Avertir le modérateur

14/05/2014

Un jour d'août, en Maurienne... Récit de la chute d'un ange de quatorze ans, jeune montagnard. Récit sur le destin et l'acceptation de notre impermanence. Notre vie est un mandala.

th-116.jpegBonjour à tous et toutes,

 

Je suis passionnée de montagne et je suis donc dépositaire de cette histoire que je souhaite partager avec vous.

Ces faits sont réels et marquent encore le seul rescapé de cette sortie en montagne, rescapé qui a pris de l'âge mais qui, à chaque 25 août, se souvient et pleure. Il avait seize ans à l'époque mais le destin lui a montré que la mort peut frapper à tout moment et qu'elle peut être terrible et brutale, nous ramenant à notre propre existence de vivants qui bien souvent nous pensons immortels, faisant s'écouler le temps comme si la plage de notre vie était infinie.th-112.jpeg

Un jour donc, il y a fort longtemps, dans les années quarante, en Maurienne, un jeune homme de trente-cinq ans environ décida d'emmener trois jeunes de quatorze, douze et seize ans pour faire l'ascension de la Croix des Têtes en Maurienne.

Il était prêtre et a fait partie de la Résistance, véritable héros de sa région.

Ce jour-là d'août, les quatre hommes laissèrent leur corde dans le sac et grimpèrent comme des chamois dans ces parois que je vous laisse apprécier dans le lien suivant :

http://laurentguerin.pagesperso-orange.fr/montagne/croix-tetes/croix-tetes.html

Le jeune prêtre avait proposé d'emmener Jean, un jeune garçon de quatorze ans qui souffrait d'asthme. "Le bon air de la montagne lui fera du bien", avait-il dit à ses parents.

th-117.jpegEffectivement, lorsque Jean était en montagne, il allait beaucoup mieux et se trouvait transfiguré. Malheureusement, la montagne l'aimait tant aussi qu'elle l'a emporté.

Ils se trouvaient dans une montée de barre rocheuse, dans une paroi, non encordés, lorsque soudain le mauvais temps qui tournait à l'orage leur fit peur. Le meneur décida de redescendre les jeunes gens. Jean se trouvait devant, décalé un peu sur la droite. Il savait se tenir sur les rochers et grimper sur les parois comme un chamois. Mais lorsqu'il voulut redescendre, la pierre sous son pied céda et il chuta, sur plus de trente mètres.th-111.jpeg

Le jeune de seize ans le vit tomber et il se rappelle encore de ce corps disloqué, de ce cerveau éclaté, des membres écartelés par la paroi et les rochers en contrebas. Son ami était mort, si brutalement, si violemment. Sans qu'il ait pu lui dire adieu.  

Il fit preuve d'un grand courage, protégeant en même temps le jeune de douze ans d'autres chutes, car avec le prêtre, ils durent porter le corps jusqu'au torrent le plus proche, avant d'aller chercher des secours pour emmener la dépouille. Ce fut horrible pour ces trois humains qui ne voyaient en la montagne que la résonance de leurs rires quelques heures auparavant. Ils pensaient au fait qu'ils ne s'étaient pas encordés. Seraient-ils encore vivants s'ils avaient été solidaires de leur ami avec la corde installée, emportant les quatre hommes dans un destin final, ou bien auraient-ils pu lui éviter cette chute terrible ?

P1170644 - copie.JPGLes parents du jeune décédé acceptèrent la mort de leur fils sans porter plainte ni chercher d'ennui au meneur de cette randonnée. Ils dirent que c'était le destin, sans vouloir faire porter sur quiconque le poids d'une responsabilité incombant au seul tort d'une pierre qui se décroche, entraînant la chute d'un ange.

Lorsque je contemple les créateurs d'un mandala de sable, j'observe qu'ils créent une oeuvre magnifique, comme la femme porte son bébé en elle durant neuf mois, pour ensuite le donner à la vie.

Puis, le mandala reste là durant des jours, offert à la contemplation de ceux qui savent l'apprécier, dans le silence des yeux qui savourent sa beauté. Jusqu'au jour où l'on ramasse le sable coloré, le ramenant en une urne qu'on offre à la rivière ou aux vents, tel l'être humain qui retourne à la source des âmes, après avoir offert le déroulement de sa vie aux regards des personnes proches qui resteront à jamais habitées par le mandala de son existence désormais finie ici-bas. th-104.jpeg

Chloé Larocheth-114.jpeg




____________________________


Images de Mandalas :

http://www.bing.com/images/search?q=mandala&qpvt=mandala&FORM=IGRE#a

 

 

 

14/01/2013

L'Odyssée de PI. Une traversée de la vie, de nos vies. Traduction de ce film et symbolisme.

L-Odyssee-de-Pi-3D_portrait_w193h257.jpgBonsoir à tous et toutes,


Le film "L'Odyssée de PI" de Ang Lee nous emporte dans un tourbillon d'images, de pensées et d'émotions incroyables.

Nous vivons avec PI, ce garçon ayant traversé l'océan avec un tigre, l'aventure intérieure d'un homme trouvant un courage et une force extraordinaire pour survivre et trouver un sens à son drame.images.jpeg

Cet homme a embrassé les trois religions tout jeune, pensant que la maison de Dieu comporte plusieurs pièces et qu'à chaque étage, il y a la place pour le doute. Le doute permet à mon sens d'asseoir une croyance sincère et profonde. Car sans doute et sans recherche personnelle, la foi n'est qu'une imposition, un marquage au fer de l'éducation.

images-3.jpegLe jeune homme se retrouve face au tigre de son enfance, sur une barque, seul sur l'océan. J'ai fait le parallèle avec le fait de se retrouver face à nos peurs, à notre passé, à notre inconscient, à nos blessures, à nos traumatismes, à notre tigre intérieur, celui que nous devons apprivoiser pour avancer et grandir. Le tigre est notre totem, comme l'animal en nous pouvant devenir notre allié, avec nos pulsions, nos colères, notre sensualité, notre animalité qui, devenue soumise à notre âme, peut transformer notre vie en oasis, en havre de paix et de sérénité.Unknown.jpeg

Ce tigre du Bengale est beau, majestueux, mais il fait peur. Pourtant, Pi va arriver à le soumettre, à vivre avec lui, à se faire respecter sans lui faire de mal, sans le tuer, et même en le sauvant. Mais en le sauvant, il s'est sauvé lui-même, car en le tuant, il se serait mutilé à jamais du meilleur de son être.

images-1.jpegEt puis, il admire le monde, PI. Il admire l'océan, le ciel, les profondeurs, la lumière, la tempête. Il laisse couler les larmes du deuil de ses parents, morts dans la tempête. Il pleure son frère. Il est seul désormais et apprend le renoncement. Le renoncement appelant l'acceptation de son destin.

PI vit la réalité des survivants, ceux qui sont seuls à rester vivants alors que les autres sont morts. Cette réalité est difficile à vivre car on voudrait pouvoir être partis avec ceux qu'on aime mais on doit vivre le restant de notre destin, sans rechigner à la tâche qui nous reste à accomplir.

La sagesse est de renoncer à ce qui a été, au bonheur antérieur vécu pour aller vers d'autres rives, vers d'autres îles, vers d'autres amours, vers d'autres liens humains.porte-coup-ah-coeur-rose-img.jpg

PI, je te remercie et je remercie le tigre qui est en nous, en moi, en toi... Qu'il nous protège à jamais dans la jungle de la vie que nous traversons.

odyssee-pi-featurette-voyage_5azzd_2bxgbe.jpgChloé LAROCHE



 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu