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16/11/2015

Je suis une artiste et j'ai le devoir de résistance afin que mes concitoyens continuent de se battre, de vivre et de sourire !

 

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Je suis infiniment triste de ce qui s'est passé le 13 novembre à Paris. C'est horrible et je pense à ceux qui se battent encore dans les hôpitaux pour garder la vie.

La vie doit continuer et les artistes contribuent à ce rôle dans la société, à apporter de la joie et du bonheur pour que le sourire arrive encore à vivre sur cette planète terrible.

C'est pour cela que je vous invite à venir nous écouter avec mon trio ce mardi soir, 20 h, même si nous avons le coeur en peine. Nous interpréterons des morceaux du monde entier et des chansons de sages afin de partager l'amour de l'harmonie et d'envoyer des pensées positives au monde.

Cela se passera à la TABLE FESTIVE de Crolles, 47, rue du Moulin 38920 (Isère).

CONCERT du Trio du VIOLON SOLI-TERRE, avec Chloé LAROCHE, violoniste, Louis TOMAS, chanteur et guitariste, et Marc PARISI, clarinettiste et percussions.

Pour s'inscrire au repas-concert : téléphoner au 06 07 57 38 69 ou 
04 76 71 62 23.

Pour venir juste écouter et boire un coup avec un dessert, venez comme vous voulez.

Il y a de la place !

_______ Liberté Égalité Fraternité__________________________________________________

Chloé LAROCHE

Merci de partager cette info !!!!!!

13/11/2013

Présente à la cérémonie du 11 Novembre pour célébrer l'Armistice et honorer la mémoire de mon Grand-Père déporté, résistant et mutilé de guerre.


th-49.jpegCe lundi 11 Novembre, j'étais présente à la cérémonie de commémoration du 11 novembre à Crolles, concernant
l'Armistice de la Première Guerre mondiale.
 
 
 
En tant que petite fille de Jean-Louis Laroche, résistant et déporté dans trois camps de concentration, mutilé de guerre et fait prisonnier le 11 novembre 1943 dans la rafle de Grenoble (400 déportés) par les Allemands... j'étais présente en sa mémoire et en la mémoire de tous ceux qui sont tombés pour que nous soyons là, à vivre en Paix. WP_20131111_013.jpg


Mon grand-père a fait partie de tous ces grenoblois courageux qui sont descendus dans la rue le 11 novembre 1943 "pour crier à la face du monde leur amour de la Justice et chanter leur espoir de Liberté", malgré la présence des Allemands. Ils étaient près de six cents manifestants mais quatre cents hommes ont été déportés à la suite de cette rencontre héroïque.

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WP_20131111_012.jpgLe discours du Maire nous a rappelé que toute personne ayant la haine au coeur se trouve dans une impasse. Il a rappelé que les valeurs de la liberté d'expression, de la fraternité et de la paix, contre toute haine et tout racisme, nous conduit sur un chemin serein. Il a rappelé aussi que la mémoire du Passé doit relier mais ne doit pas diviser.


Je pense à ces propos entendus dans les Grandes Gueules sur RMC Radio, insupportables : "On s'en fout de ce qui s'est passé durant cette période de la Première Guerre"... et ..... : "Choisir le berceau, non la tombe"... Expression employée dans l'émission pour dire qu'il "vaut mieux parler du présent et du futur que du passé".

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Cependant, nous avons un devoir de mémoire, pour que ces faits de guerre ne se reproduisent pas, pour que la Seconde Guerre ne revienne jamais avec ses fantômes oubliés au fond de nos consciences, pour que les révisionnistes ne gagnent pas en disant que tout cela n'est jamais arrivé et qu'on aurait peut-être exagéré les chiffres des morts, des six millions de juifs tués par les Nazis dans les camps de la mort, plus les 50 millions de morts tombés au combat durant la Seconde Guerre mondiale et les 19 millions de morts durant la Première Guerre Mondiale.


Que la Paix demeure.... en sachant que deux générations ont déjà grandi depuis la dernière Guerre... sans guerre mondiale.th-45.jpeg


Chloé Laroche_______________


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Consulter :


 

http://www.tracesdhistoire.fr/resources/

Digests+Deportes+Isere+1.pdf



http://www.ordredelaliberation.fr/

fr_ville/grenoble.html_______


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Pour mon Grand-Père qui était présent ce jour-là du 11 novembre 1943 :


Article de Claude MULLER :

http://claudemuller.blog.lemonde.fr/2011/11/08/nous-sommes-tous-nes-le-11-novembre-1943-avec-les-resistants-grenoblois/

 

Nous sommes tous nés le 11 novembre 1943 avec les Résistants Grenoblois

"Ce jour-là, les Grenoblois rendent hommage au courage de centaines de Résistants qui, le 11 novembre 1943, ont osé manifester dans les rues de leur ville, bravant la présence des Allemands. Ce peuple s'est levé pour crier à la face du monde son amour de la Justice et chanter son espoir de Liberté.
Malheureusement, ils n'avaient pas encore pris la mesure de la férocité de la Gestapo. Encerclés, regroupés, parqués et exposés sur une place de la ville, 600 hommes et femmes l'ont trop vite appris. Trois jours plus tard, 400 hommes seront déportés vers les camps de Buchenwald, Dora et Mauthausen. Près de 7 sur 10 n'en reviendront pas.

Derrière les barbelés où ils ont été parqués immédiatement après la manifestation les patriotes Grenoblois sont sévèrement gardés. Un fusil-mitrailleur avec ses servants a été installé. C'est grâce au télé-objectif d’un audacieux photographe que ce document unique a pu être saisi. Photo Les Allograges - Archives Auguste Celse

Maurice Hugelé


Maurice Hugelé était l'un d'eux. Revenu de Buchenwald en mai 1945, il a tout au long de sa "deuxième" vie témoigné de cette horreur dans les écoles, les usines, les commémorations et partout où il le pouvait.
Pendant longtemps il a présidé l’Amicale des déportés du 11 novembre 1943. Chaque année, il revenait là ou les Allemands les avaient raflés, pour dire "plus jamais ça !"
Aujourd’hui disparu, je lui laisse la parole, non sans une certaine émotion.

Nous sommes place Pasteur, le 11 novembre 2009.

"Si nous nous exprimons et témoignons encore, ce n’est pas pour évoquer les souffrances passées, ou pour nous plaindre, mais pour faire réfléchir et tirer des leçons afin que nul n’ait plus jamais à connaître ce que nous avons vécu.
Leçons d’humilité, car, quelles que soient les positions que certains aient pu occuper devant la barbarie, nous étions tous des numéros, des anonymes, bons seulement à être utilisés jusqu’à épuisement total au service de la machine de guerre nazie.
Leçon d’humanisme, car, rien n’est plus insupportable que de subir l’esclavage et les humiliations que nous avons vues et connues. Le respect de l’être humain, sans distinction aucune, doit être une règle. Seule la solidarité, nous en sommes conscients, avec en plus un peu de chance, nous a permis de revenir.

Discours de Maurice Hugelé Place Pasteur, à Grenoble

Notre vie est maintenant bien avancée, notre regard reste lucide, mais nous constatons que les avancées sociales de 1945 sont remises en cause, elles permettaient pourtant de gommer certaines disparités, surtout au niveau des plus faibles ou des moins chanceux.
Elles contribuaient à établir un équilibre forgeant la cohésion nationale nécessaire dans les périodes difficiles, comme celle que nous traversons.
Nous remarquons en revanche que l’individualisme gagne du terrain, créant un climat de ségrégation et de crainte. L’autre est le concurrent, il faut l’écarter !
La conscience d’appartenir et contribuer à l’essor de notre nation fait place à la recherche de profits rapides, laissant sans ressources des milliers de personnes.
Ce n’était pas l’idéal recherché par ceux qui, ayant subi ou non notre sort, ont fait de leur mieux, pour que notre pays, avec la liberté retrouve la place qui était et devrait rester la sienne
Nos convictions restent vives, c’est la raison pour laquelle nous essayons d’expliquer, à ceux qui ont envie de comprendre, qu’il n’est pas inutile de tirer les leçons du passé."

Je publie ses mots en espérant que son discours traversera le temps et les générations à venir."
Claude Muller

http://claudemuller.blog.lemonde.fr/2011/11/08/nous-sommes-tous-nes-le-11-novembre-1943-avec-les-resistants-grenoblois/

 

19/09/2013

La Savoie solidaire pour deux fillettes arrachées à leur banc d'école pour être expulsées.

moton607.jpgBonsoir à tous et toutes,

 

Vous savez que depuis longtemps, je me bats pour faire reconnaître le droit des familles à ne pas être démembrées et expulsées, comme on l'a largement connu sous l'ancien gouvernement. Malheureusement, la situation n'est pas plus humaine aujourd'hui, avec une politique de l'immigration qui n'a pas changé envers les familles déjà présentes en France.x17422635.jpg

Voici un article écrit par le Réseau Éducation sans Frontière que je souhaite partager avec vous, concernant une famille obligée de se cacher, avec deux fillettes qui n'ont pu faire leur rentrée sereinement dans le pays de Savoie, à Albertville :

SOUS HOLLANDE AUSSI, ON CACHE DES ENFANTS ET DES PARENTS SANS PAPIERS_____ 
MAÏA et DAVID SHIKHASHVILI, avec leurs enfants : ANA (5 ANS) et TIKA (11 ANS) °°°°°°°°

 

"Samedi 14 septembre à 17h40, l’artiste HK et les Saltimbanks inviteront les deux parents et les deux enfants de la famille Shikhashvili sur la grande scène de la fête de l’Humanité. Ce sera la première apparition de cette famille depuis qu’elle fuit Albertville, le 19 août pour échapper à une expulsion vers la Géorgie le lendemain.

immigration,expulsion d'étranger,scolarité,école,resf,réseau éducation,droits enfant,politique,géorgie,fuite,honte,pays,france,valls,hollande,famille,albertville,savoie,courage,population,résistance,tristesse,accueil,peur,steve osarodian,terreur,oqtf,demande d'asile,préfecture,solidarité,entraide,indignation,colèreDepuis, elle vit cachée, protégée par des particuliers, des gens comme tout le monde qui n’acceptent pas qu’on pourchasse des enfants, qu’on leur interdise d’aller à l’école et qu’on impose à leurs parents de rentrer menottés vers un pays qu’ils ont fui.

Victimes de persécutions parce que couple mixte (David est Géorgien, Maïa Ossète), ils avaient cru trouver refuge en France en 2011. Comme plus de 80% d’entre elles, leur demande d’asile a été rejetée. Ils ont été assignés à résidence pendant 45 jours. 45 jours de terreur à redouter chaque matin de voir la police débarquer.

Quand ils ont été convoqués pour leur expulsion, ils se sont enfuis. Depuis lors, c’est la clandestinité.

Face à un président et un gouvernement qui ne trouvent pas le courage politique de rompre avec les objectifs et les méthodes de Sarkozy en matière d’immigration, face à un ministre de l’Intérieur qui se conduit comme une brute, des enseignants, des parents d’élèves, des gens ordinaires mais aussi des militants et des élus et des artistes comme HK et d’autres se lèvent pour dire qu’ils ne laisseront pas faire. Que ce qui était intolérable sous Sarkozy le reste, hélas ! sous Hollande.

Il faut que ça change. Maintenant !"


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 http://www.educationsansfrontieres.org/

article47430.html


Pour une autre famille :

http://www.educationsansfrontieres.org/

article47099.html


Et lisez donc aussi l'histoire de Steve Osarodian, 20 ans...


http://www.educationsansfrontieres.org/

article47439.html

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doucy016.jpg

 

Merci aussi

de lire ceci :

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http://blogs.mediapart.fr/blog/resf/100913/brutalite-etouffee-pour-le-confort-des-passagers-par-air-france

12/04/2012

Mon blog a quatre ans... Partager ses paradis à travers les enfers qu'on peut vivre. Au travers des enfers dont on peut se sortir, offrir sa part de force, d'énergie de vie et de paradis.

MON BLOG A QUATRE ANS_____________


Il y a quatre ans exactement, quand j'ai démarré ce blog, je vivais un cauchemar, pas le premier de ma vie, loin de là, mais là, en avril 2008, arrivaient de nouvelles épreuves.

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Je me suis fait frapper dans mon taxi par un handicapé mental psychotique lourd que je conduisais et qui était assis à côté de moi au volant. J'ai été par deux fois frappée sur la même course, dont l'une sur l'autoroute, avant d'atterrir aux Urgences et après avoir maîtrisé le véhicule à 110 km/heure. Puis quelques jours après, j'ai reçu d'autres coups violents donnés par le  même individu placé cette fois à l'arrière du taxi, sur ordre du patron. Aucune mesure de protection n'avait été mise en place, malgré les avertissements  d'un médecin.

Ma plainte n'a jamais abouti, le Procureur jugeant peut-être que l'on ne porte pas plainte contre un handicapé mental. Ce n'était pas mon propos d'avoir gain de cause contre une personne handicapée, mais surtout de faire prendre en compte que cet individu pouvait être dangereux et avait besoin de soins appropriés, vérité que ses parents ne voulaient pas entendre, me traitant d'incapable et de menteuse.

J'ai perdu mon travail dans les jours suivant ces agressions. Le père de mon fils est décédé cinq jours après, le 7 avril 2008, sur la table d'opération où il devait être libéré d'une tumeur cancéreuse.

Trois jours après naissait ce blog...

Ce terrain d'écriture et de communication m'a permis de renouer le fil de ma vie aux fils de mes lecteurs, lien ténu mais solide représentant le monde, la vie et la compréhension d'autres personnes, dans le désert que je traversais alors, avec un enfant de trois ans, mon fils devenu orphelin de père, et deux jeunes orphelines dont je m'occupais.

Ce blog m'a permis de tendre la main -à travers mon coeur brisé- vers d'autres douleurs, d'autres résiliences, d'autres chemins de croix.anniversaire,blog,résilience,femme,agression,handicap,taxi,ambulance,chauffeur,protection,choc,violence,chômage,emploi,mort,deuil,société,actualité,force,vie,courage,maman,paradis,enfer,espoir,avenir,communiquer,écrire,partager,silence,enfant,amour,altruisme,sensibilité,résistance,raymond aubrac,lucie aubrac,souffrance,offrande,don

Je souffre encore des coups reçus, du chômage revécu malheureusement depuis en 2010, après un nouvel emploi reperdu, sur fond de harcèlement moral et après avoir vu partir un autre patron, très apprécié et viré sans pitié par le rachat d'une grosse boîte. Je souffre de ce monde si plein de cruauté et de violence, de toutes les utopies envolées sur l'espoir d'une humanité perdue et de ces blessures béantes que sont les deuils et les absences définitives de ma première fille, du père de mon fils, d'amis et amies partis si vite là-haut, de ma famille sans vie. 

Je souffre de constater combien l'innocence est crucifiée, combien les enfants peuvent souffrir en ce monde, torturés, tués et maltraités... malheureux et seuls, bien souvent, la parole baillonnée.

Mais offrir nos souffrances est la finalité de nos existences. Offrir et s'offrir à l'espoir, à la vie. Penser aux vies envolées comme des colombes  vers le ciel béant de joie et d'amour.

bul0167.jpgJe crois que le mieux est de partager ses paradis à travers les enfers qu'on peut vivre. Je crois qu'au travers des enfers dont on peut se sortir, on doit offrir sa part de force, d'énergie de vie et de paradis intérieur à ceux qui souffrent encore.

C'est la raison de ce blog.

Malgré tout, il faut garder la flamme de l'espoir intacte, comme l'ont fait les Survivants des Camps de Concentration.

Comme nous l'ont enseigné inlassablement Lucie et Raymond AUBRAC. "Au-delà des sacrifices de la Résistance, ce qui laisse une trace c'est l'espoir", disait Raymond AUBRAC SAMUEL.


Chloé LAROCHE

 

16/02/2012

Aimer son prochain par-delà sa propre douleur et dire les ignominies pour que l'ignorance ne paralyse pas notre solidarité et notre devoir de mémoire, de la SYRIE aux tueries de la Seconde guerre.

u19982279.jpgBonjour à tous et toutes,

 

Je traverse actuellement la période difficile de l'anniversaire du départ de ma fille aînée et je vis dans le corps l'amoncellement intérieur de souffrance depuis toutes ces années où on apprend à accepter afin de poursuivre sa destinée, afin de donner son coeur et son énergie à d'autres personnes en souffrance.


On est très seul face à ce handicap intérieur qui ne se voit pas, l'amputation de cette partie de nous mise au monde par notre ventre, notre enfant arraché à la vie.u14061573.jpg


On apprend à gérer et à reconnaître les périodes de plus grande fatigue afin de se préserver et d'accepter qu'à certains moments on peut être plus fragile, plus vulnérable.


images.jpegLe deuil d'un enfant s'apaise et se dilue dans le temps, par rapport au degré de souffrance morale intense que l'on vit à l'annonce de la mort, mais le deuil ne se finit jamais puisque l'on est amputé et que notre vie a basculé entre terre et ciel, un pied dans la tombe où le vertige de la mort nous fait chavirer.


thumbnail-7.aspx.jpegIl faut choisir en un choix conscient de se battre, de dire oui à la vie, de renoncer à cet amour vivant et ayant vécu, disparu avec notre enfant, amour qui vit au-delà de nous-même dans la création, la créativité, le don de soi.


Il faut se dire que notre vie s'arrêtera et le rejoindra un jour pas si lointain, qu'elle rejoindra ceux que l'on a aimé et qui sont partis si loin de nous. En attendant, on a des choses encore à vivre ici, des mains à serrer et à tendre, des sourires à donner, un coeur à partager, des souffrances à soulager, des ignominies à dénoncer.


PAA091000051.jpgJe suis profondément meurtrie de voir qu'en Syrie, tant d'enfants meurent sans qu'on ne puisse rien faire, qu'une ville : Homs, soit ainsi martyrisée et bombardée sans arrêt, que la Russie et la Chine bloquent toute décision pour venir en aide à ce peuple. En une nuit, plus de deux cent civils, dont des enfants, ont été massacrés et cela continue. De jeunes enfants sont torturés, brûlés à la cigarette ou électrocutés. Dans certains quartiers de la ville, on a retrouvé des familles entières égorgées et massacrées de façon barbare. Des familles ont été sorties de chez elles dans la rue et des voitures leur fonçaient dessus pour les écraser.


x14402629.jpgJ'ai été infiniment bouleversée aussi d'avoir vu une terrible photo prise lors d'un massacre d'enfants durant la Seconde guerre mondiale, photo prise de dizaines d'enfants étendus par terre, si jeunes et le corps froid, tués par les Nazis. Meurtrie de voir autant de cruauté dans l'Humanité. Meurtrie de comprendre de jour en jour ce qu'a été le massacre des Juifs, en prenant conscience du passé qui nous sali à jamais en tant que français à travers la France de Pétain, passé qui nous crucifie pour toujours à travers le sort de milliers de familles juives décimées et à travers tous ceux (juifs, résistants, tziganes, homosexuels) qui sont morts en camps de "concentration" en Allemagne et de "rétention" en France.


page03-1pt.gifComment le 10 juin 1944, des soldats S.S. ont pu prendre un village entier, tuant à 16 h tous les hommes rassemblés en différents lieux, dans un petit bourg tranquille et sans histoire, Oradour sur Glane ? Comment ont-ils pu enfermer quatre cent femmes et enfants dans l'église afin de les tuer, leur tirant dessus à bout portant et les asphyxiant, tirant même sur deux femmes qui s'enfuyaient avec un bébé. Il y eut 642 victimes en ce jour terrible que la France n'oubliera jamais.


Aujourd'hui et hier, on a le devoir de réagir, de savoir et de ne jamais oublier. Mais l'histoire se répète, même si elle ne porte pas le même nom.bul0167.jpg


Aujourd'hui, en France, il y a des camps de rétention comme on en trouvait dans la France de Vichy. La Cimade entrait en ces lieux avec la Croix-Rouge pour venir en aide aux juifs enfermés, aux femmes, aux enfants.

Aujourd'hui, la Cimade poursuit son oeuvre, comme quoi on avance sur le même mode, dans les mêmes rouages, sauf qu'il n'y a plus de trains pour emmener les juifs à la mort mais il y a des avions pour expulser des papas, des familles entières hors de France. Des enfants sont enfermés actuellement en camps de rétention. Il faut le savoir. Allez sur le site du réseau d'Éducation sans Frontières.org et vous comprendrez.

Ce soir, sur ce site, j'ai été interpelée par le cas d'une famille de Villejuif menacée d'expulsion dans le mois. Une famille qui comprend quatre enfants qui viennent de perdre leur mère d'un cancer. Il leur reste leur père. Le sous-préfet a décrété que maintenant que la maman est morte, les enfants doivent être déscolarisés et renvoyés en Algérie avec leur père. Cela fait deux ans qu'ils sont là. Les enfants ont deux tantes en France.

u19257753.jpgLa douleur de leur deuil est à prendre en considération dans une situation intolérable où les chiffres de l'Immigration ne devraient pas intervenir comme cotât. Je suis de tout coeur près de ce père éprouvé par le deuil de sa femme et près de ces enfants menacés de quitter le territoire français. C'est inhumain de leur faire subir ça.


Je demande donc pour 

Monsieur Amine BOUKHENCHOUCHE

père de Waïl, Rayane, Allaa Edine et Abir 

 

un titre de séjour « vie privée et familiale ».

 


 

Chloé LAROCHE________________x15302831.jpg


P.-S. : MERCI de signer la pétition demandant

le titre de séjour pour cette famille sur ce lien :

http://www.educationsansfrontieres.org/

article41331.html


De plus, aujourd'hui, jeudi 16 février, un rassemblement de soutien se tiendra à 16 h 30 devant l'école Pasteur.

Villejuif (94) : Rassemblement de soutien pour Monsieur Amine BOUKHENCHOUCHE et ses quatre enfants : Waïl, Rayane, Allaa Edine et Abir !

devant l’école élémentaire Pasteur 48 rue Louis Pasteur (métro ligne 7 direction Villejuif station Villejuif Léo Lagrange. La rue Pasteur est parallèle à la nationale 7 côté Villejuif).




17/10/2010

Le film «Elle s’appelait Sarah» raconte l’histoire d’une petite fille capturée avec ses parents dans le cadre de la rafle du Vel’ d’Hiv’ et a fait surgir les larmes de toute la salle.

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Bonsoir à tous et toutes,89889d54cbb435ae.jpg

 

Ce mercredi soir, le 13 octobre, j’ai invité des amis d’OVS (du site «onvasortir.com») pour aller voir le film : «Elle s’appelait Sarah», qui raconte l’histoire d’une petite fille capturée avec ses parents dans le cadre de la rafle du Vel’ d’Hiv’. Ce film a fait surgir les larmes de toute la salle et nous étions à la sortie tous très secoués par ce que nous venions de voir.  

J’ai été personnellement très émue et bouleversée par ce film. L’histoire de tous ces déportés a résonné avec l’histoire de mon grand-père résistant et déporté dans trois camps de concentration, mutilé de guerre. Il s'appelait Jean-Louis Laroche. 19512041.jpg

Je vous donne le lien d’un texte qui résume en peu de mots ce que je pense :
http://rannemarie.wordpress.com/2010/07/16/le-16-juillet-1942-la-france-raflait/

«Les 16 et 17 juillet 1942, 1129 hommes, 2916 femmes et 4115 enfants ont été arrêtés par la police française et enfermés dans l’enceinte sportive du Vélodrome d’hiver. Simultanément 1989 hommes et 3003 femmes, couples sans enfants et célibataires, étaient arrêtés et enfermés dans le camp de Drancy.

Dans les camps de Beaune-la-Rolande et Pithiviers, les enfants en bas-âge – environ 3000 – ont été brutalement séparés de leurs parents qui furent déportés les premiers. Les enfants furent transférés à Drancy et déportés entre le 17 et 31 août 1942. La quasi-totalité des 13 152 raflés furent déportés.»

Quand on se demande ce qu’aujourd’hui on peut faire, ce qu’à l’époque on aurait fait....  Je réponds : allez voir le site d’Éducation sans Frontières :
http://www.educationsansfrontieres.org.

19512045.jpgIl y a sur ce site des centaines de pétitions pour aider des familles entières à ne pas être expulsées et ...

Allez voir aussi les sites parlant des Cercles de Silence qui s'organisent maintenant chaque mois dans la plupart des villes de France. Ces cercles silencieux d'inconnus qui se rassemblent sans parler existent pour manifester le désaccord citoyen face aux expulsions massives d'étrangers.

Ils permettent d'exprimer notre mécontentement face à la politique d'expulsion des étrangers et face à la violence faite contre de nombreuses familles expulsées où parfois des parents sont arrachés à leurs enfants et vice versa. Des pères sont mis dans l'avion de force sans jamais revoir leur enfant gardé en France ou leur femme... enceinte ou sur le point d'accoucher. Alors, vous serez peut-être au prochain rendez-vous du 20 octobre à Grenoble place Félix Poulat, les futurs Cercles de silence étant au même endroit les 17 novembre et 15 décembre, toujours de 18 h à 19 h.resizer.jpg

"Un cercle du silence, pour faire quoi ?" Des personnes de tous bords politiques ou apolitiques se réunissent et témoignent de leur mécontentement sur le sort de nombreuses familles étrangères expulsées ou enfermées dans des camps de rétention où on trouve aussi des enfants, des bébés, etc. attendant une expulsion. Imaginez un grand cercle de plein de gens inconnus qui restent là en silence, en entraide à des personnes qui n'ont pour seul tort de ne pas être nés en France et dont personne ne veut.... Des familles dont les enfants pour beaucoup sont nés en France.

____ Et voici pour poursuivre mon article le témoignage d’une rescapée du Vel’ d’Hiv’, Anna Traube : http://www.akadem.org/sommaire/themes/histoire/1/2/module_908.php

162771.jpgAvec mes amis ovésiens, nous avons partagé ce film : "Elle s'appelait Sarah" et nous avons tous été très choqués devant le destin terrible de milliers d’êtres humains, enfants, hommes et femmes. L’horreur est présente encore dans nos mémoires et dans notre histoire, si proche, si terrible de souffrances.9f20f2fd696c5514.jpg

Jacques-Henri, un ami ovésien (ovésien signifiant "inscrit sur le site OVS") m'a envoyé ce texte que je me permets de partager avec vous, tant il est poignant et véridique :

"On sait que seuls les témoignages, les évènements, certains films sont un plaidoyer contre la barbarie... Et que le silence de ceux qui ont survécu est aussi un message... Très modestement voici le mien qui rejoint ta sortie sur le silence :

Avons-nous écouté le silence de ceux qui, une fois revenus des camps après la shoah, témoignent intimement l’indicible condition de leur survie. Cette culpabilité monstrueuse qui les ronge, celle d’avoir survécu, alors même que tous leurs proches ont disparu dans d’atroces souffrances. Ce silence drape de son voile, imperméable à tout mot, cette vérité d’avoir été un être humain aux prises avec une telle horreur. Chaque acte de folie d’hommes, de femmes, individuel ou collectif, est un patrimoine dont nous avons tous la charge. Ces actes qui nous dépassent, nous renvoient inlassablement à cette blessure originelle, presqu’animale. L’humanité, en chacun de nous, nous pousse à refuser cette folie, cette vérité brutale, contre laquelle notre volonté d’Amour se heurte. Ce silence là, nous révèle toute l’étendue de la barbarie dont l’homme est capable."99d4c3ac0d317786.jpg

e43f2b423ff34e96.jpgUne de mes amies ne trouvait pas le sommeil mercredi soir après ce film. Il est difficile de trouver le repos devant tant d'horreur et de cruauté. Tous ces enfants arrachés à leurs parents et la douleur de tous ces êtres humains, c'est terrible et cela interroge tellement sur ce dont est capable l'humanité, dans le bien comme dans le pire du mal ...

19512039.jpgChacun devant ce film, nous avons pensé à nos enfants.... à la déchirure que nous aurions vécu de voir des policiers arracher notre enfant à notre vie, comme ça, en une seconde, se voir mourir et savoir que notre enfant va mourir, pour une idéologie monstrueuse...      

Je prie pour que jamais on n'ait à revivre cela.

Sur la terre, des personnes vivent encore ça dans certains pays. Qu'ils soient protégés et sauvés de toutes les barbaries.

Je vous remercie pour votre lecture de mon article.

Et je pense à Mina dont le grand-Père a fait la Seconde guerre mondiale.

Ce grand-Père était arabe, d'origine nord-africaine, et il a été enrolé dans les armées françaises. Quel honneur lui a t-on fait ici.... ?

Aucun honneur, il est mort dans l'indifférence générale. Comme tant d'autres qui ont donné leur vie et sur qui on crache dessus parce qu'ils sont étrangers à la France.45714a22a5357cd8.jpg5248a5a201aa9fd2.jpg553865ca1aacc076.jpg

Chloé Laroche

20/06/2010

Il est des lieux qui apportent la sérénité à nos vies comme il est des personnes comme Etty Hillesum qui portent les autres à travers leurs mots et leur foi en la vie. Mes balades en Isère.

imagesr6dM5Q.jpegBonsoir à tous et toutes,mini_1002281005539900355325717cJT0V.jpg100228100554990035532576.jpg

 

Etty Hillesum est décédée le 30 novembre 1943 au camp de concentration d’Auschwitz en Pologne. C'est une jeune femme juive connue pour avoir, pendant la Seconde guerre mondiale, tenu un journal remarquable de profondeur et écrit des lettres infiniment humaines et spirituelles depuis le camp de transit de Westerbork.

J'aime beaucoup ce qu'elle a écrit et le jour du 8 mai 2010 j'ai choisi d'emmener des amis d'OVS (On Va Sortir) au Mémorial de la Paix en haut de la Bastille à Grenoble afin de rendre hommage aux soldats tombés en ce lieu lors de la Seconde guerre mondiale, leur rendre hommage en lisant certains textes choisis d'Etty.imageshBqJK5.jpegimagesPoonP3.jpeg

J'aime organiser des sorties sur ce site "On Va Sortir.com", site internet très convivial où chacun amène et partage ses idées de sorties.

imm001_2.jpgNous avons chanté "Nuit et Brouillard" de Jean Ferrat et j'ai joué quelques morceaux à la flûte puis j'ai lu tout haut ces textes d'Etty Hillesum que j'ai envie de partager avec vous ce soir :

 

"Une fois, c'est un Hitler, une autre fois un Ivan le Terrible, par exemple, une fois, c'est la résignation, une autre fois, les guerres, la peste, les tremblements de terre, la famine. Les instruments de la souffrance importent peu, ce qui compte, c'est la façon de porter, de supporter, d'assumer une souffrance consubstantielle à la vie et de conserver intact à travers les épreuves un morceau de son âme." (Etty Hillesum)imagesehPixe.jpegCopie de 016 -3--1.jpg

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Copie de 017 -2--1.jpg"Je cherche à comprendre et à disséquer les pires exactions, j'essaie toujours de retrouver la place de l'homme dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introuvable. Enseveli parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes.

La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie, [...], il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toutes normes [...] il faut oser faire le grand bond dans le cosmos : alors la vie devient infiniment riche, elle déborde de dons, même au fond de la détresse.

Je suis de ceux qui préfèrent continuer à se laisser flotter sur le dos les yeux tournés vers le ciel.
Et puisque, désormais libre, je ne veux plus rien posséder, désormais tout m'appartient et ma richesse
intérieure est immense." (Etty Hillesum)_________________________________________________________________

013 -3--1.jpg"Comme c'est étrange ! C'est la guerre. Il y a les camps de concentration.

Je connais l'air traqué des gens, la souffrance humaine qui ne cesse de s'accumuler.

Je connais les persécutions, l'oppression, l'arbitraire, la haine impuissante et tout ce sadisme.

Et pourtant me voilà tout à coup reposant contre la poitrine nue de la vie, et ses bras qui m'enlacent sont si doux et protecteurs et le battement de son coeur, je ne saurais même pas le décrire : si lent, si doux, presque étouffé, mais si fidèle, assez fort pour ne jamais cesser." (Etty Hillesum)Copie de 100228100554990035532577.jpg

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Sur OVS, j'emmène souvent des personnes en nature et un jour j'ai emmené un groupe au Siège du Seigneur qui se trouve dans la forêt de Vallin près de Saint Victor de Cessieux, un endroit vraiment magique, une forêt étrange et mystérieuse, emplie de lieux secrets.

Nous nous sommes approchés de la cascade et nos mains sont allés vers l'eau, comme on retrouve la source de ses racines, de son identité.

P5210050.JPGNous nous sommes assis sur ce siège en pierre et nous avons senti des choses étonnantes que beaucoup de visiteurs viennent chercher, parfois venant de très loin, afin de retrouver santé et guérison, fertilité et harmonie.

Et puis nous avons traversé toute la forêt en  contemplant certains grands arbres, en nous arrêtant à certains endroits comme ce tumulus entre un grand chêne et un tilleul très particulier.007.JPG

En un endroit précis sur un petit monticule, des personnes viennent se ressourcer et retrouvent l'équilibre dans leur vie.

Plus loin, un petit arbre vieux de cinq ans a été planté, avec l'inscription qu'il prend les joies et les peines de ceux qui viennent le voir.

On dirait que c'est le benjamin de toute une forêt qui est ainsi : prendre les joies et les peines et revivifier les marcheurs traversant son espace immense.

Copie de 007.JPGUn jour nous y retournerons et la paix sèmera encore ses petites graines dans nos coeurs verdoyants. Car il est des lieux qui apporte la sérénité à nos vies comme il est des personnes comme Etty Hillesum qui portent les autres à travers leurs mots et leur foi en la vie.

 

Chloé Laroche

 

PS : les photos sont celles prises sur les lieux des balades-sorties dont j'ai parlées... et ci-après, vous trouverez quelques photos de mes autres balades à Monestier, Parménie, Bresson, Herbeys, Laffrey, Claix, École-en-Bauges, la Pierre Percée, lac de Saint André, la Bastille, etc.Copie de 025 -4-.jpgcieleela.jpgresize_S114491_Loup38_P204501.jpg004 -7--1.jpg012 -2--1.jpgch0002.jpgresize_S122641_Jules38_P217041.jpgmini_100228100551990035532564.jpgresize_S122641_Jules38_P217051.jpgmini_100228100554990035532577.jpg001 -10-.jpg042 -2--1.jpgimm003_6A.jpgCopie de imm024_23A.jpgCopie de imm022_21A.jpgresize_S66331_Jules38_P125631.jpgCopie de imm014_13A.jpgph2.echirolles2.jpgsaa10.jpgresize_S96701_Loucas_P175861.jpgresize_S96701_Loucas_P175841.jpgDSC03926p.jpgCopie de 008 -4-.jpgresize_S96701_Loucas_P175871.jpgArclusaz_23_mini.jpg028 -3-.jpg068.jpg006 -3-.jpg034 -4-.jpg10297.jpegCopie de 41728386_p.jpg

 

 

 

 

 

 

22/05/2010

Quand la résistance s’engage sur un site qui propose la délation pour gagner des points, les draps blancs ne s’allongent pas aux fenêtres pour défendre Mohammed à la Villeneuve de Grenoble.

Copie de 100_3077.JPGBonsoir à tous et toutes !

Quand la résistance s’engage sur un site qui propose la délation pour gagner des points, les draps blancs ne s’allongent pas aux fenêtres pour défendre Mohammed à la Villeneuve de Grenoble.imagesjQy2id.jpeg

En effet, Mohammed est un papa d’origine algérienne qui a été expulsé de France vers son pays, le 17 mars. La police est venu le chercher et l’a emmené devant ses deux enfants alors que son épouse était absente et ne l’a pas vu partir.

Imaginez la détresse qu’a éprouvé cette femme en rentrant chez elle et la tristesse d’Ali et Youssef qui pleurent leur papa. Ces deux enfants sont à l’école primaire du Lac à la Villeneuve à Grenoble. Le soutien s’est engagé autour de cette famille et un appel à la population a été lancé pour que les habitants protestent en mettant des draps blancs aux fenêtres et aux balcons.imagesZlJGUG.jpeg

Les fenêtres devraient être recouvertes par centaines dans ce quartier populaire mais hélas, un drap blanc est visible de ci de là, mais de façon si sporadique qu’on pourrait croire qu’un habitant l’a laissé là par hasard ou parce qu’il ne range pas ses draps !!

moton8.pngAujourd’hui, jour du 22 mai, la presse est sensée venir pour constater la blancheur immaculée suspendue aux fenêtres mais ils repartiront avec le sentiment qu’un papa peut être expulsé sans que le monde ne s’en émeuve. Je crois au contraire que les larmes coulent dans les coeurs en dedans ; les fenêtres représentent les yeux de l’âme communautaire, tellement en colère qu’elles restent murées dans le silence.

Il y a des réunions tous les mercredis et samedis matins avec le collectif de défense de Mohammed, collectif que vous pouvez rencontrer sur la place du marché de la Villeneuve à Grenoble.imageshO9bO8.jpeg

Je pense très fort à ce papa et à cette famille déchirée comme tant d’autres par la politique actuelle d’immigration, laquelle crée des situations familiales dramatiques que vous pouvez découvrir par centaines sur le site www.educationsansfrontieres.org.

Ces familles ont besoin de nous car à travers elles ce sont les droits de l’enfant, les droits des pères et des mères qui sont bafoués.

83Lio_resize.pngEt puis il y a une autre résistance dont je voulais vous parler ce soir. C’est l’histoire d’un site qui propose des sorties et qui fait se rencontrer des milliers de personnes en France sur un mode convivial et d’autonomie, c’est-à-dire que chaque membre peut proposer des sorties de toute sorte.

Mais depuis cette semaine, un nouveau concept est proposé par le webmaster de ce site. Il est désormais possible de faire de la délation et de gagner des points en cliquant sur la photo d’un membre si celle-ci ne convient pas (par exemple, si la personne n’est "pas reconnaissable" ou s’il y a un décor ou des rajouts à la photo ou une créativité particulière) ou bien encore si le pseudo est “ostentatoire” ou si les phrases mises dans le profil ne nous revient pas ("propos incorrect ou déplacé").Azilliz67_resize.jpg

Donc les membres peuvent cliquer pour dénoncer et soumettre l’objet de leur dénonciation à tous les membres du site qui peuvent cliquer sur POUR ou CONTRE. Si la communauté valide sa délation, le membre gagne 25 points et au bout de 5000 points il gagne un abonnement d’un mois gratuits.

Tenessee_resize.jpgLe problème est que depuis la mise en route de ce système, de nombreux membres ont vu leur photo disparaître, sous des prétextes fallacieux. Ils reçoivent de plus une menace de suppression de compte s’il leur prenait l’idée de remettre la même photo.

Alors pour indiquer leur mécontentement, de nombreux membres sur toute la France enlèvent leur photo ou en ajoutent une provoquante pour faire réagir. Ou bien mettent un carré blanc avec un ruban rouge sur leur profil.

Des pseudos comme : 1CHATON, 1fanfan5983, 1parisien, 4noisette, 1Yemanja, 1_____pirates... ont été inquiétés, pour cause de concepts ostentatoires.

Sur le descriptif d’un profil, le délateur a cru bon de soumettre le vote pour ceci :Myopalm_resize.jpg

Pedro38_resize.jpg“Pour être vraiment médiéval, il ne faut pas avoir de corps. Pour être vraiment moderne, il ne faut pas avoir d'âme. Pour être vraiment grec, il faut être nu.”Sebvarces_resize.jpg

Une jeune femme de Grenoble a mis une photo où elle avait un voile sur les cheveux. Un délateur l’a mise en vote. Certains votants ont cru bon d’indiquer : “Je vote pour ou contre ? Le webmaster autorise-t-il le voile ? Est-ce un signe ostentatoire de religion et cela est-il “indécent et choquant”, termes d’origine de cette délation.

En tout cas, pour l’instant sa photo reste en place et c’est bon signe. Cela veut dire que la communauté de ce site n’est pas pour la discrimination culturelle. Attention, il n’est question ici ni de niqab ni de burqa, car vous savez ce que j’en pense et je l’ai dit dans un autre article.

Wally13_resizeJYHJK3.jpgRien que d’en parler, cela me donne envie de mettre mon masque vénitien... Hé oui, on ne verrait que mes yeux et je me présenterais ainsi à l’Hôtel de Police de Grenoble. Rien que pour voir la tête des gens, des salariés et du public venu là pour traiter de ses plaintes. C’est là qu’on voit que le visage entier et découvert est important dans notre société !Purchye_resize.gif

Mais je retourne à mes moutons... pardon, à mes photos de membres. C’est bien la délation qui est choquante présentement. Et cette façon de faire de la part du webmaster de récompenser les délateurs par des points : on peut gagner 25 points par délation.Ballinette_resize.jpg

Il récompense aussi les votes du plus grand nombre, ce qui fait que si le délateur n’est pas approuvé sur une photo ou un profil porté au vote général, le délateur perd 9 points et les votants en gagnent.

Ce que je regrette dans tout ça, c’est que finalement la créativité et l’inventivité originale de chacun n’est pas acceptée et qu’il faut rentrer dans le moule pour être approuvé forcément.

Stephsimo_resize.jpgCe que je regrette, c’est que le bon sens n’existe même plus. En effet, il est admis que chaque membre puisse ne pas mettre de photo... Alors s’il en met une, pourquoi devoir le sanctionner sur sa façon de se présenter. S’il a envie de se présenter en puzzle ou la tête penchée ou avec des lunettes de soleil ou encore sur une moto ou un cheval ou dans un carré blanc... pourquoi pas ?!! Et puis, si on voit le bas des jambes d'une membre parce qu’elle porte une jupe ... est-ce indécent ?!!

J’espère que cette crise d’identité va pouvoir se résorber sur ce site et que la délation se fera furtive voire absente avec le temps. Le temps qui délite tout. “Avec le temps, va, tout s’en va, avec le temps.... “.Pheix1953_resize.jpg

Comme le dit un des membres mis en cause par un délateur : “La clarté ne naît pas de ce qu'on imagine le clair, mais de ce qu'on prend conscience de l'obscur.”

Chloé LAROCHESelena13_resize.jpgAoeil_resize.jpg

Adan38_resize.jpgAngelus83500_resize.jpg0n-y-va_resize.jpgSerge38_resize.jpg

28/04/2008

Pour Élisabeth, qui a été séquestrée durant 24 ans avec trois de ses enfants qui ne connaissent pas le monde ni le soleil.

Élisabeth_________ c7576ac536cd0719e371507be1a73040.jpg

Tu as quarante-deux ans comme moi
Enfermée par ton père durant 24 ans
Dans une cave d’horreur et d’inceste
Tout au fond de l'Autriche silencieuse
Femme violée jusqu’au bout de l’enfer
Par un géniteur abject et diabolique

Tu as eu de lui sept enfants innocents
Arrachés de ton âme, de ta chair blessée
Dont trois petits soleils séquestrés avec toi
Aux cris désespérés d’avoir vécu le pire
Sans la lumière du jour et sans rire
Sans jouer, sans chanter ni courir

De toutes mes forces en pensées
Je te dis “Bats-toi” pour la vie
Car tu as maintenant la liberté
Mais ton corps n’a plus l’énergie
Tes enfants sont sortis de l’ombre
La porte s’est ouverte sur l’inconnu

Tes trois derniers bébés adoptés par ton père
Petits coeurs de ta chair nés de l’inceste
Élevés par le pire des grands-pères
Morsure amère d’une origine
Marquant leurs cellules hurlantes
De colère, de haine et de tristesse

Quand j’ai appris ton sort
Cet enfermement de ta vie
Ce père monstrueux et vil
Te cachant dans la cave d’un immeuble
Ta mère te croyant en fugue
Tant d’années d’amour bafoué

J’ai pleuré comme la Mère
Pleure sur les enfants de la Terre
Comme l’humanité pleure
De voir ses filles et ses fils
Maltraités jusqu’au bout
De leurs dernières forces

Tu as perdu l'un de tes enfants
Emporté par la mort complice
Bien loin de ce triste abîme horrible
De la sombre cave de ton supplice
Où ton père te violait tous les jours
Les mots me manquent devant le pire...

Élisabeth
Nous sommes tous désolés
Effondrés, écoeurés
Dégoûtés.

Chloé Laroche c7576ac536cd0719e371507be1a73040.jpg


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COMMENTAIRES ___________



Très joli poème...

Qui va l'aider c'est sûr

Ecrit par : Riki | 28.04.2008




Ma réponse : Merci Riki. L'aider, je ne sais pas, mais par la pensée, l'expression créatrice... la vie saura lui dire ce que j'ai envie de lui transmettre, cette révolte que je ressens sur ce qu'elle a vécu, la compassion immense que la population de la terre ressent aujourd'hui pour cette femme et ses enfants. Malheureusement, sur cette terre, des êtres souffrent et nous ne pouvons rien faire, impuissants. D'autres personnes sont enfermées comme Élisabeth et rien ne pourra les délivrer, à part le destin et ... nos prières pour que les portes tombent, pour que les bourreaux soient désarmés. Chloé

Ecrit par : Chloé Laroche | 28.04.2008

24/04/2008

Le violon juif d'Esther. Nouvelle de Chloé Laroche écrite à partir de l'histoire vraie d'une famille juive tuée par les Nazis en 1942.

448521972367fafe.jpgNOUVELLE ÉCRITE PAR CHLOÉ LAROCHE en 1994, alors qu'elle était enceinte de sa fille Océana... Nouvelle extraite de son ouvrage introuvable aujourd'hui : "Les Semences de l'Après-Vie".

(les peintures illustratives sont de Marc CHAGALL)

CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS____________________________________________


_________________ Nouvelle n°13 dédiée à ma fille.


Préface de Chloé Laroche :

J'ai écrit ce qui suit à partir d'une histoire vraie. Une famille juive s’est réellement cachée des Allemands jusqu’en septembre 1942 dans le Nord de la France ; personne n’a su ensuite ce qu’ils étaient devenus jusqu’à ce qu'un certain Monsieur Patrick Burgel habite une maison hantée du nord de la France ; il apprit alors qu’une famille -une fillette et ses parents- avait été massacrée dans sa demeure par les Nazis, pendant la seconde guerre mondiale ; il aida les trois fantômes à se libérer en retrouvant leur ménorah : candélabre juif à sept flammes. J’ai entendu avec émotion son témoignage en mai 94, dans l’émission “Mystères”, sur TF1, alors que j’étais enceinte de ma fille ; cet homme venait de publier un livre : “La maison qui n’oublie pas.” Je me suis mise à écrire la nouvelle suivante le soir même de l’émission ; je me sentais poussée intérieurement à le faire, comme si j’étais scribe du Ciel. J’ai écrit les cinq derniers chapitres deux ans plus tard, en avril 96, et... peu de temps après, je tenais enfin le livre de Patrick Burgel entre les mains, offert par un ami.

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______________________LE VIOLON JUIF D'ESTHER _____________





Esther parle :

-C’est une histoire terrible, qui s’est passée en 1942 ; j’étais une fillette, et pourtant aujourd’hui je suis morte. Je souriais autrefois à la vie et aujourd’hui c’est dans la mort que je souris ; je vis dans un autre monde et c’est grâce à l’amour de Dieu et à celui des vivants que je suis libre... Car la mort ne libère pas forcément et beaucoup de défunts errent dans la souffrance en attendant que l’amour d’un humain les aide à partir libre. Mon âme a attendu quarante-cinq ans, jusqu’en 1987, pour gagner sa liberté... comme l’Humanité a attendu l’année 1945 pour conquérir sa Paix ! Cela a été long... comme un accouchement de la Sérénité arrachée à la douleur sans fin d’un monde en détresse.

J’ai dû attendre durant tant d’années une naissance à la mort pour pouvoir enfin mourir à la vie ! C’est ainsi qu’en 1945, trois ans après ma mort physique, j’ai vécu la Libération du monde sans pouvoir être libre moi-même ; en effet, j’étais retenue sur Terre par les terribles souffrances que les Nazis nous infligèrent, à moi et à mes parents, durant cette nuit horrible où nous mourûmes.

Voici l’histoire de ma libération, vécue en 1987.

Ecoutez !



I.


85c8c834d4211dec.jpgDans une grande maison en France, tout semblait tranquille. Pourtant un chat rôdait ; il avait peur. Il avait aperçu trois êtres vaporeux, comme enveloppés dans du coton ; ce n’était pas des humains mais ils avaient une apparence humaine.

Il tenta de se rapprocher mais soudain, l’un des êtres, plus petit de taille, se précipita vers lui pour l’attraper.
Le chat, très effrayé, fit un bond, toutes griffes dehors, et sauta au sommet du meuble le plus haut ; de là-haut, il pouvait contempler la scène, scutant les pensées de ce personnage mystérieux.

“C’est bien une petite fille, un enfant d’humain !”, se dit-il en son for intérieur.
“Mais que fait-elle ici, dans cette maison ?!”

L’armoire, sur laquelle il était tapi, se mit soudain à vibrer, marmonnant quelques mots d’un bois vieux de cent ans : “Si tu savais, cette pauvre petite, l’enfer qu’elle a vécu ici en une nuit !
Je suis condamnée à rester figée, mais si j’avais pu, j’aurais fracassé le crâne de ses bourreaux, et je l’aurais sauvée, elle et ses parents !!”

A ces mots, des larmes perlèrent sur les murs de la maison ; l’eau des pleurs semblait couler de tous côtés.

Le chat sentit tout à coup la souffrance et l’horreur l’assaillir de toutes parts comme s’il devenait prisonnier d’un monde construit par la haine et la déchéance humaine ; il prit alors ses pattes à son cou et fila si rapidement hors de la maison qu’il en oublia de refermer la porte !



II.


Ce jour-là, un vieil homme saltimbanque passa devant la grille de la maison ; il portait son violon sous le bras et paraissait chercher un endroit pour dormir. Il remarqua de loin que la porte principale de la maison était ouverte et se risqua à l’intérieur de la cour.

C’était une belle maison, avec un jardin autour ; rien ne semblait troubler la tranquillité des arbres, respirant au soleil du crépuscule.

Pourtant, le vieil homme sentit quelque chose de pesant, comme si la baguette du chef d’orchestre s’était alourdie du poids des fautes de tous les musiciens. “Peut-être que pour Dieu, c’est pareil, se dit-il. Il dirige le monde comme une immense symphonie et voilà que les hommes provoquent des guerres et font des monstruosités, l’empêchant de guider le monde avec sérénité et alourdissant Sa baguette du plomb des fusils !”

Cet homme s’appelait David et il connaissait bien les horreurs de la guerre, car toute sa famille était morte dans un camp de concentration nazi.

85289b2b2670de6c.jpgLui-même avait été torturé et les nazis l’avaient obligé à jouer de son violon pour accompagner ses amis jusqu’à leur mise à mort. Lorsqu’il y pensait, et il y repensait souvent, son âme devenait la corde sensible de tous les regards de ces êtres anéantis par l’horreur ; il ressentait en lui la détresse infinie de ces êtres humains massacrés par d’autres humains. Il se souvenait de ces immenses monticules de lunettes, de chaussures et de vêtements que ces monstres avaient amassés, preuves horribles des crimes atroces proférés contre l’Humanité.

En arrivant devant la porte de cette maison, David avait l’âme emplie de visions apocalyptiques de cette terrible guerre qu’il avait vécue sous le feu des balles.

Il frappa doucement à la porte entrouverte de cette silencieuse demeure, mais n’obtenant pas de réponse, il s’engagea sur le seuil et en dévisagea l’intérieur.

Les murs semblaient garder en eux un lourd secret, laissant transpirer un silence qui ne ressemblait en rien à celui qu’on peut goûter après avoir écouté une symphonie de Mozart... C’était comme si un trio d’instrumentistes à cordes était enfermé dans un placard sans pouvoir tirer l’archet pour jouer !

David fit quelques pas dans la pièce principale et posa l’étui du violon sur la table ; mais, comme si une voix lui demandait de jouer, il reprit l’étui pour l’ouvrir et en sortit son instrument, ainsi que l’archet magique.15d34f125f980318.jpg

Le vieil homme tendit les crins de la baguette et se mit à jouer une très ancienne mélodie juive, tout en fermant les yeux ; il imaginait un voile bleu envahir la demeure à travers les notes de sa musique venue d’ailleurs.

Il sentit soudain quelque chose frôler son épaule, comme un gant de velours, une main d’enfant qui se sent rassuré ; il ouvrit alors les yeux et aperçu le chat qui l’écoutait sur le seuil de la porte. David le regarda et lui dit : “Tu es donc le gardien du seuil, mais es-tu ce gant de velours qui m’a frôlé tel un rayon de soleil ?”00b399e188c48e18.jpg

Le chat ne répondit pas, mais il s’approcha de David et flaira le violon avec beaucoup d’attention, comme s’il y retrouvait les odeurs d’un monde connu.

David reprit alors son violon et joua quelques phrases de “La jeune fille et la mort” de Schubert... Pourquoi jouait-il ce morceau ? Il ne le savait pas... mais un musicien est quelqu’un qui communique avec d’autres mondes par le canal des sons qui le transportent sur d’autres dimensions.

2cd705a2315020f8.jpgSi David avait eu les yeux du chat, il aurait pu voir, assise près de la table, une fillette enveloppée d’un voile d’azur cotonneux, et, accrochées à ses yeux, il aurait découvert deux larmes de cristal irisées d’arc-en-ciel.

Le soleil s’était couché et le musicien, ne voyant aucun maître des lieux arriver... remit son violon dans sa boîte et chercha un lit afin d’y laisser reposer ses membres fourbus ; il ne tarda pas à s’endormir, l’étui de l’instrument lui servant d’oreiller et le chat ronronnant à ses côtés.



III.


Le lendemain, David s’éveilla, caressé par les rayons du soleil printanier. Après s’être étiré avec le chat, il descendit dans la pièce dans laquelle il avait joué la veille ; mais quelle ne fut sa surprise d’apercevoir par la fenêtre un jeune homme assis dans le jardin, avec une palette à la main. David sortit et vint le saluer. “Vous êtes bien matinal... et que peignez-vous donc ?”

L’homme, qui n’était pas en fait si jeune, le dévisagea et lui dit : “Que faites-vous là ?... Personne n’ose plus entrer dans cette maison depuis des années. Les gens ont peur des fantômes, mais en réalité les habitants du village ont surtout peur de leur conscience, car à l’époque, c’était pendant la guerre... peut-être auraient-ils pu éviter ce drame affreux, en intervenant au mépris du danger... et je dirais... au mépris de leur vie... car, Monsieur, mérite-t-on la vie lorsqu’on laisse des innocents mourir alors qu’ils ne méritent pas la mort... De toutes façons, personne ne mérite la mort... La mort est naissance et ne peut être châtiment ! La mort est départ mais non pas néant !...”.

David ne répliqua pas car il eut peur d’arrêter le flot de paroles de cet homme étrange, qui semblait bien connaître ce lieu... Il porta ses yeux sur la toile que l’homme peignait et eut un recul d’admiration... On y voyait des anges, des violonistes volant dans le ciel et des couples d’amoureux se tenant par la main dans des couleurs décrochées de la palette universelle.

e0e8c3738fbbcc56.jpg“Oui, Marc Chagall fut mon maître ; voici quelques années, il avait dit : “ J’essaye de peindre au maximum avec le coeur, dans la fraternité du coeur”. Il disait qu’il n’avait pas peur de la mort : “-Je voudrais seulement pouvoir faire ce que je veux faire”, avait-il dit en 1966. Mais voyez-vous, Monsieur, certains êtres sur Terre n’ont pas la chance de faire tout ce qu’ils voudraient faire, certains par manque de temps, d’autres par manque de courage, par paresse ou par peur... et puis certains parce que la mort les emporte jeunes... Ainsi, dans cette maison, une fillette est morte ; on lui a ôté la vie et son âme en souffre... Mon maî-tre Chagall avait dit : “Malgré toutes les misères du monde, il y aura toujours des enfants qui aimeront la pureté malgré l’enfer des hommes... Il y aura toujours des couleurs pures, de la mus-ique, de la poésie pures.” C’est pourquoi je suis là... Je peins pour l’âme de cette fillette, je peins pour la pureté qu’elle aime... et je peins pour qu’un jour son âme soit libre et rejoigne la Lumière de l’Au-Delà. Mon maître, lui, nous a quittés il y a deux ans, en 1985, et je sais qu’il est Là-haut, car il m’inspire ; je l’aime tant ; je voudrais tant que cette petite fille le rejoigne là-bas, lui qui disait avant sa mort : “Je suis un enfant d’un certain âge !””

David n’osait pas l’interrompre ; il pensait, en écoutant le peintre, à ces anges que peignait jadis Fra Angelico ; il se demanda soudain si tous les anges avaient des ailes.

“Toi aussi, tu peux être un ange pour une personne que tu aimes, même en faisant partie du monde des humains ; tu pourrais être son ange gardien et alors tu serais prêt à donner ta vie pour elle. Les humains ne connaissent que trop rarement la capacité infinie de l’Amour qui est en eux ; je parle de l’Amour qui donne, qui offre, qui pardonne, qui supporte, qui élève, qui sauve. L’Amour, on peut le donner à travers la peinture, les couleurs, la musique, un violon, un accordéon, un mot, une phrase, un sou-rire, un coup d’aviron dans l’eau d’une rivière, un but marqué dans une cage de football...”.

A ces mots, David se souvint d’un ami... foudroyé par un éclair, sur un terrain de jeu, en plein match de rugby. “Quelle chose étrange que la mort”, se dit-il. “Elle peut venir nous chercher à tout moment !”

“Oui, dit l’inconnu, mais la mort est belle, lorsqu’elle est vécue dans la sérénité ; c’est un passage vers un autre monde, une porte de sortie et d’entrée. Ce qui fait peur aux hommes, c’est l’inconnu, le vide, le néant... qu’ils imaginent après la vie ; mais pourquoi la vie aurait-elle une fin lorsqu’on sait que l’univers lui-même est infini... et qu’il n’a de limites que parceque la pensée a ses limites... je veux dire... la pensée des humains. Oui, Monsieur, pourquoi la vie aurait-elle une fin et pourquoi a-t-on fait de la mort... un mur, alors qu’elle est porte ? Ce qui est grave sur la Terre, c’est qu’en plus du mur, on a mis des fils de fer barbelé dessus, en croyant s’approprier la mort des autres... Pensez aux camps de concentration nazis, pensez à cette fillette et à ses parents qu’on a torturés ici, avant de les tuer, pensez à toutes ces horreurs de la guerre qu’on retrouve à toutes les époques !!”.9f703a4a0bedbc86.jpg

Soudain, l’être étrange se tut, s’arrêta de peindre et regarda fixement le vieux musicien : “Je vous en prie, j’ai encore de l’espoir, je crois encore à la pureté, pour elle, pour cette petite fille, pour ses parents... Allez chercher votre violon et, ensemble, nous allons semer des fleurs de paix dans le jardin de la mort”.

David silencieusement s’exécuta et alla chercher son violon.
Laissant couler les notes de l’archet, il s’harmonisa aux couleurs du peintre ; l’union de ces deux êtres enveloppa la maison d’une brassée d’amour qui monta tout droit vers les étoiles comme une prière.


IV.


Esther :

-Je ne saurais pas dire combien de temps ils sont restés ainsi dans le jardin à jouer et à peindre... Mais c’était si beau que mes parents et moi avions l’âme apaisée, comme si de cette pureté naissante pouvait naître notre liberté.

J’avais envie de crier comme le Roi de Ionesco :
“Vous tous qui êtes morts avant moi, aidez-moi !”

37b119148f4d99e5671f0722e8f6c947.jpgOui ! Aidez-moi à partir dans ce pays de l’Au-Delà. Montrez-moi le chemin, donnez-moi la clé qui ouvre le monde des morts, montrez-moi la barque qui fait traverser le Fleuve de l’Oubli.
Oui, c’est celà, je veux oublier, me détacher des souffrances de cette nuit horrible où nous sommes morts, mes parents et moi.
Dussé-je effrayer des humains encore en vie... il faut qu’ils sachent que nous sommes là et que nous avons besoin de leur aide !

“Petite fille, petite âme perdue, nous sommes là, nous allons t’aider.”

Mais oui, une voix venue de l’autre monde, j’entends bien une voix venue de l’autre monde ! Où êtes-vous, qui êtes-vous, vous allez nous aider, n’est-ce-pas ?...

Le miracle s’est réalisé : la pureté qui s’est élevée vers le ciel, à travers la musique et la peinture réunies, est arrivée à destination... Une femme voilée de blanc et auréolée de lumière se tient devant moi, pauvre petite âme perdue, et se met à me parler :

“Je m’appelle Hanna... Je suis morte pendant la guerre, en déportation. Mais, avant ma mort, j’ai été contactée par des Anges, durant dix-sept mois. Nous étions quatre, quatre artistes hongrois dont trois juifs. Seule Gitta a survécu et elle a transmis tous les messages des anges dans des livres(*) qui sont aujourd’hui connus du monde entier. Je suis venue pour te donner la clé qui te permettra de te libérer et de nous rejoindre... Vous serez sauvés lorsque les sept flammes auront été allumées, comme un arbre de vie dont on cueillerait les sept fruits pour en offrir un à chaque règne de la nature... L’Homme se trouve au milieu des règnes, liant les pierres, les plantes et les animaux avec les anges, les chérubins, archanges, séraphins, toutes populations lumineuses et Dieu. L’Etre Humain est la flamme de l’Amour et le coeur de la Lumière ; mais cela seulement s’il sait être un pont dans la Création ; s’il détruit le pont et construit des failles, alors il court droit à sa destruction... En effet, si des branches de l’Arbre de Vie venaient à mourir, l’Humanité n’aurait aucun sursis ! Polluer les océans, massacrer des espèces animales, se servir de l’énergie atomique... sont autant de failles qui coupent l’Homme de la Création. Le fait que tu sois morte dans la terreur et la souffrance a créé des failles entre toi et le monde créateur... des failles dans le pont du Créé et du Créateur : voilà pourquoi toi et tes parents avez besoin de reconstruire ce pont de la Lumière et de l’Amour pour rejoindre le monde des Anges et la demeure du Père Céleste...
Voilà donc la clé des Anges : vous serez sauvés lorsque les sept flammes de l’Arbre de Vie seront allumées, et, souviens-toi, petite fille, qu’une grande soeur nommée Anne Franck, qui t’attend là-haut depuis Mars 1945, écrivait avant sa mort : “Dieu ne m’a pas abandonnée et ne m’abandonnera jamais !” N’oublie jamais cela et trouve vite la Clé.
Pense toujours que l’Humanité est la Flamme du milieu, au coeur des Sept flammes qu’il vous faudra allumer. ADIEU !”

(*) “Dialogues avec l’Ange” et “Les Dialogues tels que je les ai vécus” de Gitta Mallasz (Ed. Aubier)

L’apparition s’évanouit au milieu d’une pluie de lumière ; Hanna n’est pas restée longtemps, mais pour moi, petit fantôme, cela m’a paru être une éternité... Elle aussi avait dû souffrir à sa mort.

Lorsqu’elle me l’a racontée, dans une confidence silencieuse des âmes, j’ai eu la vision de son cauchemar : des femmes dont on avait arraché les vêtements se serraient nues dans des wagons à bestiaux et elles mouraient ainsi, privées de nourriture et de so-leil ; chaque jour, des femmes S.S. venaient ouvrir la porte pour en sortir les cadavres. Hanna est morte ainsi et elle a rejoint les Anges sur le Pont qu’elle avait construit avec eux en communiquant avec leur règne durant dix-sept mois.

Hanna était juive, comme moi, mais elle était blonde, avec les yeux bleux ; grâce à son physique, elle aurait pu être sauvée mais elle a choisi la voie de la vérité : “Non, je ne suis pas aryenne, je suis juive !”, avait-elle répondu aux S.S.

Mon père aussi, la nuit de notre mort, avait pris le chemin de la vérité... choisissant de se taire sur les personnes qui nous avaient parlé de cette maison, cachette qui servaient de passage en zone libre pour les juifs.

Tous les faits rapportés ici sont réels... Les morts d’Hanna et de cette famille juive se sont produites ainsi, dans l’horreur.

La nuit où nous sommes arrivés, les allemands nazis avaient déjà investi les lieux et, toute la nuit, le village a entendu nos cris... jusqu’aux silences de l’agonie...

Mais je ne peux plus parler... comme si un étau me serrait la gorge, jusqu’à broyer mon âme...19fe7a309d4832d4.jpg

La souffrance est une faille qui coupe tous les ponts nous reliant à l’harmonie universelle et l’horreur est comme un couperet sectionnant le fil d’Ariane dans le labyrinthe de la vie cosmique.



V.


Son père la retrouva roulée en boule sur elle-même, tel un hérisson dont les seuls armes sont ses piquants... piquants de détresse et de terribles souffrances.

La petite fille lui expliqua ce que Hanna lui avait révélé :
“Allumez les Sept flammes de l’Arbre de Vie et vous serez sauvés”.

L’homme-fantôme réfléchit et se concentra sur le chiffre Sept : “Sept... sept jours de la semaine... les sept couleurs... les sept notes de la gamme... les sept couleurs... de l’arc-en-ciel... les sept planètes de notre système solaire... Dans l’Ancien Testament, le chiffre Sept est utilisé 77 fois... C’est un nombre magique... Salomon construisit le Temple en sept ans... Elisée éternua sept fois et l’enfant ressuscita...Voyons, pourquoi les Sept flammes de l’Arbre de Vie ?... Comment les allumer ?
Il nous faut l’aide d’un humain, mais comment arriver à attirer son attention sur notre problème ? Le Ciel le guidera sûrement vers nous, car, lorsqu’Il donne des clés, Il envoie aussi les verrous pour pouvoir ouvrir les portes !... Soyons confiants !”3874148f07a5a700.jpg


Il avait raison en effet, car, ce jour-là, un homme fut attiré par la maison.

Il cherchait depuis quelque temps un endroit à la campagne pour sa famille : sa femme, sa fille et lui ; il aperçut depuis la route une demeure qui semblait respirer la paix, entourée d’arbres et de verdure .
Il pensa en son coeur : “Cet endroit sera parfait pour nous ! Mais il est sûrement déjà habité...!?”... Il remarqua que les volets étaient fermés et que, malgré le froid naissant, aucune fumée ne sortait de la cheminée.

Soudain, il vit venir sur la route un homme qui tenait un chevalet sous le bras et qui, au vu des taches de couleurs sur ses vêtements et ses mains, paraissait être un peintre...

“Cette maison semble vous intriguer, lui lança l’artiste. Elle n’attend qu’une seule chose : qu’une personne la fasse revivre en vivant dans son giron. Peut-être que cette personne, c’est vous !?
Elle est inoccupée depuis des années et vous y seriez le bienvenu. J’y vais moi-même de temps en temps pour lui tenir compagnie afin d’entretenir les couleurs de l’espoir mais je suis prêt à vous céder le flambeau si vous vouliez rester auprès d’elle !”

Devant tant d’insistance et se voyant découvert dans ses secrets désirs, l’inconnu sourit doucement au peintre et lui dit :

“Oui, il me plairait de vivre ici ! Il y a quelque chose d’indicible en ce lieu qui m’attire étrangement et que je ne saurais expliquer...”. Et il ajouta en riant : “En tout cas, si je devais devenir maître des lieux, vous y seriez toujours le bienvenu pour peindre... J’aime les artistes car ils sont les étoiles des Cieux de la Joie... Ils nous font oublier nos soucis en semant des fleurs multicolores dans nos vies... avec leurs pinceaux, leurs instruments de musique, leurs stylos et leurs rêves.”

Le peintre sourit mystérieusement et, d’un Merci humble et discret, prit congé du futur maître des lieux... Il avait fait son devoir d’Ange et savait déjà que cet homme inconnu était prédestiné à aider la famille fantôme, prisonnière de cette demeure “inhabitée”.


VI.


326aaaeae8c2cd98.jpgCet homme inconnu s’appelait Gabriel et sa femme se nommait Marie. Ils emménagèrent dans la Maison sans savoir qu’elle était hantée... par des êtres torturés à cause d’un évènement terrible vécu dans ce lieu ; ils avaient une fille qui s’appelait Elodie ; ils étaient heureux de venir habiter en ce lieu, sans se douter qu’il y avait déjà ici des locataires invisibles.

Or, une nuit, la petite fille vint réveiller ses parents en leur disant qu’elle avait été sortie de son sommeil par des pleurs d’enfants. “Je croyais que mon ange-gardien pleurait mais... il dormait profondément”, leur dit-elle.

Cela se reproduisit de nombreuses nuits, jusqu’au jour où la petite fille vit une forme au pied de son lit ; elle eut peur car la forme sanglotait et ses larmes tachaient de sang le plancher ; elle appela ses parents mais, lorsqu’ils arrivèrent, tout avait disparu.

Gabriel et Marie s’inquiétaient beaucoup de voir leur fille faire des cauchemars... et avoir des hallucinations ! Ils ne savaient plus quoi faire pour la rassurer et la calmer... Enfin, un matin, Gabriel se mit à se poser des questions et se rappela sa rencontre étrange avec le peintre, avant leur venue dans cette maison... Ce dernier lui avait parlé de “flambeau à céder”, de “couleurs de l’espoir”... Espoir... pourquoi espoir ? Ce peintre savait quelque chose ... Gabriel devait donc le retrouver... mais où le chercher ?

Il partit pour cela vers le village et demanda aux habitants s’ils connaissaient un peintre.

“Oui, le fou qui vit sous le pont de la rivière !
-Le pont de la rivière ? Quelle rivière ?
-La rivière qui traverse le village. Le pont relie les deux moitiés ; continuez plus loin. Si vous avez de la chance, vous trouverez le fou sur le pont, en train de peindre !”

Gabriel poursuivit donc son chemin et aperçut au loin le peintre devant son chevalet. Une pluie fine se mit à tomber et un arc-en-ciel traversa le ciel de part et d’autre ; il semblait former les cordes d’un instrument de musique dont le peintre était l’archet accroché au chevalet d’un violon de lumière.

553865ca1aacc076.jpgL’homme aux couleurs sourit en voyant arriver Gabriel.
“Vous voyez cet arc-en-ciel. Il a sept couleurs. Si vous le décrochiez du ciel, la paix reviendrait dans l’esprit de votre fille !
-Pourquoi dites-vous cela, lui demanda Gabriel, et puis comment savez-vous pour ma fille ?
-Je le sais, Monsieur, parceque j’ai vu des larmes d’enfant briller dans vos yeux et que ces larmes sont celles d’un père qui s’inquiète pour son enfant.
-Et pourquoi un arc-en-ciel lui rendrait-il la paix !?
-Parce que l’arc-en-ciel est un pont magique que nous donne le ciel pour résoudre nos problèmes. Celui-ci est venu pour vous. Sachez le décrochez... et en extraire la quintessence... la septessence, dirais-je !
-Vous êtes fou pour me parler ainsi !? Que ferais-je d’un arc-en-ciel ?... en admettant encore que je puisse le décrocher ?!
-Je ne suis fou que pour une catégorie de personnes... qui hier ont laissé mourir une famille. Les fous ne sont pas toujours ceux que l’on croit !
-Quelle est cette histoire ? Que voulez-vous dire ? Que s’est-il passé dans cette maison ?
-Je vais vous le dire... Une famille juive s’est abritée dans cette maison pendant la seconde guerre mondiale. Des allemands les ont surpris. Ils ont torturé le père, qui n’a pas voulu cacher qu’ils étaient juifs, et ils l’ont tué, ainsi que sa femme et leur petite fille... qui portait le prénom d’Esther. Ils sont morts dans de terribles souffrances et leurs âmes restent enfermées dans le passé terrible qui les a condamnés. Votre fille sentira leur présence tant que les sept flammes de l’arc-en-ciel n’auront pas été allumées...497fae6cab3ad1da.jpg
Elodie signifie Chant de Dieu sur la Terre ; son chemin est celui des Anges musiciens qui font descendre du Ciel la musique des étoiles pour semer des fleurs sur les routes goudronneuses des humains ; aujourd’hui il y a une petite Elodie libre de chanter, votre fille, qui souffre de voir sa soeur des étoiles, Esther, condamnée au silence. Trouvez les sept flammes et faites que leur lumière soit le Chant qui reliera à nouveau le Ciel et la Terre, les morts et les vivants, les Anges du Paradis et les Humains vivant l’Enfer sur Terre.”

Gabriel réfléchit et dit au peintre : “Ces sept flammes, comment vais-je les allumer et où le ferai-je ?”
Le peintre, en contemplant l’arc-en-ciel de lumière, lui répondit :
“Il y a un violon dans cette maison. Trouvez-le et portez-le au musicien qui est venu ici, avant votre arrivée. C’est un violoniste et il connait le sens des sept notes de la gamme musicale. Peut-être vous éclairera-t-il ! Mes couleurs se joindront à ses sons pour faire jaillir les sept flammes !”

Gabriel se recula soudain car des yeux du peintre sortait du feu et deux ailes transparentes de pureté se joignirent dans son dos comme pour la prière d’un ange descendu tout droit de l’Amour.

“Tu t’appelles Gabriel. Moi, je suis l’ange venu t’annoncer l’Espoir et te donner le Courage de sauver des âmes. Elles ont besoin de toi ! Nous, les Anges, pouvont donner le souffle d’agir aux humains... mais nous ne pouvons agir à leur place.
Toi, Gabriel, tu vas agir ! En ces temps terribles du Nazisme, nous avons trop souffert de devoir nous résigner et attendre. Nous ne pouvions arrêter le gaz et éteindre les fours crématoires. La main humaine est parfois lourde, si lourde de plomb que nous ne pouvons agir sur votre monde... en balance avec le nôtre si léger.

Le Nazisme, c’est l’histoire d’un homme fou qui s’est érigé en gourou d’un peuple... Il s’est entouré de quelques disciples convaincus par ses théories ; ils devaient sauver l’Humanité, comme tant d’autres gourous sur la Terre ; seuls les “élus” resteraient vivants... N’est-ce-pas là une théorie encore à la mode dans beaucoup de groupes actuels et de sectes diverses ? De plus, sacrifier des races entières, juive, tzigane et autres, n’est-ce-pas là aussi une terrifiante action en résonnance diabolique avec l’hécatombe des Indiens d’Amérique ! Le peau-rouge n’était pas un individu... aux yeux de beaucoup de blancs ; il était seulement la cellule d’un corps à abattre, un corps “primaire” et “sauvage”, celui de la nation indienne.... Seulement, les blancs ont oublié que la mémoire du corps emplit entièrement la cellule ! Ainsi, la mémoire des Indiens, celle des Juifs et celle de chaque peuple bafoué sur la Terre dans ses Droits ne s’éteindra pas tant que le
dernier être humain vivra encore.

Parce que le Corps en question, c’est l’Humanité toute entière : nous sommes tous frères et toutes nos cellules sont soeurs !

af4c55c1d39efb6e.jpgDieu meurt chaque fois que meurt un Sitting Bull, un Martin Luther King, un Gandhi, un homme, une femme ou un enfant.

Va, Gabriel, et sauve les âmes de cette famille juive prisonnière de la haine.”



VII.


Gabriel partit donc à la recherche du violoniste, “un vieil homme nommé David”, lui avait dit le peintre.

Celui-ci lui avait d’ailleurs donné son propre nom : il s’appelait Michel-Ange...

Gabriel ne savait pas où chercher le musicien, aussi fit-il confiance à l’Ange, le sachant tout proche de lui, malgré qu’il fut devenu invisible.

Il avançait dans les rues du village lorsque soudain un homme désespéré se jeta sous ses yeux par la fenêtre ; l’homme tomba mais ne se tua pas. Gabriel courut vers lui et lui prit la tête entre les mains.
“Pourquoi avez-vous fait cela ?”
L’homme tourna la tête en direction de l’Ange invisible et dit : “Je ne crois plus en rien. Je suis perdu. J’ai trop de poids sur ma conscience. Personne ne peut comprendre... Il y a des années, j’ai laissé faire un crime horrible. Une petite fille est morte avec ses parents... dans la maison qui se trouve de l’autre côté de la rivière. C’est moi qui avait prévenu les Nazis que cette famille allait venir se réfugier dans cette demeure... Et j’ai tout entendu... mais j’ai laissé faire. Je ne voulais pas cela, je ne voulais pas... A l’époque, je collaborais avec les Allemands par intérêt personnel mais je n’avais pas imaginé ce que j’ai entendu cette nuit-là ! Aujourd’hui, je ne peux plus vivre avec ce poids. Le ciel ne veut même pas de moi là-haut... Comment vais-je soulager ma conscience ?”

L’Ange parla alors à l’âme du désespéré :
“Le lendemain du crime, tu t’es rendu sur les lieux du drame. Dis ce que tu as vu. Parle. Libère ta conscience. Dieu le Tout-Puissant est un dieu de pardon... mais le pardon se mérite. Ce n’est pas un plat tout cuit qui se réchauffe en un clin d’oeil.Tu as commis une faute infiniment grave. Parle donc. Rattrape ton coeur qui s’est flétri de honte et arrose-le de repentir et de transformation. Dis ce que tu sais.”

c90df419ba310756.jpgL’homme parla donc et Gabriel l’écouta, étonné, mais attentif au moindre mot du désespéré :
“Le lendemain, je suis allé dans cette maison. C’était terrible. Des larmes de sang coulaient sur les murs. Sur la table, il y avait un violon. Il semblait phosphorescent et rougeoyait comme une braise consumée par un feu de colère. De l’intérieur de l’instrument sortait une mélodie, telle une plainte si profonde qu’un couteau se planta dans mon coeur. Je chancelai et m’évanouis. Lorsque je revins à moi, j’étais dans la cave de la maison. Une femme vêtue de noir me regardait. Un candélabre allumé par sept flammes brûlait et une petite fille en blanc jouait sur le violon que j’avais remarqué en entrant dans la maison. Je voulus fuir car j’avais peur, très peur. Mais la femme en noir me saisit par le bras et me dit : “Nous sommes morts par votre faute et votre lâcheté, dans d’atroces souffrances. Nous ne pourrons être délivrés de ce cauchemar et reposer en paix que lorsque ce candélabre aura été allumé -chose que je suis pour l’instant seule à savoir- en présence des sept sons de ce violon, en présence des sept couleurs de l’arc-en-ciel, ainsi qu’en présence de...”... Je n’entendis pas la fin car tout s’évanouit et je me réveillai... croyant avoir rêvé. Pourtant, près de moi, il y avait le violon !... Je l’ai pris sous mon manteau et depuis je l’ai toujours gardé. Je me souviens de tout cela comme d’un rêve mais seulement comme d’un rêve, inaccessible et mystérieux.”



VIII.

Esther :

-Je me souviens de ce violon dont je jouais lorsque j’étais encore en vie. Ce violon était toute ma vie car il était le prolongement de mon coeur. Lorsque nous avons fui avec mes parents, c’est la seule chose que j’ai emmenée avec moi. Pour moi ce n’était même pas une chose, ni un objet ; c’était un pont vivant qui me reliait à l’univers et sur ce pont glissaient des notes magiques. Chaque note contenait toutes les couleurs de la vie et pourtant chaque note avait sa couleur.

345a03af01c819c6.jpgJe me souviens que lorsque mes parents m’ont proposé de faire du violon, j’ai tout de suite dit oui... parceque je voulais faire de la musique, peu m’importait l’instrument. Mais, pour tester ma détermination, ils m’ont demandé de choisir entre mon chien et... le violon ; leur raison était que “l’achat d’un violon était coûteux et qu’il fallait pour en acheter un... revendre mon chien de pure race”. A l’époque, j’avais un chien que j’adorais ; mais j’avais aussi le don de lire dans les pensées de mes parents, aussi je savais qu’ils ne me l’enlèveraient pas ! Je leur ai donc répondu que je préférais apprendre le violon et que pour cela j’acceptais de me séparer de mon animal. Finalement... ils m’ont offert un violon et j’ai gardé mon chien ! Malheureusement, mon chien est mort quelques temps plus tard... J’ai eu beaucoup de peine mais dans mon violon, en son âme, j’ai senti l’âme de mon chien. Une petite fille m’a dit un jour : “Ton violon, il est comme ton chien, il te suit partout !” J’ai souri... parce qu’elle avait tout compris sans le savoir.

J’ai appris à aimer la musique à travers mon violon. Je dévorais les notes et les partitions, telle une âme assoiffée d’amour et d’harmonie ; puis j’ai appris à aimer le violon au travers de la musique ; et cet instrument est devenu si proche de mon âme qu’elle l’a adopté comme une partie d’elle-même.

Un jour, mon violon s’est mis à me parler :
“Petite Esther, ne laisse jamais personne te violenter et poser des mains d’adulte pervers sur ton coeur pur ; j’ai connu une petite fille qui apprenait le violon sur mes cordes et qui a été obligée durant des années de subir le martyre que lui infligeait son professeur, c’est à dire des baisers sur la bouche ; il l’obligeait à se taire et un jour elle voulut se jeter sous une voiture ; puis son cauchemar s’arrêta enfin et elle essaya de tirer un trait... un coup d’archet, sur ce viol... Viol d’un violon brisé dans l’âme d’une fillette à l’enfance assassinée... Cri de l’absurde dans les cordes d’un violon sacrifié à l’innocence... Elle voulait m’abandonner car elle ne pouvait me toucher sans penser à ces moments de négation intérieure, d’oubli mortel, de conscience ensevelie ! Mais j’avais la mission de l’aider et, dans un sursaut de force vivante, elle m’a enfin regardé... comme le radeau seul capable de la sauver ! Elle a fait de moi le violon le plus heureux car elle m’a rendu mon âme à travers la sienne !”

Mon violon m’a donc parlé ainsi un jour et puis il s’est tu pour toujours ; il est aujourd’hui entre les mains de l’homme qui nous a donnés aux Nazis. Ma mère s’est entretenu avec cet individu après notre mort mais il croit que c’est un rêve... Seulement, de ce rêve dépendent la libération de nos âmes et le salut de la sienne.

Comme du rêve de Martin Luther King dépend la survie de l’Humanité !


IX.


Gabriel secoua l’homme désespéré qui venait de lui raconter son rêve.
“Qu’as-tu fait du violon ? Où l’as-tu mis ? Tu dois me le dire !”

L’homme sourit tristement et lui dit : “Il est dans ma maison... mais des fleurs ont poussé dedans. Personne ne pourrait en jouer à cause de la mousse et du lierre qui l’ont envahi !...
-Comment cela ?! Les fleurs n’ont jamais empêché un violon de vibrer !”

Le personnage qui venait de parler avait une voix forte et assurée. C’était David, le violoniste, qui arrivait sur les lieux, poussé par le “hasard”, ce phénomène mû par une chose plus forte que lui... la coïncidence.
-Allons le chercher, ce violon ! Il saura bien nous guider à travers les pétales et l’humus de ses cordes !”

Gabriel atteignit la maison de l’homme et monta les marches à la suite du violoniste ; celui-ci brandit le violon verdoyant enlacé de lierre et de capucines.

e0bfc490ea62ca4e.jpgLa tension était telle que l’instrument se mit à vibrer et à rougeoyer si fort que David dût le poser sur la table... Les fleurs s’épanouirent et se fanèrent en un clin d’oeil... Le lierre sécha... La mousse et l’humus disparurent... lorsque soudain une explosion interne bouleversa le violon. L’Univers semblait revivre le Big-Bang au centre de la caisse de résonnance et des sons fusaient de partout. Enfin un seul son demeura et le violon de bois se transforma en violon de cristal. Personne n’avait jamais vu cela !

C’était un pur joyau... où la transparence était ciselée dans l’équilibre des harmoniques ! La lumière traversait le son... qui avait pris naissance dans la matière ! L’accouchement venait d’avoir lieu et le bébé semblait déjà être un vieux sage venu du tréfonds de l’Univers pour apporter la paix, l’harmonie... et l’Amour entre les êtres.

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X.


Gabriel saisit le violon de cristal, émerveillé, et dit à David : “Ce violon, je le sais, sauvera cette famille juive, prisonnière dans ma maison. Mais il manque l’archet... Comment allons-nous faire pour le trouver ?”

David réfléchit et alla chercher son propre étui de violon ; il en sortit un archet à la hausse de nacre... Un poulain semblait galoper sur la fine baguette, à travers la mèche délicatement tendue au bois de pernambouc... Le musicien fit glisser le crin de son archet magique sur les cordes d’acier.

Un arc-en-ciel jaillit de l’ensemble et une musique divine s’éleva. David paraissait transformé intérieurement ! Son corps entier vibrait de mille ondes de joie et d’espérance ; toutes ses cellules souriaient de bonheur et cette allégresse se transmit à ceux qui l’écoutaient jouer.

Il se dirigea vers la maison hantée et Gabriel le suivit ainsi que Michel-Ange ; tous ceux qui les rencontrèrent suivirent le cortège et s’arrêtèrent à l’entrée de la demeure. Elle semblait attendre cet instant ; en effet les murs se mirent à vibrer harmonieusement, en unisson avec l’instrument de cristal, et les volets claquèrent soudain à un rythme stupéfiant !

Les oiseaux s’arrêtèrent de chanter puis reprirent de plus belle. Marie et Elodie, la petite fille de Gabriel, ouvrirent la porte à David, Gabriel et Michel-Ange.

Celui-ci avait un pinceau à la main, tel un archet magique : sa palette était comme un violon aux mille couleurs du soleil dans le ciel des humains. Il commenca à couvrir les murs de nuances mélodieuses et de roses d’aurore dignes des plus beaux flamands... On aurait dit qu’il semait des fleurs à travers sa peinture et que des centaines de colibris venaient emplir la maison grâce à ses gestes de créateur.b4c577137f139c00.jpg

David et Michel-Ange couvrirent ainsi tous les murs d’harmonies sonores et picturales... Enfin ils descendirent au sous-sol et là... une chose étrange se produisit ! Un candélabre semblait les attendre, éteint mais serein d’espérance... Un bible ouverte s’offrait à la lecture et une main invisible en tournait les pages, jusqu’au moment où elles demeurèrent immobiles.

8e4e482fe9cbd516.jpgGabriel se mit alors à lire puis entonna le chant de sa lecture sacrée. David l’accompagnait avec le violon de cristal et l’archet nacré. Michel-Ange, de son côté, traçait mille arc-en-ciels sur les murs et l’espace de la cave. Soudain, tous les arcs de lumière se rejoignirent, formant le sceau de Salomon sur le sol : une étoile à six branches... dont la septième était au centre !

A cet instant, les flammes du candélabre s’allumèrent... Elles étaient sept... Sept personnes se tenaient dans la pièce : il y avait Gabriel qui lisait et psalmodiait, David qui jouait, Michel-Ange qui peignait, Marie qui priait, Elodie qui souriait, l’homme désespéré qui pleurait... et le chat qui méditait.

Sept êtres réunis pour la libération de trois âmes... Sept êtres qui ne voyaient pas Esther, son père et sa mère, les remercier à genoux... sauf peut-être le chat... l’Ange... et la petite fille qui souriait !

Enfin... ils virent tous... trois colombes s’envoler du centre de l’Etoile de David inscrite au sol en lettres d’or et d’arc-en-ciel ; ils virent avec émotion sept roses s’épanouir sur les branches de l’Etoile ainsi qu’en son centre.99cf426f49cb231c.jpg

Ils virent des larmes de rosée tomber du violon de cristal qui explosa dans un concert de voix angéliques semées des cieux ; l’archet nacré demeura dans les mains de David qui le posa au centre du sceau de Salomon.

Les sept êtres présents dans la pièce se donnèrent la main autour de l’étoile. C’est ainsi que le nom de “ Constellation de la Pléiade” fut donné à la maison ressuscitée... Chacun sait que l’étoile la plus importante de cette constellation aux sept flammes se nomme Alcyone... ce qui signifie “la Paix”.

La Bible était ouverte sur la Vision de Zacharie : “Ces sept-là (les sept lampes) sont les yeux de Yahvé : ils voient par toute la terre.”

Les sept flammes s’éteignirent doucement mais dans le coeur de chacun elles ne moururent jamais.

Dieu voyait à travers leurs yeux et le mal ne pourrait plus jamais se répéter... Les crimes nazis ne pourraient plus jamais enfermer les consciences.

Car Dieu ne peut accepter le mal que Ses yeux voient !

L’Humanité non plus... ne peut accepter et, pour cela, la Paix doit toujours régner sur la Terre .9465f575054394f8.jpg


___________________________________________ Chloé LAROCHE

 

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Marie est broyée
Dans les machines froides
Des âmes nazies

La Vierge pleure sans fin
Sur les horreurs humaines__________ haïkou de Chloéef57f2e9970194c2.jpg

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MERCI À MARC CHAGALL POUR SES 14 tableaux.

La photo avec le violon est celle de mon fils prise par moi-même en 2005.

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"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES.... chloe.email@laposte.net___________ Merci d'avance !

 
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