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21/10/2009

"Toute une région au sud-ouest de Bangui se meurt de faim dans l’indifférence générale, en République centrafricaine". Appel de l'organisation humanitaire : "ACTION contre la FAIM".

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Bonjour à tous et toutes,

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Vous pourrez lire ci-dessous, après ma note, un des communiqués que j'ai reçu dernièrement de l'organisation "ACTION contre la FAIM", envoyé comme un appel à l'aide envers nos concitoyens.

La crise actuelle touche de plein fouet les pays pauvres, avec un impact sur l'aide que les pays dits développés offrent aux pays comme l'Afrique. Cet impact se traduit malheureusement en baisse de l'aide financière.images-4.jpeg

images-2.jpegNous avons nos problèmes ici en Europe. Un pour cent des français ont pensé déjà au suicide. Certains passent à l'acte. Il y a beaucoup de problèmes au sein du monde du travail. De plus en plus de salariés se plaignent de la pression des patrons due aussi à la crise et du manque d'humanité perçue. Il faut bien sûr continuer à nous battre dans nos vies pour que la justice, la vraie, gagne du terrain et que le respect et l'intégrité de chacun soit respectés...

RTEmagicC_2f90dc835a.jpg.jpgMais rappelons-nous que des populations entières dans d'autres pays ne mangent pas, qu'elles n'ont pas de travail ou le perdent, que des enfants meurent de faim, touchés par une famine qui s'accroît, que la maladie gagne du terrain car les conditions alimentaires et d'hygiène ne peuvent être respectées au vu de l'évolution galopante de la crise mondiale rejaillissant sur ces pays encore plus durement touchés, touchés dans leur chair, par la mort d'enfants, par une faim imposée, par une famine sans solution, par un désastre humanitaire.

Je souhaite vous faire connaître le site d'ACTION contre la FAIM... afin que vous puissiez découvrir par vous-même l'ampleur de cette catastrophe planétaire, de ce drame collectif, et que vous puissiez aider à votre façon et comme vous le souhaitez.

Le site est : http://www.actioncontrelafaim.orgimages-1.jpeg

Merci de votre attention et de votre humanité.

 

images.jpegChloé LAROCHE

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header.jpg______________________ Voici le communiqué reçu d'ACTION contre la FAIM :

 

 

"Les oubliés de Berberati"______

Lien : http://www.actioncontrelafaim.org/nos-missions/temoignages/temoignage/article/1/les-oublies-de-berberati/


REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

15/10/09

"Toute une région au sud-ouest de Bangui se meurt de faim dans l’indifférence générale."

Article publié dans le Journal du Dimanche du 11 octobre 2009 :

home.jpg"Elle est arrivée il y a dix jours, à pied, avec ses six enfants. Il lui a fallu une journée de piste, de l’aube à la nuit noire, pour rejoindre Berberati. Arlette, 32 ans, vit à Nazembé, à guère plus de 25 kilomètres dans la forêt, mais n’avait jamais vu la ville. « On m’a appris que des Blancs pouvaient soigner mon enfant ici, résume-t-elle. Alors je suis venue. » Sa fille Marie-Angèle, 4 ans, souffre de kwashiorkor, une forme de malnutrition caractérisée par des oedèmes à l’abdomen, aux pieds et au visage. Arlette campe, avec des dizaines d’autres mères flanquées de leur progéniture, sous un hangar qui jouxte l’unité nutritionnelle thérapeutique installée par Action contre la faim (ACF) dans l’hôpital régional de Berberati. Veuve depuis six ans, elle dit qu’elle n’a plus rien pour nourrir ses enfants. Elle-même a encore plus de mal à calmer sa faim depuis qu’elle est ici : l’association humanitaire, qui a lancé cette opération d’urgence sur ses fonds propres, n’a pas les moyens d’alimenter tout le monde.

« C’est la maladie de la famine qui veut les tuer » :

Berberati, 155.000 habitants, est à une grosse journée de piste au sud-ouest de Bangui, la capitale de la République centrafricaine. Comme le reste du pays, la ville semble s’être figée quelques décennies dans le passé : aucune route mais des pistes de terre rouge impraticables dès qu’il pleut, pas d’électricité, pratiquement pas d’eau courante. La région, avec ses ressources minières, or et diamants, et ses exploitations forestières, était pourtant considérée comme relativement prospère dans un pays figurant parmi les plus pauvres de la planète. Jusqu’au printemps dernier. C’est un médecin de Carnot, un peu plus au nord, qui, le premier, a sonné l’alarme après avoir détecté des signes cliniques inquiétants chez les enfants qu’il examinait. ACF et MSF, toutes deux déjà présentes dans le pays, ont lancé en juillet une enquête conjointe dans cette zone. Résultat : 7 % d’enfants en état de malnutrition sévère aiguë – un taux à comparer au seuil d’urgence fixé à 2 % par l’OMS.

Inès a été parmi les premières prises en charge, il y a six semaines. Cette toute jeune femme, qui ne connaît pas son âge, se tient, tendue, sur un banc du service de pédiatrie. Sa fille Cyntiche, 8 mois, est pendue à son sein. Son aîné, Dieu-Merci, 4 ans mais qui en paraît deux fois moins, est assis à côté. Avant, Dieu-Merci marchait. Ce n’est plus le cas depuis qu’il est malade. Quand on demande à Inès de quoi souffrent ses enfants, elle dit:  « C’est la maladie de la famine qui veut les tuer. » Elle a tenté de les nourrir du peu de manioc et de gombo qu’elle parvenait à ramasser dans les champs; mais ce n’est pas suffisant.

Modeste, lui, s’est remis à travailler la terre. Il cultive depuis peu un petit lopin, à 3 kilomètres de Berberati. Cet homme de 38 ans a été licencié il y a huit mois par l’entreprise forestière qui l’employait comme technicien de maintenance. Il gagnait de 65.000 à 100.000 francs CFA (100 à 150 €) selon les mois; il n’a désormais plus aucun revenu. Sa fille de 2 ans a maigri jusqu’à tomber malade. Après dix jours passés à l’hôpital, elle a repris du poids. Modeste, lui, ne voit plus d’horizon, atterré par la puissance de ce monstre – « la crise mondiale » – qu’il nomme sans bien comprendre comment il a pu en devenir la proie.

« Manger trois fois par jour, cela n’existe plus » :

Comme l’industrie du bois, les activités minières et commerciales se sont effondrées en mars. Les bureaux d’achat de diamants ont fermé un à un. La moitié des employés a été licencié dans la région de la Mambéré-Kadeï, selon le préfet Joël Parefa. « Il n’y a plus d’argent, résume-t-il. Alors on achète des produits moins riches, et on réduit la fréquence des repas. Chez nos parents, on mangeait trois fois par jour ; cela n’existe plus. » Sur les marchés, les commerçants n’arrivent plus à écouler leurs maigres étals de légumes et de fruits.

L’agriculture vivrière pourrait être une planche de salut. Mais de nombreux habitants de la région en ont perdu la tradition, pour s’être rués sur l’exploitation diamantifère. Ailleurs dans le pays, beaucoup ont été convertis à marche forcée aux cultures d’exportation, coton ou café. Le tout sans aucune constance, au gré des foucades des régimes qui se sont succédé, en général violemment, depuis un demi-siècle à Bangui. Cette lourde histoire et l’enclavement du pays au coeur d’une région particulièrement instable ont fait de la République centrafricaine un pays sinistré. Les fonctionnaires de cet Etat fantôme n’ont pas été payés depuis quarante mois, les milices armées font leur loi dans tout le Nord et l’Est, et l’espérance de vie, qui diminue en moyenne de six mois chaque année depuis 1966, est passée en dessous de 40 ans.

Malgré cela, la République centrafricaine est un pays orphelin de l’aide humanitaire. Les bailleurs internationaux s’en désintéressent, les yeux braqués sur le tumulte qui règne à ses frontières, au Soudan ou en République démocratique du Congo. Résultat : « Si, fin novembre, on n’a réussi à faire bouger personne, on sera obligé de tout fermer », craint une responsable d’ACF.

En attendant, l’opération d’urgence se poursuit. Les visiteurs à domicile, reconnaissables au « bâton de pèlerin » qui leur permet de mesurer les enfants, sillonnent la ville, s’arrêtent dans chaque maison. Sous les toits de palme sèche, certains habitants les écoutent, d’autres, rétifs, doivent être convaincus. Les enfants présentant les premiers signes cliniques de malnutrition sévère sont envoyés dans l’une des quatre unités de prise en charge ambulatoire installées dans des centres de santé. Là, ils sont de nouveau mesurés, pesés, palpés, puis suivis chaque semaine si le premier diagnostic est confirmé.

Aminatou, 2 ans, se rend depuis un mois au centre de Poto-Poto, dans le quartier musulman de Berberati. Elle a d’abord été hospitalisée quelques jours, car son état était alarmant. Beaucoup, dans le centre, pensaient qu’elle allait mourir. A présent, à chaque visite, Aminatou avale avec une délectation manifeste la dose de pâte d’arachide enrichie qui lui est délivrée. C’est sa grande sœur de 13 ans qui accompagne la fillette : sa mère est morte il y a un an. Aminatou vit aujourd’hui chez sa tante, qui l’a adoptée, et elle va mieux."

Article de Pierre-Laurent Mazars, envoyé spécial pour le Journal du Dimanche, à Berbérati.

Photos dans l'article : trois photos de Eric Dessons.

 

25/09/2009

Mes propos sur le gâchis de la destruction des motos à Grenoble, sur l’expulsion des migrants du camp de Calais menée par le Ministre Besson et sur le dénigrement de l’Homéopathie par le Docteur Parot dans la revue Bébézine.

Bonjour à tous et toutes,

 

img_3910ng.jpgAujourd’hui, je fais un article-colère concernant le gâchis de la destruction des motos à Grenoble, concernant aussi l’expulsion des migrants du camp de Calais menée par le Ministre Besson et enfin concernant le dénigrement de l’Homéopathie par le Docteur Parot dans la revue “Bébézine”.

 

Je vais commencer par le Député-Maire de ma ville, Monsieur Destot. Il a eu l’idée de confisquer et de détruire un certain nombre de motos et scooters qui défiguraient le paysage sonore de Grenoble, souhaitant donner une leçon aux jeunes bruyants.images-1.jpg

 

On a donc vu des dizaines de motos broyées et déchiquetées. Je trouve cela honteux et c’est du gâchis, à une époque où tout le monde n’a pas forcément les moyens de se payer une moto, à une époque de crise où les ménages ont du mal à boucler leur budget.

 

_thumb_lacher-de-ballon.jpgPourquoi, Monsieur le Député-Maire, n’avez-vous pas vendu toutes ces motos en faisant don de l’argent de leur vente aux Virades de l’Espoir qui vont démarrer ce week-end pour les enfants et personnes atteints de Mucoviscidose ? Max Gavi, qui est l’organisateur des Virades de l'Espoir en Isère, a remis en début d’année au CHU de Grenoble un chèque de 140 000 euros, somme récoltée à l'occasion des dernières Virades de l'Espoir le 28 septembre 2008. L’argent des motos vendues aurait été le bienvenu cette année._thumb_seance-d-aerosols.jpg

 

Je pense aussi aux jeunes à qui vous avez pris ces motos. Quelle rage vont-ils avoir au coeur ? Si vous aviez dit à ces jeunes que leurs motos étaient transformées en actions positives pour des personnes malades ou dans le besoin, ces jeunes ne seraient pas en colère devant cette action de pure destruction. L’éducation et la prévention sont tellement plus intéressantes que des actions de ce type ; cette prévention de la nuisance sonore des motos a d’ailleurs été faite avec bonheur dans le parc de la Villeneuve !

 

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647029_calais-6.jpgLa politique est une vitrine dans laquelle des actions sont faites pour la gloire de leurs décideurs. Monsieur Besson, le Ministre de l’Immigration qui vient du monde de la Gauche avant de passer à Droite, est allé en personne déloger la Jungle de Calais, afin de satisfaire les nationalistes, les votants du Front National, les égoïstes de notre nation. Il a voulu mettre un coup de poing sur la table contre les passeurs qui s’en mettent plein les poches et vendent du rêve aux migrants. Des dizaines de jeunes expulsés du camp ce jour-là étaient mineurs, afghans, iraniens et irakiens. La guerre et la misère les ont poussés vers nous et ils espéraient ensuite aller en Angleterre, attendant à Calais dans des conditions déplorables, au point que l’un d’eux s’était noyé en se lavant dans le port. Ils ont été emmenés ce mardi en Centres de Rétention pour étrangers ou en Centres d’Hébergement pour les plus jeunes. Que vont devenir ces 278 personnes migrantes ? Être renvoyées pour la plupart dans leur pays ou... dans un pays à l’accueil déplorable comme la Grèce ou l’Italie.calais-jungle-migrants-3892578jxumh_1378.jpg

 

Monsieur Besson s’est félicité de son action forte... et “humaine”, selon ses termes. Ce Ministre qui n’hésite pas à être inhumain en démembrant des familles ou en séparant le père de famille du reste des siens, de ses enfants. Le petit Chama Dieumerci attend une décision et il est en CP. Partira-t-il de la France ? Son père partira-t-il sans lui, expulsé en Angola ?

 

Combien de familles vivent l’angoisse de l’expulsion hors de France et la vivent ensuite pour de vrai afin de satisfaire la loi du chiffre : 27 000 (vingt-sept mille) reconduites à la frontière doivent être effectuées en 2009. Loi du chiffre qui donne lieu à des extrêmités dangereuses, à des inhumanités touchant les familles et beaucoup d’enfants, parfois des bébés... à des injustices comme ces marocains qui rentraient juste au pays, en situation régulière... et qui se sont vus inquiétés.

 

Voir l’article : http://www.politique.net/2009042902-expulsion-etrangers-en-situation-reguliere.htm

 

Marianne a publié un article le 20 mars 2009 dont voici un extrait : "Quand les flics font du zèle pour plaire à leur chef, cela donne cette note distribuée à tous les gardiens de la paix de l'hôtel de police d'Angers. Le sens est clair : s'il n'y a plus d'étrangers en situation irrégulière en ville, il faut les inventer, autrement on risque de ne pas satisfaire les quotas (...) Un étranger mendiant sur la voie publique, même en règle, pourrait faire l'affaire".

 

78623-348im.jpgCeci dit, je n’ai rien contre les policiers que je n’ai jamais nommés “flics” car je sais que nombre d’entre eux vivent mal le fait de devoir être mêlés aux expulsions forcées des familles interpelées et enfermées en Camp de rétention pour étrangers, avant d’être placées de force dans les charters. La police doit obéir aux ordres et ils ne peuvent aller contre. Quand certains font du zèle par convictions personnelles, cela vient de l’individu, pas du corps de métier.phpThumb_generated_thumbnailjpg.jpeg

 

b13376.jpgJe rajouterais que j’entends des personnes dire que cette politique de l’immigration est nécessaire pour réduire “la vague de migrants” et pour pallier à la misère qui grandit en France. Je ne suis pas d’accord. Il y a un grand nombre de personnes expulsées qui travaillent et qui font tourner l’économie. Même si c’est dans l’ombre. Ce sont des personnes courageuses qui font des métiers que grand nombre de personnes dites françaises ne veulent pas faire. Quant aux gens qui disent que les étrangers nous prennent nos allocations familiales et pompent l’État... je les invite à être parents de dix enfants et à vivre avec ce qu’ils touchent, à loger dans de modestes et petits logements, à s’adapter dans un nouveau pays sans parfois connaître la langue et pourtant à réussir en s’implantant et en résistant.

u12009591.jpgSi on ne les avait pas depuis des années, les routes de France ne seraient pas si belles !! Car qui veut faire l’ouvrier en plein soleil sur le bitume brûlant ? Personne, sauf les étrangers, les arabes, les noirs et d’autres immigrants.b13378.jpg

 

 

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k1233361.jpgJe finirais cet article en vous parlant de l’Homéopathie. Cette discipline médicale a été malmenée dans le journal “Bébézine, Le plaisir d’être parent” de septembre/octobre 2009, par le Docteur PAROT qui n’a pas hésité à écrire dans le “courrier des Pros” que l’Homéopathie n’était rien de plus qu’un “placebo” et que c’est une discipline fondée sur “le mensonge et la désinformation”. Ce médecin emploie au sujet de l’Homéopathie le terme de “pseudo-médecine” et espère ouvertement que son enseignement en universités sera supprimée des Facultés très prochainement, car “reposant sur des contrevérités scientifiques”.

 

Je suis très choquée de ces propos diffamatoires envers une médecine qui a fait ses preuves. L’homéopathie a soigné un nombre incalculable de pathologies dans le monde entier, dont pour mon expérience personnelle, les maux suivants : gastro-entérites (“arsenicum album” très efficace), angines, otites d’enfants, toux traînante pour mon jeune fils -que l’allopathie ne guérissait pas-, eczéma, grippe, abcès, insomnie, chocs moraux, deuil, piqûres d’insectes dont araignée, hernie hiatale, etc.

 

110_F_8468305_fUU7BlBMotAFSC8gdy8KknhcZWwhZ3i4.jpgPour ceux que cela intéresse, il y a un excellent livre écrit par Louis POMMIER  nommé le “Dictionnaire homéopathique d’urgence”. À l’intérieur de cet ouvrage indispensable, vous trouverez des conseils homéopathique pour des pathologies et des maux comme : la morsure de serpent, l’otite, les problèmes de prostate, la rougeole, l’intoxication par salmonelloses, l’insomnie, les hémorragies,  la grossesse nerveuse, les flatulences, l’épilepsie, la ménopause, l’anémie, l’anorexie, la dorsalgie, la constipation, la conjonctivite, etc.

 

Cela fait des années que je me rends compte des bienfaits de l’Homéopathie et que je me rends à l’évidence de la rapidité et véracité des bienfaits de cette médecine.k1233364.jpg

 

Quand un médecin allopathe décide de mettre mon fils de un an en 2006 sous traitement d’asthme pour une toux traînante, que ça n’agit pas, que cela dure des mois... jusqu’au moment où un médecin homéopathe me donne le bon remède... et que mon fils guérit et ne tousse plus du tout, vous allez me dire que c’est un placebo... Que l’enfant ressent les bonnes vibrations de la mère... persuadée que son enfant va guérir... du coup il guérit !! ?!

 

Puisque le Docteur parle de placebo en mettant l’Homéopathie plus bas que terre, je le mets au défi de me répondre et de me donner les bons arguments de son explication tendancieuse.

 

110_F_3771667_vqNIeW2G5khjjkAgaLxbn2lIpzFnDOYz.jpgSi un jour l’Homéopathie était interdite dans l’enseignement médical des Facultés de Médecine, cela marquerait un profond recul des consciences et du respect de l’Humanité, au même titre que la disparition des abeilles... lesquelles soit dit en passant donnent un remède homéopathique qui se nomme l’Apis et qui soigne très bien (donné en 5 ch) les piqûres d’insectes, en combinaison avec Ledum et Calendula (en 5 ch aussi) : guêpes, frelons, abeilles, moustiques, aoûtats. Vous pouvez consulter le livre donné ci-dessus, entre autres livres, pour plus d’informations sur les remèdes à donner.

 

Je rappelle que l’homéopathie s’attache à soigner le fond et les causes  profondes des maladies, s’attaquant au terrain de la personne... alors que la médecine allopathique s’attaque au mal comme un bulldozer cassant tout le terrain afin d’être sûr d’éradiquer le mal, comme dans la prise d’antibiotiques. Elle fait comme Monsieur Besson. Envoyer des cars de CRS et des bulldozers pour effacer la Jungle. Le problème est qu’ils sont en train de se rendre compte que les migrants reviennent et se regroupent... Le problème aussi est qu’ils voient le mal dans les migrants, comme un cancer. Les migrants sont des personnes humaines qui expriment ce que la “mal-a-dit”. Maladie du sens. Sens interdit ou sens de la vie, sens humain ou sens unique, sens d’impasse ou sens giratoire de l’énergie qui passe... que l’on accueille sans la contraindre et sans la rejeter.110_F_11840117_3RDLYMipmb5XaBdBnHznefdPtIPDjI1c.jpg

 

Si des médecins et praticiens de l’Homéopathie veulent ajouter leurs commentaires, ils sont les bienvenus. Les Ostéopathes ont été eux-aussi touchés gravement par les écrits du Docteur PAROT dans le même article. Il s’agirait selon lui “d’une des plus grandes fumisteries inter-nationales pseudo médicales organisées.” Il a sité trois sites dont deux qu’il a mis en ligne spécialement contre l’Ostéopathie. Je rappelle que dans tous les domaines il y a des charlatans et que l’on doit se montrer prudent devant des condamnations tendancieuses qui tendent à anéantir cette pratique et à l’éradiquer totalement.

 

110_F_8201985_PW0hedwBehhT2zplxsgLJu1oqi6uSIWh.jpgMerci à tous de m’avoir lue.

 

Chloé LAROCHE

 

 

 

22/04/2009

Ma lettre ouverte à Monsieur le Ministre de l’Immigration pour Vassili KOCHKADZE, atteint par l'hépatite C et menacé d'expulsion vers la Géorgie.

wef003.jpgLETTRE OUVERTE à Monsieur le Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Co-Développement.


Objet : Demande de ne pas expulser Vassili KOCHKADZE en Géorgie.

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Monsieur le Ministre Éric BESSON,

Sous couvert de Monsieur le Préfet de la Somme et de la Picardie,

 

Je me permets de solliciter votre attention sur le cas de Monsieur et Madame KOCHKADZE.

Voici un rappel des faits : Vassili KOCHKAZE, né le 16 mars 1979, et Choréna KOCHKAZE, son épouse, ont fui la GEORGIE pour arriver en France le 13 mai 2002 afin de solliciter une demande d’asile politique, leurs vies étant menacées en cas de retour… En effet, en avril 2000, Vassili KOCHKAZE a été arrêté, battu et gravement blessé par un coup de couteau à la poitrine nécessitant une hospitalisation, parce que son père était un militant politique. La demande d’asile politique a été rejetée tout comme les recours. Vassili est maintenant atteint de l’hépatite C. Leur fille Anano est née, en France, le 15 novembre 2002. Leur fils David, né le 16 octobre 1998 en GEORGIE les a rejoints le 17 septembre 2004.e003114.jpg


Arrêté, alors qu’il sortait de la prison d’Amiens, lundi 20 avril 2009 au matin, Vassili KOCHKADZE vient d’être placé au Centre de Rétention de Mesnil Amelot pour une possible expulsion en GEORGIE. Il reste que son arrestation après qu’il ait purgé sa peine, le risque d’une expulsion parce qu’il est déjà placé en Centre de Rétention, sans qu’il puisse revoir sa famille, constituent une réponse inhumaine aux actes républicains que devraient se donner un service d’Etat, car la « double peine » est maintenant abolie, semble-t-il…

De plus, la Préfecture de la Somme sait juridiquement :

images.jpeg- Que Vassili KOCHKADZE est en grande difficulté de santé : il est atteint d’une hépatite de type C. Il est consulté régulièrement par le Docteur CAPRON du Centre Hospitalier Nord d’Amiens.
- Qu’il ressort d’une jurisprudence établie que l’hépatite C ne peut être soignée en Géorgie : « tribunal administratif de Rouen, ord. Juge des référés, 18 dec.2006 –M.M.BASAEV ; N°06-02993 + ord. Juge des référés, 12 jan.2007- M. Zaza GOGUADZE; N°6-03260 + Juge délégué, M. Zourabe KASSOIANE ; N°7-00076 (R.07-025) + ord. Juge des référés, 13 mars 2007- M. Mamouka BROAIN. ; N°07DA01169 Cour Adm.d’Appel de Douai, M.Ura TELOIAN déc.2007…».


Une possible expulsion est totalement insupportable pour Vassili KOCHKADZE car l’absence de traitement peut amener des conséquences d’une exceptionnelle gravité, à savoir le risque d’évolution vers une cirrhose du foie à moyen terme. C’est pourquoi je me permets de vous interpeller, Monsieur le Ministre, car je souhaite qu’un regard bienveillant et humain puisse être apporté à Vassili KOCHKADZE en le libérant au plus vite et en faisant en sorte qu’il puisse se soigner décemment à Amiens.200385377-001.jpg


K30-403835.jpgEn outre, il est insoutenable pour Vassili KOCHKAZE, ayant fui la GEORGIE en 2002, de se voir expulser : il est marié avec Choréna et a deux enfants dont la petite Anano, je vous le rappelle, est née en France et a six ans.

Je vous prie, Monsieur le Ministre, de bien vouloir considérer ma demande et agréer l'expression de mon attachement aux Droits de l’Homme ainsi que l’expression respectueuse de mes salutations républicaines.

Chloé LAROCHE

 

Fait à Grenoble, le 22 avril 2009.

 

 

________________ VOUS POUVEZ VOUS AUSSI ÉCRIRE POUR CETTE FAMILLE, EN REPRODUISANT CETTE LETTRE ET EN L'ENVOYANT AUX ADRESSES MAILS SUIVANTES :

 

A la préfecture d’Amiens par courriel :

 

courrier@somme.pref.gouv.fr 

lena.cojan@interieur.gouv.fr




- Aux Ministères de l’Immigration, Élysée, Matignon, Affaires étrangères :

patrick.stefanini@iminidco.gouv.fr

thierry.coudert@iminidco.gouv.fr

guillaume.larrive@iminidco.gouv.fr

sabrina.belkhiri-fadel@iminidco.gouv.fr

geoffroy.didier@iminidco.gouv.fr

g@larrive.com

maxime.tandonnet@elysee.fr

claude.gueant@elysee.fr

emmanuelle.mignon@elysee.fr

david.martinon@elysee.fr

franck.louvrier@elysee.fr

jean-paul.faugere@premier-ministre.gouv.fr

antoine.gosset-grainville@premier-ministre.gouv.fr

igor.mitrofanoff@premier-ministre.gouv.fr

myriam.levy@premier-ministre.gouv.fr

brigitte.collet@diplomatie.gouv.fr

olivier.serot-almeras@diplomatie.gouv.fr

'patrice.champion@diplomatie.gouv.fr

pierre.thenard@diplomatie.gouv.fr




________ POUR PLUS D'INFOS :

 

Réseau Education Sans Frontières de la Somme, BP80713, 80007 AMIENS cdx 01,

Contacts tel 06 31 91 08 07,

Permanences Hebdomadaires : Tous les mercredis à 17h30, salle Dewailly à Amiens

 

_________ et bien sûr : http://www.educationsansfrontieres.org

02/04/2009

Dans mon taxi, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent. Du handicap au pire vécu.

Du handicap au pire vécu. Offrande d'une sonate pour la vie de Jason, petit garçon retrouvé mort à Liège, tué par son père à coups de chaussure. 

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Dans mon taxi, véhicule sanitaire que je conduis chaque jour, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent.

 

images-12.jpegJe reste seule avec des confidences, avec les paroles parfois très lourdes de mes passagers handicapés ou malades.

Des enfants aussi. Des personnes âgées.

 

“Qu’est-ce qu’ils ont les pères à nous faire ça,” me dit une enfant qui me révèle qu’une copine a subi la même chose qu’elle.images-8.jpeg

 

“J’ai eu raison de le dénoncer, n’est-ce pas ?”....

“C’est lui qui a tort, pas moi.”

 

“Ma mère me manque.”

 

Cette enfant a le regard clair et déjà un raisonnement très mûr. Elle regarde une autre enfant passagère et me dit : “Elle est belle.”

 

Comme on dit d’une rose qu’elle est belle.

Les roses, on ne doit pas les cueillir.

Ni violer les enfants.

 

images-2.jpegPendant des mois. Il l’a violée. Ce n’était pas son père mais un beau-père.

 

Pendant les absences de la mère.

 

Elle regarde le paysage. Je la conduis. Elle se sent apaisée dans mon véhicule.images-5.jpeg

 

Dans la journée, plus tard, je transporte un monsieur handicapé. Il était tétraplégique. Il a progressé à force de travail. Il est maintenant paraplégique.

 

images-11.jpegIl est triste. Cela fait trois ans qu’il a eu ce maudit accident.

 

Je l’écoute. Il me dit que la souffrance physique, il n’y a rien de pire. Et la souffrance de voir les montagnes sans pouvoir les parcourir, les goûter.

 

La souffrance de voir des femmes et de n’avoir que le souvenir de l’ancien temps et des rêves présents qu’on fait mais qui ont le goût amer du réveil en fauteuil.SB10063890E-001.jpg

 

Je l’écoute et il me dit que les personnes valides ont bien de la chance et qu’elles devraient éviter de se plaindre pour des broutilles.

 

Mais parfois, pensais-je, les personnes valides sont tristes à mourir et certaines sont handicapées dans le coeur, amputées de leur enfant disparu, membre perdu dans l’immensité de l’univers... amputées d’un être aimé mort. Parfois, des personnes valides ont tant de charges et de difficultés à gérer que tout cela n’est pas que des broutilles.

 

images-9.jpegCet homme souffre terriblement. Il est comme dans une prison. Son corps ne le laisse plus libre de vivre comme il voudrait. Il laisse les volets lui ôter la vue des montagnes. Il a envie de les prendre et de les replanter en plein désert, là où il ne serait pas. Il ne veut plus de son fauteuil. Il se bat pour en sortir. Il voudrait l’emmener  loin et revenir sans lui. Valide et libre d’aimer à nouveau, de courir les montagnes.

 

Je me retrouve seule dans mon taxi. Un taxi spécialisé.

Une musique s’élève dans le réceptacle du véhicule. “La Sonate au Clair de Lune” de Beethoven.

 

Le piano amène à moi l’image d’une tombe. Je vois une maman pleurer là où on a découvert le corps de son fils de trois ans enterré dans un sac.

 

images-4.jpegCet enfant s’appelait Jason. Il a été tué à coups de chaussures par son père. C’est la nouvelle compagne du père qui l’a aidé à enterrer le petit garçon. C’est elle aussi qui a avoué les faits et qui a révélé la fuite du père dans son pays.

 

Cela faisait des semaines depuis février que l’on recherchait le petit garçon. Il a été retrouvé le 19 mars près de Liège, en Belgique, là où il vivait avec son père.images-3.jpeg

 

Un père qui a fait de la prison pour vente de drogue et qui avait déjà été remarqué pour maltraitance sur son fils. Son fils qu’on lui a pourtant rendu à sa sortie de prison. Erreur fatale pour ce petit garçon.

 

Tué à coups de chaussures.

 

images-1.jpegLe piano grandit en intensité. Je pense à Jason. Je vois sa vie, ses sourires, ses jeux d’enfants, sa pureté, son innocence, son émerveillement devant la vie, ses larmes, la douleur d’une vie maltraitée, d’enfant qui regarde l’adulte et qui a peur. Juste peur. Effrayé. Sans secours. Sans recours.

 

La pureté de la Sonate prend en elle toutes les souffrances dont je viens de parler et j’offre ces vies à l’Esprit qui détient la vie, à l’amour qui regarde les roses grandir sans les arracher.

 

La dernière note s'allonge dans la voiture. Le piano s'éteint. Mais une étoile brille. Pour Jason. Pour les enfants que je transporte. Pour chaque personne handicapée.SB10065057H-001.jpg

 

Chloé Laroche________________

 

Commentaires

I recently came across your blog and have been reading along. I thought I would leave my first comment. I don't know what to say except that I have enjoyed reading. Nice blog. I will keep visiting this blog very often.

Ruth

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Ecrit par : Ruth | 05.04.2009

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Thank you very much, Ruth. Your letter is very beautiful, with a big sun for my hearth and my blog. Good sunday ! Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 05.04.2009

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26/01/2009

Cette parenté avec la souffrance d’autrui, je la fais mienne, car dans mon coeur, elle est toute proche, même si l’éloignement physique fait que les autres êtres humains peuvent être très éloignés sur la Terre.

J’ai choisi il y a un peu plus de six ans de changer de métier. Je suis devenue ambulancière et aussi taxi, car ce sont des métiers de service et d’écoute aux autres. La plupart des taxis font des transports sanitaires dans leur véhicule et doivent obligatoirement passer leur Certificat de Premiers Secours.

images.jpegCe sont des métiers où on est directement au prise avec la réalité de la vie, la souffrance quotidienne des malades, leur calvaire, leur besoin de parler et d’être écouté. On transporte des personnes âgées souvent seules, des personnes en dépression ou dans le deuil. Les transporter d’un point à un autre sans qu’ils s’en aperçoivent et leur apporter réconfort et baume au coeur, est un idéal solidaire.

Les ambulanciers rencontrent aussi beaucoup d’âmes en préparation du dernier voyage, préparation consciente ou non. C’est extrêmement touchant d’être les accompagnants, les transporteurs ultimes parfois de ces personnes qui ont tout donné en sacrifices physiques.

Nous rencontrons dans ce métier des destins portant de terribles souffrances, comme cet homme atteint par la maladie que j’avais transporté avec sa femme. Ils avaient perdu leur fille de quarante ans dans un accident de voiture. Ils avaient fui l’Espagne pendant le régime de Franco. On peut fuir un pays, un régime... mais l’état de deuil, lui, se vit, au jour le jour, et ils étaient effondrés, courbés sous le poids de leur croix trop lourde... maladie, exil, deuil.

images-1.jpegUn soir, alors que j’étais triste et comme si cette rencontre devait me secouer pour que je continue d’être forte... j’ai rencontré un homme de soixante dix ans. Je devais ramener sa fille handicapée mentale, une femme de quarante-cinq ans, du CAT -centre d’accueil thérapeutique à la journée- à son domicile. Lorsque j’ai accompagné cette personne jusqu’à la porte de sa maison, le vieux père est venu me saluer et m’a proposé de venir manger un morceau de brioche. Et puis, debout devant moi, il s’est mis à me parler de sa femme : “La pauvre, elle n’est plus là. Elle s’est suicidée en se jetant dans l’étang, juste derrière la maison, l’année passée. Elle était malade des nerfs. Elle s’est noyée.” Le pauvre homme pleurait. J’étais bouleversée. Je lui ai témoigné toute ma compassion. C’était une mer de détresse qui emplissait cette maison, ces deux coeurs en deuil, ces vies naufragées.images-1.jpeg

En me raccompagnant au taxi, cet homme m’a dit : “Je ne voulais pas vous le dire devant ma fille. Mais elle a été renversée par une voiture, juste là, à l’âge de cinq ans. Ma femme ne s’en est jamais remise. Ma fille s’en est sortie, même avec les séquelles que vous voyez.”

Il y avait des larmes de sang dans tout le paysage. J’ai quitté ces deux coeurs si lourds, si lourds... mais peut-être un peu plus légers car le fait de m’avoir parlé ainsi, d’avoir pu épancher un peu la souffrance grâce à la parole donnée et écoutée, partagée, a soulagé imperceptiblement le deuil de cette famille, la peine vécue au quotidien dans le handicap et l’absence. J’ai senti en partant que l’oeil de la jeune femme s’était éclairci et qu’une lueur de sérénité s’était mise à briller dans son coeur.

J’ai témoigné dans mon avant-dernier livre de toutes ces rencontres avec les patients transportés, rencontres humaines riches de sens et de courage. J’y ai écrit cette page que je voudrais vous offrir ici (extrait de "Transports d'âmes et d'hommes").

Un après-midi, nous étions allés avec mon collègue ambulancier dans un centre d’accueil spécialisé, pour chercher une dame et l’emmener passer un scanner.

C’était une femme jeune, au visage d’ange. Elle était prostrée, paralysée ainsi depuis plus de dix ans, le regard tourné vers ailleurs, figée comme un iceberg dans lequel la vie aurait été enfermée à jamais.
-C’est une rupture d’anévrisme qui l’a frappée d’un seul coup. Elle était dynamique, pleine d’énergie, de projets et maman d’un petit garçon. Elle a eu un jour très mal à la tête et soudainement elle a disparu dans ce gouffre de la maladie.” C’était sa soeur qui se confiait ainsi à moi... “Notre vie dans la famille n’a plus jamais été celle d’avant.”

images-3.jpegElle sortit fébrilement des photos de son sac. “Tenez, ce sont des photos de ma soeur. Regardez comme elle était belle et épanouie.” J’ai regardé, très émue, ces photos d’une jeune femme de trente ans, heureuse de vivre. Je me suis dit, en voyant ce qu’elle était devenue, que la souffrance du Christ offerte sur la croix se poursuit inlassablement dans l’humanité martyre.

Cette crucifixion de la chair et de l’âme, cet écartèlement qui n’en finit plus au coeur de la vie, a commencé dans ma propre existence le jour où des hommes en noir ont cloué et fermé à jamais le cercueil de ma fille de trente mois. Pour continuer à vivre et pour exister pleinement, il faut apprendre à offrir sa souffrance pour qu’une transmutation s’accomplisse dans d’autres vies que la sienne. S’offrir comme un coeur ouvert et le donner aux Anges pour qu’ils le transplantent dans d’autres vies en détresse ou en perdition.images-2.jpeg

J’ai retrouvé dernièrement la même pratique dans un livre bouddhiste, dont le titre est : “Quand tout s’effondre - Conseils d’une amie pour des temps difficiles” de Pema Chödrön. J’avais cet ouvrage près de mon lit, et j’ai ouvert ce livre “au hasard”, à un moment où tout s’effondrait dans ma vie. Cela parlait de la “bodhichitta”. C’est une pratique qui consiste à transformer sa propre souffrance en la faisant ressortir de soi en lumière, en énergie et pensées de joie, en offrande d’amour, en don offert à tous les souffrants, à tous les blessés de la vie, à tous les affligés.

Dans le chapitre intitulé “l’amour qui ne mourra pas”, j’ai été saisie par cette description de la tendresse infinie en nous, générosité de sa propre douleur, qui nous relie à la souffrance de toutes les personnes sur terre, souffrance qu’on peut soulager par l’offrande de la sienne. Cette parenté avec la souffrance d’autrui, je la fais mienne, car dans mon coeur, elle est toute proche, même si l’éloignement physique fait que les autres êtres humains peuvent être très éloignés sur la Terre. Nous sommes vulnérables et fragiles, en tant qu’êtres humains, aussi “laissons la douleur du monde nous toucher le coeur et transformons-la en compassion”, ainsi que le recommande le seizième Gyalwa Karmapa.

Dans cette démarche, on ne peut pas se tenir à distance. On ne peut pas se protéger en restant caché ou muré dans sa propre vie, évitant d’écouter les bruits d’armes et de larmes du monde qui vit tout autour de nous et sur la même planète.

En refusant cette démarche, on peut ignorer les cris de détresse des enfants qui meurent de faim dans les pays les plus pauvres, les veuves du Rwanda qui ont adopté des enfants alors qu’on a massacré leur mari et leurs enfants, toute leur famille. On peut ignorer la souffrance des sidéens, les ignorer, omettre de leur parler, refuser de les embrasser. On peut ignorer son voisin, refuser de lui dire bonjour malgré ses efforts pour être conciliant et retrouver la paix. On peut oublier que les ours blancs sont en train de mourir au Pôle Nord, noyés parce que le sol de la banquise se dérobe sous leurs pattes. On peut éviter d’entendre la femme qui pleure dans sa montée d’escalier, frappée encore une fois par son conjoint. On peut se boucher les oreilles devant les cris de souffrance d’un enfant martyrisé et si c’est le sien que notre compagnon abuse, on peut aussi se dire que ça lui passera, qu’on ne peut “rien faire à part se taire”... parce que le silence est la tombe des pires atrocités.

images-2.jpegOn peut omettre de se rappeler que des enfants aborigènes ont été arrachés de force à leurs parents, entre 1880 et la fin des années soixante, pour les placer en Internats d’État afin de les christianiser. On peut clamer “que les camps de concentration n’ont jamais existé” et que les Juifs auraient monté de toutes pièces leur calvaire, qu’on aurait inventé les six millions d’humains exterminés par les Nazis, les trains de la mort, les montagnes de lunettes retrouvées à la Libération appartenant à toutes les personnes gazées. On peut oublier qu’à Grozny, en octobre 1999, les forces d’aviation russes ont délibérément bombardé une maternité, la seule encore ouverte. Une femme était en train d’accoucher. Elle a été défenestrée par le choc de l’explosion. Son bébé, tué dans une violence inouïe, a paralysé les âmes des Anges et les ailes des oiseaux.


Chloé LAROCHE

29/06/2008

À toi qui porte la souffrance de ta vie, seul et isolé. À ceux qui croient que les épreuves frappent ceux qui les attirent. Karma pervers et jugement humain inéquitable.

Bonjour à tous et toutes,

 

images-13.jpegDernièrement, j'étais invitée à un repas avec quelques convives.

Une dame travaillant à l'hôpital dit à un moment : "J'en vois des personnes qui souffrent et il y en a, elles ont tellement d'épreuves en même temps et de souffrances de toutes sortes, qu'on se demande comment c'est possible...".

Une dame lui répond : "Il faut dire qu'il y en a qui cherchent et qui s'attirent les problèmes."

Quand on a dit ça, on a fait le tour de l'humanité. Pour ceux qui tournent en rond.

Je m'oppose à ce genre de propos, qui prennent leur source très souvent dans des raisonnements spiritualistes ou de développement personnel. "Votre vie dépend de vos pensées"... "Vous attirez ce que vous êtes".... "Votre colère et votre rancoeur vous ont créé ce cancer".... "Pensez positif et vous attirez le meilleur."images-14.jpeg

Il y a du vrai là-dedans, mais ce n'est pas si simple. Quelqu'un de très positif peut très bien devoir affronter de nombreuses épreuves, pour de multiples raisons qui demeurent inconnues à nos yeux d'humains. Et comment pouvons-nous juger ici-bas des épreuves d'autrui.... Ce n'est que de l'orgueil et beaucoup de gens dits spirituels n'en manquent pas... au point qu'un ami qui a un cancer m'a dit récemment : "J'ai le chou-fleur (le cancer) et depuis, je n'intéresse personne. On me dit que c'est mon karma et donc, je suis un pestiféré. Que puis-je apporter à des gens qui considèrent ma maladie ainsi ?" Cet homme fréquentait des personnes en recherche spirituelle et il est déçu car il se retrouve seul et isolé. Il va mourir et il est seul. Pendant ce temps, ses amis devenus invisibles... se satisfont d'avoir la santé et de jouir d'un "bon karma".IS693-008.jpg

Mais qui oserait dire de Jésus qu'il a été crucifié parce que c'était son karma ? Qui dirait cela de Gandhi qui a été assassiné ? Certains ont le statut de sacrifié ou de martyr... mais les autres peuvent crever dans l'indifférence générale, ajoutée à la culpabilité et aux reproches inconscients de l'entourage...

La compassion n'est pas équitable.


Chloé

25/06/2008

Le silence est entré dans mon ambulance. Mon hommage aux ambulanciers. Hommage aux patients. Attente d'un traitement. Attente de l'ambulancier après l'attente chez le médecin ou à l'hôpital.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



LE SILENCE ET L'ATTENTE________________ambulancier,taxi,maladie,écoute,cancer,accompagnement,mère teresa



Le silence est entré dans la voiture que je conduis. Une Astra blanche avec la croix bleue des ambulanciers sur le capot.

Ma patiente est assise à côté de moi.

Quelques mots ont été échangés. Et puis le silence a gagné. Non pas lourd mais consenti, de part et d’autre. Lourd de sens, oui, car la maladie est là, présente. Le cancer mine ma patiente depuis des années. Sans rémission.

Elle m’a soudain reparlé.
Et puis le silence est revenu, comme la neige qui se dégage doucement devant nous, sur la route.

Je rencontre ce silence tous les jours, à travers les patients que je prends en charge. Silence de neige, silence de patience, silence d’attente...
L’attente d’arriver à destination, l’attente dans les embouteillages, l’attente dans les salles d’attente pour rencontrer le médecin, l’attente de l’ambulancier qui emmène et ramène, l’attente d’un avenir meilleur, l’attente d’une santé disparue, l’attente d’un traitement en salle de chimiothérapie...

Dans toute cette attente, les patients ont besoin de sérénité et de calme. Ils ont besoin que nous les transportions avec beaucoup de tact et de respect.

Chloé Laroche


________________ Mon hommage

aux ambulanciers du monde :ambulancier,taxi,maladie,écoute,cancer,accompagnement,mère teresa



Le métier d’ambulancier est une profession où les anges gardiens ne chôment jamais dans l’ensemble du monde entier.

Je lisais tout à l’heure le témoignage d’une femme : Marta Gray, dans “La couleur du silence” de Yves Eurieult (éditions Ramuel), qui a travaillé aux côtés de Mère Teresa à Calcutta en Inde.

Elle racontait l’horreur qu’elle a vécu là-bas, les corps vivants dévorés par les vers, les enfants de neuf mois qui avaient la taille d’un foetus à terme, les malades infectés que leur amenaient les ambulanciers pour qu’ils meurent dignement dans le centre de la Sainte femme.

Je pense aux ambulanciers de ce pays, à ceux de Palestine et d’Israël, à ceux d’Algérie et de la Tchétchénie...

Je pense aux quarante-quatre ambulances qui ont été réquisitionnées le soir où la boîte de nuit de Saint Laurent du Pont a été détruite par un incendie dramatique... Ces professionnels du transport médical sont allés chercher les corps des victimes, de tous ces jeunes isérois, morts dans la fête d’une dernière nuit.

Ils ont fait la navette pendant des heures entre le lieu du drame et le gymnase pour que les dépouilles soient dignement rendues à leur famille.

Le métier d’ambulancier ressemble à celui de passeur des âmes et des corps... Il est un accompagnateur dans le passage entre la vie et la mort, soit dans un sens soit dans l’autre.

La plupart du temps, il n’y a heureusement que la vie et l’espoir.

Mais dans bien des cas, de par le monde, l’ambulancier se bat pour donner à la Vie une chance : il se bat pour que la Mort n’arrive pas pendant le passage du transport... afin que le malade soit soigné à l’arrivée, sur le lieu béni où les médecins exercent.


Chloé Laroche

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Pour lire tous mes articles concernant le métier d'ambulancier

et de taxi médicalisé, consulter :

https://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance/


Le mandala de larmes vient du site : 

http://koah.over-blog.com/30-categorie-10168075.html

24/06/2008

Trois destins rencontrés en ambulance. De la vie au désespoir. Du combat désespéré à la lutte finale contre la maladie, la solitude et la mort.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



TROIS RENCONTRES

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Trois rencontres m’ont bouleversée durant cette journée de travail en ambulance.

Trois destins aux multiples souffrances.

D’abord, je vais chercher un homme handicapé, chez lui. Il est en fauteuil roulant. Arrivés à l’ambulance, je l’aide à l’asseoir dans le véhicule. Je plie son fauteuil et le soulève pour le ranger à l’arrière du véhicule.

La dernière fois que je l’ai vu, au cours d’un précédent transport, il devait partir en voyage au Brésil. Je lui demande alors comment cela s’est passé.
-Qu’est-ce qui vous a plu le plus là-bas ?
-Le Christ, m’a-t-il répondu !
-Le Christ ?
-Oui, et j’ai eu la chance de le voir de près en hélicoptère. Il fait trente mètres de haut...
-C’est le Christ qui surplombe la baie de Rio de Janeiro ! Il a les bras tendus, ouverts sur le monde. C’est si beau de représenter Jésus ainsi, lui ai-je dit.
-C’est vrai ! C’est magnifique !
-Vous étiez seul là-bas ?
-Non, nous étions neuf à partir, neuf membres de ma famille, à cause d’événements douloureux. Ma soeur venait de perdre son fils et son mari ... et nous avons perdu notre mère aussi.... Pour Noël, nous avons préféré partir le plus loin possible...”.

Ils ont mis un océan entre leurs morts perdus et leurs vies présentes... Océan de larmes, océan d’espoir face aux drames vécus.

J’ai ressenti beaucoup de douceur de la part de cet homme pour sa soeur. Il m’a parlé d’elle et de sa force, de ses blessures gravées dans la chair, de sa volonté de s’en sortir par elle-même. Survivance éperdue d’une mère orpheline et d’une veuve solitaire.

Et puis, plus tard dans la journée, je suis allée chercher une dame.

Elle m’a ouvert son coeur spontanément.
Nous roulions dans la neige.

Cette patiente m’a parlé de sa vie de veuve, de ses cancers successifs, de son mari suicidé, de tous les suicides qui s’accumulaient au sein de la famille. Elle m’a parlé de ses enfants, de ses peurs pour eux, de son angoisse de la pulsion de suicide “peut-être héréditaire”, de son combat pour la vie, de la flamme de son existence risquant de s’éteindre bientôt.

J’ai écouté cette dame tout au long du parcours. Je l’ai regardée avec admiration et respect. Elle n’avait à vivre, selon les médecins, que quelques mois. Je l’ai déposée à la Clinique tout en lui laissant quelques mots d’espoir et la chaleur d’une présence à ses côtés, présence fugace mais intense.

Et puis ce soir, j’ai transporté un homme de quarante ans, sortant régulièrement de l’Hôpital Psychiatrique afin de poursuivre une rééducation de la parole. Ce patient a une maladie qui s’est développée tardivement, maladie que sa mère lui a transmise.

Étant enfant, il a vu sa maman enfermée derrière des barreaux, ceux d’un asile. À la fin, on ne lui permettait plus de la voir. Aujourd’hui, il maîtrise difficilement ses mouvements et a beaucoup de mal à parler. Il se bat pour rééduquer sa parole et réapprendre à articuler.

Cet homme est le père de deux adolescents. “Je ne les vois pas souvent. Ils me manquent tellement !” me confie-t-il.

Cet homme travaillait autrefois. Il avait alors une vie normale, une famille. Aujourd’hui, il est enfermé dans ce pavillon psychiatrique.


Après la fin de mon travail, je suis rentrée chez moi avec les images de ces trois vies qui m’ont bouleversée... avec les mots de toutes ces vies que je croise.

Je pense aussi à cet homme dont j’ai parlé plus haut... que nous appellerons François et qui est rentré en chambre stérile depuis neuf jours.

Je suis allée le voir au tout début de son entrée à l’Hôpital. Je le lui avais promis. C’était son premier jour d’isolement. Je lui ai parlé à travers la vitre, avec le téléphone du couloir.

Il paraissait très ému de me voir. Je lui ai dit qu’il commençait un voyage et que je lui souhaitais bonne chance pour ces six semaines où il allait être enfermé, isolé dans cette pièce pour sa greffe de moelle.

Dans ses yeux, j’ai lu un grand espoir... La peur de ne pas survivre aussi. Mais l’espoir surtout. L’espoir de vivre grâce à cette greffe.

Ce soir, je pense aussi à Soeur Emmanuelle.
On l’a incitée à prendre congé des bidonvilles d’Égypte où elle a tant fait pour les plus pauvres. Elle vit maintenant dans le Sud de la France.

Je l’ai entendue parler sur l’origine de son engagement :
-Je ne voulais pas vivoter mais vivre pleinement. Tout donner et partager. Aujourd’hui, je peux partir en paix. Je sais qu’après moi, d’autres continueront. L’important, c’est d’ajouter sa goutte à l’océan d’amour. Il est important que chacun le fasse dans sa vie. Chaque goutte est importante.”

J'ai fait ces trois rencontres durant la semaine de prévention du suicide. Je pense très fort à toutes les familles qui ont perdu un proche par cette fin terrible. Chacun de nous est unique, unique à jamais. Chaque existence est une goutte de vie unique.

 

Chloé LAROCHE

 

 

La photo de fleur provient de ce lien :

http://www.gogoall.net/fonds/nature/f/fleurs/fleur_16.jpg

 

POUR LIRE TOUS MES ARTICLES

SUR LE MÉTIER D'AMBULANCIER, MON MÉTIER :

https://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance/









12/06/2008

Flashs-back de mon métier d'ambulancière. Vie et mort. Maladie et courage. Solitude et isolement. Regard sur un métier merveilleux mais peu reconnu.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



CHRONIQUES
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Ce qui me frappe le plus, ce sont la solitude et l’isolement de certains patients.

Un soir, nous avons été appelés en urgence avec mon coéquipier pour une dame qui faisait une hémorragie vaginale. Elle était assise par terre dans sa cuisine. Il y avait du sang près d’elle. Du sang qui s’était écoulé violemment de ses entrailles. Son bébé de quelques mois était posé près d’elle, impuissant et démuni face à la souffrance de sa mère.

Nous les avons emmenés tous les deux à l’Hôpital. Le père était, selon cette maman, incapable de s’occuper de l’enfant. Nous avons donc confié ce dernier au service de pédiatrie. La jeune mère n’avait plus d’amis, son mari n’étant pas pour qu’elle en ait et plutôt contre... Un mari en situation irrégulière, un mari à protéger dans la solitude d’une vie captive de l’amour.

Nous avons confié cette jeune personne aux Urgences gynécologiques et lui avons laissé en quittant le service quelques mots rassurants pour elle et son bébé.



Je me souviens aussi de cette jeune femme africaine, transportée il y a quelques semaines. Nous l’avons sortie d’un hôpital pour l’emmener dans un autre. Durant le voyage, j’étais à l’arrière de l’ambulance, auprès d’elle, et je l’ai écoutée. Elle était belle, sauvage et écorchée vive dans l’âme.

-J’ai fait une connerie”, m’a-t-elle dit. Ce qui voulait dire en d’autres termes qu’elle venait de faire une tentative de suicide.

Elle vivait dans une totale solitude. Une solitude d’isolement qui sentait la blessure du racisme. Elle pleurait son pays et ne se sentait en aucune façon intégrée dans sa petite ville de province. Elle m’a parlé de ce racisme vécu au quotidien, dans le travail et dans la rue. Pourquoi elle, si jeune et si belle. La couleur de sa peau envahissait tant le coeur des gens qu’ils ne voyaient plus cet être humain en face d’eux ? Je lui ai parlé de la communauté africaine implantée à cinquante kilomètres, dans la grande ville voisine. Pour tisser des liens. Refaire surface avec son identité culturelle. Mais elle n’avait malheureusement pas de voiture.

La dépression n’a pas de couleur et le désespoir peut hélas tomber sur chacun des habitant de la Terre, par-delà toute frontière et sous n’importe quelle latitude. Relever la tête et se battre, ne pas se laisser abattre, est le don du courage laissé à chacun de nous, que nous soyons noirs ou blancs, jaunes ou rouges.

Nous avons laissé cette jeune femme dans sa nouvelle chambre hospitalière. Elle allait pouvoir se reposer. Mais je savais en la quittant qu’un sourire était né dans son coeur, une étincelle d’espoir, une lueur allumée par notre échange.



Un après-midi, nous sommes allés dans un centre d’accueil spécialisé pour chercher une dame et l’emmener passer un scanner.

C’était une femme jeune, au visage d’ange. Elle était prostrée, paralysée ainsi depuis plus de dix ans.
-C’est une rupture d’anévrisme qui l’a frappée d’un seul coup. Elle était dynamique, pleine d’énergie, de projets et maman d’un petit garçon. Elle a eu un jour très mal à la tête et soudainement elle a disparu dans ce gouffre de la maladie.”

C’était sa soeur qui se confiait ainsi à moi...
-Notre vie dans la famille n’a plus jamais été celle d’avant.”
Elle sortit fébrilement des photos de son sac.
-Tenez, ce sont des photos de ma soeur. Regardez comme elle était belle et épanouie.”
J’ai regardé, très émue, ces photos d’une jeune femme de trente ans, heureuse de vivre. Je me suis dit en voyant ce qu’elle était devenue que la souffrance du Christ offerte sur la croix se poursuit inlassablement dans l’humanité martyre.

Cette crucifixion de la chair et de l’âme, cet écartèlement qui n’en finit plus au coeur de la vie, a commencé dans ma propre existence le jour où des hommes en noir ont cloué et fermé à jamais le cercueil de ma fille de trente mois. Pour continuer à vivre et pour exister pleinement, il faut apprendre à offrir sa souffrance pour qu’une transmutation s’accomplisse dans d’autres vies que la sienne. S’offrir comme un coeur ouvert et le donner aux Anges pour qu’ils le transplantent dans d’autres vies en détresse ou en perdition.

Un collègue m’a dit : “Tu vas t’essouffler. Tu verras, le métier d’ambulancier, c’est un métier de business. Il faut enchaîner les courses le plus vite possible, transporter les patients de façon rentable et puis savoir se préserver soi-même psychologiquement en gardant de la distance avec les personnes transportées. Un jour, tu te surprendras à regarder ta montre lors d’une urgence et à regretter que ce soit sur toi et ton collègue que ce transport est tombé... Un jour, tu te surprendras à penser que tel patient régulier qui sent tellement mauvais car tellement infecté... soit bientôt mort pour ne plus avoir à le transporter.”

”Jamais ! Tu m’entends !”, lui ai-je répondu. Non, cela jamais !

Faire ce métier dans un esprit de service, d’écoute, d’accueil et d’accompagnement du patient, donner un sourire, sourire sans compter, rassurer le malade, le laisser là où on devait le transporter et lui serrer les mains chaleureusement, l’écouter aussi, se taire lorsqu’il veut la paix... Voilà ce qui me motive.

La plupart des ambulanciers ont cet esprit de service. Ceux qui ne l’ont pas changent rapidement de métier ou alors ils se fabriquent une carapace à travers laquelle n’apparaissent plus que des gestes formels et standards.

Le collègue dont je parlais précédemment et qui veut me faire croire que je vais vite changer dans ma façon d’appréhender le métier... ce même collègue est un jeune homme qui sait faire rire les malades. Il sait leur donner de la joie avec son humour naturel. Il se tient proche du malade, scrutant son état de santé, et il est capable, au jugé de ses observations, de me demander de conduire plus rapidement, si c’est moi qui tiens les rênes de l’ambulance, afin que le malade souffre moins longtemps.

Un jour où nous travaillions ensemble, nous avons dû transporter une jeune femme qui venait de subir une césarienne. Il m’a avoué ensuite que cela lui faisait toujours quelque chose de transporter des personnes jeunes.

C’est pour cela que je crois en l’Humanité. C’est parce que même si un être humain dit qu’il se protège de la souffrance d’autrui, qu’il est détaché et éloigné de tous les maux de ses frères humains... il peut être aussi tout le contraire dans les actes concrets.




La Toussaint et le jour des Morts viennent de passer. Les fleurs ont réchauffé les tombes dans les cimetières.
J’ai travaillé durant ces deux jours en ambulance.

Nous sommes allés chercher un homme paraplégique pour le transférer d’un hôpital à un autre.

-Cela fait treize ans que j’ai eu cet accident de moto qui m’a coûté mes jambes, mais vous savez, me dit-il, j’ai plus appris de la vie depuis cet accident que dans mon existence d’avant.”

Cet homme prénommé Serge avait l’oeil vif et son sourire était empli d’enthousiasme envers la vie. Il était, me semblait-il, empli de dynamisme, de volonté et d’ardeur de connaître et d’apprendre. Il passa de notre brancard à son lit sans avoir besoin de notre aide, glissant ses jambes inertes à une rapidité impressionnante.

Dans l’ambulance, nous avons parlé de musique, de clavier, de Jean-Sébastien Bach. Je lui ai dit que j’étais violoniste et que je faisais aussi des concerts. Il m’a confié alors qu’il avait un rêve : apprendre le piano pour arriver à jouer un morceau, la Toccata de Bach.

Je me suis dit qu’être capable d’apprendre à jouer d’un instrument pour interpréter une seule partition, unique et magnifique, c’est comme un grand amour. On peut tout quitter pour lui. Pour une seule personne, une seule sur la Terre, on peut quitter son pays, ses amis, sa famille, aller au bout du monde pour rejoindre l’oasis de son coeur. Pour un seul être, on peut tout apprendre. On peut apprendre à naviguer, à voler dans les airs, à piloter sa vie... apprendre à aimer, muter pour aimer.



La veille de la Toussaint, nous avons emmené un homme âgé qui se trouvait dans une maison de retraite. Il était tombé et il y avait un risque de fracture du col du fémur. Nous l’avons placé dans un matelas coquille afin de lui éviter tout mouvement et pour qu’il ne souffre pas trop aussi pendant le transport vers les Urgences. Lorsque j’ai rempli ses papiers pour la prise en charge, comme nous le faisons pour chaque malade, j’ai remarqué qu’il y avait une note écrite sur la fiche de liaison : “Deux enfants DCD”... Décédés... Il avait perdu ses deux enfants adultes durant la même année !

Une vague de compassion a traversé mon âme et j’ai prié pour cet homme qui restait maintenant tout seul dans cette demeure de fin de vie, veuf et orphelin de ses deux enfants. Je lui ai parlé un peu pendant le transport. Je lui ai dit qu’il avait un beau prénom, celui d’un ange. Le prénom d’un homme qui a tout donné. D’autres auraient écrit... “qui a tout perdu”. Perdre, c’est vivre dans le vide et le néant. Donner, c’est transmuter ses souffrances et les offrir pour que le meilleur advienne.

J’ai compris dernièrement que je ne suis pas vraiment loin de ma fille défunte. La distance qui me sépare d’elle est infime dans le temps de l’infiniment grand de l’univers. Dans soixante-dix ans et peut-être avant, ma vie se terminera et alors je retrouverai Océana et toutes les personnes que j’ai aimées et qui sont parties. Lorsque je regarde le monde tourner et la vie danser autour de moi, je me dis sereinement que dans cent vingt ans, aucun être humain vivant aujourd’hui ne sera plus. Le bébé qui naît aujourd’hui, la femme mère de cinq enfants, le chef de famille qui pense gouverner les siens, le collégien qui apprend, le salarié qui trime... tous seront morts. Et d’autres humains auront pris la relève d’une nouvelle humanité.

C’est pour cela que l’important, c’est de vivre sa vie pleinement, de manière à l’enrichir, à la fleurir, à lui donner les ailes de l’Amour.

Laisser tomber le superflu, le “je m’en foutisme”, l’égoïsme, les regrets où l’on se noie, la nostalgie qui freine la vie, les querelles inutiles, les conflits imbéciles... encore que parfois ces derniers soient nécessaires... et vivre le temps qui nous reste avec tous ceux qui demeurent encore vivants.


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(Fragments de mon ouvrage paru en 2003,

mais épuisé à ce jour : "Transports d'âmes et d'hommes").


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SUR LE MÉTIER D'AMBULANCIER, MON MÉTIER :

https://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance/

 
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