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22/11/2013

Je prends la défense des ambulanciers, touchés par une nouvelle mesure de hausse de taxe risquant de les prendre à la gorge.

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 Aujourd'hui, je n'ai pas trouvé grand chose sur internet au sujet du nouveau problème que traverse la profession des ambulanciers, à part l'article de "Bien Public" ci-dessous... Le problème en question étant le passage de sept à dix pour cent de taxe TVA ... ce qui génèrerait  quarante pour cent de perte d'emplois (13 mille emplois) et à terme la fin des VSL, véhicules sanitaires légers...

C'est gravissime pour la profession, cette profession que j'ai choisie par vocation il y a plus de dix ans,  métier sur lequel on tape souvent  en le taxant de nid à profiteurs, de générateur du trou de la Sécurité Sociale et autres "jolis" surnoms.

Voici un texte que je viens d'écrire sur un article de détracteur : "L'ambulance joue les taxis" ....ambulance,ambulancier,mécontentement,taxe TVA,loi,politique,métier,fin du VSL,taxi,profession,sanitaire,hôpital,santé,sanitaire,handicap,maladie,cancer,dialyse,témoignage,ambulancière femme,portage,dos,douleur,difficile,route,danger,risques,l'express,bien public,médecin,bon de transport,cent pour cent,mutuelle,sécurité sociale,intérêt public,

Je leur ai répondu ceci : 

Vous exagérez.... Facile de tirer sur l'ambulance.... Vous avez pensé au risque que les ambulanciers prennent chaque jour sur la route, ces salariés et ces patrons de petites entreprises qui accompagnent à longueur de journée des personnes malades, handicapées et âgées ? C'est un service qu'ils rendent à la société pour des personnes souvent très fatiguées par leurs traitements.

À propos des soi-disants ambulanciers qui font du taxi à deux, je peux témoigner sur le cas d'un monsieur âgé ramené après sa dialyse. Il ne quitte pas la dialyse sur un brancard mais sur ses deux jambes. Cependant il n'a plus la force de remonter chez lui, au deuxième étage sans ascenseur. Il faut donc envoyer une ambulance car dans un Vsl ou un taxi médicalisé, il n'y a qu'une personne qui peut aider. Nous le portons à deux, en chaise. Je suis une femme de 47 ans et je peux vous dire qu'au niveau du dos, on prend. Alors, avant de balancer toujours sur notre corps de métier, évaluez d'abord le service que nous rendons à la société.

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Chloé LAROCHE

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L'article en question de l'Express... qui tire sur l'ambulance

est : http://www.lexpress.fr/actualite/economie/l-ambulance-

joue-les-taxis_718709.html#y9BkTHfy8j5RQ3hg.99

Et voici l'article qui nous comprend et nous défend : 

http://www.bienpublic.com/actualite/2013/11/19/alain-sugu...

REJOIGNEZ SUR FACEBOOK le mouvement : "Ambulanciers de France".

19/11/2013

Suite n° 4 des Scoops de Chloé... Une histoire vraie de champignons géants, la Journée du Diabète, les rencontres ufologiques, le festival du cinéma de montagne, signaler des contenus sur internet...

Voici la suite numéro 4 de quelques scoops pour vous, petites infos, témoignage direct et histoires vraies que je me fais un grand plaisir de partager avec vous chaque semaine, chaque mois ou décade... avec mes déductions et réflexions personnelles.

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A-.  Les Rencontres du Cinéma de Montagne annuelle et toujours gratuite à Grenoble ont démarré cette semaine et durent du 18 au 22 novembre au Summum.

th-7.jpegC'est époustouflant de voir tous ces amoureux de nos sommets se regrouper au Summum et admirer les films de montagnards et autres sportifs d'activités périlleuses. C'est génial de voir cet enthousiasme avec trois mille personnes qui arrivent toutes au même endroit pour y pénétrer en à peine une heure de temps et s'asseoir sans avoir payé un kopek, pour regarder durant trois heures des merveilles d'énergie et de beautés naturelles : les montagnes.

Mais surtout, allez-y bien à 18 h à l'ouverture des portes, afin d'avoir une place... Petite astuce pour vous. En effet, une foule impressionnante se presse pour savourer des films de qualité chaque année. 

Merci à la Mairie de Grenoble qui nous offre cet évènement depuis quinze ans, toujours gratuit et ouvert à tous. 

Vous trouverez sur Ovs Grenoble (le site "On Va Sortir.com") chaque soir des organisateurs généreux qui ont créé une sortie sur ce festival chaque soir de la semaine. Il ne vous reste plus qu'à vous inscrire sur le net et, en plus, vous rencontrerez des personnes super à chaque fois : une occasion de sortir de votre isolement... ou de descendre de votre montagne 

Si vous voulez aller lire mon article sur le Festival 2011 :

https://sosmaman.20minutes-blogs.fr/archive/2011/11/17/es-13-emes-rencontres-du-cinema-de-montagne-au-summum-sont-u.html

Pour revoir les vidéos :

http://www.cinema-montagne-grenoble.fr/th-8.jpeg

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B-. Un jour, un couple est allé se promener avec ses enfants dans les années 1966-67, aux Quatre Seigneurs au-dessus du Mûrier, près de Grenoble, pour aller ramasser des champignons et se promener.

th.jpegIls ont eu la peur de leur vie lorsqu'ils ont découvert des champignons géants, plus grands qu'eux, à l'orée d'un champ. Des champignons géants comme dans Tintin, sur l'Ile Mystérieuse.

En cet endroit, on savait que se menaient des expériences de l'Armée, top secrètes.th-1.jpeg

La famille a eu si peur de se trouver en face d'une limace géante ou autre déformation de la nature qu'ils partirent en courant, sans jamais en parler à personne, de crainte de se faire tuer, pour avoir découvert un secret à ne pas dévoiler.

Ceci est entièrement vrai. Aujourd'hui, les parents sont toujours vivants et maintenant âgés. Leurs enfants ont grandi et sont toujours de ce monde.

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C-. Racisme et rejet :

Ma question : comment peut-on aimer celui qui vient de loin lorsque l'on n'aime déjà pas celui qui vit à côté ?

J'ai porté cette semaine un plein sac de vêtements chauds à trois caravanes de Roms près de l'Isère, à l'entrée de l'autoroute qui va sur Chambéry, juste en sortant de Grenoble. Ils m'ont remerciée sincèrement. 

J'ai donné aussi depuis des années à la Remise (deux magasins solidaires à Grenoble) pour renflouer leurs provisions de vêtements à bas prix. J'ai organisé aussi un don de vêtements chauds avec plusieurs amis pour donner à un camp de Roms qui s'étaient installés au bord de l'Isère il y a deux-trois ans.

Je me souviens des regards de ces enfants vivant sous des tentes dans le froid de l'hiver. Certains n'avaient pas de chaussures. Il y avait aussi un bébé malade, avec une jeune mère totalement désemparée et livrée à un isolement social si évident que cela en donnait un vertige horrible pour elle et pour tous ces rescapés. J'avais appelé le médecin du Samu qui était venu.

Un soir de ce printemps 2013, alors que je déménageais, j'ai apporté plein de sacs de jouets pour enfants et de vêtements au camp près d'Alpexpo. 

Il ne faut pas s'arrêter d'aider directement ces populations.th.jpeg

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D-  Sur Ovs, le site "ON VA SORTIR", on peut trouver de tout en idées de sorties. Autrefois, sur le site, il y avait une rencontre mensuelle des amis des Extra-terrestres, rencontres ufologiques très intéressantes et sérieuses, dans laquelle étaient partagés les témoignages, l'avancée de la recherche dans ce domaine, les références trouvées... Ces rencontres continuent et la dernière s'est déroulée le 7 novembre 2013.th-12.jpeg

th-9.jpegVous pouvez consulter leur site :
http://ovni91.canalblog.com/tag/grenoble

Mais cette semaine, on fait fort, sur Ovs Grenoble, avec Philippe, jeudi soir à 19 h 30.  

Il va nous donner la date probable du contact futur de ces êtres et nous parler de la manière dont ceci va se faire. Attention à la manipulation humaine sur un sujet glissant. Car on peut être sûr de l'existence d'êtres différents de nous et peuplant l'espace... mais quant à émettre des probabilités de contact direct dans un futur proche, je crois qu'il faut être très prudent et utiliser son discernement.
th-10.jpeg

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E- Le 14 novembre, s'est déroulée la Journée du Diabète.

th-2.jpegJ'ai pu rencontrer au cours de cette journée au CHU de Grenoble des responsables et membres d'associations qui s'étaient rassemblés afin de sensibiliser la population à cette maladie qui compterait 700 000 personnes atteintes sans le savoir. Le diabète apparaît souvent à l'âge mur, généralement à partir de 40 ans et lors de la vieillesse.

Il apparaît souvent lorsque l'activité physique est absente ou trop faible, lorsqu'il y a des diabétiques dans sa famille (antécédents familiaux), lorsque l'indice de masse corporelle est trop élevé (problème de sur-poids). Testez-vous sur : contrelediabète.frth-5.jpeg

Le diabète se caractérise par un taux de sucre trop élevé dans le sang : une hyperglycémie liée à un mauvais fonctionnement du pancréas. Aujourd'hui, 3,5 millions de Français en sont atteints.

Un diabète est avéré lorsqu'à deux reprises le taux de sucre dans le sang est supérieur ou égal à 1,26 g/l.

Le diabète en France, c'est :th-3.jpeg

-17000 amputations
-2ème cause des problèmes cardio-vasculaires
-1ère cause de cécité avant 65 ans
-30 pour cent des nouveaux dialysés

On peut joindre en Isère l'Association Française des Diabétiques du Dauphiné au 0476170095. Leur site est : afd.diabete38.fr

L'Association Française des Diabétiques regroupe 105 associations actives et 1500 bénévoles dans toute la France.

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F- La Mairie de Crolles en Isère a de très bonnes idées... Elle a créé le service "Développement social" qui offre une aide financière aux familles les moins aisées afin d'offrir des activités annuelles et des séjours de vacances aux enfants de la commune.

th-15.jpeg"Vous pouvez bénéficier d'une aide de la commune pour les vacances de vos enfants. Stages, camps, colonies, à la mer, à la montagne, trois jours ou trois semaines… différentes formules sont possibles.

Seuls quelques critères sont impératifs : votre quotient familial doit être inférieur à 1370 euros, votre enfant doit avoir moins de 18 ans, le séjour doit être agréé Jeunesse et Sports et compter au moins trois nuits. Pour en savoir plus, venez rencontrer les agents du service développement social en mairie, ils vous montreront les catalogues des différents organismes et pourront vous faire une estimation en direct du montant de l’aide qui pourrait  vous être versée."

Lorsqu'on a un quotient familial de près de 400 euros, on peut obtenir une aide à hauteur de 95 pour cent du séjour ou de l'activité à l'année, ce qui est énorme.

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G- Si vous observez une page Facebook qui vous heurte ou bien un contenu sur Internet qui vous paraît anormal, choquant et pervers, alors vous pouvez alerter ce site :th-13.jpeg

https://www.internet-signalement.gouv.fr/

Mais ne demandez pas à tous vos amis et à votre réseau d'alerter, car un seul signalement suffit.

120 000 contenus illicites ont ainsi pu être traités, avec l'aide de chacun d'entre vous.

Vous pourrez lire sur ce site les conseils aux parents et aux enfants concernant l'utilisation d'internet.

Voici les conseils aux parents :

Conseils aux Parents
 
Ne laissez pas vos enfants seuls face à Internet
 

Si vous deviez ne retenir qu'une règle : installez l'ordinateur

dans la salle de séjour ou une pièce commune.

L'Internet doit être un outil familial et

vos enfants vous sentiront présents.

Si vous les laisser utiliser

Internet dans leurs chambres,

vous aurez plus de mal à les protéger. 

 
Contrôlez l'accès à l'ordinateur
 

Lorsque vos enfants se retrouvent seuls, pensez à protéger votre

ordinateur avec un mot de passe et les empêcher de se connecter

à Internet en votre absence. Sachez que les adresses des sites

visités sont enregistrées dans l'historique de votre logiciel

« navigateur » auquel on peut accéder en utilisant

la commande CTRL + H. 

 
Etablissez un dialogue
 

Laissez vos enfants vous montrer comment ils surfent :

leurs sites préférés, ceux qui pourraient vous intéresser.

Invitez-les à vous montrer ce qui les gêne, discutez-en avec eux. 

 
Eduquez vos enfants à la prudence
 

Apprenez leur des règles simples : ne jamais donner

d'informations personnelles (adresse, téléphone) ;

quitter immédiatement un site qui les met mal à l'aise ;

ne pas organiser de rendez-vous avec une personne

rencontrée sur Internet sans vous en parler. 

 
Internet et vie privée
 

Si des données personnelles (photographies, textes)

sont publiées pour vous nuire ou pour vous harceler,

vous ou vos enfants, vous êtes en droit d'en demander le

retrait auprès des responsables des sites qui les diffusent.

La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL)

met à votre disposition une documentation pour vous guider

dans ces démarches et peut vous aider si elles s’avèrent infructueuses. 

Pour cela, vous pouvez vous rendre sur le formulaire de plainte

en ligne du site internet de la CNIL à l’adresse : 

http://www.cnil.fr/vos-libertes/plainte-en-ligne/ 

Si vous ou votre enfant êtes victime d'une infraction -

par exemple, une usurpation d'identité -

ces démarches ne se substituent pas à un dépôt de plainte

dans un service de la police nationale ou de la

gendarmerie nationale, mais viennent le compléter. 

 
Installez un logiciel de contrôle parental
 

Les logiciels de contrôle parental vous permettent de

filtrer l'accès à l'internet en interdisant la consultation

de certaines informations sensibles ou illicites

(pornographie, racisme, violence...).

La majorité des fournisseurs d'accès à Internet

propose des logiciels de filtrage parental.

Des logiciels gratuits, performants et simples d'utilisation,

peuvent être téléchargés. Il existe également des

dispositifs de filtrage sur les systèmes d'exploitation

ainsi que sur certains logiciels de navigations.

Mais attention : ces outils ne peuvent en aucun cas

« remplacer » la vigilance des parents. 

 
En savoir plus
 
Pour en savoir plus : 


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th-14.jpegBonne journée à tous !

Chloé Laroche






 

18/12/2012

La fin du monde n'est pas pour ceux qui y croient... mais pour ceux qui la vivent sans la chercher. Mes pensées pour les victimes de la tuerie de Newtown et pour tous ceux qui pleurent et souffrent.

Conference-sur-la-fin-du-monde-vue-depuis-l-Antiquite_1_illustrationEtab.jpgBonsoir à tous et toutes,


On nous annonce la fin du monde depuis si longtemps, déjà en 1999. Pour certains groupes et sectes, je pourrais vous rappeler encore d'autres dates données avec beaucoup de précisions et de foi par des personnes illuminées, dans le passé.gx8b6xzf.jpg

Des milliers de personnes vont se retrouver cette année le 21 décembre 2012 à Bugarach, ce jour de la date fatidique donnée par le calendrier maya, dans l'espoir d'être sauvées, de faire partie des élus.

Mon sentiment et ma conviction profonde est qu'il n'y aura pas de fin du monde, juste la fin d'un cycle, la mort du vieil homme en nous, comme à chaque Noël, comme à chaque solstice d'hiver, afin de faire renaître le petit enfant qui nous porte durant toute l'année, ce foyer d'espoir et de renaissance qui fait que chacun de nous avance malgré les épreuves et les larmes.fin-du-monde-pour-2100.jpg

Mais je crois aussi que la fin du monde est vécue déjà dans leur chair par nombre de personnes :

Je pense notamment aux parents des vingt enfants de six et sept ans tués à Newtown aux États-Unis dans leur école, massacrés par un fou, un déséquilibré dont l'entourage n'a pu enrayer la violence.

Je pense aux enfants et aux famille des enseignants, de la psychologue et de la Directrice de l'école de Newtown, tués aussi par les balles de ce tueur. Je pense notamment à Victoria Soto, 27 ans, qui a sauvé les élèves de sa classe en les cachant dans des placards. Elle s'est mise devant, sacrifiant sa vie pour sauver les enfants, les plus petits de l'école. Une autre jeune institutrice a réussi à cacher ses quinze élèves dans les toilettes. Elle s'appelle Kaitlin Roig et par son courage et son sang-froid, elle a sauvé sa classe. Elle leur a dit, croyant qu'ils allaient tous mourir : "Sachez que je vous aime tous très fort."

images-7.jpegJe pense à cette famille massacrée par le père de famille aujourd'hui à Salon de Provence. Le père a pendu ses deux petites filles avant de se pendre aussi et après avoir poignardé sa femme. Mais quelle horreur, quelle souffrance pour en arriver là. Ils ne vivront pas Noël, ne grandiront plus. Ces petites filles qui avaient l'avenir devant elles, comment ont-elles vécu leurs derniers moments, pendues au bout de cette corde, voyant la folie de la destruction massive s'emparer de leur papa ?

La fin du monde n'est-elle pas pour toutes ces personnes qui n'ont plus que la corde pour fuir un monde trop dur, qui n'ont plus que les armes pour parler et communiquer leur colère et leurs peurs ?images.jpeg

Un homme obèse, pesant 140 kg et souffrant d'une maladie grave a essayé ce dimanche de se tuer. Il n'arrive plus à vivre, à croire encore au fait de se battre contre sa maladie. Il est seul. Il possède deux armes chez lui. Soudain, le téléphone a sonné. L'arme à la main et des larmes plein les yeux, il a répondu. C'était un ami au bout du fil. Quelques mots d'amitié ont été échangés et l'homme a posé son arme et a survécu. Il a décidé de laisser sa vie se poursuivre et de donner une chance à ce qui pourrait arriver mais qui n'est pas encore présent.

images-6.jpegCe soir, je pense à cet homme qui a échappé à sa propre fin du monde. Mais je n'oublie pas qu'une enseignante vient de se donner la mort dans sa salle de classe à Villeneuve-Saint-Germain en se pendant. Elle n'avait que cinquante ans.

Et je pense aussi à cette famille en deuil d'un frère qui s'est pendu aussi cette semaine dans l'Isère.

fin-du-monde1.jpgAujourd'hui, c'est l'anniversaire de ma mère partie il y a six mois d'un cancer. Cela fera le 21 décembre six mois qu'elle est décédée avec mon père. Cette date est difficile à passer pour moi et ma fin du monde est déjà là, en quelque sorte, puisque la fin des personnes qu'on aime nous emporte avec elles dans le vécu d'une absence où nous sommes entre deux mondes, ceux qui restent et ceux qui partent.Fin-du-monde-comment-le-Mexique-fait-du-mythe-Maya-une-attraction-touristique-jpg_164001.jpg

L'enjeu est bien sûr de rester afin d'accomplir son propre chemin et de rester dans la chaîne d'amour humain et de solidarité planétaire. L'enjeu est d'accepter sa croix, ses croix, et de nous mettre dans la main puissante du Monde, comme des enfants confiants dans les cadeaux de la vie découverts au pied du sapin de notre destin.Unknown-2.jpeg64d2bf1a.jpg

Chloé Laroche

 

01/11/2012

Mon témoignage sur le métier de Taxi médical. Je vous parle de ma vocation tournée vers les souffrants, dans le respect et l'écoute d'autrui.

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Ce soir, je vais vous parler de mon métier.

Je suis Taxi médical... Taxi sanitaire... Taxi employée dans une société d'ambulances.

En fait, pour faire ce métier et obtenir une place de cet ordre, il faut nécessairement posséder le diplôme de Taxi mais aussi avoir une formation d'ambulancier, de préférence.

Je transporte donc des personnes malades, âgées, handicapées, dialysées, cancéreuses, accidentées et bénéficiaires du "cent pour cent" de prise en charge de la Sécurité Sociale pour une maladie grave, longue maladie ou pour un accident du travail.

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J'ai démarré à l'époque comme ambulancière novice dans une boîte d'ambulances qui a aujourd'hui coulé, à cause du fait qu'un des frères dirigeants s'est débrouillé pour ne pas payer les cotisations retraite de ses salariés durant plusieurs années.

Ils m'ont donné la chance à l'époque de me former à ce métier passionnant. J'ai vite été mise en binôme avec un cadre qui faisait dix urgences par jour. Mon sentiment à l'époque est d'avoir été jetée à l'eau sans savoir nager.

J'ai accompagné de dix à douze heures par jour des personnes en fin de vie, des hémorragies, des personnes atteintes de septicémie, d'infarctus, de cancer en phase terminale, de dépression avancée.

Mon "salut" a été que j'ai pu écrire un livre de témoignage sur un an d'ambulancier. J'avais ce besoin de faire appel au collectif pour partager la souffrance du monde. J'écrivais pour laisser la trace d'un métier si beau, si dur et méconnu, non reconnu surtout. Mon livre, épuisé aujourd'hui, s'appelle : "Transports d'âmes et d'hommes". 

Depuis, j'ai travaillé dans le domaine du TPMR : "transport de personnes à mobilité réduite", avec conduite de fourgons aménagés pour pouvoir monter à bord des fauteuils électriques et très lourds, non portables par des humains ni transportables en ambulances.

Et puis j'ai aussi passé le diplôme de Taxi en 2003 avant de passer le diplôme d'ambulancier. Le diplôme de Taxi est obligatoire depuis 1995, avec une épreuve nationale et une épreuve départementale, dont un examen de la conduite avec deux inspecteurs dans le véhicule. C'est la Préfecture qui nous délivre ensuite notre carte de Taxi, avec obligation de formation continue et d'examen médical régulier.

Lorsqu'on a réussi le diplôme de Taxi, on peut ensuite soit devenir artisan Taxi à son compte, soit devenir salarié d'une entreprise de Taxi tourisme ou commerce, soit devenir Taxi dans une boîte d'ambulances (avec une formation complémentaire).

Il m'arrive dans le cadre de mon emploi de Taxi médical de transporter des personnes handicapées en fauteuil manuel, lequel peut se plier et se placer dans le coffre de la voiture. Il me faut aider la personne à se placer sur le siège de la voiture en quittant son fauteuil roulant, en la soutenant et en la guidant parfois dans ses mouvements.

J'ai accompagné il y a quelques temps une personne accidentée dans un accident d'avion, rescapé miraculeux d'un drame terrible. Avec le temps, l'ayant vu au départ avec deux moignons et les deux jambes estropiées, j'ai eu la joie un jour de le voir debout, avec deux prothèses installées par des personnes très compétentes, deux nouvelles jambes et pieds entièrement confectionnés  par la main de professionnels médicaux.taxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi,alp'azur ambulance,isère,médecine,hôpital,clinique,rendez-vous,traitement,chimiothérapie,guérison

Le courage des humains est parfois si grand et leur force intérieure de vie si riche que les anges eux-mêmes n'en reviennent pas parfois...

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En tant que taxi médical, ma mission est de rendre agréable un transport imposé par un traitement souvent lourd... chimiothérapie, radiothérapie, dialyse, transfusion, rééducation de kiné, piqûres dans les yeux, etc. Souvent, pendant que je conduis, j'écoute la personne qui se confie mais une communication s'établie aussi, avec un échange sur la vie, sur nos vies et aussi sur les choses banales qui rendent plus légers le drame vécu par le patient que je transporte. Notre passager confie sa vie à notre professionnalisme sur la route. Il souhaite rentrer chez lui assez rapidement mais en douceur, d'où l'obligation d'adopter une conduite souple et zen, avec une anticipation des dangers continuelle et une concentration de tous les instants.taxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi

On doit aussi pouvoir faire face à des crises d'épilepsie, d'angoisses, cardiaques, malaises divers... en gardant son sang-froid et en sachant faire les gestes justes.

Souvent, nous retrouvons les mêmes personnes à transporter dans la semaine... mais de mois en mois, de nouvelles personnes arrivent pour être transportées alors que d'autres ont terminé leur traitement. Nous savons alors que ces dernières vont vers leur guérison et une santé bien meilleure, ce qui rassure et emplit de sérénité.

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Si ce métier vous plaît, alors n'hésitez pas à le choisir... Il faut aimer rendre service et aussi... aimer conduire, être zen et très calme. Savoir aussi prendre sur soi et posséder un certain courage.

Merci de m'avoir lue.

Chloé Larochetaxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi,alp'azur ambulance,isère,médecine,hôpital,clinique,rendez-vous,traitement,chimiothérapie,guérisontaxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi,alp'azur ambulance,isère,médecine,hôpital,clinique,rendez-vous,traitement,chimiothérapie,guérisontaxi,taxi médical,sanitaire,ambulance,métier santé,conduire,métier,vocation,accompagner,patient,cancer,dialyse,santé,maladie,mort,fin de vie,accident,rééducation,vsl,route,permis de conduire,permis de taxi,préfecture,examen,chambre des métiers,candidature,travail,emploi,témoignage,alzheimer,kiné,voiture,code route,respect,déontologie,écoute,zen,calme,espoir,pôle emploi,alp'azur ambulance,isère,médecine,hôpital,clinique,rendez-vous,traitement,chimiothérapie,guérison

 

 

 

 

 

22/01/2009

Mon récit pour ceux qui souffrent et pour leur entourage, pour honorer le courage des humains.

 

images.jpegJe voulais vous raconter ma rencontre en 2003 d’une patiente que j'ai transportée un jour dans mon ambulance.

Cette femme souffrait d’un cancer... Une dame âgée, pétillante de vie, d’enthousiasme et d’espoir.

Elle m’a révélé avec bonheur :

-Depuis l’annonce de ma maladie, j’ai toujours été entourée. Mes amis m’invitent, me font à manger et m’apportent des petits plats. Je ne manque jamais de rien.”

Je lui ai répondu :

-Vous êtes comme les ermites. Les gens vous considèrent comme une personne représentant la sagesse et vous soignent comme un trésor humain.”

Elle m’a alors regardée avec malice et mystère, surprise par ma perspicacité :

-Oui, vous avez sûrement raison. Il est vrai que durant toute ma vie, je me suis occupée des autres, de tout le village... J’ai gardé les chiens des uns, les chats des autres, les enfants, les maisons en périodes de vacances. J’ai fait les courses avec mon caddy pour ceux qui ne pouvaient pas se déplacer...”.

Cette femme est un magnifique exemple d’entraide et de solidarité jusque dans la maladie où tout un village fait la chaîne pour une vieille dame seule et malade.images-2.jpeg

Ce jour-là, sur ma route, j'ai aussi rencontré un miraculé. Je devais aller le chercher dans un centre de rééducation, après sa séance de kinésithérapie, pour le ramener chez lui. Il a marché jusqu’à l’ambulance avec ses béquilles. “Je suis bien content que ce soit vous !”, me dit-il élégamment. C’était la première fois qu’il me voyait mais cela avait l’air de l’enchanter.

Ce monsieur était tombé il y avait huit mois du quatrième étage d’un échafaudage d’électricien. D’après les témoins, il n’aurait pas dû s’en sortir. Il n’avait même pas fait de coma. Il avait bien sûr des séquelles mais sa vie était sauvée... Bientôt sexagénaire, il préparait sa retraite et gardait nombre de projets pour la suite de son existence.

images-2.jpegJe suis émerveillée par la solidité de certains êtres et par la ténacité de l’Humain à demeurer en vie malgré les épreuves, les accidents et la maladie.

Nous avons appris ainsi avec bonheur que notre petit patient Kévin, qui se rendait plusieurs fois par semaine à l’hôpital en dialyse, avait été greffé et que nous ne le transporterions plus. Cela a été une immense joie de voir ce jeune garçon libéré de ce fardeau. La persévérance de la vie, le courage de Kévin, le soutien de ses parents et l’accompagnement des soignants ont gagné pour sauver cet enfant.

La vie est si belle, si riche et si surprenante qu’elle vaut les batailles qu’on choisit de mener pour elle.

 

Chloé Laroche

 

 

 

23/06/2008

Histoires ambulancières sur ceux que nous transportons. Leurs larmes et leurs mots. Leurs maux. Comment un homme en vient à vouloir se suicider.

(Extraits de mon livre paru en décembre 2003 : "Transports d'âmes et d'hommes", aux éditions L'Âme du Ciel sous l'ISBN -2-9516004-2-9).



“Pourquoi l’ai-je fait ?”____________
_______________________________



-Maintenant, je comprends ceux qui le font.”
Le patient que je transporte vient de me confier qu’il avait tenté de se suicider il y a quelques mois, un jour où il était resté seul, avec une carabine pointée du sol vers sa carotide. Le coup est parti... Si fort qu’il a évité la mort. Il a éraflé la vie de cet homme et lui a laissé un bras handicapé.
-Pourquoi l’ai-je fait ? Je n’en sais rien aujourd’hui. Je ne comprends pas. Mais je comprends ceux à qui cela arrive. Je ne les comprenais pas avant. Maintenant oui.”

Il m’a remué, ce grand-père.
Comme cette dame dépressive que j’ai emmenée dans son foyer d’accueil. “Cela fait huit ans que je suis malade dépressive,” m’a-t-elle confié.
Cette dame, je m’en souvenais bien. J’étais allée la chercher deux semaines avant à l’Hôpital psychiatrique pour l’emmener dans un foyer, une famille d’accueil. Mais là, aujourd’hui, quel déchirement ! Elle était venue passer cinq jours à l’occasion de Noël avec sa mère âgée, dans la maison de retraite de cette dernière.

Je l’ai retrouvée dans le couloir, figée, avec son gros sac de voyage. “Tenez”, m’a-t-elle dit en me tendant son sac. “C’est vous ?! C’est drôle que ce soit encore vous ! Je suis bien contente.” Mais elle était si triste de dire au revoir à sa mère.
En arrivant à la voiture, elle me dit : “Je suis si angoissée, tellement angoissée.” Elle fuma une cigarette, les yeux en mille morceaux. Sa mère nous regardait, du haut de son balcon. Elles se dirent adieu de loin.

-Je n’ai pas envie de retourner là-bas,”’ me confia-t-elle.
-Prenez ce temps pour vous détendre, vous reposer à la campagne. Ces gens qui vous accueillent sont-ils gentils avec vous ?
-Oui, ils sont gentils, mais ils ne s’occupent pas de moi.”
Après cet échange, nous avons roulé pendant une heure... Une heure en chansons, chansons d’amour que nous avons partagées en écoutant une fréquence radio. Et puis, des confidences sont venues sur ses deux grands enfants. Confidences mêlées à une si grande tristesse. Sensibilité à fleur de vies.

Ce soir, en repensant à ces deux patients, j’ai pleuré... J’ai songé à ce qu’il nous reste de la vie lorsque nous n’avons plus rien, lorsque nous sommes au bout... à bout, lorsque seul le départ de la vie nous réjouit.
Je pense qu’il reste alors l’essentiel, c’est à dire l’amour qu’on a partagé, cette énergie universelle qui circule entre les âmes. Si nous gardons cet essentiel à l’esprit et que nous ne nous coupons pas de cette énergie ni de notre âme ni de notre chemin intérieur, nous devons pouvoir vivre jusqu’au moment ultime où la mort arrive... à son heure, sans avoir à la chercher.

Je repense à ce que mon collègue Cyril m’a dit : “Moi, le soir, j’essaye de ne plus penser à ma journée de travail. Je m’interdis de revenir dessus car sinon je ne le supporterais pas. Je ne sais pas comment tu fais pour arriver à écrire sur le métier et à repenser à tout cela. C’est trop dur.”

Je crois personnellement que faire l’autruche n’est pas une solution. Lorsque quelque chose me touche, je regarde en face cette chose... et je vis mes émotions.

Les ambulanciers rencontrent dans leur métier des situations et des réalités difficiles, à une cadence rapide, et personne ne les aide psychologiquement. C’est une lacune du métier et un oubli regrettable, à mon sens, car je pense que si la moitié des ambulanciers quittent leur poste au bout de deux ans, c’est qu’il y a usure et saturation psychique. Ensuite, “la moitié de ceux qui seront restés... partiront eux aussi dans les deux années suivantes”... comme le dit un cadre de mon entreprise.

Lorsque nous passons d’une urgence à l’autre sans souffler, lorsque nous devons prendre en charge un malade alors que nous sommes encore avec le précédent, lorsque nous transportons vers sa séance de dialyse un patient gravement atteint sur le plan mental et agressant physiquement durant tout le trajet le collègue ambulancier assis à côté de lui, lorsqu’un autre malade psychologiquement atteint essaye de détourner la voiture de sa trajectoire dans un moment de folie, lorsque nous découvrons un corps sans vie alors que nous pensons trouver un malade... Comment les ambulanciers peuvent-ils tenir nerveusement pendant des mois sans avoir la tentation de quitter ce métier... pourtant merveilleux ?

S’ils ne parlent jamais et n’évacuent pas tout cela, s’ils préfèrent enterrer ces expériences difficiles au plus profond d’eux sans jamais y repenser et surtout sans jamais exprimer ce qu’ils ont ressenti... comment pourront-ils poursuivre sans avoir un jour envie de changer de route ?

Si les entreprises ne prennent pas en compte cela en faisant rentrer par exemple un équipage qui vient de vivre quelque chose de très difficile, elles s’exposent à ne pas garder leurs employés fort longtemps.
Imaginez une jeune ambulancière d’une vingtaine d’années qui vient de débuter et qui voit un de ses premiers patients mourir... Imaginez qu’elle doive enchaîner ensuite son service...



Une grand-mère en deuil___________________




Aujourd’hui, j’ai emmené une patiente de quatre-vingts ans, très agréable et pleine de tonus. Elle m’a raconté tout le bonheur qu’elle avait eu d’être née dans le Sud de la France. Mais elle m’a confié aussi combien le soleil lui manquait, avec sa chaleur et sa lumière, en cette saison.

Et puis elle m’a parlé du soleil perdu qu’elle pleurait depuis neuf ans... son petit-fils décédé jour pour jour le 31 Décembre. Il avait alors un an et demi et souffrait depuis sa naissance de graves problèmes de santé.
Cette dame m’a tout raconté, du décès du petit garçon à l’Hôpital jusqu’aux mois de calvaire de sa fille en deuil.

Cela ressemblait tellement à ma propre histoire. Je ne lui ai rien dit car la résonance aurait été trop forte. Je pleurais en conduisant des larmes invisibles. Elle m’a montré la photo de son petit-fils et j’ai su qu’il était près d’elle, comme un petit ange.

Cette grand-mère, en ce jour anniversaire, n’a peut-être parlé de son chagrin et de son vide qu’avec moi... Il était important qu’une personne partage cela avec elle, en ce jour de plus grande souffrance. Il y a des jours précis qui reviennent en cycles et qui sont à jamais marqués d’une pierre noire... une pierre sombre qui alourdit le coeur et le remplit d’orage, de tristesse et de souvenirs jamais effacés.

Il était important aussi que cette dame partage cela avec une personne qui pouvait comprendre... comprendre et accepter que neuf ans après, la douleur est toujours vive... que neuf ans après, l’amour est toujours vivant.
Que neuf ans après, la photo d’Emmanuel nous tend toujours les bras.



Dialyse et espoir de greffe__________________


Je poursuis mes missions d’ambulance en V.S.L..
J’accompagne de nombreuses personnes en dialyse. Elles restent branchées durant une demi-journée trois fois par semaine à une énorme machine qui purifie intégralement leur sang, afin de pallier à des reins ne faisant plus leur travail. Certaines font des dizaines de kilomètres à chaque fois pour rejoindre leur centre de dialyse. Elles arrivent, se pèsent et se couchent pendant des heures sur un lit, pendant que leur sang passe dans les tuyaux. Ensuite, nous revenons les chercher pour les ramener chez elles.
Ce sont souvent des personnes âgées qui doivent gérer en plus beaucoup d’autres problèmes de santé. Mais aujourd’hui, j’ai transporté pour la dialyse un jeune d’une trentaine d’années. Il m’a dit qu’il venait de s’inscrire sur une liste d’attente pour avoir une greffe du rein mais qu’il ne voulait pas y penser chaque matin en se levant, car l’attente et la déception vont de pair.

Et puis j’ai ramené un vieux monsieur algérien chez lui.
Il y avait une pluie battante sur l’autoroute. La tempête faisait rage avec un grand vent.

Tout en conduisant, j’ai cherché la station “Radio Beur” pour lui faire une bonne surprise. Lorsque je l’ai enfin trouvée, il a été tout heureux.
Il m’a demandé si je comprenais l’arabe.

-Non”, lui ai-je répondu. “Mais j’aime écouter ces musiques. Je suis allée en Algérie à l’âge de dix-neuf ans, à Blida, Oran, Alger...”. Il m’a répondu très surpris que l’Algérie était son pays et puis il a traduit les paroles de la chanson que nous écoutions.
-C’est un homme qui est triste car sa femme lui manque.”

En me quittant, il m’a serré les mains chaleureusement.
Il était très ému.



L’angoisse de la chambre stérile________________

La journée a été très longue car j’ai commencé à 7 heures 45 et j’ai terminé à 19 heures avec une coupure d’une demi-heure.

Le dernier patient que j’ai emmené ce soir doit être bientôt greffé de la moelle. Je l’avais déjà transporté avec sa compagne et nous avions parlé ensemble.

Ce soir, cet homme m’a parlé de sa traversée du désert depuis sept ans, de sa leucémie et de son espoir de greffe réussie.
-Soit ça marche soit j’y passe,” me confie-t-il.

Bientôt, il allait devoir entrer en chambre stérile pour n’en plus sortir pendant six semaines. Il aurait droit à une seule visite par jour, une personne devant être protégée sous un scaphandre.

Il allait pouvoir aussi croiser des regards amis derrière une baie vitrée.

-Tout ce que je vais emmener avec moi doit être désinfecté avant : les livres, les compacts disques, etc.”

Il m’a confié ses angoisses, sa peur de mourir, ce magnifique challenge du combat pour la vie.

Je l’ai écouté tout en conduisant.
Puis je lui ai promis d’aller le voir pendant son séjour à l’Hôpital. Cela lui a fait plaisir.

Je crois en la force de l’amitié et en ce sourire qu’elle donne à la vie.




“Tu restes dans notre coeur”_______________


Aujourd’hui, j’ai parcouru trois cents quatre-vingt kilomètres avec une amplitude de onze heures moins l’heure de pause, c’est à dire dix heures effectives.
Je me suis occupée de six patients dont un agriculteur que j’ai ramené chez lui, près de Megève en Savoie.

En revenant sur ma ville de départ, le bureau m’a envoyée à l’Hôpital psychiatrique pour transporter un patient.
Je suis donc allée le chercher dans un des multiples pavillons de cet Hôpital. Le monsieur en question rentrait chez lui après une hospitalisation. Il était assez jeune, les cheveux en bataille, avec une barbichette et une moustache à la cosaque.

L’infirmière a fermé la porte à clé derrière moi en attendant qu’il réunisse ses affaires. Un patient s’est approché de moi en me disant :
-C’est bien que vous l’emmeniez. Comme ça, il n’aura pas à prendre le bus.”

Mon patient est revenu avec son sac. Il était ému de partir. Un jeune qui était là lui a dit : “Tu t’en vas mais tu restes dans notre coeur, dans notre tête.”

Dans ma voiture ambulance, pendant le trajet, je le sentais perdu. Il pleurait doucement. J’ai alors engagé la conversation.
-Je suis russe,” m’a-t-il dit. “Je ne parle pas bien le français.”

Malgré tout, il a eu envie de me parler de lui. J’ai appris qu’il était dans la région depuis un an, recueilli dans une communauté ressemblant à celle d’Emmaus. Il semblait désemparé, avec beaucoup de soucis dans sa vie personnelle et peu d’argent de surcroît pour équilibrer sa liberté et revendiquer son indépendance.

En le déposant à la communauté, je lui ai souhaité bonne chance sur la route de sa vie. Il m’a quittée avec un sourire triste, mais un sourire tout de même.



Hospitalisation d’office et révolte_________________



Cette semaine, nous avons été réquisitionnés par la Préfecture pour participer à trois H.O. Ce sigle signifie “hospitalisation d’office”, c’est-à-dire une mesure prise par les autorités -préfets et maires- pour interner une personne à l’Hôpital psychiatrique, souvent contre son gré, dans le but de la protéger d’elle-même et de protéger aussi l’ordre public ainsi que les proches de cet individu.

Lorsque nous sommes appelés pour une H.O., nous allons chercher deux infirmiers à l’Hôpital psychiatrique puis nous allons ensuite à l’Hôtel de Police chercher l’équipe de policiers qui nous accompagnera, pour la sécurité globale de ce groupe éphémère.
Parfois, l’intervention peut s’avérer musclée car l’intéressé peut être armé ou se montrer agressif envers les personnes présentes pour son hospitalisation. Les H.O. concernent des individus qui troublent l’ordre public par un comportement d’agressivité envers autrui, de bizarrerie dérangeante, comme par exemple un cas de nudité totale dans la rue, ou qui sont dangereux pour eux-mêmes ou bien encore très délirants.

Depuis que je suis ambulancière, j’ai assisté à cinq hospitalisations d’office. La première fois, je venais de commencer le métier. Personne ne m’avait prévenue que j’aurais à faire des H.O. Je pensais même que cela n’existait plus ainsi. Il est vrai que participer à l’internement d’un être humain par force et contrainte n’est pas chose agréable, pour ma part en tout cas.

Si l’individu à emmener n’ouvre pas sa porte, le serrurier est appelé pour ouvrir la serrure. Et puis si l’homme ou la femme ne se soumet toujours pas et ne vient pas librement, après la discussion que les infirmiers lui proposent gentiment, on doit s’emparer de sa personne et l’attacher avec des liens fermés à clé s’il devient agressif. C’est ce qui s’est produit aujourd’hui.

Nous sommes arrivés à huit au domicile d’une personne, dans une petite ville de province... “Un individu troublant l’ordre public”. L’homme était assis, prostré et la tête entièrement recouverte d’un vêtement. D’après l’équipe présente, ce n’était pas la première fois qu’il faisait l’objet d’une H.O. J’ai aperçu des images religieuses sur sa table et des écrits mystiques. Cet homme a refusé de découvrir sa tête et a crié qu’il était chez lui et que nous n’avions pas le droit de faire ainsi irruption dans son logis et de l’emmener contre son gré. Les infirmiers ont tenté de le raisonner en lui parlant, lui expliquant qu’il avait besoin d’être soigné, qu’il faisait l’objet d’une hospitalisation d’office et que c’était pour son bien.

Devant son refus de coopérer, les infirmiers lui ont découvert la tête de force. Il s’est alors rebiffé et a tenté de saisir un couteau. Là, il a été plaqué à terre et attaché par les infirmiers, par les gendarmes et par mon collègue. L’homme hurlait et se débattait. L’infirmière a fermé à clé les liens. Puis ils l’ont levé. Il a marché vers la sortie, les pieds entravés. Enfin, il a été installé à l’arrière de l’ambulance et attaché de nouveau aux deux bras du brancard. Il suppliait les personnes présentes de le laisser libre dans l’ambulance, demandant à être assis sans être entravé. Pour la sécurité, les infirmiers ont jugé nécessaires de l’allonger, lié sur le brancard. Puis les gendarmes sont partis et nous avons roulé jusqu’à l’Hôpital psychiatrique avec les infirmiers qui sont restés à l’arrière du véhicule avec le patient.

Christophe m’avait glissé ces mots pendant l’intervention : “Je suis désolé pour tout cela.”
Sur le trajet du retour, il remarqua soudain que cette intervention m’avait vraiment secouée. Il me poussa à en parler.
-J’ai honte de participer à cela, Christophe.
-C’est pour le bien de cet homme. Il va maintenant être soigné.
-Oui, mais c’est la façon de procéder que je déplore. Je n’ai jamais supporté qu’on attache les gens...
-Et les criminels alors ? Les vrais et ceux présumés coupables que la justice menotte systématiquement dès leur arrestation parce qu’ils sont probablement dangereux ?
-Ce n’est pas pareil... Moi, je parle des malades. J’ai vu ma grand-mère attachée de force et contre son gré sur son lit d’hôpital parce qu’elle arrachait sa sonde alimentaire. Elle est morte attachée, quelques jours plus tard. Où est la dignité qu’on doit à chaque être humain, dans le pays des Droits de l’Homme, qui prône Liberté, Égalité, Fraternité ? Un jour, dans un camp d’handicapés mentaux dans lequel je travaillais comme animatrice et aide soignante, mes collègues ont pris d’office les sangles de mon étui de violon pour attacher une jeune fille qui était très agitée....
-Il y a des gens qu’on est obligés d’attacher pour la sécurité des autres. Comme il y a des gens qu’on est obligés d’enfermer pour la sécurité de la population et de leur entourage.
-Mais chaque année, on reconnaît un certain nombre d’internements abusifs...
-Ces personnes ont des recours judiciaires et peuvent porter plainte pour cela, si c’est le cas. En attendant, nous devons faire notre travail... Nous sommes réquisitionnés pour accomplir cela par les autorités et nous ne pouvons pas discuter...
-Ne pourrait-on pas employer une autre méthode, plus douce et respectueuse pour la dignité du patient !? Par exemple, pendant l’H.O., un médecin pourrait être présent et faire une piqûre calmante au lieu d’en arriver à la violence de l’entrave... par déférence pour un malade qu’on veut aider mais qu’on agresse en définitive.”

Après ce que m’a dit Christophe, j’ai pensé à tous les gens qui devraient être soignés et qui gardent leur liberté malgré tout. Je parle des pédophiles, des faux gourous, des manipulateurs d’autrui en tous genres. Tous ceux aussi qui troublent l’ordre public sans se dévoiler mais qui ont suffisamment d’appuis pour ne pas être inquiétés.


Je pense aussi à cet homme qui voulait faire sauter son immeuble, avec sa famille et tous les voisins. Il nous a suivi tranquillement, dans le cadre de son hospitalisation d’office. Ma conscience est restée sereine ce jour-là. Car peut-être avons-nous pu éviter un drame...

Dans ce métier, nous devons rester humble. L’humilité est de rester à sa place en sachant que nous ne maîtrisons pas tous les paramètres des missions qui nous sont confiées...

Nous devons accomplir notre tâche, tel un ange gardien qui se tient là près de vous et qui vous voit souffrir sans pouvoir vraiment intervenir, parce que ce n’est pas le moment. Il vous soutient par la pensée, par la prière discrète, par un accompagnement invisible et discret. C’est la seule aide qu’il peut apporter sans que vous le sachiez vous-même.



Larmes partagées______________


Une dame âgée se tient couchée sur le brancard, près de moi. Elle me fixe du regard. Des larmes coulent sans paroles. Je lui souris doucement. Elle me sourit aussi.

Je regarde vers l’avant, vers la lumière sur la route, devant l’ambulance.

Je pense à mon grand-père d’adoption qui vient de mourir, Albert. Je suis allée voir son corps pendant ma pause, tout à l’heure, au funérarium. C’était l’ami de ma grand-mère paternelle.
Il a compté pour moi depuis ma naissance autant qu’un grand-père de sang.

La dame continue de pleurer.
Moi aussi dans mon coeur...

En allant chercher cette dame, Christophe et moi-même avons pu voir dans le couloir des Urgences une dizaine de brancards sur lesquels les malades attendaient patiemment.

Des infirmiers s’activaient auprès d’eux pour leur poser des perfusions ou pour les questionner sur leur état. Un homme criait dans une chambre.

Heureusement, la lumière est là, devant mes yeux. Et au fond de mon coeur, du courage et de la force.

La dame près de moi me fixe toujours. Elle est sereine maintenant.

 

Chloé LAROCHE

 
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