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19/10/2008

Je suis révoltée devant cette société qui pousse au désespoir des personnes humaines qui n'ont d'autre choix que se donner la mort. Suicides d'enseignants et de prisonniers.

Bonjour à tous et toutes,,

 

Mn_47b.jpgJe suis bouleversée par l'acte d'immolation par le feu qu'a fait une femme désespérée devant le centre de détention où se trouvait son compagnon d’origine arménienne. Josiane Nardi, 60 ans, est morte à l'unité des "grands brûlés" de l'hôpital de Tours où elle avait été transportée la veille dans un état "très grave" après s'être immolée devant la maison d'arrêt du Mans (Sarthe) en présence de journalistes, pour protester contre l'expulsion de son compagnon sans-papiers vers l'Arménie. "J'ai l'impression de vivre un mauvais rêve", a simplement dit, les yeux rougis par l'émotion, Henrik Orujyan, en apprenant le décès de sa compagne, selon un correspondant de l'AFP. Quand une femme en arrive à cette extrémité par amour et qu'elle convoque des journalistes pour que son acte ne reste pas inconnu du public... le minimum que l'on puisse faire est de penser à elle et de réfléchir à la situation qu'elle vivait avec son compagnon condamné, expulsé pour des faits de justice (selon les raisons officielles). Mn_52.jpg

 

Mn_24a.jpgJe suis bouleversée aussi par le décès de ce jeune de seize ans, Nabil, qui s'est pendu en prison. Il s'y trouvait pour trafic de stupéfiant. Cela valait-il de finir ainsi, emprisonné, désespéré de la vie à son âge, sans plus d'espoir qu'une cordelette où pendre ses membres tranchés par une société qui ne propose pas de fenêtres ouvertes aux jeunes ? ... qui ne propose que la prison à un mineur en quête d'attention et de repères.

90 suicides ont été comptés officiellement dans les prisons de France depuis le début de l'année !!! Il y a de quoi rugir et se demander dans quelles conditions les prisonniers purgent leur peine. Le 4 mars, j'ai été très choquée d'apprendre le décès de ce jeune homme d'origine gitane, Jérémy Martinez, assassiné par son co-détenu. Jérémy avait 19 ans et devait sortir dans la semaine qui a suivi sa mort. Ses parents avaient supplié l'administration de le changer de cellule car il a vécu un calvaire durant des mois, au sein de la prison de Valence, frappé par son co-locataire de cellule. Il avait des bleus au visage et dans le dos, entre autres humiliations et agressions. Le co-détenu qui agressait Jérémy avait de graves troubles psychiatriques et avait déjà tenté d'assassiner une personne. On a laissé le jeune homme avec cet individu dangereux, sans agir, sans réagir. On a crucifié Jérémy, le laissant vivre un calvaire d'horreur, martyrisé et finalement sacrifié sur l'autel d'une société en dérive... qui ne sait plus écouter les demandes d'une mère et d'un père. "Ma petite maman, je vous aime plus que tout au monde. Quand je sortirai, je vous serrerai très fort dans mes bras", écrivait Jérémy. Petite maman, je pense à vous et à votre fils, parti si tôt.

 

Mn_13.jpgJe suis bouleversée aussi par le suicide de Muriel, cette institutrice de 45 ans qui s'est pendue le 6 octobre dans une école de Massy, dans l'Essonne. Elle a choisi de poser cet acte terrible -son départ de la vie- dans l'école où elle enseignait... choix qui n'est certainement pas le fruit du hasard. Choix qui met le doigt et la conscience sur la difficulté d'agir des enseignants, privés de moyens, privés de postes, privés même de se servir de leur autorité auprès des élèves, autorité bafouée par les parents d'élèves et par les élèves eux-mêmes.

Ce qui me choque grandement est que les cours ont repris dans les classes de cette école dès le lendemain, comme si la vie reprenait son cours, comme si de rien n'était, chacun pensant : "La pauvre, elle était dépressive". Selon Bruno, son mari, elle n'était pas dépressive mais s'inquiétait fortement de l'annonce de suppressions de postes dans les RASED  (réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté). Un tiers des RASED doit être supprimé. C'est énorme et profondément injuste. Bruno, le mari de Muriel, s'est prononcé clairement : "La semaine avant le drame, Muriel s'était montrée inquiète et soucieuse quant à l'annonce des suppressions des postes à venir dans les Rased. Elle allait bien, mais était assez remuée. Elle avait le sentiment d'une négation du travail des Rased. Elle me disait : "Tu te rends compte, tout ça pour en arriver là?"..... La hiérarchie de Muriel a communiqué des informations confidentielles concernant le dossier médical de mon épouse, ce qu'elle n'est pas censée faire. En plus, l'Inspection d'Académie a dit que Muriel avait repris en septembre. C'est faux. Elle a repris fin décembre 2007 après avoir été arrêtée trois mois. Avant ça, elle avait été en arrêt trois semaines en mai, point. En plus, ces arrêts ne sont pas tous directement liés à des problèmes de dépression. Soit on communique des éléments avérées, soit on se tait."

Muriel avait deux enfants, de 20 et 12 ans. Elle est partie seule, choisissant de se pendre dans un lieu, l'école, où des enfants apprennent, rient, évoluent, se construisent, apprennent, étudient, jouent. Mn_24.jpgQuand on sait que le monde repose sur l'énergie des enfants qui se lèvent tous les matins pour aller à l'école, on devrait respecter et protéger les professeurs des écoles et instituteurs comme des tuteurs indispensables et précieux pour notre société. On devrait leur donner tous les moyens matériels nécessaires pour accomplir leur mission et ne jamais imaginer, penser une seule seconde à supprimer des postes et des enseignants. CAR SINON ILS SE SUPPRIMENT TOUS SEULS, RENDANT LA SOCIÉTÉ RESPONSABLE DE LEUR TERRIBLE MORT.

Muriel, je ne t'oublie pas. Comme je n'oublie pas tous ceux qui luttent et travaillent pour une société plus juste et humaine.

Chloé L.

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Mn_102b.jpgSuicides d'enseignants :

 

Voici un rappel de quelques suicides d'enseignants depuis 2000:

- 17 mars 2000: Un instituteur de 41 ans tue ses deux enfants puis se suicide dans le grenier de sa maison à Jublains (Mayenne).

- 7 septembre : Un enseignant en comptabilité, âgé de 34 ans, se suicide par défenestration depuis sa salle de classe d'un lycée professionnel de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis).

- 12 avril 2001: Un instituteur d'une classe unique dans un village du nord de l'Alsace, âgé de 42 ans, se suicide en se jetant par la fenêtre de l'école alors qu'il allait être interpellé par les gendarmes. Il avait fait l'objet d'une plainte de parents d'élèves "pour des problèmes relationnels entre lui et certains des enfants".

- 10 février 2002 : Suicide d'un instituteur de 57 ans d'une école élémentaire privée de Valenciennes (Nord), mis en examen deux jours plus tôt pour "atteintes sexuelles" sur mineurs de quinze ans. Il avait été placé sous contrôle judiciaire.

- Août ... : Un ancien instituteur de l'école communale de Bayel (Aube) se suicide en se jetant sous un TGV à Guingamp (Côtes-d'Armor), où il était en vacances, après avoir appris l'envoi de lettres anonymes l'accusant de pédophilie.

- 16 novembre 2004 : Un instituteur de Limay (Yvelines) met fin à ses jours après avoir été mis en examen pour "agressions sexuelles" sur mineur de moins de quinze ans.

- 26 septembre 2005 : Un professeur de mathématiques d'un collège de Berre-l'Etang (Bouches-du-Rhône) accusé de viols sur mineurs est trouvé mort à la prison marseillaise des Baumettes où il était en détention provisoire depuis un an.

- 8 janvier 2007 : Un professeur du lycée d'Albert (Somme) tente de se suicider dans sa classe, avant le début des cours.

- 4 mars 2008 : Une institutrice de 39 ans de l'école maternelle de Pauillac (Gironde), enceinte, se suicide au terme de plusieurs mois de tensions avec l'équipe pédagogique, les services municipaux et des parents d'élèves.

- 7 mars : Un instituteur de 25 ans tente de se suicider à l'école de Brousses-et-Villaret (Aude) avant les cours.

- 17 juillet : Un enseignant d'histoire-géographie est retrouvé pendu à un arbre dans un bois à Fessy (Haute-Savoie). Début juin, il avait organisé une sortie au cours de laquelle un car avait été percuté par un train sur un passage à niveau à Allinges, causant la mort de sept collégiens et faisant 25 blessés.

- 19 septembre : Un professeur d'un collège de Saint-Michel (Aisne) se suicide chez lui quelques heures après avoir été placé brièvement en garde à vue à la suite d'une plainte d'un élève qui l'accusait de lui avoir donné un coup de poing, ce que l'enseignant avait toujours nié.

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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