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17/10/2017

Ma nouvelle en hommage au Refuge et aux couples de femmes homosexuelles, écrite pour le respect de tous les couples homos.

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Je vous invite à lire sur "SHORT Édition" cette histoire que j'ai écrite et que j'offre à tous les couples de femmes homosexuelles.

Vous pouvez aussi la lire ci-dessous.

Personnellement, je ne suis pas homosexuelle mais je défends la cause des homos, hommes et femmes.

Alors, que cette nouvelle contribue à leur respect et à plus de tolérance envers leur "différence".

Amicalement à tous, Chloé L

 

Copier le lien ci-dessous et le coller dans votre barre internet :

 http://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/le-dialogue-de-la-dent-de-crolles

 

 ------------ Le Refuge est une association française fondée en 2003 et dont la vocation est d'offrir un hébergement temporaire et de soutenir les jeunes homosexuels majeurs victimes d'homophobie et de transphobie, notamment dans le cadre de leur propre cellule familiale. Le siège de l'association se situe à Montpellier, et se compose de seize autres délégations opérationnelles.

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LE DIALOGUE

DE LA DENT

DE CROLLES

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Brigitte vivait toujours avec Anne, son ex-compagne, et ne souhaitait pas quitter le précieux havre de paix que représentait leur maison ; celle-ci avait abrité leur amour dans un petit village perché se tenant au bout d’une route, dans la montagne. Brigitte trouvait la paix ici, au bout du monde ; la fin de sa relation avec Anne n’avait rien changé à cela. Pourtant, elle était inquiète car ses compagnes successives lui demandaient à chaque fois de partir, de renoncer à ce charmant refuge, de trancher avec cette belle dame envers qui elle conservait affection et loyauté, ainsi que la tendresse d’une amitié pure et dénuée de tout désir et de toute pensée charnelle.

Comment faire pour expliquer l’inexplicable, l’inextricable... Elle proposait à ses nouvelles amies de rencontrer cette femme afin de prouver par A plus B que C n’existait plus, C représentant le couple d’Anne et Brigitte. Mais il est toujours délicat de vouloir éteindre l’incendie en y ajoutant des étincelles.

Brigitte était femme pompier volontaire et gagnait sa vie en pratiquant un métier de passion : le métier d’ambulancier. Le fait de côtoyer chaque jour la maladie, la mort, le handicap, les accidents graves, remet chacun d’équerre face à l’évidence de l’essentiel, l’essentiel étant de vivre sa vie comme on le ressent profondément, intimement.

Le métier d’ambulancier apporte cette dimension du respect de la différence et du choix de vie de ses collègues, des patients transportés. La couleur de peau n’importe plus, ni le choix sexuel, ni les croyances, puisque la mort rôde. Seul l’amour et le coeur demeurent, cet amour transmis dans un regard, l’espérance à laquelle s’accroche le blessé, cette onde universelle qui fait tourner le monde à travers la beauté et la joie de la lumière infinie d’une vague d’océan.short edition,homosexuel,lesbienne,amour,rencontre,séparation,divorce,mariage,ambulancier,femme,route,dent de crolles,cancer,sein,maladie,mort,honte,peur,espoir,village,montagne,love,courage,départ,quitter,passé,présent,avenir,écoute,communication,dialogue,refuge,protection,société,respect,différence,métier,taxi,médical,patient,confidence,isère,union,homo

Tant que le souffle est là, tant que le sang coule dans les veines, le reste est une question de liberté et de libre choix de ses directions. Brigitte adorait pour cela son métier et tous ses collègues connaissaient son homosexualité. Cependant, elle évitait de l’annoncer aux patients transportés afin de garder son innocence et sa légèreté face à des critiques qu’elle n’aurait pu parer, sauf par une sortie de route ou un arrêt brutal du véhicule. En effet, elle était souvent seule avec les patients, les conduisant à leurs rendez-vous. Le tête à tête était parfois long, jusqu’à trois heures de temps, aussi devait-elle garder sa vie privée tel un jardin secret dont elle seule aurait la clé.

Parfois elle y laissait entrer des personnes capables de tolérer sa différence, assez ouverts de coeur et d’esprit pour comprendre l’immensité de son choix de vie et d’amours. Elle était alors rarement déçue de pouvoir faire découvrir ses plates-bandes fleuries et ses roseraies colorées. Les rares personnes qui la décevaient se retrouvaient très rapidement au milieu des orties et des chardons, recherchant au plus vite la porte de la sortie.

Un jour différent des autres, alors que le soleil illuminait la route de montagne qu’elle avait empruntée, sur le plateau de la Dent de Crolles, Brigitte se tenait au côté d’une personne qu’elle devait descendre dans la plaine pour ses traitements. C’était la cinquième fois qu’elle la transportait. La Dent de Crolles se tenait au-dessus d’elles dans une majesté matinale de montagne mythique et, telle un témoin de leur trajet, regardait dans leur direction en tendant l’oreille et les angles de ses parois abruptes.

La patiente assise à ses côtés s’adressa soudain à Brigitte : «Je sens bien que vous êtes différente. Vous savez, moi, je n’ai jamais assumé cela et cela m’a consumée. Le cancer me ronge et j’essaye de m’en sortir. Je veux vivre et aimer. J’ai été éprise autrefois d’une femme à qui j’avais dévoilé à demi-mot mon amour. Mais cette personne m’a rejetée dédaigneusement, provoquant un arrêt final à notre longue amitié. Il est difficile d’ouvrir son coeur et d’oser sa différence. »short edition,homosexuel,lesbienne,amour,rencontre,séparation,divorce,mariage,ambulancier,femme,route,dent de crolles,cancer,sein,maladie,mort,honte,peur,espoir,village,montagne,love,courage,départ,quitter,passé,présent,avenir,écoute,communication,dialogue,refuge,protection,société,respect,différence,métier,taxi,médical,patient,confidence,isère,union,homo

Brigitte, émue, ne quittait pas la route des yeux et sentit les larmes basculer des yeux aux joues. Soudain, l’émotion fut trop forte et provoqua un garage du taxi ambulancier à l’entrée du grand tunnel. La femme ambulancière se gara en toute sécurité et arrêta le contact du véhicule. Celui-ci fut assez surpris de cette décision surprenante et peu habituelle de son chauffeur féminin. Brigitte regarda sa patiente et appuya sa main sur la sienne, lui disant : «Vous verrez, vous rencontrerez la femme dans laquelle vous trouverez le feu correspondant au vôtre et alors il n’y aura pas de sirène de pompier ni de fanfare. L’amour sera là et, par son eau fraiche et limpide, agrandira l’espace de vos deux coeurs enflammés. »

La patiente sourit. Elle s’appelait Amandine. Elle avait perdu ses cheveux à cause de ses traitements mais elle était belle sous les rayons du soleil naissant. short edition,homosexuel,lesbienne,amour,rencontre,séparation,divorce,mariage,ambulancier,femme,route,dent de crolles,cancer,sein,maladie,mort,honte,peur,espoir,village,montagne,love,courage,départ,quitter,passé,présent,avenir,écoute,communication,dialogue,refuge,protection,société,respect,différence,métier,taxi,médical,patient,confidence,isère,union,homo

-Mais quelle femme voudra de moi avec un sein en moins ? J’ai été opérée. C’est une véritable mutilation, un choc énorme, insurmontable. 

 

-Vous savez, lui répondit Brigitte, vous êtes telle une amazone galopant avec votre arc de vie et votre flèche de désir. Lorsqu’elle aura trouvé sa cible d’amour, cette flèche ravira le coeur de la femme qui vous aimera telle que vous êtes. Vous êtes un tout et, même avec un seul sein, vous êtes encore vous-même. Dans mon métier, j'ai rencontré tant de personnes sans jambes, sans bras, sans mains, sans espoir de remarcher, handicapées de l'âme et du corps. Mais ce qu'elles savent au plus profond de leur coeur, c’est qu'elles ont gardé la vie et qu’elles se battent jour après jour pour gagner des centimètres de marche et d’avancées, pour gagner des mètres loin de l’horreur qui s’est abattue sur elles. Vous êtes comme ces personnes : handicapée, mutilée, diminuée d'une partie de vous-même. Alors restez vous-même : belle, battante, combattante, désirante, vivante, inventive. »

Amandine avait avalé tout le soleil de la montagne. La Dent de Crolles avait tagué son mordant sur la vie et le véhicule se remit en marche doucement vers l’hôpital. Elles n'étaient pas en retard. La vie avait pris de l’avance sur la maladie, une belle avance.

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Ce soir-là, sur la Dent de Crolles, on put voir et contempler un nuage rose accroché au sommet sur un ciel étoilé naissant de crépuscule.

Chloé Larocheshort edition,homosexuel,lesbienne,amour,rencontre,séparation,divorce,mariage,ambulancier,femme,route,dent de crolles,cancer,sein,maladie,mort,honte,peur,espoir,village,montagne,love,courage,départ,quitter,passé,présent,avenir,écoute,communication,dialogue,refuge,protection,société,respect,différence,métier,taxi,médical,patient,confidence,isère,union,homo

http://www.ulule.com/livre-cancer/

 

 

14/05/2016

Ma critique sur le film "Ma Loute". Le réalisateur n'est pas si loin de la réalité du monde. Il nous amène à regarder derrière les apparences.

Chers lecteurs,

 

 

Ce soir, je suis allée voir le film : "Ma Loute". 

Je suis assez d'accord avec le commentaire lu après avoir vu ce film, un commentaire écrit par "Ener1" sur le site de Allociné : "Le scénario aurait pû être bien mais dès qu'ils commencent à bouffer de l'humain sanguinolent, non merci ... J'aurai sû, j'aurai pas venu ...".

Moi non plus, je ne serai pas venue si j'avais su. En même temps, lorsqu'on creuse un peu derrière les apparences trompeuses, les terreurs du film, les abominations et les excentricités montrées... on s'aperçoit que le réalisateur n'est pas si loin de la réalité du monde.

Un ami m'avait accompagnée pour visionner cette création cinématographique mais il a été loin de penser, au contraire de moi, que ce film montrait une certaine réalité, à tel point que devant le pied que tend la mère anthropophage à ses enfants, cela lui a paru tellement irréel que cela lui a paru aussi risible.

Mais c'est bien ce que montre ce film : qu'à force de penser que l'humanité n'est que belle et bonne, on en vient à faire du déni sur les horreurs réelles qui existent. Cet ami pensait que cela était tellement énorme que cela ne pouvait exister. Mais malheureusement, cela existe et tant de choses terribles ont existé. 

Bruno Dumont nous parle aussi d'inceste, par un frère et un père, sur une femme devenue hystérique et hyper sensible. Sa souffrance est tellement à fleur de peau et extrême qu'elle en est devenue  excentrique, à force d'être expansive. Sa fille, Billie, qui est née de ce viol incestueux, vit maintenant chez son oncle, lequel peut être aussi son père. Elle est attirée par le jeune criminel qui tue plein de personnes alentour et lui aussi semble attiré par elle.

Mais à un moment, cette jeune fille va voir arriver sur elle un déchainement inouï de violence et de coups, de la part de ce jeune qu'elle aime, nommé Ma Loute. Elle l'avait dit aux policiers : "Je suis une jeune fille déguisée en garçon."

Voilà ici le problème du Genre qu'on ne résoudra pas, puisque tous les journalistes de Cannes et les cinéphiles se demandent encore si Billie est une fille ou un garçon.

Mais le jeune Ma Loute, en la portant dans ses bras, pense sentir autre chose, faisant penser à des attributs masculins. C'est alors qu'il la frappe, en lui disant qu'elle l'avait trahi. C'est une scène terrible, comme le passage où la mère de Ma Loute frappe violemment avec une rame les personnes prises dans le filet et qui attendent d'être  mangées par cette famille anthropophage. La scène où les trois jeunes enfants mangent avec leur grand frère Ma Loute les restes humains est insoutenable.

Mais ce qui me choque, en lisant certains commentaires et notamment un article d'une journaliste à Cannes, c'est que des personnes portent aux nues l'histoire d'amour entre ces deux jeunes, entre Billie et Ma Loute, comme si cela transfigurait le film.

Parce que deux êtres s'aiment, alors on peut tout pardonner ? La fin montre bien cela : Billie découvre Ma Loute au bord de l'océan avec une autre jeune femme. Elle sait tout, mais elle ne dit rien. Elle ne dénonce pas... Pourquoi ? 

Peu-être parce que le film veut dire que ces deux jeunes sont deux victimes, victimes de leur milieu familial, victimes de leur enfance, victimes de la violence extrême.

Peut-être  parce que Ma Loute a sauvé Billie, sa mère et son oncle, en les emportant loin de ses parents avides de sang sur une charrette, trouvée ensuite par les policiers. Il a pris cette décision de courage ultime d'arrêter le massacre, de dire NON à une famille toxique et malsaine.

Tous les acteurs sont magnifiques dans leur rôle, les non-professionnels comme les professionnels. Le Commissaire Machin est troublant dans sa légèreté, se mettant à rouler sans problème, malgré son poids... à voler aussi. C'est par des scènes telles que celles-ci qu'on comprend que le réalisateur nous amène à regarder et voir derrière les apparences, à réfléchir sur notre façon de voir une personne obèse, une personne dite folle, une personne excentrique, une personne sans genre, une personne maladroite, une personne bossue, etc.

J'ai trouvé dans ce film beaucoup de sensibilité autant qu'une grande cruauté, qui me fait recommander de ne pas aller le voir si vous avez moins de seize ans ou si vous êtes d'une nature émotive et sensible.

 

Chloé LAROCHE

 

 

 

 

24/06/2015

Ma lettre aux parents d'Ayana, suite à la lettre de Jean-Marc Dupuis. Mon témoignage de maman orpheline face à la mort brutale de ma fille en 1997.

 

 

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Merci Jean-Marc Dupuis d'avoir écrit votre lettre (lettre que, chers lecteurs, vous trouverez ci-après... en-dessous de ma lettre) pour les parents d'Ayana. Merci Jean-Marc pour tout ce que vous écrivez aussi afin de protéger la santé de chacun d'entre nous.

Je voudrais écrire ceci aux parents d'Ayana, Julie et Jason :images-21.jpeg

Chers parents, j'ai vécu quelque chose d'un peu similaire en 1997 quand ma fille Océana, qui avait trente mois, est décédée en trois jours d'une encéphalite foudroyante. Elle avait reçu un vaccin en janvier après une varicelle. Le pédiatre a voulu la vacciner alors qu'elle venait d'avoir cette maladie. J'étais jeune à l'époque, j'ai laissé faire. Elle est décédée un mois après mais personne n'a voulu faire le rapprochement, étant donné qu'il y avait un virus de grippe très virulent et que ma fille l'a attrapé. Le pédiatre a attendu trois jours avant de donner des antibiotiques. Il était trop tard, le mal avait pris son cerveau, si vite. Par la suite, des liens ont pu être fait avec la résurgence grave de la varicelle réveillée par le vaccin, alliée à une grave complication de grippe. Mais tout cela est resté dans la tombe, au sein d'une supposition nébuleuse et sans véritables explications.

À l'hôpital, ma fille est tombée dans le coma, comme foudroyée. C'était le jeudi 13. Le lendemain matin, 14 février, les médecins nous ont dit : "On va devoir débrancher votre fille, son coeur bat mais son cerveau est mort. Vous n'avez rien à dire, nous le ferons." Le ciel nous est tombé dessus. je voyais ma fille vivre, respirer... et ils allaient la tuer. Une amie m'a appelée, m'a parlé doucement : "Laisse la partir, s'envoler, ne la retiens pas, c'est son heure de partir." C'est cela : accepter le destin, accepter que la mort emporte ceux que l'on aime, accepter l'impermanence pour chacun d'entre nous, accepter l'impuissance de ceux qui sauvent et qui protègent en général : les médecins, le corps médical.images-24.jpeg

Accepter qu'on me dise : "De toute façon, vous l'auriez amenée plus tôt, on n'aurait rien pu faire, on n'a pas de traitement pour ce qu'elle a, on est démunis." J'ai peigné ma fille une dernière fois, je l'ai habillée. C'est le 15 qu'ils ont débranché ma fille. Arrachement des entrailles, comme un pic dans le coeur et c'est à vie que mon ventre a vu un trou béant se faire en moi. Depuis, dix-huit ans ont passé, et je passe ma vie à donner, à aider, à tendre la main à autrui. J'ai adopté deux filles et j'ai eu un fils qui a dix ans maintenant. J'ai pu faire tout cela lorsque j'ai compris (très rapidement) que Dieu est le Dieu de tous, des vivants et des morts. Je vous explique : une maman qui perd son enfant ne le voit plus, ne le sent plus, elle ne sait pas où il est. C'est terrible, c'est un arrachement mortel. On a l'impression d'être entre ciel et terre, au bord de la tombe, en bascule d'éternité.Unknown-8.jpeg

Alors quand j'ai compris un jour en un éclair de lucidité que si Dieu existe, il existe pour les vivants mais aussi il protège les morts ; il s'en occupe, comme les anges s'en occupent, comme les entités de lumière s'en occupent, alors cela m'a rassurée. J'ai délégué aux forces de lumière et d'amour, j'ai accepté de renoncer à mon inquiétude profonde de maman et je suis entrée dans une certaine confiance. Je dis "certaine" car la peine est là, profonde, les larmes, l'absence terrible, les pensées obsédantes parfois -concernant les derniers jours avant le décès-, la culpabilité d'être encore vivant sans son enfant qui lui est mort, la colère de n'avoir rien pu faire, colère aussi contre les médecins, mais les médecins ne sont que la main du destin, implacable et frappeur.Unknown-7.jpeg

Je me suis reconstruite en écrivant un livre pour aider d'autres parents dans le deuil, puis d'autres livres, en créant plus tard un blog, en reprenant les concerts avec mon violon, en devenant ambulancière, en marchant en montagne et en emmenant des groupes avec moi vers les sommets, vers la vie, en choisissant l'adoption et de donner tout cet amour laissé au fond de moi à des enfants sans parents.

Je vous souhaite, Julie et Jason, beaucoup de courage. Votre petite Ayana vous protégera toujours sur votre chemin et vous protégera comme ma fille Océana me protège pour toujours et jusqu'à ma mort et bien au-delà.

Chloé Larocheimages-20.jpeg

 

 

 

 

 

______________  Lettre de Monsieur Jean-Marc DUPUIS :

 

Condoléances extrêmes aux parents d’Ayana

Pas de commentaire - 3 795 lecture

 

Chers amis,

Excusez-moi d’être direct, surtout sur un sujet si douloureux.

Mais vous, pensez-vous que vous pourriez trouver les mots justes pour réconforter deux jeunes parents qui se préparent à la mort de leur bébé ?

C’est ce qui est en train d’arriver à Julie Pitel et Jason Rivière, les parents de la petite Ayana. Leur bébé de sept mois est dans le coma depuis le 6 mai après avoir été vaccinée à l’Infanrix Hexa et au Prévenar [1].

Dimanche 21 juin, les médecins leur ont annoncé que le système de respiration artificielle qui maintient Ayana en vie va devoir être arrêté « dans six ou huit jours » [2]. En effet, ils estiment que son cerveau est « irrémédiablement détruit ».

C’est une épouvantable tragédie.

Moi-même qui ai perdu brutalement ma fille de 12 ans il y a peu, je me sentirais complètement démuni si je me trouvais face à ces jeunes parents.

Pourquoi ?

Parce que chaque cas est unique et je crois qu’il est impossible d’imaginer ce que ressentent des personnes dans un tel drame.

« Condoléances » est un mot qui vient de l’ancien français « condouloir », s’affliger avec quelqu’un [3].

« Je vous présente mes condoléances » veut dire « je souffre moi aussi avec vous du malheur qui vous afflige ».

Mais dans ce cas, j’aurais terriblement peur que mes paroles paraissent vaines, inutiles, et qu’elles ne les réconfortent pas, au contraire même : « Vous pouvez toujours parler, rien ne nous rendra jamais notre enfant ! », pourraient-ils me répondre, avec raison.

Et pourtant, même si je suis maladroit, je voudrais vraiment dire à Julie et Jason que je leur présente, sincèrement, mes plus extrêmes condoléances et je suggère à tous les lecteurs de Santé Nature Innovation qui le souhaitent de s’associer en ajoutant un mot en commentaire de ce texte.

Je voudrais qu’ils sachent combien je souffre pour eux et pour leur bébé. J’ai été bouleversé par le courage qu’ils ont montré à la télévision et depuis le début de cette affaire. Ils ont à peine 21 et 22 ans ! (vous pouvez par exemple voir le reportage ici)

Ce qu’ils sont en train de vivre, ils ne l’oublieront jamais. C’est une épreuve qui marque pour toujours. Dans 20, 30 ou 50 ans, les larmes leur monteront aux yeux chaque fois qu’ils repenseront à leur petite chérie.

Que faire maintenant ?

Selon les articles que j’ai pu lire dans les médias, Me Ludot, l’avocat qui défend Julie et Jason, est énergique et il les défend bien.

Il semble qu’il y ait eu un problème avec le SAMU, qui n’a pas voulu se déplacer alors que la petite avait 42,5°C de fièvre après sa vaccination. Elle aurait même fait une convulsion, qui est une urgence médicale extrêmement sérieuse et fait partie des effets secondaires bien connus des vaccins. S’ils avaient fait le minimum, ils auraient peut-être pu la sauver.

Selon le journal Le Parisien, Me Ludot aurait déclaré :

Nous voulons « tout savoir de ce qui s’est passé » et « nous voulons que soit tenu aux parents un discours loyal et honnête, à savoir que la nocivité des vaccins est à l’origine des 42° de fièvre (d’Ayana) : c’est l’association criminogène des deux vaccins, Prevenar et Infanrix » [4].

Cette demande paraît d’autant plus légitime que cette tragique affaire a eu lieu précisément au moment où les pouvoirs publics et la plupart des médias essayaient de diaboliser l’action du Pr Henri Joyeux pour la simple raison qu’il demandait le retour du vaccin DT-Polio, plutôt que l’obligation de fait imposée aux parents de recourir aux supervaccins comme l’Infanrix.

Les médias bien ennuyés

Confrontés aujourd’hui à leurs contradictions, ces mêmes médias sont aujourd’hui plus qu’ennuyés.

Ils sont en effet bien obligés de parler de l’affaire d’Ayana. Mais comment expliquer au public que l’Infanrix, dont ils ont dit qu’il n’était pas du tout dangereux, soit impliqué dans la mort d’un bébé qui était en parfaite santé avant les injections ?

La solution, assez piteuse, qu’ils ont en général choisie est de rester dans le vague.

La plupart, comme le journal Le Monde [5], L’Express [6], le Nouvel Observateur [7], reprenant l’AFP, ont choisi le mensonge par omission, en parlant d’un accident « suite à deux vaccins », sans préciser lesquels.

D’autres, et c’est peut-être pire encore, ont écrit que l’accident s’était produit après une injection de DT-Polio, opérant un amalgame aussi mensonger que dangereux entre le DT-Polio, qui est obligatoire, nécessaire, et dont nous attendons tous le retour dans les pharmacies, et l’Infanrix, qui n’est pas obligatoire, pas nécessaire, et que personne n’utiliserait s’il n’y avait pas de pénurie de DT-Polio, surtout qu’il coûte sept fois plus cher.

La ministre de la Santé Marisol Touraine garde le silence

La ministre de la Santé Marisol Touraine, enfin, a choisi… le silence.

En un sens, elle est logique avec elle-même puisqu’elle avait eu le cran de déclarer que « la vaccination, ça ne se discute pas », alors même que la petite Ayana venait de tomber dans le coma après avoir reçu son vaccin.

La mort d’Ayana ne doit pas rester vaine

Mais au fond, peu importe. Ce qu’on espère aujourd’hui, c’est que les parents d’Ayana parviendront à surmonter cette épreuve aussi terrible qu’injuste, et qu’ils seront soutenus par le plus grand nombre possible de personnes.

Nous avons aussi l’espoir que la mort de la petite Ayana ne restera pas vaine, et que le retour du simple vaccin DT-Polio sans aluminium dans les pharmacies de France permettra bientôt à tous les bébés d’être vaccinés dans les meilleures conditions de sécurité.

Comment se reconstruire

La seule chose positive que l’on peut essayer de dire aux parents d’Ayana, c’est que ce type d’épreuve vous transforme de façon définitive, mais pas forcément dans le mauvais sens.

Si vous parvenez à vous « reconstruire » après cela, votre nouvelle vie, votre nouvelle façon de vivre et de voir le monde, en sont irrémédiablement transformées.

Mais cette transformation n’est pas toujours uniquement une destruction. Il se peut aussi que la mort de votre enfant change votre regard sur la vie, sur les autres, sur vos autres enfants si vous en avez, sur votre conjoint et vos parents, en vous imposant un regard plus calme, compréhensif, plus chargé d’amour et de sagesse.

Après une tempête pareille, vous comprenez mieux les bornes de la vie sur terre, vous réalisez de façon concrète qu’il y a des limites auxquelles personne n’échappe, des frontières d’au-delà desquelles personne ne revient. Cela peut vous donner plus de sérénité et une plus grande capacité à apprécier le moment présent. Vous pouvez acquérir ce brin de fatalisme et de recul qui peuvent être une bonne chose si vous aviez tendance à être trop angoissé, trop impatient, trop pressé dans l’existence.

Que vous le vouliez ou non, vous êtes obligé de relativiser un certain nombre de choses. Beaucoup de risques ou d’épreuves qui vous inquiétaient avant vous paraissent bénins, par contraste avec ce que vous avez vécu.

Vous n’avez plus envie de vous énerver parce qu’on vous a éraflé votre voiture sur le parking du supermarché. Rater vos vacances, perdre votre travail, vivre un chagrin d’amour, recevoir une amende ou une facture salée inattendue ne sont plus des causes que vous prenez vraiment au sérieux pour vous rendre malheureux.

« Allez, c’est la vie », vous dites-vous plus facilement. Vous apprenez à faire contre mauvaise fortune bon cœur parce que vous savez maintenant que vous allez oublier tout ça bien vite, beaucoup plus vite que cette douleur qui, elle, est pour toujours dans votre cœur.

Bien à vous,

Jean-Marc Dupuis

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Pour en savoir plus, cliquez ici : http://www.santenatureinnovation.com/condoleances-extreme...

09/11/2014

Passeurs d'amour, dépositaires de la mémoire humaine, agents de tolérance et d'écoute... Choisirons-nous de nous retrancher dans l'oubli ou d'endosser la responsabilité d'un choix d'humanité ?

 

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On m'a raconté ce jour qu'une entreprise iséroise invite son personnel à une fête de Noël fin novembre... et je constate comme vous que dans les magasins, on parle de Noël avant même que la Toussaint soit passée.

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Dans ce film remarquable, on observe une nouvelle société dans laquelle la mémoire a été retirée du cerveau des habitants, ainsi que l'émotion, les couleurs, les différences, les relations amoureuses.

On perçoit qu'une immense peur a pu entrer dans le coeur de l'humanité à cause de la violence, de l'intolérance et des guerres et ... qu'une seule solution s'est alors imposée : niveler la population à une unicité obligatoire.

Dans ce nouveau monde raconté dans le film, un acte nommé "élargissement" se pratique afin de masquer l'acte de tuer. On tue des bébés car ils ne grossissent pas aussi bien que les autres, ou bien parce qu'ils sont nés handicapés ou différents. Le simple fait de changer le mot fait que la population ne se pose aucune question sur le fait "d'élargir" une personne. Chacun fait ce qu'on lui demande, même si c'est pour emmener un petit à la morgue dans une boîte blanche.

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Il souffre de comprendre que l'humain peut tuer, que parmi sa communauté, l'on tue, que son meilleur ami a pu le trahir, que l'amour a été banni de sa communauté. Mais il trouve la force en lui, grâce à son passé et aux images de toute la terre, de retrouver les couleurs du passé afin de reconstruire le présent et l'avenir.the giver,cinéma,film,meryl streep,mémoire,humanité,crime,communauté,secte,folie,pouvoir,conscience,système,fermeture,enfermement,élargissement,amour,interdiction,règle,loi,consommation,magasin,noël,sdf,sans-abri,solidarité,écoute,peur,avenir,passé,présent,âge,personne âgée,hospitalité,différence,paix,guerre,passeur,dépositaire,jugement,art,actualité,épreuve,vie,mort

Nous aussi, nous pouvons défendre l'amour et la solidarité dans nos vies. Nous pouvons découvrir qu'il ne sert à rien d'éradiquer les différences pour apporter la paix au monde. Et savoir aussi que nous demeurons libres de nos choix, choix de consommation, choix d'égoïsme ou de générosité.

Nous pouvons porter un regard de jugement sur une personne mais que savons-nous de son passé, de ses souffrances, de ses blessures ? Gommer le passé pour ne garder du présent que l'évidence d'une faute visible devant tous, c'est comme couper les racines d'un arbre dont on ne verrait que les branches flottant dans l'espace.

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Deux jeunes frères l'ont rencontré et se sont mis à lui parler, simplement et de coeur à coeur.

Cet homme était tombé très bas, après avoir été ingénieur, avoir perdu son travail, être quitté par sa femme. Il avait tout perdu.

Les deux jeunes l'ont invité à venir passer Noël chez eux, avec leur parents, qui ont très bien reçu cet homme cabossé par la vie.the giver,cinéma,film,meryl streep,mémoire,humanité,crime,communauté,secte,folie,pouvoir,conscience,système,fermeture,enfermement,élargissement,amour,interdiction,règle,loi,consommation,magasin,noël,sdf,sans-abri,solidarité,écoute,peur,avenir,passé,présent,âge,personne âgée,hospitalité,différence,paix,guerre,passeur,dépositaire,jugement,art,actualité,épreuve,vie,mort

L'un des deux jeunes, aujourd'hui âgé d'environ trente-huit ans, m'a confié que ce fut son plus beau Noël. Il m'a raconté ensuite le souvenir des Noëls qu'il passait à aller jouer de l'accordéon dans la maison de retraite de son grand-père.

Il voyait le bonheur et la joie s'allumer dans le regard de tous les anciens, lorsqu'il rallumait leur passé à la flamme des souvenirs heureux ou malheureux d'existences accomplies, grâce aux morceaux joués réveillant les émotions et le destin antérieur.

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Nous pouvons tous être les passeurs d'amour et dépositaires de la mémoire de ceux que nous aimons, de ceux qui nous donnent leur confiance.

Chloé LAROCHEthe giver,cinéma,film,meryl streep,mémoire,humanité,crime,communauté,secte,folie,pouvoir,conscience,système,fermeture,enfermement,élargissement,amour,interdiction,règle,loi,consommation,magasin,noël,sdf,sans-abri,solidarité,écoute,peur,avenir,passé,présent,âge,personne âgée,hospitalité,différence,paix,guerre,passeur,dépositaire,jugement,art,actualité,épreuve,vie,mort

 

 

 

 

 

13/11/2013

Présente à la cérémonie du 11 Novembre pour célébrer l'Armistice et honorer la mémoire de mon Grand-Père déporté, résistant et mutilé de guerre.


th-49.jpegCe lundi 11 Novembre, j'étais présente à la cérémonie de commémoration du 11 novembre à Crolles, concernant
l'Armistice de la Première Guerre mondiale.
 
 
 
En tant que petite fille de Jean-Louis Laroche, résistant et déporté dans trois camps de concentration, mutilé de guerre et fait prisonnier le 11 novembre 1943 dans la rafle de Grenoble (400 déportés) par les Allemands... j'étais présente en sa mémoire et en la mémoire de tous ceux qui sont tombés pour que nous soyons là, à vivre en Paix. WP_20131111_013.jpg


Mon grand-père a fait partie de tous ces grenoblois courageux qui sont descendus dans la rue le 11 novembre 1943 "pour crier à la face du monde leur amour de la Justice et chanter leur espoir de Liberté", malgré la présence des Allemands. Ils étaient près de six cents manifestants mais quatre cents hommes ont été déportés à la suite de cette rencontre héroïque.

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WP_20131111_012.jpgLe discours du Maire nous a rappelé que toute personne ayant la haine au coeur se trouve dans une impasse. Il a rappelé que les valeurs de la liberté d'expression, de la fraternité et de la paix, contre toute haine et tout racisme, nous conduit sur un chemin serein. Il a rappelé aussi que la mémoire du Passé doit relier mais ne doit pas diviser.


Je pense à ces propos entendus dans les Grandes Gueules sur RMC Radio, insupportables : "On s'en fout de ce qui s'est passé durant cette période de la Première Guerre"... et ..... : "Choisir le berceau, non la tombe"... Expression employée dans l'émission pour dire qu'il "vaut mieux parler du présent et du futur que du passé".

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Cependant, nous avons un devoir de mémoire, pour que ces faits de guerre ne se reproduisent pas, pour que la Seconde Guerre ne revienne jamais avec ses fantômes oubliés au fond de nos consciences, pour que les révisionnistes ne gagnent pas en disant que tout cela n'est jamais arrivé et qu'on aurait peut-être exagéré les chiffres des morts, des six millions de juifs tués par les Nazis dans les camps de la mort, plus les 50 millions de morts tombés au combat durant la Seconde Guerre mondiale et les 19 millions de morts durant la Première Guerre Mondiale.


Que la Paix demeure.... en sachant que deux générations ont déjà grandi depuis la dernière Guerre... sans guerre mondiale.th-45.jpeg


Chloé Laroche_______________


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Consulter :


 

http://www.tracesdhistoire.fr/resources/

Digests+Deportes+Isere+1.pdf



http://www.ordredelaliberation.fr/

fr_ville/grenoble.html_______


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Pour mon Grand-Père qui était présent ce jour-là du 11 novembre 1943 :


Article de Claude MULLER :

http://claudemuller.blog.lemonde.fr/2011/11/08/nous-sommes-tous-nes-le-11-novembre-1943-avec-les-resistants-grenoblois/

 

Nous sommes tous nés le 11 novembre 1943 avec les Résistants Grenoblois

"Ce jour-là, les Grenoblois rendent hommage au courage de centaines de Résistants qui, le 11 novembre 1943, ont osé manifester dans les rues de leur ville, bravant la présence des Allemands. Ce peuple s'est levé pour crier à la face du monde son amour de la Justice et chanter son espoir de Liberté.
Malheureusement, ils n'avaient pas encore pris la mesure de la férocité de la Gestapo. Encerclés, regroupés, parqués et exposés sur une place de la ville, 600 hommes et femmes l'ont trop vite appris. Trois jours plus tard, 400 hommes seront déportés vers les camps de Buchenwald, Dora et Mauthausen. Près de 7 sur 10 n'en reviendront pas.

Derrière les barbelés où ils ont été parqués immédiatement après la manifestation les patriotes Grenoblois sont sévèrement gardés. Un fusil-mitrailleur avec ses servants a été installé. C'est grâce au télé-objectif d’un audacieux photographe que ce document unique a pu être saisi. Photo Les Allograges - Archives Auguste Celse

Maurice Hugelé


Maurice Hugelé était l'un d'eux. Revenu de Buchenwald en mai 1945, il a tout au long de sa "deuxième" vie témoigné de cette horreur dans les écoles, les usines, les commémorations et partout où il le pouvait.
Pendant longtemps il a présidé l’Amicale des déportés du 11 novembre 1943. Chaque année, il revenait là ou les Allemands les avaient raflés, pour dire "plus jamais ça !"
Aujourd’hui disparu, je lui laisse la parole, non sans une certaine émotion.

Nous sommes place Pasteur, le 11 novembre 2009.

"Si nous nous exprimons et témoignons encore, ce n’est pas pour évoquer les souffrances passées, ou pour nous plaindre, mais pour faire réfléchir et tirer des leçons afin que nul n’ait plus jamais à connaître ce que nous avons vécu.
Leçons d’humilité, car, quelles que soient les positions que certains aient pu occuper devant la barbarie, nous étions tous des numéros, des anonymes, bons seulement à être utilisés jusqu’à épuisement total au service de la machine de guerre nazie.
Leçon d’humanisme, car, rien n’est plus insupportable que de subir l’esclavage et les humiliations que nous avons vues et connues. Le respect de l’être humain, sans distinction aucune, doit être une règle. Seule la solidarité, nous en sommes conscients, avec en plus un peu de chance, nous a permis de revenir.

Discours de Maurice Hugelé Place Pasteur, à Grenoble

Notre vie est maintenant bien avancée, notre regard reste lucide, mais nous constatons que les avancées sociales de 1945 sont remises en cause, elles permettaient pourtant de gommer certaines disparités, surtout au niveau des plus faibles ou des moins chanceux.
Elles contribuaient à établir un équilibre forgeant la cohésion nationale nécessaire dans les périodes difficiles, comme celle que nous traversons.
Nous remarquons en revanche que l’individualisme gagne du terrain, créant un climat de ségrégation et de crainte. L’autre est le concurrent, il faut l’écarter !
La conscience d’appartenir et contribuer à l’essor de notre nation fait place à la recherche de profits rapides, laissant sans ressources des milliers de personnes.
Ce n’était pas l’idéal recherché par ceux qui, ayant subi ou non notre sort, ont fait de leur mieux, pour que notre pays, avec la liberté retrouve la place qui était et devrait rester la sienne
Nos convictions restent vives, c’est la raison pour laquelle nous essayons d’expliquer, à ceux qui ont envie de comprendre, qu’il n’est pas inutile de tirer les leçons du passé."

Je publie ses mots en espérant que son discours traversera le temps et les générations à venir."
Claude Muller

http://claudemuller.blog.lemonde.fr/2011/11/08/nous-sommes-tous-nes-le-11-novembre-1943-avec-les-resistants-grenoblois/

 

05/12/2012

J'ai trouvé la flamme de cet oiseau qui s'envole, m'emportant vers l'espoir de tous ceux qui soignent leur feu comme un phare dans la nuit.

ca3kpw75.jpgLe feu d'un respect__________________z432iimh.jpg

 



J'ai trouvé un oiseau mort

je l'ai pris dans mes mains

et l'ai porté au pied d'un arbre

afin de lui donner dernière demeure

pour lui offrir humanité

 

J'ai trouvé un enfant vivantortehsru.jpg

derrière une porte gémissant

je lui ai donné mon sourire

et la confiance en la vie

je l'ai guidé vers son soleil

 

h049uvii.jpgJ'ai trouvé une femme malade

au fond de mon taxi

je l'ai écoutée jusqu'au bout

sur la route enneigée

elle a pris son envol dans la nuitfemme,espoir,résilience,chagrin,amour,respect,handicap,ange,aide,compassion,humanité,amitié,guérison,mort,oiseau,vie,sensualité,rêve,poète,poésie,avenir,présent,passé,fleur,nudité,offrande,phare,pardon,rose,violon,musique,silence,néant,taxi,maladie,regard,souffrance,sincérité,solitude

 

J'ai trouvé un homme handicapé

il a regardé mes yeux

comme lumière dans l'orage

il a trouvé une amitié en moi

telle une ange pour sa solitude

 

35yf4w2m.jpgJ'ai trouvé un homme qui m'a aimée

il est dans mon coeur

mais notre rose a souffert de néant

je reste seule sur le carreau

d'une vie à pic

 

Puis j'ai trouvé la flammephare de la vieille.jpg

de cet oiseau qui s'envole

m'emportant vers l'espoir

de tous ceux qui soignent leur feu

comme un phare dans la nuitk5979528.jpg

 

k1928665.jpgJ'ai trouvé l'instrument

qui fera de mon corps un violon

pour qu'un archet l'éveille

dans l'esprit d'un amour

au respect éternel.6v5jg0b4.gif

 

Chloé Laroche7yu5i304.gif

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Merci à Isabelle de m'avoir prêté les images dont j'ai illustré mon poème :

http://aujardindesroses.centerblog.net

 

Merci à Kriscounette pour la fée scintillante que j'ai choisie parmi les images de son blog :

http://kriscounette.centerblog.net


 

 

 

02/11/2012

Levons le secret sur les essais atomiques de la France dans le désert algérien entre 1960 et 1966.

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Je voudrais ce soir vous parler d'un homme qui était soldat en Algérie en 1960... pour la modique somme de deux cent cinquante francs par mois. Il est resté là-bas trente-deux mois et a été irradié dans le cadre des essais nucléaires effectués dans le Désert saharien par la France, entre 1960 et 1961. Les essais ont duré, eux, jusqu'en 1966.nucléaire,algérie,bombe atomique,essai nucléaire,tabou,secret,état,victime,cobaye,soldat,armée,cancer,maladie,irradiation,1960,guerre,prisonnier,massacre,naissance,monstre,Waldenström,aven,Association des Vétérans des Essais Nucléaires,sahara,désert,nuage nucléaire,sacrifice,témoignage,politique,honte,france,actualité,radiation, reggane,gerboise,leucémie,tchernobyl,plutonium,algérien,histoire,passé,mémoire,

Aujourd'hui, cet homme est malade, atteint par une maladie orpheline : la maladie de Waldenström. Elle s'est déclarée tardivement mais les médecins savent aujourd'hui que l'irradiation de ces soldats ne pardonne pas. Elle tue, elle rend malade... même après cinquante ans passés depuis les explosions atomiques.

J'écris cet article pour lui, pour cet homme, et pour toutes les autres victimes des essais nucléaires dans le désert algérien, afin que tous se souviennent et n'oublient pas.

Un autre homme, dont la fille témoigne de la même chose, de la même maladie, après une irradiation en Algérie, est devenu invalide. Voici le témoignage de sa fille (http://www.ciao.fr/Aven_org__Avis_667156) :


"Il y a cinq ans, à 57 ans, nouvelle déchirante, mon papa m’appelle : «Je suis à l’hôpital, la médecine du travail suite à des analyses de sang a détecté une anomalie au niveau de mes protéines gamma ». Il a été diagnostiqué la maladie de Waldenström, une sorte de cancer du sang incurable, très rare mais que l’on peut stabiliser, tant bien que mal, sans connaître sa durée, son issue. Les taux sont acceptables, aucun traitement n’est préconisé. Il faut faire pratiquer des prises de sang tous les trois mois pour s’assurer que la maladie ne se manifeste pas. Mon papa est inapte au travail, et de suite déclaré en maladie de longue durée puis en invalidité.


Et puis, deux ans plus tard, un coup de fil : « C’est papa, ça ne va pas du tout, la maladie se réveille, il faut que l’on m’opère d’une vertèbre qui me fait horriblement mal. Des prélèvements sont effectués et des cellules cancéreuses mises en évidence. Il intègre alors une unité d’hématologie et ce fut l’épée qui tombe brusquement avec un froid et une stupeur incroyable. Prises de sang, scanner, IRM, prélèvements de moelle et j’en passe, tout ceci suivi d’une série de chimios pendant six mois. Pour que mon papa ait toutes les chances de son côté il intègre alors une grande Unité d’hématologie à Lyon où une forte chimio lui est administrée suivie d’une auto greffe avec isolement dans une chambre stérile. Une convalescence en altitude lui est prescrite afin que ces globules rouges soient réactivées.

Je pense qu’il a souffert bien plus qu’il ne l’a dit !

Mon papa et moi n’avons pas eu de relation privilégiée père fille à mon immense regret et tristesse. C’est un homme qui ne m’a pratiquement jamais parlé et cette maladie l’a aidé à s’exprimer. Nous avons alors parlé de plein de choses, il m’a raconté qu’en 1962 alors qu’il faisait son service militaire à Régane en Algérie, un essai nucléaire a mal tourné, il y a eu fissure suite à de mauvais calculs et l’explosion est sortie des rochers. Mon papa a vu un énorme champignon, très beau m’a-t-il dit. De suite ils sont partis mais je ne pense pas qu’il ait échappé aux particules radioactives, d’autant plus qu’il est resté non loin de cette zone les jours suivants.

 Pendant sa maladie, j’ai vu des émissions sur l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires ainsi que des interventions dans les journaux télévisés. Alors le parcours du combattant a commencé…".


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Merci Martine pour ce témoignage poignant sur le combat et le calvaire de votre père, témoignage qui exprime bien toute la difficulté des soldats irradiés se retrouvant soudain confrontés à une terrible maladie.

 J'ajouterai à la fin de cet article les informations sur l'AVEN donnés par Martine, 

l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires, qui pourra vous aider

si vous ou quelqu’un de votre entourage êtes concernés par un problème de santé lié aux essais nucléaires au Sahara ou en Polynésie.

 

 

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C'est monstrueux ce qui s'est passé là-bas, entre 1960 et 1966, dans le Sahara, à l'abri des regards. Des soldats ont servi de cobayes et ont développé pour beaucoup des maladies diverses, sans compter tous ceux qui sont morts. Ils ont été sacrifiés sur l'autel du service à la Patrie alors que leurs supérieurs s'enfuyaient devant les champignons des bombes atomiques.

Des habitants du Sahara se trouvaient aussi là et ont subi durant des années les effets dévastateurs de ces irradiations.

Que la honte soit sur toutes ces personnes, décideurs infâmes, qui ont osé prendre en otage cette population algérienne, laquelle a été obligée de cacher les petits monstres qui naissaient parmi leurs bébés, enfants difformes cachés dans des grottes aux yeux du monde.

Au coeur du Désert, le regard d'enfants sacrifiés à la toute-puissance française demeure à jamais dans le coeur humain. 

24000 civils et militaires ont été touchés entre 1960 et 1966. 

Des prisonniers ont même été attachés à un kilomètre de l'épicentre de l'une des explosions. Ils ont servis de cobayes et d'expérimentation sur les effets de l'irradiation. Lisez à ce sujet l'article que je cite plus bas :

 

"Effets des radiations sur les populations du Sud"*

 

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Je pense à Bernard Lécullée, revenu dans un état désastreux d'Algérie, irradié. 

Voici son histoire, tirée du Sud-Ouest du 11 Mars 2009 :

"Il était parti pour quinze mois, volontaire, dans le désert du Sahara. Quinze mois « pour mettre du beurre dans les épinards » disait-il. Il s'appelait Bernard Lécullée, travaillait pour l'armée française, il était jeune marié, père de trois enfants avec un petit dernier en route. On était en 1963.

Christine Lécullée se souvient du retour de son héros de mari. Elle est là sur le quai froid de cette petite ville de Moselle où la famille a été mutée. Les deux petits ne l'ont jamais vu, parti depuis trente mois. Elle attend son homme, ce fier Lorrain aux solides épaules, et ne reconnaît pas le vieillard qui s'avance vers elle en souriant.

« Je ne voulais rien montrer aux enfants. Ils attendaient mon signal pour aller l'embrasser, et j'étais sidérée. Il avait perdu ses cheveux, ses oreilles étaient transparentes, ses dents déchaussées, ses épaules voûtées. Maigre, il se traînait. Mon grand-père oui, pas mon mari. Mes premiers mots ont été : "il faut faire venir le docteur". »

La prise de sang confirme une maladie grave. Bernard Lécullée est transféré à l'hôpital pour d'autres examens. Dans la nuit, il sera transporté en hélicoptère à Paris, où le diagnostic tombe : cancer de la moelle osseuse. Christine ne sait rien. On lui dit : « Votre mari est anémié ».

 Lorsqu'un mois après son admission à l'hôpital militaire de Paris elle vient le voir. Les infirmiers lui demandent : « C'est vous la femme de l'irradié ? » Elle répond non.

« On m'a conduite dans le service où mon mari était hospitalisé en chambre stérile. Je lui répétais : "qu'as-tu fait pour te mettre dans cet état ? T'es le seul à être rentré comme ça ?" Il m'a montré d'un signe de tête les autres chambres stériles. 17. Ils étaient 17 dans le même état que lui. Des morts-vivants. J'avais 26 ans et quatre enfants. Le ciel m'était tombé sur la tête. »

Bernard Lécullée n'est jamais sorti de l'hôpital. Il a été transféré d'un centre hospitalier à un autre pendant dix ans, jusqu'à son décès à l'âge de 42 ans. Christine se débrouille avec ses petits, son travail et sa colère. Elle veut savoir. L'armée bloque les dossiers médicaux, jusqu'à cette révélation : « Il a été irradié pendant les essais nucléaires du Sahara, irradié progressivement par inhalation. Il était employé à l'épuration des eaux usées, en contact direct avec des cuves de plutonium. »

En 1998, la fille aînée de Christine et Bernard Lécullée demande que son père soit reconnu « mort pour la France » par l'armée française. Elle reçoit un imprimé où est cochée la mention « refus », sans autre explication.

 La colère de Christine monte. Elle insiste pour savoir, les portes se ferment. Depuis 2001, avec l'association des anciens militaires atteints de maladie mortelle imputée aux essais nucléaires français en Algérie (1960-1966) et Polynésie (1966-1996), elle se bagarre devant la justice française. Elle demande une indemnisation pour ses enfants. Elle veut que son mari soit reconnu « ancien combattant mort pour la France ». « Cette lutte m'épuise, assure-t-elle, mais je ne lâcherai pas. J'ai moi-même une carte de veuve d'ancien combattant, tandis que mon mari n'est toujours pas reconnu comme un ancien combattant. Bizarre non ? »

Hier soir au cinéma l'Utopia à Bordeaux, Christine Lécullée est venue témoigner après la présentation du film documentaire de Djamel Ouahab, « Gerboise bleue », qui retrace l'histoire secrète des essais atomiques français en Algérie. « Enfin, le voile est levé. »

_____________________________________________________

_____________________On parlera de plus en plus de ce tabou nucléaire en Algérie, de ce secret que la France a essayé d'étouffer, sans jamais vouloir donner les renseignements précis aux algériens sur les emplacements des essais, sur les déchets nucléaires enterrés.

La France doit reconnaître plus que tout autre méa culpa qu'elle a des responsabilités immenses à travers les bombes atomiques explosées au coeur du Sahara, pour toutes les générations futures, pour toutes les victimes, pour tous les soldats dont le martyr n'est toujours pas reconnu officiellement.


J'ai écrit cet article pour mettre en lumière ce que beaucoup de ma génération née dans les années 60 et après ne savent pas, pour que ceux qui savent se souviennent et pour que les victimes se reconnaissent victimes et non pas seules chacune de leur côté, à souffrir de maladies étranges, orphelines et mortelles.


Chloé Laroche_________________




_Informations et articles divers, à lire absolument :

 

Effets des radiations sur les populations du Sud* :

 

http://www.forem.dz/index.php/fr/news/1-latest-news/226-effets-des-radiations-sur-les-populations-du-sud


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Les vétérans du nucléaire s'organisent :

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/news_veterans.htm

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L’AVEN ? Il s’agit de l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires. 

 

◄•••►1/ Ses actions

- L’AVEN a pour but d’obtenir tous les moyens légaux, le droit à l’information sur le fameux sujet des conséquences sur l’homme de sa participation aux essais nucléaires. Ainsi, chacun a droit d’accès à son dossier médical, aux résultats radiologiques lors de leur séjour dans ces pays. La finalité étant de donner droit à pension, indemnisation et aux soins.

- L’Association rassemble les informations disponibles, informe les vétérans de leurs droits, intervient auprès des autorités administratives françaises ou européennes, enfin, elle soutient les vétérans.

- L’AVEN dispose de juristes, scientifiques et médecins ainsi que de journalistes, tous prêts à apporter leur concours.

◄•••►2/ Son financement

La cotisation à l’AVEN est de 20 Euros par an.Chaque membre recevra un bulletin trimestriel « la ora na Bonjour ». Des dons sont effectués aussi et sont les bienvenus, donnant droit à exonération d’impôts. Des subventions sont aussi possibles, ses statuts prévoient cette option. Mais à ce jour, les cotisations représente la plus grande part du budget.

Des autocollants avec le logo de l’association sont vendus également.


♣ ♠ ♣ 3/ L’ACTION SANTE REALISEE PAR L’AVEN ♣ ♠ ♣


L’association a dû réaliser et continue dans ce sens, elle-même son enquête car les pouvoirs publics présentent une grande défaillance à ce niveau. Après avoir regroupé plusieurs centaines de questionnaires et analysé les réponses, une certitude s’affiche :

- 89 % présentent une ou plusieurs maladies
- 34.6 % on été atteints d’un ou plusieurs cancers, des cancers peu fréquents d’ailleurs. A savoir que 77 % sont survenus avant l’age de 60 ans et 37.6 % sont décédés avant 60 ans.
- Certaines pathologies non cancéreuses sont digestives, cardiovasculaires et ostéo musculaires.
- Les enfants sont atteints d’anomalies congénitales (15.6 %) et 24.3 % souffrent d’autres maladies. Bien souvent le premier enfant de ces vétérans est mort né ou dans les premiers mois de vie. Des vétérans sont même devenus dans l’incapacité de procréer.


♣ ♠ ♣ 4 / LES ACTIONS JURIDIQUES ♣ ♠ ♣


Il faut avant tout se procurer les diverses pièces médicales, ce qui est très rapide, à savoir que l’AVEN dans sa brochure donne toutes les coordonnées des organismes selon si vous étiez militaires ou civils.


Pour les vétérans ou leurs ayants-droits ayant un statut militaire au moment des essais nucléaires, quel qu’il soit, en l’occurrence pour mon papa, chauffeur de gradés, il est possible d’engager une procédure afin de demander pension et réparation.

◄► Le demande de pension ◄►


Pour les personnels civils du CEA ou entreprises présentes, sous traitantes, il faut faire reconnaître la maladie professionnelle, démarche à engager auprès de la sécurité sociale. L’avocat de l’association apporte alors sa contribution pour la réalisation du dossier.

Pour les militaires il faut engager une procédure de réparation intégrale des préjudices subis. L’association dispose de correspondants responsables de la commission juridique. Et puis l’avocat, le représentant « final » ne demandera pas de provisions pour engager la procédure. Il sera payé si le vétéran obtient une pension, son montant étant au maximum de 20 % de 2 années de pension et établit au temps passé pour cette procédure. De plus selon un article de la loi, ces frais peuvent être imputables à l’Etat.


♣ ♠ ♣ 5 / LA PROPOSITION DE LOI ♣ ♠ ♣


Le 17 janvier 2001, l’avocat de l’association a déposé à l’Assemblée Nationale une proposition de loi relative au suivi des conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires.

Puis elle a été déposée de nouveau par les trois députés Verts le 24 juillet 2002. Le 7 novembre 2002, le groupe Communiste et Républicain a déposé une proposition de loi n° 368 relative au suivi sanitaire des essais nucléaires français. Elle a été déposée au Sénat dans les mêmes termes le 22 janvier 2003 par le groupe des sénateurs communistes. Depuis d’autres députés et sénateurs socialistes ont apporté leur soutien à ces propositions de loi, dont mon député ! Une trentaine de parlementaires tant de la majorité que de l’opposition ont se sont manifestés en posant des questions écrites.

Bref, le mouvement a l’air de prendre un peu plus d’ampleur, des élus s’impliquant et apportant leur soutien à l’association.

 


♣ ♠ ♣ 6 / UN ESPOIR ♣ ♠ ♣


L’AVEN réclame un devoir de vérité et de justice. La France n’a cessé ses essais nucléaires que depuis le 27 janvier 1996. Certes, les vétérans se réjouissent de cette initiative mais les malades sont de plus en plus nombreux, diagnostiqués jeunes et leurs traitements relèvent bien souvent de la survie. Trop de décès, trop prématurés ! Certains vétérans ne verront leur dossier aboutir, leurs enfants poursuivront cette quête afin que justice soit rendue.

C’est ce que souhaite l’association, d’autant plus que beaucoup travaillaient dans des conditions de sécurité élémentaires.

L’AVEN fait référence au modèle américain qui prévoit une loi d’indemnisation des vétérans exposés aux radiations pour une liste de maladies, liste évolutive. Cette loi est une lutte des vétérans et des peuples américains et des Iles Marshall, victimes des essais nucléaires.

Cette lutte peu à peu prend de l’ampleur. Si vous êtes concernés par ces essais et qu’aujourd’hui vous êtes atteints de maladie ou cancer, contactez l’AVEN, faites vous connaître afin que le nombre de personnes en souffrance soit connu. Plus les victimes se manifesteront, plus l’AVEN sera puissante et pourra poursuivre ses actions."

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AVEN
187 montée de Choulans
69005 LYON

Tél. 04.78.36.93.03
Fax 04.78.36.36.83

E-mail : aven@aven.org

 

Site internet : www.aven.org

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