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17/03/2014

Mon propos sur le film "The Box"... Pour que l'humanité soit sauvée, il faut arrêter d'appuyer sur le bouton et devenir altruiste, penser à tous les inconnus liés à nous indirectement.

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Ce soir sur France 4, les téléspectateurs ont pu revoir "The Box" de Richard Kelly, film qui fit polémique, par rapport à ceux qui ont dit ne rien comprendre à ce film, à d'autres qui ont pu écrire de lui qu'il était... (pardonnez-moi des termes rapportés)... "une grosse merde incompréhensible, à éviter ou à réserver aux pseudos intellos qui croient tout savoir" et à ceux qui ont su voir une profondeur et un sens à cette réalisation étonnante.the box,richard kelly,critique film,cinéma,cameron diaz,science fiction,mystère,boîte,pandore,ève,femme,faute,morale,famille,secret,testeur,test,humanité,altruisme,amour,mort autrui,inconnu,enfant,non-dit,terreur,libre arbitre,punition,acte,choix,responsabilité,lâcheté,crime,karma,justice,condamnation,planète,pollution,arme,trafic,drogue,châtiment,enfer,création,sens,profondeur,philosophie,réflexion,vie,mort,sacrifice

Je pense que ce film représente tout à fait ce que pourrait penser de nous une race extra-terrestre venue nous tester et nous condamnant à l'extermination pour ne pas avoir pu mettre de côté nos désirs égoïstes et les avoir fait passer avant l'attitude altruiste de considérer la vie d'autrui plus importante que l'argent, le profit et l'appât du gain.

Le grand Testeur, dans le film, dit de la race humaine que nous vivons dans des boîtes (nos maisons), que nous roulons dans des boîtes (nos voitures), pour aller travailler dans des boîtes et pour finir au terme de notre vie dans une boîte. Il a donc pris comme symbole la BOÎTE qu'il fait déposer devant la porte d'un couple. Boîte qui nous rappelle la boîte de Pandore mais aussi la pomme qu'Ève croque et dont elle tente Adam. 

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À chaque fois donc, lorsque la femme appuie sur le bouton de la boîte, une autre femme meurt ailleurs... tuée par le mari, lequel n'a d'autre choix que de tuer sa femme pour sauver leur enfant, enfant que le Testeur a fait enlever, obligeant le mari à choisir entre sa compagne et leur enfant. La femme se sacrifie et accepte de mourir pour sauver son enfant et quelque part expier sa faute première. C'est un cercle vicieux et le Testeur dit bien que si l'humanité veut être sauvée, il faut arrêter d'accepter d'appuyer sur le bouton et choisir par libre arbitre l'altruisme.the box,richard kelly,critique film,cinéma,cameron diaz,science fiction,mystère,boîte,pandore,ève,femme,faute,morale,famille,secret,testeur,test,humanité,altruisme,amour,mort autrui,inconnu,enfant,non-dit,terreur,libre arbitre,punition,acte,choix,responsabilité,lâcheté,crime,karma,justice,condamnation,planète,pollution,arme,trafic,drogue,châtiment,enfer,création,sens,profondeur,philosophie,réflexion,vie,mort,sacrifice

Appuyer sur le bouton, c'est, pour une mère de famille, un père, mettre ses proches à l'abri du besoin, penser égoïstement à ses enfants, à son conjoint, en taisant à jamais la souffrance d'un autre être humain tué par le profit d'autrui, par la pollution, par le marché des armes, par celui des drogues dures, par les usines aux produits agressifs et mortifères, par les pesticides largués à grande échelle sur les cultures, par les aliments dénaturés, par les forêts qu'on coupe pour satisfaire certains marchés.

Face à la problématique de l'humain adulte qui essaye de se faire une place au soleil et de tirer profit à son avantage, on voit aussi l'Enfant qui s'interroge sur son propre avenir, lié à la planète Terre.the box,richard kelly,critique film,cinéma,cameron diaz,science fiction,mystère,boîte,pandore,ève,femme,faute,morale,famille,secret,testeur,test,humanité,altruisme,amour,mort autrui,inconnu,enfant,non-dit,terreur,libre arbitre,punition,acte,choix,responsabilité,lâcheté,crime,karma,justice,condamnation,planète,pollution,arme,trafic,drogue,châtiment,enfer,création,sens,profondeur,philosophie,réflexion,vie,mort,sacrifice

Derrière de nombreuses scènes du film, on voit nettement -par superposition d'un regard cherchant à l'arrière de cette toile cinématographique- toute la problématique de l'enfant témoin de l'angoisse qui monte dans le couple parental sans qu'on ne lui dise rien, cet enfant qui assiste à tout en secret, qui ne peut rien dire, qui ne comprend pas et qui au final devient sourd et aveugle, peut-être d'avoir trop vécu de non-dits.

Le père tue sa mère à la fin pour redonner la vue et l'ouïe à leur fils, afin que ce fils soit libéré mais c'est le père qui est finalement emmené par les policiers comme un criminel, laissant l'enfant seul avec lui-même et avec le Testeur. Le chef de famille paye le fait d'avoir laissé faire, d'avoir participé à la destruction d'autrui qui rejoint son propre lui-même, son propre couple et son propre enfant. Il comprend que tout est lié et qu'accepter une grosse somme d'argent contre la vie d'un autrui inconnu est terrible, car bien qu'inconnue, la personne qui a perdu la vie rejoint son propre destin, celui de cet homme.

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La réponse est dans mon précédent article, malheureusement... réaliste et pessimiste, mais avec l'espoir tout de même que des humains, -avec cet exemple des parents orphelins en Italie qui luttent contre la pollution de la Terre de Feu-... que des humains arrivent à refuser que le bouton continue d'être appuyé par des personnes avides et sans coeur qui n'en ont rien à faire que des enfants meurent et que des femmes et des hommes soient foudroyés de douleur devant la mort de leur enfant.the box,richard kelly,critique film,cinéma,cameron diaz,science fiction,mystère,boîte,pandore,ève,femme,faute,morale,famille,secret,testeur,test,humanité,altruisme,amour,mort autrui,inconnu,enfant,non-dit,terreur,libre arbitre,punition,acte,choix,responsabilité,lâcheté,crime,karma,justice,condamnation,planète,pollution,arme,trafic,drogue,châtiment,enfer,création,sens,profondeur,philosophie,réflexion,vie,mort,sacrifice

Ce film nous rappelle aussi que l'on peut se sentir bien dans sa vie, à l'aise matériellement, mais que si l'on passe à côté de ceux qui n'ont rien sans faire un acte de don et de générosité envers eux, alors la boîte se remplit d'obscurité et notre coeur se rétrécit aussi vite que les lumières de Noël s'éteignent après le luxe des cadeaux dépensés sans penser aux plus démunis. Les boîtes de cadeaux à la période des fêtes sont jolies et enrobées de beaux papiers. Mais si l'on donnait de l'argent pour les plus pauvres, pour les Restos du Coeur, pour le Secours Populaire, pour le Quart-Monde, pour au moins le quart du budget alloué à nos cadeaux, alors l'humanité s'en porterait mieux et l'altruisme grandirait pour éviter au grand Testeur de nous éliminer définitivement de notre belle planète.

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Chloé LAROCHE


 

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11/09/2011

Témoignage de l'accueil dans ma famille d'un ancien drogué et dealer, par le biais d'une association grenobloise. Récit d'un "point-virgule" douloureux.

drogue,accueil,grenoble,famille,témoignage,dealer,désintoxication,point-virgule,Bonjour à tous et toutes,

 

On se rappelle du crime atroce commis à Lauris, dans le Vaucluse, le 9 février 2009. Emmanuelle Letru avait 27 ans et attendait un enfant. Elle devait accoucher dans les jours suivants, lorsque des individus ont pénétré dans la maison conjugale et ont tué par méprise cette jeune femme, déjà maman d'un enfant. Ils voulaient en fait éliminer son compagnon et futur papa du bébé en attente, dans une expédition punitive. Cet homme était un ancien drogué, toujours en traitement de substitution de sevrage.

 

Son passé l'a rattrapé, pour son plus grand désespoir. Les meurtriers, au moment des faits, étaient sous l'emprise de la drogue et de l'alcool.

 

Tout le monde a droit à une chance, la chance de recommencer une vie. Le compagnon d'Emmanuelle Letru voulait y croire et penser à une nouvelle vie.

 

k3149907.jpgEn 2009, j'ai voulu donner une chance à un jeune homme de 24 ans, ancien drogué et sortant juste d'un centre de désintoxication. Il est arrivé chez moi le même jour où Emmanuelle a été enlevée à la vie. L'association qui m'a confié Amir a été heureuse de voir que je prenais à coeur l'accueil de ce jeune et me rendait régulièrement visite pour voir si tout allait bien. Une éducatrice venait chaque semaine discuter avec moi et avec mon protégé, afin de surveiller son état d'ancien drogué encore en traitement de substitution et aussi pour examiner l'avancement de son accueil et accompagner son insertion au sein du monde.k1692245.jpg

 

J'étais censée en tant que famille d'accueil offrir à ce jeune une passerelle entre son passé et son avenir, le présent n'étant qu'une parenthèse dans ma demeure évoquant le doux cocon du papillon à venir... un "point-virgule" entre deux phrases, deux phases de vie.

 

Au bout de trois mois, il m'a été demandé si je pouvais prolonger l'accueil d'Amir, ce qui leur rendait bien service, du fait d'un manque sérieux de possibilités d'hébergement en plus grande autonomie. L'association m'a refait la même demande chaque mois, jusqu'à ce que cinq mois soient presque écoulés.

 

Entre temps, j'ai appris que cet homme avait fait du commerce de drogue au cours de son passé de drogué, avec des drogues dures notamment. Il n'avait jamais travaillé, sauf en vendant ces terribles armes de mort. J'ai compris aussi que des personnes pouvaient vouloir le rechercher et j'ai saisi plus volontiers pourquoi l'association refusait à ce jeune homme l'accès au téléphone de la maison, sans avoir non plus la possibilité de donner mon numéro à qui que ce soit.

 

J'en ai voulu soudainement à l'association de m'avoir confié cet homme, dont l'accueil aurait pu nous mettre en danger, moi et mes enfants. Je considérais que chacun a la responsabilité de ses choix dans la vie et que au lieu de travailler et d'étudier, il avait préféré aller vendre de la drogue à des gamins sans défense. À 24 ans, il avait eu le temps de réfléchir à sa vie. Il avait décidé de changer et je l'avais accompagné mais j'avais un goût amer de protection maternelle vis à vis de ma famille.

 

Le pire est qu'il s'est avéré en fin d'accueil être sournois et enclin au mensonge sur ma famille, sur le quotidien familial et sur son accueil chez moi. Mon fils est alors tombé sur une lettre où il disait du mal de moi à une personne du centre de désintoxication, jusqu'à lire que ce serait ma dernière expérience d'accueil au sein de cette association.

 

Cette dernière s'est protégée en évitant que j'arrive à joindre le directeur, parti en vacances durant l'été. Les éducateurs ont intercepté les informations et se sont camouflés derrière le fait que j'avais eu des conflits avec ma fille adoptive six mois auparavant, prenant ce prétexte pour arrêter tout accueil avec moi.

 

Ma fille ayant dû prendre de la distance avec notre foyer durant plusieurs mois et étant éloignée provisoirement dans un internat adapté aux adolescents en difficultés, j'avais alors pu accueillir ce jeune en lui offrant une chambre pour quelques mois. Toute la famille s'est engagée pour m'accompagner dans cet accueil, puisque mes trois enfants (dont ma fille adoptive qui revenait le week-end) dormaient dans la même chambre, afin de laisser un espace privé à cette personne ayant besoin d'aide. Ouvrir l'espace privé familial à une personne inconnue est un évènement d'un grand poids pour tous les membres d'une famille et aussi pour les enfants, naturellement, car ils sont obligés de laisser leurs parents (ici, leur maman) donner une part de temps et d'attention à un intrus.

 

Le souci était que j'étais une femme ayant juste dix-huit ans de plus que cet homme. On me demandait d'avoir de l'autorité sur lui et de surveiller ses déplacements. Il n'avait pas le droit de sortir le soir et il ne pouvait pas fumer chez moi. Je vivais en appartement, en outre pas très grand, et je dois dire que cette expérience n'a pas été sans angoisses et sans peurs.

 

x17826587.jpgPourtant j'ai rempli ma mission avec coeur, emmenant cet homme sur tous les chemins de balade autour de Grenoble, en sorties familiales aussi et le nourrissant chaque jour avec de bons petits plats. Il était né le même jour que mon fils de quatre ans et nous avions eu la joie de fêter leur anniversaire fin février 2009, avec exactement vingt ans d'écart entre eux.k0244250.jpg

 

Mon fils s'est attaché à lui et lorsque ce jeune homme est parti sans se retourner, suite à cette lettre me dénigrant, celle dont j'ai parlé plus haut… cela a été très dur de mettre des mots sur le fait que parfois des personnes qu'on affectionne et qu'on protège peuvent ne faire qu'un passage et ne jamais revenir. Amir n'a pas dit un seul merci et je n'ai jamais eu de nouvelles.

 

L'association ne m'a jamais remerciée pour mon travail et le directeur n'a pas bougé pour me convoquer et savoir quelle souffrance pouvait rester de tout cela.

 

Durant tout le temps de cet accueil, je n'étais de plus pas payée en feuilles de paye mais en indemnités, qui équivalaient à sept cent euros par mois réglés par chèque. Considérée comme une famille d'accueil semi-bénévole, on pouvait me jeter à la poubelle sans état d'âme.

 

PAA186000054.jpgJe considère que cette association a fait du tort à ma famille, à mon jeune fils et à moi-même en ne nous ayant pas protégés du fait de m'avoir confiée un homme majeur, ancien dealer, et en ayant fait état de négligence et surtout de non reconnaissance d'un travail que j'avais mené à bien, d'une mission que j'avais honorablement remplie, puisque le passage d'Amir dans notre famille devait le remettre en selle avec le monde, comme une antichambre entre le passage en centre de désintoxication et sa nouvelle formation, formation qui s'est avérée salutaire pour lui.

 

Le fait d'avoir été pour cet accueil une femme seule a donné le droit à cet homme de partir la tête haute, sans dire un seul merci et en me rabaissant par le dénigrement.

 

J'en souffre encore car ces mots, c'est la première fois que je les dis et que j'arrive à raconter cette histoire.

 

Mon fils qui avait déjà perdu son papa -un an avant- a perdu un grand frère de la même origine que son père né en Algérie. Des résonances se sont tues à jamais, avec des larmes versées pour les absences des morts mais aussi des vivants.

 

Je dépose ce témoignage sur la place de Grenoble afin qu'il ne soit pas lettre morte.

Je suis consciente que tout cela est très grave et j'espère que tous les protagonistes de cette histoire pourront lire cet article.

Merci de m'avoir lue. 

 

Chloé LAROCHE

 

Nota : le prénom du jeune accueilli a été changé pour ce témoignage.

 

Témoignage de l'accueil dans ma famille d'un ancien drogué et dealer, par le biais d'une association grenobloise. Récit d'un "point-virgule" douloureux.

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On se rappelle du crime atroce commis à Lauris, dans le Vaucluse, le 9 février 2009. Emmanuelle Letru avait 27 ans et attendait un enfant. Elle devait accoucher dans les jours suivants, lorsque des individus ont pénétré dans la maison conjugale et ont tué par méprise cette jeune femme, déjà maman d'un enfant. Ils voulaient en fait éliminer son compagnon et futur papa du bébé en attente, dans une expédition punitive. Cet homme était un ancien drogué, toujours en traitement de substitution de sevrage.

 

Son passé l'a rattrapé, pour son plus grand désespoir. Les meurtriers, au moment des faits, étaient sous l'emprise de la drogue et de l'alcool.

 

Tout le monde a droit à une chance, la chance de recommencer une vie. Le compagnon d'Emmanuelle Letru voulait y croire et penser à une nouvelle vie.

 

k3149907.jpgEn 2009, j'ai voulu donner une chance à un jeune homme de 24 ans, ancien drogué et sortant juste d'un centre de désintoxication. Il est arrivé chez moi le même jour où Emmanuelle a été enlevée à la vie. L'association qui m'a confié Amir a été heureuse de voir que je prenais à coeur l'accueil de ce jeune et me rendait régulièrement visite pour voir si tout allait bien. Une éducatrice venait chaque semaine discuter avec moi et avec mon protégé, afin de surveiller son état d'ancien drogué encore en traitement de substitution et aussi pour examiner l'avancement de son accueil et accompagner son insertion au sein du monde.k1692245.jpg

 

J'étais censée en tant que famille d'accueil offrir à ce jeune une passerelle entre son passé et son avenir, le présent n'étant qu'une parenthèse dans ma demeure évoquant le doux cocon du papillon à venir... un "point-virgule" entre deux phrases, deux phases de vie.

 

Au bout de trois mois, il m'a été demandé si je pouvais prolonger l'accueil d'Amir, ce qui leur rendait bien service, du fait d'un manque sérieux de possibilités d'hébergement en plus grande autonomie. L'association m'a refait la même demande chaque mois, jusqu'à ce que cinq mois soient presque écoulés.

 

Entre temps, j'ai appris que cet homme avait fait du commerce de drogue au cours de son passé de drogué, avec des drogues dures notamment. Il n'avait jamais travaillé, sauf en vendant ces terribles armes de mort. J'ai compris aussi que des personnes pouvaient vouloir le rechercher et j'ai saisi plus volontiers pourquoi l'association refusait à ce jeune homme l'accès au téléphone de la maison, sans avoir non plus la possibilité de donner mon numéro à qui que ce soit.

 

J'en ai voulu soudainement à l'association de m'avoir confié cet homme, dont l'accueil aurait pu nous mettre en danger, moi et mes enfants. Je considérais que chacun a la responsabilité de ses choix dans la vie et que au lieu de travailler et d'étudier, il avait préféré aller vendre de la drogue à des gamins sans défense. À 24 ans, il avait eu le temps de réfléchir à sa vie. Il avait décidé de changer et je l'avais accompagné mais j'avais un goût amer de protection maternelle vis à vis de ma famille.

 

Le pire est qu'il s'est avéré en fin d'accueil être sournois et enclin au mensonge sur ma famille, sur le quotidien familial et sur son accueil chez moi. Mon fils est alors tombé sur une lettre où il disait du mal de moi à une personne du centre de désintoxication, jusqu'à lire que ce serait ma dernière expérience d'accueil au sein de cette association.

 

Cette dernière s'est protégée en évitant que j'arrive à joindre le directeur, parti en vacances durant l'été. Les éducateurs ont intercepté les informations et se sont camouflés derrière le fait que j'avais eu des conflits avec ma fille adoptive six mois auparavant, prenant ce prétexte pour arrêter tout accueil avec moi.

 

Ma fille ayant dû prendre de la distance avec notre foyer durant plusieurs mois et étant éloignée provisoirement dans un internat adapté aux adolescents en difficultés, j'avais alors pu accueillir ce jeune en lui offrant une chambre pour quelques mois. Toute la famille s'est engagée pour m'accompagner dans cet accueil, puisque mes trois enfants (dont ma fille adoptive qui revenait le week-end) dormaient dans la même chambre, afin de laisser un espace privé à cette personne ayant besoin d'aide. Ouvrir l'espace privé familial à une personne inconnue est un évènement d'un grand poids pour tous les membres d'une famille et aussi pour les enfants, naturellement, car ils sont obligés de laisser leurs parents (ici, leur maman) donner une part de temps et d'attention à un intrus.

 

Le souci était que j'étais une femme ayant juste dix-huit ans de plus que cet homme. On me demandait d'avoir de l'autorité sur lui et de surveiller ses déplacements. Il n'avait pas le droit de sortir le soir et il ne pouvait pas fumer chez moi. Je vivais en appartement, en outre pas très grand, et je dois dire que cette expérience n'a pas été sans angoisses et sans peurs.

 

x17826587.jpgPourtant j'ai rempli ma mission avec coeur, emmenant cet homme sur tous les chemins de balade autour de Grenoble, en sorties familiales aussi et le nourrissant chaque jour avec de bons petits plats. Il était né le même jour que mon fils de quatre ans et nous avions eu la joie de fêter leur anniversaire fin février 2009, avec exactement vingt ans d'écart entre eux.k0244250.jpg

 

Mon fils s'est attaché à lui et lorsque ce jeune homme est parti sans se retourner, suite à cette lettre me dénigrant, celle dont j'ai parlé plus haut… cela a été très dur de mettre des mots sur le fait que parfois des personnes qu'on affectionne et qu'on protège peuvent ne faire qu'un passage et ne jamais revenir. Amir n'a pas dit un seul merci et je n'ai jamais eu de nouvelles.

 

L'association ne m'a jamais remerciée pour mon travail et le directeur n'a pas bougé pour me convoquer et savoir quelle souffrance pouvait rester de tout cela.

 

Durant tout le temps de cet accueil, je n'étais de plus pas payée en feuilles de paye mais en indemnités, qui équivalaient à sept cent euros par mois réglés par chèque. Considérée comme une famille d'accueil semi-bénévole, on pouvait me jeter à la poubelle sans état d'âme.

 

PAA186000054.jpgJe considère que cette association a fait du tort à ma famille, à mon jeune fils et à moi-même en ne nous ayant pas protégés du fait de m'avoir confiée un homme majeur, ancien dealer, et en ayant fait état de négligence et surtout de non reconnaissance d'un travail que j'avais mené à bien, d'une mission que j'avais honorablement remplie, puisque le passage d'Amir dans notre famille devait le remettre en selle avec le monde, comme une antichambre entre le passage en centre de désintoxication et sa nouvelle formation, formation qui s'est avérée salutaire pour lui.

 

Le fait d'avoir été pour cet accueil une femme seule a donné le droit à cet homme de partir la tête haute, sans dire un seul merci et en me rabaissant par le dénigrement.

 

J'en souffre encore car ces mots, c'est la première fois que je les dis et que j'arrive à raconter cette histoire.

 

Mon fils qui avait déjà perdu son papa -un an avant- a perdu un grand frère de la même origine que son père né en Algérie. Des résonances se sont tues à jamais, avec des larmes versées pour les absences des morts mais aussi des vivants.

 

Je dépose ce témoignage sur la place de Grenoble afin qu'il ne soit pas lettre morte.

Je suis consciente que tout cela est très grave et j'espère que tous les protagonistes de cette histoire pourront lire cet article.

Merci de m'avoir lue. 

 

Chloé LAROCHE

 

Nota : le prénom du jeune accueilli a été changé pour ce témoignage.

 

31/01/2010

Dans notre coeur, le centre de réinsertion Ozanam à Vaulnaveys-le-Bas, brocante hebdomadaire permanente près de Grenoble.

defaultKqDLcB.jpegBonsoir à tous et toutes,imagesa8aTC4.jpeg

Je souhaiterais vous parler ce soir du centre de réinsertion d'Ozanam et de sa brocante permanente se trouvant à Vaulnaveys-le-Bas dans l’Isère.

Ce centre s’apparente à l’esprit d’Emmaüs mais il offre un accompagnement supplémentaire aux personnes en détresse accueillies, grâce à l’aide d’éducateurs spécialisés qui apportent un projet de réinsertion à chacune de ces personnes.Copie de imm017_19A.jpg

imagesCQICit.jpegCe centre accueille depuis 1973 des personnes en détresse, en désintoxication ou dans une rupture sociale totale et propose une réinsertion par l’emploi dans le cadre d’une activité du réemploi. Mais Ozanam fonctionne comme brocante depuis déjà cinquante ans !

lop02146.jpgUn objet qu’on réemploit, c’est un objet récupéré et parfois réparé, embelli, amélioré... qu’on peut remettre en vente à un prix modique... pouvant satisfaire les revenus les plus modestes. C'est ce que propose Ozanam.

Dans le cadre de cette réinsertion par l’emploi, il y a à Ozanam des ateliers de récupération où les personnes aidées dans le centre viennent travailler, ainsi que des ateliers d’espaces verts, des activités de récupération de meubles et objets réutilisables et l’activité vente au magasin.BCP031-11.jpg

Un jour dans mon métier d’ambulancier, j’ai emmené un homme dans ce centre.resize_S84811_Tagora_P154911.jpg
J’ai écrit ce texte pour lui et pour Ozanam :

bxp26172.jpgEn revenant sur ma ville de départ après un voyage vers Mégève, le bureau m’a envoyée à l’Hôpital psychiatrique de Grenoble pour transporter un patient. 

Je suis donc allée le chercher dans un des multiples pavillons de cet Hôpital. Le monsieur en question rentrait chez lui après une hospitalisation. Il était assez jeune, les cheveux en bataille, avec une barbichette et une moustache à la cosaque.

L’infirmière a fermé la porte à clé derrière moi en attendant qu’il réunisse ses affaires. Un patient s’est approché de moi en me disant :
-C’est bien que vous l’emmeniez. Comme ça, il n’aura pas à prendre le bus.”

Mon patient est revenu avec son sac. Il était ému de partir. Un jeune qui était là lui a dit : “Tu t’en vas mais tu restes dans notre coeur, dans notre tête.”imagesTfWByE.jpeg

77661.jpgDans ma voiture ambulance, pendant le trajet, je le sentais perdu. Il pleurait doucement. J’ai alors engagé la conversation.

-Je suis russe,” m’a-t-il dit. “Je ne parle pas bien le français.”

Malgré tout, il a eu envie de me parler de lui. J’ai appris qu’il était dans la région depuis un an, recueilli dans un système ressemblant à celui d’Emmaüs : le centre d’Ozanam. Il semblait désemparé, avec beaucoup de soucis dans sa vie personnelle et peu d’argent de surcroît pour équilibrer sa liberté et revendiquer son indépendance.

imagesI8fk9h.jpegEn le déposant à la communauté, je lui ai souhaité bonne chance sur la route de la vie. Il m’a quittée avec un sourire triste, mais un sourire tout de même.INGHDYRM0033.jpg

_____________ J’aime aller dans ce lieu et mon fils adore y aller depuis l’âge de trois ans, comme s'il entrait à chaque fois dans la caverne d'Ali Baba. Il chine comme moi, trouve des livres, des cassettes vidéos, des jeux épuisés dans le commerce, de jolis pulls et de beaux verres décorés dans lesquels il aime boire.

imagesi7xICo.jpegimagesXntUo5.jpegMa fille adoptive Julia aime aussi cet endroit et regarde ce lieu avec des yeux curieux, de cette curiosité que possèdent les enfants venus d'ailleurs, avec cet émerveillement sur un seul objet trouvé et emporté avec soin au domicile, tel un livre dont le titre attire les rêves ou comme une peluche qui rend les nuits douces.

tb737113.jpgMoi, j’y ai trouvé de la vaisselle à partir de dix centimes d’euros, une machine à laver (à partir de 80 euros), des étendages, un caddy, des livres, des cassettes audio, des disques vinyls, une chaîne hifi, des meubles, un divan, deux lampes, des chaussures, des vêtements, des couvertures, des poupées de collection, des tableaux, un tapis et... un très bon accueil de la part des personnes réinsérées et de celles qui encadrent la vente au magasin.imageshwS5fy.jpegimagesgUjvDo.jpegimagesto7rkw.jpeg

imagespxyWPj.jpeg___________ J’aime faire découvrir ce lieu à des amis car plus il sera connu et plus des gens penseront à garder leurs objets pour venir les donner à Ozanam au lieu de les jeter. Et plus des gens viendront acheter à Ozanam pour redonner vie à des objets et des meubles qui ont une âme et du vécu.imageshTrYQp.jpeg

imagesscucBT.jpegLe magasin est ouvert au public les samedis et mercredis de 10 h à 18 h. Il se situe au n° 200 de l'avenue de Vaulnaveys à Vaulnaveys-le-Bas, entre Uriage et Vizille. Le mail du centre Ozanam est : imagesAhW4aA.jpegozanam.vaulnaveys@wanadoo.fr

Leur téléphone est le : 04 76 89 17 84

Chloé Laroche

__________________ P.-S. ajouté le 25 décembre 2010 :

J'ai promis à l'équipe d'Ozanam... (qui ont été contents de mon article pour eux)...
de donner les coordonnées de leur site.
Le voici : http://ozanam-grenoble.com. Heureux Noël à tous, aux responsables et à tous les bénévoles et résidents.
Chloé

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