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14/05/2016

Ma critique sur le film "Ma Loute". Le réalisateur n'est pas si loin de la réalité du monde. Il nous amène à regarder derrière les apparences.

Chers lecteurs,

 

 

Ce soir, je suis allée voir le film : "Ma Loute". 

Je suis assez d'accord avec le commentaire lu après avoir vu ce film, un commentaire écrit par "Ener1" sur le site de Allociné : "Le scénario aurait pû être bien mais dès qu'ils commencent à bouffer de l'humain sanguinolent, non merci ... J'aurai sû, j'aurai pas venu ...".

Moi non plus, je ne serai pas venue si j'avais su. En même temps, lorsqu'on creuse un peu derrière les apparences trompeuses, les terreurs du film, les abominations et les excentricités montrées... on s'aperçoit que le réalisateur n'est pas si loin de la réalité du monde.

Un ami m'avait accompagnée pour visionner cette création cinématographique mais il a été loin de penser, au contraire de moi, que ce film montrait une certaine réalité, à tel point que devant le pied que tend la mère anthropophage à ses enfants, cela lui a paru tellement irréel que cela lui a paru aussi risible.

Mais c'est bien ce que montre ce film : qu'à force de penser que l'humanité n'est que belle et bonne, on en vient à faire du déni sur les horreurs réelles qui existent. Cet ami pensait que cela était tellement énorme que cela ne pouvait exister. Mais malheureusement, cela existe et tant de choses terribles ont existé. 

Bruno Dumont nous parle aussi d'inceste, par un frère et un père, sur une femme devenue hystérique et hyper sensible. Sa souffrance est tellement à fleur de peau et extrême qu'elle en est devenue  excentrique, à force d'être expansive. Sa fille, Billie, qui est née de ce viol incestueux, vit maintenant chez son oncle, lequel peut être aussi son père. Elle est attirée par le jeune criminel qui tue plein de personnes alentour et lui aussi semble attiré par elle.

Mais à un moment, cette jeune fille va voir arriver sur elle un déchainement inouï de violence et de coups, de la part de ce jeune qu'elle aime, nommé Ma Loute. Elle l'avait dit aux policiers : "Je suis une jeune fille déguisée en garçon."

Voilà ici le problème du Genre qu'on ne résoudra pas, puisque tous les journalistes de Cannes et les cinéphiles se demandent encore si Billie est une fille ou un garçon.

Mais le jeune Ma Loute, en la portant dans ses bras, pense sentir autre chose, faisant penser à des attributs masculins. C'est alors qu'il la frappe, en lui disant qu'elle l'avait trahi. C'est une scène terrible, comme le passage où la mère de Ma Loute frappe violemment avec une rame les personnes prises dans le filet et qui attendent d'être  mangées par cette famille anthropophage. La scène où les trois jeunes enfants mangent avec leur grand frère Ma Loute les restes humains est insoutenable.

Mais ce qui me choque, en lisant certains commentaires et notamment un article d'une journaliste à Cannes, c'est que des personnes portent aux nues l'histoire d'amour entre ces deux jeunes, entre Billie et Ma Loute, comme si cela transfigurait le film.

Parce que deux êtres s'aiment, alors on peut tout pardonner ? La fin montre bien cela : Billie découvre Ma Loute au bord de l'océan avec une autre jeune femme. Elle sait tout, mais elle ne dit rien. Elle ne dénonce pas... Pourquoi ? 

Peu-être parce que le film veut dire que ces deux jeunes sont deux victimes, victimes de leur milieu familial, victimes de leur enfance, victimes de la violence extrême.

Peut-être  parce que Ma Loute a sauvé Billie, sa mère et son oncle, en les emportant loin de ses parents avides de sang sur une charrette, trouvée ensuite par les policiers. Il a pris cette décision de courage ultime d'arrêter le massacre, de dire NON à une famille toxique et malsaine.

Tous les acteurs sont magnifiques dans leur rôle, les non-professionnels comme les professionnels. Le Commissaire Machin est troublant dans sa légèreté, se mettant à rouler sans problème, malgré son poids... à voler aussi. C'est par des scènes telles que celles-ci qu'on comprend que le réalisateur nous amène à regarder et voir derrière les apparences, à réfléchir sur notre façon de voir une personne obèse, une personne dite folle, une personne excentrique, une personne sans genre, une personne maladroite, une personne bossue, etc.

J'ai trouvé dans ce film beaucoup de sensibilité autant qu'une grande cruauté, qui me fait recommander de ne pas aller le voir si vous avez moins de seize ans ou si vous êtes d'une nature émotive et sensible.

 

Chloé LAROCHE

 

 

 

 

09/11/2014

Passeurs d'amour, dépositaires de la mémoire humaine, agents de tolérance et d'écoute... Choisirons-nous de nous retrancher dans l'oubli ou d'endosser la responsabilité d'un choix d'humanité ?

 

Bonjour à tous et toutes,the giver,cinéma,film,meryl streep,mémoire,humanité,crime,communauté,secte,folie,pouvoir,conscience,système,fermeture,enfermement,élargissement,amour,interdiction,règle,loi,consommation,magasin,noël,sdf,sans-abri,solidarité,écoute,peur,avenir,passé,présent,âge,personne âgée,hospitalité,différence,paix,guerre,passeur,dépositaire,jugement,art,actualité,épreuve,vie,mort

 

On m'a raconté ce jour qu'une entreprise iséroise invite son personnel à une fête de Noël fin novembre... et je constate comme vous que dans les magasins, on parle de Noël avant même que la Toussaint soit passée.

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Dans ce film remarquable, on observe une nouvelle société dans laquelle la mémoire a été retirée du cerveau des habitants, ainsi que l'émotion, les couleurs, les différences, les relations amoureuses.

On perçoit qu'une immense peur a pu entrer dans le coeur de l'humanité à cause de la violence, de l'intolérance et des guerres et ... qu'une seule solution s'est alors imposée : niveler la population à une unicité obligatoire.

Dans ce nouveau monde raconté dans le film, un acte nommé "élargissement" se pratique afin de masquer l'acte de tuer. On tue des bébés car ils ne grossissent pas aussi bien que les autres, ou bien parce qu'ils sont nés handicapés ou différents. Le simple fait de changer le mot fait que la population ne se pose aucune question sur le fait "d'élargir" une personne. Chacun fait ce qu'on lui demande, même si c'est pour emmener un petit à la morgue dans une boîte blanche.

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Il souffre de comprendre que l'humain peut tuer, que parmi sa communauté, l'on tue, que son meilleur ami a pu le trahir, que l'amour a été banni de sa communauté. Mais il trouve la force en lui, grâce à son passé et aux images de toute la terre, de retrouver les couleurs du passé afin de reconstruire le présent et l'avenir.the giver,cinéma,film,meryl streep,mémoire,humanité,crime,communauté,secte,folie,pouvoir,conscience,système,fermeture,enfermement,élargissement,amour,interdiction,règle,loi,consommation,magasin,noël,sdf,sans-abri,solidarité,écoute,peur,avenir,passé,présent,âge,personne âgée,hospitalité,différence,paix,guerre,passeur,dépositaire,jugement,art,actualité,épreuve,vie,mort

Nous aussi, nous pouvons défendre l'amour et la solidarité dans nos vies. Nous pouvons découvrir qu'il ne sert à rien d'éradiquer les différences pour apporter la paix au monde. Et savoir aussi que nous demeurons libres de nos choix, choix de consommation, choix d'égoïsme ou de générosité.

Nous pouvons porter un regard de jugement sur une personne mais que savons-nous de son passé, de ses souffrances, de ses blessures ? Gommer le passé pour ne garder du présent que l'évidence d'une faute visible devant tous, c'est comme couper les racines d'un arbre dont on ne verrait que les branches flottant dans l'espace.

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Deux jeunes frères l'ont rencontré et se sont mis à lui parler, simplement et de coeur à coeur.

Cet homme était tombé très bas, après avoir été ingénieur, avoir perdu son travail, être quitté par sa femme. Il avait tout perdu.

Les deux jeunes l'ont invité à venir passer Noël chez eux, avec leur parents, qui ont très bien reçu cet homme cabossé par la vie.the giver,cinéma,film,meryl streep,mémoire,humanité,crime,communauté,secte,folie,pouvoir,conscience,système,fermeture,enfermement,élargissement,amour,interdiction,règle,loi,consommation,magasin,noël,sdf,sans-abri,solidarité,écoute,peur,avenir,passé,présent,âge,personne âgée,hospitalité,différence,paix,guerre,passeur,dépositaire,jugement,art,actualité,épreuve,vie,mort

L'un des deux jeunes, aujourd'hui âgé d'environ trente-huit ans, m'a confié que ce fut son plus beau Noël. Il m'a raconté ensuite le souvenir des Noëls qu'il passait à aller jouer de l'accordéon dans la maison de retraite de son grand-père.

Il voyait le bonheur et la joie s'allumer dans le regard de tous les anciens, lorsqu'il rallumait leur passé à la flamme des souvenirs heureux ou malheureux d'existences accomplies, grâce aux morceaux joués réveillant les émotions et le destin antérieur.

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Nous pouvons tous être les passeurs d'amour et dépositaires de la mémoire de ceux que nous aimons, de ceux qui nous donnent leur confiance.

Chloé LAROCHEthe giver,cinéma,film,meryl streep,mémoire,humanité,crime,communauté,secte,folie,pouvoir,conscience,système,fermeture,enfermement,élargissement,amour,interdiction,règle,loi,consommation,magasin,noël,sdf,sans-abri,solidarité,écoute,peur,avenir,passé,présent,âge,personne âgée,hospitalité,différence,paix,guerre,passeur,dépositaire,jugement,art,actualité,épreuve,vie,mort

 

 

 

 

 

17/03/2014

Mon propos sur le film "The Box"... Pour que l'humanité soit sauvée, il faut arrêter d'appuyer sur le bouton et devenir altruiste, penser à tous les inconnus liés à nous indirectement.

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Ce soir sur France 4, les téléspectateurs ont pu revoir "The Box" de Richard Kelly, film qui fit polémique, par rapport à ceux qui ont dit ne rien comprendre à ce film, à d'autres qui ont pu écrire de lui qu'il était... (pardonnez-moi des termes rapportés)... "une grosse merde incompréhensible, à éviter ou à réserver aux pseudos intellos qui croient tout savoir" et à ceux qui ont su voir une profondeur et un sens à cette réalisation étonnante.the box,richard kelly,critique film,cinéma,cameron diaz,science fiction,mystère,boîte,pandore,ève,femme,faute,morale,famille,secret,testeur,test,humanité,altruisme,amour,mort autrui,inconnu,enfant,non-dit,terreur,libre arbitre,punition,acte,choix,responsabilité,lâcheté,crime,karma,justice,condamnation,planète,pollution,arme,trafic,drogue,châtiment,enfer,création,sens,profondeur,philosophie,réflexion,vie,mort,sacrifice

Je pense que ce film représente tout à fait ce que pourrait penser de nous une race extra-terrestre venue nous tester et nous condamnant à l'extermination pour ne pas avoir pu mettre de côté nos désirs égoïstes et les avoir fait passer avant l'attitude altruiste de considérer la vie d'autrui plus importante que l'argent, le profit et l'appât du gain.

Le grand Testeur, dans le film, dit de la race humaine que nous vivons dans des boîtes (nos maisons), que nous roulons dans des boîtes (nos voitures), pour aller travailler dans des boîtes et pour finir au terme de notre vie dans une boîte. Il a donc pris comme symbole la BOÎTE qu'il fait déposer devant la porte d'un couple. Boîte qui nous rappelle la boîte de Pandore mais aussi la pomme qu'Ève croque et dont elle tente Adam. 

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À chaque fois donc, lorsque la femme appuie sur le bouton de la boîte, une autre femme meurt ailleurs... tuée par le mari, lequel n'a d'autre choix que de tuer sa femme pour sauver leur enfant, enfant que le Testeur a fait enlever, obligeant le mari à choisir entre sa compagne et leur enfant. La femme se sacrifie et accepte de mourir pour sauver son enfant et quelque part expier sa faute première. C'est un cercle vicieux et le Testeur dit bien que si l'humanité veut être sauvée, il faut arrêter d'accepter d'appuyer sur le bouton et choisir par libre arbitre l'altruisme.the box,richard kelly,critique film,cinéma,cameron diaz,science fiction,mystère,boîte,pandore,ève,femme,faute,morale,famille,secret,testeur,test,humanité,altruisme,amour,mort autrui,inconnu,enfant,non-dit,terreur,libre arbitre,punition,acte,choix,responsabilité,lâcheté,crime,karma,justice,condamnation,planète,pollution,arme,trafic,drogue,châtiment,enfer,création,sens,profondeur,philosophie,réflexion,vie,mort,sacrifice

Appuyer sur le bouton, c'est, pour une mère de famille, un père, mettre ses proches à l'abri du besoin, penser égoïstement à ses enfants, à son conjoint, en taisant à jamais la souffrance d'un autre être humain tué par le profit d'autrui, par la pollution, par le marché des armes, par celui des drogues dures, par les usines aux produits agressifs et mortifères, par les pesticides largués à grande échelle sur les cultures, par les aliments dénaturés, par les forêts qu'on coupe pour satisfaire certains marchés.

Face à la problématique de l'humain adulte qui essaye de se faire une place au soleil et de tirer profit à son avantage, on voit aussi l'Enfant qui s'interroge sur son propre avenir, lié à la planète Terre.the box,richard kelly,critique film,cinéma,cameron diaz,science fiction,mystère,boîte,pandore,ève,femme,faute,morale,famille,secret,testeur,test,humanité,altruisme,amour,mort autrui,inconnu,enfant,non-dit,terreur,libre arbitre,punition,acte,choix,responsabilité,lâcheté,crime,karma,justice,condamnation,planète,pollution,arme,trafic,drogue,châtiment,enfer,création,sens,profondeur,philosophie,réflexion,vie,mort,sacrifice

Derrière de nombreuses scènes du film, on voit nettement -par superposition d'un regard cherchant à l'arrière de cette toile cinématographique- toute la problématique de l'enfant témoin de l'angoisse qui monte dans le couple parental sans qu'on ne lui dise rien, cet enfant qui assiste à tout en secret, qui ne peut rien dire, qui ne comprend pas et qui au final devient sourd et aveugle, peut-être d'avoir trop vécu de non-dits.

Le père tue sa mère à la fin pour redonner la vue et l'ouïe à leur fils, afin que ce fils soit libéré mais c'est le père qui est finalement emmené par les policiers comme un criminel, laissant l'enfant seul avec lui-même et avec le Testeur. Le chef de famille paye le fait d'avoir laissé faire, d'avoir participé à la destruction d'autrui qui rejoint son propre lui-même, son propre couple et son propre enfant. Il comprend que tout est lié et qu'accepter une grosse somme d'argent contre la vie d'un autrui inconnu est terrible, car bien qu'inconnue, la personne qui a perdu la vie rejoint son propre destin, celui de cet homme.

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La réponse est dans mon précédent article, malheureusement... réaliste et pessimiste, mais avec l'espoir tout de même que des humains, -avec cet exemple des parents orphelins en Italie qui luttent contre la pollution de la Terre de Feu-... que des humains arrivent à refuser que le bouton continue d'être appuyé par des personnes avides et sans coeur qui n'en ont rien à faire que des enfants meurent et que des femmes et des hommes soient foudroyés de douleur devant la mort de leur enfant.the box,richard kelly,critique film,cinéma,cameron diaz,science fiction,mystère,boîte,pandore,ève,femme,faute,morale,famille,secret,testeur,test,humanité,altruisme,amour,mort autrui,inconnu,enfant,non-dit,terreur,libre arbitre,punition,acte,choix,responsabilité,lâcheté,crime,karma,justice,condamnation,planète,pollution,arme,trafic,drogue,châtiment,enfer,création,sens,profondeur,philosophie,réflexion,vie,mort,sacrifice

Ce film nous rappelle aussi que l'on peut se sentir bien dans sa vie, à l'aise matériellement, mais que si l'on passe à côté de ceux qui n'ont rien sans faire un acte de don et de générosité envers eux, alors la boîte se remplit d'obscurité et notre coeur se rétrécit aussi vite que les lumières de Noël s'éteignent après le luxe des cadeaux dépensés sans penser aux plus démunis. Les boîtes de cadeaux à la période des fêtes sont jolies et enrobées de beaux papiers. Mais si l'on donnait de l'argent pour les plus pauvres, pour les Restos du Coeur, pour le Secours Populaire, pour le Quart-Monde, pour au moins le quart du budget alloué à nos cadeaux, alors l'humanité s'en porterait mieux et l'altruisme grandirait pour éviter au grand Testeur de nous éliminer définitivement de notre belle planète.

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Chloé LAROCHE


 

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27/11/2013

Le film "LA MARCHE" est un formidable hommage aux Marcheurs de 1983 pour l'égalité et la lutte contre le racisme, oeuvre authentique et profonde.


th-8.jpegBonsoir à tous et toutes,Unknown.jpeg

 

 

 

Ce soir, j'ai vu en avant-première le film  "LA MARCHE", oeuvre magnifique retraçant l'extraordinaire évènement de 1983 qui s'est déroulé en France et dont peu de Français ont eu connaissance ou en gardent le souvenir.

J'ai été très émue durant ces deux heures où l'on suit une aventure humaine rarissime, cette marche qui prend aux tripes, à travers ces jeunes et moins jeunes  qui ont marché durant mille cinq cents kilomètres à travers la France, afin de calmer la violence raciste qui sévissait à l'époque, avec des dizaines de victimes assassinées par la haine toute nue et crue.Unknown-1.jpeg

Durant leur marche, on apprend la mort d'un algérien assassiné et défenestré dans le train Bordeaux-Vintimille, Habib Grimzi, alors que les passagers présents n'ont osé bouger. Les Marcheurs dénoncent la passivité de ces témoins du crime paralysés par la peur ou bien l'indifférence.

Ils dénoncent aussi l'assassinat du petit Toufik, neuf ans, tué par la haine d'un homme d'une balle de 22 long rifle.th-49.jpeg

th-1.jpegOn entend dans ce film le bruit du train et le silence des hommes. On l'entend et le bruit des pas prend le pas sur le vacarme de la haine et de la violence.

Les Marcheurs ont su attirer l'attention sur l'abomination de ces crimes, faits par des êtres humains sur d'autres êtres humains...th-2.jpeg

Tout est parti du quartier des Minguettes, avec des balles tirées sur Toumi Djaïdja par un policier, lors de luttes entre les forces de l'ordre et les jeunes de la cité. Toumi était le Président de "SOS Avenir Minguettes". À la suite de ce drame, Toumi a eu l'idée de cette marche avec le Père Christian Delorme, curé des Minguettes. Ils ont eu cette idée comme un écho à la marche de Gandhi, comme une résonance avec celle de Martin Luther King.th-18.jpeg

Ils sont partis avec quelques jeunes pour traverser la France avec leur banderole pour l'Égalité et contre le racisme. Soutenus par des comités de soutien issus de diverses associations, comme la Cimade de Lyon, ils furent accueillis dans les différentes villes traversées et arrivèrent à Paris le 3 décembre 1983, il y a trente années, avec un triomphe incroyable et cent mille personnes les attendant dans la capitale.

7767165536_la-marche-pour-l-egalite-et-contre-le-racisme-avait-ete-accueillie-par-plus-de-100-000-personnes-a-paris-le-3-decembre-1983-archives.jpgIls sont partis de Marseille le 15 octobre 1983, dans l'invisibilité totale de leur anonymat et puis la petite vague a grandi, grossi, pour devenir une marée immense qui entraîna ensuite la création de "Sos Racisme". 

Les Marcheurs ne voulaient pas de récupérations politiques, religieuses ou ethniques. Ils souhaitaient que cette marche demeure laïque, avec des valeurs universelles et humaines, comme la tolérance, le respect de la différence, l'égalité, le non-racisme. th-15.jpeg

Ils étaient non-violents et répétaient que la haine pour répondre à la haine n'était et n'est pas une solution. Ils ont obtenu la carte de séjour de dix ans pour les étrangers et le fait de ne pouvoir expulser hors de France un mineur de moins de dix-huit ans.

th-16.jpegAujourd'hui, trente ans ont passé et la France continue à expulser les Roms, à les prendre comme boucs-émissaires de la crise, à renvoyer des familles dans leur pays, avec des enfants nés en France, des enfants scolarisés, de jeunes étudiants. Des pères sont expulsés seuls, laissant en France épouses, femmes enceintes parfois, jeunes enfants devenus orphelins d'un papa encore vivant.  Il suffit de se rendre sur le site du Réseau d'Éducation sans frontières (Resf), pour comprendre que le chemin de La Marche est encore long avant de déposer nos souliers devant le sapin de la Paix, du droit d'Asile et de l'Égalité.

http://www.educationsansfrontieres.orgth-13.jpeg

Je lis dans certains forums sur le net des propos très durs et stigmatisants envers les Roms, comme quoi ce serait tous des voleurs, des personnes malfaisantes, des voyous taillés ainsi depuis l'enfance, tous bons à mettre dans un charter. Lorsque je les défends, je me fais casser tout bonnement, comme quoi il faudrait que je "redescende sur terre", que je devienne "lucide". Mais je vois ces familles dans des caravanes, dans des camps, sous des tentes, rejetés de partout, passant d'endroits sordides en lieux minables... Ce sont des êtres humains qui vivent la pauvreté, qui sont exclus, qui ressentent le froid de l'hiver... Je leur porte des vêtements autant que je peux... car rejeter, c'est tuer à petit feu... alors qu'accueillir et protéger, c'est donner de l'espoir.

th-7.jpegDurant des années, j'ai porté des projets d'amitié entre les peuples à travers la musique, à Bron, à Grenoble et ses banlieues, en Isère, créant : "Un archet pour la Paix" pour faire entrer dans les écoles et auprès des enfants cet esprit de tolérance et d'ouverture aux autres cultures, au respect des différences. Je continue de penser que toutes ces actions sont autant de petites gouttes déposées dans l'océan de l'Humain, afin de créer ce phare de la Conscience universelle qui brille dans l'inconscient collectif, pour une paix concrète et vivante.

Ce film de "LA MARCHE", réalisé par Nabil Ben Yadir, arrive juste au moment de l'anniversaire de la Marche de 1983. Il est juste et vrai. Il est authentique et sans recherche d'intérêt financier, puisqu'il a été demandé aux acteurs de gros sacrifices salariaux. Le réalisateur a préféré faire un grand film pour relater cet évènement plutôt que d'axer son énergie sur la recherche de gros moyens de réalisation. Ce film est d'un réalisme étonnant et d'une profondeur véridique.

th-11.jpegJe vous invite à courir le voir et vous marcherez tous ensemble vers le même but. Vous vivrez la même minute de recueillement, à travers laquelle le silence même pénètre à l'intérieur de la salle de cinéma, émotion palpable où les victimes mortes sont présentes avec nous, les vivants.

Oui, nous sommes vivants et nous avons encore le pouvoir de faire avancer l'Histoire avec humanisme et dans le respect de chacun, se rappelant que le sang qui coule dans nos veines est toujours rouge, quelque soit notre race, notre origine, notre sexe, notre ethnie... Que nous soyons noirs, rouges, blancs, jaunes, ocres, marrons, hommes ou femmes.Unknown.jpeg

Chloé LAROCHE 

 

"Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit."

"Un raciste est quelqu'un qui se trompe de colère."

 

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ARTICLE très complet, à lire,

de 

Mogniss H. Abdallah  :

 

http://www.gisti.org/doc/plein-droit/55/marche.html

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Plein Droit n° 55, décembre 2002
« Parcours, filières et trajectoires »

1983 :
La marche pour l’égalité

Mogniss H. Abdallah
Agence IM’média

"Le 3 décembre 1983 à Paris, cent mille personnes environ accueillent la Marche pour l’égalité et contre le racisme dans une ambiance de fête. Partie de Marseille le15 octobre 1983 dans l’indifférence quasi-générale, la Marche est peu à peu devenue un événement politique historique. Il sera considéré comme un acte fondateur pour la jeunesse des banlieues. A travers le pays, les jeunes issus de l’immigration mais aussi de nombreux Français se sont identifiés aux marcheurs et rejoindront ce que l’on nommera un temps le mouvement beur. Désormais, les Beurs ne sont plus seulement les enfants d’immigrés invisibles, mais bien des acteurs à part entière de la société française. Cette nouvelle donne va bouleverser la perception de l’immigration et redessiner le paysage politique antiraciste.

A l’origine de la Marche, il y a les événements dans la ZUP des Minguettes, à Vénissieux (Rhône). Depuis l’été 1981, les affrontements entre les jeunes et la police dans les banlieues de l’est lyonnais, médiatisés à travers les fameux « rodéos » automobiles, prennent un tournant politique. En effet, la droite, encore sous le coup de sa déroute électorale de 1981, a décidé de relever la tête en attaquant le gouvernement sur la question de l’immigration et de la sécurité.

Dans les banlieues ouvrières, à Lyon comme ailleurs, la crise avec son lot de licenciements et de fermetures d’usines, aggrave les tensions. Le tissu social se délite de jour en jour avec le départ de nombreux habitants (sur 9 200 logements aux Minguettes, 2 000 à 3 000 étaient vides en 1983). Alors, les lascars « rouillent » au bas des tours, s’approprient caves ou appartements vides, et se débrouillent pour vivre. Le chômage s’installe dans les têtes et dans la vie. A défaut de travail, ils trouvent d’autres sources de revenus, plus ou moins licites. Cependant, le marché de la drogue (dure) n’a pas encore totalement envahi les cités lyonnaises.

La police rôde, à la recherche surtout de jeunes issus de l’immigration qu’elle considère avant tout comme des « délinquants étrangers ». L’idée que ces derniers ne puissent plus être expulsés depuis les nouvelles dispositions législatives protégeant les étrangers arrivés avant l’âge de dix ans et coupables de petits délits choque la base policière. (A la veille des élections présidentielles, une grève de la faim de Christian Delorme, Jean Costil et Ahmed Boukhouna avait permis l’arrêt des expulsions des jeunes [1]). Qu’à cela ne tienne : un processus policier et médiatique de criminalisation du mode de vie des jeunes tend à faire l’amalgame entre révolte sociale, petite délinquance parfois crapuleuse et grand banditisme pour faire pression sur les décideurs politiques, accusés de laxisme vis-à-vis de l’instauration de « sanctuaires de hors-la-loi » et autres « zones interdites ».

L’argument de l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat fait mouche auprès du ministre de tutelle des policiers, Gaston Defferre, mais aussi auprès du ministre de la défense Charles Hernu. Ce dernier, par ailleurs maire de Villeurbanne dans l’est lyonnais, n’a pas hésité à détruire la cité Olivier de Serres. Dès 1982, Gaston Defferre s’oppose au ministre de la justice Robert Badinter et à ses velléités d’exercer un contrôle sur la police. A l’occasion des débats parlementaires autour de son projet de loi pour renforcer les contrôles d’identité, le ministre de l’intérieur stigmatise la dangerosité d’enfants qui « parfois à l’âge de six ans et, en tout cas, couramment à dix ans », volent et cassent. Aussi préconise-t-il le principe du « choc salutaire », c’est-à-dire de la prison pour traiter la petite délinquance, une idée importée des Etats-Unis en 1976 par Peyrefitte, ainsi que la répression d’« illégalismes populaires » jusque-là tolérés. Enfin, il avance la notion de « lieux déterminés » à surveiller, voire à pacifier (Le Monde, 15 juin 1982). Par ailleurs, il ne veut pas entendre parler d’« une commission qui serait chargée d’examiner les litiges mettant en cause la police » . La police doit avoir le mot de la fin...

SOS Avenir Minguettes

Au lendemain des élections municipales de mars 1983 marquées par une surenchère raciste et sécuritaire qui fait le lit d’un Front national devenu pour la première fois une force politique nationale, le meurtrier du jeune Ahmed Boutelja de Bron (Est lyonnais) jusque-là en détention préventive est remis en liberté (son procès n’aura lieu qu’en 1995). Le surlendemain, une imposante descente de police aux Minguettes pour une histoire de recel se transforme en affrontement collectif. Le local des jeunes à la tour 10 du quartier Monmousseau est retourné sens dessus-dessous, des mères de famille sont molestées.

Ces violences mettent le feu aux poudres. Les policiers sont obligés de battre en retraite. Les jours suivants, leurs syndicats se lancent dans une virulente campagne publique, saisissent le pouvoir central et menacent le pouvoir d’« actes d’indiscipline » (demandes de mutation en masse, dépôt des armes ...). Ils exigent « la reprise des expulsions et des peines exemplaires pour les meneurs et leurs complices, des opérations systématiques de police avec de nombreux effectifs équipés de moyens pour le maintien de l’ordre », ainsi que « le quadrillage de la commune ».

Dans ce contexte, une douzaine de jeunes décident d’une grève de la faim pour interpeller les pouvoirs publics sur une situation qui peut dégénérer à tout moment. Ils créent l’association SOS Avenir Minguettes et formulent une série de revendications concernant la police ou la justice (arrêt de l’intimidation policière permanente et des poursuites judiciaires consécutives aux événements du 21 mars 1983, création d’une commission d’enquête indépendante sur les « contentieux » avec certains policiers), et la participation à la réhabilitation de la ZUP (embauche sur le chantier, relogement des familles dites « lourdes »...). Si les pouvoirs publics acceptent la négociation, après la médiation active de Christian Delorme, le curé des Minguettes, ils est selon eux impossible de répondre favorablement aux demandes qui concernent le volet police-justice. Néanmoins, ils proposent à Christian Delorme et à Toumi Djaïdja, président de SOS Avenir Minguettes, de participer à la nouvelle commission communale de prévention de la délinquance, où ils ne peuvent émettre leur avis qu’à titre consultatif. Mais les policiers refusent de s’asseoir à la même table que des « délinquants ».

Sur le terrain, les incidents se multiplient. A quelques jours de la destruction spectaculaire d’une première tour à Monmousseau, la police fait une descente brutale dans le petit centre commercial et arrête Kamel, un des grévistes de la faim. Le 20 juin 1983, un policier tire sur Toumi Djaïdja, le blessant grièvement au ventre.

Pendant ce temps, éclate « l’été meurtrier »: Aux quatre coins de France, les crimes racistes se multiplient. L’émoi est à son comble avec la mort du petit Toufik, neuf ans, abattu d’un coup de 22 long rifle la veille du 14 juillet par un ouvrier irascible à la Courneuve.

S’adresser à la France entière

Sur son lit d’hôpital, Toumi se demande quoi faire pour sortir de l’isolement et de la haine réciproque. Lors d’une discussion avec Christian Delorme, surgit alors l’idée de « s’adresser à la France entière par une grande Marche », comme celles de Gandhi ou de Martin Luther King. L’idée séduit d’emblée les jeunes, qui veulent démarrer la Marche sans attendre. Christian Delorme leur demande un peu de patience. Une initiative d’une telle ampleur, ça s’organise. Les jeunes acceptent à contre-coeur et délèguent l’organisation à la Cimade de Lyon, ainsi qu’au MAN (mouvement pour une alternative non-violente). Christian Delorme et le pasteur Jean Costil obtiendront l’appui des réseaux chrétiens, humanistes et anti-racistes qui avaient permis à leur grève de la faim d’avril 1981 contre les expulsions d’aboutir. Le soutien des protestants, bien représentés au gouvernement, sera aussi particulièrement important pour la suite.

Des collectifs d’accueil se constituent dans plusieurs villes, avant et surtout pendant la Marche. On y trouve les associations de solidarité avec les travailleurs immigrés, les organisations politiques et syndicales, mais aussi beaucoup d’individus « inorganisés », souvent très jeunes, qui affluent, donnant des airs de happening improvisé et « affinitaire » à bien des étapes. Parmi les marcheurs, beaucoup se présentent comme de jeunes Arabes, et arborent le keffieh palestinien. De fait, leur nouvelle communauté d’expérience transcende les frontières entre deuxième génération d’immigrés de nationalité française ou étrangère et enfants de harkis, entre communautés, entre filles et garçons. Si la présence des filles d’immigrés a été remarquée, on n’a sans doute pas assez relevé que la dynamique interculturelle de la Marche est aussi passée par une recomposition intra-communautaire (une meilleure prise en compte de cet aspect aurait sans doute aidé à surpasser le clivage ouverture interculturelle/repli communautaire qui hypothèquera l’après-Marche et l’avenir du mouvement beur).

A Paris, le collectif jeunes qui centralise l’accueil sur la capitale, s’autonomise par rapport au cartel d’organisations de soutien et se transforme en « parlement beur ». Les militants antiracistes, davantage habitués à la figure traditionnelle du travailleur ou de leur alter-ego immigré, sont médusés par le débarquement inattendu de ces enfants d’immigrés à la verve bien française. Ils passent le relais, tout en s’interrogeant sur leur place dans un tel mouvement. Cette cure de jouvence in situ du sérail anti-raciste va permettre à la Marche et aux collectifs de se dégager des logiques d’appareils et des rhétoriques idéologiques.

Ce sont donc les marcheurs qui décident et qui prennent la parole à chaque étape, davantage sur le mode affectif que politique. Craignant le risque de « récupération », ils interdisent banderoles et slogans jugés trop polémiques. Pour rassembler large, la Marche adopte d’ailleurs un profil revendicatif discret, dans l’espoir de voir la « France profonde » fraterniser avec la jeunesse issue de l’immigration ou des cités maudites.

Les médias, progressivement séduits par cette image positive, généreuse et oecuménique, en rajouteront. Ils portent aux nues des « apôtres de la non-violence », une terminologie quasi-biblique dont les marcheurs ne seront pas dupes, comme le laissera entendre Bouzid Kara, un de leurs porte-parole, dans son livre La Marche, traversée de la France profonde (édition Sindbad, 1984). Le père Christian Delorme semble davantage dans son rôle lorsqu’il évoque son souci de l’unanimité ou la « fraternité vécue » comme une valeur essentielle de la République... et de sa foi chrétienne. Son « âme missionnaire » et sa « stratégie des coulisses » du pouvoir sont contestées par certaines associations autonomes de jeunes issus de l’immigration, qui interpellent parfois rudement les marcheurs. Ces derniers, interloqués, feront le dos rond pour parachever leur périple, mais ils resteront en contact par la suite avec les partisans de l’auto-organisation.

Ceci étant, la critique dite « radicale » de la Marche, formulée de l’extérieur, incantatoire et abstraite, paraît plutôt démobilisatrice et en décalage complet par rapport à l’énergie et la capacité d’initiative forte manifestées par la Marche. Sous une référence plutôt confuse à la « non-violence », les marcheurs expérimentent en réalité de nouvelles voies pour sortir d’une révolte épidermique et défensive. Ils s’affirment dorénavant comme acteurs citoyens dans l’espace public.

De fait, il y aura plusieurs Marches dans la Marche, avec des préoccupations différentes. Il s’agit alors de se côtoyer sans s’exclure, mais aussi sans éviter le débat contradictoire.

Exorciser le syndrome de Dreux

La recherche d’un consensus moral fait passer au second plan par exemple les revendications premières autour de la police et la justice, trop conflictuelles, rappelées néanmoins par des forums justice organisés dans la même période par des associations autonomes à Marseille, Vaulx-en-Velin, Nanterre et Levallois. Et la réalité se chargera de rattraper la Marche : la mort de Habib Grimzi, un jeune algérien défenestré dans le train Bordeaux-Vintimille, ainsi que de nouvelles exactions policières aux Minguettes, vont doper sa dimension revendicative.

A l’arrivée, les jeunes et les familles défileront aux côtés des marcheurs avec les portraits des victimes des crimes racistes et sécuritaires, en scandant « Egalité des droits, justice pour tous ».

L’interpellation morale de la société civile a aussi pour certains comme objectif de provoquer un examen de conscience du pays, un sursaut civique afin d’exorciser le syndrome de Dreux – où la droite traditionnelle, alliée avec le FN, a emporté la mairie lors d’une municipale partielle en septembre 1983 . Le front républicain, au-delà des clivages gauche-droite, est déjà en gestation. A l’arrivée, le gouvernement et des élus républicains des deux bords rejoignent en fanfare les marcheurs. Georgina Dufoix, ministre des affaires sociales, assure que de nouvelles mesures contre le racisme vont être prises. Le président Mitterrand reçoit les marcheurs à l’Elysée et annonce la création prochaine de la carte unique de dix ans pour les étrangers, (en remplacement des cartes de séjour et de travail), et « des mesures de principe pour que justice soit rendue aux jeunes victimes et à leur famille » (limitation des ventes d’armes, possibilité pour les associations de quartier de se constituer partie civile dans les affaires de crimes racistes, etc.) En outre, le développement social des quartiers sera désormais considéré comme une priorité nationale.

Dans la foulée, une multitude d’associations de jeunes vont surgir. Après la reconnaissance publique du phénomène « beur », c’est la course à la représentativité et aux fonds publics. En effet, trois semaines seulement après l’euphorie de la Marche, les affrontements raciaux entre grévistes et non-grévistes à Talbot-Poissy sonnent déjà le glas de l’idylle. Les marcheurs soutiennent les travailleurs immigrés licenciés, signifiant par là-même leur refus de jouer la division entre les enfants, accueillis à bras ouverts au sein de la République, et les parents O.S. virés par milliers des usines. Ils feront, après le succès symbolique de la Marche, un retour sur eux-mêmes et sur leur situation sociale. Et là, tout reste à faire... d’autant que, sur le terrain, le message politique du 3 décembre 1983 ne passe toujours pas. Ainsi Toumi Djaïdja, figure emblématique de la Marche, comparaîtra-t-il en octobre 1984 devant le tribunal correctionnel de Saint-Etienne pour des faits allégués de petite délinquance commis en... 1982. « Défavorablement connu des services de police et de justice », « meneur vedette des Minguettes », il sera condamné « pour l’exemple » à quinze mois fermes et arrêté à la barre. C’est en prison, isolé, qu’il apprendra les pérégrinations d’une nouvelle Marche à mobylette, Convergence 84, et le lancement, sponsorisé par l’Etat et les médias, de SOS- Racisme. « Touche pas à mon pote », qu’ils disaient...".

 


 

Notes

[1] La suspension des expulsions de jeunes fut d’abord décidée par le ministre de l’intérieur Christian Bonnet pour pemettre l’arrêt de la grève de la faim. Puis la loi du 29 octobre 1981 sur l’entrée et le séjour des étrangers introduisit, parmi les catégories d’étrangers non expulsables, les mineurs de moins de dix-huit ans et les étrangers nés en France ou arrivés avant l’âge de dix ans, sauf en cas de menace grave à l’ordre public.

 

14/01/2013

L'Odyssée de PI. Une traversée de la vie, de nos vies. Traduction de ce film et symbolisme.

L-Odyssee-de-Pi-3D_portrait_w193h257.jpgBonsoir à tous et toutes,


Le film "L'Odyssée de PI" de Ang Lee nous emporte dans un tourbillon d'images, de pensées et d'émotions incroyables.

Nous vivons avec PI, ce garçon ayant traversé l'océan avec un tigre, l'aventure intérieure d'un homme trouvant un courage et une force extraordinaire pour survivre et trouver un sens à son drame.images.jpeg

Cet homme a embrassé les trois religions tout jeune, pensant que la maison de Dieu comporte plusieurs pièces et qu'à chaque étage, il y a la place pour le doute. Le doute permet à mon sens d'asseoir une croyance sincère et profonde. Car sans doute et sans recherche personnelle, la foi n'est qu'une imposition, un marquage au fer de l'éducation.

images-3.jpegLe jeune homme se retrouve face au tigre de son enfance, sur une barque, seul sur l'océan. J'ai fait le parallèle avec le fait de se retrouver face à nos peurs, à notre passé, à notre inconscient, à nos blessures, à nos traumatismes, à notre tigre intérieur, celui que nous devons apprivoiser pour avancer et grandir. Le tigre est notre totem, comme l'animal en nous pouvant devenir notre allié, avec nos pulsions, nos colères, notre sensualité, notre animalité qui, devenue soumise à notre âme, peut transformer notre vie en oasis, en havre de paix et de sérénité.Unknown.jpeg

Ce tigre du Bengale est beau, majestueux, mais il fait peur. Pourtant, Pi va arriver à le soumettre, à vivre avec lui, à se faire respecter sans lui faire de mal, sans le tuer, et même en le sauvant. Mais en le sauvant, il s'est sauvé lui-même, car en le tuant, il se serait mutilé à jamais du meilleur de son être.

images-1.jpegEt puis, il admire le monde, PI. Il admire l'océan, le ciel, les profondeurs, la lumière, la tempête. Il laisse couler les larmes du deuil de ses parents, morts dans la tempête. Il pleure son frère. Il est seul désormais et apprend le renoncement. Le renoncement appelant l'acceptation de son destin.

PI vit la réalité des survivants, ceux qui sont seuls à rester vivants alors que les autres sont morts. Cette réalité est difficile à vivre car on voudrait pouvoir être partis avec ceux qu'on aime mais on doit vivre le restant de notre destin, sans rechigner à la tâche qui nous reste à accomplir.

La sagesse est de renoncer à ce qui a été, au bonheur antérieur vécu pour aller vers d'autres rives, vers d'autres îles, vers d'autres amours, vers d'autres liens humains.porte-coup-ah-coeur-rose-img.jpg

PI, je te remercie et je remercie le tigre qui est en nous, en moi, en toi... Qu'il nous protège à jamais dans la jungle de la vie que nous traversons.

odyssee-pi-featurette-voyage_5azzd_2bxgbe.jpgChloé LAROCHE



29/12/2012

Grande tristesse pour la jeune femme indienne décédée cette nuit, après avoir subi un viol collectif et jetée du bus en Inde le 16 décembre.

"Une nation n'est pas perdueinde,viol,viol collectif,femme décédée,indienne,crime,barre de fer,bus,jetée du bus,singapour,hôpital,politique,gouvernement indien,police,laxisme,cinéma,pauvre,kiné,étudiant,manifestation,violence,violence contre femmes,homme,sexe,violence sexuelle,new delhi,suicide,septicémie,médecin,vivre,vie,mort,tristesse,deuil,ange,au-delà,croire,espoir,femme,souffrance,droits femmes,monde,actualité,planète,info,mondial,indignation collective tant que les femmes gardent le moral. Mais si les femmes perdent courage, la nation s'éteint."

(paroles amérindiennes....)

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Bonjour à tous et toutes,

 

Une jeune femme, étudiante en kinésithérapie, a été violée en Inde, à New Delhi, le 16 décembre par cinq hommes, battue à coups de barre de fer et jetée du bus où elle était. Elle vient de décéder... Elle avait vingt-trois ans. Cette jeune fille voulait vivre, elle l'avait dit à sa mère, mais son état devait être au plus mal, après ce qu'elle a subi, plus jetée du bus.inde,viol,viol collectif,femme décédée,indienne,crime,barre de fer,bus,jetée du bus,singapour,hôpital,politique,gouvernement indien,police,laxisme,cinéma,pauvre,kiné,étudiant,manifestation,violence,violence contre femmes,homme,sexe,violence sexuelle,new delhi,suicide,septicémie,médecin,vivre,vie,mort,tristesse,deuil,ange,au-delà,croire,espoir,femme,souffrance,droits femmes,monde,actualité,planète,info,mondial,indignation collective

Ces hommes l'ont violée et aussi agressée sexuellement avec une barre de fer rouillée, lui perforant les intestins. Ses blessures et traumatismes étaient si graves que l'équipe importante en nombre qui s'est occupé d'elle n'a pu la sauver, à l'hôpital de Singapour. C'est un grand malheur. Ses parents sont pauvres et se sont privés pour offrir des études à leur fille. Ils l'adoraient et doivent être effondrés, au pire du pire des épreuves de la terre.

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L'Inde est soulevée ce matin et il y a des manifestations de partout. Certains parlent de rétablir la peine de mort contre ces hommes qui ont commis ces atrocités, tellement les indiens sont en colère.  Quatre-vingt-dix pour cent des violences graves le sont contre des femmes là-bas. 256.329 crimes violents ont été commis en 2011 en Inde... Faites le calcul pour trouver les quatre-vingt-dix pour cent concernant les femmes...

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Une autre jeune fille indienne de dix-sept ans vient de se suicider, après avoir été violée par un groupe. Le policier lui a proposé de retirer sa plainte et d'accepter de se marier avec l'un des agresseurs.

J'envoie toutes mes condoléances à la famille de ces jeunes femmes. Je pense aussi à toutes celles dont on ne parle pas et dont on ne connaîtra jamais le sort effroyable.

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Chloé LAROCHEinde,viol,viol collectif,femme décédée,indienne,crime,barre de fer,bus,jetée du bus,singapour,hôpital,politique,gouvernement indien,police,laxisme,cinéma,pauvre,kiné,étudiant,manifestation,violence,violence contre femmes,homme,sexe,violence sexuelle,new delhi,suicide,septicémie,médecin,vivre,vie,mort,tristesse,deuil,ange,au-delà,croire,espoir,femme,souffrance,droits femmes,monde,actualité,planète,info,mondial,indignation collectiveinde,viol,viol collectif,femme décédée,indienne,crime,barre de fer,bus,jetée du bus,singapour,hôpital,politique,gouvernement indien,police,laxisme,cinéma,pauvre,kiné,étudiant,manifestation,violence,violence contre femmes,homme,sexe,violence sexuelle,new delhi,suicide,septicémie,médecin,vivre,vie,mort,tristesse,deuil,ange,au-delà,croire,espoir,femme,souffrance,droits femmes,monde,actualité,planète,info,mondial,indignation collective

 

03/11/2012

Le film "AMOUR" avec Jean-Louis TRINTIGNANT et Emmanuelle RIVA, un chef d'oeuvre qui nous renvoie à l'importance des soins palliatifs.


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Bonjour à tous et toutes,

 


Je suis allée voir le film "AMOUR" dernièrement, à sa sortie sur nos écrans, réalisé par Michael HANEKE. Celui-ci a réussi la "prouesse" de nous faire vivre en huis clos avec trois acteurs... la lente agonie d'une femme et l'amour infini d'un homme. 


C'est une oeuvre triste à mourir… mais qui nous place directement dans un bain de vie et de dévouement, celui de Jean-Louis Trintignant… ce qui finalement nous donne l'envie de vivre, puisqu'on se dit que notre santé, celle qui nous reste, est bien précieuse avant la fin qui pourrait nous attendre et dont on ne connaît pas les tenants ni les aboutissants.20121558.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120528_085925.jpg


Le fait que Jean-Louis Trintignant ait perdu sa fille l'a poussé à jouer ce rôle montrant la fin de vie d'une dame âgée, selon ses propres paroles. Il joue avec toute sa générosité mais va jusqu'aux limites de sa propre humanité… en tuant sa femme à la fin, dans un acte désespéré, dans lequel on lit toutes les limites d'un accompagnement isolé et sans l'aide de personnels qualifiés.

 

images-1.jpegCe film pose beaucoup de questions, dont celles de la douleur et de la souffrance. Cette réalisation grandiose pour l'humain pose aussi la question de l'importance du service en hôpital des soins palliatifs que je défends, dont le personnel se bat pour que les mourants ne souffrent pas. Cette femme jouée par Emmanuelle RIVA disait qu'elle avait MAL et personne ne l'entendait. Son mari préférait lui raconter une histoire pendant ses râles. Aujourd'hui, les services de soins palliatifs existent avec du personnel qualifié et les personnes peuvent partir accompagnées et dignement, sans souffrir le martyr. amour,film,cinéma,haneke,emmanuelle riva,jean-louis trintignant,mort,fin de vie,avc,domicile,isolement,dévouement,couple,huis clos,aide,soutien,jalmalv,écoute,mal,douleur,hôpital,soins palliatifs,bénévole,alzheimer,personne âgée,mariage,vieillesse,souffrance,soulagement,illusion,égoïsme,euthanasie,actualité,france,europe,vie,courage,deuil,oeuvre,cannes,acteur,mourant,dignité,sacrifice,crime

 

En tout cas, je n'appelle pas ça de l'amour de devoir tuer l'autre pour qu'il se libère de son corps. Une femme m'a rétorqué lors d'une discussion qu'on peut "tuer par amour"… comme si cela était normal. Elle pensait sûrement à l'euthanasie. Sauf qu'il y a des règles dans l'euthanasie et dans les pays qui la pratiquent. Et puis, tuer la personne qui va partir, est-ce une solution ? 

 

44pgwvy4.jpgIl faut le temps pour les familles, le temps de dire au revoir, le temps de se préparer, le temps d'échanger avec des bénévoles qualifiés pour l'écoute. Il existe l'association JALMALV qui forme des bénévoles pour tous les hôpitaux et leurs soins palliatifs, des bénévoles qui vont accompagner des personnes en train de mourir, pour lesquelles il n'est pratiqué désormais aucun acharnement thérapeutique.

 

"Le bénévole est là, présent, disponible, pour écouter, parfois pour briser la solitude de celui ou celle qui fait face à la maladie et à la mort. Il ne remplace pas les soignants ni les proches de la personne malade. L'accompagnant est un témoin, un être humain qui exprime simplement sa solidarité avec un autre être humain, dans le respect des différences et du désir de celui qu’il accompagne."


(Société Française d'Accompagnement et de soins palliatifs).

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On ne sort pas de ce film comme on est entré… si on n'a jamais été confronté à la mort et au handicap.  Et si on a déjà été confronté à la mort ou à la maladie de proches, alors on se sent compris en regardant ce film qui va au coeur du mystère de la fin de vie. Je trouve qu'il est important en Occident qu'on arrête de fuir toutes les questions de la mort et du deuil... ce qui ferait que les endeuillés seraient un peu moins seuls et écartés de la société qu'ils ne le sont aujourd'hui.


Quand on est en deuil et qu'on regarde ce film en compagnie de dizaines de personnes silencieuses dans une salle noire, on ressent une compréhension collective nous entourant et nous sortant soudainement de notre isolement. 

 

Et quand on a perdu son enfant comme il m'est arrivé malheureusement, on ressent, en regardant Jean-Louis Trintignant jouer dans ce film, du courage, de la force et une connivence qui nous rapproche de l'espérance de la vie et de la sincérité.

 


Chloé Laroche


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LIRE  http://www.sfap.org/content/définition-des-soins-palliatifs-et-de-laccompagnement



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01/05/2012

Au Bénin, existe une pratique terrible d'infanticide sur certains enfants, racontée dans le nouveau film de Christine François : "Le secret de l'Enfant-Fourmi" attendu le 2 mai.

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Je suis dans l'attente de voir ce film qui sort demain, le 2 mai, dans les salles.

Ce film s'appelle "Le secret de l'Enfant-Fourmi", tourné par Christine François.

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C'est l'histoire d'une femme de trente ans partie en Afrique à la poursuite d'un amour perdu qui rencontre une femme au Bénin, une maman lui remettant son bébé dans l'urgence et s'enfuyant sans explications. Audrey Dana garde finalement l'enfant avec elle, l'adoptant et l'emmenant en France. Elle revient au Bénin lorsque son fils a sept ans et présente des troubles psychologiques, afin de retrouver le secret de cette adoption.

Ce film s'appuie sur des centaines de témoignages réels concernant des infanticides rituels sur des enfants dits "démoniaques" pratiqués au Bénin, surtout dans le Nord du pays.bénin,le secret de l'enfant-fourmi,christine françois,infanticide,forces démoniaques,vaudou,sorcier,sorcellerie,nord bénin,afrique,tradition,croyance,religion,mère,adoption,enfant,crime,rituel,audrey dana,voyage,urgence,agir,cinéma,film,foi,voile,excision,femme lapidée,adultère,fuite,témoignage,inconscient collectif,femme,superstition,trouble psychologique,esprit,danger,sauver,politique,lâcheté

Ces infanticides sont basés sur des superstitions attisées par certains sorciers, lesquels se nourrissent de l'observation de certains signes, comme de prendre en compte l’endroit précis où poussent les dents de lait, ainsi que la position du bébé au moment de l’accouchement, sans oublier la prématurité ou l'impression que l'enfant serait habité par des forces démoniaques ou bien présenterait un comportement déviant ou difficile à gérer.

Le village se sent menacé et se protège donc en sacrifiant l'enfant qui représente un danger pour l'évolution du groupe.

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Quelle est cette pudeur extrême et lâche qui oblige certains de mes compatriotes à dire : "On ne touche pas aux traditions des autres peuples, par respect, par principe de non-jugement d'autrui."

Désolée, moi je juge, comme je juge l'excision et sa pratique monstrueuse sur les petites filles et les femmes.

Je juge aussi cette croyance qui fait dire encore à certains croyants d'une certaine religion que c'est bien de lapider et de punir les femmes ayant commis l'adultère. Et qui dit aussi que la femme n'a pas à connaître le plaisir mais doit seulement se dévouer à en donner à son mari. Et qui dit encore que la femme doit se voiler afin de ne pas attiser le désir chez les autres, les hommes mâles étant si faibles qu'ils ne peuvent maîtriser leur convoitise.

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Le "passé lointain" dont je parle correspond à l'inertie d'un héritage familial et béninois lié à certaines forces du Vaudou qui rôdent dans ce pays, jusque dans l'inconscient des enfants. Je dis "certaines" car il n'est pas question de diaboliser le Vaudou.. mais certaines pratiques peuvent attirer des esprits inférieurs, par l'utilisation de certaines sorcelleries, de poupées, instruments magiques de torture, de certains esprits appelés les Lwas et pouvant entrer en contact direct avec les humains, après appel des sorciers. Les rituels nombreux faits dans ce sens sont présents dans l'inconscient et le patrimoine collectif de ce pays. Un rituel n'est jamais innocent et marque à jamais les esprits. Il peut enchaîner des êtres à ce qui s'appelle le contraire de la liberté des âmes.bénin,le secret de l'enfant-fourmi,christine françois,infanticide,forces démoniaques,vaudou,sorcier,sorcellerie,nord bénin,afrique,tradition,croyance,religion,mère,adoption,enfant,crime,rituel,audrey dana,voyage,urgence,agir,cinéma,film,foi,voile,excision,femme lapidée,adultère,fuite,témoignage,inconscient collectif,femme,superstition,trouble psychologique,esprit,danger,sauver,politique,lâcheté

Des béninois commencent à se poser des questions sur le bien-fondé de la pratique de l'infanticide liée à la tradition et entretenue par certains sorciers. Quand une maman béninoise a déjà vu sacrifier trois enfants sortis de son ventre, comment ne peut-elle pas être dans la révolte et le combat contre des pratiques à condamner définitivement ?

Ce film va faire le tour du Bénin. Je prie secrètement pour qu'il ouvre les yeux de ses habitants, certains ayant déjà le coeur grand ouvert à l'indignation et soutenant à contre-courant ce film courageux.

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14/11/2011

"Toutes nos envies", "Intouchables" et "L'Exercice de l'État". Ces trois films ont en commun de traiter de la mort ou du handicap et de l'essentiel de la vie, même si la dernière toile paraît ne traiter que de politique.

19732553.jpg-c_100_100_0-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20110506_091325.jpgBonjour à tous et toutes,

 

 

Trois films m'ont bouleversée ces derniers temps : "Toutes nos envies", "Intouchables" et "L'Exercice de l'État".

 

Ces trois films ont en commun de traiter de la mort ou du handicap et de l'essentiel de la vie, même si la dernière toile paraît ne traiter que de politique, ce qui est faux, lorsqu'on approfondit l'histoire. 19826698.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20111010_054130.jpg

 

"Toutes nos envies" est un film qui bouscule, qui va chercher dans les tripes, il renvoie à nos vies, c'est un film doux et si fort, un regard sur une existence, celle de Claire, une femme de conviction, qui porte un idéal et qui meurt telle une étoile filante en ayant accompli le voeu d'une femme endettée et broyée par une société qui donne sa priorité à la consommation, Céline.19777518.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20110713_025416.jpg

 

Stéphane, joué par Vincent Lindon, arrive dans l'existence de Claire comme Driss arrive dans celle de Philippe, handicapé tétraplégique dans "Intouchables".

 

On retrouve dans les deux films un duo fait d'amitié et de jeu de complicité allant au-delà de l'amour et de la sexualité vers l'essentiel de l'humain : comment être là pour accompagner l'être souffrant qui se trouve devant nous et pour qui nous avons de l'empathie ?

 

toutes-nos-envies-2011-21233-890338229.jpgRespecter les envies de l'autre, le rendre intouchable à la  vilenie humaine et aux mauvais regards de la bienséance. De cette bienséance qui empêcherait une femme condamnée par un cancer d'avoir un ami proche parce qu'elle a un mari.

 

De ce confort  "petit bourgeois" qui empêcherait un être handicapé de sauter en parapente mais qui s'en donne le droit devant toutes les conventions de la société.

 

exercice-de-l-etat-93c4a.jpg"L'Exercice de l'État" est aussi un film puissant et redoutable sur les relations humaines mais ce qui m'a particulièrement touchée, c'est la mort du chauffeur du ministre, chauffeur qui a payé de sa vie pour une raison d'État. Prendre une autoroute non terminée et c'est l'accident. Un homme détruit par le chômage, vivant dans une caravane… Un homme qui ne parlait pas, ne disait rien. Le ministre avait préparé des mots qu'il dit finalement tout bas  et qui peuvent être résumés ainsi :  "Cet homme, mon chauffeur, faisait partie des braves de ce monde qui savent que parler ne sert à rien et que de toute façon, tout est appelé à la perte. Alors ils se taisent, lucides sur le monde. Il était de ces êtres sensibles et conscients de la manipulation des grands de ce monde sur les plus faibles, les plus pauvres."19807638.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20110906_041313.jpg

 

Dans ce film de Pierre Schoeller, nous voyons le Ministre des Transports, joué par Olivier Gourmet, arriver sur le lieu d'un accident de car, où des enfants sont morts ou blessés. C'est terrible de constater qu'un drame tel que celui-ci permet à certains d'asseoir leur pouvoir, au travers de discours, de places politiques, de compassion déversée devant des médias choisis pour cela. Les victimes sont des pions, les petites gens des numéros et finalement, le jeu du pouvoir manipule les foules, sans qu'elles n'y puissent grand chose. Et c'est si vrai aujourd'hui.


Sauf que dans "Toutes nos envies" de Philippe Lioret , on voit deux juges qui se battent pour que la société change et ils y arrivent. En plus, c'est une histoire vraie, puisque ces deux juges ont existé à saint Étienne et ont réussi à aider de nombreuses personnes surendettées. Ce qui apporte de l'espoir au fait que chacun peut apporter son énergie et son intégrité afin de faire avancer notre monde vers plus d'équité.1595283_3_f21f_marie-gillain-dans-le-film-francais-de-philippe.jpg

 

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Le 11 / 11 / 2011, beaucoup de personnes avaient appelé à se retrouver pour plus de fraternité, plus de cohésion humaine.

 


toutes-nos-envies-2011-21233-1163562549.jpgCe jour-là, j'ai rencontré en randonnée un homme qui a perdu deux filles, une par un suicide il y a quatorze ans et une emportée par un cancer, il y a deux ans. Je l'ai écouté et ai frémi d'entendre autant de douleur et autant de vie poursuivie d'arrache-pied, au-delà de tout mot, de tous maux. La résilience est là, quand l'homme peut encore avancer et vivre dans le cirque de la vie, à marcher dans les feuilles de l'automne, au crépuscule de sa vie.

 

À 11 h ce jour-là, j'ai joué de la flûte dans la forêt de Chalais et quelques notes sont montées vers le ciel, envoyées dans l'espace pour plus de légèreté dans les coeurs.DSC_3016.jpg

 

P1100378.JPGCoeurs lourds des souffrances de ce monde, où on peut laisser une jeune femme, une de mes amies, se débattre seule avec ses deux parents âgés, deux parents dont la mère devenue sénile a cassé le bras et la jambe de son mari parce que devenue violente et incontrôlable. Personne n'intervient, il n'y a plus de moyens. Les gens se sentent seuls, comme cette mère face à cette réponse du Samu, une mère dont l'adolescente devient incontrôlable et se met à tout casser chez elle : "Lancez-lui un verre d'eau à la figure, ça va la calmer, ou bien vous la mettez dehors, elle se calmera."

 


Coeurs lourds de notre société où il n'y a plus de place pour accueillir les anciens… problème qui va s'étendre, INTOUCHABLE et insondable dans l'Exercice du Pouvoir, cette politique qui prend des décisions à l'encontre du réalisme de la vie actuelle, à l'encontre de TOUTES NOS ENVIES.toutes-nos-envies-2011-21233-644632435.jpg

 

P1100361.JPGChloé LAROCHE

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30/10/2011

Polisse, un film sur la Police dont on ne ressort pas les yeux secs mais le coeur en miettes.


polisse,maiwenn le besco,karin viard,joey starr,cinema,brigade des mineurs,police,cannes,festival,film,pédophilie,maltraitance,angeBonjour à tous et toutes,

 

Voir le film POLISSE est une obligation dans notre monde parfois trop policé, je veux dire trop poli par absence de réaction devant la misère de certaines familles, misère affective, misère pécunière, misère du deuil, du divorce, de la pédophilie.

 

Ce film est profond, d'une vulgarité absolue, de celle qui retrace la vérité vécue par les enfants violés, victimes d'un père, d'une mère, d'un malade sexuel, d'un enseignant, d'un grand-père. Il exprime la détresse de nombreux parents et n'oublie pas celle des policiers en prise avec leur métier, ayant eux-mêmes leurs propres vies.

 

Il raconte le quotidien de la Brigade de Protection des mineurs et a été tourné en accord avec la réalité de faits vécus réellement dans la Brigade. Sa réalisatrice est Maïwenn Le Besco qui nous offre un film grandiose par sa beauté humaine mais qui nous laisse en larmes à la fin du film, lorsque la vie bascule, celle d'une femme qui a donné sa vie pour un métier qu'elle aime, alors que l'enfant qu'elle a arraché à un pédophile se remet à être heureux, malgré ses blessures.polisse,maiwenn le besco,karin viard,joey starr,cinema,brigade des mineurs,police,cannes,festival,film,pédophilie,maltraitance,ange

 

Polisse est joué par des acteurs excellents, des acteurs comme Karin Viard ou Joey Starr, d'une justesse sans faille, avec une perfection sur le métier de policier qui atteint son apogée à une période, une époque, où ce métier est si durement touché par les suicides, par le manque de moyen, par une escalade de la violence et des maltraitances sur les enfants.

 

Lorsqu'on est conscient que ce que nous montre ce film n'est qu'un petit morceau de glaçon du iceberg de tout le malheur humain et des souffrances des enfants, alors on essaye encore de croire en l'humain mais aussi en l'Éternel vers lequel on se tourne en colère.

 

polisse,maiwenn le besco,karin viard,joey starr,cinema,brigade des mineurs,police,cannes,festival,film,pédophilie,maltraitance,angeCar quel ange peut accepter qu'une fillette de onze mois ait le vagin défoncé à cause de viols faits par son père depuis des mois ?

 

Les anges ne peuvent pas grand chose, ils ne peuvent que sauver des personnes au cas par cas, comme les policiers le font tous les jours. Et moi, je suis là pour les soutenir. Soyons nombreux.

 

Chloé LAROCHEpolisse,maiwenn le besco,karin viard,joey starr,cinema,brigade des mineurs,police,cannes,festival,film,pédophilie,maltraitance,angepolisse,maiwenn le besco,karin viard,joey starr,cinema,brigade des mineurs,police,cannes,festival,film,pédophilie,maltraitance,ange

 

 

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Et voici les propos recueillis par Charlotte Pudlowski

pour "20minutes" :

 

Thierry Boulouque, commissaire divisionnaire de police, chef de la Brigade de protection des mineurs à Paris, a donné à 20Minutes son avis sur le film «Polisse», de Maïwenn, qui raconte le quotidien d’une Brigade de police pour Mineurs...

"Quelle a été votre réaction après avoir vu le film?
C’est un film que nous avons tous aimé, à la brigade parce qu’il montre nos affaires avec beaucoup de pudeur et de réalisme, alors qu’elles sont rarement évoquées. Que ce soit dans la presse et a fortiori dans la fiction, c’est rare que l’on entende vraiment parler des violences faites aux jeunes.

 

C’est un tabou?
Oui, très fort. Nos affaires sont difficilement racontables, elles confinent à l’insupportable. Quand il s’agit d’enlèvement, il peut y avoir une certaine médiatisation. Mais ce que nous traitons au quotidien, comme l’inceste, la maltraitance, les agressions sexuelles au sein de familles ou en extra-familial, c’est très dur à raconter. Quand on parle d’une affaire à un collègue, on s’entend parfois dire «ahhhh mais arrête de raconter tes horreurs». C’est difficile de raconter ce que les gens ne veulent pas entendre.

 

La fiction est justement un bon moyen d’y parvenir?
Oui, parce que cela met une sorte de filtre. La réalité est sous-jacente. Le film met en lumière la difficulté de notre travail dans l’audition des mineurs victimes. Il y a la difficulté par rapport au contexte familial, le fait que la parole d’un enfant de 3 ou 4 ans n’est pas la même que celle d’un adolescent… Mais c’est aussi un film avec sa fiction. Les gens de la brigade sont un peu présentés comme des névropathes, alors que l’on est à l’image de la population. Mais on traite des affaires particulières, et l’on a affaire qu’à des victimes. Ce qui est intéressant c’est aussi  la séparation difficile entre la vie professionnelle et la vie privée, la première contamine parfois la seconde, cela rend les relations familiales plus complexes parfois et c’est très bien montré dans le film. Qui nous donne une reconnaissance dont on est fiers.

On voit aussi parfois des blagues de policiers, à bout. Le rire fait aussi partie du quotidien de la brigade?
Il y a un rire de tension, de sidération. Il est hors de question de se moquer des victimes, ils viennent chez nous, on doit s’occuper d’eux. Mais on peut sourire parfois entre nous, de nos affaires. Quand on est tout le temps dans des affaires de violence, à caractère sexuel, on a besoin de raconter nos histoires et d’en rire. C’est un rire cathartique. 

 

Polisse sensibilise aussi la population à ces souffrances des mineurs?
Oui, mais ce n’est pas le fond du film. Il montre moins la souffrance qu’il ne la laisse imaginer, sauf pour deux cas particuliers, lorsqu’une mère est séparée de son enfant, et lorsqu’une autre veut protéger sa fille contre son père.

 

La fidélité du film à la réalité est totale?
C’est le premier film, selon moi, qui envisage vraiment notre activité. Certains aspects ne sont évoqués qu’en pointillé, comme la pédopornographie, les prédateurs sur internet etc. Ce qui manque  un peu, c’est la préparation du travail. Pour toute audition, on réfléchit, on prépare. Et puis ce sont les conséquences aussi. A la fin du film, on retrouve une touche d’optimisme, un enfant abusé sexuellement devient premier à la gym. C’est une renaissance. Mais la renaissance n’est pas toujours facile. Jean Cocteau disait que «l’enfance sait ce qu’elle veut, elle veut sortir de l’enfance». Là les enfants veulent en sortir pour échapper à la maltraitance, c’est l’image que l’on retient en voyant ces enfants parfois résignés, résolus à l’idée de s’en sortir. Mais s’en sortir avec beaucoup de bleus."

 

Propos recueillis par Charlotte Pudlowski pour "20minutes".
 

 

 

 

25/05/2011

Le film "The Tree of Life" de Terrence Malick a mérité sa palme d'or au festival de Cannes. Une oeuvre grandiose et bouleversante de poésie, de profondeur et de sens donné à nos vies.

 

 

1770313.jpgLe film "The Tree of Life" de Terrence Malick a mérité sa palme d'or au festival de Cannes.

En effet, c'est une oeuvre grandiose et bouleversante de poésie, de profondeur et de sens donné à nos vies.

Je l'ai vécu comme un hommage à une maman qui a perdu son enfant. Cette femme est montrée dans la grâce de celle qui supporte tout, qui accepte tout, qui apporte amour et tendresse à ses fils.

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En face de la grâce se trouve la nature dans toute sa beauté brute et parfois violente se retrouvant dans la création du monde, dans la mort et la vie qui se forme et surgit sur la planète, dans les actes aussi d'un mari sévère et autoritaire, rigide et aride en tendresse.

L'arbre de la vie est un symbole se retrouvant dans de nombreuses traditions et exprimant l'évolution de la vie à travers le tronc, les branches, les fleurs et les fruits de l'arbre. Il nous rappelle aussi l'importance de nos racines, de ce qui nous relie à notre famille, de la façon dont on a été élevé et ce qu'on en a fait.

k3639311.jpgDevant la maison de cette famille de trois enfants se tient un arbre gigantesque dans lequel les frères se retrouvent pour grimper et s'amuser.

On vit dans ce film toute la souffrance de ces enfants soumis à la sévérité de leur père, très rigide et excessif dans ses exigences. On comprend que ce père vit pour ses ambitions et pour que ses enfants deviennent parfaits et ne ressemblent pas forcément à leur maman, car dit-il : la gentillesse n'aide pas à réussir.

L'enfant pleure devant l'univers, dans son impuissance à se protéger d'un père malfaisant, impuissant à protéger sa mère, et pris dans l'étau d'une violence qu'il sent monter en lui, jusqu'à souhaiter la mort de ce père.

Il crie à Dieu devant la mort d'un copain noyé dans la piscine, lui disant : "Si tu n'es pas bon, pourquoi le serais-je ?"20110522PHOWWW00144.jpg

De son côté, sa mère pleure en s'écriant après son fils mort, exprimant à Dieu son désespoir, son Lacrimosa, comme la Vierge pleure sur l'Humanité meurtrie. Devant la création du monde, de la terre et des océans, cette maman cherche son fils, se disant qu'il est entre les mains de Dieu, mais cette vie qu'elle a senti dans ses entrailles n'est plus et le vide est entré en elle.

k1558334.jpgCe film est une ode à cette mère, à toutes les mères orphelines de leur enfant décédé, à la grâce de toutes les femmes, à la grâce de ces mamans qui offrent leur vie, toute leur énergie, pour élever leurs enfants, chaque jour, leur lisant des histoires, chaque jour les protégeant, chaque jour les comprenant et leur pardonnant aussi leurs petites bêtises.

Mais on sent aussi la violence pesante des mots, des silences conjugaux, des regards glacials, de la haine qui fait place à l'effroi au sein du couple, de la soumission de la femme devant l'homme qui se sert de sa force pour maîtriser les révoltes de cette mère qui cherche à protéger ses enfants.Tree-of-Life-12-180x240.jpg

On ressent les regrets de cet homme, de ce père, qui a d'immenses talents de musicien, et qui a sacrifié cette vie d'artiste afin de devenir chef d'entreprise, sacrifiant tout pour assouvir sa soif de réussite et de possession de biens.

Et on comprend toute l'histoire de Job dans ce film, figure biblique qui se plaint d'avoir tout perdu alors qu'il est croyant… On comprend que les épreuves ne sont pas des punitions mais qu'elles arrivent aussi à ceux qui ne les méritent pas. On comprend que la vie est perpétuel changement et que nul n'est éternel, que la vie n'est pas un hasard et que l'amour est plus fort que la mort. On comprend que l'univers peut donner et reprendre et que rien n'est un dû. On perd son travail, sa maison, ses enfants… et on n'est plus rien.

Tree-of-Life-9-180x240.jpgSauf si on continue d'aimer, de donner, de partager, d'espérer, d'avancer.

Je remercie Terrence Malick de m'avoir fait ce cadeau en visionnant son film car à travers les vagues de l'océan en furie, à travers les planètes en fusion, à travers les larmes de cette maman, j'ai retrouvé ma fille chérie perdue depuis quatorze années dans l'immensité d'une mort brutale.

Et j'ai revécu mon enfance à travers les yeux de ces jeunes garçons, me terrant de peur devant un père tyrannique et une mère nous protégeant à peine, soumise et traumatisée elle aussi, dans une famille coupée des autres, dénuée d'amis.CB047623.jpg

Je comprends que nombre de personnes n'aient pas pu poursuivre la vision de ce film jusqu'à la fin car il émet une telle tension émotionnelle, il renvoie à tant de schémas de violence, qu'il faut pouvoir tenir bon pour ne pas être renvoyé dans le tréfonds de notre vécu jusqu'aux larmes de notre propre enfance.1978857547.JPG

Un homme a dit en quittant la salle : "J'ai aimé ce film, mais il me dérange, je ne sais pas pourquoi."

Dans l'histoire de ce spectateur existe sûrement une souffrance qu'il doit découvrir pour pouvoir avancer, un deuil, peut-être la mort d'un frère, une soeur qui n'a pas survécu, une mère en deuil d'un précédent enfant, un non-dit sur une mort dans la famille, des conflits entre ses parents, des violences dont on ne se souvient pas forcément mais qui existent dans un coin et ressurgissent en vous comme un volcan insidieux.

u28743726.jpgThe Tree of Life est une oeuvre qui nous relie à nos racines et qui offre nos vies au ciel par les branches de la vie qui s'élance par-delà nos souffrances et nos épreuves.

Un piano joue dans l'ombre et se referme à jamais sur une lumière qui se rallume, lumière bleue devant l'océan.

Tree-of-Life-2-180x240.jpgChloé LAROCHEpr26396.jpgk3662964.jpgk0542963.jpgIS244-048.jpg
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16/03/2011

Prendre sa revanche sur la vie, c'est le sujet du film "La ligne droite". Mes propos sur la survivance, sur la résilience et la force de se battre. Comment vivre avec ses handicaps et ses deuils ?

 

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Bonjour à tous et toutes,19638872.jpg-c_80_80_0-f_jpg-q_x-20110117_030412.jpg

 

Quand on devient aveugle ou qu'on l'est depuis la naissance, comment imagine-t-on courir et dépasser ses limites physiques ?

 

Le coureur non-voyant Aladji Ba l'a fait, alors qu'il est privé de sa vue depuis l'âge de cinq ans : il est devenu champion de France du 400 mètres non-voyants.images-2.jpeg

 

Il joue dans le film "La ligne droite" son propre rôle et on peut voir à la fin de la projection la vraie compétition tournée en une seule fois dans le Stade de France, moment impressionnant où l'acteur principal qui joue le rôle de Yannick remporte la victoire.

 

images-1.jpegQuand on vit des épreuves, on se dit qu'il faut aller de l'avant, embrasser la vie car sinon…. "le mauvais sort nous rattrape", cette mauvaise destinée qui fait que la vie nous est tombée dessus. La boxeuse Aya Cissoko dit que la vie est plus dure que la boxe car "on ne voit pas venir les coups".

 

Aya Cissoko, fille d'émigrés maliens, a perdu son papa et sa petite soeur dans le terrible incendie criminel du 22, rue de Tlemcen, dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 novembre 1986. Quelques mois plus tard, elle perdait un autre petit frère. Aya a pourtant été championne en boxe et malgré des blessures graves, elle continue à se battre et poursuit des études, écrivant aussi un livre qui vient de sortir : "Danbé".015022011181557000000aya-cissoko.jpg

 

C'est une revanche sur la vie que de courir et de se battre pour de nouvelles performances, que d'aller de l'avant. Aya dit qu'il faut s'arranger pour "que nos drames ne nous empêchent pas d'avancer".

 

Car il y a le monde des vivants et celui des morts. Les vivants ont encore leur chemin à parcourir et, par respect pour ceux qui sont partis,…. ils doivent rester debout et partager, aimer, donner.

 

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Poursuivre sa route, comme le fait Dorine Bourneton, seule survivante d'un accident d'avion à l'âge de 16 ans : elle est devenue depuis le drame qu'elle a vécu la première pilote handicapée. Elle a créé aussi une entreprise destinée à aider des personnes handicapées. Elle se bat avec son sourire et fait partager cette envie de vivre extraordinaire à tous ceux qui croisent son chemin.

Je pense aussi à Patrick Dupond qui est danseur étoile, astre dont la lumière s'est éteinte lors d'un grave accident en l'an 2000 où il a subi près de 135 fractures. Sa main était arrachée, il était scalpé à la tête…. Il ne devait plus jamais danser et là, aujourd'hui, il entreprend une tournée mondiale avec sa compagne Leïla Da Rocha, avec un spectacle qui s'appelle "FUSION".26301-patrick-dupond-et-leila-da-rocha-156x133-1.jpg

 

Unknown-1.jpegIl a la foi, cette foi en l'humain qui est capable de rebondir, de s'accrocher à une étoile pour atteindre le but accessible de l'impossible.

 

Le film "La ligne droite" réalisé par Régis Wargnier évoque et traduit tous ces destins d'accidents et de handicaps, tous ces coups qu'envoie la vie, dans ses deuils et ses fractures.

 

19638905.jpg-rx_160_214-b_1_CFD7E1-f_jpg-q_x-20110117_031922.jpgC'est un film extraordinaire et émouvant qui montre qu'à certains moments de son existence, on arrive à tout lâcher pour aller jusqu'au bout de son désespoir, comme lorsque l'héroïne jouée par Rachida Brakni quitte tout et conduit la voiture jusqu'à l'océan car on la prive de voir son fils de sept ans.k0585662.jpg

 

J'ai fait la même chose quelques semaines après le décès de ma fille. Je suis allée voir la mer et là, j'ai vu le monde, l'infini… m'emporter dans sa danse, dans la ronde interminable où la vie te frappe et te cingle jusque dans ta chair arrachée de douleur… pour atterrir un jour tout au fond de ton âme et te dire : "Reste vivante et  finis ton chemin avec tout cet amour dans le coeur".

 

Quand on perd son enfant, on est comme handicapé, on ressent un arrachement dans les tripes, un vide immense, un vertige au coeur de la vie, comme si on était en haut au paradis et en même temps là sur la terre, écartelé par un sentiment fort de culpabilité d'être encore vivant alors que la chair de notre chair ne vit plus.19638874.jpg-c_80_80_0-f_jpg-q_x-20110117_030413.jpg

 

Il nous faut vivre dans l'humilité de notre chemin et vivre quoi qu'il arrive et quoiqu'il nous arrivera encore, porter témoignage des survivants pour que les vivants gardent le courage comme au Japon, de poursuivre leur route et de se battre pour reconstruire une vie détruite.ca_4_6.jpg

 

P1030676.JPGChloé LAROCHEimages-1.jpeg

 

 

24/10/2010

Les petits mouchoirs, un film qui m'a parlé d'humanité, de l'importance d'être près de ceux qui ont besoin de nous, car il y a parfois l'urgence d'une vie qui part alors qu'on a tout le reste de la vie.

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Bonsoir à tous et toutes,

 

Le film des Petits Mouchoirs a rempli la salle ce soir.

Merci à Guillaume Canet qui a mis son âme et sa propre vie, ainsi que toutes ses émotions et son introspection, dans la création de ce film poignant et réellement humain.

Durant deux heures trente, les spectateurs ont ri et pleuré mais à la sortie, je l'ai senti, chacun pensait à un proche disparu.8db463791b6b98da.jpg

J’ai eu l’impression d’avoir assisté à une messe moderne sur la valeur des êtres, sur l’importance donnée au temps accordé à celui qui va partir, sur le parler vrai, sur ce qui est important et primordial face à ce qui ne l’est pas, sur ce que ressentent les enfants face au monde parfois abrupte des adultes.249c40c82859357c.jpg

Les petits mouchoirs, ce sont tous ces morceaux de coeur jetés à la poubelle et cachés sous le tapis du mensonge et de la bienséance.

6150ad317d1c82ce.jpgLes petits mouchoirs, c’est ce petit qui serre son doudou contre lui, face à un père qui l’arrache à ses vacances pour fuir une situation qui ne lui plaît pas. L’enfant subit, comme il continue à subir les contradictions des adultes depuis des millénaires.

Les petits mouchoirs, c’est la femme qui pleure de ne pas être aimée par son mari, son mari qui reste mais n’a pas le cran de lui révéler qu’il aime un homme.

Les petits mouchoirs, c’est cet homme qui fait cinq cent kilomètres pour aller chercher celle qu’il aime depuis onze ans, laquelle veut se marier avec un autre. Elle le choisit finalement... mais lui a oublié d’aller voir son ami qui se meurt dans un hôpital.

Cet ami meurt et ils sont tous partis en vacances... sans venir le voir (ou presque). Cela ressemble tellement à ces vieux délaissés, toutes ces personnes mourantes qui s’en vont dans le silence, les larmes et la solitude.280541ed5e20d06a.jpg

J’ai vu dans mon métier tellement de délaissement de la part des familles, tellement de méconnaissance de la douleur, de la mort imminente... de cette sorte d’évitement des souffrants. On se raccroche à la vie en occultant ceux qui vont mal... en se disant que de toute façon, tout est fichu pour eux et que nous, on est vivants et que on doit en profiter.

da4b7de840d7432e.jpgSeulement, cette lâcheté nous rejoint un jour... car seul on partira peut-être... sur un lit d’hôpital ou dans la rue... Et peut-être seul, on mourra. Alors laissons tomber les petits mouchoirs qui couvrent nos petits secrets et nos petites peurs, nos exigences irréelles devant la relativité de la vie et de la mort, devant l’impermanence des choses.6c6970567a937c16.jpg

Quand on a perdu des proches, quand on connaît la valeur d’un sourire éteint à jamais, quand on sait l’importance d’une amitié perdue à jamais dans la mort.... Il me semble qu’on peut vivre l’amour déchargé d’un poids.... celui des petits mouchoirs. Il me semble qu’on peut arriver à ne plus se perdre dans des petits détails et que là, le regard sur l’autre prend le sens d’une guitare offerte, comme un don à une personne qui ne sait pas forcément en jouer. Mais l’amour s’apprend au fil du temps, l’amour se donne, l’amour est précieux. Comme un mouchoir brodé de larmes de sang.98805c662ab4a27e.jpg

f42f925a7db7306a.jpgChloé Laroche

17/10/2010

Le film «Elle s’appelait Sarah» raconte l’histoire d’une petite fille capturée avec ses parents dans le cadre de la rafle du Vel’ d’Hiv’ et a fait surgir les larmes de toute la salle.

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Bonsoir à tous et toutes,89889d54cbb435ae.jpg

 

Ce mercredi soir, le 13 octobre, j’ai invité des amis d’OVS (du site «onvasortir.com») pour aller voir le film : «Elle s’appelait Sarah», qui raconte l’histoire d’une petite fille capturée avec ses parents dans le cadre de la rafle du Vel’ d’Hiv’. Ce film a fait surgir les larmes de toute la salle et nous étions à la sortie tous très secoués par ce que nous venions de voir.  

J’ai été personnellement très émue et bouleversée par ce film. L’histoire de tous ces déportés a résonné avec l’histoire de mon grand-père résistant et déporté dans trois camps de concentration, mutilé de guerre. Il s'appelait Jean-Louis Laroche. 19512041.jpg

Je vous donne le lien d’un texte qui résume en peu de mots ce que je pense :
http://rannemarie.wordpress.com/2010/07/16/le-16-juillet-1942-la-france-raflait/

«Les 16 et 17 juillet 1942, 1129 hommes, 2916 femmes et 4115 enfants ont été arrêtés par la police française et enfermés dans l’enceinte sportive du Vélodrome d’hiver. Simultanément 1989 hommes et 3003 femmes, couples sans enfants et célibataires, étaient arrêtés et enfermés dans le camp de Drancy.

Dans les camps de Beaune-la-Rolande et Pithiviers, les enfants en bas-âge – environ 3000 – ont été brutalement séparés de leurs parents qui furent déportés les premiers. Les enfants furent transférés à Drancy et déportés entre le 17 et 31 août 1942. La quasi-totalité des 13 152 raflés furent déportés.»

Quand on se demande ce qu’aujourd’hui on peut faire, ce qu’à l’époque on aurait fait....  Je réponds : allez voir le site d’Éducation sans Frontières :
http://www.educationsansfrontieres.org.

19512045.jpgIl y a sur ce site des centaines de pétitions pour aider des familles entières à ne pas être expulsées et ...

Allez voir aussi les sites parlant des Cercles de Silence qui s'organisent maintenant chaque mois dans la plupart des villes de France. Ces cercles silencieux d'inconnus qui se rassemblent sans parler existent pour manifester le désaccord citoyen face aux expulsions massives d'étrangers.

Ils permettent d'exprimer notre mécontentement face à la politique d'expulsion des étrangers et face à la violence faite contre de nombreuses familles expulsées où parfois des parents sont arrachés à leurs enfants et vice versa. Des pères sont mis dans l'avion de force sans jamais revoir leur enfant gardé en France ou leur femme... enceinte ou sur le point d'accoucher. Alors, vous serez peut-être au prochain rendez-vous du 20 octobre à Grenoble place Félix Poulat, les futurs Cercles de silence étant au même endroit les 17 novembre et 15 décembre, toujours de 18 h à 19 h.resizer.jpg

"Un cercle du silence, pour faire quoi ?" Des personnes de tous bords politiques ou apolitiques se réunissent et témoignent de leur mécontentement sur le sort de nombreuses familles étrangères expulsées ou enfermées dans des camps de rétention où on trouve aussi des enfants, des bébés, etc. attendant une expulsion. Imaginez un grand cercle de plein de gens inconnus qui restent là en silence, en entraide à des personnes qui n'ont pour seul tort de ne pas être nés en France et dont personne ne veut.... Des familles dont les enfants pour beaucoup sont nés en France.

____ Et voici pour poursuivre mon article le témoignage d’une rescapée du Vel’ d’Hiv’, Anna Traube : http://www.akadem.org/sommaire/themes/histoire/1/2/module_908.php

162771.jpgAvec mes amis ovésiens, nous avons partagé ce film : "Elle s'appelait Sarah" et nous avons tous été très choqués devant le destin terrible de milliers d’êtres humains, enfants, hommes et femmes. L’horreur est présente encore dans nos mémoires et dans notre histoire, si proche, si terrible de souffrances.9f20f2fd696c5514.jpg

Jacques-Henri, un ami ovésien (ovésien signifiant "inscrit sur le site OVS") m'a envoyé ce texte que je me permets de partager avec vous, tant il est poignant et véridique :

"On sait que seuls les témoignages, les évènements, certains films sont un plaidoyer contre la barbarie... Et que le silence de ceux qui ont survécu est aussi un message... Très modestement voici le mien qui rejoint ta sortie sur le silence :

Avons-nous écouté le silence de ceux qui, une fois revenus des camps après la shoah, témoignent intimement l’indicible condition de leur survie. Cette culpabilité monstrueuse qui les ronge, celle d’avoir survécu, alors même que tous leurs proches ont disparu dans d’atroces souffrances. Ce silence drape de son voile, imperméable à tout mot, cette vérité d’avoir été un être humain aux prises avec une telle horreur. Chaque acte de folie d’hommes, de femmes, individuel ou collectif, est un patrimoine dont nous avons tous la charge. Ces actes qui nous dépassent, nous renvoient inlassablement à cette blessure originelle, presqu’animale. L’humanité, en chacun de nous, nous pousse à refuser cette folie, cette vérité brutale, contre laquelle notre volonté d’Amour se heurte. Ce silence là, nous révèle toute l’étendue de la barbarie dont l’homme est capable."99d4c3ac0d317786.jpg

e43f2b423ff34e96.jpgUne de mes amies ne trouvait pas le sommeil mercredi soir après ce film. Il est difficile de trouver le repos devant tant d'horreur et de cruauté. Tous ces enfants arrachés à leurs parents et la douleur de tous ces êtres humains, c'est terrible et cela interroge tellement sur ce dont est capable l'humanité, dans le bien comme dans le pire du mal ...

19512039.jpgChacun devant ce film, nous avons pensé à nos enfants.... à la déchirure que nous aurions vécu de voir des policiers arracher notre enfant à notre vie, comme ça, en une seconde, se voir mourir et savoir que notre enfant va mourir, pour une idéologie monstrueuse...      

Je prie pour que jamais on n'ait à revivre cela.

Sur la terre, des personnes vivent encore ça dans certains pays. Qu'ils soient protégés et sauvés de toutes les barbaries.

Je vous remercie pour votre lecture de mon article.

Et je pense à Mina dont le grand-Père a fait la Seconde guerre mondiale.

Ce grand-Père était arabe, d'origine nord-africaine, et il a été enrolé dans les armées françaises. Quel honneur lui a t-on fait ici.... ?

Aucun honneur, il est mort dans l'indifférence générale. Comme tant d'autres qui ont donné leur vie et sur qui on crache dessus parce qu'ils sont étrangers à la France.45714a22a5357cd8.jpg5248a5a201aa9fd2.jpg553865ca1aacc076.jpg

Chloé Laroche

23/09/2010

Ma rencontre avec le film "Mange, prie, aime", dans son voyage au coeur de soi et jusqu'au bout du monde. Sagesse, amour et équilibre. Avec Julia Roberts.

julia_roberts_.jpgJ'ai voyagé ce soir avec Julia Roberts dans le film émouvant dont elle est l'héroïne : "Mange, prie, aime".

Il y a quelques années, elle a lu le livre qu'a écrit Élizabeth Gilbert sur sa vie, livre du même nom qui raconte l'histoire d'une jeune femme américaine qui est mariée mais sans être heureuse dans cette union.1284981731711.jpg

Julia Roberts a été très émue par cette histoire qui selon elle peut arriver à chacun de nous et elle a décidé de jouer le rôle de cette femme en quête du bonheur, du vrai bonheur.

Car quel est ce bonheur qui fait qu'on reste dans une relation parce qu'on a juste peur de se perdre en étant à nouveau seul dans la vie...?julia_roberts.jpg

Julia Roberts vit un divorce avec un homme qui l'aime mais ils ne sont pas heureux ensemble, alors un jour elle décide de divorcer malgré la douleur, malgré la souffrance d'une séparation qui stoppe les choix et les engagements pris plus tôt.

Cela ne fait pas de son ex-mari un mécréant ni un homme mauvais, non tout simplement un homme qui était dans sa vie à un moment mais avec qui rien n'avance aujourd'hui.

Et puis elle aime un homme mais la relation ne lui apporte rien. Elle reste mais elle est malheureuse. Quel est ce bonheur qui veut qu'on peut rester dans une union alors qu'on est malheureux : pour être heureux d'être avec quelqu'un avec qui on n'est pas heureux... !?

bali_map.jpgAlors Julia Roberts s'en va. Elle décide de voyager et traverse toutes les émotions de son coeur, ses remparts, ses peurs, ses verrous et les portes du passé qu'il faut refermer... Accepter de les refermer pour pouvoir poursuivre son chemin et croire encore en l'amour... Se pardonner certains choix qu'on a fait où on s'est oublié, où on s'est bafoué, où on a laissé l'inertie retenir notre destin.1284981614347.jpg

naples.jpgSe pardonner à soi-même au lieu d'attendre que le créateur le fasse et nous redonne l'envie de vivre... l'accès à nos envies, nos désirs. Manger est un de ces plaisirs qui fait que la vie s'adonne à notre âme.

C'est en Italie que Julia Roberts retrouve la douceur de vivre, du lâcher-prise, de goûter aux plaisirs de l'amitié, du partage d'un repas avec des amis, de la promenade dans les rues de Naples et Rome, de l'utilité d'être parfois en ruines pour qu'une nouvelle vague de reconstruction arrive.inde-vallee-gange-marche-93_cd16film1_31.jpg

C'est en Inde qu'elle comprend qu'on peut maîtriser ses propres pensées afin de choisir celles qu'on accepte en soi, comme on choisit le matin les vêtements qu'on va porter.

Elle apprend à savoir fermer la porte aux pensées qui nous obsèdent, pensées braquées sur le passé et sur ceux qu'on a pu aimer et qui deviennent les fantômes hantant notre vie si nous focalisons notre présent dessus.Nourriture-japonaise.jpg

Et c'est à Bali qu'elle découvre que le fait de perdre l'équilibre en vivant l'amour, en rencontrant quelqu'un, nous donne l'élément nécessaire pour rester en équilibre et que tout est une question de mesure entre le ciel et la terre.

Julia Roberts découvre aussi qu'elle peut aimer le monde entier et ouvrir son coeur, comme elle va venir en aide à une femme médecin et divorcée de Bali. Elle fait appel à la solidarité de ses amis pour elle et sa petite fille, afin qu'elles puissent avoir une maison à elles. Des chèques arrivent pour elles de partout. Car à Bali, quand une femme est divorcée, elle n'a plus rien et n'est plus rien, perdant même ses enfants, faute d'avoir un toit.

Et puis, Julia Roberts rencontre à nouveau l'amour et accepte de renoncer à ses peurs pour cet homme, traversant sur un bateau l'espace de mer qui les relie à l'île de leur bonheur.1284981731639.jpgbali_tanah-lot.jpg

Ce soir dans la salle, des personnes, hommes et femmes, ont pleuré en regardant ce film

car elles se sont dit : "Et moi, j'en suis où ? Suis-je à la fin du voyage et ai-trouvé cet équilibre si beau de la fin du film ou en suis-je au début à rester dans les oubliettes de l'amour véritable ?"

J'ai entendu la phrase suivante après le film de la part d'un spectateur qui s'interrogeait de savoir si quelqu'un croyait encore en l'amour et au mariage... et disant : "S'il faut se tromper 72 fois avant de trouver le véritable amour... c'est quand même dûr !"... Se rend-il compte qu'en disant cela, il se dit peut-être au fond de lui que l'amour ne vaut pas la peine d'être vécu puisque perdu d'avance... Et si par cela même il s'empêchait d'aimer et d'y croire, restant dans les ruines de son palais d'Auguste, sans jamais en sortir ? 9782702139042-V.jpg

Chloé LAROCHEbali-la-sensuelle_940x705.jpgimages-2.jpg

 

 

 

 

22/04/2010

Mon article pour la sortie du film MAMMUTH avec Gérard Depardieu, un film qui a pour pierre angulaire la proximité humaine dans ce qu’elle a de plus beau et de plus différent du conformisme.

MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui a passé sa vie à travailler pour oublier, oublier un drame.imagesqn4YA9.jpeg

MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui a perdu sa copine dans un accident de moto et qui a escamoté sa vie pour ne pas avoir à penser.

MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui rencontre des tas de gens qui lui disent qu’il est con et finalement il se rend compte que la connerie, c’est d’oublier de vivre et d’éviter de faire de sa vie quelque chose.

MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui a une nièce handicapée mentale, laquelle le remet en face de son âme brute par l’art d’une âme simple.18378311.jpg-r_75_100-f_jpg-q_x-20040420_123603.jpg

MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui passe à côté d’un homme inconscient à terre sans prévenir personne, comme s’il passait à côté de son âme en train de crever.

imagesiFJLn5.jpegMAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui court après son passé et tous les boulots de sa vie et qui finalement revient en sachant que l’amour est maintenant son seul combat, le combat de sa retraite.

MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui prend sa retraite et se retrouve devant un casier vide, le casier d’une vie entière à trimer pour des patrons, patrons qui ont oublié pour certains de lui donner les certificats de travail ou même de le déclarer.

19296611.jpg-c_80_80_0-f_jpg-q_x-20100315_012925.jpgMAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui est passé à la caisse d’un magasin avec pour seul article un couteau... et d'une caissière qui s’est mise à l’aimer en lui sauvant la vie.imagesZRky2U.jpeg

MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui aimait une moto nommée Mammuth et qui partit avec elle sur les routes à la rencontre du fantôme de celle qu’il avait aimée. 

Celle qui l’avait aimée vient lui dire : “Mammuth, maintenant, il faut vivre ta vie... SANS MOI.”

Alors MAMMUTH, c’est l’histoire d’un film qui a pour pierre angulaire la proximité humaine dans ce qu’elle a de plus beau et de plus différent du conformisme. Ce film nous parle du coeur des métiers les plus ingrats et de la vie des ouvriers. Il parle des salariés dans le réalisme décalé de celui qui rend son tablier et nous confronte à notre propre vie d’humain dans ce qu’elle a de plus désespérant et aussi de plus combatif.images2gW8Sf.jpeg

Nous avons tous vécu des deuils ou des accidents de la vie... pas forcément en moto mais peut-être autrement... Alors ce film est pour chacun de nous dans ce qu'il a de vivant et de décalé... comme une offrande de l'art-thérapie.

En effet, Gérard Depardieu, Isabelle Adjani et tous les acteurs du film ont cette flamme de l'art qui nous communique l'émotion essentielle à notre destinée, comme une résonance de l'âme avec des artistes purement humains.

Chloé LAROCHE

imageselmCqE.jpegPS : il se trouve que la moto Mammuth est née durant l'année où je suis née, 1966.imagessTzW7c.jpeg

06/02/2010

Océans est un film incontournable, dont on doit tenir compte pour les générations futures et les espèces disparues. Merci à Jacques Perrin et à son fils Lancelot pour cette alerte marine.

316562-des-images-d-oceans-de-jacques-perrin-637x0-2.jpgBonsoir à tous et toutes,316566-des-images-d-oceans-de-jacques-perrin-156x133-2.jpg

Océans est un film à aller voir... absolument. J’y suis allée ce dimanche alors que le soleil brillait à l’extérieur du cinéma, emmenant des amis d'Ovs qui n'ont pas hésité à renoncer au soleil du dehors pour rejoindre la mer avec moi. Nous avons plongé dans la nuit des eaux profondes avec les tortues, les phoques et les dauphins.


C’est un film très émouvant et qui nous emmène très loin dans les grandes eaux de notre planète, avec des images époustouflantes. Et cette humanité que le spectateur ressent dans les yeux des animaux filmés, lesquels ressortent de ce film mille fois plus humains que ceux qui jettent un pauvre requin encore vivant, avec les ailerons et la queue coupées, dans la mer. On le voit agoniser au fond, se vider de son sang. Bien sûr, ce n’est pas un vrai mais Jacques Perrin a voulu nous montrer la réalité que vivent les requins et les dauphins chaque jour. Et puis il y a ce moment où l'homme frôle le requin (un autre requin) et vit une danse avec lui, sans peur et sans violence... Réconciliation.316567-des-images-d-oceans-de-jacques-perrin-156x133-2.jpg


imagesVuj6wg.jpegJ’ai fondu devant l’image flamboyante du satellite qui quitte la terre dans un départ de feu... et se reflète en flamme dans les yeux des iguanes s’interrogeant sur cet événement au bord d’une mer calme. Il fait nuit et on croirait que des sages sont là, se demandant jusqu’à quand tout cela va durer et combien de temps la terre va-t-elle résister à subir les assauts de l’homme, la pollution, le nucléaire, l’envolée de la science nous emmenant vers un progrès dément.


imagesrhSQKT.jpegOn dirait des sages, ces iguanes qui regardent ahuris l’oeuvre de l’humain ; on dirait des sages, ces phoques qui nous observent, ces baleines autour desquelles des oiseaux se mettent en cercle dans la mer, cette maman morse qui caline son bébé, ces crabes qui se réunissent en un seul endroit, par milliers, ce phoque qui tourne autour d’un caddie jeté dans la mer, au milieu d’une pollution envahissant tout son territoire.


Quand ce phoque sort la tête de l’eau, on sort aussi notre tête et on aperçoit cette horrible usine. On scrute avec horreur cette carte des fleuves où l’on peut voir la pollution s’écouler dans la mer.316562-des-images-d-oceans-de-jacques-perrin-156x133-2.jpg


imagesTJ03gL.jpegMais que peut-on faire ? Comment empêcher ce flux empoisonné d’atteindre les océans et toute la faune océane. Comment stopper la machine humaine et ses besoins terrestres ? Comment arrêter les usines qui polluent, les évacuations invisibles mais cruelles, les lessives de nos machines à laver, les produits détergents abîmant les eaux, les déchets qui pourrissent notre planète ?imagesBmyWGo.jpeg


Que ne peut-on vivre sans détruire et penser à demain sans tout sacrifier à notre présent par l’idée que le confort du quotidien passe avant la survie de nos enfants ?


Je suis sortie très émue de ce film qui n'est pas du cinéma mais un vrai moment de réalité qui m'a plongée avec toute la salle dans la vérité de notre devenir.


imagesAAsBVR.jpegJ'ai le regard de Lancelot, le fils de Jacques Perrin, planté dans le coeur, lorsqu'il écoute son père dans ce voyage outremer, avec mille pensées croisées pour ma fille Océana partie vers l'infini bleu il y a treize ans.imagesqyNpG7.jpeg


J'ai appelé ma fille ainsi, comme le nom d'une étoile existant dans l'infinitude de la Voie Lactée. Comme l'infinité des vagues se portant vers la terre, pour mieux l'aimer et la garder.Océana 6.jpg


Chloé Laroche

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Nota bene : cet article est paru le 2 février sur le site du Petit Bulletin de Grenoble au lien suivant :

http://www.petit-bulletin.fr/index2.php?page=blogs/blogs.php&idblog=40469-Oceans+est+un+film+incontournable,+dont+on+doit+tenir+compte+pour+les+generations+futures+et+les+especes+disparues.&idvillepb=grenoble

 
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