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25/04/2014

Lettre ouverte d'une ambulancière et conductrice de taxi conventionné par la Sécurité Sociale.

Depuis le 1er avril, la Sécurité Sociale impose à tous les ambulanciers et taxis -conventionnés pour le transport sanitaire- une nouvelle loi... Vous pensez que c'est un poisson d'avril ? Hé bien non, c'est une véritable obligation qui demande que les bons de transport soit datés d'avant le jour du transport.

Beaucoup de patients se rendent à l'hôpital pour une consultation ou bien pour des traitements réguliers et ne vont pas nécessairement chez leur médecin traitant avant, donc les médecins des Hôpitaux, des Cliniques et des cabinets privés, se retrouvent à devoir antidater les bons de transport, pour satisfaire à cette nouvelle loi de la Sécurité Sociale. Ou bien faut-il encore creuser le trou de la Sécu en se rendant chez son médecin juste pour obtenir un bon de transport afin d'être transportés ultérieurement ?

Dans les Mapad et dans les EHPAD, des personnes âgées sont transportées vers des spécialistes le jour-même. Les médecins de ces établissements de longs séjours médicalisés doivent pouvoir dater la prescription de transport du jour du trajet, comme l'ensemble des médecins, sans devoir se casser la tête pour la date de prescription du transport et sans devoir prendre le risque d'être dans l'illégalité, en antidatant le bon de transport, face à l'ambulancier ou face au conducteur de taxi qui attend le précieux sésame payant son travail.

C'est encore une personne bien à l'abri dans son bureau qui a créé cette nouvelle obligation, des fois que notre métier sur la route et auprès des patients ne serait pas assez difficile !

Il faudra donc vérifier que notre bon de transport ne soit pas daté du jour du transport de chaque patient... En plus des reproches qu'on nous fait lorsque nous faisons les entrées dans les hôpitaux. C'est nous qui faisons les papiers d'entrée dans les établissements hospitaliers et comme nous sommes prioritaires, nous passons devant les patients qui attendent leur tour. Nous essuyons parfois les invectives de certains patients qui ne sont pas contents après nous.

Et nous qui avons déjà un planning fou à respecter, qui faisons des centaines de kilomètres par jour, qui accompagnons avec dévouement des dizaines de patients chaque semaine, qui évitons chaque jour une somme  astronomique d'accidents, parfois mortels... nous écoutons ces reproches  avec désolation et tristesse, car nous ne méritons pas ce manque de considération.

C'est comme lorsqu'on entend les critiques de la presse et des médias qui nous jettent la pierre lors d'escroqueries par des patrons d'ambulances véreux. Cela arrive malheureusement parfois que des patrons facturent des transports fictifs ou bien trichent sur les facturations, ce qui jette l'opprobre sur notre profession déjà peu valorisée. On dit ensuite de nous que les ambulanciers privés et les taxis conventionnés creusent le trou de la Sécurité Sociale, alors que nous rendons service à des milliers de personnes atteintes par le cancer, la sclérose en plaques, le handicap avec pathologies lourdes, l'insuffisance rénale grave entraînant la dialyse, et tellement d'autres maladies graves... en les transportant avec tout le professionnalisme que nous avons acquis. 

Je peux témoigner que toutes les personnes que je transporte souffrent de malaises, de vertiges, de fatigue intense, de multiples symptômes et ne pourraient en aucun cas conduire une voiture, même si à première vue, elles se tiennent debout, pour la plupart. 

Tous les patients me remercient pour mon écoute, ma conduite souple, la sécurité routière que je respecte et mon dévouement. Ils sont reconnaissants de ce passage agréable entre leur domicile et le lieu de leur traitement.

Je transmets tous les compliments reçus à l'ensemble de la profession qui mérite les mêmes compliments et retours positifs sur un métier qui demande abnégation, adaptabilité, conscience professionnelle et aussi solidité morale et robustesse physique  lorsqu'on considère les heures effectuées chaque semaine, les kilomètres parcourus, les accidents évités et les patients satisfaits et réconfortés.

Notre profession mériterait d'être valorisée, reconnue, respectée et que nous soyons rattachés, en ce qui concerne les ambulanciers et conducteurs de taxis médicalisés et conventionnés Sécu, au Ministère de la Santé et non à celui du Transport. En effet, nous ne transportons pas des colis mais des personnes humaines  envers lesquelles nous avons l'obligation de surveiller l'état de santé, lors de la prise en charge et aussi lors du transport. C'est pour cela que tous les taxis, depuis 1995, ont l'obligation de passer le PSC1 : la formation "Prévention et secours civiques de niveau 1", équivalent à l'ancien Brevet de Secourisme.

D'autre part, au vu du nombre de kilomètres effectués chaque jour et considérant que nous avons en charge des vies humaines, qui demandent parfois qu'on puisse arriver au plus vite sur le lieu du traitement ou de l'hospitalisation, il serait souhaitable que nous puissions bénéficier d'une faveur de vingt pour cent sur la vitesse autorisée, car lorsque en ville, sur une grande ligne droite, on se fait prendre à soixante kilomètres à l'heure, avec amende, alors que nous avions à bord une personne âgée qui se sentait mal, handicapée et avec une grosse pathologie, c'est tout de même terrible que l'ambulancier récolte du mal pour le bien qu'il a fait, en accompagnant au mieux la personne qu'il transporte.

Je transmets cette lettre au Ministre des Transports et au Directeur Général de la Sécurité Sociale.

Chloé Laroche

(titulaire depuis 2003 du Certificat de Capacité Professionnelle du Conducteur de Taxi (CCPCT), plus titulaire du diplôme d'Ambulancier (CCA), en outre : ambulancière depuis 2002 et taxi depuis 2003, dans un poste aujourd'hui alliant les deux métiers)


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À lire pour info :


http://www.formation-ambulancier.fr

http://www.officiel-taxi.fr/formation/formation-p4-r42.html

http://www.sante.gouv.fr/ambulancier,10828.html



23/04/2014

Dans mon taxi, il y a des fantômes, ceux de tous les patients disparus. Ils écoutent les conversations des vivants, de ceux qui se battent encore.

10171233_10202099469151282_5817836958563807092_n.jpgJe roule dans mon taxi. Un vrai taxi avec une plaque lumineuse au-dessus.

Un taxi dédié au milieu médical.

J'enchaîne les trajets.

J'emmène des patients à l'hôpital ou chez le médecin.

Dans mon taxi, il y a des fantômes, ceux de tous les patients disparus.

Ils se bourrent dans ma voiture, trop contents d'être transportés encore une fois.

Ils écoutent les conversations des vivants, de ceux qui se battent encore.1972483_1482355418645289_5440565091183597941_n.jpg

Ils me voient m'escrimer sur la route, verser des larmes pour eux parfois, parce qu'ils me manquent.

Dernièrement, il y en a trois qui ont rejoint l'au-delà. Trois patients que j'aimais beaucoup, tous âgés et vertueux de courage et d'espoir en la vie. Mais le cancer et les diverses pathologies les ont emportés.

Ils ont laissés ici-bas trois veuves à qui je pense. Trois femmes dont le coeur est béant de tristesse et de manque de leur moitié. Des années avec leur homme et les voici partis, vers un ailleurs indicible. 

10153695_1482355258645305_1767106130118242558_n.jpgCes femmes devront supporter la croix de l'absence et le calvaire du deuil d'un amour qui ne finira jamais.

Aujourd'hui, j'ai transporté un homme qui a rencontré sa femme il y a plus de soixante ans. Il faisait le tour de France des Compagnons et un soir, il a dansé avec une femme au bal, et elle est devenu sa femme pour la vie. Quand on lui demande si le dimanche, il va à la messe, il répond :

"Non, je reste avec ma femme, c'est ma messe à moi."

Cet homme a une profonde sérénité en lui et je sais que les absents, ceux de mon taxi, ont écouté ses confidences avec attention, admiration et envie, bonheur aussi.

Car le bonheur, ça se transmet.P1170749.JPG

 

Chloé Laroche

 

 

22/11/2013

Je prends la défense des ambulanciers, touchés par une nouvelle mesure de hausse de taxe risquant de les prendre à la gorge.

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 Aujourd'hui, je n'ai pas trouvé grand chose sur internet au sujet du nouveau problème que traverse la profession des ambulanciers, à part l'article de "Bien Public" ci-dessous... Le problème en question étant le passage de sept à dix pour cent de taxe TVA ... ce qui génèrerait  quarante pour cent de perte d'emplois (13 mille emplois) et à terme la fin des VSL, véhicules sanitaires légers...

C'est gravissime pour la profession, cette profession que j'ai choisie par vocation il y a plus de dix ans,  métier sur lequel on tape souvent  en le taxant de nid à profiteurs, de générateur du trou de la Sécurité Sociale et autres "jolis" surnoms.

Voici un texte que je viens d'écrire sur un article de détracteur : "L'ambulance joue les taxis" ....ambulance,ambulancier,mécontentement,taxe TVA,loi,politique,métier,fin du VSL,taxi,profession,sanitaire,hôpital,santé,sanitaire,handicap,maladie,cancer,dialyse,témoignage,ambulancière femme,portage,dos,douleur,difficile,route,danger,risques,l'express,bien public,médecin,bon de transport,cent pour cent,mutuelle,sécurité sociale,intérêt public,

Je leur ai répondu ceci : 

Vous exagérez.... Facile de tirer sur l'ambulance.... Vous avez pensé au risque que les ambulanciers prennent chaque jour sur la route, ces salariés et ces patrons de petites entreprises qui accompagnent à longueur de journée des personnes malades, handicapées et âgées ? C'est un service qu'ils rendent à la société pour des personnes souvent très fatiguées par leurs traitements.

À propos des soi-disants ambulanciers qui font du taxi à deux, je peux témoigner sur le cas d'un monsieur âgé ramené après sa dialyse. Il ne quitte pas la dialyse sur un brancard mais sur ses deux jambes. Cependant il n'a plus la force de remonter chez lui, au deuxième étage sans ascenseur. Il faut donc envoyer une ambulance car dans un Vsl ou un taxi médicalisé, il n'y a qu'une personne qui peut aider. Nous le portons à deux, en chaise. Je suis une femme de 47 ans et je peux vous dire qu'au niveau du dos, on prend. Alors, avant de balancer toujours sur notre corps de métier, évaluez d'abord le service que nous rendons à la société.

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Chloé LAROCHE

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L'article en question de l'Express... qui tire sur l'ambulance

est : http://www.lexpress.fr/actualite/economie/l-ambulance-

joue-les-taxis_718709.html#y9BkTHfy8j5RQ3hg.99

Et voici l'article qui nous comprend et nous défend : 

http://www.bienpublic.com/actualite/2013/11/19/alain-sugu...

REJOIGNEZ SUR FACEBOOK le mouvement : "Ambulanciers de France".

16/07/2013

Du transport des enfants et mineurs en ambulance et de la responsabilité des chauffeurs. Mon témoignage véridique sur la profession d'ambulancier et la déontologie de ce métier passionnant.

Bonjour à tous,


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En fait, on nous confie des enfants, c'est vrai ; des enfants handicapés, handicapés physiques ou mentaux, des jeunes atteints de graves maladies, des enfants allant en Centres Médico- Psychologique ou en rééducation d'orthophonie ou de kinésithérapie.

J'en ai souvent transporté et j'en transporte encore. C'est parce qu'on nous fait confiance, en tant qu'ambulanciers et professionnels de l'accompagnement routier médical. Les parents, les établissements hospitaliers, les patrons nous font confiance.

Nous devons effectivement être à la hauteur de cette confiance puisque nous devenons un adulte responsable de l'enfant qu'on nous confie, que ce soit au niveau de la sécurité routière, de la bonne mise de la ceinture de sécurité et du fait de protéger l'enfant lorsqu'il entre et descend du véhicule.ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,

Nous sommes aussi responsables de l'enfant qui peut nous confier des secrets, secret de famille ou confidences de coeur lourd. Nous avons le devoir de le soutenir et de l'écouter, voire de signaler des faits graves le concernant... auprès des autorités judiciaires, médicales et administratives, selon l'article226-14 du code pénal - article 44 du code de déontologie médicale. Les faits peuvent englober toute maltraitance, tout abus sexuel, toute cruauté mentale, toute négligence ayant des conséquences préjudiciables à l'enfant pour sa santé et son développement physique et psychique.ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,sécurité routière,maîtrise,contrôle,rôle,autorité,devoirs,justice

Et puis, parfois l'enfant ne parle pas, ce qu'il convient aussi de respecter.

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Il faut savoir que des ambulanciers ont pu, en transportant des enfants handicapés mentaux, s'en occuper avec bien peu de considération ou de respect, pensant que ces enfants ne parlent pas ou sont diminués intellectuellement et émotionnellement. Ils ont pu leur hurler dessus par rapport à leur comportement mais c'est totalement contraire à la déontologie de notre métier. J'ai été témoin occasionnellement du mauvais comportement de collègues, bien que ce soit un fait rare, mais pas exceptionnel. Il n'y a pas que des personnes exemplaires dans notre profession, et parfois, des ambulanciers n'ont aucun coeur et font ce métier par obligation et nécessité de manger.ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,

Comme il y a un grand turn-over dans le métier et que seuls ceux qui ont vraiment la vocation arrivent à rester... pensons qu'un certain nombre de chauffeurs ambulanciers peuvent manquer de patience et parfois de conscience professionnelle. C'est un métier où nous faisons aussi beaucoup d'heures, alors certains peuvent faire passer leur stress de conduite et de route sur les patients transportés et donc sur les enfants.

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Je me souviens aussi d'une jeune autiste de treize ans que je transportais et qui donnait de grands coups sur le tableau avant de la voiture et dans la portière. Il fallait que je lui parle pour la rassurer et ma voix l'apaisait... Tout cela en conduisant et en assurant la sécurité !ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,sécurité routière,maîtrise,contrôle,rôle,autorité,devoirs,justice

Une collègue m'avait confié que cette jeune s'était enfuie une fois de la voiture sur un pont. Elle avait dû lui courir après, laissant le véhicule. Ce dernier ne fermait pas de l'intérieur et lorsque ma collègue en a parlé au patron que j'avais alors... il lui a répondu qu'elle n'avait qu'à se débrouiller et que ce n'était pas son problème, en tant que patron !!!

J'ai aussi transporté un jeune paraplégique adolescent dont je mettais le fauteuil dans le coffre. Il commençait à avoir des besoins sexuels et me mettait à chaque fois la main sur la cuisse, alors que je conduisais. Il essayait de me caresser. Je lui expliquais à chaque fois que non, il ne fallait pas faire cela, que c'était interdit. ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,

Un jour, une collègue d'une boîte qui n'existe plus, est arrivée en pleurant. Un patient s'était masturbé à côté d'elle, sans qu'elle n'ait pu rien faire ni l'empêcher. Elle en était traumatisée. Sa réaction a été tout à fait normal, dans une situation gravissime. Nous sommes au service d'autrui mais nous n'avons pas à tout accepter, sous prétexte que ceux que nous transportons nous manquent de respect. Un adolescent autiste presque adulte m'a frappée alors que je le conduisais, en 2008. Ma plainte est toujours sur le bureau du Procureur, classée parmi toutes les autres, irrecevables et incongrues... Normal, les parents de ce jeune ne voulaient pas entendre parler de traitement médicamenteux, aussi valait-il mieux dire comme ils l'ont fait que je n'avais "pas assez d'autorité" et que je manquais de compétence !

Toujours est-il que j'ai évité par deux fois l'accident et que leur fils est toujours vivant ! J'ai juste essuyé de violents coups dans le dos, le cou et l'épaule droite.

Ceci pour conclure que quoi qu'il se passe, l'ambulancier doit juriquement et dans les faits amener l'enfant ou le jeune mineur à bon port, sans accident et sans traumatisme moral.ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,

Quant à l'ambulancier, il lui reste le choix d'aller voir un bon psy pour vider son sac ou sa boîte à gants.

Chloé LAROCHE


À lire :

http://www.secourisme.net/spip.php?article174

http://sos-ambulanciers.forumactif.com/t172-les-responsabilites-de-lambulancier

 

 

 

 

 

 

20/04/2013

Mon témoignage de taxi médicalisé et d'accompagnement de l'humanité souffrante. Offrande de son écoute et de ses propres croix.

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Cela ressemble à quoi une journée de taxi médicalisé ?

Les gens croient qu'on roule tranquillement toute la journée et que ce n'est pas fatiguant, ce métier, et même certains rabaissent cette profession en disant qu'on fait cela parce qu'on n'a rien dans le cerveau.

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Je roule donc, je suis sur la route toute la sainte journée, à observer de tous côtés ce qui se passe pour éviter accidents et sur-accidents.

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Il n'y a pas si longtemps, les secrétaires nous donnaient un papier afin que nous ayions les éléments de Sécurité sociale, date de naissance et Mutuelle du patient transporté, pour que nous puissions nous faire payer de notre côté. Aujourd'hui, certains hôpitaux refusent de nous donner ce papier, malgré que nous leur rendions service, en disant que : "les photocopies, ça coûte cher."

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Et puis nous ramenons aussi les personnes ayant fini leurs soins à leur domicile ou bien dans l'établissement où ils se trouvent hospitalisés. Nous déplions leur fauteuil roulant, remettons les roues, le siège et les aidons à se transférer du siège de la voiture à leur fauteuil.

Nous restons toujours souriants, polis, à l'écoute de l'humanité souffrante. Les humains souffrent, jour et nuit, et nous sommes présents pour adoucir la peine et être des passeurs de ces personnes que parfois personne n'écoute.

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Une montagne forte, comme le sont les montagnes qui m'entourent et qui m'aident à poursuivre mon métier quand c'est trop difficile, qui m'aident aussi à supporter le deuil lourd de mes parents décédés en juin dernier.

Mon père s'est suicidé contre un poids-lourd après la mort de ma mère, aussi quand toute la journée je croise des camions, je revois parfois des images, tout comme quand je croise des accidents sur mon chemin. Les larmes coulent comme une rivière et puis on continue et parfois un patient me dit : "Vous avez beaucoup de courage." taxi,taxi médical,sécurité sociale,mutuellensanté,maladie,handicap,handicapé,intouchable,force,montagne,chemin de croix,ambulance,ambulancier,chauffeur,route,sécurité routière,anticipation,code de la route,conduite,routier,professionnel route,profession,métier,mort,deuil,suicide,parents décédés,amour universel,offrande,courage,résilience,choix,vie,actualité,moulin-fournier,libération,ange,écoute,accompagnement,compassion,bouddha,voiture,médecin,hôpital,clinique

J'aurais pu me mettre à l'arrêt parfois pour trop de peine et désespoir intérieur, mais je ne l'ai jamais fait depuis près d'un an, malgré parfois la présence d'idées noires, car pour moi le fait de travailler et d'accompagner l'humanité souffrante me soutient, de par cette montagne qui me tient forte et solide.

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J'aime mon métier et je donne mon énergie de tout mon coeur. Et quand j'écoute la radio dans mon taxi et que j'apprends par les ondes comme hier la libération de la famille otage Moulin-Fournier, je suis si heureuse et mes larmes coulent, cette fois pour exprimer ma joie et le bonheur pour ces personnes et ces quatre enfants.

Chloé LAROCHEtaxi,taxi médical,sécurité sociale,mutuellensanté,maladie,handicap,handicapé,intouchable,force,montagne,chemin de croix,ambulance,ambulancier,chauffeur,route,sécurité routière,anticipation,code de la route,conduite,routier,professionnel route,profession,métier,mort,deuil,suicide,parents décédés,amour universel,offrande,courage,résilience,choix,vie,actualité,moulin-fournier,libération,ange,écoute,accompagnement,compassion,bouddha,voiture,médecin,hôpital,cliniquetaxi,taxi médical,sécurité sociale,mutuellensanté,maladie,handicap,handicapé,intouchable,force,montagne,chemin de croix,ambulance,ambulancier,chauffeur,route,sécurité routière,anticipation,code de la route,conduite,routier,professionnel route,profession,métier,mort,deuil,suicide,parents décédés,amour universel,offrande,courage,résilience,choix,vie,actualité,moulin-fournier,libération,ange,écoute,accompagnement,compassion,bouddha,voiture,médecin,hôpital,clinique


_____ Lire aussi mon article écrit sur mon métier, daté du 1er novembre 2012 : 


http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2012/11/01/mon-temoignage-sur-le-metier-de-taxi-medical-employe-par-une.html

 

 

01/11/2012

Mon témoignage sur le métier de Taxi médical. Je vous parle de ma vocation tournée vers les souffrants, dans le respect et l'écoute d'autrui.

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Ce soir, je vais vous parler de mon métier.

Je suis Taxi médical... Taxi sanitaire... Taxi employée dans une société d'ambulances.

En fait, pour faire ce métier et obtenir une place de cet ordre, il faut nécessairement posséder le diplôme de Taxi mais aussi avoir une formation d'ambulancier, de préférence.

Je transporte donc des personnes malades, âgées, handicapées, dialysées, cancéreuses, accidentées et bénéficiaires du "cent pour cent" de prise en charge de la Sécurité Sociale pour une maladie grave, longue maladie ou pour un accident du travail.

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J'ai démarré à l'époque comme ambulancière novice dans une boîte d'ambulances qui a aujourd'hui coulé, à cause du fait qu'un des frères dirigeants s'est débrouillé pour ne pas payer les cotisations retraite de ses salariés durant plusieurs années.

Ils m'ont donné la chance à l'époque de me former à ce métier passionnant. J'ai vite été mise en binôme avec un cadre qui faisait dix urgences par jour. Mon sentiment à l'époque est d'avoir été jetée à l'eau sans savoir nager.

J'ai accompagné de dix à douze heures par jour des personnes en fin de vie, des hémorragies, des personnes atteintes de septicémie, d'infarctus, de cancer en phase terminale, de dépression avancée.

Mon "salut" a été que j'ai pu écrire un livre de témoignage sur un an d'ambulancier. J'avais ce besoin de faire appel au collectif pour partager la souffrance du monde. J'écrivais pour laisser la trace d'un métier si beau, si dur et méconnu, non reconnu surtout. Mon livre, épuisé aujourd'hui, s'appelle : "Transports d'âmes et d'hommes". 

Depuis, j'ai travaillé dans le domaine du TPMR : "transport de personnes à mobilité réduite", avec conduite de fourgons aménagés pour pouvoir monter à bord des fauteuils électriques et très lourds, non portables par des humains ni transportables en ambulances.

Et puis j'ai aussi passé le diplôme de Taxi en 2003 avant de passer le diplôme d'ambulancier. Le diplôme de Taxi est obligatoire depuis 1995, avec une épreuve nationale et une épreuve départementale, dont un examen de la conduite avec deux inspecteurs dans le véhicule. C'est la Préfecture qui nous délivre ensuite notre carte de Taxi, avec obligation de formation continue et d'examen médical régulier.

Lorsqu'on a réussi le diplôme de Taxi, on peut ensuite soit devenir artisan Taxi à son compte, soit devenir salarié d'une entreprise de Taxi tourisme ou commerce, soit devenir Taxi dans une boîte d'ambulances (avec une formation complémentaire).

Il m'arrive dans le cadre de mon emploi de Taxi médical de transporter des personnes handicapées en fauteuil manuel, lequel peut se plier et se placer dans le coffre de la voiture. Il me faut aider la personne à se placer sur le siège de la voiture en quittant son fauteuil roulant, en la soutenant et en la guidant parfois dans ses mouvements.

J'ai accompagné il y a quelques temps une personne accidentée dans un accident d'avion, rescapé miraculeux d'un drame terrible. Avec le temps, l'ayant vu au départ avec deux moignons et les deux jambes estropiées, j'ai eu la joie un jour de le voir debout, avec deux prothèses installées par des personnes très compétentes, deux nouvelles jambes et pieds entièrement confectionnés  par la main de professionnels médicaux.taxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi,alp'azur ambulance,isère,médecine,hôpital,clinique,rendez-vous,traitement,chimiothérapie,guérison

Le courage des humains est parfois si grand et leur force intérieure de vie si riche que les anges eux-mêmes n'en reviennent pas parfois...

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En tant que taxi médical, ma mission est de rendre agréable un transport imposé par un traitement souvent lourd... chimiothérapie, radiothérapie, dialyse, transfusion, rééducation de kiné, piqûres dans les yeux, etc. Souvent, pendant que je conduis, j'écoute la personne qui se confie mais une communication s'établie aussi, avec un échange sur la vie, sur nos vies et aussi sur les choses banales qui rendent plus légers le drame vécu par le patient que je transporte. Notre passager confie sa vie à notre professionnalisme sur la route. Il souhaite rentrer chez lui assez rapidement mais en douceur, d'où l'obligation d'adopter une conduite souple et zen, avec une anticipation des dangers continuelle et une concentration de tous les instants.taxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi

On doit aussi pouvoir faire face à des crises d'épilepsie, d'angoisses, cardiaques, malaises divers... en gardant son sang-froid et en sachant faire les gestes justes.

Souvent, nous retrouvons les mêmes personnes à transporter dans la semaine... mais de mois en mois, de nouvelles personnes arrivent pour être transportées alors que d'autres ont terminé leur traitement. Nous savons alors que ces dernières vont vers leur guérison et une santé bien meilleure, ce qui rassure et emplit de sérénité.

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Si ce métier vous plaît, alors n'hésitez pas à le choisir... Il faut aimer rendre service et aussi... aimer conduire, être zen et très calme. Savoir aussi prendre sur soi et posséder un certain courage.

Merci de m'avoir lue.

Chloé Larochetaxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi,alp'azur ambulance,isère,médecine,hôpital,clinique,rendez-vous,traitement,chimiothérapie,guérisontaxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi,alp'azur ambulance,isère,médecine,hôpital,clinique,rendez-vous,traitement,chimiothérapie,guérisontaxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi,alp'azur ambulance,isère,médecine,hôpital,clinique,rendez-vous,traitement,chimiothérapie,guérison

 

 

 

 

 

14/11/2010

Un pompier blessé à la Villeneuve de Grenoble, fait condamné par une habitante du quartier, moi-même. Hommages aux pompiers par le texte magique d'un petit garçon en fin de vie.

k1971856.jpgBonjour à tous et toutes,

Ce vendredi, une personne a tiré sur un pompier essayant d’éteindre une voiture à qui on avait mis le feu, dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble où je vis.Corajoud-parc-Grenoble-00lens.jpgCorajoud-parc-Grenoble-Villeneuve-01.jpg

Les voitures qui brûlent ici, c'est un fait régulier. Des voitures ont brûlé mercredi soir, vendredi et tellement souvent.  C'est presque toutes les nuits, une, deux, trois voitures... Personne ne le sait à part les habitants car il faut trente ou cinquante voitures brûlées pour que les médias en parlent et que le Ministre s'inquiète.1574R-015635D.jpg

Ce pompier a eu la vie sauve mais la balle a traversé son bras et plusieurs tirs ont eu lieu et auraient pu tuer pompiers et policiers.

C’est une honte de tirer sur un pompier qui risque sa vie tous les jours pour les autres, qui sauve des vies et qui éteint les feux que d’autres allument.

Pour rendre hommage à ce pompier et à tous les pompiers, j’ai choisi de partager avec vous ce texte d’un auteur inconnu qui raconte l’histoire d’un jeune garçon condamné qui voulait être pompier.

CB064622.jpgJe suis très chagrinée et en colère pour cet acte d’un habitant de mon quartier, quartier qui est devenu tellement ghetto que beaucoup de personnes restent seules car quel homme, quel compagnon voudrait venir les voir et retrouver sa voiture brûlée au petit matin ?? C’est un argument que j’ai déjà entendu et c’est triste de penser qu’une femme compte moins qu’une voiture mais c’est ainsi.

Mon quartier vit bien, il respire, on ne se fait pas tuer en sortant de chez soi ni agresser.Corajoud-parc-Grenoble-Villeneuve-03.jpg

Je pense que ce qui s’est passé hier est un acte isolé et je souhaite qu’il le reste et que son auteur se morfonde en excuses intérieures.

Puissent les voitures de ce quartier continuer à se garer tranquillement sans que des ménages modestes ne retrouvent une épave brûlée à la place de leur véhicule le matin en allant au travail..... comme cela m’est arrivé en janvier.

Corajoud-parc-Grenoble-Villeneuve-05.jpgPuissent les habitants poursuivre leur vie paisible dans ce quartier sans qu’il ne devienne un lieu à part où les gens de l’extérieur n’oseraient plus venir par peur de l’inconnu... Afin que l’amour et l’amitié puissent perdurer dans ce coin de Grenoble.

Chloé LAROCHE _____________________________

Nota : les photos choisies sur la Villeneuve proviennent de la galerie http://corajoudmichel.nerim.net/les-quatre-parcs/parcdegrenoble/grenobleimagesparc. Les photos que j'ai choisies sur les pompiers sont libres de droits et proviennent du site FOTOSEARCH.

___________________________________________________ "Maman, j'ai toujours voulu être un pompier quand je serais grand".


"Une mère de 26 ans était très pensive en regardant son fils qui se mourait de leucémie terminale.edw04014.jpg

Même si son cœur était abattu par la tristesse, elle conservait un grand sens de détermination. Comme toutes les mères elle souhaitait que son fils croisse et réalise tous ses rêves. Mais maintenant cela n'était plus possible pour son fils. La leucémie ne le lui permettrait pas.

Mais même ainsi, elle voulait que les rêves de son fils se réalisent. Elle prit la main de son fils et lui demanda :
"Billy, as-tu déjà pensé à ce que tu aimerais être quand tu grandiras?
 As-tu rêvé et pensé parfois à ce que tu ferais de ta vie ?
163223.jpg-Maman, j'ai toujours voulu être un pompier quand je serais grand."

La mère sourit et dit : "Voyons si nous pouvons faire de ton rêve une réalité."

Plus tard ce jour-là, elle se rendit au Poste de Pompiers de Phœnix, Arizona. Là elle connut le Pompier Bob, un homme avec un cœur grand comme Phœnix. Elle lui expliqua le dernier désir de son fils et lui demanda s'il était possible de donner à son fils de six ans une promenade autour du carré de maisons dans un camion de pompiers.

Le Pompier Bob dit :k0523871.jpg
"Voyez madame, nous pouvons faire quelque chose de mieux que cela. Que votre fils soit prêt mercredi, à sept heures du matin exactement et nous le ferons Pompier Honoraire durant toute la journée. Il peut venir ici à la station avec nous, manger avec nous, sortir avec nous quand nous recevrons des appels pour incendies sur tout notre territoire. Et si vous nous donnez ses mesures, nous aurons pour lui un véritable uniforme de pompier avec un vrai chapeau qui portera l'emblème de la Station de Pompiers de Phœnix, non pas un jouet, mais l'emblème jaune que nous portons et il aura aussi ses bottes de caoutchouc. Tout cela est fait ici à Phœnix, ainsi ce sera facile de l'avoir assez rapidement."


Trois jours plus tard le Pompier Bob alla chercher Billy, il lui mit son uniforme de pompier et il le conduisit de son lit d'hôpital jusqu'au camion-pompe. Billy dût s'asseoir à l'arrière du camion et aider à conduire durant le trajet de retour à la station. Il se croyait au ciel. Il y eut trois appels ce jours-là à Phœnix et Billy a dû sortir pour les trois appels. Il y alla dans trois camions différents.

bxp40105.jpgIl est revenu dans le mini-bus paramédical et aussi dans l'auto du Chef des Pompiers. Ils filmèrent l'évènement pour les nouvelles locales de la télévision. Ayant réalisé son rêve et avec tout l'amour et l'attention qui lui furent donnés, Billy fut touché si profondément qu'il réussit a vivre trois mois de plus que ce dont n'importe quel médecin pensait qu'il vivrait.

Une nuit, tous les signes vitaux commencèrent à faiblir de façon dramatique et l'infirmier en chef, qui croyait dans l'idée hospitalière que personne de doit mourir étant seul, commença à appeler les membres de la famille pour qu'ils viennent à l'hôpital.k0454859.jpg

Ensuite, il se souvint du jour que Billy avait vécu comme s'il était un pompier et il appela le Chef de la Station et lui demanda si c'était possible qu'il envoie à l'hôpital un pompier en uniforme pour qu'il soit avec Billy quand il rendrait l'âme.

Et le Chef lui dit:
"Nous ferons quelque chose de mieux. Nous serons là dans cinq minutes. Vous pouvez me faire une faveur ? Quand vous entendrez sonner les sirènes et verrez clignoter les lumières, avertissez dans les haut-parleurs qu'il n'y a pas d'incendie, mais que le Département des pompiers vient visiter une fois de plus un de ses plus importants membres. Et s'il-vous-plaît ouvrez la fenêtre de sa chambre."


Cinq minutes plus tard, un camion de pompier arriva à l'hôpital avec un crochet et un escalier télescopique qui se levèrent jusqu'au troisième étage où était la fenêtre ouverte de la chambre de Billy et 16 pompiers montèrent dans la chambre de Billy. Avec la permission de sa maman, chacun d'eux l'embrassa et le berça lui disant qu'il l'aimait.

CB064622.jpgBilly regarda le Chef des Pompiers et de sa voix d'agonisant lui demanda : "CHEF, SUIS-JE MAINTENANT UN VRAI POMPIER ?"
Le chef lui répondit : "OUI BILLY, TU L'ES."k2010926.jpg
A ces mots Billy sourit et ferma les yeux pour la dernière fois."

(Cette histoire est vraie)

16/04/2010

J'écris pour le don d'organes... Pour que des yeux s'ouvrent quand des yeux se ferment.

imagesd4eZ45.jpegPour que tu DONNES...

si un jour... tu partais brutalement.imagesYvpQVn.jpeg

___________________________________________________

 

 

 

Quand des yeux se ferment1915680420.2.jpeg

peut-être que des yeux

s'ouvrent

 

Une âme est partie

a donné son envol

pour que d'autres vivent

 

Comme un relaisimagessLSI26.jpeg

d'amour et d'espoir

 

Elle a donné son coeurimagesrnnrLK.jpeg

ses reins, son foie,

elle a donné l'amour

le don de ses organes

 

Elle est partie avec son âme

et le sourire de la Terre

celle qui enfante un nouveau souffle

dans une greffe éternelleimagesEFk96u.jpeg

 

Elle a donné ses yeuximagesZdo30k.jpeg

pour que d'autres voient

et dans son regard

il y a l'infinie plénitude.

 

Chloé Larocheimages.jpeg

 

_____________________________________________________________________________________________

 

POUR INFO :

 

Quelles règles en matière de dons d'organes ?

Le prélèvement d'organes sur une personne décédée : 

"Si vous êtes "pour" le don d'organes...

D'après la loi bioéthique du 29 juillet 1994, toute personne est considérée consentante au prélèvement de ses organes après sa mort si elle n'a pas manifesté son refus de son vivant.

Informez expressément votre famille car c'est elle qui pourra, après votre mort, témoigner auprès du médecin de votre consentement au don d'organes. Si votre famille ignore votre volonté... elle s'opposera au prélèvement alors que vous n'y étiez pas forcément opposé !

Bien que ce soit facultatif, vous pouvez aussi porter sur vous un document ou une carte de donneur. Pour vous la procurer, composez le 0 800 202 224 (numéro vert, appel gratuit).imagesQMYTBR.jpeg

Important : s'il s'agit du cadavre d'un mineur ou d'une personne privée par décision de justice d'exercer ses droits (par exemple un malade mental), l'autorisation du représentant légal est nécessaire pour effectuer un prélèvement.

Si vous êtes "contre" le don d'organes...
Si vous êtes "contre" le don d'organes, informez expressément votre famille pour qu'elle puisse en témoigner auprès du médecin après votre mort.

Vous pouvez aussi porter sur vous un document mentionnant votre refus (papier dans votre portefeuille etc.) ou vous inscrire, par courrier, sur le registre national des refus (Registre National des Refus - BP 2331 - 13213 Marseille cedex 02).

Sachez toutefois que ce refus est révocable, par courrier, à tout moment.

Votre refus peut porter sur tout prélèvement ou être limité à certaines catégories de prélèvement.

A noter : dès votre admission dans un établissement hospitalier autorisé à effectuer des prélèvements après décès, vous avez la possibilité, à tout moment, d'exprimer votre refus dans le registre de l'hôpital."

_____________________________________________________________________________________________________________________

 

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23/06/2009

Sur la route de mon taxi, à Grenoble, je croise des regards. Voici l’histoire de ces regards, regards d’enfants, d’adultes, d’hommes et de femmes.

 
 
images-1.jpegAu cours de mes trajets professionnels en taxi, véhicule dans lequel je transporte des personnes handicapées mentales et physiques, je croise des dizaines de regards.images-3.jpeg

Aujourd’hui, j’ai croisé le regard d’un ouvrier sur un chantier fermé au public. Il travaille dur sous le soleil et construit ce qui sera le toit de futurs habitants. Moi, je circule sur les routes, libre et curieuse de chaque virage, de ce qui m’attend après. Lui, il grimpe d’étage en étage, admirant l’ouvrage de ses mains, le fruit de ses efforts répétés, de son obéissance aux ordres précis de gestes minutieux.

images-7.jpegSouvent, je croise le regard d’un enfant marchant seul le long de la route, le regard gai ou triste selon l’enfant. Parfois il va à l’école, parfois va faire une course. Je suis étonnée de voir que des enfants de très jeunes âges vont à l’école tous seuls.

L’autre jour, en arrivant dans le quartier de l’Abbaye, j’ai croisé le regard d’un petit garçon de cinq-six ans. Il était assis sur le bord du trottoir, le cartable sur le dos, les pieds posés sur la chaussée. Il était 17 h 45 !! Je me suis arrêtée et lui ai demandé ce qu’il faisait assis au bord de la route. “Que fais-tu ici tout seul ? Ne reste pas ici. C’est dangereux !” Il me montre sa maison vide. Il attend ses parents. Des jeunes de la cité semblant le connaître lui crient : “Ne reste pas là sur la route, petit.”images-5.jpeg

Il y a ce regard d’une personne âgée qui a du mal à marcher et qui me sourit lorsque je la laisse passer. Ce regard d’une femme entourée d’enfants, avec un bébé dans une poussette et un petit dans un porte-bébé, plus des enfants encore autour. Regard du monde qui tourne et qui avance.
`
images-2.jpegJe rencontre le regard d’une femme voilée d’un hijab que je viens de laisser passer. Je me suis arrêtée pour elle alors que personne ne la laissait traverser. Elle me regarde et me remercie d’un grand sourire. Je me dis qu’elle est sage. Elle ne porte qu’un voile simple qui laisse voir son visage et son sourire, voile qui n’est ni le niqab ni la burqa. Elle porte le hijab et semble bien dans sa peau. Elle aimerait peut-être porter le niqab mais elle se dit que c’est plus raisonnable ainsi dans un pays où la plupart des femmes sortent les cheveux nus et les jambes à l’air. Peut-être travaille-t-elle et a-t-elle un poste qui lui donne la satisfaction de tenir son rôle dans une 
société où elle a sa place, même voilée.images-8.jpeg

J’ai croisé aussi le regard d’un homme qui avait cinq portables. Un dans chaque poche et trois dans la voiture. Vous ne me croyez pas ? Je vous dis qu’il existe. Il vit à Grenoble. C’est un voyageur. Les kilomètres qu’il fait chaque semaine dans le monde entier sont une toile d’araignée qu’il tisse sans que les femmes qu’il rencontre n’y prennent garde. 

images-6.jpegJ’ai croisé le regard d’un autre homme qui criait au volant : “Tu ne comprends pas le français ? C’est fini entre nous, terminé. Je suis volage. L’amour, ça me fait peur. Dégage de ma vie.” Et puis j’ai suivi le regard de la femme de l’autre côté de la route. Elle traversa, hagarde, en manquant de se faire renverser. Parfois, quand l’amour s’arrête brutalement, quelles raisons de vivre restent-ils ? Le sentiment de n’être plus rien, la route qui continue sans nous, l’humiliation des paroles redoutables et cruelles, la réalité d’un ventre vide dont un homme a pris l’espace durant quelques mois, s’enfuyant en laissant le vide et le néant, le mépris d’un coeur effondré sur lui-même.

Heureusement, un autre regard croise le mien. Celui d’un mendiant. Il vient vers moi et me demande de l’argent, alors que je suis arrêtée à un feu. Je vois sur son panneau : “trois enfants à nourrir.” Je cherche quelques pièces et lui donne. Je me dis que j’ai de la chance d’avoir un travail et de quoi nourrir mes enfants. 

Je me souviens de cet autre regard dans le magasin où je suis allée dernièrement. Une dame âgée de type gitan me regarde fixement dans un rayon. Elle tient dans la main un paquet de farine. Son regard se fait insistant. Elle tend le paquet vers moi de loin. Elle n’a toujours rien dit. Son regard m’appelle. Je m’approche. Elle me montre le prix. Il lui manque soixante centimes. Je lui donne. Elle repart contente avec son paquet.images-4.jpeg

Un autre regard me marque. Celui d’une femme qui s’est confiée à moi. Amoureuse d’un homme, elle ne supporte plus de vivre avec sa fille majeure qui vit sous le même toit. Cette fille ne la respecte pas. L’atmosphère devient lourde, conflictuelle ; c’est l’enfer dans son foyer. Son compagnon ne veut pas intervenir. Il laisse faire. Alors cette femme en tombe malade. D’une vraie maladie. Son regard aperçu une première fois a changé. Il est sombre, sans la flamme. Je parle un moment avec elle. Une étincelle apparaît à nouveau. Elle me fait la bise. Un moment d’amitié fait revenir le soleil.

images.jpeg“Nous nous reverrons”, m’a-t-elle dit.

Je rends hommage à tous ces regards, à toutes ces personnes croisées, à tous mes clients transportés, enfants, adolescents et adultes, à la population grenobloise que je côtois chaque jour.

Parfois je manque de me faire tuer... comme l’autre jour, à Sassenage. Un homme a grillé un stop. J’ai pu m’arrêter. Et puis ce jour dernièrement où un jeune fou a pris un rond-point en sens inverse, se mettant à ma droite, alors que je l’évitais à gauche. Il m’a narguée d’un regard inconscient et sot. Tout comme ce jeune homme qui est venu sur moi avec sa mobylette, traversant une ligne blanche en face de moi pour me provoquer. Ces regards sont pleins de violence et je préfère les reléguer au rang de l’imbécilité et d’une conduite hors-la-loi. Seulement, d’une conduite hors-la-loi, ils peuvent devenir criminels, comme ce motard roulant sans permis à Marseille et qui a heurté le 13 juin une maman enceinte de huit mois et son fils de deux ans, qui rentraient de la plage de Corbières. Ils sont morts tous les quatre, car cette femme portait des jumeaux. Le papa a été hospitalisé dans un état de choc moral indescriptible. 

Le regard que je tends à cette famille détruite est empli d’une immense tristesse. Je leur envoie à tous les cinq mes pensées les plus émues.

Chloé LAROCHE

02/04/2009

Dans mon taxi, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent. Du handicap au pire vécu.

Du handicap au pire vécu. Offrande d'une sonate pour la vie de Jason, petit garçon retrouvé mort à Liège, tué par son père à coups de chaussure. 

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Dans mon taxi, véhicule sanitaire que je conduis chaque jour, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent.

 

images-12.jpegJe reste seule avec des confidences, avec les paroles parfois très lourdes de mes passagers handicapés ou malades.

Des enfants aussi. Des personnes âgées.

 

“Qu’est-ce qu’ils ont les pères à nous faire ça,” me dit une enfant qui me révèle qu’une copine a subi la même chose qu’elle.images-8.jpeg

 

“J’ai eu raison de le dénoncer, n’est-ce pas ?”....

“C’est lui qui a tort, pas moi.”

 

“Ma mère me manque.”

 

Cette enfant a le regard clair et déjà un raisonnement très mûr. Elle regarde une autre enfant passagère et me dit : “Elle est belle.”

 

Comme on dit d’une rose qu’elle est belle.

Les roses, on ne doit pas les cueillir.

Ni violer les enfants.

 

images-2.jpegPendant des mois. Il l’a violée. Ce n’était pas son père mais un beau-père.

 

Pendant les absences de la mère.

 

Elle regarde le paysage. Je la conduis. Elle se sent apaisée dans mon véhicule.images-5.jpeg

 

Dans la journée, plus tard, je transporte un monsieur handicapé. Il était tétraplégique. Il a progressé à force de travail. Il est maintenant paraplégique.

 

images-11.jpegIl est triste. Cela fait trois ans qu’il a eu ce maudit accident.

 

Je l’écoute. Il me dit que la souffrance physique, il n’y a rien de pire. Et la souffrance de voir les montagnes sans pouvoir les parcourir, les goûter.

 

La souffrance de voir des femmes et de n’avoir que le souvenir de l’ancien temps et des rêves présents qu’on fait mais qui ont le goût amer du réveil en fauteuil.SB10063890E-001.jpg

 

Je l’écoute et il me dit que les personnes valides ont bien de la chance et qu’elles devraient éviter de se plaindre pour des broutilles.

 

Mais parfois, pensais-je, les personnes valides sont tristes à mourir et certaines sont handicapées dans le coeur, amputées de leur enfant disparu, membre perdu dans l’immensité de l’univers... amputées d’un être aimé mort. Parfois, des personnes valides ont tant de charges et de difficultés à gérer que tout cela n’est pas que des broutilles.

 

images-9.jpegCet homme souffre terriblement. Il est comme dans une prison. Son corps ne le laisse plus libre de vivre comme il voudrait. Il laisse les volets lui ôter la vue des montagnes. Il a envie de les prendre et de les replanter en plein désert, là où il ne serait pas. Il ne veut plus de son fauteuil. Il se bat pour en sortir. Il voudrait l’emmener  loin et revenir sans lui. Valide et libre d’aimer à nouveau, de courir les montagnes.

 

Je me retrouve seule dans mon taxi. Un taxi spécialisé.

Une musique s’élève dans le réceptacle du véhicule. “La Sonate au Clair de Lune” de Beethoven.

 

Le piano amène à moi l’image d’une tombe. Je vois une maman pleurer là où on a découvert le corps de son fils de trois ans enterré dans un sac.

 

images-4.jpegCet enfant s’appelait Jason. Il a été tué à coups de chaussures par son père. C’est la nouvelle compagne du père qui l’a aidé à enterrer le petit garçon. C’est elle aussi qui a avoué les faits et qui a révélé la fuite du père dans son pays.

 

Cela faisait des semaines depuis février que l’on recherchait le petit garçon. Il a été retrouvé le 19 mars près de Liège, en Belgique, là où il vivait avec son père.images-3.jpeg

 

Un père qui a fait de la prison pour vente de drogue et qui avait déjà été remarqué pour maltraitance sur son fils. Son fils qu’on lui a pourtant rendu à sa sortie de prison. Erreur fatale pour ce petit garçon.

 

Tué à coups de chaussures.

 

images-1.jpegLe piano grandit en intensité. Je pense à Jason. Je vois sa vie, ses sourires, ses jeux d’enfants, sa pureté, son innocence, son émerveillement devant la vie, ses larmes, la douleur d’une vie maltraitée, d’enfant qui regarde l’adulte et qui a peur. Juste peur. Effrayé. Sans secours. Sans recours.

 

La pureté de la Sonate prend en elle toutes les souffrances dont je viens de parler et j’offre ces vies à l’Esprit qui détient la vie, à l’amour qui regarde les roses grandir sans les arracher.

 

La dernière note s'allonge dans la voiture. Le piano s'éteint. Mais une étoile brille. Pour Jason. Pour les enfants que je transporte. Pour chaque personne handicapée.SB10065057H-001.jpg

 

Chloé Laroche________________

 

Commentaires

I recently came across your blog and have been reading along. I thought I would leave my first comment. I don't know what to say except that I have enjoyed reading. Nice blog. I will keep visiting this blog very often.

Ruth

http://pianonotes.info

Ecrit par : Ruth | 05.04.2009

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Thank you very much, Ruth. Your letter is very beautiful, with a big sun for my hearth and my blog. Good sunday ! Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 05.04.2009

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18/03/2009

"Je m'en fous de ta vie"... Ce sont les gentils mots d'un collègue de travail à mon encontre. Récit d'une employée sur la relation solidaire au travail.

 

ENTRAIDE, SOLIDARITÉ, CRISE.

(Mon blog a été visité 42 063 fois depuis sa création en avril 2008, avec 2249 visiteurs en août, 4034 en septembre, 5248 en octobre, 5437 en novembre, 5505 en décembre, 6359 en janvier 2009, 5157 en février, 4103 du 1er au 18 mars.)

 

images-17.jpegBonjour à tous et toutes,

À la veille d'une grève importante en France, je souhaite vous proposer ce témoignage vivant, en tant que salariée d'une entreprise et employée adepte de la solidarité entre collègues.images-11.jpeg

Voici mon récit :

Il y a quelques temps, un collègue m'appelle et me demande de faire un transport à sa place. J'en avais un à faire sur Grenoble et lui me proposait d'aller sur Lyon, pour emmener une personne handicapée dans un hôpital. J'ai été obligée de refuser car c'était pendant les vacances scolaires et j'aurais dû faire garder mes enfants beaucoup plus longtemps car ce transport m'aurait fait rentrer tard. En fait, ce collègue devait faire garder son propre enfant et me demandait de faire ce transport pour rester auprès de lui. 

Quinze jours plus tard, un soir, alors que nous nous croisions dans un établissement où nous faisons chacun une tournée d'enfants handicapés, je lui demande s'il peut ramener deux sièges autos rehausseurs pour jeunes enfants, dont j'avais eu besoin pour deux petits et qu'il fallait ramener au dépôt. Mon collègue a fait la tête mais il les a pris quand même.

Ce lundi, je lui redemande ce service mais il me montre qu'il n'est pas content, aussi je me débrouille seule pour les sièges.

images-12.jpegLe lendemain, on se croise et il me dit : "Tu as un boulot. Tu n'as qu'à le faire." Il commence à moraliser en me disant qu'en plus c'est très bien que j'aille au dépôt car je peux laver mon véhicule. Je lui ai dit que je lavais régulièrement mon véhicule et qu'il n'avait pas à me parler ainsi, que j'étais seule avec mes enfants et que le soir, je devais aller chercher mon fils, que si je lui demandais ce service de temps en temps, c'était pour m'aider dans mon organisation et pour que les autres collègues aient les sièges au dépôt pour d'autres enfants à transporter.

Il m'a répondu tout net : "Je m'en fous de ta vie !"images-8.jpeg

Sur ces mots qui m'ont fait mal, j'ai tourné les talons et je suis partie.

Pour moi, la solidarité dans la vie et entre les collègues est très importante.

Je suis choquée de voir que la crise renferme certaines personnes sur leurs propres intérêts et que l'égoïsme individuel prévaut sur la solidarité et l'entraide, sur la gentillesse et l'ouverture à l'autre.

images-10.jpegDans la même journée, j'ai aidé un autre collègue à sortir des véhicules du hangar. Quand je peux, j'aide. Du coup, pour les clients transportés, le bénéfice est là aussi. Car la solidarité rejaillit sur eux. Sortir de son véhicule et tenir une porte à un client transporté qui marche avec des béquilles, au lieu de le laisser sortir seul du véhicule et entrer dans son immeuble... me paraît important. Parler cinq minutes avec une personne agée qu'on raccompagne parce qu'elle est si seule tout le temps et que cela lui fait du bien d'avoir un peu de compagnie. Faire le plein de la voiture pour le collègue suivant, même si c'est déjà tard et qu'on a envie de rentrer. Si chaque fois qu’un collègue nous demande un service, on lui dit qu’il n’a qu’à faire son travail et se débrouiller seul parce qu’il est payé pour ça... dans quelle société avance-t-on ?

Quel est l’avenir de la vie professionnelle, sans parler du reste ?

Nous traversons une crise, sur le plan collectif et individuel, aussi je crois qu’il faut demeurer solidaire et dans l’entraide, car nous ne vivons pas chacun sur une île déserte et si l’égoïsme gagne du terrain, nous ne sommes pas sortis de l’auberge.images-16.jpeg

images-9.jpegL'entraide face à la crise, c'est se demander comment l'autre vit et quel besoin il a. L'entraide face à la crise, c'est un sourire, une écoute, une parole avenante et gentille. L'entraide face à la crise, c'est arrêter d'avoir peur pour soi mais se dire qu'il y a des solutions à tout problème et que rebondir, ce n'est pas rebondir seul mais avec les autres, car les autres, c'est l'humanité. Les autres, c'est soi puissance des millions.

Chloé Laroche

 

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06/06/2008

Un salarié sur 6 se plaint de comportements hostiles de ses collègues

  Mépris, critiques systématiques du travail effectué voire propos dégradants... Une part non négligeable des salariés se sentent maltraités au travail. Une vaste enquête de la Dares fait le point.
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"17 % des salariés français se disent l'objet de comportements hostiles de la part d'une ou plusieurs personnes dans leur travail. C'est l'un des principaux résultats qui ressort de la vaste enquête menée par les médecins du travail auprès de 50 000 salariés pour le compte de la Direction générale du travail et la Dares. Cette part passe à 25 % si l'on prend en compte les comportements hostiles auxquels les salariés ont pu être confrontés dans un poste antérieur. Trois grandes catégories de comportements hostiles sont distinguées :

 Le déni de reconnaissance du travail, où la personne voit ce qu'elle fait injustement critiqué ou saboté. 8,9 % des salariés sont concernés dans leur poste actuel.

 Les comportements dits méprisants, où la personne est volontairement ignorée ou est la cible de propos désobligeants. Ils concernent 6,5 % de la population salariée.

 Les atteintes dégradantes, où le salarié est la cible de propos avilissants, de sous-entendus sur sa santé mentale ou d'avances à caractère sexuel. 1,9 % des répondants se déclarent victimes de ce type de comportements.

 

 
Les différents comportements dits hostiles en entreprise
 
  Comportement Part de salariés victimes au moins une fois dans leur carrière (en %) Part de salariés victimes dans leur poste actuel (en %)  
  Le déni de reconnaissance du travail 14,0 8,9  
  Critique injustement votre travail 12,2 7,7  
  Vous charge de tâches inutiles ou dégradantes 4,3 2,7  
  Sabote votre travail, vous empêche de travailler correctement 3,7 2,3  
  Les comportements méprisants 10,6 6,5  
  Vous ignore, fait comme si vous n'étiez pas là 7,8 7,1  
  Tient sur vous des propos désobligeants 10,0 6,0  
  Vous empêche de vous exprimer 5,7 4,5  
  Vous ridiculise en public 3,9 2,0  
  Les atteintes dégradantes 3,1 1,9  
  Laisse entendre que vous êtes mentalement dérangé(e) 1,2 0,9  
  Vous dit des choses obscènes ou dégradantes 2,0 1,3  
  Vous fait des propositions à caractère sexuel de façon insistante 0,6 0,1  
  Au moins un comportement hostile 24,8 17,3  
 
Source : Dares, mai 2008
 

 

Les femmes et les jeunes plus concernés

Toutes les populations de l'entreprise ne sont bien évidemment pas touchées de la même manière par ces phénomènes. Les femmes se déclarent légèrement plus souvent concernées que les hommes (18 % contre 16,8 %). Elles sont plus spécifiquement la cible de comportements méprisants : elles sont ainsi significativement plus nombreuses à se déclarer ignorées, non écoutées voire ridiculisées. Les professions peu qualifiées sont également plus sujettes à ce type de comportements (18 % des employés administratifs, 18,2 % des employés de service et 18,6 % des ouvriers non qualifiés, contre 16,4 % des cadres).

Les jeunes de moins de 30 ans et dans une moindre mesure les quinquagénaires souffrent plus fréquemment de ces problèmes (plus de 19 % des jeunes et 17,3 % des seniors). La Dares note enfin que les comportements hostiles se font plus rares dans les petites structures : seuls 14 % s'en plaignent dans les établissements de moins de 10 salariés contre 20 % dans ceux de 50 à 200 salariés.

 

Des comportements liés à l'organisation du travail

Une certaine organisation du travail dans l'entreprise semble être corrélée à une forte récurrence de ces comportements hostiles. Ainsi, un rythme de travail surveillé de près par la hiérarchie, des interruptions fréquentes qui viennent perturber le travail du collaborateur, un déficit de moyens ou de formation pour accomplir les tâches sont souvent dénoncés par les personnes se déclarant sujettes à des comportements hostiles.

De même, la Dares souligne une corrélation entre l'occurrence de ces comportements et l'état de santé du collaborateur. Si en moyenne 12 % des salariés jugent leur santé mauvaise, ils sont 20 % parmi ceux qui dénoncent aussi des comportements méprisants, 22 % parmi ceux qui s'estiment victimes d'un déni de leur travail et 34 % parmi ceux qui se disent confrontés à des atteintes dégradantes. Enfin, se déclarer sujet à des comportements hostiles est plus courant lorsqu'on est confronté à des risques psycho-sociaux forts, à savoir une charge de travail ressentie comme pesante, un manque de latitude au niveau de la prise de décision et un déficit de soutien social (voir encadré ci-dessous)."

Extrait du site : http://www.journaldunet.com

 

26/01/2009

Cette parenté avec la souffrance d’autrui, je la fais mienne, car dans mon coeur, elle est toute proche, même si l’éloignement physique fait que les autres êtres humains peuvent être très éloignés sur la Terre.

J’ai choisi il y a un peu plus de six ans de changer de métier. Je suis devenue ambulancière et aussi taxi, car ce sont des métiers de service et d’écoute aux autres. La plupart des taxis font des transports sanitaires dans leur véhicule et doivent obligatoirement passer leur Certificat de Premiers Secours.

images.jpegCe sont des métiers où on est directement au prise avec la réalité de la vie, la souffrance quotidienne des malades, leur calvaire, leur besoin de parler et d’être écouté. On transporte des personnes âgées souvent seules, des personnes en dépression ou dans le deuil. Les transporter d’un point à un autre sans qu’ils s’en aperçoivent et leur apporter réconfort et baume au coeur, est un idéal solidaire.

Les ambulanciers rencontrent aussi beaucoup d’âmes en préparation du dernier voyage, préparation consciente ou non. C’est extrêmement touchant d’être les accompagnants, les transporteurs ultimes parfois de ces personnes qui ont tout donné en sacrifices physiques.

Nous rencontrons dans ce métier des destins portant de terribles souffrances, comme cet homme atteint par la maladie que j’avais transporté avec sa femme. Ils avaient perdu leur fille de quarante ans dans un accident de voiture. Ils avaient fui l’Espagne pendant le régime de Franco. On peut fuir un pays, un régime... mais l’état de deuil, lui, se vit, au jour le jour, et ils étaient effondrés, courbés sous le poids de leur croix trop lourde... maladie, exil, deuil.

images-1.jpegUn soir, alors que j’étais triste et comme si cette rencontre devait me secouer pour que je continue d’être forte... j’ai rencontré un homme de soixante dix ans. Je devais ramener sa fille handicapée mentale, une femme de quarante-cinq ans, du CAT -centre d’accueil thérapeutique à la journée- à son domicile. Lorsque j’ai accompagné cette personne jusqu’à la porte de sa maison, le vieux père est venu me saluer et m’a proposé de venir manger un morceau de brioche. Et puis, debout devant moi, il s’est mis à me parler de sa femme : “La pauvre, elle n’est plus là. Elle s’est suicidée en se jetant dans l’étang, juste derrière la maison, l’année passée. Elle était malade des nerfs. Elle s’est noyée.” Le pauvre homme pleurait. J’étais bouleversée. Je lui ai témoigné toute ma compassion. C’était une mer de détresse qui emplissait cette maison, ces deux coeurs en deuil, ces vies naufragées.images-1.jpeg

En me raccompagnant au taxi, cet homme m’a dit : “Je ne voulais pas vous le dire devant ma fille. Mais elle a été renversée par une voiture, juste là, à l’âge de cinq ans. Ma femme ne s’en est jamais remise. Ma fille s’en est sortie, même avec les séquelles que vous voyez.”

Il y avait des larmes de sang dans tout le paysage. J’ai quitté ces deux coeurs si lourds, si lourds... mais peut-être un peu plus légers car le fait de m’avoir parlé ainsi, d’avoir pu épancher un peu la souffrance grâce à la parole donnée et écoutée, partagée, a soulagé imperceptiblement le deuil de cette famille, la peine vécue au quotidien dans le handicap et l’absence. J’ai senti en partant que l’oeil de la jeune femme s’était éclairci et qu’une lueur de sérénité s’était mise à briller dans son coeur.

J’ai témoigné dans mon avant-dernier livre de toutes ces rencontres avec les patients transportés, rencontres humaines riches de sens et de courage. J’y ai écrit cette page que je voudrais vous offrir ici (extrait de "Transports d'âmes et d'hommes").

Un après-midi, nous étions allés avec mon collègue ambulancier dans un centre d’accueil spécialisé, pour chercher une dame et l’emmener passer un scanner.

C’était une femme jeune, au visage d’ange. Elle était prostrée, paralysée ainsi depuis plus de dix ans, le regard tourné vers ailleurs, figée comme un iceberg dans lequel la vie aurait été enfermée à jamais.
-C’est une rupture d’anévrisme qui l’a frappée d’un seul coup. Elle était dynamique, pleine d’énergie, de projets et maman d’un petit garçon. Elle a eu un jour très mal à la tête et soudainement elle a disparu dans ce gouffre de la maladie.” C’était sa soeur qui se confiait ainsi à moi... “Notre vie dans la famille n’a plus jamais été celle d’avant.”

images-3.jpegElle sortit fébrilement des photos de son sac. “Tenez, ce sont des photos de ma soeur. Regardez comme elle était belle et épanouie.” J’ai regardé, très émue, ces photos d’une jeune femme de trente ans, heureuse de vivre. Je me suis dit, en voyant ce qu’elle était devenue, que la souffrance du Christ offerte sur la croix se poursuit inlassablement dans l’humanité martyre.

Cette crucifixion de la chair et de l’âme, cet écartèlement qui n’en finit plus au coeur de la vie, a commencé dans ma propre existence le jour où des hommes en noir ont cloué et fermé à jamais le cercueil de ma fille de trente mois. Pour continuer à vivre et pour exister pleinement, il faut apprendre à offrir sa souffrance pour qu’une transmutation s’accomplisse dans d’autres vies que la sienne. S’offrir comme un coeur ouvert et le donner aux Anges pour qu’ils le transplantent dans d’autres vies en détresse ou en perdition.images-2.jpeg

J’ai retrouvé dernièrement la même pratique dans un livre bouddhiste, dont le titre est : “Quand tout s’effondre - Conseils d’une amie pour des temps difficiles” de Pema Chödrön. J’avais cet ouvrage près de mon lit, et j’ai ouvert ce livre “au hasard”, à un moment où tout s’effondrait dans ma vie. Cela parlait de la “bodhichitta”. C’est une pratique qui consiste à transformer sa propre souffrance en la faisant ressortir de soi en lumière, en énergie et pensées de joie, en offrande d’amour, en don offert à tous les souffrants, à tous les blessés de la vie, à tous les affligés.

Dans le chapitre intitulé “l’amour qui ne mourra pas”, j’ai été saisie par cette description de la tendresse infinie en nous, générosité de sa propre douleur, qui nous relie à la souffrance de toutes les personnes sur terre, souffrance qu’on peut soulager par l’offrande de la sienne. Cette parenté avec la souffrance d’autrui, je la fais mienne, car dans mon coeur, elle est toute proche, même si l’éloignement physique fait que les autres êtres humains peuvent être très éloignés sur la Terre. Nous sommes vulnérables et fragiles, en tant qu’êtres humains, aussi “laissons la douleur du monde nous toucher le coeur et transformons-la en compassion”, ainsi que le recommande le seizième Gyalwa Karmapa.

Dans cette démarche, on ne peut pas se tenir à distance. On ne peut pas se protéger en restant caché ou muré dans sa propre vie, évitant d’écouter les bruits d’armes et de larmes du monde qui vit tout autour de nous et sur la même planète.

En refusant cette démarche, on peut ignorer les cris de détresse des enfants qui meurent de faim dans les pays les plus pauvres, les veuves du Rwanda qui ont adopté des enfants alors qu’on a massacré leur mari et leurs enfants, toute leur famille. On peut ignorer la souffrance des sidéens, les ignorer, omettre de leur parler, refuser de les embrasser. On peut ignorer son voisin, refuser de lui dire bonjour malgré ses efforts pour être conciliant et retrouver la paix. On peut oublier que les ours blancs sont en train de mourir au Pôle Nord, noyés parce que le sol de la banquise se dérobe sous leurs pattes. On peut éviter d’entendre la femme qui pleure dans sa montée d’escalier, frappée encore une fois par son conjoint. On peut se boucher les oreilles devant les cris de souffrance d’un enfant martyrisé et si c’est le sien que notre compagnon abuse, on peut aussi se dire que ça lui passera, qu’on ne peut “rien faire à part se taire”... parce que le silence est la tombe des pires atrocités.

images-2.jpegOn peut omettre de se rappeler que des enfants aborigènes ont été arrachés de force à leurs parents, entre 1880 et la fin des années soixante, pour les placer en Internats d’État afin de les christianiser. On peut clamer “que les camps de concentration n’ont jamais existé” et que les Juifs auraient monté de toutes pièces leur calvaire, qu’on aurait inventé les six millions d’humains exterminés par les Nazis, les trains de la mort, les montagnes de lunettes retrouvées à la Libération appartenant à toutes les personnes gazées. On peut oublier qu’à Grozny, en octobre 1999, les forces d’aviation russes ont délibérément bombardé une maternité, la seule encore ouverte. Une femme était en train d’accoucher. Elle a été défenestrée par le choc de l’explosion. Son bébé, tué dans une violence inouïe, a paralysé les âmes des Anges et les ailes des oiseaux.


Chloé LAROCHE

22/01/2009

Mon récit pour ceux qui souffrent et pour leur entourage, pour honorer le courage des humains.

 

images.jpegJe voulais vous raconter ma rencontre en 2003 d’une patiente que j'ai transportée un jour dans mon ambulance.

Cette femme souffrait d’un cancer... Une dame âgée, pétillante de vie, d’enthousiasme et d’espoir.

Elle m’a révélé avec bonheur :

-Depuis l’annonce de ma maladie, j’ai toujours été entourée. Mes amis m’invitent, me font à manger et m’apportent des petits plats. Je ne manque jamais de rien.”

Je lui ai répondu :

-Vous êtes comme les ermites. Les gens vous considèrent comme une personne représentant la sagesse et vous soignent comme un trésor humain.”

Elle m’a alors regardée avec malice et mystère, surprise par ma perspicacité :

-Oui, vous avez sûrement raison. Il est vrai que durant toute ma vie, je me suis occupée des autres, de tout le village... J’ai gardé les chiens des uns, les chats des autres, les enfants, les maisons en périodes de vacances. J’ai fait les courses avec mon caddy pour ceux qui ne pouvaient pas se déplacer...”.

Cette femme est un magnifique exemple d’entraide et de solidarité jusque dans la maladie où tout un village fait la chaîne pour une vieille dame seule et malade.images-2.jpeg

Ce jour-là, sur ma route, j'ai aussi rencontré un miraculé. Je devais aller le chercher dans un centre de rééducation, après sa séance de kinésithérapie, pour le ramener chez lui. Il a marché jusqu’à l’ambulance avec ses béquilles. “Je suis bien content que ce soit vous !”, me dit-il élégamment. C’était la première fois qu’il me voyait mais cela avait l’air de l’enchanter.

Ce monsieur était tombé il y avait huit mois du quatrième étage d’un échafaudage d’électricien. D’après les témoins, il n’aurait pas dû s’en sortir. Il n’avait même pas fait de coma. Il avait bien sûr des séquelles mais sa vie était sauvée... Bientôt sexagénaire, il préparait sa retraite et gardait nombre de projets pour la suite de son existence.

images-2.jpegJe suis émerveillée par la solidité de certains êtres et par la ténacité de l’Humain à demeurer en vie malgré les épreuves, les accidents et la maladie.

Nous avons appris ainsi avec bonheur que notre petit patient Kévin, qui se rendait plusieurs fois par semaine à l’hôpital en dialyse, avait été greffé et que nous ne le transporterions plus. Cela a été une immense joie de voir ce jeune garçon libéré de ce fardeau. La persévérance de la vie, le courage de Kévin, le soutien de ses parents et l’accompagnement des soignants ont gagné pour sauver cet enfant.

La vie est si belle, si riche et si surprenante qu’elle vaut les batailles qu’on choisit de mener pour elle.

 

Chloé Laroche

 

 

 

Mon témoignage d'ambulancière et d'accompagnatrice de santé. Cancer, fin de vie, URGENCES, urgence de l'amour.

autres-fleurs-france-1268699042-1199071.jpgLA VIE EST COMME UNE ROSE.

Elle est fragile et solide à la fois. Elle a des épines.

Cruelles parfois.

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1679,1143256345,4.jpgUn soir, en novembre 2002, dans les premiers temps où j'ai commencé mon métier d'ambulancière, je me suis arrêtée sur une vie : celle de Carmen.

Cette dame était en phase terminale d’un cancer de l’oesophage. Elle était maigre à faire peur. C’est le S.A.M.U. qui nous a demandé d’aller la chercher chez elle pour l’emmener aux Urgences...

Une âme crucifiée sur un regard qui n’était plus d’ici.

Arrivée à l’Hôpital, sa demande d’un médicament pour soulager sa souffrance a obtenu cette seule réponse :

-Madame, on vous a trouvé un lit dans une chambre seule. C’est déjà beaucoup. Alors, pour le reste, vous attendrez patiemment que les infirmières de garde vous visitent lorsqu’elles seront arrivées.”

V3030052.jpgCette dame était mourante et on lui demandait d’attendre son tour !?

Attendre sur un lit dans une chambre froide... Non pas froide mais sans chaleur, je veux dire... Sans couleurs aux murs, je veux dire... Sans soutien médical immédiat, alors que nous venions de l’amener en urgence le plus vite possible, passant aux feux rouges à travers la nuit tombée sur la grande ville...1679,1143256345,4.jpg

Pourquoi la fin de vie est-elle encore mise ainsi au rebut ? La réponse est simple : par manque de personnel, par manque de temps, par manque de disponibilité dans un service débordé à certains moments... Par manque de moyens.

Ce soir-là, on m’a refusé le droit d’emmener deux proches en même temps auprès d’elle. Deux parents : son mari et son frère... lesquels nous avaient accompagnés jusqu’aux Urgences. Une seule personne fut tolérée au chevet de cette femme. J’ai donc accompagné son mari auprès d’elle. Son frère est resté dans le sas d’attente...

autres-fleurs-saint-malo-france-1063863946-1221066.jpgAttente de la vie. Attente d’une mort attendue. Attente d’une blouse blanche qui se fait attendre. Attente d’une dame étendue là que je n’oublierai pas... Urgences de l’amour.images-1.jpeg

ADIEU CARMEN.

 

Quelques jours plus tard, le 13 Novembre 2002, je me revois dans l’ambulance et j’écris, à côté de Christophe, mon collègue ambulancier, qui conduit. Nous ramenons un homme qui a cinquante ans et qui a subi une réanimation cardiaque de vingt-quatre heures. Il a vu la mort de près mais aujourd’hui il vit.

La nuit tombe. Le médecin est à l’arrière, près du malade étendu sur le brancard. C’est ce que nous appelons un rapatriement médicalisé. Nous sommes partis vers treize heures et nous remontons du Sud de la France pour rapatrier le patient dans sa région.

autres-plantes-aubervilliers-france-1008235185-1227831.jpgCet homme miraculé ne se souvient plus de rien. Il était parti en promenade dans la Provence et il est tombé. Tombé comme le petit Prince dans le désert. Mais il tenait à sa rose, à la vie. Et la vie l’a retenu. La vie l’a gardé en elle.

La vie est comme une rose. Elle est fragile et solide à la fois. Elle a des épines. Cruelles parfois.images.jpeg

 

 

Ainsi la veille, nous étions allés chercher un monsieur de soixante-quatre ans qui était enfermé chez lui depuis quelques jours. Il avait vomi du sang et était dans un état très inquiétant. Il avait les yeux perdus dans le vide, qui ne cillaient plus. Il ne répondait plus aux questions. “Il vit un deuil”, nous ont dit ses voisins. “Il vit seul et, le voyant comme cela, nous avons prévenu le S.A.M.U.”

autres-fleurs-liege-angleur-belgique-1161416613-1218110.jpgNous l’avons porté jusqu’à l’ambulance. Je suis restée à l’arrière auprès de lui pendant le voyage. J’ai pris son pouls plusieurs fois, car son état m’inquiétait. Je sentais l’appel de la mort sur son visage, le masque d’une autre vie qui n’était plus la sienne. Il plongeait son visage dans l’oreiller et ses yeux restaient ouverts vers moi sans aucun mouvement, comme s’il ne restait plus rien dans la vie qui pouvait le retenir.50527,1150826227,6.jpg

Nous l’avons amené aux services des Urgences.

Christophe m’a regardée. Je l’ai regardé.

Le silence que nous avons échangé pour cet homme a témoigné du respect des vivants devant une âme en lambeaux de douleur.

1679,1143250237,19.jpgCet homme est mort peu après.

Je garderai son souvenir en héritage.

 

Chloé Laroche

(écrit à Grenoble, le 22 Janvier 2009).

 

15/07/2008

Pour Cyrille, jeune ambulancier décédé durant le transport d'un patient violent. Mon témoignage d'ambulancière et de taxi, avec le récit de mon agression à Caluire.

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HOMMAGE À CYRILLE HAQUEVAUX, AMBULANCIER DÉCÉDÉ TRAGIQUEMENT

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Je pense à toi, Cyrille, à ton enfant qui va arriver, à tous les ambulanciers de France et du monde entier qui font leur métier avec coeur.ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences,cyrille haquevaux,saint-brieuc,danger,ambulance,accident,caluire,bande,violence,victime,orphelin,drame,métier,handicapé,handicap,protection,conducteur,courage,héros,collègue,traumatisme,témoignage,médical,accompagnement,fuite,suicide,déséquilibré,mort,deuil,gâchis

Je suis touchée par ton décès tragique, causé par un patient violent et atteint mentalement que tu devais accompagner, et je tenais à te rendre hommage sur mon blog... où je parle de notre métier régulièrement dans le chapitre : "Ne tirez pas sur l'ambulance" (cliquer sur ce titre à gauche dans les catégories).ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences,cyrille haquevaux,saint-brieuc,danger,ambulance,accident,caluire,bande,violence,victime,orphelin,drame,métier,handicapé,handicap,protection,conducteur,courage,héros,collègue,traumatisme,témoignage,médical,accompagnement,fuite,suicide,déséquilibré,mort,deuil,gâchis

Cyrille Haquevaux, 24 ans, se trouvait à l'arrière de l'ambulance lorsque le patient transporté, atteint mentalement, s'est agité brutalement et a essayé de sauter de l'ambulance, entraînant dans sa chute le jeune ambulancier sur le bitume de la voix express. Cyrille ne se releva pas et fut emmené à l'hôpital de Saint-Brieuc. Il est maintenant décédé et son enfant va bientôt voir le jour, sans que Cyrille n'ait pu le voir, lui qui s'occupait de tous ses patients avec générosité et coeur.


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J'ai repris le travail et les faits se sont reproduits, avec des coups violents reçus dans le dos et à la nuque, malgré mes avertissements à l'employeur et aux parents, lesquels ne m'ont pas cru. "Leur fils ne pouvait pas avoir fait cela." La mère m'a accusée de n'avoir aucune autorité. Au final, je n'ai eu aucun mot réconfortant ni le semblant d'une compréhension... J'ai eu du mal à m'en remettre, et en plus, suite à tout cela, j'ai perdu mon travail. Heureusement, j'en ai retrouvé un depuis, et j'ai repris courageusement la voie que j'aime : le transport et l'accompagnement de personnes malades, âgées et handicapées.


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En juin 2004, je m'étais déjà fait agresser à Caluire, près de Lyon, par une bande de jeunes qui ont lancé des pétards sur mon taxi, alors que je transportais un client et que j'étais arrêtée dans un embouteillage. Je suis sortie du véhicule et un des jeunes (il avait environ 18-20 ans) m'a menacée verbalement, avec tant de haine dans les yeux que j'en resterai à vie troublée...

Troublée et interpellée par la haine d'un inconnu qui vous prend pour cible, sans aucune raison. Il m'a lancé un pétard en plein visage, pétard qui a explosé près de l'oeil gauche. Je suis restée choquée en attendant les pompiers, qui m'ont emmenée aux Urgences. Ils ont été formidables. Les policiers sont venus assez rapidement sur les lieux et m'ont révélé qu'ils n'arrivaient pas à mettre la main sur cette bande et qu'ils craignaient ces jeunes. Ils étaient d'ailleurs tous partis en courant de la petite place où ils sévissaient.ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences,cyrille haquevaux,saint-brieuc,danger,ambulance,accident,caluire,bande,violence,victime,orphelin,drame,métier,handicapé,handicap,protection,conducteur,courage,héros,collègue,traumatisme,témoignage,médical,accompagnement,fuite,suicide,déséquilibré,mort,deuil,gâchis


J'ai eu beaucoup de chance de ne pas perdre un oeil ou l'ouïe et de n'avoir aujourd'hui aucune séquelle. Il n'y a eu aucun témoin ayant apparu non plus, alors qu'il y avait du monde aux balcons, dans les commerces, dans les voitures alentour. Personne n'est intervenu, ni n'a réagi pour m'aider, à part le client que je transportais... qui a eu peur lui aussi. J'étais alors enceinte et je remercie le Ciel de m'avoir permis de garder mon fils, malgré le choc.ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences

ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgencesCe sont des métiers à risque, comme chaque fois que j'ai transporté en VSL (véhicule où on est seul avec le patient assis) des malades sortis de l'Hôpital Psychiatrique, parfois sur de longues distances.


Je me souviens d'un jour où on nous avait confié un monsieur de l'Hôpital psychiatrique pour l'emmener en dialyse. Il s'est mis à mordre mon collègue à l'arrière et à se débattre dans tous les sens. Le cadre ambulancier avec qui j'étais ce jour-là me suppliait de faire aussi vite que possible, ce que j'ai fait, passant à travers les embouteillages par miracle et aussi grâce aux automobilistes qui s'écartaient pour me laisser passer. J'ai traversé toute l'entrée de Grenoble à toutes trombes pour arriver le plus vite possible au CHU.

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Un médecin avait tout de même fait remarquer à ma patronne, lorsque j'ai été frappée, qu'aucun filet ou grille de protection n'était installé dans le véhicule que je conduisais.

Je pense à toi Cyrille......... et à ta famille, à ton enfant orphelin d'un papa. Je pense à ton collègue traumatisé par ton décès et par ce drame terrible.

Je pense à tous les ambulanciers de France et du monde. Nous faisons un beau métier mais quelles difficultés nous traversons et quelle méconnaissance de la société existe sur cette profession souvent rabaissée et délaissée ! C'est un métier de personnes généreuses et souvent exploitées. Un métier qui ne compte pas ses heures et ses kilomètres, ni son écoute aux patients. Un métier d'amour envers les autres, envers les souffrants. 

Chloé Laroche

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RAJOUT : J'AI SU EN 2012 PAR LE COLLÈGUE DE CYRILLE (VOIR SON COMMENTAIRE) QUE SON FILS VA BIEN, QU'IL EST TRÈS BEAU ET QU'IL RESSEMBLE À SON PAPA.

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Photos : je remercie le site Photosearch et Bing images pour la plupart des photos de cet article. Le mandala de larmes vient du site : http://koah.over-blog.com/30-categorie-10168075.html

La photo de la personne tournée de dos devant le lac du Bois Français a été prise par moi.

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.... Vous pouvez lire ci-après des extraits du site des Ambulanciers, expliquant les circonstances du décès de Cyrille, jeune ambulancier et futur papa.



__________________ Hommage à notre collègue ambulancier  dans l'exercice de ses fonctions____________

(extrait du site des Ambulanciers .... http://ambulancier.over-blog.com)


Le malade bouscule l'ambulancier installé à l'arrière.
Les deux hommes sont projetés, par l'arrière, sur la voie express.
Lourde chute pour l'ambulancier Cyrille Haquevaux, 24 ans.

Le jeune ambulancier est, lui, transporté au centre hospitalier de Saint-Brieuc puis à Pontchaillou, à Rennes, où il était dimanche en état de mort cérébrale. Sa conjointe doit accoucher dans quelques jours.


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Extrait du reportage LCI :

PAS DE SANGLE.

Selon un employé de l'hôpital de Saint-Brieuc souhaitant rester anonyme, le jeune homme "très baraqué" venait de traverser une phase d'agitation, "de celle où ils veulent tout casser". D'après cette même source, le patient était allongé sur le brancard non sanglé. Au bout de 10 minutes de trajet, à hauteur de la commune de Plérin, "le patient réussit à ouvrir la porte du véhicule", raconte Bastien Diacono, le procureur adjoint du tribunal de Saint-Brieuc.

Dans des circonstances encore indéterminées, le malade entraîne dans sa fuite l'ambulancier. Les deux tombent sur le bitume. L'ambulancier ne se relèvera pas. Le patient, lui, passe la glissière de sécurité sur le terre-plein central. Le jeune homme est percuté par une voiture arrivant en sens inverse.

______________________________ Extrait du site : http://ambulancier.over-blog.fr _____________

Notre avis :

Un problème parmi tant d'autres, mais cette fois-ci un collègue y a laissé la vie, ce qui confirme ce que l'on a toujours dit : nous ne sommes pas de simples "transporteurs" mais des professionnels de santé formés et diplômés. Ce ne sont pas des colis que nous prenons en charge mais des personnes, malades de surcroît, avec leurs différents problèmes et pathologies. Je n'ai jamais vu un chauffeur routier se faire éjecter de son camion par un colis qu'il transportait.

Le deuxième Hic c'est la transmission d'informations entre le personnel soignant et les ambulanciers... quand on voit qu'il faut parfois se "battre" pour avoir un minimum de relève. Sachant que le malade est sous la responsabilité intégrale de l'ambulancier, une fois la grille de l'hôpital franchie, il est donc nécessaire d'obtenir certaines informations à caractère médical. RAPPEL : les ambulanciers sont tenus au secret médico-professionnel, donc apte au secret partagé. Un malade psychiatrique ayant une phase d'agitation même calme sera sanglé au minimum d'une ventrale par précaution, car on le sait ce genre de patient est totalement imprévisible. Si les informations citées plus haut avaient été transmises, cela aurait certainement engagé nos collègues à sangler le malade et l'on aurait pu ainsi éviter ce drame. Dommage qu'une fois de plus il faut attendre un mort pour amener une réflexion sur le sujet.

Nos pensées accompagnent sa famille.
Sincères Condoléances.

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Les faits:

SAINT-BRIEUC. - « C'est une histoire hors norme. Avec cette affluence sur la RN12, on a frôlé une catastrophe plus grande encore. » Le procureur adjoint, Bastien Diacono et les secouristes restent marqués par la scène qu'ils ont découverte, samedi, peu après 13 h, à la hauteur de Plérin (Côtes-d'Armor). « Deux corps allongés de chaque côté de la quatre voies, il nous a fallu un peu de temps pour comprendre. »

Quelques dizaines de minutes plus tôt, une ambulance de la toute jeune société Urge ambulances revenait du centre hospitalier de Saint-Brieuc pour véhiculer un patient vers l'hôpital psychiatrique de Bégard, à 50 km. Un homme âgé de 27 ans doit y être transféré à la demande de sa famille. Quelques heures auparavant, il a tenté de mettre fin à ses jours, en voulant sauter d'un pont.

Un témoin a tenté de le stopper.

Alors que le véhicule est en route, le malade bouscule l'ambulancier installé à l'arrière. Les deux hommes sont projetés, par l'arrière, sur la voie express. Lourde chute pour l'ambulancier Cyrille Haquevaux, 24 ans, qui reste à terre. Le patient, lui, se relève et entreprend de traverser la route. « Un témoin l'a saisi par le bras pour l'arrêter dans son élan », raconte un automobiliste. Mais l'homme réussit à traverser le rail de sécurité et à se lancer dans le flot de circulation. Une voiture le heurte brutalement. L'intervention des secours ne permettra pas de le réanimer.

Le jeune ambulancier est, lui, transporté au centre hospitalier de Saint-Brieuc puis à Pontchaillou, à Rennes, où il était dimanche en état de mort cérébrale. Sa conjointe doit accoucher dans quelques jours. Son collègue, conducteur, a, lui aussi, été hospitalisé, extrêmement choqué.

Transport à risque :

Pour Bastien Diacono, le représentant du parquet, « cela pose la question de la condition de transport de l'individu atteint de pathologie psychologique ». Pourquoi le malade n'a-t-il pas été attaché ? Sa dose de tranquillisants était-elle suffisante ?

« Nous ne sommes que des exécutants, témoigne Yann Kerleau, président du syndicat départemental des ambulanciers. Le transport est prescrit par un médecin avec consignes particulières. » Mais l'évaluation n'est pas toujours aisée.

« Ce sont des transports à haut risque, estime-t-il. Il n'est pas rare que nous ayons des problèmes avec des malades agités. » Son équipe a déjà été confrontée à une tentative d'étranglement, une agression... «Quand c'est une hospitalisation contre la volonté de la personne, j'oblige mes collègues à attacher les chevilles et les poignets. C'est plus délicat quand la personne est sensée et volontaire.»


Sébastien GROSMAITRE.

Ouest-France____________________________
Vos réactions sur le Forum :



le 08/07/2008 à 12h07
Condoléances à la famille de cet ambulancier, et encore une fois un grand bravo et merci, à tous ces hommes et femmes, qui mettent leur vie en danger, pour en sauver d'autres.
Moi, Chez moi

le 07/07/2008 à 21h17
J'ai moi un fils policier qui doit souvent transporter ce genre d'individu à Sainte Anne et qui a été blessé personne n'en parle.
Mimi, Val de reui

le 07/07/2008 à 20h58
Bonjour je suis CCA depuis plus de 20 ans. Avant les médecins discutaient avec les ambulanciers ; maintenant un ordre de mission, une prescription médicale de transport (bon de transport) et les ambulanciers débrouillez vous scandaleux!!! où va t on ? les ambulanciers sont la derniére roue de la charrette ; savez vous que nous sommes des transporteurs qui bénéficient de la convention collective des transports routiers !? un camion de bananes, de viande ou une ambulance : la même convention ! scandaleux ! j'aime mon métier mais actuellement il est temps que les différents ministéres de tutelle se réveillent en tout cas toutes mes condoléances attristées pour ce collégue qui a laissé la vie pour un "fada"' ; à qui le tour ?
Ambulancier catalan, Perpignan

le 07/07/2008 à 18h53
Étant moi même ambulancier , je ne peux qu'être ému et énervé en lisant cet article , car cela fait des années que l'on crie au loup en disant qu'un tel drame se produirait et on nous riait au nez , car parfois ces transports ce font même en Véhicule Sanitaire Léger... ce qui veut dire qu'il n'y a qu'un ambulancier dans le véhicule et que ce serait-il passé si le véhicule était allé percuter un car d'enfants ? Il est temps de réglementer correctement ce genre de transport mais encore une fois il faut un drame pour que l'on se penche sur notre métier ; malheureusement il est trop tard pour notre collègue , condoléances à la famille et bon courage.
Marpin, Saint-calais

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Commentaires

Merci pour votre bel hommage à mon ancien coéquipier, stéphane de saint-brieuc.

Ecrit par : STEPHANE | 31.08.2008

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Nous sommes aussi ambulancières dans le Pas de Calais, nous déplorons ce drame et nous présentons à la famille nos plus sincères condoléances. ENCORE UNE FOIS CE DRAME AURAIT PU ETRE EVITE

Ecrit par : aicha - peggy | 17.09.2008

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Je suis passée en voiture juste après le drame les pompiers ambulance et un corps sur la 4 voies étaient là près de nous, nous allions sur st brieuc... Dès que je lis cette histoire je revois ces images, j'ai un petit bonhomme de 20 mois et je pense fort à la femme de l'ambulancier qui a maintenant un enfant, j'espère qu'elle est entourée même si cela ne remplacera pas le papa... et courage à son coéquipier qui était dans la voiture pour continuer son travail.

Ecrit par : mary | 05.01.2009

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Merci Mary pour votre commentaire et vos pensées pour cet ambulancier et sa famille ; merci à vous aussi, son co-équipier d'ambulance qui m'a écrit et à qui je pense fort. Nous soutenons très fort, ambulanciers de toute la France, sa compagne veuve et son enfant. Chloé

Ecrit par : L'auteur de ce blog | 05.01.2009

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TOUTES MES CONDOLEANCES A SA FAMILLE JE SUIS MOI MEME AMBULANCIER...................

Écrit par : Thieulent | 06/04/2010

Répondre à ce commentaire

 

Oui, nous pensons à sa famille et son enfant qui a quelques mois maintenant. Je pense à tous les ambulanciers de France et du monde. Un beau métier mais quelles difficultés et quelle méconnaissance de la société sur ce métier souvent !! Un métier de personnes généreuses et souvent exploitées. Un métier qui ne compte pas ses heures et ses kilomètres ni son écoute aux patients. Un métier d'amour envers les autres, envers les souffrants. Toutes mes pensées pour vous. Chloé Laroche

Écrit par : Chloé Laroche | 07/04/2010

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Je suis aussi ambulancier et voulais signaler que notre profession comporte des risques malheuseument non reconnus. Je viens de perdre un collegue la semaine derniere d'un infarctus, il n'avait que 48 ans. Le stress de cette profession ne l'a pas aidé c'est sur.
Nous exercons ce metier par passion mais cela devient de plus en plus dur physiquement ainsi que mentalement.
Toutes mes pensées vont a la famille de Cyrille et de Jef.
Pascal

Écrit par : Pascal | 09/04/2010

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Cyrille, 

mon pote, mon collègue,

cela va bientôt faire 4 ans que tu nous as quitté.
beaucoup, tellement de choses on changé depuis ton départ, 
si tu savais comme tu me manques
je ne peux m'empêcher de repenser à ce jour dès que je passe sur ces lieux maudits.
je ne sais pas pourquoi j'écris sur ce blog je pense que c'est un moyen d'exorciser ses vieux démons, une sorte de bouteille à la mer qui au fond de moi espère que ces mots te parviendrons.
Je voulais que tu saches que malgré le chagrin, la rage... j'ai tout fait pour sauver ce que tu avais eu tant de mal à créer...
Je m'excuse de n'avoir réussi. 
j'ai eu l'occasion de croiser ton fils, il est magnifique, il te ressemble.
rien ne sera jamais plus comme avant, j'en ai d'ailleurs quitté le métier, trop dur...
Bref tu nous manques à tous beaucoup, on ne t'oubliera jamais.

Écrit par : lukaz | 26/04/2012

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Courage à vous Lukaz. Cyrille est parti si tôt. Ce métier est un beau métier mais si dur parfois et si peu aidé et protégé. Je pense à tous les ambulanciers de France et du monde et vous envoie mes meilleures pensées. Chloé L

Écrit par : Chloé Laroche | 27/04/2012

 

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25/06/2008

Le silence est entré dans mon ambulance. Mon hommage aux ambulanciers. Hommage aux patients. Attente d'un traitement. Attente de l'ambulancier après l'attente chez le médecin ou à l'hôpital.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



LE SILENCE ET L'ATTENTE________________ambulancier,taxi,maladie,écoute,cancer,accompagnement,mère teresa



Le silence est entré dans la voiture que je conduis. Une Astra blanche avec la croix bleue des ambulanciers sur le capot.

Ma patiente est assise à côté de moi.

Quelques mots ont été échangés. Et puis le silence a gagné. Non pas lourd mais consenti, de part et d’autre. Lourd de sens, oui, car la maladie est là, présente. Le cancer mine ma patiente depuis des années. Sans rémission.

Elle m’a soudain reparlé.
Et puis le silence est revenu, comme la neige qui se dégage doucement devant nous, sur la route.

Je rencontre ce silence tous les jours, à travers les patients que je prends en charge. Silence de neige, silence de patience, silence d’attente...
L’attente d’arriver à destination, l’attente dans les embouteillages, l’attente dans les salles d’attente pour rencontrer le médecin, l’attente de l’ambulancier qui emmène et ramène, l’attente d’un avenir meilleur, l’attente d’une santé disparue, l’attente d’un traitement en salle de chimiothérapie...

Dans toute cette attente, les patients ont besoin de sérénité et de calme. Ils ont besoin que nous les transportions avec beaucoup de tact et de respect.

Chloé Laroche


________________ Mon hommage

aux ambulanciers du monde :ambulancier,taxi,maladie,écoute,cancer,accompagnement,mère teresa



Le métier d’ambulancier est une profession où les anges gardiens ne chôment jamais dans l’ensemble du monde entier.

Je lisais tout à l’heure le témoignage d’une femme : Marta Gray, dans “La couleur du silence” de Yves Eurieult (éditions Ramuel), qui a travaillé aux côtés de Mère Teresa à Calcutta en Inde.

Elle racontait l’horreur qu’elle a vécu là-bas, les corps vivants dévorés par les vers, les enfants de neuf mois qui avaient la taille d’un foetus à terme, les malades infectés que leur amenaient les ambulanciers pour qu’ils meurent dignement dans le centre de la Sainte femme.

Je pense aux ambulanciers de ce pays, à ceux de Palestine et d’Israël, à ceux d’Algérie et de la Tchétchénie...

Je pense aux quarante-quatre ambulances qui ont été réquisitionnées le soir où la boîte de nuit de Saint Laurent du Pont a été détruite par un incendie dramatique... Ces professionnels du transport médical sont allés chercher les corps des victimes, de tous ces jeunes isérois, morts dans la fête d’une dernière nuit.

Ils ont fait la navette pendant des heures entre le lieu du drame et le gymnase pour que les dépouilles soient dignement rendues à leur famille.

Le métier d’ambulancier ressemble à celui de passeur des âmes et des corps... Il est un accompagnateur dans le passage entre la vie et la mort, soit dans un sens soit dans l’autre.

La plupart du temps, il n’y a heureusement que la vie et l’espoir.

Mais dans bien des cas, de par le monde, l’ambulancier se bat pour donner à la Vie une chance : il se bat pour que la Mort n’arrive pas pendant le passage du transport... afin que le malade soit soigné à l’arrivée, sur le lieu béni où les médecins exercent.


Chloé Laroche

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Pour lire tous mes articles concernant le métier d'ambulancier

et de taxi médicalisé, consulter :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance/


Le mandala de larmes vient du site : 

http://koah.over-blog.com/30-categorie-10168075.html

24/06/2008

Trois destins rencontrés en ambulance. De la vie au désespoir. Du combat désespéré à la lutte finale contre la maladie, la solitude et la mort.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



TROIS RENCONTRES

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Trois rencontres m’ont bouleversée durant cette journée de travail en ambulance.

Trois destins aux multiples souffrances.

D’abord, je vais chercher un homme handicapé, chez lui. Il est en fauteuil roulant. Arrivés à l’ambulance, je l’aide à l’asseoir dans le véhicule. Je plie son fauteuil et le soulève pour le ranger à l’arrière du véhicule.

La dernière fois que je l’ai vu, au cours d’un précédent transport, il devait partir en voyage au Brésil. Je lui demande alors comment cela s’est passé.
-Qu’est-ce qui vous a plu le plus là-bas ?
-Le Christ, m’a-t-il répondu !
-Le Christ ?
-Oui, et j’ai eu la chance de le voir de près en hélicoptère. Il fait trente mètres de haut...
-C’est le Christ qui surplombe la baie de Rio de Janeiro ! Il a les bras tendus, ouverts sur le monde. C’est si beau de représenter Jésus ainsi, lui ai-je dit.
-C’est vrai ! C’est magnifique !
-Vous étiez seul là-bas ?
-Non, nous étions neuf à partir, neuf membres de ma famille, à cause d’événements douloureux. Ma soeur venait de perdre son fils et son mari ... et nous avons perdu notre mère aussi.... Pour Noël, nous avons préféré partir le plus loin possible...”.

Ils ont mis un océan entre leurs morts perdus et leurs vies présentes... Océan de larmes, océan d’espoir face aux drames vécus.

J’ai ressenti beaucoup de douceur de la part de cet homme pour sa soeur. Il m’a parlé d’elle et de sa force, de ses blessures gravées dans la chair, de sa volonté de s’en sortir par elle-même. Survivance éperdue d’une mère orpheline et d’une veuve solitaire.

Et puis, plus tard dans la journée, je suis allée chercher une dame.

Elle m’a ouvert son coeur spontanément.
Nous roulions dans la neige.

Cette patiente m’a parlé de sa vie de veuve, de ses cancers successifs, de son mari suicidé, de tous les suicides qui s’accumulaient au sein de la famille. Elle m’a parlé de ses enfants, de ses peurs pour eux, de son angoisse de la pulsion de suicide “peut-être héréditaire”, de son combat pour la vie, de la flamme de son existence risquant de s’éteindre bientôt.

J’ai écouté cette dame tout au long du parcours. Je l’ai regardée avec admiration et respect. Elle n’avait à vivre, selon les médecins, que quelques mois. Je l’ai déposée à la Clinique tout en lui laissant quelques mots d’espoir et la chaleur d’une présence à ses côtés, présence fugace mais intense.

Et puis ce soir, j’ai transporté un homme de quarante ans, sortant régulièrement de l’Hôpital Psychiatrique afin de poursuivre une rééducation de la parole. Ce patient a une maladie qui s’est développée tardivement, maladie que sa mère lui a transmise.

Étant enfant, il a vu sa maman enfermée derrière des barreaux, ceux d’un asile. À la fin, on ne lui permettait plus de la voir. Aujourd’hui, il maîtrise difficilement ses mouvements et a beaucoup de mal à parler. Il se bat pour rééduquer sa parole et réapprendre à articuler.

Cet homme est le père de deux adolescents. “Je ne les vois pas souvent. Ils me manquent tellement !” me confie-t-il.

Cet homme travaillait autrefois. Il avait alors une vie normale, une famille. Aujourd’hui, il est enfermé dans ce pavillon psychiatrique.


Après la fin de mon travail, je suis rentrée chez moi avec les images de ces trois vies qui m’ont bouleversée... avec les mots de toutes ces vies que je croise.

Je pense aussi à cet homme dont j’ai parlé plus haut... que nous appellerons François et qui est rentré en chambre stérile depuis neuf jours.

Je suis allée le voir au tout début de son entrée à l’Hôpital. Je le lui avais promis. C’était son premier jour d’isolement. Je lui ai parlé à travers la vitre, avec le téléphone du couloir.

Il paraissait très ému de me voir. Je lui ai dit qu’il commençait un voyage et que je lui souhaitais bonne chance pour ces six semaines où il allait être enfermé, isolé dans cette pièce pour sa greffe de moelle.

Dans ses yeux, j’ai lu un grand espoir... La peur de ne pas survivre aussi. Mais l’espoir surtout. L’espoir de vivre grâce à cette greffe.

Ce soir, je pense aussi à Soeur Emmanuelle.
On l’a incitée à prendre congé des bidonvilles d’Égypte où elle a tant fait pour les plus pauvres. Elle vit maintenant dans le Sud de la France.

Je l’ai entendue parler sur l’origine de son engagement :
-Je ne voulais pas vivoter mais vivre pleinement. Tout donner et partager. Aujourd’hui, je peux partir en paix. Je sais qu’après moi, d’autres continueront. L’important, c’est d’ajouter sa goutte à l’océan d’amour. Il est important que chacun le fasse dans sa vie. Chaque goutte est importante.”

J'ai fait ces trois rencontres durant la semaine de prévention du suicide. Je pense très fort à toutes les familles qui ont perdu un proche par cette fin terrible. Chacun de nous est unique, unique à jamais. Chaque existence est une goutte de vie unique.

 

Chloé LAROCHE

 

 

La photo de fleur provient de ce lien :

http://www.gogoall.net/fonds/nature/f/fleurs/fleur_16.jpg

 

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12/06/2008

Flashs-back de mon métier d'ambulancière. Vie et mort. Maladie et courage. Solitude et isolement. Regard sur un métier merveilleux mais peu reconnu.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



CHRONIQUES
D'UNE AMBULANCIÈRE________________ _________________ _________________ solitude,isolement,handicap,ambulance,deuil,anévrisme,ambulancier,dépression,suicide,écoute,métier,isère,taxi,vsl,musique,moto,accident moto,paraplégique,vie,combat,maladie,rééducation,courage,résilience,urgence,femme enceinte,perte sang,bébé,enfant,prise en charge,médical,médecin,hôpital,témoignage,vérité,blog,livre internet,édition,éditeur,vivant,avenir,espoir,tragédie,drame,perte,amputation,hospitalisation,peur





Ce qui me frappe le plus, ce sont la solitude et l’isolement de certains patients.

Un soir, nous avons été appelés en urgence avec mon coéquipier pour une dame qui faisait une hémorragie vaginale. Elle était assise par terre dans sa cuisine. Il y avait du sang près d’elle. Du sang qui s’était écoulé violemment de ses entrailles. Son bébé de quelques mois était posé près d’elle, impuissant et démuni face à la souffrance de sa mère.

Nous les avons emmenés tous les deux à l’Hôpital. Le père était, selon cette maman, incapable de s’occuper de l’enfant. Nous avons donc confié ce dernier au service de pédiatrie. La jeune mère n’avait plus d’amis, son mari n’étant pas pour qu’elle en ait et plutôt contre... Un mari en situation irrégulière, un mari à protéger dans la solitude d’une vie captive de l’amour.

Nous avons confié cette jeune personne aux Urgences gynécologiques et lui avons laissé en quittant le service quelques mots rassurants pour elle et son bébé.



Je me souviens aussi de cette jeune femme africaine, transportée il y a quelques semaines. Nous l’avons sortie d’un hôpital pour l’emmener dans un autre. Durant le voyage, j’étais à l’arrière de l’ambulance, auprès d’elle, et je l’ai écoutée. Elle était belle, sauvage et écorchée vive dans l’âme.

-J’ai fait une connerie”, m’a-t-elle dit. Ce qui voulait dire en d’autres termes qu’elle venait de faire une tentative de suicide.

Elle vivait dans une totale solitude. Une solitude d’isolement qui sentait la blessure du racisme. Elle pleurait son pays et ne se sentait en aucune façon intégrée dans sa petite ville de province. Elle m’a parlé de ce racisme vécu au quotidien, dans le travail et dans la rue. Pourquoi elle, si jeune et si belle. La couleur de sa peau envahissait tant le coeur des gens qu’ils ne voyaient plus cet être humain en face d’eux ? Je lui ai parlé de la communauté africaine implantée à cinquante kilomètres, dans la grande ville voisine. Pour tisser des liens. Refaire surface avec son identité culturelle. Mais elle n’avait malheureusement pas de voiture.

La dépression n’a pas de couleur et le désespoir peut hélas tomber sur chacun des habitant de la Terre, par-delà toute frontière et sous n’importe quelle latitude. Relever la tête et se battre, ne pas se laisser abattre, est le don du courage laissé à chacun de nous, que nous soyons noirs ou blancs, jaunes ou rouges.

Nous avons laissé cette jeune femme dans sa nouvelle chambre hospitalière. Elle allait pouvoir se reposer. Mais je savais en la quittant qu’un sourire était né dans son coeur, une étincelle d’espoir, une lueur allumée par notre échange.



Un après-midi, nous sommes allés dans un centre d’accueil spécialisé pour chercher une dame et l’emmener passer un scanner.

C’était une femme jeune, au visage d’ange. Elle était prostrée, paralysée ainsi depuis plus de dix ans.
-C’est une rupture d’anévrisme qui l’a frappée d’un seul coup. Elle était dynamique, pleine d’énergie, de projets et maman d’un petit garçon. Elle a eu un jour très mal à la tête et soudainement elle a disparu dans ce gouffre de la maladie.”

C’était sa soeur qui se confiait ainsi à moi...
-Notre vie dans la famille n’a plus jamais été celle d’avant.”
Elle sortit fébrilement des photos de son sac.
-Tenez, ce sont des photos de ma soeur. Regardez comme elle était belle et épanouie.”
J’ai regardé, très émue, ces photos d’une jeune femme de trente ans, heureuse de vivre. Je me suis dit en voyant ce qu’elle était devenue que la souffrance du Christ offerte sur la croix se poursuit inlassablement dans l’humanité martyre.

Cette crucifixion de la chair et de l’âme, cet écartèlement qui n’en finit plus au coeur de la vie, a commencé dans ma propre existence le jour où des hommes en noir ont cloué et fermé à jamais le cercueil de ma fille de trente mois. Pour continuer à vivre et pour exister pleinement, il faut apprendre à offrir sa souffrance pour qu’une transmutation s’accomplisse dans d’autres vies que la sienne. S’offrir comme un coeur ouvert et le donner aux Anges pour qu’ils le transplantent dans d’autres vies en détresse ou en perdition.

Un collègue m’a dit : “Tu vas t’essouffler. Tu verras, le métier d’ambulancier, c’est un métier de business. Il faut enchaîner les courses le plus vite possible, transporter les patients de façon rentable et puis savoir se préserver soi-même psychologiquement en gardant de la distance avec les personnes transportées. Un jour, tu te surprendras à regarder ta montre lors d’une urgence et à regretter que ce soit sur toi et ton collègue que ce transport est tombé... Un jour, tu te surprendras à penser que tel patient régulier qui sent tellement mauvais car tellement infecté... soit bientôt mort pour ne plus avoir à le transporter.”

”Jamais ! Tu m’entends !”, lui ai-je répondu. Non, cela jamais !

Faire ce métier dans un esprit de service, d’écoute, d’accueil et d’accompagnement du patient, donner un sourire, sourire sans compter, rassurer le malade, le laisser là où on devait le transporter et lui serrer les mains chaleureusement, l’écouter aussi, se taire lorsqu’il veut la paix... Voilà ce qui me motive.

La plupart des ambulanciers ont cet esprit de service. Ceux qui ne l’ont pas changent rapidement de métier ou alors ils se fabriquent une carapace à travers laquelle n’apparaissent plus que des gestes formels et standards.

Le collègue dont je parlais précédemment et qui veut me faire croire que je vais vite changer dans ma façon d’appréhender le métier... ce même collègue est un jeune homme qui sait faire rire les malades. Il sait leur donner de la joie avec son humour naturel. Il se tient proche du malade, scrutant son état de santé, et il est capable, au jugé de ses observations, de me demander de conduire plus rapidement, si c’est moi qui tiens les rênes de l’ambulance, afin que le malade souffre moins longtemps.

Un jour où nous travaillions ensemble, nous avons dû transporter une jeune femme qui venait de subir une césarienne. Il m’a avoué ensuite que cela lui faisait toujours quelque chose de transporter des personnes jeunes.

C’est pour cela que je crois en l’Humanité. C’est parce que même si un être humain dit qu’il se protège de la souffrance d’autrui, qu’il est détaché et éloigné de tous les maux de ses frères humains... il peut être aussi tout le contraire dans les actes concrets.




La Toussaint et le jour des Morts viennent de passer. Les fleurs ont réchauffé les tombes dans les cimetières.
J’ai travaillé durant ces deux jours en ambulance.

Nous sommes allés chercher un homme paraplégique pour le transférer d’un hôpital à un autre.

-Cela fait treize ans que j’ai eu cet accident de moto qui m’a coûté mes jambes, mais vous savez, me dit-il, j’ai plus appris de la vie depuis cet accident que dans mon existence d’avant.”

Cet homme prénommé Serge avait l’oeil vif et son sourire était empli d’enthousiasme envers la vie. Il était, me semblait-il, empli de dynamisme, de volonté et d’ardeur de connaître et d’apprendre. Il passa de notre brancard à son lit sans avoir besoin de notre aide, glissant ses jambes inertes à une rapidité impressionnante.

Dans l’ambulance, nous avons parlé de musique, de clavier, de Jean-Sébastien Bach. Je lui ai dit que j’étais violoniste et que je faisais aussi des concerts. Il m’a confié alors qu’il avait un rêve : apprendre le piano pour arriver à jouer un morceau, la Toccata de Bach.

Je me suis dit qu’être capable d’apprendre à jouer d’un instrument pour interpréter une seule partition, unique et magnifique, c’est comme un grand amour. On peut tout quitter pour lui. Pour une seule personne, une seule sur la Terre, on peut quitter son pays, ses amis, sa famille, aller au bout du monde pour rejoindre l’oasis de son coeur. Pour un seul être, on peut tout apprendre. On peut apprendre à naviguer, à voler dans les airs, à piloter sa vie... apprendre à aimer, muter pour aimer.



La veille de la Toussaint, nous avons emmené un homme âgé qui se trouvait dans une maison de retraite. Il était tombé et il y avait un risque de fracture du col du fémur. Nous l’avons placé dans un matelas coquille afin de lui éviter tout mouvement et pour qu’il ne souffre pas trop aussi pendant le transport vers les Urgences. Lorsque j’ai rempli ses papiers pour la prise en charge, comme nous le faisons pour chaque malade, j’ai remarqué qu’il y avait une note écrite sur la fiche de liaison : “Deux enfants DCD”... Décédés... Il avait perdu ses deux enfants adultes durant la même année !

Une vague de compassion a traversé mon âme et j’ai prié pour cet homme qui restait maintenant tout seul dans cette demeure de fin de vie, veuf et orphelin de ses deux enfants. Je lui ai parlé un peu pendant le transport. Je lui ai dit qu’il avait un beau prénom, celui d’un ange. Le prénom d’un homme qui a tout donné. D’autres auraient écrit... “qui a tout perdu”. Perdre, c’est vivre dans le vide et le néant. Donner, c’est transmuter ses souffrances et les offrir pour que le meilleur advienne.

J’ai compris dernièrement que je ne suis pas vraiment loin de ma fille défunte. La distance qui me sépare d’elle est infime dans le temps de l’infiniment grand de l’univers. Dans soixante-dix ans et peut-être avant, ma vie se terminera et alors je retrouverai Océana et toutes les personnes que j’ai aimées et qui sont parties. Lorsque je regarde le monde tourner et la vie danser autour de moi, je me dis sereinement que dans cent vingt ans, aucun être humain vivant aujourd’hui ne sera plus. Le bébé qui naît aujourd’hui, la femme mère de cinq enfants, le chef de famille qui pense gouverner les siens, le collégien qui apprend, le salarié qui trime... tous seront morts. Et d’autres humains auront pris la relève d’une nouvelle humanité.

C’est pour cela que l’important, c’est de vivre sa vie pleinement, de manière à l’enrichir, à la fleurir, à lui donner les ailes de l’Amour.

Laisser tomber le superflu, le “je m’en foutisme”, l’égoïsme, les regrets où l’on se noie, la nostalgie qui freine la vie, les querelles inutiles, les conflits imbéciles... encore que parfois ces derniers soient nécessaires... et vivre le temps qui nous reste avec tous ceux qui demeurent encore vivants.


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(Fragments de mon ouvrage paru en 2003,

mais épuisé à ce jour : "Transports d'âmes et d'hommes").


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10/04/2008

SOS d'une maman et conductrice de taxi sur Grenoble

LE PREMIER ARTICLE DE CE BLOG !!

 

images-10.jpegBonjour à vous qui me lirez. Je jette cette bouteille-blog à la mer. Pourquoi ? Parce que je vis des choses trop difficiles pour les garder dans mon coeur. Et aussi pour donner du courage à d'autres en donnant l'exemple de ne pas sombrer. Il y a eu aussi trop d'injustices ces derniers temps dans ma vie pour ne pas en parler.

Je suis conductrice de taxi spécialisé pour handicapés physiques et mentaux ainsi qu'ambulancière diplômée. Après un congé parental de trois ans, j'ai repris le 3 mars un travail en contrat à durée indéterminée. Je suis la maman solo d'un garçon de trois ans et de deux filles de quinze ans, recueillies en Roumanie et au Bénin.

Je transportais six fois par semaine trois jeunes et adolescents handicapés mentaux dans mon taxi, pour les emmener dans un IME ou les ramener à leur domicile. Le trajet total pouvait durer une heure et demi avec eux, selon les bouchons. Le 11 mars, un des ados m'a frappée violemment, se jetant sur moi sans raisons. J'ai pu stopper le taxi et arrêter le jeune par la voix et l'autorité dont j'ai fait preuve. Puis je suis repartie. J'ai pris la voie rapide et là, de nouveau, il s'est jeté sur moi et m'a frappée par de violents coups de poings, très agressifs. J'étais à 110 kilomètres heure sur l'autoroute et j'ai eu très peur. Je ne pouvais pas me défendre et il fallait que je garde la maîtrise du véhicule. J'ai crié pour qu'il arrête. Il s'est mis sur le côté et n'a plus rien fait. J'étais en larmes et très choquée. j'ai appelé les pompiers sur le portable et ils m'ont conseillée.

Arrivée à l'IME, j'avais très mal à l'épaule droite et j'étais très perturbée psychologiquement de ce que je venais de vivre. Je suis allée le signaler au directeur de l'IME, lequel a été plutôt froid, me disant que si je ne faisais pas l'affaire, il fallait réfléchir et qu'il payait "assez cher ma patronne pour que ça se passe bien".images-11.jpeg

Il faut dire que j'étais à l'essai pendant un mois jusqu'au 2 avril. Je suis allée aux Urgences, où ils m'ont gardée plusieurs heures, car je me sentais mal et j'avais des signes de faiblesse cardiaque (douleurs au bras gauche, à la poitrine, opression, malaise). Une psychologue est venue m'entendre. La patronne m'a appelée, affolée. Elle m'a fait comprendre que je devais reprendre le plus tôt possible, car sinon elle ne pourrait pas me garder, car elle perdrait des contrats. Elle m'a avoué aussi que ce jeune l'avait déjà frappée, d'un coup de poing, mais elle ne l'a plus jamais redit par la suite, gardant cela pour elle. Elle s'était aussi bien gardé de me le signaler avant, afin que je me méfie. Ce jeune autiste qui m'a frappé est très costaud et déjà d'un certain gabarit. Sa maman voulait qu'il soit placé devant dans la voiture, donc il était assis sur le siège passager.

Pour arranger la patronne, je n'ai pas utilisé tout mon arrêt d'accident du travail, un jour seulement, et j'ai repris le travail le surlendemain. La patronne m'a demandé de transporter à nouveau le jeune qui m'a agressée, mais en le plaçant à l'arrière du taxi. Une semaine après, je recevais un coup de poing de sa part, dont j'ai fais part à la patronne. Deux jours après ce coup de poing, il sortait son sexe à l'arrière et le montrait à l'autre jeune autiste. Il semblait très agité et je l'ai signalé. Enfin, le 25 mars, après avoir ramené à leur domicile ses deux camarades, je me suis retrouvée seule avec le dénommé Killian. Nous étions à la sortie de Vif, près de Grenoble. Il s'avance, tirant sur sa ceinture, et m'attrape par derrière pour me secouer et puis me frappe à la nuque et en haut du dos violemment, côté droit. Je m'arrête sur le côté et sors de la voiture. J'avais déjà onze heures d'amplitude de travail et avais eu une dûre journée, depuis sept heures du matin, prise du premier client. Là, il était six heures du soir et je devais aller chercher mon fils à la crèche après.

J'appelle les pompiers, lesquels ont appelé ma patronne. Je dis à celle-ci que je ne peux pas continuer comme ça, que c'est trop dangereux et que je suis très choquée. Elle essaye de joindre les parents du jeune, sans succès. Elle me propose de venir, mais que dans ce cas, je dois aller faire une course sur l'hôpital, en remplacement, à plus d'une demi-heure d'ici. Je n'étais pas en état et de plus, je pensais à mon fils. Alors je lui ai dit non pour l'hôpital. Elle m'a dit : "Dans ce cas, tu prends sur toi, et tu l'emmènes." J'ai accepté.

Dix kilomètres plus loin, Killian se précipite sur moi de l'arrière et m'assène un grand coup vers les cervicales, à droite du cou. Je crie pour qu'il s'arrête. Là, je stoppe le taxi. La patronne me rappelle ; je lui dis que je me suis arrêtée sur le bord de la route et que j'attends les parents sur place. Je ferme le taxi et je sors à l'extérieur, laissant Killian dedans. Je suis très mal, je pleure, très choquée, désemparée.

La maman arrive au bout d'un moment et sans un mot de réconfort ou de compréhension, me crie dessus en sortant son fils du taxi. "C'est une question d'autorité. C'est de votre faute. Vous ne savez pas y faire. Depuis quinze jours, tout va mal à cause de vous. Mon fils n'a jamais fait ça avec personne."

images-8.jpegJe l'ai laissée dire. C'est une maman qui a un jeune handicapé adolescent, autiste, avec des comportements difficiles, des gestes qui vont dans tous les sens, qui ne communique pas. Killian grandit. Ses parents sont inquiets au fond d'eux, car voyant ces réactions, ils ne veulent pas y croire. Déjà lors de la première agression, sa mère a dit : "Non, ce n'est pas vrai, mon fils n'aurait jamais fait cela." À tel point que ma patronne m'a appelé, le 11 mars, me disant : "Chloé, il faut le dire si c'est grave ou pas. Si c'est pas grave, ça rassurera la maman, car elle a peur qu'on lui donne des médicaments, qu'il n'a jamais eu encore." Cela m'a choquée. Je me suis sentie reléguée au rôle de menteuse ou de profiteuse du système, qui simulerait une agression pour avoir un accident de travail en poche. Je venais de passer des heures aux Urgences et on ose me demander si ce n'est pas grave..... !!!!!?

Le soir du 25 mars, je suis allée chez le médecin. J'ai été arrêtée une semaine. Je suis revenue travailler le 1er avril. Tout s'est bien passé. La patronne m'a dit que je ne referais plus le transport de Killian pour l'instant.

Et puis le 2, elle me dit de passer chez elle. Elle devait me donner ma paye. Elle me dit : "J'ai une mauvaise nouvelle. Je ne te garde pas." Elle a ajouté : "Je suis très contente de toi. Il n'y a rien à redire. Mais je ne peux pas te garder. Un jour, tu sauras peut-être pourquoi. Mais je ne peux pas t'expliquer." J'étais effondrée. C'était, hélas, le dernier jour de mon mois d'essai.

Tout cela pour en arriver là ! Ces agressions difficiles à gérer depuis un mois et puis voilà... Plus rien. Je perds mon travail. En plus, depuis janvier, ma patronne m'avait fait promettre de bien être présente pour elle début mars, aussi j'avais refusé une autre proposition de travail pour ne pas la trahir. Et là, je me sens trahie, à un point inimaginable. Car je sais au fond de moi que mon départ a un lien avec les agressions et... c'est injuste.images-12.jpeg

Cela s'est passé il y a une semaine. J'ai su depuis qu'on ne peut pas renvoyer un salarié durant des soins encore en cours après un accident du travail, même dans le cadre d'une période d'essai.

Le Syndicat des Taxis m'a lancé de son côté : "Madame, vous apprenez à l'examen que personne ne peut vous obliger à prendre dans votre véhicule un individu que vous ne désirez pas transporter."...........

Les responsables du Syndicat  ont oublié de souligner que la majorité des taxis sont patrons... pas salariés !!! Et qu'un salarié taxi n'a qu'à se taire et accepter toute course que lui demande son patron.


....................................1947079007.jpg


73980169.jpgDepuis, il y a d'autres choses très difficiles dans ma vie.

Mon coeur est trop gros pour que je vous en parle tout de suite.

Mais mon fils vient de perdre son papa, qui devait être opéré lundi soir, d'une tumeur cancéreuse, à la Clinique des Cèdres à Échirolles.

Il est mort sur la table d'opération d'une erreur chirurgicale.
La tumeur était proche d'une artère, laquelle a été sectionnée.
Il s'est vidé de son sang. Parti inconscient.

Je dis erreur, ou faute médicale, car ils le savaient que la tumeur était grosse. Ils ont essayé, malgré tout, l'opération pour le sauver, mais au final, on lui a enlevé ses derniers moments.

Le père de mon fils avait 47 ans et mon fils l'aimait.
"Mon papa, c'est mon papa. Ce n'est pas le papa d'autres enfants. C'est mon papa."

Une psychologue m'a dit : "Maintenant, vous êtes liés à jamais avec cet homme, par le ciel et la terre, en cet enfant, votre enfant. Plus tard, il dira à ses enfants : Voilà, c'était cet homme et cette femme qui se sont aimés et qui ont fait que je suis venu."

Un grand trou dans mon coeur s'est creusé quand j'ai annoncé le décès de son papa à mon fils.

Hier, il l'a vu une dernière fois, au PFI. Je lui ai bien expliqué les choses, avec les conseils d'une psychologue formée au deuil et à l'accompagnement des survivants.

Yourdine l'a regardé un court instant. Il a vu ses yeux fermés. Que son père ne parlait plus. Il m'a vu poser des roses près du corps. Puis il s'est échappé et a grimpé sur un fauteuil, pour rejoindre la vie, dans le sourire innocent de l'insouciance.

Mon ex-compagnon, étendu sous un drap, était à l'endroit où se trouvait Océana, la fille que j'ai perdu il y a onze ans.

C'est lorsque nous sommes sortis à l'extérieur que la colère est sortie dans le coeur de mon fils. Il a jeté son doudou et de ses poings m'a frappée. Hier soir aussi, poussant son assiette : "Je veux mon papa."

Chloé LAROCHE

Voir mon article : "Ultime adieu au père de mon fils" :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2008/04/11/

adieu-au-pere-de-mon-fils.html


et l'article concernant les agressions sur les ambulanciers :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2008/07/15/

pour-cyrille-jeune-ambulancier-decede-mon-temoignage-d-ambul.html

NOTA : la photo de l'enfant est celle d'un petit garçon d'Inde ; ce n'est pas celle de mon fils.

 
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