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24/12/2015

Comment passer Noël et le traverser lorsque nous sommes dans la peine, dans la douleur de l'absence, dans l'épreuve de la maladie ou du handicap de soi-même ou de nos proches ?

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Bonjour à tous et toutes !

 

Voici quelques nouvelles, idées et partages de mon cru avant Noël... pour passer Noël et le traverser : 

 


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Je vous souhaite à tous mes amis et ma famille, à tous mes lecteurs, à tous les inconnus qui me liront, une heureuse fête de Noël, avec le souhait qu'un grand baiser venu de l'Univers vienne inonder vos âmes. 

 

Chloé Larochenoël,oécuménisme,religion,athée,humanité,espoir,don, partage,amour,nouvelle,nuit,épreuve,idée,solution,offrance,vie,mort,attentat,victime,deuil,handicap,maladie,bougie,pensée,hommage,souvenir,défunt,absent,pleur,tristesse,humanitaire,médecins du monde,handicap international,faim,argent,enfant,cadeau,autrement,consommation,résilience,passer les fêtes,comment,monde,planète,famille,amitié,noël,oécuménisme,religion,athée,humanité,espoir,don, partage,amour,nouvelle,nuit,épreuve,idée,solution,offrance,vie,mort,attentat,victime,deuil,handicap,maladie,bougie,pensée,hommage,souvenir,défunt,absent,pleur,tristesse,humanitaire,médecins du monde,handicap international,faim,argent,enfant,cadeau,autrement,consommation,résilience,passer les fêtes,comment,monde,planète,famille,amitié,

15/07/2014

Du désir de l'univers que nous soyons vivants... Du désir de la femme d'enfantement et de porter la vie. De notre raison d'être.

th-9.jpegUn jour, un membre de ma famille m'a appris que je n'avais pas été désirée.

Pas désirée par mes parents, c'est-à-dire pas attendue, pas programmée.

Pur fruit du "hasard".

Cela m'avait alors donné un coup sérieux au moral. Comme un coup d'épée au coeur de ma vie d'existant, d'existante.

C'est comme si une personne avait pénétré le destin pour venir me révéler un secret enfoui dans les entrailles de mes parents.

Cela ressemblait à un vol de secret de naissance.

Car au fond, qui peut dire que notre mère ne nous désirait pas ? 

Qui peut dire à quel point elle nous désirait ou non, pour finalement nous porter et nous mettre au monde, pour finalement laisser passer la vie et nous offrir à la temporalité ?

Combien de femmes tombent enceintes, même sous pilule, ou enfantent au mépris de toutes les réserves et de tous les interdits ? Au mépris même de la demande de leur mari ne souhaitant pas d'enfant.

La vie s'impose à travers la femme et le destin s'accomplit afin d'accueillir le bel enfant de l'innocence.

Une phrase m'a sauvée un jour, beaucoup plus tard, entendue et recueillie dans un film. Je l'ai gardée comme un trésor, pierre précieuse que je vous livre ce soir :

"Tu es peut-être un accident pour ta mère mais tu n'es pas un accident pour l'humanité. Nous venons au monde pour une bonne raison."

Ce que je garde aussi en moi comme un présent, c'est que ma mère m'a dit un jour : "Ta naissance a été l'un des plus beaux jours de mon existence, un très beau cadeau, dont je me souviendrai toute ma vie."

Aujourd'hui, elle est décédée, mais je sais que sa vie à elle demeure un grand cadeau aussi, par le don qu'elle m'a fait de son ventre et de ses bras. Même si elle n'a pas su me protéger contre mon père.

 

Chloé Laroche


P.-S. : mon frère vient de sortir son livre "Vainqueur des ténèbres", aux éditions RIC, relatant l'histoire de la famille dans laquelle j'ai grandi. Ce livre est extraordinaire, tant par le talent de son écriture que par la véracité d'un récit poignant et véridique.

LA RÉALITÉ EST BIEN PLUS DÉMENTE QUE LA FICTION

Phryxos Durand, Vainqueur des ténèbreséditions RIC, 2014, 388 pages, ISBN 979-10-92986-29-7

http://www.phryxos.com/premiere_couv.jpg

 

20/10/2013

Suite n ° 2 des scoops de Chloé ... Méfait de chasseur, mort d'une cabrette, incivilités, sur la route, maladies nosocomiales, de l'ambition, ma nouvelle sélectionnée... par Short Édition.

Voici la suite numéro 2 de quelques scoops pour vous, petites infos et histoires vraies que je me fais un grand plaisir de partager avec vous chaque week-end... avec mes déductions et réflexions personnelles.

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A-.


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Sur le plateau de Saint Hilaire du Touvet, vivait il y a quelque années une jeune cabrette. Elle était tombée en amour avec Saxo, un teckel plus âgé. 

Tous les deux partaient en promenade et aimaient se retrouver. Des promeneurs ont vu un jour une scène extraordinaire. La cabrette abaissait les branches d'un framboisier pour que son ami teckel mange quelques framboises.maladies nosocomiales,coupe icare,incivilité,police,contravention,citoyen,respect,déféquer,scoop,actualité,mort chevrette,saint hilaire du touvet,lumbin,chasseur,balle perdue,teckel,chien,histoire animal,framboise,témoignage,médecin,tact,intelligence,médecine,snack,café,hôpital,cafétéria,ambition,cécilia attias,vincent lespedes,livre,ouvrage,envie de vérité,écrivain,philosophe,priorité,accident,refus priorité,angle mort,route,sécurité routière,courtoisie,taxi,ambulance,

Et puis, un jour, un chasseur s'approchant de trop près de la maison des deux amis, a tiré sur la cabrette, d'une balle sûrement perdue. 

Elle est morte et le chasseur a été la risée du pays, à tel point qu'il a dû quitter le village et aller vivre ailleurs.

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Ce qu'on ne sait pas, c'est que deux petites filles ont été épargnées ce jour-là de la mort de la chevrette : elles avaient désobéi à leur mère et n'étaient pas sorties donner à manger aux bêtes, tout près de la chevrette. Elles auraient pu prendre la balle... 

La chevrette est restée dans le coeur de ses maîtres et du teckel Saxo qui l'a rejointe depuis au ciel.

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B-. 

 

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Un fait, mettant le doigt sur l'incivilité de certains visiteurs et citoyens de notre pays... a eu lieu. Un fait minime passé inaperçu mais qui dénote de la médiocrité de son auteur, une femme. 

Cette femme, en pleine Coupe Icare, a voulu assouvir un besoin naturel et pressant, plutôt en selles qu'en urine.

Elle s'est posé devant un trottoir, face à des maisons, sur la place du village. Là, un habitant l'a interpelée mais cela ne l'a pas gênée, d'où l'intervention des forces de l'ordre qui l'ont arrêtée net, manu militari.maladies nosocomiales,coupe icare,incivilité,police,contravention,citoyen,respect,déféquer,scoop,actualité,mort chevrette,saint hilaire du touvet,lumbin,chasseur,balle perdue,teckel,chien,histoire animal,framboise,témoignage,médecin,tact,intelligence,médecine,snack,café,hôpital,cafétéria,ambition,cécilia attias,vincent lespedes,livre,ouvrage,envie de vérité,écrivain,philosophe,priorité,accident,refus priorité,angle mort,route,sécurité routière,courtoisie,taxi,ambulance,

La Coupe avait débordé, coupe des incivilités notoires et invisibles.

Je suis à ce propos heureuse de partager avec vous un site que j'ai découvert et qui s'intitule :

http://www.incivilite.net/

"C’est le site des gens pour qui le savoir vivre en société compte encore au moins un peu et qui ont assisté ou ont été victimes du pire fléau de notre société actuelle :

l’incivilité.

Elle sévit partout et n’importe où, personne ne sait qui et où elle frappera... et surtout plus personne n’y échappe.

Quand il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir ! Alors, ne vous gênez pas non plus et balancez sur Incivilité.net toutes les incivilités dont vous avez été témoin ou victime...".

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C-. 

 

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Pour poursuivre sur l'incivilité, j'ai vécu dans le cadre de mon métier de taxi-ambulance... un fait que je vais vous relater, entres autres faits que je rencontre par dizaines sur la route chaque jour.

Je roule et rencontre une intersection dans laquelle je prends un virage à gauche avec un stop pour ceux qui arrivent de droite. Un automobiliste passe devant moi sans respecter le stop. Je freine assez tôt pour l'éviter. Je rouspète. Il répond en rouspétant, sans gêne, et klaxonne. Pour lui, il avait le droit de passer et en avait le temps.maladies nosocomiales,coupe icare,incivilité,police,contravention,citoyen,respect,déféquer,scoop,actualité,mort chevrette,saint hilaire du touvet,lumbin,chasseur,balle perdue,teckel,chien,histoire animal,framboise,témoignage,médecin,tact,intelligence,médecine,snack,café,hôpital,cafétéria,ambition,cécilia attias,vincent lespedes,livre,ouvrage,envie de vérité,écrivain,philosophe,priorité,accident,refus priorité,angle mort,route,sécurité routière,courtoisie,taxi,ambulance,

Cela s'est passé entre Domène et Montbonnot. La première cause d'accident en Isère est le refus de priorité. Je vois tous les jours des personnes passant aux feux rouges et ne respectant pas les priorités à droite. Beaucoup aussi ne regardent pas en tournant la tête à gauche pour doubler sur l'autoroute, afin de pallier à l'angle mort.

C'est ainsi que l'autre jour, sur l'autoroute, une dame s'est rabattue sur moi alors que je doublais un camion. J'avais l'oeil sur elle et j'ai tout de suite klaxonné. Elle s'est remise à droite. Mais imaginez qu'elle soit sourde ou qu'elle écoute de la musique... 

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D-. 

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J'en vois beaucoup qui se déportent sur la route car ils font un sms ou en lisent. La lecture de plusieurs mots demande de la concentration et empêche de se concentrer sur la route.maladies nosocomiales,coupe icare,incivilité,police,contravention,citoyen,respect,déféquer,scoop,actualité,mort chevrette,saint hilaire du touvet,lumbin,chasseur,balle perdue,teckel,chien,histoire animal,framboise,témoignage,médecin,tact,intelligence,médecine,snack,café,hôpital,cafétéria,ambition,cécilia attias,vincent lespedes,livre,ouvrage,envie de vérité,écrivain,philosophe,priorité,accident,refus priorité,angle mort,route,sécurité routière,courtoisie,taxi,ambulance,

Rappelez-vous aussi de bien avoir les deux mains sur le volant, car en cas de choc, avec un animal ou autre chose, ou en cas d'explosion d'un pneu... vous êtes à même de maîtriser votre véhicule, chose que vous ne pouvez faire d'une seule main...maladies nosocomiales,coupe icare,incivilité,police,contravention,citoyen,respect,déféquer,scoop,actualité,mort chevrette,saint hilaire du touvet,lumbin,chasseur,balle perdue,teckel,chien,histoire animal,framboise,témoignage,médecin,tact,intelligence,médecine,snack,café,hôpital,cafétéria,ambition,cécilia attias,vincent lespedes,livre,ouvrage,envie de vérité,écrivain,philosophe,priorité,accident,refus priorité,angle mort,route,sécurité routière,courtoisie,taxi,ambulance,

!!!!  !!!!!!!!Bonjour!!!!!!!!!!!!!!_____________________________________________________

 

E-. 

Les médecins n'ont pas toujours le tact nécessaire, ni l'intelligence du coeur chevillée au corps. Un patient vient consulter un spécialiste ; celui-ci le regarde et lui dit :

"Ce ne serait pas la maladie de Parkinson, par hasard ?"

(réel...)maladies nosocomiales,coupe icare,incivilité,police,contravention,citoyen,respect,déféquer,scoop,actualité,mort chevrette,saint hilaire du touvet,lumbin,chasseur,balle perdue,teckel,chien,histoire animal,framboise,témoignage,médecin,tact,intelligence,médecine,snack,café,hôpital,cafétéria,ambition,cécilia attias,vincent lespedes,livre,ouvrage,envie de vérité,écrivain,philosophe,priorité,accident,refus priorité,angle mort,route,sécurité routière,courtoisie,taxi,ambulance

 

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F.-

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Plusieurs auteurs reparlent de l'ambition dans des ouvrages florissants sur le marché.

Ainsi, Vincent LESPEDES vient de sortir : "L'ambition ou l'épopée de soi", aux éditions Flammarion.maladies nosocomiales,coupe icare,incivilité,police,contravention,citoyen,respect,déféquer,scoop,actualité,mort chevrette,saint hilaire du touvet,lumbin,chasseur,balle perdue,teckel,chien,histoire animal,framboise,témoignage,médecin,tact,intelligence,médecine,snack,café,hôpital,cafétéria,ambition,cécilia attias,vincent lespedes,livre,ouvrage,envie de vérité,écrivain,philosophe,priorité,accident,refus priorité,angle mort,route,sécurité routière,courtoisie,taxi,ambulance,

Cécilia ATTIAS, ancienne première Dame de France, laquelle vient de sortir son livre "Une envie de vérité", a dit : "Il est important d'être ambitieux... La France doit devenir un pays que l'on ne visite pas seulement, mais qui compte dans le monde."

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"La France est un pays très cher, qui n'est pas ouvert, ou l'on ne parle que le français. Les français sont enfermés dans leurs propres vies. C'est un pays seulement à visiter."

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"Qu’avons-nous fait de l’ambition ? Notre tabou. Selon la morale commune, elle aurait en effet une logique nuisible, car égoïste. Pourtant, dire d’une personne qu’elle est dénuée d’ambition semble bien peu flatteur. L’ambition aurait-elle donc aussi une part lumineuse, liée à une dynamique de réalisation de soi et à un désir d’entreprendre ? Contiendrait-elle un optimisme qui permet d’aller de l’avant et qui en fait une « folie » nécessaire ? Cet essai nous offre la première analyse philosophique, historique, sociale et psychologique du concept d’ambition, en évaluant son puissant pouvoir d’invention. Vincent Cespedes propose une exploration sans concessions des faces sombres de cette « passion au carré », puis démontre l’existence d’une ambition inspirante et humaniste qu’il faut reconnaître et transmettre. Par l’observation de nombreuses destinées — savants, artistes, chanteurs, sportifs, écrivains, navigateurs, philosophes, entrepreneurs, politiques —, l’auteur établit la distinction entre une ambition dévastatrice pour soi-même ou pour les autres, et une ambition créatrice, « expressive », qui porte un être et lui donne, par ses projets, une place d’exception."



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D'ailleurs, je voudrais partager avec vous une bonne nouvelle sur mes écrits.

Je viens en effet de recevoir ceci :

"Félicitations Chloé Laroche !


Nous sommes heureux de vous annoncer que shortEdition a décidé de publier votre création : 
Le prêtre noir du Mont Saint-Michel.
Le moment est donc important : elle entre très officiellement dans la jeune histoire de la short Littérature. 
Elle est en lice pour le Prix Hiver 2014... et est même désormais en ligne. 

Vos amis peuvent aller voter pour votre nouvelle en allant sur ce lien :
http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/le-pretre-noir-du-mont-saint-michel 

... ainsi que pour votre poème récemment sélectionné : "Réalité posthume".
Lien : http://short-edition.com/oeuvre/poetik/realite-posthume


 

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G-.

 

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"Le risque de contracter une infection à l'hôpital est de 7% c'est à dire que sur 100 personnes hospitalisées, sept d'entre elles auront une infection nosocomiale. Ce chiffre varie en fonction du service dans lequel la personne hospitalisée se trouve. Il peut en effet atteindre 30% dans un service comme la réanimation."

 

 

L'accent a été mis sur l'hygiène et notamment sur celle des mains, depuis plusieurs années. 

 

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Voir à ce propos les articles et sites suivants :

 

http://www.sante.gouv.fr/les-infections-nosocomiales-recommandations-aux-etablissements-de-soins.html

 

http://www.lemonde.fr/societe/chat/2009/10/09/

comment-lutter-contre-les-infections-nosocomiales_1251910_3224.html

 

http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide_methodo_deces.pdf

 

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Bonne semaine à tous,

 

Chloé LAROCHE





04/01/2011

La Flûte du Sentier sanglant. Ma nouvelle pour tous les parents orphelins du Pérou et toutes les victimes du Sentier Lumineux.

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES... chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la neuvième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"_______________________________

 

 

u11992016.jpgLA 

FLÛTE

DU

SENTIER

SANGLANT

 

____________ Nouvelle n° 9 de Chloé LAROCHEk3567435.jpg


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS



Les feuilles tombaient
Comme des soldats au front
Front de Dieu plissé

(Haïku de Chloé L.)




“La musique est un cri qui vient de l’intérieur.”
Bernard Lavilliers





PER-358.jpgElle marchait, marchait pendant des heures ; la nuit, dans ses rêves, elle marchait... puis elle retrouvait la clé de son fils disparu ; elle trouvait sa clé dans la boue. Etrange clé...

Et ses larmes mouillaient la terre, devenant rivière puis mer et océan de larmes... Enfin les vagues rejettaient le corps de son fils et elle l’embrassait ; puis elle jouait de la flûte pour lui, devant sa chair assassinée par des hommes sans humanité.1791423.jpg

Juanita faisait ce rêve toutes les nuits ; elle vivait au Pérou... Dans ce pays, des milliers de personnes ont disparu depuis 1980 et disparaissent encore tous les jours, torturées et massacrées, brûlées.

Le fils de Juanita avait disparu un jour, à l’âge de vingt ans, sans qu’on puisse jamais retrouver son corps ; on avait parlé du Sentier Lumineux, de cette milice armée qui représente la terreur et l’horreur d’une sente menant à l’Enfer personnifié sur la Terre.

Parfois, quelqu’un parlait à Juanita de son fils, parce que cette personne croyait peut-être l’avoir aperçu.

k0355331.jpgElle espérait revoir un jour Juan ; tant qu’on ne lui rendrait pas son corps, elle ne pouvait  imaginer sa mort.

Le soir, elle prenait sa flûte pour aller jouer dans la montagne ; elle se disait que la musique pouvait peut-être déplacer les rochers de la haine et qu’un seul son pouvait remettre en place les idées de meurtre ; elle jouait pour son enfant, pour tous ceux qui avaient été tués, pour tous ceux dont on ne savait pas s’ils avaient été tués ; elle jouait les cris de son âme désespérée et anesthésiée par la douleur ; elle jouait pour ce silence innommable de la mort planante qui ne se pose pas, qui ne se pose jamais.u14852937.jpg

Un jour, pourtant, quelqu’un vint la voir. C’était quelqu’un du gouvernement.

"On nous a dit que dans la montagne se trouvait la cendre de corps brûlés, peut-être ceux de personnes disparues.
Votre fils y est peut-être. Venez, nous vous emmenons.”

gwt231046.jpgJuanita suivit cette piste énigmatique ; des dizaines de parents effondrés étaient déjà arrivés sur le lieu des fosses emplies de cendre.

Des soldats se mirent à creuser ; ils trouvèrent quelques objets...
Juanita reconnut tristement la clé de son fils, celle de son rêve ; elle sut ainsi qu’il n’était plus de ce monde...

Ses larmes coulèrent et l’aigle de la mort se posa sur sa vie.

Beaucoup de parents ne surent jamais si le corps de leur enfant se trouvait là ; des femmes ne purent savoir si leur mari avait été brûlé ; toutes ces personnes, les yeux arrachés par le sel des larmes, repartirent avec l’espoir dans le coeur et l’aigle de la mort planant au-dessus de leur vie.

Juanita emporta la clé de son fils ; elle prit sa flûte et partit dans la montagne. Elle joua longuement puis creusa une tombe où elle plaça la clé ainsi que des vêtements et des photos de son fils ; elle dit adieu à Juan et replaça la terre dans la sépulture.k0295437.jpg

Elle dessina un coeur et dans les sillons du coeur fit couler ses larmes et le sang de son âme de mère ; elle brisa sa flûte en deux et en fit une croix qu’elle planta sur la tombe de son fils.

Le vent soufflait et la flûte se mit à jouer le chant de la paix que chantent toutes les mères d’Amérique du Sud et celles du monde entier, de Tchéchénie ou d’ailleurs, dont la haine a arraché leur enfant.

JP2007_0004269.jpgJuanita se souvint alors des enfants décapités de son pays, de tous les crimes du Sentier Lumineux...

Elle se rappela soudain que son fils avait assisté tout petit au pillage de leur village.

“Il était encore enfant et dans ses mains, dans ses deux poings serrés, il ne restait que deux choses : la clé de sa maison brûlée et un crucifix,” cria-t-elle à la montagne, en explosant soudain de colère contre les hommes de la mort.

Elle comprit tout à coup que la clé de son rêve, c’était cette même clé sauvée du désastre par son fils encore enfant.k3060157.jpg

Les clés de la vie servent peut-être à ouvrir les portes de la mort ! Juan avait sauvé la clé de sa maison, maison de la vie et du bonheur, et c’est en fait cette même clé qui aida Juanita à accomplir son deuil, puisque c’était le seul signe qu’elle ait eu pour comprendre que son fils était parti dans l’ autre monde.

Juan avait toujours gardé la clé du bonheur sur lui... mais sa mère ne le savait pas. C’est son rêve qui le lui a révélé... réveillant ensuite la mémoire du passé enfouie dans son inconscient désespéré et anesthésié par la douleur.

 

PER-258.jpgChloé LAROCHE

Ps : j'ai écrit cette nouvelle en 1997 à partir de faits réels qui se sont passés au Pérou (assassinats, enlèvements nombreux, pillages de villages). "Qu'ils soient imputés au Sentier Lumineux, à leurs « ennemis » du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru ou au gouvernement péruvien, les massacres présentent un bilan très lourd : plus de 26 000 morts, 4 000 disparus et 50 000 orphelins (chiffres fin 2002)." (citation de Wikipédia.org)u14175154.jpg

 

Nota bene ____________________________ Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr avec des photos libres de droits.




Prendre ton regardgwt235039.jpg
Et le planter en Terre
De résurrection

(HAÏKU DE CHLOÉ L)

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________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur.

Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas."

(extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________

30/10/2010

Nouvelle que j'ai écrite pour la fin de vie et les accompagnants. "Le chant du cygne en l'homme".

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES...chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la deuxième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie".

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k0535130.jpgLe  Chant

du

Cygne

en

l’Homme.

 

____________ Nouvelle n° 2 de Chloé LAROCHE


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


“Notre parole, en archipel, nous offre,

après la douleur et le désastre,

des fraises qu’elle rapporte des landes de la mort,

ainsi que ses doigts chauds de les avoir cherchées.”

(René Char)

 

 

JWW1091.jpgLorsqu’elle apprit la mort de son grand-père, elle était en voyage très loin de chez elle ; elle ne put donc assister à son enterrement. Sa réaction à cette douloureuse nouvelle fut de se cacher sous les couvertures du lit et de pleurer ; elle avait dix-sept ans à peine et adorait ce grand-père qui était tombé gravement malade.Unknown-5.jpeg

Annabella fit le voeu secret d’accompagner plus tard des personnes en fin de vie afin de leur donner tout cet amour qu’elle gardait en elle pour son grand-père... cet amour qu’elle n’avait pas pu lui donner au moment de partir.

Elle poursuivit son voyage et rencontra une jeune fille de vingt ans, Bernadette, qui venait d’apprendre qu’elle avait un cancer ; son état empirait très vite car la maladie se généralisait dans toutes les cellules de son corps.

Annabella allait souvent la voir ; elle était désemparée devant les souffrances de son amie, qui dépérissait à vue d’oeil. Les médecins disaient qu’il n’y avait plus rien à faire... qu’elle était “condamnée”.

Annabella essayait de la réconforter par sa présence ; elle lui tenait la main et lui disait que la mort, c’est comme une naissance.

Unknown-7.jpegElle lui disait qu’un jour elles se retrouveraient au milieu des Anges ; elle lui parlait de ces Anges, de leurs ailes, de leurs sourires, de leur lumière, de cette grâce immanente irradiant de leur être tout entier.

Elle lui disait qu’il y avait de grands Anges, immenses, avec de grandes ailes, mais qu’il y avait aussi de petits anges. “Ces petits anges, ce sont tous les enfants de lumière qui sont partis très tôt de la Terre... Ce sont des âmes si pures que lorsque tu les regarderas de l’autre côté de la mort, ton coeur fondra dans l’amour divin ; ton âme sera emplie du nectar des Mamans de la Terre et tu seras bercée à l’infini par la douceur des Anges... jusqu’au moment où tu deviendras une mère du Ciel pour un de ces petits anges qui partent si vite de la Terre.”Unknown-11.jpegUnknown-12.jpeg

Bernadette se mit à pleurer ; elle sanglotait de joie dans son âme car elle voyait soudain s’ouvrir une magnifique fenêtre dans la mort... mais, dans son corps, elle pleurait de douleur.

Lorsqu’elle mourut, Annabella n’était plus là ; cette dernière était repartie chez elle, après des adieux déchirants... car elles savaient qu’elles ne se reverraient probablement plus sur cette Terre.

Plus tard, beaucoup plus tard, Annabella décida de se former pour pouvoir accompagner des personnes en fin de vie.

Elle a donc fait une formation sur l'écoute et l'accompagnement avec l'association JALMALV... qui signifie "jusqu'à la mort accompagner la vie".

Unknown-10.jpegOr, la veille du jour où elle devait commencer sa première expérience d’accompagnement, elle fit un rêve : elle se trouvait devant son lavabo et il était empli d’eau ; dedans, il y avait une petite sirène qui la regardait ; elles se regardèrent longtemps. Puis la jeune femme pointa son doigt vers elle ; la petite sirène sortit de l’eau et toucha son doigt avec le sien.

Autour d’elles, il y eut soudain une myriade de petits anges ; certains jouaient du violoncelle, d’autres du violon et d’autres encore de la mandoline.

Annabella se réveilla le coeur empli de joie et de lumière ; l’autre monde l’avait touchée, effleurée du bout du doigt ; elle savait qu’elle ferait désormais le lien entre notre monde et celui des Anges.Unknown-9.jpeg

Ce jour-là, elle entra dans la chambre de Vincent, en phase terminale de cancer ; Vincent avait quarante ans et un sourire empli de myosotis épanouis jusqu’au bord des yeux ; il avait des mains qui racontaient toute la sensibilité de son être et des doigts qui semblaient parcourir le clavier de la vie.

Unknown-13.jpegVincent s’adressa à Annabella : “Je suis heureux que vous soyez venue me voir ; je sais que je vais bientôt mourir et vous représentez pour moi le précieux nocher qui m’aidera à traverser la rivière de l’Après-vie.

Donnez-moi la main... vos deux mains ; car demain sera empli de l’aujourd’hui... Vos demains seront emplis de mes mains.

Lorsque je ne serai plus, vous me garderez au creux de vos mains comme un oiseau blotti dans la paume de Saint François d’Assise.”

Annabella avait les mains liées par la vie aux mains de Vincent ; elle était émue par cette force se dégageant de cet instant si fort, si intense, sublimé par le départ immanent dans la mort.Unknown-14.jpeg

Unknown-3.jpegLa jeune femme dit à Vincent : “Je vous garderai toujours dans le creux de mes mains. Vous savez, je joue du violoncelle et chaque fois que je jouerai, votre âme vibrera à travers mon âme jusqu’à faire vibrer l’âme de mon instrument. Là où vous serez, vous percevrez certains sons d’ici : ce seront les miens.”

Vincent murmura : “Dieu vous bénisse. Quel merveilleux cadeau vous me faites ! De ma vie, je n’avais entendu de mots plus doux, de promesses plus belles, de musiques plus émouvantes. Oui, la vie continue et quelle preuve plus belle que la musique pour prouver au monde que les sons unissent les vivants et les morts !

Ne vous arrêtez jamais de jouer de votre violoncelle car le son est créateur et la vibration unit les mondes, apportant  la Paix aux âmes.”

En disant ces mots, Vincent serra très fort les mains d’Annabella, qui fit de même.

 

bxp46943.jpgElle vint souvent le voir, régulièrement.

Et puis un jour, arriva le dernier jour. Le ciel était rouge et les arbres commençaient à perdre leurs feuilles.

 

Vincent rendit son dernier soupir ; sa tête se pencha sur le côté et ses doigts se détendirent...

Annabella chanta doucement la mélodie du Chant du Cygne qu’elle aimait jouer le soir sur son violoncelle.Unknown-8.jpeg

Elle se souvint de son rêve avec cette magnifique créature dans le lavabo ; il lui sembla soudain qu’une myriade d’anges emplissait la pièce... jouant avec elle le Chant du Cygne de Saint-Saëns.

Unknown.jpegElle se mit à pleurer des larmes de sirène, des larmes pures faites de rosée et de neige descendues des hauts sommets de l’Âme humaine.

Elle pensa très fort à Bernadette et à son grand-père ; lorsqu’elle rentra chez elle, elle joua pour eux et pour Vincent l’Hymne à la Joie ; ses doigts couraient sur le violoncelle et, dans le creux de ses mains, un feu sacré brûlait et irradiait chaque note de prières vives et immortelles.u11176076.jpg

 

 

Dieu a fait la mort

Pour que les vivants sachent

Qu’ils sont uniques

 

Chloé LAROCHEu19051541.jpgUnknown-6.jpegUnknown-2.jpeg

 

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"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________

 

24/04/2008

Le violon juif d'Esther. Nouvelle de Chloé Laroche écrite à partir de l'histoire vraie d'une famille juive tuée par les Nazis en 1942.

448521972367fafe.jpgNOUVELLE ÉCRITE PAR CHLOÉ LAROCHE en 1994, alors qu'elle était enceinte de sa fille Océana... Nouvelle extraite de son ouvrage introuvable aujourd'hui : "Les Semences de l'Après-Vie".

(les peintures illustratives sont de Marc CHAGALL)

CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS____________________________________________


_________________ Nouvelle n°13 dédiée à ma fille.


Préface de Chloé Laroche :

J'ai écrit ce qui suit à partir d'une histoire vraie. Une famille juive s’est réellement cachée des Allemands jusqu’en septembre 1942 dans le Nord de la France ; personne n’a su ensuite ce qu’ils étaient devenus jusqu’à ce qu'un certain Monsieur Patrick Burgel habite une maison hantée du nord de la France ; il apprit alors qu’une famille -une fillette et ses parents- avait été massacrée dans sa demeure par les Nazis, pendant la seconde guerre mondiale ; il aida les trois fantômes à se libérer en retrouvant leur ménorah : candélabre juif à sept flammes. J’ai entendu avec émotion son témoignage en mai 94, dans l’émission “Mystères”, sur TF1, alors que j’étais enceinte de ma fille ; cet homme venait de publier un livre : “La maison qui n’oublie pas.” Je me suis mise à écrire la nouvelle suivante le soir même de l’émission ; je me sentais poussée intérieurement à le faire, comme si j’étais scribe du Ciel. J’ai écrit les cinq derniers chapitres deux ans plus tard, en avril 96, et... peu de temps après, je tenais enfin le livre de Patrick Burgel entre les mains, offert par un ami.

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______________________LE VIOLON JUIF D'ESTHER _____________





Esther parle :

-C’est une histoire terrible, qui s’est passée en 1942 ; j’étais une fillette, et pourtant aujourd’hui je suis morte. Je souriais autrefois à la vie et aujourd’hui c’est dans la mort que je souris ; je vis dans un autre monde et c’est grâce à l’amour de Dieu et à celui des vivants que je suis libre... Car la mort ne libère pas forcément et beaucoup de défunts errent dans la souffrance en attendant que l’amour d’un humain les aide à partir libre. Mon âme a attendu quarante-cinq ans, jusqu’en 1987, pour gagner sa liberté... comme l’Humanité a attendu l’année 1945 pour conquérir sa Paix ! Cela a été long... comme un accouchement de la Sérénité arrachée à la douleur sans fin d’un monde en détresse.

J’ai dû attendre durant tant d’années une naissance à la mort pour pouvoir enfin mourir à la vie ! C’est ainsi qu’en 1945, trois ans après ma mort physique, j’ai vécu la Libération du monde sans pouvoir être libre moi-même ; en effet, j’étais retenue sur Terre par les terribles souffrances que les Nazis nous infligèrent, à moi et à mes parents, durant cette nuit horrible où nous mourûmes.

Voici l’histoire de ma libération, vécue en 1987.

Ecoutez !



I.


85c8c834d4211dec.jpgDans une grande maison en France, tout semblait tranquille. Pourtant un chat rôdait ; il avait peur. Il avait aperçu trois êtres vaporeux, comme enveloppés dans du coton ; ce n’était pas des humains mais ils avaient une apparence humaine.

Il tenta de se rapprocher mais soudain, l’un des êtres, plus petit de taille, se précipita vers lui pour l’attraper.
Le chat, très effrayé, fit un bond, toutes griffes dehors, et sauta au sommet du meuble le plus haut ; de là-haut, il pouvait contempler la scène, scutant les pensées de ce personnage mystérieux.

“C’est bien une petite fille, un enfant d’humain !”, se dit-il en son for intérieur.
“Mais que fait-elle ici, dans cette maison ?!”

L’armoire, sur laquelle il était tapi, se mit soudain à vibrer, marmonnant quelques mots d’un bois vieux de cent ans : “Si tu savais, cette pauvre petite, l’enfer qu’elle a vécu ici en une nuit !
Je suis condamnée à rester figée, mais si j’avais pu, j’aurais fracassé le crâne de ses bourreaux, et je l’aurais sauvée, elle et ses parents !!”

A ces mots, des larmes perlèrent sur les murs de la maison ; l’eau des pleurs semblait couler de tous côtés.

Le chat sentit tout à coup la souffrance et l’horreur l’assaillir de toutes parts comme s’il devenait prisonnier d’un monde construit par la haine et la déchéance humaine ; il prit alors ses pattes à son cou et fila si rapidement hors de la maison qu’il en oublia de refermer la porte !



II.


Ce jour-là, un vieil homme saltimbanque passa devant la grille de la maison ; il portait son violon sous le bras et paraissait chercher un endroit pour dormir. Il remarqua de loin que la porte principale de la maison était ouverte et se risqua à l’intérieur de la cour.

C’était une belle maison, avec un jardin autour ; rien ne semblait troubler la tranquillité des arbres, respirant au soleil du crépuscule.

Pourtant, le vieil homme sentit quelque chose de pesant, comme si la baguette du chef d’orchestre s’était alourdie du poids des fautes de tous les musiciens. “Peut-être que pour Dieu, c’est pareil, se dit-il. Il dirige le monde comme une immense symphonie et voilà que les hommes provoquent des guerres et font des monstruosités, l’empêchant de guider le monde avec sérénité et alourdissant Sa baguette du plomb des fusils !”

Cet homme s’appelait David et il connaissait bien les horreurs de la guerre, car toute sa famille était morte dans un camp de concentration nazi.

85289b2b2670de6c.jpgLui-même avait été torturé et les nazis l’avaient obligé à jouer de son violon pour accompagner ses amis jusqu’à leur mise à mort. Lorsqu’il y pensait, et il y repensait souvent, son âme devenait la corde sensible de tous les regards de ces êtres anéantis par l’horreur ; il ressentait en lui la détresse infinie de ces êtres humains massacrés par d’autres humains. Il se souvenait de ces immenses monticules de lunettes, de chaussures et de vêtements que ces monstres avaient amassés, preuves horribles des crimes atroces proférés contre l’Humanité.

En arrivant devant la porte de cette maison, David avait l’âme emplie de visions apocalyptiques de cette terrible guerre qu’il avait vécue sous le feu des balles.

Il frappa doucement à la porte entrouverte de cette silencieuse demeure, mais n’obtenant pas de réponse, il s’engagea sur le seuil et en dévisagea l’intérieur.

Les murs semblaient garder en eux un lourd secret, laissant transpirer un silence qui ne ressemblait en rien à celui qu’on peut goûter après avoir écouté une symphonie de Mozart... C’était comme si un trio d’instrumentistes à cordes était enfermé dans un placard sans pouvoir tirer l’archet pour jouer !

David fit quelques pas dans la pièce principale et posa l’étui du violon sur la table ; mais, comme si une voix lui demandait de jouer, il reprit l’étui pour l’ouvrir et en sortit son instrument, ainsi que l’archet magique.15d34f125f980318.jpg

Le vieil homme tendit les crins de la baguette et se mit à jouer une très ancienne mélodie juive, tout en fermant les yeux ; il imaginait un voile bleu envahir la demeure à travers les notes de sa musique venue d’ailleurs.

Il sentit soudain quelque chose frôler son épaule, comme un gant de velours, une main d’enfant qui se sent rassuré ; il ouvrit alors les yeux et aperçu le chat qui l’écoutait sur le seuil de la porte. David le regarda et lui dit : “Tu es donc le gardien du seuil, mais es-tu ce gant de velours qui m’a frôlé tel un rayon de soleil ?”00b399e188c48e18.jpg

Le chat ne répondit pas, mais il s’approcha de David et flaira le violon avec beaucoup d’attention, comme s’il y retrouvait les odeurs d’un monde connu.

David reprit alors son violon et joua quelques phrases de “La jeune fille et la mort” de Schubert... Pourquoi jouait-il ce morceau ? Il ne le savait pas... mais un musicien est quelqu’un qui communique avec d’autres mondes par le canal des sons qui le transportent sur d’autres dimensions.

2cd705a2315020f8.jpgSi David avait eu les yeux du chat, il aurait pu voir, assise près de la table, une fillette enveloppée d’un voile d’azur cotonneux, et, accrochées à ses yeux, il aurait découvert deux larmes de cristal irisées d’arc-en-ciel.

Le soleil s’était couché et le musicien, ne voyant aucun maître des lieux arriver... remit son violon dans sa boîte et chercha un lit afin d’y laisser reposer ses membres fourbus ; il ne tarda pas à s’endormir, l’étui de l’instrument lui servant d’oreiller et le chat ronronnant à ses côtés.



III.


Le lendemain, David s’éveilla, caressé par les rayons du soleil printanier. Après s’être étiré avec le chat, il descendit dans la pièce dans laquelle il avait joué la veille ; mais quelle ne fut sa surprise d’apercevoir par la fenêtre un jeune homme assis dans le jardin, avec une palette à la main. David sortit et vint le saluer. “Vous êtes bien matinal... et que peignez-vous donc ?”

L’homme, qui n’était pas en fait si jeune, le dévisagea et lui dit : “Que faites-vous là ?... Personne n’ose plus entrer dans cette maison depuis des années. Les gens ont peur des fantômes, mais en réalité les habitants du village ont surtout peur de leur conscience, car à l’époque, c’était pendant la guerre... peut-être auraient-ils pu éviter ce drame affreux, en intervenant au mépris du danger... et je dirais... au mépris de leur vie... car, Monsieur, mérite-t-on la vie lorsqu’on laisse des innocents mourir alors qu’ils ne méritent pas la mort... De toutes façons, personne ne mérite la mort... La mort est naissance et ne peut être châtiment ! La mort est départ mais non pas néant !...”.

David ne répliqua pas car il eut peur d’arrêter le flot de paroles de cet homme étrange, qui semblait bien connaître ce lieu... Il porta ses yeux sur la toile que l’homme peignait et eut un recul d’admiration... On y voyait des anges, des violonistes volant dans le ciel et des couples d’amoureux se tenant par la main dans des couleurs décrochées de la palette universelle.

e0e8c3738fbbcc56.jpg“Oui, Marc Chagall fut mon maître ; voici quelques années, il avait dit : “ J’essaye de peindre au maximum avec le coeur, dans la fraternité du coeur”. Il disait qu’il n’avait pas peur de la mort : “-Je voudrais seulement pouvoir faire ce que je veux faire”, avait-il dit en 1966. Mais voyez-vous, Monsieur, certains êtres sur Terre n’ont pas la chance de faire tout ce qu’ils voudraient faire, certains par manque de temps, d’autres par manque de courage, par paresse ou par peur... et puis certains parce que la mort les emporte jeunes... Ainsi, dans cette maison, une fillette est morte ; on lui a ôté la vie et son âme en souffre... Mon maî-tre Chagall avait dit : “Malgré toutes les misères du monde, il y aura toujours des enfants qui aimeront la pureté malgré l’enfer des hommes... Il y aura toujours des couleurs pures, de la mus-ique, de la poésie pures.” C’est pourquoi je suis là... Je peins pour l’âme de cette fillette, je peins pour la pureté qu’elle aime... et je peins pour qu’un jour son âme soit libre et rejoigne la Lumière de l’Au-Delà. Mon maître, lui, nous a quittés il y a deux ans, en 1985, et je sais qu’il est Là-haut, car il m’inspire ; je l’aime tant ; je voudrais tant que cette petite fille le rejoigne là-bas, lui qui disait avant sa mort : “Je suis un enfant d’un certain âge !””

David n’osait pas l’interrompre ; il pensait, en écoutant le peintre, à ces anges que peignait jadis Fra Angelico ; il se demanda soudain si tous les anges avaient des ailes.

“Toi aussi, tu peux être un ange pour une personne que tu aimes, même en faisant partie du monde des humains ; tu pourrais être son ange gardien et alors tu serais prêt à donner ta vie pour elle. Les humains ne connaissent que trop rarement la capacité infinie de l’Amour qui est en eux ; je parle de l’Amour qui donne, qui offre, qui pardonne, qui supporte, qui élève, qui sauve. L’Amour, on peut le donner à travers la peinture, les couleurs, la musique, un violon, un accordéon, un mot, une phrase, un sou-rire, un coup d’aviron dans l’eau d’une rivière, un but marqué dans une cage de football...”.

A ces mots, David se souvint d’un ami... foudroyé par un éclair, sur un terrain de jeu, en plein match de rugby. “Quelle chose étrange que la mort”, se dit-il. “Elle peut venir nous chercher à tout moment !”

“Oui, dit l’inconnu, mais la mort est belle, lorsqu’elle est vécue dans la sérénité ; c’est un passage vers un autre monde, une porte de sortie et d’entrée. Ce qui fait peur aux hommes, c’est l’inconnu, le vide, le néant... qu’ils imaginent après la vie ; mais pourquoi la vie aurait-elle une fin lorsqu’on sait que l’univers lui-même est infini... et qu’il n’a de limites que parceque la pensée a ses limites... je veux dire... la pensée des humains. Oui, Monsieur, pourquoi la vie aurait-elle une fin et pourquoi a-t-on fait de la mort... un mur, alors qu’elle est porte ? Ce qui est grave sur la Terre, c’est qu’en plus du mur, on a mis des fils de fer barbelé dessus, en croyant s’approprier la mort des autres... Pensez aux camps de concentration nazis, pensez à cette fillette et à ses parents qu’on a torturés ici, avant de les tuer, pensez à toutes ces horreurs de la guerre qu’on retrouve à toutes les époques !!”.9f703a4a0bedbc86.jpg

Soudain, l’être étrange se tut, s’arrêta de peindre et regarda fixement le vieux musicien : “Je vous en prie, j’ai encore de l’espoir, je crois encore à la pureté, pour elle, pour cette petite fille, pour ses parents... Allez chercher votre violon et, ensemble, nous allons semer des fleurs de paix dans le jardin de la mort”.

David silencieusement s’exécuta et alla chercher son violon.
Laissant couler les notes de l’archet, il s’harmonisa aux couleurs du peintre ; l’union de ces deux êtres enveloppa la maison d’une brassée d’amour qui monta tout droit vers les étoiles comme une prière.


IV.


Esther :

-Je ne saurais pas dire combien de temps ils sont restés ainsi dans le jardin à jouer et à peindre... Mais c’était si beau que mes parents et moi avions l’âme apaisée, comme si de cette pureté naissante pouvait naître notre liberté.

J’avais envie de crier comme le Roi de Ionesco :
“Vous tous qui êtes morts avant moi, aidez-moi !”

37b119148f4d99e5671f0722e8f6c947.jpgOui ! Aidez-moi à partir dans ce pays de l’Au-Delà. Montrez-moi le chemin, donnez-moi la clé qui ouvre le monde des morts, montrez-moi la barque qui fait traverser le Fleuve de l’Oubli.
Oui, c’est celà, je veux oublier, me détacher des souffrances de cette nuit horrible où nous sommes morts, mes parents et moi.
Dussé-je effrayer des humains encore en vie... il faut qu’ils sachent que nous sommes là et que nous avons besoin de leur aide !

“Petite fille, petite âme perdue, nous sommes là, nous allons t’aider.”

Mais oui, une voix venue de l’autre monde, j’entends bien une voix venue de l’autre monde ! Où êtes-vous, qui êtes-vous, vous allez nous aider, n’est-ce-pas ?...

Le miracle s’est réalisé : la pureté qui s’est élevée vers le ciel, à travers la musique et la peinture réunies, est arrivée à destination... Une femme voilée de blanc et auréolée de lumière se tient devant moi, pauvre petite âme perdue, et se met à me parler :

“Je m’appelle Hanna... Je suis morte pendant la guerre, en déportation. Mais, avant ma mort, j’ai été contactée par des Anges, durant dix-sept mois. Nous étions quatre, quatre artistes hongrois dont trois juifs. Seule Gitta a survécu et elle a transmis tous les messages des anges dans des livres(*) qui sont aujourd’hui connus du monde entier. Je suis venue pour te donner la clé qui te permettra de te libérer et de nous rejoindre... Vous serez sauvés lorsque les sept flammes auront été allumées, comme un arbre de vie dont on cueillerait les sept fruits pour en offrir un à chaque règne de la nature... L’Homme se trouve au milieu des règnes, liant les pierres, les plantes et les animaux avec les anges, les chérubins, archanges, séraphins, toutes populations lumineuses et Dieu. L’Etre Humain est la flamme de l’Amour et le coeur de la Lumière ; mais cela seulement s’il sait être un pont dans la Création ; s’il détruit le pont et construit des failles, alors il court droit à sa destruction... En effet, si des branches de l’Arbre de Vie venaient à mourir, l’Humanité n’aurait aucun sursis ! Polluer les océans, massacrer des espèces animales, se servir de l’énergie atomique... sont autant de failles qui coupent l’Homme de la Création. Le fait que tu sois morte dans la terreur et la souffrance a créé des failles entre toi et le monde créateur... des failles dans le pont du Créé et du Créateur : voilà pourquoi toi et tes parents avez besoin de reconstruire ce pont de la Lumière et de l’Amour pour rejoindre le monde des Anges et la demeure du Père Céleste...
Voilà donc la clé des Anges : vous serez sauvés lorsque les sept flammes de l’Arbre de Vie seront allumées, et, souviens-toi, petite fille, qu’une grande soeur nommée Anne Franck, qui t’attend là-haut depuis Mars 1945, écrivait avant sa mort : “Dieu ne m’a pas abandonnée et ne m’abandonnera jamais !” N’oublie jamais cela et trouve vite la Clé.
Pense toujours que l’Humanité est la Flamme du milieu, au coeur des Sept flammes qu’il vous faudra allumer. ADIEU !”

(*) “Dialogues avec l’Ange” et “Les Dialogues tels que je les ai vécus” de Gitta Mallasz (Ed. Aubier)

L’apparition s’évanouit au milieu d’une pluie de lumière ; Hanna n’est pas restée longtemps, mais pour moi, petit fantôme, cela m’a paru être une éternité... Elle aussi avait dû souffrir à sa mort.

Lorsqu’elle me l’a racontée, dans une confidence silencieuse des âmes, j’ai eu la vision de son cauchemar : des femmes dont on avait arraché les vêtements se serraient nues dans des wagons à bestiaux et elles mouraient ainsi, privées de nourriture et de so-leil ; chaque jour, des femmes S.S. venaient ouvrir la porte pour en sortir les cadavres. Hanna est morte ainsi et elle a rejoint les Anges sur le Pont qu’elle avait construit avec eux en communiquant avec leur règne durant dix-sept mois.

Hanna était juive, comme moi, mais elle était blonde, avec les yeux bleux ; grâce à son physique, elle aurait pu être sauvée mais elle a choisi la voie de la vérité : “Non, je ne suis pas aryenne, je suis juive !”, avait-elle répondu aux S.S.

Mon père aussi, la nuit de notre mort, avait pris le chemin de la vérité... choisissant de se taire sur les personnes qui nous avaient parlé de cette maison, cachette qui servaient de passage en zone libre pour les juifs.

Tous les faits rapportés ici sont réels... Les morts d’Hanna et de cette famille juive se sont produites ainsi, dans l’horreur.

La nuit où nous sommes arrivés, les allemands nazis avaient déjà investi les lieux et, toute la nuit, le village a entendu nos cris... jusqu’aux silences de l’agonie...

Mais je ne peux plus parler... comme si un étau me serrait la gorge, jusqu’à broyer mon âme...19fe7a309d4832d4.jpg

La souffrance est une faille qui coupe tous les ponts nous reliant à l’harmonie universelle et l’horreur est comme un couperet sectionnant le fil d’Ariane dans le labyrinthe de la vie cosmique.



V.


Son père la retrouva roulée en boule sur elle-même, tel un hérisson dont les seuls armes sont ses piquants... piquants de détresse et de terribles souffrances.

La petite fille lui expliqua ce que Hanna lui avait révélé :
“Allumez les Sept flammes de l’Arbre de Vie et vous serez sauvés”.

L’homme-fantôme réfléchit et se concentra sur le chiffre Sept : “Sept... sept jours de la semaine... les sept couleurs... les sept notes de la gamme... les sept couleurs... de l’arc-en-ciel... les sept planètes de notre système solaire... Dans l’Ancien Testament, le chiffre Sept est utilisé 77 fois... C’est un nombre magique... Salomon construisit le Temple en sept ans... Elisée éternua sept fois et l’enfant ressuscita...Voyons, pourquoi les Sept flammes de l’Arbre de Vie ?... Comment les allumer ?
Il nous faut l’aide d’un humain, mais comment arriver à attirer son attention sur notre problème ? Le Ciel le guidera sûrement vers nous, car, lorsqu’Il donne des clés, Il envoie aussi les verrous pour pouvoir ouvrir les portes !... Soyons confiants !”3874148f07a5a700.jpg


Il avait raison en effet, car, ce jour-là, un homme fut attiré par la maison.

Il cherchait depuis quelque temps un endroit à la campagne pour sa famille : sa femme, sa fille et lui ; il aperçut depuis la route une demeure qui semblait respirer la paix, entourée d’arbres et de verdure .
Il pensa en son coeur : “Cet endroit sera parfait pour nous ! Mais il est sûrement déjà habité...!?”... Il remarqua que les volets étaient fermés et que, malgré le froid naissant, aucune fumée ne sortait de la cheminée.

Soudain, il vit venir sur la route un homme qui tenait un chevalet sous le bras et qui, au vu des taches de couleurs sur ses vêtements et ses mains, paraissait être un peintre...

“Cette maison semble vous intriguer, lui lança l’artiste. Elle n’attend qu’une seule chose : qu’une personne la fasse revivre en vivant dans son giron. Peut-être que cette personne, c’est vous !?
Elle est inoccupée depuis des années et vous y seriez le bienvenu. J’y vais moi-même de temps en temps pour lui tenir compagnie afin d’entretenir les couleurs de l’espoir mais je suis prêt à vous céder le flambeau si vous vouliez rester auprès d’elle !”

Devant tant d’insistance et se voyant découvert dans ses secrets désirs, l’inconnu sourit doucement au peintre et lui dit :

“Oui, il me plairait de vivre ici ! Il y a quelque chose d’indicible en ce lieu qui m’attire étrangement et que je ne saurais expliquer...”. Et il ajouta en riant : “En tout cas, si je devais devenir maître des lieux, vous y seriez toujours le bienvenu pour peindre... J’aime les artistes car ils sont les étoiles des Cieux de la Joie... Ils nous font oublier nos soucis en semant des fleurs multicolores dans nos vies... avec leurs pinceaux, leurs instruments de musique, leurs stylos et leurs rêves.”

Le peintre sourit mystérieusement et, d’un Merci humble et discret, prit congé du futur maître des lieux... Il avait fait son devoir d’Ange et savait déjà que cet homme inconnu était prédestiné à aider la famille fantôme, prisonnière de cette demeure “inhabitée”.


VI.


326aaaeae8c2cd98.jpgCet homme inconnu s’appelait Gabriel et sa femme se nommait Marie. Ils emménagèrent dans la Maison sans savoir qu’elle était hantée... par des êtres torturés à cause d’un évènement terrible vécu dans ce lieu ; ils avaient une fille qui s’appelait Elodie ; ils étaient heureux de venir habiter en ce lieu, sans se douter qu’il y avait déjà ici des locataires invisibles.

Or, une nuit, la petite fille vint réveiller ses parents en leur disant qu’elle avait été sortie de son sommeil par des pleurs d’enfants. “Je croyais que mon ange-gardien pleurait mais... il dormait profondément”, leur dit-elle.

Cela se reproduisit de nombreuses nuits, jusqu’au jour où la petite fille vit une forme au pied de son lit ; elle eut peur car la forme sanglotait et ses larmes tachaient de sang le plancher ; elle appela ses parents mais, lorsqu’ils arrivèrent, tout avait disparu.

Gabriel et Marie s’inquiétaient beaucoup de voir leur fille faire des cauchemars... et avoir des hallucinations ! Ils ne savaient plus quoi faire pour la rassurer et la calmer... Enfin, un matin, Gabriel se mit à se poser des questions et se rappela sa rencontre étrange avec le peintre, avant leur venue dans cette maison... Ce dernier lui avait parlé de “flambeau à céder”, de “couleurs de l’espoir”... Espoir... pourquoi espoir ? Ce peintre savait quelque chose ... Gabriel devait donc le retrouver... mais où le chercher ?

Il partit pour cela vers le village et demanda aux habitants s’ils connaissaient un peintre.

“Oui, le fou qui vit sous le pont de la rivière !
-Le pont de la rivière ? Quelle rivière ?
-La rivière qui traverse le village. Le pont relie les deux moitiés ; continuez plus loin. Si vous avez de la chance, vous trouverez le fou sur le pont, en train de peindre !”

Gabriel poursuivit donc son chemin et aperçut au loin le peintre devant son chevalet. Une pluie fine se mit à tomber et un arc-en-ciel traversa le ciel de part et d’autre ; il semblait former les cordes d’un instrument de musique dont le peintre était l’archet accroché au chevalet d’un violon de lumière.

553865ca1aacc076.jpgL’homme aux couleurs sourit en voyant arriver Gabriel.
“Vous voyez cet arc-en-ciel. Il a sept couleurs. Si vous le décrochiez du ciel, la paix reviendrait dans l’esprit de votre fille !
-Pourquoi dites-vous cela, lui demanda Gabriel, et puis comment savez-vous pour ma fille ?
-Je le sais, Monsieur, parceque j’ai vu des larmes d’enfant briller dans vos yeux et que ces larmes sont celles d’un père qui s’inquiète pour son enfant.
-Et pourquoi un arc-en-ciel lui rendrait-il la paix !?
-Parce que l’arc-en-ciel est un pont magique que nous donne le ciel pour résoudre nos problèmes. Celui-ci est venu pour vous. Sachez le décrochez... et en extraire la quintessence... la septessence, dirais-je !
-Vous êtes fou pour me parler ainsi !? Que ferais-je d’un arc-en-ciel ?... en admettant encore que je puisse le décrocher ?!
-Je ne suis fou que pour une catégorie de personnes... qui hier ont laissé mourir une famille. Les fous ne sont pas toujours ceux que l’on croit !
-Quelle est cette histoire ? Que voulez-vous dire ? Que s’est-il passé dans cette maison ?
-Je vais vous le dire... Une famille juive s’est abritée dans cette maison pendant la seconde guerre mondiale. Des allemands les ont surpris. Ils ont torturé le père, qui n’a pas voulu cacher qu’ils étaient juifs, et ils l’ont tué, ainsi que sa femme et leur petite fille... qui portait le prénom d’Esther. Ils sont morts dans de terribles souffrances et leurs âmes restent enfermées dans le passé terrible qui les a condamnés. Votre fille sentira leur présence tant que les sept flammes de l’arc-en-ciel n’auront pas été allumées...497fae6cab3ad1da.jpg
Elodie signifie Chant de Dieu sur la Terre ; son chemin est celui des Anges musiciens qui font descendre du Ciel la musique des étoiles pour semer des fleurs sur les routes goudronneuses des humains ; aujourd’hui il y a une petite Elodie libre de chanter, votre fille, qui souffre de voir sa soeur des étoiles, Esther, condamnée au silence. Trouvez les sept flammes et faites que leur lumière soit le Chant qui reliera à nouveau le Ciel et la Terre, les morts et les vivants, les Anges du Paradis et les Humains vivant l’Enfer sur Terre.”

Gabriel réfléchit et dit au peintre : “Ces sept flammes, comment vais-je les allumer et où le ferai-je ?”
Le peintre, en contemplant l’arc-en-ciel de lumière, lui répondit :
“Il y a un violon dans cette maison. Trouvez-le et portez-le au musicien qui est venu ici, avant votre arrivée. C’est un violoniste et il connait le sens des sept notes de la gamme musicale. Peut-être vous éclairera-t-il ! Mes couleurs se joindront à ses sons pour faire jaillir les sept flammes !”

Gabriel se recula soudain car des yeux du peintre sortait du feu et deux ailes transparentes de pureté se joignirent dans son dos comme pour la prière d’un ange descendu tout droit de l’Amour.

“Tu t’appelles Gabriel. Moi, je suis l’ange venu t’annoncer l’Espoir et te donner le Courage de sauver des âmes. Elles ont besoin de toi ! Nous, les Anges, pouvont donner le souffle d’agir aux humains... mais nous ne pouvons agir à leur place.
Toi, Gabriel, tu vas agir ! En ces temps terribles du Nazisme, nous avons trop souffert de devoir nous résigner et attendre. Nous ne pouvions arrêter le gaz et éteindre les fours crématoires. La main humaine est parfois lourde, si lourde de plomb que nous ne pouvons agir sur votre monde... en balance avec le nôtre si léger.

Le Nazisme, c’est l’histoire d’un homme fou qui s’est érigé en gourou d’un peuple... Il s’est entouré de quelques disciples convaincus par ses théories ; ils devaient sauver l’Humanité, comme tant d’autres gourous sur la Terre ; seuls les “élus” resteraient vivants... N’est-ce-pas là une théorie encore à la mode dans beaucoup de groupes actuels et de sectes diverses ? De plus, sacrifier des races entières, juive, tzigane et autres, n’est-ce-pas là aussi une terrifiante action en résonnance diabolique avec l’hécatombe des Indiens d’Amérique ! Le peau-rouge n’était pas un individu... aux yeux de beaucoup de blancs ; il était seulement la cellule d’un corps à abattre, un corps “primaire” et “sauvage”, celui de la nation indienne.... Seulement, les blancs ont oublié que la mémoire du corps emplit entièrement la cellule ! Ainsi, la mémoire des Indiens, celle des Juifs et celle de chaque peuple bafoué sur la Terre dans ses Droits ne s’éteindra pas tant que le
dernier être humain vivra encore.

Parce que le Corps en question, c’est l’Humanité toute entière : nous sommes tous frères et toutes nos cellules sont soeurs !

af4c55c1d39efb6e.jpgDieu meurt chaque fois que meurt un Sitting Bull, un Martin Luther King, un Gandhi, un homme, une femme ou un enfant.

Va, Gabriel, et sauve les âmes de cette famille juive prisonnière de la haine.”



VII.


Gabriel partit donc à la recherche du violoniste, “un vieil homme nommé David”, lui avait dit le peintre.

Celui-ci lui avait d’ailleurs donné son propre nom : il s’appelait Michel-Ange...

Gabriel ne savait pas où chercher le musicien, aussi fit-il confiance à l’Ange, le sachant tout proche de lui, malgré qu’il fut devenu invisible.

Il avançait dans les rues du village lorsque soudain un homme désespéré se jeta sous ses yeux par la fenêtre ; l’homme tomba mais ne se tua pas. Gabriel courut vers lui et lui prit la tête entre les mains.
“Pourquoi avez-vous fait cela ?”
L’homme tourna la tête en direction de l’Ange invisible et dit : “Je ne crois plus en rien. Je suis perdu. J’ai trop de poids sur ma conscience. Personne ne peut comprendre... Il y a des années, j’ai laissé faire un crime horrible. Une petite fille est morte avec ses parents... dans la maison qui se trouve de l’autre côté de la rivière. C’est moi qui avait prévenu les Nazis que cette famille allait venir se réfugier dans cette demeure... Et j’ai tout entendu... mais j’ai laissé faire. Je ne voulais pas cela, je ne voulais pas... A l’époque, je collaborais avec les Allemands par intérêt personnel mais je n’avais pas imaginé ce que j’ai entendu cette nuit-là ! Aujourd’hui, je ne peux plus vivre avec ce poids. Le ciel ne veut même pas de moi là-haut... Comment vais-je soulager ma conscience ?”

L’Ange parla alors à l’âme du désespéré :
“Le lendemain du crime, tu t’es rendu sur les lieux du drame. Dis ce que tu as vu. Parle. Libère ta conscience. Dieu le Tout-Puissant est un dieu de pardon... mais le pardon se mérite. Ce n’est pas un plat tout cuit qui se réchauffe en un clin d’oeil.Tu as commis une faute infiniment grave. Parle donc. Rattrape ton coeur qui s’est flétri de honte et arrose-le de repentir et de transformation. Dis ce que tu sais.”

c90df419ba310756.jpgL’homme parla donc et Gabriel l’écouta, étonné, mais attentif au moindre mot du désespéré :
“Le lendemain, je suis allé dans cette maison. C’était terrible. Des larmes de sang coulaient sur les murs. Sur la table, il y avait un violon. Il semblait phosphorescent et rougeoyait comme une braise consumée par un feu de colère. De l’intérieur de l’instrument sortait une mélodie, telle une plainte si profonde qu’un couteau se planta dans mon coeur. Je chancelai et m’évanouis. Lorsque je revins à moi, j’étais dans la cave de la maison. Une femme vêtue de noir me regardait. Un candélabre allumé par sept flammes brûlait et une petite fille en blanc jouait sur le violon que j’avais remarqué en entrant dans la maison. Je voulus fuir car j’avais peur, très peur. Mais la femme en noir me saisit par le bras et me dit : “Nous sommes morts par votre faute et votre lâcheté, dans d’atroces souffrances. Nous ne pourrons être délivrés de ce cauchemar et reposer en paix que lorsque ce candélabre aura été allumé -chose que je suis pour l’instant seule à savoir- en présence des sept sons de ce violon, en présence des sept couleurs de l’arc-en-ciel, ainsi qu’en présence de...”... Je n’entendis pas la fin car tout s’évanouit et je me réveillai... croyant avoir rêvé. Pourtant, près de moi, il y avait le violon !... Je l’ai pris sous mon manteau et depuis je l’ai toujours gardé. Je me souviens de tout cela comme d’un rêve mais seulement comme d’un rêve, inaccessible et mystérieux.”



VIII.

Esther :

-Je me souviens de ce violon dont je jouais lorsque j’étais encore en vie. Ce violon était toute ma vie car il était le prolongement de mon coeur. Lorsque nous avons fui avec mes parents, c’est la seule chose que j’ai emmenée avec moi. Pour moi ce n’était même pas une chose, ni un objet ; c’était un pont vivant qui me reliait à l’univers et sur ce pont glissaient des notes magiques. Chaque note contenait toutes les couleurs de la vie et pourtant chaque note avait sa couleur.

345a03af01c819c6.jpgJe me souviens que lorsque mes parents m’ont proposé de faire du violon, j’ai tout de suite dit oui... parceque je voulais faire de la musique, peu m’importait l’instrument. Mais, pour tester ma détermination, ils m’ont demandé de choisir entre mon chien et... le violon ; leur raison était que “l’achat d’un violon était coûteux et qu’il fallait pour en acheter un... revendre mon chien de pure race”. A l’époque, j’avais un chien que j’adorais ; mais j’avais aussi le don de lire dans les pensées de mes parents, aussi je savais qu’ils ne me l’enlèveraient pas ! Je leur ai donc répondu que je préférais apprendre le violon et que pour cela j’acceptais de me séparer de mon animal. Finalement... ils m’ont offert un violon et j’ai gardé mon chien ! Malheureusement, mon chien est mort quelques temps plus tard... J’ai eu beaucoup de peine mais dans mon violon, en son âme, j’ai senti l’âme de mon chien. Une petite fille m’a dit un jour : “Ton violon, il est comme ton chien, il te suit partout !” J’ai souri... parce qu’elle avait tout compris sans le savoir.

J’ai appris à aimer la musique à travers mon violon. Je dévorais les notes et les partitions, telle une âme assoiffée d’amour et d’harmonie ; puis j’ai appris à aimer le violon au travers de la musique ; et cet instrument est devenu si proche de mon âme qu’elle l’a adopté comme une partie d’elle-même.

Un jour, mon violon s’est mis à me parler :
“Petite Esther, ne laisse jamais personne te violenter et poser des mains d’adulte pervers sur ton coeur pur ; j’ai connu une petite fille qui apprenait le violon sur mes cordes et qui a été obligée durant des années de subir le martyre que lui infligeait son professeur, c’est à dire des baisers sur la bouche ; il l’obligeait à se taire et un jour elle voulut se jeter sous une voiture ; puis son cauchemar s’arrêta enfin et elle essaya de tirer un trait... un coup d’archet, sur ce viol... Viol d’un violon brisé dans l’âme d’une fillette à l’enfance assassinée... Cri de l’absurde dans les cordes d’un violon sacrifié à l’innocence... Elle voulait m’abandonner car elle ne pouvait me toucher sans penser à ces moments de négation intérieure, d’oubli mortel, de conscience ensevelie ! Mais j’avais la mission de l’aider et, dans un sursaut de force vivante, elle m’a enfin regardé... comme le radeau seul capable de la sauver ! Elle a fait de moi le violon le plus heureux car elle m’a rendu mon âme à travers la sienne !”

Mon violon m’a donc parlé ainsi un jour et puis il s’est tu pour toujours ; il est aujourd’hui entre les mains de l’homme qui nous a donnés aux Nazis. Ma mère s’est entretenu avec cet individu après notre mort mais il croit que c’est un rêve... Seulement, de ce rêve dépendent la libération de nos âmes et le salut de la sienne.

Comme du rêve de Martin Luther King dépend la survie de l’Humanité !


IX.


Gabriel secoua l’homme désespéré qui venait de lui raconter son rêve.
“Qu’as-tu fait du violon ? Où l’as-tu mis ? Tu dois me le dire !”

L’homme sourit tristement et lui dit : “Il est dans ma maison... mais des fleurs ont poussé dedans. Personne ne pourrait en jouer à cause de la mousse et du lierre qui l’ont envahi !...
-Comment cela ?! Les fleurs n’ont jamais empêché un violon de vibrer !”

Le personnage qui venait de parler avait une voix forte et assurée. C’était David, le violoniste, qui arrivait sur les lieux, poussé par le “hasard”, ce phénomène mû par une chose plus forte que lui... la coïncidence.
-Allons le chercher, ce violon ! Il saura bien nous guider à travers les pétales et l’humus de ses cordes !”

Gabriel atteignit la maison de l’homme et monta les marches à la suite du violoniste ; celui-ci brandit le violon verdoyant enlacé de lierre et de capucines.

e0bfc490ea62ca4e.jpgLa tension était telle que l’instrument se mit à vibrer et à rougeoyer si fort que David dût le poser sur la table... Les fleurs s’épanouirent et se fanèrent en un clin d’oeil... Le lierre sécha... La mousse et l’humus disparurent... lorsque soudain une explosion interne bouleversa le violon. L’Univers semblait revivre le Big-Bang au centre de la caisse de résonnance et des sons fusaient de partout. Enfin un seul son demeura et le violon de bois se transforma en violon de cristal. Personne n’avait jamais vu cela !

C’était un pur joyau... où la transparence était ciselée dans l’équilibre des harmoniques ! La lumière traversait le son... qui avait pris naissance dans la matière ! L’accouchement venait d’avoir lieu et le bébé semblait déjà être un vieux sage venu du tréfonds de l’Univers pour apporter la paix, l’harmonie... et l’Amour entre les êtres.

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X.


Gabriel saisit le violon de cristal, émerveillé, et dit à David : “Ce violon, je le sais, sauvera cette famille juive, prisonnière dans ma maison. Mais il manque l’archet... Comment allons-nous faire pour le trouver ?”

David réfléchit et alla chercher son propre étui de violon ; il en sortit un archet à la hausse de nacre... Un poulain semblait galoper sur la fine baguette, à travers la mèche délicatement tendue au bois de pernambouc... Le musicien fit glisser le crin de son archet magique sur les cordes d’acier.

Un arc-en-ciel jaillit de l’ensemble et une musique divine s’éleva. David paraissait transformé intérieurement ! Son corps entier vibrait de mille ondes de joie et d’espérance ; toutes ses cellules souriaient de bonheur et cette allégresse se transmit à ceux qui l’écoutaient jouer.

Il se dirigea vers la maison hantée et Gabriel le suivit ainsi que Michel-Ange ; tous ceux qui les rencontrèrent suivirent le cortège et s’arrêtèrent à l’entrée de la demeure. Elle semblait attendre cet instant ; en effet les murs se mirent à vibrer harmonieusement, en unisson avec l’instrument de cristal, et les volets claquèrent soudain à un rythme stupéfiant !

Les oiseaux s’arrêtèrent de chanter puis reprirent de plus belle. Marie et Elodie, la petite fille de Gabriel, ouvrirent la porte à David, Gabriel et Michel-Ange.

Celui-ci avait un pinceau à la main, tel un archet magique : sa palette était comme un violon aux mille couleurs du soleil dans le ciel des humains. Il commenca à couvrir les murs de nuances mélodieuses et de roses d’aurore dignes des plus beaux flamands... On aurait dit qu’il semait des fleurs à travers sa peinture et que des centaines de colibris venaient emplir la maison grâce à ses gestes de créateur.b4c577137f139c00.jpg

David et Michel-Ange couvrirent ainsi tous les murs d’harmonies sonores et picturales... Enfin ils descendirent au sous-sol et là... une chose étrange se produisit ! Un candélabre semblait les attendre, éteint mais serein d’espérance... Un bible ouverte s’offrait à la lecture et une main invisible en tournait les pages, jusqu’au moment où elles demeurèrent immobiles.

8e4e482fe9cbd516.jpgGabriel se mit alors à lire puis entonna le chant de sa lecture sacrée. David l’accompagnait avec le violon de cristal et l’archet nacré. Michel-Ange, de son côté, traçait mille arc-en-ciels sur les murs et l’espace de la cave. Soudain, tous les arcs de lumière se rejoignirent, formant le sceau de Salomon sur le sol : une étoile à six branches... dont la septième était au centre !

A cet instant, les flammes du candélabre s’allumèrent... Elles étaient sept... Sept personnes se tenaient dans la pièce : il y avait Gabriel qui lisait et psalmodiait, David qui jouait, Michel-Ange qui peignait, Marie qui priait, Elodie qui souriait, l’homme désespéré qui pleurait... et le chat qui méditait.

Sept êtres réunis pour la libération de trois âmes... Sept êtres qui ne voyaient pas Esther, son père et sa mère, les remercier à genoux... sauf peut-être le chat... l’Ange... et la petite fille qui souriait !

Enfin... ils virent tous... trois colombes s’envoler du centre de l’Etoile de David inscrite au sol en lettres d’or et d’arc-en-ciel ; ils virent avec émotion sept roses s’épanouir sur les branches de l’Etoile ainsi qu’en son centre.99cf426f49cb231c.jpg

Ils virent des larmes de rosée tomber du violon de cristal qui explosa dans un concert de voix angéliques semées des cieux ; l’archet nacré demeura dans les mains de David qui le posa au centre du sceau de Salomon.

Les sept êtres présents dans la pièce se donnèrent la main autour de l’étoile. C’est ainsi que le nom de “ Constellation de la Pléiade” fut donné à la maison ressuscitée... Chacun sait que l’étoile la plus importante de cette constellation aux sept flammes se nomme Alcyone... ce qui signifie “la Paix”.

La Bible était ouverte sur la Vision de Zacharie : “Ces sept-là (les sept lampes) sont les yeux de Yahvé : ils voient par toute la terre.”

Les sept flammes s’éteignirent doucement mais dans le coeur de chacun elles ne moururent jamais.

Dieu voyait à travers leurs yeux et le mal ne pourrait plus jamais se répéter... Les crimes nazis ne pourraient plus jamais enfermer les consciences.

Car Dieu ne peut accepter le mal que Ses yeux voient !

L’Humanité non plus... ne peut accepter et, pour cela, la Paix doit toujours régner sur la Terre .9465f575054394f8.jpg


___________________________________________ Chloé LAROCHE

 

CE TEXTE EST PROTÉGÉ, AVEC TOUS DROITS RÉSERVÉS, NON AUTORISÉ À LA REPRODUCTION.

 

Marie est broyée
Dans les machines froides
Des âmes nazies

La Vierge pleure sans fin
Sur les horreurs humaines__________ haïkou de Chloéef57f2e9970194c2.jpg

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MERCI À MARC CHAGALL POUR SES 14 tableaux.

La photo avec le violon est celle de mon fils prise par moi-même en 2005.

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"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES.... chloe.email@laposte.net___________ Merci d'avance !

 
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