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17/03/2014

Mon hommage à Florent Charreyre, hautboïste paraplégique. "Quelle chance j'ai d'avoir tout ça !". Mon article écrit pour son courage, sa volonté et sa passion de la vie et de la musique.


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k7630037.jpgIl était une fois un jeune homme qui roulait  en scooter un jour de novembre 1992. Une voiture le renversa et sa vie bascula à jamais. Florent se retrouva dans un fauteuil et ne remarchera plus.

Le jeune Florent Charreyre a alors quinze ans et il voit sa vie se fermer d'un coup devant lui, avec comme seul espoir les deux roues de son fauteuil. Ses rêves et ses projets semblent stoppés net. Cependant, il s'accroche à la vie et ses parents l'accompagnent et le soutiennent au maximum de leurs forces.th-106.jpeg

Un jour, alors qu'ils vont voir un médecin pour Florent, une dame parle avec eux dans la salle d'attente. Elle est généreuse, elle est pianiste. Elle réussit à avoir sur Paris un rendez-vous pour Florent avec un excellent  médecin. Elle invite chez elle le jeune homme, qui a grandit depuis son accident et est maintenant majeur.k10877415.jpg

Il monte donc à Paris depuis Clermont-Ferrand avec sa maman. La pianiste leur demande que Florent apporte son hautbois. Car Florent joue du hautbois admirablement, après des années d'études au Conservatoire clermontois, auprès de son excellent professeur : Alain Blanc-Brude. Ce dernier n'a pas hésité à pousser les murs du centre du rééducation de son élève talentueux pour venir lui donner ses cours, après son accident.

isp0802384.jpgAprès être rentré du rendez-vous médical sur Paris, Florent sort son hautbois à l'invitation de la pianiste, qui semblait vraiment être un ange pour lui. Elle l'emmena alors dans un autre univers où ils jouèrent durant plusieurs heures sans s'apercevoir du temps qui passait. Florent était métamorphosé et comprit soudain que la musique était son avenir. C'est à ce moment-là qu'il décida de devenir un professionnel dans la musique.

Il travailla d'arrache-pied et passa le concours d'entrée au Conservatoire National Supérieur de Paris. Il réussit le concours  après deux échecs avec brio et avec l'unanimité du jury, ce qui est formidable et extraordinaire pour un musicien. On lui avait dit auparavant de progresser afin de pouvoir jouer avec un pianiste à 442 Hertz, son intonation étant légèrement trop basse. Il a réussi  grâce à sa volonté et à des heures de travail à monter le son de son instrument à la force de son souffle, afin d'être à la même hauteur que le piano. th-108.jpeg

Et puis, devenu professionnel dans le hautbois, il fut repéré très vite par un grand chef d'orchestre japonais qui avait le projet de constituer un grand orchestre pour une ville détruite par le  tremblement de terre : Kobe. Ce grand chef se nomme : Yutaka Sado. L'orchestre a réunit des musiciens du monde entier, tous recrutés sur concours en 2005, et a pour nom :  le "Hyogo Performing Art Center Orchestra". Son chef a cette idée profonde de penser que la musique apporte un baume à ceux qui souffrent et un grand apaisement.

th-107.jpegDans la même pensée, Seiji Ozawa, chef d'orchestre japonais, a dit ceci en parlant de l'importance de la musique face à la souffrance :

"Face à la souffrance personnelle et collective, la musique est à la fois impuissante et nécessaire. Je me souviens que deux semaines après le 11 Septembre, j’avais donné un concert à Carnegie Hall, à New York. Il s’agissait du Requiem de Berlioz. À la fin, le public était en larmes et en prière, ne pouvant quitter la salle. Comme les musiciens, d’ailleurs.

J’ai vécu la même expérience après le tremblement de terre de Kobe : le public adresse une sorte de demande cérémonielle à la musique, parce qu’elle touche au plus profond de l’humain, dans la joie comme dans la catastrophe. Irrémédiablement marqué par Hiroshima et Nagasaki, le Japon vient de vivre une nouvelle catastrophe nucléaire. Je veux croire, je suis sûr que mon pays va tout faire pour trouver une nouvelle énergie alternative au nucléaire et entraîner la planète à sa suite…". (interview de "La Croix" / 3/07/2011)_____________________


1394760.jpegDepuis 2006, Florent est hautboïste soliste dans l'orchestre philharmonique de Kyoto.

Il a rencontré une japonaise qui se nomme Kanako et vient d'avoir un petit garçon nommé Lyou.

Je lui souhaite beaucoup de bonheur et de poursuivre une longue carrière, à cet homme fantastique nommé Florent qui s'est exprimé ces derniers temps en ces termes : "Quelle chance d'avoir tout ça ! Je suis devenu un battant grâce à cet accident."

Florent, voici donc pour toi l'hommage de la violoniste que je suis. Je partage avec toi la résilience d'un parcours peu commun et jonché d'épreuves. Mais la musique nous accompagne, fidèle, intègre et véritable baume du coeur.th-102.jpeg


Chloé LAROCHE


Lire aussi :


http://www.lamontagne.fr/auvergne/actualite/departement/puy-de-dome/clermont-ferrand/2013/12/17/paraplegique-depuis-lage-de-15-ans-florent-est-aujourdhui-hautboiste-solo-au-japon_1805154.html


http://www.la-croix.com/Culture/Musique/Seiji-Ozawa-chef-d-orchestre-Face-a-la-souffrance-la-musique-est-impuissante-et-necessaire-_NG_-2011-07-03-685169




04/02/2014

Éthique, justice et morale en notre monde actuel... Réflexions sur les réseaux sociaux et l'actualité, sur les sanctions, la prison et les nouveaux justiciers. Pensées sur les deux jeunes revenus de Syrie.

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Hier, on apprenait que la vidéo d'un petit chat jeté à plusieurs reprises contre un mur était livré sur internet par un jeune de vingt-cinq ans... Cet individu est donc un homme déjà constitué, pas un jeune garçon.

Aujourd'hui, on apprend que quatre jeunes mineurs, de douze à seize ans, ont humilié un homme handicapé mental dans un parc de Fontaine, près de Grenoble.

J'écoute une radio nationale et qu'entends-je : "Des personnes ayant commis certains faits sont arrêtées grâce à l'intervention de membres inscrits sur les réseaux sociaux. Allons-nous vers la création de nouveaux justiciers sur les réseaux sociaux, de ceux qui n'hésitent pas à donner les noms de ceux qui font des choses qui déplaisent... Et sommes-nous tous appelés à SUBIR la dénonciation sur Facebook, sur Twitter ou ailleurs?"

Je me suis dit que l'animateur de cette radio devenait fou, tout simplement, ou complètement décalé, ou bien simplement inconscient.

Il défend visiblement par ses propos la notion de liberté et de protection des individus, même lorsque ceux-ci commettent des délits... En effet, les actes que j'ai cités tout au début de mon article s'appellent bien des DÉLITS, faits interdits par la loi.

L'acte de dénoncer n'est pas "dénoncer" au sens de ceux qui ont livré des personnes juives -lors de la Seconde guerre mondiale- à la déportation et à la haine nazie ; cette forme-là de dénonciation est condamnable car elle n'existait que pour nuire à autrui. Par contre, dénoncer les auteurs d'un délit est louable et tout à fait recommandable puisque cela vise à défendre les victimes d'un acte odieux et à arrêter les auteurs de ce fait afin qu'ils ne continuent pas dans cette voie.

Le jeune homme qui a jeté le petit chat avec haine et violence, avant de poster sa vidéo filmée sur internet, a pu être arrêté et a recueilli un an de prison ferme. Le seul problème : est-ce que la prison est une solution dans un cas comme le sien où il ne sait même pas pourquoi il a fait ça... N'aurait-il pas été préférable de lui donner trois cents heures d'intérêt général dans un refuge pour animaux ? Il aurait nettoyé les box des animaux et aurait appris beaucoup de choses sur la sensibilité de ces êtres. Avec un suivi psychiatrique obligatoire en parallèle, cela lui aurait permis de soigner son mal-être.

Notre société est prompte à juger sans se remettre en question et à mettre à la marge ceux qui dévient. Ainsi, lorsque deux adolescents partent en Syrie pour rejoindre l'armée djihadiste et les centaines d'européens déjà partis pour rallier la rébellion syrienne, on juge ces jeunes sans vergogne et sans essayer de comprendre ; on les met en garde-à-vue pour ensuite les punir sévèrement. Les deux lycéens pourraient être poursuivis pour "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme et éventuellement être placés en détention provisoire". D'après certains journalistes, "malgré leur excuse de minorité, ils risquent dix ans de prison et 225 000 euros d'amende."

Ces deux lycéens ont quinze et seize ans. Pourquoi sont-ils partis là-bas ? Peut-être que leur sensibilité de jeunes a parlé dans cet acte perdu d'avance, dans un monde où nous sommes si impuissants devant les guerres et les violences vues à la télévision. Ils ont été tout simplement récupérés par des groupes islamiques oeuvrant en France, comme des adeptes sont récupérés par des sectes. On s'est servi de leur jeunesse, de leur naïveté et de leur désir de combattre pour la paix, la justice et pour de nouvelles valeurs de solidarité. Alors, maintenant que ces deux jeunes sont revenus, ce n'est sûrement pas eux qu'il faut juger, car ils ne sont que les victimes de manoeuvres manipulatrices servant à recruter de nouveaux soldats gratuits pour une cause floue et extrêmiste.

Quant aux réseaux sociaux et à Facebook, c'est très bien qu'il y ait à l'intérieur -comme inscrits et participants- des personnes aimant la justice et attentives à révéler tout ce qui pourrait être un délit, mais le mieux serait que les dirigeants de ces sites fassent le ménage en amont, lors de la parution de certaines pages, vidéos ou propagandes, ce qui n'est pas effectué, en vérité et à leurs grands torts.

Chloé Laroche

20/04/2013

Mon témoignage de taxi médicalisé et d'accompagnement de l'humanité souffrante. Offrande de son écoute et de ses propres croix.

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Cela ressemble à quoi une journée de taxi médicalisé ?

Les gens croient qu'on roule tranquillement toute la journée et que ce n'est pas fatiguant, ce métier, et même certains rabaissent cette profession en disant qu'on fait cela parce qu'on n'a rien dans le cerveau.

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Je roule donc, je suis sur la route toute la sainte journée, à observer de tous côtés ce qui se passe pour éviter accidents et sur-accidents.

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Il n'y a pas si longtemps, les secrétaires nous donnaient un papier afin que nous ayions les éléments de Sécurité sociale, date de naissance et Mutuelle du patient transporté, pour que nous puissions nous faire payer de notre côté. Aujourd'hui, certains hôpitaux refusent de nous donner ce papier, malgré que nous leur rendions service, en disant que : "les photocopies, ça coûte cher."

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Et puis nous ramenons aussi les personnes ayant fini leurs soins à leur domicile ou bien dans l'établissement où ils se trouvent hospitalisés. Nous déplions leur fauteuil roulant, remettons les roues, le siège et les aidons à se transférer du siège de la voiture à leur fauteuil.

Nous restons toujours souriants, polis, à l'écoute de l'humanité souffrante. Les humains souffrent, jour et nuit, et nous sommes présents pour adoucir la peine et être des passeurs de ces personnes que parfois personne n'écoute.

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Une montagne forte, comme le sont les montagnes qui m'entourent et qui m'aident à poursuivre mon métier quand c'est trop difficile, qui m'aident aussi à supporter le deuil lourd de mes parents décédés en juin dernier.

Mon père s'est suicidé contre un poids-lourd après la mort de ma mère, aussi quand toute la journée je croise des camions, je revois parfois des images, tout comme quand je croise des accidents sur mon chemin. Les larmes coulent comme une rivière et puis on continue et parfois un patient me dit : "Vous avez beaucoup de courage." taxi,taxi médical,sécurité sociale,mutuellensanté,maladie,handicap,handicapé,intouchable,force,montagne,chemin de croix,ambulance,ambulancier,chauffeur,route,sécurité routière,anticipation,code de la route,conduite,routier,professionnel route,profession,métier,mort,deuil,suicide,parents décédés,amour universel,offrande,courage,résilience,choix,vie,actualité,moulin-fournier,libération,ange,écoute,accompagnement,compassion,bouddha,voiture,médecin,hôpital,clinique

J'aurais pu me mettre à l'arrêt parfois pour trop de peine et désespoir intérieur, mais je ne l'ai jamais fait depuis près d'un an, malgré parfois la présence d'idées noires, car pour moi le fait de travailler et d'accompagner l'humanité souffrante me soutient, de par cette montagne qui me tient forte et solide.

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J'aime mon métier et je donne mon énergie de tout mon coeur. Et quand j'écoute la radio dans mon taxi et que j'apprends par les ondes comme hier la libération de la famille otage Moulin-Fournier, je suis si heureuse et mes larmes coulent, cette fois pour exprimer ma joie et le bonheur pour ces personnes et ces quatre enfants.

Chloé LAROCHEtaxi,taxi médical,sécurité sociale,mutuellensanté,maladie,handicap,handicapé,intouchable,force,montagne,chemin de croix,ambulance,ambulancier,chauffeur,route,sécurité routière,anticipation,code de la route,conduite,routier,professionnel route,profession,métier,mort,deuil,suicide,parents décédés,amour universel,offrande,courage,résilience,choix,vie,actualité,moulin-fournier,libération,ange,écoute,accompagnement,compassion,bouddha,voiture,médecin,hôpital,cliniquetaxi,taxi médical,sécurité sociale,mutuellensanté,maladie,handicap,handicapé,intouchable,force,montagne,chemin de croix,ambulance,ambulancier,chauffeur,route,sécurité routière,anticipation,code de la route,conduite,routier,professionnel route,profession,métier,mort,deuil,suicide,parents décédés,amour universel,offrande,courage,résilience,choix,vie,actualité,moulin-fournier,libération,ange,écoute,accompagnement,compassion,bouddha,voiture,médecin,hôpital,clinique


_____ Lire aussi mon article écrit sur mon métier, daté du 1er novembre 2012 : 


http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2012/11/01/mon-temoignage-sur-le-metier-de-taxi-medical-employe-par-une.html

 

 

30/12/2012

Lettre au Président HOLLANDE et au Ministre Manuel VALLS pour défendre les Roms, les pères expulsés, un jeune hémiplégique expulsé et de jeunes étrangers en danger de retour dans leur pays.


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Monsieur le Ministre Manuel VALLS,

 


J'ai l'honneur de vous écrire pour vous dire que je suis profondément déçue par votre politique de l'Immigration.immigration,lettre au président,lettre à manuel valls,hollande,guéant,ayrault,politique,lettre ouverte,resf,réseau education sans frontieres,expulsion étranger,hémiplégie,handicapé,droits de l'enfant,granges,échirolles,cheryl pereira,roms,camps,relogement,sans papiers,pauvreté,crise,hospitalité,exclusion,gymnase,camp de rétention,cra,blendon gashi,kosovo,ahmed sohail,ribeiro,marignane,main tendue,honte,solidarité

Pendant le Gouvernement de Monsieur Sarkozy, je me suis indignée et ai souvent écrit pour des familles expulsées de France, dont on arrachait si souvent pour se faire les enfants exclus de France aux bancs de leur école, comme cela s'est passé à l'école du Jardin de Ville de Grenoble, ma ville, et dans bien d'autres écoles, au pays des Droits de l'Homme et bien entendu des Droits de l'Enfant.

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Il est facile de jeter la pierre à un campement de Roms et à cette population qui "fait peur". Quand on veut noyer son chien, on l'accuse de la rage. C'est ce qui s'est passé pour l'évacuation du camp de Roms à La Tronche, près de l'Hôpital. Les habitants se sont plaint et au final, le camp a été expulsé lamentablement. Les associations avaient commencé un travail d'insertion avec eux et d'aide aux enfants. Après, chaque famille ayant été disséminée, le travail n'a pu être poursuivi, au détriment d'un grand nombre de petits Roms.

immigration,lettre au président,lettre à manuel valls,hollande,guéant,ayrault,politique,lettre ouverte,resf,réseau education sans frontieres,expulsion étranger,hémiplégie,handicapé,droits de l'enfant,granges,échirolles,cheryl pereira,roms,camps,relogement,sans papiers,pauvreté,crise,hospitalité,exclusion,gymnase,camp de rétention,cra,blendon gashi,kosovo,ahmed sohail,ribeiro,marignane,main tendue,honte,solidaritéJe souhaite vous dire et vous signaler que lorsque la population d'un quartier a envie d'accueillir les Roms comme des êtres humains normaux, cela se passe très bien ; les Roms sont respectueux et renvoient une image d'harmonie et de respect des consignes et des quartiers. Personne ne déplore de vols et de cambriolages, car chacun a fait un pas vers l'autre. Cela s'est passé cet automne au quartier des Granges d'Échirolles, avec un témoignage d'une habitante, Cheryl Pereira, qui un jour, recevant un tract horrible de médisances sur le campement de Roms basé près d'Alpexpo, entre Grenoble et Échirolles, a décidé de s'occuper d'eux et de renverser l'opinion, en regardant avec ses propres voisins chaque Rom à travers un oeil empli d'humanité et de respect envers des êtres humains vivant dans des conditions terribles, sous des tentes, par toutes conditions atmosphériques.immigration,lettre au président,lettre à manuel valls,hollande,guéant,ayrault,politique,lettre ouverte,resf,réseau education sans frontieres,expulsion étranger,hémiplégie,handicapé,droits de l'enfant,granges,échirolles,cheryl pereira,roms,camps,relogement,sans papiers,pauvreté,crise,hospitalité,exclusion,gymnase,camp de rétention,cra,blendon gashi,kosovo,ahmed sohail,ribeiro,marignane,main tendue,honte,solidarité

Un collectif s'est monté pour venir en aide à ces Roms, les emmenant chez le médecin, leur apportant couvertures et vêtements, consolidant leurs tentes, trouvant gâteaux et repas chauds. Il y avait une soixantaine de personnes, dont beaucoup de femmes et d'enfants. Ils avaient froid, craignaient les rats. Des enfants marchaient en sandalettes, les pieds tout mouillés.


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Ce collectif se nomme :

«Collectif citoyen des habitants des Granges et d’Echirolles, soutien aux gens de l’ex-Yougoslavie, atterris sous des tentes sur les terrains d’Alpexpo».

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Cet enfant était scolarisé avec son frère à Châlons-en-Champagne. De quel droit arrache-t-on des enfants à une classe, à une école, à un traitement médical, à la France devenue leur pays ? De quel droit respectez-vous fidèlement la décision ignominieuse de Monsieur Guéant ? De quel droit refusez-vous d'octroyer des visas à ces enfants, à cette famille déjà assez marquée par le sort ?

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De plus, à cette date du 30 décembre, un papa cap-verdien, Monsieur Ribeiro, doit aussi être expulsé de Marignane alors qu'il vit en France depuis douze ans et qu'il a un enfant, un fils qui n'a pas vu son papa depuis septembre, celui-ci étant enfermé en camp de rétention pour étrangers. Cet enfant est scolarisé en CP, il est né en France et va être privé d'un père vivant à quatre mille kilomètres de lui.

Je vous parle de l'actualité, du présent des expulsions. Malheureusement, il y en a eu de nombreuses autres depuis votre élection. Cela me déçoit tellement, me remplit de larmes...

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J'ai recueillie en 2003 une jeune béninoise. Je viens d'obtenir pour elle seulement ce mois-ci, au bout de presque dix années de combat, une carte d'identité et la nationalité française. C'est un grand bonheur pour cette enfant devenue ma fille. Je remercie pour cela le Gouvernement français, le Tribunal de Grenoble, dont Monsieur Parra, la Préfecture et la Mairie de Grenoble.

Je vous prie, Monsieur le Président, Monsieur Manuel Valls, d'accéder à mes demandes indiquées ci-dessus et de faire revenir le jeune Blendon Gashi, ainsi que de ne pas expulser le jeune Ahmed Sohail ni le papa cap-verdien, Monsieur Ribeiro. Je vous remercie aussi de ne plus expulser de pères de famille et de ne plus séparer de familles, au nom des Droits de l'Enfant et de l'Homme.

Veuillez agréer, Monsieur le Président et Monsieur le Ministre, l'expression de mes sentiments distingués, respectueux et courtois.


Chloé LAROCHE______________________________________immigration,lettre au président,lettre à manuel valls,hollande,guéant,ayrault,politique,lettre ouverte,resf,réseau education sans frontieres,expulsion étranger,hémiplégie,handicapé,droits de l'enfant,granges,échirolles,cheryl pereira,roms,camps,relogement,sans papiers,pauvreté,crise,hospitalité,exclusion,gymnase,camp de rétention,cra,blendon gashi,kosovo,ahmed sohail,ribeiro,marignane,main tendue,honte,solidaritéimmigration,lettre au président,lettre à manuel valls,hollande,guéant,ayrault,politique,lettre ouverte,resf,réseau education sans frontieres,expulsion étranger,hémiplégie,handicapé,droits de l'enfant,granges,échirolles,cheryl pereira,roms,camps,relogement,sans papiers,pauvreté,crise,hospitalité,exclusion,gymnase,camp de rétention,cra,blendon gashi,kosovo,ahmed sohail,ribeiro,marignane,main tendue,honte,solidarité

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ARTICLES À LIRE  (en rapport avec mon article) :


http://www.rue89.com/2012/11/09/pourquoi-nous-avons-aide-les-roms-en-bas-de-chez-nous-echirolles-236889

http://www.educationsansfrontieres.org/article45489.html?var_confirm=92zdxktX

http://www.educationsansfrontieres.org/article45335.html

 

_____________________ Si vous voulez les aidez, lisez ceci et écrivez..... SIGNEZ les pétitions :



1/ Vol prévu à Roissy pour Ahmed SOHAIL jeune ressortissant pakistanais de 23 ans arrivé en France à l'âge de 15 ans.

Ses parents, victimes de persécutions, et sans doute assassinés depuis, avaient fait le pari de lui donner une chance en le confiant à un passeur.

Il s'est retrouvé à 15 ans, errant dans les rues de Paris. Balloté de foyer en foyer pour mineurs étrangers, il fugue à plusieurs reprises. Pris en charge par l’ASE en 2006, il tente de se reconstruire dans une famille d’accueil. A 18 ans, il bénéficie d’un contrat “jeune majeur” passé avec l’ASE et obtient un titre de séjour « étudiant » jusqu’à 21 ans. Mais au terme de ce contrat, plus d’accompagnement social, plus de logement.

Il trouve un patron disposé à l’embaucher comme plombier. Il demande le changement du statut étudiant au statut salarié. Mais la Préfecture de Seine-Saint-Denis fait traîner les choses, plus d’un an, tant et si bien que le patron, lassé, renonce à employer Ahmed qui se retrouve sans emploi et sans papiers ! Résultat... une OQTF de mai 2011. Ahmed travaille, comme plombier (il a un CAP), comme maçon, ou électricien. Il est hébergé chez des compatriotes, à qui il verse régulièrement un loyer. Il a des amis, ses éducateurs se souviennent de lui et témoignent en sa faveur.

Il est en rétention depuis plus d’un mois, depuis le 21 novembre 2012 et il devrait être monté de force dans un avion le 30 décembre à destination d’un pays où personne ne l’attend.

 

Préfet de police de Paris : Bernard BOUCAULT

Fax : 01 53 73 67 23
mail : prefpol.dpg-etrangers-secretariat@interieur.gouv.fr

 

 

2/ Expulsion programmée à Marignane pour M. Ribeiro

Depuis le 3 septembre, M. Ribeiro, cap-verdien, père d’un enfant français scolarisé en CP n’aura connu que l’enfermement : .garde à vue + rétention (25 jours) + rétention (20 jours) + prison (2 mois) + rétention (25 jours), il vient d’apprendre qu’il sera expulsé demain 30 décembre.

Dangereux criminel, ou étranger contre lequel la machine à expulser s’acharne ? Le 18 octobre, après 44 jours au CRA de Marseille, veille de sa fin de période de rétention, M. Ribeiro a refusé l’embarquement à l’aéroport de Marignane.  

Le TGI d'Aix en Provence l’a condamné à 2 mois de prison ferme, qui l’ont conduit à la  prison des Baumettes pour "s’être soustrait à une mesure de reconduite à la frontière". Le 6 décembre, jour de sa « libération », 4 policiers l’ont cueilli directement à la prison pour le ramener  au centre de rétention.

M. Ribeiro vit en France depuis 12 ans, il a déjà eu une carte de séjour, dont le renouvellement lui a été refusé suite au verdict du juge des affaires familiales considérant que depuis sa séparation avec sa femme, il n’assurait pas convenablement l’éducation de son fils, E. Depuis, son ex-compagne a écrit au juge pour expliquer les dégâts que causerait une expulsion. Un père peu présent dans l’éducation de son fils, ce n’est pas pareil qu’un père banni à 4000 km!. Et pendant que la justice délibère, pendant que le préfet prend ses arrêtés d’expulsions, pendant que la police trimbale Mr Ribeiro de cellule en cellule, ce petit garçon n’a vu son père qu’au travers d’un parloir depuis 4 mois, ne l’a pas vu à Noël et si nous n’arrivons pas à faire revenir M. le Préfet sur sa décision, ne le verra plus.

Pourtant, le 18 janvier, M. Ribeiro doit repasser devant le juge des affaires familiales, et prétendre à nouveau à une carte de séjour pour parent d’enfant français. Pourtant, la pétition lancée par le RESF a recueilli plus de 1000 signatures. Pourtant, M. Charroux, député de la circonscription de Martigues, a écrit au Préfet pour attirer son attention sur cette situation. Pourtant une délégation du RESF et de la LDH a été reçue à la sous-préfecture d’Istres pour demander la libération de Mr Ribeiro.

Demain, M Ribeiro doit passer à 10 h 30 devant un Juge qui pourrait décider de sa mise en liberté.  ! Quelques heures plus tôt, il aura été conduit  à l’aéroport

 

Préfecture des Bouches du Rhône : Standard 04 84 35 40 00

Prefet 13 :  hugues.parant@bouches-du-rhone.pref.gouv.fr;

Secretariat general :  pref-secretariat-sg@bouches-du-rhone.gouv.fr;

Directeur de cabinet :  christophe.merlin@bouches-du-rhone.gouv.fr

Directeur service Immigration et intégration :  francis.izquierdo@bouches-du-rhone.gouv.fr

 

 

3/ Un père géorgien enfermé au CRA de Saint-Jacques de La Lande

Zviad SULADZE, géorgien, réside avec sa famille à Saint-Brieuc, il a été interpelé par la police à Rennes lors d’un contrôle routier le 18 décembre et conduit au Centre de Rétention Administrative de Saint-Jacques de La Lande

En France depuis 2004, il a demandé plusieurs fois l’asile et a sollicité sa régularisation, mais les réponses furent toujours négatives.

Il est père de 2 enfants, Olga 16 ans, venue rejoindre son père après le décès de sa mère il y a deux ans en Géorgie, et scolarisée au Sacré-Cœur, et un petit garçon de 21 mois d’un second mariage.

Le matin de Noël, la Police des frontières (PAF) est venue au domicile de la famille. Depuis, Olga et sa belle-mère vivent dans la crainte. Zviad est malade, il a un rendez-vous à l’hôpital de Saint-Brieuc le 15 janvier. Mais il peut être monté dans l’avion à tout moment.

 

Préfecture Ile et Vilaine : Tél: +33 2 99 02 10 35

Télécopie : +33 2 99 02 10 15

Préfet : michel.cadot@ille-et-vilaine.gouv.fr

Secrétaire général : claude.fleutiaux@ille-et-vilaine.gouv.fr

 

 

Préfecture des Côtes d’Armor (22) : Tél : +33 2 96 62 44 22

Fax : +33 2 96 62 05 75

Préfet : pierre.soubelet@cotes-darmor.gouv.fr

Tél : +33 2 96 62 43 88

Fax : +33 2 96 62 44 21


Téléphone :  +33 2 96 62 43 28

Fax : +33 2 96 62 43 28

 

Et là où se prennent les décisions :

A l'Elysée :

Secrétaire général : pierre-rene.lemas@elysee.fr

Directrice de cabinet : sylvie.hubac@elysee.fr

Directeur de cabinet adjoint : alain.zabulon@elysee.fr

Chef de cabinet : pierre.besnard@elysee.fr

Conseiller politique : aquilino.morelle@elysee.fr

Matignon : premier-ministre@cab.pm.gouv.fr

A l'Intérieur :

Conseiller yves.colmou@interieur.gouv.fr

Dircab adjoint renaud.vedel@interieur.gouv.fr

Dircab adjoint thomas.andrieu@interieur.gouv.fr

Conseiller immigration : raphael.sodini@interieur.gouv.fr

Chef de cabinet sec.chefcab@interieur.gouv.fr

 

 

NOUS EXIGEONS LE RETOUR DE BLENDON GASHI

Le 18 janvier 2012 au matin, Blendon GASHI, 10 ans, hémiplégique, était expulsé avec ses parents et son frère jumeau Blendi vers le Kosovo. Cela se passait sous Sarkozy et Guéant.

Interpellé sur ces faits inacceptables, le gouvernement Ayrault refuse de revenir sur la décision de son prédécesseur et l’entérine : la demande de visa de la mère de Blendi et Blendon pour ses fils et elle-même vient d’être rejetée par les services consulaires sur instruction du cabinet du ministre de l’Intérieur.

Ces faits déshonorent ceux qui les ordonnent, ne peuvent que bouleverser ceux qui les exécutent et font honte à ceux qui les laissent se commettre. Il faut réagir !

Nous exigeons le retour immédiat et sans délai de Blendon et de sa famille en France pour qu’il bénéficie des soins que son état impose.

Pour voir la liste des premiers signataires et signer : http://www.educationsansfrontieres.org/article45489.html?id_rubrique=

 

20/01/2010

Je trouve désolant que des personnes oisives anéantissent l’instrument de travail qui sert d’outil de déplacement à des personnes à mobilité réduite. Mon véhicule TPMR brûlé cette nuit à la Villeneuve de Grenoble.

myimg3.jpegimagesz2iKFM.jpegBonsoir à tous et toutes,imagesqe43R8.jpeg

Ce matin, j’ai eu le choc de découvrir la voiture de mon travail brûlée sur le parking du quartier de la Villeneuve Sud, en face de la Maison de Santé. C'était un véhicule marqué par le sigle des personnes handicapées. Ce sigle était détruit près du véhicule dont l’intérieur a entièrement fondu dans un brasier d’enfer et la vision de tous ces transports anéantis dans le souvenir des routes croisées.

images0snmMQ.jpegTous les jours je transporte des personnes handicapées mentales et physiques. Des enfants, adolescents et adultes. Des personnes âgées aussi. Ma voiture de transport représente pour eux la liberté d’un déplacement, une écoute sensible et un accompagnement sur leur route solitaire.imageshPOAPx.jpeg

Je trouve désolant que des personnes oisives anéantissent l’instrument de travail qui sert d’outil de déplacement à des personnes à mobilité réduite.

imagesrEh8dS.jpeg Que ceux qui ont posé cet acte ne connaissent jamais le handicap et la maladie, la terrible expérience de l’amputation et la douleur d’être dépendant et immobilisé. imagesUdv2kl.jpeg

Savaient-ils en détruisant sciemment ce véhicule qu’une mère de famille salariée élevant seule ses enfants a été pénalisée à cause de cet acte de vandalisme incendiaire et qu’une société de transport s’en trouve très affectée, car cela engendre des frais d’enlèvement de la carcasse, du temps perdu en plainte déposée et en démarches diverses avec des pertes financières... !!imagesqILAZ3.jpeg

Je souhaite que la vie ouvre une fenêtre dans l’esprit de ceux qui ont mis le feu... afin que le feu de l’esprit leur mette du plomb dans l’aile.

Et qu'un jour ils prennent conscience que la fraternité bat dans l'aile des anges qui offrent leur coeur.

Chloé Laroche

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02/04/2009

Dans mon taxi, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent. Du handicap au pire vécu.

Du handicap au pire vécu. Offrande d'une sonate pour la vie de Jason, petit garçon retrouvé mort à Liège, tué par son père à coups de chaussure. 

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Dans mon taxi, véhicule sanitaire que je conduis chaque jour, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent.

 

images-12.jpegJe reste seule avec des confidences, avec les paroles parfois très lourdes de mes passagers handicapés ou malades.

Des enfants aussi. Des personnes âgées.

 

“Qu’est-ce qu’ils ont les pères à nous faire ça,” me dit une enfant qui me révèle qu’une copine a subi la même chose qu’elle.images-8.jpeg

 

“J’ai eu raison de le dénoncer, n’est-ce pas ?”....

“C’est lui qui a tort, pas moi.”

 

“Ma mère me manque.”

 

Cette enfant a le regard clair et déjà un raisonnement très mûr. Elle regarde une autre enfant passagère et me dit : “Elle est belle.”

 

Comme on dit d’une rose qu’elle est belle.

Les roses, on ne doit pas les cueillir.

Ni violer les enfants.

 

images-2.jpegPendant des mois. Il l’a violée. Ce n’était pas son père mais un beau-père.

 

Pendant les absences de la mère.

 

Elle regarde le paysage. Je la conduis. Elle se sent apaisée dans mon véhicule.images-5.jpeg

 

Dans la journée, plus tard, je transporte un monsieur handicapé. Il était tétraplégique. Il a progressé à force de travail. Il est maintenant paraplégique.

 

images-11.jpegIl est triste. Cela fait trois ans qu’il a eu ce maudit accident.

 

Je l’écoute. Il me dit que la souffrance physique, il n’y a rien de pire. Et la souffrance de voir les montagnes sans pouvoir les parcourir, les goûter.

 

La souffrance de voir des femmes et de n’avoir que le souvenir de l’ancien temps et des rêves présents qu’on fait mais qui ont le goût amer du réveil en fauteuil.SB10063890E-001.jpg

 

Je l’écoute et il me dit que les personnes valides ont bien de la chance et qu’elles devraient éviter de se plaindre pour des broutilles.

 

Mais parfois, pensais-je, les personnes valides sont tristes à mourir et certaines sont handicapées dans le coeur, amputées de leur enfant disparu, membre perdu dans l’immensité de l’univers... amputées d’un être aimé mort. Parfois, des personnes valides ont tant de charges et de difficultés à gérer que tout cela n’est pas que des broutilles.

 

images-9.jpegCet homme souffre terriblement. Il est comme dans une prison. Son corps ne le laisse plus libre de vivre comme il voudrait. Il laisse les volets lui ôter la vue des montagnes. Il a envie de les prendre et de les replanter en plein désert, là où il ne serait pas. Il ne veut plus de son fauteuil. Il se bat pour en sortir. Il voudrait l’emmener  loin et revenir sans lui. Valide et libre d’aimer à nouveau, de courir les montagnes.

 

Je me retrouve seule dans mon taxi. Un taxi spécialisé.

Une musique s’élève dans le réceptacle du véhicule. “La Sonate au Clair de Lune” de Beethoven.

 

Le piano amène à moi l’image d’une tombe. Je vois une maman pleurer là où on a découvert le corps de son fils de trois ans enterré dans un sac.

 

images-4.jpegCet enfant s’appelait Jason. Il a été tué à coups de chaussures par son père. C’est la nouvelle compagne du père qui l’a aidé à enterrer le petit garçon. C’est elle aussi qui a avoué les faits et qui a révélé la fuite du père dans son pays.

 

Cela faisait des semaines depuis février que l’on recherchait le petit garçon. Il a été retrouvé le 19 mars près de Liège, en Belgique, là où il vivait avec son père.images-3.jpeg

 

Un père qui a fait de la prison pour vente de drogue et qui avait déjà été remarqué pour maltraitance sur son fils. Son fils qu’on lui a pourtant rendu à sa sortie de prison. Erreur fatale pour ce petit garçon.

 

Tué à coups de chaussures.

 

images-1.jpegLe piano grandit en intensité. Je pense à Jason. Je vois sa vie, ses sourires, ses jeux d’enfants, sa pureté, son innocence, son émerveillement devant la vie, ses larmes, la douleur d’une vie maltraitée, d’enfant qui regarde l’adulte et qui a peur. Juste peur. Effrayé. Sans secours. Sans recours.

 

La pureté de la Sonate prend en elle toutes les souffrances dont je viens de parler et j’offre ces vies à l’Esprit qui détient la vie, à l’amour qui regarde les roses grandir sans les arracher.

 

La dernière note s'allonge dans la voiture. Le piano s'éteint. Mais une étoile brille. Pour Jason. Pour les enfants que je transporte. Pour chaque personne handicapée.SB10065057H-001.jpg

 

Chloé Laroche________________

 

Commentaires

I recently came across your blog and have been reading along. I thought I would leave my first comment. I don't know what to say except that I have enjoyed reading. Nice blog. I will keep visiting this blog very often.

Ruth

http://pianonotes.info

Ecrit par : Ruth | 05.04.2009

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Thank you very much, Ruth. Your letter is very beautiful, with a big sun for my hearth and my blog. Good sunday ! Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 05.04.2009

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05/09/2008

Coup de colère routière de la part d'une professionnelle ambulancière. Propos sur la conduite, le handicap, le respect du code, la nouvelle loi sur le clignotant, la sécurité sur la route.

Bonjour,

 

Quand je vois dans mon métier de conductrice-accompagnatrice pour personnes handicapées ou âgées, alors que je roule toute la journée ou presque... quand je vois régulièrement des incivilités au volant, je suis en colère.

Mn_85.jpgJ'observe en effet régulièrement des feux rouges grillés par des automobilistes, des accélérations aux feux oranges, des conducteurs qui vous collent à l'arrière sur l'autoroute, des enfants non attachés voire debout se mettant à la fenêtre, certains même assis devant sans ceinture. Sans parler de ceux qui roulent sans feux ou qui tournent sans mettre de clignotants. Sans oublier aussi ceux qui doublent toute une file de voitures sur une ligne blanche... ou qui en pleine ville vous font une accélération digne de Fangio.796082542.jpg

Mn_107b.jpgJe me souviens de ce petit garçon décédé sur un passage piéton à Grenoble, entre 1998 et 2000, dont on n'a pas retrouvé le conducteur meurtrier qui l'avait renversé. Délit de fuite d'une voiture R19 verte. Je me souviens de tous ces piétons tués par une voiture, tous ces écoliers morts en allant à pied à l'école, toutes ces mamans renversées avec leurs enfants et les vélos massacrés en pleine course... petit garçon à vélo encore dernièrement tué sous les yeux de son père.

Dans mon métier, je vois des personnes lourdement handicapées à la suite d'un accident de voiture, d'un accident de moto ou de vélo. Ils poursuivent leur vie avec courage et volonté, se rendant en rééducation plusieurs fois dans la semaine afin de progresser ou de se maintenir dans ce qu'il leur reste en mobilité. Ils ne marcheront jamais plus, ne feront plus de vélo, n'auront jamais plus de relations intimes pour certains.

Mn_81.jpgEn plus, comme leur femme ou leur compagnon les quittent la plupart du temps... ils se retrouvent seuls. Combien m'ont raconté cette histoire... "Je ne veux pas d'un légume," lui a dit sa compagne juste après l'accident. Cet homme a tout perdu. Son métier qu'il ne peut plus gérer, ses passions de vie, son amour, ses projets. Certains perdent même la présence de leur famille... qui ne les supporte plus ainsi. Le handicap fait peur à beaucoup de personnes et la pensée d'euthanasie n'est pas loin dans l'esprit de certains proches... comme une certaine belle-fille qui est allée voir le médecin d'un homme handicapé, lui demandant combien de temps il lui restait à vivre. Le médecin horrifié lui a répondu : "Il n'y a que l'héritage qui vous intéresse !!!!!". Depuis, fils et belle-fille se tiennent à l'écart de ce malheureux qui non seulement a perdu l'usage de ses jambes et de ses bras... mais en plus pleure tous les jours ses petits enfants tenus à l'écart.Mn_84.jpg

Mn_TRA005.jpgJ'ai vu dans mon métier des personnes handicapées suite à un accident de moto... véhicule au combien fragile pour celui qui est dessus. Je vous en prie, automobilistes, faites attention aux motos. Une règle d'or : si vous avez une moto devant vous, restez éloigné suffisamment derrière elle et puis, surveillez vos rétroviseurs et ne freinez jamais brutalement devant une moto... car eux n'ont pas les freins pour vous éviter et s'arrêter aussi bien que vous.

Donc, surveillez ce qui se passe derrière, devant et sur les côtés. Les rétroviseurs servent à cela. Freinez à l'approche d'un feu, ce qui vous permettra de vous arrêter quand le feu passe à l'orange.303261918.jpg

Mn_TRA015.jpgEt puis, à l'arrivée dans un village, mettez-vous systématiquement en troisième, à cinquante à l'heure, voire quarante, en pensant aux enfants qui pourraient traverser. Trente, c'est bien aussi. Car, quand un petit enfant court et s'échappe, se jetant devant votre voiture, il vous faut rouler à petite vitesse pour pouvoir freiner et lui sauver la vie.

Un dernier mot, pour ceux qui ne savent pas encore : le 1er octobre, en plus du triangle et du gilet obligatoires, il y a une nouvelle loi qui vous coûtera trois points sur votre permis si non respect. Si vous ne mettez pas le clignotant lorsque vous tournez, doublez, évitez... cela vous coûtera vingt-cinq euros et ... trois points. Énorme, mais intéressant pour le respect des autres automobilistes.

C'était le cadeau du jour... car ceux qui sont au courant, seront les premiers avertis.... n'est-ce-pas ?!!..... et garderont les points de leur précieux permis.

Au final, je voudrais vous rappeler que la route est dangereuse et puis aussi de laisser vos rancoeurs et vos colères à la portière, afin de rester maître de vos pédales, et de ne pas prendre la route pour un terrain de boxe ou pour défouler son trop plein de... tout.1437798926.jpg

Mn_106.jpgBonne conduite à tous et toutes. Et rappelez-vous d'attacher vos enfants dans la voiture, même pour vingt mètres. Ainsi que sur les vélos car j'ai encore vu dernièrement des enfants assis dans un siège vélo sans être attachés et sans casque. Un papa emmenait même son jeune fils assis devant lui sur le guidon du vélo. Se rend-il compte du risque qu'il fait prendre à son enfant en cas de choc et d'accident ?!! Son enfant n'est pas retenu et de plus, il risque un traumatisme crânien irréversible.

 

Chloé Laroche

 

 

 

 

 

15/07/2008

Pour Cyrille, jeune ambulancier décédé durant le transport d'un patient violent. Mon témoignage d'ambulancière et de taxi, avec le récit de mon agression à Caluire.

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HOMMAGE À CYRILLE HAQUEVAUX, AMBULANCIER DÉCÉDÉ TRAGIQUEMENT

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Je pense à toi, Cyrille, à ton enfant qui va arriver, à tous les ambulanciers de France et du monde entier qui font leur métier avec coeur.ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences,cyrille haquevaux,saint-brieuc,danger,ambulance,accident,caluire,bande,violence,victime,orphelin,drame,métier,handicapé,handicap,protection,conducteur,courage,héros,collègue,traumatisme,témoignage,médical,accompagnement,fuite,suicide,déséquilibré,mort,deuil,gâchis

Je suis touchée par ton décès tragique, causé par un patient violent et atteint mentalement que tu devais accompagner, et je tenais à te rendre hommage sur mon blog... où je parle de notre métier régulièrement dans le chapitre : "Ne tirez pas sur l'ambulance" (cliquer sur ce titre à gauche dans les catégories).ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences,cyrille haquevaux,saint-brieuc,danger,ambulance,accident,caluire,bande,violence,victime,orphelin,drame,métier,handicapé,handicap,protection,conducteur,courage,héros,collègue,traumatisme,témoignage,médical,accompagnement,fuite,suicide,déséquilibré,mort,deuil,gâchis

Cyrille Haquevaux, 24 ans, se trouvait à l'arrière de l'ambulance lorsque le patient transporté, atteint mentalement, s'est agité brutalement et a essayé de sauter de l'ambulance, entraînant dans sa chute le jeune ambulancier sur le bitume de la voix express. Cyrille ne se releva pas et fut emmené à l'hôpital de Saint-Brieuc. Il est maintenant décédé et son enfant va bientôt voir le jour, sans que Cyrille n'ait pu le voir, lui qui s'occupait de tous ses patients avec générosité et coeur.


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J'ai repris le travail et les faits se sont reproduits, avec des coups violents reçus dans le dos et à la nuque, malgré mes avertissements à l'employeur et aux parents, lesquels ne m'ont pas cru. "Leur fils ne pouvait pas avoir fait cela." La mère m'a accusée de n'avoir aucune autorité. Au final, je n'ai eu aucun mot réconfortant ni le semblant d'une compréhension... J'ai eu du mal à m'en remettre, et en plus, suite à tout cela, j'ai perdu mon travail. Heureusement, j'en ai retrouvé un depuis, et j'ai repris courageusement la voie que j'aime : le transport et l'accompagnement de personnes malades, âgées et handicapées.


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En juin 2004, je m'étais déjà fait agresser à Caluire, près de Lyon, par une bande de jeunes qui ont lancé des pétards sur mon taxi, alors que je transportais un client et que j'étais arrêtée dans un embouteillage. Je suis sortie du véhicule et un des jeunes (il avait environ 18-20 ans) m'a menacée verbalement, avec tant de haine dans les yeux que j'en resterai à vie troublée...

Troublée et interpellée par la haine d'un inconnu qui vous prend pour cible, sans aucune raison. Il m'a lancé un pétard en plein visage, pétard qui a explosé près de l'oeil gauche. Je suis restée choquée en attendant les pompiers, qui m'ont emmenée aux Urgences. Ils ont été formidables. Les policiers sont venus assez rapidement sur les lieux et m'ont révélé qu'ils n'arrivaient pas à mettre la main sur cette bande et qu'ils craignaient ces jeunes. Ils étaient d'ailleurs tous partis en courant de la petite place où ils sévissaient.ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences,cyrille haquevaux,saint-brieuc,danger,ambulance,accident,caluire,bande,violence,victime,orphelin,drame,métier,handicapé,handicap,protection,conducteur,courage,héros,collègue,traumatisme,témoignage,médical,accompagnement,fuite,suicide,déséquilibré,mort,deuil,gâchis


J'ai eu beaucoup de chance de ne pas perdre un oeil ou l'ouïe et de n'avoir aujourd'hui aucune séquelle. Il n'y a eu aucun témoin ayant apparu non plus, alors qu'il y avait du monde aux balcons, dans les commerces, dans les voitures alentour. Personne n'est intervenu, ni n'a réagi pour m'aider, à part le client que je transportais... qui a eu peur lui aussi. J'étais alors enceinte et je remercie le Ciel de m'avoir permis de garder mon fils, malgré le choc.ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences

ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgencesCe sont des métiers à risque, comme chaque fois que j'ai transporté en VSL (véhicule où on est seul avec le patient assis) des malades sortis de l'Hôpital Psychiatrique, parfois sur de longues distances.


Je me souviens d'un jour où on nous avait confié un monsieur de l'Hôpital psychiatrique pour l'emmener en dialyse. Il s'est mis à mordre mon collègue à l'arrière et à se débattre dans tous les sens. Le cadre ambulancier avec qui j'étais ce jour-là me suppliait de faire aussi vite que possible, ce que j'ai fait, passant à travers les embouteillages par miracle et aussi grâce aux automobilistes qui s'écartaient pour me laisser passer. J'ai traversé toute l'entrée de Grenoble à toutes trombes pour arriver le plus vite possible au CHU.

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Un médecin avait tout de même fait remarquer à ma patronne, lorsque j'ai été frappée, qu'aucun filet ou grille de protection n'était installé dans le véhicule que je conduisais.

Je pense à toi Cyrille......... et à ta famille, à ton enfant orphelin d'un papa. Je pense à ton collègue traumatisé par ton décès et par ce drame terrible.

Je pense à tous les ambulanciers de France et du monde. Nous faisons un beau métier mais quelles difficultés nous traversons et quelle méconnaissance de la société existe sur cette profession souvent rabaissée et délaissée ! C'est un métier de personnes généreuses et souvent exploitées. Un métier qui ne compte pas ses heures et ses kilomètres, ni son écoute aux patients. Un métier d'amour envers les autres, envers les souffrants. 

Chloé Laroche

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RAJOUT : J'AI SU EN 2012 PAR LE COLLÈGUE DE CYRILLE (VOIR SON COMMENTAIRE) QUE SON FILS VA BIEN, QU'IL EST TRÈS BEAU ET QU'IL RESSEMBLE À SON PAPA.

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Photos : je remercie le site Photosearch et Bing images pour la plupart des photos de cet article. Le mandala de larmes vient du site : http://koah.over-blog.com/30-categorie-10168075.html

La photo de la personne tournée de dos devant le lac du Bois Français a été prise par moi.

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.... Vous pouvez lire ci-après des extraits du site des Ambulanciers, expliquant les circonstances du décès de Cyrille, jeune ambulancier et futur papa.



__________________ Hommage à notre collègue ambulancier  dans l'exercice de ses fonctions____________

(extrait du site des Ambulanciers .... http://ambulancier.over-blog.com)


Le malade bouscule l'ambulancier installé à l'arrière.
Les deux hommes sont projetés, par l'arrière, sur la voie express.
Lourde chute pour l'ambulancier Cyrille Haquevaux, 24 ans.

Le jeune ambulancier est, lui, transporté au centre hospitalier de Saint-Brieuc puis à Pontchaillou, à Rennes, où il était dimanche en état de mort cérébrale. Sa conjointe doit accoucher dans quelques jours.


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Extrait du reportage LCI :

PAS DE SANGLE.

Selon un employé de l'hôpital de Saint-Brieuc souhaitant rester anonyme, le jeune homme "très baraqué" venait de traverser une phase d'agitation, "de celle où ils veulent tout casser". D'après cette même source, le patient était allongé sur le brancard non sanglé. Au bout de 10 minutes de trajet, à hauteur de la commune de Plérin, "le patient réussit à ouvrir la porte du véhicule", raconte Bastien Diacono, le procureur adjoint du tribunal de Saint-Brieuc.

Dans des circonstances encore indéterminées, le malade entraîne dans sa fuite l'ambulancier. Les deux tombent sur le bitume. L'ambulancier ne se relèvera pas. Le patient, lui, passe la glissière de sécurité sur le terre-plein central. Le jeune homme est percuté par une voiture arrivant en sens inverse.

______________________________ Extrait du site : http://ambulancier.over-blog.fr _____________

Notre avis :

Un problème parmi tant d'autres, mais cette fois-ci un collègue y a laissé la vie, ce qui confirme ce que l'on a toujours dit : nous ne sommes pas de simples "transporteurs" mais des professionnels de santé formés et diplômés. Ce ne sont pas des colis que nous prenons en charge mais des personnes, malades de surcroît, avec leurs différents problèmes et pathologies. Je n'ai jamais vu un chauffeur routier se faire éjecter de son camion par un colis qu'il transportait.

Le deuxième Hic c'est la transmission d'informations entre le personnel soignant et les ambulanciers... quand on voit qu'il faut parfois se "battre" pour avoir un minimum de relève. Sachant que le malade est sous la responsabilité intégrale de l'ambulancier, une fois la grille de l'hôpital franchie, il est donc nécessaire d'obtenir certaines informations à caractère médical. RAPPEL : les ambulanciers sont tenus au secret médico-professionnel, donc apte au secret partagé. Un malade psychiatrique ayant une phase d'agitation même calme sera sanglé au minimum d'une ventrale par précaution, car on le sait ce genre de patient est totalement imprévisible. Si les informations citées plus haut avaient été transmises, cela aurait certainement engagé nos collègues à sangler le malade et l'on aurait pu ainsi éviter ce drame. Dommage qu'une fois de plus il faut attendre un mort pour amener une réflexion sur le sujet.

Nos pensées accompagnent sa famille.
Sincères Condoléances.

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Les faits:

SAINT-BRIEUC. - « C'est une histoire hors norme. Avec cette affluence sur la RN12, on a frôlé une catastrophe plus grande encore. » Le procureur adjoint, Bastien Diacono et les secouristes restent marqués par la scène qu'ils ont découverte, samedi, peu après 13 h, à la hauteur de Plérin (Côtes-d'Armor). « Deux corps allongés de chaque côté de la quatre voies, il nous a fallu un peu de temps pour comprendre. »

Quelques dizaines de minutes plus tôt, une ambulance de la toute jeune société Urge ambulances revenait du centre hospitalier de Saint-Brieuc pour véhiculer un patient vers l'hôpital psychiatrique de Bégard, à 50 km. Un homme âgé de 27 ans doit y être transféré à la demande de sa famille. Quelques heures auparavant, il a tenté de mettre fin à ses jours, en voulant sauter d'un pont.

Un témoin a tenté de le stopper.

Alors que le véhicule est en route, le malade bouscule l'ambulancier installé à l'arrière. Les deux hommes sont projetés, par l'arrière, sur la voie express. Lourde chute pour l'ambulancier Cyrille Haquevaux, 24 ans, qui reste à terre. Le patient, lui, se relève et entreprend de traverser la route. « Un témoin l'a saisi par le bras pour l'arrêter dans son élan », raconte un automobiliste. Mais l'homme réussit à traverser le rail de sécurité et à se lancer dans le flot de circulation. Une voiture le heurte brutalement. L'intervention des secours ne permettra pas de le réanimer.

Le jeune ambulancier est, lui, transporté au centre hospitalier de Saint-Brieuc puis à Pontchaillou, à Rennes, où il était dimanche en état de mort cérébrale. Sa conjointe doit accoucher dans quelques jours. Son collègue, conducteur, a, lui aussi, été hospitalisé, extrêmement choqué.

Transport à risque :

Pour Bastien Diacono, le représentant du parquet, « cela pose la question de la condition de transport de l'individu atteint de pathologie psychologique ». Pourquoi le malade n'a-t-il pas été attaché ? Sa dose de tranquillisants était-elle suffisante ?

« Nous ne sommes que des exécutants, témoigne Yann Kerleau, président du syndicat départemental des ambulanciers. Le transport est prescrit par un médecin avec consignes particulières. » Mais l'évaluation n'est pas toujours aisée.

« Ce sont des transports à haut risque, estime-t-il. Il n'est pas rare que nous ayons des problèmes avec des malades agités. » Son équipe a déjà été confrontée à une tentative d'étranglement, une agression... «Quand c'est une hospitalisation contre la volonté de la personne, j'oblige mes collègues à attacher les chevilles et les poignets. C'est plus délicat quand la personne est sensée et volontaire.»


Sébastien GROSMAITRE.

Ouest-France____________________________
Vos réactions sur le Forum :



le 08/07/2008 à 12h07
Condoléances à la famille de cet ambulancier, et encore une fois un grand bravo et merci, à tous ces hommes et femmes, qui mettent leur vie en danger, pour en sauver d'autres.
Moi, Chez moi

le 07/07/2008 à 21h17
J'ai moi un fils policier qui doit souvent transporter ce genre d'individu à Sainte Anne et qui a été blessé personne n'en parle.
Mimi, Val de reui

le 07/07/2008 à 20h58
Bonjour je suis CCA depuis plus de 20 ans. Avant les médecins discutaient avec les ambulanciers ; maintenant un ordre de mission, une prescription médicale de transport (bon de transport) et les ambulanciers débrouillez vous scandaleux!!! où va t on ? les ambulanciers sont la derniére roue de la charrette ; savez vous que nous sommes des transporteurs qui bénéficient de la convention collective des transports routiers !? un camion de bananes, de viande ou une ambulance : la même convention ! scandaleux ! j'aime mon métier mais actuellement il est temps que les différents ministéres de tutelle se réveillent en tout cas toutes mes condoléances attristées pour ce collégue qui a laissé la vie pour un "fada"' ; à qui le tour ?
Ambulancier catalan, Perpignan

le 07/07/2008 à 18h53
Étant moi même ambulancier , je ne peux qu'être ému et énervé en lisant cet article , car cela fait des années que l'on crie au loup en disant qu'un tel drame se produirait et on nous riait au nez , car parfois ces transports ce font même en Véhicule Sanitaire Léger... ce qui veut dire qu'il n'y a qu'un ambulancier dans le véhicule et que ce serait-il passé si le véhicule était allé percuter un car d'enfants ? Il est temps de réglementer correctement ce genre de transport mais encore une fois il faut un drame pour que l'on se penche sur notre métier ; malheureusement il est trop tard pour notre collègue , condoléances à la famille et bon courage.
Marpin, Saint-calais

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Commentaires

Merci pour votre bel hommage à mon ancien coéquipier, stéphane de saint-brieuc.

Ecrit par : STEPHANE | 31.08.2008

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Nous sommes aussi ambulancières dans le Pas de Calais, nous déplorons ce drame et nous présentons à la famille nos plus sincères condoléances. ENCORE UNE FOIS CE DRAME AURAIT PU ETRE EVITE

Ecrit par : aicha - peggy | 17.09.2008

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Je suis passée en voiture juste après le drame les pompiers ambulance et un corps sur la 4 voies étaient là près de nous, nous allions sur st brieuc... Dès que je lis cette histoire je revois ces images, j'ai un petit bonhomme de 20 mois et je pense fort à la femme de l'ambulancier qui a maintenant un enfant, j'espère qu'elle est entourée même si cela ne remplacera pas le papa... et courage à son coéquipier qui était dans la voiture pour continuer son travail.

Ecrit par : mary | 05.01.2009

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Merci Mary pour votre commentaire et vos pensées pour cet ambulancier et sa famille ; merci à vous aussi, son co-équipier d'ambulance qui m'a écrit et à qui je pense fort. Nous soutenons très fort, ambulanciers de toute la France, sa compagne veuve et son enfant. Chloé

Ecrit par : L'auteur de ce blog | 05.01.2009

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TOUTES MES CONDOLEANCES A SA FAMILLE JE SUIS MOI MEME AMBULANCIER...................

Écrit par : Thieulent | 06/04/2010

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Oui, nous pensons à sa famille et son enfant qui a quelques mois maintenant. Je pense à tous les ambulanciers de France et du monde. Un beau métier mais quelles difficultés et quelle méconnaissance de la société sur ce métier souvent !! Un métier de personnes généreuses et souvent exploitées. Un métier qui ne compte pas ses heures et ses kilomètres ni son écoute aux patients. Un métier d'amour envers les autres, envers les souffrants. Toutes mes pensées pour vous. Chloé Laroche

Écrit par : Chloé Laroche | 07/04/2010

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Je suis aussi ambulancier et voulais signaler que notre profession comporte des risques malheuseument non reconnus. Je viens de perdre un collegue la semaine derniere d'un infarctus, il n'avait que 48 ans. Le stress de cette profession ne l'a pas aidé c'est sur.
Nous exercons ce metier par passion mais cela devient de plus en plus dur physiquement ainsi que mentalement.
Toutes mes pensées vont a la famille de Cyrille et de Jef.
Pascal

Écrit par : Pascal | 09/04/2010

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Cyrille, 

mon pote, mon collègue,

cela va bientôt faire 4 ans que tu nous as quitté.
beaucoup, tellement de choses on changé depuis ton départ, 
si tu savais comme tu me manques
je ne peux m'empêcher de repenser à ce jour dès que je passe sur ces lieux maudits.
je ne sais pas pourquoi j'écris sur ce blog je pense que c'est un moyen d'exorciser ses vieux démons, une sorte de bouteille à la mer qui au fond de moi espère que ces mots te parviendrons.
Je voulais que tu saches que malgré le chagrin, la rage... j'ai tout fait pour sauver ce que tu avais eu tant de mal à créer...
Je m'excuse de n'avoir réussi. 
j'ai eu l'occasion de croiser ton fils, il est magnifique, il te ressemble.
rien ne sera jamais plus comme avant, j'en ai d'ailleurs quitté le métier, trop dur...
Bref tu nous manques à tous beaucoup, on ne t'oubliera jamais.

Écrit par : lukaz | 26/04/2012

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Courage à vous Lukaz. Cyrille est parti si tôt. Ce métier est un beau métier mais si dur parfois et si peu aidé et protégé. Je pense à tous les ambulanciers de France et du monde et vous envoie mes meilleures pensées. Chloé L

Écrit par : Chloé Laroche | 27/04/2012

 

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24/06/2008

Trois destins rencontrés en ambulance. De la vie au désespoir. Du combat désespéré à la lutte finale contre la maladie, la solitude et la mort.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



TROIS RENCONTRES

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Trois rencontres m’ont bouleversée durant cette journée de travail en ambulance.

Trois destins aux multiples souffrances.

D’abord, je vais chercher un homme handicapé, chez lui. Il est en fauteuil roulant. Arrivés à l’ambulance, je l’aide à l’asseoir dans le véhicule. Je plie son fauteuil et le soulève pour le ranger à l’arrière du véhicule.

La dernière fois que je l’ai vu, au cours d’un précédent transport, il devait partir en voyage au Brésil. Je lui demande alors comment cela s’est passé.
-Qu’est-ce qui vous a plu le plus là-bas ?
-Le Christ, m’a-t-il répondu !
-Le Christ ?
-Oui, et j’ai eu la chance de le voir de près en hélicoptère. Il fait trente mètres de haut...
-C’est le Christ qui surplombe la baie de Rio de Janeiro ! Il a les bras tendus, ouverts sur le monde. C’est si beau de représenter Jésus ainsi, lui ai-je dit.
-C’est vrai ! C’est magnifique !
-Vous étiez seul là-bas ?
-Non, nous étions neuf à partir, neuf membres de ma famille, à cause d’événements douloureux. Ma soeur venait de perdre son fils et son mari ... et nous avons perdu notre mère aussi.... Pour Noël, nous avons préféré partir le plus loin possible...”.

Ils ont mis un océan entre leurs morts perdus et leurs vies présentes... Océan de larmes, océan d’espoir face aux drames vécus.

J’ai ressenti beaucoup de douceur de la part de cet homme pour sa soeur. Il m’a parlé d’elle et de sa force, de ses blessures gravées dans la chair, de sa volonté de s’en sortir par elle-même. Survivance éperdue d’une mère orpheline et d’une veuve solitaire.

Et puis, plus tard dans la journée, je suis allée chercher une dame.

Elle m’a ouvert son coeur spontanément.
Nous roulions dans la neige.

Cette patiente m’a parlé de sa vie de veuve, de ses cancers successifs, de son mari suicidé, de tous les suicides qui s’accumulaient au sein de la famille. Elle m’a parlé de ses enfants, de ses peurs pour eux, de son angoisse de la pulsion de suicide “peut-être héréditaire”, de son combat pour la vie, de la flamme de son existence risquant de s’éteindre bientôt.

J’ai écouté cette dame tout au long du parcours. Je l’ai regardée avec admiration et respect. Elle n’avait à vivre, selon les médecins, que quelques mois. Je l’ai déposée à la Clinique tout en lui laissant quelques mots d’espoir et la chaleur d’une présence à ses côtés, présence fugace mais intense.

Et puis ce soir, j’ai transporté un homme de quarante ans, sortant régulièrement de l’Hôpital Psychiatrique afin de poursuivre une rééducation de la parole. Ce patient a une maladie qui s’est développée tardivement, maladie que sa mère lui a transmise.

Étant enfant, il a vu sa maman enfermée derrière des barreaux, ceux d’un asile. À la fin, on ne lui permettait plus de la voir. Aujourd’hui, il maîtrise difficilement ses mouvements et a beaucoup de mal à parler. Il se bat pour rééduquer sa parole et réapprendre à articuler.

Cet homme est le père de deux adolescents. “Je ne les vois pas souvent. Ils me manquent tellement !” me confie-t-il.

Cet homme travaillait autrefois. Il avait alors une vie normale, une famille. Aujourd’hui, il est enfermé dans ce pavillon psychiatrique.


Après la fin de mon travail, je suis rentrée chez moi avec les images de ces trois vies qui m’ont bouleversée... avec les mots de toutes ces vies que je croise.

Je pense aussi à cet homme dont j’ai parlé plus haut... que nous appellerons François et qui est rentré en chambre stérile depuis neuf jours.

Je suis allée le voir au tout début de son entrée à l’Hôpital. Je le lui avais promis. C’était son premier jour d’isolement. Je lui ai parlé à travers la vitre, avec le téléphone du couloir.

Il paraissait très ému de me voir. Je lui ai dit qu’il commençait un voyage et que je lui souhaitais bonne chance pour ces six semaines où il allait être enfermé, isolé dans cette pièce pour sa greffe de moelle.

Dans ses yeux, j’ai lu un grand espoir... La peur de ne pas survivre aussi. Mais l’espoir surtout. L’espoir de vivre grâce à cette greffe.

Ce soir, je pense aussi à Soeur Emmanuelle.
On l’a incitée à prendre congé des bidonvilles d’Égypte où elle a tant fait pour les plus pauvres. Elle vit maintenant dans le Sud de la France.

Je l’ai entendue parler sur l’origine de son engagement :
-Je ne voulais pas vivoter mais vivre pleinement. Tout donner et partager. Aujourd’hui, je peux partir en paix. Je sais qu’après moi, d’autres continueront. L’important, c’est d’ajouter sa goutte à l’océan d’amour. Il est important que chacun le fasse dans sa vie. Chaque goutte est importante.”

J'ai fait ces trois rencontres durant la semaine de prévention du suicide. Je pense très fort à toutes les familles qui ont perdu un proche par cette fin terrible. Chacun de nous est unique, unique à jamais. Chaque existence est une goutte de vie unique.

 

Chloé LAROCHE

 

 

La photo de fleur provient de ce lien :

http://www.gogoall.net/fonds/nature/f/fleurs/fleur_16.jpg

 

POUR LIRE TOUS MES ARTICLES

SUR LE MÉTIER D'AMBULANCIER, MON MÉTIER :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance/









 
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