Avertir le modérateur

23/08/2016

Ma proposition de familles d'accueil en France pour les migrants, réfugiés et demandeurs d'asiles. Les politiques demeurent tièdes sur cette question et les solutions tardent à se mettre en place.

Mon dernier article à lire... pour ne pas oublier ceux de l'hiver prochain, ceux qui dormiront dehors, ceux qui ont parcouru tant de chemin pour fuir l'horreur de leur pays.

 

___________________________ migrant,accueil,familles d'accueil,demandeur asile,asile,réfugié,ada,grenoble,le 115,urgence,hébergement,allocation ATA,mort,méditerranée,commune,politique,tiédeur,xénophobie,rejet,haine,entraide,humain,bénévole,famille,détresse,enfant,rue,sdf,sans abri,amnesty,mairie,aide,subvention,indemnité d'accueil,proposition,allocation d'accueil,naufrage,espoir,peuple,fuite,exil,réinsertion,isère,france,monde,turquie,syrie,afrique,é

 

 

Bonjour à tous et toutes,

 

Comme le savent mes fidèles lecteurs, je suis blogueuse depuis de longues années, bientôt dix ans avec vous, et aussi écrivain engagée pour la solidarité.

J’ai écrit et fais éditer l'année dernière : « Solidarité puissance toi » pour dire que nous pouvons être chacun un phare d’entraide et un maillon de solidarité pour nos concitoyens.

Je suis dans ma vie de tous les jours taxi-ambulancière, très sensible aux domaines de la santé et du handicap. Je rencontre et transporte chaque jour des personnes touchées par des accidents très graves de la vie et par la maladie. Mes patients se battent pour la vie et pour reconquérir la liberté de se mouvoir et d'être heureux comme avant. Parfois, ils ne retrouvent pas leur vie d'avant mais ils travaillent à repartir dans une deuxième vie différente, souvent même plus riche encore en explosions de vie et en amour de l'existence restante.

Je suis aussi très sensible aux problèmes d’accueil des sans-abris et des migrants, aux enfants vivant dans la rue aussi ; une centaine d'enfants n'ont pas eu de véritable toit l’hiver dernier à Grenoble. Le numéro d’appel d’urgence, le 115, a dû refuser sans arrêt de l’aide aux appelants, les places d’accueil manquant cruellement. Les écoutants sont obligés de répondre par la négative à 98 pour cent des appels de détresse. Chaque jour, le 115 de l'Isère reçoit entre 60 et 150 appels. C'est un véritable drame social et humain.

En outre, je suis préoccupée par le fait que le Gouvernement reste sourd à la réalité suivante : quatre-vingt-deux pour cent (82 %) des Français sont favorables à l’accueil des migrants sur notre sol, par exemple dans des familles d’accueil volontaires. Rien ne se fait dans ce sens ou alors du bout des lèvres. J'ai par exemple compris que c'était "politiquement correct" d'aider une famille de réfugiés dans une commune ; j'ai entendu ceci de la bouche d'une élue d'une commune iséroise. "Cela fait bien politiquement, tu comprends". On prête un logement, on laisse les bénévoles faire le boulot et puis tout le monde est content. Et toutes les autres familles de réfugiés et de demandeurs d'asile : celles qui restent sur le pavé, celles qui pourraient trouver refuge chez des français généreux et ouvrant leur porte ?

Pourtant, sachez que l’État français donne de l’argent aux migrants lorsqu’ils ont le droit de rester sur notre sol comme réfugiés, et aussi en attendant d'avoir un statut de réfugié, mais personne ne se dit : « Tiens, tel migrant pourrait donner une partie de ce qu’il reçoit à une famille d’accueil et ainsi, nombre de familles accepterait de recevoir ce migrant afin qu'il ait un toit et qu'il soit mieux intégré dans notre pays."

Puisque le demandeur d’asile touche trois cent quarante-trois euros par mois (343), aide appelée allocation ATA et donnée lorsqu'il n'y a pas de place d’hébergement offert par l’État, je propose qu’il reverse à une famille l'aidant à favoriser son insertion en France deux-cent cinquante euros par mois (250) pour les divers frais d'accueil, de nourriture et d'hébergement. Car rappelons-nous que les plus grands coeurs sont ceux des plus pauvres et des moins riches. 

Je propose aussi que la Mairie de commune de chaque famille d'accueil de réfugié ou demandeur d'asile reverse cent euros par mois d’hébergement à cette famille, sachant que les Mairies reçoivent une aide de mille euros par migrant reçu dans la commune. Cela permettrait de trouver une logique équitable et de résoudre le problème de l’accueil dans notre pays. En sachant que chaque famille candidate serait suivie régulièrement par un passage d’éducateurs et de psychologues.

Il faut savoir que le migrant demandeur d’asile ne reçoit, s’il est en Centre d’accueil, que trois euros par jour. Cela signifie que le reste de son aide ATA revient au Centre d’hébergement, soit 250 euros. Alors pourquoi ne pas faire la même chose avec des familles d’accueil pouvant proposer un accueil à la maison ? Je vous rappelle que le coût de l’hébergement des demandeurs d’asile est estimé à 350 millions d’euros par an, alors si on en est là, à voir des personnes croupir dans la rue ou dans des bidonvilles de fortune près des grandes villes, c’est que l’État a peur politiquement de s’engager face à des partis xénophobes et nationalistes.

Il est plus simple évidemment de continuer de fermer les yeux sur tous les migrants morts en Méditerranée, plus de dix mille à ce jour, ou de donner de l'argent à la Turquie pour garder les "indésirables" ailleurs. Il est plus simple de vider les camps de fortune des migrants afin de les voir éparpillés comme un troupeau sur lequel on tire dessus à bout portant. Il est si simple de devenir indifférent à une tente en plein Paris ou à une mère dormant dans une cabine téléphonique avec son bébé.

Il est aussi si simple de me répondre : "Comment ??? Tu veux prendre l'argent donné aux réfugiés. Cela ne se fait pas !!"

-Ah bon, tu préfères voir les migrants dans la rue, toi, sans avenir, sans toit, sans école ??

 

Chloé Larochemigrant,accueil,familles d'accueil,demandeur asile,asile,réfugié,ada,grenoble,le 115,urgence,hébergement,allocation ATA,mort,méditerranée,commune,politique,tiédeur,xénophobie,rejet,haine,entraide,humain,bénévole,famille,détresse,enfant,rue,sdf,sans abri,amnesty,mairie,aide,subvention,indemnité d'accueil,proposition,allocation d'accueil,naufrage,espoir,peuple,fuite,exil,réinsertion,isère,france,monde,turquie,syrie,afrique,é

____________________

 

Liens importants à consulter :

 

http://missingmigrants.iom.int/

http://ada-grenoble.org/

http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/le-vrai-du-faux/2015/09/16/29003-20150916ARTFIG00326-rsa-apl-cmu-ces-aides-dont-beneficient-les-migrants-en-france.php

http://www.ledauphine.com/isere-sud/2012/12/27/au-115-c-est-de-plus-en-plus-insupportable

http://www.liberation.fr/migrants-files,100527

http://www.leparisien.fr/international/migrants-plus-de-10-000-morts-en-mediterranee-depuis-2014-selon-l-onu-07-06-2016-5863307.php

http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Refugies-et-migrants/Actualites/82-des-Francais-sont-favorables-accueil-des-refugies-18386?prehome=0

20/02/2016

Mon appel au 115 et ma proposition au Préfet de trouver des familles d'hébergement pour les sans abris et les enfants qui dorment dehors dans notre région grenobloise.

le 115, sans-abris,grenoble,hébergement,sdf,samu social,vinci codex,maraude,enfant dans la rue,solidarité,entraide,préfet,places centres hébergement,rue,dormir dehors,froid,hiver,familles d'accueil,jean-marie delmas,dauphiné libéré,france bleu isère,entraide,aide,fonds,accueil,drame,crise,étranger,hospitalité,coeur,amour,isère,

 

Bonjour à tous et toutes,

 

Il y a quelques jours, j'ai été très sensible à l'appel du Directeur du 115 dans les médias sur Grenoble, Jean-Marie Delmas, avec cet appel terrible de sa part disant qu'il existe environ quatre-vingt enfants grenoblois dormant dehors avec leurs parents et qu'il manque environ neuf cent places dans l'Isère pour héberger des personnes sans domicile.

Voir un article décrivant cet appel déchirant :

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/pauvrete-80-enfants-dorment-dehors-chaque-nuit-en-isere-1453277355

J'ai essayé, à la suite de cet appel, de communiquer avec le directeur d'une des associations oeuvrant beaucoup pour les sans-abris sur Grenoble, lui demandant pourquoi ne faisait-on pas appel à des particuliers pouvant héberger ces personnes, avec une somme modique donnée mensuellement pour couvrir les frais (nourriture, frais divers, eau, etc)... vu que l'argent existe, que les fonds ont été votés par l'État mais que les places d'hébergement n'existent pas. le 115,sans-abris,grenoble,hébergement,sdf,samu social,vinci codex,maraude,enfant dans la rue,solidarité,entraide,préfet,places centres hébergement,rue,dormir dehors,froid,hiver,familles d'accueil,jean-marie delmas,dauphiné libéré,france bleu isère,aide,fonds,accueil,drame,crise,étranger,hospitalité,coeur,amour,isère

Aujourd'hui, alors que je suis passée au Centre Ville, j'ai rencontré un jeune de l'Est, assis par terre, en train de mendier, avec un panneau disant qu'il était sans abri. Comme il ne bougeait plus et avait le visage caché sous sa capuche d'anorak, je suis allée le voir, je l'ai réveillé pour savoir s'il allait bien. Je dois dire que nombre de personnes étaient passées devant lui sans s'arrêter ni s'inquiéter de son état. Je me dis qu'il aurait pu être mort, c'était pareil !

Le monde s'affaire autour d'un homme à terre, mange, rit, parle, cause... sans s'émouvoir d'un être humain dont on ne sait pas s'il dort, s'il est mort ou s'il se sent mal. 

J'ai parlé un peu avec lui. En fait, il a une tente dans la montagne, quelque part, mais il a froid la nuit. Il a demandé un lieu d'asile mais sans succès. Il a vingt ans. Il vient d'un lointain pays et mendie pour subsister.le 115, sans-abris,grenoble,hébergement,sdf,samu social,vinci codex,maraude,enfant dans la rue,solidarité,entraide,préfet,places centres hébergement,rue,dormir dehors,froid,hiver,familles d'accueil,jean-marie delmas,dauphiné libéré,france bleu isère,entraide,aide,fonds,accueil,drame,crise,étranger,hospitalité,coeur,amour,isère,

J'ai donc appelé le 115. Une charmante dame m'a répondu. Elle m'a dit qu'il n'y avait plus de places d'hébergement et qu'il n'y aurait pas de maraudes ce soir. Elle m'a dit qu'il fallait rappeler tous les jours. J'ai rappelé le soir-même au 115 pour en savoir plus, discutant avec une autre dame, d'une gentillesse extrême.

J'ai donc demandé si une solution avait été trouvée pour les enfants qui dorment dehors, à la suite de l'appel de Jean-Marie Delmas. Non, aucune solution n'a été trouvée. Le Préfet ne donne des solutions que pour les femmes isolées avec des enfants de moins d'un an. Il existe aussi des propositions aux familles de prendre leurs enfants afin de s'en occuper et de les mettre en foyers d'hébergement, mais sans leurs parents. Quel parent aurait le coeur de laisser son enfant ? Aucune famille n'accepte cela, ce qui fait qu'en ce jour, des familles dorment dans des allées, sous des tentes, sur des paliers de portes d'entrée, dans des cages d'escaliers. Elle se cachent, elles survivent mais dans des conditions innommables.

La première dame m'ayant répondu au 115 m'a dit ces mots terribles : "Vous vous rendez compte, il y a des enfants de onze ans qui dorment dehors !!!!"

le 115,sans-abris,grenoble,hébergement,sdf,samu social,vinci codex,maraude,enfant dans la rue,solidarité,entraide,préfet,places centres hébergement,rue,dormir dehors,froid,hiver,familles d'accueil,jean-marie delmas,dauphiné libéré,france bleu isère,aide,fonds,accueil,drame,crise,étranger,hospitalité,coeur,amour,isère

le 115,sans-abris,grenoble,hébergement,sdf,samu social,vinci codex,maraude,enfant dans la rue,solidarité,entraide,préfet,places centres hébergement,rue,dormir dehors,froid,hiver,familles d'accueil,jean-marie delmas,dauphiné libéré,france bleu isère,aide,fonds,accueil,drame,crise,étranger,hospitalité,coeur,amour,isère


La dame du 115 que j'ai eu ce soir au téléphone m'a dit : "Répondre au 115 est de plus en plus difficile car on est obligés de répondre par la négative à de nombreux appels de détresse et c'est terrible. Alors, on réconforte au téléphone, on essaye d'aiguiller vers les maraudes, vers des associations, vers des centres d'accueil. On ne nous donne pas assez de places d'hébergement."

Puis j'ai trouvé cet article qui date déjà de décembre 2012 :

http://www.ledauphine.com/isere-sud/2012/12/27/au-115-c-est-de-plus-en-plus-insupportable

En fait, rien n'a changé depuis cet article, c'est de pire en pire.

Heureusement que la Croix-Rouge et Vinci-Codex, Samu Social de Grenoble, sont présents pour les maraudes et le soutien psychologique et physique, par l'apport de nourriture, d'écoute, de chaleur humaine et de couvertures.

Voici cet article de 2013 relatant leur action : 

http://www.placegrenet.fr/2013/11/27/sans-abris-appel-samu-social-grenoblel/15878

le 115,sans-abris,grenoble,hébergement,sdf,samu social,vinci codex,maraude,enfant dans la rue,solidarité,entraide,préfet,places centres hébergement,rue,dormir dehors,froid,hiver,familles d'accueil,jean-marie delmas,dauphiné libéré,france bleu isère,aide,fonds,accueil,drame,crise,étranger,hospitalité,coeur,amour,isère


Je vais aider ce jeune de vingt ans dont je vous ai parlé plus haut. Je vous en dirai plus dans un prochain article. Mais si en attendant, vous êtes une famille ou un particulier qui a envie d'héberger des personnes sans abris, faites-le moi savoir et nous pourrions créer un réseau d'entraide, avec un projet à proposer au Préfet, en proposant notre toit et notre nourriture mais en demandant une aide mensuelle afin de nous aider, car c'est souvent ceux qui ont le moins de moyens qui ouvrent leur porte, alors, vu que pour chaque personne dans la rue, il existe une aide financière mais qu'il n'y a pas de place pour elles, alors proposons autre chose, même si ce n'est qu'une proposition de cinq à dix euros par jour par personne hébergée. Peut-être que cette proposition coûterait moins cher qu'une place en centre d'hébergement ou à l'hôtel.

le 115,sans-abris,grenoble,hébergement,sdf,samu social,vinci codex,maraude,enfant dans la rue,solidarité,entraide,préfet,places centres hébergement,rue,dormir dehors,froid,hiver,familles d'accueil,jean-marie delmas,dauphiné libéré,france bleu isère,aide,fonds,accueil,drame,crise,étranger,hospitalité,coeur,amour,isèreMercide me contacter si cette idée vous intéresse afin que nous puissions organiser un réseau et une liste d'adresses de familles hébergeantes

Personnellement, j'ai déjà hébergé trois personnes d'origine étrangère mineures, placées chez moi par le Codase, Protection de l'Enfance, et je recevais une contribution pour chaque jour d'un montant couvrant les frais de nourriture et de logement, mais sans salaire. C'est cela qui devrait être fait pour trouver des familles d'hébergement et des toits pour éviter que des familles et des enfants dorment dehors, dans notre beau pays des Droits de l'Homme.

Voici mon email si vous souhaitez rejoindre ma proposition ou bien me donner des idées ou me proposer un échange d'idées : ac.laroche38@gmail.com

 

Chloé LAROCHEle 115, sans-abris,grenoble,hébergement,sdf,samu social,vinci codex,maraude,enfant dans la rue,solidarité,entraide,préfet,places centres hébergement,rue,dormir dehors,froid,hiver,familles d'accueil,jean-marie delmas,dauphiné libéré,france bleu isère,entraide,aide,fonds,accueil,drame,crise,étranger,hospitalité,coeur,amour,isère,le 115, sans-abris,grenoble,hébergement,sdf,samu social,vinci codex,maraude,enfant dans la rue,solidarité,entraide,préfet,places centres hébergement,rue,dormir dehors,froid,hiver,familles d'accueil,jean-marie delmas,dauphiné libéré,france bleu isère,entraide,aide,fonds,accueil,drame,crise,étranger,hospitalité,coeur,amour,isère,

 

 

 

 

15/10/2013

Monsieur HOLLANDE, Président... ne permettez pas que l'État déscolarise des enfants. Vives inquiétudes quant au sort des enfants roms.

Monsieur le Président de la République, 
ne permettez pas que l’État déscolarise des enfants !

 


th-3.jpegSyndicats de l'Education et associations de parents d’élèves et de défense des droits de l’Homme,  habitants et citoyens de France, nous exprimons nos plus vives inquiétudes quant à l'avenir des enfants roms victimes des évacuations prévues par le préfet du Val-de-Marne ce mardi 8 octobre, ciblant les campements qui bordent la RN19 entre Boissy-Saint-Léger et Bonneuil-sur-Marne.

Des enfants qui avaient commencé une scolarisation et une intégration prometteuses verront leur lieu de vie détruit. D'autres enfants sont en cours d'inscription. Leurs cartables et leurs affaires scolaires disparaîtront-ils avec leurs autres affaires personnelles et leurs repères ? Ces enfants retrouveront-ils le chemin de leur école ?th-8.jpeg

Qu’adviendra-t-il par exemple d’Amira, 9 ans et en CE2, accueillie en classe spécialisée UP2A, où elle progresse avec ses copines ? Les progrès accomplis, grâce à une scolarisation de deux ans à Sucy-en-Brie et à Boissy-Saint-Léger, risquent d’être anéantis en quelques minutes. Qu’adviendra-t-il de son frère, suivi par la MDPH de Créteil ? Qu’adviendra-t-il de sa maman, soignée à l’hôpital Henri Mondor pour une grave maladie, opérée le 15 juillet 2013 et dont une nouvelle opération est prévue ?
 
L’expérience montre qu’en dépit des consignes d’accompagnement social contenues dans la circulaire interministérielle du 26 août 2012, des évacuations sans solution pérenne de relogement et de suivi de la scolarisation se sont multipliées, dans une brutale précipitation.  Si nous ne souhaitons pas que les conditions de vie  précaires perdurent sur les terrains, nous n’acceptons pas que ces expulsions viennent détruire ce qui a pu être mis en place en matière de droits. Les personnes vivant sur les terrains àBonneuil-sur-Marne et Boissy-Saint-Léger se sont installées là suite à de précédentes évacuations…

th-17.jpegLe droit à l'Education des enfants roms n'est pas négociable, pas plus que celui de tous les enfants. La France a ratifié la Convention Internationale des Droits de l'Enfant : elle doit assurer la scolarisation de tous les enfants vivant sur son sol, sans distinction d'origine et quel que soit leur lieu de vie.

Monsieur le Président de la République, ne permettez pas que la stigmatisation des Roms, en vogue jusque dans les discours publics, conduise l’Etat à être l’acteur direct de la déscolarisation des enfants.

Je vous envoie cette lettre collective que je signe de mes mains en toute conscience et vous prie, Monsieur le Président, de bien vouloir accepter l'expression de mes respects les plus sincères.

Il y a plus de vingt ans, j'envoyais tous les mois de l'argent au Rwanda pour la scolarisation d'un petit rwandais durant plusieurs années, car je défends le droit à l'école et à l'éducation pour chaque enfant du monde. Mais savoir qu'en France, il se passe la même chose que dans certains pays touchés par la pauvreté et l'absence de scolarisation, c'est inacceptable... alors que notre école est prête et capable d'accueillir ces enfants Roms.

D'ailleurs, je demande aussi votre intervention pour un jeune lycéen de 19 ans, Khatchik Kachatryan, qui vient d'être expulsé de France vers l'Arménie. C'est honteux de l'avoir expulsé, surtout en sachant que là-bas, il risque la prison durant plusieurs années car il n'a pas été enregistré pour son service militaire dans ce pays. Toute sa famille est maintenant en France. Pourquoi cet acharnement ? Voici le lien :
http://www.educationsansfrontieres.org/article47704.html

Chloé Laroche


Pour moi-même, Chloé Laroche (Isère), écrivain engagée pour la solidarité,
Pour ROMEUROPE 94, Michel Fèvre
Pour RESF 94, Pierre Lafrance, Alain Buch
Pour la FCPE 94, Ali Aït Salah (président)
Pour la CGT-Educ’action 94, Pablo Krasnopolsky et Pascal Coudert (cosecrétaires généraux)
Pour la FSU 94, Catherine Anglésio (secrétaire générale)
Pour SUD-Education Créteil, Dominique Bellidon
Pour le SNUDI-FO 94, Marie-France Chiche, secrétaire départementale
Pour le SNFOLC 94, Pascal Chambonnet, secrétaire départemental
Pour l’Unsa Éducation 94, Emmanuel Margerildon (secrétaire départemental) & Jean-François TEISSIER (secrétaire départemental Se-Unsa 94)
Pour le SGEN-CFDT Créteil, Xavier Boutrelle

... et tous ceux qui peuvent signer cette lettre.
 

31/01/2011

Situation monstrueuse aux Pays-Bas. Une mère morte d'avoir trop erré avec trois enfants orphelins. Rendez-vous demain à Paris. Appel du Réseau RESF.

2_a0fb8e8899.pngBonjour à tous et toutes,

2_a0fb8e8899.pngJe suis désolée d'avoir été si longue à refaire un article. Me revoici en tout cas.

Je suis touchée par ce qui arrive à cette famille dont la maman vient de décéder.

Sa photo est celle que vous voyez juste près de mon texte.

Elle avait 34 ans et est morte à Rennes début janvier d'avoir erré dans la rue avec ses trois enfants, entre la France et les Pays-Bas.

Aujourd'hui, le papa est enfermé aux Pays-Bas, et on ne reconnaît pas sa paternité, devant l'absence de certificats.

C'est ainsi qu'un petit bébé orphelin de sa mère grandit sans son père, dans un hôpital en France, ainsi qu'un enfant de treize ans et un autre de deux ans qui se retrouvent en famille d'accueil.

La famille d'accueil elle-même, d'origine mongole, est en demande d'asile. "Cette famille n’a pas les moyens d’assumer la charge de trois enfants. Si les services sociaux décident de placer les gamins ailleurs, ils vont être traumatisés… Quoi qu'il arrive, la situation ne sera pas vivable très longtemps !"

Venez donc nombreux demain à l'appel suivant :

Le Réseau Education sans frontières, la Cimade, le Gisti et le MRAP 35 appellent à un rassemblement le mercredi 2 février à 14 heures 30
devant l’ambassade des Pays-Bas, 7 rue Eblé, à Paris 7° (métro Duroc).

Merci à tous pour cette famille.

IS098R8YB.jpgEn mémoire de la maman, Alta MING, qui ne méritait pas cela, de mourir ainsi, si jeune, et de n'avoir pas été prise en charge et accueillie correctement.977734.jpgk3894199.jpg

Chloé LAROCHE

x20945832.jpg

____________________________________________

Article du RÉSEAU D'ÉDUCATION SANS FRONTIÈRES :

13 ANS, 2 ANS, 3 SEMAINES : LEUR MÈRE EST MORTE, LEUR PÈRE EN RÉTENTION

(ARTICLE : http://www.educationsansfrontieres.org/article34112.html)

 

"C’est la situation monstrueuse que les lois contre les immigrés et l’acharnement des brutes qui nous gouvernent aux Pays-Bas comme en France font subir à trois enfants de 13 ans, 2 ans et trois semaines.

Amarjargal GANAA et Alta MING, un couple de Mongols, demandent l’asile aux Pays-Bas en 2007. Déboutés, ils rejoignent la trop longue cohorte des réfugiés sans papiers. Leur fils Ulaaka (né en 1997) les rejoint. En juillet 2008, nait à Rotterdam un second enfant, Amarbayasqalan. Alta Ming est arrêtée le 25 juin 2010 et placée en centre fermé aux Pays-Bas. Le 28 octobre, le père, Amarjargal GANAA est également arrêté. Enceinte et malade, Alta est libérée le 20 novembre 2010. Les autorités néerlandaises lui donnent 48 heures pour quitter le pays. Amarjargal GANAA est maintenu en rétention pendant que sa femme et ses enfants sont chassés. Ils se réfugient en France, à Rennes, où vit une petite communauté mongole.

Hébergés tant bien que mal par leurs compatriotes, dormant parfois dans la rue, Alta et ses enfants sont brinqueballés d’hébergements d’urgence en hôtels miteux. Elle s’épuise. Le 4 janvier, elle décède à l’hôpital de Rennes, à l’âge de 34 ans. L’enfant qu’elle porte peut être sauvé. Prématuré, il est encore hospitalisé. Les deux aînés sont recueillis provisoirement par une famille mongole sous le contrôle de l’ASE. Le plus grand est scolarisé au Collège des Hautes Ourmes à Rennes.

Leur père, Amarjargal GANAA, a été présenté le 18 janvier à un juge néerlandais qui a décidé la prolongation de sa rétention. Il exige un document attestant la paternité pour le libérer !

Pour l’heure, les documents exigés de façon bureaucratique ne peuvent pas être produits. Mais les enfants, eux, existent bien. Au-delà des vérifications légitimes de l’identité des uns et des autres et des nécessaires précautions, des mesures d’urgence s’imposent. A commencer par la libération du père, Amarjargal GANAA, et l’autorisation de séjour indispensable pour qu’il retrouve ses enfants à Rennes. Avec l’aide et, bien entendu, la vigilance de l’ASE.

C’est pourquoi le Réseau Education sans frontières, la Cimade, le Gisti et le MRAP 35 appellent à un rassemblement
le mercredi 2 février à 14 heures 30
devant l’ambassade des Pays-Bas, 7 rue Eblé, à Paris 7° (métro Duroc).

La famille d’accueil et les enfants du couple seront présents, accompagnés de leurs soutiens et d’une partie de la communauté mongole rennaise, venus de Rennes en autocar, pour exprimer leur indignation face à la situation révoltante dans laquelle on maintient cette famille."


Voir à ce sujet :

  • Medias - Le Télégramme - Le Télégramme de BrestOrphelin de mère, un bébé mongol attend son père
    mercredi 26 janvier 2011
  • Medias - AFP - Agence France PresseUn bébé mongol de 3 semaines, casse-tête pour la France et les Pays Bas
    mercredi 26 janvier 2011
  • Le Mensuel de Rennes / Trois orphelins mongols attendent leur père, retenu aux Pays-Bas
    jeudi 20 janvier 2011
  • Le Mensuel de Rennes / Mingaltai, trois enfants, demandeuse d’asile, morte d’avoir trop erré
    samedi 8 janvier 2011
    _____________________________________________________________
    ___________________________________________________________________ AJOUT DERNIÈRES NOUVELLES DE CHLOÉ LAROCHE :


    15 février 2011____________________   SUPER NOUVELLE :

    HOURRA !!!!!!!!!!!!

    (http://www.educationsansfrontieres.org/article34420.html)

    LES ENFANTS GANAA ONT RETROUVE LEUR PERE… REGULARISE !

    "Ulaaka (13 ans) et Amarbayasqalan (2 ans), les fils aînés d’Amarjargal GANAA, ont retrouvé leur père lundi 7 février vers 9 heures à l’aéroport Charles De Gaulle. Le plus jeune des enfants, né prématurément le 4 janvier, est toujours hospitalisé. Accueilli d’abord à Roissy par ses enfants et leur famille d’accueil, une députée européenne, des militants RESF et des caméras de télévision, Amarjargal était attendu à Rennes par plusieurs dizaines de soutiens et la presse.

    Ce matin, il a été reçu en préfecture d’Ille et Vilaine. Une autorisation provisoire de séjour lui a été délivrée en attendant la carte Vie privée et familiale qu’il obtiendra dès qu’il aura un passeport.

    Le voilà donc tiré d’affaire… du moins sur le plan administratif, parce que, pour le reste, les autorités néerlandaises et françaises coalisées ont tout fait pour dévaster sa vie ! Il vient de passer trois mois d’internement en centre fermé, sa femme est morte d’épuisement en accouchant de leur troisième enfant après avoir elle-même été enfermée cinq mois en rétention, suivis de six semaines d’errance à Rennes avec ses deux enfants, à la rue ou dans des hébergements précaires.

    Mais cette issue, qu’on n’ose qualifier « d’heureuse » compte tenu des circonstances, n’est en rien l’effet d’un quelconque sens de l’humanité des autorités néerlandaises et françaises. Les Pays-Bas n’ont libéré Amarjargal GANAA et la France ne l’a accueilli que parce que la situation tragique des trois enfants, orphelins de mère et privés de père, abandonnés à Rennes, commençait à faire scandale. A Rennes, bien sûr, où la mobilisation s’est immédiatement mise en place, mais aussi au niveau national. Un rassemblement prévu devant l’ambassade des Pays-Bas qui, visiblement, ne savait plus comment se dépêtrer de cette affaire, n’a été annulé que lorsque les autorités néerlandaises et françaises se sont enfin mises d’accord pour qu’Amarjargal GANAA soit libéré et accueilli en France.

    Au-delà de la situation particulière de la famille Ganaa, on ne peut manquer de souligner l’attitude cynique de gouvernants qui s’emparent de chaque fait divers tragique pour faire leur auto-promotion mais se taisent honteusement devant les drames qu’occasionne leur politique démagogique contre les immigrés."


19/12/2010

J'écris pour MARINA et ses cinq filles qui sont réfugiées de l'Ingouchie et qui ont dormi dans la rue en France à leur arrivée. Toujours pas d'hébergement sûr à l'approche de Noël.

b12529.jpgBonsoir à tous et toutes,

 

L'Ingouchie, vous connaissez ?

Selon un lecteur de Rue89.com, se nommant Susuman Highway, l'Ingouchie "est l'un des sujets les plus poignants en termes d'impasse politique et de violence commise par tous les acteurs d'un conflit contagieux".

Pourquoi je m'intéresse ce soir à l'Ingouchie ?

Parce qu'une femme est arrivée sur notre sol, le sol français, avec ses cinq petites filles, après avoir vécu le pire dans  son pays, l'Ingouchie, avec l'enlèvement et la disparition de son mari, qu'elle n'a pas revu.u10089179.jpg

Elle s'appelle Marina et quand elle est arrivée en octobre 2010, elle s'est présentée avec ses cinq filles au point d'accueil d'urgence de Nancy où elles n'ont pas été acceptées. Après une nuit passée dehors, elles ont été prises en charge par France Tchétchénie Solidarité.

u10085779.jpgMais aujourd'hui, la situation de cette famille est toujours incertaine car sans véritable hébergement.

Incertaine aussi parceque cette femme est traînée d'hébergements en rues et qu'elle risque l'expulsion si elle n'obtient pas une résidence et des papiers.

Le site de Rue89 a fait un très bel article expliquant ce qui se passe dans ce pays et je vous invite à le lire, car cela explique pourquoi des personnes comme Marina sont obligées de fuir leur pays :

http://www.rue89.com/2009/08/06/au-moins-20-morts-dans-un-attentat-suicide-en-ingouchie?page=0#comment-997978

Je reprendrai de cet article un extrait où ils citent leurs archives :

"(De nos archives) Natalia Estemirova, journaliste et proche d'Anna Politkovskaïa, a été assassinée le 15 juillet en Ingouchie, minuscule république de la fédération de Russie, 4 000 kilomètres carrés, soit la taille d'un département français, dans lequel résident 460 000 habitants, nous dit Wikipedia. Dans ce bout de terre s'étirant en sirène entre l'Ossétie, la Tchétchénie et la Géorgie, civils et policiers tuent plus ou moins quotidiennement d'autres civils et policiers, sous l'oeil répressif d'un pouvoir totalement dépassé. Ce pays a traversé un siècle de souffrances, sans répit aucun. D'abord, l'expérience de la déportation en 1944, puis la guerre, les retombées du conflit dans la Tchétchénie voisine puis la dictature de Mourat Ziazikov, général issu du KGB."

Rue89 cite Magomed Khasbiev, opposant historique au pouvoir ingouche, qui leur a confié, lors de son passage à Paris :

« Un opposant n'a pas de vie en Ingouchie. On s'attend à recevoir une balle à n'importe quel moment. On menace de descendre nos familles."

 

moton459.jpg----------------------  Je vous invite à aller signer nombreux la pétition pour aider Marina et ses filles.

http://www.educationsansfrontieres.org/?page=article&id_article=33009

___________________________________________________________________________________

Je vous invite aussi à envoyer la lettre suivante que propose le Réseau d'Éducation sans Frontières, à envoyer aux personnes concernées en bas de la lettre :

A Monsieur le Préfet de Meurthe et Moselle,

A Monsieur le Directeur départemental de la Cohésion Sociale,

A Monsieur Rémi Bernard de l'Association Ars,

Marina  a quitté l’Ingouchie après l’enlèvement de son mari, accompagnée de ses 5 petites filles, elle craignait pour leur sécurité.
Elle s’est présentée au point d’accueil d’urgence de Nancy pour être hébergée à la mi-octobre, sans résultat. Après une nuit passée dehors, la famille a été prise en charge par France Tchétchénie Solidarité.
Depuis début Décembre, tous les responsables politiques et institutionnels ont dit dans la presse que l’accueil d’urgence fonctionnait à nouveau.
F.T.S. a contacté les responsables de l’ARS et de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale pour obtenir l’hébergement de la famille.
Chacun se renvoyant la balle sans prendre de décision, F.T.S a pris l’initiative d’accompagner la famille au point d’accueil d’urgence le  jeudi 09/12 à 14 heures.
La famille s’est  heurtée à un nouveau refus d’hébergement sous prétexte que les conventions avec les hôtels n’étaient pas encore signées.

Cette situation est intolérable, elle est contraire aux  règles élémentaires de l’accueil en France.



Je soussigné (e)………………     (nom, prénom, adresse, profession)……………………………….
demande avec fermeté à M. le Préfet, à la direction de la cohésion sociale et à l’ARS de faire le nécessaire pour que cette famille puisse être hébergée rapidement.

Date    :

Signature :


Lettre à envoyer à :

- M.Bellion, Préfet de Meurthe et Moselle : 1 rue C. Erignac 54016 Nancy CEDEX

dominique.bellion@meurthe-et-moselle.pref.gouv.fr Fax : 03 83 34 22 21 ou 03 83 30 52 34

- M. Daniel BOUFFIER, directeur départemental de la cohésion sociale
12, Avenue du 20° corps CS 40670 54083 Nancy Cedex.

ddcs54-directeur@meurthe-et-moselle.gouv.fr

- Monsieur Rémi BERNARD, 12 Boulevard Jean Jaurès, 54000 Nancy.

direction@asso-ars.org

Fax : 03 83 41 60 79  Tél. : 03 83 41 60 80_____________________________________________________

____________________________________________________________________________________________________

 

k0387181.jpgJe terminerais mon plaidoyer pour cette famille en choisissant de partager avec vous un commentaire laissé sur la pétition en faveur de Marina par Vincent Ferry, spécialiste de l'Immigration et chercheur : "Faudra t'il attendre qu'un enfant meurt de froid dans la rue, pour que chacun prenne ses responsabilités ? Un gouvernement ne peut appliquer de mesures cyniques quelles qu'elles soient sans serviteurs zélés !"

Et voici le commentaire de Kahn qui écrit très justement : "Il paraît inconcevable qu'une solution ne puisse être trouvée rapidement ; cela semble le minimum en matière de respect des droits humains : on ne peut laisser Marina et ses 5 petites filles errer de lieux d'hébergement en lieux d'accueil divers, comme des paquets. C'est indigne pour elles et pour nous."

Monsieur Michon, père de quatre enfants, écrit aussi ceci dans les commentaires de la pétition créée pour Marina : "Papa de 4 enfants comment peut-on imaginer laisser une famille dehors, nous devons nous mobiliser pour ces 5 petites princesses et leur maman."

Et Madame Michon, sa femme, renchérit : "Je suis maman de 4 enfants et je ne me vois pas laisser une maman et ses 5 filles à la rue par ce froid hivernal. La France ne sera pas la France si elle ne fait rien pour elles. Elles ne sont pas la cause de leur malheur, nous devons les aider."

Oui, ces cinq petites princesses doivent trouver un foyer, une terre d'asile et ce sera la France.

Alors merci d'écrire nombreux aux destinataires ci-dessus et de signer la pétition que je viens de vous transmettre.

Chloé LAROCHE

_______________________________________________________________________________________________

k0098237.jpgRappel Pétition : http://www.educationsansfrontieres.org/?page=article&id_article=33009

 

 

Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr avec des photos libres de droits (Banque de Photographies et de Séquences Vidéos Libres de Droits Images).

10/12/2009

Comment je me suis heurtée au système au sujet d'un enfant qui mendie dans la rue. Mon propos sur Éric Cantona et ses paroles au sujet de l'injustice et de l'indifférence. "ÊTRE FRANçAIS, C'EST ÊTRE HUMAIN."

Bonjour à tous et toutes,


1798059.jpgAujourd’hui, je souhaite vous parler du livre d’Éric Cantona en faveur des mal-logés et de son intervention ce matin avec Jean-Jacques Bourdin et aussi de la mendicité d’un jeune enfant dans les rues de Grenoble, avenue Jean Perrot, pour lequel j’ai essayé de bouger les différents services administratifs et policiers de Grenoble, action dont je vous donne le compte-rendu.

Le livre d’Éric Cantona se compose de photos qu’il a prises sur plusieurs mois en différents lieux, rencontrant des personnes démunies de toit. L’ouvrage s’appelle : “Elle, lui et les autres.”canto_courteligne.jpg

Éric Cantona s’est exprimé sur RMC ce matin ainsi que dans le Nouvel Observateur (voir le lien en fin de mon article) en disant que “les gens regardent mais ne voient pas”. Il parle avec véhémence pour défendre les milliers de personnes qui sont sans toit et vivent dans leur voiture ou dans des taudis. Trois millions et demi de personnes sont mal logées ou non logées en France.

Éric Cantona va plus loin : “Voilà. On trouve des excuses à tout, à tout le monde, à ce que les gens crèvent dans la rue. On s'habitue à zapper, à s'abrutir, à supporter la manipulation, le bourrage de crâne. Faut se battre contre cette facilité-là. »

images.jpgCette facilité de ne pas voir, de passer à côté de celui qui souffre sans en souffrir, cette incapacité à s’émouvoir et à réagir, cette inconscience qui fait qu’on brûle un feu rouge parce que égoïstement, on est pressé et que c’est trop long d’attendre. Dans mon métier de taxi, j’en vois chaque jour sur Grenoble, des feux brûlés comme on brûle sa vie, avec celle des autres automobilistes en face qui risquent aussi leur vie. Je vois beaucoup de jeunes hommes dans cette attitude. Ils jouent à la roulette russe et passent sans vergogne, sur un feu rouge bien mûr. À toute allure. Comme si le monde n’existait plus. Comme on passe près d’un enfant qui mendie, sans réagir, sans rien faire.

Éric dit "qu’être français, c’est être humain AVANT TOUT". Il dit aussi que être français, c’est être révolutionnaire, dans le sens qu’il faut bouger et ne pas laisser faire l’injustice, qu'il faut se BATTRE CONTRE L'INDIFFÉRENCE.

Tout le monde se rue sur lui aujourd’hui car il a osé mettre en balance la Marseillaise avec des sujets qu’il juge plus grave que celui de siffler l'Hymne national. On lui fait un faux procès. En effet, il voulait juste dire que devant la misère qu’il a croisée, devant la faim et le désarroi, devant le vide d’être à la rue, un hymne national n’est pas la priorité. Mais... quand on veut noyer son chien, on l’accuse de la rage, c’est bien connu !!

Alors voilà, en parlant de l’humanité d’être français... comme vous me connaissez dans le fait que j’interviens à chaque fois que je le peux, même dans la rue, je voudrais vous parler d’un petit garçon qui fait de la mendicité dans les rues de Grenoble.x19132500.jpg

Vous parler du parcours du combattant pour faire un signalement et des lois qui font que les services sociaux sont muselés. Sans-papiers, sans domicile, sans nom, roms, roumains, etc... vivent dans la marge et qui se préoccupe d’eux, quand un enfant doit être à l’école mais ne l’est pas, comme ce jeune garçon de sept ans qui mendie à Grenoble au lieu de pouvoir apprendre comme les autres et jouer comme les autres ?

Ce matin, donc, en passant dans mon taxi, je remarque ce jeune garçon, déjà vu hier au même carrefour du quartier Teisseire et de l'avenue Jean Perrot.

Je vais le voir, je lui donne un pain et un livre pour enfants que j’avais avec moi. Je lui pose des questions, lui parle de l‘école. Il me sourit tristement mais ne répond pas. Il a l’air malingre (chétif, faible). Il a des petits yeux fatigués et malheureux et tend sa boîte pour de l’argent. Des personnes viennent retirer des sous juste à côté de lui. Il s’essaye à aborder les personnes argentées mais essuie des refus. Il vit l’humiliation, le froid, la honte, la peur... car il est tout seul, avec une mère qui est bien plus loin (pas près de lui) et qui mendie elle-aussi.

En rentrant chez moi, j’ai appelé la police pour cet enfant, pour signaler sa présence dans la rue en mendicité.

La réponse du policier : “Madame, ne vous inquiétez pas, ses parents ne doivent pas être loin.
-Monsieur, ce n’est pas le problème. Que faites-vous de la situation de cet enfant qui mendie au lieu d’être à l’école ?
-Je sais, Madame, je sais, mais ce sont les services sociaux qui doivent s’en occuper.
-Et s’ils ne savent pas, qui va leur dire ? Ils ne sont pas dans la rue...
-Toute personne peut signaler ce genre de choses et les contacter. Appelez la Mairie, Madame.”

En quittant ce policier, j’ai senti qu’il était ému et en même temps impuissant.

images-1.jpgJ’appelle la Mairie de Grenoble. Ils me dirigent vers le CCAS.
J’appelle le CCAS. Ils me demandent d’appeler le Centre social de l’ Abbaye. “Sans nom, sans adresse, on ne pourra rien faire !! On intervient pour des personnes domiciliées. Et puis, vous êtes qui ?”

On me redirige finalement vers celui de Teisseire.

On me passe l’assistante sociale. Elle me dit plusieurs choses.
D’abord, elle veut savoir qui je suis, pourquoi je m’intéresse à cet enfant, quel est son nom et son adresse. Quelles sont mes coordonnées.

Elle m'a posé des questions sur cet enfant, sur son aspect, sur sa mère pas loin, sur son origine.

Voici en résumé le discours entendu de sa bouche sur l'ensemble de l'échange téléphonique :

“Difficile d’intervenir sans nom et sans adresse. Nous, on interviens pour des personnes dont on a le nom et l’adresse. Ce n’est pas notre travail d’aller dans la rue pour aider cet enfant. C’est au Samu Social de le faire. À Grenoble, il y a l’association “Rom Action” qui pourra peut-être se déplacer... Et puis, vous savez, nous avons beaucoup de lois nous empêchant d’aider les sans-papiers, les sans domiciles. Nous avons des chefs de service très à cheval sur ces lois et d’autres qui privilégient l’humain, passant au-dessus de certaines lois dures. On dit que les personnes entrant en France doivent pouvoir subvenir à leur manger et à leurs besoins. Si ce n’est apos le cas, on ne les aide pas. On n’y est pas autorisés. Alors on se bat entre la Protection de l’Enfance qui demande d’intervenir et contre des lois qui vont à l’encontre de l’aide à l’enfance et aux population démunies... Nous allons réfléchir mais nous ne pouvons intervenir dans la rue. Vous pouvez appeler le 119 pour cet enfant, pour demander qu’il soit aidé. Après, il y a le problème de l’autorisation de la mère... Comment faire ?! En tout cas, je vous remercie de nous l’avoir signalé et nous vous rappellerons. Nous allons voir ce que nous pouvons faire.”x20516818.jpg

Nous sommes en France et un petit garçon mendie dans la rue.

La police passe devant lui sans rien faire et pense aux services sociaux qui ne font rien. Les services sociaux passent devant cet enfant dans leur voiture particulière mais ne font rien car ils ne sont pas dans la rue. Ils pensent que la police pourrait intervenir et les prévenir après enquête.

Car sans nom et sans adresse, personne ne bouge !

PAA185000047.jpgEt après on va reprocher à Éric Cantona de dire qu’il a honte d’être français quand il observe autant d'injustice, de misère et de connerie humaine... Pardon, de bétise humaine.

Je pense à cet enfant et j'espère faire bouger les choses. Je ne m'arrêterai pas là. C'est ça, être "révolutionnaire", comme l'entend Éric Cantona.

Chloé Laroche



Voir l'article suivant sur le web : http://bibliobs.nouvelobs.com/20091208/16379/notre-petit-dejeuner-avec-eric-cantona-etre-francais-cest-etre-revolutionnaire

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu