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24/06/2015

Ma lettre aux parents d'Ayana, suite à la lettre de Jean-Marc Dupuis. Mon témoignage de maman orpheline face à la mort brutale de ma fille en 1997.

 

 

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Merci Jean-Marc Dupuis d'avoir écrit votre lettre (lettre que, chers lecteurs, vous trouverez ci-après... en-dessous de ma lettre) pour les parents d'Ayana. Merci Jean-Marc pour tout ce que vous écrivez aussi afin de protéger la santé de chacun d'entre nous.

Je voudrais écrire ceci aux parents d'Ayana, Julie et Jason :images-21.jpeg

Chers parents, j'ai vécu quelque chose d'un peu similaire en 1997 quand ma fille Océana, qui avait trente mois, est décédée en trois jours d'une encéphalite foudroyante. Elle avait reçu un vaccin en janvier après une varicelle. Le pédiatre a voulu la vacciner alors qu'elle venait d'avoir cette maladie. J'étais jeune à l'époque, j'ai laissé faire. Elle est décédée un mois après mais personne n'a voulu faire le rapprochement, étant donné qu'il y avait un virus de grippe très virulent et que ma fille l'a attrapé. Le pédiatre a attendu trois jours avant de donner des antibiotiques. Il était trop tard, le mal avait pris son cerveau, si vite. Par la suite, des liens ont pu être fait avec la résurgence grave de la varicelle réveillée par le vaccin, alliée à une grave complication de grippe. Mais tout cela est resté dans la tombe, au sein d'une supposition nébuleuse et sans véritables explications.

À l'hôpital, ma fille est tombée dans le coma, comme foudroyée. C'était le jeudi 13. Le lendemain matin, 14 février, les médecins nous ont dit : "On va devoir débrancher votre fille, son coeur bat mais son cerveau est mort. Vous n'avez rien à dire, nous le ferons." Le ciel nous est tombé dessus. je voyais ma fille vivre, respirer... et ils allaient la tuer. Une amie m'a appelée, m'a parlé doucement : "Laisse la partir, s'envoler, ne la retiens pas, c'est son heure de partir." C'est cela : accepter le destin, accepter que la mort emporte ceux que l'on aime, accepter l'impermanence pour chacun d'entre nous, accepter l'impuissance de ceux qui sauvent et qui protègent en général : les médecins, le corps médical.images-24.jpeg

Accepter qu'on me dise : "De toute façon, vous l'auriez amenée plus tôt, on n'aurait rien pu faire, on n'a pas de traitement pour ce qu'elle a, on est démunis." J'ai peigné ma fille une dernière fois, je l'ai habillée. C'est le 15 qu'ils ont débranché ma fille. Arrachement des entrailles, comme un pic dans le coeur et c'est à vie que mon ventre a vu un trou béant se faire en moi. Depuis, dix-huit ans ont passé, et je passe ma vie à donner, à aider, à tendre la main à autrui. J'ai adopté deux filles et j'ai eu un fils qui a dix ans maintenant. J'ai pu faire tout cela lorsque j'ai compris (très rapidement) que Dieu est le Dieu de tous, des vivants et des morts. Je vous explique : une maman qui perd son enfant ne le voit plus, ne le sent plus, elle ne sait pas où il est. C'est terrible, c'est un arrachement mortel. On a l'impression d'être entre ciel et terre, au bord de la tombe, en bascule d'éternité.Unknown-8.jpeg

Alors quand j'ai compris un jour en un éclair de lucidité que si Dieu existe, il existe pour les vivants mais aussi il protège les morts ; il s'en occupe, comme les anges s'en occupent, comme les entités de lumière s'en occupent, alors cela m'a rassurée. J'ai délégué aux forces de lumière et d'amour, j'ai accepté de renoncer à mon inquiétude profonde de maman et je suis entrée dans une certaine confiance. Je dis "certaine" car la peine est là, profonde, les larmes, l'absence terrible, les pensées obsédantes parfois -concernant les derniers jours avant le décès-, la culpabilité d'être encore vivant sans son enfant qui lui est mort, la colère de n'avoir rien pu faire, colère aussi contre les médecins, mais les médecins ne sont que la main du destin, implacable et frappeur.Unknown-7.jpeg

Je me suis reconstruite en écrivant un livre pour aider d'autres parents dans le deuil, puis d'autres livres, en créant plus tard un blog, en reprenant les concerts avec mon violon, en devenant ambulancière, en marchant en montagne et en emmenant des groupes avec moi vers les sommets, vers la vie, en choisissant l'adoption et de donner tout cet amour laissé au fond de moi à des enfants sans parents.

Je vous souhaite, Julie et Jason, beaucoup de courage. Votre petite Ayana vous protégera toujours sur votre chemin et vous protégera comme ma fille Océana me protège pour toujours et jusqu'à ma mort et bien au-delà.

Chloé Larocheimages-20.jpeg

 

 

 

 

 

______________  Lettre de Monsieur Jean-Marc DUPUIS :

 

Condoléances extrêmes aux parents d’Ayana

Pas de commentaire - 3 795 lecture

 

Chers amis,

Excusez-moi d’être direct, surtout sur un sujet si douloureux.

Mais vous, pensez-vous que vous pourriez trouver les mots justes pour réconforter deux jeunes parents qui se préparent à la mort de leur bébé ?

C’est ce qui est en train d’arriver à Julie Pitel et Jason Rivière, les parents de la petite Ayana. Leur bébé de sept mois est dans le coma depuis le 6 mai après avoir été vaccinée à l’Infanrix Hexa et au Prévenar [1].

Dimanche 21 juin, les médecins leur ont annoncé que le système de respiration artificielle qui maintient Ayana en vie va devoir être arrêté « dans six ou huit jours » [2]. En effet, ils estiment que son cerveau est « irrémédiablement détruit ».

C’est une épouvantable tragédie.

Moi-même qui ai perdu brutalement ma fille de 12 ans il y a peu, je me sentirais complètement démuni si je me trouvais face à ces jeunes parents.

Pourquoi ?

Parce que chaque cas est unique et je crois qu’il est impossible d’imaginer ce que ressentent des personnes dans un tel drame.

« Condoléances » est un mot qui vient de l’ancien français « condouloir », s’affliger avec quelqu’un [3].

« Je vous présente mes condoléances » veut dire « je souffre moi aussi avec vous du malheur qui vous afflige ».

Mais dans ce cas, j’aurais terriblement peur que mes paroles paraissent vaines, inutiles, et qu’elles ne les réconfortent pas, au contraire même : « Vous pouvez toujours parler, rien ne nous rendra jamais notre enfant ! », pourraient-ils me répondre, avec raison.

Et pourtant, même si je suis maladroit, je voudrais vraiment dire à Julie et Jason que je leur présente, sincèrement, mes plus extrêmes condoléances et je suggère à tous les lecteurs de Santé Nature Innovation qui le souhaitent de s’associer en ajoutant un mot en commentaire de ce texte.

Je voudrais qu’ils sachent combien je souffre pour eux et pour leur bébé. J’ai été bouleversé par le courage qu’ils ont montré à la télévision et depuis le début de cette affaire. Ils ont à peine 21 et 22 ans ! (vous pouvez par exemple voir le reportage ici)

Ce qu’ils sont en train de vivre, ils ne l’oublieront jamais. C’est une épreuve qui marque pour toujours. Dans 20, 30 ou 50 ans, les larmes leur monteront aux yeux chaque fois qu’ils repenseront à leur petite chérie.

Que faire maintenant ?

Selon les articles que j’ai pu lire dans les médias, Me Ludot, l’avocat qui défend Julie et Jason, est énergique et il les défend bien.

Il semble qu’il y ait eu un problème avec le SAMU, qui n’a pas voulu se déplacer alors que la petite avait 42,5°C de fièvre après sa vaccination. Elle aurait même fait une convulsion, qui est une urgence médicale extrêmement sérieuse et fait partie des effets secondaires bien connus des vaccins. S’ils avaient fait le minimum, ils auraient peut-être pu la sauver.

Selon le journal Le Parisien, Me Ludot aurait déclaré :

Nous voulons « tout savoir de ce qui s’est passé » et « nous voulons que soit tenu aux parents un discours loyal et honnête, à savoir que la nocivité des vaccins est à l’origine des 42° de fièvre (d’Ayana) : c’est l’association criminogène des deux vaccins, Prevenar et Infanrix » [4].

Cette demande paraît d’autant plus légitime que cette tragique affaire a eu lieu précisément au moment où les pouvoirs publics et la plupart des médias essayaient de diaboliser l’action du Pr Henri Joyeux pour la simple raison qu’il demandait le retour du vaccin DT-Polio, plutôt que l’obligation de fait imposée aux parents de recourir aux supervaccins comme l’Infanrix.

Les médias bien ennuyés

Confrontés aujourd’hui à leurs contradictions, ces mêmes médias sont aujourd’hui plus qu’ennuyés.

Ils sont en effet bien obligés de parler de l’affaire d’Ayana. Mais comment expliquer au public que l’Infanrix, dont ils ont dit qu’il n’était pas du tout dangereux, soit impliqué dans la mort d’un bébé qui était en parfaite santé avant les injections ?

La solution, assez piteuse, qu’ils ont en général choisie est de rester dans le vague.

La plupart, comme le journal Le Monde [5], L’Express [6], le Nouvel Observateur [7], reprenant l’AFP, ont choisi le mensonge par omission, en parlant d’un accident « suite à deux vaccins », sans préciser lesquels.

D’autres, et c’est peut-être pire encore, ont écrit que l’accident s’était produit après une injection de DT-Polio, opérant un amalgame aussi mensonger que dangereux entre le DT-Polio, qui est obligatoire, nécessaire, et dont nous attendons tous le retour dans les pharmacies, et l’Infanrix, qui n’est pas obligatoire, pas nécessaire, et que personne n’utiliserait s’il n’y avait pas de pénurie de DT-Polio, surtout qu’il coûte sept fois plus cher.

La ministre de la Santé Marisol Touraine garde le silence

La ministre de la Santé Marisol Touraine, enfin, a choisi… le silence.

En un sens, elle est logique avec elle-même puisqu’elle avait eu le cran de déclarer que « la vaccination, ça ne se discute pas », alors même que la petite Ayana venait de tomber dans le coma après avoir reçu son vaccin.

La mort d’Ayana ne doit pas rester vaine

Mais au fond, peu importe. Ce qu’on espère aujourd’hui, c’est que les parents d’Ayana parviendront à surmonter cette épreuve aussi terrible qu’injuste, et qu’ils seront soutenus par le plus grand nombre possible de personnes.

Nous avons aussi l’espoir que la mort de la petite Ayana ne restera pas vaine, et que le retour du simple vaccin DT-Polio sans aluminium dans les pharmacies de France permettra bientôt à tous les bébés d’être vaccinés dans les meilleures conditions de sécurité.

Comment se reconstruire

La seule chose positive que l’on peut essayer de dire aux parents d’Ayana, c’est que ce type d’épreuve vous transforme de façon définitive, mais pas forcément dans le mauvais sens.

Si vous parvenez à vous « reconstruire » après cela, votre nouvelle vie, votre nouvelle façon de vivre et de voir le monde, en sont irrémédiablement transformées.

Mais cette transformation n’est pas toujours uniquement une destruction. Il se peut aussi que la mort de votre enfant change votre regard sur la vie, sur les autres, sur vos autres enfants si vous en avez, sur votre conjoint et vos parents, en vous imposant un regard plus calme, compréhensif, plus chargé d’amour et de sagesse.

Après une tempête pareille, vous comprenez mieux les bornes de la vie sur terre, vous réalisez de façon concrète qu’il y a des limites auxquelles personne n’échappe, des frontières d’au-delà desquelles personne ne revient. Cela peut vous donner plus de sérénité et une plus grande capacité à apprécier le moment présent. Vous pouvez acquérir ce brin de fatalisme et de recul qui peuvent être une bonne chose si vous aviez tendance à être trop angoissé, trop impatient, trop pressé dans l’existence.

Que vous le vouliez ou non, vous êtes obligé de relativiser un certain nombre de choses. Beaucoup de risques ou d’épreuves qui vous inquiétaient avant vous paraissent bénins, par contraste avec ce que vous avez vécu.

Vous n’avez plus envie de vous énerver parce qu’on vous a éraflé votre voiture sur le parking du supermarché. Rater vos vacances, perdre votre travail, vivre un chagrin d’amour, recevoir une amende ou une facture salée inattendue ne sont plus des causes que vous prenez vraiment au sérieux pour vous rendre malheureux.

« Allez, c’est la vie », vous dites-vous plus facilement. Vous apprenez à faire contre mauvaise fortune bon cœur parce que vous savez maintenant que vous allez oublier tout ça bien vite, beaucoup plus vite que cette douleur qui, elle, est pour toujours dans votre cœur.

Bien à vous,

Jean-Marc Dupuis

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14/05/2014

Un jour d'août, en Maurienne... Récit de la chute d'un ange de quatorze ans, jeune montagnard. Récit sur le destin et l'acceptation de notre impermanence. Notre vie est un mandala.

th-116.jpegBonjour à tous et toutes,

 

Je suis passionnée de montagne et je suis donc dépositaire de cette histoire que je souhaite partager avec vous.

Ces faits sont réels et marquent encore le seul rescapé de cette sortie en montagne, rescapé qui a pris de l'âge mais qui, à chaque 25 août, se souvient et pleure. Il avait seize ans à l'époque mais le destin lui a montré que la mort peut frapper à tout moment et qu'elle peut être terrible et brutale, nous ramenant à notre propre existence de vivants qui bien souvent nous pensons immortels, faisant s'écouler le temps comme si la plage de notre vie était infinie.th-112.jpeg

Un jour donc, il y a fort longtemps, dans les années quarante, en Maurienne, un jeune homme de trente-cinq ans environ décida d'emmener trois jeunes de quatorze, douze et seize ans pour faire l'ascension de la Croix des Têtes en Maurienne.

Il était prêtre et a fait partie de la Résistance, véritable héros de sa région.

Ce jour-là d'août, les quatre hommes laissèrent leur corde dans le sac et grimpèrent comme des chamois dans ces parois que je vous laisse apprécier dans le lien suivant :

http://laurentguerin.pagesperso-orange.fr/montagne/croix-tetes/croix-tetes.html

Le jeune prêtre avait proposé d'emmener Jean, un jeune garçon de quatorze ans qui souffrait d'asthme. "Le bon air de la montagne lui fera du bien", avait-il dit à ses parents.

th-117.jpegEffectivement, lorsque Jean était en montagne, il allait beaucoup mieux et se trouvait transfiguré. Malheureusement, la montagne l'aimait tant aussi qu'elle l'a emporté.

Ils se trouvaient dans une montée de barre rocheuse, dans une paroi, non encordés, lorsque soudain le mauvais temps qui tournait à l'orage leur fit peur. Le meneur décida de redescendre les jeunes gens. Jean se trouvait devant, décalé un peu sur la droite. Il savait se tenir sur les rochers et grimper sur les parois comme un chamois. Mais lorsqu'il voulut redescendre, la pierre sous son pied céda et il chuta, sur plus de trente mètres.th-111.jpeg

Le jeune de seize ans le vit tomber et il se rappelle encore de ce corps disloqué, de ce cerveau éclaté, des membres écartelés par la paroi et les rochers en contrebas. Son ami était mort, si brutalement, si violemment. Sans qu'il ait pu lui dire adieu.  

Il fit preuve d'un grand courage, protégeant en même temps le jeune de douze ans d'autres chutes, car avec le prêtre, ils durent porter le corps jusqu'au torrent le plus proche, avant d'aller chercher des secours pour emmener la dépouille. Ce fut horrible pour ces trois humains qui ne voyaient en la montagne que la résonance de leurs rires quelques heures auparavant. Ils pensaient au fait qu'ils ne s'étaient pas encordés. Seraient-ils encore vivants s'ils avaient été solidaires de leur ami avec la corde installée, emportant les quatre hommes dans un destin final, ou bien auraient-ils pu lui éviter cette chute terrible ?

P1170644 - copie.JPGLes parents du jeune décédé acceptèrent la mort de leur fils sans porter plainte ni chercher d'ennui au meneur de cette randonnée. Ils dirent que c'était le destin, sans vouloir faire porter sur quiconque le poids d'une responsabilité incombant au seul tort d'une pierre qui se décroche, entraînant la chute d'un ange.

Lorsque je contemple les créateurs d'un mandala de sable, j'observe qu'ils créent une oeuvre magnifique, comme la femme porte son bébé en elle durant neuf mois, pour ensuite le donner à la vie.

Puis, le mandala reste là durant des jours, offert à la contemplation de ceux qui savent l'apprécier, dans le silence des yeux qui savourent sa beauté. Jusqu'au jour où l'on ramasse le sable coloré, le ramenant en une urne qu'on offre à la rivière ou aux vents, tel l'être humain qui retourne à la source des âmes, après avoir offert le déroulement de sa vie aux regards des personnes proches qui resteront à jamais habitées par le mandala de son existence désormais finie ici-bas. th-104.jpeg

Chloé Larocheth-114.jpeg




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Images de Mandalas :

http://www.bing.com/images/search?q=mandala&qpvt=mandala&FORM=IGRE#a

 

 

 

14/01/2013

L'Odyssée de PI. Une traversée de la vie, de nos vies. Traduction de ce film et symbolisme.

L-Odyssee-de-Pi-3D_portrait_w193h257.jpgBonsoir à tous et toutes,


Le film "L'Odyssée de PI" de Ang Lee nous emporte dans un tourbillon d'images, de pensées et d'émotions incroyables.

Nous vivons avec PI, ce garçon ayant traversé l'océan avec un tigre, l'aventure intérieure d'un homme trouvant un courage et une force extraordinaire pour survivre et trouver un sens à son drame.images.jpeg

Cet homme a embrassé les trois religions tout jeune, pensant que la maison de Dieu comporte plusieurs pièces et qu'à chaque étage, il y a la place pour le doute. Le doute permet à mon sens d'asseoir une croyance sincère et profonde. Car sans doute et sans recherche personnelle, la foi n'est qu'une imposition, un marquage au fer de l'éducation.

images-3.jpegLe jeune homme se retrouve face au tigre de son enfance, sur une barque, seul sur l'océan. J'ai fait le parallèle avec le fait de se retrouver face à nos peurs, à notre passé, à notre inconscient, à nos blessures, à nos traumatismes, à notre tigre intérieur, celui que nous devons apprivoiser pour avancer et grandir. Le tigre est notre totem, comme l'animal en nous pouvant devenir notre allié, avec nos pulsions, nos colères, notre sensualité, notre animalité qui, devenue soumise à notre âme, peut transformer notre vie en oasis, en havre de paix et de sérénité.Unknown.jpeg

Ce tigre du Bengale est beau, majestueux, mais il fait peur. Pourtant, Pi va arriver à le soumettre, à vivre avec lui, à se faire respecter sans lui faire de mal, sans le tuer, et même en le sauvant. Mais en le sauvant, il s'est sauvé lui-même, car en le tuant, il se serait mutilé à jamais du meilleur de son être.

images-1.jpegEt puis, il admire le monde, PI. Il admire l'océan, le ciel, les profondeurs, la lumière, la tempête. Il laisse couler les larmes du deuil de ses parents, morts dans la tempête. Il pleure son frère. Il est seul désormais et apprend le renoncement. Le renoncement appelant l'acceptation de son destin.

PI vit la réalité des survivants, ceux qui sont seuls à rester vivants alors que les autres sont morts. Cette réalité est difficile à vivre car on voudrait pouvoir être partis avec ceux qu'on aime mais on doit vivre le restant de notre destin, sans rechigner à la tâche qui nous reste à accomplir.

La sagesse est de renoncer à ce qui a été, au bonheur antérieur vécu pour aller vers d'autres rives, vers d'autres îles, vers d'autres amours, vers d'autres liens humains.porte-coup-ah-coeur-rose-img.jpg

PI, je te remercie et je remercie le tigre qui est en nous, en moi, en toi... Qu'il nous protège à jamais dans la jungle de la vie que nous traversons.

odyssee-pi-featurette-voyage_5azzd_2bxgbe.jpgChloé LAROCHE



06/12/2012

Blessures invisibles... Pour un soldat survivant, pour une mère orpheline, pour les souffrants de l'Intérieur, pour les donneurs d'Amour.

Pour un soldat survivant

______________________


64d2bf1a.jpgQuand tu es né

Tu ne savais pas

Les blessures de la vie

Les tourments armés

Des blessures invisibles

 

 

Quand tu es né d8b1ff5c.jpg

Avais-tu accepté ce destin

De voir ton ami de vingt ans

Se faire tuer devant toi

En pleine guerre ?


Quand tu es né, toi 

Savais-tu que tu souffrirais autant

De maux qui ne se voient pas

De plaies ouvertes en dedans,

Soldat désespéré...


a8951415.gifTu t'es engagé vaillamment

Pour défendre ton pays

Ayant vu le pire de l'humain

Tu ne peux plus dormir en paix

La guerre a pris ton âme


Blessures invisibles et crues

Inconnues du reste du monde

Avec elles, tu portes seul

La croix des braves oubliés

Personne ne voit tes larmes 


Handicapée de l'intérieurgx8b6xzf.jpg

Je le suis comme toi

Soldat de la vie, de la route

Mère orpheline d'une enfant 

Partie au ciel si tôt


Nous avons en commun 

De vivre avec nos maux silencieux

Nos larmes rentrées et solitaires

Quand personne ne voit

La souffrance qui n'est pas dehors


055a1935.jpgNous avons en commun

Ce regard sur les choses

De n'avoir plus rien à perdre

À être authentiques

Puisqu'on est déjà morts


Morts au monde de l'apparenceamour,blessures invisibles,soldat,guerre,souffrance morale,choc,mort,tuerie,massacre,crime,silence,incompréhension,solitude,dépression,vie,espoir,bébé,enfant,destin,acceptation,offrande,résilience,beauté intérieure,larme,douleur morale,souffrance,âme,ange,don,sacrifice,armée,engagement,handicap,ignorance,sagesse,foi,humanité,humanisme,transcendance,courage,anne geddes,

Nous sommes de l'Intérieur

Pour aller à l'essentiel

Trouver la main d'autrui

Et traverser l'amour


BIC2062.jpgTraverser l'amour et s'y baigner2659022025.jpeg

Comme une nouvelle peau

Qui guérirait les blessures 

Se donner en solidarité

Dans un don de paix


Et renaître pour sourire

Infiniment guéris

amour,blessures invisibles,soldat,guerre,souffrance morale,choc,mort,tuerie,massacre,crime,silence,incompréhension,solitude,dépression,vie,espoir,bébé,enfant,destin,acceptation,offrande,résilience,beauté intérieure,larme,douleur morale,souffrance,âme,ange,don,sacrifice,armée,engagement,handicap,ignorance,sagesse,foi,humanité,humanisme,transcendance,courage,anne geddes,

Dans la rassurance d'un monde

Où les mots ne tueraient plus

Où les armes seraient violons.


Chloé Laroche_____________amour,blessures invisibles,soldat,guerre,souffrance morale,choc,mort,tuerie,massacre,crime,silence,incompréhension,solitude,dépression,vie,espoir,bébé,enfant,destin,acceptation,offrande,résilience,beauté intérieure,larme,douleur morale,souffrance,âme,ange,don,sacrifice,armée,engagement,handicap,ignorance,sagesse,foi,humanité,humanisme,transcendance,courage,anne geddes,amour,blessures invisibles,soldat,guerre,souffrance morale,choc,mort,tuerie,massacre,crime,silence,incompréhension,solitude,dépression,vie,espoir,bébé,enfant,destin,acceptation,offrande,résilience,beauté intérieure,larme,douleur morale,souffrance,âme,ange,don,sacrifice,armée,engagement,handicap,ignorance,sagesse,foi,humanité,humanisme,transcendance,courage,anne geddes,






15/11/2012

POÈMES ANDALOUS CHOISIS PAR MES SOINS POUR CEUX QUI AIMENT ET CEUX QUI PLEURENT AUSSI...

Poèmes que j'aime, choisis par mes soins pour vous et tirés de l'ouvrage : "COPLAS, POÈMES DE L'AMOUR ANDALOU".

(ÉDITIONS ALLIA 1993)________________________________

 

 

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JE M'EN VAIS FLEURIR MA PEINE,

ET JE PLEURAIS SI LONGUEMENT

QUE FLEURIRENT TOUTES LES HERBES.

 

 

_________JE VEUX BÂTIR UN CHÂTEAU

SUR LA TÊTE D'UNE ÉPINGLE,

ET IL TIENDRA PLUS FERMEMENT

QUE N'A TENU TON AMOUR.amour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence

 

____________SI LES LARMES QUE JE PLEURE

EN BRIQUES SE TRANSFORMAIENT,

AU MILIEU DE LA MER SALÉE

J'ÉDIFIERAIS UN CHÂTEAU FORT.

 

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TROIS FOIS JE PRIS L'ENCRIER ;

ET TROIS FOIS PAR TERRE

LE COEUR ME TOMBA.

 

_____________UN IMPOSSIBLE ME TUE ;

D'UN IMPOSSIBLE JE MEURS ;

IMPOSSIBLE EST D'ATTEINDRE

L'IMPOSSIBLE QUE JE VEUX.

 

___________AIME-MOI COMME JE T'AIMEamour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence

ET TU ME VERRAS MOURIR

COMME LE CHRIST SUR LA CROIX.

 

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SI TU VEUX LE TUER, TU PEUX ;

MAIS COMME TU ES DEDANS

TU MEURS AUSSI EN LE TUANT.

 

__________LE JOUR QUE TU NAQUIS

UN MORCEAU DE CIEL TOMBA ;

JUSQU'À CE QUE TU MEURS

LE TROU Y RESTERA.

 

___________APPUIE-TOI À MON AMOURamour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence

COMME LES SALAMANDRES

S'APPUIENT AU MUR.

 

________D'UNE CÔTE D'ADAM

DIEU CRÉA LA FEMME

POUR LAISSER AUX HOMMES

CET OS À RONGER.

 

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AU BORD DE LA FONTAINE

COMME CE FUT PRÈS DE L'EAU

LE COURANT L'EMPORTA.

 

______PAUVRE DE MOI QUI ME PLAINS

D'UN AMOUR QUI M'A TROMPÉ,

TEL QUI REGARDE LA PIERRE

APRÈS QU'IL A TRÉBUCHÉ !

 

_________DE TA FENÊTRE À LA MIENNEamour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence

TU ME JETAS UN CITRON,

LE CITRON TOMBA DANS LA RUE,

LE JUS DANS MON COEUR.

 

__________S'ILS SE CHANGEAIENT EN ÉTOILES

LES BAISERS QUE JE T'AI DONNÉS,

RESSEMBLERAIT TON VISAGE

À UN PETIT CIEL ÉTOILÉ.

 

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IL FAUDRAIT QU'IL Y AIT

DILIGENCES PAR LES MERS

ET BARQUES SUR LES CHEMINS.

 

_____________ HIER TU M'AS DIT AUJOURD'HUI,

AUJOURD'HUI TU DIS DEMAIN,

ET DEMAIN TU ME DIRAS

QUE L'ENVIE T'A PASSÉ.amour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence

 

______À LA MER S'EN FURENT MES YEUX

EN QUÊTE D'EAU POUR PLEURER,

S'EN REVINRENT SANS ELLE

CAR LA MER ÉTAIT SÈCHE.

 

________ON DIT QUE TU T'EN VAS LUNDI ;

VIENS T'EMBARQUER À MA PORTE ;

MES BRAS SERONT LES RAMES

ET MES LARMES LA MER.amour,couple,deuil,poème,andalou,espagnol,coplas poèmes de l'amour andalou,divorce,séparation,peine,douleur,aimer,larmes,souffrance,tristesse,désespoir,confiance,espoir,poésie,consolation,mots,maux,éternité,souvenir,nostalgie,bonheur,malheur,absence

 

_________NE PLEURE PAS MON COEUR,

NE SOIS PAS AFFLIGÉ :

CAR CE QUI FUT ET N'EST PLUS

C'EST QU'IL N'A PAS ÉTÉ.


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Poèmes choisis par mes soins et tirés de l'ouvrage

"COPLAS, POÈMES DE L'AMOUR ANDALOU"

(ÉDITIONS ALLIA 1993)________________________________________

 

 

06/11/2008

Réponse au SOS d'un maman qui a perdu son fils, emporté par un suicide.

Mn_PERS014.jpgLe trois novembre, j'ai reçu ce témoignage après mon article concernant les parents qui ont perdu un enfant :

"Je me trouve dans cette situation, mon fils s'est suicidé le 9 juillet 2008, et depuis je suis seule au monde, malgré que je sois en couple (ce n'est pas le papa), ma soeur après m'avoir culpabilisée, ne me parle plus alors que nous étions inséparables, j'ai 2 frères qui vivent leurs vie et ne s'occupent pas de moi et j'ai ma mère qui a changé, je suis au bord du précipice, au secours, une maman au désespoir."

J'ai été très touchée par ce message de détresse et je voudrais écrire à cette maman.Mn_7a.jpg

 

_____________________ Chère Brigitte,

 

Je vous sens seule et démunie, comme abandonnée de tous. Vous avez aimé votre fils, vous lui avez donné la vie... et il est parti sur un geste fatal. Il est très difficile dans ce cas précis pour les parents de ne pas se sentir coupables, comme tout parent qui perd un enfant aussi, mais dans ce cas, il y a le geste de désespoir de son enfant, un acte définitif, dont on n'a pu le protéger..

Votre fils a choisi de rejoindre un autre monde car celui-ci ne lui convenait plus ou croyait-il... le tuait à petit feu. Alors, il a choisi de vous quitter mais sans penser que ce serait définitif. Mourir, c'est partir un peu... Ceux qui veulent mourir devraient plutôt partir en voyage et puis revenir après. Mais ils n'y pensent pas, car leur cerveau est brouillé par des brouillards de larmes intérieurs et de désespoir, de déceptions parfois. Alors ils décident d'en finir, mais vous, vous n'y êtes pour rien.

Mn_8.jpgVous avez été sa mère, vous l'avez aimé et c'est au creux de votre coeur qu'il est réfugié à jamais.Mn_76b.jpg

Que ceux qui vous culpabilisent se taisent car ils ne savent pas l'immense amour qui vous relie à votre fils.

Ils ne savent pas la souffrance dans son coeur et le fil ténu qui s'est brisé pour des choses que vous-même ne savez pas. Car la vie de nos enfants leur appartient. Ils ne nous appartiennent pas.

Je vous embrasse et je vous souhaite beaucoup de courage, de douceur dans votre vie et de compréhension de la part de votre entourage. Celui-ci souffre aussi et dans la souffrance, chacun réagit différemment, parfois par la violence et le ressentiment, par la colère et la rancoeur. Laissez passer les tempêtes, les nuages, les orages et un jour viendra où votre fils sera votre lien le plus fort car l'amour triomphe de la mort et de l'absence.

Sincèrement vôtre,

Chloé Laroche

Mn_PERSO011.jpg

 

 

 

Commentaires :

Chère Brigitte,

Je pense à vous. Cela fait un an que votre fils est parti, le 9 juillet 2008. Je vous embrasse très fort et vous souhaite beaucoup de courage et de force.
Je vais vous écrire sur l'e-mail. Mille pensées.
Chloé

Ecrit par : Chloé Laroche | 11.07.2009

 

Merci Chloé pour la pensée pour mon fils CEDRIC décédé le 9 juillet 2008,je pleure toujours mon fils,il laisse un immense vide,je me retrouve seule en ce jour,mon compagnon à décidé de fuire à un moment ou j'avais le plus besoin de lui, il est parti depuis le 6 juillet 2009,il ne comprend pas ma douleur.Le 15juillet est le jour ou mon fils a été incinéré et également le jour de mon anniversaire encore un moment très douloureux à passer seule,la vie na plus de sens pour moi.

Ecrit par : Brigitte RAIMONDO | 11.07.2009

 

Chère Brigitte, 

Je suis très triste pour vous. Vous vous retrouvez seule juste à cette période très douloureuse du premier anniversaire (moi, je dis "amorversaire") de votre fils décédé. C'est quelques jours infiniment douloureux car le drame qui est arrivé il y a un an, la mort de Cédric, est inscrit dans chaque cellule de votre corps, un grand vide au niveau du ventre, un affaissement général corporel et moral avec une fatigue immense. N'hésitez pas à aller voir un médecin, à prendre de l'homéopathie, des vitamines. Allez vous ressourcer dans la nature, faites quelque chose pour votre fils comme un rituel d'adieu des "un an" : planter un petit arbre, un rosier, sur sa tombe ou en un autre lieu, lui écrire une lettre que vous pouvez brûler ou déposer sur le lieu où son corps repose. Parlez-lui dans cette lettre de votre amour, de votre détresse, de votre solitude, de l'abandon général que vous ressentez. Brigitte, cette période de la première année de deuil est vraiment dure. En 1997, quand j'ai perdu ma fille... durant la première année... un jour, je suis partie seule en montagne et j'ai fait un trois mille mètres (la croix de Belledonne) fin octobre, avec de la neige et un névé vertigineux verglacé. Il fallait que je fasse un truc comme ça, un défi à la vie, à la mort... que j'affronte les éléments de la nature, que j'appelle la force au plus profond de mon être. Là-haut, j'ai reçu ces mots de ma fille : "Maman, reste en vie." C'était très fort. Elle était partie mais je devais vivre. Votre fils Cédric pense la même chose pour vous. Vous allez ouvrir de nouvelles portes, rencontrer des personnes nouvelles, ouvrir un nouveau chapitre dans votre existence. Une nouvelle période commencera pour vous après votre anniversaire, comme un nouveau cycle. Cédric vous protège d'en haut. Prenez soin de vous, reposez-vous, prenez le temps du deuil et de vous reconstruire et vivez. Parlez aussi, appelez des numéros d'écoute. Il y a "Cap Écoute" qui est très bien. Et dans votre région, il existe aussi des groupes de parents endeuillés, comme le groupe Jonathan ou encore d'autres, qui proposent des rencontres entre parents orphelins afin de se soutenir et d'être moins seuls.
C'est important car qui peut le mieux comprendre que celui qui est passé par ce que vous vivez ? Brigitte, je vous embrasse fort et tenez bon !! 
Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 12.07.2009

 

Brigitte,

Un peu par hasard je tombe sur ce message !
Je ne sais pas si vous êtes la personne que j'ai connue ...

Dans tous les cas, votre situation doit être terrible comme tout parent qui perd un enfant. Et il n'y a pas grand chose à dire. La douleur est là et il faut laisser le temps au temps.

Courage.

Désolé de m'être "intercalé" dans votre conversation.

Bien à vous

Pierre D.

Ecrit par : Pierre | 02.08.2009

 

Ton témoignage me bouleverse, Brigitte.

Tu n'es pas responsable de la disparition de ton enfant, bien sur
il s'est trouvé dans une situation où personne ne pouvait l'entendre et il est allé jusqu'au bout.........
je sais bien ce que tu ressens, ma Sophie me manque tant
on se dit que demain on ne sera plus là, qu'on ne pourra pas, et puis, jour après jour, on lutte, pour notre entourage qui nous aime tant 
je te souhaite tout plein de courage, on ne sait jamais où on peut le trouver, mais on en a une réserve, bien cachée
je t'embrasse, et je te répondrai si tu le souhaites clairisa

Ecrit par : clairisa | 25.11.2008

24/06/2008

Trois destins rencontrés en ambulance. De la vie au désespoir. Du combat désespéré à la lutte finale contre la maladie, la solitude et la mort.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



TROIS RENCONTRES

BOULEVERSANTES_____________maladie,handicap,ambulancier,écoute,suicide,cancer,tragédie,ambulance,accompagenement,route,conducteur,rencontre,voyage,soeur emmanuelle,témoignage,isère,espoir,courage




Trois rencontres m’ont bouleversée durant cette journée de travail en ambulance.

Trois destins aux multiples souffrances.

D’abord, je vais chercher un homme handicapé, chez lui. Il est en fauteuil roulant. Arrivés à l’ambulance, je l’aide à l’asseoir dans le véhicule. Je plie son fauteuil et le soulève pour le ranger à l’arrière du véhicule.

La dernière fois que je l’ai vu, au cours d’un précédent transport, il devait partir en voyage au Brésil. Je lui demande alors comment cela s’est passé.
-Qu’est-ce qui vous a plu le plus là-bas ?
-Le Christ, m’a-t-il répondu !
-Le Christ ?
-Oui, et j’ai eu la chance de le voir de près en hélicoptère. Il fait trente mètres de haut...
-C’est le Christ qui surplombe la baie de Rio de Janeiro ! Il a les bras tendus, ouverts sur le monde. C’est si beau de représenter Jésus ainsi, lui ai-je dit.
-C’est vrai ! C’est magnifique !
-Vous étiez seul là-bas ?
-Non, nous étions neuf à partir, neuf membres de ma famille, à cause d’événements douloureux. Ma soeur venait de perdre son fils et son mari ... et nous avons perdu notre mère aussi.... Pour Noël, nous avons préféré partir le plus loin possible...”.

Ils ont mis un océan entre leurs morts perdus et leurs vies présentes... Océan de larmes, océan d’espoir face aux drames vécus.

J’ai ressenti beaucoup de douceur de la part de cet homme pour sa soeur. Il m’a parlé d’elle et de sa force, de ses blessures gravées dans la chair, de sa volonté de s’en sortir par elle-même. Survivance éperdue d’une mère orpheline et d’une veuve solitaire.

Et puis, plus tard dans la journée, je suis allée chercher une dame.

Elle m’a ouvert son coeur spontanément.
Nous roulions dans la neige.

Cette patiente m’a parlé de sa vie de veuve, de ses cancers successifs, de son mari suicidé, de tous les suicides qui s’accumulaient au sein de la famille. Elle m’a parlé de ses enfants, de ses peurs pour eux, de son angoisse de la pulsion de suicide “peut-être héréditaire”, de son combat pour la vie, de la flamme de son existence risquant de s’éteindre bientôt.

J’ai écouté cette dame tout au long du parcours. Je l’ai regardée avec admiration et respect. Elle n’avait à vivre, selon les médecins, que quelques mois. Je l’ai déposée à la Clinique tout en lui laissant quelques mots d’espoir et la chaleur d’une présence à ses côtés, présence fugace mais intense.

Et puis ce soir, j’ai transporté un homme de quarante ans, sortant régulièrement de l’Hôpital Psychiatrique afin de poursuivre une rééducation de la parole. Ce patient a une maladie qui s’est développée tardivement, maladie que sa mère lui a transmise.

Étant enfant, il a vu sa maman enfermée derrière des barreaux, ceux d’un asile. À la fin, on ne lui permettait plus de la voir. Aujourd’hui, il maîtrise difficilement ses mouvements et a beaucoup de mal à parler. Il se bat pour rééduquer sa parole et réapprendre à articuler.

Cet homme est le père de deux adolescents. “Je ne les vois pas souvent. Ils me manquent tellement !” me confie-t-il.

Cet homme travaillait autrefois. Il avait alors une vie normale, une famille. Aujourd’hui, il est enfermé dans ce pavillon psychiatrique.


Après la fin de mon travail, je suis rentrée chez moi avec les images de ces trois vies qui m’ont bouleversée... avec les mots de toutes ces vies que je croise.

Je pense aussi à cet homme dont j’ai parlé plus haut... que nous appellerons François et qui est rentré en chambre stérile depuis neuf jours.

Je suis allée le voir au tout début de son entrée à l’Hôpital. Je le lui avais promis. C’était son premier jour d’isolement. Je lui ai parlé à travers la vitre, avec le téléphone du couloir.

Il paraissait très ému de me voir. Je lui ai dit qu’il commençait un voyage et que je lui souhaitais bonne chance pour ces six semaines où il allait être enfermé, isolé dans cette pièce pour sa greffe de moelle.

Dans ses yeux, j’ai lu un grand espoir... La peur de ne pas survivre aussi. Mais l’espoir surtout. L’espoir de vivre grâce à cette greffe.

Ce soir, je pense aussi à Soeur Emmanuelle.
On l’a incitée à prendre congé des bidonvilles d’Égypte où elle a tant fait pour les plus pauvres. Elle vit maintenant dans le Sud de la France.

Je l’ai entendue parler sur l’origine de son engagement :
-Je ne voulais pas vivoter mais vivre pleinement. Tout donner et partager. Aujourd’hui, je peux partir en paix. Je sais qu’après moi, d’autres continueront. L’important, c’est d’ajouter sa goutte à l’océan d’amour. Il est important que chacun le fasse dans sa vie. Chaque goutte est importante.”

J'ai fait ces trois rencontres durant la semaine de prévention du suicide. Je pense très fort à toutes les familles qui ont perdu un proche par cette fin terrible. Chacun de nous est unique, unique à jamais. Chaque existence est une goutte de vie unique.

 

Chloé LAROCHE

 

 

La photo de fleur provient de ce lien :

http://www.gogoall.net/fonds/nature/f/fleurs/fleur_16.jpg

 

POUR LIRE TOUS MES ARTICLES

SUR LE MÉTIER D'AMBULANCIER, MON MÉTIER :

https://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance/









 
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