Avertir le modérateur

23/08/2016

Ma proposition de familles d'accueil en France pour les migrants, réfugiés et demandeurs d'asiles. Les politiques demeurent tièdes sur cette question et les solutions tardent à se mettre en place.

Mon dernier article à lire... pour ne pas oublier ceux de l'hiver prochain, ceux qui dormiront dehors, ceux qui ont parcouru tant de chemin pour fuir l'horreur de leur pays.

 

___________________________ migrant,accueil,familles d'accueil,demandeur asile,asile,réfugié,ada,grenoble,le 115,urgence,hébergement,allocation ATA,mort,méditerranée,commune,politique,tiédeur,xénophobie,rejet,haine,entraide,humain,bénévole,famille,détresse,enfant,rue,sdf,sans abri,amnesty,mairie,aide,subvention,indemnité d'accueil,proposition,allocation d'accueil,naufrage,espoir,peuple,fuite,exil,réinsertion,isère,france,monde,turquie,syrie,afrique,é

 

 

Bonjour à tous et toutes,

 

Comme le savent mes fidèles lecteurs, je suis blogueuse depuis de longues années, bientôt dix ans avec vous, et aussi écrivain engagée pour la solidarité.

J’ai écrit et fais éditer l'année dernière : « Solidarité puissance toi » pour dire que nous pouvons être chacun un phare d’entraide et un maillon de solidarité pour nos concitoyens.

Je suis dans ma vie de tous les jours taxi-ambulancière, très sensible aux domaines de la santé et du handicap. Je rencontre et transporte chaque jour des personnes touchées par des accidents très graves de la vie et par la maladie. Mes patients se battent pour la vie et pour reconquérir la liberté de se mouvoir et d'être heureux comme avant. Parfois, ils ne retrouvent pas leur vie d'avant mais ils travaillent à repartir dans une deuxième vie différente, souvent même plus riche encore en explosions de vie et en amour de l'existence restante.

Je suis aussi très sensible aux problèmes d’accueil des sans-abris et des migrants, aux enfants vivant dans la rue aussi ; une centaine d'enfants n'ont pas eu de véritable toit l’hiver dernier à Grenoble. Le numéro d’appel d’urgence, le 115, a dû refuser sans arrêt de l’aide aux appelants, les places d’accueil manquant cruellement. Les écoutants sont obligés de répondre par la négative à 98 pour cent des appels de détresse. Chaque jour, le 115 de l'Isère reçoit entre 60 et 150 appels. C'est un véritable drame social et humain.

En outre, je suis préoccupée par le fait que le Gouvernement reste sourd à la réalité suivante : quatre-vingt-deux pour cent (82 %) des Français sont favorables à l’accueil des migrants sur notre sol, par exemple dans des familles d’accueil volontaires. Rien ne se fait dans ce sens ou alors du bout des lèvres. J'ai par exemple compris que c'était "politiquement correct" d'aider une famille de réfugiés dans une commune ; j'ai entendu ceci de la bouche d'une élue d'une commune iséroise. "Cela fait bien politiquement, tu comprends". On prête un logement, on laisse les bénévoles faire le boulot et puis tout le monde est content. Et toutes les autres familles de réfugiés et de demandeurs d'asile : celles qui restent sur le pavé, celles qui pourraient trouver refuge chez des français généreux et ouvrant leur porte ?

Pourtant, sachez que l’État français donne de l’argent aux migrants lorsqu’ils ont le droit de rester sur notre sol comme réfugiés, et aussi en attendant d'avoir un statut de réfugié, mais personne ne se dit : « Tiens, tel migrant pourrait donner une partie de ce qu’il reçoit à une famille d’accueil et ainsi, nombre de familles accepterait de recevoir ce migrant afin qu'il ait un toit et qu'il soit mieux intégré dans notre pays."

Puisque le demandeur d’asile touche trois cent quarante-trois euros par mois (343), aide appelée allocation ATA et donnée lorsqu'il n'y a pas de place d’hébergement offert par l’État, je propose qu’il reverse à une famille l'aidant à favoriser son insertion en France deux-cent cinquante euros par mois (250) pour les divers frais d'accueil, de nourriture et d'hébergement. Car rappelons-nous que les plus grands coeurs sont ceux des plus pauvres et des moins riches. 

Je propose aussi que la Mairie de commune de chaque famille d'accueil de réfugié ou demandeur d'asile reverse cent euros par mois d’hébergement à cette famille, sachant que les Mairies reçoivent une aide de mille euros par migrant reçu dans la commune. Cela permettrait de trouver une logique équitable et de résoudre le problème de l’accueil dans notre pays. En sachant que chaque famille candidate serait suivie régulièrement par un passage d’éducateurs et de psychologues.

Il faut savoir que le migrant demandeur d’asile ne reçoit, s’il est en Centre d’accueil, que trois euros par jour. Cela signifie que le reste de son aide ATA revient au Centre d’hébergement, soit 250 euros. Alors pourquoi ne pas faire la même chose avec des familles d’accueil pouvant proposer un accueil à la maison ? Je vous rappelle que le coût de l’hébergement des demandeurs d’asile est estimé à 350 millions d’euros par an, alors si on en est là, à voir des personnes croupir dans la rue ou dans des bidonvilles de fortune près des grandes villes, c’est que l’État a peur politiquement de s’engager face à des partis xénophobes et nationalistes.

Il est plus simple évidemment de continuer de fermer les yeux sur tous les migrants morts en Méditerranée, plus de dix mille à ce jour, ou de donner de l'argent à la Turquie pour garder les "indésirables" ailleurs. Il est plus simple de vider les camps de fortune des migrants afin de les voir éparpillés comme un troupeau sur lequel on tire dessus à bout portant. Il est si simple de devenir indifférent à une tente en plein Paris ou à une mère dormant dans une cabine téléphonique avec son bébé.

Il est aussi si simple de me répondre : "Comment ??? Tu veux prendre l'argent donné aux réfugiés. Cela ne se fait pas !!"

-Ah bon, tu préfères voir les migrants dans la rue, toi, sans avenir, sans toit, sans école ??

 

Chloé Larochemigrant,accueil,familles d'accueil,demandeur asile,asile,réfugié,ada,grenoble,le 115,urgence,hébergement,allocation ATA,mort,méditerranée,commune,politique,tiédeur,xénophobie,rejet,haine,entraide,humain,bénévole,famille,détresse,enfant,rue,sdf,sans abri,amnesty,mairie,aide,subvention,indemnité d'accueil,proposition,allocation d'accueil,naufrage,espoir,peuple,fuite,exil,réinsertion,isère,france,monde,turquie,syrie,afrique,é

____________________

 

Liens importants à consulter :

 

http://missingmigrants.iom.int/

http://ada-grenoble.org/

http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/le-vrai-du-faux/2015/09/16/29003-20150916ARTFIG00326-rsa-apl-cmu-ces-aides-dont-beneficient-les-migrants-en-france.php

http://www.ledauphine.com/isere-sud/2012/12/27/au-115-c-est-de-plus-en-plus-insupportable

http://www.liberation.fr/migrants-files,100527

http://www.leparisien.fr/international/migrants-plus-de-10-000-morts-en-mediterranee-depuis-2014-selon-l-onu-07-06-2016-5863307.php

http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Refugies-et-migrants/Actualites/82-des-Francais-sont-favorables-accueil-des-refugies-18386?prehome=0

24/02/2013

De l'effroi de savoir la famille Moulin-Fournier enlevée, dont quatre jeunes enfants séparés de leurs parents, au Cameroun, depuis six jours.

images.jpegPour la famille Moulin-Fournier.


Un ministre, Kader Arif, a annoncé en plein débat parlementaire ce jeudi que les sept otages français enlevés au Cameroun mardi dernier avaient été libérés et retrouvés, suite à une fausse nouvelle venue d'Afrique. Il a été lynché par les médias, par la presse, et a été la risée de tous les moqueurs...

Pourtant il n'a fait que relayer la joie d'un pays entier, heureux d'apprendre une formidable nouvelle. Il n'a fait que prendre part au soulagement de tous les français angoissés en pensant au sort horrible de ces quatre jeunes enfants séparés de leurs parents et détenus par un groupe terroriste. La nouvelle s'est répandue sur toutes les radios, avant même que l'annonce Kader Arif lui-même, puisqu'on tenait cette information de l'armée locale.images-1.jpeg

Je pense en tout cas ici à cette famille enlevée là-bas, à ces quatre enfants, et je sais que partout en France, des personnes prient, demandent, oeuvrent en silence, pensant très fort à ces sept personnes. Nous demandons que leurs vies soient épargnées et qu'il ne leur soit fait aucun mal.

Cette famille française vivait au Cameroun depuis deux ans et les quatre enfants étaient scolarisés sur place, à Yaoundé, quatre garçons de 5, 8, 10 et 12 ans.

images-3.jpegJe souhaite très fort et du plus que je peux que cette famille soit sauvée et revienne embrasser leurs proches restés en France. Je souhaite que leurs ravisseurs se ravisent et les libèrent afin de montrer que la paix et la clémence sont des vertus que demande le Créateur, celui pour lequel ils n'hésitent pas à se battre jusqu'à leur dernier souffle. Dieu ne demande à personne de torturer ni de tuer en son nom, ni d'enlever des enfants. Alors, avant que le châtiment céleste ne s'abatte sur des personnes criminelles ou allant le devenir, qu'elles reviennent à la raison humaine de respecter la vie d'autrui et l'harmonie d'une famille innocente.

Chloé Laroche___________images.jpeg6a00d8341bf94953ef01675f86bfbe970b.jpg

 

01/05/2012

Au Bénin, existe une pratique terrible d'infanticide sur certains enfants, racontée dans le nouveau film de Christine François : "Le secret de l'Enfant-Fourmi" attendu le 2 mai.

bénin,le secret de l'enfant-fourmi,christine françois,infanticide,forces démoniaques,vaudou,sorcier,sorcellerie,nord bénin,afrique,tradition,croyance,religion,mère,adoption,enfant,crime,rituel,audrey dana,voyage,urgence,agir,cinéma,film,foi,voile,excision,femme lapidée,adultère,fuite,témoignage,inconscient collectif,femme,superstition,trouble psychologique,esprit,danger,sauver,politique,lâchetéBonjour à tous et toutes,


Je suis dans l'attente de voir ce film qui sort demain, le 2 mai, dans les salles.

Ce film s'appelle "Le secret de l'Enfant-Fourmi", tourné par Christine François.

bénin,le secret de l'enfant-fourmi,christine françois,infanticide,forces démoniaques,vaudou,sorcier,sorcellerie,nord bénin,afrique,tradition,croyance,religion,mère,adoption,enfant,crime,rituel,audrey dana,voyage,urgence,agir,cinéma,film,foi,voile,excision,femme lapidée,adultère,fuite,témoignage,inconscient collectif,femme,superstition,trouble psychologique,esprit,danger,sauver,politique,lâcheté

C'est l'histoire d'une femme de trente ans partie en Afrique à la poursuite d'un amour perdu qui rencontre une femme au Bénin, une maman lui remettant son bébé dans l'urgence et s'enfuyant sans explications. Audrey Dana garde finalement l'enfant avec elle, l'adoptant et l'emmenant en France. Elle revient au Bénin lorsque son fils a sept ans et présente des troubles psychologiques, afin de retrouver le secret de cette adoption.

Ce film s'appuie sur des centaines de témoignages réels concernant des infanticides rituels sur des enfants dits "démoniaques" pratiqués au Bénin, surtout dans le Nord du pays.bénin,le secret de l'enfant-fourmi,christine françois,infanticide,forces démoniaques,vaudou,sorcier,sorcellerie,nord bénin,afrique,tradition,croyance,religion,mère,adoption,enfant,crime,rituel,audrey dana,voyage,urgence,agir,cinéma,film,foi,voile,excision,femme lapidée,adultère,fuite,témoignage,inconscient collectif,femme,superstition,trouble psychologique,esprit,danger,sauver,politique,lâcheté

Ces infanticides sont basés sur des superstitions attisées par certains sorciers, lesquels se nourrissent de l'observation de certains signes, comme de prendre en compte l’endroit précis où poussent les dents de lait, ainsi que la position du bébé au moment de l’accouchement, sans oublier la prématurité ou l'impression que l'enfant serait habité par des forces démoniaques ou bien présenterait un comportement déviant ou difficile à gérer.

Le village se sent menacé et se protège donc en sacrifiant l'enfant qui représente un danger pour l'évolution du groupe.

_______________________________________________

bénin,le secret de l'enfant-fourmi,christine françois,infanticide,forces démoniaques,vaudou,sorcier,sorcellerie,nord bénin,afrique,tradition,croyance,religion,mère,adoption,enfant,crime,rituel,audrey dana,voyage,urgence,agir,cinéma,film,foi,voile,excision,femme lapidée,adultère,fuite,témoignage,inconscient collectif,femme,superstition,trouble psychologique,esprit,danger,sauver,politique,lâchetéCe film nous oblige à nous positionner et à réagir... voire agir. Ainsi se demander : pourquoi doit-on respecter une tradition qui tue des enfants, sous prétexte que c'est une tradition et une foi ?bénin,le secret de l'enfant-fourmi,christine françois,infanticide,forces démoniaques,vaudou,sorcier,sorcellerie,nord bénin,afrique,tradition,croyance,religion,mère,adoption,enfant,crime,rituel,audrey dana,voyage,urgence,agir,cinéma,film,foi,voile,excision,femme lapidée,adultère,fuite,témoignage,inconscient collectif,femme,superstition,trouble psychologique,esprit,danger,sauver,politique,lâcheté

Quelle est cette pudeur extrême et lâche qui oblige certains de mes compatriotes à dire : "On ne touche pas aux traditions des autres peuples, par respect, par principe de non-jugement d'autrui."

Désolée, moi je juge, comme je juge l'excision et sa pratique monstrueuse sur les petites filles et les femmes.

Je juge aussi cette croyance qui fait dire encore à certains croyants d'une certaine religion que c'est bien de lapider et de punir les femmes ayant commis l'adultère. Et qui dit aussi que la femme n'a pas à connaître le plaisir mais doit seulement se dévouer à en donner à son mari. Et qui dit encore que la femme doit se voiler afin de ne pas attiser le désir chez les autres, les hommes mâles étant si faibles qu'ils ne peuvent maîtriser leur convoitise.

bénin,le secret de l'enfant-fourmi,christine françois,infanticide,forces démoniaques,vaudou,sorcier,sorcellerie,nord bénin,afrique,tradition,croyance,religion,mère,adoption,enfant,crime,rituel,audrey dana,voyage,urgence,agir,cinéma,film,foi,voile,excision,femme lapidée,adultère,fuite,témoignage,inconscient collectif,femme,superstition,trouble psychologique,esprit,danger,sauver,politique,lâchetéPour en revenir au film de l'Enfant-Fourmi, c'est une histoire assez proche de ce que j'ai vécu avec ma fille que j'ai adoptée au Bénin, avec toutes les questions liées à l'adoption, à l'orphelinat où elle y avait été placée par son père, à sa mère dont elle avait été arrachée, comme l'ont été tous ses frères et soeurs et tous ses demi-frères et soeurs, le père biologique étant polygame et si cruel qu'il a enlevé les enfants à toutes les mamans pour les placer, les envoyer de ci-de là.

bénin,le secret de l'enfant-fourmi,christine françois,infanticide,forces démoniaques,vaudou,sorcier,sorcellerie,nord bénin,afrique,tradition,croyance,religion,mère,adoption,enfant,crime,rituel,audrey dana,voyage,urgence,agir,cinéma,film,foi,voile,excision,femme lapidée,adultère,fuite,témoignage,inconscient collectif,femme,superstition,trouble psychologique,esprit,danger,sauver,politique,lâchetéJ'ai vécu cette souffrance de mère adoptive qui apprend des choses inacceptables et si cruelles de l'enfance de ma fille. Cette souffrance qui comprend le fait de devoir gérer les miasmes d'une lignée rejaillissant sur une enfant innocente, enfant au prise avec son passé récent et lointain, au prise à l'abandon subi et très courant dans ce pays.

Le "passé lointain" dont je parle correspond à l'inertie d'un héritage familial et béninois lié à certaines forces du Vaudou qui rôdent dans ce pays, jusque dans l'inconscient des enfants. Je dis "certaines" car il n'est pas question de diaboliser le Vaudou.. mais certaines pratiques peuvent attirer des esprits inférieurs, par l'utilisation de certaines sorcelleries, de poupées, instruments magiques de torture, de certains esprits appelés les Lwas et pouvant entrer en contact direct avec les humains, après appel des sorciers. Les rituels nombreux faits dans ce sens sont présents dans l'inconscient et le patrimoine collectif de ce pays. Un rituel n'est jamais innocent et marque à jamais les esprits. Il peut enchaîner des êtres à ce qui s'appelle le contraire de la liberté des âmes.bénin,le secret de l'enfant-fourmi,christine françois,infanticide,forces démoniaques,vaudou,sorcier,sorcellerie,nord bénin,afrique,tradition,croyance,religion,mère,adoption,enfant,crime,rituel,audrey dana,voyage,urgence,agir,cinéma,film,foi,voile,excision,femme lapidée,adultère,fuite,témoignage,inconscient collectif,femme,superstition,trouble psychologique,esprit,danger,sauver,politique,lâcheté

Des béninois commencent à se poser des questions sur le bien-fondé de la pratique de l'infanticide liée à la tradition et entretenue par certains sorciers. Quand une maman béninoise a déjà vu sacrifier trois enfants sortis de son ventre, comment ne peut-elle pas être dans la révolte et le combat contre des pratiques à condamner définitivement ?

Ce film va faire le tour du Bénin. Je prie secrètement pour qu'il ouvre les yeux de ses habitants, certains ayant déjà le coeur grand ouvert à l'indignation et soutenant à contre-courant ce film courageux.

bénin,le secret de l'enfant-fourmi,christine françois,infanticide,forces démoniaques,vaudou,sorcier,sorcellerie,nord bénin,afrique,tradition,croyance,religion,mère,adoption,enfant,crime,rituel,audrey dana,voyage,urgence,agir,cinéma,film,foi,voile,excision,femme lapidée,adultère,fuite,témoignage,inconscient collectif,femme,superstition,trouble psychologique,esprit,danger,sauver,politique,lâchetéChloé Laroche

 

 

 

27/01/2012

L'adoption d'une jeune tigresse par une maman éléphant. Petit conte véridique pour les parents adoptifs et les enfants adoptés.

Petit conte véridique pour les parents adoptifs

et les enfants adoptés____________________





adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,franceUn jour, dans la jungle, on appela une maman éléphant car elle avait déjà recueilli une petite girafe de huit ans qui semblait se plaire auprès de sa nouvelle maman. 

La petite girafe ne tenait pas sur ses pattes quand l'éléphante commença à s'occuper d'elle. Elle n'entendait pas et aucun son se sortait de sa bouche.

L'éléphante l'entoura de ses soins et la girafe se sentit de mieux en mieux. Maintenant elle galopait et souriait, même si les sons ne venaient encore pas.adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,france

Un jour donc, on appela cette maman afin qu'elle s'occupe d'un petit tigre trouvé dans la jungle, abandonné et renié par son père volage. En fait, c'était une petite tigresse de huit ans. Au début, l'éléphante réussit à élever ce petit animal qui faisait parfois un peu mal avec ses griffes et ses crocs mais cela était encore possible à gérer.

adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,franceCependant, la petite grandit à vue d'oeil et la maman éléphante se retrouva vite en face d'une jeune fauve, laquelle avait des envies de courir en liberté et de sortir la nuit à toute heure et en compagnie d'autres fauves bien plus âgés.adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,france

La mère éléphant ne savait plus que faire, se rendant malade d'impuissance devant cette jeune tigresse qui devenait bien plus forte qu'elle et prenait de l'assurance en crocs et griffes, armes dont la féline n'hésitait pas à se servir dans des combats parfois féroces avec cette mère éléphant, au moment où la jeune tigresse voulait sortir la nuit dans la jungle cruelle.adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,france

Parfois, comme les chats partent de leur foyer plusieurs jours, la jeune féline s'échappait ainsi en des lieux inconnus, vers d'autres  repères d'animaux secrets. L'éléphante ne voyait pas revenir sa protégée et elle pleurait, se lamentant et s'inquiétant.

adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,franceUn jour, alors que cinq ans avait passé, une vieille hyène recueillit la jeune tigresse, un soir où cette dernière s'était égarée. Lorsque l'éléphante voulut récupérer sa protégée, quelques jours après, la hyène la regarda de haut et avec méchanceté en lui disant qu'elle s'était très mal occupée de cette jeune animal et que désormais, c'est chez elle qu'elle resterait.adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,france

La hyène avait un élevage de chevaux et avait trouvé une employée facile pour garder son troupeau. La jeune tigresse était heureuse d'avoir trouvé une nouvelle demeure et un travail bénévole. Mais au bout de quelques semaines, elle se mit à ruer et à vouloir vivre la liberté totale. Aussi se mit-elle à sortir en secret, profitant du sommeil de la hyène. 

adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,franceLa maman éléphant, de son côté, se mourait de chagrin, croyant avoir perdu cet enfant tant aimée. La hyène l'avait emmenée si loin et l'avait même inscrite à l'école des hyènes... La tigresse était revenue un jour et avait décollé tous les posters de sa chambre éléphantesque. Elle avait emporté tous ses habits tigrés et toutes ses affaires, jetant un regard de hyène vers sa mère adoptive en pleurs et désespérée.

Et puis, un jour, six mois plus tard, la hyène appela la mère éléphant et lui demanda de reprendre sa protégée, lui expliquant qu'elle était insupportable et qu'elle ne pouvait la garder.adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,france

Maman éléphant fut très heureuse de reprendre sa tigresse mais elle s'en morda vite la trompe, puisque la jeune féline reprit son activité nocturne, ses fréquentations douteuses et ses attitudes agressives envers sa mère, l'insultant même et la poussant sur l'arrière-train.

adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,franceAlors l'éléphante alla voir le Conseil de la jungle et demanda une entrevue. Elle fut entendue et reçu dans sa détresse éducative. Le Conseil décida un éloignement provisoire pour la jeune tigresse -en semaine seulement- en milieu ouvert forestier, entre jeunes tigres venant de divers pays.

Ils étaient encadrés par de jeunes lions adultes, par des pumas et des gazelles formées à l'éducation des fauves.adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,france

La tigresse revenait voir la mère éléphante chaque semaine mais elle avait donc rejoint ce milieu éducatif lui donnant le cadre nécessaire pour gérer ses impulsions naturelles la mettant en danger.

adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,franceDurant plusieurs années, les choses ont dû rester ainsi avec des hauts et des bas, des progrès et des replongées, des fugues dans la jungle, des fuites et des retours, du respect envers sa mère éléphant et aussi des mots très durs envers elle avec les griffes toutes dehors.

Maman éléphant avait dû accepter les éloignements, les fugues régulières, les disparitions successives, les retours heureux.

Elle aimait sa fille et cet amour était aussi vivant que le soleil se levait chaque jour sur la jungle et la savane.adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,france

 Mais elle







remerciait aussi d'avoir été entendue par le Conseil de la jungle qui lui avait apporté aide et compréhension, car sans lui, sans les jeunes éducateurs qui l'avaient secondée dans l'éducation de cette jeune tigresse, aurait-elle survécu sans se jeter dans l'abîme des flots du fleuve Lobé ?

adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,franceUn jour, sa fille tigresse lui dit :

"Maman, je t'aime, mais tu sais, la mère qui m'a mise au monde est en moi et je ne voulais pas la trahir, j'avais peur de l'oublier, comment pouvais-je te montrer mon amour ? Il fallait aussi que je te pousse à bout pour que tu me montres jusqu'où tu pouvais m'aimer."adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,france

L'important pour la mère éléphant est d'avoir toujours été là pour sa fille féline de coeur, même en étant loin parfois.


adoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,franceChloé Larocheadoption,témoignage,conte vrai,afrique,bénin,adopter un grand,tigre,éléphant,jungle,conseil,éducateur,troubles de l'attachement,filiation,lien de coeur,maman adoptive,parent adoptif,difficulté,violence,famille,orphelin,orphelinat,france







16/11/2011

Je suis émue de la situation d'une maman congolaise privée de son existence. Mon propos sur l'identité, sur notre place dans la société, sur la légitimité reconnue ou non d'une adoption, d'un lien de coeur.

vigoureux,congo,afrique,identité,existence,adoption,exister,accueil,sans papiers,étranger,immigration,politique,frontiere,bénin,famille adoption,refus adoption,justice,tribunal,actualité,rapprochement familial,injustice,pétition,education sans frontieres,france,adolescence,colèreBonjour à tous et toutes,


J'avais déjà donné un lien dernièrement pour aider une maman congolaise à rentrer en France afin de retrouver ses enfants restés sur le territoire et de ramener deux de ses filles à Paris. Madame Vigoureux se trouve bloquée au Congo où elle s'était rendue afin de prouver son identité et de ramener un papier demandé par les autorités françaises.vigoureux,congo,afrique,identité,existence,adoption,exister,accueil,sans papiers,étranger,immigration,politique,frontiere,bénin,famille adoption,refus adoption,justice,tribunal,actualité,rapprochement familial,injustice,pétition,education sans frontieres,france,adolescence,colère

Il faut toujours prouver son identité alors que nous existons bel et bien, en tant qu'être humain. Pour ma part, combien de fois m'a-t-on demandé à la Caf notamment de prouver l'identité de mes filles adoptives, de prouver leur existence. La société nous a enregistré une fois mais d'années en années, combien de fois doit-on justifier de notre existence réelle et valable ?

Ma fille adoptive venue du Bénin fait les frais d'une situation scabreuse qui veut que son adoption ne soit pas reconnue en France. Issue d'une famille biologique dont le père est polygame et a abandonné tous ses enfants, les arrachant à leurs mères respectives, le dossier d'adoption subit les zones d'ombre de cette famille qui a menti au départ, se déclarant morts mais pourtant réellement bien vivants.

vigoureux,congo,afrique,identité,existence,adoption,exister,accueil,sans papiers,étranger,immigration,politique,frontiere,bénin,famille adoption,refus adoption,justice,tribunal,actualité,rapprochement familial,injustice,pétition,education sans frontieres,france,adolescence,colèreComment une adolescente peut-elle se construire et ne pas ressentir une colère sourde devant le refus français d'entériner son arrivée en France depuis 2003 ? En 2007, après un conseil de famille positif et l'accord d'une Juge des Tutelles, ma fille avait le coeur en joie et plein d'espoir. Depuis, tout est bloqué, lorsque d'audiences en audiences, de preuves en conclusions... le résultat entendu est : "Nous n'avons pas à entériner un lien affectif."

Cependant, si une famille adoptive n'est pas légalement acceptée par la société et qu'on lui demande par ailleurs d'exister au niveau de l'autorité, comment peut-elle s'enraciner dans la légitimité de son existence, puisque régulièrement, il m'a été dit : "Vous n'êtes pas sa mère aux yeux de la loi."

vigoureux,congo,afrique,identité,existence,adoption,exister,accueil,sans papiers,étranger,immigration,politique,frontiere,bénin,famille adoption,refus adoption,justice,tribunal,actualité,rapprochement familial,injustice,pétition,education sans frontieres,france,adolescence,colèreComment une enfant peut-elle s'enraciner dans son nouveau pays, y trouver la confiance de son identité grandissante, lorsqu'elle ne voit pas arriver de conclusions donnant une reconnaissance à ses parents adoptifs ? Elle rêvait d'avoir une carte d'identité, qu'elle n'a toujours pas, au bout de huit années. Elle portait notre nom à son arrivée en France. Ce nom lui a été arraché pour lui redonner définitivement son nom béninois. Déchirure infâme d'une société qui néglige de reconnaître un lien de coeur, l'identité d'un lien qui se veut loin du sang.vigoureux,congo,afrique,identité,existence,adoption,exister,accueil,sans papiers,étranger,immigration,politique,frontiere,bénin,famille adoption,refus adoption,justice,tribunal,actualité,rapprochement familial,injustice,pétition,education sans frontieres,france,adolescence,colère

Je suis désolée de tout cela, meurtrie pour ma fille, mais ne pouvant plus rien faire désormais, à part saisir la Cour européenne des Droits de l'Homme, je prête ma plume à d'autres familles en difficulté et ici, en l'occurrence, je souhaite que vous vous penchiez sur le cas de cette maman : Madame Vigoureux, en signant la pétition donnée plus bas et en lisant l'article ci-dessous envoyé par Éducation sans Frontières.

vigoureux,congo,afrique,identité,existence,adoption,exister,accueil,sans papiers,étranger,immigration,politique,frontiere,bénin,famille adoption,refus adoption,justice,tribunal,actualité,rapprochement familial,injustice,pétition,education sans frontieres,france,adolescence,colèreCette femme réside en France depuis vingt ans. On voudrait nous faire croire que cette personne n'a aucune existence ni identité française ?? Qu'elle n'a pas sa place ici avec ses enfants ? Quelle belle hypocrisie dans un état qui semble délaisser et rejeter tous ceux qui ne sont pas nés sur cette terre ! Pourquoi est-elle obligée de se justifier encore sur sa légitimité à exister dans notre pays ? Alors qu'elle a deux enfants nés ici, ayant la nationalité française !

Merci pour votre lecture de mon blog, qui compte près de cinq cents lecteurs par jour. 

Merci de signer en nombre la pétition dont vous trouverez le lien en bas du rapport ci-dessous.

 

vigoureux,congo,afrique,identité,existence,adoption,exister,accueil,sans papiers,étranger,immigration,politique,frontiere,bénin,famille adoption,refus adoption,justice,tribunal,actualité,rapprochement familial,injustice,pétition,education sans frontieres,france,adolescence,colèreChloé LAROCHE

 

 

______ "Depuis juillet dernier, une mère et ses deux filles de 13 et 15 ans, vivent un cauchemar, loin de chez elles, bloquées à Pointe-Noire, au Congo, faute de documents d’identité leur permettant de rentrer à Paris.


Brigitte Vigoureux, née au Congo et de nationalité belge, réside à Paris depuis plus de vingt ans. Quatre de ses enfants vivent avec elle, dont deux ont la nationalité française. Pour des raisons obscures que la Belgique refuse toujours de communiquer, à Paris, les autorités belges lui ont refusé le renouvellement de ses papiers d’identité et l’ont déclarée de nationalité indéterminée, ainsi que ses enfants. Elles lui réclament un certificat de naissance authentifié à la fois par son pays de naissance et par les autorités consulaires belges à Brazzaville.

En juillet dernier, munie d’un laissez-passer congolais, elle s’envole pour Brazzaville avec ses deux filles mineures, Thyssina 13 ans et Elaura 15 ans, afin de récupérer le document demandé. Sur place, elle effectue une demande de renouvellement de passeport auprès du consulat belge à Brazzaville, mais se heurte à un refus catégorique de l’ambassade. Brutalement devenues sans papiers et apatrides, Brigitte, Thyssina et Elaura ne peuvent rentrer à Paris. Bloquées depuis juillet à Pointe-Noire, elles ne survivent que parce qu’elles sont hébergées par la mère de Brigitte.

A Paris, son absence a totalement désorganisé la vie de la famille : le compte bancaire de sa mère ayant été bloqué, Amata, la cadette, attend sa bourse scolaire pour payer une partie des charges financières de l’appartement de la famille, Victor, l’aînée, étudiante devenue brutalement chef de famille, doit faire face à des problèmes de plus en plus aigus, et a dû trouver du travail pour régler les besoins les plus urgents. Quant au fils aîné qui vit au Canada, il a dû interrompre ses études, faute de pouvoir régler les frais de scolarité et s’est vu retirer son titre de séjour.

Thyssina et Elaura, de leur côté, n’ont pu effectuer leur rentrée scolaire, en septembre, dans les établissements du 13ème arrondissement de Paris où elles sont scolarisées : en 4ème au collège George Sand pour Thyssina, et en 2nde au lycée Claude Monet pour Elaura. En outre, depuis son arrivée à Pointe-Noire, Thyssina souffre du paludisme et a dû être hospitalisée.

L’avocat bruxellois qui cherche à démêler la situation administrative de Brigitte Vigoureux se heurte à un mur : en l’absence de gouvernement, il ne trouve aucun interlocuteur qui puisse lui fournir une explication. Et le consul de Belgique à Paris a prévenu le comité de soutien qui s’est organisé autour de la famille que le règlement de la situation administrative de Brigitte Vigoureux pourrait prendre des mois !

Pendant ce temps, la vie de la famille Vigoureux se dégrade de jour en jour. Dernier coup dur : Victor et Amata ont reçu une lettre d’huissier pour cause de loyers impayés !

Cela suffit !

Cette situation a assez duré : pour cause de carence de l’état belge, deux toutes jeunes filles sont déscolarisées, ont déjà perdu plus de deux mois de programmes scolaires et attendent de pouvoir rentrer chez elles, sans comprendre pourquoi elles subissent un tel ostracisme.

Thyssina et Elaura, ainsi que leur mère Brigitte Vigoureux, doivent revenir à Paris immédiatement !

Ces deux enfants n’ont pas à subir l’incurie de l’Etat belge !

C’est pourquoi nous demandons au défenseur de droits français, qui a été saisi du dossier, au ministre de l’intérieur, également saisi, d’accélérer les procédures en cours afin que Thyssina, Elaura et leur mère puissent enfin reprendre le cours de leur vie, ici, en France."

 

Et toujours : 
- Pétition pour leur retour : http://resf.info/article38830.html 
- Plus d’infos sur le blog Mediapart de RESF : http://resf.info/article38831.html

Contacts presse :
Marc Naelten (RESF Paris 5-13) : renaud-naelten@orange.fr 06 79 54 03 33
Daniel Cassiaux (collège George Sand) : 06 87 09 18 97
En Belgique : Nathalie Fessol : nath.edme.fessol@gmail.com 0032 2 763 02 09

 

28/07/2011

Ma prière pour la famine de la Corne de l'Afrique, pour deux millions d'enfants en danger de mort, pour deux cent mille qui ne passeront pas le mois.

action contre la faim,afrique,famine,don,enfant,morts,vie,planète,actualité,charité,amour,argent,donner,sauver,compassion,

 

 __________________________________________________

 

 

Un enfant va mourir

mais pour que d'autres ne meurent pas

envoyez un peu de votre coeur

par un peu d'argent

vers la Corne de l'Afrique

Action contre la Faim

 

 

Des enfants vont mouriraction contre la faim,afrique,famine,don,enfant,morts,vie,planète,actualité,charité,amour,argent,donner,sauver,compassion,

avec eux nous aussi

dans notre humanité

si nous oublions de penser 

à tous ceux qui peuvent

encore vivre

 

action contre la faim,afrique,famine,don,enfant,morts,vie,planète,actualité,charité,amour,argent,donner,sauver,compassion,

 

Toi tu es déjà mort

mort d'indifférence

coeur asséché 

de ne pouvoir donner

pour sauver ces enfants

Action contre la Faim

 

 

Mais un enfant va vivreimages-1.jpeg

des dizaines vont survivre

des centaines

si toi, si vous

envoyez vos dons 

pour l'Afrique

 

Chloé LAROCHE ____________________________________action contre la faim,famine,afrique,enfant,don,humanitaire,donner,sauver,actualité,planète,compassion

 

Envoyez votre don à l'adresse suivante dans une enveloppe affranchie :

 

ACF-URGENCE CORNE DE L'AFRIQUE

Libre réponse 64731

75662 Paris Cedex 14______________________________action contre la faim,famine,afrique,enfant,don,humanitaire,donner,sauver,actualité,planète,compassion



action contre la faim,famine,afrique,enfant,don,humanitaire,donner,sauver,actualité,planète,compassion

LIENS 

:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.actioncontrelafaim.org/urgence-Somalie/

 

 

 

 

 

http://youtu.be/B9KHC-EW3Yc

 

 

 

http://www.actioncontrelafaim.org/presse/communiques/communique/article/1/les-un-declarent-la-famine-en-somalie/

 

 

http://www.dijonscope.com/014733-somalie-la-faim-au-xxie-siecleurgence_corne-afrique_04.jpg

action contre la faim,afrique,famine,don,enfant,morts,vie,planète,actualité,charité,amour,argent,donner,sauver,compassion,

09/06/2011

Ma lettre au Préfet de Paris pour libérer une jeune africaine mineure et la garder en France, auprès de sa mère et pour finir ses études.

Tree-of-Life-7-180x240.jpgMonsieur le Préfet de Paris,


Je me permets de solliciter votre promptitude sur une affaire grave qui touche une jeune fille.

Maimouna MEITE est lycéenne et vient d'avoir 19 ans … Elle est née le 8 juin 1992. Elle prépare un bac professionnel au lycée François Truffaut dans le 3ème arrondissement de Paris.

Elle a été élevée par sa grand-mère en Côte d’Ivoire. Au décès de celle-ci, Mainouna avait tout juste seize ans. C'est à ce moment-là que sa mère vivant en France en situation régulière (titre VPF) l’a fait venir auprès d’elle. Depuis septembre 2008, elle suit sa scolarité à Paris.

Maimouna a été arrêtée ce 8 juin au guichet de la préfecture de police et a été placée en rétention au CRA de Cité, le jour de son anniversaire.

Un vol pour la Côte d'Ivoire lui a été annoncé pour aujourd'hui, 9 juin.

Vous vous imaginez le désarroi de cette jeune femme obligée de rentrer dans son pays, sans personne pour la protéger.

Je vous demande donc, Monsieur le Préfet, de libérer cette jeune fille et de réexaminer favorablement sa situation, au regard de sa vie familiale présente.

Je vous prie, vous supplie, de garder cette jeune fille sur le territoire français afin qu'elle puisse enfin avoir la sérénité d'un destin plus clément que ce qu'elle a vécu jusqu'ici.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de mes salutations distinguées.


Chloé Laroche

 

_________________________________________________________________________

___________________________APPEL A FAX / MAIL POUR MAIMOUNA dont l'expulsion est imminente.
Préfecture de Police :
Fax : 01 53 71 57 10
Mail : prefpol.dpg-etrangers-secretariat@interieur.gouv.fr
Vous pouvez écrire en vous inspirant du courrier ci-dessus et en restant courtois.
Voir le site RESF : http://www.educationsansfrontieres.org

 

06/12/2010

Je crois en l’être qui vit dans l’éternité de sa peau noire. Voici la sixième nouvelle de mon premier ouvrage : "Le prêtre noir du Mont Saint-Michel".

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES...chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la sixième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"_______________________________

 

 

15463-07dg.jpgLE

PRÊTRE

NOIR

DU MONT

SAINT-MICHEL

 

____________ Nouvelle n° 6 de Chloé LAROCHEu26467582.jpg


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS

 

Je crois en l’Être
Qui vit dans l’éternité
De sa peau noire

(Haïku de Chloé L)

 

“L’Amour que vous donnerez,
même du fond du malheur,
vous sera toujours retourné.”

Alain Guillo : “A l’adresse de ceux qui cherchent”
au chapitre “L’enfant qui meurt”




k1304623-1.jpgLe Mont-Saint-Michel était voilé de pourpre derrière les coquelicots rougis par le soleil couchant ; il émergeait des eaux comme un ange à genoux taillé dans l’albâtre de la pureté céleste.

Le Christ semblait égréner dans le cri des mouettes le chapelet des morts de la Terre, rappelés au souvenir de l’Archange par les pèlerins...

-Saint Michel, laissez passer l’âme de mon époux ; pardonnez-lui ses péchés, ses beuveries et ses coups portés à mon corps... -O Grand Archange, ouvrez le Paradis à ma mère arrachée à la Terre par un cancer... -O toi Grand Saint, je te confie l’âme de mon fils mort à la guerre ; donnez-moi la force de poursuivre mon chemin... -Ma fille s’est suicidée... Je ne sais si c’est de ma faute ou non. Je porte cela comme un boulet qui emprisonne mon âme comme un cachot sans lumière. Eclairez-moi ! Je vous en supplie... -Ma compagne  a été emportée par le sida... Notre bébé est malade... Je ne pourrai pas continuer tout seul à supporter cette épreuve. J’ai renié Dieu, j’ai renié les Anges, j’ai renié l’Espoir, mais tout seul je n’y arriverai pas... Alors oubliez mes insultes proférés contre le Ciel et accompagnez-moi tous les jours de ma vie...”.

Telles étaient les supplications des âmes orphelines ; l’océan les entourait avec compassion de ses bras puissants et emportait toutes les larmes vers le grand large où tout est partage... où chaque goutte salée est un voyage. Après cette expérience intérieure vécue sur le Mont, les âmes repartaient... le coeur allégé, l’espoir au ventre, une espérance née au bout de la vie.

Marie-Ange et Jean-Noël avaient marché longtemps avant d’apercevoir au loin le Mont sacré émergeant des eaux du Monde ; les coquelicots étaient embrasés par le feu du Ciel et le soleil semblait s’être accroché à la flèche de l’Abbaye.k3786678.jpg

Ils venaient en ce lieu chargé de Paradis pour méditer et offrir leur immense souffrance... Ils avaient perdu leur enfant, à la naissance... leur unique enfant, cinq mois auparavant.

Après leur séjour à l’hôpital, ils étaient rentrés chez eux et avaient retrouvé la chambre de leur bébé prête à l’accueillir, préparée avec amour depuis des mois... Un prêtre accepta de les recevoir pour les aider à surmonter leur douleur et le déchirement de voir mourir l’avenir ; il s’exprima à eux en ces termes :

-Les bébés ne meurent pas... Ils deviennent des anges. Le vôtre sera toujours là, près de vous, blotti au chaud dans votre coeur. Il vous conduira sur des chemins inespérés... des chemins d’amour dignes de celui du Créateur pour toutes ses créatures.”

En ce jour de leur arrivée au Mont, Marie-Ange regardait le soleil de l’océan se coucher dans les yeux de Jean-Noël ; elle savait que le prêtre avait raison ; mais comment évacuer cette colère qu’elle ressentait en elle... toute la révolte d’une mère face au vide de la mort, privée à jamais de la chaleur de ce petit être qui l’avait habitée durant neuf mois !?... Parfois, elle avait envie de frapper, de hurler, de détruire et ne plus reconstruire.

k1580034.jpgC’est pour cette raison qu’elle alla voir un prêtre dès le lendemain dans la vieille chapelle du Mont, l’église Saint Pierre ; l’officiant qui la reçut avait la peau noire et une immense foi en l’Archange ; il avait traversé l’Afrique pour offrir une grande partie de son temps à l’accueil des pélerins de Saint Michel ; ce matin-là, donc, il accueillit Marie-Ange, qui lui expliqua tout ; il fut immensément touché par l’épreuve de cette femme.

-Allez prier devant la statue de la Vierge aux Anges, Madame ; elle vous consolera et vous ouvrira le chemin qui relie votre âme à celle de votre enfant. Pensez toujours que vous êtes à jamais unie à lui et que la communion d’âme à âme est la chose la plus intense qui existe sur Terre.”

La jeune femme alla prier devant la Vierge aux Anges ; elle parla intérieurement à son enfant, lui envoyant plein d’amour et de tendresse maternelle.

La nuit suivante, elle fit un rêve étrange : elle tenait dans ses mains un bébé minuscule à la peau noire, comme le prêtre africain qui l’avait reçue. Elle se réveilla en disant : “Je veux adopter un petit africain. Un enfant de là-bas m’attend quelque part... Je serai sa maman ! Sa peau, dans mon rêve, était si fine, faite d’un ébène si noir et brillant... qu’elle paraissait réelle. Ce petit garçon m’attend, j’en suis sûre...!”

Jean-Noël ne fut pas d’accord du tout avec cette “idée” ; il avait toujours été opposé à l’adoption et il aurait préféré que sa compagne accepte de porter un deuxième enfant... engendré par leur couple. Ils se disputèrent fortement devant l’Abbaye qui surplombe le Mont-Saint-Michel... Un moine vint les voir et leur dit, en leur montrant l’infini de l’horizon :

-Est-ce que votre querelle va empêcher l’océan d’être vivant... et de venir mourir dans chaque vague qui vient s’écraser sur la côte ? Est-ce que votre querelle va arrêter votre chemin en route vers demain ?... Mais peut-être avez-vous deux chemins...?! Peut-être se croisent-ils aujourd’hui à un carrefour où l’inéluctable apparaît... Prenez le calme de ce lieu et emportez la paix avec vous.”u10066375.jpg

Marie-Ange et Jean-Noël s’excusèrent auprès du moine ; ils restèrent longtemps silencieux, accoudés au balcon de la Baie.

Au-dessus d’eux, rayonnait la statue de l’Archange ; tant de finesse mêlée à la force attirait le respect du regard sur le geste victorieux de Saint Michel brandissant l’épée.

Jean-Noël ne put s’empêcher de penser à l’Eglise Saint Michel de Chamonix, cette ville chérie où il avait grandi ; il était souvent entré dans ce sanctuaire pour donner à l’Archange ses prières les plus secrètes, destinées au Tout-Puissant ; il était toujours reparti de cet endroit l’âme humble, dépouillée d’orgueil... et emplie de compassion envers les siens et le monde entier.

Mais, en ce jour précis, il n’arrivait pas à s’accorder aux nouvelles vibrations de sa compagne ; il savait intérieurement que personne ne le ferait changer d’avis : il ne serait jamais, au grand jamais, le père adoptif d’un enfant noir...!!

Soudain, à l’instar de cette pensée, une femme désespérée accourut dans leur direction.

-Avez-vous vu ma fille ? C’est une petite africaine... Elle porte une robe blanche... Elle a cinq ans... Mon Dieu, je l’ai perdue dans tous ces dédales... Aidez-moi, je vous en supplie. Aidez-moi à la retrouver !”

Le couple se mit à aider cette femme.
“Comment s’appelle votre fille ?
-Violina, elle s’appelle Violina."

-Violina, Violina”, cria Jean-Noël de toutes ses forces... Personne ne répondait. Il cria plusieurs fois ainsi...

Tout à coup, il eut une idée ; il pénétra dans l’Abbaye et se laissa guider par la beauté des lieux ; il descendit vers le niveau qui se trouve sous l’église abbatiale et trouva la petite fille assise près de la grande roue ; des prisonniers la faisaient tourner autrefois, en un temps lointain où l’administration pénitenciaire installa un poulain afin de hisser un chariot le long du rocher.

“C’est quoi cette roue, monsieur ?
-Violina, ta maman te cherche partout. Viens !
-Mais, monsieur, c’est quoi cette roue ?
-Cette roue ? Autrefois, des méchantes personnes ont attaché des prisonniers à l’intérieur de cette machine pour que ceux-ci la fassent tourner en marchant... afin de faire monter un chariot sur une échelle de pierre... un poulain.
-Ces personnes cruelles croyaient sûrement que le monde entier devait tourner pour elles toutes seules !”

Jean-Noël, surpris, s’accroupit près de la petite fille ; elle était belle dans sa robe à dentelles ; ses yeux étaient profonds et emplis de gravité devant le cynisme humain... qui avait pu placer cette roue dans l’ancien ossuaire des moines, cimetière des âmes priantes de ce lieu saint et vénéré !

15419-76NS-1.jpgViolina mit sa main dans celle de Jean-Noël.
“Viens, dit-elle, il faut laisser la roue à Dieu. Il sait bien, Lui, comment faire tourner la Vie !...”.

Elle retrouva sa maman, qui fut aux anges.

Jean-Noël, de son côté, offrit une plume noire, trouvée sur la terrasse de l’ouest, à sa compagne, en lui disant :

-Nous partirons ensemble en Afrique ; j’ai des amis là-bas ; nous adopterons un enfant et nous deviendrons durant sa vie entière ses parents, son père et sa mère, pour toujours et à jamais.”

 

Chloé LAROCHE

PS : j'ai fait un pèlerinage au Mont Saint-Michel cinq mois après le décès de ma fille et beaucoup d'éléments autobiographiques se trouvent dans cette nouvelle, avec aussi ce même rêve et cette même rencontre avec un prêtre africain, et l'adoption cinq ans plus tard d'une petite fille africaine qui avait cinq ans au moment de mon rêve au Mont Saint-Michel.

_______________________________ Nota Bene : les photos de cette nouvelle sont libres de droits et choisies par l'auteur

dans le site : "fotosearch.com".

 


Le Mont-Saint-Michel
Grand point d’orgue de l’Esprit
Sur la Bible nue

(HAÏKU DE CHLOÉ L)

 

________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur.

Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas."

(extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________


07/04/2010

Un papa de quatre enfants est en train d'être arraché à la France : expulsion en cours de Guilherme Hauka Azanga, vol Roissy Luanda 22h05 AF 628...

654531210.jpg

 

Monsieur le Médiateur d'Air France,

Je m'insurge contre l'éventuel embarquement forcé de Monsieur Hauka-Azanga ce soir sur le vol AF 928. Je vous demande instamment de ne pas l'autoriser, au nom de la dignité humaine.2-picture3.gif

Vous trouverez toutes les informations nécessaires sur l'histoire de cet homme et de sa famille ici : http://www.gmain.fr

Je suis écrivaine pour la solidarité et musicienne violoniste pour l'amitié entre les peuples.
Je suis maman de quatre enfants et j'habite Grenoble.
Je travaille comme taxi TPMR transportant des personnes handicapées.

Et en tant que citoyenne française, je ne tolère pas qu'un père de famille soit arraché à ses enfants.

Monsieur Hauka-Azanga doit rester en France.

Recevez mes cordiales pensées.

Chloé Laroche

____________ VOIR MON ARTICLE DU 25 MARS ÉCRIT POUR Guilherme HAUKA-AZANGAimages2m8hul.jpeg

 

URGENT____________________________________________________ 
Communiqué de presse RESF Lyon (7 avril) :

Expulsion en cours de Guilherme Hauka Azanga, vol Roissy Luanda 22h05 AF 628.


"Aujourd’hui à 16 h 30, Guilherme ne répond plus au téléphone,il a été a été extrait du CRA à 15h50 , et a sans doute été embarqué dans un avion qui a décollé de Bron à 17h10.... Il est probablement en cours d’expulsion. A l’aéroport de Lyon Bron, on a noté une présence très forte et très inhabituelle de forces de police, avec survol de l’aéroport par des hélicoptères , et semble t-il la présence d’autorités ?  
Un avion d’Air France part pour Luanda ce soir à 22 h 05, vol AF 928, terminal 2 F. Des parents d’élèves sont en route pour Roissy pour être au départ de l’avion. Actuellement, nous ne savons pas où est Guilherme, ni par quel moyen de transport il pourrait être transféré vers Paris ou ailleurs.

pr82767.jpgHier, mardi 6 avril, les parents d’élèves de l’école remettaient la lettre ci-dessous à Madame Simone Veil ; à 17 h ils étaient reçus en préfecture par Monsieur Hénin pour expliquer la situation de Guilherme Hauka Azanga et demander à la préfecture de le libérer et de le régulariser. Ce matin, la préfecture indiquait que sa position ne changeait pas. Donc qu’elle voulait expulser Guilherme et disloquer sa famille.

Les parents, enseignants, citoyens vont manifester ce soir à 18 h, comme hier et comme demain, place des Terreaux pour réclamer un peu d’humanité.

Est-ce vraiment trop demander ?


imagesFxmNsM.jpegMadame Simone Veil,

C’est parce que vous avez toujours su incarner la lutte pour la justice et les droits de l’homme que nous vous sollicitons aujourd’hui en urgence en faveur de notre voisin et ami, Guilherme Hauka-Azanga, père de famille angolais menacé d’expulsion imminente vers un pays où sa vie est en danger en raison de ses combats pour la défense de la minorité ethnique à laquelle il appartient.

Monsieur Hauka-Azanga a en effet quitté son pays en 2002 après avoir échappé au massacre de tout son village, auquel sa mère et sa fratrie ont succombé. Ne pouvait emmener sa compagne et leurs cinq enfants hors du pays, il les a confiés à une autorité religieuse, alors qu’il choisissait comme terre d’asile la France, où il espérait pouvoir faire venir sa famille.

En 2004, sa compagne angolaise a été tuée par balle et ses deux plus jeunes enfants ont disparu. Les trois aînés ont pu être accueillis au Congo, où ils sont élevés par une famille d’accueil. Monsieur Hauka-azanga est en contact régulier avec eux et leur envoie régulièrement un mandat.moton459.jpg

Il vit depuis cinq ans avec Madame Maweté avec qui il a deux enfants, Gaël trois ans, et Dorcas quinze mois, et dont il élève aussi les deux filles aînées.

N’ayant pu présenter à temps les documents nécessaires, ses demandes d’asile et ses recours ont été rejetés.

Il est actuellement en rétention et menacé d’une expulsion imminente.imagesT6bk6A.jpeg

Nous sommes des voisins, amis et parents d’élèves le côtoyant quotidiennement depuis plusieurs années et nous ne pouvons pas supporter de voir détruire cette famille et envoyer cet homme à un destin funeste.

Nous vous supplions instamment, Madame, au nom des valeurs de justice et d’humanité que vous avez toujours défendues, de nous aider dans notre combat, en intervenant auprès de qui de droit.

Nous vous prions de bien vouloir agréer, Madame, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

Sandrine Delanoë et Annabelle Billaud pour le comité de soutien à Guilherme Hauka Azanga voisins et parents d’élèves de l’école Gilbert Dru, à Lyon 7e.

[Lettre remise à Simone Veil le 6 avril, lors de sa présence au Mémorial d'Izieu]

Catherine T.
mercredi 7 avril 2010.imagesYbFjqk.jpeg654531210.jpg

28/12/2009

Je donne mon soutien à Nawel, une maman infirmière de l'Isère ayant fui l'Algérie avec ses trois enfants... et recueillie par sa soeur. L'histoire des grandes soeurs béninoises de ma fille.

Je donne mon soutien à Nawel, une maman infirmière de l'Isère ayant fui l'Algérie avec ses trois enfants... et recueillie par sa soeur. L'histoire des grandes soeurs béninoises de ma fille. Le parcours de sa grande soeur, une femme remarquable.

_____________________________________________________________________________

 

Bonjour à tous et toutes,

 

 

habitmariage3.jpgAujourd'hui, je souhaite vous parler de certaines femmes très courageuses : des soeurs de ma fille venue du Bénin, et aussi d'une maman d'origine algérienne, à qui je donne tout mon soutien et qui malheureusement risque d'être expulsée de France avec ses trois enfants !rwl03012.jpg

Le Réseau d'Éducation sans Frontières de Grenoble demande à ceux qui le souhaitent de signer la pétition pour cette mère désemparée. Voici le texte qui explique son histoire et dont je vous fais part :

"En France depuis 2007, cette jeune infirmière de trente ans a fuit la violence que l’on exercait sur elle en Algérie.

Elle a bravé l'interdit pour protéger ses enfants alors âgés de trois ans et demi, d'un an et de son bébé à naître.

Elle a trouvé refuge auprès de la seule famille qui ne se soit pas détournée, sa soeur en Isére.

Maintenant elle voudrait pouvoir vivre en liberté, finir ses équivalences professionnelles qui lui permettront d'exercer le métier d'infirmière en France et pour cela obtenir un titre de séjour qui lui assurera une réelle protection.

BCP002-04.jpgSi elle retourne en Algérie, elle ne bénéficiera d'aucun appui, bien au contraire ! Personne depuis deux ans dans sa famille ne s'est soucié de ce qu'elle devenait ainsi que ses enfants.imagesDGkJ3g.jpeg

Les lois de la République doivent protéger les trois petits garçons qui courent un réel danger s'ils sont expulsés !

Nawel doit être régularisée afin d'offrir un foyer sûr à ses enfants !"moton87.jpg

 

Pour signer la pétition, merci de faire le lien suivant : http://www.educationsansfrontieres.org/article19844.html

 

________________________________ Nawel a eu heureusement sa soeur pour l'accueillir et l'héberger en France avec ses enfants.

_____________________________________________________

imagesT5jM75.jpeg

Je vais vous parler maintenant d'autres soeurs, notamment une grande soeur béninoise qui déploie des efforts incommensurables pour réunir tous ses frères et soeurs d'Afrique et pour les sauver de l'abandon. C'est la grande soeur de ma fille venue du Bénin.1794102.jpg

 

Ma fille a eu la joie cet été de retrouver ses grandes soeurs du Bénin, demi-soeurs du même père, un père diabolique qui a fait des enfants par dizaines à plein de femmes... mais cet homme, en plus de ne pas s'occuper de ses enfants, les a arrachés à leurs mères en les plaçant, en les mettant en orphelinats, en les séparant de leur maman, en les rejetant définitivement même adultes.

a01272.jpgSa grande soeur a fait un chemin extraordinaire dont je voudrais témoigner ici. Cette femme  a été mariée de force très jeune et a été emmenée dans un autre pays africain, loin des siens. Là-bas, elle a eu deux filles. Elle s'est enfui avec ses deux enfants. Elle est revenue dans son pays, le Bénin, puis a fui en France où elle s'est reconstruite. Elle a tout fait pour retrouver ses frères et soeurs disséminés partout. Elle les a fait venir avec elle en France ou envoie de l'argent pour aider les autres. C'est une femme remarquable et qui a du cran. Elle s'est battu comme une lionne pour ses enfants mais aussi pour retrouver toutes ses fratries. Elle a réussi professionnellement et peut aider tous ses frères et soeurs. Elle recherche activement ceux qui sont encore en des lieux inconnus et qu'elle n'a pas retrouvé.

Je suis heureuse de faire partie de cette famille par le lien d'adoption qui a fait de moi la maman d'une petite béninoise, maintenant adolescente, fillette abandonnée par un homme polygame, une enfant arrachée à sa maman de force pour traverser l'enfer de deux orphelinats, ma fille.

imagesvIpLYd.jpegEt ma fille est heureuse d'avoir retrouvé ses frères et soeurs, d'avoir des nouvelles de sa maman et d'avoir aussi retrouvé le puzzle d'une histoire confuse où les mensonges ont cru cacher la vérité à une famille adoptive laissée dans le brouillard.

Je pense aussi à toutes ces mamans africaines privées de leurs enfants. Je pense à l'une d'elle qui avait déjà perdu deux enfants de décès et qui s'est vu arracher ses six autres enfants par cet homme odieux. Elle peut maintenant serrer dans ses bras une de ses filles et sa petite-fille, qui ont pu la retrouver des années après et qui viennent la voir de France.

Heureuses fêtes à tous et toutes.bxp29753.jpg

Chloé LarocheimagesD7uutr.jpeg

 

21/10/2009

"Toute une région au sud-ouest de Bangui se meurt de faim dans l’indifférence générale, en République centrafricaine". Appel de l'organisation humanitaire : "ACTION contre la FAIM".

RTEmagicC_01d05c78c0.jpg.jpg

________________________________________

Bonjour à tous et toutes,

header.jpg

Vous pourrez lire ci-dessous, après ma note, un des communiqués que j'ai reçu dernièrement de l'organisation "ACTION contre la FAIM", envoyé comme un appel à l'aide envers nos concitoyens.

La crise actuelle touche de plein fouet les pays pauvres, avec un impact sur l'aide que les pays dits développés offrent aux pays comme l'Afrique. Cet impact se traduit malheureusement en baisse de l'aide financière.images-4.jpeg

images-2.jpegNous avons nos problèmes ici en Europe. Un pour cent des français ont pensé déjà au suicide. Certains passent à l'acte. Il y a beaucoup de problèmes au sein du monde du travail. De plus en plus de salariés se plaignent de la pression des patrons due aussi à la crise et du manque d'humanité perçue. Il faut bien sûr continuer à nous battre dans nos vies pour que la justice, la vraie, gagne du terrain et que le respect et l'intégrité de chacun soit respectés...

RTEmagicC_2f90dc835a.jpg.jpgMais rappelons-nous que des populations entières dans d'autres pays ne mangent pas, qu'elles n'ont pas de travail ou le perdent, que des enfants meurent de faim, touchés par une famine qui s'accroît, que la maladie gagne du terrain car les conditions alimentaires et d'hygiène ne peuvent être respectées au vu de l'évolution galopante de la crise mondiale rejaillissant sur ces pays encore plus durement touchés, touchés dans leur chair, par la mort d'enfants, par une faim imposée, par une famine sans solution, par un désastre humanitaire.

Je souhaite vous faire connaître le site d'ACTION contre la FAIM... afin que vous puissiez découvrir par vous-même l'ampleur de cette catastrophe planétaire, de ce drame collectif, et que vous puissiez aider à votre façon et comme vous le souhaitez.

Le site est : http://www.actioncontrelafaim.orgimages-1.jpeg

Merci de votre attention et de votre humanité.

 

images.jpegChloé LAROCHE

_________________________________________________________________________________________________

 

header.jpg______________________ Voici le communiqué reçu d'ACTION contre la FAIM :

 

 

"Les oubliés de Berberati"______

Lien : http://www.actioncontrelafaim.org/nos-missions/temoignages/temoignage/article/1/les-oublies-de-berberati/


REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

15/10/09

"Toute une région au sud-ouest de Bangui se meurt de faim dans l’indifférence générale."

Article publié dans le Journal du Dimanche du 11 octobre 2009 :

home.jpg"Elle est arrivée il y a dix jours, à pied, avec ses six enfants. Il lui a fallu une journée de piste, de l’aube à la nuit noire, pour rejoindre Berberati. Arlette, 32 ans, vit à Nazembé, à guère plus de 25 kilomètres dans la forêt, mais n’avait jamais vu la ville. « On m’a appris que des Blancs pouvaient soigner mon enfant ici, résume-t-elle. Alors je suis venue. » Sa fille Marie-Angèle, 4 ans, souffre de kwashiorkor, une forme de malnutrition caractérisée par des oedèmes à l’abdomen, aux pieds et au visage. Arlette campe, avec des dizaines d’autres mères flanquées de leur progéniture, sous un hangar qui jouxte l’unité nutritionnelle thérapeutique installée par Action contre la faim (ACF) dans l’hôpital régional de Berberati. Veuve depuis six ans, elle dit qu’elle n’a plus rien pour nourrir ses enfants. Elle-même a encore plus de mal à calmer sa faim depuis qu’elle est ici : l’association humanitaire, qui a lancé cette opération d’urgence sur ses fonds propres, n’a pas les moyens d’alimenter tout le monde.

« C’est la maladie de la famine qui veut les tuer » :

Berberati, 155.000 habitants, est à une grosse journée de piste au sud-ouest de Bangui, la capitale de la République centrafricaine. Comme le reste du pays, la ville semble s’être figée quelques décennies dans le passé : aucune route mais des pistes de terre rouge impraticables dès qu’il pleut, pas d’électricité, pratiquement pas d’eau courante. La région, avec ses ressources minières, or et diamants, et ses exploitations forestières, était pourtant considérée comme relativement prospère dans un pays figurant parmi les plus pauvres de la planète. Jusqu’au printemps dernier. C’est un médecin de Carnot, un peu plus au nord, qui, le premier, a sonné l’alarme après avoir détecté des signes cliniques inquiétants chez les enfants qu’il examinait. ACF et MSF, toutes deux déjà présentes dans le pays, ont lancé en juillet une enquête conjointe dans cette zone. Résultat : 7 % d’enfants en état de malnutrition sévère aiguë – un taux à comparer au seuil d’urgence fixé à 2 % par l’OMS.

Inès a été parmi les premières prises en charge, il y a six semaines. Cette toute jeune femme, qui ne connaît pas son âge, se tient, tendue, sur un banc du service de pédiatrie. Sa fille Cyntiche, 8 mois, est pendue à son sein. Son aîné, Dieu-Merci, 4 ans mais qui en paraît deux fois moins, est assis à côté. Avant, Dieu-Merci marchait. Ce n’est plus le cas depuis qu’il est malade. Quand on demande à Inès de quoi souffrent ses enfants, elle dit:  « C’est la maladie de la famine qui veut les tuer. » Elle a tenté de les nourrir du peu de manioc et de gombo qu’elle parvenait à ramasser dans les champs; mais ce n’est pas suffisant.

Modeste, lui, s’est remis à travailler la terre. Il cultive depuis peu un petit lopin, à 3 kilomètres de Berberati. Cet homme de 38 ans a été licencié il y a huit mois par l’entreprise forestière qui l’employait comme technicien de maintenance. Il gagnait de 65.000 à 100.000 francs CFA (100 à 150 €) selon les mois; il n’a désormais plus aucun revenu. Sa fille de 2 ans a maigri jusqu’à tomber malade. Après dix jours passés à l’hôpital, elle a repris du poids. Modeste, lui, ne voit plus d’horizon, atterré par la puissance de ce monstre – « la crise mondiale » – qu’il nomme sans bien comprendre comment il a pu en devenir la proie.

« Manger trois fois par jour, cela n’existe plus » :

Comme l’industrie du bois, les activités minières et commerciales se sont effondrées en mars. Les bureaux d’achat de diamants ont fermé un à un. La moitié des employés a été licencié dans la région de la Mambéré-Kadeï, selon le préfet Joël Parefa. « Il n’y a plus d’argent, résume-t-il. Alors on achète des produits moins riches, et on réduit la fréquence des repas. Chez nos parents, on mangeait trois fois par jour ; cela n’existe plus. » Sur les marchés, les commerçants n’arrivent plus à écouler leurs maigres étals de légumes et de fruits.

L’agriculture vivrière pourrait être une planche de salut. Mais de nombreux habitants de la région en ont perdu la tradition, pour s’être rués sur l’exploitation diamantifère. Ailleurs dans le pays, beaucoup ont été convertis à marche forcée aux cultures d’exportation, coton ou café. Le tout sans aucune constance, au gré des foucades des régimes qui se sont succédé, en général violemment, depuis un demi-siècle à Bangui. Cette lourde histoire et l’enclavement du pays au coeur d’une région particulièrement instable ont fait de la République centrafricaine un pays sinistré. Les fonctionnaires de cet Etat fantôme n’ont pas été payés depuis quarante mois, les milices armées font leur loi dans tout le Nord et l’Est, et l’espérance de vie, qui diminue en moyenne de six mois chaque année depuis 1966, est passée en dessous de 40 ans.

Malgré cela, la République centrafricaine est un pays orphelin de l’aide humanitaire. Les bailleurs internationaux s’en désintéressent, les yeux braqués sur le tumulte qui règne à ses frontières, au Soudan ou en République démocratique du Congo. Résultat : « Si, fin novembre, on n’a réussi à faire bouger personne, on sera obligé de tout fermer », craint une responsable d’ACF.

En attendant, l’opération d’urgence se poursuit. Les visiteurs à domicile, reconnaissables au « bâton de pèlerin » qui leur permet de mesurer les enfants, sillonnent la ville, s’arrêtent dans chaque maison. Sous les toits de palme sèche, certains habitants les écoutent, d’autres, rétifs, doivent être convaincus. Les enfants présentant les premiers signes cliniques de malnutrition sévère sont envoyés dans l’une des quatre unités de prise en charge ambulatoire installées dans des centres de santé. Là, ils sont de nouveau mesurés, pesés, palpés, puis suivis chaque semaine si le premier diagnostic est confirmé.

Aminatou, 2 ans, se rend depuis un mois au centre de Poto-Poto, dans le quartier musulman de Berberati. Elle a d’abord été hospitalisée quelques jours, car son état était alarmant. Beaucoup, dans le centre, pensaient qu’elle allait mourir. A présent, à chaque visite, Aminatou avale avec une délectation manifeste la dose de pâte d’arachide enrichie qui lui est délivrée. C’est sa grande sœur de 13 ans qui accompagne la fillette : sa mère est morte il y a un an. Aminatou vit aujourd’hui chez sa tante, qui l’a adoptée, et elle va mieux."

Article de Pierre-Laurent Mazars, envoyé spécial pour le Journal du Dimanche, à Berbérati.

Photos dans l'article : trois photos de Eric Dessons.

 

19/07/2009

Une femme enceinte privée de son mari et deux fillettes privées de leur papa. C'est le cadeau du 14 juillet à la FAMILLE.

BLD050933.jpgBonjour à tous et toutes,

 

J'ai reçu le communiqué de presse du 17 juillet du Réseau d'Éducation Sans Frontières (RESF) concernant l'expulsion d'un père de famille vers le Nigéria. Des choses graves se passent... qui me hérissent. Aussi, je vous en parle et vous transmets le communiqué en bas de mon article.

Vous savez que depuis quelques mois, j'ai déjà écrit quelques articles sur des pères expulsés de France, des pères ayant des enfants en France, lesquels pleurent tous leur papa.

ks110799.jpg

Vous pouvez découvrir la tragédie de ces situations d'écartèlement des familles en cliquant à gauche sur la catégorie : "Non aux expulsions et aux camps" et sur la catégorie : "Chloé défend les pères expulsés".

Pendant que le Président de la République régalait à l'Élysée lors du 14 juillet, pendant le concert et le feu d'artifice à la Tour Eiffel, pendant le défilé militaire... un drame se tramait à Paris.

75627162.jpgJynia, une maman enceinte devant accoucher au mois d'août, a dû emmener ses deux fillettes en RER et en bus voir une dernière fois leur papa Emmanuel à la prison administrative du Mesnil-Amelot, avant son expulsion vers le Nigéria. Ces fillettes s'appellent Aimée et Emmanuella. L'une a 5 ans, la deuxième a deux ans et 7 mois.

Leur père s'occupait d'elles jusqu'alors au quotidien car c'est la maman qui allait travailler, en usine.

On a supplié le Président, envoyé des mails, des faxs.BLD057095.jpg

La réponse... froide, fut la suivante : "Les Etats n’ont pas de sentiments, ils n’ont que des intérêts".

Emmanuel Oladipo a été expulsé le 14 juillet avec d'autres sans papiers, en larmes, désespéré, laissant une famille démembrée, une femme devant accoucher sans lui, un nourrisson qui n'aura pas de papa à la maternité.

Je trouve cela si triste, si révoltant !scp018788.jpg

Je souhaite que ce père de famille puisse revenir en France au plus vite et que l'État français fasse des excuses à cette famille déchirée.

73142405.jpgPlus tard, ces enfants porteront plainte pour atteinte aux Droits élémentaires de la Famille, ce droit parmi d'autres Droits d'avoir leur père et leur mère près d'eux.

Emmanuel, nous ne t'oublions pas. Je suis vraiment désolée pour toi.

Que Dieu te vienne en aide et te sorte de cette situation totalement injuste et horrible pour ta famille.

Que ta compagne ait la force d'espérer et d'accoucher sereinement, sans ta présence physique à ses côtés.

Que Carla Sarkozy lise mon article et fasse un geste pour toucher le coeur de son mari, pour qu'Emmanuel soit présent à l'accouchement de son futur enfant.BLD057098.jpg

 

Chloé LAROCHEpe0058169.jpg

 

PS : Voici ci-après l'article relatant l'expulsion d'Emmanuel vers le Nigéria envoyé par le site de RESF : http://www.educationsansfrontieres.org

__________________________________________________

 

 

200352333-001.jpg17 juillet 2009 / COMMUNIQUÉ DE PRESSE sur l'expulsion d'Emmanuel Oladipo envoyé par le Réseau d'Éducation sans Frontières :

Contact sur ce dossier : Danièle Thuillier-Jugan : 06 16 66 08 84 / Richard Moyon : 06 12 17 63 81

 

"Le 14 juillet 2009 a été un grand jour pour le Président : parade militaire sur les Champs-Elysées, garden-partie à l’Elysée, concert sur le Champ-de-Mars, feu d’artifice sur la Tour Eiffel et, cerise sur le gâteau, une famille démantibulée, éclatée entre deux continents, le père, Emmanuel OLADIPO, expédié par charter à des milliers de kilomètres de sa femme et de ses enfants. Une décision personnelle du chef de l’Etat.

Sa femme a deux enfants, Aimée, 5 ans, française, issue d'une première union et Emmanuella 2 ans et 7 mois, fille d’Emmanuel OLADIPO. Toutes deux sont élevées au quotidien par Emmanuel : c’est en effet sa femme qui travaille en usine de 5h à 14h puisqu’on lui interdit de travailler.

Madame Sylla, la mère des deux fillettes, est enceinte de huit mois. Elle doit accoucher début août. Elle s’est rendue le 14 juillet à la prison administrative du Mesnil-Amelot, avec ses deux fillettes, en RER et en bus, pour que les enfants voient une dernière fois leur père avant son expulsion.

Pendant ce temps, des centaines de mails et de fax demandant que la famille OLADIPO ne soit pas démembrée étaient adressés au Ministère de la Rafle et du drapeau ainsi qu'à l’Elysée. Les centaines de coups de téléphone, passés d’abord au Ministère puis à l’Elysée -quand il s’est confirmé que M. Besson compte pour du beurre-, n’ont pas réussi à empêcher l’irréparable. Les appels à l’humanité, la demande que les enfants ne soient pas privés de leur père, que Jinia Sylla n’accouche pas sans son compagnon n’ont pas été entendus.

« Le Président est informé, il suit l’affaire, il prendra une décision » répondait invariablement Olivier Thévenet, fonctionnaire chargé par ses supérieurs de couvrir de mots policés une politique abjecte. La décision du Président est tombée, méprisante, glaciale, inhumaine : l’expulsion pour Emmanuel OLADIPO, la privation de leur père pour trois enfants, de son compagnon pour une femme. « Les Etats n’ont pas de sentiments, ils n’ont que des intérêts » dit-on. C’est pareil pour les chefs d’Etat.

Le RESF, toutes celles et tous ceux qui sont intervenus au nom du droit à vivre en famille, du droit des enfants de vivre avec leurs parents et de la simple humanité adressent leurs vives félicitations à ceux qui, directement ou indirectement, ont collaboré à ce haut fait. Dans l’ordre le Président de la République qui, comme chacun sait, fait tout dans ce pays, même comme ici, les basses œuvres. Il faut aussi féliciter ses collaborateurs, son premier ministre et ses services mais aussi, de façon nominale, Messieurs Laurent Mercier (Conseiller de Besson), Olivier Thévenet, Maxime Tandonnet et Cédric Goubet qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour conduire cette lamentable histoire à son terme lamentable.

L’affaire ne s’arrête pourtant pas là. A cette attitude de barbares, nos technocrates de l’Elysée et d’ailleurs ajoutent un gaspillage insensé des deniers publics et une incurie qui partout ailleurs qu’à la Cour vaudrait le congédiement sans délai. Qu’on en juge.

 

Emmanuel Oladipo est réveillé à 4h30 du matin et conduit au Bourget. Il est monté dans un charter d’une capacité minimum de 80 places où le rejoignent une femme, nigériane aussi et six policiers. L’appareil décolle pour Amsterdam. 33 Nigérians (dont des femmes et des enfants) sont à leur tour embarqués ainsi que 6 policiers néerlandais. Direction Madrid où quelques sans papiers supplémentaires sont chargés avec 6 policiers espagnols. L’avion part pour Lagos. Mais, pris dans des turbulences (un gros trou d'air, ils ont eu une vraie peur), l’appareil tombe en panne. Il fait demi-tour et revient à Madrid vers 19h. Bricolages tous azimuts, l’avion repart vers 1 h du matin et atterrit à Lagos à 6h40. 24h de voyage, plus le retour pour les policiers à qui on souhaite de ne pas emprunter le même appareil… On imagine le prix ! Pas étonnant que le gouvernement doive emprunter !

 

Il est hors de question que l’affaire en reste là. Emmanuel Oladipo se rend sur le champ au consulat de France pour y demander un visa afin de pouvoir assister à la naissance de son enfant. Il est évident qu’après un tel enchaînement de gestes inhumains et d’incompétence, les plus hautes autorités de l’état auront à cœur de se faire pardonner en le lui faisant délivrer d’urgence."

* * *

____________________________________________________________ Article précédent du RESF :

 

[Resf.info] URGENT et IMPORTANT

M. EMMANUEL OLADIPO,

père menacé d'expulsion samedi

  • 9 juil. 09 à 17:20

    29/06/2009

    Mon garçon est venu pour la plus grande joie de ses soeurs adoptives. Mon poème à mes enfants.

    à Yourdine, Julia, Yacinthe et Océana______

    bxp26695.jpgMES ENFANTS SONT MES AMOURS, MA CHAIR, MA BATAILLE

     

     

     

     

    Mes enfants sont mes amours

    Ma chair, ma bataille

    Ils sont les étoiles

    De mon ciel intérieur

    Et quand les nuages arrivent

    Ils sont le soleil et la lune

    Réunis en un feu d'artifice

    De bonheur et de joies

     

    En sept ansM05-463697.jpg

    Ils sont arrivés

    Comme un nouveau printemps

    Avec des coquelicots

    Et des roses

    Avec des sourires

    Débarqués d'autres univers

    D'orphelinats et de mon ventre aussi

     

    73980169.jpgJ'étais en deuil

    D'un autre enfant

    Leur grande soeur

    Petite fille de trente mois

    Mon coeur était sous terre

    Gros comme une larme

    Telle un torrent perdu en mer

    Mère orpheline d'Océana

     

    Puis ma main s'est tenduek0751255.jpg

    Vers deux âmes abandonnées

    Sans parents, sans amour

    Tristes, esseulées, sans espoir

    Elles m'ont appelée Maman

    Et je les ai accueillies

    Dans ma vie retrouvée

    De mère au coeur vivant

     

    images-2.jpegJe leur ai donné ma vie

    Sans plus penser à la mienne

    Mais qu'y avait-il de plus beau

    Que ce don, tout ce temps

    Pour une enfant handicapée

    Qui avait besoin de rassurance

    Pour une enfant d'Afrique

    Marquée par le sort et les larmes

     

    Julia a connu la renaissanceimages-6.jpeg

    En nous rejoignant en France

    Après huit années en Roumanie

    Sans parler, sans entendre

    Yacinthe, elle, a vécu la solitude

    D'un coeur sensible, le sien

    Se battre sans la présence des siens

    Survivre en voyant des horreurs

     

    flr111.jpgJe les ai portées chaque nuit

    Tous les jours dès leur arrivée

    Dans mon coeur un avion

    Les a déposées pour toujours

    Mon amour pour elles

    A fait refleurir la confiance

    Elles se sont épanouies

    Au fil de leur nouvelle vie

     

    Jusqu'au jour sombre où j'ai dormiu19719105.jpg

    Comme s'endormit la Belle au Bois dormant

    De ne plus être une femme

    De ne plus vivre ma propre vie

    Jusqu'au jour où mon chemin

    M'a parlé d'un enfant à porter

    Un enfant de ma chair

    Me portant la lumière

     

    k0339386.jpgMon chemin m'a parlé

    Du sens profond de ma vie

    Porter un enfant

    Comme on porte le monde

    Tout au fond de ses cellules

    Dans un chant infini

    Mon garçon Yourdine est venu

    Pour la plus grande joie de ses soeurs

     

    Ils savent tous les troisimages-4.jpeg

    Qu'ils ont une soeur aînée

    Que son corps repose

    Dans le petit jardin

    D'une tombe fleurie

    Ils savent que son amour

    Leur a permis d'être réunis

    Sur le chemin de ma vie

     

    images-7.jpegNous allons ensemble

    Sur les chemins verdoyants

    Dans les tempêtes et les remous

    Mais les mots sont là

    Ils savent qu'aucun secret

    Ne vient hanter notre présent

    Ils savent que nos racines

    Tiennent bon, du passé à l'avenir.

     

    Le 29 Juin 2009.images-3.jpeg

     

    Chloé Laroche

     

     

    images-5.jpeg

     

     

     

     

     

     

     

     

    17/05/2009

    Il était une fois une petit fille arrivée du Bénin dans une nouvelle famille, sa nouvelle famille. La petite fille a grandi et, six ans après, la France ne veut toujours pas reconnaître l'adoption, laissant une famille désemparée, la nôtre.

    à ma fille.

     

    -Users-Anne_Chloe-Desktop-LARGE23.JPGIl était une fois une petit fille arrivée du Bénin dans une nouvelle famille, sa nouvelle famille. BLD044054.jpg

     

    Elle était heureuse et savourait sa joie d’avoir quitté son orphelinat.images-10.jpeg

     

    Quand elle est arrivée en France, elle est entrée dans sa nouvelle école et a porté le nom de ses parents adoptifs. Très fière d’être appelée ainsi, elle savait désormais qu’elle faisait partie d’une famille qui l’aimait et ne l’abandonnerait pas.

     

    Elle attendait avec impatience avec ses parents sa nouvelle carte d’identité et l’homologation de l’adoption par le Tribunal de Nantes, qui délivre les certificats de naissance et d’identité française.

     

    BLD065568.jpgIls attendaient et rien ne venait. Jusqu’au jour triste où ils reçurent le refus du Tribunal pour des motifs administratifs de date inversée au Bénin.

     

    Rien n’était possible et, en grandissant, la petite fille vit sa maman se battre pour gagner le combat de cette adoption, pour qu’elle est une identité, une appartenance à sa nouvelle famille, un accueil définitif de leur pays la France.

     

    En grandissant, la jeune fille pensait à l'Afrique, à sa famille restant là-bas, à sa nationalité béninoise, à ses racines... Elle était parfois triste, triste d'être partie d'un pays pour un autre qui ne l'accueillait pas, qui ne lui donnait aucun papier et qui ne validait pas l'adoption avec ses nouveaux parents.

     

    Les années passaient et on entendit des juges répondrent à la mère qu’il était indégnable qu’elle s’occupait de cette jeune béninoise mais qu’ils n’avaient pas à officialiser ce lien, qui se suffisait à lui-même.-Users-Anne_Chloe-Desktop-Photo068_1.jpg

     

    images-7.jpegLes années passaient et l’enfant béninoise devint jeune fille, gagnant son autonomie et sa liberté en l’arrachant à la force du coeur et des larmes, à travers fugues, violence verbale, comportements excessifs, opposition à l’autorité parentale et aux limites.

     

    Et là, les juges ont remis en question l’adoption, toujours demandée par la mère, en jugeant que le lien était fragile et défaillant. Alors qu’au contraire, l’amour était vraiment là et que l’adolescence recherchait l’identité et la solidité des liens adoptifs.

     

    La jeune fille, à un certain moment, se vit inscrire dans son collège sous son nom béninois, arrachant les seuls liens d’appartenance visibles aux yeux de la collectivité à ses parents adoptifs, lesquels se sont sentis niés dans leur identité de parents. Le lien persistait dans le coeur mais l’humiliation était collective.

     

    -Users-Anne_Chloe-Desktop-imm007_7A - copie.jpgIls attendent toujours d’être reconnus officiellement comme parents et essayent d’oublier la terrible phrase d’un juge : “Demandez-vous si ce n’est par égoïsme que vous êtes allés chercher cette enfant dans son pays. Il vous faudra un jour lui demander pardon pour cela, de l’avoir emmenée de son pays.”images-6.jpeg

     

    L’égoïsme est une plante qui ne pousse pas dans l’âme de ces parents-là. Ils ont donné tout leur coeur à cette enfant et ont choisi de lui apporter bien-être, éducation et amour. Comme tout adolescent, elle a ébranlé fortement le lien. Comme tout enfant adopté, elle essaye d’ébranler le lien d’attachement, pour voir si elle ne sera pas abandonnée une deuxième fois, pour voir jusqu’où ses parents adoptifs peuvent l’aimer. Mais ils l'aiment.

     

    Ils l’aiment, c’est sûr.

     

    images-9.jpegJe t’aime, ma fille.

     

    Chloé LAROCHE

     

    Commentaires :

    Alors là, cette histoire est énormément touchante. Je peux très bien comprendre ce que vous ressentez (même si je ne vis pas cette situation). C'est un geste très fort l'adoption et je comprends que les procédures d'adoption soient trop longues. Ce n'est pas normal.
    Cette jeune fille doit être très fière d'être entourée et aimée par votre famille.
    Je suis de tout coeur avec vous, battez-vous pour que l'adoption soit formalisée, je pense que cet amour là ne doit pas être brisé par des papiers qui sont longs à obtenir. Bon courage.

    Ecrit par : Lolotte73 | 26.05.2009

     

    Bonjour à tous et toutes,

    Merci à Lolotte pour ce gentil et chaleureux commentaire. Alors voici des nouvelles. Je suis passée en appel en juin et nous aurons une décision en septembre. Ma fille attendait dans le couloir et les juges l'ont su. Mon avocate a dit : "Cette jeune fille attend, là dehors, alors qu'elle est sur le sol français depuis 2003, qu'elle a des parents adoptifs... Elle attend que vous acceptiez enfin cette adoption, qu'elle ait une carte d'identité française, qu'elle puisse porter le nom de sa nouvelle famille. C'est une situation inadmissible pour elle, pour Madame Laroche qui l'élève depuis six ans, pour son frère et sa soeur. Que va t'-elle devenir si vous refusez cette adoption ? Que va devenir cette adoption ? Ce lien non officialisé ? Comment l'aider dans une période d'adolescence où elle a besoin que cette identité d'enfant adoptée venue du Bénin soit reconnue ?"

    Mon avocate a défendu le dossier bec et ongles devant les juges mais je n'ai pas eu le droit à la parole et ma fille non plus. Ils n'ont pas demandé à la voir. Alors, il reste à attendre la décision de septembre. 

    Et puis, j'avais demandé l'aide de Madame TABAROT Michèle, Députée des Alpes Maritimes et Présidente de la Commission des Affaires Culturelles et de l'Éducation. Madame TABAROT s'investit beaucoup dans le domaine de l'adoption et fait tout pour que les choses progressent afin d'aider les familles adoptantes. Elle vient de me répondre en me disant ceci : "Madame, c'est avec une attention toute particulière que j'ai pris connaissance du dossier que vous m'avez adressé pour me faire part des difficultés que vous rencontrez pour obtenir la transcription du jugement d'adoption de votre fille, adoptée au Bénin en 2002. Sensible à votre situation, j'étais personnellement intervenue auprès de Madame Rachida DATI, alors Garde des Sceaux, afin d'être informée des démarches qui pourraient être entreprises pour parvenir à un règlement de ce litige. Je renouvelle ce jour mon intervention auprès de Madame Michèle ALLIOT-MARIE, nouveau Ministre de la Justice. Je ne manquerai pas de vous tenir informée de sa réponse et dans cette attente, je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes salutations distinguées." Je remercie infiniment Madame TABAROT et espère vraiment en une réponse favorable afin d'arriver à une conclusion positive en faveur d'une homologation du jugement béninois en France. Pour ma fille. 

    Merci à tous ceux et celles qui me lisent et me soutiennent, même en pensée.

    Plein de pensées.

    Chloé LAROCHE

    Ecrit par : Chloé Laroche | 22.07.2009

     

    Mon hommage à un grand artiste, Antonio Placer. Humanistes, chanteurs et musiciens. Mon récit du concert au Café des Arts auquel j'ai eu la chance d'assister hier soir.

     

    images-3.jpeg

     

     

    Bonsoir à tous et à toutes,

     

    images-5.jpgHier soir, 16 mai 2009, j’ai eu la chance, grâce à un ami, d’assister au concert de Jean-Pierre Sarzier au Café des Arts à Grenoble. C’est un excellent clarinettiste, qui sait relier les musiciens. Il aime marier les musiques du monde au monde du jazz . 

    Il avait invité ce soir-là d’excellents musiciens et chanteurs, dont Antonio Placer.m_8be784c896aa50992d4030a738b8a0a6.jpg

    Ce dernier , galicien exilé en France, porte son coeur au bout de sa voix, avec une expressivité sensible et si forte que chaque écoutant est accroché à ses mots, à ses accents de force et d’engagement.

    Il a chanté et il a parlé ce soir-là. Il a ri et nous a fait rire. Il nous a emporté dans l’écho de l’ombre et de la lumière. “Celui qui chante est dans la lumière des projecteurs et il a besoin de ceux qui l’écoutent, dans l’ombre de la salle”, a-t-il dit. “À un son répond un écho et parfois le son rencontre le silence car l’écho est loin mais ils arrivent à se retrouver car quelqu’un quelque part attend ce son et répond en écho.”

    Et puis, en toute fin de spectacle, Antonio Placer a raconté une tradition qui se déroule au Nord de l’Afrique du Sud, dans une tribu.

    BLD044043.jpgIl nous raconté que dans cette tribu, lorsqu’une femme est enceinte, elle part dans la forêt avec toutes les femmes du village et elles chantent, improvisent et finalement créent la chanson du bébé à naître.

    Cette chanson est la première chose qu’entendra le bébé à sa naissance puis, dans sa vie, à chaque événement important, la chanson lui sera rechantée.k0294442.jpg

    “Dans cette tribu, nous a raconté Antonio, les châtiments ont été bannis”. Comment font-ils alors ? Si quelqu’un fait quelque chose de mal, qui va à l’encontre des règles et du respect, on le place au milieu d’un immense cercle de toute la tribu et on lui rechante sa chanson. On lui redonne le sens de son chemin. images-4.jpeg

    Car cette tribu considère que si la personne a fauté, a été violente ou autre chose heurtant le collectif... alors c’est que cette personne a oublié son chemin. 

    m_a6e909d1b96e47689da9063d5e9619de.jpgAprès nous avoir raconté cette merveilleuse histoire d’humanité, Antonio, accompagné de Jean-Pierre Sarzier et de l’excellent Stracho Temelkovski, nous a offert la chanson qu’il a composé pour sa fille et qu’il a joué à sa naissance.

    J’ai vraiment reçu cette chanson comme un cadeau de cet homme si humain et porteur de sens pour tous ceux qui sont près de leur âme.

    J’ai pensé à mon fils Yourdine, pour qui j’ai aussi fait une chanson, que je lui chante depuis qu’il est bébé, sur une mélodie iroquoise, petite berceuse indienne.images.jpeg

    Océana 6 - copie.jpgJ’ai pensé aussi à ma fille décédée, Océana, comme un écho surgissant, puissant et inaltérable, d’une naissance ancrée dans ma chair et les larmes me sont venues comme un écho de sa mort avec ces images où j’ai habillé ma fille morte de son dernier habit. J’ai brossé ses cheveux doux et clairs et je l’ai tenue une dernière fois dans mes bras. J’ai pensé alors à ce morceau de Stracho... qui évoque la naissance, la vie, la mort puis la renaissance... et dans cette chanson d’Antonio, j’ai vu l’âme de ma fille s’envolant, légère, dans l’arc-en-ciel de mon amour, de son âme qui grandit dans mon coeur.images-2.jpeg

    images-6.jpgJe suis une artiste comme vous le savez, violoniste et fondatrice du projet "Un archet pour la paix", sensible à l’art porteur de sens, et je suis fière de savoir que dans ma ville, des artistes comme Antonio Placer, Jean-Pierre Sarzier, Stracho Temelkovski et François Thollet, existent et font vivre l’humanité musicale et poétique... redonnant par l’acupuncture de leurs sons sur nos âmes, un rapprochement jusqu’à l’union parfaite de notre identité profonde terrienne avec notre chemin quotidien, notre chemin de vie.


                             Chloé LAROCHEm_15dfae531de3452793575e583546b949.jpg


    ________________Le site d'Antonio PLACER : http://www.antonioplacer.com

    25/03/2009

    Histoire difficile de l'adoption de ma fille au Bénin. Voyage dans le mystère d'un lien d'amour qui naît entre une mère adoptive et sa fille.

    L’affaire de l’Arche de Zoé a jeté le discrédit sur nombre de familles adoptives en France, fragilisant les adoptés adolescents notamment, lesquels entendant les infos, ont pu dire à leurs parents adoptifs : “Alors, moi aussi, vous m’avez arraché à mon pays ? Moi aussi, vous m’avez arraché à ma famille, à mes racines ? Et puis, peut-être que vous m’avez acheté !? C’est vrai, peut-être que vous m’avez tant voulu que vous avez fait jusqu’au pire ?!!” 022a2cb7ec0b1d90ddd096b229738c85.jpg

    images-1.jpegJe ne dis pas cela dans le vent. J’ai moi-même adopté une enfant au Bénin. Je suis allée chercher ma fille dans l’orphelinat où elle se trouvait et pendant une semaine, elle ne m'a pas quittée, jour et nuit. Cet endroit où se trouvait Yacinthe n'était pas un lieu de rêve. Pour les enfants qui faisaient pipi la nuit, on retournait simplement le matelas le lendemain. Ils ne mangeaient pas spécialement à leur faim et j'ai des photos qui attestent qu'on demandait aux enfants de porter sur la tête des charges de pierres, pour des constructions et du terrassement de cultures.images-8.jpeg

    J'ai écrit le texte suivant le 1er janvier 2003 : "Le rêve que la vie va exaucer cette année, c’est l’adoption d’une petite fille béninoise. Elle s’appelle Yacinthe. Elle a sept ans et elle va bientôt arriver dans notre foyer. Cela fait plus de deux ans que nous nous battons pour réaliser ce rêve. Deux ans plus tôt, nous devions adopter une autre petite fille. Nous avions ses photos et l’espoir de pouvoir l’adopter. Le destin en a décidé autrement puisque, au dernier moment, la famille qui lui restait en Afrique n’a pas consenti à l’adoption. Nous avons vécu très difficilement cela, mettant même en péril notre couple. C’était un deuil supplémentaire à faire, après le décès de ma fille Océana en 1997. “Il vous faut un nouveau départ après ces multiples épreuves”, nous a alors dit une conseillère conjugale. Nous avons mis plusieurs mois à retrouver un nouveau départ, un nouvel espoir. Julia est arrivée quelques mois plus tard de Roumanie, confiée par l'association Sera (Voir mon article sur Julia et son opération), en novembre 2001.

    images-3.jpegEt... au mois d’Août 2002, un fax nous apprend soudain qu’une enfant de sept ans porte notre nom et qu’un jugement d’adoption a été prononcé officiellement !!!! C'était comme apprendre que j'étais enceinte à huit mois de grossesse !!?!110_F_5287147_W0V2Q5BkDrP3ZK8XsztIJyidIPifREnn.jpg

    C’était une situation anormale et extraordinaire aussi... En effet, nous n’avions pas été sollicités pour donner notre accord sur cette adoption-là et aussi, entre temps, nous avions accueilli Julia. Le Président de l’A.S.E. qui gère les questions d’adoption nous a confié sa surprise devant cette situation toute particulière nous plaçant devant un rêve réalisé... mais à retardement et sans notre avis, ceci concernant de plus un enfant autre que celui auquel nous pensions. Le Président nous a donné son accord et nous a incité à prendre une décision réfléchie.

    110_F_1725859_8FqRyixq5xvbU1kMbhwhQxhaTqfqRY.jpgC’était tout réfléchi : nous allions accepter avec joie cette arrivée impromptue !"____________________images-7.jpeg

    Mon séjour fin mars 2003 au Bénin et ma rencontre avec Yacinthe a été comme un accouchement et un lien d'amour filial est né. Il avait fallu attendre six mois pour avoir tous les accords béninois et français, ainsi que l'aval de la Mission Internationale de l'Adoption.

    images-2.jpegMalheureusement, les directeurs de l’orphelinat dans lequel je suis allée la chercher nous ont menti. Les parents de ma petite Yacinthe étaient, selon leurs dires, décédés. Ma fille nous a appris six mois après son arrivée qu’elle avait ses parents et qu’on lui avait demandé en Afrique de nous mentir sur leur existence, et qu’ils lui manquaient, car malgré tout, elle pouvait les voir là-bas une à deux fois par an.

    Je me souviens du choc que j’ai eu quand ma fille nous a confié ce secret si lourd pour elle ! Au fil du temps, nous avons appris à vivre avec cette trahison qu’on nous a faite. Mais nous avons dû vivre aussi tout ce que Yacinthe avait de colère envers cet abandon de ses parents, qui l’avaient placée dans deux orphelinats successifs.

    Ils avaient tout de même signé l’accord pour que leur fille devienne la nôtre, mais en faisant croire qu’ils étaient oncle et tante. Le problème est qu’ils ont signé après la date du jugement d’adoption béninois, ce qui fait que le Tribunal de Nantes a refusé, neuf mois après l’arrivée de ma fille en France d’entériner l’adoption décidée au Bénin. Il aurait fallu juste qu’ils signent avant le jugement ; même la Mission Internationale de l’Adoption n’a pas relevé cette terrible erreur, donnant son accord pour l’adoption. À cause de tout cela, notre fille n’a pas la possibilité ni d’avoir une carte d’identité, ni de porter notre nom (mais ça, on l’a fait quand même, vu qu'elle l'a porté naturellement dès son arrivée !!), ni d’avoir la nationalité française. Cela a duré quatre ans, jusqu’au jour où j’ai saisi le Procureur de la République, en demandant dans l’intérêt de Yacinthe et de notre relation à toutes les deux, à un moment de l’adolescence où la crise identitaire était devenue débordante.. que cette affaire soit saisie et que l’État trouve une solution de reconnaissance officielle de l'adoption.images-4.jpeg

    Le Procureur m’a enfin entendue, l'été dernier, et a demandé une enquête diligentée par la Brigade des Mineurs sur ma vie et mon état de maman, sur mon sérieux et ma détermination. Puis, il a ordonné un Conseil de Famille réunissant des membres de la famille adoptante ainsi que des amis proches, au mois d'octobre. Après un accord global des deux mesures, la demande s’est poursuivie avec une recherche des parents de Yacinthe au Bénin, afin d’obtenir un accord plus légal que ce qui avait été délivré cinq ans plus tôt. “En sachant”, m’a dit le Procureur, “que si les parents sont introuvables ou ne souhaitent plus rien signer, par peur d’avoir des reproches sur les faux écrits antécédents, la mesure ira jusqu’au bout, en vertu de la loi qui stipule qu’un mineur peut être adopté si les parents biologiques ne s’occupent plus d’eux et que c’est prouvé.”

    images-9.jpegPour en revenir à l’Arche de Zoé et à l’impact de cette affaire pour toutes les familles adoptives existantes, voici une réflexion faite à notre encontre par une éducatrice nous entendant au sujet de notre fille : “Bon, hé bien, j’ose espérer que vous n’êtes quand même pas dans la même situation que cette association dont on parle tant en ce moment !!” Trafics d’enfants, procédés illégaux, déracinement d’un enfant de son pays contre l’avis des parents biologiques.... tout a défilé devant nos yeux... Non, Madame, je vous répondrais que c’est plutôt le contraire. Nous sommes victimes d’une procédure ayant trahi notre confiance. Nous sommes de bonne foi et nous n’avons jamais acheté un enfant. Nous avons envoyé de l’argent à la demande de l’orphelinat pour les procédures administratives. Toute adoption demande un minimum d’argent. Nous, ça a été dix mille francs, ce qui reste raisonnable, par rapport à ce qu’on a entendu par ailleurs. Et puis, on faisait confiance aux africains avec lesquels nous avons organisé le départ de Yacinthe, laquelle était infiniment heureuse de venir en France.

    Lorsque je suis allée chercher ma fille, je suis restée une semaine avec elle à l’orphelinat. Elle avait hâte de quitter cet endroit et ce pays difficile où les souvenirs de l’enfance et de ce qu’elle a vu hantent encore ses nuits et sa vie actuelle. Elle a vécu dans deux orphelinats. Dans le premier, elle a été témoin de scènes terribles, comme un enfant qui vomissait régulièrement et à qui on demandait de ravaler le vomi. Elle a vu aussi des enfants battus à mort. Elle a connu la faim, la peur, l'abandon, la privation d'affection.

    AA033742.jpgAujourd’hui, Yacinthe a grandi ; elle est devenu une jeune fille, parfois rebelle et insolente envers moi qui l’élève, mais j’essaye de tenir bon. Son père, avec lequel je suis maintenant divorcée, n’a pas été solidaire de la demande d’adoption simple que j’ai faite auprès du Procureur et ne rentre plus dans la démarche d’adoption. Cependant, il la prenait régulièrement... jusqu’à des évènements plus récents et douloureux.images.jpeg

    images-14.jpegJe continue de me battre, pour que ma fille ait une identité, pour que je sois reconnue comme sa mère et pour qu’elle ne soit pas abandonnée une deuxième fois, quoi qu’il se passe. Le problème est que ma fille nous met “à genoux”, selon l’expression du Juge, car Yacinthe cherche par tous les moyens à voir “jusqu’où peut aller notre amour” et ce qu’on est capable de supporter par amour pour elle. Son père adoptif a capitulé car il en a assez des insultes, des insolences, du ton méprisant qu’elle emploie, des discussions incessantes pour obtenir ce qu’elle veut, des portes qui se claquent et de celle de l’entrée qui se referme sur son absence.

    La porte d'entrée claque. La rage prend l’air de la colère du temps et Yacinthe revient avec l’âme plus apaisée des nuages laissés au passé. La porte d’entrée s’ouvre et le soleil peut revenir dans le coeur des parents adoptifs. Ces derniers encaissent les coups portés aux parents biologiques absents... présences virtuelles qui vivent à travers eux. Les parents adoptifs représentent ce père et cette mère absents. Ils recueillent toute la colère de cet enfant qui n’a d’autres moyens de s’exprimer envers son passé si horrible.

    images-5.jpegEn outre, le complexe d’abandon est si fort qu’il demande avec exigence d’être répété. “Pourquoi ces gens m’aiment-ils alors que la vie m’a prouvé que je n’étais pas digne d’être aimé ?” Ma fille m’a ainsi demandé il n’y a pas longtemps “quel intérêt” je trouvais à l’adopter... L’amour gratuit ne peut exister sans questionnement, cet amour oblatif venu d’une autre planète, sur une terre où tout tourne autour du profit. “Et puis, Maman, cet amour, je ne peux l’accepter.” Comme un trop-plein d’un vide dans son coeur, elle enlève les posters que je lui ai offerts, elle arrache les souvenirs de notre vie commune. Elle insulte notre lien d’amour en me traitant de “mytho”, lorsque je reviens sur un de ses comportements blessants. Il y a trois mois, elle m’a lancé comme un défi : “Tu fais ta vie, je fais la mienne,” comme deux chemins qui ne pourraient pas se retrouver. Comme un cordon ombilical étiré par les deux bouts, avec une mer entre les deux, Mère Méditerranée... ou mère biologique. “Ma mère virtuelle est présente avec nous... C'est ma mère biologique”, m’a dit Yacinthe récemment. Comme un regard porté sur notre vie et cette impression pour elle de trahir sa mère d’Afrique quand l’amour pointe trop son nez entre nous. Car de l’amour, il y en a, c’est certain.

    images-19.jpegComme ce jour de novembre 2007 où ma fille ma avoué : “Excuse-moi pour hier soir. Je suis désolée d’avoir voulu partir par la fenêtre et que tu aies dû me retenir de force et te faire tant de mal et de soucis. Je me suis trop attachée à toi, à cette famille, plus que je n’aurais pensé. Et j’ai peur, car j’oublie les souvenir de mes parents ; leur image s’estompe dans ma tête.” Le cordon s’étire mais il est élastique et quand ça lâche, ça fait mal pour ceux qui le reçoivent.. comme ce soir-là dont ma fille parlait. J’ai vécu avec elle un véritable bras de fer pour qu’elle ne parte pas en sautant d’une fenêtre du rez-de-chaussée (assez élevée), dans la nuit et le froid, avec ses affaires déjà toutes emballées.images-16.jpeg

    En janvier 2008, il y a eu malheureusement une grosse crise chez moi avec ma fille. Suite à un mensonge de sa part, découvert... elle a hurlé dans l'appartement. Elle était dans un état incontrôlable. Elle m'a insultée, m'a dit que je n'étais pas sa mère. Elle a réussi à rentrer dans une pièce où je suis allée me mettre avec mon fils de trois ans qui avait peur. Puis elle m'a poussée violemment et a essayé de faire tomber deux armoires sur nous. Son père, qui était au téléphone et a entendu la crise, a eu peur pour moi et mon fils. Il a décidé d'emmener notre fille, et au bout d'un certain temps, il l'a confiée pour quelques jours de vacances à une dame qui tient un ranch de chevaux.

    chevaux-france-1163148985-1097535.jpgSuite à tout cela, la Juge nous a convoqués début mars et m'a dit cette phrase au bout d'une heure d'entretien : "Madame, pour que ça aille mieux avec votre fille, il vous faudra faire votre mea culpa d'être allée la chercher en Afrique..". Je lui ai demandé si elle plaisantait. À sa réponse négative, je me suis levée et j'ai dit : "Je ne peux entendre cela, je sors". Je suis sortie du Tribunal de Grande Instance de Grenoble, rouge de colère et en pleurs, emplie d’indignation, meurtrie dans mon coeur de mère. M’excuser auprès de ma fille de l’avoir sortie de l’enfer, c’est le monde à l’envers !images-6.jpeg

    J'ai mal au coeur de tout cela, de ce "mea culpa" demandé par la Juge, de cette situation conflictuelle. Je repense à cette petite fille grandie si vite en cinq ans, à tous ces bonheurs vécus ensemble, à cet amour que je lui ai donné à travers mes encouragements, mon regard sur elle, mes attentions, mes pensées. Aujourd'hui, elle a douze ans mais elle en a bien plus, au vu de son poignet osseux révélant deux à trois ans de plus que son âge officiel. Elle est presque aussi grande que moi et a une force incroyable. Je me souviens qu'au début, elle a grandi si vite, qu'il fallait changer entièrement sa garde-robe tous les trimestres ! La malnutrition ne lui avait pas permis de se développer normalement et son corps a rattrapé de façon remarquable le retard de croissance pris durant ses dix ans en Afrique.chevaux-autres-animaux-autres-chevaux-france-949060321-967130.jpg

    110_F_1736530_rNkuNkZMAoymRFOhVJx7mRE2Yr01Cz.jpgUne personne nommée Laeticia m’a écrit en mars sur un forum, suite à mon témoignage : “Je ressens beaucoup de douleur dans votre message. Je suis d'autant plus sensibilisée qu'un couple qui a adopté une petite fille à Madagascar en même temps que nous , a vécu la même chose sans rien dévoiler. Il s'agit d'un garcon et d'une fille ;  les deux enfants sont placés dans une institution et sont apatrides !!! Beaucoup de souffrance d'un côté comme de l'autre. Votre histoire ressemble énormément à la leur !! Bourrage de crâne, parents biologiques toujours présents, âge modifié !! Le garcon a même dit à ma connaissance qu'il avait pour mission de les tuer afin de s'enrichir et d'ainsi faire venir sa famille !! Un drame humain !!  Bon tout ça pour vous envoyer du courage et de l'amour !! N'hésitez pas à vous entourer de professionnels qui sauront vous écouter.”

    images-12.jpegMerci Laetitia.

    Artemisia m’a écrit aussi ceci : “Difficile de trouver des solutions non douloureuses.  À part le fait des mensonges sur les parents biologiques, des situations comparables à la vôtre (violence...) ne sont pas rares.  C'est ce que me dit une amie d'EFA qui organise des groupes de parents adoptants vivant cela. Les échanges soulagent et des pistes se dessinent pour en sortir... Vous pouvez appeller le 01 40 05 57 71 tous les jeudis, de 14 heures à 17 heures.”

    Oui, cette violence qui surgit ainsi est difficile à gérer. Pour le week-end de Pâques 2008, cela a été encore douloureux. Au bout de deux jours où j'ai tout fait pour que ça aille bien... ma fille s'est soudain opposée à moi, violemment, au cours d'un conflit verbal où elle s'est révélé insolente ; elle m'a poussée pour rentrer dans ma chambre de force, afin d'y récupérer des affaires sans mon accord. Elle s'est confrontée alors physiquement à moi. Son père adoptif a été témoin et a essayé de l'arrêter mais elle était à nouveau ingérable, à faire peur et à me dire des choses horribles, cyniques aussi, méchantes sur les cinq ans passés avec nous. Je suis sortie de cette scène très choquée et à ne plus pouvoir parler. Mon fils et ma fille Julia ont eu peur, durant cette scène difficile.

    Pourquoi Yacinthe se rebelle ainsi ? C’est une question qu’on m’a posé.200121229-001.jpg

    110_F_11144501_seX7xQC2vxGvIqIOe5kWGPjqVL4Cs6va.jpgParce qu’elle ne comprend pas qu'on puisse l'aimer, elle qui a été abandonnée (réaction normale psychologiquement..)... Parce qu'elle ne comprend pas "quel intérêt" j'ai à m'occuper d'elle (selon ses propres termes), parce qu'elle a besoin de s'opposer pour traverser cette dure période de l'adolescence des enfants adoptés... Yacinthe a aussi l'impression de trahir ses parents biologiques en acceptant de m'aimer, en acceptant cet attachement qu'elle ne nie pas mais qui la gêne, en acceptant mon amour. Et puis, l'explication à mon sens la plus importante, c'est : "J'ai été abandonnée une fois, donc je fais tout pour le reproduire, reproduire l'abandon par tous les moyens".

    Si je parle aujourd'hui, si je témoigne de tout cela... c'est pour aider d'autres parents, afin qu'ils se sentent moins seuls... Une maman m'a contactée ainsi, me révélant qu'elle se fait frapper par son fils adoptif. Elle m'a remercié de parler, car elle n'ose pas. Elle aime son fils. Je lui envoie force et courage.images-11.jpeg

    Si j'écris ainsi, c'est bien sûr aussi pour les enfants adoptés... pour qu'ils se rendent compte en me lisant de l'impact de tout cela dans le coeur d'une maman ou d'un parent adoptif. Pour tenter d'expliquer ce qui se passe dans leur coeur, avec des mots placés comme des points d'acupuncture... des mots pour des maux. Car ils souffrent véritablement... En premier lieu : d'un arrachement certain commun à "ceux qui vivent loin de chez eux".

    ____Écrit le 13 avril 2008 ________ _______ ____________ _____________ ____________ ______________ ___________________ Chloé Laroche

     

     

    images-17.jpegLE RÉCIT DE MON VOYAGE AU BÉNIN

    et de l'arrivée de ma fille en France :



    J’ai pleuré de joie en Afrique car mon coeur s’est enflé d’amour pour cette enfant, Yacinthe, qui était maintenant mon sang et ma chair, tout comme Julia, mon autre fille venue de Roumanie. Le mystère de l’adoption est inconnu mais il existe réellement. Un lien mystérieux se crée, un lien plus fort que tout.

    Lorsque j’ai pris le train pour Paris et que j’ai embarqué dans l’avion me menant au Bénin vers ma fille, lorsque mon regard a croisé celui de l’Afrique, lorsque j’ai vu Yacinthe pour la première fois dans l’obscurité de la nuit à Cotonou... mon âme a tremblé comme pour un enfantement. Une histoire d’amour est née. Pendant une semaine, ma fille ne m’a plus quittée. Elle dormait sur moi la nuit et me réveillait pour me parler. Je lui chantais des chansons et lui parlais tendrement. Durant la première nuit, elle m’a secouée dans mon sommeil et m’a réclamée à boire puis à manger. Elle a croqué toute la nourriture qui restait dans mon sac. Elle avait faim. Faim de nourriture et faim d’amour...

    Elle m’a suivie avec mon violon lorsque je suis allée jouer pour tous les enfants de son école puis pour les jeunes du collège de Takon. Il y avait des dizaines et des centaines d’yeux fixés sur moi alors que je leur chantais des mots de paix et d’amitié, alors que je sortais mon archet et que je les charmais avec des airs du monde entier. Et puis, il y avait ces deux yeux qui me regardaient et qui me disaient : “Maman, je t'aime. Ne m’oublie pas, dis. J’ai tellement besoin de toi.”

    Yacinthe, au bout d’une semaine avec moi dans son pays, avait hâte de monter dans le taxi et d’arriver à l’avion nous menant vers Paris. Je ne l’ai sentie rassurée que lorsque nous avons attaché notre ceinture, bien assises l’une près de l’autre dans le grand oiseau de fer, après les multiples contrôles de l’aéroport. Cela faisait plusieurs mois qu’elle rêvait à ce grand voyage pour la France et qu’elle attendait ma venue. Il a fallu attendre que tous les papiers d’adoption soient en règle pour que tout cela se réalise, après de nombreuses et longues formalités.

    À son arrivée, Yacinthe était heureuse. Elle avait réalisé son rêve : avoir une nouvelle famille, un nouveau pays, des parents qui l’aiment, une maison pleine de jeux, de poupées, d’habits pour se faire belle... Elle aurait voulu être toute seule avec nous, être notre enfant unique, comme elle me l’avait confié une nuit en Afrique, mais, tout s’est bien passé avec Julia, sa soeur adoptive venue de Roumanie. Elles se sont entendu à merveille et Julia a même eu du mal pendant longtemps à se retrouver sans elle.images-23.jpeg

    Yacinthe a remarqué rapidement que Julia était différente et l’examina dans ses mimiques, ses gestes muets pleins de sens. Nous lui avons expliqué d’où venait Julia avant d’être avec nous ainsi que ses difficultés pour parler et entendre. Nous lui avons parlé aussi de son opération dans la bouche et aussi du fait que Julia peut entendre désormais grâce à un appareil spécial.

    Et puis, Yacinthe a prié en secret pour avoir un petit frère et une petite soeur. “Tous les soirs, je priais pour ça”, m’a t-elle dit, un large sourire aux lèvres à l’annonce de ma grossesse. Julia, de son côté, a senti que j’étais enceinte avant que je le lui dise. Elles aiment leur frère et Yourdine aime ses deux soeurs.

    Mais aujourd’hui, quand j’entends résonner les paroles du Juge qui m’a dit, le 4 mars 2008, par rapport à l’adolescence de Yacinthe et à son comportement parfois difficile : “Madame, il va falloir, pour que cela aille mieux avec votre fille, que vous fassiez votre mea culpa d’être allée la chercher en Afrique...” et qu’elle m’a dit aussi : “Madame, vous n’aurez jamais l’adoption vu les difficultés du dossier après cinq années...”, je me sens anéantie et si peinée.

    images-25.jpegCe que m'a dit la Juge ce jour-là m'a fait très mal. Ma fille était dans un orphelinat il y a cinq ans et n'attendait qu'une chose : de partir avec moi dans l'avion. Pendant la semaine où je suis restée avec elle dans l'orphelinat, c'était merveilleux. Comme une naissance. Et aujourd'hui, on m'assène de part et d'autre que je ne suis pas sa mère. C'est difficile et je suis même obligée de motiver mon avocat à me défendre.
    images-13.jpeg
    Aujourd'hui, alors que j'avais un agrément, je vais être obligée de reprendre le chemin d'un nouvel agrément pour pouvoir adopter l'enfant dont je m'occupe depuis cinq ans. J'ai mal au fond de moi, mal de ma situation de maman bafouée, humiliée et mal qu'on me rappelle à tout bout de champ que je ne suis pas la mère de ma fille, juridiquement. C'est un arrachement incompréhensible, un écartèlement entre la loi française et les faits : fait que je m'occupe de ma fille comme une mère à part entière depuis 2003, fait que je l'assume entièrement affectivement et matériellement. Je demande juste que l'État français me reconnaisse comme sa maman et Yacinthe comme française.200421495-001.jpg

    Je poursuis mon engagement envers ma fille et quand je n'y crois plus ou que je suis désespérée, je regarde la fin de ma vie et je me dis que tous dans cent ans... on ne sera plus là, et que finalement c'est l'amour qui restera.. pas les paperasses. Malheureusement, c'est aussi les blessures et les injustices qui resteront... mais à un autre niveau de justice. Je veux dire que devant l'amour, les paroles blessantes que j'ai pu entendre ou les décisions injustes seront balayées par le temps et l'infini. Je pense qu'adopter un enfant, c'est s'engager envers lui, au-delà de tout le reste, même si cet enfant nous hurle dessus qu'on n'est pas sa mère ou son père.

    Ma première fille est décédée en 1997, d'une encéphalite foudroyante. Son départ a laissé un grand amour de mère soudain orpheline et la douleur profonde causée par son absence m'a donné la force et l'énergie de me battre pour mes deux filles adoptives, venues de Roumanie et du Bénin. Ma fille de Roumanie est handicapée et l'association SERA et CARE recherche encore d'autres familles pour d'autres enfants handicapés et ayant besoin de soins médicaux... ayant besoin d'amour et d'une famille pour se reconstruire.

    Je vais continuer de me battre pour Yacinthe. Redemander un agrément pour l'adoption. Un agrément, cela a représenté pour moi, pour nous, entre 1999 et 2000, des mois d'investigation, d'enquête, d'entretiens avec la psychologue et l'assistante sociale, de questionnements sur nos vies, de réflexion profonde sur l'engagement envers un enfant qui ne vient pas de notre ventre mais qui vient de notre coeur... et au final de notre chair profonde.images-10.jpeg

    C'est ça l'amour. Recommencer, même après que tout soit fini.

    images-18.jpegChloé Laroche

    Mon autre site : http://violonistenciel.site.voila.fr


    Référencement instantané


    _____________ COMMENTAIRE :

    Par Laetitia, le 14 avril 2008.

    "Coucou ma grande ! Effectivement nos enfants sont les nôtres quoiqu'on puisse nous en dire. On les aime, on les a portés dans notre coeur, bien plus longtemps que d'autres mères qui ont porté leurs enfants dans leur ventre. Nos enfants ont une blessure primitive qui les caractérise. Je crois bien que tous ces mensonges supplémentaires ne font que déstabiliser certains enfants qui, malgré la bonne foi de leurs parents adoptifs, se retrouvent avec une histoire pas bien jolie de parents biologiques qui non seulement les ont abandonnés mais font des choses affreuses pour se dédouaner ou pour éviter d'être jugés. Je ne juge pas leur attitude, mais je dis qu'effectivement c'est catastrophique.

    C'est moi qui connais ce couple qui a traversé l'enfer avec leur adoption à Madagascar ; ils en sortent affaiblis et détruits d'une partie d'eux-même !!!

    Je t'envoie 100000 bisous et tu sais que je suis là !!!
    Ce soir je penserai à tes enfants et à ton ange, je me dis que ça ne peut faire que du bien !!"

    Laetitia

     

    ____________ VOIR LES ARTICLES ÉCRITS DEPUIS... SUR CETTE ADOPTION, DANS LA MÊME CATÉGORIE :

    "HANDICAP, PARENTALITÉ ET ADOPTION"... http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/handicap-parentalite-et-adoption/

    022a2cb7ec0b1d90ddd096b229738c85.jpg

    22/03/2009

    Arrêté à l’hôpital, expulsé vers Kinshasa, renvoyé vers Paris... Romano KANDA a un fils de vingt mois et une compagne qui a elle-même deux enfants. Histoire douloureuse de la politique d'immigration actuelle dont les expulsions ne se comptent plus.

     

     

    arton17859-185b7.jpgBonjour à tous et toutes,accueil.jpg

    À l'heure actuelle, Monsieur Romano Kanda  a dû rentrer du Congo où il n'a pas été accepté... et retrouver sa famille, du moins je l'espère. Adonaï, son fils de vingt mois, a dû être heureux de serrer dans ses petits bras son papa. Je souhaite que cette famille ne vive plus la peur et le déchirement de cette séparation forcée, que les enfants ne soient plus jamais séparés de cette manière que vous allez découvrir en lisant les articles ci-dessous, envoyés par le Réseau d'Éducation Sans Frontières.

    Chloé Larochepe0062810.jpg

     

     

    jp2006_0003589.jpg_______________________ Articles du RESF :

    Source / auteur : http://www.educationsansfrontieres.org

     

    Venu voir sa fille aux urgences... il est expulsé !

    Récit d’une très mauvaise histoire :

     

    "Monsieur Kanda, père de Famille de Thorigny en Seine et Marne arrêté le 18 mars aux urgences de l’hôpital alors qu’il était venu voir sa fille, a été expulsé ce matin à Kinshasa.

    C’est à 9h ce matin alors que j’attendais avec sa compagne et leurs 3 enfants l’ouverture du tribunal de Meaux qu’il nous a appelé : Il était à la PAF de Roissy.

    L’avion de Kinshasa décollait à 10h30, plus le temps de ne rien faire à part appeler préfecture et ministère pour essayer de bloquer le départ.

    Voilà - je suis en colère, Romano est parti pour Kinshasa sans rien sans pouvoir dire, sans pouvoir dire au revoir à personne laissant son fils de 20 mois sa compagne et les deux enfants de celle-ci desemparés. 9 ans sur le sol francais ne suffisent plus, le droit à vivre en famille n’existe plus.

    Maintenant il faut obtenir son retour immédiat.

    ON NE PEUT LAISSER FAIRE ÇA."

    B.C.

    images.jpeg______________________________________BLD047984.jpg

    Samedi 21 mars à 22 heures :

    Complément au communiqué RESF pour Romano Kanda du samedi 21 mars à 18h14. 

     

    “Arrivé à Kinshasa avec son escorte (combien de policiers ?) mais sans passeport et avec un vieux laissez-passer, Romano Kanda, ressortissant angolais, n’a pas été admis sur le territoire congolais. Retour à la case départ. Tout le monde a été remis dans l’avion à destination de Paris.

    Il atterrit demain dimanche 22 mars à 6h00 au terminal 2C de l’aéroport Charles De Gaulle. Sa famille et une délégation du RESF seront là pour l’accueillir car personne n’envisage qu’après s’être comporté de façon aussi inhumaine et s’être ridiculisé de surcroît le ministère de l’expulsion minute ose continuer à le persécuter.jp2006_0003587.jpg

    La presse est invitée à venir l’accueillir avec nous.”

     

    00014606.jpg________________________________ TOUTE L'HISTOIRE :

     

    Article précédent (communiqué du Réseau d’Éducation sans Frontières) du samedi 21 mars :

     

    “Monsieur Besson doit être un ministre heureux : à l’heure où nous écrivons, Romano Kanda, ressortissant angolais vole vers Kinshasa, peut-être encore menotté, scotché à son siège et bâillonné. Son fils, Adonai (20 mois) reste en France. Bon voyage, papa !

     Romano vivait en France, en Seine et Marne, depuis neuf ans (2000). Il était établi avec Mimi, congolaise (RDC) en situation régulière et mère de deux enfants, Estelle 5 ans et Maxime 6 ans (enfant atteint d’un handicap mental) nés d’une première union.

     Le 18 mars dans la soirée, Mimi, a un geste malheureux : énervée par le bruit des enfants dans le studio où s’entasse la famille, elle donne un violent coup de balai à sa fille…Elle appelle aussitôt les secours qui, eux-mêmes appellent la police. L’enfant est hospitalisé. La gendarmerie place la mère en garde à vue, accompagnée des deux enfants restants. Informé, Romano abandonne son travail pour l’hôpital où se trouve Estelle. Les gendarmes lui demandent de venir chercher les enfants. Mais, coincé à l’hôpital, Romano ne peut s’exécuter immédiatement. Qu’à cela ne tienne, les gendarmes se déplacent à l’hôpital… l’arrêtent et l’expédient au Mesnil-Amelot. La classe !

     Une enfant à l’hôpital, les deux autres précairement hébergés chez la grand-mère, la mère en garde à vue, le père en rétention : sous la responsabilité de Monsieur Besson les services de l’Etat agissent au mieux de l’intérêt des enfants !

    Mn_81a.jpg Romano Kanda devait être présenté au juge des libertés et de la détention ce matin, 21 mars, après 48 h de rétention. Sa femme et ses enfants accompagnés de militants du RESF l’y attendaient quand ils ont été informés par un coup de téléphone de Romano qu’il était à Roissy, en cours d’embarquement pour Kinshasa.

     Joint en urgence, le directeur-adjoint du cabinet de Monsieur Besson se renseignait auprès des préfectures responsables (Essonne et Seine-et-Marne) et, finalement, estimait que tout était pour le mieux. Pour un peu il se féliciterait de cette application sans faille des lois. Certes, il allait se renseigner sur les conditions de l’interpellation qui, peut-être, étaient un peu limites mais pour le reste l’Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière a été validé par le tribunal administratif et la cour d’appel…  Tout baigne ! C’est jouer les Ponce-Pilate au petit-pied ! Les lois sont faites pour fabriquer des sans-papiers et pour les expulser, les tribunaux respectent les lois, les hauts-fonctionnaires appliquent les décisions des tribunaux et les saloperies se font en toute légalité pour le plus grand confort des belles âmes.

     Chez Besson, on a le plus grand respect du droit… à géométrie variable ! En effet, Romano Kanda n’a pas de passeport, la police a vainement perquisitionné (de quel droit ?) chez la grand-mère des enfants et chez la belle sœur pour le trouver. Romano n’a été présenté à aucun consulat, il a été expulsé vers la RDC avec un ancien laissez-passer… Une expulsion conduite dans des conditions suffisamment hasardeuses pour que, semble-t-il, la mention à expulser en moins de 48 heures (pour éviter le passage devant le juge des libertés) figure sur son dossier en préfecture !vols.jpg

     On ne peut pas laisser faire. Il faut exiger le retour sans délai de Romano Kanda, arrêté dans des conditions scandaleuses, expulsé à la va-vite et arraché à sa compagne et à ses enfants.”arton17859-185b7.jpg

     

     

     

    21/01/2009

    Williana, 12 ans, vient d'être libérée au bout de cinq jours de détention. Elle venait du Congo, après avoir perdu sa mère, afin de rejoindre son père à Nantes.

     

    Bonjour,

    Une maman décédée au Congo sourit aujourd’hui car sa fille de 12 ans vient enfin d'être libérée. 187009,1228492217,10.jpg

    V3030008.jpgCette mère au paradis pleurait de voir sa petite orpheline retenue en prison administrative en France depuis le 15 janvier. Cette enfant s’appelle Williana ; son père William, qui vit à Nantes avec sa nouvelle compagne et sa seconde fille, a tout fait pour faire venir sa fille orpheline en France, afin de s'occuper d'elle.

     

    Voilà ce que j’ai reçu du Réseau d’Éducation sans Frontières, réseau qui s’est mobilisé pour faire libérer Williana. C’est l’historique de tout ce qui s’est passé et qui ne doit jamais se reproduire pour aucun enfant :

     

    Message reçu le 19 janvier 2009, à 15 h : 

    “Le père de Williana a fait ce que tout parent aurait fait à sa place : essayer de faire venir sa fille au plus vite. Mais la brillante politique de MM. Hortefeux et Sarkozy a produit ses effets : ses deux  demandes de regroupement familial ont été rejetées. L'enfant était déscolarisée, utilisée comme domestique en dépit de l'argent que son père envoie.

    À l'arrivée de Williana à Orly le 15 janvier, la police aux frontières a vite constaté qu'il y avait un problème avec son passeport. Emprunté ? Trafiqué ? Falsifié ?  Mais, pour la police de M. Hortefeux (le ministre de la Rafle et du drapeau était encore en fonction), les choses sont simples : passeport bricolé, c'est zone d'attente (une sorte de prison administrative où sont placés les étrangers soupçonnés de vouloir entrer illégalement avant d'être réexpédiés là d'où ils viennent). Williana s'est donc retrouvée en prison administrative, et tant pis si elle a 12 ans ! Au trou, la gamine ! Madame Dati doit être contente ! Elle rêvait de mettre les enfants en prison dès 12 ans, M. Hortefeux l'a fait, M. Besson dit amen et le Juge des libertés et de la détention bénit le tout !

    1679,1143250237,19.jpgEn effet, Williana a été traduite ce matin devant le JLD de Créteil : une enfant de 12 ans, dans le box (vitré !) des accusés, surveillée par des policiers en uniforme, le revolver au côté, en audience publique ! Un interrogatoire sans gentillesse et, au bout du compte une décision de maintien de cette gamine en zone d'attente jusqu'à ce que l'OFPRA statue sur la demande d'asile introduite pour l'enfant (la PAF avait réservé un vol de rapatriement samedi, et la demande d'asile était le seul moyen de bloquer l'expulsion).

    On en est là : le père et la belle-mère de Williana ont confié leur plus petite fille aux grands-parents, ont laissé tomber leur travail, se font héberger chez de amis à Paris et tentent désespérément de récupérer l'enfant. En face, la police, la justice, l'administration sont intraitables et Williana reste en prison.

    Cela ne peut pas durer. Williana doit retrouver sa famille. La place d'une enfant de 12 ans est à l'école, pas en prison administrative, même pour faire plaisir à M. Hortefeux et à son successeur.

     Le préfet du Val-de-Marne, le ministre de la Rafle et du drapeau, le président de la République ont le pouvoir de la libérer, ils doivent le faire.”

     

    °°°°°°°°°°  Reçu ensuite le 20 janvier 2009, à minuit 15 :

     

    WILLIANA, 12 ANS, LIBRE APRES 4 JOURS DE PRISON ADMINISTRATIVE_______________V3030045.jpg

    “Vers 12h aujourd'hui, le Juge des libertés (sic) et de la détention du TGI de Créteil décidait légal et légitime de maintenir Williana (12 ans), en prison administrative pour étrangers à la demande du préfet du Val-de-Marne en application de la volonté du ministre de la Rafle et du drapeau, conformément aux voeux du président de la République.

    Aucun de ces très importants personnages ne trouvait à redire au fait qu'une gamine de 12 ans soit maintenue en prison administrative et empêchée de rejoindre ses parents sans avoir commis le moindre délit.

    Brutalement, vers 16 heures, le sens moral et le sens commun leur sont revenus : les coups de fil et les mails de plus en plus nombreux scandalisés de ces décisions, l'intervention aussi de Jean-Marc Ayrault, Maire de Nantes (ou habite le père de Williana), la parution du communiqué du RESF annonciateur d'un scandale important les ont fait réfléchir. Les parents de Williana étaient prévenus vers 16 heures qu'un laissez-passer allait lui être délivré. Quelques heures à peine pour désavouer la présidente du JLD de Créteil et renier ce que les uns et les autres assumaient… beau record …

    V3030043.jpgWilliana a donc été libérée, et tout le monde s'en réjouit. C'est à l'évidence le résultat de la mobilisation et du début de médiatisation. Il en va de certains ministres comme de certains nuisibles : la lumière leur fait peur. Que toutes celles et tous ceux qui ont réagi en téléphonant, en envoyant des fax ou des mails aux autorités soient remerciés. Ils ont fait œuvre salutaire et efficace.

    V3030010.jpgL'affaire est donc réglée pour cette enfant (mais combien de temps va-t-elle continuer à faire des cauchemars et à trembler à la vue d'un uniforme ?  Qui prend en compte ces dégâts-là ?). Mais chaque année, des dizaines, des centaines même d'enfants subissent les mêmes mauvais traitements sans avoir la chance de Williana. Des centaines d'enfants sont refoulés vers des pays où, parfois, personne ne les attend au mépris de toutes les conventions internationales.”

    ____________Ces deux textes m’ont été envoyés par le Réseau RESF : le Réseau d’Éducation sans Frontière.

    Si vous ne souhaitez pas que d’autres enfants subissent le même sort, je vous invite à aller consulter le site du réseau afin de prendre connaissance de la situation et des pétitions auxquelles vous pouvez  participer.

    V3030008.jpgL’adresse du site est : www.educationsansfrontieres.org

    Avec toutes mes salutations à tous.

    Chloé Laroche

    06/11/2008

    Un tsunami anti-racisme est passé sur le monde avec l'élection de Barack Obama aux États-Unis...

    Bonsoir,

     

    Mn_81b.jpgUn président métisse dont le père est noir, venu d'Afrique, vient d'être élu. Mn_88b.jpg

    Ce matin, je suis allée faire les courses et j'ai rencontré des noirs au travail. 

    J'ai vu dans leur regard un changement. Une joie, une étincelle de bonheur de savoir qu'un président vient d'être élu et qu'il est noir.Mn_69.jpg

    Il y a un petit peu plus de dix ans, en octobre 1995, devant la Maison Blanche, défilait la plus grande marche noire de l'Histoire afin de lutter contre la discrimination raciale et la violence anti-noirs. 400 000 noirs américains se sont donné la main pour lutter contre le fléau du racisme.

    Quelle avancée, quelle métamorphose, de voir aujourd'hui ce pays immense basculer dans l'énergie d'une nouvelle vision où un homme noir peut gouverner les États-Unis d'Amérique !

    Mn_PERSO002.jpgCombien de fois ai-je parlé à mes élèves en musique de l'histoire de la déportation des Noirs en Amérique, de la naissance du Negro Spiritual, de ce chant qu'ils chantaient alors : chanter était leur seule façon de rester vivant et d'exprimer leur âme. Qui peut imaginer la souffrance vécue par les Noirs qui devaient travailler sans discontinuer sous les coups et avec des chaînes aux pieds, au profit des Blancs ? Privés de liberté, humiliés, arrachés à leur pays, esclaves depuis l'enfance jusqu'à leur dernière heure, traités pire que des animaux, jetés dans des cales et attachés comme des fagots de bois à leurs proches, souffrant le martyre au fond des bateaux et mourant, agonisant comme des êtres indignes de vivre et de faire partie de la création.

    Barack Obama unifie par ses origines les Blancs et les Noirs, redonnant un espoir immense aux couples mixtes américains, dont l'un est noir et l'autre blanc. Savez-vous que peu de femmes noires trouvent un compagnon. Un blanc avec une noire... ça ne se fait pas ! Le racisme a la peau dure et combien de pays aujourd'hui se demandent si chez eux, l'élection d'un président d'origine africaine aurait pu être réalisable.

    J'ai vu le regard de ces africains au Kenya, le regard de la famille d'Obama. Leurs ancêtres venaient se perdre dans ce regard en pleurant, surgissant de leurs tombes car croyant rêver de cet événement inimaginable à leur époque. Dans le regard de ces africains, il y avait de la joie, de la fierté, de la vie explosante, de l'espoir, des larmes de bonheur, de l'amour, du rêve. De ce rêve que fit un jour Martin Luther King.

    Moi aussi, je fais un rêve. Qu'il n'y ait plus de père de famille américain qui se suicide avec ses enfants et sa famille parce qu'il ne sait plus comment rembourser le prêt de sa maison.

    Mn_43b.jpg

     

     

    Qu'il n'y ait plus de familles errantes dans les rues parce qu'elles n'ont plus rien, ni emploi, ni maison, ni couverture sociale.

    Mn_69a.jpgQue les enfants aient un foyer avec leurs parents et qu'ils n'aient plus cette angoisse qu'on leur enlève encore la vie pour avoir perdu tout le reste.

     

    Chloé Laroche

     

    Rappel : "Un sondage dévoilé cette semaine par l'American Psychological Association révèle que huit Américains sur dix identifient l'économie comme étant une grande source de stress. Près d'un répondant sur deux s'est dit inquiet de ne pas pouvoir subvenir aux besoins familiaux de base au cours des prochains mois."

    08/09/2008

    Ce soir, je suis triste, triste de ce matin au Tribunal, triste pour l'adoption non reconnue de ma fille, triste de notre justice française.

    Bonsoir !

     

    Mn_45b.jpgCe soir, je suis triste car j'ai vécu ce matin au Tribunal un moment très pénible, un morceau d'enfer.

    Je bataille pour obtenir la reconnaissance d'une adoption faite au Bénin depuis 2002 : l'adoption de ma fille que je suis allée chercher dans un orphelinat en 2003.

    Je vous en avais déjà parlé dans un article précédent, il y a quelques mois, dans "Histoire difficile de l'adoption de ma fille au Bénin" (13 avril).

    Quand on adopte un enfant, on doit suivre certains règlements, certaines démarches : agrément à obtenir sur neuf mois environ, visites d'une assistance sociale, rendez-vous avec un psychologue, acceptation du dossier par la Mission Internationale de l'Adoption, attente des papiers en règle du pays d'origine, consentement de la famille biologique restante, délivrance d'un visa pour l'enfant.

    Imaginez que tout cela soit fait et que cinq ans et demi après, la France n'a toujours pas reconnu officiellement l'adoption. La Justice pinaille : "Oui, mais l'oncle biologique béninois de votre fille a été considéré comme le père... alors que c'est l'oncle... Que représente en fait exactement cet homme pour votre fille ? La place de cet homme dans sa vie n'est pas claire... Elle a une famille au Bénin. Tout cela n'est pas clair. Ce jugement d'adoption n'est donc pas clair et ne doit pas être validé par la Justice.... Et puis la Justice n'a pas à entériner un lien ou à le consolider. S'il y a lien affectif entre vous, alors vous n'avez pas besoin d'un lien juridique."

    Voilà ce que j'ai entendu ce matin.Mn_44a.jpg

    J'étais assise en face de cinq dames avec mon avocate à côté. Madame le Procureur, assise à gauche, a démonté mon dossier et ma demande point par point, pièce par pièce, s'adressant ainsi aux dames présentes : "Je vous demande de ne pas aller dans le sens de la demande de Madame Laroche. C'est un fait que sa fille est chez elle, qu'elle s'en occupe, mais voilà, c'est tout. Au début, il y a eu effectivement une enquête du Conseil Général faite par le Service de l'Adoption, qui s'est révélé assez positive... mais très vite, cela a dégénéré entre ses parents adoptifs et cette enfant."

    Ma fille a traversé une période difficile d'adolescence, de changement corporel, d'adaptation, d'attente d'identité... Mais si on vient nous reprocher, à nous parents adoptifs, cette crise normale et courante chez nombre d'enfants adoptés, lesquels cherchent à voir jusqu'où on peut bien les aimer... alors si on vient nous reprocher les difficultés rencontrées, le monde tourne à l'envers.

    Je n'ai pas pu dire un mot durant toute l'audience. Personne ne m'a proposé de m'exprimer, de dire un mot... moi qui me bats depuis six ans pour cette enfant, qui suis avec elle sur le "terrain" au quotidien, qui l'ai sortie de cet horrible orphelinat où elle se trouvait, abandonnée là-bas... moi qui l'accompagne de mon amour inconditionnel, acceptant les mises à distance obligées, alors même qu'elle m'a hurlé au cours d'une crise il y a quelques mois de "la lâcher", "d'arrêter d'être obsédée par elle", de "l'oublier". Elle oublie ensuite ces mots, ces paroles difficiles à entendre qu'elle dit car elles montent en elle comme une vague qui passe et qui engloutit le présent avec le passé trop dur de l'Afrique, de l'abandon, de l'orphelinat, des mauvais traitements là-bas.Mn_36a.jpg

    Quand elle est arrivée, ma fille mesurait 1 mètre 22 et pesait 23 kilos. En un an, elle avait pris douze kilos et grandit énormément, récupérant tout le retard dû à la malnutrition. De l'enfant qu'elle était en arrivant, ma fille s'est métamorphosée à une vitesse inimaginable dans les premiers temps. Je devais changer tous ses vêtements en un trimestre. Aujourd'hui, cinq ans plus tard, on retrouve une "enfant" transformée, une jeune fille en pleine forme, mesurant 1 mètre 56 avec 53 kilos. Ma fille s'est épanouie. Elle est heureuse. Elle a grandi comme une enfant normale, avec des jeux, des poupées dans un premier temps, puis le ski, le cheval, les copines, le vélo, des camps, les scouts, toute une culture à découvrir, le cinéma, les livres, les chanteurs, les balades en famille, la découverte de la France, les vacances au bord de la mer, le Safari de Peaugres, les grottes de la région, etc.

    Ce matin, Madame la Procureur a eu la bonté d'annoncer devant l'assemblée que la France ne renverrait pas ma fille dans un charter... "Madame Laroche, soyez rassurée, on n'agit pas ainsi en France. On ne renvoit pas des mineurs dans leur pays. À sa majorité, votre fille aura aussi tout loisir de demander son adoption elle-même, demandant à ce que votre lien affectif soit légalisé. Donc, de ce côté-là, il n'y a pas d'inquiétude à avoir."

    J'ai été très rassurée d'entendre ces mots !!!! Vous pensez bien, avec tout ce que je sais sur le dossier des étrangers expulsés... problème dont je parle régulièrement sur ce blog !!

    Le Ministère des Affaires Étrangères m'avait envoyé durant l'été un document décisif m'ouvrant toutes grandes les portes de l'adoption de ma fille, avec leur bénédiction. C'était un document prouvant l'abandon de ma fille et la disparition de ses parents, relayés un temps par un oncle et une tante béninois... que ma fille a appelé ses parents.

    Même ce document n'a pas ému le Procureur.

    Je ne connais pas la pensée de toutes les juges, greffes et dames présentes, puisqu'elles ne se sont pas exprimées, n'ont pas débattu et n'ont posé aucune question.

    Deux personnes se sont renvoyé l'affaire : la Procureur et mon avocate.

    Mn_35a.jpgJe suis ressortie de la salle effondrée intérieurement.

    Mon avocate a dit de moi que j'étais une femme tenace et qui savait ce qu'elle voulait : donner une identité à ma fille et être reconnue comme sa mère officiellement, puisque cette société me demande de toute part si je suis bien la mère de cette enfant, de cette jeune fille maintenant, sur le plan juridique, sur le plan de l'autorité parentale et des instances diverses.

    Je considère qu'un enfant venu sur le sol français pour être adopté, et sachant qu'il va l'être... doit voir son espoir concrétisé par le Droit Français... lui donnant le droit de porter officiellement le nom de ses parents adoptifs et d'avoir une carte d'identité attestant de sa nouvelle appartenance familiale. Ma fille n'a pas de papiers français. Ma fille porte mon nom à la dérobade, comme un nom volé à la France. Ma fille n'a pas la nationalité française et plus elle grandit, plus elle a conscience du problème de l'immigration en France.

    Ma fille sauterait de joie de savoir qu'elle a été enfin reconnue par la France et comme mon enfant. Ma fille m'appelle Maman et elle sait au fond de son coeur que jamais je ne l'abandonnerais, que jamais je ne romprais ce lien indestructible né entre nous en Afrique, que je serais toujours là pour elle, que j'ai pardonné certaines choses et que j'ai avancé parfois dans l'orage et les tempêtes... mais que mon amour pour elle est véritablement celui d'une mère pour son enfant.Mn_44.jpg

    Le jugement court en délibéré jusqu'à début novembre. Attendons. Le coeur de ces dames s'est peut-être ouvert à la plaidoirie de mon avocate et à la robustesse de ce parcours chaotique d'adoption béninoise.

    Néanmoins, je suis triste ce soir de tous ces propos entendus ce matin et à d'autres moments, de cette glaciation intérieure de la toute puissance juridictionnelle, qui place l'humain et les actes concrets au second plan.

    Car ... ces dames, si elles avaient vu où ma fille se trouvait quand je suis allée la chercher... rougiraient et pleureraient. Si elles avaient vu ce qu'elle mangeait, où elle dormait, combien de pierres on lui faisait porter sur la tête et de seaux remplis de terre.... ces dames supplieraient d'effacer le supplice d'une mère au Tribunal ce matin.

    Aux informations télévisuelles, on a annoncé dernièrement que l'adoption serait facilitée en France dès à présent et que toutes les mesures nécessaires allaient être prises. Quand l'État n'est pas capable de prendre la mesure de la souffrance identitaire d'une enfant adoptée qui n'est pas reconnue... depuis presque six ans qu'elle est sur le sol français, il y a de quoi s'interroger sur ces nouvelles mesures publicitaires !!

    Sincèrement vôtre,

    Chloé L.

    Mn_33b.jpg

     

     

     

     

    14/04/2008

    Pardon sans excuses pour une adoption choisie

    1012709335.jpgpour toi, Yacinthe, avec toutes mes pensées.

    YACINTHE________

    Yacinthe n’était pas grande
    lorsque je l’ai vue la première fois
    Elle me regardait dans la nuit
    ses grands yeux noirs
    Au coeur de l’Afrique
    et je restai saisie

    Je restai saisie
    d’un amour qu’elle retint
    Me prenant de son regard
    elle me garda pour elle
    M’arrachant de sa terre
    pour que je l’emmène

    Pour que je l’emmène
    le plus vite le plus loin
    De ce pays où les larmes
    ont rempli son âme d’ombre
    De cette terre qui a pris son enfance
    et moi j’avais ce poids à enlever

    J’avais ce poids à enlever
    de son coeur endolori
    Elle ne lâcha plus mon sourire
    de mes nuits et tous mes jours
    Elle me prit par la main
    pour traverser l’océan

    Pour traverser l’océan
    nous nous prîmes la main
    Dans l’avion qui l’arracha
    aux racines d’années tristes
    Où elle vit l’effroi couper
    les ailes des anges

    Les ailes des anges
    camarades orphelins en enfer
    Ceux qu’on frappent et qu’on tue
    ces petits qu’on force à travailler
    Obligation de porter mille pierres
    pour gagner le droit de manger

    Pour gagner le droit de manger
    ma fille a porté sur sa tête
    Des seaux de terre et de roche
    et dans ses bras la force est restée
    Quand elle se dresse aujourd’hui
    devant moi je tremble

    Devant elle je tremble
    car je sens le volcan
    Celui de la colère
    raz-de-marée d’enfant évadée
    D’un enfer qu’elle transforme
    en paradis de ses rêves

    Dans le paradis de ses rêves
    ses parents d’Afrique l’attendent
    Au pied de l’avion avec mille fleurs
    elle leur dit tout son amour
    Et combien son coeur est plein
    de tout ce qui n’a pas été dit

    Tout ce qui n’a pas été dit
    les pourquoi les comment
    L’abandon la polygamie
    les frères et soeurs qui sont restés
    Cette soeur qu’elle aurait voulu
    arracher de l’enfer révolu pour elle

    Tout ce qui n’a pas été dit
    les comment les pourquoi
    Maman pourquoi c’est toi
    qui m’aime et pas elle
    Ma Maman d’Afrique
    elle me manque

    Elle te manque mais je suis là
    ils te manquent mais nous sommes là
    Et tu te reconstruis de racines
    en terre apprivoisée d’adoption
    Enracinée en amour et regards
    posés sur ta vie endolorie

    Pardon de t’avoir arrachée à ta terre
    mais je ne pouvais faire autrement

    ma Yacinthe

    Ta Maman de coeur et de sang
    Chloé

    Ce 14 avril 2008, Grenoble

     
    Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
    high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu