés seront en sécurité."

 images-3.jpegMaria

 

 

 

 

___________________________________________

Commentaires

Je tiens à présenter mes sincères condoléances aux parents des enfants

qui ont vécu ce terrible drame à la crèche de Termonde.

Je suis de tout coeur avec vous et y pense à chaque instant.

Je suis moi-même une maman d'un petit garçon de 20 mois qui fréquente une crèche et je peux ressentir

l'immense douleur que cela puisse être de traverser une telle épreuve.

De tout mon coeur, je suis avec vous, beaucoup de courage et une immense pensée aux enfants devenus des petits anges !

Ecrit par : vincent | 24.01.2009

_____________________________________

Je suis de tout coeur avec les familles des petit anges qui ont été tués dans la crèche
et j'apporte mon soutien à toutes les familles y compris les familles dont leur enfant est hospitalisé. 
J'ai été vraiment choquée, car moi j'ai un petit bout qui va aussi à la crèche 
donc je me suis mise à votre place. 
Je vous remets encore une fois toutes mes condoléances

Ecrit par : suigne | 24.01.2009

_____________________________________

Toutes nos condoléances aux parents, famille et amis des victimes, nous sommes de tout cœur

avec les parents des petits bouts d'chou qui ont été tués, mutilés par un fou.

Courage à vous tous.

Ecrit par : solenn | 24.01.2009

_____________________________________

Je souhaite à toutes les familles mes condoléances suis très émue suis mamy et arrière mamy 
à tous les parents courage et pourtant je comprend que mes mots non pas grand sens en ce moment 
que ces deux petits anges veillent sur leurs familles ainsi que la dame sur ses enfants 
tous mes respects

Ecrit par : claudine | 24.01.2009

_____________________________________

Les mots ne pouvant être que dérisoires toutefois je présente mes condoléances aux parents

des enfants victimes de cet acte barbare ainsi qu'à la famille de l'aide soignante décédée.

Si je pouvais mieux leur exprimer ma consternation autant que mon affection,

Dieu m'est témoin, je le ferais.

C'est comme si cet acte avait été perpétré contre des membres de ma famille.

Ecrit par : N'Somwé | 24.01.2009

_____________________________________

Il n'y a aucun mot pour exprimer le malheur et la douleur,

toutefois je présente mes condoléances

aux parents des petits anges qui nous ont quitté. 

-habitante de Charleroi.

Ecrit par : manco marie | 24.01.2009

_____________________________________

In wat voor een wereld leven wij, volwassenen vechten tegen elkaar, maar zich aan kinderen vergrijpen,

is bij het ergste wat er kan gebeuren.

Aan al de getroffen families willen wij onze deelneming uiten, en wensen hen nog heel veel moed in de komende dagen.

Mocht het gerecht geschieden, en deze barbaar straffen voor wat hij gedaan heeft. Er zijn geen woorden genoeg,

om dit te laten weten. Ik ben niet haatdragend, maar zulke dingen gaan mij te boven.
Annie

Ecrit par : Annie | 24.01.2009

_____________________________________

Ma famille entière est de coeur avec tous les parents des victimes.

Nous vous présentons nos condoléances les plus senties.

En union de pensées dans votre peine.

Ecrit par : Monique D'Anna | 24.01.2009

_____________________________________

la peine de mort devrait être possible pour des individus pareil
toutes mes pensées pour les parents et les petits anges

Ecrit par : meyvaert patricia | 24.01.2009

_____________________________________

Je suis profondément touchée par ce terrible drame, c'est atroce !

Je travaille dans une crèche et je sais que les mesures de sécurité sont importantes ,

elles devraient toujours être aux normes ! Je pense aux familles qui nous confient

leurs petits bouts ! Il faudra les rassurer ,mais avant tout je tiens à présenter toute ma sympathie

et mes condoléances aux familles des victimes et mon soutien à l'équipe de la crèche.

Amicalement, Nadia

Ecrit par : NADIA | 24.01.2009

_____________________________________ 

 

Je tiens à présenter mes sincères condoléances aux familles.

Je suis moi-même mère de deux petits enfants en bas âge

et je peux ressentir l' immense douleur de traverser une telle épreuve. 

Deux anges nous ont quitté. Il devrait avoir la peine de mort pour ce genre d'individu

pour moi ce n'est pas un être humain.

Chaima de Liége

 

Ecrit par : chaima | 24.01.2009

_____________________________________

Je voudrais soutenir les familles des victimes qui ont été tuées

ainsi que ceux qui sont hospitalisés dans différents hôpitaux. 

Je dis toutes mes sincères condoléances à la famille des deux bébés et de la femme.
 Reposez en paix.

Ps : le lien est sur mon blog, j'espère que les gens viendront les soutenir merci à tous(e).

Ecrit par : laeticia | 24.01.2009

_____________________________________

Toutes mes condoléances aux parents des deux bébés violemment assassinés

ainsi qu'à la puéricultrice par ce monstre.

Que justice soit faite sans pitié et sans le considérer comme un cas psychiatrique.

Mobilisons nous pour cela mes amies.

Je pleure de peine je suis enceinte et je devrais accoucher en début mars j'ai très peur...

et j'ai perdu confiance.

Une grande pensée à ces petits anges ........................

Ecrit par : sarah | 24.01.2009

_____________________________________

Ma famille se joint à moi afin de présenter toutes nos sincéres condoléances aux familles

durement éprouvées par la perte de leur être cher. Nous espérons vivement que la justice

fasse son travail afin de punir cet assassin au plus vite et que de telle situation

ne se reproduise plus jamais.

Nous soutenons également les victimes hospitalisées

et nous leur souhaitons beaucoup de courage pour l'avenir.

Ecrit par : Anne-lise | 25.01.2009

_____________________________________

Toutes nos condoléances !

Je sais pas quoi dire mise à part qu'on devrait le condamner à mort celui qui a fait ça

pour ne pas qu'il puisse recommencer un jour !

Mon dieu c'est horrible on est avec vous par la pensée !

Grande pensée aux deux ptits anges et à la dame qui en essayant de s' interposer

y a laissé sa vie !

Pauvres ptits loups et pauvre dame qui a eu un tel courage !!!

Ecrit par : valérie | 25.01.2009

_____________________________________

 Ma famille se joint à moi afin de présenter nos sincéres condoléances
aux familles durement éprouvées par la perte de leur être cher. 

Nous soutenons également les victimes hospitalisées

et une pensées aux familles.

Famille Van Hoof Frada/Robertville

Ecrit par : famille van Hoof Frada | 25.01.2009

_____________________________________

Toutes mes condoléances aux familles et amis des victimes.

Tous ensemble on vous soutient dans ces moment durs et de tristesse.

Ecrit par : petitjean | 25.01.2009

_____________________________________

Je tenais à écrire un petit mot de soutien pour ce tragique drame qu'ont subi plusieurs familles.

Je suis révoltée par la facilité d'entrer dans des lieux précieux, telle que cette crèche

mais également d'autres endroits comme des écoles ou les portes ne sont jamais fermées à clef ;

je trouve impensable d'attendre un tel drame pour pouvoir ensuite obliger des moyens de fermeture.

Je souhaite beaucoup de courage aux parents des 2 bébés tués, de continuer à vivre malgré tout ,

mais c'est toujours plus facile de le dire que de le vivre , surtout dans de telles conditions.

COURAGE...

Ecrit par : EUDE SANDRINE | 25.01.2009

_____________________________________

 

Sincères condoléances aux petites victimes

Ecrit par : sandrine | 25.01.2009

_____________________________________

De tout coeur, avec vous ; les familles touchées directement (tant les blessés que les décédés),

le personnel de la crèche et de la ville de Termonde qui ont à gérer ce drame,

tous ceux qui oeuvrent pour plus de compréhension humaine dans ce monde si brutal.

À travers cet acte grave, c’est le monde entier qui ressent cette violence.

Ce n’est pas le propos d’opinion variée, ni le blabla politique sans fin, ni le procès de qui que soit,

ni une sécurité encore plus emprisonnant, qui apporteront la solution au mal-être général grandissant. 

Il nous faut découvrir autre chose ! Peut-être la compassion au-delà de la révolte ?

Cesser d'excuser les malfaiteurs en les laissant en liberté ?

Transformer l’apitoiement des victimes déjà suffisamment démunies face à une douleur immense.

L’attitude que chacun apporte de par son individualité peut améliorer la société.

À tout moment, il nous appartient de retrouver une solidarité originelle perdue au fil

de notre soi-disant évolution. Les lois sont devenues très lourdes et quasi impossibles à vivre.

C’est en amont qu’il chercher, disait un participant dans l’émission de TV ce soir.

Je crois que ces petits êtres chers touchent un nombre important de gens,

donnent de leur personne pure

pour que le monde se sensibilise à une meilleure humanité.

Condoléances sincères et beaucoup de courage, vraiment !

Ecrit par : Heliodor | 26.01.2009

____________________________________

Ce jeune homme fou qui a détruit la vie de plusieurs familles,

réalise- t-il que son geste irréparable va laisser une trace indélébile

dans la vie des personnes touchées par ce drame ?

C'est lui qui aurait dû y laisser sa vie, pas les petits anges et la puéricultrice,

ils n'ont pas demandé à subir une telle cruauté.

Sincères Condoléances aux parents et familles.

Ecrit par : Marlaire | 26.01.2009

_____________________________________

Les mots sont dérisoires mais je souhaite qu'ils vous apportent un peu de réconfort.
Sachez que nos pensées sont avec vous. Il y a trois étoiles de plus dans notre ciel.
Sincères condoléances aux parents et familles.

Ecrit par : Henny Bellicourt | 26.01.2009

_______________________________________

Je suis un homme de 62 ans, habitant dans les Ardennes belges.

J'ai un fils de 40 ans, qui n'a pas d'enfant.

Mais j'aurais pu être grand père de ces pauvres petits bébés lâchement assassinés,

et je n'ose pas imaginer dans quel état je me serais retrouvé si pareil malheur m'avait frappé.

J'essaie de me représenter la douleur des parents, mais je crois que ce serait prétentieux de ma part.

Il n'y a pas de mesure à pareil drame.

Je leur fais parvenir, via ce site, toute ma sympathie, même si je ne les connais pas.

Il va leur falloir beaucoup, beaucoup de courage pour surmonter une telle catastrophe...


James LILLARD
6950 Nassogne.

Ecrit par : James LILLARD | 26.01.2009

_______________________________________

 

Nous sommes choqués et très peinés par cette tragédie.

Nos pensées sont pour les parents et familles des victimes. Sincères condoléances.

Ecrit par : Nathalie Alaimo | 26.01.2009

____________________________________

Je présente mes sincères condoléances aux familles frappées par cette terrible tragédie.

Bouleversée par ce drame, il m'est difficile de trouver les mots justes.

Sachez que je suis tout proche de vous par la pensée.
Sincères condoléances et beaucoup de courage

marie

Ecrit par : dupont marie | 26.01.2009

____________________________________

En présence de cet évènement horrible, nous sommes de tout coeur avec vous,

des choses pareilles devraient être punies par une condamnation à mort

Ecrit par : Colson Suzanne | 26.01.2009

____________________________________

Je tiens à présenter mes sincères condoléances aux parents des enfants qui ont vécu

ce terrible drame à la crèche de Termonde, je suis de tout coeur et y pense à chaque instant.
Je suis une fille de 18 ans qui doit bientôt faire des stages en crèche et j'ai très peur 
et je trouve que cette homme doit être puni et je ne comprend pas que ça ne lui fasse

aucun effet, ces gens-là n'ont pas de coeur

Ecrit par : angelique | 26.01.2009

____________________________________

Mes très sincères condoléances aux parents des petites victimes innocentes.
Pleurez, ça fait du bien, soyez bien entourés et épaulés, et prenez courage.

Vos enfants étaient des fabuleux rayons de soleil, j'en suis sure.

Qu'ils reposent enfin en paix.

Mes condoléances également à la famille de la puéricultrice

qui est décédée en protégeant les bout choux.

Courage, beaucoup de courage aussi aux blessés, famille des blessés,

et habitants de Termonde et des alentours.

Cet acte de barbarie, j'ai énormément, comme tout le monde, énormément de mal à le cautionner,

normal, mais aussi beaucoup de mal à comprendre ce qu'il s'est passé dans la tête de ce malade mental.

Mon coeur et mes pensées sont avec vous, famille, amis

et habitants de Termonde et des alentours, sincèrement.

Ecrit par : Aude | 26.01.2009

____________________________________

Sincères condoléances aux familles des deux petits anges qui nous ont quitté trop tôt

ainsi qu'à la famille de la gardienne qui devait être une personne très exceptionnelle

et une tendre pensée aux familles des personnes hospitalisées ainsi qu'à tout ces petits bouts

remplis d'amour, de tendresse et surtout d'une pure innocence.

Ecrit par : F. Koziel | 27.01.2009

____________________________________

J'ai vu, sur certains journaux (sur le net), qu'un troisième petit bébé était décédé le 23....

( à vérifier quand même, car d'un journal à un autre, ça peut être très différent).

Je prie pour que ses parents, ainsi que les parents et les bébés encore hospitalisés

trouvent du réconfort, tout le réconfort dont ils ont besoin.

Nous nous joignons à votre peine,

ainsi qu'à celle des parents des bébés décédés et celle de la puéricultrice.

Que ces anges reposent enfin en paix, et soient heureux là où ils sont.

Ecrit par : Aude | 27.01.2009

____________________________________

J'espère que nous serons nombreux à nous mobiliser pour les victimes et leurs familles.

Merci, Chloé Laroche, de permettre ces messages de soutien.

Je voulais aussi rectifier ; il n'y a pas de quatrième victime, il s'agissait de la troisième.

Je me permets de faire un copié collé : "Pas de 4ème victime.
La porte-parole de l'AZ Sint-Blasius à Termonde avait déclaré qu'un troisième enfant

avait succombé à ses blessures. Il s'agissait en réalité de la troisième victime

et non d'une quatrième, a-t-on rectifié lors de la seconde conférence de presse à laquelle

le bourgmestre Piet Buyse et le gouverneur de la province de Flandre orientale, André Denys, étaient présents."
(tiré sur journal 7/7). 

Encore courage à tous ceux qui connaissaient les victimes

Ecrit par : Aude | 27.01.2009

____________________________________

Je suis de tout coeur avec les familles touchées par ce drame horrible.
Que ces petits anges et leur gardienne reposent en paix, loin de la folie des hommes.
A vous tous, courage

Ecrit par : Beatrice | 27.01.2009

____________________________________

Comme je sais que rien ne remplace un enfant disparu !! Je souffre en tant que maman ,

mamy, et femme et compatis de tout coeur à cette douleur et présente mes sincères condoléances

aux parents de ces petits anges, que Dieu en prenne soin et qu'ils reposent en paix !

Ecrit par : martine | 27.01.2009

____________________________________

Je tiens également à présenter mes condoléances les plus respectueuses

à la famille de la surveillante qui a été assassinée par ce forcené !

Elle a fait preuve d'un grand courage face au danger ! Que Dieu garde son âme.

Ecrit par : martine | 27.01.2009

____________________________________

Il n'y a pas de mots pour expliquer ce drame !!!!!!

Dans quel monde vivons-nous !!!!!!!!

Ecrit par : christel | 28.01.2009

____________________________________

A vous , chers parents et à vos proches , je ne puis que souhaiter beaucoup de courage

à traverser ces douloureuses épreuves et ensuite à vivre après ces drames .

Soyez certains que nous tentons de partager un tant soit peu votre immense douleur.

Je pense que c'est bien peu de choses , mais que faire d'autre .

Espérer ou croire en une Justice " juste " , mais cela existe-t-il ?

Désirer une loi du Talion , mais est-ce réalisable ?

Faire appel à une justice immanente , mais existe-t-elle ?

En tout cas faire en sorte que PLUS JAMAIS n'arrive pareille dramatique catastrophe .
Courage , courage , nous sommes avec vous .

André GUILLAUME Jr.
Rue de Vance , 30
6720 Habay-la-Neuve

Ecrit par : Guillaume André Jr. | 28.01.2009

____________________________________

Aux parents et aux proches des petites victimes,

on tient à vous présenter nos sincères condoléances ,

on vous souhaite beaucoup de courage.

Personne ne mérite de vivre un tel drame,

on pense très fort aux victimes aux petits anges ainsi que leurs péricultrices.

On tient à dire aussi que la péricultrice qui est décédée

a fait preuve d'un grand courage.

Que les 2 petits anges ainsi que Marita reposent en paix.

Ecrit par : Nathalie,Laurence | 29.01.2009

____________________________________

 

Je prie pour ces familles attristées, désemparées après la perte de leurs bébés.

Je prie aussi pour celles qui ont des bébés blessés ; qui sont, certes, sortis de l'hôpital,

mais comment grandiront-ils ? Comment se remettre d'un tel drame?


Je prie aussi pour la famille de la puéricultrice assassinée

en protégeant courageusement ces petits bambins.

On ne peut pas s'imaginer quelle a pu être la cruauté, l'acharnement d'un tel individu,

face à des petits êtres innocents qui dormaient tranquillement.

Comment peut- on commettre un acte aussi horrible, affreux...

(même d' autres mots ne suffiront pas à atténuer cette douleur dans mon coeur).

Ces petits bébés ont souffert, et c'est plus qu' inacceptable, je ne peux l'imaginer.

Qu'ils reposent enfin en paix ; qu'ils n'aient plus ni douleur, ni peine, ni larme.

Courage aux parents.

Ça sera sûrement un très très long chemin que de retrouver goût à la vie

après un tel drame, mais qu'ils sachent qu'énormément de gens sont de tout coeur avec eux

et les soutiendront, même si c'est le peu qu'on puisse faire.

Merci de nous permettre, sur ce blog, d'envoyer des messages de soutien, de paix, de pensées.

 

Ecrit par : boheme | 25.02.2009

 

 

22/01/2009

Mon témoignage d'ambulancière et d'accompagnatrice de santé. Cancer, fin de vie, URGENCES, urgence de l'amour.

autres-fleurs-france-1268699042-1199071.jpgLA VIE EST COMME UNE ROSE.

Elle est fragile et solide à la fois. Elle a des épines.

Cruelles parfois.

___________________________________________________autres-fleurs-munich-allemagne-1177109310-1229635.jpg

 

1679,1143256345,4.jpgUn soir, en novembre 2002, dans les premiers temps où j'ai commencé mon métier d'ambulancière, je me suis arrêtée sur une vie : celle de Carmen.

Cette dame était en phase terminale d’un cancer de l’oesophage. Elle était maigre à faire peur. C’est le S.A.M.U. qui nous a demandé d’aller la chercher chez elle pour l’emmener aux Urgences...

Une âme crucifiée sur un regard qui n’était plus d’ici.

Arrivée à l’Hôpital, sa demande d’un médicament pour soulager sa souffrance a obtenu cette seule réponse :

-Madame, on vous a trouvé un lit dans une chambre seule. C’est déjà beaucoup. Alors, pour le reste, vous attendrez patiemment que les infirmières de garde vous visitent lorsqu’elles seront arrivées.”

V3030052.jpgCette dame était mourante et on lui demandait d’attendre son tour !?

Attendre sur un lit dans une chambre froide... Non pas froide mais sans chaleur, je veux dire... Sans couleurs aux murs, je veux dire... Sans soutien médical immédiat, alors que nous venions de l’amener en urgence le plus vite possible, passant aux feux rouges à travers la nuit tombée sur la grande ville...1679,1143256345,4.jpg

Pourquoi la fin de vie est-elle encore mise ainsi au rebut ? La réponse est simple : par manque de personnel, par manque de temps, par manque de disponibilité dans un service débordé à certains moments... Par manque de moyens.

Ce soir-là, on m’a refusé le droit d’emmener deux proches en même temps auprès d’elle. Deux parents : son mari et son frère... lesquels nous avaient accompagnés jusqu’aux Urgences. Une seule personne fut tolérée au chevet de cette femme. J’ai donc accompagné son mari auprès d’elle. Son frère est resté dans le sas d’attente...

autres-fleurs-saint-malo-france-1063863946-1221066.jpgAttente de la vie. Attente d’une mort attendue. Attente d’une blouse blanche qui se fait attendre. Attente d’une dame étendue là que je n’oublierai pas... Urgences de l’amour.images-1.jpeg

ADIEU CARMEN.

 

Quelques jours plus tard, le 13 Novembre 2002, je me revois dans l’ambulance et j’écris, à côté de Christophe, mon collègue ambulancier, qui conduit. Nous ramenons un homme qui a cinquante ans et qui a subi une réanimation cardiaque de vingt-quatre heures. Il a vu la mort de près mais aujourd’hui il vit.

La nuit tombe. Le médecin est à l’arrière, près du malade étendu sur le brancard. C’est ce que nous appelons un rapatriement médicalisé. Nous sommes partis vers treize heures et nous remontons du Sud de la France pour rapatrier le patient dans sa région.

autres-plantes-aubervilliers-france-1008235185-1227831.jpgCet homme miraculé ne se souvient plus de rien. Il était parti en promenade dans la Provence et il est tombé. Tombé comme le petit Prince dans le désert. Mais il tenait à sa rose, à la vie. Et la vie l’a retenu. La vie l’a gardé en elle.

La vie est comme une rose. Elle est fragile et solide à la fois. Elle a des épines. Cruelles parfois.images.jpeg

 

 

Ainsi la veille, nous étions allés chercher un monsieur de soixante-quatre ans qui était enfermé chez lui depuis quelques jours. Il avait vomi du sang et était dans un état très inquiétant. Il avait les yeux perdus dans le vide, qui ne cillaient plus. Il ne répondait plus aux questions. “Il vit un deuil”, nous ont dit ses voisins. “Il vit seul et, le voyant comme cela, nous avons prévenu le S.A.M.U.”

autres-fleurs-liege-angleur-belgique-1161416613-1218110.jpgNous l’avons porté jusqu’à l’ambulance. Je suis restée à l’arrière auprès de lui pendant le voyage. J’ai pris son pouls plusieurs fois, car son état m’inquiétait. Je sentais l’appel de la mort sur son visage, le masque d’une autre vie qui n’était plus la sienne. Il plongeait son visage dans l’oreiller et ses yeux restaient ouverts vers moi sans aucun mouvement, comme s’il ne restait plus rien dans la vie qui pouvait le retenir.50527,1150826227,6.jpg

Nous l’avons amené aux services des Urgences.

Christophe m’a regardée. Je l’ai regardé.

Le silence que nous avons échangé pour cet homme a témoigné du respect des vivants devant une âme en lambeaux de douleur.

1679,1143250237,19.jpgCet homme est mort peu après.

Je garderai son souvenir en héritage.

 

Chloé Laroche

(écrit à Grenoble, le 22 Janvier 2009).

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu