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03/04/2016

J’ai souhaité réfléchir avec vous sur cette phrase d'actualité : «Finalement quand on voit ce qui peut être fait au nom de Dieu, on se demande ce qu’il reste au diable comme activité."

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Bonjour à tous et toutes,

 

J’ai lu dernièrement cette phrase, à laquelle j’ai souhaité répondre dans cet article : «Finalement quand on voit ce qui peut être fait au nom de Dieu, on se demande ce qu’il reste au diable comme activité. »

 

Alors, voyons déjà « ce qui peut être fait au nom de Dieu »… L’auteur de cette phrase parle certainement des attentats perpétrés au nom d’une certaine religion. Mais on peut aussi penser à travers cette phrase à la période terrible de la Saint Barthélémy de 1572 dans laquelle les Catholiques tuèrent les Protestants. La ville de Paris vécut en une nuit l’assassinat d’une dizaine de chefs protestants puis le massacre de tous les Protestants, traqués et tués en quelques jours. 

 

Deux mille Protestants, appelés aussi Huguenots, ont été tués à Paris... et entre cinq mille et dix mille en province, le massacre s’étendant à d’autres villes, sur plusieurs semaines. Le 31 août, à Lyon, entre 700 et 800 Protestants ont été massacrés. Il faudra attendre plusieurs guerres de religions et l’édit de Nantes de 1598 publié par Henri IV pour que la liberté de conscience et de culte accorde la paix et la sécurité aux Protestants. Mais l’atrocité avait régné sur la France, détruisant les campagnes et les villes. Nous portons tous dans nos lignées les traces de ces terribles combats et nos ancêtres ont peut-être été victimes ou bourreaux.

 

En 1209, je vous rappelle aussi le massacre vécu par la ville de Béziers, victime de la première croisade des Albigeois contre les Cathares. Le « bon » Abbé Amaury catholique a dit aux soldats : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » La moitié de la population est morte. Des centaines de personnes s’étaient réfugiées dans l’église Sainte Madeleine. Dieu n’a pas pu les sauver, un miracle n’étant pas possible parfois devant la cruauté humaine.

 

Il est intéressant tout de même de constater combien ont été humains les dirigeants de la ville qui ont refusé de livrer les Cathares aux catholiques extrémistes en répondant : « Nous préférons être noyés dans la mer salée plutôt que de livrer nos concitoyens. »

 

Je reviens aussi sur les Croisades, huit croisades de deux groupes de croyants en guerre : les Chrétiens et les Musulmans, représentant le combat du croissant et de la Croix… l’enjeu étant les terres de Jérusalem et la libération de la Terre Sainte. À l’époque, les Croisés chrétiens n’ont parfois fait aucune différence entre les soldats, les combattants religieux, les femmes et les enfants. Ils tuèrent tout le monde.

Durant près de deux siècles, des massacres ont eu lieu. À l’époque, les Papes défendaient l’idée que les Croisés chrétiens auraient l’absolution de tous leurs péchés en s’impliquant dans ces guerres de croisades pour lutter contre les « infidèles ». On voit qu’aujourd’hui, la similitude existe dans les promesses faites à ceux qui se font sauter dans les attentats. Promesses de vie meilleure dans l’au-delà, promesses de bonheur, promesses diverses et aguichantes.

 

Les tueries faites au nom de Dieu n’engagent que ceux qui tuent. Dieu n’a rien à voir avec le chemin de violence que prennent ces personnes. Il a laissé les hommes libres de leurs choix mais il nous a donné la mortalité. La règle première des porteurs de valeurs humaines est de ne causer de tort à autrui, ni en pensées, ni en paroles, ni en actions. Tout homme est appelé à mourir mais il n’est pas écrit que nous devons mourir par une balle tirée par un autre homme. 

 

En conclusion, je dirais que lorsqu'on connait le diable, on sait qu'il sait se déguiser et que lorsqu'il se grime en Dieu, cela donne le résultat que nous connaissons aujourd’hui, résultats de violence et d’attentats que nous pouvons décrypter tout au long de l’histoire, même la nôtre.

 

On sait aujourd’hui -par la libération des paroles de jeunes abusés par des prêtres sur Lyon- que le diable sait aussi prendre l’âme de certains religieux emprisonnés par des règles religieuses impossibles à tenir ; ces prêtres sont victimes eux-mêmes d’un système qui crée l’horrible. Demander à un homme de ne pouvoir avoir une vie sexuelle normale et exiger de lui  de sacrifier son statut d’humain sexué à Dieu sur demande d’une Église minotaure… revient à sacrifier de jeunes innocents sur l’autel d’Abraham, comme l’agneau tué en offrande aux Dieux de l’Antiquité.

 

Le diable n’existe que par la déviance des humains et le pouvoir de certains hommes à représenter Dieu, dans toute l’horreur de l’orgueil et de la vanité.

 

Chloé LAROCHE

24/06/2015

Ma lettre aux parents d'Ayana, suite à la lettre de Jean-Marc Dupuis. Mon témoignage de maman orpheline face à la mort brutale de ma fille en 1997.

 

 

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Merci Jean-Marc Dupuis d'avoir écrit votre lettre (lettre que, chers lecteurs, vous trouverez ci-après... en-dessous de ma lettre) pour les parents d'Ayana. Merci Jean-Marc pour tout ce que vous écrivez aussi afin de protéger la santé de chacun d'entre nous.

Je voudrais écrire ceci aux parents d'Ayana, Julie et Jason :images-21.jpeg

Chers parents, j'ai vécu quelque chose d'un peu similaire en 1997 quand ma fille Océana, qui avait trente mois, est décédée en trois jours d'une encéphalite foudroyante. Elle avait reçu un vaccin en janvier après une varicelle. Le pédiatre a voulu la vacciner alors qu'elle venait d'avoir cette maladie. J'étais jeune à l'époque, j'ai laissé faire. Elle est décédée un mois après mais personne n'a voulu faire le rapprochement, étant donné qu'il y avait un virus de grippe très virulent et que ma fille l'a attrapé. Le pédiatre a attendu trois jours avant de donner des antibiotiques. Il était trop tard, le mal avait pris son cerveau, si vite. Par la suite, des liens ont pu être fait avec la résurgence grave de la varicelle réveillée par le vaccin, alliée à une grave complication de grippe. Mais tout cela est resté dans la tombe, au sein d'une supposition nébuleuse et sans véritables explications.

À l'hôpital, ma fille est tombée dans le coma, comme foudroyée. C'était le jeudi 13. Le lendemain matin, 14 février, les médecins nous ont dit : "On va devoir débrancher votre fille, son coeur bat mais son cerveau est mort. Vous n'avez rien à dire, nous le ferons." Le ciel nous est tombé dessus. je voyais ma fille vivre, respirer... et ils allaient la tuer. Une amie m'a appelée, m'a parlé doucement : "Laisse la partir, s'envoler, ne la retiens pas, c'est son heure de partir." C'est cela : accepter le destin, accepter que la mort emporte ceux que l'on aime, accepter l'impermanence pour chacun d'entre nous, accepter l'impuissance de ceux qui sauvent et qui protègent en général : les médecins, le corps médical.images-24.jpeg

Accepter qu'on me dise : "De toute façon, vous l'auriez amenée plus tôt, on n'aurait rien pu faire, on n'a pas de traitement pour ce qu'elle a, on est démunis." J'ai peigné ma fille une dernière fois, je l'ai habillée. C'est le 15 qu'ils ont débranché ma fille. Arrachement des entrailles, comme un pic dans le coeur et c'est à vie que mon ventre a vu un trou béant se faire en moi. Depuis, dix-huit ans ont passé, et je passe ma vie à donner, à aider, à tendre la main à autrui. J'ai adopté deux filles et j'ai eu un fils qui a dix ans maintenant. J'ai pu faire tout cela lorsque j'ai compris (très rapidement) que Dieu est le Dieu de tous, des vivants et des morts. Je vous explique : une maman qui perd son enfant ne le voit plus, ne le sent plus, elle ne sait pas où il est. C'est terrible, c'est un arrachement mortel. On a l'impression d'être entre ciel et terre, au bord de la tombe, en bascule d'éternité.Unknown-8.jpeg

Alors quand j'ai compris un jour en un éclair de lucidité que si Dieu existe, il existe pour les vivants mais aussi il protège les morts ; il s'en occupe, comme les anges s'en occupent, comme les entités de lumière s'en occupent, alors cela m'a rassurée. J'ai délégué aux forces de lumière et d'amour, j'ai accepté de renoncer à mon inquiétude profonde de maman et je suis entrée dans une certaine confiance. Je dis "certaine" car la peine est là, profonde, les larmes, l'absence terrible, les pensées obsédantes parfois -concernant les derniers jours avant le décès-, la culpabilité d'être encore vivant sans son enfant qui lui est mort, la colère de n'avoir rien pu faire, colère aussi contre les médecins, mais les médecins ne sont que la main du destin, implacable et frappeur.Unknown-7.jpeg

Je me suis reconstruite en écrivant un livre pour aider d'autres parents dans le deuil, puis d'autres livres, en créant plus tard un blog, en reprenant les concerts avec mon violon, en devenant ambulancière, en marchant en montagne et en emmenant des groupes avec moi vers les sommets, vers la vie, en choisissant l'adoption et de donner tout cet amour laissé au fond de moi à des enfants sans parents.

Je vous souhaite, Julie et Jason, beaucoup de courage. Votre petite Ayana vous protégera toujours sur votre chemin et vous protégera comme ma fille Océana me protège pour toujours et jusqu'à ma mort et bien au-delà.

Chloé Larocheimages-20.jpeg

 

 

 

 

 

______________  Lettre de Monsieur Jean-Marc DUPUIS :

 

Condoléances extrêmes aux parents d’Ayana

Pas de commentaire - 3 795 lecture

 

Chers amis,

Excusez-moi d’être direct, surtout sur un sujet si douloureux.

Mais vous, pensez-vous que vous pourriez trouver les mots justes pour réconforter deux jeunes parents qui se préparent à la mort de leur bébé ?

C’est ce qui est en train d’arriver à Julie Pitel et Jason Rivière, les parents de la petite Ayana. Leur bébé de sept mois est dans le coma depuis le 6 mai après avoir été vaccinée à l’Infanrix Hexa et au Prévenar [1].

Dimanche 21 juin, les médecins leur ont annoncé que le système de respiration artificielle qui maintient Ayana en vie va devoir être arrêté « dans six ou huit jours » [2]. En effet, ils estiment que son cerveau est « irrémédiablement détruit ».

C’est une épouvantable tragédie.

Moi-même qui ai perdu brutalement ma fille de 12 ans il y a peu, je me sentirais complètement démuni si je me trouvais face à ces jeunes parents.

Pourquoi ?

Parce que chaque cas est unique et je crois qu’il est impossible d’imaginer ce que ressentent des personnes dans un tel drame.

« Condoléances » est un mot qui vient de l’ancien français « condouloir », s’affliger avec quelqu’un [3].

« Je vous présente mes condoléances » veut dire « je souffre moi aussi avec vous du malheur qui vous afflige ».

Mais dans ce cas, j’aurais terriblement peur que mes paroles paraissent vaines, inutiles, et qu’elles ne les réconfortent pas, au contraire même : « Vous pouvez toujours parler, rien ne nous rendra jamais notre enfant ! », pourraient-ils me répondre, avec raison.

Et pourtant, même si je suis maladroit, je voudrais vraiment dire à Julie et Jason que je leur présente, sincèrement, mes plus extrêmes condoléances et je suggère à tous les lecteurs de Santé Nature Innovation qui le souhaitent de s’associer en ajoutant un mot en commentaire de ce texte.

Je voudrais qu’ils sachent combien je souffre pour eux et pour leur bébé. J’ai été bouleversé par le courage qu’ils ont montré à la télévision et depuis le début de cette affaire. Ils ont à peine 21 et 22 ans ! (vous pouvez par exemple voir le reportage ici)

Ce qu’ils sont en train de vivre, ils ne l’oublieront jamais. C’est une épreuve qui marque pour toujours. Dans 20, 30 ou 50 ans, les larmes leur monteront aux yeux chaque fois qu’ils repenseront à leur petite chérie.

Que faire maintenant ?

Selon les articles que j’ai pu lire dans les médias, Me Ludot, l’avocat qui défend Julie et Jason, est énergique et il les défend bien.

Il semble qu’il y ait eu un problème avec le SAMU, qui n’a pas voulu se déplacer alors que la petite avait 42,5°C de fièvre après sa vaccination. Elle aurait même fait une convulsion, qui est une urgence médicale extrêmement sérieuse et fait partie des effets secondaires bien connus des vaccins. S’ils avaient fait le minimum, ils auraient peut-être pu la sauver.

Selon le journal Le Parisien, Me Ludot aurait déclaré :

Nous voulons « tout savoir de ce qui s’est passé » et « nous voulons que soit tenu aux parents un discours loyal et honnête, à savoir que la nocivité des vaccins est à l’origine des 42° de fièvre (d’Ayana) : c’est l’association criminogène des deux vaccins, Prevenar et Infanrix » [4].

Cette demande paraît d’autant plus légitime que cette tragique affaire a eu lieu précisément au moment où les pouvoirs publics et la plupart des médias essayaient de diaboliser l’action du Pr Henri Joyeux pour la simple raison qu’il demandait le retour du vaccin DT-Polio, plutôt que l’obligation de fait imposée aux parents de recourir aux supervaccins comme l’Infanrix.

Les médias bien ennuyés

Confrontés aujourd’hui à leurs contradictions, ces mêmes médias sont aujourd’hui plus qu’ennuyés.

Ils sont en effet bien obligés de parler de l’affaire d’Ayana. Mais comment expliquer au public que l’Infanrix, dont ils ont dit qu’il n’était pas du tout dangereux, soit impliqué dans la mort d’un bébé qui était en parfaite santé avant les injections ?

La solution, assez piteuse, qu’ils ont en général choisie est de rester dans le vague.

La plupart, comme le journal Le Monde [5], L’Express [6], le Nouvel Observateur [7], reprenant l’AFP, ont choisi le mensonge par omission, en parlant d’un accident « suite à deux vaccins », sans préciser lesquels.

D’autres, et c’est peut-être pire encore, ont écrit que l’accident s’était produit après une injection de DT-Polio, opérant un amalgame aussi mensonger que dangereux entre le DT-Polio, qui est obligatoire, nécessaire, et dont nous attendons tous le retour dans les pharmacies, et l’Infanrix, qui n’est pas obligatoire, pas nécessaire, et que personne n’utiliserait s’il n’y avait pas de pénurie de DT-Polio, surtout qu’il coûte sept fois plus cher.

La ministre de la Santé Marisol Touraine garde le silence

La ministre de la Santé Marisol Touraine, enfin, a choisi… le silence.

En un sens, elle est logique avec elle-même puisqu’elle avait eu le cran de déclarer que « la vaccination, ça ne se discute pas », alors même que la petite Ayana venait de tomber dans le coma après avoir reçu son vaccin.

La mort d’Ayana ne doit pas rester vaine

Mais au fond, peu importe. Ce qu’on espère aujourd’hui, c’est que les parents d’Ayana parviendront à surmonter cette épreuve aussi terrible qu’injuste, et qu’ils seront soutenus par le plus grand nombre possible de personnes.

Nous avons aussi l’espoir que la mort de la petite Ayana ne restera pas vaine, et que le retour du simple vaccin DT-Polio sans aluminium dans les pharmacies de France permettra bientôt à tous les bébés d’être vaccinés dans les meilleures conditions de sécurité.

Comment se reconstruire

La seule chose positive que l’on peut essayer de dire aux parents d’Ayana, c’est que ce type d’épreuve vous transforme de façon définitive, mais pas forcément dans le mauvais sens.

Si vous parvenez à vous « reconstruire » après cela, votre nouvelle vie, votre nouvelle façon de vivre et de voir le monde, en sont irrémédiablement transformées.

Mais cette transformation n’est pas toujours uniquement une destruction. Il se peut aussi que la mort de votre enfant change votre regard sur la vie, sur les autres, sur vos autres enfants si vous en avez, sur votre conjoint et vos parents, en vous imposant un regard plus calme, compréhensif, plus chargé d’amour et de sagesse.

Après une tempête pareille, vous comprenez mieux les bornes de la vie sur terre, vous réalisez de façon concrète qu’il y a des limites auxquelles personne n’échappe, des frontières d’au-delà desquelles personne ne revient. Cela peut vous donner plus de sérénité et une plus grande capacité à apprécier le moment présent. Vous pouvez acquérir ce brin de fatalisme et de recul qui peuvent être une bonne chose si vous aviez tendance à être trop angoissé, trop impatient, trop pressé dans l’existence.

Que vous le vouliez ou non, vous êtes obligé de relativiser un certain nombre de choses. Beaucoup de risques ou d’épreuves qui vous inquiétaient avant vous paraissent bénins, par contraste avec ce que vous avez vécu.

Vous n’avez plus envie de vous énerver parce qu’on vous a éraflé votre voiture sur le parking du supermarché. Rater vos vacances, perdre votre travail, vivre un chagrin d’amour, recevoir une amende ou une facture salée inattendue ne sont plus des causes que vous prenez vraiment au sérieux pour vous rendre malheureux.

« Allez, c’est la vie », vous dites-vous plus facilement. Vous apprenez à faire contre mauvaise fortune bon cœur parce que vous savez maintenant que vous allez oublier tout ça bien vite, beaucoup plus vite que cette douleur qui, elle, est pour toujours dans votre cœur.

Bien à vous,

Jean-Marc Dupuis

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17/06/2014

La diversité des cultures fait-elle obstacle à l’unité du genre humain ? (sujet Bac Philo 2014)

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_______________________________________ écrit en une heure à partir d'un sujet du Baccalauréat du 16 juin 2014__________ Défi relevé par l'écrivaine que je suis, votre serviteur_____________________



Nous vivons sur une planète qui s'appelle la terre avec plusieurs milliards d'individus. Chaque humain vit sur un continent, dans un pays et pratique une religion ou un refus de religion, embrasse sa propre foi, choisit son mode de pensée, s'habille différemment, mange autrement. Pouvons-nous dire que cette diversité fait obstacle à l'unité du genre humain ? Et que peut nous apporter cette volonté d'unité à tout prix ? Est-ce que les guerres nous divisent et nous diminuent ? Est-ce parce que l'autre est différent de moi par sa culture que je vais me mettre en conflit avec lui, avec elle ?

 

 Si on prend acte que les traditions font partie de la culture de chacun, alors oui, je peux ne pas me sentir en unité avec ceux qui pratiquent l'excision des femmes et celle des petites filles ;  cent quarante millions de femmes auraient subi cette opération horrible, en Afrique, en Égypte, en Malaisie. Je peux m'élever aussi contre cette pratique qui veut qu'au Népal, on expose devant  des petites filles des dizaines de têtes de buffles fraîchement coupées, afin de trouver la nouvelle "kumari", jeune représentante vivante de la redoutable déesse Durga-Kali. La plus impassible des fillettes est désignée à la suite de ce rituel, afin de recevoir offrandes et sacrifices.   


Si l'unité du genre humain est de respecter les droits de l'homme et de l'enfant, universellement et sur toute la terre , alors comment accepter certaines pratiques ancestrales gardées dans le respect des cultures de certains pays, pratiques qui bafouent le respect de l'individu et le soumettent à d'atroces souffrances morales et physiques. On peut apprécier la culture grecque, mais savez-vous que les spartiates précipitaient les enfants et bébés handicapés dans les gouffres pour ne pas encombrer leur civilisation ? On peut apprécier le Tibet et le défendre, mais savez-vous qu'on arrache des petits à leur famille car ils sont reconnus comme l'incarnation d'un grand Lama ? Dans certains pays, on tue des femmes pour laver  l'honneur de la famille, même si elles ont été violées. Elles sont victimes mais c'est elles qui doivent payer à la place de leurs bourreaux.


Lorsque la culture demeure belle et sereine, emplie de beauté et d'art harmonieux, alors elle nous unit dans une paix et un amour universel certain, comme la musique, langage traversant les frontières. Léon Fleisher a dit : "La musique est une force horizontale qui se déroule dans le temps." Elle se déplie dans chaque culture, chaque pays et nous relie, faisant apprécier chaque identité culturelle, chaque couleur de culture, avec la différence de ses timbres, de ses instruments, de ses airs, de ses mélodies.

Platon a dit : "Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique." En effet, lorsqu'avec mon violon, je joue du tzigane, du klezmer, du country ou de l'irlandais, ou encore du bolivien, alors je vois les sourires apparaître chez les écoutants qui voyagent dans chaque tradition, dans chaque tonalité de musique, de couleurs locales. L'oreille intérieure reconnaît la musique de chaque pays, Espagne, Russie, Italie, Maroc... C'est alors que l'unité se fait, comme l'harmonie d'un grand orchestre qui jouerait mille lumières d'étoiles pour former le grand univers de nos âmes unies en humanité.

Comme l'a très bien exprimé Monsieur Sarkozy, lors de l'inauguration du Centre Pompidou, en 2011 : "La culture, c'est un peu comme le bonheur, ça se partage." En effet, la peinture, la sculpture, la musique, l'écriture nourrissent la culture et permettent de relier les hommes entre eux, sans forcément parler la même langue et vivre dans les mêmes pays. La beauté, l'esthétisme, le caractère universel de la création nous invitent à puiser au fond de notre inspiration et de notre contemplation le meilleur de l'humain.

Les guerres, le racisme, les conflits, la haine, reculent alors afin d'unir les hommes vers la paix, la douceur d'exister ensemble, la sérénité d'un chemin ouvert à la diversité.

Les religions, partie intégrante de la culture, ont tenté et essayent toujours d'apporter leur patte à l'unification humaine, à l'unité mais souvent malheureusement par une exclusivité de la bonne parole. "Pensez comme nous, croyez au même Dieu, et vous serez sauvés." Chacun tire la couverture à lui. Sans songer que Dieu est le même, par la nature de son universalité. Homme et femme en même temps, dans la communion des genres.

Maurice Merleau-Ponty a écrit : "La religion fait partie de la culture, non comme dogme, ni même comme croyance, mais comme cri." Oui, le cri de l'amour, de la tolérance, de la paix... mais jamais plus celui de l'intolérance, de l'exclusion, de la haine, de la séparation des églises et des croyances. 

Lorsque j'entends le membre d'une église me dire que seuls ceux qui croient ce qu'il croit seront sauvés, je lui dis : non, seuls ceux qui croient en l'amour et le pratiquent peuvent penser que tout le monde sera sauvé, sans exception, mais nous sommes de minuscules grains de sable face à la grande horloge du temps. Et si nous la déréglons, personne ne sera alors sauvé, au sens de l'existence de notre humanité sur la planète qui nous accueille.

Et même la culture n'y pourra rien changer.

Cependant, il faut essayer... et tout faire pour aller dans le sens de l'unité planétaire, dans l'art de vivre tous ensemble et dans le respect de la différence de chacun, comme les couleurs de l'arc-en-ciel vivant en harmonie et soudées par la lumière universelle.


Chloé Laroche 

 

 

14/03/2013

Lettre d'une Papesse -sortie de la deuxième lame du Tarot- au nouveau Pape... François 1er.

images-11.jpegLettre ouverte au nouveau Pape, François 1er,

Révérend père, Evêque de Rome, vicaire de Jésus-Christ, successeur du prince des Apôtres, souverain pontife de l’Eglise universelle, primat d’Italie, archevêque-métropolite de la province romane, souverain de l’Etat de la Cité du Vatican et serviteur des serviteurs de Dieu, 


Je me permets de vous écrire pour vous témoigner toute l'espérance que je porte à votre élection.

En effet, vous avez osé laver les pieds de porteurs de la maladie du Sida il y a quelques années et vous avez choisi le prénom de François 1er par rapport à Saint François d'Assise, ce qui prouve et honore votre recherche de simplicité et d'épurement des richesses par une vie sereine et dépouillée de surplus matériel.

J'ai appris cependant que vous condamniez fermement le mariage homosexuel ; par ailleurs vous avez pris courageusement la défense de familles voulant baptiser leur enfant né(e) hors mariage, contre l'avis défavorable d'autres prêtres.

Je vous écris quelques heures après votre élection, en tant que Papesse d'un jour, sortie tout droit de cette carte "la papesse" existant dans le jeu du Tarot et représentant l'évolution secrète des choses, tout ce qui touche à l'esprit, le cheminement secret et interne, notre part profonde et mystérieuse de réflexion et de métamorphose.02-papesse.jpg

La "papesse" représente toutes les qualités féminines, comme la constance, la patience, la prudence, la modération, la fécondité, la paix, la bienveillance, l'harmonie, la clairvoyance.

Il est dommage que l'Église ne sache pas apprivoiser cette part féminine des croyants et des fidèles.

Je vous demande donc en tant que Papesse d'un jour et représentante du genre féminin de donner la possibilité aux femmes de dire la messe, de pouvoir prendre part au culte et aux ministères de l'église, autant que les hommes.

images-15.jpegPourquoi n'y aurait-il pas de femmes évêques et peut-être un jour une Papesse ? Serait-on à ce point machiste et rétrograde au sein de l'église catholique pour ne pas accueillir les femmes au même titre que leurs homologues masculins ?!

Je vous demande aussi en tant que Papesse d'un jour de réfléchir à autoriser aux prêtres la rencontre amoureuse et le mariage, afin qu'on ne trouve plus dans tous les pays des prêtres cachant à tous leur liaison et leurs enfants, progéniture cachée et malheureuse au sein d'une église tiède et lâche, coupable de choix passéistes.

Les prêtres se trouvent confrontés à une nature profonde et physique impliquant des pulsions inhérentes à leur nature d'hommes. Certains vivent alors des liaisons secrètes entre adultes consentants mais d'autres malheureusement sont confrontés à la castration obligée de leurs désirs et touchent alors aux enfants, ce qui les noient dans la pédophilie et l'abîme de la culpabilité.

Donner sa vie à Jésus et travailler pour l'Église ne devrait pas impliquer un tel sacrifice de chasteté et de célibat amenant des hommes à des torsions intérieures et des souffrances morales telles qu'ils détruisent à jamais des jeunes enfants et des adolescents, créant des scandales au sein d'une Église que vous souhaiteriez, je pense, Mon Éminence, lavée de tout soupçon.1989964780_vatican_le_conclave_pour_elire_le_nouveau_pape.jpg

Je vous avoue que pour tout cela, je me suis éloignée d'une Église trop rigide, d'une église misogyne et rétrograde, d'une église qui me donne envie de rester chez moi pour prier seule.

Beaucoup de croyants chrétiens n'ont pas compris la parabole du Paradis, du serpent, de la pomme et des gestes d'Ève au Jardin d'Éden et ont jeté sur la Femme un opprobre qui ne l'a plus jamais quittée au fil des siècles, la rendant responsable du Péché Originel et de tout désir ressenti par l'homme. La femme tentatrice a ainsi été écartée de la vie spirituelle catholique, de sa direction et participation. Tout cela doit cesser et je compte sur vous, qui êtes le nouveau Pape, pour faire progresser les mentalités.

images-13.jpegJe sais que vous êtes intègre et sensible à la souffrance des autres. C'est ainsi que vous pourriez comprendre que l'Église ne doit pas se saisir du problème du mariage des homosexuels, qui demandent une union laïque, ce qui ne regarde pas l'Église, puisque ce n'est pas une demande de mariage religieux. Après, condamner l'homosexualité en elle-même, ce qui est le cas de nombreux adversaires du mariage gay, n'est pas louable ni défendable, car ce que font deux personnes adultes dans un lit devrait rester secret et ne pas être étalé ainsi durant des jours dans l'actualité et le questionnement sur la sexualité d'autrui, sujet tabou à mes yeux et demandant la réserve des religieux.

Mon Éminence, je vous souhaite un heureux pontificat et que vous apportiez paix, ouverture et compréhension d'autrui à notre monde.images-16.jpeg


Chloé LAROCHE






24/02/2013

De l'effroi de savoir la famille Moulin-Fournier enlevée, dont quatre jeunes enfants séparés de leurs parents, au Cameroun, depuis six jours.

images.jpegPour la famille Moulin-Fournier.


Un ministre, Kader Arif, a annoncé en plein débat parlementaire ce jeudi que les sept otages français enlevés au Cameroun mardi dernier avaient été libérés et retrouvés, suite à une fausse nouvelle venue d'Afrique. Il a été lynché par les médias, par la presse, et a été la risée de tous les moqueurs...

Pourtant il n'a fait que relayer la joie d'un pays entier, heureux d'apprendre une formidable nouvelle. Il n'a fait que prendre part au soulagement de tous les français angoissés en pensant au sort horrible de ces quatre jeunes enfants séparés de leurs parents et détenus par un groupe terroriste. La nouvelle s'est répandue sur toutes les radios, avant même que l'annonce Kader Arif lui-même, puisqu'on tenait cette information de l'armée locale.images-1.jpeg

Je pense en tout cas ici à cette famille enlevée là-bas, à ces quatre enfants, et je sais que partout en France, des personnes prient, demandent, oeuvrent en silence, pensant très fort à ces sept personnes. Nous demandons que leurs vies soient épargnées et qu'il ne leur soit fait aucun mal.

Cette famille française vivait au Cameroun depuis deux ans et les quatre enfants étaient scolarisés sur place, à Yaoundé, quatre garçons de 5, 8, 10 et 12 ans.

images-3.jpegJe souhaite très fort et du plus que je peux que cette famille soit sauvée et revienne embrasser leurs proches restés en France. Je souhaite que leurs ravisseurs se ravisent et les libèrent afin de montrer que la paix et la clémence sont des vertus que demande le Créateur, celui pour lequel ils n'hésitent pas à se battre jusqu'à leur dernier souffle. Dieu ne demande à personne de torturer ni de tuer en son nom, ni d'enlever des enfants. Alors, avant que le châtiment céleste ne s'abatte sur des personnes criminelles ou allant le devenir, qu'elles reviennent à la raison humaine de respecter la vie d'autrui et l'harmonie d'une famille innocente.

Chloé Laroche___________images.jpeg6a00d8341bf94953ef01675f86bfbe970b.jpg

 

14/01/2013

L'Odyssée de PI. Une traversée de la vie, de nos vies. Traduction de ce film et symbolisme.

L-Odyssee-de-Pi-3D_portrait_w193h257.jpgBonsoir à tous et toutes,


Le film "L'Odyssée de PI" de Ang Lee nous emporte dans un tourbillon d'images, de pensées et d'émotions incroyables.

Nous vivons avec PI, ce garçon ayant traversé l'océan avec un tigre, l'aventure intérieure d'un homme trouvant un courage et une force extraordinaire pour survivre et trouver un sens à son drame.images.jpeg

Cet homme a embrassé les trois religions tout jeune, pensant que la maison de Dieu comporte plusieurs pièces et qu'à chaque étage, il y a la place pour le doute. Le doute permet à mon sens d'asseoir une croyance sincère et profonde. Car sans doute et sans recherche personnelle, la foi n'est qu'une imposition, un marquage au fer de l'éducation.

images-3.jpegLe jeune homme se retrouve face au tigre de son enfance, sur une barque, seul sur l'océan. J'ai fait le parallèle avec le fait de se retrouver face à nos peurs, à notre passé, à notre inconscient, à nos blessures, à nos traumatismes, à notre tigre intérieur, celui que nous devons apprivoiser pour avancer et grandir. Le tigre est notre totem, comme l'animal en nous pouvant devenir notre allié, avec nos pulsions, nos colères, notre sensualité, notre animalité qui, devenue soumise à notre âme, peut transformer notre vie en oasis, en havre de paix et de sérénité.Unknown.jpeg

Ce tigre du Bengale est beau, majestueux, mais il fait peur. Pourtant, Pi va arriver à le soumettre, à vivre avec lui, à se faire respecter sans lui faire de mal, sans le tuer, et même en le sauvant. Mais en le sauvant, il s'est sauvé lui-même, car en le tuant, il se serait mutilé à jamais du meilleur de son être.

images-1.jpegEt puis, il admire le monde, PI. Il admire l'océan, le ciel, les profondeurs, la lumière, la tempête. Il laisse couler les larmes du deuil de ses parents, morts dans la tempête. Il pleure son frère. Il est seul désormais et apprend le renoncement. Le renoncement appelant l'acceptation de son destin.

PI vit la réalité des survivants, ceux qui sont seuls à rester vivants alors que les autres sont morts. Cette réalité est difficile à vivre car on voudrait pouvoir être partis avec ceux qu'on aime mais on doit vivre le restant de notre destin, sans rechigner à la tâche qui nous reste à accomplir.

La sagesse est de renoncer à ce qui a été, au bonheur antérieur vécu pour aller vers d'autres rives, vers d'autres îles, vers d'autres amours, vers d'autres liens humains.porte-coup-ah-coeur-rose-img.jpg

PI, je te remercie et je remercie le tigre qui est en nous, en moi, en toi... Qu'il nous protège à jamais dans la jungle de la vie que nous traversons.

odyssee-pi-featurette-voyage_5azzd_2bxgbe.jpgChloé LAROCHE



13/01/2013

Du mariage pour tous et de ma position quant au mariage homosexuel et à la procréation médicalement assistée. Propos envers les croyants.

k2277959.jpgBonjour à tous et toutes,


Aujourd'hui, des isérois et personnes venues de toutes provinces se sont retrouvés à Paris pour manifester contre le "Mariage pour tous". Il y a dans les rangs de cette manifestation nombre de religieux de tous bords, pensant lutter pour des croyances légitimes.

ispi045285.jpgQuelle perte de temps et d'énergie quand on pense que ces personnes donnent un dimanche pour dire NON à une loi ne les concernant pas. Alors qu'en tant que personnes croyantes et porteuses d'un certain idéal, sont-elles descendues dans la rue avec tous ceux qui sont venus à Paris -dont quinze mille kurdes- rassemblés hier pour manifester contre la mort des trois jeunes femmes kurdes assassinées dans notre pays ?

Ont-elles été là aussi, ces personnes bien-pensantes pour défendre les enfants expulsés de France, avec leurs parents, actes faits régulièrement depuis des années ? Pour arrêter les policiers venus dans nos écoles arracher des gosses à leur banc pour être mis dans un avion ?k0402730.jpg

Beaucoup de gens mélangent le terme de mariage civil avec le terme de mariage religieux. Pourtant le premier, que la nouvelle loi traite, est laïque et ne devrait pas autant remuer les croyants et les foules offusquées.  Le mariage laïque donne l'égalité des droits aux homosexuels qui s'aiment et c'est normal. 


012904BL.jpgD'autre part, si on ne veut pas donner le droit à la procréation médicalement assistée aux homosexuels, en parlant de l'inconnu du donneur et de ce problème évident pour les enfants à venir qui ne connaîtront pas la lignée paternelle... Pourquoi l'a-t-on donné aux autres couples, ce droit ???? Quelle hypocrisie !!! Si on ne donne pas ce droit aux couples homosexuels, alors enlevons-le à tous les couples ! Car quelle discrimination ce serait d'accorder ce droit à certains mais pas à d'autres... à cause de prétextes de morale et d'éthique.

Le jour où les enfants venus au monde par la procréation médicalement assistée grandiront et ne pourront pas savoir d'où ils viennent et quelle est leur deuxième lignée, le monde s'apercevra que le progrès est parfois égoïste et que l'enfant n'est pas un dû, ni pour les couples hétérosexuels ni pour les couples homosexuels.42-19860150.jpg

Il reste que des enfants bien vivants sont adoptables et abandonnés dans des orphelinats. Qu'ils soient adoptés par un homme et une femme ou par deux femmes ou deux hommes... m'est égal. C'est le bonheur de l'enfant qui compte ainsi que le fait qu'il ait enfin une famille et des personnes qui l'aiment et prennent soin de lui. 


42-19860091.jpgDeux français homosexuels sont partis au Brésil et ont adopté un petit garçon déficient et très abimé par la situation qu'il vivait, négligé par ses propres parents qui se droguaient. Ces deux hommes ont pris cet enfant sous leurs ailes et l'ont tant choyé et protégé que ce garçon va bien aujourd'hui. Imaginez qu'ils reviennent en France aujourd'hui... Seront-ils acceptés et reconnus comme les pères de cet enfant ? Cet enfant aura quelle place dans notre société et au sein de sa famille non reconnue dans notre pays ? 

k5320333.jpgQue tous les religieux et les croyants du monde se regardent dans une glace et se demandent quel genre d'amour est-ce  celui que Dieu demande à chacun et qui devrait rejeter deux personnes qui s'aiment ? Dieu a-t-il demandé que nous adoptions ce genre d'amour discriminant ? Je ne crois pas en cette supposition, sincèrement. L'amour universel nous demande d'être tolérant, ouvert, accueillant envers la différence, aimant envers autrui et hospitalier.u18085635.jpg

Chloé LAROCHEk5046541.jpgk10511989.jpg


17/01/2011

De la mort à la vie. De l'amour à la révolte. De la naissance à cette vie à un départ vers l'autre vie. Des calins gratuits à Grenoble à la Tunisie en révolution. Pour Alain et Jean-François qui nous ont quittés.

Bonjour à tous et toutes,P1010027.JPG

 

Photo 3115 3.jpgSamedi, je suis allée rencontrer place Félix Poulat à Grenoble le groupe des "calins gratuits", qui fait partie d’Ovs (site Onvasortir.com) en Isère. Il y avait aussi des amis de Peuplades de Grenoble.

C’est Chris qui a initié ce concept dans notre région. Le principe est de proposer des accolades aux passants et d’échanger de l’amour à travers un échange de quelques secondes.Photo 3150 3.jpg

 

J’ai vu une femme au bord des larmes.

 

«Oui, ça me fait du bien un calin", dit-elle en serrant une des participantes dans ses bras.

"Je vis quelque chose dans ma vie de très dur en ce moment.»Photo 3132 4.jpg

J’ai vu des jeunes s’embrasser à plein bras à plusieurs, avec chaleur et joie.

J’ai vu des regards s’illuminer et j’ai vu aussi des regards se dérober.Photo 3148 4.jpg

 

J’ai vu des hommes donner des calins avec de la tendresse au bord du coeur.

J’ai vu des femmes ouvrir leurs bras comme des mamans pour des inconnus.

 

15448-39dg.jpgEt en face, j’ai vu des tunisiens sur la même place manifester pour leur pays, pour dire qu’ils sont en souci pour leurs proches restés au pays.

J’ai entendu leur douleur pour un peuple, le leur, en train de lutter pour la liberté d'être et de survivre dans un monde de plus en plus dur.

 

Une jeune femme est venue vers moi pour me parler.

Elle est tunisienne et m’a fait part de ses craintes, de la révolte de son peuple aussi.

Je lui ai parlé de ma honte devant la déclaration de Michèle Alliot-Marie qui a proposé d’envoyer les forces françaises pour aider à la répression du peuple, alors que pendant ce temps, la police de Ben Ali tirait à balles réelles sur les manifestants.

 

Vous vous rappelez de ce jeune qui s’est immolé par le feu le 17 décembre ?8f00a5d2-18da-11e0-b554-742b4d6e1915.jpg

On lui avait enlevé son outil de travail, un simple étal sur un marché ainsi que toute sa marchandise. Il s’appelait Mohammed Bouazizi et avait 26 ans. La police lui a tout enlevé et il a voulu en perdre la vie. Cinq mille personnes ont suivi son cercueil et ont juré de le venger.

Tous les jeunes se sont retrouvés dans sa mort et la colère est montée. Devant des années de dictature, les tunisiens ont libéré leur ras-le-bol et leur rébellion devant la répression de leur liberté d’expression.

 

Photo 3128 1.jpgSur la place Félix Poulat à Grenoble, samedi, j’ai vu l’amour d’un côté et ces cris de révolte de l’autre côté. Tout cela se mêlait avec la foule passant d'un bout à l'autre de la place.

Je suis entrée un moment dans l’église de cette place. Il n’y avait personne. J’ai vu des fantômes, j’ai vu mes souvenirs dans cette église. Le baptême de ma fille décédée. Ma grand-mère que j’aimais tant. Et tant d’amis et amies disparus, partis de l'autre côté pour toujours. J’ai vu ma fille à quatre mois dans sa robe blanche puis dans son cercueil avec son ensemble rouge, accompagnée de son doudou.

Et aujourd’hui, je suis allée aux funérailles de Jean-François, un jeune de vingt ans qui s’est tué en voiture.

L’église était pleine et les parents si dignes.Photo 3152 1.jpg

Comment accepter l’inacceptable ? Le papa Michel a fait un hommage à son fils d’une grandeur d’âme peu commune, un hommage où il lui a dit que sur terre, il était un ange avec des bras et des jambes et que désormais il serait un ange au ciel avec des ailes. «Va, monte le plus haut possible,» lui a-t-il dit, "mais envoie-moi des signes de temps en temps.»

Accepter la mort de ceux qu’on aime, c’est se dire que Dieu ne reprend pas. Il a donné le souffle de la naissance pour que chacun vive mais quand la mort arrive, ce n’est pas Dieu qui reprend la vie, mais c’est le chemin qui se finit ici-bas. Après on est tous là pour entourer ceux qui restent, afin qu’ils puissent poursuivre leur chemin.

P1010008.JPGQuand on perd un enfant, on est d’abord dans le choc, la sidération.... et puis on s’écroule. On vit une grande fatigue physique, un vide immense. On a l’impression d’être un peu mort avec notre enfant. La vie ne nous touche plus. Le bonheur non plus.

Et puis, au bout de plusieurs mois, on regarde la beauté du monde à nouveau, doucement. Et puis un jour, on sourit et on rit à pleine voix. Car on a compris que pour notre enfant, il faut se battre et poursuivre sa vie à fond car chaque vie est courte et qu’on a à donner, partager, aimer encore.P1010002 - copie.JPG

Mais on porte une croix que personne ne saurait voir, car le vide intense au fond des tripes marque à vie le coeur et l’âme des parents orphelins, qui ont un pied dans la tombe, un pied dans le ciel et les deux mains ici-bas, des mains qui se tordent de douleur ou bien qui s’ouvrent et donnent pour partager.P1010002 - copie.JPG

Quand je suis rentrée de la cérémonie, je suis allée chercher mon fils et devant la porte de l’école, j'ai reçu un coup de fil. J’ai fondu en larmes. Un ami était mort. Il était hospitalisé depuis plusieurs semaines à l'Hôpital Sud pour des problèmes de coeur qui lui apportaient des malaises au quotidien et avait été envoyé il y a dix jours à Bordeaux pour une opération sensée le sauver de ses troubles cardiaques. Il est parti au ciel à soixante ans. Il s’appelait Alain et était passionné par les véhicules de Russie, les tracteurs et tous objets roulants venus de l'Est. C’était un homme généreux et ouvert, avec un immense sourire.P1010071.JPG

P1010077.JPGIl m’avait confié dernièrement : «Tout va mal dans ma vie, pourquoi ça s’arrangerait avec cette opération ?» Il avait très peur. J’ai essayé de lui donner de l’espérance, de lui dire qu’après, il commencerait une nouvelle vie, que l’opération, ce serait comme un tunnel, qu’après on ne sait pas ce qu’il y a, c’est l’inconnu, mais que la vie est là à nouveau, avec de nouveaux espoirs, de nouvelles forces.... Quand je me rappelle mes paroles, je me dis que je lui ai parlé de sa mort et de ce que je ressentais intuitivement.P1010037.JPG

J’aurais aimé qu’il revienne et je suis très triste car c’était un ami cher.

Même quand on est dans l’espoir d’un ailleurs et la croyance en un au-delà, comment ne pas souffrir au plus profond de la perte de nos amis, de notre famille, de nos êtres chers ?

Il nous reste à poursuivre notre chemin et à ouvrir notre coeur pour que les petites poussières d'or de tous ces êtres qu'on a aimés nous atteignent et nous illuminent de plénitude et de sérénité, d'émerveillement devant la vie et de confiance en l'avenir.

à toi Alain, à toi Marhèse, à toi Marie-Dominique, à toi Francis, à toi Louis, à toi Philippe, à toi Aimée, à toi Jean, à toi Zoubir, à vous que j'ai aimés, tous des amis et puis le père de mon fils.

à ma fille Océana partie si petite... à mes grands-parents chéris.

P1010096.JPGP1010054.JPG

Chloé Laroche

______________________________________ Les photos de mon article sont de moi sauf la photo du globe (fotosearch libre de droits) et la photo de Mohammed Bouazizi sur son lit d'hôpital : (crédits photo : Tunisian Presidency/AP). Mes photos ont été faites hier sur une balade au-dessus du lac de Monteynard ainsi que place Félix Poulat à Grenoble, lors des calins gratuits de samedi, où je me trouvais en tant que reporter. Les fleurs que j'ai prises étaient dans l'église Saint Louis.

 

 

P1010084.JPGVoici pour vous qui êtes dans le deuil ces deux vidéos et ce texte que j’ai trouvé

et que j’offre aux enfants d’Alain et à Michel, le père de Jean-François, ainsi qu'à sa maman...

 

http://www.youtube.com/watch?v=RP87uKyYAKA (Puisque tu pars/GOLDMAN)

http://www.youtube.com/watch?v=WRrxwbloQHM (Les fleurs du Bien/OBISPO)

 

LETTRE VENUE D'AILLEURS_______________

 

"Tu as souhaité m'écrire, laissant le soin aux nuages,

le soin de me transmettre ton message.

Cette seule intention m'autorise à te répondre

afin de te dire qu'en partant, j'ai bien emporté

toute la richesse et l'amour de notre vécu,

et, si du poids de mon corps je me suis allégé,

je n'en reste pas moins, dans l'ombre, à tes côtés.

Dés lors, si tu es à la recherche de notre hier,

laisse voguer en toi les pensées et les rêves,

car, dans ces voyages, nous nous retrouverons

pour vivre ensemble cette intime complicité,

et donner ainsi toute sa force à son éternité.

Que la caresse du vent, un rayon de soleil,

une étoile filante ou une goutte de pluie

soient les anges porteurs de cet écrit

pour en traduire auprès de toi le sentiment,

afin que, laissant de côté regrets comme oublis,

tu vives intensément chaque moment de la vie."

______________________________

(Michel Thivent)

07/12/2010

Quand un chien vient apporter l'espoir à une maman endeuillée. Nouvelle de l'ange-chien. Dédiée à ma chienne Haka, tuée quand j'avais treize ans.

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES... ac.laroche38@gmail.com. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la septième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"_______________________________

 

 

1785616.jpgLe

Trésor

de

l’Ange-Chien

____________ Nouvelle n° 7 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS





“Elle s’en est allée avant que d’être une femme
N’étant qu’un ange encore, le ciel a pris son âme.”

Victor Hugo





Sa vie n’avait plus aucun sens ; Benoît venait de perdre sa fille et errait dans les rues, tapant dans les murs, criant aux étoiles, s’arrêtant dans chaque bar.

On lui avait pris son bébé, son unique raison de vivre...

Elle était morte comme un cygne part au ciel ; elle avait chanté sa chanson préférée et avait dit à ses parents :

k0312646.jpg-Je vous aime ; je sais que je vais mourir car je suis très malade. Je vais partir dans un autre monde, un monde de lumière d’où je vous enverrai tout l’amour de l’univers... Je vois, comme je vous vois, le monde qui m’attend... Je vois un homme avec un chien... Il a une auréole autour de la tête et le chien me sourit avec ses yeux.”

Cette petite fille avait quatre ans et s’appelait Angélique ; elle était atteinte par une leucémie depuis de longs mois et savait que les médecins ne pourraient pas la sauver.

En entendant les paroles étranges prononcées par sa fille, Thérèse lui avait demandé :

-Comment est le chien que tu vois ?” ...

Angélique lui avait répondu :

-C’est un terrier noir russe, maman ; j’en ai vu un sur un livre comme lui !”1807450.jpg

A ces mots, la jeune mère pâlit, fondit en larmes et sortit de la chambre de sa fille ; elle alla frapper à la porte du bureau de la psychologue de l’hôpital ; celle-ci la fit asseoir et lui demanda ce qui se passait.

Thérèse répondit :

-Lorsque j’avais dix ans, mes grands-parents, qui m’ont élevée après le décès de ma mère, m’ont offert un jeune terrier noir russe ; je devais m’en occuper mais mon grand-père, qui était extrêmement sévère, l’a traumatisé par de mauvais traitements ; mon chien avait très peur de lui et faisait de plus en plus de bêtises ; il s’enfuyait à chaque fois qu’il le pouvait... J’aimais cet animal, madame, mais je ne pouvais rien faire pour changer le cours des choses !... Enfin, un été, alors que je rentrais de vacances, je n’ai plus retrouvé mon chien ; mon grand-père l’avait tué... d’un coup de couteau, m’a-t-il dit... comme ça, parce qu’il était devenu insupportable  ! Il m’a dit : “Il a poussé un cri horrible ; jamais je ne pourrais refaire cela...”. Madame, personne ne sait combien j’ai souffert et ce que le deuil d’un animal peut faire dans la tête d’un adolescent... Aujourd’hui ma fille va mourir et elle l’a vu, ce chien ! Elle l’a vu l’attendre de l’Autre côté... Mon chien vit... donc ma fille vivra et nous nous retrouverons tous. Oui, aujourd’hui j’ai un glaive planté dans le coeur, croisé avec un couteau... mais, comme si nous étions au jour de Pâques, je crie ma foi en la résurrection, cette vie qui existe après la mort.

k1024162-1.jpg-Madame, lui répondit la psychologue, si cela vous fait du bien de croire en tout ce que vous venez de me dire... alors je vous encourage à y croire !

-Mais madame, je ne vous demande pas de me dire si vous êtes d’accord pour que je continue à croire ce que je crois... Non, j’ai besoin que vous me compreniez vraiment, que vous me rejoigniez dans ce que j’éprouve, que vous éprouviez toutes ces émotions que je ressens...

-Madame, répliqua la psychologue, je suis là pour vous aider, non pour fusionner avec vous. Vous êtes seule là où vous êtes ; personne ne peut vous y rejoindre ! Tout ce que je peux vous dire, c’est : croyez en ce qui vous fait du bien... Le deuil que vous allez endurer et que vous commencez à percevoir est la chose la plus terrible qui puisse arriver à un être humain... et vous êtes trop bouleversée pour juger des choses clairement !

-En fait, madame, vous me dites que les fleurs se ferment au crépuscule... mais vous ne voulez pas savoir si elles s’ouvrent ou non à l’intérieur d’elles-mêmes, la nuit, lorsque tout est obscur ! Vous vous fichez que je crois à cela ou à autre chose... Merci de votre condescendance. Au revoir !”

IS1060.jpgThérèse sortit du bureau et alla respirer à l’entrée de l’hôpital. Son regard se perdit dans celui des passants affolés par la détresse qui se lisait sur son visage. Elle avait envie de les prendre un par un et de les secouer, comme elle aurait secoué Dieu, si elle l’avait eu en face d’elle... “Pourquoi me prendre ma fille ? “Dieu sait ce qu’il fait,”  m’a dit l’aumônier. Peut-être, mais est-ce Dieu qui fait cela ? Le veut-Il vraiment ? Voulait-Il la mort de tous ces petits rwandais, de tous ces petits algériens assassinés, de tous les enfants juifs déportés par les nazis, de tous les enfants cheyennes massacrés à Sand Creek ? Alors, pourquoi attribuer à Dieu un rôle qu’Il n’a peut-être pas... ?” Les questions se bousculaient dans la tête de Thérèse.

-Mon Dieu, j’aime tant ma fille... Je ne peux pas croire qu’elle va partir ! Là-haut, si Tu m’écoutes, envoie-moi un signe pour me prouver que Tu peux intervenir dans nos vies et que Tu peux protéger l’Amour.”

A ce moment-là, une petite fille apparut, au bout de la rue, tenant en laisse un chien... C’était un terrier noir russe !

Il s’échappa soudain, laissant sa jeune maîtresse stupéfaite.
-Trésor, viens ici tout de suite !”

Le chien s’était dirigé vers Thérèse et lui faisait une fête digne de tous les anges du ciel...IS065-087.jpg

La petite fille, étonnée, vint chercher Trésor et dit à la jeune femme :

-Jamais encore il n’avait fait une chose pareille ! Je ne comprends pas ! Excusez-moi pour lui !”.

Thérèse lui sourit et dit :

-Votre Trésor m’a donné le plus beau des signes du Ciel ! Il est venu vers moi pour que je sache vraiment qu’un de ses frères, que j’ai connu, est bien vivant dans l’Au-delà et qu’il faut que je fasse CONFIANCE, confiance en ce que je ne sais pas... pour ma fille qui va partir le rejoindre.”

Thérèse retourna alors au chevet de sa fille avec la paix de Dieu au fond du coeur et la conviction intérieure qu’Il se trouvait à leurs côtés, quoi qu’il se passe.

k0009923.jpgElle parla avec Benoît, son mari, mais celui-ci avait du mal à considérer Dieu comme un allié et un ami, dans cette lente agonie qu’ils vivaient tous. Il écoutait sa fille ; il entendait sa femme ; mais son coeur était déchiré par le chagrin.

Leur fille Angélique s’envola comme ils savaient qu’elle allait s’envoler.

Le coeur de Benoît éclata en mille morceaux... que Dieu ne put recoller malgré sa bonne volonté de Créateur.

Car Dieu ne peut pas recoller tous les morceaux...

Seul le Temps peut le faire, car le Temps est l’Amour que Dieu sème sans dire que c’est Lui qui sème.


Chloé LAROCHE

 

PS : lorsque j'étais adolescente, un proche a tué mon chien Fox-terrier dans le même descriptif que le chien tué dans ma nouvelle ;  beaucoup d'éléments autobiographiques se trouvent dans ce récit à travers le cheminement de l'acceptation dans la mort d'un enfant.k2533404.jpg

 

____________________________ Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr/photos-images/chiens.html avec des photos libres de droits.



Prends ma Confiance
Et que dans ta conscience
Elle soit ta Foi

(HAÏKU de Chloé L.)

 

________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur.

Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas."

(extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________

 

 

01/08/2009

Le sacrifice d'un petit élu tibétain pour le bien de l'humanité. "Ne me laisse pas, Papa," a-t-il supplié sur le seuil du monastère, à l'âge de trois ans et demi. Traditions et religion bouddhiste. Ma réflexion sur l'offrande et l'impermanence.

344-243XR1.jpgBonjour à tous et toutes,

 

Je vais vous parler d’un sujet qui peut déranger.

Pourquoi ?

Parce que je vais vous parler d’un petit garçon tibétain de trois ans et demi qui un jour a vu partir ses parents pour rester dans un monastère. Quand il les a vu s’éloigner, il a crié : “Vous allez revenir ?!! Vous n’allez pas me laisser ?”

“Ne me laisse pas, Papa,” a t-il supplié devant les dos de ses parents muets et courbés de chagrin... qui s’éloignaient aussi rapidement que possible.BLD045916.jpg

Ses parents l’ont laissé, à son grand désarroi.

AA025132.jpgC’est Tenzin Zopa qui a trouvé ce petit garçon en 2006, après une quête de cinq ans, dans la vallée de Tsum au Népal, où résident de nombreux réfugiés tibétains. Ce jeune moine recherchait la réincarnation de son maître décédé, Geshe Konchog, et, n’arrivant pas à faire son deuil, a choisi de devenir le père adoptif de cet enfant, rebaptisé Tenzin Phuntsok, lequel a dû renoncer à son enfance avec ses parents, des parents ne pouvant refuser l’annonce du départ de leur petit pour une destination lointaine, un destin d’élu.

J’ai visionné le 11 juillet sur Arte le documentaire concernant cette quête, filmée par Nati Baratz : “L’enfant élu : voyage au coeur du Tibet”. Cet enfant si petit, trouvé et reconnu comme la réincarnation d’un sage ermite, puis enlevé à sa famille pour être emmené au monastère m’a beaucoup interpelée par son charisme et par son chagrin au départ de ses parents. La pression de la religion est telle que ceux-ci s’inclinent en cachant leurs larmes et en acceptant de voir partir leur enfant loin d’eux et définitivement.

42-17428766.jpgJe suis horrifiée par ce genre de “traditions”. Je me place ici en tant qu’humaine, en tant que maman, et je m’insurge contre ces pratiques qui visent à dire : “Cet enfant est élu alors on le retire de sa famille. Il va faire le bien autour de lui, il va être adulé, il va prier, etc.” Encore, si on le laissait en paix jusqu’à ce qu’il soit grand mais là, on l’a emmené très loin, dans un hélicoptère. Ses parents sont venus à sa fête d’intronisation. Quand ses parents sont partis, le petit a dit à son père : “Ne me laisse pas, Papa.” Il ne sait même pas qu’il ne reverra pas ses parents pendant longtemps ou même jamais.180px-Phutthamonthon_Buddha.JPG.jpeg

200450837-001.jpgCe petit avait à peine trois ans et demi. On dit que le Bouddhisme n’est pas une religion. Mais si, et elle possède son lot de casseroles... que le monde n’ose pas dénoncer ni regarder en face, car considérée comme une philosophie intouchable. Elle a ses traditions et ses obligations, ses rituels et ses absurdités, ses joyaux et ses croyances, ses merveilles et ses démons.

Certains courants bouddhiques refusent la notion de Dieu car Dieu est à leurs yeux un concept trop galvaudé par le Christianisme et d’autres religions... un terme désignant l'être suprême trop imprégné du pouvoir des hommes qui se sont servi de ce concept transcendant pour assouvir leur volonté de puissance et leur cruauté. Entre nous, je leur donne raison, même s'ils donnent l'impression de jeter le bébé avec l'eau du bain ! Pour finir, la notion d’Ultime et d’Essentiel, la notion de perfection et de transcendance, la notion de totalité est bien présente dans la croyance bouddhiste. La notion de sacrifice est présente aussi très fortement, comme ce sacrifice demandé à ce petit garçon et à ses parents pour le bien de tous et de l’humanité.1535024.jpg

180px-Buddha_with_gods.jpgAu-delà de toute considération sur les droits de l’enfant et par-delà toute compassion pour cette famille, je me suis penchée sur ce sacrifice, sur cette offrande faite pour le bien-être d’autrui.

Je pense que ce qu’a donné ce petit garçon ainsi que sa famille est remarquable et qu’ils nous donnent une leçon universelle sur l’impermanence, sur le fait qu’on est séparé un jour ou l’autre de ceux que l’on aime pour accomplir son destin ou sa mort. On peut aussi offrir sa souffrance de façon invisible, comme l’ont fait le Christ et Bouddha... comme un acte d’amour envers nos semblables et aussi envers nos contraires, envers ceux qui nous font du mal. Comme l’a dit Gyalwa Karmapa : “Vous absorbez tout. Vous laissez la douleur du monde vous toucher  au coeur et vous la transformez en compassion.”SB10062601O-001.jpg

112406H.jpgMerci Tenzin Phuntsok. Je t’envoie plein de tendresse et de pensées d’une maman qui connait ton coeur d’élu, orphelin de l’amour de ta mère et de celui de ton papa qui te manque.

Tu es la victime malgré de toi de traditions et l’acteur d’un destin qui t’a obligé à t’offrir en élu... mais si le Dalaï-Lama m’entend, qu’Il puisse changer ceci et respecter l’enfance des futurs élus, attendant qu’ils deviennent plus grands avant de les ôter à leurs milieux familiaux, à l’amour de leurs parents, au sourire de leur papa, aux bisous de leur maman.

Chloé LAROCHE

 

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P.-S. : J'ai aimé cet article :

http://www.abstrait-concret.com/2009/06/04/osel-reincarnation-lama-qui-a-renie-le-bouddhisme-pour-vivre-la-vie/#comment-3410

 

180px-Buddha_with_gods.jpgUn autre article_________Du site : http://www.tibet-info.net

 

“Pendant cinq ans, Nati Baratz a suivi un jeune moine tibétain parti à la recherche de la réincarnation de son maître spirituel. Un conte initiatique aussi passionnant que dérangeant.

Octobre 2001. Au monastère de Kopan, au Népal, on procède à l’incinération du lama Geshe Konchog, révéré comme un maître spirituel par les bouddhistes tibétains. Au cours de la cérémonie, plusieurs signes - arcs-en-ciel, perles réchappées des flammes, trace dans les cendres... - indiquent qu’il n’aurait pas définitivement quitté ce monde. Son fidèle disciple Tenzin Zopa est bouleversé. À son chagrin s’ajoute le poids d’une lourde responsabilité. C’est à lui qu’incombe la mission de trouver l’enfant en qui son maître spirituel s’est réincarné. Après une consultation astrologique, il va de village en village. Inlassable pèlerin, il interroge et examine tout garçon entre 9 mois et 2 ans, prenant dans ses bras des tout-petits aussi morveux que mignons, et leur présentant inlassablement les rosaires ayant appartenu à Geshe Konchog.

Little buddha

De 2001 à 2006, Nati Baratz a suivi cette quête solitaire dans les splendides paysages de la vallée de Tsum, au Népal, où vivent de nombreux réfugiés tibétains. À condition de ne rien dévoiler avant la reconnaissance officielle de l’enfant, il a pu en filmer chaque étape. Le résultat est une immersion étonnante dans la culture bouddhiste tibétaine, un monde de hameaux de pierres et de monastères, étayé par une foi profonde, où les jeunes ont pour alternative le travail aux champs ou la vie monastique.

C’est aussi un conte initiatique qui voit un jeune homme gagner en assurance jusqu’à endosser à son tour le rôle du père. Un jour, Tenzin Zopa trouve "l’enfant élu", un bonhomme joufflu, vif et volontaire, avec qui il tisse peu à peu des liens. C’est le moment le plus dérangeant et le plus fort du film. Dérangeant parce que ce petit bouddha va devoir s’arracher à une partie de son enfance. Fort parce que Tenzin Phuntsok - ainsi l’a rebaptisé le Dalaï Lama au cours de la cérémonie officielle - est un petit garçon attachant et déjà charismatique, du haut de ses 3 ans et demi.”   (http://www.tibet-info.net)

 

 

 

 

 

 
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