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15/07/2014

Du désir de l'univers que nous soyons vivants... Du désir de la femme d'enfantement et de porter la vie. De notre raison d'être.

th-9.jpegUn jour, un membre de ma famille m'a appris que je n'avais pas été désirée.

Pas désirée par mes parents, c'est-à-dire pas attendue, pas programmée.

Pur fruit du "hasard".

Cela m'avait alors donné un coup sérieux au moral. Comme un coup d'épée au coeur de ma vie d'existant, d'existante.

C'est comme si une personne avait pénétré le destin pour venir me révéler un secret enfoui dans les entrailles de mes parents.

Cela ressemblait à un vol de secret de naissance.

Car au fond, qui peut dire que notre mère ne nous désirait pas ? 

Qui peut dire à quel point elle nous désirait ou non, pour finalement nous porter et nous mettre au monde, pour finalement laisser passer la vie et nous offrir à la temporalité ?

Combien de femmes tombent enceintes, même sous pilule, ou enfantent au mépris de toutes les réserves et de tous les interdits ? Au mépris même de la demande de leur mari ne souhaitant pas d'enfant.

La vie s'impose à travers la femme et le destin s'accomplit afin d'accueillir le bel enfant de l'innocence.

Une phrase m'a sauvée un jour, beaucoup plus tard, entendue et recueillie dans un film. Je l'ai gardée comme un trésor, pierre précieuse que je vous livre ce soir :

"Tu es peut-être un accident pour ta mère mais tu n'es pas un accident pour l'humanité. Nous venons au monde pour une bonne raison."

Ce que je garde aussi en moi comme un présent, c'est que ma mère m'a dit un jour : "Ta naissance a été l'un des plus beaux jours de mon existence, un très beau cadeau, dont je me souviendrai toute ma vie."

Aujourd'hui, elle est décédée, mais je sais que sa vie à elle demeure un grand cadeau aussi, par le don qu'elle m'a fait de son ventre et de ses bras. Même si elle n'a pas su me protéger contre mon père.

 

Chloé Laroche


P.-S. : mon frère vient de sortir son livre "Vainqueur des ténèbres", aux éditions RIC, relatant l'histoire de la famille dans laquelle j'ai grandi. Ce livre est extraordinaire, tant par le talent de son écriture que par la véracité d'un récit poignant et véridique.

LA RÉALITÉ EST BIEN PLUS DÉMENTE QUE LA FICTION

Phryxos Durand, Vainqueur des ténèbreséditions RIC, 2014, 388 pages, ISBN 979-10-92986-29-7

http://www.phryxos.com/premiere_couv.jpg

 

14/05/2014

Un jour d'août, en Maurienne... Récit de la chute d'un ange de quatorze ans, jeune montagnard. Récit sur le destin et l'acceptation de notre impermanence. Notre vie est un mandala.

th-116.jpegBonjour à tous et toutes,

 

Je suis passionnée de montagne et je suis donc dépositaire de cette histoire que je souhaite partager avec vous.

Ces faits sont réels et marquent encore le seul rescapé de cette sortie en montagne, rescapé qui a pris de l'âge mais qui, à chaque 25 août, se souvient et pleure. Il avait seize ans à l'époque mais le destin lui a montré que la mort peut frapper à tout moment et qu'elle peut être terrible et brutale, nous ramenant à notre propre existence de vivants qui bien souvent nous pensons immortels, faisant s'écouler le temps comme si la plage de notre vie était infinie.th-112.jpeg

Un jour donc, il y a fort longtemps, dans les années quarante, en Maurienne, un jeune homme de trente-cinq ans environ décida d'emmener trois jeunes de quatorze, douze et seize ans pour faire l'ascension de la Croix des Têtes en Maurienne.

Il était prêtre et a fait partie de la Résistance, véritable héros de sa région.

Ce jour-là d'août, les quatre hommes laissèrent leur corde dans le sac et grimpèrent comme des chamois dans ces parois que je vous laisse apprécier dans le lien suivant :

http://laurentguerin.pagesperso-orange.fr/montagne/croix-tetes/croix-tetes.html

Le jeune prêtre avait proposé d'emmener Jean, un jeune garçon de quatorze ans qui souffrait d'asthme. "Le bon air de la montagne lui fera du bien", avait-il dit à ses parents.

th-117.jpegEffectivement, lorsque Jean était en montagne, il allait beaucoup mieux et se trouvait transfiguré. Malheureusement, la montagne l'aimait tant aussi qu'elle l'a emporté.

Ils se trouvaient dans une montée de barre rocheuse, dans une paroi, non encordés, lorsque soudain le mauvais temps qui tournait à l'orage leur fit peur. Le meneur décida de redescendre les jeunes gens. Jean se trouvait devant, décalé un peu sur la droite. Il savait se tenir sur les rochers et grimper sur les parois comme un chamois. Mais lorsqu'il voulut redescendre, la pierre sous son pied céda et il chuta, sur plus de trente mètres.th-111.jpeg

Le jeune de seize ans le vit tomber et il se rappelle encore de ce corps disloqué, de ce cerveau éclaté, des membres écartelés par la paroi et les rochers en contrebas. Son ami était mort, si brutalement, si violemment. Sans qu'il ait pu lui dire adieu.  

Il fit preuve d'un grand courage, protégeant en même temps le jeune de douze ans d'autres chutes, car avec le prêtre, ils durent porter le corps jusqu'au torrent le plus proche, avant d'aller chercher des secours pour emmener la dépouille. Ce fut horrible pour ces trois humains qui ne voyaient en la montagne que la résonance de leurs rires quelques heures auparavant. Ils pensaient au fait qu'ils ne s'étaient pas encordés. Seraient-ils encore vivants s'ils avaient été solidaires de leur ami avec la corde installée, emportant les quatre hommes dans un destin final, ou bien auraient-ils pu lui éviter cette chute terrible ?

P1170644 - copie.JPGLes parents du jeune décédé acceptèrent la mort de leur fils sans porter plainte ni chercher d'ennui au meneur de cette randonnée. Ils dirent que c'était le destin, sans vouloir faire porter sur quiconque le poids d'une responsabilité incombant au seul tort d'une pierre qui se décroche, entraînant la chute d'un ange.

Lorsque je contemple les créateurs d'un mandala de sable, j'observe qu'ils créent une oeuvre magnifique, comme la femme porte son bébé en elle durant neuf mois, pour ensuite le donner à la vie.

Puis, le mandala reste là durant des jours, offert à la contemplation de ceux qui savent l'apprécier, dans le silence des yeux qui savourent sa beauté. Jusqu'au jour où l'on ramasse le sable coloré, le ramenant en une urne qu'on offre à la rivière ou aux vents, tel l'être humain qui retourne à la source des âmes, après avoir offert le déroulement de sa vie aux regards des personnes proches qui resteront à jamais habitées par le mandala de son existence désormais finie ici-bas. th-104.jpeg

Chloé Larocheth-114.jpeg




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Images de Mandalas :

http://www.bing.com/images/search?q=mandala&qpvt=mandala&FORM=IGRE#a

 

 

 

28/11/2013

À toi petit garçon tué, assassiné sauvagement par ton papa, lequel est hospitalisé d'office en hôpital psychiatrique depuis le drame.

À TOI PETIT

GARÇON TUÉ_____________

th-24.jpeg


(4 ans, décédé fin novembre 2013 à Toulouse)



Je suis choquée par ta mort brutale

Et voudrais te dire tous mes regrets

Pour ta vie arrachée, pour ces coups donnés

Devant des témoins impuissants


th-23.jpegJe suis choquée par ton terrible décès 

Projeté par ton père du haut d'un toit

Tabassé, massacré, exécuté, mort

Je pense à ta mère effondrée


Je suis choquée par cette violence

Qui emporte des enfants, des bébés 

Comme l'ogre emporte Petit Poucet

Dans la forêt du sombre inconscientth-21.jpeg


Je suis choquée par ta vie déracinée

Petit garçon qui ne verra pas le Père Noël

Que les anges prennent bien soin de toi

Je vous en prie là-haut : prenez-bien soin de lui


... et emplissez ses petits souliers de toutes nos pensées, nos regrets, notre amour, nos larmes d'humains impuissants devant la vague violente.th-22.jpeg


Chloé LAROCHE


http://www.midilibre.fr/2013/11/25/toulouse-un-pere-arrete-apres-la-mort-de-son-fils-de-4-ans,787979.php

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Kristale a écrit ceci en commentaire le 26/11/2013

et j'aurais écrit la même chose... en enlevant le mot "haine"


"je viens de lire que des témoins ont vu ce bourreau balancer ce petit ange par dessus un parking, puis venir le récupérer pour l'achever en le cognant sans cesse sur le trottoir, ET PERSONNE N'A BOUGE!!!!!!! ils ont laissé faire, ce petit amour est mort la tête fracassée ET PERSONNE NE BOUGE, mais j'ai de la haine, de la haine, existe t-il encore sur cette terre des humains, si j'avais été témoin j'aurai tout essayé pour enlever cet enfant de ce monstre et je suis une femme, plus personne ne fait, il est plus facile de laisser des messages de condoléances sur ces petits enfants martyrs que de les sauver, j'ai vraiment de la haine."



 
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