20/04/2013
Mon témoignage de taxi médicalisé et d'accompagnement de l'humanité souffrante. Offrande de son écoute et de ses propres croix.
Bonjour à tous et toutes,
Cela ressemble à quoi une journée de taxi médicalisé ?
Les gens croient qu'on roule tranquillement toute la journée et que ce n'est pas fatiguant, ce métier, et même certains rabaissent cette profession en disant qu'on fait cela parce qu'on n'a rien dans le cerveau.
Désolée, je suis Bac plus deux, j'ai été professeur de musique, de violon, de solfège et j'ai même fait un tour du monde pour la paix avec mon violon, mais j'ai choisi en 2001, il y a douze ans, ce métier de taxi médicalisé et ambulancier accompagnant des personnes handicapées, âgées et touchées par la maladie.
Je roule donc, je suis sur la route toute la sainte journée, à observer de tous côtés ce qui se passe pour éviter accidents et sur-accidents.
Je dois anticiper à chaque instant ce que vont faire les autres usagers de la route : piétons, vélos, motos, voitures, camions, livreurs. Je respecte le code et les vitesses, ce qui me vaut parfois d'être remise en place par un énervé du volant, qui va me coller, me faire des gestes, ou me snober. Dans ce cas, il faut rester calme, voire baisser momentanément le rétroviseur intérieur, afin de ne pas se laisser influencer par l'énervement et la pression d'autrui.
Plusieurs fois par jour, je dois garer ma voiture et aller chercher mes patients dans les étages des établissement hospitaliers, ou bien chez les kinés ou les médecins. Quand je les amène de leur domicile, je dois les accompagner aussi dans les étages et même faire les papiers d'entrée, parcourant encore d'autres longs couloirs pour rendre service puis remonter donner les papiers aux secrétaires médicales.
Il n'y a pas si longtemps, les secrétaires nous donnaient un papier afin que nous ayions les éléments de Sécurité sociale, date de naissance et Mutuelle du patient transporté, pour que nous puissions nous faire payer de notre côté. Aujourd'hui, certains hôpitaux refusent de nous donner ce papier, malgré que nous leur rendions service, en disant que : "les photocopies, ça coûte cher."
Alors, parfois, quand on en a plein les pattes, qu'on est fatigué de toute la route, qu'on vient de soulever un fauteuil lourd d'une personne handicapée, à plier dans le coffre du taxi... et qu'on entend ce genre de paroles, ça fait mal.
Et puis nous ramenons aussi les personnes ayant fini leurs soins à leur domicile ou bien dans l'établissement où ils se trouvent hospitalisés. Nous déplions leur fauteuil roulant, remettons les roues, le siège et les aidons à se transférer du siège de la voiture à leur fauteuil.
Nous restons toujours souriants, polis, à l'écoute de l'humanité souffrante. Les humains souffrent, jour et nuit, et nous sommes présents pour adoucir la peine et être des passeurs de ces personnes que parfois personne n'écoute.
Nous gardons leurs confidences en nous qui parfois s'accumulent comme une montagne dans notre coeur et nous devons être comme Atlas, porter le monde sans jamais nous plaindre et tout en restant discrets.
Une montagne forte, comme le sont les montagnes qui m'entourent et qui m'aident à poursuivre mon métier quand c'est trop difficile, qui m'aident aussi à supporter le deuil lourd de mes parents décédés en juin dernier.
Mon père s'est suicidé contre un poids-lourd après la mort de ma mère, aussi quand toute la journée je croise des camions, je revois parfois des images, tout comme quand je croise des accidents sur mon chemin. Les larmes coulent comme une rivière et puis on continue et parfois un patient me dit : "Vous avez beaucoup de courage." 
J'aurais pu me mettre à l'arrêt parfois pour trop de peine et désespoir intérieur, mais je ne l'ai jamais fait depuis près d'un an, malgré parfois la présence d'idées noires, car pour moi le fait de travailler et d'accompagner l'humanité souffrante me soutient, de par cette montagne qui me tient forte et solide.
En moi, il y a un paquebot rempli de souffrances de toute ma vie, ma fille décédée, le père de mon fils décédé, mes parents aussi, mon père suicidé, mes séparations, l'amour mort, mon dernier ami m'ayant abandonnée, une enfance très dure ... mais ce n'est que mon chemin, chemin de croix. J'ai appris à offrir mes souffrances dans le silence afin de transfuser à d'autres du courage, de l'espoir et de la force, du réconfort aussi.
J'aime mon métier et je donne mon énergie de tout mon coeur. Et quand j'écoute la radio dans mon taxi et que j'apprends par les ondes comme hier la libération de la famille otage Moulin-Fournier, je suis si heureuse et mes larmes coulent, cette fois pour exprimer ma joie et le bonheur pour ces personnes et ces quatre enfants.
Chloé LAROCHE
_____ Lire aussi mon article écrit sur mon métier, daté du 1er novembre 2012 :
http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2012/11/01/mon-temoignage-sur-le-metier-de-taxi-medical-employe-par-une.html
10:27 Publié dans Ne tirez pas sur l'ambulance | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : taxi, taxi médical, sécurité sociale, mutuelle, santé, maladie, handicap, handicapé, intouchable, force, montagne, chemin de croix, ambulance, ambulancier, chauffeur, route, sécurité routière, anticipation, code de la route, conduite, routier, professionnel route, profession, métier, mort, deuil, suicide, parents décédés, amour universel, offrande, courage, résilience, choix, vie, actualité, moulin-fournier, libération, ange, écoute, accompagnement, compassion, bouddha, voiture, médecin, hôpital, clinique, sanitaire, vsl, cancer, radiothérapie
26/01/2013
Une immense joie pour la libération de Florence CASSEZ... Mon article de 2009 pour elle et mon hommage pour son retour en France.

Bonsoir à tous et toutes,
Je suis très heureuse et emplie de joie de savoir que Florence CASSEZ est rentrée en France, totalement innocentée par la justice mexicaine.
J'ai toujours été persuadée de son innocence et suis révoltée d'entendre depuis son retour des méchancetés et mensonges sur elle de la part de Français, qui doutent encore du fait qu'elle n'ait rien fait, disant qu'elle n'a pas été jugée et qu'il n'y a pas "de fumée sans feu"... La réalité est que Florence a été attrapée avec son ex-ami de l'époque et qu'elle a été accusée à tort ; la police a voulu faire une arrestation exemplaire au moment où des centaines d'enlèvements sévissaient au Mexique. Florence a été enfoncée par le Président de l'époque et par le chef de la Sécurité et de la Police, qui ont fait d'elle un bouc-émissaire.
Des Français disent qu'on fait "trop d'honneurs" à Florence Cassez, disant qu'elle n'est "ni une sainte ni une héroïne". Hé bien, essayez donc, Messieurs et Mesdames les critiqueurs, d'aller passer sept années de votre vie enfermés dans une prison du Mexique alors que vous êtes innocents. Auriez-vous tenu comme Florence, auriez-vous gardé le sourire qu'elle porte sur son visage, auriez-vous cette lumière qui sort de son coeur ?
Et vous qui avez jugé en direct hier Monsieur Jean-Jacques Bourdin pour avoir invité et questionné Florence Cassez, sur la radio RMC Info, merci de vous taire et de tourner sept fois la langue dans votre bouche qui mériterait de rester fermer à jamais, pour oser bafouer un journaliste de sa trempe parce qu'il donne la parole à Florence à l'occasion de son retour en France et pour lui donner une chance de laver son honneur et de rétablir la vérité devant tous les Français.
Florence Cassez, je vous souhaite beaucoup de bonheur et de construire votre vie dans la résilience et l'apaisement de votre chemin. Pour moi, vous êtes une héroïne et je sais que vous continuerez le combat pour d'autres personnes enfermées et victimes comme vous, innocentes et gardées injustement en prison, dans le monde entier.
Chloé LAROCHE_______________________
MON ARTICLE DU 25 JUIN 2009 :
25/06/2009
Lettre ouverte de soutien à Florence Cassez, enfermée pour soixante ans au Mexique, alors qu'elle n'a fait qu'aimer un homme qui s'est avéré être un bandit.
Florence Cassez,
J'ai entendu ce matin, dans l'émission de Jean-Jacques Bourdin, sur RMC, votre voix déchirant l'espace et le temps, nous annonçant que la décision du Mexique est de vous enfermer soixante ans et que cela équivaut pour vous à une mise à mort.
Vous êtes prise dans une tourmente sans mesure, comme un petit esquif emporté par le tumulte d'une tempête qui le dépasse. Les témoignages contre vous ne tiennent pas debout. Confondre une blonde et une rousse est énorme pour un témoin et nous ne parlerons pas de toutes les inepties du dossier d'accusation vous accablant. Des intérêts politiques, des réserves aussi entre grands personnages... créent l'oeil du cyclone dans lequel vous êtes prisonnière.
Les murs de votre prison ne sont rien au regard des murs de la conscience humaine, murs qui s'élèvent contre l'innocence, murs d'incohérences, murs d'impuissance, murs de soumission entre chefs d'états, murs de mensonges et d'intérêts inavouables des témoins et dites victimes.
Le seul tort que vous avez eu a été d'aimer un homme peu recommandable, mais le saviez-vous ? Ce seul lien d'amour a fait que la police est venue vous chercher et vous a cuisinée dans une camionnette, afin de vous faire avouer. Aimer un homme peut ouvrir la porte sur l'inacceptable, sur d'autres portes comme celle qui s'est refermée derrière vous, à tout jamais, comme on vous l'a signifié.
Florence, je vous ai entendue désespérée ce matin et comment pouvez-vous être autrement, après cette sentence définitive. Mais je voudrais que vous gardiez espoir, car le monde évolue, les gens se battent pour vous... aussi, dans votre prison, gardez une fenêtre ouverte sur le monde invisible, celui qui a le pouvoir sur les choses de la vie et le destin. Votre esprit est une fenêtre ouverte sur le monde, sur ceux que vous aimez... et personne ne peut vous enlever la liberté de penser, de rêver, d'écrire, de croire, d'espérer encore.
Je vous embrasse très fort et place votre lien de site et votre pétition ici, afin de faire connaître à mes lecteurs ce combat à mener pour vous, chère Florence.
Tenez bon. La force est en vous.
Chloé LAROCHE
Le lien de votre site : http://www.liberezflorencecassez.com
19:01 Publié dans Hommages à des hommes et des femmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : florence cassez, victime, prison, sept ans, enfermement, innocent, innocence, justice, mexique, france, hollande, sarkozy, politique, monde, planète, libération, rmc radio, jean-jacques bourdin, élysée, interview, journaliste, honneurs, héroïne, courage, combat, liberté, joie, vérité, article, actualité, information, jugement, tortures, injustice, police, président, comité de soutien, résilience, reconstruction, vie, espoir
14/01/2013
L'Odyssée de PI. Une traversée de la vie, de nos vies. Traduction de ce film et symbolisme.
Bonsoir à tous et toutes,
Le film "L'Odyssée de PI" de Ang Lee nous emporte dans un tourbillon d'images, de pensées et d'émotions incroyables.
Nous vivons avec PI, ce garçon ayant traversé l'océan avec un tigre, l'aventure intérieure d'un homme trouvant un courage et une force extraordinaire pour survivre et trouver un sens à son drame.
Cet homme a embrassé les trois religions tout jeune, pensant que la maison de Dieu comporte plusieurs pièces et qu'à chaque étage, il y a la place pour le doute. Le doute permet à mon sens d'asseoir une croyance sincère et profonde. Car sans doute et sans recherche personnelle, la foi n'est qu'une imposition, un marquage au fer de l'éducation.
Le jeune homme se retrouve face au tigre de son enfance, sur une barque, seul sur l'océan. J'ai fait le parallèle avec le fait de se retrouver face à nos peurs, à notre passé, à notre inconscient, à nos blessures, à nos traumatismes, à notre tigre intérieur, celui que nous devons apprivoiser pour avancer et grandir. Le tigre est notre totem, comme l'animal en nous pouvant devenir notre allié, avec nos pulsions, nos colères, notre sensualité, notre animalité qui, devenue soumise à notre âme, peut transformer notre vie en oasis, en havre de paix et de sérénité.
Ce tigre du Bengale est beau, majestueux, mais il fait peur. Pourtant, Pi va arriver à le soumettre, à vivre avec lui, à se faire respecter sans lui faire de mal, sans le tuer, et même en le sauvant. Mais en le sauvant, il s'est sauvé lui-même, car en le tuant, il se serait mutilé à jamais du meilleur de son être.
Et puis, il admire le monde, PI. Il admire l'océan, le ciel, les profondeurs, la lumière, la tempête. Il laisse couler les larmes du deuil de ses parents, morts dans la tempête. Il pleure son frère. Il est seul désormais et apprend le renoncement. Le renoncement appelant l'acceptation de son destin.
PI vit la réalité des survivants, ceux qui sont seuls à rester vivants alors que les autres sont morts. Cette réalité est difficile à vivre car on voudrait pouvoir être partis avec ceux qu'on aime mais on doit vivre le restant de notre destin, sans rechigner à la tâche qui nous reste à accomplir.
La sagesse est de renoncer à ce qui a été, au bonheur antérieur vécu pour aller vers d'autres rives, vers d'autres îles, vers d'autres amours, vers d'autres liens humains.
PI, je te remercie et je remercie le tigre qui est en nous, en moi, en toi... Qu'il nous protège à jamais dans la jungle de la vie que nous traversons.
Chloé LAROCHE
01:09 Publié dans On va sortir, écouter et découvrir avec Chloé | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : l'odyssée de pi, cinéma, film, inde, tigre, bengale, ang lee, japon, mer, océan, naufrage, rescapé, tempête, bateau, sauvetage, animal, inconscient, totem, résilience, dieu, religion, foi, doute, beauté, nature, peur, deuil, renoncement, acceptation, destin, mort, survivant, amour, espoir, actualité, jungle, indien, zoo, photo, art, philosophie, symbolisme, artiste, poésie, sagesse, force, courage, apprivoiser, malheur, karma
10/01/2013
Pauvre monde, pauvre justice, aveuglée par son propre jugement, alors même que chaque chambre avait des verrous, que l'appartement avait la porte d'entrée munie de verrous extérieurs...
HEUREUSE ANNÉE 2013_____
et que plus jamais....
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Je souhaite à tous mes lecteurs, qui viennent entre 350 et 500 par jour lire mes articles, tout le courage nécessaire pour surmonter les épreuves de leur vie, toute la force pour poursuivre leur chemin, toute l'espérance pour penser librement aux lendemains et tout l'espoir de croire encore en l'avenir et au présent.
Je souhaite que plus jamais l'on ne découvre une famille de quatre enfants comme celle d'aujourd'hui à Saint-Nazaire, séquestrée par un père délirant et fou, avec des enfants prostrés dans leur chambre, enfermés à double-tour, avec une mère sous emprise.
Je souhaite que le monde ouvre ses yeux et ses oreilles devant le malheur et ne dise pas, comme je l'ai entendu aujourd'hui, paroles venues des observateurs officiels : "Il n'y a pas eu violence sexuelle... Les enfants n'étaient pas battus, et il n'y a pas eu véritablement séquestration." En fait, tout allait bien...
Pauvre monde, pauvre justice, aveuglée par son propre jugement, alors même que chaque chambre avait des verrous, que l'appartement avait la porte d'entrée munie de verrous extérieurs ! Faut-il être violé pour souffrir, être battu pour être reconnu dans sa souffrance ? Non, être enfermé, privé de sa liberté, privé de sortir, privé d'aller à l'école, privé de contacts extérieurs, privé de dignité, privé de tout... C'est une violence immense. Je sais ce que c'est...
Mais par pitié, que le monde arrête de se voiler la face, de culpabiliser les victimes à chaque fois que c'est possible, allant jusqu'à reprocher à ceux qui sont enfermés de n'avoir rien fait pour partir, pour s'en sortir, comme cette femme enfermée par son père en Autriche durant des années. Elle en a entendu sur son parcours, des personnes bien-pensantes qui croient pouvoir juger, qui croient pouvoir salir ceux qui ont tant souffert d'enfermement, de mépris, de dénigrement de leur propre vie, de négation de leur existence.
Je souhaite que ces quatre enfants retrouvent le fil de leur vie et que cette épouse se sorte de cet enfer, en se reconstruisant loin d'un époux malade et fou.
Je pense par ailleurs du même fait à mes frères et soeur et je leur souhaite tout le bonheur du monde pour la suite de leur existence, sachant le début de leur vie et connaissant les chaînes que nous avons dû ôter de nos enfances respectives.
Et j'ose espérer en cette nouvelle année que tous les verrous du monde s'ouvriront pour laisser sortir tous les enfants enfermés, pour libérer chaque famille prise sous le joug d'un parent fou.
Et que plus jamais non plus.... plus jamais un enfant ne soit tué par le désespoir d'un papa ne supportant pas la séparation ni la vie présente familiale, comme on l'a vu en cette fin et début d'année, au moins cinq fois dans l'actualité.
Que les parents en souffrance consultent et demandent de l'aide... mais par pitié, ne partez pas avec eux au ciel ainsi. Les enfants sont venus pour vivre, pas pour mourir par le désespoir des parents.
Chloé Laroche
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03:06 Publié dans Révolte pour l'Enfance | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : famille séquestrée, saint-nazaire, actualité, voeux 2013, séquestration, privé de liberté, enfermement, sous emprise, violence morale, peur, menace, mort, suicide, folie, psychiatrie, terreur, enfant, maltraitance, négligence, services sociaux, juge, justice, 2013, espoir, amour, résilience, foyer, famille, souvenir, privé d'école, déscolarisation, école, signalement, psychologue, voisins, silence, mutisme, monde, france, souhait, force, courage, douleur, souffrance, violence conjugale, contrainte, prison, police, compassion
18/12/2012
La fin du monde n'est pas pour ceux qui y croient... mais pour ceux qui la vivent sans la chercher. Mes pensées pour les victimes de la tuerie de Newtown et pour tous ceux qui pleurent et souffrent.
Bonsoir à tous et toutes,
On nous annonce la fin du monde depuis si longtemps, déjà en 1999. Pour certains groupes et sectes, je pourrais vous rappeler encore d'autres dates données avec beaucoup de précisions et de foi par des personnes illuminées, dans le passé.
Des milliers de personnes vont se retrouver cette année le 21 décembre 2012 à Bugarach, ce jour de la date fatidique donnée par le calendrier maya, dans l'espoir d'être sauvées, de faire partie des élus.
Mon sentiment et ma conviction profonde est qu'il n'y aura pas de fin du monde, juste la fin d'un cycle, la mort du vieil homme en nous, comme à chaque Noël, comme à chaque solstice d'hiver, afin de faire renaître le petit enfant qui nous porte durant toute l'année, ce foyer d'espoir et de renaissance qui fait que chacun de nous avance malgré les épreuves et les larmes.
Mais je crois aussi que la fin du monde est vécue déjà dans leur chair par nombre de personnes :
Je pense notamment aux parents des vingt enfants de six et sept ans tués à Newtown aux États-Unis dans leur école, massacrés par un fou, un déséquilibré dont l'entourage n'a pu enrayer la violence.
Je pense aux enfants et aux famille des enseignants, de la psychologue et de la Directrice de l'école de Newtown, tués aussi par les balles de ce tueur. Je pense notamment à Victoria Soto, 27 ans, qui a sauvé les élèves de sa classe en les cachant dans des placards. Elle s'est mise devant, sacrifiant sa vie pour sauver les enfants, les plus petits de l'école. Une autre jeune institutrice a réussi à cacher ses quinze élèves dans les toilettes. Elle s'appelle Kaitlin Roig et par son courage et son sang-froid, elle a sauvé sa classe. Elle leur a dit, croyant qu'ils allaient tous mourir : "Sachez que je vous aime tous très fort."
Je pense à cette famille massacrée par le père de famille aujourd'hui à Salon de Provence. Le père a pendu ses deux petites filles avant de se pendre aussi et après avoir poignardé sa femme. Mais quelle horreur, quelle souffrance pour en arriver là. Ils ne vivront pas Noël, ne grandiront plus. Ces petites filles qui avaient l'avenir devant elles, comment ont-elles vécu leurs derniers moments, pendues au bout de cette corde, voyant la folie de la destruction massive s'emparer de leur papa ?
La fin du monde n'est-elle pas pour toutes ces personnes qui n'ont plus que la corde pour fuir un monde trop dur, qui n'ont plus que les armes pour parler et communiquer leur colère et leurs peurs ?
Un homme obèse, pesant 140 kg et souffrant d'une maladie grave a essayé ce dimanche de se tuer. Il n'arrive plus à vivre, à croire encore au fait de se battre contre sa maladie. Il est seul. Il possède deux armes chez lui. Soudain, le téléphone a sonné. L'arme à la main et des larmes plein les yeux, il a répondu. C'était un ami au bout du fil. Quelques mots d'amitié ont été échangés et l'homme a posé son arme et a survécu. Il a décidé de laisser sa vie se poursuivre et de donner une chance à ce qui pourrait arriver mais qui n'est pas encore présent.
Ce soir, je pense à cet homme qui a échappé à sa propre fin du monde. Mais je n'oublie pas qu'une enseignante vient de se donner la mort dans sa salle de classe à Villeneuve-Saint-Germain en se pendant. Elle n'avait que cinquante ans.
Et je pense aussi à cette famille en deuil d'un frère qui s'est pendu aussi cette semaine dans l'Isère.
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de ma mère partie il y a six mois d'un cancer. Cela fera le 21 décembre six mois qu'elle est décédée avec mon père. Cette date est difficile à passer pour moi et ma fin du monde est déjà là, en quelque sorte, puisque la fin des personnes qu'on aime nous emporte avec elles dans le vécu d'une absence où nous sommes entre deux mondes, ceux qui restent et ceux qui partent.
L'enjeu est bien sûr de rester afin d'accomplir son propre chemin et de rester dans la chaîne d'amour humain et de solidarité planétaire. L'enjeu est d'accepter sa croix, ses croix, et de nous mettre dans la main puissante du Monde, comme des enfants confiants dans les cadeaux de la vie découverts au pied du sapin de notre destin.

Chloé Laroche
03:13 Publié dans Amour des autres: mon regard sur le monde, Anti-suicide et mémoire des suicidés | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fin du monde, deuil, tuerie, newtown, adam lanza, victoria soto, états-unis, condoléances, hommage, famille, enfant, enseignant, arme, crime, folie, suicide, obésité, dialyse, maladie, souffrance, actualité, salon de provence, mémoire, noël, cancer, endeuillé, peine, chagrin, résilience, espoir, apocalypse, bugarach, calendrier maya, prédiction, obsèques, fusillade, noah, connecticut, usa, villeneuve-saint-germain, amour, solidarité, force, courage, foi, obama, politique, 21 décembre
06/12/2012
Blessures invisibles... Pour un soldat survivant, pour une mère orpheline, pour les souffrants de l'Intérieur, pour les donneurs d'Amour.
Pour un soldat survivant
______________________
Quand tu es né
Tu ne savais pas
Les blessures de la vie
Les tourments armés
Des blessures invisibles
Quand tu es né 
Avais-tu accepté ce destin
De voir ton ami de vingt ans
Se faire tuer devant toi
En pleine guerre ?
Quand tu es né, toi
Savais-tu que tu souffrirais autant
De maux qui ne se voient pas
De plaies ouvertes en dedans,
Soldat désespéré...
Tu t'es engagé vaillamment
Pour défendre ton pays
Ayant vu le pire de l'humain
Tu ne peux plus dormir en paix
La guerre a pris ton âme
Blessures invisibles et crues
Inconnues du reste du monde
Avec elles, tu portes seul
La croix des braves oubliés
Personne ne voit tes larmes
Handicapée de l'intérieur
Je le suis comme toi
Soldat de la vie, de la route
Mère orpheline d'une enfant
Partie au ciel si tôt
Nous avons en commun
De vivre avec nos maux silencieux
Nos larmes rentrées et solitaires
Quand personne ne voit
La souffrance qui n'est pas dehors
Nous avons en commun
Ce regard sur les choses
De n'avoir plus rien à perdre
À être authentiques
Puisqu'on est déjà morts
Morts au monde de l'apparence
Nous sommes de l'Intérieur
Pour aller à l'essentiel
Trouver la main d'autrui
Et traverser l'amour
Traverser l'amour et s'y baigner
Comme une nouvelle peau
Qui guérirait les blessures
Se donner en solidarité
Dans un don de paix
Et renaître pour sourire
Infiniment guéris

Dans la rassurance d'un monde
Où les mots ne tueraient plus
Où les armes seraient violons.
Chloé Laroche_____________

02:04 Publié dans Femme, Terre et Paix | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, blessures invisibles, soldat, guerre, souffrance morale, choc, mort, tuerie, massacre, crime, silence, incompréhension, solitude, dépression, vie, espoir, bébé, enfant, destin, acceptation, offrande, résilience, beauté intérieure, larme, douleur morale, souffrance, âme, ange, don, sacrifice, armée, engagement, handicap, ignorance, sagesse, foi, humanité, humanisme, transcendance, courage, anne geddes, violon, musique, paix, femme, compassion, mémoire
05/12/2012
J'ai trouvé la flamme de cet oiseau qui s'envole, m'emportant vers l'espoir de tous ceux qui soignent leur feu comme un phare dans la nuit.
Le feu d'un respect__________________
J'ai trouvé un oiseau mort
je l'ai pris dans mes mains
et l'ai porté au pied d'un arbre
afin de lui donner dernière demeure
pour lui offrir humanité
J'ai trouvé un enfant vivant
derrière une porte gémissant
je lui ai donné mon sourire
et la confiance en la vie
je l'ai guidé vers son soleil
J'ai trouvé une femme malade
au fond de mon taxi
je l'ai écoutée jusqu'au bout
sur la route enneigée
elle a pris son envol dans la nuit
J'ai trouvé un homme handicapé
il a regardé mes yeux
comme lumière dans l'orage
il a trouvé une amitié en moi
telle une ange pour sa solitude
J'ai trouvé un homme qui m'a aimée
il est dans mon coeur
mais notre rose a souffert de néant
je reste seule sur le carreau
d'une vie à pic
Puis j'ai trouvé la flamme
de cet oiseau qui s'envole
m'emportant vers l'espoir
de tous ceux qui soignent leur feu
comme un phare dans la nuit
J'ai trouvé l'instrument
qui fera de mon corps un violon
pour qu'un archet l'éveille
dans l'esprit d'un amour
au respect éternel.
Chloé Laroche
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Merci à Isabelle de m'avoir prêté les images dont j'ai illustré mon poème :
http://aujardindesroses.centerblog.net
Merci à Kriscounette pour la fée scintillante que j'ai choisie parmi les images de son blog :
http://kriscounette.centerblog.net
05:20 Publié dans Femme, Terre et Paix | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : femme, espoir, résilience, chagrin, amour, respect, handicap, ange, aide, compassion, humanité, amitié, guérison, mort, oiseau, vie, sensualité, rêve, poète, poésie, avenir, présent, passé, fleur, nudité, offrande, phare, pardon, rose, violon, musique, silence, néant, taxi, maladie, regard, souffrance, sincérité, solitude, flamme, étoile, fée, courage, force, écriture, don de soi, écoute, accompagnement, fin de vie, photos
28/11/2012
De l'importance du pardon... J'ai signé le Manifeste des Femmes contre le viol et je témoigne de l'importance de la parole, de l'expression de sa colère et de l'existence du pardon possible.

Bonsoir à tous et toutes,
Dans ma vie, des personnes m'ont fait du mal.
Je reconnais avoir été victime et dernièrement, j'ai fait partie des femmes ayant signé le Manifeste des Femmes contre le viol paru dans le Nouvel Observateur, afin de faire avancer la prise de conscience nationale que les femmes souffrent et souvent en silence.
Il est important qu'elles parlent, qu'elles reconnaissent devant la société qu'on les a abusées un jour, certaines plusieurs fois dans une seule vie. Il est important qu'elles extériorisent leur colère intérieure par les mots dits, avant de se reconstruire dans la sérénité de leur existence.
Voici un article que j'ai écrit précédemment pour aider les femmes ayant subi le viol :
http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2011/02/15/je-vous-offre-des-liens-pour-vous-permettre-de-delier-vos-no.html#trackbacks
Vous êtes violé(e), vous avez été violé(e)... brisez le silence, brisons le silence. Je vous offre des liens pour vous permettre de délier vos noeuds.
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Je suis persuadée qu'on peut s'en sortir, que les femmes violées ont la capacité de résilience, c'est-à-dire d'aller au-delà de leur souffrance pour vivre pleinement leur vie de femme.
Pour s'en sortir, il faut arriver à en parler, parler à un thérapeute, parler dans une association de défense des femmes, écrire ses maux en mots, coucher ses plaies sur le papier afin de délaver la souffrance morale et physique, vivre sa vie pleinement et oser la vivre, se réapproprier sa vie, son corps, sa sexualité, tourner la page... pour écrire d'autres chapitres : car la vie est trop courte pour la gâcher et accepter qu'un autre nous la gâche, surtout !
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Je suis allée il y a neuf ans sur la tombe du professeur de violon qui m'avait imposée enfant des baisers sur la bouche, actes qui m'avaient conduite à avoir envie de mourir... Un jour, il a rentré sa langue. Cela s'appelle un viol buccal sur mineur. Même "juste" sur les lèvres, c'est un viol. Il me menaçait à l'époque de se tuer si je parlais. J'ai écrit une lettre que j'ai déposée sur sa tombe, il y a donc neuf ans. Je lui ai écris ma colère, mon désespoir et mon humiliation. Et mon pardon aussi.
Voici une partie de ma lettre : 
Monsieur G., je viens en ce jour sur votre tombe vous pardonner pour ce que vous m'avez fait, alors que j'étais enfant et votre élève. Je vous libère, votre âme et vous, pour que vous puissiez aller en paix vers Dieu, dans la lumière.
Le pardon libère la personne victime mais aussi la personne qui a fait du mal. Cela permet à cette dernière, après avoir reçu la colère de la victime et l'expression de sa souffrance.... (ceci étant important)... de savoir qu'une porte est ouverte pour qu'il, qu'elle, se réconcilie avec sa propre conscience et sa propre âme.
Dernièrement, j'ai écris un poème concernant une chose grave subie dans ma pré-adolescence, qui a été de me voir exposée nue sur une table devant ma famille, en punition de je ne sais quoi, punition décidée par mon propre père.
J'ai choisi d'enlever cet article ensuite dans un acte de pardon : pour dire que pardonner, que nettoyer les actes d'un proche qui nous a blessé, -faits appartenant au passé-, c'est important pour rendre l'innocence au présent et à l'avenir. Même si au fond, la blessure est toujours là, on peut affirmer que pardonner, c'est se réapproprier l'intégrité de sa propre existence coupée des actes subis par un autrui malfaisant mais souffrant lui aussi.
Mon père a fait des choses qui m'ont fait souffrir et souffrir ses enfants, sa femme, -ma mère-... Il était violent, insultant, humiliant. Il nous frappait, nous faisait lutter tous nus, enfants ; il obligeait mon plus jeune frère et ma soeur à dormir ensemble et m'a mise dans un kayak pour descendre seule à l'âge de douze ans une rivière sur des dizaines de kilomètres ; il a fait de même avec mon frère cadet. Il a tué mon chien, m'a jetée dans les orties pour me fortifier à l'âge de six ans, nous levait à la douche froide, nous a coupés du monde, mes frères, ma soeur et moi. Il fallait suivre le rythme de ses élucubrations sur une race originelle qu'il pensait avoir retrouvée dans ses écrits innombrables... race qu'il voulait faire revivre à travers nous, ses enfants.
Cependant, je lui ai pardonné et je l'aimais. Je suis toujours retournée vers lui, lui pardonnant ses mots et les maux qu'il nous imposait, lui redisant l'amour filial, important à mes yeux, reconnaissant par la suite sa maladie, la schizophrénie, comme parasitant son coeur et ses actes.
Aujourd'hui, il est mort d'une mort violente, le même jour que ma mère, le 21 juin, et ils me manquent car nos parents sont uniques et quand ils ne sont plus là, un grand vide demeure.
Cependant, je sais qu'ils sont partis dans un autre monde et que de là-haut, ils regardent ma vie, avec un regard de compassion et d'amour. Je leur envoie les belles images des montagnes qu'ils aimaient et la pureté des lacs qui effacent toute la laideur humaine.
Chloé Laroche ____________
Lire aussi mon article du 25/11/2011 :
25/11/2011
Pour la Journée de Lutte contre les Violences faites aux femmes, je livre mon témoignage de la femme que je suis. Se relever du pire mais surtout, parler.
http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2011/11/25/pemoignage-de-la-femme-que-je-suis.html#trackbacks
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19:09 Publié dans Comment survivre au pire / Résilience | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : viol, manifeste contre le viol, nouvel observateur, témoignage, pardon, colère, viol buccal, viol sodomie, douleur, souffrance, humiliation, honte, libération, épreuve, victime, agresseur, proche, amour, amour inconditionnel, développement personnel, solidarité femmes, vérité, maltraitance, couple, homme femme, contrainte, viol par surprise, objet sexuel, sexe, parole, liberté de parole, journalisme, actualité, folie, pulsion, thérapie, schizophrénie, enfermement, père schizophrène, violence conjugale, amour filial, enfant, famille, compassion, maladie, guérison, résilience
21/11/2012
Pour Aliona, jeune femme russe qui s'est suicidée par amour... Le massacre des roses de l'amour.
ALIONA______________
Aliona, je pense à toi
tu es partie l'âme brisée
à cause d'un homme au coeur muré
dans l'autre monde tu t'es enfuie
Aliona, tu étais belle
spirituelle souriante joyeuse
l'amour a brûlé ton essence-ciel
tu t'es donnée sans retour
Aliona, tu t'es offerte
à un homme qui t'a détruite
il aimait ton amour sans t'aimer
cela le rassurait, l'honorait
Aliona, tu as cru
en la sincérité de mots hypocrites
et tu es morte de douleur
car l'amour cruel tue
Aliona, tu es de celles
qui donnent sincèrement
mais trop sensibles et pures
meurent comme les roses
Aliona, tu as pensé
que l'éternité valait mieux
qu'un présent ôté de la présence
de l'être chéri, choyé
Aliona, tu es partie trop vite
à cause de l'égoïsme d'un homme
qui s'est servi de ton être
pour faire exister son néant
Aliona, tu es comme cette femme
violoniste jeune et belle
ayant sauté d'une falaise
pour un chagrin d'amour
Aliona, je pense à toi
je voudrais que plus personne
ne se détruise par amour
surtout pour un homme vain
Aliona, tu vivais en Russie
morte pour un homme d'ici
venu de mon pays
pour voler ta vie
Aliona, je prie pour toi
pour que les cieux te prennent,
te pardonnent ce geste insensé
de mourir pour un amour sans issue.
Aliona, la rose de ton coeur
s'est flétrie de chagrin
l'amour peut tuer
il faut que vous le sachiez...
Vous, hommes de peu d'amour, de peu de générosité, de peu d'humanité et de loyauté.
Chloé Laroche__________

___________________________
de l'amour_________________
"Je veux rester
Maître d'oeuvre
De ma vie,"
a dit un jour un monsieur
à une dame qu'il aimait.......
"Aussi je te quitte
car je t'aime
et ainsi je demeure décideur".
Même si... être
maître d'oeuvre
cela veut dire
fouler aux pieds
les roses de l'amour
les mains enlacées
les mots tendres
les regards échangés.
Des maîtres d'oeuvres
Il y en a plein le monde
Mais ils ne construisent pas
Ils détruisent sans relâche
Semant la discorde, le néant
Et les larmes amères
Des maîtres d'oeuvres
Il y en a plein l'époque
"Maîtres de leur vie"
En égoïsme solitaire
Au mépris des sentiments
Et du respect de l'autre
Des maîtres d'oeuvre
Il y en a plein la Terre
Jouant avec les coeurs
Multipliant les conquêtes
Éphémères chimères
De sourires narcissiques
Maîtres d'oeuvre
En construction de mirages
Gardez votre triste monde
Où l'amour, le vrai, est absent
D'où l'amour, le vrai, s'est enfui
Jusqu'au bout du désert nu
Des âmes meurtries.
Chloé Laroche
06:32 Publié dans Anti-suicide et mémoire des suicidés, Quand l'amour dépasse l'entendement | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aliona, russe, femme russe, russie, écrivain, histoire vraie, compagne de russie, rencontre, amour, illusion, trahison, suicide, déception, mensonge, femme, homme, séducteur, france, roses, destruction, manipulation, danger, internet, love, mort, sentiment, fragile, sensibilité, promesse, néant, chasseur femmes, protection, dépendance, vie, espoir, guérison, resilience, voyage, égoïsme, sexe, sensation, plaisir, objet, femme objet, plan cul, mariage, couple, colère, chagrin, séparation
06/11/2012
Parfois on peut aider quelqu'un à un moment de sa vie, puis il part sans se retourner... Parfois on peut aimer aussi et... Quand deux ponts se rejoignent.
Quand deux ponts se rejoignent_______________
Parfois on peut aider
quelqu'un
à un moment de sa vie
puis il part
sans se retourner
Parfois on peut aimer
une personne
très longtemps
puis elle part
sans se retourner
Alors il faut se dire
qu'il, qu'elle
était comme une étoile filante
Ils nous ont permis
de faire un voeu
un geste d'amour
de tout donner
le don sans retour.
Ces personnes nous ont pris
comme un pont, pour un pont,
et ont laissé des empreintes
qui nous marqueront
à jamais
Passage d'infini.
Et puis il y a ceux qui restent
qui nous aident à repriser le pont
lorsqu'il est cassé
rompu d'avoir trop donné
Il y a ceux qui donnent
eux aussi
sans réserve.
Quand deux ponts se rejoignent...
beauté généreuse des âmes
humaines, simplement humaines.
Chloé Laroche
06:18 Publié dans Femme, Terre et Paix | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : passeur, lien, accompagnement, pont, aide, soutien, soulager, autrui, amour, amour inconditionnel, chagrin, peine, séparation, tristesse, traces, infini, éternel, souvenir, absence, fin, partir, silence, blessure, communication, souffrance, rupture, don, partage, humain, sensibilité, poésie, vie, espoir, expression, poète, désespoir, remerciement, départ, résilience, reconstruction, phénix, vide, néant, vertige, écrivain, empreinte
11/09/2012
RÉSILIENCE DANS LA NUIT... Poésie à l'adresse de ceux qui ont envie d'oublier mais doivent vivre.
RÉSILIENCE DANS LA NUIT_________________
Je voudrais dormir
Pendant des jours
Ne pas me réveiller
Et puis un jour
Ouvrir les yeux
Parce qu'on aura
Cru en moi
Je voudrais dormir
Comme on meurt un jour
Mais revenir à la vie
Parce que le chemin
N'est pas fini
Et regarder le soleil
Comme un ami du présent
Je voudrais dormir
Pour oublier le passé
Adoucir les blessures
Et puis revenir
Encore plus fort
Pour regarder l'avenir
Avec les yeux neufs d'un enfant
Je voudrais dormir
Pour anesthésier les larmes
Et les figer à jamais
Ne garder que les roses
Aimer ma vie, mon sentier
Et donner mon coeur
À tous les éveillés.
Chloé Laroche
00:43 Publié dans Comment survivre au pire / Résilience | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, résilience, dormir, cure de sommeil, foudroyé, coma, endormi, éveillé, conscience, réveil, éveil, douleur, souffrance, courage, amour, espoir, vie, mort, deuil, force, confiance, poète, texte, poème, écriture, écrivain, nuit, sommeil
12/04/2012
Mon blog a quatre ans... Partager ses paradis à travers les enfers qu'on peut vivre. Au travers des enfers dont on peut se sortir, offrir sa part de force, d'énergie de vie et de paradis.
MON BLOG A QUATRE ANS_____________
Il y a quatre ans exactement, quand j'ai démarré ce blog, je vivais un cauchemar, pas le premier de ma vie, loin de là, mais là, en avril 2008, arrivaient de nouvelles épreuves.

Je me suis fait frapper dans mon taxi par un handicapé mental psychotique lourd que je conduisais et qui était assis à côté de moi au volant. J'ai été par deux fois frappée sur la même course, dont l'une sur l'autoroute, avant d'atterrir aux Urgences et après avoir maîtrisé le véhicule à 110 km/heure. Puis quelques jours après, j'ai reçu d'autres coups violents donnés par le même individu placé cette fois à l'arrière du taxi, sur ordre du patron. Aucune mesure de protection n'avait été mise en place, malgré les avertissements d'un médecin.
Ma plainte n'a jamais abouti, le Procureur jugeant peut-être que l'on ne porte pas plainte contre un handicapé mental. Ce n'était pas mon propos d'avoir gain de cause contre une personne handicapée, mais surtout de faire prendre en compte que cet individu pouvait être dangereux et avait besoin de soins appropriés, vérité que ses parents ne voulaient pas entendre, me traitant d'incapable et de menteuse.
J'ai perdu mon travail dans les jours suivant ces agressions. Le père de mon fils est décédé cinq jours après, le 7 avril 2008, sur la table d'opération où il devait être libéré d'une tumeur cancéreuse.
Trois jours après naissait ce blog...
Ce terrain d'écriture et de communication m'a permis de renouer le fil de ma vie aux fils de mes lecteurs, lien ténu mais solide représentant le monde, la vie et la compréhension d'autres personnes, dans le désert que je traversais alors, avec un enfant de trois ans, mon fils devenu orphelin de père, et deux jeunes orphelines dont je m'occupais.
Ce blog m'a permis de tendre la main -à travers mon coeur brisé- vers d'autres douleurs, d'autres résiliences, d'autres chemins de croix.
Je souffre encore des coups reçus, du chômage revécu malheureusement depuis en 2010, après un nouvel emploi reperdu, sur fond de harcèlement moral et après avoir vu partir un autre patron, très apprécié et viré sans pitié par le rachat d'une grosse boîte. Je souffre de ce monde si plein de cruauté et de violence, de toutes les utopies envolées sur l'espoir d'une humanité perdue et de ces blessures béantes que sont les deuils et les absences définitives de ma première fille, du père de mon fils, d'amis et amies partis si vite là-haut, de ma famille sans vie.
Je souffre de constater combien l'innocence est crucifiée, combien les enfants peuvent souffrir en ce monde, torturés, tués et maltraités... malheureux et seuls, bien souvent, la parole baillonnée.
Mais offrir nos souffrances est la finalité de nos existences. Offrir et s'offrir à l'espoir, à la vie. Penser aux vies envolées comme des colombes vers le ciel béant de joie et d'amour.
Je crois que le mieux est de partager ses paradis à travers les enfers qu'on peut vivre. Je crois qu'au travers des enfers dont on peut se sortir, on doit offrir sa part de force, d'énergie de vie et de paradis intérieur à ceux qui souffrent encore.
C'est la raison de ce blog.
Malgré tout, il faut garder la flamme de l'espoir intacte, comme l'ont fait les Survivants des Camps de Concentration.
Comme nous l'ont enseigné inlassablement Lucie et Raymond AUBRAC. "Au-delà des sacrifices de la Résistance, ce qui laisse une trace c'est l'espoir", disait Raymond AUBRAC SAMUEL.
Chloé LAROCHE
00:57 Publié dans Comment survivre au pire / Résilience | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : anniversaire, blog, résilience, femme, agression, handicap, taxi, ambulance, chauffeur, protection, choc, violence, chômage, emploi, mort, deuil, société, actualité, force, vie, courage, maman, paradis, enfer, espoir, avenir, communiquer, écrire, partager, silence, enfant, amour, altruisme, sensibilité, résistance, raymond aubrac, lucie aubrac, souffrance, offrande, don, écrivain, plume, ange
17/03/2012
J'écris aux victimes de l'accident d'autocar en Suisse, à leurs familles, et pour les enfants et femmes massacrés à Homs en Syrie cette semaine.
Lettre de condoléance aux 28 victimes (dont 22 enfants) de l'accident d'autocar des enfants belges en Suisse_____À leurs familles____________________


et aux 26 enfants et 21 mamans massacrés à Homs en Syrie cette semaine_________
Je suis très touchée d'avoir appris votre mort, enfants tout heureux d'être allés au ski et à la neige. Cet accident vous a enlevé la vie dans des conditions brutales et atroces. C'est si injuste et cruel. Je pense à vos parents et à l'instituteur, Monsieur Franck, qui vous accompagnait et est parti avec vous dans la mort. Vous aviez entre onze et douze ans et vous avez rejoint le paradis blanc. Puissiez-vous être accueillis dans les bras des anges et trouver de petites mamans là-haut qui vous rassureraient et adouciraient votre peur d'avoir été si brutalement arrachés à la vie. 
Je pense aux enfants survivants et mutilés, rescapés de ce terrible accident. Ils devront trouver la force de poursuivre sans le regard de leur amis posé sur leur chemin. Ils auront toujours au coeur le sentiment d'avoir bénéficié d'une chance que les autres n'ont pas eu et ils auront à gérer cette culpabilité que ressentent tous les rescapés et survivants de catastrophes : "Pourquoi moi ? Pourquoi pas moi ? Pourquoi eux ?"
Je pense aux parents des enfants décédés. Je leur envoie tout le réconfort possible, venu d'une maman qui a perdu aussi sa fille. Votre enfant n'est plus mais il est ailleurs, dans un monde d'amour et de lumière. Il a fini son chemin ici mais le poursuit là-bas. Il est près de vous et l'amour vécu ne s'arrête jamais. Votre vie va se poursuivre avec cet amour dans votre coeur et vous poursuivrez votre chemin en donnant tout ce que pouvez à la vie et aux autres, en sachant que chacun ici-bas part un jour. Notre temps est compté et nul ne sait quand un être doit partir. En tant que parent orphelin, on apprend à accepter au fil du temps, à ne plus ressentir aussi fort cette colère qui gronde en nous, à apprendre à vivre avec cette tristesse qui nous prend comme une vague déferlante. On apprend à gérer l'horrible, l'indicible, l'arrachement de nos tripes.
Je pense aussi aux vingt-six enfants et à leurs mères (21 femmes) retrouvés sans vie à Homs en Syrie cette semaine, massacrés dans une même pièce, carbonisés, poignardés, mutilés et égorgés. Certaines femmes ont été violées avant d'être tuées. Je suis profondément touchée par ces actes qui touchent au coeur de notre humanité et je suis si triste aussi et outrée que le monde ne puisse bouger pour aider ce peuple, à cause de l'interdiction de la Chine et de la Russie d'intervenir, pour des raisons d'État. L'Enfer est donc bien sur terre et ce sont les hommes qui en sont les démons.
Que nous reste t-il à faire ? Je pense qu'il nous faut accompagner de nos pensées d'amour toutes ces victimes et faire de nos vies à nous des nids d'amour, de fraternité et de respect de l'autre... car quand une rose bouge, chante ou pleure... les étoiles le ressentent.
QUAND UNE MÈRE FAIT UNE CARESSE À SON ENFANT, le monde entier le ressent et chaque enfant au ciel et sur la terre en reçoit un peu.
Chloé LAROCHE

11:40 Publié dans De l'audace d'écrire pour dénoncer le pire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : homs, belgique, flamant, suisse, accident, autocar, classe de neige, 13 mars, condoléance, décès, mort, massacre, monsieur franck, tunnel, tragédie, tristesse, alpes, heverlee, louvain, limbourg, valais, deuil, parent orphelin, résilience, décès enfant, syrie, viol, guerre civile, enfer, anges, lumière, amour, actualité, compassion, offrande vie, survivant, rescapé, culpabilité, catastrophe
16/02/2012
Aimer son prochain par-delà sa propre douleur et dire les ignominies pour que l'ignorance ne paralyse pas notre solidarité et notre devoir de mémoire, de la SYRIE aux tueries de la Seconde guerre.
Bonjour à tous et toutes,
Je traverse actuellement la période difficile de l'anniversaire du départ de ma fille aînée et je vis dans le corps l'amoncellement intérieur de souffrance depuis toutes ces années où on apprend à accepter afin de poursuivre sa destinée, afin de donner son coeur et son énergie à d'autres personnes en souffrance.
On est très seul face à ce handicap intérieur qui ne se voit pas, l'amputation de cette partie de nous mise au monde par notre ventre, notre enfant arraché à la vie.
On apprend à gérer et à reconnaître les périodes de plus grande fatigue afin de se préserver et d'accepter qu'à certains moments on peut être plus fragile, plus vulnérable.
Le deuil d'un enfant s'apaise et se dilue dans le temps, par rapport au degré de souffrance morale intense que l'on vit à l'annonce de la mort, mais le deuil ne se finit jamais puisque l'on est amputé et que notre vie a basculé entre terre et ciel, un pied dans la tombe où le vertige de la mort nous fait chavirer.
Il faut choisir en un choix conscient de se battre, de dire oui à la vie, de renoncer à cet amour vivant et ayant vécu, disparu avec notre enfant, amour qui vit au-delà de nous-même dans la création, la créativité, le don de soi.
Il faut se dire que notre vie s'arrêtera et le rejoindra un jour pas si lointain, qu'elle rejoindra ceux que l'on a aimé et qui sont partis si loin de nous. En attendant, on a des choses encore à vivre ici, des mains à serrer et à tendre, des sourires à donner, un coeur à partager, des souffrances à soulager, des ignominies à dénoncer.
Je suis profondément meurtrie de voir qu'en Syrie, tant d'enfants meurent sans qu'on ne puisse rien faire, qu'une ville : Homs, soit ainsi martyrisée et bombardée sans arrêt, que la Russie et la Chine bloquent toute décision pour venir en aide à ce peuple. En une nuit, plus de deux cent civils, dont des enfants, ont été massacrés et cela continue. De jeunes enfants sont torturés, brûlés à la cigarette ou électrocutés. Dans certains quartiers de la ville, on a retrouvé des familles entières égorgées et massacrées de façon barbare. Des familles ont été sorties de chez elles dans la rue et des voitures leur fonçaient dessus pour les écraser.
J'ai été infiniment bouleversée aussi d'avoir vu une terrible photo prise lors d'un massacre d'enfants durant la Seconde guerre mondiale, photo prise de dizaines d'enfants étendus par terre, si jeunes et le corps froid, tués par les Nazis. Meurtrie de voir autant de cruauté dans l'Humanité. Meurtrie de comprendre de jour en jour ce qu'a été le massacre des Juifs, en prenant conscience du passé qui nous sali à jamais en tant que français à travers la France de Pétain, passé qui nous crucifie pour toujours à travers le sort de milliers de familles juives décimées et à travers tous ceux (juifs, résistants, tziganes, homosexuels) qui sont morts en camps de "concentration" en Allemagne et de "rétention" en France.
Comment le 10 juin 1944, des soldats S.S. ont pu prendre un village entier, tuant à 16 h tous les hommes rassemblés en différents lieux, dans un petit bourg tranquille et sans histoire, Oradour sur Glane ? Comment ont-ils pu enfermer quatre cent femmes et enfants dans l'église afin de les tuer, leur tirant dessus à bout portant et les asphyxiant, tirant même sur deux femmes qui s'enfuyaient avec un bébé. Il y eut 642 victimes en ce jour terrible que la France n'oubliera jamais.
Aujourd'hui et hier, on a le devoir de réagir, de savoir et de ne jamais oublier. Mais l'histoire se répète, même si elle ne porte pas le même nom.
Aujourd'hui, en France, il y a des camps de rétention comme on en trouvait dans la France de Vichy. La Cimade entrait en ces lieux avec la Croix-Rouge pour venir en aide aux juifs enfermés, aux femmes, aux enfants.
Aujourd'hui, la Cimade poursuit son oeuvre, comme quoi on avance sur le même mode, dans les mêmes rouages, sauf qu'il n'y a plus de trains pour emmener les juifs à la mort mais il y a des avions pour expulser des papas, des familles entières hors de France. Des enfants sont enfermés actuellement en camps de rétention. Il faut le savoir. Allez sur le site du réseau d'Éducation sans Frontières.org et vous comprendrez.
Ce soir, sur ce site, j'ai été interpelée par le cas d'une famille de Villejuif menacée d'expulsion dans le mois. Une famille qui comprend quatre enfants qui viennent de perdre leur mère d'un cancer. Il leur reste leur père. Le sous-préfet a décrété que maintenant que la maman est morte, les enfants doivent être déscolarisés et renvoyés en Algérie avec leur père. Cela fait deux ans qu'ils sont là. Les enfants ont deux tantes en France.
La douleur de leur deuil est à prendre en considération dans une situation intolérable où les chiffres de l'Immigration ne devraient pas intervenir comme cotât. Je suis de tout coeur près de ce père éprouvé par le deuil de sa femme et près de ces enfants menacés de quitter le territoire français. C'est inhumain de leur faire subir ça.
Je demande donc pour
Monsieur Amine BOUKHENCHOUCHE
père de Waïl, Rayane, Allaa Edine et Abir
un titre de séjour « vie privée et familiale ».
Chloé LAROCHE________________
P.-S. : MERCI de signer la pétition demandant
le titre de séjour pour cette famille sur ce lien :
http://www.educationsansfrontieres.org/
article41331.html
De plus, aujourd'hui, jeudi 16 février, un rassemblement de soutien se tiendra à 16 h 30 devant l'école Pasteur.
Villejuif (94) : Rassemblement de soutien pour Monsieur Amine BOUKHENCHOUCHE et ses quatre enfants : Waïl, Rayane, Allaa Edine et Abir !
03:19 Publié dans De l'audace d'écrire pour dénoncer le pire, Survivre au décès d'un enfant | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : expulsion, deuil, massacre, oradour, camp de rétention, seconde guerre mondiale, nazi, homs, syrie, actualité, france, politique, immigration, villejuif, cancer, algérie, boukhenchouche, résistance, vichy, pétain, resf, réseau education sans frontieres, résilience, amour, don de soi, liberté, guerre, enfant, torture, offrande, souffrance, psychologie, maman orpheline, anniversaire décès, mémoire, devoir de mémoire, solidarité, écrivain, handicap, création, camp de concentration, tzigane, homosexuel, mort, courage, combat, lutte, vérité, perte d'un enfant, perte d'une mère
14/11/2011
"Toutes nos envies", "Intouchables" et "L'Exercice de l'État". Ces trois films ont en commun de traiter de la mort ou du handicap et de l'essentiel de la vie, même si la dernière toile paraît ne traiter que de politique.
Bonjour à tous et toutes,
Trois films m'ont bouleversée ces derniers temps : "Toutes nos envies", "Intouchables" et "L'Exercice de l'État".
Ces trois films ont en commun de traiter de la mort ou du handicap et de l'essentiel de la vie, même si la dernière toile paraît ne traiter que de politique, ce qui est faux, lorsqu'on approfondit l'histoire. 
"Toutes nos envies" est un film qui bouscule, qui va chercher dans les tripes, il renvoie à nos vies, c'est un film doux et si fort, un regard sur une existence, celle de Claire, une femme de conviction, qui porte un idéal et qui meurt telle une étoile filante en ayant accompli le voeu d'une femme endettée et broyée par une société qui donne sa priorité à la consommation, Céline.
Stéphane, joué par Vincent Lindon, arrive dans l'existence de Claire comme Driss arrive dans celle de Philippe, handicapé tétraplégique dans "Intouchables".
On retrouve dans les deux films un duo fait d'amitié et de jeu de complicité allant au-delà de l'amour et de la sexualité vers l'essentiel de l'humain : comment être là pour accompagner l'être souffrant qui se trouve devant nous et pour qui nous avons de l'empathie ?
Respecter les envies de l'autre, le rendre intouchable à la vilenie humaine et aux mauvais regards de la bienséance. De cette bienséance qui empêcherait une femme condamnée par un cancer d'avoir un ami proche parce qu'elle a un mari.
De ce confort "petit bourgeois" qui empêcherait un être handicapé de sauter en parapente mais qui s'en donne le droit devant toutes les conventions de la société.
"L'Exercice de l'État" est aussi un film puissant et redoutable sur les relations humaines mais ce qui m'a particulièrement touchée, c'est la mort du chauffeur du ministre, chauffeur qui a payé de sa vie pour une raison d'État. Prendre une autoroute non terminée et c'est l'accident. Un homme détruit par le chômage, vivant dans une caravane… Un homme qui ne parlait pas, ne disait rien. Le ministre avait préparé des mots qu'il dit finalement tout bas et qui peuvent être résumés ainsi : "Cet homme, mon chauffeur, faisait partie des braves de ce monde qui savent que parler ne sert à rien et que de toute façon, tout est appelé à la perte. Alors ils se taisent, lucides sur le monde. Il était de ces êtres sensibles et conscients de la manipulation des grands de ce monde sur les plus faibles, les plus pauvres."
Dans ce film de Pierre Schoeller, nous voyons le Ministre des Transports, joué par Olivier Gourmet, arriver sur le lieu d'un accident de car, où des enfants sont morts ou blessés. C'est terrible de constater qu'un drame tel que celui-ci permet à certains d'asseoir leur pouvoir, au travers de discours, de places politiques, de compassion déversée devant des médias choisis pour cela. Les victimes sont des pions, les petites gens des numéros et finalement, le jeu du pouvoir manipule les foules, sans qu'elles n'y puissent grand chose. Et c'est si vrai aujourd'hui.
Sauf que dans "Toutes nos envies" de Philippe Lioret , on voit deux juges qui se battent pour que la société change et ils y arrivent. En plus, c'est une histoire vraie, puisque ces deux juges ont existé à saint Étienne et ont réussi à aider de nombreuses personnes surendettées. Ce qui apporte de l'espoir au fait que chacun peut apporter son énergie et son intégrité afin de faire avancer notre monde vers plus d'équité.
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Le 11 novembre 2011, j'avais décidé d'emmener des amis en randonnée. Dans la voiture, nous avons débattu du film "Intouchables". Un ami a démonté ce film en disant qu'il faisait l'apologie de la classe riche contre la classe pauvre des banlieues et que c'était trop facile de mettre des clichés aussi gros pour avoir la compassion du public face à l'histoire d'un riche handicapé employant un jeune des banlieues, noir de surcroît. Cet ami n'a rien vu de l'aspect humain de ce film, qui montre toute l'énergie que met cet homme handicapé, Philippe, à sourire à nouveau, à s'émouvoir devant une femme, à rêver devant un tableau, à rire à nouveau devant les clowneries de Driss, qui de son côté est émouvant de vérité et d'honnêteté. Il sort de prison et accepte ce travail d'accompagnant garde-malade et chauffeur. Il apporte un souffle nouveau à Philippe, au-delà de toutes les barrières sociales. Il lui redonne envie de vivre, d'aimer. Il écoute ses envies, comme le fait Vincent Lindon pour Claire dans "Toutes nos envies". Lorsque Claire se baigne dans un lac froid, Stéphane la suit sans broncher et la sauve de la noyade lorsqu'elle fait un malaise. Lorsque Philippe demande à Driss de l'emmener, ils se retrouvent face à la montagne puis volant dans un parapente. Quand on sait qu'on va mourir, quand on sait qu'on ne marchera plus, la plus belle preuve d'humanité de l'autre, c'est qu'il respecte nos envies.
Le 11 / 11 / 2011, beaucoup de personnes avaient appelé à se retrouver pour plus de fraternité, plus de cohésion humaine.
Ce jour-là, j'ai rencontré en randonnée un homme qui a perdu deux filles, une par un suicide il y a quatorze ans et une emportée par un cancer, il y a deux ans. Je l'ai écouté et ai frémi d'entendre autant de douleur et autant de vie poursuivie d'arrache-pied, au-delà de tout mot, de tous maux. La résilience est là, quand l'homme peut encore avancer et vivre dans le cirque de la vie, à marcher dans les feuilles de l'automne, au crépuscule de sa vie.
À 11 h ce jour-là, j'ai joué de la flûte dans la forêt de Chalais et quelques notes sont montées vers le ciel, envoyées dans l'espace pour plus de légèreté dans les coeurs.
Coeurs lourds des souffrances de ce monde, où on peut laisser une jeune femme, une de mes amies, se débattre seule avec ses deux parents âgés, deux parents dont la mère devenue sénile a cassé le bras et la jambe de son mari parce que devenue violente et incontrôlable. Personne n'intervient, il n'y a plus de moyens. Les gens se sentent seuls, comme cette mère face à cette réponse du Samu, une mère dont l'adolescente devient incontrôlable et se met à tout casser chez elle : "Lancez-lui un verre d'eau à la figure, ça va la calmer, ou bien vous la mettez dehors, elle se calmera."
Coeurs lourds de notre société où il n'y a plus de place pour accueillir les anciens… problème qui va s'étendre, INTOUCHABLE et insondable dans l'Exercice du Pouvoir, cette politique qui prend des décisions à l'encontre du réalisme de la vie actuelle, à l'encontre de TOUTES NOS ENVIES.
Chloé LAROCHE



03:25 Publié dans On va sortir, écouter et découvrir avec Chloé | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : toutes nos envies, intouchables, l'exercice de l'état, politique, film, cinéma, cancer, deuil, handicap, résilience, amour, empathie, amitié, maladie, épreuve, duo, société, consommation, essentiel, chalais, musique nature, courage, espérance, 11 novembre 2011, écoute, vincent lindon, marie gillain, olivier gourmet
07/10/2011
"Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison." Mon hommage au père de l'ordinateur, Steve Jobs, à travers son discours historique à Stanford.
Bonjour à tous et toutes,
Steve JOBS vient de quitter ce monde, emporté par un cancer, à l'âge de 56 ans.
Ce fut un être exceptionnel qui me permet aujourd'hui, grâce à ses découvertes, de pouvoir m'exprimer vers vous dans mon blog à travers mon ordinateur... qui est d'ailleurs un Mac, autre invention de Monsieur JOBS.
Cet homme a été adopté par une famille arménienne à sa naissance. Il a su faire ses choix dans la vie en écoutant son COEUR et son INTUITION, deux pôles qui représentaient pour lui le guide essentiel de toute existence humaine.
Il disait que la vie est courte et qu'il est bon de la vivre pleinement, en ayant conscience de cette expérience de la mort que nous ferons tous un jour et qui apporte la relève au renouveau, au nouveau tout simplement, au neuf. 
Je vous offre ce soir en son honneur le discours qu'il a prononcé à Stanford devant des étudiants américains en 2005, à travers la vidéo suivante :
http://blog.cozic.fr/retranscription-du-discours-de-steve-jobs-a-stanford
Avec toutes mes pensées à cet homme qui a été un si bel exemple de résilience et de courage face aux adversités de la vie et qui laisse au monde entier un beau témoignage d'une existence de créativité et de don à l'humanité.
Chloé LAROCHE
___________________________________
Et voici ci-dessous la traduction faite par Monsieur Frédéric Cozic :
Discours de Steve JOBS en 2005 à Stanford :
"C’est un honneur de me trouver parmi vous aujourd’hui et d’assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n’ai jamais terminé mes études supérieures. A dire vrai, je n’ai même jamais été témoin d’une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd’hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C’est tout. Rien d’extraordinaire. Juste trois expériences.
Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université ?
La première concerne les incidences imprévues. J’ai abandonné mes études au Reed College au bout de six mois, mais j’y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement. Pourquoi n’ai-je pas poursuivi ?
Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu’ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d’attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent : « Bien sûr. » Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n’avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n’avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d’adoption et ne s’y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j’irais à l’université.
Dix-sept ans plus tard, j’entrais donc à l’université. Mais j’avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de six mois, je n’en voyais toujours pas la justification. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n’imaginais pas comment l’université pouvait m’aider à trouver ma voie. J’étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c’est un des meilleurs choix que j’aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j’abandonnais les matières obligatoires qui m’ennuyaient pour suivre les cours qui m’intéressaient.
Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidai de m’inscrire en classe de calligraphie. C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J’étais fasciné.
Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l’incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait. Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.
On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.
Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire ?
Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais. J’avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, dix ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30 ans.
C’est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien. Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes.
Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé – d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j’ai peu à peu compris une chose – j’aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro.
Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie.
Pendant les cinq années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story , est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.
Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.
Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie ?
Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les trente-trois années écoulées, je me suis regardé dans la gla-ce le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j’ai besoin de changement.
Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.
Il y a un an environ, on découvrait que j’avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j’étais atteint d’une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas. Les médecins m’annoncèrent que c’était un cancer probablement incurable, et que j’en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux.
J’ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m’a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l’estomac et l’intestin. J’étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m’a raconté qu’en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j’avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. On m’a opéré et je vais bien.
Ce fut mon seul contact avec la mort, et j’espère qu’il le restera pendant encore quelques dizaines d’années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n’ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l’ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d’être aussi dramatique, mais c’est la vérité.
Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.
Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog , l’une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d’ici, à Menlo Park, et il l’avait marquée de sa veine poétique. C’était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l’édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C’était une sorte de Google en livre de poche, trente-cinq ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d’idées épatantes.
Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog . Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C’était au milieu des années 1970, et j’avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l’auto-stop si vous avez l’esprit d’aventure. Dessous, on lisait : « Soyez insatiables. Soyez fous. » C’était leur message d’adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C’est le vœu que j’ai toujours formé pour moi. Et aujourd’hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d’une nouvelle vie, c’est ce que je vous souhaite.
Soyez insatiables. Soyez fous.
Merci à tous."
Steve Jobs
02:54 Publié dans Hommages à des hommes et des femmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : steve jobs, informatique, ordinateur, mac, cancer, résilience, témoignage, courage, génie, actualité, monde, deuil, hommage, internet
04/10/2011
La petite fille hurlait et appelait au secours. Sa mère n'a rien pu faire pour sauver ses enfants car elle a été bâillonnée et ligotée par son mari avant d'être étouffée.
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Ce matin, il y a un orphelin dans l'Ain. Son père a tué sa maman et ses deux petits frère et soeur.
Cette maman avait presque 30 ans et venait de Bosnie comme son mari.
Ses deux plus jeunes enfants ont été brûlés vifs dans la voiture par leur père qui s'est laissé mourir avec eux dans le feu.
La petite fille hurlait et appelait au secours.
Cette femme n'a rien pu faire pour sauver ses enfants car elle a été bâillonnée et ligotée avant d'être étouffée.
genre en France, au Canada et en divers pays… drames du père qui tue toute sa famille.
Consulter mon chapitre : http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ quand-l-amour-depasse-l-entendement/
(Faire dérouler votre curseur pour lire tous les articles du chapitre et à la fin, cliquer sur "toutes les notes")__________________________________
Quand j'entends et je lis sur internet que ce drame viendrait de la nationalité de cette famille et même ai-je lu : "Voilà à quoi mène une femme…."...
Je suis révoltée.
Ce père était dans une immense souffrance pour avoir commis cet acte et surtout par la façon dont il a procédé. Pouvoir voir ses enfants prendre feu, pouvoir avoir aspergé la voiture d'essence pour qu'ils brûlent, avoir pu ligoter la femme qu'il a aimé et surtout la mère de ses enfants : tout cela relève d'une pathologie grave.
Je pense à toi, enfant de onze ans survivant de cet horrible drame.
J'ai lu ce commentaire déposé après l'article du Figaro sur ce drame par un certain Pierre Ghirardi. Je l'ai aimé et vous le fais partager :
"Le fils ainé se retrouve tout seul, pris en charge comme il se doit, par notre Nation, jusqu'à sa complète guérison. Sa guérison physique est certaine mais sa blessure émotionnelle sera longue. Qu'adviendra-t'il de cet enfant quand il pourra quitter l'hôpital dans lequel il a été admis ? A-t'il de la famille en Bosnie ? J'attends des nouvelles de cet enfant dans quelques jours, peut-être quelques semaines. La souffrance horrible d'être brûlés vifs est un des moyens d'atteindre le Paradis d'une barbarie insupportable : ce lâche de père, quitte à faire mourir tout le monde, le pistolet eût été un choix moins cruel pour faire passer ses trois enfants de vie à trépas ! Je suis profondément révolté contre ce père de famille qui est devenu complètement fou !"
(http://plus.lefigaro.fr/article/un-pere-incendie-sa-voiture- ou-se-trouvent-ses-enfants-20111004-560443/commentaires)
Je souhaite aussi avoir des nouvelles de cet enfant et savoir si on peut l'aider de quelque façon que ce soit.
Je pense que pour un enfant, il n'est pas facile de prendre conscience que son propre parent est devenu fou. C'est une déchirure intérieure terrible. Et de plus, être le seul survivant d'un si terrible tragédie est d'un poids si lourd qu'il semble que cet enfant va avoir l'Atlas à porter sur ses épaules.
il va devoir trouver dans son chemin la force d'oser sa propre vie, en ayant la vie des morts au fond de lui.
Chloé LAROCHE, une maman très touchée pour cette famille
___________________________________________
NOTA : J'avais écrit un article à l'attention de PARENTS pouvant être victimes de pulsions de violence. Voici le lien de cet article : http://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2009/10/29/ j-ecris-ce-jour-pour-les-deux-garcons-tues-en-isere-par-leur.html
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12:49 Publié dans De l'audace d'écrire pour dénoncer le pire | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : ain, crime, suicide, famille, femme, enfant, violence, violence conjugale, mort, violence masculine, actualité, france, survivant, résilience, monde, amour, divorce, folie, mariage, tuerie, drame
23/07/2011
Je pense aux jeunes norvégiens fauchés par la mort. Mes textes et pensées pour eux et toute la Norvège.
Aujourd'hui, je pense aux 84 jeunes assassinés en Norvège.
Ils campaient en paix et un homme a pris leur vie.
Je pense aussi aux autres personnes dont on a pris la vie à Oslo.
Qu'ils trouvent la sérénité là-haut, hors de ce monde où la brutalité
est parfois tel un typhon imprévisible________________ Chloé
_________________________Pour eux, j'offre ces quelques textes inédits que j'ai écrit il y a quelques temps :
Lorsque tu embrasses
ton enfant
tu penses à ceux qui sont partis là-haut si jeunes
à ces petits qui sont morts
que personne n'embrassait plus... parfois
que personne n'embrassera plus jamais
Tu donnes un baiser
et ce baiser va vers eux
Caresse invisible
pour chaque orphelin d'éternité.
Chloé Laroche
(octobre 2009)
___________________________________
Que ceux qui ont été violés
ne violent jamais
mais travaillent à la loupe
sur leur colère intérieure
Que ceux qui ont été battus
ne battent jamais
mais apprennent la tendresse
qu'ils n'ont jamais connue
Que ceux qui ont été aimés
aiment toujours
et gardent à jamais en eux
la haine de la violence.
Chloé Laroche
(octobre 2009)
________________________________________
Lorsque je prends ta main
toi qui vas mourir
tu m'emmènes
sur les chemins de ta vie
et tu me dis
attends
"Je vais partir
mais toi tu restes
avec un peu de moi
qui va vivre en toi
comme un héritage
de vie
et d'amour."
Alors je continue ma vie
et toi je te porte en moi
jusqu'à la fin du chemin.
Chloé Laroche
(octobre 2009)
_______________________________
Parfois on peut aider une personne
à un moment de sa vie
puis elle part sans se retourner
alors il faut se dire
qu'elle était comme une étoile
filante
Elle nous a permis
de faire un voeu
un geste d'amour
et de don sans retour
Cette personne nous a pris
comme un pont
et a laissé des empreintes
qui nous marqueront
à jamais...
Passage d'infini.


Chloé Laroche


14:41 Publié dans De l'audace d'écrire pour dénoncer le pire | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : oslo, norvège, hommage, attentat, poésie, au-delà, ange, espoir, deuil, amour, actualité, peine, courage, résilience, malheur, douleur, absence, famille, poète, mot, maux, choc, violence, tuerie, massacre, assassin, haine, racisme, folie
19/05/2011
Comment vivre en restant nous-mêmes, en conservant notre authenticité, notre vérité profonde. Mes propos sur l'art, la créativité, le choix sexuel, la nature, la beauté de la vie, le respect des autres.
Bonjour à tous et toutes,
Pourquoi la vie serait-elle seulement belle ? La vie est ce qu'on doit vivre. Parfois c'est dur, douloureux... mais il faut garder le cap car on peut un jour sortir du tunnel et trouver une belle île où se reposer ainsi que de jolies fleurs. La nature nous apporte l'embellissement de notre âme. Si nous la regardons et accueillons sa beauté en nous, elle y met des graines et ses graines font les fleurs de notre coeur. Quand le jardin d'espoir en nous est cultivé, il nous aide à résister et à affronter les tempêtes de notre chemin.
Pour affronter les tempêtes de notre chemin, il faut garder à l'esprit que la vie est un combat, combat d'énergies, combat de mobilisation de nos énergies, combat du guerrier invisible en nous, combat de nos possibilités contre l'inertie, combat des forces vives pour assurer l'intégrité de notre vie et de celle de notre planète.
Florence Legat, championne de ski, confirme ce propos en déclarant qu'il ne faut jamais lâcher prise : "En montagne, si on lâche prise, on se casse la gueule, alors ne lâchez pas prise. La vie est un combat. "
Ne pas abandonner nos idéaux, savoir écouter notre âme et notre coeur, avancer dans l'honnêteté de son destin. Paulo Coelho a dit : "Combien de fois abandonnons-nous notre chemin, attirés par l'éclat trompeur du chemin d'à côté ?"
Être nous-même et le rester, rester fidèle à nos aspirations profondes demande une écoute attentive de notre être intérieur. Vivre ses rêves, les réaliser et pour cela passer à la pratique, se recentrer sur notre chemin, nos ressentis, nos intuitions.
Pour ce qui est de retrouver l'authenticité de notre parcours, il y a mille et unes façons de l'accomplir. Ainsi un homme qui s'appelait Bruno a quitté un jour sa femme pour un homme. Il avait 33 ans. Il lui a dit : "Je t'aime mais je te quitte". Cet homme se sentait mal dans sa vie avant de partir. Il avait la conscience agitée et avait du mal à trouver le sommeil. Quand il a fait son choix et est parti pour vivre sa nouvelle vie, il a retrouvé toute son énergie et un sang neuf a coulé dans ses veines. Il avait à nouveau des projets, des envies.
Une nuit, j'ai entendu cet autre témoignage dans l'émission de télévision "Toute une histoire" avec Sophie Davant, l'expérience très intéressante d'un couple.... L'homme a révélé un jour à sa femme qu'il était homosexuel…. mais ils sont restés ensemble dans la même maison. Chacun a retrouvé un partenaire et les quatre vivent sous le même toit, avec deux appartements séparés juste par des portes. Les enfants du couple n'ont pas eu besoin de déménager et de changer leurs habitudes. Simplement, ils vivent une semaine sur deux chez le père puis chez la mère. Mais la mère peut aller tous les soirs embrasser ses enfants. Et elle boit le café avec le nouveau compagnon de son ex.
La psychologue trouvait cela bien pour les enfants et elle a ajouté que cela peut se faire lorsque la tension du désir n'est plus mais que seul l'affectif demeure, dans l'amitié et le respect de la parentalité de chacun. J'ai trouvé ce témoignage intéressant pour vivre l'ouverture et la tolérance. Et aussi parce que ces personnes ont trouvé le respect sur leur chemin quant à leur vérité profonde.
Oui, être en accord avec soi est déjà de se sentir exister et d'être pleinement incarné dans son corps, son âme et sa vie. ÊTRE ET PENSER. Parfois, des personnes ne sont pas tout à fait incarnées et ont l'impression d'être décalées ou pas à leur place. Il faut alors qu'elles se mettent à la terre, qu'elles vivent leur corps et le mettent au sport, qu'elles prennent le vert, ainsi le mental arrêtera d'être le singe de la farce….. et puis : "Quoi qu'il arrive, il dépend de moi d'en tirer du bien". Epictète
Créer aussi afin de donner la parole à notre être créateur, à nos talents qui dorment à l'intérieur et qui ne demandent qu'à émerger et exister. J'ai déjà vu des personnes d'un certain âge demander à démarrer le violon et j'ai eu un élève qui avait 70 ans. Il était si heureux de travailler son instrument et fier de pouvoir jouer de cet instrument dont il était amoureux, de cette musique qu'il pouvait faire sortir de des doigts comme une magie de la vie, comme un peintre qui mélange les couleurs pour le bonheur de nos yeux, comme Chagall qui nous fait rêver dans la poésie de ses tableaux.
Je n'oublie pas ceux qui se sont jettés corps perdus dans l'art et ont tout misés sur leur sensibilité mais sont tombés comme des anges perdus dans ce monde abrutissant parfois. Je pense à mon amie Marhèse avec qui je présentais un spectacle Poésie et Musique dans les années 90. Elle était un modèle de vie, d'enthousiasme, de dynamisme et de créativité.... mais le passé l'a rattrapée et elle a fini coincée entre médicaments psychotropes et alcool... Un jour elle a été retrouvée morte chez elle ; elle était tombée depuis plusieurs jours, sous le poids de l'alcool et de la dépression. Combien de femmes boivent sans qu'on le sache.... car elles ont honte et restent avec ce secret bien caché mais sans pouvoir se faire aider ?
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11:08 Publié dans Comment survivre au pire / Résilience | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vie, nature, beauté, destin, choix, chemin, combat, courage, foi en la vie, homosexuel, résilience, psychologie, moral
16/03/2011
Prendre sa revanche sur la vie, c'est le sujet du film "La ligne droite". Mes propos sur la survivance, sur la résilience et la force de se battre. Comment vivre avec ses handicaps et ses deuils ?

Bonjour à tous et toutes,
Quand on devient aveugle ou qu'on l'est depuis la naissance, comment imagine-t-on courir et dépasser ses limites physiques ?
Le coureur non-voyant Aladji Ba l'a fait, alors qu'il est privé de sa vue depuis l'âge de cinq ans : il est devenu champion de France du 400 mètres non-voyants.
Il joue dans le film "La ligne droite" son propre rôle et on peut voir à la fin de la projection la vraie compétition tournée en une seule fois dans le Stade de France, moment impressionnant où l'acteur principal qui joue le rôle de Yannick remporte la victoire.
Quand on vit des épreuves, on se dit qu'il faut aller de l'avant, embrasser la vie car sinon…. "le mauvais sort nous rattrape", cette mauvaise destinée qui fait que la vie nous est tombée dessus. La boxeuse Aya Cissoko dit que la vie est plus dure que la boxe car "on ne voit pas venir les coups".
Aya Cissoko, fille d'émigrés maliens, a perdu son papa et sa petite soeur dans le terrible incendie criminel du 22, rue de Tlemcen, dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 novembre 1986. Quelques mois plus tard, elle perdait un autre petit frère. Aya a pourtant été championne en boxe et malgré des blessures graves, elle continue à se battre et poursuit des études, écrivant aussi un livre qui vient de sortir : "Danbé".
C'est une revanche sur la vie que de courir et de se battre pour de nouvelles performances, que d'aller de l'avant. Aya dit qu'il faut s'arranger pour "que nos drames ne nous empêchent pas d'avancer".
Car il y a le monde des vivants et celui des morts. Les vivants ont encore leur chemin à parcourir et, par respect pour ceux qui sont partis,…. ils doivent rester debout et partager, aimer, donner.

Poursuivre sa route, comme le fait Dorine Bourneton, seule survivante d'un accident d'avion à l'âge de 16 ans : elle est devenue depuis le drame qu'elle a vécu la première pilote handicapée. Elle a créé aussi une entreprise destinée à aider des personnes handicapées. Elle se bat avec son sourire et fait partager cette envie de vivre extraordinaire à tous ceux qui croisent son chemin.
Je pense aussi à Patrick Dupond qui est danseur étoile, astre dont la lumière s'est éteinte lors d'un grave accident en l'an 2000 où il a subi près de 135 fractures. Sa main était arrachée, il était scalpé à la tête…. Il ne devait plus jamais danser et là, aujourd'hui, il entreprend une tournée mondiale avec sa compagne Leïla Da Rocha, avec un spectacle qui s'appelle "FUSION".
Il a la foi, cette foi en l'humain qui est capable de rebondir, de s'accrocher à une étoile pour atteindre le but accessible de l'impossible.
Le film "La ligne droite" réalisé par Régis Wargnier évoque et traduit tous ces destins d'accidents et de handicaps, tous ces coups qu'envoie la vie, dans ses deuils et ses fractures.
C'est un film extraordinaire et émouvant qui montre qu'à certains moments de son existence, on arrive à tout lâcher pour aller jusqu'au bout de son désespoir, comme lorsque l'héroïne jouée par Rachida Brakni quitte tout et conduit la voiture jusqu'à l'océan car on la prive de voir son fils de sept ans.
J'ai fait la même chose quelques semaines après le décès de ma fille. Je suis allée voir la mer et là, j'ai vu le monde, l'infini… m'emporter dans sa danse, dans la ronde interminable où la vie te frappe et te cingle jusque dans ta chair arrachée de douleur… pour atterrir un jour tout au fond de ton âme et te dire : "Reste vivante et finis ton chemin avec tout cet amour dans le coeur".
Quand on perd son enfant, on est comme handicapé, on ressent un arrachement dans les tripes, un vide immense, un vertige au coeur de la vie, comme si on était en haut au paradis et en même temps là sur la terre, écartelé par un sentiment fort de culpabilité d'être encore vivant alors que la chair de notre chair ne vit plus.
Il nous faut vivre dans l'humilité de notre chemin et vivre quoi qu'il arrive et quoiqu'il nous arrivera encore, porter témoignage des survivants pour que les vivants gardent le courage comme au Japon, de poursuivre leur route et de se battre pour reconstruire une vie détruite.
Chloé LAROCHE

02:18 Publié dans Comment survivre au pire / Résilience | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : résilience, épreuve, deuil, cinéma, la ligne droite, handicap, mal-voyant, aveugle, sport, aya cissoko, patrick dupond, bourneton, accident
15/02/2011
Vous êtes violé(e), vous avez été violé(e)... brisez le silence, brisons le silence. Je vous offre des liens pour vous permettre de délier vos noeuds.
Bonjour à tous et toutes,
Il existe chaque année en France près de 48 000 cas de viols, selon les chiffres de l’enquête ENVEFF (Enquête Nationale sur les Violences faites aux Femmes). "Mais ce chiffre est probablement très en dessous de la réalité, car l’enquête a pris en compte seulement les femmes entre de 18 et 59 ans, auxquelles il faudrait ajouter les viols sur les mineures, les personnes âgées et les hommes. 100 000 est peut-être un chiffre plus proche de la réalité."
Dans le monde, une femme sur cinq a vécu au moins une fois dans sa vie -ou vivra- le viol ou tentative de viol. Je rappelle pour ceux qui ne le savent pas que c'est la « pénétration sexuelle » qui distingue le viol des autres agressions sexuelles.
Le VIOL désigne toute pénétration sexuelle, qu’elle soit vaginale, anale (sodomie) ou orale (fellation), ou par la main ou des objets sur la personne d’autrui, qui peut être soit une femme, soit un homme, soit un enfant (fille ou garçon), que la victime soit connue ou inconnue de l’agresseur (ce dernier peut être extérieur à la famille ou en être membre). « Par violence, contrainte, menace ou surprise » : ceci désigne les moyens employés par l’agresseur pour imposer sa volonté, au mépris du refus ou de l’âge de la victime. C’est le non-consentement qui caractérise le viol.
Le nombre de femmes qui se taisent est hallucinant et pas étonnant du tout. Il y a des mains courantes mais pas forcément de plaintes, car cela touche l'intimité et il est parfois difficile de mettre à mal une relation d'amour ou un mariage quand il y a eu viol au sein d'une relation établie ou conjugale (relation forcée alors que la femme dit non, relation par surprise comme la sodomie sans consentement du partenaire).
Au temps où on parlait de "devoir conjugal", combien d'hommes ont pris de force leur "dû" ?!... Grand nombre de femmes sexagénaires ou septuagénaires aujourd'hui ont vécu ce temps de la soumission totale de la femme durant leur jeunesse. Mais encore aujourd'hui, l'homme utilise sa force ou la fragilité de la femme pour lui imposer son désir. Ainsi un homme l'a fait sur sa femme enceinte. Un autre l'a fait par une sodomie brutale sur sa compagne après une tentative de suicide, alors qu'elle rentrait d'hospitalisation.
Les faits sont là, la réalité se vit dans le silence et beaucoup de femmes portent cette blessure. Certaines ont pardonné, d'autres ont du mal a reprendre une vie sexuelle normale et souffriront toute leur vie. Le mieux est d'aller consulter et de faire une main courante pour se libérer auprès de la justice, de la police, même si on ne porte pas plainte. C'est un pas vers la considération de sa souffrance.
Je vous livre ci-dessous quelques liens pouvant vous aider sur le viol, le viol en réunion, les maltraitances et violences sur enfants et sur le courage de s'en sortir.
Je souhaite à toutes celles et ceux qui me liront de sortir du silence et de témoigner, d'écrire et de sortir cette souffrance d'eux-mêmes, d'appeler le 3919.
Faites-vous aider ! Et si vous êtes encore victime, choisissez une personne de confiance autour de vous et parlez-lui. Cela vous aidera à briser le silence et à sortir d'une situation où vous demeurez prisonnier, prisonnière.
Chloé Laroche
_________________________________________________________________________________________________

LIENS :
http://schneider.sophie.free.fr/courage/livres/index.html
http://schneider.sophie.free.fr/courage/silence/index.html
http://schneider.sophie.free.fr/courage/trio.html
http://schneider.sophie.free.fr/courage/parler/a_qui.html
http://schneider.sophie.free.fr/aide/index.html
http://www.solidaritefemmes.org/
http://www.sosfemmes.com/

http://www.sosfemmes.com/faq/messages/94_viol_reunion.htm
http://viol.free.fr/si_un(e)_mineur(e)_est_victime_de_viol_ou_d'agressions_sexuelles.htm
_______________________________________________________________________
Le numéro 119 : Allô Enfance en Danger
________________________________________ Le 3919 :
SOS FEMMES VIOLENCES CONJUGALES
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| Contacts > Numéros de téléphone nationaux | |||
|
| |||
| SOS Viols | 0.800.05.95.95 | Numéro gratuit et anonyme. | |
| SOS Femme Violence Conjugale | 39.19 Tarif : gratuit | Victime de violences psychologiques, morales, sexuelles ou physiques au sein de votre couple, vous ne savez à qui en parler, à qui vous adresser. Ou vous avez tout simplement besoin d'en parler … Des écoutantes qualifiées respecteront votre anonymat et pourront vous indiquer les associations, les services, les professionnels qui vous aideront dans vos démarches. Fédération Nationale Solidarité Femmes. Site :ttp://www.solidaritefemmes.asso.fr/ | |
| 08 VICTIMES | 08.842.846.37 | Toute victime notamment de cambriolage, d'un vol à l'arraché mais aussi d'agression sexuelle peut appeler. Une équipe de 10 personnes est en charge d'écouter et d'assister les victimes. Le numéro national est ouvert pour le prix d'un appel local tous les jours de 9h à 21h, 365 jours par an. Le réseau INAVEM, qui a été chargé par le ministère de la Justice de mettre en place le service d'appel, regroupe depuis 1986 les services gratuits d'aide aux victimes et coordonne près de 150 associations. Vous pouvez retrouver toutes les associations d’aide aux victimes en proximité <http://www.inavem.org> vous permettant de trouver une association du réseau INAVEM proche de chez vous. | |
| SOS Amitiés | 01.42.96.26.26 | Numéro à Paris | |
| SOS Violences Familiales | 01.44.73.01.27 | Association spécialisée dans l'accueil et l'écoute des hommes violents (Paris). Autres adresses en région ici. | |
| Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail | 01.45.84.24.24 | B.P. 60108 - 75561 Paris cedex 12 | |
| Association "Non aux mariages et aux paternités de papier" | 04.93.34.72.89 06.19.05.79.74 |
BP 172 – 06603 ANTIBES CEDEX
| |
| Contraception... | 0.820.331.334 | Contraception, IVG, MST, sexualité... | |
| Urgences psychiatriques | 01.45.65.30.00 | Urgences psychiatriques sur Paris | |
| SOS Médecins | 01.43.37.77.77 | Numéro à Paris | |
| Réseau Gynepsy | 01.43.28.16.91 | ou femmaddictions@aol.com. Un réseau de psychanalystes pour accueillir la question du féminin, écouter et parler. Site : http://gynepsy.fr/ | |
| Collectif Solidarité aux Mères d'Enfants Enlevés | 01.45.34.49.10 | Association d'entraide aux mères dont les enfants vivent à l'étranger avec leur père (ou autre situation liée à une séparation extra-territoriale). Adresse : 9 rue des Chaillots, 92190 Meudon | |
| Urgence | 112 | Secours depuis un portable (GSM) | |
| Hébergement d'urgence | 115 | Anonyme et gratuit. Permet de savoir où être hébergé en cas d'urgence. | |
| Enfance Maltraitée | 119 | Anonyme et gratuit. Site :http://www.allo119.gouv.fr/ | |
| SOS Familles en Péril | 01.42.46.66.77 | Numéro à Paris | |
| Fil Santé Jeunes | 32 24 gratuit et anonyme | Service dédié aux jeunes. http://www.filsantejeunes.com/ | |
| Drogues Alcool Tabac Info Service | 113 | Anonyme et gratuit. Drogues Alcool Tabac Info Service est également accessible sur le site de la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (MILDT) dont il est partenaire :http://www.drogues.gouv.fr/, aux rubriques suivantes : tabacologie. | |
| Sida Info Service | 0.800.840.800 | Anonyme et gratuit. | |
| Union Nationale Prévention du Suicide (UNPS) | 01.40.20.43.34 | Numéro à Paris | |
| Suicide Ecoute | 01.45.39.40.00 | Numéro à Paris | |
| SOS Suicide | 01.48.78.00.78 | Numéro à Paris | |
| Allô Service Public | 39.39 | Ce numéro de téléphone permet d'obtenir "en moins de trois minutes une réponse ou une orientation à toute demande de renseignement administratif". Ce service est accessible à tous les usagers du service public, de 8h à 19h en semaine et de 9h à 14h le samedi, pour un coût de 0,12 € par minute à partir d’un téléphone fixe. C'est l'équivalent téléphonique dehttp://service-public.fr/ | |
| Ecoute cancer | 0810.810.821 | Aide téléphonique | |
| SOS Help | 01.47.23.80.80 | Urgences en Anglais | |
| SOS VIOL | 02 / 534.36.36 | Rue Blanche 29 - 1060 Bruxelles | |
| Centre de Prévention des Violences Conjugales et Familiales | 02 / 539.27.44 | Rue Blanche 29 - 1060 Bruxelles | |
| Victime de harcèlement sexuel | 107 | Aide téléphonique | |
| ECOUTE ENFANTS | 103 | Aide téléphonique | |
| Counselling Center on Violence Against Women | 301.4112091 301.4129101 | Pireus Center, Greece Fax 00-301-9585251 | |
23:55 Publié dans Comment survivre au pire / Résilience | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : résilience, viol, femme, couple, violence, maltraitance, inceste, soumission, viol conjugal, rapport forcé, pénétration, viol en réunion, devoir conjugal
17/01/2011
De la mort à la vie. De l'amour à la révolte. De la naissance à cette vie à un départ vers l'autre vie. Des calins gratuits à Grenoble à la Tunisie en révolution. Pour Alain et Jean-François qui nous ont quittés.
Bonjour à tous et toutes,
Samedi, je suis allée rencontrer place Félix Poulat à Grenoble le groupe des "calins gratuits", qui fait partie d’Ovs (site Onvasortir.com) en Isère. Il y avait aussi des amis de Peuplades de Grenoble.
C’est Chris qui a initié ce concept dans notre région. Le principe est de proposer des accolades aux passants et d’échanger de l’amour à travers un échange de quelques secondes.
J’ai vu une femme au bord des larmes.
«Oui, ça me fait du bien un calin", dit-elle en serrant une des participantes dans ses bras.
"Je vis quelque chose dans ma vie de très dur en ce moment.»
J’ai vu des regards s’illuminer et j’ai vu aussi des regards se dérober.
J’ai vu des hommes donner des calins avec de la tendresse au bord du coeur.
J’ai vu des femmes ouvrir leurs bras comme des mamans pour des inconnus.
Et en face, j’ai vu des tunisiens sur la même place manifester pour leur pays, pour dire qu’ils sont en souci pour leurs proches restés au pays.
J’ai entendu leur douleur pour un peuple, le leur, en train de lutter pour la liberté d'être et de survivre dans un monde de plus en plus dur.
Une jeune femme est venue vers moi pour me parler.
Elle est tunisienne et m’a fait part de ses craintes, de la révolte de son peuple aussi.
Je lui ai parlé de ma honte devant la déclaration de Michèle Alliot-Marie qui a proposé d’envoyer les forces françaises pour aider à la répression du peuple, alors que pendant ce temps, la police de Ben Ali tirait à balles réelles sur les manifestants.
Vous vous rappelez de ce jeune qui s’est immolé par le feu le 17 décembre ?
On lui avait enlevé son outil de travail, un simple étal sur un marché ainsi que toute sa marchandise. Il s’appelait Mohammed Bouazizi et avait 26 ans. La police lui a tout enlevé et il a voulu en perdre la vie. Cinq mille personnes ont suivi son cercueil et ont juré de le venger.
Tous les jeunes se sont retrouvés dans sa mort et la colère est montée. Devant des années de dictature, les tunisiens ont libéré leur ras-le-bol et leur rébellion devant la répression de leur liberté d’expression.
Sur la place Félix Poulat à Grenoble, samedi, j’ai vu l’amour d’un côté et ces cris de révolte de l’autre côté. Tout cela se mêlait avec la foule passant d'un bout à l'autre de la place.
Je suis entrée un moment dans l’église de cette place. Il n’y avait personne. J’ai vu des fantômes, j’ai vu mes souvenirs dans cette église. Le baptême de ma fille décédée. Ma grand-mère que j’aimais tant. Et tant d’amis et amies disparus, partis de l'autre côté pour toujours. J’ai vu ma fille à quatre mois dans sa robe blanche puis dans son cercueil avec son ensemble rouge, accompagnée de son doudou.
Et aujourd’hui, je suis allée aux funérailles de Jean-François, un jeune de vingt ans qui s’est tué en voiture.
L’église était pleine et les parents si dignes.
Comment accepter l’inacceptable ? Le papa Michel a fait un hommage à son fils d’une grandeur d’âme peu commune, un hommage où il lui a dit que sur terre, il était un ange avec des bras et des jambes et que désormais il serait un ange au ciel avec des ailes. «Va, monte le plus haut possible,» lui a-t-il dit, "mais envoie-moi des signes de temps en temps.»
Accepter la mort de ceux qu’on aime, c’est se dire que Dieu ne reprend pas. Il a donné le souffle de la naissance pour que chacun vive mais quand la mort arrive, ce n’est pas Dieu qui reprend la vie, mais c’est le chemin qui se finit ici-bas. Après on est tous là pour entourer ceux qui restent, afin qu’ils puissent poursuivre leur chemin.
Quand on perd un enfant, on est d’abord dans le choc, la sidération.... et puis on s’écroule. On vit une grande fatigue physique, un vide immense. On a l’impression d’être un peu mort avec notre enfant. La vie ne nous touche plus. Le bonheur non plus.
Et puis, au bout de plusieurs mois, on regarde la beauté du monde à nouveau, doucement. Et puis un jour, on sourit et on rit à pleine voix. Car on a compris que pour notre enfant, il faut se battre et poursuivre sa vie à fond car chaque vie est courte et qu’on a à donner, partager, aimer encore.
Mais on porte une croix que personne ne saurait voir, car le vide intense au fond des tripes marque à vie le coeur et l’âme des parents orphelins, qui ont un pied dans la tombe, un pied dans le ciel et les deux mains ici-bas, des mains qui se tordent de douleur ou bien qui s’ouvrent et donnent pour partager.
Quand je suis rentrée de la cérémonie, je suis allée chercher mon fils et devant la porte de l’école, j'ai reçu un coup de fil. J’ai fondu en larmes. Un ami était mort. Il était hospitalisé depuis plusieurs semaines à l'Hôpital Sud pour des problèmes de coeur qui lui apportaient des malaises au quotidien et avait été envoyé il y a dix jours à Bordeaux pour une opération sensée le sauver de ses troubles cardiaques. Il est parti au ciel à soixante ans. Il s’appelait Alain et était passionné par les véhicules de Russie, les tracteurs et tous objets roulants venus de l'Est. C’était un homme généreux et ouvert, avec un immense sourire.
Il m’avait confié dernièrement : «Tout va mal dans ma vie, pourquoi ça s’arrangerait avec cette opération ?» Il avait très peur. J’ai essayé de lui donner de l’espérance, de lui dire qu’après, il commencerait une nouvelle vie, que l’opération, ce serait comme un tunnel, qu’après on ne sait pas ce qu’il y a, c’est l’inconnu, mais que la vie est là à nouveau, avec de nouveaux espoirs, de nouvelles forces.... Quand je me rappelle mes paroles, je me dis que je lui ai parlé de sa mort et de ce que je ressentais intuitivement.
J’aurais aimé qu’il revienne et je suis très triste car c’était un ami cher.
Même quand on est dans l’espoir d’un ailleurs et la croyance en un au-delà, comment ne pas souffrir au plus profond de la perte de nos amis, de notre famille, de nos êtres chers ?
Il nous reste à poursuivre notre chemin et à ouvrir notre coeur pour que les petites poussières d'or de tous ces êtres qu'on a aimés nous atteignent et nous illuminent de plénitude et de sérénité, d'émerveillement devant la vie et de confiance en l'avenir.
à toi Alain, à toi Marhèse, à toi Marie-Dominique, à toi Francis, à toi Louis, à toi Philippe, à toi Aimée, à toi Jean, à toi Zoubir, à vous que j'ai aimés, tous des amis et puis le père de mon fils.
à ma fille Océana partie si petite... à mes grands-parents chéris.
Chloé Laroche
______________________________________ Les photos de mon article sont de moi sauf la photo du globe (fotosearch libre de droits) et la photo de Mohammed Bouazizi sur son lit d'hôpital : (crédits photo : Tunisian Presidency/AP). Mes photos ont été faites hier sur une balade au-dessus du lac de Monteynard ainsi que place Félix Poulat à Grenoble, lors des calins gratuits de samedi, où je me trouvais en tant que reporter. Les fleurs que j'ai prises étaient dans l'église Saint Louis.
Voici pour vous qui êtes dans le deuil ces deux vidéos et ce texte que j’ai trouvé
et que j’offre aux enfants d’Alain et à Michel, le père de Jean-François, ainsi qu'à sa maman...
http://www.youtube.com/watch?v=RP87uKyYAKA (Puisque tu pars/GOLDMAN)
http://www.youtube.com/watch?v=WRrxwbloQHM (Les fleurs du Bien/OBISPO)
LETTRE VENUE D'AILLEURS_______________
"Tu as souhaité m'écrire, laissant le soin aux nuages,
le soin de me transmettre ton message.
Cette seule intention m'autorise à te répondre
afin de te dire qu'en partant, j'ai bien emporté
toute la richesse et l'amour de notre vécu,
et, si du poids de mon corps je me suis allégé,
je n'en reste pas moins, dans l'ombre, à tes côtés.
Dés lors, si tu es à la recherche de notre hier,
laisse voguer en toi les pensées et les rêves,
car, dans ces voyages, nous nous retrouverons
pour vivre ensemble cette intime complicité,
et donner ainsi toute sa force à son éternité.
Que la caresse du vent, un rayon de soleil,
une étoile filante ou une goutte de pluie
soient les anges porteurs de cet écrit
pour en traduire auprès de toi le sentiment,
afin que, laissant de côté regrets comme oublis,
tu vives intensément chaque moment de la vie."
______________________________
(Michel Thivent)
19:33 Publié dans Comment survivre au pire / Résilience | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mort, décès, résilience, choc, chagrin, vie, espoir, dieu, cérémonie, tunisie, deuil, ovs, jean-françois
06/01/2011
Mon propos sur le courage. De nos peurs dépassées à nos victoires intérieures. Du fait d'oser et décider d'aimer en milieu hostile.
Bonjour à toutes et tous,
Le courage est l'envie de vivre, en dépassant nos peurs.
Le courage, c'est ce garçon de la trentaine qui s'est sorti de l'enfer, enfermé par ses parents dans un monde de rêves et de violences.
C'est ce garçon pour qui je pleure, un homme maintenant, qui a le courage de regarder en face ce qu'il a vécu.
Les blessures qu'il a connues, je les ai connues.
Car nous avons vécu sur la même planète.

Le courage, c'est d'assumer ses responsabilités et de savoir recevoir la difficulté, d'accepter les tribulations de l'existence, de rester debout face aux vagues, de continuer d'être présent dans la vie et de piloter notre barque vers des objectifs d'intégrité.
Le courage, c'est donner tout son sens au temps et se voir comme une pierre roulée dans un ruisseau.
La pierre est poncée au fil du temps et les blessures se referment.
Le courage, c'est de voir sa soeur être frappée et d'intervenir pour l'arracher à des parents terribles.
C'est oser dire non à ceux qui ont le pouvoir sur nous.
Le courage, c'est d'être licencié pour avoir osé être en conflit avec son chef et n'avoir pas laissé faire le mépris et l'injustice.
C'est être allé au plus profond de ses larmes jusqu'à ne plus en pouvoir et partir vers l'inconnu professionnel.
C'est se dire que la vie peut offrir d'autres chances et lui donner sa confiance.
Le courage, c'est se dire que si tu ne le fais pas, d'autres devront le faire, alors on le fait.
Et on prend le risque de voir se lever les boucliers de ceux qui n'ont pas fait.
Le courage, c'est de regarder devant et de continuer à vouloir aimer, même en milieu hostile.
Se faire insulter pour un acte généreux. Se dire alors que l'amour est plus fort que la haine.
Le courage, c'est de dire tout haut ce que certains pensent sans avoir les mots ni l'énergie de le dire et de parler au nom de ceux qui ont mal.
Tellement mal qu'il est difficile de regarder vers l'étoile qui brille là-haut.
Le courage, c'est se dire qu'on a besoin d'aide et accepter le sourire d'un ami, accepter sa main tendue, accepter l'amour quand il est là, debout devant toi.
C'est balayer le passé et regarder l'avenir ouvert comme un livre neuf et tout frais sorti de l'imprimerie, n'ayant jamais été lu ni aimé avant que tu le lises.
C'est avoir la modestie de sa propre existence, sachant que tout s'en va un jour et que toi aussi. Aussi, dis les mots que tu as envie de dire, car ces mots resteront toujours dans le coeur de ceux que tu aimes et que tu apprécies.
Le courage, quand tu es dans le deuil, c'est déjà d'accepter de regarder la rose qui s'ouvre, de manger un fruit et de l'apprécier, de sortir un après-midi, de regarder la nature qui continue à pousser.
C'est décider de vivre et de ne pas imposer ta douleur à ceux qui t'entourent, tout en sachant leur dire que tu souffres.
Le courage, c'est de pleurer quand tu en as besoin et de partir quand tu ressens que tu exploses, pour te donner à toi même la chance de résister.
C'est de pouvoir récupérer tes émotions sans te disperser et disparaître totalement.
Le courage, c'est de pouvoir rendre heureux les autres quand tu vis en toi le pire des chagrins.
À tous, je souhaite le courage et la force.
Chloé Laroche
Nota bene ____________________________ Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr avec des photos libres de droits.
11:53 Publié dans Comment survivre au pire / Résilience | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : courage, oser, peur, chagrin, deuil, temps, volonté, résilience, bonheur, choix, résister, aide, soutien
03/11/2010
J'ai écrit ce texte pour tous les amoureux des arbres et ceux qui croient aux racines de l'amour, celles qui s'ancrent dans les larmes devenues source.
SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES...chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !
Cette nouvelle est la quatrième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"_______________________________
Les
Racines
de
l’Amour
____________ Nouvelle n° 4 de Chloé LAROCHE
CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS
Le cierge s’éteint
Comme le feu de ta vie
Nourris-le d’amour
(haïku de Chloé)
“Dire des morts : “ils ne sont plus”,
c’est non seulement les renier,
mais se renier soi-même et peut-être
renier absolument l’être parlant.”
(de Gabriel Marcel)
Ce jour-là de la Saint-Valentin, Clémentine emmena son fiancé voir son arbre saule. Cet arbre faisait partie de sa vie ; il représentait ses racines, isolé dans un pré.
Ses parents avait décidé, lorsqu’elle était petite, que chacun des membres de la famille aurait un arbre, qu’il choisirait dans la nature. Clémentine était enfant lorsqu’elle choisit cet arbre et ce fut le même que celui que prit son frère ; elle et lui étaient presque jumeaux, avec seulement quelques mois de différence.
Souvent, elle avait rendu visite à son arbre, l’embrassant et nettoyant ses branches ; chaque fois, elle entourait le tronc avec ses bras et lui racontait sa vie, ses chagrins et ses joies.
C’était un saule pleureur ; sa vitalité et ses bourgeons renvoyaient les pleurs humains à la joie et à l’extase de l’âme saisie par un coucher de soleil.
Ce jour de la Saint-Valentin, Clémentine eut un choc terrible en apercevant de loin le pré nu, désert. Son arbre n’était plus là...
Elle comprit qu’il avait été coupé et elle s’effondra dans l’herbe en sanglotant.
“Clémentine, lui dit Olivier, son fiancé, que t’arrive-t-il ?
-On a coupé mon saule ! C’est terrible ! On a coupé mes racines ! Je l’aimais tant ! Ce n’est pas possible !”
Elle restait là, choquée, sans comprendre. Olivier, de son côté, n’arrivait pas à admettre sa peine immense ; il n’avait jamais pensé à la douleur de perdre un arbre ami ; il n’en avait pas. Si, il avait bien aimé autrefois un chêne près de la maison de ses parents, un chêne immense auquel il s’était attaché ; mais Clémentine ressentait une si grande souffrance pour ce saule, comme si elle avait perdu sa propre mère...! Cela prenait à ses yeux de fiancé des proportions inquiétantes ; il essaya néanmoins de la consoler...
Elle courut vers l’endroit où avait vécu son arbre ; Olivier la suivit ; ils ne trouvèrent que la souche du saule avec des copeaux éparpillés, traces immondes d’un crime sans nom.
“Ils ont coupé mon arbre. Quand arrêteront-ils ? Ils ont déjà coupé celui de mon père, un bouleau, un magnifique bouleau, et celui de ma mère, un hêtre majestueux, à l’orée d’une forêt, à trente kilomètres d’ici. Ce hêtre vivait dans un bosquet, à l’abri du regard des hommes ; ma mère l’aimait car il ressemblait à son être intérieur ; nous l’aimions tous. Un jour, en rentrant de promenade, mes parents nous ont dit : “Quelqu’un a coupé l’arbre de votre mère.” Je n’ai jamais eu le courage de retourner sur les lieux, dans cet endroit où vivait le hêtre de ma mère ; et aujourd’hui c’est mon arbre qui est mort. Pourquoi ? Je suis si peinée. Ils ont même coupé le petit frêne qui poussait près de mon saule... On disait en souriant, mon frère cadet et moi, que c’était le frêne de notre petit frère benjamin (l’arbre que tu vois là-haut, au sommet de la colline) qui avait voulu se rapprocher de notre arbre ; il représentait notre amour de frères et soeur.”
Olivier serra fort sa fiancée et lui dit :
“Les racines de votre amour sont ancrées profondément en toi, en vous ; les racines de ton saule resteront à jamais dans ton coeur. Cet arbre continuera à faire des bourgeons et à verdir au printemps ; il te donnera la force de traverser les pleurs de ta vie et d’affronter les deuils de ton existence... en pleurant toutes les larmes de ton corps sans perdre ton âme. Il t’apprendra que les larmes qu’on retient creusent une source qui ronge l’âme… Ton saule chantera toujours en toi la chanson éternelle de l’homme solitaire dans le grand pré de la vie ; il te donnera la dignité de rester droite face au mal, face aux rôdeurs de l’existence et face aux épreuves.”
Clémentine écoutait parler Olivier tout en se disant :
“Comme il me parle ! Il doit être inspiré. Ce qu’il dit est si profond... Il ne m’avait jamais parlé ainsi.”
Elle l’embrassa et lui dit : “Ce que tu m’as dit est très beau. C’est ton cadeau pour ce jour de la Saint-Valentin ! Mon arbre nous donne le souffle de l’Amour et sera notre ange dans le Ciel de notre futur mariage.”
Jusqu’à ce jour, elle n’était pas sûre de vouloir épouser Olivier mais aujourd’hui elle avait la conviction qu’elle deviendrait sa femme ; elle sut que leur union prenait racine dans la compréhension et le partage du pire comme du meilleur.
Dans les jours et les semaines qui suivirent, elle pleura souvent la mort de son arbre chéri et elle repensait aux paroles d’Olivier...
Petit à petit, elle sentit les racines du saule s’ancrer dans son coeur ainsi que son être faire corps avec le sien ; ses bras lui semblaient parfois être des branches et ses larmes des bourgeons.
Elle sentait qu’elle devenait femme, ayant coupé les racines de son enfance tout en assimilant les souvenirs heureux et malheureux de cette période de sa vie.
Le saule faisait revivre en elle tous les moments qu’elle avait partagés avec ses parents, tués dans un accident de voiture alors qu’elle était adolescente ; elle se dit que son arbre saurait les embrasser pour elle au Paradis et leur dire combien ils lui manquaient, combien ils lui avaient manqué, combien ils lui manqueraient toujours.
Ne plus voir ses parents, ne plus leur parler, ne plus les embrasser avait été et était toujours très difficile pour Clémentine, insurmontable parfois.
Aujourd’hui, elle allait dire oui à son fiancé Olivier, oui pour la vie... une vie qui offre parfois le pire : perdre ceux que l’on aime.
Chloé LAROCHE
____________________________________
Tuerie des forêts
Que Dieu a permis d’hêtre
Troncs du Paradis
(HAÏKU de Chloé L)
_____________ __________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur. Ouvrage déposé. ______________
"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________
01:29 Publié dans 13 nouvelles de mon premier livre "Les Semences de | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : arbre, deuil, perte, résilience, amour, mariage, racine, pays, saule, mort, écrivain, tronc, saint valentin
23/10/2010
Mes 13 Nouvelles pour ceux qui s'aiment... qui sèment après la vie... Tirées de mon ouvrage : "Les Semences de l'Après-vie".
"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)________________________________________________
SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES.... chloe.email@laposte.net___________ Merci d'avance !
Le
Dauphin
de
l’Amour
____________ Nouvelle n° 1 de Chloé LAROCHE
CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS
Dédié à Michel PERLI.
“Le souvenir, c’est la présence dans l’absence,
C’est la parole dans le silence,
C’est le retour sans fin d’un bonheur passé,
Auquel le coeur donne l’Immortalité.”
(citation de Henri Lacordaire)
Elise traversait le cimetière lorsqu’elle aperçut une stèle assez étrange ; sur la pierre tombale étaient inscrits en lettres d’or les deux noms de Tristan et Iseult, ainsi qu’une ancre, dorée également.
Dans cette tombe reposait une seule personne, un homme.
Des lys d’une beauté étonnante se dressaient dans un vase en marbre ; Elise se recueillit en ce lieu béni, réfléchissant à l’impression d’amour éternel qui embaumait la sépulture.
Il y avait aussi un immense bateau gravé sur la stèle.
Elise fixa l’ancre dorée un long moment et se dit que le véritable amour est celui qui s’ancre dans l’éternité, par-delà la mort et les souffrances.
“Quel drame ont vécu cet homme et celle qu’il a laissée ?” pensa la jeune femme ; elle restait là, bouleversée par tant de beauté et d’intensité figées dans la mort.
Elle-même demeurait seule depuis longtemps et rêvait de rencontrer l’Amour ; elle demanda à cette âme de lui porter bonheur dans sa quête d’un compagnon ; en partant, elle dessina un coeur du bout des doigts dans le gravier nu du cimetière.
Le lendemain, elle décida de partir en mer dans son kayak. Il faisait beau et l’onde était calme, propice à la méditation ; Elise avait besoin de cela, besoin de se retrouver seule dans les bras du Dieu des Eaux ; Poseïdôn -elle l’appelait ainsi- était son unique père depuis que son géniteur l’avait abandonnée ; elle aimait lui raconter ce qu’elle vivait et lui confier ses émotions ainsi que la vie de son être intérieur ; les vagues lui transmettaient les caresses de son père adoptif et lui rendaient confiance en son chemin.
Or, ce jour-là, le destin voulut qu’un dauphin vienne la voir. C’était un jeune animal à l’oeil vif ; il avait envie de jouer avec Elise et commença donc à pousser la frêle embarcation ; celle-ci se retourna et la jeune femme s’échappa du kayak ; elle se mit à paniquer, se sachant bien loin de la côte. “Peut-être est-ce ma dernière heure. Toi à qui j’ai parlé hier, au cimetière, protège- moi, je t’en prie... Je voulais trouver l’Amour, pas la mort !”
Le dauphin était toujours là ; il se glissa sous la jeune femme et l’enleva promptement ; Elise fut surprise mais se laissa faire ; le mammifère semblait savoir où il l’emmenait ; il nagea de longues heures jusqu’à atteindre une plage magnifique, la plage d’une petite île perdue au large.
Le cétacé renversa Elise dans l’eau chaude du bord de mer. Ils restèrent longtemps l’un près de l’autre, bénis par le soleil et les douces vagues ; il semblait à Elise que cet être allongé près d’elle était comme un frère, un fils de Poseïdôn, envoyé par lui comme un présent des Dieux pour que le présent se change en avenir.
Elle avait eu une excellente intuition à propos du présent car, quelques minutes plus tard, un bateau apparut à l’horizon et jeta l’ancre devant l’île ; un homme en descendit et se dirigea en barque vers la plage... Il fut très surpris de trouver Elise près du dauphin.
“Je connais ce dauphin, dit-il. Je l’ai sauvé un jour des filets d’un pêcheur ; il était bébé et, aujourd’hui, vous voyez, il est heureux de vivre. Il sait que je viens souvent ici et il me rejoint dès que j’arrive... Mais vous, que faites-vous là ?”
Elise lui expliqua tout puis lui demanda comment il s’appelait.
“Je m’appelle Désiré et mon bateau a pour nom : "L’Encre de l’Amour" ; je l’ai appelé ainsi car j’écris beaucoup : j’ai eu une vie très difficile avec des centaines de tempêtes et de coups durs et l’écriture a été pour moi l’ancre qui m’a permis de poursuivre ma route. A travers l’encre d’un stylo, on peut parler de l’amour, de l’espoir, de la paix... On peut sauver des âmes en leur redonnant l’espérance et la confiance en leurs propres émotions. Mais... allons nous promener dans l’île. Je vais vous montrer quelque chose.”
Elise était tombée sous le charme de cet homme ; un soleil nouvellement né brûlait en elle ; son âme semblait basculer de joie ; l’intensité de cette rencontre était telle qu’Elise avait l’impression de renaître, de naître à une nouvelle vie. “Est-ce cela l’Amour ?” se dit-elle.
Désiré marchait devant elle. Des milliers de fleurs embaumaient l’île ; les oiseaux chantaient l’infini de leur langage. Désiré ne se retournait pas ; Elise lui parlait mais il ne s’arrêtait pas ; il répondait en avançant.
Ils arrivèrent enfin dans un endroit paradisiaque et Désiré montra une tombe à Elise, une tombe couverte de fleurs ; il y avait là une pierre tombale... et deux noms étaient gravés : Tristan et Iseult, en lettres d’or.
Une ancre, dorée également, accompagnait les deux noms avec un bateau en arrière-plan... Une femme était enterrée ici.
“C’est ma mère, dit Désiré. Je n’ai pas connu mon père ; il est mort en mer avant que je ne vienne au monde ; je ne sais même pas où se trouve sa tombe... Ma mère, après sa mort, est venue vivre dans cette île et j’ai grandi ici. Elle me parlait souvent de lui et son amour était grand ; elle ne l’a jamais oublié, jamais.”
Désiré se mit à pleurer. Elise lui prit la main et lui demanda de s’asseoir ; elle était très émue de comprendre qu’elle avait fait le lien entre deux personnes disparues qui s’étaient aimées passionnément ; elle expliqua à Désiré que, la veille, elle se trouvait devant la tombe de son père... Elle lui raconta tout.
Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre et les oiseaux s’arrêtèrent de chanter, tant l’Amour rayonnait.
Le silence est respect des êtres qui s’aiment... par-delà la mort.
Le silence est cette fleur de lys déposée sur la tombe du père de Désiré par une main inconnue... une main venue d’ailleurs.
C’est ainsi que... l’Amour est toujours plus fort que la mort.
Chloé LAROCHE
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Rien n’est plus précieux
Qu’un sourire suspendu
Au plus haut des cieux
(Haïkou de Chloé LAROCHE)
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25/08/2010
J'ai été très émue par la découverte du film L'Arbre qui retrace le deuil d'une famille et d'une veuve avec une sensibilité remarquable.
L’arbre, c’est un très beau film à l’affiche, avec l’histoire d’une mère qui est aussi une femme.
Cette mère a quatre enfants et aime un homme. Elle est incarnée par Charlotte Gainsbourg dans un rôle sensible et profond, où chaque nuance de tristesse ou de joie ressemble à un faisceau de lumière.
Ces six êtres vivent sous la protection d’un figuier en Australie, dans une maison où chacun vit avec bonheur une vie de famille harmonieuse.
Les racines de l’arbre les protègent de tout mais pas de la mort, puisque le père décède subitement.
L’une des quatre enfants, Simone, trouve dans cet arbre un immense réconfort et chacun vit son deuil à sa façon.
La maman, Dawn, sombre dans une profonde tristesse et avance sur le chemin de la résilience en regardant la nature, en s’occupant de ses enfants de mieux en mieux, en retrouvant un travail et puis un jour en retrouvant l’amour.
Mais cet amour est difficile à émerger lorsque le deuil est là. Ce nouvel amour est difficile à exister quand l’arbre enracine l’amour perdu dans son coeur encore vivant mais attaché si profondément à la personne disparue.
Les racines d’un amour précédent peuvent être si étouffantes qu’elles empêchent certaines personnes de vivre et d’aller de l’avant.
Dans le film, l’arbre prend tant de place qu’il en arrive à fissurer la maison et le puits, comme un symbole de cet amour passé qu’il faudrait fuir en emmenant sa maison très loin.
Une maison nomade avec des coeurs qui peuvent se mettre en voyage pour porsuivre l’odyssée de leur vie, en ouvrant grand les fenêtres de leur coeur à un nouvel amour, signe d’une vie qui continue, d’un espoir qui renaît au-delà de toutes les souffrances et de toutes les larmes.
À un moment, la petite Simone dit à sa copine : “Il y a deux choix : être triste ou être heureux. Moi, j’ai choisi d’être heureuse.”
La maman, dans un autre passage du film, dit à sa petite : “Ton papa est là et je ne l’oublierai jamais, jusqu’à la fin de ma vie. Je peux sourire à des moments, être heureuse, mais c’est là, cette tristesse au fond de moi, et il faut apprendre à vivre avec.”
Apprendre à vivre avec et un jour pouvoir dire “j’avance”, je tourne la page, je quitte l’arbre aimé et ses racines afin de m’enraciner ailleurs.
J’ai été très émue par ce film car il m’a renvoyée à mes propres deuils, deuil de ma fille et deuil du père de mon fils. Chacun dans ce monde a ses croix. Chacun apprend à être crucifié dessus un moment et puis à les transformer en portails de lumière, en branches de vie, en destinées humaines responsables et dignes.
L’arbre en nous prend racine dans nos émotions et nos rêves, nos espoirs et nos révoltes, nos colères exprimées et nos tristesses assumées. Et un jour, il poursuit notre route lorsque notre corps retourne à la poussière, tel une âme millénaire aux millions de feuilles manuscrites d’une vie ancrée dans la terre mais regardant vers le ciel.
Chloé Laroche
01:28 Publié dans On va sortir, écouter et découvrir avec Chloé | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : l'arbre, film, deuil, charlotte gainsbourg, racine, veuve, orphelin, résilience, amour, femme
22/04/2010
Mon article pour la sortie du film MAMMUTH avec Gérard Depardieu, un film qui a pour pierre angulaire la proximité humaine dans ce qu’elle a de plus beau et de plus différent du conformisme.
MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui a passé sa vie à travailler pour oublier, oublier un drame.
MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui a perdu sa copine dans un accident de moto et qui a escamoté sa vie pour ne pas avoir à penser.
MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui rencontre des tas de gens qui lui disent qu’il est con et finalement il se rend compte que la connerie, c’est d’oublier de vivre et d’éviter de faire de sa vie quelque chose.
MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui a une nièce handicapée mentale, laquelle le remet en face de son âme brute par l’art d’une âme simple.
MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui passe à côté d’un homme inconscient à terre sans prévenir personne, comme s’il passait à côté de son âme en train de crever.
MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui court après son passé et tous les boulots de sa vie et qui finalement revient en sachant que l’amour est maintenant son seul combat, le combat de sa retraite.
MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui prend sa retraite et se retrouve devant un casier vide, le casier d’une vie entière à trimer pour des patrons, patrons qui ont oublié pour certains de lui donner les certificats de travail ou même de le déclarer.
MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui est passé à la caisse d’un magasin avec pour seul article un couteau... et d'une caissière qui s’est mise à l’aimer en lui sauvant la vie.
MAMMUTH, c’est l’histoire d’un homme qui aimait une moto nommée Mammuth et qui partit avec elle sur les routes à la rencontre du fantôme de celle qu’il avait aimée.
Celle qui l’avait aimée vient lui dire : “Mammuth, maintenant, il faut vivre ta vie... SANS MOI.”
Alors MAMMUTH, c’est l’histoire d’un film qui a pour pierre angulaire la proximité humaine dans ce qu’elle a de plus beau et de plus différent du conformisme. Ce film nous parle du coeur des métiers les plus ingrats et de la vie des ouvriers. Il parle des salariés dans le réalisme décalé de celui qui rend son tablier et nous confronte à notre propre vie d’humain dans ce qu’elle a de plus désespérant et aussi de plus combatif.
Nous avons tous vécu des deuils ou des accidents de la vie... pas forcément en moto mais peut-être autrement... Alors ce film est pour chacun de nous dans ce qu'il a de vivant et de décalé... comme une offrande de l'art-thérapie.
En effet, Gérard Depardieu, Isabelle Adjani et tous les acteurs du film ont cette flamme de l'art qui nous communique l'émotion essentielle à notre destinée, comme une résonance de l'âme avec des artistes purement humains.
Chloé LAROCHE
PS : il se trouve que la moto Mammuth est née durant l'année où je suis née, 1966.
02:16 Publié dans On va sortir, écouter et découvrir avec Chloé | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : mammuth, film, cinéma, retraite, depardieu, adjani, moreau, miss ming, kervern, delépine, résilience, ovs, moto
02/04/2009
Dans mon taxi, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent. Du handicap au pire vécu.
Du handicap au pire vécu. Offrande d'une sonate pour la vie de Jason, petit garçon retrouvé mort à Liège, tué par son père à coups de chaussure.
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Dans mon taxi, véhicule sanitaire que je conduis chaque jour, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent.
Je reste seule avec des confidences, avec les paroles parfois très lourdes de mes passagers handicapés ou malades.
Des enfants aussi. Des personnes âgées.
“Qu’est-ce qu’ils ont les pères à nous faire ça,” me dit une enfant qui me révèle qu’une copine a subi la même chose qu’elle.
“J’ai eu raison de le dénoncer, n’est-ce pas ?”....
“C’est lui qui a tort, pas moi.”
“Ma mère me manque.”
Cette enfant a le regard clair et déjà un raisonnement très mûr. Elle regarde une autre enfant passagère et me dit : “Elle est belle.”
Comme on dit d’une rose qu’elle est belle.
Les roses, on ne doit pas les cueillir.
Ni violer les enfants.
Pendant des mois. Il l’a violée. Ce n’était pas son père mais un beau-père.
Pendant les absences de la mère.
Elle regarde le paysage. Je la conduis. Elle se sent apaisée dans mon véhicule.
Dans la journée, plus tard, je transporte un monsieur handicapé. Il était tétraplégique. Il a progressé à force de travail. Il est maintenant paraplégique.
Il est triste. Cela fait trois ans qu’il a eu ce maudit accident.
Je l’écoute. Il me dit que la souffrance physique, il n’y a rien de pire. Et la souffrance de voir les montagnes sans pouvoir les parcourir, les goûter.
La souffrance de voir des femmes et de n’avoir que le souvenir de l’ancien temps et des rêves présents qu’on fait mais qui ont le goût amer du réveil en fauteuil.
Je l’écoute et il me dit que les personnes valides ont bien de la chance et qu’elles devraient éviter de se plaindre pour des broutilles.
Mais parfois, pensais-je, les personnes valides sont tristes à mourir et certaines sont handicapées dans le coeur, amputées de leur enfant disparu, membre perdu dans l’immensité de l’univers... amputées d’un être aimé mort. Parfois, des personnes valides ont tant de charges et de difficultés à gérer que tout cela n’est pas que des broutilles.
Cet homme souffre terriblement. Il est comme dans une prison. Son corps ne le laisse plus libre de vivre comme il voudrait. Il laisse les volets lui ôter la vue des montagnes. Il a envie de les prendre et de les replanter en plein désert, là où il ne serait pas. Il ne veut plus de son fauteuil. Il se bat pour en sortir. Il voudrait l’emmener loin et revenir sans lui. Valide et libre d’aimer à nouveau, de courir les montagnes.
Je me retrouve seule dans mon taxi. Un taxi spécialisé.
Une musique s’élève dans le réceptacle du véhicule. “La Sonate au Clair de Lune” de Beethoven.
Le piano amène à moi l’image d’une tombe. Je vois une maman pleurer là où on a découvert le corps de son fils de trois ans enterré dans un sac.
Cet enfant s’appelait Jason. Il a été tué à coups de chaussures par son père. C’est la nouvelle compagne du père qui l’a aidé à enterrer le petit garçon. C’est elle aussi qui a avoué les faits et qui a révélé la fuite du père dans son pays.
Cela faisait des semaines depuis février que l’on recherchait le petit garçon. Il a été retrouvé le 19 mars près de Liège, en Belgique, là où il vivait avec son père.
Un père qui a fait de la prison pour vente de drogue et qui avait déjà été remarqué pour maltraitance sur son fils. Son fils qu’on lui a pourtant rendu à sa sortie de prison. Erreur fatale pour ce petit garçon.
Tué à coups de chaussures.
Le piano grandit en intensité. Je pense à Jason. Je vois sa vie, ses sourires, ses jeux d’enfants, sa pureté, son innocence, son émerveillement devant la vie, ses larmes, la douleur d’une vie maltraitée, d’enfant qui regarde l’adulte et qui a peur. Juste peur. Effrayé. Sans secours. Sans recours.
La pureté de la Sonate prend en elle toutes les souffrances dont je viens de parler et j’offre ces vies à l’Esprit qui détient la vie, à l’amour qui regarde les roses grandir sans les arracher.
La dernière note s'allonge dans la voiture. Le piano s'éteint. Mais une étoile brille. Pour Jason. Pour les enfants que je transporte. Pour chaque personne handicapée.
Chloé Laroche________________
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22:28 Publié dans De l'audace d'écrire pour dénoncer le pire | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : handicapé, paraplégique, taxi, ambulance, jason, enfant tué, viol enfant, beau-père violeur, handicap, piano, beethoven, musique, offrande, confidence, patient, maltraitance, enfant, souffrance, décès, mort, deuil, amputation, résilience, culpabilité, dénonciation, parole, vérité, liberté, métier, vocation, écoute, écoutant, écrivain, humanité, émotion, peur, amour universel, maladie, folie, compassion, pardon, révolte, justice, innocence, pureté
01/03/2009
Les petites listes de Chloé... Liste des choses les plus horribles de ma vie et liste de celles qui m'aident à tenir et à vivre.
Bonsoir à tous et toutes,
Tous les matins, je conduis pour mon travail une adolescente autiste à son IME. Tous les matins, avant d'arriver à son domicile, j'écoute Bourdin and Co sur RMC dans mon taxi-vsl. Et quand je la fais monter dans mon véhicule, cette jeune fille coupe immédiatement RMC pour mettre MFM et quelques dizaines de minutes plus tard, je me régale en écoutant "les petites listes de Karine".
Alors, j'ai choisi de vous faire aujourd'hui deux listes de ma vie.
La première liste est celle des choses les plus horribles de ma vie... juste pour dire qu'on peut aller de l'avant même en portant des croix :
1- Le jour horrible où j'ai appris, alors que j'étais enfant, de la bouche de mon père qu'il avait tué mon chien, un fox-terrier.


2- Le jour terrible où j'ai pris dans mes bras le corps de ma fille morte, que je l'ai habillée et peignée pour la dernière fois.
3- Le jour monstrueux où ils ont fermé son cercueil et que je l'ai vue pour la dernière fois, ma fille Océana, avant de voir son cercueil descendre dans la tombe.




4- Le jour où, étant encore enfant, mon professeur de violon m'a retenue contre lui et a enfoncé sa langue dans ma bouche, me retenant contre mon gré, et que j'ai eu le désespoir ensuite de me jeter sous une voiture... chose que je n'ai pas faite, heureusement.
5- Le jour où j'ai failli me noyer, prise au piège sous mon kayak retourné, alors que mon père m'avait envoyée à douze ans descendre seule les flots de l'Allier.
6- Le jour où un homme que j'aimais a pris sans me demander et sans ménagement un lieu qui ne lui était pas ouvert, un lieu jamais visité, et qui a tiré de ma gorge un hurlement à cause de la souffrance physique causée.
7- Le jour où le père de ma fille a tout cassé dans le domicile, faisant des trous dans les murs avec ses poings, et qu'en pleine nuit, alors qu'Océana n'avait que deux mois, j'ai dû fuir avec elle, terrorisée.
8- Le jour où cet homme, deux ans plus tard... alors que nous étions séparés, est entré chez moi en furie, sous l'effet d'un mélange de médicaments et d'alcool, et a mis ses mains autour de mon cou pour m'étrangler, sans se rappeler qu'il allait tuer la mère de son enfant.
Un ange m'a sauvée ce jour-là, un homme qui est entré par la porte restée entrouverte, me sauvant la vie.
9- Le jour où une bande de voyous m'a agressée à Caluire en tant que taxi et où j'ai reçu un pétard explosant en pleine figure, après d'autres projectiles lancés sur le véhicule.
10- Le jour où...
Oui, il y a eu d'autres jours mais je n'en parlerais pas. L'important est que je sois là pour vous écrire que l'important n'est pas les listes qu'on fait, mais ce qu'on fait de ce qu'on liste, comment on vit de l'accumulation d'épreuves, comment on se sort de tempêtes multiples, de cette avalanche d'épines et de croix...
Je crois pour ma part que ce n'est qu'en faisant la liste de ce qui nous aide à tenir.
Pour ma part, ce qui m'aide, c'est :
1- Avoir assez d'amour au fond de soi pour que cet amour soit plus grand que la rancune, le ressentiment, la vengeance, la haine.
2- Avoir conscience que donner de soi, c'est donner une plus belle part au monde, lui donner de son coeur, de son temps, de son idéal.
3- Avoir à l'idée que d'autres sur terre vivent la même chose que moi et que certains vivent dix fois, mille fois pire.
4- Penser que ceux qui sont morts et que je pleure attendent de moi que je poursuive ma route au maximum de mes possibilités car eux ne sont plus là pour le faire. Ils sont comme les anges qui aimeraient parfois avoir un corps pour ressentir la générosité et le don de l'âme dans la matière.
5- Regarder le soleil, la terre, le ciel, les fleurs... et me dire qu'eux sont toujours là, quoi qu'il se passe.
6- Fermer les yeux et réconcilier dans mon coeur mes larmes et mes joies. Sentir le pardon venir noyer mon coeur, de la part de celui qui m'a fait souffrir. Ressentir ce qui met un baume sur mes souffrances et le rendre tangible, par l'écoute et la parole.
7- Accorder mon violon aux sons de mon âme et donner de l'énergie par ma musique et mes mots écrits ici, sur ce blog.
8- Garder l'espoir que petit à petit tous mes projets et mes rêves se réalisent, et ils se réalisent vraiment : naissance de mon fils, les deux adoptions au Bénin et en Roumanie, mon travail, mes livres, mon violon, mon tour du monde...
9- Toujours garder l'énergie de pouvoir recommencer, sans jamais baisser les bras, et si on les baisse, c'est pour mieux remonter.
10- Écouter son chemin intérieur, ses émotions, et les regarder comme une palette de peintre, afin de créer la plus belle peinture, celle de sa propre vie.
_Merci de m'avoir lue jusqu'au bout.
Si j'ai pu écrire cette page ce soir, c'est grâce au film "Le code a changé". Merci à la réalisatrice de ce film profond et sensible, très fin, Danièle Thompson.
(2 heures 20 du matin)
À très bientôt !
Chloé LAROCHE
02:32 Publié dans Comment survivre au pire / Résilience | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : deuil, résilience, mort de son enfant, violence, pédophilie, agression, listes, le code a changé
14/02/2009
Amorversaire de ma fille en ce jour. Quelques mots sur ma vie. Mes enfants et l'amour pour mon ange envolée. Paroles d'une maman face à la crise et à certaines décisions politiques sur la famille.
Bonsoir à tous et toutes,
Ma fille OCÉANA est partie il y a douze ans et son amorversaire est aujourd'hui. Elle me manque et mon coeur saigne comme chaque jour depuis son départ. Ma raison de poursuivre le chemin est l'amour qu'elle a laissé dans mon coeur et que je redonne autour de moi, à travers ces deux enfants que j'ai recueillies, à travers mon fils qui est né il y a quatre ans, son petit frère, à travers l'accueil que j'ai démarré d'un jeune en réinsertion et en reconstruction intérieure, qu'une association m'a confié.
Ma vie est un chemin de roses bordé d'arbres aux regards silencieux qui m'encouragent, un chemin de solitude sur un bateau parfois accosté par d'autres bateaux, certains en perdition qui viennent trouver la force de retrouver leur chemin, d'autres en perte de vitesse qui me regardent traverser l'océan sans m'accoster, se disant que ma trajectoire est bien trop téméraire dans ses engagements.
Je regarde le monde, j'observe la crise, j'écoute, je réagis, je prends partie, je défends, je pétitionne, je me bats, j'écris, je travaille avec coeur, je fais les courses, j'approvisionne mon petit monde en choisissant les prix les moins chers, je lis, je m'informe, je pleure, je ris, je souris au soleil qui se lève chaque matin, je suis scandalisée par certaines décisions politiques, je suis déçue, je gère mon loyer et mes factures, je suis parfois fatiguée, je me lève toujours le matin, j'aime mes enfants, je conduis en évitant les grilleurs de feux rouges, ceux qui ne respectent rien.
La crise ne me fait pas peur vu qu'avant je vivais avec peu et qu'aujourd'hui, cela n'a pas changé.
Que le Président veuille diminuer la durée du congé parental me hérisse car j'ai choisi, après avoir donné naissance à mon fils, de prendre trois années de congé parental et je suis heureuse de l'avoir fait, même en vivant avec peu d'argent. Je l'ai vu grandir, j'ai été présente dans ses premières années, je lui ai donné le sein durant neuf mois, je l'ai emmené se promener, je l'ai vu se réveiller le matin et j'étais là pour ses repas. J'ai joué avec lui et l'ai accompagné à la garderie deux fois par semaine, pour qu'il s'adapte au monde et aux autres enfants. C'était mon choix et n'en déplaise à Monsieur Sarkozy... ma carrière ne s'en est pas trouvée affectée, puisque j'ai retrouvé un travail... puis un deuxième, suite à l'agression subie lors du premier. Je suis en CDI maintenant et le choix que j'ai pu faire, à la suite du congé maternité, de prendre un congé parental est pour moi très précieux.
Voilà, c'était quelques mots en ce jour de la SAINT VALENTIN où ceux qui sont seuls le sont encore plus et je vous offre ci-dessous le poème d'une mère en deuil de son enfant.
Je remercie tous les lecteurs de mon blog et ceux, qui silencieux, suivent mon chemin et mes combats.
Chloé

_________________Poème d'une maman en deuil de son enfant ____________
"JE VOUS EN PRIE, ne me demandez pas si j'ai réussi à surmonter, je ne le surmonterai jamais.
JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas qu'il est mieux là où il est maintenant, il n'est pas ici auprès de moi.
JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas qu'il ne souffre plus, je n'ai toujours pas accepté qu'il ait dû souffrir.
JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas que vous savez ce que je ressens, à moins que vous aussi vous ayez perdu un enfant.
JE VOUS EN PRIE, ne me demandez pas de guérir, le deuil n'est pas une maladie dont on peut se débarrasser.
JE VOUS EN PRIE, ne me dites pas que Dieu n'inflige pas plus que ce que l'homme peut supporter.
JE VOUS EN PRIE, dites moi simplement que vous êtes désolés.
JE VOUS EN PRIE, dites moi simplement que vous vous souvenez de mon enfant, si vous vous rappelez de lui.
JE VOUS EN PRIE, laissez moi simplement parler de mon enfant.
JE VOUS EN PRIE, mentionnez le nom de mon enfant.
JE VOUS EN PRIE, laissez-moi simplement pleurer."
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Commentaires
Bonjour à toi !
Je viens de découvrir ton site.
Je voulais prendre quelques instants pour venir te souhaiter mes sympathies pour la perte de ton enfant.
Je sais exactement ce que tu vis.
J'ai perdu, le 14 février 2009, mon mini bébé. J'étais à 23 semaines et 1 jour, j'ai des contractions qui ont commencé et j'ai dû accoucher de mon bébé qui a été en vie durant 1 heure.
Je me demande si on est capable de vivre après une aussi grosse perte... au lieu de sur-vivre?
Je tiens à te faire un câlin virtuel même si nous ne nous connaissons pas du tout.
Une maman qui a très mal
Elizabeth
Ecrit par : Elizabeth | 02.03.2009
Merci pour le poème, tout est exact, j'ai vraiment envie de rajouter, ne me dites pas Soyez fort, je ne comprends pas pourquoi je devrais être fort !
Ecrit par : Lionel | 06.03.2009
23:43 Publié dans Survivre au décès d'un enfant | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : deuil, mort enfant, résilience, congé parental, sarkozy, politique, crise

















Bonjour à tous et toutes,


Mais comme tous les survivants, 





I recently came across your blog and have been reading along. I thought I would leave my first comment. I don't know what to say except that I have enjoyed reading. Nice blog. I will keep visiting this blog very often.
Ruth
http://pianonotes.info
Ecrit par : Ruth | 05.04.2009
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