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19/08/2016

Partage pour mon demi-siècle de vie, au détour de mes 50 ans. Je raconte mon aventure avec deux enfants dans Grenoble, à travers Escape Game et Pokémon Go, puis dans le parc Paul Mistral.

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Ce jour-là du 12 août 2016,  je viens d'avoir cinquante ans, au bout d'un demi-siècle de vie, même si certains ne me donnent que quarante ans.  

Un ami m'a dit que cet anniversaire était forcément difficile à passer, mais pour quelqu'un qui sait depuis longtemps que la vie est précieuse car pouvant s'arrêter à tout moment, ce passage n'est pas si différent d'un autre. Et puis certaines personnes refusent de vieillir mais c'est ainsi,  et j'ai appris dans ma vie que l'acceptation était la première clé de la paix intérieure. De plus, je remercie pour le passé  vécu,  pour la protection des cieux sur mon chemin et l'évitement d'accidents graves. Je remercie pour mes quatre enfants, pour mes amis, pour les belles choses vécues et les orages, voire les tempêtes, traversés. Je remercie pour les radeaux qui m'ont sauvée de naufragés certains,  suite au décès de ma fille Océana ou suite à d'autres ouragans. 

Des joies viennent se greffer sur les volcans éteints et l'humain repart sur son chemin, devant la stupéfaction des anges ébahis. 

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Le surlendemain de ce virage banal mais plaisant de ma vie, j'ai vécu un voyage d'une journée avec mon fils et un copain à lui dans ma ville natale de Grenoble, journée que je souhaite partager avec vous.  Nous arrivons dans la vieille ville où je me gare juste devant le Karkadé, dans la rue Servan, devant ce restaurant qui accueille nombre d'artistes et de musiciens. J'y ai joué aussi il y a quelques années. J'aime beaucoup ce quartier qui révèle tant d'histoire et de secrets enfouis dans les murs et les pierres.

On traverse cette ville devenue sereine, comme le sont aussi Serres ou Gap, et on apprend avec stupeur qu'elles ont été les témoins de massacres et de destructions au fil des siècles.  Le Duc de Savoie avait fait détruire Gap, et... à Serres, bien avant le Nazisme, toute la communauté juive a été assassinée.

La destruction se vit aussi dans l'existence humaine. On n'est plus qu'une loque et pourtant, on se reconstruit,  on adopte des enfants,  on va de l'avant, on devient un phare pour d'autres naufragés.

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Avec mon fils et son copain,  nous avons vécu durant une heure un escape game,  cette expérience de sortir d'un lieu où l'on nous enferme,  et d'où l'on doit sortir grâce à des énigmes et des objets réunis que l'on doit rassembler en équipe. L'espace du jeu était très beau, asiatique,  avec une sorte de jardin zen, agrémenté de Bouddhas et d'objets très parlants.  

Dans la vie comme dans ce jeu,  on gagne à travailler avec les autres, à s'écouter, à s'épauler. Chacun apporte sa contribution et on se complète devant les énigmes. La solidarité,  c'est sortir de sa solitude pour rejoindre celle des autres, afin d'en faire un bouquet d'amitié et d'humanité. 

Et puis, lorsque à la seconde près,  nous avons réussi à sortir, après avoir ouvert toutes les serrures et les verrous, j'ai réalisé que la petite voix s'affichant à l'entrée de la première porte nous avait aidés à avancer. Comme la petite voix qui nous parle tout au long de notre vie.

Si on ne l'écoute pas, des portes restent fermées et des énigmes demeurent à jamais sans  solutions. Pour l'écouter,  il faut tout lâcher, lâcher prise et ouvrir ses yeux et son coeur.

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Puis nous avons traversé la ville en prenant la rue de la Paix. Au fond, nous apercevions les grilles ouvertes du Jardin des Plantes,  le jardin de mon enfance. Les enfants ont compris rapidement qu'ils pouvaient trouver des Pokémons avec leur portable et cela n'a pas été difficile de les faire marcher dans le Jardin, en regardant aussi les belles roses, les arbres anciens et les beautés naturelles de ce parc. Et puis, passant à gauche de la Mairie, nous avons rejoint le grand parc Paul Mistral. Et là,  au pied de la Tour Perret, je me suis apercue que nombre de personnes de tous âges chassaient les Pokémons. 

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Ce jeu est arrivé depuis peu dans la vie de nombreuses personnes. Le copain de mon fils, 12 ans, me raconte, devant mes questionnements : "Pokémon Go, cela permet de sortir du virtuel pour aller dans le réel. Cela permet de marcher, de voir d'autres dimensions réelles, de rencontrer d'autres personnes, de voir de multiples paysages, tout en récoltant des personnages virtuels sur son portable."

En posant des questions à un père de famille accompagné de ses enfants de 5, 6 et 8 ans, tous assis sous un grand arbre près de la Tour Perret, au coeur du Parc Paul Mistral, j'ai appris ainsi que pour eux, Pokémon Gô représentait les chemins partagés, le plaisir de poursuivre la même quête, le bonheur d'être ensemble, de partager des lieux et des personnages fictifs, fictifs mais peut-être bien vivants dans l'imaginaire de ces humains de tous âges.

Laissant un instant mes jeunes courir après les Pokémons, je me suis dirigée vers une aire de lecture installée dans le cadre de "l'Été Oh ! Parc". J'y ai découvert des oasis de lecture sous les arbres, espaces installés très accueillants. Une fillette s'était assise dans les branches d'un grand arbre pour lire. Des ouvrages étaient posés ça et là et je me glissais dans cet espace. J'ai été soudain attirée par la proposition d'écrire un texte et de le glisser dans une boîte de partage d'écrits.

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 Voici donc pour vous en partage ce que j'ai écrit :

-7.jpgDe mon voyage immobile, je me sens libre tout au fond de mon âme accrochée aux racines d'un arbre aux multiples branches de joie et d'horizon infini.

Le voyage démarre tous les matins de ma vie, qui est un long sillage de courage, de rage et d'orages.

L'arbre me tend les bras avec paix et je regarde la lumière passer à travers la jupe fleurie d'une violoniste rousse.

 

Chloé LAROCHE

 

 

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Escape Game : Challenge the room, 10 rue Servan à Grenoble et 7, rue très-Cloîtres.

"L'été oh parc" : au Parc Paul Mistral de Grenoble, du 3 juillet au 21 août, chaque été.

 

 

 

03/04/2016

J’ai souhaité réfléchir avec vous sur cette phrase d'actualité : «Finalement quand on voit ce qui peut être fait au nom de Dieu, on se demande ce qu’il reste au diable comme activité."

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Bonjour à tous et toutes,

 

J’ai lu dernièrement cette phrase, à laquelle j’ai souhaité répondre dans cet article : «Finalement quand on voit ce qui peut être fait au nom de Dieu, on se demande ce qu’il reste au diable comme activité. »

 

Alors, voyons déjà « ce qui peut être fait au nom de Dieu »… L’auteur de cette phrase parle certainement des attentats perpétrés au nom d’une certaine religion. Mais on peut aussi penser à travers cette phrase à la période terrible de la Saint Barthélémy de 1572 dans laquelle les Catholiques tuèrent les Protestants. La ville de Paris vécut en une nuit l’assassinat d’une dizaine de chefs protestants puis le massacre de tous les Protestants, traqués et tués en quelques jours. 

 

Deux mille Protestants, appelés aussi Huguenots, ont été tués à Paris... et entre cinq mille et dix mille en province, le massacre s’étendant à d’autres villes, sur plusieurs semaines. Le 31 août, à Lyon, entre 700 et 800 Protestants ont été massacrés. Il faudra attendre plusieurs guerres de religions et l’édit de Nantes de 1598 publié par Henri IV pour que la liberté de conscience et de culte accorde la paix et la sécurité aux Protestants. Mais l’atrocité avait régné sur la France, détruisant les campagnes et les villes. Nous portons tous dans nos lignées les traces de ces terribles combats et nos ancêtres ont peut-être été victimes ou bourreaux.

 

En 1209, je vous rappelle aussi le massacre vécu par la ville de Béziers, victime de la première croisade des Albigeois contre les Cathares. Le « bon » Abbé Amaury catholique a dit aux soldats : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » La moitié de la population est morte. Des centaines de personnes s’étaient réfugiées dans l’église Sainte Madeleine. Dieu n’a pas pu les sauver, un miracle n’étant pas possible parfois devant la cruauté humaine.

 

Il est intéressant tout de même de constater combien ont été humains les dirigeants de la ville qui ont refusé de livrer les Cathares aux catholiques extrémistes en répondant : « Nous préférons être noyés dans la mer salée plutôt que de livrer nos concitoyens. »

 

Je reviens aussi sur les Croisades, huit croisades de deux groupes de croyants en guerre : les Chrétiens et les Musulmans, représentant le combat du croissant et de la Croix… l’enjeu étant les terres de Jérusalem et la libération de la Terre Sainte. À l’époque, les Croisés chrétiens n’ont parfois fait aucune différence entre les soldats, les combattants religieux, les femmes et les enfants. Ils tuèrent tout le monde.

Durant près de deux siècles, des massacres ont eu lieu. À l’époque, les Papes défendaient l’idée que les Croisés chrétiens auraient l’absolution de tous leurs péchés en s’impliquant dans ces guerres de croisades pour lutter contre les « infidèles ». On voit qu’aujourd’hui, la similitude existe dans les promesses faites à ceux qui se font sauter dans les attentats. Promesses de vie meilleure dans l’au-delà, promesses de bonheur, promesses diverses et aguichantes.

 

Les tueries faites au nom de Dieu n’engagent que ceux qui tuent. Dieu n’a rien à voir avec le chemin de violence que prennent ces personnes. Il a laissé les hommes libres de leurs choix mais il nous a donné la mortalité. La règle première des porteurs de valeurs humaines est de ne causer de tort à autrui, ni en pensées, ni en paroles, ni en actions. Tout homme est appelé à mourir mais il n’est pas écrit que nous devons mourir par une balle tirée par un autre homme. 

 

En conclusion, je dirais que lorsqu'on connait le diable, on sait qu'il sait se déguiser et que lorsqu'il se grime en Dieu, cela donne le résultat que nous connaissons aujourd’hui, résultats de violence et d’attentats que nous pouvons décrypter tout au long de l’histoire, même la nôtre.

 

On sait aujourd’hui -par la libération des paroles de jeunes abusés par des prêtres sur Lyon- que le diable sait aussi prendre l’âme de certains religieux emprisonnés par des règles religieuses impossibles à tenir ; ces prêtres sont victimes eux-mêmes d’un système qui crée l’horrible. Demander à un homme de ne pouvoir avoir une vie sexuelle normale et exiger de lui  de sacrifier son statut d’humain sexué à Dieu sur demande d’une Église minotaure… revient à sacrifier de jeunes innocents sur l’autel d’Abraham, comme l’agneau tué en offrande aux Dieux de l’Antiquité.

 

Le diable n’existe que par la déviance des humains et le pouvoir de certains hommes à représenter Dieu, dans toute l’horreur de l’orgueil et de la vanité.

 

Chloé LAROCHE

20/11/2013

Lettre à un homme qui ne croit pas au chiffre de la mort des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

Henri,


Je m'adresse à toi qui a osé l'autre jour démentir le chiffre de six millions de juifs exterminés par les Nazis.

Pour toi, ce chiffre est une manipulation pour faire croire aux foules ce qu'on sait aujourd'hui des abominations d'Hitler.

Tu as essayé de démontrer à ton cercle d'amis que ce chiffre n'a pas été vérifié, qu'il a été parachuté pour rendre crédible une réalité qui ne te parle pas.

Pour toi, le livre n'existe pas non plus. Tu n'aimes pas les livres. Lorsque tu ouvres un livre, tu as l'impression qu'il entre dans ton esprit et qu'il prend ton âme.

Comme pour ce chiffre de six millions de juifs gazés, exterminés, écartelés, torturés, fusillés : tu refuses à tout prix qu'il entre dans ta conscience, dans ton réel. 

Et s'il n'y en avait eu que trois millions, que deux millions, qu'un million.... serait-ce moins grave, moins abject, moins terrifiant ?

Je n'aime pas qu'on puisse débattre d'une réalité aussi sordide, aussi horrible. On peut tout dire sur tout. On peut nier jusqu'à l'existence d'un être humain. On peut nier jusqu'à l'âme, comme on l'a fait pour les femmes durant des millénaires, lesquelles étaient sensées naître sans âme ni réflexion.

On peut nier sans avoir vu, mais le souvenir de l'Histoire est bien présent dans nos mémoires transmises. Faut-il que les derniers témoins meurent pour qu'on brûle leurs souffrances, leur calvaire ?

Faut-il que le temps efface leurs regards sur les corps décharnés, sur les montagnes de chaussures, sur les milliers de lunettes, de cheveux, de jouets d'enfants ?

Certains ont dit qu'aucune destruction massive n'aurait été effectuée, que personne n'en a la preuve et que ces montagnes d'affaires et de vêtements provenaient de morts, de personnes malades mais non de tués.

Alors lisez donc cela ; attention, c'est insoutenable, insupportable...

"Souvent, le gaz n'arrivait pas en temps voulu. Les victimes devaient alors attendre assez longtemps dans la chambre à gaz. On entendait les cris de très loin. Souvent, les SS se livraient aussi à des excès particulièrement sadiques. C'est ainsi que des enfants furent fusillés dans les bras de leurs mères juste devant la chambre à gaz, ou jetés contre le mur. Quand l'un des arrivants disait un seul mot contre les SS, il était fusillé sur place. La plupart du temps de tels excès n'avaient lieu que lorsque des officiers supérieurs étaient présents. Lorsque la chambre à gaz était trop remplie, on jetait souvent des enfants qui ne pouvaient plus y entrer par-dessus la tête de ceux qui s'y trouvaient déjà. Du fait de la compression, d'autres victimes étaient tuées par piétinement. Les SS nous répétaient souvent qu'ils ne laisseraient pas survivre un seul témoin."

 

Lisez, s'il vous plaît, le document de ce témoin survivant en entier :

http://www.phdn.org/histgen/documents/paisikovic.html

 

La colère monte dans mon coeur et comme le dirait un ange... tout le bleu du ciel pleure dans nos yeux, à la lecture d'horreur de cet homme qui a été obligé de faire ce terrible travail de destruction des personnes gazées.

Henri, lorsque tu auras fini de dire que tout est manipulé, que les médias racontent des sornettes, que les journalistes sont achetés, que les livres d'Histoire sont emplis de mensonges, que la Seconde Guerre n'est pas celle dont on se souvient, que le soleil n'est pas le soleil et que personne n'a marché sur la lune... alors tu seras mort, mais tu auras été transparent à ton propre coeur, à ton âme, à travers cette réalité que tu n'as pas palpée.


Chloé Laroche





 

02/11/2012

Levons le secret sur les essais atomiques de la France dans le désert algérien entre 1960 et 1966.

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Je voudrais ce soir vous parler d'un homme qui était soldat en Algérie en 1960... pour la modique somme de deux cent cinquante francs par mois. Il est resté là-bas trente-deux mois et a été irradié dans le cadre des essais nucléaires effectués dans le Désert saharien par la France, entre 1960 et 1961. Les essais ont duré, eux, jusqu'en 1966.nucléaire,algérie,bombe atomique,essai nucléaire,tabou,secret,état,victime,cobaye,soldat,armée,cancer,maladie,irradiation,1960,guerre,prisonnier,massacre,naissance,monstre,Waldenström,aven,Association des Vétérans des Essais Nucléaires,sahara,désert,nuage nucléaire,sacrifice,témoignage,politique,honte,france,actualité,radiation, reggane,gerboise,leucémie,tchernobyl,plutonium,algérien,histoire,passé,mémoire,

Aujourd'hui, cet homme est malade, atteint par une maladie orpheline : la maladie de Waldenström. Elle s'est déclarée tardivement mais les médecins savent aujourd'hui que l'irradiation de ces soldats ne pardonne pas. Elle tue, elle rend malade... même après cinquante ans passés depuis les explosions atomiques.

J'écris cet article pour lui, pour cet homme, et pour toutes les autres victimes des essais nucléaires dans le désert algérien, afin que tous se souviennent et n'oublient pas.

Un autre homme, dont la fille témoigne de la même chose, de la même maladie, après une irradiation en Algérie, est devenu invalide. Voici le témoignage de sa fille (http://www.ciao.fr/Aven_org__Avis_667156) :


"Il y a cinq ans, à 57 ans, nouvelle déchirante, mon papa m’appelle : «Je suis à l’hôpital, la médecine du travail suite à des analyses de sang a détecté une anomalie au niveau de mes protéines gamma ». Il a été diagnostiqué la maladie de Waldenström, une sorte de cancer du sang incurable, très rare mais que l’on peut stabiliser, tant bien que mal, sans connaître sa durée, son issue. Les taux sont acceptables, aucun traitement n’est préconisé. Il faut faire pratiquer des prises de sang tous les trois mois pour s’assurer que la maladie ne se manifeste pas. Mon papa est inapte au travail, et de suite déclaré en maladie de longue durée puis en invalidité.


Et puis, deux ans plus tard, un coup de fil : « C’est papa, ça ne va pas du tout, la maladie se réveille, il faut que l’on m’opère d’une vertèbre qui me fait horriblement mal. Des prélèvements sont effectués et des cellules cancéreuses mises en évidence. Il intègre alors une unité d’hématologie et ce fut l’épée qui tombe brusquement avec un froid et une stupeur incroyable. Prises de sang, scanner, IRM, prélèvements de moelle et j’en passe, tout ceci suivi d’une série de chimios pendant six mois. Pour que mon papa ait toutes les chances de son côté il intègre alors une grande Unité d’hématologie à Lyon où une forte chimio lui est administrée suivie d’une auto greffe avec isolement dans une chambre stérile. Une convalescence en altitude lui est prescrite afin que ces globules rouges soient réactivées.

Je pense qu’il a souffert bien plus qu’il ne l’a dit !

Mon papa et moi n’avons pas eu de relation privilégiée père fille à mon immense regret et tristesse. C’est un homme qui ne m’a pratiquement jamais parlé et cette maladie l’a aidé à s’exprimer. Nous avons alors parlé de plein de choses, il m’a raconté qu’en 1962 alors qu’il faisait son service militaire à Régane en Algérie, un essai nucléaire a mal tourné, il y a eu fissure suite à de mauvais calculs et l’explosion est sortie des rochers. Mon papa a vu un énorme champignon, très beau m’a-t-il dit. De suite ils sont partis mais je ne pense pas qu’il ait échappé aux particules radioactives, d’autant plus qu’il est resté non loin de cette zone les jours suivants.

 Pendant sa maladie, j’ai vu des émissions sur l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires ainsi que des interventions dans les journaux télévisés. Alors le parcours du combattant a commencé…".


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Merci Martine pour ce témoignage poignant sur le combat et le calvaire de votre père, témoignage qui exprime bien toute la difficulté des soldats irradiés se retrouvant soudain confrontés à une terrible maladie.

 J'ajouterai à la fin de cet article les informations sur l'AVEN donnés par Martine, 

l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires, qui pourra vous aider

si vous ou quelqu’un de votre entourage êtes concernés par un problème de santé lié aux essais nucléaires au Sahara ou en Polynésie.

 

 

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C'est monstrueux ce qui s'est passé là-bas, entre 1960 et 1966, dans le Sahara, à l'abri des regards. Des soldats ont servi de cobayes et ont développé pour beaucoup des maladies diverses, sans compter tous ceux qui sont morts. Ils ont été sacrifiés sur l'autel du service à la Patrie alors que leurs supérieurs s'enfuyaient devant les champignons des bombes atomiques.

Des habitants du Sahara se trouvaient aussi là et ont subi durant des années les effets dévastateurs de ces irradiations.

Que la honte soit sur toutes ces personnes, décideurs infâmes, qui ont osé prendre en otage cette population algérienne, laquelle a été obligée de cacher les petits monstres qui naissaient parmi leurs bébés, enfants difformes cachés dans des grottes aux yeux du monde.

Au coeur du Désert, le regard d'enfants sacrifiés à la toute-puissance française demeure à jamais dans le coeur humain. 

24000 civils et militaires ont été touchés entre 1960 et 1966. 

Des prisonniers ont même été attachés à un kilomètre de l'épicentre de l'une des explosions. Ils ont servis de cobayes et d'expérimentation sur les effets de l'irradiation. Lisez à ce sujet l'article que je cite plus bas :

 

"Effets des radiations sur les populations du Sud"*

 

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Je pense à Bernard Lécullée, revenu dans un état désastreux d'Algérie, irradié. 

Voici son histoire, tirée du Sud-Ouest du 11 Mars 2009 :

"Il était parti pour quinze mois, volontaire, dans le désert du Sahara. Quinze mois « pour mettre du beurre dans les épinards » disait-il. Il s'appelait Bernard Lécullée, travaillait pour l'armée française, il était jeune marié, père de trois enfants avec un petit dernier en route. On était en 1963.

Christine Lécullée se souvient du retour de son héros de mari. Elle est là sur le quai froid de cette petite ville de Moselle où la famille a été mutée. Les deux petits ne l'ont jamais vu, parti depuis trente mois. Elle attend son homme, ce fier Lorrain aux solides épaules, et ne reconnaît pas le vieillard qui s'avance vers elle en souriant.

« Je ne voulais rien montrer aux enfants. Ils attendaient mon signal pour aller l'embrasser, et j'étais sidérée. Il avait perdu ses cheveux, ses oreilles étaient transparentes, ses dents déchaussées, ses épaules voûtées. Maigre, il se traînait. Mon grand-père oui, pas mon mari. Mes premiers mots ont été : "il faut faire venir le docteur". »

La prise de sang confirme une maladie grave. Bernard Lécullée est transféré à l'hôpital pour d'autres examens. Dans la nuit, il sera transporté en hélicoptère à Paris, où le diagnostic tombe : cancer de la moelle osseuse. Christine ne sait rien. On lui dit : « Votre mari est anémié ».

 Lorsqu'un mois après son admission à l'hôpital militaire de Paris elle vient le voir. Les infirmiers lui demandent : « C'est vous la femme de l'irradié ? » Elle répond non.

« On m'a conduite dans le service où mon mari était hospitalisé en chambre stérile. Je lui répétais : "qu'as-tu fait pour te mettre dans cet état ? T'es le seul à être rentré comme ça ?" Il m'a montré d'un signe de tête les autres chambres stériles. 17. Ils étaient 17 dans le même état que lui. Des morts-vivants. J'avais 26 ans et quatre enfants. Le ciel m'était tombé sur la tête. »

Bernard Lécullée n'est jamais sorti de l'hôpital. Il a été transféré d'un centre hospitalier à un autre pendant dix ans, jusqu'à son décès à l'âge de 42 ans. Christine se débrouille avec ses petits, son travail et sa colère. Elle veut savoir. L'armée bloque les dossiers médicaux, jusqu'à cette révélation : « Il a été irradié pendant les essais nucléaires du Sahara, irradié progressivement par inhalation. Il était employé à l'épuration des eaux usées, en contact direct avec des cuves de plutonium. »

En 1998, la fille aînée de Christine et Bernard Lécullée demande que son père soit reconnu « mort pour la France » par l'armée française. Elle reçoit un imprimé où est cochée la mention « refus », sans autre explication.

 La colère de Christine monte. Elle insiste pour savoir, les portes se ferment. Depuis 2001, avec l'association des anciens militaires atteints de maladie mortelle imputée aux essais nucléaires français en Algérie (1960-1966) et Polynésie (1966-1996), elle se bagarre devant la justice française. Elle demande une indemnisation pour ses enfants. Elle veut que son mari soit reconnu « ancien combattant mort pour la France ». « Cette lutte m'épuise, assure-t-elle, mais je ne lâcherai pas. J'ai moi-même une carte de veuve d'ancien combattant, tandis que mon mari n'est toujours pas reconnu comme un ancien combattant. Bizarre non ? »

Hier soir au cinéma l'Utopia à Bordeaux, Christine Lécullée est venue témoigner après la présentation du film documentaire de Djamel Ouahab, « Gerboise bleue », qui retrace l'histoire secrète des essais atomiques français en Algérie. « Enfin, le voile est levé. »

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_____________________On parlera de plus en plus de ce tabou nucléaire en Algérie, de ce secret que la France a essayé d'étouffer, sans jamais vouloir donner les renseignements précis aux algériens sur les emplacements des essais, sur les déchets nucléaires enterrés.

La France doit reconnaître plus que tout autre méa culpa qu'elle a des responsabilités immenses à travers les bombes atomiques explosées au coeur du Sahara, pour toutes les générations futures, pour toutes les victimes, pour tous les soldats dont le martyr n'est toujours pas reconnu officiellement.


J'ai écrit cet article pour mettre en lumière ce que beaucoup de ma génération née dans les années 60 et après ne savent pas, pour que ceux qui savent se souviennent et pour que les victimes se reconnaissent victimes et non pas seules chacune de leur côté, à souffrir de maladies étranges, orphelines et mortelles.


Chloé Laroche_________________




_Informations et articles divers, à lire absolument :

 

Effets des radiations sur les populations du Sud* :

 

http://www.forem.dz/index.php/fr/news/1-latest-news/226-effets-des-radiations-sur-les-populations-du-sud


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Les vétérans du nucléaire s'organisent :

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/news_veterans.htm

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L’AVEN ? Il s’agit de l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires. 

 

◄•••►1/ Ses actions

- L’AVEN a pour but d’obtenir tous les moyens légaux, le droit à l’information sur le fameux sujet des conséquences sur l’homme de sa participation aux essais nucléaires. Ainsi, chacun a droit d’accès à son dossier médical, aux résultats radiologiques lors de leur séjour dans ces pays. La finalité étant de donner droit à pension, indemnisation et aux soins.

- L’Association rassemble les informations disponibles, informe les vétérans de leurs droits, intervient auprès des autorités administratives françaises ou européennes, enfin, elle soutient les vétérans.

- L’AVEN dispose de juristes, scientifiques et médecins ainsi que de journalistes, tous prêts à apporter leur concours.

◄•••►2/ Son financement

La cotisation à l’AVEN est de 20 Euros par an.Chaque membre recevra un bulletin trimestriel « la ora na Bonjour ». Des dons sont effectués aussi et sont les bienvenus, donnant droit à exonération d’impôts. Des subventions sont aussi possibles, ses statuts prévoient cette option. Mais à ce jour, les cotisations représente la plus grande part du budget.

Des autocollants avec le logo de l’association sont vendus également.


♣ ♠ ♣ 3/ L’ACTION SANTE REALISEE PAR L’AVEN ♣ ♠ ♣


L’association a dû réaliser et continue dans ce sens, elle-même son enquête car les pouvoirs publics présentent une grande défaillance à ce niveau. Après avoir regroupé plusieurs centaines de questionnaires et analysé les réponses, une certitude s’affiche :

- 89 % présentent une ou plusieurs maladies
- 34.6 % on été atteints d’un ou plusieurs cancers, des cancers peu fréquents d’ailleurs. A savoir que 77 % sont survenus avant l’age de 60 ans et 37.6 % sont décédés avant 60 ans.
- Certaines pathologies non cancéreuses sont digestives, cardiovasculaires et ostéo musculaires.
- Les enfants sont atteints d’anomalies congénitales (15.6 %) et 24.3 % souffrent d’autres maladies. Bien souvent le premier enfant de ces vétérans est mort né ou dans les premiers mois de vie. Des vétérans sont même devenus dans l’incapacité de procréer.


♣ ♠ ♣ 4 / LES ACTIONS JURIDIQUES ♣ ♠ ♣


Il faut avant tout se procurer les diverses pièces médicales, ce qui est très rapide, à savoir que l’AVEN dans sa brochure donne toutes les coordonnées des organismes selon si vous étiez militaires ou civils.


Pour les vétérans ou leurs ayants-droits ayant un statut militaire au moment des essais nucléaires, quel qu’il soit, en l’occurrence pour mon papa, chauffeur de gradés, il est possible d’engager une procédure afin de demander pension et réparation.

◄► Le demande de pension ◄►


Pour les personnels civils du CEA ou entreprises présentes, sous traitantes, il faut faire reconnaître la maladie professionnelle, démarche à engager auprès de la sécurité sociale. L’avocat de l’association apporte alors sa contribution pour la réalisation du dossier.

Pour les militaires il faut engager une procédure de réparation intégrale des préjudices subis. L’association dispose de correspondants responsables de la commission juridique. Et puis l’avocat, le représentant « final » ne demandera pas de provisions pour engager la procédure. Il sera payé si le vétéran obtient une pension, son montant étant au maximum de 20 % de 2 années de pension et établit au temps passé pour cette procédure. De plus selon un article de la loi, ces frais peuvent être imputables à l’Etat.


♣ ♠ ♣ 5 / LA PROPOSITION DE LOI ♣ ♠ ♣


Le 17 janvier 2001, l’avocat de l’association a déposé à l’Assemblée Nationale une proposition de loi relative au suivi des conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires.

Puis elle a été déposée de nouveau par les trois députés Verts le 24 juillet 2002. Le 7 novembre 2002, le groupe Communiste et Républicain a déposé une proposition de loi n° 368 relative au suivi sanitaire des essais nucléaires français. Elle a été déposée au Sénat dans les mêmes termes le 22 janvier 2003 par le groupe des sénateurs communistes. Depuis d’autres députés et sénateurs socialistes ont apporté leur soutien à ces propositions de loi, dont mon député ! Une trentaine de parlementaires tant de la majorité que de l’opposition ont se sont manifestés en posant des questions écrites.

Bref, le mouvement a l’air de prendre un peu plus d’ampleur, des élus s’impliquant et apportant leur soutien à l’association.

 


♣ ♠ ♣ 6 / UN ESPOIR ♣ ♠ ♣


L’AVEN réclame un devoir de vérité et de justice. La France n’a cessé ses essais nucléaires que depuis le 27 janvier 1996. Certes, les vétérans se réjouissent de cette initiative mais les malades sont de plus en plus nombreux, diagnostiqués jeunes et leurs traitements relèvent bien souvent de la survie. Trop de décès, trop prématurés ! Certains vétérans ne verront leur dossier aboutir, leurs enfants poursuivront cette quête afin que justice soit rendue.

C’est ce que souhaite l’association, d’autant plus que beaucoup travaillaient dans des conditions de sécurité élémentaires.

L’AVEN fait référence au modèle américain qui prévoit une loi d’indemnisation des vétérans exposés aux radiations pour une liste de maladies, liste évolutive. Cette loi est une lutte des vétérans et des peuples américains et des Iles Marshall, victimes des essais nucléaires.

Cette lutte peu à peu prend de l’ampleur. Si vous êtes concernés par ces essais et qu’aujourd’hui vous êtes atteints de maladie ou cancer, contactez l’AVEN, faites vous connaître afin que le nombre de personnes en souffrance soit connu. Plus les victimes se manifesteront, plus l’AVEN sera puissante et pourra poursuivre ses actions."

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AVEN
187 montée de Choulans
69005 LYON

Tél. 04.78.36.93.03
Fax 04.78.36.36.83

E-mail : aven@aven.org

 

Site internet : www.aven.org

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22/08/2009

Pardon à Alain de Monéys, massacré par les habitants d'un village de Dordogne le 16 août 1870. Mon conte écrit il y a 28 ans et le livre de Jean Teulé "Mangez-le si vous voulez", récit de cet abominable crime.

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Bonjour à tous et toutes,

 

Il y a un peu plus de vingt cinq ans, j’ai écrit un conte, l’histoire d’un bébé déchiqueté par les habitants d'un village devenu fou et ressuscité par des enfants.images-8.jpeg

 

Jamais je n’aurais pensé que cela avait vraiment existé et que c’est arrivé à Alain de Monéys, le 16 août 1870, en Dordogne.

 

 

46.jpgCe jeune homme de 28 ans vivait près de Bretanges, dans un village du centre de la France où il était estimé, aimé. Il venait d’être élu premier adjoint au maire. Il avait le coeur sur la main et était aimable, gentil, intelligent, représentant la bonté incarnée.

Ce jour-là, il s’est rendu dans un autre village, celui de Hautefaye, pour aller à la foire acheter une vache, souhaitant faire plaisir à une voisine.

Mais en un après-midi, il est devenu martyr, vivant toutes les étapes du calvaire christique... lynché, crucifié, torturé, brûlé vif, mangé... par les villageois devenus fous.

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Tout cela parce qu’il avait pris la défense de son cousin, lequel venait de lire en place publique un journal annonçant la défaite de la France face à la Prusse. Alain Romuald de Monéys d'Ordières a été soudain accusé d'être pro-prussien.

images.jpegAlain est devenu le bouc-émissaire d’une foule entière, qui n’a pas supporté la défaite et la débacle française. Ils n’y croyaient pas. Aussi ils ont fait le pire, l’abominable carnage... ne sachant plus ensuite comment ils en étaient arrivés là. Deux cent personnes ont participé à ce carnage.images-3.jpeg

 

En mai 2009, l’écrivain et journaliste Jean Teulé a écrit un roman racontant le calvaire d’Alain de Monéys. Je l’ai entendu en interview à la radio. Et j’ai été stupéfaite de voir la similitude avec mon conte écrit quand j’étais adolescente, il y a 28 ans.

 

images-5.jpegEt puis, aujourd’hui, j’entends à nouveau Jean Teulé sur France Info qui reparle de son livre : “Mangez-le si vous voulez”, paru aux Éditions Juliard. Il m’a incitée en l'écoutant à écrire enfin cet article et à remettre mon conte en ligne.

J’offre mon conte à Alain de Monéys, en espérant que son âme a retrouvé la paix après cet abominable calvaire d’un corps déchiqueté... Qu’il a trouvé l’éternité d’un homme sacrifié et le bonheur de mille anges le consolant.

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Une messe du pardon a été organisée le 16 août 1970 à Hautefaye où étaient présents les descendants d'Alain et ceux des assassins.

k1579274.jpgJe demande au Maire de la commune... qui me lira sûrement, de rendre un hommage à travers une stèle érigée dans le champ où a péri Alain de Monéys, champ dont les sillons sont souillés par la violence d'un sang versé par des âmes terribles. Cruelle histoire d'un village qui porte ce souvenir à travers les années comme un poids sur les générations futures et présentes, des descendants qui portent un regard horrifié et honteux sur leurs ancêtres.k0195035.jpg

 

Alain de Monéys, je vous demande pardon au nom de tous les Français et je souhaite profondément que votre histoire ne se répète jamais. Mais quand on voit l’actualité et ce que l’homme peut réaliser en horreurs, sur le plan individuel ou collectif, il y a de quoi s’inquiéter et travailler encore pour que l’abomination n’arrive jamais plus dans le coeur de l’Homme.

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Voici donc mon conte ci-dessous.

 

Chloé LAROCHE

 

______________________________________________________ J'avais inclu ce conte dans mon article du 2 juin 2008 : Conte anti-pédophile : "Jason, petit ange du Mont-Blanc". Dédié à tous les enfants assassinés, abusés et violés.

 

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Le conte du bébé assassiné par un village et ressuscité par des enfants.

Il était une fois un homme qui habitait avec sa famille dans un village éloigné de la ville. Un matin, il partit chasser, bien que les provisions du verger soient suffisantes.

Soudain, il aperçut au milieu d’un champ un arbre immense, un chêne au tronc entouré de lierre, qu’il n’avait jamais vu auparavant. Sans s’émouvoir de la beauté et de la noblesse de cet arbre inconnu, il pensa : “Ce chêne pourrait servir de bois de chauffage pour l’hiver entier ! Sans le dire à personne, afin de le garder pour moi seul, je reviendrai cette nuit avec ma hache.”images-13.jpegimages-10.jpeg

images-7.jpegSe rapprochant de l’arbre, il entendit des cris ressemblant à ceux d’un enfant qui vient de naître et il découvrit dans le creux des branches un petit bébé, qui battit des mains à sa vue. “C’est très certainement le marmot de quelque fille fautive venue enfanter dans la forêt !” se dit-il. “Je vais l’emmener chez le curé, qui dira ce qu’on doit en faire.”

Prenant l’enfant dans ses bras, il partit vers le village. Alors qu’il traversait la forêt, il aperçut tout à coup un sanglier. Ne voulant pas rater cette occasion de chasser, il laissa tomber l’enfant et épaula son fusil pour tirer ; lorsque soudain un serpent passa devant lui. L’homme eut très peur ; il fit un bond en arrière et lâcha son arme en glissant sur une pierre. Le sanglier fonça alors sur lui mais le chasseur grimpa prestement sur un arbre.

Malheureusement pour lui, la branche sur laquelle il s’était réfugié cassa et l’homme tomba à terre, se retrouvant juste à côté du petit enfant. Celui-ci battait des mains et riait en voyant tout ce manège ; le chasseur ne fit pas attention à cela ; il pensait que les enfants ne peuvent ni comprendre ni sentir ce qu’il se passe et qu’il ne font que manger, dormir et grandir.

L’homme, voulant se défendre, chercha son fusil mais ne le trouva point. Par hasard, en levant la tête, il le vit se balançant fièrement au sommet d’un arbre. Il secoua d’abord les branches dans tous les sens mais le fusil ne bougea pas. Ensuite il décida d’aller chercher sa hache ; mais, alors qu’il s’en allait, il reçut le fusil sur la tête et perdit connaissance.images-12.jpeg

Quand il revint à lui, il était couché sur un lit, entouré par toute sa famille et par la plupart des villageois, venus le voir par curiosité. Il leur raconta ce qui lui était arrivé, en déformant la vérité à son avantage.

Tout à coup, pensant au bébé qu’il avait découvert, il leur demanda s’ils l’avaient amené ; les villageois ayant répondu par l’affirmative, il leur dit : “Tout ce qu’il m’est arrivé est survenu après avoir découvert ce gamin”, et, bien que pensant en lui que ce n’était pas vrai, il ajouta : “Et je sais bien qu’il se moquait de moi !”

images-8.jpegAlors chacun cria : “Il faut se venger. Le coupable doit être puni. Tuons le marmot et jetons-le aux chiens !” Mais quelqu’un suggéra : “Mangeons-le plutôt , ce serait un gâchis de le jeter aux chiens !” Après ces paroles terribles, tous se précipitèrent dans la pièce où avait été déposé le bébé... Les uns après les autres, ils tombèrent foudroyés en voulant porter à leur bouche la chair de l’enfant assassiné. Tous, sauf les enfants du village qui avaient compris l’énormité et la monstruosité de cet acte. Ils comprirent aussi dans quel chemin ignoble les avaient emmenés leurs parents... à qui ils devaient pourtant respect et considération.2080-2333XA2.jpg

Lorsqu’ils virent les adultes tomber les uns après les autres, ils se mirent à rire, et de tous les coins de l’univers, des rires d’enfants leur répondirent.

Ils entendirent soudain une voix venue de leur coeur, qui leur disait : "Montez au sommet de la montagne en portant chacune des parties de mon corps. N’ayez aucune crainte, aucune peur. Arrivés là-haut, vous reconstituerez mon corps comme un puzzle de vous-même et, en chantant, vous ferez une ronde tout autour de moi. Et sans jamais défaire votre ronde, vous attendrez.”

e002817.jpgLes enfants prirent donc chacun soigneusement une partie de l’enfant et, en file indienne, ils partirent vers le sommet de la montagne. Ils rencontrèrent bien des difficultés : ils durent franchir des torrents tumultueux, ils escaladèrent des parois abruptes, ils se cramponnèrent à la glace, ils traversèrent des tempêtes de neige, ils connurent le grand vent et la grêle... mais jamais ils ne virent tous ces éléments de la Terre comme des ennemis.

Pour eux, ces éléments de la nature étaient leur famille, leur unique et seule famille.01016030.jpg

C’est ainsi qu’ils arrivèrent sains et saufs au sommet de la montagne. Là, tous ensemble, ils recréèrent le corps de l’enfant mort. Puis ils se prirent par la main et firent une ronde autour de lui, en riant et en chantant.

ZKD055.jpgSoudain, l’orage éclata ; mille éclairs fusèrent de toutes parts et tout fut illuminé. Tout à coup, un éclair plus lumineux que les autres jaillit au milieu de la ronde des enfants. Le bébé ouvrit les yeux et leur sourit ; tous les enfants, d’un même élan, s’élancèrent vers lui et l’on vit, au bout de tous les bras réunis, un être lumineux projeté dans le ciel... et un arbre magnifique, un chêne immense au tronc couvert de lierre, s’élançant au milieu de la ronde.bxp36804-1.jpg

u12530759.jpgL’on entendit des rires d’enfants retentir à l’infini dans tous les coins de l’univers et un doux murmure chanter le nom de l’Amour.

Les villageois se réveillèrent de leur torpeur et accueillirent en eux l’enfant qui était mort mais qui maintenant revivait en chacun.

Chloé LAROCHE

 

200544805-001.jpgà Alain de Monéys

 

 
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