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04/02/2014

Éthique, justice et morale en notre monde actuel... Réflexions sur les réseaux sociaux et l'actualité, sur les sanctions, la prison et les nouveaux justiciers. Pensées sur les deux jeunes revenus de Syrie.

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Hier, on apprenait que la vidéo d'un petit chat jeté à plusieurs reprises contre un mur était livré sur internet par un jeune de vingt-cinq ans... Cet individu est donc un homme déjà constitué, pas un jeune garçon.

Aujourd'hui, on apprend que quatre jeunes mineurs, de douze à seize ans, ont humilié un homme handicapé mental dans un parc de Fontaine, près de Grenoble.

J'écoute une radio nationale et qu'entends-je : "Des personnes ayant commis certains faits sont arrêtées grâce à l'intervention de membres inscrits sur les réseaux sociaux. Allons-nous vers la création de nouveaux justiciers sur les réseaux sociaux, de ceux qui n'hésitent pas à donner les noms de ceux qui font des choses qui déplaisent... Et sommes-nous tous appelés à SUBIR la dénonciation sur Facebook, sur Twitter ou ailleurs?"

Je me suis dit que l'animateur de cette radio devenait fou, tout simplement, ou complètement décalé, ou bien simplement inconscient.

Il défend visiblement par ses propos la notion de liberté et de protection des individus, même lorsque ceux-ci commettent des délits... En effet, les actes que j'ai cités tout au début de mon article s'appellent bien des DÉLITS, faits interdits par la loi.

L'acte de dénoncer n'est pas "dénoncer" au sens de ceux qui ont livré des personnes juives -lors de la Seconde guerre mondiale- à la déportation et à la haine nazie ; cette forme-là de dénonciation est condamnable car elle n'existait que pour nuire à autrui. Par contre, dénoncer les auteurs d'un délit est louable et tout à fait recommandable puisque cela vise à défendre les victimes d'un acte odieux et à arrêter les auteurs de ce fait afin qu'ils ne continuent pas dans cette voie.

Le jeune homme qui a jeté le petit chat avec haine et violence, avant de poster sa vidéo filmée sur internet, a pu être arrêté et a recueilli un an de prison ferme. Le seul problème : est-ce que la prison est une solution dans un cas comme le sien où il ne sait même pas pourquoi il a fait ça... N'aurait-il pas été préférable de lui donner trois cents heures d'intérêt général dans un refuge pour animaux ? Il aurait nettoyé les box des animaux et aurait appris beaucoup de choses sur la sensibilité de ces êtres. Avec un suivi psychiatrique obligatoire en parallèle, cela lui aurait permis de soigner son mal-être.

Notre société est prompte à juger sans se remettre en question et à mettre à la marge ceux qui dévient. Ainsi, lorsque deux adolescents partent en Syrie pour rejoindre l'armée djihadiste et les centaines d'européens déjà partis pour rallier la rébellion syrienne, on juge ces jeunes sans vergogne et sans essayer de comprendre ; on les met en garde-à-vue pour ensuite les punir sévèrement. Les deux lycéens pourraient être poursuivis pour "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme et éventuellement être placés en détention provisoire". D'après certains journalistes, "malgré leur excuse de minorité, ils risquent dix ans de prison et 225 000 euros d'amende."

Ces deux lycéens ont quinze et seize ans. Pourquoi sont-ils partis là-bas ? Peut-être que leur sensibilité de jeunes a parlé dans cet acte perdu d'avance, dans un monde où nous sommes si impuissants devant les guerres et les violences vues à la télévision. Ils ont été tout simplement récupérés par des groupes islamiques oeuvrant en France, comme des adeptes sont récupérés par des sectes. On s'est servi de leur jeunesse, de leur naïveté et de leur désir de combattre pour la paix, la justice et pour de nouvelles valeurs de solidarité. Alors, maintenant que ces deux jeunes sont revenus, ce n'est sûrement pas eux qu'il faut juger, car ils ne sont que les victimes de manoeuvres manipulatrices servant à recruter de nouveaux soldats gratuits pour une cause floue et extrêmiste.

Quant aux réseaux sociaux et à Facebook, c'est très bien qu'il y ait à l'intérieur -comme inscrits et participants- des personnes aimant la justice et attentives à révéler tout ce qui pourrait être un délit, mais le mieux serait que les dirigeants de ces sites fassent le ménage en amont, lors de la parution de certaines pages, vidéos ou propagandes, ce qui n'est pas effectué, en vérité et à leurs grands torts.

Chloé Laroche

16/11/2011

Je suis émue de la situation d'une maman congolaise privée de son existence. Mon propos sur l'identité, sur notre place dans la société, sur la légitimité reconnue ou non d'une adoption, d'un lien de coeur.

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J'avais déjà donné un lien dernièrement pour aider une maman congolaise à rentrer en France afin de retrouver ses enfants restés sur le territoire et de ramener deux de ses filles à Paris. Madame Vigoureux se trouve bloquée au Congo où elle s'était rendue afin de prouver son identité et de ramener un papier demandé par les autorités françaises.vigoureux,congo,afrique,identité,existence,adoption,exister,accueil,sans papiers,étranger,immigration,politique,frontiere,bénin,famille adoption,refus adoption,justice,tribunal,actualité,rapprochement familial,injustice,pétition,education sans frontieres,france,adolescence,colère

Il faut toujours prouver son identité alors que nous existons bel et bien, en tant qu'être humain. Pour ma part, combien de fois m'a-t-on demandé à la Caf notamment de prouver l'identité de mes filles adoptives, de prouver leur existence. La société nous a enregistré une fois mais d'années en années, combien de fois doit-on justifier de notre existence réelle et valable ?

Ma fille adoptive venue du Bénin fait les frais d'une situation scabreuse qui veut que son adoption ne soit pas reconnue en France. Issue d'une famille biologique dont le père est polygame et a abandonné tous ses enfants, les arrachant à leurs mères respectives, le dossier d'adoption subit les zones d'ombre de cette famille qui a menti au départ, se déclarant morts mais pourtant réellement bien vivants.

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Cependant, si une famille adoptive n'est pas légalement acceptée par la société et qu'on lui demande par ailleurs d'exister au niveau de l'autorité, comment peut-elle s'enraciner dans la légitimité de son existence, puisque régulièrement, il m'a été dit : "Vous n'êtes pas sa mère aux yeux de la loi."

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Je suis désolée de tout cela, meurtrie pour ma fille, mais ne pouvant plus rien faire désormais, à part saisir la Cour européenne des Droits de l'Homme, je prête ma plume à d'autres familles en difficulté et ici, en l'occurrence, je souhaite que vous vous penchiez sur le cas de cette maman : Madame Vigoureux, en signant la pétition donnée plus bas et en lisant l'article ci-dessous envoyé par Éducation sans Frontières.

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Merci pour votre lecture de mon blog, qui compte près de cinq cents lecteurs par jour. 

Merci de signer en nombre la pétition dont vous trouverez le lien en bas du rapport ci-dessous.

 

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______ "Depuis juillet dernier, une mère et ses deux filles de 13 et 15 ans, vivent un cauchemar, loin de chez elles, bloquées à Pointe-Noire, au Congo, faute de documents d’identité leur permettant de rentrer à Paris.


Brigitte Vigoureux, née au Congo et de nationalité belge, réside à Paris depuis plus de vingt ans. Quatre de ses enfants vivent avec elle, dont deux ont la nationalité française. Pour des raisons obscures que la Belgique refuse toujours de communiquer, à Paris, les autorités belges lui ont refusé le renouvellement de ses papiers d’identité et l’ont déclarée de nationalité indéterminée, ainsi que ses enfants. Elles lui réclament un certificat de naissance authentifié à la fois par son pays de naissance et par les autorités consulaires belges à Brazzaville.

En juillet dernier, munie d’un laissez-passer congolais, elle s’envole pour Brazzaville avec ses deux filles mineures, Thyssina 13 ans et Elaura 15 ans, afin de récupérer le document demandé. Sur place, elle effectue une demande de renouvellement de passeport auprès du consulat belge à Brazzaville, mais se heurte à un refus catégorique de l’ambassade. Brutalement devenues sans papiers et apatrides, Brigitte, Thyssina et Elaura ne peuvent rentrer à Paris. Bloquées depuis juillet à Pointe-Noire, elles ne survivent que parce qu’elles sont hébergées par la mère de Brigitte.

A Paris, son absence a totalement désorganisé la vie de la famille : le compte bancaire de sa mère ayant été bloqué, Amata, la cadette, attend sa bourse scolaire pour payer une partie des charges financières de l’appartement de la famille, Victor, l’aînée, étudiante devenue brutalement chef de famille, doit faire face à des problèmes de plus en plus aigus, et a dû trouver du travail pour régler les besoins les plus urgents. Quant au fils aîné qui vit au Canada, il a dû interrompre ses études, faute de pouvoir régler les frais de scolarité et s’est vu retirer son titre de séjour.

Thyssina et Elaura, de leur côté, n’ont pu effectuer leur rentrée scolaire, en septembre, dans les établissements du 13ème arrondissement de Paris où elles sont scolarisées : en 4ème au collège George Sand pour Thyssina, et en 2nde au lycée Claude Monet pour Elaura. En outre, depuis son arrivée à Pointe-Noire, Thyssina souffre du paludisme et a dû être hospitalisée.

L’avocat bruxellois qui cherche à démêler la situation administrative de Brigitte Vigoureux se heurte à un mur : en l’absence de gouvernement, il ne trouve aucun interlocuteur qui puisse lui fournir une explication. Et le consul de Belgique à Paris a prévenu le comité de soutien qui s’est organisé autour de la famille que le règlement de la situation administrative de Brigitte Vigoureux pourrait prendre des mois !

Pendant ce temps, la vie de la famille Vigoureux se dégrade de jour en jour. Dernier coup dur : Victor et Amata ont reçu une lettre d’huissier pour cause de loyers impayés !

Cela suffit !

Cette situation a assez duré : pour cause de carence de l’état belge, deux toutes jeunes filles sont déscolarisées, ont déjà perdu plus de deux mois de programmes scolaires et attendent de pouvoir rentrer chez elles, sans comprendre pourquoi elles subissent un tel ostracisme.

Thyssina et Elaura, ainsi que leur mère Brigitte Vigoureux, doivent revenir à Paris immédiatement !

Ces deux enfants n’ont pas à subir l’incurie de l’Etat belge !

C’est pourquoi nous demandons au défenseur de droits français, qui a été saisi du dossier, au ministre de l’intérieur, également saisi, d’accélérer les procédures en cours afin que Thyssina, Elaura et leur mère puissent enfin reprendre le cours de leur vie, ici, en France."

 

Et toujours : 
- Pétition pour leur retour : http://resf.info/article38830.html 
- Plus d’infos sur le blog Mediapart de RESF : http://resf.info/article38831.html

Contacts presse :
Marc Naelten (RESF Paris 5-13) : renaud-naelten@orange.fr 06 79 54 03 33
Daniel Cassiaux (collège George Sand) : 06 87 09 18 97
En Belgique : Nathalie Fessol : nath.edme.fessol@gmail.com 0032 2 763 02 09

 

21/11/2008

Refus du Tribunal pour une adoption. Mon combat de maman depuis six ans pour ma fille adoptive.

 

Écrit le 07-11-2008.
________________
"C'EST L'ANGE QUI NOUS GUIDE, CONTRE LES ORAGES, CONTRE LES NAUFRAGES." (Calogéro)


ange_ange_fleur.jpgJe viens donner des nouvelles mais elles sont mauvaises. Je suis effondrée. Hier, je conduisais toute la journée pour mon travail et je pleurais au volant.

C'est un refus du Tribunal que j'ai reçu. Refus dans le cadre d'une demande d'adoption simple, demandée après une adoption plénière prononcée au Bénin en 2002, non acceptée encore en France. (voir mon article du 8 septembre 2008 : "Ce soir, je suis triste, triste de ce matin au Tribunal, triste pour l'adoption non reconnue de ma fille, triste de notre justice française").

J'ai mal pour ma fille, mal de cette société qui ne fait pas de geste pour reconnaître une adoption qui se passe pourtant depuis 2002, avec une enfant qui est venue du Bénin, qui vit avec moi, qui grandit, qui a besoin que l'État Français la reconnaisse enfin et me donne la légitimité de maman.

ange_amour.jpg

Ma fille malmène notre lien car elle est en pleine crise d'adolescence mais je suis toujours là pour elle. Cela lui est arrivé de m'insulter, encore dernièrement, elle a fugué deux jours et deux nuits en septembre... mais on l'a retrouvée, et la vie continue. Elle sait que je l'aime, que je suis sa maman, que je l'aide en lui mettant des limites, en parlant avec elle aussi, en écoutant ses confidences de jeune fille, en l'accompagnant vers son chemin de jeune femme. Mais je suis meurtrie par cette décision du Tribunal... audience que j'avais relatée plus haut dans ce blog. La décision était en attente depuis le 7 septembre.ange_ange.jpg

ange_f_e_bleu.jpgJe suis meurtrie car je me bats depuis des années et je suis scandalisée par les contradictions entre le Ministère des Affaires Étrangères qui me donne son aval, par la MAI (Mission Internationale de l'Adoption) qui me soutient mais demeure impuissante, par le Service de l'Adoption qui n'a pas voulu prendre en compte ma demande récente d'agrément en déclarant que celui obtenu en l'an 2000 était encore valable à leur yeux... et selon la loi en vigueur. Mais la loi n'est pas la même pour tout le monde !!!  En effet... le jugement de cette semaine me reproche d'avoir un agrément périmé et qui plus est aux noms de mon ex-époux et moi-même. Divorcer est donc puni par la loi et un agrément d'adoption obtenu en couple ne correspond plus à une mère divorcée qui a adoptée sa fille il y a déjà cinq ans ! Quand on adopte un enfant, il est donc interdit de divorcer. Non seulement on me culpabilise de cela, mais en plus on me demande de m'excuser d'être aller chercher ma fille au Bénin !!! "Madame, ça ira mieux entre votre fille et vous quand vous aurez fait votre méa culpa d'être allée la chercher dans son pays." C'est à s'arracher les cheveux et avoir envie d'aller s'immoler devant le Tribunal de ma ville. :(

Pour information, un agrément est un document délivré après des mois d'investigation psychologique et d'enquête sociale, afin de montrer et de prouver qu'on est apte à adopter dans le pays choisi pour adopter. Quand l'adoption est prononcée, elle est prononcée, et redemander un agrément à une maman qui élève sa fille adoptive depuis plus de cinq ans relève du despotisme et d'un manque de justice confondante !!

Chloé



P-S.

Je viens d'avoir la MAI. Leurs mots : "Ce jugement de refus est inacceptable, intolérable. Qui peut adopter cette enfant si ce n'est vous ? Ce sont des considérations personnelles qui motivent ce refus de la part des Juges présents. Faites appel, ne baissez pas les bras. Continuez de vous battre." 
Ils m'encouragent mais ils ne peuvent pas m'aider.... Rien.  
Aucun lien entre les services. 
C'est désespérant.ange_ange_courb_.jpg


bonnefortu​ne

Je suis vraiment désolée ... Je ne sais que te dire.



Laetitiat

je te suis depuis toujours et je ne comprends pas non plus !!! c'est hallucinant !!! il faut que cette enfant soit l'enfant de quelqu'un!!! 
as-tu essayé l'adoption simple??


-


Chère Laeticia, 

ange_violon.jpgMerci pour ton message. Merci à Bonne Fortune.
Hé bien, c'était une audience pour une demande d'adoption simple puisque l'adoption plénière paraissait trop difficile à obtenir, et qui devait être depuis le début (plénière). Même l'adoption simple m'est refusé. On se demande ce que ça apporte à la conscience de toutes ces femmes qui ont participé à ce refus et à cette audience (procureur, juges, présidente d'audience, etc)... J'espère que la vérité des choses réelles se fera jour dans leur coeur. Et que refuser d'entériner une adoption juste par caprice institutionnel est plutôt décevant du système actuel. Je fulmine intérieurement et j'ai passé plusieurs coups de fil aujourd'hui (avocat, MAI, Service de l'Adoption)... Ils sont très embêtés pour moi et ne savent quoi faire. Les services qui s'occupent de l'adoption n'ont pas grand pouvoir... et ceux qui ont le pouvoir méconnaissent les lois et pratiques de l'adoption, ce qui donne des contradictions. 

Bisous à toi. 
Merci à tous et toutes de votre lecture et de votre attention. 

Chloé


Commentaire :
Softhi33

C'est une histoire hallucinante... Je vous lis depuis un petit moment et j'espère de tout cœur que vous trouverez une issue, qu'elle soit juridique et affective... Je ne comprends pas ce qui se passe dans la tête des gens... Et j'avoue que cela fait froid dans le dos... Je ne sais pas non plus quoi vous dire ni quoi faire. Bon courage à vous et à votre fille. Votre histoire est digne d'un "roman", pas  romancé malheureusement...

 

08/09/2008

Ce soir, je suis triste, triste de ce matin au Tribunal, triste pour l'adoption non reconnue de ma fille, triste de notre justice française.

Bonsoir !

 

Mn_45b.jpgCe soir, je suis triste car j'ai vécu ce matin au Tribunal un moment très pénible, un morceau d'enfer.

Je bataille pour obtenir la reconnaissance d'une adoption faite au Bénin depuis 2002 : l'adoption de ma fille que je suis allée chercher dans un orphelinat en 2003.

Je vous en avais déjà parlé dans un article précédent, il y a quelques mois, dans "Histoire difficile de l'adoption de ma fille au Bénin" (13 avril).

Quand on adopte un enfant, on doit suivre certains règlements, certaines démarches : agrément à obtenir sur neuf mois environ, visites d'une assistance sociale, rendez-vous avec un psychologue, acceptation du dossier par la Mission Internationale de l'Adoption, attente des papiers en règle du pays d'origine, consentement de la famille biologique restante, délivrance d'un visa pour l'enfant.

Imaginez que tout cela soit fait et que cinq ans et demi après, la France n'a toujours pas reconnu officiellement l'adoption. La Justice pinaille : "Oui, mais l'oncle biologique béninois de votre fille a été considéré comme le père... alors que c'est l'oncle... Que représente en fait exactement cet homme pour votre fille ? La place de cet homme dans sa vie n'est pas claire... Elle a une famille au Bénin. Tout cela n'est pas clair. Ce jugement d'adoption n'est donc pas clair et ne doit pas être validé par la Justice.... Et puis la Justice n'a pas à entériner un lien ou à le consolider. S'il y a lien affectif entre vous, alors vous n'avez pas besoin d'un lien juridique."

Voilà ce que j'ai entendu ce matin.Mn_44a.jpg

J'étais assise en face de cinq dames avec mon avocate à côté. Madame le Procureur, assise à gauche, a démonté mon dossier et ma demande point par point, pièce par pièce, s'adressant ainsi aux dames présentes : "Je vous demande de ne pas aller dans le sens de la demande de Madame Laroche. C'est un fait que sa fille est chez elle, qu'elle s'en occupe, mais voilà, c'est tout. Au début, il y a eu effectivement une enquête du Conseil Général faite par le Service de l'Adoption, qui s'est révélé assez positive... mais très vite, cela a dégénéré entre ses parents adoptifs et cette enfant."

Ma fille a traversé une période difficile d'adolescence, de changement corporel, d'adaptation, d'attente d'identité... Mais si on vient nous reprocher, à nous parents adoptifs, cette crise normale et courante chez nombre d'enfants adoptés, lesquels cherchent à voir jusqu'où on peut bien les aimer... alors si on vient nous reprocher les difficultés rencontrées, le monde tourne à l'envers.

Je n'ai pas pu dire un mot durant toute l'audience. Personne ne m'a proposé de m'exprimer, de dire un mot... moi qui me bats depuis six ans pour cette enfant, qui suis avec elle sur le "terrain" au quotidien, qui l'ai sortie de cet horrible orphelinat où elle se trouvait, abandonnée là-bas... moi qui l'accompagne de mon amour inconditionnel, acceptant les mises à distance obligées, alors même qu'elle m'a hurlé au cours d'une crise il y a quelques mois de "la lâcher", "d'arrêter d'être obsédée par elle", de "l'oublier". Elle oublie ensuite ces mots, ces paroles difficiles à entendre qu'elle dit car elles montent en elle comme une vague qui passe et qui engloutit le présent avec le passé trop dur de l'Afrique, de l'abandon, de l'orphelinat, des mauvais traitements là-bas.Mn_36a.jpg

Quand elle est arrivée, ma fille mesurait 1 mètre 22 et pesait 23 kilos. En un an, elle avait pris douze kilos et grandit énormément, récupérant tout le retard dû à la malnutrition. De l'enfant qu'elle était en arrivant, ma fille s'est métamorphosée à une vitesse inimaginable dans les premiers temps. Je devais changer tous ses vêtements en un trimestre. Aujourd'hui, cinq ans plus tard, on retrouve une "enfant" transformée, une jeune fille en pleine forme, mesurant 1 mètre 56 avec 53 kilos. Ma fille s'est épanouie. Elle est heureuse. Elle a grandi comme une enfant normale, avec des jeux, des poupées dans un premier temps, puis le ski, le cheval, les copines, le vélo, des camps, les scouts, toute une culture à découvrir, le cinéma, les livres, les chanteurs, les balades en famille, la découverte de la France, les vacances au bord de la mer, le Safari de Peaugres, les grottes de la région, etc.

Ce matin, Madame la Procureur a eu la bonté d'annoncer devant l'assemblée que la France ne renverrait pas ma fille dans un charter... "Madame Laroche, soyez rassurée, on n'agit pas ainsi en France. On ne renvoit pas des mineurs dans leur pays. À sa majorité, votre fille aura aussi tout loisir de demander son adoption elle-même, demandant à ce que votre lien affectif soit légalisé. Donc, de ce côté-là, il n'y a pas d'inquiétude à avoir."

J'ai été très rassurée d'entendre ces mots !!!! Vous pensez bien, avec tout ce que je sais sur le dossier des étrangers expulsés... problème dont je parle régulièrement sur ce blog !!

Le Ministère des Affaires Étrangères m'avait envoyé durant l'été un document décisif m'ouvrant toutes grandes les portes de l'adoption de ma fille, avec leur bénédiction. C'était un document prouvant l'abandon de ma fille et la disparition de ses parents, relayés un temps par un oncle et une tante béninois... que ma fille a appelé ses parents.

Même ce document n'a pas ému le Procureur.

Je ne connais pas la pensée de toutes les juges, greffes et dames présentes, puisqu'elles ne se sont pas exprimées, n'ont pas débattu et n'ont posé aucune question.

Deux personnes se sont renvoyé l'affaire : la Procureur et mon avocate.

Mn_35a.jpgJe suis ressortie de la salle effondrée intérieurement.

Mon avocate a dit de moi que j'étais une femme tenace et qui savait ce qu'elle voulait : donner une identité à ma fille et être reconnue comme sa mère officiellement, puisque cette société me demande de toute part si je suis bien la mère de cette enfant, de cette jeune fille maintenant, sur le plan juridique, sur le plan de l'autorité parentale et des instances diverses.

Je considère qu'un enfant venu sur le sol français pour être adopté, et sachant qu'il va l'être... doit voir son espoir concrétisé par le Droit Français... lui donnant le droit de porter officiellement le nom de ses parents adoptifs et d'avoir une carte d'identité attestant de sa nouvelle appartenance familiale. Ma fille n'a pas de papiers français. Ma fille porte mon nom à la dérobade, comme un nom volé à la France. Ma fille n'a pas la nationalité française et plus elle grandit, plus elle a conscience du problème de l'immigration en France.

Ma fille sauterait de joie de savoir qu'elle a été enfin reconnue par la France et comme mon enfant. Ma fille m'appelle Maman et elle sait au fond de son coeur que jamais je ne l'abandonnerais, que jamais je ne romprais ce lien indestructible né entre nous en Afrique, que je serais toujours là pour elle, que j'ai pardonné certaines choses et que j'ai avancé parfois dans l'orage et les tempêtes... mais que mon amour pour elle est véritablement celui d'une mère pour son enfant.Mn_44.jpg

Le jugement court en délibéré jusqu'à début novembre. Attendons. Le coeur de ces dames s'est peut-être ouvert à la plaidoirie de mon avocate et à la robustesse de ce parcours chaotique d'adoption béninoise.

Néanmoins, je suis triste ce soir de tous ces propos entendus ce matin et à d'autres moments, de cette glaciation intérieure de la toute puissance juridictionnelle, qui place l'humain et les actes concrets au second plan.

Car ... ces dames, si elles avaient vu où ma fille se trouvait quand je suis allée la chercher... rougiraient et pleureraient. Si elles avaient vu ce qu'elle mangeait, où elle dormait, combien de pierres on lui faisait porter sur la tête et de seaux remplis de terre.... ces dames supplieraient d'effacer le supplice d'une mère au Tribunal ce matin.

Aux informations télévisuelles, on a annoncé dernièrement que l'adoption serait facilitée en France dès à présent et que toutes les mesures nécessaires allaient être prises. Quand l'État n'est pas capable de prendre la mesure de la souffrance identitaire d'une enfant adoptée qui n'est pas reconnue... depuis presque six ans qu'elle est sur le sol français, il y a de quoi s'interroger sur ces nouvelles mesures publicitaires !!

Sincèrement vôtre,

Chloé L.

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