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16/02/2012

Aimer son prochain par-delà sa propre douleur et dire les ignominies pour que l'ignorance ne paralyse pas notre solidarité et notre devoir de mémoire, de la SYRIE aux tueries de la Seconde guerre.

u19982279.jpgBonjour à tous et toutes,

 

Je traverse actuellement la période difficile de l'anniversaire du départ de ma fille aînée et je vis dans le corps l'amoncellement intérieur de souffrance depuis toutes ces années où on apprend à accepter afin de poursuivre sa destinée, afin de donner son coeur et son énergie à d'autres personnes en souffrance.


On est très seul face à ce handicap intérieur qui ne se voit pas, l'amputation de cette partie de nous mise au monde par notre ventre, notre enfant arraché à la vie.u14061573.jpg


On apprend à gérer et à reconnaître les périodes de plus grande fatigue afin de se préserver et d'accepter qu'à certains moments on peut être plus fragile, plus vulnérable.


images.jpegLe deuil d'un enfant s'apaise et se dilue dans le temps, par rapport au degré de souffrance morale intense que l'on vit à l'annonce de la mort, mais le deuil ne se finit jamais puisque l'on est amputé et que notre vie a basculé entre terre et ciel, un pied dans la tombe où le vertige de la mort nous fait chavirer.


thumbnail-7.aspx.jpegIl faut choisir en un choix conscient de se battre, de dire oui à la vie, de renoncer à cet amour vivant et ayant vécu, disparu avec notre enfant, amour qui vit au-delà de nous-même dans la création, la créativité, le don de soi.


Il faut se dire que notre vie s'arrêtera et le rejoindra un jour pas si lointain, qu'elle rejoindra ceux que l'on a aimé et qui sont partis si loin de nous. En attendant, on a des choses encore à vivre ici, des mains à serrer et à tendre, des sourires à donner, un coeur à partager, des souffrances à soulager, des ignominies à dénoncer.


PAA091000051.jpgJe suis profondément meurtrie de voir qu'en Syrie, tant d'enfants meurent sans qu'on ne puisse rien faire, qu'une ville : Homs, soit ainsi martyrisée et bombardée sans arrêt, que la Russie et la Chine bloquent toute décision pour venir en aide à ce peuple. En une nuit, plus de deux cent civils, dont des enfants, ont été massacrés et cela continue. De jeunes enfants sont torturés, brûlés à la cigarette ou électrocutés. Dans certains quartiers de la ville, on a retrouvé des familles entières égorgées et massacrées de façon barbare. Des familles ont été sorties de chez elles dans la rue et des voitures leur fonçaient dessus pour les écraser.


x14402629.jpgJ'ai été infiniment bouleversée aussi d'avoir vu une terrible photo prise lors d'un massacre d'enfants durant la Seconde guerre mondiale, photo prise de dizaines d'enfants étendus par terre, si jeunes et le corps froid, tués par les Nazis. Meurtrie de voir autant de cruauté dans l'Humanité. Meurtrie de comprendre de jour en jour ce qu'a été le massacre des Juifs, en prenant conscience du passé qui nous sali à jamais en tant que français à travers la France de Pétain, passé qui nous crucifie pour toujours à travers le sort de milliers de familles juives décimées et à travers tous ceux (juifs, résistants, tziganes, homosexuels) qui sont morts en camps de "concentration" en Allemagne et de "rétention" en France.


page03-1pt.gifComment le 10 juin 1944, des soldats S.S. ont pu prendre un village entier, tuant à 16 h tous les hommes rassemblés en différents lieux, dans un petit bourg tranquille et sans histoire, Oradour sur Glane ? Comment ont-ils pu enfermer quatre cent femmes et enfants dans l'église afin de les tuer, leur tirant dessus à bout portant et les asphyxiant, tirant même sur deux femmes qui s'enfuyaient avec un bébé. Il y eut 642 victimes en ce jour terrible que la France n'oubliera jamais.


Aujourd'hui et hier, on a le devoir de réagir, de savoir et de ne jamais oublier. Mais l'histoire se répète, même si elle ne porte pas le même nom.bul0167.jpg


Aujourd'hui, en France, il y a des camps de rétention comme on en trouvait dans la France de Vichy. La Cimade entrait en ces lieux avec la Croix-Rouge pour venir en aide aux juifs enfermés, aux femmes, aux enfants.

Aujourd'hui, la Cimade poursuit son oeuvre, comme quoi on avance sur le même mode, dans les mêmes rouages, sauf qu'il n'y a plus de trains pour emmener les juifs à la mort mais il y a des avions pour expulser des papas, des familles entières hors de France. Des enfants sont enfermés actuellement en camps de rétention. Il faut le savoir. Allez sur le site du réseau d'Éducation sans Frontières.org et vous comprendrez.

Ce soir, sur ce site, j'ai été interpelée par le cas d'une famille de Villejuif menacée d'expulsion dans le mois. Une famille qui comprend quatre enfants qui viennent de perdre leur mère d'un cancer. Il leur reste leur père. Le sous-préfet a décrété que maintenant que la maman est morte, les enfants doivent être déscolarisés et renvoyés en Algérie avec leur père. Cela fait deux ans qu'ils sont là. Les enfants ont deux tantes en France.

u19257753.jpgLa douleur de leur deuil est à prendre en considération dans une situation intolérable où les chiffres de l'Immigration ne devraient pas intervenir comme cotât. Je suis de tout coeur près de ce père éprouvé par le deuil de sa femme et près de ces enfants menacés de quitter le territoire français. C'est inhumain de leur faire subir ça.


Je demande donc pour 

Monsieur Amine BOUKHENCHOUCHE

père de Waïl, Rayane, Allaa Edine et Abir 

 

un titre de séjour « vie privée et familiale ».

 


 

Chloé LAROCHE________________x15302831.jpg


P.-S. : MERCI de signer la pétition demandant

le titre de séjour pour cette famille sur ce lien :

http://www.educationsansfrontieres.org/

article41331.html


De plus, aujourd'hui, jeudi 16 février, un rassemblement de soutien se tiendra à 16 h 30 devant l'école Pasteur.

Villejuif (94) : Rassemblement de soutien pour Monsieur Amine BOUKHENCHOUCHE et ses quatre enfants : Waïl, Rayane, Allaa Edine et Abir !

devant l’école élémentaire Pasteur 48 rue Louis Pasteur (métro ligne 7 direction Villejuif station Villejuif Léo Lagrange. La rue Pasteur est parallèle à la nationale 7 côté Villejuif).




14/11/2011

"Toutes nos envies", "Intouchables" et "L'Exercice de l'État". Ces trois films ont en commun de traiter de la mort ou du handicap et de l'essentiel de la vie, même si la dernière toile paraît ne traiter que de politique.

19732553.jpg-c_100_100_0-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20110506_091325.jpgBonjour à tous et toutes,

 

 

Trois films m'ont bouleversée ces derniers temps : "Toutes nos envies", "Intouchables" et "L'Exercice de l'État".

 

Ces trois films ont en commun de traiter de la mort ou du handicap et de l'essentiel de la vie, même si la dernière toile paraît ne traiter que de politique, ce qui est faux, lorsqu'on approfondit l'histoire. 19826698.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20111010_054130.jpg

 

"Toutes nos envies" est un film qui bouscule, qui va chercher dans les tripes, il renvoie à nos vies, c'est un film doux et si fort, un regard sur une existence, celle de Claire, une femme de conviction, qui porte un idéal et qui meurt telle une étoile filante en ayant accompli le voeu d'une femme endettée et broyée par une société qui donne sa priorité à la consommation, Céline.19777518.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20110713_025416.jpg

 

Stéphane, joué par Vincent Lindon, arrive dans l'existence de Claire comme Driss arrive dans celle de Philippe, handicapé tétraplégique dans "Intouchables".

 

On retrouve dans les deux films un duo fait d'amitié et de jeu de complicité allant au-delà de l'amour et de la sexualité vers l'essentiel de l'humain : comment être là pour accompagner l'être souffrant qui se trouve devant nous et pour qui nous avons de l'empathie ?

 

toutes-nos-envies-2011-21233-890338229.jpgRespecter les envies de l'autre, le rendre intouchable à la  vilenie humaine et aux mauvais regards de la bienséance. De cette bienséance qui empêcherait une femme condamnée par un cancer d'avoir un ami proche parce qu'elle a un mari.

 

De ce confort  "petit bourgeois" qui empêcherait un être handicapé de sauter en parapente mais qui s'en donne le droit devant toutes les conventions de la société.

 

exercice-de-l-etat-93c4a.jpg"L'Exercice de l'État" est aussi un film puissant et redoutable sur les relations humaines mais ce qui m'a particulièrement touchée, c'est la mort du chauffeur du ministre, chauffeur qui a payé de sa vie pour une raison d'État. Prendre une autoroute non terminée et c'est l'accident. Un homme détruit par le chômage, vivant dans une caravane… Un homme qui ne parlait pas, ne disait rien. Le ministre avait préparé des mots qu'il dit finalement tout bas  et qui peuvent être résumés ainsi :  "Cet homme, mon chauffeur, faisait partie des braves de ce monde qui savent que parler ne sert à rien et que de toute façon, tout est appelé à la perte. Alors ils se taisent, lucides sur le monde. Il était de ces êtres sensibles et conscients de la manipulation des grands de ce monde sur les plus faibles, les plus pauvres."19807638.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20110906_041313.jpg

 

Dans ce film de Pierre Schoeller, nous voyons le Ministre des Transports, joué par Olivier Gourmet, arriver sur le lieu d'un accident de car, où des enfants sont morts ou blessés. C'est terrible de constater qu'un drame tel que celui-ci permet à certains d'asseoir leur pouvoir, au travers de discours, de places politiques, de compassion déversée devant des médias choisis pour cela. Les victimes sont des pions, les petites gens des numéros et finalement, le jeu du pouvoir manipule les foules, sans qu'elles n'y puissent grand chose. Et c'est si vrai aujourd'hui.


Sauf que dans "Toutes nos envies" de Philippe Lioret , on voit deux juges qui se battent pour que la société change et ils y arrivent. En plus, c'est une histoire vraie, puisque ces deux juges ont existé à saint Étienne et ont réussi à aider de nombreuses personnes surendettées. Ce qui apporte de l'espoir au fait que chacun peut apporter son énergie et son intégrité afin de faire avancer notre monde vers plus d'équité.1595283_3_f21f_marie-gillain-dans-le-film-francais-de-philippe.jpg

 

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Le 11 / 11 / 2011, beaucoup de personnes avaient appelé à se retrouver pour plus de fraternité, plus de cohésion humaine.

 


toutes-nos-envies-2011-21233-1163562549.jpgCe jour-là, j'ai rencontré en randonnée un homme qui a perdu deux filles, une par un suicide il y a quatorze ans et une emportée par un cancer, il y a deux ans. Je l'ai écouté et ai frémi d'entendre autant de douleur et autant de vie poursuivie d'arrache-pied, au-delà de tout mot, de tous maux. La résilience est là, quand l'homme peut encore avancer et vivre dans le cirque de la vie, à marcher dans les feuilles de l'automne, au crépuscule de sa vie.

 

À 11 h ce jour-là, j'ai joué de la flûte dans la forêt de Chalais et quelques notes sont montées vers le ciel, envoyées dans l'espace pour plus de légèreté dans les coeurs.DSC_3016.jpg

 

P1100378.JPGCoeurs lourds des souffrances de ce monde, où on peut laisser une jeune femme, une de mes amies, se débattre seule avec ses deux parents âgés, deux parents dont la mère devenue sénile a cassé le bras et la jambe de son mari parce que devenue violente et incontrôlable. Personne n'intervient, il n'y a plus de moyens. Les gens se sentent seuls, comme cette mère face à cette réponse du Samu, une mère dont l'adolescente devient incontrôlable et se met à tout casser chez elle : "Lancez-lui un verre d'eau à la figure, ça va la calmer, ou bien vous la mettez dehors, elle se calmera."

 


Coeurs lourds de notre société où il n'y a plus de place pour accueillir les anciens… problème qui va s'étendre, INTOUCHABLE et insondable dans l'Exercice du Pouvoir, cette politique qui prend des décisions à l'encontre du réalisme de la vie actuelle, à l'encontre de TOUTES NOS ENVIES.toutes-nos-envies-2011-21233-644632435.jpg

 

P1100361.JPGChloé LAROCHE

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07/10/2011

"Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison." Mon hommage au père de l'ordinateur, Steve Jobs, à travers son discours historique à Stanford.

steve jobs,informatique,ordinateur,mac,cancer,résilience,témoignage,courage,génie,actualité,monde,deuil,hommage,internetBonjour à tous et toutes,steve jobs,informatique,ordinateur,mac,cancer,résilience,témoignage,courage,génie,actualité,monde,deuil,hommage,internet

 

Steve JOBS vient de quitter ce monde, emporté par un cancer, à l'âge de 56 ans.

steve jobs,informatique,ordinateur,mac,cancer,résilience,témoignage,courage,génie,actualité,monde,deuil,hommage,internetCe fut un être exceptionnel qui me permet aujourd'hui, grâce à ses découvertes, de pouvoir m'exprimer vers vous dans mon blog à travers mon ordinateur... qui est d'ailleurs un Mac, autre invention de Monsieur JOBS.

steve jobs,informatique,ordinateur,mac,cancer,résilience,témoignage,courage,génie,actualité,monde,deuil,hommage,internetCet homme a été adopté par une famille arménienne à sa naissance. Il a su faire ses choix dans la vie en écoutant son COEUR et son INTUITION, deux pôles qui représentaient pour lui le guide essentiel de toute existence humaine.

 
Il disait que la vie est courte et qu'il est bon de la vivre pleinement, en ayant conscience de cette expérience de la mort que nous ferons tous un jour et qui apporte la relève au renouveau, au nouveau tout simplement, au neuf. steve jobs,informatique,ordinateur,mac,cancer,résilience,témoignage,courage,génie,actualité,monde,deuil,hommage,internet

Je vous offre ce soir en son honneur le discours qu'il a prononcé à Stanford devant des étudiants américains en 2005, à travers la vidéo suivante :

http://blog.cozic.fr/retranscription-du-discours-de-steve-jobs-a-stanford

steve jobs,informatique,ordinateur,mac,cancer,résilience,témoignage,courage,génie,actualité,monde,deuil,hommage,internetAvec toutes mes pensées à cet homme qui a été un si bel exemple de résilience et de courage face aux adversités de la vie et qui laisse au monde entier un beau témoignage d'une existence de créativité et de don à l'humanité.

 

Chloé LAROCHE

 

___________________________________steve jobs,informatique,ordinateur,mac,cancer,résilience,témoignage,courage,génie,actualité,monde,deuil,hommage,internet

 

steve jobs,informatique,ordinateur,mac,cancer,résilience,témoignage,courage,génie,actualité,monde,deuil,hommage,internetEt voici ci-dessous la traduction faite par Monsieur Frédéric Cozic :

 

 Discours de Steve JOBS en 2005 à Stanford :

 

 

 

"C’est un honneur de me trouver parmi vous aujourd’hui et d’assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n’ai jamais terminé mes études supérieures. A dire vrai, je n’ai même jamais été témoin d’une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd’hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C’est tout. Rien d’extraordinaire. Juste trois expériences.


Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université ?

 

La première concerne les incidences imprévues. J’ai abandonné mes études au Reed College au bout de six mois, mais j’y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement. Pourquoi n’ai-je pas poursuivi ?
Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu’ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d’attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent : « Bien sûr. » Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n’avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n’avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d’adoption et ne s’y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j’irais à l’université.
Dix-sept ans plus tard, j’entrais donc à l’université. Mais j’avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de six mois, je n’en voyais toujours pas la justification. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n’imaginais pas comment l’université pouvait m’aider à trouver ma voie. J’étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c’est un des meilleurs choix que j’aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j’abandonnais les matières obligatoires qui m’ennuyaient pour suivre les cours qui m’intéressaient.
Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidai de m’inscrire en classe de calligraphie. C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J’étais fasciné.
Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l’incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait. Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.
On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.

Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire  ?

Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais. J’avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, dix ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30 ans.
C’est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien. Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes.
Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé – d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j’ai peu à peu compris une chose – j’aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro.
Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie.
Pendant les cinq années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story , est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.

steve jobs,informatique,ordinateur,mac,cancer,résilience,témoignage,courage,génie,actualité,monde,deuil,hommage,internetTout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.

 

Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie ?

Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les trente-trois années écoulées, je me suis regardé dans la gla-ce le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j’ai besoin de changement.
Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.
Il y a un an environ, on découvrait que j’avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j’étais atteint d’une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas. Les médecins m’annoncèrent que c’était un cancer probablement incurable, et que j’en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux.
J’ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m’a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l’estomac et l’intestin. J’étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m’a raconté qu’en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j’avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. On m’a opéré et je vais bien.
Ce fut mon seul contact avec la mort, et j’espère qu’il le restera pendant encore quelques dizaines d’années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n’ont pas envie de mourir pour y parvenir.
Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l’ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d’être aussi dramatique, mais c’est la vérité.
steve jobs,informatique,ordinateur,mac,cancer,résilience,témoignage,courage,génie,actualité,monde,deuil,hommage,internetVotre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.
Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog , l’une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d’ici, à Menlo Park, et il l’avait marquée de sa veine poétique. C’était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l’édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C’était une sorte de Google en livre de poche, trente-cinq ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d’idées épatantes.

Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog . Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C’était au milieu des années 1970, et j’avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l’auto-stop si vous avez l’esprit d’aventure. Dessous, on lisait : « Soyez insatiables. Soyez fous. » C’était leur message d’adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C’est le vœu que j’ai toujours formé pour moi. Et aujourd’hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d’une nouvelle vie, c’est ce que je vous souhaite.
Soyez insatiables. Soyez fous.
Merci à tous."

Steve Jobs

04/10/2011

La petite fille hurlait et appelait au secours. Sa mère n'a rien pu faire pour sauver ses enfants car elle a été bâillonnée et ligotée par son mari avant d'être étouffée.

ain,crime,suicide,famille,femme,enfant,violence,violence conjugale,mort,violence masculine,actualité,franceBonjour à tous et toutes,

 

Ce matin, il y a un orphelin dans l'Ain.ain,crime,suicide,famille,femme,enfant,violence,violence conjugale,mort,violence masculine,actualité,france

Son père a tué sa maman 

et ses deux petits frère et soeur.

 

Cette maman avait presque 30 ans

et venait de Bosnie comme son mari.

 

Ses deux plus jeunes enfants ont été brûlés vifs dans la voiture

par leur père qui s'est laissé mourir avec eux dans le feu.

 


Ces petits avaient 4 et 5 ans.

La petite fille hurlait et appelait au secours.

 

Cette femme n'a rien pu faire pour sauver ses enfants

car elle a été bâillonnée et ligotée avant d'être étouffée.

 

ain,crime,suicide,famille,femme,enfant,violence,violence conjugale,mort,violence masculine,actualité,franceJ'ai souvent évoqué des drames de ce

genre en Franceau Canada et en divers pays…

drames du père qui tue toute sa famille.

 

Consulter mon chapitre :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/

quand-l-amour-depasse-l-entendement/

 

(Faire dérouler votre curseur pour lire tous

les articles du chapitre et à la fin, cliquer sur 

"toutes les notes")__________________________________

 

 

Quand j'entends et je lis sur internet

que ce drame viendrait de la nationalité de cette famille

et même ai-je lu :

"Voilà à quoi mène une femme…."...

 

Je suis révoltée.

 

Ce père était dans une immense souffrance pour avoir commis cet

acte et surtout par la façon dont il a procédé. Pouvoir voir ses enfants

prendre feu, pouvoir avoir aspergé la voiture d'essence pour qu'ils brûlent,

 avoir pu ligoter la femme qu'il a aimé et surtout la mère de ses enfants :

tout cela relève d'une pathologie grave.

 

Je pense à toi, enfant de onze ans survivant

de cet horrible drame.

 

J'ai lu ce commentaire déposé après l'article du Figaro sur ce drame

par un certain Pierre Ghirardi. Je l'ai aimé et vous le fais partager :

 

 

"Le fils ainé se retrouve tout seul, pris en charge comme il se doit,

par notre Nation, jusqu'à sa complète guérison. Sa guérison

physique est certaine mais sa blessure émotionnelle sera longue.

Qu'adviendra-t'il de cet enfant quand il pourra quitter l'hôpital

dans lequel il a été admis ? A-t'il de la famille en Bosnie ?

J'attends des nouvelles de cet enfant dans quelques jours,

peut-être quelques semaines. La souffrance horrible

d'être brûlés vifs est un des moyens d'atteindre le

Paradis d'une barbarie insupportable : 

ce lâche de père, quitte à faire

mourir tout le monde,

le pistolet eût été 

un choix moins

cruel pour faire

passer ses trois enfants

de vie à trépas !

Je suis profondément révolté

contre ce père de famille qui est devenu complètement fou !"

 

(http://plus.lefigaro.fr/article/un-pere-incendie-sa-voiture-

ou-se-trouvent-ses-enfants-20111004-560443/commentaires)

 

Je souhaite aussi avoir des nouvelles de cet enfant

et savoir si on peut l'aider

de quelque façon que ce soit.ain,crime,suicide,famille,femme,enfant,violence,violence conjugale,mort,violence masculine,actualité,france

 

Je pense que pour un enfant, il n'est pas facile de

prendre conscience que son propre parent est devenu fou.

C'est une déchirure intérieure terrible.

Et de plus, être le seul survivant d'un si terrible tragédie

est d'un poids si lourd qu'il semble que cet enfant va avoir

l'Atlas à porter sur ses épaules.

 

ain,crime,suicide,famille,femme,enfant,violence,violence conjugale,mort,violence masculine,actualité,franceMais comme tous les survivants,

il va devoir trouver dans son chemin 

la force d'oser sa propre vie, en ayant

la vie des morts au fond de lui.

 

 

 

Chloé LAROCHE,

une maman très touchée 

pour cette famille

 

___________________________________________ 

 

NOTA : J'avais écrit un article à l'attention de PARENTS 

pouvant être victimes de pulsions de violence.

Voici le lien de cet article :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2009/10/29/

j-ecris-ce-jour-pour-les-deux-garcons-tues-en-isere-par-leur.html 

 ain,crime,suicide,famille,femme,enfant,violence,violence conjugale,mort,violence masculine,actualité,franceain,crime,suicide,famille,femme,enfant,violence,violence conjugale,mort,violence masculine,actualité,franceain,crime,suicide,famille,femme,enfant,violence,violence conjugale,mort,violence masculine,actualité,france

 

 

23/07/2011

Je pense aux jeunes norvégiens fauchés par la mort. Mes textes et pensées pour eux et toute la Norvège.

bxp35965.jpgAujourd'hui, je pense aux 84 jeunes assassinés en Norvège.

Ils campaient en paix et un homme a pris leur vie.

Je pense aussi aux autres personnes dont on a pris la vie à Oslo.

Qu'ils trouvent la sérénité là-haut, hors de ce monde où la brutalité

est parfois tel un typhon imprévisible________________ Chloé


 

_________________________Pour eux, j'offre ces quelques textes inédits que j'ai écrit il y a quelques temps :

 

 

GS216035.jpgLorsque tu embrasses

ton enfant

tu penses à ceux qui sont partis là-haut si jeunes

à ces petits qui sont morts

que personne n'embrassait plus... parfois

que personne n'embrassera plus jamais

 

Tu donnes un baiser

et ce baiser va vers eux

 

Caresse invisible

pour chaque orphelin d'éternité.

 

Chloé Laroche

(octobre 2009)

 

___________________________________

 

bxp35962.jpgQue ceux qui ont été violés

ne violent jamais

mais travaillent à la loupe

sur leur colère intérieure

 

Que ceux qui ont été battus

ne battent jamais

mais apprennent la tendresse

qu'ils n'ont jamais connue

 

Que ceux qui ont été aimés

aiment toujours

et gardent à jamais en eux

la haine de la violence.

 

Chloé Laroche

(octobre 2009)

 

________________________________________

 

IS568-074.jpgLorsque je prends ta main

toi qui vas mourir

tu m'emmènes

sur les chemins de ta vie

et tu me dis

attends

 

"Je vais partir

mais toi tu restes

avec un peu de moi

qui va vivre en toi

comme un héritage

de vie

et d'amour."

 

Alors je continue ma vie

et toi je te porte en moi

jusqu'à la fin du chemin.

 

Chloé Laroche

(octobre 2009)

_______________________________

 

CB108033.jpgParfois on peut aider une personne

à un moment de sa vie

puis elle part sans se retourner

alors il faut se dire

qu'elle était comme une étoile

filante

 

Elle nous a permis

de faire un voeu

un geste d'amour

et de don sans retour

 

Cette personne nous a pris

comme un pont

et a laissé des empreintes

qui nous marqueront

à jamais...

 

Passage d'infini.10534.jpegP1070676.JPGIMG_8922.jpgP1070774 - copie.JPG1764923.jpg

 

 

 

Chloé Laroche

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19/05/2011

Comment vivre en restant nous-mêmes, en conservant notre authenticité, notre vérité profonde. Mes propos sur l'art, la créativité, le choix sexuel, la nature, la beauté de la vie, le respect des autres.

P1040940 - copie.JPGBonjour à tous et toutes,

 

Pourquoi la vie serait-elle seulement belle ? La vie est ce qu'on doit vivre. Parfois c'est dur, douloureux... mais il faut garder le cap car on peut un jour sortir du tunnel et trouver une belle île où se reposer ainsi que de jolies fleurs. La nature nous apporte l'embellissement de notre âme. Si nous la regardons et accueillons sa beauté en nous, elle y met des graines et ses graines font les fleurs de notre coeur. Quand le jardin d'espoir en nous est cultivé, il nous aide à résister et à affronter les tempêtes de notre chemin.

Pour affronter les tempêtes de notre chemin, il faut garder à l'esprit que la vie est un combat, combat d'énergies, combat de mobilisation de nos énergies, combat du guerrier invisible en nous, combat de nos possibilités contre l'inertie, combat des forces vives pour assurer l'intégrité de notre vie et de celle de notre planète.

Florence Legat, championne de ski, confirme ce propos en déclarant qu'il ne faut jamais lâcher prise  : "En montagne, si on lâche prise, on se casse la gueule, alors ne lâchez pas prise. La vie est un combat. "k0479156.jpg

Ne pas abandonner nos idéaux, savoir écouter notre âme et notre coeur, avancer dans l'honnêteté de son destin. Paulo Coelho a dit : "Combien de fois abandonnons-nous notre chemin, attirés par l'éclat trompeur du chemin d'à côté ?"

Être nous-même et le rester, rester fidèle à nos aspirations profondes demande une écoute attentive de notre être intérieur. Vivre ses rêves, les réaliser et pour cela passer à la pratique, se recentrer sur notre chemin, nos ressentis, nos intuitions.

Pour ce qui est de retrouver l'authenticité de notre parcours, il y a mille et unes façons de l'accomplir. Ainsi un homme qui s'appelait Bruno a quitté un jour sa femme pour un homme. Il avait 33 ans. Il lui a dit : "Je t'aime mais je te quitte". Cet homme se sentait mal dans sa vie avant de partir. Il avait la conscience agitée et avait du mal à trouver le sommeil. Quand il a fait son choix et est parti pour vivre sa nouvelle vie, il a retrouvé toute son énergie et un sang neuf a coulé dans ses veines. Il avait à nouveau des projets, des envies.

k1761111.jpgUne nuit, j'ai entendu cet autre témoignage dans l'émission de télévision "Toute une histoire" avec Sophie Davant, l'expérience très intéressante d'un couple.... L'homme a révélé un jour à sa femme qu'il était homosexuel…. mais ils sont restés ensemble dans la même maison. Chacun a retrouvé un partenaire et les quatre vivent sous le même toit, avec deux appartements séparés juste par des portes. Les enfants du couple n'ont pas eu besoin de déménager et de changer leurs habitudes. Simplement, ils vivent une semaine sur deux chez le père puis chez la mère. Mais la mère peut aller tous les soirs embrasser ses enfants. Et elle boit le café avec le nouveau compagnon de son ex.

La psychologue trouvait cela bien pour les enfants et elle a ajouté que cela peut se faire lorsque la tension du désir n'est plus mais que seul l'affectif demeure, dans l'amitié et le respect de la parentalité de chacun. J'ai trouvé ce témoignage intéressant pour vivre l'ouverture et la tolérance. Et aussi parce que ces personnes ont trouvé le respect sur leur chemin quant à leur vérité profonde.

Oui, être en accord avec soi est déjà de se sentir exister et d'être pleinement incarné dans son corps, son âme et sa vie. ÊTRE ET PENSER. Parfois, des personnes ne sont pas tout à fait incarnées et ont l'impression d'être décalées ou pas à leur place. Il faut alors qu'elles se mettent à la terre, qu'elles vivent leur corps et le mettent au sport, qu'elles prennent le vert, ainsi le mental arrêtera d'être le singe de la farce….. et puis : "Quoi qu'il arrive, il dépend de moi d'en tirer du bien". Epictète1815654.jpg

Unknown-1.jpegCréer aussi afin de donner la parole à notre être créateur, à nos talents qui dorment à l'intérieur et qui ne demandent qu'à émerger et exister. J'ai déjà vu des personnes d'un certain âge demander à démarrer le violon et j'ai eu un élève qui avait 70 ans. Il était si heureux de travailler son instrument et fier de pouvoir jouer de cet instrument dont il était amoureux, de cette musique qu'il pouvait faire sortir de des doigts comme une magie de la vie, comme un peintre qui mélange les couleurs pour le bonheur de nos yeux, comme Chagall qui nous fait rêver dans la poésie de ses tableaux.

145440.jpgJe n'oublie pas ceux qui se sont jettés corps perdus dans l'art et ont tout misés sur leur sensibilité mais sont tombés comme des anges perdus dans ce monde abrutissant parfois. Je pense à mon amie Marhèse avec qui je présentais un spectacle Poésie et Musique dans les années 90. Elle était un modèle de vie, d'enthousiasme, de dynamisme et de créativité.... mais le passé l'a rattrapée et elle a fini coincée entre médicaments psychotropes et alcool... Un jour elle a été retrouvée morte chez elle ; elle était tombée depuis plusieurs jours, sous le poids de l'alcool et de la dépression. Combien de femmes boivent sans qu'on le sache.... car elles ont honte et restent avec ce secret bien caché mais sans pouvoir se faire aider ?

Elle regarde le cielUnknown-1.jpegUnknown-2.jpeg

qui est en elle

et voit voler dans ses rêves

le papillon de son âme

 

Il est bleu l'admirable

le merveilleux

cet avenir dont elle rêve

à la couleur océan

 

Cet océan que nos frères

ont pollué sans retour

verra t-il un jour

la couleur des papillons

qui ont bercé notre enfance ?

 

 

Chloé LAROCHE

16/03/2011

Prendre sa revanche sur la vie, c'est le sujet du film "La ligne droite". Mes propos sur la survivance, sur la résilience et la force de se battre. Comment vivre avec ses handicaps et ses deuils ?

 

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Bonjour à tous et toutes,19638872.jpg-c_80_80_0-f_jpg-q_x-20110117_030412.jpg

 

Quand on devient aveugle ou qu'on l'est depuis la naissance, comment imagine-t-on courir et dépasser ses limites physiques ?

 

Le coureur non-voyant Aladji Ba l'a fait, alors qu'il est privé de sa vue depuis l'âge de cinq ans : il est devenu champion de France du 400 mètres non-voyants.images-2.jpeg

 

Il joue dans le film "La ligne droite" son propre rôle et on peut voir à la fin de la projection la vraie compétition tournée en une seule fois dans le Stade de France, moment impressionnant où l'acteur principal qui joue le rôle de Yannick remporte la victoire.

 

images-1.jpegQuand on vit des épreuves, on se dit qu'il faut aller de l'avant, embrasser la vie car sinon…. "le mauvais sort nous rattrape", cette mauvaise destinée qui fait que la vie nous est tombée dessus. La boxeuse Aya Cissoko dit que la vie est plus dure que la boxe car "on ne voit pas venir les coups".

 

Aya Cissoko, fille d'émigrés maliens, a perdu son papa et sa petite soeur dans le terrible incendie criminel du 22, rue de Tlemcen, dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 novembre 1986. Quelques mois plus tard, elle perdait un autre petit frère. Aya a pourtant été championne en boxe et malgré des blessures graves, elle continue à se battre et poursuit des études, écrivant aussi un livre qui vient de sortir : "Danbé".015022011181557000000aya-cissoko.jpg

 

C'est une revanche sur la vie que de courir et de se battre pour de nouvelles performances, que d'aller de l'avant. Aya dit qu'il faut s'arranger pour "que nos drames ne nous empêchent pas d'avancer".

 

Car il y a le monde des vivants et celui des morts. Les vivants ont encore leur chemin à parcourir et, par respect pour ceux qui sont partis,…. ils doivent rester debout et partager, aimer, donner.

 

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Poursuivre sa route, comme le fait Dorine Bourneton, seule survivante d'un accident d'avion à l'âge de 16 ans : elle est devenue depuis le drame qu'elle a vécu la première pilote handicapée. Elle a créé aussi une entreprise destinée à aider des personnes handicapées. Elle se bat avec son sourire et fait partager cette envie de vivre extraordinaire à tous ceux qui croisent son chemin.

Je pense aussi à Patrick Dupond qui est danseur étoile, astre dont la lumière s'est éteinte lors d'un grave accident en l'an 2000 où il a subi près de 135 fractures. Sa main était arrachée, il était scalpé à la tête…. Il ne devait plus jamais danser et là, aujourd'hui, il entreprend une tournée mondiale avec sa compagne Leïla Da Rocha, avec un spectacle qui s'appelle "FUSION".26301-patrick-dupond-et-leila-da-rocha-156x133-1.jpg

 

Unknown-1.jpegIl a la foi, cette foi en l'humain qui est capable de rebondir, de s'accrocher à une étoile pour atteindre le but accessible de l'impossible.

 

Le film "La ligne droite" réalisé par Régis Wargnier évoque et traduit tous ces destins d'accidents et de handicaps, tous ces coups qu'envoie la vie, dans ses deuils et ses fractures.

 

19638905.jpg-rx_160_214-b_1_CFD7E1-f_jpg-q_x-20110117_031922.jpgC'est un film extraordinaire et émouvant qui montre qu'à certains moments de son existence, on arrive à tout lâcher pour aller jusqu'au bout de son désespoir, comme lorsque l'héroïne jouée par Rachida Brakni quitte tout et conduit la voiture jusqu'à l'océan car on la prive de voir son fils de sept ans.k0585662.jpg

 

J'ai fait la même chose quelques semaines après le décès de ma fille. Je suis allée voir la mer et là, j'ai vu le monde, l'infini… m'emporter dans sa danse, dans la ronde interminable où la vie te frappe et te cingle jusque dans ta chair arrachée de douleur… pour atterrir un jour tout au fond de ton âme et te dire : "Reste vivante et  finis ton chemin avec tout cet amour dans le coeur".

 

Quand on perd son enfant, on est comme handicapé, on ressent un arrachement dans les tripes, un vide immense, un vertige au coeur de la vie, comme si on était en haut au paradis et en même temps là sur la terre, écartelé par un sentiment fort de culpabilité d'être encore vivant alors que la chair de notre chair ne vit plus.19638874.jpg-c_80_80_0-f_jpg-q_x-20110117_030413.jpg

 

Il nous faut vivre dans l'humilité de notre chemin et vivre quoi qu'il arrive et quoiqu'il nous arrivera encore, porter témoignage des survivants pour que les vivants gardent le courage comme au Japon, de poursuivre leur route et de se battre pour reconstruire une vie détruite.ca_4_6.jpg

 

P1030676.JPGChloé LAROCHEimages-1.jpeg

 

 

15/02/2011

Vous êtes violé(e), vous avez été violé(e)... brisez le silence, brisons le silence. Je vous offre des liens pour vous permettre de délier vos noeuds.

KS13517.jpgBonjour à tous et toutes,bxp27143.jpg

 

Il existe chaque année en France près de 48 000 cas de viols, selon les chiffres de l’enquête ENVEFF (Enquête Nationale sur les Violences faites aux Femmes). "Mais ce chiffre est probablement très en dessous de la réalité, car l’enquête a pris en compte seulement les femmes entre de 18 et 59 ans, auxquelles il faudrait ajouter les viols sur les mineures, les personnes âgées et les hommes. 100 000 est peut-être un chiffre plus proche de la réalité."

Dans le monde, une femme sur cinq a vécu au moins une fois dans sa vie -ou vivra- le viol ou tentative de viol. Je rappelle pour ceux qui ne le savent pas que c'est la « pénétration sexuelle » qui distingue le viol des autres agressions sexuelles.MSF02215.jpg

108.jpgLe VIOL désigne toute pénétration sexuelle, qu’elle soit vaginale, anale (sodomie) ou orale (fellation), ou par la main ou des objets sur la personne d’autrui, qui peut être soit une femme, soit un homme, soit un enfant (fille ou garçon), que la victime soit connue ou inconnue de l’agresseur (ce dernier peut être extérieur à la famille ou en être membre). « Par violence, contrainte, menace ou surprise » : ceci désigne les moyens employés par l’agresseur pour imposer sa volonté, au mépris du refus ou de l’âge de la victime. C’est le non-consentement qui caractérise le viol.k2014967.jpg

Le nombre de femmes qui se taisent est hallucinant et pas étonnant du tout. Il y a des mains courantes mais pas forcément de plaintes, car cela touche l'intimité et il est parfois difficile de mettre à mal une relation d'amour ou un mariage quand il y a eu viol au sein d'une relation établie ou conjugale (relation forcée alors que la femme dit non, relation par surprise comme la sodomie sans consentement du partenaire).

e00005213.jpgAu temps où on parlait de "devoir conjugal", combien d'hommes ont pris de force leur "dû" ?!... Grand nombre de femmes sexagénaires ou septuagénaires aujourd'hui ont vécu ce temps de la soumission totale de la femme durant leur jeunesse. Mais encore aujourd'hui, l'homme utilise sa force ou la fragilité de la femme pour lui imposer son désir. Ainsi un homme l'a fait sur sa femme enceinte. Un autre l'a fait par une sodomie brutale sur sa compagne après une tentative de suicide, alors qu'elle rentrait d'hospitalisation.000801_0204_0003.jpg

Les faits sont là, la réalité se vit dans le silence et beaucoup de femmes portent cette blessure. Certaines ont pardonné, d'autres ont du mal a reprendre une vie sexuelle normale et souffriront toute leur vie. Le mieux est d'aller consulter et de faire une main courante pour se libérer auprès de la justice, de la police, même si on ne porte pas plainte. C'est un pas vers la considération de sa souffrance.

PAA184000036.jpgJe vous livre ci-dessous quelques liens pouvant vous aider sur le viol, le viol en réunion, les maltraitances et violences sur enfants et sur le courage de s'en sortir.

Je souhaite à toutes celles et ceux qui me liront de sortir du silence et de témoigner, d'écrire et de sortir cette souffrance d'eux-mêmes, d'appeler le 3919.

Faites-vous aider ! Et si vous êtes encore victime, choisissez une personne de confiance autour de vous et parlez-lui. Cela vous aidera à briser le silence et à sortir d'une situation où vous demeurez prisonnier, prisonnière.

Chloé Laroche

_________________________________________________________________________________________________

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k1567946.jpgLIENS :

http://schneider.sophie.free.fr/courage/livres/index.html

http://schneider.sophie.free.fr/courage/silence/index.html

http://schneider.sophie.free.fr/courage/trio.html

http://schneider.sophie.free.fr/courage/parler/a_qui.html

http://schneider.sophie.free.fr/aide/index.html

 

http://www.solidaritefemmes.org/

 

http://www.sosfemmes.com/

RUEF00256.jpg

http://www.sosfemmes.com/faq/messages/94_viol_reunion.htm

 

k0656007.jpghttp://viol.free.fr/si_un(e)_mineur(e)_est_victime_de_viol_ou_d'agressions_sexuelles.htm

_______________________________________________________________________

Le numéro 119 : Allô Enfance en DangerJLA0058.jpg

 

________________________________________ Le 3919 :

SOS FEMMES VIOLENCES CONJUGALES

_____________________________________________________________________________

 

Contacts > Numéros de téléphone nationaux
France Belgique Grèce

 

SOS Viols
France
0.800.05.95.95

Numéro gratuit et anonyme.
Adresse : 9, villa d'Este 75013 Paris
Tél. 01.45.82.73.00
Site : http://www.cfcv.asso.fr/

SOS Femme Violence Conjugale

France

39.19

Tarif : gratuit

Victime de violences psychologiques, morales, sexuelles ou physiques au sein de votre couple, vous ne savez à qui en parler, à qui vous adresser. Ou vous avez tout simplement besoin d'en parler … Des écoutantes qualifiées respecteront votre anonymat et pourront vous indiquer les associations, les services, les professionnels qui vous aideront dans vos démarches.
Fédération Nationale Solidarité Femmes.
Site :ttp://www.solidaritefemmes.asso.fr/
08 VICTIMES
France
08.842.846.37
Toute victime notamment de cambriolage, d'un vol à l'arraché mais aussi d'agression sexuelle peut appeler. Une équipe de 10 personnes est en charge d'écouter et d'assister les victimes. Le numéro national est ouvert pour le prix d'un appel local tous les jours de 9h à 21h, 365 jours par an. Le réseau INAVEM, qui a été chargé par le ministère de la Justice de mettre en place le service d'appel, regroupe depuis 1986 les services gratuits d'aide aux victimes et coordonne près de 150 associations. Vous pouvez retrouver toutes les associations d’aide aux victimes en proximité <http://www.inavem.org> vous permettant de trouver une association du réseau INAVEM proche de chez vous.
SOS Amitiés
France
01.42.96.26.26

Numéro à Paris
http://www.sos-amitie.com/

SOS Violences Familiales
France
01.44.73.01.27
Association spécialisée dans l'accueil et l'écoute des hommes violents (Paris).
Autres adresses en région ici.
Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail
France
01.45.84.24.24

B.P. 60108 - 75561 Paris cedex 12
Fax 01.45.83.43.93
Email : contact@avft.org
Site : http://www.avft.org/
L'AVFT est une association féministe autonome qui défend les droits au travail et à l'intégrité de la personne. Elle a pour champ d'action et de réflexion toutes les formes de violences contre les femmes, bien qu'elle se soit spécialisée dans la dénonciation des violences sexistes et sexuelles au travail.
Ainsi, l'AVFT, dont l'intervention est gratuite, offre une permanence d'écoute, d'accueil, de soutien moral, et de conseils, notamment juridiques, eux personnes victimes de violences sexuelles, sexistes et de discriminations au travail. Elle intervient à leurs côtés (notamment auprès des employeurs, de l'inspection de travail, du parquet, de la police ou de la gendarmerie) pour qu'elles soient rétablies dans leurs droits.

Association "Non aux mariages et aux paternités de papier"
France
04.93.34.72.89
06.19.05.79.74

 

 

BP 172 – 06603 ANTIBES CEDEX
Tél/Fax: 04 93 34 72 89
Email :
stopmariagesetpaternitespapiers@yahoo.fr
L'association se donne pour missions de :
* venir en aide aux femmes et également aux hommes, instrumentalisés et piégés dans des mariages frauduleux et délictueux, avec des conjoints étrangers.
* venir en aide à toutes les mères françaises (ou pères), de toute origine, ayant donné naissance à un enfant né en France, de père étranger (ou mère) quand l’enfant n’a été voulu par le père étranger (ou mère) que pour régulariser sa situation personnelle et éviter l’expulsion du territoire. * l’association fournit une aide d'ordre psychologique, administratif et juridique.

 

 

Contraception...
France
0.820.331.334
Contraception, IVG, MST, sexualité...
Urgences psychiatriques
France
01.45.65.30.00
Urgences psychiatriques sur Paris
SOS Médecins
France
01.43.37.77.77
Numéro à Paris
Réseau Gynepsy
France
01.43.28.16.91
ou femmaddictions@aol.com. Un réseau de psychanalystes pour accueillir la question du féminin, écouter et parler. 
Site : http://gynepsy.fr/
Collectif Solidarité aux Mères d'Enfants Enlevés
France
01.45.34.49.10
Association d'entraide aux mères dont les enfants vivent à l'étranger avec leur père (ou autre situation liée à une séparation extra-territoriale).
Adresse : 9 rue des Chaillots, 92190 Meudon
Urgence
France
112
Secours depuis un portable (GSM)
Hébergement d'urgence
France
115
Anonyme et gratuit. Permet de savoir où être hébergé en cas d'urgence.
Enfance Maltraitée
France

119
0.800.05.41.41

Anonyme et gratuit. Site :http://www.allo119.gouv.fr/
SOS Familles en Péril
France
01.42.46.66.77
Numéro à Paris
Fil Santé Jeunes
France
32 24
gratuit et anonyme
Service dédié aux jeunes.
http://www.filsantejeunes.com/
Drogues Alcool Tabac Info Service
France
113
Anonyme et gratuit. Drogues Alcool Tabac Info Service est également accessible sur le site de la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (MILDT) dont il est partenaire :http://www.drogues.gouv.fr/, aux rubriques suivantes :
Vos questions / Nos réponses : Grâce au pseudo que chacun utilise pour poser une question, l’ensemble des questions-réponses peut être consulté par tous, ce qui fait de cet espace de dialogue, anonyme, un espace d’information et de prévention que chacun peut utiliser. Une réponse personnalisée et confidentielle est proposée dans un délai de 48 à 72 heures.
Adresses utiles : avec un classement très précis par zone géographique, par domaine de compétence et par type d’activité cette rubrique permet de trouver facilement les coordonnées de toutes les structures spécialisées en toxicomanie, alcoologie et/ou
tabacologie.
Sida Info Service
France
0.800.840.800
Anonyme et gratuit.
Union Nationale Prévention du Suicide (UNPS)
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01.40.20.43.34

Numéro à Paris
Suicide Ecoute
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01.45.39.40.00
Numéro à Paris
SOS Suicide
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01.48.78.00.78
Numéro à Paris
Allô Service Public
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39.39
Ce numéro de téléphone permet d'obtenir "en moins de trois minutes une réponse ou une orientation à toute demande de renseignement administratif". Ce service est accessible à tous les usagers du service public, de 8h à 19h en semaine et de 9h à 14h le samedi, pour un coût de 0,12 € par minute à partir d’un téléphone fixe. C'est l'équivalent téléphonique dehttp://service-public.fr/
Ecoute cancer
France
0810.810.821
Aide téléphonique
SOS Help
France
01.47.23.80.80
Urgences en Anglais
SOS VIOL
Belgique
02 / 534.36.36
Rue Blanche 29 - 1060 Bruxelles
Centre de Prévention des Violences Conjugales et Familiales
Belgique
02 / 539.27.44
Rue Blanche 29 - 1060 Bruxelles
Victime de harcèlement sexuel
Belgique
107
Aide téléphonique
ECOUTE ENFANTS
Belgique
103
Aide téléphonique
Counselling Center on Violence Against Women
Grèce
301.4112091
301.4129101
Pireus Center, Greece
Fax 00-301-9585251

17/01/2011

De la mort à la vie. De l'amour à la révolte. De la naissance à cette vie à un départ vers l'autre vie. Des calins gratuits à Grenoble à la Tunisie en révolution. Pour Alain et Jean-François qui nous ont quittés.

Bonjour à tous et toutes,P1010027.JPG

 

Photo 3115 3.jpgSamedi, je suis allée rencontrer place Félix Poulat à Grenoble le groupe des "calins gratuits", qui fait partie d’Ovs (site Onvasortir.com) en Isère. Il y avait aussi des amis de Peuplades de Grenoble.

C’est Chris qui a initié ce concept dans notre région. Le principe est de proposer des accolades aux passants et d’échanger de l’amour à travers un échange de quelques secondes.Photo 3150 3.jpg

 

J’ai vu une femme au bord des larmes.

 

«Oui, ça me fait du bien un calin", dit-elle en serrant une des participantes dans ses bras.

"Je vis quelque chose dans ma vie de très dur en ce moment.»Photo 3132 4.jpg

J’ai vu des jeunes s’embrasser à plein bras à plusieurs, avec chaleur et joie.

J’ai vu des regards s’illuminer et j’ai vu aussi des regards se dérober.Photo 3148 4.jpg

 

J’ai vu des hommes donner des calins avec de la tendresse au bord du coeur.

J’ai vu des femmes ouvrir leurs bras comme des mamans pour des inconnus.

 

15448-39dg.jpgEt en face, j’ai vu des tunisiens sur la même place manifester pour leur pays, pour dire qu’ils sont en souci pour leurs proches restés au pays.

J’ai entendu leur douleur pour un peuple, le leur, en train de lutter pour la liberté d'être et de survivre dans un monde de plus en plus dur.

 

Une jeune femme est venue vers moi pour me parler.

Elle est tunisienne et m’a fait part de ses craintes, de la révolte de son peuple aussi.

Je lui ai parlé de ma honte devant la déclaration de Michèle Alliot-Marie qui a proposé d’envoyer les forces françaises pour aider à la répression du peuple, alors que pendant ce temps, la police de Ben Ali tirait à balles réelles sur les manifestants.

 

Vous vous rappelez de ce jeune qui s’est immolé par le feu le 17 décembre ?8f00a5d2-18da-11e0-b554-742b4d6e1915.jpg

On lui avait enlevé son outil de travail, un simple étal sur un marché ainsi que toute sa marchandise. Il s’appelait Mohammed Bouazizi et avait 26 ans. La police lui a tout enlevé et il a voulu en perdre la vie. Cinq mille personnes ont suivi son cercueil et ont juré de le venger.

Tous les jeunes se sont retrouvés dans sa mort et la colère est montée. Devant des années de dictature, les tunisiens ont libéré leur ras-le-bol et leur rébellion devant la répression de leur liberté d’expression.

 

Photo 3128 1.jpgSur la place Félix Poulat à Grenoble, samedi, j’ai vu l’amour d’un côté et ces cris de révolte de l’autre côté. Tout cela se mêlait avec la foule passant d'un bout à l'autre de la place.

Je suis entrée un moment dans l’église de cette place. Il n’y avait personne. J’ai vu des fantômes, j’ai vu mes souvenirs dans cette église. Le baptême de ma fille décédée. Ma grand-mère que j’aimais tant. Et tant d’amis et amies disparus, partis de l'autre côté pour toujours. J’ai vu ma fille à quatre mois dans sa robe blanche puis dans son cercueil avec son ensemble rouge, accompagnée de son doudou.

Et aujourd’hui, je suis allée aux funérailles de Jean-François, un jeune de vingt ans qui s’est tué en voiture.

L’église était pleine et les parents si dignes.Photo 3152 1.jpg

Comment accepter l’inacceptable ? Le papa Michel a fait un hommage à son fils d’une grandeur d’âme peu commune, un hommage où il lui a dit que sur terre, il était un ange avec des bras et des jambes et que désormais il serait un ange au ciel avec des ailes. «Va, monte le plus haut possible,» lui a-t-il dit, "mais envoie-moi des signes de temps en temps.»

Accepter la mort de ceux qu’on aime, c’est se dire que Dieu ne reprend pas. Il a donné le souffle de la naissance pour que chacun vive mais quand la mort arrive, ce n’est pas Dieu qui reprend la vie, mais c’est le chemin qui se finit ici-bas. Après on est tous là pour entourer ceux qui restent, afin qu’ils puissent poursuivre leur chemin.

P1010008.JPGQuand on perd un enfant, on est d’abord dans le choc, la sidération.... et puis on s’écroule. On vit une grande fatigue physique, un vide immense. On a l’impression d’être un peu mort avec notre enfant. La vie ne nous touche plus. Le bonheur non plus.

Et puis, au bout de plusieurs mois, on regarde la beauté du monde à nouveau, doucement. Et puis un jour, on sourit et on rit à pleine voix. Car on a compris que pour notre enfant, il faut se battre et poursuivre sa vie à fond car chaque vie est courte et qu’on a à donner, partager, aimer encore.P1010002 - copie.JPG

Mais on porte une croix que personne ne saurait voir, car le vide intense au fond des tripes marque à vie le coeur et l’âme des parents orphelins, qui ont un pied dans la tombe, un pied dans le ciel et les deux mains ici-bas, des mains qui se tordent de douleur ou bien qui s’ouvrent et donnent pour partager.P1010002 - copie.JPG

Quand je suis rentrée de la cérémonie, je suis allée chercher mon fils et devant la porte de l’école, j'ai reçu un coup de fil. J’ai fondu en larmes. Un ami était mort. Il était hospitalisé depuis plusieurs semaines à l'Hôpital Sud pour des problèmes de coeur qui lui apportaient des malaises au quotidien et avait été envoyé il y a dix jours à Bordeaux pour une opération sensée le sauver de ses troubles cardiaques. Il est parti au ciel à soixante ans. Il s’appelait Alain et était passionné par les véhicules de Russie, les tracteurs et tous objets roulants venus de l'Est. C’était un homme généreux et ouvert, avec un immense sourire.P1010071.JPG

P1010077.JPGIl m’avait confié dernièrement : «Tout va mal dans ma vie, pourquoi ça s’arrangerait avec cette opération ?» Il avait très peur. J’ai essayé de lui donner de l’espérance, de lui dire qu’après, il commencerait une nouvelle vie, que l’opération, ce serait comme un tunnel, qu’après on ne sait pas ce qu’il y a, c’est l’inconnu, mais que la vie est là à nouveau, avec de nouveaux espoirs, de nouvelles forces.... Quand je me rappelle mes paroles, je me dis que je lui ai parlé de sa mort et de ce que je ressentais intuitivement.P1010037.JPG

J’aurais aimé qu’il revienne et je suis très triste car c’était un ami cher.

Même quand on est dans l’espoir d’un ailleurs et la croyance en un au-delà, comment ne pas souffrir au plus profond de la perte de nos amis, de notre famille, de nos êtres chers ?

Il nous reste à poursuivre notre chemin et à ouvrir notre coeur pour que les petites poussières d'or de tous ces êtres qu'on a aimés nous atteignent et nous illuminent de plénitude et de sérénité, d'émerveillement devant la vie et de confiance en l'avenir.

à toi Alain, à toi Marhèse, à toi Marie-Dominique, à toi Francis, à toi Louis, à toi Philippe, à toi Aimée, à toi Jean, à toi Zoubir, à vous que j'ai aimés, tous des amis et puis le père de mon fils.

à ma fille Océana partie si petite... à mes grands-parents chéris.

P1010096.JPGP1010054.JPG

Chloé Laroche

______________________________________ Les photos de mon article sont de moi sauf la photo du globe (fotosearch libre de droits) et la photo de Mohammed Bouazizi sur son lit d'hôpital : (crédits photo : Tunisian Presidency/AP). Mes photos ont été faites hier sur une balade au-dessus du lac de Monteynard ainsi que place Félix Poulat à Grenoble, lors des calins gratuits de samedi, où je me trouvais en tant que reporter. Les fleurs que j'ai prises étaient dans l'église Saint Louis.

 

 

P1010084.JPGVoici pour vous qui êtes dans le deuil ces deux vidéos et ce texte que j’ai trouvé

et que j’offre aux enfants d’Alain et à Michel, le père de Jean-François, ainsi qu'à sa maman...

 

http://www.youtube.com/watch?v=RP87uKyYAKA (Puisque tu pars/GOLDMAN)

http://www.youtube.com/watch?v=WRrxwbloQHM (Les fleurs du Bien/OBISPO)

 

LETTRE VENUE D'AILLEURS_______________

 

"Tu as souhaité m'écrire, laissant le soin aux nuages,

le soin de me transmettre ton message.

Cette seule intention m'autorise à te répondre

afin de te dire qu'en partant, j'ai bien emporté

toute la richesse et l'amour de notre vécu,

et, si du poids de mon corps je me suis allégé,

je n'en reste pas moins, dans l'ombre, à tes côtés.

Dés lors, si tu es à la recherche de notre hier,

laisse voguer en toi les pensées et les rêves,

car, dans ces voyages, nous nous retrouverons

pour vivre ensemble cette intime complicité,

et donner ainsi toute sa force à son éternité.

Que la caresse du vent, un rayon de soleil,

une étoile filante ou une goutte de pluie

soient les anges porteurs de cet écrit

pour en traduire auprès de toi le sentiment,

afin que, laissant de côté regrets comme oublis,

tu vives intensément chaque moment de la vie."

______________________________

(Michel Thivent)

06/01/2011

Mon propos sur le courage. De nos peurs dépassées à nos victoires intérieures. Du fait d'oser et décider d'aimer en milieu hostile.

1574R-019613.jpgBonjour à toutes et tous,k0578170.jpg

 

 

Le courage est l'envie de vivre, en dépassant nos peurs.

Le courage, c'est ce garçon de la trentaine qui s'est sorti de l'enfer, enfermé par ses parents dans un monde de rêves et de violences.

C'est ce garçon pour qui je pleure, un homme maintenant, qui a le courage de regarder en face ce qu'il a vécu.

Les blessures qu'il a connues, je les ai connues.

Car nous avons vécu sur la même planète.

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Le courage, c'est d'assumer ses responsabilités et de savoir recevoir la difficulté, d'accepter les tribulations de l'existence, de rester debout face aux vagues, de continuer d'être présent dans la vie et de piloter notre barque vers des objectifs d'intégrité.

 

BCP011-14.jpgLe courage, c'est donner tout son sens au temps et se voir comme une pierre roulée dans un ruisseau.

La pierre est poncée au fil du temps et les blessures se referment.

 

Le courage, c'est de voir sa soeur être frappée et d'intervenir pour l'arracher à des parents terribles.

C'est oser dire non à ceux qui ont le pouvoir sur nous.ca_41_4.jpg

 

Le courage, c'est d'être licencié pour avoir osé être en conflit avec son chef et n'avoir pas laissé faire le mépris et l'injustice.

C'est être allé au plus profond de ses larmes jusqu'à ne plus en pouvoir et partir vers l'inconnu professionnel.

C'est se dire que la vie peut offrir d'autres chances et lui donner sa confiance.

 

dwh01337.jpgLe courage, c'est se dire que si tu ne le fais pas, d'autres devront le faire, alors on le fait.

Et on prend le risque de voir se lever les boucliers de ceux qui n'ont pas fait.

 

Le courage, c'est de regarder devant et de continuer à vouloir aimer, même en milieu hostile.

Se faire insulter pour un acte généreux. Se dire alors que l'amour est plus fort que la haine.

 

Le courage, c'est de dire tout haut ce que certains pensent sans avoir les mots ni l'énergie de le dire et de parler au nom de ceux qui ont mal.

Tellement mal qu'il est difficile de regarder vers l'étoile qui brille là-haut.k0388490.jpg

 

Le courage, c'est se dire qu'on a besoin d'aide et accepter le sourire d'un ami, accepter sa main tendue, accepter l'amour quand il est là, debout devant toi.

dwh01333.jpgC'est balayer le passé et regarder l'avenir ouvert comme un livre neuf et tout frais sorti de l'imprimerie, n'ayant jamais été lu ni aimé avant que tu le lises.

C'est avoir la modestie de sa propre existence, sachant que tout s'en va un jour et que toi aussi. Aussi, dis les mots que tu as envie de dire, car ces mots resteront toujours dans le coeur de ceux que tu aimes et que tu apprécies.

 

k0388173.jpgLe courage, quand tu es dans le deuil, c'est déjà d'accepter de regarder la rose qui s'ouvre, de manger un fruit et de l'apprécier, de sortir un après-midi, de regarder la nature qui continue à pousser.

C'est décider de vivre et de ne pas imposer ta douleur à ceux qui t'entourent, tout en sachant leur dire que tu souffres.

 

Le courage, c'est de pleurer quand tu en as besoin et de partir quand tu ressens que tu exploses, pour te donner à toi même la chance de résister.

C'est de pouvoir récupérer tes émotions sans te disperser et disparaître totalement.k1946057.jpg

 

Le courage, c'est de pouvoir rendre heureux les autres quand tu vis en toi le pire des chagrins.

 

À tous, je souhaite le courage et la force.

 

1783861.jpgChloé Laroche

 

 

 

 

Nota bene ____________________________ Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr avec des photos libres de droits.

03/11/2010

J'ai écrit ce texte pour tous les amoureux des arbres et ceux qui croient aux racines de l'amour, celles qui s'ancrent dans les larmes devenues source.

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES...chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la quatrième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"_______________________________Unknown.jpeg

 

Unknown-13.jpegLes

Racines

de

l’Amour

 

____________ Nouvelle n° 4 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


Le cierge s’éteint

Comme le feu de ta vie

Nourris-le d’amour

(haïku de Chloé)


“Dire des morts : “ils ne sont plus”,

c’est non seulement les renier,

mais se renier soi-même et peut-être

renier absolument l’être parlant.”

(de Gabriel Marcel)


Unknown-7.jpegCe jour-là de la Saint-Valentin, Clémentine emmena son fiancé voir son arbre saule. Cet arbre faisait partie de sa vie ; il représentait ses racines, isolé dans un pré.Unknown-15.jpeg

Ses parents avait décidé, lorsqu’elle était petite, que chacun des membres de la famille aurait un arbre, qu’il choisirait dans la nature. Clémentine était enfant lorsqu’elle choisit cet arbre et ce fut le même que celui que prit son frère ; elle et lui étaient presque jumeaux, avec seulement quelques mois de différence.Unknown-9.jpeg

Souvent, elle avait rendu visite à son arbre, l’embrassant et nettoyant ses branches ; chaque fois, elle entourait le tronc avec ses bras et lui racontait sa vie, ses chagrins et ses joies.

C’était un saule pleureur ; sa vitalité et ses bourgeons renvoyaient les pleurs humains à la joie et à l’extase de l’âme saisie par un coucher de soleil.

Ce jour de la Saint-Valentin, Clémentine eut un choc terrible en apercevant de loin le pré nu, désert. Son arbre n’était plus là...

Unknown-4.jpegElle comprit qu’il avait été coupé et elle s’effondra dans l’herbe en sanglotant.

“Clémentine, lui dit Olivier, son fiancé, que t’arrive-t-il ?

-On a coupé mon saule ! C’est terrible ! On a coupé mes racines ! Je l’aimais tant ! Ce n’est pas possible !”

Elle restait là, choquée, sans comprendre. Olivier, de son côté, n’arrivait pas à admettre sa peine immense ; il n’avait jamais pensé à la douleur de perdre un arbre ami ; il n’en avait pas. Si, il avait bien aimé autrefois un chêne près de la maison de ses parents, un chêne immense auquel il s’était attaché ; mais Clémentine ressentait une si grande souffrance pour ce saule, comme si elle avait perdu sa propre mère...! Cela prenait à ses yeux de fiancé des proportions inquiétantes ; il essaya néanmoins de la consoler...00376e8bc87d0b54.jpg

Elle courut vers l’endroit où avait vécu son arbre ;  Olivier la suivit ; ils ne trouvèrent que la souche du saule avec des copeaux éparpillés, traces immondes d’un crime sans nom.

Unknown-3.jpeg“Ils ont coupé mon arbre. Quand arrêteront-ils ? Ils ont déjà coupé celui de mon père, un bouleau, un magnifique bouleau, et celui de ma mère, un hêtre majestueux, à l’orée d’une forêt, à trente kilomètres d’ici. Ce hêtre vivait dans un bosquet, à l’abri du regard des hommes ; ma mère l’aimait car il ressemblait à son être intérieur ; nous l’aimions tous. Un jour, en rentrant de promenade, mes parents nous ont dit : “Quelqu’un a coupé l’arbre de votre mère.” Je n’ai jamais eu le courage de retourner sur les lieux, dans cet endroit où vivait le hêtre de ma mère ; et aujourd’hui c’est mon arbre qui est mort. Pourquoi ?  Je suis si peinée. Ils ont même coupé le petit frêne qui poussait près de mon saule... On disait en souriant, mon frère cadet et moi, que c’était le frêne de notre petit frère benjamin (l’arbre que tu vois là-haut, au sommet de la colline) qui avait voulu se rapprocher de notre arbre ; il représentait notre amour de frères et soeur.”

Olivier serra fort sa fiancée et lui dit :

1e0a099f6e90d1f6.jpg“Les racines de votre amour sont ancrées profondément en toi, en vous ; les racines de ton saule resteront à jamais dans ton coeur. Cet arbre continuera à faire des bourgeons  et à verdir au printemps ; il te donnera la force de traverser les pleurs de ta vie et d’affronter les deuils de ton existence... en pleurant toutes les larmes de ton corps sans perdre ton âme. Il t’apprendra que les larmes qu’on retient creusent une source qui ronge l’âme… Ton saule chantera toujours en toi la chanson éternelle de l’homme solitaire dans le grand pré de la vie ; il te donnera la dignité de rester droite face au mal, face aux rôdeurs de l’existence et face aux épreuves.”

Clémentine écoutait parler Olivier tout en se disant :Unknown-14.jpeg

“Comme il me parle ! Il doit être inspiré. Ce qu’il dit est si profond... Il ne m’avait jamais parlé ainsi.”

Elle l’embrassa et lui dit : “Ce que tu m’as dit est très beau. C’est ton cadeau pour ce jour de la Saint-Valentin ! Mon arbre nous donne le souffle de l’Amour et sera notre ange dans le Ciel de notre futur mariage.”

Jusqu’à ce jour, elle n’était pas sûre de vouloir épouser Olivier mais aujourd’hui elle avait la conviction qu’elle deviendrait sa femme ; elle sut que leur union prenait racine dans la compréhension et le partage du pire comme du meilleur.

Dans les jours et les semaines qui suivirent, elle pleura souvent la mort de son arbre chéri et elle repensait aux paroles d’Olivier...

99f1adffb5a6c2b0.jpgPetit à petit, elle sentit les racines du saule s’ancrer dans son coeur ainsi que son être faire corps avec le sien ; ses bras lui semblaient parfois être des branches et ses larmes des bourgeons.Unknown-5.jpeg

Elle sentait qu’elle devenait femme, ayant coupé les racines de son enfance tout en assimilant les souvenirs heureux et malheureux de cette période de sa vie.Unknown-14.jpeg

Le saule faisait revivre en elle tous les moments qu’elle avait partagés avec ses parents, tués dans un accident de voiture alors qu’elle était adolescente ; elle se dit que son arbre saurait les embrasser pour elle au Paradis et leur dire combien ils lui manquaient, combien ils lui avaient manqué, combien ils lui manqueraient toujours.

Ne plus voir ses parents, ne plus leur parler, ne plus les embrasser avait été et était toujours très difficile pour Clémentine, insurmontable parfois.

416500fd42b96950.jpgAujourd’hui, elle allait dire oui à son fiancé Olivier, oui pour la vie... une vie qui offre parfois le pire : perdre ceux que l’on aime.

 

Chloé LAROCHE

____________________________________Unknown-10.jpeg

 

Tuerie des forêts

Que Dieu a permis d’hêtre

Troncs du Paradis

(HAÏKU de Chloé L)

 

_____________ __________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur. Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________


23/10/2010

Mes 13 Nouvelles pour ceux qui s'aiment... qui sèment après la vie... Tirées de mon ouvrage : "Les Semences de l'Après-vie".

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)________________________________________________

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES.... chloe.email@laposte.net___________ Merci d'avance !

 

2cd705a2315020f8.jpgLe

Dauphin


de


l’Amour

 

____________ Nouvelle n° 1 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


Dédié à Michel PERLI.


“Le souvenir, c’est la présence dans l’absence,
C’est la parole dans le silence,3b7f273c01b76f5c.jpg
C’est le retour sans fin d’un bonheur passé,
Auquel le coeur donne l’Immortalité.”
(citation de Henri Lacordaire)





Elise traversait le cimetière lorsqu’elle aperçut une stèle assez étrange ; sur la pierre tombale étaient inscrits en lettres d’or les deux noms de Tristan et Iseult, ainsi qu’une ancre, dorée également.

9fdfcc014e817c14.jpgDans cette tombe reposait une seule personne, un homme.

Des lys d’une beauté étonnante se dressaient dans un vase en marbre ; Elise se recueillit en ce lieu béni, réfléchissant à l’impression d’amour éternel qui embaumait la sépulture.448521972367fafe.jpg

Il y avait aussi un immense bateau gravé sur la stèle.2c8fc0ff1c458660.jpg

Elise fixa l’ancre dorée un long moment et se dit que le véritable amour est celui qui s’ancre dans l’éternité, par-delà la mort et les souffrances.
“Quel drame ont vécu cet homme et celle qu’il a laissée ?” pensa la jeune femme ; elle restait là, bouleversée par tant de beauté et d’intensité figées dans la mort.

Elle-même demeurait seule depuis longtemps et rêvait de rencontrer l’Amour ; elle demanda à cette âme de lui porter bonheur dans sa quête d’un compagnon ; en partant, elle dessina un coeur du bout des doigts dans le gravier nu du cimetière.

Le lendemain, elle décida de partir en mer dans son kayak. Il faisait beau et l’onde était calme, propice à la méditation ; Elise avait besoin de cela, besoin de se retrouver seule dans les bras du Dieu des Eaux ; Poseïdôn -elle l’appelait ainsi- était son unique père depuis que son géniteur l’avait abandonnée ; elle aimait lui raconter ce qu’elle vivait et lui confier ses émotions ainsi que la vie de son être intérieur ; les vagues lui transmettaient les caresses de son père adoptif et lui rendaient confiance en son chemin.

166d5793526b4918.jpgOr, ce jour-là, le destin voulut qu’un dauphin vienne la voir. C’était un jeune animal à l’oeil vif ; il avait envie de jouer avec Elise et commença donc à pousser la frêle embarcation ; celle-ci se retourna et la jeune femme s’échappa du kayak ; elle se mit à paniquer, se sachant bien loin de la côte. “Peut-être est-ce ma dernière heure. Toi à qui j’ai parlé hier, au cimetière, protège- moi, je t’en prie... Je voulais trouver l’Amour, pas la mort !”

Le dauphin était toujours là ; il se glissa sous la jeune femme et l’enleva promptement ; Elise fut surprise mais se laissa faire ; le mammifère semblait savoir où il l’emmenait ; il nagea de longues heures jusqu’à atteindre une plage magnifique, la plage d’une petite île perdue au large.

Le cétacé renversa Elise dans l’eau chaude du bord de mer. Ils restèrent longtemps l’un près de l’autre, bénis par le soleil et les douces vagues ; il semblait à Elise que cet être allongé près d’elle était comme un frère, un fils de Poseïdôn, envoyé par lui comme un présent des Dieux pour que le présent se change en avenir.3973c122ec86759c.jpg

Elle avait eu une excellente intuition à propos du présent car, quelques minutes plus tard, un bateau apparut à l’horizon et jeta l’ancre devant l’île ; un homme en descendit et se dirigea en barque vers la plage... Il fut très surpris de trouver Elise près du dauphin.

“Je connais ce dauphin, dit-il. Je l’ai sauvé un jour des filets d’un pêcheur ; il était bébé et, aujourd’hui, vous voyez, il est heureux de vivre. Il sait que je viens souvent ici et il me rejoint dès que j’arrive... Mais vous, que faites-vous là ?”

Elise lui expliqua tout puis lui demanda comment il s’appelait.

8c73180850f13bc6.jpg“Je m’appelle Désiré et mon bateau a pour nom : "L’Encre de   l’Amour"  ; je l’ai appelé ainsi car j’écris beaucoup : j’ai eu une vie très difficile avec des centaines de tempêtes et de coups durs et l’écriture a été pour moi l’ancre qui m’a permis de poursuivre ma route. A travers l’encre d’un stylo, on peut parler de l’amour, de l’espoir, de la paix... On peut sauver des âmes en leur redonnant  l’espérance et la confiance en leurs propres émotions. Mais... allons nous promener dans l’île. Je vais vous montrer quelque chose.”

Elise était tombée sous le charme de cet homme ; un soleil nouvellement né brûlait en elle ; son âme semblait basculer de joie ; l’intensité de cette rencontre était telle qu’Elise avait l’impression de renaître, de naître à une nouvelle vie. “Est-ce cela l’Amour ?” se dit-elle.

Désiré marchait devant elle. Des milliers de fleurs embaumaient l’île ; les oiseaux chantaient l’infini de leur langage. Désiré ne se retournait pas ; Elise lui parlait mais il ne s’arrêtait pas ; il répondait en avançant.55e0eca1b090f770.jpg

Ils arrivèrent enfin dans un endroit paradisiaque et Désiré montra une tombe à Elise, une tombe couverte de fleurs ; il y avait là une pierre tombale... et deux noms étaient gravés : Tristan et Iseult, en lettres d’or.

2b366328596ea08c.jpgUne ancre, dorée également, accompagnait les deux noms avec un bateau en arrière-plan... Une femme était enterrée ici.

“C’est ma mère, dit Désiré. Je n’ai pas connu mon père ; il est mort en mer avant que je ne vienne au monde ; je ne sais même pas où se trouve sa tombe... Ma mère, après sa mort, est venue vivre dans cette île et j’ai grandi ici. Elle me parlait souvent de lui et son amour était grand ; elle ne l’a jamais oublié, jamais.”

Désiré se mit à pleurer. Elise lui prit la main et lui demanda de s’asseoir ; elle était très émue de comprendre qu’elle avait fait le lien entre deux personnes disparues qui s’étaient aimées passionnément ; elle expliqua à Désiré que, la veille, elle se trouvait devant la tombe de son père... Elle lui raconta tout.3b7cd100aa8ec1a2.jpg

Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre et les oiseaux s’arrêtèrent de chanter, tant l’Amour rayonnait.

Le silence est respect des êtres qui s’aiment... par-delà la mort.

Le silence est cette fleur de lys déposée sur la tombe du père de Désiré par une main inconnue... une main venue d’ailleurs.

C’est ainsi que... l’Amour est toujours plus fort que la mort.

 

Chloé LAROCHE



__________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur. Ouvrage déposé.


324f12c22882e1f4.jpgRien n’est plus précieux
Qu’un sourire suspendu
Au plus haut des cieux

(Haïkou de Chloé LAROCHE)

25/08/2010

J'ai été très émue par la découverte du film L'Arbre qui retrace le deuil d'une famille et d'une veuve avec une sensibilité remarquable.

_Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_19458330.jpgL’arbre, c’est un très beau film à l’affiche, avec l’histoire d’une mère qui est aussi une femme._Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_l-arbre-charlotte-gainsbourg-dans-un-drame_62053_w250.jpg

 

Cette mère a quatre enfants et aime un homme. Elle est incarnée par Charlotte Gainsbourg dans un rôle sensible et profond, où chaque nuance de tristesse ou de joie ressemble à un faisceau de lumière.

 

Ces six êtres vivent sous la protection d’un figuier en Australie, dans une maison où chacun vit avec bonheur une vie de famille harmonieuse.

 

Les racines de l’arbre les protègent de tout mais pas de la mort, puisque le père décède subitement.

 

L’une des quatre enfants, Simone, trouve dans cet arbre un immense réconfort et chacun vit son deuil à sa façon._Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_19458326.jpg

 

_Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_19447377.jpgLa maman, Dawn, sombre dans une profonde tristesse et avance sur le chemin de la résilience en regardant la nature, en s’occupant de ses enfants de mieux en mieux, en retrouvant un travail et puis un jour en retrouvant l’amour.

 

_Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_19447372.jpgMais cet amour est difficile à émerger lorsque le deuil est là. Ce nouvel amour est difficile à exister quand l’arbre enracine l’amour perdu dans son coeur encore vivant mais attaché si profondément à la personne disparue.

 

Les racines d’un amour précédent peuvent être si étouffantes qu’elles empêchent certaines personnes de vivre et d’aller de l’avant.

 

Dans le film, l’arbre prend tant de place qu’il en arrive à fissurer la maison et le puits, comme un symbole de cet amour passé qu’il faudrait fuir en emmenant sa maison très loin._Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_19458327.jpg

 

Une maison nomade avec des coeurs qui peuvent se mettre en voyage pour porsuivre l’odyssée de leur vie, en ouvrant grand les fenêtres de leur coeur à un nouvel amour, signe d’une vie qui continue, d’un espoir qui renaît au-delà de toutes les souffrances et de toutes les larmes.

 

À un moment, la petite Simone dit à sa copine : “Il y a deux choix : être triste ou être heureux. Moi, j’ai choisi d’être heureuse.”

 

La maman, dans un autre passage du film, dit à sa petite : “Ton papa est là et je ne l’oublierai jamais, jusqu’à la fin de ma vie. Je peux sourire à des moments, être heureuse, mais c’est là, cette tristesse au fond de moi, et il faut apprendre à vivre avec.”

 

Apprendre à vivre avec et un jour pouvoir dire “j’avance”, je tourne la page, je quitte l’arbre aimé et ses racines afin de m’enraciner ailleurs.

 

_Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_Photo 0610.jpgJ’ai été très émue par ce film car il m’a renvoyée à mes propres deuils, deuil de ma fille et deuil du père de mon fils. Chacun dans ce monde a ses croix. Chacun apprend à être crucifié dessus un moment et puis à les transformer en portails de lumière, en branches de vie, en destinées humaines responsables et dignes._Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_Photo 0614.jpg

 

L’arbre en nous prend racine dans nos émotions et nos rêves, nos espoirs et nos révoltes, nos colères exprimées et nos tristesses assumées. Et un jour, il poursuit notre route lorsque notre corps retourne à la poussière, tel une âme millénaire aux millions de feuilles manuscrites d’une vie ancrée dans la terre mais regardant vers le ciel._Users_Anne_Chloe_Desktop_article arbre_Photo 0609.jpg

 

Chloé Laroche

 

 

 

22/04/2010

Mon article pour la sortie du film MAMMUTH avec Gérard Depardieu, un film qui a pour pierre angulaire la proximité humaine dans ce qu’elle a de plus beau et de plus différent du conformisme.

MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui a passé sa vie à travailler pour oublier, oublier un drame.imagesqn4YA9.jpeg

MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui a perdu sa copine dans un accident de moto et qui a escamoté sa vie pour ne pas avoir à penser.

MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui rencontre des tas de gens qui lui disent qu’il est con et finalement il se rend compte que la connerie, c’est d’oublier de vivre et d’éviter de faire de sa vie quelque chose.

MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui a une nièce handicapée mentale, laquelle le remet en face de son âme brute par l’art d’une âme simple.18378311.jpg-r_75_100-f_jpg-q_x-20040420_123603.jpg

MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui passe à côté d’un homme inconscient à terre sans prévenir personne, comme s’il passait à côté de son âme en train de crever.

imagesiFJLn5.jpegMAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui court après son passé et tous les boulots de sa vie et qui finalement revient en sachant que l’amour est maintenant son seul combat, le combat de sa retraite.

MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui prend sa retraite et se retrouve devant un casier vide, le casier d’une vie entière à trimer pour des patrons, patrons qui ont oublié pour certains de lui donner les certificats de travail ou même de le déclarer.

19296611.jpg-c_80_80_0-f_jpg-q_x-20100315_012925.jpgMAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui est passé à la caisse d’un magasin avec pour seul article un couteau... et d'une caissière qui s’est mise à l’aimer en lui sauvant la vie.imagesZRky2U.jpeg

MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui aimait une moto nommée Mammuth et qui partit avec elle sur les routes à la rencontre du fantôme de celle qu’il avait aimée. 

Celle qui l’avait aimée vient lui dire : “Mammuth, maintenant, il faut vivre ta vie... SANS MOI.”

Alors MAMMUTH, c’est l’histoire d’un film qui a pour pierre angulaire la proximité humaine dans ce qu’elle a de plus beau et de plus différent du conformisme. Ce film nous parle du coeur des métiers les plus ingrats et de la vie des ouvriers. Il parle des salariés dans le réalisme décalé de celui qui rend son tablier et nous confronte à notre propre vie d’humain dans ce qu’elle a de plus désespérant et aussi de plus combatif.images2gW8Sf.jpeg

Nous avons tous vécu des deuils ou des accidents de la vie... pas forcément en moto mais peut-être autrement... Alors ce film est pour chacun de nous dans ce qu'il a de vivant et de décalé... comme une offrande de l'art-thérapie.

En effet, Gérard Depardieu, Isabelle Adjani et tous les acteurs du film ont cette flamme de l'art qui nous communique l'émotion essentielle à notre destinée, comme une résonance de l'âme avec des artistes purement humains.

Chloé LAROCHE

imageselmCqE.jpegPS : il se trouve que la moto Mammuth est née durant l'année où je suis née, 1966.imagessTzW7c.jpeg

02/04/2009

Dans mon taxi, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent. Du handicap au pire vécu.

Du handicap au pire vécu. Offrande d'une sonate pour la vie de Jason, petit garçon retrouvé mort à Liège, tué par son père à coups de chaussure. 

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Dans mon taxi, véhicule sanitaire que je conduis chaque jour, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent.

 

images-12.jpegJe reste seule avec des confidences, avec les paroles parfois très lourdes de mes passagers handicapés ou malades.

Des enfants aussi. Des personnes âgées.

 

“Qu’est-ce qu’ils ont les pères à nous faire ça,” me dit une enfant qui me révèle qu’une copine a subi la même chose qu’elle.images-8.jpeg

 

“J’ai eu raison de le dénoncer, n’est-ce pas ?”....

“C’est lui qui a tort, pas moi.”

 

“Ma mère me manque.”

 

Cette enfant a le regard clair et déjà un raisonnement très mûr. Elle regarde une autre enfant passagère et me dit : “Elle est belle.”

 

Comme on dit d’une rose qu’elle est belle.

Les roses, on ne doit pas les cueillir.

Ni violer les enfants.

 

images-2.jpegPendant des mois. Il l’a violée. Ce n’était pas son père mais un beau-père.

 

Pendant les absences de la mère.

 

Elle regarde le paysage. Je la conduis. Elle se sent apaisée dans mon véhicule.images-5.jpeg

 

Dans la journée, plus tard, je transporte un monsieur handicapé. Il était tétraplégique. Il a progressé à force de travail. Il est maintenant paraplégique.

 

images-11.jpegIl est triste. Cela fait trois ans qu’il a eu ce maudit accident.

 

Je l’écoute. Il me dit que la souffrance physique, il n’y a rien de pire. Et la souffrance de voir les montagnes sans pouvoir les parcourir, les goûter.

 

La souffrance de voir des femmes et de n’avoir que le souvenir de l’ancien temps et des rêves présents qu’on fait mais qui ont le goût amer du réveil en fauteuil.SB10063890E-001.jpg

 

Je l’écoute et il me dit que les personnes valides ont bien de la chance et qu’elles devraient éviter de se plaindre pour des broutilles.

 

Mais parfois, pensais-je, les personnes valides sont tristes à mourir et certaines sont handicapées dans le coeur, amputées de leur enfant disparu, membre perdu dans l’immensité de l’univers... amputées d’un être aimé mort. Parfois, des personnes valides ont tant de charges et de difficultés à gérer que tout cela n’est pas que des broutilles.

 

images-9.jpegCet homme souffre terriblement. Il est comme dans une prison. Son corps ne le laisse plus libre de vivre comme il voudrait. Il laisse les volets lui ôter la vue des montagnes. Il a envie de les prendre et de les replanter en plein désert, là où il ne serait pas. Il ne veut plus de son fauteuil. Il se bat pour en sortir. Il voudrait l’emmener  loin et revenir sans lui. Valide et libre d’aimer à nouveau, de courir les montagnes.

 

Je me retrouve seule dans mon taxi. Un taxi spécialisé.

Une musique s’élève dans le réceptacle du véhicule. “La Sonate au Clair de Lune” de Beethoven.

 

Le piano amène à moi l’image d’une tombe. Je vois une maman pleurer là où on a découvert le corps de son fils de trois ans enterré dans un sac.

 

images-4.jpegCet enfant s’appelait Jason. Il a été tué à coups de chaussures par son père. C’est la nouvelle compagne du père qui l’a aidé à enterrer le petit garçon. C’est elle aussi qui a avoué les faits et qui a révélé la fuite du père dans son pays.

 

Cela faisait des semaines depuis février que l’on recherchait le petit garçon. Il a été retrouvé le 19 mars près de Liège, en Belgique, là où il vivait avec son père.images-3.jpeg

 

Un père qui a fait de la prison pour vente de drogue et qui avait déjà été remarqué pour maltraitance sur son fils. Son fils qu’on lui a pourtant rendu à sa sortie de prison. Erreur fatale pour ce petit garçon.

 

Tué à coups de chaussures.

 

images-1.jpegLe piano grandit en intensité. Je pense à Jason. Je vois sa vie, ses sourires, ses jeux d’enfants, sa pureté, son innocence, son émerveillement devant la vie, ses larmes, la douleur d’une vie maltraitée, d’enfant qui regarde l’adulte et qui a peur. Juste peur. Effrayé. Sans secours. Sans recours.

 

La pureté de la Sonate prend en elle toutes les souffrances dont je viens de parler et j’offre ces vies à l’Esprit qui détient la vie, à l’amour qui regarde les roses grandir sans les arracher.

 

La dernière note s'allonge dans la voiture. Le piano s'éteint. Mais une étoile brille. Pour Jason. Pour les enfants que je transporte. Pour chaque personne handicapée.SB10065057H-001.jpg

 

Chloé Laroche________________

 

Commentaires

I recently came across your blog and have been reading along. I thought I would leave my first comment. I don't know what to say except that I have enjoyed reading. Nice blog. I will keep visiting this blog very often.

Ruth

http://pianonotes.info

Ecrit par : Ruth | 05.04.2009

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Thank you very much, Ruth. Your letter is very beautiful, with a big sun for my hearth and my blog. Good sunday ! Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 05.04.2009

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01/03/2009

Les petites listes de Chloé... Liste des choses les plus horribles de ma vie et liste de celles qui m'aident à tenir et à vivre.

Bonsoir à tous et toutes,ange-1149927682-t.jpg

images-1.jpegTous les matins, je conduis pour mon travail une adolescente autiste à son IME. Tous les matins, avant d'arriver à son domicile, j'écoute Bourdin and Co sur RMC dans mon taxi-vsl.  Et quand je la fais monter dans mon véhicule, cette jeune fille coupe immédiatement RMC pour mettre MFM et quelques dizaines de minutes plus tard, je me régale en écoutant "les petites listes de Karine".

Alors, j'ai choisi de vous faire aujourd'hui deux listes de ma vie.

images-9.jpegLa première liste est celle des choses les plus horribles de ma vie... juste pour dire qu'on peut aller de l'avant même en portant des croix :

1- Le jour horrible où j'ai appris, alors que j'étais enfant, de la bouche de mon père qu'il avait tué mon chien, un fox-terrier.images-10.jpeg

 

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2- Le jour terrible où j'ai pris dans mes bras le corps de ma fille morte, que je l'ai habillée et peignée pour la dernière fois.

3- Le jour monstrueux où ils ont fermé son cercueil et que je l'ai vue pour la dernière fois, ma fille Océana, avant de voir son cercueil descendre dans la tombe.images-15.jpeg7-picture3.jpg

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images-13.jpeg4- Le jour où, étant encore enfant, mon professeur de violon m'a retenue contre lui et a enfoncé sa langue dans ma bouche, me retenant contre mon gré, et que j'ai eu le désespoir ensuite de me jeter sous une voiture... chose que je n'ai pas faite, heureusement.ange-1157045465-t.jpg

5- Le jour où j'ai failli me noyer, prise au piège sous mon kayak retourné, alors que mon père m'avait envoyée à douze ans descendre seule les flots de l'Allier.

images-14.jpeg6- Le jour où un homme que j'aimais a pris sans me demander et sans ménagement un lieu qui ne lui était pas ouvert, un lieu jamais visité, et qui a tiré de ma gorge un hurlement à cause de la souffrance physique causée.

7- Le jour où le père de ma fille a tout cassé dans le domicile, faisant des trous dans les murs avec ses poings, et qu'en pleine nuit, alors qu'Océana n'avait que deux mois, j'ai dû fuir avec elle, terrorisée.images-1.jpeg

images-8.jpeg8- Le jour où cet homme, deux ans plus tard... alors que nous étions séparés, est entré chez moi en furie, sous l'effet d'un mélange de médicaments et d'alcool, et a mis ses mains autour de mon cou pour m'étrangler, sans se rappeler qu'il allait tuer la mère de son enfant.

Un ange m'a sauvée ce jour-là, un homme qui est entré par la porte restée entrouverte, me sauvant  la vie. 

9- Le jour où une bande de voyous m'a agressée à Caluire en tant que taxi et où j'ai reçu un pétard explosant en pleine figure, après d'autres projectiles lancés sur le véhicule.ange-1150893347-t.jpg

10- Le jour où...

images-7.jpegOui, il y a eu d'autres jours mais je n'en parlerais pas. L'important est que je sois là pour vous écrire que l'important n'est pas les listes qu'on fait, mais ce qu'on fait de ce qu'on liste, comment on vit de l'accumulation d'épreuves, comment on se sort de tempêtes multiples, de cette avalanche d'épines et de croix... 

Je crois pour ma part que ce n'est qu'en faisant la liste de ce qui nous aide à tenir.

images-5.jpegPour ma part, ce qui m'aide, c'est :

1- Avoir assez d'amour au fond de soi pour que cet amour soit plus grand que la rancune, le ressentiment, la vengeance, la haine.

2- Avoir conscience que donner de soi, c'est donner une plus belle part au monde, lui donner de son coeur, de son temps, de son idéal.7-picture2.jpg

3- Avoir à l'idée que d'autres sur terre vivent la même chose que moi et que certains vivent dix fois, mille fois pire.

images-16.jpeg4- Penser que ceux qui sont morts et que je pleure attendent de moi que je poursuive ma route au maximum de mes possibilités car eux ne sont plus là pour le faire. Ils sont comme les anges qui aimeraient parfois avoir un corps pour ressentir la générosité et le don de l'âme dans la matière.

5- Regarder le soleil, la terre, le ciel, les fleurs... et me dire qu'eux sont toujours là, quoi qu'il se passe.images-3.jpeg

6- Fermer les yeux et réconcilier dans mon coeur mes larmes et mes joies. Sentir le pardon venir noyer mon coeur, de la part de celui qui m'a fait souffrir. Ressentir ce qui met un baume sur mes souffrances et le rendre tangible, par l'écoute et la parole.

7- Accorder mon violon aux sons de mon âme et donner de l'énergie par ma musique et mes mots écrits ici, sur ce blog.

8- Garder l'espoir que petit à petit tous mes projets et mes rêves se réalisent, et ils se réalisent vraiment : naissance de mon fils, les deux adoptions au Bénin et en Roumanie, mon travail, mes livres, mon violon, mon tour du monde...

images-6.jpeg9- Toujours garder l'énergie de pouvoir recommencer, sans jamais baisser les bras, et si on les baisse, c'est pour mieux remonter.

10- Écouter son chemin intérieur, ses émotions, et les regarder comme une palette de peintre, afin de créer la plus belle peinture, celle de sa propre vie.7-picture6.jpg

 

_Merci de m'avoir lue jusqu'au bout.

Si j'ai pu écrire cette page ce soir, c'est grâce au film "Le code a changé". Merci à la réalisatrice de ce film profond et sensible, très fin, Danièle Thompson. 

(2 heures 20 du matin)

À très bientôt !

images-2.jpegChloé LAROCHE

 

 

 

14/02/2009

Amorversaire de ma fille en ce jour. Quelques mots sur ma vie. Mes enfants et l'amour pour mon ange envolée. Paroles d'une maman face à la crise et à certaines décisions politiques sur la famille.

Bonsoir à tous et toutes,

 

images-1.jpegMa fille OCÉANA est partie il y a douze ans et son amorversaire est aujourd'hui. Elle me manque et mon coeur saigne comme chaque jour depuis son départ. Ma raison de poursuivre le chemin est l'amour qu'elle a laissé dans mon coeur et que je redonne autour de moi, à travers ces deux enfants que j'ai recueillies, à travers mon fils qui est né il y a quatre ans, son petit frère, à travers l'accueil que j'ai démarré d'un jeune en réinsertion et en reconstruction intérieure, qu'une association m'a confié.images.jpeg

Ma vie est un chemin de roses bordé d'arbres aux regards silencieux qui m'encouragent, un chemin de solitude sur un bateau parfois accosté par d'autres bateaux, certains en perdition qui viennent trouver la force de retrouver leur chemin, d'autres en perte de vitesse qui me regardent traverser l'océan sans m'accoster, se disant que ma trajectoire est bien trop téméraire dans ses engagements.

images-4.jpegJe regarde le monde, j'observe la crise, j'écoute, je réagis, je prends partie, je défends, je pétitionne, je me bats, j'écris, je travaille avec coeur, je fais les courses, j'approvisionne mon petit monde en choisissant les prix les moins chers, je lis, je m'informe, je pleure, je ris, je souris au soleil qui se lève chaque matin, je suis scandalisée par certaines décisions politiques, je suis déçue, je gère mon loyer et mes factures, je suis parfois fatiguée, je me lève toujours le matin, j'aime mes enfants, je conduis en évitant les grilleurs de feux rouges, ceux qui ne respectent rien.

La crise ne me fait pas peur vu qu'avant je vivais avec peu et qu'aujourd'hui, cela n'a pas changé.

Que le Président veuille diminuer la durée du congé parental me hérisse car j'ai choisi, après avoir donné naissance à mon fils, de prendre trois années de congé parental et je suis heureuse de l'avoir fait, même en vivant avec peu d'argent. Je l'ai vu grandir, j'ai été présente dans ses premières années, je lui ai donné le sein durant neuf mois, je l'ai emmené se promener, je l'ai vu se réveiller le matin et j'étais là pour ses repas. J'ai joué avec lui et l'ai accompagné à la garderie deux fois par semaine, pour qu'il s'adapte au monde et aux autres enfants. C'était mon choix et n'en déplaise à Monsieur Sarkozy... ma carrière ne s'en est pas trouvée affectée, puisque j'ai retrouvé un travail... puis un deuxième, suite à l'agression subie lors du premier. Je suis en CDI maintenant et le choix que j'ai pu faire, à la suite du congé maternité, de prendre un congé parental est pour moi très précieux.canada-1390113497-1130888.jpg

Voilà, c'était quelques mots en ce jour de la SAINT VALENTIN où ceux qui sont seuls le sont encore plus et je vous offre ci-dessous le poème d'une mère en deuil de son enfant.

Je remercie tous les lecteurs de mon blog et ceux, qui silencieux, suivent mon chemin et mes combats.

Chloé

 

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_________________Poème d'une maman en deuil de son enfant ____________

 

"JE VOUS EN PRIE, ne me demandez pas si j'ai réussi à surmonter, je ne le surmonterai jamais.

JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas qu'il est mieux là où il est maintenant, il n'est pas ici auprès de moi.

JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas qu'il ne souffre plus, je n'ai toujours pas accepté qu'il ait dû souffrir.

JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas que vous savez ce que je ressens, à moins que vous aussi vous ayez perdu un enfant.

JE VOUS EN PRIE, ne me demandez pas de guérir, le deuil n'est pas une maladie dont on peut se débarrasser.

JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas que Dieu n'inflige pas plus que ce que l'homme peut supporter.

JE VOUS EN PRIE, dites moi simplement que vous êtes désolés.

JE VOUS EN PRIE, dites moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant, si vous vous rappelez de lui.

JE VOUS EN PRIE, laissez moi simplement parler de mon enfant.

JE VOUS EN PRIE, mentionnez le nom de mon enfant.

JE VOUS EN PRIE, laissez-moi simplement pleurer."

 

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Commentaires

Bonjour à toi !
Je viens de découvrir ton site.
Je voulais prendre quelques instants pour venir te souhaiter mes sympathies pour la perte de ton enfant.

Je sais exactement ce que tu vis.

J'ai perdu, le 14 février 2009, mon mini bébé. J'étais à 23 semaines et 1 jour, j'ai des contractions qui ont commencé et j'ai dû accoucher de mon bébé qui a été en vie durant 1 heure.

Je me demande si on est capable de vivre après une aussi grosse perte... au lieu de sur-vivre?

Je tiens à te faire un câlin virtuel même si nous ne nous connaissons pas du tout.

Une maman qui a très mal
Elizabeth

Ecrit par : Elizabeth | 02.03.2009

 

Merci pour le poème, tout est exact, j'ai vraiment envie de rajouter, ne me dites pas Soyez fort, je ne comprends pas pourquoi je devrais être fort !

Ecrit par : Lionel | 06.03.2009

 

J'ai été très touchée par vos messages, Élizabeth et Lionel. 
Élizabeth, je pense à vous et à votre bébé.
Vous êtes au milieu de la rivière en plein courant et c'est cela "sur-vivre" : arriver à retrouver les bords, plus calmes... d'où on regarde cet endroit où l'on était quand on essayait de surmonter les flots, les larmes sans fin et la peine immense qui nous submerge.
Je vous envoie plein de pensées et de roses.
Sincèrement vôtre,
Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 07.03.2009

 

 

22/01/2009

Mon récit pour ceux qui souffrent et pour leur entourage, pour honorer le courage des humains.

 

images.jpegJe voulais vous raconter ma rencontre en 2003 d’une patiente que j'ai transportée un jour dans mon ambulance.

Cette femme souffrait d’un cancer... Une dame âgée, pétillante de vie, d’enthousiasme et d’espoir.

Elle m’a révélé avec bonheur :

-Depuis l’annonce de ma maladie, j’ai toujours été entourée. Mes amis m’invitent, me font à manger et m’apportent des petits plats. Je ne manque jamais de rien.”

Je lui ai répondu :

-Vous êtes comme les ermites. Les gens vous considèrent comme une personne représentant la sagesse et vous soignent comme un trésor humain.”

Elle m’a alors regardée avec malice et mystère, surprise par ma perspicacité :

-Oui, vous avez sûrement raison. Il est vrai que durant toute ma vie, je me suis occupée des autres, de tout le village... J’ai gardé les chiens des uns, les chats des autres, les enfants, les maisons en périodes de vacances. J’ai fait les courses avec mon caddy pour ceux qui ne pouvaient pas se déplacer...”.

Cette femme est un magnifique exemple d’entraide et de solidarité jusque dans la maladie où tout un village fait la chaîne pour une vieille dame seule et malade.images-2.jpeg

Ce jour-là, sur ma route, j'ai aussi rencontré un miraculé. Je devais aller le chercher dans un centre de rééducation, après sa séance de kinésithérapie, pour le ramener chez lui. Il a marché jusqu’à l’ambulance avec ses béquilles. “Je suis bien content que ce soit vous !”, me dit-il élégamment. C’était la première fois qu’il me voyait mais cela avait l’air de l’enchanter.

Ce monsieur était tombé il y avait huit mois du quatrième étage d’un échafaudage d’électricien. D’après les témoins, il n’aurait pas dû s’en sortir. Il n’avait même pas fait de coma. Il avait bien sûr des séquelles mais sa vie était sauvée... Bientôt sexagénaire, il préparait sa retraite et gardait nombre de projets pour la suite de son existence.

images-2.jpegJe suis émerveillée par la solidité de certains êtres et par la ténacité de l’Humain à demeurer en vie malgré les épreuves, les accidents et la maladie.

Nous avons appris ainsi avec bonheur que notre petit patient Kévin, qui se rendait plusieurs fois par semaine à l’hôpital en dialyse, avait été greffé et que nous ne le transporterions plus. Cela a été une immense joie de voir ce jeune garçon libéré de ce fardeau. La persévérance de la vie, le courage de Kévin, le soutien de ses parents et l’accompagnement des soignants ont gagné pour sauver cet enfant.

La vie est si belle, si riche et si surprenante qu’elle vaut les batailles qu’on choisit de mener pour elle.

 

Chloé Laroche

 

 

 

06/11/2008

Réponse au SOS d'un maman qui a perdu son fils, emporté par un suicide.

Mn_PERS014.jpgLe trois novembre, j'ai reçu ce témoignage après mon article concernant les parents qui ont perdu un enfant :

"Je me trouve dans cette situation, mon fils s'est suicidé le 9 juillet 2008, et depuis je suis seule au monde, malgré que je sois en couple (ce n'est pas le papa), ma soeur après m'avoir culpabilisée, ne me parle plus alors que nous étions inséparables, j'ai 2 frères qui vivent leurs vie et ne s'occupent pas de moi et j'ai ma mère qui a changé, je suis au bord du précipice, au secours, une maman au désespoir."

J'ai été très touchée par ce message de détresse et je voudrais écrire à cette maman.Mn_7a.jpg

 

_____________________ Chère Brigitte,

 

Je vous sens seule et démunie, comme abandonnée de tous. Vous avez aimé votre fils, vous lui avez donné la vie... et il est parti sur un geste fatal. Il est très difficile dans ce cas précis pour les parents de ne pas se sentir coupables, comme tout parent qui perd un enfant aussi, mais dans ce cas, il y a le geste de désespoir de son enfant, un acte définitif, dont on n'a pu le protéger..

Votre fils a choisi de rejoindre un autre monde car celui-ci ne lui convenait plus ou croyait-il... le tuait à petit feu. Alors, il a choisi de vous quitter mais sans penser que ce serait définitif. Mourir, c'est partir un peu... Ceux qui veulent mourir devraient plutôt partir en voyage et puis revenir après. Mais ils n'y pensent pas, car leur cerveau est brouillé par des brouillards de larmes intérieurs et de désespoir, de déceptions parfois. Alors ils décident d'en finir, mais vous, vous n'y êtes pour rien.

Mn_8.jpgVous avez été sa mère, vous l'avez aimé et c'est au creux de votre coeur qu'il est réfugié à jamais.Mn_76b.jpg

Que ceux qui vous culpabilisent se taisent car ils ne savent pas l'immense amour qui vous relie à votre fils.

Ils ne savent pas la souffrance dans son coeur et le fil ténu qui s'est brisé pour des choses que vous-même ne savez pas. Car la vie de nos enfants leur appartient. Ils ne nous appartiennent pas.

Je vous embrasse et je vous souhaite beaucoup de courage, de douceur dans votre vie et de compréhension de la part de votre entourage. Celui-ci souffre aussi et dans la souffrance, chacun réagit différemment, parfois par la violence et le ressentiment, par la colère et la rancoeur. Laissez passer les tempêtes, les nuages, les orages et un jour viendra où votre fils sera votre lien le plus fort car l'amour triomphe de la mort et de l'absence.

Sincèrement vôtre,

Chloé Laroche

Mn_PERSO011.jpg

 

 

 

Commentaires :

Chère Brigitte,

Je pense à vous. Cela fait un an que votre fils est parti, le 9 juillet 2008. Je vous embrasse très fort et vous souhaite beaucoup de courage et de force.
Je vais vous écrire sur l'e-mail. Mille pensées.
Chloé

Ecrit par : Chloé Laroche | 11.07.2009

 

Merci Chloé pour la pensée pour mon fils CEDRIC décédé le 9 juillet 2008,je pleure toujours mon fils,il laisse un immense vide,je me retrouve seule en ce jour,mon compagnon à décidé de fuire à un moment ou j'avais le plus besoin de lui, il est parti depuis le 6 juillet 2009,il ne comprend pas ma douleur.Le 15juillet est le jour ou mon fils a été incinéré et également le jour de mon anniversaire encore un moment très douloureux à passer seule,la vie na plus de sens pour moi.

Ecrit par : Brigitte RAIMONDO | 11.07.2009

 

Chère Brigitte, 

Je suis très triste pour vous. Vous vous retrouvez seule juste à cette période très douloureuse du premier anniversaire (moi, je dis "amorversaire") de votre fils décédé. C'est quelques jours infiniment douloureux car le drame qui est arrivé il y a un an, la mort de Cédric, est inscrit dans chaque cellule de votre corps, un grand vide au niveau du ventre, un affaissement général corporel et moral avec une fatigue immense. N'hésitez pas à aller voir un médecin, à prendre de l'homéopathie, des vitamines. Allez vous ressourcer dans la nature, faites quelque chose pour votre fils comme un rituel d'adieu des "un an" : planter un petit arbre, un rosier, sur sa tombe ou en un autre lieu, lui écrire une lettre que vous pouvez brûler ou déposer sur le lieu où son corps repose. Parlez-lui dans cette lettre de votre amour, de votre détresse, de votre solitude, de l'abandon général que vous ressentez. Brigitte, cette période de la première année de deuil est vraiment dure. En 1997, quand j'ai perdu ma fille... durant la première année... un jour, je suis partie seule en montagne et j'ai fait un trois mille mètres (la croix de Belledonne) fin octobre, avec de la neige et un névé vertigineux verglacé. Il fallait que je fasse un truc comme ça, un défi à la vie, à la mort... que j'affronte les éléments de la nature, que j'appelle la force au plus profond de mon être. Là-haut, j'ai reçu ces mots de ma fille : "Maman, reste en vie." C'était très fort. Elle était partie mais je devais vivre. Votre fils Cédric pense la même chose pour vous. Vous allez ouvrir de nouvelles portes, rencontrer des personnes nouvelles, ouvrir un nouveau chapitre dans votre existence. Une nouvelle période commencera pour vous après votre anniversaire, comme un nouveau cycle. Cédric vous protège d'en haut. Prenez soin de vous, reposez-vous, prenez le temps du deuil et de vous reconstruire et vivez. Parlez aussi, appelez des numéros d'écoute. Il y a "Cap Écoute" qui est très bien. Et dans votre région, il existe aussi des groupes de parents endeuillés, comme le groupe Jonathan ou encore d'autres, qui proposent des rencontres entre parents orphelins afin de se soutenir et d'être moins seuls.
C'est important car qui peut le mieux comprendre que celui qui est passé par ce que vous vivez ? Brigitte, je vous embrasse fort et tenez bon !! 
Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 12.07.2009

 

Brigitte,

Un peu par hasard je tombe sur ce message !
Je ne sais pas si vous êtes la personne que j'ai connue ...

Dans tous les cas, votre situation doit être terrible comme tout parent qui perd un enfant. Et il n'y a pas grand chose à dire. La douleur est là et il faut laisser le temps au temps.

Courage.

Désolé de m'être "intercalé" dans votre conversation.

Bien à vous

Pierre D.

Ecrit par : Pierre | 02.08.2009

 

Ton témoignage me bouleverse, Brigitte.

Tu n'es pas responsable de la disparition de ton enfant, bien sur
il s'est trouvé dans une situation où personne ne pouvait l'entendre et il est allé jusqu'au bout.........
je sais bien ce que tu ressens, ma Sophie me manque tant
on se dit que demain on ne sera plus là, qu'on ne pourra pas, et puis, jour après jour, on lutte, pour notre entourage qui nous aime tant 
je te souhaite tout plein de courage, on ne sait jamais où on peut le trouver, mais on en a une réserve, bien cachée
je t'embrasse, et je te répondrai si tu le souhaites clairisa

Ecrit par : clairisa | 25.11.2008

02/11/2008

Ma fille, je t'envoie les roses de mon coeur, en ce jour où les Défunts sont honorés. Mes pensées à ceux qui sont partis et à ceux qui restent. Offrande, création et résilience.

Rz_ALASK27.jpgLa montagne vit

À travers les rochers froids

Le ciel plein d'amour

 

LA MORT EST UN ROC FIGÉ

Où COURENT LES MARMOTTES   Mn_14.jpg

 

 

_________________Haïkous de Chloé _____________________

 

La Terre est mère

Des grands fleuves orphelins

Pleurant leur enfant

 

LES PARENTS QUI NOUS PLEURENT

PEUVENT EMBRASSER LES PINS _____________________________________

 

Mn_44.jpg

________________

 

Nos coeurs arrachés

Sont près de toi sous terre

Mais tu es au Ciel

 

LES PARENTS QUI RESTENT SEULS

ONT UN PIED DANS LA TOMBE_______________

 

 

Appel de ton coeurMn_30.jpg

Trois oiseaux m'ont fait signeMn_77.jpg

Pour me dire Adieu

 

LES SIGNES DE TON ÊTRE

SONT LES AILES DES ANGES

 

__________________

 

1328905394.jpgNe restez pas là

En reste de votre vie

À mendier la mort

 

NOUS SOMMES PARTIS AU CIEL

VOUS ÊTES NOTRE TERRE ______________________________________ Mn_43.jpg 

 

Mn_43.jpgTu es mon enfant

Emportée par un virus

Vie sacrée au Ciel

 

JE SAIS QUE TU RIS AILLEURS

DANS DES BRAS CHARGÉS D'AMOUR

                                            

 

___________________________________________ Maman,

 

Les grands tournesols

Reviendront fleurir le cielMn_ANIMX034.jpg

De ta rivière

 

SE TOURNANT VERS LE SOLEIL

ILS TE DIRONT DE VIVRE

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Mn_ALASK26.jpgDonnez-nous les clés

Signes esquimaux de vie

Banquise de mort

 

AU PÔLE NORD ILS SAVENT

QUE LES DÉFUNTS NOUS AIDENT

______________________________________

Au Tibet les gens

Sont transportés de chaleur

Pour les endeuillés

 

CEUX QUI PLEURENT SONT CHOYÉS

NOURRIS PAR L'AMOUR DES LEURS_________________Mn_ANIMAUX030.jpg

 

Mn_ANIMAUX037.jpgJette ton ancre

Dans l'encre de mon amour

Poursuis ton chemin

JE TE SUIVRAI Où TU VEUX

JUSQU'AUX MENHIRS DE L'ESPRIT

 

____________________________________________________________________

 

Mn_19.jpgPars en haute mer

Douce mère caline

Fleurs océanes

 

TU ES MON DAUPHIN CHÉRI

COUVERT DE ROSES BLANCHES___________________________________

 

À ma fille Océana, partie le 14 février 1997.

À toutes les personnes de ma famille décédées, à mes amis et amies morts, au père de mon fils parti cette année, à tous les endeuillés, aux parents orphelins.

10/10/2008

Il était une fois un couple qui pleurait la mort de leur enfant. Pour tous les parents en deuil, orphelins de leur enfant disparu. Liste d'associations de soutien et d'écoute.

Mn_4.jpg"Dire des morts : "ils ne sont plus", c'est non seulement les renier, mais se renier soi-même et peut-être renier absolument l'être parlant." Gabriel Marcel ____________________Mn_75.jpg

Bonjour à vous qui me lisez régulièrement ou bien à toi qui vient de découvrir mon blog. J'avais écrit le conte suivant après la naissance de ma fille Océana. Elle est décédée trente mois après... et ce conte m'a traversé le coeur et l'âme, alors que j'étais déchiquetée par le chagrin du départ brutal de ma fille, emportée par une encéphalite foudroyante en février 1997. Je voudrais offrir ce conte à tous les parents en deuil, à tous ceux qui ont perdu la chair de leur chair, et notamment aux parents du petit Grégory, dont l'amorversaire arrive, le 16 octobre (voir mon article dans "Hommages à des hommes et à des femmes"), ainsi qu'aux parents de Valentin, assassiné dans la rue. Je le dédie à toutes les associations d'aide et d'écoute pour les parents endeuillés : Jonathan Pierres Vivantes, Aurore, Les Amis Compatissants (Québec), Naître et Vivre, Jalmalv, Écoute Deuil.Mn_5.jpgMn_36.jpg

 

Il était une fois un couple qui pleurait la mort de leur enfant. Le Ciel leur avait repris si vite ce cadeau que la vie leur avait fait : un merveilleux petit garçon qui était né durant l’hiver et qui partit un jour de printemps.

Ils avaient l’impression d’être morts eux aussi, comme si on leur avait enlevé le fil ténu qui nous relie aux étoiles.

Or un jour, alors qu’ils méditaient tous les deux devant les couleurs du crépuscule, quelque chose est arrivé comme un espoir venu d’outre-mer, comme une étincelle sortie d’outre-tombe. Ils entendirent un chant qui disait ceci :

Mn_24.jpgJe vis la mort dans l’âme
comme la naissance
d’une âme sans vie

Je vis la mort dans l’âme
comme la souffrance
d’un coeur sans voix

Je vis la mort dans l’âme

comme l’absence

d’un amour sans espoirMn_60.jpg

Mais pourquoi mourir
lorsque l’âme vit
lorsque le coeur chante
lorsque l’amour crépite ?

C’était en réalité une libellule qui chantait, une libellule aux ailes adamantines qui s’approcha des parents éplorés et les incita à la suivre. Elle leur montra d’abord un arbre foudroyé, au milieu de la forêt ; depuis sa mort, une source coulait des racines endormies, parcourant la mousse de sa chanson joyeuse.

Mn_14.jpg

 

Puis elle les conduisit au bord d’un jeune torrent, qui mourait sous un glacier ; en fait, une rivière tumultueuse renaissait quelques mètres plus bas.

Mn_42.jpgEnfin, elle les amena à l’épave d’un bateau qui gisait au bord de la mer. A l’intérieur, ils trouvèrent une jarre emplie de pierres précieuses : il y avait des opales, des agates, des émeraudes, des turquoises, des rubis, des améthystes et des cristaux aux mille couleurs. Les ailes de la libellule devinrent irisées du chant de toutes ces pierres ; ce chant exprimait à lui seul tout l’amour et toute l’espérance que l’Humanité entière recherche depuis toujours en une histoire sans fin.

Les parents endeuillés comprirent que l’arbre foudroyé, le torrent englouti et le bateau naufragé n’étaient pas morts ; chacun avait donné vie à quelque chose de plus grand que lui, où lui-même vivait encore, par-delà le mur blanc d’un pays inconnu. Le mur blanc peut être un éclair, un glacier ou une banquise... Il est toujours un passage, celui de la mort... et l’enfant mort qui passe donne vie à l’Espoir.Mn_69.jpg

Les deux parents solitaires emplirent leurs mains et leurs coeurs de mille pierres précieuses et amoureuses d’arc-en-ciel... et ils les portèrent aux enfants de toutes les couleurs qui chantent la vie sur la Terre entière.

Mn_22.jpgChloé Laroche
Mn_49.jpg
Mn_12.jpg
____________________________ ASSOCIATIONS où LES PARENTS EN DEUIL 
PEUVENT TROUVER DE L’AIDE (liste donnée par l'association "Apprivoiser l'Absence"  :
www.apprivoiserlabsence.com / mise à jour en janvier 2007) 

 

 

25. Doubs 

- Association Présence, Ecoute, Accompagnement, JALMALV Haut-Doubs, 2, rue Charles 

Brugger, 25500 MORTEAU. Tel : 03 81 67 17 13 

 

29. Finistère 

- Association Parentel, 4, rue Colonel Fonferrier. 29200 BREST. Tel : 02 98 43 62 51 - Fax : 

02 98 43 63 12 (également Morlaix). QUIMPER : 02 98 53 73 72 

 

33. Gironde 

- Association Pallia Plus, Maison de santé des Dames du Calvaire, 30, rue Kléber. 33200 

BORDEAUX CAUDERAN. Tel : 05 56 08 24 68 - Fax : 05 57 22 25 58 

www.pallianet.org palliaplus@pallianet.org 

 

38. Isère 

- Association Locomotive (enfants atteints de cancer). Groupe Aurore pour parents en 

deuil, 2, rue Sainte Ursule. 38000 GRENOBLE. Tel : 04 76 54 17 00 

www.locomotive.asso.fr contact@locomotive.asso.fr 

 

- Ecoute Deuil, 18, Rue Chenoise. 38000 GRENOBLE. Tel : 04 76 03 13 11 

www.ecoutedeuil.fr 

 

42. Haute-Loire 

- G.E.R.M.E (Groupe d’écoute après la mort de son enfant), 24, rue Antoine Durafour. 

42100 SAINT ETIENNE. Tel : 04 77 47 96 98 - Fax : 04 77 51 43 51 

 

49. Maine-et-Loire 

- Soleil A.F.E.L.T (Association des familles et amis des enfants atteints de leucémie et 

tumeurs malignes) Groupe Paroles sous les étoiles pour parents en deuil, 36, rue Raphaël 

Fumet. 49130 SAINTE GEMMES SUR LOIRE. Tel : 02 41 66 24 31 

 

51. Marne 

- Sous l’égide de JALMALV, 51, rue de la Briqueterie. 52100 REIMS, Tel : 03 26 86 42 47, 

un groupe inter-associatif organise des groupes d’entraide pour les parents en deuil : 

Roseau (Aide aux enfants atteints de leucémie ou cancer), contact : Dominique 

Chocq, BP 20-64. 51072 REIMS CEDEX. 

Tel : 03 26 07 41 11 ou 03 26 88 32 41 (domicile) 

 

AFM (Association Française Myopathie). Contact : André d’Oliveira, 22, rue 

Raphaël. 51100 REIMS. Tel : 03 26 09 18 61 

 

Naître et Vivre (Mort subite et inexpliquée du nourrisson) Contact : Sophie 

Chauvet, 19, rue Jobert Lucas. 51100 REIMS. Tel : 03 26 09 51 86 

 

56 MORBIHAN 

Apprivoiser l’Absence 

- Antenne de Vannes : Claire DISDERO, 43 rue Richemont. 56000 Vannes 

Tél. : 02 97 40 67 32 courriel : contactvannes@apprivoiserlabsence.com 

 

59. Nord 

- Vivre Son Deuil Nord-Pas-de-Calais, Home des infirmières, 5, avenue Oscar Lambret. 

59037 LILLE. Tel : 03 20 88 73 46 - Fax : 03 20 88 73 47 

vivresondeuil.59.62@club-internet.fr 

 

Commission Deuil Périnatal, courriel : nostoutpetits@aol.com 

 

79. Deux-Sèvres 

- Souvenir, Amitié, Solidarité, Palais des Congrès (siège social), 

Madame Andrée Néau, Résidence Leferon, Apt 75. 79200 PARTHENAY 

Tel : 05 49 72 65 99 ou 05 49 94 02 73 

 

PARIS et Ile de France 

 

75. Paris 

- AGAPA (accueil des personnes ayant perdu un enfant à la naissance ou ayant vécu une 

interruption de grossesse (accidentelle, volontaire ou médicale) – accompagnement 

individuel ou en groupe), 42 rue Saint Lambert. 75015 PARIS (antennes en province). 

Tél : 01.40.45.06.36 - Fax : 01.40.45.06.36 

agapa.ass@wanadoo.fr 

 

- Association Apprivoiser l’Absence (Aide aux parents en deuil d’un ou plusieurs enfants) 

4 place de Valois 75001  PARIS Tel : 01 60 14 35 73 

www.apprivoiserlabsence.com    

 courriel :  mail@apprivoiserlabsence.com 

 

- Association Nationale Naître et Vivre, (Association de parents et professionnels pour 

l’étude et la prévention de la Mort Subite du Nourrisson (MSN) et l’accompagnement des 

parents en deuil d’un tout-petit quelle que soit la cause, y compris le deuil pendant la grossesse) 

5, rue La Pérouse. 75116 PARIS (5 antennes dans les régions). 

Tel : 01 47 23 05 08 

www.naitre-et-vivre.org  

courriel : contact@naitre-et-vivre.org 

 

- Association Nationale Jonathan Pierres Vivantes (parents en deuil ; antennes en 

province), 61, rue de la Verrerie. 75004 PARIS. Tel : 01 42 96 36 51 - Fax : 01 42 96 36 52 

www.anjpv.asso.fr 

courriel :  anjpv@anjpv.asso.fr 

 

- Association Sauve qui veut (écoute téléphonique au niveau national suite la noyade d’un enfant). Tel : 01 42 29 47 53 

www.sauvequiveut.asso.fr  

courriel : perouemefamili@aol.com 

 

- Fédération Européenne Vivre son Deuil, 7, rue Taylor. 75010 PARIS, (antennes en 

province et en Suisse) 

Tel : 01 42 38 07 08 (secrétariat), 01 42 38 08 08 (ligne écoute) - Fax : 01 42 38 08 88 

www.vivresondeuil.asso.fr 

courriel :  vivresondeuil@vivresondeuil.asso.fr 

 

- Fondation Anne Cellier contre l’insécurité routière, 125, avenue Malakoff. 75116 PARIS. 

Tel : 01 45 00 95 35 - Fax : 01 45 00 58 18 

 

- JALMALV, 132, rue du Faubourg Saint-Denis, 75010 PARIS (antennes en province). 

Tel : 01 40 35 17 42 - Fax : 01 40 35 14 05 

www.jalmalv.fr 

 

- Jumeaux et plus (entraide des parents qui vivent une naissance multiple et soutien 

parents en deuil d’un enfant jumeau), 2 rue Henri Ranvier. 75011 PARIS. 

Tel : 01 43 70 03 31 courriel : infos@jumeauxetplus-paris.com 

 

- Ligue contre la Violence Routière, 15, rue Jobbé-Duval. 75015 PARIS (antennes en 

province). Tel : 01 45 32 91 00 et 0871 24 19 68 - Fax : 01 45 32 91 01 

www.violenceroutiere.org 

 secretariat@violenceroutiere.org 

lcvr.paris@wanadoo.fr 

 

- Phare Enfants-Parents (suicide des jeunes), 5, rue Guillaumot. 75012 PARIS (antennes en 

province). Tel : 01 42 65 55 55. N° Azur : 0810 810 987 - Fax : 01 42 66 50 99 

www.phare.org 

courriel :  vivre@phare.org 

 

- Unité François-Xavier Bagnoud - Fondation Croix-Saint-Simon. 

125, rue d’Avron ; 75960 PARIS CEDEX 20. Tel : 01 44 64 43 50 - Fax : 01 44 64 43 51 

www.croix-saint-simon.org/deuil-fxb 

courriel :  fxb@croix-saint-simon.org 

 

77.Seine-et-Marne 

- UPECET (Un pont entre ciel et terre). Mairie de provins, BP200. 77487. PROVINS Cedex. 

Tel : 01 64 00 55 97 

site et forum : http://upecet.free.fr msn : upecet@hotmail.fr 

courriel : upecet@free.fr 

 

78. Yvelines 

- Lait sans ciel (deuil périnatal). Chantal HAUSSAIRE-NIQUET. 74 rue de la Fontaine. 78670 

VILLEUNEUVE-SUR-SEINE 

Tél : 06.81.25.85.43 

haussaire-niquet@wanadoo.fr 

 

92. Hauts de Seine 

- APEV (Association Aide aux Parents d’Enfants Victimes), 3, rue Edouard Branly. 92130 

ISSY-LES-MOULINEAUX. Tel /Fax : 01 46 48 35 94 

www.apev.org  

courriel : apev@apev.org 

 

L’association pour parents en deuil : The Compassionate Friends, édite une lettre régulière 

à l’intention des parents en deuil et possède des antennes aux Etats-Unis et dans le 

Royaume Uni. 

http://www.tcf.org.uk     

courriel :  webmaster@tcf.org.uk 

 

Pour tout renseignement bibliographique, contacter le Centre National de Ressources 

François-Xavier Bagnoud, Fondation Croix-Saint-Simon, 

125, rue d’Avron. 75960 PARIS CEDEX 20. Tel : 01 44 64 43 53 - Fax : 01 44 64 43 51 

www.cdrnfxb.org/index-php     

courriel :  cdrnfxb@croix-saint-simon.org Mn_4.jpg

 

 

 

24/06/2008

Trois destins rencontrés en ambulance. De la vie au désespoir. Du combat désespéré à la lutte finale contre la maladie, la solitude et la mort.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



TROIS RENCONTRES

BOULEVERSANTES_____________maladie,handicap,ambulancier,écoute,suicide,cancer,tragédie,ambulance,accompagenement,route,conducteur,rencontre,voyage,soeur emmanuelle,témoignage,isère,espoir,courage




Trois rencontres m’ont bouleversée durant cette journée de travail en ambulance.

Trois destins aux multiples souffrances.

D’abord, je vais chercher un homme handicapé, chez lui. Il est en fauteuil roulant. Arrivés à l’ambulance, je l’aide à l’asseoir dans le véhicule. Je plie son fauteuil et le soulève pour le ranger à l’arrière du véhicule.

La dernière fois que je l’ai vu, au cours d’un précédent transport, il devait partir en voyage au Brésil. Je lui demande alors comment cela s’est passé.
-Qu’est-ce qui vous a plu le plus là-bas ?
-Le Christ, m’a-t-il répondu !
-Le Christ ?
-Oui, et j’ai eu la chance de le voir de près en hélicoptère. Il fait trente mètres de haut...
-C’est le Christ qui surplombe la baie de Rio de Janeiro ! Il a les bras tendus, ouverts sur le monde. C’est si beau de représenter Jésus ainsi, lui ai-je dit.
-C’est vrai ! C’est magnifique !
-Vous étiez seul là-bas ?
-Non, nous étions neuf à partir, neuf membres de ma famille, à cause d’événements douloureux. Ma soeur venait de perdre son fils et son mari ... et nous avons perdu notre mère aussi.... Pour Noël, nous avons préféré partir le plus loin possible...”.

Ils ont mis un océan entre leurs morts perdus et leurs vies présentes... Océan de larmes, océan d’espoir face aux drames vécus.

J’ai ressenti beaucoup de douceur de la part de cet homme pour sa soeur. Il m’a parlé d’elle et de sa force, de ses blessures gravées dans la chair, de sa volonté de s’en sortir par elle-même. Survivance éperdue d’une mère orpheline et d’une veuve solitaire.

Et puis, plus tard dans la journée, je suis allée chercher une dame.

Elle m’a ouvert son coeur spontanément.
Nous roulions dans la neige.

Cette patiente m’a parlé de sa vie de veuve, de ses cancers successifs, de son mari suicidé, de tous les suicides qui s’accumulaient au sein de la famille. Elle m’a parlé de ses enfants, de ses peurs pour eux, de son angoisse de la pulsion de suicide “peut-être héréditaire”, de son combat pour la vie, de la flamme de son existence risquant de s’éteindre bientôt.

J’ai écouté cette dame tout au long du parcours. Je l’ai regardée avec admiration et respect. Elle n’avait à vivre, selon les médecins, que quelques mois. Je l’ai déposée à la Clinique tout en lui laissant quelques mots d’espoir et la chaleur d’une présence à ses côtés, présence fugace mais intense.

Et puis ce soir, j’ai transporté un homme de quarante ans, sortant régulièrement de l’Hôpital Psychiatrique afin de poursuivre une rééducation de la parole. Ce patient a une maladie qui s’est développée tardivement, maladie que sa mère lui a transmise.

Étant enfant, il a vu sa maman enfermée derrière des barreaux, ceux d’un asile. À la fin, on ne lui permettait plus de la voir. Aujourd’hui, il maîtrise difficilement ses mouvements et a beaucoup de mal à parler. Il se bat pour rééduquer sa parole et réapprendre à articuler.

Cet homme est le père de deux adolescents. “Je ne les vois pas souvent. Ils me manquent tellement !” me confie-t-il.

Cet homme travaillait autrefois. Il avait alors une vie normale, une famille. Aujourd’hui, il est enfermé dans ce pavillon psychiatrique.


Après la fin de mon travail, je suis rentrée chez moi avec les images de ces trois vies qui m’ont bouleversée... avec les mots de toutes ces vies que je croise.

Je pense aussi à cet homme dont j’ai parlé plus haut... que nous appellerons François et qui est rentré en chambre stérile depuis neuf jours.

Je suis allée le voir au tout début de son entrée à l’Hôpital. Je le lui avais promis. C’était son premier jour d’isolement. Je lui ai parlé à travers la vitre, avec le téléphone du couloir.

Il paraissait très ému de me voir. Je lui ai dit qu’il commençait un voyage et que je lui souhaitais bonne chance pour ces six semaines où il allait être enfermé, isolé dans cette pièce pour sa greffe de moelle.

Dans ses yeux, j’ai lu un grand espoir... La peur de ne pas survivre aussi. Mais l’espoir surtout. L’espoir de vivre grâce à cette greffe.

Ce soir, je pense aussi à Soeur Emmanuelle.
On l’a incitée à prendre congé des bidonvilles d’Égypte où elle a tant fait pour les plus pauvres. Elle vit maintenant dans le Sud de la France.

Je l’ai entendue parler sur l’origine de son engagement :
-Je ne voulais pas vivoter mais vivre pleinement. Tout donner et partager. Aujourd’hui, je peux partir en paix. Je sais qu’après moi, d’autres continueront. L’important, c’est d’ajouter sa goutte à l’océan d’amour. Il est important que chacun le fasse dans sa vie. Chaque goutte est importante.”

J'ai fait ces trois rencontres durant la semaine de prévention du suicide. Je pense très fort à toutes les familles qui ont perdu un proche par cette fin terrible. Chacun de nous est unique, unique à jamais. Chaque existence est une goutte de vie unique.

 

Chloé LAROCHE

 

 

La photo de fleur provient de ce lien :

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12/06/2008

Flashs-back de mon métier d'ambulancière. Vie et mort. Maladie et courage. Solitude et isolement. Regard sur un métier merveilleux mais peu reconnu.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



CHRONIQUES
D'UNE AMBULANCIÈRE________________ _________________ _________________ solitude,isolement,handicap,ambulance,deuil,anévrisme,ambulancier,dépression,suicide,écoute,métier,isère,taxi,vsl,musique,moto,accident moto,paraplégique,vie,combat,maladie,rééducation,courage,résilience,urgence,femme enceinte,perte sang,bébé,enfant,prise en charge,médical,médecin,hôpital,témoignage,vérité,blog,livre internet,édition,éditeur,vivant,avenir,espoir,tragédie,drame,perte,amputation,hospitalisation,peur





Ce qui me frappe le plus, ce sont la solitude et l’isolement de certains patients.

Un soir, nous avons été appelés en urgence avec mon coéquipier pour une dame qui faisait une hémorragie vaginale. Elle était assise par terre dans sa cuisine. Il y avait du sang près d’elle. Du sang qui s’était écoulé violemment de ses entrailles. Son bébé de quelques mois était posé près d’elle, impuissant et démuni face à la souffrance de sa mère.

Nous les avons emmenés tous les deux à l’Hôpital. Le père était, selon cette maman, incapable de s’occuper de l’enfant. Nous avons donc confié ce dernier au service de pédiatrie. La jeune mère n’avait plus d’amis, son mari n’étant pas pour qu’elle en ait et plutôt contre... Un mari en situation irrégulière, un mari à protéger dans la solitude d’une vie captive de l’amour.

Nous avons confié cette jeune personne aux Urgences gynécologiques et lui avons laissé en quittant le service quelques mots rassurants pour elle et son bébé.



Je me souviens aussi de cette jeune femme africaine, transportée il y a quelques semaines. Nous l’avons sortie d’un hôpital pour l’emmener dans un autre. Durant le voyage, j’étais à l’arrière de l’ambulance, auprès d’elle, et je l’ai écoutée. Elle était belle, sauvage et écorchée vive dans l’âme.

-J’ai fait une connerie”, m’a-t-elle dit. Ce qui voulait dire en d’autres termes qu’elle venait de faire une tentative de suicide.

Elle vivait dans une totale solitude. Une solitude d’isolement qui sentait la blessure du racisme. Elle pleurait son pays et ne se sentait en aucune façon intégrée dans sa petite ville de province. Elle m’a parlé de ce racisme vécu au quotidien, dans le travail et dans la rue. Pourquoi elle, si jeune et si belle. La couleur de sa peau envahissait tant le coeur des gens qu’ils ne voyaient plus cet être humain en face d’eux ? Je lui ai parlé de la communauté africaine implantée à cinquante kilomètres, dans la grande ville voisine. Pour tisser des liens. Refaire surface avec son identité culturelle. Mais elle n’avait malheureusement pas de voiture.

La dépression n’a pas de couleur et le désespoir peut hélas tomber sur chacun des habitant de la Terre, par-delà toute frontière et sous n’importe quelle latitude. Relever la tête et se battre, ne pas se laisser abattre, est le don du courage laissé à chacun de nous, que nous soyons noirs ou blancs, jaunes ou rouges.

Nous avons laissé cette jeune femme dans sa nouvelle chambre hospitalière. Elle allait pouvoir se reposer. Mais je savais en la quittant qu’un sourire était né dans son coeur, une étincelle d’espoir, une lueur allumée par notre échange.



Un après-midi, nous sommes allés dans un centre d’accueil spécialisé pour chercher une dame et l’emmener passer un scanner.

C’était une femme jeune, au visage d’ange. Elle était prostrée, paralysée ainsi depuis plus de dix ans.
-C’est une rupture d’anévrisme qui l’a frappée d’un seul coup. Elle était dynamique, pleine d’énergie, de projets et maman d’un petit garçon. Elle a eu un jour très mal à la tête et soudainement elle a disparu dans ce gouffre de la maladie.”

C’était sa soeur qui se confiait ainsi à moi...
-Notre vie dans la famille n’a plus jamais été celle d’avant.”
Elle sortit fébrilement des photos de son sac.
-Tenez, ce sont des photos de ma soeur. Regardez comme elle était belle et épanouie.”
J’ai regardé, très émue, ces photos d’une jeune femme de trente ans, heureuse de vivre. Je me suis dit en voyant ce qu’elle était devenue que la souffrance du Christ offerte sur la croix se poursuit inlassablement dans l’humanité martyre.

Cette crucifixion de la chair et de l’âme, cet écartèlement qui n’en finit plus au coeur de la vie, a commencé dans ma propre existence le jour où des hommes en noir ont cloué et fermé à jamais le cercueil de ma fille de trente mois. Pour continuer à vivre et pour exister pleinement, il faut apprendre à offrir sa souffrance pour qu’une transmutation s’accomplisse dans d’autres vies que la sienne. S’offrir comme un coeur ouvert et le donner aux Anges pour qu’ils le transplantent dans d’autres vies en détresse ou en perdition.

Un collègue m’a dit : “Tu vas t’essouffler. Tu verras, le métier d’ambulancier, c’est un métier de business. Il faut enchaîner les courses le plus vite possible, transporter les patients de façon rentable et puis savoir se préserver soi-même psychologiquement en gardant de la distance avec les personnes transportées. Un jour, tu te surprendras à regarder ta montre lors d’une urgence et à regretter que ce soit sur toi et ton collègue que ce transport est tombé... Un jour, tu te surprendras à penser que tel patient régulier qui sent tellement mauvais car tellement infecté... soit bientôt mort pour ne plus avoir à le transporter.”

”Jamais ! Tu m’entends !”, lui ai-je répondu. Non, cela jamais !

Faire ce métier dans un esprit de service, d’écoute, d’accueil et d’accompagnement du patient, donner un sourire, sourire sans compter, rassurer le malade, le laisser là où on devait le transporter et lui serrer les mains chaleureusement, l’écouter aussi, se taire lorsqu’il veut la paix... Voilà ce qui me motive.

La plupart des ambulanciers ont cet esprit de service. Ceux qui ne l’ont pas changent rapidement de métier ou alors ils se fabriquent une carapace à travers laquelle n’apparaissent plus que des gestes formels et standards.

Le collègue dont je parlais précédemment et qui veut me faire croire que je vais vite changer dans ma façon d’appréhender le métier... ce même collègue est un jeune homme qui sait faire rire les malades. Il sait leur donner de la joie avec son humour naturel. Il se tient proche du malade, scrutant son état de santé, et il est capable, au jugé de ses observations, de me demander de conduire plus rapidement, si c’est moi qui tiens les rênes de l’ambulance, afin que le malade souffre moins longtemps.

Un jour où nous travaillions ensemble, nous avons dû transporter une jeune femme qui venait de subir une césarienne. Il m’a avoué ensuite que cela lui faisait toujours quelque chose de transporter des personnes jeunes.

C’est pour cela que je crois en l’Humanité. C’est parce que même si un être humain dit qu’il se protège de la souffrance d’autrui, qu’il est détaché et éloigné de tous les maux de ses frères humains... il peut être aussi tout le contraire dans les actes concrets.




La Toussaint et le jour des Morts viennent de passer. Les fleurs ont réchauffé les tombes dans les cimetières.
J’ai travaillé durant ces deux jours en ambulance.

Nous sommes allés chercher un homme paraplégique pour le transférer d’un hôpital à un autre.

-Cela fait treize ans que j’ai eu cet accident de moto qui m’a coûté mes jambes, mais vous savez, me dit-il, j’ai plus appris de la vie depuis cet accident que dans mon existence d’avant.”

Cet homme prénommé Serge avait l’oeil vif et son sourire était empli d’enthousiasme envers la vie. Il était, me semblait-il, empli de dynamisme, de volonté et d’ardeur de connaître et d’apprendre. Il passa de notre brancard à son lit sans avoir besoin de notre aide, glissant ses jambes inertes à une rapidité impressionnante.

Dans l’ambulance, nous avons parlé de musique, de clavier, de Jean-Sébastien Bach. Je lui ai dit que j’étais violoniste et que je faisais aussi des concerts. Il m’a confié alors qu’il avait un rêve : apprendre le piano pour arriver à jouer un morceau, la Toccata de Bach.

Je me suis dit qu’être capable d’apprendre à jouer d’un instrument pour interpréter une seule partition, unique et magnifique, c’est comme un grand amour. On peut tout quitter pour lui. Pour une seule personne, une seule sur la Terre, on peut quitter son pays, ses amis, sa famille, aller au bout du monde pour rejoindre l’oasis de son coeur. Pour un seul être, on peut tout apprendre. On peut apprendre à naviguer, à voler dans les airs, à piloter sa vie... apprendre à aimer, muter pour aimer.



La veille de la Toussaint, nous avons emmené un homme âgé qui se trouvait dans une maison de retraite. Il était tombé et il y avait un risque de fracture du col du fémur. Nous l’avons placé dans un matelas coquille afin de lui éviter tout mouvement et pour qu’il ne souffre pas trop aussi pendant le transport vers les Urgences. Lorsque j’ai rempli ses papiers pour la prise en charge, comme nous le faisons pour chaque malade, j’ai remarqué qu’il y avait une note écrite sur la fiche de liaison : “Deux enfants DCD”... Décédés... Il avait perdu ses deux enfants adultes durant la même année !

Une vague de compassion a traversé mon âme et j’ai prié pour cet homme qui restait maintenant tout seul dans cette demeure de fin de vie, veuf et orphelin de ses deux enfants. Je lui ai parlé un peu pendant le transport. Je lui ai dit qu’il avait un beau prénom, celui d’un ange. Le prénom d’un homme qui a tout donné. D’autres auraient écrit... “qui a tout perdu”. Perdre, c’est vivre dans le vide et le néant. Donner, c’est transmuter ses souffrances et les offrir pour que le meilleur advienne.

J’ai compris dernièrement que je ne suis pas vraiment loin de ma fille défunte. La distance qui me sépare d’elle est infime dans le temps de l’infiniment grand de l’univers. Dans soixante-dix ans et peut-être avant, ma vie se terminera et alors je retrouverai Océana et toutes les personnes que j’ai aimées et qui sont parties. Lorsque je regarde le monde tourner et la vie danser autour de moi, je me dis sereinement que dans cent vingt ans, aucun être humain vivant aujourd’hui ne sera plus. Le bébé qui naît aujourd’hui, la femme mère de cinq enfants, le chef de famille qui pense gouverner les siens, le collégien qui apprend, le salarié qui trime... tous seront morts. Et d’autres humains auront pris la relève d’une nouvelle humanité.

C’est pour cela que l’important, c’est de vivre sa vie pleinement, de manière à l’enrichir, à la fleurir, à lui donner les ailes de l’Amour.

Laisser tomber le superflu, le “je m’en foutisme”, l’égoïsme, les regrets où l’on se noie, la nostalgie qui freine la vie, les querelles inutiles, les conflits imbéciles... encore que parfois ces derniers soient nécessaires... et vivre le temps qui nous reste avec tous ceux qui demeurent encore vivants.


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(Fragments de mon ouvrage paru en 2003,

mais épuisé à ce jour : "Transports d'âmes et d'hommes").


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25/05/2008

Lettres à ma fille au Ciel, lettres au Christ, au Soleil et à Marie (1997). Offertes pour tous les parents orphelins en deuil de leur enfant en ce jour de la Fête des Mamans.

PRÉCISION : Les écrits donnés ici ont été édités en 1998 dans l’ouvrage de Chloé “Les Semences de l’Après-Vie” (ouvrage épuisé introuvable) sous l’ISBN : 2-84424-000-3 (Éditions L’ÂME DU CIEL & L’ATELIER). Les écrits donnés sur l’ensemble de ce blog sont protégés mais peuvent être cités en donnant les références et avec l’autorisation de l’auteur Chloé Laroche (chloe.email@laposte.net)___________________________________________________________________________________________________________
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LETTRES à ma fille au Ciel,
lettres au Christ, au Soleil et à Marie____________ 730667945.jpg

______________________________________ Ces lettres sont écrites dans un esprit d’universalisme où j’aborde chacune des fois (“foi” au singulier) du monde, avec le respect dû à chacune et avec l’idée que le Créateur est le même pour tous, comme le soleil brille sur tous les pays______________________440065165.jpg



LETTRE UNE
à ma fille OCÉANA

(16 Mars 1997 et terminée le 2 Mars 1998)



Mon Enfant de Lumière,
Mon Bébé, ma chair déchirée d’éternité,


Va sur ton chemin et sois confiante. Maman est là... pas comme avant, mais je suis là. N’aie pas d’inquiétude devant mes larmes : j’ai tellement confiance en Dieu et en ceux qui t’accueillent dans l’autre monde !

Aujourd’hui quelqu’un m’a parlé de toi mais cette personne était tellement bouleversée qu’elle m’a dit avoir perçu une âme d’enfant égarée et perdue, ne sachant vers quelle lumière aller... et que c’était peut-être toi !? Je lui ai répondu que ce n’était pas possible, que lorsqu’un enfant s’en va dans l’autre monde, il est forcément accueilli et que là-haut on prépare son arrivée...

Finalement je l’ai rassuré, moi ta petite maman pleine d’inquiétude pour toi là-bas sans moi ! Je voudrais pouvoir venir te rejoindre mais je ne peux pas encore partir... sauf si Dieu, notre Père à toutes les deux, le veut bien.

Tout à l’heure, je suis tombée, en ouvrant la télévision, sur la fin du film : “Le petit prince a dit” ; c’est un film que j’avais vu il y a longtemps et qui m’avait beaucoup touchée ; il raconte l’histoire d’une petite fille très malade, Violette, et montre tout l’espoir que ses parents veulent garder. Ce soir, je n’ai vu que les derniers instants du film : le papa de l’enfant malade retrouve le chien de Violette, perdu dehors... La petite fille repose sur son lit, attendant le sommeil de la nuit ; elle prononce ces derniers mots : “Bonne nuit, Papa !” puis elle ferme les yeux. Ensuite, la lumière illumine son visage figé par la mort ; son père étrangle un oreiller...

Ce soir, je voudrais te dire que ton père, Pascal, t’a aimée ; il t’a vu naître, il a été heureux d’être ton Papa, il t’a promenée... Dans les orages et les tornades de notre histoire, dans le coeur de ta Maman qui a quitté le bâteau en détresse lorsque tu avais trois mois mais qui a toujours gardé une ancre pour toi et ton père, dans nos deux coeurs de parents aujourd’hui désespérés... ces trois mots silencieux résonnent : “Bonne nuit, Papa !” Car tu aimais ton Papa et tu l’aimes pour toujours là-haut au Ciel.

Tu es partie si vite... en énumérant, trois jours avant ton décès, tous les noms comme pour nous dire au revoir... Maman, Papa, Fafa, Mémé, Papi ; nous ne pouvions imaginer que tu allais nous quitter si vite, emportée par un virus qui nous a tous foudroyés ; tu avais seulement la grippe et c’est une encéphalite-méningite qui t’a arrachée à nous en vingt-quatre heures à peine ; tu es tombée dans un coma profond, le jour de ton admission aux Urgences, et le lendemain matin, le 14 février, les médecins nous annoncaient qu’il n’y avait aucune chance possible de te sauver ; le virus était là, terrible, inexorable, criminel, foudroyant.

Nous étions hébétés, incapables d’imaginer que tu nous avais quittés ; les médecins ont accepté avec compassion de nous laisser jusqu’au lendemain près de toi, avant de débrancher les appareils ; nous t’avons beaucoup parlé et nous espérions encore. D’autres enfants étaient morts dans les mêmes conditions, sans que les médecins puissent les sauver, à différents stades du virus, mais nous ne le savions pas encore ; un garçon de quatorze ans avait été admis quelques jours avant toi et n’avait pu être sauvé ; en Irlande, cet hiver, une jeune fille de dix-neuf ans, proche d’une de mes amies, est partie aussi soudainement.

Le lendemain, samedi 15, les médecins nous ont reparlé de débrancher les appareils reliant encore notre fille à la vie, en nous expliquant qu’elle se trouvait en état de “coma dépassé” et que son cerveau était détruit par un virus impossible à soigner encore à notre époque. Quelques heures plus tard, ils débranchèrent... Nous étions secoués, en état de choc... La foudre s’abattait sur nous. Tu étais morte, ton coeur ne battait plus... Nous étions anesthésiés par la douleur. Je t’ai dit de te sentir libre et d’aller vers la Lumière pour poursuivre ton chemin de grande âme ; je t’ai dit aussi que nous t’aimerons toujours ; j’ai peigné une dernière fois tes cheveux et t’ai habillée pour l’ultime voyage. Comment survivre à un déchirement aussi cruel sinon par une abnégation totale, un renoncement à nous-mêmes et un don sans retour de l’ange à l’humanité...

Tu ne disais pas encore : “Bonne nuit, Papa !”. Au moment de t’endormir, tu réclamais des calins, et tu disais : “Papa” ou “Maman”... puis tu réclamais ton Bébé, ton nounours et ton chien. Tu disais : “Au ‘voir”... Tu aimais bien les bisous de Maman et je te disais souvent : “Je t’aime !”, en t’embrassant bien fort...

Tu aurais bientôt dit : “Bonne nuit, Papa !” ou “Bonne nuit, Maman !”... Tu serais bientôt allée à l’Ecole Maternelle ; tu aurais fait beaucoup de choses auxquelles on avait pensé, ton père et moi, mais tu es partie, parce que tu devais partir.

Ne t’inquiète pas, nous nous retrouverons. Je t’aime, mon Bébé ; tu me manques tellement... Va vers la Lumière du Christ, de Saint Joseph et de Marie, dont tu aimais tant toucher les images.

Ne t’inquiète pas pour ma souffrance... Elle est normale. Un jour, il y a treize ans, mes parents sont partis vivre dans une île des Dom-Tom. Mon frère cadet Enée avait dix-sept ans et j’en avais dix-huit ; nous sommes restés tous les deux en France pour nos études. Je me souviens combien j’ai pleuré sur le quai de la gare de Grenoble, car ils partaient à douze mille kilomètres de là, pour ne revenir que dans trois ans. Mes petits frère et soeur s’en allaient avec eux ; ça a été un déchirement véritable ! La mort ressemble à cela... car la mort est séparation ; elle est, hélas, séparation définitive avec le défunt... terrible séparation physique durant toute la vie de ceux qui restent sur la Terre.

Mon Bébé, depuis que tu es partie dans l’autre monde, je fais de terribles cauchemars ; dans l’un d’eux, tu étais dans un train que je ne pouvais retenir et qui partait pour ne plus revenir. C’est horrible de savoir, d’accepter que je ne te reverrai jamais sur cette Terre... Tu as pris un train sans retour... Personne ne peut imaginer le déchirement intérieur, dans les tripes... d’une maman ou d’un papa qui perd son enfant ! Personne, sauf ceux-là...

Je ne veux plus penser à ce train, à toi dans le cercueil... Je veux penser comme Christian Bobin qui écrit à son amie Ghislaine, décédée à l’âge de quarante-quatre ans, dans son livre “La plus que vive” (Ed. Gallimard, 1996) : “Je n’ai aucun doute sur le lieu où tu es réellement : tu es cachée dans le coeur des roses rouges. Lorsque je vais au cimetière, je regarde ta tombe, (...) je me dis que tu es là à deux mètres sous mes pieds, (...) et je ne crois pas ce que je pense, et ça vient d’un seul coup, ça vient lorsque je me retourne, c’est là que je te vois, dans l’amplitude et l’ouvert du paysage, dans la beauté sans partage de la terre et du grand ciel, toi partout à l’horizon, c’est en tournant le dos à ta tombe que je te vois.” J’ai commencé cette lettre il y a un an ; aujourd’hui, je la termine avec ce texte de Christian Bobin ; tant de choses m’ont aidée depuis douze mois, tant de personnes et de lieux... comme la Salette où je suis allée me réfugier pour la “date anniversaire” des un an après ton départ dans l’Au-delà ; j’étais si mal ; je ne voulais voir personne ; il y avait comme un gouffre à l’intérieur de moi, de douleur et de révolte insupportable ; j’ai pris ma voiture et je suis partie me réfugier près de la Vierge qui est apparue en cet endroit immaculé de neige ; à mon retour, une maman orpheline comme moi m’a appris qu’elle avait fait la même chose que moi pour la date anniversaire de la mort de son enfant ! Que tous les parents qui ont perdu un enfant puissent trouver refuge en Marie... car elle sait combien ils souffrent : elle a été traversée par le même glaive de douleur ! Alors que tu n’avais qu’un mois, Océana, nous t’avions emmenée en pélerinage à la Salette, ton père et moi, dans ce lieu béni par la Vierge, à deux mille mètres de prières tournées vers le Ciel, lieu de Bleu où tu vis désormais.


_____________LETTRE DEUX
à MA FILLE

(19 Mars 1997)



“Le plus haut degré de l’Espérance, c’est le désespoir surmonté,
comme tout au bout de la nuit on rencontre une nouvelle aurore.”
Georges Bernanos1223106545.gif


Nana Chérie,

C’était début Mars. Avec Fafa, nous sommes allés au cimetière, sur ta tombe. C’est très difficile car je sais que tu es vivante dans un autre monde, que tu es vivante dans mon amour... et ton corps est là, sous la terre. En une seconde je te revois au funérarium et puis au moment des scélés définitifs du cercueil. Je te vois dedans, je me vois t’embrasser... Ce n’est pas possible, ce n’est pas moi, ce n’est pas nous, c’est un cauchemar...

C’est trop dûr, trop dûr ! Ne plus revoir tes cils, tes sourcils, tes cheveux, ta bouche, tes yeux vivants... J’ai mis des baisers sur ton front froid, sur tes joues. J’ai scellé dans mon coeur tous les moments de bonheur, mon Amour pour toi... et je sais que tu n’es pas au cimetière.Tu vis ailleurs... mais je voudrais pouvoir creuser la terre, ouvrir ton cercueil et voir ton sourire ressusciter à la Vie.

Ce jour-là du mois de Mars, avec Fafa, nous étions seuls sur ta tombe ; tout à coup, mon regard a été attiré par une maison miniature faite de bois et de mousse, sans toit, avec une porte ouverte d’un côté et une porte fermée de l’autre côté... J’ai pris cette maison posée sur les graviers du cimetière, aux portes de l’Invisible, et je l’ai posée sur la croix de ta tombe, en attendant de l’emmener avec moi ; soudain, un oiseau est arrivé et s’est glissé derrière la croix. De là où j’étais, je voyais ses yeux, bordés de jaune, qui me regardaient ; il m’a longuement regardée, longtemps ; puis d’un jet il s’est envolé avec un grand cri, me laissant un regard d’adieu qui a traversé mon âme comme si les yeux de Dieu m’avaient emplie d’espérance.

Lorsque tu étais bébé, je t’ai emmenée plusieurs fois dans une maison pleine d’amour, au toit ouvert sur le ciel : la ferme de Marthe Robin ; cette femme est une grande mystique chrétienne, décédée en février 1981 dans la Drôme, près de Châteauneuf-de-Galaure ; elle a vécu dans sa ferme comme une carmélite, acceptant comme unique nourriture quotidienne l’hostie du Seigneur, ceci durant cinquante années ! Je t’ai emmenée à plusieurs reprises en cet endroit ; en effet les âmes pélerines peuvent venir se recueillir dans sa chambre... figée comme une fleur immortelle par la sainteté de cette missionnaire de l’Esprit ; je te plaçais à chaque fois sur son lit afin que tu sois protégée et couverte de grâces divines.

Nous étions allés chez Marthe fin janvier, Fafa et moi, trois semaines avant ton décès ; nous avions beaucoup prié puis nous étions descendus au Foyer de Charité que Marthe a créé à Châteauneuf-de-Galaure, comme elle en a créés depuis son lit des centaines dans le monde entier ; ce jour-là, j’ai été attirée, dans la petite librairie du Foyer, par l’histoire d’une petite fille, Anne de Grignan, décédée à l’âge de dix ans d’une maladie... Elle était un exemple d’amour et de charité envers les autres ; elle avait demandé à faire sa première communion à l’âge de six ans ! Ce petit livre m’a interpelée et je l’ai donc acheté, pensant un jour t’en lire l’histoire... mais beaucoup plus tard. Je n’ai pas voulu te le montrer à mon retour... car, je ne sais pourquoi, j’ai pensé qu’il ne fallait pas te donner des idées de ressembler à cette petite fille partie si vite.

On croit toujours pouvoir protéger les siens de ce qui parait contrôlable... accident, maladie, désespoir, etc ! En réalité, ce petit livre était destiné à ta maman... car tu n’en as jamais vu les images ; je l’ai posé près de toi, lorsque nous avons veillé ton corps ; Marthe Robin et Anne de Grignan voulaient sûrement m’aider à admettre et accepter qu’un enfant, mon enfant, puisse quitter la Terre si vite ! Tu es si belle et je t’aime si fort, ma petite puce Océana ; je prie pour que Marie te serre tendrement pour moi dans Ses Bras de Maman.


______LETTRE TROIS
à MON ÉTOILE
(20 Mars 1997)



Mon Bébé,

Que de choses se sont passées que je voudrais te raconter. D’abord, le film : “Une petite fille particulière” que j’ai regardé à la télévision : c’est l’histoire d’une femme qui vient de perdre sa maman ; elle s’occupe d’une enfant trisomique, Annette, et cette enfant lui apporte, à ce moment-là et durant toute la période de deuil, une présence et une approche des choses différentes. Cette femme apprend ensuite de la bouche de l’homme qu’elle épousera plus tard que, chez les esquimaux, la tradition est de bien observer tous les signes qui suivent la mort d’un proche... car celui-ci nous donne ainsi les moyens de poursuivre notre propre chemin. Et cet homme lui cite un poète : “Reconnais ton étoile et suis-là ! Elle ne brille que pour toi !”

Je sais que c’est toi qui me parles à travers ces messages... parce que tu es l’étoile la plus proche de mon coeur et que tu m’envoies tellement de signes que j’attrape comme des rayons de soleil qui me font vivre et m’accrocher à l’espoir !

Ainsi, hier après-midi, j’ai regardé un instant par la fenêtre ; juste alors, est arrivée une voiture fourgonnette qui s’est garée pendant une heure en feux de détresse devant l’immeuble, en dessous de chez moi.

Sur la camionnette, qui avait un girophare rouge, était inscrit “Nickel Demeure”... “Entretien de votre monument funéraire... nettoyage, fleurissement, etc” ; au moment où je remarquai ce véhicule, étonnée et stupéfaite, une chanson de Michèle Torr est passée à la radio avec cette phrase que j’ai notée tout de suite car je savais que c’était toi qui me parlais : “Je ne te demande pas de m’offrir des fleurs tous les jours mais de faire de temps en temps un geste d’amour !”

Peu après, Fafa m’a appelée au téléphone pour me parler d’un rendez-vous possible avec Marianne Dubois, qui m’avait dédicacé il y a un an son livre : “Noces de Lumière”.

La camionnette était toujours là... L’heure tournait... et j’ai cherché cet ouvrage dans ma bibliothèque. Je l’ai ouvert au passage suivant :

“Une nouvelle naissance sera bientôt aussi importante que notre voyage ensemble, si tu acceptes de mourir à ce passé récent et si tu veux bien te laisser éclore à autre chose.”

Et puis j’ai ouvert de nouveau le livre :

“Tout au bout de ton absence, je te retrouve en moi, plus vivant(e) que jamais, éclatant(e) de lumière et de joie.”

A travers la première phrase, c’était toi qui me parlais et à travers la seconde, c’est comme si ta Maman te répondait... Comme l’auteur, Marianne Dubois, qui parle dans ce livre à la partie divine d’elle-même !

Mais je ne t’ai pas encore parlé de la tempête extrême qui me secoue depuis hier soir !... Ton phare est heureusement allumé dans ma vie et Dieu ne permet pas que je coule ! Il faut garder la tête hors de l’eau sans se noyer... ou se laisser noyer par des courants dangereux ! Les parents comme moi sont emportés dans un tourbillon et surnagent, dans le désespoir de n’avoir pu retenir la main de leur enfant. On marche en face du vent et on n’avance plus !

Mais tu es le soleil de ma vie et tu m’envoies la lumière nécessaire pour que mon radeau ne coule pas.

Je t’embrasse et te serre tendrement sur mon coeur déchiré.



_______LETTRE QUATRE
à MON PETIT ANGE

(21 Mars 1997
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Ma belle Âme,

Ce soir, Fafa m’a emmenée chez des cousins de sa famille, que je ne connaissais pas. Lorsque ce couple a appris ta mort, ils étaient en train de lire mon projet sur une éducation à la Paix par la Musique dédié aux enfants des écoles :“Un Archet pour la Paix”... Ils ont été très bouleversés, d’autant plus que la cousine de Fafa est née un an après le décès d’un petit frère de deux ans.

Le cousin de Fafa m’a parlé tout à coup d’un vieux violon qui leur servait de décoration, un violon de 1880... Il me l’a mis entre les mains, avec un archet tout neuf... L’instrument était désaccordé et les chevilles ne tendaient pas suffisamment les cordes mais j’ai joué quelques notes sur ce violon... qui était resté auparavant cinquante ans dans un grenier ! C’était très émouvant de me dire que l’âme de ce violon était là pour me donner l’envie de rejouer sur mon propre violon ; car celui-ci demeure toujours muet depuis le dernier concert que nous avons donné pour les plus démunis, au restaurant “Le 51” du Père Fréchet, sept jours avant ton départ vers l’Au-delà... ce concert où nous avons joué -violon, accordéon, guitares, percussions- et où j’ai dansé et ri avec toi !

Tu étais si heureuse et pleine de vie, ce soir-là... Nous fêtions le Carnaval... quatre jours avant Mardi Gras ! Tu étais habillée en trappeur du Canada et Maman avait un drôle de chapeau avec des clochettes et plein de couleurs... Tu me regardais jouer et tu venais te blottir contre moi, bercée par nos musiques, puis tu allais gaiement vers tous les convives, vers Laurette et Marie-Jo, les dames de ta crèche qui étaient venues nous écouter, vers Fafa et vers Noël... vers Jordann aussi, hôte du “51”.

Océana, tu nous as quittés durant la première semaine du Carême et je n’ai plus voulu m’alimenter... Aujourd’hui, je prends des aliments pour pouvoir vivre mais je n’ai pas retouché mon violon... Seules l’écriture et la nature me nourissent de sève et d’essence d’ espérance.

Le cousin de Fafa m’a donc présenté son violon et nous avons appris que leurs voisins du dessus et du dessous étaient pianistes ! Quelques instants plus tard, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire : nous avons entendu “Au Clair de la Lune”... joué sur un piano par trois fois ; on aurait dit une main d’enfant : les deux premières fois étaient frappées avec quelques erreurs de notes et la troisième était vraiment parfaite, sans tâtonnements ! Cela venait du dessus et je l’ai entendu comme une mélodie qui me parlait de toi et qui me disait :

“Petite Maman Chérie, je sais que tu me sentais un jour faire du piano mais je suis partie et cette chanson est pour toi, qui l’apprend chaque année à tes petits élèves de flûte à bec. Je t’aime et te fais de gros calins, Maman !”

Cela a été si doux à mon coeur ! C’est vrai que tu étais douée avec ton petit piano et que tu aimais souffler dans la flûte à touches ! Lorsque j’étais enceinte de toi, j’écoutais beaucoup de piano, alors que c’était une chose rare avant ton arrivée dans ma vie ! Je m’étais dit que tu serais sûrement douée pour cet instrument et puis tu avais de si longues et fines mains ! Lorsque je travaillais sur mon violon et que je jouais des morceaux, alors que nous étions seules, tu applaudissais à la fin de chaque musique et tu disais : “Encore !” avec tant de joie et de ravissement que j’en étais émue ; tu étais parfois dans ta chambre pendant que je jouais, et tu manifestais ton bonheur jusqu’à moi !

Puisses-tu, ma fille chérie, faire partie des Anges Musiciens, comme cet Ange violoniste que tu aimais tant prendre dans tes mains... au coeur de ce Monde Lumineux où tu vis aujourd’hui !


______LETTRE CINQ
à MON BÉBÉ
(22 Mars 1997)




Mon petit dauphin, Océana chérie,

Il y a quelques jours, j’ai noté cette phrase qui est exprimée à la fin d’un film extraordinaire : “Le Festin de Babette”. Cette phrase dit : “Du coeur de l’artiste s’élève un long cri vers l’Univers. Donnez-nous le moyen de donner au monde le meilleur de nous-même.” C’est une phrase magnifique que j’ai essayé de vivre à ma façon ces dernières années... en exprimant mes idées, mes cris et mes révoltes à travers mes écrits, en jouant du violon pour les enfants des écoles, les sans-abris, les personnes malades, et aussi lorsque j’ai réalisé mon tour du monde en 1991 pour rencontrer et faire chanter les enfants des écoles où je me présentais... à Tahiti, Sydney, San Francisco, Nouméa, Djakarta ; je leur parlais de Paix et d’amitié entre les peuples, à travers la musique, véritable langage sans frontière... aux mots universels.

Plus tard je t’aurais emmenée avec moi. Nous aurions pris l’avion ensemble. Nous aurions posé le pied ensemble sur le sol d’autres pays. Tu aurais joué de la musique avec moi et nous aurions chanté ensemble pour les enfants du monde, pour ceux qui sont malheureux, ceux qui sont attachés sur leur lit sans personne... comme en Roumanie, ceux qui n’ont connu que la guerre et la peur, ceux qui ont faim et ceux qui sont malades.

Avec toi dans mon coeur, je referai le tour du monde, je reverrai les sourires des enfants enchantés et mon violon les fera rire de plaisir et de joie. Avec toi, je ferai résonner mon violon dans les prisons, car les enfants sont là aussi, dans le coeur des parents déchirés et privés pour maintes raisons de voir vivre et grandir leurs enfants... Lorsque je vois, en Arizona, ces femmes enchaînées comme des forçats et privées de leurs enfants pour avoir fumé un joint, je trouve cela lamentable ! Ceci dit, je suis contre toute forme de drogue et je pense à tous les parents qui ont perdu un enfant à cause d’une over-dose ; je pense à ces parents qui voient, impuissants, leur enfant se noyer dans la cocaïne et se détruire lentement, mais si terriblement vite, en prenant des produits comme le LSD, le crack, l’ectasy, les amphétamines.

Pour en revenir à ces femmes qu’on prive de voir leurs enfants, ce traitement injuste et démesuré les mènera peut-être plus tard à des actes de révolte et d’agressivité ! Cette réflexion concerne aussi les enfants car ceux-là payeront malheureusement plus tard dans leur vie d’adulte l’incarcération abusive de leur mère.

Une chose me révolte aussi, c’est lorsqu’on enlève un enfant à sa mère parce qu’elle est trop endettée et si pauvre qu’elle ne peut plus le nourrir ; je trouve cela si triste ! On devrait plus aider les mères car elles sont fortes mais elles peuvent devenir si fragiles. Une maman peut se battre pour son enfant, elle peut travailler d’arrache-pied pour lui... mais elle peut aussi sombrer dans la dépression, elle peut ne plus supporter d’être obligée de travailler très dûr et de mettre son enfant à la crèche ou la garderie des semaines entières avec des horaires très lourds pour une maman.

Pour toi, je faisais en sorte de travailler à mi-temps afin de te prendre souvent avec moi, d’avoir le temps de jouer ensemble et de se promener. Le matin, nous étions souvent en retard à la crèche, car, avant mon travail et mes activités, j’étais si heureuse de te voir jouer dans la maison, de t’entendre et de prendre le temps de partager la Vie ensemble. Je te revois dans le jardin de la crèche, où tu aimais retrouver tes petits camarades, sur la balançoire ou dans le sable, sur un vélo aussi... J’avais remarqué depuis peu que tu pédalais très bien. Tu aurais pu pédaler au printemps dans le parc Mozart sur le vélo-tracteur que t’avait offert ta marraine Patricia. Anéantissement du futur imaginé...

Ma fille, tu continueras à vivre dans mon coeur pour reconstruire l’avenir et nous irons chanter ensemble pour tous les coeurs-colibris.



________LETTRE SIX
à MA FILLE DE LUMIÈRE

(15 Avril 1997)



Océana, grand oiseau de mon coeur,

Cela fait deux mois que tu es partie... Je suis toujours reliée à toi et tu m’envoies des signes extraordinaires. Dans mon état, infiniment sensible après ton départ, je ressens ce qui me convient, où je dois aller, ce que je dois faire... et parfois d’une façon étonnante.

Ainsi, je vais te raconter notre voyage au bord de la mer avec Fafa et notre amie Mila (tu appelais Marc et Djamila ainsi)... qui m’ont accompagnée dans cette aventure.

Nous sommes partis en voiture pour aller à Nice... voir la mer. C’était la première fois que je partais loin après ton décès, que je m’éloignais du cimetière, de ta tombe, de ta chambre, de notre lieu de vie commun... C’était aussi la veille du dimanche de Pâques !

Avant de poursuivre, il faut que je te dise que je n’arrivais pas à rentrer à la maison, après ta mort et l’enterrement... Je ne supportais pas de voir ta chambre ni ton lit, vide à jamais... Pourtant un soir, je suis rentrée chez nous sans rien dire à personne et j’ai passé la nuit dans ta chambre à prier ; j’ai allumé cette bougie-ange que j’avais amenée pour Noël et que tu aimais tant toucher ; ce soir-là, je l’ai enflammée pour la première fois et il s’est passé quelque chose : la tête de l’ange a fondu à l’intérieur seulement, laissant le visage et le tour du crâne intact. J’ai compris que cela voulait dire que le virus avait pris ton cerveau mais que tu étais vivante, devenue petit ange... J’ai compris que la présence de cet Ange n’était pas un hasard... Puis j’ai eu cette impulsion d’ ouvrir le dernier chapitre d’un des livres du Dr Murphy : “La prière guérit”... Ce chapitre parlait de la mort et notamment d’une femme qui perdit ses deux fils à la guerre ; cette femme avait eu un coup terrible en apprenant la nouvelle de leur “transition” mais elle expliquait qu’elle avait été apaisée en affirmant tranquillement : “Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants, car à ses yeux, tous sont vivants.” Elle ajoutait dans son témoignage : “Soudain, je sentis une vague de paix intérieure envahir mon coeur et tout sentiment de douleur disparut. Je sus, je sentis que mes fils étaient en vie et je ressentis leur présence pleine de tendresse. Ce fut une merveilleuse expérience.” Puis elle eut l’impulsion de prier pour eux et répèta souvent : “Dieu est avec eux et tout est bien !”

C’est ce que je fis ce soir-là ; grâce au témoignage de cette femme, j’ai pu traverser ma douleur et ressentir ta tendresse ; je me souviens avoir répété cette même phrase : “Le Créateur est avec toi et tout est bien !”

Je ne dis pas que la douleur disparut mais j’acceptais un petit peu plus l’idée que tu sois partie si loin... en essayant d’avoir Foi en Dieu et Confiance en Lui.

Je ne suis pas repartie de notre maison ; j’ai plié ton lit et, à sa place, j’ai mis ta photo, l’Ange et Marie, avec une bougie, des fleurs ; je n’ai pas enlevé tes vêtements ni tes jouets ; je ne le peux pas encore et je respecte en moi et pour toi le temps des adieux. La foi peut aider mais elle n’efface pas le chagrin ni la douleur d’une si cruelle séparation !

Pour en revenir à notre départ au bord de la mer, fin mars, j’ai beaucoup pleuré car je n’arrivais pas à partir si loin ; cependant, nous avons poursuivi notre route ; une heure après notre départ, nous nous sommes arrêtés, un peu avant le Col de Lus la Croix Haute. Il me semblait impossible de partir si loin... Je ressentais quelque chose de terrible, comme un arrachement. J’étais si mal que nous avons décidé de rentrer !

C’est alors que j’ai ressenti un appel et que j’ai proposé à Fafa et Mila de passer la nuit et le dimanche de Pâques à Notre Dame du Laus, près de Gap. Ils ont accepté, presque étonnés de ma proposition d’aller quelque part ailleurs ; la nuit était tombée et nous traversâmes toute la région du Trièves, accompagnés par la Comète de Halley-Bopp qui trônait dans un champ d’étoiles féérique... Lorsque nous sommes arrivés au Laus, lieu saint où la Vierge est apparue durant cinquante ans à une paysanne nommée Benoîte Rencurel, il était presque minuit ; je pensais trouver dans la Basilique des pélerins silencieux en attente de la Résurrection ! En fait, nous sommes arrivés juste au début de la messe... La Basilique était pleine de pélerins, de moines, de prêtres, d’enfants, d’habitants de la région et tous célèbraient Pâques !

Je me suis avancée vers un banc à moitié plein et une dame nous a tendu un cierge pascal... Le plus étonnant est que cette personne connaissait Fafa... Elle lui dit en souriant : “Ce cierge vous attendait !” et me tendit l’objet de cire.

Une petite fille était assise devant moi et me regardait souvent... Au moment des intentions, l’assemblée a prié pour les personnes en deuil et j’ai senti beaucoup de lumière et d’amour... Le monde fêtait ta résurrection en cette nuit et, avec lui, tu ressuscitais aussi, toi ma fille, au Paradis des Anges. Car la Résurrection, c’est aussi pouvoir renaître par-delà la mort, continuer à vivre dans un corps glorieux, au sein d’un autre monde... de lumière et d’amour.

On m’avait averti que Pâques est une fête difficile à passer pour les parents orphelins de leur enfant, comme Noël ; cela est vrai car on vit la crucifixion très intensément, dans sa propre chair ; je l’ai vécu ainsi car, à ta mort, je me suis sentie crucifiée, à travers les clous du cercueil fermé à jamais sur ton petit corps frêle sorti de ma chair trente mois auparavant ; et puis, la résurrection, on voudrait tellement qu’elle soit réalité dans la matière, que notre enfant revive, comme Jésus est sorti du tombeau ; il reste à comprendre que Jésus vit dans son corps de lumière.. et, avec lui, tous les morts et les défunts !



______LETTRE SEPT
au CHRIST

(Le 23 Avril 1997),
lors de mon pélerinage à Medjugorje
(en ex-Yougoslavie)




Christ,

Merci de me prendre dans tes bras avec ma fille. Merci de prendre en ton coeur tous ceux que j’aime, tous les enfants du monde, tous ceux qui souffrent et ceux qui pleurent, tous les humains qui vivent la guerre et qui attendent la Paix.

Aujourd’hui, nous sommes allés à Mostar, ville ravagée par la guerre ; le toit de la cathédrale a été détruit et se trouve actuellement, recroquevillé comme les âmes blessées de ce pays devant l’église du Père Jozo, qui s’occupe des enfants orphelins.

Avant d’arriver à Mostar, nous avons regardé dans le car la cassette du film : “Marie de Nazareth” et une phrase m’est restée, lorsque tu dis à Marie, ta Maman : “Je serai toujours ton enfant.”

Je te prie de garder la Paix à ce pays... Les immeubles détruits, les chars encore présents pour surveiller la Paix, les murs criblés de balles, les cimetières remplis de jeunes soldats morts, les toits déchiquetés... Tout cela est si terrible dans le plan de ton amour ! Donnez-leur la Paix !

Donnez aussi la Paix à l’Algérie où tant d’horreurs sont commises et répandez votre miséricorde dans tous les coeurs !

Faites que jamais plus des moines et des prêtres ne soient tués comme ces trente moines franciscains jetés dans une fosse après avoir été brûlés et assassinés par des soldats le 7 février 1945, devant l’église de Siroki Brijeg, près de Medjugorje. Hier, je suis descendue dans leur tombe et j’ai pensé aux sept moines tués en Algérie. Les guerres sont aussi terribles les unes que les autres et chacune des blessures infligées est une blessure au Coeur divin... Chacune de nos blessures est une plaie ouverte dans le Grand Esprit car il nous porte pour la vie entière, souffle donné de la naissance à notre dernière respiration.

Voici un conte “Le don de Flore”, que j’ai écrit pour l’Algérie et que je t’offre, inspiré de ma vie et de mon voyage en Algérie, à l’âge de dix-neuf ans :

Les fleurs exhalent un parfum capable de traverser notre monde pour rejoindre celui de nos morts ; elles touchent ainsi leur âme ouverte à l’amour des aimés de la Terre.

Une maman avait compris cela et plaçait devant la photo de sa fille décédée des fleurs odorantes ; elle savait que leurs parfums traversaient mille espaces pour porter son amour à son enfant chérie.

Cette mère s’appelait Flore et sa fille portait le nom d’Eglantine ; sa tombe était toujours couverte de mille fleurs, fleurs de printemps et fleurs d’hiver.

Là où se trouvait Eglantine depuis l’âge de ses trois ans, elle percevait des odeurs de courage, de force, de beauté, de douceur et tout l’amour que lui transmettait sa maman à travers les fleurs.

Un jour, alors que le soleil était caché depuis longtemps derrière les nuages et qu’il faisait froid, Flore s’était rendue malgré tout sur la tombe de sa fille ; elle lui avait apporté un joli bouquet multicolore qu’elle avait placé délicatement dans un vase.

Son coeur était lourd, ce jour-là, si lourd qu’elle n’arrivait pas à pleurer ; ses larmes restaient accrochées aux parois de son âme écorchée.

Soudain, un rayon de soleil illumina la tombe et un sourire brilla dans le visage d’Eglantine, dont la photographie irradiait la stèle ; les larmes coulèrent sur le visage de Flore, telle une rosée d’aurore aux doigts de roses.

Elle se mit à parler à haute voix : “Mon Dieu, si vous m’écoutez, prenez ma vie. Je Vous la donne en échange de la vie d’un enfant d’Algérie... pour qu’il ne soit pas tué. C’est horrible, ce qu’il se passe là-bas ! Si ma vie peut en sauver une, alors prenez-la et laissez-moi rejoindre ma fille... Je Vous laisse la décision de ma mort, brutale ou par longue maladie.”

Flore souffrait en effet au plus profond de son être de savoir qu’ en Algérie, des enfants, des femmes, des hommes innocents étaient massacrés par milliers sans que personne puisse empêcher ces crimes perpétrés par les terroristes...

Elle ne savait pas si Dieu l’écouterait mais si elle pouvait sauver un seul enfant de cette horreur, ce serait pour elle le paradis... et elle retrouverait sa fille peut-être plus vite que prévu.

Dix ans plus tôt, elle était allée en Algérie, à Blida ; elle avait fait la connaissance d’une grande famille... si hospitalière que la jeune femme aurait souhaité devenir l’une des leurs ! Une femme, notamment, l’avait prise en affection et lui avait offert un bracelet avec deux serpents d’argent qui se regardaient ; Flore avait toujours gardé ce présent comme un signe d’amitié entre leurs deux peuples, un signe de paix ; or, depuis la vague d’atrocités des crimes terroristes en Algérie, elle s’inquiétait terriblement pour cette famille de Blida et toutes les familles de ce pays... un pays meurtri et ensanglanté par les corps de ses bébés assassinés et égorgés devant les yeux de leurs propres mères !...

Ce jour-là, Dieu entendit sûrement l’offre de son don car la maman d’Eglantine se piqua à une rose ; Flore n’était pas vaccinée contre le tétanos ; elle tomba gravement malade et rejoignit sa fille au Ciel quelques jours plus tard.

On apprit peu de temps après qu’une enfant de sept ans avait été la seule rescapée d’un terrible massacre qui eut lieu en Algérie, au moment de la mort de Flore.

La maman de cette enfant remercia le Ciel de l’avoir sauvée...

On sut aussi qu’au même moment, un jeune enfant de trois ans avait survécu, seul et unique être vivant, après le crash d’un avion en Asie.

Peut-être que Flore avait sauvé deux enfants, l’un en Orient, l’autre en Occident, comme Jésus avait lui aussi souffert sur la Croix par ses deux bras écartés en acte d’amour et de don à l’Humanité.

Peut-être que sa fille, par sa propre mort et à travers le don de sa mère, avait sauvé aussi un de ces deux enfants... Dieu seul sait si la mort d’un ange peut en sauver d’autres... En tout cas, les Anges, eux, doivent sûrement le savoir !

Depuis le décès de Flore, des personnes avisées disaient que sur la tombe de la mère et de l’enfant venait un homme très âgé, au faciès asiatique, accompagné d’un vieil homme musulman... Ils apportaient à chaque fois des branches d’églantine, qu’ils déposaient de chaque côté de la sépulture de Flore et de sa fille.

Ces personnes disaient qu’ils représentaient sur la Terre les larmes des Sages descendus de la maison des pleurs qui se trouve dans l’Arc-en-Ciel.



________LETTRE HUIT
au SOLEIL

(3 Mai 1997)
écrit à Chamrousse sur le plateau de l’Arcelle



“Sois loué, Mon Seigneur, avec toutes les créatures,
Spécialement messire le frère Soleil,
Lequel fait le jour et par lui Tu nous illlumines...
Et lui, beau et rayonnant avec une grande splendeur :
De Toi, Très Haut, il est la manifestation.”

(Extrait du Cantique du Soleil de Saint-François d’Assise)




Soleil,

Voici que je m’adresse à toi. Tu es dans le ciel, immuable, immortel et intense de lumière. Tu es une création de Dieu et tu es Dieu aussi, manifestation de sa gloire.

Je viens te dire aujourd’hui que ma fille me manque cruellement. Pourquoi me l’avoir enlevée ? Pourquoi est-elle partie si vite ? Pourquoi ?

J’étais venue en cet endroit, où je t’écris en ce moment, le jour de ton éclipse du 12 Octobre 1996, pour contempler ta rencontre avec la lune et le retour à ta lumière obscurcie ; aujourd’hui, c’est une amie, Gisela, qui m’a emmenée sur le même lieu ; nous nous trouvons près d’un torrent qui descend des neiges et je t’écris, oh Soleil, près d’un arbre mort allongé de tout son long à côté de ses frères du bord de l’eau.

Donne-moi, Soleil, toute l’énergie et la force de poursuivre ma route. Je me sens si vide au fond de mes entrailles. La douleur est si vive au creux de mon âme et ma fille me manque tant, depuis deux mois et demi qu’elle est partie... Cette semaine a été terrible ; j’ai eu l’impression de mourir et j’ai vécu des symptômes d’épuisement total très fort.

Après être revenue de mon pélerinage à Medjugorje, je suis allée avec Marc sur la tombe d’Océana... et il s’est passé quelque chose d’extraordinaire : juste après notre arrivée, le jouet musical que j’avais attaché à la croix s’est déclenché tout seul ! Une musique descendait du ciel comme je n’en avais jamais entendue, très claire, très audible... Enfin deux sons ont alterné, puis un seul son, unique ! Quelques notes sont revenues et un seul son avant le silence complet !... Ce jouet musical, un petit clavier, n’avait jamais fonctionné ainsi et la mélodie entendue n’était pas une musique enregistrée au sein de l’instrument...

Nos coeurs étaient pleins de cette présence fantastique qui existe au-delà de ce qui est visible : nous savions qu’elle était là... vivante dans l’invisible ! Ma fille m’a fait un si merveilleux cadeau à mon retour de pélerinage ! Annick m’avait dit dans le car : “Tu verras, tu auras un très beau signe à ton retour, un signe qui te fera reprendre ton violon et la musique !” Ce jour-là, j’ai pris mon violon et j’ai joué l’Ave Maria de Gounod devant les photos réunies de ma fille et de Marie... Depuis, mon violon se tait de nouveau mais il rejouera un jour, je le sais...

Deux jours plus tard, je suis allée à la rencontre inter-traditions organisée par le Dalaï-Lama ; c’était à la Rochette, le 30 Avril ; toutes les religions étaient représentées afin d’établir un dialogue de paix et d’échange des pratiques sacrées en vue d’une meilleure compréhension de chacune des traditions.

Il y a eu cette phrase des Indiens Cherokee, qui m’a frappée, à propos des enfants : “Ce sont ceux-là qui vont porter nos rêves plus loin !”

Voilà pourquoi les parents orphelins ressentent une immense frustration dans leur être profond !... Oui, mais un enfant qui part va porter des graines de rêves dans toute la galaxie... Il porte les rêves de l’Humanité entière !...


Ce jour-là, une femme chaman, de Laponie, a béni l’assemblée en lançant du lait, aliment sacré dans sa tradition. Elle a dit : “Pour tous ceux présents ici, nous demandons un long chemin, une longue vie, parce que le chemin vers Dieu est long !”

Elle a dit aussi : “Qu’il n’y ait plus de mort d’enfants dans les familles.”

A ce moment-là, j’ai senti la douceur de ma fille, comme si elle me souriait de la Voie Lactée... En vérité, cette femme, en lançant le lait, a fait le geste du Créateur lorsque, d’un geste de Sa Main, il créa la Voie Lactée avec les gouttes de lait des étoiles. Elle mit de la douceur dans mon coeur et, par sa dernière prière, empêcha peut-être certains enfants de partir trop vite rejoindre les Ancêtres.

Le Dalaï-lama a conclu cette journée en parlant de la “Lumière de la Paix” qui dissipe les conflits... par une “meilleure compréhension réciproque” ; il a réaffirmé dans les consciences l’importance de la rencontre qui a eu lieu à Assise en 1986, entre notre Pape Jean-Paul II et les principaux responsables des grandes traditions.

Un moine chrétien, Thomas Merton, rencontré par le Dalaï-Lama, lui avait dit : “Un moine consacre sa vie à chercher Dieu, à chercher la Vérité. Quand il rencontre d’autres chercheurs, une connivence s’installe.”

Un représentant de la tradition pré-colombienne s’est adressé à nous ainsi : “J’aimerais que nous soyons unis. Nous sommes une seule tradition sur cette terre.”

A la fin de la rencontre, chacun des représentants des diverses traditions a allumé sa flamme autour d’un grand feu central. C’était magnifique ! Toute l’assemblée s’est donné la main et nous avons remercié le Dalaï-Lama ainsi que tous ceux qui ont organisé cette journée de partage et d’échanges extraordinaires !

Fais, Soleil, que l’éclipse que je vis dans mon coeur depuis la mort de ma fille soit déchirée par ta lumière et ta chaleur.

Fais que le voile qui assombrit mon âme soit illuminé par le soleil de mon enfant, à l’intérieur de mon être.

Fais, Soleil, que je survive en acceptant que la lune vienne obscurcir ta face.

Fais, Soleil, que tu transmettes tout mon Amour à mon Bébé et que tu deviennes l’Alchimiste de notre Vie commune.

Car nous sommes tous la Création de Dieu et Tout est Relié.


“Vole, vole
Petite flamme
Vole, vole, mon âme
Va retrouver la lumière
Mon amour”

Céline Dion





________LETTRE NEUF
à MARIE

(Mai 1997)



Vierge Marie,


Je voudrais vous remercier tous au Ciel de m’avoir donné les forces nécessaires afin de poursuivre ma route.

Je voudrais te remercier pour ce jour où Bernard, un ami, m’a emmenée en Chartreuse, après la mort d’Océana.

Il m’a d’abord conduite devant ta statue qui se trouve au-dessus de l’église de Saint-Hugues ; après m’être recueillie, je lui ai dit soudain : “Regarde, on voit d’ici la statue de la Vierge qui surplombe Saint-Pierre en Chartreuse. Nous y étions montés, ma fille et moi, avec Marc, une semaine avant qu’elle ne tombe malade.”

Je me souvins alors précisément de ce jour heureux et de cette dernière promenade avec Océana : j’avais soulevé ma fille pour lui montrer les petits anges de Notre Dame de Saint-Pierre, à travers la grille de la petite chapelle.

Après m’avoir emmenée à Saint-Hugues, Bernard m’a ensuite conduite au Monastère de la Grande Chartreuse ; il s’est garé à la Correrie et nous avons marché sur le chemin bordé d’arbres qui mène aux moines. J’étais encore faible mais j’avançais, confiante... sur les pas de Dieu.

Bernard aimait ma fille, énormément ; elle l’aimait aussi. Il savait sûrement, à travers elle, qu’en m’amenant ici, Dieu me mettrait sur une nouvelle route... et je savais, qu’à travers lui, c’est mon enfant qui me prenait par la main pour m’emmener vers “demain”.

Au moment où nous sommes arrivés aux murs du Monastère, au pied de cette montagne de prières qui jaillit du coeur des moines silencieux, un couple est descendu vers nous et nous a croisés ; l’homme et la femme tenait par la main, au milieu d’eux, une petite fille ; ils étaient suivis par une dame plus âgée...

Mon coeur s’est serré si fort devant cette petite fille, oh Vierge Marie, que Bernard a cru que j’allais craquer. Bien sûr, je pensais à ma fille, au bonheur effondré...

Mon regard s’est alors porté au pied du mur de la Grande Chartreuse et s’est posé sur un petit voile rose... où se trouvaient dessinés deux coeurs, un rameau et une fleur !

Un des deux coeurs, un peu plus gros, était entamé : c’était le mien et l’autre, entier, était celui de mon enfant partie dans l’Au-delà.

Quel cadeau immense du Ciel, en cet instant, quel morceau d’amour dans ma douleur ! Quelle preuve plus belle pouvait-on me donner ?

Je garde toujours ce voile rose avec moi et je conserve aussi en mon coeur ce regard de Dieu que nous adressa un moine, après cette découverte ; en fait, nous avons vu trois moines, ce jour-là ! C’est une grâce de les apercevoir et un regard de l’un deux est toujours un don de l’Esprit Saint.

Marie, je voudrais te remercier aussi pour la petite fille qui portait un petit dauphin bleu dans l’église de Medjugorje ; elle se trouvait juste devant moi lorsque je suis entrée pour la première fois dans cet endroit vénéré par les pélerins du monde entier ; sur son tee-shirt était inscrit “Little Sailor” : petit navigateur... Quel beau signe pour la maman d’une petite fille portant le prénom de l’Océan ! Voici la suite de ce merveilleux signe : à notre retour de pélerinage, nous avons traversé une ville très touchée par la guerre en ex-Yougoslavie, Gospich ; au coeur de la cité, le car fit un détour, se trompant momentanément de route !

Et, qu’ai-je vu alors : un immense panneau publicitaire avec un dauphin plongeant dans l’océan et un homme le rejoignant ! Au milieu des ruines d’une ville meurtrie par la guerre, au centre de mon âme abattue par le deuil de mon enfant, le dauphin représentait le symbole de la Vie qui continue... malgré la douleur et les décombres d’une mort soudaine.

Pour finir, Marie, je voudrais te remercier pour ce moment extraordinaire vécu le lundi de Pâques, à Nice, au moment où je suis allée vers la mer pour la première fois, après la mort de ma fille ; une petite fille était là, sur la plage, devant les vagues... Elle portait un anorak identique à celui que j’avais offert à Océana pour Noël, avec la même couleur de feu et les mêmes rameaux verts intérieurs !

Je suis allée parler avec sa Maman, sur le champ ; émue, elle m’a expliqué que son frère était dans le coma depuis neuf mois, à la suite d’un accident... que c’était très difficile, qu’il avait été transféré à Marseille... et qu’il avait juste 33 ans !

Deux jours plus tard, nous étions à Marseille, avec Fafa et Mila, dans ton sanctuaire de Notre Dame de la Garde, phare sacré des marins... où des centaines de bateaux ornent ta Cathédrale.

Ma fille Océana aimait chanter : “Bateau sur l’eau...” ; elle chantait souvent ce début de chanson que nous reprenions en choeur, sans que je connaisse la suite des paroles... En redescendant de Saint Pierre de Chartreuse, où nous étions quinze jours avant le décès d’Océana, comme je l’ai expliqué plus haut, j’avais pris une dame en stop ; elle a appris à ma fille, sur la route, la suite de la chanson : “Bateau sur l’eau... ma chaumière au bord de l’eau” ainsi que les mots du passeur qui demande si on veut traverser ; cela m’a fait penser par la suite au passeur des âmes : Charon, nocher dans la mythologie grecque... Cette dame prise en stop, et déposée en face d’une clinique, était peut-être un avertissement du Ciel...

Je sais pertinemment que ma fille a pris son bateau et je t’invoque, Marie, Notre Dame de la Garde, pour que tu la gardes et la protèges, tout au long de son grand voyage dans l’Au-delà. Je voudrais que tu sois le nocher de sa barque et que tu sois aussi son phare.



Marie
Devant la mer d’amour offerte à nos coeurs
Devant le manteau de feu de la vie enflammée
Devant tes larmes d’espérance
Je dépose mon âme
Mon amour déchiré et confiant
La vie après la mort de ma fille
Sa vie qui continue
Dans les vagues de l’univers
Sur l’orbite du Créateur

A jamais et pour toujours
Je serai maman
Et mes larmes salées d’océan
Rejoindront le petit dauphin
Qui parcourera nos vies
Eternellement
OCÉANA





________ADIEU À MA FILLE

(3 Mai 1997)

écrit près du Pont du Marais sur
le plateau de l’Arcelle à Chamrousse


Océana,


Près de cette eau qui descend
des neiges de la montagne

Près de trois arbres déracinés et morts
qui tiennent debout au-dessus de cette eau
contre un pin bien vivant

Près du Soleil à qui je viens de parler

Près de cette chaumière que j’aperçois
à travers les arbres

Près de cette amie qui m’a emmenée là
et qui dort dans la Grâce de la Mère

Je viens te dire que
Je t’aime

Je viens te dire
A Dieu

Et près de Dieu
Je viens te dire
Merci



Et près de la lune
Je viens te dire
Que j’aime mon père
Et ma mère
Que je leur dis merci
Pour ce cadeau de la vie
Pour mon enfance
Au goût d’oasis
Dans le désert

Oui près de Marie
Je viens te dire
Que je souffre
Mais que les gentianes
Ont le goût de ton amour
Qui brille dans le Ciel
Pour ton Papa
Et pour ta Maman

Mon Bébé
Je viens te dire
Que je t’aime
Dans le chant de l’eau
Qui emporte mon chagrin
Jusqu’à la mer

Appel du large
Medjugorje de l’Amour
Noël de l’Espoir
Où l’Enfant nait
Pour que des cendres
S’envole l’oiseau libre
De l’âme qui se révèle

Oui je viens te dire
Que le Christ ressuscité
A pris mon coeur
A travers le tien
Et que tu vis à présent
En son corps sacré
Temple de Dieu

Ma fille
Je viens te dire
Que je t’aime
Et que mon violon
Fera résonner ton rire
Dans l’écho de tes cordes
Qui ont germé
Sous la terre

Oui ma fille
Je viens te dire
Que la moisson arrive
Celle des blés mûrs
Où notre amour
Apportera à ceux qui nous aiment
La chaleur de nos vies
L’amour de Marie
Les bras de la Terre
Unie à la Mère du Ciel
Dans l’Eternité
Des plus belles fleurs de Dieu

A Dieu
Doudou
Océanamour


Maman





















 
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