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06/01/2011

Mon propos sur le courage. De nos peurs dépassées à nos victoires intérieures. Du fait d'oser et décider d'aimer en milieu hostile.

1574R-019613.jpgBonjour à toutes et tous,k0578170.jpg

 

 

Le courage est l'envie de vivre, en dépassant nos peurs.

Le courage, c'est ce garçon de la trentaine qui s'est sorti de l'enfer, enfermé par ses parents dans un monde de rêves et de violences.

C'est ce garçon pour qui je pleure, un homme maintenant, qui a le courage de regarder en face ce qu'il a vécu.

Les blessures qu'il a connues, je les ai connues.

Car nous avons vécu sur la même planète.

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Le courage, c'est d'assumer ses responsabilités et de savoir recevoir la difficulté, d'accepter les tribulations de l'existence, de rester debout face aux vagues, de continuer d'être présent dans la vie et de piloter notre barque vers des objectifs d'intégrité.

 

BCP011-14.jpgLe courage, c'est donner tout son sens au temps et se voir comme une pierre roulée dans un ruisseau.

La pierre est poncée au fil du temps et les blessures se referment.

 

Le courage, c'est de voir sa soeur être frappée et d'intervenir pour l'arracher à des parents terribles.

C'est oser dire non à ceux qui ont le pouvoir sur nous.ca_41_4.jpg

 

Le courage, c'est d'être licencié pour avoir osé être en conflit avec son chef et n'avoir pas laissé faire le mépris et l'injustice.

C'est être allé au plus profond de ses larmes jusqu'à ne plus en pouvoir et partir vers l'inconnu professionnel.

C'est se dire que la vie peut offrir d'autres chances et lui donner sa confiance.

 

dwh01337.jpgLe courage, c'est se dire que si tu ne le fais pas, d'autres devront le faire, alors on le fait.

Et on prend le risque de voir se lever les boucliers de ceux qui n'ont pas fait.

 

Le courage, c'est de regarder devant et de continuer à vouloir aimer, même en milieu hostile.

Se faire insulter pour un acte généreux. Se dire alors que l'amour est plus fort que la haine.

 

Le courage, c'est de dire tout haut ce que certains pensent sans avoir les mots ni l'énergie de le dire et de parler au nom de ceux qui ont mal.

Tellement mal qu'il est difficile de regarder vers l'étoile qui brille là-haut.k0388490.jpg

 

Le courage, c'est se dire qu'on a besoin d'aide et accepter le sourire d'un ami, accepter sa main tendue, accepter l'amour quand il est là, debout devant toi.

dwh01333.jpgC'est balayer le passé et regarder l'avenir ouvert comme un livre neuf et tout frais sorti de l'imprimerie, n'ayant jamais été lu ni aimé avant que tu le lises.

C'est avoir la modestie de sa propre existence, sachant que tout s'en va un jour et que toi aussi. Aussi, dis les mots que tu as envie de dire, car ces mots resteront toujours dans le coeur de ceux que tu aimes et que tu apprécies.

 

k0388173.jpgLe courage, quand tu es dans le deuil, c'est déjà d'accepter de regarder la rose qui s'ouvre, de manger un fruit et de l'apprécier, de sortir un après-midi, de regarder la nature qui continue à pousser.

C'est décider de vivre et de ne pas imposer ta douleur à ceux qui t'entourent, tout en sachant leur dire que tu souffres.

 

Le courage, c'est de pleurer quand tu en as besoin et de partir quand tu ressens que tu exploses, pour te donner à toi même la chance de résister.

C'est de pouvoir récupérer tes émotions sans te disperser et disparaître totalement.k1946057.jpg

 

Le courage, c'est de pouvoir rendre heureux les autres quand tu vis en toi le pire des chagrins.

 

À tous, je souhaite le courage et la force.

 

1783861.jpgChloé Laroche

 

 

 

 

Nota bene ____________________________ Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr avec des photos libres de droits.

17/12/2010

Il était une fois une petite fille enfermée par son père dans une tour. Elle ne s’appelait pas Raiponce mais lui ressemblait beaucoup.

15445-68MV.jpgJe vais vous raconter l’histoire vraie d’un conte de fée.

 

Il était une fois une petite fille enfermée par son père dans une tour. Elle ne s’appelait pas Raiponce mais lui ressemblait beaucoup. C'était moi.Unknown-1.jpeg

 

Elle ne pouvait aller dans le monde sans qu’elle entende des paroles blessantes de son père sur le monde extérieur.

 

Et il l'empêchait de créer des liens, la gardant à la maison et ne lui permettant pas d'aller à l'école.

 

gs325069.jpgIl lui faisait vivre un autre monde, un monde créé de ses propres rêves, de sa folie, de ses propres blessures. Il disait qu'ils devaient faire revivre une race perdue comptant sur leur présence ici-bas pour recréer un nouveau monde écartant celui qui était présent.

 

Mais la petite fille avait dans le coeur l’amour des autres et plein de fenêtres dans son être profond ouvertes sur les autres hommes, les autres femmes et les enfants.k2230670.jpg

 

Et c’est cela qui l’aida à tenir et à s’échapper un jour de sa tour.

 

Mais elle garda dans son coeur les traces de coups et les insultes d’un père qui ne respectaient pas la pureté et l’innocence de ses enfants, voulant noircir leur âme et leur inculquer la haine d’autrui. Elle garda dans son coeur à jamais indélébiles les pleurs et les cris de son frère, à jamais les sourires perdus d'une enfance meurtrie.

 

k2308981.jpgSon père ressemblait à cette mère abusive ayant volé la princesse Raiponce à ses parents. Cette mère tentait à chaque fois qu’elle voyait sa fille de la maintenir sous son joug et de faire en sorte de lui faire perdre toute confiance en elle. Mais la jeune fille était bien plus forte et puisait cette force dans sa propre âme, reconnaissant en secret la beauté du monde et cette liberté qu’elle retrouva un jour et qui ornait son être tout entier.

 

Notre jeune fille, à l'âge de dix-huit ans, regarda le monde en face et se construisit un chemin où la peur n’était plus de mise et où elle devint la reine de son propre destin, oubliant toute la culpabilité d’un père qui disait mourir si elle ne l'alimentait pas de sa présence et de l’offrande de sa vie à sa mission erronée.

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La jeune fille devint femme et dut se libérer de l’image de ce père pour trouver son prince mais elle resta enfermée dans l’amour de ce père et dans cette tour dont il fallait qu’elle se libère. Tour invisible qui lui faisait toujours rencontrer des enfermeurs de liberté et des destructeurs de sa propre confiance.k0200760.jpg

 

Elle dut faire un gros travail pour se libérer de cette tour et de son passé afin de rencontrer une personne qui ne serait plus un geôlier.

 

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009021.jpgUn jour, bien plus tard, elle rencontra un homme enfermé lui-même dans une tour depuis des années. Alors elle renversa les rôles et se fit prince pour aller voir sa princesse et lui rendre visite le plus souvent possible.

 

Elle s’émut de cet homme qui avait eu les mêmes souffrances qu’elle et qui n’avait pu de toute sa vie sortir de sa tour, enfermé par sa mère par mille sortilèges l’empêchant d’être libre.Unknown-2.jpeg

 

Il l’attendait à sa fenêtre et était heureux de la retrouver. Elle était heureux de grimper jusqu’à chez lui mais lui n’arrivait pas à sortir de sa tour et à lui dire qu’un jour, il viendrait chez elle.

 

k0737017.jpgAlors il étouffait et comme il était un homme, il s’en voulait mais restait enfermé dans sa tour. La princesse étouffait aussi et ils se disputaient car le feu brûlait de deux enfances terribles qui avaient créé un couple insoluble.

 

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La princesse n’hésitait pas à aller chercher son prince jusque dans sa tour intérieure quand parfois il refusait son amour, leur amour, quand il disait que tout cela ne servait à rien.051006.jpgUnknown-6.jpeg

 

La jeune femme s’était tant battue dans sa vie pour acquérir sa liberté et pour briser la tour infernale où son père l’avait placée... qu’elle avait toujours la force de revenir même quand son prince la décevait ou ne voulait plus de ses baisers, dans les moments de refus extrêmes de la vie qu'il traversait.

 

C0028194.jpgElle comprenait que lorsque l’enfant a été brutalisé, battu, privé, humilié... l’homme qui grandit garde des séquelles à vie. Elle-même avait vécu les mêmes choses, parfois on lui avait tapé la tête contre les murs, parfois on l’avait privée de manger, parfois on l’avait humiliée à en mourir... mais elle avait pu s’enfuir un jour, à la force de son étoile.

 

Et elle était là, au pied de cette tour d’un homme qui ne voyait plus son étoile et qui même parfois ne voyait plus l’énergie de cette femme qui grimpait le voir et qui l’aimait.

 

Jusqu’au jour où elle eut un accident de parcours et elle ne put venir le voir.

Il ne reçut donc plus jamais de visites.

Elle pensait peut-être le voir mais elle ne vit jamais personne venir.u16966675.jpg

 

Car les tours sont telles que les êtres sont prisonniers de leur passé.

 

Et l’homme resta seul jusqu’au jour où soudain il se dit que le monde

pouvait être plus beau que les nuages intérieurs, se demandant aussi si sa belle était encore vivante.

 

bxp63152.jpgIl arriva à la retrouver et à lui montrer que son enfant intérieur était guéri et qu’il s’était libéré de l’emprise d’une mauvaise sorcière qui l’avait ensorcelé par sa haine du monde et par la peur de tout : sa propre mère.

 

Ils s’aimèrent de nouveau et la jeune femme n’eut plus jamais de tour à grimper ni de bisous à mendier à son chéri.k0873873.jpg

 

Chloé LAROCHEpr77000.jpg

 

 

Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr avec des photos libres de droits (Banque de Photographies et de Séquences Vidéos Libres de Droits Images). Sauf les six dessins du film Raiponce qui proviennent du film lui-même des productions © Walt Disney Studios Motion PicturesUnknown-5.jpeg France.Unknown-4.jpeg

09/12/2010

Texte écrit à la mémoire d'Ousmane qui à l'âge de onze ans a préféré s'échapper par la porte de la mort. Mes propos sur le prévention du suicide des jeunes, deuxième cause de mortalité des jeunes en France.

bxp66750.jpgBonjour à tous et toutes,

 

Un jour quand j'étais toute jeune ado, encore enfant, j'ai voulu me jeter sous une voiture pour me faire écraser.

J'avais cette envie de tout quitter, parce que la vie n'était que tristesse et trop dûre à vivre.

 

À  cause surtout d'un adulte qui était allé trop loin avec moi.

 

Plus tard, quelques mois après, c'est dans l'Isère que j'ai eu envie de me jeter.vmo0011.jpg

Toujours à cause du même problème. J'avais réussi à en parler mais d'en parler m'avait fait remonter cette honte,

cette envie de me cacher là où personne ne saurait jamais, là où personne ne pourrait me regarder, la mort.

 

Mais je ne l'ai pas fait.

 

Et je ne le regrette pas car au fond, sacrifier sa vie pour un connard, NON, désolée.

bxp36020.jpgMa vie, je l'ai vécue, je continue à la vivre et même si parfois c'est difficile et que c'est parfois à hurler sur un pont comme me disait ma meilleure amie, la vie est belle par ses rebondissements, ses surprises, ses combats, ses printemps et ses hivers, ses joies et ses passions.

J'ai pris ma plume aussi très tôt afin de coucher sur une feuille de papier les malheurs d'un ange et les larmes de mon coeur qui faisaient barrage au fond de moi. Dire les choses, les exprimer, les tendre vers l'humanité curieuse de "toi", de moi, cela fait du bien, cela soulage car on n'est pas seul à porter, à tout supporter dans son coin.

Nous sommes un chaînon de la lignée terrestre et ce chaînon se doit d'avertir ses voisins de terre que les larmes bloquées au fond de lui peuvent le tuer et le miner tellement qu'il ne peut plus vivre.

Si j'écris ceci, c'est que ce mardi, le 7 décembre, un enfant de onze ans a choisi de se jeter dans l'Isère, à Romans. Il s'appelait Ousmane et était en sixième. Il a sciemment enjambé la barrière d'un quai et s'est jeté dans la rivière de mon département.k1279746.jpg

Son corps n'a pas été retrouvé. On a juste retrouvé son cartable et son blouson comme s'il rendait les armes du collège où il s'escrimait à travailler et à avoir de bonnes notes.

bxp43739.jpgRéprimandé et ouspillé par les enseignants le jour-même, la thèse du suicide est tabou à ce jour même si on sait que l'enfant a bien enjambé de lui-même la rambarde et s'est jeté dans l'eau. Le suicide des enfants est toujours un sujet tabou qui dérange mais le problème existe réellement et fait de nombreuses victimes chaque année en France et en Europe.

Pour les personnes qui se sentent responsables ou à la source du mal-être d'un enfant ou bien encore pour les proches de la victime, il est extrêmement difficile de porter le poids de cette culpabilité consciente ou inconsciente.

On oublie souvent qu'un enfant peut souffrir au point de n'avoir plus de goût, au point d'avoir si peur qu'il préfère fuir, au point de tant souffrir dans sa chair et son coeur que la souffrance lui ôte toute angoisse d'au-delà ou de peur de la mort. Un enfant peut ne pas vouloir mourir mais être si mal que son impulsion de souffrance et sa colère l'emmènent plus loin que lui-même.

u10101171.jpgJ'écris cet article pour éviter un autre drame, pour un enfant qui me lirait, un adolescent qui aurait des idées de suicide.

Avant de fuir la vie, demande-toi si la cause en vaut bien la peine et va parler à un ami. Demande de l'aide.

Ne laisse pas la mort te prendre et t'emmener sans avoir dit ton dernier mot, sans t'être battu avec tes petits poings.

Il y a des numéros d'urgence gratuits que tu peux appeler, comme le 0810 810 987 (http://www.phare.org).

Quand ça va mal, tu appelles et tu trouveras quelqu'un, une personne présente à l'autre bout, comme un ami invisible pour t'écouter et prendre ta peine. Ta peine sera alors moins lourde et tu pourras passer une étape grâce à ce coup de fil.u29497050.jpg

D'autres numéros existent que tu peux appeler aussi :

-Cap Écoute : le 0800 333 435 (9 h - 21 h) ou le 04 72 33 34 35

-Sos Suicide Phénix : 01 40 44 46 45 (12 h - 24 h)

-Sos Amitié : le 0800 066 066

-Croix-Rouge Écoute : le 0800 855 855k0402990.jpg

-Suicide Écoute : le 01 45 39 40 00

-Numéro national d’aide aux victimes : le 08 842 846 37

-Sos Suicide : le 01 40 50 34 34

 

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Je te souhaite à toi qui me lis de retrouver le courage de ton chemin et de trouver le soleil qui va illuminer et nourrir ta vie.

Ce soleil est en toi et va t'aider à te battre et à rester vivant et debout face aux intempéries du destin.

Ousmane, que les anges t'accueillent et apportent mille étoiles de réconfort, de courage et de force à tes parents et à tes dix frères et soeurs, dans la peine immense de ton départ.

Chloé LAROCHE

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____________________________ Les photos choisies par l'auteur pour son article proviennent du site http://www.fotosearch.fr avec des photos libres de droits. (Banque de Photographies et de Séquences Vidéos Libres de Droits Images). Merci à ce site !

 

 

Pour INFORMATION à tous_________ Phare ENFANTS-PARENTS :

 

PHARE ENFANTS-PARENTS AIDE LES PARENTS POUR PRÉVENIR LE MAL-ÊTRE DES JEUNES.

 

http://www.phare.org

Identifier, Prévenir, Agir.

"Que vous soyez parents, enseignants, professionnels, ce site peut vous aider. Personne n’est à l’abri d’un problème grave, quel que soit le milieu socio professionnel, quelle que soit la qualité de relation avec le jeune. Sa souffrance peut être non verbalisée, mais vous avez repéré des signes qui vous inquiètent.

Vous éprouvez vous-même des difficultés qui vous font craindre de basculer dans une profonde dépression,dans le désespoir.

Vous avez vécu le drame de perdre un proche par suicide.

Consultez ce site et n’hésitez pas à appeler la ligne d’écoute :
0 810 810 987

du lundi au vendredi de 9 h 30 à 18 h

Outre sa capacité à vous écouter, PHARE Enfants-Parents vous offre un véritable portail en lien avec des associations, des spécialistes et des institutions, tous tournés sur la prévention et le traitement du mal-être des jeunes."

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23/09/2010

Ma rencontre avec le film "Mange, prie, aime", dans son voyage au coeur de soi et jusqu'au bout du monde. Sagesse, amour et équilibre. Avec Julia Roberts.

julia_roberts_.jpgJ'ai voyagé ce soir avec Julia Roberts dans le film émouvant dont elle est l'héroïne : "Mange, prie, aime".

Il y a quelques années, elle a lu le livre qu'a écrit Élizabeth Gilbert sur sa vie, livre du même nom qui raconte l'histoire d'une jeune femme américaine qui est mariée mais sans être heureuse dans cette union.1284981731711.jpg

Julia Roberts a été très émue par cette histoire qui selon elle peut arriver à chacun de nous et elle a décidé de jouer le rôle de cette femme en quête du bonheur, du vrai bonheur.

Car quel est ce bonheur qui fait qu'on reste dans une relation parce qu'on a juste peur de se perdre en étant à nouveau seul dans la vie...?julia_roberts.jpg

Julia Roberts vit un divorce avec un homme qui l'aime mais ils ne sont pas heureux ensemble, alors un jour elle décide de divorcer malgré la douleur, malgré la souffrance d'une séparation qui stoppe les choix et les engagements pris plus tôt.

Cela ne fait pas de son ex-mari un mécréant ni un homme mauvais, non tout simplement un homme qui était dans sa vie à un moment mais avec qui rien n'avance aujourd'hui.

Et puis elle aime un homme mais la relation ne lui apporte rien. Elle reste mais elle est malheureuse. Quel est ce bonheur qui veut qu'on peut rester dans une union alors qu'on est malheureux : pour être heureux d'être avec quelqu'un avec qui on n'est pas heureux... !?

bali_map.jpgAlors Julia Roberts s'en va. Elle décide de voyager et traverse toutes les émotions de son coeur, ses remparts, ses peurs, ses verrous et les portes du passé qu'il faut refermer... Accepter de les refermer pour pouvoir poursuivre son chemin et croire encore en l'amour... Se pardonner certains choix qu'on a fait où on s'est oublié, où on s'est bafoué, où on a laissé l'inertie retenir notre destin.1284981614347.jpg

naples.jpgSe pardonner à soi-même au lieu d'attendre que le créateur le fasse et nous redonne l'envie de vivre... l'accès à nos envies, nos désirs. Manger est un de ces plaisirs qui fait que la vie s'adonne à notre âme.

C'est en Italie que Julia Roberts retrouve la douceur de vivre, du lâcher-prise, de goûter aux plaisirs de l'amitié, du partage d'un repas avec des amis, de la promenade dans les rues de Naples et Rome, de l'utilité d'être parfois en ruines pour qu'une nouvelle vague de reconstruction arrive.inde-vallee-gange-marche-93_cd16film1_31.jpg

C'est en Inde qu'elle comprend qu'on peut maîtriser ses propres pensées afin de choisir celles qu'on accepte en soi, comme on choisit le matin les vêtements qu'on va porter.

Elle apprend à savoir fermer la porte aux pensées qui nous obsèdent, pensées braquées sur le passé et sur ceux qu'on a pu aimer et qui deviennent les fantômes hantant notre vie si nous focalisons notre présent dessus.Nourriture-japonaise.jpg

Et c'est à Bali qu'elle découvre que le fait de perdre l'équilibre en vivant l'amour, en rencontrant quelqu'un, nous donne l'élément nécessaire pour rester en équilibre et que tout est une question de mesure entre le ciel et la terre.

Julia Roberts découvre aussi qu'elle peut aimer le monde entier et ouvrir son coeur, comme elle va venir en aide à une femme médecin et divorcée de Bali. Elle fait appel à la solidarité de ses amis pour elle et sa petite fille, afin qu'elles puissent avoir une maison à elles. Des chèques arrivent pour elles de partout. Car à Bali, quand une femme est divorcée, elle n'a plus rien et n'est plus rien, perdant même ses enfants, faute d'avoir un toit.

Et puis, Julia Roberts rencontre à nouveau l'amour et accepte de renoncer à ses peurs pour cet homme, traversant sur un bateau l'espace de mer qui les relie à l'île de leur bonheur.1284981731639.jpgbali_tanah-lot.jpg

Ce soir dans la salle, des personnes, hommes et femmes, ont pleuré en regardant ce film

car elles se sont dit : "Et moi, j'en suis où ? Suis-je à la fin du voyage et ai-trouvé cet équilibre si beau de la fin du film ou en suis-je au début à rester dans les oubliettes de l'amour véritable ?"

J'ai entendu la phrase suivante après le film de la part d'un spectateur qui s'interrogeait de savoir si quelqu'un croyait encore en l'amour et au mariage... et disant : "S'il faut se tromper 72 fois avant de trouver le véritable amour... c'est quand même dûr !"... Se rend-il compte qu'en disant cela, il se dit peut-être au fond de lui que l'amour ne vaut pas la peine d'être vécu puisque perdu d'avance... Et si par cela même il s'empêchait d'aimer et d'y croire, restant dans les ruines de son palais d'Auguste, sans jamais en sortir ? 9782702139042-V.jpg

Chloé LAROCHEbali-la-sensuelle_940x705.jpgimages-2.jpg

 

 

 

 

12/03/2010

J'écris en hommage au policier dans le coma, attaqué avec des pierres au cours d'un contrôle routier à Épernay, dans la Marne.

"Après avoir été victime d'un jet de pierre lors d'un contrôle routier à Epernay (Marne), un policier est toujours plongé dans un coma artificiel. Agé de 50 ans, ce gradé a fait plusieurs malaises avant d'être hospitalisé. Atteint d'un traumatisme crânien, il a été plongé dans un coma artificiel, son état s'étant brusquement dégradé ces dernières heures."

Le 10 Mars 2010.policier,police,violence,silence,coma,vie,mort,brutalité,contrôle routier,poème,taire,ange,combat,actualité,peur,métier difficile,révolte,injustice,deuil,tristesse,hommage,attaque,justice,suicide,malaise,vocation,sacrifice,pensées,famille,force de l'ordre,autorité,droitimages5T7MzN.jpeg

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imagesynCaaS.jpeg________________ J'ÉCRIS POUR CE POLICIER CAR IL NE PEUT PLUS S'EXPRIMER.

IL FAISAIT SON TRAVAIL ET IL A PAYÉ DE SA SANTÉ POUR DES P'TITS CONS QUI NE SAVENT PAS QUOI FAIRE DE LA LEUR.

J'AI ÉCRIT CE POÈME POUR QU'IL REVIENNE À LA VIE, AFIN QU'IL POURSUIVE SON CHEMIN.

CAR LES MOTS ONT LA MAGIE DES RÊVES ET LA FORCE DE LA VIE.

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Quand je me terre
Loin de mes congénères
Le silence arrive comme loup
Et j'écoute le bruit des houxdefault5ZtQXq.jpeg

Quand je me tais
Le coeur secret
Que je n'ai rien à dire
C'est qu'il n'y a plus à sourire


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Alors je déchire les cordes
Des violons muets en hordes
Et ils jouent à nouveau
Des symphonies sur l'eau


Puis je prends ma pirogue
Et j'écoute le long bug
Celui du monde qui gémit
À force de retenir ses cris

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Finalement je reviens
À la vie qui jamais ne s'éteint
Avec des envies d'échanges
De mots d'anges....

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Dits par ceux qui ne se taisent pas
Car se taire, c'est replier ses ailes


Mais j'ai été pris pour cible

Policier innocent au cielpolicier,police,violence,silence,coma,vie,mort,brutalité,contrôle routier,poème,taire,ange,combat,actualité,peur,métier difficile,révolte,injustice,deuil,tristesse,hommage,attaque,justice,suicide,malaise,vocation,sacrifice,pensées,famille,force de l'ordre,autorité,droit


Reviendrai-je du coma vivant

Dans lequel mon destin m'a plongé impuissant

Par la faute d'une arme de haine et d'horreur

Utilisée par des êtres humains sans coeur.


Chloé Laroche___________policier,police,violence,silence,coma,vie,mort,brutalité,contrôle routier,poème,taire,ange,combat,actualité,peur,métier difficile,révolte,injustice,deuil,tristesse,hommage,attaque,justice,suicide,malaise,vocation,sacrifice,pensées,famille,force de l'ordre,autorité,droit
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Je vous annonce que ce policier est sorti du coma depuis et qu'il est vivant. ________________________________________________________________

images1Tqk5h.jpegCOMMENTAIRES de nombreux policiers :

 

Madame,
Au nom du "blog de police", un groupe de discussion sur la réalité du métier des forces de l'ordre sur Facebook, qui regroupe près de 5000 policiers :
Merci de ce très beau texte.
Tout simplement.

Ecrit par : Marc Louboutin | 12.03.2010

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Merci pour lui, très beau poème et qui réchauffe le coeur de voir que des gens nous apportent leur soutien...

Ecrit par : Sébastien GRELLET | 12.03.2010

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Merci infiniment pour ce très beau texte, puisse-t-il un jour le lire lui-même !
Merci pour tout.

Ecrit par : Laëtitia BOULEAU | 12.03.2010
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Merci à toi pour ce texte magnifique.

Claude

Ecrit par : sousbrigadier | 12.03.2010

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RÉPONSE DE CHLOÉ LAROCHE :

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Merci à tous les policiers qui m'ont envoyé plein de messages de remerciements pour mon texte. Le métier de policier est loin d'être facile et il ne faut pas oublier que les policiers rendent service à chacun de nous car ils sont très souvent dans l'aide aux autres plutôt que dans la répression... dans laquelle la population les imagine. Ils sont près de ceux qui subissent des violences, ils protègent les victimes et défendent les lois. Alors, que ce policier dans le coma ne soit pas mort du silence de ceux qui se taisent ou ont la haine.

Amicalement à tous, Chloé Laroche


12.03.2010

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Un grand MERCI pour le soutien moral que vous nous apportez.
Olivier, Gardien de la Paix (ou plutot de ce qu'il en reste...)

Ecrit par : SAKESYN Olivier | 12.03.2010
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Au nom de tous mes collègues, je tiens à vous remercier Madame de ce joli poème qui réchauffe le coeur et qui nous touche particulièrement

Ecrit par : BERTHAULT | 12.03.2010

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Merci pour ce joli texte, et merci pour votre soutien, policier et papa comme ce collègue, nous avons besoin du soutien des citoyens pour lutter contre cette délinquance de plus en plus violente à notre égard... En espérant que l'état de santé de notre frère d'arme se stabilise... Et que la justice soit rendue sans état d'âme avec ce type de voyou !!!

Ecrit par : benoît | 12.03.2010
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Belle écriture, un souffle d'espoir, un sourire .. sur un sujet si grave !
Merci à vous

Ecrit par : cat | 12.03.2010
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Merci beaucoup Madame, pour notre collègue. Si seulement plus de citoyens exemplaires comme vous êtes nous soutiendraient nous serions plus fort dans notre combat qui est avant tout d'assurer la sécurite de nos citoyens, merci encore.

Ecrit par : Tony perus | 12.03.2010

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Merci à toi, de penser à notre collégue, il en a besoin de cette chaleur humaine et de penser à nous par la même occasion. Je pense aussi à son épouse, ses enfants, ses parents. Et aux miens, si nous étions dans la même posture. J'aime ce métier, mais de plus en plus, je sens l'amertume me gagner face à cette bande d'incapables, incapables de gérer la sécurité de leurs "policiers", policiers qui leur font des tapis rouges lors de leur déplacement, alors que ceux-ci ne veulent pas voir " du bleu ". Vivement le changement! c'est vous civils, citoyens qui feront le changement en réagissant ainsi, en soutenant notre métier ingrat.
Merci Chloésf_n7z8427.jpg.

Ecrit par : ludo | 12.03.2010

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02/04/2009

Dans mon taxi, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent. Du handicap au pire vécu.

Du handicap au pire vécu. Offrande d'une sonate pour la vie de Jason, petit garçon retrouvé mort à Liège, tué par son père à coups de chaussure. 

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Dans mon taxi, véhicule sanitaire que je conduis chaque jour, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent.

 

images-12.jpegJe reste seule avec des confidences, avec les paroles parfois très lourdes de mes passagers handicapés ou malades.

Des enfants aussi. Des personnes âgées.

 

“Qu’est-ce qu’ils ont les pères à nous faire ça,” me dit une enfant qui me révèle qu’une copine a subi la même chose qu’elle.images-8.jpeg

 

“J’ai eu raison de le dénoncer, n’est-ce pas ?”....

“C’est lui qui a tort, pas moi.”

 

“Ma mère me manque.”

 

Cette enfant a le regard clair et déjà un raisonnement très mûr. Elle regarde une autre enfant passagère et me dit : “Elle est belle.”

 

Comme on dit d’une rose qu’elle est belle.

Les roses, on ne doit pas les cueillir.

Ni violer les enfants.

 

images-2.jpegPendant des mois. Il l’a violée. Ce n’était pas son père mais un beau-père.

 

Pendant les absences de la mère.

 

Elle regarde le paysage. Je la conduis. Elle se sent apaisée dans mon véhicule.images-5.jpeg

 

Dans la journée, plus tard, je transporte un monsieur handicapé. Il était tétraplégique. Il a progressé à force de travail. Il est maintenant paraplégique.

 

images-11.jpegIl est triste. Cela fait trois ans qu’il a eu ce maudit accident.

 

Je l’écoute. Il me dit que la souffrance physique, il n’y a rien de pire. Et la souffrance de voir les montagnes sans pouvoir les parcourir, les goûter.

 

La souffrance de voir des femmes et de n’avoir que le souvenir de l’ancien temps et des rêves présents qu’on fait mais qui ont le goût amer du réveil en fauteuil.SB10063890E-001.jpg

 

Je l’écoute et il me dit que les personnes valides ont bien de la chance et qu’elles devraient éviter de se plaindre pour des broutilles.

 

Mais parfois, pensais-je, les personnes valides sont tristes à mourir et certaines sont handicapées dans le coeur, amputées de leur enfant disparu, membre perdu dans l’immensité de l’univers... amputées d’un être aimé mort. Parfois, des personnes valides ont tant de charges et de difficultés à gérer que tout cela n’est pas que des broutilles.

 

images-9.jpegCet homme souffre terriblement. Il est comme dans une prison. Son corps ne le laisse plus libre de vivre comme il voudrait. Il laisse les volets lui ôter la vue des montagnes. Il a envie de les prendre et de les replanter en plein désert, là où il ne serait pas. Il ne veut plus de son fauteuil. Il se bat pour en sortir. Il voudrait l’emmener  loin et revenir sans lui. Valide et libre d’aimer à nouveau, de courir les montagnes.

 

Je me retrouve seule dans mon taxi. Un taxi spécialisé.

Une musique s’élève dans le réceptacle du véhicule. “La Sonate au Clair de Lune” de Beethoven.

 

Le piano amène à moi l’image d’une tombe. Je vois une maman pleurer là où on a découvert le corps de son fils de trois ans enterré dans un sac.

 

images-4.jpegCet enfant s’appelait Jason. Il a été tué à coups de chaussures par son père. C’est la nouvelle compagne du père qui l’a aidé à enterrer le petit garçon. C’est elle aussi qui a avoué les faits et qui a révélé la fuite du père dans son pays.

 

Cela faisait des semaines depuis février que l’on recherchait le petit garçon. Il a été retrouvé le 19 mars près de Liège, en Belgique, là où il vivait avec son père.images-3.jpeg

 

Un père qui a fait de la prison pour vente de drogue et qui avait déjà été remarqué pour maltraitance sur son fils. Son fils qu’on lui a pourtant rendu à sa sortie de prison. Erreur fatale pour ce petit garçon.

 

Tué à coups de chaussures.

 

images-1.jpegLe piano grandit en intensité. Je pense à Jason. Je vois sa vie, ses sourires, ses jeux d’enfants, sa pureté, son innocence, son émerveillement devant la vie, ses larmes, la douleur d’une vie maltraitée, d’enfant qui regarde l’adulte et qui a peur. Juste peur. Effrayé. Sans secours. Sans recours.

 

La pureté de la Sonate prend en elle toutes les souffrances dont je viens de parler et j’offre ces vies à l’Esprit qui détient la vie, à l’amour qui regarde les roses grandir sans les arracher.

 

La dernière note s'allonge dans la voiture. Le piano s'éteint. Mais une étoile brille. Pour Jason. Pour les enfants que je transporte. Pour chaque personne handicapée.SB10065057H-001.jpg

 

Chloé Laroche________________

 

Commentaires

I recently came across your blog and have been reading along. I thought I would leave my first comment. I don't know what to say except that I have enjoyed reading. Nice blog. I will keep visiting this blog very often.

Ruth

http://pianonotes.info

Ecrit par : Ruth | 05.04.2009

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Thank you very much, Ruth. Your letter is very beautiful, with a big sun for my hearth and my blog. Good sunday ! Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 05.04.2009

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12/06/2008

Flashs-back de mon métier d'ambulancière. Vie et mort. Maladie et courage. Solitude et isolement. Regard sur un métier merveilleux mais peu reconnu.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



CHRONIQUES
D'UNE AMBULANCIÈRE________________ _________________ _________________ solitude,isolement,handicap,ambulance,deuil,anévrisme,ambulancier,dépression,suicide,écoute,métier,isère,taxi,vsl,musique,moto,accident moto,paraplégique,vie,combat,maladie,rééducation,courage,résilience,urgence,femme enceinte,perte sang,bébé,enfant,prise en charge,médical,médecin,hôpital,témoignage,vérité,blog,livre internet,édition,éditeur,vivant,avenir,espoir,tragédie,drame,perte,amputation,hospitalisation,peur





Ce qui me frappe le plus, ce sont la solitude et l’isolement de certains patients.

Un soir, nous avons été appelés en urgence avec mon coéquipier pour une dame qui faisait une hémorragie vaginale. Elle était assise par terre dans sa cuisine. Il y avait du sang près d’elle. Du sang qui s’était écoulé violemment de ses entrailles. Son bébé de quelques mois était posé près d’elle, impuissant et démuni face à la souffrance de sa mère.

Nous les avons emmenés tous les deux à l’Hôpital. Le père était, selon cette maman, incapable de s’occuper de l’enfant. Nous avons donc confié ce dernier au service de pédiatrie. La jeune mère n’avait plus d’amis, son mari n’étant pas pour qu’elle en ait et plutôt contre... Un mari en situation irrégulière, un mari à protéger dans la solitude d’une vie captive de l’amour.

Nous avons confié cette jeune personne aux Urgences gynécologiques et lui avons laissé en quittant le service quelques mots rassurants pour elle et son bébé.



Je me souviens aussi de cette jeune femme africaine, transportée il y a quelques semaines. Nous l’avons sortie d’un hôpital pour l’emmener dans un autre. Durant le voyage, j’étais à l’arrière de l’ambulance, auprès d’elle, et je l’ai écoutée. Elle était belle, sauvage et écorchée vive dans l’âme.

-J’ai fait une connerie”, m’a-t-elle dit. Ce qui voulait dire en d’autres termes qu’elle venait de faire une tentative de suicide.

Elle vivait dans une totale solitude. Une solitude d’isolement qui sentait la blessure du racisme. Elle pleurait son pays et ne se sentait en aucune façon intégrée dans sa petite ville de province. Elle m’a parlé de ce racisme vécu au quotidien, dans le travail et dans la rue. Pourquoi elle, si jeune et si belle. La couleur de sa peau envahissait tant le coeur des gens qu’ils ne voyaient plus cet être humain en face d’eux ? Je lui ai parlé de la communauté africaine implantée à cinquante kilomètres, dans la grande ville voisine. Pour tisser des liens. Refaire surface avec son identité culturelle. Mais elle n’avait malheureusement pas de voiture.

La dépression n’a pas de couleur et le désespoir peut hélas tomber sur chacun des habitant de la Terre, par-delà toute frontière et sous n’importe quelle latitude. Relever la tête et se battre, ne pas se laisser abattre, est le don du courage laissé à chacun de nous, que nous soyons noirs ou blancs, jaunes ou rouges.

Nous avons laissé cette jeune femme dans sa nouvelle chambre hospitalière. Elle allait pouvoir se reposer. Mais je savais en la quittant qu’un sourire était né dans son coeur, une étincelle d’espoir, une lueur allumée par notre échange.



Un après-midi, nous sommes allés dans un centre d’accueil spécialisé pour chercher une dame et l’emmener passer un scanner.

C’était une femme jeune, au visage d’ange. Elle était prostrée, paralysée ainsi depuis plus de dix ans.
-C’est une rupture d’anévrisme qui l’a frappée d’un seul coup. Elle était dynamique, pleine d’énergie, de projets et maman d’un petit garçon. Elle a eu un jour très mal à la tête et soudainement elle a disparu dans ce gouffre de la maladie.”

C’était sa soeur qui se confiait ainsi à moi...
-Notre vie dans la famille n’a plus jamais été celle d’avant.”
Elle sortit fébrilement des photos de son sac.
-Tenez, ce sont des photos de ma soeur. Regardez comme elle était belle et épanouie.”
J’ai regardé, très émue, ces photos d’une jeune femme de trente ans, heureuse de vivre. Je me suis dit en voyant ce qu’elle était devenue que la souffrance du Christ offerte sur la croix se poursuit inlassablement dans l’humanité martyre.

Cette crucifixion de la chair et de l’âme, cet écartèlement qui n’en finit plus au coeur de la vie, a commencé dans ma propre existence le jour où des hommes en noir ont cloué et fermé à jamais le cercueil de ma fille de trente mois. Pour continuer à vivre et pour exister pleinement, il faut apprendre à offrir sa souffrance pour qu’une transmutation s’accomplisse dans d’autres vies que la sienne. S’offrir comme un coeur ouvert et le donner aux Anges pour qu’ils le transplantent dans d’autres vies en détresse ou en perdition.

Un collègue m’a dit : “Tu vas t’essouffler. Tu verras, le métier d’ambulancier, c’est un métier de business. Il faut enchaîner les courses le plus vite possible, transporter les patients de façon rentable et puis savoir se préserver soi-même psychologiquement en gardant de la distance avec les personnes transportées. Un jour, tu te surprendras à regarder ta montre lors d’une urgence et à regretter que ce soit sur toi et ton collègue que ce transport est tombé... Un jour, tu te surprendras à penser que tel patient régulier qui sent tellement mauvais car tellement infecté... soit bientôt mort pour ne plus avoir à le transporter.”

”Jamais ! Tu m’entends !”, lui ai-je répondu. Non, cela jamais !

Faire ce métier dans un esprit de service, d’écoute, d’accueil et d’accompagnement du patient, donner un sourire, sourire sans compter, rassurer le malade, le laisser là où on devait le transporter et lui serrer les mains chaleureusement, l’écouter aussi, se taire lorsqu’il veut la paix... Voilà ce qui me motive.

La plupart des ambulanciers ont cet esprit de service. Ceux qui ne l’ont pas changent rapidement de métier ou alors ils se fabriquent une carapace à travers laquelle n’apparaissent plus que des gestes formels et standards.

Le collègue dont je parlais précédemment et qui veut me faire croire que je vais vite changer dans ma façon d’appréhender le métier... ce même collègue est un jeune homme qui sait faire rire les malades. Il sait leur donner de la joie avec son humour naturel. Il se tient proche du malade, scrutant son état de santé, et il est capable, au jugé de ses observations, de me demander de conduire plus rapidement, si c’est moi qui tiens les rênes de l’ambulance, afin que le malade souffre moins longtemps.

Un jour où nous travaillions ensemble, nous avons dû transporter une jeune femme qui venait de subir une césarienne. Il m’a avoué ensuite que cela lui faisait toujours quelque chose de transporter des personnes jeunes.

C’est pour cela que je crois en l’Humanité. C’est parce que même si un être humain dit qu’il se protège de la souffrance d’autrui, qu’il est détaché et éloigné de tous les maux de ses frères humains... il peut être aussi tout le contraire dans les actes concrets.




La Toussaint et le jour des Morts viennent de passer. Les fleurs ont réchauffé les tombes dans les cimetières.
J’ai travaillé durant ces deux jours en ambulance.

Nous sommes allés chercher un homme paraplégique pour le transférer d’un hôpital à un autre.

-Cela fait treize ans que j’ai eu cet accident de moto qui m’a coûté mes jambes, mais vous savez, me dit-il, j’ai plus appris de la vie depuis cet accident que dans mon existence d’avant.”

Cet homme prénommé Serge avait l’oeil vif et son sourire était empli d’enthousiasme envers la vie. Il était, me semblait-il, empli de dynamisme, de volonté et d’ardeur de connaître et d’apprendre. Il passa de notre brancard à son lit sans avoir besoin de notre aide, glissant ses jambes inertes à une rapidité impressionnante.

Dans l’ambulance, nous avons parlé de musique, de clavier, de Jean-Sébastien Bach. Je lui ai dit que j’étais violoniste et que je faisais aussi des concerts. Il m’a confié alors qu’il avait un rêve : apprendre le piano pour arriver à jouer un morceau, la Toccata de Bach.

Je me suis dit qu’être capable d’apprendre à jouer d’un instrument pour interpréter une seule partition, unique et magnifique, c’est comme un grand amour. On peut tout quitter pour lui. Pour une seule personne, une seule sur la Terre, on peut quitter son pays, ses amis, sa famille, aller au bout du monde pour rejoindre l’oasis de son coeur. Pour un seul être, on peut tout apprendre. On peut apprendre à naviguer, à voler dans les airs, à piloter sa vie... apprendre à aimer, muter pour aimer.



La veille de la Toussaint, nous avons emmené un homme âgé qui se trouvait dans une maison de retraite. Il était tombé et il y avait un risque de fracture du col du fémur. Nous l’avons placé dans un matelas coquille afin de lui éviter tout mouvement et pour qu’il ne souffre pas trop aussi pendant le transport vers les Urgences. Lorsque j’ai rempli ses papiers pour la prise en charge, comme nous le faisons pour chaque malade, j’ai remarqué qu’il y avait une note écrite sur la fiche de liaison : “Deux enfants DCD”... Décédés... Il avait perdu ses deux enfants adultes durant la même année !

Une vague de compassion a traversé mon âme et j’ai prié pour cet homme qui restait maintenant tout seul dans cette demeure de fin de vie, veuf et orphelin de ses deux enfants. Je lui ai parlé un peu pendant le transport. Je lui ai dit qu’il avait un beau prénom, celui d’un ange. Le prénom d’un homme qui a tout donné. D’autres auraient écrit... “qui a tout perdu”. Perdre, c’est vivre dans le vide et le néant. Donner, c’est transmuter ses souffrances et les offrir pour que le meilleur advienne.

J’ai compris dernièrement que je ne suis pas vraiment loin de ma fille défunte. La distance qui me sépare d’elle est infime dans le temps de l’infiniment grand de l’univers. Dans soixante-dix ans et peut-être avant, ma vie se terminera et alors je retrouverai Océana et toutes les personnes que j’ai aimées et qui sont parties. Lorsque je regarde le monde tourner et la vie danser autour de moi, je me dis sereinement que dans cent vingt ans, aucun être humain vivant aujourd’hui ne sera plus. Le bébé qui naît aujourd’hui, la femme mère de cinq enfants, le chef de famille qui pense gouverner les siens, le collégien qui apprend, le salarié qui trime... tous seront morts. Et d’autres humains auront pris la relève d’une nouvelle humanité.

C’est pour cela que l’important, c’est de vivre sa vie pleinement, de manière à l’enrichir, à la fleurir, à lui donner les ailes de l’Amour.

Laisser tomber le superflu, le “je m’en foutisme”, l’égoïsme, les regrets où l’on se noie, la nostalgie qui freine la vie, les querelles inutiles, les conflits imbéciles... encore que parfois ces derniers soient nécessaires... et vivre le temps qui nous reste avec tous ceux qui demeurent encore vivants.


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(Fragments de mon ouvrage paru en 2003,

mais épuisé à ce jour : "Transports d'âmes et d'hommes").


POUR LIRE TOUS MES ARTICLES

SUR LE MÉTIER D'AMBULANCIER, MON MÉTIER :

https://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance/

 
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