Avertir le modérateur

24/04/2019

Témoignage pour un petit ange, mort noyé à Lovagny, dans les Gorges du Fier, le lundi de Pâques.

Témoignage, Lovagny (Haute-Savoie).
 
Aujourd'hui, j'ai appelé les pompiers pour un adolescent de onze ans qui est tombé par accident dans des gorges où l'eau bouillonnait, à vingt mètres en dessous de moi ; le drame s'est passé dans les Gorges du Fier, à Lovagny, en Haute-Savoie.
 
------------------------------------lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur
 
 
Petit ange rose
Tu traverses les rivières
Sans penser au pire
 
 
 
Lundi 22 avril 2019.
 
Je venais d'écrire ce haïku, assise sur un banc. Pourquoi ai-je écrit cela... Je venais de le poster sur ma page Facebook, à 15 h 15, avec ce petit ange photographié le matin même au Château de Montrottier, à Lovagny.
 
Je continuais d'écrire, lorsque soudain, j'entends des cris venir du bas, à vingt mètres en-dessous, vers le torrent et les Gorges du Fier très dangereuses, avec des à-pics tombant dans l'eau rapide et froide, tout au fond d'un canyon creusé depuis des siècles.
 
C'est en entendant les cris de la famille que j'ai appelé les Secours. À 15 h 30. Une autre dame essayait d'appeler aussi. Le premier appel est tombé sur un 18 qui sonnait occupé. J'ai aussitôt raccroché et rappelé. Le pompier de permanence d'urgence du 18 a aussitôt décroché et m'a gardée longuement au téléphone, me demandant de rejoindre au plus près le lieu de l'accident.
 
J'avais déjà dévalé la pente puis j'ai rejoint le lieu du drame, en passant de roches en rochers. C'était très impressionnant et je n'étais pas chaussée pour cela. Les parois au-dessus de l'eau étaient vertigineuses. Un faux pas eut été fatal.
 
lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peurDeux hommes avaient déjà sauté courageusement dans l'eau et retrouvé le jeune garçon, au fond de la gorge, dans l'eau tourbillonnante. Puis j'ai vu deux femmes sauter aussi pour lui porter secours : une très jeune, de quinze ans, et une plus âgée, Anne. Elles ont sauté de très haut dans l'eau glacée à cinq degrés. Je les admire pour le courage de leur acte et leur engagement pour sauver cet adolescent.
 
Le pompier voulait savoir au téléphone si l'enfant bougeait, respirait, s'il était inanimé, quels gestes avaient été fait pour le réanimer. Je criais à ceux de la passerelle au-dessus s'ils savaient quelque chose, s'ils voyaient l'enfant de là-haut. La falaise m'empêchait de voir ce qu'il se passait et à part plonger, personne ne pouvait rejoindre l'endroit où se trouvait le jeune adolescent et ses quatre sauveteurs.
 
L'enfant avait été récupéré mais était inanimé. Les quatre personnes ont tout tenté, mais ils n'avaient pas de terrain plat pour faire un massage cardiaque optimum. lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur
 
Les Secours sont arrivés très rapidement sur les lieux, à l'endroit où je me trouvais, avec la Gendarmerie. Il y avait des médecins du Samu, avec un matériel pointu qui attendait le jeune garçon. Ils n'auraient pu aller plus loin, car aucun passage n'existait, à part une passerelle de soixante mètres de haut surplombant les gorges. Un hélicoptère survolait le torrent afin de pouvoir hélitreuiller l'enfant au plus vite.
 
Un sauveteur est parti très vite rejoindre l'enfant, en sautant dans l'eau glacée et tumultueuse. Il a aussitôt rejoint les quatre personnes ayant sauté avant lui et qui se trouvaient elles-mêmes prisonnières de ces gorges étroites et profondes, auprès de l'enfant.

Lorsque le jeune a été remonté, l'hélicoptère ne pouvait se poser où se trouvaient les Secours. Alors ces derniers sont tous remontés en haut, le plus vite possible, grimpant des pentes très glissantes puis l'escalier menant à la route, afin de rejoindre l'hélicoptère. Là, ils ont tout tenté pour ramener à la vie l'enfant, puis ils l'ont emmené à l'Hôpital d'Annecy.

 

---------------------------------------------IMG-20190422-WA0145.jpg

 
Mais ce soir j'apprends ta mort. Je suis si triste. Je pense à tes parents. Je pense aux personnes ayant sauté et ayant tout tenté pour te sauver. Ils ont ton visage dans la tête, tes yeux fermés, ton esprit veillant sur eux.
 
Je me vois il y a vingt-deux ans devant ma fille morte, foudroyée par un virus fulgurant. Je pense à ta mère, croisée lors de ma descente vers la gorge ;  elle avait les yeux hagards ; elle était terrifiée, affolée. La mort allait frapper son fils et elle le sentait. Elle avait peur de l'impensable et l'effroi s'abattait sur elle.
 
lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peurCet effroi, je l'ai vécu. On apprend à vivre avec lui. On apprend à mourir de sa vie d'avant pour une autre vie sans lui, sans notre enfant. Certains parents n'y arrivent pas. Un père, Nicolas, s'est suicidé en 2017. Son garçon lui manquait trop. Il a fui cette existence trop lourde pour lui. Je ne le fais pas moi-même car je poursuis mon chemin sans vouloir l'interrompre. Et ce soir, petit garçon, je choisis d'écrire pour toi.
 
Tu rejoins les enfants de tout le groupe d'Aurore, dont les parents en deuil de leur enfant ont écrit le livre : "Sur les chemins de L'aurore". Je te vois dans l'arbre de vie, avec ma fille Océana et tous les autres enfants.

lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,courage,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur,mère,père,haute-savoie,haiku,prémonition,



C'est quoi la mort ? Selon moi, rien qu'un passage par lequel chaque être humain va passer. Toi, cher enfant, tu y es. Personne ne peut en faire l'expérience s'il n'est mort et ... celui qui est vivant ne peut dire qu'il est mort. Pourtant des personnes ont témoigné qu'elles ont traversé la mort et sont revenues, en expériences de  NDE, pour dire qu'il existe un autre monde, d'amour et de lumière. Ils disent tous qu'ils reviennent sur terre pour deux choses primordiales : Aimer et Apprendre.

Mais un parent qui doit protéger son enfant, comment fait-il lorsque son petit lui échappe et que la mort le prend à lui ?

Il ne peut que souffrir, s'en vouloir dans toutes les cellules de son corps et ne plus s'autoriser de plaisirs.

Puis, au fil du temps, il comprend qu'il faut accepter l'inacceptable et offrir la vie de son enfant comme un don de soleil explosé, dont la lumière arrive jusqu'à nos vies et l'inonde.

Mais vous, vous la maman de ce garçon, comment allez-vous vivre cette terrible épreuve... Murée dans le silence, étourdie de colère envers le destin, envahie de souvenirs obsédants ou bien combattante pour votre fils aimé en votre coeur, combattante pour vos autres enfants ? Je pense très fort à vous, votre mari et vous, ainsi qu'à toute votre famille. lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur
 
Sois, en paix, cher petit ange, et rejoins la Lumière des Anges. Je suis désolée que l'on n'ait pu te sauver. Chacun sur place a fait au mieux et certaines personnes ont pris de grands risques pour essayer de te ramener à la vie. Je leur rends hommage aujourd'hui.
 
Je n'oublierai jamais cette solidarité autour de toi et c'est cela qui m'aide à vivre aujourd'hui : l'entraide, l'amour des autres, la générosité à autrui, la main tendue, ma croyance en l'humanité. Tout cela doit porter tes parents, ainsi que ta vie d'ange parti rejoindre le monde d'Amour.
 
Chloé Laroche
 
 
 
 

lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,courage,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur,mère,père,haute-savoie,haiku,prémonition,

lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,courage,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur,mère,père,haute-savoie,haiku,prémonition,

lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,courage,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur,mère,père,haute-savoie,haiku,prémonition,

lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,courage,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur,mère,père,haute-savoie,haiku,prémonition,

lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,courage,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur,mère,père,haute-savoie,haiku,prémonition,

lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur

lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur

lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur

lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur

lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur

lovagny,drame,enfant,noyade,gorges,fier,annecy,accident,chute,sauvetage,héros,courage,parent,deuil,perte,chagrin,mort,décès,colère,résilience,absence,vivre,après,après-vie,monde,ailleurs,lumière,ange,humanité,solidarité,secours,premiers secours,hélicoptère,danger,froid,force,saut,famille,condoléances,hommage,pompiers,samu,gendarmerie,rapidité,réanimation,témoignage,femme,plonger,peur

01/12/2013

Hommage à Adélaïde, un an, retrouvée morte fin novembre sur la plage de Berck.

Hommage à Adélaïde

______________________ retrouvée fin novembre sur la plage de Berck.th-47.jpeg


Elle n'avait que quelques mois et s'appelait Adélaïde. Elle se trouvait dans la vague qui montait et là-bas, au loin, brillait un phare. Elle s'est noyée sans sa maman. Elle a crié et puis s'est tu.

th-40.jpegElle a regardé la lumière au loin et a laissé l'ombre derrière elle. Un ange est venu la chercher. Il était beau et avait de grandes ailes. Adélaïde s'est dit qu'elle ne serait plus seule dans le froid glacial, dans l'eau et dans la nuit.

L'ange a touché son corps. Il était froid et raide. Adélaïde avait pris son autre corps, celui des étoiles, celui que seuls les anges peuvent voir. Elle était belle dans les bras de l'être lumineux.th-44.jpeg

Elle savait que sa mère l'avait déposée sur la plage comme on dépose un trésor au fond de la mer, après un naufrage. Sa maman était comme ces bateaux ivres qui n'ont plus de gouvernail ni de capitaine. Les sirènes avaient pris sa mère et la petite Adélaïde serrait les doigts de l'ange dans sa petite main. th-37.jpeg

La marée avait pris sa vie et le ciel l'accueillait désormais comme une petite princesse. Le bateau ivre s'écrasa sur les rochers et sa maman fut retrouvée au bout du cap de Mauvaise Espérance.

th-43.jpegElle avait préféré sacrifier sa fille pour vivre une histoire d'amour sereinement, ayant brisé le lien maternel que son coeur maudissait.

Adélaïde avait erré dans la nuit si longtemps, sombrant dans les vagues si doucement. L'eau l'avait étouffée. Le ciel maintenant la protégerait à jamais, pour toujours.


Chloé Laroche


_____________________________________


La photo de la mère et l'enfant est un tableau de Robert Pascale :

http://www.livegalerie.com/Peinture,mere_et_enfant,ROBERT_Pascale,97391.html

 


12/01/2010

Mon hommage à des hommes qui n'ont pas hésité à se jeter dans l'eau glacé pour sauver des personnes accidentées. De la vie à la mort. Mes pensées pour Hakim et ses parents en deuil.

imagesxbcDR5.jpegBonsoir à tous et toutes,

Depuis le premier de l’An 2010, plusieurs événements m’ont interpelée, dont certains sont des exemples de solidarité. Ils font écho à l’article que j’avais écrit sur les héros d’aujourd’hui et sur le héros qui sommeille en nous et ne demande qu’à oeuvrer.

Randy Kiener, à 16 ans, n’a pas hésité à se jeter dans le Canal du Midi à plus de deux heures du matin pour sauver450_F200MAR.jpg Christophe, un jeune père de 35 ans, tombé avec sa voiture dans une eau glaciale. L’Aude peut être fière de cet adolescent qui a sauvé un papa et par là même une famille de trois enfants du deuil et des larmes éternelles.images6efqZv.jpeg

h-20-1876726-1262962635.jpgEddy Devauchelle est un habitant de la Somme qui a sauvé en ce début janvier une femme enceinte et son enfant de la noyade. La jeune femme était coincée sous une voiture renversée dans la rivière. Eddy n’a pas hésité à plonger et à la dégager. Son mari le suppliait de la sauver et à deux, ils l’ont sortie de l’eau. Eddy a fait les premiers secours et a secoué les gens autour qui ne bougeaient pas, pétrifiés par la scène. Aujourd’hui, cette femme est vivante et elle porte toujours son bébé. Eddy est discret et affirme qu’il a fait son devoir de citoyen.

Le devoir de citoyen : le devoir de tout humain qui est solidaire de la communauté des hommes, de ceux qu’il ne connaît pas mais dont il est proche, aussi proche que si c’était son frère ou sa soeur.

images4686bX.jpegJe me sens proche depuis le début de la famille du policier écrasé par deux cambrioleurs fin décembre. Cet homme de 51 ans a vu un énorme 4x4 se diriger vers lui avant de voir se consumer ses dernières heures. Deux hommes étaient à l’intérieur et n’ont pas hésité à tuer un autre homme avec ce véhicule volé. Les policiers font un métier difficile et même si la population leur en veulent pour les contraventions et l'autorité mal perçue, il faut se rappeler qu’ils nous protègent aussi et qu’ils élucident beaucoup d’affaires de drogues, criminalités, violences diverses, pédophilie, accidents de la route, etc. Mes pensées vont vers la famille de ce policier et à son fils.

Je me sens proche aussi de Hakim et de ses parents, qui pleurent un fils de 18 ans. Il était lycéen dans l’établissement scolaire Darius Milhaud en Val-de-Marne, en classe de BEP vente. Il est mort pour rien de trois coups de couteaux. Cet après-midi, une marche s’est déroulée pour lui et des dizaines de roses ont célébré son souvenir, à travers toutes les larmes de ceux qui l’aimaient. Son corps va être emmené en Tunisie et je respecte la volonté de ses parents et de sa famille qui souhaitent lui donner sépulture dans le pays de ses ancêtres.imageshcJphN.jpeg

images.jpegJe m’élève contre tous ceux qui sont indignés qu’au bout de trois générations en France, des familles osent emmener les corps de leurs enfants défunts pour les enterrer ailleurs, dans les pays d’Afrique Noire ou du Nord, dans le sol de leurs ancêtres. Une dame s’est exprimée ainsi ce matin dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin sur Rmc, en disant que ça suffisait et qu’il fallait arrêter d’accepter ce genre de pratiques, que c’était impensable de ne pas enterrer ces jeunes ici. Mais, Madame, si vous étiez une seconde à la place de ces parents qui viennent de perdre leur fils, leur enfant, vous vous figeriez sur place de douleur et vous regretteriez avec honte ce que vous avez osé émettre sur les ondes. Perdre un enfant est un ouragan dans une vie. Les parents en deuil perdent leur bonheur, la joie de leur vie, et leur souffle est enterré avec leur enfant. Ils vivent mutilés toute leur vie et portent cette croix comme une épreuve invisible et terrible, comme un sacrifice intérieur qu’ils ne peuvent qu’accepter, en attendant de rejoindre le fruit de leur chair.

Madame, il y a bien une chose qu’on peut respecter, ce sont les rites qui entourent la mort et le départ d’un être humain. La famille endeuillée est respectable et n’a pas à subir les affronts de ceux qui au nom d’une identité nationale garderaient les morts sur notre sol en leur interdisant de prendre l’avion pour leur dernier repos. Alors qu’à contrario, on oblige des étrangers à embarquer dans des avions vers leur pays d’origine, alors qu’ils ont des enfants nés en France et bien vivants ! Des pères sont régulièrement expulsés de France au nom de ceux qui militent pour une identité nationale uniforme, sans couleurs et sans âme.

imagesYTXlrw.jpegFaut-il attendre que les gens meurent pour les retenir ?imagesIVKrXI.jpeg
Pour apprendre que les troisièmes générations issues de l’immigration ont besoin de leur parents et qu’il est inhumain de les séparer de leur père, de leur mère.

Pour respecter leur peine et le deuil de leur chagrin éperdu d’amour, amour éteint à jamais... sauf dans le coeur explosé de leur vie d’humain qui continue.

Chloé Laroche

02/11/2008

Ne pas laisser tomber les parents dans le deuil. Quand un enfant échappe à la protection de ses parents et disparaît à jamais. Larmes et résilience.

Mn_18a.jpgUne rivière coule et c’est l’Isère. Une enfant est tombée dedans, une petite fille nommée Kaytlin. Cela s’est passé près de chez moi, il y a un an et demi, le 22 avril 2007. Elle avait deux ans et s’est noyée. Échappée de la surveillance de ses parents, parents endeuillés à qui je pense très fort. Que tous les sapins du bord de l’Isère s’illuminent de mille guirlandes de larmes d’aurore pour cette petite fille qui s’est envolée comme un papillon vers le grand ciel immense.Mn_44.jpg

Mn_25b.jpgLes enfants sont si rapides et l’épée de Damoclès tout d’un coup s’abat sur les parents, à l’annonce du décès ou de l’accident de leur fille ou de leur fils chéri. Un enfant qui s'échappe et se fait écraser par une voiture, une fillette qui tombe de vélo, un enfant mort dans la piscine, dans la baignoire, dans une voiture exposée au soleil... un petit passager qui n’est pas attaché correctement pendant que ses parents roulent.... une chaîne autour du coup qui étrangle l'enfant, une bouteille ouverte sur un produit détergent mortel, une fenêtre ouverte quelques minutes, l’enfant monte sur la chaise... C’est ensuite le trou noir, le précipice au creux des tripes pour le papa et la maman. L’enfant disparaît dans une boîte noire avec ses rires, ses pleurs, ses regards, ses calins, ses petits mots. On referme le cercueil ou l’urne et... la solidarité doit commencer. Ne pas laisser tomber les parents dans le deuil. Les appeler au téléphone régulièrement, même s’ils s’isolent, même s’ils repoussent le monde extérieur. Supporter leurs pleurs, leur tristesse, leur colère aussi, colère normale. Comprendre la culpabilité d'être survivant... Survivre à son enfant est quelque chose d'insurmontable au début et insupportable tout au long d'une vie de parent orphelin. Leur apporter réconfort et aussi parfois à manger, surtout au début. Les accompagner au cimetière ou dans l’évocation des souvenirs de l’enfant absent à jamais. Cet enfant n’est pas parti un mois, deux mois, il est parti à jamais. C’est la déchirure d’éternité, blessure à vie, ouverte à vif.Mn_19a.jpg

Mn_30a.jpgNe jamais oublier ces parents, ni occulter leur existence. Même si ça fait mal. Une partie d’eux est morte et il sont en bascule entre deux mondes. Chacune de leurs cellules souffre et leurs larmes sont nécessaires. Ne leur reprochez jamais de laisser couler la rivière du chagrin. De toute façon l’eau coule... et la source reste. Quand ma fille Océana est partie il y a onze ans, emportée par une encéphalite foudroyante, une amie bien intentionnée m’avait secouée en me disant : “Il ne faut pas que tu pleures. Cela n’est pas bon pour ton enfant. Elle ne se sent pas libre et ne peut se dégager pour poursuivre son chemin d’âme.” Je crois au contraire que les larmes sont positives et nécessaires et que l’enfant qui meurt le sait. Et puis, les larmes n’ont jamais retenu personne car elles appartiennent à celui ou celle qui les produit.

Mn_30-1.jpgJe crois aussi que le fait d'être aidé dans cette épreuve est essentiel, je veux dire aidé aussi par un thérapeute. Aidé par l'écoute, dans l'expression verbale de sa colère et de sa culpabilité de n'avoir pas pu sauver ou protéger son enfant. Quelquefois, des parents en deuil se retrouvent sans estime de soi, effondrés sur eux-mêmes, sans projets, sans amour, vides de sens. Les encourager doucement à avancer, à retrouver un sens à leur chemin en intégrant leur enfant au plus profond de leur coeur, au plus profond d'un amour infini, moteur de résilience. 

Chloé LAROCHE

Post-scriptum : Je vous invite à aller lire mon article : "Il était une fois un couple qui pleurait la mort de leur enfant. Pour tous les parents en deuil, orphelins de leur enfant disparu. Liste d'associations de soutien et d'écoute.")

 

___________________ SUPPLIQUE à notre famille, à nos amis.

1 an, 2 ans, 5 ans, 10 ans, 20 ans... nous séparent du départ de notre enfant et nous, parents en deuil, avons besoin des autres.
Nous aimerions rencontrer de la compréhension dans notre entourage ; nous avons besoin de soutien.

Voici, tirés de la lettre des Amis Compatissants du Québec, quelques-uns de nos souhaits :

  • Nous aimerions que vous n'ayez pas de réserve à prononcer le nom de notre enfant mort, à nous parler de lui. Il a vécu, il est important encore pour nous ; nous avons besoin d'entendre son nom et de parler de lui ; alors, ne détournez pas la conversation. Cela nous serait doux, cela nous ferait sentir sa mystérieuse présence.
  • Si nous sommes émus, que les larmes nous inondent le visage quand vous évoquez son souvenir, soyez sûr que ce n'est pas parce que vous nous avez blessés. C'est sa mort qui nous fait pleurer, il nous manque ! Merci à vous de nous avoir permis de pleurer, car, chaque fois, notre cœur guérit un peu plus.
  • Nous aimerions que vous n'essayiez pas d'oublier notre enfant, d'en effacer le souvenir chez vous en éliminant sa photo, ses dessins et autres cadeaux qu'il vous a faits. Pour nous ce serait le faire mourir une seconde fois.
  • Être parent en deuil n'est pas contagieux ; ne vous éloignez pas de nous.
  • Nous aimerions que vous sachiez que la perte d'un enfant est différente de toutes les autres pertes; c'est la pire des tragédies. Ne la comparez pas à la perte d'un parent, d'un conjoint ou d'un animal.
  • Ne comptez pas que dans un an nous serons guéris ; nous ne serons jamais, ni ex-mère, ni ex-père de notre enfant décédé, ni guéri. Nous apprendrons à survivre à sa mort et à revivre malgré ou avec son absence.
  • Nous aurons des hauts et des bas. Ne croyez pas trop vite que notre deuil est fini ou au contraire que nous avons besoin de soins psychiatriques.
  • Ne nous proposez ni médicaments ni alcool ; ce ne sont que des béquilles temporaires. Le seul moyen de traverser un deuil, c'est de le vivre. Il faut accepter de souffrir avant de guérir.
  • Nous espérons que vous admettrez nos réactions physiques dans le deuil. Peut-être allons-nous prendre ou perdre un peu de poids, dormir comme une marmotte ou devenir insomniaques. Le deuil rend vulnérable, sujet aux maladies et aux accidents.
  • Sachez, aussi, que tout ce que nous faisons et que vous trouvez un peu fou est tout à fait normal pendant un deuil ; la dépression, la colère, la culpabilité, la frustration, le désespoir et la remise en question des croyances et des valeurs fondamentales sont des étapes du deuil d'un enfant. Essayez de nous accepter dans l'état où nous sommes momentanément sans vous froisser.
  • Il est normal que la mort d'un enfant remette en question nos valeurs et nos croyances. Laisse-nous remettre notre religion en question et retrouver une nouvelle harmonie avec celle-ci sans nous culpabiliser.
  • Nous aimerions que vous compreniez que le deuil transforme une personne. Nous ne serons plus celle ou celui que nous étions avant la mort de notre enfant et nous ne le serons plus jamais. Si vous attendez que nous revenions comme avant vous serez toujours frustré. Nous devenons des personnes nouvelles avec de nouvelles valeurs, de nouveaux rêves, de nouvelles aspirations et de nouvelles croyances. Nous vous en prions, efforcez-vous de refaire connaissance avec nous ; peut-être nous apprécierez-vous de nouveau ?
  • Le jour anniversaire de la naissance notre enfant et celui de son décès sont très difficiles à vivre pour nous, de même que les autres fêtes et les vacances. Nous aimerions qu'en ces occasions vous puissiez nous dire que vous pensez aussi à notre enfant. Quand nous sommes tranquilles et réservés, sachez que souvent nous pensons à lui ; alors, ne vous efforcez pas de nous divertir.
___________________________________________

Commentaires

je me trouve dans cette situation, mon fils s'est suicidé le 9 juillet 2008, et depuis je suis seule au monde, malgré que je sois en couple (ce n'est pas le papa) ma soeur après m'avoir culpabilisée ne me parle plus alors que nous étions inséparable, j'ai 2 frères qui vivent leurs vie et ne s'occupent pas de moi et j'ai ma mère qui a changé, je suis au bord du précipice au secours, une maman au désespoir.

Ecrit par : raimondo | 03.11.2008

_____________________________________ Réponse de Clairisa :

reponse à Raimondo : ton témoignage me bouleverse Raimondo tu n'es pas responsable de la disparition de ton enfant, bien sûr il s'est trouvé dans une situation où personne ne pouvait l'entendre et il est allé jusqu'au bout......... je sais bien ce que tu ressens, ma Sophie me manque tant on se dit que demain on ne sera plus là, qu'on ne pourra pas, et puis , jour après jour, on lutte, pour notre entourage qui nous aime tant je te souhaite tout plein de courage, on ne sait jamais où on peut le trouver, mais on en a une réserve, bien cachée je t'embrasse, et je te répondrai si tu le souhaites
Ecrit par : clairisa
__________________________________

merci pour cette supplique adressée à la famille...
mon Romain est parti il y a trois ans bientôt d'un maladie foudroyante à l'âge de 17 ans. ma mère m'a abandonnée le soir même du décès voulant tout diriger... qui souffrait, qui assisterait aux obsèques, qui allait m'entourer, qui passait à la maison, comment je m'habillais , comment je mangeais, alors je l'ai mise à la porte car c'était insupportable et là, toute la famille m'a lachée sur les dires de ma mère, après tout la mort d'un enfant c'est la vie il fallait que j'arrête mon "cinéma"... sans commentaire
j'ai fait bloc avec mes trois autres enfants, mes amis les vrais, avec mon compagnon ce fut l'horreur jusqu'à ce qu'il réalise que je ne vivais plus, mais survivais, je me suis sentie pelée
aujourd'hui, j'ai des personnes solides autour de moi, très aidantes, et les autres je m'en écarte
je ne respire plus comme avant, c'est fini, je vis pour mes enfants et pour qu'ils aillent bien je me force tous les matins d'paaller bien à l'extérieur
oui la vie continue mais si seulement les gens respectaient ce que l'on vit après le décès d'un enfant. le quotidien serait plus doux
courage à toutes ces mamans
ps : je suis certaine que nos enfants sont ailleurs, pas loin, en nous, partout

Ecrit par : brigitte | 15.01.2009

 

____________________ Réponse de Chloé, l'auteur de ce blog :

Brigitte, j'ai été très touchée de vous lire et de me rendre compte de cette situation que vous vivez, qui vous a arraché le coeur... et pourtant vous êtes là pour vos autres enfants, vous poursuivez votre route avec la conviction que votre fils n'est pas loin, vous arrivez à sortir et à remplir vos obligations quotidiennes. Vous êtes courageuse et je vous souhaite encore et toujours beaucoup de force, de la paix intérieure, de l'équilibre, de vous reposer aussi quand vous en ressentez le besoin, de penser à vous, de pleurer si vous en ressentez le besoin. Je vous embrasse. Sincèrement, Chloé

Ecrit par : L'auteur de ce blog | 16.01.2009


 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu