Avertir le modérateur

14/11/2015

Horreur à Paris... La France pleure ce matin. Des enfants n'auront plus leur maman à leur réveil.

12235052_10206851565742073_4726548825341629570_n.jpg

 

Bonjour à tous et toutes,

 

Un couple hier soir est allé à un concert à Paris, au Bataclan, boulevard Voltaire. Un homme et une femme heureux de se retrouver tous les deux et de partager cette soirée.

Soudain, le pire. Des hommes entrent en hurlant dans la salle de concert et tirent sur les personnes présentes. La femme est touchée.

L'homme est obligé de lâcher la main de sa compagne ensanglantée, poussé par les policiers.

Elle est morte. Un psychologue du 11 ème tente d'aider cet homme, un grand gaillard.

Il a vu des cadavres tout autour de lui, il a vu une violence inouïe.

Il n'était pas préparé à ça, personne n'était préparé.

Le psychologue lui donne des conseils pour le moment où il va retrouver ses enfants ce matin.

Comment leur dire ? L'horrible nouvelle. Leur maman ne sera plus jamais là.

Cet attentat a eu lieu cette nuit, terrible, avec quatre-vingt morts au sein de la salle de concert.

D'autres attentats ont eu lieu sur Paris au même moment, à d'autres endroits.  Avec plus de cent vingt morts et des centaines de blessés graves.

Le Président était visé lui aussi en plein match. Une réunion d'urgence gouvernementale a été ordonnée à minuit.

Les Parisiens doivent rester chez eux, a décrété le Chef de l'État. Il est trop dangereux de sortir.

Obama s'est exprimé ainsi : "La France a été touchée. C'est comme si on avait blessé l'humanité entière. Ce sont les Droits de l'Homme qui sont visés en plein coeur." 

Ce matin, je pleure pour tous ceux qui sont sortis hier soir pour aller manger au restaurant, pour écouter un concert, pour voir un match, pour fêter un anniversaire... et qui ne souriront plus.

J'adresse toutes mes condoléances à leurs familles, à leurs amis, leurs proches... et j'adresse aussi toutes mes pensées de solidarité aux blessés, aux policiers, aux médecins, au corps médical parisien et aux hommes politiques qui doivent faire face à ce drame terrible et à ces attaques terroristes.

 

Chloé LAROCHEth-54.jpeg

 

 

 

 

Lien de mon dernier livre :

http://jepubliemonlivre.chapitre.com/temoignages/2487-sol...

 

01/11/2015

Lettre de Toussaint pour tous, à l'humanité sereine...

toussaint,lettre,humanité,ange,décès,deuil,mémoire,respect,mort,défunt,cancer,peine,douleur,malheur,courage,force,résilience,vie,éternité,ordre,univers,frères bogdanoff,univers,plan,création,chagrin,réconfort,paix,amour,couple,enfant,

 

 

Bonjour à tous et toutes,th-45.jpeg

 

 

En ce jour de la Toussaint, je voudrais vous emmener en un voyage où le coeur brisé reviendrait lavé de toute blessure, un voyage dans lequel le sourire reviendrait sur toutes les lèvres, un voyage sans fin duquel on ne revient jamais car il est infini, comme l'univers est infini.

 

Les Frères Bogdanov disent de lui, de cet univers où nous vivons, qu'il est construit sur un ordre, qu'il est minutieusement harmonisé, qu'il n'y a pas de hasard dans sa construction, qu'il existe un plan. Mais s'il y a un plan pour lui, il y en aurait-il un pour nous ou serions-nous les seuls à avoir créé la liberté de notre propre plan ? Aurions-nous créé ce hasard derrière lequel certains écrivains ont dit qu'une main plus grande que nous régissait ce hasard. Qui nous envoie parfois les pensées qui nous secouent, nous poussent à nous réveiller de notre torpeur, à créer, à imaginer, à rester en vie ?toussaint,lettre,humanité,ange,décès,deuil,mémoire,respect,mort,défunt,cancer,peine,douleur,malheur,courage,force,résilience,vie,éternité,ordre,univers,frères bogdanoff,univers,plan,création,chagrin,réconfort,paix,amour,couple,enfant,

 

Ce vendredi 30 octobre, à minuit moins cinq, une pensée fulgurante m'a traversé l'esprit, je me suis soudain arrêtée et quelque chose m'a poussée à regarder la photo de mes parents décédés. Soudain, la date du 30 octobre a jailli dans mon esprit... Mais nous sommes en 2015 ! Ils s'étaient mariés le 30 octobre 1965, il y avait cinquante ans.

 

Les cloches avaient sonné à la volée dans l'église de Doucy. Le petit village savoyard était en liesse et les montagnes alentour souriaient de bonheur. Une petite fille allait naître neuf mois et demi plus tard, c'était moi, une petite fille qui allait les aimer par-dessus toutes les épreuves données. À minuit moins deux de ce jour anniversaire, j'ai pris une bougie et j'ai allumé une flamme pour eux qui sont partis dans l'éternité il y a trois ans près de Figeac.toussaint,lettre,humanité,ange,décès,deuil,mémoire,respect,mort,défunt,cancer,peine,douleur,malheur,courage,force,résilience,vie,éternité,ordre,univers,frères bogdanoff,univers,plan,création,chagrin,réconfort,paix,amour,couple,enfant,

 

Ma mère a beaucoup souffert de son cancer et aujourd'hui, lorsque je transporte des femmes dans mon taxi-ambulance vers leur lieu de traitement, je replie mes ailes d'ange afin d'offrir mon chagrin pour que celles qui ont l'espoir de guérir poursuivent leur vie longtemps, très longtemps. Et lorsque je rencontre certains camions sur la route, je pense à mon père qui a brûlé dans sa voiture afin de fuir la douleur contre un poids-lourd et je supplie pour que son âme apaisée rejoigne la lumière des gens heureux de la terre.toussaint,lettre,humanité,ange,décès,deuil,mémoire,respect,mort,défunt,cancer,peine,douleur,malheur,courage,force,résilience,vie,éternité,ordre,univers,frères bogdanoff,univers,plan,création,chagrin,réconfort,paix,amour,couple,enfant,

 

Et puis, je vois ma fille partie comme un ange. Elle a rejoint la famille envolée dans le monde bleu, mes amis endormis à jamais, mes grands-mères évanouies dans l'inconnu et je me dis qu'ils se trouvent tous dans le grand plan, celui de cet ordre des Frères Bogdanov, et que nous poursuivons tous la trame de ce qui se construit dans l'amour infini de ceux qui tissent de magnifiques tissus et étoffes célestes couvrant l'humanité bienheureuse.

 

Chloé LAROCHE

toussaint,lettre,humanité,ange,décès,deuil,mémoire,respect,mort,défunt,cancer,peine,douleur,malheur,courage,force,résilience,vie,éternité,ordre,univers,frères bogdanoff,univers,plan,création,chagrin,réconfort,paix,amour,couple,enfant,

 

 

 

http://jepubliemonlivre.chapitre.com/temoignages/2487-sol...

 

https://www.facebook.com/groups/le.trio.du.violon.soli.te...

 

https://youtu.be/aub8CQFxups

 

http://www.spectable.com/le-trio-du-violon-soli-terre/296...

 

http://www.spectable.com/violoniste-pro-et-classe-pour-vo...es/234903

 toussaint,lettre,humanité,ange,décès,deuil,mémoire,respect,mort,défunt,cancer,peine,douleur,malheur,courage,force,résilience,vie,éternité,ordre,univers,frères bogdanoff,univers,plan,création,chagrin,réconfort,paix,amour,couple,enfant,

17/10/2015

Réflexion sur la sécurité des promeneurs suite à la mort de Samuel, 20 ans, dans ma région, tué par un chasseur.

 

chasse,danger,promeneur,revel,samuel,chemin,randonnée,balade,marche blanche,

Bonjour à tous et toutes,

 

 

J'ai été très choquée d'apprendre le décès d'un jeune étudiant de vingt ans, Samuel, qui était un "être exceptionnel", comme le décrit son ami Théo qui était avec lui ce jour-là où Samuel a été abattu par la balle d'un chasseur. Samuel avait toujours le sourire en toutes circonstances et il est parti tellement tôt, trop tôt.

 

chasse,danger,promeneur,revel,samuel,chemin,randonnée,balade,marche blanche,

 

Beaucoup de grenoblois et isérois sont déjà passés sur le chemin où se trouvaient les deux amis en randonnée. Des enfants, des femmes, des hommes. Il est intolérable de penser que la chasse puisse ôter la vie d'un être humain, sans raison et sans aucune sécurité de protection pour tous les randonneurs.

 

Monsieur Denoix de Saint Marc, de l'Académie des Sciences morales et scientifiques... a déclaré en mars 2012 : "Les promeneurs ont une peur, largement irrationnelle, des chasseurs...". Ah bon, irrationnelle ??

 

Le décès de Samuel, lui, est bien réel, malheureusement et terriblement.

 

Je pense aujourd'hui, en ce jour de la Marche Blanche organisée par les amis de Samuel à Freydières dans Belledonne... à la famille et aux parents de ce jeune homme, et pour que jamais ce drame ne se reproduise, nous allons réfléchir ci-dessous aux moyens à prendre pour ne plus tomber sous une balle perdue ou une balle d'erreur de cible. Être pris pour un chevreuil n'est pas le but d'une sortie en montagne ou à la campagne !chasse,danger,promeneur,revel,samuel,chemin,randonnée,balade,marche blanche,

 

 

Nous pourrions suivre ces conseils :

-porter un gilet jaune, celui que tout le monde doit posséder dans sa voiture

-acheter un gilet pour chacun de nos enfants

-mettre un chapeau et des vêtements voyants et non pas beiges, gris ou noirs

-mettre un collier voyant à son chien et le tenir en laisse s'il a l'habitude de partir loin de nous en promenade

-faire du bruit et siffler régulièrement avec un sifflet pour chiens, même si nous n'avons pas de chiens avec nous, afin de prévenir de notre présence

-chanter en randonnée

-demander et signer des pétitions pour que le week-end et les mercredis soient interdits dorénavant à la chasse

-qu'un panneau ou signe distinctif soit placé au départ des chemins avec mention d'ACTIONS DE CHASSE, lorsque celles-ci se produisent sur des lieux de randonnées.

-que le décès de Samuel puisse faire bouger les choses et que plus jamais un promeneur ne perde la vie... grâce à de nouvelles lois.

 

Avec mes meilleures pensées à tous et en vous indiquant que mon nouveau livre est sorti : "Solidarité Puissance Toi". Je propose une rencontre-signature le samedi 7 novembre 2015 à la Table Festive de Crolles de 14 h à 18h.

 

Chloé LAROCHE

 

-------MARCHE BLANCHE le samedi 17 octobre à Freydières, Isère,

à 11 h, pour Samuel-----------------------------------------------------

 

http://revel-belledonne.com/actualites/accident-de-chasse

revel,promeneur,accident,chasse,samuel,chasseur,mort,drame,jeune,randonnée,belledonne,isère,

revel,promeneur,isère,accident,freydières,randonnée,belledonne,conseils,

 

 

livre,chloé laroche,solidarité,chapitre,éditions,sortie livre,signature,7 novembre,14 h,crolles,la table festive,

http://jepubliemonlivre.chapitre.com/temoignages/2487-solidarite-puissance-toi-chloe-laroche-9791029003578.html 

 

 

 

08/06/2014

Récit de petits miracles méconnus. Ma politesse envers le Créateur, la vie, l'Univers, nos anges gardiens.

20131118-seance-violon-25.jpgBonjour à tous et toutes,bmwb-20.jpg






Je m'aperçois en transportant mes patients et notamment de nombreuses personnes handicapées à la suite d'un accident, que nombre de blessés sont des miraculés de la vie.th-116.jpeg


J'en conclus que lorsque notre heure n'est pas venue, tout se conjugue pour nous sauver du pire : survivre à la collision avec un train qui nous a foncé dessus, survivre sans handicap à une chute de trente mètres, avoir pu protéger sa vie grâce à un portable qui s'éteint juste après l'appel au secours qui nous sauvera d'une chute en montagne, sortir vivant de cinq tonneaux et arriver à s'extirper d'une voiture qui ne ressemble plus qu'à de la tôle compressée.

WP_20140324_004.jpgJ'ai rencontré et transporté toutes ces personnes. Elles ont toutes l'énergie de se battre pour revenir à la vie normale, après une lutte acharnée de rééducation et de sortie de coma pour certains.

On parle de politesse au sein des humains, de savoir remercier autrui pour l'aide qu'il nous a apportée. Mais parle t-on de cette politesse à la Vie que l'on doit à l'univers de nous avoir gardé en vie, de nous avoir protégé de la mort et du handicap grave, contre toute attente ?

Parle-t-on de cette politesse, d'un grand merci à notre Ange gardien qui nous prend dans sa main ou sous son aile afin de nous protéger du pire et de nous faire porter sur un nuage cotonneux pour que nous ne succombions pas dans la chute cruelle des épreuves de la vie.WP_20131215_009.jpg

Un jour, une dame se trouva mal en pleine montagne. Elle était seule. Un vétérinaire passa par là avec sa fille. Il avait juste sur lui le médicament qui la sauva de l'arrêt cardiaque et à eux deux, ils portèrent cette dame jusqu'à la plaine et la sauvèrent in extremis de la mort. Quelques minutes de plus sans aide et cette dame mourait, au dire du corps médical qui la reçut.

WP_20131224_002.jpgUn jour aussi, un frère et sa soeur voulurent escalader une paroi dans le Verdon. En se dirigeant sur le lieu de la grimpe, le frère glissa et fit une chute de trente mètres. La soeur arriva tant bien que mal à descendre à l'endroit où il se trouvait, inanimé. Elle récupéra le portable du blessé et appela les secours. Le portable s'éteignit aussitôt après. Ce fut cet appel qui permit d'arriver très vite sur les lieux du drame et de sauver ce jeune homme de la mort. Cet homme n'a pas eu la colonne vertébrale touchée, il n'est pas en fauteuil roulant et malgré les troubles qui lui restent à gérer, il se dit miraculé et est très troublé de se trouver encore en vie, marchant et parlant normalement.

WP_20140324_007.jpgChaque jour, nous vivons nous-même des petits miracles : sur la route, sur un passage piéton, sur notre moto, notre vélo, dans notre maison, en croisant un homme armé dans la rue sans qu'il nous touche, en trouvant l'aide dont on a besoin, en retrouvant son chemin en montagne avant la nuit et le froid qui tue, en restant vivant malgré le pire, en gardant le courage d'avancer malgré le désespoir et la solitude de nos vies.

Chloé Larocheth-19.jpegth-37.jpegth-108.jpeg



 



PS : Vous pourrez retrouvez mes dernières photos dans mon dernier album photo (en haut à droite). 

28/11/2012

De l'importance du pardon... J'ai signé le Manifeste des Femmes contre le viol et je témoigne de l'importance de la parole, de l'expression de sa colère et de l'existence du pardon possible.

images-5.jpeg

Bonsoir à tous et toutes,


Dans ma vie, des personnes m'ont fait du mal.

Je reconnais avoir été victime et dernièrement, j'ai fait partie des femmes ayant signé le Manifeste des Femmes contre le viol paru dans le Nouvel Observateur, afin de faire avancer la prise de conscience nationale que les femmes souffrent et souvent en silence.

Il est important qu'elles parlent, qu'elles reconnaissent devant la société qu'on les a abusées un jour, certaines plusieurs fois dans une seule vie. Il est important qu'elles extériorisent leur colère intérieure par les mots dits, avant de se reconstruire dans la sérénité de leur existence.m31pp76f.jpg


Voici un article que j'ai écrit précédemment pour aider les femmes ayant subi le viol : 

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2011/02/15/je-vous-offre-des-liens-pour-vous-permettre-de-delier-vos-no.html#trackbacks

 

Vous êtes violé(e), vous avez été violé(e)... brisez le silence, brisons le silence. Je vous offre des liens pour vous permettre de délier vos noeuds.

__________________________________viol,manifeste contre le viol,nouvel observateur,témoignage,pardon,colère,viol buccal,viol sodomie,douleur,souffrance,humiliation,honte,libération,épreuve,victime,agresseur,proche,amour,amour inconditionnel,développement personnel,solidarité femmes,vérité,maltraitance,couple,homme femme,contrainte,viol par surprise,objet sexuel,sexe,parole,liberté de parole,journalisme,actualité,folie,pulsion,thérapie,schizophrénie,enfermement,père schizophrène,violence conjugale,amour filial,enfant,famille,compassion,maladie

Je suis persuadée qu'on peut s'en sortir, que les femmes violées ont la capacité de résilience, c'est-à-dire d'aller au-delà de leur souffrance pour vivre pleinement leur vie de femme.

Pour s'en sortir, il faut arriver à en parler, parler à un thérapeute, parler dans une association de défense des femmes, écrire ses maux en mots, coucher ses plaies sur le papier afin de délaver la souffrance morale et physique, vivre sa vie pleinement et oser la vivre, se réapproprier sa vie, son corps, sa sexualité, tourner la page... pour écrire d'autres chapitres : car la vie est trop courte pour la gâcher et accepter qu'un autre nous la gâche, surtout !

----------------------------------------------


MM012tif.jpgJe suis allée il y a neuf ans sur la tombe du professeur de violon qui m'avait imposée enfant des baisers sur la bouche, actes qui m'avaient conduite à avoir envie de mourir... Un jour, il a rentré sa langue. Cela s'appelle un viol buccal sur mineur. Même "juste" sur les lèvres, c'est un viol. Il me menaçait à l'époque de se tuer si je parlais. J'ai écrit une lettre que j'ai déposée sur sa tombe, il y a donc neuf ans. Je lui ai écris ma colère, mon désespoir et mon humiliation. Et mon pardon aussi.

Voici une partie de ma lettre : viol,manifeste contre le viol,nouvel observateur,témoignage,pardon,colère,viol buccal,viol sodomie,douleur,souffrance,humiliation,honte,libération,épreuve,victime,agresseur,proche,amour,amour inconditionnel,développement personnel,solidarité femmes,vérité,maltraitance,couple,homme femme,contrainte,viol par surprise,objet sexuel,sexe,parole,liberté de parole,journalisme,actualité,folie,pulsion,thérapie,schizophrénie,enfermement,père schizophrène,violence conjugale

Monsieur G., je viens en ce jour sur votre tombe vous pardonner pour ce que vous m'avez fait, alors que j'étais enfant et votre élève. Je vous libère, votre âme et vous, pour que vous puissiez aller en paix vers Dieu, dans la lumière.MM010.jpg

Le pardon libère la personne victime mais aussi la personne qui a fait du mal. Cela  permet à cette dernière, après avoir reçu la colère de la victime et l'expression de sa souffrance.... (ceci étant important)... de savoir qu'une porte est ouverte pour qu'il, qu'elle, se réconcilie avec sa propre conscience et sa propre âme.

images-1.jpegDernièrement, j'ai écris un poème concernant une chose grave subie dans ma pré-adolescence, qui a été de me voir exposée nue sur une table devant ma famille, en punition de je ne sais quoi, punition décidée par mon propre père. 

J'ai choisi d'enlever cet article ensuite dans un acte de pardon : pour dire que pardonner, que nettoyer les actes d'un proche qui nous a blessé, -faits appartenant au passé-, c'est important pour rendre l'innocence au présent et à l'avenir. Même si au fond, la blessure est toujours là, on peut affirmer que pardonner, c'est se réapproprier l'intégrité de sa propre existence coupée des actes subis par un autrui malfaisant mais souffrant lui aussi.

symbole-objet-cadeau-coeur-brise_3304536.jpgMon père a fait des choses qui m'ont fait souffrir et souffrir ses enfants, sa femme, -ma mère-... Il était violent, insultant, humiliant. Il nous frappait, nous faisait lutter tous nus, enfants ; il obligeait mon plus jeune frère et ma soeur à dormir ensemble et m'a mise dans un kayak pour descendre seule à l'âge de douze ans une rivière sur des dizaines de kilomètres ; il a fait de même avec mon frère cadet. Il a tué mon chien, m'a jetée dans les orties pour me fortifier à l'âge de six ans, nous levait à la douche froide, nous a coupés du monde, mes frères, ma soeur et moi. Il fallait suivre le rythme de ses élucubrations sur une race originelle qu'il pensait avoir retrouvée dans ses écrits innombrables... race qu'il voulait faire revivre à travers nous, ses enfants.viol,manifeste contre le viol,nouvel observateur,témoignage,pardon,colère,viol buccal,viol sodomie,douleur,souffrance,humiliation,honte,libération,épreuve,victime,agresseur,proche,amour,amour inconditionnel,développement personnel,solidarité femmes,vérité,maltraitance,couple,homme femme,contrainte,viol par surprise,objet sexuel,sexe,parole,liberté de parole,journalisme,actualité,folie,pulsion,thérapie,schizophrénie,enfermement,père schizophrène,violence conjugale

Cependant, je lui ai pardonné et je l'aimais. Je suis toujours retournée vers lui, lui pardonnant ses mots et les maux qu'il nous imposait, lui redisant l'amour filial, important à mes yeux, reconnaissant par la suite sa maladie, la schizophrénie, comme parasitant son coeur et ses actes.

Aujourd'hui, il est mort d'une mort violente, le même jour que ma mère, le 21 juin, et ils me manquent car nos parents sont uniques et quand ils ne sont plus là, un grand vide demeure.

MM020.jpgCependant, je sais qu'ils sont partis dans un autre monde et que de là-haut, ils regardent ma vie, avec un regard de compassion et d'amour. Je leur envoie les belles images des montagnes qu'ils aimaient et la pureté des lacs qui effacent toute la laideur humaine.viol,manifeste contre le viol,nouvel observateur,témoignage,pardon,colère,viol buccal,viol sodomie,douleur,souffrance,humiliation,honte,libération,épreuve,victime,agresseur,proche,amour,amour inconditionnel,développement personnel,solidarité femmes,vérité,maltraitance,couple,homme femme,contrainte,viol par surprise,objet sexuel,sexe,parole,liberté de parole,journalisme,actualité,folie,pulsion,thérapie,schizophrénie,enfermement,père schizophrène,violence conjugale


Chloé Laroche ____________viol,manifeste contre le viol,nouvel observateur,témoignage,pardon,colère,viol buccal,viol sodomie,douleur,souffrance,humiliation,honte,libération,épreuve,victime,agresseur,proche,amour,amour inconditionnel,développement personnel,solidarité femmes,vérité,maltraitance,couple,homme femme,contrainte,viol par surprise,objet sexuel,sexe,parole,liberté de parole,journalisme,actualité,folie,pulsion,thérapie,schizophrénie,enfermement,père schizophrène,violence conjugale


Lire aussi mon article du 25/11/2011 :

 

25/11/2011

 

Pour la Journée de Lutte contre les Violences faites aux femmes, je livre mon témoignage de la femme que je suis. Se relever du pire mais surtout, parler.

 

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2011/11/25/pemoignage-de-la-femme-que-je-suis.html#trackbacks


___________________Ce blog a reçu 396 031 visites depuis sa création en avril 2008, avec 23627 visites en septembre 2012. 

1300661403-ange-voyance.gif




15/11/2012

POÈMES ANDALOUS CHOISIS PAR MES SOINS POUR CEUX QUI AIMENT ET CEUX QUI PLEURENT AUSSI...

Poèmes que j'aime, choisis par mes soins pour vous et tirés de l'ouvrage : "COPLAS, POÈMES DE L'AMOUR ANDALOU".

(ÉDITIONS ALLIA 1993)________________________________

 

 

amour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absenceDANS LA SOLITUDE DES CHAMPS

JE M'EN VAIS FLEURIR MA PEINE,

ET JE PLEURAIS SI LONGUEMENT

QUE FLEURIRENT TOUTES LES HERBES.

 

 

_________JE VEUX BÂTIR UN CHÂTEAU

SUR LA TÊTE D'UNE ÉPINGLE,

ET IL TIENDRA PLUS FERMEMENT

QUE N'A TENU TON AMOUR.amour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence

 

____________SI LES LARMES QUE JE PLEURE

EN BRIQUES SE TRANSFORMAIENT,

AU MILIEU DE LA MER SALÉE

J'ÉDIFIERAIS UN CHÂTEAU FORT.

 

amour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence_______TROIS FOIS JE PRIS LA PLUME ;

TROIS FOIS JE PRIS L'ENCRIER ;

ET TROIS FOIS PAR TERRE

LE COEUR ME TOMBA.

 

_____________UN IMPOSSIBLE ME TUE ;

D'UN IMPOSSIBLE JE MEURS ;

IMPOSSIBLE EST D'ATTEINDRE

L'IMPOSSIBLE QUE JE VEUX.

 

___________AIME-MOI COMME JE T'AIMEamour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence

ET TU ME VERRAS MOURIR

COMME LE CHRIST SUR LA CROIX.

 

amour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence__________EMPORTE LÀ-BAS MON COEUR ;

SI TU VEUX LE TUER, TU PEUX ;

MAIS COMME TU ES DEDANS

TU MEURS AUSSI EN LE TUANT.

 

__________LE JOUR QUE TU NAQUIS

UN MORCEAU DE CIEL TOMBA ;

JUSQU'À CE QUE TU MEURS

LE TROU Y RESTERA.

 

___________APPUIE-TOI À MON AMOURamour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence

COMME LES SALAMANDRES

S'APPUIENT AU MUR.

 

________D'UNE CÔTE D'ADAM

DIEU CRÉA LA FEMME

POUR LAISSER AUX HOMMES

CET OS À RONGER.

 

amour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence______LA PAROLE QUE TU ME DONNAS

AU BORD DE LA FONTAINE

COMME CE FUT PRÈS DE L'EAU

LE COURANT L'EMPORTA.

 

______PAUVRE DE MOI QUI ME PLAINS

D'UN AMOUR QUI M'A TROMPÉ,

TEL QUI REGARDE LA PIERRE

APRÈS QU'IL A TRÉBUCHÉ !

 

_________DE TA FENÊTRE À LA MIENNEamour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence

TU ME JETAS UN CITRON,

LE CITRON TOMBA DANS LA RUE,

LE JUS DANS MON COEUR.

 

__________S'ILS SE CHANGEAIENT EN ÉTOILES

LES BAISERS QUE JE T'AI DONNÉS,

RESSEMBLERAIT TON VISAGE

À UN PETIT CIEL ÉTOILÉ.

 

amour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence______POUR QUE JE PUISSE T'OUBLIER

IL FAUDRAIT QU'IL Y AIT

DILIGENCES PAR LES MERS

ET BARQUES SUR LES CHEMINS.

 

_____________ HIER TU M'AS DIT AUJOURD'HUI,

AUJOURD'HUI TU DIS DEMAIN,

ET DEMAIN TU ME DIRAS

QUE L'ENVIE T'A PASSÉ.amour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence

 

______À LA MER S'EN FURENT MES YEUX

EN QUÊTE D'EAU POUR PLEURER,

S'EN REVINRENT SANS ELLE

CAR LA MER ÉTAIT SÈCHE.

 

________ON DIT QUE TU T'EN VAS LUNDI ;

VIENS T'EMBARQUER À MA PORTE ;

MES BRAS SERONT LES RAMES

ET MES LARMES LA MER.amour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence

 

_________NE PLEURE PAS MON COEUR,

NE SOIS PAS AFFLIGÉ :

CAR CE QUI FUT ET N'EST PLUS

C'EST QU'IL N'A PAS ÉTÉ.


amour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence_____________________________________

 

Poèmes choisis par mes soins et tirés de l'ouvrage

"COPLAS, POÈMES DE L'AMOUR ANDALOU"

(ÉDITIONS ALLIA 1993)________________________________________

 

 

11/09/2012

RÉSILIENCE DANS LA NUIT... Poésie à l'adresse de ceux qui ont envie d'oublier mais doivent vivre.

RÉSILIENCE DANS LA NUIT_________________bxp46603.jpg

 

 

Je voudrais dormir

Pendant des jours

Ne pas me réveiller

Et puis un jour

Ouvrir les yeux

Parce qu'on aura

Cru en moi

 

Je voudrais dormir

Comme on meurt un jour

Mais revenir à la vie

Parce que le chemin

N'est pas fini

Et regarder le soleil

Comme un ami du présent

 

Je voudrais dormir

Pour oublier le passé

Adoucir les blessures

Et puis revenir

Encore plus fort

Pour regarder l'avenir

Avec les yeux neufs d'un enfant

 

Je voudrais dormir

Pour anesthésier les larmes

Et les figer à jamais

Ne garder que les roses

Aimer ma vie, mon sentier

Et donner mon coeur

À tous les éveillés.

 

Chloé Laroche

 

12/04/2012

Mon blog a quatre ans... Partager ses paradis à travers les enfers qu'on peut vivre. Au travers des enfers dont on peut se sortir, offrir sa part de force, d'énergie de vie et de paradis.

MON BLOG A QUATRE ANS_____________


Il y a quatre ans exactement, quand j'ai démarré ce blog, je vivais un cauchemar, pas le premier de ma vie, loin de là, mais là, en avril 2008, arrivaient de nouvelles épreuves.

anniversaire_fleurs_joliecarte9.gif

Je me suis fait frapper dans mon taxi par un handicapé mental psychotique lourd que je conduisais et qui était assis à côté de moi au volant. J'ai été par deux fois frappée sur la même course, dont l'une sur l'autoroute, avant d'atterrir aux Urgences et après avoir maîtrisé le véhicule à 110 km/heure. Puis quelques jours après, j'ai reçu d'autres coups violents donnés par le  même individu placé cette fois à l'arrière du taxi, sur ordre du patron. Aucune mesure de protection n'avait été mise en place, malgré les avertissements  d'un médecin.

Ma plainte n'a jamais abouti, le Procureur jugeant peut-être que l'on ne porte pas plainte contre un handicapé mental. Ce n'était pas mon propos d'avoir gain de cause contre une personne handicapée, mais surtout de faire prendre en compte que cet individu pouvait être dangereux et avait besoin de soins appropriés, vérité que ses parents ne voulaient pas entendre, me traitant d'incapable et de menteuse.

J'ai perdu mon travail dans les jours suivant ces agressions. Le père de mon fils est décédé cinq jours après, le 7 avril 2008, sur la table d'opération où il devait être libéré d'une tumeur cancéreuse.

Trois jours après naissait ce blog...

Ce terrain d'écriture et de communication m'a permis de renouer le fil de ma vie aux fils de mes lecteurs, lien ténu mais solide représentant le monde, la vie et la compréhension d'autres personnes, dans le désert que je traversais alors, avec un enfant de trois ans, mon fils devenu orphelin de père, et deux jeunes orphelines dont je m'occupais.

Ce blog m'a permis de tendre la main -à travers mon coeur brisé- vers d'autres douleurs, d'autres résiliences, d'autres chemins de croix.anniversaire,blog,résilience,femme,agression,handicap,taxi,ambulance,chauffeur,protection,choc,violence,chômage,emploi,mort,deuil,société,actualité,force,vie,courage,maman,paradis,enfer,espoir,avenir,communiquer,écrire,partager,silence,enfant,amour,altruisme,sensibilité,résistance,raymond aubrac,lucie aubrac,souffrance,offrande,don

Je souffre encore des coups reçus, du chômage revécu malheureusement depuis en 2010, après un nouvel emploi reperdu, sur fond de harcèlement moral et après avoir vu partir un autre patron, très apprécié et viré sans pitié par le rachat d'une grosse boîte. Je souffre de ce monde si plein de cruauté et de violence, de toutes les utopies envolées sur l'espoir d'une humanité perdue et de ces blessures béantes que sont les deuils et les absences définitives de ma première fille, du père de mon fils, d'amis et amies partis si vite là-haut, de ma famille sans vie. 

Je souffre de constater combien l'innocence est crucifiée, combien les enfants peuvent souffrir en ce monde, torturés, tués et maltraités... malheureux et seuls, bien souvent, la parole baillonnée.

Mais offrir nos souffrances est la finalité de nos existences. Offrir et s'offrir à l'espoir, à la vie. Penser aux vies envolées comme des colombes  vers le ciel béant de joie et d'amour.

bul0167.jpgJe crois que le mieux est de partager ses paradis à travers les enfers qu'on peut vivre. Je crois qu'au travers des enfers dont on peut se sortir, on doit offrir sa part de force, d'énergie de vie et de paradis intérieur à ceux qui souffrent encore.

C'est la raison de ce blog.

Malgré tout, il faut garder la flamme de l'espoir intacte, comme l'ont fait les Survivants des Camps de Concentration.

Comme nous l'ont enseigné inlassablement Lucie et Raymond AUBRAC. "Au-delà des sacrifices de la Résistance, ce qui laisse une trace c'est l'espoir", disait Raymond AUBRAC SAMUEL.


Chloé LAROCHE

 

23/02/2012

Tout mettre en oeuvre en tant qu'homme, en tant que marin sur la mer déchaînée, avant de se donner la main pour prier. Ne pas faire l'économie du rapport aux autres, de la solidarité vivante.

marin,bateau,costa concordia,naufrage,italie,négligence,folie,sainte anne,prière,responsabilité,autorité,alcool,route,voiture,risque,danger,mort,victime,choix,suicide,secte,gourou,abus de pouvoir,s'affirmer,dire non,s'opposer,sécurité,témoignage,action,actualité,france,famille,foi,courage,force,silence,amour des autres,solidarité,entraide,marie,prière des marins,mer,océan,bretagne

 

 

Bonjour à tous et à toutes,

 

 

 

Aujourd'hui, je souhaite vous entretenir de Sainte Anne, Patronne des Marins, et de la similitude de la situation de marin avec nos vies, nos trajectoires, nos sillages et nos plans de navigation. Je viens vous parler de prière mais aussi de ce qu'il faut faire : tout mettre en oeuvre en tant qu'homme, en tant que marin sur la mer déchaînée, avant de se donner la main pour prier.marin,bateau,costa concordia,naufrage,italie,négligence,folie,sainte anne,prière,responsabilité,autorité,alcool,route,voiture,risque,danger,mort,victime,choix,suicide,secte,gourou,abus de pouvoir,s'affirmer,dire non,s'opposer,sécurité,témoignage,action,actualité,france,famille,foi,courage,force,silence,amour des autres,solidarité,entraide,marie,prière des marins,mer,océan,bretagne

 

Prier et se tourner vers Dieu ou ses saints ne doit jamais être : faire l'économie du rapport aux autres, de la solidarité, de l'action que nous pouvons faire en tant qu'humain. Nous traversons parfois nos vies comme ces marins qui laissent leur bateau voguer sans gouvernail, en roues libres et en mise en danger, ou bien comme ces navigateurs qui maîtrisent leur navire dans la sécurité et le respect d'eux-mêmes et des autres.

 

marin,bateau,costa concordia,naufrage,italie,négligence,folie,sainte anne,prière,responsabilité,autorité,alcool,route,voiture,risque,danger,mort,victime,choix,suicide,secte,gourou,abus de pouvoir,s'affirmer,dire non,s'opposer,sécurité,témoignage,action,actualité,france,famille,foi,courage,force,silence,amour des autres,solidarité,entraide,marie,prière des marins,mer,océan,bretagneParfois les épreuves sont si dures que l'équipage, après avoir mis en oeuvre tout ce qui était possible de faire, se retrouve et, se donnant la main, prie Sainte Anne, avant de se retrouver sain et sauf sur la terre ferme. Parfois aussi, on est obligé de quitter le bateau car il coule.

 

Malheureusement, le 13 janvier 2012, dans le Costa Concordia, de nombreuses personnes sont restées prisonnières d'un navire piloté par un capitaine inconscient et fou, qui voulait épater les gens en leur faisant croire qu'il pourrait faire entrer le paquebot dans le chas d'une aiguille, près de l'île de Giglio. Il a heurté un récif en choisissant de passer dans un endroit dangereux, au mépris de la sécurité de ses passagers, s'approchant trop près des côtes.marin,bateau,costa concordia,naufrage,italie,négligence,folie,sainte anne,prière,responsabilité,autorité,alcool,route,voiture,risque,danger,mort,victime,choix,suicide,secte,gourou,abus de pouvoir,s'affirmer,dire non,s'opposer,sécurité,témoignage,action,actualité,france,famille,foi,courage,force,silence,amour des autres,solidarité,entraide,marie,prière des marins,mer,océan,bretagne

 

Parfois, dans la vie, on place sa vie entre les mains d'une autre personne à qui on fait une totale confiance. Comme dans les sorties de boîte, la jeune fille fait confiance à son ami qui a bu et se laisse conduire, mais devant la mort elle se retrouve, dans un naufrage d'alcool. La voiture est un bateau allant sur des routes qui peuvent prendre l'eau et faire verser l'équipage en une mer de larmes.

 

L'alcool est aujourd'hui la première cause de mortalité prématurée sur la route chez les jeunes, le saviez-vous ? Prier ne suffit pas en voiture. Il faut aussi savoir refuser de monter avec une personne qui a bu et aussi se permettre d'empêcher une personne alcoolisée de prendre le volant.

 

marin,bateau,costa concordia,naufrage,italie,négligence,folie,sainte anne,prière,responsabilité,autorité,alcool,route,voiture,risque,danger,mort,victime,choix,suicide,secte,gourou,abus de pouvoir,s'affirmer,dire non,s'opposer,sécurité,témoignage,action,actualité,france,famille,foi,courage,force,silence,amour des autres,solidarité,entraide,marie,prière des marins,mer,océan,bretagneL'équipage, ainsi que le second du Costa Concordia, n'aurait-il pas pu éviter à ce capitaine trop hardi d'accomplir son oeuvre en l'immobilisant, en empêchant sa folie de s'accomplir ? L'autorité d'une personne sur les autres et sur nous-même nous empêche-t-elle de demeurer libre de notre sécurité et de nos précautions pour nous sauver ? Cela rejoint l'impact que peut avoir un gourou sur les consciences de personnes assujetties à son pouvoir, pouvant emmener un groupe dans un suicide collectif sans que personne ne s'y oppose ou réagisse. Tout comme un père peut emmener ses enfants à la mort, sans qu'ils se défendent, sauf si le plus âgé dit non et par son exemple, il donne le sursaut de survie aux autres. Un jeune homme a ainsi sauvé ses six frères et soeurs de pendaison, en s'opposant à l'autorité d'un père devenu fou. Ceci s'est passé il y a bien longtemps dans une famille de ma connaissance et les enfants devenus âgés en sont encore marqués. Les cordes étaient prêtes pour leur cou dans une fin atroce,  mais l'aîné a dévié le cours de leur vie, éloignant la mort et le naufrage évident.marin,bateau,costa concordia,naufrage,italie,négligence,folie,sainte anne,prière,responsabilité,autorité,alcool,route,voiture,risque,danger,mort,victime,choix,suicide,secte,gourou,abus de pouvoir,s'affirmer,dire non,s'opposer,sécurité,témoignage,action,actualité,france,famille,foi,courage,force,silence,amour des autres,solidarité,entraide,marie,prière des marins,mer,océan,bretagne

 

Nous avons tous dans les mains et le coeur le devoir d'agir.... et de prier ou de ne pas prier ensuite. Le lâcher-prise, la confiance, l'amour d'autrui, le souci de leur sécurité et le silence sont aussi des formes de prière et de communion avec l'extérieur, avec le monde. 

 

Je vous remercie de m'avoir lu. Je pense ce soir à toutes les victimes du Costa Concordia ainsi qu'à leurs familles. Huit corps ont encore été retrouvés hier depuis le naufrage du 13 janvier, dont celui d'une petite fille.

 

Anne-Chloé LAROCHE___________________________________marin,bateau,costa concordia,naufrage,italie,négligence,folie,sainte anne,prière,responsabilité,autorité,alcool,route,voiture,risque,danger,mort,victime,choix,suicide,secte,gourou,abus de pouvoir,s'affirmer,dire non,s'opposer,sécurité,témoignage,action,actualité,france,famille,foi,courage,force,silence,amour des autres,solidarité,entraide,marie,prière des marins,mer,océan,bretagne

 

 

 

 

 

marin,bateau,costa concordia,naufrage,italie,négligence,folie,sainte anne,prière,responsabilité,autorité,alcool,route,voiture,risque,danger,mort,victime,choix,suicide,secte,gourou,abus de pouvoir,s'affirmer,dire non,s'opposer,sécurité,témoignage,action,actualité,france,famille,foi,courage,force,silence,amour des autres,solidarité,entraide,marie,prière des marins,mer,océan,bretagnePrière du Marin

 

 

 

Au nom du Père qui a séparé les eaux d’avec le ciel et la terre
et du Fils qui foule et apaise la tempête
et de l’Esprit qui plane au-dessus des océans.

Vierge Marie, Reine des flots à qui les marins, même mécréants, ont toujours été dévots, vois à tes pieds tes fils qui voudraient se hausser jusqu’à toi.

Obtiens-leur une âme pure comme une brise de mer,
un coeur fort comme les flots qui les portent,
une volonté tendue comme voile sous le vent,
une attention qui veille sans mollir comme gabier dans la hune,
un corps bien armé pour les luttes contre les tempêtes de la vie.

Mais surtout, ô Notre Dame,
ne les laisse pas seuls à la barre,
fais leur relever les écueils où ils s’échoueraient
avant d’ancrer, près de toi, au port de l’Éternité.
Amen

Paul Bernard

 

 

marin,bateau,costa concordia,naufrage,italie,négligence,folie,sainte anne,prière,responsabilité,autorité,alcool,route,voiture,risque,danger,mort,victime,choix,suicide,secte,gourou,abus de pouvoir,s'affirmer,dire non,s'opposer,sécurité,témoignage,action,actualité,france,famille,foi,courage,force,silence,amour des autres,solidarité,entraide,marie,prière des marins,mer,océan,bretagneVierge Marie, Etoile des mers,

Reine des flots, 
Vous à qui les marins, même mécréants, 
ont toujours été dévots,
Voyez à Vos pieds vos navigateurs

qui voudraient se hisser jusqu’à Vous.
Obtenez-leur une âme pure comme brise de mer,
un coeur fort comme les flots qui les portent,
une volonté tendue comme voile sous le vent,
une attention qui veille sans mollir comme gabier dans la hune,
un corps bien armé pour les luttes contre les tempêtes de la vie. 
Mais surtout ô Notre Dame,
ne les laissez pas seuls à la barre,
faites leur éviter les écueils où ils s’échoueraient

avant d’ancrer près de Vous au port de l’Eternité. 
Amen. 

 

 

 

marin,bateau,costa concordia,naufrage,italie,négligence,folie,sainte anne,prière,responsabilité,autorité,alcool,route,voiture,risque,danger,mort,victime,choix,suicide,secte,gourou,abus de pouvoir,s'affirmer,dire non,s'opposer,sécurité,témoignage,action,actualité,france,famille,foi,courage,force,silence,amour des autres,solidarité,entraide,marie,prière des marins,mer,océan,bretagnePrières à Sainte Anne

 

 

 

Sainte Anne, mère de Marie

Sois la gardienne de la foi en nos coeurs,

de la grâce en nos âmes

de la solidité de nos foyers,

de l'amour dans nos familles,

de la paix dans le monde.

 

Garde vivante en nous

la vertu d'espérance.

 

Sainte Anne, veille sur nous.

 

 

 

marin,bateau,costa concordia,naufrage,italie,négligence,folie,sainte anne,prière,responsabilité,autorité,alcool,route,voiture,risque,danger,mort,victime,choix,suicide,secte,gourou,abus de pouvoir,s'affirmer,dire non,s'opposer,sécurité,témoignage,action,actualité,france,famille,foi,courage,force,silence,amour des autres,solidarité,entraide,marie,prière des marins,mer,océan,bretagneSainte ANNE,

 

 

Dans les tourments de la vie, sois notre guide, nous te confions notre amour pour toi et pour les autres.
Sois notre phare dans la nuit, notre mère pour nous ramener à bon port, maintenant et pour toujours.

Je te demande aussi de veiller sur moi et toute ma nombreuse famille, ainsi que mes amis, et de me venir en aide dans l'embarras et la détresse qui m'accablent, comme malheureusement trop de personnes, ces temps-ci : chômage, pauvreté, précarité, santé fragile. 

 

Le monde d'aujourd'hui, comme une mer agitée, met à l'épreuve notre courage et notre foi. Toi qui aux premières heures de notre histoire,

as exaucé la prière fervente des marins bretons en péril,

pose encore sur nous ton regard de bonté.

 

 

 

 

 

19/05/2011

Comment vivre en restant nous-mêmes, en conservant notre authenticité, notre vérité profonde. Mes propos sur l'art, la créativité, le choix sexuel, la nature, la beauté de la vie, le respect des autres.

P1040940 - copie.JPGBonjour à tous et toutes,

 

Pourquoi la vie serait-elle seulement belle ? La vie est ce qu'on doit vivre. Parfois c'est dur, douloureux... mais il faut garder le cap car on peut un jour sortir du tunnel et trouver une belle île où se reposer ainsi que de jolies fleurs. La nature nous apporte l'embellissement de notre âme. Si nous la regardons et accueillons sa beauté en nous, elle y met des graines et ses graines font les fleurs de notre coeur. Quand le jardin d'espoir en nous est cultivé, il nous aide à résister et à affronter les tempêtes de notre chemin.

Pour affronter les tempêtes de notre chemin, il faut garder à l'esprit que la vie est un combat, combat d'énergies, combat de mobilisation de nos énergies, combat du guerrier invisible en nous, combat de nos possibilités contre l'inertie, combat des forces vives pour assurer l'intégrité de notre vie et de celle de notre planète.

Florence Legat, championne de ski, confirme ce propos en déclarant qu'il ne faut jamais lâcher prise  : "En montagne, si on lâche prise, on se casse la gueule, alors ne lâchez pas prise. La vie est un combat. "k0479156.jpg

Ne pas abandonner nos idéaux, savoir écouter notre âme et notre coeur, avancer dans l'honnêteté de son destin. Paulo Coelho a dit : "Combien de fois abandonnons-nous notre chemin, attirés par l'éclat trompeur du chemin d'à côté ?"

Être nous-même et le rester, rester fidèle à nos aspirations profondes demande une écoute attentive de notre être intérieur. Vivre ses rêves, les réaliser et pour cela passer à la pratique, se recentrer sur notre chemin, nos ressentis, nos intuitions.

Pour ce qui est de retrouver l'authenticité de notre parcours, il y a mille et unes façons de l'accomplir. Ainsi un homme qui s'appelait Bruno a quitté un jour sa femme pour un homme. Il avait 33 ans. Il lui a dit : "Je t'aime mais je te quitte". Cet homme se sentait mal dans sa vie avant de partir. Il avait la conscience agitée et avait du mal à trouver le sommeil. Quand il a fait son choix et est parti pour vivre sa nouvelle vie, il a retrouvé toute son énergie et un sang neuf a coulé dans ses veines. Il avait à nouveau des projets, des envies.

k1761111.jpgUne nuit, j'ai entendu cet autre témoignage dans l'émission de télévision "Toute une histoire" avec Sophie Davant, l'expérience très intéressante d'un couple.... L'homme a révélé un jour à sa femme qu'il était homosexuel…. mais ils sont restés ensemble dans la même maison. Chacun a retrouvé un partenaire et les quatre vivent sous le même toit, avec deux appartements séparés juste par des portes. Les enfants du couple n'ont pas eu besoin de déménager et de changer leurs habitudes. Simplement, ils vivent une semaine sur deux chez le père puis chez la mère. Mais la mère peut aller tous les soirs embrasser ses enfants. Et elle boit le café avec le nouveau compagnon de son ex.

La psychologue trouvait cela bien pour les enfants et elle a ajouté que cela peut se faire lorsque la tension du désir n'est plus mais que seul l'affectif demeure, dans l'amitié et le respect de la parentalité de chacun. J'ai trouvé ce témoignage intéressant pour vivre l'ouverture et la tolérance. Et aussi parce que ces personnes ont trouvé le respect sur leur chemin quant à leur vérité profonde.

Oui, être en accord avec soi est déjà de se sentir exister et d'être pleinement incarné dans son corps, son âme et sa vie. ÊTRE ET PENSER. Parfois, des personnes ne sont pas tout à fait incarnées et ont l'impression d'être décalées ou pas à leur place. Il faut alors qu'elles se mettent à la terre, qu'elles vivent leur corps et le mettent au sport, qu'elles prennent le vert, ainsi le mental arrêtera d'être le singe de la farce….. et puis : "Quoi qu'il arrive, il dépend de moi d'en tirer du bien". Epictète1815654.jpg

Unknown-1.jpegCréer aussi afin de donner la parole à notre être créateur, à nos talents qui dorment à l'intérieur et qui ne demandent qu'à émerger et exister. J'ai déjà vu des personnes d'un certain âge demander à démarrer le violon et j'ai eu un élève qui avait 70 ans. Il était si heureux de travailler son instrument et fier de pouvoir jouer de cet instrument dont il était amoureux, de cette musique qu'il pouvait faire sortir de des doigts comme une magie de la vie, comme un peintre qui mélange les couleurs pour le bonheur de nos yeux, comme Chagall qui nous fait rêver dans la poésie de ses tableaux.

145440.jpgJe n'oublie pas ceux qui se sont jettés corps perdus dans l'art et ont tout misés sur leur sensibilité mais sont tombés comme des anges perdus dans ce monde abrutissant parfois. Je pense à mon amie Marhèse avec qui je présentais un spectacle Poésie et Musique dans les années 90. Elle était un modèle de vie, d'enthousiasme, de dynamisme et de créativité.... mais le passé l'a rattrapée et elle a fini coincée entre médicaments psychotropes et alcool... Un jour elle a été retrouvée morte chez elle ; elle était tombée depuis plusieurs jours, sous le poids de l'alcool et de la dépression. Combien de femmes boivent sans qu'on le sache.... car elles ont honte et restent avec ce secret bien caché mais sans pouvoir se faire aider ?

Elle regarde le cielUnknown-1.jpegUnknown-2.jpeg

qui est en elle

et voit voler dans ses rêves

le papillon de son âme

 

Il est bleu l'admirable

le merveilleux

cet avenir dont elle rêve

à la couleur océan

 

Cet océan que nos frères

ont pollué sans retour

verra t-il un jour

la couleur des papillons

qui ont bercé notre enfance ?

 

 

Chloé LAROCHE

16/03/2011

Prendre sa revanche sur la vie, c'est le sujet du film "La ligne droite". Mes propos sur la survivance, sur la résilience et la force de se battre. Comment vivre avec ses handicaps et ses deuils ?

 

267799-147057-jpg_155810_434x276.jpg

Bonjour à tous et toutes,19638872.jpg-c_80_80_0-f_jpg-q_x-20110117_030412.jpg

 

Quand on devient aveugle ou qu'on l'est depuis la naissance, comment imagine-t-on courir et dépasser ses limites physiques ?

 

Le coureur non-voyant Aladji Ba l'a fait, alors qu'il est privé de sa vue depuis l'âge de cinq ans : il est devenu champion de France du 400 mètres non-voyants.images-2.jpeg

 

Il joue dans le film "La ligne droite" son propre rôle et on peut voir à la fin de la projection la vraie compétition tournée en une seule fois dans le Stade de France, moment impressionnant où l'acteur principal qui joue le rôle de Yannick remporte la victoire.

 

images-1.jpegQuand on vit des épreuves, on se dit qu'il faut aller de l'avant, embrasser la vie car sinon…. "le mauvais sort nous rattrape", cette mauvaise destinée qui fait que la vie nous est tombée dessus. La boxeuse Aya Cissoko dit que la vie est plus dure que la boxe car "on ne voit pas venir les coups".

 

Aya Cissoko, fille d'émigrés maliens, a perdu son papa et sa petite soeur dans le terrible incendie criminel du 22, rue de Tlemcen, dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 novembre 1986. Quelques mois plus tard, elle perdait un autre petit frère. Aya a pourtant été championne en boxe et malgré des blessures graves, elle continue à se battre et poursuit des études, écrivant aussi un livre qui vient de sortir : "Danbé".015022011181557000000aya-cissoko.jpg

 

C'est une revanche sur la vie que de courir et de se battre pour de nouvelles performances, que d'aller de l'avant. Aya dit qu'il faut s'arranger pour "que nos drames ne nous empêchent pas d'avancer".

 

Car il y a le monde des vivants et celui des morts. Les vivants ont encore leur chemin à parcourir et, par respect pour ceux qui sont partis,…. ils doivent rester debout et partager, aimer, donner.

 

Unknown.jpeg

Poursuivre sa route, comme le fait Dorine Bourneton, seule survivante d'un accident d'avion à l'âge de 16 ans : elle est devenue depuis le drame qu'elle a vécu la première pilote handicapée. Elle a créé aussi une entreprise destinée à aider des personnes handicapées. Elle se bat avec son sourire et fait partager cette envie de vivre extraordinaire à tous ceux qui croisent son chemin.

Je pense aussi à Patrick Dupond qui est danseur étoile, astre dont la lumière s'est éteinte lors d'un grave accident en l'an 2000 où il a subi près de 135 fractures. Sa main était arrachée, il était scalpé à la tête…. Il ne devait plus jamais danser et là, aujourd'hui, il entreprend une tournée mondiale avec sa compagne Leïla Da Rocha, avec un spectacle qui s'appelle "FUSION".26301-patrick-dupond-et-leila-da-rocha-156x133-1.jpg

 

Unknown-1.jpegIl a la foi, cette foi en l'humain qui est capable de rebondir, de s'accrocher à une étoile pour atteindre le but accessible de l'impossible.

 

Le film "La ligne droite" réalisé par Régis Wargnier évoque et traduit tous ces destins d'accidents et de handicaps, tous ces coups qu'envoie la vie, dans ses deuils et ses fractures.

 

19638905.jpg-rx_160_214-b_1_CFD7E1-f_jpg-q_x-20110117_031922.jpgC'est un film extraordinaire et émouvant qui montre qu'à certains moments de son existence, on arrive à tout lâcher pour aller jusqu'au bout de son désespoir, comme lorsque l'héroïne jouée par Rachida Brakni quitte tout et conduit la voiture jusqu'à l'océan car on la prive de voir son fils de sept ans.k0585662.jpg

 

J'ai fait la même chose quelques semaines après le décès de ma fille. Je suis allée voir la mer et là, j'ai vu le monde, l'infini… m'emporter dans sa danse, dans la ronde interminable où la vie te frappe et te cingle jusque dans ta chair arrachée de douleur… pour atterrir un jour tout au fond de ton âme et te dire : "Reste vivante et  finis ton chemin avec tout cet amour dans le coeur".

 

Quand on perd son enfant, on est comme handicapé, on ressent un arrachement dans les tripes, un vide immense, un vertige au coeur de la vie, comme si on était en haut au paradis et en même temps là sur la terre, écartelé par un sentiment fort de culpabilité d'être encore vivant alors que la chair de notre chair ne vit plus.19638874.jpg-c_80_80_0-f_jpg-q_x-20110117_030413.jpg

 

Il nous faut vivre dans l'humilité de notre chemin et vivre quoi qu'il arrive et quoiqu'il nous arrivera encore, porter témoignage des survivants pour que les vivants gardent le courage comme au Japon, de poursuivre leur route et de se battre pour reconstruire une vie détruite.ca_4_6.jpg

 

P1030676.JPGChloé LAROCHEimages-1.jpeg

 

 

15/02/2011

Vous êtes violé(e), vous avez été violé(e)... brisez le silence, brisons le silence. Je vous offre des liens pour vous permettre de délier vos noeuds.

KS13517.jpgBonjour à tous et toutes,bxp27143.jpg

 

Il existe chaque année en France près de 48 000 cas de viols, selon les chiffres de l’enquête ENVEFF (Enquête Nationale sur les Violences faites aux Femmes). "Mais ce chiffre est probablement très en dessous de la réalité, car l’enquête a pris en compte seulement les femmes entre de 18 et 59 ans, auxquelles il faudrait ajouter les viols sur les mineures, les personnes âgées et les hommes. 100 000 est peut-être un chiffre plus proche de la réalité."

Dans le monde, une femme sur cinq a vécu au moins une fois dans sa vie -ou vivra- le viol ou tentative de viol. Je rappelle pour ceux qui ne le savent pas que c'est la « pénétration sexuelle » qui distingue le viol des autres agressions sexuelles.MSF02215.jpg

108.jpgLe VIOL désigne toute pénétration sexuelle, qu’elle soit vaginale, anale (sodomie) ou orale (fellation), ou par la main ou des objets sur la personne d’autrui, qui peut être soit une femme, soit un homme, soit un enfant (fille ou garçon), que la victime soit connue ou inconnue de l’agresseur (ce dernier peut être extérieur à la famille ou en être membre). « Par violence, contrainte, menace ou surprise » : ceci désigne les moyens employés par l’agresseur pour imposer sa volonté, au mépris du refus ou de l’âge de la victime. C’est le non-consentement qui caractérise le viol.k2014967.jpg

Le nombre de femmes qui se taisent est hallucinant et pas étonnant du tout. Il y a des mains courantes mais pas forcément de plaintes, car cela touche l'intimité et il est parfois difficile de mettre à mal une relation d'amour ou un mariage quand il y a eu viol au sein d'une relation établie ou conjugale (relation forcée alors que la femme dit non, relation par surprise comme la sodomie sans consentement du partenaire).

e00005213.jpgAu temps où on parlait de "devoir conjugal", combien d'hommes ont pris de force leur "dû" ?!... Grand nombre de femmes sexagénaires ou septuagénaires aujourd'hui ont vécu ce temps de la soumission totale de la femme durant leur jeunesse. Mais encore aujourd'hui, l'homme utilise sa force ou la fragilité de la femme pour lui imposer son désir. Ainsi un homme l'a fait sur sa femme enceinte. Un autre l'a fait par une sodomie brutale sur sa compagne après une tentative de suicide, alors qu'elle rentrait d'hospitalisation.000801_0204_0003.jpg

Les faits sont là, la réalité se vit dans le silence et beaucoup de femmes portent cette blessure. Certaines ont pardonné, d'autres ont du mal a reprendre une vie sexuelle normale et souffriront toute leur vie. Le mieux est d'aller consulter et de faire une main courante pour se libérer auprès de la justice, de la police, même si on ne porte pas plainte. C'est un pas vers la considération de sa souffrance.

PAA184000036.jpgJe vous livre ci-dessous quelques liens pouvant vous aider sur le viol, le viol en réunion, les maltraitances et violences sur enfants et sur le courage de s'en sortir.

Je souhaite à toutes celles et ceux qui me liront de sortir du silence et de témoigner, d'écrire et de sortir cette souffrance d'eux-mêmes, d'appeler le 3919.

Faites-vous aider ! Et si vous êtes encore victime, choisissez une personne de confiance autour de vous et parlez-lui. Cela vous aidera à briser le silence et à sortir d'une situation où vous demeurez prisonnier, prisonnière.

Chloé Laroche

_________________________________________________________________________________________________

k0144938.jpg

 

k1567946.jpgLIENS :

http://schneider.sophie.free.fr/courage/livres/index.html

http://schneider.sophie.free.fr/courage/silence/index.html

http://schneider.sophie.free.fr/courage/trio.html

http://schneider.sophie.free.fr/courage/parler/a_qui.html

http://schneider.sophie.free.fr/aide/index.html

 

http://www.solidaritefemmes.org/

 

http://www.sosfemmes.com/

RUEF00256.jpg

http://www.sosfemmes.com/faq/messages/94_viol_reunion.htm

 

k0656007.jpghttp://viol.free.fr/si_un(e)_mineur(e)_est_victime_de_viol_ou_d'agressions_sexuelles.htm

_______________________________________________________________________

Le numéro 119 : Allô Enfance en DangerJLA0058.jpg

 

________________________________________ Le 3919 :

SOS FEMMES VIOLENCES CONJUGALES

_____________________________________________________________________________

 

Contacts > Numéros de téléphone nationaux
France Belgique Grèce

 

SOS Viols
France
0.800.05.95.95

Numéro gratuit et anonyme.
Adresse : 9, villa d'Este 75013 Paris
Tél. 01.45.82.73.00
Site : http://www.cfcv.asso.fr/

SOS Femme Violence Conjugale

France

39.19

Tarif : gratuit

Victime de violences psychologiques, morales, sexuelles ou physiques au sein de votre couple, vous ne savez à qui en parler, à qui vous adresser. Ou vous avez tout simplement besoin d'en parler … Des écoutantes qualifiées respecteront votre anonymat et pourront vous indiquer les associations, les services, les professionnels qui vous aideront dans vos démarches.
Fédération Nationale Solidarité Femmes.
Site :ttp://www.solidaritefemmes.asso.fr/
08 VICTIMES
France
08.842.846.37
Toute victime notamment de cambriolage, d'un vol à l'arraché mais aussi d'agression sexuelle peut appeler. Une équipe de 10 personnes est en charge d'écouter et d'assister les victimes. Le numéro national est ouvert pour le prix d'un appel local tous les jours de 9h à 21h, 365 jours par an. Le réseau INAVEM, qui a été chargé par le ministère de la Justice de mettre en place le service d'appel, regroupe depuis 1986 les services gratuits d'aide aux victimes et coordonne près de 150 associations. Vous pouvez retrouver toutes les associations d’aide aux victimes en proximité <http://www.inavem.org> vous permettant de trouver une association du réseau INAVEM proche de chez vous.
SOS Amitiés
France
01.42.96.26.26

Numéro à Paris
http://www.sos-amitie.com/

SOS Violences Familiales
France
01.44.73.01.27
Association spécialisée dans l'accueil et l'écoute des hommes violents (Paris).
Autres adresses en région ici.
Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail
France
01.45.84.24.24

B.P. 60108 - 75561 Paris cedex 12
Fax 01.45.83.43.93
Email : contact@avft.org
Site : http://www.avft.org/
L'AVFT est une association féministe autonome qui défend les droits au travail et à l'intégrité de la personne. Elle a pour champ d'action et de réflexion toutes les formes de violences contre les femmes, bien qu'elle se soit spécialisée dans la dénonciation des violences sexistes et sexuelles au travail.
Ainsi, l'AVFT, dont l'intervention est gratuite, offre une permanence d'écoute, d'accueil, de soutien moral, et de conseils, notamment juridiques, eux personnes victimes de violences sexuelles, sexistes et de discriminations au travail. Elle intervient à leurs côtés (notamment auprès des employeurs, de l'inspection de travail, du parquet, de la police ou de la gendarmerie) pour qu'elles soient rétablies dans leurs droits.

Association "Non aux mariages et aux paternités de papier"
France
04.93.34.72.89
06.19.05.79.74

 

 

BP 172 – 06603 ANTIBES CEDEX
Tél/Fax: 04 93 34 72 89
Email :
stopmariagesetpaternitespapiers@yahoo.fr
L'association se donne pour missions de :
* venir en aide aux femmes et également aux hommes, instrumentalisés et piégés dans des mariages frauduleux et délictueux, avec des conjoints étrangers.
* venir en aide à toutes les mères françaises (ou pères), de toute origine, ayant donné naissance à un enfant né en France, de père étranger (ou mère) quand l’enfant n’a été voulu par le père étranger (ou mère) que pour régulariser sa situation personnelle et éviter l’expulsion du territoire. * l’association fournit une aide d'ordre psychologique, administratif et juridique.

 

 

Contraception...
France
0.820.331.334
Contraception, IVG, MST, sexualité...
Urgences psychiatriques
France
01.45.65.30.00
Urgences psychiatriques sur Paris
SOS Médecins
France
01.43.37.77.77
Numéro à Paris
Réseau Gynepsy
France
01.43.28.16.91
ou femmaddictions@aol.com. Un réseau de psychanalystes pour accueillir la question du féminin, écouter et parler. 
Site : http://gynepsy.fr/
Collectif Solidarité aux Mères d'Enfants Enlevés
France
01.45.34.49.10
Association d'entraide aux mères dont les enfants vivent à l'étranger avec leur père (ou autre situation liée à une séparation extra-territoriale).
Adresse : 9 rue des Chaillots, 92190 Meudon
Urgence
France
112
Secours depuis un portable (GSM)
Hébergement d'urgence
France
115
Anonyme et gratuit. Permet de savoir où être hébergé en cas d'urgence.
Enfance Maltraitée
France

119
0.800.05.41.41

Anonyme et gratuit. Site :http://www.allo119.gouv.fr/
SOS Familles en Péril
France
01.42.46.66.77
Numéro à Paris
Fil Santé Jeunes
France
32 24
gratuit et anonyme
Service dédié aux jeunes.
http://www.filsantejeunes.com/
Drogues Alcool Tabac Info Service
France
113
Anonyme et gratuit. Drogues Alcool Tabac Info Service est également accessible sur le site de la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (MILDT) dont il est partenaire :http://www.drogues.gouv.fr/, aux rubriques suivantes :
Vos questions / Nos réponses : Grâce au pseudo que chacun utilise pour poser une question, l’ensemble des questions-réponses peut être consulté par tous, ce qui fait de cet espace de dialogue, anonyme, un espace d’information et de prévention que chacun peut utiliser. Une réponse personnalisée et confidentielle est proposée dans un délai de 48 à 72 heures.
Adresses utiles : avec un classement très précis par zone géographique, par domaine de compétence et par type d’activité cette rubrique permet de trouver facilement les coordonnées de toutes les structures spécialisées en toxicomanie, alcoologie et/ou
tabacologie.
Sida Info Service
France
0.800.840.800
Anonyme et gratuit.
Union Nationale Prévention du Suicide (UNPS)
France

01.40.20.43.34

Numéro à Paris
Suicide Ecoute
France
01.45.39.40.00
Numéro à Paris
SOS Suicide
France
01.48.78.00.78
Numéro à Paris
Allô Service Public
France
39.39
Ce numéro de téléphone permet d'obtenir "en moins de trois minutes une réponse ou une orientation à toute demande de renseignement administratif". Ce service est accessible à tous les usagers du service public, de 8h à 19h en semaine et de 9h à 14h le samedi, pour un coût de 0,12 € par minute à partir d’un téléphone fixe. C'est l'équivalent téléphonique dehttp://service-public.fr/
Ecoute cancer
France
0810.810.821
Aide téléphonique
SOS Help
France
01.47.23.80.80
Urgences en Anglais
SOS VIOL
Belgique
02 / 534.36.36
Rue Blanche 29 - 1060 Bruxelles
Centre de Prévention des Violences Conjugales et Familiales
Belgique
02 / 539.27.44
Rue Blanche 29 - 1060 Bruxelles
Victime de harcèlement sexuel
Belgique
107
Aide téléphonique
ECOUTE ENFANTS
Belgique
103
Aide téléphonique
Counselling Center on Violence Against Women
Grèce
301.4112091
301.4129101
Pireus Center, Greece
Fax 00-301-9585251

17/01/2011

De la mort à la vie. De l'amour à la révolte. De la naissance à cette vie à un départ vers l'autre vie. Des calins gratuits à Grenoble à la Tunisie en révolution. Pour Alain et Jean-François qui nous ont quittés.

Bonjour à tous et toutes,P1010027.JPG

 

Photo 3115 3.jpgSamedi, je suis allée rencontrer place Félix Poulat à Grenoble le groupe des "calins gratuits", qui fait partie d’Ovs (site Onvasortir.com) en Isère. Il y avait aussi des amis de Peuplades de Grenoble.

C’est Chris qui a initié ce concept dans notre région. Le principe est de proposer des accolades aux passants et d’échanger de l’amour à travers un échange de quelques secondes.Photo 3150 3.jpg

 

J’ai vu une femme au bord des larmes.

 

«Oui, ça me fait du bien un calin", dit-elle en serrant une des participantes dans ses bras.

"Je vis quelque chose dans ma vie de très dur en ce moment.»Photo 3132 4.jpg

J’ai vu des jeunes s’embrasser à plein bras à plusieurs, avec chaleur et joie.

J’ai vu des regards s’illuminer et j’ai vu aussi des regards se dérober.Photo 3148 4.jpg

 

J’ai vu des hommes donner des calins avec de la tendresse au bord du coeur.

J’ai vu des femmes ouvrir leurs bras comme des mamans pour des inconnus.

 

15448-39dg.jpgEt en face, j’ai vu des tunisiens sur la même place manifester pour leur pays, pour dire qu’ils sont en souci pour leurs proches restés au pays.

J’ai entendu leur douleur pour un peuple, le leur, en train de lutter pour la liberté d'être et de survivre dans un monde de plus en plus dur.

 

Une jeune femme est venue vers moi pour me parler.

Elle est tunisienne et m’a fait part de ses craintes, de la révolte de son peuple aussi.

Je lui ai parlé de ma honte devant la déclaration de Michèle Alliot-Marie qui a proposé d’envoyer les forces françaises pour aider à la répression du peuple, alors que pendant ce temps, la police de Ben Ali tirait à balles réelles sur les manifestants.

 

Vous vous rappelez de ce jeune qui s’est immolé par le feu le 17 décembre ?8f00a5d2-18da-11e0-b554-742b4d6e1915.jpg

On lui avait enlevé son outil de travail, un simple étal sur un marché ainsi que toute sa marchandise. Il s’appelait Mohammed Bouazizi et avait 26 ans. La police lui a tout enlevé et il a voulu en perdre la vie. Cinq mille personnes ont suivi son cercueil et ont juré de le venger.

Tous les jeunes se sont retrouvés dans sa mort et la colère est montée. Devant des années de dictature, les tunisiens ont libéré leur ras-le-bol et leur rébellion devant la répression de leur liberté d’expression.

 

Photo 3128 1.jpgSur la place Félix Poulat à Grenoble, samedi, j’ai vu l’amour d’un côté et ces cris de révolte de l’autre côté. Tout cela se mêlait avec la foule passant d'un bout à l'autre de la place.

Je suis entrée un moment dans l’église de cette place. Il n’y avait personne. J’ai vu des fantômes, j’ai vu mes souvenirs dans cette église. Le baptême de ma fille décédée. Ma grand-mère que j’aimais tant. Et tant d’amis et amies disparus, partis de l'autre côté pour toujours. J’ai vu ma fille à quatre mois dans sa robe blanche puis dans son cercueil avec son ensemble rouge, accompagnée de son doudou.

Et aujourd’hui, je suis allée aux funérailles de Jean-François, un jeune de vingt ans qui s’est tué en voiture.

L’église était pleine et les parents si dignes.Photo 3152 1.jpg

Comment accepter l’inacceptable ? Le papa Michel a fait un hommage à son fils d’une grandeur d’âme peu commune, un hommage où il lui a dit que sur terre, il était un ange avec des bras et des jambes et que désormais il serait un ange au ciel avec des ailes. «Va, monte le plus haut possible,» lui a-t-il dit, "mais envoie-moi des signes de temps en temps.»

Accepter la mort de ceux qu’on aime, c’est se dire que Dieu ne reprend pas. Il a donné le souffle de la naissance pour que chacun vive mais quand la mort arrive, ce n’est pas Dieu qui reprend la vie, mais c’est le chemin qui se finit ici-bas. Après on est tous là pour entourer ceux qui restent, afin qu’ils puissent poursuivre leur chemin.

P1010008.JPGQuand on perd un enfant, on est d’abord dans le choc, la sidération.... et puis on s’écroule. On vit une grande fatigue physique, un vide immense. On a l’impression d’être un peu mort avec notre enfant. La vie ne nous touche plus. Le bonheur non plus.

Et puis, au bout de plusieurs mois, on regarde la beauté du monde à nouveau, doucement. Et puis un jour, on sourit et on rit à pleine voix. Car on a compris que pour notre enfant, il faut se battre et poursuivre sa vie à fond car chaque vie est courte et qu’on a à donner, partager, aimer encore.P1010002 - copie.JPG

Mais on porte une croix que personne ne saurait voir, car le vide intense au fond des tripes marque à vie le coeur et l’âme des parents orphelins, qui ont un pied dans la tombe, un pied dans le ciel et les deux mains ici-bas, des mains qui se tordent de douleur ou bien qui s’ouvrent et donnent pour partager.P1010002 - copie.JPG

Quand je suis rentrée de la cérémonie, je suis allée chercher mon fils et devant la porte de l’école, j'ai reçu un coup de fil. J’ai fondu en larmes. Un ami était mort. Il était hospitalisé depuis plusieurs semaines à l'Hôpital Sud pour des problèmes de coeur qui lui apportaient des malaises au quotidien et avait été envoyé il y a dix jours à Bordeaux pour une opération sensée le sauver de ses troubles cardiaques. Il est parti au ciel à soixante ans. Il s’appelait Alain et était passionné par les véhicules de Russie, les tracteurs et tous objets roulants venus de l'Est. C’était un homme généreux et ouvert, avec un immense sourire.P1010071.JPG

P1010077.JPGIl m’avait confié dernièrement : «Tout va mal dans ma vie, pourquoi ça s’arrangerait avec cette opération ?» Il avait très peur. J’ai essayé de lui donner de l’espérance, de lui dire qu’après, il commencerait une nouvelle vie, que l’opération, ce serait comme un tunnel, qu’après on ne sait pas ce qu’il y a, c’est l’inconnu, mais que la vie est là à nouveau, avec de nouveaux espoirs, de nouvelles forces.... Quand je me rappelle mes paroles, je me dis que je lui ai parlé de sa mort et de ce que je ressentais intuitivement.P1010037.JPG

J’aurais aimé qu’il revienne et je suis très triste car c’était un ami cher.

Même quand on est dans l’espoir d’un ailleurs et la croyance en un au-delà, comment ne pas souffrir au plus profond de la perte de nos amis, de notre famille, de nos êtres chers ?

Il nous reste à poursuivre notre chemin et à ouvrir notre coeur pour que les petites poussières d'or de tous ces êtres qu'on a aimés nous atteignent et nous illuminent de plénitude et de sérénité, d'émerveillement devant la vie et de confiance en l'avenir.

à toi Alain, à toi Marhèse, à toi Marie-Dominique, à toi Francis, à toi Louis, à toi Philippe, à toi Aimée, à toi Jean, à toi Zoubir, à vous que j'ai aimés, tous des amis et puis le père de mon fils.

à ma fille Océana partie si petite... à mes grands-parents chéris.

P1010096.JPGP1010054.JPG

Chloé Laroche

______________________________________ Les photos de mon article sont de moi sauf la photo du globe (fotosearch libre de droits) et la photo de Mohammed Bouazizi sur son lit d'hôpital : (crédits photo : Tunisian Presidency/AP). Mes photos ont été faites hier sur une balade au-dessus du lac de Monteynard ainsi que place Félix Poulat à Grenoble, lors des calins gratuits de samedi, où je me trouvais en tant que reporter. Les fleurs que j'ai prises étaient dans l'église Saint Louis.

 

 

P1010084.JPGVoici pour vous qui êtes dans le deuil ces deux vidéos et ce texte que j’ai trouvé

et que j’offre aux enfants d’Alain et à Michel, le père de Jean-François, ainsi qu'à sa maman...

 

http://www.youtube.com/watch?v=RP87uKyYAKA (Puisque tu pars/GOLDMAN)

http://www.youtube.com/watch?v=WRrxwbloQHM (Les fleurs du Bien/OBISPO)

 

LETTRE VENUE D'AILLEURS_______________

 

"Tu as souhaité m'écrire, laissant le soin aux nuages,

le soin de me transmettre ton message.

Cette seule intention m'autorise à te répondre

afin de te dire qu'en partant, j'ai bien emporté

toute la richesse et l'amour de notre vécu,

et, si du poids de mon corps je me suis allégé,

je n'en reste pas moins, dans l'ombre, à tes côtés.

Dés lors, si tu es à la recherche de notre hier,

laisse voguer en toi les pensées et les rêves,

car, dans ces voyages, nous nous retrouverons

pour vivre ensemble cette intime complicité,

et donner ainsi toute sa force à son éternité.

Que la caresse du vent, un rayon de soleil,

une étoile filante ou une goutte de pluie

soient les anges porteurs de cet écrit

pour en traduire auprès de toi le sentiment,

afin que, laissant de côté regrets comme oublis,

tu vives intensément chaque moment de la vie."

______________________________

(Michel Thivent)

06/01/2011

Mon propos sur le courage. De nos peurs dépassées à nos victoires intérieures. Du fait d'oser et décider d'aimer en milieu hostile.

1574R-019613.jpgBonjour à toutes et tous,k0578170.jpg

 

 

Le courage est l'envie de vivre, en dépassant nos peurs.

Le courage, c'est ce garçon de la trentaine qui s'est sorti de l'enfer, enfermé par ses parents dans un monde de rêves et de violences.

C'est ce garçon pour qui je pleure, un homme maintenant, qui a le courage de regarder en face ce qu'il a vécu.

Les blessures qu'il a connues, je les ai connues.

Car nous avons vécu sur la même planète.

k4988184.jpg

 

Le courage, c'est d'assumer ses responsabilités et de savoir recevoir la difficulté, d'accepter les tribulations de l'existence, de rester debout face aux vagues, de continuer d'être présent dans la vie et de piloter notre barque vers des objectifs d'intégrité.

 

BCP011-14.jpgLe courage, c'est donner tout son sens au temps et se voir comme une pierre roulée dans un ruisseau.

La pierre est poncée au fil du temps et les blessures se referment.

 

Le courage, c'est de voir sa soeur être frappée et d'intervenir pour l'arracher à des parents terribles.

C'est oser dire non à ceux qui ont le pouvoir sur nous.ca_41_4.jpg

 

Le courage, c'est d'être licencié pour avoir osé être en conflit avec son chef et n'avoir pas laissé faire le mépris et l'injustice.

C'est être allé au plus profond de ses larmes jusqu'à ne plus en pouvoir et partir vers l'inconnu professionnel.

C'est se dire que la vie peut offrir d'autres chances et lui donner sa confiance.

 

dwh01337.jpgLe courage, c'est se dire que si tu ne le fais pas, d'autres devront le faire, alors on le fait.

Et on prend le risque de voir se lever les boucliers de ceux qui n'ont pas fait.

 

Le courage, c'est de regarder devant et de continuer à vouloir aimer, même en milieu hostile.

Se faire insulter pour un acte généreux. Se dire alors que l'amour est plus fort que la haine.

 

Le courage, c'est de dire tout haut ce que certains pensent sans avoir les mots ni l'énergie de le dire et de parler au nom de ceux qui ont mal.

Tellement mal qu'il est difficile de regarder vers l'étoile qui brille là-haut.k0388490.jpg

 

Le courage, c'est se dire qu'on a besoin d'aide et accepter le sourire d'un ami, accepter sa main tendue, accepter l'amour quand il est là, debout devant toi.

dwh01333.jpgC'est balayer le passé et regarder l'avenir ouvert comme un livre neuf et tout frais sorti de l'imprimerie, n'ayant jamais été lu ni aimé avant que tu le lises.

C'est avoir la modestie de sa propre existence, sachant que tout s'en va un jour et que toi aussi. Aussi, dis les mots que tu as envie de dire, car ces mots resteront toujours dans le coeur de ceux que tu aimes et que tu apprécies.

 

k0388173.jpgLe courage, quand tu es dans le deuil, c'est déjà d'accepter de regarder la rose qui s'ouvre, de manger un fruit et de l'apprécier, de sortir un après-midi, de regarder la nature qui continue à pousser.

C'est décider de vivre et de ne pas imposer ta douleur à ceux qui t'entourent, tout en sachant leur dire que tu souffres.

 

Le courage, c'est de pleurer quand tu en as besoin et de partir quand tu ressens que tu exploses, pour te donner à toi même la chance de résister.

C'est de pouvoir récupérer tes émotions sans te disperser et disparaître totalement.k1946057.jpg

 

Le courage, c'est de pouvoir rendre heureux les autres quand tu vis en toi le pire des chagrins.

 

À tous, je souhaite le courage et la force.

 

1783861.jpgChloé Laroche

 

 

 

 

Nota bene ____________________________ Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr avec des photos libres de droits.

17/12/2010

Il était une fois une petite fille enfermée par son père dans une tour. Elle ne s’appelait pas Raiponce mais lui ressemblait beaucoup.

15445-68MV.jpgJe vais vous raconter l’histoire vraie d’un conte de fée.

 

Il était une fois une petite fille enfermée par son père dans une tour. Elle ne s’appelait pas Raiponce mais lui ressemblait beaucoup. C'était moi.Unknown-1.jpeg

 

Elle ne pouvait aller dans le monde sans qu’elle entende des paroles blessantes de son père sur le monde extérieur.

 

Et il l'empêchait de créer des liens, la gardant à la maison et ne lui permettant pas d'aller à l'école.

 

gs325069.jpgIl lui faisait vivre un autre monde, un monde créé de ses propres rêves, de sa folie, de ses propres blessures. Il disait qu'ils devaient faire revivre une race perdue comptant sur leur présence ici-bas pour recréer un nouveau monde écartant celui qui était présent.

 

Mais la petite fille avait dans le coeur l’amour des autres et plein de fenêtres dans son être profond ouvertes sur les autres hommes, les autres femmes et les enfants.k2230670.jpg

 

Et c’est cela qui l’aida à tenir et à s’échapper un jour de sa tour.

 

Mais elle garda dans son coeur les traces de coups et les insultes d’un père qui ne respectaient pas la pureté et l’innocence de ses enfants, voulant noircir leur âme et leur inculquer la haine d’autrui. Elle garda dans son coeur à jamais indélébiles les pleurs et les cris de son frère, à jamais les sourires perdus d'une enfance meurtrie.

 

k2308981.jpgSon père ressemblait à cette mère abusive ayant volé la princesse Raiponce à ses parents. Cette mère tentait à chaque fois qu’elle voyait sa fille de la maintenir sous son joug et de faire en sorte de lui faire perdre toute confiance en elle. Mais la jeune fille était bien plus forte et puisait cette force dans sa propre âme, reconnaissant en secret la beauté du monde et cette liberté qu’elle retrouva un jour et qui ornait son être tout entier.

 

Notre jeune fille, à l'âge de dix-huit ans, regarda le monde en face et se construisit un chemin où la peur n’était plus de mise et où elle devint la reine de son propre destin, oubliant toute la culpabilité d’un père qui disait mourir si elle ne l'alimentait pas de sa présence et de l’offrande de sa vie à sa mission erronée.

bxp51183.jpg
La jeune fille devint femme et dut se libérer de l’image de ce père pour trouver son prince mais elle resta enfermée dans l’amour de ce père et dans cette tour dont il fallait qu’elle se libère. Tour invisible qui lui faisait toujours rencontrer des enfermeurs de liberté et des destructeurs de sa propre confiance.k0200760.jpg

 

Elle dut faire un gros travail pour se libérer de cette tour et de son passé afin de rencontrer une personne qui ne serait plus un geôlier.

 

k0006555.jpg

 

 

009021.jpgUn jour, bien plus tard, elle rencontra un homme enfermé lui-même dans une tour depuis des années. Alors elle renversa les rôles et se fit prince pour aller voir sa princesse et lui rendre visite le plus souvent possible.

 

Elle s’émut de cet homme qui avait eu les mêmes souffrances qu’elle et qui n’avait pu de toute sa vie sortir de sa tour, enfermé par sa mère par mille sortilèges l’empêchant d’être libre.Unknown-2.jpeg

 

Il l’attendait à sa fenêtre et était heureux de la retrouver. Elle était heureux de grimper jusqu’à chez lui mais lui n’arrivait pas à sortir de sa tour et à lui dire qu’un jour, il viendrait chez elle.

 

k0737017.jpgAlors il étouffait et comme il était un homme, il s’en voulait mais restait enfermé dans sa tour. La princesse étouffait aussi et ils se disputaient car le feu brûlait de deux enfances terribles qui avaient créé un couple insoluble.

 

raiponce-de-byron-howard-et-nathan-greno-10344923qxtfk.jpg

 

 

La princesse n’hésitait pas à aller chercher son prince jusque dans sa tour intérieure quand parfois il refusait son amour, leur amour, quand il disait que tout cela ne servait à rien.051006.jpgUnknown-6.jpeg

 

La jeune femme s’était tant battue dans sa vie pour acquérir sa liberté et pour briser la tour infernale où son père l’avait placée... qu’elle avait toujours la force de revenir même quand son prince la décevait ou ne voulait plus de ses baisers, dans les moments de refus extrêmes de la vie qu'il traversait.

 

C0028194.jpgElle comprenait que lorsque l’enfant a été brutalisé, battu, privé, humilié... l’homme qui grandit garde des séquelles à vie. Elle-même avait vécu les mêmes choses, parfois on lui avait tapé la tête contre les murs, parfois on l’avait privée de manger, parfois on l’avait humiliée à en mourir... mais elle avait pu s’enfuir un jour, à la force de son étoile.

 

Et elle était là, au pied de cette tour d’un homme qui ne voyait plus son étoile et qui même parfois ne voyait plus l’énergie de cette femme qui grimpait le voir et qui l’aimait.

 

Jusqu’au jour où elle eut un accident de parcours et elle ne put venir le voir.

Il ne reçut donc plus jamais de visites.

Elle pensait peut-être le voir mais elle ne vit jamais personne venir.u16966675.jpg

 

Car les tours sont telles que les êtres sont prisonniers de leur passé.

 

Et l’homme resta seul jusqu’au jour où soudain il se dit que le monde

pouvait être plus beau que les nuages intérieurs, se demandant aussi si sa belle était encore vivante.

 

bxp63152.jpgIl arriva à la retrouver et à lui montrer que son enfant intérieur était guéri et qu’il s’était libéré de l’emprise d’une mauvaise sorcière qui l’avait ensorcelé par sa haine du monde et par la peur de tout : sa propre mère.

 

Ils s’aimèrent de nouveau et la jeune femme n’eut plus jamais de tour à grimper ni de bisous à mendier à son chéri.k0873873.jpg

 

Chloé LAROCHEpr77000.jpg

 

 

Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr avec des photos libres de droits (Banque de Photographies et de Séquences Vidéos Libres de Droits Images). Sauf les six dessins du film Raiponce qui proviennent du film lui-même des productions © Walt Disney Studios Motion PicturesUnknown-5.jpeg France.Unknown-4.jpeg

07/11/2010

Nous appartenons aujourd'hui à un monde où le mot RECOMMENCER prend tout son sens dans le nombre effarant de séparations, divorces, licenciements, pertes de travail ou de toit, pertes à tout va.

k2501435.jpgBonjour à tous et toutes,

Nous appartenons aujourd'hui à un monde où le mot RECOMMENCER prend tout son sens dans le nombre effarant de séparations, divorces, licenciements, pertes de travail ou de toit, pertes de revenus et perte de toute une vie.

Certains se relèvent vaillamment mais péniblement de ces épreuves, d'autres rebondissent avec brio et énergie et puis d'autres en ont assez et sombrent dans les mares froides et sombres de la peur, de la désillusion, de la dépression, du retrait, du dégoût de tout, du laisser-aller, etc.

On peut comprendre l'homme blasé devant l'amour, depuis que sa femme l'a laissé tomber avec ses deux enfants, pour vivre "à fond" un nouvel amour... On peut comprendre ses paroles cyniques et sa colère.u17939304.jpg

On peut comprendre que celui qui a perdu son emploi après des mois de harcèlement moral n'ait plus envie de rebondir et attend lentement que le travail vienne à lui, que le moral revienne. Il a perdu le feu sacré de celui qui a donné son coeur au travail et qu'on a donné en pâture au mépris, au rejet, à la méchanceté gratuite.

NVS3188.jpgOn peut comprendre que telle femme en ait assez après avoir été agressée dans son emploi par un client et qu'ensuite, après avoir été virée -parce que ça faisait "plus propre"- de son emploi.... elle entende des propos ignobles deux ans et demi plus tard dans la bouche de son nouveau chef, dans un nouvel emploi : "Vous savez, c'est normal qu'elle ait des problèmes ici. Elle en avait déjà dans son travail précédent." Rebondir veut dire quoi alors ? Penser qu'on s'est reconstruit, qu'on va être guérie de cette agression, d'autant qu'il y en a déjà eu encore une autre avant, dans un autre emploi : l'attaque d'une bande.... Juste savoir que certains métiers sont à risques... mais qu'à notre époque une victime devient suspecte d'être agressée et qu'il faut être lisse de partout dans ce monde.

L'univers de l'entreprise est malheureusement un repaire de requins où recommencer devient un jeu de pistes afin de découvrir le patron qui sera plus humain que les autres.

PAA174000078.jpgNotre monde n'accepte plus que recommencer ne nous parle pas car aujourd'hui une personne qui n'aura pas plusieurs métiers successifs dans sa vie, plusieurs postes successifs, ne survivra pas.

Et ne parlons pas du domaine de l'amour. C'est un terrain miné et encadré par les recommencements !

Alors voici pour vous ci-dessous ce petit texte que j'aime beaucoup.

Et bons recommencements à tous !.................

 

Chloé LAROCHE

______________________________________________________1790913.jpg

 

Recommence !


"Recommence même si cela te coûte

même s'il faut en payer le prix,
même si tu sens la peur au plus profond de toi.

Recommence même si une illusion s'éteint,

même si tes engagements sont difficiles à tenir,
même si on ignore tes efforts.

NVS3188.jpgRecommence pour donner le meilleur de toi-même

avec enthousiasme et confiance,
comme si tu ressuscitais chaque matin.
Recommence pour rire et offrir
du soleil par tous les temps,
avec joie et avec amour,
comme s'il y avait toujours de quoi se réjouir.

Recommence pour transformer l'existence

avec l'espoir du dialogue
pour jeter des ponts par-dessus les séparations (...)."

(Texte d'une lectrice anonyme du magazine "Prier" du 09/2003)

____________________________

______________________________________


INFO DE LA CRÉATRICE DE CE BLOG, CHLOÉ LAROCHE :

 

D'où viennent les photos illustrant les articles de mon blog ? Je fais un gros travail d'illustrations de mes textes avec comme source d'inspiration le site Fotosearch qui, "grâce à son moteur de recherche d'images, vous fait économiser du temps en vous permettant, sur un seul site web, de chercher parmi plus de 7,7 millions d'images de plus de 100 éditeurs de banques de photographies, d'illustrations et de séquences vidéo". Il y a beaucoup de photos libres de droits sur ce site, énormément. Sinon, je mets aussi parfois mes photos... considèrant que l'art est partage. Mes textes sont partagés et aiment ce mariage entre leur sens et le sens des photos choisies. Si un lecteur souhaite que j'enlève une photo et motive sa demande, qu'il me contacte. Merci à tous de votre intérêt pour mon travail.


Chloé LAROCHE____________________________________________________________________________________________________

13/04/2010

Mon article pour Martin qui a été agressé dans ma ville samedi soir jusqu'à tomber dans le coma. Mon propos sur la haine et mon agression par une bande à Caluire.

imagesFf31sZ.jpegBonsoir à tous et toutes,

 

Je pense très fort à Martin qui a été agressé dans ma ville de Grenoble samedi soir. Il voulait juste sortir avec trois amis et le destin les a fait croiser une bande venue du sud qui a violemment pris à partie Martin et l'a tabassé, jusqu'à donner des coups ayant pu être mortels.images8qc4LE.jpeg

Martin est sorti du coma dimanche suite à plusieurs coups de couteaux et des coups violents à la tête et ailleurs. Il sera malheureusement marqué à vie, avec des séquelles importantes, selon les médecins.

Depuis, j'écoute et je lis les propos des citoyens.

Certains parlent de l'origine raciale des agresseurs, disant que c'est une agression anti-blanc, anti-français... Des propos d'extrême-droite en découlent sans grande surprise.

D'autres parlent du rétablissement de la peine de mort dans des cas comme celui-ci et disent que ces jeunes qui ont agressé Martin sont perdus et "irrécupérables" et qu'ils doivent faire trente ans de prison.

D'autres encore incriminent les parents, disant que le mal vient de l'éducation laxiste des parents d'aujourd'hui, lesquels n'ont plus aucune autorité sur les jeunes et les laissent sortir à n'importe quelle heure.imagesH6J0pz.jpeg

imageswcnaY4.jpegJe pense que la haine n'a pas de couleur et que cette mauvaise plante pousse dans le coeur de celui qui la laisse pousser, parents derrière ou pas. Je pense que la haine se sème en regardant certaines images, certains films, en jouant à certains jeux vidéo, en regardant le monde se fendre et en n'ayant plus aucun repère.

La haine arrive quand l'amour a déserté, quand la rancoeur a pris le pas sur la compassion, quand la colère intérieure a tout rasé, quand le jeune n'a plus une seule rose à protéger dans son coeur et son âme. Alors en souffrance, il fait mal. Il agresse, insulte.

Quand il y a groupe, le phénomène s'amplifie et cela explique que l'individu agresseur en bande a moins de barrières morales puisqu'il se sent soutenu et épaulé par le groupe. La bande donne le même effet que l'alcool : cela donne une exaltation, une dés-inhibation, une énergie qui soulève des côtés sombres intérieurs sans recul et sans rempart de conscience ou de morale.

imagesGRR1mL.jpegJ'ai vécu cette expérience de l'agression d'une bande, bien sûr sans commune mesure avec la terrible agression de Martin. En plein jour, alors que je conduisais mon taxi à Caluire avec un client -pour lequel je faisais un transport en assistance après un accident- nous avons été agressés par une bande de jeunes avec des pétards dans un embouteillage et j'ai reçu un pétard qui a éclaté près de l'oeil, avec en plus des insultes et des menaces.

Je n'oublierai jamais la haine que j'ai vu dans le regard de celui qui m'a lancé ce pétard alors qu'il ne me connaît pas et qu'en un clin d'oeil, j'étais agressée violemment. Cette haine m'a figée sur place en plus de la douleur et de la peur, ainsi que la fuite des témoins et la fuite de la bande devant la police et les pompiers arrivés sur place.imageshpQtbB.jpeg

Je pense qu'on ne peut rien contre cette haine, à part pardonner profondément en tant qu'agressé afin que la violence ne continue pas la violence. Il y a des personnes formidables sur terre, qui font du bien, comme les pompiers qui se sont occupés de moi, comme le personnel des urgences, comme mes collègues ambulanciers... Aussi la solution est de rejoindre cette chaîne humaine qui a opté pour la solidarité et l'entraide humaine.images.jpeg

Chloé Larocheimages1Tqk5h.jpeg13029568.jpg

10/04/2009

Un an de blog ! J'écris pour la solidarité et la connaissance des souffrances d’autrui, morts ou vivants, afin que le coeur humain ne soit plus endormi et sache qu’il est sur une planète où d’autres humains vivent et souffrent, parfois horriblement.

Blog visité 45 764 fois depuis sa création le 10 avril 2008, avec 7804 visiteurs au cours du dernier mois, en mars 2009. Ce blog est tenu par Chloé Laroche, écrivaine iséroise et violoniste, conductrice-accompagnatrice de personnes handicapées et âgées. Elle a choisi de partager avec vous gratuitement sur le net ses livres, ceux qui sont épuisés dans le commerce et ceux qui ne sont pas encore édités. Elle offre ici ses textes, sa pensée, ses réactions face à l'actualité, son entraide pour les parents qui comme elle ont perdu un enfant ou qui comme elle ont adopté un enfant venu d'ailleurs ou handicapé.

_________________________________________________________________________________________

images-7.jpegBonjour à tous et toutes,

 

Aujourd’hui, mon blog a un an.

Il est beaucoup lu et consulté.

 

J’en suis heureuse car je le fais pour la solidarité et la connaissance des souffrances d’autrui, morts ou vivants, afin que le coeur humain ne soit plus endormi et sache qu’il est sur une planète où d’autres humains vivent et souffrent, parfois horriblement.images-5.jpeg

Un homme m’a dit ceci, lorsque je lui ai parlé des crimes et des viols commis par les quatre parachutistes de Toulouse en 1989 : “Tu sais, tous les soirs, il y a des femmes qui se font violées. Là, maintenant, pendant qu’on parle. Tu ne changeras rien. J’ai renoncé depuis longtemps à changer le monde et à combattre pour un monde meilleur. Je vis, c’est tout. Je pense à moi.”

Jean-Yves, je sais que je ne changerai pas le monde. Le monde avance, il évolue.images-10.jpeg

Il est chargé de violences, d’atrocités, de guerres, de pauvreté, de faim, de crise.

images-8.jpegIl est beau aussi. La planète est belle. Les forêts. Les arbres sous la rosée. L’orage qui illumine la montagne. Les gentianes qui s'épanouissent tout en haut des sommets.

Et puis... l’ours blanc qui se bat contre un destin qui risque de l’emporter et des hommes impuissants devant la fonte des glaces, devant l’évolution d’un monde en essor industriel.

664998.jpgLe monde est beau devant l’enfant qui naît, le bébé qui grandit, l’enfant qui découvre le monde auprès de ses parents heureux et amoureux. Le monde est beau quand la mariée dit oui à son mari sans être forcée à le faire. Quand la femme fait l’amour avec un homme dans le respect mutuel et non dans la prise d’une forteresse féminine par un homme avide de pouvoir et de violation d’un territoire intime.

Le monde est beau quand les hommes peuvent communiquer et parler entre eux dans la résolution des conflits, au lieu de se tuer entre eux  et de violer des femmes et des enfants pour assouvir des instincts de domination d’un peuple sur un autre.

“Dénoncer est un acte citoyen”. Aussi, je dénonce dans mon blog et je parle. Je dénonce la cruauté et la violence. Je dénonce l’indifférence. Je défends la solidarité, l’entraide, la compassion, l’aide humaine.

i9.jpgJe défends les papas expulsés, arrachés à leurs enfants, leur femme. Je défends les familles expulsées, les enfants arrachés à leurs classes d’écoles françaises. Je me réjouis des combats gagnés, comme celui mené pour la famille de Jacques, 7 ans, qui a déjà vu deux fois en 18 mois ses deux parents enfermés en camp de rétention avant l’expulsion définitive. Celle-ci a été enrayée, Dieu merci. Voici l’appel du 29 mars faite pour eux par le Réseau d’Éducation Sans Frontières : “Mme Zengh et Monsieur Lin ont été tous deux arrêtés hier matin sur leur lieu de travail. Ils vivent en France depuis maintenant 10 ans. Comme nous tous, ils travaillent et déclarent leurs impôts. Et surtout, ils souhaitent élever leur fils Jacques en toute sérénité, parmi nous, et avec nous. Jacques a suivi une scolarité tout à fait normale : on le connaît depuis la petite section de maternelle à l’école 61 Vitruve et a intégré le 16 Riblette en ce début d’année scolaire avec ses copains en CP. C’est un bon élève, apprécié des enseignants et c’est un bon copain.” Jacques a retrouvé ses parents, après une bataille de mails, faxs, et de réactions de nombreux militants.images-1.jpeg

Mais combien d’enfants voient leur père expulsé ? Combien sont nés en France et  doivent partir dans un pays inconnu et dangereux pour leur famille ?!! Combien d’enfants vivent le traumatisme de l’écartèlement d’une famille, dont certains membres sont renvoyés de France... ou bien le déracinement brutal, assorti d’un arrachement aux sièges de leur école, à leurs camarades, à leur maison... ?

1604707744.jpgEn cette année, j’ai gagné une bataille personnelle et familiale. Je viens d’obtenir la nationalité française pour la petite roumaine handicapée dont je m'occupe depuis 2001, Julia. Elle a maintenant 16 ans et la France l’a acceptée comme une citoyenne, ce qui est une excellente nouvelle pour son avenir et le risque oublié maintenant d’une expulsion à l’âge de la majorité. Julia va bien et poursuit ses progrès grâce à l’IME qui l’accueille. Elle commence à travailler un peu, une demi-journée par semaine, pour des travaux d’artisanat, à sa demande. Elle ne parle toujours pas, sauf pour quelques mots ; la difficulté orale demeure. La question de son avenir s’est posé dernièrement, puisque son autonomie va être restreinte, étant donné son handicap mental. Elle n’est pas autonome, sauf dans un cadre précis. Elle ne peut sortir seule et n’a pas conscience seule des dangers. C’est une immense chance que Julia ait pu avoir sa place dans un IME, étant donné le nombre d’enfants handicapés qui ne peuvent bénéficier d’accompagnement et d’aide spécifique, adapté à leur handicap.

D’autre part, je poursuis pour ma fille du Bénin le combat pour l’adoption définitive dont j’ai parlé dans la catégorie “Adoption, parentalité, handicap”. J’ai fait appel de la décision de cet automne et je suis convoquée en juin avec mon avocate. Je vous tiendrai au courant de tout cela.1262767637-1.jpg

1474423421.jpgEt puis, mon fils Yourdine a maintenant quatre ans. Après une varicelle sortie ces derniers temps, il va bien. Il grandit sereinement, même si la tristesse l’envahit parfois depuis la mort de son père il y a un an. Je parle avec lui de ce départ, mettant des mots sur les larmes, sur les colères parfois, sur cette colère d’enfant qui sort en agressivité. L’inéluctabilité de la mort est tellement effrayante pour un petit d’homme qu’il est parfois nécessaire de revenir sur les faits et de mettre des mots sur les maux. Maux de l’âme, mots d’un deuil difficile, silence d’une absence et souvenirs d’un corps sans vie. Pour moi, c’est difficile aussi, car au-delà des mois d’attente d’un homme absent de notre vie... c’est le père de mon fils qui s’est absenté pour toujours. Les souvenirs hantent parfois mon coeur et quand j’ai dit dernièrement à Yourdine que je suis triste aussi, il m’a demandé pourquoi. “Parce que j’aimais ton père, que nous nous sommes aimés et que c’est grâce à cet amour que tu es arrivé.” 575383478.jpg

1328905394.jpgIl y a aussi ma fille Océana qui est partie si vite il y a douze ans. Elle me manque tant. images-4.jpeg

i15-1.jpgIl y a un an, j’ai commencé ce blog car j’étais dans un désert et un cataclysme d’évènements qui s’accumulaient. Cela a commencé par des agressions reçues d'un jeune homme autiste dans mon taxi, en mars 2008, qui me frappe violemment alors que je le conduis à son IME. Le 2 avril 2008, à la suite de ces violences et de deux arrêts de travail, mon contrat de travail est rompu. Le même jour, mon compagnon, un homme avec qui j’étais depuis trois mois me quitte. Brutalement. “Ta vie est trop difficile.” Puis plus tard, il s’explique : “Tu perds ton travail. Tu te fais frapper par cet handicapé mental. Et puis cette fille handicapée, dont tu t’occupes et pour laquelle tu t’es engagée, c’est trop difficile. Je ne supporte pas. Je sais, c’est lâche... Sans parler de ton autre fille adoptive dont l'adolescence la rend malmenante envers toi... Il n’y aurait pas tout ça, je serais resté. Je t'aimais vraiment.” Cet homme était en plein divorce, avec quatre enfants. Quelques semaines auparavant, il était très mal dans son coeur et sa tête. Je l’ai soutenu. J’ai vu ses larmes, écouté sa douleur, cru en notre rencontre. Et puis, il s’est réparé à mes côtés, a repris confiance en lui, et ce jour d’avril, il est parti.

images-2.jpegLe 7 avril, l’oncle de Yourdine m’appelle. “Il est mort. Sur la table d’opération.” Le père de mon fils est mort. Ce fut un choc. Un choc aussi d’annoncer cette mort à mon fils âgé alors de trois ans. Un choc de l’amener près du corps étendu. Un choc de voir partir dans l’immensité la rose perdue d’un amour défunt. De rester sur terre le seul parent d’un enfant, seule moitié responsable d’une vie.images-2.jpeg

 

Aujourd’hui, cela fait un an.

images-6.jpegEt je choisis de parler de Abir Al Janabi, jeune fille irakienne de 16 ans. Pour dénoncer sa mort, son viol, ses viols, son calvaire. Pour que le monde sache. Pour que le monde ne se voile pas la face. Pour qu’il pleure. Pour qu’il se souvienne d’Abir et de sa famille assassinée par des soldats américains. Des soldats malades de la haine. Malades comme les quatre parachutistes qui ont violé et tué en 1989 deux femmes et une enfant (voir mon article d’hier).

Voici ci-après un article relatant la mort et le calvaire de cette jeune femme.

Je suis immensément peinée de ce qu'elle a dû endurer, immensément triste pour cette jeune femme et toute sa famille massacrée.

Avec mes meilleures pensées à tous et toutes.

Chloé Laroche

 

_______________________________ Archives Droit International ONU________________

Atrocités Américaines en IRAK : Le crime de Mahmoudiya.

 

Des soldats us-américains ont planifié durant une semaine le viol d'une jeune fille iraquienne de 16 ans, Abir Al Janabi, son assassinat et celui de sa famille :

“Trois mois après les faits, un nouveau crime perpétré par des soldats usaméricains en Iraq a été révélé au grand jour. Des soldats ont violé une jeune fille iraquienne avant de l'assassiner avec trois membres de sa famille, dont un enfant, dans une zone située à 9 Km au nord de Mahmoudiya (sud de Bagdad).

 

Les premières investigations de l'armée usaméricaine ont révélé la barbarie du crime, perpétré au mois de mars dernier, avec préméditation, puisque préparé durant une semaine, ce qui expose les auteurs à la peine de mort, selon un officier usaméricain.

 

L'agence Associated Press a indiqué le samedi 1er juillet 2006, sur la foi des déclarations d'un responsable usaméricain proche de l'enquête « que les soldats s'étaient introduits dans la maison d'une famille arabe sunnite, avaient séparé la femme de trois membres masculins de la famille, l'ont violée puis brûlée vive à l'aide d'un liquide inflammable en vue de camoufler le crime, puis tué les autres membres de la famille ».

 

Le responsable, qui a réclamé l'anonymat, a indiqué aussi que les soldats ont étudié les victimes durant une semaine et qu'ils avaient prémédité leur forfait ». Un autre haut responsable militaire usaméricain, qui lui aussi a réclamé l'anonymat, a révélé que l'une des victimes était un enfant et que l'affaire a été éventée au cours d'une séance de discussion de routine, indiquant qu'un soldat avait reconnu son rôle dans les faits et qu?il a été appréhendé.

 

Un crime d'opportunité

 

Le même responsable reconnaît que le crime semble être le fruit d'une «certaine opportunité», puisque les soldats impliqués n'ont pas subi l'attaque d'éléments armés, mais avaient tout simplement remarqué la femme, qu'ils ont ensuite violé et assassiné, au cours de leurs précédentes patrouilles. Un soldat non impliqué dans l'affaire a apporté son témoignage : il avait aperçu ses compagnons lors de la préparation de leur forfait, puis une fois celui-ci commis, remarqué leurs habits ensanglantés. Des responsables usaméricains ont reconnu qu'ils étaient au courant des assassinats des membres de la famille, mais croyaient que c'était le fait des violences interconfessionnelles.

 

Les premières soupçons se sont orientés vers deux soldats de la 502ème Division d'Infanterie, aperçus le 12 mars avec du sang sur leur tenue après le crime, attribué à l'époque à des hommes armés de la région. Mais un officier de police de Mahmoudiya, le capitaine Ihsane Abderrahmane, a indiqué qu'il avait reçu le lendemain du crime, le 13 mars, un rapport accusant les soldats usaméricains de l'assassinat de la famille iraquienne dans la zone de Khassir Abiad, proche de Mahmoudiya. Le porte-parole des forces usaméricaines a déclaré pour sa part dans un bref communiqué diffusé le vendredi 30 juin, que le général James Thorman, le plus haut gradé militaire usaméricain dans la région de Bagdad, a demandé à la direction des enquêtes criminelles de l'armée d'entreprendre une enquête systématique, un jour après les révélations faites par deux soldats.

 

La peine capitale

 

À propos de la peine encourue par les auteurs des faits, au cas où ils seraient confondus, l'agence AP dit que les soldats risquent la peine de mort selon le code pénal militaire usaméricain. Les responsables militaires usaméricains déclarent que les 4 soldats impliqués dans cette affaire ont été désarmés et mis aux arrêts dans une base militaire proche de Mahmoudiya. L'armée usaméricaine a déclaré que les soldats impliqués dans ce crime, appartiennent à la 502ème Division d'Infanterie à laquelle appartenaient les deux soldats faits prisonniers (par la Résistance, NDT) et dont les corps avaient été retrouvés le 19 juin, trois jours après leur capture. Les deux corps portaient les traces de supplices et l'un d'eux avait la tête coupée. Il semblerait, selon les militaires usaméricains, que cette situation avait fait naître un sentiment de culpabilité chez l'un des soldats de cette division, ce qui l'a poussé à révéler ce crime le 22 juin dernier.

 

Cette affaire est la plus grave que connaissent les soldats usaméricains après celle qui a conduit 14 d'entre eux, la semaine dernière, à être accusés de meurtres de civils iraquiens. De nombreuses autres affaires du même genre font l'objet d'enquêtes, tels que le meurtre de 24 civils à Haditha le 19 novembre 2005, en représailles à la mort d'un soldat dans l'explosion d'un engin, le meurtre avec préméditation de trois détenus dans la province de Salaheddine, l'assassinat d?un soldat iraquien au cours de son interrogatoire à Al Kaïm?.

 

Sur le plan politique, la députée iraquienne Safia Chebli, apparentée au groupe de Iyad Allaoui, a réclamé le 4 juin le questionnement du premier ministre Anouar Malki sur l'affaire du viol de la jeune Abir, ainsi qu'une enquête iraquienne indépendante. Le ministre de la justice quant à lui, a demandé l'intervention du Conseil de Sécurité pour lever l'immunité des troupes usaméricaines, estimant que c'est l'impunité dont profitent leurs soldats face à la justice iraquienne qui les encourage à commettre de tels crimes. En voyage au Koweit, le Premier ministre a déclaré pour sa part qu'il allait engager une enquête indépendante sur cette affaire.

 

Le témoignage accablant d'un voisin de la famille martyre

 

Le viol de nobles femmes iraquiennes par la soldatesque usaméricaine, est devenu monnaie courante dans la prison de Abou Ghraïb mais aussi dans la grande prison qu'est devenu aujourd'hui l'Iraq. Le crime que nous relatons ici a dépassé par son horreur, son ignominie et sa barbarie tout ce qu'on peut imaginer en la matière.

 

Le correspondant de Mafkarat Al Islam dans la région de Mahmoudiya, ville sunnite au sud de Bagdad, a rapporté qu'une force usaméricaine, composée de 10 à 15 soldats, a pénétré dans la maison de Kacem Hamza Rachid Al Janabi. Ce dernier est né en 1970, travaille comme gardien au dépôt de pommes de terre appartenant à l'État et y réside avec son épouse et ses quatre enfants : les deux filles, Abir (la brise), née en 1991, et Hédil, née en 1999 et les deux garçons : Mohamed (1998) et Ahmed (1996).

 

Les soldats usaméricains commencèrent par arrêter le mari Kacem, son épouse, Fakhria Taha Mohsen et leurs deux filles Abir et Hédil, les deux garçons étant encore à l'école. Il était 14 heures. Ils conduisirent les parents et la petite Hédil dans une même pièce et les exécutèrent à bout portant. Le père a reçu 4 balles dans la tête, la mère 5 balles dans le ventre et le bas-ventre et Hédil a été atteinte à la tête et à l'épaule. Puis ils conduisent Abir dans la pièce voisine, la déshabillent dans un coin et la violent à 10, à tour de rôle. Dès qu'ils accomplissent leur forfait, ils la frappent avec un objet tranchant sur la tête, selon le rapport d'autopsie, puis mettent un coussin sur son visage pour l'étouffer et y mettent le feu.

 

Le voisin de la famille martyre ajoute : « Une heure après les coups de feu, j'ai aperçu de la fumée qui s'échappait de la maison et j'ai vu les soldats partir précipitamment pour encercler la zone avec des éléments de la Garde nationale fantoche. Ils nous informent que des terroristes d'Al Qaïda se sont introduits dans la maison et ont tué toute la famille. Ils nous empêchent de pénétrer dans la maison. J'ai informé l'un des gardes que j'étais un voisin et qu'il me fallait voir les membres de la famille pour informer El Hadj Aboul Kacem le patriarche, du sort de son fils et de sa famille. C'est ainsi que l'on me laissa pénétrer à la maison.

 

En rentrant, j'ai trouvé le père, sa femme et leur fille Hédil, sans vie, baignant dans leur sang, sans aucune réaction quand j'ai touché les corps. Le sang continuait à couler et sortait de la pièce. Puis je suis rentré dans la deuxième pièce où se trouvait Abir. Le feu continuait à se dégager de ses cheveux, de sa bouche et de sa poitrine. Elle était dans un état indescriptible : ses habits étaient retroussés vers le haut et son soutien-gorge déchiré. Le sang continuait à couler d'entre ses jambes bien qu'elle fût morte depuis plus d'un quart d'heure et malgré le feu dans la pièce. J'ai compris qu'ils l'avaient violée : elle était couchée sur le visage, son arrière-train soulevé, les pieds et les mains liés. Je n'ai pu me retenir et j'ai pleuré. J'ai vite éteint le feu qui avait consumé une partie de sa tête, son visage, ses seins et ses cheveux et je l'ai couverte d'un bout de drap. J'ai réfléchi un peu à la situation et je me suis dit que si je parlais et protestais, ils allaient m'arrêter. J'ai donc gardé le silence et je suis sorti de la maison sans rien dire pour pouvoir témoigner en temps utile.

 

Au bout de trois heures les soldats d'occupation ont encerclé la maison et ont répandu la rumeur que la famille avait été assassinée par des terroristes parce qu'elle était chiite. Personne n'a évidemment cru à ce bobard parce que tout le monde se connaît et que la famille était bien connue de tous comme une famille des meilleurs sunnites. Face à cette situation, les forces d'occupation ont procédé juste après la prière du Maghreb au transfert des quatre corps des victimes à la base militaire usaméricaine, puis le lendemain à l'hôpital de Mahmoudiya, en donnant à son administration leur première version des faits. Le même jour, en compagnie des proches de la famille, nous avons pris les corps des suppliciés à l'hôpital et avions procédé à leur inhumation par la grâce d'Allah. »

 

Briser le silence

 

Le témoin ajoute : « Nous avons décidé de ne pas nous taire et avons demandé aux moujahidine de la région de réagir en urgence. C'est ainsi qu'ils ont monté une trentaine d'opérations contre les forces d'occupation en deux jours, faisant plus de quarante morts parmi les soldats usaméricains. Mais cela ne suffisait pas à nous calmer et nous nous sommes adressés aux médias, en commençant par la chaîne Al Arabiya, qui est puissante en Iraq. Personne ne nous a cru, estimant qu'ils tiraient leurs informations des communiqués officiels usaméricains et ne pouvaient s'engager dans une affaire qui les dépasse. C'est le correspondant officiel de Al Arabiya en Iraq, Ahmed Assalah en personne qui nous l'a dit. Nous nous sommes adressés à des journaux de Bagdad qui nous ont éconduits, parce que nous étions sunnites comme les victimes innocentes de ce drame. Les combattants nous ont conseillé la patience en nous promettant que le sang et l'honneur de Abir et de sa famille seraient vengés comme ils le méritaient. »

 

Craintes fondées

 

Le voisin continue son récit : « Le 9 mars 2006, la mère d'Abir est venue me demander si je pouvais héberger sa fille avec les miennes parce qu'elle craignait pour elle. Cela ne m'a pas étonné et j'ai évidemment accepté. Les soldats de l'occupation, disait-elle, lui jetaient des mauvais regards quand elle sortait pour conduire les vaches au pré et qu'elle passait par un contrôle usaméricain situé à 15 mètres de la maison paternelle. Mais dans mon for intérieur, j'ai pensé que les craintes de la mère étaient mal fondées, la fille étant chétive et avait à peine 16 ans. Je n'ai jamais pensé que les criminels exécuteraient leur crime en pleine journée. ».

 

Le témoin ajoute : « Les forces d'occupation sont venues vendredi dernier - un jour avant que le correspondant de Mafkarat Al Islam se rende sur les lieux du crime - et ont ordonné aux habitants d'exhumer le corps d'Abir pour des analyses. Ils m'ont demandé aussi de rester à leur disposition en tant que témoin, ce que je ferai et je suis prêt à aller n'importe où pour faire éclater la vérité.

 

Rappelons que Mafkarat Al Islam a été la première agence d'information à révéler ce nouveau crime des forces d'occupation.”

 

Sources : aljazeera.net, islamonline.net et Mafkarat Al Islam (Islam Mémo)

 

Traduit de l'arabe par Ahmed Manaï, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique (www.tlaxcala.es). Cette traduction est en Copyleft : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l'intégrité et d'en citer les sources et les auteurs.

 

 

________________________________ Séminaire sur la violence à l’encontre des femmes____________

Ce samedi 22 novembre, de 13 à 17h, un séminaire se déroulera à l'Université Libre de Bruxelles au sujet de la violence contre les femmes. La violence: partout dans le monde, les femmes y sont confrontées : dans les villages et dans les villes, au sein des familles et dans la rue. Ces actes sont commis par des individus, par des groupes et même par des Etats. La violence existe sous différentes formes, plus masquées dans les pays capitalistes développés qui reconnaissaient formellement l’égalité des droits, plus ouvertes et brutales dans les pays qui sont plus en retard sur le plan économique.

 

Historique :

"Le 25 novembre 1960, au nord de la République Dominicaine, trois corps sans vie de femmes ont été retrouvés au bord d’un gouffre. Ces cadavres étaient ceux des sœurs Patria, Minerva et Maria Teresa Mirabel, toutes trois militantes du mouvement clandestin de Résistance contre la dictature de Trujillo.

Ce dernier a déclaré qu’il s’agissait d’un accident de circulation. Mais, très vite, on a compris que les sœurs avaient été violées avant d’être tuées. Le massacre des sœurs Mirabel a fait un grand scandale en République Dominicaine et a développé le mouvement de résistance. Au bout d’un an, la dictature a été renversée par le mouvement anti-Trujillo.

Les sœurs Mirabel sont devenues le symbole de la lutte pour les libertés. En 1981, les femmes d’Amérique Latine et des Caraïbes se sont réunies à Bogota, en Colombie. Elles y ont déclaré le 25 novembre «Journée Internationale de la Lutte contre la Violence Sexuelle faite aux Femmes».

En 1999, la journée a été reconnue par l’Organisation des Nations Unies.

 

La violence contre les femmes se passe partout dans le monde

En Irak, Abir, une fille de 15 ans, a été violée puis brulée vive par des soldats américains. Amineh a été lapidée en Afghanistan par les seigneurs de guerre. En Iran, Kheirieh a supplié d’être pendue au lieu d’être lapidée.

Pendant que dans une banlieue à Paris Sohane, 18 ans, était brulée pour «l’honneur» familial par les membres masculins de sa famille, Marjan, 16 ans, s’immolait par le feu en Iran pour éviter de devoir se marier avec un homme qui avait l’âge d’être son grand-père. Somara, au en Pakistan, est décédée à cause de brûlures au troisième degré sur 80% de son corps - elle n’a jamais voulu affirmer que c’était son mari qui était responsable.

Au Kurdistan, une guerre se déroule et les femmes kurdes et turques en sont les premières victimes. A côté du mal et de la misère engendrée par la guerre, ces femmes ont aussi à subir les crimes d’honneur, les mariages forcés et la violence au sein de la famille.

En Somalie, une fillette de 7 ans, Kolsoom, a hurlé de douleur pendant son excision. Elle a hurlé aussi fort que Maryam, 9 ans, dans son lit nuptial. Dans différentes régions du Congo, toute une génération de femmes se fait horriblement mutilée par la violence sexuelle des troupes rebelles aussi bien que des troupes gouvernementales. Dans beaucoup de villages, plus aucun enfant ne naîtra.

En Suède, Fadimeh a été tuée par son père et son frère. En Belgique, on peut lire chaque jour dans les journaux des rapports dramatiques de femmes tuées par leur partenaire ou ex-partenaire, souvent avec leurs enfants. Elles partagent le sort de la poète afghane Nadia. Aux Etats-Unis, Lisa et Joyce ont été violées et tuées par des inconnus.

Pendant que Nathalie attend ces clients dans un bordel d’Amsterdam, un bateau plein d’esclaves sexuels arrive d’Europe de l’Est dans le port de Hambourg. Des femmes sans-papiers n’ont souvent d’autre choix dans les villes européennes que d’être exploitées sexuellement, de mendier ou de travailler comme domestique, souvent sept jours sur sept, du matin jusqu’au soir et cela pour un salaire de misère.

Au cours de la période de sanctions économiques des Etats-Unis contre l’Irak, plus d’un million de femmes sont décédées. Dans le même temps, plus de 4 millions de femmes ont perdu la vie à cause des guerres, surtout en Afrique. Dans la Bosnie en guerre, toujours au même moment, des milliers de femmes se sont faites violées par des soldats.

 

Séminaire sur la violence contre les Femmes et sur la manière d’y résister

La violence: partout dans le monde, les femmes y sont confrontées : dans les villages et dans les villes, au sein des familles et dans la rue. Ces actes sont commis par des individus, par des groupes et même par des Etats. La violence existe sous différentes formes, plus masquées dans les pays capitalistes développés qui reconnaissaient formellement l’égalité des droits, plus ouvertes et brutales dans les pays qui sont plus en retard sur le plan économique.

Avec la crise financière et le drame de la crise alimentaire qui existent déjà, avec la crise économique à l’échelle mondiale qui arrive à toute vitesse, la situation ne va pas s’améliorer. Avec des pénuries sans cesses plus pénibles, la lutte pour les moyens disponibles va encore augmenter et, comme toujours, ce sont les plus faibles économiquement - les femmes, les immigrés, les plus vieux et les jeunes,… - qui vont devoir trinquer. Avec le chômage et la pauvreté qui augmentent, encore moins de femmes qu’aujourd’hui vont être dans la capacité de se construire une vie indépendante.

Mais tout cela ne se passera pas sans lutte. Une lutte contre la violence à l’encontre des femmes - qui prend déjà place dans différents endroits du monde - mais aussi une lutte contre les conditions de vie inhumaines que nous offre le système de profit, le capitalisme. Une lutte de femmes et d’hommes issus de la classe ouvrière et des couches pauvres contre les mauvaises conditions de travail et contre les salaires de misère, contre la pauvreté, l’analphabétisme, le chômage et l’esclavagisme, qui touchent relativement plus de femmes que d’hommes.

Ce samedi 22 novembre après-midi, des femmes combattives de différents pays veulent partager les histoires de lutte des différents continents, s’en inspirer et se stimuler à renforcer l’unité dans la lutte contre toute forme de violence. Nous ne pouvons l’emporter que si nous nous réunissons pour lutter conséquemment pour une société sans exploitation, sans oppression, sans violence et sans discrimination.

La lutte contre la violence, l’exploitation et l’oppression est une lutte que les femmes ne savent pas gagner à elles seules. Car pour vraiment en finir avec cette situation, il faut renverser le système actuel qui est basé sur le pouvoir, la rapacité et la course aux profits pour le remplacer par une société basée sur l’égalité et la coopération. Tous ceux - femmes et hommes - qui s’impliquent dans cette lutte et qui veulent discuter avec nous sont plus que bienvenus à ce séminaire."

 

Il faut unir la résistance !

Solidarité pour un monde sans violence !

 

26/03/2009

Du décès d'un ami luthier à la violoniste que je suis, petite fille que j'étais alors, vouée au silence devant l'adulte, professeur mal-faisant.

 

J'ai écrit le récit du sujet dont je vais parler ci-dessous dans "Le Conte anti-pédophile" titré "Jason, petit ange du Mont-Blanc", que vous trouverez en archive sur ce blog, écrit le 2 Juin 2008.  Dédié à tous les enfants assassinés, abusés et violés.

 

images-3.jpegLe 5 Mai 2003____________________________________

(texte extrait de mon ouvrage "Transports d'âmes et d'hommes" et dédié à Francis Borredon, luthier)

 

 

GUIDANCE D'UN PARDON.

 

 

Aujourd’hui, j’ai assisté à la cérémonie d’adieu de Francis, un ami luthier qui s’occupait de mon violon depuis près de vingt ans. Il n’avait pas hésité à soutenir mes projets dès la création de mon association : “Un Archet pour la Paix”. images-2.jpeg

Francis n’avait que cinquante ans. Il s’est tué en montagne en faisant une chute de quatre-cents mètres, emporté certainement par une coulée de neige.

Un de ses amis dans l’assistance a déclaré :

-Tu continueras à vivre à travers les violons que tu as créés, à travers ceux aussi que tu as réparés, ceux à qui tu as redonné une âme alors qu’ils étaient abandonnés depuis de longues années dans un grenier ou un placard.”

Francis était généreux, entier et plein d’attentions envers ses proches et ses amis. Mon violon est en deuil des mains qui l’ont soigné, accordé, réparé, embelli... Ces mains d’un luthier qui savait faire germer l’harmonie au creux du bois.

images-8.jpeg“Tu es parti sur le chemin d’en haut, celui de la montagne, et nous, nous sommes restés sur le chemin du bas, celui de la plaine.”

Les notes jouées sur le violoncelle sont montées vers l’âme de Francis et ont tourné dans la salle pour entourer de tendresse son épouse et sa fille, sa famille et ses amis.images-6.jpeg

Lorsque je suis sortie de la salle de cérémonie, j’ai repris mon chemin, l’âme bouleversée par ce lieu où j’ai vu au fil des années les corps inertes de ma fille et de mes grands-parents, le cercueil d’une amie, Aimée, et de deux autres amis, Maxime et Louis.

 

Mes pas, ou quelqu’un, m’ont menée soudain vers le gardien du cimetière d’en face. Je ne l’avais pas prévu, vraiment.

-Je recherche la tombe d’un homme,” ai-je demandé.

C’était la tombe de mon professeur de violon, décédé depuis trois années en emportant l’immense dette morale me concernant et dont j’ai parlé dans l'article cité tout en haut de la page.

Une dame m’a donné l’emplacement exact de la sépulture, qui se trouvait être dans un cimetière voisin. Je m’y suis rendue immédiatement. Et j’ai écrit ce texte que j’ai déposé sur le mausolée de cet homme défunt.

 

images-10.jpeg“Monsieur G. Je viens en ce jour sur votre tombe vous pardonner pour ce que vous m’avez fait, alors que j’étais enfant et votre élève. Je vous libère, votre âme et vous, pour que vous puissiez aller en paix vers Dieu, dans la lumière. Je voudrais que vous m’aidiez d’en haut à mes oeuvres pour la Paix, pour les enfants  et pour le Bien... pour que d’autres enfants ne souffrent plus comme j’ai souffert jusqu’à vouloir en mourir. Merci pour ce que vous m’avez enseigné sur le violon. Dans la Paix du Christ.”

 

Un ange m’a conduite là, à travers l’âme des violons, pour me faire accoucher d’un pardon auquel je pensais depuis plusieurs mois.

Pardonner, oui, mais comment guérir de ses blessures ? Peut-être justement qu’en posant cet acte, j’ai guéri définitivement d’une brisure de mon âme.

Mon violon intérieur donnera de nouvelles harmoniques et fera résonner des cordes jusqu’ici étouffées.images-5.jpeg

Le pardon posé et déposé permettra la libération de deux âmes, une qui ira vers la lumière de tous les violons réunis, Roman G., et une qui poursuivra son chemin sur la Terre, la mienne.

Chloé Laroche

 

 

thumb_0861ea65c0pm3.jpgJe prie Dieu de protéger tous les enfants et de les garder

des choses de ce genre. Que personne ne viole jamais leur innocence.

 

Extrait de mon troisième livre, page 154 :

“Un homme et une femme au coeur des Alpes”.

 

 

 

 

06/03/2009

Ma lettre à Dylan, ce petit garçon de sept ans séquestré par ses parents... Sept ans de calvaire dans la pire des prisons. Mon témoignage d'enfant non scolarisée et enfermée dans un système familial sectaire et fermé.

 

thumb_bb.jpgDylan,

 

Tu es enfin libre.

Tu as vécu sept ans de calvaire dans la pire des prisons.

Je suis désolée de tout ce que tu as vécu et tous les Français sont désolés. Nous sommes attérés et très tristes de l’enfer que tu as traversé, enfermé dans cette pièce sans soleil, sans lumière. 

Nous sommes très nombreux à avoir pleuré en entendant ton histoire sur les ondes.thumb_294924610_small.jpg

Nous ne comprenons pas pourquoi il a fallu autant de temps pour qu’on te délivre de tes supplices, pour que les services sociaux réagissent et t’enlèvent à cette pièce horrible, à cette maison sordide, pour que ton sort inquiète le monde et que le monde bouge. On dirait que le monde est comme un train qui ne bouge pas, malgré les évidences, et pour qu’il démarre, il faut une locomotive tirée par des bras humains qui arrivent à en faire bouger d’autres, mais cela paraît si long, si désespérant.

Je t’imagine dormant sur ton matelas et j’éclate en sanglots, quand je sais que tu dormais dans ton urine depuis des années, que tu n’allais pas à l’école, que tu n’avais pas d’amis, que ton père te battait, que tu restais seul des heures et des heures, sans livres, sans films pour enfants, sans calins, sans bisous, sans promenades, sans goûters d’anniversaire ni repas en famille, sans Noëls et sans rires d’autres enfants, sans la compagnie de ton petit frère, sans les bras protecteurs de ta mère.

Maintenant, tu vas te reconstruire car tu possèdes toutes les capacités pour récupérer le temps perdu. Tu mordras la vie à pleine dents, car tu en connaîtras la valeur.

IS693-042.jpgMoi aussi, j’ai vécu enfermée, enfermée dans un monde construit par mon père. Je ne suis jamais allée à l’école. Je n’avais pas d’amis, sauf mon frère cadet qui vivait la même chose que moi ; j'ai eu plus tard un autre frère puis une soeur. Nous vivions dans l'idée générée par notre père que nous étions "autres", que nous étions la résurgence d'un peuple originel devant garder les valeurs des divinités anciennes... que nous étions les descendants cachés d'une élite gardienne du passé lointain d'un monde infiniment plus avancé humainement parlant. Afin d'être fortifiés pour cette "mission" très lourde, nous avons eu à une certaine époque les douches froides au réveil... ainsi que d'autres procédés spartiates.

Il fallait lire toute l'oeuvre écrite par mon père sur ce monde qui lui revenait en mémoire, se taire sur notre vie et préparer des fêtes aux dieux, écrivant des poèmes aux représentants de la nature. Il fallait se taire encore, participer aux rituels de plus en plus perfectionnés, obéir au doigt et à l'oeil, apprendre en rentrant que mon chien avait été tué parce qu'il ne plaisait plus à mes parents, de par son comportement, et hurler en dedans devant l'acte monstrueux accompli. Il fallait se taire quand l'un de nous était frappé ou humilié. Il fallait taire la folie, celle dont on était les témoins. Se taire quand un jour mon père a parlé de suicide collectif parce qu'il ne voyait soudain plus d'issue à son projet immense. 

Mn_PERSO011.jpgCet homme avait une "mission" pour nous, sa "communauté", et pas question pour nous, ses enfants, de nous enfuir de cette responsabilité filiale. Nous devions, au mépris de notre chemin personnel, poursuivre son oeuvre et agrandir la communauté. Il prônait l'inceste entre frères et soeurs, prenant l'exemple des rois égyptiens qui pratiquaient cela il y a très longtemps pour ne pas se mêler à d'autres familles... Il espérait secrètement que nous nous marierions ensemble, mon frère et moi, et... il avait le même projet pour mes petits frère et soeur, qui avaient eux-même dix et quinze ans de moins que moi. Quand un homme très intelligent se met à défendre l'inceste, avec autant de véhémence que mon père le faisait, cela fait froid dans le dos et fige l'âme des enfants et des adolescents victimes de cette idée criminelle. Quand le monde extérieur fait si peur qu'un parent n'a plus que l'issue de marier ses enfants entre eux, la folie exprime son enfer le plus affolant. Heureusement, l'idée d'inceste n'est restée que dans le projet, que dans la terreur laissée dans nos âmes.k0210672.jpg

J’ai dû attendre d’être majeur pour sortir de cet enfer, enfermement moral et physique orchestré par un père insultant, coléreux et dictatorial. Mes seuls bonheurs était la musique, qui a été ma seule amie, et les livres de l’immense bibliothèque de mes parents, dans lesquels je découvrais le monde comme une fenêtre ouverte sur les autres, ces “autres” dénigrés par mon père. 

Ma grand-mère m’a avoué un jour qu’elle pleurait lorqu’elle venait nous voir, en ressortant de chez nous. Elle souffrait terriblement de voir notre père être si dur et méchant, si cruel. Elle pleurait mais elle était impuissante, car elle était réprimandé par mon père si elle avait le malheur de dire la moindre chose. Elle l’aimait et pour le garder, elle se taisait. Ma mère a fait pareil. Elle aimait tant mon père qu’elle n’a rien dit.

304969590.jpgDans notre cas, pour nous les quatre enfants de cette famille, personne n’a bougé, personne ne s’est inquiété, personne n’a demandé de compte à mes parents sur la façon d’éduquer leurs enfants. Quand mon père m’a jetée dans les orties pour me fortifier, c’était près de la maison... Il y avait des voisins. J'avais six ans. Quand mon frère cadet pleurait et hurlait, il y avait des voisins. Quand mon père nous insultait et nous terrorisait, il y avait des voisins. L’école n’est jamais venue non plus pour voir où nous en étions et la société ne s'est pas demandé pourquoi, à la campagne comme en ville, des enfants ne vont pas à l’école.

La famille savait mais s’est tue, car dans ces affaires, la dénonciation dans son propre clan est mal vécue. Les grands-parents ont des liens avec les parents. C’est encore leurs petits dans le coeur et ils préfèrent penser que cela va passer. Que le temps arrangera tout, que le Ciel se chargera du reste.Mn_9a.jpg

Comme pour toi, Dylan.

Comme pour mes frères et ma soeur.

Comme pour moi.

www.casafree.com.jpegSache que nous nous en sommes tous sortis, que nous nous sommes reconstruits, que nous avons travaillé sur nos cauchemars, que nous sommes solidaires les uns des autres... et que bien que des nuages hantent notre enfance, nous sommes devenus des adultes responsables, battants, solides, libres de penser par nous-mêmes, enthousiastes et heureux de vivre.

Je te souhaite d’y arriver aussi et de trouver la force en toi de “pardonner” à tes parents, c’est-à-dire de leur laisser ce qu’ils t’ont fait et de vivre libéré de ce poids si énorme. Je te souhaite de trouver d’autres personnes qui t’aimeront comme tu le mérites et d’ouvrir les pages du monde avec bonheur et mille surprises heureuses.

Je t’envoie plein de bisous et de pensées ensoleillées.

 

Chloé Laroche

 

P.-S. : Voici ce que j'ai écrit dans un autre article sur mon enfance et mon adolescence... 

J’ai passé mon enfance dans une liberté enfermée, une sorte d’enfermement ouvert sur l’intérieur. Mon père nous a élevé, mes frères, ma soeur et moi, dans un univers à part, au coeur du monde “normal” qui continuait de tourner.

Il y a six ans, je l’ai vu si triste, son dernier fils quittant le foyer parental. Il n’était pas triste... il était anéanti. C’était tout un monde qui s’effondrait. Son monde. Et moi, sa fille, je regardais impuissante le naufrage d’un navire qui s’abîme. Moi aussi, j’ai quitté le navire, il y a quelques années.... il y a plus de vingt ans. Cela n’a pas été sans fracas, sans chantage affectif paternel et sans culpabilité sous-jacente d’avoir abandonné un père exclusif et persuadé que ses enfants allaient reprendre le flambeau des “Amaranthes”, cette civilisation originelle que nous étions sensés faire renaître. J’étais une “traître” pour la communauté, terme qui remplaçait chez moi le mot “famille” et j’ai dû porter cela durant des années.

Se libérer de l’enfermement pour suivre son propre chemin et faire ses propres choix est une tâche périlleuse, quand on sort de dix-huit années de prison mentale, prison où on nous répétait que les autres étaient médiocres et couraient à leur perte spirituelle par ignorance, bêtise humaine, nivellement par le bas et médiocrité générale. Ce qui m’a sauvée, c’est que dans mon coeur vivait une étoile à laquelle j’ai suspendu ma vie et qui me disait d’aimer les autres, d’aimer l’humanité, de ne pas juger autrui avec désinvolture ni mépris, mais de tendre la main à cet autrui qui était pour moi un frère sur la terre, même inconnu.

Je me souviens alors que j’étais petite... un jour, je devais écrire un texte sur le Dieu sans Nom. Ce dieu-là était une divinité sans pitié, punissant tout parjure et manquement à ses promesses. Divinité inaccessible aussi. On m’avait appris que tous les dieux avaient leur importance. Aphroditè, Ariadnè, Dionysos, Poseïdôn, Gaïa... tous les dieux d’une civilisation originelle qui devait renaître grâce à notre famille, choisie entre toutes. Mais pourquoi c’est tombé sur nous, bon sang !!! Mon père était sensé recevoir l’enseignement par écrits inspirés, écrits qu’il nous faisait lire. Nous étions les “descendants” d’un peuple qui était “autre”. Ce mot “autre”, est ancré dans ma chair et ma mémoire, comme une marque de fer rouge.

Tous les dimanches, nous fêtions une divinité. Chacune représentait une face de l’univers, un mystère des mythes de l’humanité. Chez nous, il n’y avait ni radio, ni télévision. L’école était bannie. L’instruction se faisait par correspondance ou par mes parents, pendant l’école primaire. Car l’instruction est obligatoire, mais non la scolarisation. Nous étions bien isolés, comme un bijou dans son écrin. L’écrin cependant n’était pas tendre. Pour fortifier ses enfants, mon père tirait profit de méthodes spartiates : douches froides le matin, stations aux coins des murs comme punition, pas un mot ou un rire jaillissant de la norme communautaire, chapitres dignes des meilleures monastères, privations de repas, corrections, épreuves sportives poussées et situations d’indépendance limites pour des enfants, comme une descente de rivière seuls en kayak. J’ai même vécu à l’âge de six ans le fait d’être jetée dans un buisson d’ortie par mon père. Ce qui a donné au passage de l’adolescence de l’anorexie passée sous silence... dont je me suis sortie par la force du mental.

Mon père était très sévère. Nous avions peur de lui. Ma mère le laissait faire. Par amour. Par amour pour lui. À l’âge de dix-sept ans, il m’a frappée sévèrement pour me faire avouer que je fréquentais des gens au lieu d’aller à la bibliothèque. Le peu d’amis que j’avais, je les protégeais de la vindicte paternelle. Vivre sans amis, sans cinéma, sans un minimum de liberté, avec interdiction de manger un aliment cuit est plutôt difficile.

Mon père, ce jour-là, m’attendait donc dans le salon. Mon frère m’avait prévenu à mon arrivée qu’il était très fâché contre moi car notre mère ne m’avait pas trouvée à la bibliothèque où je devais être. Ce jour-là, je m’étais évadée vers un monde ami, une amitié secrète connue de moi seule. J’avais en rentrant le coeur plein de partage, de sourires, de bonheur d’oiseaux libres, de nuages légers dans un ciel bleu espoir. Mais mon père m’attendait. Il attendait cette fille “traîtresse”, cette fille pleine de mensonges, de cachotteries, cette fille qui aimait autrui, cette enfant attirée par le reste du monde, si abject aux yeux paternels.

J’entre donc dans l’appartement. Ma mère se pousse dans un coin. Mon père m’attrape et me fait mal. Il a des yeux terribles. Je voudrais oublier ces yeux, ne les avoir jamais vus ainsi. Il me demande de lui dire où j’étais. Il veut des noms. Même sous la torture, je n’aurais pu parler, ni ne voulais dénoncer. Il m’a frappée. J’avais peur. Il me menaça de me jeter par la fenêtre, de me casser le nez. Ses yeux étaient si sombres. Il ne savait plus ce qu’il faisait, c’est sûr. Mais moi, j’étais là, avec ma frayeur, mes ecchymoses, ma tension grimpée à vingt-et-un. Je pensais mourir. Ma mère n’a pas bougé ce jour-là. Seul mon frère cadet est intervenu, mais il a reçu une claque violente et s’est retrouvé dans sa chambre.

Moi, je me suis retrouvée, excommuniée par mon père, chez ma Grand-mère paternelle Christiane, ma seule confidente et amie depuis tant d’années. Elle a pansé les blessures de mon âme et soulagé mes ecchymoses.

J’ai pardonné à mon père depuis, parce que je l’aime. À ma mère aussi, pour son silence, parce que je l’aime aussi. Et puis, ils ont changé, ils ont évolué, ils ont pris conscience, pris du recul, avec le temps et les années.

Mais voilà, pour en revenir à quelques lignes plus haut, je suis enfant et j’écris sur ce fameux Dieu sans Nom. Il me fait peur. Je pense : “Peut-être me punira-t-il si je ne poursuis pas la mission de mon père ? Peut-être que jamais je ne pourrais vivre ma vie, puisque je dois donner ma vie et mon âme à l’oeuvre immense de cette résurgence d’un peuple. Mon père a bien dit que ce serait un crime envers lui de la part de ses enfants s’ils ne continuaient pas son oeuvre et ce projet d’envergure.”

“Peuple immense s’avance lentement”, comme dans une chanson du Père Duval. Ce peuple vivait de façon originelle sur cette Terre, d’après mon père. Cela se passait à l’origine des Temps. Il y avait la tribu des Véridiques, celle des Silencieux et celle des Accomplis. Ils mangeaient tous crus, ayant banni de leur alimentation toute cuisson par le feu et toute dénaturation quelconque. Ce peuple respectait la terre comme les Indiens d’Amérique le faisaient. Ils voyaient dans la nature mille divinités qu’ils honoraient et faisaient de chaque saison, de chaque solstice et équinoxe, des passages initiatiques à fêter en communauté.

Nous vivions ainsi et je dois dire que malgré la solitude, l’isolement, la sévérité paternelle et le fait de manger totalement cru, j’ai vécu des moments merveilleux dans la nature, en communion totale avec les éléments de l’eau, du feu... Lorsque nous allumions des feux de camp dans la nuit, sous les étoiles, lorsque nous chantions l’hymne au soleil à son coucher ou à son lever, quand nous fabriquions un igloo dans la neige immaculée, quand nous partions en montagne camper sous l’orage. Plus tard, nous nous évadions régulièrement en kayak et en canoë toute une journée sur un lac. Nous dressions un autel avec des pierres et nous disions des textes pour de nombreux dieux, honorant la nature et l’univers. Nous ne fêtions pas Noël, ni n’avions de cadeaux. Quand il le fallait, à certaines fêtes, nous faisions nous-mêmes nos dons, avec le travail de nos mains.

Mon père écrivait et couchait sur le papier des centaines de “souvenirs” de cette civilisation disparue, comme si une vague datant du déluge avait remué le plus profond de son âme. Il a ramené des milliers de pages d’Originel, de mythologies sans nombre datant de l’époque des Titans et même bien avant, selon sa croyance personnelle, bien avant aussi que Zeus n’occupe l’Olympe. D’ailleurs, ce dieu-là ne faisait pas partie de notre paysage spirituel. Il faisait partie des “dieux modernes” introduits plus tard, paraissant sans intérêt dans le monde antique retrouvé par mon père.

Nous étions six sur un bateau, sauvés des eaux d’un continent perdu, pour retrouver la vie d’un peuple d’antan, guidés par un père amoureux fou de la Terre, qu’il avait pris comme mère. Dans ce bateau, je manquais terriblement de liberté, comme si le monde paraissait inaccessible. Du coup, j’ai beaucoup lu, très tôt, dès l’âge de huit ans, dévorant les dizaines d’ouvrages de la bibliothèque familiale, de Rousseau à Maupassant, en passant par tout le reste imaginable.

Je comprends pourquoi en prison, on peut se sentir libre dans sa tête comme Diego, dans la chanson de Michel Berger. C’est parce que dans sa tête, on voyage, on explore le monde, la psychologie humaine, le labyrinthe de la vie. On ne se sent plus seul. C’est ainsi que l’écrivain, à travers ses écrits, tend une main solidaire au lecteur qui le lit. Quand on lit, on est deux au moins. Il y a celui qui a écrit et celui qui reçoit l’écrit. Et puis, ensuite, interviennent les témoignages, les personnages, toute la richesse du récit, qui nous emporte vers la multiplicité et le partage avec le reste du monde.

Tout travail de création est ainsi et c’est en cela que la création est fantastique, car à travers la chanson, la musique, la sculpture, le cinéma, la photo, la peinture, le dessin, la danse... la solidarité tend la main à celui qui est seul, triste, emprisonné, meurtri parfois, cabossé par la vie, déçu, désespéré, au bout du rouleau.

C’est pour cela que j’écris.

Chloé L.

 

_____________________________

 

Voir le lien et l'article qui explique tout ce que Dylan a vécu :

http://tf1.lci.fr/infos/france/faits-divers/0,,4285122,00...

 

Maltraitance - 

Enfant séquestré : la barbarie mise à nu :

 

• Un couple a été mis en examen et écroué jeudi à Millau pour avoir séquestré et maltraité son fils de 7 ans vraisemblablement pendant plusieurs années.

• Le petit garçon n'avait jamais été scolarisé et vivait dans une pièce noire sur un matelas imbibé d'urine.

 

 - le 06/03/2009 - 08h12

   

“Il s'appelle Dylan. Il a 7 ans. Et il a vécu un véritable calvaire. Il "était enfermé depuis plusieurs années dans une pièce qui ne comportait qu'un matelas imbibé d'urine avec un sommier, sans jouets ni meubles", a déclaré jeudi le procureur de la République de Millau, Patrick Desjardins. "Cette chambre ne pouvait être éclairée et verrouillée que de l'extérieur. Les volets étaient constamment fermés. Ce petit garçon vivait dans des conditions pires que dans une cellule de prison et ce depuis plusieurs années", a-t-il ajouté. "Le dénuement total de ce petit garçon a atteint un point extrêmement rare et grave", a-t-il estimé.

 

Le père et sa compagne ont été mis en examen jeudi après-midi pour "privations de soins par ascendant", "abandon moral ou matériel d'un mineur" et "non respect d'obligation scolaire". Le père, âgé de 42 ans et maçon de profession, est également poursuivi pour "violences habituelles sur mineur de  moins de 15 ans". Il a été écroué. La mère est quant à elle également mise en examen pour non-empêchement de ce délit. Son placement en détention provisoire est en cours d'examen. 

   

Signalement lors de la naissance d'un deuxième enfant :Quant à Dylan, il a été placé avec son petit frère dans une famille d'accueil et Dylan fait l'objet d'examens médicaux complémentaires. Les services sociaux avaient commencé à s'intéresser à ce couple, un homme de 42 ans et une femme de 35 ans, lors de la naissance de leur deuxième petit garçon en août 2008. Un signalement avait été effectué auprès de la juge pour enfants de Rodez. Des investigations et le refus des parents de se rendre aux convocations ont conduit les policiers à intervenir au domicile du couple au centre de Millau. Ceux-ci ont découvert un "enfant très affaibli physiquement, manifestement intelligent mais sans aucune éducation", selon le procureur de la République.

   

Le petit garçon, déclaré à la naissance, n'avait jamais été scolarisé. L'enquête pour maltraitances évidentes liées à des négligences et déficiences éducatives se poursuit pour déterminer d'éventuelles violences physiques pour lesquelles "de fortes suspicions existent". 

 

Les voisins sous le choc :Rue Ladoux, les voisins ont appris l'arrestation avec stupeur et exprimaient  leur incompréhension. "C'est un enfant qu'on apercevait de temps en temps. Il ne tenait pas en  place, plutôt turbulent, mais rien ne laissait penser qu'il était maltraité. Pas  de traces évidentes de coups en tout cas", a déclaré leur voisin, Charles. "C'était un petit hyperactif. Parfois, je l'entendais crier surtout l'été  quand ses parents dînaient dehors, mais de là imaginer un tel drame...", a  raconté une autre voisine souhaitant garder l'anonymat.

 

Encore sous le choc, consterné, le voisin qui habite juste au-dessus du couple soupçonné d'avoir séquestré Dylan n'a jamais rien entendu de suspect ni soupçonné des maltraitances de la part de gens qu'il décrit comme "pas très sociables". Pas de cris, pas d'appel au secours de la part de l'enfant qu'il connaissait "de vue", assure cet homme de 30 ans. "On ne le voyait pas souvent. Le peu de fois que je l'ai vu, il avait l'air hyperactif", dit-il, précisant l'avoir aperçu "cet été une ou deux fois", dans le jardin derrière la maison, une demeure ancienne de deux étages, à cinq minutes du centre-ville. Ses parents "disaient qu'il était suivi par un centre social, qu'il suivait des cours par correspondance", ajoute-il.”

(Texte de LCI)

 

01/03/2009

Les petites listes de Chloé... Liste des choses les plus horribles de ma vie et liste de celles qui m'aident à tenir et à vivre.

Bonsoir à tous et toutes,ange-1149927682-t.jpg

images-1.jpegTous les matins, je conduis pour mon travail une adolescente autiste à son IME. Tous les matins, avant d'arriver à son domicile, j'écoute Bourdin and Co sur RMC dans mon taxi-vsl.  Et quand je la fais monter dans mon véhicule, cette jeune fille coupe immédiatement RMC pour mettre MFM et quelques dizaines de minutes plus tard, je me régale en écoutant "les petites listes de Karine".

Alors, j'ai choisi de vous faire aujourd'hui deux listes de ma vie.

images-9.jpegLa première liste est celle des choses les plus horribles de ma vie... juste pour dire qu'on peut aller de l'avant même en portant des croix :

1- Le jour horrible où j'ai appris, alors que j'étais enfant, de la bouche de mon père qu'il avait tué mon chien, un fox-terrier.images-10.jpeg

 

images-11.jpeg

 

 

images-12.jpeg

 

2- Le jour terrible où j'ai pris dans mes bras le corps de ma fille morte, que je l'ai habillée et peignée pour la dernière fois.

3- Le jour monstrueux où ils ont fermé son cercueil et que je l'ai vue pour la dernière fois, ma fille Océana, avant de voir son cercueil descendre dans la tombe.images-15.jpeg7-picture3.jpg

images.jpeg

7-logo.gif


anges1-t.jpg

 

images-13.jpeg4- Le jour où, étant encore enfant, mon professeur de violon m'a retenue contre lui et a enfoncé sa langue dans ma bouche, me retenant contre mon gré, et que j'ai eu le désespoir ensuite de me jeter sous une voiture... chose que je n'ai pas faite, heureusement.ange-1157045465-t.jpg

5- Le jour où j'ai failli me noyer, prise au piège sous mon kayak retourné, alors que mon père m'avait envoyée à douze ans descendre seule les flots de l'Allier.

images-14.jpeg6- Le jour où un homme que j'aimais a pris sans me demander et sans ménagement un lieu qui ne lui était pas ouvert, un lieu jamais visité, et qui a tiré de ma gorge un hurlement à cause de la souffrance physique causée.

7- Le jour où le père de ma fille a tout cassé dans le domicile, faisant des trous dans les murs avec ses poings, et qu'en pleine nuit, alors qu'Océana n'avait que deux mois, j'ai dû fuir avec elle, terrorisée.images-1.jpeg

images-8.jpeg8- Le jour où cet homme, deux ans plus tard... alors que nous étions séparés, est entré chez moi en furie, sous l'effet d'un mélange de médicaments et d'alcool, et a mis ses mains autour de mon cou pour m'étrangler, sans se rappeler qu'il allait tuer la mère de son enfant.

Un ange m'a sauvée ce jour-là, un homme qui est entré par la porte restée entrouverte, me sauvant  la vie. 

9- Le jour où une bande de voyous m'a agressée à Caluire en tant que taxi et où j'ai reçu un pétard explosant en pleine figure, après d'autres projectiles lancés sur le véhicule.ange-1150893347-t.jpg

10- Le jour où...

images-7.jpegOui, il y a eu d'autres jours mais je n'en parlerais pas. L'important est que je sois là pour vous écrire que l'important n'est pas les listes qu'on fait, mais ce qu'on fait de ce qu'on liste, comment on vit de l'accumulation d'épreuves, comment on se sort de tempêtes multiples, de cette avalanche d'épines et de croix... 

Je crois pour ma part que ce n'est qu'en faisant la liste de ce qui nous aide à tenir.

images-5.jpegPour ma part, ce qui m'aide, c'est :

1- Avoir assez d'amour au fond de soi pour que cet amour soit plus grand que la rancune, le ressentiment, la vengeance, la haine.

2- Avoir conscience que donner de soi, c'est donner une plus belle part au monde, lui donner de son coeur, de son temps, de son idéal.7-picture2.jpg

3- Avoir à l'idée que d'autres sur terre vivent la même chose que moi et que certains vivent dix fois, mille fois pire.

images-16.jpeg4- Penser que ceux qui sont morts et que je pleure attendent de moi que je poursuive ma route au maximum de mes possibilités car eux ne sont plus là pour le faire. Ils sont comme les anges qui aimeraient parfois avoir un corps pour ressentir la générosité et le don de l'âme dans la matière.

5- Regarder le soleil, la terre, le ciel, les fleurs... et me dire qu'eux sont toujours là, quoi qu'il se passe.images-3.jpeg

6- Fermer les yeux et réconcilier dans mon coeur mes larmes et mes joies. Sentir le pardon venir noyer mon coeur, de la part de celui qui m'a fait souffrir. Ressentir ce qui met un baume sur mes souffrances et le rendre tangible, par l'écoute et la parole.

7- Accorder mon violon aux sons de mon âme et donner de l'énergie par ma musique et mes mots écrits ici, sur ce blog.

8- Garder l'espoir que petit à petit tous mes projets et mes rêves se réalisent, et ils se réalisent vraiment : naissance de mon fils, les deux adoptions au Bénin et en Roumanie, mon travail, mes livres, mon violon, mon tour du monde...

images-6.jpeg9- Toujours garder l'énergie de pouvoir recommencer, sans jamais baisser les bras, et si on les baisse, c'est pour mieux remonter.

10- Écouter son chemin intérieur, ses émotions, et les regarder comme une palette de peintre, afin de créer la plus belle peinture, celle de sa propre vie.7-picture6.jpg

 

_Merci de m'avoir lue jusqu'au bout.

Si j'ai pu écrire cette page ce soir, c'est grâce au film "Le code a changé". Merci à la réalisatrice de ce film profond et sensible, très fin, Danièle Thompson. 

(2 heures 20 du matin)

À très bientôt !

images-2.jpegChloé LAROCHE

 

 

 

25/12/2008

Que l'authentique solidarité soit la lumière de ce Noël. Mes voeux d'amour et de courage à tous les délaissés, les opprimés, les victimes du destin, les cabossés de la vie, les endeuillés, les parents malmenés...

Bonjour à tous et toutes,

images-5.jpegje souhaite un heureux Noël à tous, que la solidarité authentique soit la lumière brillant dans les coeurs de chacun, pour ne plus vivre égoïstement et sans penser aux autres et au monde en souffrance.

je pense très fort à tous ceux qui sont seuls et pour qui cette fête est un projecteur difficile à supporter pour ceux qui n'ont pas d'enfants, pour ceux qui en ont mais qui ne les voient plus, pour ceux qui sont privés de voir leurs petits-enfants.

je pense à cet homme handicapé qui non seulement a perdu l'usage de ses jambes et de ses mains mais en plus est privé de voir ses petits-enfants, à cause d'une belle-fille peu délicate. Je pense à toutes les personnes handicapées, physiques et mentales, et qu'on ne les oublie pas... et surtout jamais de mépris envers eux ni d'exclusion de la société.

je pense aussi à cette maman qui a peur de son fils adolescent, lequel la menace et la frappe, l'insulte gravement et ne la respecte plus... Je pense au calvaire de cette autre maman à qui sa fille adolescente a dit des propos graves, insultants, de menace de mort parce qu'elle n'avait pas obtenu ce qu'elle voulait... Cette ado est allée jusqu'à dire à sa mère qu'elle l'enculerait bien profond. Excusez-moi de rapporter ces propos ici et ces mots gravissimes mais je voudrais faire réagir le monde devant la dégénérence actuelle d'une certaine jeunesse qui se permet tout et nous fait augurer un futur proche inquiétant. À cette maman, une éducatrice a dit, pour la rassurer : "Oh chez moi, c'est pareil... Mes ados font pareil. Il ne faut pas prendre tout argent comptant. Ce ne sont que des mots... Prenez du recul. Les ados d'aujourd'hui ne sont plus comme il y a vingt ou trente ans." !!!!!!!!!!!!!!!!!images-7.jpeg

je pense à ces enfants à qui on ne donne aucune limite, les laissant se coucher à des heures tardives, les laissant manger n'importe quand et mal parler, les laissant commander à la maison et même lever la main sur leurs parents.... Des enfants jeunes, très jeunes le font... et certains parents laissent faire, sans réagir. L'enfant a besoin de limites et qu'on lui dise NON... sinon il développe une insécurité intérieure et de nombreuses angoisses. Il ne peut se construire normalement et subira le revers de cette éducation permissive et démissionnaire. Je tire la sonnette d'alarme, en ce jour des enfants, car le monde a besoin des enfants... pas de voir grandir des petits rois, des tyrans en puissance.

je pense en ce jour aussi à tous les parents qui pleurent leur enfant mort. Noël est pour eux une date à fuir, un jour qui brise leur coeur, la lumière éteinte de leur petit amour chéri qui résonne avec toutes les lumières de la fête. Je pense aux parents qui n'ont jamais retrouvé le corps de leur enfant disparu et qui prient en secret leur retour.

je pense à ceux qui n'ont rien, à ceux qui sont expulsés de France avec leurs enfants, à ceux qui sont expulsés aussi en étant obligés de laisser leurs enfants ici, à ceux qui sont séparés alors qu'ils s'aiment vraiment mais qu'on soupçonne de mariage blanc.

je pense à ceux qui sont torturés de par le monde, violés, femmes violées dans les guerres, êtres humains massacrés, décapités, mutilés.

images-6.jpegje pense à tous les rescapés de la Seconde guerre mondiale, à tous les Résistants et les Déportés... Que la douceur de Noël apaise leur terrible souffrance et l'absence de leur famille entière tuée par les Nazis.

je pense à ceux qui sont malades, qui sont à l'hôpital ou en soins de chimiothérapie, les dialysés, les sidéens, les cancéreux, tous les petits malades qui portent courageusement leur croix, tous ces enfants qui subissent la maladie et montrent un courage extraordinaire à croire encore et toujours en la  vie, se battant avec le soutien sans faille de leurs parents.

je souhaite à tous et toutes, à ma famille aussi et mes enfants, ma fille au Ciel, tous mes amis et amies décédés, mes grands-parents morts qui me manquent tant, la lumière de tous les coeurs réunis dans l'amour qui dure toujours.

Que la force intérieure, le courage et l'espoir ne manquent à personne et que chacun puise en ce jour de lumière des forces vives et nouvelles afin de continuer le chemin de la vie et de croire encore en l'amour et en la solidarité authentique.

Chloé Laroche

_______________________ <a href="http://www.actulab.com/referencer-un-site.php" target="_blank" title="gratuit et sans contrepartie...">Référencement instantané</a>

Commentaires

Egalement, une pensée pour ces parents, ces mères qui se font malmener par leurs enfants. Cette violence familiale dont on ne peut parler, et dont le secret devient très lourd. Le jugement de la société, des gens, ..., pensant que ces parents étaient laxistes, permisifs ...
Non, pas forcément.
La violence de ces enfants s'introduit dans la sphère familiale de façon insidieuse, ces enfants poussés par des choses extérieures qui les amènent malheureusement à toucher la violence et qui à la vie resteront marqués.
Pensées chaleureuses et respecteuses

Ecrit par : C | 17.01.2009

Réponse de Chloé Laroche :

Merci à vous du fond du coeur pour votre message. Vous avez raison quand vous parlez du jugement de la société.... J'ai entendu dernièrement quelqu'un dire sur une radio : "Mais que font les parents quand ils laissent les enfants traîner dans les rues tard le soir ? Il faudrait les pénaliser !" .... Oui, la menace d'enlèvement des allocations familiales plane sur ces parents déjà malmenés par leur progéniture. Et certains parents ne parlent pas, taisent leur situation, pour ne pas avoir la justice sur le dos... "Votre fils vous bat ? Mais qu'avez-vous fait ou pas fait pour que votre fils en arrive là ? Et quelle enfance avez-vous vécu pour être un parent qui ne se fait pas respecter ?" Voilà les paroles de certaines justices... Quand un adolescent ou une ado en arrive à semer la terreur dans la maison, à menacer sa propre mère de lui casser la tête, à la traiter avec insultes et mépris voire avec haine, à donner des ordres et à décider de son emploi du temps, à couper le téléphone fixe en enlevant la pile, à prendre son foyer pour un hôtel et sa mère pour une bonne... quelle est cette société qui punit les parents ?!! Quelle est cette société qui menace de couper les allocations familiales sur un papier envoyé à une maman : ceci sur un avertissement officiel d'un collège public indiquant des absences répétées de son enfant aux cours ?!!! Les parents ne sont pas tous démissionnaires et beaucoup, c'est certain, sont en réelle souffrance et infinie solitude, face à l'attitude terrible et déroutante de leurs ados. Aujourd'hui, dans l'émission de M6: "66 Minutes", on voyait une maman qui prenait des cours de self-défense pour se défendre de son fils de 12 ans qui la frappe régulièrement ; cette femme disait : "je ne veux pas lui faire de mal. Juste me défendre et qu'il arrête."
____ Merci pour vos pensées. En espérant que les choses bougent, que la violence recule, que la paix arrive dans les familles, car la paix commence à petite échelle avant de la penser à grande échelle. Chloé

Ecrit par : L'auteur de ce blog | 17.01.2009

02/12/2008

Lettre à Ana, qui a perdu son compagnon et qui le pleure.

ange_ange_circulaire.jpg

 

Ana,

 

Continue de te battre. Tu as le droit d'être triste et en colère. C'est normal. Tu as le choix au fond de toi de basculer ou non 

dans la folie. Cette folie de penser que notre âme souffre assez pour exploser. C'est un déclic en toi qui fera que tu iras vers ta propre vie, sur ce chemin qui te reste et qui t'appartient. Je suis passée par là quand j'ai perdu ma fille de deux ans et demi. Encéphalite foudroyante. Ma seule enfant alors. L'enfer. Ne plus manger. Ne plus avoir envie de rien. Ne plus sortir. Écrire. 

Laisser le temps faire son oeuvre. Aller au cimetière. Écrire. Puis partir.

Mais partir ne veut pas dire mourir. Partir peut vouloir dire changer de cadre, fuguer, prendre le train, voir autre chose, rencontrer d'autres gens, fuir le quotidien, reconstruire sa vie autrement. Car mourir ne sert à rien. Mourir veut dire le cauchemar, recommencer la même chose, être en face du malaise de son âme. J'ai vu ma fille dans un cercueil, alors qu'elle est née de ma chair. J'ai vu ce cercueil qu'on fermait éternellement et mon coeur a été crucifié avec elle.

Rz_111b.jpg

Offrir sa souffrance et continuer sa vie. Continuer son chemin en se disant que tout le monde meurt un jour et que l'heure de chacun est écrite, mais l'heure de l'amour est infinie. Elle ne s'arrête jamais à la pendule de l'univers.

Rz_110b.jpgTon homme t'aime, même s'il est parti. Il t'aime en secret, dans le secret de ton coeur et il t'enverra la force de continuer ta vie. Il t'enverra des bonheurs, même celui de refaire un jour ta vie. Et il sera heureux car tu auras des enfants, et ce seront les tiens. L'amour continuera parce que tu l'auras décidé, parce que tu auras décidé d'être forte et en même temps tu auras accepté ta colère et ta peine. Je t'embrasse très fort. 

 

Chloé

 

 

 

29/06/2008

À toi qui porte la souffrance de ta vie, seul et isolé. À ceux qui croient que les épreuves frappent ceux qui les attirent. Karma pervers et jugement humain inéquitable.

Bonjour à tous et toutes,

 

images-13.jpegDernièrement, j'étais invitée à un repas avec quelques convives.

Une dame travaillant à l'hôpital dit à un moment : "J'en vois des personnes qui souffrent et il y en a, elles ont tellement d'épreuves en même temps et de souffrances de toutes sortes, qu'on se demande comment c'est possible...".

Une dame lui répond : "Il faut dire qu'il y en a qui cherchent et qui s'attirent les problèmes."

Quand on a dit ça, on a fait le tour de l'humanité. Pour ceux qui tournent en rond.

Je m'oppose à ce genre de propos, qui prennent leur source très souvent dans des raisonnements spiritualistes ou de développement personnel. "Votre vie dépend de vos pensées"... "Vous attirez ce que vous êtes".... "Votre colère et votre rancoeur vous ont créé ce cancer".... "Pensez positif et vous attirez le meilleur."images-14.jpeg

Il y a du vrai là-dedans, mais ce n'est pas si simple. Quelqu'un de très positif peut très bien devoir affronter de nombreuses épreuves, pour de multiples raisons qui demeurent inconnues à nos yeux d'humains. Et comment pouvons-nous juger ici-bas des épreuves d'autrui.... Ce n'est que de l'orgueil et beaucoup de gens dits spirituels n'en manquent pas... au point qu'un ami qui a un cancer m'a dit récemment : "J'ai le chou-fleur (le cancer) et depuis, je n'intéresse personne. On me dit que c'est mon karma et donc, je suis un pestiféré. Que puis-je apporter à des gens qui considèrent ma maladie ainsi ?" Cet homme fréquentait des personnes en recherche spirituelle et il est déçu car il se retrouve seul et isolé. Il va mourir et il est seul. Pendant ce temps, ses amis devenus invisibles... se satisfont d'avoir la santé et de jouir d'un "bon karma".IS693-008.jpg

Mais qui oserait dire de Jésus qu'il a été crucifié parce que c'était son karma ? Qui dirait cela de Gandhi qui a été assassiné ? Certains ont le statut de sacrifié ou de martyr... mais les autres peuvent crever dans l'indifférence générale, ajoutée à la culpabilité et aux reproches inconscients de l'entourage...

La compassion n'est pas équitable.


Chloé

02/06/2008

Conte anti-pédophile : "Jason, petit ange du Mont-Blanc". Dédié à tous les enfants assassinés, abusés et violés.

à Jason, petit garçon
inconnu de ma vie, assassiné
le 14 novembre 1996.


Dans ce que vous allez lire, tout est vrai. Jason a existé et son histoire m'a touchée. Il m'a permis à travers ce conte de libérer ma parole de petite fille abusée par le professeur de violon Roman Gorecki, décédé aujourd'hui. Que Dieu lui pardonne et protège sa descendance. 1539451641.jpg




Moi, Jason, je suis un petit ange adulte. J’aime mes parents. J’aime mon père qui a appris ma mort un jour terrible de novembre. Je voudrais qu’il sache que je n’ai plus mal et que, là où je suis parti, ce qui m’est arrivé n’existe plus. La torture est effacée de mon être. En revanche, elle existera à jamais dans la mémoire de Dieu qui pardonne... mais n’oublie pas.

Je pardonne à mon meurtrier et je pardonne à ma mère qui ne m’a pas arraché des mains de celui qu’elle aimait, mon beau-père, celui qui m’a tué. J’envoie à celle qui m’a mise au monde des milliers d’edelweiss et de gentianes cueillis sur les versants des Alpes limpides. Je les ai ramassés en pensées puisque les baisers me sont désormais interdits sur la terre.

Je suis parti au Ciel assassiné et torturé. La souffrance quand on est si petit a quelque chose qui ressemble au mimosa qui meurt sous le couteau du promeneur. J’ai été torturé et mes cris se mêlent aux larmes de milliers d’enfants invisibles.

Je n’avais que vingt et un mois mais aujourd’hui j’ai trouvé une plume, la plume de ma revanche. La revanche d’un ange est pardon.

Ma vie a basculé mais aujourd’hui je vole, je suis oiseau et je rebondis sur des vagues de paix.

On m’a appelé Jason pour que je trouve la toison d’or comme dans le mythe grec. Quelle était cette toison dans ma courte vie ? Le bonheur ? Non ! L’impermanence, peut-être ? En réalité, ma toison d’or, c’est le Ciel qui m’a tendu les bras.

Au moment de partir, j’ai vu un Ange près de moi. Il m’a donné la force de mourir, de partir en martyr. Il a mis du baume sur les brûlures que j’ai subi et sur mes cheveux arrachés. Il a enlevé la drogue de mon sang perdu, cet aliment de mort que des adultes me donnaient. Il a essuyé tous les coups reçus la nuit de ma mort.

L’Ange m’a dit lorsque j’ai quitté la Terre qu’une femme ne m’oublierait pas. C’est elle qui écrit avec moi, pour que ma vie soit un chant éternel, pour que mon nom fleurisse et donne au monde la Toison d’Or de l’innocence. Exactement trois mois après mon départ du monde, sa fille Élodie est montée au ciel.

Mes parents m’ont appelé Jason. Ma mère elle-même a tenu le rôle de Médée, la magicienne qui n’empêche pas le crime de s’accomplir. Son compagnon d’alors a tenu le rôle du dragon plein de perversité et de pulsions terribles. Ils ont volé ma pureté d’âme et ils ont méprisé mon esprit.

J’étais un petit être innocent et on a souillé ma peau. On a blessé mon âme. Aujourd’hui je suis initié car j’ai traversé le rideau de feu. J’ai changé de niveau. J’ai subi une transmutation. Je suis devenu or, soleil des alchimistes. Car sur Terre, j’étais de plomb par la souffrance qui m’alourdissait comme une pierre.

Aujourd’hui, je suis dauphin car je suis transfiguré. En Grèce, cet animal accompagne les rites funéraires. Il emmène l’âme sur son dos ; il sauve aussi les vivants naufragés. Jésus lui-même a été représenté sous la forme d’un dauphin.

Élodie est près de moi. Sa maman a fait un rêve il y a quelques jours. Elle était avec un dauphin dans la mer et elle l’aimait comme s’il était son enfant ; puis ils sont allés ensemble sur la terre ferme mais l’animal manquait d’eau ; alors elle l’a mis dans de l’eau douce ; peu après, elle a ramené le dauphin vers la mer mais sur le chemin il a soudain disparu et une grenouille est apparue. La maman orpheline s’est réveillé en pleurant son dauphin et elle a pensé très fort à sa fille au ciel.

En Occident, la grenouille est le symbole de la résurrection. En Orient, c’est le signe de l’âme en voyage. Lorsque la grenouille chante au printemps, c’est le signe du renouveau.

Le grain meurt et sous la terre donne à nouveau la vie. Le dauphin disparaît pour que vive la grenouille.

Je suis proche d’Élodie dans le grand voyage des âmes. L’âme ne meurt pas. Elle tombe par le corps dans la terre et s’élève en germant vers les cimes immaculées de neige éternelle.

Tout ce que m’a fait subir mon beau-père la nuit de mon envol n’est plus. Tout a disparu dans la lumière de Dieu. Cela reste uniquement dans la mémoire des hommes.

La maman d’Élodie a pleuré lorsqu’elle a appris comment j’étais mort. Beaucoup ont versé des larmes en lisant les journaux ou en regardant le procès. Les Anges aussi ont pleuré et ils ont lavé mon corps de lumière avec des mots colorés.

Les Anges m’ont pris dans leurs ailes et m’ont serré très fort sur leur coeur. Alors j’ai senti l’amour et le pardon de Dieu pour ma mère. Je l’aimerai toujours et je prierai pour elle tout au long du voyage de mon âme.

Ici, des arcs-en-ciel et des oiseaux magiques ont réparé le crime. Ils ont retiré les germes du mal de mon âme innocente.

En bas, sur la Terre, une femme a pris sa plume et l’a trempée dans l’encre de la mémoire collective. Elle s’appelle la Verdoyante et sa fille Élodie continue de grandir dans son coeur.

Elle a écrit un conte pour moi, un conte qu’elle a dédié aussi à tous les parents d’enfants assassinés de par le monde. Je vous l’offre pour ne pas le garder au fond de mon nuage accroché au Mont Blanc... C’est l’histoire d’un petit garçon, tué par un humain, comme je l’ai été. On a recomposé son corps sur la Terre comme les Anges l’ont fait pour moi au Ciel.


Il était une fois un homme qui habitait avec sa famille dans un village éloigné de la ville. Un matin, il partit chasser, bien que les provisions du verger soient suffisantes.

Soudain, il aperçut au milieu d’un champ un arbre immense, un chêne au tronc entouré de lierre, qu’il n’avait jamais vu auparavant. Sans s’émouvoir de la beauté et de la noblesse de cet arbre inconnu, il pensa : “Ce chêne pourrait servir de bois de chauffage pour l’hiver entier ! Sans le dire à personne, afin de le garder pour moi seul, je reviendrai cette nuit avec ma hache.”

Se rapprochant de l’arbre, il entendit des cris ressemblant à ceux d’un enfant qui vient de naître et il découvrit dans le creux des branches un petit bébé, qui battit des mains à sa vue. “C’est très certainement le marmot de quelque fille fautive venue enfanter dans la forêt !” se dit-il. “Je vais l’emmener chez le curé, qui dira ce qu’on doit en faire.”

Prenant l’enfant dans ses bras, il partit vers le village. Alors qu’il traversait la forêt, il aperçut tout à coup un sanglier. Ne voulant pas rater cette occasion de chasser, il laissa tomber l’enfant et épaula son fusil pour tirer ; lorsque soudain un serpent passa devant lui. L’homme eut très peur ; il fit un bond en arrière et lâcha son arme en glissant sur une pierre. Le sanglier fonça alors sur lui mais le chasseur grimpa prestement sur un arbre.

Malheureusement pour lui, la branche sur laquelle il s’était réfugié cassa et l’homme tomba à terre, se retrouvant juste à côté du petit enfant. Celui-ci battait des mains et riait en voyant tout ce manège ; le chasseur ne fit pas attention à cela ; il pensait que les enfants ne peuvent ni comprendre ni sentir ce qu’il se passe et qu’il ne font que manger, dormir et grandir.

L’homme, voulant se défendre, chercha son fusil mais ne le trouva point. Par hasard, en levant la tête, il le vit se balançant fièrement au sommet d’un arbre. Il secoua d’abord les branches dans tous les sens mais le fusil ne bougea pas. Ensuite il décida d’aller chercher sa hache ; mais, alors qu’il s’en allait, il reçut le fusil sur la tête et perdit connaissance.

Quand il revint à lui, il était couché sur un lit, entouré par toute sa famille et par la plupart des villageois, venus le voir par curiosité. Il leur raconta ce qui lui était arrivé, en déformant la vérité à son avantage.

Tout à coup, pensant au bébé qu’il avait découvert, il leur demanda s’ils l’avaient amené ; les villageois ayant répondu par l’affirmative, il leur dit : “Tout ce qu’il m’est arrivé est survenu après avoir découvert ce gamin”, et, bien que pensant en lui que ce n’était pas vrai, il ajouta : “Et je sais bien qu’il se moquait de moi !”

Alors chacun cria : “Il faut se venger. Le coupable doit être puni. Tuons le marmot et jetons-le aux chiens !” Mais quelqu’un suggéra : “Mangeons-le plutôt , ce serait un gâchis de le jeter aux chiens !” Après ces paroles terribles, tous se précipitèrent dans la pièce où avait été déposé le bébé... Les uns après les autres, ils tombèrent foudroyés en voulant porter à leur bouche la chair de l’enfant assassiné. Tous, sauf les enfants du village qui avaient compris l’énormité et la monstruosité de cet acte. Ils comprirent aussi dans quel chemin ignoble les avaient emmenés leurs parents... à qui ils devaient pourtant respect et considération.

Lorsqu’ils virent les adultes tomber les uns après les autres, ils se mirent à rire, et de tous les coins de l’univers, des rires d’enfants leur répondirent. Ils entendirent soudain une voix venue de leur coeur, qui leur disait :
-Montez au sommet de la montagne en portant chacune des parties de mon corps. N’ayez aucune crainte, aucune peur. Arrivés là-haut, vous reconstituerez mon corps comme un puzzle de vous-même et, en chantant, vous ferez une ronde tout autour de moi. Et sans jamais défaire votre ronde, vous attendrez.”

Les enfants prirent donc chacun soigneusement une partie de l’enfant et, en file indienne, ils partirent vers le sommet de la montagne. Ils rencontrèrent bien des difficultés : ils durent franchir des torrents tumultueux, ils escaladèrent des parois abruptes, ils se cramponnèrent à la glace, ils traversèrent des tempêtes de neige, ils connurent le grand vent et la grêle... mais jamais ils ne virent tous ces éléments de la Terre comme des ennemis.

Pour eux, ces éléments de la nature étaient leur famille, leur unique et seule famille.

C’est ainsi qu’ils arrivèrent sains et saufs au sommet de la montagne. Là, tous ensemble, ils recréèrent le corps de l’enfant mort. Puis ils se prirent par la main et firent une ronde autour de lui, en riant et en chantant.

Soudain, l’orage éclata ; mille éclairs fusèrent de toutes parts et tout fut illuminé. Tout à coup, un éclair plus lumineux que les autres jaillit au milieu de la ronde des enfants. Le bébé ouvrit les yeux et leur sourit ; tous les enfants, d’un même élan, s’élancèrent vers lui et l’on vit, au bout de tous les bras réunis, un être lumineux projeté dans le ciel... et un arbre magnifique, un chêne immense au tronc couvert de lierre, s’élançant au milieu de la ronde.

L’on entendit des rires d’enfants retentir à l’infini dans tous les coins de l’univers et un doux murmure chanter le nom de l’Amour.

Les villageois se réveillèrent de leur torpeur et accueillirent en eux l’enfant qui était mort mais qui maintenant revivait en chacun.


Voilà. Ce conte est terminé. J’en suis tout remué... Vous aussi, je crois. L’univers est en réalité en chacun de nous et je suis, moi aussi, petit Jason, en chacun de vous qui lisez cet ouvrage ; je suis aussi dans l’esprit de la femme qui a écrit ce conte. Le monde recomposera ma vie par sa compassion et les prières qu’il fera pour mon âme... par son amour aussi et les pensées tissées de roses qu’il m’enverra.

Mais la Verdoyante pleure. Je vois son enfant intérieur se recroqueviller. Il voudrait dire mais il ne peut pas. Je vois dans le miroir gelé de mon glacier un violon sur une balance. Mais la balance se brise et l’instrument à cordes explose. La Justice n’est pas venue. Elle n’était pas au rendez-vous de l’enfant. L’enfant est seule, seule face à un professeur pédophile... Fléau mortel !
-Viens me parler, toi petite fille perdue sur le Mont-Blanc. Viens me raconter ta peine. Le Ciel fera justice et je t’aiderai...
-Mon ange ne m’a pas sauvée de tout ce qu’un enfant peut endurer...
-Oui, mais il t’a sûrement retenue de te jeter dans la rivière... Tu sais, ton Ange parle au Créateur, au grand Manitou, au Principe suprême, au Grand Architecte. Rien ne se perd ni ne s’oublie. Ni le sacrifice des enfants violés, ni le don de leurs souffrances, ni l’abomination des adultes coupables. Va, raconte-moi...
-À l’âge de onze ans, j’ai eu un violon. Pour apprendre à jouer. Mes parents m’ont trouvé un excellent professeur. Un vieux monsieur renommé pour l’apprentissage du violon. Un polonais prénommé Roman. Comme un roman. Le roman pervers d’un vieil homme qui devient fou devant les yeux d’une petite fille. Peu à peu, il m’a parlé de mon âme pure. Puis il m’a dit qu’il était amoureux de moi. Il m’a forcée à l’embrasser sur la bouche. Il m’a menacée si je parlais. Mon innocence s’écroulait et mon violon violé gémissait de douleurs intérieures. Cela dura de longs mois jusqu’à ce que, au bord du suicide, j’arrive à parler à un ami proche de mes parents. Le drame s’arrêta mais le silence demeura car il n’y eut pas plainte ; tout fut enterré sans paroles écrites ni jugement. Tout fut même pardonné quelques mois plus tard...
-Le pardon est nécessaire, mais il est bon qu’il y ait un coupable désigné et que la justice soit faite pour qu’il y ait réparation... et pour qu’il n’y ait pas d’autres victimes, surtout en ce qui concerne les enfants ! Il est nécessaire aussi que justice soit faite pour que personne ne dise à l’enfant violé : “Mais si cela se trouve, c’est toi qui l’a cherché...”. Culpabilité éternelle de la victime face au monde...
-Quelques années plus tard, j’ai écrit une lettre à ce professeur, lettre que l’adulte que j’étais devenue n’a jamais envoyée. Je la garde au plus profond de mon coeur, dans le coeur de l’enfant intérieur qui chemine au sein de la Verdoyante.
-Je t’en prie, dis-la moi ! Je veux entendre ce que tu as écrit, cette toison d’or que tu caches comme une justice enfouie sous une avalanche de neige, dans un coffre fermé à double tour. Je sais bien que tu as jeté la clé au fond d’une crevasse de la Vallée Blanche. Mais j’ai fait un double car je suis le petit ange du Mont-Blanc... Les montagnes sont toutes présentes pour t’écouter... Le Grand Paradis, le Mont-Rose, le Grand Capucin et le Petit, le Cervin, les Drus, la Dent du Géant, le Mont Maudit, l’Aiguille Verte... Elles sont toutes ici comme des antennes pour retransmettre au monde ta lettre. Car une lettre morte, c’est comme une bouteille à la mer qui reste coincée dans l’estomac d’un requin ! Nous savons que la tienne est importante...
-Je te remercie, petit Jason. Tu as l’enthousiasme et le courage de Jason l’Argonaute ! Mais, tu vois, je tremble... J’ai si peur. Je voudrais enterrer tout cela, effacer la mémoire, les images et les gestes... Je dois parler cependant, ne pas étouffer la gravité... Voici donc cette lettre que je grave avec le sang bleu des étoiles sur le glacier de la Vallée Blanche :

Lettre à mon professeur de violon,
De plus en plus, on parle des enfants violentés, du silence à briser, des gosses muets devant les sévices imposés par des adultes ; je suis un exemple malheureux de ces enfants-là mais je souhaite aussi briser le silence, soigner les maux intérieurs par les mots.
Un jour, je suis entrée chez vous. J’avais onze ans. Vous avez dit à mes parents que vous acceptiez avec joie de m’apprendre le violon et que j’avais des doigts faits pour cet instrument. J’étais frêle, fragile et innocente. Vous m’avez fait travailler et mes parents avaient confiance en vous car vous étiez l’un des meilleurs professeurs de la région. Je travaillais bien et je progressais vite.
Vous donniez encore vos cours dans l’appartement où vous habitiez et votre femme m’ouvrait parfois la porte...Vous aviez deux caniches superbes. Et puis un jour vous m’avez parlé de mes yeux, qu’ils étaient clairs et purs. Vous m’avez dit que vous étiez amoureux de moi. Vous étiez âgé et moi je ne disais rien ; j’étais très réservée, d’une timidité extrême. Vous avez voulu m’embrasser sur la bouche ; moi je ne voulais pas mais vous m’avez obligée.
Plus tard, vous avez pris l’appartement en face, où vous étiez seul pour donner vos cours. Vous me parliez pendant les cours de vos problèmes avec votre femme et votre vie. Je ne disais rien. J’écoutais vos paroles. Je souffrais en silence d’ingurgiter vos confidences. Vous vouliez toujours m’embrasser sur la bouche même si je ne voulais pas. Vous me disiez que lorsque j’aurais vingt ans, j’accepterais de vous épouser. Vous me disiez que si j’en parlais à quelqu’un, vous vous tueriez. Vous me disiez que personne ne me croirait, que vous étiez l’un des professeurs les plus estimés de la région. Je n’en parlais pas. Je ne pouvais pas exprimer ce que je vivais en mots ; je n’y arrivais pas ; j’étais bloquée, choquée.
Moins j’en parlais et plus j’avais honte de ne rien dire ; je portais tout cela comme une croix trop lourde.
Tant d’enfants ne parlent pas, par pudeur ou par honte, lorsqu’ils vivent des choses de ce genre...

Un jour, plus tard, mon père est allé voir une voyante-écrivain, Judith Henry ; elle lui a dit en voyant ma photo : “Votre fille a été violée, quelque chose s’est passé ?” Oui, j’ai été violée, en un viol de baisers. C’est cela que vous avez fait ! Ne souriez pas, car si je m’étais donné la mort, auriez-vous eu la conscience tranquille, vous qui l’avez encore peut-être aujourd’hui ? Le viol, c’est, dans la loi, toute pénétration dans le corps de l’autre. Et c’est considéré comme un crime...
Un soir, vous m’avez soudain serrée contre vous et avez introduit votre langue dans ma bouche. C’était dégoûtant, abject... Je résistai et me débattai mais sans pouvoir me dégager. Mon âme s’est arrêtée de respirer. Je voulais mourir et lorsque je me suis retrouvée dans la rue, je n’avais qu’une envie : me jeter sous une voiture ; plus tard, j’ai voulu aller me jeter dans l’Isère, la rivière la plus proche... Lorsqu’on est enfant, penser à ces choses-là est terrible : criminel est celui qui provoque ces pensées-là !

Dans ma détresse, j’ai pu parler enfin à un ami de mes parents, de passage chez nous. Mon père, ayant entendu quelque chose de notre conversation, a voulu tout savoir, et il a su. Il était furieux contre vous et vous le fit savoir. Ma mère a été très choquée d’apprendre votre infamie. Elle n’a pas compris mon si long silence. C’était inadmissible d’avoir caché tout cela si longtemps, d’avoir occulté l’Inadmissible... Si un enfant cache des choses aussi graves à ses parents, c’est aussi pour les préserver et les sauvegarder de l’Intolérable ! Ceci dit, mes parents n’ont pas voulu porter plainte contre vous... pour préserver ma reconstruction.

L’affaire s’est arrêtée là mais pas dans mon coeur, hélas. Six mois plus tard, je ratai l’entrée au Conservatoire, concours que je présentai seule et sans l’aide d’aucun enseignant. Mon père a parlé alors avec moi et m’a dit : “Il faut pardonner à ton professeur. On va retourner le voir car lui seul peut te faire réussir dans le violon.”
Je ne voulais pas cela, mais par seul amour pour mon père, j’acceptai de faire cet effort inhumain. Vous m’avez reprise en cours, comme si rien ne s’était jamais passé... comme s’il y avait eu un malentendu, comme si le temps avait tout effacé, comme si on pouvait gommer le dégoût dans l’âme d’un enfant.

Vous avez repris votre manège, comme si les chevaux de bois étaient toujours à la même place... Mais les chevaux se sont rebellés et je suis partie pour toujours ; je me suis accrochée à mon violon et j’en ai fait mon cheval de bataille.

C’est vrai que j’ai failli le sacrifier, car le regarder, c’était me souvenir ! Vous me disiez qu’il fallait que je sois amoureuse de mon violon ; mais vous avez tout fait pour que je le déteste ; vous avez tout fait pour cela, par égoïsme, par inconscience, par vice.

Vous me disiez que chez vous, dans les pays de l’Est, les cousins, les cousines, tout le monde s’embrassait sur la bouche et qu’il n’y avait pas de honte à le faire. Honte à votre conscience et honte à votre inconscience.

Je prie Dieu de protéger tous les enfants et de les garder de choses de ce genre. Que personne ne viole jamais leur innocence.

Avant de quitter cette Terre, allez voir un prêtre, je vous en conjure, et délivrez votre âme de cette infamie.


La petite fille se tut. La Vallée Blanche était couverte des larmes bleues de cette lettre qui fit le tour du monde pour avertir les enfants qu’ils doivent se rebeller, casser en deux l’archet du Diable et emporter très loin le violon de leur âme afin de la garder intacte et pure. Jason mit ses ailes autour de la fillette. La Verdoyante sourit aux Anges. La lumière était revenue dans ses yeux. Elle écrivit alors un poème pour sa mère... "Dans le secret d’un violon"________________

Ma mère, ne pleure pas en secret
Pour un secret que j’ai caché
Ma mère, ne pleure pas de regrets
Pour ce violon que j’ai gardé

Il faut que tu comprennes
Qu’à onze ans j’étais frêle
Pure comme une graine
Qu’on expose au froid dégel

Mon père était si heureux
De m’écouter apprendre
Sur ce violon aux tons bleus
Mille musiques tendres

Mais mon si vieux professeur
Déchargeait ses yeux en moi
Dans mon esprit en terreur
De devoir taire mes droits

Il disait qu’en Pologne
Chacun pouvait s’embrasser
Le faisant sans vergogne
En un viol de ses baisers

Ses lèvres sur les miennes
C’était insupportable
Comme une intense peine
Et souffrances inommables

Je ne pouvais en parler
Par pudeur et par dégoût
En quatre longues années
J’ai cru mourir à genoux

Puis j’ai pu le dire enfin
À une autre personne
Qui m’aida à mettre un frein
À ce martyre aphone

Car mes parents ont tout su
Leur être fut chaviré
Comment cet homme avait pu...
Ce professeur estimé

Face à cette ignominie
On ne porta pas plainte
Le silence fut le prix
D’un avenir sans craintes

On me sauva des griffes
De ce monstre égoïste
Pour lui ce fut la gifle
Des “petits enfants” du Christ *

Il a pris l’innocence
De mon chemin aux yeux clairs
M’imposant le silence
Comme un poison bien amer

Il a volé la gaieté
De mes années d’enfance
Je n’ai pas pu l’oublier
Au fil de l’existence

Enfin après de longs jours
J’ai appris à dire non
Aux faussaires de l’Amour
À détruire leurs prisons

Oui j’ai appris à parler
À dépasser la douleur
De mes larmes si brisées
Par de profondes terreurs

Au coeur de ma détresse
Je lui ai donc pardonné
En priant pour qu’il cesse
De voler la Pureté

Mais mon âme est en crainte
Car ma mère n’oublie pas
Ce secret hors d’atteinte
Loin de l’amour de ses bras

Elle ne sait pas ma honte
La peur qui me retenait
Comme un glacier sans fonte
Dans une prairie de paix

Combien d’enfants sur terre
Cachent ainsi leur malheur
À la vie de leur mère
Pour protéger son bonheur ?


* “Prenez garde de ne scandaliser aucun de ces petits enfants car
je vous dis que leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon
Père qui est dans les cieux.” Extrait de l’ Évangile selon Saint Matthieu.


Chloé Laroche

(http://violonistenciel.site.voila.fr)

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu