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24/06/2015

Ma lettre aux parents d'Ayana, suite à la lettre de Jean-Marc Dupuis. Mon témoignage de maman orpheline face à la mort brutale de ma fille en 1997.

 

 

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Merci Jean-Marc Dupuis d'avoir écrit votre lettre (lettre que, chers lecteurs, vous trouverez ci-après... en-dessous de ma lettre) pour les parents d'Ayana. Merci Jean-Marc pour tout ce que vous écrivez aussi afin de protéger la santé de chacun d'entre nous.

Je voudrais écrire ceci aux parents d'Ayana, Julie et Jason :images-21.jpeg

Chers parents, j'ai vécu quelque chose d'un peu similaire en 1997 quand ma fille Océana, qui avait trente mois, est décédée en trois jours d'une encéphalite foudroyante. Elle avait reçu un vaccin en janvier après une varicelle. Le pédiatre a voulu la vacciner alors qu'elle venait d'avoir cette maladie. J'étais jeune à l'époque, j'ai laissé faire. Elle est décédée un mois après mais personne n'a voulu faire le rapprochement, étant donné qu'il y avait un virus de grippe très virulent et que ma fille l'a attrapé. Le pédiatre a attendu trois jours avant de donner des antibiotiques. Il était trop tard, le mal avait pris son cerveau, si vite. Par la suite, des liens ont pu être fait avec la résurgence grave de la varicelle réveillée par le vaccin, alliée à une grave complication de grippe. Mais tout cela est resté dans la tombe, au sein d'une supposition nébuleuse et sans véritables explications.

À l'hôpital, ma fille est tombée dans le coma, comme foudroyée. C'était le jeudi 13. Le lendemain matin, 14 février, les médecins nous ont dit : "On va devoir débrancher votre fille, son coeur bat mais son cerveau est mort. Vous n'avez rien à dire, nous le ferons." Le ciel nous est tombé dessus. je voyais ma fille vivre, respirer... et ils allaient la tuer. Une amie m'a appelée, m'a parlé doucement : "Laisse la partir, s'envoler, ne la retiens pas, c'est son heure de partir." C'est cela : accepter le destin, accepter que la mort emporte ceux que l'on aime, accepter l'impermanence pour chacun d'entre nous, accepter l'impuissance de ceux qui sauvent et qui protègent en général : les médecins, le corps médical.images-24.jpeg

Accepter qu'on me dise : "De toute façon, vous l'auriez amenée plus tôt, on n'aurait rien pu faire, on n'a pas de traitement pour ce qu'elle a, on est démunis." J'ai peigné ma fille une dernière fois, je l'ai habillée. C'est le 15 qu'ils ont débranché ma fille. Arrachement des entrailles, comme un pic dans le coeur et c'est à vie que mon ventre a vu un trou béant se faire en moi. Depuis, dix-huit ans ont passé, et je passe ma vie à donner, à aider, à tendre la main à autrui. J'ai adopté deux filles et j'ai eu un fils qui a dix ans maintenant. J'ai pu faire tout cela lorsque j'ai compris (très rapidement) que Dieu est le Dieu de tous, des vivants et des morts. Je vous explique : une maman qui perd son enfant ne le voit plus, ne le sent plus, elle ne sait pas où il est. C'est terrible, c'est un arrachement mortel. On a l'impression d'être entre ciel et terre, au bord de la tombe, en bascule d'éternité.Unknown-8.jpeg

Alors quand j'ai compris un jour en un éclair de lucidité que si Dieu existe, il existe pour les vivants mais aussi il protège les morts ; il s'en occupe, comme les anges s'en occupent, comme les entités de lumière s'en occupent, alors cela m'a rassurée. J'ai délégué aux forces de lumière et d'amour, j'ai accepté de renoncer à mon inquiétude profonde de maman et je suis entrée dans une certaine confiance. Je dis "certaine" car la peine est là, profonde, les larmes, l'absence terrible, les pensées obsédantes parfois -concernant les derniers jours avant le décès-, la culpabilité d'être encore vivant sans son enfant qui lui est mort, la colère de n'avoir rien pu faire, colère aussi contre les médecins, mais les médecins ne sont que la main du destin, implacable et frappeur.Unknown-7.jpeg

Je me suis reconstruite en écrivant un livre pour aider d'autres parents dans le deuil, puis d'autres livres, en créant plus tard un blog, en reprenant les concerts avec mon violon, en devenant ambulancière, en marchant en montagne et en emmenant des groupes avec moi vers les sommets, vers la vie, en choisissant l'adoption et de donner tout cet amour laissé au fond de moi à des enfants sans parents.

Je vous souhaite, Julie et Jason, beaucoup de courage. Votre petite Ayana vous protégera toujours sur votre chemin et vous protégera comme ma fille Océana me protège pour toujours et jusqu'à ma mort et bien au-delà.

Chloé Larocheimages-20.jpeg

 

 

 

 

 

______________  Lettre de Monsieur Jean-Marc DUPUIS :

 

Condoléances extrêmes aux parents d’Ayana

Pas de commentaire - 3 795 lecture

 

Chers amis,

Excusez-moi d’être direct, surtout sur un sujet si douloureux.

Mais vous, pensez-vous que vous pourriez trouver les mots justes pour réconforter deux jeunes parents qui se préparent à la mort de leur bébé ?

C’est ce qui est en train d’arriver à Julie Pitel et Jason Rivière, les parents de la petite Ayana. Leur bébé de sept mois est dans le coma depuis le 6 mai après avoir été vaccinée à l’Infanrix Hexa et au Prévenar [1].

Dimanche 21 juin, les médecins leur ont annoncé que le système de respiration artificielle qui maintient Ayana en vie va devoir être arrêté « dans six ou huit jours » [2]. En effet, ils estiment que son cerveau est « irrémédiablement détruit ».

C’est une épouvantable tragédie.

Moi-même qui ai perdu brutalement ma fille de 12 ans il y a peu, je me sentirais complètement démuni si je me trouvais face à ces jeunes parents.

Pourquoi ?

Parce que chaque cas est unique et je crois qu’il est impossible d’imaginer ce que ressentent des personnes dans un tel drame.

« Condoléances » est un mot qui vient de l’ancien français « condouloir », s’affliger avec quelqu’un [3].

« Je vous présente mes condoléances » veut dire « je souffre moi aussi avec vous du malheur qui vous afflige ».

Mais dans ce cas, j’aurais terriblement peur que mes paroles paraissent vaines, inutiles, et qu’elles ne les réconfortent pas, au contraire même : « Vous pouvez toujours parler, rien ne nous rendra jamais notre enfant ! », pourraient-ils me répondre, avec raison.

Et pourtant, même si je suis maladroit, je voudrais vraiment dire à Julie et Jason que je leur présente, sincèrement, mes plus extrêmes condoléances et je suggère à tous les lecteurs de Santé Nature Innovation qui le souhaitent de s’associer en ajoutant un mot en commentaire de ce texte.

Je voudrais qu’ils sachent combien je souffre pour eux et pour leur bébé. J’ai été bouleversé par le courage qu’ils ont montré à la télévision et depuis le début de cette affaire. Ils ont à peine 21 et 22 ans ! (vous pouvez par exemple voir le reportage ici)

Ce qu’ils sont en train de vivre, ils ne l’oublieront jamais. C’est une épreuve qui marque pour toujours. Dans 20, 30 ou 50 ans, les larmes leur monteront aux yeux chaque fois qu’ils repenseront à leur petite chérie.

Que faire maintenant ?

Selon les articles que j’ai pu lire dans les médias, Me Ludot, l’avocat qui défend Julie et Jason, est énergique et il les défend bien.

Il semble qu’il y ait eu un problème avec le SAMU, qui n’a pas voulu se déplacer alors que la petite avait 42,5°C de fièvre après sa vaccination. Elle aurait même fait une convulsion, qui est une urgence médicale extrêmement sérieuse et fait partie des effets secondaires bien connus des vaccins. S’ils avaient fait le minimum, ils auraient peut-être pu la sauver.

Selon le journal Le Parisien, Me Ludot aurait déclaré :

Nous voulons « tout savoir de ce qui s’est passé » et « nous voulons que soit tenu aux parents un discours loyal et honnête, à savoir que la nocivité des vaccins est à l’origine des 42° de fièvre (d’Ayana) : c’est l’association criminogène des deux vaccins, Prevenar et Infanrix » [4].

Cette demande paraît d’autant plus légitime que cette tragique affaire a eu lieu précisément au moment où les pouvoirs publics et la plupart des médias essayaient de diaboliser l’action du Pr Henri Joyeux pour la simple raison qu’il demandait le retour du vaccin DT-Polio, plutôt que l’obligation de fait imposée aux parents de recourir aux supervaccins comme l’Infanrix.

Les médias bien ennuyés

Confrontés aujourd’hui à leurs contradictions, ces mêmes médias sont aujourd’hui plus qu’ennuyés.

Ils sont en effet bien obligés de parler de l’affaire d’Ayana. Mais comment expliquer au public que l’Infanrix, dont ils ont dit qu’il n’était pas du tout dangereux, soit impliqué dans la mort d’un bébé qui était en parfaite santé avant les injections ?

La solution, assez piteuse, qu’ils ont en général choisie est de rester dans le vague.

La plupart, comme le journal Le Monde [5], L’Express [6], le Nouvel Observateur [7], reprenant l’AFP, ont choisi le mensonge par omission, en parlant d’un accident « suite à deux vaccins », sans préciser lesquels.

D’autres, et c’est peut-être pire encore, ont écrit que l’accident s’était produit après une injection de DT-Polio, opérant un amalgame aussi mensonger que dangereux entre le DT-Polio, qui est obligatoire, nécessaire, et dont nous attendons tous le retour dans les pharmacies, et l’Infanrix, qui n’est pas obligatoire, pas nécessaire, et que personne n’utiliserait s’il n’y avait pas de pénurie de DT-Polio, surtout qu’il coûte sept fois plus cher.

La ministre de la Santé Marisol Touraine garde le silence

La ministre de la Santé Marisol Touraine, enfin, a choisi… le silence.

En un sens, elle est logique avec elle-même puisqu’elle avait eu le cran de déclarer que « la vaccination, ça ne se discute pas », alors même que la petite Ayana venait de tomber dans le coma après avoir reçu son vaccin.

La mort d’Ayana ne doit pas rester vaine

Mais au fond, peu importe. Ce qu’on espère aujourd’hui, c’est que les parents d’Ayana parviendront à surmonter cette épreuve aussi terrible qu’injuste, et qu’ils seront soutenus par le plus grand nombre possible de personnes.

Nous avons aussi l’espoir que la mort de la petite Ayana ne restera pas vaine, et que le retour du simple vaccin DT-Polio sans aluminium dans les pharmacies de France permettra bientôt à tous les bébés d’être vaccinés dans les meilleures conditions de sécurité.

Comment se reconstruire

La seule chose positive que l’on peut essayer de dire aux parents d’Ayana, c’est que ce type d’épreuve vous transforme de façon définitive, mais pas forcément dans le mauvais sens.

Si vous parvenez à vous « reconstruire » après cela, votre nouvelle vie, votre nouvelle façon de vivre et de voir le monde, en sont irrémédiablement transformées.

Mais cette transformation n’est pas toujours uniquement une destruction. Il se peut aussi que la mort de votre enfant change votre regard sur la vie, sur les autres, sur vos autres enfants si vous en avez, sur votre conjoint et vos parents, en vous imposant un regard plus calme, compréhensif, plus chargé d’amour et de sagesse.

Après une tempête pareille, vous comprenez mieux les bornes de la vie sur terre, vous réalisez de façon concrète qu’il y a des limites auxquelles personne n’échappe, des frontières d’au-delà desquelles personne ne revient. Cela peut vous donner plus de sérénité et une plus grande capacité à apprécier le moment présent. Vous pouvez acquérir ce brin de fatalisme et de recul qui peuvent être une bonne chose si vous aviez tendance à être trop angoissé, trop impatient, trop pressé dans l’existence.

Que vous le vouliez ou non, vous êtes obligé de relativiser un certain nombre de choses. Beaucoup de risques ou d’épreuves qui vous inquiétaient avant vous paraissent bénins, par contraste avec ce que vous avez vécu.

Vous n’avez plus envie de vous énerver parce qu’on vous a éraflé votre voiture sur le parking du supermarché. Rater vos vacances, perdre votre travail, vivre un chagrin d’amour, recevoir une amende ou une facture salée inattendue ne sont plus des causes que vous prenez vraiment au sérieux pour vous rendre malheureux.

« Allez, c’est la vie », vous dites-vous plus facilement. Vous apprenez à faire contre mauvaise fortune bon cœur parce que vous savez maintenant que vous allez oublier tout ça bien vite, beaucoup plus vite que cette douleur qui, elle, est pour toujours dans votre cœur.

Bien à vous,

Jean-Marc Dupuis

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Pour en savoir plus, cliquez ici : http://www.santenatureinnovation.com/condoleances-extreme...

02/10/2012

La ville de Grenoble et celle d'Échirolles sont en deuil ce soir, bouleversées et peinées par la terrible mort de Kevin et Sofiane, assassinés dans un parc.

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La ville de Grenoble et celle d'Échirolles, ainsi que les quartiers de la Villeneuve et des Granges, sont en deuil ce soir, bouleversés et peinés par la terrible mort de Kevin et Sofiane, tombés sous les coups d'une bande de jeunes à Échirolles, vendredi 28 septembre, dans le parc Maurice Thorez.échirolles,grenoble,granges,villeneuve,assassinat,kevin,sofiane,marche blanche,paix,quartier,jeune,criminel,crime,police,politique,peur,angoisse,condoléances,famille,solidarité,dignité,courage,deuil,perte d'un enfant

Ce soir, j'ai senti dans mon quartier de la Villeneuve  comme une odeur de terreur de savoir que deux jeunes pacificateurs de la cité d'à côté, brillants et travailleurs, ont quitté cette vie à cause de la haine de jeunes venus d'ici n'ayant pas hésité à frapper avec des marteaux, des pioches, des couteaux, sauvagement.

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Ces deux jeunes sont morts à 21 ans. Ils étaient beaux et avaient le coeur empli de projets et de rêves. On a pris leur vie comme si on était au coeur d'une guerre faite contre les colombes et les anges.échirolles,grenoble,granges,villeneuve,assassinat,kevin,sofiane,marche blanche,paix,quartier,jeune,criminel,crime,police,politique,peur,angoisse,condoléances,famille,solidarité,dignité,courage,deuil,perte d'un enfant

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 Chloé Laroche

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J'ai créé un album photos d'hommage pour SOFIANE et  KÉVIN, que vous pouvez aller consulter en haut à droite de cette page :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/album/tempete-sur-la-villeneuve-de-grenoble-2012/


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 Vous pouvez aussi lire cet article du témoignage d'un policier :

http://www.frederichelbert.com/20121003/le-massacre-de-kevin-et-sofiane-a-echirolles-recit-exclusif-dun-policier

16/02/2012

Aimer son prochain par-delà sa propre douleur et dire les ignominies pour que l'ignorance ne paralyse pas notre solidarité et notre devoir de mémoire, de la SYRIE aux tueries de la Seconde guerre.

u19982279.jpgBonjour à tous et toutes,

 

Je traverse actuellement la période difficile de l'anniversaire du départ de ma fille aînée et je vis dans le corps l'amoncellement intérieur de souffrance depuis toutes ces années où on apprend à accepter afin de poursuivre sa destinée, afin de donner son coeur et son énergie à d'autres personnes en souffrance.


On est très seul face à ce handicap intérieur qui ne se voit pas, l'amputation de cette partie de nous mise au monde par notre ventre, notre enfant arraché à la vie.u14061573.jpg


On apprend à gérer et à reconnaître les périodes de plus grande fatigue afin de se préserver et d'accepter qu'à certains moments on peut être plus fragile, plus vulnérable.


images.jpegLe deuil d'un enfant s'apaise et se dilue dans le temps, par rapport au degré de souffrance morale intense que l'on vit à l'annonce de la mort, mais le deuil ne se finit jamais puisque l'on est amputé et que notre vie a basculé entre terre et ciel, un pied dans la tombe où le vertige de la mort nous fait chavirer.


thumbnail-7.aspx.jpegIl faut choisir en un choix conscient de se battre, de dire oui à la vie, de renoncer à cet amour vivant et ayant vécu, disparu avec notre enfant, amour qui vit au-delà de nous-même dans la création, la créativité, le don de soi.


Il faut se dire que notre vie s'arrêtera et le rejoindra un jour pas si lointain, qu'elle rejoindra ceux que l'on a aimé et qui sont partis si loin de nous. En attendant, on a des choses encore à vivre ici, des mains à serrer et à tendre, des sourires à donner, un coeur à partager, des souffrances à soulager, des ignominies à dénoncer.


PAA091000051.jpgJe suis profondément meurtrie de voir qu'en Syrie, tant d'enfants meurent sans qu'on ne puisse rien faire, qu'une ville : Homs, soit ainsi martyrisée et bombardée sans arrêt, que la Russie et la Chine bloquent toute décision pour venir en aide à ce peuple. En une nuit, plus de deux cent civils, dont des enfants, ont été massacrés et cela continue. De jeunes enfants sont torturés, brûlés à la cigarette ou électrocutés. Dans certains quartiers de la ville, on a retrouvé des familles entières égorgées et massacrées de façon barbare. Des familles ont été sorties de chez elles dans la rue et des voitures leur fonçaient dessus pour les écraser.


x14402629.jpgJ'ai été infiniment bouleversée aussi d'avoir vu une terrible photo prise lors d'un massacre d'enfants durant la Seconde guerre mondiale, photo prise de dizaines d'enfants étendus par terre, si jeunes et le corps froid, tués par les Nazis. Meurtrie de voir autant de cruauté dans l'Humanité. Meurtrie de comprendre de jour en jour ce qu'a été le massacre des Juifs, en prenant conscience du passé qui nous sali à jamais en tant que français à travers la France de Pétain, passé qui nous crucifie pour toujours à travers le sort de milliers de familles juives décimées et à travers tous ceux (juifs, résistants, tziganes, homosexuels) qui sont morts en camps de "concentration" en Allemagne et de "rétention" en France.


page03-1pt.gifComment le 10 juin 1944, des soldats S.S. ont pu prendre un village entier, tuant à 16 h tous les hommes rassemblés en différents lieux, dans un petit bourg tranquille et sans histoire, Oradour sur Glane ? Comment ont-ils pu enfermer quatre cent femmes et enfants dans l'église afin de les tuer, leur tirant dessus à bout portant et les asphyxiant, tirant même sur deux femmes qui s'enfuyaient avec un bébé. Il y eut 642 victimes en ce jour terrible que la France n'oubliera jamais.


Aujourd'hui et hier, on a le devoir de réagir, de savoir et de ne jamais oublier. Mais l'histoire se répète, même si elle ne porte pas le même nom.bul0167.jpg


Aujourd'hui, en France, il y a des camps de rétention comme on en trouvait dans la France de Vichy. La Cimade entrait en ces lieux avec la Croix-Rouge pour venir en aide aux juifs enfermés, aux femmes, aux enfants.

Aujourd'hui, la Cimade poursuit son oeuvre, comme quoi on avance sur le même mode, dans les mêmes rouages, sauf qu'il n'y a plus de trains pour emmener les juifs à la mort mais il y a des avions pour expulser des papas, des familles entières hors de France. Des enfants sont enfermés actuellement en camps de rétention. Il faut le savoir. Allez sur le site du réseau d'Éducation sans Frontières.org et vous comprendrez.

Ce soir, sur ce site, j'ai été interpelée par le cas d'une famille de Villejuif menacée d'expulsion dans le mois. Une famille qui comprend quatre enfants qui viennent de perdre leur mère d'un cancer. Il leur reste leur père. Le sous-préfet a décrété que maintenant que la maman est morte, les enfants doivent être déscolarisés et renvoyés en Algérie avec leur père. Cela fait deux ans qu'ils sont là. Les enfants ont deux tantes en France.

u19257753.jpgLa douleur de leur deuil est à prendre en considération dans une situation intolérable où les chiffres de l'Immigration ne devraient pas intervenir comme cotât. Je suis de tout coeur près de ce père éprouvé par le deuil de sa femme et près de ces enfants menacés de quitter le territoire français. C'est inhumain de leur faire subir ça.


Je demande donc pour 

Monsieur Amine BOUKHENCHOUCHE

père de Waïl, Rayane, Allaa Edine et Abir 

 

un titre de séjour « vie privée et familiale ».

 


 

Chloé LAROCHE________________x15302831.jpg


P.-S. : MERCI de signer la pétition demandant

le titre de séjour pour cette famille sur ce lien :

http://www.educationsansfrontieres.org/

article41331.html


De plus, aujourd'hui, jeudi 16 février, un rassemblement de soutien se tiendra à 16 h 30 devant l'école Pasteur.

Villejuif (94) : Rassemblement de soutien pour Monsieur Amine BOUKHENCHOUCHE et ses quatre enfants : Waïl, Rayane, Allaa Edine et Abir !

devant l’école élémentaire Pasteur 48 rue Louis Pasteur (métro ligne 7 direction Villejuif station Villejuif Léo Lagrange. La rue Pasteur est parallèle à la nationale 7 côté Villejuif).




26/11/2011

Pour le petit Léo, disparu dans le Taillefer, un coeur pour lui et ses parents.

 

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Je pense souvent à Léo Balley, disparu en 1996, le 19 juillet, dans le massif du Taillefer.léo balley,hommage,souvenir,montagne,taillefer,disparition,1996,enfant,lac,tourbière,lac fourchu,enquête,police,deuil,drame,inconnu,mystère,parent,isère,grenoble,mémoire

 

Il avait six ans lorsqu'il a disparu.

L'âge de mon fils aujourd'hui.

 

Cet été, je suis allée au Lac Fourchu. Et j'ai beaucoup pensé à ce petit garçon disparu depuis quinze ans.

 

Il aurait aujourd'hui 21 ans.

 On n'a jamais retrouvé son corps.

 

léo balley,hommage,souvenir,montagne,taillefer,disparition,1996,enfant,lac,tourbière,lac fourchu,enquête,police,deuil,drame,inconnu,mystère,parent,isère,grenoble,mémoireJe me pose des questions sur cette disparition. Comme grand nombre de personnes qui n'ont pas oublié.

Beaucoup de choses ont été murmurées à l'époque. Certains parlaient même d'un enlèvement orchestré par la famille, avec une voiture postée en dessous. Beaucoup d'hypothèses peuvent être faites, autant farfelues les unes que les autres. En tout cas, même si l'enquête est obligée de passer par des hypothèses, le père et la mère de Léo ont droit au respect, eux qui vivent une si grande douleur de la perte de leur seul fils.

 

Selon ce que je sais, cet enfant devait camper auprès du lac avec son papa et des amis.

Ces amis ont voulu aller chercher de l'eau, peu après 17 h, à une cascade, éloignée d'une distance d'un kilomètre de marche et l'enfant est allé avec eux. Mais prétextant qu'il était fatigué, Léo a souhaité rentrer au bout d'un moment et le groupe l'a laissé partir seul pour revenir au lac où se trouvait son père en train de planter la tente.

 Personne n'a jamais revu l'enfant.

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La question que je me pose est : comment peut-on laisser rentrer seul un enfant de six ans en pleine montagne sans l'accompagner... ? Même s'il s'est échappé, en admettant cela, je pense qu'à six ans, on ne laisse pas partir un enfant seul et on lui court après pour le rattraper et le protéger... comme je fais avec mon fils, si cela arrive.

 

Le mystère est là.

 

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les gentianes saignent et les marmottes se taisent.

 

 

 Il a pu se passer tant de choses quand Léo s'est retrouvé seul.

L'enfant a pu se perdre et tomber dans un trou ou une tourbière.

Il y a beaucoup de points d'eau avec de la vase sur le plateau.

 

L'enfant rentré seul a pu faire une mauvaise rencontre sur le chemin du retour.

Il a pu être entraîné ailleurs.

 


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Lors de ma promenade au Lac Fourchu, 

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à un moment j'ai regardé le ciel,

un coeur en nuage y était dessiné.

 

Et puis j'ai trouvé une pierre en forme de coeur près du lac Fourchu et dans le coeur, il y avait un autre petit coeur de couleur rouge. La photo mise à droite par mes soins en témoigne.léo balley,hommage,souvenir,montagne,taillefer,disparition,1996,enfant,lac,tourbière,lac fourchu,enquête,police,deuil,drame,inconnu,mystère,parent,isère,grenoble,mémoire

 

Je l'offre aux parents de Léo, qui vivent une souffrance indescriptible depuis quinze années. Ne pas savoir est terrible pour un parent.

 


Chloé LAROCHE

 

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http://alpes.france3.fr/info/les-disparus-de-l-isere-et-la-cellule-mineurs-38--60764514.html

http://disparitions.blogspot.com/2007/07/lo-balley-france-massif-de-taillefer-38.html

http://apev.org/article.php?sid=39

http://www.ledauphine.com/isere-sud/2010/05/25/leo-balley-disparu-en-1996-dans-le-massif-du-taillefer

http://www.avisderecherche.org/fiche.php?numero=15

http://pipiou.over-blog.com/article-27023659.html

http://lci.tf1.fr/france/justice/2010-05/disparus-de-l-isere-mam-lance-la-contre-enquete-5865760.htmlléo balley,hommage,souvenir,montagne,taillefer,disparition,1996,enfant,lac,tourbière,lac fourchu,enquête,police,deuil,drame,inconnu,mystère,parent,isère,grenoble,mémoireléo balley,hommage,souvenir,montagne,taillefer,disparition,1996,enfant,lac,tourbière,lac fourchu,enquête,police,deuil,drame,inconnu,mystère,parent,isère,grenoble,mémoire

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

25/05/2011

Le film "The Tree of Life" de Terrence Malick a mérité sa palme d'or au festival de Cannes. Une oeuvre grandiose et bouleversante de poésie, de profondeur et de sens donné à nos vies.

 

 

1770313.jpgLe film "The Tree of Life" de Terrence Malick a mérité sa palme d'or au festival de Cannes.

En effet, c'est une oeuvre grandiose et bouleversante de poésie, de profondeur et de sens donné à nos vies.

Je l'ai vécu comme un hommage à une maman qui a perdu son enfant. Cette femme est montrée dans la grâce de celle qui supporte tout, qui accepte tout, qui apporte amour et tendresse à ses fils.

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En face de la grâce se trouve la nature dans toute sa beauté brute et parfois violente se retrouvant dans la création du monde, dans la mort et la vie qui se forme et surgit sur la planète, dans les actes aussi d'un mari sévère et autoritaire, rigide et aride en tendresse.

L'arbre de la vie est un symbole se retrouvant dans de nombreuses traditions et exprimant l'évolution de la vie à travers le tronc, les branches, les fleurs et les fruits de l'arbre. Il nous rappelle aussi l'importance de nos racines, de ce qui nous relie à notre famille, de la façon dont on a été élevé et ce qu'on en a fait.

k3639311.jpgDevant la maison de cette famille de trois enfants se tient un arbre gigantesque dans lequel les frères se retrouvent pour grimper et s'amuser.

On vit dans ce film toute la souffrance de ces enfants soumis à la sévérité de leur père, très rigide et excessif dans ses exigences. On comprend que ce père vit pour ses ambitions et pour que ses enfants deviennent parfaits et ne ressemblent pas forcément à leur maman, car dit-il : la gentillesse n'aide pas à réussir.

L'enfant pleure devant l'univers, dans son impuissance à se protéger d'un père malfaisant, impuissant à protéger sa mère, et pris dans l'étau d'une violence qu'il sent monter en lui, jusqu'à souhaiter la mort de ce père.

Il crie à Dieu devant la mort d'un copain noyé dans la piscine, lui disant : "Si tu n'es pas bon, pourquoi le serais-je ?"20110522PHOWWW00144.jpg

De son côté, sa mère pleure en s'écriant après son fils mort, exprimant à Dieu son désespoir, son Lacrimosa, comme la Vierge pleure sur l'Humanité meurtrie. Devant la création du monde, de la terre et des océans, cette maman cherche son fils, se disant qu'il est entre les mains de Dieu, mais cette vie qu'elle a senti dans ses entrailles n'est plus et le vide est entré en elle.

k1558334.jpgCe film est une ode à cette mère, à toutes les mères orphelines de leur enfant décédé, à la grâce de toutes les femmes, à la grâce de ces mamans qui offrent leur vie, toute leur énergie, pour élever leurs enfants, chaque jour, leur lisant des histoires, chaque jour les protégeant, chaque jour les comprenant et leur pardonnant aussi leurs petites bêtises.

Mais on sent aussi la violence pesante des mots, des silences conjugaux, des regards glacials, de la haine qui fait place à l'effroi au sein du couple, de la soumission de la femme devant l'homme qui se sert de sa force pour maîtriser les révoltes de cette mère qui cherche à protéger ses enfants.Tree-of-Life-12-180x240.jpg

On ressent les regrets de cet homme, de ce père, qui a d'immenses talents de musicien, et qui a sacrifié cette vie d'artiste afin de devenir chef d'entreprise, sacrifiant tout pour assouvir sa soif de réussite et de possession de biens.

Et on comprend toute l'histoire de Job dans ce film, figure biblique qui se plaint d'avoir tout perdu alors qu'il est croyant… On comprend que les épreuves ne sont pas des punitions mais qu'elles arrivent aussi à ceux qui ne les méritent pas. On comprend que la vie est perpétuel changement et que nul n'est éternel, que la vie n'est pas un hasard et que l'amour est plus fort que la mort. On comprend que l'univers peut donner et reprendre et que rien n'est un dû. On perd son travail, sa maison, ses enfants… et on n'est plus rien.

Tree-of-Life-9-180x240.jpgSauf si on continue d'aimer, de donner, de partager, d'espérer, d'avancer.

Je remercie Terrence Malick de m'avoir fait ce cadeau en visionnant son film car à travers les vagues de l'océan en furie, à travers les planètes en fusion, à travers les larmes de cette maman, j'ai retrouvé ma fille chérie perdue depuis quatorze années dans l'immensité d'une mort brutale.

Et j'ai revécu mon enfance à travers les yeux de ces jeunes garçons, me terrant de peur devant un père tyrannique et une mère nous protégeant à peine, soumise et traumatisée elle aussi, dans une famille coupée des autres, dénuée d'amis.CB047623.jpg

Je comprends que nombre de personnes n'aient pas pu poursuivre la vision de ce film jusqu'à la fin car il émet une telle tension émotionnelle, il renvoie à tant de schémas de violence, qu'il faut pouvoir tenir bon pour ne pas être renvoyé dans le tréfonds de notre vécu jusqu'aux larmes de notre propre enfance.1978857547.JPG

Un homme a dit en quittant la salle : "J'ai aimé ce film, mais il me dérange, je ne sais pas pourquoi."

Dans l'histoire de ce spectateur existe sûrement une souffrance qu'il doit découvrir pour pouvoir avancer, un deuil, peut-être la mort d'un frère, une soeur qui n'a pas survécu, une mère en deuil d'un précédent enfant, un non-dit sur une mort dans la famille, des conflits entre ses parents, des violences dont on ne se souvient pas forcément mais qui existent dans un coin et ressurgissent en vous comme un volcan insidieux.

u28743726.jpgThe Tree of Life est une oeuvre qui nous relie à nos racines et qui offre nos vies au ciel par les branches de la vie qui s'élance par-delà nos souffrances et nos épreuves.

Un piano joue dans l'ombre et se referme à jamais sur une lumière qui se rallume, lumière bleue devant l'océan.

Tree-of-Life-2-180x240.jpgChloé LAROCHEpr26396.jpgk3662964.jpgk0542963.jpgIS244-048.jpg
Tree-of-Life-7-180x240.jpg

 

 

 

 

 

21/12/2010

Poème pour ma fille Océana envolée vers le ciel en 1997 d'une encéphalite.

008-5.jpgUNE ROSE SUR LA CROIX___________________________________bxp46737.jpgOcéana_2.jpgOcéana_5.jpg

 

 

Toi Marie sous la croix

Je te vois pleurer

Au pied de ton fils

Tu tresses des rosesPhoto017.jpg

Dont tu ornes son corps

Tu recueilles les larmes

Versées pour l'humanité

Et tu me regardes

Ma fille morte dans les bras

 

 

as1101snya_21.jpgToi Marie sous la croix

Je te vois pleurer

"Comme elle était belle"1803826.jpg

Me dis-tu simplement

Puis tu ornes son corps

De roses tressées de larmes1802479.jpg

Et tu nous prends toutes deux

Dans tes bras chargés d'amour

Ton regard tourné vers le ciel1792083.jpg

 

Toi Marie sous la croix

Tu me vois pleurer

Alors tu supplies ton fils :

"Rends-lui la vie, de grâce"

Mais il ne répond pasbxp56744.jpg

Les roses cependant s'ouvrent934833.jpgu20513463.jpg

Il a pris ma fille dans ses bras

Elle n'est plus crucifiée1328905394.jpg

La gloire du ciel leur appartient.

 

Chloé LAROCHE962107.jpg

-Avril 1998-

 

ET PUIS TROIS AUTRES ENFANTS DONNÉS PAR LA VIE, VENUS DU BÉNIN (2003), DE ROUMANIE (2001) ET DE MON VENTRE (2005) : NICOLE, JULIA ET YOURDINE_____________________________________imm019_18A.jpgimm023_23A.jpg

 

(Poème paru dans l'ouvrage de Chloé : " Soleil d'amour, Soleil de colère").imm012_13.jpg

12/10/2009

La défenestration frappe 250 enfants par an. Je reviens sur la chute d'Alexandre et sur les faits, à la demande de sa maman. Mes pensées pour tous les parents en deuil torturés par la culpabilité du départ définitif de leur enfant.

Bonsoir à tous et toutes,

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2568070053_small_1.jpgJ'écris cet article pour répondre à la maman d'Alexandre qui m'a demandé de révéler la vérité sur ce qui s'est réellement passé lors de la chute mortelle de son fils en août 2009.images.jpeg

Je voudrais alerter la population sur ce risque appelé "défenestration" qui compte chaque année en moyenne deux cent cinquante chutes d'enfants entre dix mois et sept ans. Certains ont beaucoup de chance et n'ont que quelques séquelles, comme cette petite fille de Grenoble retenue par les fils à linge de la voisine. Mais il y a des décès malheureusement, comme le petit Alexandre, et aussi des enfants qui restent handicapés à vie.

Il faut examiner à ce sujet l'enquête très sérieuse de 2006 faite dans trois régions de France. Il a été constaté cent six chutes sur sept mois, dont dix décès. Les enquêteurs ont constaté près de dix pour cent des décès et un chiffre important d'enfants demeurant handicapés. Le lien est le suivant : http://www.dsi.univparis5.fr/AcVC/Enquetes/Defenestrations/20%20BEH%202008%20V1_172-5.pdf

1795007.jpgCertains enfants profitent donc d'une fenêtre ouverte pour regarder à l'extérieur et puis basculent, inconscients du risque ou victimes de leur poids qui les fait passer par-dessus bord. Cela se fait en une seconde. D'autres sont assez malins pour déplacer et monter sur un meuble ou une chaise. D'autres escaladent le balcon. Certains peuvent ouvrir la fenêtre et je considère là que les constructeurs sont responsables de la sécurité de la fermeture des fenêtres. Il faut réfléchir plus avant et pouvoir sécuriser balcons et fenêtres. On sécurise les piscines et on est exigeant quant aux accidents possibles pour qu'un enfant, sur quelques secondes d'inattention des parents, ne puisse pas accéder à la piscine. Pourquoi les fenêtres ne font-elles jamais l'objet d'une attention particulière de la part des constructeurs ?x18753017.jpg

J'ai donc échangé des mails avec la maman d'Alexandre qui m'a expliqué ce qui s'était passé dans le départ de son fils. Je pensais que le petit garçon avait poussé un meuble et avait ouvert une fenêtre. La vérité est autre et Laeticia l'a expliqué dans son blog  http://tissouday.skyrock.com... Elle y a mis tout son amour de maman et de merveilleuses photos d'Alexandre. C'est un accident terrible où la maman a répondu à la demande de son fils qui était d'ouvrir la fenêtre car il voulait voir le train. Mais il a basculé. Laeticia vit avec un terrible sentiment de culpabilité depuis, car elle pense qu'elle n'a pas été vigilante et prévoyante. Je tiens à lui dire que notre destin a plusieurs fil(s), que parfois on doit tomber et c'est inéluctable, que parfois quand l'heure est venue, le petit Icare ne peut être retenu dans sa chute, même pas par son père ni sa mère, qu'un accident c'est une seconde et puis plus rien, que la défenestration est si vite arrivée qu'elle est parfois imprévisible.images-9.jpeg

images-8.jpegOui, j'ai rencontré une maman qui avait déposé son bébé dans son cosy à terre sur un parking en attendant de le mettre dans sa voiture. Elle l'a posé derrière une autre voiture, laquelle a reculé. Cette femme vit avec ça depuis des années. Sa grande soeur aussi, qui a vu le petit corps tout écrasé. Cette femme n'a pas imaginé une seconde ce qui allait arriver. Elle était loin de réaliser que cette voiture allait reculer. Une fraction de seconde et le conducteur est passé sur le cosy. Depuis, son mari est toujours resté près d'elle. Ils sont restés unis. Ils ont fait face à la colère, colère de l'un, colère de l'autre et culpabilité. Ils sont allés en parler avec des associations de parents en deuil. Ils ne se sont pas renfermés. Ils ont pleuré. La maman s'est faite aider. Ils ont continué à vivre pour leur fille. Avec courage et comme une nécessité de devoir vivre malgré tout, avec un boulet de mille kilos à tirer, une croix si lourde à porter. Et quel courage de parents...

Un accident, ça peut être une priorité non respectée en une seconde et notre enfant à l'arrière de la voiture handicapé à vie parce qu'un véhicule nous a percuté. Une maman dont on m'a parlé vit cela et accompagne son fils dans les multiples soins médicaux d'une vie brisée. Sa culpabilité est si grande. Je voudrais envoyer plein de courage et de force à cette maman, à Laeticia, à tous les parents qui n'ont pas pu sauver leur enfant de la mort, de l'accident, qui n'ont pas pu le protéger parce que aussi, ces enfants devaient partir. C'était leur heure et nous ne sommes pas tout-puissants. Je crois qu'en tant que parent, on doit tout mettre en oeuvre pour éviter que la mort s'approche de notre enfant et imaginer d'avance tout scénario pouvant arriver. Cependant, le film de la vie n'est pas écrit que par nous. Nous ne sommes qu'humains. Petites choses fragiles et si fortes à la fois.images-4.jpeg

x15190572.jpgTous les parents orphelins de leur enfant se sentent coupables, même si c'est une maladie, un cancer ou un truc foudroyant comme dans le cas de ma fille décédée d'une encéphalite foudroyante. On s'en veut premièrement de survivre à notre enfant car ce n'est pas dans la logique des choses d'enterrer son enfant. Il est sorti de notre ventre, on l'a élevé, on l'a protégé durant des jours, des mois, des années... lui donnant la main pour traverser la route, bouchant toutes les prises électriques, enlevant tous les produits ménagers et médicaments de sa portée, ne le laissant jamais seul, ayant à chaque seconde les yeux rivés sur lui.

Deuxièmement, on se sent impuissant de n'avoir rien pu faire ou qu'on n'ait pas eu une intuition fulgurante, un ange nous ayant secoué pour guérir, sauver, retenir, ressusciter notre enfant.

Troisièmement, on est en colère, une colère sourde, une colère qui monte comme un volcan... contre le monde, contre soi, contre son propre enfant aussi... même si ce n'est pas toujours conscient, contre le destin, contre son conjoint, contre les médecins...

Et c'est pour cela qu'il est nécessaire de sortir tout cela de soi... en parlant, en écrivant, en s'exprimant, en échangeant, en pleurant. Il y a des associations de soutien et d'écoute comme le groupe Aurore, né de l'association Locomotive, à Grenoble. Ce sont des parents qui ont perdu un enfant et qui se retrouvent régulièrement, une fois par trimestre ou une fois par mois quand cela est nécessaire. Leur numéro est le 0476541700.images-6.jpeg

images-7.jpeg

 

Il y a un lien qui regroupe beaucoup d'informations qui pourraient vous aider.

Le voici : http://www.ecoutedeuil.fr/pageliens.htm

 

Je vous embrasse fort, Laeticia, et je suis là pour vous, pour parler, pour vivre et pour aimer nos enfants, à travers la mémoire de leurs petites vies, si grandes dans nos coeurs. C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai découvert les photos d'Alexandre sur votre blog et celles de son petit frère.

Chloé Larochetv4702_115.jpg

 

___ Voir mon article écrit le 3 septembre 2009, le jour de la rentrée : J'écris aux parents d'Alexandre, tombé accidentellement du 7ème étage dans la banlieue de Grenoble, à Pont de Claix. Je pense en ce jour de la rentrée scolaire à Chama Dieumerci, à Antoine disparu à Issoire, aux enfants noyés cet été, aux autres.

 

 

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03/09/2009

J'écris aux parents d'Alexandre, tombé accidentellement du 7ème étage dans la banlieue de Grenoble, à Pont de Claix. Je pense en ce jour de la rentrée scolaire à Chama Dieumerci, à Antoine disparu à Issoire, aux enfants noyés cet été, aux autres.

images-4.jpegBonjour à tous et toutes,images-2.jpeg

 

Aujourd'hui, c'est la rentrée scolaire et je pense à ces enfants qui ne rentreront pas cette année à l'école car ils sont morts ou disparus.

Je pense bien sûr à Antoine qui a disparu à Issoire il y a bientôt un an, le 11 septembre, pour lequel j'ai écrit plusieurs articles (voir à gauche : "Révolte pour l'enfance").antoine-issoire-2650549_1378.jpg

images-6.jpegJe pense aux enfants décédés, renversés par une voiture, aux dix enfants de moins de six ans retrouvés noyés cet été dans leur piscine familiale, à ceux dont la vie a été arrachée par leurs parents, aux enfants morts dans l'accident d'avion Paris-Rio. Je pense aux enfants expulsés avec leur parents qui ne retrouveront pas leur banc d'école en cette rentrée.

chama_s.jpgJe pense à Chama Dieumerci, qui ne sait pas si son père va partir de France. Il rentre en CP et n'a pas revu son père depuis plusieurs jours ;  ce dernier est enfermé en Centre de Rétention pour étrangers. Sa mère a abandonné cet enfant tout petit et aujourd'hui, c'est son père qui l'élève depuis six ans. Comment peut-on arracher ainsi un fils à son papa, à celui qui l'élève !? Comment Monsieur Besson peut-il se montrer fier et satisfait, selon ses dernières déclarations, à propos du chiffre des expulsions qu'il a mené à bien cette année !? Vous pouvez aller lire mon article écrit pour Chama, daté du 30 août. Allez aussi voir le site suivant où des actions sont proposées pour aider Chama et son papa : http://www.dieumerci.com

1447_1_imagette.jpgAujourd'hui, en cette rentrée scolaire, je pense aussi à Alexandre qui est tombé du septième étage d'un immeuble de Pont de Claix, dans la banlieue de Grenoble. Il avait six ans et s'amusait dans sa chambre, pendant que sa mère changeait son petit frère et que son père se reposait du travail. Il a poussé un meuble et est monté puis s'est penché et a basculé dans le vide. Sa maman a été hospitalisée. Les parents sont en état de choc.images-2.jpeg

Je leur envoie plein de pensées et je souhaite leur dire ceci : je ne vous connais pas mais je suis près de vous ; c'est un terrible accident et rien ne vous consolera jamais. J'ai perdu un enfant il y a douze ans et c'est toujours le même vide dans le creux de l'âme. Les larmes aux anniversaires, à plein de dates, et tous les jours selon, et la colère au fond de soi contre le destin cruel. Apprendre à accepter, petit à petit, vivre avec, le souvenir à jamais ancré dans la mémoire, continuer d'aimer les autres enfants, les frères et soeurs. Se relever et continuer avec ce handicap immense d'être amputé d'une partie de soi, d'un tout qui nous écartèle. Se relever pour continuer à donner de soi, à donner toujours plus, à donner tout ce qu'on n'a plus à perdre puisqu'on a tout perdu. Je vous embrasse et vous envoie toutes mes condoléances.images-1.jpeg

Votre fils Alexandre a rejoint ma fille Océana. Aujourd'hui, elle aurait quinze ans et je pense très fort à elle. Elle a pris le chemin du ciel et a semé dans ma vie depuis douze ans un parfum d'espérance, par lequel j'ai pris par la main depuis deux enfants abandonnées en orphelinats. Elles ont maintenant grandi. L'une a 16 ans et l'autre bientôt 14. Et mon fils est arrivé en 2005. Il est rentré en moyenne section de maternelle ce matin, heureux et content de retrouver ses camarades. Océana, elle, depuis 1997, n'a fait aucune rentrée. Elle n'a jamais pu aller à l'école. Elle avait deux ans et demi. Elle est entrée dans mon coeur pour toujours mais mon âme est toujours choquée de ce départ brutal, de cette maladie foudroyante qui l'a emportée avant qu'elle ne s'asseye sur un banc d'école.

SWI-111.jpgChacun de nous doit partir un jour mais on ne peut apprivoiser l'idée que notre enfant parte avant nous. On pense pouvoir l'aimer, le chérir, le prendre dans nos bras... sans que cela ne s'arrête jamais. Mais chacun de nous part un jour et il nous faut durant notre chemin ici-bas remplir notre part de vie comme un soleil qui donne et qui tend les bras. Ainsi, notre enfant continue de vivre à travers l'amour partagé et cette énergie nous porte vers lui, puisque c'est inéluctable, notre vie est comptée comme elle l'a été pour lui, pour notre enfant décédé.

Chloé LAROCHE

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Commentaires

Merci pour votre empathie. J'ai perdu mes deux enfants et cela est une plaie difficile à soigner mais Martin GRAY "au nom de tous les miens " m'a fait réfléchir. Merci de Valentine

Ecrit par : vouilloz | 04.09.2009

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Valentine,

Je vous envoie plein de pensées et vous remercie de votre témoignage. Martin Gray m'a aussi beaucoup aidé par ses livres, comme le "Livre de la Vie"... quand en 1999, quelques mois après la mort de ma fille Océana, j'ai perdu mes deux grands-mères presque en même temps et des amis chers. Cet auteur qui a perdu ses quatre enfants et sa femme dans un incendie du Sud de la France est un homme donnant l'espoir et la force de poursuivre.

J'ai lu aussi "Ces enfants du Ciel" de Jean Toulat ainsi que "Apprivoiser l'absence" de Annick Ernoult-Delcourt (Éditions Fayard pour les deux).
Il y aussi : "Parents orphelins" de Louise Courteau (témoignages de parents à la suite du décès de leur enfant). Et de Jean Monbourquette : "Aimer, perdre, grandir". J'ai aussi écrit un livre "Les Semences de l'Après-vie" mais il est épuisé. J'en ai mis des extraits sur mon blog (notamment "Les lettres à ma fille", des contes et quelques haïkus).

Comme l'écrit une maman pour sa fille décédée : "Sur terre, nous sommes maintenant "une de moins" ; mais le Ciel s'est enrichi de toi."
Je crois fortement que la résilience passe par les larmes et l'expression de ses émotions, le respect de celles-ci, mais aussi par la bataille pour la vie, c'est-à-dire rester en mesure de donner et de partager après cette épreuve, rester dans la dignité de l'humain qui ne se laisse pas aller mais demeure debout... se remet debout après l'effondrement de sa vie par la mort d'un enfant ou d'un proche.

Je vous embrasse. Plein de pensées à vous et aux parents orphelins qui viennent sur ce blog prendre un peu de réconfort et de compréhension des émotions qui les animent : colère, culpabilité, tristesse, écartèlement intérieur, sensation de vertige et de vide, d'une amputation, maux physiques et angoisses, perte de désir et de motivation, incompréhension, injustice, révolte, repli dur soi.

On peut avancer et arriver à retrouver la connection à la vie, en lisant, en écrivant, en allant marcher dans la nature, en écrivant à son enfant, en écoutant ses besoins, en respectant son deuil et aussi qu'il faut du temps.

Pensées à tous.

Chloé LAROCHE

Ecrit par : Chloé Laroche | 04.09.2009

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Pour dire STOP ! 

Rassemblement le 09/09/09 devant la Préfecture de Grenoble à 17h30, À L'APPEL DU RÉSEAU D'EDUCATION SANS FRONTIÈRES :

"L’État a honteusement profité des vacances pour expulser, il faut que l’on soit nombreux pour dire STOP."

Appel du RESF 38 avec l'appui de la coordination iséroise de soutien aux sans papiers.

Pas une seule chaise vide à la rentrée !


"Trois jours avant la rentrée des classes, des enfants sont traqués et reconduits avec leur mère à la frontière de façon abusive. 
Dans les dernières semaines d'août, 2 familles sont pourchassées dans le dessein d'être expulsées juste avant le retour de leurs enfants en classe. 
Du jamais vu en Isère depuis la création du Réseau Education Sans Frontières en 2005. 

Le Réseau Education Sans Frontières 38 appelle à un rassemblement devant
La Préfecture de l'Isère, place de Verdun à Grenoble
Mercredi 9 septembre à 17h30 

Nous demandons à tous les citoyens et citoyennes d'êtres présents avec nous pour exiger que tous les enfants, sans discrimination, soient scolarisés dans des conditions sereines de vie et d'apprentissage."

Ecrit par : Chloé Laroche | 07.09.2009

________________Prévention des accidents domestiques : attention aux enfants.

5/02/2009
(Article du site : http://www.secourisme.net)

"Les accidents de la vie courante touchant les jeunes enfants sont à l’origine de 20 % des décès chez les 1-4 ans. Afin de développer l’information des parents, le ministère chargé de la santé et l’INPES ont lancé une campagne de prévention fin janvier qui se poursuivra jusqu’au 25 avril.

Une brochure « Protégez votre enfant des accidents domestique » est disponible sur le site de l’INPES. Elle délivre de nombreux conseils aux parents d’enfants de 0 à 6 ans et indique les réflexes à adopter pour éviter les risques d’étouffement, de noyade, de chute, d’intoxication, de brûlure et d’électrocution. Elle évoque également la mort subite du nourrisson, le syndrome du bébé secoué ou encore les morsures d’animaux. Numéros d’urgence et liens utiles figurent à la fin du document."

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02/08/2009

J'écris pour Cillian Sausset, petit garçon décédé dans un accident, et pour ses parents qui se battent afin que les administrations (la CAF, la SÉCU, les Impôts) reconnaissent nos enfants décédés et ne les rayent pas de la mémoire collective.

26678531_p.jpgBonjour à tous et toutes,

Il y a quatre ans, le 28 juillet 2005, les parents de Cillian ont reçu une terrible nouvelle : leur fils venait d'avoir un accident dans le car qui l'emmenait avec ses copains en sortie de centre aéré.

Un automobiliste a percuté le minibus qui transportait une dizaine d'enfants et c'est Cillian que la mort a emporté ; il est le seul enfant décédé dans cette tragédie.

En cette journée ensoleillée d'été, Cillian a regardé le ciel une dernière fois et avait embrassé une dernière fois ses parents qui ne savaient pas que c'était la dernière fois.1786420.jpg

Ils étaient heureux avec Cillian, 7 ans, et un deuxième enfant, Élouan, pour lequel Mireille avait choisi de prendre un congé parental de trois ans, afin de s'occuper de ses deux fils. Ils avaient le projet de construire une maison et de poursuivre cette vie familiale dans l'harmonie et le bonheur.

CB051128.jpgMais le destin a frappé comme un éclair foudroyant. Mireille et Benoît ont vu leur fils mort. Ils l'ont embrassé et lui ont dit au revoir une dernière fois. L'enterrement a eu lieu avec tout l'effroi et la douleur de se dire que plus jamais ils ne reverront leur petit Cillian.

Et puis, quelques jours après, ils ont reçu une lettre. Un courrier de la Caf, la Caisse d'Allocations Familiales, leur exprimant en termes peu humains qu'ils avaient dorénavant un seul enfant. Un seul enfant ne permet pas de bénéficier du congé parental pour le deuxième enfant, puisqu'il est tout seul.. alors qu'il avait encore un frère quelques jours avant. Et puis, les allocations familiales n'existent plus, d'un coup. Du coup, la maman a dû trouver rapidement un moyen de faire garder son jeune fils, afin de reprendre son travail, et le projet de construire a été mis de côté.

PRP053.jpgQuand on perd son enfant et qu'il était notre unique enfant, comme quand j'ai perdu ma fille Océana... les administrations (la Sécu, la Caf, les Impôts, etc) indiquent dans la case enfant : 0= zéro. La naissance et l'existence de l'enfant sont complètement niées. Nous étions des parents et d'un coup, en plus de l'absence terrible de notre enfant, on devient dépossédé de notre état de maman ou de papa. Notre enfant n'apparaît nul part, comme si nous n'avions jamais accouché, jamais allaité, jamais pouponné, jamais éduqué.42-15342541.jpg

Une association nommée ORPHEDENF se bat pour la reconnaissance de l'existence de nos enfants décédés, en demandant notamment que mille euros soient versés aux parents orphelins pour les frais d'obsèques et que les allocations soient encore versées sur un trimestre après le décès de l'enfant.

Les parents de Cillian Sausset se battent aussi pour que plus jamais ce qu'ils ont enduré avec les administrations n'arrivent à d'autres parents, pour que plus jamais on n'arrête un congé parental abruptement pour un petit frère endeuillé, pour que plus jamais une assistance sociale ne dise : "Hé bien, il va falloir vous rendre à l'évidence que votre enfant est mort et vous faire à cette idée."

74333.jpgMireille et Benoît Sausset ont créé un site internet et ont mis en place une pétition pour que les choses bougent, pour lutter contre la froideur et la rigidité des organismes publics, pour que les administrations reconnaissent nos enfants décédés. Leur site est : http://www.cillian-asso.fr

Chaque année en France, 800 000 enfants naissent. Chaque année en France, 7 000 enfants décèdent, de la naissance à l'âge de vingt ans.k0523006.jpg

Il n'est pas imaginable que la situation actuelle se poursuive ainsi au niveau de la conduite des administrations face au deuil des parents qui viennent de perdre un enfant. Je demande aux instances politiques de prendre ce sujet en considération et de ne pas effacer le prénom ni le nom de notre enfant de vos dossiers et de l'histoire familiale administrative.

Chloé LAROCHE

 

__________________________ LIENS :



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Le site des parents de Cillian SAUSSET :

http://www.cillian-asso.fr

===== Signons nombreux leur pétition !!

POUR QUE LES ADMINISTRATIONS RECONNAISSENT L'EXISTENCE DE NOS ENFANTS DÉCÉDÉS.

 

Association Audrey

Association pour l'Information et la Prévention contre la méningite.
Association d'accompagnement des familles endeuillées en luttant pour humaniser l'administration.

 

associationaudrey.free.fr/antennes.htm Antennes: Regis76, Emeric42...



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Association Jonathan Pierres Vivantes

Association de parents en deuil, bénévoles, qui propose:
  • un partage moral de la souffrance,
  • une entraide,
  • des accueils personnels,
  • des rencontres de groupes,
  • des sessions à thèmes,
  • un accompagnement des frères et sœurs,
  • un bulletin périodique...



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Association LéA V.I.E.

Regroupement de parents ayant vécu la perte d'un enfant dès la conception, avant ou après la naissance.
  • APPORTE un soutien, une écoute, un partage,
  • PROPOSE une aide aux démarches administratives et matérielles,
  • SENSIBILISE et informe des besoins,



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Association Orphedenf

Association qui regroupe les parents orphelins d’enfants, désireux en priorité de faire évoluer la législation en faveur des orphedenfants, terme qu'elle souhaite officialiser.

 

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Commentaires

 

Bonjour Chloé,

Les administrations sont inhumaines en cas de décès d'un proche. Je comprends que pour la Caf et les impôts cela choque : je suis entièrement d'accord. Ces personnes (ou enfants) ont été déclarées à leur naissance, pourquoi les raye-t-on d'un seul coup de crayon ou de souris parce qu'ils sont partis. C'est honteux, un peu de dignité, zut (pour être polie).
Que les administrations trouvent un moyen pour laisser exister le souvenir de nos défunts. Je ne sais pas moi, par exemple un sigle qui signifierait : décédé, pour que leur mémoire reste intact à nos yeux.
Merci Chloé pour ce témoignage.

Ecrit par : Lolotte73 | 05.08.2009

 

Oui Lolotte, je suis d'accord. Le sigle "décédé" serait bien. Mais ne pas rayer les personnes.

Merci de venir me lire.

Sincèrement, Chloé

Ecrit par : Chloé Laroche | 05.08.2009

 

 

14/02/2009

Amorversaire de ma fille en ce jour. Quelques mots sur ma vie. Mes enfants et l'amour pour mon ange envolée. Paroles d'une maman face à la crise et à certaines décisions politiques sur la famille.

Bonsoir à tous et toutes,

 

images-1.jpegMa fille OCÉANA est partie il y a douze ans et son amorversaire est aujourd'hui. Elle me manque et mon coeur saigne comme chaque jour depuis son départ. Ma raison de poursuivre le chemin est l'amour qu'elle a laissé dans mon coeur et que je redonne autour de moi, à travers ces deux enfants que j'ai recueillies, à travers mon fils qui est né il y a quatre ans, son petit frère, à travers l'accueil que j'ai démarré d'un jeune en réinsertion et en reconstruction intérieure, qu'une association m'a confié.images.jpeg

Ma vie est un chemin de roses bordé d'arbres aux regards silencieux qui m'encouragent, un chemin de solitude sur un bateau parfois accosté par d'autres bateaux, certains en perdition qui viennent trouver la force de retrouver leur chemin, d'autres en perte de vitesse qui me regardent traverser l'océan sans m'accoster, se disant que ma trajectoire est bien trop téméraire dans ses engagements.

images-4.jpegJe regarde le monde, j'observe la crise, j'écoute, je réagis, je prends partie, je défends, je pétitionne, je me bats, j'écris, je travaille avec coeur, je fais les courses, j'approvisionne mon petit monde en choisissant les prix les moins chers, je lis, je m'informe, je pleure, je ris, je souris au soleil qui se lève chaque matin, je suis scandalisée par certaines décisions politiques, je suis déçue, je gère mon loyer et mes factures, je suis parfois fatiguée, je me lève toujours le matin, j'aime mes enfants, je conduis en évitant les grilleurs de feux rouges, ceux qui ne respectent rien.

La crise ne me fait pas peur vu qu'avant je vivais avec peu et qu'aujourd'hui, cela n'a pas changé.

Que le Président veuille diminuer la durée du congé parental me hérisse car j'ai choisi, après avoir donné naissance à mon fils, de prendre trois années de congé parental et je suis heureuse de l'avoir fait, même en vivant avec peu d'argent. Je l'ai vu grandir, j'ai été présente dans ses premières années, je lui ai donné le sein durant neuf mois, je l'ai emmené se promener, je l'ai vu se réveiller le matin et j'étais là pour ses repas. J'ai joué avec lui et l'ai accompagné à la garderie deux fois par semaine, pour qu'il s'adapte au monde et aux autres enfants. C'était mon choix et n'en déplaise à Monsieur Sarkozy... ma carrière ne s'en est pas trouvée affectée, puisque j'ai retrouvé un travail... puis un deuxième, suite à l'agression subie lors du premier. Je suis en CDI maintenant et le choix que j'ai pu faire, à la suite du congé maternité, de prendre un congé parental est pour moi très précieux.canada-1390113497-1130888.jpg

Voilà, c'était quelques mots en ce jour de la SAINT VALENTIN où ceux qui sont seuls le sont encore plus et je vous offre ci-dessous le poème d'une mère en deuil de son enfant.

Je remercie tous les lecteurs de mon blog et ceux, qui silencieux, suivent mon chemin et mes combats.

Chloé

 

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_________________Poème d'une maman en deuil de son enfant ____________

 

"JE VOUS EN PRIE, ne me demandez pas si j'ai réussi à surmonter, je ne le surmonterai jamais.

JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas qu'il est mieux là où il est maintenant, il n'est pas ici auprès de moi.

JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas qu'il ne souffre plus, je n'ai toujours pas accepté qu'il ait dû souffrir.

JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas que vous savez ce que je ressens, à moins que vous aussi vous ayez perdu un enfant.

JE VOUS EN PRIE, ne me demandez pas de guérir, le deuil n'est pas une maladie dont on peut se débarrasser.

JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas que Dieu n'inflige pas plus que ce que l'homme peut supporter.

JE VOUS EN PRIE, dites moi simplement que vous êtes désolés.

JE VOUS EN PRIE, dites moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant, si vous vous rappelez de lui.

JE VOUS EN PRIE, laissez moi simplement parler de mon enfant.

JE VOUS EN PRIE, mentionnez le nom de mon enfant.

JE VOUS EN PRIE, laissez-moi simplement pleurer."

 

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Commentaires

Bonjour à toi !
Je viens de découvrir ton site.
Je voulais prendre quelques instants pour venir te souhaiter mes sympathies pour la perte de ton enfant.

Je sais exactement ce que tu vis.

J'ai perdu, le 14 février 2009, mon mini bébé. J'étais à 23 semaines et 1 jour, j'ai des contractions qui ont commencé et j'ai dû accoucher de mon bébé qui a été en vie durant 1 heure.

Je me demande si on est capable de vivre après une aussi grosse perte... au lieu de sur-vivre?

Je tiens à te faire un câlin virtuel même si nous ne nous connaissons pas du tout.

Une maman qui a très mal
Elizabeth

Ecrit par : Elizabeth | 02.03.2009

 

Merci pour le poème, tout est exact, j'ai vraiment envie de rajouter, ne me dites pas Soyez fort, je ne comprends pas pourquoi je devrais être fort !

Ecrit par : Lionel | 06.03.2009

 

J'ai été très touchée par vos messages, Élizabeth et Lionel. 
Élizabeth, je pense à vous et à votre bébé.
Vous êtes au milieu de la rivière en plein courant et c'est cela "sur-vivre" : arriver à retrouver les bords, plus calmes... d'où on regarde cet endroit où l'on était quand on essayait de surmonter les flots, les larmes sans fin et la peine immense qui nous submerge.
Je vous envoie plein de pensées et de roses.
Sincèrement vôtre,
Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 07.03.2009

 

 

20/01/2009

Signes de l'au-delà par avion pour une maman endeuillée.

 

V3030070.jpg______Signes de l’Au-delà

par avion.

 

 

Ce matin-là du 23 août 2003, j’ai commencé le travail en ambulance à six heures dix. Les montagnes étaient belles dans l’attente du soleil. J’ai emmené une dame dans un centre hospitalier situé à mille mètres d'altitude, pour sa dialyse. gws173006.jpg

Puis je suis allée chercher une patiente en fauteuil pour la ramener en Savoie, chez elle.

Durant l’heure de notre trajet, elle m’a appris qu’elle avait perdu sa fille de trente-huit ans au mois de Mars dans un baptême d’avion. Ce petit avion dans lequel se trouvaient sa fille avec une amie ainsi que le pilote s’est écrasé brusquement.

1824065.jpgNous avons pleuré toutes les deux durant le récit de ce terrible drame. Ma passagère s’est confié longuement.

Puis je lui ai parlé de ma fille Océana, de son départ brutal, de mon combat ici-bas pour survivre à cette douleur, de mes deux filles adoptives aussi, de mes convictions que les défunts sont près de nous, invisibles mais vivants dans l’amour, existant dans un autre monde qui touche le nôtre.

Sa fille avait presque le même âge que moi et cette dame portait le même prénom que ma grand-mère regrettée, Madeleine, qui vivait aussi en Savoie. Ce sont des signes troublants.décès d'un enfant,accident avion,ambulance,accompagnement deuil,deuil,décès,mort

En tout cas, le plus grand signe est que sur le chemin de mon retour, alors que j’avais embrassé ma patiente et que j’avais repris la route, un petit avion blanc a fait un cercle devant moi en traversant le ciel à ma hauteur de vue.

Mon coeur bouleversé a fondu et j’ai remercié Patricia qui, d’en haut du Ciel, m’avait envoyé un signe de reconnaissance pour sa maman.V3030070.jpg

Nous sommes tous reliés, ceux d’en bas avec ceux d’en haut, ceux du dedans avec ceux du dehors... J’ai dans l’esprit que Dieu a ses raisons que les humains ignorent, face à nos déchirures et nos écartèlements.

Chloé Laroche

 

 

 

Commentaires

Bonjour Chloé,

Je n'avais pas encore lu cette note qui date de janvier. Je suis tout à fait d'accord avec vous quand vous dites que les personnes qui sont parties, elles sont toujours à nos côtés, dans notre coeur. Comme je le dis aussi, elles ont un regard protecteur (du Ciel) sur nous qui sommes sur Terre. Je suis persuadée que nos proches (au Ciel) sont nos anges gardiens. Le deuil est quelque-chose d'horrible, il provoque une douleur, un arrachement du coeur. Je n'ai même pas les mots pour décrire cette douleur. Je l'ai vécue (tante, cousin, grands-parents) et il faut essayer de continuer à vivre malgré cette douleur. Je pense qu'ils (nos proches au ciel) savent que l'on est anéanti par ce deuil, mais ils nous soutiennent à leurs manières et nous donnent le courage d'avancer.
Chloé, continuez à écrire ces notes. Vous écrivez avec votre coeur et votre émotion. On ressent, je dirais même que l'on vit vos notes.
Merci.

Ecrit par : Lolotte73 | 27.07.2009

 

1793125.jpgMerci beaucoup Lolotte. Un gros bisou pour vous. Votre commentaire m'a beaucoup touchée. L'internet a ceci de merveilleux que même si vous êtes seul à vivre une épreuve ou une traversée du désert, vous pouvez être relié à l'humanité entière qui vous suit sur votre chemin, qui vous lit, qui vous accompagne en nombre... et en particulier, comme avec vous. L'écriture a ceci de merveilleux qu'elle relie des êtres qui ne se sont jamais rencontrés mais qui se comprennent et communiquent. Comme elle peut relier aussi d'autres mondes avec le nôtre : le monde du passé (faire revivre les vies passées, l'Histoire), le monde de l'avenir (comme Jules Verne l'a fait dans sa "fiction" qui n'en était en fait pas une, en tant que visionnaire), le monde de ceux qui nous ont quittés mais qui nous suivent sans qu'on les voit, devenus invisibles par la mort. L'écriture peut révéler des choses qu'une personne vit sans oser le dire, mais que l'écrivain a perçu dans l'inconscient collectif. C'est ce que j'essaye de faire, avec mon coeur, c'est vrai. Je vous embrasse. Chloé

Ecrit par : Chloé Laroche | 01.08.2009

22/12/2008

Je pense dans cette attente de Noël aux parents du petit Yannis, enfant décédé dans une voiture. "Non, il n'y avait rien à condamner".

 

Bonsoir à toutes et tous,

 

MEDFR05250.jpgJusqu'à présent, je n'ai pas parlé du procès du papa pharmacien du petit Yannis, décédé dans la voiture de son père à Pont-de-Chéruy. J'ai dans mon coeur beaucoup de peine pour cet homme qui porte une terrible croix et dont on a montré la culpabilité sur toutes les coutures. Ceux qui n'ont pas perdu d'enfant ne peuvent imaginer l'enfer que vit cet homme et sa femme. C'est incommensurable. Ils vivent le néant dans leurs cellules. Le néant à vif marqué au fer brûlant de la réalité. Alors, donner à cet homme quelques mois de prison avec sursis fait pour moi partie de l'absurde de l'humain. La justice est impuissante devant le destin, devant l'impensable de l'oubli d'un enfant dans une voiture, devant la vie actuelle qui transforme les gens en robots, en mécaniques robotisées du stress et de la rentabilité, humains hyper-actifs cloisonnant chaque domaine de leur vie.

J'ai lu ceci, écrit par un avocat, Gilles Devers, qui tient comme moi un blog sur le site de 20 minutes, blog dont l'adresse est : http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr

Il a écrit ce commentaire, suite à son article du 10 décembre 2008 :

"Enfant mort : sanctionner le père". Le voici :

 

"On ne commente pas les décisions de justice ?

Je vais me gêner ! Tout ce que demande le Code, c’est de ne pas les dénigrer. Ne pas confondre.

Alors notre vaillant tribunal de grande instance de Vienne a suivi les réquisitions. 8 mois avec sursis. Pas 7 ce serait trop faible, ni 9, ce serait excessif. Et pourquoi ? 

Dans une telle affaire, cette condamnation est une anomalie. 

Dire le père coupable, c’était déjà beaucoup. Le père qui adorait son enfant, qui ne vivait que pour lui. Le père qui ne pensait qu’à demain, le jour de la fermeture de la pharmacie, les vacances tant attendues, et enfin de belles journées à vivre, l’enfant sa maman et son papa. Avec cet enfant de deux ans, qui avait le plus bel avenir devant lui, avec lequel les parents se sentaient assez forts pour conquérir le monde s’il le fallait. Des années d’études, de travail, de constance. Enfin, depuis deux ans l’enfant était là. La vie recommençait. Et devant son sourire, devant ces liens qui se créent, devant ce sentiment de la confiance, tous les efforts trouvaient leur justification.PAA008000396.jpg

Alors, soudain, le piège d’un automatisme de la vie. Dans le petit village, où tout le monde se connait, un acte aussi incivilisé qu’un délit de fuite. Noter les coordonnées de ce sauvage qui se casse, prendre du temps, réconforter la victime, attendre les gendarmes. Reconstruire un peu, devant l’injure sociale du fuyard, cette vie de responsabilité à laquelle le papa croit tant.

Et après l’inexplicable. "Inexplicable", a dit le procureur. Comment requérir une peine, quand on ne sait expliquer ? Au nom de quoi embarquer la loi dans une telle galère ? C'est comme le PV : "On ne discute pas!"

Ce 15 juillet, le papa est déjà à demain. Tout ce qu’il y a de si beau à vivre, demain, tout ce qu’il reste à régler aujourd’hui, dans le monde des contingences, pour atteindre le monde de la vraie vie, le temps des vacances. Le souhait d'être hors contingences. Inexplicable? 

Par inattention ? Non, le père est le plus attentif de tous les pères. Je souhaite à tous les bébés du monde un père comme lui. Par occultation. Et il n’y a pas de faute par occultation. 

k0402959.jpgLe destin tragique de cet homme nous rappelle nos faiblesses. Nous nous croyons des héros, des costauds, des mecs. Nous voyons tous les jours célébré, dans un décor chancelant, l’idéal de l’homme parfait qui maitrise son destin, qui pense son amour, qui tous les soirs s’analyse à froid, comme s’il s’agissait de la résultante d’une démarche qualité.

J’ai en horreur ces conceptions, et elles sont aux antipodes de ce qu’est la réalité humaine. Un homme qui cherche à bien faire, qui veut se situer dans un monde si complexe, qui assume tout ce qu’il peut. 

Mais un homme fragile, vulnérable. Un vrai homme, un qui se trompe, reconnait ses erreurs et se redresse. Un homme qui connait le malheur et trouve les forces pour croire encore à la vie. 

Condamner cet homme ? Pourquoi ? Parce que la presse a parlé de cette affaire ? Misère de la pensée !

Condamner cette homme, c’est nous condamner tous. Car c’est dire qu’être faillible est une faute. Le tribunal applique le code, mais il doit lire le code à la lumière des réalités humaines. Dans cette affaire, il peut délivrer le plus beau message : une vie, c’est un parcours entre l’ombre et la lumière ; c’est la joie et les larmes ; ce sont des plaies, et des cicatrices. 

Non, il n’y avait rien à condamner, si ce n’est la nature humaine.
Le tribunal s’est égaré."   (Gilles Devers, avocat)

 

__________________________________________________________________________ Suite écrite par Chloé L :

 

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TROUVER LES FORCES pour croire encore en la vie....

Je le souhaite au papa de Yannis, à sa maman, aux parents de tous les enfants décédés qui pleurent des larmes de sang en cette veille de Noël.

Je pense AUSSI aux parents de ces enfants morts, brûlés dernièrement dans des incendies cruels et terribles, drames horribles de la mort brutale.

Je pense à tous les innocents emportés chaque année par des accidents domestiques, petits noyés, défenestrés, empoisonnés par des produits ménagers... Je pense à leurs parents, rongés à vie par la culpabilité de n'avoir pu empêcher le drame, la mort de leur enfant chéri.

Je pense à ma fille Océana, emportée par une maladie foudroyante, maladie qui a emporté cinq autres enfants depuis 1997 à Grenoble, sans que l'on ait d'autres explications que le mot "encéphalite foudroyante". J'ai ce poids que tous les parents d'enfants décédés ont, de se savoir survivant de leur enfant et aussi de n'avoir rien pu faire pour le sauver, de n'avoir pas secoué le médecin qui parlait de "grippe sévère", de n'avoir pas su protéger mon enfant de la mort... car pauvres humains... nous nous croyons parfois au-dessus du destin, maîtres vaniteux de nos destinées et de la destinée de ceux que nous aimons le plus.MEDFR05250.jpg

Chloé Laroche

 

 

06/11/2008

Réponse au SOS d'un maman qui a perdu son fils, emporté par un suicide.

Mn_PERS014.jpgLe trois novembre, j'ai reçu ce témoignage après mon article concernant les parents qui ont perdu un enfant :

"Je me trouve dans cette situation, mon fils s'est suicidé le 9 juillet 2008, et depuis je suis seule au monde, malgré que je sois en couple (ce n'est pas le papa), ma soeur après m'avoir culpabilisée, ne me parle plus alors que nous étions inséparables, j'ai 2 frères qui vivent leurs vie et ne s'occupent pas de moi et j'ai ma mère qui a changé, je suis au bord du précipice, au secours, une maman au désespoir."

J'ai été très touchée par ce message de détresse et je voudrais écrire à cette maman.Mn_7a.jpg

 

_____________________ Chère Brigitte,

 

Je vous sens seule et démunie, comme abandonnée de tous. Vous avez aimé votre fils, vous lui avez donné la vie... et il est parti sur un geste fatal. Il est très difficile dans ce cas précis pour les parents de ne pas se sentir coupables, comme tout parent qui perd un enfant aussi, mais dans ce cas, il y a le geste de désespoir de son enfant, un acte définitif, dont on n'a pu le protéger..

Votre fils a choisi de rejoindre un autre monde car celui-ci ne lui convenait plus ou croyait-il... le tuait à petit feu. Alors, il a choisi de vous quitter mais sans penser que ce serait définitif. Mourir, c'est partir un peu... Ceux qui veulent mourir devraient plutôt partir en voyage et puis revenir après. Mais ils n'y pensent pas, car leur cerveau est brouillé par des brouillards de larmes intérieurs et de désespoir, de déceptions parfois. Alors ils décident d'en finir, mais vous, vous n'y êtes pour rien.

Mn_8.jpgVous avez été sa mère, vous l'avez aimé et c'est au creux de votre coeur qu'il est réfugié à jamais.Mn_76b.jpg

Que ceux qui vous culpabilisent se taisent car ils ne savent pas l'immense amour qui vous relie à votre fils.

Ils ne savent pas la souffrance dans son coeur et le fil ténu qui s'est brisé pour des choses que vous-même ne savez pas. Car la vie de nos enfants leur appartient. Ils ne nous appartiennent pas.

Je vous embrasse et je vous souhaite beaucoup de courage, de douceur dans votre vie et de compréhension de la part de votre entourage. Celui-ci souffre aussi et dans la souffrance, chacun réagit différemment, parfois par la violence et le ressentiment, par la colère et la rancoeur. Laissez passer les tempêtes, les nuages, les orages et un jour viendra où votre fils sera votre lien le plus fort car l'amour triomphe de la mort et de l'absence.

Sincèrement vôtre,

Chloé Laroche

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Commentaires :

Chère Brigitte,

Je pense à vous. Cela fait un an que votre fils est parti, le 9 juillet 2008. Je vous embrasse très fort et vous souhaite beaucoup de courage et de force.
Je vais vous écrire sur l'e-mail. Mille pensées.
Chloé

Ecrit par : Chloé Laroche | 11.07.2009

 

Merci Chloé pour la pensée pour mon fils CEDRIC décédé le 9 juillet 2008,je pleure toujours mon fils,il laisse un immense vide,je me retrouve seule en ce jour,mon compagnon à décidé de fuire à un moment ou j'avais le plus besoin de lui, il est parti depuis le 6 juillet 2009,il ne comprend pas ma douleur.Le 15juillet est le jour ou mon fils a été incinéré et également le jour de mon anniversaire encore un moment très douloureux à passer seule,la vie na plus de sens pour moi.

Ecrit par : Brigitte RAIMONDO | 11.07.2009

 

Chère Brigitte, 

Je suis très triste pour vous. Vous vous retrouvez seule juste à cette période très douloureuse du premier anniversaire (moi, je dis "amorversaire") de votre fils décédé. C'est quelques jours infiniment douloureux car le drame qui est arrivé il y a un an, la mort de Cédric, est inscrit dans chaque cellule de votre corps, un grand vide au niveau du ventre, un affaissement général corporel et moral avec une fatigue immense. N'hésitez pas à aller voir un médecin, à prendre de l'homéopathie, des vitamines. Allez vous ressourcer dans la nature, faites quelque chose pour votre fils comme un rituel d'adieu des "un an" : planter un petit arbre, un rosier, sur sa tombe ou en un autre lieu, lui écrire une lettre que vous pouvez brûler ou déposer sur le lieu où son corps repose. Parlez-lui dans cette lettre de votre amour, de votre détresse, de votre solitude, de l'abandon général que vous ressentez. Brigitte, cette période de la première année de deuil est vraiment dure. En 1997, quand j'ai perdu ma fille... durant la première année... un jour, je suis partie seule en montagne et j'ai fait un trois mille mètres (la croix de Belledonne) fin octobre, avec de la neige et un névé vertigineux verglacé. Il fallait que je fasse un truc comme ça, un défi à la vie, à la mort... que j'affronte les éléments de la nature, que j'appelle la force au plus profond de mon être. Là-haut, j'ai reçu ces mots de ma fille : "Maman, reste en vie." C'était très fort. Elle était partie mais je devais vivre. Votre fils Cédric pense la même chose pour vous. Vous allez ouvrir de nouvelles portes, rencontrer des personnes nouvelles, ouvrir un nouveau chapitre dans votre existence. Une nouvelle période commencera pour vous après votre anniversaire, comme un nouveau cycle. Cédric vous protège d'en haut. Prenez soin de vous, reposez-vous, prenez le temps du deuil et de vous reconstruire et vivez. Parlez aussi, appelez des numéros d'écoute. Il y a "Cap Écoute" qui est très bien. Et dans votre région, il existe aussi des groupes de parents endeuillés, comme le groupe Jonathan ou encore d'autres, qui proposent des rencontres entre parents orphelins afin de se soutenir et d'être moins seuls.
C'est important car qui peut le mieux comprendre que celui qui est passé par ce que vous vivez ? Brigitte, je vous embrasse fort et tenez bon !! 
Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 12.07.2009

 

Brigitte,

Un peu par hasard je tombe sur ce message !
Je ne sais pas si vous êtes la personne que j'ai connue ...

Dans tous les cas, votre situation doit être terrible comme tout parent qui perd un enfant. Et il n'y a pas grand chose à dire. La douleur est là et il faut laisser le temps au temps.

Courage.

Désolé de m'être "intercalé" dans votre conversation.

Bien à vous

Pierre D.

Ecrit par : Pierre | 02.08.2009

 

Ton témoignage me bouleverse, Brigitte.

Tu n'es pas responsable de la disparition de ton enfant, bien sur
il s'est trouvé dans une situation où personne ne pouvait l'entendre et il est allé jusqu'au bout.........
je sais bien ce que tu ressens, ma Sophie me manque tant
on se dit que demain on ne sera plus là, qu'on ne pourra pas, et puis, jour après jour, on lutte, pour notre entourage qui nous aime tant 
je te souhaite tout plein de courage, on ne sait jamais où on peut le trouver, mais on en a une réserve, bien cachée
je t'embrasse, et je te répondrai si tu le souhaites clairisa

Ecrit par : clairisa | 25.11.2008

02/11/2008

Ne pas laisser tomber les parents dans le deuil. Quand un enfant échappe à la protection de ses parents et disparaît à jamais. Larmes et résilience.

Mn_18a.jpgUne rivière coule et c’est l’Isère. Une enfant est tombée dedans, une petite fille nommée Kaytlin. Cela s’est passé près de chez moi, il y a un an et demi, le 22 avril 2007. Elle avait deux ans et s’est noyée. Échappée de la surveillance de ses parents, parents endeuillés à qui je pense très fort. Que tous les sapins du bord de l’Isère s’illuminent de mille guirlandes de larmes d’aurore pour cette petite fille qui s’est envolée comme un papillon vers le grand ciel immense.Mn_44.jpg

Mn_25b.jpgLes enfants sont si rapides et l’épée de Damoclès tout d’un coup s’abat sur les parents, à l’annonce du décès ou de l’accident de leur fille ou de leur fils chéri. Un enfant qui s'échappe et se fait écraser par une voiture, une fillette qui tombe de vélo, un enfant mort dans la piscine, dans la baignoire, dans une voiture exposée au soleil... un petit passager qui n’est pas attaché correctement pendant que ses parents roulent.... une chaîne autour du coup qui étrangle l'enfant, une bouteille ouverte sur un produit détergent mortel, une fenêtre ouverte quelques minutes, l’enfant monte sur la chaise... C’est ensuite le trou noir, le précipice au creux des tripes pour le papa et la maman. L’enfant disparaît dans une boîte noire avec ses rires, ses pleurs, ses regards, ses calins, ses petits mots. On referme le cercueil ou l’urne et... la solidarité doit commencer. Ne pas laisser tomber les parents dans le deuil. Les appeler au téléphone régulièrement, même s’ils s’isolent, même s’ils repoussent le monde extérieur. Supporter leurs pleurs, leur tristesse, leur colère aussi, colère normale. Comprendre la culpabilité d'être survivant... Survivre à son enfant est quelque chose d'insurmontable au début et insupportable tout au long d'une vie de parent orphelin. Leur apporter réconfort et aussi parfois à manger, surtout au début. Les accompagner au cimetière ou dans l’évocation des souvenirs de l’enfant absent à jamais. Cet enfant n’est pas parti un mois, deux mois, il est parti à jamais. C’est la déchirure d’éternité, blessure à vie, ouverte à vif.Mn_19a.jpg

Mn_30a.jpgNe jamais oublier ces parents, ni occulter leur existence. Même si ça fait mal. Une partie d’eux est morte et il sont en bascule entre deux mondes. Chacune de leurs cellules souffre et leurs larmes sont nécessaires. Ne leur reprochez jamais de laisser couler la rivière du chagrin. De toute façon l’eau coule... et la source reste. Quand ma fille Océana est partie il y a onze ans, emportée par une encéphalite foudroyante, une amie bien intentionnée m’avait secouée en me disant : “Il ne faut pas que tu pleures. Cela n’est pas bon pour ton enfant. Elle ne se sent pas libre et ne peut se dégager pour poursuivre son chemin d’âme.” Je crois au contraire que les larmes sont positives et nécessaires et que l’enfant qui meurt le sait. Et puis, les larmes n’ont jamais retenu personne car elles appartiennent à celui ou celle qui les produit.

Mn_30-1.jpgJe crois aussi que le fait d'être aidé dans cette épreuve est essentiel, je veux dire aidé aussi par un thérapeute. Aidé par l'écoute, dans l'expression verbale de sa colère et de sa culpabilité de n'avoir pas pu sauver ou protéger son enfant. Quelquefois, des parents en deuil se retrouvent sans estime de soi, effondrés sur eux-mêmes, sans projets, sans amour, vides de sens. Les encourager doucement à avancer, à retrouver un sens à leur chemin en intégrant leur enfant au plus profond de leur coeur, au plus profond d'un amour infini, moteur de résilience. 

Chloé LAROCHE

Post-scriptum : Je vous invite à aller lire mon article : "Il était une fois un couple qui pleurait la mort de leur enfant. Pour tous les parents en deuil, orphelins de leur enfant disparu. Liste d'associations de soutien et d'écoute.")

 

___________________ SUPPLIQUE à notre famille, à nos amis.

1 an, 2 ans, 5 ans, 10 ans, 20 ans... nous séparent du départ de notre enfant et nous, parents en deuil, avons besoin des autres.
Nous aimerions rencontrer de la compréhension dans notre entourage ; nous avons besoin de soutien.

Voici, tirés de la lettre des Amis Compatissants du Québec, quelques-uns de nos souhaits :

  • Nous aimerions que vous n'ayez pas de réserve à prononcer le nom de notre enfant mort, à nous parler de lui. Il a vécu, il est important encore pour nous ; nous avons besoin d'entendre son nom et de parler de lui ; alors, ne détournez pas la conversation. Cela nous serait doux, cela nous ferait sentir sa mystérieuse présence.
  • Si nous sommes émus, que les larmes nous inondent le visage quand vous évoquez son souvenir, soyez sûr que ce n'est pas parce que vous nous avez blessés. C'est sa mort qui nous fait pleurer, il nous manque ! Merci à vous de nous avoir permis de pleurer, car, chaque fois, notre cœur guérit un peu plus.
  • Nous aimerions que vous n'essayiez pas d'oublier notre enfant, d'en effacer le souvenir chez vous en éliminant sa photo, ses dessins et autres cadeaux qu'il vous a faits. Pour nous ce serait le faire mourir une seconde fois.
  • Être parent en deuil n'est pas contagieux ; ne vous éloignez pas de nous.
  • Nous aimerions que vous sachiez que la perte d'un enfant est différente de toutes les autres pertes; c'est la pire des tragédies. Ne la comparez pas à la perte d'un parent, d'un conjoint ou d'un animal.
  • Ne comptez pas que dans un an nous serons guéris ; nous ne serons jamais, ni ex-mère, ni ex-père de notre enfant décédé, ni guéri. Nous apprendrons à survivre à sa mort et à revivre malgré ou avec son absence.
  • Nous aurons des hauts et des bas. Ne croyez pas trop vite que notre deuil est fini ou au contraire que nous avons besoin de soins psychiatriques.
  • Ne nous proposez ni médicaments ni alcool ; ce ne sont que des béquilles temporaires. Le seul moyen de traverser un deuil, c'est de le vivre. Il faut accepter de souffrir avant de guérir.
  • Nous espérons que vous admettrez nos réactions physiques dans le deuil. Peut-être allons-nous prendre ou perdre un peu de poids, dormir comme une marmotte ou devenir insomniaques. Le deuil rend vulnérable, sujet aux maladies et aux accidents.
  • Sachez, aussi, que tout ce que nous faisons et que vous trouvez un peu fou est tout à fait normal pendant un deuil ; la dépression, la colère, la culpabilité, la frustration, le désespoir et la remise en question des croyances et des valeurs fondamentales sont des étapes du deuil d'un enfant. Essayez de nous accepter dans l'état où nous sommes momentanément sans vous froisser.
  • Il est normal que la mort d'un enfant remette en question nos valeurs et nos croyances. Laisse-nous remettre notre religion en question et retrouver une nouvelle harmonie avec celle-ci sans nous culpabiliser.
  • Nous aimerions que vous compreniez que le deuil transforme une personne. Nous ne serons plus celle ou celui que nous étions avant la mort de notre enfant et nous ne le serons plus jamais. Si vous attendez que nous revenions comme avant vous serez toujours frustré. Nous devenons des personnes nouvelles avec de nouvelles valeurs, de nouveaux rêves, de nouvelles aspirations et de nouvelles croyances. Nous vous en prions, efforcez-vous de refaire connaissance avec nous ; peut-être nous apprécierez-vous de nouveau ?
  • Le jour anniversaire de la naissance notre enfant et celui de son décès sont très difficiles à vivre pour nous, de même que les autres fêtes et les vacances. Nous aimerions qu'en ces occasions vous puissiez nous dire que vous pensez aussi à notre enfant. Quand nous sommes tranquilles et réservés, sachez que souvent nous pensons à lui ; alors, ne vous efforcez pas de nous divertir.
___________________________________________

Commentaires

je me trouve dans cette situation, mon fils s'est suicidé le 9 juillet 2008, et depuis je suis seule au monde, malgré que je sois en couple (ce n'est pas le papa) ma soeur après m'avoir culpabilisée ne me parle plus alors que nous étions inséparable, j'ai 2 frères qui vivent leurs vie et ne s'occupent pas de moi et j'ai ma mère qui a changé, je suis au bord du précipice au secours, une maman au désespoir.

Ecrit par : raimondo | 03.11.2008

_____________________________________ Réponse de Clairisa :

reponse à Raimondo : ton témoignage me bouleverse Raimondo tu n'es pas responsable de la disparition de ton enfant, bien sûr il s'est trouvé dans une situation où personne ne pouvait l'entendre et il est allé jusqu'au bout......... je sais bien ce que tu ressens, ma Sophie me manque tant on se dit que demain on ne sera plus là, qu'on ne pourra pas, et puis , jour après jour, on lutte, pour notre entourage qui nous aime tant je te souhaite tout plein de courage, on ne sait jamais où on peut le trouver, mais on en a une réserve, bien cachée je t'embrasse, et je te répondrai si tu le souhaites
Ecrit par : clairisa
__________________________________

merci pour cette supplique adressée à la famille...
mon Romain est parti il y a trois ans bientôt d'un maladie foudroyante à l'âge de 17 ans. ma mère m'a abandonnée le soir même du décès voulant tout diriger... qui souffrait, qui assisterait aux obsèques, qui allait m'entourer, qui passait à la maison, comment je m'habillais , comment je mangeais, alors je l'ai mise à la porte car c'était insupportable et là, toute la famille m'a lachée sur les dires de ma mère, après tout la mort d'un enfant c'est la vie il fallait que j'arrête mon "cinéma"... sans commentaire
j'ai fait bloc avec mes trois autres enfants, mes amis les vrais, avec mon compagnon ce fut l'horreur jusqu'à ce qu'il réalise que je ne vivais plus, mais survivais, je me suis sentie pelée
aujourd'hui, j'ai des personnes solides autour de moi, très aidantes, et les autres je m'en écarte
je ne respire plus comme avant, c'est fini, je vis pour mes enfants et pour qu'ils aillent bien je me force tous les matins d'paaller bien à l'extérieur
oui la vie continue mais si seulement les gens respectaient ce que l'on vit après le décès d'un enfant. le quotidien serait plus doux
courage à toutes ces mamans
ps : je suis certaine que nos enfants sont ailleurs, pas loin, en nous, partout

Ecrit par : brigitte | 15.01.2009

 

____________________ Réponse de Chloé, l'auteur de ce blog :

Brigitte, j'ai été très touchée de vous lire et de me rendre compte de cette situation que vous vivez, qui vous a arraché le coeur... et pourtant vous êtes là pour vos autres enfants, vous poursuivez votre route avec la conviction que votre fils n'est pas loin, vous arrivez à sortir et à remplir vos obligations quotidiennes. Vous êtes courageuse et je vous souhaite encore et toujours beaucoup de force, de la paix intérieure, de l'équilibre, de vous reposer aussi quand vous en ressentez le besoin, de penser à vous, de pleurer si vous en ressentez le besoin. Je vous embrasse. Sincèrement, Chloé

Ecrit par : L'auteur de ce blog | 16.01.2009


Ma fille, je t'envoie les roses de mon coeur, en ce jour où les Défunts sont honorés. Mes pensées à ceux qui sont partis et à ceux qui restent. Offrande, création et résilience.

Rz_ALASK27.jpgLa montagne vit

À travers les rochers froids

Le ciel plein d'amour

 

LA MORT EST UN ROC FIGÉ

Où COURENT LES MARMOTTES   Mn_14.jpg

 

 

_________________Haïkous de Chloé _____________________

 

La Terre est mère

Des grands fleuves orphelins

Pleurant leur enfant

 

LES PARENTS QUI NOUS PLEURENT

PEUVENT EMBRASSER LES PINS _____________________________________

 

Mn_44.jpg

________________

 

Nos coeurs arrachés

Sont près de toi sous terre

Mais tu es au Ciel

 

LES PARENTS QUI RESTENT SEULS

ONT UN PIED DANS LA TOMBE_______________

 

 

Appel de ton coeurMn_30.jpg

Trois oiseaux m'ont fait signeMn_77.jpg

Pour me dire Adieu

 

LES SIGNES DE TON ÊTRE

SONT LES AILES DES ANGES

 

__________________

 

1328905394.jpgNe restez pas là

En reste de votre vie

À mendier la mort

 

NOUS SOMMES PARTIS AU CIEL

VOUS ÊTES NOTRE TERRE ______________________________________ Mn_43.jpg 

 

Mn_43.jpgTu es mon enfant

Emportée par un virus

Vie sacrée au Ciel

 

JE SAIS QUE TU RIS AILLEURS

DANS DES BRAS CHARGÉS D'AMOUR

                                            

 

___________________________________________ Maman,

 

Les grands tournesols

Reviendront fleurir le cielMn_ANIMX034.jpg

De ta rivière

 

SE TOURNANT VERS LE SOLEIL

ILS TE DIRONT DE VIVRE

------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Mn_ALASK26.jpgDonnez-nous les clés

Signes esquimaux de vie

Banquise de mort

 

AU PÔLE NORD ILS SAVENT

QUE LES DÉFUNTS NOUS AIDENT

______________________________________

Au Tibet les gens

Sont transportés de chaleur

Pour les endeuillés

 

CEUX QUI PLEURENT SONT CHOYÉS

NOURRIS PAR L'AMOUR DES LEURS_________________Mn_ANIMAUX030.jpg

 

Mn_ANIMAUX037.jpgJette ton ancre

Dans l'encre de mon amour

Poursuis ton chemin

JE TE SUIVRAI Où TU VEUX

JUSQU'AUX MENHIRS DE L'ESPRIT

 

____________________________________________________________________

 

Mn_19.jpgPars en haute mer

Douce mère caline

Fleurs océanes

 

TU ES MON DAUPHIN CHÉRI

COUVERT DE ROSES BLANCHES___________________________________

 

À ma fille Océana, partie le 14 février 1997.

À toutes les personnes de ma famille décédées, à mes amis et amies morts, au père de mon fils parti cette année, à tous les endeuillés, aux parents orphelins.

10/10/2008

Il était une fois un couple qui pleurait la mort de leur enfant. Pour tous les parents en deuil, orphelins de leur enfant disparu. Liste d'associations de soutien et d'écoute.

Mn_4.jpg"Dire des morts : "ils ne sont plus", c'est non seulement les renier, mais se renier soi-même et peut-être renier absolument l'être parlant." Gabriel Marcel ____________________Mn_75.jpg

Bonjour à vous qui me lisez régulièrement ou bien à toi qui vient de découvrir mon blog. J'avais écrit le conte suivant après la naissance de ma fille Océana. Elle est décédée trente mois après... et ce conte m'a traversé le coeur et l'âme, alors que j'étais déchiquetée par le chagrin du départ brutal de ma fille, emportée par une encéphalite foudroyante en février 1997. Je voudrais offrir ce conte à tous les parents en deuil, à tous ceux qui ont perdu la chair de leur chair, et notamment aux parents du petit Grégory, dont l'amorversaire arrive, le 16 octobre (voir mon article dans "Hommages à des hommes et à des femmes"), ainsi qu'aux parents de Valentin, assassiné dans la rue. Je le dédie à toutes les associations d'aide et d'écoute pour les parents endeuillés : Jonathan Pierres Vivantes, Aurore, Les Amis Compatissants (Québec), Naître et Vivre, Jalmalv, Écoute Deuil.Mn_5.jpgMn_36.jpg

 

Il était une fois un couple qui pleurait la mort de leur enfant. Le Ciel leur avait repris si vite ce cadeau que la vie leur avait fait : un merveilleux petit garçon qui était né durant l’hiver et qui partit un jour de printemps.

Ils avaient l’impression d’être morts eux aussi, comme si on leur avait enlevé le fil ténu qui nous relie aux étoiles.

Or un jour, alors qu’ils méditaient tous les deux devant les couleurs du crépuscule, quelque chose est arrivé comme un espoir venu d’outre-mer, comme une étincelle sortie d’outre-tombe. Ils entendirent un chant qui disait ceci :

Mn_24.jpgJe vis la mort dans l’âme
comme la naissance
d’une âme sans vie

Je vis la mort dans l’âme
comme la souffrance
d’un coeur sans voix

Je vis la mort dans l’âme

comme l’absence

d’un amour sans espoirMn_60.jpg

Mais pourquoi mourir
lorsque l’âme vit
lorsque le coeur chante
lorsque l’amour crépite ?

C’était en réalité une libellule qui chantait, une libellule aux ailes adamantines qui s’approcha des parents éplorés et les incita à la suivre. Elle leur montra d’abord un arbre foudroyé, au milieu de la forêt ; depuis sa mort, une source coulait des racines endormies, parcourant la mousse de sa chanson joyeuse.

Mn_14.jpg

 

Puis elle les conduisit au bord d’un jeune torrent, qui mourait sous un glacier ; en fait, une rivière tumultueuse renaissait quelques mètres plus bas.

Mn_42.jpgEnfin, elle les amena à l’épave d’un bateau qui gisait au bord de la mer. A l’intérieur, ils trouvèrent une jarre emplie de pierres précieuses : il y avait des opales, des agates, des émeraudes, des turquoises, des rubis, des améthystes et des cristaux aux mille couleurs. Les ailes de la libellule devinrent irisées du chant de toutes ces pierres ; ce chant exprimait à lui seul tout l’amour et toute l’espérance que l’Humanité entière recherche depuis toujours en une histoire sans fin.

Les parents endeuillés comprirent que l’arbre foudroyé, le torrent englouti et le bateau naufragé n’étaient pas morts ; chacun avait donné vie à quelque chose de plus grand que lui, où lui-même vivait encore, par-delà le mur blanc d’un pays inconnu. Le mur blanc peut être un éclair, un glacier ou une banquise... Il est toujours un passage, celui de la mort... et l’enfant mort qui passe donne vie à l’Espoir.Mn_69.jpg

Les deux parents solitaires emplirent leurs mains et leurs coeurs de mille pierres précieuses et amoureuses d’arc-en-ciel... et ils les portèrent aux enfants de toutes les couleurs qui chantent la vie sur la Terre entière.

Mn_22.jpgChloé Laroche
Mn_49.jpg
Mn_12.jpg
____________________________ ASSOCIATIONS où LES PARENTS EN DEUIL 
PEUVENT TROUVER DE L’AIDE (liste donnée par l'association "Apprivoiser l'Absence"  :
www.apprivoiserlabsence.com / mise à jour en janvier 2007) 

 

 

25. Doubs 

- Association Présence, Ecoute, Accompagnement, JALMALV Haut-Doubs, 2, rue Charles 

Brugger, 25500 MORTEAU. Tel : 03 81 67 17 13 

 

29. Finistère 

- Association Parentel, 4, rue Colonel Fonferrier. 29200 BREST. Tel : 02 98 43 62 51 - Fax : 

02 98 43 63 12 (également Morlaix). QUIMPER : 02 98 53 73 72 

 

33. Gironde 

- Association Pallia Plus, Maison de santé des Dames du Calvaire, 30, rue Kléber. 33200 

BORDEAUX CAUDERAN. Tel : 05 56 08 24 68 - Fax : 05 57 22 25 58 

www.pallianet.org palliaplus@pallianet.org 

 

38. Isère 

- Association Locomotive (enfants atteints de cancer). Groupe Aurore pour parents en 

deuil, 2, rue Sainte Ursule. 38000 GRENOBLE. Tel : 04 76 54 17 00 

www.locomotive.asso.fr contact@locomotive.asso.fr 

 

- Ecoute Deuil, 18, Rue Chenoise. 38000 GRENOBLE. Tel : 04 76 03 13 11 

www.ecoutedeuil.fr 

 

42. Haute-Loire 

- G.E.R.M.E (Groupe d’écoute après la mort de son enfant), 24, rue Antoine Durafour. 

42100 SAINT ETIENNE. Tel : 04 77 47 96 98 - Fax : 04 77 51 43 51 

 

49. Maine-et-Loire 

- Soleil A.F.E.L.T (Association des familles et amis des enfants atteints de leucémie et 

tumeurs malignes) Groupe Paroles sous les étoiles pour parents en deuil, 36, rue Raphaël 

Fumet. 49130 SAINTE GEMMES SUR LOIRE. Tel : 02 41 66 24 31 

 

51. Marne 

- Sous l’égide de JALMALV, 51, rue de la Briqueterie. 52100 REIMS, Tel : 03 26 86 42 47, 

un groupe inter-associatif organise des groupes d’entraide pour les parents en deuil : 

Roseau (Aide aux enfants atteints de leucémie ou cancer), contact : Dominique 

Chocq, BP 20-64. 51072 REIMS CEDEX. 

Tel : 03 26 07 41 11 ou 03 26 88 32 41 (domicile) 

 

AFM (Association Française Myopathie). Contact : André d’Oliveira, 22, rue 

Raphaël. 51100 REIMS. Tel : 03 26 09 18 61 

 

Naître et Vivre (Mort subite et inexpliquée du nourrisson) Contact : Sophie 

Chauvet, 19, rue Jobert Lucas. 51100 REIMS. Tel : 03 26 09 51 86 

 

56 MORBIHAN 

Apprivoiser l’Absence 

- Antenne de Vannes : Claire DISDERO, 43 rue Richemont. 56000 Vannes 

Tél. : 02 97 40 67 32 courriel : contactvannes@apprivoiserlabsence.com 

 

59. Nord 

- Vivre Son Deuil Nord-Pas-de-Calais, Home des infirmières, 5, avenue Oscar Lambret. 

59037 LILLE. Tel : 03 20 88 73 46 - Fax : 03 20 88 73 47 

vivresondeuil.59.62@club-internet.fr 

 

Commission Deuil Périnatal, courriel : nostoutpetits@aol.com 

 

79. Deux-Sèvres 

- Souvenir, Amitié, Solidarité, Palais des Congrès (siège social), 

Madame Andrée Néau, Résidence Leferon, Apt 75. 79200 PARTHENAY 

Tel : 05 49 72 65 99 ou 05 49 94 02 73 

 

PARIS et Ile de France 

 

75. Paris 

- AGAPA (accueil des personnes ayant perdu un enfant à la naissance ou ayant vécu une 

interruption de grossesse (accidentelle, volontaire ou médicale) – accompagnement 

individuel ou en groupe), 42 rue Saint Lambert. 75015 PARIS (antennes en province). 

Tél : 01.40.45.06.36 - Fax : 01.40.45.06.36 

agapa.ass@wanadoo.fr 

 

- Association Apprivoiser l’Absence (Aide aux parents en deuil d’un ou plusieurs enfants) 

4 place de Valois 75001  PARIS Tel : 01 60 14 35 73 

www.apprivoiserlabsence.com    

 courriel :  mail@apprivoiserlabsence.com 

 

- Association Nationale Naître et Vivre, (Association de parents et professionnels pour 

l’étude et la prévention de la Mort Subite du Nourrisson (MSN) et l’accompagnement des 

parents en deuil d’un tout-petit quelle que soit la cause, y compris le deuil pendant la grossesse) 

5, rue La Pérouse. 75116 PARIS (5 antennes dans les régions). 

Tel : 01 47 23 05 08 

www.naitre-et-vivre.org  

courriel : contact@naitre-et-vivre.org 

 

- Association Nationale Jonathan Pierres Vivantes (parents en deuil ; antennes en 

province), 61, rue de la Verrerie. 75004 PARIS. Tel : 01 42 96 36 51 - Fax : 01 42 96 36 52 

www.anjpv.asso.fr 

courriel :  anjpv@anjpv.asso.fr 

 

- Association Sauve qui veut (écoute téléphonique au niveau national suite la noyade d’un enfant). Tel : 01 42 29 47 53 

www.sauvequiveut.asso.fr  

courriel : perouemefamili@aol.com 

 

- Fédération Européenne Vivre son Deuil, 7, rue Taylor. 75010 PARIS, (antennes en 

province et en Suisse) 

Tel : 01 42 38 07 08 (secrétariat), 01 42 38 08 08 (ligne écoute) - Fax : 01 42 38 08 88 

www.vivresondeuil.asso.fr 

courriel :  vivresondeuil@vivresondeuil.asso.fr 

 

- Fondation Anne Cellier contre l’insécurité routière, 125, avenue Malakoff. 75116 PARIS. 

Tel : 01 45 00 95 35 - Fax : 01 45 00 58 18 

 

- JALMALV, 132, rue du Faubourg Saint-Denis, 75010 PARIS (antennes en province). 

Tel : 01 40 35 17 42 - Fax : 01 40 35 14 05 

www.jalmalv.fr 

 

- Jumeaux et plus (entraide des parents qui vivent une naissance multiple et soutien 

parents en deuil d’un enfant jumeau), 2 rue Henri Ranvier. 75011 PARIS. 

Tel : 01 43 70 03 31 courriel : infos@jumeauxetplus-paris.com 

 

- Ligue contre la Violence Routière, 15, rue Jobbé-Duval. 75015 PARIS (antennes en 

province). Tel : 01 45 32 91 00 et 0871 24 19 68 - Fax : 01 45 32 91 01 

www.violenceroutiere.org 

 secretariat@violenceroutiere.org 

lcvr.paris@wanadoo.fr 

 

- Phare Enfants-Parents (suicide des jeunes), 5, rue Guillaumot. 75012 PARIS (antennes en 

province). Tel : 01 42 65 55 55. N° Azur : 0810 810 987 - Fax : 01 42 66 50 99 

www.phare.org 

courriel :  vivre@phare.org 

 

- Unité François-Xavier Bagnoud - Fondation Croix-Saint-Simon. 

125, rue d’Avron ; 75960 PARIS CEDEX 20. Tel : 01 44 64 43 50 - Fax : 01 44 64 43 51 

www.croix-saint-simon.org/deuil-fxb 

courriel :  fxb@croix-saint-simon.org 

 

77.Seine-et-Marne 

- UPECET (Un pont entre ciel et terre). Mairie de provins, BP200. 77487. PROVINS Cedex. 

Tel : 01 64 00 55 97 

site et forum : http://upecet.free.fr msn : upecet@hotmail.fr 

courriel : upecet@free.fr 

 

78. Yvelines 

- Lait sans ciel (deuil périnatal). Chantal HAUSSAIRE-NIQUET. 74 rue de la Fontaine. 78670 

VILLEUNEUVE-SUR-SEINE 

Tél : 06.81.25.85.43 

haussaire-niquet@wanadoo.fr 

 

92. Hauts de Seine 

- APEV (Association Aide aux Parents d’Enfants Victimes), 3, rue Edouard Branly. 92130 

ISSY-LES-MOULINEAUX. Tel /Fax : 01 46 48 35 94 

www.apev.org  

courriel : apev@apev.org 

 

L’association pour parents en deuil : The Compassionate Friends, édite une lettre régulière 

à l’intention des parents en deuil et possède des antennes aux Etats-Unis et dans le 

Royaume Uni. 

http://www.tcf.org.uk     

courriel :  webmaster@tcf.org.uk 

 

Pour tout renseignement bibliographique, contacter le Centre National de Ressources 

François-Xavier Bagnoud, Fondation Croix-Saint-Simon, 

125, rue d’Avron. 75960 PARIS CEDEX 20. Tel : 01 44 64 43 53 - Fax : 01 44 64 43 51 

www.cdrnfxb.org/index-php     

courriel :  cdrnfxb@croix-saint-simon.org Mn_4.jpg

 

 

 

03/06/2008

Des enfants arrachés à la vie. Leurs parents pleurent. Dédié par Chloé aux parents des enfants accidentés en Haute-Savoie et à tous les parents en deuil. À toi qui est désespéré et qui pense au suicide.

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Ce soir, je pense aux parents des sept enfants décédés hier en Haute-Savoie, tués dans un car percuté par un train. Je leur envoie toutes mes pensées et ma compassion. Mon coeur de maman orpheline sait l’enfer qui s’est emparé de la vie de ces familles et combien l’horreur de la déchirure est incommensurable. Six cercueils étaient rangés aujourd’hui en étoile dans la chapelle ardente et les étoiles pleurent des larmes de sang. Ces enfants ne rieront plus et n’embrasseront plus leurs parents. Ceux-ci sont privés à jamais de la tendresse et de l’affection partagées avec leur enfant. Ils devront vivre avec cette croix portée, ce grand vide au fond des tripes, et apprendre à avancer malgré tout et à vivre encore et encore... dans la survivance des parents orphelins.

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Je pense ce soir aussi aux six enfants décédés dans le drame du Drac en Isère ainsi qu’aux familles de ces noyés de sept ans. J’étais allée dans leur classe avec mon violon, après le drame du 4 décembre 1995, pour amener par la musique du baume et des sourires, mais c’est difficile pour les survivants de se dire qu'on est toujours là et pas les autres. C'est si difficile pour l'enfant qui a tenté d’aider son camarade en lui tendant la main... de l’avoir vu se noyer et s'éloigner à jamais. J’ai malgré tout trouvé, quelques semaines après le drame, des enfants courageux et tirés vers le haut par la vie qui continue. Les enfants ont l'énergie de se battre pour survivre au pire et pour apprendre la résilience de savoir avancer avec les peines et les larmes intérieures.

La vie a basculé pour des dizaines de familles, pour des centaines de familles dans le monde, pour des milliers... qui ont perdu un enfant. Que leurs proches soient près de ces personnes.


Chloé



DES PARENTS PLEURENT_________________________


Dédié aux parents qui ont perdu leur enfant, aux parents du groupe de soutien “Aurore”, de “Jonathan-Pierres Vivantes”, d'Écoute Deuil” de Grenoble, de “l’Espérance Stella” ainsi que de l'association “Noël”.


Je connais une mère qui pleure
Elle va au cimetière sur une tombe
Une partie d’elle-même est là
Ensevelie sous la terre
Et cette mère pleure

Je connais un père qui souffre
Il vit la déchirure de la mort
Certains lui disent que son enfant
Sa fille est partie là-bas
Et qu’il ne faut pas verser de larmes

Je connais leur déchirure
Le sentiment d’être amputée
D’être vide au coeur du ventre
Révoltée au fond des tripes
Envie parfois de tout recommencer

Je connais leur cauchemar
L’impression de vivre un rêve
Une illusion terrible de laquelle
Va revenir notre enfant chéri
La mort est définitive dans l’absence

Je connais une mère qui rit
Mais qui s’en veut de pouvoir encore
Produire des sons de joie insolents
Devant le drame quotidien qu’elle vit
Dans ses cellules écartelées

Je connais un père qui travaille
Mais les images de sa fille le hantent
Il s’accroche à la vie comme à la falaise
En demandant aux anges de le tenir
Assez fermement pour ne pas sombrer

Je connais un athlète handicapé
Il s’appelle Riad et se bat pour le sport
Comme nous il est amputé à vie
Chez les parents orphelins ça ne se voit pas
Mais le handicap coule dans nos veines

Je connais Aristide et Béatrice
Couple d’handicapés qui donne l’espoir
Ils se sont rencontrés dans l’eau
Ils ont eu des enfants et s’aiment
Elle nage et croit à son meilleur

Je connais un chanteur aveugle
Il s’appelle Gilbert et rayonne
Il me donne l’envie de vivre
Malgré le choc du deuil enraciné
Je poursuis ce que tu m’as donné

Ce que tu m’as donné, ma fille
C’est la vie qui s’ouvre sur l’inconnu
C’est le don d’être maman à jamais entre Ciel et Terre
C’est ton rire qui résonne toujours en moi
Et tes bras autour de mon cou qui vivent à jamais

Ce que vous me donnez
À vous qui vous battez
Pour l’handisport
C’est la fureur de vie
Où nous nous retrouvons

Ce que les parents orphelins
Apportent aux autres
C’est la constance intérieure
De ceux qui s’accrochent
Désespérément

Ne leur dites jamais de ne pas pleurer
Personne ne dit à un handicapé qu’il ne l’est pas
Son fauteuil se voit
Pas la tombe de notre enfant
Ni l’urne qui dort dans sa chambre

Ce que toi tu peux faire
C’est nous parler des arbres
De la terre et des roses
Du silence où les mots chantent
De sa vie dans la nôtre


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PLAIDOYER POUR TOI QUI EN AS MARRE___________
à toi qui souffres tant que tu as des idées noires



Je pense que nombre de personnes qui cherchent à se suicider ne veulent pas mourir, mais seulement se reposer... reposer dans la paix. La vie les fatigue et ils ont besoin de calme, de paix, de repos total. Alors ils fuient et mettent leur âme au “repos”.

Au lieu de cela, au lieu de chercher à mourir, ils devraient partir. Partir un jour, deux jours. Car partir, c’est mourir un peu. Partir, c’est reposer sa vie, son esprit, changer de cadre, avoir une optique différente sur soi, sur les autres.

Au lieu de chercher à mourir, ils devraient écrire, car écrire, c’est déposer sur le papier le poids de la vie. Ils pourraient alors prendre une feuille et tout dire. Tout jeter. Tout balancer en mots. Se décharger de tout. Et puis placer cette feuille emplie de maux dans un récipient empli d’eau. Admirer ensuite l’encre qui s’en va lentement, en diluant la souffrance.

Les mots se défont, entraînant les maux dans l’eau de la vie. L’eau est mémoire et elle se souvient. Les scientifiques eux-mêmes ont découvert cela. L’eau est une amie à qui on peut tout confier, tout dire sans jamais parler à personne de ses secrets et de ses souffrances. L’eau gardera à jamais nos secrets tout en nous aidant peut-être par là même à trouver une solution secrète à nos aspirations profondes.

Je me souviens d’un couple qui ayant perdu leur enfant construisait chaque année pour son anniversaire un bateau en papier avec mille mots d’amour écrits dessus et des petits coeurs dessinés avec tendresse. Ils emmenaient ce bateau sur un cours d’eau et le regardaient partir sur la rivière vers leur petit ange.

Bien sûr, il y aura toujours des gens bien-pensants pour dire qu’ils sont fous, mais les gens bien-pensants ont souvent peur en eux-même des forces de la vie, de la nature et de l’amour.

Si tout était lisse comme un lac sans vague dans le coeur humain, il n’y aurait plus rien à dire, plus rien à penser ni à panser ? Nous serions tous des bien-pensants, avec des vies plates, bien rangées, bien casées, bien identiques. Nous jouerions tous la même note... Il n’y aurait plus d’harmonie, plus de révolutions, plus d’évolutions et la symphonie s’effondrerait.


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________RÉALITÉ POSTHUME_________________ Je dédie ce poème à Chantal Favet, qui s’est jetée dans l’Isère durant l’été 1996, et à feu Philippe Réal, que j’étais allée voir à l’hôpital après sa première tentative de suicide





Lorsque Dalida s’est tuée
J’ai pleuré
Car j’ai vu un cygne s’envoler
Le coeur plein de larmes
Vers un Au-delà bouleversé
Tremblement de terre
Des roses piquées dans leurs pétales


Lorsque Bérégovoy s’est tué
Elle a pleuré
Et sur ses joues ridées
J’ai vu les larmes
Se changer en mouettes
Ma Grand-mère portait le voile
Des bateaux déshonorés


Lorsque Philippe s’est tué
Nous nous sommes tus
La réalité assassine
Lorsque les rêves sont trop forts
Oui jusqu’au bout de mes prières
Je serai près de toi, de vous
Jusqu’à la rive dernière


Mais je vous en supplie
Empêchez-les de vous rejoindre
Ceux qui veulent mourir
Dites-leur qu’il n’y a pas de place
Sur l’arbre mort des vies perdues
Dites-leur que les plus belles fleurs
Poussent sur le chemin de la vie présente


Dites-leur les souffrances
Du barrage construit
Sur une rivière en crue
Flux de larmes trop abondantes
Dites-leur que la solution
N’est pas de couper l’arbre
Mais de sauver les branches


Oh dites-leur le soleil explosé
Des cellules de vos corps
Écartelés de regrets
Devant les sentiers possibles
De l’avenir caché
Dites-leur l’espoir des inconnues
Solutions d’une équation sacrée


Surtout dites-leur
Que la fuite est terrible
Pour ceux qui restent
Impuissants d’amour
Devant l’acte définitif
Dites-leur qu’on revient toujours
Là où on s’est brisé le tronc


Oui dites-le leur... que
l’heure n’est pas encore venue
pour eux.


Chloé Laroche


(Ces poèmes sont extraits de mon ouvrage :
“Soleil d’amour Soleil de colère”, livre épuisé aujourd’hui).

25/05/2008

Lettres à ma fille au Ciel, lettres au Christ, au Soleil et à Marie (1997). Offertes pour tous les parents orphelins en deuil de leur enfant en ce jour de la Fête des Mamans.

PRÉCISION : Les écrits donnés ici ont été édités en 1998 dans l’ouvrage de Chloé “Les Semences de l’Après-Vie” (ouvrage épuisé introuvable) sous l’ISBN : 2-84424-000-3 (Éditions L’ÂME DU CIEL & L’ATELIER). Les écrits donnés sur l’ensemble de ce blog sont protégés mais peuvent être cités en donnant les références et avec l’autorisation de l’auteur Chloé Laroche (chloe.email@laposte.net)___________________________________________________________________________________________________________
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LETTRES à ma fille au Ciel,
lettres au Christ, au Soleil et à Marie____________ 730667945.jpg

______________________________________ Ces lettres sont écrites dans un esprit d’universalisme où j’aborde chacune des fois (“foi” au singulier) du monde, avec le respect dû à chacune et avec l’idée que le Créateur est le même pour tous, comme le soleil brille sur tous les pays______________________440065165.jpg



LETTRE UNE
à ma fille OCÉANA

(16 Mars 1997 et terminée le 2 Mars 1998)



Mon Enfant de Lumière,
Mon Bébé, ma chair déchirée d’éternité,


Va sur ton chemin et sois confiante. Maman est là... pas comme avant, mais je suis là. N’aie pas d’inquiétude devant mes larmes : j’ai tellement confiance en Dieu et en ceux qui t’accueillent dans l’autre monde !

Aujourd’hui quelqu’un m’a parlé de toi mais cette personne était tellement bouleversée qu’elle m’a dit avoir perçu une âme d’enfant égarée et perdue, ne sachant vers quelle lumière aller... et que c’était peut-être toi !? Je lui ai répondu que ce n’était pas possible, que lorsqu’un enfant s’en va dans l’autre monde, il est forcément accueilli et que là-haut on prépare son arrivée...

Finalement je l’ai rassuré, moi ta petite maman pleine d’inquiétude pour toi là-bas sans moi ! Je voudrais pouvoir venir te rejoindre mais je ne peux pas encore partir... sauf si Dieu, notre Père à toutes les deux, le veut bien.

Tout à l’heure, je suis tombée, en ouvrant la télévision, sur la fin du film : “Le petit prince a dit” ; c’est un film que j’avais vu il y a longtemps et qui m’avait beaucoup touchée ; il raconte l’histoire d’une petite fille très malade, Violette, et montre tout l’espoir que ses parents veulent garder. Ce soir, je n’ai vu que les derniers instants du film : le papa de l’enfant malade retrouve le chien de Violette, perdu dehors... La petite fille repose sur son lit, attendant le sommeil de la nuit ; elle prononce ces derniers mots : “Bonne nuit, Papa !” puis elle ferme les yeux. Ensuite, la lumière illumine son visage figé par la mort ; son père étrangle un oreiller...

Ce soir, je voudrais te dire que ton père, Pascal, t’a aimée ; il t’a vu naître, il a été heureux d’être ton Papa, il t’a promenée... Dans les orages et les tornades de notre histoire, dans le coeur de ta Maman qui a quitté le bâteau en détresse lorsque tu avais trois mois mais qui a toujours gardé une ancre pour toi et ton père, dans nos deux coeurs de parents aujourd’hui désespérés... ces trois mots silencieux résonnent : “Bonne nuit, Papa !” Car tu aimais ton Papa et tu l’aimes pour toujours là-haut au Ciel.

Tu es partie si vite... en énumérant, trois jours avant ton décès, tous les noms comme pour nous dire au revoir... Maman, Papa, Fafa, Mémé, Papi ; nous ne pouvions imaginer que tu allais nous quitter si vite, emportée par un virus qui nous a tous foudroyés ; tu avais seulement la grippe et c’est une encéphalite-méningite qui t’a arrachée à nous en vingt-quatre heures à peine ; tu es tombée dans un coma profond, le jour de ton admission aux Urgences, et le lendemain matin, le 14 février, les médecins nous annoncaient qu’il n’y avait aucune chance possible de te sauver ; le virus était là, terrible, inexorable, criminel, foudroyant.

Nous étions hébétés, incapables d’imaginer que tu nous avais quittés ; les médecins ont accepté avec compassion de nous laisser jusqu’au lendemain près de toi, avant de débrancher les appareils ; nous t’avons beaucoup parlé et nous espérions encore. D’autres enfants étaient morts dans les mêmes conditions, sans que les médecins puissent les sauver, à différents stades du virus, mais nous ne le savions pas encore ; un garçon de quatorze ans avait été admis quelques jours avant toi et n’avait pu être sauvé ; en Irlande, cet hiver, une jeune fille de dix-neuf ans, proche d’une de mes amies, est partie aussi soudainement.

Le lendemain, samedi 15, les médecins nous ont reparlé de débrancher les appareils reliant encore notre fille à la vie, en nous expliquant qu’elle se trouvait en état de “coma dépassé” et que son cerveau était détruit par un virus impossible à soigner encore à notre époque. Quelques heures plus tard, ils débranchèrent... Nous étions secoués, en état de choc... La foudre s’abattait sur nous. Tu étais morte, ton coeur ne battait plus... Nous étions anesthésiés par la douleur. Je t’ai dit de te sentir libre et d’aller vers la Lumière pour poursuivre ton chemin de grande âme ; je t’ai dit aussi que nous t’aimerons toujours ; j’ai peigné une dernière fois tes cheveux et t’ai habillée pour l’ultime voyage. Comment survivre à un déchirement aussi cruel sinon par une abnégation totale, un renoncement à nous-mêmes et un don sans retour de l’ange à l’humanité...

Tu ne disais pas encore : “Bonne nuit, Papa !”. Au moment de t’endormir, tu réclamais des calins, et tu disais : “Papa” ou “Maman”... puis tu réclamais ton Bébé, ton nounours et ton chien. Tu disais : “Au ‘voir”... Tu aimais bien les bisous de Maman et je te disais souvent : “Je t’aime !”, en t’embrassant bien fort...

Tu aurais bientôt dit : “Bonne nuit, Papa !” ou “Bonne nuit, Maman !”... Tu serais bientôt allée à l’Ecole Maternelle ; tu aurais fait beaucoup de choses auxquelles on avait pensé, ton père et moi, mais tu es partie, parce que tu devais partir.

Ne t’inquiète pas, nous nous retrouverons. Je t’aime, mon Bébé ; tu me manques tellement... Va vers la Lumière du Christ, de Saint Joseph et de Marie, dont tu aimais tant toucher les images.

Ne t’inquiète pas pour ma souffrance... Elle est normale. Un jour, il y a treize ans, mes parents sont partis vivre dans une île des Dom-Tom. Mon frère cadet Enée avait dix-sept ans et j’en avais dix-huit ; nous sommes restés tous les deux en France pour nos études. Je me souviens combien j’ai pleuré sur le quai de la gare de Grenoble, car ils partaient à douze mille kilomètres de là, pour ne revenir que dans trois ans. Mes petits frère et soeur s’en allaient avec eux ; ça a été un déchirement véritable ! La mort ressemble à cela... car la mort est séparation ; elle est, hélas, séparation définitive avec le défunt... terrible séparation physique durant toute la vie de ceux qui restent sur la Terre.

Mon Bébé, depuis que tu es partie dans l’autre monde, je fais de terribles cauchemars ; dans l’un d’eux, tu étais dans un train que je ne pouvais retenir et qui partait pour ne plus revenir. C’est horrible de savoir, d’accepter que je ne te reverrai jamais sur cette Terre... Tu as pris un train sans retour... Personne ne peut imaginer le déchirement intérieur, dans les tripes... d’une maman ou d’un papa qui perd son enfant ! Personne, sauf ceux-là...

Je ne veux plus penser à ce train, à toi dans le cercueil... Je veux penser comme Christian Bobin qui écrit à son amie Ghislaine, décédée à l’âge de quarante-quatre ans, dans son livre “La plus que vive” (Ed. Gallimard, 1996) : “Je n’ai aucun doute sur le lieu où tu es réellement : tu es cachée dans le coeur des roses rouges. Lorsque je vais au cimetière, je regarde ta tombe, (...) je me dis que tu es là à deux mètres sous mes pieds, (...) et je ne crois pas ce que je pense, et ça vient d’un seul coup, ça vient lorsque je me retourne, c’est là que je te vois, dans l’amplitude et l’ouvert du paysage, dans la beauté sans partage de la terre et du grand ciel, toi partout à l’horizon, c’est en tournant le dos à ta tombe que je te vois.” J’ai commencé cette lettre il y a un an ; aujourd’hui, je la termine avec ce texte de Christian Bobin ; tant de choses m’ont aidée depuis douze mois, tant de personnes et de lieux... comme la Salette où je suis allée me réfugier pour la “date anniversaire” des un an après ton départ dans l’Au-delà ; j’étais si mal ; je ne voulais voir personne ; il y avait comme un gouffre à l’intérieur de moi, de douleur et de révolte insupportable ; j’ai pris ma voiture et je suis partie me réfugier près de la Vierge qui est apparue en cet endroit immaculé de neige ; à mon retour, une maman orpheline comme moi m’a appris qu’elle avait fait la même chose que moi pour la date anniversaire de la mort de son enfant ! Que tous les parents qui ont perdu un enfant puissent trouver refuge en Marie... car elle sait combien ils souffrent : elle a été traversée par le même glaive de douleur ! Alors que tu n’avais qu’un mois, Océana, nous t’avions emmenée en pélerinage à la Salette, ton père et moi, dans ce lieu béni par la Vierge, à deux mille mètres de prières tournées vers le Ciel, lieu de Bleu où tu vis désormais.


_____________LETTRE DEUX
à MA FILLE

(19 Mars 1997)



“Le plus haut degré de l’Espérance, c’est le désespoir surmonté,
comme tout au bout de la nuit on rencontre une nouvelle aurore.”
Georges Bernanos1223106545.gif


Nana Chérie,

C’était début Mars. Avec Fafa, nous sommes allés au cimetière, sur ta tombe. C’est très difficile car je sais que tu es vivante dans un autre monde, que tu es vivante dans mon amour... et ton corps est là, sous la terre. En une seconde je te revois au funérarium et puis au moment des scélés définitifs du cercueil. Je te vois dedans, je me vois t’embrasser... Ce n’est pas possible, ce n’est pas moi, ce n’est pas nous, c’est un cauchemar...

C’est trop dûr, trop dûr ! Ne plus revoir tes cils, tes sourcils, tes cheveux, ta bouche, tes yeux vivants... J’ai mis des baisers sur ton front froid, sur tes joues. J’ai scellé dans mon coeur tous les moments de bonheur, mon Amour pour toi... et je sais que tu n’es pas au cimetière.Tu vis ailleurs... mais je voudrais pouvoir creuser la terre, ouvrir ton cercueil et voir ton sourire ressusciter à la Vie.

Ce jour-là du mois de Mars, avec Fafa, nous étions seuls sur ta tombe ; tout à coup, mon regard a été attiré par une maison miniature faite de bois et de mousse, sans toit, avec une porte ouverte d’un côté et une porte fermée de l’autre côté... J’ai pris cette maison posée sur les graviers du cimetière, aux portes de l’Invisible, et je l’ai posée sur la croix de ta tombe, en attendant de l’emmener avec moi ; soudain, un oiseau est arrivé et s’est glissé derrière la croix. De là où j’étais, je voyais ses yeux, bordés de jaune, qui me regardaient ; il m’a longuement regardée, longtemps ; puis d’un jet il s’est envolé avec un grand cri, me laissant un regard d’adieu qui a traversé mon âme comme si les yeux de Dieu m’avaient emplie d’espérance.

Lorsque tu étais bébé, je t’ai emmenée plusieurs fois dans une maison pleine d’amour, au toit ouvert sur le ciel : la ferme de Marthe Robin ; cette femme est une grande mystique chrétienne, décédée en février 1981 dans la Drôme, près de Châteauneuf-de-Galaure ; elle a vécu dans sa ferme comme une carmélite, acceptant comme unique nourriture quotidienne l’hostie du Seigneur, ceci durant cinquante années ! Je t’ai emmenée à plusieurs reprises en cet endroit ; en effet les âmes pélerines peuvent venir se recueillir dans sa chambre... figée comme une fleur immortelle par la sainteté de cette missionnaire de l’Esprit ; je te plaçais à chaque fois sur son lit afin que tu sois protégée et couverte de grâces divines.

Nous étions allés chez Marthe fin janvier, Fafa et moi, trois semaines avant ton décès ; nous avions beaucoup prié puis nous étions descendus au Foyer de Charité que Marthe a créé à Châteauneuf-de-Galaure, comme elle en a créés depuis son lit des centaines dans le monde entier ; ce jour-là, j’ai été attirée, dans la petite librairie du Foyer, par l’histoire d’une petite fille, Anne de Grignan, décédée à l’âge de dix ans d’une maladie... Elle était un exemple d’amour et de charité envers les autres ; elle avait demandé à faire sa première communion à l’âge de six ans ! Ce petit livre m’a interpelée et je l’ai donc acheté, pensant un jour t’en lire l’histoire... mais beaucoup plus tard. Je n’ai pas voulu te le montrer à mon retour... car, je ne sais pourquoi, j’ai pensé qu’il ne fallait pas te donner des idées de ressembler à cette petite fille partie si vite.

On croit toujours pouvoir protéger les siens de ce qui parait contrôlable... accident, maladie, désespoir, etc ! En réalité, ce petit livre était destiné à ta maman... car tu n’en as jamais vu les images ; je l’ai posé près de toi, lorsque nous avons veillé ton corps ; Marthe Robin et Anne de Grignan voulaient sûrement m’aider à admettre et accepter qu’un enfant, mon enfant, puisse quitter la Terre si vite ! Tu es si belle et je t’aime si fort, ma petite puce Océana ; je prie pour que Marie te serre tendrement pour moi dans Ses Bras de Maman.


______LETTRE TROIS
à MON ÉTOILE
(20 Mars 1997)



Mon Bébé,

Que de choses se sont passées que je voudrais te raconter. D’abord, le film : “Une petite fille particulière” que j’ai regardé à la télévision : c’est l’histoire d’une femme qui vient de perdre sa maman ; elle s’occupe d’une enfant trisomique, Annette, et cette enfant lui apporte, à ce moment-là et durant toute la période de deuil, une présence et une approche des choses différentes. Cette femme apprend ensuite de la bouche de l’homme qu’elle épousera plus tard que, chez les esquimaux, la tradition est de bien observer tous les signes qui suivent la mort d’un proche... car celui-ci nous donne ainsi les moyens de poursuivre notre propre chemin. Et cet homme lui cite un poète : “Reconnais ton étoile et suis-là ! Elle ne brille que pour toi !”

Je sais que c’est toi qui me parles à travers ces messages... parce que tu es l’étoile la plus proche de mon coeur et que tu m’envoies tellement de signes que j’attrape comme des rayons de soleil qui me font vivre et m’accrocher à l’espoir !

Ainsi, hier après-midi, j’ai regardé un instant par la fenêtre ; juste alors, est arrivée une voiture fourgonnette qui s’est garée pendant une heure en feux de détresse devant l’immeuble, en dessous de chez moi.

Sur la camionnette, qui avait un girophare rouge, était inscrit “Nickel Demeure”... “Entretien de votre monument funéraire... nettoyage, fleurissement, etc” ; au moment où je remarquai ce véhicule, étonnée et stupéfaite, une chanson de Michèle Torr est passée à la radio avec cette phrase que j’ai notée tout de suite car je savais que c’était toi qui me parlais : “Je ne te demande pas de m’offrir des fleurs tous les jours mais de faire de temps en temps un geste d’amour !”

Peu après, Fafa m’a appelée au téléphone pour me parler d’un rendez-vous possible avec Marianne Dubois, qui m’avait dédicacé il y a un an son livre : “Noces de Lumière”.

La camionnette était toujours là... L’heure tournait... et j’ai cherché cet ouvrage dans ma bibliothèque. Je l’ai ouvert au passage suivant :

“Une nouvelle naissance sera bientôt aussi importante que notre voyage ensemble, si tu acceptes de mourir à ce passé récent et si tu veux bien te laisser éclore à autre chose.”

Et puis j’ai ouvert de nouveau le livre :

“Tout au bout de ton absence, je te retrouve en moi, plus vivant(e) que jamais, éclatant(e) de lumière et de joie.”

A travers la première phrase, c’était toi qui me parlais et à travers la seconde, c’est comme si ta Maman te répondait... Comme l’auteur, Marianne Dubois, qui parle dans ce livre à la partie divine d’elle-même !

Mais je ne t’ai pas encore parlé de la tempête extrême qui me secoue depuis hier soir !... Ton phare est heureusement allumé dans ma vie et Dieu ne permet pas que je coule ! Il faut garder la tête hors de l’eau sans se noyer... ou se laisser noyer par des courants dangereux ! Les parents comme moi sont emportés dans un tourbillon et surnagent, dans le désespoir de n’avoir pu retenir la main de leur enfant. On marche en face du vent et on n’avance plus !

Mais tu es le soleil de ma vie et tu m’envoies la lumière nécessaire pour que mon radeau ne coule pas.

Je t’embrasse et te serre tendrement sur mon coeur déchiré.



_______LETTRE QUATRE
à MON PETIT ANGE

(21 Mars 1997
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Ma belle Âme,

Ce soir, Fafa m’a emmenée chez des cousins de sa famille, que je ne connaissais pas. Lorsque ce couple a appris ta mort, ils étaient en train de lire mon projet sur une éducation à la Paix par la Musique dédié aux enfants des écoles :“Un Archet pour la Paix”... Ils ont été très bouleversés, d’autant plus que la cousine de Fafa est née un an après le décès d’un petit frère de deux ans.

Le cousin de Fafa m’a parlé tout à coup d’un vieux violon qui leur servait de décoration, un violon de 1880... Il me l’a mis entre les mains, avec un archet tout neuf... L’instrument était désaccordé et les chevilles ne tendaient pas suffisamment les cordes mais j’ai joué quelques notes sur ce violon... qui était resté auparavant cinquante ans dans un grenier ! C’était très émouvant de me dire que l’âme de ce violon était là pour me donner l’envie de rejouer sur mon propre violon ; car celui-ci demeure toujours muet depuis le dernier concert que nous avons donné pour les plus démunis, au restaurant “Le 51” du Père Fréchet, sept jours avant ton départ vers l’Au-delà... ce concert où nous avons joué -violon, accordéon, guitares, percussions- et où j’ai dansé et ri avec toi !

Tu étais si heureuse et pleine de vie, ce soir-là... Nous fêtions le Carnaval... quatre jours avant Mardi Gras ! Tu étais habillée en trappeur du Canada et Maman avait un drôle de chapeau avec des clochettes et plein de couleurs... Tu me regardais jouer et tu venais te blottir contre moi, bercée par nos musiques, puis tu allais gaiement vers tous les convives, vers Laurette et Marie-Jo, les dames de ta crèche qui étaient venues nous écouter, vers Fafa et vers Noël... vers Jordann aussi, hôte du “51”.

Océana, tu nous as quittés durant la première semaine du Carême et je n’ai plus voulu m’alimenter... Aujourd’hui, je prends des aliments pour pouvoir vivre mais je n’ai pas retouché mon violon... Seules l’écriture et la nature me nourissent de sève et d’essence d’ espérance.

Le cousin de Fafa m’a donc présenté son violon et nous avons appris que leurs voisins du dessus et du dessous étaient pianistes ! Quelques instants plus tard, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire : nous avons entendu “Au Clair de la Lune”... joué sur un piano par trois fois ; on aurait dit une main d’enfant : les deux premières fois étaient frappées avec quelques erreurs de notes et la troisième était vraiment parfaite, sans tâtonnements ! Cela venait du dessus et je l’ai entendu comme une mélodie qui me parlait de toi et qui me disait :

“Petite Maman Chérie, je sais que tu me sentais un jour faire du piano mais je suis partie et cette chanson est pour toi, qui l’apprend chaque année à tes petits élèves de flûte à bec. Je t’aime et te fais de gros calins, Maman !”

Cela a été si doux à mon coeur ! C’est vrai que tu étais douée avec ton petit piano et que tu aimais souffler dans la flûte à touches ! Lorsque j’étais enceinte de toi, j’écoutais beaucoup de piano, alors que c’était une chose rare avant ton arrivée dans ma vie ! Je m’étais dit que tu serais sûrement douée pour cet instrument et puis tu avais de si longues et fines mains ! Lorsque je travaillais sur mon violon et que je jouais des morceaux, alors que nous étions seules, tu applaudissais à la fin de chaque musique et tu disais : “Encore !” avec tant de joie et de ravissement que j’en étais émue ; tu étais parfois dans ta chambre pendant que je jouais, et tu manifestais ton bonheur jusqu’à moi !

Puisses-tu, ma fille chérie, faire partie des Anges Musiciens, comme cet Ange violoniste que tu aimais tant prendre dans tes mains... au coeur de ce Monde Lumineux où tu vis aujourd’hui !


______LETTRE CINQ
à MON BÉBÉ
(22 Mars 1997)




Mon petit dauphin, Océana chérie,

Il y a quelques jours, j’ai noté cette phrase qui est exprimée à la fin d’un film extraordinaire : “Le Festin de Babette”. Cette phrase dit : “Du coeur de l’artiste s’élève un long cri vers l’Univers. Donnez-nous le moyen de donner au monde le meilleur de nous-même.” C’est une phrase magnifique que j’ai essayé de vivre à ma façon ces dernières années... en exprimant mes idées, mes cris et mes révoltes à travers mes écrits, en jouant du violon pour les enfants des écoles, les sans-abris, les personnes malades, et aussi lorsque j’ai réalisé mon tour du monde en 1991 pour rencontrer et faire chanter les enfants des écoles où je me présentais... à Tahiti, Sydney, San Francisco, Nouméa, Djakarta ; je leur parlais de Paix et d’amitié entre les peuples, à travers la musique, véritable langage sans frontière... aux mots universels.

Plus tard je t’aurais emmenée avec moi. Nous aurions pris l’avion ensemble. Nous aurions posé le pied ensemble sur le sol d’autres pays. Tu aurais joué de la musique avec moi et nous aurions chanté ensemble pour les enfants du monde, pour ceux qui sont malheureux, ceux qui sont attachés sur leur lit sans personne... comme en Roumanie, ceux qui n’ont connu que la guerre et la peur, ceux qui ont faim et ceux qui sont malades.

Avec toi dans mon coeur, je referai le tour du monde, je reverrai les sourires des enfants enchantés et mon violon les fera rire de plaisir et de joie. Avec toi, je ferai résonner mon violon dans les prisons, car les enfants sont là aussi, dans le coeur des parents déchirés et privés pour maintes raisons de voir vivre et grandir leurs enfants... Lorsque je vois, en Arizona, ces femmes enchaînées comme des forçats et privées de leurs enfants pour avoir fumé un joint, je trouve cela lamentable ! Ceci dit, je suis contre toute forme de drogue et je pense à tous les parents qui ont perdu un enfant à cause d’une over-dose ; je pense à ces parents qui voient, impuissants, leur enfant se noyer dans la cocaïne et se détruire lentement, mais si terriblement vite, en prenant des produits comme le LSD, le crack, l’ectasy, les amphétamines.

Pour en revenir à ces femmes qu’on prive de voir leurs enfants, ce traitement injuste et démesuré les mènera peut-être plus tard à des actes de révolte et d’agressivité ! Cette réflexion concerne aussi les enfants car ceux-là payeront malheureusement plus tard dans leur vie d’adulte l’incarcération abusive de leur mère.

Une chose me révolte aussi, c’est lorsqu’on enlève un enfant à sa mère parce qu’elle est trop endettée et si pauvre qu’elle ne peut plus le nourrir ; je trouve cela si triste ! On devrait plus aider les mères car elles sont fortes mais elles peuvent devenir si fragiles. Une maman peut se battre pour son enfant, elle peut travailler d’arrache-pied pour lui... mais elle peut aussi sombrer dans la dépression, elle peut ne plus supporter d’être obligée de travailler très dûr et de mettre son enfant à la crèche ou la garderie des semaines entières avec des horaires très lourds pour une maman.

Pour toi, je faisais en sorte de travailler à mi-temps afin de te prendre souvent avec moi, d’avoir le temps de jouer ensemble et de se promener. Le matin, nous étions souvent en retard à la crèche, car, avant mon travail et mes activités, j’étais si heureuse de te voir jouer dans la maison, de t’entendre et de prendre le temps de partager la Vie ensemble. Je te revois dans le jardin de la crèche, où tu aimais retrouver tes petits camarades, sur la balançoire ou dans le sable, sur un vélo aussi... J’avais remarqué depuis peu que tu pédalais très bien. Tu aurais pu pédaler au printemps dans le parc Mozart sur le vélo-tracteur que t’avait offert ta marraine Patricia. Anéantissement du futur imaginé...

Ma fille, tu continueras à vivre dans mon coeur pour reconstruire l’avenir et nous irons chanter ensemble pour tous les coeurs-colibris.



________LETTRE SIX
à MA FILLE DE LUMIÈRE

(15 Avril 1997)



Océana, grand oiseau de mon coeur,

Cela fait deux mois que tu es partie... Je suis toujours reliée à toi et tu m’envoies des signes extraordinaires. Dans mon état, infiniment sensible après ton départ, je ressens ce qui me convient, où je dois aller, ce que je dois faire... et parfois d’une façon étonnante.

Ainsi, je vais te raconter notre voyage au bord de la mer avec Fafa et notre amie Mila (tu appelais Marc et Djamila ainsi)... qui m’ont accompagnée dans cette aventure.

Nous sommes partis en voiture pour aller à Nice... voir la mer. C’était la première fois que je partais loin après ton décès, que je m’éloignais du cimetière, de ta tombe, de ta chambre, de notre lieu de vie commun... C’était aussi la veille du dimanche de Pâques !

Avant de poursuivre, il faut que je te dise que je n’arrivais pas à rentrer à la maison, après ta mort et l’enterrement... Je ne supportais pas de voir ta chambre ni ton lit, vide à jamais... Pourtant un soir, je suis rentrée chez nous sans rien dire à personne et j’ai passé la nuit dans ta chambre à prier ; j’ai allumé cette bougie-ange que j’avais amenée pour Noël et que tu aimais tant toucher ; ce soir-là, je l’ai enflammée pour la première fois et il s’est passé quelque chose : la tête de l’ange a fondu à l’intérieur seulement, laissant le visage et le tour du crâne intact. J’ai compris que cela voulait dire que le virus avait pris ton cerveau mais que tu étais vivante, devenue petit ange... J’ai compris que la présence de cet Ange n’était pas un hasard... Puis j’ai eu cette impulsion d’ ouvrir le dernier chapitre d’un des livres du Dr Murphy : “La prière guérit”... Ce chapitre parlait de la mort et notamment d’une femme qui perdit ses deux fils à la guerre ; cette femme avait eu un coup terrible en apprenant la nouvelle de leur “transition” mais elle expliquait qu’elle avait été apaisée en affirmant tranquillement : “Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants, car à ses yeux, tous sont vivants.” Elle ajoutait dans son témoignage : “Soudain, je sentis une vague de paix intérieure envahir mon coeur et tout sentiment de douleur disparut. Je sus, je sentis que mes fils étaient en vie et je ressentis leur présence pleine de tendresse. Ce fut une merveilleuse expérience.” Puis elle eut l’impulsion de prier pour eux et répèta souvent : “Dieu est avec eux et tout est bien !”

C’est ce que je fis ce soir-là ; grâce au témoignage de cette femme, j’ai pu traverser ma douleur et ressentir ta tendresse ; je me souviens avoir répété cette même phrase : “Le Créateur est avec toi et tout est bien !”

Je ne dis pas que la douleur disparut mais j’acceptais un petit peu plus l’idée que tu sois partie si loin... en essayant d’avoir Foi en Dieu et Confiance en Lui.

Je ne suis pas repartie de notre maison ; j’ai plié ton lit et, à sa place, j’ai mis ta photo, l’Ange et Marie, avec une bougie, des fleurs ; je n’ai pas enlevé tes vêtements ni tes jouets ; je ne le peux pas encore et je respecte en moi et pour toi le temps des adieux. La foi peut aider mais elle n’efface pas le chagrin ni la douleur d’une si cruelle séparation !

Pour en revenir à notre départ au bord de la mer, fin mars, j’ai beaucoup pleuré car je n’arrivais pas à partir si loin ; cependant, nous avons poursuivi notre route ; une heure après notre départ, nous nous sommes arrêtés, un peu avant le Col de Lus la Croix Haute. Il me semblait impossible de partir si loin... Je ressentais quelque chose de terrible, comme un arrachement. J’étais si mal que nous avons décidé de rentrer !

C’est alors que j’ai ressenti un appel et que j’ai proposé à Fafa et Mila de passer la nuit et le dimanche de Pâques à Notre Dame du Laus, près de Gap. Ils ont accepté, presque étonnés de ma proposition d’aller quelque part ailleurs ; la nuit était tombée et nous traversâmes toute la région du Trièves, accompagnés par la Comète de Halley-Bopp qui trônait dans un champ d’étoiles féérique... Lorsque nous sommes arrivés au Laus, lieu saint où la Vierge est apparue durant cinquante ans à une paysanne nommée Benoîte Rencurel, il était presque minuit ; je pensais trouver dans la Basilique des pélerins silencieux en attente de la Résurrection ! En fait, nous sommes arrivés juste au début de la messe... La Basilique était pleine de pélerins, de moines, de prêtres, d’enfants, d’habitants de la région et tous célèbraient Pâques !

Je me suis avancée vers un banc à moitié plein et une dame nous a tendu un cierge pascal... Le plus étonnant est que cette personne connaissait Fafa... Elle lui dit en souriant : “Ce cierge vous attendait !” et me tendit l’objet de cire.

Une petite fille était assise devant moi et me regardait souvent... Au moment des intentions, l’assemblée a prié pour les personnes en deuil et j’ai senti beaucoup de lumière et d’amour... Le monde fêtait ta résurrection en cette nuit et, avec lui, tu ressuscitais aussi, toi ma fille, au Paradis des Anges. Car la Résurrection, c’est aussi pouvoir renaître par-delà la mort, continuer à vivre dans un corps glorieux, au sein d’un autre monde... de lumière et d’amour.

On m’avait averti que Pâques est une fête difficile à passer pour les parents orphelins de leur enfant, comme Noël ; cela est vrai car on vit la crucifixion très intensément, dans sa propre chair ; je l’ai vécu ainsi car, à ta mort, je me suis sentie crucifiée, à travers les clous du cercueil fermé à jamais sur ton petit corps frêle sorti de ma chair trente mois auparavant ; et puis, la résurrection, on voudrait tellement qu’elle soit réalité dans la matière, que notre enfant revive, comme Jésus est sorti du tombeau ; il reste à comprendre que Jésus vit dans son corps de lumière.. et, avec lui, tous les morts et les défunts !



______LETTRE SEPT
au CHRIST

(Le 23 Avril 1997),
lors de mon pélerinage à Medjugorje
(en ex-Yougoslavie)




Christ,

Merci de me prendre dans tes bras avec ma fille. Merci de prendre en ton coeur tous ceux que j’aime, tous les enfants du monde, tous ceux qui souffrent et ceux qui pleurent, tous les humains qui vivent la guerre et qui attendent la Paix.

Aujourd’hui, nous sommes allés à Mostar, ville ravagée par la guerre ; le toit de la cathédrale a été détruit et se trouve actuellement, recroquevillé comme les âmes blessées de ce pays devant l’église du Père Jozo, qui s’occupe des enfants orphelins.

Avant d’arriver à Mostar, nous avons regardé dans le car la cassette du film : “Marie de Nazareth” et une phrase m’est restée, lorsque tu dis à Marie, ta Maman : “Je serai toujours ton enfant.”

Je te prie de garder la Paix à ce pays... Les immeubles détruits, les chars encore présents pour surveiller la Paix, les murs criblés de balles, les cimetières remplis de jeunes soldats morts, les toits déchiquetés... Tout cela est si terrible dans le plan de ton amour ! Donnez-leur la Paix !

Donnez aussi la Paix à l’Algérie où tant d’horreurs sont commises et répandez votre miséricorde dans tous les coeurs !

Faites que jamais plus des moines et des prêtres ne soient tués comme ces trente moines franciscains jetés dans une fosse après avoir été brûlés et assassinés par des soldats le 7 février 1945, devant l’église de Siroki Brijeg, près de Medjugorje. Hier, je suis descendue dans leur tombe et j’ai pensé aux sept moines tués en Algérie. Les guerres sont aussi terribles les unes que les autres et chacune des blessures infligées est une blessure au Coeur divin... Chacune de nos blessures est une plaie ouverte dans le Grand Esprit car il nous porte pour la vie entière, souffle donné de la naissance à notre dernière respiration.

Voici un conte “Le don de Flore”, que j’ai écrit pour l’Algérie et que je t’offre, inspiré de ma vie et de mon voyage en Algérie, à l’âge de dix-neuf ans :

Les fleurs exhalent un parfum capable de traverser notre monde pour rejoindre celui de nos morts ; elles touchent ainsi leur âme ouverte à l’amour des aimés de la Terre.

Une maman avait compris cela et plaçait devant la photo de sa fille décédée des fleurs odorantes ; elle savait que leurs parfums traversaient mille espaces pour porter son amour à son enfant chérie.

Cette mère s’appelait Flore et sa fille portait le nom d’Eglantine ; sa tombe était toujours couverte de mille fleurs, fleurs de printemps et fleurs d’hiver.

Là où se trouvait Eglantine depuis l’âge de ses trois ans, elle percevait des odeurs de courage, de force, de beauté, de douceur et tout l’amour que lui transmettait sa maman à travers les fleurs.

Un jour, alors que le soleil était caché depuis longtemps derrière les nuages et qu’il faisait froid, Flore s’était rendue malgré tout sur la tombe de sa fille ; elle lui avait apporté un joli bouquet multicolore qu’elle avait placé délicatement dans un vase.

Son coeur était lourd, ce jour-là, si lourd qu’elle n’arrivait pas à pleurer ; ses larmes restaient accrochées aux parois de son âme écorchée.

Soudain, un rayon de soleil illumina la tombe et un sourire brilla dans le visage d’Eglantine, dont la photographie irradiait la stèle ; les larmes coulèrent sur le visage de Flore, telle une rosée d’aurore aux doigts de roses.

Elle se mit à parler à haute voix : “Mon Dieu, si vous m’écoutez, prenez ma vie. Je Vous la donne en échange de la vie d’un enfant d’Algérie... pour qu’il ne soit pas tué. C’est horrible, ce qu’il se passe là-bas ! Si ma vie peut en sauver une, alors prenez-la et laissez-moi rejoindre ma fille... Je Vous laisse la décision de ma mort, brutale ou par longue maladie.”

Flore souffrait en effet au plus profond de son être de savoir qu’ en Algérie, des enfants, des femmes, des hommes innocents étaient massacrés par milliers sans que personne puisse empêcher ces crimes perpétrés par les terroristes...

Elle ne savait pas si Dieu l’écouterait mais si elle pouvait sauver un seul enfant de cette horreur, ce serait pour elle le paradis... et elle retrouverait sa fille peut-être plus vite que prévu.

Dix ans plus tôt, elle était allée en Algérie, à Blida ; elle avait fait la connaissance d’une grande famille... si hospitalière que la jeune femme aurait souhaité devenir l’une des leurs ! Une femme, notamment, l’avait prise en affection et lui avait offert un bracelet avec deux serpents d’argent qui se regardaient ; Flore avait toujours gardé ce présent comme un signe d’amitié entre leurs deux peuples, un signe de paix ; or, depuis la vague d’atrocités des crimes terroristes en Algérie, elle s’inquiétait terriblement pour cette famille de Blida et toutes les familles de ce pays... un pays meurtri et ensanglanté par les corps de ses bébés assassinés et égorgés devant les yeux de leurs propres mères !...

Ce jour-là, Dieu entendit sûrement l’offre de son don car la maman d’Eglantine se piqua à une rose ; Flore n’était pas vaccinée contre le tétanos ; elle tomba gravement malade et rejoignit sa fille au Ciel quelques jours plus tard.

On apprit peu de temps après qu’une enfant de sept ans avait été la seule rescapée d’un terrible massacre qui eut lieu en Algérie, au moment de la mort de Flore.

La maman de cette enfant remercia le Ciel de l’avoir sauvée...

On sut aussi qu’au même moment, un jeune enfant de trois ans avait survécu, seul et unique être vivant, après le crash d’un avion en Asie.

Peut-être que Flore avait sauvé deux enfants, l’un en Orient, l’autre en Occident, comme Jésus avait lui aussi souffert sur la Croix par ses deux bras écartés en acte d’amour et de don à l’Humanité.

Peut-être que sa fille, par sa propre mort et à travers le don de sa mère, avait sauvé aussi un de ces deux enfants... Dieu seul sait si la mort d’un ange peut en sauver d’autres... En tout cas, les Anges, eux, doivent sûrement le savoir !

Depuis le décès de Flore, des personnes avisées disaient que sur la tombe de la mère et de l’enfant venait un homme très âgé, au faciès asiatique, accompagné d’un vieil homme musulman... Ils apportaient à chaque fois des branches d’églantine, qu’ils déposaient de chaque côté de la sépulture de Flore et de sa fille.

Ces personnes disaient qu’ils représentaient sur la Terre les larmes des Sages descendus de la maison des pleurs qui se trouve dans l’Arc-en-Ciel.



________LETTRE HUIT
au SOLEIL

(3 Mai 1997)
écrit à Chamrousse sur le plateau de l’Arcelle



“Sois loué, Mon Seigneur, avec toutes les créatures,
Spécialement messire le frère Soleil,
Lequel fait le jour et par lui Tu nous illlumines...
Et lui, beau et rayonnant avec une grande splendeur :
De Toi, Très Haut, il est la manifestation.”

(Extrait du Cantique du Soleil de Saint-François d’Assise)




Soleil,

Voici que je m’adresse à toi. Tu es dans le ciel, immuable, immortel et intense de lumière. Tu es une création de Dieu et tu es Dieu aussi, manifestation de sa gloire.

Je viens te dire aujourd’hui que ma fille me manque cruellement. Pourquoi me l’avoir enlevée ? Pourquoi est-elle partie si vite ? Pourquoi ?

J’étais venue en cet endroit, où je t’écris en ce moment, le jour de ton éclipse du 12 Octobre 1996, pour contempler ta rencontre avec la lune et le retour à ta lumière obscurcie ; aujourd’hui, c’est une amie, Gisela, qui m’a emmenée sur le même lieu ; nous nous trouvons près d’un torrent qui descend des neiges et je t’écris, oh Soleil, près d’un arbre mort allongé de tout son long à côté de ses frères du bord de l’eau.

Donne-moi, Soleil, toute l’énergie et la force de poursuivre ma route. Je me sens si vide au fond de mes entrailles. La douleur est si vive au creux de mon âme et ma fille me manque tant, depuis deux mois et demi qu’elle est partie... Cette semaine a été terrible ; j’ai eu l’impression de mourir et j’ai vécu des symptômes d’épuisement total très fort.

Après être revenue de mon pélerinage à Medjugorje, je suis allée avec Marc sur la tombe d’Océana... et il s’est passé quelque chose d’extraordinaire : juste après notre arrivée, le jouet musical que j’avais attaché à la croix s’est déclenché tout seul ! Une musique descendait du ciel comme je n’en avais jamais entendue, très claire, très audible... Enfin deux sons ont alterné, puis un seul son, unique ! Quelques notes sont revenues et un seul son avant le silence complet !... Ce jouet musical, un petit clavier, n’avait jamais fonctionné ainsi et la mélodie entendue n’était pas une musique enregistrée au sein de l’instrument...

Nos coeurs étaient pleins de cette présence fantastique qui existe au-delà de ce qui est visible : nous savions qu’elle était là... vivante dans l’invisible ! Ma fille m’a fait un si merveilleux cadeau à mon retour de pélerinage ! Annick m’avait dit dans le car : “Tu verras, tu auras un très beau signe à ton retour, un signe qui te fera reprendre ton violon et la musique !” Ce jour-là, j’ai pris mon violon et j’ai joué l’Ave Maria de Gounod devant les photos réunies de ma fille et de Marie... Depuis, mon violon se tait de nouveau mais il rejouera un jour, je le sais...

Deux jours plus tard, je suis allée à la rencontre inter-traditions organisée par le Dalaï-Lama ; c’était à la Rochette, le 30 Avril ; toutes les religions étaient représentées afin d’établir un dialogue de paix et d’échange des pratiques sacrées en vue d’une meilleure compréhension de chacune des traditions.

Il y a eu cette phrase des Indiens Cherokee, qui m’a frappée, à propos des enfants : “Ce sont ceux-là qui vont porter nos rêves plus loin !”

Voilà pourquoi les parents orphelins ressentent une immense frustration dans leur être profond !... Oui, mais un enfant qui part va porter des graines de rêves dans toute la galaxie... Il porte les rêves de l’Humanité entière !...


Ce jour-là, une femme chaman, de Laponie, a béni l’assemblée en lançant du lait, aliment sacré dans sa tradition. Elle a dit : “Pour tous ceux présents ici, nous demandons un long chemin, une longue vie, parce que le chemin vers Dieu est long !”

Elle a dit aussi : “Qu’il n’y ait plus de mort d’enfants dans les familles.”

A ce moment-là, j’ai senti la douceur de ma fille, comme si elle me souriait de la Voie Lactée... En vérité, cette femme, en lançant le lait, a fait le geste du Créateur lorsque, d’un geste de Sa Main, il créa la Voie Lactée avec les gouttes de lait des étoiles. Elle mit de la douceur dans mon coeur et, par sa dernière prière, empêcha peut-être certains enfants de partir trop vite rejoindre les Ancêtres.

Le Dalaï-lama a conclu cette journée en parlant de la “Lumière de la Paix” qui dissipe les conflits... par une “meilleure compréhension réciproque” ; il a réaffirmé dans les consciences l’importance de la rencontre qui a eu lieu à Assise en 1986, entre notre Pape Jean-Paul II et les principaux responsables des grandes traditions.

Un moine chrétien, Thomas Merton, rencontré par le Dalaï-Lama, lui avait dit : “Un moine consacre sa vie à chercher Dieu, à chercher la Vérité. Quand il rencontre d’autres chercheurs, une connivence s’installe.”

Un représentant de la tradition pré-colombienne s’est adressé à nous ainsi : “J’aimerais que nous soyons unis. Nous sommes une seule tradition sur cette terre.”

A la fin de la rencontre, chacun des représentants des diverses traditions a allumé sa flamme autour d’un grand feu central. C’était magnifique ! Toute l’assemblée s’est donné la main et nous avons remercié le Dalaï-Lama ainsi que tous ceux qui ont organisé cette journée de partage et d’échanges extraordinaires !

Fais, Soleil, que l’éclipse que je vis dans mon coeur depuis la mort de ma fille soit déchirée par ta lumière et ta chaleur.

Fais que le voile qui assombrit mon âme soit illuminé par le soleil de mon enfant, à l’intérieur de mon être.

Fais, Soleil, que je survive en acceptant que la lune vienne obscurcir ta face.

Fais, Soleil, que tu transmettes tout mon Amour à mon Bébé et que tu deviennes l’Alchimiste de notre Vie commune.

Car nous sommes tous la Création de Dieu et Tout est Relié.


“Vole, vole
Petite flamme
Vole, vole, mon âme
Va retrouver la lumière
Mon amour”

Céline Dion





________LETTRE NEUF
à MARIE

(Mai 1997)



Vierge Marie,


Je voudrais vous remercier tous au Ciel de m’avoir donné les forces nécessaires afin de poursuivre ma route.

Je voudrais te remercier pour ce jour où Bernard, un ami, m’a emmenée en Chartreuse, après la mort d’Océana.

Il m’a d’abord conduite devant ta statue qui se trouve au-dessus de l’église de Saint-Hugues ; après m’être recueillie, je lui ai dit soudain : “Regarde, on voit d’ici la statue de la Vierge qui surplombe Saint-Pierre en Chartreuse. Nous y étions montés, ma fille et moi, avec Marc, une semaine avant qu’elle ne tombe malade.”

Je me souvins alors précisément de ce jour heureux et de cette dernière promenade avec Océana : j’avais soulevé ma fille pour lui montrer les petits anges de Notre Dame de Saint-Pierre, à travers la grille de la petite chapelle.

Après m’avoir emmenée à Saint-Hugues, Bernard m’a ensuite conduite au Monastère de la Grande Chartreuse ; il s’est garé à la Correrie et nous avons marché sur le chemin bordé d’arbres qui mène aux moines. J’étais encore faible mais j’avançais, confiante... sur les pas de Dieu.

Bernard aimait ma fille, énormément ; elle l’aimait aussi. Il savait sûrement, à travers elle, qu’en m’amenant ici, Dieu me mettrait sur une nouvelle route... et je savais, qu’à travers lui, c’est mon enfant qui me prenait par la main pour m’emmener vers “demain”.

Au moment où nous sommes arrivés aux murs du Monastère, au pied de cette montagne de prières qui jaillit du coeur des moines silencieux, un couple est descendu vers nous et nous a croisés ; l’homme et la femme tenait par la main, au milieu d’eux, une petite fille ; ils étaient suivis par une dame plus âgée...

Mon coeur s’est serré si fort devant cette petite fille, oh Vierge Marie, que Bernard a cru que j’allais craquer. Bien sûr, je pensais à ma fille, au bonheur effondré...

Mon regard s’est alors porté au pied du mur de la Grande Chartreuse et s’est posé sur un petit voile rose... où se trouvaient dessinés deux coeurs, un rameau et une fleur !

Un des deux coeurs, un peu plus gros, était entamé : c’était le mien et l’autre, entier, était celui de mon enfant partie dans l’Au-delà.

Quel cadeau immense du Ciel, en cet instant, quel morceau d’amour dans ma douleur ! Quelle preuve plus belle pouvait-on me donner ?

Je garde toujours ce voile rose avec moi et je conserve aussi en mon coeur ce regard de Dieu que nous adressa un moine, après cette découverte ; en fait, nous avons vu trois moines, ce jour-là ! C’est une grâce de les apercevoir et un regard de l’un deux est toujours un don de l’Esprit Saint.

Marie, je voudrais te remercier aussi pour la petite fille qui portait un petit dauphin bleu dans l’église de Medjugorje ; elle se trouvait juste devant moi lorsque je suis entrée pour la première fois dans cet endroit vénéré par les pélerins du monde entier ; sur son tee-shirt était inscrit “Little Sailor” : petit navigateur... Quel beau signe pour la maman d’une petite fille portant le prénom de l’Océan ! Voici la suite de ce merveilleux signe : à notre retour de pélerinage, nous avons traversé une ville très touchée par la guerre en ex-Yougoslavie, Gospich ; au coeur de la cité, le car fit un détour, se trompant momentanément de route !

Et, qu’ai-je vu alors : un immense panneau publicitaire avec un dauphin plongeant dans l’océan et un homme le rejoignant ! Au milieu des ruines d’une ville meurtrie par la guerre, au centre de mon âme abattue par le deuil de mon enfant, le dauphin représentait le symbole de la Vie qui continue... malgré la douleur et les décombres d’une mort soudaine.

Pour finir, Marie, je voudrais te remercier pour ce moment extraordinaire vécu le lundi de Pâques, à Nice, au moment où je suis allée vers la mer pour la première fois, après la mort de ma fille ; une petite fille était là, sur la plage, devant les vagues... Elle portait un anorak identique à celui que j’avais offert à Océana pour Noël, avec la même couleur de feu et les mêmes rameaux verts intérieurs !

Je suis allée parler avec sa Maman, sur le champ ; émue, elle m’a expliqué que son frère était dans le coma depuis neuf mois, à la suite d’un accident... que c’était très difficile, qu’il avait été transféré à Marseille... et qu’il avait juste 33 ans !

Deux jours plus tard, nous étions à Marseille, avec Fafa et Mila, dans ton sanctuaire de Notre Dame de la Garde, phare sacré des marins... où des centaines de bateaux ornent ta Cathédrale.

Ma fille Océana aimait chanter : “Bateau sur l’eau...” ; elle chantait souvent ce début de chanson que nous reprenions en choeur, sans que je connaisse la suite des paroles... En redescendant de Saint Pierre de Chartreuse, où nous étions quinze jours avant le décès d’Océana, comme je l’ai expliqué plus haut, j’avais pris une dame en stop ; elle a appris à ma fille, sur la route, la suite de la chanson : “Bateau sur l’eau... ma chaumière au bord de l’eau” ainsi que les mots du passeur qui demande si on veut traverser ; cela m’a fait penser par la suite au passeur des âmes : Charon, nocher dans la mythologie grecque... Cette dame prise en stop, et déposée en face d’une clinique, était peut-être un avertissement du Ciel...

Je sais pertinemment que ma fille a pris son bateau et je t’invoque, Marie, Notre Dame de la Garde, pour que tu la gardes et la protèges, tout au long de son grand voyage dans l’Au-delà. Je voudrais que tu sois le nocher de sa barque et que tu sois aussi son phare.



Marie
Devant la mer d’amour offerte à nos coeurs
Devant le manteau de feu de la vie enflammée
Devant tes larmes d’espérance
Je dépose mon âme
Mon amour déchiré et confiant
La vie après la mort de ma fille
Sa vie qui continue
Dans les vagues de l’univers
Sur l’orbite du Créateur

A jamais et pour toujours
Je serai maman
Et mes larmes salées d’océan
Rejoindront le petit dauphin
Qui parcourera nos vies
Eternellement
OCÉANA





________ADIEU À MA FILLE

(3 Mai 1997)

écrit près du Pont du Marais sur
le plateau de l’Arcelle à Chamrousse


Océana,


Près de cette eau qui descend
des neiges de la montagne

Près de trois arbres déracinés et morts
qui tiennent debout au-dessus de cette eau
contre un pin bien vivant

Près du Soleil à qui je viens de parler

Près de cette chaumière que j’aperçois
à travers les arbres

Près de cette amie qui m’a emmenée là
et qui dort dans la Grâce de la Mère

Je viens te dire que
Je t’aime

Je viens te dire
A Dieu

Et près de Dieu
Je viens te dire
Merci



Et près de la lune
Je viens te dire
Que j’aime mon père
Et ma mère
Que je leur dis merci
Pour ce cadeau de la vie
Pour mon enfance
Au goût d’oasis
Dans le désert

Oui près de Marie
Je viens te dire
Que je souffre
Mais que les gentianes
Ont le goût de ton amour
Qui brille dans le Ciel
Pour ton Papa
Et pour ta Maman

Mon Bébé
Je viens te dire
Que je t’aime
Dans le chant de l’eau
Qui emporte mon chagrin
Jusqu’à la mer

Appel du large
Medjugorje de l’Amour
Noël de l’Espoir
Où l’Enfant nait
Pour que des cendres
S’envole l’oiseau libre
De l’âme qui se révèle

Oui je viens te dire
Que le Christ ressuscité
A pris mon coeur
A travers le tien
Et que tu vis à présent
En son corps sacré
Temple de Dieu

Ma fille
Je viens te dire
Que je t’aime
Et que mon violon
Fera résonner ton rire
Dans l’écho de tes cordes
Qui ont germé
Sous la terre

Oui ma fille
Je viens te dire
Que la moisson arrive
Celle des blés mûrs
Où notre amour
Apportera à ceux qui nous aiment
La chaleur de nos vies
L’amour de Marie
Les bras de la Terre
Unie à la Mère du Ciel
Dans l’Eternité
Des plus belles fleurs de Dieu

A Dieu
Doudou
Océanamour


Maman





















 
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