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04/02/2014

Éthique, justice et morale en notre monde actuel... Réflexions sur les réseaux sociaux et l'actualité, sur les sanctions, la prison et les nouveaux justiciers. Pensées sur les deux jeunes revenus de Syrie.

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Hier, on apprenait que la vidéo d'un petit chat jeté à plusieurs reprises contre un mur était livré sur internet par un jeune de vingt-cinq ans... Cet individu est donc un homme déjà constitué, pas un jeune garçon.

Aujourd'hui, on apprend que quatre jeunes mineurs, de douze à seize ans, ont humilié un homme handicapé mental dans un parc de Fontaine, près de Grenoble.

J'écoute une radio nationale et qu'entends-je : "Des personnes ayant commis certains faits sont arrêtées grâce à l'intervention de membres inscrits sur les réseaux sociaux. Allons-nous vers la création de nouveaux justiciers sur les réseaux sociaux, de ceux qui n'hésitent pas à donner les noms de ceux qui font des choses qui déplaisent... Et sommes-nous tous appelés à SUBIR la dénonciation sur Facebook, sur Twitter ou ailleurs?"

Je me suis dit que l'animateur de cette radio devenait fou, tout simplement, ou complètement décalé, ou bien simplement inconscient.

Il défend visiblement par ses propos la notion de liberté et de protection des individus, même lorsque ceux-ci commettent des délits... En effet, les actes que j'ai cités tout au début de mon article s'appellent bien des DÉLITS, faits interdits par la loi.

L'acte de dénoncer n'est pas "dénoncer" au sens de ceux qui ont livré des personnes juives -lors de la Seconde guerre mondiale- à la déportation et à la haine nazie ; cette forme-là de dénonciation est condamnable car elle n'existait que pour nuire à autrui. Par contre, dénoncer les auteurs d'un délit est louable et tout à fait recommandable puisque cela vise à défendre les victimes d'un acte odieux et à arrêter les auteurs de ce fait afin qu'ils ne continuent pas dans cette voie.

Le jeune homme qui a jeté le petit chat avec haine et violence, avant de poster sa vidéo filmée sur internet, a pu être arrêté et a recueilli un an de prison ferme. Le seul problème : est-ce que la prison est une solution dans un cas comme le sien où il ne sait même pas pourquoi il a fait ça... N'aurait-il pas été préférable de lui donner trois cents heures d'intérêt général dans un refuge pour animaux ? Il aurait nettoyé les box des animaux et aurait appris beaucoup de choses sur la sensibilité de ces êtres. Avec un suivi psychiatrique obligatoire en parallèle, cela lui aurait permis de soigner son mal-être.

Notre société est prompte à juger sans se remettre en question et à mettre à la marge ceux qui dévient. Ainsi, lorsque deux adolescents partent en Syrie pour rejoindre l'armée djihadiste et les centaines d'européens déjà partis pour rallier la rébellion syrienne, on juge ces jeunes sans vergogne et sans essayer de comprendre ; on les met en garde-à-vue pour ensuite les punir sévèrement. Les deux lycéens pourraient être poursuivis pour "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme et éventuellement être placés en détention provisoire". D'après certains journalistes, "malgré leur excuse de minorité, ils risquent dix ans de prison et 225 000 euros d'amende."

Ces deux lycéens ont quinze et seize ans. Pourquoi sont-ils partis là-bas ? Peut-être que leur sensibilité de jeunes a parlé dans cet acte perdu d'avance, dans un monde où nous sommes si impuissants devant les guerres et les violences vues à la télévision. Ils ont été tout simplement récupérés par des groupes islamiques oeuvrant en France, comme des adeptes sont récupérés par des sectes. On s'est servi de leur jeunesse, de leur naïveté et de leur désir de combattre pour la paix, la justice et pour de nouvelles valeurs de solidarité. Alors, maintenant que ces deux jeunes sont revenus, ce n'est sûrement pas eux qu'il faut juger, car ils ne sont que les victimes de manoeuvres manipulatrices servant à recruter de nouveaux soldats gratuits pour une cause floue et extrêmiste.

Quant aux réseaux sociaux et à Facebook, c'est très bien qu'il y ait à l'intérieur -comme inscrits et participants- des personnes aimant la justice et attentives à révéler tout ce qui pourrait être un délit, mais le mieux serait que les dirigeants de ces sites fassent le ménage en amont, lors de la parution de certaines pages, vidéos ou propagandes, ce qui n'est pas effectué, en vérité et à leurs grands torts.

Chloé Laroche

26/09/2013

Harcèlement à l'école publique, phobie scolaire, exclusion volontaire, réalité d'enfants souffre-douleurs, témoignage d'une maman repartie dans le privé.


Bonjour à tous et toutes,

 

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L'enseignement public ne sait comment gérer cela, préférant baisser la tête plutôt que de réagir sainement  et de voir les choses en face.

Je vais vous parler d'un cas réel, de l'histoire véridique d'un jeune garçon habitant l'agglomération grenobloise, au sein d'un quartier non défavorisé.

L'enfant se trouvait en classe de Cinquième et s'est trouvé aux prises avec un groupe de jeunes de Troisième qui l'empêchaient de prendre le car, en lui volant sa carte de bus. Ils lui mettaient la tête dans la cuvette des WC, sans parler d'autres humiliations subies par ce pauvre enfant devenu le souffre-douleur de jeunes collégiens en manque de sensations détestables.

Il a subi tout ceci durant sept mois et finalement se mit a vouloir mourir, ne trouvant d'issue que dans le geste final et désespéré du suicide.

Aujourd'hui, il a réussi à en parler et ne va plus à l'école. Il ne peut plus retourner au collège, tellement traumatisé par les faits vécus. Ses parents, intelligents et à l'écoute de leur enfant, l'ont inscrit au CNED, centre d'enseignement par correspondance, et il poursuit sa scolarité ainsi et a de très bonnes notes.enseignement public,école publique,école privée,harcèlement,enfant,collège,primaire,phobie scolaire,souffre-douleur,violence,peur,cned,fuite,changement,agression,camarade,professeur,instituteur,classe,enseignement par correspondance,écoute,bienveillance,enfants sur-doués,difficulté scolaire,punition,exclusion,arles,enfant pendu,porte-manteau,icare,témoignage,parent,inquiétude,délinquance,inspection académique,mairie,service scolaire,changement d'école,refus,rentrée scolaire,désarroi,étonnement,révolte,finance,aide,compréhension,écoute des parents,souffrance morale,humiliations,silence

Au final, ce jeune a dû s'exclure de son collège et s'écarter de tous ses camarades, vivant un isolement certain. Mais que deviennent les autres jeunes qui ont eu ces comportements terribles et destructeurs avec lui ?

Au primaire aussi, nous rencontrons des choses similaires... À la Villeneuve, mon fils, en classe de CP, a été aux prises avec des plus grands dans la cour de récréation et des enfants lui ont baissé son slip et l'ont humilié avec des moqueries. Mais bien sûr,  rien n'a été fait. À la limite, c'était "de sa faute". J'en ai déjà parlé précédemment. 

En fin d'année scolaire, alors que j'avais déménagé non loin de Grenoble, dans une zone non défavorisée, mon fils a réintégré l'école publique. Le dernier jour de l'école, le 5 juillet 2013, mon fils a été entraîné à l'écart lors d'une pause, à l'abri du regard des adultes. Là, des camarades l'ont insulté : "T'es un gros con", "Tu sais même pas travailler", etc. Certains l'ont plaqué contre le mur et un camarade l'a giflé. On lui a aussi tapé sur les doigts avec une raquette. Mon fils travaille bien et est un très bon élève, ceci pouvant susciter des jalousies.

Il est parti en pleurs auprès d'une dame de l'école. Mon fils a été très traumatisé par cet évènement et choqué, au point qu'il ne voulait pas retourner dans cette école. Les vacances n'ont rien changé à sa détermination de ne plus pouvoir y aller, ayant la peur au ventre.

Le soir même, l'école était fermée pour les grandes vacances et après une longue réflexion, j'ai demandé un changement d'école au service scolaire de la Mairie. Les responsables m'ont convoquée et m'ont entendue, me donnant l'espoir de pouvoir mettre mon fils dans une classe ouverte pour accueillir de nombreux nouveaux arrivants dans la commune.

J'ai attendu leur réponse définitive et la veille de la rentrée, je n'avais pas de réponse ni le nom de la nouvelle école. J'appelle à la Mairie et là, on m'annonce que non, il ne changera pas d'école, que sur décision de l'Inspection, de la Mairie et des Directeurs d'école, mon fils devra dès le lendemain prendre son CE2 dans la même école !!

Nous étions le 2 septembre, à 15 h 30. Mon fils rentrait le 3, à 8 h 30. J'étais au travail. Que faire ? Annoncer à mon fils que ma demande était rejetée ?? Voir une rentrée gâchée par un refus de mon fils d'aller à l'école, prévoir des cris et des pleurs ?

J'ai décidé de contacter par téléphone l'enseignement privé, ne voyant aucune autre solution. J'ai donc appelé une école, la seule dans mon secteur, et la directrice m'a invitée à venir le soir-même pour finaliser l'inscription. Le lendemain matin, mon fils entrait dans sa nouvelle école, une petite école de quatre-vingt-dix enfants, entre maternelle et primaire. C'est une école très pédagogique, dans laquelle les enseignants réfléchissent au fait d'être bienveillants envers les enfants, accompagnant les élèves en difficulté tout en prenant en compte les enfants doués et ayant des capacités hors du commun. Il existe diverses nationalités dans cette école, dont l'enseignement est basé sur la tolérance et le respect des différences.

Je ne parlerai pas bien sûr du coût généré par ce choix, car je préfère ce sacrifice relatif pour le bien-être de mon fils et en faveur de son épanouissement scolaire. Il est évident qu'en tant que maman solo élevant seule mon fils, l'aspect financier peut peser lourd, mais je crois qu'il y a des priorités.

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Cette institutrice a pu se sentir débordée et excédée par son caractère débordant. Peut-être aurait-elle pu gérer cette situation et aurait-elle pu accompagner de plus près ce garçon, si elle avait pu avoir une aide, une autre personne la secondant dans la classe. On demande aux professeurs des écoles d'offrir un enseignement général à leur classe, mais que fait-on des élèves qui s'ennuient parce qu'ils ont déjà compris avant les autres et que fait-on des enfants en grande difficulté scolaire et familiale ? Une classe n'est pas un pain qu'on malaxe avec de la farine alliée aux oeufs et à l'eau. L'enfant a droit à l'écoute et à un accompagnement personnalisé, en rapport avec ses capacités.

Quarante-cinq minutes pour rejoindre le ciel, c'est le temps qu'il a fallu à Icare pour s'approcher du soleil et toucher la chaleur dont il avait sûrement besoin.


Chloé LAROCHE


P.-S. : cet article est la suite de mon témoignage-réflexion du 20 février 2013.

En voici le lien :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2013/02/20/l-ecole-est-pour-tous-a-quelques-exceptions-pres-et-avec-les.html


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