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25/10/2017

Je témoigne en tant que femme face au cancer du sein : annonce de la maladie, traitements, cheveux, ongles, douleurs, fatigue, peau, moral, partage de contacts... et tout le reste.

Bonjour à tous et toutes,cancer,sein,opération,témoignage,cheveux,coiffure,foulard,perruque,taxol,herceptine,hormonothérapie,ligue contre le cancer,soutien,ongle,vernis,perte cheveux,chimiothérapie,lymphocèle,couple,amour,mammographie,irm,biopsie,annonce,maladie,médecin,dransart,senellart,psy,impatientes,forum,cancer sein,her2,contact,parole,écoute,douleur,tramadol,codeine,léon berard,urgences,corps,transformation,épreuve,livre,picc line,cathéter,infection,soins de suite,récidive,oncologue,chirurgien,

 

J'ai passé une mammographie de contrôle fin mars 2017, puis aussitôt une échographie et enfin, devant ces premiers résultats plutôt angoissants, un IRM a été demandé. Là, entre deux portes, la médecin du lieu m'a annoncé que c'était un cancer.

Cela a été rapide mais j'ai préféré cette annonce directe et spontanée que la suite, avec l'attente interminable et angoissante des résultats de la biopsie.

Ces résultats de biopsie ne sont donnés que par le médecin généraliste et donc il a suffi d'un pont de congé pour que cela prenne des proportions d'attente plutôt angoissantes. Le cabinet de mon médecin absent pour le pont a été assez intelligent pour accepter de me parler au téléphone. Je les remercie de cette attention.

Bon, mais les résultats ne furent hélas pas bons du tout, puisqu'on m'a détecté un cancer du sein HER 2 positif, assez profond et virulent.

Lorsque j'ai reçu la nouvelle définitive, j'ai vu le monde s'effondrer en moi, avec cette sensation de la mort qui ne rôde pas loin. Ma mère avait eu cette saleté et était décédée cinq ans plus tôt. Il a été difficile aussi de l'annoncer à mon fils de douze ans qui avait déjà perdu son père d'un cancer en 2008, à l'âge de trois ans.

En tout cas, l'annonce du cancer marque le début d'une course pour la vie, dans laquelle je me suis investie corps et âme.cancer,sein,opération,témoignage,cheveux,coiffure,foulard,perruque,taxol,herceptine,hormonothérapie,ligue contre le cancer,soutien,ongle,vernis,perte cheveux,chimiothérapie,lymphocèle,couple,amour,mammographie,irm,biopsie,annonce,maladie,médecin,dransart,senellart,psy,impatientes,forum,cancer sein,her2,contact,parole,écoute,douleur,tramadol,codeine,léon berard,urgences,corps,transformation,épreuve,livre,picc line,cathéter,infection,soins de suite,récidive,oncologue,chirurgien,

Au final et très vite, j'ai été prise en charge au Centre Léon Bérard à Lyon, avec une décision d'opération en mastectomie, c'est-à-dire une ablation totale du sein.

Un mois après l'opération, l'équipe de médecins a décidé au vu des résultats sur prélèvements qu'il y aurait douze séances de Taxol en Chimiothérapie, une par semaine, avec le produit ciblé Herceptine une fois toute les trois semaines, plus un comprimé par jour d'Hormonothérapie sur cinq ans.

L'oncologue m'a dit que vingt ans plus tôt sans Herceptine, je n'aurais pas eu les mêmes chances de survivre. L'Hormothérapie donne cinquante pour cent de chances de ne pas récidiver. Cependant, quarante pour cent des femmes abandonnent en cours de traitement.

C'est pour cela qu'aujourd'hui, des soutiens se mettent en place de plus en plus pour soutenir ces femmes durant ces cinq années longues, face à la lassitude et aux effets secondaires.

Personnellement, dès mes deux jours d'hospitalisation pour la mastectomie, je me suis inscrite sur le site et forums des Impatientes car je me sentais très seule et terrifiée face à cette amputation. Ce sont des femmes qui discutent et échangent sur ce qu'elles traversent avant, pendant et après leur cancer.

www.lesimpatientes.com

Ce site et ces forums sont un soutien inestimable, plus l'accompagnement d'un psy, psychologue ou psychiatre... que vous pouvez consulter dès l'annonce de votre cancer. J'ai fait cette démarche de suivi et depuis, je vois ma thérapeute chaque semaine. Les bénéfices de ces consultations sur moi sont : baisse des angoisses, sérénité, acceptation, relativité, prise de distance, positivité gardée ou retrouvée, gestion de  sa maladie, avec aussi gestion du reste de sa vie et de son rôle  de maman, rassurance par le fait que l'on se sent compris et accepté.cancer,sein,opération,témoignage,cheveux,coiffure,foulard,perruque,taxol,herceptine,hormonothérapie,ligue contre le cancer,soutien,ongle,vernis,perte cheveux,chimiothérapie,lymphocèle,couple,amour,mammographie,irm,biopsie,annonce,maladie,médecin,dransart,senellart,psy,impatientes,forum,cancer sein,her2,contact,parole,écoute,douleur,tramadol,codeine,léon berard,urgences,corps,transformation,épreuve,livre,picc line,cathéter,infection,soins de suite,récidive,oncologue,chirurgien,

J'ai pris aussi rapidement un rendez-vous avec le Docteur Dransart qui est un excellent homéopathe sur Grenoble et qui a écrit de nombreux ouvrages sur la maladie et le cancer. J'ai pris de plus contact avec le Docteur Senellard à Gières car il est d'une grande écoute et très pertinent dans ses conseils, avec une aide en acupuncture, hypnose et aussi médecine générale avec homéopathie. Tout cela m'a beaucoup aidée et accompagnée et je les remercie pour tout cela.

Ils m'ont aidée pour tous les effets secondaires de la chimiothérapie ainsi que pour l'opération, pour le moral, pour les douleurs à l'estomac, pour la fatigue, pour les fourmillements dans les membres, pour les douleurs articulaires, pour les insomnies, pour les aphtes. Les Urgences m'ont aussi aidée lorsqu'au début du Taxol, des coups violents dans les jambes ont démarré, comme si on me cassait les tibias. De la codéine a été donnée. Le Tramadol prescrit après l'opération pour supporter les douleurs de la cicatrice ne suffisait pas.

Le Centre Léon Bérard a un service de suite qui m'a aussi accueillie en cours de chimiothérapie pour me refaire le Picc Line (le cathéter mis en place pour injecter les produits), car ils suspectaient une petite infection à l'entrée du Picc. Le Picc est un cathéter central qui entre dans le bras et est introduit sous anesthésie locale jusque vers le coeur dans la veine. Il y reste tout le temps du traitement. Il faut beaucoup le surveiller et aussi le désinfecter car il y a de grands risques pour le patient. L'équipe de Léon Bérard a été formidable et m'a beaucoup rassurée, ainsi que les infirmières passant à domicile depuis mon opération pour les pansements et la désinfection du Picc Line.cancer,sein,opération,témoignage,cheveux,coiffure,foulard,perruque,taxol,herceptine,hormonothérapie,ligue contre le cancer,soutien,ongle,vernis,perte cheveux,chimiothérapie,lymphocèle,couple,amour,mammographie,irm,biopsie,annonce,maladie,médecin,dransart,senellart,psy,impatientes,forum,cancer sein,her2,contact,parole,écoute,douleur,tramadol,codeine,léon berard,urgences,corps,transformation,épreuve,livre,picc line,cathéter,infection,soins de suite,récidive,oncologue,chirurgien,

Depuis le diagnostic et l'opération, j'ai beaucoup lu de témoignages de femmes ainsi que de livres expliquant le cancer. Les brochures données par la Ligue contre le Cancer sont très utiles aussi, sur différents sujets. Des antennes existent dans chaque ville. Beaucoup d'associations existent aussi.

Je partage à la fin de cet article de nombreux contacts sélectionnés pour vous et des références pouvant vous aider.

J'ai moi-même écrit un livre sur le couple traversant le cancer. Je le distribue gratuitement dans les Centres d'information et de soins contre le Cancer, grâce à l'achat du livre par de nombreux lecteurs et grâce aux dons de ceux qui souhaitent soutenir mon action de partage.

 

LIEN de commande de ce livre :

 

https://autres-talents.fr/collections/autres/il-en-ailes-elle-en-ile--2-5-0-4553.html

 

Article : http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2017/10/05/mon-livre-sur-le-couple-traversant-l-epreuve-du-cancer-sort-cette-semaine-j.html

 

J'ai suivi dès le début du traitement de chimiothérapie les conseils des couches de vernis durcissant plus sombre sur les ongles, afin d'éviter l'effritement et la perte des ongles, ainsi que l'avis de raccourcir ma longue chevelure petit à petit, pour habituer mon entourage au fait de la perdre définitivement et pour m'habituer moi-même. cancer,sein,opération,témoignage,cheveux,coiffure,foulard,perruque,taxol,herceptine,hormonothérapie,ligue contre le cancer,soutien,ongle,vernis,perte cheveux,chimiothérapie,lymphocèle,couple,amour,mammographie,irm,biopsie,annonce,maladie,médecin,dransart,senellart,psy,impatientes,forum,cancer sein,her2,contact,parole,écoute,douleur,tramadol,codeine,léon berard,urgences,corps,transformation,épreuve,livre,picc line,cathéter,infection,soins de suite,récidive,oncologue,chirurgien,

Je n'ai pas voulu contribuer au trou de la Sécu en achetant une perruque, alors j'ai appris à nouer des foulards, comme expliqué sur ces liens :

 

https://www.pinterest.fr/lesfoulards/foulard-pour-chimio/

 

https://www.pinterest.fr/pin/513480794994775673/

 

Au fur et à mesure de mon article, vous voyez ma transformation avec les photos. J'ai toujours essayé de garder ma féminité pour mon moral et celui de ma famille, en me maquillant et en m'habillant avec soins, en gardant mes boucles d'oreilles et mes bijoux aussi.

C'est rassurant pour l'entourage de voir que nous nous battons même là-dessus, devant un moral fortement en baisse assez souvent. 

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Cela fait cinq mois que j'ai été opérée. Je souffre toujours d'un lymphocèle, malgré l'aide d'une kiné deux fois par semaine sur la cicatrice et le bras droit. Durant un mois après l'opération, on m'a fait des ponctions de la lymphe puis cela a été arrêté. Aujourd'hui, je cherche des solutions pour me soulager et arrêter cette collection de lymphe qui me gêne beaucoup.

Je vous souhaite beaucoup de courage dans cette épreuve du cancer qui transforme tellement le corps... ou pour le proche pour lequel, pour laquelle, vous lisez mon article.

Si vous avez la moindre question sur laquelle je peux vous aider, n'hésitez pas à m'écrire sur : ac.laroche38@gmail.com

N'oubliez pas de consulter ci-dessous, après la photo du turban, tous les contacts et références que j'ai récoltés pour vous, avec des associations, numéro d'écoute et ouvrages précieux.

 

Chloé Laroche

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OUVRAGES, TÉLÉPHONES, REVUES, FORUMS,

CONTACTS ET ASSOCIATIONS
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-Numéro « Écoute Cancer Soutien »,

créé par la Ligue contre le Cancer : service d’écoute et de soutien psychologique.

 

Des psychologues cliniciens vous proposent une écoute ponctuelle, attentive et active. Vous pouvez contacter ce service du lundi au vendredi de 9 heures à 19 heures, en composant le

n° 0 800 940 939

puis tapez 1.

 

Mais ci-dessous, vous trouverez aussi deux autres services :

AIDEA et la Permanence juridique.

Ainsi, après avoir composé le 0 800 940 939 (service et appel gratuits)
   

-Tapez 1 pour : Ecoute et soutien psychologique
    -Tapez 2 pour : AIDEA / Accompagnement à l'assurance emprunteur
    -Tapez 3 pour : Permanence Juridique

Accessible à tous, ce service téléphonique offre :
    

1-une écoute confidentielle et anonyme assurée par des psychologues ;
     2-un accès au service Aidéa : des conseillers techniques accompagnent les personnes malades dans leur demande de prêt dans le respect de la convention Aeras (S’assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé).
  3-une permanence juridique où des avocats volontaires du barreau de Paris apportent des conseils juridiques adaptés aux difficultés rencontrées par les appelants.

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FORUMS, revues ET SITE

 

www.lesimpatientes.com :

 www.lesimpatientes.com/forums-cancer-sein :

 

Les forums et le site des Impatientes permet aux femmes atteintes par le cancer du sein de discuter et d'échanger sur de nombreux thèmes.

 

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La revue « VIVRE / LE MAGAZINE CONTRE LE CANCER », offerte par la Ligue contre le Cancer :

on peut s’y abonner pour cinq euros par an ou le télécharger sur : www.ligue-cancer.net

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La revue "ROSE MAGAZINE", journal semestriel gratuit, est la publication de l’association de patientes ROSE.

C’est LE magazine féminin du cancer.

On peut adhérer pour les soutenir et recevoir le magazine en envoyant 20 euros à : Rose Magazine, chez Bayard PRESSE, 18 rue Barbès - 92128 Montrouge Cedex // www.rosemagazine.fr

 

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LIVRES :

 

- « Anticancer du sein, prévenir et accompagner » du Docteur Arnal-Morvan et Martine Laganier, aux éditions Eyrolles.

- « LE NÉNUPHAR, Carnet de route avec un cancer », de Chloé RENAULT, éditions Marabout.

- « Mieux vivre son cancer du sein, le cahier d’exercices », par Stéphanie Honoré et son équipe (le cahier qui vous veut du bien).

- « Cancer du sein » (témoignage) de Stéphanie HONORÉ.

- « Renaître à la vie pour guérir d'un cancer » du Docteur Philippe DRANSART, aux éditions du Mercure Dauphinois. Voici son site aux nombreux ouvrages dont : « La guérison, une traversée… » : www.philippe-dransart.com. Ce médecin exerce à Grenoble et se dévoue auprès de ses nombreux patients afin de soulager leurs maux.

- «  Cancer du sein / Entre raison et sentiments » du Dr DOMINIQUE GROS.

- « J’ai un cancer du sein… et après » de Pascal Bonnier et Florian Launette.
C'est un livre de témoignages. Un livre qui dévoile les cancers du sein. Un livre qui raconte les cancers du sein de femmes atteintes et de femmes guéries. Comme jamais. C'est un livre qui montre les cicatrices, l'ablation, les reconstructions. Et le visage de ces femmes, leur offrande, l'espoir et la réalité de la vie qui se poursuit, de la vie encore plus belle.

- « Le cancer du sein : Des femmes témoignent », par les Docteurs CUZIN et GÉNOT. Ce livre donne la parole aux femmes atteintes d'un cancer du sein. Simples et directes, elles racontent un moment de leur vie, leur lutte contre la maladie, avec des mots du quotidien. Elles expriment sans tabou leurs émotions et leurs peurs, leurs questions sur la vie et son sens. Cette épreuve a fait jaillir en elles une force qui a modifié leur façon de voir la vie. Avec ce livre, notre vision sur le cancer du sein évolue. Ces témoignages montrent avec force que le cancer du sein peut se guérir, que vivre avec cette maladie est aujourd'hui possible. Ces paroles de femmes sont des messages d'espoir.

- « Un dessein animé », de Catrine Rouzly, éd. edilivre.com

- « Mon crabe et moi », d’Annick Lagrais, www.titanik.fr

- « Une traversée fragile », de Nathalie Feugueray, éd. edilivre.com

- « Ma victoire sur le cancer du sein, une saison de ma vie », de Christiane Landry, éd. Béliveau

- « Dans la Vallée des larmes », de Patrick Autréaux, éd. Gallimard
« Hors de moi », de Claire Marin, éd. Allia

-  Lien concernant le cancer de la prostate sur les ouvrages existants : http://homme-prostate.fr/livres_prostate.html

 

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ASSOCIATIONS :

 

« VIVRE, un autre regard sur le cancer » :

 

Groupe de parole à Grenoble : premier mardi du mois à 14 h.

Contact : 06 95 42 79 45

 

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« AGARO » :

 

47 rue Lachmann - 38000 Grenoble
TÉl : 06 12 17 27 11  / 06 46 85 14 82

Contact@agaro.org —————— www.agaro.org

Association grenobloise d’aide et de recherche en Oncologie.
  

-Développement de la recherche médicale clinique et scientifique en Cancérologie. Ces actions sont soutenues par des professionnels de santé et une attachée de recherche clinique (ARC).
 

-Soutien aux patients atteints de cancer en leur proposant des thérapeutiques non médicamenteuses complémentaires pendant et/ou après les traitements du cancer.

 

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« EUROPA DONNA » - Forum France :

 

Coalition Européenne contre le cancer du sein.

Objectif : Améliorer et encourager le dépistage, les traitements, la qualité des soins, soutenir la recherche sur le cancer du sein, l’information, le soutien psychologique et social.

14, rue Corvisart / 75013 PARIS // Tél. 01.53.55.25.18  
Site : www.europadonna.org

——— Contact à LYON : Elisabeth Marnier au 06 81 26 90 14
Mail : delegation.lyon@europadonna.fr
Site web : http://www.europadonna.fr/

 

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« VIVRE COMME AVANT » :

 

- Écoute, soutien moral pour les personnes opérées d'un cancer du sein et surtout pour celles qui ont subi une ablation du sein :

14 rue Corvisart / 75013 PARIS // Tél. 01.53.55.25.26

Site web : www.vivrecommeavant.fr

—Pour plus d’information sur Lyon : Mme Jacomy au 04 72 98 86 01—-

 

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"LA VIE AUTOUR" :

 


La Vie Autour est un guide intéractif des soins oncologiques de support pour que tous les patients puissent mieux vivre leur cancer au quotidien. Cette plateforme vous permet de voir en un clin d'oeil les différentes associations proches de vous. Une mine d'informations très utile pour être accompagné !

Site web : https://www.lavieautour.fr/

 

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« CANCER DU SEIN, RESTER FEMME, VIVRE BIEN » :

 

Maison des Associations / 67, rue St François de Sales / 73000 Chambéry / Tél : 04 79 33 95 77

Sophrologie, atelier ludique d'écriture, soins esthétiques et bien-être, relation d'aide et d’écoute, partages, actions locales pour Octobre Rose, marche/course Odysséa, soutien, chaleur humaine.

 

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« LOURDES CANCER ESPÉRANCE » :

Solidarité, service, partage, dialogue, visites aux malades, chaîne d'amitié. Pèlerinages annuels organisés grâce à des bénévoles.

Site : lourdescanceresperance.fr / TÉL : 05 62 42 11 91
À Lyon : 04 78 68 89 70 ——

 

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"LA MAISON DE LA VIE" :

 

Vous propose de passer une semaine durant votre rémission et après vos traitements, dans un château avec d’autres personnes, pour un formidable programme, afin de se donner le temps de la reconstruction.

www.maisondelavie.fr

 

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PHILIPPE :

 

Soulage, guéri, embelli la vie, remise en place sans toucher.

À Ozan (01 190), route de Chevroux, dans l’Ain, reçoit sans rendez-vous :

les samedis entre 9 h et 11 h, les lundis de 14 h à 17 h et les mercredis de 14 h à 17 h.

 

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« Des sommets pour Rebondir » :

 

Des femmes, des montagnes, des projets, de la solidarité, du bien être, du plaisir.

« Des sommets pour Rebondir a pour vocation de permettre à des femmes confrontées au cancer d’accéder à des activités de montagne, en privilégiant la convivialité et la solidarité. »

www.dessommetspourrebondir.com  

Email : desssommetspourrebondir@gmail.com

 

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« InPACT / Intermédiation pour des Projets d’Activités  :

Cancer et Travail » :

 

S’adresse en Rhône-Alpes aux personnes de plus de seize ans atteintes ou ayant été atteintes d’un cancer, volontaires pour travailler à leur propre plan d’action de maintien ou de retour à l’emploi.

Contact : coaction38@gmail.com / Tél : 06 95 73 69 74

 

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LES ESPACES DE RENCONTRES ET D’INFORMATION (ERI) :

 

Au nombre de 35 en France, c’est un espace où l’on peut se poser et échanger avec une animatrice, y trouver bientôt cet ouvrage, des livres et de nombreuses documentations sur les soins, sur l’esthétique durant le cancer, les perruques et foulards, les associations d’accompagnement, sur la sexualité pour l’homme et la femme, etc.

 

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"LES AMIS DU NÉNUPHAR" :

 

Association de soutien pour la diffusion gratuite du livre de Chloé Renault : « Le Nénuphar, carnet de route avec un cancer » et pour la création d’espaces accueillants d’échange autour du cancer et du rôle de l’entourage.

SITE : www.lesamisdunenuphar.fr

Pour le livre : www.lenenuphar.fr

 

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« TRIBU CANCER » :

 

www.maildenuit.com ou www.tribucancer.org

 

Soutien psychologique par email de nuit avec des professionnels à l’écoute pour les malades du cancer et leurs proches. Faire une demande par mail à : maildenuit@tribucancer.org. Permanence de nuit entre 21 heures et minuit.

 

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« ÉTINCELLE, RESTER FEMME AVEC UN CANCER » :


On y trouve gratuitement les services d’un nutritionniste, d’une esthéticienne, d’un psychologue, etc.

Association installée dans le centre de santé d’Issy-les-Moulineaux. Des antennes ont ouvert en Languedoc-Roussillon et Basse-Normandie.

www.etincelle.asso.fr

Tél. Région parisienne : 01 44 30 03 03
Tél. Languedoc-Roussillon : 04 67 58 94 23
Tél. Basse-Normandie : 02 31 34 97 92

16/07/2013

Du transport des enfants et mineurs en ambulance et de la responsabilité des chauffeurs. Mon témoignage véridique sur la profession d'ambulancier et la déontologie de ce métier passionnant.

Bonjour à tous,


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En fait, on nous confie des enfants, c'est vrai ; des enfants handicapés, handicapés physiques ou mentaux, des jeunes atteints de graves maladies, des enfants allant en Centres Médico- Psychologique ou en rééducation d'orthophonie ou de kinésithérapie.

J'en ai souvent transporté et j'en transporte encore. C'est parce qu'on nous fait confiance, en tant qu'ambulanciers et professionnels de l'accompagnement routier médical. Les parents, les établissements hospitaliers, les patrons nous font confiance.

Nous devons effectivement être à la hauteur de cette confiance puisque nous devenons un adulte responsable de l'enfant qu'on nous confie, que ce soit au niveau de la sécurité routière, de la bonne mise de la ceinture de sécurité et du fait de protéger l'enfant lorsqu'il entre et descend du véhicule.ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,

Nous sommes aussi responsables de l'enfant qui peut nous confier des secrets, secret de famille ou confidences de coeur lourd. Nous avons le devoir de le soutenir et de l'écouter, voire de signaler des faits graves le concernant... auprès des autorités judiciaires, médicales et administratives, selon l'article226-14 du code pénal - article 44 du code de déontologie médicale. Les faits peuvent englober toute maltraitance, tout abus sexuel, toute cruauté mentale, toute négligence ayant des conséquences préjudiciables à l'enfant pour sa santé et son développement physique et psychique.ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,sécurité routière,maîtrise,contrôle,rôle,autorité,devoirs,justice

Et puis, parfois l'enfant ne parle pas, ce qu'il convient aussi de respecter.

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Il faut savoir que des ambulanciers ont pu, en transportant des enfants handicapés mentaux, s'en occuper avec bien peu de considération ou de respect, pensant que ces enfants ne parlent pas ou sont diminués intellectuellement et émotionnellement. Ils ont pu leur hurler dessus par rapport à leur comportement mais c'est totalement contraire à la déontologie de notre métier. J'ai été témoin occasionnellement du mauvais comportement de collègues, bien que ce soit un fait rare, mais pas exceptionnel. Il n'y a pas que des personnes exemplaires dans notre profession, et parfois, des ambulanciers n'ont aucun coeur et font ce métier par obligation et nécessité de manger.ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,

Comme il y a un grand turn-over dans le métier et que seuls ceux qui ont vraiment la vocation arrivent à rester... pensons qu'un certain nombre de chauffeurs ambulanciers peuvent manquer de patience et parfois de conscience professionnelle. C'est un métier où nous faisons aussi beaucoup d'heures, alors certains peuvent faire passer leur stress de conduite et de route sur les patients transportés et donc sur les enfants.

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Je me souviens aussi d'une jeune autiste de treize ans que je transportais et qui donnait de grands coups sur le tableau avant de la voiture et dans la portière. Il fallait que je lui parle pour la rassurer et ma voix l'apaisait... Tout cela en conduisant et en assurant la sécurité !ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,sécurité routière,maîtrise,contrôle,rôle,autorité,devoirs,justice

Une collègue m'avait confié que cette jeune s'était enfuie une fois de la voiture sur un pont. Elle avait dû lui courir après, laissant le véhicule. Ce dernier ne fermait pas de l'intérieur et lorsque ma collègue en a parlé au patron que j'avais alors... il lui a répondu qu'elle n'avait qu'à se débrouiller et que ce n'était pas son problème, en tant que patron !!!

J'ai aussi transporté un jeune paraplégique adolescent dont je mettais le fauteuil dans le coffre. Il commençait à avoir des besoins sexuels et me mettait à chaque fois la main sur la cuisse, alors que je conduisais. Il essayait de me caresser. Je lui expliquais à chaque fois que non, il ne fallait pas faire cela, que c'était interdit. ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,

Un jour, une collègue d'une boîte qui n'existe plus, est arrivée en pleurant. Un patient s'était masturbé à côté d'elle, sans qu'elle n'ait pu rien faire ni l'empêcher. Elle en était traumatisée. Sa réaction a été tout à fait normal, dans une situation gravissime. Nous sommes au service d'autrui mais nous n'avons pas à tout accepter, sous prétexte que ceux que nous transportons nous manquent de respect. Un adolescent autiste presque adulte m'a frappée alors que je le conduisais, en 2008. Ma plainte est toujours sur le bureau du Procureur, classée parmi toutes les autres, irrecevables et incongrues... Normal, les parents de ce jeune ne voulaient pas entendre parler de traitement médicamenteux, aussi valait-il mieux dire comme ils l'ont fait que je n'avais "pas assez d'autorité" et que je manquais de compétence !

Toujours est-il que j'ai évité par deux fois l'accident et que leur fils est toujours vivant ! J'ai juste essuyé de violents coups dans le dos, le cou et l'épaule droite.

Ceci pour conclure que quoi qu'il se passe, l'ambulancier doit juriquement et dans les faits amener l'enfant ou le jeune mineur à bon port, sans accident et sans traumatisme moral.ambulance,ambulancier,taxi,vsl,transport,enfant,mineur,responsabilité,chauffeur,juridique,loi,déontologie médicale,métier,médical,santé,route,stress,respect,droit de l'enfant,confidence,parole,échange,écoute,protection,voiture,ceinture de sécurité,psychologie,handicap,violence,témoignage,vérité,colère,maltraitance,abus,

Quant à l'ambulancier, il lui reste le choix d'aller voir un bon psy pour vider son sac ou sa boîte à gants.

Chloé LAROCHE


À lire :

http://www.secourisme.net/spip.php?article174

http://sos-ambulanciers.forumactif.com/t172-les-responsabilites-de-lambulancier

 

 

 

 

 

 

20/02/2013

L'école est pour tous, à quelques exceptions près... avec les moyens et personnels manquants. Mon témoignage de maman citoyenne gardant les yeux ouverts.

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L'année passée, au moment où Monsieur Sarkozy, encore Président, disait : "L'école est pour tous et doit s'adresser à tous les enfants", je vivais l'exclusion de l'école publique avec mon fils qui allait avoir sept ans.

L'exclusion d'un bon élève par le dégoût de l'école publique...école,école publique,rythmes scolaires,parent,enfant,citoyen,iufm,professeur,instituteur,violence,négligence,récréation,actualité,politique,école privée,niveau scolaire,ennui,punition,abus,exclusion,départ,déception,rased,grenoble,enseignement,ministre éducation,honte,peur,parole,écoute,classe,scolaire,décision,changement d'école,radiation,année scolaire,cp,élève,justice,règlement

Quand on oblige un enfant à recopier le règlement de l'école à l'écart de tous, (pas le résumé mais celui qui s'adresse aux adultes), parce qu'il avait parlé à la cantine. Quand on laisse la violence s'installer dans la cour de l'école, au point que mon fils a vu son pantalon baissé et que la honte a été mise sur lui quand on a laissé croire que c'est lui qui montrait ses fesses... Quand un directeur prend à partie un enfant devant tous alors qu'il est déjà exclu par les autres. Quand les professeurs des écoles, n'ayant plus d'aides dans leur classe (Rased), laissent de côté un bon élève -qui du coup s'ennuie- pour s'occuper des nombreux enfants en difficulté de leur classe. Quand on abandonne un élève dans l'école alors que toute la classe part finaliser un projet de construction à l'extérieur, comme c'est arrivé pour mon fils, le jour où il a dû recopier le règlement de l'école, sans même le comprendre.9417629-petite-fille-triste-les-larmes-aux-yeux.jpg

Mon fils est sorti de son école de la Villeneuve avant les vacances de février 2012 en pleurant et en disant qu'il ne voulait plus jamais retourner à l'école. Ce même enfant qui demandait à l'âge de deux ans d'aller à l'école et à trois ans d'apprendre à lire et écrire ! 

J'avais demandé depuis quelques temps de rencontrer la psychologue, proposant aussi un changement de classe pour mon fils, mais le temps a manqué à cette professionnelle et l'eau a coulé sous le pont de l'ennui, laissant le champ libre à la déception grandissant dans le coeur de mon fils.

11429439-garcon-debout-devant-un-tableau-noir-avec-bulle-de-pensee.jpgDernièrement, une conseillère familiale m'a confié son opinion que les parents devaient rester en retrait de l'école et de ce qui s'y passe, et qu'ils n'ont pas à s'opposer aux décisions et comportements du corps enseignant ni à donner leur opinion.

Je pense au contraire que nous sommes citoyens et qu'en tant que citoyens et parents, nous avons la responsabilité de prendre conscience d'un malaise existant au sein de l'école quand notre enfant souffre d'un état de fait. Si nous constatons des violences se poursuivant en cours de récréation, sans qu'un adulte n'intervienne -par faute bien sûr de manque de personnel-, si nous constatons que notre enfant est tombé et que personne ne nous a prévenu jusqu'au soir, laissant une plaie au crâne sans soins, prétextant qu'aujourd'hui, on ne doit rien soigner ni désinfecter, il est de notre devoir de parents d'agir et de signaler. Ce dernier fait s'est passé dans une école privée et il est véridique.14733387-retour-a-l-39-ecole-belle-carte-avec-les-maple-leafs-de-illustration.jpg


J'ai changé mon fils d'école et, au retour des vacances de février 2012, il a été reçu dans un nouvel établissement, dans une école privée accessible financièrement (je ne paye que quatre-vingt euros par mois). Il est arrivé dans une classe qui l'a très bien accepté ; mon fils a été accueilli par une maîtresse qui a su le rassurer sur l'école et sur le fait de pouvoir s'ouvrir de ses éventuelles difficultés avec d'autres enfants aux enseignants. Pouvoir accueillir la parole de l'enfant sans qu'il ait peur d'être puni, comme mon fils le vivait dans l'école précédente, et arrêter de punir tout le monde quand on préfère ne pas désigner un coupable. Quand on nous force à avaler de la terre comme mon fils en CP l'a vécu et qu'on est puni comme celui qui nous a humilié, parce que cela arrange le corps enseignant, c'est extrêmement injuste et destructeur.12668173-triste-larme-pleurer-d-39-un-il-d-39-un-enfant.jpg

Mon fils a rejoint une classe qui avait son niveau, avec beaucoup d'enfants ayant de l'énergie à revendre mais avec de l'avance pour la plupart. Il aime à nouveau l'école et a d'excellentes notes en CE1. Mais je dois dire que j'ai été amère d'entendre à propos de l'école publique qu'elle "existait pour tous", au moment où mon fils l'a quittée. Je pense que ce ne sont pas les rythmes scolaires qui sont à changer, mais plutôt l'encadrement des enfants, le nombre de personnel qualifié pouvant seconder les professeurs des écoles, les Rased à recruter en nombre, la formation IUFM des maîtres à remettre en route et des aides spéciales à mettre en place pour les enfants n'arrivant pas à apprendre à lire et à écrire.13208405-retour-a-la-carte-du-frere-mignon-et-soeur-de-l-39-age-ecole-primaire-a-pied-de-l-39-arret-de-bus-sc.jpg

Chloé LAROCHE13169775-les-enfants-des-ecoles-a-enseignement.jpg15831191-des-enfants-heureux-ensemble-sur-la-terre.jpg

 

27/12/2012

Nuit de Noël, messe à la Villeneuve dans les quartiers d'une cité nommée Grenoble. Quand la nuit prend la terre et la guerre des pays, seul l'amour peut ramener le soleil.

k0034337.jpgBonsoir à tous et toutes,images-13.jpeg


Lundi soir, je me suis rendue avec mes enfants à la messe de veillée de Noël dans le quartier de la Villeneuve de Grenoble.

L'Espace 600, salle de spectacle et de théâtre de la Villeneuve, avait été réquisitionné et généreusement prêté pour cette rencontre inoubliable.

images-10.jpegInoubliable à mes yeux car cette messe fut un modèle d'humanisme et de rappel de diverses qualités humaines et laïques, comme l'hospitalité à l'étranger, la compassion pour la souffrance des hommes de toutes couleurs et de toutes origines, l'accueil aussi de la souffrance des endeuillés et des victimes des violences urbaines.

Le prêtre, Jean Deries, qui a choisi de vivre sa retraite dans ce quartier, a dit de belles paroles, ressemblant à l'église que j'aime, celle qui parle d'amour et d'accueil, de partage et de solidarité, celle qui crée des ponts et non des murs.

tlc8e1lr.jpgL'équipe de Malherbe et Villeneuve avait préparé des chants magnifiques avec une belle équipe de musiciens, agrémentés de diapositives, avec des mises en scènes avec  les enfants. Une tente avait été montée sur la scène pour rappeler que des personnes n'ont toujours pas de toit et que des familles expulsées vivent dans la rue. Le Père Deries n'a pas hésité à parler des Roms, des réfugiés expulsés par tous, qui ne trouvent refuge nul part, tel Marie et Joseph qui n'ont pas été reçus non plus dans la salle commune mais dans l'étable. Jésus avait été placé dans une mangeoire, premier berceau d'un bébé divin.images-12.jpeg

Cette messe a rappelé toutes les vertus de l'hospitalité envers les étrangers, de l'ouverture de notre pays aux réfugiés, et du fait de pouvoir les recevoir dans la dignité et sans rejet. 

images-3.jpegIl nous a été rappelé aussi que la marche blanche effectuée dans nos quartiers pour Sofiane et Kévin avait été la marche d'un peuple de paix et d'amour, de soutien aux familles endeuillées et de lutte contre la violence par un esprit de pardon et de non-violence voulue par les parents des deux jeunes assassinés.

Les évangiles ont été écrits, mais comme l'a dit si bien le prêtre ce soir de Noël, c'est à nous aujourd'hui de poursuivre leur écriture en vivant en témoins de lumière, en témoins de paix et d'amour.Conference-sur-la-fin-du-monde-vue-depuis-l-Antiquite_1_illustrationEtab.jpg

Je ne rapporte pas ici ces paroles seulement pour les chrétiens mais pour tous les hommes qui croient aux qualités et valeurs humaines. L'amour des autres, l'amour du bien et de l'honnêteté, ainsi que l'hospitalité et la solidarité, n'ont pas besoin d'étiquettes et de drapeaux religieux ou spirituels pour exister et se partager.

800px-Crèche_provençale.jpgCe sont des valeurs laïques, je dirais même républicaines et civiques, qui nous aident à faire vivre un quartier, une ville, un pays, une famille.

Pendant ce temps-là, à Notre-Dame de Paris, l'homélie disait ceci, prononcée par Monseigneur André Vingt-Trois :

"Comment oublier ce soir les peuples massacrés et dispersés par les guerres qui ensanglantent le globe... ? Comment oublier nos frères chrétiens d'Orient, soumis à des pressions diverses et, parfois, à la persécution ouverte ? Comment oublier les "laissés pour compte" de notre société, premières victimes de la crise économique, qui vivent d'expédients, refoulés sur les marges des rendements financiers ? Comment oublier enfin dans cette nuit où la sainte famille ne trouve pas de place dans la salle commune de l'auberge, les immigrés qui errent à travers nos pays opulents sans trouver de place dans nos nations, nos entreprises et nos foyers, nos esprits et nos coeurs ?

Non, la nuit n'est pas seulement symbolique, elle est bien réelle. L'humanité vit bien dans le pays de la mort, même si elle essaye de l'oublier."


images-11.jpegOui, l'humanité traverse des temps difficiles et très


douloureux. Des peuples entiers sont terrassés par la


guerre et la destruction, sans que d'autres ne puissent


intervenir, comme en Syrie. Cette impuissance est très


difficile et une colère sourde monte sur la planète


envers les peuples qui bloquent l'énergie de solidarité,


envers leurs gouvernants surtout, pour ne pas nommer


la Chine et la Russie.


u15025134.jpgLes jeunes aussi sont touchés par le


phénomène internet, nouveau loup sorti des


bois pour entrer dans l'ordinateur et dévorer


les innocents. Nombre de parents se trouvent


démunis face à ce phénomène grandissants et


les prédateurs sont nombreux à se saisir de ces nouvelles portes


d'entrée vers la chair fraîche.


La banalisation des fugues et de nouveaux comportements chez


nos jeunes font que même la police ne s'inquiètent plus de


disparitions d'adolescents, laissant faire la nature et refusant de


déployer les grands moyens, comme pour ces deux jeunes filles


disparues depuis trois semaines et dont les parents très inquiets


sont sans nouvelles. Cela m'a rappelé bien sûr ce que j'ai vécu en


juin 2009 lors d'une longue fugue de ma fille. Il a fallu que je


bataille pour que la police inscrive ma fille sur le fichier des


personnes disparues.


Voir mon article : http://sosmaman.20minutes-

blogs.fr/archive/2009/06/01/ma-fille-est-en-fugue-depuis-une-

semaine-mon-recit-de-maman.html


Je vous parle de ceci car Noël est le jour où les familles se


rassemblent, se retrouvent, et les parents de 


Camille Lauran, 16 ans, et Geneviève Euvrard, 17 ans...


n'ont pas eu cette joie. 42929448-4f5c-11e2-8edb-f21234471230-493x328.jpg


Je pense très fort à eux car je connais l'angoisse

des parents qui ne savent où se trouve leur

enfant et, en cette période des Fêtes, je leur

témoigne mon entière sympathie et toute l'espérance de

retrouver ces deux jeunes filles qui ont co-voituré du Puy-en-Velay jusqu'à

Toulouse... puis ont disparu totalement.


Il y a une semaine, leurs parents écrivaient au Procureur en ces

termes :

«Nous avions demandé à vos services de bien vouloir faire paraître leurs photos dans la presse nationale afin que la population puisse transmettre des indices aux enquêteurs. Vous avez refusé par deux fois. Faudrait-il que leurs noms apparaissent dans la rubrique nécrologique pour que vous accédiez à cette demande?»

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"La nuit n'est plus symbolique, elle est bien


réelle"... 


Heureusement, la nuit se termine un jour pour 

 

voir




apparaître l'aurore... Quand l'espoir apparaît, la nuit se




termine pour voir s'éloigner les cauchemars et venir le




soleil, pour voir naître l'enfant en nous comme une




nouvelle étoile pour toute l'année qui commence.

 


Chloé LAROCHE

 







 

28/11/2012

De l'importance du pardon... J'ai signé le Manifeste des Femmes contre le viol et je témoigne de l'importance de la parole, de l'expression de sa colère et de l'existence du pardon possible.

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Bonsoir à tous et toutes,


Dans ma vie, des personnes m'ont fait du mal.

Je reconnais avoir été victime et dernièrement, j'ai fait partie des femmes ayant signé le Manifeste des Femmes contre le viol paru dans le Nouvel Observateur, afin de faire avancer la prise de conscience nationale que les femmes souffrent et souvent en silence.

Il est important qu'elles parlent, qu'elles reconnaissent devant la société qu'on les a abusées un jour, certaines plusieurs fois dans une seule vie. Il est important qu'elles extériorisent leur colère intérieure par les mots dits, avant de se reconstruire dans la sérénité de leur existence.m31pp76f.jpg


Voici un article que j'ai écrit précédemment pour aider les femmes ayant subi le viol : 

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2011/02/15/je-vous-offre-des-liens-pour-vous-permettre-de-delier-vos-no.html#trackbacks

 

Vous êtes violé(e), vous avez été violé(e)... brisez le silence, brisons le silence. Je vous offre des liens pour vous permettre de délier vos noeuds.

__________________________________viol,manifeste contre le viol,nouvel observateur,témoignage,pardon,colère,viol buccal,viol sodomie,douleur,souffrance,humiliation,honte,libération,épreuve,victime,agresseur,proche,amour,amour inconditionnel,développement personnel,solidarité femmes,vérité,maltraitance,couple,homme femme,contrainte,viol par surprise,objet sexuel,sexe,parole,liberté de parole,journalisme,actualité,folie,pulsion,thérapie,schizophrénie,enfermement,père schizophrène,violence conjugale,amour filial,enfant,famille,compassion,maladie

Je suis persuadée qu'on peut s'en sortir, que les femmes violées ont la capacité de résilience, c'est-à-dire d'aller au-delà de leur souffrance pour vivre pleinement leur vie de femme.

Pour s'en sortir, il faut arriver à en parler, parler à un thérapeute, parler dans une association de défense des femmes, écrire ses maux en mots, coucher ses plaies sur le papier afin de délaver la souffrance morale et physique, vivre sa vie pleinement et oser la vivre, se réapproprier sa vie, son corps, sa sexualité, tourner la page... pour écrire d'autres chapitres : car la vie est trop courte pour la gâcher et accepter qu'un autre nous la gâche, surtout !

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MM012tif.jpgJe suis allée il y a neuf ans sur la tombe du professeur de violon qui m'avait imposée enfant des baisers sur la bouche, actes qui m'avaient conduite à avoir envie de mourir... Un jour, il a rentré sa langue. Cela s'appelle un viol buccal sur mineur. Même "juste" sur les lèvres, c'est un viol. Il me menaçait à l'époque de se tuer si je parlais. J'ai écrit une lettre que j'ai déposée sur sa tombe, il y a donc neuf ans. Je lui ai écris ma colère, mon désespoir et mon humiliation. Et mon pardon aussi.

Voici une partie de ma lettre : viol,manifeste contre le viol,nouvel observateur,témoignage,pardon,colère,viol buccal,viol sodomie,douleur,souffrance,humiliation,honte,libération,épreuve,victime,agresseur,proche,amour,amour inconditionnel,développement personnel,solidarité femmes,vérité,maltraitance,couple,homme femme,contrainte,viol par surprise,objet sexuel,sexe,parole,liberté de parole,journalisme,actualité,folie,pulsion,thérapie,schizophrénie,enfermement,père schizophrène,violence conjugale

Monsieur G., je viens en ce jour sur votre tombe vous pardonner pour ce que vous m'avez fait, alors que j'étais enfant et votre élève. Je vous libère, votre âme et vous, pour que vous puissiez aller en paix vers Dieu, dans la lumière.MM010.jpg

Le pardon libère la personne victime mais aussi la personne qui a fait du mal. Cela  permet à cette dernière, après avoir reçu la colère de la victime et l'expression de sa souffrance.... (ceci étant important)... de savoir qu'une porte est ouverte pour qu'il, qu'elle, se réconcilie avec sa propre conscience et sa propre âme.

images-1.jpegDernièrement, j'ai écris un poème concernant une chose grave subie dans ma pré-adolescence, qui a été de me voir exposée nue sur une table devant ma famille, en punition de je ne sais quoi, punition décidée par mon propre père. 

J'ai choisi d'enlever cet article ensuite dans un acte de pardon : pour dire que pardonner, que nettoyer les actes d'un proche qui nous a blessé, -faits appartenant au passé-, c'est important pour rendre l'innocence au présent et à l'avenir. Même si au fond, la blessure est toujours là, on peut affirmer que pardonner, c'est se réapproprier l'intégrité de sa propre existence coupée des actes subis par un autrui malfaisant mais souffrant lui aussi.

symbole-objet-cadeau-coeur-brise_3304536.jpgMon père a fait des choses qui m'ont fait souffrir et souffrir ses enfants, sa femme, -ma mère-... Il était violent, insultant, humiliant. Il nous frappait, nous faisait lutter tous nus, enfants ; il obligeait mon plus jeune frère et ma soeur à dormir ensemble et m'a mise dans un kayak pour descendre seule à l'âge de douze ans une rivière sur des dizaines de kilomètres ; il a fait de même avec mon frère cadet. Il a tué mon chien, m'a jetée dans les orties pour me fortifier à l'âge de six ans, nous levait à la douche froide, nous a coupés du monde, mes frères, ma soeur et moi. Il fallait suivre le rythme de ses élucubrations sur une race originelle qu'il pensait avoir retrouvée dans ses écrits innombrables... race qu'il voulait faire revivre à travers nous, ses enfants.viol,manifeste contre le viol,nouvel observateur,témoignage,pardon,colère,viol buccal,viol sodomie,douleur,souffrance,humiliation,honte,libération,épreuve,victime,agresseur,proche,amour,amour inconditionnel,développement personnel,solidarité femmes,vérité,maltraitance,couple,homme femme,contrainte,viol par surprise,objet sexuel,sexe,parole,liberté de parole,journalisme,actualité,folie,pulsion,thérapie,schizophrénie,enfermement,père schizophrène,violence conjugale

Cependant, je lui ai pardonné et je l'aimais. Je suis toujours retournée vers lui, lui pardonnant ses mots et les maux qu'il nous imposait, lui redisant l'amour filial, important à mes yeux, reconnaissant par la suite sa maladie, la schizophrénie, comme parasitant son coeur et ses actes.

Aujourd'hui, il est mort d'une mort violente, le même jour que ma mère, le 21 juin, et ils me manquent car nos parents sont uniques et quand ils ne sont plus là, un grand vide demeure.

MM020.jpgCependant, je sais qu'ils sont partis dans un autre monde et que de là-haut, ils regardent ma vie, avec un regard de compassion et d'amour. Je leur envoie les belles images des montagnes qu'ils aimaient et la pureté des lacs qui effacent toute la laideur humaine.viol,manifeste contre le viol,nouvel observateur,témoignage,pardon,colère,viol buccal,viol sodomie,douleur,souffrance,humiliation,honte,libération,épreuve,victime,agresseur,proche,amour,amour inconditionnel,développement personnel,solidarité femmes,vérité,maltraitance,couple,homme femme,contrainte,viol par surprise,objet sexuel,sexe,parole,liberté de parole,journalisme,actualité,folie,pulsion,thérapie,schizophrénie,enfermement,père schizophrène,violence conjugale


Chloé Laroche ____________viol,manifeste contre le viol,nouvel observateur,témoignage,pardon,colère,viol buccal,viol sodomie,douleur,souffrance,humiliation,honte,libération,épreuve,victime,agresseur,proche,amour,amour inconditionnel,développement personnel,solidarité femmes,vérité,maltraitance,couple,homme femme,contrainte,viol par surprise,objet sexuel,sexe,parole,liberté de parole,journalisme,actualité,folie,pulsion,thérapie,schizophrénie,enfermement,père schizophrène,violence conjugale


Lire aussi mon article du 25/11/2011 :

 

25/11/2011

 

Pour la Journée de Lutte contre les Violences faites aux femmes, je livre mon témoignage de la femme que je suis. Se relever du pire mais surtout, parler.

 

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2011/11/25/pemoignage-de-la-femme-que-je-suis.html#trackbacks


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22/09/2009

Je témoigne du parcours de ma fille venue d'un orphelinat de Roumanie à 8 ans, handicapée déficiente mentale et souffrant du syndrome de Francheschetti. Réflexion sur le handicap mental.

Bonjour à tous et toutes,imm000_00A.jpg

080320114858115721848121-44520110fc.jpgCe week-end, c’était la journée du Patrimoine. Je suis allée samedi avec mes enfants au Château de Bon Repos à Haute Jarrie, château où j’avais joué à l’âge de 16 ans comme violoniste dans l’Orchestre Universitaire de Grenoble, dirigé alors par Jean Laisné. C’était en juin 1982... Un moment magique où nous avons joué l’Alleluia du Messie de Haëndel avec des feux d’artifices fabuleux. Il y avait aussi le quintette de Chambéry avec plusieurs chorales de Grenoble. Ainsi que les membres de l’Association du Château qui ont fait un travail remarquable de restauration de ce précieux vestige du passé qu’est le Château de Bon Repos.

J’avais emmené mes enfants Julia et Yourdine à cette visite.-Users-Anne_Chloe-Desktop-imm004_5.jpg

Julia, ma fille adoptive venue de Roumanie, est une enfant handicapée avec déficience mentale mais elle est très intéressée et réceptive aux lieux que je lui présente de ce type. Elle regarde, observe, touche, enregistre. Ses yeux sont plein d’émerveillement et de surprise devant les objets, les toiles, les monuments, les arbres, les parcs, les grottes, les oeuvres d’art, les sculptures.

imm017_19A.jpgLes oreilles de Julia sont malformées et elle est déficiente auditive ; elle n’avait pas de palais dans la bouche jusqu’à son opération de 2002 au CHU de Grenoble. Son visage témoigne de la souffrance accumulée au fil des ans passés dans l’orphelinat roumain et aussi de cette force de vie inébranlable qui fait que Julia avance avec bonheur et curiosité du monde.

Son parcours résonne avec cette phrase de l’écrivain handicapé moteur cérébral Alexandre JOLLIEN : “Chaque corps, aussi défectueux soit-il, appartient à une conscience toujours en lutte, toujours dirigée vers le progrès, à une source où puiser de la force pour mener à bien un combat joyeux.” (extrait de son livre “Le Métier d’homme”-1982).

Nous avons lu cette phrase dimanche lors du week-end du Patrimoine, devant le Musée de l’Évêché à Grenoble. Il y avait une exposition de photos de visages et de parcours de vie d’handicapés mentaux, avec des formes de carrés en sculpture. Des phrases de personnes handicapées et aussi d’Alexandre JOLLIEN étaient inscrites au vu de tous. Julia a tourné autour des carrés empilés et a regardé chacun des visages avec leurs expressions ; des visiteurs regardaient aussi et voyaient Julia comme une figure vivante des témoignages qu’ils voyaient mais qui sont presque lettres mortes devant la réalité vibrante d’une personne différente.imm006_11.jpg

imm024_23A.jpgSaint-Éxupéry avait écrit : “Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis.” Malgré tout, la différence fait toujours peur et nous l’avons expérimenté avec Julia. Des mots cruels contre elle et moi dans un magasin... Des regards inquisiteurs et sans chaleur... Des remarques comme celle-ci : “Votre fille, c’est une débile, il n’y a pas d’autres mots”. Ou : "Pourquoi vous l'emmenez ici. Qu'elle reste chez vous !!"

Julia ne souffre pas de racisme racial comme mon autre fille adoptive venue du Bénin. Elle souffre de discrimination, de racisme humain, de la bétise, de l’ignorance sur le handicap, de jugements hâtifs, de rejet de la différence.

Elle a fait des progrès immenses depuis son arrivée en 2001. Au début, elle était comme un enfant sauvage, se mordant parfois pour manifester ses émotions. Elle était totalement dépendante : il fallait l’habiller, la laver, lui brosser les dents, lui écraser ses aliments car elle ne mâchait pas. Elle avait huit ans. Elle faisait des cauchemars terribles la nuit. Elle pouvait hurler parfois et se mettre en crise.

Elle a vraiment commencé sa vie à son arrivée en France, dans notre famille.

Des professionnels m’ont dit : “On peut considérer qu’elle est née chez vous.”

Et puis il y a eu l’opération que j’ai relatée dans l’article du 22 avril 2008 :

"Accueil et opération d'une enfant roumaine, ma fille Julia. Présentation de l'association Sera. Handicap et amour."

... Il y a eu en outre la socialisation à travers l'école, deux années merveilleuses où Julia a été accueillie par les enfants de la classe unique de Saint Paul d'Izeaux. Enfin il y a eu l’IME “La Providence”qui l’a acceptée à Saint Laurent en Royans, avec des éducateurs, des orthophonistes, des psychologues et une psychiatre. Et des institutrices qui ont fait un travail remarquable.imm019_18A.jpg

imm000_0A_3.jpgLes IME, Instituts Médico Éducatifs, sont des lieux indispensables dans un monde où les enfants handicapés ont du mal à trouver leur place... malgré les lois qui incitent l’école à accueillir ces enfants. Parfois, le handicap est trop lourd, comme pour Julia, et il faut des établissements adaptés. Julia ne parle pas. Elle fait quelques sons et essaye mais son évolution ne lui permet pas d’aller plus loin, à cause de blocages qu’on n’explique pas. Elle est restée huit ans en orphelinat avec une absence de stimulations et surtout, elle n’était pas appareillée... avant que le laboratoire Thomassin la prenne en charge à Voiron, à son arrivée en France.

nicole et julia fév 07.jpgBeaucoup d’enfants handicapés n’ont pas la chance d’avoir une place dans un établissement éducatif et c’est regrettable pour leur famille qui a une responsabilité d’éducation très lourde et sans soulagement dans une prise en charge quotidienne.

Il existe des associations comme “Perce-Neige”, créée par Lino VENTURA, souhaitant aider la société à changer le regard de chacun sur le handicap mental. Ce grand chanteur avait une enfant handicapée mentale et il a décidé avec “Perce Neige” d’ouvrir des centres d’accueil et de prise en charge de ces enfants différents.

L’association “Vivre en Famille”, dirigée par Édith et Maurice Labaisse, propose de son côté des adoptions d’enfants trisomiques et “à particularités”. Ils en ont adopté eux-même et ont repris le travail de SERA dans l’accueil des enfants roumains ayant besoin de soins médicaux. Quelques familles en France accueillent des enfants roumains handicapés de façon définitive ou ponctuelle. Julia est dans notre famille dans le cadre d’un accueil et d’un engagement définitif, entièrement bénévole.1215180005.jpg

imm003_2A.jpgLa découverte du handicap mental est difficile à accepter, dans une adoption comme dans une naissance. Sur sa fiche venue de Roumanie, il n’était pas question de handicap mental mais de handicaps physiques. Ce fut un choc de comprendre à son arrivée que Julia présentait beaucoup de troubles psychiques et de comportements divergents des autres enfants. Elle bavait beaucoup, se mordait parfois, se mettait à hurler et souffrait d’une peur de l’abandon énorme. Julia devait normalement se mettre à parler après l’opération par le Professeur Raphaël, ce qui n’a pas été le cas malgré la réussite de la reconstruction de son palais. Son état mental devait progresser avec la stimulation quotidienne, les efforts de chacun et l’instruction apportée. Mais nous avons dû nous rendre à l'évidence que Julia ne serait jamais autonome, bien qu'elle ait progressé jusqu'à un niveau de Maternelle-CP et qu'elle ait assimilé beaucoup de signes de la langue parlée complétée.imm020_20A.jpg

Julia s’est petit à petit sécurisée ; elle s'est harmonisée et a pris racine dans son nouvel univers, avec des progrès visibles dans son comportement devenu plus fluide et confiant. Elle s’est ouverte à la vie, avec un sens aigu des perceptions sensorielles, une grande sensibilité à nos émotions et nos sentiments qu’elle percevait sans parler. Le fait de pouvoir enfin entendre, grâce à l'appareillage par vibreur, l'a fait sortir d'une certaine bulle où elle s'était réfugiée et a été même agressif pour Julia qui avait besoin régulièrement d'enlever l'appareil pour se remettre dans un monde sans sons, dans une sorte de coton auditif.

imm002_3.jpgJulia est aujourd’hui apte à faire beaucoup de choses. Elle aime grimper, se promener. Elle aime l’eau. Elle est très sociable et aime les petits enfants. Elle aime aller au cinéma voir des dessins animés. Elle a participé trois années de suite au grand challenge "La Drôme à vélo" avec tous ses copains de l'IME, faisant des kilomètres par jour en vélo. C'est extraordinaire quand on sait qu'à son arrivée en France, elle n'avait aucune force dans les membres inférieurs et ne pouvait descendre un escalier normalement. Dans l'orphelinat où elle se trouvait, personne ne sortait. Elle a grandi enfermée et sans stimulations.

Aujourd'hui, ma fille a seize ans et plein de rêves. Elle l’exprime à travers des images qu’elle montre, à travers des signes, le langage des signes, de ceux qu’elle sait faire. Mariage, bébé, maison. Avoir un bébé, oui, dans le rêve... dans la tête, mais dans la réalité... Arriver un jour à lui faire comprendre que c'est impossible. Quand une enfant handicapée passe de l'état d'enfant à celui d'adolescente, on ressent cette force de vie qui s'épanouit dans le coeur, comme une vague de désir d'être indépendante et totalement autonome mais sans pouvoir le concrétiser, même en tant qu'ado, puisque ma fille par exemple ne sort pas dans la rue seule et ne peut traverser la ville pour aller voir des amis.Photo069.jpg

Julia est entrée cette année dans une nouvelle dimension de l'IME, avec une intégration en section professionnelle CAT, dans le cadre d'ateliers de fabrication d'objets et de buanderie. Elle poursuit parallèlement le travail en orthophonie afin de prendre encore plus confiance en elle pour oser plus, oser l'oralisation, en dépassant les problèmes articulatoires.

 

Photo014.jpgElle ira aussi loin qu’elle le pourra, dans l’accompagnement des adultes et de l’IME, et je serai toujours là pour elle.

Car j’aime ma fille comme un enfant du coeur. Un enfant de sang aussi car quand on a lavé un enfant, pris soin de lui, lavé ses affaires, nettoyé la souillure d’une propreté en marche, accompagné des jours et des nuits après une opération où on a vu le sang de cette enfant s’écouler d’une bouche meurtrie pour une réparation du palais... le lien du corps existe aussi autant que celui du coeur.080702104236_52-4469837b17.jpg

Aujourd’hui, j’accompagne aussi dans mon taxi spécialisé beaucoup d’enfants handicapés mentaux. Certains sont autistes, d’autres poly-handicapés avec le fauteuil en plus... avec des corsets parfois les attachant entièrement et les empêchant de tomber. Certains sont déficients intellectuels et d’autres sont parfois dangereux, avec des réactions agressives impulsives. Mais chacun a ce droit à la vie, à l’expression de leur être, de leur soi.

Copie de imm008_7A.jpgOn le comprend merveilleusement quand, à leur retour chez eux le soir, leur maman ou leur papa les accueille avec mille bisous et des mots doux. Cet amour parental incommensurable permet à ces enfants de survivre dans ce monde où ils vivent des souffrances morales immenses et insoupçonnées, invisibles. Car la plupart sont conscients de leur état, même en paraissant inconscients.

J’embrasse tous ces enfants et leurs parents, leur souhaitant beaucoup de courage pour toute leur vie et le chemin qui se poursuit.

Chloé Laroche

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5637241211902160_1_.jpgLIENS :

 

____________ Le site de l'association "VIVRE EN FAMILLE" de Édith et Maurice LABAISSE :

http://www.vivre-en-famillle.fr

 

_____________Le site de l'association PERCE-NEIGE :

http://www.perce-neige.org :

 

Perce-Neige a été créée en 1966 à l'initiative de Lino VENTURA. Père d'une enfant handicapée mentale, le célèbre acteur a mis sa notoriété au service des personnes inadaptées avec deux objectifs :

agir pour que la collectivité prenne en compte ces enfants "pas comme les autres", en incitant les pouvoirs publics à reconnaître les besoins des personnes handicapées mentales et de leurs familles, particulièrement en terme de structures d'accueil,

agir pour changer le regard de la société sur les personnes handicapées mentales, favoriser leur intégration, combattre les idées reçues.

 

_______ http://parentsh.free.fr/temoignages.htm

(Témoignage sur le handicap de parents concernés)

 

__________ http://www.adapei70.org/index.php?id=170

(Humaniser l’annonce d’un handicap)

 

------------------- http://www.lire.fr/portrait.asp?idC=45911&idR=201&idTC=5&idG=

(Portrait de l’écrivain handicapé moteur cérébral Alexandre JOLLIEN )

 

_____________ http://www.lecole-ensemble.org/rubrique.php3?id_rubrique=22

(Accueillir un enfant handicapé à l’école)

 

____________ http://www.dossier-handicap-mental.marchand-histoires.fr/

1001 dessins pour nos amis différents :

Toutes les illustrations présentes sur ce site proviennent de l'association

Voix et couleurs : Le projet est de réaliser et diffuser sur le net  1001 dessins en hommage aux personnes touchées par la déficience intellectuelle.

 

__________http://www.unapei.org/

 

Dans l’Isère :

AFIPAEIM ISERE

3 AVENUE MARIE REYNOARD

38029 GRENOBLE CEDEX 2

Téléphone : 04-76-46-39-66

Télécopie : 04-76-12-13-38

Email : vie.associative@afipaeim.org

Internet : www.afipaeim.org

 

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Associations :

 

Autisme France :

En France, il existe dans chaque région des Centres de Ressources pour l'Autisme (CRA)

 

ARAPI : Association pour la Recherche sur l'autisme et la Prévention des Inadaptations

 

ABA France : site de l'association Pas à Pas

 

Sésame Autisme : Association de parents d'enfants autistes

 

Autisme sans frontière

 

Univers Inverse : Association agissant pour une meilleure prise en charge globale de l'autisme

 

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Les chiffres clés en France :

L'Unapei estime à 650 000 personnes vivant  en situation de handicap mental.

 

La prévalence moyenne de la déficience mentale se situe entre 1 et 3 %.

 

Chaque année, 6 000 enfants naissent en étant atteint d'un handicap mental.

 

La trisomie 21 touche un enfant sur 800.

50 000 personnes en sont porteuses en France.

 

12 000 personnes souffrent du syndrome de l'X-fragile. 1 garçon sur 4000 est touché contre une fille sur 8000.

 

Entre 60 et 80 000 personnes souffrent d'autisme.

 

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02/04/2009

Dans mon taxi, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent. Du handicap au pire vécu.

Du handicap au pire vécu. Offrande d'une sonate pour la vie de Jason, petit garçon retrouvé mort à Liège, tué par son père à coups de chaussure. 

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Dans mon taxi, véhicule sanitaire que je conduis chaque jour, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent.

 

images-12.jpegJe reste seule avec des confidences, avec les paroles parfois très lourdes de mes passagers handicapés ou malades.

Des enfants aussi. Des personnes âgées.

 

“Qu’est-ce qu’ils ont les pères à nous faire ça,” me dit une enfant qui me révèle qu’une copine a subi la même chose qu’elle.images-8.jpeg

 

“J’ai eu raison de le dénoncer, n’est-ce pas ?”....

“C’est lui qui a tort, pas moi.”

 

“Ma mère me manque.”

 

Cette enfant a le regard clair et déjà un raisonnement très mûr. Elle regarde une autre enfant passagère et me dit : “Elle est belle.”

 

Comme on dit d’une rose qu’elle est belle.

Les roses, on ne doit pas les cueillir.

Ni violer les enfants.

 

images-2.jpegPendant des mois. Il l’a violée. Ce n’était pas son père mais un beau-père.

 

Pendant les absences de la mère.

 

Elle regarde le paysage. Je la conduis. Elle se sent apaisée dans mon véhicule.images-5.jpeg

 

Dans la journée, plus tard, je transporte un monsieur handicapé. Il était tétraplégique. Il a progressé à force de travail. Il est maintenant paraplégique.

 

images-11.jpegIl est triste. Cela fait trois ans qu’il a eu ce maudit accident.

 

Je l’écoute. Il me dit que la souffrance physique, il n’y a rien de pire. Et la souffrance de voir les montagnes sans pouvoir les parcourir, les goûter.

 

La souffrance de voir des femmes et de n’avoir que le souvenir de l’ancien temps et des rêves présents qu’on fait mais qui ont le goût amer du réveil en fauteuil.SB10063890E-001.jpg

 

Je l’écoute et il me dit que les personnes valides ont bien de la chance et qu’elles devraient éviter de se plaindre pour des broutilles.

 

Mais parfois, pensais-je, les personnes valides sont tristes à mourir et certaines sont handicapées dans le coeur, amputées de leur enfant disparu, membre perdu dans l’immensité de l’univers... amputées d’un être aimé mort. Parfois, des personnes valides ont tant de charges et de difficultés à gérer que tout cela n’est pas que des broutilles.

 

images-9.jpegCet homme souffre terriblement. Il est comme dans une prison. Son corps ne le laisse plus libre de vivre comme il voudrait. Il laisse les volets lui ôter la vue des montagnes. Il a envie de les prendre et de les replanter en plein désert, là où il ne serait pas. Il ne veut plus de son fauteuil. Il se bat pour en sortir. Il voudrait l’emmener  loin et revenir sans lui. Valide et libre d’aimer à nouveau, de courir les montagnes.

 

Je me retrouve seule dans mon taxi. Un taxi spécialisé.

Une musique s’élève dans le réceptacle du véhicule. “La Sonate au Clair de Lune” de Beethoven.

 

Le piano amène à moi l’image d’une tombe. Je vois une maman pleurer là où on a découvert le corps de son fils de trois ans enterré dans un sac.

 

images-4.jpegCet enfant s’appelait Jason. Il a été tué à coups de chaussures par son père. C’est la nouvelle compagne du père qui l’a aidé à enterrer le petit garçon. C’est elle aussi qui a avoué les faits et qui a révélé la fuite du père dans son pays.

 

Cela faisait des semaines depuis février que l’on recherchait le petit garçon. Il a été retrouvé le 19 mars près de Liège, en Belgique, là où il vivait avec son père.images-3.jpeg

 

Un père qui a fait de la prison pour vente de drogue et qui avait déjà été remarqué pour maltraitance sur son fils. Son fils qu’on lui a pourtant rendu à sa sortie de prison. Erreur fatale pour ce petit garçon.

 

Tué à coups de chaussures.

 

images-1.jpegLe piano grandit en intensité. Je pense à Jason. Je vois sa vie, ses sourires, ses jeux d’enfants, sa pureté, son innocence, son émerveillement devant la vie, ses larmes, la douleur d’une vie maltraitée, d’enfant qui regarde l’adulte et qui a peur. Juste peur. Effrayé. Sans secours. Sans recours.

 

La pureté de la Sonate prend en elle toutes les souffrances dont je viens de parler et j’offre ces vies à l’Esprit qui détient la vie, à l’amour qui regarde les roses grandir sans les arracher.

 

La dernière note s'allonge dans la voiture. Le piano s'éteint. Mais une étoile brille. Pour Jason. Pour les enfants que je transporte. Pour chaque personne handicapée.SB10065057H-001.jpg

 

Chloé Laroche________________

 

Commentaires

I recently came across your blog and have been reading along. I thought I would leave my first comment. I don't know what to say except that I have enjoyed reading. Nice blog. I will keep visiting this blog very often.

Ruth

http://pianonotes.info

Ecrit par : Ruth | 05.04.2009

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Thank you very much, Ruth. Your letter is very beautiful, with a big sun for my hearth and my blog. Good sunday ! Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 05.04.2009

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24/06/2008

Trois destins rencontrés en ambulance. De la vie au désespoir. Du combat désespéré à la lutte finale contre la maladie, la solitude et la mort.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



TROIS RENCONTRES

BOULEVERSANTES_____________maladie,handicap,ambulancier,écoute,suicide,cancer,tragédie,ambulance,accompagenement,route,conducteur,rencontre,voyage,soeur emmanuelle,témoignage,isère,espoir,courage




Trois rencontres m’ont bouleversée durant cette journée de travail en ambulance.

Trois destins aux multiples souffrances.

D’abord, je vais chercher un homme handicapé, chez lui. Il est en fauteuil roulant. Arrivés à l’ambulance, je l’aide à l’asseoir dans le véhicule. Je plie son fauteuil et le soulève pour le ranger à l’arrière du véhicule.

La dernière fois que je l’ai vu, au cours d’un précédent transport, il devait partir en voyage au Brésil. Je lui demande alors comment cela s’est passé.
-Qu’est-ce qui vous a plu le plus là-bas ?
-Le Christ, m’a-t-il répondu !
-Le Christ ?
-Oui, et j’ai eu la chance de le voir de près en hélicoptère. Il fait trente mètres de haut...
-C’est le Christ qui surplombe la baie de Rio de Janeiro ! Il a les bras tendus, ouverts sur le monde. C’est si beau de représenter Jésus ainsi, lui ai-je dit.
-C’est vrai ! C’est magnifique !
-Vous étiez seul là-bas ?
-Non, nous étions neuf à partir, neuf membres de ma famille, à cause d’événements douloureux. Ma soeur venait de perdre son fils et son mari ... et nous avons perdu notre mère aussi.... Pour Noël, nous avons préféré partir le plus loin possible...”.

Ils ont mis un océan entre leurs morts perdus et leurs vies présentes... Océan de larmes, océan d’espoir face aux drames vécus.

J’ai ressenti beaucoup de douceur de la part de cet homme pour sa soeur. Il m’a parlé d’elle et de sa force, de ses blessures gravées dans la chair, de sa volonté de s’en sortir par elle-même. Survivance éperdue d’une mère orpheline et d’une veuve solitaire.

Et puis, plus tard dans la journée, je suis allée chercher une dame.

Elle m’a ouvert son coeur spontanément.
Nous roulions dans la neige.

Cette patiente m’a parlé de sa vie de veuve, de ses cancers successifs, de son mari suicidé, de tous les suicides qui s’accumulaient au sein de la famille. Elle m’a parlé de ses enfants, de ses peurs pour eux, de son angoisse de la pulsion de suicide “peut-être héréditaire”, de son combat pour la vie, de la flamme de son existence risquant de s’éteindre bientôt.

J’ai écouté cette dame tout au long du parcours. Je l’ai regardée avec admiration et respect. Elle n’avait à vivre, selon les médecins, que quelques mois. Je l’ai déposée à la Clinique tout en lui laissant quelques mots d’espoir et la chaleur d’une présence à ses côtés, présence fugace mais intense.

Et puis ce soir, j’ai transporté un homme de quarante ans, sortant régulièrement de l’Hôpital Psychiatrique afin de poursuivre une rééducation de la parole. Ce patient a une maladie qui s’est développée tardivement, maladie que sa mère lui a transmise.

Étant enfant, il a vu sa maman enfermée derrière des barreaux, ceux d’un asile. À la fin, on ne lui permettait plus de la voir. Aujourd’hui, il maîtrise difficilement ses mouvements et a beaucoup de mal à parler. Il se bat pour rééduquer sa parole et réapprendre à articuler.

Cet homme est le père de deux adolescents. “Je ne les vois pas souvent. Ils me manquent tellement !” me confie-t-il.

Cet homme travaillait autrefois. Il avait alors une vie normale, une famille. Aujourd’hui, il est enfermé dans ce pavillon psychiatrique.


Après la fin de mon travail, je suis rentrée chez moi avec les images de ces trois vies qui m’ont bouleversée... avec les mots de toutes ces vies que je croise.

Je pense aussi à cet homme dont j’ai parlé plus haut... que nous appellerons François et qui est rentré en chambre stérile depuis neuf jours.

Je suis allée le voir au tout début de son entrée à l’Hôpital. Je le lui avais promis. C’était son premier jour d’isolement. Je lui ai parlé à travers la vitre, avec le téléphone du couloir.

Il paraissait très ému de me voir. Je lui ai dit qu’il commençait un voyage et que je lui souhaitais bonne chance pour ces six semaines où il allait être enfermé, isolé dans cette pièce pour sa greffe de moelle.

Dans ses yeux, j’ai lu un grand espoir... La peur de ne pas survivre aussi. Mais l’espoir surtout. L’espoir de vivre grâce à cette greffe.

Ce soir, je pense aussi à Soeur Emmanuelle.
On l’a incitée à prendre congé des bidonvilles d’Égypte où elle a tant fait pour les plus pauvres. Elle vit maintenant dans le Sud de la France.

Je l’ai entendue parler sur l’origine de son engagement :
-Je ne voulais pas vivoter mais vivre pleinement. Tout donner et partager. Aujourd’hui, je peux partir en paix. Je sais qu’après moi, d’autres continueront. L’important, c’est d’ajouter sa goutte à l’océan d’amour. Il est important que chacun le fasse dans sa vie. Chaque goutte est importante.”

J'ai fait ces trois rencontres durant la semaine de prévention du suicide. Je pense très fort à toutes les familles qui ont perdu un proche par cette fin terrible. Chacun de nous est unique, unique à jamais. Chaque existence est une goutte de vie unique.

 

Chloé LAROCHE

 

 

La photo de fleur provient de ce lien :

http://www.gogoall.net/fonds/nature/f/fleurs/fleur_16.jpg

 

POUR LIRE TOUS MES ARTICLES

SUR LE MÉTIER D'AMBULANCIER, MON MÉTIER :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance/









10/04/2008

SOS d'une maman et conductrice de taxi sur Grenoble

LE PREMIER ARTICLE DE CE BLOG !!

 

images-10.jpegBonjour à vous qui me lirez. Je jette cette bouteille-blog à la mer. Pourquoi ? Parce que je vis des choses trop difficiles pour les garder dans mon coeur. Et aussi pour donner du courage à d'autres en donnant l'exemple de ne pas sombrer. Il y a eu aussi trop d'injustices ces derniers temps dans ma vie pour ne pas en parler.

Je suis conductrice de taxi spécialisé pour handicapés physiques et mentaux ainsi qu'ambulancière diplômée. Après un congé parental de trois ans, j'ai repris le 3 mars un travail en contrat à durée indéterminée. Je suis la maman solo d'un garçon de trois ans et de deux filles de quinze ans, recueillies en Roumanie et au Bénin.

Je transportais six fois par semaine trois jeunes et adolescents handicapés mentaux dans mon taxi, pour les emmener dans un IME ou les ramener à leur domicile. Le trajet total pouvait durer une heure et demi avec eux, selon les bouchons. Le 11 mars, un des ados m'a frappée violemment, se jetant sur moi sans raisons. J'ai pu stopper le taxi et arrêter le jeune par la voix et l'autorité dont j'ai fait preuve. Puis je suis repartie. J'ai pris la voie rapide et là, de nouveau, il s'est jeté sur moi et m'a frappée par de violents coups de poings, très agressifs. J'étais à 110 kilomètres heure sur l'autoroute et j'ai eu très peur. Je ne pouvais pas me défendre et il fallait que je garde la maîtrise du véhicule. J'ai crié pour qu'il arrête. Il s'est mis sur le côté et n'a plus rien fait. J'étais en larmes et très choquée. j'ai appelé les pompiers sur le portable et ils m'ont conseillée.

Arrivée à l'IME, j'avais très mal à l'épaule droite et j'étais très perturbée psychologiquement de ce que je venais de vivre. Je suis allée le signaler au directeur de l'IME, lequel a été plutôt froid, me disant que si je ne faisais pas l'affaire, il fallait réfléchir et qu'il payait "assez cher ma patronne pour que ça se passe bien".images-11.jpeg

Il faut dire que j'étais à l'essai pendant un mois jusqu'au 2 avril. Je suis allée aux Urgences, où ils m'ont gardée plusieurs heures, car je me sentais mal et j'avais des signes de faiblesse cardiaque (douleurs au bras gauche, à la poitrine, opression, malaise). Une psychologue est venue m'entendre. La patronne m'a appelée, affolée. Elle m'a fait comprendre que je devais reprendre le plus tôt possible, car sinon elle ne pourrait pas me garder, car elle perdrait des contrats. Elle m'a avoué aussi que ce jeune l'avait déjà frappée, d'un coup de poing, mais elle ne l'a plus jamais redit par la suite, gardant cela pour elle. Elle s'était aussi bien gardé de me le signaler avant, afin que je me méfie. Ce jeune autiste qui m'a frappé est très costaud et déjà d'un certain gabarit. Sa maman voulait qu'il soit placé devant dans la voiture, donc il était assis sur le siège passager.

Pour arranger la patronne, je n'ai pas utilisé tout mon arrêt d'accident du travail, un jour seulement, et j'ai repris le travail le surlendemain. La patronne m'a demandé de transporter à nouveau le jeune qui m'a agressée, mais en le plaçant à l'arrière du taxi. Une semaine après, je recevais un coup de poing de sa part, dont j'ai fais part à la patronne. Deux jours après ce coup de poing, il sortait son sexe à l'arrière et le montrait à l'autre jeune autiste. Il semblait très agité et je l'ai signalé. Enfin, le 25 mars, après avoir ramené à leur domicile ses deux camarades, je me suis retrouvée seule avec le dénommé Killian. Nous étions à la sortie de Vif, près de Grenoble. Il s'avance, tirant sur sa ceinture, et m'attrape par derrière pour me secouer et puis me frappe à la nuque et en haut du dos violemment, côté droit. Je m'arrête sur le côté et sors de la voiture. J'avais déjà onze heures d'amplitude de travail et avais eu une dûre journée, depuis sept heures du matin, prise du premier client. Là, il était six heures du soir et je devais aller chercher mon fils à la crèche après.

J'appelle les pompiers, lesquels ont appelé ma patronne. Je dis à celle-ci que je ne peux pas continuer comme ça, que c'est trop dangereux et que je suis très choquée. Elle essaye de joindre les parents du jeune, sans succès. Elle me propose de venir, mais que dans ce cas, je dois aller faire une course sur l'hôpital, en remplacement, à plus d'une demi-heure d'ici. Je n'étais pas en état et de plus, je pensais à mon fils. Alors je lui ai dit non pour l'hôpital. Elle m'a dit : "Dans ce cas, tu prends sur toi, et tu l'emmènes." J'ai accepté.

Dix kilomètres plus loin, Killian se précipite sur moi de l'arrière et m'assène un grand coup vers les cervicales, à droite du cou. Je crie pour qu'il s'arrête. Là, je stoppe le taxi. La patronne me rappelle ; je lui dis que je me suis arrêtée sur le bord de la route et que j'attends les parents sur place. Je ferme le taxi et je sors à l'extérieur, laissant Killian dedans. Je suis très mal, je pleure, très choquée, désemparée.

La maman arrive au bout d'un moment et sans un mot de réconfort ou de compréhension, me crie dessus en sortant son fils du taxi. "C'est une question d'autorité. C'est de votre faute. Vous ne savez pas y faire. Depuis quinze jours, tout va mal à cause de vous. Mon fils n'a jamais fait ça avec personne."

images-8.jpegJe l'ai laissée dire. C'est une maman qui a un jeune handicapé adolescent, autiste, avec des comportements difficiles, des gestes qui vont dans tous les sens, qui ne communique pas. Killian grandit. Ses parents sont inquiets au fond d'eux, car voyant ces réactions, ils ne veulent pas y croire. Déjà lors de la première agression, sa mère a dit : "Non, ce n'est pas vrai, mon fils n'aurait jamais fait cela." À tel point que ma patronne m'a appelé, le 11 mars, me disant : "Chloé, il faut le dire si c'est grave ou pas. Si c'est pas grave, ça rassurera la maman, car elle a peur qu'on lui donne des médicaments, qu'il n'a jamais eu encore." Cela m'a choquée. Je me suis sentie reléguée au rôle de menteuse ou de profiteuse du système, qui simulerait une agression pour avoir un accident de travail en poche. Je venais de passer des heures aux Urgences et on ose me demander si ce n'est pas grave..... !!!!!?

Le soir du 25 mars, je suis allée chez le médecin. J'ai été arrêtée une semaine. Je suis revenue travailler le 1er avril. Tout s'est bien passé. La patronne m'a dit que je ne referais plus le transport de Killian pour l'instant.

Et puis le 2, elle me dit de passer chez elle. Elle devait me donner ma paye. Elle me dit : "J'ai une mauvaise nouvelle. Je ne te garde pas." Elle a ajouté : "Je suis très contente de toi. Il n'y a rien à redire. Mais je ne peux pas te garder. Un jour, tu sauras peut-être pourquoi. Mais je ne peux pas t'expliquer." J'étais effondrée. C'était, hélas, le dernier jour de mon mois d'essai.

Tout cela pour en arriver là ! Ces agressions difficiles à gérer depuis un mois et puis voilà... Plus rien. Je perds mon travail. En plus, depuis janvier, ma patronne m'avait fait promettre de bien être présente pour elle début mars, aussi j'avais refusé une autre proposition de travail pour ne pas la trahir. Et là, je me sens trahie, à un point inimaginable. Car je sais au fond de moi que mon départ a un lien avec les agressions et... c'est injuste.images-12.jpeg

Cela s'est passé il y a une semaine. J'ai su depuis qu'on ne peut pas renvoyer un salarié durant des soins encore en cours après un accident du travail, même dans le cadre d'une période d'essai.

Le Syndicat des Taxis m'a lancé de son côté : "Madame, vous apprenez à l'examen que personne ne peut vous obliger à prendre dans votre véhicule un individu que vous ne désirez pas transporter."...........

Les responsables du Syndicat  ont oublié de souligner que la majorité des taxis sont patrons... pas salariés !!! Et qu'un salarié taxi n'a qu'à se taire et accepter toute course que lui demande son patron.


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73980169.jpgDepuis, il y a d'autres choses très difficiles dans ma vie.

Mon coeur est trop gros pour que je vous en parle tout de suite.

Mais mon fils vient de perdre son papa, qui devait être opéré lundi soir, d'une tumeur cancéreuse, à la Clinique des Cèdres à Échirolles.

Il est mort sur la table d'opération d'une erreur chirurgicale.
La tumeur était proche d'une artère, laquelle a été sectionnée.
Il s'est vidé de son sang. Parti inconscient.

Je dis erreur, ou faute médicale, car ils le savaient que la tumeur était grosse. Ils ont essayé, malgré tout, l'opération pour le sauver, mais au final, on lui a enlevé ses derniers moments.

Le père de mon fils avait 47 ans et mon fils l'aimait.
"Mon papa, c'est mon papa. Ce n'est pas le papa d'autres enfants. C'est mon papa."

Une psychologue m'a dit : "Maintenant, vous êtes liés à jamais avec cet homme, par le ciel et la terre, en cet enfant, votre enfant. Plus tard, il dira à ses enfants : Voilà, c'était cet homme et cette femme qui se sont aimés et qui ont fait que je suis venu."

Un grand trou dans mon coeur s'est creusé quand j'ai annoncé le décès de son papa à mon fils.

Hier, il l'a vu une dernière fois, au PFI. Je lui ai bien expliqué les choses, avec les conseils d'une psychologue formée au deuil et à l'accompagnement des survivants.

Mon fils l'a regardé un court instant. Il a vu ses yeux fermés. Que son père ne parlait plus. Il m'a vu poser des roses près du corps. Puis il s'est échappé et a grimpé sur un fauteuil, pour rejoindre la vie, dans le sourire innocent de l'insouciance.

Mon ex-compagnon, étendu sous un drap, était à l'endroit où se trouvait Océana, la fille que j'ai perdu il y a onze ans.

C'est lorsque nous sommes sortis à l'extérieur que la colère est sortie dans le coeur de mon fils. Il a jeté son doudou et de ses poings m'a frappée. Hier soir aussi, poussant son assiette : "Je veux mon papa."

Chloé LAROCHE

Voir mon article : "Ultime adieu au père de mon fils" :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2008/04/11/

adieu-au-pere-de-mon-fils.html

 

et l'article concernant les agressions sur les ambulanciers :

http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2008/07/15/

pour-cyrille-jeune-ambulancier-decede-mon-temoignage-d-ambul.html

NOTA : la photo de l'enfant est celle d'un petit garçon d'Inde ; ce n'est pas celle de mon fils.

 
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