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28/05/2009

Que votre soleil éclaircisse l'ombre ... La solidarité en Isère avec des familles en menace d'expulsion de France, des infos sur le RÉSEAU D'ÉDUCATION SANS FRONTIÈRES de Grenoble et un témoignage sur le numéro 116 000, pour les enfants disparus.

 

Bonjour à tous et toutes,

 

images-3.jpegJe vous transmets aujourd'hui des informations concernant le Réseau d'Éducation sans Frontières de Grenoble, avec des appels à signer deux pétitions, ainsi que deux appels à être présents nombreux pour des convocations au Tribunal Administratif de Grenoble, les 29 mai et 11 juin, afin de soutenir deux familles de l'Isère.arton4633.jpg

 

Il y a aussi une rencontre-concert ce samedi 30 mai à la salle Antigone, rue des Violettes à Grenoble, pour une soirée de soutien à RESF, le Réseau d'Éducation sans Frontières, avec la présence des groupes "Coeurs Gloutons" et "Melocotón".

J'y serai et j'espère que vous viendrez nombreux soutenir l'action de RESF, ce réseau qui aide et accompagne des dizaines, des centaines de familles qui souffrent, dans l'angoisse de l'expulsion de toute la famille ou bien de l'un des parents... Ce sont aussi des enfants qui souffrent de devoir quitter brutalement un pays où ils sont nés, un pays où ils ont leur place à l'école, un pays qui s'appelle la France.FVL072.jpg

 

C'est en se soutenant et en étant solidaire que le monde peut avancer et bouger, que des personnes isolées sentent qu'elles ne sont plus seules et qu'un groupe de personnes solidaires est là pour les soutenir.images-5.jpeg

 

La solidarité prend mille formes. 

 

Je souhaite vous parler d'une de ces solidarités...

 

116000affiche_20090525.jpgUn numéro s'est mis en place dernièrement. C'est le 116 000. Je l'ai appelé ce matin. Il concerne les familles dont l'enfant ou l'adolescent a disparu. Il concerne aussi les fugues. Je souhaite témoigner pour que d'autres familles sachent à quoi sert ce numéro. Une personne m'a écoutée, a pris et noté tous les renseignements, m'a donné des conseils et m'a dit qu'ils me rappelaient dans les deux jours, délai qu'ils se sont fixé pour rappeler les familles. Ils proposent aussi une aide psychologique dans les cas nécessaires afin d'aider les parents dans l'angoisse et l'attente de retrouver leur enfant.

 

Voici un extrait de l’article d’Aurélie BEAU -lu sur www.lyon-webzine.com- concernant le 116 000 : “Maintenant, toutes les victimes de disparition d'enfants en Europe ont un numéro commun : le 116 000. Il est gratuit, disponible 24h/24, 7 jours sur 7 et valable dans dix pays de l'union européenne : la Belgique, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, les Pays Bas, la Pologne, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie. Maintenant, tous ces pays sont reliés en réseaux et mettent leurs compétences en commun en cas de disparition. Le 116 000 propose plusieurs services. C'est tout d'abord une écoute et un soutien pour les familles. C'est aussi et surtout un accompagnement dans les démarches judiciaires et administratives. Parfois, les familles se retrouvent désemparées. Les bénévoles de SOS Enfants disparus sont formés pour les aider et les conseiller. C'est que la situation devient inquiétante. Le nombre de disparitions d'enfants en France a nettement augmenté en 2008. On note 48 277 inscriptions de mineurs au fichier des personnes recherchées, plus de 47 000 fugues, 855 disparitions inquiétantes, 360 enlèvements parentaux. Le nombre d'appel à SOS Enfants disparus a augmenté de 6,35% par rapport à 2007. L'association a traité 1741 appels en 2008, 7421 en quatre ans.” (extrait du site http://www.lyon-webzine.com/societe/event-4634-116-000-alerte-en...disparus.html)_______________________________________

 

 

images.jpegJe vous souhaite à tous

“tout le bonheur du monde

Pour aujourd'hui comme pour demain

Que votre soleil éclaircisse l'ombre

Qu'il brille d'amour au quotidien”.

 

Merci à Sinsemilla pour cette chanson.

 

Chloé LAROCHE

 

PS : N’oubliez pas de lire les informations que je donne ci-dessous pour le réseau RESF à Grenoble, car il y a le 30 mai et le 29 mai... à ne pas oublier !!

 

 

 

moton6.png_________________________ INFOS DONNÉES SUR LE SITE : http://www.educationsansfrontieres.org

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Le 29 mai à 11 heures : Passage au Tribunal Administratif de Grenoble pour une famille.

 

 

“Venez soutenir cette famille au Tribunal Administratif de Grenoble qui a reçu une obligation à quitter le territoire français :

Une famille originaire de Mongolie, arrivée en France en avril 2007, avec deux enfants de 7 et 15 ans -enfants scolarisés à l'école Jules Ferry et au collège Vercors passe au Tribunal Administratif ce vendredi 29 mai à 11 heures pour une OQTF.

Les collectifs Jules Ferry et Abbaye comptent sur votre soutien.”

  

Pour le collectif Jules Ferry.

Le mardi 26 mai 2009.

 

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images-1.jpegSamedi 30 mai de 19 h 30 à 22 h 30 : soirée de soutien à RESF à Antigone.

 

“Vous voulez savoir ce qu’est le Réseau Education Sans Frontières ? 

Venez nous découvrir dans ce superbe lieu qu’est Antigone.

 

Soirée de soutien au Réseau Education Sans Frontières

à Antigone, le samedi 30 mai :

 

Nous aborderons au cours de cette soirée la problématique des sans papiers : qui ils sont, leurs difficultés et notamment le rôle que peuvent jouer les citoyens et les différents collectifs de soutien. La soirée s'articulera autour de documentaires et des plages d'information, de débats et de moment musicaux.

 

19h30  : projection du documentaire : "Invitation à quitter la France" de Marion Stalens (52 min)

20h30 - 21h30 : information / débat autour du film : 

21h30 - 22h30 :  concert des Coeurs Gloutons / Melocotón

 

À cette occasion vous pourrez aussi acheter la compilation de soutien à RESF 38 qui regroupe 17 groupes grenoblois.

 

ADRESSE :  22, rue des Violettes, 38100 Grenoble

 Tram C, arrêts "Vallier-Catane" ou "Dr Calmette"

 06 86 32 26 58 / 04 76 99 93 23

www.bibliothequeantigone.org

 

Le documentaire "Invitation à quitter la France" de Marion Stalens (52 min) : Rachelle est camerounaise. Ivan est colombien. Tous deux sont élèves de terminale au Lycée Jules Ferry à Paris. Le jour de leurs dix-huit ans, alors qu’ils s’apprêtent à passer leur bac, ils reçoivent des autorités préfectorales  une « Invitation à quitter le territoire français » et deviennent du jour au lendemain des « sans papiers » passibles d’expulsion. Amis, professeurs et parents d’élèves se mobilisent autour d’eux pour faire face à cette menace. Au plus près des lycéens et de leur entourage, Marion Stalens la réalisatrice a suivi pendant plusieurs mois le parcours du combattant des deux jeunes gens. Au-delà d’une chronique dont les évènements se  déroulent au plus fort des expulsions  de l’été 2006,  le film permet d’observer l’émergence de nouvelles formes de solidarité dans la société française.  

 Plus d'infos :  http://www.educationsansfrontieres.org/?article8293

 

Les Coeurs Gloutons, ce sont 8 voix, réunis autour de l'accordéon de Guillaume Paul, qui égrènent leurs chansons à l'univers poétique, surréaliste et un tantinet libertaire... Un ensemble qui ne manque pas d'originalité. Ils vont jusqu'à inventer des langues nouvelles, comme le latin moderne ou le yaourt bulgare !

 

Plus d'infos : http://www.voxinternationaltheatre.fr/vox/glou/gloutons.h...

 

Melocotón Melocotón est un sextette a capella qui explore l'étendue des possibilités vocales à travers des compositions et des arrangements originaux de chansons et de standards, dans une ambiance jazz parfois teintée de folk music ou de sons electros. Improvisations, beatbox, chants diphoniques, imitations d'instruments rythment nos morceaux, parfois connus mais toujours revisités de façon étonnante ...”.

 

Plus d'infos : http://www.melocotonvocalproject.com/

 

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YPL027.jpg11 juin 2009 : passage au Tribunal Administratif pour la famille LE.

 

“Cette famille a besoin d’un soutien fort, ils passent au TA de Grenoble bientôt.

La famille LE passe au Tribunal Administratif de Grenoble le 11 juin 2009 à 12 heures, venez nombreux !!

 

Pour en savoir plus sur la famille et son histoire :

 

En France depuis plus de 10 ans cette famille risque très bientôt l’expulsion. Ils sont en France depuis longtemps, ils ont une petite fille scolarisée et même des promesses d’embauche mais cela ne suffit pas ! Mr et Mme LE et leur fille Jade  ne doivent pas être obligés de quitter le territoire français.

Les familles viennent en France pour différentes raisons, mais elles ont en commun de ne pas avoir d’autres choix que de quitter leur pays pour vivre dans des conditions dignes.

C’est en 1999, il y a 10 ans, que Monsieur LE est arrivé en France après avoir quitté le Vietnam, son pays où il n’arrivait plus à faire vivre sa famille de son métier de pêcheur.

Séparé de sa femme et de son enfant, il a tout tenté pour regrouper sa famille, et c’est en  2004 qu’ils ont pu se retrouver.

À partir de là, Madame et Monsieur LE n’ont eu  qu’un  souhait, celui  de pouvoir construire en France un avenir meilleur à leur fille Jade. Depuis, ils n’ont cessé de faire les démarches nécessaires à leur régularisation.

Scolarisée depuis 5 ans en France, Jade c’est admirablement intégrée. Les  enseignants de son école sont satisfaits  de ses résultats, et elle maîtrise parfaitement la langue française.

Pour construire l’avenir de leur famille, Monsieur et Madame LE ont cherché  un contrat de travail. Aujourd’hui c’est chose faite, ils ont trouvé un employeur prêt à les embaucher, mais ils ont reçu une réponse négative à leur demande de titre de séjour et on leur demande de quitter le territoire avant le 5 février 2009.

Pourquoi détruire leur avenir, construit avec tant de persévérance ?

Il est temps après dix ans d’incertitudes et d’angoisse que cette famille puisse vivre dans la dignité et le respect des droits humains en France.”

Merci de signer la PÉTITION concernant la famille LE :

http://www.educationsansfrontieres.org/article17758.html

 

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YPL024.jpgSoutien à une femme et 3 enfants qui risquent l’expulsion !!!

 

PÉTITION à signer : 

http://www.educationsansfrontieres.org/article19844.html

 

“En France depuis 2007, cette jeune infirmière de 30 ans a fuit la violence que l’on exerçait sur elle en Algérie. Elle a bravé l'interdit pour protéger ses enfants alors âgés de 3 ans et demi,  1 an et de son bébé à naître.             

Elle a trouvé refuge auprès de la seule famille qui ne se soit pas détournée, sa soeur en Isère. Maintenant elle voudrait pouvoir vivre en liberté, finir ses équivalences professionnelles qui lui permetront d'exercer le métier d'infirmière en France et pour cela obtenir un titre de séjour qui lui assurera une réelle protection.

Si elle retourne en Algérie elle ne bénéficiera d'aucun appui, bien au contraire ! Personne depuis deux ans dans sa famille ne s'est soucié de ce qu'elle devenait ainsi que ses enfants.

Les lois de la République doivent protéger les 3 petits garçons qui courent un réel danger s'ils sont expulsés ! Nawel doit être régularisée afin d'offrir un foyer sûr à ses enfants !”

Merci de signer la pétition pour elle :

http://www.educationsansfrontieres.org/article19844.html

 

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02/04/2009

Dans mon taxi, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent. Du handicap au pire vécu.

Du handicap au pire vécu. Offrande d'une sonate pour la vie de Jason, petit garçon retrouvé mort à Liège, tué par son père à coups de chaussure. 

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Dans mon taxi, véhicule sanitaire que je conduis chaque jour, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent.

 

images-12.jpegJe reste seule avec des confidences, avec les paroles parfois très lourdes de mes passagers handicapés ou malades.

Des enfants aussi. Des personnes âgées.

 

“Qu’est-ce qu’ils ont les pères à nous faire ça,” me dit une enfant qui me révèle qu’une copine a subi la même chose qu’elle.images-8.jpeg

 

“J’ai eu raison de le dénoncer, n’est-ce pas ?”....

“C’est lui qui a tort, pas moi.”

 

“Ma mère me manque.”

 

Cette enfant a le regard clair et déjà un raisonnement très mûr. Elle regarde une autre enfant passagère et me dit : “Elle est belle.”

 

Comme on dit d’une rose qu’elle est belle.

Les roses, on ne doit pas les cueillir.

Ni violer les enfants.

 

images-2.jpegPendant des mois. Il l’a violée. Ce n’était pas son père mais un beau-père.

 

Pendant les absences de la mère.

 

Elle regarde le paysage. Je la conduis. Elle se sent apaisée dans mon véhicule.images-5.jpeg

 

Dans la journée, plus tard, je transporte un monsieur handicapé. Il était tétraplégique. Il a progressé à force de travail. Il est maintenant paraplégique.

 

images-11.jpegIl est triste. Cela fait trois ans qu’il a eu ce maudit accident.

 

Je l’écoute. Il me dit que la souffrance physique, il n’y a rien de pire. Et la souffrance de voir les montagnes sans pouvoir les parcourir, les goûter.

 

La souffrance de voir des femmes et de n’avoir que le souvenir de l’ancien temps et des rêves présents qu’on fait mais qui ont le goût amer du réveil en fauteuil.SB10063890E-001.jpg

 

Je l’écoute et il me dit que les personnes valides ont bien de la chance et qu’elles devraient éviter de se plaindre pour des broutilles.

 

Mais parfois, pensais-je, les personnes valides sont tristes à mourir et certaines sont handicapées dans le coeur, amputées de leur enfant disparu, membre perdu dans l’immensité de l’univers... amputées d’un être aimé mort. Parfois, des personnes valides ont tant de charges et de difficultés à gérer que tout cela n’est pas que des broutilles.

 

images-9.jpegCet homme souffre terriblement. Il est comme dans une prison. Son corps ne le laisse plus libre de vivre comme il voudrait. Il laisse les volets lui ôter la vue des montagnes. Il a envie de les prendre et de les replanter en plein désert, là où il ne serait pas. Il ne veut plus de son fauteuil. Il se bat pour en sortir. Il voudrait l’emmener  loin et revenir sans lui. Valide et libre d’aimer à nouveau, de courir les montagnes.

 

Je me retrouve seule dans mon taxi. Un taxi spécialisé.

Une musique s’élève dans le réceptacle du véhicule. “La Sonate au Clair de Lune” de Beethoven.

 

Le piano amène à moi l’image d’une tombe. Je vois une maman pleurer là où on a découvert le corps de son fils de trois ans enterré dans un sac.

 

images-4.jpegCet enfant s’appelait Jason. Il a été tué à coups de chaussures par son père. C’est la nouvelle compagne du père qui l’a aidé à enterrer le petit garçon. C’est elle aussi qui a avoué les faits et qui a révélé la fuite du père dans son pays.

 

Cela faisait des semaines depuis février que l’on recherchait le petit garçon. Il a été retrouvé le 19 mars près de Liège, en Belgique, là où il vivait avec son père.images-3.jpeg

 

Un père qui a fait de la prison pour vente de drogue et qui avait déjà été remarqué pour maltraitance sur son fils. Son fils qu’on lui a pourtant rendu à sa sortie de prison. Erreur fatale pour ce petit garçon.

 

Tué à coups de chaussures.

 

images-1.jpegLe piano grandit en intensité. Je pense à Jason. Je vois sa vie, ses sourires, ses jeux d’enfants, sa pureté, son innocence, son émerveillement devant la vie, ses larmes, la douleur d’une vie maltraitée, d’enfant qui regarde l’adulte et qui a peur. Juste peur. Effrayé. Sans secours. Sans recours.

 

La pureté de la Sonate prend en elle toutes les souffrances dont je viens de parler et j’offre ces vies à l’Esprit qui détient la vie, à l’amour qui regarde les roses grandir sans les arracher.

 

La dernière note s'allonge dans la voiture. Le piano s'éteint. Mais une étoile brille. Pour Jason. Pour les enfants que je transporte. Pour chaque personne handicapée.SB10065057H-001.jpg

 

Chloé Laroche________________

 

Commentaires

I recently came across your blog and have been reading along. I thought I would leave my first comment. I don't know what to say except that I have enjoyed reading. Nice blog. I will keep visiting this blog very often.

Ruth

http://pianonotes.info

Ecrit par : Ruth | 05.04.2009

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Thank you very much, Ruth. Your letter is very beautiful, with a big sun for my hearth and my blog. Good sunday ! Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 05.04.2009

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26/03/2009

Je défends Yvan Colonna et juge que son procès est inéquitable et qu'il pose le problème de la bonne santé de la justice française.

images-13.jpegBonjour à tous et toutes,

 

J'ai signé la pétition proposée par le comité de soutien d'Yvan Colonna.images-15.jpegMn_76b.jpg

Je défends cet homme dans sa présomption d'innocence et dans le fait qu'il n'y a pas de preuves établies de sa culpabilité d'avoir tué le Préfet Érignac, que le procès s'est poursuivi en l'absence du prévenu et de ses avocats, lesquels sont partis car on ne voulait pas faire de reconstitution et parce que certains éléments du procès sont plutôt flous.

photo2.gifJ'ai choisi de vous donner des pistes pour mieux connaître cet homme, car on a peur de ce que l'on ne connaît pas et on juge facilement la personne qu'on a catalogué en monstre, sans se poser plus de questions. Voici donc la vie d'Yvan Colonna, telle qu'elle a été publiée sur le site du Comité de soutien d'Yvan : http://www.yvan-colonna.com

Avant, je vais vous faire partager la réaction suivante trouvée sur le site d'Yvan, écrite par Noëlle ; je la partage.

La solidarité est pour moi être solidaire aussi de ceux qui sont prisonniers injustement et de ceux qui servent de boucs-émissaires, ceux dont on peut dire qu'ils ne "sont pas des agneaux"... alors qu'ils sont des bergers !Mn_85a.jpg

Yvan est un berger, et même si cet homme n'est pas un agneau, qui peut le condamner aujourd'hui comme assassin ?

Chloé Laroche ______________________________

 

photo3.gifVont -ils oser et au nom de quoi ?

-26 mars 09-

 

"Entendront-ils la voix d´une justice "juste"?

Entendront-ils la voix sans cesse grandissante de l'opinion publique qui réclame l'impartialité ? 

Se rappelleront-ils ce passage de l'article 304 du Code de Procédure pénale : "L'accusé est présumé innocent et le doute doit lui profiter" ?

Le respect des Droits de l´homme et du citoyen exige un procès équitable et non pas un procès uniquement à charge qui restera un scandale politico-judiciaire !

Vont-ils oser et au nom de quoi ?"

Perrando Noëlle

 

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LA VIE D’YVAN :

Yvan Colonna est né le 7 avril 1960 à Aiacciu dans une famille de trois enfants dont il est le cadet. La plus grande partie de sa scolarité s´est déroulée à Aiacciu, puis à Nice où ses parents, tous les deux enseignants, s´installent en 1975. Il y passera son baccalauréat, section D, puis obtiendra un Deug d´Education Physique et Sportive à l´Université de Nice. Après avoir fait son service militaire dans le corps des Pompiers de Paris, ce qui correspondait le mieux à sa nature sportive mais aussi altruiste, il a exercé pendant plusieurs saisons la mission de maître nageur sauveteur sur la plage de Carghjese. Ces activités ont été pour lui des expériences importantes qui lui ont apporté de grandes satisfactions sur le plan humain.

images-17.jpegProfondément attaché à la Corse, passionné par la vie rurale et montagnarde, il fait le choix du retour et de l´installation définitive dans l´île, et s´installe comme berger dans son village de Carghjese.

Il s´engage également au plan politique, en militant au sein d´une organisation nationaliste publique, et associatif, s´impliquant fortement dans la vie villageoise : le sport reste une passion, et il est à la fois joueur et entraîneur des enfants de l´équipe de Football de l´Association Sportive de Carghjese.

Il s´intéresse activement à toutes les luttes écologiques et sociales au plan local et international : un voyage à pied à travers l´Amérique du Sud sera pour lui l´occasion de découvrir un Continent et des peuples qui l´ont toujours fasciné.

Au plan personnel et familial, il partage la vie de Pierrette ; un enfant, Ghjuvan Battista, naît de leur union, en 1990.images-12.jpeg

A partir de là, Yvan consacre l´essentiel de son temps d´une part à son activité professionnelle qui s´est élargie et diversifiée (plus de 250 chèvres en association avec un de ses amis ; rénovation de l´oliveraie familiale ; conservation du « basilicu pestu » etc..), d´autre part à son rôle de père, qui a pour lui une importance majeure.

Ses choix de vie sont pour lui l´expression de sa fidélité à ses engagements militants et à ses convictions, qui mêlent indissociablement enracinement dans la terre de Corse et ouverture aux problèmes du monde."

 

349057970.3.jpeg________________________________________________ "Les masques sont tombés . . ." 

« Je n´accepte pas cette décision !...On considère que la vérité est dite mais seulement quand on m´accuse… J´ai compris !!! Vous ne voulez pas d´une reconstitution parce qu´elle vous gêne, parce que vous savez qu´elle m´innocentera… Je quitte ce procès… »

 

"Telles étaient les dernières paroles d´Yvan COLONNA devant la Cour d´Assises Spéciale de Paris. Une condamnation à la perpétuité sans l´ombre d´une preuve et malgré des témoignages qui l´innocentent, ce sera « sans lui » …

 

La reconstitution a été demandée sans relâche par la défense au cours de l´instruction, au cours du procès en 1° instance, et par 2 fois au cours du procès en appel. Refusé !

 

Pourquoi refuser un acte aussi essentiel dans une procédure criminelle de cette importance ? L´accusation et la famille Erignac savent depuis longtemps que le scénario figé en 99 qui consacrait la culpabilité d´Yvan Colonna, ne résisterait pas à l´examen, en présence des témoins oculaires, des membres du commando ayant accepté de participer, du balisticien et du médecin légiste…

 

La Cour d´Assises Spéciale de Paris est le bras armé de la raison d´état !

 

Devant une juridiction « normale » un acquittement serait inéluctable, la réalité du dossier d´Yvan Colonna aurait même imposé un non lieu après l´instruction si celle-ci avait garanti le respect des droits de la défense et de l´accusé…

 

Ce qui se passe à Paris dans une sorte de huis clos accusatoire contre Yvan Colonna, en son absence et celle de ses défenseurs, est indigne : on continue l´examen des faits et les auditions de témoins de façon unilatérale et non plus contradictoire comme si de rien n´était, avec l´aval de la hiérarchie judiciaire au plus haut niveau.

 

Il ne s´agit plus de justice mais de vengeance d´état, l´institution en a perdu toute crédibilité, toute légitimité à juger un homme que plus rien n´accuse !!"

 

LE COMITÉ DE SOUTIENimages-16.jpeg

htpp://www.yvan-colonna.com

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Commentaires

"J'ai des reproches à faire à Yvan. Quand j'ai décidé de franchir le pas de la violence clandestine, j'ai espéré qu'il ferait partie de notre groupe. J'en ai voulu à Yvan Colonna de ne pas y être allé avec nous pour être cohérent avec son discours, plutôt que d'avoir laissé les jeunes comme Didier Maranelli et Martin Ottaviani monter au charbon." Pierre Allessandri lors du dernier procés de Yvan pour expliquer qu’il avait accusé Yvan Colonna jusqu’en 2003.
Pierre, Alain Ferrandi ont identifié Yvan comme le tireur et Martin Ottaviani et Jeanine Ferrandi ont reconnu pour le premier les avoir transporté jusqu'au lieu du crime et pour la seconde les avoir hébergés durant la nuit de l'assasinat. Tous ont retiré leurs aveux avec avocats devant le juge d'instruction jusqu'en 2003 à ma connaissance.
Yvan Colonna n'est il qu'un dégonflé qui n'assume pas ses actes et les laisse assumer par d'autres comme le sous entend Pierre?
Luigi

Ecrit par : luigi | 26.03.2009

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Merci Luigi. Dans votre commentaire, il y a des mots qui laissent à penser que ce n'est pas Yvan le dégonflé, mais ceux qui ont menti et ont porté des faux témoignages puis ont retiré leurs aveux. Qui se dégonfle ?! Le Pierre que vous citez a choisi de franchir un pas, "le pas de la violence clandestine". Qu'il reproche à Yvan de n'avoir pas fait comme lui : de franchir ce pas, ne rend pas Yvan coupable d'un crime. Cordialement, Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 26.03.2009

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Oh Luigi !!! Vous portez le même prénom que mon père mais s'arrête là la ressemblance !!! En effet, lui, en scrutant le regard droit d'Yvan Colonna, aurait tout de suite reconnu l'homme innocent ! Je pense que pour être incapable de lire dans un regard, c'est que vous n'avez pas reçu l'éducation que l'on inculque en Sardaigne et en Corse, Belliggeddù ! Vous y auriez appris le respect des autres et notamment à ne pas accuser qui que ce soit à tort et à travers !!! Nous sommes 1/2 million de personnes à avoir su faire l'analyse du déroulement de ces procès et de cette affaire et à en avoir conclu que tout a été faussé dès le départ et vous venez encore supputer des inepties !!! Regardez bien la photo sur laquelle il a son enfant dans ses bras ! Regardez-le ce père qui, le regard droit et fier, le sourire béat et heureux, tient dans ses bras la chair de son sang !!! C'est le regard droit, fier et digne d'un honnête homme qui n'a rien à se reprocher !!! Pas le regard d'un assassin !!! Basta cosi ! YVAN COLONNA EST INNOCENT ET NOUS LE SORTIRONS DE LA !!! E tù e le tuoi...Passa vià !!!

Ecrit par : CHRISTINA BIANCA TRONCIA | 27.03.2009

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Tout mon soutien à Yvan Colonna et à sa famille.

Voici ce que j'essaie de mettre en commentaire sur les blogs ou autres sites traitant de cette parodie de justice; mais peut-être cela ne passera t-il pas (confers les modérateurs) :

Yvan Colonna était condamné d'avance dès lors que le ministre de l'intérieur de l'époque, violant le principe sacré de la présomption d'innocence, a osé déclarer "nous avons trouvé l'assassin du préfet Erignac".

Ce grand démocrate, qui n'est pas à une forfaiture près (l'actualité nous le prouve malheureusement souvent) s'appelait Nicolas Sarkozy, celui qui est devenu président de la République de par la bêtise d'un peuple moutonnier séduit par les sirènes d'une propagande sécuritaire populiste et l'état lamentable d'une gauche caviar qui nous a prouvé sous Mitterrand qu'elle n'avait pas de leçons à donner en matière d'immoralité, de corruption, de rapacité et d'incompétence ...

Cela me fait penser au superbe film de Jim Sheridan : "Au nom du père" (1994) qui raconte l'histoire vraie des "quatre de Guildford", des "coupables" fabriqués de toute pièces par une police plus soucieuse d'obéir aux pressions politiques qu'à la recherche de la Vérité ! Le film est poignant : ils firent une 15 aine d'années de prison (le père mourut en prison) sur des aveux soutirés sous la pression -limite torture- policière et le policier qui fut responsable de leur emprisonnement est toujours en liberté bien qu'il ait soigneusement caché, dès le début, des éléments qui auraient permis d'innocenter complètement les "coupables"...
Le flic responsable de cette "erreur" judiciaire n'a jamais été inquiété. Scandaleux !!!

Cela me fait penser à l'affaire des "Irlandais de Vincennes" (1982) dans laquelle des "grands" flics (Barril et Prouteau) de la cellule anti terrorisme de l'Elysée (Mitterrand) ont monté de toutes pièces un dossier pour faire accuser des innocents.
Eux aussi n'ont jamais été inquiétés plus tard (au contraire, promotions etc.)

Cela me fait penser à l'affaire des sabotages SNCF (novembre 2008) dans laquelle on a voulu rendre coupables neuf pauvres bougres, plus ou moins en rupture de société, dont le seul tort est de critiquer notre si merveilleuse société - et son chef (crime de lèse-majesté) et de ne pas penser "politiquement correct". Je crois qu'il n'y en a plus qu'un seul en prison, la justice sarkozyenne s'acharnant sur lui pour lui faire passer le goût de penser librement. Sous Sarkozy, oser penser différemment est devenu un crime !!!

Cela me fait penser à ce britannique qui fit je ne me souviens plus combien d'années de prison (on vient d'en parler aux actualités) et que des tests ADN prouvant son innocence viennent de libérer. Aux actualités, ils ont dit qu'il a reçu un chèque de 50 euros de dédommagement !

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Ecrit par : Sevin-duret | 29.03.2009

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Bravo Christina j'adhère complètement a ce que tu écris. Honte à ceux qui portent des accusations à tort et à travers ; ce ne sont pas des corses ceux là. Chez nous comme chacun le sait on est intègre, on ne balance personne quoi que ça puisse nous coûter, Yvan lui est un vrai corse fier de ses convictions on peut d'ailleurs voir où ça le mène u tintacciu. J'apporte mon soutien à Yvan et à sa famille pour tout leur courage. Que justice soit enfin faite et que le coupable soit un homme et se dénonce. forza Yvan j'espère que tu pourras bientôt retrouver les tiens et ton île qui t'est si chère.

Ecrit par : Nathalie | 01.04.2009

22/12/2008

Je pense dans cette attente de Noël aux parents du petit Yannis, enfant décédé dans une voiture. "Non, il n'y avait rien à condamner".

 

Bonsoir à toutes et tous,

 

MEDFR05250.jpgJusqu'à présent, je n'ai pas parlé du procès du papa pharmacien du petit Yannis, décédé dans la voiture de son père à Pont-de-Chéruy. J'ai dans mon coeur beaucoup de peine pour cet homme qui porte une terrible croix et dont on a montré la culpabilité sur toutes les coutures. Ceux qui n'ont pas perdu d'enfant ne peuvent imaginer l'enfer que vit cet homme et sa femme. C'est incommensurable. Ils vivent le néant dans leurs cellules. Le néant à vif marqué au fer brûlant de la réalité. Alors, donner à cet homme quelques mois de prison avec sursis fait pour moi partie de l'absurde de l'humain. La justice est impuissante devant le destin, devant l'impensable de l'oubli d'un enfant dans une voiture, devant la vie actuelle qui transforme les gens en robots, en mécaniques robotisées du stress et de la rentabilité, humains hyper-actifs cloisonnant chaque domaine de leur vie.

J'ai lu ceci, écrit par un avocat, Gilles Devers, qui tient comme moi un blog sur le site de 20 minutes, blog dont l'adresse est : http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr

Il a écrit ce commentaire, suite à son article du 10 décembre 2008 :

"Enfant mort : sanctionner le père". Le voici :

 

"On ne commente pas les décisions de justice ?

Je vais me gêner ! Tout ce que demande le Code, c’est de ne pas les dénigrer. Ne pas confondre.

Alors notre vaillant tribunal de grande instance de Vienne a suivi les réquisitions. 8 mois avec sursis. Pas 7 ce serait trop faible, ni 9, ce serait excessif. Et pourquoi ? 

Dans une telle affaire, cette condamnation est une anomalie. 

Dire le père coupable, c’était déjà beaucoup. Le père qui adorait son enfant, qui ne vivait que pour lui. Le père qui ne pensait qu’à demain, le jour de la fermeture de la pharmacie, les vacances tant attendues, et enfin de belles journées à vivre, l’enfant sa maman et son papa. Avec cet enfant de deux ans, qui avait le plus bel avenir devant lui, avec lequel les parents se sentaient assez forts pour conquérir le monde s’il le fallait. Des années d’études, de travail, de constance. Enfin, depuis deux ans l’enfant était là. La vie recommençait. Et devant son sourire, devant ces liens qui se créent, devant ce sentiment de la confiance, tous les efforts trouvaient leur justification.PAA008000396.jpg

Alors, soudain, le piège d’un automatisme de la vie. Dans le petit village, où tout le monde se connait, un acte aussi incivilisé qu’un délit de fuite. Noter les coordonnées de ce sauvage qui se casse, prendre du temps, réconforter la victime, attendre les gendarmes. Reconstruire un peu, devant l’injure sociale du fuyard, cette vie de responsabilité à laquelle le papa croit tant.

Et après l’inexplicable. "Inexplicable", a dit le procureur. Comment requérir une peine, quand on ne sait expliquer ? Au nom de quoi embarquer la loi dans une telle galère ? C'est comme le PV : "On ne discute pas!"

Ce 15 juillet, le papa est déjà à demain. Tout ce qu’il y a de si beau à vivre, demain, tout ce qu’il reste à régler aujourd’hui, dans le monde des contingences, pour atteindre le monde de la vraie vie, le temps des vacances. Le souhait d'être hors contingences. Inexplicable? 

Par inattention ? Non, le père est le plus attentif de tous les pères. Je souhaite à tous les bébés du monde un père comme lui. Par occultation. Et il n’y a pas de faute par occultation. 

k0402959.jpgLe destin tragique de cet homme nous rappelle nos faiblesses. Nous nous croyons des héros, des costauds, des mecs. Nous voyons tous les jours célébré, dans un décor chancelant, l’idéal de l’homme parfait qui maitrise son destin, qui pense son amour, qui tous les soirs s’analyse à froid, comme s’il s’agissait de la résultante d’une démarche qualité.

J’ai en horreur ces conceptions, et elles sont aux antipodes de ce qu’est la réalité humaine. Un homme qui cherche à bien faire, qui veut se situer dans un monde si complexe, qui assume tout ce qu’il peut. 

Mais un homme fragile, vulnérable. Un vrai homme, un qui se trompe, reconnait ses erreurs et se redresse. Un homme qui connait le malheur et trouve les forces pour croire encore à la vie. 

Condamner cet homme ? Pourquoi ? Parce que la presse a parlé de cette affaire ? Misère de la pensée !

Condamner cette homme, c’est nous condamner tous. Car c’est dire qu’être faillible est une faute. Le tribunal applique le code, mais il doit lire le code à la lumière des réalités humaines. Dans cette affaire, il peut délivrer le plus beau message : une vie, c’est un parcours entre l’ombre et la lumière ; c’est la joie et les larmes ; ce sont des plaies, et des cicatrices. 

Non, il n’y avait rien à condamner, si ce n’est la nature humaine.
Le tribunal s’est égaré."   (Gilles Devers, avocat)

 

__________________________________________________________________________ Suite écrite par Chloé L :

 

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TROUVER LES FORCES pour croire encore en la vie....

Je le souhaite au papa de Yannis, à sa maman, aux parents de tous les enfants décédés qui pleurent des larmes de sang en cette veille de Noël.

Je pense AUSSI aux parents de ces enfants morts, brûlés dernièrement dans des incendies cruels et terribles, drames horribles de la mort brutale.

Je pense à tous les innocents emportés chaque année par des accidents domestiques, petits noyés, défenestrés, empoisonnés par des produits ménagers... Je pense à leurs parents, rongés à vie par la culpabilité de n'avoir pu empêcher le drame, la mort de leur enfant chéri.

Je pense à ma fille Océana, emportée par une maladie foudroyante, maladie qui a emporté cinq autres enfants depuis 1997 à Grenoble, sans que l'on ait d'autres explications que le mot "encéphalite foudroyante". J'ai ce poids que tous les parents d'enfants décédés ont, de se savoir survivant de leur enfant et aussi de n'avoir rien pu faire pour le sauver, de n'avoir pas secoué le médecin qui parlait de "grippe sévère", de n'avoir pas su protéger mon enfant de la mort... car pauvres humains... nous nous croyons parfois au-dessus du destin, maîtres vaniteux de nos destinées et de la destinée de ceux que nous aimons le plus.MEDFR05250.jpg

Chloé Laroche

 

 

21/11/2008

Refus du Tribunal pour une adoption. Mon combat de maman depuis six ans pour ma fille adoptive.

 

Écrit le 07-11-2008.
________________
"C'EST L'ANGE QUI NOUS GUIDE, CONTRE LES ORAGES, CONTRE LES NAUFRAGES." (Calogéro)


ange_ange_fleur.jpgJe viens donner des nouvelles mais elles sont mauvaises. Je suis effondrée. Hier, je conduisais toute la journée pour mon travail et je pleurais au volant.

C'est un refus du Tribunal que j'ai reçu. Refus dans le cadre d'une demande d'adoption simple, demandée après une adoption plénière prononcée au Bénin en 2002, non acceptée encore en France. (voir mon article du 8 septembre 2008 : "Ce soir, je suis triste, triste de ce matin au Tribunal, triste pour l'adoption non reconnue de ma fille, triste de notre justice française").

J'ai mal pour ma fille, mal de cette société qui ne fait pas de geste pour reconnaître une adoption qui se passe pourtant depuis 2002, avec une enfant qui est venue du Bénin, qui vit avec moi, qui grandit, qui a besoin que l'État Français la reconnaisse enfin et me donne la légitimité de maman.

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Ma fille malmène notre lien car elle est en pleine crise d'adolescence mais je suis toujours là pour elle. Cela lui est arrivé de m'insulter, encore dernièrement, elle a fugué deux jours et deux nuits en septembre... mais on l'a retrouvée, et la vie continue. Elle sait que je l'aime, que je suis sa maman, que je l'aide en lui mettant des limites, en parlant avec elle aussi, en écoutant ses confidences de jeune fille, en l'accompagnant vers son chemin de jeune femme. Mais je suis meurtrie par cette décision du Tribunal... audience que j'avais relatée plus haut dans ce blog. La décision était en attente depuis le 7 septembre.ange_ange.jpg

ange_f_e_bleu.jpgJe suis meurtrie car je me bats depuis des années et je suis scandalisée par les contradictions entre le Ministère des Affaires Étrangères qui me donne son aval, par la MAI (Mission Internationale de l'Adoption) qui me soutient mais demeure impuissante, par le Service de l'Adoption qui n'a pas voulu prendre en compte ma demande récente d'agrément en déclarant que celui obtenu en l'an 2000 était encore valable à leur yeux... et selon la loi en vigueur. Mais la loi n'est pas la même pour tout le monde !!!  En effet... le jugement de cette semaine me reproche d'avoir un agrément périmé et qui plus est aux noms de mon ex-époux et moi-même. Divorcer est donc puni par la loi et un agrément d'adoption obtenu en couple ne correspond plus à une mère divorcée qui a adoptée sa fille il y a déjà cinq ans ! Quand on adopte un enfant, il est donc interdit de divorcer. Non seulement on me culpabilise de cela, mais en plus on me demande de m'excuser d'être aller chercher ma fille au Bénin !!! "Madame, ça ira mieux entre votre fille et vous quand vous aurez fait votre méa culpa d'être allée la chercher dans son pays." C'est à s'arracher les cheveux et avoir envie d'aller s'immoler devant le Tribunal de ma ville. :(

Pour information, un agrément est un document délivré après des mois d'investigation psychologique et d'enquête sociale, afin de montrer et de prouver qu'on est apte à adopter dans le pays choisi pour adopter. Quand l'adoption est prononcée, elle est prononcée, et redemander un agrément à une maman qui élève sa fille adoptive depuis plus de cinq ans relève du despotisme et d'un manque de justice confondante !!

Chloé



P-S.

Je viens d'avoir la MAI. Leurs mots : "Ce jugement de refus est inacceptable, intolérable. Qui peut adopter cette enfant si ce n'est vous ? Ce sont des considérations personnelles qui motivent ce refus de la part des Juges présents. Faites appel, ne baissez pas les bras. Continuez de vous battre." 
Ils m'encouragent mais ils ne peuvent pas m'aider.... Rien.  
Aucun lien entre les services. 
C'est désespérant.ange_ange_courb_.jpg


bonnefortu​ne

Je suis vraiment désolée ... Je ne sais que te dire.



Laetitiat

je te suis depuis toujours et je ne comprends pas non plus !!! c'est hallucinant !!! il faut que cette enfant soit l'enfant de quelqu'un!!! 
as-tu essayé l'adoption simple??


-


Chère Laeticia, 

ange_violon.jpgMerci pour ton message. Merci à Bonne Fortune.
Hé bien, c'était une audience pour une demande d'adoption simple puisque l'adoption plénière paraissait trop difficile à obtenir, et qui devait être depuis le début (plénière). Même l'adoption simple m'est refusé. On se demande ce que ça apporte à la conscience de toutes ces femmes qui ont participé à ce refus et à cette audience (procureur, juges, présidente d'audience, etc)... J'espère que la vérité des choses réelles se fera jour dans leur coeur. Et que refuser d'entériner une adoption juste par caprice institutionnel est plutôt décevant du système actuel. Je fulmine intérieurement et j'ai passé plusieurs coups de fil aujourd'hui (avocat, MAI, Service de l'Adoption)... Ils sont très embêtés pour moi et ne savent quoi faire. Les services qui s'occupent de l'adoption n'ont pas grand pouvoir... et ceux qui ont le pouvoir méconnaissent les lois et pratiques de l'adoption, ce qui donne des contradictions. 

Bisous à toi. 
Merci à tous et toutes de votre lecture et de votre attention. 

Chloé


Commentaire :
Softhi33

C'est une histoire hallucinante... Je vous lis depuis un petit moment et j'espère de tout cœur que vous trouverez une issue, qu'elle soit juridique et affective... Je ne comprends pas ce qui se passe dans la tête des gens... Et j'avoue que cela fait froid dans le dos... Je ne sais pas non plus quoi vous dire ni quoi faire. Bon courage à vous et à votre fille. Votre histoire est digne d'un "roman", pas  romancé malheureusement...

 

02/06/2008

Conte anti-pédophile : "Jason, petit ange du Mont-Blanc". Dédié à tous les enfants assassinés, abusés et violés.

à Jason, petit garçon
inconnu de ma vie, assassiné
le 14 novembre 1996.


Dans ce que vous allez lire, tout est vrai. Jason a existé et son histoire m'a touchée. Il m'a permis à travers ce conte de libérer ma parole de petite fille abusée par le professeur de violon Roman Gorecki, décédé aujourd'hui. Que Dieu lui pardonne et protège sa descendance. 1539451641.jpg




Moi, Jason, je suis un petit ange adulte. J’aime mes parents. J’aime mon père qui a appris ma mort un jour terrible de novembre. Je voudrais qu’il sache que je n’ai plus mal et que, là où je suis parti, ce qui m’est arrivé n’existe plus. La torture est effacée de mon être. En revanche, elle existera à jamais dans la mémoire de Dieu qui pardonne... mais n’oublie pas.

Je pardonne à mon meurtrier et je pardonne à ma mère qui ne m’a pas arraché des mains de celui qu’elle aimait, mon beau-père, celui qui m’a tué. J’envoie à celle qui m’a mise au monde des milliers d’edelweiss et de gentianes cueillis sur les versants des Alpes limpides. Je les ai ramassés en pensées puisque les baisers me sont désormais interdits sur la terre.

Je suis parti au Ciel assassiné et torturé. La souffrance quand on est si petit a quelque chose qui ressemble au mimosa qui meurt sous le couteau du promeneur. J’ai été torturé et mes cris se mêlent aux larmes de milliers d’enfants invisibles.

Je n’avais que vingt et un mois mais aujourd’hui j’ai trouvé une plume, la plume de ma revanche. La revanche d’un ange est pardon.

Ma vie a basculé mais aujourd’hui je vole, je suis oiseau et je rebondis sur des vagues de paix.

On m’a appelé Jason pour que je trouve la toison d’or comme dans le mythe grec. Quelle était cette toison dans ma courte vie ? Le bonheur ? Non ! L’impermanence, peut-être ? En réalité, ma toison d’or, c’est le Ciel qui m’a tendu les bras.

Au moment de partir, j’ai vu un Ange près de moi. Il m’a donné la force de mourir, de partir en martyr. Il a mis du baume sur les brûlures que j’ai subi et sur mes cheveux arrachés. Il a enlevé la drogue de mon sang perdu, cet aliment de mort que des adultes me donnaient. Il a essuyé tous les coups reçus la nuit de ma mort.

L’Ange m’a dit lorsque j’ai quitté la Terre qu’une femme ne m’oublierait pas. C’est elle qui écrit avec moi, pour que ma vie soit un chant éternel, pour que mon nom fleurisse et donne au monde la Toison d’Or de l’innocence. Exactement trois mois après mon départ du monde, sa fille Élodie est montée au ciel.

Mes parents m’ont appelé Jason. Ma mère elle-même a tenu le rôle de Médée, la magicienne qui n’empêche pas le crime de s’accomplir. Son compagnon d’alors a tenu le rôle du dragon plein de perversité et de pulsions terribles. Ils ont volé ma pureté d’âme et ils ont méprisé mon esprit.

J’étais un petit être innocent et on a souillé ma peau. On a blessé mon âme. Aujourd’hui je suis initié car j’ai traversé le rideau de feu. J’ai changé de niveau. J’ai subi une transmutation. Je suis devenu or, soleil des alchimistes. Car sur Terre, j’étais de plomb par la souffrance qui m’alourdissait comme une pierre.

Aujourd’hui, je suis dauphin car je suis transfiguré. En Grèce, cet animal accompagne les rites funéraires. Il emmène l’âme sur son dos ; il sauve aussi les vivants naufragés. Jésus lui-même a été représenté sous la forme d’un dauphin.

Élodie est près de moi. Sa maman a fait un rêve il y a quelques jours. Elle était avec un dauphin dans la mer et elle l’aimait comme s’il était son enfant ; puis ils sont allés ensemble sur la terre ferme mais l’animal manquait d’eau ; alors elle l’a mis dans de l’eau douce ; peu après, elle a ramené le dauphin vers la mer mais sur le chemin il a soudain disparu et une grenouille est apparue. La maman orpheline s’est réveillé en pleurant son dauphin et elle a pensé très fort à sa fille au ciel.

En Occident, la grenouille est le symbole de la résurrection. En Orient, c’est le signe de l’âme en voyage. Lorsque la grenouille chante au printemps, c’est le signe du renouveau.

Le grain meurt et sous la terre donne à nouveau la vie. Le dauphin disparaît pour que vive la grenouille.

Je suis proche d’Élodie dans le grand voyage des âmes. L’âme ne meurt pas. Elle tombe par le corps dans la terre et s’élève en germant vers les cimes immaculées de neige éternelle.

Tout ce que m’a fait subir mon beau-père la nuit de mon envol n’est plus. Tout a disparu dans la lumière de Dieu. Cela reste uniquement dans la mémoire des hommes.

La maman d’Élodie a pleuré lorsqu’elle a appris comment j’étais mort. Beaucoup ont versé des larmes en lisant les journaux ou en regardant le procès. Les Anges aussi ont pleuré et ils ont lavé mon corps de lumière avec des mots colorés.

Les Anges m’ont pris dans leurs ailes et m’ont serré très fort sur leur coeur. Alors j’ai senti l’amour et le pardon de Dieu pour ma mère. Je l’aimerai toujours et je prierai pour elle tout au long du voyage de mon âme.

Ici, des arcs-en-ciel et des oiseaux magiques ont réparé le crime. Ils ont retiré les germes du mal de mon âme innocente.

En bas, sur la Terre, une femme a pris sa plume et l’a trempée dans l’encre de la mémoire collective. Elle s’appelle la Verdoyante et sa fille Élodie continue de grandir dans son coeur.

Elle a écrit un conte pour moi, un conte qu’elle a dédié aussi à tous les parents d’enfants assassinés de par le monde. Je vous l’offre pour ne pas le garder au fond de mon nuage accroché au Mont Blanc... C’est l’histoire d’un petit garçon, tué par un humain, comme je l’ai été. On a recomposé son corps sur la Terre comme les Anges l’ont fait pour moi au Ciel.


Il était une fois un homme qui habitait avec sa famille dans un village éloigné de la ville. Un matin, il partit chasser, bien que les provisions du verger soient suffisantes.

Soudain, il aperçut au milieu d’un champ un arbre immense, un chêne au tronc entouré de lierre, qu’il n’avait jamais vu auparavant. Sans s’émouvoir de la beauté et de la noblesse de cet arbre inconnu, il pensa : “Ce chêne pourrait servir de bois de chauffage pour l’hiver entier ! Sans le dire à personne, afin de le garder pour moi seul, je reviendrai cette nuit avec ma hache.”

Se rapprochant de l’arbre, il entendit des cris ressemblant à ceux d’un enfant qui vient de naître et il découvrit dans le creux des branches un petit bébé, qui battit des mains à sa vue. “C’est très certainement le marmot de quelque fille fautive venue enfanter dans la forêt !” se dit-il. “Je vais l’emmener chez le curé, qui dira ce qu’on doit en faire.”

Prenant l’enfant dans ses bras, il partit vers le village. Alors qu’il traversait la forêt, il aperçut tout à coup un sanglier. Ne voulant pas rater cette occasion de chasser, il laissa tomber l’enfant et épaula son fusil pour tirer ; lorsque soudain un serpent passa devant lui. L’homme eut très peur ; il fit un bond en arrière et lâcha son arme en glissant sur une pierre. Le sanglier fonça alors sur lui mais le chasseur grimpa prestement sur un arbre.

Malheureusement pour lui, la branche sur laquelle il s’était réfugié cassa et l’homme tomba à terre, se retrouvant juste à côté du petit enfant. Celui-ci battait des mains et riait en voyant tout ce manège ; le chasseur ne fit pas attention à cela ; il pensait que les enfants ne peuvent ni comprendre ni sentir ce qu’il se passe et qu’il ne font que manger, dormir et grandir.

L’homme, voulant se défendre, chercha son fusil mais ne le trouva point. Par hasard, en levant la tête, il le vit se balançant fièrement au sommet d’un arbre. Il secoua d’abord les branches dans tous les sens mais le fusil ne bougea pas. Ensuite il décida d’aller chercher sa hache ; mais, alors qu’il s’en allait, il reçut le fusil sur la tête et perdit connaissance.

Quand il revint à lui, il était couché sur un lit, entouré par toute sa famille et par la plupart des villageois, venus le voir par curiosité. Il leur raconta ce qui lui était arrivé, en déformant la vérité à son avantage.

Tout à coup, pensant au bébé qu’il avait découvert, il leur demanda s’ils l’avaient amené ; les villageois ayant répondu par l’affirmative, il leur dit : “Tout ce qu’il m’est arrivé est survenu après avoir découvert ce gamin”, et, bien que pensant en lui que ce n’était pas vrai, il ajouta : “Et je sais bien qu’il se moquait de moi !”

Alors chacun cria : “Il faut se venger. Le coupable doit être puni. Tuons le marmot et jetons-le aux chiens !” Mais quelqu’un suggéra : “Mangeons-le plutôt , ce serait un gâchis de le jeter aux chiens !” Après ces paroles terribles, tous se précipitèrent dans la pièce où avait été déposé le bébé... Les uns après les autres, ils tombèrent foudroyés en voulant porter à leur bouche la chair de l’enfant assassiné. Tous, sauf les enfants du village qui avaient compris l’énormité et la monstruosité de cet acte. Ils comprirent aussi dans quel chemin ignoble les avaient emmenés leurs parents... à qui ils devaient pourtant respect et considération.

Lorsqu’ils virent les adultes tomber les uns après les autres, ils se mirent à rire, et de tous les coins de l’univers, des rires d’enfants leur répondirent. Ils entendirent soudain une voix venue de leur coeur, qui leur disait :
-Montez au sommet de la montagne en portant chacune des parties de mon corps. N’ayez aucune crainte, aucune peur. Arrivés là-haut, vous reconstituerez mon corps comme un puzzle de vous-même et, en chantant, vous ferez une ronde tout autour de moi. Et sans jamais défaire votre ronde, vous attendrez.”

Les enfants prirent donc chacun soigneusement une partie de l’enfant et, en file indienne, ils partirent vers le sommet de la montagne. Ils rencontrèrent bien des difficultés : ils durent franchir des torrents tumultueux, ils escaladèrent des parois abruptes, ils se cramponnèrent à la glace, ils traversèrent des tempêtes de neige, ils connurent le grand vent et la grêle... mais jamais ils ne virent tous ces éléments de la Terre comme des ennemis.

Pour eux, ces éléments de la nature étaient leur famille, leur unique et seule famille.

C’est ainsi qu’ils arrivèrent sains et saufs au sommet de la montagne. Là, tous ensemble, ils recréèrent le corps de l’enfant mort. Puis ils se prirent par la main et firent une ronde autour de lui, en riant et en chantant.

Soudain, l’orage éclata ; mille éclairs fusèrent de toutes parts et tout fut illuminé. Tout à coup, un éclair plus lumineux que les autres jaillit au milieu de la ronde des enfants. Le bébé ouvrit les yeux et leur sourit ; tous les enfants, d’un même élan, s’élancèrent vers lui et l’on vit, au bout de tous les bras réunis, un être lumineux projeté dans le ciel... et un arbre magnifique, un chêne immense au tronc couvert de lierre, s’élançant au milieu de la ronde.

L’on entendit des rires d’enfants retentir à l’infini dans tous les coins de l’univers et un doux murmure chanter le nom de l’Amour.

Les villageois se réveillèrent de leur torpeur et accueillirent en eux l’enfant qui était mort mais qui maintenant revivait en chacun.


Voilà. Ce conte est terminé. J’en suis tout remué... Vous aussi, je crois. L’univers est en réalité en chacun de nous et je suis, moi aussi, petit Jason, en chacun de vous qui lisez cet ouvrage ; je suis aussi dans l’esprit de la femme qui a écrit ce conte. Le monde recomposera ma vie par sa compassion et les prières qu’il fera pour mon âme... par son amour aussi et les pensées tissées de roses qu’il m’enverra.

Mais la Verdoyante pleure. Je vois son enfant intérieur se recroqueviller. Il voudrait dire mais il ne peut pas. Je vois dans le miroir gelé de mon glacier un violon sur une balance. Mais la balance se brise et l’instrument à cordes explose. La Justice n’est pas venue. Elle n’était pas au rendez-vous de l’enfant. L’enfant est seule, seule face à un professeur pédophile... Fléau mortel !
-Viens me parler, toi petite fille perdue sur le Mont-Blanc. Viens me raconter ta peine. Le Ciel fera justice et je t’aiderai...
-Mon ange ne m’a pas sauvée de tout ce qu’un enfant peut endurer...
-Oui, mais il t’a sûrement retenue de te jeter dans la rivière... Tu sais, ton Ange parle au Créateur, au grand Manitou, au Principe suprême, au Grand Architecte. Rien ne se perd ni ne s’oublie. Ni le sacrifice des enfants violés, ni le don de leurs souffrances, ni l’abomination des adultes coupables. Va, raconte-moi...
-À l’âge de onze ans, j’ai eu un violon. Pour apprendre à jouer. Mes parents m’ont trouvé un excellent professeur. Un vieux monsieur renommé pour l’apprentissage du violon. Un polonais prénommé Roman. Comme un roman. Le roman pervers d’un vieil homme qui devient fou devant les yeux d’une petite fille. Peu à peu, il m’a parlé de mon âme pure. Puis il m’a dit qu’il était amoureux de moi. Il m’a forcée à l’embrasser sur la bouche. Il m’a menacée si je parlais. Mon innocence s’écroulait et mon violon violé gémissait de douleurs intérieures. Cela dura de longs mois jusqu’à ce que, au bord du suicide, j’arrive à parler à un ami proche de mes parents. Le drame s’arrêta mais le silence demeura car il n’y eut pas plainte ; tout fut enterré sans paroles écrites ni jugement. Tout fut même pardonné quelques mois plus tard...
-Le pardon est nécessaire, mais il est bon qu’il y ait un coupable désigné et que la justice soit faite pour qu’il y ait réparation... et pour qu’il n’y ait pas d’autres victimes, surtout en ce qui concerne les enfants ! Il est nécessaire aussi que justice soit faite pour que personne ne dise à l’enfant violé : “Mais si cela se trouve, c’est toi qui l’a cherché...”. Culpabilité éternelle de la victime face au monde...
-Quelques années plus tard, j’ai écrit une lettre à ce professeur, lettre que l’adulte que j’étais devenue n’a jamais envoyée. Je la garde au plus profond de mon coeur, dans le coeur de l’enfant intérieur qui chemine au sein de la Verdoyante.
-Je t’en prie, dis-la moi ! Je veux entendre ce que tu as écrit, cette toison d’or que tu caches comme une justice enfouie sous une avalanche de neige, dans un coffre fermé à double tour. Je sais bien que tu as jeté la clé au fond d’une crevasse de la Vallée Blanche. Mais j’ai fait un double car je suis le petit ange du Mont-Blanc... Les montagnes sont toutes présentes pour t’écouter... Le Grand Paradis, le Mont-Rose, le Grand Capucin et le Petit, le Cervin, les Drus, la Dent du Géant, le Mont Maudit, l’Aiguille Verte... Elles sont toutes ici comme des antennes pour retransmettre au monde ta lettre. Car une lettre morte, c’est comme une bouteille à la mer qui reste coincée dans l’estomac d’un requin ! Nous savons que la tienne est importante...
-Je te remercie, petit Jason. Tu as l’enthousiasme et le courage de Jason l’Argonaute ! Mais, tu vois, je tremble... J’ai si peur. Je voudrais enterrer tout cela, effacer la mémoire, les images et les gestes... Je dois parler cependant, ne pas étouffer la gravité... Voici donc cette lettre que je grave avec le sang bleu des étoiles sur le glacier de la Vallée Blanche :

Lettre à mon professeur de violon,
De plus en plus, on parle des enfants violentés, du silence à briser, des gosses muets devant les sévices imposés par des adultes ; je suis un exemple malheureux de ces enfants-là mais je souhaite aussi briser le silence, soigner les maux intérieurs par les mots.
Un jour, je suis entrée chez vous. J’avais onze ans. Vous avez dit à mes parents que vous acceptiez avec joie de m’apprendre le violon et que j’avais des doigts faits pour cet instrument. J’étais frêle, fragile et innocente. Vous m’avez fait travailler et mes parents avaient confiance en vous car vous étiez l’un des meilleurs professeurs de la région. Je travaillais bien et je progressais vite.
Vous donniez encore vos cours dans l’appartement où vous habitiez et votre femme m’ouvrait parfois la porte...Vous aviez deux caniches superbes. Et puis un jour vous m’avez parlé de mes yeux, qu’ils étaient clairs et purs. Vous m’avez dit que vous étiez amoureux de moi. Vous étiez âgé et moi je ne disais rien ; j’étais très réservée, d’une timidité extrême. Vous avez voulu m’embrasser sur la bouche ; moi je ne voulais pas mais vous m’avez obligée.
Plus tard, vous avez pris l’appartement en face, où vous étiez seul pour donner vos cours. Vous me parliez pendant les cours de vos problèmes avec votre femme et votre vie. Je ne disais rien. J’écoutais vos paroles. Je souffrais en silence d’ingurgiter vos confidences. Vous vouliez toujours m’embrasser sur la bouche même si je ne voulais pas. Vous me disiez que lorsque j’aurais vingt ans, j’accepterais de vous épouser. Vous me disiez que si j’en parlais à quelqu’un, vous vous tueriez. Vous me disiez que personne ne me croirait, que vous étiez l’un des professeurs les plus estimés de la région. Je n’en parlais pas. Je ne pouvais pas exprimer ce que je vivais en mots ; je n’y arrivais pas ; j’étais bloquée, choquée.
Moins j’en parlais et plus j’avais honte de ne rien dire ; je portais tout cela comme une croix trop lourde.
Tant d’enfants ne parlent pas, par pudeur ou par honte, lorsqu’ils vivent des choses de ce genre...

Un jour, plus tard, mon père est allé voir une voyante-écrivain, Judith Henry ; elle lui a dit en voyant ma photo : “Votre fille a été violée, quelque chose s’est passé ?” Oui, j’ai été violée, en un viol de baisers. C’est cela que vous avez fait ! Ne souriez pas, car si je m’étais donné la mort, auriez-vous eu la conscience tranquille, vous qui l’avez encore peut-être aujourd’hui ? Le viol, c’est, dans la loi, toute pénétration dans le corps de l’autre. Et c’est considéré comme un crime...
Un soir, vous m’avez soudain serrée contre vous et avez introduit votre langue dans ma bouche. C’était dégoûtant, abject... Je résistai et me débattai mais sans pouvoir me dégager. Mon âme s’est arrêtée de respirer. Je voulais mourir et lorsque je me suis retrouvée dans la rue, je n’avais qu’une envie : me jeter sous une voiture ; plus tard, j’ai voulu aller me jeter dans l’Isère, la rivière la plus proche... Lorsqu’on est enfant, penser à ces choses-là est terrible : criminel est celui qui provoque ces pensées-là !

Dans ma détresse, j’ai pu parler enfin à un ami de mes parents, de passage chez nous. Mon père, ayant entendu quelque chose de notre conversation, a voulu tout savoir, et il a su. Il était furieux contre vous et vous le fit savoir. Ma mère a été très choquée d’apprendre votre infamie. Elle n’a pas compris mon si long silence. C’était inadmissible d’avoir caché tout cela si longtemps, d’avoir occulté l’Inadmissible... Si un enfant cache des choses aussi graves à ses parents, c’est aussi pour les préserver et les sauvegarder de l’Intolérable ! Ceci dit, mes parents n’ont pas voulu porter plainte contre vous... pour préserver ma reconstruction.

L’affaire s’est arrêtée là mais pas dans mon coeur, hélas. Six mois plus tard, je ratai l’entrée au Conservatoire, concours que je présentai seule et sans l’aide d’aucun enseignant. Mon père a parlé alors avec moi et m’a dit : “Il faut pardonner à ton professeur. On va retourner le voir car lui seul peut te faire réussir dans le violon.”
Je ne voulais pas cela, mais par seul amour pour mon père, j’acceptai de faire cet effort inhumain. Vous m’avez reprise en cours, comme si rien ne s’était jamais passé... comme s’il y avait eu un malentendu, comme si le temps avait tout effacé, comme si on pouvait gommer le dégoût dans l’âme d’un enfant.

Vous avez repris votre manège, comme si les chevaux de bois étaient toujours à la même place... Mais les chevaux se sont rebellés et je suis partie pour toujours ; je me suis accrochée à mon violon et j’en ai fait mon cheval de bataille.

C’est vrai que j’ai failli le sacrifier, car le regarder, c’était me souvenir ! Vous me disiez qu’il fallait que je sois amoureuse de mon violon ; mais vous avez tout fait pour que je le déteste ; vous avez tout fait pour cela, par égoïsme, par inconscience, par vice.

Vous me disiez que chez vous, dans les pays de l’Est, les cousins, les cousines, tout le monde s’embrassait sur la bouche et qu’il n’y avait pas de honte à le faire. Honte à votre conscience et honte à votre inconscience.

Je prie Dieu de protéger tous les enfants et de les garder de choses de ce genre. Que personne ne viole jamais leur innocence.

Avant de quitter cette Terre, allez voir un prêtre, je vous en conjure, et délivrez votre âme de cette infamie.


La petite fille se tut. La Vallée Blanche était couverte des larmes bleues de cette lettre qui fit le tour du monde pour avertir les enfants qu’ils doivent se rebeller, casser en deux l’archet du Diable et emporter très loin le violon de leur âme afin de la garder intacte et pure. Jason mit ses ailes autour de la fillette. La Verdoyante sourit aux Anges. La lumière était revenue dans ses yeux. Elle écrivit alors un poème pour sa mère... "Dans le secret d’un violon"________________

Ma mère, ne pleure pas en secret
Pour un secret que j’ai caché
Ma mère, ne pleure pas de regrets
Pour ce violon que j’ai gardé

Il faut que tu comprennes
Qu’à onze ans j’étais frêle
Pure comme une graine
Qu’on expose au froid dégel

Mon père était si heureux
De m’écouter apprendre
Sur ce violon aux tons bleus
Mille musiques tendres

Mais mon si vieux professeur
Déchargeait ses yeux en moi
Dans mon esprit en terreur
De devoir taire mes droits

Il disait qu’en Pologne
Chacun pouvait s’embrasser
Le faisant sans vergogne
En un viol de ses baisers

Ses lèvres sur les miennes
C’était insupportable
Comme une intense peine
Et souffrances inommables

Je ne pouvais en parler
Par pudeur et par dégoût
En quatre longues années
J’ai cru mourir à genoux

Puis j’ai pu le dire enfin
À une autre personne
Qui m’aida à mettre un frein
À ce martyre aphone

Car mes parents ont tout su
Leur être fut chaviré
Comment cet homme avait pu...
Ce professeur estimé

Face à cette ignominie
On ne porta pas plainte
Le silence fut le prix
D’un avenir sans craintes

On me sauva des griffes
De ce monstre égoïste
Pour lui ce fut la gifle
Des “petits enfants” du Christ *

Il a pris l’innocence
De mon chemin aux yeux clairs
M’imposant le silence
Comme un poison bien amer

Il a volé la gaieté
De mes années d’enfance
Je n’ai pas pu l’oublier
Au fil de l’existence

Enfin après de longs jours
J’ai appris à dire non
Aux faussaires de l’Amour
À détruire leurs prisons

Oui j’ai appris à parler
À dépasser la douleur
De mes larmes si brisées
Par de profondes terreurs

Au coeur de ma détresse
Je lui ai donc pardonné
En priant pour qu’il cesse
De voler la Pureté

Mais mon âme est en crainte
Car ma mère n’oublie pas
Ce secret hors d’atteinte
Loin de l’amour de ses bras

Elle ne sait pas ma honte
La peur qui me retenait
Comme un glacier sans fonte
Dans une prairie de paix

Combien d’enfants sur terre
Cachent ainsi leur malheur
À la vie de leur mère
Pour protéger son bonheur ?


* “Prenez garde de ne scandaliser aucun de ces petits enfants car
je vous dis que leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon
Père qui est dans les cieux.” Extrait de l’ Évangile selon Saint Matthieu.


Chloé Laroche

(http://violonistenciel.site.voila.fr)

 
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