Avertir le modérateur

02/11/2008

Ne pas laisser tomber les parents dans le deuil. Quand un enfant échappe à la protection de ses parents et disparaît à jamais. Larmes et résilience.

Mn_18a.jpgUne rivière coule et c’est l’Isère. Une enfant est tombée dedans, une petite fille nommée Kaytlin. Cela s’est passé près de chez moi, il y a un an et demi, le 22 avril 2007. Elle avait deux ans et s’est noyée. Échappée de la surveillance de ses parents, parents endeuillés à qui je pense très fort. Que tous les sapins du bord de l’Isère s’illuminent de mille guirlandes de larmes d’aurore pour cette petite fille qui s’est envolée comme un papillon vers le grand ciel immense.Mn_44.jpg

Mn_25b.jpgLes enfants sont si rapides et l’épée de Damoclès tout d’un coup s’abat sur les parents, à l’annonce du décès ou de l’accident de leur fille ou de leur fils chéri. Un enfant qui s'échappe et se fait écraser par une voiture, une fillette qui tombe de vélo, un enfant mort dans la piscine, dans la baignoire, dans une voiture exposée au soleil... un petit passager qui n’est pas attaché correctement pendant que ses parents roulent.... une chaîne autour du coup qui étrangle l'enfant, une bouteille ouverte sur un produit détergent mortel, une fenêtre ouverte quelques minutes, l’enfant monte sur la chaise... C’est ensuite le trou noir, le précipice au creux des tripes pour le papa et la maman. L’enfant disparaît dans une boîte noire avec ses rires, ses pleurs, ses regards, ses calins, ses petits mots. On referme le cercueil ou l’urne et... la solidarité doit commencer. Ne pas laisser tomber les parents dans le deuil. Les appeler au téléphone régulièrement, même s’ils s’isolent, même s’ils repoussent le monde extérieur. Supporter leurs pleurs, leur tristesse, leur colère aussi, colère normale. Comprendre la culpabilité d'être survivant... Survivre à son enfant est quelque chose d'insurmontable au début et insupportable tout au long d'une vie de parent orphelin. Leur apporter réconfort et aussi parfois à manger, surtout au début. Les accompagner au cimetière ou dans l’évocation des souvenirs de l’enfant absent à jamais. Cet enfant n’est pas parti un mois, deux mois, il est parti à jamais. C’est la déchirure d’éternité, blessure à vie, ouverte à vif.Mn_19a.jpg

Mn_30a.jpgNe jamais oublier ces parents, ni occulter leur existence. Même si ça fait mal. Une partie d’eux est morte et il sont en bascule entre deux mondes. Chacune de leurs cellules souffre et leurs larmes sont nécessaires. Ne leur reprochez jamais de laisser couler la rivière du chagrin. De toute façon l’eau coule... et la source reste. Quand ma fille Océana est partie il y a onze ans, emportée par une encéphalite foudroyante, une amie bien intentionnée m’avait secouée en me disant : “Il ne faut pas que tu pleures. Cela n’est pas bon pour ton enfant. Elle ne se sent pas libre et ne peut se dégager pour poursuivre son chemin d’âme.” Je crois au contraire que les larmes sont positives et nécessaires et que l’enfant qui meurt le sait. Et puis, les larmes n’ont jamais retenu personne car elles appartiennent à celui ou celle qui les produit.

Mn_30-1.jpgJe crois aussi que le fait d'être aidé dans cette épreuve est essentiel, je veux dire aidé aussi par un thérapeute. Aidé par l'écoute, dans l'expression verbale de sa colère et de sa culpabilité de n'avoir pas pu sauver ou protéger son enfant. Quelquefois, des parents en deuil se retrouvent sans estime de soi, effondrés sur eux-mêmes, sans projets, sans amour, vides de sens. Les encourager doucement à avancer, à retrouver un sens à leur chemin en intégrant leur enfant au plus profond de leur coeur, au plus profond d'un amour infini, moteur de résilience. 

Chloé LAROCHE

Post-scriptum : Je vous invite à aller lire mon article : "Il était une fois un couple qui pleurait la mort de leur enfant. Pour tous les parents en deuil, orphelins de leur enfant disparu. Liste d'associations de soutien et d'écoute.")

 

___________________ SUPPLIQUE à notre famille, à nos amis.

1 an, 2 ans, 5 ans, 10 ans, 20 ans... nous séparent du départ de notre enfant et nous, parents en deuil, avons besoin des autres.
Nous aimerions rencontrer de la compréhension dans notre entourage ; nous avons besoin de soutien.

Voici, tirés de la lettre des Amis Compatissants du Québec, quelques-uns de nos souhaits :

  • Nous aimerions que vous n'ayez pas de réserve à prononcer le nom de notre enfant mort, à nous parler de lui. Il a vécu, il est important encore pour nous ; nous avons besoin d'entendre son nom et de parler de lui ; alors, ne détournez pas la conversation. Cela nous serait doux, cela nous ferait sentir sa mystérieuse présence.
  • Si nous sommes émus, que les larmes nous inondent le visage quand vous évoquez son souvenir, soyez sûr que ce n'est pas parce que vous nous avez blessés. C'est sa mort qui nous fait pleurer, il nous manque ! Merci à vous de nous avoir permis de pleurer, car, chaque fois, notre cœur guérit un peu plus.
  • Nous aimerions que vous n'essayiez pas d'oublier notre enfant, d'en effacer le souvenir chez vous en éliminant sa photo, ses dessins et autres cadeaux qu'il vous a faits. Pour nous ce serait le faire mourir une seconde fois.
  • Être parent en deuil n'est pas contagieux ; ne vous éloignez pas de nous.
  • Nous aimerions que vous sachiez que la perte d'un enfant est différente de toutes les autres pertes; c'est la pire des tragédies. Ne la comparez pas à la perte d'un parent, d'un conjoint ou d'un animal.
  • Ne comptez pas que dans un an nous serons guéris ; nous ne serons jamais, ni ex-mère, ni ex-père de notre enfant décédé, ni guéri. Nous apprendrons à survivre à sa mort et à revivre malgré ou avec son absence.
  • Nous aurons des hauts et des bas. Ne croyez pas trop vite que notre deuil est fini ou au contraire que nous avons besoin de soins psychiatriques.
  • Ne nous proposez ni médicaments ni alcool ; ce ne sont que des béquilles temporaires. Le seul moyen de traverser un deuil, c'est de le vivre. Il faut accepter de souffrir avant de guérir.
  • Nous espérons que vous admettrez nos réactions physiques dans le deuil. Peut-être allons-nous prendre ou perdre un peu de poids, dormir comme une marmotte ou devenir insomniaques. Le deuil rend vulnérable, sujet aux maladies et aux accidents.
  • Sachez, aussi, que tout ce que nous faisons et que vous trouvez un peu fou est tout à fait normal pendant un deuil ; la dépression, la colère, la culpabilité, la frustration, le désespoir et la remise en question des croyances et des valeurs fondamentales sont des étapes du deuil d'un enfant. Essayez de nous accepter dans l'état où nous sommes momentanément sans vous froisser.
  • Il est normal que la mort d'un enfant remette en question nos valeurs et nos croyances. Laisse-nous remettre notre religion en question et retrouver une nouvelle harmonie avec celle-ci sans nous culpabiliser.
  • Nous aimerions que vous compreniez que le deuil transforme une personne. Nous ne serons plus celle ou celui que nous étions avant la mort de notre enfant et nous ne le serons plus jamais. Si vous attendez que nous revenions comme avant vous serez toujours frustré. Nous devenons des personnes nouvelles avec de nouvelles valeurs, de nouveaux rêves, de nouvelles aspirations et de nouvelles croyances. Nous vous en prions, efforcez-vous de refaire connaissance avec nous ; peut-être nous apprécierez-vous de nouveau ?
  • Le jour anniversaire de la naissance notre enfant et celui de son décès sont très difficiles à vivre pour nous, de même que les autres fêtes et les vacances. Nous aimerions qu'en ces occasions vous puissiez nous dire que vous pensez aussi à notre enfant. Quand nous sommes tranquilles et réservés, sachez que souvent nous pensons à lui ; alors, ne vous efforcez pas de nous divertir.
___________________________________________

Commentaires

je me trouve dans cette situation, mon fils s'est suicidé le 9 juillet 2008, et depuis je suis seule au monde, malgré que je sois en couple (ce n'est pas le papa) ma soeur après m'avoir culpabilisée ne me parle plus alors que nous étions inséparable, j'ai 2 frères qui vivent leurs vie et ne s'occupent pas de moi et j'ai ma mère qui a changé, je suis au bord du précipice au secours, une maman au désespoir.

Ecrit par : raimondo | 03.11.2008

_____________________________________ Réponse de Clairisa :

reponse à Raimondo : ton témoignage me bouleverse Raimondo tu n'es pas responsable de la disparition de ton enfant, bien sûr il s'est trouvé dans une situation où personne ne pouvait l'entendre et il est allé jusqu'au bout......... je sais bien ce que tu ressens, ma Sophie me manque tant on se dit que demain on ne sera plus là, qu'on ne pourra pas, et puis , jour après jour, on lutte, pour notre entourage qui nous aime tant je te souhaite tout plein de courage, on ne sait jamais où on peut le trouver, mais on en a une réserve, bien cachée je t'embrasse, et je te répondrai si tu le souhaites
Ecrit par : clairisa
__________________________________

merci pour cette supplique adressée à la famille...
mon Romain est parti il y a trois ans bientôt d'un maladie foudroyante à l'âge de 17 ans. ma mère m'a abandonnée le soir même du décès voulant tout diriger... qui souffrait, qui assisterait aux obsèques, qui allait m'entourer, qui passait à la maison, comment je m'habillais , comment je mangeais, alors je l'ai mise à la porte car c'était insupportable et là, toute la famille m'a lachée sur les dires de ma mère, après tout la mort d'un enfant c'est la vie il fallait que j'arrête mon "cinéma"... sans commentaire
j'ai fait bloc avec mes trois autres enfants, mes amis les vrais, avec mon compagnon ce fut l'horreur jusqu'à ce qu'il réalise que je ne vivais plus, mais survivais, je me suis sentie pelée
aujourd'hui, j'ai des personnes solides autour de moi, très aidantes, et les autres je m'en écarte
je ne respire plus comme avant, c'est fini, je vis pour mes enfants et pour qu'ils aillent bien je me force tous les matins d'paaller bien à l'extérieur
oui la vie continue mais si seulement les gens respectaient ce que l'on vit après le décès d'un enfant. le quotidien serait plus doux
courage à toutes ces mamans
ps : je suis certaine que nos enfants sont ailleurs, pas loin, en nous, partout

Ecrit par : brigitte | 15.01.2009

 

____________________ Réponse de Chloé, l'auteur de ce blog :

Brigitte, j'ai été très touchée de vous lire et de me rendre compte de cette situation que vous vivez, qui vous a arraché le coeur... et pourtant vous êtes là pour vos autres enfants, vous poursuivez votre route avec la conviction que votre fils n'est pas loin, vous arrivez à sortir et à remplir vos obligations quotidiennes. Vous êtes courageuse et je vous souhaite encore et toujours beaucoup de force, de la paix intérieure, de l'équilibre, de vous reposer aussi quand vous en ressentez le besoin, de penser à vous, de pleurer si vous en ressentez le besoin. Je vous embrasse. Sincèrement, Chloé

Ecrit par : L'auteur de ce blog | 16.01.2009


03/06/2008

Des enfants arrachés à la vie. Leurs parents pleurent. Dédié par Chloé aux parents des enfants accidentés en Haute-Savoie et à tous les parents en deuil. À toi qui est désespéré et qui pense au suicide.

1927365718.jpg

Ce soir, je pense aux parents des sept enfants décédés hier en Haute-Savoie, tués dans un car percuté par un train. Je leur envoie toutes mes pensées et ma compassion. Mon coeur de maman orpheline sait l’enfer qui s’est emparé de la vie de ces familles et combien l’horreur de la déchirure est incommensurable. Six cercueils étaient rangés aujourd’hui en étoile dans la chapelle ardente et les étoiles pleurent des larmes de sang. Ces enfants ne rieront plus et n’embrasseront plus leurs parents. Ceux-ci sont privés à jamais de la tendresse et de l’affection partagées avec leur enfant. Ils devront vivre avec cette croix portée, ce grand vide au fond des tripes, et apprendre à avancer malgré tout et à vivre encore et encore... dans la survivance des parents orphelins.

2022285199.jpg

Je pense ce soir aussi aux six enfants décédés dans le drame du Drac en Isère ainsi qu’aux familles de ces noyés de sept ans. J’étais allée dans leur classe avec mon violon, après le drame du 4 décembre 1995, pour amener par la musique du baume et des sourires, mais c’est difficile pour les survivants de se dire qu'on est toujours là et pas les autres. C'est si difficile pour l'enfant qui a tenté d’aider son camarade en lui tendant la main... de l’avoir vu se noyer et s'éloigner à jamais. J’ai malgré tout trouvé, quelques semaines après le drame, des enfants courageux et tirés vers le haut par la vie qui continue. Les enfants ont l'énergie de se battre pour survivre au pire et pour apprendre la résilience de savoir avancer avec les peines et les larmes intérieures.

La vie a basculé pour des dizaines de familles, pour des centaines de familles dans le monde, pour des milliers... qui ont perdu un enfant. Que leurs proches soient près de ces personnes.


Chloé



DES PARENTS PLEURENT_________________________


Dédié aux parents qui ont perdu leur enfant, aux parents du groupe de soutien “Aurore”, de “Jonathan-Pierres Vivantes”, d'Écoute Deuil” de Grenoble, de “l’Espérance Stella” ainsi que de l'association “Noël”.


Je connais une mère qui pleure
Elle va au cimetière sur une tombe
Une partie d’elle-même est là
Ensevelie sous la terre
Et cette mère pleure

Je connais un père qui souffre
Il vit la déchirure de la mort
Certains lui disent que son enfant
Sa fille est partie là-bas
Et qu’il ne faut pas verser de larmes

Je connais leur déchirure
Le sentiment d’être amputée
D’être vide au coeur du ventre
Révoltée au fond des tripes
Envie parfois de tout recommencer

Je connais leur cauchemar
L’impression de vivre un rêve
Une illusion terrible de laquelle
Va revenir notre enfant chéri
La mort est définitive dans l’absence

Je connais une mère qui rit
Mais qui s’en veut de pouvoir encore
Produire des sons de joie insolents
Devant le drame quotidien qu’elle vit
Dans ses cellules écartelées

Je connais un père qui travaille
Mais les images de sa fille le hantent
Il s’accroche à la vie comme à la falaise
En demandant aux anges de le tenir
Assez fermement pour ne pas sombrer

Je connais un athlète handicapé
Il s’appelle Riad et se bat pour le sport
Comme nous il est amputé à vie
Chez les parents orphelins ça ne se voit pas
Mais le handicap coule dans nos veines

Je connais Aristide et Béatrice
Couple d’handicapés qui donne l’espoir
Ils se sont rencontrés dans l’eau
Ils ont eu des enfants et s’aiment
Elle nage et croit à son meilleur

Je connais un chanteur aveugle
Il s’appelle Gilbert et rayonne
Il me donne l’envie de vivre
Malgré le choc du deuil enraciné
Je poursuis ce que tu m’as donné

Ce que tu m’as donné, ma fille
C’est la vie qui s’ouvre sur l’inconnu
C’est le don d’être maman à jamais entre Ciel et Terre
C’est ton rire qui résonne toujours en moi
Et tes bras autour de mon cou qui vivent à jamais

Ce que vous me donnez
À vous qui vous battez
Pour l’handisport
C’est la fureur de vie
Où nous nous retrouvons

Ce que les parents orphelins
Apportent aux autres
C’est la constance intérieure
De ceux qui s’accrochent
Désespérément

Ne leur dites jamais de ne pas pleurer
Personne ne dit à un handicapé qu’il ne l’est pas
Son fauteuil se voit
Pas la tombe de notre enfant
Ni l’urne qui dort dans sa chambre

Ce que toi tu peux faire
C’est nous parler des arbres
De la terre et des roses
Du silence où les mots chantent
De sa vie dans la nôtre


----------------------------------------------------------------------------------


PLAIDOYER POUR TOI QUI EN AS MARRE___________
à toi qui souffres tant que tu as des idées noires



Je pense que nombre de personnes qui cherchent à se suicider ne veulent pas mourir, mais seulement se reposer... reposer dans la paix. La vie les fatigue et ils ont besoin de calme, de paix, de repos total. Alors ils fuient et mettent leur âme au “repos”.

Au lieu de cela, au lieu de chercher à mourir, ils devraient partir. Partir un jour, deux jours. Car partir, c’est mourir un peu. Partir, c’est reposer sa vie, son esprit, changer de cadre, avoir une optique différente sur soi, sur les autres.

Au lieu de chercher à mourir, ils devraient écrire, car écrire, c’est déposer sur le papier le poids de la vie. Ils pourraient alors prendre une feuille et tout dire. Tout jeter. Tout balancer en mots. Se décharger de tout. Et puis placer cette feuille emplie de maux dans un récipient empli d’eau. Admirer ensuite l’encre qui s’en va lentement, en diluant la souffrance.

Les mots se défont, entraînant les maux dans l’eau de la vie. L’eau est mémoire et elle se souvient. Les scientifiques eux-mêmes ont découvert cela. L’eau est une amie à qui on peut tout confier, tout dire sans jamais parler à personne de ses secrets et de ses souffrances. L’eau gardera à jamais nos secrets tout en nous aidant peut-être par là même à trouver une solution secrète à nos aspirations profondes.

Je me souviens d’un couple qui ayant perdu leur enfant construisait chaque année pour son anniversaire un bateau en papier avec mille mots d’amour écrits dessus et des petits coeurs dessinés avec tendresse. Ils emmenaient ce bateau sur un cours d’eau et le regardaient partir sur la rivière vers leur petit ange.

Bien sûr, il y aura toujours des gens bien-pensants pour dire qu’ils sont fous, mais les gens bien-pensants ont souvent peur en eux-même des forces de la vie, de la nature et de l’amour.

Si tout était lisse comme un lac sans vague dans le coeur humain, il n’y aurait plus rien à dire, plus rien à penser ni à panser ? Nous serions tous des bien-pensants, avec des vies plates, bien rangées, bien casées, bien identiques. Nous jouerions tous la même note... Il n’y aurait plus d’harmonie, plus de révolutions, plus d’évolutions et la symphonie s’effondrerait.


---------------------------------------------------------------------------------------




________RÉALITÉ POSTHUME_________________ Je dédie ce poème à Chantal Favet, qui s’est jetée dans l’Isère durant l’été 1996, et à feu Philippe Réal, que j’étais allée voir à l’hôpital après sa première tentative de suicide





Lorsque Dalida s’est tuée
J’ai pleuré
Car j’ai vu un cygne s’envoler
Le coeur plein de larmes
Vers un Au-delà bouleversé
Tremblement de terre
Des roses piquées dans leurs pétales


Lorsque Bérégovoy s’est tué
Elle a pleuré
Et sur ses joues ridées
J’ai vu les larmes
Se changer en mouettes
Ma Grand-mère portait le voile
Des bateaux déshonorés


Lorsque Philippe s’est tué
Nous nous sommes tus
La réalité assassine
Lorsque les rêves sont trop forts
Oui jusqu’au bout de mes prières
Je serai près de toi, de vous
Jusqu’à la rive dernière


Mais je vous en supplie
Empêchez-les de vous rejoindre
Ceux qui veulent mourir
Dites-leur qu’il n’y a pas de place
Sur l’arbre mort des vies perdues
Dites-leur que les plus belles fleurs
Poussent sur le chemin de la vie présente


Dites-leur les souffrances
Du barrage construit
Sur une rivière en crue
Flux de larmes trop abondantes
Dites-leur que la solution
N’est pas de couper l’arbre
Mais de sauver les branches


Oh dites-leur le soleil explosé
Des cellules de vos corps
Écartelés de regrets
Devant les sentiers possibles
De l’avenir caché
Dites-leur l’espoir des inconnues
Solutions d’une équation sacrée


Surtout dites-leur
Que la fuite est terrible
Pour ceux qui restent
Impuissants d’amour
Devant l’acte définitif
Dites-leur qu’on revient toujours
Là où on s’est brisé le tronc


Oui dites-le leur... que
l’heure n’est pas encore venue
pour eux.


Chloé Laroche


(Ces poèmes sont extraits de mon ouvrage :
“Soleil d’amour Soleil de colère”, livre épuisé aujourd’hui).

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu