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04/10/2017

Récit véritable concernant une maman et son fils de douze ans. Phobie scolaire et douleurs handicapantes. Absentéisme et signalement.

Ce témoignage raconte des faits véritables concernant une maman et son fils.

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Mon fils a aujourd'hui douze ans et depuis son entrée en sixième en 2015, des maux de ventre récurrents causent un absentéisme important.

Fin septembre 2015, il a été victime d'une humiliation de la part d'autres élèves en étant mis à demi-nu, son pantalon ôté, le reste descendu. Il a reçu un avertissement écrit sur son carnet de correspondance, car il a cherché à se défendre. "Dans ce cas, on ne se défend pas, on appelle à l'aide les adultes."

Cela a résonné avec une même scène vécue au CP, en cour de récréation, avec l'obligation imposée par des grands de manger de la terre et le pantalon descendu aussi devant tout le monde. Le Directeur l'avait rabroué devant les autres, comme si c'était lui qui avait montré son derrière intentionnellement.

Puis il y a eu le drame du Bataclan et le massacre à Paris. À la suite de cet attentat, les classes ont été prévenues du danger et des risques encourus dans les collèges. Un professeur a déclaré devant mon fils et ses camarades qu'il avait très peur lui-même. Cela a beaucoup choqué mon fils et a créé des peurs supplémentaires et des angoisses.

Le 10 décembre 2015, suite à des absences répétées, une date de rencontre au sein du collège nous a été proposée pour la mise en place d’un PAI (projet d’accueil individualisé).

La professeur principale, qui était professeur d’anglais, m’avait bien spécifié début décembre, que mon fils avait toujours un bon niveau et suivait malgré ses absences. Il arrivait à récupérer les cours et le retard à la maison. J’avais de bons retours de la part de plusieurs professeurs.

Des mots rassurants ont été prononcés lors de cette réunion du PAI envers mon fils et moi. L'équipe pédagogique et médicale présente savait que mon fils avait perdu son père à l'âge de trois ans et ses grands parents à sept ans (cancer et suicide) et que les deuils pesaient lourds dans son parcours de vie. Ils savaient qu’il avait été détecté porteur de précocité. Et aussi qu’il avait subi des actes d’humiliation et de harcèlement au cours de sa scolarité par trois fois.

Cette réunion a été riche en compréhension et échanges fructueux face à l’état de santé de mon fils, afin de prendre en compte sa fatigue, ses angoisses, ses insomnies et ses maux de ventre. Elle avait été pleine d’espoir pour mon fils qui a entendu la médecin scolaire le rassurer et lui dire que nous allions tous l’aider et l’accompagner et qu’il ne devait pas s’inquiéter.

L'assistante sociale du collège était présente aussi et a été plutôt sympathique et encourageante. Elle m’a même conseillé d’essayer plusieurs thérapies, comme l’hypnose et la sophrologie.

Nous sommes sortis de cette réunion très confiants et soulagés. Mon fils était apaisé aussi de voir que tout le monde s’harmonisait pour l’aider et le comprendre.

Puis, alors qu'il y avait eu tout de même deux semaines de vacances de Noël et peu de temps passé depuis le début de PAI, j’ai été convoquée au collège le 21 janvier 2016.

La médecin scolaire m'a annoncé sans aucun ménagement comme dans un tribunal, devant l'infirmière, l'assistante sociale et la Conseillère Principale d'Education... que mon fils était en "danger avec moi", que je voulais "le garder à la maison", que je faisais du "tourisme médical" en étant allée voir plusieurs médecins pour lui, que le PAI était fini avec l'arrêt immédiat de l'emploi du temps allégé et enfin qu'ils allaient faire un signalement.

Ces femmes m'ont reproché de me précipiter au Collège pour venir chercher mon fils en cas de douleurs : « Quand la Vie Scolaire vous appelle parce que votre fils a mal au ventre, vous venez de suite, trop vite. » J'ai répondu : "Ah bon, mais si je ne viens pas de suite, à cause de mon travail, le Collège me rappelle en me demandant instamment de venir chercher mon fils !!" Ils ont donc été témoins de nombreuses fois que mon fils avait donc bien mal, puisqu'on m'a demandé de nombreuses fois de venir le chercher.

L’infirmière renchérit alors avec mépris : «Vous pensez, l’autre jour, votre fils m’a répondu : « Cela ne sert à rien de prendre le médicament laissé au Collège : ça ne marche pas, j'ai toujours mal. »

Hé bien oui, c’est la parole d’un enfant ; il souffre ; il voit que personne ne le croit, même les médecins ; il en a assez de prendre des médicaments qui ne le soulagent pas et d'essayer des traitements. Il attend sa mère qui doit venir le chercher parce que les surveillants voient bien qu’il a mal, vraiment mal, et qu’ils ont appelé à la maison ou au travail de maman.

Au cours de cette réunion, la médecin scolaire a eu des mots très durs envers moi, employant un ton sec et péremptoire, n’acceptant aucune réponse de ma part, me renvoyant à ma chaumière aussitôt. Elle m’a accusée de vouloir garder mon fils chez moi. Alors que je travaille et qu’il me faut trouver des solutions de garde pour chaque absence !?

Le ton pris envers moi ne contenait aucun respect, bien au contraire. La médecin scolaire me reprocha avec virulence de n’avoir pas encore fait une certaine analyse médicale, prévue quelques jours plus tard. De quel droit se mêlait-elle à ce point-là du dossier médical, en en parlant devant toute l’équipe de Direction ?

De quel droit me dire ces mots : « Votre fils est précoce. Ces enfants sont assez intelligents pour manipuler l’entourage et faire croire à des maux, à des douleurs, qui ne sont là, somme toute, certainement que dans la tête. »

Cher lecteur, que feriez-vous, que diriez-vous si… alors qu’on a mis en place un projet d’accueil individualisé pour votre enfant qui souffre de maux physiques en classe de sixième, que diriez-vous qu’on vous convoque un mois après pour vous dire : « On arrête tout, votre enfant est en danger avec vous, on va faire un signalement, on demande une enquête sociale sur vous ».

Cela a été un véritable choc car quel temps a-t-on laissé à mon fils pour qu’il fasse ses preuves et puisse être vraiment aidé et soutenu ?

La professeur principale n’a jamais signé le PAI, ce qui est un grand manquement, et les professeurs n’avaient aucun représentant lors de la réunion du 10 décembre. Ils ont joué pourtant un rôle essentiel ensuite, puisque certains ont pris en compte immédiatement le PAI, comme le professeur de mathématiques, mais pas tous, puisque certains professeurs, à la date de la réunion du 21 janvier, ne s’étaient pas encore penchés dessus, ne sachant pas organiser les évaluations manquées ni les cours.

Ainsi un des professeurs m’a écrit le 9 février : « Vous avez bien fait de m’écrire car je ne me suis pas spécialement penché sur le PAI de votre fils. » Ce professeur avait eu des absences et voyait la classe de mon fils assez rarement.

Il était demandé dans ce PAI que mon fils ait un emploi du temps allégé, avec dix heures de moins par semaine de cours. Il était prévu aussi que les évaluations manquées puissent être faites à la maison, ainsi que les devoirs et certains cours à rattraper, en collaboration avec certains camarades de cours s’organisant pour aider mon fils lors de ses absences.

Mon fils a été absent à des moments où il aurait dû être présent car, en effet, les douleurs ne suivent pas le calendrier. Pourtant, je vous promets qu’il a fait tous les efforts possibles à faire les devoirs demandés et les cours à la maison. Cependant, même lors de ses absences permises par le nouveau calendrier, certaines évaluations ne lui ont pas été données, ceci étant dû au fait que certains professeurs n’avaient pas encore pris en compte le PAI. Il ne faut pas oublier non plus les deux semaines des vacances de Noël durant ce laps de temps, entre les deux réunions.

Lors de cette triste rencontre du 21 janvier, le manque d'évaluations faites m’a -au final- été reproché. On m’a dit : « C’est à votre fils de récupérer l’évaluation manquée à chaque fois auprès de chaque professeur. » Mon fils est plutôt timide et puis, il ne peut deviner qu’en son absence, une évaluation a été faite ! Je pense plutôt à un manque de coordination entre la Direction et les professeurs. En effet, même lors de ses absences permises par le calendrier, nombre de professeurs n'avaient pas noté que mon fils pouvait rattraper l'évaluation à la maison, dans des conditions d'examen prévues par le PAI.

Je suis donc partie de cette réunion… humiliée, laminée et meurtrie.

Mais ce n'est pas tout ce qui s'est passé ce jour-là du 21 janvier.

J'étais seule alors à élever mon fils mais heureusement, il y avait une personne sur qui je peux compter encore aujourd'hui : Marc, son "papé" d’adoption et son parrain, qui est à la retraite, à 75 ans et qui s’en occupe lorsque je travaille et que mon fils est malade. Le père de mon fils est décédé, alors qu’il avait trois ans. Cet homme -Marc- qui a adopté deux filles de Roumanie et du Bénin avec moi il y a maintenant quinze ans est mon ex-mari mais nous avons gardé un lien familial d’entraide pour les enfants.

Hé bien, l’après-midi même de cette réunion du 21 janvier, l’assistante sociale a voulu rencontrer mon fils seul, avec une personne de la Direction. Elle lui a dit qu’il ne devait pas appeler cet homme « Papé », car il n’était pas son grand-père. Elle lui a dit ne pas comprendre pourquoi il l’appelait comme cela. Elle l’a cuisiné sur diverses choses, notamment sur sa précocité aussi, et ses maux de ventre, en lui disant que tout cela était dans la tête et qu’il allait falloir gérer cela très vite pour venir en cours.

Suite à tout cela, mon fils et moi-même avons perdu la confiance et subi un processus destructif dans l’élan constructif dans lequel nous étions pour finir de mettre en place le PAI avec chaque professeur. Certains parents d’élèves m’ont beaucoup aidée encore pour récupérer les cours et poursuivre de notre mieux le PAI, mais en sachant que l’emploi du temps allégé avait été définitivement supprimé.

Concernant les absences de mon fils, j’avais toujours signé le cahier de correspondance et prévenu le Collège, mais il a dû y avoir des erreurs car, alors que mon fils avait été absent pour raisons médicales, ou bien pour être allé aux Urgences, ou pour voir un médecin, il était noté assez souvent « pour raisons personnelles » sur le rapport officiel.

Puis, lorsque le cahier de correspondance a été rempli jusqu’au bout, j’ai envoyé deux mails pour justifier des absences par écrit. Entre temps, j’ai reçu très vite début février deux courriers. L’un venant du Rectorat, Académie de Grenoble, me menaçant d’une amende de 750 euros pour absences « sans motifs légitimes ni excuses valables ». L’autre venant du Conseil Départemental, me convoquant pour le début de l’enquête sociale. Le signalement avait donc été effectué, malgré divers courriers de justifications que j’avais pu faire à la Direction.

Toutes ces personnes n’ont pas dû lire le contenu de la loi L 131-8, bien envoyée à tous les Principaux et Directions de Collège dans la circulaire n° 2014-159 du 24-12-2014 : «Conformément aux dispositions de l'article L. 131-8 du code de l'éducation, les seuls motifs réputés légitimes d'absence sont les suivants : maladie de l'enfant, maladie transmissible ou contagieuse d'un membre de la famille, réunion solennelle de famille, empêchement résultant de la difficulté accidentelle des communications, absence temporaire des personnes responsables lorsque les enfants les suivent. Les autres motifs sont appréciés par l'autorité de l'État compétente en matière d’éducation (…… ). Il est rappelé que les certificats médicaux ne sont exigibles que dans les cas de maladies contagieuses.»

Et toutes ces personnes n’ont sûrement pas lu ceci, texte faisant partie de la même circulaire : «L'absentéisme d'un enfant ou d'un adolescent est un sujet de préoccupation et d'inquiétude, voire de désarroi, pour les familles confrontées à ce problème. Il importe de les aider et de les accompagner afin de leur donner les moyens de réagir quand elles sont démunies et d'éviter ainsi qu'elles ne s'y résignent. L'absentéisme est un phénomène complexe qui peut résulter de différents facteurs. Ceux-ci peuvent être d'ordre scolaire : difficultés sur le plan scolaire (notamment passage d'un cycle ou d'un degré à l'autre, difficultés dans l'orientation, défaut d'adaptation à l'organisation scolaire, aux modalités d'évaluation), climat scolaire peu favorable (élèves victimes de violence ou de harcèlement, relations difficiles avec les personnels de l'établissement ou avec les autres élèves), mais ils peuvent aussi concerner le plan social, familial et de la SANTÉ. Face à l'ensemble de ces facteurs, il est donc nécessaire d'apporter des réponses diversifiées.»

Tout cela a été choquant et très humiliant pour moi, en tant que maman inquiète de la situation médicale et scolaire de mon fils.

J’ai donc répondu à l’Inspecteur d’Académie, écrit au Médiateur du Rectorat et me suis présentée aux convocations. La première réunion concernant l’enquête sociale s’est faite au sein de bureaux administratifs de la Direction Territoriale, avec une assistante sociale et une personne représentant le corps médical en relation avec le monde de l’enfance : une infirmière-puéricultrice.

J’ai été assaillie de multiples questions sur ma vie, mon fils, mes filles adoptives, ma grossesse, mes lieux de vie, etc. Ils savaient déjà beaucoup de choses, notamment les difficultés rencontrées avec ma seconde fille adoptive, avec qui nous avions rencontré des problèmes éducatifs liés à une adolescence très difficile et un peu normale suite à l’enfance au Bénin de ma fille, qui avait connu deux orphelinats. La liaison entre ces deux époques de ma vie, entre ma fille et mon fils, a été plutôt cruelle.

On m’a rappelé aussi la période de ma première fille, décédée à l’âge de deux ans et demi, en 1997, d’une encéphalite foudroyante.

Mon fils a été ensuite convoqué tout seul devant les dames de l’enquête sociale puis elles sont venues durant deux heures à mon domicile, me reposant encore beaucoup de questions personnelles, visitant la chambre de mon fils et essayant de comprendre ce qui s’était mal passé avec le collège, me demandant même quelles responsabilités j’avais dans tout cela.

Étant donné le courrier reçu avec la menace d’amende pour absences « sans motif légitime », j’ai écrit deux mails au Collège pour justifier d’absences non prises en comptes pour maladie, leur envoyant même des justificatifs. Mais après les vacances de février, j’ai reçu un mail venu de la Direction du Collège signé par toutes les personnes ayant signé le PAI, me signifiant que je ne devais plus écrire de mails au Collège et qu’ils ne me liraient pas.

Ils demandaient aussi à Marc de ne plus participer à la vie scolaire de mon fils, étant donné son absence de lien officiel et biologique avec mon fils. Ils n’ont en effet pas apprécié qu’il vienne déposer des devoirs de mon fils ainsi qu’une évaluation à rendre à deux professeurs, me disant qu’ils ne sont pas une « boîte aux lettres ». Il faut savoir que par ailleurs, on ne peut déposer ces devoirs nul part, ni à la Vie Scolaire, ni à l’accueil du Collège. Donc, ils refusent leur travail de liaison, de soutien et d’aide envers les familles. Ils refusent aussi que tout se passe bien entre les professeurs et les élèves. Dans ce mail, était écrit noir sur blanc qu’ils demandaient aux professeurs de ne plus m’aider, de ne plus me passer de cours ou devoirs et que le PAI était bel et bien terminé.

J’ai immédiatement appelé la Principale du Collège. J’ai pu parler à l’adjointe qui m’a dit que la Principale m’entendait en haut-parleur. Elles ont entendu ma parole et mon retour sur leur mail. Je suis restée très calme mais j’ai exprimé clairement mon désarroi, mon étonnement et mon mécontentement. La conclusion a été qu’ils avaient plus de 550 élèves à s’occuper et qu’ils ne pouvaient s’occuper de mon fils… Et que si la solution de finir la classe de sixième au CNED, par correspondance, était mienne, alors c’était bien la seule solution à proposer, pour terminer l’année dans la « sérénité ».

J’ai raccroché le téléphone et les évènements se sont précipités, mais sur plusieurs semaines, bien plus longuement que je ne le pensais. En effet, pour l'inscription au cours du CNED, il fallait l’accord de l’Académie de Grenoble, car c’était un arrêt de classe en cours d’année pour raisons médicales. Il fallait aussi au dossier le certificat médical d’un spécialiste. Il fallait être reçu par l'un des services de l'Académie de Grenoble, convocation à laquelle je me suis rendue.

J’ai été accueillie par deux dames très à l’écoute, dont le Médecin du Rectorat, qui ont pris sainement la décision d’un accord pour les cours au CNED, afin que mon fils vive la fin de sa classe de sixième dans l’apaisement.

Mon fils entre-temps voyait toujours un pédopsychiatre ainsi qu’un médecin du Centre anti-douleur qui lui a proposé des séances d’hypnose. L’adénolymphite dont il souffrait et qui avait été pris en compte depuis début juillet 2015 a été écartée par une spécialiste des intestins, ce médecin jugeant que cela durait depuis trop longtemps. Mais tout le monde n'est pas forcément de cet avis, les crises d'adénolymphite pouvant durer et reprendre par crises fortes et régulières.

Cette spécialiste a jugé qu’il ne fallait pas faire plus d’examens que ceux déjà faits (échographies, analyses de sang, de selles et d’urine) car la croissance de mon fils lui semblait bonne. Elle a plutôt énuméré dans son rapport ce qui pourrait faire penser à des maux de ventre psychosomatiques, dus à diverses choses, à des chocs dus aux deuils ou à la perte de son meilleur ami, ou bien à une humiliation collégienne vécue fin septembre. Pourtant, là encore, aucun diagnostic de phobie scolaire n'est encore posé.

Les douleurs de mon fils étaient très fortes, d’où la demande en octobre 2016 d’une deuxième échographie avec la mention « bilan de douleurs abdominales récidivantes ». Le 8 décembre, il a dû être conduit aux Urgences, où le médecin urgentiste a prescrit Débridat (déjà pris), Forlax plus X-Prep. Lorsque le pharmacien m’a supplié de ne pas donner l’X-Pred à mon fils, me disant que c’est très dangereux pour un enfant et que cela peut le vider, cela m’a donné matière à réfléchir sur le corps médical. J’ai remercié ce pharmacien et n’ai pas donné ce remède de cheval.

Mon fils a essayé nombre de traitements, entre Advil, Spasfon, Lactibiane, Débridat, Carbophos, Forlax, et de nombreux remèdes homéopathiques. Les anti-douleurs ne soulagent pas ses maux de ventre. Seuls deux remèdes l’apaisent : Belladonna et Colocynthis, en 9 ch, donnés par le Docteur Dransart. Si je raconte tout cela, c’est pour expliquer tout le paradoxe entre l’incompréhension passagère de l’Éducation Nationale et l’inquiétude de parents face aux douleurs d’un enfant qui ne simule pas. C’est toute l’angoisse d’une famille qui ne sait comment soulager son enfant mais qui se doit aussi d’honorer les obligations scolaires et les horaires des cours, devant un fils fatigué et souffrant d’insomnies dues à des douleurs durant plusieurs mois.

On m’a reproché aussi au Collège durant cette difficile réunion de janvier des absences des années précédentes, en primaire. Mon fils a souffert en primaire de fortes douleurs de croissance aux jambes et aux bras et a été victime aussi de gros problèmes dentaires, ce qui a donné aux médecins l’obligation de l’endormir pour faire une opération difficile.

L'enquête sociale m’a aussi demandé des comptes sur les changements d’écoles de mon garçon. J’ai pu leur expliquer pourquoi mon fils avait dû changer d’écoles en primaire, suite à des humiliations et des coups portés à mon fils, ainsi qu’un déménagement dû au fait que mon propriétaire vendait mon appartement en 2009 et, en 2013, pour un nouveau travail après un an et demi de chômage. Mon fils a fait ses trois dernières années en école privée, ce qui a été salutaire pour lui, car le niveau était élevé scolairement et, en tant qu’enfant précoce, c’est important d’être pris en compte dans son niveau et son appétit d’apprendre. 

Mon fils a mal vécu toute cette situation d'arrêt du PAI et la suite, même si j’ai essayé de minimiser l’enquête sociale auprès de lui, pour le protéger.

Ce que j’aurais souhaité par dessus tout, c’est qu’on laisse au PAI le temps de se mettre en place, pour mon fils, et qu’on ne m’ait pas traitée comme on m’a traitée, comme un danger pour mon enfant. La mesure d’enquête sociale a été très violente pour moi et pour mon fils. Cette décision est parmi les pires que j’ai connues dans ma vie. Au lieu de construire, cette Direction du Collège et cette médecin scolaire ont détruit.

J’ai appelé depuis des numéros d’aides aux parents. On m’a conseillé de saisir le Défenseur des Droits des Enfants et de voir un avocat. Une association m'a conseillé de saisir la MDPH et de faire reconnaître les problèmes de mon fils comme handicap, ce que j'ai fini par faire, avec l'aide d'un médecin, en juin 2017. Car lorsque les douleurs se répètent depuis longtemps, cela est considéré comme handicap et vous pouvez alors prétendre à des aides pour votre enfant et à avoir un regard différent de la part de la société éducative et administrative.

Ma revanche sur l'injustice est de partager mon vécu et l’histoire de mon fils avec vous tous, qui me lirez. Cela peut aider d’autres parents et faire réfléchir des professionnels de la Santé et de l’Éducation. Et si cela peut parvenir au Ministère de l’Éducation, j’en serais fort aise, vous répétant ici les paroles de mon médecin de famille, effaré devant l’établissement de certaines lois récentes sur l’absentéisme : «D’autres familles sont inquiétées depuis quelques temps, même avec des problèmes de santé justifiés de leur enfant, pour un absentéisme répété à cause de la maladie. J’ai dû faire une lettre pour une famille devant passer devant un juge pour le même problème que vous. On ne voyait pas cela avant. »

Au final et sans langue de bois, je poursuivrais mon article et ce témoignage en mettant le doigt sur le défaut de la Chef d’Établissement de mon fils qui n’a pas su mettre en oeuvre la dernière phrase du texte de loi suivant : «En cas de persistance du défaut d'assiduité, le directeur de l'établissement d'enseignement réunit les membres concernés de la communauté éducative, au sens de l'article L. 111-3, afin de proposer aux personnes responsables de l'enfant une aide et un accompagnement adaptés et contractualisés avec celles-ci. Un personnel d'éducation référent est désigné pour suivre les mesures mises en œuvre au sein de l'établissement d'enseignement.» Aucun personnel n’a été désigné pour suivre le PAI et accompagner les enseignants dans sa mise en place.

On a enfoncé très rapidement une mère déjà bien isolée et on a préféré ignorer le problème de santé au profit d’une suspicion sordide sur la famille, arrêtant de façon destructrice un projet d’accompagnement salutaire pour un enfant. Personne n’a eu cure de la sensibilité de mon fils qui a pris en pleine face l’arrêt de son PAI. Pourtant, il était question de sa précocité dans ce projet, avec une attention particulière demandée pour cette sensibilité caractéristique aux enfants précoces.

Dernière chose : quelle honte pour la médecin scolaire d'avoir appelé mon médecin de famille pour lui demander si le certificat médical envoyé fin janvier était un faux, produit par mes soins !! Un médecin scolaire donne sa priorité à aider les familles, pas à détruire un projet d'accompagnement. Il honore ses promesses faites à un enfant de comprendre ses maux et de l'accompagner dans le temps et la confiance.

Que s'est-il passé ensuite, à partir de mars 2016 ? Mon fils a donc été accepté au Cned réglementé sur l'avis favorable du Rectorat. La phobie scolaire n'avait alors été diagnostiqué par personne. Puis après un retour au collège et un début de cinquième où il a souffert de harcèlement moral de certains jeunes qui l'accusaient de feinter sur ses douleurs et de mentir, d'inventer, mon fils a fait un total blocage et un refus du collège.

Du coup, je l'ai inscrit au Cned en libre, c'est à dire en payant tout. Et j'ai fait une demande de Soins-études, dans un dispositif adapté, accueillant des élèves souffrant de phobie scolaire et de blocages les empêchant de suivre une scolarité normale .

Une place lui a été proposée en février 2017 et en mars il y rentrait avec très peu d'élèves en classe et une petite structure accueillante. On lui a demandé l'obligation de poursuivre les entretiens avec la pédo-psychiatre démarrés depuis longtemps déjà, obligation qu’il a respectée.

Malheureusement un cancer du sein avec HER2 positif m'est tombé dessus fin mars et une opération urgente a été déclenchée fin mai. Tout cela a contrarié la scolarité de mon fils qui a eu peur de me perdre et qui avait déjà perdu son père et ma propre mère du cancer. Malgré mes supplications, le dispositif s'est refermé pour lui début juin lors du conseil de classe.

Le diagnostic de phobie scolaire a été posé médicalement courant juin et la Mdph a reconnu un handicap de ce fait sur dossier médical et à ma demande. Mon fils a fait sa rentrée de quatrième dans un nouveau collège public. De mon côté je suis en traitement de chimiothérapie.

Il y a eu de telles absences pour maux de ventre et insomnies que j'ai insisté pour la mise en place d'un PAI ou d'un accompagnement mis en place pour mon fils. J'ai été convoquée à cet effet le 19 septembre par le médecin scolaire, par l'infirmière et l'assistante sociale du nouveau collège. Cette dernière avait déjà prévenu les services sociaux dès le deuxième jour d'absence et -le 19- elle m'a bien dit clairement que je risquais d'être convoquée par le Juge au Tribunal, après qu'elle en ait référé à son Chef de service, si rien ne rentrait dans l'ordre et si les absences ne stoppaient pas.

Cela m'inquiète beaucoup, surtout dans l'état actuel de ma santé. Je me sens très fatiguée, j'ai perdu un sein et la cicatrice me fait toujours mal, je n'ai plus de cheveux et des douleurs un peu partout. La médecin scolaire a proposé de son côté que mon fils arrive à venir en cours tous les jours à partir de 11 heures jusqu'aux vacances de la Toussaint. Et dans le cas où il ne viendrait pas, avec ces horaires, elle propose une hospitalisation. Aucun PAI n'a été signé.

Depuis deux semaines, depuis cette décision, mon fils a pu aller en cours seulement un jour sur deux. Mais il fait des efforts et je demande juste que personne ne vienne arrêter ce dispositif mis en place et qui devrait être reconduit par la mise en place d'un Projet éducatif personnalisé.

J'ai pris contact avec l'association des parents d'enfants et ados souffrant de phobie scolaire et avec la Maison des Adolescents, ainsi qu'avec l'association des parents d'enfants précoces.

J'espère trouver les professionnels qui m'aideront, ainsi que l'accompagnement adapté aux problèmes de mon fils.

 

Chloé Laroche

 


----- Voir mon autre article du 26/09/2013 :

"Harcèlement à l'école publique, phobie scolaire, exclusion volontaire, réalité d'enfants souffre-douleurs, témoignage d'une maman repartie dans le privé."

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2013/09/26/temp-666a1d2f920d73e49d3d77d33e253498-882444.html

 

et aussi celui du 20 février 2013, voir ci-dessous :

"L'école est pour tous, à quelques exceptions près... avec les moyens et personnels manquants. Mon témoignage de maman citoyenne gardant les yeux ouverts."

 http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2013/02/20/l-ecole-est-pour-tous-a-quelques-exceptions-pres-et-avec-les.html

 

Bonsoir à tous et toutes,

 L'année passée, au moment où Monsieur Sarkozy, encore Président, disait : "L'école est pour tous et doit s'adresser à tous les enfants", je vivais l'exclusion de l'école publique avec mon fils qui allait avoir sept ans.

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Quand on oblige un enfant à recopier le règlement de l'école à l'écart de tous, (pas le résumé mais celui qui s'adresse aux adultes), parce qu'il avait parlé à la cantine. Quand on laisse la violence s'installer dans la cour de l'école, au point que mon fils a vu son pantalon baissé et que la honte a été mise sur lui quand on a laissé croire que c'est lui qui montrait ses fesses... Quand un directeur prend à partie un enfant devant tous alors qu'il est déjà exclu par les autres. Quand les professeurs des écoles, n'ayant plus d'aides dans leur classe (Rased), laissent de côté un bon élève -qui du coup s'ennuie- pour s'occuper des nombreux enfants en difficulté de leur classe. Quand on abandonne un élève dans l'école alors que toute la classe part finaliser un projet de construction à l'extérieur, comme c'est arrivé pour mon fils, le jour où il a dû recopier le règlement de l'école, sans même le comprendre.

Mon fils est sorti de son école de la Villeneuve avant les vacances de février 2012 en pleurant et en disant qu'il ne voulait plus jamais retourner à l'école. Ce même enfant qui demandait à l'âge de deux ans d'aller à l'école et à trois ans d'apprendre à lire et écrire !

J'avais demandé depuis quelques temps de rencontrer la psychologue, proposant aussi un changement de classe pour mon fils, mais le temps a manqué à cette professionnelle et l'eau a coulé sous le pont de l'ennui, laissant le champ libre à la déception grandissant dans le coeur de mon fils.

Dernièrement, une conseillère familiale m'a confié son opinion que les parents devaient rester en retrait de l'école et de ce qui s'y passe, et qu'ils n'ont pas à s'opposer aux décisions et comportements du corps enseignant ni à donner leur opinion.

Je pense au contraire que nous sommes citoyens et qu'en tant que citoyens et parents, nous avons la responsabilité de prendre conscience d'un malaise existant au sein de l'école quand notre enfant souffre d'un état de fait. Si nous constatons des violences se poursuivant en cours de récréation, sans qu'un adulte n'intervienne -par faute bien sûr de manque de personnel-, si nous constatons que notre enfant est tombé et que personne ne nous a prévenu jusqu'au soir, laissant une plaie au crâne sans soins, prétextant qu'aujourd'hui, on ne doit rien soigner ni désinfecter, il est de notre devoir de parents d'agir et de signaler. Ce dernier fait s'est passé dans une école privée et il est véridique.

J'ai changé mon fils d'école et, au retour des vacances de février 2012, il a été reçu dans un nouvel établissement, dans une école privée accessible financièrement (je ne paye que quatre-vingt euros par mois). Il est arrivé dans une classe qui l'a très bien accepté ; mon fils a été accueilli par une maîtresse qui a su le rassurer sur l'école et sur le fait de pouvoir s'ouvrir de ses éventuelles difficultés avec d'autres enfants aux enseignants. Pouvoir accueillir la parole de l'enfant sans qu'il ait peur d'être puni, comme mon fils le vivait dans l'école précédente, et arrêter de punir tout le monde quand on préfère ne pas désigner un coupable. Quand on nous force à avaler de la terre comme mon fils en CP l'a vécu et qu'on est puni comme celui qui nous a humilié, parce que cela arrange le corps enseignant, c'est extrêmement injuste et destructeur.

Mon fils a rejoint une classe qui avait son niveau, avec beaucoup d'enfants ayant de l'énergie à revendre mais avec de l'avance pour la plupart. Il aime à nouveau l'école et a d'excellentes notes en CE1. Mais je dois dire que j'ai été amère d'entendre à propos de l'école publique qu'elle "existait pour tous", au moment où mon fils l'a quittée. Je pense que ce ne sont pas les rythmes scolaires qui sont à changer, mais plutôt l'encadrement des enfants, le nombre de personnel qualifié pouvant seconder les professeurs des écoles, les Rased à recruter en nombre, la formation IUFM des maîtres à remettre en route et des aides spéciales à mettre en place pour les enfants n'arrivant pas à apprendre à lire et à écrire.

Chloé LAROCHE

 

 

02/10/2017

J'ai douze ans et vous raconte l'histoire de ma scolarité. Douleurs, solutions, harcèlement, phobie scolaire, précocité, EIP, PAI, absentéisme.

J'ai douze ans et vous raconte l'histoire de ma scolarité.

Douleurs, maux de ventre, insomnies, exclusion, solutions, harcèlement, phobie scolaire, PAI, EIP, signalement, précocité.

 

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Je suis un garçon de douze ans

Et j’ai eu un parcours scolaire atypique
Je rêvais à deux ans d'aller à l’école
Et j’ai démarré chez les petits de Maternelle

Ma maîtresse déjà me trouvait très précoce
Puis nous avons dû déménager
Car le propriétaire voulait vendre
Je suis parti à la Villeneuve de Grenoble

En fin de deuxième année de maternelledouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,PAI,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance,
Ma mère a fait une demande pour le CP
Car je m’ennuyais et avais envie d’apprendre
Je voulais lire et faire d'autres choses

À cause du refus pour le CP
Je suis allé en privé où j'ai suivi
Deux niveaux en même temps
Mais l’école a fermé pour petits effectifs

Alors ma mère m’a remis dans le public
Mais là la maîtresse a parlé de niveau
Tiré vers le bas et moi aussi allant très mal
Car je m’ennuyais de plus en plus

Alors comme je demandais plus à l’écoledouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,PAI,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance,
J’ai commencé à montrer que j’existais
On m’a puni en me faisant copier sans rien comprendre
Tout le règlement de l’école à l’écart d’un projet

Projet où toute ma classe devait sortir
On m'a laissé dans une pièce tout puni
Et si triste de ne pouvoir participer, exclu
Que je commençais à tout détester

Et puis des idiots m’ont déshabillé dans la cour
Mais aucun adulte présent pour me défendre
On m'a fait manger du sable et du reste
En février, je ne voulais plus y retourner

Donc ma mère m'a remis dans le privédouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,pai,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance
En payant même si c’était dur pour elle
J’ai trouvé une gentille maîtresse
Qui a su me redonner confiance

J’ai dans la tête le décès de mon père
Et plein de douleurs dans les jambes
Qui m’empêchent souvent de m’endormir
Maux de croissance chez certains enfants

Et là, je passe en CE1 dans la même écoledouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,PAI,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance,
Mais en mai je dois partir car on déménage
Pour le nouvel emploi de ma mère à temps plein
J’arrive dans une nouvelle école dite publique

J'ai malheureusement des problèmes de dents
Je suis opéré mais finit l’année tout de même
Cependant arrive un drame le dernier jour
Je suis insulté et giflé dans un coin de la cour

J’ai tellement eu de peine et de peurs
Que j'ai demandé à ne pas y retourner
Je passe mon été à ressasser la violence
Reçue de la part de ces élèves jaloux

Ma mère demande le changement d’écoledouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,PAI,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance,
Mais la veille de la rentrée on lui annonce
L’obligation de mon retour dans ce même lieu
Alors qu'on lui avait parlé d'un autre possible

Ma mère trouve une école m'acceptant immédiatement
Dans le privé et au sein d’un petit village accueillant
J’ai fait là deux années en sautant même une classe
Car enfin ma précocité a été reconnue et prise en compte

Puis je suis entré au collège de proximité près de chez nous
Avec l’envie de devenir grand et l'entrée en sixième
Des maux de ventre ont tout cassé et aussi de l'humiliation
À nouveau des élèves m’ont humilié et m’ont fait honte

J’ai cherché à me défendre car on m'avait baissé le pantalondouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,PAI,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance,
Je me suis pris un avertissement au lieu d’être protégé
Puis les douleurs ont créé des absences nombreuses
Et j’ai vu quelques médecins pour me soigner sans succès

À la mi-décembre je suis arrivé dans une petite pièce du collège
Avec le médecin scolaire, l’infirmière et toute la direction
Chacun a été gentil et compréhensif avec moi et ma mère
Proposant la mise en place d’un PAI, projet d’accompagnement

Cela m'a soulagé car je ressentais une telle pression
Et aussi l'angoisse de ma mère face à mes absences
Mais ce qui me panique c'est d’avoir toutes ces douleurs
Et que des médecins me disent que c’est dans la tête

Certains ont fait même la morale à ma mèredouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,pai,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance
En lui disant qu'il fallait me forcer à aller en cours
Mais savent-ils qu’elle assume déjà son travail
Et qu'elle fait de son mieux pour m’élever ?

Malheureusement au bout de quatre semaines
Ma mère a été convoquée par le collège
Pour une terrible réunion où on lui a reproché
Mes changements d'école et mes problèmes

« Pourquoi tant d’écoles, Madame ??
Vous voulez garder votre fils chez vous…?
C’est pas bien de faire du tourisme médical…
Pourquoi aller voir tous ces médecins ?

Vous êtes un danger pour votre filsdouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,pai,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance
Le PAI est remis en question
On propose un signalement
Pour votre enfant pas assez présent »

La médecin scolaire a été terrible en créant
Un tribunal de femmes venues de la Direction
Debout devant ma mère seule et sans défense
Elle l’a accusée du pire et d’être mauvaise pour moi

Ma mère est rentrée en larmes à la maison
J’ai compris que l’apaisement s’était envolé
Les adultes m’avaient fait de fausses promessesdouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,pai,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance
Mon PAI n’était plus qu’un bateau à la dérive

Ils avaient dû mal compter car il y avait eu quinze jours
De vacances et puis beaucoup d’efforts de ma part
Des professeurs n’étaient même pas encore avertis du PAI
Le monde s'est écroulé pour ma mère blessée et déçue

Quinze jours après une lettre est arrivée avec une amende
Menace de huit cent euros pour les parents d’enfants absents
Beaucoup d’erreurs dans le comptage de mes absences
Même admis aux Urgences, il était noté : « pour raisons personnelles »

Puis j’ai été convoqué par des dames me posant plein de questions
Dans un grand immeuble puis à la maison avec ma mère présente
À certains moments j’étais seul avec ces personnes, essayant de répondre
Je sentais que tout était fait pour évaluer la situation et tout examiner

Au bout de quelques semaines, un rapport social est arrivé douleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,pai,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance
Avec notre histoire mais aussi des invraisemblances
Comme de dire que je n’appelle pas ma mère « Maman"
Ou qu’elle se conduit comme une soeur avec moi…

Enfin, un jour de mars, j’ai été inscrit au Cned car la Principale a dit
Que le collège n’était pas un hôpital et que… « Dieu merci
Tout le monde allait bien dans son établissement »… à part moi
Qui valait moins qu’un certain élève cancéreux qui lui était présent

Un médecin a proposé que je prenne de la mélatoninedouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,pai,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance
Pour résoudre mes problèmes d’insomnie et de peur du noir
J’ai pu garder la lumière la nuit et arriver à m’endormir plus tôt
Mais pour mes douleurs rien n’a été trouvé à part des granules

J’ai travaillé seul chez moi, en faisant cours et devoirs
Mais au bout de deux mois j’étais si triste avec des idées noires
Que ma mère m’a remis au collège pour la fin de l’année
Chose que j’ai demandée moi-même pour arrêter l’isolement

Je suis revenu pour la rentrée dans le même collège
J’étais en classe de cinquième mais avec encore des douleurs
Des jeunes ont commencé à me montrer du doigt et à me parler
De simulations et de mensonges sur mes absences

En octobre je suis rentré en refusant de retourner en ce lieudouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,pai,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance
Très vite on a parlé d’un dispositif de « Soins-études »
Et en attendant une place, inscription au Cned à nouveau
Jusqu’au printemps suivant j’ai attendu et rêvé à une solution

Lorsque j’ai été accepté à la Passerelle, j’ai essayé
Mais j’avais toujours des maux de ventre, des insomnies
Et les absences se sont accumulées avec la menace aussi
De n’être pas repris en mai ou à la rentrée suivante

Des personnes très accueillantes ont tout fait
Pour me redonner confiance et constance
Avec la proposition d’arriver à gérer mes douleursdouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,pai,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance
Et des termes comme « phobie scolaire » ont germé

Mais ma mère m’a appris qu’elle avait un cancer
Elle a été opérée en mai et j’avais peur, très peur
Mon père était mort sur une table d’opération
Comment ne pas avoir d’angoisses et de peurs ?

Bien que ma mère ait supplié la Passerelle de me garderdouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,pai,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance
La décision est tombée début juin : j’étais rejeté de là
Avec la seule possibilité possible : un retour au collège
Alors nous avons déménagé pas loin, de l’autre côté

Ils m’avaient gardé trois mois mais malgré leurs efforts
Je n’ai pas réussi à prouver ma bonne foi et ma volonté
J’étais regardé comme un garçon absent et un peu zèbre
Avec des douleurs bizarres comme un monstre invisible

Là, je suis maintenant dans un nouveau collège
En quatrième mais toujours des absences et des douleurs
Je dois gérer tout cela, plus mon regard inquiet sur ma mèredouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,pai,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance
Et mes inquiétudes car elle suit un traitement de chimiothérapie

Je vois bien qu’elle est courageuse, qu’elle fait à manger
Qu’elle est fatiguée mais qu’elle reste digne et forte
Le matin parfois elle me gronde pour me faire lever
Mais je lui ai dit un matin que j’avais envie de mourir

Alors elle a demandé de l’aide au médecin scolaire et à l’infirmière
Grâce à un handicap reconnu, du fait de mes douleurs qui durent
Une baisse de mes heures de cours a été proposée en essai
Sinon ma mère « risque d’être convoquée au Tribunal »

Ce sont les mots de l’assistante sociale du collègedouleurs,exclusion,phobie scolaire,harcèlement,peur,maux ventre,mal de ventre,insomnie,mélatonine,école,changement,soins-études,pai,médecin scolaire,abus,médecine,enfant,ado,adolescent,signalement,services sociaux,enquête,absentéisme,amende,réunion,parent,absence,collège,cned,correspondance,cours correspondance,instruction,obligatoire,devoir,cours,professeur,principal,infirmière,soins,groupe,médicament,souffrance
Je préfère croire aux propositions du médecin
Même si cette dernière a parlé d’hospitalisation
Pour l’instant je fais beaucoup d’efforts

J’espère que ma mère va guérir et que…
Je vais arrêter de souffrir.

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---------------------------  Solutions et aides :

 

http://www.phobiescolaire.org/

http://www.phobiescolaire.org/livres

http://www.anpeip.org/quest-ce-que-la-precocite-intellectuelle/si-precocite-pourquoi-savoir/reconnatre-precocite

 

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29/09/2013

"On garde toujours la trace d'un amour, d'un absent"...

http://youtu.be/EHkn5bjm3nI

http://youtu.be/0-T_PZbQnVc

 

chloe_enfant.jpg___________________________À toi mon père, pour ton anniversaire le 29 septembre. Tu es parti dans l'autre monde, le 21 juin 2012, brûlé dans ta voiture, mais je sais que ton âme poursuit sa route. Elle est pour toi, cette chanson et ces deux vidéos, à toi qui a connu la pension très jeune et le déchirement de ne plus voir ta mère, à qui tu écrivais des lettres à pleurer...

Ces paroles me parlent ; elles sont miennes aussi.

 

Beau Malheur

d'Emmanuel MOIREpour_chloe.jpg

 

_____________________________

Tu me dis que rien ne passe
Même au bout d'un moment
Qu'un beau jour c'est une impasse
Et derrière l'océan
Que l'on garde toujours la trace
D'un amour, d'un absent
Que tu refais surface
Comme hier droit devant
Tu me dis que rien ne sert
La parole ou le temps
Qu'il faudra une vie entière
Pour un jour faire semblant
Pour regarder en arrière
Revenir en souriant
En gardant ce qu'il faut taire
Et puis faire comme avant

Je peux seulement te dire
Je peux seulement te dire
Qu'il m'a fallu la peur pour être rassuré
Que j'ai connu la douleur avant d'être consolé
Qu'il m'a fallu les pleurs pour ne plus rien cacher
Que j'ai connu la rancœur bien avant d'être apaisé
Tu ne sais pas encore ce que je sais par cœur
Ce que je sais par cœur...beau malheur

Tu me dis que rien n'efface
Ni la craie ni le sang
Qu'on apprend après la classe
Ou après ses 30 ans
On peut dire 3 fois hélas
Que personne ne l'entend
Comme personne ne remplace
Ceux qui partent pour longtemps
Tu me dis que vient l'hiver
Qu'on oublie le printemps
Que l'on vide les étagères
Qu'on remplit autrement
Qu'on se rappelle les yeux verts
Le rire à chaque instant
Qu'après tout la voix se perd
Mais les mots sont vivants

Je peux seulement te dire
Je peux seulement te dire
Qu'il m'a fallu la peur pour être rassuré
Que j'ai connu la douleur avant d'être consolé
Qu'il m'a fallu les pleurs pour ne plus rien cacher
Que j'ai connu la rancœur bien avant d'être apaisé
Tu ne sais pas encore ce que je sais par cœur
Ce que je sais par cœur

Tu me dis que c'est un piège
Un jeu pour les perdants
Que le bateau est en liège
Et l'armure en fer blanc
Que plus rien ne te protège
Ou alors pas longtemps
Que c'est comme un sortilège
D'être seul à présent

Je peux seulement te dire
Je peux seulement te dire
Pour être rassuré
Avant d'être consolé
Pour ne plus rien cacher
Bien avant d'être apaisé

Il m'a fallu la peur pour être rassuré
Et j'ai connu la douleur avant d'être consolé
Il m'a fallu les pleurs pour ne plus rien cacher
Et j'ai connu la rancœur bien avant d'être apaisé
Tu ne sais pas encore ce que je sais par cœur
Ce que je sais par cœur... beau malheur
_________________________________________________________________________

26/09/2013

Harcèlement à l'école publique, phobie scolaire, exclusion volontaire, réalité d'enfants souffre-douleurs, témoignage d'une maman repartie dans le privé.


Bonjour à tous et toutes,

 

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L'enseignement public ne sait comment gérer cela, préférant baisser la tête plutôt que de réagir sainement  et de voir les choses en face.

Je vais vous parler d'un cas réel, de l'histoire véridique d'un jeune garçon habitant l'agglomération grenobloise, au sein d'un quartier non défavorisé.

L'enfant se trouvait en classe de Cinquième et s'est trouvé aux prises avec un groupe de jeunes de Troisième qui l'empêchaient de prendre le car, en lui volant sa carte de bus. Ils lui mettaient la tête dans la cuvette des WC, sans parler d'autres humiliations subies par ce pauvre enfant devenu le souffre-douleur de jeunes collégiens en manque de sensations détestables.

Il a subi tout ceci durant sept mois et finalement se mit a vouloir mourir, ne trouvant d'issue que dans le geste final et désespéré du suicide.

Aujourd'hui, il a réussi à en parler et ne va plus à l'école. Il ne peut plus retourner au collège, tellement traumatisé par les faits vécus. Ses parents, intelligents et à l'écoute de leur enfant, l'ont inscrit au CNED, centre d'enseignement par correspondance, et il poursuit sa scolarité ainsi et a de très bonnes notes.enseignement public,école publique,école privée,harcèlement,enfant,collège,primaire,phobie scolaire,souffre-douleur,violence,peur,cned,fuite,changement,agression,camarade,professeur,instituteur,classe,enseignement par correspondance,écoute,bienveillance,enfants sur-doués,difficulté scolaire,punition,exclusion,arles,enfant pendu,porte-manteau,icare,témoignage,parent,inquiétude,délinquance,inspection académique,mairie,service scolaire,changement d'école,refus,rentrée scolaire,désarroi,étonnement,révolte,finance,aide,compréhension,écoute des parents,souffrance morale,humiliations,silence

Au final, ce jeune a dû s'exclure de son collège et s'écarter de tous ses camarades, vivant un isolement certain. Mais que deviennent les autres jeunes qui ont eu ces comportements terribles et destructeurs avec lui ?

Au primaire aussi, nous rencontrons des choses similaires... À la Villeneuve, mon fils, en classe de CP, a été aux prises avec des plus grands dans la cour de récréation et des enfants lui ont baissé son slip et l'ont humilié avec des moqueries. Mais bien sûr,  rien n'a été fait. À la limite, c'était "de sa faute". J'en ai déjà parlé précédemment. 

En fin d'année scolaire, alors que j'avais déménagé non loin de Grenoble, dans une zone non défavorisée, mon fils a réintégré l'école publique. Le dernier jour de l'école, le 5 juillet 2013, mon fils a été entraîné à l'écart lors d'une pause, à l'abri du regard des adultes. Là, des camarades l'ont insulté : "T'es un gros con", "Tu sais même pas travailler", etc. Certains l'ont plaqué contre le mur et un camarade l'a giflé. On lui a aussi tapé sur les doigts avec une raquette. Mon fils travaille bien et est un très bon élève, ceci pouvant susciter des jalousies.

Il est parti en pleurs auprès d'une dame de l'école. Mon fils a été très traumatisé par cet évènement et choqué, au point qu'il ne voulait pas retourner dans cette école. Les vacances n'ont rien changé à sa détermination de ne plus pouvoir y aller, ayant la peur au ventre.

Le soir même, l'école était fermée pour les grandes vacances et après une longue réflexion, j'ai demandé un changement d'école au service scolaire de la Mairie. Les responsables m'ont convoquée et m'ont entendue, me donnant l'espoir de pouvoir mettre mon fils dans une classe ouverte pour accueillir de nombreux nouveaux arrivants dans la commune.

J'ai attendu leur réponse définitive et la veille de la rentrée, je n'avais pas de réponse ni le nom de la nouvelle école. J'appelle à la Mairie et là, on m'annonce que non, il ne changera pas d'école, que sur décision de l'Inspection, de la Mairie et des Directeurs d'école, mon fils devra dès le lendemain prendre son CE2 dans la même école !!

Nous étions le 2 septembre, à 15 h 30. Mon fils rentrait le 3, à 8 h 30. J'étais au travail. Que faire ? Annoncer à mon fils que ma demande était rejetée ?? Voir une rentrée gâchée par un refus de mon fils d'aller à l'école, prévoir des cris et des pleurs ?

J'ai décidé de contacter par téléphone l'enseignement privé, ne voyant aucune autre solution. J'ai donc appelé une école, la seule dans mon secteur, et la directrice m'a invitée à venir le soir-même pour finaliser l'inscription. Le lendemain matin, mon fils entrait dans sa nouvelle école, une petite école de quatre-vingt-dix enfants, entre maternelle et primaire. C'est une école très pédagogique, dans laquelle les enseignants réfléchissent au fait d'être bienveillants envers les enfants, accompagnant les élèves en difficulté tout en prenant en compte les enfants doués et ayant des capacités hors du commun. Il existe diverses nationalités dans cette école, dont l'enseignement est basé sur la tolérance et le respect des différences.

Je ne parlerai pas bien sûr du coût généré par ce choix, car je préfère ce sacrifice relatif pour le bien-être de mon fils et en faveur de son épanouissement scolaire. Il est évident qu'en tant que maman solo élevant seule mon fils, l'aspect financier peut peser lourd, mais je crois qu'il y a des priorités.

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Cette institutrice a pu se sentir débordée et excédée par son caractère débordant. Peut-être aurait-elle pu gérer cette situation et aurait-elle pu accompagner de plus près ce garçon, si elle avait pu avoir une aide, une autre personne la secondant dans la classe. On demande aux professeurs des écoles d'offrir un enseignement général à leur classe, mais que fait-on des élèves qui s'ennuient parce qu'ils ont déjà compris avant les autres et que fait-on des enfants en grande difficulté scolaire et familiale ? Une classe n'est pas un pain qu'on malaxe avec de la farine alliée aux oeufs et à l'eau. L'enfant a droit à l'écoute et à un accompagnement personnalisé, en rapport avec ses capacités.

Quarante-cinq minutes pour rejoindre le ciel, c'est le temps qu'il a fallu à Icare pour s'approcher du soleil et toucher la chaleur dont il avait sûrement besoin.


Chloé LAROCHE


P.-S. : cet article est la suite de mon témoignage-réflexion du 20 février 2013.

En voici le lien :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2013/02/20/l-ecole-est-pour-tous-a-quelques-exceptions-pres-et-avec-les.html


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20/02/2013

L'école est pour tous, à quelques exceptions près... avec les moyens et personnels manquants. Mon témoignage de maman citoyenne gardant les yeux ouverts.

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L'année passée, au moment où Monsieur Sarkozy, encore Président, disait : "L'école est pour tous et doit s'adresser à tous les enfants", je vivais l'exclusion de l'école publique avec mon fils qui allait avoir sept ans.

L'exclusion d'un bon élève par le dégoût de l'école publique...école,école publique,rythmes scolaires,parent,enfant,citoyen,iufm,professeur,instituteur,violence,négligence,récréation,actualité,politique,école privée,niveau scolaire,ennui,punition,abus,exclusion,départ,déception,rased,grenoble,enseignement,ministre éducation,honte,peur,parole,écoute,classe,scolaire,décision,changement d'école,radiation,année scolaire,cp,élève,justice,règlement

Quand on oblige un enfant à recopier le règlement de l'école à l'écart de tous, (pas le résumé mais celui qui s'adresse aux adultes), parce qu'il avait parlé à la cantine. Quand on laisse la violence s'installer dans la cour de l'école, au point que mon fils a vu son pantalon baissé et que la honte a été mise sur lui quand on a laissé croire que c'est lui qui montrait ses fesses... Quand un directeur prend à partie un enfant devant tous alors qu'il est déjà exclu par les autres. Quand les professeurs des écoles, n'ayant plus d'aides dans leur classe (Rased), laissent de côté un bon élève -qui du coup s'ennuie- pour s'occuper des nombreux enfants en difficulté de leur classe. Quand on abandonne un élève dans l'école alors que toute la classe part finaliser un projet de construction à l'extérieur, comme c'est arrivé pour mon fils, le jour où il a dû recopier le règlement de l'école, sans même le comprendre.9417629-petite-fille-triste-les-larmes-aux-yeux.jpg

Mon fils est sorti de son école de la Villeneuve avant les vacances de février 2012 en pleurant et en disant qu'il ne voulait plus jamais retourner à l'école. Ce même enfant qui demandait à l'âge de deux ans d'aller à l'école et à trois ans d'apprendre à lire et écrire ! 

J'avais demandé depuis quelques temps de rencontrer la psychologue, proposant aussi un changement de classe pour mon fils, mais le temps a manqué à cette professionnelle et l'eau a coulé sous le pont de l'ennui, laissant le champ libre à la déception grandissant dans le coeur de mon fils.

11429439-garcon-debout-devant-un-tableau-noir-avec-bulle-de-pensee.jpgDernièrement, une conseillère familiale m'a confié son opinion que les parents devaient rester en retrait de l'école et de ce qui s'y passe, et qu'ils n'ont pas à s'opposer aux décisions et comportements du corps enseignant ni à donner leur opinion.

Je pense au contraire que nous sommes citoyens et qu'en tant que citoyens et parents, nous avons la responsabilité de prendre conscience d'un malaise existant au sein de l'école quand notre enfant souffre d'un état de fait. Si nous constatons des violences se poursuivant en cours de récréation, sans qu'un adulte n'intervienne -par faute bien sûr de manque de personnel-, si nous constatons que notre enfant est tombé et que personne ne nous a prévenu jusqu'au soir, laissant une plaie au crâne sans soins, prétextant qu'aujourd'hui, on ne doit rien soigner ni désinfecter, il est de notre devoir de parents d'agir et de signaler. Ce dernier fait s'est passé dans une école privée et il est véridique.14733387-retour-a-l-39-ecole-belle-carte-avec-les-maple-leafs-de-illustration.jpg


J'ai changé mon fils d'école et, au retour des vacances de février 2012, il a été reçu dans un nouvel établissement, dans une école privée accessible financièrement (je ne paye que quatre-vingt euros par mois). Il est arrivé dans une classe qui l'a très bien accepté ; mon fils a été accueilli par une maîtresse qui a su le rassurer sur l'école et sur le fait de pouvoir s'ouvrir de ses éventuelles difficultés avec d'autres enfants aux enseignants. Pouvoir accueillir la parole de l'enfant sans qu'il ait peur d'être puni, comme mon fils le vivait dans l'école précédente, et arrêter de punir tout le monde quand on préfère ne pas désigner un coupable. Quand on nous force à avaler de la terre comme mon fils en CP l'a vécu et qu'on est puni comme celui qui nous a humilié, parce que cela arrange le corps enseignant, c'est extrêmement injuste et destructeur.12668173-triste-larme-pleurer-d-39-un-il-d-39-un-enfant.jpg

Mon fils a rejoint une classe qui avait son niveau, avec beaucoup d'enfants ayant de l'énergie à revendre mais avec de l'avance pour la plupart. Il aime à nouveau l'école et a d'excellentes notes en CE1. Mais je dois dire que j'ai été amère d'entendre à propos de l'école publique qu'elle "existait pour tous", au moment où mon fils l'a quittée. Je pense que ce ne sont pas les rythmes scolaires qui sont à changer, mais plutôt l'encadrement des enfants, le nombre de personnel qualifié pouvant seconder les professeurs des écoles, les Rased à recruter en nombre, la formation IUFM des maîtres à remettre en route et des aides spéciales à mettre en place pour les enfants n'arrivant pas à apprendre à lire et à écrire.13208405-retour-a-la-carte-du-frere-mignon-et-soeur-de-l-39-age-ecole-primaire-a-pied-de-l-39-arret-de-bus-sc.jpg

Chloé LAROCHE13169775-les-enfants-des-ecoles-a-enseignement.jpg15831191-des-enfants-heureux-ensemble-sur-la-terre.jpg

 

23/06/2012

Hommage à mes parents décédés ce jeudi à Capdenac. Pour Danielle et Alain Laroche.

Toute notre famille est sous le choc. Drame terrible de deux décès consécutifs, à quelques heures d'intervalle.

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Notre mère est décédée le jeudi 21 juin 2012, après avoir atteint un point ultime de maigreur et d'impossibilité de manger, de s'alimenter, suite à un cancer qui s'est généralisé à différents organes.  


Notre père est mort ensuite, le même jour, dans une violente collision avec un poids-lourd. 

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Son véhicule a été broyé dans le choc qui l'a renvoyé à quarante-cinq mètres, créant une explosion et un brasier dans lequel mon père est mort carbonisé. alain laroche,danielle laroche,avis de décès,cancer,maladie,orphelin,mort,parent,figeac,capdenac,lot,aveyron,accident,poids-lourd,drame,amour,philemon et baucis,hommage,amour filial,famille,espérance,au-delà,âme,éternité,deuil,textes pour cérémonie funèbre,isère,savoie,tarentaise,doucy

Heureusement, le chauffeur du camion est en vie, bien que brûlé en ayant essayé de sortir mon père de la voiture en feu, sans pouvoir finalement l'extraire du brasier. Il reste aujourd'hui très choqué. Je tiens à le remercier. Nous pensons à lui. IMG_0354.JPG

Je tiens à remercier aussi les pompiers qui sont encore sous le choc, ainsi que le Maire de Capdenac, les gendarmes de Figeac et toute la population très affectée par ce drame.

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http://www.ladepeche.fr/article/2012/06/22/1384247-la-voiture-se-jette-sous-le-camion-un-mort.html#xtor=RSS-6

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http://www.midilibre.fr/2012/06/21/dma-un-homme-de-70-ans-perit-carbonise-dans-une-terrible-collision-avec-un-poids-lourd,520887.php

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La cérémonie d'adieu s'est tenu à Capdenac-Gare au Crématorium à 10 h 30, le lundi 25 juin. 

Des condoléances peuvent être laissés à :

http://www.le-choix-funeraire.com/avisdedeces/avis-176.html

ou dans les commentaires de ce faire-part ici-présent.

 

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POUR MES PARENTS, VOICI QUELQUES TEXTES, QUELQUES PHOTOS...

 

"Par la mort, la famille ne se détruit pas, elle se transforme, une part d'elle va dans l'invisible. On croit que la mort est une absence, quand elle est une présence secrète. On croit qu'elle crée une infinie distance, alors qu'elle supprime toute distance, en ramenant à l'esprit ce qui se localisait dans la chair. Que de liens, elle renoue, que de barrières elle brise, que de murs elle fait crouler, que de brouillard elle dissipe, si nous le voulons bien. Plus il y a d'êtres qui ont quitté le foyer, plus les survivants ont d'attaches célestes. Le ciel n'est plus alors uniquement peuplé d'anges, de saints connus ou inconnus et du Dieu mystérieux. Il devient familier, c'est la maison de famille, la maison en son étage supérieur, si je puis dire et du haut en bas, le souvenir, les secours, les appels se répondent."


Père Sertillanges O.P.imm017_19.jpgimm008_11A.jpg


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"La mort n'est rien. Je suis seulement passé dans la pièce à côté. Je suis moi, vous êtes vous. Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours. Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné. Parlez de moi comme vous l'avez toujours fait. N'employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel et triste. Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble. Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi. Que mon nom soit prononcé comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre. La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié. Elle est ce qu'elle a toujours été. Le fil n'est pas coupé. Pourquoi serais- je hors de votre pensée simplement parce que je suis hors de votre vue ? Je vous attends. Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin. Vous voyez, tout est bien."


Chanoine Scott Holland____________________________imm004_6A.jpg
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"Je vivrai par-delà la mort,

Je chanterai à vos oreilles

Même après avoir été emporté,

Par la grande vague de la mer

Jusqu’au plus profond de l’océan.

Je m’assiérai à votre table

Bien que mon corps paraisse absent,

Je vous accompagnerai dans vos champs, Esprit invisible.

Je m’installerai avec vous devant l’âtre,

Hôte invisible aussi.

La mort ne change que les masques

Qui recouvrent nos visages.

Le forestier restera forestier,

Le laboureur, laboureur,

Et celui qui a lancé sa chanson au vent

La chantera aussi aux sphères mouvantes."


 

Khalil Gibran__________________________________oraison funèbre1.jpg

 


 

 


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Et c'est comme des pas

 

Qui s'arrêtent.

 

Mais si c'était un départ

 

Pour un nouveau voyage...

 


 

Quelqu'un meurt,

 

Et c'est comme une porte

 

Qui claque.

 

Mais si c'était un passage

 

S'ouvrant sur d'autres paysages...

 


 

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Et c'est comme un arbre

 

Qui tombe,

 

Mais si c'était une graine

 

Germant dans une terre nouvelle...

 

Quelqu'un meurt,

 

Et c'est comme un silence

 

Qui hurle.

 

Mais s'il nous aidait à entendre

 

La fragile musique de la vie...

 

 


Benoît Marchon________________________alain laroche,danielle laroche,avis de décès,cancer,maladie,orphelin,mort,parent,figeac,capdenac,lot,aveyron,accident,poids-lourd,drame,amour,philemon et baucis,hommage,amour filial,famille,espérance,au-delà,âme,éternité,deuil,textes pour cérémonie funèbre,alain laroche,danielle laroche,avis de décès,cancer,maladie,orphelin,mort,parent,figeac,capdenac,lot,aveyron,accident,poids-lourd,drame,amour,philemon et baucis,hommage,amour filial,famille,espérance,au-delà,âme,éternité,deuil,textes pour cérémonie funèbre,

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16/11/2011

Je suis émue de la situation d'une maman congolaise privée de son existence. Mon propos sur l'identité, sur notre place dans la société, sur la légitimité reconnue ou non d'une adoption, d'un lien de coeur.

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J'avais déjà donné un lien dernièrement pour aider une maman congolaise à rentrer en France afin de retrouver ses enfants restés sur le territoire et de ramener deux de ses filles à Paris. Madame Vigoureux se trouve bloquée au Congo où elle s'était rendue afin de prouver son identité et de ramener un papier demandé par les autorités françaises.vigoureux,congo,afrique,identité,existence,adoption,exister,accueil,sans papiers,étranger,immigration,politique,frontiere,bénin,famille adoption,refus adoption,justice,tribunal,actualité,rapprochement familial,injustice,pétition,education sans frontieres,france,adolescence,colère

Il faut toujours prouver son identité alors que nous existons bel et bien, en tant qu'être humain. Pour ma part, combien de fois m'a-t-on demandé à la Caf notamment de prouver l'identité de mes filles adoptives, de prouver leur existence. La société nous a enregistré une fois mais d'années en années, combien de fois doit-on justifier de notre existence réelle et valable ?

Ma fille adoptive venue du Bénin fait les frais d'une situation scabreuse qui veut que son adoption ne soit pas reconnue en France. Issue d'une famille biologique dont le père est polygame et a abandonné tous ses enfants, les arrachant à leurs mères respectives, le dossier d'adoption subit les zones d'ombre de cette famille qui a menti au départ, se déclarant morts mais pourtant réellement bien vivants.

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Cependant, si une famille adoptive n'est pas légalement acceptée par la société et qu'on lui demande par ailleurs d'exister au niveau de l'autorité, comment peut-elle s'enraciner dans la légitimité de son existence, puisque régulièrement, il m'a été dit : "Vous n'êtes pas sa mère aux yeux de la loi."

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Je suis désolée de tout cela, meurtrie pour ma fille, mais ne pouvant plus rien faire désormais, à part saisir la Cour européenne des Droits de l'Homme, je prête ma plume à d'autres familles en difficulté et ici, en l'occurrence, je souhaite que vous vous penchiez sur le cas de cette maman : Madame Vigoureux, en signant la pétition donnée plus bas et en lisant l'article ci-dessous envoyé par Éducation sans Frontières.

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Merci pour votre lecture de mon blog, qui compte près de cinq cents lecteurs par jour. 

Merci de signer en nombre la pétition dont vous trouverez le lien en bas du rapport ci-dessous.

 

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______ "Depuis juillet dernier, une mère et ses deux filles de 13 et 15 ans, vivent un cauchemar, loin de chez elles, bloquées à Pointe-Noire, au Congo, faute de documents d’identité leur permettant de rentrer à Paris.


Brigitte Vigoureux, née au Congo et de nationalité belge, réside à Paris depuis plus de vingt ans. Quatre de ses enfants vivent avec elle, dont deux ont la nationalité française. Pour des raisons obscures que la Belgique refuse toujours de communiquer, à Paris, les autorités belges lui ont refusé le renouvellement de ses papiers d’identité et l’ont déclarée de nationalité indéterminée, ainsi que ses enfants. Elles lui réclament un certificat de naissance authentifié à la fois par son pays de naissance et par les autorités consulaires belges à Brazzaville.

En juillet dernier, munie d’un laissez-passer congolais, elle s’envole pour Brazzaville avec ses deux filles mineures, Thyssina 13 ans et Elaura 15 ans, afin de récupérer le document demandé. Sur place, elle effectue une demande de renouvellement de passeport auprès du consulat belge à Brazzaville, mais se heurte à un refus catégorique de l’ambassade. Brutalement devenues sans papiers et apatrides, Brigitte, Thyssina et Elaura ne peuvent rentrer à Paris. Bloquées depuis juillet à Pointe-Noire, elles ne survivent que parce qu’elles sont hébergées par la mère de Brigitte.

A Paris, son absence a totalement désorganisé la vie de la famille : le compte bancaire de sa mère ayant été bloqué, Amata, la cadette, attend sa bourse scolaire pour payer une partie des charges financières de l’appartement de la famille, Victor, l’aînée, étudiante devenue brutalement chef de famille, doit faire face à des problèmes de plus en plus aigus, et a dû trouver du travail pour régler les besoins les plus urgents. Quant au fils aîné qui vit au Canada, il a dû interrompre ses études, faute de pouvoir régler les frais de scolarité et s’est vu retirer son titre de séjour.

Thyssina et Elaura, de leur côté, n’ont pu effectuer leur rentrée scolaire, en septembre, dans les établissements du 13ème arrondissement de Paris où elles sont scolarisées : en 4ème au collège George Sand pour Thyssina, et en 2nde au lycée Claude Monet pour Elaura. En outre, depuis son arrivée à Pointe-Noire, Thyssina souffre du paludisme et a dû être hospitalisée.

L’avocat bruxellois qui cherche à démêler la situation administrative de Brigitte Vigoureux se heurte à un mur : en l’absence de gouvernement, il ne trouve aucun interlocuteur qui puisse lui fournir une explication. Et le consul de Belgique à Paris a prévenu le comité de soutien qui s’est organisé autour de la famille que le règlement de la situation administrative de Brigitte Vigoureux pourrait prendre des mois !

Pendant ce temps, la vie de la famille Vigoureux se dégrade de jour en jour. Dernier coup dur : Victor et Amata ont reçu une lettre d’huissier pour cause de loyers impayés !

Cela suffit !

Cette situation a assez duré : pour cause de carence de l’état belge, deux toutes jeunes filles sont déscolarisées, ont déjà perdu plus de deux mois de programmes scolaires et attendent de pouvoir rentrer chez elles, sans comprendre pourquoi elles subissent un tel ostracisme.

Thyssina et Elaura, ainsi que leur mère Brigitte Vigoureux, doivent revenir à Paris immédiatement !

Ces deux enfants n’ont pas à subir l’incurie de l’Etat belge !

C’est pourquoi nous demandons au défenseur de droits français, qui a été saisi du dossier, au ministre de l’intérieur, également saisi, d’accélérer les procédures en cours afin que Thyssina, Elaura et leur mère puissent enfin reprendre le cours de leur vie, ici, en France."

 

Et toujours : 
- Pétition pour leur retour : http://resf.info/article38830.html 
- Plus d’infos sur le blog Mediapart de RESF : http://resf.info/article38831.html

Contacts presse :
Marc Naelten (RESF Paris 5-13) : renaud-naelten@orange.fr 06 79 54 03 33
Daniel Cassiaux (collège George Sand) : 06 87 09 18 97
En Belgique : Nathalie Fessol : nath.edme.fessol@gmail.com 0032 2 763 02 09

 

11/09/2011

Témoignage de l'accueil dans ma famille d'un ancien drogué et dealer, par le biais d'une association grenobloise. Récit d'un "point-virgule" douloureux.

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On se rappelle du crime atroce commis à Lauris, dans le Vaucluse, le 9 février 2009. Emmanuelle Letru avait 27 ans et attendait un enfant. Elle devait accoucher dans les jours suivants, lorsque des individus ont pénétré dans la maison conjugale et ont tué par méprise cette jeune femme, déjà maman d'un enfant. Ils voulaient en fait éliminer son compagnon et futur papa du bébé en attente, dans une expédition punitive. Cet homme était un ancien drogué, toujours en traitement de substitution de sevrage.

 

Son passé l'a rattrapé, pour son plus grand désespoir. Les meurtriers, au moment des faits, étaient sous l'emprise de la drogue et de l'alcool.

 

Tout le monde a droit à une chance, la chance de recommencer une vie. Le compagnon d'Emmanuelle Letru voulait y croire et penser à une nouvelle vie.

 

k3149907.jpgEn 2009, j'ai voulu donner une chance à un jeune homme de 24 ans, ancien drogué et sortant juste d'un centre de désintoxication. Il est arrivé chez moi le même jour où Emmanuelle a été enlevée à la vie. L'association qui m'a confié Omar a été heureuse de voir que je prenais à coeur l'accueil de ce jeune et me rendait régulièrement visite pour voir si tout allait bien. Une éducatrice venait chaque semaine discuter avec moi et avec mon protégé, afin de surveiller son état d'ancien drogué encore en traitement de substitution et aussi pour examiner l'avancement de son accueil et accompagner son insertion au sein du monde.k1692245.jpg

 

J'étais censée en tant que famille d'accueil offrir à ce jeune une passerelle entre son passé et son avenir, le présent n'étant qu'une parenthèse dans ma demeure évoquant le doux cocon du papillon à venir... un "point-virgule" entre deux phrases, deux phases de vie.

 

Au bout de trois mois, il m'a été demandé si je pouvais prolonger l'accueil d'Omar, ce qui leur rendait bien service, du fait d'un manque sérieux de possibilités d'hébergement en plus grande autonomie. L'association m'a refait la même demande chaque mois, jusqu'à ce que cinq mois soient presque écoulés.

 

Entre temps, j'ai appris que cet homme avait fait du commerce de drogue au cours de son passé de drogué, avec des drogues dures notamment. Il n'avait jamais travaillé, sauf en vendant ces terribles armes de mort. J'ai compris aussi que des personnes pouvaient vouloir le rechercher et j'ai saisi plus volontiers pourquoi l'association refusait à ce jeune homme l'accès au téléphone de la maison, sans avoir non plus la possibilité de donner mon numéro à qui que ce soit.

 

J'en ai voulu soudainement à l'association de m'avoir confié cet homme, dont l'accueil aurait pu nous mettre en danger, moi et mes enfants. Je considérais que chacun a la responsabilité de ses choix dans la vie et que au lieu de travailler et d'étudier, il avait préféré aller vendre de la drogue à des gamins sans défense. À 24 ans, il avait eu le temps de réfléchir à sa vie. Il avait décidé de changer et je l'avais accompagné mais j'avais un goût amer de protection maternelle vis à vis de ma famille.

 

Le pire est qu'il s'est avéré en fin d'accueil être sournois et enclin au mensonge sur ma famille, sur le quotidien familial et sur son accueil chez moi. Mon fils est alors tombé sur une lettre où il disait du mal de moi à une personne du centre de désintoxication, jusqu'à lire que ce serait ma dernière expérience d'accueil au sein de cette association.

 

Cette dernière s'est protégée en évitant que j'arrive à joindre le directeur, parti en vacances durant l'été. Les éducateurs ont intercepté les informations et se sont camouflés derrière le fait que j'avais eu des conflits avec ma fille adoptive six mois auparavant, prenant ce prétexte pour arrêter tout accueil avec moi.

 

Ma fille ayant dû prendre de la distance avec notre foyer durant plusieurs mois et étant éloignée provisoirement dans un internat adapté aux adolescents en difficultés, j'avais alors pu accueillir ce jeune en lui offrant une chambre pour quelques mois. Toute la famille s'est sacrifiée pour m'accompagner dans cet accueil, puisque mes trois enfants (dont ma fille adoptive qui revenait le week-end) dormaient dans la même chambre, afin de laisser un espace privé à cette personne ayant besoin d'aide. Ouvrir l'espace privé familial à une personne inconnue est un évènement d'un grand poids pour tous les membres d'une famille et aussi pour les enfants, naturellement, car ils sont obligés de laisser leurs parents (ici, leur maman) donner une part de temps et d'attention à un intrus.

 

Le souci était que j'étais une femme ayant juste dix-huit ans de plus que cet homme. On me demandait d'avoir de l'autorité sur lui et de surveiller ses déplacements. Il n'avait pas le droit de sortir le soir et il ne pouvait pas fumer chez moi. Je vivais en appartement, en outre pas très grand, et je dois dire que cette expérience n'a pas été sans angoisses et sans peurs.

 

x17826587.jpgPourtant j'ai rempli ma mission avec coeur, emmenant cet homme sur tous les chemins de balade autour de Grenoble, en sorties familiales aussi et le nourrissant chaque jour avec de bons petits plats. Il était né le même jour que mon fils de quatre ans et nous avions eu la joie de fêter leur anniversaire fin février 2009, avec exactement vingt ans d'écart entre eux.k0244250.jpg

 

Mon fils s'est attaché à lui et lorsque ce jeune homme est parti sans se retourner, suite à cette lettre me dénigrant, celle dont j'ai parlé plus haut… cela a été très dur de mettre des mots sur le fait que parfois des personnes qu'on affectionne et qu'on protège peuvent ne faire qu'un passage et ne jamais revenir. Omar n'a pas dit un seul merci et je n'ai jamais eu de nouvelles.

 

L'association ne m'a jamais remerciée pour mon travail et le directeur n'a pas bougé pour me convoquer et savoir quelle souffrance pouvait rester de tout cela.

 

Durant tout le temps de cet accueil, je n'étais de plus pas payée en feuilles de paye mais en indemnités, qui équivalaient à sept cent euros par mois réglés par chèque. Considérée comme une famille d'accueil bénévole, on pouvait me jeter à la poubelle sans état d'âme.

 

PAA186000054.jpgJe considère que cette association a fait du tort à ma famille, à mon jeune fils et à moi-même en ne nous ayant pas protégés du fait de m'avoir confiée un homme majeur, ancien dealer, et en ayant fait état de négligence et surtout de non reconnaissance d'un travail que j'avais mené à bien, d'une mission que j'avais honorablement remplie, puisque le passage d'Omar dans notre famille devait le remettre en selle avec le monde, comme une antichambre entre le passage en centre de désintoxication et sa nouvelle formation, formation qui s'est avérée salutaire pour lui.

 

Le fait d'avoir été pour cet accueil une femme seule a donné le droit à cet homme de partir la tête haute, sans dire un seul merci et en me rabaissant par le dénigrement.

 

J'en souffre encore car ces mots, c'est la première fois que je les dis et que j'arrive à raconter cette histoire.

 

Mon fils qui avait déjà perdu son papa -un an avant- a perdu un grand frère de la même origine que son père né en Algérie. Des résonances se sont tues à jamais, avec des larmes versées pour les absences des morts mais aussi des vivants.

 

Je dépose ce témoignage sur la place de Grenoble afin qu'il ne soit pas lettre morte.

Je suis consciente que tout cela est très grave et j'espère que tous les protagonistes de cette histoire pourront lire cet article.

Merci de m'avoir lue. 

 

Chloé LAROCHE

 

20/12/2010

"Chaque mère qui enfante devine que l'enfant qu'elle vient de mettre au monde est le messie." Mon propos pour l'arrivée de Noël dans nos vies.

bxp45366.jpgBonsoir à tous et toutes,

Nous sommes à une semaine de Noël, cette fête de la femme, de la mère et de la naissance toujours renouvelée.

"Chaque mère qui enfante devine que l'enfant qu'elle vient de mettre au monde est le messie et elle a raison."

Qui a dit cela ? C'est Michel Serres qui a prononcé ces paroles sur France Info, dans la chronique qu'il partage chaque dimanche soir avec Michel Polacco sur cette radio.

Chaque naissance est miracle et "chacun devant cet événement est vierge", par l'émerveillement devant la vie qui se poursuit au-delà des millénaires et par-delà toute frontière et toute crise.bxp46625.jpg

Pour Michel Serres comme pour moi, chaque jour est miracle devant l'enfantement de chaque enfant qui vient au monde.

Pour lui, ce qui se passe dans le corps d'une femme en train de concevoir un enfant, avec des millions de réactions chimiques à la seconde, est un miracle autant que de placer cent singes devant cent machines à écrire afin qu'ils réécrivent l'Iliade et l'Odyssée, ce qui paraît tellement improbable.

Aujourd'hui, face à la science, la conception demeure toujours mystérieuse ainsi que la gestation, dans sa perfection et son horloge parfaite sur neuf mois de la vie d'un être humain.

pr26566.jpgUn jour, Monsieur Serres alla rendre visite à une amie nouvellement accouchée et il fut stupéfait de la voir aussi belle, resplendissante et lumineuse. Il dit avoir soudain compris devant cette mère le mystère de Noël, le miracle de la nativité.

"Infiniment belle de virginité stupéfiante", infiniment belle et lumineuse était cette femme.

La naissance est un miracle quand on pense que l'enfant en neuf mois se forme en créant des milliers de milliards de cellules aussi parfaites les unes que les autres.pr25480.jpg

Et comme le dit Michel Serres, nous sommes tous vierges devant la naissance et chaque femme devient vierge à chaque fois qu'elle enfante, à chaque fois que la vie passe à travers son ventre pour se donner au jour, se donner à la vie.

Noël est un miracle comme chaque naissance est miracle.

J'ai ressenti cela de façon très forte lorsque j'ai porté mon garçon.

Porté dans mon ventre.

k0040490.jpgJ'ai ressenti d'abord le miracle de la conception comme le souffle de la création qui abat sa main sur le corps d'une femme pour qu'une nouvelle vie apparaisse et puis cette avancée inéluctable de l'évolution d'un enfant en soi alors que tout pouvait compromettre la naissance : contrariétés, rupture, mon âge dans mon cas qui était de presque quarante ans.

L'attente des neuf mois et la gestation ont été des mois de bonheur intérieur, de confiance absolue en la vie, avec cette foi implacable dans le destin et dans mon corps complètement épanoui à la quarantaine, alors que pour ma fille, née onze ans avant, j'avais vécu une grossesse difficile avec une obligation de garder le lit durant les deux derniers mois et une inquiétude quant à son petit poids de deux kilos à la naissance.bxp45356.jpg

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Mon fils est né à quatre kilos 200 grammes et est sorti de moi après plus de douze heures de douleurs où on me demandait de marcher dans les couloirs et de soutenir les murs quand j'avais trop mal. Ce fut un passage obligé toute cette douleur, après la joie première et immense d'apprendre que j'étais enceinte, sept ans après avoir vécu la pire épreuve de perdre ma première fille.

bxp35425.jpgComme un tremblement de terre qui secoue si fort les fondations d'une femme que le miracle devient parfois enfer pour certaines femmes après la naissance, car la femme peut être si ébranlée par l'enfantement qu'elle pert son identité et de là ne reconnaît pas son enfant.

C'est là qu'interviennent les unités Mère-Enfant qui accueillent ces mamans pour qui le miracle devient le pire des cauchemars devant ce petit être dont elles ne savent que faire et qui envahit leur vie comme un typhon déracinant toute sérénité.k0266809.jpg

Des mamans malheureusement en arrivent à faire le pire car elles ne sont pas aidées et même parfois jugées par leur entourage. En effet, il n'est pas aisé de comprendre pourquoi des femmes en arrivent à renier le miracle de leur propre vie.

Mais c'est ainsi et je crois qu'il faut beaucoup d'amour et d'écoute de ces femmes pour qu'elles arrivent à retrouver la confiance en leurs forces de maman. En effet, un accouchement donne vie à un enfant mais aussi à une mère. La femme d'avant l'enfantement meurt comme le vieil homme en nous meurt le jour du solstice d'hiver, au plus profond de la nuit et de l'hiver.

Quand une femme présente les symptômes d'un baby-blues aggravé ou qu'une dépression du post-partum s'installe, puissent ses proches la soutenir et la protéger, sans jamais juger mais en comprenant qu'elle traverse un calvaire.

191003.jpgChaque enfant est unique et voilà cette beauté de la vie qui nous prend à chaque Noël, cette fête qui nous montre la vérité du souffle incarné, cette incarnation réaliste du miracle qui se fait chaque jour dans le monde entier.k0126479.jpg

On dit que le monde tient sur l'énergie des enfants qui vont à l'école chaque matin, car chaque enfant nous prend par la main pour nous emmener vers demain. En chacun de nous, il y a un enfant qui est resté en nous, cet enfant que nous étions avant de devenir adulte, et cet enfant nous regarde et nous demande de le respecter dans nos choix d'adultes. C'est notre enfant intérieur et quand on regarde la crèche, on voit ce bébé qu'on a été aussi un jour, désiré ou non désiré.

k2413669.jpgEt là, on voit Marie et Joseph et on comprend que l'Esprit a fait germer dans le corps de la femme la vie, cette vie que tout homme devenant père se met à découvrir et à accepter comme une adoption d'un enfant qui lui est confié par la vie, sans passer par son corps en gestation comme la femme. Joseph représente ce père dont on dit qu'il a adopté et accepté Jésus. Et c'est là que j'ai compris que toute femme est Marie et que tout homme est Joseph devant l'arrivée d'un enfant, Jésus, qui est un homme comme nous et notre frère.

Je remercie Michel Serres et Michel Polacco pour ce délicieux moment de radio de six minutes 23 secondes, cadeau de Noël inoubliable, dans la simplicité et loin des hypothèses scabreuses des dogmes religieux.k3178564.jpg

Chloé LAROCHE

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Pour écouter et ré-écouter l'entretien de Michel Serres ce soir, merci de cliquer sur ce lien puis vous trouverez une flèche jaune vous faisant entendre l'interview :

http://www.france-info.com/chroniques-le-sens-de-l-info-2010-12-19-miracle-de-noel-502313-29-32.html220px-Michel_Serres-2008a.jpg191014.jpgk1484209.jpg

 

 

 

Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr avec des photos libres de droits (Banque de Photographies et de Séquences Vidéos Libres de Droits Images).

28/02/2010

J'écris pour les cinq ans de mon fils, entre épreuves et sérénité, entre amour et pardon, entre deuil et résilience.

Copie de imm015_14A.jpgMon fils

 

Tu as eu cinq ans aujourd'hui

Cinq ans d'une vie de bonheur

Près d'une maman aimante

Mais des larmes pour ton papa

Disparu si loin disparu si tôt

Alors que tu l'avais retrouvé

Après des mois d'absence

De désertion de paternité

Et le voir s'amaigrir

Jusqu'à mourir sans retourCopie de imm013_12A.jpg

 

Tu as eu cinq ans aujourd'hui

Mais des tempêtes dans ton coeur

De voir le monde, de le sentir

Parfois si dur quand les ados

Montrent leur souffrance si fort

Que les petits subissent leur colère

Face à une révolte de jeunesse

Et regarder les aînés insulter

Malmener, voir les larmes

D'une mère impuissante

 

Copie de imm024_23A.jpgTa soeur handicapée

Un soir s'est jetée sur toi

Elle voulait te frapper

Et j'ai dû la plaquer au sol

Car le handicap mental

Est parfois dangereux

Tu as eu peur si fort

Et comment aimer après

Comme tu sais le faire si bien

Tu aimes ta soeur de Roumanie

 

imm009_9A.jpgTu as eu cinq ans aujourd'huiCopie de imm025_24A.jpg

Et face à tes deux soeurs d'adoption

Tu gardes ce regard d'amour

Même si parfois tu les mettrais dans un carton

Avec marqué dessus : retour au pays

Mais tu sais au fond de ton âme

Qu'elles viennent de l'enfer

D'un passé trop dur et révolu

Et que ta maman les aime

Donc toi aussi tu les aimes

 

 

imm007_10A.jpgTu as eu cinq ans aujourd'hui

Et pas un appel des grands-parents

Les paternels sont morts

Et les maternels sont en vie

Mais trop de mal à ta maman

Par un grand-père haineux

Qui vit dans un monde sans amour

Au coeur sec et froid

Dans lequel la tendresse est morte

Indifférence parentale

 

imm010_10A.jpgTu as eu cinq ans aujourd'huiCopie de imm026_25A.jpg

Et quand ils sont venus

De leur lointaine région

Tu n'as même pas su qu'ils étaient venus

Car ils n'ont pas pris la peine de passer

De venir te faire un gros bisou

Ta mère au coeur arraché

De leur absence et là il étaient si près

Mais ils n'ont pas donné signe de vie

Dans la misère pauvre des âmes

 

Photo014.jpgTu as eu cinq ans aujourd'hui

Plein de bonheur et une balade

Avec des amis et des enfants

On a pris la Bastille à Grenoble

Comme on prendrait le monde

Avec amour et enthousiasmeimm005_4A.jpg

Comme tu les fais vivre dans ton coeur

Tu me regardes et tu me fais

Un énorme bisou en riant

"C'est un baiser serré"

 

 

Copie de chloé+4-1.jpgBon anniversaire mon fils

YOURDINE

 

TA MAMAN

CHLOÉ

 

 

 

Nota : le lac sur les photos est le lac de Monteynard, situé au sud de Grenoble.

22/09/2009

Je témoigne du parcours de ma fille venue d'un orphelinat de Roumanie à 8 ans, handicapée déficiente mentale et souffrant du syndrome de Francheschetti. Réflexion sur le handicap mental.

Bonjour à tous et toutes,imm000_00A.jpg

080320114858115721848121-44520110fc.jpgCe week-end, c’était la journée du Patrimoine. Je suis allée samedi avec mes enfants au Château de Bon Repos à Haute Jarrie, château où j’avais joué à l’âge de 16 ans comme violoniste dans l’Orchestre Universitaire de Grenoble, dirigé alors par Jean Laisné. C’était en juin 1982... Un moment magique où nous avons joué l’Alleluia du Messie de Haëndel avec des feux d’artifices fabuleux. Il y avait aussi le quintette de Chambéry avec plusieurs chorales de Grenoble. Ainsi que les membres de l’Association du Château qui ont fait un travail remarquable de restauration de ce précieux vestige du passé qu’est le Château de Bon Repos.

J’avais emmené mes enfants Julia et Yourdine à cette visite.-Users-Anne_Chloe-Desktop-imm004_5.jpg

Julia, ma fille adoptive venue de Roumanie, est une enfant handicapée avec déficience mentale mais elle est très intéressée et réceptive aux lieux que je lui présente de ce type. Elle regarde, observe, touche, enregistre. Ses yeux sont plein d’émerveillement et de surprise devant les objets, les toiles, les monuments, les arbres, les parcs, les grottes, les oeuvres d’art, les sculptures.

imm017_19A.jpgLes oreilles de Julia sont malformées et elle est déficiente auditive ; elle n’avait pas de palais dans la bouche jusqu’à son opération de 2002 au CHU de Grenoble. Son visage témoigne de la souffrance accumulée au fil des ans passés dans l’orphelinat roumain et aussi de cette force de vie inébranlable qui fait que Julia avance avec bonheur et curiosité du monde.

Son parcours résonne avec cette phrase de l’écrivain handicapé moteur cérébral Alexandre JOLLIEN : “Chaque corps, aussi défectueux soit-il, appartient à une conscience toujours en lutte, toujours dirigée vers le progrès, à une source où puiser de la force pour mener à bien un combat joyeux.” (extrait de son livre “Le Métier d’homme”-1982).

Nous avons lu cette phrase dimanche lors du week-end du Patrimoine, devant le Musée de l’Évêché à Grenoble. Il y avait une exposition de photos de visages et de parcours de vie d’handicapés mentaux, avec des formes de carrés en sculpture. Des phrases de personnes handicapées et aussi d’Alexandre JOLLIEN étaient inscrites au vu de tous. Julia a tourné autour des carrés empilés et a regardé chacun des visages avec leurs expressions ; des visiteurs regardaient aussi et voyaient Julia comme une figure vivante des témoignages qu’ils voyaient mais qui sont presque lettres mortes devant la réalité vibrante d’une personne différente.imm006_11.jpg

imm024_23A.jpgSaint-Éxupéry avait écrit : “Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis.” Malgré tout, la différence fait toujours peur et nous l’avons expérimenté avec Julia. Des mots cruels contre elle et moi dans un magasin... Des regards inquisiteurs et sans chaleur... Des remarques comme celle-ci : “Votre fille, c’est une débile, il n’y a pas d’autres mots”. Ou : "Pourquoi vous l'emmenez ici. Qu'elle reste chez vous !!"

Julia ne souffre pas de racisme racial comme mon autre fille adoptive venue du Bénin. Elle souffre de discrimination, de racisme humain, de la bétise, de l’ignorance sur le handicap, de jugements hâtifs, de rejet de la différence.

Elle a fait des progrès immenses depuis son arrivée en 2001. Au début, elle était comme un enfant sauvage, se mordant parfois pour manifester ses émotions. Elle était totalement dépendante : il fallait l’habiller, la laver, lui brosser les dents, lui écraser ses aliments car elle ne mâchait pas. Elle avait huit ans. Elle faisait des cauchemars terribles la nuit. Elle pouvait hurler parfois et se mettre en crise.

Elle a vraiment commencé sa vie à son arrivée en France, dans notre famille.

Des professionnels m’ont dit : “On peut considérer qu’elle est née chez vous.”

Et puis il y a eu l’opération que j’ai relatée dans l’article du 22 avril 2008 :

"Accueil et opération d'une enfant roumaine, ma fille Julia. Présentation de l'association Sera. Handicap et amour."

... Il y a eu en outre la socialisation à travers l'école, deux années merveilleuses où Julia a été accueillie par les enfants de la classe unique de Saint Paul d'Izeaux. Enfin il y a eu l’IME “La Providence”qui l’a acceptée à Saint Laurent en Royans, avec des éducateurs, des orthophonistes, des psychologues et une psychiatre. Et des institutrices qui ont fait un travail remarquable.imm019_18A.jpg

imm000_0A_3.jpgLes IME, Instituts Médico Éducatifs, sont des lieux indispensables dans un monde où les enfants handicapés ont du mal à trouver leur place... malgré les lois qui incitent l’école à accueillir ces enfants. Parfois, le handicap est trop lourd, comme pour Julia, et il faut des établissements adaptés. Julia ne parle pas. Elle fait quelques sons et essaye mais son évolution ne lui permet pas d’aller plus loin, à cause de blocages qu’on n’explique pas. Elle est restée huit ans en orphelinat avec une absence de stimulations et surtout, elle n’était pas appareillée... avant que le laboratoire Thomassin la prenne en charge à Voiron, à son arrivée en France.

nicole et julia fév 07.jpgBeaucoup d’enfants handicapés n’ont pas la chance d’avoir une place dans un établissement éducatif et c’est regrettable pour leur famille qui a une responsabilité d’éducation très lourde et sans soulagement dans une prise en charge quotidienne.

Il existe des associations comme “Perce-Neige”, créée par Lino VENTURA, souhaitant aider la société à changer le regard de chacun sur le handicap mental. Ce grand chanteur avait une enfant handicapée mentale et il a décidé avec “Perce Neige” d’ouvrir des centres d’accueil et de prise en charge de ces enfants différents.

L’association “Vivre en Famille”, dirigée par Édith et Maurice Labaisse, propose de son côté des adoptions d’enfants trisomiques et “à particularités”. Ils en ont adopté eux-même et ont repris le travail de SERA dans l’accueil des enfants roumains ayant besoin de soins médicaux. Quelques familles en France accueillent des enfants roumains handicapés de façon définitive ou ponctuelle. Julia est dans notre famille dans le cadre d’un accueil et d’un engagement définitif, entièrement bénévole.1215180005.jpg

imm003_2A.jpgLa découverte du handicap mental est difficile à accepter, dans une adoption comme dans une naissance. Sur sa fiche venue de Roumanie, il n’était pas question de handicap mental mais de handicaps physiques. Ce fut un choc de comprendre à son arrivée que Julia présentait beaucoup de troubles psychiques et de comportements divergents des autres enfants. Elle bavait beaucoup, se mordait parfois, se mettait à hurler et souffrait d’une peur de l’abandon énorme. Julia devait normalement se mettre à parler après l’opération par le Professeur Raphaël, ce qui n’a pas été le cas malgré la réussite de la reconstruction de son palais. Son état mental devait progresser avec la stimulation quotidienne, les efforts de chacun et l’instruction apportée. Mais nous avons dû nous rendre à l'évidence que Julia ne serait jamais autonome, bien qu'elle ait progressé jusqu'à un niveau de Maternelle-CP et qu'elle ait assimilé beaucoup de signes de la langue parlée complétée.imm020_20A.jpg

Julia s’est petit à petit sécurisée ; elle s'est harmonisée et a pris racine dans son nouvel univers, avec des progrès visibles dans son comportement devenu plus fluide et confiant. Elle s’est ouverte à la vie, avec un sens aigu des perceptions sensorielles, une grande sensibilité à nos émotions et nos sentiments qu’elle percevait sans parler. Le fait de pouvoir enfin entendre, grâce à l'appareillage par vibreur, l'a fait sortir d'une certaine bulle où elle s'était réfugiée et a été même agressif pour Julia qui avait besoin régulièrement d'enlever l'appareil pour se remettre dans un monde sans sons, dans une sorte de coton auditif.

imm002_3.jpgJulia est aujourd’hui apte à faire beaucoup de choses. Elle aime grimper, se promener. Elle aime l’eau. Elle est très sociable et aime les petits enfants. Elle aime aller au cinéma voir des dessins animés. Elle a participé trois années de suite au grand challenge "La Drôme à vélo" avec tous ses copains de l'IME, faisant des kilomètres par jour en vélo. C'est extraordinaire quand on sait qu'à son arrivée en France, elle n'avait aucune force dans les membres inférieurs et ne pouvait descendre un escalier normalement. Dans l'orphelinat où elle se trouvait, personne ne sortait. Elle a grandi enfermée et sans stimulations.

Aujourd'hui, ma fille a seize ans et plein de rêves. Elle l’exprime à travers des images qu’elle montre, à travers des signes, le langage des signes, de ceux qu’elle sait faire. Mariage, bébé, maison. Avoir un bébé, oui, dans le rêve... dans la tête, mais dans la réalité... Arriver un jour à lui faire comprendre que c'est impossible. Quand une enfant handicapée passe de l'état d'enfant à celui d'adolescente, on ressent cette force de vie qui s'épanouit dans le coeur, comme une vague de désir d'être indépendante et totalement autonome mais sans pouvoir le concrétiser, même en tant qu'ado, puisque ma fille par exemple ne sort pas dans la rue seule et ne peut traverser la ville pour aller voir des amis.Photo069.jpg

Julia est entrée cette année dans une nouvelle dimension de l'IME, avec une intégration en section professionnelle CAT, dans le cadre d'ateliers de fabrication d'objets et de buanderie. Elle poursuit parallèlement le travail en orthophonie afin de prendre encore plus confiance en elle pour oser plus, oser l'oralisation, en dépassant les problèmes articulatoires.

 

Photo014.jpgElle ira aussi loin qu’elle le pourra, dans l’accompagnement des adultes et de l’IME, et je serai toujours là pour elle.

Car j’aime ma fille comme un enfant du coeur. Un enfant de sang aussi car quand on a lavé un enfant, pris soin de lui, lavé ses affaires, nettoyé la souillure d’une propreté en marche, accompagné des jours et des nuits après une opération où on a vu le sang de cette enfant s’écouler d’une bouche meurtrie pour une réparation du palais... le lien du corps existe aussi autant que celui du coeur.080702104236_52-4469837b17.jpg

Aujourd’hui, j’accompagne aussi dans mon taxi spécialisé beaucoup d’enfants handicapés mentaux. Certains sont autistes, d’autres poly-handicapés avec le fauteuil en plus... avec des corsets parfois les attachant entièrement et les empêchant de tomber. Certains sont déficients intellectuels et d’autres sont parfois dangereux, avec des réactions agressives impulsives. Mais chacun a ce droit à la vie, à l’expression de leur être, de leur soi.

Copie de imm008_7A.jpgOn le comprend merveilleusement quand, à leur retour chez eux le soir, leur maman ou leur papa les accueille avec mille bisous et des mots doux. Cet amour parental incommensurable permet à ces enfants de survivre dans ce monde où ils vivent des souffrances morales immenses et insoupçonnées, invisibles. Car la plupart sont conscients de leur état, même en paraissant inconscients.

J’embrasse tous ces enfants et leurs parents, leur souhaitant beaucoup de courage pour toute leur vie et le chemin qui se poursuit.

Chloé Laroche

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5637241211902160_1_.jpgLIENS :

 

____________ Le site de l'association "VIVRE EN FAMILLE" de Édith et Maurice LABAISSE :

http://www.vivre-en-famillle.fr

 

_____________Le site de l'association PERCE-NEIGE :

http://www.perce-neige.org :

 

Perce-Neige a été créée en 1966 à l'initiative de Lino VENTURA. Père d'une enfant handicapée mentale, le célèbre acteur a mis sa notoriété au service des personnes inadaptées avec deux objectifs :

agir pour que la collectivité prenne en compte ces enfants "pas comme les autres", en incitant les pouvoirs publics à reconnaître les besoins des personnes handicapées mentales et de leurs familles, particulièrement en terme de structures d'accueil,

agir pour changer le regard de la société sur les personnes handicapées mentales, favoriser leur intégration, combattre les idées reçues.

 

_______ http://parentsh.free.fr/temoignages.htm

(Témoignage sur le handicap de parents concernés)

 

__________ http://www.adapei70.org/index.php?id=170

(Humaniser l’annonce d’un handicap)

 

------------------- http://www.lire.fr/portrait.asp?idC=45911&idR=201&idTC=5&idG=

(Portrait de l’écrivain handicapé moteur cérébral Alexandre JOLLIEN )

 

_____________ http://www.lecole-ensemble.org/rubrique.php3?id_rubrique=22

(Accueillir un enfant handicapé à l’école)

 

____________ http://www.dossier-handicap-mental.marchand-histoires.fr/

1001 dessins pour nos amis différents :

Toutes les illustrations présentes sur ce site proviennent de l'association

Voix et couleurs : Le projet est de réaliser et diffuser sur le net  1001 dessins en hommage aux personnes touchées par la déficience intellectuelle.

 

__________http://www.unapei.org/

 

Dans l’Isère :

AFIPAEIM ISERE

3 AVENUE MARIE REYNOARD

38029 GRENOBLE CEDEX 2

Téléphone : 04-76-46-39-66

Télécopie : 04-76-12-13-38

Email : vie.associative@afipaeim.org

Internet : www.afipaeim.org

 

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Associations :

 

Autisme France :

En France, il existe dans chaque région des Centres de Ressources pour l'Autisme (CRA)

 

ARAPI : Association pour la Recherche sur l'autisme et la Prévention des Inadaptations

 

ABA France : site de l'association Pas à Pas

 

Sésame Autisme : Association de parents d'enfants autistes

 

Autisme sans frontière

 

Univers Inverse : Association agissant pour une meilleure prise en charge globale de l'autisme

 

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Les chiffres clés en France :

L'Unapei estime à 650 000 personnes vivant  en situation de handicap mental.

 

La prévalence moyenne de la déficience mentale se situe entre 1 et 3 %.

 

Chaque année, 6 000 enfants naissent en étant atteint d'un handicap mental.

 

La trisomie 21 touche un enfant sur 800.

50 000 personnes en sont porteuses en France.

 

12 000 personnes souffrent du syndrome de l'X-fragile. 1 garçon sur 4000 est touché contre une fille sur 8000.

 

Entre 60 et 80 000 personnes souffrent d'autisme.

 

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18/09/2009

Je viens de recevoir un refus pour une adoption prononcée en 2002. Ma fille adoptive arrivée en France depuis 2003 n'est toujours pas reconnue comme citoyenne française et comme mon enfant. Ma colère de mère et de salariée aussi.

Bonsoir à tous et toutes,


u10494630.jpgVous savez que depuis de longs mois, je me bats pour finaliser l’adoption de ma fille venue du Bénin en 2003.

J’ai fait des articles précédemment que vous pouvez consulter dans la catégorie “Mes confidences de mère adoptive et biologique”.u17165509.jpg

L’adoption plénière n’ayant pas été acceptée par le Tribunal de Nantes neuf mois après l’arrivée de cette enfant sur le sol français, j’avais décidé devant la complexité administrative de demander une adoption simple.

Je l’ai demandée en 2007 et un refus m’a été notifié par le Tribunal de Grenoble en 2008, alors que le Juge des Tutelles avait donné son accord lors d’un Conseil de famille et que l’enquête de la Brigade des Mineurs sur ma personne s’était révélée favorable.

Depuis, j’ai fait appel et une audience s’est tenue en juin. Malheureusement hier, j’ai reçu le refus des Juges.images.jpeg

Sur le seul motif que les parents biologiques de ma fille seraient peut-être probablement vivants...

Le directeur de l’orphelinat de Takon où se trouvait ma fille au Bénin certifie que les parents sont décédés et qu’il a vu les certificats de décès. De plus, le Ministère nous a fait parvenir en juillet 2008 un papier officiel certifiant que ma fille est bien orpheline et que ce sont son oncle et sa tante qui l’ont recueillie puis abandonnée en orphelinat.

Tous ces gens sont-ils des menteurs ? Le monde de l’adoption serait-il miné au point qu’après m’être occupée d’une enfant depuis 2003 -six années- on me notifie officiellement que je ne suis rien pour elle.

00008LR-U.jpgDes Juges se permettent de renier une adoption prononcée au départ. Ils livrent sans aucun état d’âme un lien d’adoption au néant absolu. Et je ne parle pas dans le vide. Puisque la seule réalité est que ma fille était en orphelinat et que je l’ai retirée de là pour lui apporter amour, affection, sécurité affective et familiale, nourriture adaptée et tout ce qu’on peut apporter à un enfant, avec l’éducation, les sorties, les limites qui aident à se construire, les repères pour grandir, l’accompagnement vers l’autonomie de l’enfance à l’adolescence. Le néant absolu est de dire : “Il n’y a aucun doute sur le fait que vous éleviez cette enfant mais nous n’avons pas à entériner un lien affectif.”

Ma fille était une enfant déjà grande à son arrivée en France. Elle croyait qu’elle aurait la nationalité française, que la France l’accueillerait, que j’étais sa mère adoptive pour de vrai. Elle m’a appelée Maman... et depuis, j’ai entendu des phrases détestables de la part d’autorités comme : “Mais, Madame, vous n’avez aucune existence juridique auprès de cette enfant. Vous l’élevez mais vous n’êtes pas sa mère officiellement.” C’est rude, extrêmement difficile à vivre.

Je vis ce refus comme une négation de l’adoption, de tout cet espoir mis depuis 2002, de toutes ces batailles pour donner une identité à ma fille, un nom, le mien avec le sien, pour qu’elle ait la nationalité française.bxp135192.jpg

Elle est adolescente aujourd’hui et elle aurait besoin plus que toute chose d’avoir cette reconnaissance de son statut d’enfant adopté, adopté par une famile, des parents et aussi par un pays, celui des adoptants, la France.

images-1.jpegComment la France a pu, par le biais de la Mission Internationale de l’Adoption, accepter que ma fille pose le pied dur le sol français... et s’en laver les mains aujourd’hui en me disant : “Nous, on ne peut rien faire pour vous aider aujourd’hui. Vous avez les cartes en mains et nous ne pouvons plus intervenir. Les Juges vont bien comprendre votre situation.”

Pendant plusieurs mois, à l’arrivée de ma fille en 2003, en attendant que le Tribunal de Nantes accepte le jugement d’adoption prononcé au Bénin... l’adoption était considérée comme officielle et nous étions respectés comme les parents adoptifs. Et puis est donc venu le refus du Tribunal. Que faire ? La Mission Internationale de l’Adoption s’est défaussé alors au téléphone en nous disant qu’ils nous avaient “prévenus”, que le dossier ne leur paraissait pas net. C’est faux puisqu’ils ont délivré le Visa, visa obligatoire pour qu’un enfant étranger puisse être adopté et venir en France. Personne ne nous a aidés ensuite. L’avocat consulté a baissé les bras, se révélant sans ressources.

A0003839.jpgJ’en veux donc à la Mission Internationale de l’Adoption basée à Paris qui est un grand service rattaché au Ministère des Affaires Étrangères. J’en veux aussi au Service de l’Adoption qui nous a délivré l’agrément puis a effectué un contrôle après l’arrivée de ma fille, nous confirmant dans notre statut de parents adoptifs, mais sans nous aider concrètement pour la suite de l’adoption, à part pour voir un psychologue.

La Ministre Rama Yade avait promis une aide et une facilité dans les procédures d’adoption, mais là, j’avoue que je suis extrêmement déçue par la dureté des Juges et leur inhumanité. Je suis déçue de voir qu’on peut laisser une mère adoptive et son enfant dans ce désarroi administratif et national... puisque concrètement ma fille n’a pas d’identité française. À sa majorité, l’État pourrait la renvoyer au Bénin.

À part l’idée d’une grève de la faim et un recours possible demandé sur la décision d’hier... donnant un peu d’espoir à la situation, je suis dans le désarroi et ma fille est triste.u13993913.jpg

Quand à côté de ça, les choses se passent mal au travail avec des propos injustes, des mensonges et des façons de me parler dignes du harcèlement moral, il faut rester drôlement forte pour continuer à sourire et à y croire. J’aime mon travail qui est un travail de service aux personnes handicapées et âgées mais si les cadres sont inhumains au point de me demander de “fermer ma gueule en réunion”, c’est très difficile de poursuivre dans un métier qui demande de l’entraide, de la compréhension et beaucoup d’humanité. Je déplore que des personnes fassent du profit sur le marché TPMR (Transport des Personnes à Mobilité Réduite) en prenant les employés pour des pions et des robots, ne reconnaissant pas leur valeur mais leur reprochant vertement des broutilles comme de téléphoner à un établissement pour pouvoir le trouver et avoir des indications sur son adresse... sachant que le seul but de cet appel était d’aller chercher un enfant transporté pour la première fois, sachant aussi que la direction n’avait fourni aucune adresse, à part la ville et la moitié du nom !!px075051.jpg

Les employés ont droit au respect et à la considération de leur vie. On ne peut dire ainsi à une maman salariée que : “on s’en fout que tu aies des enfants, tu es là pour travailler”. Travailler le dimanche, être d’astreinte toute la journée en étant payé juste les heures roulées, commencer très tôt sans avoir vu son enfant se lever, ne pas pouvoir aller le chercher à l’école... Que de sacrifices non reconnus... Se recevoir ensuite des mensonges et des reproches injustifiés est plutôt humiliant et c’est un comportement indigne de celui qui se considère comme mon chef.

Il m’a dit qu’il attendait ma démission. Le médecin m’a arrêtée pour harcèlement, stress important et choc moral après un échange très dur avec mon chef.

C’est la crise, alors certains resteraient quand même et se tairaient, mais dans mon cas, je vous donnerai la réponse plus tard.

Merci de continuer à être fidèles à mon blog.

Avant de vous quitter, je voudrais vous faire part d’une action pour le petit Chama Dieumerci qui risque maintenant d’être expulsé avec son papa (voir mon article écrit le 30 août et celui du 3 septembre).

Un homme nommé Thierry a créé le site suivant : http://www.dieumerci.frchamaveronique_massenot.jpg
pour Chama Dieumerci et son papa. Ils sont en danger d’expulsion du territoire français. Thierry propose une action à laquelle vous pouver tous participer : se prendre en photo avec le dessin de Chama ci-contre et envoyer votre photo à Thierry à l’adresse mail : chamadieumerci@gmail.com. Il y a ainsi des dizaines de personnes qui ont déjà envoyé leur photo pour l’opération “NOS BRAS POUR CHAMA”.

3928722449_49751d1ffc_m.jpgJ’ai envoyé cette photo avec la phrase : “Chama est dans mon coeur et je donne mes bras pour le retenir en France.”

Puisse-t-il poursuivre son CP en paix, dans le calme et la sérénité, et rester ici en France avec son papa.

Plein de pensées à tous et toutes. N'oubliez pas : photographiez-vous avec le dessin de Chama dans les bras et envoyez vite votre photo pour montrer que vous êtes solidaire de la situation de ce petit garçon qui n'a plus que son papa, ayant été abandonné par sa maman. Son pays est ici. Il doit rester dans notre pays.

Chloé Laroche

29/06/2009

Mon garçon est venu pour la plus grande joie de ses soeurs adoptives. Mon poème à mes enfants.

à Yourdine, Julia, Yacinthe et Océana______

bxp26695.jpgMES ENFANTS SONT MES AMOURS, MA CHAIR, MA BATAILLE

 

 

 

 

Mes enfants sont mes amours

Ma chair, ma bataille

Ils sont les étoiles

De mon ciel intérieur

Et quand les nuages arrivent

Ils sont le soleil et la lune

Réunis en un feu d'artifice

De bonheur et de joies

 

En sept ansM05-463697.jpg

Ils sont arrivés

Comme un nouveau printemps

Avec des coquelicots

Et des roses

Avec des sourires

Débarqués d'autres univers

D'orphelinats et de mon ventre aussi

 

73980169.jpgJ'étais en deuil

D'un autre enfant

Leur grande soeur

Petite fille de trente mois

Mon coeur était sous terre

Gros comme une larme

Telle un torrent perdu en mer

Mère orpheline d'Océana

 

Puis ma main s'est tenduek0751255.jpg

Vers deux âmes abandonnées

Sans parents, sans amour

Tristes, esseulées, sans espoir

Elles m'ont appelée Maman

Et je les ai accueillies

Dans ma vie retrouvée

De mère au coeur vivant

 

images-2.jpegJe leur ai donné ma vie

Sans plus penser à la mienne

Mais qu'y avait-il de plus beau

Que ce don, tout ce temps

Pour une enfant handicapée

Qui avait besoin de rassurance

Pour une enfant d'Afrique

Marquée par le sort et les larmes

 

Julia a connu la renaissanceimages-6.jpeg

En nous rejoignant en France

Après huit années en Roumanie

Sans parler, sans entendre

Yacinthe, elle, a vécu la solitude

D'un coeur sensible, le sien

Se battre sans la présence des siens

Survivre en voyant des horreurs

 

flr111.jpgJe les ai portées chaque nuit

Tous les jours dès leur arrivée

Dans mon coeur un avion

Les a déposées pour toujours

Mon amour pour elles

A fait refleurir la confiance

Elles se sont épanouies

Au fil de leur nouvelle vie

 

Jusqu'au jour sombre où j'ai dormiu19719105.jpg

Comme s'endormit la Belle au Bois dormant

De ne plus être une femme

De ne plus vivre ma propre vie

Jusqu'au jour où mon chemin

M'a parlé d'un enfant à porter

Un enfant de ma chair

Me portant la lumière

 

k0339386.jpgMon chemin m'a parlé

Du sens profond de ma vie

Porter un enfant

Comme on porte le monde

Tout au fond de ses cellules

Dans un chant infini

Mon garçon Yourdine est venu

Pour la plus grande joie de ses soeurs

 

Ils savent tous les troisimages-4.jpeg

Qu'ils ont une soeur aînée

Que son corps repose

Dans le petit jardin

D'une tombe fleurie

Ils savent que son amour

Leur a permis d'être réunis

Sur le chemin de ma vie

 

images-7.jpegNous allons ensemble

Sur les chemins verdoyants

Dans les tempêtes et les remous

Mais les mots sont là

Ils savent qu'aucun secret

Ne vient hanter notre présent

Ils savent que nos racines

Tiennent bon, du passé à l'avenir.

 

Le 29 Juin 2009.images-3.jpeg

 

Chloé Laroche

 

 

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01/06/2009

Ma fille est en fugue depuis une semaine. Mon récit de maman face à cette situation. Rencontres avec la police et appel au 116 000, numéro créé pour les enfants disparus et les fugues. Ma réflexion aussi sur le divorce et les sans-papiers.

CAJ0015.jpgBonjour à tous et toutes,

Ce n’est pas facile pour moi aujourd’hui de venir écrire ce que j’ai à vous dire, mais je me dis qu’un écrivain, c’est comme un chanteur ou un acteur de théâtre. Il doit continuer d’écrire comme ces derniers continuent de chanter ou de jouer leur rôle sur scène, même quand ils vivent quelque chose de difficile. Donc j’écris aujourd’hui pour porter un témoignage pour d’autres parents et peut-être aider d’autres familles dans ce cas-là, vivant la fugue d’un enfant, d’un adolescent.

Ma fille est en fugue depuis une semaine. Elle a été déclarée immédiatement à l’Hôtel de police.

J’ai appelé aussi le 116 000, numéro concernant les disparitions d’enfants ainsi que les fugues. Une dame m’a écoutée et a pris tous les renseignements. Elle m’a dit qu’un juriste de leur équipe allait me rappeler.

Il l’a fait dès le lendemain. Il m’a donné quelques conseils, notamment celui de chercher à savoir si ma fille a bien été inscrite au Fichier des Personnes Disparues. Puis, de demander de la localiser au portable, pour savoir si elle est toujours dans la région ou si elle partie. “Nous ne pouvons l’exiger, car c’est le Procureur qui prend cette décision. Les policiers ne peuvent prendre la décision seuls. Et sachez que ce n’est pas comme dans les films : on ne localise pas quelqu’un au numéro et à la rue mais au quartier et à la ville.”

AA026170.jpgLe jour même, je me rends à l’Hôtel de Police où j’arrive à l’accueil. “Bonjour Monsieur. Je suis attendue au Service des fugues..” -”C’est quoi ça ?” me répond un jeune policier, qui soutient mon regard et écoute ma réponse de façon peu avenante et froide. “Allez vous asseoir, je vais appeler.”

Je monte ensuite à l’étage, attendue par un policier du Sercice des fugues.
-"Bonjour Madame, asseyez-vous, qu’est-ce qui vous amène ?
-C’est pour ma fille qui a fugué. Mais vous devez être au courant...
-Non, pas forcément, car c’est la Brigade des mineurs qui a dû prendre votre première déclaration.
-J’ai amené des photos et des informations pouvant vous aider. Et puis, je voudrais savoir si vous avez inscrit ma fille au Fichier des Personnes Disparues...
-Votre fille est-elle coutumière du fait ? A-t-elle déjà fugué ?
-Oui, Monsieur.
-Dans ce cas-là, on ne l’inscrira pas. Parce que nous n’avons pas envie de l’inscrire pour la désinscrire. Car ensuite il faudra encore la réinscrire pour la désinscrire. Non, Madame. Elle est coutumière du fait.
-Et pour le portable ? Ferez-vous une recherche pour la localiser ?
-C’est la même chose. Et puis votre fille, elle doit être par là. Elle n’aura pas quitté la ville...
-Qu’en savez-vous ? Elle est déjà partie à Marseille avec une copine. Nous sommes allés la chercher à Lyon, d’où la police nous a appelés, car elles ont été interceptées dans un train.
-De toute façon, à mon niveau, je ne prends pas cette décision et je ne pense pas qu’on le demande. Votre fille a fugué, elle n’a pas été enlevée... Elle n’est pas en danger comme d’autres qui disparaissent.
-..........
-Je suis désolé, Madame.”

imm024_23A - copie.jpgJe quitte l’Hôtel de Police.

Décontenancée, je rappelle le soir-même le 116 000. Un monsieur écoute mes doléances et me dit qu’il va essayer de joindre le juriste, lequel me rappelle dans l’heure.1891453218.jpg

-"Madame, vous êtes tombée sur un policier incompétent. Nous avons l’habitude. Cela arrive parfois. Mais ne baissez pas les bras. Ils n’ont pas le droit de vous refuser l’inscription au Fichier des Personnes Disparues. Vous allez y retourner demain matin et vous tomberez sur quelqu’un d’autre. Avec un peu de chance, cette nouvelle personne saura vous aider.
-Merci beaucoup, je vais faire ainsi.”

SO001457.jpgLe lendemain, je retourne à la Police. Une charmante policière est à l’accueil . Mais j’attends un moment car un jeune couple est en démêlé avec elle, en la présence d’un enfant de quatre-cinq ans.

C’est déchirant, car ils sont en désaccord sur le lieu où le père doit prendre son fils le jour même. Il insiste lourdement et tient tête à la policière qui fait de son mieux pour lui expliquer qu’il faut voir l’intérêt de l’enfant avant tout. Et l’intérêt de l’enfant est de ne pas voir ses parents se déchirer devant la police. Il était presque l’heure du repas et cet enfant ne savait même pas ce qui l’attendait.

Quand les parents sont partis, l’enfant s’est agrippé à sa mère, en criant : “Je ne veux pas aller avec lui, je veux rester avec toi.”

La mère est partie la tête basse, en retenant ses larmes. J’ai pleuré, très remuée de voir ça.

La policière a dit : “On ne peut imaginer ce que les enfants endurent dans ces situations. J’en sais quelque chose. Mon fils est en analyse à l’âge de trois ans, après une séparation difficile.”

Je tire mon chapeau à cette jeune policière qui a servi de médiateur et qui est restée impassible extérieurement.

À l’accueil, elle gère beaucoup de situations et il lui faut beaucoup de cran.

images.jpegQuant au sujet des séparations... et en pensant aux parents d’Élise, tiraillée entre la Russie et la France... je donnerais l’exemple de mon frère benjamin, qui a une fille au Québec. Quand il a divorcé avec sa mère, cette dernière est retournée au Québec avec leur fille, encore très petite. Mon frère a eu l’intelligence de laisser cette enfant vivre en paix avec sa mère. Il n’a pas fait d’enlèvement ni de pression. Il est allé la voir quand il pouvait et garde depuis un contact avec elle, en sachant qu’un jour sa fille passera du temps avec lui. Je pense qu’un enfant ne peut être balotté entre deux pays, entre deux personnes qui se déchirent. Un enfant a besoin de son père et de sa mère, mais dans certaines situations, peut-être vaut-il mieux que l’un pense à la paix de l’enfant, au fait qu’un enfant a besoin de stabilité, de repères... de voir que ses parents ne sont pas en guerre.images-1.jpeg

Pour en revenir à mon problème et à ma fille en fugue... je suis reçue donc par une policière très compétente ce jour-là, dans un autre étage.

Je lui explique ce qui se passe. La dame qui semble avoir de l’expérience me prend très au sérieux et me propose de rentrer les coordonnées de ma fille dans le Fichier des Personnes Disparues. Je suis soulagée. Elle accepte aussi ma demande de localisation de ma fille par son portable, en me disant que ça prendra un peu de temps, vu le week-end de la Pentecôte. Elle me dit que malgré tout, c’est moins inquiétant comme disparition que des jeunes qui disparaissent en laissant des menaces de suicide, comme dernièrement. Elle a essayé d’appeler ma fille sur le portable, mais sans succès.43133.jpg

Cela fait une semaine aujourd’hui que ma fille est partie et elle raccroche à chaque fois que quelqu’un essaye de la joindre. Pour la première fois, elle refuse toute communication et échange verbal. Je lui ai envoyé des sms et des messages très gentils, lui demandant de revenir et de penser à ses cours du collège, à son avenir qu’elle met en péril, à sa situation de papiers pour laquelle je me bats et pour laquelle je passe en appel au mois de juin.

Dernièrement, Rachel, venant du Cameroun et passant son bac, a reçu une OQTF (obligation de quitter le territoire français) le jour de ses dix-huit ans... comme Yvan, venu de Colombie. Ils étaient tous deux élèves au lycée Jules Ferry à Paris. Ils se sont alors battus comme des lions pour avoir leurs papiers, soutenus par le Réseau d’Éducation sans Frontières, par leurs professeurs, par leurs copains.

Rachel et Yvan témoignent dans le film de Marion Stalens : "Invitation à quitter la France". Voir le lien : http://www.educationsansfrontieres.org/?article8293).


Rachel exprime tout le bonheur qu’elle ressent d’avoir la chance d’être en France. Elle est heureuse de pouvoir être française et de se sentir accueillie par ce pays qu’elle aime. Elle veut faire des études pour être une grande avocate. Afin aussi de retourner en Afrique et d’aider les siens. Le fait d’avoir des papiers lui donne cette liberté de retourner dans son pays et lui enlève cette angoisse de devoir se cacher.

Se cacher comme Rachel Ségal, qui était petite fille juive, et qui a été cachée par une famille française, pendant la Seconde guerre mondiale. “Ce que je vois aujourd’hui dans les expulsions d’étrangers, dit-elle dans le film, ressemble étrangement à ce que j’ai vécu. La loi du chiffre, la froideur devant des cas différents de familles vivant parfois depuis de longues années en France, des enfants nés en France et mis dans des charters. Des parents menottés, des pères embarqués laissant leur famille derrière eux. Des jeunes couples séparés. Il faut réagir quand on atteint l’intolérable.”

Voilà, je pense à ma fille et j’attends qu’elle revienne, un poids dans le coeur... énorme.imm024_23A.jpg

 

Je t'aime, ma fille, et depuis l'Afrique où nous nous sommes vues pour la première fois il y a six ans, un arc-en-ciel d'amour nous unit. Je comprends que tu cherches ton autonomie mais tu as encore besoin de ta famille, de nous, de suivre tes cours... et nous aussi, nous avons besoin de savoir où tu es et de te voir.

imm005_4A - copie.jpgTon petit frère te demande et est inquiet comme nous tous.

 

Chloé LAROCHE

 

Commentaires :

Je suis heureuse car ma fille a été retrouvée ce matin. Elle a fugué durant onze jours. Je suis soulagée. Elle va bien. Merci pour votre soutien. Chloé L

Ecrit par : Chloé Laroche | 06.06.2009

 

___________________ À propos du numéro 116 000 :

Voici un extrait de l’article d’Aurélie BEAU -lu sur www.lyon-webzine.com-concernant le 116 000 : “Maintenant, toutes les victimes de disparition d'enfants en Europe ont un numéro commun : le 116 000. Il est gratuit, disponible 24h/24, 7 jours sur 7 et valable dans dix pays de l'union européenne : la Belgique, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, les Pays Bas, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie. Maintenant, tous ces pays sont reliés en réseaux et mettent leurs compétences en commun en cas de disparition. Le 116 000 propose plusieurs services. C'est tout d'abord une écoute et un soutien pour les familles. C'est aussi et surtout un accompagnement dans les démarches judiciaires et administratives. Parfois, les familles se retrouvent désemparées. Les bénévoles de SOS Enfants disparus sont formés pour les aider et les conseiller. C'est que la situation devient inquiétante. Le nombre de disparitions d'enfants en France a nettement augmenté en 2008. On note 48 277 inscriptions de mineurs au fichier des personnes recherchées, plus de 47 000 fugues, 855 disparitions inquiétantes, 360 enlèvements parentaux. Le nombre d'appel à SOS Enfants disparus a augmenté de 6,35% par rapport à 2007. L'association a traité 1741 appels en 2008, 7421 en quatre ans.” (extrait du site http://www.lyon-webzine.com/societe/event-4634-116-000-alerte-en...disparus.html)_________________________

 

Soyez fortes les mamans, je sais que c'est très difficile mais elles vont revenir !!!!! et pour les enfants, je vous dis : reste près de ta maman le plus longtemps possible car quand elle sera plus là, tu vas regretter !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! croyez-moi !

Ecrit par : elisa | 26.06.2009

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et même, ça ne se fait pas de laisser sa maman comme ça !!!!! c'est si bon UNE MAMAN que le bon dieu en a voulu UNE !!!!! garde toi ça dans la tète

Ecrit par : elisa | 26.06.2009

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ça, c'est pour les mamans. Peut-être que si les enfants partent c'est parce qu'ils en ont marre et peut-être que vous ne les laissez rien faire ou..... je ne sais pas, je ne connais pas la famille de tout le monde. Mais je crois qu ils partent et ils se disent : je vais la faire souffrir, comme elle ne me laisse rien faire, je vais partir faire ce que je veux, et elle va se rendre compte que j'en ai marre de son attitude avec moi...

Ecrit par : elisa | 26.06.2009

 

___________________________________________ Réponse de Chloé :

 

Élisa, merci beaucoup pour vos trois commentaires de ce matin. 

La différence entre la fugue d'un enfant et celle d'un adolescent est grande. Je l'ai compris par la réaction de la police et par les explications de certains sites psy. Une fugue à dix ans ou seize ans (comme ma fille) n'a pas le même poids, et puis il y a aussi des milliers de raisons à une fugue. Certains fuguent pour une rencontre sur internet (là, il y a des raisons de s'inquiéter !), ou parcequ'ils sont violés et maltraités (et là, on peut se poser la question de ce fait dans la fugue d'une jeune enfant), ou parce qu'ils se mettent volontairement en danger pour se prouver qu'ils sont grands (une sorte d'initiation au moment de l'adolescence), ou parce qu'ils étouffent comme vous dites et qu'ils veulent connaître la liberté de tout pouvoir faire (mais on est vite limité, en tant que fugueur... quand on s'aperçoit qu'on est obligé de se cacher et qu'on ne peut avancer sans argent, sans nourriture et sans toit)... ou ils fuguent parcequ'ils en ont marre du collège, des contraintes, des devoirs, des règles, de l'hygiène, du monde tel qu'il est. La fugue de ma fille l'a fait réfléchir. De mon côté, en tant que maman, douze jours sans savoir où elle était, c'est très dur. J'avais l'impression que ma vie était en arrêt, un poids dans le coeur. Beaucoup d'inquiétude et aussi le vide du silence total. On ne sait pas quand on va revoir notre enfant. C'est l'inconnu total. On imagine le pire, on ne sait avec qui il est, chez qui il dort, si on ne lui fait pas de mal. La fugue est une épreuve pour les parents. Quand ça dure douze jours, c'est difficile, mais je pense aux parents qui n'ont jamais revu leur enfant, ou bien au bout d'un an... C'est le cauchemar. Un trou béant dans le coeur. Le néant qui parasite la vie. Si vous êtes un jeune en fugue et que vous me lisez, donnez des nouvelles à vos parents (mail, sms, appel, message, lettre) ou appelez un ami proche de la famille pour dire que vous êtes en vie, que tout va bien pour vous, que vous rentrerez bientôt, que vous vivez cette expérience comme une nécessité mais que vous aimez vos proches. Et puis... si vous êtes partis parce qu'il se passe des choses inacceptables dans votre famille, alors ne restez pas seul avec ça. Parlez-en à la police, aux associations d'aide aux Victimes : elles font des permanences dans les commissariats. Appelez le 119, numéro où vous pouvez tout dire, tout raconter de ce que vous vivez et ils vous aideront. Mille pensées. Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 26.06.2009

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bonjour

j'ai été très touchée par vos messages, car je subis en ce moment cette situation. Ma fille (vient d'avoir 18 ans) elle est partie avec une copine à Paris (nous sommes de Bordeaux) on ne sait où elles sont exactement .....!
juste qu'elles avaient préparé leur départ : des copains à elles (sur internet) leur ont trouvé soit disant un appartement, ...elle m'envoie un texto le soir pour me dire que tout va bien.....mais nous sommes dans l'angoisse tous les jours.......J'espère qu'elle va se raisonner et revenir..

MERCI

Ecrit par : chenu | 12.09.2009

 

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Bonjour et merci de votre commentaire laissé aujourd'hui sur mon blog. J'espère que votre fille va revenir vers vous. Dans votre cas, elle est majeure et peut, par cette décision de s'installer à Paris, vouloir montrer qu'elle souhaite devenir autonome et qu'elle peut se débrouiller seule. Après, il est certain qu'elle peut tomber sur de mauvaises fréquentations mais là, il faut en fait lui faire confiance. Si elle a de la réflexion, de la jugeotte comme on dit et que vous la connaissez débrouillarde et apte à se défendre psychologiquement, alors vous pouvez être sereine. Quand j'ai eu dix-huit ans, mes parents ont fait le contraire que la situation que vous me dépeignez. Ils sont partis vivre sur l'île de la Réunion, nous laissant seuls avec mon frère en France, un frère de 17 ans. J'ai dû travailler tout en finissant mes études et apprendre à gérer ma vie seule. Nous sommes restés sans les revoir durant deux années. Ils sont rentrés mais nous ne sommes jamais retournés avec eux. Nous étions devenus des adultes autonomes, aptes à choisir et à diriger notre vie. Nous avons rencontrés des difficultés, des privations, des embuches, de mauvaises gens voulant profiter de notre naïveté de jeunes, mais nous nous sommes sortis de tout.

Faites confiance à votre fille et pensez que vous avez au moins un sms tous les soirs. C'est déjà ça, bien que ce ne soit pas satisfaisant pour une maman inquiète, je sais bien.

Je profite de vous répondre pour rappeler les règles de sécurité qu'a donné Madame Brigitte SIFFERT, Directrice départementale de la sécurité publique à Châteauroux, ville où a été enlevée une jeune fille de 17 ans sauvée in extrémis. 

Voici son commentaire et ses recommandations :

"Cette jeune fille a eu beaucoup de chance. C'est le résultat d'un énorme sang froid de sa part et aussi d'une très belle collaboration entre services de police. Selon les premiers éléments de l'enquête, Amélie n'aurait pas subi de violences pour monter dans la voiture. Les deux individus ont utilisé une ruse, disant apparemment qu'ils travaillaient pour l'Unicef et qu'ils avaient besoin d'un coup de main. La jeune fille, peut-être un peu naïve, n'a rien vu venir. Elle n'était pas préparée à ce genre de chose et n'a pas su dire non. ATTENTION : Ne jamais monter dans une voiture avec un inconnu."

Alors que ce genre d'affaires, aux issues parfois bien plus dramatiques que celle-ci, se multiplie ces dernières semaines, la commissaire principale Brigitte SIFFERT rappelle quelques consignes de base : 

Que faire si l'on est accosté par quelqu'un en voiture ?
"Que l'on soit un garçon ou une fille, il ne faut JAMAIS monter dans une voiture avec un inconnu. Quelque soit le prétexte invoqué. Encore plus si la personne dit être en détresse ou mourante car ce type d'agresseur profite de la crédulité des jeunes pour faire d'eux une proie. A Châteauroux, qui est pourtant une ville très tranquille, la jeune fille ne doit son salut qu'à l'incroyable chance qu'elle a eu de pouvoir communiquer avec son téléphone". 
Que faire si la personne insiste ? 
"Il faut prévenir ses parents, faire du bruit, crier, courir... tout ce qui peut faire attirer l'attention sur vous". 
Les jeunes filles doivent-elles se méfier d'autres types de situation ?
"Il faut toujours se méfier des inconnus. Et je recommanderai aux femmes d'éviter de se trouver seules dans des endroits isolés, comme de faire un footing en forêt". 
Quand les parents doivent-ils parler de ce genre de risque à leurs enfants ? 
"Le plus tôt possible. Dès qu'ils sont en âge de comprendre en fait. Quitte à dramatiser un petit peu les faits Ce qu'il faut aussi, c'est leur parler de faits réels qui sont arrivés pas loin de chez vous. Et de bien expliquer que cela n'arrive pas qu'aux autres, malheureusement".  

Recevez mes meilleures et sincères salutations.

Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 12.09.2009

17/05/2009

Il était une fois une petit fille arrivée du Bénin dans une nouvelle famille, sa nouvelle famille. La petite fille a grandi et, six ans après, la France ne veut toujours pas reconnaître l'adoption, laissant une famille désemparée, la nôtre.

à ma fille.

 

-Users-Anne_Chloe-Desktop-LARGE23.JPGIl était une fois une petit fille arrivée du Bénin dans une nouvelle famille, sa nouvelle famille. BLD044054.jpg

 

Elle était heureuse et savourait sa joie d’avoir quitté son orphelinat.images-10.jpeg

 

Quand elle est arrivée en France, elle est entrée dans sa nouvelle école et a porté le nom de ses parents adoptifs. Très fière d’être appelée ainsi, elle savait désormais qu’elle faisait partie d’une famille qui l’aimait et ne l’abandonnerait pas.

 

Elle attendait avec impatience avec ses parents sa nouvelle carte d’identité et l’homologation de l’adoption par le Tribunal de Nantes, qui délivre les certificats de naissance et d’identité française.

 

BLD065568.jpgIls attendaient et rien ne venait. Jusqu’au jour triste où ils reçurent le refus du Tribunal pour des motifs administratifs de date inversée au Bénin.

 

Rien n’était possible et, en grandissant, la petite fille vit sa maman se battre pour gagner le combat de cette adoption, pour qu’elle est une identité, une appartenance à sa nouvelle famille, un accueil définitif de leur pays la France.

 

En grandissant, la jeune fille pensait à l'Afrique, à sa famille restant là-bas, à sa nationalité béninoise, à ses racines... Elle était parfois triste, triste d'être partie d'un pays pour un autre qui ne l'accueillait pas, qui ne lui donnait aucun papier et qui ne validait pas l'adoption avec ses nouveaux parents.

 

Les années passaient et on entendit des juges répondrent à la mère qu’il était indégnable qu’elle s’occupait de cette jeune béninoise mais qu’ils n’avaient pas à officialiser ce lien, qui se suffisait à lui-même.-Users-Anne_Chloe-Desktop-Photo068_1.jpg

 

images-7.jpegLes années passaient et l’enfant béninoise devint jeune fille, gagnant son autonomie et sa liberté en l’arrachant à la force du coeur et des larmes, à travers fugues, violence verbale, comportements excessifs, opposition à l’autorité parentale et aux limites.

 

Et là, les juges ont remis en question l’adoption, toujours demandée par la mère, en jugeant que le lien était fragile et défaillant. Alors qu’au contraire, l’amour était vraiment là et que l’adolescence recherchait l’identité et la solidité des liens adoptifs.

 

La jeune fille, à un certain moment, se vit inscrire dans son collège sous son nom béninois, arrachant les seuls liens d’appartenance visibles aux yeux de la collectivité à ses parents adoptifs, lesquels se sont sentis niés dans leur identité de parents. Le lien persistait dans le coeur mais l’humiliation était collective.

 

-Users-Anne_Chloe-Desktop-imm007_7A - copie.jpgIls attendent toujours d’être reconnus officiellement comme parents et essayent d’oublier la terrible phrase d’un juge : “Demandez-vous si ce n’est par égoïsme que vous êtes allés chercher cette enfant dans son pays. Il vous faudra un jour lui demander pardon pour cela, de l’avoir emmenée de son pays.”images-6.jpeg

 

L’égoïsme est une plante qui ne pousse pas dans l’âme de ces parents-là. Ils ont donné tout leur coeur à cette enfant et ont choisi de lui apporter bien-être, éducation et amour. Comme tout adolescent, elle a ébranlé fortement le lien. Comme tout enfant adopté, elle essaye d’ébranler le lien d’attachement, pour voir si elle ne sera pas abandonnée une deuxième fois, pour voir jusqu’où ses parents adoptifs peuvent l’aimer. Mais ils l'aiment.

 

Ils l’aiment, c’est sûr.

 

images-9.jpegJe t’aime, ma fille.

 

Chloé LAROCHE

 

Commentaires :

Alors là, cette histoire est énormément touchante. Je peux très bien comprendre ce que vous ressentez (même si je ne vis pas cette situation). C'est un geste très fort l'adoption et je comprends que les procédures d'adoption soient trop longues. Ce n'est pas normal.
Cette jeune fille doit être très fière d'être entourée et aimée par votre famille.
Je suis de tout coeur avec vous, battez-vous pour que l'adoption soit formalisée, je pense que cet amour là ne doit pas être brisé par des papiers qui sont longs à obtenir. Bon courage.

Ecrit par : Lolotte73 | 26.05.2009

 

Bonjour à tous et toutes,

Merci à Lolotte pour ce gentil et chaleureux commentaire. Alors voici des nouvelles. Je suis passée en appel en juin et nous aurons une décision en septembre. Ma fille attendait dans le couloir et les juges l'ont su. Mon avocate a dit : "Cette jeune fille attend, là dehors, alors qu'elle est sur le sol français depuis 2003, qu'elle a des parents adoptifs... Elle attend que vous acceptiez enfin cette adoption, qu'elle ait une carte d'identité française, qu'elle puisse porter le nom de sa nouvelle famille. C'est une situation inadmissible pour elle, pour Madame Laroche qui l'élève depuis six ans, pour son frère et sa soeur. Que va t'-elle devenir si vous refusez cette adoption ? Que va devenir cette adoption ? Ce lien non officialisé ? Comment l'aider dans une période d'adolescence où elle a besoin que cette identité d'enfant adoptée venue du Bénin soit reconnue ?"

Mon avocate a défendu le dossier bec et ongles devant les juges mais je n'ai pas eu le droit à la parole et ma fille non plus. Ils n'ont pas demandé à la voir. Alors, il reste à attendre la décision de septembre. 

Et puis, j'avais demandé l'aide de Madame TABAROT Michèle, Députée des Alpes Maritimes et Présidente de la Commission des Affaires Culturelles et de l'Éducation. Madame TABAROT s'investit beaucoup dans le domaine de l'adoption et fait tout pour que les choses progressent afin d'aider les familles adoptantes. Elle vient de me répondre en me disant ceci : "Madame, c'est avec une attention toute particulière que j'ai pris connaissance du dossier que vous m'avez adressé pour me faire part des difficultés que vous rencontrez pour obtenir la transcription du jugement d'adoption de votre fille, adoptée au Bénin en 2002. Sensible à votre situation, j'étais personnellement intervenue auprès de Madame Rachida DATI, alors Garde des Sceaux, afin d'être informée des démarches qui pourraient être entreprises pour parvenir à un règlement de ce litige. Je renouvelle ce jour mon intervention auprès de Madame Michèle ALLIOT-MARIE, nouveau Ministre de la Justice. Je ne manquerai pas de vous tenir informée de sa réponse et dans cette attente, je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes salutations distinguées." Je remercie infiniment Madame TABAROT et espère vraiment en une réponse favorable afin d'arriver à une conclusion positive en faveur d'une homologation du jugement béninois en France. Pour ma fille. 

Merci à tous ceux et celles qui me lisent et me soutiennent, même en pensée.

Plein de pensées.

Chloé LAROCHE

Ecrit par : Chloé Laroche | 22.07.2009

 

25/03/2009

Histoire difficile de l'adoption de ma fille au Bénin. Voyage dans le mystère d'un lien d'amour qui naît entre une mère adoptive et sa fille.

L’affaire de l’Arche de Zoé a jeté le discrédit sur nombre de familles adoptives en France, fragilisant les adoptés adolescents notamment, lesquels entendant les infos, ont pu dire à leurs parents adoptifs : “Alors, moi aussi, vous m’avez arraché à mon pays ? Moi aussi, vous m’avez arraché à ma famille, à mes racines ? Et puis, peut-être que vous m’avez acheté !? C’est vrai, peut-être que vous m’avez tant voulu que vous avez fait jusqu’au pire ?!!” 022a2cb7ec0b1d90ddd096b229738c85.jpg

images-1.jpegJe ne dis pas cela dans le vent. J’ai moi-même adopté une enfant au Bénin. Je suis allée chercher ma fille dans l’orphelinat où elle se trouvait et pendant une semaine, elle ne m'a pas quittée, jour et nuit. Cet endroit où se trouvait Yacinthe n'était pas un lieu de rêve. Pour les enfants qui faisaient pipi la nuit, on retournait simplement le matelas le lendemain. Ils ne mangeaient pas spécialement à leur faim et j'ai des photos qui attestent qu'on demandait aux enfants de porter sur la tête des charges de pierres, pour des constructions et du terrassement de cultures.images-8.jpeg

J'ai écrit le texte suivant le 1er janvier 2003 : "Le rêve que la vie va exaucer cette année, c’est l’adoption d’une petite fille béninoise. Elle s’appelle Yacinthe. Elle a sept ans et elle va bientôt arriver dans notre foyer. Cela fait plus de deux ans que nous nous battons pour réaliser ce rêve. Deux ans plus tôt, nous devions adopter une autre petite fille. Nous avions ses photos et l’espoir de pouvoir l’adopter. Le destin en a décidé autrement puisque, au dernier moment, la famille qui lui restait en Afrique n’a pas consenti à l’adoption. Nous avons vécu très difficilement cela, mettant même en péril notre couple. C’était un deuil supplémentaire à faire, après le décès de ma fille Océana en 1997. “Il vous faut un nouveau départ après ces multiples épreuves”, nous a alors dit une conseillère conjugale. Nous avons mis plusieurs mois à retrouver un nouveau départ, un nouvel espoir. Julia est arrivée quelques mois plus tard de Roumanie, confiée par l'association Sera (Voir mon article sur Julia et son opération), en novembre 2001.

images-3.jpegEt... au mois d’Août 2002, un fax nous apprend soudain qu’une enfant de sept ans porte notre nom et qu’un jugement d’adoption a été prononcé officiellement !!!! C'était comme apprendre que j'étais enceinte à huit mois de grossesse !!?!110_F_5287147_W0V2Q5BkDrP3ZK8XsztIJyidIPifREnn.jpg

C’était une situation anormale et extraordinaire aussi... En effet, nous n’avions pas été sollicités pour donner notre accord sur cette adoption-là et aussi, entre temps, nous avions accueilli Julia. Le Président de l’A.S.E. qui gère les questions d’adoption nous a confié sa surprise devant cette situation toute particulière nous plaçant devant un rêve réalisé... mais à retardement et sans notre avis, ceci concernant de plus un enfant autre que celui auquel nous pensions. Le Président nous a donné son accord et nous a incité à prendre une décision réfléchie.

110_F_1725859_8FqRyixq5xvbU1kMbhwhQxhaTqfqRY.jpgC’était tout réfléchi : nous allions accepter avec joie cette arrivée impromptue !"____________________images-7.jpeg

Mon séjour fin mars 2003 au Bénin et ma rencontre avec Yacinthe a été comme un accouchement et un lien d'amour filial est né. Il avait fallu attendre six mois pour avoir tous les accords béninois et français, ainsi que l'aval de la Mission Internationale de l'Adoption.

images-2.jpegMalheureusement, les directeurs de l’orphelinat dans lequel je suis allée la chercher nous ont menti. Les parents de ma petite Yacinthe étaient, selon leurs dires, décédés. Ma fille nous a appris six mois après son arrivée qu’elle avait ses parents et qu’on lui avait demandé en Afrique de nous mentir sur leur existence, et qu’ils lui manquaient, car malgré tout, elle pouvait les voir là-bas une à deux fois par an.

Je me souviens du choc que j’ai eu quand ma fille nous a confié ce secret si lourd pour elle ! Au fil du temps, nous avons appris à vivre avec cette trahison qu’on nous a faite. Mais nous avons dû vivre aussi tout ce que Yacinthe avait de colère envers cet abandon de ses parents, qui l’avaient placée dans deux orphelinats successifs.

Ils avaient tout de même signé l’accord pour que leur fille devienne la nôtre, mais en faisant croire qu’ils étaient oncle et tante. Le problème est qu’ils ont signé après la date du jugement d’adoption béninois, ce qui fait que le Tribunal de Nantes a refusé, neuf mois après l’arrivée de ma fille en France d’entériner l’adoption décidée au Bénin. Il aurait fallu juste qu’ils signent avant le jugement ; même la Mission Internationale de l’Adoption n’a pas relevé cette terrible erreur, donnant son accord pour l’adoption. À cause de tout cela, notre fille n’a pas la possibilité ni d’avoir une carte d’identité, ni de porter notre nom (mais ça, on l’a fait quand même, vu qu'elle l'a porté naturellement dès son arrivée !!), ni d’avoir la nationalité française. Cela a duré quatre ans, jusqu’au jour où j’ai saisi le Procureur de la République, en demandant dans l’intérêt de Yacinthe et de notre relation à toutes les deux, à un moment de l’adolescence où la crise identitaire était devenue débordante.. que cette affaire soit saisie et que l’État trouve une solution de reconnaissance officielle de l'adoption.images-4.jpeg

Le Procureur m’a enfin entendue, l'été dernier, et a demandé une enquête diligentée par la Brigade des Mineurs sur ma vie et mon état de maman, sur mon sérieux et ma détermination. Puis, il a ordonné un Conseil de Famille réunissant des membres de la famille adoptante ainsi que des amis proches, au mois d'octobre. Après un accord global des deux mesures, la demande s’est poursuivie avec une recherche des parents de Yacinthe au Bénin, afin d’obtenir un accord plus légal que ce qui avait été délivré cinq ans plus tôt. “En sachant”, m’a dit le Procureur, “que si les parents sont introuvables ou ne souhaitent plus rien signer, par peur d’avoir des reproches sur les faux écrits antécédents, la mesure ira jusqu’au bout, en vertu de la loi qui stipule qu’un mineur peut être adopté si les parents biologiques ne s’occupent plus d’eux et que c’est prouvé.”

images-9.jpegPour en revenir à l’Arche de Zoé et à l’impact de cette affaire pour toutes les familles adoptives existantes, voici une réflexion faite à notre encontre par une éducatrice nous entendant au sujet de notre fille : “Bon, hé bien, j’ose espérer que vous n’êtes quand même pas dans la même situation que cette association dont on parle tant en ce moment !!” Trafics d’enfants, procédés illégaux, déracinement d’un enfant de son pays contre l’avis des parents biologiques.... tout a défilé devant nos yeux... Non, Madame, je vous répondrais que c’est plutôt le contraire. Nous sommes victimes d’une procédure ayant trahi notre confiance. Nous sommes de bonne foi et nous n’avons jamais acheté un enfant. Nous avons envoyé de l’argent à la demande de l’orphelinat pour les procédures administratives. Toute adoption demande un minimum d’argent. Nous, ça a été dix mille francs, ce qui reste raisonnable, par rapport à ce qu’on a entendu par ailleurs. Et puis, on faisait confiance aux africains avec lesquels nous avons organisé le départ de Yacinthe, laquelle était infiniment heureuse de venir en France.

Lorsque je suis allée chercher ma fille, je suis restée une semaine avec elle à l’orphelinat. Elle avait hâte de quitter cet endroit et ce pays difficile où les souvenirs de l’enfance et de ce qu’elle a vu hantent encore ses nuits et sa vie actuelle. Elle a vécu dans deux orphelinats. Dans le premier, elle a été témoin de scènes terribles, comme un enfant qui vomissait régulièrement et à qui on demandait de ravaler le vomi. Elle a vu aussi des enfants battus à mort. Elle a connu la faim, la peur, l'abandon, la privation d'affection.

AA033742.jpgAujourd’hui, Yacinthe a grandi ; elle est devenu une jeune fille, parfois rebelle et insolente envers moi qui l’élève, mais j’essaye de tenir bon. Son père, avec lequel je suis maintenant divorcée, n’a pas été solidaire de la demande d’adoption simple que j’ai faite auprès du Procureur et ne rentre plus dans la démarche d’adoption. Cependant, il la prenait régulièrement... jusqu’à des évènements plus récents et douloureux.images.jpeg

images-14.jpegJe continue de me battre, pour que ma fille ait une identité, pour que je sois reconnue comme sa mère et pour qu’elle ne soit pas abandonnée une deuxième fois, quoi qu’il se passe. Le problème est que ma fille nous met “à genoux”, selon l’expression du Juge, car Yacinthe cherche par tous les moyens à voir “jusqu’où peut aller notre amour” et ce qu’on est capable de supporter par amour pour elle. Son père adoptif a capitulé car il en a assez des insultes, des insolences, du ton méprisant qu’elle emploie, des discussions incessantes pour obtenir ce qu’elle veut, des portes qui se claquent et de celle de l’entrée qui se referme sur son absence.

La porte d'entrée claque. La rage prend l’air de la colère du temps et Yacinthe revient avec l’âme plus apaisée des nuages laissés au passé. La porte d’entrée s’ouvre et le soleil peut revenir dans le coeur des parents adoptifs. Ces derniers encaissent les coups portés aux parents biologiques absents... présences virtuelles qui vivent à travers eux. Les parents adoptifs représentent ce père et cette mère absents. Ils recueillent toute la colère de cet enfant qui n’a d’autres moyens de s’exprimer envers son passé si horrible.

images-5.jpegEn outre, le complexe d’abandon est si fort qu’il demande avec exigence d’être répété. “Pourquoi ces gens m’aiment-ils alors que la vie m’a prouvé que je n’étais pas digne d’être aimé ?” Ma fille m’a ainsi demandé il n’y a pas longtemps “quel intérêt” je trouvais à l’adopter... L’amour gratuit ne peut exister sans questionnement, cet amour oblatif venu d’une autre planète, sur une terre où tout tourne autour du profit. “Et puis, Maman, cet amour, je ne peux l’accepter.” Comme un trop-plein d’un vide dans son coeur, elle enlève les posters que je lui ai offerts, elle arrache les souvenirs de notre vie commune. Elle insulte notre lien d’amour en me traitant de “mytho”, lorsque je reviens sur un de ses comportements blessants. Il y a trois mois, elle m’a lancé comme un défi : “Tu fais ta vie, je fais la mienne,” comme deux chemins qui ne pourraient pas se retrouver. Comme un cordon ombilical étiré par les deux bouts, avec une mer entre les deux, Mère Méditerranée... ou mère biologique. “Ma mère virtuelle est présente avec nous... C'est ma mère biologique”, m’a dit Yacinthe récemment. Comme un regard porté sur notre vie et cette impression pour elle de trahir sa mère d’Afrique quand l’amour pointe trop son nez entre nous. Car de l’amour, il y en a, c’est certain.

images-19.jpegComme ce jour de novembre 2007 où ma fille ma avoué : “Excuse-moi pour hier soir. Je suis désolée d’avoir voulu partir par la fenêtre et que tu aies dû me retenir de force et te faire tant de mal et de soucis. Je me suis trop attachée à toi, à cette famille, plus que je n’aurais pensé. Et j’ai peur, car j’oublie les souvenir de mes parents ; leur image s’estompe dans ma tête.” Le cordon s’étire mais il est élastique et quand ça lâche, ça fait mal pour ceux qui le reçoivent.. comme ce soir-là dont ma fille parlait. J’ai vécu avec elle un véritable bras de fer pour qu’elle ne parte pas en sautant d’une fenêtre du rez-de-chaussée (assez élevée), dans la nuit et le froid, avec ses affaires déjà toutes emballées.images-16.jpeg

En janvier 2008, il y a eu malheureusement une grosse crise chez moi avec ma fille. Suite à un mensonge de sa part, découvert... elle a hurlé dans l'appartement. Elle était dans un état incontrôlable. Elle m'a insultée, m'a dit que je n'étais pas sa mère. Elle a réussi à rentrer dans une pièce où je suis allée me mettre avec mon fils de trois ans qui avait peur. Puis elle m'a poussée violemment et a essayé de faire tomber deux armoires sur nous. Son père, qui était au téléphone et a entendu la crise, a eu peur pour moi et mon fils. Il a décidé d'emmener notre fille, et au bout d'un certain temps, il l'a confiée pour quelques jours de vacances à une dame qui tient un ranch de chevaux.

chevaux-france-1163148985-1097535.jpgSuite à tout cela, la Juge nous a convoqués début mars et m'a dit cette phrase au bout d'une heure d'entretien : "Madame, pour que ça aille mieux avec votre fille, il vous faudra faire votre mea culpa d'être allée la chercher en Afrique..". Je lui ai demandé si elle plaisantait. À sa réponse négative, je me suis levée et j'ai dit : "Je ne peux entendre cela, je sors". Je suis sortie du Tribunal de Grande Instance de Grenoble, rouge de colère et en pleurs, emplie d’indignation, meurtrie dans mon coeur de mère. M’excuser auprès de ma fille de l’avoir sortie de l’enfer, c’est le monde à l’envers !images-6.jpeg

J'ai mal au coeur de tout cela, de ce "mea culpa" demandé par la Juge, de cette situation conflictuelle. Je repense à cette petite fille grandie si vite en cinq ans, à tous ces bonheurs vécus ensemble, à cet amour que je lui ai donné à travers mes encouragements, mon regard sur elle, mes attentions, mes pensées. Aujourd'hui, elle a douze ans mais elle en a bien plus, au vu de son poignet osseux révélant deux à trois ans de plus que son âge officiel. Elle est presque aussi grande que moi et a une force incroyable. Je me souviens qu'au début, elle a grandi si vite, qu'il fallait changer entièrement sa garde-robe tous les trimestres ! La malnutrition ne lui avait pas permis de se développer normalement et son corps a rattrapé de façon remarquable le retard de croissance pris durant ses dix ans en Afrique.chevaux-autres-animaux-autres-chevaux-france-949060321-967130.jpg

110_F_1736530_rNkuNkZMAoymRFOhVJx7mRE2Yr01Cz.jpgUne personne nommée Laeticia m’a écrit en mars sur un forum, suite à mon témoignage : “Je ressens beaucoup de douleur dans votre message. Je suis d'autant plus sensibilisée qu'un couple qui a adopté une petite fille à Madagascar en même temps que nous , a vécu la même chose sans rien dévoiler. Il s'agit d'un garcon et d'une fille ;  les deux enfants sont placés dans une institution et sont apatrides !!! Beaucoup de souffrance d'un côté comme de l'autre. Votre histoire ressemble énormément à la leur !! Bourrage de crâne, parents biologiques toujours présents, âge modifié !! Le garcon a même dit à ma connaissance qu'il avait pour mission de les tuer afin de s'enrichir et d'ainsi faire venir sa famille !! Un drame humain !!  Bon tout ça pour vous envoyer du courage et de l'amour !! N'hésitez pas à vous entourer de professionnels qui sauront vous écouter.”

images-12.jpegMerci Laetitia.

Artemisia m’a écrit aussi ceci : “Difficile de trouver des solutions non douloureuses.  À part le fait des mensonges sur les parents biologiques, des situations comparables à la vôtre (violence...) ne sont pas rares.  C'est ce que me dit une amie d'EFA qui organise des groupes de parents adoptants vivant cela. Les échanges soulagent et des pistes se dessinent pour en sortir... Vous pouvez appeller le 01 40 05 57 71 tous les jeudis, de 14 heures à 17 heures.”

Oui, cette violence qui surgit ainsi est difficile à gérer. Pour le week-end de Pâques 2008, cela a été encore douloureux. Au bout de deux jours où j'ai tout fait pour que ça aille bien... ma fille s'est soudain opposée à moi, violemment, au cours d'un conflit verbal où elle s'est révélé insolente ; elle m'a poussée pour rentrer dans ma chambre de force, afin d'y récupérer des affaires sans mon accord. Elle s'est confrontée alors physiquement à moi. Son père adoptif a été témoin et a essayé de l'arrêter mais elle était à nouveau ingérable, à faire peur et à me dire des choses horribles, cyniques aussi, méchantes sur les cinq ans passés avec nous. Je suis sortie de cette scène très choquée et à ne plus pouvoir parler. Mon fils et ma fille Julia ont eu peur, durant cette scène difficile.

Pourquoi Yacinthe se rebelle ainsi ? C’est une question qu’on m’a posé.200121229-001.jpg

110_F_11144501_seX7xQC2vxGvIqIOe5kWGPjqVL4Cs6va.jpgParce qu’elle ne comprend pas qu'on puisse l'aimer, elle qui a été abandonnée (réaction normale psychologiquement..)... Parce qu'elle ne comprend pas "quel intérêt" j'ai à m'occuper d'elle (selon ses propres termes), parce qu'elle a besoin de s'opposer pour traverser cette dure période de l'adolescence des enfants adoptés... Yacinthe a aussi l'impression de trahir ses parents biologiques en acceptant de m'aimer, en acceptant cet attachement qu'elle ne nie pas mais qui la gêne, en acceptant mon amour. Et puis, l'explication à mon sens la plus importante, c'est : "J'ai été abandonnée une fois, donc je fais tout pour le reproduire, reproduire l'abandon par tous les moyens".

Si je parle aujourd'hui, si je témoigne de tout cela... c'est pour aider d'autres parents, afin qu'ils se sentent moins seuls... Une maman m'a contactée ainsi, me révélant qu'elle se fait frapper par son fils adoptif. Elle m'a remercié de parler, car elle n'ose pas. Elle aime son fils. Je lui envoie force et courage.images-11.jpeg

Si j'écris ainsi, c'est bien sûr aussi pour les enfants adoptés... pour qu'ils se rendent compte en me lisant de l'impact de tout cela dans le coeur d'une maman ou d'un parent adoptif. Pour tenter d'expliquer ce qui se passe dans leur coeur, avec des mots placés comme des points d'acupuncture... des mots pour des maux. Car ils souffrent véritablement... En premier lieu : d'un arrachement certain commun à "ceux qui vivent loin de chez eux".

____Écrit le 13 avril 2008 ________ _______ ____________ _____________ ____________ ______________ ___________________ Chloé Laroche

 

 

images-17.jpegLE RÉCIT DE MON VOYAGE AU BÉNIN

et de l'arrivée de ma fille en France :



J’ai pleuré de joie en Afrique car mon coeur s’est enflé d’amour pour cette enfant, Yacinthe, qui était maintenant mon sang et ma chair, tout comme Julia, mon autre fille venue de Roumanie. Le mystère de l’adoption est inconnu mais il existe réellement. Un lien mystérieux se crée, un lien plus fort que tout.

Lorsque j’ai pris le train pour Paris et que j’ai embarqué dans l’avion me menant au Bénin vers ma fille, lorsque mon regard a croisé celui de l’Afrique, lorsque j’ai vu Yacinthe pour la première fois dans l’obscurité de la nuit à Cotonou... mon âme a tremblé comme pour un enfantement. Une histoire d’amour est née. Pendant une semaine, ma fille ne m’a plus quittée. Elle dormait sur moi la nuit et me réveillait pour me parler. Je lui chantais des chansons et lui parlais tendrement. Durant la première nuit, elle m’a secouée dans mon sommeil et m’a réclamée à boire puis à manger. Elle a croqué toute la nourriture qui restait dans mon sac. Elle avait faim. Faim de nourriture et faim d’amour...

Elle m’a suivie avec mon violon lorsque je suis allée jouer pour tous les enfants de son école puis pour les jeunes du collège de Takon. Il y avait des dizaines et des centaines d’yeux fixés sur moi alors que je leur chantais des mots de paix et d’amitié, alors que je sortais mon archet et que je les charmais avec des airs du monde entier. Et puis, il y avait ces deux yeux qui me regardaient et qui me disaient : “Maman, je t'aime. Ne m’oublie pas, dis. J’ai tellement besoin de toi.”

Yacinthe, au bout d’une semaine avec moi dans son pays, avait hâte de monter dans le taxi et d’arriver à l’avion nous menant vers Paris. Je ne l’ai sentie rassurée que lorsque nous avons attaché notre ceinture, bien assises l’une près de l’autre dans le grand oiseau de fer, après les multiples contrôles de l’aéroport. Cela faisait plusieurs mois qu’elle rêvait à ce grand voyage pour la France et qu’elle attendait ma venue. Il a fallu attendre que tous les papiers d’adoption soient en règle pour que tout cela se réalise, après de nombreuses et longues formalités.

À son arrivée, Yacinthe était heureuse. Elle avait réalisé son rêve : avoir une nouvelle famille, un nouveau pays, des parents qui l’aiment, une maison pleine de jeux, de poupées, d’habits pour se faire belle... Elle aurait voulu être toute seule avec nous, être notre enfant unique, comme elle me l’avait confié une nuit en Afrique, mais, tout s’est bien passé avec Julia, sa soeur adoptive venue de Roumanie. Elles se sont entendu à merveille et Julia a même eu du mal pendant longtemps à se retrouver sans elle.images-23.jpeg

Yacinthe a remarqué rapidement que Julia était différente et l’examina dans ses mimiques, ses gestes muets pleins de sens. Nous lui avons expliqué d’où venait Julia avant d’être avec nous ainsi que ses difficultés pour parler et entendre. Nous lui avons parlé aussi de son opération dans la bouche et aussi du fait que Julia peut entendre désormais grâce à un appareil spécial.

Et puis, Yacinthe a prié en secret pour avoir un petit frère et une petite soeur. “Tous les soirs, je priais pour ça”, m’a t-elle dit, un large sourire aux lèvres à l’annonce de ma grossesse. Julia, de son côté, a senti que j’étais enceinte avant que je le lui dise. Elles aiment leur frère et Yourdine aime ses deux soeurs.

Mais aujourd’hui, quand j’entends résonner les paroles du Juge qui m’a dit, le 4 mars 2008, par rapport à l’adolescence de Yacinthe et à son comportement parfois difficile : “Madame, il va falloir, pour que cela aille mieux avec votre fille, que vous fassiez votre mea culpa d’être allée la chercher en Afrique...” et qu’elle m’a dit aussi : “Madame, vous n’aurez jamais l’adoption vu les difficultés du dossier après cinq années...”, je me sens anéantie et si peinée.

images-25.jpegCe que m'a dit la Juge ce jour-là m'a fait très mal. Ma fille était dans un orphelinat il y a cinq ans et n'attendait qu'une chose : de partir avec moi dans l'avion. Pendant la semaine où je suis restée avec elle dans l'orphelinat, c'était merveilleux. Comme une naissance. Et aujourd'hui, on m'assène de part et d'autre que je ne suis pas sa mère. C'est difficile et je suis même obligée de motiver mon avocat à me défendre.
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Aujourd'hui, alors que j'avais un agrément, je vais être obligée de reprendre le chemin d'un nouvel agrément pour pouvoir adopter l'enfant dont je m'occupe depuis cinq ans. J'ai mal au fond de moi, mal de ma situation de maman bafouée, humiliée et mal qu'on me rappelle à tout bout de champ que je ne suis pas la mère de ma fille, juridiquement. C'est un arrachement incompréhensible, un écartèlement entre la loi française et les faits : fait que je m'occupe de ma fille comme une mère à part entière depuis 2003, fait que je l'assume entièrement affectivement et matériellement. Je demande juste que l'État français me reconnaisse comme sa maman et Yacinthe comme française.200421495-001.jpg

Je poursuis mon engagement envers ma fille et quand je n'y crois plus ou que je suis désespérée, je regarde la fin de ma vie et je me dis que tous dans cent ans... on ne sera plus là, et que finalement c'est l'amour qui restera.. pas les paperasses. Malheureusement, c'est aussi les blessures et les injustices qui resteront... mais à un autre niveau de justice. Je veux dire que devant l'amour, les paroles blessantes que j'ai pu entendre ou les décisions injustes seront balayées par le temps et l'infini. Je pense qu'adopter un enfant, c'est s'engager envers lui, au-delà de tout le reste, même si cet enfant nous hurle dessus qu'on n'est pas sa mère ou son père.

Ma première fille est décédée en 1997, d'une encéphalite foudroyante. Son départ a laissé un grand amour de mère soudain orpheline et la douleur profonde causée par son absence m'a donné la force et l'énergie de me battre pour mes deux filles adoptives, venues de Roumanie et du Bénin. Ma fille de Roumanie est handicapée et l'association SERA et CARE recherche encore d'autres familles pour d'autres enfants handicapés et ayant besoin de soins médicaux... ayant besoin d'amour et d'une famille pour se reconstruire.

Je vais continuer de me battre pour Yacinthe. Redemander un agrément pour l'adoption. Un agrément, cela a représenté pour moi, pour nous, entre 1999 et 2000, des mois d'investigation, d'enquête, d'entretiens avec la psychologue et l'assistante sociale, de questionnements sur nos vies, de réflexion profonde sur l'engagement envers un enfant qui ne vient pas de notre ventre mais qui vient de notre coeur... et au final de notre chair profonde.images-10.jpeg

C'est ça l'amour. Recommencer, même après que tout soit fini.

images-18.jpegChloé Laroche

Mon autre site : http://violonistenciel.site.voila.fr


Référencement instantané


_____________ COMMENTAIRE :

Par Laetitia, le 14 avril 2008.

"Coucou ma grande ! Effectivement nos enfants sont les nôtres quoiqu'on puisse nous en dire. On les aime, on les a portés dans notre coeur, bien plus longtemps que d'autres mères qui ont porté leurs enfants dans leur ventre. Nos enfants ont une blessure primitive qui les caractérise. Je crois bien que tous ces mensonges supplémentaires ne font que déstabiliser certains enfants qui, malgré la bonne foi de leurs parents adoptifs, se retrouvent avec une histoire pas bien jolie de parents biologiques qui non seulement les ont abandonnés mais font des choses affreuses pour se dédouaner ou pour éviter d'être jugés. Je ne juge pas leur attitude, mais je dis qu'effectivement c'est catastrophique.

C'est moi qui connais ce couple qui a traversé l'enfer avec leur adoption à Madagascar ; ils en sortent affaiblis et détruits d'une partie d'eux-même !!!

Je t'envoie 100000 bisous et tu sais que je suis là !!!
Ce soir je penserai à tes enfants et à ton ange, je me dis que ça ne peut faire que du bien !!"

Laetitia

 

____________ VOIR LES ARTICLES ÉCRITS DEPUIS... SUR CETTE ADOPTION, DANS LA MÊME CATÉGORIE :

"HANDICAP, PARENTALITÉ ET ADOPTION"... http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/handicap-parentalite-et-adoption/

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22/03/2009

Deux anniversaires : la mort du père de mon fils et la date d'arrivée de ma fille d'Afrique. Réflexions sur le deuil d'un enfant, sur le cancer, sur l'adoption, sur l'adolescence, sur la responsabilité d'être parent.

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Cela va faire un an, le 7 avril, que le père de mon fils est décédé.

Mon fils, ce matin, me raconte que “quand il était bébé, son père l’a emmené dans une forêt. Une grande forêt avec des monstres, des araignées, des serpents.”

Il ajoute : “Un monstre a attaqué mon papa. Il lui a envoyé une grosse boule."

Je l’écoute et je lui demande si c’est un rêve qu’il raconte... Je m’aperçois que c’est la réalité, sa réalité qu’il décrit.

La forêt, c’est la vie.

Le père aide son enfant à traverser la vie, avec ses monstres, ses embûches, sa jungle, ses requins, ses tigres, ses araignées, ses fleurs magnifiques.

Mon fils voudrait revoir son père mais ce n’est pas possible.marguerite 200.jpg

La mort dans sa dimension inéluctable est difficile à comprendre pour un enfant.

Pour l’adulte, la mort d’un être aimé est déjà si difficile, avec sa cohorte de tristesse, de colère, de culpabilité, de résilience plus ou moins bien réussie.

Je dis à mon fils que le monstre dont il me parle est le cancer. Je lui dis ce mot terrible, ce mot que mon fils à quatre ans comprend.

Le cancer, la maladie.

Mon fils met ensuite des mots sur la réalité que je viens de lui dire : “Mon papa, il fumait beaucoup. On lui a envoyé une boule.” Comme un boulet, une boule, la tumeur qui tue. “Mon papa a été à l’hôpital. Puis il est parti au ciel.”

heureuses paques 200.jpgIl a dit ces mots et puis il a eu une attitude d’offrande avec les mains tournées vers le ciel.

Personnellement, je suis en colère qu’on puisse rentrer dans une clinique pour se faire opérer et que le chirurgien percute l’artère en voulant enlever une tumeur, tumeur si grosse finalement que le papa de mon fils s’est vidé de son sang devant l’équipe médicale.

Mon fils est dans la jungle et il n’a plus que sa maman pour traverser l’enfance.

Pourvu qu’il n’y ait plus de boules.

Mais sa grand-mère, ma mère, en a une. Je le sais depuis deux mois.

Maudit cancer.

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therese 200.jpgCela va faire six ans le 5 avril que j’ai ramené ma fille adoptive de son pays d’Afrique.

Elle m’a adoptée et je l’ai adoptée dès le premier jour.

Elle savait qu’elle resterait avec nous et que ce serait une nouvelle vie.

Et puis, dernièrement, sa propre réalité a jeté cette réalité à la mer. Jetant sa nouvelle mère avec.

Dans sa réalité d’aujourd’hui, réalité d’adolescente... elle ne reconnaît pas m’avoir appelée Maman. Elle ne se souvient plus de cette rencontre d’amour, de cette confiance d’enfant qui est heureuse de prendre l’avion pour une nouvelle vie.1099R-6475.jpg

Elle ne se souvient pas de sa vie en orphelinat, comme cette vie était difficile.

Elle nous regarde avec des yeux sombres, comme des voleurs d’enfant, voleurs d’une histoire sacrée entre une enfant et sa famille biologique.

Mais nous ne sommes pas des voleurs.

Nous étions sincères et désireux d’aimer cette enfant dite orpheline.

Elle a grandi entourée et choyée dans notre famille.

Mais il est difficile d’accepter l’amour quand on a été abandonné.

Alors, on se cabre comme un poulain, on heurte ceux qui nous aiment, on malmène les limites, on pousse ses parents, on les insulte, on fugue, on va jusqu’à la violence et jusqu’à prendre des risques par une prise d’autonomie trop précoce.

Ma fille s’est cabrée, oui.

00020565.jpgCette semaine, quand je suis sortie d’une réunion avec elle et des éducateurs... j’étais lessivée et je me suis dit que nombre de parents qui souhaitent adopter seraient dégoûtés de l’adoption en voyant cela, en voyant par où des parents adoptifs peuvent passer, en voyant ma colère devant les mots d’une éducatrice m’interpellant : “Mais madame, de toute façon, c’est vrai, vous n’êtes pas sa mère.” Elle a expliqué qu’aux yeux de ma fille, je n’étais clairement pas sa mère... biologique. Ce jour-là, j’ai parlé comme une lionne, comme une louve... relatant la réalité d’une adoption devant ma fille, insistant pour donner ma version des faits, de la réalité de mon voyage en Afrique, de ma rencontre avec ma fille... niée effrontément par celle-ci devant tous.

“Madame, c’est votre réalité. Votre fille a sa réalité. Ce n’est pas forcément la bonne mais ce qu’elle dit exprime ce qu’elle refoule, ce qui est caché, ce qui n’est pas l’apparence des choses.” Oui, en tant que parent, il faut apprendre à regarder derrière les apparences, derrière une insulte, derrière un uppercut des règles établies, derrière la violence d’un enfant, d’un adolescent. Savoir rester au niveau de l’adulte, prendre du recul, garder son calme, croire en la relation, ne pas voir la haine quand il y a regard de haine mais voir encore l’amour derrière. Pour ne pas être rejetant mais toujours présent, avec un repère d’éducation pour l’enfant, le jeune, l’adolescent... qui a besoin qu’on ne BAISSE PAS LA GARDE.

sf_060524_0749.jpgNombre de parents adoptifs rencontrent des problèmes à l’adolescence de leur enfant. Ce dernier peut malmener la relation pour voir jusqu’où ses parents sont capables de l’aimer, sans jamais l’abandonner quoi qu’il fasse. Il peut aussi être très insultant, voire violent physiquement, car les racines de ses origines sont présentes au plus profond de ses tripes et que ces racines demandent à être entendues. Elles demandent au jeune devenant adulte, petit arbre devenant grand... de descendre au plus profond de soi, dans la mémoire la plus ancienne, afin de s’ancrer assez fortement pour affronter l’avenir, cet avenir où le jeune adulte doit s’autonomiser.images-2.jpeg

Tout parent vit le départ de son enfant... et même les adolescents non adoptés peuvent malmener leurs parents. La violence existe aussi dans le comportement des enfants biologiques. Je pense d’ailleurs qu’il est nécessaire d’apprendre très tôt à l’enfant qu’il est interdit de lever la main sur son parent. C’est un interdit essentiel. S’il n’est pas bien intégré, cet interdit ne le sera plus lorsque l’enfant deviendra adolescent et se pensera alors tout puissant.

 

1099R-5028.jpgMon propos est de dire aux familles qui souhaitent adopter de poursuivre sur leur lancée et de croire en leur projet. Chaque enfant est différent et l’aventure de l’adoption est passionnante autant que l’enfantement, l’accouchement et la parentalité biologique.Mn_PERS003.jpg

Nous ne faisons pas des enfants pour nous mais pour permettre à un être de grandir et de s’autonomiser un jour dans l’harmonie, dans le respect des autres et de soi , dans une confiance en lui et en ses capacités. Capacité de rebondir, d’intégrer les épreuves, d’affronter la vie et ses impondérables, d’aimer l’autre dans l’harmonie hors de la dépendance et de la souffrance infligée ou subie.

 

Chloé Laroche

 

 

 

 

 

21/11/2008

Refus du Tribunal pour une adoption. Mon combat de maman depuis six ans pour ma fille adoptive.

 

Écrit le 07-11-2008.
________________
"C'EST L'ANGE QUI NOUS GUIDE, CONTRE LES ORAGES, CONTRE LES NAUFRAGES." (Calogéro)


ange_ange_fleur.jpgJe viens donner des nouvelles mais elles sont mauvaises. Je suis effondrée. Hier, je conduisais toute la journée pour mon travail et je pleurais au volant.

C'est un refus du Tribunal que j'ai reçu. Refus dans le cadre d'une demande d'adoption simple, demandée après une adoption plénière prononcée au Bénin en 2002, non acceptée encore en France. (voir mon article du 8 septembre 2008 : "Ce soir, je suis triste, triste de ce matin au Tribunal, triste pour l'adoption non reconnue de ma fille, triste de notre justice française").

J'ai mal pour ma fille, mal de cette société qui ne fait pas de geste pour reconnaître une adoption qui se passe pourtant depuis 2002, avec une enfant qui est venue du Bénin, qui vit avec moi, qui grandit, qui a besoin que l'État Français la reconnaisse enfin et me donne la légitimité de maman.

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Ma fille malmène notre lien car elle est en pleine crise d'adolescence mais je suis toujours là pour elle. Cela lui est arrivé de m'insulter, encore dernièrement, elle a fugué deux jours et deux nuits en septembre... mais on l'a retrouvée, et la vie continue. Elle sait que je l'aime, que je suis sa maman, que je l'aide en lui mettant des limites, en parlant avec elle aussi, en écoutant ses confidences de jeune fille, en l'accompagnant vers son chemin de jeune femme. Mais je suis meurtrie par cette décision du Tribunal... audience que j'avais relatée plus haut dans ce blog. La décision était en attente depuis le 7 septembre.ange_ange.jpg

ange_f_e_bleu.jpgJe suis meurtrie car je me bats depuis des années et je suis scandalisée par les contradictions entre le Ministère des Affaires Étrangères qui me donne son aval, par la MAI (Mission Internationale de l'Adoption) qui me soutient mais demeure impuissante, par le Service de l'Adoption qui n'a pas voulu prendre en compte ma demande récente d'agrément en déclarant que celui obtenu en l'an 2000 était encore valable à leur yeux... et selon la loi en vigueur. Mais la loi n'est pas la même pour tout le monde !!!  En effet... le jugement de cette semaine me reproche d'avoir un agrément périmé et qui plus est aux noms de mon ex-époux et moi-même. Divorcer est donc puni par la loi et un agrément d'adoption obtenu en couple ne correspond plus à une mère divorcée qui a adoptée sa fille il y a déjà cinq ans ! Quand on adopte un enfant, il est donc interdit de divorcer. Non seulement on me culpabilise de cela, mais en plus on me demande de m'excuser d'être aller chercher ma fille au Bénin !!! "Madame, ça ira mieux entre votre fille et vous quand vous aurez fait votre méa culpa d'être allée la chercher dans son pays." C'est à s'arracher les cheveux et avoir envie d'aller s'immoler devant le Tribunal de ma ville. :(

Pour information, un agrément est un document délivré après des mois d'investigation psychologique et d'enquête sociale, afin de montrer et de prouver qu'on est apte à adopter dans le pays choisi pour adopter. Quand l'adoption est prononcée, elle est prononcée, et redemander un agrément à une maman qui élève sa fille adoptive depuis plus de cinq ans relève du despotisme et d'un manque de justice confondante !!

Chloé



P-S.

Je viens d'avoir la MAI. Leurs mots : "Ce jugement de refus est inacceptable, intolérable. Qui peut adopter cette enfant si ce n'est vous ? Ce sont des considérations personnelles qui motivent ce refus de la part des Juges présents. Faites appel, ne baissez pas les bras. Continuez de vous battre." 
Ils m'encouragent mais ils ne peuvent pas m'aider.... Rien.  
Aucun lien entre les services. 
C'est désespérant.ange_ange_courb_.jpg


bonnefortu​ne

Je suis vraiment désolée ... Je ne sais que te dire.



Laetitiat

je te suis depuis toujours et je ne comprends pas non plus !!! c'est hallucinant !!! il faut que cette enfant soit l'enfant de quelqu'un!!! 
as-tu essayé l'adoption simple??


-


Chère Laeticia, 

ange_violon.jpgMerci pour ton message. Merci à Bonne Fortune.
Hé bien, c'était une audience pour une demande d'adoption simple puisque l'adoption plénière paraissait trop difficile à obtenir, et qui devait être depuis le début (plénière). Même l'adoption simple m'est refusé. On se demande ce que ça apporte à la conscience de toutes ces femmes qui ont participé à ce refus et à cette audience (procureur, juges, présidente d'audience, etc)... J'espère que la vérité des choses réelles se fera jour dans leur coeur. Et que refuser d'entériner une adoption juste par caprice institutionnel est plutôt décevant du système actuel. Je fulmine intérieurement et j'ai passé plusieurs coups de fil aujourd'hui (avocat, MAI, Service de l'Adoption)... Ils sont très embêtés pour moi et ne savent quoi faire. Les services qui s'occupent de l'adoption n'ont pas grand pouvoir... et ceux qui ont le pouvoir méconnaissent les lois et pratiques de l'adoption, ce qui donne des contradictions. 

Bisous à toi. 
Merci à tous et toutes de votre lecture et de votre attention. 

Chloé


Commentaire :
Softhi33

C'est une histoire hallucinante... Je vous lis depuis un petit moment et j'espère de tout cœur que vous trouverez une issue, qu'elle soit juridique et affective... Je ne comprends pas ce qui se passe dans la tête des gens... Et j'avoue que cela fait froid dans le dos... Je ne sais pas non plus quoi vous dire ni quoi faire. Bon courage à vous et à votre fille. Votre histoire est digne d'un "roman", pas  romancé malheureusement...

 

08/09/2008

Ce soir, je suis triste, triste de ce matin au Tribunal, triste pour l'adoption non reconnue de ma fille, triste de notre justice française.

Bonsoir !

 

Mn_45b.jpgCe soir, je suis triste car j'ai vécu ce matin au Tribunal un moment très pénible, un morceau d'enfer.

Je bataille pour obtenir la reconnaissance d'une adoption faite au Bénin depuis 2002 : l'adoption de ma fille que je suis allée chercher dans un orphelinat en 2003.

Je vous en avais déjà parlé dans un article précédent, il y a quelques mois, dans "Histoire difficile de l'adoption de ma fille au Bénin" (13 avril).

Quand on adopte un enfant, on doit suivre certains règlements, certaines démarches : agrément à obtenir sur neuf mois environ, visites d'une assistance sociale, rendez-vous avec un psychologue, acceptation du dossier par la Mission Internationale de l'Adoption, attente des papiers en règle du pays d'origine, consentement de la famille biologique restante, délivrance d'un visa pour l'enfant.

Imaginez que tout cela soit fait et que cinq ans et demi après, la France n'a toujours pas reconnu officiellement l'adoption. La Justice pinaille : "Oui, mais l'oncle biologique béninois de votre fille a été considéré comme le père... alors que c'est l'oncle... Que représente en fait exactement cet homme pour votre fille ? La place de cet homme dans sa vie n'est pas claire... Elle a une famille au Bénin. Tout cela n'est pas clair. Ce jugement d'adoption n'est donc pas clair et ne doit pas être validé par la Justice.... Et puis la Justice n'a pas à entériner un lien ou à le consolider. S'il y a lien affectif entre vous, alors vous n'avez pas besoin d'un lien juridique."

Voilà ce que j'ai entendu ce matin.Mn_44a.jpg

J'étais assise en face de cinq dames avec mon avocate à côté. Madame le Procureur, assise à gauche, a démonté mon dossier et ma demande point par point, pièce par pièce, s'adressant ainsi aux dames présentes : "Je vous demande de ne pas aller dans le sens de la demande de Madame Laroche. C'est un fait que sa fille est chez elle, qu'elle s'en occupe, mais voilà, c'est tout. Au début, il y a eu effectivement une enquête du Conseil Général faite par le Service de l'Adoption, qui s'est révélé assez positive... mais très vite, cela a dégénéré entre ses parents adoptifs et cette enfant."

Ma fille a traversé une période difficile d'adolescence, de changement corporel, d'adaptation, d'attente d'identité... Mais si on vient nous reprocher, à nous parents adoptifs, cette crise normale et courante chez nombre d'enfants adoptés, lesquels cherchent à voir jusqu'où on peut bien les aimer... alors si on vient nous reprocher les difficultés rencontrées, le monde tourne à l'envers.

Je n'ai pas pu dire un mot durant toute l'audience. Personne ne m'a proposé de m'exprimer, de dire un mot... moi qui me bats depuis six ans pour cette enfant, qui suis avec elle sur le "terrain" au quotidien, qui l'ai sortie de cet horrible orphelinat où elle se trouvait, abandonnée là-bas... moi qui l'accompagne de mon amour inconditionnel, acceptant les mises à distance obligées, alors même qu'elle m'a hurlé au cours d'une crise il y a quelques mois de "la lâcher", "d'arrêter d'être obsédée par elle", de "l'oublier". Elle oublie ensuite ces mots, ces paroles difficiles à entendre qu'elle dit car elles montent en elle comme une vague qui passe et qui engloutit le présent avec le passé trop dur de l'Afrique, de l'abandon, de l'orphelinat, des mauvais traitements là-bas.Mn_36a.jpg

Quand elle est arrivée, ma fille mesurait 1 mètre 22 et pesait 23 kilos. En un an, elle avait pris douze kilos et grandit énormément, récupérant tout le retard dû à la malnutrition. De l'enfant qu'elle était en arrivant, ma fille s'est métamorphosée à une vitesse inimaginable dans les premiers temps. Je devais changer tous ses vêtements en un trimestre. Aujourd'hui, cinq ans plus tard, on retrouve une "enfant" transformée, une jeune fille en pleine forme, mesurant 1 mètre 56 avec 53 kilos. Ma fille s'est épanouie. Elle est heureuse. Elle a grandi comme une enfant normale, avec des jeux, des poupées dans un premier temps, puis le ski, le cheval, les copines, le vélo, des camps, les scouts, toute une culture à découvrir, le cinéma, les livres, les chanteurs, les balades en famille, la découverte de la France, les vacances au bord de la mer, le Safari de Peaugres, les grottes de la région, etc.

Ce matin, Madame la Procureur a eu la bonté d'annoncer devant l'assemblée que la France ne renverrait pas ma fille dans un charter... "Madame Laroche, soyez rassurée, on n'agit pas ainsi en France. On ne renvoit pas des mineurs dans leur pays. À sa majorité, votre fille aura aussi tout loisir de demander son adoption elle-même, demandant à ce que votre lien affectif soit légalisé. Donc, de ce côté-là, il n'y a pas d'inquiétude à avoir."

J'ai été très rassurée d'entendre ces mots !!!! Vous pensez bien, avec tout ce que je sais sur le dossier des étrangers expulsés... problème dont je parle régulièrement sur ce blog !!

Le Ministère des Affaires Étrangères m'avait envoyé durant l'été un document décisif m'ouvrant toutes grandes les portes de l'adoption de ma fille, avec leur bénédiction. C'était un document prouvant l'abandon de ma fille et la disparition de ses parents, relayés un temps par un oncle et une tante béninois... que ma fille a appelé ses parents.

Même ce document n'a pas ému le Procureur.

Je ne connais pas la pensée de toutes les juges, greffes et dames présentes, puisqu'elles ne se sont pas exprimées, n'ont pas débattu et n'ont posé aucune question.

Deux personnes se sont renvoyé l'affaire : la Procureur et mon avocate.

Mn_35a.jpgJe suis ressortie de la salle effondrée intérieurement.

Mon avocate a dit de moi que j'étais une femme tenace et qui savait ce qu'elle voulait : donner une identité à ma fille et être reconnue comme sa mère officiellement, puisque cette société me demande de toute part si je suis bien la mère de cette enfant, de cette jeune fille maintenant, sur le plan juridique, sur le plan de l'autorité parentale et des instances diverses.

Je considère qu'un enfant venu sur le sol français pour être adopté, et sachant qu'il va l'être... doit voir son espoir concrétisé par le Droit Français... lui donnant le droit de porter officiellement le nom de ses parents adoptifs et d'avoir une carte d'identité attestant de sa nouvelle appartenance familiale. Ma fille n'a pas de papiers français. Ma fille porte mon nom à la dérobade, comme un nom volé à la France. Ma fille n'a pas la nationalité française et plus elle grandit, plus elle a conscience du problème de l'immigration en France.

Ma fille sauterait de joie de savoir qu'elle a été enfin reconnue par la France et comme mon enfant. Ma fille m'appelle Maman et elle sait au fond de son coeur que jamais je ne l'abandonnerais, que jamais je ne romprais ce lien indestructible né entre nous en Afrique, que je serais toujours là pour elle, que j'ai pardonné certaines choses et que j'ai avancé parfois dans l'orage et les tempêtes... mais que mon amour pour elle est véritablement celui d'une mère pour son enfant.Mn_44.jpg

Le jugement court en délibéré jusqu'à début novembre. Attendons. Le coeur de ces dames s'est peut-être ouvert à la plaidoirie de mon avocate et à la robustesse de ce parcours chaotique d'adoption béninoise.

Néanmoins, je suis triste ce soir de tous ces propos entendus ce matin et à d'autres moments, de cette glaciation intérieure de la toute puissance juridictionnelle, qui place l'humain et les actes concrets au second plan.

Car ... ces dames, si elles avaient vu où ma fille se trouvait quand je suis allée la chercher... rougiraient et pleureraient. Si elles avaient vu ce qu'elle mangeait, où elle dormait, combien de pierres on lui faisait porter sur la tête et de seaux remplis de terre.... ces dames supplieraient d'effacer le supplice d'une mère au Tribunal ce matin.

Aux informations télévisuelles, on a annoncé dernièrement que l'adoption serait facilitée en France dès à présent et que toutes les mesures nécessaires allaient être prises. Quand l'État n'est pas capable de prendre la mesure de la souffrance identitaire d'une enfant adoptée qui n'est pas reconnue... depuis presque six ans qu'elle est sur le sol français, il y a de quoi s'interroger sur ces nouvelles mesures publicitaires !!

Sincèrement vôtre,

Chloé L.

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18/05/2008

Ultime adieu au père de mon fils, mort sur la table d'opération. Il était ambulancier comme moi.

Au père de mon fils...
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Tu es parti si vite, trop vite. Trop vite aussi de ma vie, de notre vie, il y a deux ans et demi. Tu es décédé brutalement ce lundi, d'un cancer au poumon... Parti sur une table d'opération qui était un espoir, mais qui a été ton dernier voyage. Nous nous étions rencontrés samedi dernier pour Yourdine, notre fils. Tu étais debout, bien vivant. Nous avons parlé. Je suis restée chez toi un moment. Il y avait ton amie, que je respecte. Tu avais perdu tous tes cheveux ; tu avais maigri à cause de la chimiothérapie. Tu étais heureux de voir notre fils qui a trois ans. Vous êtes allés au parc ensemble et puis le soir, je suis revenue. Nous avons encore parlé.

deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelinAvant que nous ne quittions ton foyer, tu as mis soudain une cassette vidéo, sans rien dire. C'était l'histoire de Moïse, avec l'histoire imagée de la création du Monde. Je suis restée avec Yourdine, à regarder avec toi ces images de mers, d'océans, de volcans, d'univers... et j'ai pensé : "Ne me dis pas que tu vas rejoindre si vite la Création...". Je pensais à toi, à ton air grave, à ce côté médium que tu avais, à ce don de clairvoyance et de persuasion que j'ai connu en toi. Tu étais un poète, très inspiré.deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelin

C'est toi qui m'avais dit un jour, dans les premiers temps où nous nous fréquentions :

"Chaque jour est un combat pour nos semblables. Les combats sont multiples mais se ressemblent tous. Le comble du combat de chacun d'entre nous est qu'il se trouve en notre âme, dans notre coeur. Et ce combat est unique en nous-mêmes."

Je notais ce que tu disais, car je sentais que cela venait de si haut... Et je t'ai aimé. Aimer au point de tout quitter, au point de venir vivre dans ta ville pour que nous demeurions ensemble, au point de te donner un enfant, au point de trouver un logement et de remuer ciel et terre pour nous trouver un nid... Le nid, je l'ai trouvé. Et puis, je t'ai attendu. Attendu.. Au début, les larmes ne font que des chapelets, et puis cela devient ruisseau et puis fleuve qui emporte tout. Il m'a fallu être forte, toute seule dans la vie. Tu ne m'aidais pas, même financièrement.deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelin

Tu me disais que tu avais du brouillard dans la tête et qu'il te faudrait du temps. Que tu te battais avec toi-même. Qu'il y avait un mur à franchir et que tu cherchais le moyen de grimper dessus pour pouvoir nous rejoindre. Et puis, j'ai découvert un secret... un drame vécu dans ta vie, une déchirure connue de toi seul. Ton coeur déchiqueté par ce drame était enflé de mille larmes, que jamais tu n'as pu me montrer. Et moi, je portais ton enfant et je sentais ce poids, et je voulais savoir. Quand j'ai su, c'était trop tard. Le brouillard avait pris ta vie. La peur de t'engager plus avant. Tu ne voulais pas de contraintes et les promesses que tu m'avais faites se sont envolées dans la flamme du temps qui passe.

deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelinEn octobre 2005, j'ai écrit ce texte pour toi :

J'ai mal
de cette traversée du désert
Mal à mon oasis... mal
D'un mur où derrière
reste un homme
Qui n'arrive pas
À passer le mur
C'est le père de mon fils..
Et j'ai mal de
cette traversée d'abandon
De ces pointillés de solitude
Où les roses de l'amour
meurent de soif
De n'avoir plus d'oasis
De ne pas comprendre
Le mur invisible
Du coeur d'un homme
Qui de pierre nous a perdu
Dans le désert des solitudes
Pourtant une femme...
A essayé de briser le mur
Cette femme, moi sans toi. 5285cb733375c130a25fb3ef740e22b8.jpg

Puis, en décembre 2005, tu es passé nous voir comme un soleil d'espoir. Notre fils avait neuf mois. Tu m'as promis ce jour-là de passer plus souvent. Yourdine t'avait retrouvé en une heure de temps et tu es parti en me donnant un baiser et la promesse de tes yeux. Ce fut le dernier et Yourdine est tombé malade de cette attente si longue, de sa demande d'un papa, le sien... papa qui ne revient pas.

deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelinIl a toussé trois mois, comme si l'explosion de cette attente atteignait sa vie de petit homme et le souffle d'un fils qui a besoin de son père. En janvier 2007, tu es revenu sans prévenir et je t'ai fait comprendre que je voulais d'abord parler avec toi, avant que tu revoies ton fils, afin de poser les bases d'un équilibre pour Yourdine, mais tu l'as mal pris, envoyant même des pierres contre la vitre. Ce jour-là, j'ai eu peur et je voudrais que ce moment n'ait jamais existé, sachant ce que nous avions partagé et le lien fort qui nous unissait.

Et puis, en novembre 2007, tu es revenu dans la vie de notre enfant avec sagesse. Yourdine était si heureux de te retrouver. Il était fier de t'avoir comme papa. Tu lui manqueras beaucoup et pour moi, ton départ représente un grand vide dans mon coeur car tu étais le père de mon fils et ça, c'est sacré, devant l'Univers.

deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelinIl y a trois jours, il t'a vu une dernière fois, au PFI. Je lui ai bien expliqué les choses, avec les conseils d'une psychologue formée au deuil et à l'accompagnement des survivants. Yourdine t'a regardé un court instant. Il a vu tes yeux fermés et que tu ne parlais plus. Il m'a vu poser des roses près de ton corps. Puis il s'est échappé et a grimpé sur un fauteuil, pour rejoindre la vie, dans le sourire innocent de l'insouciance. Tu étais étendu sous un drap, à l'endroit où se trouvait Océana, ma fille que j'ai perdu il y a onze ans. C'est lorsque nous sommes sortis à l'extérieur que la colère est sortie dans le coeur de Yourdine. Il a jeté son doudou et de ses poings m'a frappée.deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelin


Ce matin, nous t'avons dit adieu avec Yourdine, une dernière fois, avant qu'ils ne referment le cercueil. Et puis ils t'ont emmené vers ta dernière demeure, au cimetière, d'où tu as pris ton envol vers des cieux plus cléments.

Je parle à ton fils de ton départ avec des mots simples, des mots réels. Je le rassure, je lui dis que tu ne souffres plus, que tu l'aimes et que l'amour ne s'arrête pas. Je l'entoure de ma présence, de vie et de force... pour qu'il ait envie de manger, de s'amuser, de sourire à la vie. Il y a deux jours, il a repoussé son assiette en te réclamant. "Je veux mon Papa." Et puis il y a eu de sa part des gestes de colère, colère envers la vie. Lui dire qu'il a le droit d'être en colère, de pleurer aussi, d'être triste.deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelin,opération,cancer,tumeur,clinique des cèdres échirolles,mort,décès brutal,paternité,papa,enfant,deuil,larme,perte,absence,amour,séparation,santé,peine enfant,abandon,intuition,moïse,amour,attente,couple,maternité,souffrance,promesse,sacrifice,solitude,deuil,veuvage,recueillement,souvenir,pardon,vie,hommage,


Perdre son papa, c'est un grand vide dans le coeur, dans la vie. Aujourd'hui, pour lui, aller à la cérémonie, du haut de ses trois ans, c'était courageux. Mais il a vu toute ta famille, tes frères et soeurs, tout ce monde qui t'aimait. Les hommes aussi qui se sont tous rassemblés devant ton cercueil au cimetière pour prier en arabe, comme un salut céleste venu de l'humanité.

deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelin,opération,cancer,tumeur,clinique des cèdres échirolles,mort,décès brutal,paternité,papa,enfant,deuil,larme,perte,absence,amour,séparation,santé,peine enfant,abandon,intuition,moïse,amour,attente,couple,maternité,Et puis, nous sommes rentrés tous les deux à la maison et nous sommes restés seuls, dans le recueillement, avec des jeux tranquilles d'enfant, le ménage pour moi et... aussi la volonté d'écrire, écrire pour le collectif dans cette solitude où partager ce que je vis est essentiel. Écrire sur internet et partager mon écriture comme lorsque je publie mes livres, c'est aussi donner envie de vivre à d'autres et le courage de tenir dans les épreuves, dans "les combats multiples de la vie"... pour reprendre ton expression.

Je te dis adieu et je te remercie de m'avoir donné cet enfant, ce beau petit garçon qui sourit à la vie et qui est curieux de tout. Depuis le mois de novembre, tu avais retrouvé une présence auprès de lui et il y tenait.deuil,hommage,père,rencontre,couple mixte,deuil enfant,orphelin,opération,cancer,tumeur,clinique des cèdres échirolles,mort,décès brutal,paternité,papa,enfant,deuil,larme,perte,absence,amour,séparation,santé,peine enfant,abandon,intuition,moïse,amour,attente,couple,maternité,

Que ton âme parte en paix rejoindre le Créateur.

Chloé

__________ Voir la fin de la page : "Sos d'une maman et conductrice de taxi sur Grenoble" où je parle aussi du départ du père de Yourdine :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2008/04/10/

sos-d-une-maman-et-conductrice-de-taxi.html


La fleur blanche "berceau de Moïse" vient du site :

http://gardenbreizh.org/photos/berlugan/photo-127221.html

MERCI À SON AUTEUR : Berlugan.



22/04/2008

Accueil et opération d'une enfant roumaine, ma fille Julia. Présentation de l'association Sera. Handicap et amour.

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Soixante-dix-sept familles accueillent en France des enfants roumains, ayant besoin de soins médicaux et pour certains d’une opération. Elles les accueillent et les élèvent comme leur propre enfant, totalement bénévolement et avec tout leur coeur. La plupart sont handicapés, avec des problèmes de comportements, des problèmes de santé mentale ou physique, ou les deux, et des handicaps touchant la parole, la vue ou l’audition.

Julia est arrivée chez nous il y a six ans. Après neuf années passées dans un orphelinat en Roumanie, son étoile l’a conduite vers nous, sa nouvelle famille. Les deux personnes qui l’ont conçue et engendrée l’ont vraisemblablement abandonnée à la naissance à cause de ses malformations. Ses oreilles n’avaient pas fini de se construire extérieurement, indiquant une surdité partielle qui s’est avérée réelle. Elle n’avait pas de palais dans la bouche, empêchant le langage de s’épanouir, et une fente labio-palatine apparaissait aussi, dans le contexte du syndrôme de Franchesquetti.

Lorsque l’association nommée S.E.R.A. -dont le sigle signifie “Solidarité pour les Enfants Roumains Abandonnés”- nous a envoyé la photo de Julia et une fiche de renseignements sur elle, nous l’avons tout de suite adoptée dans notre coeur. Suite à notre accord, des membres de l’association sont venus nous voir pour nous rencontrer et découvrir nos personnalités, nos aspirations, notre demeure, la future chambre de Julia. Ils ont clairement placé notre attention sur le handicap de notre fille et sur le fait qu’elle n’aurait pas l’âge mental de son âge, mais un âge qui correspondrait à son passé, aux traumatismes vécues par elle, au fait qu’elle n’avait jamais été stimulée. “Ne serez-vous pas déçus ? Comment réagirez-vous devant la réalité de cette enfant ?”

Avec Marc, mon compagnon depuis six ans à l’époque, mon ex-mari aujourd’hui, nous avons répondu en ayant conscience de la situation. Je ne dirais pas... pleinement conscience, car sans vivre les choses, comment peut-on tout imaginer ? Et même en les vivant, on avance les yeux fermés comme un aveugle qui a ses yeux au bout des doigts et du coeur.

Pourquoi je dis cela ? Parce qu’aujourd’hui, nous ne savons pas ce qu’a exactement vécu Julia en orphelinat. Lorsqu’elle était bébé, est-elle restée dans son lit des journées entières ? Cela, je le crains fortement, au vu des rapports et des témoignages. Lorsqu’elle a grandi, elle n’est sûrement jamais sortie à l’extérieur afin de se promener avec les autres enfants. En effet, ses membres inférieurs étaient très faibles et sans aucun muscle, ce qui fait qu’elle trébuchait à chaque instant sur un chemin de pierres et qu’elle descendait difficilement les escaliers. Peut-être n’a-t-elle jamais eu non plus de livres, de jeux, de jouets... Elle ne savait pas tenir un crayon et n’avait jamais dessiné.

Et puis, a-t-elle été victime d’attouchements de la part d’adultes, comme on nous l’a fait craindre à son arrivée ? A-t-elle été rejetée ou exclue à cause de ses handicaps ? Était-elle enfermée dans une pièce unique toute la journée avec d’autres enfants ? N’avait-elle pour seule activité que le balancement sur elle-même, qu’elle faisait beaucoup en arrivant chez nous... On sait en tout cas qu’elle a grandi entourée seulement de bébés, sans stimulations, ni sorties.

Si je me pose toutes ces questions, c’est que cela existait couramment et existe toujours dans beaucoup d’orphelinats roumains, surtout ceux où étaient gardés les enfants “différents” et handicapés, exclus de la société dictatoriale de Ceaucescu. Il y avait aussi les enfants attachés dans leur lit. Et ceux qui ne mangeaient qu’une fois par jour... Dernièrement, l’association SERA a accueilli Denis, qui avait eu le nez rongé par un rat, alors qu’il n’avait que trois semaines. Désormais, il a un vrai nez, après trois opérations et une greffe, et il est retourné en Roumanie pour être accueilli dans une famille.

Lorsque Julia est arrivée chez nous, elle était comme une enfant “sauvage”, ayant grandi littéralement sur une autre planète et débarquant dans un monde totalement différent. Elle découvrait tout avec une curiosité immense et se saisissait de ce nouveau monde avec un appétit féroce. Elle nous a adoptés comme nous l’avons adoptée. Tout simplement, comme une place dans notre coeur qui était à prendre. Tout simplement comme une résonance de l’amour qui se rejoint, qui se retrouve.

Avec nous, elle a découvert la force de ses jambes, la marche, les arbres, la nature, le soleil, les animaux. Elle a découvert la joie d’avoir une famille, une chambre, des poupées, des jeux, des chats. Elle a découvert qu’elle pouvait manger à satiété, qu’elle avait manqué mais qu’elle ne manquerait plus de rien, qu’elle mangerait maintenant à sa faim. Elle a renoncé à se mordre et à taper dans les murs devant la moindre contrariété. Elle a compris que nous ne l’abandonnerions jamais, au bout de plusieurs semaines pendant lesquelles elle a fait de grosses crises de colère, hurlant, se mordant, se griffant... si l’un de nous quittait la maison.

Julia a accepté le bonheur offert chaque jour. Puis deux mois après son arrivée, elle a entendu enfin, grâce à un appareillage conçu pour ses oreilles. Elle est sortie alors du monde cotonneux dans lequel elle avait toujours vécu pour s’ouvrir complètement à la vie. À l’Hôpital, elle a été endormie complètement afin de détartrer toutes ses dents qui n’avaient jamais connu de brosses ni de nettoyage quotidien.

Après moultes examens, la grande opération eut lieu le treize mars de l’année 2002 : la création de son palais au sein de la bouche. Julia est revenue de la salle d’opération au bout de plusieurs heures, la bouche en sang. Elle avait aussi des points de suture sur la lèvre supérieure jusqu’à la narine gauche.

Le Professeur Raphaël, qui l’a opérée, a dû rouvrir la fente extérieure, fermée d’une mauvaise façon en Roumanie, et ôter une dent qui avait poussé au milieu, à l’intérieur. Il nous a confié “n’avoir pas vu cela depuis la guerre d’Algérie”. Le palais était désormais reconstruit par les deux parois réunies au coeur de la bouche de notre fille.

Julia a d’abord vomi tout le sang qu’elle avait avalée au cours de l’opération sous anesthésie. Elle s’est débattue et hurlait à chaque fois que les infirmières venaient lui nettoyer la bouche, les lèvres et les dents noircies par le sang. Il fallait la tenir fortement et même l’enfermer dans un drap pour l’empêcher de frapper les personnes soignantes.

Nous l’avons veillée jour et nuit, son père et moi, pendant les dix jours d’hospitalisation qui ont suivi. Elle a eu beaucoup de difficultés à remanger et à boire. Mais tant de visages se sont penchés vers elle pour l’encourager que la confiance en sa bouche a vaincu sa douleur. Ce séjour à l’Hôpital a été une véritable résurrection, une nouvelle naissance.

À deux pas, ma fille Océana était morte, en février 1997, dans le bâtiment d’en face. Je revoyais son corps inerte et froid. Cinq ans avant. Dans le même Hôpital. Mort brutale d’un enfant. Crucifixion de l’amour... Mais résurrection aujourd’hui d’un corps, celui de Julia. Début d’une nouvelle vie qui a redonné espoir à la parole pour une fillette qui n’a jamais pu parler.

Je remercie le Ciel pour ce combat, pour ce miracle de la vie où la mort d’un enfant a permis le chemin qui a mené un couple, le nôtre, à sauver un autre enfant, à l’arracher au désert grâce à l’association S.E.R.A... afin de lui donner les fleurs et l’oasis d’une vie nouvelle.

Le jour de ses dix ans, neuf mois après l’opération, Julia est venue mettre sa tête sur mon ventre en s’allongeant sur le divan près de moi. J’ai pensé alors au jour de sa naissance, à ce jour où elle est sortie du ventre de la femme qui l’a portée pendant neuf mois. J’étais émue de sentir l’abandon de Julia sur moi, comme un bébé que l’on pose sur sa mère au moment du premier cri. C’est ce que j’appelle la maternité de l’adoption... tous ces moments tissés qui créent le patchwork de l’amour.

Ce soir-là, à l’occasion des voeux échangés pour la nouvelle année, mon père m’a dit en me parlant de Julia : “Julia, de toute façon, elle est débile... Handicapée si tu préfères, mais débile est le mot.” Cela m’a fait très mal et j’ai réagi vivement en lui répondant que s’il était venu au spectacle de Noël monté par la classe de Julia, il aurait compris que Julia est tout sauf “débile”.

Je sais que Julia a des handicaps et qu’elle rencontre des obstacles, notamment pour apprendre à parler. On sent chez elle un grand retard de développement dû à toutes ces années pendant lesquelles elle a vécu repliée sur elle-même. La psychologue scolaire nous avait fait comprendre qu’en grandissant, Julia devrait intégrer un établissement spécialisé adapté à ses troubles. On nous a dit mille choses, dont une qui a résonné longuement : “Il se peut que Julia ne puisse jamais récupérer son retard d’évolution ni parler ni vivre plus tard en adulte autonome.”

Une amie, Annick, m’a dit très justement : “Tu sais, les gens sont méchants avec la différence. Et puis, il y a ceux qui ne veulent rien voir et qui continueront à te dire que Julia est tout à fait normale et qu’elle n’a pas de problèmes. Reconnaître la différence, c’est déjà l’accepter. La nier, c’est mettre un couvercle pour ne pas voir ce qui nous dérange.”

J’aime Julia comme elle est, exactement comme elle est, depuis l’instant où j’ai lu son dossier et regardé sa photo, deux mois avant son arrivée. Tout en lui donnant le maximum de chances d’évoluer dans sa nouvelle vie, je sais au plus profond de moi que mon amour pour elle ne changera pas et que j’accepte entièrement cet être, qui est devenu mon enfant, dans le devenir total de son destin. Je suis intimement persuadée que lorsque les choses doivent se faire, rien ne peut les arrêter. Il faut de la patience et parfois attendre que la vie se dénoue... Que le présent se mette en marche pour nous guider vers l’avenir.

L’association S.E.R.A., “Solidarité pour les Enfants Roumains Abandonnés”, par laquelle nous avons accueilli notre petite Julia est un mouvement humanitaire qui aurait tellement besoin de plus de familles pour soigner des enfants roumains en attente d’opérations, de soins médicaux et d’un entourage affectif salvateur.

Il faut pour cela des familles qui s’engagent à prendre en charge de A à Z la santé d’un enfant, son éducation, ses handicaps -qu’ils soient physiques ou mentaux-, et son entretien quotidien, au même titre qu’un enfant naturel. La Roumanie s’étant fermée à l’adoption depuis un certain temps, il faut trouver des familles qui sachent aimer leur enfant et ouvrir grand leur coeur, même si l’enfant ne porte pas encore leur nom, même si l’enfant n’est pas officiellement inscrit sur le livret de famille. Cela s’appelle l’amour inconditionnel...

Au contraire de l’amour conditionnel qui s’exprimerait ainsi : “Je ne pourrais t’aimer que si certaines conditions sont réunies. Si tu es handicapé, malade, sourd, aveugle, déficient mentalement, retardé psychiquement... comment pourrais-je t’aimer ?... Comment pourrais-je aussi m’investir auprès de toi si un juge n’a pas déclaré que tu es mon enfant ?!”...

Aujourd’hui, six ans après l’arrivée de Julia, je me bats en tant que tutrice légale de cette enfant pour qu’elle obtienne la nationalité française, afin qu’elle ne soit pas renvoyée en Roumanie à sa majorité. Dans ma lettre à la Juge des Tutelles, j’ai écrit ces mots : “Je demande pour Julia la nationalité française, car je suis très attachée à elle et je considère Julia comme mon enfant. Je ne voudrais pas qu'elle puisse m'être arrachée à l'âge de dix-huit ans, pour être renvoyée en Roumanie où son sort serait d'être mise en hôpital psychiatrique. Elle est arrivée en France à l'âge de huit ans et demi, après une enfance passée au sein d’un orphelinat roumain, dans des conditions d'enfermement terribles et une immense carence affective...” (extrait de ma lettre).

La Juge des Tutelles a accepté ma lettre et a eu un accord positif de tous les membres du Conseil de Famille. La décision du Conseil a été envoyé au Service de la Nationalité Française, qui a demandé par ailleurs différentes garanties sur l’identité de Julia et la mienne, et sur ses origines roumaines. Le dossier est en bonne voie. La seule épée de Damoclès qui demeure aujourd’hui est que Julia soit rapatriée en Roumanie à la demande de son pays, avec tous les enfants roumains accueillis dans les mêmes conditions qu’elle. Mais depuis le début, nous savons cela et nous gérons nos inquiétudes.

Monsieur de Combret, président de l’association SERA, m’a donné son sentiment sur l’accueil de Julia :

“Sans vous, que serait-elle devenue ? Elle aurait grandie et puis, comme beaucoup, on l’aurait placé à l’asile. Avec vous, Julia a déployé ses ailes de papillon et elle progresse sur le chemin d’une vie nouvelle, grâce à une chance incroyable d’épanouissement et de don d’amour. Vous aimez Julia et cet amour lui permet de prendre racine car elle sait que vous l’aimez comme elle est.”

Monsieur de Combret a fait un travail immense en Roumanie où il se rend chaque année. Cet homme se dévoue entièrement depuis 1990 à la cause des enfants roumains orphelins, handicapés et abandonnés dans des mouroirs, humanisant leur conditions de vie. Il a fait construire et rénover des orphelinats. Il a trouvé avec SERA des familles comme la nôtre en France pour sauver certains enfants et leur donner la chance de se sortir de l’enfer.

En 2004, neuf mille enfants étaient encore abandonnés durant l’année, la pauvreté étant la plupart du temps à l’origine de l’abandon, avec des mères souvent âgées de moins de vingt ans, illettrées et marginalisées. Des milliers d’adultes handicapés sont encore laissés à l’abandon, faute de moyens, et les associations SERA alliée à CARE ainsi qu’à “Vivre en Famille”... font le nécessaire pour apporter leur aide solidaire à la Roumanie et à ses enfants abandonnés. Ils favorisent le retour de certains de ces enfants dans leur famille, en aidant financièrement les parents démunis. Ils ont aidé ainsi, dans les orphelinats et dans toute la Roumanie, vingt-quatre mille enfants, dont ils ont amélioré le sort.

Depuis quatre ans, Julia a obtenu une place dans un IME, Institut spécialisé qui est adapté à son handicap. Elle est dans une classe de cinq jeunes correspondant à son niveau. Céline, son institutrice, ainsi que toute l’équipe, entourent Julia d’attentions et d’un programme pédagogique pointu avec orthophonie, psychomotricité, verbalisation, langage des signes, sports, stimulations diverses. Ils font un travail remarquable et je les en remercie infiniment.

Aujourd’hui, Julia a un petit frère né de ma chair, Yourdine, qui a trois ans, et sa soeur Yacinthe qui est arrivée un an et demi après elle, en avril 2003.

Chloé

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____________________________ 

Je suis vraiment touchée par cette histoire de Julia ....
il y aurait tant à dire mais je crois qu'il y a surtout à faire !
je suis éducatrice spécialisée sur Lyon et je souhaite vraiment intervenir auprès de ces enfants roumains, pourriez vous m'indiquer quelques infos svp a savoir, comment je dois m'y prendre
j'ai perdu ma fille à la naissance l'année dernière et depuis, j'ai eu un petit garcon Kostia .... 
j'ai vraiment envie d'aider ces enfants

merci de me répondre 

marion

Ecrit par : marion | 22.08.2008


_________________________________________________________________________________________________________________________

L'HISTOIRE DE L’ASSOCIATION S.E.R.A.___________ Solidarité Enfants Roumains Abandonnés




- SERA (Solidarité Enfants Roumains Abandonnés) a été créée en 1990 pour mettre fin au scandale des abandons d'enfants en Roumanie.

- Au cours des seize années qui se sont écoulées depuis la disparition de Ceaucescu, des progrès ont été réalisés : en particulier, la loi qui organisait l'abandon des enfants a été abrogée et le droit de chaque enfant à une famille est désormais reconnu.

- Mais beaucoup reste à faire : les abandons n'ont pas cessé, et 50 000 enfants abandonnés s'entassent encore dans des orphelinats.


L'OBJECTIF :

L'objectif de SERA est de mettre fin à cette situation intolérable par trois moyens :
• la prévention de l'abandon ;
• la "désinstitutionnalisation" des enfants abandonnés ;
• l'humanisation des conditions de vie des enfants tant qu'ils sont dans les orphelinats.


LES ACTIONS :


- Pour la prévention de l'abandon, SERA a créé, en 1996, dans l'un des 41 Départements de Roumanie, le premier "service social" du pays. Grâce à celui-ci, une centaine de petits enfants ont pu échapper aux orphelinats dans l'année. Devant le succès de cette action, le gouvernement roumain a décidé, en 1997, de créer des "Directions de la Protection de l'Enfant" dans chaque Département. SERA contribue à cette importante réforme en subventionnant le fonctionnement d'une douzaine de ces Services.


- Pour la "désinstitutionnalisation" des enfants abandonnés. Depuis l'origine, SERA apporte une aide financière à des familles pour leur permettre de reprendre l'enfant qu'elles ont abandonné. En outre, SERA travaillait en étroite liaison avec les principales oeuvres d'adoption françaises, qui réalisaient chaque année une centaine d'adoptions. Depuis novembre 2000, l'adoption internationale est, hélas, interdite en Roumanie. Pour sortir néanmoins les enfants des orphelinats, SERA contribue à développer le placement familial :
5 000 enfants sont aujourd'hui dans des familles d'accueil rémunérées en Roumanie. SERA subventionne chaque année une centaine d'entre elles.

- Pour l'humanisation des conditions de vie des enfants, SERA intervient directement dans une trentaine d'orphelinats : équipement (chauffage, sanitaire, etc.), et fonctionnement (personnel éducatif et médical, nourriture, jouets, vêtements, etc.). SERA prend aussi médicalement en charge, chaque année, environ 150 enfants des orphelinats qui sont soignés dans les hôpitaux de Bucarest.


LES RÉALISATIONS DE SERA DEPUIS 1990 :

Au total, depuis 1990, SERA a contribué à améliorer le sort d'environ 24 000 enfants, qu'ils aient échappé aux souffrances des orphelinats ou que, dans les orphelinats, ils bénéficient de conditions de vie meilleures.


L'ALLIANCE AVEC CARE :

Depuis 2003, SERA s'appuie sur CARE, association de bienfaisance assimilée fiscalement à une association d'utilité publique (arrêté préfectoral du 28 octobre 1997), avec laquelle SERA a fusionné.

SERA
13, rue Georges Auric - 75019 PARIS
Tél. : 01 53 19 89 89

Nous contacter par mail : info-care@carefrance.org
Connaître l'action de CARE France et SERA : www.carefrance.org

Faire un don en ligne sécurisé pour soutenir l'action de SERA : www.carefrance.org/soutenez/donligne.htm

14/04/2008

Pardon sans excuses pour une adoption choisie

1012709335.jpgpour toi, Yacinthe, avec toutes mes pensées.

YACINTHE________

Yacinthe n’était pas grande
lorsque je l’ai vue la première fois
Elle me regardait dans la nuit
ses grands yeux noirs
Au coeur de l’Afrique
et je restai saisie

Je restai saisie
d’un amour qu’elle retint
Me prenant de son regard
elle me garda pour elle
M’arrachant de sa terre
pour que je l’emmène

Pour que je l’emmène
le plus vite le plus loin
De ce pays où les larmes
ont rempli son âme d’ombre
De cette terre qui a pris son enfance
et moi j’avais ce poids à enlever

J’avais ce poids à enlever
de son coeur endolori
Elle ne lâcha plus mon sourire
de mes nuits et tous mes jours
Elle me prit par la main
pour traverser l’océan

Pour traverser l’océan
nous nous prîmes la main
Dans l’avion qui l’arracha
aux racines d’années tristes
Où elle vit l’effroi couper
les ailes des anges

Les ailes des anges
camarades orphelins en enfer
Ceux qu’on frappent et qu’on tue
ces petits qu’on force à travailler
Obligation de porter mille pierres
pour gagner le droit de manger

Pour gagner le droit de manger
ma fille a porté sur sa tête
Des seaux de terre et de roche
et dans ses bras la force est restée
Quand elle se dresse aujourd’hui
devant moi je tremble

Devant elle je tremble
car je sens le volcan
Celui de la colère
raz-de-marée d’enfant évadée
D’un enfer qu’elle transforme
en paradis de ses rêves

Dans le paradis de ses rêves
ses parents d’Afrique l’attendent
Au pied de l’avion avec mille fleurs
elle leur dit tout son amour
Et combien son coeur est plein
de tout ce qui n’a pas été dit

Tout ce qui n’a pas été dit
les pourquoi les comment
L’abandon la polygamie
les frères et soeurs qui sont restés
Cette soeur qu’elle aurait voulu
arracher de l’enfer révolu pour elle

Tout ce qui n’a pas été dit
les comment les pourquoi
Maman pourquoi c’est toi
qui m’aime et pas elle
Ma Maman d’Afrique
elle me manque

Elle te manque mais je suis là
ils te manquent mais nous sommes là
Et tu te reconstruis de racines
en terre apprivoisée d’adoption
Enracinée en amour et regards
posés sur ta vie endolorie

Pardon de t’avoir arrachée à ta terre
mais je ne pouvais faire autrement

ma Yacinthe

Ta Maman de coeur et de sang
Chloé

Ce 14 avril 2008, Grenoble

 
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