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19/11/2013

Suite n° 4 des Scoops de Chloé... Une histoire vraie de champignons géants, la Journée du Diabète, les rencontres ufologiques, le festival du cinéma de montagne, signaler des contenus sur internet...

Voici la suite numéro 4 de quelques scoops pour vous, petites infos, témoignage direct et histoires vraies que je me fais un grand plaisir de partager avec vous chaque semaine, chaque mois ou décade... avec mes déductions et réflexions personnelles.

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A-.  Les Rencontres du Cinéma de Montagne annuelle et toujours gratuite à Grenoble ont démarré cette semaine et durent du 18 au 22 novembre au Summum.

th-7.jpegC'est époustouflant de voir tous ces amoureux de nos sommets se regrouper au Summum et admirer les films de montagnards et autres sportifs d'activités périlleuses. C'est génial de voir cet enthousiasme avec trois mille personnes qui arrivent toutes au même endroit pour y pénétrer en à peine une heure de temps et s'asseoir sans avoir payé un kopek, pour regarder durant trois heures des merveilles d'énergie et de beautés naturelles : les montagnes.

Mais surtout, allez-y bien à 18 h à l'ouverture des portes, afin d'avoir une place... Petite astuce pour vous. En effet, une foule impressionnante se presse pour savourer des films de qualité chaque année. 

Merci à la Mairie de Grenoble qui nous offre cet évènement depuis quinze ans, toujours gratuit et ouvert à tous. 

Vous trouverez sur Ovs Grenoble (le site "On Va Sortir.com") chaque soir des organisateurs généreux qui ont créé une sortie sur ce festival chaque soir de la semaine. Il ne vous reste plus qu'à vous inscrire sur le net et, en plus, vous rencontrerez des personnes super à chaque fois : une occasion de sortir de votre isolement... ou de descendre de votre montagne 

Si vous voulez aller lire mon article sur le Festival 2011 :

https://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2011/11/17/es-13-emes-rencontres-du-cinema-de-montagne-au-summum-sont-u.html

Pour revoir les vidéos :

http://www.cinema-montagne-grenoble.fr/th-8.jpeg

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B-. Un jour, un couple est allé se promener avec ses enfants dans les années 1966-67, aux Quatre Seigneurs au-dessus du Mûrier, près de Grenoble, pour aller ramasser des champignons et se promener.

th.jpegIls ont eu la peur de leur vie lorsqu'ils ont découvert des champignons géants, plus grands qu'eux, à l'orée d'un champ. Des champignons géants comme dans Tintin, sur l'Ile Mystérieuse.

En cet endroit, on savait que se menaient des expériences de l'Armée, top secrètes.th-1.jpeg

La famille a eu si peur de se trouver en face d'une limace géante ou autre déformation de la nature qu'ils partirent en courant, sans jamais en parler à personne, de crainte de se faire tuer, pour avoir découvert un secret à ne pas dévoiler.

Ceci est entièrement vrai. Aujourd'hui, les parents sont toujours vivants et maintenant âgés. Leurs enfants ont grandi et sont toujours de ce monde.

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C-. Racisme et rejet :

Ma question : comment peut-on aimer celui qui vient de loin lorsque l'on n'aime déjà pas celui qui vit à côté ?

J'ai porté cette semaine un plein sac de vêtements chauds à trois caravanes de Roms près de l'Isère, à l'entrée de l'autoroute qui va sur Chambéry, juste en sortant de Grenoble. Ils m'ont remerciée sincèrement. 

J'ai donné aussi depuis des années à la Remise (deux magasins solidaires à Grenoble) pour renflouer leurs provisions de vêtements à bas prix. J'ai organisé aussi un don de vêtements chauds avec plusieurs amis pour donner à un camp de Roms qui s'étaient installés au bord de l'Isère il y a deux-trois ans.

Je me souviens des regards de ces enfants vivant sous des tentes dans le froid de l'hiver. Certains n'avaient pas de chaussures. Il y avait aussi un bébé malade, avec une jeune mère totalement désemparée et livrée à un isolement social si évident que cela en donnait un vertige horrible pour elle et pour tous ces rescapés. J'avais appelé le médecin du Samu qui était venu.

Un soir de ce printemps 2013, alors que je déménageais, j'ai apporté plein de sacs de jouets pour enfants et de vêtements au camp près d'Alpexpo. 

Il ne faut pas s'arrêter d'aider directement ces populations.th.jpeg

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D-  Sur Ovs, le site "ON VA SORTIR", on peut trouver de tout en idées de sorties. Autrefois, sur le site, il y avait une rencontre mensuelle des amis des Extra-terrestres, rencontres ufologiques très intéressantes et sérieuses, dans laquelle étaient partagés les témoignages, l'avancée de la recherche dans ce domaine, les références trouvées... Ces rencontres continuent et la dernière s'est déroulée le 7 novembre 2013.th-12.jpeg

th-9.jpegVous pouvez consulter leur site :
http://ovni91.canalblog.com/tag/grenoble

Mais cette semaine, on fait fort, sur Ovs Grenoble, avec Philippe, jeudi soir à 19 h 30.  

Il va nous donner la date probable du contact futur de ces êtres et nous parler de la manière dont ceci va se faire. Attention à la manipulation humaine sur un sujet glissant. Car on peut être sûr de l'existence d'êtres différents de nous et peuplant l'espace... mais quant à émettre des probabilités de contact direct dans un futur proche, je crois qu'il faut être très prudent et utiliser son discernement.
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E- Le 14 novembre, s'est déroulée la Journée du Diabète.

th-2.jpegJ'ai pu rencontrer au cours de cette journée au CHU de Grenoble des responsables et membres d'associations qui s'étaient rassemblés afin de sensibiliser la population à cette maladie qui compterait 700 000 personnes atteintes sans le savoir. Le diabète apparaît souvent à l'âge mur, généralement à partir de 40 ans et lors de la vieillesse.

Il apparaît souvent lorsque l'activité physique est absente ou trop faible, lorsqu'il y a des diabétiques dans sa famille (antécédents familiaux), lorsque l'indice de masse corporelle est trop élevé (problème de sur-poids). Testez-vous sur : contrelediabète.frth-5.jpeg

Le diabète se caractérise par un taux de sucre trop élevé dans le sang : une hyperglycémie liée à un mauvais fonctionnement du pancréas. Aujourd'hui, 3,5 millions de Français en sont atteints.

Un diabète est avéré lorsqu'à deux reprises le taux de sucre dans le sang est supérieur ou égal à 1,26 g/l.

Le diabète en France, c'est :th-3.jpeg

-17000 amputations
-2ème cause des problèmes cardio-vasculaires
-1ère cause de cécité avant 65 ans
-30 pour cent des nouveaux dialysés

On peut joindre en Isère l'Association Française des Diabétiques du Dauphiné au 0476170095. Leur site est : afd.diabete38.fr

L'Association Française des Diabétiques regroupe 105 associations actives et 1500 bénévoles dans toute la France.

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F- La Mairie de Crolles en Isère a de très bonnes idées... Elle a créé le service "Développement social" qui offre une aide financière aux familles les moins aisées afin d'offrir des activités annuelles et des séjours de vacances aux enfants de la commune.

th-15.jpeg"Vous pouvez bénéficier d'une aide de la commune pour les vacances de vos enfants. Stages, camps, colonies, à la mer, à la montagne, trois jours ou trois semaines… différentes formules sont possibles.

Seuls quelques critères sont impératifs : votre quotient familial doit être inférieur à 1370 euros, votre enfant doit avoir moins de 18 ans, le séjour doit être agréé Jeunesse et Sports et compter au moins trois nuits. Pour en savoir plus, venez rencontrer les agents du service développement social en mairie, ils vous montreront les catalogues des différents organismes et pourront vous faire une estimation en direct du montant de l’aide qui pourrait  vous être versée."

Lorsqu'on a un quotient familial de près de 400 euros, on peut obtenir une aide à hauteur de 95 pour cent du séjour ou de l'activité à l'année, ce qui est énorme.

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G- Si vous observez une page Facebook qui vous heurte ou bien un contenu sur Internet qui vous paraît anormal, choquant et pervers, alors vous pouvez alerter ce site :th-13.jpeg

https://www.internet-signalement.gouv.fr/

Mais ne demandez pas à tous vos amis et à votre réseau d'alerter, car un seul signalement suffit.

120 000 contenus illicites ont ainsi pu être traités, avec l'aide de chacun d'entre vous.

Vous pourrez lire sur ce site les conseils aux parents et aux enfants concernant l'utilisation d'internet.

Voici les conseils aux parents :

Conseils aux Parents
 
Ne laissez pas vos enfants seuls face à Internet
 

Si vous deviez ne retenir qu'une règle : installez l'ordinateur

dans la salle de séjour ou une pièce commune.

L'Internet doit être un outil familial et

vos enfants vous sentiront présents.

Si vous les laisser utiliser

Internet dans leurs chambres,

vous aurez plus de mal à les protéger. 

 
Contrôlez l'accès à l'ordinateur
 

Lorsque vos enfants se retrouvent seuls, pensez à protéger votre

ordinateur avec un mot de passe et les empêcher de se connecter

à Internet en votre absence. Sachez que les adresses des sites

visités sont enregistrées dans l'historique de votre logiciel

« navigateur » auquel on peut accéder en utilisant

la commande CTRL + H. 

 
Etablissez un dialogue
 

Laissez vos enfants vous montrer comment ils surfent :

leurs sites préférés, ceux qui pourraient vous intéresser.

Invitez-les à vous montrer ce qui les gêne, discutez-en avec eux. 

 
Eduquez vos enfants à la prudence
 

Apprenez leur des règles simples : ne jamais donner

d'informations personnelles (adresse, téléphone) ;

quitter immédiatement un site qui les met mal à l'aise ;

ne pas organiser de rendez-vous avec une personne

rencontrée sur Internet sans vous en parler. 

 
Internet et vie privée
 

Si des données personnelles (photographies, textes)

sont publiées pour vous nuire ou pour vous harceler,

vous ou vos enfants, vous êtes en droit d'en demander le

retrait auprès des responsables des sites qui les diffusent.

La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL)

met à votre disposition une documentation pour vous guider

dans ces démarches et peut vous aider si elles s’avèrent infructueuses. 

Pour cela, vous pouvez vous rendre sur le formulaire de plainte

en ligne du site internet de la CNIL à l’adresse : 

http://www.cnil.fr/vos-libertes/plainte-en-ligne/ 

Si vous ou votre enfant êtes victime d'une infraction -

par exemple, une usurpation d'identité -

ces démarches ne se substituent pas à un dépôt de plainte

dans un service de la police nationale ou de la

gendarmerie nationale, mais viennent le compléter. 

 
Installez un logiciel de contrôle parental
 

Les logiciels de contrôle parental vous permettent de

filtrer l'accès à l'internet en interdisant la consultation

de certaines informations sensibles ou illicites

(pornographie, racisme, violence...).

La majorité des fournisseurs d'accès à Internet

propose des logiciels de filtrage parental.

Des logiciels gratuits, performants et simples d'utilisation,

peuvent être téléchargés. Il existe également des

dispositifs de filtrage sur les systèmes d'exploitation

ainsi que sur certains logiciels de navigations.

Mais attention : ces outils ne peuvent en aucun cas

« remplacer » la vigilance des parents. 

 
En savoir plus
 
Pour en savoir plus : 


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th-14.jpegBonne journée à tous !

Chloé Laroche






 

02/04/2009

Dans mon taxi, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent. Du handicap au pire vécu.

Du handicap au pire vécu. Offrande d'une sonate pour la vie de Jason, petit garçon retrouvé mort à Liège, tué par son père à coups de chaussure. 

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Dans mon taxi, véhicule sanitaire que je conduis chaque jour, les souffrances rentrent et sortent. Elles se déposent.

 

images-12.jpegJe reste seule avec des confidences, avec les paroles parfois très lourdes de mes passagers handicapés ou malades.

Des enfants aussi. Des personnes âgées.

 

“Qu’est-ce qu’ils ont les pères à nous faire ça,” me dit une enfant qui me révèle qu’une copine a subi la même chose qu’elle.images-8.jpeg

 

“J’ai eu raison de le dénoncer, n’est-ce pas ?”....

“C’est lui qui a tort, pas moi.”

 

“Ma mère me manque.”

 

Cette enfant a le regard clair et déjà un raisonnement très mûr. Elle regarde une autre enfant passagère et me dit : “Elle est belle.”

 

Comme on dit d’une rose qu’elle est belle.

Les roses, on ne doit pas les cueillir.

Ni violer les enfants.

 

images-2.jpegPendant des mois. Il l’a violée. Ce n’était pas son père mais un beau-père.

 

Pendant les absences de la mère.

 

Elle regarde le paysage. Je la conduis. Elle se sent apaisée dans mon véhicule.images-5.jpeg

 

Dans la journée, plus tard, je transporte un monsieur handicapé. Il était tétraplégique. Il a progressé à force de travail. Il est maintenant paraplégique.

 

images-11.jpegIl est triste. Cela fait trois ans qu’il a eu ce maudit accident.

 

Je l’écoute. Il me dit que la souffrance physique, il n’y a rien de pire. Et la souffrance de voir les montagnes sans pouvoir les parcourir, les goûter.

 

La souffrance de voir des femmes et de n’avoir que le souvenir de l’ancien temps et des rêves présents qu’on fait mais qui ont le goût amer du réveil en fauteuil.SB10063890E-001.jpg

 

Je l’écoute et il me dit que les personnes valides ont bien de la chance et qu’elles devraient éviter de se plaindre pour des broutilles.

 

Mais parfois, pensais-je, les personnes valides sont tristes à mourir et certaines sont handicapées dans le coeur, amputées de leur enfant disparu, membre perdu dans l’immensité de l’univers... amputées d’un être aimé mort. Parfois, des personnes valides ont tant de charges et de difficultés à gérer que tout cela n’est pas que des broutilles.

 

images-9.jpegCet homme souffre terriblement. Il est comme dans une prison. Son corps ne le laisse plus libre de vivre comme il voudrait. Il laisse les volets lui ôter la vue des montagnes. Il a envie de les prendre et de les replanter en plein désert, là où il ne serait pas. Il ne veut plus de son fauteuil. Il se bat pour en sortir. Il voudrait l’emmener  loin et revenir sans lui. Valide et libre d’aimer à nouveau, de courir les montagnes.

 

Je me retrouve seule dans mon taxi. Un taxi spécialisé.

Une musique s’élève dans le réceptacle du véhicule. “La Sonate au Clair de Lune” de Beethoven.

 

Le piano amène à moi l’image d’une tombe. Je vois une maman pleurer là où on a découvert le corps de son fils de trois ans enterré dans un sac.

 

images-4.jpegCet enfant s’appelait Jason. Il a été tué à coups de chaussures par son père. C’est la nouvelle compagne du père qui l’a aidé à enterrer le petit garçon. C’est elle aussi qui a avoué les faits et qui a révélé la fuite du père dans son pays.

 

Cela faisait des semaines depuis février que l’on recherchait le petit garçon. Il a été retrouvé le 19 mars près de Liège, en Belgique, là où il vivait avec son père.images-3.jpeg

 

Un père qui a fait de la prison pour vente de drogue et qui avait déjà été remarqué pour maltraitance sur son fils. Son fils qu’on lui a pourtant rendu à sa sortie de prison. Erreur fatale pour ce petit garçon.

 

Tué à coups de chaussures.

 

images-1.jpegLe piano grandit en intensité. Je pense à Jason. Je vois sa vie, ses sourires, ses jeux d’enfants, sa pureté, son innocence, son émerveillement devant la vie, ses larmes, la douleur d’une vie maltraitée, d’enfant qui regarde l’adulte et qui a peur. Juste peur. Effrayé. Sans secours. Sans recours.

 

La pureté de la Sonate prend en elle toutes les souffrances dont je viens de parler et j’offre ces vies à l’Esprit qui détient la vie, à l’amour qui regarde les roses grandir sans les arracher.

 

La dernière note s'allonge dans la voiture. Le piano s'éteint. Mais une étoile brille. Pour Jason. Pour les enfants que je transporte. Pour chaque personne handicapée.SB10065057H-001.jpg

 

Chloé Laroche________________

 

Commentaires

I recently came across your blog and have been reading along. I thought I would leave my first comment. I don't know what to say except that I have enjoyed reading. Nice blog. I will keep visiting this blog very often.

Ruth

http://pianonotes.info

Ecrit par : Ruth | 05.04.2009

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Thank you very much, Ruth. Your letter is very beautiful, with a big sun for my hearth and my blog. Good sunday ! Chloé Laroche

Ecrit par : Chloé Laroche | 05.04.2009

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12/06/2008

Flashs-back de mon métier d'ambulancière. Vie et mort. Maladie et courage. Solitude et isolement. Regard sur un métier merveilleux mais peu reconnu.

(Extrait de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



CHRONIQUES
D'UNE AMBULANCIÈRE________________ _________________ _________________ solitude,isolement,handicap,ambulance,deuil,anévrisme,ambulancier,dépression,suicide,écoute,métier,isère,taxi,vsl,musique,moto,accident moto,paraplégique,vie,combat,maladie,rééducation,courage,résilience,urgence,femme enceinte,perte sang,bébé,enfant,prise en charge,médical,médecin,hôpital,témoignage,vérité,blog,livre internet,édition,éditeur,vivant,avenir,espoir,tragédie,drame,perte,amputation,hospitalisation,peur





Ce qui me frappe le plus, ce sont la solitude et l’isolement de certains patients.

Un soir, nous avons été appelés en urgence avec mon coéquipier pour une dame qui faisait une hémorragie vaginale. Elle était assise par terre dans sa cuisine. Il y avait du sang près d’elle. Du sang qui s’était écoulé violemment de ses entrailles. Son bébé de quelques mois était posé près d’elle, impuissant et démuni face à la souffrance de sa mère.

Nous les avons emmenés tous les deux à l’Hôpital. Le père était, selon cette maman, incapable de s’occuper de l’enfant. Nous avons donc confié ce dernier au service de pédiatrie. La jeune mère n’avait plus d’amis, son mari n’étant pas pour qu’elle en ait et plutôt contre... Un mari en situation irrégulière, un mari à protéger dans la solitude d’une vie captive de l’amour.

Nous avons confié cette jeune personne aux Urgences gynécologiques et lui avons laissé en quittant le service quelques mots rassurants pour elle et son bébé.



Je me souviens aussi de cette jeune femme africaine, transportée il y a quelques semaines. Nous l’avons sortie d’un hôpital pour l’emmener dans un autre. Durant le voyage, j’étais à l’arrière de l’ambulance, auprès d’elle, et je l’ai écoutée. Elle était belle, sauvage et écorchée vive dans l’âme.

-J’ai fait une connerie”, m’a-t-elle dit. Ce qui voulait dire en d’autres termes qu’elle venait de faire une tentative de suicide.

Elle vivait dans une totale solitude. Une solitude d’isolement qui sentait la blessure du racisme. Elle pleurait son pays et ne se sentait en aucune façon intégrée dans sa petite ville de province. Elle m’a parlé de ce racisme vécu au quotidien, dans le travail et dans la rue. Pourquoi elle, si jeune et si belle. La couleur de sa peau envahissait tant le coeur des gens qu’ils ne voyaient plus cet être humain en face d’eux ? Je lui ai parlé de la communauté africaine implantée à cinquante kilomètres, dans la grande ville voisine. Pour tisser des liens. Refaire surface avec son identité culturelle. Mais elle n’avait malheureusement pas de voiture.

La dépression n’a pas de couleur et le désespoir peut hélas tomber sur chacun des habitant de la Terre, par-delà toute frontière et sous n’importe quelle latitude. Relever la tête et se battre, ne pas se laisser abattre, est le don du courage laissé à chacun de nous, que nous soyons noirs ou blancs, jaunes ou rouges.

Nous avons laissé cette jeune femme dans sa nouvelle chambre hospitalière. Elle allait pouvoir se reposer. Mais je savais en la quittant qu’un sourire était né dans son coeur, une étincelle d’espoir, une lueur allumée par notre échange.



Un après-midi, nous sommes allés dans un centre d’accueil spécialisé pour chercher une dame et l’emmener passer un scanner.

C’était une femme jeune, au visage d’ange. Elle était prostrée, paralysée ainsi depuis plus de dix ans.
-C’est une rupture d’anévrisme qui l’a frappée d’un seul coup. Elle était dynamique, pleine d’énergie, de projets et maman d’un petit garçon. Elle a eu un jour très mal à la tête et soudainement elle a disparu dans ce gouffre de la maladie.”

C’était sa soeur qui se confiait ainsi à moi...
-Notre vie dans la famille n’a plus jamais été celle d’avant.”
Elle sortit fébrilement des photos de son sac.
-Tenez, ce sont des photos de ma soeur. Regardez comme elle était belle et épanouie.”
J’ai regardé, très émue, ces photos d’une jeune femme de trente ans, heureuse de vivre. Je me suis dit en voyant ce qu’elle était devenue que la souffrance du Christ offerte sur la croix se poursuit inlassablement dans l’humanité martyre.

Cette crucifixion de la chair et de l’âme, cet écartèlement qui n’en finit plus au coeur de la vie, a commencé dans ma propre existence le jour où des hommes en noir ont cloué et fermé à jamais le cercueil de ma fille de trente mois. Pour continuer à vivre et pour exister pleinement, il faut apprendre à offrir sa souffrance pour qu’une transmutation s’accomplisse dans d’autres vies que la sienne. S’offrir comme un coeur ouvert et le donner aux Anges pour qu’ils le transplantent dans d’autres vies en détresse ou en perdition.

Un collègue m’a dit : “Tu vas t’essouffler. Tu verras, le métier d’ambulancier, c’est un métier de business. Il faut enchaîner les courses le plus vite possible, transporter les patients de façon rentable et puis savoir se préserver soi-même psychologiquement en gardant de la distance avec les personnes transportées. Un jour, tu te surprendras à regarder ta montre lors d’une urgence et à regretter que ce soit sur toi et ton collègue que ce transport est tombé... Un jour, tu te surprendras à penser que tel patient régulier qui sent tellement mauvais car tellement infecté... soit bientôt mort pour ne plus avoir à le transporter.”

”Jamais ! Tu m’entends !”, lui ai-je répondu. Non, cela jamais !

Faire ce métier dans un esprit de service, d’écoute, d’accueil et d’accompagnement du patient, donner un sourire, sourire sans compter, rassurer le malade, le laisser là où on devait le transporter et lui serrer les mains chaleureusement, l’écouter aussi, se taire lorsqu’il veut la paix... Voilà ce qui me motive.

La plupart des ambulanciers ont cet esprit de service. Ceux qui ne l’ont pas changent rapidement de métier ou alors ils se fabriquent une carapace à travers laquelle n’apparaissent plus que des gestes formels et standards.

Le collègue dont je parlais précédemment et qui veut me faire croire que je vais vite changer dans ma façon d’appréhender le métier... ce même collègue est un jeune homme qui sait faire rire les malades. Il sait leur donner de la joie avec son humour naturel. Il se tient proche du malade, scrutant son état de santé, et il est capable, au jugé de ses observations, de me demander de conduire plus rapidement, si c’est moi qui tiens les rênes de l’ambulance, afin que le malade souffre moins longtemps.

Un jour où nous travaillions ensemble, nous avons dû transporter une jeune femme qui venait de subir une césarienne. Il m’a avoué ensuite que cela lui faisait toujours quelque chose de transporter des personnes jeunes.

C’est pour cela que je crois en l’Humanité. C’est parce que même si un être humain dit qu’il se protège de la souffrance d’autrui, qu’il est détaché et éloigné de tous les maux de ses frères humains... il peut être aussi tout le contraire dans les actes concrets.




La Toussaint et le jour des Morts viennent de passer. Les fleurs ont réchauffé les tombes dans les cimetières.
J’ai travaillé durant ces deux jours en ambulance.

Nous sommes allés chercher un homme paraplégique pour le transférer d’un hôpital à un autre.

-Cela fait treize ans que j’ai eu cet accident de moto qui m’a coûté mes jambes, mais vous savez, me dit-il, j’ai plus appris de la vie depuis cet accident que dans mon existence d’avant.”

Cet homme prénommé Serge avait l’oeil vif et son sourire était empli d’enthousiasme envers la vie. Il était, me semblait-il, empli de dynamisme, de volonté et d’ardeur de connaître et d’apprendre. Il passa de notre brancard à son lit sans avoir besoin de notre aide, glissant ses jambes inertes à une rapidité impressionnante.

Dans l’ambulance, nous avons parlé de musique, de clavier, de Jean-Sébastien Bach. Je lui ai dit que j’étais violoniste et que je faisais aussi des concerts. Il m’a confié alors qu’il avait un rêve : apprendre le piano pour arriver à jouer un morceau, la Toccata de Bach.

Je me suis dit qu’être capable d’apprendre à jouer d’un instrument pour interpréter une seule partition, unique et magnifique, c’est comme un grand amour. On peut tout quitter pour lui. Pour une seule personne, une seule sur la Terre, on peut quitter son pays, ses amis, sa famille, aller au bout du monde pour rejoindre l’oasis de son coeur. Pour un seul être, on peut tout apprendre. On peut apprendre à naviguer, à voler dans les airs, à piloter sa vie... apprendre à aimer, muter pour aimer.



La veille de la Toussaint, nous avons emmené un homme âgé qui se trouvait dans une maison de retraite. Il était tombé et il y avait un risque de fracture du col du fémur. Nous l’avons placé dans un matelas coquille afin de lui éviter tout mouvement et pour qu’il ne souffre pas trop aussi pendant le transport vers les Urgences. Lorsque j’ai rempli ses papiers pour la prise en charge, comme nous le faisons pour chaque malade, j’ai remarqué qu’il y avait une note écrite sur la fiche de liaison : “Deux enfants DCD”... Décédés... Il avait perdu ses deux enfants adultes durant la même année !

Une vague de compassion a traversé mon âme et j’ai prié pour cet homme qui restait maintenant tout seul dans cette demeure de fin de vie, veuf et orphelin de ses deux enfants. Je lui ai parlé un peu pendant le transport. Je lui ai dit qu’il avait un beau prénom, celui d’un ange. Le prénom d’un homme qui a tout donné. D’autres auraient écrit... “qui a tout perdu”. Perdre, c’est vivre dans le vide et le néant. Donner, c’est transmuter ses souffrances et les offrir pour que le meilleur advienne.

J’ai compris dernièrement que je ne suis pas vraiment loin de ma fille défunte. La distance qui me sépare d’elle est infime dans le temps de l’infiniment grand de l’univers. Dans soixante-dix ans et peut-être avant, ma vie se terminera et alors je retrouverai Océana et toutes les personnes que j’ai aimées et qui sont parties. Lorsque je regarde le monde tourner et la vie danser autour de moi, je me dis sereinement que dans cent vingt ans, aucun être humain vivant aujourd’hui ne sera plus. Le bébé qui naît aujourd’hui, la femme mère de cinq enfants, le chef de famille qui pense gouverner les siens, le collégien qui apprend, le salarié qui trime... tous seront morts. Et d’autres humains auront pris la relève d’une nouvelle humanité.

C’est pour cela que l’important, c’est de vivre sa vie pleinement, de manière à l’enrichir, à la fleurir, à lui donner les ailes de l’Amour.

Laisser tomber le superflu, le “je m’en foutisme”, l’égoïsme, les regrets où l’on se noie, la nostalgie qui freine la vie, les querelles inutiles, les conflits imbéciles... encore que parfois ces derniers soient nécessaires... et vivre le temps qui nous reste avec tous ceux qui demeurent encore vivants.


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(Fragments de mon ouvrage paru en 2003,

mais épuisé à ce jour : "Transports d'âmes et d'hommes").


POUR LIRE TOUS MES ARTICLES

SUR LE MÉTIER D'AMBULANCIER, MON MÉTIER :

https://sosmaman.20minutes-blogs.fr/ne-tirez-pas-sur-l-ambulance/

 
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