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11/09/2009

Hommage à Antoine qui a disparu il y a un an aujourd'hui à Issoire. Ce jour est empli du souvenir de cet enfant. J'envoie des fleurs des îles à Marina dont on a appris la mort aujourd'hui, son corps ayant été découvert dans un container.

images.jpegBonsoir à tous et toutes,4861_1157828074321_1486331968_397756_1102676_t.jpg

 

antoine_300.jpgLe petit Antoine n'est pas revenu depuis un an. Personne ne sait ce qui est arrivé à ce petit garçon. Cela fait un an aujourd'hui et le Procureur pense qu'il n'y a peut-être plus d'espoir, à part dans le cadre d'une séquestration. Beaucoup de personnes pensent à toi et je pense à ta maman. Aujourd'hui, une plume d'ange a touché mon coeur, je ne sais pourquoi, comme une caresse d'âme d'un au-delà doux et serein. Où que tu sois, Antoine, je dépose sur ton coeur un nounours tout bleu avec des yeux pleins de sourires et d'étoiles. Je t'envoie mille bisous et que tu sois protégé.images-1.jpeg
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marinasabatier.jpgEn ce jour de ta disparition, nous apprenons que la petite fille portée disparue ces derniers jours a été en fait mise dans un container depuis août par ses propres parents, suite à un "accident domestique". Elle est donc morte depuis plus de trente jours, dans l'oubli, dans le silence, dans la pire des sépultures... sans adieu, sans respect, sans la moindre humanité. Elle avait huit ans et s'appelait Marina. Je t'offre ces fleurs des îles avec toute la tendresse que les humains ici-bas n'ont pas su te témoigner. Tu es partie dans l'horreur d'un hangar qui a enfermé ton corps tout au fond d'un container, après être restée morte dans le congélateur de ta maison...

Marina, ton âme s'est envolée loin de cet enfer et je prie pour que les anges te protègent et t'apportent douceur et amour. images.jpeg

Chloé Laroche

06/06/2009

Être un bon parent, un parent adulte, c'est quoi ? Je dresse la liste des comportements positifs et constructifs d'un parent responsable.


-Users-Anne_Chloe-Desktop-253221SDC.jpgBonjour à tous et toutes,

Je voulais depuis un moment faire un article sur les bons parents, sur les mauvais et les moyens. Je provoque volontairement car je sais qu’aussitôt, certains vont me dire qu’il n’y a pas de bons parents ni de mauvais. 

Alors je vais tout de suite donner le ton. J’ai vu encore ce matin, en roulant dans mon taxi, une petite fille de six ans non attachée, à l’arrière d’une voiture conduite par une femme. 

Il y a quelques jours encore, j’ai stoppé net de colère quand j’ai vu à l’avant d’une voiture en marche un bébé debout sur les jambes de sa mère. Ce bébé de quelques mois était appuyé sur le devant intérieur, au-dessus de la boîte à gants, donc juste près du pare-brise. Vous allez me faire croire que ce ne sont pas de mauvais parents ? Qu’ils sont juste négligents ? C’est bien cela le problème !! Quand je vois en sillonnant la ville des bébés l’été sans chapeau... et l’hiver sans bonnet, ça me donne envie de ramoner les parents.

Alors voilà, j’ai décidé de réfléchir et de faire une liste pour aider les parents à réfléchir eux-aussi.

Que font les bons parents, les parents responsables et adultes ?-Users-Anne_Chloe-Desktop-BLD065652.jpg

ILS............

-attachent leurs enfants dans la voiture, même pour une courte distance,
-veillent à les protéger du soleil et du froid, en leur mettant chapeaux, bonnets, crème solaire, lunette de soleil à la plage et sur la neige,
-veillent à leur hygiène corporelle (cheveux, surveillance des poux, coupage d’ongles, mains propres et lavées régulièrement, dents brossées tous les jours),
-Users-Anne_Chloe-Desktop-u21549466.jpg-proposent des horaires réguliers (repas, dodo, devoirs) et ne laissent pas leurs enfants veiller (jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de veiller),
-sont conscient du fait qu’un enfant a besoin de dormir un certain nombre d’heures donc ils font en sorte que leur enfant se couche, en mettant en place un rituel : histoire à raconter, chanson, berceuse, calin, petite prière rassurante chassant les angoisses et les fantômes (à l’ange gardien, au Saint Esprit, au Créateur... pour ceux qui veulent),
-connaissent les dangers domestiques et appliquent une surveillance adaptée à l’âge de l’enfant (le bain, les fenêtres, les médicaments, la table à langer, les cacahuètes, les petits objets risquant d’être avalés, les cordons, les colliers et les chaînettes risquant d’étrangler, les sacs plastiques risquant d’étouffer, les escaliers, les casseroles risquant de brûler),
-vérifient l’eau du bain avant de baigner leur enfant (37 °C) et ne laissent jamais leur enfant seul dans le bain,
-savent qu’il faut seulement trois secondes pour qu’un enfant se brûle au 3ème degré avec de l’eau à 60 °C (la peau des enfants est très sensible), 
-testent la température du biberon avant de le donner à leur enfant et ne laissent jamais un enfant seul dans la cuisine,
-ne fument jamais en présence de leur enfant et ne laissent pas d’allumettes et de briquets ni de bougies allumées à la portée de leur enfant,
-ont conscience du danger des prises électriques, installent des cache-prises et apprennent à leur enfant à ne pas y toucher ni à jouer avec,
-ne donnent pas de médicaments à l’enfant pour dormir et ne secouent jamais leur bébé parce qu’il pleure,
-sont conscient du moment où ils peuvent déraper et savent se faire relayer, voire aider psychologiquement, lorqu’ils sentent qu’ils peuvent faire du mal à leur enfant par mal-être, malaise, fatigue extrême,
-Users-Anne_Chloe-Desktop-pr91988.jpg-surveillent leur enfant sur les aires de jeux et veillent à ce que ses vêtements ne risquent pas de l’étrangler en jouant (ceintures, écharpes, cordons, colliers, chaînettes)... Des enfants sont morts ainsi sur une balançoire ou un toboggan),
-ne laissent jamais un enfant seul dans une voiture ou près d’un point d’eau (piscine, lac, étang, mer)... Un enfant peut se noyer en quelques minutes, sans un bruit, même dans 20 cm d’eau,
-ne laissent jamais leur enfant seul avec des animaux, mêmes familiers, et lui apprennent qu’un animal peut avoir des réactions inattendues et dangereuses, lui rappelant qu’on ne doit jamais surprendre un animal ni lui tirer les oreilles ou la queue ni approcher sa tête de celle de la bête,
-ne fument jamais et ne boivent jamais en étant enceintes, étant conscientes des séquelles que va supporter le bébé (retard mental, petit poids, gros problèmes de santé, débilité, handicaps divers, asthme, leucémie, etc),
-ne gâtent pas leur enfant et ne les adorent pas “matériellement” (en les couvrant de cadeaux au lieu de s’occuper d’eux, de jouer avec eux et de leur faire découvrir le monde),
-n’étouffent pas leur enfant pour le programmer comme un clone (sur-investissement pathologique), en l’obligeant à faire des activités (musique, sport, jeu d’échecs, compétitions à outrance, “il faut que tu sois le meilleur”, “tu dois réussir”,etc),
-laissent l’enfant rêver et lui apprennent à jouer seul, à écrire ou à lire, à retrouver les jeux de son âge, sans être dépendant de la télévision, de l’ordinateur et des jeux vidéos,
-lui expliquent que le tri sélectif est important et qu’il peut le faire depuis tout petit (exemple : mettre la bouteille de lait vide dans le sac destiné à la poubelle verte),
-apprennent à leur enfant à protéger la terre, à ne rien jeter par terre et dans la nature, à respecter l’eau, les rivières, la mer, à recycler les piles, à ne pas changer de portable tous les six mois, à utiliser du papier recyclé, à ne pas gâcher la nourriture,-Users-Anne_Chloe-Desktop-56381384.jpg
-savent que l’enfant a besoin de limites et de règles claires encadrant le quotidien, gardant cette pensée à l’esprit que tout cela le sécurise et lui évite des angoisses, 
-apprennent à l’enfant à respecter les autres, à pratiquer la politesse et l’entraide, mais aussi à savoir dire non aux adultes qui déraillent et à se protéger de leurs agissements et de leurs approches,
-n’acceptent pas de garder des secrets de famille concernant leur enfant sans lui en parler (sur ses origines, sa venue au monde, sa conception, son adoption, ses frères et soeurs, même décédés, le décès d’un parent, les grands-parents, etc),
-respectent l’amour et l’attachement de l’enfant à l’autre parent (père et mère), en se rappelant que chacun lui apporte un univers différent, ces deux univers faisant la construction de l’enfant,
-ne se battent jamais devant leurs enfants (coups, insultes, menaces, conflits, etc),
-Users-Anne_Chloe-Desktop-u13598153.jpg-essayent dans un divorce et une séparation de rester des parents dignes, en dehors des conflits du couple, et d’aménager la garde des enfants dans leur intérêt,
-ne déménagent pas à l’autre bout de la France ou à l’étranger quand il y a divorce car l’autre parent n’a pas à subir cela, ni l’enfant,
-ont le courage de protéger leur enfant si l’autre parent est dangereux (viols, maltraitance sur enfant, barbarie, attouchements sexuels, violences, etc) et préviennent dans ce cas les autorités, avec plainte déposée si nécessaire, sans avoir peur des représailles, sachant que des associations existent et peuvent protéger les familles en danger,
-n’acceptent jamais, au grand jamais, que l’autre parent maltraite les enfants, les viole, les enferme, les frappe, les violente, 
-ont conscience que l’enfant peut être détruit par des phrases de ce genre : “Quand mes filles sont venues au monde, elles ont tué ma vie. Elles auraient mieux fait de ne pas naître. Depuis, je n’ai que souffrance...”.. Dans ce cas-là, il vaut mieux que l’enfant parte dans une autre famille, une famille accueillante, une famille qui soutiendra l’enfant dans son évolution, son envie de grandir et qui lui donnera l’amour dont a besoin tout enfant pour se construire.

-Users-Anne_Chloe-Desktop-hmt008.jpg_______ Voilà, je crois que tout parent peut être un bon parent. S'il ne l'est pas, il peut le devenir, en sortant de l’ignorance, en s’informant, en se disant que devenir un parent adulte, cela s’apprend... en demandant conseil, en parlant, en sollicitant de l’aide, en lisant des livres sur le sujet, en appelant l’École des Parents pour se faire aider, soutenir, accompagner, en se faisant aider sur le plan psychologique pour parfois dépasser et régler un passé d’enfance personnelle douloureuse. Je crois que parfois un bon parent peut aussi déraper... dans un des 
points évoqués ci-dessus, mais dans certains cas, il faut être conscient que c’est la mort ou l’accident (quand il suffit d’une seconde pour que l’enfant se noit), voire une maladie grave qui est risquée dans la négligence ou l’incapacité (par exemple, dans l’addiction à la cigarette en étant enceinte ou devant l’enfant présent).

Voilà, peut-être pourrais-je aider un peu avec cet article. -Users-Anne_Chloe-Desktop-sf_n7z8427.jpg

Si vous avez d’autres idées ou des remarques à faire sur cet article, n’hésitez pas ! Je les rajouterai à ma liste.

Avec mes meilleures pensées à tous et toutes.

Chloé LAROCHE

08/09/2008

Ce soir, je suis triste, triste de ce matin au Tribunal, triste pour l'adoption non reconnue de ma fille, triste de notre justice française.

Bonsoir !

 

Mn_45b.jpgCe soir, je suis triste car j'ai vécu ce matin au Tribunal un moment très pénible, un morceau d'enfer.

Je bataille pour obtenir la reconnaissance d'une adoption faite au Bénin depuis 2002 : l'adoption de ma fille que je suis allée chercher dans un orphelinat en 2003.

Je vous en avais déjà parlé dans un article précédent, il y a quelques mois, dans "Histoire difficile de l'adoption de ma fille au Bénin" (13 avril).

Quand on adopte un enfant, on doit suivre certains règlements, certaines démarches : agrément à obtenir sur neuf mois environ, visites d'une assistance sociale, rendez-vous avec un psychologue, acceptation du dossier par la Mission Internationale de l'Adoption, attente des papiers en règle du pays d'origine, consentement de la famille biologique restante, délivrance d'un visa pour l'enfant.

Imaginez que tout cela soit fait et que cinq ans et demi après, la France n'a toujours pas reconnu officiellement l'adoption. La Justice pinaille : "Oui, mais l'oncle biologique béninois de votre fille a été considéré comme le père... alors que c'est l'oncle... Que représente en fait exactement cet homme pour votre fille ? La place de cet homme dans sa vie n'est pas claire... Elle a une famille au Bénin. Tout cela n'est pas clair. Ce jugement d'adoption n'est donc pas clair et ne doit pas être validé par la Justice.... Et puis la Justice n'a pas à entériner un lien ou à le consolider. S'il y a lien affectif entre vous, alors vous n'avez pas besoin d'un lien juridique."

Voilà ce que j'ai entendu ce matin.Mn_44a.jpg

J'étais assise en face de cinq dames avec mon avocate à côté. Madame le Procureur, assise à gauche, a démonté mon dossier et ma demande point par point, pièce par pièce, s'adressant ainsi aux dames présentes : "Je vous demande de ne pas aller dans le sens de la demande de Madame Laroche. C'est un fait que sa fille est chez elle, qu'elle s'en occupe, mais voilà, c'est tout. Au début, il y a eu effectivement une enquête du Conseil Général faite par le Service de l'Adoption, qui s'est révélé assez positive... mais très vite, cela a dégénéré entre ses parents adoptifs et cette enfant."

Ma fille a traversé une période difficile d'adolescence, de changement corporel, d'adaptation, d'attente d'identité... Mais si on vient nous reprocher, à nous parents adoptifs, cette crise normale et courante chez nombre d'enfants adoptés, lesquels cherchent à voir jusqu'où on peut bien les aimer... alors si on vient nous reprocher les difficultés rencontrées, le monde tourne à l'envers.

Je n'ai pas pu dire un mot durant toute l'audience. Personne ne m'a proposé de m'exprimer, de dire un mot... moi qui me bats depuis six ans pour cette enfant, qui suis avec elle sur le "terrain" au quotidien, qui l'ai sortie de cet horrible orphelinat où elle se trouvait, abandonnée là-bas... moi qui l'accompagne de mon amour inconditionnel, acceptant les mises à distance obligées, alors même qu'elle m'a hurlé au cours d'une crise il y a quelques mois de "la lâcher", "d'arrêter d'être obsédée par elle", de "l'oublier". Elle oublie ensuite ces mots, ces paroles difficiles à entendre qu'elle dit car elles montent en elle comme une vague qui passe et qui engloutit le présent avec le passé trop dur de l'Afrique, de l'abandon, de l'orphelinat, des mauvais traitements là-bas.Mn_36a.jpg

Quand elle est arrivée, ma fille mesurait 1 mètre 22 et pesait 23 kilos. En un an, elle avait pris douze kilos et grandit énormément, récupérant tout le retard dû à la malnutrition. De l'enfant qu'elle était en arrivant, ma fille s'est métamorphosée à une vitesse inimaginable dans les premiers temps. Je devais changer tous ses vêtements en un trimestre. Aujourd'hui, cinq ans plus tard, on retrouve une "enfant" transformée, une jeune fille en pleine forme, mesurant 1 mètre 56 avec 53 kilos. Ma fille s'est épanouie. Elle est heureuse. Elle a grandi comme une enfant normale, avec des jeux, des poupées dans un premier temps, puis le ski, le cheval, les copines, le vélo, des camps, les scouts, toute une culture à découvrir, le cinéma, les livres, les chanteurs, les balades en famille, la découverte de la France, les vacances au bord de la mer, le Safari de Peaugres, les grottes de la région, etc.

Ce matin, Madame la Procureur a eu la bonté d'annoncer devant l'assemblée que la France ne renverrait pas ma fille dans un charter... "Madame Laroche, soyez rassurée, on n'agit pas ainsi en France. On ne renvoit pas des mineurs dans leur pays. À sa majorité, votre fille aura aussi tout loisir de demander son adoption elle-même, demandant à ce que votre lien affectif soit légalisé. Donc, de ce côté-là, il n'y a pas d'inquiétude à avoir."

J'ai été très rassurée d'entendre ces mots !!!! Vous pensez bien, avec tout ce que je sais sur le dossier des étrangers expulsés... problème dont je parle régulièrement sur ce blog !!

Le Ministère des Affaires Étrangères m'avait envoyé durant l'été un document décisif m'ouvrant toutes grandes les portes de l'adoption de ma fille, avec leur bénédiction. C'était un document prouvant l'abandon de ma fille et la disparition de ses parents, relayés un temps par un oncle et une tante béninois... que ma fille a appelé ses parents.

Même ce document n'a pas ému le Procureur.

Je ne connais pas la pensée de toutes les juges, greffes et dames présentes, puisqu'elles ne se sont pas exprimées, n'ont pas débattu et n'ont posé aucune question.

Deux personnes se sont renvoyé l'affaire : la Procureur et mon avocate.

Mn_35a.jpgJe suis ressortie de la salle effondrée intérieurement.

Mon avocate a dit de moi que j'étais une femme tenace et qui savait ce qu'elle voulait : donner une identité à ma fille et être reconnue comme sa mère officiellement, puisque cette société me demande de toute part si je suis bien la mère de cette enfant, de cette jeune fille maintenant, sur le plan juridique, sur le plan de l'autorité parentale et des instances diverses.

Je considère qu'un enfant venu sur le sol français pour être adopté, et sachant qu'il va l'être... doit voir son espoir concrétisé par le Droit Français... lui donnant le droit de porter officiellement le nom de ses parents adoptifs et d'avoir une carte d'identité attestant de sa nouvelle appartenance familiale. Ma fille n'a pas de papiers français. Ma fille porte mon nom à la dérobade, comme un nom volé à la France. Ma fille n'a pas la nationalité française et plus elle grandit, plus elle a conscience du problème de l'immigration en France.

Ma fille sauterait de joie de savoir qu'elle a été enfin reconnue par la France et comme mon enfant. Ma fille m'appelle Maman et elle sait au fond de son coeur que jamais je ne l'abandonnerais, que jamais je ne romprais ce lien indestructible né entre nous en Afrique, que je serais toujours là pour elle, que j'ai pardonné certaines choses et que j'ai avancé parfois dans l'orage et les tempêtes... mais que mon amour pour elle est véritablement celui d'une mère pour son enfant.Mn_44.jpg

Le jugement court en délibéré jusqu'à début novembre. Attendons. Le coeur de ces dames s'est peut-être ouvert à la plaidoirie de mon avocate et à la robustesse de ce parcours chaotique d'adoption béninoise.

Néanmoins, je suis triste ce soir de tous ces propos entendus ce matin et à d'autres moments, de cette glaciation intérieure de la toute puissance juridictionnelle, qui place l'humain et les actes concrets au second plan.

Car ... ces dames, si elles avaient vu où ma fille se trouvait quand je suis allée la chercher... rougiraient et pleureraient. Si elles avaient vu ce qu'elle mangeait, où elle dormait, combien de pierres on lui faisait porter sur la tête et de seaux remplis de terre.... ces dames supplieraient d'effacer le supplice d'une mère au Tribunal ce matin.

Aux informations télévisuelles, on a annoncé dernièrement que l'adoption serait facilitée en France dès à présent et que toutes les mesures nécessaires allaient être prises. Quand l'État n'est pas capable de prendre la mesure de la souffrance identitaire d'une enfant adoptée qui n'est pas reconnue... depuis presque six ans qu'elle est sur le sol français, il y a de quoi s'interroger sur ces nouvelles mesures publicitaires !!

Sincèrement vôtre,

Chloé L.

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16/07/2008

Pour l'enfant décédé oublié par son père dans une voiture. Pour tous les papas pris dans l'hyperactivité. Ma réflexion sur l'oubli des enfants et les tueries des familles. Numéros verts et urgences familiales.

Ce matin, j’ai été bouleversée d’apprendre le décès d’un petit garçon de deux ans et demi, Yanis, oublié hier dans la voiture par son père, à Pont-de-Chéruy dans le Nord-Isère. Petit homme mort lentement sous la chaleur écrasante de 45 degrés dans le véhicule fermé à double-tour. 1730744766.jpg Petit homme qui a vu la mort rôder et puis l’emmener, en se demandant ce que faisait son papa. Un papa pris par le tourbillon de la vie, en hyper activité de pharmacien. Comme le papa de la toute jeune Noémie, oubliée dans la voiture en juin 2007, à Béziers, morte en quelques heures sous le soleil brûlant. Enfants morts de l’oubli d’un papa, comme ce cas il y a déjà quelques années, où le père avait oublié son enfant car cela sortait de sa routine habituelle, parce que c’était la mère qui l’amenait habituellement à la crèche.

La mère hurle dans son coeur, dans son âme, devant la mort de son enfant. Le père fautif, lui, est écrasé à vie par ce poids effarant d’un oubli vertigineux. Ces mères et ces pères brisés à jamais par un drame incompréhensible, drame des choses qui arrivent dans un monde qui va trop vite, drame de l’amour qui se casse en mille morceaux devant la colère de la mère endeuillée, qui reste là à ne rien comprendre au drame de cet oubli effarant. 1730744766.jpg

On accable ces papas mais peut-être ceux-là souffrent-ils de trous noirs mentaux dûs à une activité débordante, à des soucis écrasants, à une hyper-activité où la place n’existe plus pour la surveillance et la protection des enfants... tels des chasseurs dont la mission est inscrite dans les gênes de l’homme depuis le début des âges, les enfants étant depuis les origines laissés en garde à la femme. Chasser, nourrir la famille, braver les dangers pour protéger les siens : certains hommes peuvent être si concentrés sur ce rôle qu'ils en arrivent à oublier qu'ils ont un enfant à regarder, surveiller, garder, protéger, mettre à l'abri. On accable ces papas mais qui aurait le droit de juger...

Un trou noir voulu dans le destin ?

Peut-être était-ce inscrit... Un accident, pourquoi il se produit ? Par négligence ou par oubli, par hasard ou par ennui. Dégoût de sa vie, fuite par l’oubli, oublier son bébé. S’oublier soi-même à travers son enfant, comme un acte posé d’un mal-être invisible.

D’autres posent des actes définitifs conscients, comme ce père qui vient de se pendre avec ses deux fillettes de deux et sept ans, près de Compiègne... dans la maison de son ex-compagne dont il était séparé depuis deux ans. Il a choisi délibérément de quitter cette vie avec ses enfants. Comme un chasseur de vie qui, n’ayant plus l’amour, se retrouve dépossédé de sa mission et préfère sacrifier sa descendance, au mépris de la vie à venir.

J’ai déjà parlé dans un de mes articles des hommes qui tuent leurs enfants et leur femme suite à une séparation ou un divorce. C’est effarant comme la liste s’allonge... Dans ma région, à Bougé-Chambalud : trois enfants tués par leur père, lequel s'est suicidé ensuite, en 2006. À Saint Siméon de Bressieux : un informaticien isérois de 48 ans a tué les trois enfants de sa femme avant de se suicider. L’homme avait menacé de mort sa compagne, qui a réussi à s’enfuir et se réfugier chez des voisins. Quand elle a voulu revenir, la maison était en feu et ses enfants issus d’un premier lit (5, 6, 17 ans) tués par balle. Le meurtrier a épargné le bébé de 18 mois dont il était le père. Aux Abrets en 2006 : Nicolas, 10 ans, tué par son ex-beau-père, lequel voulait se venger de la mère de l’enfant.... . Antoine a été retrouvé dernièrement flottant entre deux mondes, après avoir été jeté sciemment dans un lac par un homme qui avait “aimé” sa maman, petite Anne aide soignante, retrouvée morte assassinée, baignant dans son sang et frappée à mort par son ex-compagnon. En janvier 2008, un homme s’est défenestré, à Metz, avec le fils de sa compagne âgé de deux ans, suite à une rupture... Maxime Giasson Saint-Hilaire, 7 ans, a été abattu d’un coup de fusil de chasse le 27 septembre 1998 à Montmagny, au Québec, par son père adoptif, Pascal Giasson, 23 ans, quelques semaines après sa séparation d’avec la mère de l’enfant. Quelques jours plus tard, au Québec, le 30, par influence probable du drame précédent.... Myriam Chrétien, 6 ans, et Audrey, 3 ans, ont été abattues à coups de fusils de chasse à Hull par leur père René Chrétien, 32 ans. Celui-ci “bénéficiait de la garde alternée et est passé les chercher à une date indue, à l’école et à la garderie, soi-disant pour les amener en camping”.

Pourquoi les enfants payent-ils un si lourd tribut dans ce bas-monde ? Parce qu'ils sont issus de deux personnes, dont l’un s’appelle la mère et l’autre le père. Deux êtres façonnés par des sentiments et des comportements humains, qui impliquent l’erreur, l’erreur humaine, et des choix aussi, le choix de construire ou de détruire, le choix de partir ou celui de mourir, le choix de fuir la vie et ses responsabilités ou celui d’assumer. Deux êtres façonnés par des forces qui dépassent parfois l’entendement comme la force d’amour et la violence liée aux passions, comme aussi le chaos vécu dans le chômage, l’hyperactivité, le surendettement, la peur de tout perdre, le divorce.

La vie ne tient qu’à un fil... et les parents devraient garder cela à l’esprit, marqué au fer rouge... Le fil de la conscience, celle de protéger son enfant à tout prix, la conscience de penser à lui avant soi, la conscience de préférer rester à la maison avec son bébé plutôt que de le laisser dans une voiture la nuit pour aller danser en boîte, la conscience d’installer une protection autour de sa piscine pour éviter les 500 noyades annuelles d’enfants, la conscience d’accepter que la vie change et que l’autre nous quitte, la conscience de devoir protéger les enfants des conflits parentaux, la conscience d’arriver à oublier ses soucis pour ne penser qu’à l’enfant et à sa survie (survie = ne pas l’oublier dans une voiture ou sur une aire d’autoroute), la conscience de soi-même qui fait que si l’on a besoin d’aide psychologique, on ne reste pas tout seul à gérer ses problèmes... car les problèmes peuvent devenir monstres et un humain est bien seul devant les monstres de la haine, de la peur, de l’oubli, de la dépendance.

J’écris ce chapitre aujourd’hui en hommage à tous ces enfants décédés, oubliés, tués... et aussi pour dire à tous les papas et les mamans :

La vie est dure, pas facile ; elle demande des sacrifices, un renoncement à l’égoïsme quand on a des enfants... mais si on sent qu’on dérape, qu’on ne va pas bien, qu’on n’en peut plus, qu’on ne va plus se contrôler, qu’on va vers le pire, qu’on oublie des pans de sa vie et qu’on risque d’être négligent.... alors allez consultez... parlez à quelqu’un... prenez le téléphone et parlez anonymement.

Voici des numéros qui pourront vous aider à diminuer la cocotte minute et le stress de la vie accumulé :

-Cap éCOUTE : n° vert 0800 33 34 35 (gratuit)
et aussi le 0472 33 34 35

-SOS Suicide (écoute anonyme de toute souffrance) :
01 45 39 40 00

-Numéro gratuit d’écoute anonyme pour les Parents, Adolescents et Professionnels de l’éducation :
0 810 659 009 (numéro azur) ...

-Croix-Rouge Écoute Parents-Enfants :
0800 85 88 58 (de 10 h à 22 h et week-end : de 10 h à 20 h)


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L’enfant par lequel j’ai écrit ce chapitre, décédé hier dans une voiture fermée en plein soleil, est arrivé dans une oasis d’eau, rafraîchi par des Anges, qui lui ont expliqué qu’il s’était déshydraté sous le soleil, à la suite d’une terrible bêtise de Papa, que son heure était venue et que ses parents allaient devoir faire l’immense chemin de pardon, le papa à lui-même et la maman au papa, afin de poursuivre leur chemin sans ce petit garçon né de leur amour. L’endroit est plein de fontaines et de fraîcheur où l’enfant désaltère son âme, dans la paix et l’acceptation d’un destin dont il ne dit rien, car il sait -là où il est maintenant- que chacun sur terre doit mourir. Il a pardonné à son père l'oubli de sa vie. La colère est sans effet sur le temps, sur l'amour, sur la naissance et la mort.

Petit garçon, petit Yanis, je t’envoie de gros bisous et je souhaite force et courage à tes parents.

Je souhaite aussi force et courage à toutes ces mamans qui ont perdu un enfant ou plusieurs tués par un ex-compagnon, dans toutes les horribles situations dont j’ai parlé plus haut.

Et j’exhorte les papas à appeler les numéros ci-dessus, avant qu’il n’arrivent au pire. Cela concerne les mamans aussi, car il y a celles qui tuent leur enfant et celles qui ont failli le faire mais qui sont allées se faire aider, en en parlant, en cherchant de l’aide... au lieu de commettre l’irréparable par désespoir, fatigue extrême et malaise incommensurable.

Bien à vous,

Chloé L



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Commentaires

AP - Mardi 22 juillet, 21h52 :


CHALON-SUR-SAONE - "Une fillette de trois ans a été retrouvée morte mardi en fin d'après-midi par son père, qui l'avait oubliée dans sa voiture stationnée au soleil à Saint-Marcel (Saône-et-Loire), a-t-on appris auprès du substitut du procureur de la République de Chalon-sur-Saône, Thierry Bas.

Le père a été placé en garde à vue à l'hôpital de Chalon-sur-Saône où il a été admis en état de choc. L'autopsie de la fillette doit avoir lieu mercredi matin et les enquêteurs tenteront d'entendre le père le même jour si son état le permet, a-t-il ajouté.

Selon M. Bas, "l'enfant a passé toute la journée dans la voiture de 9h jusqu'à 16h30. Ce (mardi) matin, le père devait emmener sa fille chez la nourrice mais pour une raison qu'on ignore, il est allé travailler. Quand il a repris sa voiture en fin de journée, il ne s'est aperçu de rien. C'est en récupérant son fils à la crèche qu'il a vu sa fille inanimée à l'arrière", a-t-il expliqué.

Selon le magistrat, le père s'est ensuite rendu à la caserne des pompiers de la commune qui ont tenté en vain de réanimer l'enfant. Les parents de la fillette, sous le choc, ont été admis au centre hospitalier de Chalon-sur-Saône.

La semaine dernière, le 16 juillet, un drame similaire s'était produit à Pont-de-Chéruy (Isère). Un petit garçon de deux ans et demi oublié par son père pendant plusieurs heures dans une voiture garée en plein soleil, dans le centre-ville, est mort de déshydratation."

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COMMENTAIRE de BABOU :

Au sein de mes collègues, amis et famille, tout le monde est terrifié. Tout le monde accable ces papas (et ces mamans) qui "oublient" leurs enfants en pleine canicule dans une voiture. Les cas sont de plus en plus nombreux depuis 2-3 ans en Belgique, France, Pays-Bas... 
Je voudrais soutenir ces parents qui, après ces drames, n'auront plus de vie, plus assez de larmes pour pleurer, et personne sur qui rejeter la faute !!! Que EUX, tous seuls, avec leur immense souffrance et le mépris des autres ..... Le monde est devenu tel, que je remercie le ciel d'avoir des ados de 14 et 16 ans. Car dans l'état d'esprit dans lequel je me retrouve aujourd'hui, dans ce monde de fous, je me dis que.... aïe aïe, je ferais quoi de mes deux tous petits anges en bas-âge ?? On court, on s'inquiète pour son couple, son job, les finances,... On perd les pédales... on prend des médocs pour dormir, on en reprend pour être en forme, on se dit qu'il va y avoir une nouvelle guerre mondiale ... On meurt.... 
Je soutiens de tout coeur ces parents effondrés.... et j'embrasse tous les petits anges qui boivent aux fontaines dans un monde meilleur , un monde que ces papas et mamans auraient sûrement bien eu envie de leur offrir..
.

Ecrit par : babou2505 | 26.09.2008

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16/04/2008

Mères jumelles en adoption

77d094434876197d5aaefb101719d84d.gif Mères jumelles en adoption________________________à Évelyne

(Poème dédié à tous les parents, pères et mères adoptifs
qui subissent des violences de la part de leur enfant devenu adolescent)


La rose dérive sur les vagues
D'une mère en dérive d'adoption
Se rappeler tous les bisous
Et puis voir les coups et les insultes

Voir la haine dans les yeux de ses enfants
La rose dérive sur les vagues
D'un océan de tendresse
Le coeur cloué sur une croix blanche

Je pense à vous qui vivez
L'arrachement de rêves passés
La rose dérive sur les vagues
Venant s'échouer sur les berges tristes

Le bonheur tient dans un regard
Cet engagement pris avec le coeur
D'un enfant qu'on a pris par la main
Pour l'emmener vers demain

Mais plus on a aimé l'enfant
Plus il a besoin de se détacher
Et plus il a été abandonné
Plus il agit pour se faire haïr

Je pense à vous qui êtes mère
À vous qui êtes père en adoption
Vous avez vécu la colère et le rejet
De ce petit qui vous admirait autrefois

La rose dérive sur les vagues
Et je vous prends dans mes bras
Pour les blessures invisibles
Des insultes insolentes

Vous avez regardé les yeux
De vos adolescents orphelins
Vous avez soudain eu peur de ces racines
Qui remontent dans leur vie

Ils se battent au fond d'eux
Contre des forces qui les dépassent
Luttant contre l'amour étonnant
Des parents adoptifs fidèles au lien

La rose dérive sur les vagues
Pour vous la mère de trois enfants
Que vous avez aimés pour toujours
Vous êtes ma soeur en mère

Ce soir la rose ne dérive plus
Je me sens moins seule
Car vous m'avez témoigné
Que les vagues sont infinies

En amour d'adoption


Chloé77d094434876197d5aaefb101719d84d.gif

 
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