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25/10/2017

Je témoigne en tant que femme face au cancer du sein : annonce de la maladie, traitements, cheveux, ongles, douleurs, fatigue, peau, moral, partage de contacts... et tout le reste.

Bonjour à tous et toutes,cancer,sein,opération,témoignage,cheveux,coiffure,foulard,perruque,taxol,herceptine,hormonothérapie,ligue contre le cancer,soutien,ongle,vernis,perte cheveux,chimiothérapie,lymphocèle,couple,amour,mammographie,irm,biopsie,annonce,maladie,médecin,dransart,senellart,psy,impatientes,forum,cancer sein,her2,contact,parole,écoute,douleur,tramadol,codeine,léon berard,urgences,corps,transformation,épreuve,livre,picc line,cathéter,infection,soins de suite,récidive,oncologue,chirurgien,

 

J'ai passé une mammographie de contrôle fin mars 2017, puis aussitôt une échographie et enfin, devant ces premiers résultats plutôt angoissants, un IRM a été demandé. Là, entre deux portes, la médecin du lieu m'a annoncé que c'était un cancer.

Cela a été rapide mais j'ai préféré cette annonce directe et spontanée que la suite, avec l'attente interminable et angoissante des résultats de la biopsie.

Ces résultats de biopsie ne sont donnés que par le médecin généraliste et donc il a suffi d'un pont de congé pour que cela prenne des proportions d'attente plutôt angoissantes. Le cabinet de mon médecin absent pour le pont a été assez intelligent pour accepter de me parler au téléphone. Je les remercie de cette attention.

Bon, mais les résultats ne furent hélas pas bons du tout, puisqu'on m'a détecté un cancer du sein HER 2 positif, assez profond et virulent.

Lorsque j'ai reçu la nouvelle définitive, j'ai vu le monde s'effondrer en moi, avec cette sensation de la mort qui ne rôde pas loin. Ma mère avait eu cette saleté et était décédée cinq ans plus tôt. Il a été difficile aussi de l'annoncer à mon fils de douze ans qui avait déjà perdu son père d'un cancer en 2008, à l'âge de trois ans.

En tout cas, l'annonce du cancer marque le début d'une course pour la vie, dans laquelle je me suis investie corps et âme.cancer,sein,opération,témoignage,cheveux,coiffure,foulard,perruque,taxol,herceptine,hormonothérapie,ligue contre le cancer,soutien,ongle,vernis,perte cheveux,chimiothérapie,lymphocèle,couple,amour,mammographie,irm,biopsie,annonce,maladie,médecin,dransart,senellart,psy,impatientes,forum,cancer sein,her2,contact,parole,écoute,douleur,tramadol,codeine,léon berard,urgences,corps,transformation,épreuve,livre,picc line,cathéter,infection,soins de suite,récidive,oncologue,chirurgien,

Au final et très vite, j'ai été prise en charge au Centre Léon Bérard à Lyon, avec une décision d'opération en mastectomie, c'est-à-dire une ablation totale du sein.

Un mois après l'opération, l'équipe de médecins a décidé au vu des résultats sur prélèvements qu'il y aurait douze séances de Taxol en Chimiothérapie, une par semaine, avec le produit ciblé Herceptine une fois toute les trois semaines, plus un comprimé par jour d'Hormonothérapie sur cinq ans.

L'oncologue m'a dit que vingt ans plus tôt sans Herceptine, je n'aurais pas eu les mêmes chances de survivre. L'Hormothérapie donne cinquante pour cent de chances de ne pas récidiver. Cependant, quarante pour cent des femmes abandonnent en cours de traitement.

C'est pour cela qu'aujourd'hui, des soutiens se mettent en place de plus en plus pour soutenir ces femmes durant ces cinq années longues, face à la lassitude et aux effets secondaires.

Personnellement, dès mes deux jours d'hospitalisation pour la mastectomie, je me suis inscrite sur le site et forums des Impatientes car je me sentais très seule et terrifiée face à cette amputation. Ce sont des femmes qui discutent et échangent sur ce qu'elles traversent avant, pendant et après leur cancer.

www.lesimpatientes.com

Ce site et ces forums sont un soutien inestimable, plus l'accompagnement d'un psy, psychologue ou psychiatre... que vous pouvez consulter dès l'annonce de votre cancer. J'ai fait cette démarche de suivi et depuis, je vois ma thérapeute chaque semaine. Les bénéfices de ces consultations sur moi sont : baisse des angoisses, sérénité, acceptation, relativité, prise de distance, positivité gardée ou retrouvée, gestion de  sa maladie, avec aussi gestion du reste de sa vie et de son rôle  de maman, rassurance par le fait que l'on se sent compris et accepté.cancer,sein,opération,témoignage,cheveux,coiffure,foulard,perruque,taxol,herceptine,hormonothérapie,ligue contre le cancer,soutien,ongle,vernis,perte cheveux,chimiothérapie,lymphocèle,couple,amour,mammographie,irm,biopsie,annonce,maladie,médecin,dransart,senellart,psy,impatientes,forum,cancer sein,her2,contact,parole,écoute,douleur,tramadol,codeine,léon berard,urgences,corps,transformation,épreuve,livre,picc line,cathéter,infection,soins de suite,récidive,oncologue,chirurgien,

J'ai pris aussi rapidement un rendez-vous avec le Docteur Dransart qui est un excellent homéopathe sur Grenoble et qui a écrit de nombreux ouvrages sur la maladie et le cancer. J'ai pris de plus contact avec le Docteur Senellard à Gières car il est d'une grande écoute et très pertinent dans ses conseils, avec une aide en acupuncture, hypnose et aussi médecine générale avec homéopathie. Tout cela m'a beaucoup aidée et accompagnée et je les remercie pour tout cela.

Ils m'ont aidée pour tous les effets secondaires de la chimiothérapie ainsi que pour l'opération, pour le moral, pour les douleurs à l'estomac, pour la fatigue, pour les fourmillements dans les membres, pour les douleurs articulaires, pour les insomnies, pour les aphtes. Les Urgences m'ont aussi aidée lorsqu'au début du Taxol, des coups violents dans les jambes ont démarré, comme si on me cassait les tibias. De la codéine a été donnée. Le Tramadol prescrit après l'opération pour supporter les douleurs de la cicatrice ne suffisait pas.

Le Centre Léon Bérard a un service de suite qui m'a aussi accueillie en cours de chimiothérapie pour me refaire le Picc Line (le cathéter mis en place pour injecter les produits), car ils suspectaient une petite infection à l'entrée du Picc. Le Picc est un cathéter central qui entre dans le bras et est introduit sous anesthésie locale jusque vers le coeur dans la veine. Il y reste tout le temps du traitement. Il faut beaucoup le surveiller et aussi le désinfecter car il y a de grands risques pour le patient. L'équipe de Léon Bérard a été formidable et m'a beaucoup rassurée, ainsi que les infirmières passant à domicile depuis mon opération pour les pansements et la désinfection du Picc Line.cancer,sein,opération,témoignage,cheveux,coiffure,foulard,perruque,taxol,herceptine,hormonothérapie,ligue contre le cancer,soutien,ongle,vernis,perte cheveux,chimiothérapie,lymphocèle,couple,amour,mammographie,irm,biopsie,annonce,maladie,médecin,dransart,senellart,psy,impatientes,forum,cancer sein,her2,contact,parole,écoute,douleur,tramadol,codeine,léon berard,urgences,corps,transformation,épreuve,livre,picc line,cathéter,infection,soins de suite,récidive,oncologue,chirurgien,

Depuis le diagnostic et l'opération, j'ai beaucoup lu de témoignages de femmes ainsi que de livres expliquant le cancer. Les brochures données par la Ligue contre le Cancer sont très utiles aussi, sur différents sujets. Des antennes existent dans chaque ville. Beaucoup d'associations existent aussi.

Je partage à la fin de cet article de nombreux contacts sélectionnés pour vous et des références pouvant vous aider.

J'ai moi-même écrit un livre sur le couple traversant le cancer. Je le distribue gratuitement dans les Centres d'information et de soins contre le Cancer, grâce à l'achat du livre par de nombreux lecteurs et grâce aux dons de ceux qui souhaitent soutenir mon action de partage.

 

LIEN ULULE : http://www.ulule.com/livre-cancer/

Article : http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2017/10/05/mon-livre-sur-le-couple-traversant-l-epreuve-du-cancer-sort-cette-semaine-j.html

 

J'ai suivi dès le début du traitement de chimiothérapie les conseils des couches de vernis durcissant plus sombre sur les ongles, afin d'éviter l'effritement et la perte des ongles, ainsi que l'avis de raccourcir ma longue chevelure petit à petit, pour habituer mon entourage au fait de la perdre définitivement et pour m'habituer moi-même. cancer,sein,opération,témoignage,cheveux,coiffure,foulard,perruque,taxol,herceptine,hormonothérapie,ligue contre le cancer,soutien,ongle,vernis,perte cheveux,chimiothérapie,lymphocèle,couple,amour,mammographie,irm,biopsie,annonce,maladie,médecin,dransart,senellart,psy,impatientes,forum,cancer sein,her2,contact,parole,écoute,douleur,tramadol,codeine,léon berard,urgences,corps,transformation,épreuve,livre,picc line,cathéter,infection,soins de suite,récidive,oncologue,chirurgien,

Je n'ai pas voulu contribuer au trou de la Sécu en achetant une perruque, alors j'ai appris à nouer des foulards, comme expliqué sur ces liens :

 

https://www.pinterest.fr/lesfoulards/foulard-pour-chimio/

 

https://www.pinterest.fr/pin/513480794994775673/

 

Au fur et à mesure de mon article, vous voyez ma transformation avec les photos. J'ai toujours essayé de garder ma féminité pour mon moral et celui de ma famille, en me maquillant et en m'habillant avec soins, en gardant mes boucles d'oreilles et mes bijoux aussi.

C'est rassurant pour l'entourage de voir que nous nous battons même là-dessus, devant un moral fortement en baisse assez souvent. 

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Cela fait cinq mois que j'ai été opérée. Je souffre toujours d'un lymphocèle, malgré l'aide d'une kiné deux fois par semaine sur la cicatrice et le bras droit. Durant un mois après l'opération, on m'a fait des ponctions de la lymphe puis cela a été arrêté. Aujourd'hui, je cherche des solutions pour me soulager et arrêter cette collection de lymphe qui me gêne beaucoup.

Je vous souhaite beaucoup de courage dans cette épreuve du cancer qui transforme tellement le corps... ou pour le proche pour lequel, pour laquelle, vous lisez mon article.

Si vous avez la moindre question sur laquelle je peux vous aider, n'hésitez pas à m'écrire sur : ac.laroche38@gmail.com

N'oubliez pas de consulter ci-dessous, après la photo du turban, tous les contacts et références que j'ai récoltés pour vous, avec des associations, numéro d'écoute et ouvrages précieux.

 

Chloé Laroche

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OUVRAGES, TÉLÉPHONES, REVUES, FORUMS,

CONTACTS ET ASSOCIATIONS
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-Numéro « Écoute Cancer Soutien »,

créé par la Ligue contre le Cancer : service d’écoute et de soutien psychologique.

 

Des psychologues cliniciens vous proposent une écoute ponctuelle, attentive et active. Vous pouvez contacter ce service du lundi au vendredi de 9 heures à 19 heures, en composant le

n° 0 800 940 939

puis tapez 1.

 

Mais ci-dessous, vous trouverez aussi deux autres services :

AIDEA et la Permanence juridique.

Ainsi, après avoir composé le 0 800 940 939 (service et appel gratuits)
   

-Tapez 1 pour : Ecoute et soutien psychologique
    -Tapez 2 pour : AIDEA / Accompagnement à l'assurance emprunteur
    -Tapez 3 pour : Permanence Juridique

Accessible à tous, ce service téléphonique offre :
    

1-une écoute confidentielle et anonyme assurée par des psychologues ;
     2-un accès au service Aidéa : des conseillers techniques accompagnent les personnes malades dans leur demande de prêt dans le respect de la convention Aeras (S’assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé).
  3-une permanence juridique où des avocats volontaires du barreau de Paris apportent des conseils juridiques adaptés aux difficultés rencontrées par les appelants.

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FORUMS, revues ET SITE

 

www.lesimpatientes.com :

 www.lesimpatientes.com/forums-cancer-sein :

 

Les forums et le site des Impatientes permet aux femmes atteintes par le cancer du sein de discuter et d'échanger sur de nombreux thèmes.

 

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La revue « VIVRE / LE MAGAZINE CONTRE LE CANCER », offerte par la Ligue contre le Cancer :

on peut s’y abonner pour cinq euros par an ou le télécharger sur : www.ligue-cancer.net

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La revue "ROSE MAGAZINE", journal semestriel gratuit, est la publication de l’association de patientes ROSE.

C’est LE magazine féminin du cancer.

On peut adhérer pour les soutenir et recevoir le magazine en envoyant 20 euros à : Rose Magazine, chez Bayard PRESSE, 18 rue Barbès - 92128 Montrouge Cedex // www.rosemagazine.fr

 

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LIVRES :

 

- « Anticancer du sein, prévenir et accompagner » du Docteur Arnal-Morvan et Martine Laganier, aux éditions Eyrolles.

- « LE NÉNUPHAR, Carnet de route avec un cancer », de Chloé RENAULT, éditions Marabout.

- « Mieux vivre son cancer du sein, le cahier d’exercices », par Stéphanie Honoré et son équipe (le cahier qui vous veut du bien).

- « Cancer du sein » (témoignage) de Stéphanie HONORÉ.

- « Renaître à la vie pour guérir d'un cancer » du Docteur Philippe DRANSART, aux éditions du Mercure Dauphinois. Voici son site aux nombreux ouvrages dont : « La guérison, une traversée… » : www.philippe-dransart.com. Ce médecin exerce à Grenoble et se dévoue auprès de ses nombreux patients afin de soulager leurs maux.

- «  Cancer du sein / Entre raison et sentiments » du Dr DOMINIQUE GROS.

- « J’ai un cancer du sein… et après » de Pascal Bonnier et Florian Launette.
C'est un livre de témoignages. Un livre qui dévoile les cancers du sein. Un livre qui raconte les cancers du sein de femmes atteintes et de femmes guéries. Comme jamais. C'est un livre qui montre les cicatrices, l'ablation, les reconstructions. Et le visage de ces femmes, leur offrande, l'espoir et la réalité de la vie qui se poursuit, de la vie encore plus belle.

- « Le cancer du sein : Des femmes témoignent », par les Docteurs CUZIN et GÉNOT. Ce livre donne la parole aux femmes atteintes d'un cancer du sein. Simples et directes, elles racontent un moment de leur vie, leur lutte contre la maladie, avec des mots du quotidien. Elles expriment sans tabou leurs émotions et leurs peurs, leurs questions sur la vie et son sens. Cette épreuve a fait jaillir en elles une force qui a modifié leur façon de voir la vie. Avec ce livre, notre vision sur le cancer du sein évolue. Ces témoignages montrent avec force que le cancer du sein peut se guérir, que vivre avec cette maladie est aujourd'hui possible. Ces paroles de femmes sont des messages d'espoir.

- « Un dessein animé », de Catrine Rouzly, éd. edilivre.com

- « Mon crabe et moi », d’Annick Lagrais, www.titanik.fr

- « Une traversée fragile », de Nathalie Feugueray, éd. edilivre.com

- « Ma victoire sur le cancer du sein, une saison de ma vie », de Christiane Landry, éd. Béliveau

- « Dans la Vallée des larmes », de Patrick Autréaux, éd. Gallimard
« Hors de moi », de Claire Marin, éd. Allia

-  Lien concernant le cancer de la prostate sur les ouvrages existants : http://homme-prostate.fr/livres_prostate.html

 

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ASSOCIATIONS :

 

« VIVRE, un autre regard sur le cancer » :

 

Groupe de parole à Grenoble : premier mardi du mois à 14 h.

Contact : 06 95 42 79 45

 

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« AGARO » :

 

47 rue Lachmann - 38000 Grenoble
TÉl : 06 12 17 27 11  / 06 46 85 14 82

Contact@agaro.org —————— www.agaro.org

Association grenobloise d’aide et de recherche en Oncologie.
  

-Développement de la recherche médicale clinique et scientifique en Cancérologie. Ces actions sont soutenues par des professionnels de santé et une attachée de recherche clinique (ARC).
 

-Soutien aux patients atteints de cancer en leur proposant des thérapeutiques non médicamenteuses complémentaires pendant et/ou après les traitements du cancer.

 

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« EUROPA DONNA » - Forum France :

 

Coalition Européenne contre le cancer du sein.

Objectif : Améliorer et encourager le dépistage, les traitements, la qualité des soins, soutenir la recherche sur le cancer du sein, l’information, le soutien psychologique et social.

14, rue Corvisart / 75013 PARIS // Tél. 01.53.55.25.18  
Site : www.europadonna.org

——— Contact à LYON : Elisabeth Marnier au 06 81 26 90 14
Mail : delegation.lyon@europadonna.fr
Site web : http://www.europadonna.fr/

 

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« VIVRE COMME AVANT » :

 

- Écoute, soutien moral pour les personnes opérées d'un cancer du sein et surtout pour celles qui ont subi une ablation du sein :

14 rue Corvisart / 75013 PARIS // Tél. 01.53.55.25.26

Site web : www.vivrecommeavant.fr

—Pour plus d’information sur Lyon : Mme Jacomy au 04 72 98 86 01—-

 

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"LA VIE AUTOUR" :

 


La Vie Autour est un guide intéractif des soins oncologiques de support pour que tous les patients puissent mieux vivre leur cancer au quotidien. Cette plateforme vous permet de voir en un clin d'oeil les différentes associations proches de vous. Une mine d'informations très utile pour être accompagné !

Site web : https://www.lavieautour.fr/

 

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« CANCER DU SEIN, RESTER FEMME, VIVRE BIEN » :

 

Maison des Associations / 67, rue St François de Sales / 73000 Chambéry / Tél : 04 79 33 95 77

Sophrologie, atelier ludique d'écriture, soins esthétiques et bien-être, relation d'aide et d’écoute, partages, actions locales pour Octobre Rose, marche/course Odysséa, soutien, chaleur humaine.

 

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« LOURDES CANCER ESPÉRANCE » :

Solidarité, service, partage, dialogue, visites aux malades, chaîne d'amitié. Pèlerinages annuels organisés grâce à des bénévoles.

Site : lourdescanceresperance.fr / TÉL : 05 62 42 11 91
À Lyon : 04 78 68 89 70 ——

 

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"LA MAISON DE LA VIE" :

 

Vous propose de passer une semaine durant votre rémission et après vos traitements, dans un château avec d’autres personnes, pour un formidable programme, afin de se donner le temps de la reconstruction.

www.maisondelavie.fr

 

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PHILIPPE :

 

Soulage, guéri, embelli la vie, remise en place sans toucher.

À Ozan (01 190), route de Chevroux, dans l’Ain, reçoit sans rendez-vous :

les samedis entre 9 h et 11 h, les lundis de 14 h à 17 h et les mercredis de 14 h à 17 h.

 

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« Des sommets pour Rebondir » :

 

Des femmes, des montagnes, des projets, de la solidarité, du bien être, du plaisir.

« Des sommets pour Rebondir a pour vocation de permettre à des femmes confrontées au cancer d’accéder à des activités de montagne, en privilégiant la convivialité et la solidarité. »

www.dessommetspourrebondir.com  

Email : desssommetspourrebondir@gmail.com

 

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« InPACT / Intermédiation pour des Projets d’Activités  :

Cancer et Travail » :

 

S’adresse en Rhône-Alpes aux personnes de plus de seize ans atteintes ou ayant été atteintes d’un cancer, volontaires pour travailler à leur propre plan d’action de maintien ou de retour à l’emploi.

Contact : coaction38@gmail.com / Tél : 06 95 73 69 74

 

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LES ESPACES DE RENCONTRES ET D’INFORMATION (ERI) :

 

Au nombre de 35 en France, c’est un espace où l’on peut se poser et échanger avec une animatrice, y trouver bientôt cet ouvrage, des livres et de nombreuses documentations sur les soins, sur l’esthétique durant le cancer, les perruques et foulards, les associations d’accompagnement, sur la sexualité pour l’homme et la femme, etc.

 

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"LES AMIS DU NÉNUPHAR" :

 

Association de soutien pour la diffusion gratuite du livre de Chloé Renault : « Le Nénuphar, carnet de route avec un cancer » et pour la création d’espaces accueillants d’échange autour du cancer et du rôle de l’entourage.

SITE : www.lesamisdunenuphar.fr

Pour le livre : www.lenenuphar.fr

 

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« TRIBU CANCER » :

 

www.maildenuit.com ou www.tribucancer.org

 

Soutien psychologique par email de nuit avec des professionnels à l’écoute pour les malades du cancer et leurs proches. Faire une demande par mail à : maildenuit@tribucancer.org. Permanence de nuit entre 21 heures et minuit.

 

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« ÉTINCELLE, RESTER FEMME AVEC UN CANCER » :


On y trouve gratuitement les services d’un nutritionniste, d’une esthéticienne, d’un psychologue, etc.

Association installée dans le centre de santé d’Issy-les-Moulineaux. Des antennes ont ouvert en Languedoc-Roussillon et Basse-Normandie.

www.etincelle.asso.fr

Tél. Région parisienne : 01 44 30 03 03
Tél. Languedoc-Roussillon : 04 67 58 94 23
Tél. Basse-Normandie : 02 31 34 97 92

17/10/2017

Ma nouvelle en hommage au Refuge et aux couples de femmes homosexuelles, écrite pour le respect de tous les couples homos.

Bonjour à tous et toutes,homosexuel,lesbienne,amour,rencontre,séparation,divorce,mariage,ambulancier,femme,route,dent de crolles,cancer,sein,maladie,mort,honte,peur,espoir,village,montagne,love,courage,départ,quitter,passé,présent,avenir,écoute,communication, dialogue,refuge,protection,société,respect,différence,métier,taxi,médical,patient,confidence,isère,union,homo,

 

Je vous invite à lire sur "SHORT Édition" cette histoire que j'ai écrite et que j'offre à tous les couples de femmes homosexuelles.

Vous pouvez aussi la lire ci-dessous.

Personnellement, je ne suis pas homosexuelle mais je défends la cause des homos, hommes et femmes.

Alors, que cette nouvelle contribue à leur respect et à plus de tolérance envers leur "différence".

Amicalement à tous, Chloé L

 

Copier le lien ci-dessous et le coller dans votre barre internet :

 http://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/le-dialogue-de-la-dent-de-crolles

 

 ------------ Le Refuge est une association française fondée en 2003 et dont la vocation est d'offrir un hébergement temporaire et de soutenir les jeunes homosexuels majeurs victimes d'homophobie et de transphobie, notamment dans le cadre de leur propre cellule familiale. Le siège de l'association se situe à Montpellier, et se compose de seize autres délégations opérationnelles.

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LE DIALOGUE

DE LA DENT

DE CROLLES

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Brigitte vivait toujours avec Anne, son ex-compagne, et ne souhaitait pas quitter le précieux havre de paix que représentait leur maison ; celle-ci avait abrité leur amour dans un petit village perché se tenant au bout d’une route, dans la montagne. Brigitte trouvait la paix ici, au bout du monde ; la fin de sa relation avec Anne n’avait rien changé à cela. Pourtant, elle était inquiète car ses compagnes successives lui demandaient à chaque fois de partir, de renoncer à ce charmant refuge, de trancher avec cette belle dame envers qui elle conservait affection et loyauté, ainsi que la tendresse d’une amitié pure et dénuée de tout désir et de toute pensée charnelle.

Comment faire pour expliquer l’inexplicable, l’inextricable... Elle proposait à ses nouvelles amies de rencontrer cette femme afin de prouver par A plus B que C n’existait plus, C représentant le couple d’Anne et Brigitte. Mais il est toujours délicat de vouloir éteindre l’incendie en y ajoutant des étincelles.

Brigitte était femme pompier volontaire et gagnait sa vie en pratiquant un métier de passion : le métier d’ambulancier. Le fait de côtoyer chaque jour la maladie, la mort, le handicap, les accidents graves, remet chacun d’équerre face à l’évidence de l’essentiel, l’essentiel étant de vivre sa vie comme on le ressent profondément, intimement.

Le métier d’ambulancier apporte cette dimension du respect de la différence et du choix de vie de ses collègues, des patients transportés. La couleur de peau n’importe plus, ni le choix sexuel, ni les croyances, puisque la mort rôde. Seul l’amour et le coeur demeurent, cet amour transmis dans un regard, l’espérance à laquelle s’accroche le blessé, cette onde universelle qui fait tourner le monde à travers la beauté et la joie de la lumière infinie d’une vague d’océan.short edition,homosexuel,lesbienne,amour,rencontre,séparation,divorce,mariage,ambulancier,femme,route,dent de crolles,cancer,sein,maladie,mort,honte,peur,espoir,village,montagne,love,courage,départ,quitter,passé,présent,avenir,écoute,communication,dialogue,refuge,protection,société,respect,différence,métier,taxi,médical,patient,confidence,isère,union,homo

Tant que le souffle est là, tant que le sang coule dans les veines, le reste est une question de liberté et de libre choix de ses directions. Brigitte adorait pour cela son métier et tous ses collègues connaissaient son homosexualité. Cependant, elle évitait de l’annoncer aux patients transportés afin de garder son innocence et sa légèreté face à des critiques qu’elle n’aurait pu parer, sauf par une sortie de route ou un arrêt brutal du véhicule. En effet, elle était souvent seule avec les patients, les conduisant à leurs rendez-vous. Le tête à tête était parfois long, jusqu’à trois heures de temps, aussi devait-elle garder sa vie privée tel un jardin secret dont elle seule aurait la clé.

Parfois elle y laissait entrer des personnes capables de tolérer sa différence, assez ouverts de coeur et d’esprit pour comprendre l’immensité de son choix de vie et d’amours. Elle était alors rarement déçue de pouvoir faire découvrir ses plates-bandes fleuries et ses roseraies colorées. Les rares personnes qui la décevaient se retrouvaient très rapidement au milieu des orties et des chardons, recherchant au plus vite la porte de la sortie.

Un jour différent des autres, alors que le soleil illuminait la route de montagne qu’elle avait empruntée, sur le plateau de la Dent de Crolles, Brigitte se tenait au côté d’une personne qu’elle devait descendre dans la plaine pour ses traitements. C’était la cinquième fois qu’elle la transportait. La Dent de Crolles se tenait au-dessus d’elles dans une majesté matinale de montagne mythique et, telle un témoin de leur trajet, regardait dans leur direction en tendant l’oreille et les angles de ses parois abruptes.

La patiente assise à ses côtés s’adressa soudain à Brigitte : «Je sens bien que vous êtes différente. Vous savez, moi, je n’ai jamais assumé cela et cela m’a consumée. Le cancer me ronge et j’essaye de m’en sortir. Je veux vivre et aimer. J’ai été éprise autrefois d’une femme à qui j’avais dévoilé à demi-mot mon amour. Mais cette personne m’a rejetée dédaigneusement, provoquant un arrêt final à notre longue amitié. Il est difficile d’ouvrir son coeur et d’oser sa différence. »short edition,homosexuel,lesbienne,amour,rencontre,séparation,divorce,mariage,ambulancier,femme,route,dent de crolles,cancer,sein,maladie,mort,honte,peur,espoir,village,montagne,love,courage,départ,quitter,passé,présent,avenir,écoute,communication,dialogue,refuge,protection,société,respect,différence,métier,taxi,médical,patient,confidence,isère,union,homo

Brigitte, émue, ne quittait pas la route des yeux et sentit les larmes basculer des yeux aux joues. Soudain, l’émotion fut trop forte et provoqua un garage du taxi ambulancier à l’entrée du grand tunnel. La femme ambulancière se gara en toute sécurité et arrêta le contact du véhicule. Celui-ci fut assez surpris de cette décision surprenante et peu habituelle de son chauffeur féminin. Brigitte regarda sa patiente et appuya sa main sur la sienne, lui disant : «Vous verrez, vous rencontrerez la femme dans laquelle vous trouverez le feu correspondant au vôtre et alors il n’y aura pas de sirène de pompier ni de fanfare. L’amour sera là et, par son eau fraiche et limpide, agrandira l’espace de vos deux coeurs enflammés. »

La patiente sourit. Elle s’appelait Amandine. Elle avait perdu ses cheveux à cause de ses traitements mais elle était belle sous les rayons du soleil naissant. short edition,homosexuel,lesbienne,amour,rencontre,séparation,divorce,mariage,ambulancier,femme,route,dent de crolles,cancer,sein,maladie,mort,honte,peur,espoir,village,montagne,love,courage,départ,quitter,passé,présent,avenir,écoute,communication,dialogue,refuge,protection,société,respect,différence,métier,taxi,médical,patient,confidence,isère,union,homo

-Mais quelle femme voudra de moi avec un sein en moins ? J’ai été opérée. C’est une véritable mutilation, un choc énorme, insurmontable. 

 

-Vous savez, lui répondit Brigitte, vous êtes telle une amazone galopant avec votre arc de vie et votre flèche de désir. Lorsqu’elle aura trouvé sa cible d’amour, cette flèche ravira le coeur de la femme qui vous aimera telle que vous êtes. Vous êtes un tout et, même avec un seul sein, vous êtes encore vous-même. Dans mon métier, j'ai rencontré tant de personnes sans jambes, sans bras, sans mains, sans espoir de remarcher, handicapées de l'âme et du corps. Mais ce qu'elles savent au plus profond de leur coeur, c’est qu'elles ont gardé la vie et qu’elles se battent jour après jour pour gagner des centimètres de marche et d’avancées, pour gagner des mètres loin de l’horreur qui s’est abattue sur elles. Vous êtes comme ces personnes : handicapée, mutilée, diminuée d'une partie de vous-même. Alors restez vous-même : belle, battante, combattante, désirante, vivante, inventive. »

Amandine avait avalé tout le soleil de la montagne. La Dent de Crolles avait tagué son mordant sur la vie et le véhicule se remit en marche doucement vers l’hôpital. Elles n'étaient pas en retard. La vie avait pris de l’avance sur la maladie, une belle avance.

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Ce soir-là, sur la Dent de Crolles, on put voir et contempler un nuage rose accroché au sommet sur un ciel étoilé naissant de crépuscule.

Chloé Larocheshort edition,homosexuel,lesbienne,amour,rencontre,séparation,divorce,mariage,ambulancier,femme,route,dent de crolles,cancer,sein,maladie,mort,honte,peur,espoir,village,montagne,love,courage,départ,quitter,passé,présent,avenir,écoute,communication,dialogue,refuge,protection,société,respect,différence,métier,taxi,médical,patient,confidence,isère,union,homo

http://www.ulule.com/livre-cancer/

 

 

05/10/2017

Mon livre sur le couple traversant l'épreuve du cancer sort cette semaine. "Il en ailes, Elle en île". Comment le commander et où le trouver ?

Mon livre sur le couple traversant l'épreuve du cancer sort cette semaine.

 

 

Il est possible de le commander afin de soutenir mon action.

 

Je le distribue gratuitement dans les Centres D'INFORMATION et associations de soutien et de soins des personnes atteintes par le cancer. Quand vous achetez un livre, je peux alors en donner deux.

 

INFO ----- au 10 décembre 2017, j'ai déjà pu distribuer gratuitement plus de 200 exemplaires, sur Grenoble et Lyon essentiellement -----

 

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« IL EN AILES, ELLE EN ÎLE ——-
                          Lorsque le couple traverse le cancer »

-avec de nombreux textes et

photos de paysages isérois

prises par l’auteur-

 

—————— 6 EUROS —————------

plus 3 euros pour les frais de port (pour un envoi jusqu’à deux livres)-----------------


Cet ouvrage est distribué gratuitement dans les centres et associations d'accompagnement des personnes atteintes par le cancer, ainsi que dans les hôpitaux et cliniques.

Pour un livre acheté par vos soins, au prix de six euros, je peux en distribuer deux gratuitement dans les centres spécialisés contre le cancer et vous recevrez votre exemplaire, si vous avez rajouté au montant trois euros de frais de port. Pour douze euros, vous recevrez deux livres et je pourrai grâce à vous en distribuer 4. Pour 24 euros et quatre livres pour vous, je pourrai en distribuer 8.

Vous avez aussi la possibilité de faire un don supplémentaire afin d’aider à l’impression et pour soutenir la distribution gratuite de mon ouvrage.


Voici le résumé de l'ouvrage :

 

Ce livre a été écrit par Chloé Laroche en quelques jours, après un rêve, durant son traitement de chimiothérapie contre le cancer de sein et après son opération, en 2017.

Son compagnon a vécu le cancer un an avant elle et a été opéré de la prostate. Chloé a souhaité par ce témoignage réel, issu et inspiré de véritables dialogues avec son conjoint, montrer combien le couple peut être désemparé mais aussi combatif et renforcé face à cette maladie.
 

C’est à force de communication et de dialogues que l’homme et la femme peuvent avancer sur le chemin difficile des traitements, de l’annonce de la maladie et du corps transformé.
 

Mais lorsque le cancer arrive dans une vie où les épreuves ont déjà fait leur chemin, à travers deuils et douleurs morales, comment faire pour croire encore en la vie, en la guérison et en l’avenir ?
 

Au travers de nombreux dialogues et pensées illustrés par ses propres photos prises lors de ses balades au sein de sa belle région du Dauphiné, Chloé Laroche essaye de vous apporter espérance et beauté des yeux, pour plus de sérénité dans le coeur et dans l’âme.

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VOTRE COMMANDE  :

 

Vous pouvez commander par mail :  ac.laroche38@gmail.com… en vous inspirant du bon de souscription ci-dessous,

ou par voie postale à l’adresse suivante en joignant votre chèque, fait à l’ordre de mon nom, Chloé Laroche, et en renvoyant le bon à découper ci-dessous ou bien en écrivant un courrier libre à :

Mr Parisi / Association « Les Amis de Marcorel » / 345, Chemin de l’Oursière - 38330 Saint Ismier

Pensez bien, s’il vous plaît, à rajouter trois euros pour les envois jusqu’à deux livres et à bien me donner votre adresse par mail.

 

—————— En vous remerciant infiniment pour votre soutien et vos commandes.

 

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Bon de commande :

Je commande 1 exemplaire (6 euros)  (entourer votre choix) ou
2 exemplaires (12 euros)  / 3 exemplaires (18 euros) / 4 exempl. (24 euros)

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ENVOI

-à venir chercher sur Grenoble au Mel's Café, place Gustave Rivet,
ou à Domène ou bien Saint Ismier (merci d’entourer votre choix)
ou
-à envoyer à votre adresse (ajouter 3 euros de frais de port jusqu’à deux livres)

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LE LIVRE :

 

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04/10/2017

Récit véritable concernant une maman et son fils de douze ans. Phobie scolaire et douleurs handicapantes. Absentéisme et signalement.

Ce témoignage raconte des faits véritables concernant une maman et son fils.

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Mon fils a aujourd'hui douze ans et depuis son entrée en sixième en 2015, des maux de ventre récurrents causent un absentéisme important.

Fin septembre 2015, il a été victime d'une humiliation de la part d'autres élèves en étant mis à demi-nu, son pantalon ôté, le reste descendu. Il a reçu un avertissement écrit sur son carnet de correspondance, car il a cherché à se défendre. "Dans ce cas, on ne se défend pas, on appelle à l'aide les adultes."

Cela a résonné avec une même scène vécue au CP, en cour de récréation, avec l'obligation imposée par des grands de manger de la terre et le pantalon descendu aussi devant tout le monde. Le Directeur l'avait rabroué devant les autres, comme si c'était lui qui avait montré son derrière intentionnellement.

Puis il y a eu le drame du Bataclan et le massacre à Paris. À la suite de cet attentat, les classes ont été prévenues du danger et des risques encourus dans les collèges. Un professeur a déclaré devant mon fils et ses camarades qu'il avait très peur lui-même. Cela a beaucoup choqué mon fils et a créé des peurs supplémentaires et des angoisses.

Le 10 décembre 2015, suite à des absences répétées, une date de rencontre au sein du collège nous a été proposée pour la mise en place d’un PAI (projet d’accueil individualisé).

La professeur principale, qui était professeur d’anglais, m’avait bien spécifié début décembre, que mon fils avait toujours un bon niveau et suivait malgré ses absences. Il arrivait à récupérer les cours et le retard à la maison. J’avais de bons retours de la part de plusieurs professeurs.

Des mots rassurants ont été prononcés lors de cette réunion du PAI envers mon fils et moi. L'équipe pédagogique et médicale présente savait que mon fils avait perdu son père à l'âge de trois ans et ses grands parents à sept ans (cancer et suicide) et que les deuils pesaient lourds dans son parcours de vie. Ils savaient qu’il avait été détecté porteur de précocité. Et aussi qu’il avait subi des actes d’humiliation et de harcèlement au cours de sa scolarité par trois fois.

Cette réunion a été riche en compréhension et échanges fructueux face à l’état de santé de mon fils, afin de prendre en compte sa fatigue, ses angoisses, ses insomnies et ses maux de ventre. Elle avait été pleine d’espoir pour mon fils qui a entendu la médecin scolaire le rassurer et lui dire que nous allions tous l’aider et l’accompagner et qu’il ne devait pas s’inquiéter.

L'assistante sociale du collège était présente aussi et a été plutôt sympathique et encourageante. Elle m’a même conseillé d’essayer plusieurs thérapies, comme l’hypnose et la sophrologie.

Nous sommes sortis de cette réunion très confiants et soulagés. Mon fils était apaisé aussi de voir que tout le monde s’harmonisait pour l’aider et le comprendre.

Puis, alors qu'il y avait eu tout de même deux semaines de vacances de Noël et peu de temps passé depuis le début de PAI, j’ai été convoquée au collège le 21 janvier 2016.

La médecin scolaire m'a annoncé sans aucun ménagement comme dans un tribunal, devant l'infirmière, l'assistante sociale et la Conseillère Principale d'Education... que mon fils était en "danger avec moi", que je voulais "le garder à la maison", que je faisais du "tourisme médical" en étant allée voir plusieurs médecins pour lui, que le PAI était fini avec l'arrêt immédiat de l'emploi du temps allégé et enfin qu'ils allaient faire un signalement.

Ces femmes m'ont reproché de me précipiter au Collège pour venir chercher mon fils en cas de douleurs : « Quand la Vie Scolaire vous appelle parce que votre fils a mal au ventre, vous venez de suite, trop vite. » J'ai répondu : "Ah bon, mais si je ne viens pas de suite, à cause de mon travail, le Collège me rappelle en me demandant instamment de venir chercher mon fils !!" Ils ont donc été témoins de nombreuses fois que mon fils avait donc bien mal, puisqu'on m'a demandé de nombreuses fois de venir le chercher.

L’infirmière renchérit alors avec mépris : «Vous pensez, l’autre jour, votre fils m’a répondu : « Cela ne sert à rien de prendre le médicament laissé au Collège : ça ne marche pas, j'ai toujours mal. »

Hé bien oui, c’est la parole d’un enfant ; il souffre ; il voit que personne ne le croit, même les médecins ; il en a assez de prendre des médicaments qui ne le soulagent pas et d'essayer des traitements. Il attend sa mère qui doit venir le chercher parce que les surveillants voient bien qu’il a mal, vraiment mal, et qu’ils ont appelé à la maison ou au travail de maman.

Au cours de cette réunion, la médecin scolaire a eu des mots très durs envers moi, employant un ton sec et péremptoire, n’acceptant aucune réponse de ma part, me renvoyant à ma chaumière aussitôt. Elle m’a accusée de vouloir garder mon fils chez moi. Alors que je travaille et qu’il me faut trouver des solutions de garde pour chaque absence !?

Le ton pris envers moi ne contenait aucun respect, bien au contraire. La médecin scolaire me reprocha avec virulence de n’avoir pas encore fait une certaine analyse médicale, prévue quelques jours plus tard. De quel droit se mêlait-elle à ce point-là du dossier médical, en en parlant devant toute l’équipe de Direction ?

De quel droit me dire ces mots : « Votre fils est précoce. Ces enfants sont assez intelligents pour manipuler l’entourage et faire croire à des maux, à des douleurs, qui ne sont là, somme toute, certainement que dans la tête. »

Cher lecteur, que feriez-vous, que diriez-vous si… alors qu’on a mis en place un projet d’accueil individualisé pour votre enfant qui souffre de maux physiques en classe de sixième, que diriez-vous qu’on vous convoque un mois après pour vous dire : « On arrête tout, votre enfant est en danger avec vous, on va faire un signalement, on demande une enquête sociale sur vous ».

Cela a été un véritable choc car quel temps a-t-on laissé à mon fils pour qu’il fasse ses preuves et puisse être vraiment aidé et soutenu ?

La professeur principale n’a jamais signé le PAI, ce qui est un grand manquement, et les professeurs n’avaient aucun représentant lors de la réunion du 10 décembre. Ils ont joué pourtant un rôle essentiel ensuite, puisque certains ont pris en compte immédiatement le PAI, comme le professeur de mathématiques, mais pas tous, puisque certains professeurs, à la date de la réunion du 21 janvier, ne s’étaient pas encore penchés dessus, ne sachant pas organiser les évaluations manquées ni les cours.

Ainsi un des professeurs m’a écrit le 9 février : « Vous avez bien fait de m’écrire car je ne me suis pas spécialement penché sur le PAI de votre fils. » Ce professeur avait eu des absences et voyait la classe de mon fils assez rarement.

Il était demandé dans ce PAI que mon fils ait un emploi du temps allégé, avec dix heures de moins par semaine de cours. Il était prévu aussi que les évaluations manquées puissent être faites à la maison, ainsi que les devoirs et certains cours à rattraper, en collaboration avec certains camarades de cours s’organisant pour aider mon fils lors de ses absences.

Mon fils a été absent à des moments où il aurait dû être présent car, en effet, les douleurs ne suivent pas le calendrier. Pourtant, je vous promets qu’il a fait tous les efforts possibles à faire les devoirs demandés et les cours à la maison. Cependant, même lors de ses absences permises par le nouveau calendrier, certaines évaluations ne lui ont pas été données, ceci étant dû au fait que certains professeurs n’avaient pas encore pris en compte le PAI. Il ne faut pas oublier non plus les deux semaines des vacances de Noël durant ce laps de temps, entre les deux réunions.

Lors de cette triste rencontre du 21 janvier, le manque d'évaluations faites m’a -au final- été reproché. On m’a dit : « C’est à votre fils de récupérer l’évaluation manquée à chaque fois auprès de chaque professeur. » Mon fils est plutôt timide et puis, il ne peut deviner qu’en son absence, une évaluation a été faite ! Je pense plutôt à un manque de coordination entre la Direction et les professeurs. En effet, même lors de ses absences permises par le calendrier, nombre de professeurs n'avaient pas noté que mon fils pouvait rattraper l'évaluation à la maison, dans des conditions d'examen prévues par le PAI.

Je suis donc partie de cette réunion… humiliée, laminée et meurtrie.

Mais ce n'est pas tout ce qui s'est passé ce jour-là du 21 janvier.

J'étais seule alors à élever mon fils mais heureusement, il y avait une personne sur qui je peux compter encore aujourd'hui : Marc, son "papé" d’adoption et son parrain, qui est à la retraite, à 75 ans et qui s’en occupe lorsque je travaille et que mon fils est malade. Le père de mon fils est décédé, alors qu’il avait trois ans. Cet homme -Marc- qui a adopté deux filles de Roumanie et du Bénin avec moi il y a maintenant quinze ans est mon ex-mari mais nous avons gardé un lien familial d’entraide pour les enfants.

Hé bien, l’après-midi même de cette réunion du 21 janvier, l’assistante sociale a voulu rencontrer mon fils seul, avec une personne de la Direction. Elle lui a dit qu’il ne devait pas appeler cet homme « Papé », car il n’était pas son grand-père. Elle lui a dit ne pas comprendre pourquoi il l’appelait comme cela. Elle l’a cuisiné sur diverses choses, notamment sur sa précocité aussi, et ses maux de ventre, en lui disant que tout cela était dans la tête et qu’il allait falloir gérer cela très vite pour venir en cours.

Suite à tout cela, mon fils et moi-même avons perdu la confiance et subi un processus destructif dans l’élan constructif dans lequel nous étions pour finir de mettre en place le PAI avec chaque professeur. Certains parents d’élèves m’ont beaucoup aidée encore pour récupérer les cours et poursuivre de notre mieux le PAI, mais en sachant que l’emploi du temps allégé avait été définitivement supprimé.

Concernant les absences de mon fils, j’avais toujours signé le cahier de correspondance et prévenu le Collège, mais il a dû y avoir des erreurs car, alors que mon fils avait été absent pour raisons médicales, ou bien pour être allé aux Urgences, ou pour voir un médecin, il était noté assez souvent « pour raisons personnelles » sur le rapport officiel.

Puis, lorsque le cahier de correspondance a été rempli jusqu’au bout, j’ai envoyé deux mails pour justifier des absences par écrit. Entre temps, j’ai reçu très vite début février deux courriers. L’un venant du Rectorat, Académie de Grenoble, me menaçant d’une amende de 750 euros pour absences « sans motifs légitimes ni excuses valables ». L’autre venant du Conseil Départemental, me convoquant pour le début de l’enquête sociale. Le signalement avait donc été effectué, malgré divers courriers de justifications que j’avais pu faire à la Direction.

Toutes ces personnes n’ont pas dû lire le contenu de la loi L 131-8, bien envoyée à tous les Principaux et Directions de Collège dans la circulaire n° 2014-159 du 24-12-2014 : «Conformément aux dispositions de l'article L. 131-8 du code de l'éducation, les seuls motifs réputés légitimes d'absence sont les suivants : maladie de l'enfant, maladie transmissible ou contagieuse d'un membre de la famille, réunion solennelle de famille, empêchement résultant de la difficulté accidentelle des communications, absence temporaire des personnes responsables lorsque les enfants les suivent. Les autres motifs sont appréciés par l'autorité de l'État compétente en matière d’éducation (…… ). Il est rappelé que les certificats médicaux ne sont exigibles que dans les cas de maladies contagieuses.»

Et toutes ces personnes n’ont sûrement pas lu ceci, texte faisant partie de la même circulaire : «L'absentéisme d'un enfant ou d'un adolescent est un sujet de préoccupation et d'inquiétude, voire de désarroi, pour les familles confrontées à ce problème. Il importe de les aider et de les accompagner afin de leur donner les moyens de réagir quand elles sont démunies et d'éviter ainsi qu'elles ne s'y résignent. L'absentéisme est un phénomène complexe qui peut résulter de différents facteurs. Ceux-ci peuvent être d'ordre scolaire : difficultés sur le plan scolaire (notamment passage d'un cycle ou d'un degré à l'autre, difficultés dans l'orientation, défaut d'adaptation à l'organisation scolaire, aux modalités d'évaluation), climat scolaire peu favorable (élèves victimes de violence ou de harcèlement, relations difficiles avec les personnels de l'établissement ou avec les autres élèves), mais ils peuvent aussi concerner le plan social, familial et de la SANTÉ. Face à l'ensemble de ces facteurs, il est donc nécessaire d'apporter des réponses diversifiées.»

Tout cela a été choquant et très humiliant pour moi, en tant que maman inquiète de la situation médicale et scolaire de mon fils.

J’ai donc répondu à l’Inspecteur d’Académie, écrit au Médiateur du Rectorat et me suis présentée aux convocations. La première réunion concernant l’enquête sociale s’est faite au sein de bureaux administratifs de la Direction Territoriale, avec une assistante sociale et une personne représentant le corps médical en relation avec le monde de l’enfance : une infirmière-puéricultrice.

J’ai été assaillie de multiples questions sur ma vie, mon fils, mes filles adoptives, ma grossesse, mes lieux de vie, etc. Ils savaient déjà beaucoup de choses, notamment les difficultés rencontrées avec ma seconde fille adoptive, avec qui nous avions rencontré des problèmes éducatifs liés à une adolescence très difficile et un peu normale suite à l’enfance au Bénin de ma fille, qui avait connu deux orphelinats. La liaison entre ces deux époques de ma vie, entre ma fille et mon fils, a été plutôt cruelle.

On m’a rappelé aussi la période de ma première fille, décédée à l’âge de deux ans et demi, en 1997, d’une encéphalite foudroyante.

Mon fils a été ensuite convoqué tout seul devant les dames de l’enquête sociale puis elles sont venues durant deux heures à mon domicile, me reposant encore beaucoup de questions personnelles, visitant la chambre de mon fils et essayant de comprendre ce qui s’était mal passé avec le collège, me demandant même quelles responsabilités j’avais dans tout cela.

Étant donné le courrier reçu avec la menace d’amende pour absences « sans motif légitime », j’ai écrit deux mails au Collège pour justifier d’absences non prises en comptes pour maladie, leur envoyant même des justificatifs. Mais après les vacances de février, j’ai reçu un mail venu de la Direction du Collège signé par toutes les personnes ayant signé le PAI, me signifiant que je ne devais plus écrire de mails au Collège et qu’ils ne me liraient pas.

Ils demandaient aussi à Marc de ne plus participer à la vie scolaire de mon fils, étant donné son absence de lien officiel et biologique avec mon fils. Ils n’ont en effet pas apprécié qu’il vienne déposer des devoirs de mon fils ainsi qu’une évaluation à rendre à deux professeurs, me disant qu’ils ne sont pas une « boîte aux lettres ». Il faut savoir que par ailleurs, on ne peut déposer ces devoirs nul part, ni à la Vie Scolaire, ni à l’accueil du Collège. Donc, ils refusent leur travail de liaison, de soutien et d’aide envers les familles. Ils refusent aussi que tout se passe bien entre les professeurs et les élèves. Dans ce mail, était écrit noir sur blanc qu’ils demandaient aux professeurs de ne plus m’aider, de ne plus me passer de cours ou devoirs et que le PAI était bel et bien terminé.

J’ai immédiatement appelé la Principale du Collège. J’ai pu parler à l’adjointe qui m’a dit que la Principale m’entendait en haut-parleur. Elles ont entendu ma parole et mon retour sur leur mail. Je suis restée très calme mais j’ai exprimé clairement mon désarroi, mon étonnement et mon mécontentement. La conclusion a été qu’ils avaient plus de 550 élèves à s’occuper et qu’ils ne pouvaient s’occuper de mon fils… Et que si la solution de finir la classe de sixième au CNED, par correspondance, était mienne, alors c’était bien la seule solution à proposer, pour terminer l’année dans la « sérénité ».

J’ai raccroché le téléphone et les évènements se sont précipités, mais sur plusieurs semaines, bien plus longuement que je ne le pensais. En effet, pour l'inscription au cours du CNED, il fallait l’accord de l’Académie de Grenoble, car c’était un arrêt de classe en cours d’année pour raisons médicales. Il fallait aussi au dossier le certificat médical d’un spécialiste. Il fallait être reçu par l'un des services de l'Académie de Grenoble, convocation à laquelle je me suis rendue.

J’ai été accueillie par deux dames très à l’écoute, dont le Médecin du Rectorat, qui ont pris sainement la décision d’un accord pour les cours au CNED, afin que mon fils vive la fin de sa classe de sixième dans l’apaisement.

Mon fils entre-temps voyait toujours un pédopsychiatre ainsi qu’un médecin du Centre anti-douleur qui lui a proposé des séances d’hypnose. L’adénolymphite dont il souffrait et qui avait été pris en compte depuis début juillet 2015 a été écartée par une spécialiste des intestins, ce médecin jugeant que cela durait depuis trop longtemps. Mais tout le monde n'est pas forcément de cet avis, les crises d'adénolymphite pouvant durer et reprendre par crises fortes et régulières.

Cette spécialiste a jugé qu’il ne fallait pas faire plus d’examens que ceux déjà faits (échographies, analyses de sang, de selles et d’urine) car la croissance de mon fils lui semblait bonne. Elle a plutôt énuméré dans son rapport ce qui pourrait faire penser à des maux de ventre psychosomatiques, dus à diverses choses, à des chocs dus aux deuils ou à la perte de son meilleur ami, ou bien à une humiliation collégienne vécue fin septembre. Pourtant, là encore, aucun diagnostic de phobie scolaire n'est encore posé.

Les douleurs de mon fils étaient très fortes, d’où la demande en octobre 2016 d’une deuxième échographie avec la mention « bilan de douleurs abdominales récidivantes ». Le 8 décembre, il a dû être conduit aux Urgences, où le médecin urgentiste a prescrit Débridat (déjà pris), Forlax plus X-Prep. Lorsque le pharmacien m’a supplié de ne pas donner l’X-Pred à mon fils, me disant que c’est très dangereux pour un enfant et que cela peut le vider, cela m’a donné matière à réfléchir sur le corps médical. J’ai remercié ce pharmacien et n’ai pas donné ce remède de cheval.

Mon fils a essayé nombre de traitements, entre Advil, Spasfon, Lactibiane, Débridat, Carbophos, Forlax, et de nombreux remèdes homéopathiques. Les anti-douleurs ne soulagent pas ses maux de ventre. Seuls deux remèdes l’apaisent : Belladonna et Colocynthis, en 9 ch, donnés par le Docteur Dransart. Si je raconte tout cela, c’est pour expliquer tout le paradoxe entre l’incompréhension passagère de l’Éducation Nationale et l’inquiétude de parents face aux douleurs d’un enfant qui ne simule pas. C’est toute l’angoisse d’une famille qui ne sait comment soulager son enfant mais qui se doit aussi d’honorer les obligations scolaires et les horaires des cours, devant un fils fatigué et souffrant d’insomnies dues à des douleurs durant plusieurs mois.

On m’a reproché aussi au Collège durant cette difficile réunion de janvier des absences des années précédentes, en primaire. Mon fils a souffert en primaire de fortes douleurs de croissance aux jambes et aux bras et a été victime aussi de gros problèmes dentaires, ce qui a donné aux médecins l’obligation de l’endormir pour faire une opération difficile.

L'enquête sociale m’a aussi demandé des comptes sur les changements d’écoles de mon garçon. J’ai pu leur expliquer pourquoi mon fils avait dû changer d’écoles en primaire, suite à des humiliations et des coups portés à mon fils, ainsi qu’un déménagement dû au fait que mon propriétaire vendait mon appartement en 2009 et, en 2013, pour un nouveau travail après un an et demi de chômage. Mon fils a fait ses trois dernières années en école privée, ce qui a été salutaire pour lui, car le niveau était élevé scolairement et, en tant qu’enfant précoce, c’est important d’être pris en compte dans son niveau et son appétit d’apprendre. 

Mon fils a mal vécu toute cette situation d'arrêt du PAI et la suite, même si j’ai essayé de minimiser l’enquête sociale auprès de lui, pour le protéger.

Ce que j’aurais souhaité par dessus tout, c’est qu’on laisse au PAI le temps de se mettre en place, pour mon fils, et qu’on ne m’ait pas traitée comme on m’a traitée, comme un danger pour mon enfant. La mesure d’enquête sociale a été très violente pour moi et pour mon fils. Cette décision est parmi les pires que j’ai connues dans ma vie. Au lieu de construire, cette Direction du Collège et cette médecin scolaire ont détruit.

J’ai appelé depuis des numéros d’aides aux parents. On m’a conseillé de saisir le Défenseur des Droits des Enfants et de voir un avocat. Une association m'a conseillé de saisir la MDPH et de faire reconnaître les problèmes de mon fils comme handicap, ce que j'ai fini par faire, avec l'aide d'un médecin, en juin 2017. Car lorsque les douleurs se répètent depuis longtemps, cela est considéré comme handicap et vous pouvez alors prétendre à des aides pour votre enfant et à avoir un regard différent de la part de la société éducative et administrative.

Ma revanche sur l'injustice est de partager mon vécu et l’histoire de mon fils avec vous tous, qui me lirez. Cela peut aider d’autres parents et faire réfléchir des professionnels de la Santé et de l’Éducation. Et si cela peut parvenir au Ministère de l’Éducation, j’en serais fort aise, vous répétant ici les paroles de mon médecin de famille, effaré devant l’établissement de certaines lois récentes sur l’absentéisme : «D’autres familles sont inquiétées depuis quelques temps, même avec des problèmes de santé justifiés de leur enfant, pour un absentéisme répété à cause de la maladie. J’ai dû faire une lettre pour une famille devant passer devant un juge pour le même problème que vous. On ne voyait pas cela avant. »

Au final et sans langue de bois, je poursuivrais mon article et ce témoignage en mettant le doigt sur le défaut de la Chef d’Établissement de mon fils qui n’a pas su mettre en oeuvre la dernière phrase du texte de loi suivant : «En cas de persistance du défaut d'assiduité, le directeur de l'établissement d'enseignement réunit les membres concernés de la communauté éducative, au sens de l'article L. 111-3, afin de proposer aux personnes responsables de l'enfant une aide et un accompagnement adaptés et contractualisés avec celles-ci. Un personnel d'éducation référent est désigné pour suivre les mesures mises en œuvre au sein de l'établissement d'enseignement.» Aucun personnel n’a été désigné pour suivre le PAI et accompagner les enseignants dans sa mise en place.

On a enfoncé très rapidement une mère déjà bien isolée et on a préféré ignorer le problème de santé au profit d’une suspicion sordide sur la famille, arrêtant de façon destructrice un projet d’accompagnement salutaire pour un enfant. Personne n’a eu cure de la sensibilité de mon fils qui a pris en pleine face l’arrêt de son PAI. Pourtant, il était question de sa précocité dans ce projet, avec une attention particulière demandée pour cette sensibilité caractéristique aux enfants précoces.

Dernière chose : quelle honte pour la médecin scolaire d'avoir appelé mon médecin de famille pour lui demander si le certificat médical envoyé fin janvier était un faux, produit par mes soins !! Un médecin scolaire donne sa priorité à aider les familles, pas à détruire un projet d'accompagnement. Il honore ses promesses faites à un enfant de comprendre ses maux et de l'accompagner dans le temps et la confiance.

Que s'est-il passé ensuite, à partir de mars 2016 ? Mon fils a donc été accepté au Cned réglementé sur l'avis favorable du Rectorat. La phobie scolaire n'avait alors été diagnostiqué par personne. Puis après un retour au collège et un début de cinquième où il a souffert de harcèlement moral de certains jeunes qui l'accusaient de feinter sur ses douleurs et de mentir, d'inventer, mon fils a fait un total blocage et un refus du collège.

Du coup, je l'ai inscrit au Cned en libre, c'est à dire en payant tout. Et j'ai fait une demande de Soins-études, dans un dispositif adapté, accueillant des élèves souffrant de phobie scolaire et de blocages les empêchant de suivre une scolarité normale .

Une place lui a été proposée en février 2017 et en mars il y rentrait avec très peu d'élèves en classe et une petite structure accueillante. On lui a demandé l'obligation de poursuivre les entretiens avec la pédo-psychiatre démarrés depuis longtemps déjà, obligation qu’il a respectée.

Malheureusement un cancer du sein avec HER2 positif m'est tombé dessus fin mars et une opération urgente a été déclenchée fin mai. Tout cela a contrarié la scolarité de mon fils qui a eu peur de me perdre et qui avait déjà perdu son père et ma propre mère du cancer. Malgré mes supplications, le dispositif s'est refermé pour lui début juin lors du conseil de classe.

Le diagnostic de phobie scolaire a été posé médicalement courant juin et la Mdph a reconnu un handicap de ce fait sur dossier médical et à ma demande. Mon fils a fait sa rentrée de quatrième dans un nouveau collège public. De mon côté je suis en traitement de chimiothérapie.

Il y a eu de telles absences pour maux de ventre et insomnies que j'ai insisté pour la mise en place d'un PAI ou d'un accompagnement mis en place pour mon fils. J'ai été convoquée à cet effet le 19 septembre par le médecin scolaire, par l'infirmière et l'assistante sociale du nouveau collège. Cette dernière avait déjà prévenu les services sociaux dès le deuxième jour d'absence et -le 19- elle m'a bien dit clairement que je risquais d'être convoquée par le Juge au Tribunal, après qu'elle en ait référé à son Chef de service, si rien ne rentrait dans l'ordre et si les absences ne stoppaient pas.

Cela m'inquiète beaucoup, surtout dans l'état actuel de ma santé. Je me sens très fatiguée, j'ai perdu un sein et la cicatrice me fait toujours mal, je n'ai plus de cheveux et des douleurs un peu partout. La médecin scolaire a proposé de son côté que mon fils arrive à venir en cours tous les jours à partir de 11 heures jusqu'aux vacances de la Toussaint. Et dans le cas où il ne viendrait pas, avec ces horaires, elle propose une hospitalisation. Aucun PAI n'a été signé.

Depuis deux semaines, depuis cette décision, mon fils a pu aller en cours seulement un jour sur deux. Mais il fait des efforts et je demande juste que personne ne vienne arrêter ce dispositif mis en place et qui devrait être reconduit par la mise en place d'un Projet éducatif personnalisé.

J'ai pris contact avec l'association des parents d'enfants et ados souffrant de phobie scolaire et avec la Maison des Adolescents, ainsi qu'avec l'association des parents d'enfants précoces.

J'espère trouver les professionnels qui m'aideront, ainsi que l'accompagnement adapté aux problèmes de mon fils.

 

Chloé Laroche

 


----- Voir mon autre article du 26/09/2013 :

"Harcèlement à l'école publique, phobie scolaire, exclusion volontaire, réalité d'enfants souffre-douleurs, témoignage d'une maman repartie dans le privé."

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2013/09/26/temp-666a1d2f920d73e49d3d77d33e253498-882444.html

 

et aussi celui du 20 février 2013, voir ci-dessous :

"L'école est pour tous, à quelques exceptions près... avec les moyens et personnels manquants. Mon témoignage de maman citoyenne gardant les yeux ouverts."

 http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2013/02/20/l-ecole-est-pour-tous-a-quelques-exceptions-pres-et-avec-les.html

 

Bonsoir à tous et toutes,

 L'année passée, au moment où Monsieur Sarkozy, encore Président, disait : "L'école est pour tous et doit s'adresser à tous les enfants", je vivais l'exclusion de l'école publique avec mon fils qui allait avoir sept ans.

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Quand on oblige un enfant à recopier le règlement de l'école à l'écart de tous, (pas le résumé mais celui qui s'adresse aux adultes), parce qu'il avait parlé à la cantine. Quand on laisse la violence s'installer dans la cour de l'école, au point que mon fils a vu son pantalon baissé et que la honte a été mise sur lui quand on a laissé croire que c'est lui qui montrait ses fesses... Quand un directeur prend à partie un enfant devant tous alors qu'il est déjà exclu par les autres. Quand les professeurs des écoles, n'ayant plus d'aides dans leur classe (Rased), laissent de côté un bon élève -qui du coup s'ennuie- pour s'occuper des nombreux enfants en difficulté de leur classe. Quand on abandonne un élève dans l'école alors que toute la classe part finaliser un projet de construction à l'extérieur, comme c'est arrivé pour mon fils, le jour où il a dû recopier le règlement de l'école, sans même le comprendre.

Mon fils est sorti de son école de la Villeneuve avant les vacances de février 2012 en pleurant et en disant qu'il ne voulait plus jamais retourner à l'école. Ce même enfant qui demandait à l'âge de deux ans d'aller à l'école et à trois ans d'apprendre à lire et écrire !

J'avais demandé depuis quelques temps de rencontrer la psychologue, proposant aussi un changement de classe pour mon fils, mais le temps a manqué à cette professionnelle et l'eau a coulé sous le pont de l'ennui, laissant le champ libre à la déception grandissant dans le coeur de mon fils.

Dernièrement, une conseillère familiale m'a confié son opinion que les parents devaient rester en retrait de l'école et de ce qui s'y passe, et qu'ils n'ont pas à s'opposer aux décisions et comportements du corps enseignant ni à donner leur opinion.

Je pense au contraire que nous sommes citoyens et qu'en tant que citoyens et parents, nous avons la responsabilité de prendre conscience d'un malaise existant au sein de l'école quand notre enfant souffre d'un état de fait. Si nous constatons des violences se poursuivant en cours de récréation, sans qu'un adulte n'intervienne -par faute bien sûr de manque de personnel-, si nous constatons que notre enfant est tombé et que personne ne nous a prévenu jusqu'au soir, laissant une plaie au crâne sans soins, prétextant qu'aujourd'hui, on ne doit rien soigner ni désinfecter, il est de notre devoir de parents d'agir et de signaler. Ce dernier fait s'est passé dans une école privée et il est véridique.

J'ai changé mon fils d'école et, au retour des vacances de février 2012, il a été reçu dans un nouvel établissement, dans une école privée accessible financièrement (je ne paye que quatre-vingt euros par mois). Il est arrivé dans une classe qui l'a très bien accepté ; mon fils a été accueilli par une maîtresse qui a su le rassurer sur l'école et sur le fait de pouvoir s'ouvrir de ses éventuelles difficultés avec d'autres enfants aux enseignants. Pouvoir accueillir la parole de l'enfant sans qu'il ait peur d'être puni, comme mon fils le vivait dans l'école précédente, et arrêter de punir tout le monde quand on préfère ne pas désigner un coupable. Quand on nous force à avaler de la terre comme mon fils en CP l'a vécu et qu'on est puni comme celui qui nous a humilié, parce que cela arrange le corps enseignant, c'est extrêmement injuste et destructeur.

Mon fils a rejoint une classe qui avait son niveau, avec beaucoup d'enfants ayant de l'énergie à revendre mais avec de l'avance pour la plupart. Il aime à nouveau l'école et a d'excellentes notes en CE1. Mais je dois dire que j'ai été amère d'entendre à propos de l'école publique qu'elle "existait pour tous", au moment où mon fils l'a quittée. Je pense que ce ne sont pas les rythmes scolaires qui sont à changer, mais plutôt l'encadrement des enfants, le nombre de personnel qualifié pouvant seconder les professeurs des écoles, les Rased à recruter en nombre, la formation IUFM des maîtres à remettre en route et des aides spéciales à mettre en place pour les enfants n'arrivant pas à apprendre à lire et à écrire.

Chloé LAROCHE

 

 

05/12/2015

Invitation à ma rencontre-signature du 19 décembre à la Maison de la Nature et de l'Environnement de Grenoble. Remerciements pour deux articles.

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INVITATION ----------- 19/12/2015

RENCONTRE-SIGNATURE 

 

 

 

Je viens vous inviter à ma rencontre-signature à Grenoble du samedi 19 décembre à partir de 15 h à la Maison de la Nature et de l'Environnement, au 5 Place Bir Hakeim, dans la Médiathèque de ce lieu ouvert à de nombreux débats, initiatives et discussions.

Cette rencontre se fera entre 15 h et 18 h avec des lectures d'extraits de mon livre "Solidarité Puissance Toi" et un goûter partagé vers 16 h 30. Mon violon sera présent aussi avec quelques morceaux d'harmonie et de sérénité. 

La Médiathèque de la MNEI ouvrant ses portes pour nous accueillir, chacun aura loisir de découvrir sur place les livres de ce lieu, aussi bien pour les enfants que pour les adultes. 

Je serais heureuse de vous accueillir à cette rencontre.

 

Chloé Laroche                                                                       ------ cliquez sur mon nom et prénom, vous arrivez sur ma page Facebookth-23.jpeg

 

 

 

MES REMERCIEMENTS :

 

Merci à Valérie SAES pour l'article du Magazine de Crolles (page 12) paru cette semaine et à Monsieur SARRACANI, correspondant au Dauphiné Libéré du Grésivaudan, pour son article sur mon livre, à l'occasion de ma séance de dédicace à la Table Festive de Crolles, article paru le 9 novembre 2015.

 

http://www.ville-crolles.fr/journal-m…/journal-municipal....

 

article journal signature Dauphiné.pdf

 

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Dans mon livre : "Solidarité Puissance Toi", je parle de... ?


 
Vous vous demandez sûrement ce qu'il y a dans mon livre  ....

De quoi vais-je parler, de qui ?
Qu'allez-vous y lire ?
 
Alors, j'ai décidé de vous donner quelques petits aperçus ci-dessous...
 

Dans mon livre "Solidarité Puissance Toi", je parle de :

 

-l'Arche de Zoé, de l'action d'Éric Breteau et de son équipe au Tchad mais aussi en Asie, lors du Tsunami
-des Restos du Coeur
-de Pierre Rabhi
-de la Cimade et du Réseau d'Éducation sans Frontières
-des personnes dialysées, du cancer
-des ambulanciers et de leur métier, rencontres avec des patients
-de l'association Nat'n'co, de Nathanaël et du film réalisé par Nicolas Hairon
-du Père Gourrier des Grandes Gueules sur RMC
-de l'association "Pour Laurette Fugain"
-de l'impact des images violentes sur nous
-de nombreux inconnus solidaires et d'autres dont je raconte tout simplement l'histoire
-du Soudan, de l'Irak, de la Roumanie, de la Syrie, de la Norvège, de l'Afrique, du Rwanda...
-des films : "The giver", "la ligne droite", "La marche"
-de mon grand-père résistant et déporté
-des prisons en France, des prisonniers suicidés, des enseignants mis à mal
-du suicide et des actes désespérés
-de la violence des jeunes sur leurs parents et vice-versa
-du divorce et des conflits familiaux, de l'emprise dans le couple et de l'enfermement amoureux
-du mariage pour tous
-de la solitude et des rencontres amoureuses, de Meetic et des sites de rencontre
-de Malalaï Kakar, femme policière d'Afghanistan
-du baby-blues et du post-partum
-de la Seconde guerre mondiale
-des sans-abris
-des Réseaux sociaux
-de l'acte de dénoncer
-des retraités et de la Sécu, de la crise, du RSA, des familles mono-parentales
-de Jean-Jacques Bourdin sur RMC Radio
-de Brigitte Lahaie qui parle d'éducation sur RMC
-des atteintes sexuelles, du viol, de la pédophilie
-des expulsions des étrangers et de leurs enfants, des Roms en France
-des migrants
-de Grégory Villemin, du petit Noam à Couvin, d'Antoine à Issoire, de Dylan
-de Nelly Robin et de son action : "Pour le sourire d'un enfant" au Sénégal
-des taxis médicalisés et de leurs patients, de la maladie, du handicap, de la mort
-des enfants qui sont enfermés dans des mondes fous, dans les sectes, dans la folie de certains parents
-de la secte du temple solaire et ses victimes
-de la manipulation mentale
-de Aya Cissoko, Dorine Bourneton, de Patrick Dupond
-de la perte d'un enfant et des parents désenfantés, du deuil
-de Ingrid Bétancourt
-de la Bodhichitta, transformation de sa souffrance 
-de Monsieur de Combret, de SERA, de CARE, "Vivre en Famille"...
-de l'adoption de mes filles, venues de Roumanie et du Bénin
--du handicap mental et physique
-du reportage de Élise Lucet : "Viols d'enfants, la fin du silence"
-des quatre parachutistes de Francazal et de leurs crimes en 1989
-de la maltraitance conjugale
-des crimes d'honneur en Jordanie, Yémen, Pakistan
-de la justice en France
-de l'adolescence et de l'éducation, du rôle des parents
-de la Politique sur le terrain
-de la politique d'Immigration depuis quelques années
-des attentats du 11 septembre 
-de la Sécurité Routière et de la violence sur la route
-etc...

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09/11/2014

Passeurs d'amour, dépositaires de la mémoire humaine, agents de tolérance et d'écoute... Choisirons-nous de nous retrancher dans l'oubli ou d'endosser la responsabilité d'un choix d'humanité ?

 

Bonjour à tous et toutes,the giver,cinéma,film,meryl streep,mémoire,humanité,crime,communauté,secte,folie,pouvoir,conscience,système,fermeture,enfermement,élargissement,amour,interdiction,règle,loi,consommation,magasin,noël,sdf,sans-abri,solidarité,écoute,peur,avenir,passé,présent,âge,personne âgée,hospitalité,différence,paix,guerre,passeur,dépositaire,jugement,art,actualité,épreuve,vie,mort

 

On m'a raconté ce jour qu'une entreprise iséroise invite son personnel à une fête de Noël fin novembre... et je constate comme vous que dans les magasins, on parle de Noël avant même que la Toussaint soit passée.

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Dans ce film remarquable, on observe une nouvelle société dans laquelle la mémoire a été retirée du cerveau des habitants, ainsi que l'émotion, les couleurs, les différences, les relations amoureuses.

On perçoit qu'une immense peur a pu entrer dans le coeur de l'humanité à cause de la violence, de l'intolérance et des guerres et ... qu'une seule solution s'est alors imposée : niveler la population à une unicité obligatoire.

Dans ce nouveau monde raconté dans le film, un acte nommé "élargissement" se pratique afin de masquer l'acte de tuer. On tue des bébés car ils ne grossissent pas aussi bien que les autres, ou bien parce qu'ils sont nés handicapés ou différents. Le simple fait de changer le mot fait que la population ne se pose aucune question sur le fait "d'élargir" une personne. Chacun fait ce qu'on lui demande, même si c'est pour emmener un petit à la morgue dans une boîte blanche.

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Il souffre de comprendre que l'humain peut tuer, que parmi sa communauté, l'on tue, que son meilleur ami a pu le trahir, que l'amour a été banni de sa communauté. Mais il trouve la force en lui, grâce à son passé et aux images de toute la terre, de retrouver les couleurs du passé afin de reconstruire le présent et l'avenir.the giver,cinéma,film,meryl streep,mémoire,humanité,crime,communauté,secte,folie,pouvoir,conscience,système,fermeture,enfermement,élargissement,amour,interdiction,règle,loi,consommation,magasin,noël,sdf,sans-abri,solidarité,écoute,peur,avenir,passé,présent,âge,personne âgée,hospitalité,différence,paix,guerre,passeur,dépositaire,jugement,art,actualité,épreuve,vie,mort

Nous aussi, nous pouvons défendre l'amour et la solidarité dans nos vies. Nous pouvons découvrir qu'il ne sert à rien d'éradiquer les différences pour apporter la paix au monde. Et savoir aussi que nous demeurons libres de nos choix, choix de consommation, choix d'égoïsme ou de générosité.

Nous pouvons porter un regard de jugement sur une personne mais que savons-nous de son passé, de ses souffrances, de ses blessures ? Gommer le passé pour ne garder du présent que l'évidence d'une faute visible devant tous, c'est comme couper les racines d'un arbre dont on ne verrait que les branches flottant dans l'espace.

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Deux jeunes frères l'ont rencontré et se sont mis à lui parler, simplement et de coeur à coeur.

Cet homme était tombé très bas, après avoir été ingénieur, avoir perdu son travail, être quitté par sa femme. Il avait tout perdu.

Les deux jeunes l'ont invité à venir passer Noël chez eux, avec leur parents, qui ont très bien reçu cet homme cabossé par la vie.the giver,cinéma,film,meryl streep,mémoire,humanité,crime,communauté,secte,folie,pouvoir,conscience,système,fermeture,enfermement,élargissement,amour,interdiction,règle,loi,consommation,magasin,noël,sdf,sans-abri,solidarité,écoute,peur,avenir,passé,présent,âge,personne âgée,hospitalité,différence,paix,guerre,passeur,dépositaire,jugement,art,actualité,épreuve,vie,mort

L'un des deux jeunes, aujourd'hui âgé d'environ trente-huit ans, m'a confié que ce fut son plus beau Noël. Il m'a raconté ensuite le souvenir des Noëls qu'il passait à aller jouer de l'accordéon dans la maison de retraite de son grand-père.

Il voyait le bonheur et la joie s'allumer dans le regard de tous les anciens, lorsqu'il rallumait leur passé à la flamme des souvenirs heureux ou malheureux d'existences accomplies, grâce aux morceaux joués réveillant les émotions et le destin antérieur.

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Nous pouvons tous être les passeurs d'amour et dépositaires de la mémoire de ceux que nous aimons, de ceux qui nous donnent leur confiance.

Chloé LAROCHEthe giver,cinéma,film,meryl streep,mémoire,humanité,crime,communauté,secte,folie,pouvoir,conscience,système,fermeture,enfermement,élargissement,amour,interdiction,règle,loi,consommation,magasin,noël,sdf,sans-abri,solidarité,écoute,peur,avenir,passé,présent,âge,personne âgée,hospitalité,différence,paix,guerre,passeur,dépositaire,jugement,art,actualité,épreuve,vie,mort

 

 

 

 

 

16/10/2014

Lettre à toi qui a envie de partir là-bas en Syrie.... Mais reste donc là ! Il y a tant à faire. Regarde cette femme, maman des SDF de Grenoble...

Lettre à toi qui a envie

de partir là-bas en Syrie...

Mais reste donc là ! Il y a tant à faire.

Regarde cette femme, maman des SDF de Grenoble...

 

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Tu es jeune et j'ai à te parler. Et d'ailleurs, même si tu es plus vieux... je te parlerai.

Tu veux partir là-bas te battre... Quitter la France pour aller te battre en Syrie.

Pour moi, ce serait du suicide, un gâchis total de ta personne alors qu'il y a tant à faire ici.

Tu réponds à un appel religieux peut-être, à une envie de te battre pour arrêter un conflit qui a ôté la vie à tant de civils innocents... mais chaque religion ne demande t'elle pas de vivre le partage et l'amour, et non la guerre et le sang ? Se battre au côté de ceux qui veulent la violence et le terrorisme, est-ce compatible avec ta soif de justice et de paix ?

Aujourd'hui, j'ai rencontré une femme à Grenoble. Elle a quatre-vingts ans, elle est malade mais tous les jours, elle parcoure les rues de sa ville pour aider les sans-abris.

Elle les loge, les nourrit, leur achète le nécessaire pour vivre et leur trouve même du travail, comme pour cet homme à qui elle a trouvé un emploi de serveur place Grenette.denyse,sdf,sans-abri,aide,compassion,amour,don,maladie,offrande,partage,syrie,letrre,partir,guerre,internet,facebook,religion,islamiste,paix,france,actualité,jeune,combat,voyage,jeunesse,politique,restos du coeur,vie,courage,maman,deuil,enfant,luge,accident,grenoble,isère,résilience,existence,ange,témoignage,taxi,ambulance,écoute,admiration,quatre-vingts ans,route,confidences,écrivain

Elle a acheté un four à micro-ondes et divers meubles à un ancien sans-abri qui avait trouvé une petite chambre. Un jour, elle a dit à un homme perdu : "Demain, habille-toi bien et attends-moi." Quand Denyse est arrivé, elle ne l'a pas reconnu, tellement il s'était mis sur son trente-et-un, si beau et fringuant. Elle l'a présenté à un nouveau travail et depuis, il est sorti d'affaire.

Dernièrement, elle a rencontré une jeune fille étudiante qui restait assise par terre à côté d'un sans-abri.

-Mais que fais-tu là, toi ?

-Je suis amoureuse de cet homme...  

-Oui, mais, par amour, tu ne vas pas couler avec lui, te laisser aller à cette vie ?

-Si, car je l'aime !"denyse,sdf,sans-abri,aide,compassion,amour,don,maladie,offrande,partage,syrie,letrre,partir,guerre,internet,facebook,religion,islamiste,paix,france,actualité,jeune,combat,voyage,jeunesse,politique,restos du coeur,vie,courage,maman,deuil,enfant,luge,accident,grenoble,isère,résilience,existence,ange,témoignage,taxi,ambulance,écoute,admiration,quatre-vingts ans,route,confidences,écrivain

Alors Denyse se demande comment elle va pouvoir la sauver de là.

-Je vais l'appeler", me dit-elle, alors que je la ramène de l'hôpital dans mon taxi sanitaire. "Je lui dirai que je reviens de l'hôpital, que j'ai besoin d'elle, car j'ai trop mal, et elle viendra."

Et puis elle me raconta comment elle avait essayé de sauver une chienne de trois ans des abus d'un sans-abri. Celui-ci lui faisait faire des petits sans arrêt, afin de les revendre. Elle était épuisée, au bord de la mort. Denyse a prévenu la SPA ; ils lui ont prodigué des soins mais c'était trop tard, la chienne est finalement décédée.

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Dans la déchirure extrême de son coeur de grand-mère orpheline, Denyse a perdu plus de quinze kilos en un mois. th-95.jpeg

Malgré ce choc immense, traversant cette terrible épreuve avec courage et détermination, Denyse poursuit son chemin au coeur de sa ville, en faisant le bien autour d'elle.

Son fils, prenant exemple sur sa mère, parraine sept enfants dans le monde, envoyant de l'argent pour leur scolarité et pour qu'ils mangent à leur faim.

Denyse a réussi à persuader des membres de sa famille -restaurateurs- de donner les restes des plats non utilisés aux Restos du Coeur. Elle est fière de me dire qu'ils ont accepté et que cela fonctionne dorénavant, grâce à son action.denyse,sdf,sans-abri,aide,compassion,amour,don,maladie,offrande,partage,syrie,letrre,partir,guerre,internet,facebook,religion,islamiste,paix,france,actualité,jeune,combat,voyage,jeunesse,politique,restos du coeur,vie,courage,maman,deuil,enfant,luge,accident,grenoble,isère,résilience,existence,ange,témoignage,taxi,ambulance,écoute,admiration,quatre-vingts ans,route,confidences,écrivain

Alors, toi qui veux partir si loin pour faire le bien, reste parmi nous et ouvre tes mains et ton coeur sans prendre l'avion. Garde ta vie là où elle se trouve car ton chemin est ici, près des tiens, dans ton village, ta ville, là où le Ciel t'a placé. 

Pourquoi partir pour revenir dévasté, traumatisé par des images, des scènes horribles qui t'empêcheront d'accomplir ce pour quoi tu es né ?

J'espère que ma lettre aura su te convaincre de ne pas écouter les sirènes charmeuses d'Internet et de Facebook et qu'elle t'aura donné l'envie de poursuivre le chemin tracé par Denyse. Cette femme va un jour prochain quitter notre terre pour rejoindre la Terre des Anges, alors il faudra des personnes comme toi pour prendre sa relève.

Quand les sans-abris et sans-domiciles-fixes rencontrent Denyse dans la rue, ils l'appellent Maman tout au fond de leur âme et portent leur main sur le coeur. C'est cela l'amour véridique et la véritable religion de l'humain, réelle humanité en vérité.

Sincèrement,denyse,sdf,sans-abri,aide,compassion,amour,don,maladie,offrande,partage,syrie,letrre,partir,guerre,internet,facebook,religion,islamiste,paix,france,actualité,jeune,combat,voyage,jeunesse,politique,restos du coeur,vie,courage,maman,deuil,enfant,luge,accident,grenoble,isère,résilience,existence,ange,témoignage,taxi,ambulance,écoute,admiration,quatre-vingts ans,route,confidences,écrivaindenyse,sdf,sans-abri,aide,compassion,amour,don,maladie,offrande,partage,syrie,letrre,partir,guerre,internet,facebook,religion,islamiste,paix,france,actualité,jeune,combat,voyage,jeunesse,politique,restos du coeur,vie,courage,maman,deuil,enfant,luge,accident,grenoble,isère,résilience,existence,ange,témoignage,taxi,ambulance,écoute,admiration,quatre-vingts ans,route,confidences,écrivain

Chloé Larochedenyse,sdf,sans-abri,aide,compassion,amour,don,maladie,offrande,partage,syrie,letrre,partir,guerre,internet,facebook,religion,islamiste,paix,france,actualité,jeune,combat,voyage,jeunesse,politique,restos du coeur,vie,courage,maman,deuil,enfant,luge,accident,grenoble,isère,résilience,existence,ange,témoignage,taxi,ambulance,écoute,admiration,quatre-vingts ans,route,confidences,écrivain

 

 

 

 

 

25/04/2014

Lettre ouverte d'une ambulancière et conductrice de taxi conventionné par la Sécurité Sociale.

Depuis le 1er avril, la Sécurité Sociale impose à tous les ambulanciers et taxis -conventionnés pour le transport sanitaire- une nouvelle loi... Vous pensez que c'est un poisson d'avril ? Hé bien non, c'est une véritable obligation qui demande que les bons de transport soit datés d'avant le jour du transport.

Beaucoup de patients se rendent à l'hôpital pour une consultation ou bien pour des traitements réguliers et ne vont pas nécessairement chez leur médecin traitant avant, donc les médecins des Hôpitaux, des Cliniques et des cabinets privés, se retrouvent à devoir antidater les bons de transport, pour satisfaire à cette nouvelle loi de la Sécurité Sociale. Ou bien faut-il encore creuser le trou de la Sécu en se rendant chez son médecin juste pour obtenir un bon de transport afin d'être transportés ultérieurement ?

Dans les Mapad et dans les EHPAD, des personnes âgées sont transportées vers des spécialistes le jour-même. Les médecins de ces établissements de longs séjours médicalisés doivent pouvoir dater la prescription de transport du jour du trajet, comme l'ensemble des médecins, sans devoir se casser la tête pour la date de prescription du transport et sans devoir prendre le risque d'être dans l'illégalité, en antidatant le bon de transport, face à l'ambulancier ou face au conducteur de taxi qui attend le précieux sésame payant son travail.

C'est encore une personne bien à l'abri dans son bureau qui a créé cette nouvelle obligation, des fois que notre métier sur la route et auprès des patients ne serait pas assez difficile !

Il faudra donc vérifier que notre bon de transport ne soit pas daté du jour du transport de chaque patient... En plus des reproches qu'on nous fait lorsque nous faisons les entrées dans les hôpitaux. C'est nous qui faisons les papiers d'entrée dans les établissements hospitaliers et comme nous sommes prioritaires, nous passons devant les patients qui attendent leur tour. Nous essuyons parfois les invectives de certains patients qui ne sont pas contents après nous.

Et nous qui avons déjà un planning fou à respecter, qui faisons des centaines de kilomètres par jour, qui accompagnons avec dévouement des dizaines de patients chaque semaine, qui évitons chaque jour une somme  astronomique d'accidents, parfois mortels... nous écoutons ces reproches  avec désolation et tristesse, car nous ne méritons pas ce manque de considération.

C'est comme lorsqu'on entend les critiques de la presse et des médias qui nous jettent la pierre lors d'escroqueries par des patrons d'ambulances véreux. Cela arrive malheureusement parfois que des patrons facturent des transports fictifs ou bien trichent sur les facturations, ce qui jette l'opprobre sur notre profession déjà peu valorisée. On dit ensuite de nous que les ambulanciers privés et les taxis conventionnés creusent le trou de la Sécurité Sociale, alors que nous rendons service à des milliers de personnes atteintes par le cancer, la sclérose en plaques, le handicap avec pathologies lourdes, l'insuffisance rénale grave entraînant la dialyse, et tellement d'autres maladies graves... en les transportant avec tout le professionnalisme que nous avons acquis. 

Je peux témoigner que toutes les personnes que je transporte souffrent de malaises, de vertiges, de fatigue intense, de multiples symptômes et ne pourraient en aucun cas conduire une voiture, même si à première vue, elles se tiennent debout, pour la plupart. 

Tous les patients me remercient pour mon écoute, ma conduite souple, la sécurité routière que je respecte et mon dévouement. Ils sont reconnaissants de ce passage agréable entre leur domicile et le lieu de leur traitement.

Je transmets tous les compliments reçus à l'ensemble de la profession qui mérite les mêmes compliments et retours positifs sur un métier qui demande abnégation, adaptabilité, conscience professionnelle et aussi solidité morale et robustesse physique  lorsqu'on considère les heures effectuées chaque semaine, les kilomètres parcourus, les accidents évités et les patients satisfaits et réconfortés.

Notre profession mériterait d'être valorisée, reconnue, respectée et que nous soyons rattachés, en ce qui concerne les ambulanciers et conducteurs de taxis médicalisés et conventionnés Sécu, au Ministère de la Santé et non à celui du Transport. En effet, nous ne transportons pas des colis mais des personnes humaines  envers lesquelles nous avons l'obligation de surveiller l'état de santé, lors de la prise en charge et aussi lors du transport. C'est pour cela que tous les taxis, depuis 1995, ont l'obligation de passer le PSC1 : la formation "Prévention et secours civiques de niveau 1", équivalent à l'ancien Brevet de Secourisme.

D'autre part, au vu du nombre de kilomètres effectués chaque jour et considérant que nous avons en charge des vies humaines, qui demandent parfois qu'on puisse arriver au plus vite sur le lieu du traitement ou de l'hospitalisation, il serait souhaitable que nous puissions bénéficier d'une faveur de vingt pour cent sur la vitesse autorisée, car lorsque en ville, sur une grande ligne droite, on se fait prendre à soixante kilomètres à l'heure, avec amende, alors que nous avions à bord une personne âgée qui se sentait mal, handicapée et avec une grosse pathologie, c'est tout de même terrible que l'ambulancier récolte du mal pour le bien qu'il a fait, en accompagnant au mieux la personne qu'il transporte.

Je transmets cette lettre au Ministre des Transports et au Directeur Général de la Sécurité Sociale.

Chloé Laroche

(titulaire depuis 2003 du Certificat de Capacité Professionnelle du Conducteur de Taxi (CCPCT), plus titulaire du diplôme d'Ambulancier (CCA), en outre : ambulancière depuis 2002 et taxi depuis 2003, dans un poste aujourd'hui alliant les deux métiers)


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À lire pour info :


http://www.formation-ambulancier.fr

http://www.officiel-taxi.fr/formation/formation-p4-r42.html

http://www.sante.gouv.fr/ambulancier,10828.html



23/04/2014

Dans mon taxi, il y a des fantômes, ceux de tous les patients disparus. Ils écoutent les conversations des vivants, de ceux qui se battent encore.

10171233_10202099469151282_5817836958563807092_n.jpgJe roule dans mon taxi. Un vrai taxi avec une plaque lumineuse au-dessus.

Un taxi dédié au milieu médical.

J'enchaîne les trajets.

J'emmène des patients à l'hôpital ou chez le médecin.

Dans mon taxi, il y a des fantômes, ceux de tous les patients disparus.

Ils se bourrent dans ma voiture, trop contents d'être transportés encore une fois.

Ils écoutent les conversations des vivants, de ceux qui se battent encore.1972483_1482355418645289_5440565091183597941_n.jpg

Ils me voient m'escrimer sur la route, verser des larmes pour eux parfois, parce qu'ils me manquent.

Dernièrement, il y en a trois qui ont rejoint l'au-delà. Trois patients que j'aimais beaucoup, tous âgés et vertueux de courage et d'espoir en la vie. Mais le cancer et les diverses pathologies les ont emportés.

Ils ont laissés ici-bas trois veuves à qui je pense. Trois femmes dont le coeur est béant de tristesse et de manque de leur moitié. Des années avec leur homme et les voici partis, vers un ailleurs indicible. 

10153695_1482355258645305_1767106130118242558_n.jpgCes femmes devront supporter la croix de l'absence et le calvaire du deuil d'un amour qui ne finira jamais.

Aujourd'hui, j'ai transporté un homme qui a rencontré sa femme il y a plus de soixante ans. Il faisait le tour de France des Compagnons et un soir, il a dansé avec une femme au bal, et elle est devenu sa femme pour la vie. Quand on lui demande si le dimanche, il va à la messe, il répond :

"Non, je reste avec ma femme, c'est ma messe à moi."

Cet homme a une profonde sérénité en lui et je sais que les absents, ceux de mon taxi, ont écouté ses confidences avec attention, admiration et envie, bonheur aussi.

Car le bonheur, ça se transmet.P1170749.JPG

 

Chloé Laroche

 

 

26/09/2013

Harcèlement à l'école publique, phobie scolaire, exclusion volontaire, réalité d'enfants souffre-douleurs, témoignage d'une maman repartie dans le privé.


Bonjour à tous et toutes,

 

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L'enseignement public ne sait comment gérer cela, préférant baisser la tête plutôt que de réagir sainement  et de voir les choses en face.

Je vais vous parler d'un cas réel, de l'histoire véridique d'un jeune garçon habitant l'agglomération grenobloise, au sein d'un quartier non défavorisé.

L'enfant se trouvait en classe de Cinquième et s'est trouvé aux prises avec un groupe de jeunes de Troisième qui l'empêchaient de prendre le car, en lui volant sa carte de bus. Ils lui mettaient la tête dans la cuvette des WC, sans parler d'autres humiliations subies par ce pauvre enfant devenu le souffre-douleur de jeunes collégiens en manque de sensations détestables.

Il a subi tout ceci durant sept mois et finalement se mit a vouloir mourir, ne trouvant d'issue que dans le geste final et désespéré du suicide.

Aujourd'hui, il a réussi à en parler et ne va plus à l'école. Il ne peut plus retourner au collège, tellement traumatisé par les faits vécus. Ses parents, intelligents et à l'écoute de leur enfant, l'ont inscrit au CNED, centre d'enseignement par correspondance, et il poursuit sa scolarité ainsi et a de très bonnes notes.enseignement public,école publique,école privée,harcèlement,enfant,collège,primaire,phobie scolaire,souffre-douleur,violence,peur,cned,fuite,changement,agression,camarade,professeur,instituteur,classe,enseignement par correspondance,écoute,bienveillance,enfants sur-doués,difficulté scolaire,punition,exclusion,arles,enfant pendu,porte-manteau,icare,témoignage,parent,inquiétude,délinquance,inspection académique,mairie,service scolaire,changement d'école,refus,rentrée scolaire,désarroi,étonnement,révolte,finance,aide,compréhension,écoute des parents,souffrance morale,humiliations,silence

Au final, ce jeune a dû s'exclure de son collège et s'écarter de tous ses camarades, vivant un isolement certain. Mais que deviennent les autres jeunes qui ont eu ces comportements terribles et destructeurs avec lui ?

Au primaire aussi, nous rencontrons des choses similaires... À la Villeneuve, mon fils, en classe de CP, a été aux prises avec des plus grands dans la cour de récréation et des enfants lui ont baissé son slip et l'ont humilié avec des moqueries. Mais bien sûr,  rien n'a été fait. À la limite, c'était "de sa faute". J'en ai déjà parlé précédemment. 

En fin d'année scolaire, alors que j'avais déménagé non loin de Grenoble, dans une zone non défavorisée, mon fils a réintégré l'école publique. Le dernier jour de l'école, le 5 juillet 2013, mon fils a été entraîné à l'écart lors d'une pause, à l'abri du regard des adultes. Là, des camarades l'ont insulté : "T'es un gros con", "Tu sais même pas travailler", etc. Certains l'ont plaqué contre le mur et un camarade l'a giflé. On lui a aussi tapé sur les doigts avec une raquette. Mon fils travaille bien et est un très bon élève, ceci pouvant susciter des jalousies.

Il est parti en pleurs auprès d'une dame de l'école. Mon fils a été très traumatisé par cet évènement et choqué, au point qu'il ne voulait pas retourner dans cette école. Les vacances n'ont rien changé à sa détermination de ne plus pouvoir y aller, ayant la peur au ventre.

Le soir même, l'école était fermée pour les grandes vacances et après une longue réflexion, j'ai demandé un changement d'école au service scolaire de la Mairie. Les responsables m'ont convoquée et m'ont entendue, me donnant l'espoir de pouvoir mettre mon fils dans une classe ouverte pour accueillir de nombreux nouveaux arrivants dans la commune.

J'ai attendu leur réponse définitive et la veille de la rentrée, je n'avais pas de réponse ni le nom de la nouvelle école. J'appelle à la Mairie et là, on m'annonce que non, il ne changera pas d'école, que sur décision de l'Inspection, de la Mairie et des Directeurs d'école, mon fils devra dès le lendemain prendre son CE2 dans la même école !!

Nous étions le 2 septembre, à 15 h 30. Mon fils rentrait le 3, à 8 h 30. J'étais au travail. Que faire ? Annoncer à mon fils que ma demande était rejetée ?? Voir une rentrée gâchée par un refus de mon fils d'aller à l'école, prévoir des cris et des pleurs ?

J'ai décidé de contacter par téléphone l'enseignement privé, ne voyant aucune autre solution. J'ai donc appelé une école, la seule dans mon secteur, et la directrice m'a invitée à venir le soir-même pour finaliser l'inscription. Le lendemain matin, mon fils entrait dans sa nouvelle école, une petite école de quatre-vingt-dix enfants, entre maternelle et primaire. C'est une école très pédagogique, dans laquelle les enseignants réfléchissent au fait d'être bienveillants envers les enfants, accompagnant les élèves en difficulté tout en prenant en compte les enfants doués et ayant des capacités hors du commun. Il existe diverses nationalités dans cette école, dont l'enseignement est basé sur la tolérance et le respect des différences.

Je ne parlerai pas bien sûr du coût généré par ce choix, car je préfère ce sacrifice relatif pour le bien-être de mon fils et en faveur de son épanouissement scolaire. Il est évident qu'en tant que maman solo élevant seule mon fils, l'aspect financier peut peser lourd, mais je crois qu'il y a des priorités.

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Cette institutrice a pu se sentir débordée et excédée par son caractère débordant. Peut-être aurait-elle pu gérer cette situation et aurait-elle pu accompagner de plus près ce garçon, si elle avait pu avoir une aide, une autre personne la secondant dans la classe. On demande aux professeurs des écoles d'offrir un enseignement général à leur classe, mais que fait-on des élèves qui s'ennuient parce qu'ils ont déjà compris avant les autres et que fait-on des enfants en grande difficulté scolaire et familiale ? Une classe n'est pas un pain qu'on malaxe avec de la farine alliée aux oeufs et à l'eau. L'enfant a droit à l'écoute et à un accompagnement personnalisé, en rapport avec ses capacités.

Quarante-cinq minutes pour rejoindre le ciel, c'est le temps qu'il a fallu à Icare pour s'approcher du soleil et toucher la chaleur dont il avait sûrement besoin.


Chloé LAROCHE


P.-S. : cet article est la suite de mon témoignage-réflexion du 20 février 2013.

En voici le lien :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2013/02/20/l-ecole-est-pour-tous-a-quelques-exceptions-pres-et-avec-les.html


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16/07/2013

Du transport des enfants et mineurs en ambulance et de la responsabilité des chauffeurs. Mon témoignage véridique sur la profession d'ambulancier et la déontologie de ce métier passionnant.

Bonjour à tous,


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En fait, on nous confie des enfants, c'est vrai ; des enfants handicapés, handicapés physiques ou mentaux, des jeunes atteints de graves maladies, des enfants allant en Centres Médico- Psychologique ou en rééducation d'orthophonie ou de kinésithérapie.

J'en ai souvent transporté et j'en transporte encore. C'est parce qu'on nous fait confiance, en tant qu'ambulanciers et professionnels de l'accompagnement routier médical. Les parents, les établissements hospitaliers, les patrons nous font confiance.

Nous devons effectivement être à la hauteur de cette confiance puisque nous devenons un adulte responsable de l'enfant qu'on nous confie, que ce soit au niveau de la sécurité routière, de la bonne mise de la ceinture de sécurité et du fait de protéger l'enfant lorsqu'il entre et descend du véhicule.ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,

Nous sommes aussi responsables de l'enfant qui peut nous confier des secrets, secret de famille ou confidences de coeur lourd. Nous avons le devoir de le soutenir et de l'écouter, voire de signaler des faits graves le concernant... auprès des autorités judiciaires, médicales et administratives, selon l'article226-14 du code pénal - article 44 du code de déontologie médicale. Les faits peuvent englober toute maltraitance, tout abus sexuel, toute cruauté mentale, toute négligence ayant des conséquences préjudiciables à l'enfant pour sa santé et son développement physique et psychique.ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,sécurité routière,maîtrise,contrôle,rôle,autorité,devoirs,justice

Et puis, parfois l'enfant ne parle pas, ce qu'il convient aussi de respecter.

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Il faut savoir que des ambulanciers ont pu, en transportant des enfants handicapés mentaux, s'en occuper avec bien peu de considération ou de respect, pensant que ces enfants ne parlent pas ou sont diminués intellectuellement et émotionnellement. Ils ont pu leur hurler dessus par rapport à leur comportement mais c'est totalement contraire à la déontologie de notre métier. J'ai été témoin occasionnellement du mauvais comportement de collègues, bien que ce soit un fait rare, mais pas exceptionnel. Il n'y a pas que des personnes exemplaires dans notre profession, et parfois, des ambulanciers n'ont aucun coeur et font ce métier par obligation et nécessité de manger.ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,

Comme il y a un grand turn-over dans le métier et que seuls ceux qui ont vraiment la vocation arrivent à rester... pensons qu'un certain nombre de chauffeurs ambulanciers peuvent manquer de patience et parfois de conscience professionnelle. C'est un métier où nous faisons aussi beaucoup d'heures, alors certains peuvent faire passer leur stress de conduite et de route sur les patients transportés et donc sur les enfants.

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Je me souviens aussi d'une jeune autiste de treize ans que je transportais et qui donnait de grands coups sur le tableau avant de la voiture et dans la portière. Il fallait que je lui parle pour la rassurer et ma voix l'apaisait... Tout cela en conduisant et en assurant la sécurité !ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,sécurité routière,maîtrise,contrôle,rôle,autorité,devoirs,justice

Une collègue m'avait confié que cette jeune s'était enfuie une fois de la voiture sur un pont. Elle avait dû lui courir après, laissant le véhicule. Ce dernier ne fermait pas de l'intérieur et lorsque ma collègue en a parlé au patron que j'avais alors... il lui a répondu qu'elle n'avait qu'à se débrouiller et que ce n'était pas son problème, en tant que patron !!!

J'ai aussi transporté un jeune paraplégique adolescent dont je mettais le fauteuil dans le coffre. Il commençait à avoir des besoins sexuels et me mettait à chaque fois la main sur la cuisse, alors que je conduisais. Il essayait de me caresser. Je lui expliquais à chaque fois que non, il ne fallait pas faire cela, que c'était interdit. ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,

Un jour, une collègue d'une boîte qui n'existe plus, est arrivée en pleurant. Un patient s'était masturbé à côté d'elle, sans qu'elle n'ait pu rien faire ni l'empêcher. Elle en était traumatisée. Sa réaction a été tout à fait normal, dans une situation gravissime. Nous sommes au service d'autrui mais nous n'avons pas à tout accepter, sous prétexte que ceux que nous transportons nous manquent de respect. Un adolescent autiste presque adulte m'a frappée alors que je le conduisais, en 2008. Ma plainte est toujours sur le bureau du Procureur, classée parmi toutes les autres, irrecevables et incongrues... Normal, les parents de ce jeune ne voulaient pas entendre parler de traitement médicamenteux, aussi valait-il mieux dire comme ils l'ont fait que je n'avais "pas assez d'autorité" et que je manquais de compétence !

Toujours est-il que j'ai évité par deux fois l'accident et que leur fils est toujours vivant ! J'ai juste essuyé de violents coups dans le dos, le cou et l'épaule droite.

Ceci pour conclure que quoi qu'il se passe, l'ambulancier doit juriquement et dans les faits amener l'enfant ou le jeune mineur à bon port, sans accident et sans traumatisme moral.ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,

Quant à l'ambulancier, il lui reste le choix d'aller voir un bon psy pour vider son sac ou sa boîte à gants.

Chloé LAROCHE


À lire :

http://www.secourisme.net/spip.php?article174

http://sos-ambulanciers.forumactif.com/t172-les-responsabilites-de-lambulancier

 

 

 

 

 

 

20/04/2013

Mon témoignage de taxi médicalisé et d'accompagnement de l'humanité souffrante. Offrande de son écoute et de ses propres croix.

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Cela ressemble à quoi une journée de taxi médicalisé ?

Les gens croient qu'on roule tranquillement toute la journée et que ce n'est pas fatiguant, ce métier, et même certains rabaissent cette profession en disant qu'on fait cela parce qu'on n'a rien dans le cerveau.

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Je roule donc, je suis sur la route toute la sainte journée, à observer de tous côtés ce qui se passe pour éviter accidents et sur-accidents.

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Il n'y a pas si longtemps, les secrétaires nous donnaient un papier afin que nous ayions les éléments de Sécurité sociale, date de naissance et Mutuelle du patient transporté, pour que nous puissions nous faire payer de notre côté. Aujourd'hui, certains hôpitaux refusent de nous donner ce papier, malgré que nous leur rendions service, en disant que : "les photocopies, ça coûte cher."

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Et puis nous ramenons aussi les personnes ayant fini leurs soins à leur domicile ou bien dans l'établissement où ils se trouvent hospitalisés. Nous déplions leur fauteuil roulant, remettons les roues, le siège et les aidons à se transférer du siège de la voiture à leur fauteuil.

Nous restons toujours souriants, polis, à l'écoute de l'humanité souffrante. Les humains souffrent, jour et nuit, et nous sommes présents pour adoucir la peine et être des passeurs de ces personnes que parfois personne n'écoute.

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Une montagne forte, comme le sont les montagnes qui m'entourent et qui m'aident à poursuivre mon métier quand c'est trop difficile, qui m'aident aussi à supporter le deuil lourd de mes parents décédés en juin dernier.

Mon père s'est suicidé contre un poids-lourd après la mort de ma mère, aussi quand toute la journée je croise des camions, je revois parfois des images, tout comme quand je croise des accidents sur mon chemin. Les larmes coulent comme une rivière et puis on continue et parfois un patient me dit : "Vous avez beaucoup de courage." taxi,taxi médical,sécurité sociale,mutuellensanté,maladie,handicap,handicapé,intouchable,force,montagne,chemin de croix,ambulance,ambulancier,chauffeur,route,sécurité routière,anticipation,code de la route,conduite,routier,professionnel route,profession,métier,mort,deuil,suicide,parents décédés,amour universel,offrande,courage,résilience,choix,vie,actualité,moulin-fournier,libération,ange,écoute,accompagnement,compassion,bouddha,voiture,médecin,hôpital,clinique

J'aurais pu me mettre à l'arrêt parfois pour trop de peine et désespoir intérieur, mais je ne l'ai jamais fait depuis près d'un an, malgré parfois la présence d'idées noires, car pour moi le fait de travailler et d'accompagner l'humanité souffrante me soutient, de par cette montagne qui me tient forte et solide.

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J'aime mon métier et je donne mon énergie de tout mon coeur. Et quand j'écoute la radio dans mon taxi et que j'apprends par les ondes comme hier la libération de la famille otage Moulin-Fournier, je suis si heureuse et mes larmes coulent, cette fois pour exprimer ma joie et le bonheur pour ces personnes et ces quatre enfants.

Chloé LAROCHEtaxi,taxi médical,sécurité sociale,mutuellensanté,maladie,handicap,handicapé,intouchable,force,montagne,chemin de croix,ambulance,ambulancier,chauffeur,route,sécurité routière,anticipation,code de la route,conduite,routier,professionnel route,profession,métier,mort,deuil,suicide,parents décédés,amour universel,offrande,courage,résilience,choix,vie,actualité,moulin-fournier,libération,ange,écoute,accompagnement,compassion,bouddha,voiture,médecin,hôpital,cliniquetaxi,taxi médical,sécurité sociale,mutuellensanté,maladie,handicap,handicapé,intouchable,force,montagne,chemin de croix,ambulance,ambulancier,chauffeur,route,sécurité routière,anticipation,code de la route,conduite,routier,professionnel route,profession,métier,mort,deuil,suicide,parents décédés,amour universel,offrande,courage,résilience,choix,vie,actualité,moulin-fournier,libération,ange,écoute,accompagnement,compassion,bouddha,voiture,médecin,hôpital,clinique


_____ Lire aussi mon article écrit sur mon métier, daté du 1er novembre 2012 : 


http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2012/11/01/mon-temoignage-sur-le-metier-de-taxi-medical-employe-par-une.html

 

 

20/02/2013

L'école est pour tous, à quelques exceptions près... avec les moyens et personnels manquants. Mon témoignage de maman citoyenne gardant les yeux ouverts.

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L'année passée, au moment où Monsieur Sarkozy, encore Président, disait : "L'école est pour tous et doit s'adresser à tous les enfants", je vivais l'exclusion de l'école publique avec mon fils qui allait avoir sept ans.

L'exclusion d'un bon élève par le dégoût de l'école publique...école,école publique,rythmes scolaires,parent,enfant,citoyen,iufm,professeur,instituteur,violence,négligence,récréation,actualité,politique,école privée,niveau scolaire,ennui,punition,abus,exclusion,départ,déception,rased,grenoble,enseignement,ministre éducation,honte,peur,parole,écoute,classe,scolaire,décision,changement d'école,radiation,année scolaire,cp,élève,justice,règlement

Quand on oblige un enfant à recopier le règlement de l'école à l'écart de tous, (pas le résumé mais celui qui s'adresse aux adultes), parce qu'il avait parlé à la cantine. Quand on laisse la violence s'installer dans la cour de l'école, au point que mon fils a vu son pantalon baissé et que la honte a été mise sur lui quand on a laissé croire que c'est lui qui montrait ses fesses... Quand un directeur prend à partie un enfant devant tous alors qu'il est déjà exclu par les autres. Quand les professeurs des écoles, n'ayant plus d'aides dans leur classe (Rased), laissent de côté un bon élève -qui du coup s'ennuie- pour s'occuper des nombreux enfants en difficulté de leur classe. Quand on abandonne un élève dans l'école alors que toute la classe part finaliser un projet de construction à l'extérieur, comme c'est arrivé pour mon fils, le jour où il a dû recopier le règlement de l'école, sans même le comprendre.9417629-petite-fille-triste-les-larmes-aux-yeux.jpg

Mon fils est sorti de son école de la Villeneuve avant les vacances de février 2012 en pleurant et en disant qu'il ne voulait plus jamais retourner à l'école. Ce même enfant qui demandait à l'âge de deux ans d'aller à l'école et à trois ans d'apprendre à lire et écrire ! 

J'avais demandé depuis quelques temps de rencontrer la psychologue, proposant aussi un changement de classe pour mon fils, mais le temps a manqué à cette professionnelle et l'eau a coulé sous le pont de l'ennui, laissant le champ libre à la déception grandissant dans le coeur de mon fils.

11429439-garcon-debout-devant-un-tableau-noir-avec-bulle-de-pensee.jpgDernièrement, une conseillère familiale m'a confié son opinion que les parents devaient rester en retrait de l'école et de ce qui s'y passe, et qu'ils n'ont pas à s'opposer aux décisions et comportements du corps enseignant ni à donner leur opinion.

Je pense au contraire que nous sommes citoyens et qu'en tant que citoyens et parents, nous avons la responsabilité de prendre conscience d'un malaise existant au sein de l'école quand notre enfant souffre d'un état de fait. Si nous constatons des violences se poursuivant en cours de récréation, sans qu'un adulte n'intervienne -par faute bien sûr de manque de personnel-, si nous constatons que notre enfant est tombé et que personne ne nous a prévenu jusqu'au soir, laissant une plaie au crâne sans soins, prétextant qu'aujourd'hui, on ne doit rien soigner ni désinfecter, il est de notre devoir de parents d'agir et de signaler. Ce dernier fait s'est passé dans une école privée et il est véridique.14733387-retour-a-l-39-ecole-belle-carte-avec-les-maple-leafs-de-illustration.jpg


J'ai changé mon fils d'école et, au retour des vacances de février 2012, il a été reçu dans un nouvel établissement, dans une école privée accessible financièrement (je ne paye que quatre-vingt euros par mois). Il est arrivé dans une classe qui l'a très bien accepté ; mon fils a été accueilli par une maîtresse qui a su le rassurer sur l'école et sur le fait de pouvoir s'ouvrir de ses éventuelles difficultés avec d'autres enfants aux enseignants. Pouvoir accueillir la parole de l'enfant sans qu'il ait peur d'être puni, comme mon fils le vivait dans l'école précédente, et arrêter de punir tout le monde quand on préfère ne pas désigner un coupable. Quand on nous force à avaler de la terre comme mon fils en CP l'a vécu et qu'on est puni comme celui qui nous a humilié, parce que cela arrange le corps enseignant, c'est extrêmement injuste et destructeur.12668173-triste-larme-pleurer-d-39-un-il-d-39-un-enfant.jpg

Mon fils a rejoint une classe qui avait son niveau, avec beaucoup d'enfants ayant de l'énergie à revendre mais avec de l'avance pour la plupart. Il aime à nouveau l'école et a d'excellentes notes en CE1. Mais je dois dire que j'ai été amère d'entendre à propos de l'école publique qu'elle "existait pour tous", au moment où mon fils l'a quittée. Je pense que ce ne sont pas les rythmes scolaires qui sont à changer, mais plutôt l'encadrement des enfants, le nombre de personnel qualifié pouvant seconder les professeurs des écoles, les Rased à recruter en nombre, la formation IUFM des maîtres à remettre en route et des aides spéciales à mettre en place pour les enfants n'arrivant pas à apprendre à lire et à écrire.13208405-retour-a-la-carte-du-frere-mignon-et-soeur-de-l-39-age-ecole-primaire-a-pied-de-l-39-arret-de-bus-sc.jpg

Chloé LAROCHE13169775-les-enfants-des-ecoles-a-enseignement.jpg15831191-des-enfants-heureux-ensemble-sur-la-terre.jpg

 

05/02/2013

Pour Nafissatou Diallo. "Moche comme un cul", c'est la pire des insultes d'être comparée à l'endroit du rut. À l'attention de Sophie de Menthon et de Franck Tanguy, de RMC Info.

"Moche comme un cul"_______ poème écrit pour Nafissatou Diallo

 


Belle Nafissatouimages.jpeg

Franck Tanguy a dit de vous

"Moche comme un cul"

Il se retrouve à la rue

Morveux et sans un sou

 

sosoSC06130___.JPGBelle Nafissatou

Sophie de Menthon a de vous

Que vous viviez un truc fou...

Ce dont vous vous seriez passée

Elle a parlé de "conte de fées"

 

Belle Nafissatoufranck_tanguy_02857___.JPG

Vous ne savez ni lire ni écrire

Vous avez connu le pire

Ils ont dit que vous n'étiez "Rien"

Quelle bande de vauriens

 

images-3.jpegBelle Nafissatou

"Moche comme un cul"

C'est la pire des insultes

D'être comparée à l'endroit du rut

Quelle bande de faux culs

 

Belle Nafissatou

Être noire ne permet pas

Qu'on vous compare au trou

Sombre et obscur du cul

Terrible sentence de goujats

 

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Rien ne permettait cette honte

La rumeur des ondes monte

Qui va virer ces deux pontes

Éloignant ces bruits fous

 

Unknown-1.jpegBelle Nafissatou

Et si nous pardonnions 

À ces deux Grandes Gueules

L'oubli est le plus grand don

Qu'on puisse faire aux doux

 

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Sur Rmc ils les ont virés 

Pour vous avoir insultée

Mais ils font tout pour l'expression

Pour la liberté de parlerimages-4.jpeg

 

Belle Nafissatou

Alors au final, qu'ils assument 

Que leurs émissions se consument

En Grandes Gueules et en sondages

Jusqu'au bout du voyage

 

images-1.jpegBelle Nafissatou

Oui, vous êtes belle et charmante nue

Et si certains ne parlent que de votre cul

C'est qu'ils sont pauvres dans leur coeur

N'ayant que médiocrité en goût.

 

Chloé Laroche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

05/12/2012

J'ai trouvé la flamme de cet oiseau qui s'envole, m'emportant vers l'espoir de tous ceux qui soignent leur feu comme un phare dans la nuit.

ca3kpw75.jpgLe feu d'un respect__________________z432iimh.jpg

 



J'ai trouvé un oiseau mort

je l'ai pris dans mes mains

et l'ai porté au pied d'un arbre

afin de lui donner dernière demeure

pour lui offrir humanité

 

J'ai trouvé un enfant vivantortehsru.jpg

derrière une porte gémissant

je lui ai donné mon sourire

et la confiance en la vie

je l'ai guidé vers son soleil

 

h049uvii.jpgJ'ai trouvé une femme malade

au fond de mon taxi

je l'ai écoutée jusqu'au bout

sur la route enneigée

elle a pris son envol dans la nuitfemme,espoir,résilience,chagrin,amour,respect,handicap,ange,aide,compassion,humanité,amitié,guérison,mort,oiseau,vie,sensualité,rêve,poète,poésie,avenir,présent,passé,fleur,nudité,offrande,phare,pardon,rose,violon,musique,silence,néant,taxi,maladie,regard,souffrance,sincérité,solitude

 

J'ai trouvé un homme handicapé

il a regardé mes yeux

comme lumière dans l'orage

il a trouvé une amitié en moi

telle une ange pour sa solitude

 

35yf4w2m.jpgJ'ai trouvé un homme qui m'a aimée

il est dans mon coeur

mais notre rose a souffert de néant

je reste seule sur le carreau

d'une vie à pic

 

Puis j'ai trouvé la flammephare de la vieille.jpg

de cet oiseau qui s'envole

m'emportant vers l'espoir

de tous ceux qui soignent leur feu

comme un phare dans la nuitk5979528.jpg

 

k1928665.jpgJ'ai trouvé l'instrument

qui fera de mon corps un violon

pour qu'un archet l'éveille

dans l'esprit d'un amour

au respect éternel.6v5jg0b4.gif

 

Chloé Laroche7yu5i304.gif

___________________________________________________________

Merci à Isabelle de m'avoir prêté les images dont j'ai illustré mon poème :

http://aujardindesroses.centerblog.net

 

Merci à Kriscounette pour la fée scintillante que j'ai choisie parmi les images de son blog :

http://kriscounette.centerblog.net


 

 

 

03/11/2012

Le film "AMOUR" avec Jean-Louis TRINTIGNANT et Emmanuelle RIVA, un chef d'oeuvre qui nous renvoie à l'importance des soins palliatifs.


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Bonjour à tous et toutes,

 


Je suis allée voir le film "AMOUR" dernièrement, à sa sortie sur nos écrans, réalisé par Michael HANEKE. Celui-ci a réussi la "prouesse" de nous faire vivre en huis clos avec trois acteurs... la lente agonie d'une femme et l'amour infini d'un homme. 


C'est une oeuvre triste à mourir… mais qui nous place directement dans un bain de vie et de dévouement, celui de Jean-Louis Trintignant… ce qui finalement nous donne l'envie de vivre, puisqu'on se dit que notre santé, celle qui nous reste, est bien précieuse avant la fin qui pourrait nous attendre et dont on ne connaît pas les tenants ni les aboutissants.20121558.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120528_085925.jpg


Le fait que Jean-Louis Trintignant ait perdu sa fille l'a poussé à jouer ce rôle montrant la fin de vie d'une dame âgée, selon ses propres paroles. Il joue avec toute sa générosité mais va jusqu'aux limites de sa propre humanité… en tuant sa femme à la fin, dans un acte désespéré, dans lequel on lit toutes les limites d'un accompagnement isolé et sans l'aide de personnels qualifiés.

 

images-1.jpegCe film pose beaucoup de questions, dont celles de la douleur et de la souffrance. Cette réalisation grandiose pour l'humain pose aussi la question de l'importance du service en hôpital des soins palliatifs que je défends, dont le personnel se bat pour que les mourants ne souffrent pas. Cette femme jouée par Emmanuelle RIVA disait qu'elle avait MAL et personne ne l'entendait. Son mari préférait lui raconter une histoire pendant ses râles. Aujourd'hui, les services de soins palliatifs existent avec du personnel qualifié et les personnes peuvent partir accompagnées et dignement, sans souffrir le martyr. amour,film,cinéma,haneke,emmanuelle riva,jean-louis trintignant,mort,fin de vie,avc,domicile,isolement,dévouement,couple,huis clos,aide,soutien,jalmalv,écoute,mal,douleur,hôpital,soins palliatifs,bénévole,alzheimer,personne âgée,mariage,vieillesse,souffrance,soulagement,illusion,égoïsme,euthanasie,actualité,france,europe,vie,courage,deuil,oeuvre,cannes,acteur,mourant,dignité,sacrifice,crime

 

En tout cas, je n'appelle pas ça de l'amour de devoir tuer l'autre pour qu'il se libère de son corps. Une femme m'a rétorqué lors d'une discussion qu'on peut "tuer par amour"… comme si cela était normal. Elle pensait sûrement à l'euthanasie. Sauf qu'il y a des règles dans l'euthanasie et dans les pays qui la pratiquent. Et puis, tuer la personne qui va partir, est-ce une solution ? 

 

44pgwvy4.jpgIl faut le temps pour les familles, le temps de dire au revoir, le temps de se préparer, le temps d'échanger avec des bénévoles qualifiés pour l'écoute. Il existe l'association JALMALV qui forme des bénévoles pour tous les hôpitaux et leurs soins palliatifs, des bénévoles qui vont accompagner des personnes en train de mourir, pour lesquelles il n'est pratiqué désormais aucun acharnement thérapeutique.

 

"Le bénévole est là, présent, disponible, pour écouter, parfois pour briser la solitude de celui ou celle qui fait face à la maladie et à la mort. Il ne remplace pas les soignants ni les proches de la personne malade. L'accompagnant est un témoin, un être humain qui exprime simplement sa solidarité avec un autre être humain, dans le respect des différences et du désir de celui qu’il accompagne."


(Société Française d'Accompagnement et de soins palliatifs).

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__________________


On ne sort pas de ce film comme on est entré… si on n'a jamais été confronté à la mort et au handicap.  Et si on a déjà été confronté à la mort ou à la maladie de proches, alors on se sent compris en regardant ce film qui va au coeur du mystère de la fin de vie. Je trouve qu'il est important en Occident qu'on arrête de fuir toutes les questions de la mort et du deuil... ce qui ferait que les endeuillés seraient un peu moins seuls et écartés de la société qu'ils ne le sont aujourd'hui.


Quand on est en deuil et qu'on regarde ce film en compagnie de dizaines de personnes silencieuses dans une salle noire, on ressent une compréhension collective nous entourant et nous sortant soudainement de notre isolement. 

 

Et quand on a perdu son enfant comme il m'est arrivé malheureusement, on ressent, en regardant Jean-Louis Trintignant jouer dans ce film, du courage, de la force et une connivence qui nous rapproche de l'espérance de la vie et de la sincérité.

 


Chloé Laroche


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LIRE  http://www.sfap.org/content/définition-des-soins-palliatifs-et-de-laccompagnement



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01/11/2012

Mon témoignage sur le métier de Taxi médical. Je vous parle de ma vocation tournée vers les souffrants, dans le respect et l'écoute d'autrui.

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Ce soir, je vais vous parler de mon métier.

Je suis Taxi médical... Taxi sanitaire... Taxi employée dans une société d'ambulances.

En fait, pour faire ce métier et obtenir une place de cet ordre, il faut nécessairement posséder le diplôme de Taxi mais aussi avoir une formation d'ambulancier, de préférence.

Je transporte donc des personnes malades, âgées, handicapées, dialysées, cancéreuses, accidentées et bénéficiaires du "cent pour cent" de prise en charge de la Sécurité Sociale pour une maladie grave, longue maladie ou pour un accident du travail.

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J'ai démarré à l'époque comme ambulancière novice dans une boîte d'ambulances qui a aujourd'hui coulé, à cause du fait qu'un des frères dirigeants s'est débrouillé pour ne pas payer les cotisations retraite de ses salariés durant plusieurs années.

Ils m'ont donné la chance à l'époque de me former à ce métier passionnant. J'ai vite été mise en binôme avec un cadre qui faisait dix urgences par jour. Mon sentiment à l'époque est d'avoir été jetée à l'eau sans savoir nager.

J'ai accompagné de dix à douze heures par jour des personnes en fin de vie, des hémorragies, des personnes atteintes de septicémie, d'infarctus, de cancer en phase terminale, de dépression avancée.

Mon "salut" a été que j'ai pu écrire un livre de témoignage sur un an d'ambulancier. J'avais ce besoin de faire appel au collectif pour partager la souffrance du monde. J'écrivais pour laisser la trace d'un métier si beau, si dur et méconnu, non reconnu surtout. Mon livre, épuisé aujourd'hui, s'appelle : "Transports d'âmes et d'hommes". 

Depuis, j'ai travaillé dans le domaine du TPMR : "transport de personnes à mobilité réduite", avec conduite de fourgons aménagés pour pouvoir monter à bord des fauteuils électriques et très lourds, non portables par des humains ni transportables en ambulances.

Et puis j'ai aussi passé le diplôme de Taxi en 2003 avant de passer le diplôme d'ambulancier. Le diplôme de Taxi est obligatoire depuis 1995, avec une épreuve nationale et une épreuve départementale, dont un examen de la conduite avec deux inspecteurs dans le véhicule. C'est la Préfecture qui nous délivre ensuite notre carte de Taxi, avec obligation de formation continue et d'examen médical régulier.

Lorsqu'on a réussi le diplôme de Taxi, on peut ensuite soit devenir artisan Taxi à son compte, soit devenir salarié d'une entreprise de Taxi tourisme ou commerce, soit devenir Taxi dans une boîte d'ambulances (avec une formation complémentaire).

Il m'arrive dans le cadre de mon emploi de Taxi médical de transporter des personnes handicapées en fauteuil manuel, lequel peut se plier et se placer dans le coffre de la voiture. Il me faut aider la personne à se placer sur le siège de la voiture en quittant son fauteuil roulant, en la soutenant et en la guidant parfois dans ses mouvements.

J'ai accompagné il y a quelques temps une personne accidentée dans un accident d'avion, rescapé miraculeux d'un drame terrible. Avec le temps, l'ayant vu au départ avec deux moignons et les deux jambes estropiées, j'ai eu la joie un jour de le voir debout, avec deux prothèses installées par des personnes très compétentes, deux nouvelles jambes et pieds entièrement confectionnés  par la main de professionnels médicaux.taxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi,alp'azur ambulance,isère,médecine,hôpital,clinique,rendez-vous,traitement,chimiothérapie,guérison

Le courage des humains est parfois si grand et leur force intérieure de vie si riche que les anges eux-mêmes n'en reviennent pas parfois...

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En tant que taxi médical, ma mission est de rendre agréable un transport imposé par un traitement souvent lourd... chimiothérapie, radiothérapie, dialyse, transfusion, rééducation de kiné, piqûres dans les yeux, etc. Souvent, pendant que je conduis, j'écoute la personne qui se confie mais une communication s'établie aussi, avec un échange sur la vie, sur nos vies et aussi sur les choses banales qui rendent plus légers le drame vécu par le patient que je transporte. Notre passager confie sa vie à notre professionnalisme sur la route. Il souhaite rentrer chez lui assez rapidement mais en douceur, d'où l'obligation d'adopter une conduite souple et zen, avec une anticipation des dangers continuelle et une concentration de tous les instants.taxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi

On doit aussi pouvoir faire face à des crises d'épilepsie, d'angoisses, cardiaques, malaises divers... en gardant son sang-froid et en sachant faire les gestes justes.

Souvent, nous retrouvons les mêmes personnes à transporter dans la semaine... mais de mois en mois, de nouvelles personnes arrivent pour être transportées alors que d'autres ont terminé leur traitement. Nous savons alors que ces dernières vont vers leur guérison et une santé bien meilleure, ce qui rassure et emplit de sérénité.

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Si ce métier vous plaît, alors n'hésitez pas à le choisir... Il faut aimer rendre service et aussi... aimer conduire, être zen et très calme. Savoir aussi prendre sur soi et posséder un certain courage.

Merci de m'avoir lue.

Chloé Larochetaxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi,alp'azur ambulance,isère,médecine,hôpital,clinique,rendez-vous,traitement,chimiothérapie,guérisontaxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi,alp'azur ambulance,isère,médecine,hôpital,clinique,rendez-vous,traitement,chimiothérapie,guérisontaxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi,alp'azur ambulance,isère,médecine,hôpital,clinique,rendez-vous,traitement,chimiothérapie,guérison

 

 

 

 

 

12/03/2012

Euthanasie, alcool au volant, fin de vie et réflexions

Bonjour à tous et toutes,

Voici quelques réflexions et sujets que je souhaite partager avec vous, en ces temps remués et présidentiables :

 

1- Qu'est-ce que je pense de l'euthanasie ?

Je pense que l'euthanasie est une affaire de personnes, individuelle et à accompagner au cas par cas, ce que font certains médecins à l'heure actuelle, qui ne demandent pas l'autorisation pour la pratiquer mais qui par exemple pratiqueront l'euthanasie passive, qui consiste à arrêter l'acharnement thérapeutique, traitements lourds sans intérêt pour des personnes qui vont mourir. 

Je ne suis pas favorable à l'euthanasie ouverte à tous sans discernement, porte ouverte à toutes les dérives et à l'abus de familles souhaitant récupérer l'héritage au plus vite.

Je suis favorable aux soins palliatifs, services ouverts dans certains hôpitaux, avec un accompagnement pour que la personne en fin de vie ne souffre plus, avec des traitements anti-douleurs et aussi une écoute adaptée aux personnes en fin de vie. Jalmalv, qui est l'association "Jusqu'à la mort accompagner la vie" a créé une formation pour inciter la population à devenir bénévole dans ce genre de services, afin d'adoucir la vie de personnes ayant le désir de quitter cette vie dans la dignité et la douceur, en ayant dit au revoir à leur chemin et à leurs proches.

 

2- Pourquoi l'alcool au volant ne saute-t-il pas aux yeux comme danger public ?

Dernièrement, alors que je m'intéresse d'assez près au problème de la conduite alcoolisée, l'une des premières causes avérées de mortalité sur la route, j'ai discuté avec une personne qui me dit :

-C'est de la foutaise, cette histoire de ne pouvoir boire avant de conduire et d'être verbalisé, voire de faire de la prison et de perdre six points, voire son permis. Il n'y a pas tant de morts sur la route à cause de l'alcool, c'est dérisoire... C'est juste pour que l'État récupère des sous. Et puis, à côté, il y a ceux qui fument et là on trouve bien plus de morts par le tabac.... mais bizarrement, personne n'interdit rien ... et pourquoi donc ? !!"

Voici ma réponse : dernièrement une dame a bu et a pris l'autoroute à contre-sens, heurtant de plein fouet une voiture. Une petite fille de quatre ans a perdu son père et sa mère dans cet accident. Si c'était votre nièce ou votre petite soeur, comment réagiriez-vous ? 

http://provence-alpes.france3.fr/info/a-7-a-contresens-4-morts-a-cause-de-l-alcool-69794814.html

La conductrice de 24 ans avait passé la nuit en boîte de nuit et avait 2,3 grammes dans le sang.

Dernièrement encore, près de Blois, un jeune homme de 25 ans ayant bu beaucoup plus que la dose réglementaire a tué une famille entière recomposée : un père et deux jeunes de 13 et 16 ans ainsi que leur belle-mère morte à l'hôpital, après l'accident. Le choc a été très violent et a tué sur le coup le père et les deux jeunes.

Il faut savoir que l’alcoolémie positive d’un conducteur est présente dans le tiers des accidents routiers, causant 30,8 % des tués sur la route. 3970 personnes ont été tuées sur les routes en 2011. Faites le calcul !

J'ai choisi pour vous ce commentaire véridique et vérifié sur internet, que je souhaite partager avec vous : "2% à 3% des conducteurs conduisent avec un taux d'alcoolémie bien supérieur au seuil légal (le taux légal d'alcoolémie maximum étant fixé à 0,5 g d'alcool par litre de sang) en temps normal, mais alors, les nuits de week-end,... n'en parlons pas, ce pourcentage est multiplié par 10 !!! Le plus souvent, ce sont des personnes qui sortent pas bien frais de boîte, d'une soirée bien arrosée etc. Enfin, dans un tiers des accidents avec conducteur éméché, la voiture impliquée est seule sur la route." 

45000 personnes meurent chaque année à cause de l'alcool, pas seulement sur la route mais aussi de par leur santé dégradée et anéantie.

66000 personnes meurent à cause du tabac en France, pour répondre au final à la personne qui me parlait en début de réflexion.

Ce n'est pas parce qu'il y a 21 000 morts de différence qu'il faut laisser de côté la lutte contre l'alcool au volant, bien au contraire ! Un seul mort innocent et sobre tué par un chauffard alcoolisé est un mort de trop.

 

3- Allez écouter, s'il vous plaît, cette merveilleuse jeune fille entendue lors du 15 ème concours de plaidoirie du Mémorial de Caen.

Elle s'appelle Alma Adilon-Lonardoni du Lycée Champagnat à Saint-Symphorien-sur-Coise (69) et nous parle de la fin de vie, des personnes âgées et des maisons de retraite :

http://www.dailymotion.com/video/xo3yv5_il-fait-si-bon-vieillir_webcam

 

Chaleureusement à tous,

 

Chloé LAROCHE

 

 

14/11/2011

"Toutes nos envies", "Intouchables" et "L'Exercice de l'État". Ces trois films ont en commun de traiter de la mort ou du handicap et de l'essentiel de la vie, même si la dernière toile paraît ne traiter que de politique.

19732553.jpg-c_100_100_0-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20110506_091325.jpgBonjour à tous et toutes,

 

 

Trois films m'ont bouleversée ces derniers temps : "Toutes nos envies", "Intouchables" et "L'Exercice de l'État".

 

Ces trois films ont en commun de traiter de la mort ou du handicap et de l'essentiel de la vie, même si la dernière toile paraît ne traiter que de politique, ce qui est faux, lorsqu'on approfondit l'histoire. 19826698.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20111010_054130.jpg

 

"Toutes nos envies" est un film qui bouscule, qui va chercher dans les tripes, il renvoie à nos vies, c'est un film doux et si fort, un regard sur une existence, celle de Claire, une femme de conviction, qui porte un idéal et qui meurt telle une étoile filante en ayant accompli le voeu d'une femme endettée et broyée par une société qui donne sa priorité à la consommation, Céline.19777518.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20110713_025416.jpg

 

Stéphane, joué par Vincent Lindon, arrive dans l'existence de Claire comme Driss arrive dans celle de Philippe, handicapé tétraplégique dans "Intouchables".

 

On retrouve dans les deux films un duo fait d'amitié et de jeu de complicité allant au-delà de l'amour et de la sexualité vers l'essentiel de l'humain : comment être là pour accompagner l'être souffrant qui se trouve devant nous et pour qui nous avons de l'empathie ?

 

toutes-nos-envies-2011-21233-890338229.jpgRespecter les envies de l'autre, le rendre intouchable à la  vilenie humaine et aux mauvais regards de la bienséance. De cette bienséance qui empêcherait une femme condamnée par un cancer d'avoir un ami proche parce qu'elle a un mari.

 

De ce confort  "petit bourgeois" qui empêcherait un être handicapé de sauter en parapente mais qui s'en donne le droit devant toutes les conventions de la société.

 

exercice-de-l-etat-93c4a.jpg"L'Exercice de l'État" est aussi un film puissant et redoutable sur les relations humaines mais ce qui m'a particulièrement touchée, c'est la mort du chauffeur du ministre, chauffeur qui a payé de sa vie pour une raison d'État. Prendre une autoroute non terminée et c'est l'accident. Un homme détruit par le chômage, vivant dans une caravane… Un homme qui ne parlait pas, ne disait rien. Le ministre avait préparé des mots qu'il dit finalement tout bas  et qui peuvent être résumés ainsi :  "Cet homme, mon chauffeur, faisait partie des braves de ce monde qui savent que parler ne sert à rien et que de toute façon, tout est appelé à la perte. Alors ils se taisent, lucides sur le monde. Il était de ces êtres sensibles et conscients de la manipulation des grands de ce monde sur les plus faibles, les plus pauvres."19807638.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20110906_041313.jpg

 

Dans ce film de Pierre Schoeller, nous voyons le Ministre des Transports, joué par Olivier Gourmet, arriver sur le lieu d'un accident de car, où des enfants sont morts ou blessés. C'est terrible de constater qu'un drame tel que celui-ci permet à certains d'asseoir leur pouvoir, au travers de discours, de places politiques, de compassion déversée devant des médias choisis pour cela. Les victimes sont des pions, les petites gens des numéros et finalement, le jeu du pouvoir manipule les foules, sans qu'elles n'y puissent grand chose. Et c'est si vrai aujourd'hui.


Sauf que dans "Toutes nos envies" de Philippe Lioret , on voit deux juges qui se battent pour que la société change et ils y arrivent. En plus, c'est une histoire vraie, puisque ces deux juges ont existé à saint Étienne et ont réussi à aider de nombreuses personnes surendettées. Ce qui apporte de l'espoir au fait que chacun peut apporter son énergie et son intégrité afin de faire avancer notre monde vers plus d'équité.1595283_3_f21f_marie-gillain-dans-le-film-francais-de-philippe.jpg

 

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Le 11 / 11 / 2011, beaucoup de personnes avaient appelé à se retrouver pour plus de fraternité, plus de cohésion humaine.

 


toutes-nos-envies-2011-21233-1163562549.jpgCe jour-là, j'ai rencontré en randonnée un homme qui a perdu deux filles, une par un suicide il y a quatorze ans et une emportée par un cancer, il y a deux ans. Je l'ai écouté et ai frémi d'entendre autant de douleur et autant de vie poursuivie d'arrache-pied, au-delà de tout mot, de tous maux. La résilience est là, quand l'homme peut encore avancer et vivre dans le cirque de la vie, à marcher dans les feuilles de l'automne, au crépuscule de sa vie.

 

À 11 h ce jour-là, j'ai joué de la flûte dans la forêt de Chalais et quelques notes sont montées vers le ciel, envoyées dans l'espace pour plus de légèreté dans les coeurs.DSC_3016.jpg

 

P1100378.JPGCoeurs lourds des souffrances de ce monde, où on peut laisser une jeune femme, une de mes amies, se débattre seule avec ses deux parents âgés, deux parents dont la mère devenue sénile a cassé le bras et la jambe de son mari parce que devenue violente et incontrôlable. Personne n'intervient, il n'y a plus de moyens. Les gens se sentent seuls, comme cette mère face à cette réponse du Samu, une mère dont l'adolescente devient incontrôlable et se met à tout casser chez elle : "Lancez-lui un verre d'eau à la figure, ça va la calmer, ou bien vous la mettez dehors, elle se calmera."

 


Coeurs lourds de notre société où il n'y a plus de place pour accueillir les anciens… problème qui va s'étendre, INTOUCHABLE et insondable dans l'Exercice du Pouvoir, cette politique qui prend des décisions à l'encontre du réalisme de la vie actuelle, à l'encontre de TOUTES NOS ENVIES.toutes-nos-envies-2011-21233-644632435.jpg

 

P1100361.JPGChloé LAROCHE

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04/11/2010

Je tire la sonnette d’alarme sur le dépistage précoce de la violence et le fichage des jeunes enfants turbulents ou à comportements difficiles.

pr26666.jpgBonjour à toutes et tous,k0154629.jpg


Hier matin, j’écoutais les Grandes Gueules sur la radio RMC, à propos du projet de dépistage précoce de la violence auprès des jeunes enfants, projet tentant à faire croire que la délinquance des adolescents prend racine dans le comportement des plus jeunes.

J’ai soudain entendu cette phrase qui disait que si l’enfant est violent, c’est peut-être parce qu’il y a un "climat malsain à la maison".

On culpabilise les parents à longueur de journée, allant jusqu’à priver certaines familles des allocations en cas d’absences en cours pour les adolescents.INGSEYFS0510.jpg

Dans ces rapports où on classe les enfants de trois ans turbulents ou à comportements à risque.... voit-on ce que vit l’enfant, voit-on son malaise, son besoin d’être écouté, entendu.... Parfois (et souvent d’ailleurs) il vit un deuil et personne n’entend sa douleur. Il a perdu une cousine de son âge, emportée par la mort. Il a perdu un grand-père, il a perdu sa mère, son père. Qui prend conscience de la colère contre la vie qu’il exprime à travers son agressivité, lorsqu’il n’a que ses petits poings et son attitude pour dire sa blessure ? Et après, on se demande pourquoi le suicide est en recrudescence chez les pré-adolescents ??

GS166015.jpgEt par ailleurs, l’enfant ne trouve plus les limites nécessaires à son développement, dans des familles débordées et souvent dépassées, en situations économiques parfois très précaires. Au lieu de stigmatiser ces familles en difficultés affectives ou autres, pourquoi ne pas aider ces parents en les incitant, en les invitant officiellement à participer à des sessions ou des conférences à l’École des Parents ?? Pourquoi ne pas accompagner ces parents et ces enfants en demande d’écoute par des réunions de parole familiale où chacun aurait sa place pour exprimer ce qu’il ressent, parents et enfants ? Les centres médico-psychologues gratuits offrent de telles possibilités. Pourquoi ne pas engager les familles en difficultés à y aller pour se faire aider au lieu de sévir et de maltraiter des familles déjà courbées sous le poids du sort marqué par le chômage, le divorce, la dépression, l’alcoolisme et parfois le deuil.k0185514.jpgk0361219.jpg

Nous sommes de plus en plus censurés individuellement et l’Éducation Nationale est censurée aussi dans l'aide qu'elle peut apporter aux enfants en difficultés, avec la suppression de nombreux postes et de dispositifs comme les Rased. Les psychologues scolaires devraient avoir aussi plus de moyens et d’effectifs pour aider les enfants en souffrance. Les professeurs et les encadrants pédagogiques tremblent de peur dès qu’ils engagent un projet et ne peuvent même plus donner trois granules d’arnica à un enfant qui s’est cogné, car cela est devenu interdit.

k1078021.jpgUn enfant qui se retrouve en conseil des maîtres pour avoir cherché à soulever la jupe d'une fille afin de voir sa culotte devient aujourd'hui immédiatement un délinquant sexuel, montrant que la relativité de l’enfance avec le monde adulte n’existe plus. On projette la délinquance des plus grands sur le monde des petits. On projette aussi nos peurs d’adultes, vivant dans une société où la liberté individuelle est de plus en plus muselée.

Je souhaite vraiment que le projet de loi actuel sur le dépistage de la violence chez les jeunes enfants ne passe pas, surtout si c’est pour dire d’eux dans dix ans : «Vous voyez, on vous l’avait bien dit qu’il allait devenir violent ???!!!!». Si le projet prévoit un accompagnement et tout une batterie de moyens pour redonner sa place à la protection sociale des familles et à l’écoute des parents et des enfants, alors je dirai oui.k2240982.jpg

bandeau-besson-mail-grande.JPGJe souhaite que cette loi ne passe pas comme est passée la loi sur la fin de la médecine du travail indépendante ou comme la loi Besson qui permet d'enfermer des enfants 45 jours en attendant d'être expulsés de France avec leurs parents... Savez-vous que les médecins du travail ne seront plus indépendants mais assujettis à la volonté et à la demande des entreprises...? Savez-vous que cette loi est passée tranquillement avec le projet de loi sur les retraites ? Savez-vous que "les enfants d'une personne en situation irrégulière figureront dorénavant sur les registres des centres de rétention. Ils seront donc officiellement enfermés avec leur parent dans des centres de rétention pendant toute la durée de la rétention, soit jusqu'à 45 jours. En officialisant l'enfermement d'enfants, le gouvernement assume ouvertement cette pratique qui va à l'encontre de l'intérêt supérieur de l'enfant, pourtant protégé par plusieurs conventions internationales."visuel-besson-web.JPG


Chloé LAROCHE

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POUR ALLER PLUS LOIN :


UN ARTICLE À LIRE :

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3481  : nos enfants sous haute surveillance

À PROPOS DE L'ÉCOLE DES PARENTS :

http://www.ecoledesparents.org/epe/eej.html
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mercredi (10h-13h psychologue et orientation scolaire)

jeudi (9h30-12h30 psychologue)
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15/05/2009

La peine vécue au quotidien dans le handicap et l’absence. Quand une maman se noie devant l'insupportable. Accident et handicap mental.

 

 

images-5.jpegUn soir, alors que j’étais triste et comme si cette rencontre devait me secouer pour que je continue d’être forte... j’ai rencontré un homme de soixante-dix ans. Je devais ramener chez lui sa fille handicapée mentale, une femme de quarante-cinq ans, du CAT (centre d’accueil thérapeutique à la journée) à son domicile.images-9.jpeg

images-10.jpeg

Lorsque j’ai accompagné cette personne jusqu’à la porte de sa maison, son papa est venu me saluer et m’a proposé de venir manger un morceau de brioche. Et puis, debout devant moi, il s’est mis à me parler de sa femme : “La pauvre, elle n’est plus là. Elle s’est suicidée en se jetant dans l’étang, juste derrière la maison, l’année passée. Elle était malade des nerfs. Elle s’est noyée.”

Le pauvre homme pleurait. J’étais bouleversée. Je lui ai témoigné toute ma compassion. C’était une mer de détresse qui emplissait cette maison, ces deux coeurs en deuil, ces vies naufragées.

images-3.jpegEn me raccompagnant à mon taxi-VSL, cet homme m’a dit : “Je ne voulais pas vous le dire devant ma fille. Mais elle a été renversée par une voiture, juste là, à l’âge de cinq ans. Ma femme ne s’en est jamais remise. Ma fille s’en est sortie, mais en gardant les séquelles que vous voyez.”images-8.jpeg

images-6.jpegIl y avait des larmes de sang dans tout le paysage. J’ai quitté ces deux coeurs si lourds, si lourds... mais peut-être un peu plus légers car le fait de m’avoir parlé ainsi, d’avoir pu épancher un peu la souffrance grâce à la parole donnée et écoutée, partagée, a soulagé imperceptiblement le deuil de cette famille, la peine vécue au quotidien dans le handicap et l’absence. J’ai senti en partant que l’oeil de la jeune femme s’était éclairci et qu’une lueur de sérénité s’était mise à briller dans son coeur.

images-7.jpegChloé Laroche

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Commentaires :

Alors là, j'ai les larmes qui montent. Troisième note que je lis aujourd'hui de vous et je suis très touchée. Cette histoire est malheureusement courante, mais on en parle pas. Merci à vous d'en parler. Je pense que ce vécu est très difficile à exprimer et à vivre (pour vous, cet homme et sa fille). Si vous travaillez dans l'environnement des personnes handicapées, je vous félicite. Vous avez du coeur, de l'amour et beaucoup de reconnaissance, ça se sent dans ce que vous dites dans cette note. Merci d'aider les gens, c'est très valorisant pour vous et pour eux. Je suis certaine qu'ils en sont reconnaissant.

Ecrit par : lolotte73 | 26.05.2009

___________________________________________________________________________________ Pour information :


Aide Handicap Ecole 0810 55 55 00
Aide Handicap École
0810 55 55 00
(communication facturée au tarif d'un appel local)

"Aide Handicap École" a été mis en place par le ministère en août 2007 et s'inscrit dans la lignée de la loi du 11 février 2005 qui considère que tout enfant est de droit un élève.

Une adresse électronique
aidehandicapecole@education.gouv.fr

02/04/2009

Dans mon taxi, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent. Du handicap au pire vécu.

Du handicap au pire vécu. Offrande d'une sonate pour la vie de Jason, petit garçon retrouvé mort à Liège, tué par son père à coups de chaussure. 

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Dans mon taxi, véhicule sanitaire que je conduis chaque jour, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent.

 

images-12.jpegJe reste seule avec des confidences, avec les paroles parfois très lourdes de mes passagers handicapés ou malades.

Des enfants aussi. Des personnes âgées.

 

“Qu’est-ce qu’ils ont les pères à nous faire ça,” me dit une enfant qui me révèle qu’une copine a subi la même chose qu’elle.images-8.jpeg

 

“J’ai eu raison de le dénoncer, n’est-ce pas ?”....

“C’est lui qui a tort, pas moi.”

 

“Ma mère me manque.”

 

Cette enfant a le regard clair et déjà un raisonnement très mûr. Elle regarde une autre enfant passagère et me dit : “Elle est belle.”

 

Comme on dit d’une rose qu’elle est belle.

Les roses, on ne doit pas les cueillir.

Ni violer les enfants.

 

images-2.jpegPendant des mois. Il l’a violée. Ce n’était pas son père mais un beau-père.

 

Pendant les absences de la mère.

 

Elle regarde le paysage. Je la conduis. Elle se sent apaisée dans mon véhicule.images-5.jpeg

 

Dans la journée, plus tard, je transporte un monsieur handicapé. Il était tétraplégique. Il a progressé à force de travail. Il est maintenant paraplégique.

 

images-11.jpegIl est triste. Cela fait trois ans qu’il a eu ce maudit accident.

 

Je l’écoute. Il me dit que la souffrance physique, il n’y a rien de pire. Et la souffrance de voir les montagnes sans pouvoir les parcourir, les goûter.

 

La souffrance de voir des femmes et de n’avoir que le souvenir de l’ancien temps et des rêves présents qu’on fait mais qui ont le goût amer du réveil en fauteuil.SB10063890E-001.jpg

 

Je l’écoute et il me dit que les personnes valides ont bien de la chance et qu’elles devraient éviter de se plaindre pour des broutilles.

 

Mais parfois, pensais-je, les personnes valides sont tristes à mourir et certaines sont handicapées dans le coeur, amputées de leur enfant disparu, membre perdu dans l’immensité de l’univers... amputées d’un être aimé mort. Parfois, des personnes valides ont tant de charges et de difficultés à gérer que tout cela n’est pas que des broutilles.

 

images-9.jpegCet homme souffre terriblement. Il est comme dans une prison. Son corps ne le laisse plus libre de vivre comme il voudrait. Il laisse les volets lui ôter la vue des montagnes. Il a envie de les prendre et de les replanter en plein désert, là où il ne serait pas. Il ne veut plus de son fauteuil. Il se bat pour en sortir. Il voudrait l’emmener  loin et revenir sans lui. Valide et libre d’aimer à nouveau, de courir les montagnes.

 

Je me retrouve seule dans mon taxi. Un taxi spécialisé.

Une musique s’élève dans le réceptacle du véhicule. “La Sonate au Clair de Lune” de Beethoven.

 

Le piano amène à moi l’image d’une tombe. Je vois une maman pleurer là où on a découvert le corps de son fils de trois ans enterré dans un sac.

 

images-4.jpegCet enfant s’appelait Jason. Il a été tué à coups de chaussures par son père. C’est la nouvelle compagne du père qui l’a aidé à enterrer le petit garçon. C’est elle aussi qui a avoué les faits et qui a révélé la fuite du père dans son pays.

 

Cela faisait des semaines depuis février que l’on recherchait le petit garçon. Il a été retrouvé le 19 mars près de Liège, en Belgique, là où il vivait avec son père.images-3.jpeg

 

Un père qui a fait de la prison pour vente de drogue et qui avait déjà été remarqué pour maltraitance sur son fils. Son fils qu’on lui a pourtant rendu à sa sortie de prison. Erreur fatale pour ce petit garçon.

 

Tué à coups de chaussures.

 

images-1.jpegLe piano grandit en intensité. Je pense à Jason. Je vois sa vie, ses sourires, ses jeux d’enfants, sa pureté, son innocence, son émerveillement devant la vie, ses larmes, la douleur d’une vie maltraitée, d’enfant qui regarde l’adulte et qui a peur. Juste peur. Effrayé. Sans secours. Sans recours.

 

La pureté de la Sonate prend en elle toutes les souffrances dont je viens de parler et j’offre ces vies à l’Esprit qui détient la vie, à l’amour qui regarde les roses grandir sans les arracher.

 

La dernière note s'allonge dans la voiture. Le piano s'éteint. Mais une étoile brille. Pour Jason. Pour les enfants que je transporte. Pour chaque personne handicapée.SB10065057H-001.jpg

 

Chloé Laroche________________

 

Commentaires

I recently came across your blog and have been reading along. I thought I would leave my first comment. I don't know what to say except that I have enjoyed reading. Nice blog. I will keep visiting this blog very often.

Ruth

http://pianonotes.info

Ecrit par : Ruth | 05.04.2009

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Thank you very much, Ruth. Your letter is very beautiful, with a big sun for my hearth and my blog. Good sunday ! Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 05.04.2009

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07/10/2008

Je m'élève contre les propos pseudo-spiritualistes de Brigitte Lahaie à propos d'une femme renversée sur un passage piéton.

Bonjour,

 

J'ai entendu l'autre jour, en conduisant mon taxi-ambulance pour aller chercher un patient, les propos d'une auditrice se confiant à Brigitte Lahaie, laquelle, sous couvert de sexologie et d'aide affective par l'écoute, se met à la psychologie. C'est intéressant mais là, j'ai bondi dans ma voiture.

Mn_87.jpgL'auditrice en question avait été renversée sur un passage piéton par un automobiliste et reprochait à son mari d'avoir laissé filé ce dernier aux Urgences alors qu'elle aurait eu besoin de dire à cet homme ce qu'elle ressentait, c'est-à-dire sa colère, sa peur, sa surprise, ses questionnements sur cet acte grave pour un conducteur. Elle se disait trahie et déçue par son mari, qui n'avait pas respecté sa demande. Brigitte Lahaie lui a dit : "Oui, c'est un fait que vous vous sentiez trahie et pas respectée.... Mais essayez de travailler sur ce fait qu'on vous ait renversée sur un passage piéton... Cela peut vouloir dire qu'on cherche à vous faire comprendre que vous devez changer de route, tout simplement. Car rien n'arrive par hasard. Se faire renverser ainsi doit vous inciter à vous questionner sur votre vie et à prendre des décisions sur la direction à prendre, symboliquement." 

Je suis choquée que Brigitte ait pu donner cette explication pseudo-spiritualiste à cette dame victime d'une personne qui l'a renversée. Des dizaines de piétons sont renversés en France. Certains en meurent. Des enfants, des mères de famille, des vieillards, des papas, des personnes poursuivant leur chemin tranquillement. Happés par des automobilistes qui se croient tout seul, sans respect, sans regard pour le fragile piéton. Vous allez aussi leur dire qu'ils devraient réfléchir au signe de la vie que leur a apporté cet incident et dans leur au-delà, pour ceux qui sont morts, leur dire : "Hé bien, oui, vous deviez changer de route.... Ben, vous avez bien réussi !" Mn_69.jpgAllez dire cela aux parents des enfants renversés par une voiture et dont le corps allongé repose au fond d'un cimetière. Allez dire cela à la maman qui va porter ses larmes et ses fleurs sur la tombe de son enfant déchiqueté par une voiture meurtrière. Allez dire à cette maman ce que j'ai pu entendre à la mort de ma fille : "Votre fille est partie pour vous faire avancer, pour vous donner une épreuve nécessaire."

Mn_88.jpgArrêtez donc de penser que le monde tourne autour de notre nombril et que les évènements arrivent parce qu'on les attire. Arrêtez, chers penseurs du Nouvel Âge, de baratiner les gens en leur disant que c'est de leur faute s'ils ont des épreuves et puis de dire que bientôt, ceux qui seront prêts vont passer dans une autre dimension. Ce sont des propos entendus dernièrement et relayés sur internet. Avec le monde qui va mal et la France qui part en déconfiture, beaucoup croient en ces idées absurdes. Je vous en conjure, restez les pieds sur terre. Respectez les victimes et n'allez pas encore leur dire qu'elles ont vécu une agression ou un accident parce qu'elles devaient comprendre quelque chose ou changer de direction. Parfois, c'est vrai... mais arrêtons cette psychologie narcissique et culpabilisante, basée sur des croyances nébuleuses.

Les épreuves qu'on a... personne n'a le droit d'en tirer des conclusions.

Je pense à cette femme renversée, au choc qu'elle a eu... et je suis peinée pour elle.

Peinée pour tous ceux qui ont perdu un proche de cette façon.

Et automobilistes... ralentissez aux passages piétons et laissez passer les âmes à pied. Prenez soin des enfants qui marchent dans la rue, par un respect des yeux attentifs et de la pédale de votre véhicule. Ralentissez en ville et dans les villages. N'accélérez pas aux feux.

Mn_67.jpgEt ... Brigitte Lahaie, se faire renverser à un passage piéton... je ne vous le souhaite pas. Et surtout jamais qu'on vous dise que c'est un signe pour que vous changiez de trajectoire dans votre vie.

Chloé L.

25/06/2008

Le silence est entré dans mon ambulance. Mon hommage aux ambulanciers. Hommage aux patients. Attente d'un traitement. Attente de l'ambulancier après l'attente chez le médecin ou à l'hôpital.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



LE SILENCE ET L'ATTENTE________________ambulancier,taxi,maladie,écoute,cancer,accompagnement,mère teresa



Le silence est entré dans la voiture que je conduis. Une Astra blanche avec la croix bleue des ambulanciers sur le capot.

Ma patiente est assise à côté de moi.

Quelques mots ont été échangés. Et puis le silence a gagné. Non pas lourd mais consenti, de part et d’autre. Lourd de sens, oui, car la maladie est là, présente. Le cancer mine ma patiente depuis des années. Sans rémission.

Elle m’a soudain reparlé.
Et puis le silence est revenu, comme la neige qui se dégage doucement devant nous, sur la route.

Je rencontre ce silence tous les jours, à travers les patients que je prends en charge. Silence de neige, silence de patience, silence d’attente...
L’attente d’arriver à destination, l’attente dans les embouteillages, l’attente dans les salles d’attente pour rencontrer le médecin, l’attente de l’ambulancier qui emmène et ramène, l’attente d’un avenir meilleur, l’attente d’une santé disparue, l’attente d’un traitement en salle de chimiothérapie...

Dans toute cette attente, les patients ont besoin de sérénité et de calme. Ils ont besoin que nous les transportions avec beaucoup de tact et de respect.

Chloé Laroche


________________ Mon hommage

aux ambulanciers du monde :ambulancier,taxi,maladie,écoute,cancer,accompagnement,mère teresa



Le métier d’ambulancier est une profession où les anges gardiens ne chôment jamais dans l’ensemble du monde entier.

Je lisais tout à l’heure le témoignage d’une femme : Marta Gray, dans “La couleur du silence” de Yves Eurieult (éditions Ramuel), qui a travaillé aux côtés de Mère Teresa à Calcutta en Inde.

Elle racontait l’horreur qu’elle a vécu là-bas, les corps vivants dévorés par les vers, les enfants de neuf mois qui avaient la taille d’un foetus à terme, les malades infectés que leur amenaient les ambulanciers pour qu’ils meurent dignement dans le centre de la Sainte femme.

Je pense aux ambulanciers de ce pays, à ceux de Palestine et d’Israël, à ceux d’Algérie et de la Tchétchénie...

Je pense aux quarante-quatre ambulances qui ont été réquisitionnées le soir où la boîte de nuit de Saint Laurent du Pont a été détruite par un incendie dramatique... Ces professionnels du transport médical sont allés chercher les corps des victimes, de tous ces jeunes isérois, morts dans la fête d’une dernière nuit.

Ils ont fait la navette pendant des heures entre le lieu du drame et le gymnase pour que les dépouilles soient dignement rendues à leur famille.

Le métier d’ambulancier ressemble à celui de passeur des âmes et des corps... Il est un accompagnateur dans le passage entre la vie et la mort, soit dans un sens soit dans l’autre.

La plupart du temps, il n’y a heureusement que la vie et l’espoir.

Mais dans bien des cas, de par le monde, l’ambulancier se bat pour donner à la Vie une chance : il se bat pour que la Mort n’arrive pas pendant le passage du transport... afin que le malade soit soigné à l’arrivée, sur le lieu béni où les médecins exercent.


Chloé Laroche

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Pour lire tous mes articles concernant le métier d'ambulancier

et de taxi médicalisé, consulter :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance/


Le mandala de larmes vient du site : 

http://koah.over-blog.com/30-categorie-10168075.html

24/06/2008

Trois destins rencontrés en ambulance. De la vie au désespoir. Du combat désespéré à la lutte finale contre la maladie, la solitude et la mort.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



TROIS RENCONTRES

BOULEVERSANTES_____________maladie,handicap,ambulancier,écoute,suicide,cancer,tragédie,ambulance,accompagenement,route,conducteur,rencontre,voyage,soeur emmanuelle,témoignage,isère,espoir,courage




Trois rencontres m’ont bouleversée durant cette journée de travail en ambulance.

Trois destins aux multiples souffrances.

D’abord, je vais chercher un homme handicapé, chez lui. Il est en fauteuil roulant. Arrivés à l’ambulance, je l’aide à l’asseoir dans le véhicule. Je plie son fauteuil et le soulève pour le ranger à l’arrière du véhicule.

La dernière fois que je l’ai vu, au cours d’un précédent transport, il devait partir en voyage au Brésil. Je lui demande alors comment cela s’est passé.
-Qu’est-ce qui vous a plu le plus là-bas ?
-Le Christ, m’a-t-il répondu !
-Le Christ ?
-Oui, et j’ai eu la chance de le voir de près en hélicoptère. Il fait trente mètres de haut...
-C’est le Christ qui surplombe la baie de Rio de Janeiro ! Il a les bras tendus, ouverts sur le monde. C’est si beau de représenter Jésus ainsi, lui ai-je dit.
-C’est vrai ! C’est magnifique !
-Vous étiez seul là-bas ?
-Non, nous étions neuf à partir, neuf membres de ma famille, à cause d’événements douloureux. Ma soeur venait de perdre son fils et son mari ... et nous avons perdu notre mère aussi.... Pour Noël, nous avons préféré partir le plus loin possible...”.

Ils ont mis un océan entre leurs morts perdus et leurs vies présentes... Océan de larmes, océan d’espoir face aux drames vécus.

J’ai ressenti beaucoup de douceur de la part de cet homme pour sa soeur. Il m’a parlé d’elle et de sa force, de ses blessures gravées dans la chair, de sa volonté de s’en sortir par elle-même. Survivance éperdue d’une mère orpheline et d’une veuve solitaire.

Et puis, plus tard dans la journée, je suis allée chercher une dame.

Elle m’a ouvert son coeur spontanément.
Nous roulions dans la neige.

Cette patiente m’a parlé de sa vie de veuve, de ses cancers successifs, de son mari suicidé, de tous les suicides qui s’accumulaient au sein de la famille. Elle m’a parlé de ses enfants, de ses peurs pour eux, de son angoisse de la pulsion de suicide “peut-être héréditaire”, de son combat pour la vie, de la flamme de son existence risquant de s’éteindre bientôt.

J’ai écouté cette dame tout au long du parcours. Je l’ai regardée avec admiration et respect. Elle n’avait à vivre, selon les médecins, que quelques mois. Je l’ai déposée à la Clinique tout en lui laissant quelques mots d’espoir et la chaleur d’une présence à ses côtés, présence fugace mais intense.

Et puis ce soir, j’ai transporté un homme de quarante ans, sortant régulièrement de l’Hôpital Psychiatrique afin de poursuivre une rééducation de la parole. Ce patient a une maladie qui s’est développée tardivement, maladie que sa mère lui a transmise.

Étant enfant, il a vu sa maman enfermée derrière des barreaux, ceux d’un asile. À la fin, on ne lui permettait plus de la voir. Aujourd’hui, il maîtrise difficilement ses mouvements et a beaucoup de mal à parler. Il se bat pour rééduquer sa parole et réapprendre à articuler.

Cet homme est le père de deux adolescents. “Je ne les vois pas souvent. Ils me manquent tellement !” me confie-t-il.

Cet homme travaillait autrefois. Il avait alors une vie normale, une famille. Aujourd’hui, il est enfermé dans ce pavillon psychiatrique.


Après la fin de mon travail, je suis rentrée chez moi avec les images de ces trois vies qui m’ont bouleversée... avec les mots de toutes ces vies que je croise.

Je pense aussi à cet homme dont j’ai parlé plus haut... que nous appellerons François et qui est rentré en chambre stérile depuis neuf jours.

Je suis allée le voir au tout début de son entrée à l’Hôpital. Je le lui avais promis. C’était son premier jour d’isolement. Je lui ai parlé à travers la vitre, avec le téléphone du couloir.

Il paraissait très ému de me voir. Je lui ai dit qu’il commençait un voyage et que je lui souhaitais bonne chance pour ces six semaines où il allait être enfermé, isolé dans cette pièce pour sa greffe de moelle.

Dans ses yeux, j’ai lu un grand espoir... La peur de ne pas survivre aussi. Mais l’espoir surtout. L’espoir de vivre grâce à cette greffe.

Ce soir, je pense aussi à Soeur Emmanuelle.
On l’a incitée à prendre congé des bidonvilles d’Égypte où elle a tant fait pour les plus pauvres. Elle vit maintenant dans le Sud de la France.

Je l’ai entendue parler sur l’origine de son engagement :
-Je ne voulais pas vivoter mais vivre pleinement. Tout donner et partager. Aujourd’hui, je peux partir en paix. Je sais qu’après moi, d’autres continueront. L’important, c’est d’ajouter sa goutte à l’océan d’amour. Il est important que chacun le fasse dans sa vie. Chaque goutte est importante.”

J'ai fait ces trois rencontres durant la semaine de prévention du suicide. Je pense très fort à toutes les familles qui ont perdu un proche par cette fin terrible. Chacun de nous est unique, unique à jamais. Chaque existence est une goutte de vie unique.

 

Chloé LAROCHE

 

 

La photo de fleur provient de ce lien :

http://www.gogoall.net/fonds/nature/f/fleurs/fleur_16.jpg

 

POUR LIRE TOUS MES ARTICLES

SUR LE MÉTIER D'AMBULANCIER, MON MÉTIER :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance/









23/06/2008

Histoires ambulancières sur ceux que nous transportons. Leurs larmes et leurs mots. Leurs maux. Comment un homme en vient à vouloir se suicider.

(Extraits de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



“Pourquoi l’ai-je fait ?”____________
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-Maintenant, je comprends ceux qui le font.”
Le patient que je transporte vient de me confier qu’il avait tenté de se suicider il y a quelques mois, un jour où il était resté seul, avec une carabine pointée du sol vers sa carotide. Le coup est parti... Si fort qu’il a évité la mort. Il a éraflé la vie de cet homme et lui a laissé un bras handicapé.
-Pourquoi l’ai-je fait ? Je n’en sais rien aujourd’hui. Je ne comprends pas. Mais je comprends ceux à qui cela arrive. Je ne les comprenais pas avant. Maintenant oui.”

Il m’a remué, ce grand-père.
Comme cette dame dépressive que j’ai emmenée dans son foyer d’accueil. “Cela fait huit ans que je suis malade dépressive,” m’a-t-elle confié.
Cette dame, je m’en souvenais bien. J’étais allée la chercher deux semaines avant à l’Hôpital psychiatrique pour l’emmener dans un foyer, une famille d’accueil. Mais là, aujourd’hui, quel déchirement ! Elle était venue passer cinq jours à l’occasion de Noël avec sa mère âgée, dans la maison de retraite de cette dernière.

Je l’ai retrouvée dans le couloir, figée, avec son gros sac de voyage. “Tenez”, m’a-t-elle dit en me tendant son sac. “C’est vous ?! C’est drôle que ce soit encore vous ! Je suis bien contente.” Mais elle était si triste de dire au revoir à sa mère.
En arrivant à la voiture, elle me dit : “Je suis si angoissée, tellement angoissée.” Elle fuma une cigarette, les yeux en mille morceaux. Sa mère nous regardait, du haut de son balcon. Elles se dirent adieu de loin.

-Je n’ai pas envie de retourner là-bas,”’ me confia-t-elle.
-Prenez ce temps pour vous détendre, vous reposer à la campagne. Ces gens qui vous accueillent sont-ils gentils avec vous ?
-Oui, ils sont gentils, mais ils ne s’occupent pas de moi.”
Après cet échange, nous avons roulé pendant une heure... Une heure en chansons, chansons d’amour que nous avons partagées en écoutant une fréquence radio. Et puis, des confidences sont venues sur ses deux grands enfants. Confidences mêlées à une si grande tristesse. Sensibilité à fleur de vies.

Ce soir, en repensant à ces deux patients, j’ai pleuré... J’ai songé à ce qu’il nous reste de la vie lorsque nous n’avons plus rien, lorsque nous sommes au bout... à bout, lorsque seul le départ de la vie nous réjouit.
Je pense qu’il reste alors l’essentiel, c’est à dire l’amour qu’on a partagé, cette énergie universelle qui circule entre les âmes. Si nous gardons cet essentiel à l’esprit et que nous ne nous coupons pas de cette énergie ni de notre âme ni de notre chemin intérieur, nous devons pouvoir vivre jusqu’au moment ultime où la mort arrive... à son heure, sans avoir à la chercher.

Je repense à ce que mon collègue Cyril m’a dit : “Moi, le soir, j’essaye de ne plus penser à ma journée de travail. Je m’interdis de revenir dessus car sinon je ne le supporterais pas. Je ne sais pas comment tu fais pour arriver à écrire sur le métier et à repenser à tout cela. C’est trop dur.”

Je crois personnellement que faire l’autruche n’est pas une solution. Lorsque quelque chose me touche, je regarde en face cette chose... et je vis mes émotions.

Les ambulanciers rencontrent dans leur métier des situations et des réalités difficiles, à une cadence rapide, et personne ne les aide psychologiquement. C’est une lacune du métier et un oubli regrettable, à mon sens, car je pense que si la moitié des ambulanciers quittent leur poste au bout de deux ans, c’est qu’il y a usure et saturation psychique. Ensuite, “la moitié de ceux qui seront restés... partiront eux aussi dans les deux années suivantes”... comme le dit un cadre de mon entreprise.

Lorsque nous passons d’une urgence à l’autre sans souffler, lorsque nous devons prendre en charge un malade alors que nous sommes encore avec le précédent, lorsque nous transportons vers sa séance de dialyse un patient gravement atteint sur le plan mental et agressant physiquement durant tout le trajet le collègue ambulancier assis à côté de lui, lorsqu’un autre malade psychologiquement atteint essaye de détourner la voiture de sa trajectoire dans un moment de folie, lorsque nous découvrons un corps sans vie alors que nous pensons trouver un malade... Comment les ambulanciers peuvent-ils tenir nerveusement pendant des mois sans avoir la tentation de quitter ce métier... pourtant merveilleux ?

S’ils ne parlent jamais et n’évacuent pas tout cela, s’ils préfèrent enterrer ces expériences difficiles au plus profond d’eux sans jamais y repenser et surtout sans jamais exprimer ce qu’ils ont ressenti... comment pourront-ils poursuivre sans avoir un jour envie de changer de route ?

Si les entreprises ne prennent pas en compte cela en faisant rentrer par exemple un équipage qui vient de vivre quelque chose de très difficile, elles s’exposent à ne pas garder leurs employés fort longtemps.
Imaginez une jeune ambulancière d’une vingtaine d’années qui vient de débuter et qui voit un de ses premiers patients mourir... Imaginez qu’elle doive enchaîner ensuite son service...



Une grand-mère en deuil___________________




Aujourd’hui, j’ai emmené une patiente de quatre-vingts ans, très agréable et pleine de tonus. Elle m’a raconté tout le bonheur qu’elle avait eu d’être née dans le Sud de la France. Mais elle m’a confié aussi combien le soleil lui manquait, avec sa chaleur et sa lumière, en cette saison.

Et puis elle m’a parlé du soleil perdu qu’elle pleurait depuis neuf ans... son petit-fils décédé jour pour jour le 31 Décembre. Il avait alors un an et demi et souffrait depuis sa naissance de graves problèmes de santé.
Cette dame m’a tout raconté, du décès du petit garçon à l’Hôpital jusqu’aux mois de calvaire de sa fille en deuil.

Cela ressemblait tellement à ma propre histoire. Je ne lui ai rien dit car la résonance aurait été trop forte. Je pleurais en conduisant des larmes invisibles. Elle m’a montré la photo de son petit-fils et j’ai su qu’il était près d’elle, comme un petit ange.

Cette grand-mère, en ce jour anniversaire, n’a peut-être parlé de son chagrin et de son vide qu’avec moi... Il était important qu’une personne partage cela avec elle, en ce jour de plus grande souffrance. Il y a des jours précis qui reviennent en cycles et qui sont à jamais marqués d’une pierre noire... une pierre sombre qui alourdit le coeur et le remplit d’orage, de tristesse et de souvenirs jamais effacés.

Il était important aussi que cette dame partage cela avec une personne qui pouvait comprendre... comprendre et accepter que neuf ans après, la douleur est toujours vive... que neuf ans après, l’amour est toujours vivant.
Que neuf ans après, la photo d’Emmanuel nous tend toujours les bras.



Dialyse et espoir de greffe__________________


Je poursuis mes missions d’ambulance en V.S.L..
J’accompagne de nombreuses personnes en dialyse. Elles restent branchées durant une demi-journée trois fois par semaine à une énorme machine qui purifie intégralement leur sang, afin de pallier à des reins ne faisant plus leur travail. Certaines font des dizaines de kilomètres à chaque fois pour rejoindre leur centre de dialyse. Elles arrivent, se pèsent et se couchent pendant des heures sur un lit, pendant que leur sang passe dans les tuyaux. Ensuite, nous revenons les chercher pour les ramener chez elles.
Ce sont souvent des personnes âgées qui doivent gérer en plus beaucoup d’autres problèmes de santé. Mais aujourd’hui, j’ai transporté pour la dialyse un jeune d’une trentaine d’années. Il m’a dit qu’il venait de s’inscrire sur une liste d’attente pour avoir une greffe du rein mais qu’il ne voulait pas y penser chaque matin en se levant, car l’attente et la déception vont de pair.

Et puis j’ai ramené un vieux monsieur algérien chez lui.
Il y avait une pluie battante sur l’autoroute. La tempête faisait rage avec un grand vent.

Tout en conduisant, j’ai cherché la station “Radio Beur” pour lui faire une bonne surprise. Lorsque je l’ai enfin trouvée, il a été tout heureux.
Il m’a demandé si je comprenais l’arabe.

-Non”, lui ai-je répondu. “Mais j’aime écouter ces musiques. Je suis allée en Algérie à l’âge de dix-neuf ans, à Blida, Oran, Alger...”. Il m’a répondu très surpris que l’Algérie était son pays et puis il a traduit les paroles de la chanson que nous écoutions.
-C’est un homme qui est triste car sa femme lui manque.”

En me quittant, il m’a serré les mains chaleureusement.
Il était très ému.



L’angoisse de la chambre stérile________________

La journée a été très longue car j’ai commencé à 7 heures 45 et j’ai terminé à 19 heures avec une coupure d’une demi-heure.

Le dernier patient que j’ai emmené ce soir doit être bientôt greffé de la moelle. Je l’avais déjà transporté avec sa compagne et nous avions parlé ensemble.

Ce soir, cet homme m’a parlé de sa traversée du désert depuis sept ans, de sa leucémie et de son espoir de greffe réussie.
-Soit ça marche soit j’y passe,” me confie-t-il.

Bientôt, il allait devoir entrer en chambre stérile pour n’en plus sortir pendant six semaines. Il aurait droit à une seule visite par jour, une personne devant être protégée sous un scaphandre.

Il allait pouvoir aussi croiser des regards amis derrière une baie vitrée.

-Tout ce que je vais emmener avec moi doit être désinfecté avant : les livres, les compacts disques, etc.”

Il m’a confié ses angoisses, sa peur de mourir, ce magnifique challenge du combat pour la vie.

Je l’ai écouté tout en conduisant.
Puis je lui ai promis d’aller le voir pendant son séjour à l’Hôpital. Cela lui a fait plaisir.

Je crois en la force de l’amitié et en ce sourire qu’elle donne à la vie.




“Tu restes dans notre coeur”_______________


Aujourd’hui, j’ai parcouru trois cents quatre-vingt kilomètres avec une amplitude de onze heures moins l’heure de pause, c’est à dire dix heures effectives.
Je me suis occupée de six patients dont un agriculteur que j’ai ramené chez lui, près de Megève en Savoie.

En revenant sur ma ville de départ, le bureau m’a envoyée à l’Hôpital psychiatrique pour transporter un patient.
Je suis donc allée le chercher dans un des multiples pavillons de cet Hôpital. Le monsieur en question rentrait chez lui après une hospitalisation. Il était assez jeune, les cheveux en bataille, avec une barbichette et une moustache à la cosaque.

L’infirmière a fermé la porte à clé derrière moi en attendant qu’il réunisse ses affaires. Un patient s’est approché de moi en me disant :
-C’est bien que vous l’emmeniez. Comme ça, il n’aura pas à prendre le bus.”

Mon patient est revenu avec son sac. Il était ému de partir. Un jeune qui était là lui a dit : “Tu t’en vas mais tu restes dans notre coeur, dans notre tête.”

Dans ma voiture ambulance, pendant le trajet, je le sentais perdu. Il pleurait doucement. J’ai alors engagé la conversation.
-Je suis russe,” m’a-t-il dit. “Je ne parle pas bien le français.”

Malgré tout, il a eu envie de me parler de lui. J’ai appris qu’il était dans la région depuis un an, recueilli dans une communauté ressemblant à celle d’Emmaus. Il semblait désemparé, avec beaucoup de soucis dans sa vie personnelle et peu d’argent de surcroît pour équilibrer sa liberté et revendiquer son indépendance.

En le déposant à la communauté, je lui ai souhaité bonne chance sur la route de sa vie. Il m’a quittée avec un sourire triste, mais un sourire tout de même.



Hospitalisation d’office et révolte_________________



Cette semaine, nous avons été réquisitionnés par la Préfecture pour participer à trois H.O. Ce sigle signifie “hospitalisation d’office”, c’est-à-dire une mesure prise par les autorités -préfets et maires- pour interner une personne à l’Hôpital psychiatrique, souvent contre son gré, dans le but de la protéger d’elle-même et de protéger aussi l’ordre public ainsi que les proches de cet individu.

Lorsque nous sommes appelés pour une H.O., nous allons chercher deux infirmiers à l’Hôpital psychiatrique puis nous allons ensuite à l’Hôtel de Police chercher l’équipe de policiers qui nous accompagnera, pour la sécurité globale de ce groupe éphémère.
Parfois, l’intervention peut s’avérer musclée car l’intéressé peut être armé ou se montrer agressif envers les personnes présentes pour son hospitalisation. Les H.O. concernent des individus qui troublent l’ordre public par un comportement d’agressivité envers autrui, de bizarrerie dérangeante, comme par exemple un cas de nudité totale dans la rue, ou qui sont dangereux pour eux-mêmes ou bien encore très délirants.

Depuis que je suis ambulancière, j’ai assisté à cinq hospitalisations d’office. La première fois, je venais de commencer le métier. Personne ne m’avait prévenue que j’aurais à faire des H.O. Je pensais même que cela n’existait plus ainsi. Il est vrai que participer à l’internement d’un être humain par force et contrainte n’est pas chose agréable, pour ma part en tout cas.

Si l’individu à emmener n’ouvre pas sa porte, le serrurier est appelé pour ouvrir la serrure. Et puis si l’homme ou la femme ne se soumet toujours pas et ne vient pas librement, après la discussion que les infirmiers lui proposent gentiment, on doit s’emparer de sa personne et l’attacher avec des liens fermés à clé s’il devient agressif. C’est ce qui s’est produit aujourd’hui.

Nous sommes arrivés à huit au domicile d’une personne, dans une petite ville de province... “Un individu troublant l’ordre public”. L’homme était assis, prostré et la tête entièrement recouverte d’un vêtement. D’après l’équipe présente, ce n’était pas la première fois qu’il faisait l’objet d’une H.O. J’ai aperçu des images religieuses sur sa table et des écrits mystiques. Cet homme a refusé de découvrir sa tête et a crié qu’il était chez lui et que nous n’avions pas le droit de faire ainsi irruption dans son logis et de l’emmener contre son gré. Les infirmiers ont tenté de le raisonner en lui parlant, lui expliquant qu’il avait besoin d’être soigné, qu’il faisait l’objet d’une hospitalisation d’office et que c’était pour son bien.

Devant son refus de coopérer, les infirmiers lui ont découvert la tête de force. Il s’est alors rebiffé et a tenté de saisir un couteau. Là, il a été plaqué à terre et attaché par les infirmiers, par les gendarmes et par mon collègue. L’homme hurlait et se débattait. L’infirmière a fermé à clé les liens. Puis ils l’ont levé. Il a marché vers la sortie, les pieds entravés. Enfin, il a été installé à l’arrière de l’ambulance et attaché de nouveau aux deux bras du brancard. Il suppliait les personnes présentes de le laisser libre dans l’ambulance, demandant à être assis sans être entravé. Pour la sécurité, les infirmiers ont jugé nécessaires de l’allonger, lié sur le brancard. Puis les gendarmes sont partis et nous avons roulé jusqu’à l’Hôpital psychiatrique avec les infirmiers qui sont restés à l’arrière du véhicule avec le patient.

Christophe m’avait glissé ces mots pendant l’intervention : “Je suis désolé pour tout cela.”
Sur le trajet du retour, il remarqua soudain que cette intervention m’avait vraiment secouée. Il me poussa à en parler.
-J’ai honte de participer à cela, Christophe.
-C’est pour le bien de cet homme. Il va maintenant être soigné.
-Oui, mais c’est la façon de procéder que je déplore. Je n’ai jamais supporté qu’on attache les gens...
-Et les criminels alors ? Les vrais et ceux présumés coupables que la justice menotte systématiquement dès leur arrestation parce qu’ils sont probablement dangereux ?
-Ce n’est pas pareil... Moi, je parle des malades. J’ai vu ma grand-mère attachée de force et contre son gré sur son lit d’hôpital parce qu’elle arrachait sa sonde alimentaire. Elle est morte attachée, quelques jours plus tard. Où est la dignité qu’on doit à chaque être humain, dans le pays des Droits de l’Homme, qui prône Liberté, Égalité, Fraternité ? Un jour, dans un camp d’handicapés mentaux dans lequel je travaillais comme animatrice et aide soignante, mes collègues ont pris d’office les sangles de mon étui de violon pour attacher une jeune fille qui était très agitée....
-Il y a des gens qu’on est obligés d’attacher pour la sécurité des autres. Comme il y a des gens qu’on est obligés d’enfermer pour la sécurité de la population et de leur entourage.
-Mais chaque année, on reconnaît un certain nombre d’internements abusifs...
-Ces personnes ont des recours judiciaires et peuvent porter plainte pour cela, si c’est le cas. En attendant, nous devons faire notre travail... Nous sommes réquisitionnés pour accomplir cela par les autorités et nous ne pouvons pas discuter...
-Ne pourrait-on pas employer une autre méthode, plus douce et respectueuse pour la dignité du patient !? Par exemple, pendant l’H.O., un médecin pourrait être présent et faire une piqûre calmante au lieu d’en arriver à la violence de l’entrave... par déférence pour un malade qu’on veut aider mais qu’on agresse en définitive.”

Après ce que m’a dit Christophe, j’ai pensé à tous les gens qui devraient être soignés et qui gardent leur liberté malgré tout. Je parle des pédophiles, des faux gourous, des manipulateurs d’autrui en tous genres. Tous ceux aussi qui troublent l’ordre public sans se dévoiler mais qui ont suffisamment d’appuis pour ne pas être inquiétés.


Je pense aussi à cet homme qui voulait faire sauter son immeuble, avec sa famille et tous les voisins. Il nous a suivi tranquillement, dans le cadre de son hospitalisation d’office. Ma conscience est restée sereine ce jour-là. Car peut-être avons-nous pu éviter un drame...

Dans ce métier, nous devons rester humble. L’humilité est de rester à sa place en sachant que nous ne maîtrisons pas tous les paramètres des missions qui nous sont confiées...

Nous devons accomplir notre tâche, tel un ange gardien qui se tient là près de vous et qui vous voit souffrir sans pouvoir vraiment intervenir, parce que ce n’est pas le moment. Il vous soutient par la pensée, par la prière discrète, par un accompagnement invisible et discret. C’est la seule aide qu’il peut apporter sans que vous le sachiez vous-même.



Larmes partagées______________


Une dame âgée se tient couchée sur le brancard, près de moi. Elle me fixe du regard. Des larmes coulent sans paroles. Je lui souris doucement. Elle me sourit aussi.

Je regarde vers l’avant, vers la lumière sur la route, devant l’ambulance.

Je pense à mon grand-père d’adoption qui vient de mourir, Albert. Je suis allée voir son corps pendant ma pause, tout à l’heure, au funérarium. C’était l’ami de ma grand-mère paternelle.
Il a compté pour moi depuis ma naissance autant qu’un grand-père de sang.

La dame continue de pleurer.
Moi aussi dans mon coeur...

En allant chercher cette dame, Christophe et moi-même avons pu voir dans le couloir des Urgences une dizaine de brancards sur lesquels les malades attendaient patiemment.

Des infirmiers s’activaient auprès d’eux pour leur poser des perfusions ou pour les questionner sur leur état. Un homme criait dans une chambre.

Heureusement, la lumière est là, devant mes yeux. Et au fond de mon coeur, du courage et de la force.

La dame près de moi me fixe toujours. Elle est sereine maintenant.

 

Chloé LAROCHE

12/06/2008

Flashs-back de mon métier d'ambulancière. Vie et mort. Maladie et courage. Solitude et isolement. Regard sur un métier merveilleux mais peu reconnu.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



CHRONIQUES
D'UNE AMBULANCIÈRE________________ _________________ _________________ solitude,isolement,handicap,ambulance,deuil,anévrisme,ambulancier,dépression,suicide,écoute,métier,isère,taxi,vsl,musique,moto,accident moto,paraplégique,vie,combat,maladie,rééducation,courage,résilience,urgence,femme enceinte,perte sang,bébé,enfant,prise en charge,médical,médecin,hôpital,témoignage,vérité,blog,livre internet,édition,éditeur,vivant,avenir,espoir,tragédie,drame,perte,amputation,hospitalisation,peur





Ce qui me frappe le plus, ce sont la solitude et l’isolement de certains patients.

Un soir, nous avons été appelés en urgence avec mon coéquipier pour une dame qui faisait une hémorragie vaginale. Elle était assise par terre dans sa cuisine. Il y avait du sang près d’elle. Du sang qui s’était écoulé violemment de ses entrailles. Son bébé de quelques mois était posé près d’elle, impuissant et démuni face à la souffrance de sa mère.

Nous les avons emmenés tous les deux à l’Hôpital. Le père était, selon cette maman, incapable de s’occuper de l’enfant. Nous avons donc confié ce dernier au service de pédiatrie. La jeune mère n’avait plus d’amis, son mari n’étant pas pour qu’elle en ait et plutôt contre... Un mari en situation irrégulière, un mari à protéger dans la solitude d’une vie captive de l’amour.

Nous avons confié cette jeune personne aux Urgences gynécologiques et lui avons laissé en quittant le service quelques mots rassurants pour elle et son bébé.



Je me souviens aussi de cette jeune femme africaine, transportée il y a quelques semaines. Nous l’avons sortie d’un hôpital pour l’emmener dans un autre. Durant le voyage, j’étais à l’arrière de l’ambulance, auprès d’elle, et je l’ai écoutée. Elle était belle, sauvage et écorchée vive dans l’âme.

-J’ai fait une connerie”, m’a-t-elle dit. Ce qui voulait dire en d’autres termes qu’elle venait de faire une tentative de suicide.

Elle vivait dans une totale solitude. Une solitude d’isolement qui sentait la blessure du racisme. Elle pleurait son pays et ne se sentait en aucune façon intégrée dans sa petite ville de province. Elle m’a parlé de ce racisme vécu au quotidien, dans le travail et dans la rue. Pourquoi elle, si jeune et si belle. La couleur de sa peau envahissait tant le coeur des gens qu’ils ne voyaient plus cet être humain en face d’eux ? Je lui ai parlé de la communauté africaine implantée à cinquante kilomètres, dans la grande ville voisine. Pour tisser des liens. Refaire surface avec son identité culturelle. Mais elle n’avait malheureusement pas de voiture.

La dépression n’a pas de couleur et le désespoir peut hélas tomber sur chacun des habitant de la Terre, par-delà toute frontière et sous n’importe quelle latitude. Relever la tête et se battre, ne pas se laisser abattre, est le don du courage laissé à chacun de nous, que nous soyons noirs ou blancs, jaunes ou rouges.

Nous avons laissé cette jeune femme dans sa nouvelle chambre hospitalière. Elle allait pouvoir se reposer. Mais je savais en la quittant qu’un sourire était né dans son coeur, une étincelle d’espoir, une lueur allumée par notre échange.



Un après-midi, nous sommes allés dans un centre d’accueil spécialisé pour chercher une dame et l’emmener passer un scanner.

C’était une femme jeune, au visage d’ange. Elle était prostrée, paralysée ainsi depuis plus de dix ans.
-C’est une rupture d’anévrisme qui l’a frappée d’un seul coup. Elle était dynamique, pleine d’énergie, de projets et maman d’un petit garçon. Elle a eu un jour très mal à la tête et soudainement elle a disparu dans ce gouffre de la maladie.”

C’était sa soeur qui se confiait ainsi à moi...
-Notre vie dans la famille n’a plus jamais été celle d’avant.”
Elle sortit fébrilement des photos de son sac.
-Tenez, ce sont des photos de ma soeur. Regardez comme elle était belle et épanouie.”
J’ai regardé, très émue, ces photos d’une jeune femme de trente ans, heureuse de vivre. Je me suis dit en voyant ce qu’elle était devenue que la souffrance du Christ offerte sur la croix se poursuit inlassablement dans l’humanité martyre.

Cette crucifixion de la chair et de l’âme, cet écartèlement qui n’en finit plus au coeur de la vie, a commencé dans ma propre existence le jour où des hommes en noir ont cloué et fermé à jamais le cercueil de ma fille de trente mois. Pour continuer à vivre et pour exister pleinement, il faut apprendre à offrir sa souffrance pour qu’une transmutation s’accomplisse dans d’autres vies que la sienne. S’offrir comme un coeur ouvert et le donner aux Anges pour qu’ils le transplantent dans d’autres vies en détresse ou en perdition.

Un collègue m’a dit : “Tu vas t’essouffler. Tu verras, le métier d’ambulancier, c’est un métier de business. Il faut enchaîner les courses le plus vite possible, transporter les patients de façon rentable et puis savoir se préserver soi-même psychologiquement en gardant de la distance avec les personnes transportées. Un jour, tu te surprendras à regarder ta montre lors d’une urgence et à regretter que ce soit sur toi et ton collègue que ce transport est tombé... Un jour, tu te surprendras à penser que tel patient régulier qui sent tellement mauvais car tellement infecté... soit bientôt mort pour ne plus avoir à le transporter.”

”Jamais ! Tu m’entends !”, lui ai-je répondu. Non, cela jamais !

Faire ce métier dans un esprit de service, d’écoute, d’accueil et d’accompagnement du patient, donner un sourire, sourire sans compter, rassurer le malade, le laisser là où on devait le transporter et lui serrer les mains chaleureusement, l’écouter aussi, se taire lorsqu’il veut la paix... Voilà ce qui me motive.

La plupart des ambulanciers ont cet esprit de service. Ceux qui ne l’ont pas changent rapidement de métier ou alors ils se fabriquent une carapace à travers laquelle n’apparaissent plus que des gestes formels et standards.

Le collègue dont je parlais précédemment et qui veut me faire croire que je vais vite changer dans ma façon d’appréhender le métier... ce même collègue est un jeune homme qui sait faire rire les malades. Il sait leur donner de la joie avec son humour naturel. Il se tient proche du malade, scrutant son état de santé, et il est capable, au jugé de ses observations, de me demander de conduire plus rapidement, si c’est moi qui tiens les rênes de l’ambulance, afin que le malade souffre moins longtemps.

Un jour où nous travaillions ensemble, nous avons dû transporter une jeune femme qui venait de subir une césarienne. Il m’a avoué ensuite que cela lui faisait toujours quelque chose de transporter des personnes jeunes.

C’est pour cela que je crois en l’Humanité. C’est parce que même si un être humain dit qu’il se protège de la souffrance d’autrui, qu’il est détaché et éloigné de tous les maux de ses frères humains... il peut être aussi tout le contraire dans les actes concrets.




La Toussaint et le jour des Morts viennent de passer. Les fleurs ont réchauffé les tombes dans les cimetières.
J’ai travaillé durant ces deux jours en ambulance.

Nous sommes allés chercher un homme paraplégique pour le transférer d’un hôpital à un autre.

-Cela fait treize ans que j’ai eu cet accident de moto qui m’a coûté mes jambes, mais vous savez, me dit-il, j’ai plus appris de la vie depuis cet accident que dans mon existence d’avant.”

Cet homme prénommé Serge avait l’oeil vif et son sourire était empli d’enthousiasme envers la vie. Il était, me semblait-il, empli de dynamisme, de volonté et d’ardeur de connaître et d’apprendre. Il passa de notre brancard à son lit sans avoir besoin de notre aide, glissant ses jambes inertes à une rapidité impressionnante.

Dans l’ambulance, nous avons parlé de musique, de clavier, de Jean-Sébastien Bach. Je lui ai dit que j’étais violoniste et que je faisais aussi des concerts. Il m’a confié alors qu’il avait un rêve : apprendre le piano pour arriver à jouer un morceau, la Toccata de Bach.

Je me suis dit qu’être capable d’apprendre à jouer d’un instrument pour interpréter une seule partition, unique et magnifique, c’est comme un grand amour. On peut tout quitter pour lui. Pour une seule personne, une seule sur la Terre, on peut quitter son pays, ses amis, sa famille, aller au bout du monde pour rejoindre l’oasis de son coeur. Pour un seul être, on peut tout apprendre. On peut apprendre à naviguer, à voler dans les airs, à piloter sa vie... apprendre à aimer, muter pour aimer.



La veille de la Toussaint, nous avons emmené un homme âgé qui se trouvait dans une maison de retraite. Il était tombé et il y avait un risque de fracture du col du fémur. Nous l’avons placé dans un matelas coquille afin de lui éviter tout mouvement et pour qu’il ne souffre pas trop aussi pendant le transport vers les Urgences. Lorsque j’ai rempli ses papiers pour la prise en charge, comme nous le faisons pour chaque malade, j’ai remarqué qu’il y avait une note écrite sur la fiche de liaison : “Deux enfants DCD”... Décédés... Il avait perdu ses deux enfants adultes durant la même année !

Une vague de compassion a traversé mon âme et j’ai prié pour cet homme qui restait maintenant tout seul dans cette demeure de fin de vie, veuf et orphelin de ses deux enfants. Je lui ai parlé un peu pendant le transport. Je lui ai dit qu’il avait un beau prénom, celui d’un ange. Le prénom d’un homme qui a tout donné. D’autres auraient écrit... “qui a tout perdu”. Perdre, c’est vivre dans le vide et le néant. Donner, c’est transmuter ses souffrances et les offrir pour que le meilleur advienne.

J’ai compris dernièrement que je ne suis pas vraiment loin de ma fille défunte. La distance qui me sépare d’elle est infime dans le temps de l’infiniment grand de l’univers. Dans soixante-dix ans et peut-être avant, ma vie se terminera et alors je retrouverai Océana et toutes les personnes que j’ai aimées et qui sont parties. Lorsque je regarde le monde tourner et la vie danser autour de moi, je me dis sereinement que dans cent vingt ans, aucun être humain vivant aujourd’hui ne sera plus. Le bébé qui naît aujourd’hui, la femme mère de cinq enfants, le chef de famille qui pense gouverner les siens, le collégien qui apprend, le salarié qui trime... tous seront morts. Et d’autres humains auront pris la relève d’une nouvelle humanité.

C’est pour cela que l’important, c’est de vivre sa vie pleinement, de manière à l’enrichir, à la fleurir, à lui donner les ailes de l’Amour.

Laisser tomber le superflu, le “je m’en foutisme”, l’égoïsme, les regrets où l’on se noie, la nostalgie qui freine la vie, les querelles inutiles, les conflits imbéciles... encore que parfois ces derniers soient nécessaires... et vivre le temps qui nous reste avec tous ceux qui demeurent encore vivants.


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(Fragments de mon ouvrage paru en 2003,

mais épuisé à ce jour : "Transports d'âmes et d'hommes").


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SUR LE MÉTIER D'AMBULANCIER, MON MÉTIER :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance/

 
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