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28/03/2010

MA LETTRE OUVERTE À ÉRIC ZEMMOUR EN TANT QUE FEMME ET CITOYENNE DE CE PAYS, EN TANT QUE FEMME SALARIÉE AUSSI ET MAMAN ISOLÉE.

39609770cd14e7bcaba12ffb5df678de-orig-344x441.jpgMonsieur Éric Zemmour,Copie de -32-.jpg

Je m’adresse à vous non en terme de censure de vos propos mais en terme de communication d’une femme et d’une citoyenne française.

Je parle de censure car dernièrement vous avez eu quelques problèmes, suite à vos paroles sur le rapport entre la délinquance et les origines noires ou arabes des délinquants.

En effet, vous avez déclaré le 6 mars dans l’émission de Thierry Ardisson : “Les Français issus de l'immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont Noirs et Arabes. C'est un fait.”

Depuis vous vous êtes excusé mais en prouvant vos dires, et donc en les appuyant généreusement par des chiffres cherchés dans un rapport écrit qui appuyait fortuitement vos dires. 

Le problème est que vous avez lié la délinquance avec les origines raciales des personnes incriminées et en cela, vous avez jeté le discrédit sur l’ensemble de deux communautés, celle des noirs et celle des arabes.

imagesGTaoba.jpegAvez-vous pensé aux torts faits par vos propos aux noirs et aux arabes qui travaillent sur les chantiers en plein soleil à refaire nos routes quand les blancs bien français n’auraient pas le courage ni le cran de venir y travailler ?! Moi, je les vois régulièrement sur les routes, ces noirs et ces arabes, en pleine canicule ou en plein froid, sous la pluie et les intempéries.

Avez-vous pensé aux torts faits par vos propos aux pères de famille arabe qui ont des enfants et les élèvent correctement, aux mères d'origine marocaine, algérienne, tunisienne qui vivent une vie honorable et honnête, sans gêner personne et en respectant la loi de notre pays, sans un bruit ni un mot plus haut que l'autre ?!a01272.jpg

Avez-vous pensé aux enfants de ces familles, petits ou grands, qui se voient pointés du doigt par les blancs bien français, par l'intelligentsia de droite de ce pays que vous représentez ?!

Vous êtes habitué aux provocations, bien évidemment, mais avez-vous pensé à ces mères de famille noires qui travaillent dûrement dans des travaux pénibles pour nourrir leurs enfants... quand vous, vous critiquez l’évolution des femmes dans notre société, hurlant à tout va que la place prise par la femme dans la société a tué la virilité de l’homme !!

Monsieur Zemmour, je sais que vous devez gagner votre vie et que c’est votre provocation continue qui vous donne à manger, mais pensez à toutes ces mères isolées qui élèvent seules leurs enfants et qui n’ont comme option que le travail pour les nourrir...

images2m8hul.jpegPensez-vous que vos propos sur la féminité perdue à cause d’une virilisation dûe au travail et à la carrière recherchée par les femmes donnera à manger à ces femmes et à leurs enfants ?!

Vous donnez raison aux hommes pour leur recherche de violence, en tout cas vous ne leur donnez pas tort, puisque vous dites que les pauvres ont perdu leurs atouts et essayent de les retrouver par tous moyens possibles.

Donc, il serait à se demander si les bandits et délinquants mis en prison n’y seraient pas plus pour une recherche de virilisation plutôt que par leur race ? Excellente idée, n’est-ce pas ?

Car piller des banques, voler des bijoutiers, escroquer des femmes, humilier des homosexuels... doit sûrement relever d’un profond malaise masculin... ce malaise dont vous parlez dans "Le Premier sexe", ouvrage dans lequel les femmes de l’ancien temps sont mises à l’honneur, étant donné qu'elles ne prenaient pas leur rôle à l'homme, encore maître d'une virilité toute puissante, selon vous, et satisfaisante.imagesERNqA3.jpeg

images.jpegObéissance à l’homme, vie à la maison, occupations journalières au foyer, le mari au travail mais pas la femme, le rôle patriarcal du chef de famille décerné uniquement à l’homme : voilà des valeurs qui vous conviennent et dans lesquelles se retrouveraient beaucoup d’hommes, selon vous aujourd'hui.

Le hic est que les femmes qui vivent cela aujourd'hui et acceptent les principes ci-dessus arrivent à la dépression, car pour en connaître, elles ont sacrifié leur passion, leur métier et leur investissement dans la vie sociale à un mari exclusif et à leurs enfants, dans une relation fusionnelle qui se paye un jour.

imagesYbFjqk.jpegLe hic aussi est qu’il y a bien des femmes qui accepteraient cela mais souvent elles se retrouvent seules à gérer des responsabilités qu’elles assument seules, les hommes d’aujourd’hui étant parfois plus lâches que les hommes d’antan, dans les domaines de l’engagement et de la continuité d’une relation qui exigent sacrifice et générosité, surtout quand les enfants arrivent. Le père de mon fils ne voulait surtout pas de contraintes, bien qu'il ait reconnu notre enfant. Il n'a pas donné un sou pour lui de son vivant et nous a laissés tomber, me laissant me débrouiller seule.BCP002-04.jpg

Le père de ma fille décédée non plus ne voulait pas de contraintes et disait que je touchais les allocations familiales et que c'était bien suffisant. Quand on a un seul enfant, les allocations de la Caf ne vont pas loin !! Et puis, quelle goujaterie de laisser la société payer pour soi et de laisser la mère seule en face de son bébé à tout assumer : l'allaitement, les courses, le ménage, le travail, le paiement d'un loyer, les couches, les habits, etc.

1780153.jpgMonsieur Zemmour, je vais vous apprendre que même aujourd’hui, une femme qui travaille est encore mal placée, car elle subit ou peut subir les assauts de ses collègues de travail. Comme ces derniers sont des hommes et donc plus forts physiquement bien souvent, la hiérarchie penchera bien souvent en faveur du plus fort et laissera la femme croupir dans une situation d’humiliation et de mise au ban masculin, dans l’indifférence générale. Moi-même, je vis actuellement cette situation. Pour avoir refusé les avances et les “voire plus si affinités” d’un collègue, je me retrouve dans l’humiliation de son mépris devant tous, sans un bonjour simplement poli le matin et le soir. “Mettez de l’eau dans votre vin”, m’a répondu la Direction. De l’eau dans mon vin, non. Je mettrai plutôt du vinaigre dans le café de la pause commune ! Et quand un jour, un autre collègue masculin m’a dit : “Je m’en fous de ta vie” parce que je lui demandais juste un petit service par rapport à du temps gagné pour retrouver mes enfants en fin de journée... Trouvez-vous, Monsieur Zemmour, que la femme a vraiment sa place dans certains mondes du travail...imageseaRQSp.jpeg

images1qDtds.jpegLe machisme a hélas encore toute sa place et vous avez bien alimenté ce genre de comportement si viril de rabaissement de la femme ! Je n’ai rien contre les vrais hommes, juste contre ceux qui ont une dent contre les femmes, simplement parce que leur mère ne leur a pas appris que la femme est un homme comme les autres, un être humain qui doit manger et avoir un toit.

De toute façon, il suffit de lire vos propos disant que les homosexuels sont des hommes qui cherchent à être des femmes et qui ont perdu toute virilisation... Pour comprendre que vous méprisez au fond les femmes... qui pourtant vous ont élevé.

Votre mère et votre grand-mère ont été là pour vous élever, très présentes, alors que vous avez souffert énormément de l’absence d’un père ambulancier.TFL040.jpg

Je connais ce métier pour en avoir fait un livre et avoir cotoyé des collègues qui faisaient jusqu’à 13 heures voire plus par jour.

Avec des soixante heures par semaine et des week-ends entiers où ils ne voyaient pas leurs enfants ni leur femme.

imagesfXaVmA.jpegJe comprends que vous ayiez souffert de l’absence de votre père mais comment expliquer qu’aujourd’hui, c’est vers les femmes que vous manifestez votre désaccord, alors qu’elles ont été là pour vous.imagessi8717.jpeg

Sûrement parce qu’on malmène ceux qui nous ont le plus aimé, parfois. Tout simplement parce qu’on se sent tellement redevable. Trop redevable.

Pour terminer, je dirais que vous êtes un être humain qui se cherche au coeur du labyrinthe de la pensée, la vôtre, et que au fond, il suffit de creuser un peu pour comprendre vos méandres et pour les désarçonner.

imagessccm8Z.jpegCependant, Monsieur Éric Zemmour, évitez de prendre certains raccourcis qui pourraient et peuvent effectivement blesser les communautés diverses, les minorités, les homosexuels, les noirs, les arabes et les femmes.



Chloé LAROCHE

25/03/2010

Guilherme Hauka-Azanga a encore été arrêté en vue d'une expulsion alors qu'il a quatre enfants nés en France. LA PÉTITION À FAIRE POUR LUI.

 

pr75950.jpgpr82767.jpgBonjour à tous et toutes,1511247090.jpg

Je prépare un article pour ce soir et notamment une lettre ouverte à Éric ZEMMOUR en réponse à ses propos... pour lui dire qu'il n'a qu'à aller voir sur les chantiers de la voirie... Qui travaillent en majorité sur le bitume ? Des NOIRS et des ARABES... Alors arrêtons l'hypocrisie et le racisme latent.

Mais en attendant, voici la dépêche concernant le papa de quatre enfants nés en France, Guilherme Hauka-Azanga, qui a vécu ce matin une mesure d'enfermement -en vue de son expulsion- tout à fait inhumaine. Je proteste contre ces agissements anti-républicains. Je proteste et je fais suivre l'action suivante. Je rappelle que ce papa a déjà été expulsé le 18 mars et s'était enduit de matières fécales pour rester avec ses enfants mais qu'on l'a mis ce jour-là de force dans l'avion.

rassemblement-de-soutien-a-Guilherme-le-11-fevrier_image-gauche.jpgCe matin, ce sont quatre enfants qui pleuraient. Des enfants nés ici mais de père angolais. À l'heure où on débat en tous sens sur les Noirs et les Arabes ainsi que sur "leur propension à la délinquance", suite aux propos d'Éric Zemmour, on pourrait se pencher sur le cas de cette famille torturée par l'État français qui ne tient pas compte des larmes de quatre petits blacks français qui n'ont qu'une envie : c'est d'avoir leur père avec eux.

 

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Chloé Laroche

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AI03120.jpgURGENT : LA PÉTITION À SIGNER pour Guilherme Hauka-Azanga :

http://www.educationsansfrontieres.org/?page=article&id_article=25824

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Dépêche AFP reproduite sur les site du Figaro et de France INFO :

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"Un sans-papier angolais a été interpellé ce matin à Lyon devant ses enfants, en vue de son expulsion. Et ce malgré les protestations de parents d'élèves de leur école, mobilisés depuis des semaines pour demander sa régularisation, a souligné son avocat. "Guilherme Hauka Azanga a été placé en garde à vue dans les locaux de la PAF (police aux frontières), en attente d'être conduit en centre de rétention administrative", a affirmé Me Laurent Sabatier.pr83716.jpg

Son client avait déjà été arrêté une première fois pour être expulsé mais le juge des libertés et de la détention (JLD) avait ordonné samedi sa libération, lui donnant sept jours pour quitter le territoire. Le préfet a toutefois fait appel de cette décision qui a été annulée par un arrêt rendu mardi, ouvrant la voie à une nouvelle interpellation, a expliqué l'avocat.

Selon Me Sabatier, le cas de M. Hauka est "spécial" : cet Angolais de 37 ans, qui a déjà purgé deux mois de prison ferme pour "refus d'embarquer", avait été conduit directement à l'aéroport à sa sortie de prison le 18 mars.

"Là, il a préféré s'enduire de matières fécales plutôt que d'embarquer. Les policiers lui ont demandé de se nettoyer, il a refusé, et il a été alors recouvert d'une couverture avant d'être mis dans l'avion", a raconté l'avocat. A l'escale de Francfort, le pilote a alors refusé de partir, ce qui avait conduit au rapatriement de M. Hauka en France, où il réside depuis huit ans, et à son passage devant le JLD samedi.

1072060335.5.jpeg"Une dizaine de policiers ont défoncé la porte de son appartement vers 8h30", a raconté à l'AFP Annabel Billaud, une mère d'élève de l'école où sont scolarisés deux des quatre enfants de M. Hauka - tous nés en France - et de sa compagne, une Congolaise en situation régulière.

L'aînée, en pleurs, a assisté à la scène avant d'aller à l'école. Plusieurs parents ont expliqué avoir essayé de s'interposer, en vain, et tenté de prendre des photos.

"C'était inhumain", a confié l'une des mères d'élèves. Une manifestation spontanée des parents s'est tenue dans la matinée à l'école, tandis qu'une délégation de parents, soutenue par le Réseau éducation sans frontières (RESF), se rendait à l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry."

 

 

_____________________________________________ ARTICLE DE LYONCAPITAL.FR :1511247090.jpg

LE LIEN : http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/Actualite/Immigration/Arrestation-musclee-d-un-sans-papier-angolais



"Guilherme Hauka-Azanga est reparti pour la troisième fois derrière les barbelés du centre de rétention administrative de Lyon. Et pour l’y conduire, la police a employé la manière forte. Récit.

Jeudi matin, Guilherme Hauka-Azanga, emmène trois de ses quatre enfants à l’école du quartier de la Guillotière, dans le 7e arrondissement de Lyon. Libéré samedi dernier du centre de rétention par le juge des libertés, ce père de famille sans-papier d’origine angolaise pense avoir sept jours de tranquillité. Sept jours pendant lesquels, il ne peut pas, au terme de la loi, être arrêté. Mais il ignore que la cour d’appel de Lyon a annulé la décision du juge des libertés, suite à l’appel de la préfecture du Rhône. Ce qui permet aux forces de l’ordre de procéder à sa mise en rétention.

C’est en retournant chez lui qu’il repère des policiers. “je l’ai vu arriver chez nous en courant, raconte sa concubine, Florence. Il était poursuivi”. A l’intérieur, outre sa femme et leur dernière fille d’un an, se trouve une copine de leur aînée. Elle est passée à l’appartement pensant trouver son amie. Toute la scène de l’arrestation se déroulera sous ses yeux de dix ans. “J’ai refusé d’ouvrir la porte, poursuit la femme de Guilherme Hauka-Azanga. On m’avait dit de ne pas ouvrir sans avoir vu un mandat”.

Arme dégainée et menottes sous les yeux d’une enfant :

Après avoir “défoncé” la porte d’entrée, les policiers se précipitent à l’intérieur. Mais Guilherme s’est réfugié dans la chambre qu’il a fermé à clé. “J’étais dans le salon avec ma fille dans le dos et la copine de ma fille. Un policier a fait sauter la serrure puis a dégainé son arme dans la direction de Guilherme”. Menotté, le père de famille est emmené. Devant l’immeuble, une vingtaine de parents d’élève tentent de s’interposer. Mais une voiture arrive rapidement, direction les locaux de la police aux frontières (PAF) puis le centre de rétention de l’aéroport Saint-Exupéry.

“Quand j’ai reçu le message de Florence, je me suis précipitée avec d’autres parents”, explique Sandrine Barrat, parent d'élève et membres active du collectif de soutien. Les parents ont tenté de filmer et de prendre des photos de l’intervention policière. “J’étais au premier rang, poursuit Sandrine Barrat. Un policier m’a dit que c’était interdit de filmer puis m’a fait une clé de bras, en me retournant le pouce de la main gauche”. Le médecin qu’elle est allée consulter a effectivement pu constater une douleur de la “face antérieure de l’avant bras consécutive d’une hyperextension”. Il a préconisé une interruption temporaire de travail (ITT) de deux jours.

“La procédure a été respectée” : 

Contactée par Lyon Capitale, la préfecture du Rhône considère que la procédure de mise en rétention “a été respectée”. Pendant toute la journée, jusqu’à la sortie des enfants à 16h30, un groupe d’une dizaine de parents d’élèves est resté devant l’école. Choqués par l’arrestation de Guilherme Hauka-Azanga, ces parents parlent “d’acharnement” de la part de la préfecture. “Elle veut faire un exemple. Lors de son intervention, la police n’a pas hésité à défoncer la porte et à sortir une arme devant des enfants, souligne Sandrine Barrat. Quand j’ai vu la petite de dix ans, je ne l’ai pas reconnue tellement elle était sous le choc”. L’élève a malgré tout rejoint sa classe.

“Ils ont pointé une arme alors que Guilherme n’est pas un criminel. Il ne vole pas, il ne vend pas de drogue. Simplement, il n’a pas de papiers et ne veut pas laisser sa famille", reprend Florence, sa femme. D’origine congolaise, elle a été régularisée en 2005. Décrit comme “un papa très investi” par les nombreux parents du collectif de soutien, Guilherme vit en France depuis huit ans. Avec sa femme, il élève quatre enfants dont les deux premiers enfants de sa compagne. Il est vu comme un “soutien de famille au sens fort du terme” par la directrice Sophie Buisson qui dénonce “un démantèlement familial” (lire par ailleurs).

Cinq jours de répit :

Pour la troisième fois en deux mois, Guilherme est en rétention où il a déposé une nouvelle demande d'asile. Cinq jours sont nécessaires pour y répondre. Il ne peut donc pas être expulsé pendant ce délai. S’il est expulsé peut-être s’opposera-t-il de nouveau à son retour en Angola. Comme il l’a déjà fait par deux fois, ce qui l’avait conduit à être condamné à deux mois de prison (lire ici). Soutenu par le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF), le cas de Guilherme sera en tête de la manifestation “contre les expulsions” organisée ce samedi à 14h, place des Terreaux, à Lyon 1er."

Mots-clés : RESF, Guilherme Hauka-Azanga, Centre Rétention Administrative, Préfecture du Rhône.

 
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