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14/11/2010

Un pompier blessé à la Villeneuve de Grenoble, fait condamné par une habitante du quartier, moi-même. Hommages aux pompiers par le texte magique d'un petit garçon en fin de vie.

k1971856.jpgBonjour à tous et toutes,

Ce vendredi, une personne a tiré sur un pompier essayant d’éteindre une voiture à qui on avait mis le feu, dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble où je vis.Corajoud-parc-Grenoble-00lens.jpgCorajoud-parc-Grenoble-Villeneuve-01.jpg

Les voitures qui brûlent ici, c'est un fait régulier. Des voitures ont brûlé mercredi soir, vendredi et tellement souvent.  C'est presque toutes les nuits, une, deux, trois voitures... Personne ne le sait à part les habitants car il faut trente ou cinquante voitures brûlées pour que les médias en parlent et que le Ministre s'inquiète.1574R-015635D.jpg

Ce pompier a eu la vie sauve mais la balle a traversé son bras et plusieurs tirs ont eu lieu et auraient pu tuer pompiers et policiers.

C’est une honte de tirer sur un pompier qui risque sa vie tous les jours pour les autres, qui sauve des vies et qui éteint les feux que d’autres allument.

Pour rendre hommage à ce pompier et à tous les pompiers, j’ai choisi de partager avec vous ce texte d’un auteur inconnu qui raconte l’histoire d’un jeune garçon condamné qui voulait être pompier.

CB064622.jpgJe suis très chagrinée et en colère pour cet acte d’un habitant de mon quartier, quartier qui est devenu tellement ghetto que beaucoup de personnes restent seules car quel homme, quel compagnon voudrait venir les voir et retrouver sa voiture brûlée au petit matin ?? C’est un argument que j’ai déjà entendu et c’est triste de penser qu’une femme compte moins qu’une voiture mais c’est ainsi.

Mon quartier vit bien, il respire, on ne se fait pas tuer en sortant de chez soi ni agresser.Corajoud-parc-Grenoble-Villeneuve-03.jpg

Je pense que ce qui s’est passé hier est un acte isolé et je souhaite qu’il le reste et que son auteur se morfonde en excuses intérieures.

Puissent les voitures de ce quartier continuer à se garer tranquillement sans que des ménages modestes ne retrouvent une épave brûlée à la place de leur véhicule le matin en allant au travail..... comme cela m’est arrivé en janvier.

Corajoud-parc-Grenoble-Villeneuve-05.jpgPuissent les habitants poursuivre leur vie paisible dans ce quartier sans qu’il ne devienne un lieu à part où les gens de l’extérieur n’oseraient plus venir par peur de l’inconnu... Afin que l’amour et l’amitié puissent perdurer dans ce coin de Grenoble.

Chloé LAROCHE _____________________________

Nota : les photos choisies sur la Villeneuve proviennent de la galerie http://corajoudmichel.nerim.net/les-quatre-parcs/parcdegrenoble/grenobleimagesparc. Les photos que j'ai choisies sur les pompiers sont libres de droits et proviennent du site FOTOSEARCH.

___________________________________________________ "Maman, j'ai toujours voulu être un pompier quand je serais grand".


"Une mère de 26 ans était très pensive en regardant son fils qui se mourait de leucémie terminale.edw04014.jpg

Même si son cœur était abattu par la tristesse, elle conservait un grand sens de détermination. Comme toutes les mères elle souhaitait que son fils croisse et réalise tous ses rêves. Mais maintenant cela n'était plus possible pour son fils. La leucémie ne le lui permettrait pas.

Mais même ainsi, elle voulait que les rêves de son fils se réalisent. Elle prit la main de son fils et lui demanda :
"Billy, as-tu déjà pensé à ce que tu aimerais être quand tu grandiras?
 As-tu rêvé et pensé parfois à ce que tu ferais de ta vie ?
163223.jpg-Maman, j'ai toujours voulu être un pompier quand je serais grand."

La mère sourit et dit : "Voyons si nous pouvons faire de ton rêve une réalité."

Plus tard ce jour-là, elle se rendit au Poste de Pompiers de Phœnix, Arizona. Là elle connut le Pompier Bob, un homme avec un cœur grand comme Phœnix. Elle lui expliqua le dernier désir de son fils et lui demanda s'il était possible de donner à son fils de six ans une promenade autour du carré de maisons dans un camion de pompiers.

Le Pompier Bob dit :k0523871.jpg
"Voyez madame, nous pouvons faire quelque chose de mieux que cela. Que votre fils soit prêt mercredi, à sept heures du matin exactement et nous le ferons Pompier Honoraire durant toute la journée. Il peut venir ici à la station avec nous, manger avec nous, sortir avec nous quand nous recevrons des appels pour incendies sur tout notre territoire. Et si vous nous donnez ses mesures, nous aurons pour lui un véritable uniforme de pompier avec un vrai chapeau qui portera l'emblème de la Station de Pompiers de Phœnix, non pas un jouet, mais l'emblème jaune que nous portons et il aura aussi ses bottes de caoutchouc. Tout cela est fait ici à Phœnix, ainsi ce sera facile de l'avoir assez rapidement."


Trois jours plus tard le Pompier Bob alla chercher Billy, il lui mit son uniforme de pompier et il le conduisit de son lit d'hôpital jusqu'au camion-pompe. Billy dût s'asseoir à l'arrière du camion et aider à conduire durant le trajet de retour à la station. Il se croyait au ciel. Il y eut trois appels ce jours-là à Phœnix et Billy a dû sortir pour les trois appels. Il y alla dans trois camions différents.

bxp40105.jpgIl est revenu dans le mini-bus paramédical et aussi dans l'auto du Chef des Pompiers. Ils filmèrent l'évènement pour les nouvelles locales de la télévision. Ayant réalisé son rêve et avec tout l'amour et l'attention qui lui furent donnés, Billy fut touché si profondément qu'il réussit a vivre trois mois de plus que ce dont n'importe quel médecin pensait qu'il vivrait.

Une nuit, tous les signes vitaux commencèrent à faiblir de façon dramatique et l'infirmier en chef, qui croyait dans l'idée hospitalière que personne de doit mourir étant seul, commença à appeler les membres de la famille pour qu'ils viennent à l'hôpital.k0454859.jpg

Ensuite, il se souvint du jour que Billy avait vécu comme s'il était un pompier et il appela le Chef de la Station et lui demanda si c'était possible qu'il envoie à l'hôpital un pompier en uniforme pour qu'il soit avec Billy quand il rendrait l'âme.

Et le Chef lui dit:
"Nous ferons quelque chose de mieux. Nous serons là dans cinq minutes. Vous pouvez me faire une faveur ? Quand vous entendrez sonner les sirènes et verrez clignoter les lumières, avertissez dans les haut-parleurs qu'il n'y a pas d'incendie, mais que le Département des pompiers vient visiter une fois de plus un de ses plus importants membres. Et s'il-vous-plaît ouvrez la fenêtre de sa chambre."


Cinq minutes plus tard, un camion de pompier arriva à l'hôpital avec un crochet et un escalier télescopique qui se levèrent jusqu'au troisième étage où était la fenêtre ouverte de la chambre de Billy et 16 pompiers montèrent dans la chambre de Billy. Avec la permission de sa maman, chacun d'eux l'embrassa et le berça lui disant qu'il l'aimait.

CB064622.jpgBilly regarda le Chef des Pompiers et de sa voix d'agonisant lui demanda : "CHEF, SUIS-JE MAINTENANT UN VRAI POMPIER ?"
Le chef lui répondit : "OUI BILLY, TU L'ES."k2010926.jpg
A ces mots Billy sourit et ferma les yeux pour la dernière fois."

(Cette histoire est vraie)

04/11/2010

Je tire la sonnette d’alarme sur le dépistage précoce de la violence et le fichage des jeunes enfants turbulents ou à comportements difficiles.

pr26666.jpgBonjour à toutes et tous,k0154629.jpg


Hier matin, j’écoutais les Grandes Gueules sur la radio RMC, à propos du projet de dépistage précoce de la violence auprès des jeunes enfants, projet tentant à faire croire que la délinquance des adolescents prend racine dans le comportement des plus jeunes.

J’ai soudain entendu cette phrase qui disait que si l’enfant est violent, c’est peut-être parce qu’il y a un "climat malsain à la maison".

On culpabilise les parents à longueur de journée, allant jusqu’à priver certaines familles des allocations en cas d’absences en cours pour les adolescents.INGSEYFS0510.jpg

Dans ces rapports où on classe les enfants de trois ans turbulents ou à comportements à risque.... voit-on ce que vit l’enfant, voit-on son malaise, son besoin d’être écouté, entendu.... Parfois (et souvent d’ailleurs) il vit un deuil et personne n’entend sa douleur. Il a perdu une cousine de son âge, emportée par la mort. Il a perdu un grand-père, il a perdu sa mère, son père. Qui prend conscience de la colère contre la vie qu’il exprime à travers son agressivité, lorsqu’il n’a que ses petits poings et son attitude pour dire sa blessure ? Et après, on se demande pourquoi le suicide est en recrudescence chez les pré-adolescents ??

GS166015.jpgEt par ailleurs, l’enfant ne trouve plus les limites nécessaires à son développement, dans des familles débordées et souvent dépassées, en situations économiques parfois très précaires. Au lieu de stigmatiser ces familles en difficultés affectives ou autres, pourquoi ne pas aider ces parents en les incitant, en les invitant officiellement à participer à des sessions ou des conférences à l’École des Parents ?? Pourquoi ne pas accompagner ces parents et ces enfants en demande d’écoute par des réunions de parole familiale où chacun aurait sa place pour exprimer ce qu’il ressent, parents et enfants ? Les centres médico-psychologues gratuits offrent de telles possibilités. Pourquoi ne pas engager les familles en difficultés à y aller pour se faire aider au lieu de sévir et de maltraiter des familles déjà courbées sous le poids du sort marqué par le chômage, le divorce, la dépression, l’alcoolisme et parfois le deuil.k0185514.jpgk0361219.jpg

Nous sommes de plus en plus censurés individuellement et l’Éducation Nationale est censurée aussi dans l'aide qu'elle peut apporter aux enfants en difficultés, avec la suppression de nombreux postes et de dispositifs comme les Rased. Les psychologues scolaires devraient avoir aussi plus de moyens et d’effectifs pour aider les enfants en souffrance. Les professeurs et les encadrants pédagogiques tremblent de peur dès qu’ils engagent un projet et ne peuvent même plus donner trois granules d’arnica à un enfant qui s’est cogné, car cela est devenu interdit.

k1078021.jpgUn enfant qui se retrouve en conseil des maîtres pour avoir cherché à soulever la jupe d'une fille afin de voir sa culotte devient aujourd'hui immédiatement un délinquant sexuel, montrant que la relativité de l’enfance avec le monde adulte n’existe plus. On projette la délinquance des plus grands sur le monde des petits. On projette aussi nos peurs d’adultes, vivant dans une société où la liberté individuelle est de plus en plus muselée.

Je souhaite vraiment que le projet de loi actuel sur le dépistage de la violence chez les jeunes enfants ne passe pas, surtout si c’est pour dire d’eux dans dix ans : «Vous voyez, on vous l’avait bien dit qu’il allait devenir violent ???!!!!». Si le projet prévoit un accompagnement et tout une batterie de moyens pour redonner sa place à la protection sociale des familles et à l’écoute des parents et des enfants, alors je dirai oui.k2240982.jpg

bandeau-besson-mail-grande.JPGJe souhaite que cette loi ne passe pas comme est passée la loi sur la fin de la médecine du travail indépendante ou comme la loi Besson qui permet d'enfermer des enfants 45 jours en attendant d'être expulsés de France avec leurs parents... Savez-vous que les médecins du travail ne seront plus indépendants mais assujettis à la volonté et à la demande des entreprises...? Savez-vous que cette loi est passée tranquillement avec le projet de loi sur les retraites ? Savez-vous que "les enfants d'une personne en situation irrégulière figureront dorénavant sur les registres des centres de rétention. Ils seront donc officiellement enfermés avec leur parent dans des centres de rétention pendant toute la durée de la rétention, soit jusqu'à 45 jours. En officialisant l'enfermement d'enfants, le gouvernement assume ouvertement cette pratique qui va à l'encontre de l'intérêt supérieur de l'enfant, pourtant protégé par plusieurs conventions internationales."visuel-besson-web.JPG


Chloé LAROCHE

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POUR ALLER PLUS LOIN :


UN ARTICLE À LIRE :

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3481  : nos enfants sous haute surveillance

À PROPOS DE L'ÉCOLE DES PARENTS :

http://www.ecoledesparents.org/epe/eej.html
http://www.ecoledesparents.org/epe/adresses.html (permanences téléphoniques écoute aux parents)

NUMÉROS GRATUITS D'ÉCOUTE PARENTS-ENFANTS-ADOS :

___Ligne téléphonique Inter-Service-Parents : 0 810 659 009

Mardi (15h30-18h30 psychologue)

mercredi (10h-13h psychologue et orientation scolaire)

jeudi (9h30-12h30 psychologue)
et vendredi (14h-17h juriste et médiatrice familiale)

k0154629.jpg____Espace-Ecoute-Jeunes / Ligne téléphonique : 0 810 659 009

Lundi (9h30-12h30 psychologue) -
mercredi (9h-12h psychologue et orientation scolaire) -

jeudi (9h30-12h30 psychologue)
et vendredi (14h-17h juriste et médiatrice familiale)

___LE SITE DU RÉSEAU D'ÉDUCTAION SANS FRONTIÈRES :

http://www.educationsansfrontieres.org

12/03/2010

J'écris en hommage au policier dans le coma, attaqué avec des pierres au cours d'un contrôle routier à Épernay, dans la Marne.

"Après avoir été victime d'un jet de pierre lors d'un contrôle routier à Epernay (Marne), un policier est toujours plongé dans un coma artificiel. Agé de 50 ans, ce gradé a fait plusieurs malaises avant d'être hospitalisé. Atteint d'un traumatisme crânien, il a été plongé dans un coma artificiel, son état s'étant brusquement dégradé ces dernières heures."

Le 10 Mars 2010.policier,police,violence,silence,coma,vie,mort,brutalité,contrôle routier,poème,taire,ange,combat,actualité,peur,métier difficile,révolte,injustice,deuil,tristesse,hommage,attaque,justice,suicide,malaise,vocation,sacrifice,pensées,famille,force de l'ordre,autorité,droitimages5T7MzN.jpeg

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imagesynCaaS.jpeg________________ J'ÉCRIS POUR CE POLICIER CAR IL NE PEUT PLUS S'EXPRIMER.

IL FAISAIT SON TRAVAIL ET IL A PAYÉ DE SA SANTÉ POUR DES P'TITS CONS QUI NE SAVENT PAS QUOI FAIRE DE LA LEUR.

J'AI ÉCRIT CE POÈME POUR QU'IL REVIENNE À LA VIE, AFIN QU'IL POURSUIVE SON CHEMIN.

CAR LES MOTS ONT LA MAGIE DES RÊVES ET LA FORCE DE LA VIE.

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Quand je me terre
Loin de mes congénères
Le silence arrive comme loup
Et j'écoute le bruit des houxdefault5ZtQXq.jpeg

Quand je me tais
Le coeur secret
Que je n'ai rien à dire
C'est qu'il n'y a plus à sourire


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Alors je déchire les cordes
Des violons muets en hordes
Et ils jouent à nouveau
Des symphonies sur l'eau


Puis je prends ma pirogue
Et j'écoute le long bug
Celui du monde qui gémit
À force de retenir ses cris

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Finalement je reviens
À la vie qui jamais ne s'éteint
Avec des envies d'échanges
De mots d'anges....

imagesd4eZ45.jpeg


Dits par ceux qui ne se taisent pas
Car se taire, c'est replier ses ailes


Mais j'ai été pris pour cible

Policier innocent au cielpolicier,police,violence,silence,coma,vie,mort,brutalité,contrôle routier,poème,taire,ange,combat,actualité,peur,métier difficile,révolte,injustice,deuil,tristesse,hommage,attaque,justice,suicide,malaise,vocation,sacrifice,pensées,famille,force de l'ordre,autorité,droit


Reviendrai-je du coma vivant

Dans lequel mon destin m'a plongé impuissant

Par la faute d'une arme de haine et d'horreur

Utilisée par des êtres humains sans coeur.


Chloé Laroche___________policier,police,violence,silence,coma,vie,mort,brutalité,contrôle routier,poème,taire,ange,combat,actualité,peur,métier difficile,révolte,injustice,deuil,tristesse,hommage,attaque,justice,suicide,malaise,vocation,sacrifice,pensées,famille,force de l'ordre,autorité,droit
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Je vous annonce que ce policier est sorti du coma depuis et qu'il est vivant. ________________________________________________________________

images1Tqk5h.jpegCOMMENTAIRES de nombreux policiers :

 

Madame,
Au nom du "blog de police", un groupe de discussion sur la réalité du métier des forces de l'ordre sur Facebook, qui regroupe près de 5000 policiers :
Merci de ce très beau texte.
Tout simplement.

Ecrit par : Marc Louboutin | 12.03.2010

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Merci pour lui, très beau poème et qui réchauffe le coeur de voir que des gens nous apportent leur soutien...

Ecrit par : Sébastien GRELLET | 12.03.2010

________________________________________________________________imagesQsfzFb.jpeg

Merci infiniment pour ce très beau texte, puisse-t-il un jour le lire lui-même !
Merci pour tout.

Ecrit par : Laëtitia BOULEAU | 12.03.2010
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Merci à toi pour ce texte magnifique.

Claude

Ecrit par : sousbrigadier | 12.03.2010

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RÉPONSE DE CHLOÉ LAROCHE :

imagesRZbykc.jpeg

Merci à tous les policiers qui m'ont envoyé plein de messages de remerciements pour mon texte. Le métier de policier est loin d'être facile et il ne faut pas oublier que les policiers rendent service à chacun de nous car ils sont très souvent dans l'aide aux autres plutôt que dans la répression... dans laquelle la population les imagine. Ils sont près de ceux qui subissent des violences, ils protègent les victimes et défendent les lois. Alors, que ce policier dans le coma ne soit pas mort du silence de ceux qui se taisent ou ont la haine.

Amicalement à tous, Chloé Laroche


12.03.2010

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Un grand MERCI pour le soutien moral que vous nous apportez.
Olivier, Gardien de la Paix (ou plutot de ce qu'il en reste...)

Ecrit par : SAKESYN Olivier | 12.03.2010
________________________________________________________________images9y27Vx.jpeg

Au nom de tous mes collègues, je tiens à vous remercier Madame de ce joli poème qui réchauffe le coeur et qui nous touche particulièrement

Ecrit par : BERTHAULT | 12.03.2010

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Merci pour ce joli texte, et merci pour votre soutien, policier et papa comme ce collègue, nous avons besoin du soutien des citoyens pour lutter contre cette délinquance de plus en plus violente à notre égard... En espérant que l'état de santé de notre frère d'arme se stabilise... Et que la justice soit rendue sans état d'âme avec ce type de voyou !!!

Ecrit par : benoît | 12.03.2010
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Belle écriture, un souffle d'espoir, un sourire .. sur un sujet si grave !
Merci à vous

Ecrit par : cat | 12.03.2010
imagesVM8sY0.jpeg________________________________________________________________


Merci beaucoup Madame, pour notre collègue. Si seulement plus de citoyens exemplaires comme vous êtes nous soutiendraient nous serions plus fort dans notre combat qui est avant tout d'assurer la sécurite de nos citoyens, merci encore.

Ecrit par : Tony perus | 12.03.2010

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Merci à toi, de penser à notre collégue, il en a besoin de cette chaleur humaine et de penser à nous par la même occasion. Je pense aussi à son épouse, ses enfants, ses parents. Et aux miens, si nous étions dans la même posture. J'aime ce métier, mais de plus en plus, je sens l'amertume me gagner face à cette bande d'incapables, incapables de gérer la sécurité de leurs "policiers", policiers qui leur font des tapis rouges lors de leur déplacement, alors que ceux-ci ne veulent pas voir " du bleu ". Vivement le changement! c'est vous civils, citoyens qui feront le changement en réagissant ainsi, en soutenant notre métier ingrat.
Merci Chloésf_n7z8427.jpg.

Ecrit par : ludo | 12.03.2010

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28/02/2010

J'écris pour les cinq ans de mon fils, entre épreuves et sérénité, entre amour et pardon, entre deuil et résilience.

Copie de imm015_14A.jpgMon fils

 

Tu as eu cinq ans aujourd'hui

Cinq ans d'une vie de bonheur

Près d'une maman aimante

Mais des larmes pour ton papa

Disparu si loin disparu si tôt

Alors que tu l'avais retrouvé

Après des mois d'absence

De désertion de paternité

Et le voir s'amaigrir

Jusqu'à mourir sans retourCopie de imm013_12A.jpg

 

Tu as eu cinq ans aujourd'hui

Mais des tempêtes dans ton coeur

De voir le monde, de le sentir

Parfois si dur quand les ados

Montrent leur souffrance si fort

Que les petits subissent leur colère

Face à une révolte de jeunesse

Et regarder les aînés insulter

Malmener, voir les larmes

D'une mère impuissante

 

Copie de imm024_23A.jpgTa soeur handicapée

Un soir s'est jetée sur toi

Elle voulait te frapper

Et j'ai dû la plaquer au sol

Car le handicap mental

Est parfois dangereux

Tu as eu peur si fort

Et comment aimer après

Comme tu sais le faire si bien

Tu aimes ta soeur de Roumanie

 

imm009_9A.jpgTu as eu cinq ans aujourd'huiCopie de imm025_24A.jpg

Et face à tes deux soeurs d'adoption

Tu gardes ce regard d'amour

Même si parfois tu les mettrais dans un carton

Avec marqué dessus : retour au pays

Mais tu sais au fond de ton âme

Qu'elles viennent de l'enfer

D'un passé trop dur et révolu

Et que ta maman les aime

Donc toi aussi tu les aimes

 

 

imm007_10A.jpgTu as eu cinq ans aujourd'hui

Et pas un appel des grands-parents

Les paternels sont morts

Et les maternels sont en vie

Mais trop de mal à ta maman

Par un grand-père haineux

Qui vit dans un monde sans amour

Au coeur sec et froid

Dans lequel la tendresse est morte

Indifférence parentale

 

imm010_10A.jpgTu as eu cinq ans aujourd'huiCopie de imm026_25A.jpg

Et quand ils sont venus

De leur lointaine région

Tu n'as même pas su qu'ils étaient venus

Car ils n'ont pas pris la peine de passer

De venir te faire un gros bisou

Ta mère au coeur arraché

De leur absence et là il étaient si près

Mais ils n'ont pas donné signe de vie

Dans la misère pauvre des âmes

 

Photo014.jpgTu as eu cinq ans aujourd'hui

Plein de bonheur et une balade

Avec des amis et des enfants

On a pris la Bastille à Grenoble

Comme on prendrait le monde

Avec amour et enthousiasmeimm005_4A.jpg

Comme tu les fais vivre dans ton coeur

Tu me regardes et tu me fais

Un énorme bisou en riant

"C'est un baiser serré"

 

 

Copie de chloé+4-1.jpgBon anniversaire mon fils.

 

 

Ta maman

Chloé L

 

 

 

Nota : le lac sur les photos est le lac de Monteynard, situé au sud de Grenoble.

26/02/2010

Najlae, une jeune fille marocaine expulsée par notre pays alors qu'elle allait demander de l'aide en gendarmerie pour des violences reçues.

imagesHOw9lu.jpegBonsoir à tous et toutes,imageskdW6Yg.jpeg

 

Ce soir je viens vous parler d'une jeune fille de 19 ans que la France n'a pas su protéger, malgré les promesses électorales du Président Sarkozy promettant d'offrir la nationalité française à toute femme étrangère victime de violence et de maltraitance.

Elle s'appelle Najlae et a été expulsée vers le Maroc le 20 février alors qu'elle allait demander de l'aide en gendarmerie. Au lieu d'être aidée et soutenue, réconfortée et protégée, les gendarmes l'ont placée en garde à vue.

Elle a été expulsée le lendemain de sa demande d'aide, les 18 et 19 février.

imagesp0SPU9.jpegLà-bas, elle est vouée à un destin cruel : le mariage forcé, destin quelle avait fui en 2005 en venant chez son frère en France.

Le problème est que celui-ci ne la respecte pas et la bat, d'où la demande de Najlae d'être protégée.imagesl6KcyA.jpeg

Alors si vous êtes révoltés par cette expusion sordide qui en rejoint bien d'autres, merci de signer la pétition et de lire les informations données par le site d'Éducation sans Frontières : http://www.educationsansfrontieres.org

imageskdW6Yg.jpegSi vous habitez Orléans, il y aura une manifestation le 27 février, ce samedi, à partir de 15 heures. Voir les éléments ci-dessous après mon article.

Je finirai en rappelant que l'année 2010 met l'accent sur la lutte contre les violences faites aux femmes et qu'au moment où une loi est votée dans ce sens, il est incompréhensible qu'une jeune fille soit malmenée ainsi par l'État Français et la justice de notre pays.

Je plains les gendarmes et les policiers qui ont encadré Najlae pour la mettre de force dans l'avion. Ils ne font pas un travail facile. Combien doivent pleurer au soir de ces expulsions qui arrachent le coeur et combien doivent se regarder le matin dans une glace en se demandant pour quels monstres ils travaillent.imagesLcteVQ.jpeg

 

Chloé Laroche___________________


 

LE 15 MARS 2010.

Najlae "heureuse" a retrouvé son lycée, ses amis après son expulsion

 

 
source : AFP
"Visage radieux, large sourire, "heureuse", la jeune lycéenne marocaine Najlae Lhimer a repris les cours lundi matin au lycée, à Olivet (Loiret), après trois semaines d'expulsion au Maroc et et deux jours de retour en France. "Je suis vraiment contente de retourner dans mon lycée, heureuse de retrouver tout le monde. Mais j'ai le stress, je tremble un peu", dit aux journalistes cette jeune fille de 19 ans qui aspire à un peu de "calme" après le tourbillon de ces derniers jours. Il est O9h15, la lycéenne se prépare à effectuer son retour au lycée professionnel Françoise-Dolto, où elle est en première CAP service-restauration. Elle se tourne, pousse un cri, se jette dans les bras d'une première amie. "Elle a été tout le temps dans mon coeur."

 

 _____________________ Liens :


http://www.educationsansfrontieres.org/article26969.html

http://www.educationsansfrontieres.org/?page=article&id_article=26372

 

 

P1445 - LE PRÉFET DU LOIRET REFUSE DE PROTÉGER UNE JEUNE LYCÉENNE VICTIME DE VIOLENCES. PIRE ENCORE : IL AJOUTE SA PROPRE VIOLENCE EN L’EXPULSANT SANS DÉLAI ET SANS RESPECTER LE DROIT ! NAJLAE DOIT REVENIR ET ÊTRE REGULARISÉE.


France 3- Orléans- L’expulsion de Najlae :moton459.jpg

"Najlae a 19 ans. Elle est élève au lycée professionnel Dolto à Olivet (Loiret). Elle a été expulsée samedi 20 février 2010 vers le Maroc.
En 2005, pour échapper à un mariage décidé par son père, elle part chez son frère en France.
Ce frère la maltraite régulièrement. Mardi 16 février, les violences atteignent un degré extrême et Najlae se réfugie chez la mère d’une amie d’internat.
Le jeudi 18 et le vendredi 19 février, elle se rend à la gendarmerie de Montargis puis à celle de Château-Renard pour porter plainte. Elle est mise en garde à vue puis en rétention à Montargis. A ses amis inquiets, les gendarmes ne veulent même pas dire à quel endroit elle se trouve.
Le lendemain samedi 20, c’est à 4 heures du matin que Najlae appelle ses amis pour leur apprendre qu’elle prendra l’avion pour Casablanca à 7 H 35 où elle arrive en fin de matinée.
Najlae ne veut pas retrouver sa famille au Maroc car elle sait qu’elle est destinée à être mariée à un cousin.
Tout dans cette affaire est ignoble. Du début à la fin les droits humains ont été bafoués. Il n’y a pas de mots assez forts pour qualifier ceux qui ont pris ces décisions. Car Najlae avait le droit de saisir la justice pour les violences subies, elle avait le droit de contester le refus de séjour du préfet devant le tribunal administratif : en précipitant son expulsion, le préfet lui a volé ces droits.

Najlae doit revenir en France le plus vite possible et reprendre ses études.
La justice doit donner suite à sa plainte.
Najlae doit pouvoir vivre sa vie de femme comme elle en a décidé.
Et la France doit la protéger !"

mercredi 24 février 2010.

 

________________________________________________________ APPEL À MANIFESTATION :

Le samedi 27/02 de 15:00 à 20:00.

Orléans (45) - Parvis de la Place d’Arc : APPEL A RASSEMBLEMENT ET A MANIFESTATION pour exiger le retour, la régularisation et la protection de Najlae. Que justice lui soit faite !

Pour lire l’appel : http://resf45.hautetfort.com/archive/2010/02/24/appel-a-rassemblement-et-a-manifestation-pour-exiger-le-reto.html



arton36.png______________________________________________________________ N'OUBLIEZ pas de signer aussi LA PÉTITION SUIVANTE TRÈS IMPORTANTE :


Pétition nationale : Nous les prenons sous notre protection !

 

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25/12/2009

J'écris à un adolescent qui frappe sa mère. À tous les adolescents qui frappent et terrorisent leurs parents.

gs343077.jpgLettre à un adolescent qui frappe sa mère,



Je viens te parler et tout d’abord te souhaiter un joyeux Noël.1780153.jpg

Ta mère a encore appelé le numéro vert “Jeunes Violence Écoute” mais tu ne le sais pas. Tu ne vois pas ses larmes et son désespoir.

Le numéro de Jeunes Violence Écoute est le 0 800 20 22 23.

Là-bas, ils reçoivent près de 650 appels par an de parents dans le cas de ta mère. Certains se font gifler, d’autres insultés tous les jours par leur fille, leur fils. Certains parents sont menacés de mort.images.jpeg

Toi, cette semaine, tu as poussé ta mère contre un mur et je ne répèterai pas ici ce que tu lui as dit.

Pourquoi cette haine, cette violence ? Pourquoi la laisser envahir ton coeur jusqu’à humilier ta mère, jusqu’à arracher le cordon comme on coupe un arbre qui nous embarrasse.

ks110392.jpgLe cordon de ta naissance existe ; il vit, même coupé par des ciseaux ; le lien physique et affectif existe et ta mère sera toujours ta mère, celle qui t’a donné la vie, celle qui t’a allaité, celle qui est allée travailler pour te nourrir, celle qui a passé cent nuits blanches, celle qui a eu peur de te perdre quand tu étais très malade, celle qui t’a toujours protégé de tous les dangers.bn267037.jpgbxp32798.jpg

Tu n’es pas devenu cet homme qui veut le pouvoir dans la maison et faire ce qu’il veut, au mépris des personnes autour ?!

Tu n’es pas devenu cette ombre qui insulte et méprise, qui domine avec sa force et qui terrifie son entourage ?!

Tu n’es pas devenu le crocodile qui te faisait peur tout petit, le requin qui croque tout ce qu’il trouve même si on dit de lui parfois qu’il est inoffensif... pour sauver ce qu’il reste de gentil en lui ?IS543-033.jpg

Ta mère va en être réduite à porter plainte un jour contre toi, même si elle ne l’a pas encore fait, par amour et... parce qu’elle pardonne tout.

Tu le sais et tu en joues. Tu joues de sa peur. Tu joues de ta force. Afin d’obtenir ce que tu veux. Afin de régner en maître.



k0045393.jpgMais tu as encore besoin de limites et tu en demandes. Tu as besoin qu’on puisse s’opposer à toi et... te laisser tout faire n’est pas la solution. Tu as besoin de tierces personnes qui pourraient venir aider ta mère : éducateurs, justice, juge des enfants, police, psychologues, amis, famille.

Ta mère a attendu longtemps dans le désarroi, trop longtemps. Elle est en dépression. Plusieurs fois, tu aurais pu devenir orphelin car elle a eu envie de mettre fin à ses jours. Voir son enfant nous battre ou nous menacer de mort, nous insulter des pires mots comme “va te faire enc”... est insupportable pour une maman.images2H85dq.jpeg

Aujourd’hui, les enfants ont grandi en étant gâtés par la technologie, en étant gâtés par leurs parents qui offrent tant, en étant pris dans une communauté sociale qui mêle l’abondance d’une société de consommation avec la peur des lendemains sans travail, avec la peur d’une terre qui se réchauffe et d’un futur imprécis, incertain.

BCP043-60.jpgQuand le sol se dérobe sous nos pieds et dans nos têtes, on peut être tenté de se défouler sur nos proches... mais ce n’est pas la solution, n’est-ce-pas ?!

Si tu mettais un peu d’amour dans tes gestes, dans tes mots... si tu voyais ta mère comme celle qui t’a donné la vie et t’a élevé... Et pas comme une femme que tu détestes parce que tu te prends pour l’homme de la maison, que tu n’es pas.ispi052097.jpg

Si tu prenais tes peurs, tes angoisses, tes envies de frapper... et que tu les mettais en un autre endroit que sur ta mère ? Tu pourrais aller faire de la boxe, des arts martiaux, apprendre une discipline, un ordre de vie, des limites naturelles enseignées. Tu pourrais aller courir, écrire des mots sur un cahier et le jeter dans la rivière... pour que personne ne reçoive ta haine, sauf l’univers.KS95587.jpg

Je vais te laisser et t’offrir quelques textes d’adolescents comme toi qui ont écrit dans le livre : “Poèmes d’adolescents / Avec ces quelques mots qui enfantent le jour” (Pédagogie Frénet-1974).BCP043-61.jpg

En ce jour où des enfants pleurent de faim et de misère, où des sans-abris dorment dans leur voiture ou dans la rue et pleurent ceux qui sont morts avant eux (265 sans-abris morts en 2008), en ce jour où des parents orphelins pleurent leur enfant décédé de maladie ou d’accident et regardent tristement le sapin planté sur la tombe...

Promets-moi de mettre ton énergie et ton envie de tout casser... à des causes justes... et non contre ta mère.

Chloé Laroche

imagesESoqva.jpeg__________________

“Il fait froid dans mon coeur comme il fait froid en hiver.
Un singe tremble dans la neige.

Il gèlera dans mon coeur comme il gèlera en hiver.
Un singe tombera dans la neige.

Un singe MOURRA dans la neige.”

(Marie-Odile, classe de troisième)


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“Il s’abat des oiseaux sur toutes les vitres
Le sang gicle à chaque giboulée.
Il fait froid au-dehors
Et mon coeur est glacé
de cent mille averses
Qui m’inondent d’une grande tristesse.
Pas une larme de soleil
Pour déchirer un ciel impitoyable.
Les oiseaux meurent par milliers
Et s’abattent à jamais
Sur des vitres mouillées
Par le sang des années.”

Marie-Claire (classe de seconde)adolescent,violence,parent,mère solo,jeunes violence écoute,numéro vert parent battu,haine,insultes,éducation,société,noël,consommation

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“Le jour où les voitures reposeront
en tas
Leurs roues tournant en vain
Nous courrons le long
des autoroutes vides
Criant, hurlant, chantant,
Fort, fort, fort.”

Olivier (classe de Première)

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“Je rechercherai parmi les brumes du désert une voix humaine
J’écouterai à l’aube de l’humanité, la plainte d’un clavier
Je chanterai le délire d’une étoile éteinte par la foudre des hommes
Je maudirai les canons et leurs bruits sourds aux oreilles de Dieu
Je renierai les fleurs enflammées par le poison du coeur
Je serai hanté par l’arme de la mort dansla nuit souveraine
Je rechercherai l’homme de la mer et sa prière tintant aux larmes du soleil
Je pleurerai sur la tombe désemparée de la paix
J’adopterai l’enfant semé dans la terre du malheur
J’aimerai la mer et son visage doux comme l’amour
Je trouverai l’Homme errant dans la vie comme la bougie éclairant le jour
J’implorerai la voix chantant l’espoir d’un monde meilleur
J’adorerai le soleil comme une idole
Je haïrai le sang lâche.”

Anne-Marie (classe de Troisième)

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______________________________________________________________   JOYEUX NOËL À TOUS !! Chloéadolescent,violence,parent,mère solo,jeunes violence écoute,numéro vert parent battu,haine,insultes,éducation,société,noël,consommation


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18/06/2009

Chronique d'un fait grenoblois nocturne sur la violence ordinaire d'une femme jetée d'une voiture par son compagnon. Lorsque la société devient si dure que les hommes le deviennent aussi.

Bonsoir à tous et toutes,

 

u17953468.jpgLa violence ordinaire dans les mots et les actes entame la part d'humanité qui vit en chaque homme et en chaque femme.

Entre la crise et l'espoir, il reste du chemin, lorsque la société devient si dure que les hommes le deviennent aussi.

Hier soir, c'était mardi et une jeune femme a été jetée d'une voiture.

Jetée ? Mais par qui ?

Son ami, son compagnon de vie depuis trois ans.

Un peu avant minuit, elle marchait entre Grenoble et Meylan, rejoignant son domicile à pied.SB10063658EQ-001.jpg

Il faisait nuit et elle pleurait.

Elle marchait, traversant le pont de cette longue avenue qui part de la Mairie de Grenoble.

Son domicile à Meylan était encore loin.

Jolie et habillée d'une jupe courte, elle aurait pu tomber sur des hommes aux idées mal-intentionnées.

images-1.jpegJe me pose la question : quelle sorte d'homme est-ce pour laisser dans les rues cette jeune femme, pour la jeter hors de la voiture et la laisser marcher dans la nuit, en pleurs, désemparée, avec une très longue distance à parcourir pour rentrer, sans transports en commun à cette heure de la nuit ?

Depuis trois ans qu'il vit avec cette femme, cet homme la connaît. Il l'a aimée. Il l'aime. Quelle violence faut-il dans le coeur pour agir ainsi ?

AA024364.jpgCette femme a eu de la chance. Car soudain une voiture s'est arrêtée. C'était un de mes amis qui l'a aperçue et, soudain inquiet, lui a  demandé ce qu'il lui arrivait. Elle a expliqué les choses en pleurant. Il lui a proposé de la ramener chez elle. Elle a acceptée, visiblement soulagée.

Cet ami s'est confié à moi et m'a parlé de cette femme. Il m'a dit : "Mais dans quel monde on vit ? Cet homme qui ose faire cela envers une femme qui vit avec lui depuis trois ans... Quelle violence !"

J'espère que cette femme fera son bout de chemin pour prendre les décisions qui s'imposent. Mais parfois, des êtres restent dans une relation difficile, violente... et parfois aussi, il n'y a qu'un enfant de deux ans qui est témoin de la violence à la maison.k0211325.jpg

Parfois, l'enfant est seul témoin des coups portés à sa mère, des humiliations, des insultes... Là, il n'y a pas UNE victime, il y en a deux.

L'enfant se liquéfie à l'intérieur, se raidit, se durcit.

u16188958.jpgAlors, pour vous, la femme du pont de la route de Chambéry... n'attendez pas d'avoir un enfant avec cet homme.

Prenez votre coeur et sauvez-vous !

 

Chloé LAROCHE

 

Commentaires

Pourquoi les couples se déchirent-ils de cette façon ? Comment en sont-ils arrivés à se haïr à ce point ? Quand les enfants sont témoins de ces drames, cela doit perturber l'enfant intérieurement : la peur ressentie, les cris répétés des parents en sa présence, l'angoisse qu'il doit avoir. 
Les violences verbales et physiques doivent être déclarées aux autorités, mais faut-il encore que les victimes le veuillent. Certaines restent en couple, surtout quand il y a un enfant, mais cela ne va pas rassurer l'enfant, au contraire, il sera traumatisé le restant de sa vie. S'il arrive quelquechose à la maman (ou le papa), l'enfant sera placé automatiquement et enlevé de son cocon familial, ce qui entrainera une angoisse supplémentaire pour le petit.

Les victimes doivent absolument dire ce qu'elles vivent au quotidien pour que le conjoint "attaquant" soit punit pour ses actes irresponsables.
N'hésitez surtout pas, votre vie dépend de votre choix de dire les faits. Vous devez le faire IMPERATIVEMENT.

Merci à Chloé de soulever ce très grave problème. 

Prenons conscience que cela peut arriver à n'importe qui.

Lolotte73

Ecrit par : Lolotte73 | 18.06.2009

 

Lolotte, j'ai mis le temps pour vous remercier de ce commentaire qui m'a touchée. Vous parlez très justement et je suis heureuse que vous réagissiez à mes articles. Je sais que vous êtes là, intervenant avec des mots qui me vont droit au coeur ou parfois vous lisez et restez dans le silence. Merci infiniment. Je pense à cette femme qui marchait dans la nuit en pleurs et à toutes celles qui reçoivent les coups. Je pense aussi à ces femmes qui ne défendent pas leur enfant contre les mauvais traitements d'un conjoint. J'ai vécu cela en face de ma mère. Cela marque profondément. Hier encore je me rappelais quand j'ai été jetée dans les orties à 5-6 ans par mon père. Si j'avais été ma mère, je n'aurais jamais pu assister à cette scène sans réagir, sans aider mon enfant, sans hurler. Les choses se sont passées comme si c'était normal. Il fallait serrer les dents. Ma mère les a serrées mais au détriment de son rôle de maman. Aimer un homme ne veut pas dire tout accepter, tout voir sans broncher. Un enfant qui a vu sa mère inerte et passive devant son appel au secours intérieur voit la moitié de son âme agoniser. Je vous embrasse, Lolotte. Chloé L

Ecrit par : Chloé Laroche | 24.06.2009

 

22/05/2009

Quand Ilan Halimi est mort, j’ai été horrifiée de ces trois semaines d’agonie qu’Ilan a vécu... dans le supplice orchestré par un homme abject, chef de groupe antisémite et manipulateur de 26 personnes.

 

images-10.jpegà Ilan HALIMI, à sa famille.

 

 

images-2.jpegQuand Ilan Halimi est mort, j’ai été horrifiée, horrifiée de ces trois semaines d’agonie qu’Ilan a vécu... dans le supplice orchestré par un homme abject, chef du Gang des Barbares, antisémite et manipulateur de vingt-six personnes : Youssouf Fofana.images-9.jpeg

 

Horrifiée par cette organisation barbare qui pour moi s’apparente à une mini-secte dont les adeptes ont été sous la domination d’un gourou, porteur du mal absolu. Adeptes ou salariés fanatiques puisque certains étaient payés pour accomplir la torture et les humiliations, en vue d'une rançon mais aussi parce que Ilan était d'origine juive.

 

Horrifiée parce que, dans cette affaire, il y a eu des dizaines de témoins extérieurs... qui savaient et qui n’ont rien dit... Témoins qui étaient des parents des membres incriminés, des amis, le gardien de l’immeuble où Ilan était séquestré. Témoins qui auraient pu sauver Ilan de la mort mais qui ont laissé le pire aller à son ultime abominable.

Ilan, le silence t'a tué, la loi du silence d'une cité entière, mais aussi ces trois jours de silence imposés par la police qui a obligé ton père à ne plus répondre aux demandes de rançon. La communication coupée avec tes ravisseurs a précipité ta mort, aggravant leur stress devant trois semaines sans résultats pour eux. Tes cris sans réponse, baillonnés, la cigarette écrasée sur ton front, les coups reçus, les humiliations, l'anti-sémitisme, ton corps nu dans la cave... enverront ceux qui n'ont pris que douze ans pour ta mort à la damnation perpétuelle de leur âme.

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images-6.jpegAujourd’hui, il y a une polémique autour d’un journal qui a publié une photo d’Ilan, le visage scotché avec une arme pointée sur lui. Je crois que l’on se trompe dans cette polémique à savoir s’il fallait ou non publier cette photo. Si vous vous mettiez un instant à la place d’Ilan, cette photo représente le milliardième seulement de ce que ce jeune homme a enduré. Au lieu de faire des émissions de radio qui tournent autour du nombril de certains, pensez à son calvaire, à sa peur, à son âme recroquevillée au bout de ses cellules en souffrance ultime.

 

Ilan Halimi a vécu la mort jusqu’au bout du tunnel du sordide, de l’abominable, de l’horreur extrême.

Certains auteurs ont dit qu’il ne fallait pas mettre l’accent sur le fait que c’est un crime antisémite.. car “si c’était le cas, on verrait des Ilan Halimi torturés plein les quartiers.” Car pour vous, il faut un génocide pour reconnaître qu’il y a eu pensée antisémite ? Il faut une armée antisémite pour reconnaître qu’un groupe a été dirigé par des pensées proches de celles d’Hitler ? 

 

images-1.jpegIlan HALIMI, tu as été victime de cette Bête infâme, pieuvre à multiples têtes qui s'appelle la cruauté humaine, le racisme, la barbarie, l'antisémitisme... Je suis la petite fille d'un des chefs de la Résistance à Grenoble durant la Seconde Guerre Mondiale. Il a été déporté et torturé, mutilé. Les Nazis ont fait des expériences chimiques sur lui. Il s'appelait Jean-Louis LAROCHE. 

Je me lève pour toi, pour lui, et je dénonce l'horreur de ton départ pour l'autre monde, ce cauchemar de tortures qui a duré trois semaines. Ayant perdu un enfant, je pense à tes parents dont le coeur est arraché et je leur envoie mille roses du Ciel bouleversé.

k0491509.jpgTu aimais une femme. Tu avais 23 ans et toute la vie devant toi. Tu as été bernée par une autre femme, Emma, une femme-requin, qui n’a pas hésité à aller te chercher dans le magasin où tu travaillais en téléphonie pour te manipuler jusqu’à t’emmener dans le piège de ta fin horrible.images-3.jpegimages-7.jpeg Elle n'a pris que neuf ans  aux deux procès.

 

 

Le 13 février 2006, tu étais retrouvé brûlé, agonisant, blessé... au bord d’une voie ferrée. Tu n’as pas survécu et tu es mort, emporté par les anges au pays du sourire que tu avais si généreux, toi qui aimais le monde et les gens, toi qui n’étais pas raciste, toi qui avais pour amis des personnes de toutes origines.

Que ta maman soit aidée et entourée dans cette épreuve terrible. Qu’elle trouve des signes de toi sur son chemin pour qu’elle continue de voir le soleil et les fleurs de sa propre vie.

Que ton père trouve la paix dans ta présence invisible en lui mais certaine.

Que tu sois en sérénité de savoir que personne ici ne t'oublie, Ilan.

Chloé LAROCHE

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(article écrit le 22 Mai 2009 et légèrement modifié le 13 novembre 2011).

 


20/04/2009

Hommages aux femmes qui se battent pour leur liberté en Afghanistan. Mon hommage à Malalaï KAKAR, femme afghane policière assassinée en 2008.


Bonjour à tous et toutes,

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Ce 15 avril, des femmes par dizaines sont descendues dans les rues en Afghanistan pour protester contre la loi instaurant le droit de violer sa propre femme tous les quatre jours, de lui faire l’amour sans son consentement. Le mari aurait même le droit de lui refuser de manger en cas de refus de faire l’acte.

Ces femmes sont descendues dans les rues, essuyant pierres et insultes.20090415-065516-g.jpg

Quand le voile de larmes descend dans le coeur des femmes, la colère gronde sur la terre.

Je voudrais aujourd’hui rendre hommage à toutes ces femmes courageuses qui ont derrière elles un passé douloureux, passé vécu sous le joug des pratiques talibanes. Elles se battent pour que le présent demeure ce qu’il est, en évitant qu’il ne devienne pire.

Elles se battent au quotidien pour que l’avenir dépose le voile du machisme, le voile de l’extrèmisme, le voile de la violence conjugale, le voile de la violence éternelle, celui de la honte de naître femme.

Qu’un jour, la femme abaissant le voile apparaisse sous son jour de beauté, illuminant comme un soleil les yeux des hommes qui n’oseront plus porter atteinte à l’intégrité de la moitié de l’humanité. Ces hommes laisseront les pierres sur le chemin, honteux d’avoir lancé la vindicte contre des femmes méritantes de défendre leur liberté.

1210304725-1.jpgAujourd’hui, je choisis de rendre hommage à Malalaï Kakar, cette femme policière d’Afghanistan qui a été assassinée devant son domicile en 2008, à Kandahar, un bastion des talibans dans le Sud du pays. Elle était la maman de six enfants qui pleurent aujourd’hui leur maman, maman méritante car elle défendait les femmes victimes de violences conjugales. Son mari était fière d’elle et l’encourageait à poursuivre son métier, disant que le pays avait besoin d’elle et de son exemple.

Elle avait 40 ans et était très aimée, respectée. Aujourd’hui, ceux qui l’ont tué pensent peut-être qu’ils ont fait une grande action en éliminant cette mère de la surface de la Terre. Honte à eux ! Ils sont excommuniés à jamais du coeur du Créateur et de tous ceux qui défendent la paix et l’amour.gang_rape.jpg

Que mille roses déploient leur parfum vers son âme et que sa famille soit emplie de consolation et de paix.

Adieu Malalaï Kakar.

Chloé Laroche

 

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Du site : http://www.mediapart.fr 

voici l'article de Christel :

 

“Ils l'ont tuée... Malalaï Kakar, la femme policier la plus célèbre d'Afghanistan, a été assassinée dimanche matin devant son domicile à Kandahar, un bastion des talibans dans le sud de l'Afghanistan.

Son fils est dans le coma.

 Elle avait 40 ans et six enfants, elle était capitaine et dirigeait le département des crimes contre les femmes de la police de Kandahar, la grande ville du sud du pays et berceau des talibans, qui l'avaient menacé à plusieurs reprises. Fille et soeur de policier, engagée dans la police à la fin des années 80, Malalaï Kakar avait fui le pays à l'arrivée au pouvoir des talibans, avant de reprendre ses fonctions à la chute de leur régime fin 2001.

Elle a fait l'objet de nombreux articles de la presse afghane et internationale. Elle était la première femme à s'engager dans la police de Kandahar après la chute des talibans. Malalaï était très respectée. Elle avait renoncé à porter la burqa il y a deux ans. Mais elle ne se déplaçait jamais sans son arme et toujours en compagnie d'un homme de sa famille.

Les policiers afghans paient un lourd tribut à la violence qui ensanglante le pays. Quelque 720 policiers ont ainsi été tués au cours des six derniers mois, selon le ministère de l'Intérieur. En juin dernier, une policière avait été tuée par balles dans la province de Herat, dans l'ouest de l'Afghanistan, et la police locale avait accusé les talibans de ce meurtre, qui aurait été le premier d'une femme policier par les insurgés fondamentalistes. Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement américain.

 Une pensée nocturne à sa famille et un hommage à son courage."

CHRISTEL

PS :  Une vidéo jointe dans l'édition qui la montre au quotidien faisant son travail de policier :

http://www.mediapart.fr/club/edition/le-club-des-insomniaques-mediapartiques/video/280908/malalai-kakar

------------Les commentaires de l’article de Christel :

 "Etre femme en Afghanistan. Etre femme en Afghanistan et refuser de porter la burqa. Etre femme refusant de porter la burqa et policier en Afghanistan.... Quel courage !"

28/09/2008 23:30 Par grain de sel____________

 

"Salut et fraternité !

Pour elle, pour Massoud, pour toutes celles qui furent lapidées dans les stades , pour tous ceux qui ne veulent plus vivre à genou en Afghanistan et ailleurs, qui peut dire que nous n'avons rien à faire là bas ???La religion quelle qu'elle soit, à la maison ; et la liberté de parler et de vivre libre et démocratiquement partout ailleurs. Voilà pourquoi quelque jeunes français sont morts comme cette femme, mais la liberté triomphera."

29/09/2008 09:38 / Par Jean Paul Monat_________________

 

"Il y a un beau portrait sur le Marie-Claire anglais :

http://www.marieclaire.com/world/news/kandahar-cop

29/09/2008 10:00 / Par Maguy Day_________________

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 "Son courage m'avait marqué dans le film dont j'ai posté un extrait sur l'édition en complément. Plus qu'une héroïne, c'est une femme courageuse et droite qui vient de mourir. Certes une certaine frange du pays (les non talibans, ceux qui croient qu'un autre est possible) et nous occidentaux en avions fait une heroïne, mais elle ne se voyait pas comme cela. Je ne sais pas si elle aurait aimé ce titre postume qu'on lui donne aujourd'hui. 

Des femmes qui luttent, comme elle, au quotidien, il en existe beaucoup. Je voulais juste qu'on oublie pas que être femme et vouloir assumer certains métiers ailleurs, ce n'est pas si simple. En tout cas, sa mort m'a profondément bouleversée."

29/09/2008 10:43 / Par Christel_______________________________________

 

22/03/2009

Arrêté à l’hôpital, expulsé vers Kinshasa, renvoyé vers Paris... Romano KANDA a un fils de vingt mois et une compagne qui a elle-même deux enfants. Histoire douloureuse de la politique d'immigration actuelle dont les expulsions ne se comptent plus.

 

 

arton17859-185b7.jpgBonjour à tous et toutes,accueil.jpg

À l'heure actuelle, Monsieur Romano Kanda  a dû rentrer du Congo où il n'a pas été accepté... et retrouver sa famille, du moins je l'espère. Adonaï, son fils de vingt mois, a dû être heureux de serrer dans ses petits bras son papa. Je souhaite que cette famille ne vive plus la peur et le déchirement de cette séparation forcée, que les enfants ne soient plus jamais séparés de cette manière que vous allez découvrir en lisant les articles ci-dessous, envoyés par le Réseau d'Éducation Sans Frontières.

Chloé Larochepe0062810.jpg

 

 

jp2006_0003589.jpg_______________________ Articles du RESF :

Source / auteur : http://www.educationsansfrontieres.org

 

Venu voir sa fille aux urgences... il est expulsé !

Récit d’une très mauvaise histoire :

 

"Monsieur Kanda, père de Famille de Thorigny en Seine et Marne arrêté le 18 mars aux urgences de l’hôpital alors qu’il était venu voir sa fille, a été expulsé ce matin à Kinshasa.

C’est à 9h ce matin alors que j’attendais avec sa compagne et leurs 3 enfants l’ouverture du tribunal de Meaux qu’il nous a appelé : Il était à la PAF de Roissy.

L’avion de Kinshasa décollait à 10h30, plus le temps de ne rien faire à part appeler préfecture et ministère pour essayer de bloquer le départ.

Voilà - je suis en colère, Romano est parti pour Kinshasa sans rien sans pouvoir dire, sans pouvoir dire au revoir à personne laissant son fils de 20 mois sa compagne et les deux enfants de celle-ci desemparés. 9 ans sur le sol francais ne suffisent plus, le droit à vivre en famille n’existe plus.

Maintenant il faut obtenir son retour immédiat.

ON NE PEUT LAISSER FAIRE ÇA."

B.C.

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Samedi 21 mars à 22 heures :

Complément au communiqué RESF pour Romano Kanda du samedi 21 mars à 18h14. 

 

“Arrivé à Kinshasa avec son escorte (combien de policiers ?) mais sans passeport et avec un vieux laissez-passer, Romano Kanda, ressortissant angolais, n’a pas été admis sur le territoire congolais. Retour à la case départ. Tout le monde a été remis dans l’avion à destination de Paris.

Il atterrit demain dimanche 22 mars à 6h00 au terminal 2C de l’aéroport Charles De Gaulle. Sa famille et une délégation du RESF seront là pour l’accueillir car personne n’envisage qu’après s’être comporté de façon aussi inhumaine et s’être ridiculisé de surcroît le ministère de l’expulsion minute ose continuer à le persécuter.jp2006_0003587.jpg

La presse est invitée à venir l’accueillir avec nous.”

 

00014606.jpg________________________________ TOUTE L'HISTOIRE :

 

Article précédent (communiqué du Réseau d’Éducation sans Frontières) du samedi 21 mars :

 

“Monsieur Besson doit être un ministre heureux : à l’heure où nous écrivons, Romano Kanda, ressortissant angolais vole vers Kinshasa, peut-être encore menotté, scotché à son siège et bâillonné. Son fils, Adonai (20 mois) reste en France. Bon voyage, papa !

 Romano vivait en France, en Seine et Marne, depuis neuf ans (2000). Il était établi avec Mimi, congolaise (RDC) en situation régulière et mère de deux enfants, Estelle 5 ans et Maxime 6 ans (enfant atteint d’un handicap mental) nés d’une première union.

 Le 18 mars dans la soirée, Mimi, a un geste malheureux : énervée par le bruit des enfants dans le studio où s’entasse la famille, elle donne un violent coup de balai à sa fille…Elle appelle aussitôt les secours qui, eux-mêmes appellent la police. L’enfant est hospitalisé. La gendarmerie place la mère en garde à vue, accompagnée des deux enfants restants. Informé, Romano abandonne son travail pour l’hôpital où se trouve Estelle. Les gendarmes lui demandent de venir chercher les enfants. Mais, coincé à l’hôpital, Romano ne peut s’exécuter immédiatement. Qu’à cela ne tienne, les gendarmes se déplacent à l’hôpital… l’arrêtent et l’expédient au Mesnil-Amelot. La classe !

 Une enfant à l’hôpital, les deux autres précairement hébergés chez la grand-mère, la mère en garde à vue, le père en rétention : sous la responsabilité de Monsieur Besson les services de l’Etat agissent au mieux de l’intérêt des enfants !

Mn_81a.jpg Romano Kanda devait être présenté au juge des libertés et de la détention ce matin, 21 mars, après 48 h de rétention. Sa femme et ses enfants accompagnés de militants du RESF l’y attendaient quand ils ont été informés par un coup de téléphone de Romano qu’il était à Roissy, en cours d’embarquement pour Kinshasa.

 Joint en urgence, le directeur-adjoint du cabinet de Monsieur Besson se renseignait auprès des préfectures responsables (Essonne et Seine-et-Marne) et, finalement, estimait que tout était pour le mieux. Pour un peu il se féliciterait de cette application sans faille des lois. Certes, il allait se renseigner sur les conditions de l’interpellation qui, peut-être, étaient un peu limites mais pour le reste l’Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière a été validé par le tribunal administratif et la cour d’appel…  Tout baigne ! C’est jouer les Ponce-Pilate au petit-pied ! Les lois sont faites pour fabriquer des sans-papiers et pour les expulser, les tribunaux respectent les lois, les hauts-fonctionnaires appliquent les décisions des tribunaux et les saloperies se font en toute légalité pour le plus grand confort des belles âmes.

 Chez Besson, on a le plus grand respect du droit… à géométrie variable ! En effet, Romano Kanda n’a pas de passeport, la police a vainement perquisitionné (de quel droit ?) chez la grand-mère des enfants et chez la belle sœur pour le trouver. Romano n’a été présenté à aucun consulat, il a été expulsé vers la RDC avec un ancien laissez-passer… Une expulsion conduite dans des conditions suffisamment hasardeuses pour que, semble-t-il, la mention à expulser en moins de 48 heures (pour éviter le passage devant le juge des libertés) figure sur son dossier en préfecture !vols.jpg

 On ne peut pas laisser faire. Il faut exiger le retour sans délai de Romano Kanda, arrêté dans des conditions scandaleuses, expulsé à la va-vite et arraché à sa compagne et à ses enfants.”arton17859-185b7.jpg

 

 

 

Deux anniversaires : la mort du père de mon fils et la date d'arrivée de ma fille d'Afrique. Réflexions sur le deuil d'un enfant, sur le cancer, sur l'adoption, sur l'adolescence, sur la responsabilité d'être parent.

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Cela va faire un an, le 7 avril, que le père de mon fils est décédé.

Mon fils, ce matin, me raconte que “quand il était bébé, son père l’a emmené dans une forêt. Une grande forêt avec des monstres, des araignées, des serpents.”

Il ajoute : “Un monstre a attaqué mon papa. Il lui a envoyé une grosse boule."

Je l’écoute et je lui demande si c’est un rêve qu’il raconte... Je m’aperçois que c’est la réalité, sa réalité qu’il décrit.

La forêt, c’est la vie.

Le père aide son enfant à traverser la vie, avec ses monstres, ses embûches, sa jungle, ses requins, ses tigres, ses araignées, ses fleurs magnifiques.

Mon fils voudrait revoir son père mais ce n’est pas possible.marguerite 200.jpg

La mort dans sa dimension inéluctable est difficile à comprendre pour un enfant.

Pour l’adulte, la mort d’un être aimé est déjà si difficile, avec sa cohorte de tristesse, de colère, de culpabilité, de résilience plus ou moins bien réussie.

Je dis à mon fils que le monstre dont il me parle est le cancer. Je lui dis ce mot terrible, ce mot que mon fils à quatre ans comprend.

Le cancer, la maladie.

Mon fils met ensuite des mots sur la réalité que je viens de lui dire : “Mon papa, il fumait beaucoup. On lui a envoyé une boule.” Comme un boulet, une boule, la tumeur qui tue. “Mon papa a été à l’hôpital. Puis il est parti au ciel.”

heureuses paques 200.jpgIl a dit ces mots et puis il a eu une attitude d’offrande avec les mains tournées vers le ciel.

Personnellement, je suis en colère qu’on puisse rentrer dans une clinique pour se faire opérer et que le chirurgien percute l’artère en voulant enlever une tumeur, tumeur si grosse finalement que le papa de mon fils s’est vidé de son sang devant l’équipe médicale.

Mon fils est dans la jungle et il n’a plus que sa maman pour traverser l’enfance.

Pourvu qu’il n’y ait plus de boules.

Mais sa grand-mère, ma mère, en a une. Je le sais depuis deux mois.

Maudit cancer.

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therese 200.jpgCela va faire six ans le 5 avril que j’ai ramené ma fille adoptive de son pays d’Afrique.

Elle m’a adoptée et je l’ai adoptée dès le premier jour.

Elle savait qu’elle resterait avec nous et que ce serait une nouvelle vie.

Et puis, dernièrement, sa propre réalité a jeté cette réalité à la mer. Jetant sa nouvelle mère avec.

Dans sa réalité d’aujourd’hui, réalité d’adolescente... elle ne reconnaît pas m’avoir appelée Maman. Elle ne se souvient plus de cette rencontre d’amour, de cette confiance d’enfant qui est heureuse de prendre l’avion pour une nouvelle vie.1099R-6475.jpg

Elle ne se souvient pas de sa vie en orphelinat, comme cette vie était difficile.

Elle nous regarde avec des yeux sombres, comme des voleurs d’enfant, voleurs d’une histoire sacrée entre une enfant et sa famille biologique.

Mais nous ne sommes pas des voleurs.

Nous étions sincères et désireux d’aimer cette enfant dite orpheline.

Elle a grandi entourée et choyée dans notre famille.

Mais il est difficile d’accepter l’amour quand on a été abandonné.

Alors, on se cabre comme un poulain, on heurte ceux qui nous aiment, on malmène les limites, on pousse ses parents, on les insulte, on fugue, on va jusqu’à la violence et jusqu’à prendre des risques par une prise d’autonomie trop précoce.

Ma fille s’est cabrée, oui.

00020565.jpgCette semaine, quand je suis sortie d’une réunion avec elle et des éducateurs... j’étais lessivée et je me suis dit que nombre de parents qui souhaitent adopter seraient dégoûtés de l’adoption en voyant cela, en voyant par où des parents adoptifs peuvent passer, en voyant ma colère devant les mots d’une éducatrice m’interpellant : “Mais madame, de toute façon, c’est vrai, vous n’êtes pas sa mère.” Elle a expliqué qu’aux yeux de ma fille, je n’étais clairement pas sa mère... biologique. Ce jour-là, j’ai parlé comme une lionne, comme une louve... relatant la réalité d’une adoption devant ma fille, insistant pour donner ma version des faits, de la réalité de mon voyage en Afrique, de ma rencontre avec ma fille... niée effrontément par celle-ci devant tous.

“Madame, c’est votre réalité. Votre fille a sa réalité. Ce n’est pas forcément la bonne mais ce qu’elle dit exprime ce qu’elle refoule, ce qui est caché, ce qui n’est pas l’apparence des choses.” Oui, en tant que parent, il faut apprendre à regarder derrière les apparences, derrière une insulte, derrière un uppercut des règles établies, derrière la violence d’un enfant, d’un adolescent. Savoir rester au niveau de l’adulte, prendre du recul, garder son calme, croire en la relation, ne pas voir la haine quand il y a regard de haine mais voir encore l’amour derrière. Pour ne pas être rejetant mais toujours présent, avec un repère d’éducation pour l’enfant, le jeune, l’adolescent... qui a besoin qu’on ne BAISSE PAS LA GARDE.

sf_060524_0749.jpgNombre de parents adoptifs rencontrent des problèmes à l’adolescence de leur enfant. Ce dernier peut malmener la relation pour voir jusqu’où ses parents sont capables de l’aimer, sans jamais l’abandonner quoi qu’il fasse. Il peut aussi être très insultant, voire violent physiquement, car les racines de ses origines sont présentes au plus profond de ses tripes et que ces racines demandent à être entendues. Elles demandent au jeune devenant adulte, petit arbre devenant grand... de descendre au plus profond de soi, dans la mémoire la plus ancienne, afin de s’ancrer assez fortement pour affronter l’avenir, cet avenir où le jeune adulte doit s’autonomiser.images-2.jpeg

Tout parent vit le départ de son enfant... et même les adolescents non adoptés peuvent malmener leurs parents. La violence existe aussi dans le comportement des enfants biologiques. Je pense d’ailleurs qu’il est nécessaire d’apprendre très tôt à l’enfant qu’il est interdit de lever la main sur son parent. C’est un interdit essentiel. S’il n’est pas bien intégré, cet interdit ne le sera plus lorsque l’enfant deviendra adolescent et se pensera alors tout puissant.

 

1099R-5028.jpgMon propos est de dire aux familles qui souhaitent adopter de poursuivre sur leur lancée et de croire en leur projet. Chaque enfant est différent et l’aventure de l’adoption est passionnante autant que l’enfantement, l’accouchement et la parentalité biologique.Mn_PERS003.jpg

Nous ne faisons pas des enfants pour nous mais pour permettre à un être de grandir et de s’autonomiser un jour dans l’harmonie, dans le respect des autres et de soi , dans une confiance en lui et en ses capacités. Capacité de rebondir, d’intégrer les épreuves, d’affronter la vie et ses impondérables, d’aimer l’autre dans l’harmonie hors de la dépendance et de la souffrance infligée ou subie.

 

Chloé Laroche

 

 

 

 

 

06/03/2009

Ma lettre à Dylan, ce petit garçon de sept ans séquestré par ses parents... Sept ans de calvaire dans la pire des prisons. Mon témoignage d'enfant non scolarisée et enfermée dans un système familial sectaire et fermé.

 

thumb_bb.jpgDylan,

 

Tu es enfin libre.

Tu as vécu sept ans de calvaire dans la pire des prisons.

Je suis désolée de tout ce que tu as vécu et tous les Français sont désolés. Nous sommes attérés et très tristes de l’enfer que tu as traversé, enfermé dans cette pièce sans soleil, sans lumière. 

Nous sommes très nombreux à avoir pleuré en entendant ton histoire sur les ondes.thumb_294924610_small.jpg

Nous ne comprenons pas pourquoi il a fallu autant de temps pour qu’on te délivre de tes supplices, pour que les services sociaux réagissent et t’enlèvent à cette pièce horrible, à cette maison sordide, pour que ton sort inquiète le monde et que le monde bouge. On dirait que le monde est comme un train qui ne bouge pas, malgré les évidences, et pour qu’il démarre, il faut une locomotive tirée par des bras humains qui arrivent à en faire bouger d’autres, mais cela paraît si long, si désespérant.

Je t’imagine dormant sur ton matelas et j’éclate en sanglots, quand je sais que tu dormais dans ton urine depuis des années, que tu n’allais pas à l’école, que tu n’avais pas d’amis, que ton père te battait, que tu restais seul des heures et des heures, sans livres, sans films pour enfants, sans calins, sans bisous, sans promenades, sans goûters d’anniversaire ni repas en famille, sans Noëls et sans rires d’autres enfants, sans la compagnie de ton petit frère, sans les bras protecteurs de ta mère.

Maintenant, tu vas te reconstruire car tu possèdes toutes les capacités pour récupérer le temps perdu. Tu mordras la vie à pleine dents, car tu en connaîtras la valeur.

IS693-042.jpgMoi aussi, j’ai vécu enfermée, enfermée dans un monde construit par mon père. Je ne suis jamais allée à l’école. Je n’avais pas d’amis, sauf mon frère cadet qui vivait la même chose que moi ; j'ai eu plus tard un autre frère puis une soeur. Nous vivions dans l'idée générée par notre père que nous étions "autres", que nous étions la résurgence d'un peuple originel devant garder les valeurs des divinités anciennes... que nous étions les descendants cachés d'une élite gardienne du passé lointain d'un monde infiniment plus avancé humainement parlant. Afin d'être fortifiés pour cette "mission" très lourde, nous avons eu à une certaine époque les douches froides au réveil... ainsi que d'autres procédés spartiates.

Il fallait lire toute l'oeuvre écrite par mon père sur ce monde qui lui revenait en mémoire, se taire sur notre vie et préparer des fêtes aux dieux, écrivant des poèmes aux représentants de la nature. Il fallait se taire encore, participer aux rituels de plus en plus perfectionnés, obéir au doigt et à l'oeil, apprendre en rentrant que mon chien avait été tué parce qu'il ne plaisait plus à mes parents, de par son comportement, et hurler en dedans devant l'acte monstrueux accompli. Il fallait se taire quand l'un de nous était frappé ou humilié. Il fallait taire la folie, celle dont on était les témoins. Se taire quand un jour mon père a parlé de suicide collectif parce qu'il ne voyait soudain plus d'issue à son projet immense. 

Mn_PERSO011.jpgCet homme avait une "mission" pour nous, sa "communauté", et pas question pour nous, ses enfants, de nous enfuir de cette responsabilité filiale. Nous devions, au mépris de notre chemin personnel, poursuivre son oeuvre et agrandir la communauté. Il prônait l'inceste entre frères et soeurs, prenant l'exemple des rois égyptiens qui pratiquaient cela il y a très longtemps pour ne pas se mêler à d'autres familles... Il espérait secrètement que nous nous marierions ensemble, mon frère et moi, et... il avait le même projet pour mes petits frère et soeur, qui avaient eux-même dix et quinze ans de moins que moi. Quand un homme très intelligent se met à défendre l'inceste, avec autant de véhémence que mon père le faisait, cela fait froid dans le dos et fige l'âme des enfants et des adolescents victimes de cette idée criminelle. Quand le monde extérieur fait si peur qu'un parent n'a plus que l'issue de marier ses enfants entre eux, la folie exprime son enfer le plus affolant. Heureusement, l'idée d'inceste n'est restée que dans le projet, que dans la terreur laissée dans nos âmes.k0210672.jpg

J’ai dû attendre d’être majeur pour sortir de cet enfer, enfermement moral et physique orchestré par un père insultant, coléreux et dictatorial. Mes seuls bonheurs était la musique, qui a été ma seule amie, et les livres de l’immense bibliothèque de mes parents, dans lesquels je découvrais le monde comme une fenêtre ouverte sur les autres, ces “autres” dénigrés par mon père. 

Ma grand-mère m’a avoué un jour qu’elle pleurait lorqu’elle venait nous voir, en ressortant de chez nous. Elle souffrait terriblement de voir notre père être si dur et méchant, si cruel. Elle pleurait mais elle était impuissante, car elle était réprimandé par mon père si elle avait le malheur de dire la moindre chose. Elle l’aimait et pour le garder, elle se taisait. Ma mère a fait pareil. Elle aimait tant mon père qu’elle n’a rien dit.

304969590.jpgDans notre cas, pour nous les quatre enfants de cette famille, personne n’a bougé, personne ne s’est inquiété, personne n’a demandé de compte à mes parents sur la façon d’éduquer leurs enfants. Quand mon père m’a jetée dans les orties pour me fortifier, c’était près de la maison... Il y avait des voisins. J'avais six ans. Quand mon frère cadet pleurait et hurlait, il y avait des voisins. Quand mon père nous insultait et nous terrorisait, il y avait des voisins. L’école n’est jamais venue non plus pour voir où nous en étions et la société ne s'est pas demandé pourquoi, à la campagne comme en ville, des enfants ne vont pas à l’école.

La famille savait mais s’est tue, car dans ces affaires, la dénonciation dans son propre clan est mal vécue. Les grands-parents ont des liens avec les parents. C’est encore leurs petits dans le coeur et ils préfèrent penser que cela va passer. Que le temps arrangera tout, que le Ciel se chargera du reste.Mn_9a.jpg

Comme pour toi, Dylan.

Comme pour mes frères et ma soeur.

Comme pour moi.

www.casafree.com.jpegSache que nous nous en sommes tous sortis, que nous nous sommes reconstruits, que nous avons travaillé sur nos cauchemars, que nous sommes solidaires les uns des autres... et que bien que des nuages hantent notre enfance, nous sommes devenus des adultes responsables, battants, solides, libres de penser par nous-mêmes, enthousiastes et heureux de vivre.

Je te souhaite d’y arriver aussi et de trouver la force en toi de “pardonner” à tes parents, c’est-à-dire de leur laisser ce qu’ils t’ont fait et de vivre libéré de ce poids si énorme. Je te souhaite de trouver d’autres personnes qui t’aimeront comme tu le mérites et d’ouvrir les pages du monde avec bonheur et mille surprises heureuses.

Je t’envoie plein de bisous et de pensées ensoleillées.

 

Chloé Laroche

 

P.-S. : Voici ce que j'ai écrit dans un autre article sur mon enfance et mon adolescence... 

J’ai passé mon enfance dans une liberté enfermée, une sorte d’enfermement ouvert sur l’intérieur. Mon père nous a élevé, mes frères, ma soeur et moi, dans un univers à part, au coeur du monde “normal” qui continuait de tourner.

Il y a six ans, je l’ai vu si triste, son dernier fils quittant le foyer parental. Il n’était pas triste... il était anéanti. C’était tout un monde qui s’effondrait. Son monde. Et moi, sa fille, je regardais impuissante le naufrage d’un navire qui s’abîme. Moi aussi, j’ai quitté le navire, il y a quelques années.... il y a plus de vingt ans. Cela n’a pas été sans fracas, sans chantage affectif paternel et sans culpabilité sous-jacente d’avoir abandonné un père exclusif et persuadé que ses enfants allaient reprendre le flambeau des “Amaranthes”, cette civilisation originelle que nous étions sensés faire renaître. J’étais une “traître” pour la communauté, terme qui remplaçait chez moi le mot “famille” et j’ai dû porter cela durant des années.

Se libérer de l’enfermement pour suivre son propre chemin et faire ses propres choix est une tâche périlleuse, quand on sort de dix-huit années de prison mentale, prison où on nous répétait que les autres étaient médiocres et couraient à leur perte spirituelle par ignorance, bêtise humaine, nivellement par le bas et médiocrité générale. Ce qui m’a sauvée, c’est que dans mon coeur vivait une étoile à laquelle j’ai suspendu ma vie et qui me disait d’aimer les autres, d’aimer l’humanité, de ne pas juger autrui avec désinvolture ni mépris, mais de tendre la main à cet autrui qui était pour moi un frère sur la terre, même inconnu.

Je me souviens alors que j’étais petite... un jour, je devais écrire un texte sur le Dieu sans Nom. Ce dieu-là était une divinité sans pitié, punissant tout parjure et manquement à ses promesses. Divinité inaccessible aussi. On m’avait appris que tous les dieux avaient leur importance. Aphroditè, Ariadnè, Dionysos, Poseïdôn, Gaïa... tous les dieux d’une civilisation originelle qui devait renaître grâce à notre famille, choisie entre toutes. Mais pourquoi c’est tombé sur nous, bon sang !!! Mon père était sensé recevoir l’enseignement par écrits inspirés, écrits qu’il nous faisait lire. Nous étions les “descendants” d’un peuple qui était “autre”. Ce mot “autre”, est ancré dans ma chair et ma mémoire, comme une marque de fer rouge.

Tous les dimanches, nous fêtions une divinité. Chacune représentait une face de l’univers, un mystère des mythes de l’humanité. Chez nous, il n’y avait ni radio, ni télévision. L’école était bannie. L’instruction se faisait par correspondance ou par mes parents, pendant l’école primaire. Car l’instruction est obligatoire, mais non la scolarisation. Nous étions bien isolés, comme un bijou dans son écrin. L’écrin cependant n’était pas tendre. Pour fortifier ses enfants, mon père tirait profit de méthodes spartiates : douches froides le matin, stations aux coins des murs comme punition, pas un mot ou un rire jaillissant de la norme communautaire, chapitres dignes des meilleures monastères, privations de repas, corrections, épreuves sportives poussées et situations d’indépendance limites pour des enfants, comme une descente de rivière seuls en kayak. J’ai même vécu à l’âge de six ans le fait d’être jetée dans un buisson d’ortie par mon père. Ce qui a donné au passage de l’adolescence de l’anorexie passée sous silence... dont je me suis sortie par la force du mental.

Mon père était très sévère. Nous avions peur de lui. Ma mère le laissait faire. Par amour. Par amour pour lui. À l’âge de dix-sept ans, il m’a frappée sévèrement pour me faire avouer que je fréquentais des gens au lieu d’aller à la bibliothèque. Le peu d’amis que j’avais, je les protégeais de la vindicte paternelle. Vivre sans amis, sans cinéma, sans un minimum de liberté, avec interdiction de manger un aliment cuit est plutôt difficile.

Mon père, ce jour-là, m’attendait donc dans le salon. Mon frère m’avait prévenu à mon arrivée qu’il était très fâché contre moi car notre mère ne m’avait pas trouvée à la bibliothèque où je devais être. Ce jour-là, je m’étais évadée vers un monde ami, une amitié secrète connue de moi seule. J’avais en rentrant le coeur plein de partage, de sourires, de bonheur d’oiseaux libres, de nuages légers dans un ciel bleu espoir. Mais mon père m’attendait. Il attendait cette fille “traîtresse”, cette fille pleine de mensonges, de cachotteries, cette fille qui aimait autrui, cette enfant attirée par le reste du monde, si abject aux yeux paternels.

J’entre donc dans l’appartement. Ma mère se pousse dans un coin. Mon père m’attrape et me fait mal. Il a des yeux terribles. Je voudrais oublier ces yeux, ne les avoir jamais vus ainsi. Il me demande de lui dire où j’étais. Il veut des noms. Même sous la torture, je n’aurais pu parler, ni ne voulais dénoncer. Il m’a frappée. J’avais peur. Il me menaça de me jeter par la fenêtre, de me casser le nez. Ses yeux étaient si sombres. Il ne savait plus ce qu’il faisait, c’est sûr. Mais moi, j’étais là, avec ma frayeur, mes ecchymoses, ma tension grimpée à vingt-et-un. Je pensais mourir. Ma mère n’a pas bougé ce jour-là. Seul mon frère cadet est intervenu, mais il a reçu une claque violente et s’est retrouvé dans sa chambre.

Moi, je me suis retrouvée, excommuniée par mon père, chez ma Grand-mère paternelle Christiane, ma seule confidente et amie depuis tant d’années. Elle a pansé les blessures de mon âme et soulagé mes ecchymoses.

J’ai pardonné à mon père depuis, parce que je l’aime. À ma mère aussi, pour son silence, parce que je l’aime aussi. Et puis, ils ont changé, ils ont évolué, ils ont pris conscience, pris du recul, avec le temps et les années.

Mais voilà, pour en revenir à quelques lignes plus haut, je suis enfant et j’écris sur ce fameux Dieu sans Nom. Il me fait peur. Je pense : “Peut-être me punira-t-il si je ne poursuis pas la mission de mon père ? Peut-être que jamais je ne pourrais vivre ma vie, puisque je dois donner ma vie et mon âme à l’oeuvre immense de cette résurgence d’un peuple. Mon père a bien dit que ce serait un crime envers lui de la part de ses enfants s’ils ne continuaient pas son oeuvre et ce projet d’envergure.”

“Peuple immense s’avance lentement”, comme dans une chanson du Père Duval. Ce peuple vivait de façon originelle sur cette Terre, d’après mon père. Cela se passait à l’origine des Temps. Il y avait la tribu des Véridiques, celle des Silencieux et celle des Accomplis. Ils mangeaient tous crus, ayant banni de leur alimentation toute cuisson par le feu et toute dénaturation quelconque. Ce peuple respectait la terre comme les Indiens d’Amérique le faisaient. Ils voyaient dans la nature mille divinités qu’ils honoraient et faisaient de chaque saison, de chaque solstice et équinoxe, des passages initiatiques à fêter en communauté.

Nous vivions ainsi et je dois dire que malgré la solitude, l’isolement, la sévérité paternelle et le fait de manger totalement cru, j’ai vécu des moments merveilleux dans la nature, en communion totale avec les éléments de l’eau, du feu... Lorsque nous allumions des feux de camp dans la nuit, sous les étoiles, lorsque nous chantions l’hymne au soleil à son coucher ou à son lever, quand nous fabriquions un igloo dans la neige immaculée, quand nous partions en montagne camper sous l’orage. Plus tard, nous nous évadions régulièrement en kayak et en canoë toute une journée sur un lac. Nous dressions un autel avec des pierres et nous disions des textes pour de nombreux dieux, honorant la nature et l’univers. Nous ne fêtions pas Noël, ni n’avions de cadeaux. Quand il le fallait, à certaines fêtes, nous faisions nous-mêmes nos dons, avec le travail de nos mains.

Mon père écrivait et couchait sur le papier des centaines de “souvenirs” de cette civilisation disparue, comme si une vague datant du déluge avait remué le plus profond de son âme. Il a ramené des milliers de pages d’Originel, de mythologies sans nombre datant de l’époque des Titans et même bien avant, selon sa croyance personnelle, bien avant aussi que Zeus n’occupe l’Olympe. D’ailleurs, ce dieu-là ne faisait pas partie de notre paysage spirituel. Il faisait partie des “dieux modernes” introduits plus tard, paraissant sans intérêt dans le monde antique retrouvé par mon père.

Nous étions six sur un bateau, sauvés des eaux d’un continent perdu, pour retrouver la vie d’un peuple d’antan, guidés par un père amoureux fou de la Terre, qu’il avait pris comme mère. Dans ce bateau, je manquais terriblement de liberté, comme si le monde paraissait inaccessible. Du coup, j’ai beaucoup lu, très tôt, dès l’âge de huit ans, dévorant les dizaines d’ouvrages de la bibliothèque familiale, de Rousseau à Maupassant, en passant par tout le reste imaginable.

Je comprends pourquoi en prison, on peut se sentir libre dans sa tête comme Diego, dans la chanson de Michel Berger. C’est parce que dans sa tête, on voyage, on explore le monde, la psychologie humaine, le labyrinthe de la vie. On ne se sent plus seul. C’est ainsi que l’écrivain, à travers ses écrits, tend une main solidaire au lecteur qui le lit. Quand on lit, on est deux au moins. Il y a celui qui a écrit et celui qui reçoit l’écrit. Et puis, ensuite, interviennent les témoignages, les personnages, toute la richesse du récit, qui nous emporte vers la multiplicité et le partage avec le reste du monde.

Tout travail de création est ainsi et c’est en cela que la création est fantastique, car à travers la chanson, la musique, la sculpture, le cinéma, la photo, la peinture, le dessin, la danse... la solidarité tend la main à celui qui est seul, triste, emprisonné, meurtri parfois, cabossé par la vie, déçu, désespéré, au bout du rouleau.

C’est pour cela que j’écris.

Chloé L.

 

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Voir le lien et l'article qui explique tout ce que Dylan a vécu :

http://tf1.lci.fr/infos/france/faits-divers/0,,4285122,00...

 

Maltraitance - 

Enfant séquestré : la barbarie mise à nu :

 

• Un couple a été mis en examen et écroué jeudi à Millau pour avoir séquestré et maltraité son fils de 7 ans vraisemblablement pendant plusieurs années.

• Le petit garçon n'avait jamais été scolarisé et vivait dans une pièce noire sur un matelas imbibé d'urine.

 

 - le 06/03/2009 - 08h12

   

“Il s'appelle Dylan. Il a 7 ans. Et il a vécu un véritable calvaire. Il "était enfermé depuis plusieurs années dans une pièce qui ne comportait qu'un matelas imbibé d'urine avec un sommier, sans jouets ni meubles", a déclaré jeudi le procureur de la République de Millau, Patrick Desjardins. "Cette chambre ne pouvait être éclairée et verrouillée que de l'extérieur. Les volets étaient constamment fermés. Ce petit garçon vivait dans des conditions pires que dans une cellule de prison et ce depuis plusieurs années", a-t-il ajouté. "Le dénuement total de ce petit garçon a atteint un point extrêmement rare et grave", a-t-il estimé.

 

Le père et sa compagne ont été mis en examen jeudi après-midi pour "privations de soins par ascendant", "abandon moral ou matériel d'un mineur" et "non respect d'obligation scolaire". Le père, âgé de 42 ans et maçon de profession, est également poursuivi pour "violences habituelles sur mineur de  moins de 15 ans". Il a été écroué. La mère est quant à elle également mise en examen pour non-empêchement de ce délit. Son placement en détention provisoire est en cours d'examen. 

   

Signalement lors de la naissance d'un deuxième enfant :Quant à Dylan, il a été placé avec son petit frère dans une famille d'accueil et Dylan fait l'objet d'examens médicaux complémentaires. Les services sociaux avaient commencé à s'intéresser à ce couple, un homme de 42 ans et une femme de 35 ans, lors de la naissance de leur deuxième petit garçon en août 2008. Un signalement avait été effectué auprès de la juge pour enfants de Rodez. Des investigations et le refus des parents de se rendre aux convocations ont conduit les policiers à intervenir au domicile du couple au centre de Millau. Ceux-ci ont découvert un "enfant très affaibli physiquement, manifestement intelligent mais sans aucune éducation", selon le procureur de la République.

   

Le petit garçon, déclaré à la naissance, n'avait jamais été scolarisé. L'enquête pour maltraitances évidentes liées à des négligences et déficiences éducatives se poursuit pour déterminer d'éventuelles violences physiques pour lesquelles "de fortes suspicions existent". 

 

Les voisins sous le choc :Rue Ladoux, les voisins ont appris l'arrestation avec stupeur et exprimaient  leur incompréhension. "C'est un enfant qu'on apercevait de temps en temps. Il ne tenait pas en  place, plutôt turbulent, mais rien ne laissait penser qu'il était maltraité. Pas  de traces évidentes de coups en tout cas", a déclaré leur voisin, Charles. "C'était un petit hyperactif. Parfois, je l'entendais crier surtout l'été  quand ses parents dînaient dehors, mais de là imaginer un tel drame...", a  raconté une autre voisine souhaitant garder l'anonymat.

 

Encore sous le choc, consterné, le voisin qui habite juste au-dessus du couple soupçonné d'avoir séquestré Dylan n'a jamais rien entendu de suspect ni soupçonné des maltraitances de la part de gens qu'il décrit comme "pas très sociables". Pas de cris, pas d'appel au secours de la part de l'enfant qu'il connaissait "de vue", assure cet homme de 30 ans. "On ne le voyait pas souvent. Le peu de fois que je l'ai vu, il avait l'air hyperactif", dit-il, précisant l'avoir aperçu "cet été une ou deux fois", dans le jardin derrière la maison, une demeure ancienne de deux étages, à cinq minutes du centre-ville. Ses parents "disaient qu'il était suivi par un centre social, qu'il suivait des cours par correspondance", ajoute-il.”

(Texte de LCI)

 

01/03/2009

Les petites listes de Chloé... Liste des choses les plus horribles de ma vie et liste de celles qui m'aident à tenir et à vivre.

Bonsoir à tous et toutes,ange-1149927682-t.jpg

images-1.jpegTous les matins, je conduis pour mon travail une adolescente autiste à son IME. Tous les matins, avant d'arriver à son domicile, j'écoute Bourdin and Co sur RMC dans mon taxi-vsl.  Et quand je la fais monter dans mon véhicule, cette jeune fille coupe immédiatement RMC pour mettre MFM et quelques dizaines de minutes plus tard, je me régale en écoutant "les petites listes de Karine".

Alors, j'ai choisi de vous faire aujourd'hui deux listes de ma vie.

images-9.jpegLa première liste est celle des choses les plus horribles de ma vie... juste pour dire qu'on peut aller de l'avant même en portant des croix :

1- Le jour horrible où j'ai appris, alors que j'étais enfant, de la bouche de mon père qu'il avait tué mon chien, un fox-terrier.images-10.jpeg

 

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2- Le jour terrible où j'ai pris dans mes bras le corps de ma fille morte, que je l'ai habillée et peignée pour la dernière fois.

3- Le jour monstrueux où ils ont fermé son cercueil et que je l'ai vue pour la dernière fois, ma fille Océana, avant de voir son cercueil descendre dans la tombe.images-15.jpeg7-picture3.jpg

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images-13.jpeg4- Le jour où, étant encore enfant, mon professeur de violon m'a retenue contre lui et a enfoncé sa langue dans ma bouche, me retenant contre mon gré, et que j'ai eu le désespoir ensuite de me jeter sous une voiture... chose que je n'ai pas faite, heureusement.ange-1157045465-t.jpg

5- Le jour où j'ai failli me noyer, prise au piège sous mon kayak retourné, alors que mon père m'avait envoyée à douze ans descendre seule les flots de l'Allier.

images-14.jpeg6- Le jour où un homme que j'aimais a pris sans me demander et sans ménagement un lieu qui ne lui était pas ouvert, un lieu jamais visité, et qui a tiré de ma gorge un hurlement à cause de la souffrance physique causée.

7- Le jour où le père de ma fille a tout cassé dans le domicile, faisant des trous dans les murs avec ses poings, et qu'en pleine nuit, alors qu'Océana n'avait que deux mois, j'ai dû fuir avec elle, terrorisée.images-1.jpeg

images-8.jpeg8- Le jour où cet homme, deux ans plus tard... alors que nous étions séparés, est entré chez moi en furie, sous l'effet d'un mélange de médicaments et d'alcool, et a mis ses mains autour de mon cou pour m'étrangler, sans se rappeler qu'il allait tuer la mère de son enfant.

Un ange m'a sauvée ce jour-là, un homme qui est entré par la porte restée entrouverte, me sauvant  la vie. 

9- Le jour où une bande de voyous m'a agressée à Caluire en tant que taxi et où j'ai reçu un pétard explosant en pleine figure, après d'autres projectiles lancés sur le véhicule.ange-1150893347-t.jpg

10- Le jour où...

images-7.jpegOui, il y a eu d'autres jours mais je n'en parlerais pas. L'important est que je sois là pour vous écrire que l'important n'est pas les listes qu'on fait, mais ce qu'on fait de ce qu'on liste, comment on vit de l'accumulation d'épreuves, comment on se sort de tempêtes multiples, de cette avalanche d'épines et de croix... 

Je crois pour ma part que ce n'est qu'en faisant la liste de ce qui nous aide à tenir.

images-5.jpegPour ma part, ce qui m'aide, c'est :

1- Avoir assez d'amour au fond de soi pour que cet amour soit plus grand que la rancune, le ressentiment, la vengeance, la haine.

2- Avoir conscience que donner de soi, c'est donner une plus belle part au monde, lui donner de son coeur, de son temps, de son idéal.7-picture2.jpg

3- Avoir à l'idée que d'autres sur terre vivent la même chose que moi et que certains vivent dix fois, mille fois pire.

images-16.jpeg4- Penser que ceux qui sont morts et que je pleure attendent de moi que je poursuive ma route au maximum de mes possibilités car eux ne sont plus là pour le faire. Ils sont comme les anges qui aimeraient parfois avoir un corps pour ressentir la générosité et le don de l'âme dans la matière.

5- Regarder le soleil, la terre, le ciel, les fleurs... et me dire qu'eux sont toujours là, quoi qu'il se passe.images-3.jpeg

6- Fermer les yeux et réconcilier dans mon coeur mes larmes et mes joies. Sentir le pardon venir noyer mon coeur, de la part de celui qui m'a fait souffrir. Ressentir ce qui met un baume sur mes souffrances et le rendre tangible, par l'écoute et la parole.

7- Accorder mon violon aux sons de mon âme et donner de l'énergie par ma musique et mes mots écrits ici, sur ce blog.

8- Garder l'espoir que petit à petit tous mes projets et mes rêves se réalisent, et ils se réalisent vraiment : naissance de mon fils, les deux adoptions au Bénin et en Roumanie, mon travail, mes livres, mon violon, mon tour du monde...

images-6.jpeg9- Toujours garder l'énergie de pouvoir recommencer, sans jamais baisser les bras, et si on les baisse, c'est pour mieux remonter.

10- Écouter son chemin intérieur, ses émotions, et les regarder comme une palette de peintre, afin de créer la plus belle peinture, celle de sa propre vie.7-picture6.jpg

 

_Merci de m'avoir lue jusqu'au bout.

Si j'ai pu écrire cette page ce soir, c'est grâce au film "Le code a changé". Merci à la réalisatrice de ce film profond et sensible, très fin, Danièle Thompson. 

(2 heures 20 du matin)

À très bientôt !

images-2.jpegChloé LAROCHE

 

 

 

28/10/2008

Quand l'amour dépasse l'entendement. Quand l'amour devient violence et ténèbres. Sauve qui peut...

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Ce blog a été lu ce mois par 5248 visiteurs. Merci pour tous vos commentaires et vos réactions. Chloé

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Lorsqu'une femme comme Isabelle, la maman du petit Marc assassiné, a fait entrer un jour un homme chez elle, elle ne savait pas que c'est la mort de son fils Marc qu'elle programmait. Cet homme s'est installé. Il est devenu le coucou dans le nid de ses enfants. Mais cet homme se droguait et souffrait de mille coups dans son coeur, cabossé à un point inimaginable pour une simple humaine qui ne savait pas.

Lorsqu'elle voit cet homme qu'elle aime frapper son fils à mort et qu'elle soigne le petit Marc à coups de pommade, qu'a-t-elle dans la tête ? L'amour désespéré pour un homme, la dépendance qu'elle avait déjà auparavant envers son mari alcoolique... au point de ne pouvoir réagir et dire non définitivement à une relation destructrice, meurtrière ?Mn_10b.jpg

L'entourage de Marc est jugé aujourd'hui devant la Justice. Certains ont composé le 119, mais se sont ravisés. "On va priver cet enfant de sa mère". "Non, c'est trop grave de dénoncer. On ne sait pas ce qui va se passer pour cette famille." Voilà ce qu'ont pu se dire les personnes de son entourage. Le grand-père a déposé une main courante, sans porter plainte. Pour ne pas aller trop loin. Pour garder une trace mais sans faire de vagues.

On vit dans la peur. On vit dans le manque de confiance en l'avenir et on fuit le présent, laissant faire l'horrible, en se disant que le destin fera bien les choses.Mn_17a.jpg

Pourquoi une femme arrive à faire passer son histoire avec un homme avant la protection de ses enfants ? Pourquoi l'amour peut devenir le pire ogre ? Pourquoi hier soir un homme a dit à une femme : "J'arrête notre histoire parce que je n'aime pas quand ça dure trop longtemps. Notre amour est comme un jeu. Je sors du jeu. Je ne joue plus. Je te quitte." Trois jours avant, il lui avait dit : "J'ai envie de vivre plein de choses avec toi." Quand l'amour devient le terrain des pathologies, déviances, mal-être, névroses, psychoses... cela donne des résultats terribles. Quand l'amour est bafoué et que les paroles ne veulent plus rien dire, quand le sadisme et le pouvoir sur l'autre prennent les rênes... alors la déchirure des coeurs se fait et notre société paye le tribut des dépressions, du désespoir, du non-sens, des enfants sacrifiés au chantage affectif des adultes.

Mn_63b.jpgSi tu es le conjoint, la conjointe d'un homme violent avec tes enfants, d'une femme violente ou négligente envers tes enfants... alors aies le courage d'arrêter le chemin commun. Pense à eux, sauve-toi avec eux, prends tes affaires ou mets-le dehors. Appelle à l'aide, parle, ne reste pas seul(e) à ruminer ton malheur et celui de tes petits. Toi seul(e) vis ta vie. Tu dois prendre les décisions et te rappeler que tes enfants sont dépendants de toi. Ils ont besoin de ta protection. Eux ne peuvent pas partir, eux ne peuvent pas faire leur sac. Certains trop petits ne peuvent pas appeler le 119. Beaucoup aussi se taisent par peur... ou pour protéger leurs parents.Mn_25.jpg

Ne pas bouger peut signifier la mort... comme pour le petit Marc. Et combien d'autres ont payé de leur vie ou de leur santé mentale leur présent criblé de tortures ?!!!!!!!!!

 

Chloé Laroche

 

LE 119 : numéro gratuit, ouvert à tous, de façon anonyme, 24 heures sur 24.

Allô Enfance Maltraitée - 119 n'est pas une association mais un service public, gratuit, accessible 24h/24, tous les jours de l'année.
Allô Enfance Maltraitée est basé à Paris mais est en relation constante avec les départements. Allô Enfance Maltraitée, c'est une équipe de professionnels composée d'écoutants et d'administratifs : tous sont salariés.___

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Commentaires

Je suis d'accord avec vous. Depuis l'annonce de cette horrible histoire, je suis traumatisée et j'en pleure parce que même si je ne connaissais pas ce petit bonhomme, la violence qu'il a subit me fait mal mais maintenant il ne souffre plus au moins. A force il devait être cassé de partout... Maintenant, quoi qu'il se passe dans la vie, même si on a souffert on n'est pas obligé de faire souffrir quelqu'un d'autre ! C'est trop facile. Ce monstre et la mère de Marc (qui pour moi n'est pas une mère) doivent payer pour cela, qu'ils vivent assez longtemps et qu'on leur rappelle tous les jours ce qu'ils ont fait ! Courage et bonne chance à son frère François.
Cordialement,

Ecrit par : sandrine | 04.11.2008

Menu d'accessibilité :

 

06/08/2008

En hommage à Valentin. Avec toutes mes pensées à ses parents.

VALENTIN____________________________160769874.jpg



Un enfant est mort assassiné
Un soir en pleine rue sombre
Tout seul face à son meurtrier
La main du démon a frappé
Quarante coups de couteau
Comme un chien enragé

Un enfant est mort assassiné
Le cercueil est blanc dans un monde noir
Un homme a tué mais ce n'est pas lui
Qui était au bout de sa main
C'est un mal pire que tous les maux
La volonté de prendre la vie d'un enfant pur

Un enfant est mort assassiné
Il portait le prénom de l'amour
Jamais il ne connaîtra le bonheur
Des amoureux dont il portait le nom
Mais de là-haut il esquisse un sourire
En portant la main à ses plaies refermées2043568094.jpg

Un enfant est mort assassiné
Comme le petit Nicolas
Poignardé dans les rues de Marseille
Il y a déjà des années
La vie continue mais le cauchemar aussi
Violence qui frappe l'innocence

Un enfant est mort assassiné
Il a parcouru ensanglanté
Les rues désertes et silencieuses
Appuyant sa main rougie sur les maisons
Traces de vie indélébiles
Ton âme est immortelle

Un enfant est mort assassiné
Il porte ce soir à ses parents meurtris
Un soleil d'amour si grand
Que j'en pleure chez moi ce soir
Valentin va poursuivre son chemin
En les prenant par la main dans la nuit

Je t'embrasse Valentin.

Chloé

15/07/2008

Pour Cyrille, jeune ambulancier décédé durant le transport d'un patient violent. Mon témoignage d'ambulancière et de taxi, avec le récit de mon agression à Caluire.

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HOMMAGE À CYRILLE HAQUEVAUX, AMBULANCIER DÉCÉDÉ TRAGIQUEMENT

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Je pense à toi, Cyrille, à ton enfant qui va arriver, à tous les ambulanciers de France et du monde entier qui font leur métier avec coeur.ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences,cyrille haquevaux,saint-brieuc,danger,ambulance,accident,caluire,bande,violence,victime,orphelin,drame,métier,handicapé,handicap,protection,conducteur,courage,héros,collègue,traumatisme,témoignage,médical,accompagnement,fuite,suicide,déséquilibré,mort,deuil,gâchis

Je suis touchée par ton décès tragique, causé par un patient violent et atteint mentalement que tu devais accompagner, et je tenais à te rendre hommage sur mon blog... où je parle de notre métier régulièrement dans le chapitre : "Ne tirez pas sur l'ambulance" (cliquer sur ce titre à gauche dans les catégories).ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences,cyrille haquevaux,saint-brieuc,danger,ambulance,accident,caluire,bande,violence,victime,orphelin,drame,métier,handicapé,handicap,protection,conducteur,courage,héros,collègue,traumatisme,témoignage,médical,accompagnement,fuite,suicide,déséquilibré,mort,deuil,gâchis

Cyrille Haquevaux, 24 ans, se trouvait à l'arrière de l'ambulance lorsque le patient transporté, atteint mentalement, s'est agité brutalement et a essayé de sauter de l'ambulance, entraînant dans sa chute le jeune ambulancier sur le bitume de la voix express. Cyrille ne se releva pas et fut emmené à l'hôpital de Saint-Brieuc. Il est maintenant décédé et son enfant va bientôt voir le jour, sans que Cyrille n'ait pu le voir, lui qui s'occupait de tous ses patients avec générosité et coeur.


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J'ai repris le travail et les faits se sont reproduits, avec des coups violents reçus dans le dos et à la nuque, malgré mes avertissements à l'employeur et aux parents, lesquels ne m'ont pas cru. "Leur fils ne pouvait pas avoir fait cela." La mère m'a accusée de n'avoir aucune autorité. Au final, je n'ai eu aucun mot réconfortant ni le semblant d'une compréhension... J'ai eu du mal à m'en remettre, et en plus, suite à tout cela, j'ai perdu mon travail. Heureusement, j'en ai retrouvé un depuis, et j'ai repris courageusement la voie que j'aime : le transport et l'accompagnement de personnes malades, âgées et handicapées.


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En juin 2004, je m'étais déjà fait agresser à Caluire, près de Lyon, par une bande de jeunes qui ont lancé des pétards sur mon taxi, alors que je transportais un client et que j'étais arrêtée dans un embouteillage. Je suis sortie du véhicule et un des jeunes (il avait environ 18-20 ans) m'a menacée verbalement, avec tant de haine dans les yeux que j'en resterai à vie troublée...

Troublée et interpellée par la haine d'un inconnu qui vous prend pour cible, sans aucune raison. Il m'a lancé un pétard en plein visage, pétard qui a explosé près de l'oeil gauche. Je suis restée choquée en attendant les pompiers, qui m'ont emmenée aux Urgences. Ils ont été formidables. Les policiers sont venus assez rapidement sur les lieux et m'ont révélé qu'ils n'arrivaient pas à mettre la main sur cette bande et qu'ils craignaient ces jeunes. Ils étaient d'ailleurs tous partis en courant de la petite place où ils sévissaient.ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences,cyrille haquevaux,saint-brieuc,danger,ambulance,accident,caluire,bande,violence,victime,orphelin,drame,métier,handicapé,handicap,protection,conducteur,courage,héros,collègue,traumatisme,témoignage,médical,accompagnement,fuite,suicide,déséquilibré,mort,deuil,gâchis


J'ai eu beaucoup de chance de ne pas perdre un oeil ou l'ouïe et de n'avoir aujourd'hui aucune séquelle. Il n'y a eu aucun témoin ayant apparu non plus, alors qu'il y avait du monde aux balcons, dans les commerces, dans les voitures alentour. Personne n'est intervenu, ni n'a réagi pour m'aider, à part le client que je transportais... qui a eu peur lui aussi. J'étais alors enceinte et je remercie le Ciel de m'avoir permis de garder mon fils, malgré le choc.ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgences

ambulancier,taxi,agression,psychiatrie,urgencesCe sont des métiers à risque, comme chaque fois que j'ai transporté en VSL (véhicule où on est seul avec le patient assis) des malades sortis de l'Hôpital Psychiatrique, parfois sur de longues distances.


Je me souviens d'un jour où on nous avait confié un monsieur de l'Hôpital psychiatrique pour l'emmener en dialyse. Il s'est mis à mordre mon collègue à l'arrière et à se débattre dans tous les sens. Le cadre ambulancier avec qui j'étais ce jour-là me suppliait de faire aussi vite que possible, ce que j'ai fait, passant à travers les embouteillages par miracle et aussi grâce aux automobilistes qui s'écartaient pour me laisser passer. J'ai traversé toute l'entrée de Grenoble à toutes trombes pour arriver le plus vite possible au CHU.

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Un médecin avait tout de même fait remarquer à ma patronne, lorsque j'ai été frappée, qu'aucun filet ou grille de protection n'était installé dans le véhicule que je conduisais.

Je pense à toi Cyrille......... et à ta famille, à ton enfant orphelin d'un papa. Je pense à ton collègue traumatisé par ton décès et par ce drame terrible.

Je pense à tous les ambulanciers de France et du monde. Nous faisons un beau métier mais quelles difficultés nous traversons et quelle méconnaissance de la société existe sur cette profession souvent rabaissée et délaissée ! C'est un métier de personnes généreuses et souvent exploitées. Un métier qui ne compte pas ses heures et ses kilomètres, ni son écoute aux patients. Un métier d'amour envers les autres, envers les souffrants. 

Chloé Laroche

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RAJOUT : J'AI SU EN 2012 PAR LE COLLÈGUE DE CYRILLE (VOIR SON COMMENTAIRE) QUE SON FILS VA BIEN, QU'IL EST TRÈS BEAU ET QU'IL RESSEMBLE À SON PAPA.

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Photos : je remercie le site Photosearch et Bing images pour la plupart des photos de cet article. Le mandala de larmes vient du site : http://koah.over-blog.com/30-categorie-10168075.html

La photo de la personne tournée de dos devant le lac du Bois Français a été prise par moi.

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.... Vous pouvez lire ci-après des extraits du site des Ambulanciers, expliquant les circonstances du décès de Cyrille, jeune ambulancier et futur papa.



__________________ Hommage à notre collègue ambulancier  dans l'exercice de ses fonctions____________

(extrait du site des Ambulanciers .... http://ambulancier.over-blog.com)


Le malade bouscule l'ambulancier installé à l'arrière.
Les deux hommes sont projetés, par l'arrière, sur la voie express.
Lourde chute pour l'ambulancier Cyrille Haquevaux, 24 ans.

Le jeune ambulancier est, lui, transporté au centre hospitalier de Saint-Brieuc puis à Pontchaillou, à Rennes, où il était dimanche en état de mort cérébrale. Sa conjointe doit accoucher dans quelques jours.


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Extrait du reportage LCI :

PAS DE SANGLE.

Selon un employé de l'hôpital de Saint-Brieuc souhaitant rester anonyme, le jeune homme "très baraqué" venait de traverser une phase d'agitation, "de celle où ils veulent tout casser". D'après cette même source, le patient était allongé sur le brancard non sanglé. Au bout de 10 minutes de trajet, à hauteur de la commune de Plérin, "le patient réussit à ouvrir la porte du véhicule", raconte Bastien Diacono, le procureur adjoint du tribunal de Saint-Brieuc.

Dans des circonstances encore indéterminées, le malade entraîne dans sa fuite l'ambulancier. Les deux tombent sur le bitume. L'ambulancier ne se relèvera pas. Le patient, lui, passe la glissière de sécurité sur le terre-plein central. Le jeune homme est percuté par une voiture arrivant en sens inverse.

______________________________ Extrait du site : http://ambulancier.over-blog.fr _____________

Notre avis :

Un problème parmi tant d'autres, mais cette fois-ci un collègue y a laissé la vie, ce qui confirme ce que l'on a toujours dit : nous ne sommes pas de simples "transporteurs" mais des professionnels de santé formés et diplômés. Ce ne sont pas des colis que nous prenons en charge mais des personnes, malades de surcroît, avec leurs différents problèmes et pathologies. Je n'ai jamais vu un chauffeur routier se faire éjecter de son camion par un colis qu'il transportait.

Le deuxième Hic c'est la transmission d'informations entre le personnel soignant et les ambulanciers... quand on voit qu'il faut parfois se "battre" pour avoir un minimum de relève. Sachant que le malade est sous la responsabilité intégrale de l'ambulancier, une fois la grille de l'hôpital franchie, il est donc nécessaire d'obtenir certaines informations à caractère médical. RAPPEL : les ambulanciers sont tenus au secret médico-professionnel, donc apte au secret partagé. Un malade psychiatrique ayant une phase d'agitation même calme sera sanglé au minimum d'une ventrale par précaution, car on le sait ce genre de patient est totalement imprévisible. Si les informations citées plus haut avaient été transmises, cela aurait certainement engagé nos collègues à sangler le malade et l'on aurait pu ainsi éviter ce drame. Dommage qu'une fois de plus il faut attendre un mort pour amener une réflexion sur le sujet.

Nos pensées accompagnent sa famille.
Sincères Condoléances.

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Les faits:

SAINT-BRIEUC. - « C'est une histoire hors norme. Avec cette affluence sur la RN12, on a frôlé une catastrophe plus grande encore. » Le procureur adjoint, Bastien Diacono et les secouristes restent marqués par la scène qu'ils ont découverte, samedi, peu après 13 h, à la hauteur de Plérin (Côtes-d'Armor). « Deux corps allongés de chaque côté de la quatre voies, il nous a fallu un peu de temps pour comprendre. »

Quelques dizaines de minutes plus tôt, une ambulance de la toute jeune société Urge ambulances revenait du centre hospitalier de Saint-Brieuc pour véhiculer un patient vers l'hôpital psychiatrique de Bégard, à 50 km. Un homme âgé de 27 ans doit y être transféré à la demande de sa famille. Quelques heures auparavant, il a tenté de mettre fin à ses jours, en voulant sauter d'un pont.

Un témoin a tenté de le stopper.

Alors que le véhicule est en route, le malade bouscule l'ambulancier installé à l'arrière. Les deux hommes sont projetés, par l'arrière, sur la voie express. Lourde chute pour l'ambulancier Cyrille Haquevaux, 24 ans, qui reste à terre. Le patient, lui, se relève et entreprend de traverser la route. « Un témoin l'a saisi par le bras pour l'arrêter dans son élan », raconte un automobiliste. Mais l'homme réussit à traverser le rail de sécurité et à se lancer dans le flot de circulation. Une voiture le heurte brutalement. L'intervention des secours ne permettra pas de le réanimer.

Le jeune ambulancier est, lui, transporté au centre hospitalier de Saint-Brieuc puis à Pontchaillou, à Rennes, où il était dimanche en état de mort cérébrale. Sa conjointe doit accoucher dans quelques jours. Son collègue, conducteur, a, lui aussi, été hospitalisé, extrêmement choqué.

Transport à risque :

Pour Bastien Diacono, le représentant du parquet, « cela pose la question de la condition de transport de l'individu atteint de pathologie psychologique ». Pourquoi le malade n'a-t-il pas été attaché ? Sa dose de tranquillisants était-elle suffisante ?

« Nous ne sommes que des exécutants, témoigne Yann Kerleau, président du syndicat départemental des ambulanciers. Le transport est prescrit par un médecin avec consignes particulières. » Mais l'évaluation n'est pas toujours aisée.

« Ce sont des transports à haut risque, estime-t-il. Il n'est pas rare que nous ayons des problèmes avec des malades agités. » Son équipe a déjà été confrontée à une tentative d'étranglement, une agression... «Quand c'est une hospitalisation contre la volonté de la personne, j'oblige mes collègues à attacher les chevilles et les poignets. C'est plus délicat quand la personne est sensée et volontaire.»


Sébastien GROSMAITRE.

Ouest-France____________________________
Vos réactions sur le Forum :



le 08/07/2008 à 12h07
Condoléances à la famille de cet ambulancier, et encore une fois un grand bravo et merci, à tous ces hommes et femmes, qui mettent leur vie en danger, pour en sauver d'autres.
Moi, Chez moi

le 07/07/2008 à 21h17
J'ai moi un fils policier qui doit souvent transporter ce genre d'individu à Sainte Anne et qui a été blessé personne n'en parle.
Mimi, Val de reui

le 07/07/2008 à 20h58
Bonjour je suis CCA depuis plus de 20 ans. Avant les médecins discutaient avec les ambulanciers ; maintenant un ordre de mission, une prescription médicale de transport (bon de transport) et les ambulanciers débrouillez vous scandaleux!!! où va t on ? les ambulanciers sont la derniére roue de la charrette ; savez vous que nous sommes des transporteurs qui bénéficient de la convention collective des transports routiers !? un camion de bananes, de viande ou une ambulance : la même convention ! scandaleux ! j'aime mon métier mais actuellement il est temps que les différents ministéres de tutelle se réveillent en tout cas toutes mes condoléances attristées pour ce collégue qui a laissé la vie pour un "fada"' ; à qui le tour ?
Ambulancier catalan, Perpignan

le 07/07/2008 à 18h53
Étant moi même ambulancier , je ne peux qu'être ému et énervé en lisant cet article , car cela fait des années que l'on crie au loup en disant qu'un tel drame se produirait et on nous riait au nez , car parfois ces transports ce font même en Véhicule Sanitaire Léger... ce qui veut dire qu'il n'y a qu'un ambulancier dans le véhicule et que ce serait-il passé si le véhicule était allé percuter un car d'enfants ? Il est temps de réglementer correctement ce genre de transport mais encore une fois il faut un drame pour que l'on se penche sur notre métier ; malheureusement il est trop tard pour notre collègue , condoléances à la famille et bon courage.
Marpin, Saint-calais

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Commentaires

Merci pour votre bel hommage à mon ancien coéquipier, stéphane de saint-brieuc.

Ecrit par : STEPHANE | 31.08.2008

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Nous sommes aussi ambulancières dans le Pas de Calais, nous déplorons ce drame et nous présentons à la famille nos plus sincères condoléances. ENCORE UNE FOIS CE DRAME AURAIT PU ETRE EVITE

Ecrit par : aicha - peggy | 17.09.2008

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Je suis passée en voiture juste après le drame les pompiers ambulance et un corps sur la 4 voies étaient là près de nous, nous allions sur st brieuc... Dès que je lis cette histoire je revois ces images, j'ai un petit bonhomme de 20 mois et je pense fort à la femme de l'ambulancier qui a maintenant un enfant, j'espère qu'elle est entourée même si cela ne remplacera pas le papa... et courage à son coéquipier qui était dans la voiture pour continuer son travail.

Ecrit par : mary | 05.01.2009

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Merci Mary pour votre commentaire et vos pensées pour cet ambulancier et sa famille ; merci à vous aussi, son co-équipier d'ambulance qui m'a écrit et à qui je pense fort. Nous soutenons très fort, ambulanciers de toute la France, sa compagne veuve et son enfant. Chloé

Ecrit par : L'auteur de ce blog | 05.01.2009

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TOUTES MES CONDOLEANCES A SA FAMILLE JE SUIS MOI MEME AMBULANCIER...................

Écrit par : Thieulent | 06/04/2010

Répondre à ce commentaire

 

Oui, nous pensons à sa famille et son enfant qui a quelques mois maintenant. Je pense à tous les ambulanciers de France et du monde. Un beau métier mais quelles difficultés et quelle méconnaissance de la société sur ce métier souvent !! Un métier de personnes généreuses et souvent exploitées. Un métier qui ne compte pas ses heures et ses kilomètres ni son écoute aux patients. Un métier d'amour envers les autres, envers les souffrants. Toutes mes pensées pour vous. Chloé Laroche

Écrit par : Chloé Laroche | 07/04/2010

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Je suis aussi ambulancier et voulais signaler que notre profession comporte des risques malheuseument non reconnus. Je viens de perdre un collegue la semaine derniere d'un infarctus, il n'avait que 48 ans. Le stress de cette profession ne l'a pas aidé c'est sur.
Nous exercons ce metier par passion mais cela devient de plus en plus dur physiquement ainsi que mentalement.
Toutes mes pensées vont a la famille de Cyrille et de Jef.
Pascal

Écrit par : Pascal | 09/04/2010

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Cyrille, 

mon pote, mon collègue,

cela va bientôt faire 4 ans que tu nous as quitté.
beaucoup, tellement de choses on changé depuis ton départ, 
si tu savais comme tu me manques
je ne peux m'empêcher de repenser à ce jour dès que je passe sur ces lieux maudits.
je ne sais pas pourquoi j'écris sur ce blog je pense que c'est un moyen d'exorciser ses vieux démons, une sorte de bouteille à la mer qui au fond de moi espère que ces mots te parviendrons.
Je voulais que tu saches que malgré le chagrin, la rage... j'ai tout fait pour sauver ce que tu avais eu tant de mal à créer...
Je m'excuse de n'avoir réussi. 
j'ai eu l'occasion de croiser ton fils, il est magnifique, il te ressemble.
rien ne sera jamais plus comme avant, j'en ai d'ailleurs quitté le métier, trop dur...
Bref tu nous manques à tous beaucoup, on ne t'oubliera jamais.

Écrit par : lukaz | 26/04/2012

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Courage à vous Lukaz. Cyrille est parti si tôt. Ce métier est un beau métier mais si dur parfois et si peu aidé et protégé. Je pense à tous les ambulanciers de France et du monde et vous envoie mes meilleures pensées. Chloé L

Écrit par : Chloé Laroche | 27/04/2012

 

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