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25/04/2014

Lettre ouverte d'une ambulancière et conductrice de taxi conventionné par la Sécurité Sociale.

Depuis le 1er avril, la Sécurité Sociale impose à tous les ambulanciers et taxis -conventionnés pour le transport sanitaire- une nouvelle loi... Vous pensez que c'est un poisson d'avril ? Hé bien non, c'est une véritable obligation qui demande que les bons de transport soit datés d'avant le jour du transport.

Beaucoup de patients se rendent à l'hôpital pour une consultation ou bien pour des traitements réguliers et ne vont pas nécessairement chez leur médecin traitant avant, donc les médecins des Hôpitaux, des Cliniques et des cabinets privés, se retrouvent à devoir antidater les bons de transport, pour satisfaire à cette nouvelle loi de la Sécurité Sociale. Ou bien faut-il encore creuser le trou de la Sécu en se rendant chez son médecin juste pour obtenir un bon de transport afin d'être transportés ultérieurement ?

Dans les Mapad et dans les EHPAD, des personnes âgées sont transportées vers des spécialistes le jour-même. Les médecins de ces établissements de longs séjours médicalisés doivent pouvoir dater la prescription de transport du jour du trajet, comme l'ensemble des médecins, sans devoir se casser la tête pour la date de prescription du transport et sans devoir prendre le risque d'être dans l'illégalité, en antidatant le bon de transport, face à l'ambulancier ou face au conducteur de taxi qui attend le précieux sésame payant son travail.

C'est encore une personne bien à l'abri dans son bureau qui a créé cette nouvelle obligation, des fois que notre métier sur la route et auprès des patients ne serait pas assez difficile !

Il faudra donc vérifier que notre bon de transport ne soit pas daté du jour du transport de chaque patient... En plus des reproches qu'on nous fait lorsque nous faisons les entrées dans les hôpitaux. C'est nous qui faisons les papiers d'entrée dans les établissements hospitaliers et comme nous sommes prioritaires, nous passons devant les patients qui attendent leur tour. Nous essuyons parfois les invectives de certains patients qui ne sont pas contents après nous.

Et nous qui avons déjà un planning fou à respecter, qui faisons des centaines de kilomètres par jour, qui accompagnons avec dévouement des dizaines de patients chaque semaine, qui évitons chaque jour une somme  astronomique d'accidents, parfois mortels... nous écoutons ces reproches  avec désolation et tristesse, car nous ne méritons pas ce manque de considération.

C'est comme lorsqu'on entend les critiques de la presse et des médias qui nous jettent la pierre lors d'escroqueries par des patrons d'ambulances véreux. Cela arrive malheureusement parfois que des patrons facturent des transports fictifs ou bien trichent sur les facturations, ce qui jette l'opprobre sur notre profession déjà peu valorisée. On dit ensuite de nous que les ambulanciers privés et les taxis conventionnés creusent le trou de la Sécurité Sociale, alors que nous rendons service à des milliers de personnes atteintes par le cancer, la sclérose en plaques, le handicap avec pathologies lourdes, l'insuffisance rénale grave entraînant la dialyse, et tellement d'autres maladies graves... en les transportant avec tout le professionnalisme que nous avons acquis. 

Je peux témoigner que toutes les personnes que je transporte souffrent de malaises, de vertiges, de fatigue intense, de multiples symptômes et ne pourraient en aucun cas conduire une voiture, même si à première vue, elles se tiennent debout, pour la plupart. 

Tous les patients me remercient pour mon écoute, ma conduite souple, la sécurité routière que je respecte et mon dévouement. Ils sont reconnaissants de ce passage agréable entre leur domicile et le lieu de leur traitement.

Je transmets tous les compliments reçus à l'ensemble de la profession qui mérite les mêmes compliments et retours positifs sur un métier qui demande abnégation, adaptabilité, conscience professionnelle et aussi solidité morale et robustesse physique  lorsqu'on considère les heures effectuées chaque semaine, les kilomètres parcourus, les accidents évités et les patients satisfaits et réconfortés.

Notre profession mériterait d'être valorisée, reconnue, respectée et que nous soyons rattachés, en ce qui concerne les ambulanciers et conducteurs de taxis médicalisés et conventionnés Sécu, au Ministère de la Santé et non à celui du Transport. En effet, nous ne transportons pas des colis mais des personnes humaines  envers lesquelles nous avons l'obligation de surveiller l'état de santé, lors de la prise en charge et aussi lors du transport. C'est pour cela que tous les taxis, depuis 1995, ont l'obligation de passer le PSC1 : la formation "Prévention et secours civiques de niveau 1", équivalent à l'ancien Brevet de Secourisme.

D'autre part, au vu du nombre de kilomètres effectués chaque jour et considérant que nous avons en charge des vies humaines, qui demandent parfois qu'on puisse arriver au plus vite sur le lieu du traitement ou de l'hospitalisation, il serait souhaitable que nous puissions bénéficier d'une faveur de vingt pour cent sur la vitesse autorisée, car lorsque en ville, sur une grande ligne droite, on se fait prendre à soixante kilomètres à l'heure, avec amende, alors que nous avions à bord une personne âgée qui se sentait mal, handicapée et avec une grosse pathologie, c'est tout de même terrible que l'ambulancier récolte du mal pour le bien qu'il a fait, en accompagnant au mieux la personne qu'il transporte.

Je transmets cette lettre au Ministre des Transports et au Directeur Général de la Sécurité Sociale.

Chloé Laroche

(titulaire depuis 2003 du Certificat de Capacité Professionnelle du Conducteur de Taxi (CCPCT), plus titulaire du diplôme d'Ambulancier (CCA), en outre : ambulancière depuis 2002 et taxi depuis 2003, dans un poste aujourd'hui alliant les deux métiers)


________________________________

À lire pour info :


http://www.formation-ambulancier.fr

http://www.officiel-taxi.fr/formation/formation-p4-r42.html

http://www.sante.gouv.fr/ambulancier,10828.html



15/03/2009

Roulant chaque jour de quatre à huit heures pour mon métier, je témoigne de feux rouges grillés devant mes yeux et au mépris de la vie des autres automobilistes. Coup de colère et un mois de compte-rendu journalier de conduite routière.

Bonsoir à tous et toutes,

panneaux-insolites-swaziland-1151657730-1157632.jpgAujourd'hui, comme chaque jour, je suis témoin dans ma ville de Grenoble, et notamment lorsque je traverse en voiture les quartiers Léon Jouhaux, Abbaye, Teisseire... je suis témoin d'actes de violence routière et de feux rouges grillés.

Je suis une professionnelle de la route, roulant pour conduire et accompagner des personnes handicapées, des adolescents autistes et handicapés mentaux, des personnes âgées. Je roule entre quatre heures et huit heures par jour, essentiellement en ville.

Ma priorité est de laisser passer les piétons, chaque fois qu'ils attendent pour traverser, devant un passage piéton. Je ralentis au maximum dès que je vois un enfant près de la chaussée ou quand je suis dans une voie étroite avec des piétons en danger d'accrochage. Je fais aussi très attention aux vélos et aux motos, avec une distance de sécurité importante. Je ralentis à l'approche des feux, même si c'est vert, de façon à pouvoir m'arrêter à l'orange, et je regarde toujours à gauche et à droite lorsque le feu passe au vert pour moi... afin d'éviter la mort ou l'accident lorsqu'une autre voiture grille le rouge. panneaux-insolites-namibie-1391321544-1153853.jpg

Toutes ces précautions m'ont évité de nombreux accidents et font que je suis toujours en vie, alors que je roule beaucoup. Mes passagers sont aussi en vie. Et j'ai tous mes points sur mon permis.

J'écris cet article aujourd'hui pour témoigner de mon expérience et de mon rôle de témoin sur la route.

autres-insolite-guadeloupe-1390638350-1219090.jpgAinsi, j'ai été témoin il y a quelques jours d'une voiture, rue Léon Jouhaux, qui n'a pas hésité à doubler les deux voitures devant elle... arrêtées à l'instant au rouge... pour traverser le carrefour où se trouve l'école Jules Ferry, au croisement avec la rue Moyrand. Le conducteur a vu les deux voitures devant lui s'arrêter et a doublé pour traverser au rouge, au mépris des voitures passant au vert et des piétons !!!!!

J'ai été témoin aussi d'une voiture venant derrière moi, de la cité Teisseire... me doubler avec agressivité, alors que je m'arrêtais au rouge, au croisement de la rue Léon Jouhaux avec l'avenue des Jeux Olympiques, et traverser le carrefour comme une furie, en direction du lycée Argouges. À ce carrefour, soyez très prudents, car j'ai été témoin de plusieurs incivilités routières.

L'autre jour aussi, en trois minutes d'intervalle : deux feux rouges grillés devant moi par deux véhicules différents ; l'un devant l'IUFM, avenue Marcelin Berthelot, au feu de la rue Marcel Perreto, puis un à la sortie de la rue Ponsard en arrivant sur l'avenue Jean Perrot. autres-urbanisme-france-1314091803-1118507.jpg

Une autre fois, au carrefour de la rue Jeanne d'Arc avec la rue Claude Genin, une voiture passe en trombe au feu rouge. Et ce n'est pas la seule fois en cet endroit.

Ces quartiers sont une "zone de non-droit" pour la circulation routière. Alors, soyez prudents. Ouvrez grands vos yeux et roulez doucement. Même si vous énervez les gens derrière. 

Et ceci, partout... car des feux rouges grillés ou des piétons qu'on ne laisse pas passer... j'en vois partout. Ainsi que des priorités non respectées et des conducteurs énervés, qui n'aiment pas qu'on soit prudent aux carrefours.

Je vois aussi un nombre inquiétant de conducteurs qui ne connaissent pas l'emploi du kit mains-libres et qui téléphonent sans complexe avec l'appareil collé sur l'oreille. Et combien d'enfants sans ceinture... Combien d'enfants sur des vélos, enfants non attachés et sans casque. Le sourire du papa ou de la maman, fier de ménager une planète en souffrance en promenant son enfant en vélo, serait figé glacial de voir son enfant faire un vol plané mortel lors d'un choc avec une voiture.

L'important est de rester maître de son véhicule afin qu'il ne devienne pas une machine à tuer ou une roulette russe.

panneaux-insolites-france-1235322652-1133425.jpgAfin qu'il demeure un outil respectueux d'autrui et surtout de ceux qui nous rencontrent et qui sont vulnérables : les piétons, les vélos, les motos, les enfants.

Bonne soirée !

Chloé Laroche

PS : Je compte poursuivre ces jours-ci une chronique journalière des infractions routières constatées dans ma ville, avec des détails témoignants de la violence routière quotidienne.

 

 

 
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