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27/08/2016

Je suis d'accord avec le Conseil d'État concernant sa décision envers le burkini. Laissez les femmes s'habiller comme elles le souhaitent.

 

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Je suis d'accord avec le Conseil d'État et sa décision d'hier à propos du burkini, décision sage essayant de calmer le jeu et les esprits surchauffés à ce sujet.

J'en ai discuté aujourd'hui avec un ami qui est handicapé et a déjà beaucoup souffert. Il connait  par son épreuve d'AVC les priorités de la vie et de ce qui demeure essentiel. Il m'a dit : "Personne n'a à dire à une femme comment s'habiller. Tout cela est un faux problème. Il y a des choses plus graves à traiter." Je suis d'accord avec lui sur la liberté de s'habiller comme on veut. Nous sommes depuis ce débat national la risée de nombreux pays sur ce sujet. La liberté se trouve où lorsqu'on voit une femme avec burkini se faire arrêter sur la plage ?

burkini,conseil d'état,tolérance,politique,france,risée,monde,liberté,religion,signe,vêtement,pudeur,baignade,mer,plage,femme,homme,corps,nudité,choix,loi,amende,policeIl faut retrouver la paix de vivre ensemble, d'accepter que l'autre ne soit pas comme soi. Sinon, nous allons nous retrouver à nous regarder à couteaux tirés et des incidents comme celui d'hier se feront nombreux : un jeune homme s'est fait arracher sa croix en pleine rue.

Cette femme secouriste ci-dessous porte un burkini mais pourrait vous sauver la vie. Ce maillot de bains a un rapport avec la pudeur de la femme, pas avec son intégrité. Respectons cela et arrêtons les amalgames dangereux pouvant nous porter vers l'intolérance.  

Aujourd'hui, dans les Grandes Gueules sur la radio RMC, un animateur a osé dire : "Imaginez que j'agresse une femme portant le burkini parce qu'elle crée chez moi une agression directe par la vue de ce vêtement. Qui sera fautif ? Elle ou moi ? Hé bien, ce sera elle, car elle aura créé un désordre public."

Je lui réponds à cette Grande Gueule de RMC que ce sera lui le fautif et tous ceux qui montent en épingle toute cette histoire sur le burkini. La loi a déjà interdit la burqa, alors pourquoi ne pas laisser les femmes qui le souhaitent se baigner en étant couvertes ? Le burkini laisse voir le visage et la seule chose est que le corps est couvert, ainsi que les cheveux. Cela déplait-il aux messieurs de ne pouvoir voir le corps des femmes à leur aise et de dénigrer celles qui n'ont pas envie de se montrer ?

 

Chloé Laroche

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LIEN :

 

http://www.huffingtonpost.fr/2016/08/14/burkini-australie-international_n_11507734.html

 
 
 

INTERNATIONAL – Alors que le débat sur le burkini agite l'opinion publique en France, avec deux maires ayant pris récemment un arrêté municipal l'interdisant sur leurs plages, un pays dans le monde a su particulièrement l'intégrer sur ses rivages: l'Australie.

Afin de permettre à ses coreligionnaires de pouvoir elles aussi s'adonner aux joies de la plage, tout en respectant leurs convictions, c'est une musulmane australienne qui avait ainsi inventé le "burkini" dès 2007, croisement entre le bikini sexy et la stricte burqa.

"Je la regardais jouer: elle portait un voile, une chemise longue et des pantalons. Et, par dessus tout, elle avait enfilé le maillot et la jupe de son équipe. Je me suis dit: 'Mon Dieu, on doit pouvoir faire quelque chose'": c'est en regardant sa nièce jouer au netball (sorte de basketball) qu'Aheda Zanetti avait décidé de concevoir elle-même une tenue qui serait à la fois pratique et "religieusement correcte".

"Un si grand nombre de filles et de femmes ne pouvaient pas pratiquer de nombreux sports, dont la natation... Il n'y avait rien de vraiment pratique pour elles... Le tissu, la conception... ça n'allait pas", expliquait la Libanaise d'origine.

Cette mère de quatre enfants, qui n'a jamais porté la burqa, avait d'abord conçu un haut qui reliait un voile à une chemise, avant de se lancer dans des tenues de sport plus complètes et de jeter son dévolu sur les maillots de bain.

Dans un pays où la plage est une véritable "culture", que ce soit pour le surf ou la simple baignade, il y avait "un vide qu'il fallait combler", selon Aheda Zanetti.

Des commandes dans le monde entier

La styliste crée alors le "burkini": un costume de bain en polyester, d'une rigoureuse couleur noire, qui enveloppe l'ensemble du corps, des cheveux jusqu'aux chevilles.

Et à l'époque, sa société "Ahiida", installée dans une banlieue de Sydney, reçoit alors des centaines de commandes, venues de toute l'Australie mais également de l'étranger. Neuf ans après, le succès est toujours au rendez-vous. "Maintenant, nous avons des ventes partout dans le monde, et quand ils (des pays) l'interdisent comme au Maroc, cela va quand même très bien pour moi, explique-t-elle à Newsweek. Les gens l'achètent juste pour chez eux."

En 2007, année coïncidant avec le centenaire des Surfeurs sauveteurs en mer d'Australie, Aheda Zanetti avait également sorti un burkini rouge et jaune, aux couleurs des sauveteurs.

Pour la jeune Mecca Laalaa (en photo ci-dessous), 20 ans, cela a été le déclencheur qui l'a convaincue de rejoindre le programme d'entraînement des maîtres-nageurs. "Ce que je portais pour nager m'empêcher de m'impliquer dans des activités nautiques... Pour moi, le burkini signifie que plus rien ne peut m'arrêter", témoignait-elle à l'époque.

burkini australie

Et le nouveau "maillot" avait reçu la bénédiction du mufti d'Australie, le cheikh Taj Aldin al-Hilali, dans un pays où les musulmans sont 300.000 sur une vingtaine de millions d'habitants.

En France, le 28 juillet, le maire Les Républicains de Cannes, David Lisnard, avait pris un arrêté disposant que "l'accès aux plages et à la baignade sont interdits à toute personne n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité, respectant les règles d'hygiène et de sécurité des baignades adaptées au domaine public maritime". Une semaine plus tard, le maire, lui aussi LR, de Villeneuve-Loubet, Lionnel Luca, avait pris à son tour un arrêté interdisant la baignade en burkini sur les plages de sa commune.

03/04/2016

J’ai souhaité réfléchir avec vous sur cette phrase d'actualité : «Finalement quand on voit ce qui peut être fait au nom de Dieu, on se demande ce qu’il reste au diable comme activité."

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Bonjour à tous et toutes,

 

J’ai lu dernièrement cette phrase, à laquelle j’ai souhaité répondre dans cet article : «Finalement quand on voit ce qui peut être fait au nom de Dieu, on se demande ce qu’il reste au diable comme activité. »

 

Alors, voyons déjà « ce qui peut être fait au nom de Dieu »… L’auteur de cette phrase parle certainement des attentats perpétrés au nom d’une certaine religion. Mais on peut aussi penser à travers cette phrase à la période terrible de la Saint Barthélémy de 1572 dans laquelle les Catholiques tuèrent les Protestants. La ville de Paris vécut en une nuit l’assassinat d’une dizaine de chefs protestants puis le massacre de tous les Protestants, traqués et tués en quelques jours. 

 

Deux mille Protestants, appelés aussi Huguenots, ont été tués à Paris... et entre cinq mille et dix mille en province, le massacre s’étendant à d’autres villes, sur plusieurs semaines. Le 31 août, à Lyon, entre 700 et 800 Protestants ont été massacrés. Il faudra attendre plusieurs guerres de religions et l’édit de Nantes de 1598 publié par Henri IV pour que la liberté de conscience et de culte accorde la paix et la sécurité aux Protestants. Mais l’atrocité avait régné sur la France, détruisant les campagnes et les villes. Nous portons tous dans nos lignées les traces de ces terribles combats et nos ancêtres ont peut-être été victimes ou bourreaux.

 

En 1209, je vous rappelle aussi le massacre vécu par la ville de Béziers, victime de la première croisade des Albigeois contre les Cathares. Le « bon » Abbé Amaury catholique a dit aux soldats : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » La moitié de la population est morte. Des centaines de personnes s’étaient réfugiées dans l’église Sainte Madeleine. Dieu n’a pas pu les sauver, un miracle n’étant pas possible parfois devant la cruauté humaine.

 

Il est intéressant tout de même de constater combien ont été humains les dirigeants de la ville qui ont refusé de livrer les Cathares aux catholiques extrémistes en répondant : « Nous préférons être noyés dans la mer salée plutôt que de livrer nos concitoyens. »

 

Je reviens aussi sur les Croisades, huit croisades de deux groupes de croyants en guerre : les Chrétiens et les Musulmans, représentant le combat du croissant et de la Croix… l’enjeu étant les terres de Jérusalem et la libération de la Terre Sainte. À l’époque, les Croisés chrétiens n’ont parfois fait aucune différence entre les soldats, les combattants religieux, les femmes et les enfants. Ils tuèrent tout le monde.

Durant près de deux siècles, des massacres ont eu lieu. À l’époque, les Papes défendaient l’idée que les Croisés chrétiens auraient l’absolution de tous leurs péchés en s’impliquant dans ces guerres de croisades pour lutter contre les « infidèles ». On voit qu’aujourd’hui, la similitude existe dans les promesses faites à ceux qui se font sauter dans les attentats. Promesses de vie meilleure dans l’au-delà, promesses de bonheur, promesses diverses et aguichantes.

 

Les tueries faites au nom de Dieu n’engagent que ceux qui tuent. Dieu n’a rien à voir avec le chemin de violence que prennent ces personnes. Il a laissé les hommes libres de leurs choix mais il nous a donné la mortalité. La règle première des porteurs de valeurs humaines est de ne causer de tort à autrui, ni en pensées, ni en paroles, ni en actions. Tout homme est appelé à mourir mais il n’est pas écrit que nous devons mourir par une balle tirée par un autre homme. 

 

En conclusion, je dirais que lorsqu'on connait le diable, on sait qu'il sait se déguiser et que lorsqu'il se grime en Dieu, cela donne le résultat que nous connaissons aujourd’hui, résultats de violence et d’attentats que nous pouvons décrypter tout au long de l’histoire, même la nôtre.

 

On sait aujourd’hui -par la libération des paroles de jeunes abusés par des prêtres sur Lyon- que le diable sait aussi prendre l’âme de certains religieux emprisonnés par des règles religieuses impossibles à tenir ; ces prêtres sont victimes eux-mêmes d’un système qui crée l’horrible. Demander à un homme de ne pouvoir avoir une vie sexuelle normale et exiger de lui  de sacrifier son statut d’humain sexué à Dieu sur demande d’une Église minotaure… revient à sacrifier de jeunes innocents sur l’autel d’Abraham, comme l’agneau tué en offrande aux Dieux de l’Antiquité.

 

Le diable n’existe que par la déviance des humains et le pouvoir de certains hommes à représenter Dieu, dans toute l’horreur de l’orgueil et de la vanité.

 

Chloé LAROCHE

16/11/2015

Je suis une artiste et j'ai le devoir de résistance afin que mes concitoyens continuent de se battre, de vivre et de sourire !

 

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Je suis infiniment triste de ce qui s'est passé le 13 novembre à Paris. C'est horrible et je pense à ceux qui se battent encore dans les hôpitaux pour garder la vie.

La vie doit continuer et les artistes contribuent à ce rôle dans la société, à apporter de la joie et du bonheur pour que le sourire arrive encore à vivre sur cette planète terrible.

C'est pour cela que je vous invite à venir nous écouter avec mon trio ce mardi soir, 20 h, même si nous avons le coeur en peine. Nous interpréterons des morceaux du monde entier et des chansons de sages afin de partager l'amour de l'harmonie et d'envoyer des pensées positives au monde.

Cela se passera à la TABLE FESTIVE de Crolles, 47, rue du Moulin 38920 (Isère).

CONCERT du Trio du VIOLON SOLI-TERRE, avec Chloé LAROCHE, violoniste, Louis TOMAS, chanteur et guitariste, et Marc PARISI, clarinettiste et percussions.

Pour s'inscrire au repas-concert : téléphoner au 06 07 57 38 69 ou 
04 76 71 62 23.

Pour venir juste écouter et boire un coup avec un dessert, venez comme vous voulez.

Il y a de la place !

_______ Liberté Égalité Fraternité__________________________________________________

Chloé LAROCHE

Merci de partager cette info !!!!!!

04/10/2015

Monseigneur Charamsa a eu le courage de parler pour défendre l'amour face au statut de prêtre de l'Église Catholique.

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Bonjour à tous et à toutes,

 

 

Ce soir, je suis heureuse car un prêtre a parlé. Il a déclaré à la veille du Synode pour la famille : "Dieu nous demande d'aimer, il nous l'ordonne." Il vient de faire son coming out en tant qu'homosexuel, courageusement.

 

Mais lors du Soir 3 de 22 h 30, la comédienne Judith Magre n'a rien eu de mieux à dire que : "Avait-il besoin d'en faire des tonnes ?? Il n'avait qu'à aller voir le Pape et lui dire qu'il était homosexuel." 

 

Hé bien, je pense que ce prêtre polonais, théologien de surcroît, a eu raison de parler à la face du monde car il n'y a que ce genre d'attitude et de franchise qui changera le monde. Il a dénoncé le célibat des prêtres et a demandé que ceux-ci aient le droit d'aimer comme tout le monde. Cet homme s'appelle Monseigneur Charamsa et vient d'être condamné par l'église catholique à la destitution de son état de prêtre. 

 

Voici ses paroles : "Il est temps que l'Eglise ouvre les yeux face aux gays croyants et comprenne que la solution qu'elle propose, à savoir l'abstinence totale et une vie sans amour, n'est pas humaine", a-t-il lancé, réclamant "miséricorde et dignité"... "Je demande pardon pour toutes ces années où j'ai souffert en silence devant la paranoïa, l'homophobie, la haine et le refus des homosexuels que j'ai vécus au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui est le coeur de l'homophobie dans l'Eglise". 

 

Je pense, au contraire de Judith Magre, qu'il faut justement en faire des tonnes dans ce monde pour que le passé laisse la place au futur.

 

Chloé Laroche

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Voici l'adresse de PLEIN JOUR (qui soutient et accompagne depuis des années des compagnes de prêtres ou de religieux) : http://plein-jour.eu ......

Dominique VENTURINI, Le Cigalon, 8 rue du Serpolet, 84160 Lourmarin
Mail : venturinid arobase wanadoo.fr / Tél. 04 90 68 02 30

 
Soutien des compagnes de prêtres ou de religieux
PLEIN-JOUR.EU
 

 

 MES ARTICLES SUR LE SUJET :

 
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Lettre ouverte au nouveau Pape, François 1er.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
SOSMAMAN.20MINUTES-BLOGS.FR
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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29/09/2015

À toi qui dis qu'en tant que femme, je suis impure et ne veux me serrer la main...

 

À toi qui dis qu'en tant que femme, je suis impure, et ne veux me serrer la main...th-4.jpeg

Je dis que tant que je vivrais, je n'accepterais pas ce genre de bêtises et te planterai mon regard dans le coeur en te disant que je suis aussi pure que toi...

La pureté résidant dans mon âme et toutes les cellules de mon corps passées à tabac par les multiples épreuves de la vie, le pureté venant du ventre de ma mère expulsant ma vie vers un nouveau ciel...th-31.jpeg

À toi qui dis qu'en tant que femme, je suis impure, et ne veux m'embrasser...

Je dis que tant que je vivrais, ma pureté existera dans le seul fait que je sois venue au monde au même titre que toi, homme qui pense être supérieur à la femme, mais te rappelle-tu toi-même que tu viens d'une femme ?

Sorti de son ventre, comment ne pas penser que tu puisses être aussi impur que moi ou bien aussi pur... dans la lumière de l'humanité rayonnante de beauté, d'amour et de joie ?

 

Chloé Laroche

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27/11/2013

Le film "LA MARCHE" est un formidable hommage aux Marcheurs de 1983 pour l'égalité et la lutte contre le racisme, oeuvre authentique et profonde.


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Ce soir, j'ai vu en avant-première le film  "LA MARCHE", oeuvre magnifique retraçant l'extraordinaire évènement de 1983 qui s'est déroulé en France et dont peu de Français ont eu connaissance ou en gardent le souvenir.

J'ai été très émue durant ces deux heures où l'on suit une aventure humaine rarissime, cette marche qui prend aux tripes, à travers ces jeunes et moins jeunes  qui ont marché durant mille cinq cents kilomètres à travers la France, afin de calmer la violence raciste qui sévissait à l'époque, avec des dizaines de victimes assassinées par la haine toute nue et crue.Unknown-1.jpeg

Durant leur marche, on apprend la mort d'un algérien assassiné et défenestré dans le train Bordeaux-Vintimille, Habib Grimzi, alors que les passagers présents n'ont osé bouger. Les Marcheurs dénoncent la passivité de ces témoins du crime paralysés par la peur ou bien l'indifférence.

Ils dénoncent aussi l'assassinat du petit Toufik, neuf ans, tué par la haine d'un homme d'une balle de 22 long rifle.th-49.jpeg

th-1.jpegOn entend dans ce film le bruit du train et le silence des hommes. On l'entend et le bruit des pas prend le pas sur le vacarme de la haine et de la violence.

Les Marcheurs ont su attirer l'attention sur l'abomination de ces crimes, faits par des êtres humains sur d'autres êtres humains...th-2.jpeg

Tout est parti du quartier des Minguettes, avec des balles tirées sur Toumi Djaïdja par un policier, lors de luttes entre les forces de l'ordre et les jeunes de la cité. Toumi était le Président de "SOS Avenir Minguettes". À la suite de ce drame, Toumi a eu l'idée de cette marche avec le Père Christian Delorme, curé des Minguettes. Ils ont eu cette idée comme un écho à la marche de Gandhi, comme une résonance avec celle de Martin Luther King.th-18.jpeg

Ils sont partis avec quelques jeunes pour traverser la France avec leur banderole pour l'Égalité et contre le racisme. Soutenus par des comités de soutien issus de diverses associations, comme la Cimade de Lyon, ils furent accueillis dans les différentes villes traversées et arrivèrent à Paris le 3 décembre 1983, il y a trente années, avec un triomphe incroyable et cent mille personnes les attendant dans la capitale.

7767165536_la-marche-pour-l-egalite-et-contre-le-racisme-avait-ete-accueillie-par-plus-de-100-000-personnes-a-paris-le-3-decembre-1983-archives.jpgIls sont partis de Marseille le 15 octobre 1983, dans l'invisibilité totale de leur anonymat et puis la petite vague a grandi, grossi, pour devenir une marée immense qui entraîna ensuite la création de "Sos Racisme". 

Les Marcheurs ne voulaient pas de récupérations politiques, religieuses ou ethniques. Ils souhaitaient que cette marche demeure laïque, avec des valeurs universelles et humaines, comme la tolérance, le respect de la différence, l'égalité, le non-racisme. th-15.jpeg

Ils étaient non-violents et répétaient que la haine pour répondre à la haine n'était et n'est pas une solution. Ils ont obtenu la carte de séjour de dix ans pour les étrangers et le fait de ne pouvoir expulser hors de France un mineur de moins de dix-huit ans.

th-16.jpegAujourd'hui, trente ans ont passé et la France continue à expulser les Roms, à les prendre comme boucs-émissaires de la crise, à renvoyer des familles dans leur pays, avec des enfants nés en France, des enfants scolarisés, de jeunes étudiants. Des pères sont expulsés seuls, laissant en France épouses, femmes enceintes parfois, jeunes enfants devenus orphelins d'un papa encore vivant.  Il suffit de se rendre sur le site du Réseau d'Éducation sans frontières (Resf), pour comprendre que le chemin de La Marche est encore long avant de déposer nos souliers devant le sapin de la Paix, du droit d'Asile et de l'Égalité.

http://www.educationsansfrontieres.orgth-13.jpeg

Je lis dans certains forums sur le net des propos très durs et stigmatisants envers les Roms, comme quoi ce serait tous des voleurs, des personnes malfaisantes, des voyous taillés ainsi depuis l'enfance, tous bons à mettre dans un charter. Lorsque je les défends, je me fais casser tout bonnement, comme quoi il faudrait que je "redescende sur terre", que je devienne "lucide". Mais je vois ces familles dans des caravanes, dans des camps, sous des tentes, rejetés de partout, passant d'endroits sordides en lieux minables... Ce sont des êtres humains qui vivent la pauvreté, qui sont exclus, qui ressentent le froid de l'hiver... Je leur porte des vêtements autant que je peux... car rejeter, c'est tuer à petit feu... alors qu'accueillir et protéger, c'est donner de l'espoir.

th-7.jpegDurant des années, j'ai porté des projets d'amitié entre les peuples à travers la musique, à Bron, à Grenoble et ses banlieues, en Isère, créant : "Un archet pour la Paix" pour faire entrer dans les écoles et auprès des enfants cet esprit de tolérance et d'ouverture aux autres cultures, au respect des différences. Je continue de penser que toutes ces actions sont autant de petites gouttes déposées dans l'océan de l'Humain, afin de créer ce phare de la Conscience universelle qui brille dans l'inconscient collectif, pour une paix concrète et vivante.

Ce film de "LA MARCHE", réalisé par Nabil Ben Yadir, arrive juste au moment de l'anniversaire de la Marche de 1983. Il est juste et vrai. Il est authentique et sans recherche d'intérêt financier, puisqu'il a été demandé aux acteurs de gros sacrifices salariaux. Le réalisateur a préféré faire un grand film pour relater cet évènement plutôt que d'axer son énergie sur la recherche de gros moyens de réalisation. Ce film est d'un réalisme étonnant et d'une profondeur véridique.

th-11.jpegJe vous invite à courir le voir et vous marcherez tous ensemble vers le même but. Vous vivrez la même minute de recueillement, à travers laquelle le silence même pénètre à l'intérieur de la salle de cinéma, émotion palpable où les victimes mortes sont présentes avec nous, les vivants.

Oui, nous sommes vivants et nous avons encore le pouvoir de faire avancer l'Histoire avec humanisme et dans le respect de chacun, se rappelant que le sang qui coule dans nos veines est toujours rouge, quelque soit notre race, notre origine, notre sexe, notre ethnie... Que nous soyons noirs, rouges, blancs, jaunes, ocres, marrons, hommes ou femmes.Unknown.jpeg

Chloé LAROCHE 

 

"Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit."

"Un raciste est quelqu'un qui se trompe de colère."

 

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ARTICLE très complet, à lire,

de 

Mogniss H. Abdallah  :

 

http://www.gisti.org/doc/plein-droit/55/marche.html

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Plein Droit n° 55, décembre 2002
« Parcours, filières et trajectoires »

1983 :
La marche pour l’égalité

Mogniss H. Abdallah
Agence IM’média

"Le 3 décembre 1983 à Paris, cent mille personnes environ accueillent la Marche pour l’égalité et contre le racisme dans une ambiance de fête. Partie de Marseille le15 octobre 1983 dans l’indifférence quasi-générale, la Marche est peu à peu devenue un événement politique historique. Il sera considéré comme un acte fondateur pour la jeunesse des banlieues. A travers le pays, les jeunes issus de l’immigration mais aussi de nombreux Français se sont identifiés aux marcheurs et rejoindront ce que l’on nommera un temps le mouvement beur. Désormais, les Beurs ne sont plus seulement les enfants d’immigrés invisibles, mais bien des acteurs à part entière de la société française. Cette nouvelle donne va bouleverser la perception de l’immigration et redessiner le paysage politique antiraciste.

A l’origine de la Marche, il y a les événements dans la ZUP des Minguettes, à Vénissieux (Rhône). Depuis l’été 1981, les affrontements entre les jeunes et la police dans les banlieues de l’est lyonnais, médiatisés à travers les fameux « rodéos » automobiles, prennent un tournant politique. En effet, la droite, encore sous le coup de sa déroute électorale de 1981, a décidé de relever la tête en attaquant le gouvernement sur la question de l’immigration et de la sécurité.

Dans les banlieues ouvrières, à Lyon comme ailleurs, la crise avec son lot de licenciements et de fermetures d’usines, aggrave les tensions. Le tissu social se délite de jour en jour avec le départ de nombreux habitants (sur 9 200 logements aux Minguettes, 2 000 à 3 000 étaient vides en 1983). Alors, les lascars « rouillent » au bas des tours, s’approprient caves ou appartements vides, et se débrouillent pour vivre. Le chômage s’installe dans les têtes et dans la vie. A défaut de travail, ils trouvent d’autres sources de revenus, plus ou moins licites. Cependant, le marché de la drogue (dure) n’a pas encore totalement envahi les cités lyonnaises.

La police rôde, à la recherche surtout de jeunes issus de l’immigration qu’elle considère avant tout comme des « délinquants étrangers ». L’idée que ces derniers ne puissent plus être expulsés depuis les nouvelles dispositions législatives protégeant les étrangers arrivés avant l’âge de dix ans et coupables de petits délits choque la base policière. (A la veille des élections présidentielles, une grève de la faim de Christian Delorme, Jean Costil et Ahmed Boukhouna avait permis l’arrêt des expulsions des jeunes [1]). Qu’à cela ne tienne : un processus policier et médiatique de criminalisation du mode de vie des jeunes tend à faire l’amalgame entre révolte sociale, petite délinquance parfois crapuleuse et grand banditisme pour faire pression sur les décideurs politiques, accusés de laxisme vis-à-vis de l’instauration de « sanctuaires de hors-la-loi » et autres « zones interdites ».

L’argument de l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat fait mouche auprès du ministre de tutelle des policiers, Gaston Defferre, mais aussi auprès du ministre de la défense Charles Hernu. Ce dernier, par ailleurs maire de Villeurbanne dans l’est lyonnais, n’a pas hésité à détruire la cité Olivier de Serres. Dès 1982, Gaston Defferre s’oppose au ministre de la justice Robert Badinter et à ses velléités d’exercer un contrôle sur la police. A l’occasion des débats parlementaires autour de son projet de loi pour renforcer les contrôles d’identité, le ministre de l’intérieur stigmatise la dangerosité d’enfants qui « parfois à l’âge de six ans et, en tout cas, couramment à dix ans », volent et cassent. Aussi préconise-t-il le principe du « choc salutaire », c’est-à-dire de la prison pour traiter la petite délinquance, une idée importée des Etats-Unis en 1976 par Peyrefitte, ainsi que la répression d’« illégalismes populaires » jusque-là tolérés. Enfin, il avance la notion de « lieux déterminés » à surveiller, voire à pacifier (Le Monde, 15 juin 1982). Par ailleurs, il ne veut pas entendre parler d’« une commission qui serait chargée d’examiner les litiges mettant en cause la police » . La police doit avoir le mot de la fin...

SOS Avenir Minguettes

Au lendemain des élections municipales de mars 1983 marquées par une surenchère raciste et sécuritaire qui fait le lit d’un Front national devenu pour la première fois une force politique nationale, le meurtrier du jeune Ahmed Boutelja de Bron (Est lyonnais) jusque-là en détention préventive est remis en liberté (son procès n’aura lieu qu’en 1995). Le surlendemain, une imposante descente de police aux Minguettes pour une histoire de recel se transforme en affrontement collectif. Le local des jeunes à la tour 10 du quartier Monmousseau est retourné sens dessus-dessous, des mères de famille sont molestées.

Ces violences mettent le feu aux poudres. Les policiers sont obligés de battre en retraite. Les jours suivants, leurs syndicats se lancent dans une virulente campagne publique, saisissent le pouvoir central et menacent le pouvoir d’« actes d’indiscipline » (demandes de mutation en masse, dépôt des armes ...). Ils exigent « la reprise des expulsions et des peines exemplaires pour les meneurs et leurs complices, des opérations systématiques de police avec de nombreux effectifs équipés de moyens pour le maintien de l’ordre », ainsi que « le quadrillage de la commune ».

Dans ce contexte, une douzaine de jeunes décident d’une grève de la faim pour interpeller les pouvoirs publics sur une situation qui peut dégénérer à tout moment. Ils créent l’association SOS Avenir Minguettes et formulent une série de revendications concernant la police ou la justice (arrêt de l’intimidation policière permanente et des poursuites judiciaires consécutives aux événements du 21 mars 1983, création d’une commission d’enquête indépendante sur les « contentieux » avec certains policiers), et la participation à la réhabilitation de la ZUP (embauche sur le chantier, relogement des familles dites « lourdes »...). Si les pouvoirs publics acceptent la négociation, après la médiation active de Christian Delorme, le curé des Minguettes, ils est selon eux impossible de répondre favorablement aux demandes qui concernent le volet police-justice. Néanmoins, ils proposent à Christian Delorme et à Toumi Djaïdja, président de SOS Avenir Minguettes, de participer à la nouvelle commission communale de prévention de la délinquance, où ils ne peuvent émettre leur avis qu’à titre consultatif. Mais les policiers refusent de s’asseoir à la même table que des « délinquants ».

Sur le terrain, les incidents se multiplient. A quelques jours de la destruction spectaculaire d’une première tour à Monmousseau, la police fait une descente brutale dans le petit centre commercial et arrête Kamel, un des grévistes de la faim. Le 20 juin 1983, un policier tire sur Toumi Djaïdja, le blessant grièvement au ventre.

Pendant ce temps, éclate « l’été meurtrier »: Aux quatre coins de France, les crimes racistes se multiplient. L’émoi est à son comble avec la mort du petit Toufik, neuf ans, abattu d’un coup de 22 long rifle la veille du 14 juillet par un ouvrier irascible à la Courneuve.

S’adresser à la France entière

Sur son lit d’hôpital, Toumi se demande quoi faire pour sortir de l’isolement et de la haine réciproque. Lors d’une discussion avec Christian Delorme, surgit alors l’idée de « s’adresser à la France entière par une grande Marche », comme celles de Gandhi ou de Martin Luther King. L’idée séduit d’emblée les jeunes, qui veulent démarrer la Marche sans attendre. Christian Delorme leur demande un peu de patience. Une initiative d’une telle ampleur, ça s’organise. Les jeunes acceptent à contre-coeur et délèguent l’organisation à la Cimade de Lyon, ainsi qu’au MAN (mouvement pour une alternative non-violente). Christian Delorme et le pasteur Jean Costil obtiendront l’appui des réseaux chrétiens, humanistes et anti-racistes qui avaient permis à leur grève de la faim d’avril 1981 contre les expulsions d’aboutir. Le soutien des protestants, bien représentés au gouvernement, sera aussi particulièrement important pour la suite.

Des collectifs d’accueil se constituent dans plusieurs villes, avant et surtout pendant la Marche. On y trouve les associations de solidarité avec les travailleurs immigrés, les organisations politiques et syndicales, mais aussi beaucoup d’individus « inorganisés », souvent très jeunes, qui affluent, donnant des airs de happening improvisé et « affinitaire » à bien des étapes. Parmi les marcheurs, beaucoup se présentent comme de jeunes Arabes, et arborent le keffieh palestinien. De fait, leur nouvelle communauté d’expérience transcende les frontières entre deuxième génération d’immigrés de nationalité française ou étrangère et enfants de harkis, entre communautés, entre filles et garçons. Si la présence des filles d’immigrés a été remarquée, on n’a sans doute pas assez relevé que la dynamique interculturelle de la Marche est aussi passée par une recomposition intra-communautaire (une meilleure prise en compte de cet aspect aurait sans doute aidé à surpasser le clivage ouverture interculturelle/repli communautaire qui hypothèquera l’après-Marche et l’avenir du mouvement beur).

A Paris, le collectif jeunes qui centralise l’accueil sur la capitale, s’autonomise par rapport au cartel d’organisations de soutien et se transforme en « parlement beur ». Les militants antiracistes, davantage habitués à la figure traditionnelle du travailleur ou de leur alter-ego immigré, sont médusés par le débarquement inattendu de ces enfants d’immigrés à la verve bien française. Ils passent le relais, tout en s’interrogeant sur leur place dans un tel mouvement. Cette cure de jouvence in situ du sérail anti-raciste va permettre à la Marche et aux collectifs de se dégager des logiques d’appareils et des rhétoriques idéologiques.

Ce sont donc les marcheurs qui décident et qui prennent la parole à chaque étape, davantage sur le mode affectif que politique. Craignant le risque de « récupération », ils interdisent banderoles et slogans jugés trop polémiques. Pour rassembler large, la Marche adopte d’ailleurs un profil revendicatif discret, dans l’espoir de voir la « France profonde » fraterniser avec la jeunesse issue de l’immigration ou des cités maudites.

Les médias, progressivement séduits par cette image positive, généreuse et oecuménique, en rajouteront. Ils portent aux nues des « apôtres de la non-violence », une terminologie quasi-biblique dont les marcheurs ne seront pas dupes, comme le laissera entendre Bouzid Kara, un de leurs porte-parole, dans son livre La Marche, traversée de la France profonde (édition Sindbad, 1984). Le père Christian Delorme semble davantage dans son rôle lorsqu’il évoque son souci de l’unanimité ou la « fraternité vécue » comme une valeur essentielle de la République... et de sa foi chrétienne. Son « âme missionnaire » et sa « stratégie des coulisses » du pouvoir sont contestées par certaines associations autonomes de jeunes issus de l’immigration, qui interpellent parfois rudement les marcheurs. Ces derniers, interloqués, feront le dos rond pour parachever leur périple, mais ils resteront en contact par la suite avec les partisans de l’auto-organisation.

Ceci étant, la critique dite « radicale » de la Marche, formulée de l’extérieur, incantatoire et abstraite, paraît plutôt démobilisatrice et en décalage complet par rapport à l’énergie et la capacité d’initiative forte manifestées par la Marche. Sous une référence plutôt confuse à la « non-violence », les marcheurs expérimentent en réalité de nouvelles voies pour sortir d’une révolte épidermique et défensive. Ils s’affirment dorénavant comme acteurs citoyens dans l’espace public.

De fait, il y aura plusieurs Marches dans la Marche, avec des préoccupations différentes. Il s’agit alors de se côtoyer sans s’exclure, mais aussi sans éviter le débat contradictoire.

Exorciser le syndrome de Dreux

La recherche d’un consensus moral fait passer au second plan par exemple les revendications premières autour de la police et la justice, trop conflictuelles, rappelées néanmoins par des forums justice organisés dans la même période par des associations autonomes à Marseille, Vaulx-en-Velin, Nanterre et Levallois. Et la réalité se chargera de rattraper la Marche : la mort de Habib Grimzi, un jeune algérien défenestré dans le train Bordeaux-Vintimille, ainsi que de nouvelles exactions policières aux Minguettes, vont doper sa dimension revendicative.

A l’arrivée, les jeunes et les familles défileront aux côtés des marcheurs avec les portraits des victimes des crimes racistes et sécuritaires, en scandant « Egalité des droits, justice pour tous ».

L’interpellation morale de la société civile a aussi pour certains comme objectif de provoquer un examen de conscience du pays, un sursaut civique afin d’exorciser le syndrome de Dreux – où la droite traditionnelle, alliée avec le FN, a emporté la mairie lors d’une municipale partielle en septembre 1983 . Le front républicain, au-delà des clivages gauche-droite, est déjà en gestation. A l’arrivée, le gouvernement et des élus républicains des deux bords rejoignent en fanfare les marcheurs. Georgina Dufoix, ministre des affaires sociales, assure que de nouvelles mesures contre le racisme vont être prises. Le président Mitterrand reçoit les marcheurs à l’Elysée et annonce la création prochaine de la carte unique de dix ans pour les étrangers, (en remplacement des cartes de séjour et de travail), et « des mesures de principe pour que justice soit rendue aux jeunes victimes et à leur famille » (limitation des ventes d’armes, possibilité pour les associations de quartier de se constituer partie civile dans les affaires de crimes racistes, etc.) En outre, le développement social des quartiers sera désormais considéré comme une priorité nationale.

Dans la foulée, une multitude d’associations de jeunes vont surgir. Après la reconnaissance publique du phénomène « beur », c’est la course à la représentativité et aux fonds publics. En effet, trois semaines seulement après l’euphorie de la Marche, les affrontements raciaux entre grévistes et non-grévistes à Talbot-Poissy sonnent déjà le glas de l’idylle. Les marcheurs soutiennent les travailleurs immigrés licenciés, signifiant par là-même leur refus de jouer la division entre les enfants, accueillis à bras ouverts au sein de la République, et les parents O.S. virés par milliers des usines. Ils feront, après le succès symbolique de la Marche, un retour sur eux-mêmes et sur leur situation sociale. Et là, tout reste à faire... d’autant que, sur le terrain, le message politique du 3 décembre 1983 ne passe toujours pas. Ainsi Toumi Djaïdja, figure emblématique de la Marche, comparaîtra-t-il en octobre 1984 devant le tribunal correctionnel de Saint-Etienne pour des faits allégués de petite délinquance commis en... 1982. « Défavorablement connu des services de police et de justice », « meneur vedette des Minguettes », il sera condamné « pour l’exemple » à quinze mois fermes et arrêté à la barre. C’est en prison, isolé, qu’il apprendra les pérégrinations d’une nouvelle Marche à mobylette, Convergence 84, et le lancement, sponsorisé par l’Etat et les médias, de SOS- Racisme. « Touche pas à mon pote », qu’ils disaient...".

 


 

Notes

[1] La suspension des expulsions de jeunes fut d’abord décidée par le ministre de l’intérieur Christian Bonnet pour pemettre l’arrêt de la grève de la faim. Puis la loi du 29 octobre 1981 sur l’entrée et le séjour des étrangers introduisit, parmi les catégories d’étrangers non expulsables, les mineurs de moins de dix-huit ans et les étrangers nés en France ou arrivés avant l’âge de dix ans, sauf en cas de menace grave à l’ordre public.

 

13/01/2013

Du mariage pour tous et de ma position quant au mariage homosexuel et à la procréation médicalement assistée. Propos envers les croyants.

k2277959.jpgBonjour à tous et toutes,


Aujourd'hui, des isérois et personnes venues de toutes provinces se sont retrouvés à Paris pour manifester contre le "Mariage pour tous". Il y a dans les rangs de cette manifestation nombre de religieux de tous bords, pensant lutter pour des croyances légitimes.

ispi045285.jpgQuelle perte de temps et d'énergie quand on pense que ces personnes donnent un dimanche pour dire NON à une loi ne les concernant pas. Alors qu'en tant que personnes croyantes et porteuses d'un certain idéal, sont-elles descendues dans la rue avec tous ceux qui sont venus à Paris -dont quinze mille kurdes- rassemblés hier pour manifester contre la mort des trois jeunes femmes kurdes assassinées dans notre pays ?

Ont-elles été là aussi, ces personnes bien-pensantes pour défendre les enfants expulsés de France, avec leurs parents, actes faits régulièrement depuis des années ? Pour arrêter les policiers venus dans nos écoles arracher des gosses à leur banc pour être mis dans un avion ?k0402730.jpg

Beaucoup de gens mélangent le terme de mariage civil avec le terme de mariage religieux. Pourtant le premier, que la nouvelle loi traite, est laïque et ne devrait pas autant remuer les croyants et les foules offusquées.  Le mariage laïque donne l'égalité des droits aux homosexuels qui s'aiment et c'est normal. 


012904BL.jpgD'autre part, si on ne veut pas donner le droit à la procréation médicalement assistée aux homosexuels, en parlant de l'inconnu du donneur et de ce problème évident pour les enfants à venir qui ne connaîtront pas la lignée paternelle... Pourquoi l'a-t-on donné aux autres couples, ce droit ???? Quelle hypocrisie !!! Si on ne donne pas ce droit aux couples homosexuels, alors enlevons-le à tous les couples ! Car quelle discrimination ce serait d'accorder ce droit à certains mais pas à d'autres... à cause de prétextes de morale et d'éthique.

Le jour où les enfants venus au monde par la procréation médicalement assistée grandiront et ne pourront pas savoir d'où ils viennent et quelle est leur deuxième lignée, le monde s'apercevra que le progrès est parfois égoïste et que l'enfant n'est pas un dû, ni pour les couples hétérosexuels ni pour les couples homosexuels.42-19860150.jpg

Il reste que des enfants bien vivants sont adoptables et abandonnés dans des orphelinats. Qu'ils soient adoptés par un homme et une femme ou par deux femmes ou deux hommes... m'est égal. C'est le bonheur de l'enfant qui compte ainsi que le fait qu'il ait enfin une famille et des personnes qui l'aiment et prennent soin de lui. 


42-19860091.jpgDeux français homosexuels sont partis au Brésil et ont adopté un petit garçon déficient et très abimé par la situation qu'il vivait, négligé par ses propres parents qui se droguaient. Ces deux hommes ont pris cet enfant sous leurs ailes et l'ont tant choyé et protégé que ce garçon va bien aujourd'hui. Imaginez qu'ils reviennent en France aujourd'hui... Seront-ils acceptés et reconnus comme les pères de cet enfant ? Cet enfant aura quelle place dans notre société et au sein de sa famille non reconnue dans notre pays ? 

k5320333.jpgQue tous les religieux et les croyants du monde se regardent dans une glace et se demandent quel genre d'amour est-ce  celui que Dieu demande à chacun et qui devrait rejeter deux personnes qui s'aiment ? Dieu a-t-il demandé que nous adoptions ce genre d'amour discriminant ? Je ne crois pas en cette supposition, sincèrement. L'amour universel nous demande d'être tolérant, ouvert, accueillant envers la différence, aimant envers autrui et hospitalier.u18085635.jpg

Chloé LAROCHEk5046541.jpgk10511989.jpg


08/11/2012

Abolir la prostitution, est-ce la solution ?

k10721184.jpgBonjour à tous et toutes,u15265930.jpg


Suite aux propos de la Ministre des Droits des Femmes, Madame Najat Vallaud-Belkacem, qui dit vouloir se donner avec le Gouvernement les moyens d'abolir totalement la prostitution, je réagis en disant qu'à force de tout vouloir régir et polisser, de vouloir éradiquer tout ce qui dépasse... on va vers une société où la cocotte minute va exploser.

Le directeur du Nid, association qui se bat contre la prostitution, a dit tout à l'heure sur Radio Rmc que faire l'amour contre de l'argent était impensable aujourd'hui et allait contre la dignité de la femme. k10301553.jpg

Si cette activité était véritablement reconnue et protégée comme un travail, un véritable emploi encadré par des lois et des règles, dans des lieux réservés et surveillés, comme en Suisse où les travailleurs du Sexe existent, il n'y aurait plus de possibilités de forcer des femmes à faire ceci, avec des proxénètes se nourrissant sur le dos de victimes forcées à se faire prendre.

Les proxénètes sont aujourd'hui protégés, ainsi que les réseaux mafieux... venus d'autres pays bien souvent. En Isère, la police sait que certaines filles sur le trottoir racolent et pourrait très facilement coffrer le proxénète qui les surveille à la vue de tous... Pourtant, ces jeunes femmes continuent d'oeuvrer en pleine campagne, sans protection et sans aide, offrant leur pudeur au regard des voitures qui s'arrêtent pour les embarquer.

k5646823.jpgJe pense que les prostituées aident la société à faire baisser le nombre de viols et à limiter le  débordement sexuel existant chez un certain nombre d'hommes. Je pense qu'elles font un travail généreux et qu'elles donnent de leur corps et de leur coeur à des personnes qui repartent soulagées, ayant recueilli un peu d'amour, de cet amour difficile à trouver parfois dans une société de solitude exponentielle.

Je pense aussi aux handicapés qui n'ont personne à aimer, fait découlant du fait que vu leur état, personne ne veut de ces êtres diminués. Si les travailleurs du Sexe étaient en place, il y aurait moins de souffrances et les choses seraient admises : le désir non assouvi durant des années est une torture morale pour nombre de personnes handicapées. Le travailleur du sexe pourrait apporter aussi des soins par des massages, de la tendresse, des caresses tout simplement.k4104742.jpg

k1928773.jpgIl faut beaucoup de coeur pour effectuer ce métier mais des personnes sont capables de cela, comme les professionnels de l'aide aux autres sont capables de laver le corps et les fesses de leurs patients (aide-soignants, infirmières, tierces personnes, etc).

Éradiquer la prostitution n'est pas la solution car cela serait source de grande frustration et de souffrances morales induisant une recrudescence de la violence sexuelle. Par contre, accentuer et organiser vraiment la lutte contre les réseaux mafieux, contre les proxénètes, contre le forçage des femmes à se prostituer, contre la pratique de leur prendre leurs papiers pour les obliger... Cela serait formidable !

Chloé Laroche

 

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http://360.ch/blog/magazine/2007/02/travailleurs_du/

 

http://www.liberation.fr/societe/2012/06/24/najat-vallaud-belkacem-veut-faire-disparaitre-la-prostitution_828699

30/04/2012

Il n'y a aucun raccourci à la liberté. L'unité des norvégiens en face de la haine d'un individu nous donne une leçon immense en humanité.

201204271028_w350.jpgBonsoir à tous et toutes,images-8.jpeg

 

Jeudi dernier a eu lieu un évènement d'une qualité humaine rare, dans un monde où les violences se suivent, de siècle en siècle, avec des folies de plus en plus horribles et un temps où les hommes peuvent révéler une obscurité si profonde que les anges ne savent plus quoi faire.images-4.jpeg

J'ai été très émue et bouleversée que quarante mille personnes à Oslo, enfants, personnes âgées, hommes et femmes de tous âges, descendent tous ensemble dans la rue pour chanter un seul chant, une chanson détestée par Anders Breivik, cet assassin ayant tué 77 personnes en Norvège par racisme et fascisme le 22 juillet 2011.Parapluie-arc-en-ciel-52011410-64587.jpg

images-5.jpegLa pluie n'a pas arrêté toutes ces personnes descendues en un seul corps, en un seul mouvement de solidarité envers les victimes et leurs familles, dans une vague immense d'amitié entre les peuples.

images-9.jpegElles ont choisi de défier le meurtrier qui a arraché la vie à tant de jeunes, à tant d'âmes envolées à cause d'un homme mangé par une idéologie terrifiante.

La haine qui sort de cet individu n'a pas arrêté cette mobilisation d'amour qui a fait chanter à cette foule et en différents endroits de Norvège : "Enfants de l'arc-en-ciel", chanson qui dit : "Ensemble, nous allons vivre, chaque frère et chaque soeur, petits enfants de l'arc-en-ciel et d'une terre fertile."

Toutes les races se rejoignent en diverses couleurs pour  se réunir dans l'arc-en-ciel multicolore de la planète. Je soutiens que chaque couleur ne doit pas devenir neutre et incolore de honte mais s'inscrire dans la fierté de sa propre couleur et différence acceptée par le reste de la planète.

Dans la chanson, il est dit :

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"Une terre si verte et autour qui pourrait demander plus ?"

Si, demander la paix et que des horreurs telles que celles vécues le 22 juillet n'arrivent plus.

Février-27-2010-SB-Parapluie-de-lumière-via-iwantoneofthose.jpgDemander que plus jamais on ne donne autant de temps de parole à un assassin au cours d'un jugement de justice.

Demander qu'un seul individu n'arrive plus à accomplir le terrible dessein de la tuerie de tous ces jeunes dont la vie arrachée hurle de douleur et d'incompréhension.

Chloé Laroche

__________________________________________________norvège,oslo,breivik,assassin,enfants de l'arc-en-ciel,my rainbow race,actualité,40 000 personnes chantent,pluie,haine,amour,solidarité,humanité,unité,tolérance,peuples,différence,paix,justice,espoir,monde,planète,tuerie,mal,fascisme,racisme,attenta,victimes,deuil,condoléances


Vidéo de cet évènement :

 

http://www.lejdd.fr/International/Europe/Videos/40.000-Norvegiens-chantent-une-chanson-que-Breivik-deteste-506131

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

06/11/2010

Dieu seul sait si la mort d’un ange peut en sauver d’autres... L'histoire d'une maman orpheline de sa fille, dont la mort a été offerte pour deux vies.

SI UN ÉDITEUR LISAIT CE TEXTE ET CE BLOG ET QU'IL AIT L'IDÉE DE RÉÉDITER CET OUVRAGE ET CES TEXTES, MERCI DE CONTACTER L'AUTEUR DU BLOG... QUI RECHERCHE UN ÉDITEUR POUR PLUSIEURS LIVRES...chloe.email@laposte.net. Merci d'avance !

Cette nouvelle est la cinquième du livre de Chloé LAROCHE : "les Semences de l'Après-Vie"_______________________________

 

 

2e0c38b4dd3c1378.jpgLe

Don

de

Flore

 

____________ Nouvelle n° 5 de Chloé LAROCHE416500fd42b96950.jpg


CE TEXTE EST PROTÉGÉ ET TOUS DROITS RÉSERVÉS


La Vierge pleure
Des chapelets de roses
Qui tombent du Ciel

(haïku de Chloé L)

 

“On ne meurt pas chacun pour soi,
mais les uns pour les autres,
ou même les uns à la place des autres.”

(Soeur Constance dans le “Dialogue des Carmélites”
de Georges Bernanos)





92fa763a1950b944.jpgLes fleurs exhalent un parfum capable de traverser notre monde pour rejoindre celui de nos morts ; elles touchent ainsi leur âme ouverte à l’amour des aimés de la Terre.

Une maman avait compris cela et plaçait devant la photo de sa fille décédée des fleurs odorantes ; elle savait que leurs parfums traversaient mille espaces pour porter son amour à son enfant chérie.

Cette mère s’appelait Flore et sa fille portait le nom d’Eglantine ; sa tombe était toujours couverte de mille fleurs, fleurs de printemps et fleurs d’hiver.99393a71542ed8ba.jpg

Là où se trouvait Eglantine depuis l’âge de ses trois ans, elle percevait des odeurs de courage, de force, de beauté, de douceur et tout l’amour que lui transmettait sa maman à travers les fleurs.

Un jour, alors que le soleil était caché depuis longtemps derrière les nuages et qu’il faisait froid, Flore s’était rendue malgré tout sur la tombe de sa fille ; elle lui avait apporté un joli bouquet multicolore qu’elle avait placé délicatement dans un vase.

15158330c108d452.jpgSon coeur était lourd, ce jour-là, si lourd qu’elle n’arrivait pas à pleurer ; ses larmes restaient accrochées aux parois de son âme écorchée.

Soudain, un rayon de soleil illumina la tombe et un sourire brilla dans le visage d’Eglantine, dont la photographie irradiait la stèle ; les larmes coulèrent sur le visage de Flore, telle une rosée d’aurore aux doigts de roses.

Elle se mit à parler à haute voix : “Mon Dieu, si vous m’écoutez, prenez ma vie. Je Vous la donne en échange de la vie d’un enfant d’Algérie... pour qu’il ne soit pas tué. C’est horrible, ce qu’il se passe là-bas ! Si ma vie peut en sauver une, alors prenez-la et laissez-moi rejoindre ma fille... Je Vous laisse la décision de ma mort, brutale ou par longue maladie.”421576f1d30948fa.jpg

Flore souffrait en effet au plus profond de son être de savoir qu’en Algérie, des enfants, des femmes, des hommes innocents étaient massacrés par milliers sans que personne ne puisse empêcher ces crimes perpétrés par les terroristes...

Elle ne savait pas si Dieu l’écouterait mais si elle pouvait sauver un seul enfant de cette horreur, ce serait pour elle le paradis... et elle retrouverait sa fille peut-être plus vite que prévu.

1b3c0a4a72b2948a.jpgDix ans plus tôt, elle était allée en Algérie, à Blida ; elle avait fait la connaissance d’une grande famille... si hospitalière que la jeune femme aurait souhaité devenir l’une des leurs ! Une femme, notamment, l’avait prise en affection et lui avait offert un bracelet avec deux serpents d’argent qui se regardaient ; Flore avait toujours gardé ce présent comme un signe d’amitié entre leurs deux peuples, un signe de paix ; or, depuis la vague d’atrocités des crimes terroristes en Algérie, elle s’inquiétait terriblement pour cette famille de Blida et toutes les familles de ce pays... un pays meurtri et ensanglanté par les corps de ses bébés assassinés et égorgés devant les yeux de leurs propres mères !...

Ce jour-là, Dieu entendit sûrement l’offre de son don car la maman d’Eglantine se piqua à une rose ; Flore n’était pas vaccinée contre le tétanos ; elle tomba gravement malade et rejoignit sa fille au Ciel quelques jours plus tard.

On apprit peu de temps après qu’une enfant de sept ans avait été la seule rescapée d’un terrible massacre qui eut lieu en Algérie, au moment de la mort de Flore.b367296ff4aca39c.jpg

La maman de cette enfant remercia le Ciel de l’avoir sauvée...

On sut aussi qu’au même moment, un jeune enfant de trois ans avait survécu, seul et unique être vivant, après le crash d’un avion en Asie.

94ea97b8fa62c344.jpgPeut-être que Flore avait sauvé deux enfants, l’un en Orient, l’autre en Occident, comme Jésus avait lui aussi souffert sur la Croix par ses deux bras écartés en acte d’amour et de don à l’Humanité.

Peut-être que sa fille, par sa propre mort et à travers le don de sa mère, avait sauvé aussi un de ces deux enfants... Dieu seul sait si la mort d’un ange peut en sauver d’autres... En tout cas, les Anges, eux, doivent sûrement le savoir !

7ee27f4a9bb8ed22.jpgDepuis le décès de Flore, des personnes avisées disent que sur la tombe de la mère et de l’enfant viennent très souvent un homme très âgé, au faciès asiatique, accompagné d’un vieil homme de type arabe... Ils apportent à chaque fois des branches d’églantine, qu’ils déposent de chaque côté de la sépulture de Flore et de sa fille.00a34fe98499f7fc.jpg0c73501ed8b700a2.jpg

Ces personnes disent qu’ils représentent sur la Terre les larmes des Sages descendus de la maison des pleurs qui se trouve c66e0593449202d6.jpgdans l’Arc-en-Ciel.

Chloé LAROCHE

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Le soleil vivant
Respire sur la terre
Le parfum des fleurs

(HAÏKU DE CHLOÉ L)

 

________________________ Ce texte est protégé et ne doit pas être recopié ou utilisé sans l'accord de l'auteur.

Ouvrage déposé. ______________

"Les Semences de l'Après-vie" est l'ouvrage inspiré par l'amour infini que porte Chloé Laroche à sa fille Océana, envolée à l'âge de deux ans et demi vers l'Au-Delà. Elle a écrit 13 nouvelles dans ce livre qu'on ne trouve plus dans le commerce. C'est pour cela que Chloé a choisi de partager avec vous ces 13 nouvelles dans ses 13 prochains articles, ici sur son blog.... "Je souhaite par ce livre donner force et courage à toutes les personnes endeuillées et leur dire que la mort n'est pas véritable séparation ni trou noir du néant ; les êtres aimés disparus sont unis à nous pour la vie... qui ne finit pas." (extrait de la 4ème de couverture du livre de Chloé Laroche)______________________________________

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NOTA :

-La photo de la tombe est celle de Jacques BREL :  sa tombe est dans le cimetière d’Atunoa sur l’île  d’Hiva Oa,

là où Gauguin repose aussi.

-LES DEUX DESSINS DE FEMMES PROVIENNENT DE LA GALERIE DE FARID BENYAA :

http://www.farid-benyaa.com/cartes_voeux_algerie/cartes_f...

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Adresse Galerie d'art Alger - Peinture Algérie

11/07/2009

"Les gens m'insultent dans la rue et m'agressent parce que je porte le niqab, voile intégral." Échanges et non violence sur le port du voile intégral, niqab et burqa.

PAA083000003.jpgBonjour à tous et toutes,

 

Lorsque j’ai écrit et mis en ligne mon article du 20 juin sur le niqab et la burqa, j’ai reçu beaucoup de commentaires de femmes portant le voile intégral ainsi que de maris et d’hommes les défendant.

Je redéfinis de suite les différents voiles, pour qu'il n'y ait pas de confusions. Le hidjab est le voile simple où l'on peut voir le visage de la femme. Le niqab est un voile intégral où l'on ne voit que les yeux. La burqa est un voile intégral où l'on ne voit rien même pas les yeux, protégés par un grillage.

Je ne suis pas raciste ni d'extrême-droite, bien au contraire. Je me suis toujours battue pour l'amitié et l'entraide entre les peuples, pour la compréhension des cultures et pour la tolérance. Mais je ne tolère pas le niqab ni la burga, comme je ne tolère pas l'excision. Comme je ne tolère pas la lapidation des femmes adultères. Comme je ne tolère pas les crimes d'honneur dans certains pays.IS787-560.jpg

On me venterait les mérites de l’excision, je n’accepterais pas le débat... Mais là, pour le voile intégral, je souhaite faire une mise au point et donner les arguments de celles qui le portent. Je voudrais aussi mettre sur le tapis la souffrance qu’elles ont à être insultée quotidiennement. On les traitent de "fantôme du Louvre", de "Belphégor". Mary m’a écrit : “Même si cela peut paraître fou à vos yeux puisque vous parlez de PSY, pensez-vous que je mérite toutes ces insultes que je subis depuis bientôt 6 ans ???? Répondez moi ouvertement ! Les gens m’insultent dans la rue de Bélfégor, de fantôme du Louvre, de toute autre chose méchante et irrespectueuse alors que je suis au marché ou dans la rue. Vous qui défendez si bien les femmes, vous trouvez ça juste et correct ???? Où est le bon comportement des francais, où est leur politesse??? Depuis les débats, les soeurs se font de plus en plus insulter et même agresser car les gens se disent : “L’État est avec nous, on peut les insulter, leur mettre la misère... Je trouve cela vraiment absurde et nous ne nous laisserons pas nous harceler verbalement par toutes ces insultes chaque jour de nos vies. Qu’en pensez-vous, est-ce normal qu’on souffre de ces méchancetés gratuites, dites-moi, vous qui voulez le bien pour votre prochain ???”

42-16280585.jpgJe condamne les insultes et les agressions que subissent ces femmes. Si une de ces musulmanes voilées en hijab (voile simple sur les cheveux), en niqab ou en burqa était agressée ou insultée devant moi, je prendrais sa défense sans hésitation, car vous ne méritez pas cela, Mary. Le problème est que, en poursuivant votre choix malgré la réaction de la société qui n’aime pas ce qui ressemble au passé de l’histoire (autrefois, seuls les bourreaux et les inquisiteurs avaient le visage caché), vous vous placez délibérément en martyrs de Dieu. Mais le hic est que Dieu ne vous demande pas de vous cacher. Le Coran ne demande qu’un voile et des habits décents, couvrant les parties provoquantes de la femme.

Les femmes qui m’ont écrit m’ont parlé de leur peur d’une loi contre le voile intégral, le niqab qu’elles portent (où seul leurs yeux sont vus), et m’ont révélé que si une loi passait, elles ne sortiraient plus. Elles pourraient se priver du monde, du soleil, de la lumière du jour et de la communication avec les autres humains pour un habit qui couvre leur visage. Myriam m’écrit ainsi : “Je suis très triste car là en ce moment ça fait polémique. Vous vous battez pour qu'on soit libre mais le problème si c’est interdit vous allez nous contraindre à ne plus sortir. Et oui si c’est interdit, je ne vais plus vouloir sortir me promener, profiter des belles choses que Dieu nous a donné.”CB011374.jpg

J’ai répondu à Myriam : Je suis désolée de savoir de votre bouche que si une loi passait, vous ne sortiriez plus. Martine Aubry a donc raison et je m'en doutais. Vous vous obligeriez à rester enfermée alors que vous êtes dans un pays où vous êtes libre, où vous avez le droit d'être musulmane, le droit de pratiquer votre religion, où vous avez des mosquées (celle de Lyon est très belle !). Pensez à vos soeurs terrorisées par les Talibans. Pourquoi fuir la France, comme dit Mary, ou vous empêcher de sortir et de vivre votre vie de créature de Dieu ? Dieu demande-t-il que les femmes renconcent à la vie ? À l'heure de notre mort, on nous demandera ce que nous avons fait, pas ce que nous avons porté comme habits. De toute façon, dans la tombe, on est tout nu. Les habits qui nous couvrent ne sont plus qu'illusion, n'est-ce pas ?!! Alors, Myriam, je vous en prie, pourquoi le Hijab ne vous satisfait pas ? Il est permis et restera permis... et c'est ce que le Coran demande.

42-16280578.jpgJe trouve cela excessif d’arriver à penser ne plus sortir si le niqab n’est pas autorisé, puisque le hidjab (voile simple couvrant les cheveux) est permis en France et est accepté généralement... sauf dans les écoles où une loi l’a interdit.

La photo de gauche montre une femme voilée du hidjab. Elle est entourée d'un voile mais montre son visage, ses yeux, son sourire. Elle ressemble à une humaine. Elle respecte la politesse et ne se cache pas. Elle respecte la pudeur demandée par l'Islam.

Mary m’a écrit ces mots : “J’ai fait ce choix parce que pour moi il était tellement beau de voir une femme aimer sa pudeur, se respecter et se préserver et parce que j’ai fait le choix de ne pas montrer mon corps à tous les hommes et quelle est la partie la plus belle du corps ? Le visage. Car je suis outrée de voir qu’aujourdhui on se sert du corps de la femme pour véhiculer des choses et pour faire de la propagande ... Pourquoi UTILISER une femme à moitié nue pour vendre des voitures parce que les premiers acheteurs sont des hommes, n’est ce pas ?”

Mais oui, Mary, je suis d’accord, et je suis la première à bondir de cela, de cette utilisation marchande du corps de la femme, mais ce n’est pas une raison pour se voiler la face. Se voiler le visage pour ne pas le montrer aux hommes autres que ton mari est excessif et dénote une certaine paranoïa, une peur profonde du monde extérieur qui t’oblige à te protéger entièrement.

u19987033.jpgImaginez que demain matin, je prenne mon taxi (je suis taxi spécialisée transportant des personnes à mobilité réduite) en portant le niqab (photo de gauche)... et pire, la burqa (voile intégral avec une grille sur les yeux). Mon employeur me licencierait sur le champ et mes clients me diraient : "Tu es devenue folle, Chloé." Pour moi, dans un sens, c'est comme si demain j'allais au travail avec un masque de Venise en clamant : "Je garde mon visage pour moi et mes proches." Ce serait pour moi une insulte aux autres êtres humains que je vais croiser et accompagner dans mon métier. Ce n'est pas pour ça que je m'habille de façon indécente ! Je suis féminine et je remercie Dieu de m'avoir donné les charmes d'une femme, la beauté de la création et des yeux, miroir de l'âme... yeux qui peuvent être vus par ceux que je croise et à qui je parle. C'est pour moi une politesse exquise et j'enlève aussi mes lunettes noires pour parler aux autres. Si un jour, je me retrouvais à porter la burqa ou le niqab, je courrais chez le psy... pour savoir et démonter ce qui m'a conduit à faire ce choix d'habit... de déguisement.k0384298.jpg

Abdelhakim est un mari qui m’a écrit pour sa femme : “Ma femme porte le sitar qui est une version de niqab avec un voile en plus sur les yeux. Elle le porte depuis l’âge de 16 ans, soit 3 ans avant mon mariage avec elle, son père n’était pas pour, mais il ne l’a pas combattu respectant son choix, et j’ai 3 enfants avec elle auquels elle donne beaucoup d amour et de tendresse et qui sont fous d’ elle, d’ailleurs à chaque fois qu’ils voient une femme en niqab dans la rue, ils se précipitent sur elle pour l’embrasser croyant qu’elle est leur mère, c’est rigolo à voir. Pour ma part le niqab n’est pas une obligation comme la prière ou le jeune du ramadan mais il est préférable et même fortement recommandé, surtout en cette époque où la femme est traquée du regard des pervers et utilisée comme objet de commerce où on la fait poser nue pour vendre un yaourt ou un shampoing, est-ce cela la dignité de la femme ?? Si ma femme décide de ne plus le porter je l’accepte et si elle le porte je l’accepte aussi ;  elle le fait pour son Seigneur et elle le fait pour se réserver exclusivement à moi et je suis très satisfait d’elle, de même je fais le maximum d’efforts pour la satisfaire et toujours lui apporter ce dont elle a besoin et je ne connais pas un frère dans mon entourage qui force sa femme à le porter, toutes le portent de leur plein gré et elle sont très épanouies, ma femme aussi aime beaucoup les vêtements, les bijoux et les parfums, et elle n’est pas voilée à la maison devant ses parents, ses frères et soeurs, ni même devant mon père car il n’y a aucun mal à cela.”

Mary m’expliquait aussi : “Je précise aussi que l’on ne porte pas la burqa chez nous dans la maison ni entre amies et qu’on embrasse nos enfants, qu’on les gâte de calins et de tendresse...”.

Toutes ces femmes ont essayé de me rassurer sur leur sort. L’une d’elle m’a même écrit que cela l’énervait un peu que je m’inquiète... Ce sont les mots de Oum Souleym :  “J'aurais préféré une parole franche, que l’on me dise : nous vous détestons comme vous êtes, plutôt que d’entendre : nous nous inquiétons pour vous, mes pauvres dames, vous avez choisi le voile intégral alors on va vous empêcher de vivre ! Car oui nous vivons, nous sortons nos liasses comme tout le monde pour se faire plaisir, nous payons des impôts, mais si vous nous interdisez notre liberté alors nous ne pourrons plus rien faire, nous serons soumises non pas à notre mari mais à l'État francais qui ne veut plus de nous dans la société.”PAA083000003.jpg

Non, Oum Souleym, je n'ai aucune haine et je ne déteste évidemment pas les femmes musulmanes. Je pense très fort à vos soeurs du Pakistan et d’Afghanistan, qui rêveraient de vivre la liberté de pouvoir montrer leur visage.

Talib m’a écrit : “Elle était libre et souriante ma soeur musulmane, et vous l'avez tuée en stigmatisant constamment les musulman(e)s ... Vous l'avez tuée parce qu'elle n'était pas soumise aux mêmes principes que vous, et parce qu'elle était musulmane donc différente.” Talib m’a donné ce lien : Marwa assassinée parce qu'elle portait un voile : http://www.islamophobie.net/art_read.php?ai=157

Je suis allée lire ce qui est arrivé à Marwa en Allemagne. Voici son histoire :

u12463800.jpg“L’histoire remonte à août 2008, lorsque Marwa a poursuivi en justice pour diffamation son assassin, Axel, un chômeur allemand de 28 ans après qu’il l’ait traitée de « terroriste » parce qu’elle portait le hijab (voile islamique). Mais mercredi dernier, Axel l’a poignardée à 18 reprises dans l'enceinte d'un tribunal allemand après que les juges ont annoncé qu’elle avait gagné le procès et qu’il devait payer 2800 euros d’amende pour les insultes qu’il lui avait adressées.

Marwa, une égyptienne de 32 ans, était l’épouse d’un universitaire égyptien, titulaire d’une bourse d’études en Allemagne. Son mari a également été blessé dans l’incident et se trouve maintenant hospitalisé dans un état critique, entre la vie et la mort.

Cette femme, Marwa El-Sherbini, âgée de 32 ans, était enceinte de son deuxième enfant lorsqu’elle a été poignardée.”

(Source : Global Voice)

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e0000819.jpgMarwa portait le hijab et elle est morte

Cette maman portait un enfant et ils sont morts

De la folie d’un homme raciste et intolérant

Je suis dans un pays de liberté

Où on peut écrire son désaccord

Cela ne veut pas dire que j’insulte mes soeurs

Ni que j’approuve les violences faites

À Marwa et à sa famille

C’est un drame horrible

Et je souhaite qu’aucune autre femme

Ne subisse le même sort

Et ne soit insultée pour le port du voile.


Chloé LAROCHE

 
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