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22/01/2009

Mon témoignage d'ambulancière et d'accompagnatrice de santé. Cancer, fin de vie, URGENCES, urgence de l'amour.

autres-fleurs-france-1268699042-1199071.jpgLA VIE EST COMME UNE ROSE.

Elle est fragile et solide à la fois. Elle a des épines.

Cruelles parfois.

___________________________________________________autres-fleurs-munich-allemagne-1177109310-1229635.jpg

 

1679,1143256345,4.jpgUn soir, en novembre 2002, dans les premiers temps où j'ai commencé mon métier d'ambulancière, je me suis arrêtée sur une vie : celle de Carmen.

Cette dame était en phase terminale d’un cancer de l’oesophage. Elle était maigre à faire peur. C’est le S.A.M.U. qui nous a demandé d’aller la chercher chez elle pour l’emmener aux Urgences...

Une âme crucifiée sur un regard qui n’était plus d’ici.

Arrivée à l’Hôpital, sa demande d’un médicament pour soulager sa souffrance a obtenu cette seule réponse :

-Madame, on vous a trouvé un lit dans une chambre seule. C’est déjà beaucoup. Alors, pour le reste, vous attendrez patiemment que les infirmières de garde vous visitent lorsqu’elles seront arrivées.”

V3030052.jpgCette dame était mourante et on lui demandait d’attendre son tour !?

Attendre sur un lit dans une chambre froide... Non pas froide mais sans chaleur, je veux dire... Sans couleurs aux murs, je veux dire... Sans soutien médical immédiat, alors que nous venions de l’amener en urgence le plus vite possible, passant aux feux rouges à travers la nuit tombée sur la grande ville...1679,1143256345,4.jpg

Pourquoi la fin de vie est-elle encore mise ainsi au rebut ? La réponse est simple : par manque de personnel, par manque de temps, par manque de disponibilité dans un service débordé à certains moments... Par manque de moyens.

Ce soir-là, on m’a refusé le droit d’emmener deux proches en même temps auprès d’elle. Deux parents : son mari et son frère... lesquels nous avaient accompagnés jusqu’aux Urgences. Une seule personne fut tolérée au chevet de cette femme. J’ai donc accompagné son mari auprès d’elle. Son frère est resté dans le sas d’attente...

autres-fleurs-saint-malo-france-1063863946-1221066.jpgAttente de la vie. Attente d’une mort attendue. Attente d’une blouse blanche qui se fait attendre. Attente d’une dame étendue là que je n’oublierai pas... Urgences de l’amour.images-1.jpeg

ADIEU CARMEN.

 

Quelques jours plus tard, le 13 Novembre 2002, je me revois dans l’ambulance et j’écris, à côté de Christophe, mon collègue ambulancier, qui conduit. Nous ramenons un homme qui a cinquante ans et qui a subi une réanimation cardiaque de vingt-quatre heures. Il a vu la mort de près mais aujourd’hui il vit.

La nuit tombe. Le médecin est à l’arrière, près du malade étendu sur le brancard. C’est ce que nous appelons un rapatriement médicalisé. Nous sommes partis vers treize heures et nous remontons du Sud de la France pour rapatrier le patient dans sa région.

autres-plantes-aubervilliers-france-1008235185-1227831.jpgCet homme miraculé ne se souvient plus de rien. Il était parti en promenade dans la Provence et il est tombé. Tombé comme le petit Prince dans le désert. Mais il tenait à sa rose, à la vie. Et la vie l’a retenu. La vie l’a gardé en elle.

La vie est comme une rose. Elle est fragile et solide à la fois. Elle a des épines. Cruelles parfois.images.jpeg

 

 

Ainsi la veille, nous étions allés chercher un monsieur de soixante-quatre ans qui était enfermé chez lui depuis quelques jours. Il avait vomi du sang et était dans un état très inquiétant. Il avait les yeux perdus dans le vide, qui ne cillaient plus. Il ne répondait plus aux questions. “Il vit un deuil”, nous ont dit ses voisins. “Il vit seul et, le voyant comme cela, nous avons prévenu le S.A.M.U.”

autres-fleurs-liege-angleur-belgique-1161416613-1218110.jpgNous l’avons porté jusqu’à l’ambulance. Je suis restée à l’arrière auprès de lui pendant le voyage. J’ai pris son pouls plusieurs fois, car son état m’inquiétait. Je sentais l’appel de la mort sur son visage, le masque d’une autre vie qui n’était plus la sienne. Il plongeait son visage dans l’oreiller et ses yeux restaient ouverts vers moi sans aucun mouvement, comme s’il ne restait plus rien dans la vie qui pouvait le retenir.50527,1150826227,6.jpg

Nous l’avons amené aux services des Urgences.

Christophe m’a regardée. Je l’ai regardé.

Le silence que nous avons échangé pour cet homme a témoigné du respect des vivants devant une âme en lambeaux de douleur.

1679,1143250237,19.jpgCet homme est mort peu après.

Je garderai son souvenir en héritage.

 

Chloé Laroche

(écrit à Grenoble, le 22 Janvier 2009).

 

20/01/2009

Signes de l'au-delà par avion pour une maman endeuillée.

 

V3030070.jpg______Signes de l’Au-delà

par avion.

 

 

Ce matin-là du 23 août 2003, j’ai commencé le travail en ambulance à six heures dix. Les montagnes étaient belles dans l’attente du soleil. J’ai emmené une dame dans un centre hospitalier situé à mille mètres d'altitude, pour sa dialyse. gws173006.jpg

Puis je suis allée chercher une patiente en fauteuil pour la ramener en Savoie, chez elle.

Durant l’heure de notre trajet, elle m’a appris qu’elle avait perdu sa fille de trente-huit ans au mois de Mars dans un baptême d’avion. Ce petit avion dans lequel se trouvaient sa fille avec une amie ainsi que le pilote s’est écrasé brusquement.

1824065.jpgNous avons pleuré toutes les deux durant le récit de ce terrible drame. Ma passagère s’est confié longuement.

Puis je lui ai parlé de ma fille Océana, de son départ brutal, de mon combat ici-bas pour survivre à cette douleur, de mes deux filles adoptives aussi, de mes convictions que les défunts sont près de nous, invisibles mais vivants dans l’amour, existant dans un autre monde qui touche le nôtre.

Sa fille avait presque le même âge que moi et cette dame portait le même prénom que ma grand-mère regrettée, Madeleine, qui vivait aussi en Savoie. Ce sont des signes troublants.décès d'un enfant,accident avion,ambulance,accompagnement deuil,deuil,décès,mort

En tout cas, le plus grand signe est que sur le chemin de mon retour, alors que j’avais embrassé ma patiente et que j’avais repris la route, un petit avion blanc a fait un cercle devant moi en traversant le ciel à ma hauteur de vue.

Mon coeur bouleversé a fondu et j’ai remercié Patricia qui, d’en haut du Ciel, m’avait envoyé un signe de reconnaissance pour sa maman.V3030070.jpg

Nous sommes tous reliés, ceux d’en bas avec ceux d’en haut, ceux du dedans avec ceux du dehors... J’ai dans l’esprit que Dieu a ses raisons que les humains ignorent, face à nos déchirures et nos écartèlements.

Chloé Laroche

 

 

 

Commentaires

Bonjour Chloé,

Je n'avais pas encore lu cette note qui date de janvier. Je suis tout à fait d'accord avec vous quand vous dites que les personnes qui sont parties, elles sont toujours à nos côtés, dans notre coeur. Comme je le dis aussi, elles ont un regard protecteur (du Ciel) sur nous qui sommes sur Terre. Je suis persuadée que nos proches (au Ciel) sont nos anges gardiens. Le deuil est quelque-chose d'horrible, il provoque une douleur, un arrachement du coeur. Je n'ai même pas les mots pour décrire cette douleur. Je l'ai vécue (tante, cousin, grands-parents) et il faut essayer de continuer à vivre malgré cette douleur. Je pense qu'ils (nos proches au ciel) savent que l'on est anéanti par ce deuil, mais ils nous soutiennent à leurs manières et nous donnent le courage d'avancer.
Chloé, continuez à écrire ces notes. Vous écrivez avec votre coeur et votre émotion. On ressent, je dirais même que l'on vit vos notes.
Merci.

Ecrit par : Lolotte73 | 27.07.2009

 

1793125.jpgMerci beaucoup Lolotte. Un gros bisou pour vous. Votre commentaire m'a beaucoup touchée. L'internet a ceci de merveilleux que même si vous êtes seul à vivre une épreuve ou une traversée du désert, vous pouvez être relié à l'humanité entière qui vous suit sur votre chemin, qui vous lit, qui vous accompagne en nombre... et en particulier, comme avec vous. L'écriture a ceci de merveilleux qu'elle relie des êtres qui ne se sont jamais rencontrés mais qui se comprennent et communiquent. Comme elle peut relier aussi d'autres mondes avec le nôtre : le monde du passé (faire revivre les vies passées, l'Histoire), le monde de l'avenir (comme Jules Verne l'a fait dans sa "fiction" qui n'en était en fait pas une, en tant que visionnaire), le monde de ceux qui nous ont quittés mais qui nous suivent sans qu'on les voit, devenus invisibles par la mort. L'écriture peut révéler des choses qu'une personne vit sans oser le dire, mais que l'écrivain a perçu dans l'inconscient collectif. C'est ce que j'essaye de faire, avec mon coeur, c'est vrai. Je vous embrasse. Chloé

Ecrit par : Chloé Laroche | 01.08.2009

25/12/2008

Que l'authentique solidarité soit la lumière de ce Noël. Mes voeux d'amour et de courage à tous les délaissés, les opprimés, les victimes du destin, les cabossés de la vie, les endeuillés, les parents malmenés...

Bonjour à tous et toutes,

images-5.jpegje souhaite un heureux Noël à tous, que la solidarité authentique soit la lumière brillant dans les coeurs de chacun, pour ne plus vivre égoïstement et sans penser aux autres et au monde en souffrance.

je pense très fort à tous ceux qui sont seuls et pour qui cette fête est un projecteur difficile à supporter pour ceux qui n'ont pas d'enfants, pour ceux qui en ont mais qui ne les voient plus, pour ceux qui sont privés de voir leurs petits-enfants.

je pense à cet homme handicapé qui non seulement a perdu l'usage de ses jambes et de ses mains mais en plus est privé de voir ses petits-enfants, à cause d'une belle-fille peu délicate. Je pense à toutes les personnes handicapées, physiques et mentales, et qu'on ne les oublie pas... et surtout jamais de mépris envers eux ni d'exclusion de la société.

je pense aussi à cette maman qui a peur de son fils adolescent, lequel la menace et la frappe, l'insulte gravement et ne la respecte plus... Je pense au calvaire de cette autre maman à qui sa fille adolescente a dit des propos graves, insultants, de menace de mort parce qu'elle n'avait pas obtenu ce qu'elle voulait... Cette ado est allée jusqu'à dire à sa mère qu'elle l'enculerait bien profond. Excusez-moi de rapporter ces propos ici et ces mots gravissimes mais je voudrais faire réagir le monde devant la dégénérence actuelle d'une certaine jeunesse qui se permet tout et nous fait augurer un futur proche inquiétant. À cette maman, une éducatrice a dit, pour la rassurer : "Oh chez moi, c'est pareil... Mes ados font pareil. Il ne faut pas prendre tout argent comptant. Ce ne sont que des mots... Prenez du recul. Les ados d'aujourd'hui ne sont plus comme il y a vingt ou trente ans." !!!!!!!!!!!!!!!!!images-7.jpeg

je pense à ces enfants à qui on ne donne aucune limite, les laissant se coucher à des heures tardives, les laissant manger n'importe quand et mal parler, les laissant commander à la maison et même lever la main sur leurs parents.... Des enfants jeunes, très jeunes le font... et certains parents laissent faire, sans réagir. L'enfant a besoin de limites et qu'on lui dise NON... sinon il développe une insécurité intérieure et de nombreuses angoisses. Il ne peut se construire normalement et subira le revers de cette éducation permissive et démissionnaire. Je tire la sonnette d'alarme, en ce jour des enfants, car le monde a besoin des enfants... pas de voir grandir des petits rois, des tyrans en puissance.

je pense en ce jour aussi à tous les parents qui pleurent leur enfant mort. Noël est pour eux une date à fuir, un jour qui brise leur coeur, la lumière éteinte de leur petit amour chéri qui résonne avec toutes les lumières de la fête. Je pense aux parents qui n'ont jamais retrouvé le corps de leur enfant disparu et qui prient en secret leur retour.

je pense à ceux qui n'ont rien, à ceux qui sont expulsés de France avec leurs enfants, à ceux qui sont expulsés aussi en étant obligés de laisser leurs enfants ici, à ceux qui sont séparés alors qu'ils s'aiment vraiment mais qu'on soupçonne de mariage blanc.

je pense à ceux qui sont torturés de par le monde, violés, femmes violées dans les guerres, êtres humains massacrés, décapités, mutilés.

images-6.jpegje pense à tous les rescapés de la Seconde guerre mondiale, à tous les Résistants et les Déportés... Que la douceur de Noël apaise leur terrible souffrance et l'absence de leur famille entière tuée par les Nazis.

je pense à ceux qui sont malades, qui sont à l'hôpital ou en soins de chimiothérapie, les dialysés, les sidéens, les cancéreux, tous les petits malades qui portent courageusement leur croix, tous ces enfants qui subissent la maladie et montrent un courage extraordinaire à croire encore et toujours en la  vie, se battant avec le soutien sans faille de leurs parents.

je souhaite à tous et toutes, à ma famille aussi et mes enfants, ma fille au Ciel, tous mes amis et amies décédés, mes grands-parents morts qui me manquent tant, la lumière de tous les coeurs réunis dans l'amour qui dure toujours.

Que la force intérieure, le courage et l'espoir ne manquent à personne et que chacun puise en ce jour de lumière des forces vives et nouvelles afin de continuer le chemin de la vie et de croire encore en l'amour et en la solidarité authentique.

Chloé Laroche

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Commentaires

Egalement, une pensée pour ces parents, ces mères qui se font malmener par leurs enfants. Cette violence familiale dont on ne peut parler, et dont le secret devient très lourd. Le jugement de la société, des gens, ..., pensant que ces parents étaient laxistes, permisifs ...
Non, pas forcément.
La violence de ces enfants s'introduit dans la sphère familiale de façon insidieuse, ces enfants poussés par des choses extérieures qui les amènent malheureusement à toucher la violence et qui à la vie resteront marqués.
Pensées chaleureuses et respecteuses

Ecrit par : C | 17.01.2009

Réponse de Chloé Laroche :

Merci à vous du fond du coeur pour votre message. Vous avez raison quand vous parlez du jugement de la société.... J'ai entendu dernièrement quelqu'un dire sur une radio : "Mais que font les parents quand ils laissent les enfants traîner dans les rues tard le soir ? Il faudrait les pénaliser !" .... Oui, la menace d'enlèvement des allocations familiales plane sur ces parents déjà malmenés par leur progéniture. Et certains parents ne parlent pas, taisent leur situation, pour ne pas avoir la justice sur le dos... "Votre fils vous bat ? Mais qu'avez-vous fait ou pas fait pour que votre fils en arrive là ? Et quelle enfance avez-vous vécu pour être un parent qui ne se fait pas respecter ?" Voilà les paroles de certaines justices... Quand un adolescent ou une ado en arrive à semer la terreur dans la maison, à menacer sa propre mère de lui casser la tête, à la traiter avec insultes et mépris voire avec haine, à donner des ordres et à décider de son emploi du temps, à couper le téléphone fixe en enlevant la pile, à prendre son foyer pour un hôtel et sa mère pour une bonne... quelle est cette société qui punit les parents ?!! Quelle est cette société qui menace de couper les allocations familiales sur un papier envoyé à une maman : ceci sur un avertissement officiel d'un collège public indiquant des absences répétées de son enfant aux cours ?!!! Les parents ne sont pas tous démissionnaires et beaucoup, c'est certain, sont en réelle souffrance et infinie solitude, face à l'attitude terrible et déroutante de leurs ados. Aujourd'hui, dans l'émission de M6: "66 Minutes", on voyait une maman qui prenait des cours de self-défense pour se défendre de son fils de 12 ans qui la frappe régulièrement ; cette femme disait : "je ne veux pas lui faire de mal. Juste me défendre et qu'il arrête."
____ Merci pour vos pensées. En espérant que les choses bougent, que la violence recule, que la paix arrive dans les familles, car la paix commence à petite échelle avant de la penser à grande échelle. Chloé

Ecrit par : L'auteur de ce blog | 17.01.2009

22/12/2008

Je pense dans cette attente de Noël aux parents du petit Yannis, enfant décédé dans une voiture. "Non, il n'y avait rien à condamner".

 

Bonsoir à toutes et tous,

 

MEDFR05250.jpgJusqu'à présent, je n'ai pas parlé du procès du papa pharmacien du petit Yannis, décédé dans la voiture de son père à Pont-de-Chéruy. J'ai dans mon coeur beaucoup de peine pour cet homme qui porte une terrible croix et dont on a montré la culpabilité sur toutes les coutures. Ceux qui n'ont pas perdu d'enfant ne peuvent imaginer l'enfer que vit cet homme et sa femme. C'est incommensurable. Ils vivent le néant dans leurs cellules. Le néant à vif marqué au fer brûlant de la réalité. Alors, donner à cet homme quelques mois de prison avec sursis fait pour moi partie de l'absurde de l'humain. La justice est impuissante devant le destin, devant l'impensable de l'oubli d'un enfant dans une voiture, devant la vie actuelle qui transforme les gens en robots, en mécaniques robotisées du stress et de la rentabilité, humains hyper-actifs cloisonnant chaque domaine de leur vie.

J'ai lu ceci, écrit par un avocat, Gilles Devers, qui tient comme moi un blog sur le site de 20 minutes, blog dont l'adresse est : http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr

Il a écrit ce commentaire, suite à son article du 10 décembre 2008 :

"Enfant mort : sanctionner le père". Le voici :

 

"On ne commente pas les décisions de justice ?

Je vais me gêner ! Tout ce que demande le Code, c’est de ne pas les dénigrer. Ne pas confondre.

Alors notre vaillant tribunal de grande instance de Vienne a suivi les réquisitions. 8 mois avec sursis. Pas 7 ce serait trop faible, ni 9, ce serait excessif. Et pourquoi ? 

Dans une telle affaire, cette condamnation est une anomalie. 

Dire le père coupable, c’était déjà beaucoup. Le père qui adorait son enfant, qui ne vivait que pour lui. Le père qui ne pensait qu’à demain, le jour de la fermeture de la pharmacie, les vacances tant attendues, et enfin de belles journées à vivre, l’enfant sa maman et son papa. Avec cet enfant de deux ans, qui avait le plus bel avenir devant lui, avec lequel les parents se sentaient assez forts pour conquérir le monde s’il le fallait. Des années d’études, de travail, de constance. Enfin, depuis deux ans l’enfant était là. La vie recommençait. Et devant son sourire, devant ces liens qui se créent, devant ce sentiment de la confiance, tous les efforts trouvaient leur justification.PAA008000396.jpg

Alors, soudain, le piège d’un automatisme de la vie. Dans le petit village, où tout le monde se connait, un acte aussi incivilisé qu’un délit de fuite. Noter les coordonnées de ce sauvage qui se casse, prendre du temps, réconforter la victime, attendre les gendarmes. Reconstruire un peu, devant l’injure sociale du fuyard, cette vie de responsabilité à laquelle le papa croit tant.

Et après l’inexplicable. "Inexplicable", a dit le procureur. Comment requérir une peine, quand on ne sait expliquer ? Au nom de quoi embarquer la loi dans une telle galère ? C'est comme le PV : "On ne discute pas!"

Ce 15 juillet, le papa est déjà à demain. Tout ce qu’il y a de si beau à vivre, demain, tout ce qu’il reste à régler aujourd’hui, dans le monde des contingences, pour atteindre le monde de la vraie vie, le temps des vacances. Le souhait d'être hors contingences. Inexplicable? 

Par inattention ? Non, le père est le plus attentif de tous les pères. Je souhaite à tous les bébés du monde un père comme lui. Par occultation. Et il n’y a pas de faute par occultation. 

k0402959.jpgLe destin tragique de cet homme nous rappelle nos faiblesses. Nous nous croyons des héros, des costauds, des mecs. Nous voyons tous les jours célébré, dans un décor chancelant, l’idéal de l’homme parfait qui maitrise son destin, qui pense son amour, qui tous les soirs s’analyse à froid, comme s’il s’agissait de la résultante d’une démarche qualité.

J’ai en horreur ces conceptions, et elles sont aux antipodes de ce qu’est la réalité humaine. Un homme qui cherche à bien faire, qui veut se situer dans un monde si complexe, qui assume tout ce qu’il peut. 

Mais un homme fragile, vulnérable. Un vrai homme, un qui se trompe, reconnait ses erreurs et se redresse. Un homme qui connait le malheur et trouve les forces pour croire encore à la vie. 

Condamner cet homme ? Pourquoi ? Parce que la presse a parlé de cette affaire ? Misère de la pensée !

Condamner cette homme, c’est nous condamner tous. Car c’est dire qu’être faillible est une faute. Le tribunal applique le code, mais il doit lire le code à la lumière des réalités humaines. Dans cette affaire, il peut délivrer le plus beau message : une vie, c’est un parcours entre l’ombre et la lumière ; c’est la joie et les larmes ; ce sont des plaies, et des cicatrices. 

Non, il n’y avait rien à condamner, si ce n’est la nature humaine.
Le tribunal s’est égaré."   (Gilles Devers, avocat)

 

__________________________________________________________________________ Suite écrite par Chloé L :

 

AA032647.jpg

 

TROUVER LES FORCES pour croire encore en la vie....

Je le souhaite au papa de Yannis, à sa maman, aux parents de tous les enfants décédés qui pleurent des larmes de sang en cette veille de Noël.

Je pense AUSSI aux parents de ces enfants morts, brûlés dernièrement dans des incendies cruels et terribles, drames horribles de la mort brutale.

Je pense à tous les innocents emportés chaque année par des accidents domestiques, petits noyés, défenestrés, empoisonnés par des produits ménagers... Je pense à leurs parents, rongés à vie par la culpabilité de n'avoir pu empêcher le drame, la mort de leur enfant chéri.

Je pense à ma fille Océana, emportée par une maladie foudroyante, maladie qui a emporté cinq autres enfants depuis 1997 à Grenoble, sans que l'on ait d'autres explications que le mot "encéphalite foudroyante". J'ai ce poids que tous les parents d'enfants décédés ont, de se savoir survivant de leur enfant et aussi de n'avoir rien pu faire pour le sauver, de n'avoir pas secoué le médecin qui parlait de "grippe sévère", de n'avoir pas su protéger mon enfant de la mort... car pauvres humains... nous nous croyons parfois au-dessus du destin, maîtres vaniteux de nos destinées et de la destinée de ceux que nous aimons le plus.MEDFR05250.jpg

Chloé Laroche

 

 

02/12/2008

Lettre à Ana, qui a perdu son compagnon et qui le pleure.

ange_ange_circulaire.jpg

 

Ana,

 

Continue de te battre. Tu as le droit d'être triste et en colère. C'est normal. Tu as le choix au fond de toi de basculer ou non 

dans la folie. Cette folie de penser que notre âme souffre assez pour exploser. C'est un déclic en toi qui fera que tu iras vers ta propre vie, sur ce chemin qui te reste et qui t'appartient. Je suis passée par là quand j'ai perdu ma fille de deux ans et demi. Encéphalite foudroyante. Ma seule enfant alors. L'enfer. Ne plus manger. Ne plus avoir envie de rien. Ne plus sortir. Écrire. 

Laisser le temps faire son oeuvre. Aller au cimetière. Écrire. Puis partir.

Mais partir ne veut pas dire mourir. Partir peut vouloir dire changer de cadre, fuguer, prendre le train, voir autre chose, rencontrer d'autres gens, fuir le quotidien, reconstruire sa vie autrement. Car mourir ne sert à rien. Mourir veut dire le cauchemar, recommencer la même chose, être en face du malaise de son âme. J'ai vu ma fille dans un cercueil, alors qu'elle est née de ma chair. J'ai vu ce cercueil qu'on fermait éternellement et mon coeur a été crucifié avec elle.

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Offrir sa souffrance et continuer sa vie. Continuer son chemin en se disant que tout le monde meurt un jour et que l'heure de chacun est écrite, mais l'heure de l'amour est infinie. Elle ne s'arrête jamais à la pendule de l'univers.

Rz_110b.jpgTon homme t'aime, même s'il est parti. Il t'aime en secret, dans le secret de ton coeur et il t'enverra la force de continuer ta vie. Il t'enverra des bonheurs, même celui de refaire un jour ta vie. Et il sera heureux car tu auras des enfants, et ce seront les tiens. L'amour continuera parce que tu l'auras décidé, parce que tu auras décidé d'être forte et en même temps tu auras accepté ta colère et ta peine. Je t'embrasse très fort. 

 

Chloé

 

 

 

02/11/2008

Ma fille, je t'envoie les roses de mon coeur, en ce jour où les Défunts sont honorés. Mes pensées à ceux qui sont partis et à ceux qui restent. Offrande, création et résilience.

Rz_ALASK27.jpgLa montagne vit

À travers les rochers froids

Le ciel plein d'amour

 

LA MORT EST UN ROC FIGÉ

Où COURENT LES MARMOTTES   Mn_14.jpg

 

 

_________________Haïkous de Chloé _____________________

 

La Terre est mère

Des grands fleuves orphelins

Pleurant leur enfant

 

LES PARENTS QUI NOUS PLEURENT

PEUVENT EMBRASSER LES PINS _____________________________________

 

Mn_44.jpg

________________

 

Nos coeurs arrachés

Sont près de toi sous terre

Mais tu es au Ciel

 

LES PARENTS QUI RESTENT SEULS

ONT UN PIED DANS LA TOMBE_______________

 

 

Appel de ton coeurMn_30.jpg

Trois oiseaux m'ont fait signeMn_77.jpg

Pour me dire Adieu

 

LES SIGNES DE TON ÊTRE

SONT LES AILES DES ANGES

 

__________________

 

1328905394.jpgNe restez pas là

En reste de votre vie

À mendier la mort

 

NOUS SOMMES PARTIS AU CIEL

VOUS ÊTES NOTRE TERRE ______________________________________ Mn_43.jpg 

 

Mn_43.jpgTu es mon enfant

Emportée par un virus

Vie sacrée au Ciel

 

JE SAIS QUE TU RIS AILLEURS

DANS DES BRAS CHARGÉS D'AMOUR

                                            

 

___________________________________________ Maman,

 

Les grands tournesols

Reviendront fleurir le cielMn_ANIMX034.jpg

De ta rivière

 

SE TOURNANT VERS LE SOLEIL

ILS TE DIRONT DE VIVRE

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Mn_ALASK26.jpgDonnez-nous les clés

Signes esquimaux de vie

Banquise de mort

 

AU PÔLE NORD ILS SAVENT

QUE LES DÉFUNTS NOUS AIDENT

______________________________________

Au Tibet les gens

Sont transportés de chaleur

Pour les endeuillés

 

CEUX QUI PLEURENT SONT CHOYÉS

NOURRIS PAR L'AMOUR DES LEURS_________________Mn_ANIMAUX030.jpg

 

Mn_ANIMAUX037.jpgJette ton ancre

Dans l'encre de mon amour

Poursuis ton chemin

JE TE SUIVRAI Où TU VEUX

JUSQU'AUX MENHIRS DE L'ESPRIT

 

____________________________________________________________________

 

Mn_19.jpgPars en haute mer

Douce mère caline

Fleurs océanes

 

TU ES MON DAUPHIN CHÉRI

COUVERT DE ROSES BLANCHES___________________________________

 

À ma fille Océana, partie le 14 février 1997.

À toutes les personnes de ma famille décédées, à mes amis et amies morts, au père de mon fils parti cette année, à tous les endeuillés, aux parents orphelins.

16/10/2008

Mon hommage au petit Grégory Villemin, dont on a retrouvé le corps il y a 24 ans dans la Vologne. Hommage dédié à ses parents, à ses frères et sa soeur.

gregory_villemin.jpgCe soir, je viens écrire pour toi, petit garçon qui est parti le 16 octobre 1984, retrouvé assassiné, noyé dans la rivière Vologne. Tes parents ont souffert le martyr, non seulement de ta mort horrible mais aussi de l'injustice qui s'est abattu sur eux avec l'accusation terrible portée sur ta maman, laquelle a été emprisonnée alors qu'elle portait ton petit frère dans son ventre.

Petit Grégory, tu as été retrouvé ligoté par des cordelettes attachant tes poings et tes pieds. Une seringue avait été laissée sur les bords de l'eau.Mn_104.jpg

Lorsque la justice t'a retrouvé et qu'on a fait ton autopsie, celle-ci n'a pas été faite dans les règles et beaucoup de points ont été laissés en négligence. Mais depuis ce mois de juillet 2008, l'ouverture du dossier de ton crime a été ré-ouvert à la demande de tes parents ainsi que de la justice.Mn_10.jpg

Christine, ta maman, a eu beaucoup de courage. Elle a empoigné la vie, la redonnant à nouveau pour donner le jour à Julien, Émelyne et Simon, tes frères et soeur qui ont maintenant 23, 18 et 10 ans.

Mn_49.jpgToi, tu avais quatre ans quand la mort t'a frappé et un si doux visage. J'avais alors dix-huit ans et j'ai pleuré. Quel enfer est possible sur cette terre où des humains peuvent en arriver à commettre un meurtre pareil sur un enfant afin de se venger de son père. L'assassin a en effet prévenu de son acte terrible le frère de Jean-Marie Villemin, ton père, en disant d'une voix rauque : "J'ai pris le fils du chef et je l'ai mis à la Vologne. Sa mère est en train de le chercher mais elle ne le retrouvera pas. Ma vengeance est faite."

Vengeance d'un monstre, abomination de l'âme humaine détruite jusqu'aux racines de l'inimaginable, de l'horreur incarnée.532829.jpg

Petit, tu jouais tranquillement. Quelqu'un est venu, t'a arraché à ta maison, à ta cour, à la paix de ton foyer. Une main sur ta bouche pour que tu ne cries pas. Ton anorak bleu et ton pantalon vert. Un bonnet rayé sur la tête. Ton âme a hurlé de peur, de frayeur. Tu as vu la faux de la mort et ton âme a quitté ton corps, volant vers ta mère en détresse. Tes bisous restaient inefficaces devant son chagrin et tu l'as regardée longtemps pleurer. Comment comprendre qu'elle ne pouvait plus te serrer dans ses bras ? Comment pouvais-tu expliquer ce qui arrivait ? Et puis un ange est arrivé et il t'a expliqué, doucement, dans une infinie tendresse, réparant le mal fait à ton coeur meurtri. Il t'a donné la chaleur maternelle et paternelle que tu n'avais plus. Il t'a montré la chenille et puis le papillon qui s'échappe du cocon... te montrant ton corps noyé et toi, qui t'élevais au-dessus, tout léger et libre. Mn_53.jpg

Mn_52.jpgAujourd'hui, c'est ton amorversaire, l"anniversaire" de ton départ. Le 16 octobre. Tous les saules de toutes les rivières de France sont en larmes, près de l'eau ensanglantée.

Nous pensons fort à tes parents en ce jour (nous : c'est-à-dire tous ceux qui ont conscience du calvaire qu'ils traversent et qu'ils ont subi... tous ceux qui n'ont pas oublié... ceux qui savent et qui pleurent). Je pense à toi, petit Grégory, et je t'envoie par la pensée des bouquets de roses blanches et plein de bisous.

Mn_34.jpgChloé Laroche

Commentaires

C'est magnifiquement bien écrit et je pense la même chose. J'ai moi aussi pensé à Grégory le seize octobre. Je n'étais même pas née au moment du drame et j'ai eu connaissance de cette histoire vers l'âge de neuf ans et cette histoire m'a toujours bouleversée. J'ai beaucoup lu là dessus, étudié l'affaire. C'est cette histoire qui a déclenché chez moi l'envie de devenir magistrat, pour différentes raisons. Aujourd'hui, je suis une future juge d'instruction. Je voudrais aussi rendre hommage a la famille Villemin, qui a été très courageuse et que nous avons toujours crue innocente. J'espere de tout coeur que le trois décembre prochain, nous aurons à nouveau l'espoir de voir renaître de nouvelles pistes. Bravo en tout cas pour cet article. Stephanie B.

Ecrit par : stephanie | 02.11.2008

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Grégory ne mourra jamais dans le coeur des Français, les parents sont deux forces de la nature, comme on en voit rarement ! RESPECT !!

Ecrit par : marie-laure | 03.12.2008

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Cette histoire est vraiment horrible !!
Ma mère habitait là-bas au moment du drame, elle m'en a parlé, j'ai vraiment de la peine pour ces parents, c'est une terrible perte !
J'espère qu'un jour on connaîtra la vérité !!!

Ecrit par : marion | 07.12.2008

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Poème très poignant très beau très triste comme l'histoire de Grégory et sa famille

Ecrit par : stephanie | 09.12.2008

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Bravo pour votre récit. Criant de sincérité et de vérité ! Vous devriez écrire Madame...
J'avais 24 ans lors de la disparition de Grégory......
... mais je vous laisse le soin de visiter mon site qui relate de l'affaire. En collaboration avec les parents, je recherche, ce dont vous ne parlez pas dans votre récit, la vérité ! Pour qu'enfin l'eau qui a sali cet enfant soit lavée à tout jamais...!
Peu importe l'assassin, peu importe le "kidnappeur", puisqu'il ne lui arrivera rien même si nous découvrons son idendité, mais le bien-être des parents passe par cette étape...
Continuez à écrire, je vous donnerais l'adresse de mon éditeur...

Ecrit par : Claude | 30.12.2008

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Merci, Claude, pour votre message et vos compliments. Je vais aller voir tout de suite votre site. Quant à l'écriture, oui, j'écris depuis des années... et j'ai édité à compte d'auteur aussi, plusieurs ouvrages... mais après mon dernier livre écrit récemment sur la solidarité et sans avoir trouvé encore d'éditeur, j'ai décisé de mettre mes ouvrages sur internet, sur ce blog, petit à petit, au fil du temps, plus mes articles sur l'actualité et les sujets qui me prennent le coeur comme pour Grégory. J'espère de tout coeur comme vous que nous découvrirons la vérité sur cet horrible assassinat. À bientôt sur votre site ! Chloé Laroche

Ecrit par : L'auteur de ce blog | 30.12.2008

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Bonjour,


Chose extrêmement étonnante qui m'avait totalement échappé en lisant votre récit, ce qui prouve bien que l'affaire de ce petit gaçon embu quelque peu mon cerveau. Je m'aperçois donc, ce matin, que vous vous nommez Laroche. Faites-vous partie de la famille du malheureux Bernard...?

A bientôt

Ecrit par : Claude | 30.12.2008

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Non, Claude, je ne fais pas partie de la famille de Bernard Laroche. Des Laroche, il y en a des milliers en France. Mes ascendants étaient en Auvergne à l'origine, avec à proximité.... la roche volcanique.

Ecrit par : L'auteur de ce blog | 30.12.2008

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Bonjour, j'ai lu votre article concernant l'affaire du petit boutchou Grégory. J'ai regardé hier "Faites entrer l'accusé" car à cette époque je n'étais pas née. Je trouve cela scandaleux que l'on puisse accuser une mère aussi protectrice et aimant son enfant, d'avoir pu le tuer et se faire passer pour le corbeau. Je pense encore une fois que la justice n'a pas fait son travail au lieu de trouver un vrai coupable ( le présumé coupable étant le voisin jaloux de la famille Villemin) puisse accuser la mere déjà anéantie de ce qu'il venait de lui arriver. Il faut, au bout de 24 ans, trouver le vrai coupable pour que cette famille puisse faire son deuil, et qu'elle puisse vivre en paix, enfin sans oublier ce petit boutchou qui aurait eu maintenant 28 ans et avoir des enfants. Je soutiens cette famille.
Ces crimes horribles ne devraient pas exister, ces personnes qui tuent sans raison et qu'ils tuent des enfants innocents, c'est inimaginable.
Maintenant trouvons le coupable !!! Pour que Grégory ne soit pas oublié et pour savoir la vérité.... 
Très beau poème madame.

Ecrit par : aurélie | 11.02.2009

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Bonjour, 
J'ai lu votre hommage au petit Grégory. Lors des faits, je n'étais pas encore née ; je suis née que 1 ans après ; je suis de Mulhouse pas très loin où ce cauchemar s'est passé. Un soir je regardais la télé et j ai regardé cette émission sur france 2 qui je ne sais pourquoi m'a touchée et m'a fait pleurer quand je vois les photos de ce petit il était tellement innocent pourquoi?
Ma question sera toujours pourquoi ?
À ce jour nous ne savons toujours pas quel "monstre" a fait ça et je pense que avec les progrès que nous avons fait il peuvent retrouver l' assassin de Grégory et faire enfin justice. 
Je voudrais dire que les parents de Grégory sont des personnes incroyables et méritent beaucoup de respect et que enfin la justice donne un nom et un visage sur la personne qui s 'est dit être le "corbeau " et que cette personne paye pour son crime.
Je voudrais savoir comment peut-il vivre avec cela sur la conscience.
à bientôt 
une maman

Ecrit par : vidale | 09.03.2009

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Bonsoir. Votre lettre est très touchante. Il y a beaucoup de questions sur ce qui est arrivé au petit Grégory et je crois que beaucoup de personnes pensent à lui et à ses parents, que je soutiens très fort. Pensées à vous. Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 09.03.2009

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Je ne sais comment dire à Jean-Marie et Christine Villemin ma compassion totale face au drame terrible qu'ils ont vécu, j'ai lu tout ce que j'ai trouvé de sérieux sur la mort du petit garçon si rayonnant, j'ai notamment lu leurs propres écrits et je suis fascinée par la simplicité et la profondeur de ces deux êtres qui s'aiment par-dessus tout, et cet amour sans faille a survécu à la pire des horreurs, le lynchage médiatique, la douleur terrible d'avoir perdu leur petit trésor si lumineux, sans jamais avoir pu connaître l'exacte vérité sur l'assassinat de ce petit . De toutes mes forces je prie pour que la lumière soit faite, ils le méritent et on les a trop malmenés, c'est injuste profondément injuste. Christine, Jean-Marie, j'ai mal avec vous. Vous êtes des êtres que j'aurais aimé rencontrer. Vous êtes dans mon coeur.

 

Marie-Renée

Ecrit par : Mainguet Marie-Renée | 19.04.2009

 

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bnojour , je suis de belgique , je n'ai que 32 ans et pourtant depuis toute jeune je suis l'histoire de gregory.J'ai egalement achetez les 2 livres que Jean-marie et Christine Villemin ont écrit pour crier et clamer leur douleur de cette perte atroce. Jamais je n'ai cru que Christine avait pu tuer son enfant , comment certaines personnes ont pu le croire ..... il est vrai que j'ai deja essayé de pouvoir écrire aux parents personnellement mais fautes d'avoir leur adresse peut etre que vous vous pourrez leur transmettre mon message. aujourd'hui encore j'ai pu constater dans le journal qu'on relancé l'affaire et je suis de tout coeur avec eux battez vous pour que la vérité eclate et je prie pour que cela arrive et au moins je crois que beaucoup de personnes vous devront des excuses des plus royales et qui c'est peut etre un jour aurais je la chance de vous parler...
merçi a vous pour ce joli poeme , cela permet au moins de pas oublier la memoire de cette enfant trop tot arraché a la vie. biz a vous

Ecrit par : valerie | 10.08.2009

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Bonjour, je m'appelle Michael né un 16 octobre 78 je devait avoir son âge à ce petit grégory et même peut être le rencontre si ça ce trouve, car j'ai beaucoup de peine pour sa mort, moi je n'avait que 6 ans mais ne comprenait pas encore ce que c'était les intrigues, les problèmes, la mort etc..., mais maintenant que j'ai grandi je suis vraiment de tout coeur pour que vous puissiez rechercher ce criminel que ça soit de la famille ou autre il ne faut surtout pas baisser les bras car moi j'ai grandi et j'aurai pu grandir avec ce petit grégory que je ne connais pas encore mais que j'aurai pu, je voit un garçon charmant comme ça pouvai têtre aujourd'hui. Je vous en remerci du site pour emtamer un commentaire à ces proches qui l'aimait temps.

Ecrit par : NAUD Michael | 03.09.2009

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Michael,

Je vous remercie pour votre mot très touchant. Nous pensons à Grégory très fort, vous et moi, ainsi que tous ceux qui ne l'oublient pas, nous pensons à ses parents ainsi qu'à toute sa famille.

En ce jour de la rentrée, je pense à tous les parents endeuillés qui vont sur la tombe de leur enfant alors que tous les autres parents emmenent leurs enfants à l'école. Je les embrasse et envoie du courage à tout le monde.

Chloé LAROCHE

Ecrit par : Chloé Laroche | 03.09.2009

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Christine et Jean-Marie,

Jamais durant toutes ces années nous n'avons pris notre courage à deux mains pour vous témoigner notre soutien moral ce dont nous regrettons mais on ne rattrape pas le temps perdu. Les bons mots ne nous venaient pas

Nous avons très souvent pensé à votre Grégory et à vous.

Sachez cependant que nous n'avons jamais un seul instant douté de vous ; nous sommes tellement heureux pour vous qu'aujourd'hui vous puissiez enfin faire baisser les yeux à ceux qui vous ont accablés.

La vie ne vous a pas fait de cadeaux ; mais nous sommes persuadés que dans ces épreuves, vous avez su puiser du courage pour vos enfants ; Jean-Marie avait les "épaules" assez larges...

De tout coeur avec vous, nous le sommes depuis très longtemps

Martine & Jacky NOEL

Ecrit par : NOEL MARTINE | 22.10.2009

 

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Christine et Jean-Marie,

Je vous adresse toutes mes pensées pour vous et votre petit garçon. Il avait quatre ans et était si beau. Aujourd'hui, les tests ADN vous innocentent pour toujours aux yeux de beaucoup de monde qui pensaient au fond d'eux : "il n'y a pas de fumée sans feu"... et qui, suite à votre libération, ne savaient pas vraiment que penser... restant sur des doutes éternels de votre culpabilité. Je suis soulagée pour vous mais toutes ces années si sombres, c'est terrible et si cruel pour vous. En mémoire de Grégory et pour que les coupables soient mis en pleine lumière et punis, même post-mortem, je souhaite que les tests amènent d'autres révélations sur le meurtre de votre fils. Je vous adresse mille pensées de réconfort ainsi que tous les commentaires laissés pour vous par mes lecteurs sur ce blog. Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 25.10.2009

 

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Gregory, on t'oubliera jamais bébé.
Petit bonhomme le coupable paiera je te le jure
Petit homme, repose en paix
Nous t'aimons titi.
Voici un petit poeme pour toi mon ange, j'espère que du ciel tu ne voit pas mes larmes.
poeme :
J’avais 4 ans mon seul but était de vivre voir le soleil pour qu’il me montre ses merveilles. Malheureusement je n’en aurais pas eut le temps, et je n’aurais jamais 5 ans, j’étais un ange et pourtant ma vie m’a été volée, j’ai été assassiné et mes parents sont effondres. Je m’appelais Grégory, j’étais tout petit pourtant la vie on m’a pris. Je ne suis qu’un enfant qui jamais n’aura cinq ans. On m’a assassiné, je n’ais put protester pourtant j’ai essayer, mais dans la rivière on m’a jeté, suis-je mort noyé ? Je n’en sais rien. Je sais seulement que je n’aurais cinq ans et que jamais plus je ne pourrais embrasser mes parents, et les consolés de ma mort leur dire que je les aimes. Ils ne me verront plus grandir mais dans leurs souvenirs je resterais, gravé à tout jamais. Je m’appelais Grégory Villemin, je venait d’avoir quatre ans j’étais un petit garçon calme et très sage. Je M’appelais Grégory je venait de fêté mes quatre ans et je n’ai plus qu’a dire adieu papa maman , votre petit Grégory qui vous sourira à jamais et vous aimera mais qui ne sera plus jamais là , mais qui pourtant vous aimera à jamais tendrement votre enfant qui vous dit sereinement , et paisiblement je n’aurais peut-être jamais cinq ans mais une chose est certaine je vous aimes adieu papa et maman votre enfant qui dormira à jamais paisiblement même si il ne sera jamais grand , je vous dit en souriant adieu papa et maman .

Ecrit par : gwendoline | 05.11.2009

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06/08/2008

En hommage à Valentin. Avec toutes mes pensées à ses parents.

VALENTIN____________________________160769874.jpg



Un enfant est mort assassiné
Un soir en pleine rue sombre
Tout seul face à son meurtrier
La main du démon a frappé
Quarante coups de couteau
Comme un chien enragé

Un enfant est mort assassiné
Le cercueil est blanc dans un monde noir
Un homme a tué mais ce n'est pas lui
Qui était au bout de sa main
C'est un mal pire que tous les maux
La volonté de prendre la vie d'un enfant pur

Un enfant est mort assassiné
Il portait le prénom de l'amour
Jamais il ne connaîtra le bonheur
Des amoureux dont il portait le nom
Mais de là-haut il esquisse un sourire
En portant la main à ses plaies refermées2043568094.jpg

Un enfant est mort assassiné
Comme le petit Nicolas
Poignardé dans les rues de Marseille
Il y a déjà des années
La vie continue mais le cauchemar aussi
Violence qui frappe l'innocence

Un enfant est mort assassiné
Il a parcouru ensanglanté
Les rues désertes et silencieuses
Appuyant sa main rougie sur les maisons
Traces de vie indélébiles
Ton âme est immortelle

Un enfant est mort assassiné
Il porte ce soir à ses parents meurtris
Un soleil d'amour si grand
Que j'en pleure chez moi ce soir
Valentin va poursuivre son chemin
En les prenant par la main dans la nuit

Je t'embrasse Valentin.

Chloé

15/07/2008

Pour Cyrille, jeune ambulancier décédé durant le transport d'un patient violent. Mon témoignage d'ambulancière et de taxi, avec le récit de mon agression à Caluire.

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HOMMAGE À CYRILLE HAQUEVAUX, AMBULANCIER DÉCÉDÉ TRAGIQUEMENT

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Je pense à toi, Cyrille, à ton enfant qui va arriver, à tous les ambulanciers de France et du monde entier qui font leur métier avec coeur.ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences,cyrille haquevaux,saint-brieuc,danger,ambulance,accident,caluire,bande,violence,victime,orphelin,drame,métier,handicapé,handicap,protection,conducteur,courage,héros,collègue,traumatisme,témoignage,médical,accompagnement,fuite,suicide,déséquilibré,mort,deuil,gâchis

Je suis touchée par ton décès tragique, causé par un patient violent et atteint mentalement que tu devais accompagner, et je tenais à te rendre hommage sur mon blog... où je parle de notre métier régulièrement dans le chapitre : "Ne tirez pas sur l'ambulance" (cliquer sur ce titre à gauche dans les catégories).ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences,cyrille haquevaux,saint-brieuc,danger,ambulance,accident,caluire,bande,violence,victime,orphelin,drame,métier,handicapé,handicap,protection,conducteur,courage,héros,collègue,traumatisme,témoignage,médical,accompagnement,fuite,suicide,déséquilibré,mort,deuil,gâchis

Cyrille Haquevaux, 24 ans, se trouvait à l'arrière de l'ambulance lorsque le patient transporté, atteint mentalement, s'est agité brutalement et a essayé de sauter de l'ambulance, entraînant dans sa chute le jeune ambulancier sur le bitume de la voix express. Cyrille ne se releva pas et fut emmené à l'hôpital de Saint-Brieuc. Il est maintenant décédé et son enfant va bientôt voir le jour, sans que Cyrille n'ait pu le voir, lui qui s'occupait de tous ses patients avec générosité et coeur.


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J'ai repris le travail et les faits se sont reproduits, avec des coups violents reçus dans le dos et à la nuque, malgré mes avertissements à l'employeur et aux parents, lesquels ne m'ont pas cru. "Leur fils ne pouvait pas avoir fait cela." La mère m'a accusée de n'avoir aucune autorité. Au final, je n'ai eu aucun mot réconfortant ni le semblant d'une compréhension... J'ai eu du mal à m'en remettre, et en plus, suite à tout cela, j'ai perdu mon travail. Heureusement, j'en ai retrouvé un depuis, et j'ai repris courageusement la voie que j'aime : le transport et l'accompagnement de personnes malades, âgées et handicapées.


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En juin 2004, je m'étais déjà fait agresser à Caluire, près de Lyon, par une bande de jeunes qui ont lancé des pétards sur mon taxi, alors que je transportais un client et que j'étais arrêtée dans un embouteillage. Je suis sortie du véhicule et un des jeunes (il avait environ 18-20 ans) m'a menacée verbalement, avec tant de haine dans les yeux que j'en resterai à vie troublée...

Troublée et interpellée par la haine d'un inconnu qui vous prend pour cible, sans aucune raison. Il m'a lancé un pétard en plein visage, pétard qui a explosé près de l'oeil gauche. Je suis restée choquée en attendant les pompiers, qui m'ont emmenée aux Urgences. Ils ont été formidables. Les policiers sont venus assez rapidement sur les lieux et m'ont révélé qu'ils n'arrivaient pas à mettre la main sur cette bande et qu'ils craignaient ces jeunes. Ils étaient d'ailleurs tous partis en courant de la petite place où ils sévissaient.ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences,cyrille haquevaux,saint-brieuc,danger,ambulance,accident,caluire,bande,violence,victime,orphelin,drame,métier,handicapé,handicap,protection,conducteur,courage,héros,collègue,traumatisme,témoignage,médical,accompagnement,fuite,suicide,déséquilibré,mort,deuil,gâchis


J'ai eu beaucoup de chance de ne pas perdre un oeil ou l'ouïe et de n'avoir aujourd'hui aucune séquelle. Il n'y a eu aucun témoin ayant apparu non plus, alors qu'il y avait du monde aux balcons, dans les commerces, dans les voitures alentour. Personne n'est intervenu, ni n'a réagi pour m'aider, à part le client que je transportais... qui a eu peur lui aussi. J'étais alors enceinte et je remercie le Ciel de m'avoir permis de garder mon fils, malgré le choc.ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences

ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgencesCe sont des métiers à risque, comme chaque fois que j'ai transporté en VSL (véhicule où on est seul avec le patient assis) des malades sortis de l'Hôpital Psychiatrique, parfois sur de longues distances.


Je me souviens d'un jour où on nous avait confié un monsieur de l'Hôpital psychiatrique pour l'emmener en dialyse. Il s'est mis à mordre mon collègue à l'arrière et à se débattre dans tous les sens. Le cadre ambulancier avec qui j'étais ce jour-là me suppliait de faire aussi vite que possible, ce que j'ai fait, passant à travers les embouteillages par miracle et aussi grâce aux automobilistes qui s'écartaient pour me laisser passer. J'ai traversé toute l'entrée de Grenoble à toutes trombes pour arriver le plus vite possible au CHU.

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Un médecin avait tout de même fait remarquer à ma patronne, lorsque j'ai été frappée, qu'aucun filet ou grille de protection n'était installé dans le véhicule que je conduisais.

Je pense à toi Cyrille......... et à ta famille, à ton enfant orphelin d'un papa. Je pense à ton collègue traumatisé par ton décès et par ce drame terrible.

Je pense à tous les ambulanciers de France et du monde. Nous faisons un beau métier mais quelles difficultés nous traversons et quelle méconnaissance de la société existe sur cette profession souvent rabaissée et délaissée ! C'est un métier de personnes généreuses et souvent exploitées. Un métier qui ne compte pas ses heures et ses kilomètres, ni son écoute aux patients. Un métier d'amour envers les autres, envers les souffrants. 

Chloé Laroche

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RAJOUT : J'AI SU EN 2012 PAR LE COLLÈGUE DE CYRILLE (VOIR SON COMMENTAIRE) QUE SON FILS VA BIEN, QU'IL EST TRÈS BEAU ET QU'IL RESSEMBLE À SON PAPA.

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Photos : je remercie le site Photosearch et Bing images pour la plupart des photos de cet article. Le mandala de larmes vient du site : http://koah.over-blog.com/30-categorie-10168075.html

La photo de la personne tournée de dos devant le lac du Bois Français a été prise par moi.

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.... Vous pouvez lire ci-après des extraits du site des Ambulanciers, expliquant les circonstances du décès de Cyrille, jeune ambulancier et futur papa.



__________________ Hommage à notre collègue ambulancier  dans l'exercice de ses fonctions____________

(extrait du site des Ambulanciers .... http://ambulancier.over-blog.com)


Le malade bouscule l'ambulancier installé à l'arrière.
Les deux hommes sont projetés, par l'arrière, sur la voie express.
Lourde chute pour l'ambulancier Cyrille Haquevaux, 24 ans.

Le jeune ambulancier est, lui, transporté au centre hospitalier de Saint-Brieuc puis à Pontchaillou, à Rennes, où il était dimanche en état de mort cérébrale. Sa conjointe doit accoucher dans quelques jours.


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Extrait du reportage LCI :

PAS DE SANGLE.

Selon un employé de l'hôpital de Saint-Brieuc souhaitant rester anonyme, le jeune homme "très baraqué" venait de traverser une phase d'agitation, "de celle où ils veulent tout casser". D'après cette même source, le patient était allongé sur le brancard non sanglé. Au bout de 10 minutes de trajet, à hauteur de la commune de Plérin, "le patient réussit à ouvrir la porte du véhicule", raconte Bastien Diacono, le procureur adjoint du tribunal de Saint-Brieuc.

Dans des circonstances encore indéterminées, le malade entraîne dans sa fuite l'ambulancier. Les deux tombent sur le bitume. L'ambulancier ne se relèvera pas. Le patient, lui, passe la glissière de sécurité sur le terre-plein central. Le jeune homme est percuté par une voiture arrivant en sens inverse.

______________________________ Extrait du site : http://ambulancier.over-blog.fr _____________

Notre avis :

Un problème parmi tant d'autres, mais cette fois-ci un collègue y a laissé la vie, ce qui confirme ce que l'on a toujours dit : nous ne sommes pas de simples "transporteurs" mais des professionnels de santé formés et diplômés. Ce ne sont pas des colis que nous prenons en charge mais des personnes, malades de surcroît, avec leurs différents problèmes et pathologies. Je n'ai jamais vu un chauffeur routier se faire éjecter de son camion par un colis qu'il transportait.

Le deuxième Hic c'est la transmission d'informations entre le personnel soignant et les ambulanciers... quand on voit qu'il faut parfois se "battre" pour avoir un minimum de relève. Sachant que le malade est sous la responsabilité intégrale de l'ambulancier, une fois la grille de l'hôpital franchie, il est donc nécessaire d'obtenir certaines informations à caractère médical. RAPPEL : les ambulanciers sont tenus au secret médico-professionnel, donc apte au secret partagé. Un malade psychiatrique ayant une phase d'agitation même calme sera sanglé au minimum d'une ventrale par précaution, car on le sait ce genre de patient est totalement imprévisible. Si les informations citées plus haut avaient été transmises, cela aurait certainement engagé nos collègues à sangler le malade et l'on aurait pu ainsi éviter ce drame. Dommage qu'une fois de plus il faut attendre un mort pour amener une réflexion sur le sujet.

Nos pensées accompagnent sa famille.
Sincères Condoléances.

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Les faits:

SAINT-BRIEUC. - « C'est une histoire hors norme. Avec cette affluence sur la RN12, on a frôlé une catastrophe plus grande encore. » Le procureur adjoint, Bastien Diacono et les secouristes restent marqués par la scène qu'ils ont découverte, samedi, peu après 13 h, à la hauteur de Plérin (Côtes-d'Armor). « Deux corps allongés de chaque côté de la quatre voies, il nous a fallu un peu de temps pour comprendre. »

Quelques dizaines de minutes plus tôt, une ambulance de la toute jeune société Urge ambulances revenait du centre hospitalier de Saint-Brieuc pour véhiculer un patient vers l'hôpital psychiatrique de Bégard, à 50 km. Un homme âgé de 27 ans doit y être transféré à la demande de sa famille. Quelques heures auparavant, il a tenté de mettre fin à ses jours, en voulant sauter d'un pont.

Un témoin a tenté de le stopper.

Alors que le véhicule est en route, le malade bouscule l'ambulancier installé à l'arrière. Les deux hommes sont projetés, par l'arrière, sur la voie express. Lourde chute pour l'ambulancier Cyrille Haquevaux, 24 ans, qui reste à terre. Le patient, lui, se relève et entreprend de traverser la route. « Un témoin l'a saisi par le bras pour l'arrêter dans son élan », raconte un automobiliste. Mais l'homme réussit à traverser le rail de sécurité et à se lancer dans le flot de circulation. Une voiture le heurte brutalement. L'intervention des secours ne permettra pas de le réanimer.

Le jeune ambulancier est, lui, transporté au centre hospitalier de Saint-Brieuc puis à Pontchaillou, à Rennes, où il était dimanche en état de mort cérébrale. Sa conjointe doit accoucher dans quelques jours. Son collègue, conducteur, a, lui aussi, été hospitalisé, extrêmement choqué.

Transport à risque :

Pour Bastien Diacono, le représentant du parquet, « cela pose la question de la condition de transport de l'individu atteint de pathologie psychologique ». Pourquoi le malade n'a-t-il pas été attaché ? Sa dose de tranquillisants était-elle suffisante ?

« Nous ne sommes que des exécutants, témoigne Yann Kerleau, président du syndicat départemental des ambulanciers. Le transport est prescrit par un médecin avec consignes particulières. » Mais l'évaluation n'est pas toujours aisée.

« Ce sont des transports à haut risque, estime-t-il. Il n'est pas rare que nous ayons des problèmes avec des malades agités. » Son équipe a déjà été confrontée à une tentative d'étranglement, une agression... «Quand c'est une hospitalisation contre la volonté de la personne, j'oblige mes collègues à attacher les chevilles et les poignets. C'est plus délicat quand la personne est sensée et volontaire.»


Sébastien GROSMAITRE.

Ouest-France____________________________
Vos réactions sur le Forum :



le 08/07/2008 à 12h07
Condoléances à la famille de cet ambulancier, et encore une fois un grand bravo et merci, à tous ces hommes et femmes, qui mettent leur vie en danger, pour en sauver d'autres.
Moi, Chez moi

le 07/07/2008 à 21h17
J'ai moi un fils policier qui doit souvent transporter ce genre d'individu à Sainte Anne et qui a été blessé personne n'en parle.
Mimi, Val de reui

le 07/07/2008 à 20h58
Bonjour je suis CCA depuis plus de 20 ans. Avant les médecins discutaient avec les ambulanciers ; maintenant un ordre de mission, une prescription médicale de transport (bon de transport) et les ambulanciers débrouillez vous scandaleux!!! où va t on ? les ambulanciers sont la derniére roue de la charrette ; savez vous que nous sommes des transporteurs qui bénéficient de la convention collective des transports routiers !? un camion de bananes, de viande ou une ambulance : la même convention ! scandaleux ! j'aime mon métier mais actuellement il est temps que les différents ministéres de tutelle se réveillent en tout cas toutes mes condoléances attristées pour ce collégue qui a laissé la vie pour un "fada"' ; à qui le tour ?
Ambulancier catalan, Perpignan

le 07/07/2008 à 18h53
Étant moi même ambulancier , je ne peux qu'être ému et énervé en lisant cet article , car cela fait des années que l'on crie au loup en disant qu'un tel drame se produirait et on nous riait au nez , car parfois ces transports ce font même en Véhicule Sanitaire Léger... ce qui veut dire qu'il n'y a qu'un ambulancier dans le véhicule et que ce serait-il passé si le véhicule était allé percuter un car d'enfants ? Il est temps de réglementer correctement ce genre de transport mais encore une fois il faut un drame pour que l'on se penche sur notre métier ; malheureusement il est trop tard pour notre collègue , condoléances à la famille et bon courage.
Marpin, Saint-calais

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Commentaires

Merci pour votre bel hommage à mon ancien coéquipier, stéphane de saint-brieuc.

Ecrit par : STEPHANE | 31.08.2008

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Nous sommes aussi ambulancières dans le Pas de Calais, nous déplorons ce drame et nous présentons à la famille nos plus sincères condoléances. ENCORE UNE FOIS CE DRAME AURAIT PU ETRE EVITE

Ecrit par : aicha - peggy | 17.09.2008

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Je suis passée en voiture juste après le drame les pompiers ambulance et un corps sur la 4 voies étaient là près de nous, nous allions sur st brieuc... Dès que je lis cette histoire je revois ces images, j'ai un petit bonhomme de 20 mois et je pense fort à la femme de l'ambulancier qui a maintenant un enfant, j'espère qu'elle est entourée même si cela ne remplacera pas le papa... et courage à son coéquipier qui était dans la voiture pour continuer son travail.

Ecrit par : mary | 05.01.2009

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Merci Mary pour votre commentaire et vos pensées pour cet ambulancier et sa famille ; merci à vous aussi, son co-équipier d'ambulance qui m'a écrit et à qui je pense fort. Nous soutenons très fort, ambulanciers de toute la France, sa compagne veuve et son enfant. Chloé

Ecrit par : L'auteur de ce blog | 05.01.2009

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TOUTES MES CONDOLEANCES A SA FAMILLE JE SUIS MOI MEME AMBULANCIER...................

Écrit par : Thieulent | 06/04/2010

Répondre à ce commentaire

 

Oui, nous pensons à sa famille et son enfant qui a quelques mois maintenant. Je pense à tous les ambulanciers de France et du monde. Un beau métier mais quelles difficultés et quelle méconnaissance de la société sur ce métier souvent !! Un métier de personnes généreuses et souvent exploitées. Un métier qui ne compte pas ses heures et ses kilomètres ni son écoute aux patients. Un métier d'amour envers les autres, envers les souffrants. Toutes mes pensées pour vous. Chloé Laroche

Écrit par : Chloé Laroche | 07/04/2010

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Je suis aussi ambulancier et voulais signaler que notre profession comporte des risques malheuseument non reconnus. Je viens de perdre un collegue la semaine derniere d'un infarctus, il n'avait que 48 ans. Le stress de cette profession ne l'a pas aidé c'est sur.
Nous exercons ce metier par passion mais cela devient de plus en plus dur physiquement ainsi que mentalement.
Toutes mes pensées vont a la famille de Cyrille et de Jef.
Pascal

Écrit par : Pascal | 09/04/2010

Répondre à ce commentaire

 

Cyrille, 

mon pote, mon collègue,

cela va bientôt faire 4 ans que tu nous as quitté.
beaucoup, tellement de choses on changé depuis ton départ, 
si tu savais comme tu me manques
je ne peux m'empêcher de repenser à ce jour dès que je passe sur ces lieux maudits.
je ne sais pas pourquoi j'écris sur ce blog je pense que c'est un moyen d'exorciser ses vieux démons, une sorte de bouteille à la mer qui au fond de moi espère que ces mots te parviendrons.
Je voulais que tu saches que malgré le chagrin, la rage... j'ai tout fait pour sauver ce que tu avais eu tant de mal à créer...
Je m'excuse de n'avoir réussi. 
j'ai eu l'occasion de croiser ton fils, il est magnifique, il te ressemble.
rien ne sera jamais plus comme avant, j'en ai d'ailleurs quitté le métier, trop dur...
Bref tu nous manques à tous beaucoup, on ne t'oubliera jamais.

Écrit par : lukaz | 26/04/2012

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Courage à vous Lukaz. Cyrille est parti si tôt. Ce métier est un beau métier mais si dur parfois et si peu aidé et protégé. Je pense à tous les ambulanciers de France et du monde et vous envoie mes meilleures pensées. Chloé L

Écrit par : Chloé Laroche | 27/04/2012

 

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24/06/2008

Trois destins rencontrés en ambulance. De la vie au désespoir. Du combat désespéré à la lutte finale contre la maladie, la solitude et la mort.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



TROIS RENCONTRES

BOULEVERSANTES_____________maladie,handicap,ambulancier,écoute,suicide,cancer,tragédie,ambulance,accompagenement,route,conducteur,rencontre,voyage,soeur emmanuelle,témoignage,isère,espoir,courage




Trois rencontres m’ont bouleversée durant cette journée de travail en ambulance.

Trois destins aux multiples souffrances.

D’abord, je vais chercher un homme handicapé, chez lui. Il est en fauteuil roulant. Arrivés à l’ambulance, je l’aide à l’asseoir dans le véhicule. Je plie son fauteuil et le soulève pour le ranger à l’arrière du véhicule.

La dernière fois que je l’ai vu, au cours d’un précédent transport, il devait partir en voyage au Brésil. Je lui demande alors comment cela s’est passé.
-Qu’est-ce qui vous a plu le plus là-bas ?
-Le Christ, m’a-t-il répondu !
-Le Christ ?
-Oui, et j’ai eu la chance de le voir de près en hélicoptère. Il fait trente mètres de haut...
-C’est le Christ qui surplombe la baie de Rio de Janeiro ! Il a les bras tendus, ouverts sur le monde. C’est si beau de représenter Jésus ainsi, lui ai-je dit.
-C’est vrai ! C’est magnifique !
-Vous étiez seul là-bas ?
-Non, nous étions neuf à partir, neuf membres de ma famille, à cause d’événements douloureux. Ma soeur venait de perdre son fils et son mari ... et nous avons perdu notre mère aussi.... Pour Noël, nous avons préféré partir le plus loin possible...”.

Ils ont mis un océan entre leurs morts perdus et leurs vies présentes... Océan de larmes, océan d’espoir face aux drames vécus.

J’ai ressenti beaucoup de douceur de la part de cet homme pour sa soeur. Il m’a parlé d’elle et de sa force, de ses blessures gravées dans la chair, de sa volonté de s’en sortir par elle-même. Survivance éperdue d’une mère orpheline et d’une veuve solitaire.

Et puis, plus tard dans la journée, je suis allée chercher une dame.

Elle m’a ouvert son coeur spontanément.
Nous roulions dans la neige.

Cette patiente m’a parlé de sa vie de veuve, de ses cancers successifs, de son mari suicidé, de tous les suicides qui s’accumulaient au sein de la famille. Elle m’a parlé de ses enfants, de ses peurs pour eux, de son angoisse de la pulsion de suicide “peut-être héréditaire”, de son combat pour la vie, de la flamme de son existence risquant de s’éteindre bientôt.

J’ai écouté cette dame tout au long du parcours. Je l’ai regardée avec admiration et respect. Elle n’avait à vivre, selon les médecins, que quelques mois. Je l’ai déposée à la Clinique tout en lui laissant quelques mots d’espoir et la chaleur d’une présence à ses côtés, présence fugace mais intense.

Et puis ce soir, j’ai transporté un homme de quarante ans, sortant régulièrement de l’Hôpital Psychiatrique afin de poursuivre une rééducation de la parole. Ce patient a une maladie qui s’est développée tardivement, maladie que sa mère lui a transmise.

Étant enfant, il a vu sa maman enfermée derrière des barreaux, ceux d’un asile. À la fin, on ne lui permettait plus de la voir. Aujourd’hui, il maîtrise difficilement ses mouvements et a beaucoup de mal à parler. Il se bat pour rééduquer sa parole et réapprendre à articuler.

Cet homme est le père de deux adolescents. “Je ne les vois pas souvent. Ils me manquent tellement !” me confie-t-il.

Cet homme travaillait autrefois. Il avait alors une vie normale, une famille. Aujourd’hui, il est enfermé dans ce pavillon psychiatrique.


Après la fin de mon travail, je suis rentrée chez moi avec les images de ces trois vies qui m’ont bouleversée... avec les mots de toutes ces vies que je croise.

Je pense aussi à cet homme dont j’ai parlé plus haut... que nous appellerons François et qui est rentré en chambre stérile depuis neuf jours.

Je suis allée le voir au tout début de son entrée à l’Hôpital. Je le lui avais promis. C’était son premier jour d’isolement. Je lui ai parlé à travers la vitre, avec le téléphone du couloir.

Il paraissait très ému de me voir. Je lui ai dit qu’il commençait un voyage et que je lui souhaitais bonne chance pour ces six semaines où il allait être enfermé, isolé dans cette pièce pour sa greffe de moelle.

Dans ses yeux, j’ai lu un grand espoir... La peur de ne pas survivre aussi. Mais l’espoir surtout. L’espoir de vivre grâce à cette greffe.

Ce soir, je pense aussi à Soeur Emmanuelle.
On l’a incitée à prendre congé des bidonvilles d’Égypte où elle a tant fait pour les plus pauvres. Elle vit maintenant dans le Sud de la France.

Je l’ai entendue parler sur l’origine de son engagement :
-Je ne voulais pas vivoter mais vivre pleinement. Tout donner et partager. Aujourd’hui, je peux partir en paix. Je sais qu’après moi, d’autres continueront. L’important, c’est d’ajouter sa goutte à l’océan d’amour. Il est important que chacun le fasse dans sa vie. Chaque goutte est importante.”

J'ai fait ces trois rencontres durant la semaine de prévention du suicide. Je pense très fort à toutes les familles qui ont perdu un proche par cette fin terrible. Chacun de nous est unique, unique à jamais. Chaque existence est une goutte de vie unique.

 

Chloé LAROCHE

 

 

La photo de fleur provient de ce lien :

http://www.gogoall.net/fonds/nature/f/fleurs/fleur_16.jpg

 

POUR LIRE TOUS MES ARTICLES

SUR LE MÉTIER D'AMBULANCIER, MON MÉTIER :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance/









22/06/2008

Je tire mon chapeau aux parents qui se battent pour leurs enfants... non-démissionnaires et présents dans leur rôle éducatif.

Bonjour à tous et toutes,

 

images-19.jpegUne femme m’a dit ceci : “Je vais mourir car je suis malade. J’aurais aimé faire ce que vous avez fait. Je vous envie car moi je n’ai rien fait. J’aurais voulu adopter comme vous. Chloé, ce que vous faites est admirable mais pour moi cela dépasse l’entendement. Votre action est même maso à mon goût, car adopter d’accord, mais accueillir une enfant handicapée puis une enfant grande qui vient d’Afrique avec une histoire comme la sienne déjà si difficile... c’est incompréhensible pour moi. Je n’arrive pas à comprendre comment vous faites... Oui, d’accord vous avez cette force car vous avez perdu un enfant mais peut-on remplacer un enfant par un autre et est-ce vraiment sain ?”


Je répondrai à cette femme ceci : Oui, cet amour laissé dans mon coeur par le départ de ma fille il y a onze ans m’a donné des ailes pour donner de l’amour à d’autres enfants. Non, aucun enfant ne remplace un autre enfant, même si mon jeune fils ressemble étonnamment à ma fille décédée au même âge. Je sais qu’il y a des parents comme ceux de Dali qui donnent le même prénom qu’un précédent enfant décédé. Cela est très préjudiciable pour l’enfant vivant. Dali disait lui-même que quand il allait sur la tombe de son frère, avec son prénom inscrit sur la tombe, il avait l’impression d’être mort. Pourtant il s’est servi de cette souffrance pour devenir un grand peintre. À tout obstacle, on peut trouver une sublimation, une offrande de sa vie au beau, au juste, au don de soi.images-12.jpeg

Cette femme me dit qu’elle n’a rien fait de “bien” de sa vie et qu’elle aurait voulu faire quelque chose dont elle serait fière. Je lui ai fait remarquer qu’elle avait élevé plusieurs enfants. “Oui, mais c’était les miens et vous, vous élevez des enfants qui ne sont pas les vôtres”. Je lui ai répondu que élever ses enfants était quelque chose de formidable et que bien des parents, au contraire d'elle, sont démissionnaires ou abandonnent leur enfant ou les maltraitent ou les éduquent mal.

images-20.jpegDernièrement, un homme m’a avoué qu’il connaissait des personnes qui laissent leurs enfants jeunes, de moins de dix ans, devant des films pornographiques et qu'ils regardent ce genre de films avec eux. Et ceci se répète au fil du temps. Cela me donne envie d'aller chez ce genre de parents et de leur ôter l'envie de recommencer ce genre de pratiques terribles pour un enfant.images-22.jpeg

Aussi, je tire mon chapeau à tous les parents qui savent éduquer leurs enfants, leur donner des limites, les protéger, leur parler du monde sans tout leur montrer, les aimer, leur apporter de la tendresse tout en respectant leur corps et leur intimité, les nourrir et les choyer sans les pourrir de société de consommation.

images-4.jpegJe tire mon chapeau aux pères qui se retrouvent seuls avec leurs enfants parce que Madame a rencontré le grand amour et se tire avec “l’homme de sa vie”. J’ai une amie très chère qui s’est retrouvée à l’âge de treize ans avec ses trois frères et soeurs, abandonnés par leur mère tombée amoureuse d’un autre. Elle a tout laissé derrière elle.... Tout : ses enfants marqués à vie. Elle a vécu cet amour indescriptible qui prend toute la vie, tous les sens et même les non-sens.

Je tire aussi mon chapeau aux mères qui vivent des choses extrêmement difficiles... Travailler sans papier en France en élevant seule ses enfants, dans une pièce unique comme seule habitation. Vivre avec la peur au ventre en protégeant ses enfants. En se demandant si on va être expulsée... de son logement ou de son pays... En travaillant au noir... En étant obligée de laisser ses enfants seuls la nuit pour aller travailler... Femmes acculées au pire.images-16.jpeg

Où est donc passée en France cette notion humaniste de défendre la veuve et l’orphelin ? Qui a encore cette notion de protéger la femme seule élevant à la force de son mental et de ses reins ses enfants seule ? Qui pourrait donner des papiers aux mamans étrangères qui travaillent pour la France mais... qui pleurent chaque nuit de l'inespérance de leurs lendemains... quand leurs enfants dorment à côté d'elles du sommeil de tous les enfants du monde.

Chloé LAROCHE

12/06/2008

Flashs-back de mon métier d'ambulancière. Vie et mort. Maladie et courage. Solitude et isolement. Regard sur un métier merveilleux mais peu reconnu.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



CHRONIQUES
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Ce qui me frappe le plus, ce sont la solitude et l’isolement de certains patients.

Un soir, nous avons été appelés en urgence avec mon coéquipier pour une dame qui faisait une hémorragie vaginale. Elle était assise par terre dans sa cuisine. Il y avait du sang près d’elle. Du sang qui s’était écoulé violemment de ses entrailles. Son bébé de quelques mois était posé près d’elle, impuissant et démuni face à la souffrance de sa mère.

Nous les avons emmenés tous les deux à l’Hôpital. Le père était, selon cette maman, incapable de s’occuper de l’enfant. Nous avons donc confié ce dernier au service de pédiatrie. La jeune mère n’avait plus d’amis, son mari n’étant pas pour qu’elle en ait et plutôt contre... Un mari en situation irrégulière, un mari à protéger dans la solitude d’une vie captive de l’amour.

Nous avons confié cette jeune personne aux Urgences gynécologiques et lui avons laissé en quittant le service quelques mots rassurants pour elle et son bébé.



Je me souviens aussi de cette jeune femme africaine, transportée il y a quelques semaines. Nous l’avons sortie d’un hôpital pour l’emmener dans un autre. Durant le voyage, j’étais à l’arrière de l’ambulance, auprès d’elle, et je l’ai écoutée. Elle était belle, sauvage et écorchée vive dans l’âme.

-J’ai fait une connerie”, m’a-t-elle dit. Ce qui voulait dire en d’autres termes qu’elle venait de faire une tentative de suicide.

Elle vivait dans une totale solitude. Une solitude d’isolement qui sentait la blessure du racisme. Elle pleurait son pays et ne se sentait en aucune façon intégrée dans sa petite ville de province. Elle m’a parlé de ce racisme vécu au quotidien, dans le travail et dans la rue. Pourquoi elle, si jeune et si belle. La couleur de sa peau envahissait tant le coeur des gens qu’ils ne voyaient plus cet être humain en face d’eux ? Je lui ai parlé de la communauté africaine implantée à cinquante kilomètres, dans la grande ville voisine. Pour tisser des liens. Refaire surface avec son identité culturelle. Mais elle n’avait malheureusement pas de voiture.

La dépression n’a pas de couleur et le désespoir peut hélas tomber sur chacun des habitant de la Terre, par-delà toute frontière et sous n’importe quelle latitude. Relever la tête et se battre, ne pas se laisser abattre, est le don du courage laissé à chacun de nous, que nous soyons noirs ou blancs, jaunes ou rouges.

Nous avons laissé cette jeune femme dans sa nouvelle chambre hospitalière. Elle allait pouvoir se reposer. Mais je savais en la quittant qu’un sourire était né dans son coeur, une étincelle d’espoir, une lueur allumée par notre échange.



Un après-midi, nous sommes allés dans un centre d’accueil spécialisé pour chercher une dame et l’emmener passer un scanner.

C’était une femme jeune, au visage d’ange. Elle était prostrée, paralysée ainsi depuis plus de dix ans.
-C’est une rupture d’anévrisme qui l’a frappée d’un seul coup. Elle était dynamique, pleine d’énergie, de projets et maman d’un petit garçon. Elle a eu un jour très mal à la tête et soudainement elle a disparu dans ce gouffre de la maladie.”

C’était sa soeur qui se confiait ainsi à moi...
-Notre vie dans la famille n’a plus jamais été celle d’avant.”
Elle sortit fébrilement des photos de son sac.
-Tenez, ce sont des photos de ma soeur. Regardez comme elle était belle et épanouie.”
J’ai regardé, très émue, ces photos d’une jeune femme de trente ans, heureuse de vivre. Je me suis dit en voyant ce qu’elle était devenue que la souffrance du Christ offerte sur la croix se poursuit inlassablement dans l’humanité martyre.

Cette crucifixion de la chair et de l’âme, cet écartèlement qui n’en finit plus au coeur de la vie, a commencé dans ma propre existence le jour où des hommes en noir ont cloué et fermé à jamais le cercueil de ma fille de trente mois. Pour continuer à vivre et pour exister pleinement, il faut apprendre à offrir sa souffrance pour qu’une transmutation s’accomplisse dans d’autres vies que la sienne. S’offrir comme un coeur ouvert et le donner aux Anges pour qu’ils le transplantent dans d’autres vies en détresse ou en perdition.

Un collègue m’a dit : “Tu vas t’essouffler. Tu verras, le métier d’ambulancier, c’est un métier de business. Il faut enchaîner les courses le plus vite possible, transporter les patients de façon rentable et puis savoir se préserver soi-même psychologiquement en gardant de la distance avec les personnes transportées. Un jour, tu te surprendras à regarder ta montre lors d’une urgence et à regretter que ce soit sur toi et ton collègue que ce transport est tombé... Un jour, tu te surprendras à penser que tel patient régulier qui sent tellement mauvais car tellement infecté... soit bientôt mort pour ne plus avoir à le transporter.”

”Jamais ! Tu m’entends !”, lui ai-je répondu. Non, cela jamais !

Faire ce métier dans un esprit de service, d’écoute, d’accueil et d’accompagnement du patient, donner un sourire, sourire sans compter, rassurer le malade, le laisser là où on devait le transporter et lui serrer les mains chaleureusement, l’écouter aussi, se taire lorsqu’il veut la paix... Voilà ce qui me motive.

La plupart des ambulanciers ont cet esprit de service. Ceux qui ne l’ont pas changent rapidement de métier ou alors ils se fabriquent une carapace à travers laquelle n’apparaissent plus que des gestes formels et standards.

Le collègue dont je parlais précédemment et qui veut me faire croire que je vais vite changer dans ma façon d’appréhender le métier... ce même collègue est un jeune homme qui sait faire rire les malades. Il sait leur donner de la joie avec son humour naturel. Il se tient proche du malade, scrutant son état de santé, et il est capable, au jugé de ses observations, de me demander de conduire plus rapidement, si c’est moi qui tiens les rênes de l’ambulance, afin que le malade souffre moins longtemps.

Un jour où nous travaillions ensemble, nous avons dû transporter une jeune femme qui venait de subir une césarienne. Il m’a avoué ensuite que cela lui faisait toujours quelque chose de transporter des personnes jeunes.

C’est pour cela que je crois en l’Humanité. C’est parce que même si un être humain dit qu’il se protège de la souffrance d’autrui, qu’il est détaché et éloigné de tous les maux de ses frères humains... il peut être aussi tout le contraire dans les actes concrets.




La Toussaint et le jour des Morts viennent de passer. Les fleurs ont réchauffé les tombes dans les cimetières.
J’ai travaillé durant ces deux jours en ambulance.

Nous sommes allés chercher un homme paraplégique pour le transférer d’un hôpital à un autre.

-Cela fait treize ans que j’ai eu cet accident de moto qui m’a coûté mes jambes, mais vous savez, me dit-il, j’ai plus appris de la vie depuis cet accident que dans mon existence d’avant.”

Cet homme prénommé Serge avait l’oeil vif et son sourire était empli d’enthousiasme envers la vie. Il était, me semblait-il, empli de dynamisme, de volonté et d’ardeur de connaître et d’apprendre. Il passa de notre brancard à son lit sans avoir besoin de notre aide, glissant ses jambes inertes à une rapidité impressionnante.

Dans l’ambulance, nous avons parlé de musique, de clavier, de Jean-Sébastien Bach. Je lui ai dit que j’étais violoniste et que je faisais aussi des concerts. Il m’a confié alors qu’il avait un rêve : apprendre le piano pour arriver à jouer un morceau, la Toccata de Bach.

Je me suis dit qu’être capable d’apprendre à jouer d’un instrument pour interpréter une seule partition, unique et magnifique, c’est comme un grand amour. On peut tout quitter pour lui. Pour une seule personne, une seule sur la Terre, on peut quitter son pays, ses amis, sa famille, aller au bout du monde pour rejoindre l’oasis de son coeur. Pour un seul être, on peut tout apprendre. On peut apprendre à naviguer, à voler dans les airs, à piloter sa vie... apprendre à aimer, muter pour aimer.



La veille de la Toussaint, nous avons emmené un homme âgé qui se trouvait dans une maison de retraite. Il était tombé et il y avait un risque de fracture du col du fémur. Nous l’avons placé dans un matelas coquille afin de lui éviter tout mouvement et pour qu’il ne souffre pas trop aussi pendant le transport vers les Urgences. Lorsque j’ai rempli ses papiers pour la prise en charge, comme nous le faisons pour chaque malade, j’ai remarqué qu’il y avait une note écrite sur la fiche de liaison : “Deux enfants DCD”... Décédés... Il avait perdu ses deux enfants adultes durant la même année !

Une vague de compassion a traversé mon âme et j’ai prié pour cet homme qui restait maintenant tout seul dans cette demeure de fin de vie, veuf et orphelin de ses deux enfants. Je lui ai parlé un peu pendant le transport. Je lui ai dit qu’il avait un beau prénom, celui d’un ange. Le prénom d’un homme qui a tout donné. D’autres auraient écrit... “qui a tout perdu”. Perdre, c’est vivre dans le vide et le néant. Donner, c’est transmuter ses souffrances et les offrir pour que le meilleur advienne.

J’ai compris dernièrement que je ne suis pas vraiment loin de ma fille défunte. La distance qui me sépare d’elle est infime dans le temps de l’infiniment grand de l’univers. Dans soixante-dix ans et peut-être avant, ma vie se terminera et alors je retrouverai Océana et toutes les personnes que j’ai aimées et qui sont parties. Lorsque je regarde le monde tourner et la vie danser autour de moi, je me dis sereinement que dans cent vingt ans, aucun être humain vivant aujourd’hui ne sera plus. Le bébé qui naît aujourd’hui, la femme mère de cinq enfants, le chef de famille qui pense gouverner les siens, le collégien qui apprend, le salarié qui trime... tous seront morts. Et d’autres humains auront pris la relève d’une nouvelle humanité.

C’est pour cela que l’important, c’est de vivre sa vie pleinement, de manière à l’enrichir, à la fleurir, à lui donner les ailes de l’Amour.

Laisser tomber le superflu, le “je m’en foutisme”, l’égoïsme, les regrets où l’on se noie, la nostalgie qui freine la vie, les querelles inutiles, les conflits imbéciles... encore que parfois ces derniers soient nécessaires... et vivre le temps qui nous reste avec tous ceux qui demeurent encore vivants.


solitude,isolement,handicap,ambulance,deuil,anévrisme,ambulancier,dépression,suicide,écoute,métier,isère,taxi,vsl,musique,moto,accident moto,paraplégique,vie,combat,maladie,rééducation,courage,résilience,urgence,femme enceinte,perte sang,bébé,enfant,prise en charge,médical,médecin,hôpital,témoignage,vérité,blog,livre internet,édition,éditeur,vivant,avenir,espoir,tragédie,drame,perte,amputation,hospitalisation,peurChloé Laroche

(Fragments de mon ouvrage paru en 2003,

mais épuisé à ce jour : "Transports d'âmes et d'hommes").


POUR LIRE TOUS MES ARTICLES

SUR LE MÉTIER D'AMBULANCIER, MON MÉTIER :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance/

25/05/2008

Lettres à ma fille au Ciel, lettres au Christ, au Soleil et à Marie (1997). Offertes pour tous les parents orphelins en deuil de leur enfant en ce jour de la Fête des Mamans.

PRÉCISION : Les écrits donnés ici ont été édités en 1998 dans l’ouvrage de Chloé “Les Semences de l’Après-Vie” (ouvrage épuisé introuvable) sous l’ISBN : 2-84424-000-3 (Éditions L’ÂME DU CIEL & L’ATELIER). Les écrits donnés sur l’ensemble de ce blog sont protégés mais peuvent être cités en donnant les références et avec l’autorisation de l’auteur Chloé Laroche (chloe.email@laposte.net)___________________________________________________________________________________________________________
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LETTRES à ma fille au Ciel,
lettres au Christ, au Soleil et à Marie____________ 730667945.jpg

______________________________________ Ces lettres sont écrites dans un esprit d’universalisme où j’aborde chacune des fois (“foi” au singulier) du monde, avec le respect dû à chacune et avec l’idée que le Créateur est le même pour tous, comme le soleil brille sur tous les pays______________________440065165.jpg



LETTRE UNE
à ma fille OCÉANA

(16 Mars 1997 et terminée le 2 Mars 1998)



Mon Enfant de Lumière,
Mon Bébé, ma chair déchirée d’éternité,


Va sur ton chemin et sois confiante. Maman est là... pas comme avant, mais je suis là. N’aie pas d’inquiétude devant mes larmes : j’ai tellement confiance en Dieu et en ceux qui t’accueillent dans l’autre monde !

Aujourd’hui quelqu’un m’a parlé de toi mais cette personne était tellement bouleversée qu’elle m’a dit avoir perçu une âme d’enfant égarée et perdue, ne sachant vers quelle lumière aller... et que c’était peut-être toi !? Je lui ai répondu que ce n’était pas possible, que lorsqu’un enfant s’en va dans l’autre monde, il est forcément accueilli et que là-haut on prépare son arrivée...

Finalement je l’ai rassuré, moi ta petite maman pleine d’inquiétude pour toi là-bas sans moi ! Je voudrais pouvoir venir te rejoindre mais je ne peux pas encore partir... sauf si Dieu, notre Père à toutes les deux, le veut bien.

Tout à l’heure, je suis tombée, en ouvrant la télévision, sur la fin du film : “Le petit prince a dit” ; c’est un film que j’avais vu il y a longtemps et qui m’avait beaucoup touchée ; il raconte l’histoire d’une petite fille très malade, Violette, et montre tout l’espoir que ses parents veulent garder. Ce soir, je n’ai vu que les derniers instants du film : le papa de l’enfant malade retrouve le chien de Violette, perdu dehors... La petite fille repose sur son lit, attendant le sommeil de la nuit ; elle prononce ces derniers mots : “Bonne nuit, Papa !” puis elle ferme les yeux. Ensuite, la lumière illumine son visage figé par la mort ; son père étrangle un oreiller...

Ce soir, je voudrais te dire que ton père, Pascal, t’a aimée ; il t’a vu naître, il a été heureux d’être ton Papa, il t’a promenée... Dans les orages et les tornades de notre histoire, dans le coeur de ta Maman qui a quitté le bâteau en détresse lorsque tu avais trois mois mais qui a toujours gardé une ancre pour toi et ton père, dans nos deux coeurs de parents aujourd’hui désespérés... ces trois mots silencieux résonnent : “Bonne nuit, Papa !” Car tu aimais ton Papa et tu l’aimes pour toujours là-haut au Ciel.

Tu es partie si vite... en énumérant, trois jours avant ton décès, tous les noms comme pour nous dire au revoir... Maman, Papa, Fafa, Mémé, Papi ; nous ne pouvions imaginer que tu allais nous quitter si vite, emportée par un virus qui nous a tous foudroyés ; tu avais seulement la grippe et c’est une encéphalite-méningite qui t’a arrachée à nous en vingt-quatre heures à peine ; tu es tombée dans un coma profond, le jour de ton admission aux Urgences, et le lendemain matin, le 14 février, les médecins nous annoncaient qu’il n’y avait aucune chance possible de te sauver ; le virus était là, terrible, inexorable, criminel, foudroyant.

Nous étions hébétés, incapables d’imaginer que tu nous avais quittés ; les médecins ont accepté avec compassion de nous laisser jusqu’au lendemain près de toi, avant de débrancher les appareils ; nous t’avons beaucoup parlé et nous espérions encore. D’autres enfants étaient morts dans les mêmes conditions, sans que les médecins puissent les sauver, à différents stades du virus, mais nous ne le savions pas encore ; un garçon de quatorze ans avait été admis quelques jours avant toi et n’avait pu être sauvé ; en Irlande, cet hiver, une jeune fille de dix-neuf ans, proche d’une de mes amies, est partie aussi soudainement.

Le lendemain, samedi 15, les médecins nous ont reparlé de débrancher les appareils reliant encore notre fille à la vie, en nous expliquant qu’elle se trouvait en état de “coma dépassé” et que son cerveau était détruit par un virus impossible à soigner encore à notre époque. Quelques heures plus tard, ils débranchèrent... Nous étions secoués, en état de choc... La foudre s’abattait sur nous. Tu étais morte, ton coeur ne battait plus... Nous étions anesthésiés par la douleur. Je t’ai dit de te sentir libre et d’aller vers la Lumière pour poursuivre ton chemin de grande âme ; je t’ai dit aussi que nous t’aimerons toujours ; j’ai peigné une dernière fois tes cheveux et t’ai habillée pour l’ultime voyage. Comment survivre à un déchirement aussi cruel sinon par une abnégation totale, un renoncement à nous-mêmes et un don sans retour de l’ange à l’humanité...

Tu ne disais pas encore : “Bonne nuit, Papa !”. Au moment de t’endormir, tu réclamais des calins, et tu disais : “Papa” ou “Maman”... puis tu réclamais ton Bébé, ton nounours et ton chien. Tu disais : “Au ‘voir”... Tu aimais bien les bisous de Maman et je te disais souvent : “Je t’aime !”, en t’embrassant bien fort...

Tu aurais bientôt dit : “Bonne nuit, Papa !” ou “Bonne nuit, Maman !”... Tu serais bientôt allée à l’Ecole Maternelle ; tu aurais fait beaucoup de choses auxquelles on avait pensé, ton père et moi, mais tu es partie, parce que tu devais partir.

Ne t’inquiète pas, nous nous retrouverons. Je t’aime, mon Bébé ; tu me manques tellement... Va vers la Lumière du Christ, de Saint Joseph et de Marie, dont tu aimais tant toucher les images.

Ne t’inquiète pas pour ma souffrance... Elle est normale. Un jour, il y a treize ans, mes parents sont partis vivre dans une île des Dom-Tom. Mon frère cadet Enée avait dix-sept ans et j’en avais dix-huit ; nous sommes restés tous les deux en France pour nos études. Je me souviens combien j’ai pleuré sur le quai de la gare de Grenoble, car ils partaient à douze mille kilomètres de là, pour ne revenir que dans trois ans. Mes petits frère et soeur s’en allaient avec eux ; ça a été un déchirement véritable ! La mort ressemble à cela... car la mort est séparation ; elle est, hélas, séparation définitive avec le défunt... terrible séparation physique durant toute la vie de ceux qui restent sur la Terre.

Mon Bébé, depuis que tu es partie dans l’autre monde, je fais de terribles cauchemars ; dans l’un d’eux, tu étais dans un train que je ne pouvais retenir et qui partait pour ne plus revenir. C’est horrible de savoir, d’accepter que je ne te reverrai jamais sur cette Terre... Tu as pris un train sans retour... Personne ne peut imaginer le déchirement intérieur, dans les tripes... d’une maman ou d’un papa qui perd son enfant ! Personne, sauf ceux-là...

Je ne veux plus penser à ce train, à toi dans le cercueil... Je veux penser comme Christian Bobin qui écrit à son amie Ghislaine, décédée à l’âge de quarante-quatre ans, dans son livre “La plus que vive” (Ed. Gallimard, 1996) : “Je n’ai aucun doute sur le lieu où tu es réellement : tu es cachée dans le coeur des roses rouges. Lorsque je vais au cimetière, je regarde ta tombe, (...) je me dis que tu es là à deux mètres sous mes pieds, (...) et je ne crois pas ce que je pense, et ça vient d’un seul coup, ça vient lorsque je me retourne, c’est là que je te vois, dans l’amplitude et l’ouvert du paysage, dans la beauté sans partage de la terre et du grand ciel, toi partout à l’horizon, c’est en tournant le dos à ta tombe que je te vois.” J’ai commencé cette lettre il y a un an ; aujourd’hui, je la termine avec ce texte de Christian Bobin ; tant de choses m’ont aidée depuis douze mois, tant de personnes et de lieux... comme la Salette où je suis allée me réfugier pour la “date anniversaire” des un an après ton départ dans l’Au-delà ; j’étais si mal ; je ne voulais voir personne ; il y avait comme un gouffre à l’intérieur de moi, de douleur et de révolte insupportable ; j’ai pris ma voiture et je suis partie me réfugier près de la Vierge qui est apparue en cet endroit immaculé de neige ; à mon retour, une maman orpheline comme moi m’a appris qu’elle avait fait la même chose que moi pour la date anniversaire de la mort de son enfant ! Que tous les parents qui ont perdu un enfant puissent trouver refuge en Marie... car elle sait combien ils souffrent : elle a été traversée par le même glaive de douleur ! Alors que tu n’avais qu’un mois, Océana, nous t’avions emmenée en pélerinage à la Salette, ton père et moi, dans ce lieu béni par la Vierge, à deux mille mètres de prières tournées vers le Ciel, lieu de Bleu où tu vis désormais.


_____________LETTRE DEUX
à MA FILLE

(19 Mars 1997)



“Le plus haut degré de l’Espérance, c’est le désespoir surmonté,
comme tout au bout de la nuit on rencontre une nouvelle aurore.”
Georges Bernanos1223106545.gif


Nana Chérie,

C’était début Mars. Avec Fafa, nous sommes allés au cimetière, sur ta tombe. C’est très difficile car je sais que tu es vivante dans un autre monde, que tu es vivante dans mon amour... et ton corps est là, sous la terre. En une seconde je te revois au funérarium et puis au moment des scélés définitifs du cercueil. Je te vois dedans, je me vois t’embrasser... Ce n’est pas possible, ce n’est pas moi, ce n’est pas nous, c’est un cauchemar...

C’est trop dûr, trop dûr ! Ne plus revoir tes cils, tes sourcils, tes cheveux, ta bouche, tes yeux vivants... J’ai mis des baisers sur ton front froid, sur tes joues. J’ai scellé dans mon coeur tous les moments de bonheur, mon Amour pour toi... et je sais que tu n’es pas au cimetière.Tu vis ailleurs... mais je voudrais pouvoir creuser la terre, ouvrir ton cercueil et voir ton sourire ressusciter à la Vie.

Ce jour-là du mois de Mars, avec Fafa, nous étions seuls sur ta tombe ; tout à coup, mon regard a été attiré par une maison miniature faite de bois et de mousse, sans toit, avec une porte ouverte d’un côté et une porte fermée de l’autre côté... J’ai pris cette maison posée sur les graviers du cimetière, aux portes de l’Invisible, et je l’ai posée sur la croix de ta tombe, en attendant de l’emmener avec moi ; soudain, un oiseau est arrivé et s’est glissé derrière la croix. De là où j’étais, je voyais ses yeux, bordés de jaune, qui me regardaient ; il m’a longuement regardée, longtemps ; puis d’un jet il s’est envolé avec un grand cri, me laissant un regard d’adieu qui a traversé mon âme comme si les yeux de Dieu m’avaient emplie d’espérance.

Lorsque tu étais bébé, je t’ai emmenée plusieurs fois dans une maison pleine d’amour, au toit ouvert sur le ciel : la ferme de Marthe Robin ; cette femme est une grande mystique chrétienne, décédée en février 1981 dans la Drôme, près de Châteauneuf-de-Galaure ; elle a vécu dans sa ferme comme une carmélite, acceptant comme unique nourriture quotidienne l’hostie du Seigneur, ceci durant cinquante années ! Je t’ai emmenée à plusieurs reprises en cet endroit ; en effet les âmes pélerines peuvent venir se recueillir dans sa chambre... figée comme une fleur immortelle par la sainteté de cette missionnaire de l’Esprit ; je te plaçais à chaque fois sur son lit afin que tu sois protégée et couverte de grâces divines.

Nous étions allés chez Marthe fin janvier, Fafa et moi, trois semaines avant ton décès ; nous avions beaucoup prié puis nous étions descendus au Foyer de Charité que Marthe a créé à Châteauneuf-de-Galaure, comme elle en a créés depuis son lit des centaines dans le monde entier ; ce jour-là, j’ai été attirée, dans la petite librairie du Foyer, par l’histoire d’une petite fille, Anne de Grignan, décédée à l’âge de dix ans d’une maladie... Elle était un exemple d’amour et de charité envers les autres ; elle avait demandé à faire sa première communion à l’âge de six ans ! Ce petit livre m’a interpelée et je l’ai donc acheté, pensant un jour t’en lire l’histoire... mais beaucoup plus tard. Je n’ai pas voulu te le montrer à mon retour... car, je ne sais pourquoi, j’ai pensé qu’il ne fallait pas te donner des idées de ressembler à cette petite fille partie si vite.

On croit toujours pouvoir protéger les siens de ce qui parait contrôlable... accident, maladie, désespoir, etc ! En réalité, ce petit livre était destiné à ta maman... car tu n’en as jamais vu les images ; je l’ai posé près de toi, lorsque nous avons veillé ton corps ; Marthe Robin et Anne de Grignan voulaient sûrement m’aider à admettre et accepter qu’un enfant, mon enfant, puisse quitter la Terre si vite ! Tu es si belle et je t’aime si fort, ma petite puce Océana ; je prie pour que Marie te serre tendrement pour moi dans Ses Bras de Maman.


______LETTRE TROIS
à MON ÉTOILE
(20 Mars 1997)



Mon Bébé,

Que de choses se sont passées que je voudrais te raconter. D’abord, le film : “Une petite fille particulière” que j’ai regardé à la télévision : c’est l’histoire d’une femme qui vient de perdre sa maman ; elle s’occupe d’une enfant trisomique, Annette, et cette enfant lui apporte, à ce moment-là et durant toute la période de deuil, une présence et une approche des choses différentes. Cette femme apprend ensuite de la bouche de l’homme qu’elle épousera plus tard que, chez les esquimaux, la tradition est de bien observer tous les signes qui suivent la mort d’un proche... car celui-ci nous donne ainsi les moyens de poursuivre notre propre chemin. Et cet homme lui cite un poète : “Reconnais ton étoile et suis-là ! Elle ne brille que pour toi !”

Je sais que c’est toi qui me parles à travers ces messages... parce que tu es l’étoile la plus proche de mon coeur et que tu m’envoies tellement de signes que j’attrape comme des rayons de soleil qui me font vivre et m’accrocher à l’espoir !

Ainsi, hier après-midi, j’ai regardé un instant par la fenêtre ; juste alors, est arrivée une voiture fourgonnette qui s’est garée pendant une heure en feux de détresse devant l’immeuble, en dessous de chez moi.

Sur la camionnette, qui avait un girophare rouge, était inscrit “Nickel Demeure”... “Entretien de votre monument funéraire... nettoyage, fleurissement, etc” ; au moment où je remarquai ce véhicule, étonnée et stupéfaite, une chanson de Michèle Torr est passée à la radio avec cette phrase que j’ai notée tout de suite car je savais que c’était toi qui me parlais : “Je ne te demande pas de m’offrir des fleurs tous les jours mais de faire de temps en temps un geste d’amour !”

Peu après, Fafa m’a appelée au téléphone pour me parler d’un rendez-vous possible avec Marianne Dubois, qui m’avait dédicacé il y a un an son livre : “Noces de Lumière”.

La camionnette était toujours là... L’heure tournait... et j’ai cherché cet ouvrage dans ma bibliothèque. Je l’ai ouvert au passage suivant :

“Une nouvelle naissance sera bientôt aussi importante que notre voyage ensemble, si tu acceptes de mourir à ce passé récent et si tu veux bien te laisser éclore à autre chose.”

Et puis j’ai ouvert de nouveau le livre :

“Tout au bout de ton absence, je te retrouve en moi, plus vivant(e) que jamais, éclatant(e) de lumière et de joie.”

A travers la première phrase, c’était toi qui me parlais et à travers la seconde, c’est comme si ta Maman te répondait... Comme l’auteur, Marianne Dubois, qui parle dans ce livre à la partie divine d’elle-même !

Mais je ne t’ai pas encore parlé de la tempête extrême qui me secoue depuis hier soir !... Ton phare est heureusement allumé dans ma vie et Dieu ne permet pas que je coule ! Il faut garder la tête hors de l’eau sans se noyer... ou se laisser noyer par des courants dangereux ! Les parents comme moi sont emportés dans un tourbillon et surnagent, dans le désespoir de n’avoir pu retenir la main de leur enfant. On marche en face du vent et on n’avance plus !

Mais tu es le soleil de ma vie et tu m’envoies la lumière nécessaire pour que mon radeau ne coule pas.

Je t’embrasse et te serre tendrement sur mon coeur déchiré.



_______LETTRE QUATRE
à MON PETIT ANGE

(21 Mars 1997
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Ma belle Âme,

Ce soir, Fafa m’a emmenée chez des cousins de sa famille, que je ne connaissais pas. Lorsque ce couple a appris ta mort, ils étaient en train de lire mon projet sur une éducation à la Paix par la Musique dédié aux enfants des écoles :“Un Archet pour la Paix”... Ils ont été très bouleversés, d’autant plus que la cousine de Fafa est née un an après le décès d’un petit frère de deux ans.

Le cousin de Fafa m’a parlé tout à coup d’un vieux violon qui leur servait de décoration, un violon de 1880... Il me l’a mis entre les mains, avec un archet tout neuf... L’instrument était désaccordé et les chevilles ne tendaient pas suffisamment les cordes mais j’ai joué quelques notes sur ce violon... qui était resté auparavant cinquante ans dans un grenier ! C’était très émouvant de me dire que l’âme de ce violon était là pour me donner l’envie de rejouer sur mon propre violon ; car celui-ci demeure toujours muet depuis le dernier concert que nous avons donné pour les plus démunis, au restaurant “Le 51” du Père Fréchet, sept jours avant ton départ vers l’Au-delà... ce concert où nous avons joué -violon, accordéon, guitares, percussions- et où j’ai dansé et ri avec toi !

Tu étais si heureuse et pleine de vie, ce soir-là... Nous fêtions le Carnaval... quatre jours avant Mardi Gras ! Tu étais habillée en trappeur du Canada et Maman avait un drôle de chapeau avec des clochettes et plein de couleurs... Tu me regardais jouer et tu venais te blottir contre moi, bercée par nos musiques, puis tu allais gaiement vers tous les convives, vers Laurette et Marie-Jo, les dames de ta crèche qui étaient venues nous écouter, vers Fafa et vers Noël... vers Jordann aussi, hôte du “51”.

Océana, tu nous as quittés durant la première semaine du Carême et je n’ai plus voulu m’alimenter... Aujourd’hui, je prends des aliments pour pouvoir vivre mais je n’ai pas retouché mon violon... Seules l’écriture et la nature me nourissent de sève et d’essence d’ espérance.

Le cousin de Fafa m’a donc présenté son violon et nous avons appris que leurs voisins du dessus et du dessous étaient pianistes ! Quelques instants plus tard, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire : nous avons entendu “Au Clair de la Lune”... joué sur un piano par trois fois ; on aurait dit une main d’enfant : les deux premières fois étaient frappées avec quelques erreurs de notes et la troisième était vraiment parfaite, sans tâtonnements ! Cela venait du dessus et je l’ai entendu comme une mélodie qui me parlait de toi et qui me disait :

“Petite Maman Chérie, je sais que tu me sentais un jour faire du piano mais je suis partie et cette chanson est pour toi, qui l’apprend chaque année à tes petits élèves de flûte à bec. Je t’aime et te fais de gros calins, Maman !”

Cela a été si doux à mon coeur ! C’est vrai que tu étais douée avec ton petit piano et que tu aimais souffler dans la flûte à touches ! Lorsque j’étais enceinte de toi, j’écoutais beaucoup de piano, alors que c’était une chose rare avant ton arrivée dans ma vie ! Je m’étais dit que tu serais sûrement douée pour cet instrument et puis tu avais de si longues et fines mains ! Lorsque je travaillais sur mon violon et que je jouais des morceaux, alors que nous étions seules, tu applaudissais à la fin de chaque musique et tu disais : “Encore !” avec tant de joie et de ravissement que j’en étais émue ; tu étais parfois dans ta chambre pendant que je jouais, et tu manifestais ton bonheur jusqu’à moi !

Puisses-tu, ma fille chérie, faire partie des Anges Musiciens, comme cet Ange violoniste que tu aimais tant prendre dans tes mains... au coeur de ce Monde Lumineux où tu vis aujourd’hui !


______LETTRE CINQ
à MON BÉBÉ
(22 Mars 1997)




Mon petit dauphin, Océana chérie,

Il y a quelques jours, j’ai noté cette phrase qui est exprimée à la fin d’un film extraordinaire : “Le Festin de Babette”. Cette phrase dit : “Du coeur de l’artiste s’élève un long cri vers l’Univers. Donnez-nous le moyen de donner au monde le meilleur de nous-même.” C’est une phrase magnifique que j’ai essayé de vivre à ma façon ces dernières années... en exprimant mes idées, mes cris et mes révoltes à travers mes écrits, en jouant du violon pour les enfants des écoles, les sans-abris, les personnes malades, et aussi lorsque j’ai réalisé mon tour du monde en 1991 pour rencontrer et faire chanter les enfants des écoles où je me présentais... à Tahiti, Sydney, San Francisco, Nouméa, Djakarta ; je leur parlais de Paix et d’amitié entre les peuples, à travers la musique, véritable langage sans frontière... aux mots universels.

Plus tard je t’aurais emmenée avec moi. Nous aurions pris l’avion ensemble. Nous aurions posé le pied ensemble sur le sol d’autres pays. Tu aurais joué de la musique avec moi et nous aurions chanté ensemble pour les enfants du monde, pour ceux qui sont malheureux, ceux qui sont attachés sur leur lit sans personne... comme en Roumanie, ceux qui n’ont connu que la guerre et la peur, ceux qui ont faim et ceux qui sont malades.

Avec toi dans mon coeur, je referai le tour du monde, je reverrai les sourires des enfants enchantés et mon violon les fera rire de plaisir et de joie. Avec toi, je ferai résonner mon violon dans les prisons, car les enfants sont là aussi, dans le coeur des parents déchirés et privés pour maintes raisons de voir vivre et grandir leurs enfants... Lorsque je vois, en Arizona, ces femmes enchaînées comme des forçats et privées de leurs enfants pour avoir fumé un joint, je trouve cela lamentable ! Ceci dit, je suis contre toute forme de drogue et je pense à tous les parents qui ont perdu un enfant à cause d’une over-dose ; je pense à ces parents qui voient, impuissants, leur enfant se noyer dans la cocaïne et se détruire lentement, mais si terriblement vite, en prenant des produits comme le LSD, le crack, l’ectasy, les amphétamines.

Pour en revenir à ces femmes qu’on prive de voir leurs enfants, ce traitement injuste et démesuré les mènera peut-être plus tard à des actes de révolte et d’agressivité ! Cette réflexion concerne aussi les enfants car ceux-là payeront malheureusement plus tard dans leur vie d’adulte l’incarcération abusive de leur mère.

Une chose me révolte aussi, c’est lorsqu’on enlève un enfant à sa mère parce qu’elle est trop endettée et si pauvre qu’elle ne peut plus le nourrir ; je trouve cela si triste ! On devrait plus aider les mères car elles sont fortes mais elles peuvent devenir si fragiles. Une maman peut se battre pour son enfant, elle peut travailler d’arrache-pied pour lui... mais elle peut aussi sombrer dans la dépression, elle peut ne plus supporter d’être obligée de travailler très dûr et de mettre son enfant à la crèche ou la garderie des semaines entières avec des horaires très lourds pour une maman.

Pour toi, je faisais en sorte de travailler à mi-temps afin de te prendre souvent avec moi, d’avoir le temps de jouer ensemble et de se promener. Le matin, nous étions souvent en retard à la crèche, car, avant mon travail et mes activités, j’étais si heureuse de te voir jouer dans la maison, de t’entendre et de prendre le temps de partager la Vie ensemble. Je te revois dans le jardin de la crèche, où tu aimais retrouver tes petits camarades, sur la balançoire ou dans le sable, sur un vélo aussi... J’avais remarqué depuis peu que tu pédalais très bien. Tu aurais pu pédaler au printemps dans le parc Mozart sur le vélo-tracteur que t’avait offert ta marraine Patricia. Anéantissement du futur imaginé...

Ma fille, tu continueras à vivre dans mon coeur pour reconstruire l’avenir et nous irons chanter ensemble pour tous les coeurs-colibris.



________LETTRE SIX
à MA FILLE DE LUMIÈRE

(15 Avril 1997)



Océana, grand oiseau de mon coeur,

Cela fait deux mois que tu es partie... Je suis toujours reliée à toi et tu m’envoies des signes extraordinaires. Dans mon état, infiniment sensible après ton départ, je ressens ce qui me convient, où je dois aller, ce que je dois faire... et parfois d’une façon étonnante.

Ainsi, je vais te raconter notre voyage au bord de la mer avec Fafa et notre amie Mila (tu appelais Marc et Djamila ainsi)... qui m’ont accompagnée dans cette aventure.

Nous sommes partis en voiture pour aller à Nice... voir la mer. C’était la première fois que je partais loin après ton décès, que je m’éloignais du cimetière, de ta tombe, de ta chambre, de notre lieu de vie commun... C’était aussi la veille du dimanche de Pâques !

Avant de poursuivre, il faut que je te dise que je n’arrivais pas à rentrer à la maison, après ta mort et l’enterrement... Je ne supportais pas de voir ta chambre ni ton lit, vide à jamais... Pourtant un soir, je suis rentrée chez nous sans rien dire à personne et j’ai passé la nuit dans ta chambre à prier ; j’ai allumé cette bougie-ange que j’avais amenée pour Noël et que tu aimais tant toucher ; ce soir-là, je l’ai enflammée pour la première fois et il s’est passé quelque chose : la tête de l’ange a fondu à l’intérieur seulement, laissant le visage et le tour du crâne intact. J’ai compris que cela voulait dire que le virus avait pris ton cerveau mais que tu étais vivante, devenue petit ange... J’ai compris que la présence de cet Ange n’était pas un hasard... Puis j’ai eu cette impulsion d’ ouvrir le dernier chapitre d’un des livres du Dr Murphy : “La prière guérit”... Ce chapitre parlait de la mort et notamment d’une femme qui perdit ses deux fils à la guerre ; cette femme avait eu un coup terrible en apprenant la nouvelle de leur “transition” mais elle expliquait qu’elle avait été apaisée en affirmant tranquillement : “Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants, car à ses yeux, tous sont vivants.” Elle ajoutait dans son témoignage : “Soudain, je sentis une vague de paix intérieure envahir mon coeur et tout sentiment de douleur disparut. Je sus, je sentis que mes fils étaient en vie et je ressentis leur présence pleine de tendresse. Ce fut une merveilleuse expérience.” Puis elle eut l’impulsion de prier pour eux et répèta souvent : “Dieu est avec eux et tout est bien !”

C’est ce que je fis ce soir-là ; grâce au témoignage de cette femme, j’ai pu traverser ma douleur et ressentir ta tendresse ; je me souviens avoir répété cette même phrase : “Le Créateur est avec toi et tout est bien !”

Je ne dis pas que la douleur disparut mais j’acceptais un petit peu plus l’idée que tu sois partie si loin... en essayant d’avoir Foi en Dieu et Confiance en Lui.

Je ne suis pas repartie de notre maison ; j’ai plié ton lit et, à sa place, j’ai mis ta photo, l’Ange et Marie, avec une bougie, des fleurs ; je n’ai pas enlevé tes vêtements ni tes jouets ; je ne le peux pas encore et je respecte en moi et pour toi le temps des adieux. La foi peut aider mais elle n’efface pas le chagrin ni la douleur d’une si cruelle séparation !

Pour en revenir à notre départ au bord de la mer, fin mars, j’ai beaucoup pleuré car je n’arrivais pas à partir si loin ; cependant, nous avons poursuivi notre route ; une heure après notre départ, nous nous sommes arrêtés, un peu avant le Col de Lus la Croix Haute. Il me semblait impossible de partir si loin... Je ressentais quelque chose de terrible, comme un arrachement. J’étais si mal que nous avons décidé de rentrer !

C’est alors que j’ai ressenti un appel et que j’ai proposé à Fafa et Mila de passer la nuit et le dimanche de Pâques à Notre Dame du Laus, près de Gap. Ils ont accepté, presque étonnés de ma proposition d’aller quelque part ailleurs ; la nuit était tombée et nous traversâmes toute la région du Trièves, accompagnés par la Comète de Halley-Bopp qui trônait dans un champ d’étoiles féérique... Lorsque nous sommes arrivés au Laus, lieu saint où la Vierge est apparue durant cinquante ans à une paysanne nommée Benoîte Rencurel, il était presque minuit ; je pensais trouver dans la Basilique des pélerins silencieux en attente de la Résurrection ! En fait, nous sommes arrivés juste au début de la messe... La Basilique était pleine de pélerins, de moines, de prêtres, d’enfants, d’habitants de la région et tous célèbraient Pâques !

Je me suis avancée vers un banc à moitié plein et une dame nous a tendu un cierge pascal... Le plus étonnant est que cette personne connaissait Fafa... Elle lui dit en souriant : “Ce cierge vous attendait !” et me tendit l’objet de cire.

Une petite fille était assise devant moi et me regardait souvent... Au moment des intentions, l’assemblée a prié pour les personnes en deuil et j’ai senti beaucoup de lumière et d’amour... Le monde fêtait ta résurrection en cette nuit et, avec lui, tu ressuscitais aussi, toi ma fille, au Paradis des Anges. Car la Résurrection, c’est aussi pouvoir renaître par-delà la mort, continuer à vivre dans un corps glorieux, au sein d’un autre monde... de lumière et d’amour.

On m’avait averti que Pâques est une fête difficile à passer pour les parents orphelins de leur enfant, comme Noël ; cela est vrai car on vit la crucifixion très intensément, dans sa propre chair ; je l’ai vécu ainsi car, à ta mort, je me suis sentie crucifiée, à travers les clous du cercueil fermé à jamais sur ton petit corps frêle sorti de ma chair trente mois auparavant ; et puis, la résurrection, on voudrait tellement qu’elle soit réalité dans la matière, que notre enfant revive, comme Jésus est sorti du tombeau ; il reste à comprendre que Jésus vit dans son corps de lumière.. et, avec lui, tous les morts et les défunts !



______LETTRE SEPT
au CHRIST

(Le 23 Avril 1997),
lors de mon pélerinage à Medjugorje
(en ex-Yougoslavie)




Christ,

Merci de me prendre dans tes bras avec ma fille. Merci de prendre en ton coeur tous ceux que j’aime, tous les enfants du monde, tous ceux qui souffrent et ceux qui pleurent, tous les humains qui vivent la guerre et qui attendent la Paix.

Aujourd’hui, nous sommes allés à Mostar, ville ravagée par la guerre ; le toit de la cathédrale a été détruit et se trouve actuellement, recroquevillé comme les âmes blessées de ce pays devant l’église du Père Jozo, qui s’occupe des enfants orphelins.

Avant d’arriver à Mostar, nous avons regardé dans le car la cassette du film : “Marie de Nazareth” et une phrase m’est restée, lorsque tu dis à Marie, ta Maman : “Je serai toujours ton enfant.”

Je te prie de garder la Paix à ce pays... Les immeubles détruits, les chars encore présents pour surveiller la Paix, les murs criblés de balles, les cimetières remplis de jeunes soldats morts, les toits déchiquetés... Tout cela est si terrible dans le plan de ton amour ! Donnez-leur la Paix !

Donnez aussi la Paix à l’Algérie où tant d’horreurs sont commises et répandez votre miséricorde dans tous les coeurs !

Faites que jamais plus des moines et des prêtres ne soient tués comme ces trente moines franciscains jetés dans une fosse après avoir été brûlés et assassinés par des soldats le 7 février 1945, devant l’église de Siroki Brijeg, près de Medjugorje. Hier, je suis descendue dans leur tombe et j’ai pensé aux sept moines tués en Algérie. Les guerres sont aussi terribles les unes que les autres et chacune des blessures infligées est une blessure au Coeur divin... Chacune de nos blessures est une plaie ouverte dans le Grand Esprit car il nous porte pour la vie entière, souffle donné de la naissance à notre dernière respiration.

Voici un conte “Le don de Flore”, que j’ai écrit pour l’Algérie et que je t’offre, inspiré de ma vie et de mon voyage en Algérie, à l’âge de dix-neuf ans :

Les fleurs exhalent un parfum capable de traverser notre monde pour rejoindre celui de nos morts ; elles touchent ainsi leur âme ouverte à l’amour des aimés de la Terre.

Une maman avait compris cela et plaçait devant la photo de sa fille décédée des fleurs odorantes ; elle savait que leurs parfums traversaient mille espaces pour porter son amour à son enfant chérie.

Cette mère s’appelait Flore et sa fille portait le nom d’Eglantine ; sa tombe était toujours couverte de mille fleurs, fleurs de printemps et fleurs d’hiver.

Là où se trouvait Eglantine depuis l’âge de ses trois ans, elle percevait des odeurs de courage, de force, de beauté, de douceur et tout l’amour que lui transmettait sa maman à travers les fleurs.

Un jour, alors que le soleil était caché depuis longtemps derrière les nuages et qu’il faisait froid, Flore s’était rendue malgré tout sur la tombe de sa fille ; elle lui avait apporté un joli bouquet multicolore qu’elle avait placé délicatement dans un vase.

Son coeur était lourd, ce jour-là, si lourd qu’elle n’arrivait pas à pleurer ; ses larmes restaient accrochées aux parois de son âme écorchée.

Soudain, un rayon de soleil illumina la tombe et un sourire brilla dans le visage d’Eglantine, dont la photographie irradiait la stèle ; les larmes coulèrent sur le visage de Flore, telle une rosée d’aurore aux doigts de roses.

Elle se mit à parler à haute voix : “Mon Dieu, si vous m’écoutez, prenez ma vie. Je Vous la donne en échange de la vie d’un enfant d’Algérie... pour qu’il ne soit pas tué. C’est horrible, ce qu’il se passe là-bas ! Si ma vie peut en sauver une, alors prenez-la et laissez-moi rejoindre ma fille... Je Vous laisse la décision de ma mort, brutale ou par longue maladie.”

Flore souffrait en effet au plus profond de son être de savoir qu’ en Algérie, des enfants, des femmes, des hommes innocents étaient massacrés par milliers sans que personne puisse empêcher ces crimes perpétrés par les terroristes...

Elle ne savait pas si Dieu l’écouterait mais si elle pouvait sauver un seul enfant de cette horreur, ce serait pour elle le paradis... et elle retrouverait sa fille peut-être plus vite que prévu.

Dix ans plus tôt, elle était allée en Algérie, à Blida ; elle avait fait la connaissance d’une grande famille... si hospitalière que la jeune femme aurait souhaité devenir l’une des leurs ! Une femme, notamment, l’avait prise en affection et lui avait offert un bracelet avec deux serpents d’argent qui se regardaient ; Flore avait toujours gardé ce présent comme un signe d’amitié entre leurs deux peuples, un signe de paix ; or, depuis la vague d’atrocités des crimes terroristes en Algérie, elle s’inquiétait terriblement pour cette famille de Blida et toutes les familles de ce pays... un pays meurtri et ensanglanté par les corps de ses bébés assassinés et égorgés devant les yeux de leurs propres mères !...

Ce jour-là, Dieu entendit sûrement l’offre de son don car la maman d’Eglantine se piqua à une rose ; Flore n’était pas vaccinée contre le tétanos ; elle tomba gravement malade et rejoignit sa fille au Ciel quelques jours plus tard.

On apprit peu de temps après qu’une enfant de sept ans avait été la seule rescapée d’un terrible massacre qui eut lieu en Algérie, au moment de la mort de Flore.

La maman de cette enfant remercia le Ciel de l’avoir sauvée...

On sut aussi qu’au même moment, un jeune enfant de trois ans avait survécu, seul et unique être vivant, après le crash d’un avion en Asie.

Peut-être que Flore avait sauvé deux enfants, l’un en Orient, l’autre en Occident, comme Jésus avait lui aussi souffert sur la Croix par ses deux bras écartés en acte d’amour et de don à l’Humanité.

Peut-être que sa fille, par sa propre mort et à travers le don de sa mère, avait sauvé aussi un de ces deux enfants... Dieu seul sait si la mort d’un ange peut en sauver d’autres... En tout cas, les Anges, eux, doivent sûrement le savoir !

Depuis le décès de Flore, des personnes avisées disaient que sur la tombe de la mère et de l’enfant venait un homme très âgé, au faciès asiatique, accompagné d’un vieil homme musulman... Ils apportaient à chaque fois des branches d’églantine, qu’ils déposaient de chaque côté de la sépulture de Flore et de sa fille.

Ces personnes disaient qu’ils représentaient sur la Terre les larmes des Sages descendus de la maison des pleurs qui se trouve dans l’Arc-en-Ciel.



________LETTRE HUIT
au SOLEIL

(3 Mai 1997)
écrit à Chamrousse sur le plateau de l’Arcelle



“Sois loué, Mon Seigneur, avec toutes les créatures,
Spécialement messire le frère Soleil,
Lequel fait le jour et par lui Tu nous illlumines...
Et lui, beau et rayonnant avec une grande splendeur :
De Toi, Très Haut, il est la manifestation.”

(Extrait du Cantique du Soleil de Saint-François d’Assise)




Soleil,

Voici que je m’adresse à toi. Tu es dans le ciel, immuable, immortel et intense de lumière. Tu es une création de Dieu et tu es Dieu aussi, manifestation de sa gloire.

Je viens te dire aujourd’hui que ma fille me manque cruellement. Pourquoi me l’avoir enlevée ? Pourquoi est-elle partie si vite ? Pourquoi ?

J’étais venue en cet endroit, où je t’écris en ce moment, le jour de ton éclipse du 12 Octobre 1996, pour contempler ta rencontre avec la lune et le retour à ta lumière obscurcie ; aujourd’hui, c’est une amie, Gisela, qui m’a emmenée sur le même lieu ; nous nous trouvons près d’un torrent qui descend des neiges et je t’écris, oh Soleil, près d’un arbre mort allongé de tout son long à côté de ses frères du bord de l’eau.

Donne-moi, Soleil, toute l’énergie et la force de poursuivre ma route. Je me sens si vide au fond de mes entrailles. La douleur est si vive au creux de mon âme et ma fille me manque tant, depuis deux mois et demi qu’elle est partie... Cette semaine a été terrible ; j’ai eu l’impression de mourir et j’ai vécu des symptômes d’épuisement total très fort.

Après être revenue de mon pélerinage à Medjugorje, je suis allée avec Marc sur la tombe d’Océana... et il s’est passé quelque chose d’extraordinaire : juste après notre arrivée, le jouet musical que j’avais attaché à la croix s’est déclenché tout seul ! Une musique descendait du ciel comme je n’en avais jamais entendue, très claire, très audible... Enfin deux sons ont alterné, puis un seul son, unique ! Quelques notes sont revenues et un seul son avant le silence complet !... Ce jouet musical, un petit clavier, n’avait jamais fonctionné ainsi et la mélodie entendue n’était pas une musique enregistrée au sein de l’instrument...

Nos coeurs étaient pleins de cette présence fantastique qui existe au-delà de ce qui est visible : nous savions qu’elle était là... vivante dans l’invisible ! Ma fille m’a fait un si merveilleux cadeau à mon retour de pélerinage ! Annick m’avait dit dans le car : “Tu verras, tu auras un très beau signe à ton retour, un signe qui te fera reprendre ton violon et la musique !” Ce jour-là, j’ai pris mon violon et j’ai joué l’Ave Maria de Gounod devant les photos réunies de ma fille et de Marie... Depuis, mon violon se tait de nouveau mais il rejouera un jour, je le sais...

Deux jours plus tard, je suis allée à la rencontre inter-traditions organisée par le Dalaï-Lama ; c’était à la Rochette, le 30 Avril ; toutes les religions étaient représentées afin d’établir un dialogue de paix et d’échange des pratiques sacrées en vue d’une meilleure compréhension de chacune des traditions.

Il y a eu cette phrase des Indiens Cherokee, qui m’a frappée, à propos des enfants : “Ce sont ceux-là qui vont porter nos rêves plus loin !”

Voilà pourquoi les parents orphelins ressentent une immense frustration dans leur être profond !... Oui, mais un enfant qui part va porter des graines de rêves dans toute la galaxie... Il porte les rêves de l’Humanité entière !...


Ce jour-là, une femme chaman, de Laponie, a béni l’assemblée en lançant du lait, aliment sacré dans sa tradition. Elle a dit : “Pour tous ceux présents ici, nous demandons un long chemin, une longue vie, parce que le chemin vers Dieu est long !”

Elle a dit aussi : “Qu’il n’y ait plus de mort d’enfants dans les familles.”

A ce moment-là, j’ai senti la douceur de ma fille, comme si elle me souriait de la Voie Lactée... En vérité, cette femme, en lançant le lait, a fait le geste du Créateur lorsque, d’un geste de Sa Main, il créa la Voie Lactée avec les gouttes de lait des étoiles. Elle mit de la douceur dans mon coeur et, par sa dernière prière, empêcha peut-être certains enfants de partir trop vite rejoindre les Ancêtres.

Le Dalaï-lama a conclu cette journée en parlant de la “Lumière de la Paix” qui dissipe les conflits... par une “meilleure compréhension réciproque” ; il a réaffirmé dans les consciences l’importance de la rencontre qui a eu lieu à Assise en 1986, entre notre Pape Jean-Paul II et les principaux responsables des grandes traditions.

Un moine chrétien, Thomas Merton, rencontré par le Dalaï-Lama, lui avait dit : “Un moine consacre sa vie à chercher Dieu, à chercher la Vérité. Quand il rencontre d’autres chercheurs, une connivence s’installe.”

Un représentant de la tradition pré-colombienne s’est adressé à nous ainsi : “J’aimerais que nous soyons unis. Nous sommes une seule tradition sur cette terre.”

A la fin de la rencontre, chacun des représentants des diverses traditions a allumé sa flamme autour d’un grand feu central. C’était magnifique ! Toute l’assemblée s’est donné la main et nous avons remercié le Dalaï-Lama ainsi que tous ceux qui ont organisé cette journée de partage et d’échanges extraordinaires !

Fais, Soleil, que l’éclipse que je vis dans mon coeur depuis la mort de ma fille soit déchirée par ta lumière et ta chaleur.

Fais que le voile qui assombrit mon âme soit illuminé par le soleil de mon enfant, à l’intérieur de mon être.

Fais, Soleil, que je survive en acceptant que la lune vienne obscurcir ta face.

Fais, Soleil, que tu transmettes tout mon Amour à mon Bébé et que tu deviennes l’Alchimiste de notre Vie commune.

Car nous sommes tous la Création de Dieu et Tout est Relié.


“Vole, vole
Petite flamme
Vole, vole, mon âme
Va retrouver la lumière
Mon amour”

Céline Dion





________LETTRE NEUF
à MARIE

(Mai 1997)



Vierge Marie,


Je voudrais vous remercier tous au Ciel de m’avoir donné les forces nécessaires afin de poursuivre ma route.

Je voudrais te remercier pour ce jour où Bernard, un ami, m’a emmenée en Chartreuse, après la mort d’Océana.

Il m’a d’abord conduite devant ta statue qui se trouve au-dessus de l’église de Saint-Hugues ; après m’être recueillie, je lui ai dit soudain : “Regarde, on voit d’ici la statue de la Vierge qui surplombe Saint-Pierre en Chartreuse. Nous y étions montés, ma fille et moi, avec Marc, une semaine avant qu’elle ne tombe malade.”

Je me souvins alors précisément de ce jour heureux et de cette dernière promenade avec Océana : j’avais soulevé ma fille pour lui montrer les petits anges de Notre Dame de Saint-Pierre, à travers la grille de la petite chapelle.

Après m’avoir emmenée à Saint-Hugues, Bernard m’a ensuite conduite au Monastère de la Grande Chartreuse ; il s’est garé à la Correrie et nous avons marché sur le chemin bordé d’arbres qui mène aux moines. J’étais encore faible mais j’avançais, confiante... sur les pas de Dieu.

Bernard aimait ma fille, énormément ; elle l’aimait aussi. Il savait sûrement, à travers elle, qu’en m’amenant ici, Dieu me mettrait sur une nouvelle route... et je savais, qu’à travers lui, c’est mon enfant qui me prenait par la main pour m’emmener vers “demain”.

Au moment où nous sommes arrivés aux murs du Monastère, au pied de cette montagne de prières qui jaillit du coeur des moines silencieux, un couple est descendu vers nous et nous a croisés ; l’homme et la femme tenait par la main, au milieu d’eux, une petite fille ; ils étaient suivis par une dame plus âgée...

Mon coeur s’est serré si fort devant cette petite fille, oh Vierge Marie, que Bernard a cru que j’allais craquer. Bien sûr, je pensais à ma fille, au bonheur effondré...

Mon regard s’est alors porté au pied du mur de la Grande Chartreuse et s’est posé sur un petit voile rose... où se trouvaient dessinés deux coeurs, un rameau et une fleur !

Un des deux coeurs, un peu plus gros, était entamé : c’était le mien et l’autre, entier, était celui de mon enfant partie dans l’Au-delà.

Quel cadeau immense du Ciel, en cet instant, quel morceau d’amour dans ma douleur ! Quelle preuve plus belle pouvait-on me donner ?

Je garde toujours ce voile rose avec moi et je conserve aussi en mon coeur ce regard de Dieu que nous adressa un moine, après cette découverte ; en fait, nous avons vu trois moines, ce jour-là ! C’est une grâce de les apercevoir et un regard de l’un deux est toujours un don de l’Esprit Saint.

Marie, je voudrais te remercier aussi pour la petite fille qui portait un petit dauphin bleu dans l’église de Medjugorje ; elle se trouvait juste devant moi lorsque je suis entrée pour la première fois dans cet endroit vénéré par les pélerins du monde entier ; sur son tee-shirt était inscrit “Little Sailor” : petit navigateur... Quel beau signe pour la maman d’une petite fille portant le prénom de l’Océan ! Voici la suite de ce merveilleux signe : à notre retour de pélerinage, nous avons traversé une ville très touchée par la guerre en ex-Yougoslavie, Gospich ; au coeur de la cité, le car fit un détour, se trompant momentanément de route !

Et, qu’ai-je vu alors : un immense panneau publicitaire avec un dauphin plongeant dans l’océan et un homme le rejoignant ! Au milieu des ruines d’une ville meurtrie par la guerre, au centre de mon âme abattue par le deuil de mon enfant, le dauphin représentait le symbole de la Vie qui continue... malgré la douleur et les décombres d’une mort soudaine.

Pour finir, Marie, je voudrais te remercier pour ce moment extraordinaire vécu le lundi de Pâques, à Nice, au moment où je suis allée vers la mer pour la première fois, après la mort de ma fille ; une petite fille était là, sur la plage, devant les vagues... Elle portait un anorak identique à celui que j’avais offert à Océana pour Noël, avec la même couleur de feu et les mêmes rameaux verts intérieurs !

Je suis allée parler avec sa Maman, sur le champ ; émue, elle m’a expliqué que son frère était dans le coma depuis neuf mois, à la suite d’un accident... que c’était très difficile, qu’il avait été transféré à Marseille... et qu’il avait juste 33 ans !

Deux jours plus tard, nous étions à Marseille, avec Fafa et Mila, dans ton sanctuaire de Notre Dame de la Garde, phare sacré des marins... où des centaines de bateaux ornent ta Cathédrale.

Ma fille Océana aimait chanter : “Bateau sur l’eau...” ; elle chantait souvent ce début de chanson que nous reprenions en choeur, sans que je connaisse la suite des paroles... En redescendant de Saint Pierre de Chartreuse, où nous étions quinze jours avant le décès d’Océana, comme je l’ai expliqué plus haut, j’avais pris une dame en stop ; elle a appris à ma fille, sur la route, la suite de la chanson : “Bateau sur l’eau... ma chaumière au bord de l’eau” ainsi que les mots du passeur qui demande si on veut traverser ; cela m’a fait penser par la suite au passeur des âmes : Charon, nocher dans la mythologie grecque... Cette dame prise en stop, et déposée en face d’une clinique, était peut-être un avertissement du Ciel...

Je sais pertinemment que ma fille a pris son bateau et je t’invoque, Marie, Notre Dame de la Garde, pour que tu la gardes et la protèges, tout au long de son grand voyage dans l’Au-delà. Je voudrais que tu sois le nocher de sa barque et que tu sois aussi son phare.



Marie
Devant la mer d’amour offerte à nos coeurs
Devant le manteau de feu de la vie enflammée
Devant tes larmes d’espérance
Je dépose mon âme
Mon amour déchiré et confiant
La vie après la mort de ma fille
Sa vie qui continue
Dans les vagues de l’univers
Sur l’orbite du Créateur

A jamais et pour toujours
Je serai maman
Et mes larmes salées d’océan
Rejoindront le petit dauphin
Qui parcourera nos vies
Eternellement
OCÉANA





________ADIEU À MA FILLE

(3 Mai 1997)

écrit près du Pont du Marais sur
le plateau de l’Arcelle à Chamrousse


Océana,


Près de cette eau qui descend
des neiges de la montagne

Près de trois arbres déracinés et morts
qui tiennent debout au-dessus de cette eau
contre un pin bien vivant

Près du Soleil à qui je viens de parler

Près de cette chaumière que j’aperçois
à travers les arbres

Près de cette amie qui m’a emmenée là
et qui dort dans la Grâce de la Mère

Je viens te dire que
Je t’aime

Je viens te dire
A Dieu

Et près de Dieu
Je viens te dire
Merci



Et près de la lune
Je viens te dire
Que j’aime mon père
Et ma mère
Que je leur dis merci
Pour ce cadeau de la vie
Pour mon enfance
Au goût d’oasis
Dans le désert

Oui près de Marie
Je viens te dire
Que je souffre
Mais que les gentianes
Ont le goût de ton amour
Qui brille dans le Ciel
Pour ton Papa
Et pour ta Maman

Mon Bébé
Je viens te dire
Que je t’aime
Dans le chant de l’eau
Qui emporte mon chagrin
Jusqu’à la mer

Appel du large
Medjugorje de l’Amour
Noël de l’Espoir
Où l’Enfant nait
Pour que des cendres
S’envole l’oiseau libre
De l’âme qui se révèle

Oui je viens te dire
Que le Christ ressuscité
A pris mon coeur
A travers le tien
Et que tu vis à présent
En son corps sacré
Temple de Dieu

Ma fille
Je viens te dire
Que je t’aime
Et que mon violon
Fera résonner ton rire
Dans l’écho de tes cordes
Qui ont germé
Sous la terre

Oui ma fille
Je viens te dire
Que la moisson arrive
Celle des blés mûrs
Où notre amour
Apportera à ceux qui nous aiment
La chaleur de nos vies
L’amour de Marie
Les bras de la Terre
Unie à la Mère du Ciel
Dans l’Eternité
Des plus belles fleurs de Dieu

A Dieu
Doudou
Océanamour


Maman





















18/05/2008

Ultime adieu au père de mon fils, mort sur la table d'opération. Il était ambulancier comme moi.

Au père de mon fils...
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Tu es parti si vite, trop vite. Trop vite aussi de ma vie, de notre vie, il y a deux ans et demi. Tu es décédé brutalement ce lundi, d'un cancer au poumon... Parti sur une table d'opération qui était un espoir, mais qui a été ton dernier voyage. Nous nous étions rencontrés samedi dernier pour notre fils. Tu étais debout, bien vivant. Nous avons parlé. Je suis restée chez toi un moment. Il y avait ton amie, que je respecte. Tu avais perdu tous tes cheveux ; tu avais maigri à cause de la chimiothérapie. Tu étais heureux de voir notre fils qui a trois ans. Vous êtes allés au parc ensemble et puis le soir, je suis revenue. Nous avons encore parlé.

deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelinAvant que nous ne quittions ton foyer, tu as mis soudain une cassette vidéo, sans rien dire. C'était l'histoire de Moïse, avec l'histoire imagée de la création du Monde. Je suis restée avec notre fils, à regarder avec toi ces images de mers, d'océans, de volcans, d'univers... et j'ai pensé : "Ne me dis pas que tu vas rejoindre si vite la Création...". Je pensais à toi, à ton air grave, à ce côté médium que tu avais, à ce don de clairvoyance et de persuasion que j'ai connu en toi. Tu étais un poète, très inspiré.deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelin

C'est toi qui m'avais dit un jour, dans les premiers temps où nous nous fréquentions :

"Chaque jour est un combat pour nos semblables. Les combats sont multiples mais se ressemblent tous. Le comble du combat de chacun d'entre nous est qu'il se trouve en notre âme, dans notre coeur. Et ce combat est unique en nous-mêmes."

Je notais ce que tu disais, car je sentais que cela venait de si haut... Et je t'ai aimé. Aimer au point de tout quitter, au point de venir vivre dans ta ville pour que nous demeurions ensemble, au point de te donner un enfant, au point de trouver un logement et de remuer ciel et terre pour nous trouver un nid... Le nid, je l'ai trouvé. Et puis, je t'ai attendu. Attendu.. Au début, les larmes ne font que des chapelets, et puis cela devient ruisseau et puis fleuve qui emporte tout. Il m'a fallu être forte, toute seule dans la vie. Tu ne m'aidais pas, même financièrement.deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelin

Tu me disais que tu avais du brouillard dans la tête et qu'il te faudrait du temps. Que tu te battais avec toi-même. Qu'il y avait un mur à franchir et que tu cherchais le moyen de grimper dessus pour pouvoir nous rejoindre. Et puis, j'ai découvert un secret... un drame vécu dans ta vie, une déchirure connue de toi seul. Ton coeur déchiqueté par ce drame était enflé de mille larmes, que jamais tu n'as pu me montrer. Et moi, je portais ton enfant et je sentais ce poids, et je voulais savoir. Quand j'ai su, c'était trop tard. Le brouillard avait pris ta vie. La peur de t'engager plus avant. Tu ne voulais pas de contraintes et les promesses que tu m'avais faites se sont envolées dans la flamme du temps qui passe.

deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelinEn octobre 2005, j'ai écrit ce texte pour toi :

J'ai mal
de cette traversée du désert
Mal à mon oasis... mal
D'un mur où derrière
reste un homme
Qui n'arrive pas
À passer le mur
C'est le père de mon fils..
Et j'ai mal de
cette traversée d'abandon
De ces pointillés de solitude
Où les roses de l'amour
meurent de soif
De n'avoir plus d'oasis
De ne pas comprendre
Le mur invisible
Du coeur d'un homme
Qui de pierre nous a perdu
Dans le désert des solitudes
Pourtant une femme...
A essayé de briser le mur
Cette femme, moi sans toi. 5285cb733375c130a25fb3ef740e22b8.jpg

Puis, en décembre 2005, tu es passé nous voir comme un soleil d'espoir. Notre fils avait neuf mois. Tu m'as promis ce jour-là de passer plus souvent. Notre bébé t'avait retrouvé en une heure de temps et tu es parti en me donnant un baiser et la promesse de tes yeux. Ce fut le dernier et notre fils est tombé malade de cette attente si longue, de sa demande d'un papa, le sien... papa qui ne revient pas.

deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelinIl a toussé durant trois mois, comme si l'explosion de cette attente atteignait sa vie de petit homme et le souffle d'un fils qui a besoin de son père. En janvier 2007, tu es revenu sans prévenir et je t'ai fait comprendre que je voulais d'abord parler avec toi, avant que tu revoies ton fils, afin de poser les bases d'un équilibre pour notre enfant, mais tu l'as mal pris, envoyant même des pierres contre la vitre. Ce jour-là, j'ai eu peur et je voudrais que ce moment n'ait jamais existé, sachant ce que nous avions partagé et le lien fort qui nous unissait.

Et puis, en novembre 2007, tu es revenu dans la vie de notre enfant avec sagesse. Notre fils était si heureux de te retrouver. Il était fier de t'avoir comme papa. Tu lui manqueras beaucoup et pour moi, ton départ représente un grand vide dans mon coeur car tu étais le père de mon fils et ça, c'est sacré, devant l'Univers.

deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelinIl y a trois jours, il t'a vu une dernière fois, au PFI. Je lui ai bien expliqué les choses, avec les conseils d'une psychologue formée au deuil et à l'accompagnement des survivants. Notre fils t'a regardé un court instant. Il a vu tes yeux fermés et que tu ne parlais plus. Il m'a vu poser des roses près de ton corps. Puis il s'est échappé et a grimpé sur un fauteuil, pour rejoindre la vie, dans le sourire innocent de l'insouciance. Tu étais étendu sous un drap, à l'endroit où se trouvait Océana, ma fille que j'ai perdu il y a onze ans. C'est lorsque nous sommes sortis à l'extérieur que la colère est sortie dans le coeur de notre petit. Il a jeté son doudou et de ses poings m'a frappée.deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelin


Ce matin, nous t'avons dit adieu avec lui, une dernière fois, avant qu'ils ne referment le cercueil. Et puis ils t'ont emmené vers ta dernière demeure, au cimetière, d'où tu as pris ton envol vers des cieux plus cléments.

Je parle à ton fils de ton départ avec des mots simples, des mots réels. Je le rassure, je lui dis que tu ne souffres plus, que tu l'aimes et que l'amour ne s'arrête pas. Je l'entoure de ma présence, de vie et de force... pour qu'il ait envie de manger, de s'amuser, de sourire à la vie. Il y a deux jours, il a repoussé son assiette en te réclamant. "Je veux mon Papa." Et puis il y a eu de sa part des gestes de colère, colère envers la vie. Lui dire qu'il a le droit d'être en colère, de pleurer aussi, d'être triste.deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelin,opération,cancer,tumeur,clinique des cèdres échirolles,mort,décès brutal,paternité,papa,enfant,deuil,larme,perte,absence,amour,séparation,santé,peine enfant,abandon,intuition,moïse,amour,attente,couple,maternité,souffrance,promesse,sacrifice,solitude,deuil,veuvage,recueillement,souvenir,pardon,vie,hommage,


Perdre son papa, c'est un grand vide dans le coeur, dans la vie. Aujourd'hui, pour lui, aller à la cérémonie, du haut de ses trois ans, c'était courageux. Mais il a vu toute ta famille, tes frères et soeurs, tout ce monde qui t'aimait. Les hommes aussi qui se sont tous rassemblés devant ton cercueil au cimetière pour prier en arabe, comme un salut céleste venu de l'humanité.

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Je te dis adieu et je te remercie de m'avoir donné cet enfant, ce beau petit garçon qui sourit à la vie et qui est curieux de tout. Depuis le mois de novembre, tu avais retrouvé une présence auprès de lui et il y tenait.deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelin,opération,cancer,tumeur,clinique des cèdres échirolles,mort,décès brutal,paternité,papa,enfant,deuil,larme,perte,absence,amour,séparation,santé,peine enfant,abandon,intuition,moïse,amour,attente,couple,maternité,

Que ton âme parte en paix rejoindre le Créateur.

Chloé

__________ Voir la fin de la page : "Sos d'une maman et conductrice de taxi sur Grenoble" où je parle aussi du départ du père de Yourdine :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2008/04/10/

sos-d-une-maman-et-conductrice-de-taxi.html

 

La fleur blanche "berceau de Moïse" vient du site :

http://gardenbreizh.org/photos/berlugan/photo-127221.html

MERCI À SON AUTEUR : Berlugan.

 

 

10/04/2008

SOS d'une maman et conductrice de taxi sur Grenoble

LE PREMIER ARTICLE DE CE BLOG !!

 

images-10.jpegBonjour à vous qui me lirez. Je jette cette bouteille-blog à la mer. Pourquoi ? Parce que je vis des choses trop difficiles pour les garder dans mon coeur. Et aussi pour donner du courage à d'autres en donnant l'exemple de ne pas sombrer. Il y a eu aussi trop d'injustices ces derniers temps dans ma vie pour ne pas en parler.

Je suis conductrice de taxi spécialisé pour handicapés physiques et mentaux ainsi qu'ambulancière diplômée. Après un congé parental de trois ans, j'ai repris le 3 mars un travail en contrat à durée indéterminée. Je suis la maman solo d'un garçon de trois ans et de deux filles de quinze ans, recueillies en Roumanie et au Bénin.

Je transportais six fois par semaine trois jeunes et adolescents handicapés mentaux dans mon taxi, pour les emmener dans un IME ou les ramener à leur domicile. Le trajet total pouvait durer une heure et demi avec eux, selon les bouchons. Le 11 mars, un des ados m'a frappée violemment, se jetant sur moi sans raisons. J'ai pu stopper le taxi et arrêter le jeune par la voix et l'autorité dont j'ai fait preuve. Puis je suis repartie. J'ai pris la voie rapide et là, de nouveau, il s'est jeté sur moi et m'a frappée par de violents coups de poings, très agressifs. J'étais à 110 kilomètres heure sur l'autoroute et j'ai eu très peur. Je ne pouvais pas me défendre et il fallait que je garde la maîtrise du véhicule. J'ai crié pour qu'il arrête. Il s'est mis sur le côté et n'a plus rien fait. J'étais en larmes et très choquée. j'ai appelé les pompiers sur le portable et ils m'ont conseillée.

Arrivée à l'IME, j'avais très mal à l'épaule droite et j'étais très perturbée psychologiquement de ce que je venais de vivre. Je suis allée le signaler au directeur de l'IME, lequel a été plutôt froid, me disant que si je ne faisais pas l'affaire, il fallait réfléchir et qu'il payait "assez cher ma patronne pour que ça se passe bien".images-11.jpeg

Il faut dire que j'étais à l'essai pendant un mois jusqu'au 2 avril. Je suis allée aux Urgences, où ils m'ont gardée plusieurs heures, car je me sentais mal et j'avais des signes de faiblesse cardiaque (douleurs au bras gauche, à la poitrine, opression, malaise). Une psychologue est venue m'entendre. La patronne m'a appelée, affolée. Elle m'a fait comprendre que je devais reprendre le plus tôt possible, car sinon elle ne pourrait pas me garder, car elle perdrait des contrats. Elle m'a avoué aussi que ce jeune l'avait déjà frappée, d'un coup de poing, mais elle ne l'a plus jamais redit par la suite, gardant cela pour elle. Elle s'était aussi bien gardé de me le signaler avant, afin que je me méfie. Ce jeune autiste qui m'a frappé est très costaud et déjà d'un certain gabarit. Sa maman voulait qu'il soit placé devant dans la voiture, donc il était assis sur le siège passager.

Pour arranger la patronne, je n'ai pas utilisé tout mon arrêt d'accident du travail, un jour seulement, et j'ai repris le travail le surlendemain. La patronne m'a demandé de transporter à nouveau le jeune qui m'a agressée, mais en le plaçant à l'arrière du taxi. Une semaine après, je recevais un coup de poing de sa part, dont j'ai fais part à la patronne. Deux jours après ce coup de poing, il sortait son sexe à l'arrière et le montrait à l'autre jeune autiste. Il semblait très agité et je l'ai signalé. Enfin, le 25 mars, après avoir ramené à leur domicile ses deux camarades, je me suis retrouvée seule avec le dénommé Killian. Nous étions à la sortie de Vif, près de Grenoble. Il s'avance, tirant sur sa ceinture, et m'attrape par derrière pour me secouer et puis me frappe à la nuque et en haut du dos violemment, côté droit. Je m'arrête sur le côté et sors de la voiture. J'avais déjà onze heures d'amplitude de travail et avais eu une dûre journée, depuis sept heures du matin, prise du premier client. Là, il était six heures du soir et je devais aller chercher mon fils à la crèche après.

J'appelle les pompiers, lesquels ont appelé ma patronne. Je dis à celle-ci que je ne peux pas continuer comme ça, que c'est trop dangereux et que je suis très choquée. Elle essaye de joindre les parents du jeune, sans succès. Elle me propose de venir, mais que dans ce cas, je dois aller faire une course sur l'hôpital, en remplacement, à plus d'une demi-heure d'ici. Je n'étais pas en état et de plus, je pensais à mon fils. Alors je lui ai dit non pour l'hôpital. Elle m'a dit : "Dans ce cas, tu prends sur toi, et tu l'emmènes." J'ai accepté.

Dix kilomètres plus loin, Killian se précipite sur moi de l'arrière et m'assène un grand coup vers les cervicales, à droite du cou. Je crie pour qu'il s'arrête. Là, je stoppe le taxi. La patronne me rappelle ; je lui dis que je me suis arrêtée sur le bord de la route et que j'attends les parents sur place. Je ferme le taxi et je sors à l'extérieur, laissant Killian dedans. Je suis très mal, je pleure, très choquée, désemparée.

La maman arrive au bout d'un moment et sans un mot de réconfort ou de compréhension, me crie dessus en sortant son fils du taxi. "C'est une question d'autorité. C'est de votre faute. Vous ne savez pas y faire. Depuis quinze jours, tout va mal à cause de vous. Mon fils n'a jamais fait ça avec personne."

images-8.jpegJe l'ai laissée dire. C'est une maman qui a un jeune handicapé adolescent, autiste, avec des comportements difficiles, des gestes qui vont dans tous les sens, qui ne communique pas. Killian grandit. Ses parents sont inquiets au fond d'eux, car voyant ces réactions, ils ne veulent pas y croire. Déjà lors de la première agression, sa mère a dit : "Non, ce n'est pas vrai, mon fils n'aurait jamais fait cela." À tel point que ma patronne m'a appelé, le 11 mars, me disant : "Chloé, il faut le dire si c'est grave ou pas. Si c'est pas grave, ça rassurera la maman, car elle a peur qu'on lui donne des médicaments, qu'il n'a jamais eu encore." Cela m'a choquée. Je me suis sentie reléguée au rôle de menteuse ou de profiteuse du système, qui simulerait une agression pour avoir un accident de travail en poche. Je venais de passer des heures aux Urgences et on ose me demander si ce n'est pas grave..... !!!!!?

Le soir du 25 mars, je suis allée chez le médecin. J'ai été arrêtée une semaine. Je suis revenue travailler le 1er avril. Tout s'est bien passé. La patronne m'a dit que je ne referais plus le transport de Killian pour l'instant.

Et puis le 2, elle me dit de passer chez elle. Elle devait me donner ma paye. Elle me dit : "J'ai une mauvaise nouvelle. Je ne te garde pas." Elle a ajouté : "Je suis très contente de toi. Il n'y a rien à redire. Mais je ne peux pas te garder. Un jour, tu sauras peut-être pourquoi. Mais je ne peux pas t'expliquer." J'étais effondrée. C'était, hélas, le dernier jour de mon mois d'essai.

Tout cela pour en arriver là ! Ces agressions difficiles à gérer depuis un mois et puis voilà... Plus rien. Je perds mon travail. En plus, depuis janvier, ma patronne m'avait fait promettre de bien être présente pour elle début mars, aussi j'avais refusé une autre proposition de travail pour ne pas la trahir. Et là, je me sens trahie, à un point inimaginable. Car je sais au fond de moi que mon départ a un lien avec les agressions et... c'est injuste.images-12.jpeg

Cela s'est passé il y a une semaine. J'ai su depuis qu'on ne peut pas renvoyer un salarié durant des soins encore en cours après un accident du travail, même dans le cadre d'une période d'essai.

Le Syndicat des Taxis m'a lancé de son côté : "Madame, vous apprenez à l'examen que personne ne peut vous obliger à prendre dans votre véhicule un individu que vous ne désirez pas transporter."...........

Les responsables du Syndicat  ont oublié de souligner que la majorité des taxis sont patrons... pas salariés !!! Et qu'un salarié taxi n'a qu'à se taire et accepter toute course que lui demande son patron.


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73980169.jpgDepuis, il y a d'autres choses très difficiles dans ma vie.

Mon coeur est trop gros pour que je vous en parle tout de suite.

Mais mon fils vient de perdre son papa, qui devait être opéré lundi soir, d'une tumeur cancéreuse, à la Clinique des Cèdres à Échirolles.

Il est mort sur la table d'opération d'une erreur chirurgicale.
La tumeur était proche d'une artère, laquelle a été sectionnée.
Il s'est vidé de son sang. Parti inconscient.

Je dis erreur, ou faute médicale, car ils le savaient que la tumeur était grosse. Ils ont essayé, malgré tout, l'opération pour le sauver, mais au final, on lui a enlevé ses derniers moments.

Le père de mon fils avait 47 ans et mon fils l'aimait.
"Mon papa, c'est mon papa. Ce n'est pas le papa d'autres enfants. C'est mon papa."

Une psychologue m'a dit : "Maintenant, vous êtes liés à jamais avec cet homme, par le ciel et la terre, en cet enfant, votre enfant. Plus tard, il dira à ses enfants : Voilà, c'était cet homme et cette femme qui se sont aimés et qui ont fait que je suis venu."

Un grand trou dans mon coeur s'est creusé quand j'ai annoncé le décès de son papa à mon fils.

Hier, il l'a vu une dernière fois, au PFI. Je lui ai bien expliqué les choses, avec les conseils d'une psychologue formée au deuil et à l'accompagnement des survivants.

Mon fils l'a regardé un court instant. Il a vu ses yeux fermés. Que son père ne parlait plus. Il m'a vu poser des roses près du corps. Puis il s'est échappé et a grimpé sur un fauteuil, pour rejoindre la vie, dans le sourire innocent de l'insouciance.

Mon ex-compagnon, étendu sous un drap, était à l'endroit où se trouvait Océana, la fille que j'ai perdu il y a onze ans.

C'est lorsque nous sommes sortis à l'extérieur que la colère est sortie dans le coeur de mon fils. Il a jeté son doudou et de ses poings m'a frappée. Hier soir aussi, poussant son assiette : "Je veux mon papa."

Chloé LAROCHE

Voir mon article : "Ultime adieu au père de mon fils" :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2008/04/11/

adieu-au-pere-de-mon-fils.html

 

et l'article concernant les agressions sur les ambulanciers :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2008/07/15/

pour-cyrille-jeune-ambulancier-decede-mon-temoignage-d-ambul.html

NOTA : la photo de l'enfant est celle d'un petit garçon d'Inde ; ce n'est pas celle de mon fils.

 
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